Public Finance — 1 October 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2020-10-01
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt-sept minutes)
Président (M. Simard) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Je constate que nous avons quorum. Je déclare
donc cette séance de travail ouverte.
Comme
vous le savez, notre commission est aujourd'hui réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 53, loi portant sur l'évaluation des agents de crédit.
Hier, au moment de
suspendre nos travaux... Ah oui! Mme la secrétaire, j'allais vous oublier,
merci de votre présence, et je vous salue. Pourriez-vous nous indiquer s'il y a
des remplacements aujourd'hui?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Alors, M. Leitão
(Robert-Baldwin) est remplacé par Mme Rizqy (Saint-Laurent).
Le Président
(M. Simard) : Ah! bien, je m'en serais voulu de ne pas accueillir
parmi nous la députée de Saint-Laurent. Soyez la bienvenue.
Donc,
nous disions donc qu'hier le député de Pontiac avait déposé un sous-amendement
à l'amendement 14.1 déposé par le ministre, et, pour ce faire, pour
en débattre, je cède la parole à la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup. Alors, je pense que ce serait peut-être pertinent de relire
l'amendement. Mais, juste avant, le ministre avait signalé son intention
de faire une proposition rassembleuse.
M. Girard
(Groulx) : Et je vais attendre que tout le monde soit là. Je comprends
que vous représentez votre formation
politique, mais, dans le fond, c'est quelque chose que je vais nous suggérer de
réfléchir lors de notre digestion ce midi. Alors, il n'y a pas de bon
moment pour discuter de ça, alors allons-y avec la suite. Moi, je suis prêt
pour 14, 16, 17, 18, et puis on a du momentum. Là, ça va bien, continuons.
Mme Rizqy :
Parfait. Donc, je ne vous en tiendrai pas rigueur de ne pas considérer...
M. Girard
(Groulx) : Ah! non, non, non.
Mme Rizqy :
Alors, je vais relire : Modifier l'amendement proposé introduisant
l'article 14.1 par l'ajout de l'alinéa suivant :
«Après une période de
cinq ans l'exercice du gel de sécurité doit être à
titre gratuit.»
Alors,
c'était l'amendement de mon collègue le député de Pontiac. Hier, la
conversation, pour ceux qui se joignent avec nous aujourd'hui, c'était de s'assurer de protéger correctement les
Québécois en matière de vol de données, et on sait... lorsqu'on a entendu, en consultations particulières... on a eu
la chance d'avoir notamment M. Michel Carlos, qui est un
expert en vol de données mais aussi en vol d'identité.
L'enjeu du vol
d'identité, tel qu'a été exprimé par différents experts, notamment
M. Carlos mais aussi par M. Steve Waterhouse, c'est que des
fois, permettez-moi l'expression, les voleurs de données s'assoient sur la
donnée pendant un certain temps et après
qu'au fond notre vigilance, après un certain temps, commence à être réduite,
utilisent ces données-là. Alors, de là,
l'importance de continuer de protéger correctement les Québécois, puisqu'on a
entendu l'avis de deux experts en
cybersécurité, que c'est au-delà du cinq ans, en fait, que l'enjeu est toujours
aussi présent, sinon plus, parce que nos voleurs, M. le Président, ils
sont bien malins.
Le Président (M. Simard) : Merci à vous, chère collègue. Y aurait-il
d'autres interventions sur le sous-amendement déposé par le député de
Pontiac? M. le député de René-Lévesque et leader de la troisième opposition.
M. Ouellet : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Donc, je pense que c'est un pas
par en avant. Le ministre a qualifié
la démarche des oppositions d'apôtres de la gratuité. Je lui demande d'écouter
la bonne parole, et de prendre son Ancien Testament et d'en écrire un
nouveau chapitre, pour un nouveau...
Blague
à part, je pense que ça pourrait, du moins, M. le ministre, circonscrire
certaines craintes que nous avions. Nous
plaidions pour la gratuité. Nous avions des opinions différentes, dans certains
cas, une vision divergente sur la notion, mais le fait que l'opposition
officielle dépose cette opportunité, dans le temps, de mettre ça gratuit, je pense que c'est une avenue qui pourrait, en tout cas, je l'espère, rassembler les oppositions et permettre aux individus, à un moment donné, connus de pouvoir
utiliser le verrou de crédit sans frais.
Notre
prétention, c'est que probablement, vous me corrigerez, mais probablement que dans cinq ans, les coûts d'implantation
puis les coûts de mise en place, la formation et toute l'architecture devraient être amortis
sur cinq ans, et que,
donc, les organismes qui auraient à proposer auraient pu faire leurs frais et
proposer une solution gratuite. Évidemment, je n'ai pas les coûts, puis vous en avez fait mention un peu
lors de l'étude détaillée, M. le
ministre, vous non plus, on
n'a pas les coûts d'implantation, mais on
peut comprendre que ça peut représenter certaines sommes. Notre prétention,
c'est qu'il y avait suffisamment d'argent
dans le système financier pour les absorber et ne pas refiler la
facture aux consommateurs. Il semblerait
que cette prétention-là pourrait être différente dans le cas du secteur
financier. Et donc je pense que ce serait une bonne alternative, M. le
ministre, pour collaborer et cheminer
dans votre volonté d'adopter ce projet
de loi là rapidement.
Le Président (M. Simard) : Merci à
vous, cher collègue. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, en fait, la
raison qu'on veut revoir le prix dans cinq ans après l'adoption
du projet de loi... Puis on verra, là, si c'est t est égal à 0,
c'est quand, là, dans le coin de 109, l'article 109? C'est certainement qu'on a bon espoir qu'après une période
d'introduction puis d'adoption plus générale que le prix va baisser. Est-ce
qu'il sera gratuit? En fait, je ne le sais pas.
Ce qui a été
clair, durant les consultations particulières, c'est qu'on ne sait pas combien
de temps ça va prendre, développer
ça, on ne sait pas combien de temps ça va coûter. Et donc moi, ma première
préoccupation, c'est que l'outil soit disponible
à un tarif raisonnable. Et éventuellement c'est certain que j'aimerais qu'il
soit gratuit, et il y a un autre
débat, gratuit pour les citoyens ou universellement gratuit, parce qu'on peut
certainement se poser la question, lorsqu'il est tarifé : Est-ce que c'est
le citoyen qui va payer ou si c'est l'institution où le vol de données a eu
lieu, par exemple?
Alors, tout ça pour dire que, si j'avais une
certitude... Comme vous avez donné des paramètres, je pense, qui témoignent de votre connaissance, là, des
développements informatiques, le temps de développement,
l'amortissement... Qui va payer pour ça? Une
partie, les usagers, une partie, les institutions
financières, une partie, les agents
d'évaluation de crédit? Comment ça va se
présenter? Uniquement en outil seul ou également... ou seul, mais avec des options de... — c'est
quoi, le mot français pour «package»?
M. Girard
(Groulx) : ... — de combinaison d'outils,
merci — de
combinaison, de combos. Ça, je pense au poulet frit, là. Combinaison d'outils. Et donc, si je pouvais avoir une
certitude, alors, je serais en faveur de l'amendement. À ce stade-ci, c'est prématuré. Alors, c'est pour ça
que, lorsqu'on a réfléchi à cette question, on a amené le point qui sera débattu à l'article 109,
de la revue de la tarification.
Le Président (M. Simard) : ...cher
collègue. Mme la députée de Saint-Laurent.
M. Girard (Groulx) : Non, je pense,
c'était le député de Rosemont.
Ouellet : Là, on vend... on
nage dans l'incertitude de l'incertitude. Je pense qu'il ne serait pas
inapproprié d'exiger la gratuité dans cinq
ans. Je pense que ça va forcer, d'une part, l'industrie à mettre de l'avant un
outil performant, accessible, convivial, on l'espère, et disponible,
assurément, sur les téléphones intelligents.
Vous avez fait référence au modèle des États-Unis
qui fait qu'avant que ça devienne gratuit ça a existé. Donc, il y a eu un certain vécu, et on peut penser, puis je
regarderai mes notes, mais je pense que ce vécu-là est sur une dizaine d'années, à moins que je me trompe, là, avant que
le gouvernement fédéral décide de légiférer sur la gratuité sur
l'ensemble des États américains.
La technologie existe déjà ailleurs. Vous nous
avez exposé la difficulté de son implantation, au Canada et au Québec, considérant les systèmes patrimoniaux des
systèmes informatiques existants. Cela étant dit, je pense que cinq ans,
ça ne serait pas hasardeux d'amener l'industrie
à cette échéance, et surtout ça donnerait un signal clair que les consommateurs auraient à payer un montant
raisonnable, qu'on débattra plus tard, pendant cinq ans, mais que
l'objectif ultime du gouvernement et des
parlementaires, c'est que ces outils-là soient gratuits dans un horizon connu
et su de tous.
Le Président (M. Simard) : Je
vous en prie.
M. Girard
(Groulx) : Juste pour
clarifier puisque vous dites que le produit serait disponible cinq
ans. Le produit n'est pas développé présentement, là. Alors, à la sanction
du projet de loi, l'AMF arrive, désigne, et là développement
informatique, là. Le produit ne sera pas disponible la semaine prochaine, là.
Même si on adoptait le projet de loi cet après-midi,
là, il n'y a pas de verrou lundi, là. Alors, il va falloir débattre du temps
que nous accordons pour développer l'outil, de la période x plus y où il
sera utilisé, mais, certainement, après cinq ans, revue de la tarification.
Ouellet : Donc, je n'ai pas
vu l'amendement en question, mais je crois comprendre que l'amendement
fait référence à la volonté du gouvernement de revoir la tarification à t plus
cinq, t étant la sanction. Ce que vous nous dites,
si on fait ça pour l'application, c'est comme si on faisait t plus trois,
considérant que, tant que l'AMF n'a pas établi le cadre, il n'y a pas
d'application qui se développe. Donc, ce que vous nous suggérez, c'est
peut-être d'arriver avec un temps différent. Est-ce que ça pourrait être cinq
ans après la mise en place des règles de l'AMF? Je suis ouvert à en discuter.
Girard (Groulx) : Non. En fait, ce que je vous suggère, c'est que...
Lorsqu'on a demandé aux agents d'évaluation
de crédit combien de temps ça allait prendre développer ça, on a eu toutes
sortes de réponses variant entre un à deux
ans parce qu'ils ne le savent pas, parce qu'ils n'ont pas mis de développeur
là-dessus encore, ils n'ont pas dépensé de ressources, ils ne savent pas
si le projet de loi va être adopté.
Alors,
ce que je vous dis, cinq ans après l'adoption du projet de loi, ce serait
extrêmement pertinent de revoir la tarification.
Combien de cette période-là l'outil aura été disponible? Le plus possible, et
j'ai la ferme conviction que, s'il est tarifé, il sera développé plus
vite. S'il n'est pas tarifé puis qu'on met une date où il doit être disponible,
bien, il va être disponible la veille.
M. Ouellet : Donc, vous n'êtes pas intéressé en aucune façon de mettre dans le projet de loi, à un moment donné, la gratuité. Tu sais, si on... Parce qu'on
peut avoir le débat sur quand est-ce qu'on commence le temps zéro, là.
M. Girard
(Groulx) : D'accord, oui.
M. Ouellet :
C'est ce que j'entends, M. le ministre, là.
M. Girard
(Groulx) : Bien, j'ai fait un pas. Je pense qu'on va devoir revoir la tarification.
Et je n'ai aucune visibilité. Tantôt, vous avez dit : L'incertitude,
c'est la somme des incertitudes, là. Vous n'avez pas dit ça
explicitement, là, je sommarise votre intervention. Mais je n'en ai pas de certitude où on va être dans cinq ans. Mais, certainement, notre intention, c'est que ce qui est un tarif raisonnable à l'adoption
sera un tarif plus élevé qu'où nous serons dans cinq ans. Et est-ce que,
dans cinq ans, ça peut être gratuit? Bien, ce serait excellent.
Alors,
est-ce que c'est... Là, j'ai vu, il y a
un amendement «doit». Est-ce
que, dans une loi, on aurait pu
écrire «peut» être gratuit? En fait, je ne le sais pas. C'est ça, je ne
sais pas où nous serons dans cinq ans, comment ça aura évolué. Est-ce qu'il y aura des nouveaux joueurs, est-ce
qu'il y aura un nouveau joueur qui
sera arrivé dans le marché qui aura offert un produit plus simple? Vous savez, en informatique, il y a
deux stratégies, là, il
y a développer vous-même et/ou
étudier ce que les autres font et offrir des
versions similaires. Non, mais... Puis je ne prête pas d'intention puis de...
mais il pourrait y avoir des nouveaux
joueurs. À ce moment-là, s'il y
a trois, quatre compagnies, les prix
vont baisser, c'est évident. Puis si c'est adopté dans les autres
provinces puis qu'il y a plus de monde, les prix vont baisser.
Alors,
est-ce que c'est impossible, non plausible que ce soit
gratuit dans cinq ans? Non. Est-ce que c'est souhaitable? Oui. Est-ce qu'on peut
le garantir? Je propose que non.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Par souci d'alternance, cher collègue, je
souhaite céder la parole à la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci, M. le Président. Moi, j'essaie de réconcilier tous nos échanges
depuis le début. Rappelons-nous l'exemple du député de Rosemont
lorsqu'il était très peiné d'avoir perdu son vélo et qu'il a appelé son
assureur et...
Rizqy : Oui, oui, oui, mais
c'est quand même une belle anecdote où est-ce que
le vélo, finalement, bien, sur cinq ans, il est repayé. S'il le
réclamait, il le repayait. Au fond, il allait le repayer.
M. Girard
(Groulx) : ...luxe, là, hein?
Rizqy : Bien non, parce qu'à
1 000 $, je vous dirais qu'il y en a pas mal, là, mais il y a
des vélos de luxe à 10 000 $
et 15 000 $, vous devez le savoir, M. le ministre, je sais que
vous êtes un grand sportif. Mais si vous permettez, ici, là, après cinq ans, dans un exemple
hypothétique, on a une personne québécoise qui se fait voler ses données, paie
pendant cinq ans, disons, 20 $ par mois, pour avoir un verrou. Êtes-vous d'accord
qu'à la fin de son cinq ans elle a payé 1 200 $?
Puis on dit : Écoute, après avoir payé, là, pendant cinq ans, ton verrou,
bien, au moins, après cinq ans, il va être gratuit si jamais tu en as encore besoin. Ça, c'est dans
l'éventualité que la personne en a encore besoin. Ce ne sera pas un paquet de monde, là. Êtes-vous d'accord
avec moi que le verrou, là, ce n'est pas quelque chose qu'on veut
constamment, c'est dans des situations,
souvent, où est-ce que c'est une vulnérabilité plus grande? Par exemple, la personne concernée
non seulement a eu un vol de données, mais elle a aussi eu un vol d'identité, ce qui
est vraiment... ça, vous êtes d'accord avec moi qu'un vol
d'identité, là, c'est vraiment dramatique. Là, dans ce cas-ci, il faudrait quand même
permettre qu'après avoir payé pendant
cinq ans... dire : O.K., là, on va lui donner un break, là, ça fait cinq
ans qu'elle a payé, elle a quand
même payé 1 200 $, au final.
Alors,
en définitive de ça, moi, je pense, M.
le ministre, que c'est une belle proposition de compromis, là. Alors, nous,
on fait un petit peu de chemin, je vous invite gentiment à faire un petit bout de chemin, vous aussi. Vous ne serez pas un apôtre complet, mais
un demi-apôtre.
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Je vais juste demander une précision à mon équipe.
