House Proceedings — 13 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)

2021-04-13

Quebec — Debates (Hansard)

House Proceedings — 13 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)

2021-04-13

Quebec — Debates (Hansard)

«Que dans

l'éventualité où un troisième député indépendant désire participer à la période

des affaires courantes, le gouvernement puisse lui céder l'une de ses

banquettes;

«Que les

députés indépendants indiquent au Secrétariat de l'Assemblée et aux leaders des

groupes parlementaires, au plus tard le lundi à 18 heures, les

périodes des affaires courantes auxquelles ils désirent participer pendant la

semaine en cours;

«Qu'au plus

tard à 18 heures la veille d'une séance, le leader du gouvernement

communique aux groupes parlementaires

d'opposition une liste préliminaire des ministres qui seront présents à la période des questions et [de] réponses

orales à la période du lendemain;

«Que les ministres puissent participer à la période

des questions et réponses orales en deux groupes, l'un étant présent lors des

séances du mardi et du jeudi [...] l'autre lors des séances du mercredi;

«Que tout député puisse prendre la parole et

voter à partir d'un pupitre qui n'est pas celui qui lui est assigné;

«Que l'Assemblée se réunisse :

«1° le mardi, de 10 heures à 18 h 30,

avec suspension de midi à 13 h 40;

«2° le mercredi, de 9 h 40 à

18 heures, avec suspension de 13 heures à 14 h 30;

«3° le jeudi, de 9 h 40 à 16 h 30,

avec suspension de 13 heures à 14 h 30;

«Que l'Assemblée procède aux affaires courantes :

le mardi, à compter de 13 h 40;

«2° le mercredi et le

jeudi, à compter de 9 h 40;

«Qu'aux fins de

l'atteinte du quorum pour l'ouverture de la séance du mardi matin, les groupes

parlementaires s'engagent à ce qu'au moins

7 députés du groupe

parlementaire formant le gouvernement,

3 députés du groupe

parlementaire formant l'opposition

officielle, 1 député du deuxième groupe d'opposition [...] 1 député du troisième groupe d'opposition soient présents à la salle de

l'Assemblée nationale;

«Qu'au

cours des débats sur les affaires du jour, à l'exception des débats sur les affaires inscrites par les députés de l'opposition, le défaut de quorum ne puisse être soulevé, si au moins 7 députés

du groupe parlementaire formant le

gouvernement sont présents en Chambre;

«Que

l'horaire établi pour le mardi par la présente motion ainsi que les

dispositions sur l'atteinte du quorum pour l'ouverture de la séance

s'appliquent si l'Assemblée décide de se réunir le lundi;

«Qu'une

motion d'ajournement de l'Assemblée ne puisse être présentée qu'au cours de la

période des affaires du jour

suivant la période des affaires courantes;

«Débats de fin de

séance.

«Que

les débats de fin de séance dont la tenue est prévue le mardi aient lieu à

compter de 18 h 30 et que l'ajournement de la séance soit

retardé en conséquence;

«Que les débats de

fin de séance dont la tenue est prévue le jeudi aient lieu à compter de

13 heures et que la suspension de la séance soit retardée en conséquence;

«Que

le mercredi, les débats sur les affaires

inscrites par les députés de l'opposition soient tenus de 14 h 30 à 16 h 30;

«Qu'au

cours des débats sur les affaires

inscrites par les députés de l'opposition, le défaut de quorum ne puisse être soulevé, sauf si :

«Dans

le cas d'une motion présentée par l'opposition officielle, moins de

3 députés du groupe parlementaire formant l'opposition officielle

sont présents en Chambre;

«Dans

le cas d'une motion présentée par le deuxième groupe d'opposition, moins de

1 député du deuxième groupe d'opposition est présent en Chambre;

«Dans

le cas d'une motion présentée par le troisième

groupe d'opposition, moins de

1 député du troisième groupe

d'opposition est présent en Chambre;

«Dans

le cas d'une motion présentée par un député indépendant, moins de 1 [des

députés] d'opposition est présent en Chambre;

«Que l'ensemble des

mises aux voix se déroule selon une procédure de vote enregistré;

«Qu'à

cette fin, le vote du leader d'un groupe parlementaire, du leader adjoint d'un

groupe parlementaire ou, le cas

échéant, d'un député préalablement identifié par ce dernier auprès du Secrétariat

de l'Assemblée vaille pour l'ensemble des membres de son groupe;

«Qu'un député puisse enregistrer individuellement un

vote différent de celui de son groupe parlementaire ou choisir de ne pas

prendre part au vote;

«Que le député

présent le mentionne immédiatement après le vote de son groupe; sinon, qu'il

fasse part de son intention au leader de son

groupe afin qu'il en avise la présidence au moment du vote ou qu'il en avise

par écrit la présidence avant la tenue du vote;

«Qu'à moins

d'indication contraire de leur part, les vice-présidents ne prennent pas part

[au] vote enregistré;

«Que les noms de tous

les députés ayant pris part au vote soient inscrits au procès-verbal de la

séance;

«Que l'ensemble des mises aux voix tenues dans le

cadre des séances de la commission plénière se déroulent selon cette

même procédure;

«Que, lorsque les députés indépendants sont absents, le

leader du gouvernement soit autorisé à enregistrer leur vote sur une étape de

l'étude d'un projet de loi selon les instructions qui lui auront été

transmises, le cas échéant et dont la transmission incombe aux députés

indépendants;

«Suspension des

travaux pour procéder à un vote [de] l'Assemblée.

«Que les travaux

soient suspendus pour une durée maximale de 10 minutes si, au moment d'une

mise aux voix à l'Assemblée, un groupe

parlementaire n'est pas représenté par un leader, un leader adjoint ou un

député désigné pour agir en son nom aux fins du vote et n'a pas indiqué

à la présidence qu'il ne participera pas au vote;

«Que le secrétaire général ou un secrétaire adjoint

notifie les leaders et les whips des groupes parlementaires, de même que

leur cabinet, les députés indépendants, ainsi que les secrétaires des

commissions de la suspension des travaux de l'Assemblée pour une mise aux voix;

«Que la commission où siège un leader, un leader

adjoint ou un député désigné pour agir en leur nom aux fins du vote suspende

ses travaux, à la demande de ce dernier, afin de lui permettre de se rendre à

la salle de l'Assemblée nationale;

«Que le secrétaire

général ou un secrétaire adjoint notifie le [secrétaire] de la commission après

la proclamation du résultat du vote par la présidence ou, s'il y a plusieurs

votes successifs, à la suite de la proclamation du résultat du dernier vote

afin que la commission puisse reprendre ses travaux au plus tard 5 minutes après;

«Commissions

parlementaires.

«Dispositions

générales.

«Que sous réserve des

dispositions concernant les commissions virtuelles, toutes les séances des commissions,

y compris les séances de travail, aient lieu en personne;

«Que les députés participant aux travaux d'une

commission parlementaire puissent prendre la parole et voter à partir de tout pupitre

aménagé à cette fin par la présidence;

«Que toute commission parlementaire, à

l'exception des commissions étudiant les crédits budgétaires de l'année 2021‑2022,

puisse tenir une même séance à la fois dans les salles Louis-Joseph-Papineau et

Louis-Hippolyte-La Fontaine, en ayant recours aux moyens technologiques

requis;

«Horaire des

commissions.

«Que les commissions

puissent se réunir :

«1° le lundi, de

14 heures à 18 heures;

«2° le mardi, de 9 h 30

à 19 heures, avec suspension de midi jusqu'à la fin des affaires

courantes;

«3° le mercredi, de

la fin des affaires courantes à 18 h 30, avec suspension de

13 heures à 14 h 30;

«4° le jeudi, de la

fin des affaires courantes à 16 h 30, avec suspension de

13 heures à 14 heures;

«5° le vendredi, de 9 h 30

à 12 h 30;

«Procédure de vote en

commission parlementaire autre que virtuelle.

«Que le quorum des

commissions parlementaires autres que virtuelles soit de trois députés;

«Que

lors des séances de ces commissions, autres que les séances des commissions

étudiant les crédits budgétaires, tous les votes se déroulent selon une

procédure de vote enregistrée;

«Qu'à

cette fin, le vote d'un député ministériel désigné par le leader du

gouvernement vaille pour l'ensemble des membres de son groupe à

l'exception des ministres et de la présidence qui votent en leur propre nom;

«Que

le vote d'un député de l'opposition officielle désigné par le leader de l'opposition

officielle vaille pour l'ensemble des membres de son groupe, à

l'exception de la présidence, qui vote en son propre nom;

«Qu'un

député puisse enregistrer individuellement un vote différent de celui de son

groupe parlementaire ou choisir de ne pas prendre part au vote;

«Que le député

présent le mentionne immédiatement après le vote de son groupe; sinon, qu'il

fasse part de son intention au député chargé de voter au nom de son groupe afin

qu'il en avise le secrétaire de la commission au moment du vote;

«Que le nom de tous

les députés ayant pris part au vote soit inscrit au procès-verbal de la séance;

«Que

le député indépendant qui souhaite participer aux travaux d'une commission

parlementaire dont il n'est pas membre

en avise le secrétariat de cette commission et les leaders des groupes

parlementaires au plus tard à midi, le lundi précédant la date de la

séance de la commission parlementaire ou le jour même, s'il s'agit d'un lundi;

«Que,

si le député indépendant est informé postérieurement au lundi à midi qu'une

séance de commission doit se tenir au

cours de la semaine, l'échéance prévue au paragraphe précédent soit portée à

trois heures après le moment où le député a été informé de la tenue de

la séance;

«Commissions

virtuelles.

«Que

les travaux de la Commission de l'administration publique, y compris ses

séances de travail, puissent se tenir en visioconférence;

«Que

les auditions tenues par les autres commissions parlementaires se tiennent par

visioconférence;

«Qu'une

commission virtuelle soit assimilée à une commission qui siège dans les

édifices de l'Assemblée nationale aux fins de l'application de

l'article 145 du règlement;

«Que

lors de ces séances, le député qui préside la commission ainsi que le personnel

du secrétaire de la commission soient présents à l'hôtel du Parlement;

«Que

les autres députés ainsi que les personnes et organismes convoqués y

participent en ayant recours aux moyens technologiques requis;

«Que

les députés qui participent virtuellement à ces séances soient assimilés à des

membres présents pour l'application de l'article 156 du règlement;

«Que ces séances

soient télédiffusées et diffusées en direct sur le site Web de l'Assemblée

nationale;

«Qu'aucun

vote ne puisse avoir lieu lors de ces séances sauf pour celles de la Commission

de l'administration publique pour lesquelles les décisions se prennent à

l'unanimité des membres qui y participent;

«Que

les règles de procédure relatives aux commissions parlementaires s'appliquent à

ces séances, dans la mesure où elles sont compatibles avec les

dispositions de la présente motion;

«Étude des crédits

budgétaires.

«Que, nonobstant le deuxième paragraphe de l'article 282

et l'article 283 du règlement, l'étude des crédits

budgétaires de l'année 2021‑2022 dure

6 séances, du mardi 27 avril 2021 au jeudi 29 avril 2021 et du

mardi 4 mai 2021 au jeudi 6 mai 2021, aux heures où peuvent siéger

les commissions selon les termes de la présente motion;

«Qu'aucune

commission ne siège le lundi [21] avril 2021, le vendredi 30 avril 2021, le

lundi [31] mai 2021 et le vendredi 7 mai 2021 et qu'il n'y ait pas

d'interpellation le vendredi 30 avril 2021 et le vendredi 7 mai 2021;

«Que

le temps consacré à l'étude desdits crédits ne puisse excéder cent heures, au

cours desquelles les échanges seront alloués

aux députés de l'opposition et que le temps consacré à l'étude des crédits d'un

[ministre] ne puisse excéder 10 heures;

«Que, si les cent

heures ne sont pas écoulées au terme des six séances prévues, les commissions,

si nécessaire, terminent leur mandat dans les jours subséquents, selon les

mêmes règles;

«Que

les groupes parlementaires de l'opposition conviennent de restreindre la liste

des organismes présents et que des périodes de présence précises soient

favorisées afin d'assurer le respect des consignes de distanciation [sociale];

«Que

les députés indépendants indiquent aux leaders des groupes parlementaires les

votes auxquels ils participeront dans

le cadre de l'étude des crédits annuels, et ce, préalablement au dépôt du

calendrier de l'étude desdits crédits à l'Assemblée et qu'ils ne

puissent pas modifier leur choix par la suite;

«Que toute commission

parlementaire étudiant les crédits budgétaires puisse tenir une séance à la

fois dans les salles Marie-Claire-Kirkland et Louis-Joseph-Papineau ainsi que

dans les salles Pauline-Marois et Louis-Hippolyte-La Fontaine, en ayant

recours aux moyens technologiques requis;

«Que lors des

séances des commissions parlementaires étudiant les crédits budgétaires, tous

les votes se déroulent selon une procédure de vote enregistrée;

«Qu'à cette

fin, le vote d'un député ministériel désigné par le leader du gouvernement

vaille pour l'ensemble des membres de son groupe;

«Que le vote

d'un député de l'opposition officielle désigné par le leader de l'opposition

officielle vaille pour l'ensemble des membres de son groupe;

«Que les noms de tous les députés ayant pris

part au vote soient inscrits au procès-verbal de la séance;

«Que le

leader du gouvernement transmette aux leaders des groupes parlementaires et aux

députés indépendants, dans les délais habituels, les réponses aux demandes de

renseignements généraux et particuliers;

«Que les

autres dispositions du règlement relatives à l'étude des crédits annuels

s'appliquent, avec les adaptations nécessaires le cas échéant;

«Que les

règles de procédure relatives aux commissions permanentes s'appliquent aux

échanges dans la mesure où elles sont compatibles avec les dispositions

de la présente [motion];

«Que la présente motion ait préséance sur toute

disposition incompatible du règlement.»

Vice-Président (M. Picard) : ...M. le leader adjoint du

gouvernement. Cette motion est-elle adoptée? Adopté.

Aux affaires

prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat,

ajourné le 1er avril 2021, sur la motion

de M. ministre des Finances proposant que l'Assemblée approuve la politique

budgétaire du gouvernement ainsi que

sur les motions formulant un grief présentées par Mme la cheffe de l'opposition

officielle, M. le député de Jonquière, Mme la députée de Sherbrooke, Mme

la députée de Gaspé, Mme la députée de Fabre, Mme la députée de Mercier, Mme la

députée de Verdun et M. le député de Jean-Lesage.

Avant de

donner la parole au prochain intervenant, je vous informe qu'il y a

9 h 52 min 41 s d'écoulées à la première étape du débat. Il reste donc un total de

5 h 7 min 19 s, réparties comme suit :

1 h 24 min 6 s au groupe parlementaire formant le gouvernement,

1 h 32 min 53 s au groupe parlementaire formant

l'opposition officielle, 26 min 5 s au deuxième groupe

d'opposition et 14 min 15 s au troisième groupe d'opposition.

Je suis

maintenant prêt à céder la parole au prochain intervenant. Est-ce qu'il y a un

prochain intervenant? La personne qui se lève va avoir le droit de

parole. Et je le cède à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.

Mme Weil :

Merci, M. le Président. Alors, je suis heureuse, à mon tour, de prendre la

parole dans le cadre du débat sur le discours du budget 2021‑2022,

déposé le 25 mars dernier.

