House Proceedings — 7 May 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-05-07
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize
heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
bonjour à toutes, bonjour à tous. Je vous invite à prendre place. Nous
allons débuter nos travaux.
Nous
sommes rendus à la rubrique Déclarations des députés. Avant même de commencer,
je profite pour rappeler, les
collègues qui auront à faire une déclaration ce matin, de se tenir à une
minute, qui est la durée prévue pour la déclaration.
Et, sans plus tarder,
je reconnais M. le député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. C'est avec fierté que je
dédie ma déclaration de député au premier Canadien à gravir l'Aconcagua à la
course, Gabriel Lemieux, que je salue, dans les tribunes. Il est accompagné de
Misty Patillo-Forsberg et François-Xavier Roy.
Après une année de
préparation, l'athlète de Stoneham-et-Tewkesbury a réalisé un grand rêve en
atteignant le toit des Amériques, le plus haut sommet en Amérique du Sud. Avoir
gravi cette montagne représente plus qu'un record pour Gabriel. Il souhaitait d'abord inspirer le dépassement de soi
auprès des gens. Selon lui, si l'on met l'effort, la discipline et que
l'on sait bien s'entourer, chaque rêve est réalisable et atteignable.
Gabriel,
tu es une personne inspirante pour Chauveau. Merci d'être ici avec nous. Je te
souhaite de poursuivre tes rêves et continuer d'être la personne que tu
Merci beaucoup, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Chauveau. Et, sans plus tarder, je cède maintenant la parole
à M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci,
M. le Président. Je tiens à souligner le 50e anniversaire du département
de technologie architecturale du collège Vanier, qui est situé dans ma circonscription.
département a ouvert ses portes en septembre 1973. Le département a débuté
sur le campus Snowdon, de Vanier, avant
de déménager sur le campus principal, en 1986. Les enseignants, en 1973-1974,
étaient des architectes et ingénieurs en
exercice qui ont marqué l'architecture et l'ingénierie au Québec. Ils étaient
fiers de partager leur savoir avec la prochaine génération de
technologues.
Vanier a formé de
nombreux technologues au cours des 50 dernières années. Ils ont contribué
fièrement au développement architectural du
Québec. En tant que député de l'Acadie, je leur souhaite bon succès. Et bravo à
Vanier! Ils continueront pour encore 50 ans au minimum. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de l'Acadie. Et la parole revient maintenant à Mme la
députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : Merci, M. le Président.
Le mois de mai est le Mois de l'arbre et des forêts, célébré partout au
Québec. Le thème de cette année est Je choisis le bois! .
Matière
première indispensable, le bois a permis de bâtir le Québec. Au-delà de son
héritage et de sa relation avec notre
passé, il s'accorde également au présent et surtout au futur. Plus que jamais,
cette ressource d'une valeur inestimable joue un rôle clé dans la lutte
contre les changements climatiques et la décarbonation de notre économie.
Cette
année encore, de nombreuses activités auront lieu dans toutes les régions du
Québec, dont les si populaires distributions gratuites de plants dont
pourront bénéficier l'ensemble des Québécoises et des Québécois.
Je tiens également à
saluer le travail des associations forestières régionales, des organismes, des
écoles, des municipalités qui donnent vie à
cette vaste programmation afin de mettre en lumière l'importance du bois dans
toutes les sphères de notre vie. Merci. Et bon Mois de l'arbre et des
forêts 2024.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Rimouski. Au tour, maintenant, de M. le député de
Rosemont.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Parmi les
affres qui accablent nos communautés, l'insécurité alimentaire gagne de plus en plus de terrain. Elle touche
particulièrement les personnes seules, les immigrants et, de façon
disproportionnée, les mères monoparentales.
Depuis 2018, on a un
magnifique projet à Rosemont, le Resto pop. On y est presque, on y est presque,
mais il reste du travail à faire. Sous peu,
on pourra bientôt ouvrir le Resto pop Rosemont : 50 places,
75 000 repas par année à 6 $ le repas. C'est le but recherché
depuis des années par une équipe infatigable, qui ne cesse de travailler pour
que ça se fasse.
Mais je l'ai dit, on
y est presque, il manque un peu d'argent, M. le Président, permettez que je le
mentionne. Le Resto pop ramasse de l'argent en ce moment, collecte de l'argent,
a besoin de 125 000 $ pour lancer ses activités. On y est presque. Si le coeur vous en dit, si la
cause vous tient à coeur, il y a un cocktail de financement ce jeudi dans
Rosemont, auquel je serai. Je vous invite aussi à y participer. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Rosemont.
demanderais, s'il vous plaît, aux personnes, au public, aux membres du public
qui sont avec nous de bien vouloir observer
le silence, s'il vous plaît, pendant l'intervention des députés ici, en Chambre.
Merci pour votre contribution à cela.
Alors, la prochaine
déclaration, je cède maintenant la parole à Mme la députée de Châteauguay.
Mme Gendron :
Merci, M. le Président. Samedi
dernier, j'ai eu l'immense plaisir de prendre part au 50e anniversaire
de la FADOQ Coeurs vaillants de
Saint-Isidore. Cette soirée thématique dansante et spectacle en hommage à
Céline Dion a permis d'accentuer la
hauteur de l'implication des nombreux bénévoles de l'association ainsi que du
conseil d'administration.
Cette dernière a un
rayonnement tout à fait contagieux pour les résidents et résidentes de la
municipalité de Saint-Isidore. Par leur dynamisme, les bénévoles s'investissent
pour faire vivre des activités à leurs membres, qui leur permettent de demeurer actifs, de développer des
liens interpersonnels, et même de découvrir de nouvelles passions chez
leurs 130 membres.
Tout
compte fait, la FADOQ Coeurs vaillants est bien à l'image de
Saint-Isidore : tissée serré, proche des gens et toujours prête à
prendre le flambeau pour assurer la relève.
Merci à tous ceux et
celles qui rendent le tout possible, et félicitations pour ces
50 premières années! Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Châteauguay. Et je reconnais maintenant M. le député
de Marquette.
M. Ciccone : Merci,
M. le Président. Aujourd'hui, je prends un moment pour souligner la retraite
d'une personne très impliquée au sein de ma circonscription.
Josée
Ranger est une femme extraordinaire, très humaine et très dévouée à la
communauté lachinoise. Elle a débuté sa carrière en tant qu'enseignante en
1994. Sa passion pour l'enseignement et sa facilité à connecter avec les jeunes
sont ce qui l'a amenée aux postes de direction, à l'école secondaire
Dalbé-Viau.
Résidente de Lachine
depuis plusieurs années, Josée a consacré toute son énergie à apporter le meilleur
service possible aux jeunes. Que ce soit
pour leur cheminement scolaire, sportif ou leurs activités parascolaires, Josée
a toujours été très présente afin d'assurer leur succès et leur
développement.
Lors
de ses 25 ans de service, elle a même reçu le prix Michel-Ménard, qui
témoigne de son énorme implication et son engagement.
Josée,
je te remercie pour tous les beaux accomplissements que tu as apportés à notre
communauté. C'est avec un pincement au coeur que je te vois quitter,
mais je te souhaite une retraite bien méritée. Merci beaucoup, Josée. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Marquette. La parole revient maintenant à M. le député
de Taillon.
M. Carmant : Merci, M. le Président. Cette année, la semaine
nationale de la santé mentale se déroule du 6 au 12 mai. C'est l'occasion de rappeler que les troubles
mentaux peuvent toucher tout le monde. On connaît tous quelqu'un, un ami,
un parent, un proche, qui est ou qui sera
touché au courant de sa vie. On déploie présentement plusieurs initiatives, au
Québec, pour les jeunes comme pour
les adultes. On doit poursuivre nos efforts pour changer la culture, en santé
mentale, rapprocher les services de la communauté et surtout continuer
d'en parler.
veux prendre le temps de remercier tous ceux et celles qui oeuvrent en santé
mentale et qui nous aident chaque jour
à prendre soin des Québécois : les travailleuses sociales, les infirmières,
les IPS, les psychiatres, les psychologues, les ergothérapeutes et tous
les autres. Votre contribution et votre expertise sont précieuses.
rappelle que, si vous avez besoin de parler à quelqu'un rapidement, de
nombreuses ressources sont disponibles. Le 8-1-1 Info-Social, entre autres, est
là 24 heures par jour, sept jours sur sept. N'hésitez pas à lever la main.
En parler, c'est commencer à aller mieux. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Taillon. La parole revient maintenant à M. le député de
Montmorency.
M. Simard :
Alors, M. le Président, je salue
d'abord mes anciens collègues parlementaires, que je retrouve avec plaisir.
60 secondes,
c'est bien peu de temps pour dire merci à un homme qui a consacré toute sa vie
au temps. Et je parle ici d'André Viger, natif de Montmorency, qui a été
l'horloger en chef de l'Assemblée nationale pendant plus de 43 ans,
sans ne jamais manquer une seule journée de travail.
Alors,
M. le Président, André est accompagné par sa collègue Lynda Vincent, qui est
chargée de projet et de l'entretien
des horloges, que je salue également. Son départ a suscité une grande
déferlante d'amour, que j'ai pu voir dans le comté de Montmorency.
Alors, je ne connais
pas le nombre de pas qu'il a franchis, le nombre de marches d'escalier qu'il a
empruntées, ni même le nombre de barreaux
d'échelle qu'il aura faits durant toute sa carrière, mais, une chose est certaine,
il aura donné le rythme à notre vie parlementaire pendant quatre
décennies.
Mon cher André, à chaque fois que nous entendrons
dorénavant une cloche sonner, nous penserons à toi. À bientôt.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Montmorency. La parole revient maintenant à Mme la
députée de Vimont.
Mme Schmaltz :
Merci, M. le Président. Alors, le
mois de mai marque le Mois de l'arbre et des forêts. Pour célébrer cette
occasion, j'organise une journée de distribution gratuite d'arbres le
18 mai prochain au parc Prévost, dans Vimont. Cet événement permettra de
sensibiliser la population de manière ludique et éducative à l'importance des
forêts et de la plantation d'arbres
dans nos vies quotidiennes. C'est donc avec enthousiasme que j'adresse cette
invitation à tous les citoyens de
Vimont et de la région de Laval, et même à vous, M. le Président. Venez
rencontrer et échanger avec les différents organismes partenaires de
l'événement, qui partagent notre passion pour la protection de l'environnement.
Rappelons-nous
que nos forêts sont une source de fierté à bien des égards. Même en milieu
urbain, le bois conserve une importance fondamentale dans notre vie.
C'est un rendez-vous,
et je vous attends. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Vimont. Et je reconnais maintenant Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Boivin Roy : Merci, M. le Président. À
l'occasion du 40e anniversaire de la bibliothèque Jean-Corbeil,
les Angevins et Angevines célèbrent 40 ans d'une communauté unie
autour du pouvoir des livres.
bibliothèque fut fondée en 1984 grâce à la ténacité du maire de l'époque,
M. Jean Corbeil. Celle-ci fut d'ailleurs nommée en son honneur en
Durant
ces quatre décennies passées, la bibliothèque a évolué pour répondre aux
besoins des citoyens, intégrant les nouvelles
technologies tout en préservant la richesse de la tradition littéraire.
Malgré
ses récentes rénovations, l'édifice a
conservé et expose de nombreuses oeuvres d'art acquises par le Fonds du
patrimoine culturel d'Anjou au courant des années.
bibliothèque Jean-Corbeil est bien plus qu'un simple lieu de dépôt de livres,
elle est aussi un lieu de rencontre, d'apprentissage et de création pour
les citoyens et citoyennes de tous les âges et de toutes les cultures. Que ce
soit entre amis, en famille ou seul, je vous
invite à venir visiter notre belle bibliothèque et consulter sa programmation
haute en couleur. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel. Et je cède maintenant la parole à M. le député de Mégantic.
M. Jacques : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je veux
féliciter le Camping Aventure Mégantic pour sa certification or en tourisme durable de GreenStep. Non seulement ils
sont les premiers au Canada dans leur secteur d'activité, mais ils sont les
premiers chez nous, au Québec, tous secteurs confondus. C'est un beau cadeau
pour cette entreprise de ma circonscription, qui fêtera son
10e anniversaire dans quelques semaines.
Pour obtenir sa
certification, Camping Aventure Mégantic a dû répondre à des critères rigoureux
reconnus par le Conseil mondial du tourisme
durable et répondant aux objectifs de développement durable des Nations unies. Par son engagement dans
cette voie, Camping Aventure Mégantic contribue à ce que notre région soit une
destination touristique qui priorise la protection de notre
environnement et la lutte contre les changements climatiques.
Alors, encore une
fois, je félicite cette entreprise innovante de chez nous, pour laquelle on ne
compte plus les distinctions. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Mégantic.
Pour la dernière
déclaration, j'aurais besoin du consentement de la Chambre pour permettre à M.
le député de Lac-Saint-Jean de faire sa déclaration. Consentement. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Merci,
M. le Président. M. le Président, j'aimerais souligner la présence, dans les
tribunes, de citoyens et citoyennes de ma
circonscription qui proviennent du Groupe Centre-Lac, un organisme qui
accueille des personnes adultes vivant avec un handicap physique ou
intellectuel. Les intervenantes de l'organisme, sous la direction de Valérie, sont compétentes et dévouées. Les activités
qu'elles organisent permettent de briser l'isolement des participants, d'offrir des activités de loisir et
d'alphabétisation et leur donnent l'opportunité de socialiser et de maintenir
leurs acquis. Les usagers de l'organisme vous diraient sans doute que le
Centre-Lac, c'est comme une grande famille. Au Centre-Lac, on cuisine, on
s'amuse, on se déguise, on fête Noël, on va au musée, on va même jouer aux
quilles.
terminant, M. le Président, je suis bien fier de tout ce beau monde. Aux
intervenantes, continuez votre excellent travail, vous êtes essentielles. Aux participants, merci pour vos
sourires, votre bonne humeur. Vous aussi, vous êtes essentiels.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Lac-Saint-Jean. Alors, voilà qui met fin à la rubrique
Déclarations des députés ce matin. Je remercie chacun de vous pour vos
déclarations.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 55)
La Présidente :
Bonjour, tout le monde. Bonjour.