M. Girard (Groulx) : En fait, hier, on a eu cette discussion
et on est... nous sommes allés dans la direction d'un tarif mensuel, parce que le service de
surveillance est mensuel, là. Dans les faits, ce sera plus un tarif fixe. Vous
payez, vous avez le verrou, vous avez le
verrou pour la durée, O.K.? Alors, le prix que vous aurez payé pour le
verrou, vous l'aurez payé une fois et
vous pourrez invoquer et révoquer le verrou ensuite sans avoir de frais
mensuels, là. Il n'y a pas de frais pour invoquer et révoquer.
Mme Rizqy :
Mais, M. le Président, est-ce que vous pouvez nous indiquer où, dans la loi
c'est marqué ça? Parce que l'industrie, là, elle peut tarifer, là.
M. Girard (Groulx) :
Pouvez-vous répondre?
Le Président (M.
Simard) : Alors, il y a consentement afin que Me Roy...
M. Girard
(Groulx) : Ah! il faut consentement, excusez-moi.
Président (M. Simard) : Pour
les fins de nos travaux, comme d'habitude, Me Roy, auriez-vous
l'amabilité de vous présenter, s'il vous plaît?
Roy (Gabriel) : Oui, M. le Président. Mon nom est Gabriel Roy, je suis avocat pour le ministère
des Finances.
Alors,
la façon que ça fonctionne, c'est que le citoyen fait une demande de
gel, paie les frais raisonnables, et le projet de loi prévoit que
l'agent doit, par la suite, mettre le gel à son dossier. Et il prévoit donc...
il paie le frais quand il fait la demande,
puis après ça le gel est activé sur son dossier, mais le projet de loi ne sous-entend pas qu'il puisse y avoir des frais raisonnables
dans le temps.
Mme Rizqy :
Des frais raisonnables dans le temps, O.K., mais...
Roy (Gabriel) : Donc, il y a
un paiement, une fois, de frais raisonnable à la demande. Par la suite, le gel
est sur le dossier, de durée indéterminée, jusqu'à ce que le citoyen décide de
révoquer.
M. Girard
(Groulx) : Puis la question précisément, c'est où...
M. Roy (Gabriel) :
Dans le projet de loi.
Girard (Groulx) : La
distinction entre la tarification mensuelle et fixe est précisément dans le texte
de loi.
M. Roy
(Gabriel) : Bien, en fait, c'est ça, c'est que ce n'est pas... La
façon que c'est écrit, c'est que, dans la procédure, il y a une demande qui est
faite, avec des frais raisonnables, le cas échéant, parce que la loi n'oblige
pas, évidemment, l'agent à en charger. Et, après, l'agent est
obligé de donner suite qui est complète puis dans laquelle il y a des frais raisonnables qui sont
exigés.
la suite, le droit est acquis, le gel est au dossier, et la seule façon que le
gel ne soit plus au dossier : s'il
y a une demande de révocation de la part du citoyen. Donc, c'est comme
ça qu'il faut comprendre que ce n'est pas possible de charger des frais à
chaque mois par la suite.
Mme Rizqy :
Je comprends ce que vous, vous m'expliquez. Par contre, lorsque vous mentionnez
«des frais raisonnables»... Des frais
raisonnables, moi, dans la loi, il
n'y a rien qui m'indique, là, de
façon claire et précise que c'est un paiement, une fois. Sinon, on
aurait choisi le terme «un paiement, une fois».
Roy (Gabriel) : Ah! non, ça,
c'est juste une expression, là, dans la loi. On dit toujours
«des frais raisonnables». La Loi de l'interprétation dit clairement que
le pluriel signifie le singulier dans les cas où c'est requis pour la compréhension. Puis, de toute façon, dans la séquence, l'agent, un coup que la demande est faite, le frais
a été payé, le gel est là puis il ne peut pas révoquer... en fait,
l'agent n'a pas le droit de retirer le gel, à moins qu'il y ait une demande de
révocation.
Rizqy : Mais, M. le Président, là, honnêtement, on me demande de faire beaucoup, en ce moment, d'acrobaties
intellectuelles, là, parce que depuis le début, là, on a parlé même avec
l'industrie, qu'on a reçue lors des consultations
particulières. C'était beaucoup de questions de frais... mensuels, pardon. Même
qu'on parlait carrément... je me
rappelle très bien, mon collègue a demandé à TransUnion : Vous, c'est
combien par mois? Elle a référé à son site, comment que c'était par
mois.
Alors,
là, honnêtement, j'ai un inconfort, parce que l'industrie va facturer, là. On
ne sait pas c'est quoi, les frais raisonnables,
on ne sait pas c'est combien, puis, pire que ça, moi, je vous annonce aussi une
autre affaire, on ne peut pas tenir
pour acquis que la personne ne pourra pas faire son «in and out», c'est-à-dire
dire oui, elle a besoin de son verrou pendant un certain temps, après ça pense qu'elle n'en a plus besoin, le retire,
puis finalement, oh! coup de théâtre, elle se fait frauder pendant cette
période-là, parce qu'elle a justement retiré son verrou, là, elle va payer un
autre frais.
Moi, au fond, l'amendement qui est déposé, M. le
ministre, là, c'est qu'après cinq ans, puis ça, ça rejoint... vous-même, vous l'avez dit que vous n'excluez pas,
dans votre pensée évolutive, qu'après un certain temps, après cinq ans, comme vous avez fait aux
États-Unis, que ce soit gratuit. Ça, ici, je pense que c'est vraiment un
compromis. Je vais laisser, je pense, j'ai aussi d'autres collègues qui
veulent intervenir, mais...
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : J'ai eu une
illumination du Saint-Esprit. Je veux être franc avec vous, jamais je n'ai
pensé qu'on parlait de frais uniques, j'ai toujours eu en tête que, dans
les frais raisonnables, c'était des frais mensuels.
M. Girard
(Groulx) : C'est vraiment en raison du fait que le service de
surveillance, lorsqu'on en a discuté, est offert mensuellement, alors que le verrou... Le service de surveillance
est un service qui est beaucoup plus usuel tandis que le verrou va
vraiment être une procédure de protection extraordinaire.
Ouellet : Donc, si je
comprends bien ce qu'on vient de discuter, le consommateur pourra demander le
verrou et se fera charger une seule fois, et ce, peu importe la durée qu'il
décidera, lui, de garder le verrou. Parce qu'on a eu la discussion entre la suspension et la révocation. La suspension n'amènera
pas des frais supplémentaires parce que, pour des raisons x, pendant une
fin de semaine, je veux aller magasiner, il va pouvoir être suspendu. Si je le
révoque, donc il y a fin de la transaction,
je présume que, si, dans deux, trois ans, je redemande un nouveau verrou, il y
aura un nouveau frais, cette fois-ci unique, pour son application.
M. Girard
(Groulx) : Oui, à moins qu'on soit arrivé à deux plus trois puis que
le frais ait évolué à la gratuité.
Ouellet : O.K. Dans ce
cas-là, vous avez amené un amendement nous disant que l'avis de sécurité sera
gratuit, que la note explicative sera
gratuite, donc la seule chose qui sera payante, ce sera le verrou de crédit. Et
on parle de frais raisonnables.
Est-ce qu'on ne devrait pas parler plutôt de frais unique? Parce que là on est vraiment
juste sur le verrou de crédit, là, donc il sera... un frais unique sera
chargé.
M. Girard
(Groulx) : En fait, juste pour... C'est à l'article 16, là, qu'on
va parler de frais raisonnables, j'ai bon espoir de m'y rendre, là.
M. Ouellet : Oui, oui, mais vous comprenez où est-ce qu'on
veut aller. C'est que «frais raisonnables», pour nous, c'était
répétitif. Là, ils ne le seront pas parce que l'acte de choisir le verrou, il
est unique. Donc, on aura, je présume, ces discussions-là pour préciser le
frais raisonnable versus un frais unique.
Cela étant
dit, ça nous amène à la discussion qu'on a sur l'amendement de l'opposition
officielle. Vous n'êtes pas intéressé à mettre un temps.
M. Girard
(Groulx) : Non, non, je suis
intéressé à mettre un temps. Je ne suis pas intéressé à garantir ce que
je ne peux garantir.
Ouellet : Pour la gratuité,
oui. Est-ce qu'on pourrait penser, M. le ministre, que... puis
l'amendement n'est pas fait encore, là, mais pour qu'on puisse converger,
on pourrait-tu rajouter : «Le gouvernement va réévaluer les frais et tendra vers la
gratuité»? Tu sais, on fait un pas supplémentaire, là. Lors de la réévaluation,
dans cinq ans, le gouvernement devrait «tendre vers».
Tu sais, je
vais vous donner un exemple, là. C'est à 10 $. Vous faites la réflexion, c'est rendu à 8 $. Mettons,
si on dit «tendre à la gratuité», ce n'est pas 10 $, ce n'est pas
8 $, c'est 2 $, on est plus proches de zéro que de 8 $, là.
M. Girard (Groulx) : Je vais vous
donner un contre-argument. Supposons que le frais de développement est
important, ce qu'on ne sait pas à ce stade-ci, puis qu'il est x. Si on
dit : Dans deux ans, gratuité, le tarif initial va être beaucoup plus élevé pour deux ans. Si c'est trois
ans, il va être un peu moins élevé, quatre ans, un peu moins élevé.
Donc, la période d'amortissement, de
récupération des développements nécessaire à l'implantation, plus elle est
courte, plus le tarif initial va être élevé, moins il va être
raisonnable.
M. Ouellet : J'haïs ça quand il fait
M. Girard (Groulx) : Qu'est-ce que
vous avez dit?
M. Ouellet : Je n'aime pas ça quand
vous faites ça, parce que vous avez en
partie raison. C'est dire aux consommateurs : Plus la période
d'amortissement, elle est longue, plus vous pouvez vous attendre à payer moins,
parce que l'entreprise peut refaire son
retour sur investissement sur une plus longue période. Je suis d'accord avec
vous, c'est des concepts économiques,
je suis d'accord avec vous, mais, nous, on se préoccupe de la capacité de payer
des consommateurs pour l'obtention d'un outil qui permet de verrouiller
à la source.
M. Girard
(Groulx) : Oui, mais... Puis hier, on a discuté du fait que certaines
personnes à revenus moins élevés ou à
revenus moyens avec des responsabilités importantes pourraient avoir de la
difficulté à payer ce frais. Là, on a discuté, bien sûr, du cas où c'est
l'institution qui va payer, bon, puis on a aussi discuté du sous-exemple où il
n'y aurait pas d'institution
impliquée. Je ne sais pas, moi, vous vous faites voler votre identité par un
membre de votre famille, ça n'a rien
à voir avec votre institution financière, une connaissance, c'était... Plus on
met une période courte de tarification, plus le frais va être élevé...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Girard (Groulx) : ...moins on
aide à l'accessibilité...
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. Girard (Groulx) : ...moins on a de chances — je
vais même rajouter quelque
chose — moins on a de chances qu'il y ait des
nouveaux joueurs, qu'il y ait une adoption complète au Canada. On restreint
l'échantillon de ceux qui vont payer.
Le Président (M. Simard) : Merci, M.
le ministre. Je cède maintenant la parole au député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le Président. Je vais faire vite, malheureusement, parce que je viens d'apprendre qu'il faut que je traverse dans quelques minutes pour faire
une intervention de 20 minutes, qui n'est pas prête. Alors,
je vais faire court ici.
M. Marissal : Vous pouvez m'aider?
M. Girard (Groulx) : Pour l'intervention.
Marissal : C'est connexe,
c'est sur 64. Mais je vous demande de faire confiance à ma grande créativité,
je vais probablement être capable de broder quelque chose.
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
Marissal : Question
technique, d'abord. Est-ce que, M. le
Président, d'autres membres, ou
vous-même, ou de votre équipe avez
des problèmes avec l'Internet dans cette salle, ou c'est juste moi puis il faut
que je prenne ça personnel?
Le Président (M. Simard) : Le
secrétariat m'indique que tout fonctionne, semble-t-il.
M. Marissal : Vous avez des
problèmes aussi?
M. Marissal : Moi, ça fait trois
jours que ça va, ça vient...
Le Président (M. Simard) : C'est seulement
en rouge?
M. Marissal : Non, trois jours. Ça
fait trois jours qu'on est ici, là, que ça fonctionne...
Le Président (M. Simard) : Oui, et
quand vous sortez du rouge, ça va mieux?
M. Marissal : En fait, c'est quand
je sors du Wi-Fi de l'Assemblée nationale que ça va bien. Ce n'est pas très
utile d'avoir...
Le Président (M. Simard) : Bien,
non.
M. Marissal : Mais je dis ça comme
ça pour que ce soit su, là.
Le Président (M. Simard) : Non, mais
comptez sur nous...
Marissal : C'est parce qu'il n'est pas tarifé qu'il ne vaut rien.
C'est ça que vous allez dire, M. le ministre, j'imagine.
Le Président (M. Simard) : Pour
passer le message, cher collègue. Très bien.
M. Marissal : Mais normalement, ça
fonctionne assez bien dans tous les immeubles ici, là. C'est peut-être la
présence divine dont on parle trop souvent depuis deux jours, là, qui fait de
l'interférence sur mon Wi-Fi, mais...
Président (M. Simard) : ...sont impénétrables.
Marissal : Allez, j'ai dit qu'il faut que je fasse vite, je vais faire
vite. Le fait que ce soit, si je comprends bien, «one shot» pour payer, là... C'est parce que c'est vrai que c'est
nouveau dans mon esprit, là. On avait compris depuis le début — mais ce n'est pas la première fois qu'on
prend des chemins de travers dans l'étude de ce projet de loi là, là, on
s'égare un peu — on avait compris pas mal tout le monde que
c'était des forfaits plutôt mensuels. On peut penser, sachant ce qu'on voit, là, dans les services offerts par
Equifax puis l'autre, là, TransUnion, que ça risque quand même d'être un
montant, en une fois, assez élevé, là. On
peut l'imaginer, là, d'autant que vous le dites qu'il faut qu'ils créent ce
système-là, puis qui n'est pas créé là, puis ils sont venus nous dire que ça
allait leur coûter bien cher. Alors, là, toute la notion de tarifs
raisonnables, mais, s'il faut payer en une fois, attention, là, c'est quoi, là,
c'est quoi, raisonnable?
M. Girard
(Groulx) :
Article 16.
M. Marissal :
Ha! Je savais que vous alliez faire ça.
M. Girard
(Groulx) : Si vous voulez qu'on vote sur l'amendement qui est en question
ici, là...
Marissal : ...l'amendement qui est en question, je vais
laisser mes collègues faire les débats, mais sachez que même si je ne suis pas ici, je suis tout à fait
d'accord avec ça, parce que je trouve qu'on se donnerait une... pas une certitude, il n'y a jamais
rien de certain dans la vie, mais, quand
même, on enverrait le message, puis
on peut peut-être retravailler
un peu le libellé, mais on se donnerait le
message que c'est vers ça qu'on veut aller. Parce que vous dites toujours
qu'il faut qu'ils créent, «ils» étant
les agences, là, elles doivent créer leur nouveau système,
il y aura des frais. Mais, O.K., admettons qu'on accepte qu'il faut qu'elles absorbent et qu'elles amortissent, pas
sûr que... mais, bon, bref, admettons, à partir de quel moment ce n'est plus de l'amortissement puis ça
devient un produit rentable? C'est là où il faut qu'on soit vigilants
pour s'assurer que ce ne sera pas une autre vache à lait pour les agences, là.
