Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 4 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2023-05-04
Quebec — Committees
(Onze
heures trente minutes)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du volet Énergie du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de 1 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces
crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui. Alors, Mme Bogemans (Iberville) est remplacée par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice); M. Gagnon (Jonquière) est remplacé par M. Lemay
(Masson); M. Poulin (Beauce-Sud) est remplacé par M. Chassin (Saint-Jérôme); M. Sainte-Croix (Gaspé) est remplacé par M. Lemieux (Saint-Jean);
et finalement Mme Zaga Mendez
(Verdun) est remplacée par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général
par blocs d'échange, incluant les questions et les réponses.
Je suis maintenant
prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley :
Merci beaucoup, M. le Président. Bienvenue, M. le ministre, et votre
équipe, les fonctionnaires. Je vais
continuer, M. le Président, à saluer tout le travail qui a été fait par les
fonctionnaires du ministère de l'Énergie. C'est un travail pas mal énorme. Et,
quand même, quand je regarde le cahier pour l'Économie, l'Innovation et
l'Énergie, c'est un bon 300 pages de... et plus de travail qui a été fait.
Alors, toutes les réponses à nos questions ont été fournies par le ministère, travail colossal. Alors, je veux juste
dire merci à eux autres. Puis je sais que, quand même, pour l'équipe de
le ministre, les gens qui travaillent au sein de son cabinet, des attachés
politiques, les conseillers politiques, c'est beaucoup de travail, la
préparation de l'étude des crédits.
Bien, je vais
commencer à mon bloc avec une discussion que le ministre a eue avec mon
collègue le député de Marguerite-Bourgeoys. Puis ils ont eu une discussion sur les mégawatts qu'il reste au
Québec. Je sais que le ministre a une vision à attirer des entreprises
ici, de créer des jobs payants, mais il a dit, en commission avec mon collègue,
qu'on a 21 mégawatts de demandes, des projets, mais on a seulement
1 000 mégawatts disponibles, en gros.
On a eu une
discussion, pendant une interpellation, avec un de ses collègues, le député et
le ministre de Sainte-Rose, et il a dit
qu'on a une crise énergétique. Moi, je suis bien d'accord. Le ministre n'est
pas d'accord, il a dit : On a un problème, on a un enjeu. Bien, c'est très
clair, pour moi, qu'il ne reste pas beaucoup d'énergie. Puis les entreprises de Québec, d'ici ont besoin d'énergie
propre pour faire la transition à une société et une économie zéro carbone.
Alors, je veux juste entendre le ministre. Est-ce qu'il y a vraiment seulement
1 000 mégawatts qu'il reste? Et c'est quoi, le plan pour s'assurer
qu'on peut décarboniser notre économie et société?
M. Fitzgibbon :
Alors, bonjour. Bonjour, tout le monde. Merci de votre participation à
cette importante étude de crédits sur l'énergie. Ce matin, c'est avec moi et
mon équipe, puis après-midi on aura la chance d'avoir les gens d'Hydro-Québec.
Alors, écoutez, la
question que vous posez est très complexe, évidemment, puis elle est
multidimensionnelle. Ce que je... ce qu'on a
répété souvent, c'est qu'effectivement il y a une hausse importante des
demandes de mégawatts pour le
gouvernement du Québec. Et, mettre en perspective, là, pour que le... tout le
monde comprenne, des années 2000 jusqu'à aujourd'hui, ou jusqu'à voilà un
an, disons, les demandes de projets en haut de 50 mégawatts au Québec, il
y a eu une demande, un projet, Canadian Malartic. Il n'y a pas eu de demande en
haut de ça. Aujourd'hui, on fait face à plus
de 50 demandes de projets en haut de 50 mégawatts. Évidemment, la
décarbonation, évidemment, l'attraction du Québec pour des projets
industriels fait en sorte que ces demandes-là existent. Premier point.
Deuxième point, j'ai
mentionné à plusieurs reprises qu'on avait reçu au-dessus de
20 000 mégawatts de demandes de différents groupes pour décarboner et
pour faire des projets industriels, mais ces demandes-là sont séquencées durant
le temps. Ce n'est pas toutes des demandes qu'on... qui exigent des mégawatts
aujourd'hui parce que les projets prennent des années à construire. Alors,
effectivement, aujourd'hui, dans le plan d'approvisionnement qui est déposé par
Hydro-Québec, les... ce qui est disponible aujourd'hui pour des projets
industriels, c'est à peu près 1 000, 2 000 mégawatts.
Maintenant,
ce qu'on fait, présentement, on travaille étroitement avec Hydro-Québec et avec
les entreprises pour séquencer comment on peut retarder certains projets. Et on
fait un choix aussi, parce que le PL n° 2, vous savez, a remis la
décision sur les épaules du gouvernement, on va devoir choisir des projets
entre-temps, donc on travaille étroitement avec Hydro-Québec pour, idéalement,
tout faire les projets. De 20 000, on a dit qu'il y en a 10 000 qu'on
veut faire. On va essayer de tout faire dans les prochaines... prochains trois à
huit ans.
M. Kelley :
Merci, M. le ministre, pour la réponse à la question. Dans le cahier des
crédits... parce que vous avez parlé de plusieurs différents projets, mais,
dans le cahier des crédits, à la question n° 31, il y a une réponse que
vous avez dit qu'il y a huit projets, présentement, sur votre bureau. Est-ce
que c'est possible, les huit dossiers... excusez-moi, ceux sur votre bureau,
est-ce que vous êtes capables de fournir une liste? Et est-ce que, dans votre stratégie pour accorder des blocs qu'il reste,
vous... votre approche va être une qui est Québec d'abord, qui va prendre
soin des priorités de nos entreprises ici, au Québec, qui veut faire la
transition énergétique puis avoir une empreinte de zéro carbone dans les
prochaines années?
M. Fitzgibbon :
Premièrement, juste pour... le chiffre change à tous les jours, vous allez
comprendre, le nombre de dossiers sur notre
bureau, en haut de cinq mégawatts, est à peu près de 75, aujourd'hui, là, ce
n'est pas 11, c'est 75, première... première
partie de la réponse.
Deuxième
partie de la réponse, non, vous n'aurez pas la liste, parce que la
liste ne sera jamais disponible parce que, d'une part, il y a des secrets
industriels qui sont liés à ces projets-là; d'autre part, c'est très sensible
au niveau commercial et, d'autre part, il y a des clauses de confidentialité
qui sont signées avec Hydro-Québec. Donc, la liste, vous ne l'aurez pas.
M. Kelley :
Alors, quand même, d'avoir un pourcentage, si c'est... les dossiers sur
votre bureau, ce sont les entreprises de
Québec, ce n'est pas possible, est-ce que vous pouvez faire un «breakdown» pour
nous pour bien s'assurer que c'est
des entreprises du Québec qui ont vraiment en priorité pour l'énergie verte qui
reste ici, au Québec, dans notre portfolio, et les mégawatts qu'il
reste, M. le Président?
M. Fitzgibbon :
Juste une clarification. Quand vous dites «de Québec», vous parlez de
Québec, l'ensemble du Québec, pas la ville de Québec? OK. Bon, effectivement,
écoutez, je vais vous... je vais vous confirmer que nous avons décidé... Le
seul cas où nous pourrions exporter de l'électricité... Il y a deux cas, en
fait. Le premier cas, c'est des contrats qui ont été signés avec Boston et New
York, contrats qu'on va respecter, évidemment. Deuxièmement, on avait une décision à prendre au niveau de
l'hydrogène. L'hydrogène, évidemment, ce n'est pas de l'énergie, mais c'est
de l'énergie qui est convertie en «ammonia»,
généralement, de l'ammoniac. Alors, on a décidé, dans la politique qui a été mise en place pour l'octroi d'énergie verte
pour de l'hydrogène, que nous ne permettrons pas l'exportation d'hydrogène.
Donc, on veut consommer l'hydrogène, celle qu'on va produire ici, au Québec,
sauf pour des projets qui auraient été accordés
avant l'entrée du PL n° 2. Donc, tous les projets... longue
réponse... longue réponse, tous les projets, c'est de l'énergie qui va
être utilisée par le... par les entreprises québécoises pour soit décarboner ou
soit créer de la richesse.
M. Kelley : OK. Alors, M. le
ministre, c'est... on a vu, là, l'exemple de Volkswagen, qui a décidé de
s'installer ailleurs au Québec, mais, sur ces projets-là qui veut... les
entreprises qui veut bâtir, peut-être, une usine ici, est-ce qu'eux autres vont
avoir priorité sur les mégawatts qu'il reste ou est-ce qu'on va mettre en
priorité les entreprises qui sont déjà installées ici, au Québec, les
entreprises québécoises qui ont besoin de cette énergie? Je pense, ça, c'est
important, je pense, ça, c'est... le Québec, on veut un petit peu plus de
transparence sur cette question.
Alors, je comprends,
le ministre dit : On ne peut pas avoir une liste détaillée, mais, au
minimum, je pense que c'est important d'avoir un chiffre, un pourcentage de
combien de ce bloc qui reste va aller directement à des entreprises québécoises avant qu'on considère des projets des
entreprises qui viennent de l'étranger. Je pense, ça, c'est une chose que le ministre peut faire pour nous
ici, aujourd'hui ou dans les prochains jours, pour rassurer les entreprises
du Québec.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, ce qu'on va
faire... d'ailleurs, parce que, juste donner un peu la couleur de ce qui se
passe, ça va être important pour que la population comprenne, c'est que... bon,
avec le PL n° 2, vous vous rappelez que tous les projets en
haut de cinq mégawatts, la décision est maintenant prise par le gouvernement.
Et ce n'est pas un caprice du ministre de
l'Économie, c'est tout simplement Hydro-Québec qui nous a demandé, à la demande
d'Hydro-Québec, de transférer le pouvoir décisionnel au gouvernement parce que
nous allons avoir des choix à faire, et les
choix vont avoir des critères qu'Hydro-Québec n'a pas nécessairement en
connaissance de cause. Première chose.
Deuxième chose, nous,
depuis que le PL n° 2 a été approuvé — il a un nouveau...
nouveau nom de projet de loi — il y a eu, en fait, 17 projets qui
ont été refusés parce que, techniquement, Hydro-Québec ne pouvait pas les
connecter. Volskwagen, c'est un exemple, on ne peut pas le faire; quand même
que le ministre de l'Économie aurait dit «on veut le faire», c'est impossible.
Donc, il y a des projets qui ont été refusés depuis l'adoption du
PL n° 2 parce qu'on ne peut pas le faire.
