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32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)

32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)

32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)

32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)

31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)

31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)

31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)

31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)

31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)

31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)

30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)

30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)

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29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)

29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)

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28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)

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27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)

27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)

27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)

27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)

27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)

27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)

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25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)

24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)

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18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)

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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)

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(30 octobre 2012 au 5 mars 2014)

Le mardi 19 février 2013 - Vol. 43 N° 14

Ministère du Conseil exécutif, volet Métropole

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Table des matières

Métropole

Remarques

préliminaires 1

M. Jean-François Lisée 1

M. Pierre Arcand 2

M. Stéphane Le Bouyonnec 4

Discussion

générale 4

Adoption des

crédits 30

Documents

déposés 30

Autres intervenants

Mme Noëlla Champagne, présidente

M. Daniel Breton

Mme Diane Gadoury-Hamelin

M. Léo Bureau-Blouin

Note de l'éditeur :

Les crédits du volet Affaires

intergouvernementales canadiennes du ministère du

Conseil exécutif ont été étudiés à

la Commission des institutions le 4 février 2013.

crédits du volet Conseil exécutif du ministère du Conseil exécutif ont été

étudiés à la Commission des institutions le 7 février 2013.

Les crédits des volets Institutions démocratiques,

Commission d'accès à l'information

et Laïcité

du ministère du Conseil exécutif ont été étudiés à la Commission des

institutions le 8 février 2013.

crédits du volet Affaires autochtones du ministère du Conseil exécutif ont été

étudiés à la Commission des institutions le 12 février 2013.

crédits du volet Jeunesse du ministère du Conseil exécutif ont été étudiés à la

Commission des relations avec les citoyens le 19 février 2013.

Journal des débats

(Quinze

heures seize minutes)

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, bonjour à tous.

La commission est réunie afin de procéder à l'étude

du volet Métropole des crédits budgétaires du portefeuille Conseil exécutif

pour l'exercice financier 2013‑2014.

Alors, M. le

secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?

Le Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Villeneuve (Berthier) est

remplacé par M. Bureau-Blouin (Laval-des-Rapides) et M. Carrière (Chapleau) est

remplacé par M. Arcand (Mont-Royal).

La Présidente (Mme

Champagne) : Merci. Alors, nous

allons débuter par les remarques préliminaires et nous allons procéder à une

discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les

questions et les réponses. La mise aux voix des crédits sera effectuée à la fin

du temps qui est alloué à l'étude de ce volet.

Alors, puisque nous

avons débuté nos travaux à 15 h 15 et qu'une période de trois heures doit

être consacrée à l'étude de ce volet, est-ce qu'il y a consentement pour

poursuivre nos travaux au-delà de l'heure prévue, c'est-à-dire jusqu'à

18 h 15?

Il y a consentement?

Parfait. Merci.

Métropole

Remarques

préliminaires

Alors, nous allons débuter

avec les remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de

10 minutes. La parole est à vous.

Jean-François Lisée

Lisée : Merci

beaucoup, Mme la Présidente. Je tiens à saluer le député de Mont-Royal qui est

là, le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques,

la députée de?

Une voix : Masson.

Lisée : Masson.

Donc, je pense qu'on aura un autre collègue qui viendra et puis... Donc, je

vous présente les gens qui m'accompagnent. D'abord, le sous... le secrétaire... je vais m'en

souvenir, alors sous-secrétaire général adjoint à la métropole, M. André

Lavallée; également André Bouthillier, qui est le chef de cabinet adjoint à la

métropole; et j'ai des membres du Secrétariat à la métropole qui sont également

avec moi, et j'ai une représentante de la ville de Saint-Georges-de-Beauce aussi qui est là, derrière moi, membre de ma

famille. Alors, je vais essayer de faire honneur.

J'ai

des notes qui m'ont été préparées sur Montréal, mais je vais commencer par

parler du paradoxe montréalais, et au-delà de savoir — on va peut-être

en discuter tout à l'heure — de ce qui a été fait avant le 4

septembre par l'ancien gouvernement et ce qui est fait depuis le 4

septembre par le nouveau gouvernement, au-delà de ça, il y a un genre de nuage qui nous empêche de bien voir la réalité

montréalaise et qui nous empêche de bien apprécier la force de la

métropole, et ce nuage-là, c'est celui qui

est créé par la corruption, la congestion des infrastructures vieillissantes,

qui nous donne l'impression que tout

va mal. Et j'étais content de voir, au printemps... pas au printemps dernier, à

l'automne dernier,en octobre, le

même jour, deux articles qui ont été publiés dans La Presse sur le

fait que, bien, derrière ce nuage réel, qui est une préoccupation

réelle, en fait, la métropole ne va pas si mal.

Alors,

par exemple, Hélène Baril, dans La Presse : Montréal est

loin d'être en panne , faisait référence à une étude du Mouvement Desjardins qui

venait d'être publiée, donc en octobre dernier, et où Joëlle Noreau, qui est

l'économiste principale, disait, bon : «"On a l'impression que tout va à

vau-l'eau, mais ce n'est pas le cas". [...]La croissance économique [...] a été

au rendez-vous à Montréal au cours des deux dernières années. À 4,2 % en

2010 et 4,5 % en 2011...»Ça fait que c'est considérable. C'est un taux de croissance

qui est très, très considérable pour Montréal.

croissance provient notamment des investissements, dont le niveau a augmenté de

[27 %] en 2011. Cette performance, la

meilleure des cinq dernières années, devrait être égalée ou dépassée [en 2012],

avec la poursuite des grands projets

de construction»

comme le CHUM et, par la suite, en 2013, par la réfection d'infrastructures

comme l'échangeur Turcot.

• (15 h 20) •

«Les projets

de construction de condos et d'hôtels témoignent aussi de la confiance des

investisseurs privés à l'égard de

Montréal — donc je vous dis qu'on est, à ce moment-là, après l'élection — croit

Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal

métropolitain.»

Selon lui, «il ne fait aucun doute que — et je le

cite — "Montréal est en bien meilleure santé qu'il y a 10 ans", bien

qu'il admette que c'est difficile à croire dans le contexte politique actuel.

Ce n'est pas pour rien, par exemple, que Lonely Planet

inclut Montréal dans la liste des 10 villes du monde les plus intéressantes

actuellement», selon M. Leblanc, de la chambre de commerce.

firme KPMG, qui est aussi citée dans l'étude de Desjardins, donne le Grand

Montréal comme premier des 20 plus grandes

régions métropolitaines d'Amérique du Nord pour la compétitivité des coûts

totaux de main-d'oeuvre. Les coûts

totaux de main-d'oeuvre, ça veut dire la

totalité des coûts de la réglementation des salaires, syndiqués ou pas, de la réglementation environnementale, de la

réglementation linguistique et du fardeau fiscal des entreprises. Alors, lorsqu'on a tout calculé cela, selon KPMG, le

Grand Montréal se place dans la moins chère des 20 grandes métropoles en

Amérique du Nord. Sur le plan de l'emploi

aussi, la situation se rétablit, et Montréal a d'autres cordes à son arc, dans

le secteur de la finance, du tourisme, de l'économie

du savoir. Ça, c'est le premier texte qui venait donc... s'appuyant sur

le Mouvement Desjardins.

Jean-Philippe Décarie, lui, le même jour, 30 octobre, écrit : Montréal :

la résiliente aux mille paradoxes . Alors

il dit : «Ce

qui est le plus incroyable, c'est qu'en dépit des centaines de millions de

dépenses totalement injustifiées que les Montréalais ont dû assumer au cours des

dernières années en raison de dérapages individuels, technocratiques ou

systémiques de l'administration municipale, la vitalité économique de Montréal

reste bien réelle, signe d'une évidente résilience.

«Jamais n'a-t-on

vu autant de grues de construction dans le ciel montréalais depuis les Jeux

olympiques de 1976 — c'est

beaucoup dire. L'été dernier, on en recensait pas moins de 75 en action. Outre

[le CHUM et le CUSM], plusieurs

autres chantiers de projets immobiliers [...] d'immeubles de bureaux sont en

action ou en voie de réalisation.

«Selon la Commission de la construction du Québec, ce n'est pas moins de

188 chantiers immobiliers qui sont en cours de réalisation à Montréal, des projets de plus

de 5 millions de dollars qui totalisent des investissements de

16,2 milliards.»

Il continue : «Jeudi soir dernier[...], dit-il, j'étais

sidéré de voir le nombre de clients potentiels qui se trouvaient au bureau des ventes de la Tour des Canadiens,

projet d'immeuble de 48 étages et de 534 appartements [...] situé tout à

côté du Centre Bell.

«L'industrie

des jeux vidéos continue d'attirer à Montréal de nouveaux studios.» La

première ministre a annoncé un investissement supplémentaire dans le domaine du

cinéma lors de sa brillante visite à Davos.

«L'industrie

de la finance — je continue avec M. Décarie — reste un

pilier qui contribue encore beaucoup à l'économie montréalaise. L'essentiel des

100 000 emplois et des 3 000 firmes financières que cette industrie

recoupe dans le Grand Montréal est situé dans l'île.»

L'aéronautique,

toujours tributaire de cycles particuliers, «traverse actuellement une phase

positive».

«D'autres entreprises [...] sont actives dans d'autres secteurs ne

profitent peut-être pas de vents aussi

favorables mais, de façon générale, l'économie

de Montréal se porte beaucoup mieux que l'administration dysfonctionnelle qui

la chapeaute et qui devrait l'amener à sa

pleine optimisation.» C'est

avant le changement de garde à la mairie de

Montréal.

Et donc on peut se dire, donc, qu'on a là un

corps politique, donc, un corps économique, un corps social qui est sain et qui, lorsqu'on

le compare aux autres métropoles nord-américaines, présente des avantages

réels. Et on n'a pas parlé du fait que la criminalité est une des plus

faibles sur le continent, que la qualité de vie est très grande, que l'accès à

l'environnement est immédiat, évidemment, lorsqu'on est à Montréal, soit à l'eau

soit à la montagne.

Et on peut dire : Écoutez, pourquoi

est-ce qu'on ne voyait pas tout ça? Bien, c'est à cause de ces nuages. Alors, ces nuages, que se passe-t-il avec eux? Bien, c'est

la priorité de notre gouvernement, depuis qu'on est arrivés, de faire en sorte de dissiper ces nuages et, ce qui

est important avec l'ensemble des mesures qui ont été prises, le projet

de loi n° 1, les projets de loi de réforme

du financement des partis politiques et tous les autres, c'est que nous ne sommes plus dans la période où la corruption et la

collusion ne sont qu'un problème auquel on n'est pas en train de s'attaquer. Nous sommes dans la phase où on est en train de s'attaquer

à ce problème-là. Nous sommes dans la phase de la grande offensive contre la corruption et la collusion, et

donc on a au moins le bénéfice d'être en action, et de faire reculer ces

maux, et d'être en train de transformer

Montréal et le Québec en un endroit extraordinairement inhospitalier pour les

fraudeurs. C'est ce qu'on est en train de faire maintenant.

Et, sur la question des infrastructures et de

la congestion, bien sûr avec mon collègue le ministre des Transports, nous

allons, au cours des mois qui viennent, annoncer des mesures importantes pour

faire en sorte d'alléger les problèmes de congestion et stabiliser les

investissements en infrastructures.

L'autre

chose dont on peut dire aussi... c'est que bien des hypothèques politiques ont

été levées. Il y a eu un changement de maire

à Montréal, il y a un changement de maire à Laval. Je pense que les actions de

notre gouvernement ne sont pas étrangères à ce renouvellement, et donc

ces deux villes importantes sont en train de se préparer à une grande élection le 3 novembre prochain qui donnera à

ces deux grandes villes des équipes renouvelées pour la suite des

choses.

Et donc on peut se dire : Bon, on est en

train de faire le travail. Et on n'a pas terminé, et il va falloir continuer à être très, très vigilants par la suite, mais on est en

train de faire le travail de se débarrasser de ce nuage, et ce qui nous permet

de nous concentrer sur l'essentiel : la vitalité économique, sociale,

culturelle de la métropole, et c'est ce dont nous allons parler, je pense, dans

les heures qui viennent. Mme la Présidente, je vous remercie.

Présidente (Mme Champagne) : Merci,

M. le ministre. Alors, j'invite maintenant le porte-parole de l'opposition

officielle et député de Mont-Royal à faire ses remarques préliminaires pour un

maximum de 10 minutes. La parole est à vous, M. le député.

Pierre Arcand

Arcand : Merci

beaucoup, Mme la Présidente. Permettez-moi de saluer les collègues du parti gouvernemental : le député de Laval-des-Rapides, le

député de Masson et le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques, c'est un plaisir

de vous retrouver, de même que du côté de l'opposition

officielle le député de La Prairie qui certainement interviendra à nouveau

au cours des prochaines heures. Mes salutations à M. le ministre et à toute l'équipe.

C'est un rendez-vous qui est maintenant presque quotidien que nous avons de

nous rencontrer pour pouvoir discuter.

je suis très heureux de voir les... d'entendre, en fait, de voir le ministre et

entendre ses premières paroles parce que, quand j'écoute ses premières paroles, je ne

suis pas en désaccord sur le fait que Montréal est une ville qui, au

cours des derniers temps, je dirais, des dernières années, a été une ville qui,

malgré ce problème que l'on sait aujourd'hui, qui est un problème extrêmement

grave, qui était le problème de la corruption et de la collusion, a reçu de la

part du gouvernement du Québec vraiment des sommes particulièrement

importantes.

je sais que M. le ministre a un nouvel ami qui est le maire de Westmount,

maintenant qui est son nouvel ami, puis j'ai

eu l'occasion, probablement comme le ministre d'ailleurs, de lire son livre,

qui est assez long d'ailleurs, sur évidemment tout l'épisode des structures municipales

et de la difficulté qu'il y a eu de faire en sorte que Montréal redevienne une

ville qui pouvait opérer d'une façon efficace. Il y a une chose qui est claire

dans son livre et qu'il dit à plusieurs reprises, c'est que, dans la structure actuelle,

il est clair que Québec — et j'emploie des mots qu'il a employés — il est omniprésent. Le

gouvernement du Québec est omniprésent, il est omnipuissant. Et la difficulté,

c'est ce qu'il appelle, quand on est à Québec, «la tyrannie de la ruralité». Alors,

on aura l'occasion peut-être d'expliquer ce que ça veut dire.