M. Girard
(Groulx) : Je veux juste que... dire deux choses. Premièrement, sur la
vache à lait, on a coupé quelques pattes,
là, parce qu'on a un
article qui assure une gratuité, là, dans la note,
l'alerte, la cote, puis je veux que ce soit clair, là, parce que c'est... il
y a des gains, là, parce que
dans divers scénarios, ces services-là, ils étaient gratuits, des fois
ils l'étaient, des fois ils ne l'étaient
pas, des fois, ils sont dans un package, ils sont arrivés... Là, nous, là, on
ne fait pas plaisir à l'industrie avec ça, là, première chose, avec ce qui est
gratuit, là. Ensuite, les développements informatiques ne sont pas uniquement
chez les agents d'évaluation de crédit. Si Equifax fait une super job, puis a
un système, puis envoie un signal, et les banques, les institutions de dépôt, les
coopératives ne comprennent pas le signal informatique, on n'a rien
accompli. Le développement de systèmes, il est pour l'ensemble de l'industrie.
Marissal : Oui. Je vous
soumets quand même que, s'il
y avait un gel par défaut gratuit,
comme nous l'avions proposé, nous
n'aurions pas cette discussion en ce
moment. Mais je vais vous laisser
poursuivre ces échanges passionnants, puisque je dois revenir plus tard.
Merci.
Le Président (M.
Simard) : Mme la députée de Saint-Laurent, souhaitiez-vous ajouter un
commentaire?
Mme Rizqy :
Oui, mais j'aimerais juste entendre le ministre. Quand vous dites que vous êtes
prêt à faire des compromis, si c'est le
temps d'un compromis, le député de Rosemont dit : On doit travailler le libellé, est-ce que vous êtes favorable, peut-être, à travailler le libellé? Tantôt, je vous voyais
discuter avec les légistes. On est ouverts, là, à savoir est-ce que
c'est par exemple l'entrée de temps après que l'AMF ait mis cette directive.
Girard (Groulx) : Bien, en
fait, je pense que le compromis que je vous propose, c'est que la tarification soit revue cinq ans après l'adoption du projet
de loi, et, à ce moment-là, on aura une meilleure idée de l'adoption du tarif initial, des coûts, développement et... On est vraiment ici vis-à-vis
un nouveau produit bénéfique au
niveau de la protection puis
les citoyens, puis j'aimerais qu'il soit disponible rapidement.
Mme Rizqy :
Moi aussi, j'aimerais ça qu'il soit disponible rapidement, mais même vous, hier
et ce matin, devrais-je dire, cet après-midi
puisqu'il est déjà maintenant midi, vous avez dit que vous ne pouvez même pas nous
dire quand est-ce que l'industrie va être prête, si c'est un an ou deux ans,
pour préparer ce...
M. Girard
(Groulx) : Mais non, parce que le produit n'existe pas.
Mme Rizqy :
Bien, c'est faux qu'il n'existe pas. Il existe quand même aux États-Unis.
M. Girard
(Groulx) : Oui, mais ce
n'est pas le même système financier. Ce n'est pas... Et je vous rappelle à
tous ici, là, que la...
Mme Rizqy :
Est-ce que le système financier américain... est-il plus complexe que le
système canadien?
M. Girard
(Groulx) : Est-ce qu'il est plus complexe? Et il est totalement
différent, là, il est plus morcelé, là, il y a plus d'institutions.
Mme Rizqy :
Bien, justement, moi, je suis fiscaliste ici puis aux États-Unis puis je peux
vous dire, là, qu'au niveau financier, là, aux États-Unis, c'est
beaucoup plus complexe. On a municipalités, États...
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
il y a aussi... Il y a combien de centaines de millions d'Américains?
Le Président (M. Simard) :
...une personne à la fois pour qu'on puisse se comprendre...
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Le Président (M. Simard) :
...et respecter le travail de nos, comment dire, transcripteurs.
Mme Rizqy :
Mais, M. le Président, le ministre n'arrête pas de dire que ça n'existe pas,
cet outil. Moi, je corrige, il existe,
l'outil, il existe aux États-Unis, et je lui pose la question bien
simple : Est-ce que... Et il me dit : Oui, mais ce n'est pas
le même système financier. J'en suis. Le hic, c'est le système financier, aux
États-Unis, est plus complexe parce que, justement, vous avez municipalités,
États et le fédéral là-bas aussi.
Alors, s'ils
l'ont déjà fait par État, Equifax et TransUnion, aux États-Unis. Nous au
Canada, où est-ce qu'on a moins
d'États, moins de provinces, là, si vous permettez, il me semble que ça serait
moins complexe pour le Québec, là. Puis
en plus, de toute façon, ils vont devoir le développer pour... Probablement, vu
que vous nous l'avez dit hier, que toutes les autres provinces vont être
jalouses. Ils vont emboîter le pas, ils vont modifier leurs lois.
Alors, il
existe, l'outil. Vous n'êtes pas capable de nous dire c'est quoi, l'horizon.
Moi, je vous pose la question : C'est
quoi, vous, votre volonté à
titre de ministre? Quelle est votre volonté
d'horizon? Parce qu'à un moment donné, là, ça nous prend un ministre qui
dit aussi... qui dit c'est quoi, la marche à suivre et qui dicte le pas à
l'industrie.
M. Girard
(Groulx) : Oui. D'ailleurs, on a dicté le pas, dans l'article 14,
avec ce qu'on dit qui doit être les outils minimums qui doivent être
gratuits, des gains majeurs. Et ensuite je vous dis que, pour le développement
du nouveau produit, l'idée d'avoir une
tarification raisonnable au départ, c'est qu'il y ait un incitatif pour
l'industrie à le développer rapidement,
à développer un produit de qualité, et qu'éventuellement plus il y aura d'adoptions
et plus il y aura de... il me manque
un élément, là, plus le temps aura passé, plus ce sera facile que le prix
baisse. Alors, si vous me dites, c'est quoi... C'est parce que je veux être clair, là. Ma volonté, c'est que... Même si
je dis que ma volonté, c'est que ce soit prêt dans un an, O.K., puis ce serait correct, là, mais là ils
vont se mettre au travail à l'adoption du projet de loi, puis il n'y a rien
qui nous dit qu'ils vont être capables de le
faire en un an. Donc, c'est la tarification qui va les inciter à développer un
produit de qualité rapidement. Plus
il y aura adoption du produit, plus il y aura de compétition — c'est l'élément que je cherchais,
excusez-moi — plus
le prix va descendre rapidement.
Mme Rizqy :
Il y a une tendance lourde, là, mondiale, vous n'êtes pas sans savoir, où
est-ce que les plus gros mangent les plus petits, puis qu'il y a de
moins en moins de compétition. Et, dans l'industrie, avant...
M. Girard (Groulx) : ...
Mme Rizqy : Bien, je m'excuse,
M. le Président, mais dans l'industrie qui nous occupe, de crédit, il y avait trois joueurs, ils sont rendus deux. Equifax
détient 70 % des parts de marché, alors que TransUnion en détient
30 %. Alors, je doute que, dans un horizon à court terme, moyen
terme... Et là je n'ai pas de boule de cristal, mais si je me fie au courant des 100 dernières années dans cette
industrie, il y a eu très peu de joueurs, et en ce moment, il n'y en a que
deux, tellement qu'on parle de quasi-monopole ou duopole.
M. Girard
(Groulx) : Je ne suis pas d'accord avec votre affirmation. Il y a
plein de joueurs dans l'industrie du «fintech»,
et c'est possible qu'il y ait énormément d'efforts de firmes qui veulent
obtenir le contrat de développement de cet
outil-là pour Equifax puis TransUnion. Il y a beaucoup de firmes de «fintech»,
notamment au Québec, au Canada, aux États-Unis,
et ce n'est pas clair, là, qu'ils vont développer ça à l'interne, et ce n'est
pas clair du tout que la solution qui va être implantée ici va être
similaire à ce qui existe aux États-Unis.
Mme Rizqy : Je comprends ce que
vous me dites maintenant, là, vous me parlez des développeurs, là, des
concepteurs.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mme Rizqy : Ça, je suis très
d'accord, il y en a plein. D'ailleurs, au Québec, on en forme énormément dans nos universités. On a même, par exemple, CGI qui
est un chef de file mondial. Alors, moi, aujourd'hui, là, vous me
rassurez, vous êtes en train de me dire que
TransUnion puis Equifax ne devraient pas avoir de misère d'avoir des bons
concepteurs pour prendre un outil qui existe déjà aux États-Unis puis faire une
adaptation pour le marché québécois. C'est ça que vous me dites.
Alors,
maintenant qu'on a dit ça, est-ce qu'on peut se donner juste un horizon et se
dire : Regardez... Et j'ai beaucoup aimé l'expression employée par le
député de René-Lévesque qui avait dit : Après cinq ans, bien, le coût de développement aura été amorti. Donc, il parle
notre langage, là : Amortissement, on a fait un investissement. Il va
avoir sûrement un amortissement même au niveau fiscal, donc au niveau...
Regarde, en plus de ça, là...
M. Girard
(Groulx) : ...notions de comptabilité.
Mme Rizqy :
Écoutez, là, il y a plein d'affaires là-dedans qui sont bénéfiques. Il y a de
la recherche, de l'innovation, de l'amortissement fiscal et en plus de ça, là,
après cinq ans, il aura été amorti. Alors, est-ce qu'on peut donner une pause au contribuable québécois qui a
déjà été affecté par un vol de données et que si, malheureusement, après
cinq ans, c'est toujours une période
difficile pour cet individu qui est toujours exposé soit à un vol de données ou
pire un vol d'identité? Mettons-le gratuit, je pense, c'est vraiment pour de
vrai une position de compromis.
Si vous n'aimez pas
le langage, tantôt il y a eu une voie de passage qui a été offerte par le
député de René-Lévesque. Il a dit :
Est-ce qu'on peut peut-être travailler au niveau de l'entrée en vigueur? Si
c'est le cinq ans, mais après la période t
qu'il parlait, là, moi, je suis ouverte à ça, là, je vous laisse, M. le
ministre... donnez-nous un horizon de grandeur.
Le Président
(M. Simard) : Bien, merci. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Ah! Bien, moi, je serais prêt à voter, mais s'il y a
d'autres interventions, je serai très heureux de les entendre.
Le Président
(M. Simard) : D'accord. Y aurait-il d'autres interventions sur
l'amendement? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Et, juste pour terminer, parce que je suis bien convaincu qu'on va
passer par-dessus cet amendement-là puis
on va aller au prochain
article et on va être dans un autre débat, mais je veux
juste qu'on soit bien conscients, là, puis que ça soit transparent pour tout le monde, là, notre volonté, c'était
de trouver un chemin qui, d'une part, allait offrir la gratuité ou du
moins on allait tendre vers une gratuité certaine.
L'ensemble
de nos débats aujourd'hui et hier semble prendre en compte la volonté que
l'industrie ait un retour sur l'investissement pour le développement, la
mise en application et peut-être la mise à jour de ces outils-là. Cette préoccupation-là, pardon, transcende nos discussions
et fait même
partie de nos discussions. Donc, sans s'éloigner, là, je pense que l'industrie qui doit nous écouter doit
être heureuse de savoir qu'on a une préoccupation sur ses coûts d'implantation et son déploiement. Mais si je suis
un consommateur puis je nous entends, je ne suis pas sûr qu'ils seront
convaincus à savoir que c'est la chose à faire pour assurer que, rapidement,
ils puissent avoir accès à un verrou de... crédit, pardon, gratuit.
Donc,
on a fait notre point. Le ministre a fait le sien. Je pense qu'il nous a dit à
quel endroit il logeait. Il y aura d'autres
endroits qu'on pourrait peut-être, je vous dirais, circonscrire certains délais
ou amener plus de précisions, mais je pense que nos positions sont
différentes. Je pense qu'il faut les accepter et avancer.
Le Président
(M. Simard) : Merci. D'autres commentaires sur l'amendement... le
sous-amendement, dis-je, déposé par le député de Pontiac? Sans quoi, nous
allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Mme Rizqy (Saint-Laurent)?
La Secrétaire :
M. Girard (Groulx)?
M. Girard
(Groulx) : Contre.
La Secrétaire :
M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)
La Secrétaire :
M. Thouin (Rousseau)?
La Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Secrétaire : M. Chassin (Saint-Jérôme)?
La Secrétaire :
M. Émond (Richelieu)?
La Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
La Secrétaire :
M. Simard (Montmorency)?
Président (M. Simard) :
Abstention. Ce sous-amendement est donc rejeté. Nous revenons à
l'article 14.1. M. le ministre, auriez-vous d'autres commentaires?
Sans quoi...
M. Girard
(Groulx) : Je fais juste le relire, là?
Le Président
(M. Simard) : Oui.
M. Girard
(Groulx) : Non, ça va. Merci.
Le Président
(M. Simard) : Très bien.
M. Girard
(Groulx) : J'avais presque perdu le fil, mais c'est vraiment lié. Non,
je n'ai rien d'autre à ajouter.
Président (M. Simard) :
D'accord. S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons également
passer à la mise aux voix sur cet amendement. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Girard (Groulx)?
M. Girard
(Groulx) : Pour.
La Secrétaire :
M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Thouin (Rousseau)?
La Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
La Secrétaire :
M. Émond (Richelieu)?
La Secrétaire :
Mme Rizqy (Saint-Laurent)?
La Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
M. Ouellet : Abstention.
Secrétaire : Et M. Simard (Montmorency)?
Président (M. Simard) :
Abstention. L'amendement 14.1 est donc adopté. Conséquemment, nous
passons à l'article 16. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Je fais la lecture de l'article 16?
Le Président
(M. Simard) : ...
M. Girard
(Groulx) : D'accord. Alors,
je recadre la discussion, peut-être?
L'article 16 fait
partie du
chapitre III, Mesures de protection,
Droit des personnes concernées, Recours et plaintes, et nous sommes dans la
section II, Droit des personnes concernées, qui concerne les
articles 13 à 20, et nous sommes dans la sous-section II, Demande
d'un exercice d'un droit, qui couvre les articles 16 à 20.
Alors, voilà, je lis
l'article 16 : «Demande d'exercice d'un droit.
«L'exercice d'un
droit conféré par la présente loi nécessite la transmission à l'agent
d'évaluation du crédit d'une demande à cette
fin par la personne justifiant de son identité à
titre de personne concernée,
de représentant de celle-ci ou de titulaire
de l'autorité parentale sur celle-ci, accompagnée, le cas échéant, du paiement
des frais raisonnables que peut exiger l'agent et de la note explicative
visée à l'article 17.
«Sauf
lorsqu'il est nécessaire de l'accompagner d'une note explicative, la demande
d'exercice peut être orale.»
Commentaires :
L'article 16 de la
Loi sur les agents d'évaluation du crédit prévoit les
modalités et conditions d'exercice des droits conférés par cette loi.
Et j'aimerais déposer
un amendement à l'article 16.
Président (M. Simard) :
Qui se trouve d'ailleurs déjà sur le site Greffier. Je vous invite à le
consulter. M. le ministre, pourriez-vous nous en faire la lecture?
M. Girard
(Groulx) : Est-ce que tous les députés concernés l'ont?
M. Fortin : Ça va, et je m'installe encore, mais je vais l'avoir. Il n'y a
pas de problème.
M. Girard
(Groulx) : Pas de problème. Puis nous sommes heureux de vous voir.
Article 16 :
Supprimer, dans le premier alinéa de l'article 16 du projet de loi, «,
accompagnée, le cas échéant, du paiement des frais raisonnables que peut
exiger l'agent et de la note explicative visée à l'article 17».
Commentaire : Cet amendement a pour objet, conformément à l'amendement introduisant l'article 14.1, de retirer la possibilité générale d'exiger des frais raisonnables. Il a aussi pour objet de
retirer la mention de la note explicative étant donné l'amendement proposé à l'article 18 qui confirme que, le cas échéant, une note explicative conforme aux exigences de l'article 17
est requise pour qu'une demande d'exercice d'un droit à cette note soit
elle-même conforme.