Bienvenue chez vous. Le parlement du Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
vous disais, d'entrée de jeu, qu'il y a beaucoup de monde aujourd'hui. Alors, j'ai
le plaisir de souligner, à l'occasion de
la 30e assemblée générale du Cercle des ex-parlementaires de l'Assemblée
nationale du Québec, la présence, dans nos tribunes, des
ex-parlementaires, dont le conseil d'administration, sous la présidence de
Mme France Dionne.
également je souligne la présence d'anciens présidents et présidentes de
l'Assemblée nationale, Mme Louise Harel et
MM. Jean-Pierre Charbonneau et François Gendron. Je vois qu'il y a quelques
timides.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Bonjour, Mme la Présidente. Je dépose les réponses
aux questions inscrites au feuilleton le 9 avril 2024 par le député de
Pontiac. Merci.
La Présidente :
Ces documents sont déposés.
Pour
ma part, je dépose une lettre que m'a adressée M. le premier ministre dans
laquelle il m'informe de la nomination du
et de la nomination de la députée des Plaines à la fonction de membre
Je cède maintenant la
parole...
La Présidente :
Ce n'est pas terminé. Vous êtes
trop rapide, M. le premier ministre. Je cède maintenant la parole à M.
le deuxième vice-président et député de Chauveau pour la présentation d'une
motion.
Le Vice-Président (M.
Lévesque) : Mme la Présidente, je propose que ces modifications à la
Présidente : Cette motion est-elle adoptée?
La Présidente :
Adopté. Voilà. Enfin, j'ai reçu
préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition. Conformément à l'article 97.1 du règlement, je dépose copie
du texte de ce préavis.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de l'aménagement du territoire
et député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger : Merci, Mme la Présidente.
Alors, je dépose le rapport de l'aménagement... de la Commission de l'aménagement du territoire, pardon,
qui, les 30 avril, 1er et 2 mai, a tenu des auditions publiques dans
le cadre des consultations particulières sur
le projet de loi n° 57, Loi
édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans
entraves de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions législatives
concernant le domaine municipal.
La Présidente :
Ce rapport est déposé. Mme la
présidente de la Commission de
l'économie et du travail et députée
de Mirabel.
Mme D'Amours :
Mme la Présidente, je dépose le
rapport de la Commission de
l'économie et du travail qui, les
9 et 10 avril ainsi que le 7 mai
2024, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 44,
Loi modifiant principalement la Loi
sur le ministère de l'Économie et de
l'Innovation en matière de recherche.
La commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
Merci.
La Présidente : Ce
rapport est déposé. M. le président de la Commission des institutions et
député de Richmond.
M. Bachand : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je dépose le
rapport de la Commission des institutions qui, le 30 avril ainsi que les
1er, 2 et 7 mai 2024, a tenu des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur le
projet de loi n° 56, Loi
portant sur la réforme du droit de la famille et instituant le régime d'union
parentale. Merci.
Présidente : Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci,
Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 60 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
directeur général de la fédération de Hockey Québec n'a pas les pouvoirs
nécessaires pour moderniser son organisation;
«Considérant
que les présidents régionaux exercent des rapports de force au lieu
d'entretenir une relation collaborative avec la fédération;
«Considérant
que Hockey Québec n'est pas en mesure d'entretenir des liens étroits avec les
associations de hockey mineur locales;
«Considérant
la déception généralisée des Québécois et des Québécoises du départ précipité
du directeur général de la fédération de Hockey Québec malgré sa
compétence;
«Considérant
l'urgence de moderniser notre sport national;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de prendre les mesures nécessaires pour que
la gouvernance de la Fédération québécoise de hockey sur glace soit
restructurée afin de moderniser le sport national des Québécois et des
Québécoises.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de
Saint-François.
Mme Hébert : Mme la Présidente, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
804 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le ministère des Transports et de
la Mobilité durable — MTMD — songe à ne pas reconstruire le pont du
chemin Cookshire, qui enjambe la rivière Moe à Compton;
«Considérant
que ceci entraînerait un détour de cinq kilomètres — sept minutes — par un chemin de gravier en piètre état,
pour les quelque 220 voitures qui empruntent ce pont quotidiennement;
«Considérant
que ceci augmenterait le temps de réponse des véhicules d'urgence — ambulance, pompier — et affecterait le transport scolaire;
«Considérant
[...] ceci entraînerait une augmentation des primes d'assurance habitation et
automobile, des frais de carburant et d'entretien de véhicules, des
frais de livraison pour les entreprises agricoles, etc.;
«Considérant
que ceci entraînerait une augmentation de la circulation des véhicules agricoles à
travers le hameau de Moe's River;
«Considérant
que la trentaine de personnes qui habitent près de la rivière et qui se
retrouveraient dans un cul-de-sac risquent d'être isolées advenant que
la route — déjà
affaissée — soit
coupée;
«Considérant
que le chemin de Cookshire relie les villages de Compton et Johnville et que
les liens routiers sont essentiels pour le développement et la vitalité
économique des communautés rurales;
«Considérant
[...] ceci pourrait créer un précédent pour les autres ponts du Québec qui
arrivent en fin de vie utile;
«Considérant [...] le
détour représenterait une distance additionnelle de plus de
400 000 kilomètres par an et [...] ceci va à l'encontre des objectifs
de réduction des GES;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au MTMD d'entreprendre des mesures immédiates pour
remplacer le pont du chemin de Cookshire à Compton.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
La Présidente : Cet
extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en
sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
Tanguay : Mme la Présidente, nous avons devant nous un
gouvernement déconnecté, incapable de livrer les services essentiels à
la population.
Hier, imaginez-vous donc, ils ont eu des
bulletins chiffrés pour l'année passée. Ce sont des échecs en santé, en éducation, en enseignement supérieur. Santé, ils
ont atteint 32 % de leurs cibles; en éducation, 22 %; enseignement
supérieur, 11 %. C'est carrément pathétique.
Nous avons un
gouvernement déconnecté, Mme la Présidente, parce que le premier ministre, lui,
il s'imagine que tout s'améliore,
tout va dans le bon sens. Les Québécoises, les Québécois sont lucides et, dans
un récent sondage mené par la firme Léger, ont dit, trois sur quatre,
75 %... ils ont dit qu'ils n'en ont pas pour leur argent, pour les impôts
et les taxes qu'ils paient. Ça fait même
dire à Jean-Marc Léger ce qui suit : «Ça fait près de 40 ans que je
fais ce métier-là, [...]ce sont les pires résultats que j'aie vus sur
l'efficacité gouvernementale.» Fin de la citation.
Incapable de
livrer les services, entre autres en éducation. On va parler au premier
ministre de l'éducation. Dans les cinq dernières années, c'est près de
5 000 professeurs qui ont quitté, Mme la Présidente, et ça, c'est
sans compter les contractuels et les
suppléants qui ont également quitté. Sous la CAQ, c'est une hausse du
décrochage scolaire. Les derniers chiffres, c'est
11 000 élèves par année qui quittent sans un diplôme d'études
secondaires.
Le premier
ministre, qui nous avait promis mer et monde en éducation, peut-il le
reconnaître? Que vaut sa parole?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Oui. Mme la Présidente, bien, d'abord, le chef de
l'opposition officielle nous parle des bilans par rapport aux objectifs
chiffrés qui ont été donnés à chacun des ministres. On ne peut pas comparer
avec les bilans libéraux, parce
qu'ils n'en avaient pas, d'objectifs chiffrés. Donc, c'est une nouveauté qui a
été mise en place par mon gouvernement.
Maintenant,
Mme la Présidente, parlons d'éducation, parlons d'éducation. Tout le monde le
sait, ici, ça a toujours puis ce sera toujours ma priorité. Mme la Présidente,
depuis que je suis premier ministre, on a augmenté le budget de l'éducation de 50 %, 50 %. Je suis
certain que ça impressionne tous les anciens parlementaires, qui auraient
probablement rêvé d'avoir une telle augmentation, Mme la Présidente.
Maintenant,
parlons des enseignants. On a une situation, Mme la Présidente, où on a des
difficultés causées, entre autres, par
l'immigration temporaire. Quand les anciens parlementaires étaient
parlementaires, on avait à peu près 100 000 immigrants
non permanents. On en a actuellement 560 000, immigrants non
permanents. On augmente de plus de 10 000 par mois, Mme la
Présidente.
Donc, ça
prend quatre ans, former un enseignant. On a une augmentation des inscriptions,
on a mis des incitatifs. Mais
actuellement, avec tous les nouveaux enfants à qui on doit donner des services,
c'est normal qu'on n'y arrive pas.
La Présidente : Première
complémentaire.
Tanguay : Le bilan du Parti libéral du Québec au pouvoir,
c'était le décrochage qui baissait. Avec la CAQ, c'est le décrochage qui
monte. 11 000 jeunes. Ça, c'est un scandale, Mme la Présidente.
Il veut
prendre les ex-parlementaires à témoin, il veut parler des budgets? Parfait. Je
ne parlerai pas de son déficit de
11 milliards de dollars. Savez-vous, les anciens parlementaires,
qu'il a mis 396 millions de dollars pour augmenter les
inscriptions en enseignement? Bien, il y en a, après deux ans, 1 100 de
moins dans nos universités qui se sont inscrits. 396 millions qui a fait
patate.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Bien, Mme la Présidente, le chef de l'opposition
officielle a touché le mot «déficit». À un moment donné, on ne peut pas dire
une chose et son contraire. On ne peut pas dire : Nous, quand on était au
gouvernement, on a choisi de faire des coupures... Puis ce n'est pas moi
qui le dis. Carlos Leitão, l'ami du député de Marguerite-Bourgeoys. Gaétan Barrette l'a dit. Le gouvernement libéral de Martin
Coiteux, parce que c'était lui qui décidait, a fait des coupures en éducation
puis en santé pour garder le déficit à zéro. Ce n'est pas le choix qu'on a
fait.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Tanguay : La preuve dans le pudding. Le décrochage scolaire
diminuait. Avec eux, Mme la Présidente, il augmente. Alors, qu'il explique
pourquoi, de grâce, qu'il fait des déficits, dans ce compte-là, parce qu'on
vient de le démontrer, il gaspille l'argent, il n'y a pas de résultat.
Les résultats
font en sorte que, dans une école, Dollard-des-Ormeaux, première année, ça fait
15 professeurs qu'ils ont depuis
le début de l'année. On savait que c'était un adulte par classe, mais là c'est
rendu un adulte par jour par classe.
Il est-tu fier de son bilan, Mme la Présidente?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Bien, Mme la Présidente, c'est un peu surprenant
pour un parti qui n'a pas une position claire sur la réduction nécessaire de l'immigration
temporaire. Donc, on a un chef de l'opposition officielle qui vient nous
dire : Ça prendrait plus
d'enseignants, mais, en même temps, on ajoute 560 000 personnes, dont
des dizaines de milliers d'enfants... Oui,
je vois le leader de l'opposition qui dit que ce n'est pas vrai. 560 000,
Mme la Présidente. On est même obligés de reporter l'implantation de ce qui me tient à coeur, les maternelles
quatre ans, parce qu'on doit servir tous ces gens-là qui arrivent au
Québec.
La Présidente : En terminant.
M. Legault : Puis je les comprends
d'arriver au Québec, mais, à un moment donné, on ne peut pas dire...
La Présidente : Un peu de silence,
je vous prie, j'avais un peu de difficulté à entendre la réponse.
Maintenant, troisième complémentaire. Et vous
vous adressez à la présidente.
Tanguay : Mme la Présidente, il est dans sa sixième année,
il a déposé son sixième budget. Les Québécoises, Québécois en ont soupé,
d'un premier ministre qui pointe du doigt, qui accuse, qui n'est même pas
capable de livrer, Mme la Présidente, les services essentiels.
La conclusion
de ce segment, je vais le laisser à M. Éric Cornellier, enseignant au primaire
depuis 35 ans. Il les a vus
passer, lui, les gouvernements. Il dit au Devoir : «Au bout du
compte, ce sont nos enfants et nos adolescents qui n'ont pas les
services éducatifs de qualité auxquels ils ont droit.»
Alors, il dit quoi comme excuse, à matin, au
Pr Cornellier?
La Présidente : ...vous vous
adressez à la présidente. Et maintenant la réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, écoutez, vous
entendez, là, le chef de l'opposition officielle dire... Il y a sept, huit ans,
on avait 100 000 immigrants
temporaires. On en a 560 000, donc 460 000 de plus. Mais le chef du Parti libéral dit : Ça n'a aucun
impact sur le logement, ça n'a aucun impact sur l'éducation, aucun impact sur
la santé, aucun impact sur les banques alimentaires, aucun impact sur
l'aide sociale. Il est temps qu'il se réveille.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Bourassa-Sauvé. On vous écoute.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Hier, Le Journal de Québec a révélé qu'il y a eu
5 000 démissions d'enseignants
sous la CAQ, 5 000 enseignants, là. Là, on a entendu le premier ministre
nous dire que c'est en raison de l'immigration
temporaire, mais, si le premier ministre et l'équipe du gouvernement étaient
sur le terrain, ils réaliseraient qu'il
n'y a aucun prof qui nous dit ça. Les enseignants, aujourd'hui, qui quittent,
ils sont là... ceux qui sont actuellement dans nos classes, ils quittent
parce qu'il y a des cas de plus en plus lourds dans leurs classes, sans
ressources additionnelles. Ils quittent parce qu'ils subissent de la violence. Il y a ceux qui
n'ont pas de formation, qu'on laisse se débrouiller tout seuls, puis ceux qui sont encore là, ils sont fatigués,
ils sont épuisés, ils quittent, et c'est de ces profs-là qu'on parle
aujourd'hui.
la Présidente, l'éducation, c'est une des missions essentielles de l'État. Le
premier ministre nous avait dit que c'était sa priorité des priorités,
mais ce qu'on voit, c'est un gros échec dans ce domaine-là.