Mais,

malgré tout ça, il est certainement très clair que Montréal, au cours des

dernières années, a eu véritablement... reçu

de la part du gouvernement du Québec évidemment des efforts très importants. Et

je voudrais juste profiter de l'occasion aujourd'hui qui m'est donnée pour

pouvoir en faire part. Je pense que Montréal... Dès notre arrivée au pouvoir en

2003, nous avons, par exemple, et ça, d'ici 2016, plus de 17 milliards que

nous avons investis dans des investissements

en infrastructures, et ça, c'est 38 % des investissements totaux qui ont

créé 22 000 emplois à Montréal.

Nous

avons annoncé également des fonds, des fonds de 150 millions pour les

sciences de la vie, que ce soit le Fonds de la

FTQ, Teralys, Merck, Lumira Capital. Et donc nous avons travaillé très fort sur

la question de l'industrie des

biotechnologies et du médicament. Nous avions : la mesure que vous

connaissez, la mesure de 15 ans au sujet des brevets pharmaceutiques également, et donc Montréal a été véritablement

en effervescence; évidemment, la question du CHUM, du CUSM, de Sainte-Justine, les investissements massifs, plus de

6 milliards de dollars qui ont été et qui vont être investis dans

ce domaine-là. Montréal est au premier rang canadien quant au nombre de centres

de recherche. Il y a 13 projets d'infrastructures déjà à l'Université de

Montréal et l'École polytechnique de Montréal. Et on dit que le

Grand Montréal occupe le premier rang en Amérique du Nord pour son ratio d'étudiants

universitaires par habitant.

• (15 h 30) •

y a eu six grappes économiques métropolitaines que nous avons développées :

le Bureau du cinéma, Écotech Québec, la grappe

aérospatiale, In Vivo, TechnoMontréal, etc. Il y a eu une stratégie

biopharmaceutique, comme je l'ai

mentionné. L'appui au multimédia : je dois reconnaître que la Cité du

multimédia, c'est arrivé avant 2003, et il y avait donc des efforts considérables pour que Montréal

devienne, avec près de 6 000 emplois maintenant, la capitale de l'industrie

du jeu vidéo. Et il y a eu une stratégie sur

l'industrie québécoise de la mode et du vêtement, de l'industrie

aéronautique. On a acheté des voitures pour

le métro de Montréal, l'acquisition de 410 autobus de la STM. Le Train de l'Est,

c'est sur le point de fonctionner. Il

y a eu toute la question de l'échangeur Turcot. En matière de tourisme, on a

versé 125 millions pour le 375e anniversaire de Montréal. Et

évidemment, sur le plan culturel, bien, qu'on pense à la maison de l'Orchestre symphonique de Montréal, qui est un projet qui

datait de plusieurs années, qui a vu le jour, et sans compter, bien sûr,

le Quartier des spectacles, pour ne mentionner

que ceux-là, qui sont des choses qui ont été faites de façon très

importante parce que nous croyons que

Montréal devait, bien sûr, être supportée comme jamais auparavant. Et je crois

que le travail a été fait de façon très importante.

Sans

compter le fait que les gens ont toujours pensé que toute l'idée que nous

avions développée sur le Plan Nord, c'était

quelque chose qui était pour les gens du Nord. Or, on sait très bien que c'est

quelque chose qui va bien sûr bénéficier aux

gens qui sont au nord du 49e parallèle, qui va bénéficier à tout le Québec,

mais qui va aussi bénéficier aux gens

à Montréal. Il y a plusieurs industries montréalaises qui en ont bénéficié. Il

y a eu énormément d'efforts qui ont été faits de ce côté-là. Et donc, en

ce sens-là, je dois dire que le travail a été fait de façon très importante.

lorsque le ministre dit qu'il est montréalo-optimiste, je pense que le ministre

peut penser avec raison que l'avenir va se faire si les budgets sont là. Mais

malheureusement on doit se rendre compte que les budgets ne sont pas là.

Lorsqu'on regarde les derniers crédits

budgétaires, je vous dirais que, d'abord, on voit que le budget de promotion et

de développement de la métropole est

à la baisse, mais je sens aussi qu'il y a, de la part du gouvernement, une

sorte de... je dirais, il y a comme un

manque de connexion entre ce que le ministre dit et ce qui se passe dans la

réalité de la vie. Et je voudrais simplement essayer de comprendre un

peu pourquoi, dans le dernier budget du gouvernement... Et ce n'est pas moi qui

le dis, plein de personnes l'ont dit, d'abord Mme Louise Harel. Je pense que c'est

quelqu'un qui est bien connu. Elle l'a dit de

façon très claire : Dans le dernier budget, il n'y a rien pour

Montréal. Vous avez parlé de Michel Leblanc, de la Chambre de commerce

du Montréal métropolitain, qui s'est dit, bien sûr, extrêmement déçu de ce qui

s'est passé à Montréal. Il y a eu plusieurs

analystes, et, entre autres, même pas quelqu'un qui est de mon parti politique,

François Cardinal, qui a dit : Dans ce budget, il n'y avait

absolument rien pour Montréal, alors que le ministre nous avait dit : Eh

bien, je vais intervenir rapidement; la métropole doit rester la capitale du

jeu vidéo. On s'attendait à une série de mesures. On s'attendait à ce qu'il y

ait de l'action, qu'il y ait des choses pour Montréal, mais il ne s'est rien

passé.

Alors, ma question, bien sûr, c'est que, là,

on dirait que l'envol que nous avions connu au cours des dernières années est comme stoppé actuellement. Peut-être, j'imagine

que le ministre va me répondre que c'est la faute des libéraux comme il l'a fait vendredi. Mais je dois dire que

je suis très déçu, en tout cas, de voir ce qui est arrivé, en fait, au

niveau de la promotion et du développement de Montréal, et ce... Je terminerais

simplement en disant... parce que le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques

siège au niveau de la CRE. Je suis moi-même présent au niveau de la CRE. Et

vous savez que les coupures, c'est 29 %.

C'est 29 % de coupures au niveau de la CRE à Montréal, le conseil régional

des élus, et donc ce sont des

coupures majeures. Elles sont tellement majeures, ces coupures-là, à un point

tel que, même le caucus montréalais

du Parti québécois s'insurge contre ces coupures, c'est ce qu'on s'est dit à ce

moment-ci. Alors, je voudrais que le ministre nous explique qu'est-ce

qui s'est passé dans la confection du budget pour que Montréal soit à ce point

frappée, je dirais, de cette façon-là.

La Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le député, vous êtes dans

les temps. Merveilleux. Alors, je vais donc céder la parole au député du deuxième groupe

d'opposition officielle, le député de La Prairie, pour ses

remarques préliminaires d'un maximum de cinq minutes. Alors, la parole est à

vous, M. le député.

Stéphane Le Bouyonnec

M. Le Bouyonnec : Merci, Mme la Présidente. Collègue

député de Mont-Royal, collègue de Laval-des-Rapides,

de Sainte-Marie—Saint-Jacques et puis de

Masson, M. le ministre, bonjour à nouveau. Ça va être notre dernière

étude de crédits en plusieurs jours.

Je vais poser, dans mes remarques

préliminaires, la question... En fait, avant de poser la question, à entendre mon collègue de Mont-Royal dans son exposé de tout ce qu'avait

fait le gouvernement libéral pendant des années, c'était vraiment tellement bien présenté que, pendant un

moment, j'ai vraiment cru que Montréal se portait merveilleusement, et

pourtant, lorsqu'on regarde la croissance économique de Montréal, on réalise

que Montréal a quand même beaucoup souffert,

et je ne parlerai pas non plus des questions d'image que Montréal a pu projeter

suite à la crise que nous avons connue au printemps dernier. Je ne

parlerai pas non plus des problématiques que nous avons connues au niveau de la

corruption, au niveau de la difficulté de gérer cette ville qu'est Montréal.

Mais je pourrais parler par contre de

certains grands chantiers qui ont eu tellement de peine, pendant des années, à démarrer, qui ont retardé Montréal. On parlait

justement des deux hôpitaux universitaires, de l'échangeur Turcot que l'on sait qu'il est en difficulté depuis des

années, notre système de transport en commun, notre congestion routière

autour de Montréal, le boulevard Notre-Dame,

la saga autour, par exemple, de l'hôpital... du CHUM, alors qu'il y avait un

consensus au niveau des gens d'affaires de Montréal de créer vraiment une cité

de la santé et des sciences de la vie sur la gare de triage d'Outremont, alors,

finalement, un autre choix qui a déchiré la communauté montréalaise.

Bref, je me demande maintenant,

effectivement, et la question a été posée, que peut faire un ministre responsable de la

métropole pour relancer cette grande ville qu'est Montréal, cette grande ville

qui est le moteur économique du Québec. Certains Québécois, d'ailleurs,

s'étonnent de voir à quel point Québec est si différent de Montréal. On a l'impression

de voir qu'à Québec tout va bien à Québec et

qu'à Montréal on a de la difficulté. Difficulté aussi dans l'intégration

de nos immigrants, difficulté dans le visage

français aussi de Montréal à certains niveaux. Et il va falloir, à Montréal, un

nouveau pacte fiscal, une nouvelle entente avec la ville. Nous savons qu'au

niveau des taxes, entre autres taxes foncières, taxes municipales, la ville

connaît, depuis des années déjà, des difficultés extrêmement importantes qui n'ont

pas été résolues du tout par le précédent régime. Ça va être un travail

herculéen pour le nouveau ministre.

ma question, donc, est d'ordre général : Face à cette situation de

Montréal, M. le ministre, qu'avez-vous l'intention de faire, en sus de toutes

vos autres responsabilités, pour véritablement relancer notre métropole?

Présidente (Mme Richard, Duplessis) :

Alors, M. le député de La Prairie, comme vous étiez dans vos remarques

préliminaires, vous allez suspendre, garder, conserver votre question pour la

suite des choses, lors de l'échange, dans quelques minutes.

Alors, nous allons passer immédiatement au

bloc d'échange avec l'opposition officielle pour une période de près de

23 minutes. M. le député de Mont-Royal, alors échange avec le ministre...

C'est moi qui ai un blanc, alors ministre de la métropole. Alors, allez-y. Ça va être beau d'ici la fin, n'est-ce pas?

Alors, M. le ministre... M. le député, allez-y pour vos échanges avec le

ministre de la Métropole.

Discussion

générale

M. Arcand : Enfin, j'avais posé la question parce

que je tenais — merci, Mme la Présidente — à lui rappeler que, lorsqu'on connaît

l'enthousiasme du ministre et du député de Rosemont qui essaient de nous

inculquer cet enthousiasme-là, sauf

que les gens ont dit : Bien... Puis je m'excuse de vous le dire, mais les

gens ont dit : Bien, grand parleur, petit faiseur, c'est-à-dire,

quand le budget est arrivé, ça n'a pas suivi cette espèce d'enthousiasme que

vous aviez mentionné.

Puis, vous savez, au-delà des coupures, si je

lis François Cardinal par exemple, dans La Presse , il dit :«Déposé dans la précipitation, le budget Marceau comprenait

un grand nombre d'absents.» Et «Montréal en fait partie[...]. On a beau tourner les pages,

[...]relire les documents[...], on ne trouve à peu près rien pour

"dynamiser la métropole".» Ça, c'était dans La Presse .

• (15

h 40) •

Pour

ce qui est de M. Leblanc, qui est le président de la Chambre de commerce du

Montréal métropolitain, lui, il est encore

plus dur. Il dit : «À

quoi ça sert d'avoir un ministre responsable de Montréal s'il n'a ni programme ni projet à faire avancer? Le premier budget [est

remarquable par] son absence totale de préoccupation envers la métropole québécoise. "Nous regrettons que le ministre

soit demeuré muet sur la place stratégique qu'occupe la métropole dans

le développement économique de l'ensemble du

Québec."» Et donc ce sont

des éléments qui sont préoccupants, et

Mme Harel, de Vision Montréal, allait exactement, aussi, dans le même

sens.

Alors,

moi, ce que je veux savoir : Qu'est-ce qui s'est passé exactement pour qu'il

n'y ait rien dans ce budget pour Montréal et qu'il y ait des coupures aussi

majeures de ce côté-là?

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, c'est à vous, M.

le ministre.

Lisée : Je vais

me permettre de revenir aussi pour quelques-uns de vos commentaires précédents,

avec votre permission,

mais pour dire, pour le budget... Pour le budget, c'est intéressant parce que

le maire Labeaume a dit la même chose. Alors, si, à Montréal, il n'y

avait rien, puis, à Québec, il n'y avait rien, il n'y avait rien de

spécifiquement pour la Gaspésie, puis il n'y

avait rien spécifiquement pour l'Abitibi, puis il n'y a rien de spécifiquement

pour le Nunavut, puis il n'y avait

rien de spécifiquement pour Rouyn-Noranda non plus, alors, qu'est-ce qu'il y

avait dans le budget? Il y avait des mesures de relance générale de l'économie,

et, comme l'économie de la région métropolitaine de Montréal, c'est 50 %

du PIB, la moitié de l'impact de la totalité des mesures du budget ont un

impact positif sur Montréal.

Alors,

qu'est-ce qu'il y avait dans ce budget pour Montréal? Bien, il y avait d'abord...

Vous avez parlé tout à l'heure de la règle des 15 ans. Le député de Mont-Royal

parlait tout à l'heure de la règle des 15 ans qui était une stratégie,

une stratégie qui était perdante, on le

sait ; ces dernières années, l'industrie pharmaceutique à Montréal s'est

complètement écrasée. Elle s'est écrasée un peu partout aussi. Ce n'était pas

seulement à Montréal. Mais, dans d'autres États, où il y avait des

gouvernements qui étaient plus vigilants, ils se sont rendu compte que le

modèle d'affaires des entreprises pharmaceutiques avait changé et que, donc, il

fallait les accompagner différemment. Alors, une mesure que le gouvernement

libéral aurait dû prendre depuis plusieurs années a été prise dès notre arrivée

pour faire en sorte, par exemple, de hausser

de 17,5 % à 27,5 %, une hausse de 10 points de pourcentage, le taux

du crédit d'impôt remboursable en R&D des activités

biopharmaceutiques qui sont concentrées à bien plus de 50 % à Montréal.