Le texte de l'article 16
tel qu'amendé se lira ainsi :
«L'exercice
d'un droit conféré par la présente loi nécessite la transmission à l'agent
d'évaluation du crédit d'une demande à cette fin par la personne
justifiant de son identité à
titre de personne concernée, de représentant de
celle-ci ou de titulaire de l'autorité parentale sur celle-ci.
«Sauf
lorsqu'il est nécessaire de l'accompagner d'une note explicative, la demande
d'exercice peut être orale.»
Président (M. Simard) :
Merci. Y aurait-il des commentaires sur l'amendement à l'article 16? Mme
la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Je comprends l'amendement. J'aimerais juste revenir sur une chose, M. le
Président. Tantôt le ministre, lors de nos échanges par rapport... parce que le nerf de la guerre, c'est aussi... c'est au niveau de
l'accessibilité, au niveau des frais, il a
mentionné qu'il y aurait un amendement à l'article 109. Je crois que, par transparence puis
être capable de bien asseoir nos
propos, on aurait peut-être besoin aussi de recevoir immédiatement l'amendement de l'article 109 juste pour savoir où est-ce qu'on
s'en va puis ne pas dédoubler les débats, faire un débat ici, puis dire :
Oui, mais attendez, il y a un amendement qui s'en vient à 109. Si on a les
deux, ça nous donnera une plus grande clarté dans nos propos.
Le Président
(M. Simard) : Parce que, de fait, il n'y est pas en ce moment sur
le Greffier.
M. Girard
(Groulx) : Oui, effectivement. Alors, je vais considérer cette requête ce midi puis je vais
m'assurer que vous ayez toute l'information.
Est-ce que
vous pourriez intervenir puis bien expliquer 16, là? Parce que c'est avec le
débat gratuité, pas gratuité, on a un peu la suite du développement du projet
de loi.
M. Roy
(Gabriel) : Aucun problème.
Le Président
(M. Simard) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Alors, en fait,
à l'article 16, on a retiré la mention du paiement des
frais raisonnables parce que, si on
l'avait laissée, ça aurait impliqué qu'il faille payer des frais raisonnables
pour tous les droits, alors qu'à 14.1 on vient de dire que, les frais raisonnables, ce ne sera que dans le cas du
gel. Donc, c'est important qu'on
retire la mention par souci de cohérence.
Et puis on a
retiré la mention de la note explicative parce qu'en bout de ligne, pour chacun des droits, il va y avoir une petite particularité dans la demande
d'exercice. Pour le gel, ça sera les frais raisonnables, le cas échéant, pour
la lettre, ça sera un numéro de
téléphone dont on a parlé, et, pour la note, ce sera, bon, une note conforme
aux conditions. Donc, ultimement,
plus loin dans le projet de loi, on a simplement confirmé qu'une demande
d'exercice doit être conforme à l'entièreté de ce qui est requis selon
l'exercice de quel droit il s'agit.
Mme Rizqy :
O.K. Juste une petite question pour Me Roy. «Sauf lorsqu'il est nécessaire
de l'accompagner d'une note explicative», c'est dans quelle circonstance
que ce serait nécessaire d'être accompagné d'une note explicative?
M. Roy (Gabriel) : Ce serait
dans la circonstance où une personne choisirait. Au lieu d'opter pour les notes
explicatives standards proposées par
l'agent, si une personne décidait, là, parce
qu'on lui donne quand même
un droit, donc si elle décidait
elle-même de proposer une note explicative, le projet de loi ne l'en
empêcherait pas et, à ce
moment-là, si elle demandait une note, il
faudrait qu'elle joigne sa propre note. Puis, bien entendu, le projet de loi prévoit qu'à la base l'agent va devoir proposer des modèles de
notes standards qui permettent, avec facilité, d'exercer ce droit-là.
Mme Rizqy : Donc là, je ne suis pas sûre de bien comprendre.
Disons que moi, je veux avoir une note explicative, je pourrais avoir un
agent, dans notre application, qui dit : D'abord, écris-moi une note
explicative.
M. Roy
(Gabriel) : Dans le fond, à l'article 17, on me parle de la note explicative puis on dit
que... Dans le fond, je vais vous l'expliquer un peu à l'envers de
comment il est écrit, là. L'agent va pouvoir proposer des notes explicatives standards. Si la personne ne souhaite pas utiliser
de note explicative standard, mais elle veut faire sa propre note, bien,
on ne peut pas l'en empêcher. Donc, à ce moment-là, si elle veut demander une note explicative, dans sa demande
d'exercice, il va falloir qu'elle joigne la
note, parce qu'évidemment, si elle
veut la faire elle-même, bien, il faut qu'elle la joigne. C'est tout simplement ça que ça veut
dire.
M. Girard (Groulx) : Alors...
Mme Rizqy : Oui, allez-y.
M. Girard (Groulx) : Je peux
demander une précision?
Mme Rizqy : Oui, moi aussi.
Allez-y.
M. Girard
(Groulx) : Pour le bénéfice
de tous, là, l'objectif de 16, là, c'est de confirmer que vous devriez
justifier votre identité, divulguer votre identité.
M. Roy (Gabriel) :
Effectivement, là, 16...
M. Girard (Groulx) : Qu'est-ce
qu'on accomplit avec 16, là?
M. Roy
(Gabriel) : Avec 16, on vient juste dire comment tu demandes d'exercer
ton droit. Donc, 16 vient juste dire :
Il faut faire une demande. Il faut justifier
son identité, soit en étant la personne elle-même, en tant que
représentant ou titulaire de l'autorité
parentale. Donc, finalement, c'est ça qui reste avec 16. C'est juste un
article
très standard qui dit la règle générale : pour avoir un droit, il
faut que tu le demandes.
Mme Rizqy : O.K. Là, je vais
vous donner un exemple pour asseoir mon propos, pour bien comprendre l'article 16,
particulièrement : «Sauf lorsqu'il est nécessaire de
l'accompagner». On a vu, il y a quelques semaines, un homme qui se disait victime du vol de données qui
a eu lieu chez Desjardins. Desjardins disait : Non, ce n'est pas nous, ce n'est pas à cause de nous. Donc, il n'avait pas eu
l'occasion d'avoir une surveillance ni... puis, évidemment, pas de
verrou parce qu'il n'existe pas. Il a fallu
l'intervention, la radio bien connue, 98,5, pour que finalement Desjardins
dise : O.K. parfait, on va l'inclure nous autres aussi.
Moi, ce qui m'importune ici, c'est que c'est une
demande d'exercice d'un droit, je ne veux pas laisser une institution avoir un
certain levier pour l'exercice de ce droit-là parce que sinon, la note
explicative, c'est qui qui va la fournir? C'est l'individu, mais il ne peut
pas. J'ai l'impression d'être dans un «catch-22», là, ici, là.
M. Girard
(Groulx) : Je pense qu'on a
discuté, là, que la... d'autant plus qu'on a... on s'est assuré, grâce à
votre suggestion d'amendement, que la note sera sur le dossier. On s'est assuré que, dans le fond,
les agents d'évaluation de crédit
proposent des notes types parce que j'imagine qu'ils connaissent l'ensemble des
conflits qui amènent à la nécessité de mettre une note au dossier. Et puis là, vous,
vous dites que, si le client refuse les notes types proposées et qu'il
veut composer sa propre prose, l'exécution du droit pourrait être différente.
C'est ce qu'on va discuter à... quel article?
M. Roy (Gabriel) : À l'article 17.
M. Girard (Groulx) : À l'article 17.
Mme Rizqy : Mais, si, par exemple... je vais prendre
un deuxième exemple, les enseignants, au mois de février, il y a une fuite de données massive au ministère de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur. Des dizaines de milliers d'enseignants,
leurs données ont fuité. Si eux veulent exercer, là, éventuellement lorsque le
verrou sera mis en application, exercer
le verrou puis ils n'ont pas de note explicative, puis que disons que j'en ai
une, des deux agences, qui demande : Est-ce qu'on... Est-ce qu'une
des deux agences pourrait dire : Oui, mais ça me prend d'abord une note explicative
à cause de : «Sauf lorsqu'il est nécessaire de l'accompagner
d'une note explicative»? Au fond, je veux savoir est-ce que cette phrase-là pourrait faire en
sorte que, par exemple, un joueur, TransUnion, dirait : Moi, ça me prend
une note explicative. C'est juste ça que j'aurais besoin d'un éclaircissement,
Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui. Alors, non.
Il faut bien comprendre, chaque droit peut être exercé totalement,
séparément et indépendamment. Donc, la note
explicative, c'est évidemment juste quand on demande une note explicative. Ce
n'est pas un prérequis pour avoir le gel,
l'alerte ou la cote, c'est un droit en soi. Et c'est justement,
là, en retirant ce bout-là, ça va
simplifier cette conclusion-là parce
que, finalement, comme
j'expliquais, l'exercice de chaque droit va requérir une certaine particularité qui va être énoncée aux
articles 16.1, et 16.2, et 17. Et donc 16, finalement, vient juste
dire : Pour exercer un droit en général, tu dois faire une demande.
C'est tout ce que ça vient dire.
Mme Rizqy : O.K. Mais c'est juste que, moi, ma lecture, quand je
lis : «Sauf lorsqu'il est nécessaire de l'accompagner d'une demande explicative, la demande [...] peut être orale», si j'ai des
gens qui ne sont pas... qui sont... Oui, vous comprenez ce que... O.K.
M. Roy
(Gabriel) : O.K. Je comprends ce que vous dites. Mais, en fait, justement, c'est qu'il ne sera
nécessaire d'accompagner une demande d'une note explicative que lorsqu'on
demande une note explicative.
Mme Rizqy : On la demande
quand, la note explicative?
M. Roy (Gabriel) : Bien, quand
on veut l'obtenir. Je veux dire, la note explicative n'est pas reliée au gel ou
à l'alerte, là. C'est un droit distinct.
Mme Rizqy : O.K. D'accord. Je
pense qu'ici l'objectif est de simplement dire c'est quoi, le moyen de transmission, là, puis que ça peut se faire.
Ainsi, peut-être qu'on devrait éliminer une certaine ambiguïté. En tout cas, moi, j'en ai une à la lecture.
M. Roy
(Gabriel) : Bien, en fait,
c'est parce que, regardez, la nécessité d'accompagner une
demande d'une note, c'est à l'article 17,
qui dit : «Une note [...] doit accompagner la demande [...] à moins que la
personne concernée ne consente à la note qui lui est proposée par l'agent...»
Donc, c'est un peu ce que je voulais dire. L'agent va proposer une
note. Si la personne dit : Non, je ne consens pas à ta note
standard et je veux exercer mon droit à une note explicative, alors,
dans ce cas-là uniquement,
la personne va devoir joindre sa note, qu'elle aura composée elle-même.
Donc, c'est le seul cas où c'est nécessaire d'accompagner une demande
d'une note, c'est quand on veut nous-mêmes proposer la note.
Mme Rizqy : O.K. Je comprends.
M. Girard (Groulx) : Non,
continuez.
Mme Rizqy : Je viens de comprendre ce que Me Roy veut
dire. C'est que vous, vous dites la chose suivante : Si une personne... Disons que je suis fraudée, je n'aime pas la
note que l'institution financière veut inscrire à mon dossier. Je veux en
écrire une moi-même. Je ne peux pas prendre le téléphone parce que 16 me dit
qu'à ce moment-là ça doit être fait par écrit.
M. Roy
(Gabriel) : C'est ça.
Bien, ce n'est pas l'institution
financière qui proposerait la note,
c'est l'agent d'évaluation du crédit.
Mme Rizqy : L'agence, là.
Mme Rizqy : O.K. Donc, à
ce moment-là... Donc là, au fond,
vous, vous demanderez que, lorsqu'il
y a une autre note qui n'est
pas respectée, ce soit fait par écrit.
M. Roy
(Gabriel) : Oui.
Mme Rizqy : O.K. Là, je
comprends maintenant ce que vous vouliez, l'intention.
Le Président (M. Simard) : Y
aurait-il d'autres commentaires sur l'amendement apporté à l'article 16?
Monsieur...
M. Fortin :
...précision, là, sur...
Le Président (M. Simard) : Je
vous en prie.
M. Fortin : Merci. Merci,
M. le Président. Peut-être
juste une précision là-dessus. La note, là, à partir du moment où... et peut-être
que c'est une conversation pour le 17, vous pourrez me le dire, là, mais
la note, à partir du moment où le consommateur ne veut pas la
note standard, il peut écrire sa propre note. C'est ce que vous avez dit.
M. Roy (Gabriel) :
Effectivement.
M. Fortin : Est-ce que cette... Est-ce qu'il y a une
obligation dans le projet de loi que l'agent d'évaluation du crédit
inscrive la note telle quelle?
M. Roy
(Gabriel) : En fait, le projet de loi indique, à
l'article 17 — là, on
avance un peu — à
l'article 17, le projet de loi
indique que la note doit remplir les... certaines conditions qui sont
énumérées, et donc que ce soit la note standard proposée par l'agent ou
la note proposée par la personne. Dans tous les cas, elle devra remplir les
conditions.
M. Fortin :
Oui, mais il y a une obligation pour l'agent d'accepter cette note-là si elle
remplit les critères, là.
M. Roy (Gabriel) : Oui, si elle
remplit les conditions, effectivement.
M. Fortin : Oui. O.K., parfait,
ça me va.
Le Président (M. Simard) : Y
aurait-il d'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Bien, en fait, juste... parce qu'au niveau légal, moi, quand je lis
l'article 17, ce n'est pas mentionné de façon aussi claire, comme vous, vous venez de l'affirmer, que la note de
l'individu aura préséance sur la note émise par l'agence de cotation.
M. Girard (Groulx) : Mais
l'agence de notation n'émet aucune note que vous n'avez pas demandée, là.
Mme Rizqy :
Bien, c'est parce que moi, Me Roy m'a dit que, lorsqu'il y a une agence...
il y a une note, moi, je ne l'aime pas, je peux la faire modifier par
écrit, là, si j'ai bien suivi.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, oui, mais c'est... comme M. le ministre vient de
dire, il faut qu'il y ait une demande de note dans tous les cas.
M. Girard (Groulx) : Et on ne
mettra pas une note que vous ne voulez pas, là. La note, c'est votre droit.
Mme Rizqy : Ah! Bien, si c'est
contesté, je comprends, là, mais c'est parce que, si, mettons, on fait une
demande de note, disons que la personne, l'individu lit la note, puis ce n'est
pas ce que la personne veut retrouver, l'article 17 dit qu'elle peut
remplir a, b, c comme condition, 1, 2, 3...
M. Girard (Groulx) : ...écrire
sa propre note.
Mme Rizqy : ...écrire sa propre note. Mais la réponse qui a
été donnée au député de Pontiac est : Oui, à ce moment-là, c'est cette note-là qui a préséance, mais ce n'est
pas tel que c'est libellé en ce moment pour dire qu'il y aura préséance,
M. Girard (Groulx) : Bien, je
pense qu'on pourra discuter du libellé à 17. Mais je...
Mme Rizqy : O.K. C'est juste
qu'on était dedans.
M. Girard (Groulx) : Votre
point est pertinent. Je pense que l'idée, aussi, là, c'est que quelqu'un qui
serait indisposé, là, il n'envoie pas le dernier manuscrit de son roman, là,
comme note.
Mme Rizqy :
Évidemment. Mais la question, ce n'est pas de savoir si c'est le manuscrit, on
très bien compris qu'il y a des critères à respecter.