Ceux qu'il reste
aujourd'hui, ça va augmenter... il y en a 74. Ces 74 projets là, on n'a
pas pris de décision encore, parce que,
justement, c'était important d'avoir des critères qui sont solides. Et on a
finalisé, en fait, cette semaine, l'établissement de ces critères-là. Et
je m'engage à ce que, sur le site du MEIE, la semaine prochaine, les critères
de sélection vont être disponibles. Donc, le premier critère va être,
évidemment : est-ce qu'Hydro-Québec est capable de connecter, oui ou non?
Si c'est non, c'est fini, la réponse, c'est non; si c'est oui, il y a d'autres
critères qui vont être établis.
vais donner les grandes lignes, là, puis vous pourrez, la semaine prochaine,
les consulter sur le site Web. L'impact
Hydro-Québec, le coût, parce que souvent, quand on parle de nouveaux projets,
il y a des coûts d'équipement, des coûts, souvent, de transport. Alors,
il faut évaluer ces coûts-là, qui va les payer et comment ça va se traduire en
termes de projets. L'impact économique, évidemment, est très important pour
nous. L'impact régional, nous sommes un
gouvernement de région, favoriser les régions, c'est important aussi.
Évidemment, la question de la réduction des GES est un des critères. Il
faut que le projet soit aussi acceptable socialement puis qu'il y ait... il
faut qu'il y ait une cohérence gouvernementale aussi sur les priorités du
gouvernement. On en a parlé amplement durant la période de crédits sur l'Économie, par exemple, la filière
batterie va avoir, évidemment, beaucoup de support, comme d'autres filières importantes,
l'aluminium et autres. Donc, les critères vont être publics sur le site Web en
partie, là, les gros thèmes des critères.
Et, pour conclure ma
réponse, quelque part en juin, fin juin, la première batch de projets qui est
sur notre bureau, on va l'adresser, on va
regarder ça. On en a à peu près une vingtaine, de projets qu'on va regarder à
partir des critères que je viens d'expliquer.
M. Kelley :
Merci beaucoup, M. le ministre. Et, sur la filière batterie et votre
vision... et je suis d'accord avec les minéraux stratégiques, et tout ça, c'est
mieux de faire ça ici, au Québec, que d'avoir des importations qui vient des
autres juridictions où il n'y a aucune réglementation dans le secteur minier,
c'est mieux de faire ça dans nos régions du Québec que d'importer des choses
ailleurs, mais est-ce que nous avons le jus? Est-ce que nous avons l'énergie
pour s'assurer qu'on peut développer cette industrie ici, au Québec, et de
créer des jobs payants ou est-ce que le fait qu'on a une... qu'on a des
mégawatts qui sont vraiment limités, présentement, est vraiment un risque à le
développement de votre vision, M. le ministre?
M. Fitzgibbon :
Premièrement, la question est très bonne, parce que, si on... aujourd'hui,
on acceptait tous les projets qui sont reliés à la batterie, on aurait besoin
d'entre 3 000 et 4 000 mégawatts d'ici 2028. Nous ne pourrons
pas accorder 4 000 mégawatts à la filière batterie, parce qu'il y a
des gens qui veulent décarboner puis il y a des gens aussi qui veulent faire
d'autres projets intéressants. On va faire des choix et, les choix qu'on va
faire, on va prendre les projets prioritaires, mais il va y avoir assez
d'énergie à Bécancour pour avoir un projet structurant qu'on n'a pas vu depuis
20 ans au Québec. Alors, je suis confortable avec ça.
Et les autres projets
qu'on ne peut pas faire aujourd'hui, ce qu'on va faire avec les sociétés, on le
fait déjà, on leur dit : Pouvez-vous retarder le projet peut-être d'un an,
ou deux, ou trois ans? Et en fait l'attraction du Québec, présentement, à
l'international est telle qu'il y a des gens qui vont être capables de
dire : Oui, on va attendre un an ou deux parce qu'on veut être au Québec
parce que vous avez de l'énergie renouvelable. Alors, moi, je pense qu'on est
capables de composer avec ça et je suis très satisfait de ce qu'on peut faire,
actuellement, avec les... l'énergie qui est disponible.
M. Kelley :
Merci, M. le ministre. Le premier ministre, souvent, répète un chiffre,
l'entente avec New York. Ça va enlever combien des chars du gaz au New York,
encore?
M. Fitzgibbon :
Du gaz?
M. Kelley :
Oui, ils parlent souvent qu'ils ont enlevé des autos de gaz. Il y a comme
un équivalent de GES qu'on va réduire pour le New York.
M. Fitzgibbon :
On transfère 10 térawattheures d'énergie durant l'année, ça équivaut
200 000 voitures... pas 200 000... je n'ai pas le chiffre exact,
là, ça n'a pas d'importance.
M. Kelley : Parfait. Ça... alors,
c'est... un chiffre environ. Et l'entente avec New York, ça va enlever combien
de gaz... des chars de gaz ici, au Québec, ça va sauver nous combien de GES?
M. Fitzgibbon :
Excusez, je n'ai pas compris la question.
M. Kelley : Alors,
ici, au Québec, l'entente que nous avons faite avec le New York, on parle que
sont enlevés un certain nombre de GES
à New York, mais ça va enlever combien des GES pour nous ici, au Québec? Et
est-ce que, peut-être, en révision,
les térawatts qu'on a accordés à New York dans ce temps étaient... peut-être
mieux servir à des Québécois, de mettre des Québécois avant les
Américains?
M. Fitzgibbon :
Bon, premièrement, il faut regarder les deux contrats, Boston, New York. Il
faut regarder la stratégie d'Hydro-Québec,
pourquoi ces contrats ont été accordés. Une des raisons importantes, c'est
l'interconnexion des différents réseaux en Amérique du Nord. Un des
problèmes qu'on a en Europe, puis pourquoi ils ont beaucoup de difficultés,
c'est qu'il n'y a pas de réseau interconnecté, parce qu'idéalement tu prends le
vent de la Norvège, tu prends le soleil du Portugal puis tu prends le nucléaire
de la France, tu mets tout ça ensemble. Ce n'est pas possible. Alors,
Hydro-Québec a décidé, à juste titre, selon moi, de commencer à avoir un réseau
intégré plus large dans l'est des... de
l'Amérique du Nord. Et moi, je pense qu'un jour Hydro-Québec va être la
batterie de l'est de l'Amérique du Nord.
Maintenant,
les térawatts envoyés à New York qu'on n'a pas de disponible ici,
effectivement, ils pourraient être alloués à d'autres personnes, mais en même
temps il ne faut pas oublier qu'on va importer aussi de l'électricité. Alors,
moi, je pense que, sur une base nette, ça a été une bonne décision de la part
d'Hydro-Québec.
M. Kelley :
Je sais que, dans les différents cahiers, on parle un petit peu de cette
question, que l'importation d'énergie, particulièrement sur le point... Est-ce
que ça vous inquiète un petit peu que, l'année prochaine, plusieurs Québécois
vont acheter des chars électriques, plusieurs personnes vont faire le choix
d'avoir leur maison chauffée par l'électricité en place du gaz, ou ils vont
faire les choix d'être plus responsables eux-mêmes? Est-ce que le ministre
pense que ça va être possible qu'on va être obligés d'importer plus
d'électricité des autres juridictions et peut-être de l'énergie qui vient de le
gaz naturel ou des autres sources d'énergie?
M. Fitzgibbon :
Oui, c'est une question très importante, et vous avez raison. Il y a deux
choses au niveau de la gestion de l'énergie : il y a l'énergie propre, là,
comme telle, la source d'énergie, puis il y a la gestion de la puissance. Ce
que vous référez, c'est la gestion de la puissance, et vous avez absolument
raison que, si on veut avoir 2 millions de véhicules électriques d'ici
2030, qui est le souhait de notre ministre de l'Environnement...
D'ailleurs,
j'espère que le collègue de Québec solidaire est allé le rencontrer hier, parce
qu'il posait des questions sans arrêt, avant-hier, sur les questions que
le ministre Charette avait à répondre, donc j'espère que ça a été résolu.
Pour répondre à votre
question à vous, il faut effectivement gérer la puissance, et effectivement on
va penser à, probablement, des batteries multidirectionnelles. On va penser
peut-être dire aux gens : Vous ne chargez pas votre voiture à
5 heures le soir pendant qu'on lave les enfants, pendant qu'on fait à
manger. Et Hydro-Québec a annoncé récemment, Mme Brochu, avant son départ,
qu'elle voulait augmenter l'efficience énergétique de huit térawattheures à
25 térawattheures, qui inclut gestion de puissance puis qui inclut aussi
gestion de l'énergie. Vous avez absolument raison, il faut faire des choses...
il faut changer le comportement des consommateurs, autant commerciaux que résidentiels, pour permettre d'avoir une gestion
de puissance qui empêche d'importer à des tarifs beaucoup trop élevés.
M. Kelley :
Puis est-ce que c'est correct à dire que le... pour l'avenir, pour la suite
des choses, les Québécois vont être probablement obligés de payer de plus en
plus pour leur électricité?
M. Fitzgibbon :
On n'est pas encore rendus à ça. Vous avez sûrement vu passer le processus
de consultation énergétique, quelque chose qu'on prend très au sérieux, et je
pense que le processus qu'on a lancé la semaine passée était très sérieux et
très... il va être très profond. Il y a des rencontres qui vont avoir lieu, il
y a des consultations, des mémoires qui vont
être déposés, on va prendre l'été à regarder ce que les gens vont nous dire.
Bien, il faut effectivement regarder, dans la consultation, trois
choses : l'offre et la demande, comment est-ce qu'on va allouer nos
électrons; le deuxième, c'est la
tarification, qui est un élément très important; et la troisième, c'est la
gouvernance. Donc, au niveau de la tarification, il va falloir peut-être, je
dis «peut-être», ajuster la tarification pour que les comportements, autant des
entreprises, en passant, que les individus, soient adaptés aux besoins
d'énergie puis aussi aux gestions de puissance, qui va devenir un enjeu
de plus en plus grand.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le
ministre. Je pense... Est-ce que je peux ajouter le temps? Parce qu'il y a
comme 50 secondes qu'il reste.
Le Président
(M. St-Louis) : Vous disposez toujours de
1 min 20 s.
M. Kelley : 1 min 20 s.
J'ai eu un échange avec votre collègue ministre responsable des Ressources
naturelles. Puis je sais que, dans les prochaines couples des années,
33 mines vont être mises en ligne. Puis présentement, avec tous les claims
miniers partout au Québec, on sait qu'il y a un grand intérêt pour
l'exploration et exploitation des minéraux
ici, au Québec. Mais ça va prendre combien d'énergie, exactement, pour presque
doubler notre industrie minière dans les prochaines années?