Une mesure majeure pour Montréal.

Création

d'une enveloppe d'appariement de 125 millions de dollars sur cinq ans pour

financer les partenariats de recherche privée-publique dans le secteur

biopharmaceutique. 125 millions sur cinq ans. On a fait ça. Là, on est

arrivés, ça faisait deux mois, et eux, ils

avaient eu neuf ans pour s'ajuster. Ils ne se sont pas ajustés, ils ont laissé

se dégrader l'industrie pharmaceutique.

Nous, on est arrivés, tout de suite on a fait ces mesures-là, et d'ailleurs on

a immédiatement annoncé, l'automne

dernier, un premier investissement, une première suite de cette nouvelle

politique d'aide à la pharmaceutique avec l'investissement de Neomed,

qui est une entreprise qui va regrouper plusieurs pharmaceutiques ensemble pour

développer des molécules pour la suite des

choses. Et je peux vous dire, sans dévoiler de secret, qu'il y aura d'ici

quelques mois plusieurs autres annonces dans

ce sens-là. Il y a eu une annonce sur 10 millions de dollars, hier matin,

sur la question de la santé personnalisée, mais il y en aura plusieurs

autres qui vont montrer qu'enfin nous avons une politique de développement du

pharmaceutique à Montréal, qui va dans ce sens-là.

Il y avait aussi, dans

ce budget, un congé fiscal de 10 ans pour les investissements de plus de

300 millions de dollars, parce qu'on veut relancer le manufacturier,

et particulièrement le manufacturier à Montréal. On avait une enveloppe de 200 millions de dollars pour la

stratégie industrielle, qui va permettre de développer le transport

électrique. Le transport électrique, c'est

beaucoup à Montréal que ça se fait. C'est là que sont les entreprises, c'est là

qu'estBombardier, c'est là qu'est le

matériel roulant. C'est dans la région qui est Novabus, et on voyait hier que

Bombardier va montrer d'ici peu, à l'île Sainte-Hélène, son nouvel autobus

électrique.

Alors,

oui, le budget, ce n'était pas écrit «Montréal», parce que,

lorsqu'on prend des mesures économiques pour

le Québec, on prend des mesures économiques

pour Montréal. Et c'est un des meilleurs budgets pour Montréal qu'on

aurait pu faire en ciblant la relance de l'ensemble de ses milieux et en

attirant l'investissement.

peux vous dire que, lorsque j'étais avec la première ministre à New York, et qu'on

rencontrait des investisseurs, et qu'on leur parlait de ces crédits d'impôt et du

congé fiscal de 10 ans pour les grands investissements, ils étaient très

intéressés et ils prenaient des notes, hein? Ils prenaient des notes. Bon,

alors, ça, c'est ce qui a été fait.

Je reviens sur ce qui

n'a pas été fait et qui aurait dû être fait. Je reconnais, bien sûr, avec le

ministre... avec l'ancien ministre et le député de Mont-Royal qu'en neuf ans de

gouvernement ça aurait été très difficile de ne rien faire pour Montréal et qu'un certain nombre de choses ont été faites, et

je le reconnais, et le député sait que je suis souvent prompt à reconnaître les bons coups. Mais

cependant il faut quand même bien dire qu'un certain nombre de décisions

ou de non-décisions de l'ancien gouvernement

ont freiné le développement de Montréal, et le premier évidemment, c'est

de nous avoir retardés de trois ans dans la lutte à la corruption en refusant

de mettre sur pied une commission d'enquête.

là on a perdu trois ans et on a perdu trois ans non seulement pour mettre au

jour qui sont les crapules, comment ça

fonctionnait, mais on a perdu trois ans aussi d'économie sur le coût des

travaux publics. Oui, des milliards de dollars ont été investis en

infrastructures à Montréal, c'est vrai, ça devait être fait. Bravo! Mais,

cependant, on sait qu'il y a 2,5 % qui

sont allés à la mafia, il y a 3 % qui sont allés à un parti politique et,

parce qu'il y a eu de la collusion, les

coûts ont été gonflés de 15 %, 20 %, 30 %. Mais c'est énorme sur

des milliards de dollars. Alors, le refus du gouvernementprécédent d'agir dès les premiers signes, en 2004,

dès les premiers signes, a coûté des milliards de dollars de trop au

Québec.

le CHUM et le CUSM, écoutez, le CHUM, bravo, il va finir par être construit,

mais les ratés du gouvernement libéral là-dessus, la guerre que se sont livrée l'ancien

ministre de la Santé et l'ancien premier ministre sur l'implantation du CHUM avec, en rôle de soutien, l'ancien premier

ministre libéral, M. Daniel Johnson, qui a torpillé le projet de M.

Charest au profit de... Écoutez, là, on a perdu un temps fou : il serait

ouvert, le CHUM, si ce dossier avait été bien géré par le gouvernement libéral.

Puis,

quant au CUSM, écoutez, là, on voit qu'il y a des gens qui ont été nommés là à

des postes de responsabilité, qui sont maintenant poursuivis par la police. On

aimerait bien pouvoir les accuser au criminel. Alors, je ne dis pas que

tout est mauvais dans ce qui a été fait, mais je dis que, si ça avait été juste

bien, ça irait beaucoup mieux. Alors, ça, c'est une

chose. Et, sur Turcot, la même chose : la lenteur avec laquelle les

décisions ont été prises sur Turcot est vraiment à critiquer.

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, merci, M. le

ministre. Je vais donner la parole au député de Mont-Royal.

Arcand : Bien,

merci, Mme la Présidente. Premièrement, je vais répondre rapidement sur la

question de la corruption parce que je pense

que c'est de plus en plus reconnu maintenant que, si nous avions fait la

commission en 2009, on n'aurait pas trouvé

beaucoup de choses. Et la raison pourquoi aujourd'hui on trouve beaucoup de

choses, c'est que les gens ont

bénéficié, pendant deux ans et demi, d'enquêtes de l'UPAC qui ont fait un

travail très important. Et, si la commission

a de la nourriture aujourd'hui, entre guillemets, si vous me permettez l'expression,

c'est parce que, pendant au-delà de

deux ans, on a eu l'UPAC derrière ça. Alors, ça, je pense que c'est très

important de pouvoir le dire et je pense qu'en bout de ligne ça a été la

bonne décision.

Maintenant,

pour ce qui est de l'industrie pharmaceutique, bien, je dois vous dire que, d'abord,

dès le mois de juin, on avait remis en question justement la règle des 15 ans. Le

problème, ce n'était pas de remettre en question la règle des 15 ans, ce n'était pas de dire : Écoutez,

peut-être que cette règle pourrait être regardée à nouveau, être améliorée.

La réalité, c'est qu'on évaluait à 175 millions de dollars les efforts que

nous voulions pour aider l'industrie pharmaceutique. Ce 175 millions de dollars là aurait pu être retransféré à des jeunes

biotechs ou à d'autres façons de faire, mais vous remplacez globalement une mesure de 175 millions de

dollars par une mesure d'à peu près 20 à 25 millions de dollars par

année. Alors, vous vous retrouvez dans une situation où carrément ces

industries-là sont en péril.

• (15 h 50) •

je vais simplement vous dire essentiellement, actuellement... parce que

souvent, du côté de votre gouvernement, vous

ne semblez pas comprendre qu'il y a de la compétitivité dans l'air un peu

partout, en Ontario, en Colombie-Britannique.

Et ça, c'est seulement le Canada; j'oublie l'Europe et j'oublie les autres

pays. Par exemple, le secteur de la biopharmaceutique

actuellement en Colombie-Britannique, c'est plus d'une centaine de compagnies,

et regardez ce qu'ils font actuellement, ils attirent des

investissements d'au-delà du milliard de dollars. Ils ont des crédits d'impôt

qui sont extrêmement agressifs :

35 % jusqu'à concurrence de 2 millions. Ils offrent des crédits d'impôt

remboursables additionnels de 10 % sur les taxes provinciales pour

les dépenses de recherche et de développement. La Colombie-Britannique est devenue le premier état nord-américain à allouer

un remboursement de taxes corporatives : 75 % jusqu'à

concurrence de 8 millions, etc. C'est

extrêmement agressif. Et ce que les gens nous disent, nous, de façon générale,

c'est qu'on se bat avec un tire-pois, alors qu'on est à la guerre pour

essayer d'aller chercher ces entreprises-là qui font

partie des grappes

industrielles très importantes pour Montréal. Et moi, je dois dire que ces

mesures-là sont certainement insuffisantes et

ne permettront pas de relancer Montréal, alors qu'on avait quand même, durant

les premières années, après 2003, créé des emplois. Évidemment, à partir de 2007-2008, les choses ont été un petit

peu plus difficiles, il y a eu la récession, nous le reconnaissons, mais il y avait quand même là un

incitatif majeur. Alors, ma question, pour ce qui est des

pharmaceutiques : Est-ce que ça va se

limiter à ça ou si vous êtes conscients qu'il y a un problème majeur et vous

allez regarder ça de près pour éventuellement être aussi compétitifs que

la Colombie-Britannique?

La Présidente (Mme

Champagne) : M. le ministre.

M. Lisée : Alors, sur les deux points. D'abord, encore hier ou

avant-hier, à la commission Charbonneau, on voyait

des prises de vue de vidéos de gens qui mettaient des liasses d'argent dans

leurs chaussettes, qui ne viennent pas du travail de l'UPAC, mais qui viennent d'une enquête précédente de la GRC

qui a été disponible pour les enquêteurs si la commission avait été mise sur pied en 2006, ou en 2007, ou en 2008.

Alors, il est complètement faux de dire qu'il est en train de s'installer

l'idée que le gouvernement précédent avait raison de dire qu'une commission d'enquête

serait nuisible, parce que c'est ce qu'il

disait : c'est que ce serait nuisible. Alors, bien au contraire, et à

chaque étape, que ce soit pour la création de l'UPAC, la création de

Marteau, la création de la commission Duchesneau, c'est poussé au pied du mur,

au dernier moment, sous une pression populaire massive que le gouvernement

libéral a agi, alors qu'un bon gouvernement

comme René Lévesque, en 1976, c'est la première chose qu'il a faite, c'est de

nettoyer les écuries d'Augias du financement des partis politiques. Et,

nous, la première chose qu'on a faite, ça a été d'agir là-dessus. Alors, c'est

ça, la différence.

Pour les

pharmaceutiques, je trouve ça très intéressant, ce que le député nous dit de l'agressivité

de la Colombie-Britannique. Mais rien de ça

n'était dans vos budgets. Vous n'avez jamais parlé de faire quoi que ce soit

qui ressemble de près ou de loin à ce que

vous nous dites maintenant de ce qu'il faudrait faire. Et la Colombie-Britannique,

elle fait ça depuis quelques années et elle

n'a pas utilisé la clause des 15 ans, ni l'Ontario. Ils ont compris que ce

n'était pas... ou, en tout cas, ce n'était

plus une bonne mesure. Nous, le Parti québécois, nous étions en faveur de cette

mesure à l'époque où c'était payant. Et, à

partir du moment où ce n'était plus payant, parce que ce qu'on donnait... On

s'imposait de payer plus cher des

médicaments en échange de présence sur le territoire québécois non seulement de

fabrication mais de centres de

recherche en pharmaceutique. Les centres ont fermé. La moitié du contrat n'était

plus satisfaite par l'industrie pharmaceutique, et je ne les blâme pas,

leur modèle d'affaires a changé. Et le gouvernement libéral a été très tardif à

s'en rendre compte et à proposer des mesures.

Vous

nous dites que nos mesures, maintenant, ne sont pas assez agressives. Bien, on

peut en débattre parce que non seulement il y

a ce 25 millions par année, mais le doublement du crédit d'impôt, lui,

peut encourir des sommes considérables. Mais je vous dis : Déjà, on a un

investissement, et il y en a plusieurs autres qui vont être annoncés très bientôt, donc on se

reverra l'an prochain et on fera le bilan ensemble. Mais ce qui est sûr, c'est

que ce qu'il ne fallait pas faire, c'est ce que le gouvernement précédent

a fait.

Je reviens sur Peter

Trent. Oui, j'ai lu son ouvrage très, très intéressant, Folie des

grandeurs ― Fusion et défusions à Montréal . Donc, il y en a pour

tout le monde, et moi, je suis content de ne pas avoir été là pendant le processus des fusions. Je l'ai dit précédemment,

je pensais que ce n'était pas une bonne idée et j'ai trouvé que la façon

dont les défusions ont été faites aussi

était particulièrement contestable. Mais ce que dit M. Trent à la fin de ce

livre qu'il écrit avant la prise du pouvoir par le Parti québécois, c'est

que le gouvernement du Québec, donc du Parti libéral, a abandonné Montréal. C'est ce qu'il dit : Il a abandonné Montréal.

Le Parti québécois, au moins, avait un ministre de la métropole. Ensuite, le ministre de la métropole,

ça a été quelqu'un de Gaspésie, Mme Normandeau, qui a beaucoup d'atouts

mais qui n'est pas... n'avait pas l'atout d'être une ministre montréalaise. Et,

à la fin, ça a été un de mes compatriotes thetfordois — je

suis Montréalais d'adoption, mais Thetfordois d'origine — donc le

député de Frontenac, qui était ministre des Municipalités, de la Chasse et de la Pêche, et de Montréal, mais il

était à Thetford Mines. Alors, pour Peter Trent, l'abandon absolu de Montréal par le gouvernement du Parti libéral ne

fait aucun doute. Et j'ai beaucoup de respect pour les tentatives qu'a faites le ministre... le

député d'Outremont, qui était désigné ministre politique pour la région de

Montréal, mais qui n'avait ni le statut ni les moyens d'intervenir au-delà de sa

valeur personnelle.

Alors,

ce qui a été changé : la première ministre Marois a décidé de désigner un

ministre responsable de Montréal, de lui accorder la responsabilité de la totalité

de la région métropolitaine — il y

a d'autres ministres politiques, mais ils sont...

ils travaillent en concertation avec le ministre de la région métropolitaine — de dégager

des sommes pour le Secrétariat à la métropole et de redonner enfin de la

cohérence à l'action montréalaise. Et Peter Trent, puisqu'il faut le citer, lui,

déclarait qu'il était très heureux de la vision que je projetais pour l'avenir

de Montréal.