Qu'est-ce que le ministre
de l'Éducation va faire pour arrêter l'hémorragie?
Présidente : La réponse du ministre de l'Éducation.
Drainville : Merci, Mme la Présidente. Bien, d'abord, je suis d'accord
pour dire qu'un enseignant ou une enseignante qui démissionne, c'est un
enseignant ou une enseignante de trop qui démissionne.
Maintenant, faisons
la part des choses, Mme la Présidente. Oui, on peut regarder le nombre de
démissionnaires au cours des dernières
années, puis effectivement, sur une base annuelle, c'est passé de 713, il y a
cinq ans, à autour de 1 250 l'année passée. Donc, ça représente effectivement
une augmentation importante. Mais ne prenons pas juste les enseignants et les enseignantes qui démissionnent,
prenons l'ensemble du corps enseignant. Alors, si on prend l'ensemble du corps enseignant, il est passé de 65 000 à 69 000 enseignants
qui ont une permanence. Donc, ça, c'est une augmentation de 7 %. Alors, faisons attention, Mme la
Présidente, avec les chiffres. Il ne faut pas regarder juste ce qui fait notre
affaire, il faut regarder l'ensemble du corps enseignant.
puis évidemment on met de l'avant des mesures pour valoriser, pour attirer
davantage de jeunes dans la profession enseignante. On a des aides à la
classe qui vont se déployer.
Présidente : En terminant.
Drainville : On a, bien entendu, une hausse de la rémunération très
importante. On leur donne plus de...
Présidente : Première complémentaire.
Mme Cadet : Mme la Présidente, il y a
5 000 enseignants qui ont quitté dans les cinq dernières années, là.
Le premier ministre nous parlait
d'une augmentation, tantôt. J'en ai une, augmentation, pour lui, c'est une
augmentation de 76 % des départs des enseignants. C'est énorme.
la Présidente, le ministre, donc, nous parle, donc, de ce qu'il fait, mais
manifestement le bilan dont il se vante, il ne fonctionne pas. Le premier ministre nous avait dit :
Jugez-moi sur les résultats. Voici les résultats de la CAQ en éducation.
Est-ce qu'ils sont
fiers de leur bilan?
Présidente : La réponse du ministre.
Drainville : Bien, Mme la Présidente, savez-vous quoi, oui, on est
fiers. On est fiers d'avoir réinvesti en moyenne
1 milliard de dollars de plus par année dans chaque budget de
l'éducation depuis qu'on est là. On est pas mal plus fiers, Mme la Présidente,
de notre bilan en éducation que de celui des libéraux, qui nous ont laissé un
système d'éducation exsangue, dans un état lamentable. Ils ont fait des
compressions en éducation, Mme la Présidente. Ils n'ont pas diminué le taux de
croissance, ils ont carrément sabré, enlevé de l'argent, et les premiers qui
ont payé pour ça, ce sont les élèves à besoins particuliers. Vous devriez avoir
honte de vous lever sur une question sur l'éducation...
Présidente : En terminant.
Drainville : ...vous avez été pathétiques sur l'éducation.
La Présidente :
Vous connaissez le règlement. De
un, M. le ministre, vous vous adressez à la présidente. De deux, je suis debout et je parle, on garde le silence.
Article 32,
article 37. Pas de commentaire. Et j'aimerais maintenant entendre,
en deuxième complémentaire, la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Mme
la Présidente, je suis fière de me lever au nom des enseignants, aujourd'hui,
en éducation, Mme la Présidente. Le bilan dont j'ai parlé aujourd'hui, c'est le
bilan caquiste. Depuis leur arrivée au pouvoir, ce sont 5 000 enseignants qui
ont quitté, et ce chiffre augmente d'année en année. Manifestement, tout ce que
fait la CAQ, en éducation,
ça ne fonctionne pas. Ça craque de partout. Le premier ministre avait
dit : Vous nous jugerez sur les résultats. Voici les résultats de la CAQ en éducation. Le gros bulletin, là, en
éducation, de la CAQ, bien, c'est E pour échec. Vos...
Présidente : La réponse du ministre de l'Éducation.
M. Drainville :
Mme la Présidente, la base de la
question, c'est le roulement, hein? C'est ça, le début de la question, le roulement. Parlons du roulement chez les
libéraux, du temps qu'ils étaient au pouvoir, les deux derniers gouvernements.
Combien de ministres de l'Éducation ils ont
eus, vous pensez, Mme la Présidente? Ils ont eu Pierre Reid, Jean-Marc
Fournier, Michelle Courchesne, Line
Beauchamp, Michelle Courchesne à nouveau, Yves Bolduc, François Blais,
Sébastien Proulx. Il y avait... Ils
changeaient de ministre de l'Éducation à peu près aux années et demie, Mme la
Présidente. Demandez-vous pas pourquoi ce ministère-là n'était pas géré.
Il n'était pas géré parce qu'il n'y avait pas de ministre pour le gérer.
Alors,
dans notre cas, il y en a eu un pendant quatre ans, puis, bien, ça dépend, là,
est-ce que je vais pouvoir rester...
Présidente : Bon. Bon début de semaine. Vous êtes en forme.
Maintenant,
en question principale, je reconnais le député de Pontiac. La parole est à
vous, juste à vous. On l'écoute.
M. Fortin : Je
vois qu'il y a une belle fébrilité pour le prochain remaniement du premier
ministre, Mme la Présidente.
Le premier ministre
puis à peu près tout le monde sur les banquettes du gouvernement, là, nous
répètent que, malgré le déficit record de
11 milliards, il y a deux secteurs qui sont prioritaires, l'éducation puis
la santé, puis, dans les deux cas, Mme la Présidente, les résultats sont
loin d'être au rendez-vous. Moi, j'ai appris une chose, en politique, là, c'est toujours risqué de donner une note à son
adversaire, en politique. Bien, dans ce cas-ci, c'est la présidente du Conseil
du trésor qui donne une note au ministre de
la Santé, puis cette note-là, c'est 32 %, 32 % de cibles atteintes
dans le plan stratégique du ministre de la Santé. Les délais d'attente à
l'urgence, les délais d'attente pour une consultation avec un spécialiste, les délais d'attente pour une
chirurgie de cancer, les délais d'attente pour une chirurgie point, les délais
d'attente pour un service en santé
mentale, pour une première intervention à la DPJ, et j'en passe, le ministre de
la Santé, il rate toutes ces cibles-là. Le message aux Québécois, là,
c'est : Attendez, attendez, puis attendez.
Est-ce
qu'il peut comprendre quand les Québécois disent qu'ils n'en ont pas pour leur
argent avec le gouvernement de la CAQ?
Présidente : Et vous vous adressez à la présidence. Et voici la
réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Moi, je suis certain que les anciens
parlementaires s'amusent beaucoup, aujourd'hui. Mais je voudrais en profiter pour saluer deux groupes, le groupe d'Alma,
les jeunes qui sont là, je les salue, et aussi des gens d'une de mes écoles dans La Prairie, Jean-XXIII. Bonjour.
Ce n'est pas si pire, la période des questions, je voulais juste vous le dire.
Ils étaient très inquiets, Mme la Présidente.
Sérieusement, sur la
question du bulletin des ministères, je suis très à l'aise d'en parler, parce
que c'est moi, quand j'étais au Trésor, qui l'a mis en place. Puis on l'a mis
en place savez-vous pourquoi, Mme la Présidente? Pour être transparents, pour dire
à la population qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qu'on est en train de faire.
Puis
surtout, en santé, le député de Pontiac oublie juste une chose. Les résultats
dont on parle, c'est les résultats qui se sont terminés le 31 mars 2023.
Ça, ça fait un an de ça. Et, dans l'année 2022‑2023, on était encore en
pleine pandémie. Alors, je veux juste... Je sais qu'il n'aime pas
cette...
M. Dubé :
Non, mais, Mme la Présidente, quand on pose la question, il faut écouter la
réponse. Puis la réponse, c'est qu'on se sortait péniblement d'une
pandémie, dans l'année 2022‑2023. Et moi, ce que je suis content de voir,
c'est les améliorations qu'on est en train de faire.
Présidente : En terminant.
M. Dubé : Je
l'ai toujours dit au député de Pontiac : Ne regardez pas la photo,
regardez si la...
Présidente : Première complémentaire.
Fortin : Bien, je félicite le ministre de la Santé, il a
effectivement mis en place un outil pour qu'on mesure sa mauvaise
performance.
Maintenant, Mme la Présidente, s'il veut qu'on
regarde la tendance, on n'a pas de problème à faire ça. Dans le rapport de la présidente du Conseil du trésor,
on nous dit que, quand le ministre est arrivé, il y avait 70 % des
consultations avec les spécialistes qui se faisaient dans les délais
médicaux. L'an dernier, c'était 43 %, puis cette année il est rendu à 41 %. On vient de le voir, là, le ministre,
c'est un chic type, mais ses résultats, eux, sont loin d'être chics. Il n'en
donne pas pour leur argent aux Québécois.
La Présidente : La réponse du
ministre.
Dubé : ...tellement pressé de répondre, Mme la
Présidente. En fait, moi, je reviens sur un
article qu'il y a eu dans La
Presse, il y a quelques semaines, puis elle a dit : Il y a une période
prépandémique, il y a eu la pandémie, puis il
y a la période postpandémique. Qu'est-ce que ça disait, en résumé, l'article de
La Presse , un
article de fond? C'est qu'on est en train, pour la première fois cette année,
d'améliorer les résultats postpandémiques. Et c'est ça, moi, qui est important.
Il n'y a personne ici, en Chambre, qui ne
réalise pas les difficultés qu'on a eues pendant la pandémie. Est-ce qu'on a eu
une détérioration de notre réseau pendant la
pandémie? La réponse, c'est oui, mais on avait déjà eu une détérioration assez sensible grâce aux gens d'en avant. Alors, moi, je
vous dirais, Mme la Présidente, je regarde où on est rendus, je regarde ce
qui...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Fortin : Mme la Présidente, la performance dans le réseau
de la santé, là, aujourd'hui, elle n'est pas acceptable. Aujourd'hui, on est
incapables de soigner les Québécois dans les délais médicalement acceptables.
Et tout ce que fait le ministre,
c'est niveler vers le bas. Il manque sa cible, il se donne une cible encore
plus basse, puis il la rate encore, Mme la Présidente. 32 % de
performance, ce n'est pas acceptable.
Si le
ministre était encore au privé, là, s'il travaillait encore au privé, je
pourrais lui dire d'avance ce serait quoi, son bonus, cette année. Ce
serait zéro puis une barre.
La Présidente : La réponse du
ministre.
Dubé : C'est le genre de commentaire dont on n'a pas
besoin, mais je vais passer par-dessus, Mme la Présidente, parce que, je
vais vous dire, je pense qu'avec tous les efforts qui sont faits dans le réseau
par les professionnels de la santé, par les
employés de soutien... Quand j'entends ces commentaires-là, savez-vous c'est
quoi? C'est que le député Pontiac, il s'adresse au personnel, il s'adresse aux
professionnels qui font un effort. Écoutez, que, le ministre, là... qu'il ne
soit pas content du ministre, pour
moi, ça ne me dérange pas, mais je veux juste qu'il pense que les
330 000 employés du réseau de santé font leur possible tous les
jours, dans un contexte qui est très difficile. Et moi, j'en profite pour les
remercier pour tout le travail qu'ils font, parce qu'on va réussir
ensemble. Merci beaucoup.
Présidente : Pas de bravo, vous le savez. En question
principale, nous reconnaissons maintenant le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la
Présidente. Le Québec, c'est un État de droit. La charte québécoise des droits et libertés de la personne, ce n'est pas du
papier peint, c'est un des piliers de notre démocratie, au Québec. Et, dans
notre charte, il y a une liberté
fondamentale, c'est la liberté d'expression. Il y a une liberté fondamentale,
c'est la liberté de réunion pacifique.
Le premier ministre est censé être le gardien de
ces libertés fondamentales là pour tous les Québécois et toutes les Québécoises. Il a le droit de ne pas être d'accord
avec les étudiants et les profs qui manifestent pacifiquement sur le campus de McGill. Il a le droit de ne pas être
d'accord avec leurs revendications. Il a le droit de ne pas être d'accord avec la Cour supérieure, qui a rejeté la demande
d'injonction contre le campement. Il a le droit, même, de ne pas être d'accord
avec le SPVM, qui préconise, je cite, «un dénouement pacifique». C'est leurs
mots, ça. Mais, quand le premier ministre joue au shérif comme il l'a fait la semaine
dernière, quand le premier ministre donne carrément des directives à la police,
ce qu'il fait, c'est envenimer la situation,
ça met de l'huile sur le feu. Quand le premier ministre fait ça, il dépasse les
bornes.
premier ministre devrait respecter notre charte, respecter l'indépendance de la
police et laisser une chance au dialogue...
Présidente : Je reconnais le leader du gouvernement. Brièvement.
Question de règlement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, il y a des limites. On prête des
intentions, on invoque le fait que le premier
ministre ne respecterait pas la Charte des droits et libertés de la personne.
Ça n'a pas de sens, l'intervention du collègue. Alors, je vous demande
de le rappeler à l'ordre, Mme la Présidente.
La Présidente :
Moi, je vous demande, toutes et
tous, de faire attention. On ne peut pas dire que quelqu'un ne respecte
pas nos lois, ici, la bonne foi se présume. Poursuivez. Vous avez
10 secondes.
M. Nadeau-Dubois : Le premier ministre
devrait respecter l'indépendance de la police et surtout laisser une chance
au dialogue.
Est-ce que le premier
ministre reconnaît qu'il a dépassé les bornes?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente, concernant le
campement à McGill, j'ai dit ce que j'avais à dire. Maintenant, c'est à McGill, c'est à la direction de McGill et
au SPVM de choisir les moyens, les moments appropriés pour s'assurer que
la loi soit respectée. Je n'ai rien d'autre à ajouter.