Malheureusement, M. le Président, comme l'a

qualifié notre leader parlementaire, le député de Pontiac, et porte-parole de l'opposition officielle en matière

de finances publiques, le budget que le ministre des Finances nous a présenté

il y a trois semaines en est un de la

vieille école, un budget traditionnel qui utilise de vieilles recettes sans

prendre la pleine mesure de l'impact de la pandémie dans toutes les

sphères de la société québécoise.

Notre formation politique avait présenté deux

attentes au gouvernement : que le budget présente une vision à long terme, une vision moderne, digne du

XXIe siècle, et qu'il y ait un plan de relance économique égalitaire et

durable. Et je tiens à souligner ces deux mots, M. le Président, «égalitaire»

et «durable». Selon nous, dans la conjoncture actuelle, il fallait

positionner le Québec sur tous les plans : économique, environnemental,

technologique et surtout social dans le contexte

difficile que l'on vit, car, si la société ne va pas bien, tout plan de

développement économique est voué à l'échec.

Au nom de l'opposition officielle, notre cheffe a exprimé son profond désarroi face

à l'absence de reconnaissance du

problème fondamental qu'est celui de la pénurie de main-d'oeuvre,

alors que, tous les jours, tous les acteurs, autant ceux du secteur public que privé, nous crient le nombre

de postes vacants. Et, on le sait, toute reprise économique forte dépend

non seulement d'une main-d'oeuvre qualifiée, mais aussi disponible.

Seulement

dans le réseau de la santé, on parle de 31 000 postes vacants à

combler. C'est une différence de 8 400 postes entre 2019 et aujourd'hui. Le problème s'est

aggravé de manière importante, alors que le système de santé, on le sait,

continuera d'être sollicité dans les mois et années à venir.

Pour ce qui

est des autres secteurs, notamment économique, le Conseil du patronat s'inquiète vivement. Selon le P.D.G., M. Karl Blackburn, même si la crise

sanitaire a momentanément éclipsé le manque de main-d'oeuvre dans plusieurs

secteurs, la pénurie

est toujours là. Une entreprise sur deux refuse des contrats,

faute de main-d'oeuvre, et le Conseil du patronat lance cet avertissement : Cette situation

constitue un risque énorme pour les perspectives de relance économique

du Québec si le gouvernement n'en fait pas sa priorité.

Selon un sondage de

l'organisme publié hier, la pénurie de main-d'oeuvre demeure criante ici, dans

la capitale nationale, comme partout ailleurs au Québec.

En effet, 84 % des entreprises québécoises font face à un enjeu de main-d'oeuvre, et ce, dans tous les secteurs d'activité et dans toutes les

régions de la province. La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

confirme, eux aussi, que la pénurie de main-d'oeuvre constitue un frein important

au développement économique du Québec,

que 67 % des PME sont confrontées à cette grave pénurie, tellement que

26 % d'entre elles ont dû refuser

des ventes ou des contrats et 17 % ont annulé ou reporté des projets

d'affaires. M. le Président, c'est extrêmement

inquiétant pour le Québec.

Stéphanie Grammond,

éditorialiste en chef à La Presse , a écrit la semaine dernière, et je la cite, qu'«on ne peut pas créer

d'emplois s'il n'y a personne pour pourvoir les postes». Dans le budget, le gouvernement table sur une création d'emplois

anémique, soit environ 17 000 emplois par année après 2023. C'est

cinq fois moins que le rythme de croisière des années qui ont précédé la

crise de la COVID-19.

L'immigration

est une solution, pas la seule, mais une solution à la pénurie de main-d'oeuvre. Pourtant, si on note une forte baisse de la croissance démographique au

Québec, ça s'explique par l'accueil,

en partie, de moins d'immigrants, soit 25 200, en 2020, contre

40 600 en 2019. Parmi les causes, on pointe du doigt la baisse des seuils

en immigration sous le gouvernement

caquiste, mesure antiéconomique, s'il y en a bien une. Et, franchement, M. le

Président, je ne vois pas comment le

gouvernement compte s'en sortir avec une vision si court terme, un des seuls

endroits en Amérique du Nord,

certainement, qui ne voit pas l'immigration comme un atout important pour le

développement social et économique.

Pour reprendre les

reportages médiatiques d'hier, si on reprend le sondage du Conseil du patronat,

pour pallier cette pénurie qui prévaut

depuis plusieurs années, 43 % des entrepreneurs estiment que le Québec

doit accueillir davantage d'immigrants. Cette approche est celle qui a suscité

une plus forte proportion d'appuis de la part des répondants au sondage.

Quelques statistiques

de plus sur l'immigration, M. le Président. Et là je reprends les chiffres et

les propos de Julia Posca dans un texte

d'opinion publié dans Le Devoir d'hier. Donc, entre 2006 et 2019,

le taux de chômage des immigrants reçus...

bien, elle mentionne quelques statistiques de plus pour montrer la valeur de

l'immigration et que, finalement, ça va très bien, nous, depuis des années, ça va quand même très bien au point

de vue de l'intégration en emploi. Et là, contrairement à ce que la CAQ

dit depuis... et répète depuis des années, que ça ne va pas bien, l'intégration

va mal, voici des chiffres qui vont

totalement contre le discours de la CAQ, M. le Président. Donc, entre 2006 et

2019, le taux de chômage des immigrants reçus âgés de 15 ans et plus a diminué de 45 % au Québec,

passant de 12,8 % à 7 %. Cette diminution s'est observée chez toutes

les catégories d'immigrants, des plus récemment arrivés aux plus anciennement

établis. Le taux de chômage de la population née au pays a, pour sa

part, diminué de 38 % durant cette période, passant de 7,4 % à

4,6 %.

Alors, elle explique

la raison de cette embellie, et elle est très simple : «...depuis la crise

de 2008, la croissance de l'économie a été

soutenue, les baby-boomers ont quitté par milliers la population active après

avoir atteint l'âge de la retraite,

et le nombre de postes vacants dans les entreprises du Québec s'est multiplié,

dont une majorité pour des emplois requérant

peu de formation ou d'expérience. Cette situation a profité aux personnes

récemment entrées sur le marché du travail, dont les personnes

immigrantes.

«Dans

ce contexte, pourquoi — elle pose la question — se priverait-on de la contribution de celles

et ceux qui ont le projet de

s'installer au Québec, notamment pour pouvoir y vivre en français?» Et elle dit :

«Selon un argument souvent mis en avant, plus le nombre de personnes

immigrantes augmente dans un pays, plus il deviendrait difficile de les

intégrer. [Eh bien,] une étude parue en 2019, [démontrait] au contraire que

les États qui affichent les proportions les plus grandes d'immigrants sont

aussi ceux qui les intègrent le mieux sur le plan économique.»

Alors,

comme je le disais, l'immigration ne pourra à elle seule remédier au manque de

main-d'oeuvre que connaît le Québec

et qui s'accentuera dans les années à venir étant donné le vieillissement de la

population. Par contre, réduire les flux

migratoires en provenance de l'étranger ne fera qu'aggraver le problème. Alors,

nous, on dit au gouvernement qu'il doit

vraiment se ressaisir. Je suis convaincue que ceux qui ont les postes

économiques ou un background économique à la CAQ sont d'accord avec ces propos et j'espère que ce sera corrigé, sinon

le Québec ne pourra jamais compétitionner à la hauteur de ses ambitions.

Autre

déception : aucun soupçon de relance égalitaire dans ce budget. Le

gouvernement a fait le choix d'investir dans des secteurs traditionnels : la construction, l'infrastructure

et les technologies de l'information. Trois secteurs importants, en effet, mais trois secteurs où la forte majorité

des emplois sont occupés par des hommes. Pourtant, les emplois les plus sollicités sont actuellement des emplois dans le

secteur public, notamment dans le secteur de la santé, et des services sociaux,

et de l'éducation, des domaines

majoritairement occupés par les femmes. Pensons aux infirmières, aux

enseignantes et aux intervenantes,

ces femmes qui portent le fardeau de cette pandémie depuis plus d'un an et qui

continuent et continueront de le

porter, souvent sans protection adéquate. Porter ce fardeau, ce n'est pas sans

conséquence. Stress et détresse, la santé mentale et physique, évidemment, en prend un coup. Il aurait fallu

penser la relance de façon inclusive et égalitaire. Sans investissements

majeurs dans ces secteurs, on ne peut pas parler de relance de la société.

ne pourrait pas survivre cette pandémie sans des services publics forts et

résilients. S'il y a bien une chose que nous avons apprise pendant cette crise, vague après vague, c'est le rôle

crucial que jouent tous ces acteurs jour après jour. M. le Président, le gouvernement avait l'occasion

d'investir dans ces services de façon significative et stratégique parce

que les besoins sont là. C'est à ces femmes

surtout qu'il fallait penser en préparant ce budget, mais le gouvernement a

choisi son approche, une approche traditionnelle, une approche

conservatrice.

J'aimerais

aborder une réalité qui ébranle l'ensemble de la société, la violence

conjugale, alors qu'aucun investissement

significatif et aucune stratégie annoncée dans le budget pour les maisons

d'hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale. La Fédération des

maisons d'hébergement pour femmes sonne l'alarme alors qu'en date d'hier

neuf féminicides ont été commis au Québec depuis le début de l'année. Elle en appelle à

l'implication proactive du gouvernement.

Selon une étude, depuis le début de la pandémie

la violence conjugale est exacerbée. Quelques données, M. le Président. À la suite du premier confinement, en

mars 2020, 42 % des femmes victimes confirment que la violence s'est

aggravée, 43,5 % affirment que la

fréquence de la violence a augmenté, 43 % n'ont pas demandé d'aide en

raison de la présence du conjoint à domicile.

responsables des maisons d'hébergement sont débordés, ne peuvent répondre à la

demande et doivent refuser l'accès à de nombreuses victimes, faute de places,

forçant ces femmes à demeurer dans leur foyer et vivre sous le joug du

conjoint violent avec leurs enfants. C'est aberrant et c'est inconcevable, M.

le Président.

Le budget ne

prévoit que 4,5 millions supplémentaires par année pendant cinq ans pour

les ressources en hébergement, une

somme nettement insuffisante pour répondre aux besoins actuels et urgents. La

présidente de la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes,

Mme Manon Monastesse, s'est sentie, et je la cite, profondément

humiliée de ne pas être entendue par le gouvernement. De plus, elle se dit

inquiète de n'avoir trouvé aucun message féministe dans le budget.

Je partage la grande déception de ma collègue de

Verdun, porte-parole de l'opposition officielle en matière de condition féminine, qui s'est dite choquée par les

propos de certains ministres qui ont dit, et je cite : «S'il y a des

besoins pour les victimes de violence conjugale, nous allons débourser des

sommes supplémentaires.» Comment peut‑on dire «s'il y a des besoins»? C'est maintenant qu'il fallait

confirmer les sommes supplémentaires pour éviter de retourner des femmes aux

mains de leur agresseur.

Nous

demandons au gouvernement de corriger son erreur en doublant les sommes

destinées cette année aux maisons d'hébergement,

et c'est maintenant qu'il faut le faire, car, après cette année de confinement

au Québec, la prochaine étape, celle de déconfinement, amènera son lot

de violence.

J'ai déjà eu

l'occasion de le souligner, la violence conjugale affecte non seulement les

femmes, mais aussi les enfants. Depuis

le début de la pandémie, 51 % d'entre elles ont constaté que la violence

envers leurs enfants s'est intensifiée, aggravée et a été plus

fréquente. L'exposition des enfants et des adolescents à la violence conjugale

est un problème maintenant bien reconnu pour

ses conséquences néfastes sur la santé et le développement des enfants, selon

une étude de l'INSPQ, d'où l'importance

d'investir dans la prévention et d'une aide adaptée aux besoins de ces enfants

aux prises avec cette violence familiale,

d'autant plus dans un contexte de troisième vague d'une pandémie qui fait des

ravages tant sur le plan de la santé physique que de la santé mentale.

Pour ce qui

est de la protection de la jeunesse, des sommes sont octroyées dans le budget pour rehausser les

services offerts dans le cadre du Programme-services Jeunes en

difficulté afin d'améliorer les délais d'accès aux services de proximité et

d'en augmenter le taux de prise en charge.

Pour assurer un milieu de vie sécuritaire aux

enfants, des sommes sont aussi prévues pour mettre en oeuvre les recommandations de la Commission spéciale

sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, la commission Laurent. Est-ce

que les sommes sont suffisantes? Il

faudra attendre le rapport. Toutefois, ce qui m'inquiète beaucoup,

M. le Président, il n'y

a eu aucune somme, aucune stratégie annoncée pour s'attaquer à un problème qui

s'aggrave de jour en jour, l'exode du

personnel en cours à la DPJ. À bout de souffle, usées et épuisées, les

intervenantes de la DPJ quittent le navire en masse, un exode si important que le gouvernement doit se tourner vers des agences de placement pour pouvoir pourvoir les

postes laissés vacants, selon ce

qu'on a appris dans La Presse . Les conditions de travail se détériorent, la santé mentale et physique

de nos intervenantes se dégrade, et, si les

intervenantes quittent, on met à risque la protection et la santé de milliers

d'enfants québécois. Cette année, plus de 3 000 enfants sont sur une liste

d'attente. Les psychologues du réseau confirment que les équipes sont à bout de souffle, qu'on est à un

cheveu d'une rupture. Pour illustrer cette crise, il y a 161 postes

vacants dans les Laurentides, 55 postes vacants en Montérégie et le tiers

d'une équipe de la DPJ dans Chaudière-Appalaches qui quitteront prochainement. M. le Président, ce sont les

chiffres qu'on connaît. Et moi, je me pose la question : Qu'en est-il des

intentions de quitter? Je pense qu'on

serait bouleversés par la réponse. Une chose qu'on sait, le portrait

s'assombrit au quotidien, il y a une crise au sein de l'institution.

Le président

de l'Ordre des travailleurs sociaux, M. Pierre-Paul Malenfant, confirme

aussi qu'un exode est en cours. Le

ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux a lui-même reconnu la

problématique en utilisant le mot «exode» pour décrire la crise actuelle. Pourtant, silence radio dans le budget sur

cet enjeu. C'était l'occasion de cibler les mesures à prendre pour corriger la

situation et d'allouer les sommes nécessaires afin de contrer la perte

d'expertise vécue dans le milieu. Le gouvernement

doit stabiliser les équipes et a besoin d'un plan pour régler de façon urgente

cette crise qui menace le réseau. Il

faut réinvestir dans la DPJ, embaucher du personnel et améliorer les conditions

de travail, ce qui veut dire de meilleurs salaires et de meilleurs appuis pour les intervenantes sur le front

quotidiennement. Les enfants doivent avoir accès à des services

rapidement et à un accompagnement d'une DPJ performante et en santé pour les

protéger et les mettre sur la bonne voie. Il

faudra aussi investir massivement dans les services de première ligne pour

éviter l'aggravation des cas et des signalements et la prise en charge

qui en découle. Dans un texte d'opinion de deux grands experts,

Camil Bouchard et Claire Chamberland

ont rappelé l'importance d'investir dans la prévention. Par ailleurs, il sera

important de surveiller la sortie imminente du rapport final de la

commission Laurent. Le gouvernement a nommé, il y a quelques semaines, Mme Catherine Lemay, la nouvelle

directrice nationale de la protection de la jeunesse. Il est essentiel que

celle-ci et les directeurs régionaux de la DPJ aient tous les outils

afin d'avancer dans leur mission et mener efficacement leur travail.