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, la parole est au

député de Mont-Royal.

Arcand : M. le

député, vous dites ça sans rire, je suis un peu étonné. Quand vous parlez du

députéd'Outremont,

écoutez, le député d'Outremont était ministre des Finances, ministre du Revenu,

ministre responsable. Ça vous prend

quoi, ministre responsable de la région de Montréal? C'était le superministre

qui était justement en train de travailler

sur un ensemble de dossiers montréalais. Alors, je ne sais pas qu'est-ce que ça

vous prend. Et est-ce que c'est un défaut? Si je comprends bien, qui

négocie actuellement le Grand Prix? Pour vous, je pense que c'est le ministre

de Matane. Est-ce que moi, je vais dire que, parce que le ministre vient de

Matane, bien, le Grand Prix ne va pas bien se négocier?

Je veux dire, à un moment donné, il faut quand même être sérieux sur ce genre

de chose là. Et tout le monde reconnaît les efforts qui ont été faits du

côté de Montréal, les sommes colossales qui ont été investies.

Et, quand

malheureusement, dans le livre, en tout cas, de M. Trent, il parle de ce

problème-là, en fait, c'est probablement en

grande

partie la faute de la ville de Montréal qui ne va pas suffisamment

sensibiliser les fonctionnaires de l'État

québécois sur les problèmes criants de Montréal. Ce n'est pas juste une

question politique, il le définit d'ailleurs très bien et il répète à satiété que c'est une attitude de la part des

fonctionnaires de l'État québécois, fonctionnaires qui souvent traitent

Montréal comme n'importe quelle autre municipalité.

Alors,

ça me fait rire de voir un peu cette espèce d'attitude parce que, s'il y a

quelque chose qui a été très clair, s'il y a des investissements qui ont été massifs

au cours des dernières années, c'est bien les investissements que nous

avons faits du côté de Montréal. Mais je

réponds... j'aimerais encore être très clair avec vous : Est-ce que vous

croyez sincèrement qu'avec ce que vous avez actuellement au niveau de l'industrie

pharmaceutique vous êtes en mesure de faire une compétition à tout ce qui se

fait aux États-Unis, à Toronto, à Vancouver et un peu partout en Amérique du

Nord, sans compter, bien sûr, l'Europe?

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, M. le ministre,

en trois minutes.

Lisée : Trois

minutes. Moi, je cite Peter Trent. Alors, la liste du rapetissement de l'importance

politique de Montréal

dans le cabinet de Charest, que je viens de faire, je paraphrase au mot près ce

qu'a dit Peter Trent dans son livre. Vous pouvez être en désaccord avec

lui, mais, puisque c'est vous qui l'avez d'abord cité, il faut dire que c'est

ce que Peter Trent dit de la considération qu'avait le gouvernement libéral

pour Montréal.

Maintenant,

vous donnez l'exemple du ministre délégué au Tourisme, qui pilote effectivement

le dossier du Grand Prix. J'en parlais encore avec lui ce matin, donc nous sommes très, très

arrimés à cette négociation. Mais il ne passerait jamais par la tête de la première ministre de

désigner quelqu'un de l'extérieur de Montréal pour s'occuper de

Montréal. M. Bachand a fait... M. le député

d'Outremont a fait le maximum, mais il n'avait ni le statut, ni le pouvoir, ni

la capacité d'intervenir parce que c'était

le ministre des Affaires municipales qui avait ces leviers. Alors, il faisait

ce qu'il pouvait, mais il n'avait pas

cette autorité. Le gouvernement Charest avait envoyé le signal que cette

autorité n'existait pas. La métropole n'était pas dans la structure

gouvernementale, et nous avons ramené la métropole dans la structure

gouvernementale.

Pour

ce qui est du pharmaceutique, écoutez, je reviens à la même réponse :

déjà, les mesures que nous avons prises, qui

sont quand même infiniment meilleures que l'absence de mesure, qui était le cas

quand on est arrivé, ont déjà donné un résultat avec neomex, va donner d'autres

résultats. Je sais, parce que je suis au comité sur la prospérité, que des

dossiers sont en cours de ficelage pour des annonces bientôt sur l'île de

Montréal et je vous donne... je donne rendez-vous aux députés de Montréal aux

crédits de l'an prochain pour qu'on fasse ce bilan ensemble.

Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le ministre. Alors, en une minute, M. le

député de Mont-Royal.

• (16 heures) •

M. Arcand : Bien, je pense que, premièrement, le

ministre semble avoir une drôle d'attitude. Je pense que, quand on est ministre des Finances, quand on est ministre

du Revenu, quand on travaille avec les différents ministres du gouvernement, que c'est un travail d'équipe, je

pense qu'on est assez puissants pour être capables d'infléchir en très

grande partie... qu'on est membres du Comité

des priorités, je pense qu'on est capables d'infléchir pas mal de choses au

niveau gouvernemental. Et d'ailleurs je

pense qu'avec la liste que je vous ai lue ce matin vous pouvez quand même être

rassuré : les résultats sont là et sont des résultats très importants.

Et j'aimerais que vous prépariez votre

réponse — parce qu'il n'aura pas, probablement, le temps de

répondre — maison va

parler, dans la deuxième partie, du jeu vidéo. Vous aviez promis, le 5

novembre, qu'il y aurait des mesures pour l'industrie du jeu vidéo, et

il n'y a rien. Il n'y en a pas. Et, là aussi, comme dans le secteur

pharmaceutique, on est en présence d'une

lutte très féroce entre les Américains, entre les Canadiens anglais, entre les

Européens pour savoir qui va être déterminant au niveau de l'industrie

du jeu vidéo. Alors, pour la prochaine fois, vous pourrez répondre :

Est-ce qu'il va se passer quelque chose au

niveau de l'industrie du jeu vidéo? Est-ce que cette industrie-là va être

supportée par le gouvernement du Québec?

Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le député de Mont-Royal. Alors, c'est sûr que

la question... la réponse à la question va venir dans un deuxième bloc avec l'opposition

officielle, et c'est une question qui va intéresser de nombreux adeptes

de jeux vidéo, bien évidemment, dont mon petit-fils. Alors, je vais passer la

parole au député de Sainte-Marie—Saint-Jacques pour un beau 23 minutes d'échange

avec le ministre.

Breton : Merci,

Mme la Présidente. D'entrée de jeu, je voudrais saluer tout le monde : le

ministre, le député de La Prairie, le

député de Mont-Royal, mes collègues.

J'abonde

dans le même sens que le ministre. Je suis tout aussi estomaqué que lui lorsqu'on

vient nous dire que le fait d'avoir refusé qu'il y ait une commission d'enquête publique, c'était

une bonne décision. Celle-là, je la trouve assez particulière mais je ne

reviendrai pas là-dessus parce que vous avez dit de façon tout à fait éloquente

ce que je pense.

Je voudrais revenir

sur ce que le député de La Prairie a dit tout à l'heure par rapport à la

place du français à Montréal, qui est une préoccupation. Évidemment, c'est une

préoccupation de tous ceux qui ont à coeur l'avenir francophone de Montréal. Et je vais rappeler aux bons souvenirs du

député de Mont-Royal et de tous les gens qui écoutent ici qu'en avril 2004 il y avait eu, de la part du

gouvernement précédent, des coupures de 20 millions de dollars dans

les cours de francisation aux immigrants, qu'il y a eu des coupures successives

au fil des ans, que le 12 avril 2010... le 11 avril 2010, en fait, il y avait

200 moniteurs en francisation qui voyaient leurs postes abolis parce qu'on

avait aboli 31 classes de francisation des immigrants, à Montréal

particulièrement. En 2012, on a fait d'autres coupures dans les cours de francisation, mais, la même année, le

gouvernement fédéral donnait 4 millions de dollars à des groupes qui

avaient comme mission de faire la promotion de l'anglicisation de Montréal et

de l'anglicisation du Québec. Donc, je dois avouer

que votre préoccupation est réelle, et ça fait

partie des enjeux dont le

ministre de la métropole parle et sur lesquels on veut se pencher.

Maintenant,

revenons à Montréal. Je suis né à Montréal, j'ai vécu la très grande majorité

de ma vie à Montréal, je suis député d'une circonscription de Montréal. Et

on parlé tout à l'heure... C'est M. le ministre qui parlait de Montréal

la résiliente. S'il y a une personne qui peut parler de résilience, c'est bien

moi. J'ai l'impression de me retrouver dans la personnalité de Montréal. Et j'ai vraiment l'impression que, si Montréal

a été aussi résiliente, si Montréal ne va finalement pas si mal que ce que beaucoup veulent le faire

croire... Je voudrais revenir sur ce que le député de Mont-Royal a dit

quand il parlait de manque de connexion avec

la réalité de la vie par rapport à ce que le ministre de la métropole disait.

Moi, je vais vous dire une chose : Si on veut parler de connexion avec la

réalité de la vie, lorsque le ministre... le député de Mont-Royal a parlé d'investissements majeurs faits pour Montréal... Moi,

si je pense au CHUM, qui a été un dépassement budgétaire très important,

si je pense au CUSM, qui est un scandale, si je pense à Turcot, qui a eu des

dépassements faramineux, on est passé de

1,5 milliard à 3,6 milliards... C'est drôle, je n'ai pas entendu

parler de l'îlot Voyageur, par contre, de la part du député de

Mont-Royal, je ne sais pas pourquoi.

Mais

une chose que je peux dire, c'est que... Ah oui! Je pourrais parler aussi du

Train de l'Est, que certains ont qualifié de train de la corruption. Je pourrais en

rajouter d'autres. Ça, on n'appelle pas ça des investissements, on

appelle ça du gaspillage. C'est beau d'investir

de l'argent pour des infrastructures, mais il faut le faire de façon

responsable, et tout ça a été fait de façon totalement irresponsable.

Donc, la lutte à la corruption fait évidemment

partie des enjeux de Montréal, c'est clair, et c'est pourquoi je suis

tellement fier que notre gouvernement ait fait de ça une priorité. On

parle de corruption, de collusion, de

copinage, de patronage, il faut ajouter à ça de l'improvisation de la part du

gouvernement précédent.

Comme

député de Sainte-Marie—Saint-Jacques, une chose est sûre, c'est qu'on est à l'aube

de la revitalisation, on essaie, on veut revitaliser le Quartier latin. Le Quartier latin,

sachez-le, en arrache. Mettez-vous à la place de quelqu'un qui reste

dans le centre-ville de Montréal et, pendant des mois, on dit dans les médias :

Ne venez pas à Montréal. On entendait ça, dans les bulletins de nouvelles, à

cause des ponts qui étaient en construction. Ça, je veux rappeler au bon

souvenir du député de Mont-Royal qu'en 2001 il y a eu la commission d'enquête

Nicolet, dont la mission était quoi? De trouver les meilleurs moyens d'avoir

accès entre Montréal et la Rive-Sud. L'étude a été publiée en 2003, qui disait :

Il faut accélérer le développement ou encore les réparations des

infrastructures déficientes pour l'accès Montréal—Rive-Sud.

On se retrouve, en 2010, ça commence à tomber. Pourquoi? Parce qu'ils n'ont

rien fait pendant des années, et donc

on se retrouve à la fin de la première décennie du XXIe siècle dans une

situation où on dit aux gens de ne pas venir à Montréal. On dit aux gens :

Ça va être l'enfer, ça va être le bordel. Et, effectivement, régulièrement, c'était

l'enfer et le bordel à cause du festival des cônes orange un peu partout.

Ajoutons

à cela tout le mouvement étudiant. Comme député de Sainte-Marie—Saint-Jacques,

on a eu plus d'une centaine de manifestations à tous les jours dues à la crise

étudiante créée de toutes pièces par le gouvernement précédent. Ça, ce n'est pas tellement un incitatif pour les gens qui

sont de l'extérieur de Montréal de venir faire un tour dans le Quartier latin, c'est la moindre des

choses. Donc, si on rajoute tout ça, maintenant, parlons de l'îlot

Voyageur, l'îlot Voyageur qui devait coûter 320 millions, qui a fini par

en coûter 500. Mais, avec 500 millions, on n'a pas une résidence

étudiante; zéro. J'ai nommé ça, de façon un peu dérisoire, mon étagère IKEA à

300 millions parce qu'on a un garage

puis, en haut, on a des structures comme ça. Ce désastre-là, parce qu'il faut

le qualifier de désastre, est-ce que vous avez des projets, M. le

ministre, pour relancer ce secteur névralgique du Quartier latin? Parce qu'on a

besoin de logement social, on a besoin de logement étudiant, on a besoin de

relancer le Quartier latin et tout ce quartier-là.

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, M. le ministre,

allez-y.