Présidente : Première complémentaire.
Nadeau-Dubois : Le premier ministre vient de rétropédaler sur ses
déclarations d'en fin de semaine, parce qu'en fin de semaine et vendredi ce
n'est pas ça qu'il a dit. En fin de semaine et vendredi, il a dit :
Envoyez la police démanteler le campement.
C'était un manque de respect pour la séparation des pouvoirs. Même le SPVM
préconise une résolution pacifique.
Est-ce que le premier
ministre reconnaît qu'il a erré dans les derniers jours?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, j'ai dit ce que j'avais à
dire et je maintiens ce que j'ai dit. Maintenant, c'est à la direction
de McGill et au SPVM de prendre leurs responsabilités.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Nadeau-Dubois : Donc, le premier ministre a changé son fusil d'épaule,
et c'est tant mieux. Il semble s'inspirer de sa ministre des Transports et pas
tant de la Mobilité durable, il commence à s'occuper de sa fougère à lui. Puis
sa fougère à lui, c'est la protection des libertés fondamentales des Québécois
et fermer son bureau du Québec à Tel-Aviv.
Et, en effet, c'est le travail du SPVM et de McGill de trouver une solution
négociée et pacifique à la situation actuelle. Au moins, le premier
ministre a reconnu son erreur.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme
la Présidente, je vais être très clair, je ne reconnais pas d'erreur, je persiste
et je signe.
Maintenant,
le chef de Québec solidaire vient nous dire que le Québec devrait fermer son
bureau en Israël. On n'est pas d'accord avec ça.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente. Marie-Claude Raymond,
51 ans. Josianne Faucher, 27 ans. Louise Houle, 70 ans. Hayette Bouguellid, 51 ans.
Lorraine Marsolais, 80 ans. Narjess Ben Yedder, 32 ans. Chloé Lauzon-Rivard,
29 ans. On est le 7 mai. En
quatre mois, il y a eu autant de féminicides présumés que durant toute
l'année 2023. Et, derrière ces statistiques-là, il y a des milliers de
femmes qui vivent de la violence, qui ont peur pour leur sécurité et celle de
leurs enfants chez elles, des femmes qui veulent partir, très souvent,
mais qui n'ont nulle part où aller parce que, les logements, soit il n'y en a pas, soit ils coûtent tellement cher
qu'elles ne sont pas capables de les payer. Les maisons d'hébergement débordent
tellement qu'elles sont rendues à mettre des matelas par terre.
collègue la députée de Mercier a demandé une voie rapide dans le PHAQ pour
qu'on puisse livrer plus vite des places
en maison d'hébergement. Est-ce que la ministre de l'Habitation va répondre
présente pour les victimes de violence conjugale au Québec?
Présidente : La parole à la ministre responsable de la Condition
féminine.
Mme Biron : Mme la Présidente, il se joue de grands drames
dans certaines maisons au Québec, et nous en sommes conscients. Nous
faisons de grands efforts pour que les choses changent et évoluent, mais il y a
certains drames dont on n'a pas
connaissance. Notre gouvernement a fait plus que tous les gouvernements pour
contrer la violence conjugale et la violence faite aux femmes. Depuis
que nous sommes au pouvoir, nous avons investi plus de 1 milliard de
dollars : les tribunaux spécialisés, les bracelets antirapprochements, les
maisons d'hébergement.
matin, j'étais dans la circonscription de mon collègue de l'Agriculture, dans
la circonscription de Drummond, et
j'ai annoncé le financement, la pérennisation de cellules de crise, d'urgence.
Nous avons mis ensemble des organismes mandataires et nous allons... qui
permettent aux femmes de pouvoir s'exprimer et de... Nous pouvons dégager, en
fait, le niveau de risque que les femmes
courent et ainsi les protéger. La semaine dernière, j'étais à Québec, et nous
avons annoncé un budget de plus de 40 millions de dollars pour
aider les organisations communautaires...
La Présidente :
En terminant.
Biron : ...qui viennent en
aide aux maisons d'hébergement. Alors, le travail que nous faisons, il est colossal.
Présidente : Première complémentaire, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Les cellules d'intervention rapide, c'est une très
bonne nouvelle, mais moi, je ne peux pas me contenter qu'on déploie un filet de sécurité autour des
femmes qui vivent de la violence. À cause de la crise du logement, il y a des
femmes qui restent dans des relations toxiques, voire dangereuses pour leur
vie, parce qu'elles ne réussissent pas à se loger ailleurs. Au moins 10 femmes par semaine se
font étrangler juste à Montréal. Elles ont 7,5 fois plus de chances de se
faire tuer par leurs partenaires.
Est-ce qu'on peut
mettre en place une voie rapide pour de l'hébergement en violence conjugale?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Biron : Nous avons plusieurs projets de maisons
d'hébergement, et c'est du jamais-vu. Au cours du prochain mandat, jusqu'en 2026‑2027, il y aura
30 nouvelles maisons de deuxième étape. Jamais ça ne s'était vu au Québec.
Actuellement, neuf projets ont ouvert leurs portes. La dernière maison, je l'ai
ouverte dans la circonscription de ma collègue
de Pointe-aux-Trembles au début... à la fin du mois de février. 20 projets ont
reçu un financement pour le bâtiment, huit
sont en cours et devraient ouvrir leurs portes d'ici la fin de 2024. Trois
projets de maisons de première étape sont également en développement, et
nous devrions être capables d'annoncer une quatrième maison...
Présidente : En terminant.
Mme Biron : ...d'ici
la fin du prochain mandat, ce qui devrait résorber le problème de logement.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Labrie : En quatre mois, on dépasse le bilan de l'année
dernière au complet pour les féminicides. Tous les jours, des femmes, au Québec, se font étrangler
par leurs partenaires, et on n'a pas assez de places pour leur permettre de
reconstruire leur vie en sécurité, et la réponse du gouvernement, c'est de nous
dire ce qu'ils ont déjà fait, ce qu'ils sont déjà en train de faire. Ce
n'est pas assez.
a besoin d'une voie rapide pour plus d'hébergement en violence conjugale.
Est-ce que le gouvernement va le faire?
Présidente : Mme la ministre.
Mme Biron : Mme la Présidente, la députée me force la main, je
suis obligée de reculer dans le temps. En 2014, quand le Parti libéral a
pris le pouvoir, il y avait 72 millions de dollars investis en
maisons d'hébergement. Quand il a quitté le
pouvoir, en 2018, il y en avait 77, à peine cinq petits millions. Quand nous
sommes arrivés au pouvoir, nous avons investi
44 millions de dollars, et, dans le deuxième mandat, nous ajoutons un
autre 44 millions de dollars, si bien qu'au final, en 2026‑2027,
ce sera 165 millions de dollars qui seront investis dans les maisons
d'hébergement. C'est une augmentation de 104 %.
La Présidente :
En terminant.
Mme Biron : C'est
du jamais-vu.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente. La semaine passée, on a
appris que des élèves de première année du primaire ont vu défiler une quinzaine de profs devant leur classe. Quand
on sait à quel point la stabilité est importante, je m'inquiète
énormément pour la qualité de l'enseignement que ces élèves vont recevoir.
ministre nous a dit que c'était inacceptable puis que c'est causé par la
pénurie des profs. Qui, pensez-vous, souffre le plus de cette situation?
Ce sont évidemment les élèves.
On apprenait hier que
4 880 profs réguliers et permanents ont démissionné depuis cinq ans.
Ça, c'est une augmentation de 76 %. C'est énorme. Et là on ne compte même
pas les profs suppléants et contractuels qui, aussi, démissionnent. C'est bien beau, ce que le ministre fait pour ajouter
plus de profs rapidement, mais ce qui est important, c'est de retenir
les profs qualifiés qui démissionnent massivement.
Qu'est-ce que va
faire le ministre pour retenir les profs réguliers qui sont dans notre réseau?
Présidente : La réponse du ministre de l'Éducation.
M. Drainville :
Alors, Mme la Présidente, je
reviens sur les chiffres, parce que, je pense, c'est important d'être factuel.
Quand on parle de démission, ici, il faut
faire attention, là, ça ne veut pas dire que les enseignants qui ont
démissionné d'un centre de services scolaire... ça ne veut pas dire
qu'ils ont quitté le réseau scolaire. Par exemple, un enseignant ou une
enseignante qui démissionne d'un centre de services scolaire et qui décide
d'aller enseigner dans un autre centre de services
scolaire est considérée comme une enseignante démissionnaire. Et puis on sait
qu'il y a eu... au terme de la pandémie, il y a eu des familles, effectivement, qui ont quitté l'île pour s'en
aller dans les couronnes, on peut penser que ça a pu toucher un certain
nombre d'enseignants et d'enseignantes. Donc, soyons prudents avec ces
chiffres-là.
Maintenant,
je le réitère, je le répète, je pense que c'est important de le dire, il y a
cinq ans c'était 713 démissionnaires, là on parle de 1 258 démissionnaires
sur tout près de 70 000 enseignants et enseignantes. Et le nombre
total des enseignants et
enseignantes, il est passé de 65 000 à 69 000, une augmentation de
7 %. Alors, ça, il faut garder ça à l'esprit. On aurait tout aussi
bien pu faire une nouvelle en disant : Augmentation du nombre
d'enseignants au Québec, plus 9 %.
Présidente : En terminant.
Drainville : Je vais revenir sur les mesures, maintenant, qu'on va
prendre pour les garder et les attirer.
Présidente : Première complémentaire.
Ghazal : Il y a quand même une tendance à la hausse. Le
ministre peut bien nous dire : Ah! ça ne veut rien dire, on n'a pas les causes exactes, aussi, de ces
démissions-là parce que le ministère ne l'a pas. En fait, ce qu'on vit en ce
moment, Mme la Présidente, ce n'est pas une crise de
l'éducation, c'est une crise dans les classes du régulier au public. C'est là que les profs quittent puis que les
élèves décrochent. L'éléphant dans la pièce, là, c'est qu'on a un système
d'éducation injuste.
Est-ce que le
ministre le voit, là, cet éléphant dans la pièce, l'injustice de notre système
d'éducation?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Drainville :
Mme la Présidente, depuis bientôt
six ans, on mène une opération de redressement. On est en train de redresser la
situation, à l'éducation. On investit comme jamais, l'éducation a reçu des
budgets comme ceux-là. On est à 20 milliards,
maintenant, en éducation, ça ne s'est jamais vu dans l'histoire du Québec. Et
c'est pour ça, Mme la Présidente, que,
dans la dernière convention collective, on envoie des signaux extrêmement
puissants de valorisation. À la fin de la convention, une nouvelle enseignante va gagner 65 000 $ dès sa
première année; après 13 ans, 109 000 $. On ajoute des
aides à la classe, on crée des programmes courts...
Présidente : En terminant.
Drainville : ...pour permettre à des enseignants qui ont un bac
d'aller chercher leur brevet. Ils sont...
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la Présidente, je ne dis pas que le ministre
ne fait rien, là. Je le vois, il travaille fort, il fait tout en son pouvoir pour le système de
l'éducation, il sue sa vie. Mais, moi, ce que je veux, c'est qu'il fasse des
choses pour être efficace, pour être efficace. Tant et aussi longtemps qu'il ne
reconnaîtra pas le coeur du problème, il va travailler très fort, puis
ça ne donnera pas de résultat.
coeur du problème, c'est que notre système d'éducation n'offre pas la même
qualité à tous les élèves du Québec. L'école à trois vitesses, il dit
que ça n'existe pas. Ouvrez-vous les yeux, M. le ministre.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Drainville :
Mme la Présidente, depuis que
nous sommes aux affaires, la priorité, c'est l'école publique. C'est
pour ça qu'on a investi 1 milliard de plus par année. L'essentiel de cet
argent-là est allé à l'école publique. On a créé plus de 800 classes spéciales pour les élèves à besoins
particuliers. On a augmenté le nombre de professionnels en éducation de 12 %. On a augmenté le nombre de personnel
de soutien de 21,7 %. On va ajouter des aides à la classe dans une classe
du primaire publique sur deux à partir de
septembre. On crée des voies rapides. On investit dans les projets particuliers.
On investit dans la valorisation du français. On investit dans les
nouvelles écoles...
Présidente : En terminant.
M. Drainville :
...comme jamais ça ne s'est fait.
On investit dans la formation professionnelle. Puis savez-vous quoi, Mme
la Présidente? Ça va continuer.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant la députée de Sherbrooke. La parole est à vous.
Mme Labrie : Hier,
le ministre des Services sociaux et moi, on est allés visiter quelques unités à
Val-du-Lac. Ça faisait longtemps que je
voulais y aller, mais il a fallu que je convainque le ministre pour réussir à y
mettre les pieds parce que,
localement, on me le refusait. Clairement, on était attendus, le ministre s'est
rendu compte, lui aussi. Ça sentait les biscuits chauds, la peinture
fraîche.
Moi,
ce que je voudrais voir dans nos centres jeunesse, ce n'est pas les meilleurs
trucs de «home staging», c'est les meilleures pratiques de réadaptation. Mais
les intervenants nous l'ont dit, et le ministre l'a entendu comme moi, ils ne réussissent
pas à faire de réadaptation quand il n'y a pas d'équipe stable, et il y a
seulement quatre équipes stables sur 21 unités.
Les unités n'ont même pas toutes une cuisine fonctionnelle, alors que ça
devrait être des milieux de vie pour les enfants qui sont là.
Le ministre est sorti
en disant que ce n'est pas l'idéal, ce qu'il a vu. C'est un euphémisme.
J'aimerais
savoir ce qu'il retient de sa visite, des échanges avec les employés. Surtout,
c'est quoi le suivi qu'il va faire pour que
ces jeunes-là aient droit à un milieu de vie et un accompagnement qui répondent
vraiment à leurs besoins?
Présidente : La réponse du ministre responsable des Services sociaux.