M. Girard
(Groulx) : C'est ça.
Mme Rizqy :
La question, c'est de savoir, est-ce que, oui ou non — qui a été posé — est-ce que la note explicative de
l'individu a préséance. Moi, dans ma lecture, ce n'est pas le...
M. Girard
(Groulx) : Mais, O.K., on va en discuter.
Mme Rizqy :
Mais on reviendra plus tard.
M. Girard
(Groulx) : Mais, dans l'esprit, c'est sûr qu'elle a préséance parce
que l'agent ne mettra pas une note standard que vous n'acceptez pas.
Donc, elle a préséance.
Mme Rizqy :
Moi, j'aime ça, M. le ministre, parce que vous, vous êtes clair. Et c'est
encore mieux dans ma tête quand c'est écrit comme ça, comme vous dites.
M. Girard
(Groulx) : D'accord. Mais allons-y.
M. Girard
(Groulx) : Galopons à 17, on va clarifier ça.
Le Président (M. Simard) : On a quand même beaucoup de travail d'ici là.
Alors, y a-t-il d'autres commentaires sur l'amendement. M. le député de
René-Lévesque? Non.
M. Ouellet :
Ça me va, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Ça vous va. Conséquemment, nous allons passer à
la mise aux voix. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Girard (Groulx)?
M. Girard
(Groulx) : Pour.
La Secrétaire :
M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Thouin (Rousseau)?
La Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
La Secrétaire :
M. Émond (Richelieu)?
La Secrétaire :
Madame... pardon, M. Fortin (Pontiac)?
La Secrétaire :
Mme Rizqy (Saint-Laurent)?
La Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
La Secrétaire : Et
M. Simard (Montmorency)?
Président (M. Simard) :
Abstention. L'amendement est adopté. Nous passons maintenant
à l'article 16 tel qu'amendé. M. le ministre, d'autres commentaires?
M. Girard
(Groulx) : Bien, je pense
qu'étant donné la nature de l'amendement on a discuté 16 et
son amendement en même temps.
Le Président (M. Simard) : D'accord.
En effet. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. M. le ministre, je me demande est-ce que
ce serait opportun ici d'avoir différents modes de transmission, là,
puis d'indiquer que c'est au choix, évidemment, de l'individu, le mode de
transmission.
M. Girard (Groulx) :
Voulez-vous commenter?
Le Président (M. Simard) :
Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Bien non, je
n'ai pas grand-chose à dire.
M. Girard
(Groulx) : Votre question,
c'est : Est-ce que c'est important d'avoir différents modes de transmission?
Mme Rizqy : Oui. Puis
voulez-vous que je vous explique un peu? Parce que ce qu'on a vécu avec
l'affaire Desjardins, c'est qu'il y avait
des individus qui essayaient d'appeler, ça ne fonctionnait pas. Là, il y avait
eu aussi le problème... après ça, on
disait : Bien, laissez faire — Equifax,
notamment, qui était très, très débordé, on peut
comprendre — allez
en ligne. Mais le problème, c'est que plusieurs aînés ont eu de la difficulté à
aller en ligne...
M. Girard
(Groulx) : Oui, mais là il y avait
comme le téléphone, il y avait la succursale Desjardins puis il y avait le site...
Mme Rizqy : C'est
ça, l'opportunité de laisser... de ne
pas laisser l'industrie choisir le mode de transmission puis dire
que c'est vraiment au choix de l'individu, le mode de transmission.
M. Girard (Groulx) : Bien, en
tout cas, certainement, d'en offrir.
Mme Rizqy : Plusieurs, oui,
oui, oui.
M. Girard (Groulx) : Oui, et flexibilité.
Oui.
Mme Rizqy : Mais de laisser le
choix évidemment à l'individu, là.
M. Girard (Groulx) : Alors, la question,
c'est : Est-ce que c'est important?
Mme Rizqy : Est-ce qu'on
devrait peut-être le mentionner? Puis là, ici...
M. Girard
(Groulx) : Bien, je pense
que, ça, ce sera dans les pratiques commerciales, mais oui, je pense
qu'on va pouvoir en discuter plus loin. À quel moment est-ce qu'on va discuter
du suivi des pratiques?
M. Roy (Gabriel) : À partir de
l'article 31.
M. Girard (Groulx) : À partir
de l'article 31. Mais, oui, c'est souhaitable.
M. Fortin : En
même temps, là, à l'article 13,
quand c'était... quand venait le moment de communiquer la cote de crédit aux gens, vous avez indiqué qu'il était
utile d'ajouter «notamment par Internet» comme mode de communication.
Est-ce qu'il serait... Est-ce que le même principe ne s'appliquerait pas ici pour
dire notamment par... je ne sais pas, moi, la transmission peut se faire notamment
par courrier? Tu sais, c'est le même principe, on voulait s'assurer, au 13, que
ça puisse être communiqué par Internet. Ici, on veut s'assurer que ça puisse
être communiqué par un autre mode.
Le Président
(M. Simard) : M. le ministre.
M. Fortin :
Ce n'est pas le même principe qui s'applique?
M. Girard
(Groulx) : Je pense que,
dans le cas de la cote, la raison qu'on a amené le «notamment
par Internet»... On a amené deux choses : on a amené la disponibilité
d'une cote standard gratuitement, là, ce qui n'est pas un acquis présentement en toutes circonstances, et aussi, parce que la pratique actuellement était plutôt postale, là, donc, en faisant l'ajout, on
s'assurait, là, de faciliter le service.
Ici, ce que
vous faites référence... Effectivement, il y a eu plusieurs modes, là : vous pouviez aller en
succursale chez Desjardins, vous pouviez
passer par AccèsD, vous pouviez utiliser le Web, vous pouviez appeler. C'était
effectivement très complexe. À la base du
problème, il n'y avait pas assez de ressources chez Equifax. C'est comme si Equifax
était... avait des employés pour traiter des centaines d'inscriptions, puis
soudainement est arrivé un client pour 4 millions d'inscriptions. Alors, il y a eu un effet d'entonnoir, là, où les ressources
n'étaient tout simplement pas là pour faire face à la demande, là. Ça a été un grave problème, là, assez
qu'il y en a qui ont abandonné, là, qui ne se sont pas inscrits,
carrément.
Rizqy : La raison de ma préoccupation, puis là je suis pas mal certaine que vous la comprenez, même,
vous l'avez dit que vous la partagez, c'est
que je ne veux pas que ce soit par
exemple plus tard, d'aventure, que
l'industrie... On le voit, là, puis là je
donne l'exemple de Desjardins, oui, on envoie beaucoup
les gens sur Internet. Moi, pour moi, il n'y a aucun problème d'aller m'inscrire sur Internet, mais j'ai une attention
très particulière pour les aînés, et je ne voudrais pas que l'industrie,
plus tard, décide : Bien, nous... votre droit, il faut l'exercer par
Internet, tu sais.
M. Girard
(Groulx) : Mais, présentement, toutes ces institutions-là maintiennent les centres d'appel, là,
puis, en fait, je ne sais pas si c'est
pertinent à la discussion, là, mais, s'il y a une chose qui est en
expansion durant la pandémie dans les
institutions financières, là, c'est les centres d'appel, et, vous savez,
on a le 25 % dans les tours à bureaux à Montréal, là. Dans les institutions
financières, la priorité est aux centres d'appels. Alors, je pense que les
agents reconnaissent que ce n'est pas tout le monde qui peut... qui
utilise le Web couramment.
Puis là, ici, à l'article 16, il y a toute
la notion de justifier son identité. Alors, il doit y avoir des vérifications
nécessaires, puis, des fois, même le Web n'est pas apte à ça.
Rizqy : Vous ne pensez pas que, par exemple, juste venir le préciser,
comme on l'a... Comme mon collègue le disait, là, ça a été fait dans un
article précédent, puis il doit... tu sais, on peut collaborer, là, pour la
rédaction d'un amendement juste pour marquer «notamment, ce moyen de
transmission peut être fait au choix», puis en énumérer quelques-uns, puis de
laisser comprendre que c'est vraiment au choix de... Mais je vois que
Me Roy a levé la main. Alors, on a peut-être...
M. Girard
(Groulx) : Oui, puis en fait tout le monde a levé la tête, parce qu'on
le sait, que le mot «notamment»...
Mme Rizqy : Vous l'aimez, hein?
M. Girard
(Groulx) : ...vous le tenez à coeur. Ça fait que, là, vous avez
comme... le degré d'attention s'est élevé.
Rizqy : Non, mais savez-vous
que le mot préféré qui me tient le plus à coeur, c'est
«intergouvernementalisation»?
M. Girard (Groulx) : O.K. Quoi?
C'est...
M. Roy (Gabriel) :
En fait, la loi va venir dire à l'article 18 que, quand la demande est
conforme... Donc, la loi ne présuppose
pas un mode de transmission de demande particulier, la loi vient dire : Si
la demande est... dans le fond, si la personne
a justifié son identité, si, dans le cas du gel, elle a transmis les frais le
cas échéant, dans le cas de l'alerte, le numéro de téléphone, dans le cas de la note, la note si elle voulait l'écrire,
l'agent a une obligation de répondre favorablement à la demande et de donner suite à la demande du droit.
Donc, il n'y a pas... la loi ne présuppose pas qu'un mode de
transmission va être exclu dans la mesure où
la demande est faite conformément à l'article 16. Au contraire, la loi
indique que dans tous les cas que la demande est conforme, l'agent doit
y donner suite.
Rizqy : Ça, moi, je n'en doute pas. Mais ma seule préoccupation, je
vous l'ai déjà dit, c'est que l'industrie peut aussi avoir ses propres pratiques commerciales puis dire :
Nous, c'est par Internet. Puis ça se peut. Et qu'est-ce qui est arrivé dans l'affaire Desjardins, non seulement
c'était pratiquement impossible d'avoir la ligne, quand on l'avait, on
ne pouvait même pas avoir un service en
français. Alors, il y a eu beaucoup des aînés qui... on leur disait :
Bien, sur le site Web d'Equifax, puis
allez faire votre demande par Internet. Alors, beaucoup d'aînés se sont trouvés
quand même frustrés par cette situation. Mais...
M. Roy
(Gabriel) : C'est ça. Mais ça, comme on indiquait, on a une disposition
très claire à l'article 31 en matière de pratiques commerciales qui
va... qui donne des obligations en la matière sur les pratiques commerciales.
Mme Rizqy : Donc, vous me
dites : C'est un rendez-vous à l'article 31?
M. Roy (Gabriel) :
C'est ce que je suggère.
Mme Rizqy : Parfait. D'accord.
Président (M. Simard) :
D'autres commentaires sur l'article 16 tel qu'amendé? Alors, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
La Secrétaire : M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
La Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
La Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
La Secrétaire : Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
La Secrétaire : M. Émond
(Richelieu)?
La Secrétaire : M. Fortin
(Pontiac)?
>15383 M.
Fortin : Pour.
La Secrétaire : Mme Rizqy
(Saint-Laurent)?
La Secrétaire : M. Ouellet
(René-Lévesque)?
La Secrétaire : Et M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) :
Abstention.
L'article 16, tel qu'amendé, est maintenant adopté.
M. le ministre, je crois comprendre, je lis presque dans vos pensées, que
vous souhaitez déposer un amendement.
M. Girard (Groulx) :
L'article 16.1.
Le Président (M. Simard) : Tout à
fait.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Le Président (M. Simard) : Qui se
retrouve sur Greffier.
M. Girard
(Groulx) : Tout le monde est prêt à ce que je le lise? Oui? O.K., j'y vais.
Article 16.1 : Insérer, après l'article 16 du projet de
loi, le suivant :
«16.1. Le paiement des frais raisonnables que
peut exiger l'agent d'évaluation du crédit doit, le cas échéant, accompagner la
demande d'exercice visée à ce qu'un... visant... »
Écoutez, je vais relire ça, ça fait deux fois
que je m'arrête en une phrase.
Le Président (M. Simard) :
Ça va très bien, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je recommence à
16.1 : «Le paiement des frais raisonnables que peut exiger l'agent d'évaluation du crédit doit, le cas échéant,
accompagner la demande d'exercice visant à ce qu'un dossier fasse l'objet
d'un gel de sécurité.»
Commentaires :
Cet amendement de concordance avec l'amendement introduisant
l'article 14.1 a pour objet de préciser que les frais que peut
exiger un agent d'évaluation du crédit pour un gel de sécurité doivent accompagner
la demande et être raisonnables.
Le Président (M. Simard) : M. le
leader de l'opposition.
M. Fortin : La
nuit ne vous a pas porté conseil, de toute évidence, M. le ministre. Vous avez
encore choisi de... bien, j'ai compris, du fait tantôt que vous avez battu
l'amendement qu'on avait présenté, mais d'exiger des frais raisonnables, selon
vous, pour le gel. Vous n'avez pas plus de définition, à savoir c'est quoi, un
frais raisonnable.
M. Girard (Groulx) : Dans ce cas-ci,
ce serait selon l'AMF, là, ce ne serait pas selon le ministre, là.
M. Girard (Groulx) : Pardon? Vous
voulez me corriger? Allez-y.
M. Roy
(Gabriel) : En fait, c'est
le gouvernement qui est habilité à fixer une limite au prix des
services plus...
M. Girard (Groulx) : Ça, on va voir
ça à quel article?
M. Roy (Gabriel) : À l'article 66.
M. Girard
(Groulx) : Merci de cette
précision, et je m'excuse de vous avoir donné une mauvaise information.
M. Fortin : Maintenant qu'on vous octroie ce pouvoir-là, avez-vous une idée
de ce que ça pourrait être?
M. Girard
(Groulx) : Non, on n'a pas
idée du travail qui sera nécessaire à son développement. On n'a... En fait, on a eu cette discussion-là
dans le cadre de votre amendement.
M. Girard (Groulx) : Mais je peux y
revenir, là. Vous étiez...
M. Fortin : Je
vous ai... Je ne vous demanderai pas de vous éterniser sur la question.
M. Girard
(Groulx) : Non, non, non,
mais il y a toute la question des coûts de développement, du... Mais,
en fait, on a apporté une précision qui était importante, là, que le frais sera
fixe. Il y aura un paiement pour l'exercice durant l'ensemble de la période et... Parce qu'on avait... on était partis hier
sur une tangente de frais mensuels associés au service de surveillance, et vous aviez suggéré que c'était peut-être
un frais fixe, puis là on s'est tous consultés. Ce sera un frais fixe.
M. Girard
(Groulx) : O.K.?
Alors, le frais fixe, dépendamment des développements nécessaires à son implantation, des travaux qui doivent être faits tant chez
l'agent d'évaluation de crédit que les institutions
financières, etc., la durée,
le nombre de personnes qui l'adopteront, la
période durant laquelle... avant qu'il devienne gratuit, la possibilité de nouveaux entrants dans l'industrie
qui vont certainement amener... qui pourraient amener le prix à la
baisse, la disponibilité que tout ça soit donné à contrat rapidement, qu'il y
ait une compétition dans les
«fintechs» québécoises, canadiennes pour développer
l'application... À ce stade-ci, c'est prématuré de savoir ce sera quoi, le
frais.
Fortin : O.K. O.K., ça
va. Je passe à d'autres choses. Là, vous me dites : Le paiement doit
accompagner la demande du gel. Donc,
je fais la demande du gel, le paiement vient avec, là. Je ne peux pas
dire : Je vais le payer dans six mois, là. Ça vient avec, c'est ça?
M. Girard (Groulx) : ...
Fortin : O.K. Expliquez-moi
comment ça va... Parce que le gel, je peux le demander... Rappelez-moi, là.
Le gel, je peux le demander de quelle façon? Je peux le demander en allant sur
le site?