• (16 h 10) •

Lisée : Merci,

Mme la Présidente. Merci au député de Sainte-Marie—Saint-Jacques qui... C'est

chez vous, l'îlot

Voyageur, c'est le député qui voit comment cette structure, qui était une

structure qui devait prolonger la revitalisation de ce coin de Montréal, qu'on avait lancé avec Lucien Bouchard et la

Grande Bibliothèque, qui a vraiment redonné un élan... Et on regardait

de l'autre côté de la rue. Il dit : Mais il faudrait faire quelque chose,

et ce dossier a été géré de façon catastrophique.

comprends qu'à l'origine ce n'est pas le ministre libéral de l'Éducation qui

était responsable. Et il y a un moment où il a pris le dossier en main, et rien ne s'est

produit, ça a comme empironné, comme disait ma tante, ça a empironné. Et

puis c'est devenu comme... Enfin, les plus

vieux d'entre nous se souviennent du complexe Guy-Favreau. Bien, aujourd'hui,

il y a un bel édifice. Mais, pendant des années, c'était un trou, c'était le

trou Guy-Favreau. On avait honte, comme Montréalais, de ce trou, et là la honte

s'est déplacée. Et donc moi, j'ai su, parce que je me suis intéressé au

dossier, évidemment, que même la ville de

Montréal avait offert au ministre des Finances précédent de reprendre le projet

pour en faire... et le ministre des Finances a dit : Non, ça ne nous

intéresse pas. Nous, on veut le mettre sur le marché. Alors, il n'y avait pas

de volonté d'essayer d'inventer quelque chose à partir de ce désastre.

après notre arrivée au pouvoir, évidemment, la discussion pour la vente avait

progressé. La décision avait été prise juste avant notre élection, alors qu'on

aurait pu attendre un petit peu. Il y avait... il était pour y avoir un

nouveau gouvernement, peut-être le même,

peut-être un autre, mais il y a eu beaucoup de décisions qui ont été prises

juste avant l'élection. Et un

promoteur s'est présenté avec une proposition et un groupe d'architectes, de

designers, un groupe associatif, qui

s'appelle UTILE, qui s'est présenté en disant : Hé! Un instant, là! Est-ce

que nous, qui sommes dans le tissu urbain de cette région, pourrions avoir voix au chapitre? Est-ce que nous

pourrions participer à la relance de l'îlot Voyageur, essayer de

transformer cet édifice de la honte en un édifice de la rencontre? Et le député

de Sainte-Marie—Saint-Jacques a tiré bien fort sur les oreilles de deux ou

trois ministres pour dire : Il faudrait que ça se fasse... il faudrait au

moins regarder, il faudrait au moins regarder.

bien, c'est ce qu'on va faire, c'est ce qu'on va faire, on va regarder. Alors,

le président du Conseil du trésor a donné au ministre de la métropole le

mandat de réunir les acteurs autour d'une table pour voir s'il peut y

avoir une conciliation des projets entre

celui du promoteur, celui du groupe UTILE, les visions gouvernementales, les

visions de la Société immobilière du

Québec pour essayer d'en venir à quelque chose de bien, pas quelque chose dont

on se débarrasse, quelque chose de

bien. Et, dans les jours qui viennent, donc une rencontre doit avoir lieu pour

essayer de concilier ces différents projets, et je peux vous dire qu'en

tant que ministre de la métropole ça m'intéresse de faire en sorte qu'on

transforme ce désastre en quelque chose de bien pour le Quartier latin et pour

la région.

Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le ministre. Alors, M. le député de

Sainte-Marie—Saint-Jacques, il reste 10

minutes.

M. Breton : 10 minutes?

La Présidente (Mme

Champagne) : À ce bloc, là.

Breton : À ce

bloc. Écoutez, dans la revitalisation du Quartier latin, pour continuer un peu

sur le thème, vous avez certainement entendu

parler du programme particulier d'urbanisme de l'arrondissement Ville-Marie.

Vous avez quelqu'un assis à votre droite qui

a travaillé fort pour faire en sorte que ce soit un succès. Je veux, on veut

que ce soit un succès, parce que,

sachez-le, le Théâtre Saint-Denis va avoir 100 ans bientôt. Et la situation du

Quartier latin est assez préoccupante qu'il y a des rumeurs de fermeture

de ce vénérable théâtre.

Et donc, moi,

entendant ça, sachant à quel point ça fait partie, à mon avis, des, comment

dirais-je, bases de patrimoine importantes

du Québec... Le Quartier latin, on ne l'appelle pas le Quartier latin pour

rien. La rue Saint-Denis en arrache.

Le Quartier des spectacles... Je dois donner au gouvernement précédent le

crédit du travail qui a été fait avec la

partie ouest, dans le fond, du Quartier des spectacles. La

partie est,

maintenant, doit aller de l'avant avec quelque chose de visionnaire, de

positif.

Il ne faut pas oublier

une chose, c'est que, lorsqu'on combine deux choses, c'est-à-dire que, si on

avait eu la fameuse augmentation des frais de scolarité étudiante de 82 %

du gouvernement précédent, si on était allés de l'avant avec ça, et qu'on compte, par-dessus ça, le fait qu'on n'a pas les

fameux logements étudiants dont on avait besoin dans l'îlot Voyageur, la pression à la hausse sur le

prix du logement dans le centre-ville de Montréal devient exponentielle,

d'où l'intérêt encore plus grand d'avoir du logement étudiant abordable.

Moi, je suis de ceux — parce que j'ai étudié à l'UQAM — qui

pensent que cet édifice-là doit absolument...

on doit absolument trouver une solution, M.

le ministre. On ne peut pas, comme vous le dites, faire de ce projet-là

quelque chose dont on se débarrasse, parce

que tout ça s'intègre aussi dans un cadre plus large, pour Montréal, dans la

politique de l'itinérance. Parce qu'écoutez,

vous le savez, juste à côté de l'îlot Voyageur, il y a le parc Émilie-Gamelin.

Juste à côté de l'îlot Voyageur, il y

a La Maison du Père, il y a l'Accueil Bonneau, il y a le Old Brewery Mission.

On a beaucoup de gens qui sont dans

des situations de précarité énorme. Donc, tout ça doit s'inscrire... Si on n'a pas

un îlot Voyageur en santé, qui peut

accueillir des étudiants à prix abordable, ces gens-là vont rester où? Ils vont

aller rester dans d'autres logements. Ces autres logements là vont

mettre une pression à la hausse sur le prix du logement dans le quartier, qui

va faire en sorte d'augmenter la précarité et les potentiels d'itinérance dans

le comté. Donc, j'espère, je veux, je sais, vous allez faire que vous ne vous

débarrasserez pas de ce projet-là. Je dois vous avouer que, lorsque j'ai

constaté à quel point la situation était périlleuse, quand j'ai vu, avant le

début de la campagne électorale, quelques jours à peine avant, qu'on avait mis

en vente le projet de l'îlot Voyageur, je vais vous avouer, j'étais estomaqué.

Donc, dans le cadre de

tout ça, la politique de l'itinérance et l'îlot Voyageur, les deux doivent être

attachés. Est-ce que vous pourriez élaborer un petit peu là-dessus?

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, M. le ministre,

allez-y.

M. Lisée : J'ai combien de temps, Mme la Présidente?

La Présidente (Mme

Champagne) : Pardon?

M. Lisée : Combien de temps?

La Présidente (Mme

Champagne) : Vous avez au moins...

pas loin de 10 minutes.

Lisée : C'est

bien. Alors, comme vous le savez, on s'est engagés. Sur l'îlot Voyageur, le

travail est en train de se faire, et je pense qu'il faudra concilier la

volonté du promoteur d'avoir des logements qui vont lui permettre de

financer son investissement, la volonté du

groupe UTILE d'avoir des résidences étudiantes et également d'avoir du logement

social qui pourrait alléger un peu les

problèmes d'itinérance, qui sont très larges. Quelques mesures d'itinérance

sont en voie de préparation dans l'avenir

immédiat, des mesures de santé pour les personnes en crise qui sont en voie d'élaboration

et qui sont prises tout de suite, mais,

comme vous le savez, comme le sait le député, le Parti québécois s'est engagé à

proposer une politique nationale de l'itinérance, qui est en voie d'élaboration

et qui arrivera bientôt.

faut savoir que, lorsqu'on parle de l'avenir de Montréal, il y a les grappes

industrielles, il y a les grands projets, il y a le Quartier des spectacles, il y a le

Quartier latin, il y a le quartier des métiers, il y a la Cité des métiers, il

y a le Quartier de l'innovation, entre McGill et l'ETS, il y a le

quartier du havre, il y a Griffintown. Le nombre de projets localisés dans

Montréal est très grand, c'est-à-dire il y a une volonté... Et, moi, ce que j'ai

trouvé en tant que ministre de la métropole,

la première chose que j'ai faite, c'est rencontrer plein, plein, plein de gens — des gens d'affaires, des entrepreneurs, des entrepreneurs sociaux, des entrepreneurs culturels,

des gens qui s'occupent de gens de la rue, des maisons d'hébergement — pour essayer d'avoir, bien que

Montréalais depuis 1976 avec une interruption d'une dizaine d'années... pour avoir une meilleure

connaissance de cette ville qui est... sur laquelle on peut apprendre

constamment, et j'étais inquiet, pour reprendre le terme que le député de

Mont-Royal utilise parfois — mais pas encore aujourd'hui, je le salue

pour ça...

Une voix : ...

Lisée : J'étais

inquiet, je pensais que ce genre de morosité ambiante pousserait les

Montréalais à se désengager de l'avenir de leur ville. Mais ce que j'ai

trouvé, ce sont des gens frustrés, impatients, mais profondément engagés

dans l'avenir de leur ville, des gens qui veulent que ça marche, qui ont des

projets, qui ont des idées, qui se réunissent, qui se concertent, qui développent des tas de projets et d'idées et qui,

chacun dans leur coin, essaient d'améliorer la ville. Alors, ça, c'est une très bonne nouvelle. C'est qu'il n'y

a pas... il doit y en avoir, mais les Montréalais ne sont pas des

décrocheurs de Montréal. Ce sont des gens

engagés dans la ville de Montréal, ils veulent que ça marche. Ça, c'est la

première chose.

ça, c'est très bien, mais il faut savoir aussi que Montréal est un genre de

lieu de transit. Il y a énormément de gens qui viennent à Montréal pour prendre l'ascenseur

du savoir dans les universités — une très grande ville

universitaire, c'est essentiel, de

recherche — qui viennent à Montréal pour avoir des premiers emplois

et qui ensuite quittent Montréal pour

faire autre chose en région, en banlieue, ou certains quittent le pays pour

quelques, d'autres reviennent, et ça, c'est les mobiles. Alors, évidemment, notre objectif, c'est de retenir sur l'île

de Montréal davantage de mobiles, on ne peut pas tous les retenir, parce

que c'est la nature même d'une métropole d'avoir une population de transit,

mais de retenir plus de familles, et on en parlera sûrement tout à l'heure.

• (16 h 20) •

Mais il y a aussi les captifs de Montréal,

parce qu'il y a une

partie des gens qui sont en détresse dans des régions de Montréal, qui viennent à Montréal pour

installer leur détresse. Alors, il y en a une

partie qui réussissent à s'en

sortir, mais il y en a une

partie qui ne

réussissent pas, et eux, ils restent là, et de penser que Montréal peut être un

succès sans agir contre la détresse montréalaise,

c'est s'illusionner, hein? Montréal doit être aussi le lieu où on peut sortir

de la détresse, et ça, les mesures

sur l'itinérance, les mesures sur la santé et sécurité, les mesures que le

ministre de la Santé va introduire sur les soins à domicile, ce sont

toutes des mesures qui vont dans ce sens-là, mais il est clair pour moi que,

quand on regarde l'ensemble

des budgets, il me semble que, compte tenu de la concentration de la détresse à

Montréal, il devrait y avoir, dans

les années à venir, un réajustement des ressources pour faire en sorte qu'on

soit à la hauteur des problèmes. On est arrivé il y a cinq mois à peine

et on a vu qu'il y avait une divergence entre les besoins et les budgets. Je

pense que là-dessus il faudra travailler dans les conditions financières

difficiles pour corriger ça.

Donc, il faut redonner espoir pas seulement

aux investisseurs, oui, pas seulement aux entrepreneurs, oui, mais redonner espoir

aussi à tous les Montréalais, et aller même au-delà et penser Montréal maintenant

comme la métropole, avoir une

identité métropolitaine qui inclut les couronnes, qui inclut Laval, qui inclut

Longueuil. On le sait bien, ça va prendre

du temps, ça va être à intensité variable, mais les gens sont de Rosemont et de

Montréal, les gens peuvent être de Longueuil et de Montréal, Montréal

étant vu comme une métropole. Et la capacité des élus montréalais, ces

dernières années, au sein de la CMM, d'arriver

à des grands consensus sur le plan métropolitain d'aménagement durable entre

autres, mais pas seulement sur des enjeux de transport en commun, est une très

agréable surprise à certains qui pensaient que

les batailles de clocher allaient constamment empêcher des consensus. Mais il

est en train de se développer, au niveau des élus, au niveau des décideurs économiques, une conscience

métropolitaine, et je pense que c'est là-dessus qu'il faut jouer pour l'avenir, et le gouvernement du Parti

québécois a l'intention de susciter cette identité métropolitaine pour faire

en sorte de tirer les énergies de toute la métropole dans le même sens.

Et d'ailleurs, lorsqu'on parle d'investissement

pour Montréal, nous avons annoncé récemment un

investissement important sur le plan métropolitain d'aménagement durable, la

trame verte, la trame bleue, des équipements qui traversent plusieurs

municipalités de la métropole et qui permettent aux citoyens de goûter la

variété en passant en canot, en vélo, en

sentier pédestre, d'un endroit à l'autre, en traversant, s'ils en ont le temps,

la totalité de la région. Alors, c'est

le genre de chose que nous voulons faire pour transformer, y compris l'état d'esprit

des citoyens de la métropole, et se

rendre à — on a une date, on en parlera peut-être tout à l'heure — 2017,

Montréal 2017. On a une date devant nous qui est le 50e anniversaire de l'Expo, 375e anniversaire de la fondation de

Montréal et qui nous appelle comme un défi, parce que Montréal, en 2017, va être capable de

retrouver sa fierté, comme Québec l'a fait pour son 400e anniversaire.

Alors, c'est bien qu'on ait cette date

devant nous. Elle n'est pas trop éloignée, elle n'est pas trop proche. On a le

temps de travailler puis on a le

temps de se mobiliser aussi autour de ça, et dans des discussions dans tous les

projets, que ce soit le Parc olympique, l'Espace pour la vie, les gens

commencent à réfléchir. Est-ce qu'on va être prêts pour 2017? Qu'est-ce qu'on

peut faire pour 2017 pour avoir des choses en 2015, en 2016 et en 2017? Il y a

un genre de mobilisation qui est en train de sourdre, et ça, ça me rend

montréalo-optimiste.

Présidente (Mme Champagne) : Merci M.

le ministre, merci. Il reste tout juste une petite ministre. Peut-être

entreprendre une question dont la réponse viendra plus tard?