M. Carmant : Bien, je remercie la députée de Sherbrooke, Mme la
Présidente, de ramener la visite qu'on a faite hier avec la députée de Saint-François et le député de Richmond, qui, je pense,
a permis de voir l'importance du discours que l'on tient depuis plusieurs
années, qui est l'importance de plus de prévention, plus de travail en amont
pour éviter, justement, que la DPJ entre dans la vie des jeunes et pour
prévenir également que ces jeunes-là soient placés dans des centres jeunesse.
qu'on a entendu, c'est que plusieurs nous ont dit que, lorsque... avant de
rentrer en centre jeunesse, il y avait un
processus, comme ce qu'on est en train de déployer, qui s'appelle Ma famille,
ma communauté, où on demande à l'entourage du jeune qui peut venir et donner un coup de main, avant de le placer.
Si on arrive à déployer ça partout comme on l'a fait à Val-des-Sources et qu'on veut le faire ailleurs
en Estrie, on va diminuer la surpopulation en centre jeunesse. Si on met
en place des programmes adaptés pour les
jeunes qui ont une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de
l'autisme, on va diminuer également les ressources en centre jeunesse.
Et c'est comme ça, Mme la Présidente, et tout le monde était d'accord, qu'on va
améliorer le temps de réadaptation...
La Présidente :
En terminant.
M. Carmant :
...pour ces jeunes-là.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Labrie : J'ai
entendu le ministre s'exprimer sur ce qu'il veut faire en dehors des centres
jeunesse : la prévention, des lieux
pour les enfants, des ITSA. Intéressant. Mais je n'ai pas entendu sa réponse
sur ce qu'il veut faire à l'intérieur de nos centres de réadaptation. Il y a
des enjeux de main-d'oeuvre, je ne l'ai pas entendu là-dessus, la question
de l'autonomie professionnelle. Il y a des
enjeux très, très concrets qu'on peut régler en l'espace de quelques mois avec
de l'argent, notamment les enjeux de
sécurité, de magnétisation des accès, dont on nous a parlé, les enjeux d'accès
à du matériel pour des loisirs, pour lesquels il n'y a aucun dollar,
actuellement, de disponible.
Qu'est-ce que le
ministre va faire pour ça?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Carmant : Bien,
une chose, à propos des enjeux de ressources humaines, je pense qu'il faut
effectivement stabiliser les équipes, puis une des choses qu'on a faites, une
des grandes choses que la présidente du Conseil du trésor a réussi à faire, c'est que, dans la dernière
négociation, on a donné la même prime à tous les employés des centres jeunesse,
que ce soit l'évaluation-orientation,
l'application des mesures et les éducateurs. Ça, c'est quelque chose qu'ils
m'avaient demandé, dans la tournée,
parce qu'avant on mettait beaucoup d'emphase sur l'évaluation-orientation dans
le contexte des listes d'attente. Ils
m'ont dit : Pensez à tout le monde, incluant nous, les éducateurs. Donc,
on pense, ça va venir stabiliser les équipes.
Pour les autres
enjeux, je pense qu'une bonne discussion avec le CIUSSS pour les changements au
niveau des Clé, etc., ça va régler le problème.
Présidente : En terminant.
M. Carmant :
Et je compte retourner au mois de juin pour m'assurer que les choses évoluent
favorablement.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Labrie : Cette fois-ci, ça a pris une demande au
ministre... une demande de la part du ministre pour pouvoir visiter les lieux.
Je le remercie d'avoir accepté, on a pu voir une
partie des enjeux. Mais ce
n'est pas normal que la décision d'accepter ou pas une visite à un
député dépende des décisions politiques des gestionnaires. Tous les élus ici
ont la responsabilité de s'assurer de la
qualité des services dans nos établissements publics, et on devrait baliser le
processus pour que le traitement des demandes de visite ne soit pas
arbitraire comme c'est le cas en ce moment.
Est-ce que le projet
de loi va être appelé pour régler cet enjeu?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Carmant : Bien, Mme la
Présidente, on a... j'ai déjà dit que les visites dans les comtés sont... font
partie du rôle du député. Maintenant, s'il y avait une situation spéciale, à
cause d'une émeute qui s'est produite à ce centre jeunesse là, c'est pour ça que c'était important pour moi d'y aller,
avec la députée de Saint-François, le député de Richmond et la députée de Sherbrooke, Mme la Présidente.
Donc, nous, ce qu'on veut, c'est évidemment s'assurer que, dans chaque région, les services soient donnés de la façon la
plus appropriée possible. Et je compte sur tous les 125 députés qui sont
ici pour s'assurer que les choses se passent bien. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : En question principale,
je reconnais maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Merci, Mme la Présidente. L'été dernier, le
premier ministre a eu l'audace de dire que personne ne s'était retrouvé à la
rue le 1er juillet, sous sa gouverne, depuis 2018. Mais les faits sont
têtus, et, chaque année, de plus en
plus de ménages se retrouvent par centaines, littéralement, sans avoir de bail
au 1er juillet et dans les mois qui suivent. C'est ça, le bilan de la CAQ du 1er juillet.
Et, cette année, ça s'annonce encore plus catastrophique pour les locataires.
Déjà, là, on sent que les comités de
logement sont débordés. Le Tribunal
administratif du logement est
débordé. Les ressources en santé mentale sont débordées.
On l'a dit à maintes reprises, en habitation on
se dirige vers une crise sociale sans précédent. Le gouvernement a refusé d'agir pendant six ans. Il n'y a pas de
plan habitation, pas de registre des loyers, pas de protection pour les aînés
vulnérables. Il a mis fin à la cession de bail.
En prévision
du 1er juillet, la ministre a récemment rehaussé le programme d'aide pour
les locataires, pour leur trouver un logement d'urgence. Le problème,
c'est qu'au Québec tous les jours c'est le 1er juillet.
Qu'est-ce que la ministre...
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable de l'Habitation.
Duranceau : Merci, Mme la Présidente. Alors, je remercie le
collègue de la troisième opposition pour sa question parce que ça va me
permettre de parler, justement, du service d'aide à la recherche de logement.
Évidemment, on est en action déjà
depuis janvier, alors que les gens reçoivent des avis pour le renouvellement de leur bail. Les services d'aide à la recherche de logement, ça ne ferme pas
après le 1er juillet, c'est en
vigueur toute l'année, puis ils sont là pour aider les gens. Puis moi, je
pense, je veux vraiment être rassurante puis dire à la population : Si
vous pensez que vous allez avoir
besoin d'aide, même si vous n'êtes pas certains, faites appel au service d'aide
à la recherche de logement. Je vais en profiter pour donner le numéro de téléphone, qui est le 1-800-463-4315. Et ces
gens-là, là, sont vraiment des gens des offices d'habitation, des gens
dans les municipalités et d'autres gens au niveau des... oui, c'est ça, des
offices d'habitation et des municipalités, ils
sont là pour aider. Ils ont fait des miracles l'année dernière, ils vont
continuer d'en faire cette année. On
est là pour aider les gens pour des solutions qui sont temporaires mais aussi
permanentes. Donc, il faut communiquer avec nos services d'aide à la
recherche de logement.
La Présidente : Première
complémentaire.
Arseneau : Mme la Présidente, l'aide d'urgence, c'est un
cataplasme sur une jambe de bois. Mais, à cause de l'inaction du gouvernement,
la crise du logement est en passe de devenir une crise de santé publique, une
crise de santé mentale. À cause des
rénovictions, des menaces d'expulsion, des hausses vertigineuses de loyers, des
habitations insalubres, les locataires, ils ne vont plus au tribunal du
logement, ils vont à l'hôpital.
Est-ce que la
ministre aura des vraies mesures à présenter d'ici le 1er juillet pour
combattre la crise, oui ou non?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Duranceau : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je réitère qu'il y a, bien sûr... il y a les services d'aide
à la recherche de logement, des gens
motivés, dédiés, qui sont là pour aider les gens. On peut en parler en Chambre,
on peut en parler dans les journaux,
mais il faut diriger ces gens-là vers le service d'aide, qui va pouvoir agir
puis les aider. Ça, c'est au niveau de la recherche de logement.
Par ailleurs,
il y a le programme d'aide au logement. Donc, ce n'est pas un programme, c'est
en continu, toute l'année, de
100 $ à 170 $ par mois pour aider des gens très vulnérables qui ont
besoin d'aide pour payer leur logement. À l'approche du
1er juillet, ça aussi, ça peut être une mesure d'aide. Il y a les
programmes de supplément au loyer qui sont là. Peut-être que, justement,
en faisant appel au service d'aide à la recherche de logement, on va découvrir
qu'on est admissible...
La Présidente :
En terminant.
Mme Duranceau :
...au Programme de supplément de
loyer. Il y a de l'aide concrète sur le terrain, Mme la Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Arseneau :
Mme la Présidente, on apprenait
dernièrement que le cabinet de la ministre a pris l'habitude de fantômiser les
journalistes pour ne pas répondre à la question, à savoir si elle veut faire
reconnaître le droit au logement.
Est-ce que la
ministre peut nous dire, aujourd'hui, si elle reconnaît le droit au logement? Et
est-ce qu'elle va continuer de fantômiser
les locataires qui se retrouvent de plus en plus nombreux sans logement, à
vivre dans leur voiture ou dans la rue?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Duranceau :
Ça me fait plaisir de répéter
qu'il faut diriger les gens vers les services d'aide à la recherche de
logement. C'est ça, la solution. Il y a des gens qui sont là, qui vont répondre
au téléphone. Depuis janvier, ils répondent au téléphone. Mais là, vraiment, entre le 15 juin et le
14 juillet, sept jours sur sept, sauf le 24 juin, il y a des gens qui
sont là très concrètement pour aider dans la recherche. Il y aura des
mesures temporaires, peut-être que ce sera quelques jours à l'hôtel, mais, après ça, on est là pour trouver
des logements. Et il y a des... il y a des options disponibles, et je pense
qu'il faut focusser sur ces choses-là au lieu de raconter n'importe
quoi.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci,
Mme la Présidente. Après avoir exigé une reddition de comptes du ministre des
Services sociaux quant à l'utilisation du fonds de recherche pour le cannabis,
nous avons pu apprendre des données plutôt stupéfiantes.
On apprend que près de 60 % des fonds du fonds du cannabis financent des
organisations éloignées de l'objectif initial de la loi.
plus, aujourd'hui, on a lu dans les médias que le réseau de centres de
réadaptation en toxicomanie Portage a vu disparaître 24 % de la capacité d'accueil du réseau québécois en
raison du refus du ministère de la Santé de bonifier leur financement,
qui n'a pas augmenté depuis 2008. Pourtant, c'est à ces fins que l'argent du
fonds est destiné.
la Présidente, comment le ministre peut-il justifier l'écart de près de
60 % entre l'utilisation des fonds pour des initiatives non liées à la recherche sur le cannabis ou au
traitement des dépendances et les intentions définies par sa Loi
encadrant le cannabis, qui sont la prévention et le financement des soins
curatifs en toxicomanie?
Présidente : La réponse du ministre responsable des Services sociaux.
M. Carmant : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Bien,
écoutez, le fonds de recherche sur le cannabis est déployé avec la Santé
publique dans un but, Mme la Présidente : prévenir les méfaits en lien
avec le cannabis, mais également avec toutes les formes de dépendance.
Et plusieurs des initiatives peuvent dépasser la recherche qui est financée via
le FRQS, mais également d'autres
initiatives, telles l'itinérance, la toxicomanie, où il y a des liens directs
avec l'utilisation de cannabis
ou d'autres substances qui peuvent lier à des dépendances, Mme la Présidente.
Maintenant,
j'aimerais revenir sur le Portage. Portage a demandé un financement alors qu'il
reçoit déjà 16 millions de dollars.
C'est une... C'est probablement l'organisme qui est le mieux financé. Ça aurait
été inéquitable de donner un ajout en mission globale à cet organisme.
Je me suis retroussé les manches, j'ai travaillé avec eux. On est en contact
avec Centre-Sud. Ce qu'on veut faire, c'est
un partenariat, justement, avec des situations de toxicomanie et itinérance qui
peuvent bénéficier de leurs services
et avoir une entente spécifique entre le CIUSSS Centre-Sud et l'organisme
Portage, Mme la Présidente, parce que, nous, ce qu'on cherche...
Présidente : En terminant.
M. Carmant : ...c'est
des solutions gagnant-gagnant pour nos organismes et pour les individus. Merci,
Mme la Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
Marquette.
M. Ciccone : Merci,
Mme la Présidente. On apprenait hier dans un
article de La Presse que la
protectrice régionale de l'élève conclut que la plupart des collations
offertes par les écoles de la région de Montréal sont inadéquates et
potentiellement nocives et qu'elles sont composées huit fois sur 10 d'aliments
ultratransformés au lieu de fruits et de légumes.
Encore
récemment, on apprenait que l'obésité gagnait du terrain chez les adultes et
chez les enfants. Pas surprenant, Mme
la Présidente, lorsqu'on voit le choix des collations offertes par le
gouvernement et le ministère de l'Éducation. C'est scandaleux. Ce ministère a le devoir de
sensibiliser les élèves à l'importance d'une saine alimentation. Il est
démontré que ces aliments sont la cause principale de maladies comme le
diabète, le cholestérol, et j'en passe.
la Présidente, est-ce que le ministre de l'Éducation et sa collègue aux Sports,
elle-même nutritionniste de formation,
peuvent nous confirmer qu'il s'agit d'une situation unique à la région de
Montréal? Et que vont-ils faire pour immédiatement corriger cet enjeu?
Présidente : La réponse du ministre de l'Éducation.
M. Drainville :
Alors, Mme la Présidente, oui,
c'est un enjeu, évidemment, important. En fait, c'est le dossier de
l'aide alimentaire.
rappelle, Mme la Présidente, qu'il y a six ans de ça, l'aide alimentaire,
c'était autour de 10 millions par année. Maintenant, c'est 60 millions par année. Donc, on a beaucoup
augmenté l'aide alimentaire. Et ça, c'est dans l'ensemble des centres de services scolaires du Québec mais aussi
pour des organismes comme le Club des petits déjeuners et puis, bien
entendu, la cantine.
