Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 24 August 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2021-08-24
Quebec — Committees
Julien : Oui, merci. Merci, M. le Président. Bien, d'entrée de jeu, un grand plaisir d'être ici aujourd'hui, là, pour cette
discussion-là. Je tiens à saluer, d'ailleurs, les collègues, collègues d'opposition et les collègues qui sont ici avec nous aujourd'hui pour
cette rencontre-là. Je suis heureux, je suis heureux, là.
Premièrement, j'ai pris connaissance du mémoire
de Pierre-Olivier Pineau, toujours un plaisir d'échanger avec
M. Pineau. On le fait plusieurs fois par année. On a même eu l'occasion,
il y a quelques mois, là, d'intervenir dans un cours universitaire, là, où...
des échanges, là, lui et moi, là, sur différents concepts énergétiques. Et je
vous dirais que mon ministère, et le gouvernement, prend toujours acte des propositions
de M. Pineau, qui sont des propositions avisées — on
n'est pas toujours d'accord — mais certainement qui nous amènent à
cheminer, au point de vue énergétique, vers les meilleures pratiques. Alors,
j'ai lu avec attention le mémoire et j'ai bien hâte d'écouter M. Pineau,
là, justement, nous entretenir sur ce sujet-là.
Vous savez autant que moi que les questions
liées à l'efficacité énergétique, liées aussi à la consultation particulière
sur le projet de loi n° 87 nous interpellent grandement. Le projet de loi
n° 97 est un projet de loi... c'est une pièce législative qui revêt une
importance majeure dans l'action gouvernementale pour favoriser la transition
énergétique du Québec et l'atteinte de nos objectifs d'efficacité énergétique.
Pour vous mettre en contexte, la
Loi sur les
normes d'efficacité énergétique et d'économie d'énergie de certains appareils
fonctionnant à l'électricité ou aux hydrocarbures permet au gouvernement, justement,
de fixer par règlement les normes d'efficacité énergétique applicables aux
appareils d'usage courant qu'il détermine.
Nous avons d'ailleurs, M. le Président, en
décembre 2018, modifié le règlement sur l'efficacité énergétique
d'appareils fonctionnant à l'électricité et aux hydrocarbures justement pour
harmoniser nos normes minimales de performance
énergétique de 50 catégories d'appareils avec celles du gouvernement
fédéral. Ce contexte d'harmonisation là est essentiel puisque d'avoir
des niveaux de normes qui seraient de manière... diamétralement non harmonisés,
ça serait non fonctionnel.
Cependant, notre loi ne nous permet pas
actuellement de viser un champ plus large d'appareils ou de produits à
réglementer, comme le fait la loi fédérale, comme le font également d'autres
lois provinciales. En effet, notre loi ne vise que les appareils électriques ou
fonctionnant avec des hydrocarbures, tandis qu'on pourrait couvrir un plus
large éventail d'appareils visés, comme par exemple, là, les exemples qu'on
donne, les portes et les fenêtres, alors ce n'est pas visé, les robinets de cuisine, les pommes de douche, les puits de
lumière, les pneus. Donc, on veut pouvoir élargir à ce type de produits là, justement, pour avoir plus
d'efficacité énergétique et d'avoir des normes qui les visent également.
C'est pourquoi on a déposé, à l'Assemblée
nationale, le présent projet de loi, qui propose de définir les appareils visés
par la loi comme tout dispositif ayant un effet sur la consommation d'énergie.
Cette modification va nous permettre d'accroître la
capacité potentielle du règlement à contribuer à la réduction de la
consommation énergétique et, par le fait même, des émissions de gaz à effet de
serre, en plus de poursuivre plus efficacement les démarches d'harmonisation de
coopération réglementaire en matière d'efficacité énergétique avec la
réglementation fédérale. Je le dis souvent, pour atteindre nos objectifs, ça
prend un bouquet de mesures. Ici, c'est une des mesures, ce n'est pas suffisant
en soi, mais on doit additionner des mesures pour arriver à nos objectifs
audacieux au Québec.