M. Breton : Non. En fait, je vais avoir une autre

question plus tard, mais je vais finir en disant que moi, j'ai grandi avec M. Drapeau,

qui était très fier d'être Montréalais, qui considérait presque les autres

villes comme des banlieues de Montréal

un peu partout dans le monde. Je dois vous dire que je sais combien Montréal a

été entachée, salie dans l'opinion publique à travers le Québec, et ça

me fait grand plaisir d'entendre votre montréalo-optimisme, M. le ministre,

parce que je l'ai vue souffrir et je la vois

se relever. Je la vois se relever avec une nouvelle administration de Montréal,

je la vois se relever avec des gens

qui sortent d'une crise étudiante qui a laissé des cicatrices dans le

centre-ville de Montréal, mais avec

une jeunesse, comme les gens du groupe UTILE, qui veulent dire : On va

arrêter de se faire traiter de chialeux, on propose quelque chose de

positif avec le PPU du Quartier latin. Moi, je suis aussi optimiste que vous

pour Montréal et je veux contribuer à ça. Merci beaucoup.

Présidente (Mme Champagne) : Merci,

M. le député. Merci. Dans les temps, parfaitement. Mais quelle discipline! Je n'en

reviens pas. Alors donc, nous allons passer maintenant à l'opposition

officielle pour un bloc de 22 minutes cette fois-là.

Arcand : Ah bon? Ce n'est pas la CAQ,

là, c'est à...

Présidente (Mme Champagne) : Non,

pour le moment, c'est vous. Suite à ça, ça va être la Coalition avenir du

Québec.

Arcand : Très bien.

Présidente (Mme Champagne) : Deuxième

groupe d'opposition.

M. Arcand : Merci beaucoup, Mme la Présidente.

Alors, nous parlions tout à l'heure de l'industrie pharmaceutique. Juste pour vous donner

quelques chiffres, M. le ministre, de 2002 jusqu'à 2010, on me dit que l'industrie

pharmaceutique, même si ça a baissé dans les

dernières années, investit 4,6 milliards de dollars à Montréal, et ça a

coûté au gouvernement au total, l'ensemble

de ces mesures-là, près d'un demi-million. Alors, je pense que ce n'est pas un

mauvais investissement. Et ce que l'industrie,

aussi, semble reprocher beaucoup à votre gouvernement, ce n'est pas tellement d'avoir

enlevé la règle du 15 ans, c'est de

ne pas l'avoir remplacée par quelque chose de stimulant, d'une part. Et, d'autre

part c'est coutume, à tout le moins

lorsqu'on a une nouvelle mesure, on attend six mois, un an avant de... pour

laisser le temps aux entreprises d'absorber ces coûts-là. Dans le cas

qui nous préoccupe, le budget a eu lieu autour du 20 novembre, autour de ça,

et, le 14 janvier, c'était fini. Alors, il n'y a pas eu beaucoup de

délais, ça a été immédiat, et ça, ce n'est pas une façon qui se fait

normalement.

Maintenant,

je veux revenir sur la question du jeu vidéo parce que, là aussi, il y a une

concurrence féroce. Est-ce que vous allez

arriver... Vous aviez promis... Dans un discours que vous avez fait le 5

novembre, vous aviez promis : Alors, Montréal va avoir des mesures

importantes, et puis on va continuer, puis, dans cette industrie du jeu vidéo

qui emploie 6 000 personnes à Montréal,

on va faire quelque chose, etc., et il ne s'est rien passé. Alors, j'aimerais

savoir : Pourquoi il ne s'est rien passé et est-ce qu'il va se

passer quelque chose?

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, M. le ministre.

Lisée : M. le

Président, je connais la rigueur du député de Mont-Royal, nous avons travaillé

ensemble au siècle dernier, et j'aimerais qu'il

me dise précisément la citation à laquelle il fait référence pour dire que j'ai

dit quelque chose qui n'a pas eu lieu.

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, M. le député de

Mont-Royal.

Arcand : Oui, si

vous me donnez quelques instants, je vais vous sortir ça. Ça ne sera pas tellement long. C'est un

article que j'avais

ici, du Journal de Montréal , et qui disait essentiellement que vous

étiez sur le point de... Vousavez

dit : Il y a des nouvelles mesures qui s'en viennent. Alors, si vous me

donnez quelques instants, je vais vous la trouver pendant que vous

répondez à ma question.

M. Lisée : Prenez tout votre temps.

Arcand : Oui,

mais vous pouvez répondre à la question : Sur les jeux vidéo, qu'est-ce

que vous allez faire?

Lisée : Bien, j'ai...

puisque vous dites qu'il y a une contradiction entre ce que j'ai dit et ce qui

a été fait ou pas fait, je voudrais bien

établir les faits.

La Présidente (Mme

Champagne) : Oui, je comprends que M.

le ministre entend... veut entendre la phrase textuelle.

M. Arcand : Je vais finir par la trouver.

Présidente (Mme Champagne) : Est-ce qu'on peut aller vers, peut-être, une autre

question en attendant, quitte à y revenir tout

à l'heure?

M. Arcand : Bien sûr.

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, M. le député de

Mont-Royal, allez-y.

• (16 h 30) •

Arcand : Oui.

Alors, moi, la question que j'aimerais vous poser, c'est sur vos relations avec

les anglophones. Ça, c'est une question qui est très intéressante. Vous avez dépensé

20 000 $ pour les anglophones pour un «jingle» ou

une ritournelle, si vous me permettez l'expression française. Le problème que j'ai

avec ce que vous faites, c'est que vous tendez

la main, ce qui est une très bonne chose, mais, malheureusement, le reste ne

suit pas. Et je dirais même que ça devient un peu difficile pour vous actuellement. Je pense que vous avez des

visées futures, vous voulez être un homme d'État, vous voulez être...

Et, évidemment, quelqu'un qui a des visées comme ça, c'est quelqu'un qui doit d'abord

être un bon rassembleur et doit être, si on veut, tolérant, doit absolument

avoir une certaine tolérance. C'est ce que vous avez pratiqué avec la communauté anglophone. Le problème, c'est que la

communauté anglophone n'est pas nécessairement dupe. Elle est d'accord avec une ouverture que vous faites, bien sûr,

mais là où ils ont un problème, c'est qu'ils disent : En général, quand il s'agit de dossiers de l'est de

Montréal, le ministre est beaucoup plus enthousiaste. Quand on arrive

dans l'ouest de Montréal, là on dirait que

les dossiers au gouvernement du Québec sont plus difficiles, on ne sait pas

pourquoi. Le Train de l'Ouest, c'est remis,

les études, la 440 pour Kirkland, Roxboro, c'est remis. Le projet Cavendish où

il y avait des résolutions de la ville de Montréal, on a dit... Le maire

Applebaum a dit : Bien, le gouvernement du Québec vient de changer, ça ne semble pas... ils ne veulent pas

nous aider au niveau du financement, etc. Toute l'industrie

pharmaceutique dont on a parlé, c'est

surtout situé dans l'ouest de Montréal. On dirait qu'on est frileux au niveau de

l'ouest de Montréal.

Alors,

ma question, c'est : Comment vous pouvez dire que vous allez aider la

communauté anglophone, alors que tous les

projets qui sont situés dans l'ouest de Montréal semblent avoir de la

difficulté à fonctionner? Est-ce que c'est un hasard? Est-ce que c'est une

réalité?

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, M. le ministre.

Lisée : C'est

simplement faux. C'est simplement faux. Et d'ailleurs je suis content que vous

parliez des projets de l'ouest de Montréal parce que je m'y intéresse et je suis assez

atterré par ce que le gouvernement précédent y a fait. Eh oui! Qu'est-ce

que vous voulez! Il faut fonder...

Une voix : ...

M. Lisée : Bien, vous allez me le dire, hein,

parce que, par exemple, pour la 440, excellent projet qui avait été annoncé, qui n'avait

pas été budgété... Il n'a pas été budgété. Vous l'avez annoncé à nos amis des

villes anglophones, mais vous ne l'aviez pas mis dans le projet d'infrastructures,

projet québécois d'infrastructures. Et, lorsqu'on arrive, on dit : Bon, bien, très bien, ils ont annoncé

tout ça, alors on suppose que c'est ficelé, on suppose qu'il y a de l'argent,

on veut bien le faire. Eh bien, non, ce n'était

pas là. Et ce n'est pas seulement nous qui le disons, KPMG et Secor... Secor — vous les connaissez,

beaucoup de... c'est un peu l'équipe-école du Parti libéral du Québec — ont rendu un document terrible sur le non-financement de projets qui ont été annoncés.

Alors, c'est terrible, ce que vous avez fait à l'ouest de Montréal avec la 440.

le Train de l'Ouest, un excellent projet.

voix : ...

M. Lisée : Oui, oui, c'est terrible de promettre

des choses comme si vous alliez les réaliser, mais ne rien faire en arrière pour attacher le financement. Ce n'est pas

correct d'agir ainsi.

Le Train de l'Ouest, bien, vous avez eu neuf

ans, vous avez eu neuf ans pour faire avancer ce projet, et il y a eu des divergences

entre Aéroports de Montréal, des projets concurrents, et vous avez laissé cette

impasse se construire dans l'ouest de Montréal. Vous n'avez pas agi, vous n'avez pas

fait preuve de leadership pour dire : Écoutez, il n'y aura pas deux

trains qui vont se rendre dans l'ouest de Montréal, il va y avoir un train qui

va se rendre dans l'ouest de Montréal, et il faut faire en sorte de concilier

ces projets-là.

Bien, nous, depuis qu'on est arrivés, bien, c'est

ce qu'on fait. L'AMT a fait en sorte, sous la direction de Nicolas Girard, dont la

compétence est reconnue par tous... a réussi à faire en sorte qu'il y ait

maintenant des discussions entre les promoteurs des deux projets pour en

arriver à un seul projet que nous pourrons financer et qui pourra desservir la

population de l'ouest de Montréal comme elle doit l'être.

puis j'aurais aimé que vous me parliez de l'extraordinaire incurie de

planification du lien entre l'hôpital anglophone,

le CUSM, et le métro Vendôme. Vous avez eu neuf ans pour y penser, vous avez

oublié. Vous avez oublié de faire un

lien entre le métro Vendôme et le plus grand hôpital anglophone de... presque

du Canada, enfin, peut-être qu'à Toronto

c'est plus grand, mais, en tout cas, avec un trafic très, très important de

patients, d'infirmières, de gens qui vont venir. Vous avez oublié. On

arrive, ce n'est pas là.

Alors, ne venez pas me dire que vous vous

intéressiez aux projets de l'ouest, vous les avez laissés... Et d'ailleurs, évidemment,

les Anglo-Québécois ne sont pas des grands fans du Parti québécois, je le sais,

je le sais, mais je peux vous dire que ce n'est pas des grands fans du

Parti libéral. Ils votent libéral, ils sont otages du Parti libéral, ils n'ont

pas le choix que de voter libéral, mais ils

ne sont pas contents du Parti libéral. Ils considèrent qu'ils ont été

abandonnés par le Parti libéral,

tenus pour acquis par le Parti libéral. Et ils disent : Ah! M. Lisée,

on avait des députés libéraux anglophones, on en a encore, on avait des ministres qui venaient des... mais il n'y a

pas... M. Charest a toujours refusé de dire : Il y a un ministre

qui s'occupe de la communauté anglophone. Plus que ça, moi, je vous le dis, je

l'ai annoncé, bientôt j'aurai un agent de

liaison à mon cabinet pour m'aider sur ces dossiers anglophones, et les

représentants de la communauté sont tellement

heureux, m'envoient des noms, des curriculum vitae, puis disent : Vous

savez, pendant des années, on a demandé au bureau de M. Charest d'avoir un agent de liaison pour la communauté

anglophone, et il refusait. Et leur argument pour M. Charest, c'était de dire : René Lévesque

en avait un, René Lévesque en avait un, et Jean Charest refusait d'en

avoir.

Alors, écoutez, moi, je sais que j'ai un défi

énorme de rétablir les ponts entre le Parti québécois et la communauté anglophone, un défi énorme, je le sais. Ce n'est

pas facile à faire, mais la première ministre m'a demandé de le faire et j'étais volontaire pour le faire, et je le

ferai, et ça prendra le temps que ça prendra, mais je dois vous dire qu'il y a

une chose, dans la réceptivité des

Anglo-Québécois face à ce qu'on est en train de faire, c'est qu'ils disent :

Bien, au moins, il y a un ministre du

PQ... Le PQ a désigné un ministre pour essayer de le faire. Ce n'est pas ce que

les libéraux faisaient.

Maintenant,

Notre home! . Je suis un peu surpris du ton avec lequel vous parlez de

ça, un peu déçu, parce que de quoi s'agit-il?

Il y a un groupe qui s'appelle le Québec Community Network, qui est en ce

moment l'association anglo-québécoise qui fédère les associations

locales un peu partout sur le territoire. Ils ont fait un congrès, il y a un an

et demi, deux ans, en disant : Qu'est-ce

qui manque pour la communauté anglo-québécoise? Et, parmi leur priorité, ils

ont dit : Il y a un problème d'attachement

des jeunes Anglo-Québécois face au Québec. Il y a un problème d'attachement.

Qu'est-ce qu'on pourrait faire? Ils ont décidé de demander à un de leurs très

bons chanteurs de l'ouest de Montréal de faire une chanson et un vidéo sur l'identité

québécoise des Anglo-Québécois, leur identité québécoise. C'est Notre home! Alors, c'est une chanson en anglais destinée

à des jeunes anglophones. Mais, comme leur identité d'Anglo-Québécois, c'est aussi d'être dans une nation qui est

francophone, ils ont mis 20 % de français. Ils ont mis 20 % de français

dans une chanson anglophone destinée

à des anglophones. Ils sont venus voir le ministre péquiste de la métropole et

chargé des relations avec les anglophones. Ils ont dit :

Pourriez-vous nous aider avec une petite somme pour faire une tournée métropolitaine, on va s'occuper du reste du

Québec, pour nous aider à avoir, à partir du vidéo dans les écoles

anglophones, des discussions sur l'attachement

que nous devons avoir au Québec. Imaginez si j'avais dit non! Moi, j'ai trouvé

que c'est une excellente idée. Voici

des Anglo-Québécois qui veulent construire leur identité québécoise. Évidemment

que j'ai dit oui, évidemment, et je leur offrais. Évidemment, des gens

ont pensé que c'était une chanson pour tout le monde, qu'il y avait juste un peu de français. Non, ce n'est pas ça. C'est une

chanson pour les Anglo-Québécois. Et puis j'espère que le député de

Mont-Royal va avoir l'occasion de rectifier l'impression qu'il a donné de léger

dédain pour cette initiative venue de la

base anglophone et que ce dédain-là n'est pas représentatif de l'attitude que

le gouvernement Charest a eue envers la communauté anglophone ces

dernières années.