M. Fitzgibbon :
Je n'ai pas la réponse, parce que, vous avez raison, il y a 21 mines
opérantes aujourd'hui, au Québec, 33 en développement, pour la plupart duquel
on n'a aucune idée s'il y a du minerai, pas de minerai, puis on n'a aucune idée
du niveau de concentrateur qui est requis pour extraire les mines. Donc, la
réponse à votre question est impossible à trouver.
M. Kelley :
Et, pour les 33 projets qui sont déjà évalués, qui sont bien
identifiés, est-ce qu'on a une idée ça va prendre combien d'énergie pour ces
projets-là?
M. Fitzgibbon :
Je me suis mal exprimé, je m'excuse. Je disais qu'il y a 21 projets en
opération pour lesquels il y a des connexions, 33 à l'étude, mais on n'a pas la
ventilation des 33, lesquels sont près d'être approuvés ou non. Puis il y a des
projets qui n'ont même pas encore fini l'exploration minière, donc on n'a pas
d'idée encore.
Président (M. St-Louis) : Alors, merci, M. le ministre. Merci, M.
le député. Le temps alloué à ce bloc d'échange
étant écoulé, je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention
du deuxième groupe d'opposition. M. le député de Maurice-Richard,
la parole est à vous, vous disposez de 9 min 5 s.
M. Bouazzi : Merci beaucoup, M. le
Président, toujours très heureux de faire
partie de cet exercice démocratique
qui fait suite à un certain nombre d'échanges qu'on a eus, M. le ministre et
moi, durant lesquels j'ai fait beaucoup d'efforts pour comprendre, en fait,
quelles étaient les métriques qu'on pouvait déjà avoir sur les objectifs
de diminution de gaz à effet de serre, et où, malheureusement, j'ai eu très peu
de réponses.
Parmi elles, quand
même, le ministre nous a dit que la stratégie batterie ne s'insérait pas dans
la politique de diminution de gaz à effet de
serre au Québec. Hier, on a eu le PDG d'Investissement
Québec qui nous a dit qu'il y avait
700 millions sur plus de 10 milliards d'investissements qui
accompagnaient les compagnies à diminuer les gaz à effet de serre, mais
nous n'avions aucune métrique sur comment est-ce que ça participe à diminuer
les gaz à effet de serre pour obtenir le 37,5 % qui est décrit dans la
stratégie, qui, je le rappelle, dans le... sa description actuelle, ne décrit
que 50 % des moyens que le gouvernement se dote pour atteindre cette cible
de 37,5 %, qui est elle-même inférieure à la cible d'au moins 50 %
décrite par le GIEC pour rester dans les limites du 1,5°.
Ça fait que j'essaie
toujours de comprendre, effectivement, les métriques. Je suis un ingénieur de
formation et je dois avouer que j'aime beaucoup les équations, et c'est une
équation compliquée qu'on a à résoudre. Quels sont les objectifs de diminution
de gaz à effet de serre associés à l'efficacité énergétique d'ici 2030, M. le
ministre?
M. Fitzgibbon :
Bien, écoutez, je vais vous répondre comme hier, là, ça... vous êtes à la
mauvaise commission, là. Je pense que mon collègue ministre de l'Environnement
est un expert en la matière, il va sortir son rapport bientôt, il a toutes les
matrices... les métrices... les «metrics», je m'excuse, pour arriver à ça.
Investissement Québec... vous avez posé la question, hier, à M. LeBlanc,
on a des projets, on contribue à la réduction des GES. Le ministère de
l'Environnement expose... ou utilise ces données-là pour arriver avec ces
calculs, donc vous lui poserez la question.
Maintenant, la
question pour ici, c'est que, comme j'ai dit, l'allocation des électrons qu'on
va faire dans les prochaines années va être doublement incluse au niveau des...
Je m'excuse, je me suis mal exprimé. On va se servir de deux critères : réduction de GES, d'une part, et, d'autre part,
création de richesse économique. Pour les GES, notre objectif, c'est
37,5 % des GES de 2030, on parle de 30 mégatonnes. Et M. le ministre
de l'Environnement a une idée de comment on va arriver à ça. Entre autres, il a
fait l'annonce du 2 millions de véhicules électriques, 2030, c'est une
partie des éléments. On travaille avec les industries pollueuses du Québec, mon
collègue à ma droite, on travaille sur des programmes pour les inciter à
décarboner. On calcule ça, on les envoie au ministère de l'Environnement. Donc,
on a un plan, puis je vous suggère...
M. Bouazzi :
Je comprends, M. le ministre. Je ne me suis pas trompé de commission, on parle
d'énergie, et l'efficacité, et, justement, l'efficacité énergétique. Je suis
étonné que vous pensiez que ce n'est pas votre rôle d'avoir une idée sur les
objectifs associés à l'efficacité, surtout que dire qu'on a besoin d'un
demi-Hydro-Québec... permettre à
Hydro-Québec de faire des projections, évidemment, sans rattacher à la question
d'efficacité. Je comprends que vous n'avez pas... vous n'êtes pas capable de
nous dire combien est rattaché à l'efficacité. Vous avez parlé plusieurs
fois de sobriété énergétique. Quels sont les objectifs chiffrés de sobriété
énergétique que vous donnez jusqu'à 2030?
M. Fitzgibbon :
On a travaillé avec... évidemment, avec Hydro-Québec. Et vous vous rappelez
peut-être, Mme Brochu, avant son départ, a identifié quatre pistes de
solution pour augmenter les sources énergétiques. La première, qui est la plus
valable, en fait, puis la plus productive pour le Québec, c'est l'énergie qu'on
ne consomme pas. Alors, dans le plan
stratégique d'Hydro-Québec, ils avaient identifié 8,9 térawattheures
d'efficience énergétique, elle a augmenté ce chiffre-là à
25 térawattheures. Bon, on parle ici... on parle de gestion de différents
nouveaux équipements. On peut parler de thermopompes, on peut parler
d'avoir une meilleure efficacité dans le code du bâtiment, par exemple, pour
nos vieilles édifices. Alors, écoutez, ça, ça ne réduit pas les GES, sauf que
ça va permettre de générer des mégawatts pour utiliser dans des entreprises
qui, elles, vont réduire les GES, donc tout ça est relié. Et je pense que le
25 térawattheures, qui est l'objectif d'Hydro-Québec pour 2030, est
ambitieux, et, moi, on va... nous, comme gouvernement, on va tout faire pour
les aider à y arriver, parce ça va nous aider, nous, à supporter les
entreprises.
M. Bouazzi : Le 25 térawattheures
est associé à de l'efficacité énergétique. En matière de sobriété énergétique,
est-ce que vous avez un chiffre?
M. Bouazzi :
On a effectivement signé un gros contrat avec New York qui nous prive d'une
partie de l'électricité. Une des conclusions du BAPE, c'est qu'on était en
train de signer ce contrat-là, alors que, justement, on n'avait pas de plan qui nous permettait de savoir, en fait, si c'était
une bonne idée ou pas, étant donné qu'on va manquer d'électricité dans
pas longtemps. Est-ce que vous seriez prêts à reconsidérer le contrat de
Boston, qui aujourd'hui a un peu du mal, et
de dire : Bien, on va peut-être attendre d'avoir les consultations,
comprendre les tenants et aboutissants du projet de loi que vous allez
déposer en septembre et de mettre tout ça sur pause?
M. Fitzgibbon :
...je pense qu'il est trop tard pour faire ça. Il y a eu beaucoup, beaucoup
de travail fait par Hydro-Québec, beaucoup de travail que... pour lequel je ne
suis pas au courant, je dois avouer, ça fait juste quelques mois que je suis, maintenant, responsable de
l'Énergie. Il y a des ententes légales qui ont été signées. On a...
Hydro-Québec a gagné avec... le cas a été judiciarisé, il n'est pas tout
à fait fini, à ce que je sache. Je pense qu'il est trop tard pour ça.
Maintenant, ce qu'on...
M. Bouazzi : On va continuer à
se battre pour pouvoir signer le contrat. Je comprends, actuellement, il y a
des enjeux juridiques, et ce que vous dites, c'est : N'attendons pas,
continuons à nous battre juridiquement pour pouvoir signer le contrat. C'est ça
que j'entends.
M. Fitzgibbon : En fait, les
engagements qui ont été pris — nous, on est un... on est un gouvernement
responsable — ont
été pris par Hydro-Québec vont être respectés.
M. Bouazzi : C'est bon.
Actuellement, vous avez dit qu'effectivement un... Est-ce que, d'abord, on est
d'accord qu'un kilowattheure pas consommé coûte moins cher qu'un kilowattheure
produit?
M. Fitzgibbon : Absolument.
M. Bouazzi : Actuellement, des
personnes... Aujourd'hui, si on démarre un gros projet pour commencer à isoler,
à améliorer les efficacités énergétiques des maisons, si on décide, par
exemple, d'isoler ou d'améliorer, mettre des
thermopompes dans 1 million de maisons par an pendant 10 ans, en
mettant 1 milliard par an, on est capables de faire deux choses : un, économiser à peu près
14 600 mégawatts... 14 000, oui, exactement, et, de l'autre
côté, évidemment, gérer le problème
de la pointe, qui est un des gros problèmes qu'on a à gérer, qui est... en
comparaison aux 4 000 mégawatts dont on a besoin... en éoliennes, pour produire les 1 500 mégawatts
en période de pointe, coûterait... donc les éoliennes coûteraient trois fois
plus cher. Seriez-vous ouverts à démarrer de gros... de grosses corvées
d'isolation et d'installation de thermopompes dans des centaines de milliers de
foyers annuellement pour pouvoir gérer cette situation?
M. Fitzgibbon : Je suis
d'accord sur le principe. Je pense que le chauffage est un élément très
important pour la consommation
d'électricité. Je suis d'accord que l'utilisation de thermopompes doit être
considérée. Maintenant, les chiffres que vous avez mentionnés, il va
falloir que j'y réfléchisse, là... Des milliards... thermopompes, ça... ils
vont coûter cher les thermopompes, là, si
on... le volume comme ça, mais le principe qu'on encourage l'utilisation de
thermopompes dans les maisons, je suis 100 % d'accord, et
Hydro-Québec, d'ailleurs, aussi.
M. Bouazzi : Donc, juste pour
être clair — d'ailleurs,
je pense que je me suis mêlé — donc, si on met 10 000 $ par
résidence et si on touche 1 million de résidences pour mettre des
thermopompes, justement, ça ferait 10 milliards sur 10 ans, et puis
ça nous permettrait d'isoler 1 million... en fait, d'améliorer
l'efficacité énergétique de 1 million
de maisons. Actuellement, il y a le tiers des personnes qui vivent... à revenus
pauvres, en fait, sont propriétaires de
leur maison et sont incapables de faire ces travaux-là, et il serait plus
judicieux d'effectivement distribuer de l'argent à des personnes moins nanties pour ces... installer des thermopompes que
de faire des appels d'offres pour des éoliennes pour ce
1 500 mégawatts de puissance qu'on économiserait. Donc, on vous
demande humblement d'ouvrir cette porte-là.