Dans la lutte

contre l'exploitation sexuelle des mineurs, Québec prévoit dépenser

150 millions sur cinq ans pour mettre

en oeuvre les 58 recommandations du rapport de la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle

des mineurs, une commission transpartisane à laquelle j'ai

fièrement participé et dont le rapport a été déposé en décembre dernier. Nous allons suivre de près les

actions du gouvernement pour lutter contre ce fléau. Il n'y a pas une

journée où il n'y a pas un reportage sur les enfants, ces jeunes victimes

d'exploitation sexuelle et aux prises avec, comment dire... dans un filet, là,

emprisonnés dans ces... et beaucoup de

filles, d'ailleurs, des fugues des centres jeunesse sont justement des filles

qui sont contrôlées par des

proxénètes. De l'extérieur, ils sont capables d'aller à l'intérieur. Et

évidemment il y a des recommandations dans

ce rapport qui touchent la direction

de la protection de la jeunesse.

Donc, nous avons, comment dire... c'est avec beaucoup d'intérêt que je vais

pouvoir échanger, lors des crédits, avec le ministre de cet enjeu et de voir ce

que le gouvernement proposera

et s'il mettra en place les recommandations de la commission.

En conclusion, en

terminant, M. le Président, on aurait pu faire beaucoup mieux. On aurait pu

avoir une relance progressiste et une

relance égalitaire et inclusive. On aurait pu prendre l'occasion pour repenser

notre économie et présenter une

réelle vision d'avenir pour le Québec. Enfin, on aurait surtout pu faire mieux pour les

femmes, dont beaucoup d'entre elles portent le fardeau de la pandémie,

et les femmes et leurs enfants victimes de violence conjugale, d'où notre

grande déception face au budget, M. le Président. Merci.

Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Autres interventions? M. le ministre

de la Famille.

M. Lacombe :

Merci, M. le Président. Vous savez, le budget, c'est toujours un moment qui est

important dans l'année parce que

c'est le moment où on met cartes sur table, en quelque sorte, pour indiquer à

quel endroit on va investir, quelles

mesures on va mettre en place. Et, bien

sûr, tout ça est habituellement, pour partir, toujours suivi d'annonces qui sont très attendues.

Donc,

dans le cas du ministère de la

Famille, en fait, je vais vous

expliquer et je vais vous démontrer en quoi les annonces qui ont été

faites dans le budget sont importantes pour le ministère de la Famille, pour

les familles du Québec. Je vais vous aussi

vous glisser un mot sur ma région, la région dont je suis responsable en tant

que ministre, l'Outaouais, parce qu'il y a aussi d'excellentes nouvelles

pour l'Outaouais dans ce budget-là.

Donc,

d'abord, sur les services de garde éducatifs à l'enfance, vous savez, les deux

éléments sur lesquels on doit continuer

de travailler, et c'est ce que je vais marteler d'ici la fin du mandat, c'est

l'accessibilité, d'une part, donc donner une place à chaque enfant, idéalement une place subventionnée, parce que

c'est ce que souhaitent les parents, et l'efficacité, de l'autre côté. On se doit d'avoir un réseau qui

est efficace pour être capables de développer davantage de places. Donc,

l'efficacité, c'est le moyen pour arriver à l'accessibilité.

Quand

on parle de créer davantage de places, le travail, il est commencé. Évidemment,

on n'a pas attendu le budget de ce mois-ci pour avancer, le travail, il est

déjà commencé. Depuis qu'on est arrivés au pouvoir, et ça aussi, je vais

le répéter, on a relancé, on a vraiment

relancé le développement des services de garde éducatifs à l'enfance. Ce

développement-là, il avait été stoppé pour des raisons financières parce

que, bon, il y a des choix budgétaires qui ont été faits par d'autres gouvernements. De notre côté, on a décidé de

donner un souffle nouveau aux services de garde éducatifs en mettant les

sommes nécessaires sur la table pour que les

places puissent se développer. Actuellement, ça fait en sorte qu'il y a plus de

15 000 places qui sont en réalisation au Québec.

Il y a des places qui

datent d'il y a bien longtemps, je vous donne l'exemple des places qui datent

de 2011, des places qui datent de 2013. Ces

places-là, lorsqu'on est arrivés, elles dormaient, je dis souvent, je donne

l'image, elles dormaient sur des

tablettes. La vérité, c'est qu'elles avaient été annoncées, il y a eu de beaux

communiqués de presse qui ont été faits à ce moment-là, elles ont été données à des CPE sur le terrain, mais

ensuite le financement n'est jamais arrivé. Donc, ces places-là ne se sont jamais concrétisées et sont

restées donc sur des tablettes, en quelque sorte. Ça représente 11 000 places.

Pour vous donner une idée, lorsqu'on est

arrivés en poste, 1er octobre 2018, j'ai été assermenté ministre le 16 octobre

2018, bien, lorsqu'on est arrivés,

80 %, 80 % des places qui avaient été annoncées en 2013 n'étaient pas

encore inaugurées. Donc, 80 % de

toutes ces places-là n'étaient pas accessibles pour les tout-petits, pour les

familles du Québec. Donc, ce n'est pas très efficace, ce n'est pas très

efficace, M. le Président, c'est ce que j'ai envie de dire.

Donc,

qu'est-ce qu'on a fait concrètement? Bien, on a repris, on a repris ces

places-là qui, parfois, n'étaient plus voulues,

n'étaient plus souhaitées par les gens du milieu, donc par les CPE en question, parce qu'il y en certains qui nous

disaient : Écoutez, mon conseil

d'administration, depuis 2011, par exemple, a changé quatre fois, on a changé

trois fois de direction générale, on ne se rappelait même plus qu'on avait ces

places-là, ça dormait quelque part dans une chemise sur une tablette. Donc, évidemment, les circonstances

ont changé, ça faisait tellement longtemps que, dans certains cas, on a repris ces places-là pour les développer ailleurs.

Mais sinon les travaux vont bien, et je vous dirais que, malgré la pandémie

qu'on a eue à gérer, qui a été très, très demandante, très exigeante dans nos

services de garde éducatifs, malgré la pandémie, la presque totalité des

places en question vont être mises sous permis cette année. Donc, on aura enfin

tourné la page sur 2011 et 2013 en mettant sous permis, donc en rendant

accessibles, là, véritablement aux tout-petits et à leurs parents ces places-là

qui dormaient auparavant sur des tablettes.

Par la suite, bien,

il y a eu un trou, n'est-ce pas? Donc, en 2014, en 2015, en 2016 et en 2017, il

n'y a pas eu d'appel de projets, donc il n'y

a aucun appel de projets pour offrir de nouvelles places, donc les CPE n'ont

pas reçu de places qu'ils pouvaient

commencer à développer. Donc, il y a eu un trou. Mais heureusement, depuis

2018, il y a eu de nouveaux appels de

projets, 2018, 2019, 2020, donc il y a des places qui ont été annoncées, qui

ont été remises à des CPE qui ont pu prendre

ce ballon-là et commencer à courir. Bon, ça, c'est l'image que je vous donne, mais en d'autres mots, ça veut dire,

ils ont pris ces places-là et ils ont

commencé les démarches pour être capable de bâtir le CPE et d'offrir ces

places-là aux tout-petits et à leurs familles.

Donc,

je vous le disais, le développement, là, il est reparti. Et je fais toute cette

mise en situation là pour vous dire que

les bons choix ont été faits aux bons moments. Ce n'est pas parfait, c'est

clair, il y a toujours beaucoup de parents qui attendent, mais la machine, elle est repartie. Le développement du

réseau, il est reparti, et ça, c'est ce qu'on avait besoin de faire. Et certainement que ça a pris du temps,

ça nous aura pris deux ans à faire, en même temps que la gestion de la pandémie, mais il fallait le faire de la bonne

façon parce que, je l'ai dit, si on veut être plus accessibles, il faut aussi

être plus efficaces, donc on a joué sur ces deux éléments-là.

Maintenant,

malgré le fait... malgré ce fait-là, qu'on ait reparti le développement du

réseau en bonifiant le financement, vous

avez probablement vu, M. le Président, j'ai aussi fait une annonce pour couper

dans la paperasse, donner un grand coup de pied dans la bureaucratie, en disant : Bien, maintenant, là,

nous, on est arrivés, il y avait un délai de 48 mois — ça, c'était le temps que ça prenait, bâtir un CPE — on a déjà baissé ça à 36, mais on

est encore plus ambitieux que ça, on veut baisser ça à 24 mois. Donc, j'ai

fait l'annonce, on coupe dans la paperasse, on passe de 17 étapes de

construction d'un CPE à neuf, le

ministère va être beaucoup plus agile. Ça, c'était demandé par les gens sur le

terrain qui bâtissent, qui veulent bâtir des CPE, ils voulaient, évidemment,

plus de latitude, plus de flexibilité, mais c'était aussi demandé par les gens du ministère de la Famille, qui, eux, veulent que les places se développent aussi, c'est leur

mission, c'est leur travail aussi à chaque jour. Donc, c'était réclamé

par tout le monde, on a fait cette annonce-là.

Maintenant

que j'ai dit ça, malgré toutes ces avancées-là, pendant qu'on crée des places de façon

plus efficace d'un côté, chaque fois qu'on en crée une, on en perd deux

ou trois, en ce moment, de l'autre côté, en milieu familial. La pandémie, elle a été très, très

dure pour nos milieux familiaux. On a perdu 7 300 places durant la

dernière année. C'est énorme, c'est absolument

énorme. Et la plupart de ces places-là, même si c'était une tendance à

la baisse depuis 2014, on a vu vraiment

une explosion des départs cette année, et ce

n'est pas étranger au fait que la COVID nous est tombée dessus, là.

Imaginez-vous, ce sont des femmes qui, pour la plupart... ce sont des femmes

donc, pour la plupart, qui reçoivent des tout-petits

chez elles à la maison, dans leur service

de garde. Donc, elles sont en

contact, par exemple, avec six tout-petits, à chaque jour, qui viennent souvent de six

familles différentes, sauf exception. Donc, elles sont aussi en contact avec

une douzaine de parents à chaque jour. Et ça, ça arrivait au moment où

on leur disait... Elles pouvaient continuer de le faire si elles le voulaient, mais ça arrivait au moment où leur disait, en

pleine pandémie : Mais vous ne pouvez pas voir les membres de votre famille parce que c'est trop dangereux, vous devez faire une croix sur les

rencontres avec vos neveux, vos nièces, parfois même avec les enfants de

votre conjoint si vous n'habitez pas ensemble. Donc, les règles étaient et sont

toujours restrictives parce qu'on doit se

battre contre le virus. Il y a beaucoup de ces femmes-là qui ont eu peur, qui

ont décidé de passer à d'autres

choses, et je les comprends, mais ça fait en sorte qu'à chaque fois qu'on crée

des places dans un bâtiment, dans un

CPE ou une garderie, pour chaque place créée, bien, on en perd deux ou trois,

là, cette année, de l'autre côté. Donc, la liste d'attente, cette année

malgré tous les efforts, a quand même augmenté, il y a plus d'enfants qui

attendent sur le guichet unique.

J'arrive donc au budget. Pourquoi le budget est

important? Bien, d'abord, parce qu'il va nous permettre d'agir dans les milieux familiaux. J'ai entendu des gens, dans les dernières

semaines, dans les derniers jours, nous dire : Il n'y a rien

dans ce budget-là, il

n'y a rien dans le budget.

C'est ce qu'on a entendu, M. le

Président, de la part de certains représentants, certains

collègues de l'opposition, qui nous disaient : Bien, il n'y a

rien dans le budget pour les services

de garde éducatifs. Bien, moi, je n'ai pas le choix de vous dire que

je ne suis pas d'accord avec ça. Je ne suis pas d'accord

avec ça, notamment pour le milieu familial, où on a décidé d'agir rapidement.

À chaque période de questions que le

Bon Dieu amène, on se fait demander de créer des places rapidement, et ce

qu'on fait avec le milieu familial, c'est exactement ça, créer des places

rapidement. Bâtir une installation, même avec les gains d'efficacité qu'on a

amenés, ça va quand même prendre 24 mois. Créer des places en

milieu familial, inciter plus de femmes et d'hommes, on le souhaite, de jeunes

hommes, à devenir travailleurs ou

travailleuses autonomes, à se lancer

en affaires, entre guillemets, avec un service de garde à la maison, bien,

ça crée des places rapidement. Et, quand on

incite ceux et celles qui sont déjà là à prendre davantage d'enfants, par exemple en engageant un assistant ou une assistante, bien, ça, ça crée aussi des

places pour les semaines qui suivent. On n'a pas besoin d'attendre la

création ou la construction, plutôt, d'un bâtiment.

Donc, dans le

dernier budget, 97 millions de

dollars, un peu plus de 97, pardon, millions de dollars investis pour arriver à faire ça, attirer davantage

de RSG, de responsables de services de garde en milieu familial, et inciter

celles qui sont déjà là à offrir davantage

de places, donc à prendre plus d'enfants. 97 millions de dollars pour

arriver à faire ça, et on se fait

dire que ce n'est rien. Moi, je ne suis pas d'accord. C'est 97 millions de dollars d'argent durement gagné par les Québécois,

par les Québécoises, qui ont été

collectés à même les taxes, les impôts. C'est du vrai monde qui ont des vrais

jobs, qui ont payé des vrais impôts dont on va servir pour leur offrir

des services. Moi, je pense qu'on doit saluer ça et on ne doit surtout pas dire que ce n'est absolument rien.

Donc, 97 millions de dollars qui vont servir à ça, l'annonce s'en vient, là,

l'annonce aura lieu dans les prochaines

semaines. Donc, très rapidement, on sera en mesure de donner les détails sur

ces mesures-là qui sont attendues et

qui seront bien accueillies parce que c'est ce qu'on nous réclamait depuis déjà

quelques mois et c'est ce qu'on concrétisera avec le budget du ministre

des Finances.

Ensuite, si

on veut conserver... Donc, il faut créer l'accessibilité. Donc, il faut créer

des nouvelles places, mais il faut conserver l'accessibilité aux services de

garde éducatifs, c'est-à-dire, les places qui sont là, dans nos CPE, dans nos

garderies privées, il faut s'assurer qu'elles puissent continuer d'être

offertes. Pourquoi je vous dis ça? Parce qu'actuellement on a un enjeu qui est un enjeu de main-d'oeuvre. Au départ, lorsqu'on est arrivés en poste, il y avait déjà un

problème, un problème qui était, à ce moment-là, une rareté de main-d'oeuvre.

Ce n'est pas le ministère de la Famille, là, qui décide d'appeler ça une rareté de main-d'oeuvre, c'est selon les critères, là, qui sont établis

par les experts qui nous disent : Bon, quand ces critères-là sont rencontrés, vous avez une rareté de main-d'oeuvre, quand ces critères-là sont rencontrés, c'est une pénurie, une rareté

étant, évidemment, moins pire qu'une pénurie. Donc, au départ, on

arrive, il y a une rareté de main-d'oeuvre qui nous cause certains maux de tête. La pandémie

arrive, il y a beaucoup d'éducatrices qui se sont retirées, entre autres pour des

raisons de santé. Et là ça a été la tempête parfaite, cette rareté s'est

changée en pénurie de main-d'oeuvre. Donc,

le plan de main-d'oeuvre sur lequel on travaillait depuis le début du mandat,

auquel ont collaboré nos partenaires, bien,

évidemment, on a dû le mettre à jour, là, avec tout ce qui s'est passé, pour le

muscler davantage puis le rendre, donc, je dirais, plus grand, le rendre plus efficace pour s'attaquer à ce problème-là,

qui s'est amplifié en raison de la pandémie.