Maintenant, la question que pose le député, elle
est très pertinente. Nous avons eu, effectivement, des échanges avec le centre de services scolaire de Montréal, qui
est en lien avec la protectrice régionale de l'élève, et les informations que
nous avons, Mme la Présidente, c'est que le
centre de services scolaire de Montréal va s'ajuster, va apporter des
modifications à son menu par rapport, donc, à la qualité des aliments
qui sont servis.
Maintenant,
il y a un cadre, également, qui existe, concernant les aliments qui sont servis
dans les écoles. Ce cadre-là est présentement en révision, et nous
allons nous assurer, bien entendu, lorsqu'il sera rendu public, lorsque la
nouvelle version sera rendue publique,
qu'elle s'ajuste aux nouvelles conditions de qualité d'aliments qui sont
soulevées par le député.
Présidente : Voilà. Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Comme il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour
ce faire, je vais céder la place au
troisième vice-président de l'Assemblée nationale. Merci beaucoup pour votre
attention. Bonne fin de journée, tout le monde.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans
préavis, je reconnais un membre du groupe
formant l'opposition officielle, et je reconnais Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le ministre responsable de la
Lutte contre le racisme, le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, le député de Jean-Talon, la députée de Vaudreuil et le député
d'Arthabaska :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le Yom Hashoah, soit la Journée internationale
de commémoration des victimes de l'Holocauste qui se déroulait du 5 au
6 mai 2024.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président, il y
a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : la députée de
D'Arcy-McGee, le ministre responsable de la Lutte contre le racisme, le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne
et le député de Jean-Talon.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
je comprends qu'il y a un consentement pour qu'il y ait un débat de deux
minutes avec quatre intervenants. Et je reconnais tout de suite Mme la députée
de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le Président. Je me sens privilégiée,
aujourd'hui, en tant que fière membre de la communauté juive du Québec, de me
lever dans cette Chambre pour souligner la 69e commémoration de Yom Hashoah,
qui a eu lieu les 5 et 6 mai, pour
honorer la mémoire des millions de personnes qui ont été persécutées et
exécutées en raison de leur identité.
Pendant
les commémorations de Yom Hashoah, nous faisons le deuil de l'extermination de
6 millions de Juifs qui ont été systématiquement pris pour cibles
simplement parce qu'ils étaient juifs. Nous pleurons également les Roms, les personnes vivant avec un handicap, les membres de
la communauté LGBTQ+, les minorités raciales et les dissidents politiques
qui ont été tués par les nazis, ainsi que
ceux qui ont risqué ou perdu leur vie pour protéger celle des autres. Nous
honorons la mémoire des victimes, le
courage des survivants et l'héroïsme de ceux qui ont tenu tête aux nazis durant
ce
chapitre des plus sombres de l'humanité.
Jeune
correspondant de guerre, René Lévesque comptait parmi les premiers témoins à
entrer dans le camp de Dachau, en
Allemagne, lors de la libération de ce camp. Je le cite : «Ce que l'on
découvrait dans ce camp, c'était en même temps l'antisémitisme, mais surtout jusqu'où on peut chuter dans la barbarie
en une chute organisée, c'est-à-dire pas un accident de parcours, mais
quelque chose de systématique, une organisation de la mort.»
years later, with only a handful of survivors left, it is our duty and
responsibility to teach current and future generations
about the horrors they experienced during the Holocaust. We must ensure that this
dark
chapter in history is never repeated by teaching our children tolerance,
respect, and inclusion, and by never forgetting the innocent victims of
the Holocaust.
Le Québec a été pour un grand nombre de survivants de l'Holocauste une
terre d'accueil. Ils ont planté leurs racines nouvelles, enrichissantes
par leurs traditions, leurs valeurs et leurs compétences. Ces survivants et
leurs descendants sont aujourd'hui par
dizaines de milliers des membres de la population québécoise qui contribuent à
l'essor de notre société.
Jews
in Québec deserve to feel... Excusez-moi.
Nous leur avons
promis que notre nation n'oublierait pas ce qu'ils ont enduré et qu'elle ne
resterait plus jamais silencieuse face à l'antisémitisme. Il est donc aberrant
de constater, en 2024, une résurgence de l'antisémitisme aussi marquée envers
la communauté juive du Québec.
Jews in Québec deserve to feel safe,
supported, and welcomed. They deserve to live openly and proudly, without intimidation or fear.
En faisant sien ce jour de commémoration de l'Holocauste, l'Assemblée
nationale affirme à tous les citoyens du Québec qu'elle aussi dit non; non à l'intolérance, non au racisme, non à
l'indifférence et non à l'antisémitisme. Aujourd'hui, nous nous
rappelons notre devoir perpétuel en tant qu'êtres humains de vivre selon ces
principes.
N'oubliez jamais. Jamais
plus.
Never forget. Never
again.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de D'Arcy-McGee. Et, le prochain intervenant, la parole
revient à M. le ministre responsable de la Lutte contre le racisme.
M. Skeete : Merci
beaucoup, M. le Président. J'aimerais d'abord remercier la collègue de
D'Arcy-McGee et témoigner de mon entière solidarité avec la députée de
Repentigny, qui nous permet d'honorer la mémoire de ceux et celles qui ont
souffert ou perdu la vie lors d'une des périodes les plus sombres de notre
histoire.
Prenons
un moment pour réfléchir à l'importance de la Journée du souvenir de la Shoah.
Les années ne pourront jamais effacer les horreurs endurées par le peuple juif.
Lors d'un événement de commémoration, ce dimanche, j'ai été témoin de récits poignants de courage, de résilience et
de solidarité qui émergent de ces épreuves indescriptibles. La communauté rend
non seulement hommage à ceux qu'ils ont perdus, mais aussi à ceux qui ont
survécu.
Se souvenir de
l'Holocauste, c'est plus qu'un devoir de mémoire, c'est un acte de résistance
contre l'oubli et l'indifférence. Ça nous
rappelle également d'être attentifs à ce qui nous entoure afin de reconnaître
les signes de la haine et de la discrimination. Notre gouvernement s'est engagé
à lutter contre le racisme, l'antisémitisme et toutes les formes de
discrimination. Je fais également appel à toute la population. Joignez-vous à
nous dans ce combat, dans cette lutte, car, ensemble, on va construire un
Québec et un monde plus inclusif et respectueux.
C'est un appel
essentiel et un rappel essentiel, surtout en ces moments troubles où des
conflits armés éclatent et menacent la paix
de toutes nos sociétés. Nous devons prendre les moyens pour que l'histoire ne
se répète jamais. Ne laissons pas la haine s'enraciner chez nous.
L'éducation est notre
première arme contre le racisme et la discrimination. Enseigner l'ouverture et
l'inclusion à nos enfants, mais aux adultes aussi, est impératif pour que tout
le monde respecte les cultures qui nous entourent.
En cette journée de
commémoration, nous sommes de tout coeur avec la communauté juive.
Soutenons-nous... souvenons-nous, pardon, de
leur courage et engageons-nous à tirer les leçons du passé pour façonner un
avenir où l'égalité et la compassion prévalent.
Merci beaucoup, M. le
Président.
Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le ministre. La parole
revient maintenant à M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, nous
soulignons le Yom Hashoah, une journée qui nous rappelle la profondeur
de l'horreur de l'Holocauste, au cours duquel 6 millions de personnes
juives ont été assassinées systématiquement
par le régime nazi. Nous honorons également les personnes persécutées en raison
de leur origine, de leur orientation
sexuelle, de leurs convictions politiques ou religieuses, et nous saluons le
courage de celles et ceux qui ont résisté, souvent au péril de leur vie.
Le Yom Hashoah
est une journée consacrée à la mémoire des victimes et des survivants, un
moment pour réfléchir aux leçons à
tirer de cette tragédie. Nous devons nous rappeler que le mal peut prendre
racine lorsque la haine et la discrimination
trouvent un terreau fertile dans l'indifférence ou la complaisance. Cela nous
oblige à dénoncer fermement tout acte
d'antisémitisme ou de haine où qu'il se produise et à demeurer unis contre
toute forme d'intolérance. Les récits de
résistance et de survie comme le soulèvement du ghetto de Varsovie ou la
bravoure des Justes parmi les nations nous rappellent que, même dans les
ténèbres les plus profondes, l'espoir et la solidarité peuvent prévaloir.
Aujourd'hui,
nous rendons hommage à cette force humaine qui transcende l'horreur. Que cette
commémoration serve à renforcer notre engagement collectif à bâtir un
monde où la diversité, l'inclusion et la justice priment sur la haine et la peur. Ensemble, honorons la mémoire
des victimes en luttant sans relâche pour un avenir empreint d'espoir et de
paix. Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. La parole revient maintenant à M. le député de Jean-Talon.
Paradis : M. le Président, dans ses mémoires, l'ancien
premier ministre du Québec René Lévesque rapportait son expérience alors qu'il était correspondant de
guerre, en 1945, lorsqu'il a découvert, aux côtés de l'armée américaine, le
camp de concentration de Dachau. Je le cite,
moi aussi : «Harcelés de questions — par une foule de survivants — dans toutes
les langues à la fois, tirés à la hue et à la dia par des mains d'une maigreur
effrayante au bout de poignets devenus translucides, nous étions là,
ahuris, contemplant ces fantômes en pyjamas rayés qui sortaient en titubant des
baraques où ils s'étaient terrés jusqu'à
notre arrivée en compagnie de quelques éclaireurs des services sanitaires. [...]Et,
tant d'années plus tard, c'est parfois pire. Des gens, qui osent se proclamer
néonazis et savent que la mémoire est une faculté qui oublie, vont jusqu'à soutenir que rien de tout cela n'est
vraiment vrai. Je vous assure qu'elle était pourtant bien réelle, dans son
irréalité de cauchemar, cette chambre à gaz dont les serveurs s'étaient
sauvés...»
Les mots de
René Lévesque ont marqué le parti qu'il a fondé. Ces mots restituent dans toute
leur horreur les faits, la barbarie
érigée en système par le régime criminel de l'Allemagne nazie. La Shoah a
marqué un point tournant dans l'histoire. Elle nous a révélé à quelles
extrémités peuvent aller la haine et l'antisémitisme. Les atrocités qu'ont
subies les Juifs ainsi que les
Tziganes, les homosexuels, les handicapés, les dissidents, victimes d'une
idéologie mortifère et de l'eugénisme, ne doivent pas, ne doivent jamais passer sous silence. Nous
avons toutes et tous le devoir de mémoire pour apprendre. Pour ne plus jamais que ce soit possible, il faut se souvenir
des victimes et des résistants, il faut se souvenir des crimes odieux dans les
camps de concentration, dans les trains,
dans les villes, dans les villages, partout, se souvenir que c'est un moment
dans l'histoire où le terme
«génocide» s'est malheureusement incarné comme crime international, un crime
contre lequel nous devons continuer à lutter parce que c'est notre
responsabilité humaine.
C'est
pourquoi, à l'occasion de la journée internationale de commémoration des
victimes de l'Holocauste, souvenons-nous.
J'aimerais
inciter de manière particulière les parents à sensibiliser leurs enfants, à
parler de la Shoah avec eux, parce qu'il faut perpétuer le devoir de
mémoire.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Jean-Talon. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, je vous invite, collègues, à observer avec
moi une minute de silence à la mémoire des victimes de l'Holocauste.
• (15 h 13
15 h 14)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Je
vous remercie.
Et, pour
la prochaine motion, qui revient au deuxième groupe d'opposition, je reconnais
M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée pour présenter la motion suivante
conjointement avec le député des Îles-de-la-Madeleine :
«Que l'Assemblée nationale souligne la
Semaine nationale de la santé mentale, qui se tient cette année du 6 au
12 mai;
«Qu'elle
constate que 300 organismes ont signé, en date du 7 mai, une lettre
qui sonne l'alarme à l'effet que la crise du logement est la cause
principale des problèmes de santé mentale des Québécoises et des Québécois;
«Qu'elle prenne acte
des solutions proposées, notamment l'entrée en vigueur d'un moratoire sur
toutes les évictions justifiées par un
changement d'affectation, par un agrandissement ou par une subdivision, un
registre des loyers ainsi que le plafonnement des hausses annuelles de
loyers;
«Qu'elle
rappelle que la peur de perdre son logement, les évictions forcées, les hausses
de loyer indues et l'incapacité de
trouver un logement à un prix acceptable augmentent considérablement le stress,
l'anxiété, la perte de repères et la solitude et fragilisent donc l'état
de la santé mentale des individus;
«Qu'ainsi,
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de reconnaître que la crise du
logement a un impact significatif sur la santé mentale des Québécoises
et des Québécois.» Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
n'y a pas de consentement. Et, pour la prochaine motion, qui revient au
troisième groupe d'opposition, je reconnais M. le chef du troisième groupe
d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : M. le Président, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de
Pontiac, la députée de Mercier et la députée de Vaudreuil, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse que la dépendance des jeunes aux écrans représente un
enjeu de santé publique;
«Qu'elle
prenne acte du dépôt de l'important rapport sur le temps d'écran des jeunes en
France, intitulé Enfants et écrans : à la recherche
du temps perdu ;
«Qu'elle mandate la Commission de la santé et des
services sociaux pour étudier les différentes recommandations de ce rapport et toute autre littérature
pertinente afin de trouver des solutions à l'enjeu du temps d'écran chez les
jeunes;
«Que l'organisation
du mandat soit confiée au comité directeur de la commission.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
n'y a pas de consentement. Et, pour la prochaine motion, qui est une motion
qui revient au gouvernement, j'invite M. le ministre de l'Environnement à nous
la présenter.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Mille-Îles et la députée de
Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
nationale condamne vigoureusement et sans réserve les actes de violence, le
sabotage et les menaces envers Northvolt et l'un de ses sous-traitants;
«Qu'elle
souligne son soutien aux travailleurs visés et qu'elle rappelle l'importance du
caractère pacifique dans lequel doivent se dérouler les débats;
«Qu'elle
rappelle finalement que le cadre d'évaluation environnemental du Québec est
parmi les plus stricts au monde.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Il
y a consentement, sans débat, M. le Président. Et je vous demanderais un vote
électronique, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, un vote électronique a été demandé. La période
de vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 109
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est donc adoptée. M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, M. le Président.