On comprend que c'est important pour vous de construire des nouvelles
éoliennes, mais on pense qu'en parallèle il faudrait absolument
commencer à une grosse corvée énergétique d'isolation des maisons.
Président (M. St-Louis) : M. le député, je suis désolé, le temps alloué à ce
bloc d'échange est malheureusement écoulé.
M. Bouazzi : Il n'y a pas de
problème.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
je suis maintenant prêt à reconnaître le porte-parole de... de l'opposition officielle, pardon, pour un second bloc d'échange.
M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous, vous disposez de
18 minutes.
M. Kelley : Merci,
M. le Président. M. le ministre, je sais que vous avez lu les... le journal ce
matin, puis il y a un sondage qui parle de l'enjeu d'enterrer des lignes
de transmission. Nous avons eu un échange pendant la période des questions. Il
y a eu une tempête de verglas qui a touché plusieurs régions du Québec en
avril, puis l'année passée dans Lanaudière. Alors, c'est quelque chose, pour
les Québécois, qui demeure important. Chaque fois que des gens perdent du
courant, l'électricité pour plusieurs jours, jours, c'est une perte de toute la
nourriture qui était dans le frigo. C'est, des fois, les inondations dans le
sous-sol. Ça, ça vient avec des coûts de reconstruction, on a une prime
additionnelle pour les gens qui doivent payer plus pour l'assurance après. Bref,
on a eu une discussion.
On a déposé une motion... bien, excusez-moi,
j'ai déposé une motion qui a été acceptée par tout le monde, puis on a parlé de
le fait qu'il faut... envisager un petit... la façon de... plus soutenue
l'enfouissement des fils électriques. Alors, on sait que c'est une des
solutions. Il n'y a aucune personne qui parle de mur-à-mur, on ne peut pas
enterrer toutes les lignes d'Hydro-Québec, ça, ce n'est pas possible. Mais
encore est-ce qu'il y a une façon que le gouvernement
du Québec peut regarder des programmes pour aider les municipalités d'enterrer
des lignes de transmission existantes et aussi de
continuer d'aider des nouveaux développements de prendre cette décision
également? Parce que c'est évident que, pour les Québécois, c'est une
préoccupation, ils pensent que c'est une solution. Puis est-ce que le ministre
peut rassurer la population qu'au minimum nous, ici, à l'Assemblée nationale,
nous sommes à l'écoute?
M. Fitzgibbon :
Bien, écoutez, effectivement, je pense que l'enfouissement est une... avec
ce qu'on a vécu avec la crise du verglas, est un enjeu très pertinent à
discuter. D'ailleurs, cet après-midi, si vous avez la chance, il va... il y a
quelqu'un en arrière de moi, d'Hydro-Québec, qui est l'expert en enfouissement,
Régis Tellier, alors il va pouvoir répondre aussi. Je vais essayer de répondre
du mieux de ma connaissance.
Alors, écoutez,
premièrement, au Québec, présentement, on a 10 % à 15 % déjà enfouis;
à Montréal, on a plus que 50 %, je pense que c'est pour 55 % ou
59 %. Quand on discute avec Hydro-Québec, avec des municipalités, il est
clair que, quand on parle de nouveaux développements, par exemple, ça devient
logique, probablement, de dire : On va enfouir. Sauf, il faut faire
attention parce que, vous l'avez dit, l'enfouissement, ce n'est pas juste le
fil qui s'en va dans la terre, il y a tous les équipements qui vont avec, ça
coûte très cher.
Bon,
quand ça coûte très cher, on peut dire : Qui va payer pour ça? La
question... il y a trois choix... en fait, il y a deux choix, c'est...
ultimement, c'est la population. Ils vont-tu payer parce que la maison va être
plus dispendieuse, le promoteur va payer pour l'équipement? Est-ce que
c'est la ville qui va dire : On va payer pour, on va augmenter, donc, nos
taxes municipales? Ou, si on dit : Non, c'est Hydro-Québec qui paie, ça ne
rentre pas dans la base tarifaire, mais, bon, on a Eric Girard, au ministère
des Finances, il va avoir 1 milliard, 2 milliards de moins de
dividendes. Peut-être c'est correct, peut-être qu'on va dire : On a un
dividende réduit d'Hydro-Québec, mais on va couper dans d'autres missions
sociales de l'État. Alors, je pense, c'est une question qui est importante.
Puis effectivement il
y a beaucoup de gens qui réclament que, si on enfouissait tout, on aurait... on
pourrait résoudre tous les maux potentiels, futurs pour des pannes, mais il y a
d'autres considérations, le coût... parce qu'ultimement on va payer pour comme
société. Puis il y a aussi le fait que ce n'est pas toujours la solution la plus...
la meilleure au niveau optimal parce que, premièrement, la durée de vie... j'ai
appris ça moi-même en parlant à Régis, la durée de vie d'un réseau souterrain
est moins grande qu'un réseau aérien, donc ça coûte plus cher, en plus, pour le
remplacer et, dans des détections de problématiques, souvent, bien, c'est plus
compliqué parce qu'on ne sait pas où aller. Alors... Mais la question se pose
et je pense que ça mérite de regarder. Hydro-Québec est très consciente de ça
et va travailler. Puis est-ce que le gouvernement va faire un programme pour
les municipalités pour réduire le coût d'enfouissement? Peut-être, mais on va
couper ailleurs.
M. Kelley :
Parfait. Puis, je pense, c'est important aussi, et je vais prendre le temps
de poser des questions à Hydro-Québec, mais c'est de regarder, parce que,
encore, on s'est lancés... un des anciens PDG a utilisé le chiffre de
100 milliards, mais... encore, on ne parle pas d'enfouissement de toutes
les lignes de transmission au Québec, mais peut-être des études qui... où on
peut mettre de l'avant certaines régions où peut-être c'est le meilleur choix
puis juste encore mettre ça dans l'espace public pour les gens de comprendre.
Et c'est sûr qu'il y a un coût lié avec ça, mais on est déjà en train de
discuter l'adaptation des changements climatiques, alors, si on va avoir des
tempêtes plus intenses et extrêmes, c'est sûr que ça va être
partie le
portfolio pour la résilience du... le réseau.
Puis, M. le ministre,
je vais maintenant aller sur une autre question sur le réseau. Vous avez eu un
échange avec mon collègue, la semaine
dernière, sur le projet de Volkswagen à Bécancour, puis ça, c'est peut-être un
exemple où... avec des projets où le gouvernement n'est pas capable de
connecter une entreprise et une réalité. Alors, en 2022, c'était évident
que le bloc d'énergie qui était nécessaire pour le projet de Volkswagen était
dans un autre coin du Québec où ce n'était pas le meilleur endroit à choisir
pour le projet de Volkswagen. Dans l'avenir, comment on peut mieux préparer
notre réseau puis s'assurer que, s'il y a des blocs dans les coins, on peut
transférer cette énergie à un autre coin? Ce n'est pas aussi simple que ça,
mais, encore, je pense, ça, c'est un gros défi. J'imagine, beaucoup des usines
veulent... préfèrent d'être plus proches à la frontière avec les États-Unis ou,
quand même, avec l'Ontario, peuvent avoir l'accès des grosses autoroutes, alors
comment lui, il voit ça, pour le réseau, de s'assurer que les blocs d'énergie
qui existent, qu'il reste sont dans la bonne place, ou comment on va transférer
l'énergie d'un coin à l'autre? Ce n'est pas juste quelque chose qu'on
«flick»... qu'on flippe une switch puis c'est fait.
M. Fitzgibbon :
Madame... M. le Président, je m'excuse, M. le Président, mon sous-ministre
commence à avoir des cheveux blancs parce que c'est ça qu'on fait à tous les
jours avec nos collègues d'Hydro-Québec. Et il faut se rappeler un peu le
contexte. Moi, il y a un an et demi, deux ans, on avait des surplus jusqu'aux
genoux, hein, on était dans le trèfle jusqu'aux genoux, il n'y avait pas de
problème, et il est arrivé une hausse, tu sais, de projets. Comme je l'ai dit
tantôt, il y a eu un projet de 50 mégawatts en 23 ans, on en a
aujourd'hui plus de 50. Alors, oui, on a un problème, oui, on a un problème
important, un problème... un problème important... un problème qui est heureux
parce qu'on n'avait pas ces projets-là. On ne les a jamais eus, ces projets-là.
Alors, on est face, aujourd'hui, à une
demande de 20 000, j'ai dit plus que 20 000, mais ceux qu'on veut
vraiment faire, c'est 10 000, prenons un chiffre rond, 10 000.
Alors, effectivement,
il y a deux enjeux. Il y a l'enjeu est-ce que... Dans la piscine, nos
deux piscines, là, on a le Churchill
puis on a le Labrador, là, la Baie-James. On a-tu assez d'eau dans la piscine pour amener
l'énergie en bas? Oui, en partie. Il en manque. On travaille avec... le
Plan d'approvisionnement avec Hydro-Québec pour augmenter l'énergie avec de
l'éolien, du solaire, éventuellement, on a le GNR, la bioénergie. Ça fait qu'on
a un plan très, très clair pour augmenter le plus possible.
Maintenant,
quand c'est augmenté, où on amène les lignes? Vous avez absolument raison, des
lignes de transmission, premièrement, ça prend beaucoup de temps. On a
l'exemple de Volkswagen. Je me suis éventé à l'expliquer
à plusieurs reprises, nous avions l'énergie à la Baie-James, d'amener la
connexion qui était requise à Montréal aurait pris six, sept ans.
C'est ça, la réalité du transport de haute tension.
Donc,
on travaille présentement avec Hydro-Québec, parce qu'on a une carte qui montre
le 10 000 mégawatts, où ils sont situés dans le Québec, et on regarde
comment est-ce qu'on va séquencer l'augmentation des lignes de
transport, comment est-ce qu'on va séquencer l'arrivée de nouvelle énergie, et
on va peut-être essayer de trouver un moyen
pour l'éolien, par exemple, de le mettre près des utilisateurs. Alors, effectivement,
c'est un travail très complexe, qui est nouveau pour le gouvernement,
sur lequel on se penche très, très sérieusement.