La Présidente (Mme

Champagne) : Merci, M. le ministre.

Alors, M. le député de Mont-Royal.

M. Arcand : Merci, Mme la Présidente. Mais, vous

savez, sur ces questions-là, ce n'est pas le 20 000 $ qui est dépensé qui est une

mauvaise initiative en soi, c'est que vous laissez l'impression que vous allez

vous occuper d'eux, que vous allez ouvrir les ponts, et le reste ne suit pas.

Les argents ne suivent pas quand il s'agit d'investissement dans l'ouest de

Montréal, et il y a de la difficulté

à fonctionner de ce côté-là. Et je vais vous donner un exemple bien simple. Mon

comté de Mont-Royal, hein? Moi, j'ai

toujours compris, vous me direz si la compréhension est la même, en vertu de la

loi 101, quand je corresponds avec

des entreprises, je le fais en français. Quand je corresponds avec des

individus qui parlent anglais seulement,

bien, j'essaie de correspondre dans leur langue. Or, on me dit ici que, dans le

comté de Mont-Royal, entre autres, il y a quelqu'un qui a demandé au

bureau de la première ministre, qui... dont c'est le centième anniversaire au

mois de mai prochain...

Lisée : Pas la première ministre.

• (16

h 40) •

M. Arcand : Non, non. Pas la... Quelqu'un, O.K.,

dont c'est le centième anniversaire. J'ai vérifié — j'essaie d'être rigoureux, puis

je vais vous donner ma source tout à l'heure, là, sur l'autre

chose — j'ai vérifié. Et, lorsqu'à l'époque de M. Charest on envoyait la lettre du premier

ministre, on envoyait la lettre en français avec une version de courtoisie

en anglais pour ces anglophones. Là, ce qu'on

nous dit, c'est que, du côté de la première ministre, on n'écrit qu'en

français; il n'y a plus de version. Que ce soit n'importe qui au Québec, c'est

uniquement en français. Je ne sais pas si vous êtes d'accord avec ça, si ça

fait partie, je dirais, d'une certaine forme d'intolérance, mais ce n'est pas

le 20 000 qui est le problème, le

problème, c'est que le reste ne suit pas. C'est que les gens disent : Bon,

bien, très bien, très bien, ils veulent ouvrir, ils veulent nous aider, etc., ils ne sont pas capables de nous

dire : Bien, nous, on aimerait que la commission scolaire anglophone peut-être ait un peu d'expansion... On

voudrait, de façon non équivoque, que ce gouvernement, non pas vous, mais ce gouvernement nous dise qu'à la STM on peut

avoir un peu de bilinguisme à l'intérieur de ça. On veut avoir des résultats. On veut que... Pourquoi, lorsqu'un

hôpital, comme par exemple, il y a des coupures à faire, là, le premier

qui est touché, le plus touché, c'est celui de Lachine, dans l'ouest de

Montréal? Alors là, les gens se disent : Bien, c'est un ministre très

sympathique, mais encore une fois il ne livre pas ce qu'il dit.

Alors, c'est ça, la préoccupation

actuellement des anglophones. C'est leur préoccupation par rapport à vous. Et je suis surpris que

vous soyez surpris, parce qu'il y a plein de lettres dans la Gazette

régulièrement qui disent ce genre de chose là : Ah! Le ministre est bien sympathique, il ouvre la porte, mais

est-ce que c'est un leurre, hein? Et c'est ce qu'ils disent. Alors, moi, je dois vous dire que vous ne

convaincrez pas tellement de monde, à moins d'offrir à cette communauté-là

des gestes très concrets pour améliorer leur bien-être.

Maintenant, pour répondre à votre question

sur le vidéo, un

article du Journal de Montréal , le 5 novembre, donc deux semaines

avant le budget, qui dit : «La métropole doit rester la capitale du jeu vidéo. Le ministre

responsable de la métropole veut agir au plus vite pour prévenir une possible hémorragie

et indique qu'il y aura du nouveau pour le secteur dans le budget de son

gouvernement qui doit être déposé avant les fêtes. Mon collègue, dit-il,

Nicolas Marceau, et moi travaillons là-dessus.»

Lisée : C'est ça, la citation : «Mon

collègue [...] et moi travaillons là-dessus»?

Arcand : Bien : Le ministre

entend intervenir au prochain budget.

Lisée : Non, non, mais ma citation à

moi.

Arcand : Oui.

M. Lisée : «Mon collègue[...], Marceau, et moi travaillons là-dessus.»Ça, c'est

la citation de moi que vous avez?

Arcand : «Assure le

ministre», en voulant dire : Ça va être dans le budget.

Présidente (Mme Champagne) : Alors,

on va prendre garde de ne pas s'auto-interpeller, parce qu'il y a quelqu'un qui

enregistre puis il va avoir de la misère à vous suivre. Alors donc, qui parle,

M. le ministre ou M. le député de Mont-Royal? Je n'ai pas de problème avec ça.

M. Arcand : Bien, je vous demande... La question

fondamentale, c'est : Est-ce que vous allez faire quelque chose dans cette industrie-là? Oui ou non?

Présidente (Mme Champagne) : Alors,

M. le ministre, allez-y.

Lisée : Bien, je croyais que la

question fondamentale, c'était : Vous avez dit quelque chose, et ça ne s'est

pas produit. Alors donc, la citation que vous avez ne dit pas que j'ai dit qu'il

y aurait des trucs. Vous avez un

titre de journal où vous avez...

Arcand : ...

M. Lisée : Mais vous n'avez pas de citation. Il

y en a une autre... Il y en a une autre citation de moi, parce qu'il faut être

rigoureux, là : Qui a dit quoi? Vous avez dit : Vous avez dit dans un

discours, etc., c'est faux, c'était dans une entrevue. Et tout ce que

vous avez dans l'entrevue, c'est une citation qui ne dit pas ça.

Les Affaires m'a rappelé, après avoir lu cet

article, parce qu'il y avait un problème entre la citation qui ne disait rien et le

titre qui disait quelque chose, et là j'ai

une citation plus complète dans le journal Les Affaires : «Les gens

de Montréal International et d'autres organismes nous ont dit : "Ce

que vous avez fait sous le gouvernement Landry pour la nouvelle économie, y

compris le cinéma et le jeu vidéo, on a été rattrapés par d'autres

juridictions", a raconté M. Lisée.

L'avantage s'est émoussé, il faut travailler autre chose. C'est le défi du

premier et du deuxième budget de notre gouvernement

de retrouver cet avantage compétitif pour les entreprises innovantes.» Et d'ailleurs c'est intéressant dans cet article, parce

que les gens du vidéo, qui se sont interrogés à savoir si je parle du vidéo

alors que je parle des entreprises innovantes, disent : Ça nous

étonne parce que, pour l'instant, l'environnement fiscal pour nous, il est bon.

Alors, effectivement c'est un cas où j'ai

dit : Les entreprises innovantes de Montréal... C'était après une

rencontre entre autres avec Montréal

International qui nous disait, bon : Les crédits d'impôt, tout ce que vous

avez fait pour Montréal, évidemment comme les libéraux en ont démantelé

un certain nombre... Les deux premiers budgets libéraux ont été terribles sur

la compétitivité du Québec en termes de

recherche et développement, mais en tout cas ce qui avait été fait et ce qui

avait été gardé a été émoussé. Maintenant, il faut retrouver de nouveaux

leviers pour reprendre l'avantage pour les entreprises innovantes. Et donc, dans ce premier budget, sur le pharmaceutique... on

n'est pas d'accord sur l'importance relative, mais nous avons agi sur le

pharmaceutique, nous agissons sur l'électrification des transports, nous avons

un fonds de 200 millions. Donc, nous avons identifié des créneaux d'avenir

sur lesquels nous commençons à investir, et il y aura d'autres budgets. Alors,

cela dispose de cette question.

Et, pour ce qui est

des jeux vidéo, je vous annonce qu'aujourd'hui on apprend que le maire de

Montréal et un certain nombre d'autres

annoncent officiellement la tenue d'un nouveau festival montréalais en

bibliothèque, Montréal joue, axé sur

le jeu vidéo, le jeu de société : 39 bibliothèques, 21 partenaires de

l'industrie du jeu vidéo et du jeu de société du Grand Montréal, 200 activités qui vont avoir lieu. Pour l'instant,

pour le jeu vidéo, selon ce que nous disent les acteurs du marché, ça se passe assez bien. On sait qu'il va y

avoir des nouveaux investissements qui s'en viennent dans le secteur du jeu

vidéo. On sait qu'à Ubisoft ils pensent déjà à Assassin's Creed 4 .

Je ne sais pas si vous avez terminé tous les niveaux d' Assassins Creed 3 ,

mais, en tout cas, dépêchez-vous, parce que le 4 s'en vient bientôt. Mais ça,

ce n'est pas une difficulté.

reviens à la question anglophone, parce que c'est intéressant. Donc, je pense

avoir démontré, tout à l'heure, en réponse à

votre question, que, pour ce qui est des projets structurants pour l'ouest de

Montréal, nous sommes en train de réparer

votre incurie. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que,

lorsqu'on approuve des projets, nous, on ne regarde pas la carte. Peut-être que c'était... d'autres le faisaient,

mais, par exemple, Hewitt, à Pointe-Claire, on vient de faire une aide gouvernementale pour la création de

400 emplois. Neomed, qui crée des emplois, c'est à Saint-Laurent...

M. Arcand : Ils sont rendus au Massachusetts, Neomed, non?

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, M. le ministre.

Lisée : Non.

Non, non, ça, c'est la nouvelle entreprise qui vient d'être créée en décembre

dernier. Et donc l'aide gouvernementale québécoise, que ce soit dans l'est

de Montréal, dans l'ouest de Montréal, nous, ce qui est important, c'est

la relance de l'activité économique à Montréal. J'ai vu que la ministre de la

Santé... de la Santé — la ministre du Loisir a autorisé, pour le cégep Vanier, des équipements sportifs.

Alors, nous, on prend les dossiers au mérite, et on les finance. Je veux

corriger ce qui a été dit... Ah oui, bon, un gros investissement dans le West

Island qui s'en vient, là, d'ici quelques semaines.

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, je mets fin à l'échange.

M. Lisée : Ah! Est-ce que je peux prendre du temps sur moi tout à l'heure?

La Présidente (Mme

Champagne) : Est-ce que, du côté

gouvernemental, les députés du ministériel sont d'accord que le ministre

continue sur la même lancée sur votre temps?

Mme Gadoury-Hamelin : Tout à fait. On va lui laisser terminer son...

La Présidente (Mme

Champagne) : Merci, Mme la députée de

Masson.

M. Lisée : Je vous remercie.

La Présidente (Mme

Champagne) : M. le député de

Laval-des-Rapides est d'accord aussi, donc allez-y. Donc, nous commençons le

bloc du côté ministériel.

M. Lisée : D'accord. Sur Lachine, c'est quand

même extraordinaire, vous dites : Dès que le gouvernement arrive, il veut couper

dans un hôpital, il coupe à Lachine. Ce n'est pas exact. Dans Lachine, il y

avait un projet d'investissement de 62 millions de dollars pour une

prestation de services particulière, dont le ministre de la Santé libéral avait

parlé, mais qui n'était

pas budgété. Alors, on n'a rien coupé. Vous parlez de coupures, c'est une

promesse libérale non budgétée, dont

on a été obligés de voir qu'elle n'était pas budgétée et qu'elle n'était pas

dans les priorités du CUSM. Alors, il n'y a eu aucune coupure à Lachine.

La seule question en cause à Lachine, c'est : Est-ce que cet hôpital,

historiquement francophone, va rester relié

au CUSM ou va avoir un autre statut? Et, quoi qu'il arrive, il va continuer à

donner la prestation de services pour

la population de Lachine. C'est la seule question. Et d'ailleurs je vois des

gens qui signent des pétitions contre...

pas la fermeture, mais contre la décision de cesser le rattachement au CUSM. Il

n'y en a pas, de décision. La seule lettre

qui existe, c'est la lettre du ministre de la Santé qui demande à la direction

de Lachine de réfléchir au maintien de son rattachement au CUSM ou à un autre attachement. C'est tout ce qui existe.

Alors, pour le reste, oui, je sais que l'opposition libérale essaie de

faire monter la sauce à partir de très peu d'ingrédients. Alors, ça, c'est le

cas.

• (16

h 50) •

Sur la question des anglophones, je n'ai pas

d'hésitation à dire que ce processus de discussion et de dialogue va se heurter à du scepticisme et doit se concrétiser dans

des gestes. Et, sur la question, par exemple, des villes bilingues, Diane De

Courcy, la ministre de la langue, et moi sommes exactement sur la même longueur

d'onde, comme sur la STM; il y aura une

commission parlementaire. Nous demandons aux villes de venir proposer des

alternatives à la façon dont ces

statuts peuvent être rediscutés lorsqu'il y a des changements démographiques

profonds, et nous serons très intéressés à les entendre. Et là un jugement pourra être porté : Est-ce que nous

avons vraiment été à l'écoute? Est-ce que nous avons vraiment intégré

des recommandations qui nous ont été faites de ce côté-là et de l'autre aussi?

Alors,

laissons un peu de temps au processus. Vous êtes bien pressés. Nous commençons

quelque chose de nouveau. Ça ne fait pas

plaisir à certains des gens qui écrivent des lettres dans la Gazette . Ça

ne fait pas plaisir à certaines personnes

qui donnent des entrevues au Journal de Montréal . Alors, je suppose que,

si... Je suppose qu'on fait quelque chose de bien, puisque ça dérange.

Ça dérange. Je sais que ça dérange aussi un certain nombre de libéraux. J'ai vu

le candidat à la chefferie dire, au débat en

anglais, aux anglophones : Ne vous laissez pas envoûter par M. Lisée.

Ah! il doit y avoir un impact parce que, si le candidat à la chefferie

du Parti libéral est obligé de dire ça, c'est qu'il doit sentir qu'il y a quand

même du répondant, il y a de la résonnance. J'étais très heureux de l'entendre

dire ça.

Alors, on va continuer.