Et donc j'avise cette
Assemblée que la Commission de l'économie et du travail va poursuivre l'étude
détaillée du projet loi n° 51, la Loi modernisant
l'industrie de la construction,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 19 h 15, à
la salle Pauline-Marois;
Commission de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 50, la Loi
édictant la
Loi sur la sécurité
civile visant à favoriser la résilience aux sinistres et modifiant diverses
dispositions relatives notamment aux centres de communications d'urgence
et à la protection contre les incendies de forêt, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 19 h 15, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission de la santé et des services sociaux va poursuivre l'étude détaillée
du projet loi n° 37, la Loi
sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 19 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des finances publiques va poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 60, la Loi
autorisant la conclusion
de conventions collectives d'une durée supérieure à trois ans dans les secteurs
public et parapublic,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 19 h 15, à
la salle Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Pour ma part, je vous avise que la Commission de la
santé et des services sociaux...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : S'il vous plaît, collègues! S'il vous plaît!
Je vous avise que la
Commission de la santé et des services sociaux se réunira en séance de travail
demain, le mercredi 8 mai 2024, de 7 h 30 à 9 heures,
à la salle Louis-Hyppolite-La Fontaine, afin de déterminer les observations, conclusions ou recommandations de la commission à
la suite des consultations particulières et auditions publiques ainsi que des
rencontres tenues dans le cadre du mandat d'initiative visant à étudier les
moyens facilitant le don d'organes ou de tissus, notamment
l'instauration de la présomption du consentement.
vous informe aussi qu'aujourd'hui, à 17 heures, au bureau de Son Honneur
la lieutenante-gouverneure, il y aura sanction
des projets de loi suivants : le projet de loi n° 49, Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées
à l'occasion du discours sur le
budget du 21 mars 2023 et à certaines autres mesures; le projet de loi n° 52, Loi permettant au Parlement du Québec de préserver le principe de la
souveraineté parlementaire à l'égard de la
Loi sur la laïcité de l'État; le projet de loi n° 58, Loi n° 2 sur les crédits, 2024‑2025;
et le projet de loi n° 59, Loi
visant l'interruption du processus de délimitation des circonscriptions
électorales.
vous informe également que demain, lors des affaires inscrites par les députés
de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par M. le député de
l'Acadie. Cette motion se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que dans une société libre et démocratique, nul
ne devrait condamner le recours aux tribunaux par des citoyens ou des
organisations si ceux-ci s'estiment lésés dans leurs droits;
«Qu'elle rappelle [...]
l'État de droit est un des fondements de la démocratie québécoise.»
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : M. le Président, je vous
demanderais de bien vouloir appeler l'article 3 du feuilleton, s'il
vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 3 du feuilleton, Mme la ministre des Affaires municipales
propose l'adoption du principe du projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et
à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant
diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.
Est-ce qu'il y a
consentement pour déroger à l'article 236 du règlement prévoyant que le
débat sur l'adoption du principe du projet
de loi est inscrit aux affaires du jour de la séance suivant sa présentation...
soit sa présentation soit le rapport de la commission. Y a-t-il
consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, je reconnais comme première intervenante
Mme la ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest :
Oui, merci. Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, nous sommes rendus présentement à l'étude détaillée du projet
de loi n° 57, projet de loi qui vise à protéger les élus et favoriser
l'exercice sans entraves de leurs fonctions.
Alors, ça démontre encore une fois, M. le Président, l'importance qu'accorde
notre gouvernement pour protéger les élus tous partis confondus. La protection des élus, c'est essentiel dans nos
institutions démocratiques. Également, on veut favoriser une meilleure
démocratie dans le milieu municipal.
Alors,
je pense que, les échanges que nous avons eus, tous ensemble, avec les groupes
reçus la semaine dernière, on a eu de bons échanges, très fructueux. Les
témoignages qu'on a entendus, M. le Président, les témoignages également
de nos élus ont également soutenu la
nécessité d'agir très rapidement. Alors, je suis très satisfaite de constater
que les mesures que nous proposons sont très bien accueillies, M. le
Président, depuis le début de nos travaux.
Alors, c'est
essentiel, pour notre gouvernement, d'être à l'écoute, à l'écoute des besoins,
des préoccupations du milieu municipal. Nous
avons mené de nombreuses consultations dans les derniers mois pour en arriver à
ce projet de loi. Alors, certains
éléments soulevés lors des consultations seront intégrés dans le projet de loi,
travaillés avec mes collègues de
l'opposition, mes collègues également du gouvernement. Nous faisons face à une
montée des actes répréhensibles et violents
auprès des élus. Il faut donc agir collectivement, rapidement. Chaque geste compte.
C'est pourquoi, dans les derniers mois,
nous avons déjà mis de l'avant différentes initiatives, et le projet de loi
n° 57 est un outil de plus dont nous devons nous munir pour que les
élus soient davantage respectés et qu'ils puissent assumer leurs fonctions.
Alors,
je répète, il est nécessaire d'édicter une nouvelle loi, la loi visant à protéger les élus et à favoriser
l'exercice sans entraves de leurs
fonctions. Cette nouvelle loi
prévoirait une infraction pénale de 500 $ à 1 500 $ qui
permettrait de sanctionner toute personne qui entrave l'exercice de
leurs fonctions d'un élu municipal ou d'un député en le menaçant, l'intimidant ou en le harcelant. Il y a une autre
infraction pénale de 50 $ à 500 $ qui permettrait de sanctionner une
personne qui causerait des désordres
dans le déroulement d'une séance du conseil. La loi prévoit également des
balises pour guider la Cour supérieure dans l'émission d'injonctions devant tout comportement menaçant,
harcelant, intimidant, violent à l'endroit d'un élu. Alors, nous devons aussi outiller davantage les municipalités
afin de les soutenir dans leur résolution de conflits. Le projet de loi accorderait donc à la ministre le
pouvoir de désigner une personne et accompagner un conseil municipal aux
prises avec des difficultés qui nuisent à
son bon fonctionnement. Nous ajoutons également l'obligation pour toute
municipalité d'adopter un règlement de régie interne.
second thème du projet... Le second thème du projet de loi touche la démocratie
municipale. Nous approchons à grands
pas des élections générales municipales de 2025, alors que
1 100 municipalités, au Québec, enverront 8 000 postes
d'élus qui seront à pourvoir. Il est primordial de rendre nos processus
démocratiques plus accessibles et mieux adaptés. Nous proposons des mesures dans le but d'accroître le
bassin des candidats aux élections municipales. Nous souhaitons également
mettre en place plusieurs mesures qui visent
à faciliter le vote, à favoriser la participation électorale. Il est important
de souligner que nous souhaitons
permettre la participation à distance aux conseils municipaux ainsi qu'aux
séances extraordinaires.
Maintenant,
M. le Président, nous poursuivons nos travaux en continuant de travailler en
synergie pour le milieu municipal,
pour les députés, également, de l'Assemblée nationale et pour nos institutions
démocratiques. Faisons la différence tous
ensemble. Je vous invite donc à participer de façon proactive aux échanges
entourant l'étude détaillée de l'ensemble des mesures du projet de loi.
Merci, M. le
Président. Merci à mes collègues. Merci également aux collègues de
l'opposition. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la ministre. Et je reconnais, comme
prochaine intervenante, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe :
Merci, M. le Président. Il me
fait plaisir de prendre la parole aujourd'hui à l'étape de l'adoption du principe du projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et
à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant
diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.
pense qu'il est important, d'entrée de jeu, de faire une mise en contexte, de
rappeler des chiffres alarmants qui ont été rendus publics dans les derniers
mois. Plus de 10 % ou autour de 10 % des élus municipaux qui ont été
élus en 2021 ont démissionné en cours
de mandat. Ce sont des chiffres inquiétants. Il faut en prendre acte. Ces
chiffres ont été rendus publics avant
la démission de la mairesse de Gatineau, l'une des plus grandes villes au
Québec. La démission de la mairesse de
Gatineau a eu l'effet d'une onde de choc dans le milieu municipal. Notre
formation politique, dès que ces chiffres sont sortis, et tout de suite après la démission de la mairesse Bélisle, nous avons déposé une
demande de mandat d'initiative. Nous
avons voulu qu'une commission se penche d'urgence sur la question de la
civilité au sein des conseils municipaux, et plus largement sur la dégradation du respect envers les élus de tous
les paliers de gouvernement, et les enjeux liés au harcèlement et aux menaces envers ceux-ci. Ce
mandat d'initiative date du 23 février 2024 et il était signé par moi-même
et mon collègue le député de Marquette, porte-parole en matière de Lutte contre
l'intimidation.
Alors,
c'est dire à quel point, pour nous, notre démocratie municipale est extrêmement
importante. De pouvoir retenir en
poste, d'attirer des candidatures aux prochaines élections municipales de 2025,
ça, c'est l'an prochain, c'est vraiment bientôt, c'est un enjeu qui nous
préoccupe depuis plusieurs mois.
je voudrais juste relire un passage, donc, de ce mandat d'initiative, et je
vous rappelle les chiffres, là, 800 élus, près de 10 % de tous les élus qui ont démissionné de leur poste,
c'est un phénomène inquiétant pour nous. D'autant plus qu'il existe d'importants enjeux liés au manque de
candidatures pour plusieurs postes électifs dans nos municipalités : «La
dégradation du climat de travail des élus ainsi que la diminution du respect et
de la civilité entourant leur fonction, inacceptable
pour tous, s'érige en rempart contre les efforts déployés pour attirer une diversité
de nouvelles candidatures aux postes
électifs. Pensons notamment aux jeunes et aux femmes qu'on souhaite voir
s'impliquer davantage en politique. À
cet égard, les menaces envers les élus de tous les paliers de gouvernement et
la toxicité véhiculées sur les médias sociaux méritent une attention
particulière des parlementaires.»
Le gouvernement a annoncé diverses mesures dans
les derniers mois, en amont du dépôt du projet de loi no 57. On peut penser à des formations additionnelles. On
peut penser à de l'aide psychologique. Il y a un montant de 2 millions
qui est annoncé par le gouvernement pour
offrir aux élus municipaux une aide, une ligne directe de l'aide psychologique.
Mais, si on se retrouve avec le besoin de
consulter des psychologues, c'est que la détresse s'est déjà installée. C'est
malheureux, mais ça existe, et donc
c'est une mesure qui avait été saluée, incluant par nous. C'est important de
venir en aide aux élus qui vivent une
détresse et qui ont besoin de consulter. Mais ces mesures étaient
insuffisantes. Il fallait aller plus loin. Et en ce sens-là, on accueille le principe du projet de loi. C'est un
projet de loi pour lequel on va voter pour le principe. Il y aura
différents éléments à surveiller sur lesquels on aura des discussions, je
l'espère, constructives en étude détaillée afin de s'assurer qu'on mette en place toutes les mesures en amont pour
pouvoir bien accompagner et soutenir les élus dans le cadre de
l'exercice de leurs fonctions.
Donc, le
projet de loi no 57, déposé en avril, comprend un volet très important sur
la protection des élus, et le
maintien de nos institutions démocratiques, et aussi toute une panoplie
d'autres mesures qui touchent le monde municipal.
M. le
Président, en tant qu'ancienne élue municipale, je peux confirmer que la
fonction d'élu municipal est extrêmement
stimulante, mais je dois aussi dire que les responsabilités grandissantes et la
dégradation du respect à l'endroit des élus municipaux alourdissent
considérablement leur tâche et peuvent mener à un désengagement malsain pour
notre démocratie. Il faut y voir. On
note d'ailleurs que le climat s'est dégradé davantage depuis la pandémie. Les
citoyens étaient peut-être plus
prompts, il y avait possiblement plus d'émotivité dans leurs propos durant la
pandémie, mais les choses ne sont... on ne peut pas dire que les choses
se sont améliorées au sortir de la pandémie. Les chiffres dont j'ai fait
mention un peu plus tôt parlent d'eux-mêmes. Le nombre de démissions est
vraiment alarmant.
Il faut se
rappeler que le contexte est difficile. En ce moment, on parle d'inflation, de
la hausse du coût de la vie. C'est
sur toutes les lèvres. Il y a une crise du logement, il y a un déficit de
maintien des infrastructures, il y a des grands enjeux de mobilité, il y a de l'itinérance, énormément
d'enjeux sociaux pour lesquels les élus municipaux sont aux premières lignes,
aux premières lignes des doléances des
citoyens sur une panoplie d'enjeux incluant ceux qui relèvent principalement
d'un autre palier de gouvernement.
C'est ça, la réalité des élus municipaux en 2024, M. le Président. Les citoyens,
à juste titre, ont le droit de venir consulter et faire la démonstration
de leurs doléances. Les gens viennent se plaindre à leurs élus municipaux, c'est un réflexe normal et c'est tout
à fait souhaité. Et, en ce qui me concerne, le projet de loi ne doit pas
changer cette dynamique. Ce n'est pas
pour rien qu'on dit que nos conseils municipaux sont des gouvernements de
proximité, parce qu'on parle du palier le plus proche des citoyens.
Toutefois, il
est devenu évident que ça va trop loin. Certains comportements viennent
dépasser les bornes, outrepasser la
ligne entre ce qui est exprimé dans le respect et ce qui est empreint de... et
ce qui enfreint le climat, l'environnement de travail respectueux que
tous les Québécois méritent, incluant les élus.