M. Girard (Groulx) : Bien, en fait,
ce n'est pas développé.
M. Fortin : Une application, oui, une
application...
M. Girard
(Groulx) : Oui, mais...
Fortin : ...vous avez parlé de la possibilité
qu'il y ait une application.
M. Girard (Groulx) : Ultimement, le processus par lequel vous
allez demander le gel... Vous allez certainement
entrer en communication avec l'agent d'évaluation de crédit. Est-ce que ça
pourra être fait notamment par le Web?
M. Roy
(Gabriel) : Oui, la loi ne...
M. Fortin : O.K. Mais...
M. Girard
(Groulx) : Est-ce que la loi définit des modes de communication?
M. Roy
(Gabriel) : Non.
Fortin : O.K. O.K.
Mais vous m'avez dit, là : Le gel, c'est un outil pour les gens qui ont
une fraude ou qui ont eu un vol d'identité. Si j'ai une fraude... On
prend l'exemple de quelqu'un qui a une fraude, là, parce que c'est le cas typique, hein? La personne a une fraude, elle
voit des activités frauduleuses sur sa carte de crédit. Souvent, c'est là
que ça arrive, hein, si vous m'avez...
Girard (Groulx) : Oui. En
fait, ce n'est même pas sur votre carte de crédit, c'est... soudainement, il y a une émission d'une carte de crédit à
votre nom dont vous ne connaissiez pas l'existence.
M. Fortin : Effectivement. Mais quelqu'un qui pourrait voir des activités illicites sur sa
carte de crédit, là, pourrait dire : Je suis victime de fraude, et
pourrait présumer qu'il est victime de fraude et vouloir mettre un gel. Mais...
Oui.
Girard (Groulx) : Ce type de
fraude là, si vous faites affaire avec une institution financière majeure
et une carte de crédit... un des...
Fortin : Reconnue, là, oui.
Girard (Groulx) :
...reconnue — voilà,
bon terme — généralement, rapidement, vous êtes protégé, puis les transactions frauduleuses sont assumées par votre institution financière ou la carte de crédit, là, je ne sais pas quelles
sont les ententes. Mais...
Fortin : Mais ça pourrait être un élément déclencheur où...
M. Girard
(Groulx) : ...ça, ce n'est pas un vol d'identité, là, ça, c'est vraiment...
Fortin : Non, je comprends.
Girard (Groulx) : ...des
transactions frauduleuses sur votre carte. Je vole votre... Vous volez ma
sacoche, vous utilisez ma carte en dessous
de 100 $, je ne reconnais pas les transactions, il y a
moyen de faire annuler ça rapidement.
M. Fortin : Bien, il est là, l'enjeu, tu sais. Ce moment-là, là, pour bien des
gens, ça pourrait être un déclencheur de leur réflexion qui va les mener à faire le gel. Tu sais, les gens se
disent victimes d'activités frauduleuses, là, fraude, activités frauduleuses, appelons ça comme on veut, mais ça
pourrait être à partir de ce moment-là où les gens se disent : Ah!
bien oui, il faudrait, un, que j'appelle ma
compagnie de carte de crédit pour leur dire : Stop, ou mon... bien, à mon
institution financière, et je vais peut-être
mettre un gel sur mon compte. Mais là, comment ils font pour faire le gel,
s'ils viennent d'annuler leur carte de crédit ou de stopper leur carte
de crédit?
M. Girard (Groulx) : Non, bien, O.K., je pense que la situation que vous décrivez, là, ce n'est pas un
vol d'identité.
M. Fortin : Oui, mais êtes-vous en train de dire que ces gens-là ne devraient pas
pouvoir... À ce moment-là, là, le gel, ce n'est pas bon pour eux?
M. Girard
(Groulx) : Bien, la meilleure chose pour vous, à ce moment-là, c'est
de communiquer avec votre institution
financière et de geler votre carte. Généralement, le numéro est terminé, il n'y
a plus aucune transaction qui passe avec cette carte-là, puis on vous
émet une nouvelle carte avec un numéro différent.
M. Fortin :
O.K. Mais, si...
M. Girard (Groulx) : Ça fait que
la... Ce que vous devez faire à ce moment-là, c'est annuler la carte.
Fortin : Oui, mais ce que vous m'avez dit hier, c'est qu'un des
éléments...
M. Girard (Groulx) : Mais ce n'est
pas un processus d'octroi de crédit, ça, M. le député.
Fortin : Non, je comprends,
je suis d'accord avec vous. Mais hier, vous m'avez dit : Une des façons
qu'on voit une... qu'on sait qu'il peut être
nécessaire de mettre un gel, c'est quand il y a des activités illicites sur nos
cartes de crédit. Là, vous me dites : Bien oui, mais ça pourrait
être une carte de crédit qui a été émise...
M. Girard
(Groulx) : Un vol d'identité,
ça se manifeste généralement par l'émission d'une nouvelle carte de crédit.
Fortin : Oui. Est-ce que
les gens, là... Puis peut-être qu'on aurait pu demander aux experts qui sont
venus en consultations particulières, mais peut-être qu'il y a des gens
dans votre équipe qui le savent. Est-ce que la première réaction de quelqu'un
qui est victime de fraude, hein, ou de vol d'identité, c'est de mettre un stop
sur ses cartes?
M. Girard
(Groulx) : Moi, je vous
dirais : La première réaction, si vous avez des transactions sur votre
carte, c'est de communiquer avec votre institution financière. C'est ça que
vous devez faire.
M. Fortin :
Oui, absolument. L'institution financière risque de stopper certaines des
cartes, là.
M. Girard (Groulx) : Des cartes,
mais pas votre crédit.
Fortin : Non, je suis d'accord,
mais, si elle stoppe mes cartes, comment je fais pour payer pour le gel à ce moment-là? Vous me dites que je dois payer pour le gel en
même temps que je le demande. Mais, si mes cartes sont bloquées...
M. Girard (Groulx) : Bien,
premièrement, ils vont vous émettre une nouvelle carte, là. Comment ça
fonctionne, là, c'est...
Fortin : Qui va prendre des...
Tu sais, ça va prendre quelques jours avant que je l'aie. Ils l'envoient par la
poste, la carte de crédit, mais dans... ce n'est pas automatique, là.
M. Girard (Groulx) : Bien, vous
pouvez aller la chercher en succursale rapidement, là, mais en général...
M. Fortin : Je
ne pense pas, moi.
M. Girard (Groulx) : Oui, oui, mais
en général ils vous envoient la carte, puis vous devez confirmer, là...
M. Girard (Groulx) : ... — tout
le monde a déjà fait ça : vous enlevez le petit collant, il y a un numéro
de téléphone, vous confirmez votre identité.
M. Fortin : Ah!
ça ne marche même plus comme ça. À cette heure, je fais juste l'utiliser.
M. Girard (Groulx) : Pardon?
M. Fortin : Il
n'y a plus de numéro de téléphone, là. On fait juste l'utiliser, la carte,
maintenant.
M. Girard (Groulx) : Écoutez, ça
dépend de la carte, là.
M. Fortin : Si vous voulez.
M. Girard (Groulx) : Moi, j'ai
encore un petit numéro de téléphone, là.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Fortin :
Vous êtes vieux jeu, hein?
M. Girard (Groulx) : Peut-être. Peut-être
qu'ils m'ont...
M. Fortin : Un
traditionaliste.
M. Girard (Groulx) : Peut-être que
l'algorithme m'a identifié ainsi. Je n'en ai aucune idée.
Le Président (M.
Simard) : C'est antiparlementaire de dire que quelqu'un est vieux jeu.
M. Fortin : Ah!
c'est antiparlementaire, dire qu'il est vieux jeu? Ah! bien, je suis désolé.
Le Président (M. Simard) : Surtout
pour le ministre des Finances.
M. Fortin :
C'est un traditionaliste. Je reconnais ses habitudes.
M. Girard (Groulx) : Écoutez, il se
dit pire à l'Assemblée, là.
M. Fortin : Et
il va se dire pire.
M. Girard (Groulx) : Je vais le...
Je n'en tiens pas rigueur.
M. Fortin : Ce
n'était pas dit méchamment.
Président (M. Simard) : Bien sûr.
Ah! c'était... Bien, je sais bien, je sais bien, je sais. Alors, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien là, le...
Fortin : Vous nous
expliquiez le processus, et ce que je vous disais, c'est : Quelqu'un
bloque sa carte, et...
M. Girard (Groulx) : Je pense que ce que vous décrivez, là, ce n'est
pas une fraude... ce n'est pas un vol d'identité.
M. Fortin :
Donc, la banque me dirait : Ne gèle pas ton dossier, ce n'est pas utile,
hein?
M. Girard
(Groulx) : Non. Ce n'est pas
un vol d'identité, c'est une utilisation frauduleuse de votre carte de
crédit. Ça se fait rapidement : la
personne court, elle fait le Nike, le Apple Store, elle fait la SQDC, elle
fait trois opérations en bas de
100 $, il y a 297 $ sur votre carte, avec ses nouveaux baskets, ses
produits SQDC, son nouveau chargeur, balance la carte de crédit dans la
poubelle, partie.
M. Fortin : Y
a-tu des caméras à la SQDC, juste comme ça?
M. Girard
(Groulx) : Est-ce qu'il y a
des caméras à la SQDC? Écoutez, c'est une excellente question.
Je vais demander, monsieur...
M. Fortin :
Vous pouvez le... dans... Vous nous reviendrez, il n'y a pas de problème.
M. Girard
(Groulx) : Je vous
communiquerai ça 30 secondes avant l'ouverture de la session de
l'après-midi.
M. Fortin :
C'est bon. Ça va, M. le Président.
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. le leader. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci,
M. le Président. Dans l'échange
précédent, aux articles précédents, le ministre nous a fait une nouvelle révélation aujourd'hui, que... parce que pendant plusieurs jours, semaines, on a toujours
cru que les frais étaient des frais
mensuels, et là, finalement, il a dit : Non, ce ne sera qu'un seul frais
fixe pour le verrou, un frais dit «raisonnable». Personne ne sait à ce
jour qu'est-ce qui est raisonnable.
Là, moi, écoutez,
je comprends «le paiement des frais raisonnables que peut exiger l'agent d'évaluation».
Par souci de protection pour les
familles plus vulnérables, est-ce que le ministre est ouvert à un amendement
pour assurer que ce frais ne soit pas
exigé aux familles vivant sous le seuil de faibles revenus? Nous, on est prêts à préparer un amendement. Et sachez, hein — puis permettez-moi de parler
d'intergouvernementalisation encore une fois — que ce libellé qu'on va vous présenter existe non seulement au niveau du
ministère de la Famille, mais aussi au niveau de l'Éducation. On vous
donne un exemple concret : vous savez, les frais de garde d'environ
8 $ par jour, vous êtes au courant? Bien, il y a plusieurs... il y a une disposition précise pour ceux qui sont à faibles
revenus qu'on n'exige pas ce frais, ni dans le milieu des garderies ni à
l'école pour le service de garde à l'école.
Alors, ça,
est-ce que ça pourrait être une ouverture de votre part? Parce qu'il y en a qui
ne pourront pas le payer. Que ce soit 200 $ ou 500 $, donc,
eux, là, ils n'auront pas accès à ça. Donc, si vous n'êtes pas capables
d'offrir la gratuité pour tous, étant donné
qu'au Québec on a toujours, toujours eu une préoccupation pour les gens à
faibles revenus, il me semblerait,
par souci de cohérence aussi avec d'autres dispositions qui existent dans
différentes lois du Québec, d'avoir à tout le moins ce libellé ici pour
permettre que ce droit soit réellement accessible pour ceux qui n'ont pas
d'argent.
M. Girard
(Groulx) : Bien, moi, j'ai énormément de sensibilité à tous les
problèmes que vous évoquez. On a discuté
de la problématique du logement, de la pauvreté, bon, il y a d'autres problèmes
extrêmement importants. Je ne pense pas que je vais les lister, là, je vais
m'arrêter, mais on est clairement... on a des problèmes avec... on a des
enjeux : pandémie, relations avec les peuples autochtones...
projet de loi n° 53, là, ne vise pas à résoudre l'ensemble des problèmes
de la société québécoise.
La société québécoise
est déjà égalitaire, elle est déjà généreuse avec les gens. Je ne sais pas si
«généreuse», c'est le bon terme, mais on
a déjà un système
qui vise à aider les gens qui sont inaptes à l'emploi, on a la solidarité
sociale. Là, je cherche mes termes,
je pourrais vous les trouver. Là, on a une distinction : inapte à
l'emploi, apte à l'emploi. Je pense
que ce n'est pas raisonnable de faire porter sur le projet de loi n° 53 l'ensemble des enjeux auxquels la société québécoise fait face. Et ça ne diminue
en rien le problème de logements vacants dans la région de Montréal,
le fait qu'il y ait des gens sous le seuil de la pauvreté, mais je pense que ce n'est pas l'endroit pour traiter de ça. Mais
on a, au Québec, des mesures pour s'assurer que les gens à faibles revenus vont obtenir une
compensation en fonction de la mesure du panier de consommation
raisonnable.
Le Président (M. Simard) : D'accord. Une courte intervention, chère collègue,
parce que le député
de René-Lévesque souhaite intervenir depuis un bon petit bout de
temps. Alors, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Oui. Bien, ça, ça va
être très, très rapide. Il
n'y a pas de mauvais endroit pour
régler une situation ou corriger le
tir, parce que ce n'est pas vrai
qu'on est tous égaux, et c'est pour ça que ça prend un processus
équitable.
Président (M. Simard) : Très bien. Merci beaucoup. M. le député de
René-Lévesque, et d'ailleurs merci pour votre patience.
M. Ouellet : Oui, et merci, M. le Président. J'ai soumis un amendement à la
commission, il est présentement sur Greffier, donc on va le transmettre.
Je peux en faire la lecture?
Donc, je veux amender
l'amendement du ministre de l'article 16.1 : Insérer, après le mot
«raisonnables», les mots «et uniques».
Le Président (M.
Simard) : Nous allons suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à
12 h 53)
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
Girard (Groulx) : Bien, j'ai
eu le privilège de consulter nos juristes, et, en fait, l'appréciation
générale, là, c'est que, bien que
l'effort d'apporter des précisions soit louable, l'effet génère plus de
confusion, et l'amendement est
sans utilité. Alors, on serait contre l'amendement, et on a pris le temps de le
considérer.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Bien, vous comprenez à quel endroit je veux être, c'est-à-dire que la
discussion a évolué, et la précision
apportée ce matin, c'est que les frais allaient être fixes, et on a eu la
discussion aussi pour être certains que, si je le demande une fois, et qu'il
y aurait suspension, et je reviens,
je ne paie pas des nouveaux frais. On était clairs aussi ce matin, à savoir que je le demande, je le révoque,
trois ans après je le demande, évidemment il y aurait un frais supplémentaire si on n'est
pas rendu à la gratuité.
chose que je cherche, puis peut-être que les légistes pourraient me le confirmer, ou la
façon de l'inscrire, c'est de quelle façon on peut inscrire dans la loi
que c'est un tarif unique, une seule fois, ce n'est pas mensuel, ce n'est pas
trimestriel, ce n'est pas : Achetez-en deux en payant trois, là.
M. Girard
(Groulx) : Allez-y.