Donc, depuis 2014, ce qui est arrivé, c'est qu'il

y a eu une baisse, il y a eu une baisse d'inscriptions dans les techniques d'éducation à l'enfance partout au Québec, une baisse assez

marquée. On parle de plusieurs dizaines de pourcentages de baisse, là. Donc, ça fait en sorte que, dans certaines

régions, les classes sont vides, les classes sont vides ou à peu

près, et ça fait en sorte que les

finissants, les finissantes se comptent parfois sur les doigts de nos deux

mains dans certains cégeps, dans

certaines régions. Donc, on doit agir là-dessus. Dans le dernier budget, il y a

donc de l'argent qui est prévu pour ça, pour deux éléments.

D'abord, je vous parlais des cégeps, il faut

inciter davantage de jeunes femmes et, je le répète, aussi de jeunes hommes, on le souhaite, nos tout-petits ont

besoin de modèles masculins aussi... bien, on doit inciter davantage

de jeunes à s'inscrire en techniques d'éducation à l'enfance. Donc, pour y arriver, on a annoncé une somme de 18,6 millions de dollars. Les détails vont suivre, mais ce qu'on veut, c'est

susciter leur intérêt. Donc, on veut aussi offrir des incitatifs, vous vous en

doutez bien, pour qu'ils soient plus nombreux à s'inscrire en techniques

d'éducation à l'enfance, par la suite à diplômer, donc il faut les garder avec nous pendant les trois années que dure la

technique, et, par la suite, être embauchés par des centres de la petite enfance ou encore par des garderies

privées, qu'elles soient subventionnées ou non. Donc, ça, c'est pour attirer

davantage de gens, de jeunes dans nos cégeps en techniques d'éducation à

l'enfance.

Ensuite,

bien, la pénurie, ça a aussi fait en sorte que nos garderies, nos CPE ont dû

avoir recours à du personnel qui n'est pas qualifié. La loi leur permet

de faire ça. Ce n'est pas l'idéal, tout le monde en convient, mais la loi leur

permet, actuellement, de le faire.

Habituellement, deux éducatrices sur trois qui sont présentes sur le terrain

doivent être formées. Pendant la

pandémie, ça a temporairement été abaissé à une éducatrice sur trois, puis il y

aura une période de retour à la normale

ensuite. Ce n'est pas l'idéal, je le disais, mais tout le monde s'entend pour

dire que, dans les circonstances, on n'a

pas le choix de faire ça. Donc, il y a beaucoup de personnel qui est non formé

aussi. L'objectif, dans le dernier budget, avec une somme de 45 millions de dollars qui a été annoncée, c'est

de permettre à ces personnes-là qui sont déjà à l'embauche des garderies ou des CPE, bien, de se faire former

en alternance travail-études pour qu'elles puissent garder un lien d'emploi,

qu'elles puissent continuer à offrir des services à nos familles, à nos

tout-petits, mais qu'elles puissent aussi, ultimement, obtenir leur qualification pour elles, d'abord et

avant tout, mais aussi pour améliorer la qualité du service qu'elles offrent,

parce que, même si elles ont toutes la

volonté du monde et qu'elles sont souvent très bonnes, bien, il reste que la

formation qu'elles vont aller

chercher, c'est aussi un gage de qualité, c'est aussi un sceau de qualité. Donc, ce sont deux mesures pour

la main-d'oeuvre qui seront aussi annoncées au cours des prochaines semaines.

Parallèlement

à tout ça, bien sûr, il y a l'efficacité. Je l'ai dit tantôt, il faut

être plus efficaces. Je vous ai parlé de l'annonce pour accélérer la construction de nos centres de la petite enfance, mais en même temps il faut aussi se poser des

questions à plus long terme, il faut aussi

se poser des questions à plus long terme. Évidemment, ça ne fait pas, ça,

partie du budget, mais ça fait

partie

de la vision qu'on a pour nos services

de garde éducatifs à l'enfance. Ça

fera 25 ans, dans quelques mois,

que nos services de garde éducatifs à l'enfance ont vu le jour, que le

réseau, en 1997, a été créé. Et 25 ans plus tard, il y a clairement des leçons qu'on peut tirer. Au départ,

tout était à faire. L'image, là, que je donne parfois aux gens, c'est qu'on peinturait le mur au rouleau il

y a 25 ans. C'était facile, tout était à faire, il fallait créer des

places partout. Maintenant, on est

davantage dans la finition, avec un pinceau qui est beaucoup plus petit, où on

doit être vraiment plus précis,

parce qu'il y a des endroits chez

vous, M. le Président, dans Chutes-de-la-Chaudière, il y a des endroits dans le

comté de Saint-Laurent, par exemple,

chez notre collègue d'en face, il y a des endroits dans Papineau, dans ma

circonscription, où il y a des

besoins très précis, mais ils sont justement très précis, puis il faut être

capables d'agir à ces endroits-là. Et la question se pose : Est-ce que le modèle qu'on a présentement nous

permet de faire ça? La réponse, bien franchement, c'est : Pas aussi efficacement qu'on voudrait. Donc,

qu'est-ce qu'on peut changer dans notre réseau? Quel rôle supplémentaire

le ministère ou le gouvernement, plus

largement, peut jouer pour être capable de dire : Nous, on pense qu'il

faut agir dans la circonscription Pontiac, par exemple, dans une des MRC les

plus dévitalisées au Québec, où on a besoin d'un CPE, mais où il n'y a

pas de projets qui ont été déposés? Donc, la communauté ne nous a pas soumis de

projets, et, dans sa forme actuelle, le

réseau ne permet pas au ministère de la Famille de dire : Bien, nous, on

va le construire, ce CPE là parce que les tout-petits dans le Pontiac ont besoin du service. Donc, qu'est-ce qu'on

fait? C'est une bonne question. Qu'est-ce qu'on fait? C'est la façon même dont le réseau est conçu, c'est dans la loi,

c'est béton, on ne peut pas faire ça, mais pourtant on a un problème.

Donc, c'est

un exemple qui vous démontre que, si on veut être plus efficaces, il faut aussi

penser en dehors de la boîte. On va

le faire sur plein de choses pour être capables, dans notre carré de sable

actuel, d'être plus efficaces, oui, d'avoir des mesures qui n'ont jamais été

mises de l'avant avant, de faire les choses autrement, mais il reste qu'il faut

aussi avoir des changements beaucoup plus en profondeur sur la façon

dont le réseau est pensé, là, à sa base même. Et ça, ça viendra d'abord, dans les prochains mois, avec une

consultation, on va parler à notre monde, à qui on a déjà beaucoup parlé, mais on veut

s'assurer que les orientations sont les bonnes, et par la suite, je l'ai déjà

mentionné, cet automne arrivera un projet

de loi pour nous permettre de faire ces changements-là qui sont des changements

davantage de fond pour nous permettre... malgré tout ce qu'on a déjà fait, malgré qu'on ait pensé en dehors de la

boîte, ce projet de loi là nous permettra d'aller encore plus loin.

Je pourrais

vous parler encore longtemps de nos... les 18 minutes ont passé très, très

vite, je pourrais vous parler encore

bien longtemps de nos services de

garde éducatifs à l'enfance, d'abord parce que

j'aime ça, mais, deuxièmement, parce

qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail à faire. Mais je conclurai

là-dessus... et je vais passer à l'Outaouais ensuite, mais je conclurai sur les services de

garde en vous disant que, bien honnêtement, c'est clair qu'il y a des enjeux.

Et moi, je ne ferai pas croire aux parents du Québec, d'abord, que tout est

beau et, deuxièmement, que le dernier budget va

tout régler. Mais ce que je peux dire aux parents du Québec et ce que les gens

qui sont sur le terrain, dont la job, c'est de construire des CPE et de les opérer, ce qu'ils vont aussi pouvoir

corroborer, c'est que ça n'a jamais autant bougé, au ministère de la Famille, depuis au moins une

quinzaine d'années. On est en mouvement. C'est long, remettre toute cette

maison-là en ordre. C'est long, relancer le développement, un réseau.

Vous savez,

quand le réseau a été créé, en 1997, personne ne s'attendait à ce que ce soit

fini en trois ans. Les gens comprenaient que la tâche était ardue.

Maintenant, je vous dirais qu'il y a beaucoup de travail à faire pour relancer

le développement de ce réseau-là, pour

changer une loi qui nous a attaché les mains avec les années en raison de

scandales qui sont apparus à travers

les décennies, et là, maintenant, bien, il faut prendre ces réparations-là et

s'en servir pour offrir une place,

éventuellement, à tous les tout-petits du Québec et leurs familles. Donc, j'ai

envie de dire aux parents : Regardez d'où on part, en 2018,

regardez où on est rendus, regardez le contexte dans lequel on a fait ça, le

contexte de la pandémie. Et je pense qu'à la

fin du mandat, quand on fera le bilan, les gens seront... j'allais dire «reconnaissants»,

je vais dire : Les gens vont comprendre qu'on a fait avancer le

réseau pas à peu près.

Maintenant,

sur l'Outaouais, je veux quand même vous glisser un mot très rapidement pour

vous dire qu'un autre endroit où on avait du rattrapage à faire, c'est

la région de l'Outaouais, M. le Président, et ce n'est pas pour rien que l'Assemblée nationale, nous-mêmes, on a reconnu ce

rattrapage qui devait être fait en Outaouais en adoptant une motion de

façon unanime, au début du mandat, qui indiquait que la région a été négligée

par les précédents gouvernements. Et

souvent, là, je veux prendre 30 secondes pour vous dire ça, comme député,

là, on a souvent l'impression que notre région, elle est négligée, et c'est clair, sur différents aspects. On veut tous

le meilleur pour nos citoyens. On veut tous augmenter les investissements en santé, en éducation, en

transports, par exemple. Il reste que la région de l'Outaouais, et c'est

démontré par des données scientifiques, a été négligée au cours des années, notamment parce qu'Ottawa, la capitale du

Canada, est juste de l'autre côté. Et nous,

vivant sur la frontière, comme ça, avec l'Ontario, bien, ça fait en sorte qu'il y a beaucoup de services qui sont consommés l'autre côté, en

santé, par exemple, en éducation, même chose, ce qui fait en sorte que, pour les précédents gouvernements, ce n'était pas une urgence d'investir en Outaouais, parce que, de toute façon, le service était offert à quelques minutes de route de l'autre côté

du pont. Donc, ça fait en sorte, par exemple, qu'en Outaouais on a beaucoup

moins de programmes d'études, quand on regarde la carte des programmes offerts

au cégep ou à l'Université du Québec en Outaouais, si on se compare aux autres

régions du Québec. Ça fait en sorte qu'en Outaouais, par exemple, il nous

manquait l'équivalent d'un grand hôpital universitaire. Gatineau,

c'est la quatrième grande ville du Québec, et ça, les gens l'oublient

parfois.

Donc, on fait un rattrapage qui est important,

puis le dernier budget le démontre bien, notamment avec le Plan québécois des infrastructures, où on signale qu'on

appuie le nouveau campus de l'Université du Québec en Outaouais en injectant des fonds supplémentaires, où on

maintient, évidemment, notre engagement à construire ce grand hôpital

universitaire aussi qui sera situé à Gatineau, en Outaouais.

Donc, on a

dit qu'on mettrait Gatineau sur la carte, qu'on mettrait l'Outaouais sur la

carte, qu'enfin le gouvernement allait

se préoccuper de ce qui se passe là-bas, chez nous, et c'est ce qu'on fait

aussi avec le dernier budget. Merci, M. le Président.

Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le ministre. D'autres

interventions? Mme la députée de Saint‑Laurent.

Mme Rizqy :

Merci beaucoup, M. le Président. Je suis quand même un petit peu surprise

d'avoir entendu les propos du ministre de la Famille. Et j'explique

pourquoi.

Moi, j'ai

fait le tour, au début du mois... non, pardon, fin du mois d'août puis début

septembre, j'ai fait le tour de tous

les CPE de mon comté au complet. Pourquoi j'ai fait le tour? C'est que,

lorsqu'on a basculé, au mois de mars dernier, de façon urgente, qui a dû ouvrir en urgence? Ça a été, justement, nos

CPE. Ils l'ont fait, puis je vais dire «elles l'ont fait», c'était, à 99 % des gens que j'ai rencontrés

sur le terrain, des femmes qui elles-mêmes ont une famille. Puis en plus, je

me rappelle très bien, il y a en a une à qui

je parlais qui a un enfant qui a une vulnérabilité, puis elle dit : Bien,

je vais le faire pareil, je vais

faire très attention. Quand je rentre à la maison, immédiatement, mon linge, je

le retire, je le mets dans la laveuse.

Pourquoi qu'elles l'ont fait? C'est qu'elles

savaient que les parents qui travaillent, justement, au front, dans les hôpitaux, dans les CHSLD, dans les CLSC, même dans

les auberges qu'on ouvre en urgence pour accueillir des gens qui n'ont nulle part où aller. Elles sont allées, ces

femmes, ouvrir des CPE en urgence pour s'assurer, justement, qu'on offre

ce service de première ligne.

Quand j'ai rencontré les différentes directrices

des CPE, elles, en tout cas, elles m'ont dit qu'elles ont soumis, justement,

des demandes pour agrandir. Il y a même une CPE que j'ai rencontré qui est un

petit peu mal au point parce qu'il y a

plusieurs années elles ont loué une vieille école, une petite école qui était

rendue trop petite en fait pour servir d'école, donc, qui est devenue une CPE. Et ils ont reçu un avis pour leur dire :

Bye, bye, parce qu'on va reprendre cette miniécole qui est devenue une CPE pour en faire une école de

maternelle quatre ans, alors que cette CPE là dessert des Laurentiens et des Laurentiennes à partir de six mois jusqu'à

cinq ans. Et elles ont écrit, d'ailleurs, à cet effet au ministre, pour dire :

Aidez-nous, on veut garder cet endroit-là.

Puis il y a d'autres terrains, là, qui existent, disponibles, pour, justement,

être en mesure de pour conserver cette CPE tout en ouvrant d'autres

écoles, on a des terrains, puis inquiétez-vous pas.