Ici, à
l'Assemblée nationale, on a tous, sur notre bureau et un peu partout dans
l'Assemblée nationale, une affiche, un carton qui indique que l'incivilité,
c'est tolérance zéro. On doit oeuvrer, tous les Québécois doivent pouvoir
oeuvrer dans un milieu de travail empreint de respect et de civilité.
J'aimerais d'ailleurs, encore une fois, rappeler
un passage du mandat d'initiative que ma formation politique a déposé : «Le service public est une vocation
noble et essentielle pour notre démocratie. Il ne devrait jamais devenir un
espace fragilisant la santé de ceux
qui choisissent de servir leurs concitoyens. Trop souvent, la ligne entre le
désaccord politique et le harcèlement et la violence verbale est
franchie, au détriment de notre démocratie. Il faut que ça cesse!»
Donc, encore
une fois, tout ça, tous ces phénomènes sont grandissants, viennent rendre la
tâche des élus municipaux extrêmement
difficile, alors qu'on promeut des milieux de travail exempts de harcèlement et
d'incivilité partout au Québec.
J'aimerais faire un retour sur les consultations
qui ont eu lieu la semaine dernière. Mme la ministre a raison, on a eu des échanges extrêmement intéressants. Je
pense qu'on peut dire qu'on a entendu plusieurs voix, on a entendu des...
on a entendu... bon, ça ne peut jamais être
exhaustif, mais on a entendu différents points de vue. Je dois dire qu'il y a
un constat clair qui s'est dégagé, là, comme quoi il fallait poser des
gestes et ajouter des mesures pour protéger les élus municipaux. On a entendu aussi des gens venir exprimer leurs
préoccupations au niveau du respect et du maintien intégral de la liberté d'expression, qui est un principe
sacro-saint de notre démocratie et qui est extrêmement important pour notre
formation politique.
Donc, bref,
je pense qu'on a eu des... on a eu des échanges extrêmement enrichissants,
fructueux. On a pu prendre acte de ce que les élus vivent, pas seulement lors
de leurs échanges en période de questions, par exemple, lors des séances
du conseil municipal, les séances publiques,
mais aussi au sein même des conseils municipaux. Et j'aimerais prendre
l'occasion, d'ailleurs, pour remercier tous les intervenants. La qualité
des mémoires qui ont été déposés, pas seulement par ceux qui sont venus nous exposer verbalement leurs points de vue en
commission, mais aussi tous les autres groupes, intervenants, élus,
syndicats, différents groupes citoyens qui ont pris la peine d'écrire et de
déposer leurs points de vue auprès de la
commission, c'est extrêmement apprécié. On reconnaît toute la qualité du
travail. Et soyez assurés que, durant l'étude
détaillée, on va tenir compte de tous les commentaires qui ont été émis afin de
bonifier le projet de loi, de s'assurer qu'on discute de tous les points, tous les points
de vue, tous les éléments qui ont été soulevés, dans l'objectif de venir
bonifier le projet de loi. Et
j'aimerais réitérer que notre formation politique, comme toujours, nous allons
travailler de façon constructive
avec le gouvernement afin d'en arriver à un projet de loi bonifié.
l'ai mentionné, il y a un constat clair qui se dégage, le climat est devenu
très difficile pour les élus, en particulier les élus municipaux, et, comme je l'ai mentionné, que ce soit à
l'intérieur ou à l'extérieur des conseils de ville. L'incivilité n'a pas
lieu uniquement entre les murs d'un hôtel de ville, ça peut suivre l'élu dans
sa vie, dans sa vie personnelle. Parce que,
oui, un élu, quand il décide de se présenter, on devient une personnalité
publique. Il faut accepter que nos... les gens qu'on représente, nos
commettants, nos concitoyens vont souhaiter avoir un dialogue avec nous, pas
seulement au sein des hôtels de ville ou ailleurs, mais également quand
on fait nos courses, quand on prend des marches dans notre quartier. Et c'est normal et c'est ce qu'on
souhaite. Mais par contre un élu a tout de même droit au respect de sa vie
privée.
pense que ça vaut la peine de faire état d'exemples concrets qui ont été mis de
l'avant durant les consultations, des exemples qui ont été donnés par
des élus du genre de comportements abusifs dont ils font l'objet.
Le projet de loi
parle d'insultes, de menaces, de harcèlement... en fait, il parle d'intimidation,
de menaces, de harcèlement qui peuvent
prendre différentes formes, par exemple des insultes au micro durant la période
des questions. En particulier, une
élue nous a dit qu'elle avait été menacée de mort au micro durant la période de
questions, ce qui a affecté son sentiment de sécurité, évidemment.
Des cris, des
insultes, des tracts anonymes, collés sur des vitres d'auto ou à la maison,
comprenant des insultes ou des menaces
anonymes, autrement dit, des lettres non signées, utilisées comme armes, M. le
Président. Se faire suivre, quelqu'un
qui viendrait garer sa voiture près du domicile d'un élu, qui est... qui peut
être vu comme un comportement qui pourrait être considéré comme du
harcèlement. C'est ce qu'on veut dire par une atteinte, une atteinte à la vie
privée.
présences à répétition durant des conseils municipaux, ce n'est aucunement
quelque chose qu'on veut viser par le projet de loi. Les citoyens, les payeurs
de taxes, les contribuables sont tout à fait dans leur droit de venir aussi
souvent qu'ils le souhaitent assister aux
séances du conseil d'une ville. Par contre, ces présences à répétition peuvent
être accompagnées de propos
irrespectueux, d'insultes, d'insinuations, et c'est là où ça dépasse la ligne
de ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas.
faut qu'on parle des réseaux sociaux. Les réseaux sociaux viennent alourdir
considérablement la tâche des élus. Ils
ajoutent à la pression déjà grandissante en raison de leurs responsabilités
grandissantes. Il n'est pas... il est rendu commun, M. le Président, pour des élus de se faire
invectiver sur les médias sociaux. Parfois, ça se fait à visage découvert, on
sait qui est la personne qui... qui
tienne ces propos-là, ces propos violents. Ça se fait parfois de façon anonyme,
c'est-à-dire que la personne utilise
un faux profil, où on est... ça devient difficile de savoir qui est derrière
ces propos, ces propos violents. Les élus peuvent faire l'objet
d'insinuations de toutes sortes, notamment sur leur intégrité.
mairesse est venue nous raconter que ça lui prend 24 heures pour se
remettre d'une séance de conseil. C'est toute sa famille, après, qui en écope. C'est normal qu'un élu ou qu'une
élue prenne la chaleur, ça fait
partie de notre travail, et, si on n'est pas capable de le faire, bien, on
n'est pas à la bonne place. Et c'est intrinsèque à notre rôle. Toutefois, ça va
trop loin dans plusieurs instances, et c'est
ce qui est l'intention derrière le projet de loi, et c'est ce sur quoi nous
souhaitons poser des gestes de façon collaborative avec le gouvernement.
Comme
l'a bien dit le maire de Laval, et je pense que c'est important de le citer, il
peut y avoir une confrontation des idées mais pas des individus. J'ai
trouvé ça très pertinent comme remarque.
Deux
maires différents, dans des contextes tout à fait différents, m'ont déjà
raconté avoir vécu des douleurs à la poitrine
en s'approchant de l'hôtel de ville, tout ça dans le cadre de leurs fonctions.
Je ne veux pas... je ne veux pas faire preuve de sensationnalisme ou
être dramatique, mais ce sont des cas réels, des cas vécus, des élus qui, au
fil du temps, à force de subir ce genre de
comportement, en viennent à ressentir des symptômes physiques et qui font en
sorte qu'ils doivent prendre une pause pour préserver leur santé. C'est
des cas vécus, là, au Québec dans les dernières années.
L'UMQ,
l'Union des municipalités du Québec, a fait un... a mené un sondage, a fait
mener un sondage... Je retrouve mes
papiers, M. le Président. À la page... Un autre mémoire de grande qualité, là,
qui a été soumis par l'Union des municipalités du Québec. Aux
pages 5 et 6 du mémoire, ça vaut la peine qu'on parle du sondage, un
sondage d'envergure mené avec la firme Léger
du 19 mars au 8 avril dernier auprès des élus, des élus municipaux.
1 380 élus des quatre coins du Québec y ont répondu. C'est... Les éléments, dont certains sont présentés dans
le cadre du mémoire, confirment l'importance d'agir afin de protéger les personnes élues et de
favoriser la conciliation entre la fonction d'élu et la vie personnelle.
Quelques chiffres. «Selon le sondage
Léger-UMQ, 46 % [...] des élus ont signalé avoir été confrontés à de
l'intimidation et des menaces, tandis que
36 % ont déclaré avoir été victimes de harcèlement. Les femmes élues — à
hauteur de 53 % — sont
plus fréquemment victimes
d'intimidation et de menaces que les hommes — à hauteur de 42 %.» Selon l'UMQ, «vu la
prévalence alarmante des
comportements graves envers les personnes élues, la création d'une nouvelle
amende allant de 500 $ à 1 500 $ pour les personnes qui les
menacent, intimident ou harcèlent est accueillie très favorablement». Ça, c'est
le point de vue de l'UMQ.
a aussi entendu des élus venir nous dire qu'ils vivaient des situations très
difficiles et préoccupantes au sein même des conseils municipaux auprès
desquels ils évoluent. Je pense en particulier à la Table de travail sur la civilité en politique municipale, à la Coalition Faut que
ça change pour une saine démocratie. Quand on se présente en politique municipale, on peut le faire de façon
indépendante. On peut le faire dans le contexte d'un parti politique. On ne
sait pas comment ça va se solder une
fois que l'élection va être complétée. Est-ce qu'on va être en situation
minoritaire? Est-ce qu'on va faire
partie de l'équipe du maire ou de la mairesse? Quelle va être la dynamique au
sein du conseil dans lequel on devra évoluer et auprès duquel on va
vouloir représenter le mieux possible les intérêts des citoyens qui nous ont
accordé leur confiance?
Ce qu'on
entend des élus, c'est que, dans plusieurs cas... et je ne veux pas
généraliser, mais, dans trop de cas, les élus ont des difficultés au sein de
leurs conseils. Ils vivent de la toxicité, ils vivent dans un climat
extrêmement difficile, et je me demande si le projet de loi va assez loin pour venir pallier à
ces enjeux-là, à ces obstacles-là. C'est un point sur lequel on va porter une attention particulière
pour s'assurer qu'on protège les élus pas seulement vis-à-vis un comportement
difficile de la part de la population, mais
aussi au sein même des conseils municipaux. L'impact est majeur dans certaines
villes, M. le Président, au point où des
dossiers se retrouvent sclérosés, n'avancent pas, et, dans ce cas-là, bien, il
y a un impact sur le citoyen. Un citoyen souhaite que son conseil de ville soit
fonctionnel, puisse avancer, qu'on puisse faire avancer les dossiers. On
nous a donc demandé de prévoir plus de mesures en amont dans ce sens-là.
On a soulevé l'idée
de prévoir un mécanisme de gestion de conflit en amont qui permettrait de
dénouer des situations conflictuelles,
l'objectif étant d'éviter les escalades. Pensons aussi à un mécanisme de
gradation des sanctions, par
opposition au seul recours qui semble... pas le seul recours, mais un des seuls
recours qui existe en ce moment, c'est de
porter plainte auprès de la Commission
municipale du Québec. Dans les faits,
il peut ne pas y avoir un seul incident qui mène à une plainte à la Commission
municipale du Québec. On peut avoir
affaire à une multiplication de microagressions à l'endroit d'un élu par
un de ses collègues. La Commission municipale du Québec intervient s'il y a un
manquement, s'il y a vraiment un acte répréhensible. On nous a suggéré, en
consultation, M. le Président, de prévoir le soutien d'un organisme neutre pour accompagner les élus quand
il y a, par exemple, un manquement à un code de conduite, code de conduite qui pourrait être imposé dans tous les
codes d'éthique et de déontologie adoptés par les villes à la grandeur du
Québec. C'est une idée qui circule et qui nous a été proposée.
Actuellement,
les élus se disent : On se tourne vers qui? On se tourne vers le ministère des Affaires municipales? Mais
ça prend une résolution du conseil pour pouvoir entreprendre cette démarche-là.
Ça, c'est un élément qui a été discuté durant les consultations. Il va
falloir qu'on voie à éliminer des entraves aux élus pour pouvoir accéder aux
services dont ils ont besoin pour les
soutenir dans leurs fonctions. On ne veut pas en arriver à un point où les élus
s'autocensurent alors qu'ils ont été
élus démocratiquement pour représenter les citoyens de leur district électoral.
Cela ne servirait certainement pas la démocratie. Il va falloir y voir.
Plusieurs élus, à la
grandeur du Québec, peinent à exercer leur rôle pleinement, car ils se trouvent
en position minoritaire au sein de leurs conseils. On voit ça de plus en plus
avec la présence de partis politiques au palier municipal.
Conseil du statut de la femme a déposé un mémoire, je trouve intéressant d'en
faire mention rapidement : Le Conseil du statut de la femme se réjouit que
deux obstacles à la participation des femmes en politique soient ciblés dans le
projet de loi n° 57, «soit les violences et les responsabilités
familiales. Bien qu'elles concernent aussi des hommes, ces deux réalités posent des défis majeurs pour
plusieurs femmes qui s'engagent, ou souhaitent s'engager, en politique.» En
tant que femme et ancienne élue municipale, c'est un sujet qui me tient
à coeur.
«S'agissant
des violences, le Conseil du statut de la femme rappelle ici qu'elles
entraînent des conséquences lourdes pour les femmes en politique, comme soulevé
dans son récent mémoire à Élections Québec et dans son étude sur l'hostilité
en ligne. Elles affectent non seulement la
santé des personnes visées, mais aussi la vie professionnelle et la liberté
d'expression. Elles sont d'ailleurs
reconnues comme amenant certaines femmes à renoncer à la vie publique ou à s'en
retirer prématurément.» C'est pour
ces raisons que «le Conseil du statut de la femme salue l'intention du
législateur d'adopter des dispositions pour contrer les violences à
l'endroit des personnes élues», les femme