M. Roy
(Gabriel) : O.K. La loi est claire sur ce point-là, du fait qu'on dit
aux articles 18, 19, 20, dans la séquence :
Quand il y a une demande qui est faite qui est conforme,
l'agent est tenu d'y donner suite et donner... mettre un gel, en l'occurrence, et aux articles
précédents, la révocation, on indiquait bien que ce n'était que sur demande de
la personne concernée, et ici, là, à 16.1,
on dit clairement, là, les frais raisonnables, c'est «la demande
d'exercice visant à ce qu'un dossier
fasse l'objet d'un gel». À l'article 8, on dit : «Un dossier cesse de
faire l'objet d'une mesure à compter de sa révocation.» Donc, la suspension fait en sorte que le gel reste au
dossier, et suspendre, lever la suspension, ça n'occasionne pas de frais, de ce fait-là, parce qu'il y a toujours
le gel sur le dossier. Ça, c'est clair à l'article 12 — pardon,
j'ai dit 8 — 12
du projet de loi. Donc, la
sécurité que l'amendement semble vouloir apporter, elle est déjà
dans le projet de
loi sur ce point-là.
M. Ouellet : Oui. Bien, si je comprends bien, elle est déjà... notamment
en ce qui a trait à la suspension. Mais à quel endroit on peut dire que
ça ne sera pas des frais mensuels? Je ne le vois pas dans le projet de loi.
Roy (Gabriel) : Ça, c'est...
Dans le fond, ça s'infère du fait que la loi exige à l'agent
qui reçoit une demande avec les frais
de mettre le gel de sécurité au dossier. Le gel doit rester au dossier. Il n'y
a rien dans la loi qui... En fait, si l'agent enlevait le gel, il
commettrait une infraction, là. Donc, le retrait du gel n'est possible que sur
révocation, et la révocation ne se fait que
sur la demande du citoyen. Donc, tant que le gel est au dossier, qu'il soit
en vigueur ou suspendu, il n'y a pas de frais qui peut
être demandé à l'agent, parce que le droit est acquis du fait que la demande a
été envoyée avec des frais raisonnables puis que l'agent est obligé d'y
donner suite.
M. Ouellet : Oui. Ça, je suis
d'accord avec ça.
M. Roy (Gabriel) : Puis, quand il y
est donné suite, là, le gel est sur le dossier, le droit est acquis.
Ouellet : Je suis d'accord
avec vous. Je demande le gel, on me l'octroie et on me dit :
M. Ouellet, ça va être tant par
mois. Tant que vous avez le gel, vous ne l'enlevez pas, c'est tant par mois.
J'essaie de trouver... Je
comprends vos explications, mais ça me donne
l'impression qu'il sera possible de charger des frais mensuels dès que je
l'active. Tu sais, je vous donne un
exemple, là. J'appelle TransUnion, je demande d'avoir le gel. Parfait,
M. Ouellet, vous aurez le gel, c'est tant par mois. O.K.? Ils
m'annoncent du tarif avant que je le paie, à la demande...
Le Président (M. Simard) : Merci,
cher collègue. Désolé! Désolé de vous interrompre.
Compte tenu de l'heure, on doit suspendre nos travaux. Et on se donne rendez-vous à 15 heures. Merci
beaucoup pour votre précieuse collaboration.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Simard) :
Alors, chers collègues, à
l'ordre, s'il vous plaît! Je constate
que nous avons quorum, je déclare donc ouverte cette séance de travail.
Au moment de suspendre nos travaux cet avant-midi,
nous en étions rendus à l'étude de l'article 16.1, qui est un amendement déposé par le ministre des Finances, auquel
avait suggéré un sous-amendement... porté par le député de René-Lévesque. Cher collègue, je vous laisse donc la
parole.
Ouellet : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Avant l'heure du lunch, j'ai eu l'occasion
de m'échanger avec le juriste du ministre
pour bien comprendre ce que le projet
de loi faisait, et bien comprendre
aussi en quoi l'amendement que j'allais
rajouter n'était pas une protection supplémentaire pour garantir le fait que ce serait un seul frais
unique qui serait chargé lorsqu'on appliquerait le verrou de crédit, et
que le fait d'introduire ce mot allait apporter beaucoup plus de confusion qu'il allait régler des problèmes.
Donc, à la lumière des explications faites par le juriste du ministre,
je vais retirer mon amendement, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : ...Oh!
Oui?
M. Fortin : ...de consentir, et on va consentir, là, mais je comprends qu'il
y a eu une discussion privée. J'aimerais ça avoir l'explication, quand même.
Le Président (M. Simard) : Me Roy.
M. Girard (Groulx) : Vous vous êtes
pratiqué, là?
M. Roy (Gabriel) : Oui...
M. Ouellet : Je vais te dire s'il a
dit la même affaire.
M. Roy
(Gabriel) : C'est ça, c'est
ça. En fait, en résumé, le projet de
loi prévoit que, lorsqu'une demande est faite conformément, l'agent est tenu de s'exécuter et de
donner suite à la demande de droit. Dans l'occurrence d'un gel, si la demande est faite avec le paiement des frais
raisonnables, il y a une obligation légale, pour l'agent, d'y donner suite,
et, de ce fait, la loi prévoit donc que le gel est sur le dossier.
Il n'y a
pas possibilité de retirer le gel autrement que par la révocation
du gel, et la révocation est un droit que le projet de loi donne aux
personnes concernées par les dossiers seulement. Donc, un coup que le gel est mis sur un
dossier, il reste sur le dossier tant et
aussi longtemps qu'il n'est pas révoqué par la personne concernée
seulement, et c'est pour ça qu'en l'occurrence il n'y a
pas place à demander d'autres frais, là. Le droit est acquis au moment où la
demande est faite et que l'agent a acquiescé.
M. Fortin : Il
n'y a pas lieu de demander d'autres
frais, mais il est également impossible d'avoir... Tu sais, je ne sais pas, là, mettons que le frais fixe initial
serait — j'invente
un chiffre, là — le
chiffre qu'on a utilisé hier, 200 $,
il n'y a pas
moyen de dire : C'est 10 $ sur 20 mois. C'est ça que vous dites
en même temps, là. Ce n'est pas qu'on ne peut pas charger un autre 200 $ plus tard, et plus tard
à chaque année, ou, peu importe, là, c'est qu'on ne peut pas le mettre
sur le temps non plus. Ça ne peut pas
devenir un paiement, comme on fait quand on achète un sofa ou quelque chose
comme ça, là.
M. Fortin :
O.K. Ça va, je comprends.
Le Président (M. Simard) : Je
comprends également qu'il y aurait consentement afin que le député de
René-Lévesque retire son amendement... son sous-amendement, dis-je? Oui? Très
bien.
Alors, nous revenons donc à l'étude de l'article 16.1.
Et, M. le leader de l'opposition, votre collègue avait elle-même émis
l'hypothèse de déposer un sous-amendement, peut-être, je ne sais trop?
M. Fortin : Effectivement, et, bien que ma collègue doit être
ailleurs, dans cette Assemblée, pour participer à un autre débat, nous
allons tout de même soumettre son sous-amendement.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Auriez-vous l'amabilité de nous en faire lecture?
M. Fortin :
Je ne sais pas si vous l'avez déjà reçu, M. le Président? Oui?
Le Président (M. Simard) : Oui,
le secrétariat m'indique que ça vient de rentrer tout juste à l'instant.
Président (M. Simard) : Très bien. Et la secrétaire ajoute, avec
toujours autant d'aplomb et de pertinence, que d'ici 30 secondes
vous l'aurez.
Le Président (M. Simard) : S'il vous
plaît.
M. Fortin :
Très bien. Nos proposons, en sous-amendement, de modifier l'amendement
proposé introduisant l'article 16.1 par l'ajout de l'alinéa
suivant :
«Dans le cas
d'une personne qui reçoit une prestation en application du programme Objectif
emploi, du Programme d'aide sociale ou
du Programme de solidarité sociale prévus par la
Loi sur l'aide aux personnes
et aux familles (chapitre A-13.1.1)
ainsi que du Programme de sécurité du revenu des chasseurs et piégeurs cris
prévu par le
chapitre 30 de la
Convention de la Baie James et du Nord québécois, dans sa rédaction figurant à
l'annexe 1 de la Convention complémentaire n° 15 conclue entre
le gouvernement du Québec et l'Administration régionale crie, approuvée par le décret
605-2002 du 24 mai 2002, et publiée à la Gazette officielle du Québec
[le] 6 novembre 2002, le gel de sécurité doit être délivré sans
frais.»
Donc, la
longue définition que je vous ai transmise, M. le Président, c'est la
définition des gens qui, par
exemple, n'ont pas à payer pour les frais de
garde, pour les services qui sont offerts à l'intérieur des milieux scolaires,
entre autres, donc des gens qui sont
considérés... On parlait des gens, un
peu plus tôt, là, sous le seuil de la
pauvreté ou des gens à faibles
revenus. C'est la définition qui est acceptée dans d'autres milieux par le gouvernement
du Québec.
Alors, on
propose que, pour tous ces gens-là, qui, de toute évidence, bénéficient, comme
le disait le ministre, du filet social québécois, jusqu'à un
certain point, qu'ils continuent d'en bénéficier à travers le projet de loi
n° 53, à travers l'introduction, et le ministre
le dit toujours, l'introduction positive du concept de gel de
sécurité. Le ministre nous
dit : Le gel de sécurité, c'est une
avancée. Je suis d'accord. Le gel de sécurité ne sera qu'une avancée... En
fait, c'est une avancée pour le
Québec, je suis d'accord. Le ministre oublie, cependant, que ce ne sera pas une
avancée pour des gens qui ne peuvent se le permettre. Pour eux, ça ne changera zéro puis une barre. Alors, ce
qu'on aimerait, c'est qu'on puisse considérer tous ces gens-là qui bénéficient du filet social
québécois à travers les différents programmes que j'ai nommés, à travers
d'autres programmes gouvernementaux également, qu'ils puissent avoir accès au
gel de sécurité sans frais.
Là, le
ministre me dit, là... Et c'est notre ultime proposition, pour faire en sorte
que les gens qui sont incapables de payer
les frais, et il y en aura peut-être d'autres, il y en aurait peut-être
d'autres... en fait, il y en aurait assurément d'autres que ceux qui
sont mentionnés par notre sous-amendement, mais pour que tous ces gens-là
puissent bénéficier de ce service-là sans
frais, service qui pourrait leur être très utile, parce qu'on en convient,
c'est un bon service ou un bon produit, du moins, on l'espère, que ce
sera un bon produit une fois qu'il sera développé.
Alors, comme
je le disais, c'est probablement notre dernière tentative, à moins qu'on se
surprenne nous-mêmes, M. le
Président, et qu'une autre inspiration nous vienne en tête, mais, réellement,
là, on a tenté de faire comprendre au ministre
que ça devrait être gratuit en toutes circonstances. Il s'est rendu à nos
arguments qu'on avait mis de l'avant, en consultations particulières,
pour la note explicative, pour l'alerte de sécurité, mais pour le gel, il ne
s'est pas encore rendu à nos arguments.
Alors, il a convenu qu'il y avait un bénéfice d'avoir des alertes gratuites,
d'avoir des notes gratuites, mais
pour le gel, on se demande s'il
pourrait convenir que les gens à
faibles revenus pourraient bénéficier
de la gratuité. Je lui pose la question.
Le Président (M.
Simard) : Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : En fait, je
suis intensément en train de chercher les termes justes, là, pour décrire les personnes qui reçoivent des prestations de
solidarité sociale, inaptes au revenu. C'est quoi, les deux distinctions qu'on
fait, là?
M. Fortin :
...des gens qui sont... qui se retrouvent dans la
Loi sur l'instruction
publique, là. Je vous faisais référence aux services de garde en milieu
scolaire, mais...
M. Girard (Groulx) : En tout cas, je
vais parler en termes généraux, là...
M. Fortin :
Oui, oui, oui, bien sûr.
M. Girard
(Groulx) : ...puis je m'excuse de ne pas avoir... Attendez, je
l'aurais peut-être ici, là. Ah! merci, vous lisez dans mes pensées.
M. Fortin :
Bien, vous l'avez exprimée, quand même, votre pensée, donc...
M. Girard
(Groulx) : Non, mais je
pense que c'est important de distinguer deux choses. Au Québec, il y a une façon de mesurer si une société est égalitaire, plus ou moins, ça s'appelle,
en économie, le coefficient de Gini — n'est-ce
pas,
M. le député de Saint-Jérôme? — et,
lorsqu'on compare les provinces, le Québec
est la société la plus égalitaire, au Québec.
Première chose. Deuxième chose, au Québec, on a fait quelque chose qui est extrêmement pertinent, c'est qu'on a distingué,
parmi les prestataires d'aide
sociale, ceux qui étaient inaptes au
travail et ceux qui étaient aptes au travail, et nous avons convenu,
comme société — et
ça vient notamment de votre gouvernement, puis c'est... l'ajustement se fait
sur plusieurs années, et culminera, je pense, à l'année 2022‑2023,
et, bien sûr, on a reconduit les sommes nécessaires — à ce que les personnes qui soient inaptes au travail
aient une bonification supplémentaire par
rapport à ceux qui sont sur l'aide
sociale, et qui va les amener à quelque chose qui va apparenter à la Mesure du
panier de consommation.
M. Fortin :
L'augmentation du panier de consommation, c'est ça que vous voulez dire?
L'augmentation...
M. Girard
(Groulx) : Non, mais c'est-à-dire que les prestations de solidarité sociale sont... puisque ça
demandait un effort important du gouvernement du Québec, l'augmentation des prestations a été répartie
sur cinq ans, et ça va culminer à
l'année 2022‑2023 pour atteindre l'équivalent de la Mesure du
panier de consommation, pour qu'on considère qu'une personne qui est inapte au travail ait un revenu
décent. Ça ressemble un peu... Il y a tout un débat de société,
présentement, sur le revenu minimum garanti, avec la pandémie, puis, bon, évidemment, ça,
c'est un autre débat, là, est-ce
qu'on doit avoir ça au Canada, puis, etc., puis...
M. Fortin :
Oui, vous en pensez quoi?
M. Girard
(Groulx) : Bien, si c'est universel, c'est extrêmement dispendieux,
là, si on garantit un revenu à tout le monde, en toutes circonstances.
D'une part, ce serait extrêmement dispendieux, si c'est universel, et, d'autre
part, ça nécessiterait un exercice de
coordination fédéral-provincial extrêmement important, parce que c'est comme si
on sommait trois programmes fédéraux
puis cinq programmes québécois puis qu'on disait : Nous allons arriver
avec un superprogramme qui va faire tout ça en tout temps, tout le
temps.
M. Fortin :
Oui, mais dans l'esprit d'intergouvernementalisation, rien n'est impossible.
M. Girard
(Groulx) : Bien, on va essayer de régler le projet de loi n° 53
et on va laisser à d'autres débattre la question du revenu minimum garanti. Alors, voici le point. Le Québec...
Je suis conscient qu'il y a des inégalités sociales, le Québec y fait face résolument et avec...
Respectueusement, je vous dirais que le projet de loi n° 53, ce n'est pas
l'endroit pour adresser ces points-là, et
donc je proposerais qu'on vote sur l'amendement rapidement, mais on va prendre
tout le temps qui est nécessaire pour en débattre.
M. Fortin :
O.K. Deux choses, M. le Président, par rapport à l'explication, puis, un jour,
effectivement, on reviendra à l'argument sur
le revenu minimum garanti. Vous me dites : Ce n'est pas la place. J'en
conviens, mais vous avez introduit le
concept, alors je me disais qu'on irait voir si on était capables d'avoir
quelques informations sur votre propre position
là-dessus. Le ministre a commencé son explication, M. le Président, en me
disant ou en demandant au député de Saint-Jérôme de confirmer, là, que le
coefficient de Gini était effectivement la façon, disons, de mesurer l'égalité
de différentes sociétés, et il nous a
confirmé qu'à travers ce coefficient-là le Québec est la société la plus égalitaire. Ça, c'était son argument numéro un, du moins, c'est celui
qu'il a utilisé en premier, donc je présume que c'est son argument le
plus porteur pour, disons, nous demander de
passer au vote rapidement sur notre sous-amendement, parce que,
selon lui, il n'a pas sa place. Il va
voter contre, donc il pense qu'il n'a pas sa place. Mais, si le ministre des Finances, si son argument numéro un, c'est : le Québec a déjà la société la plus égalitaire... Félicitations,
hein, félicitations à tous les gouvernements qui se sont succédé au Québec
et qui en ont...