M. Kelley :
Merci, M. le ministre. Et je sais que votre équipe travaille fort, ce n'est
pas... ce n'est pas simple, mais je pense que ce... M. le Président, c'est
important de souligner la prévisibilité. Puis c'était dans la Politique
énergétique en 2016, déposée par l'ancien gouvernement libéral, où on a
souligné qu'il faut augmenter de 25 % la production
totale des énergies renouvelables au Québec. En 2018, c'était le gouvernement
qui n'a rien changé de ce plan, alors c'était leur plan aussi. Alors,
c'était écrit un petit peu dans le ciel.
Alors,
M. le ministre, j'ai une question. On est maintenant rendus à 2023. En... 2030,
c'est pas mal demain. On va augmenter notre réseau de distribution,
notre capacité de fournir l'électricité par combien de mégawatts dans les
prochains sept ans?
M. Fitzgibbon :
... je n'ai pas entendu la question.
M. Kelley :
Alors, je reviens. Dans les prochains sept ans, combien de mégawatts
est-ce qu'on va ajouter? Et on va commencer
à produire de l'énergie renouvelable dans les prochains sept ans. C'est
quoi, vos prédictions? On va ajouter combien d'énergie à notre portfolio
entre ici et 2020... 2030?
M. Fitzgibbon : Je souriais au début, je
m'excuse, là, j'ai été peut-être impoli, mais je souriais parce que le ciel
doit être rouge, parce que, quand vous avez dit qu'on le savait en 2018, vous
n'aviez aucune idée, nous non plus. D'ailleurs, sous votre régime, il n'y a pas
eu de projet en haut de 50 mégawatts, donc dites-moi pas aujourd'hui que
vous saviez qu'on avait besoin de 50 mégawatts et plus. Première chose.
Deuxième chose,
clairement, la source énergétique sur laquelle on travaille va être
principalement l'éolien parce que nous avons un déséquilibre... ou, en fait, on
peut rééquilibrer le réseau en ayant un chiffre qui va être entre 5 000 et 10 000 mégawatts. Je vais
laisser les experts en arrière de moi, après-midi, répondre à la question,
M. Rhéaume est la meilleure
personne pour y répondre, mais il y a effectivement de 5 000 à
10 000 mégawatts d'éolien qu'on peut mettre en place qui va
travailler avec l'équilibre qu'on va avoir avec l'hydroélectricité.
solaire, on risque d'avoir, probablement, une effervescence parce que les coûts
des panneaux photovoltaïques diminuent, le transport serait moins élevé,
on pense aux milieux urbains, par exemple. Puis on va regarder avec Hydro-Québec de faire des... un lancement d'appel
d'offres probablement juste pour le solaire. On travaille aussi avec,
évidemment, d'autres bioénergies parce que, pour décarboner, on peut utiliser
d'autre chose que l'électricité.
On parle d'hydrogène
aussi. Évidemment, l'hydrogène, c'est problématique parce que ce n'est pas une
source énergétique, c'est une utilisation. Donc, je n'ai pas le chiffre précis
parce que... Comme j'ai dit tantôt, on a 10 000 mégawatts
de projets d'ici sept à huit ans. On a, présentement, 1 000,
2 000 disponibles pour le côté industriel. Il y en manque, mais je pense qu'on est capables
d'augmenter sensiblement ce chiffre-là pour pouvoir livrer les produits.
Mais j'aimerais aussi
conclure en rassurant la population qu'on ne manquera pas d'énergie pour les
maisons, les résidences, ni pour le commercial. Tout ce qu'on parle, c'est le
côté industriel excédentaire. Et, encore une fois, je suis très surpris
d'entendre du Parti libéral qu'on aurait dû savoir en 2018 qu'on aurait
besoin d'énergie, alors que, pendant leur... pendant leur règne, il ne s'est
rien passé.
M. Kelley :
M. le ministre, je peux donc déposer le plan qui est la politique
énergétique qui a été faite en mai 2016. C'est sur le site Web, ça existe.
Je regarde quelque chose, je sais, je peux le déposer. Mais en 2016
c'était identifié qu'en 2030 on n'a plus de surplus puis il faut commencer
à planifier d'ajouter de l'énergie pour s'assurer qu'on peut faire la
transition, c'est écrit. C'est transféré pour le secrétariat dans quelques
instants, mais c'est quelque chose qu'on a identifié. C'est pourquoi on a
relancé le projet d'Apuiat, pour rajouter des mégawatts d'électricité. Puis,
encore, c'est juste... Entre 2018 puis maintenant, combien d'énergie a été
ajoutée, sauf pour le projet là? C'était quoi, les planifications pour les
autres? Maintenant on arrive, puis on dit : On a un problème, on a un
manque d'énergie. Ce n'est pas que cette réalité tombe de le ciel, c'était
identifié en 2016. Ça, c'est un problème, c'est un enjeu, parce que moi,
je veux créer des jobs payantes partout au Québec puis je veux attirer les
entreprises pour installer ici, au Québec. C'est important. Je veux que les
entreprises du Québec... qu'on ait accès à l'énergie verte produite ici, au Québec. Mais 2030, c'est demain,
puis je veux savoir, dans les prochains sept ans, la CAQ prend
l'engagement d'ajouter combien de térawatts d'électricité à notre
portfolio.
M. Fitzgibbon :
En quelle année?
M. Kelley : En 2030. Entre ici,
2023, à 2030, on va ajouter combien de térawatts d'électricité à notre
portfolio?
M. Fitzgibbon : On va essayer
d'en ajouter... on va essayer d'ajouter entre six et
10 000 mégawatts.
M. Kelley :
Puis ça va prendre, dans les prochaines... cette année, combien d'énergie
pour s'assurer que tout le monde... bien, on
ne va pas s'assurer, je m'excuse, je vais recommencer. Ça va prendre combien
d'énergie pour tous les chars électriques qu'on va ajouter à notre
flotte comme une société dans les prochains sept ans?
M. Fitzgibbon : Plusieurs térawattheures,
je pense, c'est trois, quatre térawattheures, là, sur 2 millions. Je
peux me tromper, là. Je vais vous... on va vous donner la réponse aussi.
M. Kelley :
Parfait. Puis, encore, pour les... tous les bâtiments du Québec, de
s'assurer que tout le monde est électrifié
puis que ce n'est pas nécessairement par le gaz — on le voit, les villes commencent à faire la
transition — est-ce que nous avons une idée ça va prendre combien
d'énergie dans les prochains sept ans pour les bâtiments, d'électrifier,
au Québec?
M. Fitzgibbon : Premièrement, on ne veut
pas électrifier les bâtiments, ça serait une erreur, là. Hydro-Québec a
lancé le programme de biénergie, qui est un programme très intelligent, qu'on
respecte beaucoup, programme qui permet d'aller à 70 %, qu'il y ait
30 % de gaz naturel, peut-être un jour GNR. Il y a un plan très précis.
D'ailleurs, Hydro-Québec a identifié sur le plan stratégique un chiffre de
100 térawattheures, 2050. Moi, j'avais argumenté que le chiffre va être un
peu plus élevé, probablement à cause des projets industriels, et peut-être un
peu accélérer, parce qu'on veut, comme
gouvernement, aller le plus rapidement possible au niveau des GES. Donc, on a
un plan très précis sur tous les systèmes, mais clairement nous ne
voulons pas, aujourd'hui, électrifier 100 % des bâtiments, ce serait une
erreur stratégique.
M. Kelley :
OK. Et aussi, juste encore, M. le ministre, vous n'êtes pas certain, pour
l'industrie minière, combien d'énergie ça va prendre pour ces projets-là parce
que les 33 ne sont pas nécessairement tous approuvés. Mais le point que je vais
essayer de faire, c'est juste... Je sais que devant vous, vous avez un enjeu
majeur, mais c'est pourquoi, sur notre
côté... ont demandé une discussion nationale. Puis j'ai hâte de voir qu'est-ce
qui va arriver après le ministre... mais le sommet que le ministre a
obtenu dans les prochaines semaines sera bien intéressant, mais je pense que...
c'est sûr qu'on est capables de réussir, mais il y a un gros défi devant nous.
Puis encore, M. le
ministre, je veux juste poser la question. Vous avez mentionné des critères qui
vont être mis sur le site Web dans les prochaines semaines, prochains jours.
Concernant les impacts économiques, la chose qui est le plus important pour vous, est-ce que c'est le nombre des emplois
qui sont créés, est-ce que c'est plus une question des salaires qui est
plus intéressante, un mélange des deux ou... Je veux juste entendre le ministre
là-dessus.
M. Fitzgibbon : Bien oui. Non, ça,
c'est... Dans les critères qu'on regarde, effectivement, il faut avoir des
critères parce que ça peut... ça peut devenir très complexe. Je dirais
qu'un des critères est clairement l'atteinte des objectifs de réduction de GES.
On a commis... on s'est engagés pour 37,5 %. Encore une fois, mon collègue
ministre de l'Environnement suit ça sur une base trimestrielle. Donc, il faut
être capables... Parce qu'on sait que les GES, c'est 43 % en transport, c'est près de 25 % pour les industries,
combustions et processus, donc c'est beaucoup au niveau du ministère de
l'Économie où ça va se faire. Alors, on doit clairement avoir ça comme critère.
Maintenant, pour
l'autre critère économique, on est dans un environnement, comme vous savez, qui
est très différent. Ce n'est pas la création d'emplois comme telle, c'est le
rehaussement des niveaux salarial, et aussi toute la question du focus
industriel. Moi, je pense que le Québec est dans une situation privilégiée à
cause de l'énergie renouvelable, d'avoir des focus industriels, des chantiers.
Les zones d'innovation vont pouvoir attirer du talent, autant l'immigration économique que les gradués, nos jeunes qui vont
finir dans des collèges techniques ou universités. Donc, on veut polariser dans
des secteurs où on peut être des champions et où on peut avoir une pérennité en
termes de notre capacité d'exporter, par exemple ça va être le cas des
anodes puis des cathodes. Donc, c'est la productivité qui augmente la hausse
des salaires parce qu'on va être dans un environnement où la main-d'oeuvre va
être limitée.
M. Kelley :
Merci pour la réponse là. Puis je pense que la réponse sur la question de
la main-d'oeuvre est très, très intéressante. Je comprends, ce n'est pas votre
responsabilité, M. le ministre, mais, encore, quand je regarde des projets
ambitieux dans les différentes régions, je regarde certains de mes collègues,
on sait qu'il y a une pénurie un petit peu partout, alors je pose quand même la
question : Est-ce que nous avons la main-d'oeuvre nécessaire pour faire la
transition énergétique, pour bâtir les barrages, pour bâtir des différents
projets, pour bâtir une filière batterie ou
est-ce que ça va prendre encore une augmentation du nombre des immigrants? Je
pose la... je lance la balle parce que c'est
sûr que les demandes... si on veut bâtir toutes ces industries-là, ça prend des
gens pour travailler dans des secteurs-là. Ah! prochaine fois.