Je souligne, en terminant, que cette modification
répond également à la réalisation de la mesure 45 du Plan directeur en
transition, innovation et efficacité énergétique du Québec 2018-2023 et
s'inscrit dans nos actions en matière de lutte contre le changement climatique.
Il s'agit donc d'une manifestation concrète de notre volonté d'agir, d'agir
pour une économie plus verte au Québec.
Alors, encore une fois, merci, merci pour votre présence, et je suis convaincu que les
discussions d'aujourd'hui
contribueront à bonifier et améliorer l'efficacité énergétique du Québec.
Merci.
Le Président (M. Lemay) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Donc, j'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle en matière d'énergie et de ressources naturelles et député de Mont-Royal—Outremont à faire ses
remarques préliminaires pour une durée maximale de quatre minutes.
Arcand : Merci
infiniment, M. le Président. Encore une fois, j'ai l'impression de revivre un
peu mon passé. Je revois, derrière le ministre, des gens que... certaines
personnes que j'ai eu l'occasion de côtoyer par le passé. Et donc c'est un
grand plaisir d'aborder ces questions qui sont, évidemment, très importantes.
Je le dis tout de suite, d'entée de jeu, d'ailleurs, je ne pense pas que l'opposition
va faire un débat d'une centaine d'heures avec ce projet de loi, très
clairement.
J'en profite évidemment pour saluer le ministre,
les collègues de l'Assemblée nationale qui sont ici présents, de même que les
gens du ministère qui accompagnent le ministre à ce niveau-là. Je vous dirais
que je salue aussi, bien sûr... je suis heureux de retrouver, moi aussi, le
Pr Pineau, avec qui nous avons eu l'occasion d'échanger pendant de
nombreuses années. Et je revoyais à travers, d'ailleurs, le discours qu'il
avait, certaines des positions qui étaient les siennes depuis fort longtemps d'ailleurs.
Alors, c'est un plaisir, Pr Pineau, de vous retrouver.
Je vous dirais que, dans ce projet de loi — évidemment,
c'est un projet de loi — la
première chose qu'on s'est posée comme question : Pourquoi un projet de
loi? Est-ce que ça aurait été plus facile de le faire simplement par règlement?
Mais je comprends, là, que, sur le plan technique, ça prenait, semble-t-il, un projet
de loi pour pouvoir faire ces changements-là. Alors, nous allons étudier ce projet
de loi là plus tard.
Aujourd'hui, j'aurai certainement des questions
à poser au Pr Pineau parce qu'évidemment la question des enjeux reliés aux
économies d'énergie sont des questions fondamentales pour l'avenir du Québec.
Et une des questions, puis je le dis tout de suite au ministre, que j'aurai
l'occasion de lui poser lorsqu'on sera rendus... La seule chose qui me fait un
petit peu tiquer, si vous me permettez l'expression, c'est toute la question
des inspecteurs. Pourquoi? Est-ce qu'il va y avoir des normes différentes au
niveau des inspecteurs? Qui va être appelé à inspecter? Je comprends que ce ne
seront pas seulement les gens du ministère, on veut aller ailleurs, mais encore
faut-il préciser un petit peu qu'est-ce qu'on veut dire par «gens qui auront la
capacité d'inspecter». Alors, ce sont... c'est un des éléments sur lesquels,
évidemment, je vais certainement avoir l'occasion de poser des questions.
Je dois vous dire également que ce projet de
loi, évidemment, si ça permet d'améliorer la situation sur le plan des
économies d'énergie, ça permet de nous donner un Québec plus vert. Évidemment,
nous en sommes de façon importante. Notre formation politique avait déposé, en
2016, la Politique énergétique. Il y avait à la fois des mesures de réduction
des hydrocarbures, il y avait des mesures pour, évidemment, qu'on soit de plus
en plus verts, et évidemment nous avions à l'époque créé TEQ, qui
malheureusement a été aboli par la suite.