Puis je tiens à souligner au ministre

qu'à Saint-Laurent on a ouvert des écoles, on a fait des agrandissements au

courant de plusieurs décennies, bien avant

mon arrivée à moi en politique, mais que nous avons une croissance importante

à ville Saint-Laurent. Puis là vous me regardez. Pourquoi on a une

croissance si importante à ville Saint‑Laurent? Mais peut-être qu'il y a des gens qui ne le savent pas,

mais c'est un des endroits où on accueille le plus de nouveaux arrivants au

Québec. On en accueille tellement qu'on a

deux centres d'intégration, le CACI et CARI. Quand il y a eu la vague de

réfugiés syriens, mais il y a une

très

partie de ces réfugiés qui sont venus s'installer à

ville Saint-Laurent. Pas juste à ville Saint-Laurent, j'en ai même rencontré même dans la magnifique

ville de Sherbrooke. Mais, tout ça, c'est sûr que ça met un poids, un poids,

oui, pour les écoles mais aussi pour les

demandes de services de garde. Et moi, je crois sincèrement que c'est vrai

qu'on doit toujours agir tôt, mais

agir tôt, pour moi puis pour le Parti libéral du Québec, c'est bien avant l'âge

de quatre ans, ça commence en CPE, ça

commence en service de garde éducatif. Alors, j'espère sincèrement qu'on va

pouvoir rapidement trouver une solution, parce que, deux ans, c'est

long.

quand je suis venue, il y a à peu près deux semaines, ici, au parlement, j'ai

vu ces mamans, avec leurs poussettes, manifester

devant le parlement. Je pense, c'est la première fois... puis peut-être vous me

diriez, M. le Président, que c'était pour

mon âge, je suis trop jeune puis je n'en ai peut-être pas vu assez, mais, moi,

c'est la première fois que je vois ça, une manifestation de poussettes.

chiffres que le ministre parle, moi,

j'en ai d'autres. Je suis aussi porte-parole de Capitale-Nationale. Ici, à la

Capitale-Nationale, je vous le dis, M. le ministre... En fait, non,

je m'adresse à la présidence, mais je souris au ministre, que j'apprécie quand même beaucoup. Vous avez promis...

Bien oui, mais vous ne restez pas en reste, M. le député de La Peltrie, ministre délégué à la Transformation numérique, votre tour

viendra, mais vous savez que je vous apprécie beaucoup lorsqu'on parle de virage numérique aussi. Alors... Mais là je me

concentre... Oui, O.K., oui, c'est vrai. Lui, c'est le deuxième, vous êtes premier. C'est parfait, vous voyez, tout

est rétabli. Mais, pour la Capitale‑Nationale, c'est quand même 1 155 places que vous avez promises, que le ministre de la Famille a promises en février 2019. Et il avait dit :

Top chrono. Donc, 15 000 places partout au Québec, mais, ici,

à la Capitale-Nationale, c'était 1 155. C'est quand même important ces places-là parce que ça touche des familles. Alors,

deux ans plus tard, je me suis intéressée, pour la Capitale-Nationale, quel a été le livrable. 188 places. Sur 1 155, le

pourcentage, c'est 16 %, en deux ans, c'est très, très peu. Alors,

j'espère que, là-dessus, pour la Capitale-Nationale, on sera capables de le faire, parce que ce n'est pas normal en 2021

qu'une femme ou même un homme...

Parce que je dois souligner quand même qu'au Québec il y a quelque chose qu'on

a réussi que peut-être d'autres

provinces nous regardent et peut-être nous jalousent, on a de plus en plus de

pères qui prennent leur congé parental, et ça, c'est vraiment bon. Mais restons

quand même francs, ça reste beaucoup, mais majoritairement encore des femmes,

puis qu'en 2021 on doit choisir entre notre

carrière professionnelle ou rester à la maison, ça m'apparaît très inconcevable.

Et, pour connaître le ministre de la Famille, je sais pertinemment que, pour lui aussi, c'est

inconcevable. Alors, peut-être qu'il

y aura des ajustements, parce que, quand moi, j'ai lu le budget, il manque

quelque chose pour être en mesure d'accélérer ce développement.

mêmes femmes qui ont ouvert ces CPE, moi, elles m'ont dit quelque chose, elles

n'ont pas eu, elles... elles ont eu, je pense, un merci, une fois, public,

mais, au-delà de ça, il y a eu quand même d'autres endroits où qu'on a vu qu'il

y a eu quand même un soutien

financer, et ça, c'est... on l'a vu s'attarder. Puis plusieurs... Tantôt, le

ministre a dit : Peut-être qu'il

y en a qui ont quitté parce qu'elles ont eu peur de contracter la COVID-19.

Moi, ce que j'ai eu écho de ceux avec qui moi, j'ai parlé, c'était aussi

au niveau financier qu'il y avait eu des problèmes.

Mais,

vous savez, je pense que la formation, c'est important. Ce que j'ai vu dans le budget

et ce que le ministre a dit,

c'est que, de son côté, ils auront une formation accélérée. J'attire à l'attention du ministre : formation accélérée, mais ne jamais, jamais réduire

sur la qualité. Parce qu'Agir tôt, si on y croit pour de vrai, il y a, à ce

moment-là, du savoir essentiel qui doit être transmis lors de cette formation,

et on ne peut pas aller plus vite que qu'est-ce qu'une personne est capable d'apprendre. Et j'en sais quelque chose. Avant de faire de la politique, je suis quand

même professeure, et il y a un

rythme qu'un étudiant est capable d'assimiler dans un cours. Et j'ai toujours

eu horreur de ce qu'on appelle, dans notre jargon, du bourrage de crâne.

Alors,

je crois à la formation et je crois surtout aussi à la formation

continue, parce qu'il y a les nouvelles méthodes de travail qui sont importantes de toujours

mettre au point. Alors, ça, c'est une attention que j'espère que le ministre... Puis je le connais. Je sais que, là-dessus, il m'entend bien.

Maintenant,

vous me permettrez d'aller dans un dossier que j'aime beaucoup : paradis fiscaux. Il fallait que j'en parle, quand même, vous me

connaissez, je ne vais pas me lever en cette Chambre sans parler de paradis

fiscaux.

Alors,

j'aurais aimé voir quelque chose dans le budget pour nous indiquer qu'il y a une volonté de

continuer dans ce que le précédent

gouvernement libéral a fait. Parce

qu'il y a des affaires qui ont été

faites. Bon. Là, vous me regardez, on dirait que c'est loin en mémoire.

Permettez-moi de rafraîchir la mémoire de tous et chacun.

Septembre

2016, il y a ici une commission sur les paradis fiscaux que tous les partis d'opposition ont aussi participé. Il y a eu un rapport unanime. Avec ce mémoire,

bien, le député de Robert-Baldwin... puis d'ailleurs mon leader le député de Pontiac

aussi participait... Puis ensuite il

y a eu un dépôt d'un projet...

pardon, d'un budget... Là‑dedans, on mettait une unité pour lutter contre les paradis

fiscaux à Revenu Québec, on a doté davantage de sous, il y a eu de la

formation. C'est quand même intéressant, là.

Plus,

vous me connaissez, vous me voyez venir, il y a eu ce qu'on appelle la fameuse

taxe Netflix, que tout le monde ailleurs

au pays disait : Voyons donc, qu'est-ce qui se passe au Québec? C'est

quoi, cette affaire-là, la taxe Netflix? On l'a fait, alors qu'Ottawa disait : Non, vous n'avez pas le droit de

le faire. Le député de Robert-Baldwin, alors ministre des Finances, lui, il s'est dit : Bien, vous

savez quoi? Au Québec, on est autonomes. Nous avons notre propre loi fiscale,

nous avons notre propre agence fiscale et nous sommes autonomes, donc on

va le faire sans vous. Résultat? Bien, ça a bien fonctionné, tellement que le directeur parlementaire du budget fédéral

demande à Ottawa d'agir et de prendre le modèle sur le Québec.

Mais

on a toujours dit, au Parti libéral du Québec, que ça, c'était une première

étape. La deuxième étape, c'est ce

qu'on appelle la taxe GAFA, s'assurer que

les géants du Web, des multinationales étrangères qui font affaire au Québec,

ont le droit, évidemment, hein, mais paient

leurs impôts ici. Ça, c'est la moindre des choses. Et, avec une pandémie, qui,

nous savons, nous a coûté des milliards de dollars, éventuellement il va

falloir que quelqu'un paie cette note. Et vous comprendrez que les contribuables, là, bien, ils en paient assez, des

impôts. Alors, ce n'est pas normal que, d'une part, nos entreprises québécoises

paient des impôts, que nos citoyens québécois paient des impôts, que les

résidents québécois paient des impôts, mais

qu'une entreprise milliardaire, par

exemple, Facebook, un gros zéro. Vous

savez, M. le Président, ou peut-être pas, vous ne le savez pas, mais Facebook a quand même

augmenté ses profits dans la dernière année. Pour le Canada

en entier, on parle, plus de 3 milliards

de dollars. Ça en fait, des sous qui auraient pu rentrer dans... ici, aux

coffres du Trésor.

Alors, ça,

ici, j'espère qu'il y a quelque chose éventuellement, à tout le moins une

volonté d'agir, parce que je n'ai pas senti l'appétit du ministre des Finances

sur ce sujet et je ne comprends pas qu'il n'y voit pas, ici, une avenue, un,

pour assurer l'équité fiscale entre nos

entreprises québécoises et étrangères; deux, pour aussi garnir les coffres de

l'État. Soyons honnêtes. Google, par l'entremise d'Alphabet, génère des

milliards ici, là, au Canada. Puis là-dedans il y a une proportion quand

même importante qui est faite au Québec, probablement autour de 22 %, si

c'est relatif au poids de la population.

Alors, ma question, M. le Président :

Pourquoi ne pas agir? Surtout que j'ai eu le bonheur de siéger avec mes collègues dans la commission l'avenir sur les

médias. Ma collègue la députée de Verdun a martelé qu'il fallait agir de façon

fiscale. Pourquoi? Bien, parce qu'on voit

nos... nos journalistes, bien, le journalisme de région particulièrement en

souffre, mais les médias, les médias

d'information, eux, ont vu leurs revenus publicitaires vampirisés à plus de

80 % par deux entreprises : Facebook et Google. Puis, pendant

ce temps-là, personne ne fait rien.

Moi, je vais

vous le dire, n'ayez pas peur, la bonne nouvelle, parce qu'il y en a, je vous

le répète : on est autonomes en matière fiscale. D'un point de vue

constitutionnel, on n'a rien besoin de demander à qui que ce soit. Vous n'avez

même pas besoin de faire... de demander la séparation du Québec, là, pour le

faire, pas besoin, on est autonome. On a Revenu

Québec qui est capable d'agir, c'est notre agence de revenus, et on a notre

propre loi fiscale. Au niveau constitutionnel, on est dans notre champ

de compétence. Il n'y en a pas, de problème, à

part le manque de volonté.

Puis là vous

me direz : Mais, Marwah, ça représente combien? C'est très difficile

d'estimer. Par contre, de temps en

temps, j'aime ça faire des tableaux, fichiers Excel. Alors, je suis allée sur

Securities Exchange Commission, où est-ce qu'il y a... toutes les entreprises américaines qui sont cotées en

bourse doivent déposer leurs états financiers, puis je me suis dit :

Allons voir ce que Facebook fait.

Alors, si

vous me permettez, je vais juste ressortir mon fichier Excel, parce que je ne

me rappelle pas, malheureusement, de

toutes mes données en même temps. Ce ne sera pas long, M. le Président. Je sais

que vous me regardez puis vous dites : Ah! qu'est-ce qu'elle fait? Désolée. Ce ne sera pas très long. Bon, je

vais arrêter, parce que je ne suis pas capable de faire deux affaires en même temps. Là, je cherche en

même temps que je veux parler, ce n'est pas une bonne idée, mon affaire.

Mais ce n'est pas grave, je vais le trouver,

ça vaut la peine, je sais, mais c'est quand même des chiffres importants. Ah!

Merci. Et je tiens aussi à souligner que

j'ai parlé avec le Pr Jean-Hugues Roy, professeur de journalisme à l'UQAM,

qui, quand même, lui aussi, écrit sur

ce dossier depuis maintenant, je crois, quatre ou cinq ans. Alors, on s'est

parlé, lui puis moi, aussi dernièrement, le 30 mars, pour être plus

précise.

Alors,

Facebook. Durant la dernière année, M.

le Président, pour quatre trimestres,

en 2020, 40 milliards de dollars

pour les États-Unis et le Canada, 40 milliards seulement Canada,

États-Unis. Puis savez-vous quoi? On peut penser qu'il y a un pourcentage qui est canadien. Alors, dans le meilleur des

cas, là, ça veut dire le moins d'argent qu'il aurait pu faire probablement au

Canada... vous aurait généré 3 milliards de dollars au Canada. Et, dans le

pire scénario, ça veut dire que vous avez fait beaucoup, beaucoup

d'argent, autour de 6 milliards. C'est énorme. Alors, vous comprendrez

qu'une entreprise qui est... juste en 2020,

son revenu mondial était de 84 milliards américains, environ 100 milliards

canadiens, et nous, on est gênés de

demander à Facebook de payer ses impôts sur les revenus générés au Québec. Moi,

je ne comprends pas. En fait, j'ai

vraiment été surprise que le ministre n'a pas saisi cette opportunité pour

faire preuve d'audace, d'ambition,

tu sais, ce fameux terme qu'on a entendu à

maintes reprises lors du discours inaugural du premier ministre. Ça, ça

aurait été une super de belle opportunité.

Alors,

là-dessus, je suis un peu déçue, parce

que c'est quand même

un dossier important, la fiscalité, c'est une façon de vraiment redistribuer la richesse pour bien

financer les programmes, notamment. Alors, j'espère que ce n'était qu'un oubli

puis que, l'année prochaine, coup de théâtre, on ira plus loin dans ce dossier.

Enfin, maintenant, parlons d'éducation. Quand

même, je suis venue vous parler d'éducation, mais j'avais des préambules avant à faire. J'ai été un petit peu

surprise par le ministre de la

Famille. Donc, j'ai parlé un petit

peu de famille avec lui, et, par la

suite, bon, je n'ai pas pu m'empêcher de parler de fiscalité. Et maintenant on rentre dans le coeur... le vif

du sujet, pardon. Et merci de votre patience

et de rester encore tous bien présents pour m'entendre et m'écouter

attentivement. Je vous remercie. Merci.

Alors,

éducation. Demain, il y a plusieurs parents qui vont être très déçus, pour ne

pas dire frustrés. Plusieurs parents savent

que ça fait maintenant un an qu'il y a eu des retards d'apprentissage. On met

les bouchées doubles ou triples pour essayer de pallier à cela. Ça fait

quand même maintenant aussi un an que les enseignants tentent de négocier avec

le gouvernement, que les professionnels de soutien aussi, que le personnel de

soutien aussi.

Donc là, vous

comprendrez, dans une école, on a, oui, la direction d'école, directeur,

directeur adjoint, mais on a le corps enseignant, on a le personnel de

soutien, pour ceux qui nous suivent, c'est le service éducatif, mais pensez aussi... service de garde, pardon, scolaire, mais

pensez aussi au transport, pensez aux concierges, qui n'ont pas chômé dans

la dernière année pour garder nos lieux

sécuritaires dans nos écoles. Pensez aux adjointes administratives. Le

personnel de soutien,

c'est tout ça. Professionnels de soutien, orthopédagogue, l'orthophoniste, la

psychoéducatrice, eux autres aussi, là, ils sont présents.

Là, en ce moment, les gens qu'on devait

prioriser, que le gouvernement a promis de faire l'éducation sa priorité, il y a beaucoup de frustration dans le réseau. Je

vous explique pourquoi, M. le Président. Ça fait un an maintenant que les

négociations, là, ça ne bouge pas fort,

fort. Au mois de janvier, moi, j'ai rencontré le syndicat du personnel de

soutien. Ils me disent : Mme la

députée de Saint-Laurent, pouvez-vous croire qu'on a eu une réunion avec les

avocats du gouvernement pour nous donner une autre date de rencontre?