Le Président (M. St-Louis) : ...j'ai
bien reçu votre document, M. le député, et j'accepte son dépôt à la
commission.
Donc, je suis
maintenant prêt à reconnaître le porte-parole de la deuxième opposition. M. le
député de Maurice-Richard, la parole est à vous, vous
disposez de 8 min 51 s.
M. Bouazzi : Merci,
M. le Président. Il y a quelques mois, en fait à la fin de l'année 2022,
il y a plus d'une centaine d'associations
de la société civile, des syndicats, des chercheurs, qui ont demandé un BAPE
générique sur la question de la transition énergétique. Pourquoi vous y
êtes opposé?
M. Fitzgibbon :
Bien, premièrement, on lance une consultation qui est, à mon avis, très
sophistiquée. Nous avons... le 15 mai, si je me rappelle bien, là, on a
une journée, on a un cahier qu'on a envoyé à des participants, on a invité 80 personnes, on va finir,
probablement, une centaine. Il y a beaucoup de gens qui ont levé la main, des experts,
on va les recevoir. Au même moment, nous allons ouvrir la plateforme de
consultation, il y a un nom particulier, là, une
plateforme du gouvernement pour que les mémoires soient déposés, ceux qui
n'auront pas eu la chance de venir à la journée. On va rencontrer les communautés autochtones. Alors, on s'est
donné quelques mois. On va regarder, durant l'été, tous les... tout ce qu'on va
recevoir. On a des discussions, j'ai déjà commencé. Et l'idée, c'est qu'il faut
faire des amendements à la loi, autant
à la Régie de l'énergie qu'Hydro-Québec, des demandes, en fait,
qu'Hydro-Québec nous ont faites il y a un an ou deux.
Alors, un n'empêche pas l'autre. On doit
commencer, on doit... il y a des choses qui doivent être faites très rapidement si on veut être capables de générer
l'énergie renouvelable que nous voulons avoir dans le privé, Hydro-Québec,
comment qu'on va le transporter, mais ça n'empêche pas qu'il peut y avoir un
débat en parallèle plus large, des grandes messes, que j'appelle, qui peuvent durer
le temps que ça voudra.
M. Bouazzi : M.
le ministre, un BAPE aurait permis, justement, une vision non partisane, et des
recommandations non partisanes aussi
et transparentes, et un débat transparent. Actuellement, vous allez déposer un
des projets, probablement le projet le plus important de ce siècle, sur
la transition énergétique au mois de... en automne prochain et vous avez
effectivement décidé qu'il y aurait une journée d'échange et effectivement un
site Web sur lequel les gens pourront aller en plein mois de juin, en plein
été. Est-ce que vous êtes capable de nommer un projet de loi — vous
êtes législateur depuis déjà cinq ans — un projet de loi où la
commission préparatoire au projet de loi a duré seulement une journée?
M. Fitzgibbon : Vraiment, il faut...
il faut faire attention, là. Il y a eu... il y a plusieurs interactions. Ces
gens-là qui vont venir nous parlent depuis six mois. Il va y avoir des
plateformes qui vont être là pour le public, pour les sociétés civiles. D'autre
part, comme vous savez très bien, le fonctionnement, c'est qu'il va y avoir un
projet... il va y avoir un projet de loi qui
va toucher probablement quelques lois, dont la Régie de l'énergie, dont
Hydro-Québec, et après il y aura, évidemment, des consultations
particulières qui vont avoir lieu. Donc, il y a un processus...
M. Bouazzi : ...le projet de
loi déposé...
M. Fitzgibbon : Oui, puis on...
M. Bouazzi : Moi, j'ai
moi-même, quand j'étais dans la société civile, participé à des commissions
avant les projets de loi pour pouvoir réfléchir le projet de loi. Je pense que
c'est dans cette optique-là que vous faites ces consultations, sinon on se
demande pourquoi on les fait. Et, dans cet objectif-là, je suis curieux de
savoir si vous avez ne serait-ce qu'un exemple où il y a juste eu une
journée d'échange, physiquement, en commission. Je comprends qu'il y a des processus parallèles ici, dans nos processus
démocratiques, il y a des processus qui sont prévus. Le BAPE ne faisait pas votre affaire. Aujourd'hui, des commissions ou
des échanges d'une journée, moi, je n'en connais pas, honnêtement. Et puis évidemment, devant l'importance du projet
de loi que vous allez déposer, on comprend que... et des syndicats, et des chercheurs, et des représentants de la
société civile ont émis un communiqué la semaine dernière pour exprimer ce
qu'ils ont qualifié de mascarade, et c'est très dommage parce que ce qui nous
attend est vraiment important pour la suite.
Dans les nouvelles productions d'énergie, il y a
évidemment les questions d'éoliennes. Pourquoi est-ce que Hydro-Québec ne
ferait pas elle-même... ne construirait pas elle-même les éoliennes?
M. Fitzgibbon : De faire quoi?
Excusez, je...
M. Bouazzi : Pourquoi aller au
privé pour toutes les nouvelles productions d'éoliennes, d'énergie à partir
d'éoliennes?
M. Fitzgibbon : Hydro-Québec a
toujours contrôlé le processus d'octroi d'éolien. Ils le font de la bonne façon avec le privé. Hydro-Québec n'a jamais été
constructeur d'éolien et, à ma connaissance, ne le seront jamais non plus. On verra, hein, en commission... la
commission... en consultations, je m'excuse, on pourra peut-être changer ça, mais
ça n'a jamais été le cas puis ça n'a jamais été l'intention.
M. Bouazzi : Et
est-ce que vous considérez, par exemple, que... parce que... qu'Hydro-Québec
n'aurait pas les compétences de le faire?
M. Fitzgibbon : Écoutez,
c'est... encore une fois, ça n'a jamais été dans leur plan stratégique de faire
des éoliennes. Je pense qu'Hydro-Québec fait un excellent travail pour la
gestion des barrages, qui est très complexe. Hydro-Québec fait un très bon
travail dans le transport hydroélectrique, on ne permet aucun transport privé.
Je pense qu'il y a des fondations, même, qui sont très bonnes. Quand on parle
d'autres sources d'énergie renouvelable, quand on parle du solaire, on parle
du... de l'éolien, le nucléaire n'est pas dans les cartons, présentement, du
tout, mais peut-être qu'un jour il le sera, il faut se servir du privé. On ne
peut pas tout mettre chez Hydro-Québec, ce serait un risque qui serait, à mon
avis... bien...
M. Bouazzi :
On a... Jusqu'à...
M. Fitzgibbon : ...et de l'avis
d'Hydro-Québec aussi. Je ne suis pas le seul qui dit ça, là.
M. Bouazzi : Jusqu'à
l'arrivée des éoliennes, on faisait toute la production ou presque, là — évidemment, il y a quelques
exceptions — chez
Hydro-Québec. Est-ce que vous pensez que ça coûte moins cher d'aller au privé
que de produire notre propre énergie, si on avait à le faire nous-mêmes avec
Hydro-Québec?
M. Fitzgibbon : Bien,
écoutez, je pense que c'est la question du... des masses critiques. Je pense
qu'on regarde aujourd'hui... moi, je regarde aujourd'hui ce qui se passe dans
le monde, puis on a été à la COP27 pour parler tous les équipementiers
d'éolien, il y a un engouement sur l'éolien. Le Québec, Hydro-Québec a annoncé
récemment qu'on était ambitieux en termes de
nos niveaux énergétiques en provenance d'éolien, ce qui attire beaucoup les
équipementiers, les producteurs à venir ici.
Alors, moi, je pense que l'équilibre
privé-public fait en sorte que... Si on a un programme très prévisible de
construction éolien au Québec, je pense qu'on peut, avec le privé, avoir des
taux qui vont être très intéressants. Puis d'ailleurs...
bon, ça a été public, on a vu les taux de connexion éolienne dans les appels
d'offres de 2021, puis j'étais très surpris de voir... bien, pas
surpris, mais j'étais agréablement surpris de voir les prix auxquels on va
avoir l'électron.
M. Bouazzi : Je comprends, M.
le ministre, ces compagnies ne sont pas des compagnies à but non lucratif, et
on s'entend qu'évidemment elles ont de l'argent à avoir, elles se prennent une
cote, c'est un peu le principe du privé, dont on pourrait se priver.
Et puis je rappelle que, quand les bâtisseurs du
Québec moderne avant nous ont décidé de nationaliser la production d'hydroélectricité, les arguments
principaux étaient de dire qu'on n'avait pas l'expertise, etc., et aujourd'hui
on se retrouve, effectivement, à faire l'envie des autres pays, pas parce que
notre production d'électricité est faite par le privé, c'est parce qu'on
contrôle et qu'on est capables de planifier.
Il y a toutes
sortes de problèmes qui découlent d'aller dans le privé et parmi elles... les
questions de maintenance, une fois que les contrats arrivent à leur fin,
parmi elles... Évidemment, je ne pense pas qu'ici il y a quelqu'un qui pense qu'avoir une turbine qui est dans l'eau
derrière un barrage compliqué à construire est plus compliqué qu'avoir une
éolienne, et on s'étonne de la fermeture du gouvernement face à l'idée de faire
jouer à Hydro-Québec ce qu'elle a toujours joué.
M. Fitzgibbon : ...répondre
rapidement que je suis agréablement surpris de voir la coopération des
communautés autochtones, des MRC, la FQM, le système qu'Hydro-Québec a
mis en place. Hydro-Québec contrôle l'octroi des mégawatts à des privés éoliens, de concert avec les MRC, de concert avec
les communautés autochtones. Alors, le système fonctionne très bien.
Vous amenez un autre point : Hydro-Québec doit faire ses propres
éoliennes. Vous pourrez le soumettre à la commission... à la consultation.
Nous, à date, on est contents de ce qui se passe, puis on va continuer comme
M. Bouazzi : On a bien vu
qu'Hydro-Québec était aussi capable d'avoir des bonnes relations, entre autres avec... en connectant notre électricité à New
York, avec les communautés autochtones. On pense qu'on n'est pas obligés
de donner une cote au privé, et on est probablement obligés de mieux planifier
notre énergie en se la réappropriant, comme les gens ont fait avant nous. On
trouve un peu dommage que cette philosophie que notre production nous
appartienne est en train d'être perdue.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
messieurs. Ceci conclut ce bloc d'échange.
Donc, je suis maintenant prêt à reconnaître le
député de Camille-Laurin. M. le député, vous bénéficiez de 5 min 50 s.
La parole est à vous.
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Durant ces cinq minutes, je veux
toucher deux sujets : les trop-perçus
d'Hydro-Québec de même que la construction de barrages en lien avec la
décarbonation de notre économie.