Malgré les critiques,

le scepticisme, les critiques, on va continuer. La première ministre m'a donné le

mandat d'établir ces ponts, de faire ce dialogue. Nous allons continuer à

écouter, nous allons continuer à agir comme

nous le faisons. Et je suis content que vous ayez soulevé ces questions. Et,

dans les cas où le gouvernement libéral a complètement, pour prendre une expression de Shakespeare, muffé les

dossiers de la 440 et du Train de l'Ouest, nous allons pouvoir montrer

comment nous, nous pouvons livrer la marchandise.

Présidente (Mme Champagne) : Merci,

M. le ministre. Alors, pour le bien de tous, je vous rappelle qu'à trois occasions, dans le dernier 20 minutes, on a

nommé un collègue par son nom. Alors, prenez, s'il vous plaît, attention

à les nommer par leur nom de comté. Ça se

fait tout naturellement, mais on se pratique, puis on devient bon, puis on s'habitue.

Alors, je vais donc continuer avec le bloc du

gouvernement, sur lequel on a un quatre minutes déjà de passées, et je vais passer la parole à la députée de

Masson. Alors, il reste au bloc environ 18 minutes.

Mme Gadoury-Hamelin : Merci, Mme la Présidente. M. le

ministre, M. le député de Mont-Royal, M. le

député de La Prairie, mon collègue de

Laval-des-Rapides et de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui a dû s'absenter pour

remplir une obligation, alors, écoutez, on a amplement parlé d'économie de

Montréal, de l'emploi, mais vous avez dit d'emblée, M. le ministre, que vous aviez... Montréal avait enregistré sa meilleure

performance économique des cinq dernières années en 2011, avec

4,5 % de la... une amélioration de sa performance économique malgré les

retards des dossiers majeurs à Montréal. Imaginez ce que ça aurait pu être si

ces dossiers-là avaient été au rendez-vous.

Par contre, on remarque une progression du

PIB nominal de l'île de Montréal qui ralentit, comme dans l'ensemble du Québec, depuis 2012. C'est sûr que l'économie

mondiale, les difficultés mondiales des pays comme la Grèce, l'Espagne, l'Italie, en Europe, demeure difficile.

Ça fait qu'à un moment donné je pense

que ça a une influence sur nos réalités, et

également la lente reprise du côté américain qui nous nuit aussi énormément,

parce qu'on a beaucoup de liens avec les États-Unis.

Alors, malgré tout ce ralentissement-là, je

pense que la région devrait s'en sortir relativement bien. Alors, c'est sûr que le secteur manufacturier, déjà qu'il a connu

des années difficiles, affiche maintenant des signes de reprise avec le raffermissement de l'industrie aérospatiale. Vous

avez parlé aussi tantôt des réalités de Bombardier et de la volonté de

notre gouvernement d'aller vers l'électrification des transports. Donc, il y a

des défis importants de ce côté-là. Alors, je pense

que ces secteurs-là, les services professionnels, scientifiques et techniques,

ils vont être au rendez-vous, ils vont être en forte demande dans les prochaines années. Également, on a parlé

tantôt des jeux vidéo, du créneau distinctif des jeux vidéo. Vous avez

également manifesté votre intérêt dans ce sens-là.

Moi, il y a une question qui me préoccupe

puis que je trouve qu'il y a un lien important à faire... Parce que cette semaine, justement, j'ai assisté à une présentation

de Montréal International, puis on nous disait, avec l'entreprise Montréal

International, que les défis allaient venir de l'Europe, beaucoup de l'Europe,

de certains pays d'Europe : l'Allemagne,

la France. Je pense qu'il y a des pays qui vont émerger de ce côté-là pour nous

donner des projets intéressants. Dans ce sens-là, moi, je trouve qu'il y

a un lien, puis j'aimerais ça que vous me parliez de ça, il y a un lien

important avec vos responsabilités et votre

mandat de ministre des Relations internationales. Moi, en tout cas, je vois un

lien, je vois que notre gouvernement a associé, en vous donnant le rôle

aussi de responsable de la métropole, de Montréal... Je pense qu'il y a un lien

là. Pouvez-vous nous parler de ce lien-là? Puis dans quel sens pourrait-il être

profitable dans vos deux fonctions?

La Présidente (Mme

Champagne) : Alors, M. le ministre.

M. Lisée : Merci, Mme la Présidente. Merci à la

députée de Masson. Effectivement, et je pense qu'il y a un lien entre les trois...

entre les quatre, je veux dire : relations internationales, commerce

extérieur, métropole et Anglo-Québécois, parce que la majorité des

Anglo-Québécois sont à Montréal. Et, moi, ça m'a permis de pouvoir... Lorsque

je suis en représentation à l'étranger,

évidemment je suis le ministre des Relations internationales de tout le Québec.

Et j'ai bien pris soin de rencontrer

Régis Labeaume peu de temps après ma prise de fonction pour faire le tour de

ses projets internationaux, etc.Mais

la région métropolitaine, c'est la moitié du Québec, donc il est normal que le

ministre s'en occupe au moins la moitié du temps. Et je dois dire que, dans mes discussions, que ce soit avec

des Belges, des Allemands, des Russes, des Ukrainiens, la question de

Montréal est centrale. Souvent, on les rencontre à Montréal, on leur parle, on

leur fait visiter des lieux importants, intéressants. Et évidemment il sont

ravis, souvent, de voir le mélange extraordinaire qu'on a, à Montréal, entre les entreprises européennes — il y

en a à peu près 600 — les entreprises américaines — il y en

a à peu près 600, le fait qu'on les

ait réunies en grappes industrielles, donc qu'ils se parlent, qu'ils discutent

entre eux, qu'ils concertent leurs efforts, qu'il y ait donc des

transferts de technologie, des start-up, des nouvelles pousses qui se font

là-dedans.

donc moi, je vois très bien, donc, cette décision. Je salue la décision de la

première ministre d'avoir d'abord mis ensemble commerce extérieur et relations

internationales parce que, donc, on parle d'économie, on parle d'exportation,

et également la métropole parce que ça ancre, donc, le ministre dans une

réalité économique très forte, qui est celle de la métropole.

Bon,

par exemple, il est sûr qu'au-delà des dossiers particuliers... Et puis, comme

je suis aussi au comité de la prospérité, donc, tous les dossiers économiques

passent à ce comité, donc je peux mettre mon grain de sel montréalais,

ou un peu plus, à chaque fois.

Mais

ce qui est intéressant, c'est qu'on voit qu'avec les investissements, même s'ils

étaient un peu tardifs... mais les investissements

massifs dans les deux grands centres hospitaliers, les centres de recherche, la

nouvelle stratégie pharmaceutique, nos

universités, qui, au-delà des questions de financement, démontrent, année après

année, la grande qualité de leurs

chercheurs... Parce que, lorsqu'on parle du fait que McGill, ou l'Université de

Montréal, ou l'Université de Sherbrooke

ont reçu tant d'investissements des organismes subventionnaires, ce n'est pas

parce qu'il y a quelqu'un qui a décidé

de leur faire plaisir. C'est parce que des chercheurs individuels, avec des

doctorats, souvent, ont déposé un projet de recherche qui a été jugé par

un jury de pairs... et qui ont décidé de choisir les meilleurs projets. Et les

projets des chercheurs montréalais gagnent

toujours davantage que leur représentation dans la totalité des chercheurs qui

donnent des projets. Et donc ça démontre la qualité de la recherche

montréalaise.

Donc,

il y a ça. Et évidemment le grand ferment culturel de Montréal, qui est

époustouflant. Alors, d'ailleurs, je me disais : Qu'est-ce que Québec a fait pour

Montréal récemment? Bien, entre autres choses, on a participé évidemment

au Sommet sur la culture qui s'est tenu en

novembre. On a renouvelé sur trois ans l'entente de 121 millions dans le

cadre des Rendez-vous de Montréal. On a mis

100 millions pour le réseau des bibliothèques publiques, l'art public dans

les lieux extérieurs, les espaces de

travail pour les artistes. Ça, c'est très important. Ça n'a l'air de rien, mais

d'avoir des espaces de travail pour

les artistes au centre-ville de Montréal, alors que les coûts du logement sont importants,

permet de développer une masse

critique de créateurs, au centre, et donc un petit Montmartre, hein?

Montmartre, ça ne coûtait pas cher, tout le monde était là. Ils vivaient

de rien, mais ils ont créé une culture pour une génération.

• (17 heures) •

je vois un investissement de 18 millions pour la rénovation de la

bibliothèque de Pierrefonds. Tiens, ça, c'est dans l'ouest de Montréal. Et donc on voit, dans

chacun de ces secteurs — secteurs de la haute technologie, que ce

soit CGI qui vient d'acheter un grand

compétiteur britannique, etc. — que le dénominateur commun, c'est la

créativité, c'est la créativité économique, culturelle et même sociale :

l'économie sociale, l'inclusion sociale, etc. Et donc mon rôle de ministre, c'est de dire : Quelle image est-ce

que le Québec, et Montréal, doit projeter à l'étranger? Elles doivent

projeter cette image de lieu de la

créativité. Il y a des villes sur la planète qui sont en train d'inventer le

XXIe siècle, de le préparer. Et, si on travaille correctement, on va

être capables de convaincre le monde d'ici deux ou trois ans que Montréal est

une de ces villes-là.

Alors, il y a un

événement, qui s'appelle C2-MTL, C2 pour commerce et culture, MTL pour

Montréal, qui avait été soutenu par l'ancien

ministre Clément Gignac, et je le salue pour ce soutien, qui a été proposé par

Cirque du Soleil et Sid Lee. Sid Lee, c'est une entreprise non seulement

publicitaire, mais de design de Montréal qui gagne certains des plus grands contrats internationaux. Ils font de

la publicité à la conception des magasins. Et donc ce sont des

créateurs. Et donc ils se sont dit :

Bien, Montréal est une ville de création, et nous allons faire venir à

Montréal, chaque année en mai, des grands créateurs. Alors, Philippe

Starck, Francis Ford Coppola, celui qui réfléchit aux cinq prochaines années de

développement de Google, ou au prochain

design de la BMW, ou... bon, pour faire en sorte que Montréal devienne le

Davos de la créativité. Mais, mieux que

Davos, parce que Davos, c'est une station de ski. Ce n'est pas un centre

économique mondial. Les gens de l'économie

se réunissent là. Mais Montréal, c'est un lieu de la grande créativité où les

créateurs du monde entier viennent en mai de chaque année.

Alors,

moi, je suis embarqué là-dedans. Le financement n'était pas très bien attaché

pour la suite. Je l'ai attaché. On a travaillé. On a trouvé des fonds. On a signé une

entente triannuelle pour faire en sorte que C2-MTL puisse s'inscrire

dans la durée. Et on veut faire de cet événement de Montréal le Davos de la

créativité chaque année, le rendez-vous incontournable :

c'est là qu'il faut être. Et ce n'est pas seulement l'événement; l'événement, c'est

la pointe de l'iceberg. L'événement n'est important que parce qu'il

représente une réalité de la créativité, une culture de la créativité. Et, en

ce sens-là, il dit au monde qu'il se passe quelque chose à Montréal. Et il dit

aux jeunes du monde : Si vous voulez participer au XXIe siècle, bien,

venez à Montréal. Prenez un visa temporaire, trouvez un emploi, etc. Bon, vous

avez vu au Téléjournal hier, mais c'est vrai, les journées

Emploi-Québec, les jeunes Français diplômés, etc., veulent venir à Montréal

pour toutes sortes de raisons. La qualité de la vie, la qualité de la vie

familiale était une des raisons qui était évoquée, mais pas seulement. Nous, on veut

faire en sorte que ça fasse

partie de l'imaginaire des jeunes créateurs

un petit peu partout. Bien, ils font du

théâtre, ils font de la danse, ils font du cirque, ils font de la nouvelle technologie,

ils font les jeux vidéo les plus

intéressants, ils font du développement 3D, c'est là qu'on tourne une

partie d' Avatar .

C'est là qu'il faut être. C'est là qu'il faut être.

ne sera pas juste là, mais on veut être un des trois ou quatre endroits. On a

la capacité de faire ça. Alors, quand je pense

au Montréal dans deux, trois, quatre, cinq ans, c'est à ce Montréal-là que je

pense. Et, comme ministre des Relations internationales, je peux porter ce

message-là. Et je peux inviter des gens à venir à C2-MTL, et c'est ce que j'ai fait. Alors, j'ai vu le ministre français de

l'Économie, Pierre Moscovici, qui voulait faire une visite à Montréal. J'ai

dit : Pierre — je le connais

depuis quelques années — tu vas venir à C2-MTL avec une délégation de

créateurs français de l'économie et

de la culture. Il a dit : C'est intéressant. On a discuté. On fait le

lien. Et puis c'est les gens de C2-MTL qui ont même suggéré un certain nombre de gens qu'ils voulaient voir là. Alors,

il sera là pour inaugurer C2-MTL cette année.

J'ai

parlé à nos amis japonais, à nos amis israéliens pour qu'ils viennent en 2014.

Alors, je fais la promotion de ça. Mais ça me permet aussi... On était avec la

première ministre dans le bureau de direction de Morgan Stanley, à New

York, hein? Une des plus grandes firmes

financières au monde. Et eux étaient en train de nous expliquer pourquoi ils

continuaient à investir à Montréal. Ce n'est

pas parce qu'ils ont 6 millions de... Ce n'est pas... Ils ne veulent pas

nos comptes bancaires. Enfin, ils les

veulent, mais ce n'est pas pour ça. Et ils ont un nombre disproportionné d'employés

à Montréal par rapport à ailleurs

dans le monde pour travailler sur l'ensemble des logiciels utilisés par Morgan

Stanley dans le monde pour les transactions bancaires. Et pourquoi ils

le font à Montréal? Bien, d'abord, parce que le gouvernement Bouchard et le gouvernement Landry ont créé des conditions

fiscales pour les attirer. Ça, c'est la première chose. Mais pourquoi

est-ce qu'ils restent? Évidemment, ils veulent que l'environnement fiscal

reste. Il arrive à échéance à la fin des cinq ans, et on discute pour la suite. Mais

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAT 2013-02-19
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cat-40-1 journal-debats CAT-130219
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier142f5391ea40061979cf7f99baf79405efd39165

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