Donc, ils se sont présentés à une rencontre de négociation pour négocier. Finalement, l'avocat du gouvernement n'est pas

disponible. Elle a dit : On va vous donner une autre rencontre. Première

fois, on dit : O.K., parfait, on va

prendre une autre rencontre. Ça peut arriver, un empêchement. On arrive, deux semaines et demie plus tard, à la deuxième

rencontre prévue pour négocier, bien, pas encore disponible. Bien, on va

refixer une autre rencontre. Là, on

dit : Bien, voyons! Qu'est-ce qui se passe? Là, ils apprennent quoi? Bien,

c'est que l'avocate au dossier, qui

est supposée négocier pour le gouvernement, bien, elle vient du secteur privé,

puis, entre négocier pour le gouvernement ou le public, bien, elle a décidé de prioriser le secteur privé. Ça n'a

pas bon sens. Il me semble que, si tu vas voir quelqu'un qui veut négocier de bonne foi, un, il faut se

présenter de bonne foi aux tables de négo, négocier, avoir un échange, et non

pas avoir un échange de dates, puis faire

des remises, puis des remises, puis des remises, parce que, comme on le sait,

tout ce qui traîne finit par se salir.

maintenant, ça fait un an, et il y a une écoeurantite aiguë dans le réseau,

écoeurantite pour différentes raisons. Mais,

principalement, ce que j'entends, c'est que c'est au niveau de la valorisation

de l'enseignement. La CAQ a promis, en

élection, comme les autres partis d'ailleurs, d'abolir les six premiers

échelons salariaux pour les enseignants. Vous savez que les enseignants sont les moins bien payés au

Canada, là. On n'a même pas la moyenne canadienne. On est loin. Puis, même si vous travaillez toute votre vie, là, comme

prof, plus tard, là, vous n'allez même pas rattraper ce qu'un enseignant

gagne en Ontario, là. L'écart va toujours

subsister. Donc, ça prend plus de temps pour atteindre le maximum sur l'échelle

salariale au Québec, puis, malgré ça, quand vous l'avez atteint, là, après

avoir travaillé toute votre vie, vous avez quand même un écart salarial important avec les autres provinces. Or, il faut

rattraper. Puis vous savez quoi? Ils sont raisonnables, ils demandent juste la moyenne canadienne. Ils ne

demandent pas d'être les mieux payés aux pays. Ils demandent juste à être

à la moyenne canadienne, mais aussi d'abolir les six premiers échelons, tel que

promis.

Alors, tout

le monde arrive aux tables de négo. Les offres patronales tombent. Boum! Mais

là les syndicats lisent. Là, ils disent : Attends une minute, là.

Comment ça se fait, les six premiers échelons ne sont pas dans l'offre

patronale? Tout le monde est tombé de leurs

chaises. Là, ils ont fait : Voyons, c'était un engagement, noir sur blanc,

électoral. Puis je suis retournée sur

la page... le site Web de la CAQ, c'est encore là, là. Puis, finalement, parle,

parle, jase, jase, bien, cet engagement-là, il n'est plus là. Il va être

revampé. Ce ne sera pas la même chose, puis c'est l'équivalent. Bref, des excuses pour ne pas tenir une promesse électorale.

Pire que ça, la semaine de travail, c'est 32 heures. Là, il veut faire

monter ça à 40 heures. Là, ils

ont dit : O.K., c'est que ce n'est pas ça que vous avez promis, là. Donc,

on va être pas nécessairement mieux

payés, puis vous nous demandez du 40 heures

en plus de ce qu'on fait déjà. Alors, vous comprendrez que les négociations, ça n'avance pas très fort. Alors,

là-dessus, c'est un peu difficile. Pourtant, l'éducation doit être une

priorité.

Le personnel

de soutien, eux autres aussi, ils demandent, aux tables de négo, moins de

précarité d'emploi. C'est quoi, la

précarité d'emploi? Bien, souvent, puis je vais dire «ces femmes» parce

qu'autour de 80 % de ces postes sont occupés par des femmes...

Mme Rizqy :

... — à vos

souhaits — elles

ont du 15, 20 heures, 25 heures, des fois, si elles sont chanceuses,

du 28 heures-semaine. M. le

Président, on ne fait pas vivre une famille avec du 28 heures-semaines,

là, encore moins avec du 15 heures-semaine. C'est ça, un emploi qui

est précaire.

Alors, on

n'arrête pas de dire qu'il nous manque du monde dans nos écoles. On n'arrête

pas de dire que, ah! écoutez, on

n'arrive pas à attirer des gens. Moi, je ne connais pas quelqu'un que, s'il a

le choix entre travailler à temps plein, il va choisir de travailler à

temps partiel et ne pas avoir un poste qui mène à la permanence. Je n'en

connais pas. Les gens veulent une sécurité

d'emploi. Ils veulent être capables de nourrir leur famille. Ils veulent être

capables de payer leur loyer.

Puis là vous

me regardez, bien, vous avez raison de me regarder comme ça, surtout que les

loyers, on l'a bien vu, ça a explosé. Puis là-dessus aussi pas un mot dans le

budget pour aider les familles québécoises à avoir accès à une priorité ou, à tout le moins, à un logement abordable, pas

un mot, alors que c'est la plus grande crise qu'on vit en ce moment, là.

Je n'ai jamais vu ça, moi, les fins de

semaine, là, une file d'attente pour visiter un quatre et demie dans Hochelaga

qui finit à 1 900 $, pour

un cinq et demie avec une surenchère de 200 $. Ce n'est pas des farces,

là. Ça, c'est une parenthèse, je la referme, là, parce qu'il faut que je

reste concentrée sur l'éducation, mais ça, c'est quand même un autre enjeu

sérieux.

Alors,

imaginez, vous travaillez à un poste précaire, 18 heures-semaine.

Pensez-vous être capable de vous le payer, votre cinq et demie? Bien non. J'ai

bien beau en faire, moi, les mathématiques, là, d'un bord puis de l'autre, ça

ne marche pas. Financièrement, ce n'est pas rentable. Alors, c'est sûr,

ça met plusieurs femmes en précarité d'emploi.

Alors, ça,

ici, le gouvernement aurait intérêt à, justement, offrir du temps plein et

s'assurer d'être capable d'offrir des

postes qui mènent rapidement à la permanence, pas dans sept ans ou 11 ans,

là, rapidement, là. Et le pire, c'est qu'on a des besoins.

Je vous donne

un exemple. Le gouvernement s'est beaucoup inspiré des maternelles quatre ans

de l'Ontario puis de New York. Mais

on a oublié une affaire : en Ontario, il y a ce qu'on appelle le jumelage. Donc, une classe, bien, il y

a un enseignant et une aide

supplémentaire dans la classe. Donc, l'enseignant est capable, lorsque c'est

nécessaire, de se concentrer avec trois, quatre élèves qui ont besoin d'une attention plus

particulière. Bien, l'enseignant va, à

ce moment-là, s'asseoir avec ces

trois, quatre là, pendant que l'aide-enseignante va s'assurer que les autres

élèves dans la classe complètent la

tâche. Donc, ça, il me semble que c'est quand même pratique. Puis, justement,

cette aide-enseignante, ça pourrait être cette éducatrice en service de

garde qui pourrait venir aider en

classe pour justement superviser les élèves qui font leur travail

en groupe. Magnifique solution, non? Je

viens de vous en régler deux, problèmes. On aide des élèves en difficulté,

on aide aussi des éducatrices qui

sont en précarité d'emploi, et, en

même temps, c'est qu'on vient quand même,

là, de peut-être, là, réduire, là, la charge dans une

classe.

Moi, le

lundi, M. le Président... j'ai commencé ça au mois d'octobre, il

manquait tellement, tellement d'enseignants que je suis allée aider, je suis devenue suppléante. Bon, je vais vous

dire très franchement, c'est là que j'ai compris que j'étais une meilleure prof à l'université

que pour être enseignante au primaire, parce que ce n'est pas du tout le même

monde. Ayoye! Pour vrai, là, c'est incroyable, ce que les enseignants

sont capables de faire. Moi, on m'a attitrée, la première semaine, c'était en

semaine de relâche... Bien, en fait, la semaine en circonscription, moi, je

l'ai passée dans mon école primaire, à

Saint-Laurent. Il n'y avait plus de suppléant, donc vous comprendrez qu'en

dernier recours c'est moi qu'on a prise, là, mais, s'il y avait eu un suppléant qualifié, ils l'auraient

pris. Alors, j'arrive dans ma classe de cinquième année, cette

semaine-là, je les ai soutenus dans ma meilleure capacité, là, bon, j'ai fait

de mon mieux. Je suis quand même pas pire en

français puis en mathématiques, là, au moins, c'est

correct, là, puis je me rappelle encore de mon histoire du Québec,

donc ça va superbien là-dedans. Mais,

quand même, il y a une charge importante, et j'étais très

heureuse lorsque l'orthopédagogue est venue dans ma classe pour, justement,

en prendre deux qui avaient besoin d'une attention particulière.

Mais est-ce

normal qu'on n'a plus de suppléant, qu'il

y a une pénurie, même, de suppléants?

Donc, on a commencé l'année scolaire 2020,

il manquait 1 000 enseignants au Québec, donc, 1 000

enseignants. On a la pénurie de profs, d'enseignants, mais même la

banque, là, de suppléance est vide. C'est quand même alarmant.

Alors, moi,

je m'attendais que, dans le budget, il y ait quelque

chose, justement, qui va faire en

sorte de valoriser la profession

d'enseignant. Je m'y attendais, sincèrement. Mais il n'y avait rien. Rien. Étant donné, là... Tu sais, c'est quand même

troublant, parce que, si la priorité, c'est l'éducation, comment se fait-il

qu'on n'est pas capable de régler les

conventions collectives immédiatement,

s'assurer qu'il n'y a pas de journée de grève, s'assurer que les élèves,

lorsque c'est sécuritaire, peuvent retourner

en classe? Il me semble que c'est ça qu'on serait capable de faire, s'assurer qu'on

ne va pas recommencer la prochaine

rentrée scolaire, en 2021, septembre 2021,

avec une pénurie d'enseignants puis

de se dire : Bien, on va

s'assurer que la députée de Saint-Laurent, elle ne sera pas en train de faire

de la suppléance elle aussi, là, puis que d'autres personnes non plus,

parce qu'on aura, justement, réglé la situation.

Un autre fait

nouveau, M. le Président. Je vous ai parlé de la pénurie d'enseignants;

maintenant, je vais vous parler des

professionnels de soutien. Je vais en profiter, je vois, le temps file. Bon, je

vais commencer avec le Saguenay. 50 % des professionnels

de l'éducation songent à quitter le public , ça, c'était écrit par Louis

Tremblay, dans Le Quotidien , le 7 avril

dernier : «Les professionnels du secteur de l'éducation — primaire et secondaire — sont préoccupés par la dégradation de leur situation au sein du système scolaire et

ils sont maintenant près de 50 % à envisager de quitter le secteur public pour

se trouver un emploi dans le privé, qui offre des conditions de travail plus

avantageuses.» Et, ici, comprenez-moi bien, M.

le Président, «conditions de travail plus avantageuses», ce n'est pas

uniquement le salaire, c'est aussi la question du temps plein versus

temps partiel, permanence pas de permanence. C'est ça aussi, les conditions de

travail.

Et là

j'attire l'attention toute particulière... Puisque j'ai la chance d'avoir un

ministre de la Famille qui est avec nous, je vais vous parler maintenant de

l'Outaouais. Aujourd'hui... non, pardon, hier, Éducation : un

professionnel sur trois songe à

quitter son emploi . «Des

orthopédagogues aux psychologues en passant par les conseillers en orientation

ou les travailleurs sociaux, un

professionnel de l'éducation sur trois en Outaouais songe à délaisser son

emploi en raison notamment de la lourdeur de la tâche. Parmi ceux qui ont

exprimé ce désir, près d'un sur deux — 49 % — préférerait même occuper un emploi

similaire dans le secteur privé, apprend-on.» Daniel Leblanc dans Le Droit .

Pourquoi je

vous en parle? C'est parce qu'on a besoin d'eux, et c'est là l'urgence, il y a

vraiment urgence, pour ne pas dire

péril dans la demeure. Parce que pénurie d'enseignants, pénurie de suppléants,

et, si jamais on frappe le mur avec une

pénurie de professionnels de soutien, ceux qui viennent en aide aux enfants qui

ont la plus grande difficulté, qui ont besoin

de cette aide, ces enfants... les élèves HDAA, avec un handicap ou une

difficulté d'apprentissage, c'est eux, là, dont il est question

lorsqu'on parle des professionnels de soutien. Et pour vous donner un ordre de

grandeur, là, on parle d'environ 20 %,

là, des élèves du réseau scolaire, un jeune sur cinq, environ 200 000 qui

ont besoin d'aide. Et, si on n'a pas

les professionnels de soutien, c'est à eux, à eux, à ces élèves qu'on vient de

faire défaut. Et nous avons une obligation de s'assurer que l'éducation soit juste pour tous les élèves du réseau.

Mais, si on n'a pas assez d'enseignants, si on n'a pas assez de suppléants qualifiés, si on n'a pas assez

de professionnels de soutien, si même le personnel de soutien, ceux qui ouvrent et qui ferment nos écoles, ne sont pas

présents, notre système de l'éducation est en péril, M. le Président. Et c'est

pour ça que, dès maintenant, c'est là qu'il

faut agir, parce qu'on ne pourra pas commencer l'année scolaire 2021

encore en manquant des enseignants,

encore en regardant, là, partir les professionnels de soutien. Un sur deux

pense à quitter, les professionnels de soutien.

Puis, pour

juste vous illustrer, là, comment c'est grave, j'ai les chiffres des

enseignants qui ont quitté. En 2016‑2017, donc j'ai pris l'année de référence, là, j'ai fait exprès, là, l'année

de référence libérale, 110 qui ont quitté au centre de services scolaire

de Montréal pour toute l'année. 2020‑2021, deux mois après la rentrée scolaire,

161 enseignants qui ont quitté. L'année

scolaire 2016‑2017, j'en ai 110 enseignants qui ont quitté pour une

année complète. 2020‑2021, en deux mois, j'en ai 161.

Comprenez-vous,

là, l'hémorragie? On va le frapper, le mur, si on ne l'a pas encore déjà

frappé. Alors, c'est pour ça que je vous demande une attention à tous.

Mettez de la pression, réglez toutes les conventions. Il y a les enseignants, il y a le personnel de soutien, il y a les

professionnels de soutien. Ce n'est pas juste une question de conditions de

travail qui dit

salaires, il y a aussi les conditions de base, des emplois qui mènent à la

permanence rapidement. Mettez fin à la précarité

d'emploi parce que chaque dollar qu'on va investir en éducation, on l'investit

pour nos jeunes qui est notre futur. Et c'est à eux qu'on leur doit de

s'assurer d'avoir mis tous les efforts pour avoir un réseau scolaire qui va

bien.