Et donc on aura l'occasion de revenir plus tard
en commission parlementaire, mais je peux assurer le gouvernement de notre
collaboration au niveau de ce projet de loi pour qu'on puisse probablement
l'adopter assez rapidement lors de la reprise de la session. Alors, voilà,
c'étaient quelques-uns de mes commentaires, mais j'aurai certainement des
questions pour le Pr Pineau tout à l'heure. Merci infiniment, M. le
Président.
Le Président (M. Lemay) : Merci à
vous, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
Donc, nous
allons maintenant débuter les auditions. Alors, je souhaite maintenant la
bienvenue à M. Pierre-Olivier Pineau, qui est professeur
titulaire à la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC Montréal, et je
vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Par la
suite, nous procéderons aux échanges avec les membres de la commission. Donc,
la parole est à vous.
M. Pineau (Pierre-Olivier) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup pour l'invitation. Je tiens, donc, à vous remercier de... pour cette invitation, et peut-être
à m'excuser d'être le seul qui a maintenu son audition. J'ai l'impression
que j'ai des collègues qui avaient été sollicités et qui se sont désistés, mais
donc peut-être que c'est à cause de moi que vous vous
réunissez aujourd'hui. Mais je pense que ça vaut la peine, quand même, de
prendre ce temps-là pour parler d'efficacité énergétique, parce que c'est un
sujet, comme vous le savez, extrêmement important.
Comme M. Julien l'a mentionné, le projet de loi n° 97
est un petit projet de loi qui apporte des modifications qui auront un impact,
mais qui sont, somme toute, mineures dans l'ensemble du dossier de l'efficacité
énergétique. Moi, j'accueille avec beaucoup d'aspects positifs les deux
principales modifications qui sont suggérées par le projet de loi, c'est-à-dire, donc, de passer
d'équipements plus spécifiques à un terme plus générique et plus large, plus
englobant de «produits qui peuvent consommer directement ou avoir un
impact sur la consommation d'énergie». Je pense que c'est important d'avoir des
normes pour, effectivement, cet éventail plus large de produits.
Et je pense aussi que c'est important de pouvoir
donner de la flexibilité dans le choix des inspecteurs au ministère, et donc sortir de la... du cadre
d'avoir seulement des inspecteurs qui sont des employés du ministère est une
bonne chose. Mais évidemment... et, dans mon
mémoire, je ne me suis pas vraiment attardé sur les aspects plus techniques ou des qualifications que ces inspecteurs-là, les
personnes qui vont être nommées, devront avoir et de leur impartialité,
mais c'est évidemment des éléments extrêmement importants que le ministère
devra s'assurer de mettre de l'avant pour que les inspecteurs soient
véritablement des gens neutres, et qualifiés, et compétents, choses qui
n'étaient pas non plus garanties en ayant un
employé du ministère. Mais donc les deux changements sont accueillis, de
ma part, avec... sont très bien accueillis de ma part.
Mais... Et c'est la raison... La principale
raison pour laquelle j'ai accepté de venir parler et que j'ai écrit un mémoire, c'est parce qu'autant ces changements
sont nécessaires, autant le dossier de l'efficacité énergétique demande
d'agir de façon beaucoup plus agressive et large, et on n'a pas encore, dans
l'encadrement législatif québécois, les éléments
qui sont propices, le contexte qui est propice à des véritables avancées
significatives en efficacité énergétique. Les équipements, les produits
énergétiques, oui, consomment de l'énergie, mais, quand on regarde... et je me
suis attardé sur le secteur des bâtiments dans mon mémoire, quand on regarde
dans le secteur des bâtiments, les maisons unifamiliales, c'est 70 % de
l'énergie qui est consommée pour le chauffage. Dans les appartements, c'est
60 %. Dans les bâtiments institutionnels commerciaux, c'est un petit peu
moins, c'est 45 %. Mais, dans tous les cas, dans tous les bâtiments, ce ne
sont pas les équipements ou les produits connexes qui consomment de l'énergie.
C'est de l'énergie dont on a besoin pour le
chauffage, et donc, si on veut vraiment faire des avancées majeures, au Québec,
en efficacité énergétique dans les
bâtiments, il va falloir s'attaq