Le premier sujet, il est très, très simple. En
campagne électorale, la CAQ avait promis de rembourser les 1,5 milliard de
trop-perçus par Hydro-Québec depuis 2005. Le premier ministre avait même
qualifié les trop-perçus de vol alors qu'il
était dans l'opposition. Hydro-Québec, elle, a les fonds pour faire ce
remboursement-là parce qu'elle a dégagé des profits record en 2022, des profits
de 4,5 milliards de dollars, une hausse de 28 % par rapport à
2021. La CAQ a bloqué plusieurs fois les motions du Parti québécois sur ce sujet-là, notamment en juin 2022 et en avril 2023.
Et donc on sait qu'en 2020 la CAQ a procédé à un remboursement à la hauteur de
500 millions. C'était 1,5 milliard, donc il reste 1 milliard à rembourser. Est-ce que le ministre est prêt à
respecter sa propre promesse électorale et à rembourser la totalité des
trop-perçus?
M. Fitzgibbon : Nous n'avons
aucune intention d'aller dans ce sens-là, pour plusieurs raisons. La première,
c'est qu'on regarde la hausse tarifaire de l'année en cours et on note que les
individus ont 3 % d'augmentation, les entreprises ont une augmentation à
6 %, le tarif L est à 4,2 %, 4,5 %, donc on bénéficie déjà, pour
les résidentiels, du plus bas taux de tarification par rapport à l'année
dernière.
Deuxièmement, vous n'êtes pas sans
savoir... et, quand on regarde les rapports d'experts, dont, entre autres, la chaire
du HEC, M. Pineau, Pr Pineau, on réalise qu'au Québec les tarifs
résidentiels sont financés par les industries, on parle de 86 %, si je me rappelle bien, donc il y a 14 % de
financement qui est fait par les industries pour les individus. Donc,
nous avons les tarifs les plus bas en Amérique du Nord, donc il n'est pas
l'intention du gouvernement d'aller dans le sens que vous suggérez.
M. St-Pierre
Plamondon : Puis, à ce niveau-là, est-ce que le ministre, M. le
Président, est-ce qu'il considère que la CAQ a respecté sa promesse électorale?
M. Fitzgibbon :
Nous avons fait ce qu'il y avait à faire. Le PL n° 34 a été discuté
longuement par mon collègue à l'époque, et
nous avons livré aux Québécois ce que nous avions promis, on a mis de l'argent
dans leurs poches, on a des taux de tarification qui sont les plus bas,
les plus bas en Amérique du Nord. Alors, je pense qu'on a respecté nos
engagements.
M. St-Pierre Plamondon : Moi, je note la réponse
du ministre par rapport au 1,5 milliard versus 500 millions.
Prochain sujet, la
décarbonation de notre économie, la construction de barrages. La CAQ a proposé,
a parlé souvent, lors de la dernière
élection, de construire des barrages. Or, seulement la moitié des réductions de
GES à faire concrètement, là, d'ici l'objectif 2030 ont
concrètement été déterminées, donc, la moitié, on ne sait pas comment on va
faire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Pour autant, la CAQ
affirme qu'elle a besoin de 100 térawattheures d'énergie électrique de
plus en 2050 et elle va de l'avant avec des présentations sur nos besoins.
La question qui est
évidente, c'est : Quand est-ce que le ministre, M. le Président, a
l'intention de présenter un rapport détaillé sur la réduction de la totalité de
nos gaz à effet de serre en lien avec ce calcul-là de nos besoins énergétiques?
M. Fitzgibbon :
Bien, premièrement, tantôt, j'ai eu la même question de votre collègue à
votre droite, et mon collègue le ministre de l'Environnement, Lutte aux
changements climatiques a des rapports, il va publier bientôt où sommes-nous
par rapport à notre objectif de 37,5 %, 30 mégatonnes. Ça, c'est un
élément, donc, qui va répondre à votre question.
Et il y a...
Évidemment, le ministère, que je dirige, au niveau économique, on est un grand
contributeur de la pollution parce qu'on a beaucoup l'industrie... le
transport, c'est 43 %, les industries, c'est à peu près 25 %,
30 %, donc on travaille étroitement à faire des projets pour décarboner
nos industries.
Parallèlement à ça,
Hydro-Québec a déterminé qu'il fallait 100 térawattheures d'ici 2050 pour
être net zéro. Probablement, ça va être un peu plus élevé que ça parce qu'il y
a beaucoup de projets industriels qui se sont rajoutés, donc... Écoutez, on a Mme Brochu qui a annoncé, avant son départ,
qu'elle croyait qu'il fallait augmenter l'efficience énergétique de
huit térawattheures à 25, donc c'est... le quart de ce qu'on a besoin va
venir de l'énergie qu'on ne consomme pas, qui est très valable parce que
c'est... au niveau environnemental, c'est encore mieux. Le reste, bien, il faut
le produire. Alors, on va garder des... toutes sortes de sources énergétiques.
Et le travail qu'on fait avec Hydro-Québec, c'est de trouver des sources d'ici
2030 pour permettre de réduire les GES, parce que c'est un objectif qu'on veut
maintenir, et aussi nos filières industrielles qui ont besoin de térawattheures
et de mégawatts pour pouvoir être opérationnelles.
M. St-Pierre
Plamondon : Une question très pointue, en terminant, M. le
Président. Vous n'êtes pas sans savoir que
le Canada de Justin Trudeau, en collaboration avec McKinsey, s'est donné
l'Initiative du Siècle, un objectif d'avoir 100 millions de Canadiens grâce à une immigration
massive d'ici 2100. Lorsqu'Hydro-Québec et le gouvernement du Québec
font leur planification de besoins énergétiques au cours des prochaines années,
est-ce qu'ils ont comme prémisse la croissance de la démographie actuelle ou la
croissance telle que voulue et planifiée par le gouvernement du Canada? Parce
que vous comprendrez que les besoins énergétiques de 9 millions de
personnes, ce n'est pas la même chose que les besoins énergétiques de
20 millions de personnes.
M. Fitzgibbon :
Vous avez absolument raison, et les projections qu'Hydro-Québec fait pour
la démographie s'appuient sur la démographie interne au Québec et sur la
politique d'immigration qu'on a présentement.
Le Président
(M. St-Louis) : Merci, M. le député. Merci, M. le ministre.
suis maintenant prêt à reconnaître le porte-parole de l'opposition officielle.
M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous. Vous disposez de
17 min 45 s.
M. Kelley :
Merci beaucoup, M. le Président. Le ministre a mentionné qu'environ
17 projets étaient refusés par
Hydro-Québec en raison de l'incapacité à les connecter. En termes monétaires,
ça représente une perte économique de combien?
M. Fitzgibbon :
Aucune idée.
M. Kelley :
Aucune idée. Ça, c'est une réponse très claire, M. le Président.
M. Kelley :
Oui, je pense, ça va être intéressant de savoir aussi si on est capables de
chiffrer ça pour nous un jour. Mais je veux juste... reviens encore un petit
peu sur la prévisibilité, le fait que le surplus... on ne va plus avoir un
surplus énergétique en 2030. C'était prévu, comme je dis, en 2016. Mais,
encore, je pense qu'on arrive dans une situation où on a un vrai problème, un
enjeu majeur pour notre société. Puis c'est des décisions qui ne viennent
pas... C'est toujours facile, je sais, de blâmer le Parti libéral, je comprends
ça, M. le Président, mais en réalité, en 2018, le premier ministre du Québec a
dit qu'on ne fera pas des projets tant qu'Hydro-Québec sera en surplus. C'est
une citation de notre premier ministre. Mais en 2021 on lance un projet
d'Apuiat, qui était... comme j'ai dit, les négociations étaient commencées par
l'ancien gouvernement libéral, puis la CAQ, elle disait : Oh! finalement,
il faut aller de l'avant quand même si on
est en surplus, parce que c'était pas mal clairement dit par la société d'État
en 2021, comme : Écoute, là, on arrive à 2030, où on va... plus de
surplus d'électricité, puis il faut commencer de bâtir. Mais en même temps
j'entends souvent que le gouvernement dit qu'on n'était pas au courant. C'est
seulement en 2022 qu'on a réalisé qu'on a un problème, il faut lancer des
projets de barrage, il faut faire ça. Mais l'historique ne dit pas ça,
M. le Président, les faits dit différemment, qu'on était au courant en
Et je veux juste
entendre le ministre, comment on va rattraper ça? Encore, je cherche une vision
pour les prochaines années de comment on va
construire plus des projets plus... le plus rapidement que possible. Les
questions de mon collègue de la deuxième opposition, le député de
Maurice-Richard, c'est intéressant. Je sais qu'Hydro-Québec, dans le passé, a signé des ententes avec des
entreprises dans la Gaspésie, dans... Ça, c'est des bonnes choses, mais c'est sûr
qu'on a un gros défi devant nous, M. le Président.
M. Fitzgibbon : Bon, on va faire de la
politique. Ce n'est pas ce qui m'intéresse, mais je vais en faire. Écoutez,
le ciel était rouge jusqu'au mois d'octobre
2018, totalement rouge, et le ciel est bleu depuis le 3 octobre 2018.
Pourquoi? Parce que, sous le gouvernement libéral, il n'y a eu aucun
projet, aucun projet en haut de 50 mégawatts. Ils sont là aujourd'hui puis
ils nous disent : Vous auriez dû prévoir ça. Vous avez été incapables de
faire quoi que ce soit pour des projets
d'envergure. La CAQ arrive — le
timing est bon, je dois avouer, les... c'est nouveau — la
CAQ arrive, le ciel devient bleu, on a des besoins de mégawatts
extraordinaires, et là on se fait dire par le Parti libéral que, woups! vous
n'avez pas prévu ça. Écoutez, vous n'avez aucune crédibilité de dire une telle
chose.
Maintenant, ça étant
dit, il faut travailler dessus, il faut travailler sur ça, et je suis
totalement engagé à ça, mon sous-ministre aussi, le cabinet aussi, et
Hydro-Québec aussi. On est tous heureux de voir l'attraction du Québec à
l'international. Oui, effectivement, le timing a été bon. La décarbonation,
c'est un sujet mondial. Le monde regarde le
Québec. On veut des batteries vertes, pas des batteries noires, on veut venir
ici. Alors, profitons de ça, soyons positifs, soyons heureux. Et moi, je suis... C'est sûr, j'aimerais avoir
20 000 mégawatts, demain matin, disponibles, on n'en a pas, puis on n'en aura pas, puis c'est correct. On va
travailler avec des entreprises, puis moi, je suis capable, on est capables, avec
l'équipe, de dire aux gens : Attendez, ça va s'en venir. Alors, on a un
programme très... on a un plan très clair, on
va travailler sur l'éolien, on va travailler sur le solaire, on va travailler
sur, peut-être, des ouvrages... Hydro-Québec a identifié
2 000 mégawatts si on returbine ou on change les turbines des
barrages existants. On travaille avec les communautés autochtones, il y a un
engouement au Québec présentement sur des projets. Alors, soyons heureux et on
va travailler dans ce sens-là.