Et je

terminerais là-dessus, M. le Président. Je vous ai parlé des retards

d'apprentissage. Pour, justement, combler ces retards d'apprentissage, selon plusieurs experts, ça va prendre au

moins deux ans. Pour ce faire, il va falloir fédérer tous les gens qui travaillent dans nos écoles ensemble

pour cette réussite éducative. En ce moment, là, on n'a pas le temps d'avoir

des chicanes, on n'a pas le temps d'avoir, justement, des gens, là, qui

sortent. C'est pour ça qu'il faut régler, il faut régler rapidement, parce qu'une fois qu'on va régler les

conventions collectives on va être capables de travailler sur des affaires

aussi importantes que la réussite éducative, parce que justement on va avoir

des enseignants qu'on aura vraiment valorisés, des professionnels de soutien qu'on aura été capables de retenir, et

même en chercher des nouveaux, puis du personnel de soutien qui va être là aussi pour nous épauler,

qui, eux aussi, sentiront, là, qu'ils ont leur place dans l'école puis qu'ils

sont, justement, justifiés dans l'école parce qu'on a besoin d'eux.

Alors, je

sais que j'ai pris beaucoup de temps aujourd'hui, M. le

Président, vous m'en excuserez, mes

collègues aussi, mais, vous me

connaissez un petit peu, l'éducation, je pourrais vous en parler pendant des heures. Mais

là je vais m'arrêter, aujourd'hui, ici. Et ce sera pour une prochaine fois, pour

parler du virage numérique, là, avec mon collègue, bon, pardonnez-moi.

Merci, tout le monde.

Le Vice-Président (M. Picard) :

Merci, Mme la députée. Je reconnais maintenant M. le député de Masson.

M. Lemay : Merci, M. le

Président. Donc, à mon tour d'intervenir sur le budget 2021‑2022.

Vous savez, M. le Président, il y a plusieurs sujets qui nous passionnent, en tant que députés,

et moi, personnellement, c'est tout ce qui a trait avec l'environnement, l'agriculture, l'énergie,

les ressources naturelles, les transports, la mobilité durable. Ce sont des

sujets qui me passionnent. J'aurais pu parler de d'autre chose, tout à l'heure

j'entendais mon collègue ministre de

la Famille parler des familles, bien entendu, mais, bon, je vais me concentrer

sur certains thèmes, aujourd'hui, lors de mon allocution.

Alors, vous

savez, dans le fond, ce que j'aimerais mentionner, c'est qu'en transport puis

en mobilité durable c'est 6,7 milliards

d'investissement qui vont être... pendant les cinq prochaines années. C'est

beaucoup d'argent, là, M. le Président. Et on a juste à penser au plan d'électrification, qu'on a fait en

sorte... puis, tu sais, on a 20 millions juste pour mettre en place

des nouveaux biocarburants. Ça, c'est superintéressant, M. le Président. Au

niveau de la mobilité durable, c'est 2,6 milliards

qui va être investi, c'est beaucoup d'argent. Tu sais, quand on pense à ça, à

quoi ça va servir, on a 1,5 milliard, ça va servir directement pour la mobilité et l'électrification des

transports. Mais là, si on rentre plus dans le détail, comment qu'on va

l'utiliser, ce 1,5 milliard là, bien, dans le fond, on va avoir

471 millions pour des projets de voie réservée. Puis ça, là, M. le Président, c'est important parce que,

quand on peut augmenter, améliorer, si on veut, le temps que ça prend pour

faire ton trajet à tous les matins et à tous

les soirs pour l'ensemble des Québécois et des Québécoises, c'est comme ça

qu'on y arrive, avec des voies réservées.

Concrètement, dans ma région, dans le sud de

Lanaudière puis aussi avec Laval, il y a deux projets qui sont retenus. Il y en a plusieurs autres à l'ensemble

du Québec, mais je vais parler pour ma région. On parle de l'autoroute 440

entre la route 125 puis l'autoroute 25.

Justement, on va avoir l'ajout d'une voie réservée, ainsi que sur l'autoroute 25

entre Terrebonne et Laval. Donc, ça

va toucher concrètement tous les citoyens du sud de Lanaudière qui vont pouvoir

bénéficier de cet ajout de voie réservée.

En plus, dans

le 1,5 milliard, ce qu'on va avoir, c'est 614 millions pour la

poursuite des projets mineurs de transport collectif. Ça, c'est important de le dire, parce qu'on parle souvent des

projets majeurs, de grande envergure, puis les projets mineurs, on met 614 millions pour justement

10 projets distincts dans l'ensemble du réseau. Donc, c'est bénéfique,

c'est ça que ça nous prend. On doit

aussi... tu sais, ce n'est pas juste les axes majeurs qu'on doit travailler,

mais, si on peut aussi travailler toutes les banlieues, si on veut,

bien, c'est comme ça qu'on va arriver à avoir une meilleure mobilité durable,

M. le Président.

On a aussi

453 millions dans la première phase du PEV, qui est notre politique-cadre

d'électrification et de la lutte aux changements climatiques, qui engage le

Québec dans un projet ambitieux, puis on jette, justement, les bases pour une économie verte.

Alors, là-dedans, si on va encore plus en

détail, on a 188,6 millions pour l'acquisition de plus de 250 autobus

électriques. Donc, on bonifie notre flotte

d'autobus électriques et aussi on met 21 millions pour

électrifier près de 180 autobus hybrides.

Donc, c'est toujours dans la bonne voie. Il va y avoir 146,8 millions pour notre belle région de la capitale avec le centre d'exploitation du Réseau de transport de la

Capitale, et 96,5 millions qui vont être attribués pour la construction d'un

garage pour Exo. Donc, on met en place toutes les infrastructures pour justement

qu'on puisse aller de l'avant avec l'électrification des transports.

Et ce n'est

pas tout, là. On parle aussi de l'ajout pour le transport actif. Donc, ça, M. le Président, on parle de pistes cyclables,

de bandes cyclables. Donc, on le sait, il

y a plusieurs citoyens qui ne se

déplacent pas nécessairement en véhicule mais aussi avec leur vélo.

Donc, on a pensé à ça aussi, M. le Président.

Au niveau

des batteries puis des métaux, on le sait, c'est un autre secteur d'activité

superintéressant, puis qui va pouvoir mettre le Québec à l'avant-garde, puis ça

va nous donner un bon rôle pour l'augmentation de notre PIB. Qu'est-ce que je veux dire par là? C'est qu'en travaillant sur

la stratégie des batteries, on a... tu sais, il y a plusieurs

axes où on pourrait travailler, mais on fait des innovations dans quoi, M.

le Président? Dans la récupération des batteries. C'est important parce que... on le sait, avec tous les véhicules électriques

qu'on met sur la route, bien, si on ne pense pas tout de suite à qu'est-ce

qu'on va faire avec les batteries lorsqu'elles auront atteint leur fin de vie utile, on va avoir un problème.

Donc, nous, on a des innovations technologiques québécoises pour

travailler sur la récupération des batteries.

On a aussi...

On met en place des incitatifs pour la production des véhicules électriques commerciaux. Donc là,

ce n'est pas... En plus des autobus

électriques, on a aussi des camions électriques qui s'en viennent, M. le Président. Ça va être juste bénéfique pour l'environnement.

Et aussi on met en place la stratégie pour

l'exploitation et la transformation des minéraux en sol québécois. Parce que ça, c'est important, là. On a beau aller

faire l'extraction des minéraux, mais, si on l'exporte à l'état brut, bien,

on perd toute notre richesse, alors que, si

on la transforme ici, en sol québécois, c'est là qu'on va maximiser la

richesse. Ça va être bénéfique pour l'ensemble des Québécois. On va

avoir l'expertise ici. Je n'ai pas besoin de vous donner plus d'explications,

là. On comprend que ça va être juste bénéfique.

D'autres

enjeux qui m'affectionnent particulièrement aussi, c'est en agriculture. Puis

ce que je trouve intéressant, c'est

le fait qu'on aide énormément nos agriculteurs mais aussi... pas juste les

agriculteurs traditionnels, mais beaucoup aussi des hommes d'affaires, des femmes d'affaires, des entrepreneurs qui

veulent se lancer dans la filière de l'agriculture, mais pour avoir une agriculture locale et durable, et

ça, c'est par l'ajout de serres. Donc, on met 125 millions pour justement

faire en sorte que tous ceux et

celles qui veulent avoir une serre de production à l'année, 365 jours, M.

le Président, bien... On a mis de

l'argent là-dedans pour justement permettre qu'on puisse avoir notre achat local,

notre Panier bleu, M. le Président.

J'aimerais

vous parler aussi, un autre sujet que j'aime, parce que moi, j'ai fait le tour

du budget, puis là je lisais les grandes

lignes... Puis là je ne sais pas si vous avez pris le temps de lire tous les

cahiers, là, c'est... de façon numérique, là, parce que, si on imprime les cahiers, ça gaspille du papier, mais^, bon,

il y a des milliers de pages, M. le Président. Alors, ce que j'avais trouvé intéressant, il y avait une

section qui parlait du tourisme de nature et d'aventure, puis là il y a

48,9 millions. Ça fait que j'ai

dit : C'est quoi, ça? J'ai dit : C'est intéressant. Dans le fond,

c'est pour, notamment, la SEPAQ, si on veut, là. Donc, ce qu'on va

faire, c'est que...

Premièrement, vous le savez, avec la pandémie,

là, je n'ai pas besoin de vous le cacher, les Québécois et les Québécoises, eux, ils ont besoin de bouger, ils

ont besoin de découvrir, lorsque c'est possible, avec les mesures sanitaires

en vigueur. Bien, l'été dernier, il y a

plusieurs Québécois qui ont profité d'un incitatif qu'on a mis en place avec la

SEPAQ, de 50 % de rabais pour

l'accès à nos 24 parcs nationaux. Donc, ça a fait en sorte que c'est 140 000 abonnements

qu'on a vendus, l'année dernière, à

50 % de rabais, et ça a permis à 140 000 familles de pouvoir

bénéficier de nos parcs de la SEPAQ. Donc,

ça, on le reconduit cette année, et c'est 5 millions que ça représente sur

le budget. Donc, tant mieux pour toutes les familles qui vont en

bénéficier encore cette année. On espère que ce sera possible et que tout le

monde pourra être du rendez-vous.

En plus de ce

5 millions-là, il y a 37,1 millions qui s'en va cette année pour

bonifier l'offre d'hébergement puis aussi

pour réduire la consommation de combustibles fossiles sur nos sites de la

SEPAQ. Donc, tous des incitatifs intéressants pour justement être de plus en plus vert. Et à cela s'ajoute aussi, pour

nos zecs, 6,7 millions de dollars qui va permettre de moderniser et de mettre aux normes les

installations septiques. Donc, encore une fois, on veut protéger notre eau,

notre or bleu et notre nature. Donc,

les installations septiques des zecs, elles vont recevoir 6,7 millions, et

aussi d'autres initiatives des services des zecs, là, pour

1,4 million. Ça fait que ça, ça couvre ce volet-là, M. le Président.

Tu sais,

c'est sûr qu'on peut parler de tous les sujets qui touchent le budget,

là, ça touche vraiment large, mais moi, j'aimerais prendre quelques instants pour parler de l'impact de la COVID-19,

de la pandémie, puis qu'est-ce que ça a eu aussi

dans le comté de Masson. Puis simplement vous mentionner que nos organismes communautaires, ils ont fait un réel travail exceptionnel. Puis ça, c'est vrai pour

toutes les circonscriptions du Québec, là. Tu sais, ce n'est pas... Là, je parle

pour Masson, aujourd'hui, mais en réalité, tu sais, nos organismes

communautaires, ils ont tenu leur bout, là. On a des organismes communautaires

qui font de l'aide alimentaire et on a d'autres organismes qui font de l'aide

psychologique.

Donc, ce que

je voulais mentionner, c'est qu'on avait plusieurs sommes qui

avaient... qui sont dans le budget. Puis, si

on regarde globalement, là, pour le réseau

de la santé puis nos organismes

communautaires, là, dans la dernière année, c'est plus de 6,5 milliards de dépenses additionnelles qui ont été engagées,

dont 152,4 millions qui est destiné aux ressources d'hébergement en

dépendance, aux organismes communautaires et aux organismes pour les jeunes. Ça

fait que ça, je voulais le mentionner, là, pour qu'on sache, là, tu

sais, qu'il y a beaucoup d'argent qui est investi de ce côté-là.

Puis, je peux

vous confirmer aussi, M. le Président, bien, c'est nécessaire, là, parce qu'il y

avait vraiment des besoins criants,

là. Vous avez tous des exemples concrets dans vos comtés respectifs, là, chers collègues

députés, là. Mais, tu sais, on avait

des organismes communautaires qui sont venus nous contacter, en détresse, là...

Puis il dit : Écoute, moi, là, la clientèle

que je dessers, là, elle a des réels besoins. Ça fait qu'il a fallu qu'on

agisse rapidement de ce côté-là. J'ai été touché, là, de voir, là... mais, en fait, bien, tu sais,

on le sait, hein, il y a souvent des bénévoles qui sont impliqués, mais, bon,

ça vient directement du coeur, ça

fait que c'est ça qui est important. Donc, je remercie tous les bénévoles et

tous les responsables des organismes communautaires qui ont participé à

l'effort durant la pandémie de la dernière année.

M. le Président, bien, à

part la santé, puis, tu sais, encore là, la santé, c'est une

grosse

partie du budget, là, je ne m'attarderai pas plus que ça, mais il

y a aussi l'éducation qui est importante. Ma collègue députée de Saint-Laurent,

tantôt, en mentionnait une partie, mais moi,

je veux aller sur d'autres... En fait, c'est sûr qu'on est dans une région,

nous, où il y a une forte croissance

démographique et pour laquelle les besoins en éducation sont criants. Et, si on

ne veut pas se retrouver avec des

élèves qui sont dans des locaux temporaires, là, ce qu'on appelle des

roulottes, là, bien, on doit faire certains

investissements, surtout lorsqu'il y a des croissances démographiques qui sont

supérieures à la moyenne québécoise.

Alors, dans

ma circonscription, ce que ça représente,

c'est l'agrandissement d'une école secondaire qui est en cours, les travaux ont débuté tout récemment. On parle

aussi de l'agrandissement du centre

de formation professionnelle, donc

le CFP des Moulins, encore une fois, pour d'autres besoins, avec l'ajout de programmes aussi. Et on parle

aussi de l'ajout d'une école primaire, donc un peu tous les secteurs

sont touchés.

Éventuellement, M. le Président, j'aimerais bien ça vous parler de

l'agrandissement du cégep, mais ça, on en reparlera dans un autre budget. Ça, ce n'est pas pour le

moment. Ce n'est même pas dans le PQI, ça fait que... Mais, bref, on sait

qu'on va avoir des enjeux de ce côté-là qui s'en viennent.

fait que, là, c'est sûr qu'avec nos jeunes familles... Le député... le ministre de la Famille, tantôt, le

mentionnait, qu'il a fait des

investissements, qu'il a accéléré les processus. On le remercie. Concrètement,

ce que ça donne, dans notre circonscription, c'est l'ajout de

140 places, qui étaient attendues depuis de nombreuses années. Donc, merci

beaucoup, M. le ministre, pour cette aide qui vient toucher directement nos

jeunes familles dans le besoin, dans Masson.

puis, bien, on peut parler aussi du patrimoine culturel, là, tu sais, et j'en

passe, on pourrait faire tous les sujets, mais je regarde le cadran qui file et le temps qui m'est imparti, M. le

Président, et je vais sauter directement à la conclusion. Et j'aimerais vous dire, en conclusion... Puis j'aimerais dire une petite

phrase que le ministre des Finances a mentionnée, qui m'a accroché puis... Il dit : Ce budget

est celui de la confiance dans l'avenir, hein, en santé et en éducation comme

dans le domaine de l'économie. Donc, c'est pour ça qu'on investit, pour

le futur du Québec. Merci, M. le Président.

Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député de Masson. Je

reconnais maintenant M. le député de Nicolet-Bécancour.

M. Martel :

Merci, M. le Président. Dans un premier temps, je veux vous aviser que j'ai

changé de médicament, puis ça se peut que je tousse puis que je sois

obligé d'arrêter de travailler. C'est un effet secondaire. Puis...

M. Martel :

Bien oui, il y a des choses intelligentes. Mais je veux aussi m'excuser auprès

de mon collègue Germain, puis Joey,

qui ont préparé un beau discours, que je vais laisser de côté, parce que je ne

suis pas certain d'être capable de le compléter. Je vais aller à l'essentiel,

je vais vous parler des zones d'innovation.

suis content qu'à partir du budget, il y en avait l'année passée, il y en a

cette année, il y a beaucoup de mesures financières pour appuyer éventuellement les zones d'innovation et qu'on

veut créer sur l'ensemble du territoire du Québec. Juste pour la petite

histoire, je veux vous rappeler que c'est un dossier que M. Legault m'a

confié...

Le Vice-Président

(M. Picard) : On dit «M. le premier ministre».

M. Martel :

Oui, oui, oui. C'est un dossier que M. le premier ministre m'a confié. Et lui,

il était inspiré, évidemment, d'un voyage qu'il avait fait, du livre

qu'il a écrit. Il est allé à la vallée de Silicon Valley, il est allé en

Europe, etc.

Québec, c'est grand, c'est un territoire occupé mais dispersé. Donc, on n'a pas

des agglomérations de population comme

on peut avoir en Californie ou des choses comme ça. Donc, on est partis avec

l'idée, le concept, et on a fait une première

tournée sur l'ensemble du territoire du Québec pour dire : Voici, nous,

notre nouvelle façon ou une façon nouvelle qu'on ajoute à la façon de

faire du développement économique, c'est à partir des zones d'innovation.

Qu'est-ce

que c'est, des zones d'innovation? C'est, évidemment, des territoires

normalement qui sont concentrés, qui

sont définis. Et ce qu'on veut, à l'intérieur des zones d'innovation, c'est la

collaboration, la collaboration entre le secteur universitaire. C'est important, toute la recherche et le développement

qui peut se faire en vase clos dans les universités, mais on veut emmener aussi

les universités à travailler à la recherche et le développement avec les

entreprises. Évidemment, ça prend des

entreprises, ça prend des entreprises privées qui sont prêtes à travailler en

collaboration avec des entreprises

qui peuvent être même des concurrents

ou des entreprises du même secteur, mais qui, pour une

partie de

leur travail, peuvent travailler en collaboration. Autrement dit, on met

toutes nos forces contributives. Puis le président de... je ne sais pas si c'est le président de Moderna ou Pfizer, il disait

qu'un des succès qu'ils sont arrivés à un vaccin qui était efficace dans

peu de temps, c'est justement

la collaboration qu'il y

avait eu entre plusieurs chercheurs,

entre plusieurs entreprises privées. C'est un peu ce qu'on veut faire

dans les zones d'innovation.

Évidemment,

il faut aussi que le milieu municipal s'implique, qu'il croie, qu'il désigne des

endroits où on veut faire des zones

d'innovation, mais aussi qu'ils rendent leur territoire le plus attractif

possible. Parce que qu'est-ce qu'on

cherche dans les zones d'innovation?

Évidemment, on veut travailler avec les universités, mais on veut faire appel à

la connaissance au niveau mondial. On

veut aller chercher des chercheurs de n'importe où sur la planète, et, pour

réussir à les attirer, c'est important

qu'on ait des milieux de vie qui sont intéressants, qui sont stimulants. Donc,

c'est pour ça que le milieu municipal est pris à

partie pour essayer

aussi de collaborer à la réussite des zones d'innovation.

Évidemment,

le gouvernement a un rôle à jouer là-dedans. C'est ce qu'on préconise. Puis,

moi, ce que j'expliquais... Parce que j'ai fait deux tournées, je vais y

revenir un petit peu plus tard, mais ce que j'expliquais, c'est : dans les

zones d'innovation, regardez le gouvernement

d'une façon différente de ce que vous le regardiez auparavant comme intervenant

en développement économique. Voyez le

gouvernement comme un partenaire d'affaires. Il faut que vous soyez capables

de démontrer, dans vos projets de plan

d'affaires, que le gouvernement, s'il investit des montants là-dedans via ses

propres fonds, via les fonds d'Investissement Québec, il puisse

retrouver des billes.

Les billes qu'on cherche, c'est quoi? C'est

qu'on cherche à créer de l'investissement privé des entreprises, on cherche à créer des nouvelles entreprises, on

cherche à rendre nos entreprises les plus productives possible, on cherche à ce

que les entreprises

puissent offrir des salaires les plus avantageux possible pour augmenter le

niveau salarial du Québec et on vise

aussi à ce qu'on soit en mesure d'exporter davantage nos produits. En économie,

évidemment, nos adversaires, c'est l'ensemble

de la planète. Donc, une des façons d'y arriver, c'est vraiment de se mettre

ensemble pour essayer de créer des zones d'innovation.

partir du mandat que le premier ministre m'a donné, j'ai fait une première

tournée régionale, comme je vous disais. Je suis allé expliquer un peu ce concept-là, dire : Regardez, si

vous êtes capables de travailler ensemble, si vous êtes capables d'avoir les universités, les CCTT, des grandes

entreprises, des donneurs d'ordres importants, avec vous, le milieu municipal,

présentez-nous un plan d'affaires, puis nous, on va le regarder. Et on va

évaluer si, en fonction de ce que vous nous demandez,

on va retrouver ce que je vous mentionnais tantôt au niveau des salaires, de

l'investissement, de l'exportation et de la productivité.

Donc,

j'ai fait une première tournée à l'ensemble des régions, et, par la suite, on a

eu des contacts puis là on a vu des

milieux qui trouvaient que c'était une bonne idée. Ils voulaient faire un plan

d'affaires. On a sorti un montant d'argent à tous ces milieux-là qui voulaient faire un plan d'affaires pour les

aider à... les soutenir financièrement à préparer un plan d'affaires. Et j'ai fait une deuxième tournée. Là,

je suis allé plus précisément dans des endroits où il y avait un intérêt à

faire une demande pour avoir une zone d'innovation.

ce jour, je crois qu'il y a entre 25 et 30 projets de déposés. Évidemment,

puis je l'ai dit partout où est-ce que je suis allé, il n'y aura pas 30, 40 zones d'innovation au Québec,

mais... Je ne sais pas combien il va y en avoir. Il va y en avoir le nombre qui est suffisamment intéressant

d'un point de vue gouvernemental puis qui va regrouper l'ensemble des

éléments que je vous mentionnais.

Puis,

pour avoir discuté souvent avec le ministre de l'Économie, c'est évident que la

démarche qu'on a faite, les projets qui sont suscités, on veut tous les

soutenir. Est-ce qu'à la fin ça va être des zones d'innovation? On va voir. Mais tous les projets qui ont été soulevés...

Parce qu'à mon avis, puis là j'ai une carrière de 20 ans comme directeur

de CLD des MRC, d'avoir vu autant de régions travailler ensemble avec le milieu

universitaire, le milieu des CCTT, les entreprises privées, le milieu

municipal, moi, je n'ai pas vu ça souvent. Là, on a 25 à 30 projets qui

ont été déposés. Évidemment, ils vont être analysés avec toute la rigueur qu'on

connaît au niveau du ministère, et ce qu'on souhaite, évidemment, c'est d'en

désigner le plus rapidement possible.

Mais,

comme j'ai mentionné partout, ce n'est pas une course contre la montre. C'est

vraiment une nouvelle façon de faire du développement économique, d'être

le mieux adapté possible pour être en mesure de concurrencer au niveau international. Donc, je suis très content qu'à

l'intérieur du budget on ait gardé toutes les mesures qui ont trait à

l'innovation, au soutien des entreprises

du Québec. Et on va voir pour la suite des choses, mais le budget a

répondu, en très grande partie, aux ambitions qu'on avait à cet

égard-là.

Pour

terminer, je veux aussi mentionner que moi, j'habite à Saint-Célestin.

Saint-Célestin, c'est entre le pont Laviolette, à Trois-Rivières,

et l'autoroute 20 à Sainte-Eulalie. Saint-Célestin, c'est à peu près en

plein milieu. Quand on part de Shawinigan et qu'on s'en va en Floride, partout, vous avez

une autoroute, au moins, à double voie dans un sens. Il y avait

une

partie qui ne l'était pas, qui

était entre Saint-Grégoire de Bécancour et Sainte-Eulalie. L'autoroute, ce lien

autoroutier là a été fait, je vous

dirais, au début des années 2000, mais on l'a fait à simple voie. Donc,

sur cette

partie d'autoroute là, les voitures

se rencontrent, et il y a eu beaucoup d'accidents, notamment des accidents

mortels, sur cette portion d'autoroute là. Donc, quand j'ai décidé de faire de la politique, en 2012, moi, c'était

un des intérêts que j'avais. J'ai vu le Parti libéral notamment

le promettre à toutes les élections où ils ont été au pouvoir, 2003, 2007, 2008;

l'autoroute ne s'est jamais faite. Moi,

j'ai fait la promesse à la dernière élection, et on a pris l'engagement de la faire. Le ministre des

Transports est venu faire l'annonce de l'autoroute cet automne, et les

travaux devraient débuter quelque

part l'année prochaine. Donc, ils sont prévus

au budget, j'en étais très content. Donc, vous avez un député qui est très

heureux. Autant au niveau du développement économique que des

infrastructures routières, le budget a répondu à nos attentes. Merci beaucoup,

M. le Président.

Le Vice-Président

(M. Picard) : Merci, M. le député de Nicolet-Bécancour. M. le

député de Saint-Jean.

M. Lemieux : Merci

beaucoup, M. le Président. Budget. C'est le moment... en

tout cas, dans nos vies, à la maison,

c'est le moment où on regarde où on est,

puis où on s'en va, puis combien on a pour y aller. Alors, je le sais, pour le gouvernement, c'est un peu plus compliqué. D'abord, c'est en milliards, 122 milliards de revenus cette année. Des dettes,

on n'est pas tout seuls à avoir des

dettes, là, le gouvernement aussi en a : 219 milliards au

chapitre

des dettes, cette année. Il y a aussi un PIB nominal, les économistes

adorent ça, apparemment c'est une bonne nouvelle, 468 milliards.

vous dis ça comme ça, parce qu'on se perd vite dans les chiffres. Et on a beau

vouloir donner une dimension à ce qu'on comprend des chiffres, rendu au

budget du Québec ça nous dépasse toujours un peu.

que j'aime de notre ministre des Finances, c'est que, quand je l'écoute, et

quand j'ai écouté la lecture du budget, j'ai compris avec très peu de chiffres.

En fait, les seuls chiffres que j'avais en prenant des notes, c'est les années,

parce que sa mission, et son défi, et

l'objectif qu'il nous a donné et qu'il s'est donné dans son budget 2021‑2022,

c'est, un, de vaincre la pandémie. On

va s'entendre, c'est la priorité des priorités en 2021. Deux, retrouver le

plein-emploi en 2022. Très bonne nouvelle

des chiffres du chômage la semaine dernière, pour le dernier mois, le Québec

est encore le fer-de-lance de la reprise de l'emploi au Canada et le meilleur taux de chômage, même en pandémie.

Trois, atteindre notre plein potentiel économique en 2025.

Ça, j'avoue

que c'est un petit peu plus loin, c'est un petit peu plus difficile à cerner.

Mais, quand j'ai écouté ses explications,

j'ai compris où il s'en allait, parce que le plein potentiel économique, c'est

ce que notre premier ministre appelle l'écart de richesse et c'est pour ça

qu'on fait ce qu'on fait. Et évidemment, et ça a été l'objet d'à peu près

toutes les chroniques et de tous les commentaires, le fameux équilibre budgétaire, fallait-il

cinq ans, fallait-il sept ans? Moi, j'étais content de sa réponse,

équilibrer le budget en 2027.

Donc,

ça, c'est, pour moi, ce que je retiens du budget, dont je vais vous parler au

cours des prochaines minutes, parce qu'entre autres, comme adjoint

parlementaire de la ministre de la Culture et des Communications, il y a

beaucoup de choses, eu égard à ce

qu'il y avait dans le budget 2021‑2022 du gouvernement du Québec, qui ont

trait à la culture et aux communications, et je voudrais prendre le temps de les regarder avec vous au cours des

prochaines minutes. Mais il y a aussi le fait que j'ai assisté aux débats avant la relâche de la semaine

dernière et je voulais revenir sur les aînés en général et les maisons des

aînés en particulier, dont a parlé notre

ministre déléguée à la Santé et responsable des aînés. Puis j'ai aussi pris des

notes en écoutant mes autres collègues, comme le député de Saint-Jérôme,

qui a souligné les avancées en ce qui a trait aux microdistilleries, qui ont tellement besoin d'allègements

réglementaires. Et ça aussi, parfois, les allègements réglementaires,

forcément, ça trouve son chemin dans le budget.

me souviens qu'en commission parlementaire, en CI, la Commission des

institutions, pendant les consultations particulières sur le projet de loi, souvenez-vous, sur la livraison

d'alcool... Et là je vais m'asseoir, puisque vous vous levez, M. le

Président.

Vice-Président (M. Picard) : Merci. Évidemment, compte tenu de

l'heure, je dois vous interrompre et vous demander si vous allez

poursuivre lorsque nous allons reprendre le débat, cet après-midi.

Le Vice-Président

(M. Picard) : Je vous remercie.

Conformément

à l'ordre adopté aujourd'hui et afin de permettre, cet après-midi, la tenue des

affaires courantes, les travaux sont suspendus jusqu'à

13 h 40.

(Suspension de la séance à

12 heures)

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Bon mardi. Vous pouvez vous asseoir.

Alors,

nous allons débuter nos travaux aux affaires courantes, à la rubrique de

déclarations de députés. M. le député de Johnson, la parole est à vous.

M. Lamontagne :

Mme la Présidente, je désire aujourd'hui mettre en lumière la carrière de

Mme Brigitte Bourdages, qui

prendra sa retraite vendredi après avoir oeuvré 25 ans dans le domaine de

l'éducation, dont 10 ans à la barre du cégep de Drummondville à

titre de directrice générale.

Depuis

2011, grâce à son leadership et sa vision, notre cégep a atteint de nouveaux

sommets. On a pu observer une augmentation

de la fréquentation de près de 500 étudiants, une diversification

importante de l'offre des programmes d'études et la réalisation de plusieurs projets structurants d'infrastructure .

Rassembleuse et misant sur le travail d'équipe, Mme Bourdages a aussi contribué à la mise sur pied du Centre

national intégré du manufacturier intelligent, une collaboration uni

Document details

CollectionQuebec — Debates (Hansard)
Citation2021-04-13
Typehansard
Volume / chapteren travaux-parlementaires assemblee-nationale 42-1 journal-debats 20210413 295381
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier135a3e9f24aa6fffebb3e1d3c48c5c39583e80e4

Source file is stored in the law ingest library (html).