M. Girard
(Groulx) : ...société, là. Tu sais, on peut féliciter tous les citoyens.
Fortin : Oui, oui, bien sûr,
bien sûr, qui ont... Effectivement, en votant et en
demandant à leurs élus une telle société,
effectivement, ils nous ont fait part... ils ont fait part de
leurs intentions. Le Québec est la société la plus égalitaire au Canada.
Bien, si c'est ça, l'argument du ministre, là, ça, c'est l'argument pour dire : Tout
ce qu'on va introduire à partir de maintenant, bien, il n'y en aura plus, de mesure
préférentielle, ou pour les gens à faibles revenus, ou il n'y aura plus
de gradation, ou il n'y aura plus... C'est
comme dire : Bien, à partir de maintenant, on peut appliquer... Vu qu'on a déjà une société
égalitaire, là, tout le monde paiera la même affaire pour tout qu'est-ce qu'on
va introduire au Québec, hein? À partir de maintenant, ça va être des... c'est comme s'il y avait un taux de taxe unique à partir de maintenant. Là, je
reconnais les bonnes vieilles idées de Mario
Dumont. Il y a peut-être des gens autour de la table qui se retrouvent là-dedans,
mais pas moi.
Et si le ministre des Finances nous dit : On est déjà la
société la plus égalitaire, ça me permet d'introduire une mesure qui fait en sorte que tout le monde paie la même affaire, je ne suis pas d'accord avec lui puis
j'espère que ce n'est pas ça qui va dicter ses prochaines actions comme ministre
des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bien, en fait, je peux vous dire que, dans le milieu
économique, il est reconnu que c'est la progressivité de l'impôt qui
sert à la redistribution des revenus, et non les tarifs. Les tarifs sont les
mêmes pour tout le monde.
M. Fortin :
Bien, alors...
M. Girard (Groulx) : Ça, c'est
reconnu universellement en économie, là.
M. Fortin :
O.K., mais c'est reconnu universellement...
M. Girard
(Groulx) : C'est l'impôt qui est progressif, pas les tarifs, là. La
TPS, c'est la même TPS pour tout le monde, là.
Fortin : O.K. Donc, il n'y
aura plus de tarifs différenciés au Québec, c'est ça que vous êtes en train de
dire. Si c'est l'impôt sur le revenu qui doit être différencié selon le revenu,
je suis d'accord avec vous, mais...
M. Girard
(Groulx) : Je vous dis que la façon qu'on redistribue les revenus au
Québec, c'est via la progressivité de l'impôt, c'est...
M. Fortin :
Versus les tarifs.
M. Girard
(Groulx) : La progressivité
des tarifs, là, ça, c'était... vous l'avez essayée dans les services de garde,
M. Fortin :
Bien, c'est vous qui l'avez réintroduit, c'était votre promesse électorale.
M. Girard (Groulx) : Non, non.
Le Président (M. Simard) : Je
souhaiterais qu'on en revienne...
M. Fortin : Le
tarif unique, là.
Le Président (M. Simard) : ...s'il
vous plaît, à l'étude de l'amendement proposé par le député de Pontiac.
Fortin : Le tarif unique,
là, que vous avez réintroduit, là, en services de garde, O.K... En fait, je pourrais passer la journée là-dessus avec
le ministre, là, je comprends ce qu'il veut dire.
M. Girard (Groulx) : D'accord, excellent.
M. Fortin :
Mais il me dit qu'il n'y en aura plus jamais, des tarifs comme ça?
M. Girard (Groulx) : Écoutez, je ne
veux pas y aller dans l'absolu, là. Je vous dis que, dans le cas qui nous
concerne, ce n'est pas pertinent.
M. Fortin : O.K., mais vous n'allez
pas abolir tous les tarifs progressifs? Parce qu'il y en a une tonne, là.
M. Girard (Groulx) : Non, je
n'annonce pas ça aujourd'hui, non.
M. Fortin :
Non, ce n'est pas ça que vous êtes en train de dire? O.K.
M. Girard (Groulx) : Non.
M. Fortin : Même si ce n'est pas la
façon que vous voyez les choses.
M. Girard
(Groulx) : Non, ce que je vous ai dit, c'est que la façon de
redistribuer les revenus, O.K...
Fortin : Selon les économistes, pas selon vous.
Girard (Groulx) : Non, non, en général, lorsqu'on parle d'efficience,
la redistribution des revenus, c'est via l'impôt, et les tarifs
s'appliquent à tout le monde.
Fortin : O.K. Mais je n'ai pas besoin de m'inquiéter, là... Pour des
tarifs, par exemple, pour les services de garde en milieu scolaire, là,
pas besoin de m'inquiéter pour ça, vous n'allez pas changer ça?
M. Girard
(Groulx) : Non, ce n'est surtout pas le sujet du projet de loi
n° 53.
Fortin : Non, je le sais, sauf que notre sous-amendement
s'inspire de ce mécanisme-là.
Girard (Groulx) : D'accord, mais je suggère que ce n'est pas pertinent
au projet de loi n° 53. Vous le soumettez, nous le considérons,
nous en débattons, éventuellement, nous voterons, et je vais voter contre.
M. Fortin :
O.K. Mais j'espère que ça ne veut pas dire que c'est comme ça que vous allez
vous gouverner en matière de finances publiques au Québec, et de tarification.
Girard (Groulx) : Mais ce qu'on... Le seul engagement qu'on a pris au
niveau des tarifs, c'est que ceux-ci n'augmenteraient pas plus que
l'inflation. Ça, c'est un engagement.
Fortin : O.K. Donc, de l'autre côté, là, disons, vous m'avez parlé des
gens aptes versus des gens inaptes. Parce que vous avez, disons, cherché, là, pour voir mon... si les gens que
j'identifiais, si les gens qu'on identifiait à travers notre amendement
étaient les bonnes personnes.
Girard (Groulx) : Ce que j'ai cherché, c'est la terminologie exacte,
là, je voulais être sûr d'avoir les bons mots. Les bons mots, c'est
«aide sociale» et «solidarité sociale».
Fortin : Oui, O.K., mais, tantôt, vous nous avez parlé des gens
aptes versus des gens inaptes au travail.
M. Girard
(Groulx) : Ceux qui sont inaptes sont dans la catégorie solidarité
sociale.
M. Fortin : Oui, d'accord. Alors, si je fais fi de notre propre définition dans le
sous-amendement... Parce que j'espérais...
j'avais les doigts croisés, là, vous ne les voyez pas, là, mais j'avais les
doigts sur ma chaise, là, comme ça, ils étaient croisés, peut-être que j'avais les deux mains croisées en même
temps, c'était peut-être ça, mon enjeu, deux négatifs égalent un positif, mais j'espérais que vous
cherchiez une définition alternative, j'espérais qu'il y avait une ouverture
de votre part, puis que vous étiez, là, en train de chercher une autre
définition pour me dire : M. le député...
M. Girard
(Groulx) : En fait, je pense, c'est le moment...
Fortin : ...j'appuie le concept, mais pas la définition.
Girard (Groulx) : En fait, M. le Président, c'est le moment que je
fasse preuve d'ouverture, si le député de René-Lévesque peut nous
écouter un peu. En fait, moi, ce que je vous suggérais... On a eu plusieurs
discussions intéressantes sur la tarification,
des discussions vraiment...
on est allé dans les détails, on est allé sur les concepts, on a refait le tour de l'efficience, on a discuté de tout ça.
Moi, je vous soumettrais qu'à l'article 109 on pourra ravoir ce débat-là
avec la même intensité, et même plus, si
vous le désirez, et je vous suggérerais qu'étant donné qu'on ne s'entend pas,
que nous avancions, et, lorsqu'on va
arriver à l'article 109, il y aura le désir du gouvernement de revoir la tarification. Puis on vous a transmis un amendement sur l'heure du
midi. L'amendement dit — je
vais vous le résumer, M. le député de Pontiac — qu'on va faire un rapport sur la loi
cinq ans après son adoption, et puis, dans ce rapport-là, il va falloir revoir
la tarification.
Alors,
je vous soumets respectueusement que nous pourrons reprendre le débat sur la
gratuité, sur la revue de la gratuité,
sur la durée de la gratuité, la pertinence de la gratuité, la répartition de la
gratuité, la tarification, le moment de la tarification, son introduction. Je pense qu'on peut continuer à discuter
de tarification puis je suis disponible jusqu'à 6 heures pour discuter de tarification avec vous, si
vous... Il n'y a pas de problème, c'est vous qui décidez ce que nous
discutons, et je suis là pour répondre aux
questions, et je répondrai. Mais je vous soumets respectueusement qu'on
pourrait reprendre ce débat à 109 et qu'on pourrait avancer dans le
projet de loi.
M. Fortin : Mais 109, là, on va tous être fatigués, ça ne nous tentera plus de se
voir, ça va faire des semaines qu'on est
là, on n'aura peut-être pas la même énergie qu'on a en ce moment, là. On est
encore à l'article 16, c'est encore tout frais, tout nouveau pour
nous, là. Rendus au 109, on va peut-être être un peu plus pressés de conclure.
On est dans l'argument en ce moment.
Girard (Groulx) : Mais c'était une offre, c'était une offre.
M. Girard
(Groulx) : D'aucune façon... Puis elle sera toujours bonne mardi, là,
vous pouvez la...
M. Fortin :
Puis elle sera toujours bonne si on débat du 16.1 en ce moment.
Girard (Groulx) : Oui, on peut... oui, certainement, on peut continuer
à débattre de 16.1 puis vous pouvez méditer ma suggestion ce week-end.
Mais je vous soumets respectueusement qu'on a déjà fait quelques heures sur ce
concept de tarification... — tarification,
écoutez, ça fait... j'ai même oublié le terme exact, là...
M. Girard
(Groulx) : ...tarification raisonnable, merci — qu'on
peut continuer à faire ce débat, mais...
M. Fortin : Mais je comprends, là, je comprends le ministre de nous dire : On
peut y revenir. Tout ce que je veux savoir,
c'est... Ce qui est appliqué dans les garderies aujourd'hui, avec les changements que vous avez faits, là, ce
qui est appliqué dans les services de garde en milieu scolaire, c'est que, pour un certain groupe de Québécois
qui ne sont pas en moyens de se payer
ces services-là, ils les reçoivent gratuitement. Vous ne voulez pas que la même
classe ou le même groupe de Québécois reçoivent les services offerts par
les agents d'évaluation de crédit gratuitement?
Girard (Groulx) : Écoutez,
pour ce qui est de tout ce qui est la politique fiscale du gouvernement, tarifs de
garde, ça, ce n'est pas le sujet aujourd'hui, O.K.? Ici, si votre
question, c'est : Est-ce que je veux supporter votre amendement?,
ma réponse, c'est non.
M. Fortin : Non, ma question c'est : Est-ce que vous voulez supporter — ou appuyer, je pense, en bon
français, là, je ne veux pas me faire
reprendre par Antoine Robitaille une autre fois — est-ce que vous voulez appuyer le fait... ou
est-ce que vous voulez appuyer ce groupe de
Québécois là, qui n'a pas les moyens de se payer les services que vous
avancez en... que vous proposez, en assurant
qu'ils sont gratuits pour eux? C'est ça que je vous demande. Ce n'est pas si...
est-ce que vous voulez appuyer mon amendement. Si vous en avez un
meilleur, je n'ai pas de problème, mais est-ce que vous voulez appuyez tous ces Québécois-là, que l'État
reconnaît déjà comme des gens qui ne sont pas dans une position de se
payer des services de l'État, aussi à faibles coûts soient-ils? Est-ce que ces
services-là devraient être gratuits pour eux?
M. Girard
(Groulx) : Mais ça... Premièrement, ça, ce n'est pas un service de
l'État, là, O.K.?
M. Fortin : C'est un service qui est rendu disponible par une législation de
l'État. Ce n'est pas un service de l'État, j'en conviens, mais c'est un
service que vous rendez disponible aujourd'hui.
M. Girard
(Groulx) : C'est un service qui n'existe pas, que nous voulons qui
soit introduit le plus rapidement possible,
et qu'il soit de qualité, et, pour ce faire, il devra être tarifé de façon
raisonnable pendant une période raisonnable,
et, éventuellement, la compétition, le temps, l'utilisation va faire baisser le
prix, et, ultimement, un jour, il sera sûrement
disponible gratuitement pour tous. À partir du moment que vous voulez créer des
sous-groupes qui ne paieront pas,
vous retardez l'adoption, pour tous, de la gratuité. Donc, à la
question est-ce que je supporte votre amendement, non.
M. Fortin : O.K. Je le prends de façon bien simple, là. Peut-être que c'est moi qui
l'a rendu compliqué en voulant l'exprimer
clairement, mais je vais me reprendre, là : Pour les prestataires d'aide
sociale puis des gens qui bénéficient des programmes de solidarité
sociale, est-ce que vous pensez que ce service-là devrait être gratuit, oui ou
non?
M. Girard
(Groulx) : À l'introduction, non.
Fortin : C'est tout, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Merci. Y aurait-il d'autres interventions? M. le député de
René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui, juste quelques précisions. Le ministre des Finances semblait dire
que je ne suivais pas la parade. Je
tiens juste à préciser au ministre des Finances que ma collègue est assise au
coin, et la meilleure façon de communiquer avec elle, c'est par messagerie.
Donc, si j'ai la face dans mes appareils, c'est parce que...
Girard (Groulx) : ...ce n'était pas une accusation que vous ne... Non,
non, non, c'était un appel à ce que vous écoutiez ce que j'allais dire. Alors, c'était une demande, ce n'était
pas une critique de ce qui avait précédé, c'était un appel à une
attention supplémentaire.
M. Ouellet : D'accord. Je tiens à
vous dire que, malgré les appareils technologiques qui sont devant nous, vous
avez toute mon attention...
M. Girard
(Groulx) : Merci.
M. Ouellet : ...même si vous pensez
que je fais autre chose en même temps.
M. Girard
(Groulx) : Non, mais c'est parce que je connais l'étendue de vos
responsabilités. Ça ne m'aurait pas surpris que vous étiez dans un autre
domaine de tout le travail législatif qui se fait ici.
M. Ouellet : Oui, je suis en
économie présentement.
M. Girard (Groulx) : C'est beau.
Mais ce n'était vraiment pas... Je respecte beaucoup vos responsabilités, et
d'autant plus qu'elles sont vastes. Voilà, je m'arrête ici.
M. Ouellet : C'est tout...
M. Girard (Groulx) : Ah! je pensais
qu'on allait parler de solidarité sociale.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. C'est extraordinaire, bravo, c'est formidable.
M. Ouellet : Je suis là, je suis
tout ouïe, je suis tout présent.
M. Girard
(Groulx) : Bon, on a tous des points sensibles. Je comprends que, plus
vous avez de responsabilités, plus, si on... Ça peut nous rendre
sensibles.
M. Fortin :
...plus on a de responsabilités, plus on est sensible, ah oui?
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est
certain que, plus on jongle de balles, plus ça demande de la concentration.
Président (M. Simard) : Bien. Alors, sur ces élans philosophiques, y
aurai