M. Kelley :
Merci, M. le ministre pour faire la politique, puis aussi on cite : Le
ciel est rouge, un ancien premier ministre, je pense, Duplessis, qui a dit ça.
C'est des choses un petit peu similaires, là, le ciel est bleu, puis, en tout cas, on va parler... on va produire un
autre... Mais je me souviens aussi un premier ministre, M. Duplessis,
quand il a cité des choses comme ça,
il a pas mal aussi laissé le Québec d'être exploité par les fermes, par les
sociétés étrangères, américaines. Ce n'était pas nous qui a transformé
des choses. On n'a plus des grandes usines ici, puis j'espère qu'on peut éviter
ça tous ensemble.
Puis moi, je suis
fier quand le ciel est rouge et la ligue libérale, on était là pour bâtir des
barrages. On était là pour s'assurer que
Québec a eu un avantage dans le reste de l'Amérique du Nord avec une société
comme Hydro-Québec. Mais ça n'appartient pas à un parti politique ni une
formation, Hydro-Québec, c'est nous, c'est nous, les Québécois. Ça, c'est une chose que je pense importante de
citer. Puis, oui, il faut être positifs. Moi, je lance le fait qu'il y a un
défi, je pose des questions. Le ministre est bien... est très gentil de
répondre à nos questions, mais c'est une bonne discussion parce que c'est notre avenir, et c'est pourquoi nous avons
demandé pour une commission pour aller dans toutes les régions du Québec
pour discuter cet enjeu important.
Bref, M. le ministre,
on va passer à d'autres choses un petit peu moins politiques, mais on revient
un petit peu sur les tarifs, parce que, dans
les questions qui étaient posées à Hydro-Québec, on parle du nombre de chiffres
des gens qui sont obligés de signer une entente avec Hydro-Québec parce qu'ils
ne sont pas capables de payer leurs factures. Je sais que le ministre
est très au courant que le coût de la vie des Québécois a explosé dans les
dernières années. Malheureusement, il n'y a pas nécessairement des signes que
l'inflation va diminuer dans la prochaine année ou, quand même, peut-être une
couple des années. On ne sait pas. Mais la tendance est vraiment envers la
hausse de ces types d'entente. Puis, quand Hydro-Québec était ici pour discuter
le projet de
loi sur les tarifs, ils ont dit que chaque fois qu'on ajoute des
projets, on sort de la patrimoine... le bloc patrimonial qui existe, ça va
coûter des gens plus. C'est identifié... ils ont identifié ça comme une réalité
de l'avenir.
Alors, comment, M. le
ministre, on peut éviter cette réalité pour plusieurs personnes? Je pense à des
mères monoparentales qui sont à la maison avec une famille, où la facture
d'Hydro continue d'augmenter. Comment on peut
aider ces gens-là d'être capables de payer leurs factures d'électricité chaque
mois? C'est un défi et, je sais, il n'y a pas de
solution simple. Et je veux juste entendre le ministre parce que c'est dans les
cahiers des crédits, des réponses, et lui, il est responsable pour, aussi, le
dossier de l'économie. Alors, M. le ministre.
M. Fitzgibbon : Bien,
clairement, nous sommes un gouvernement qui est très conscient. Il faut
s'occuper des gens qui sont plus vulnérables, il n'y a aucun doute, je pense
que mon collègue le ministre des Finances l'a très bien démontré avec la mise à
jour. On a émis le budget, ce qu'on a fait au niveau des chèques qu'on a
envoyés, ce qu'on a fait au niveau des réductions d'impôts, il y a plusieurs
programmes qui existent et on est très sensibles à cette situation-là.
D'ailleurs, la tarification, je me répète, tarification résidentielle est à
3 %, alors c'est le taux le plus bas par rapport aux autres utilisateurs,
du Québec, d'électricité, notamment le niveau commercial puis le niveau
industriel, et je pense que ça va être un maximum de 3 % jusqu'à la
période où on va devoir faire ce qu'on appelle le «rebasing», où on va
revoir... la Régie de l'énergie va revoir les coûts du réseau. Et je vous
ramène à ce que j'ai dit tantôt aussi, selon
Pr Pineau du HEC, les industries subventionnent les tarifs résidentiels à
la hauteur de près de 16 %.
Donc, je pense qu'on a déjà une base très, très
basse de tarification électrique pour les résidences et on doit adresser
l'enjeu de la pauvreté, adresser l'enjeu des familles vulnérables avec d'autres
programmes. Il ne faut pas juste regarder l'électricité. Quand je regarde
électricité, je pense qu'on est à la bonne place, et il faut peut-être aussi
travailler avec la population pour réduire la consommation d'électricité, c'est
ce qu'on appelle la sobriété, efficience énergétique, pour réduire la facture
pas en termes de tarification, mais en termes de besoins en puissance.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le ministre. Une autre question. Je veux juste bien comprendre qu'est-ce qui a
été fait avec le gouvernement fédéral puis Hydro-Québec, ce rabais d'impôt.
C'est combien d'argent est-ce que vous pensez que le gouvernement fédéral,
finalement, va transférer vers Hydro-Québec avec ce changement dans leur... je
pense, c'est leur loi budgétaire ou...
M. Fitzgibbon : ...les données
du budget fédéral, on parle de 80 milliards, énergie verte, il y a des crédits
d'impôt. Alors, Hydro-Québec va pouvoir utiliser les crédits d'impôt pour les
investissements qu'ils vont faire dans la production d'énergie verte. Donc, par
exemple, si on change une turbine, bien, ça va être éligible pour avoir un
crédit d'impôt. On n'a pas évalué encore le... c'est 30 %, le crédit
d'impôt...
M. Fitzgibbon : ...15 %,
le crédit d'impôt. On ne l'a pas évalué encore parce qu'on n'a pas les
dépenses, comme telles, d'Hydro-Québec, qu'ils vont faire. Il faut aussi
comprendre que, par exemple, si on fait de l'éolien, puis ça va être
probablement les producteurs de l'éolien qui vont avoir le crédit d'impôt,
donc, le crédit d'impôt va être réparti à différentes sources. On n'a pas le
chiffre encore, mais c'est 15 % des investissements qui seraient faits
d'ici 2032 dans des productions d'énergie.
M. Kelley : Je pense que c'est
une bonne mesure. Je suis content que le gouvernement fédéral... et que le
gouvernement du Québec ait fait une demande puis le gouvernement fédéral ait
répondu à ça. Mais des fois je regarde un petit peu qu'est-ce qui s'est passé
avec les sables bitumineux puis les investissements, comme tous les Canadiens
ont acheté un pipeline qui, de mémoire, n'a pas fonctionné encore. Nous, ici,
on a plein de choses dans l'économie verte qui vont très, très bien. Et, quand
même, quand je pense un petit peu à la création de l'énergie, on est dans une
bonne place. Est-ce qu'il y a peut-être une autre façon de demander quelque
chose de plus direct, un versement au Québec pour investir dans tout ce qui est
nécessaire? On vient juste d'avoir une bonne discussion sur la façon... qu'il
faut augmenter l'énergie verte ici, au Québec. Est-ce qu'il y a peut-être une
façon où on peut travailler ensemble, M. le ministre, pour aller à Ottawa pour
dire : Ça prend plus d'argent, pas juste les crédits d'impôt, mais on veut
l'argent comme les autres provinces ont reçu?
Et, quand même, je pense que, un petit peu, en
Ontario, c'est comme le gouvernement fédéral est prêt à investir des dizaines de milliards de dollars dans une usine. C'est où,
notre juste part? Et des fois je trouve qu'Ottawa, c'est comme, ils mettent les choses plus difficiles
pour nous que pour les autres provinces, et je pense qu'on doit changer ça, M. le ministre.
M. Fitzgibbon : Écoutez, je
suis... On travaille intensément puis on fait du mieux qu'on peut, évidemment,
mais mon collègue, à ma droite, est en discussion constante avec son équivalent
au ministère de l'Énergie au fédéral. Moi,
j'ai des rapports aussi avec le sous-ministre aux Finances. Effectivement, ce
que nous voulons avoir, c'est la juste part
des sommes d'argent que le gouvernement fédéral veut mettre dans des filières
stratégiques. Et vous avez entièrement raison,
on a été très vocal sur ça. Volkswagen, on a vu le chiffre, on parle de
13 milliards, le montant qui a été octroyé par le gouvernement fédéral.
Donc, on va s'attendre à recevoir une portion de ça, je suis totalement avec
vous, et on a des projets, d'ailleurs, qu'on a annoncés, d'autres qui
vont s'en venir, où on garde un compte sur combien on va recevoir, et moi, j'aimerais avoir 25 % de ce
que le fédéral va donner et peut-être même plus, parce que, quand on regarde
au niveau de l'énergie renouvelable, on est probablement en avance dans
d'autres provinces. Alors, sur ça, on est 100 % d'accord et on tape sur le
clou le plus fort qu'on peut pour avoir... pour extraire l'argent du fédéral.
M. Kelley : Je
suis d'accord, M. le ministre. 15 %, c'est gentil, mais notre poids
démographique, c'est environ 22 %, alors, je pense, ça, c'est un
minimum, mais, quand même, c'est comme, je pense, Québec mérite plus pour tout ce que nous avons fait. Et le fait qu'il y a des
autres provinces qui doivent faire le rattrapage, je comprends, il faut faire les investissements, mais je crois
qu'on mérite notre juste part aussi des sommes du gouvernement fédéral pour les
projets ici, parce qu'il y a plein de choses très intéressantes qui se passent
au Québec. Puis, encore, juste sur cette question-là, M. le ministre,
est-ce qu'on a une idée pour les travaux qui doivent être faits sur nos
barrages? J'ai vu plein de chiffres qui sont sortis dans un article, dans... je
pense, c'était La Presse , mais la rectification de certaines
turbines, et tout ça, est-ce que vous pouvez
juste expliquer ça coûte combien? Ça prend combien de temps aussi de remplacer,
des fois, une turbine dans la grande région de la Mauricie, par exemple, où il
y a des différents barrages qui sont presque 100 ans maintenant? Alors,
c'est très important. Puis comment on va faire ces travaux-là? Questions pour
vous, M. le ministre.
M. Fitzgibbon : Bien, juste une
correction, peut-être, tantôt, je me suis mal exprimé, on n'a pas 15 % de
l'enveloppe du fédéral, là. Le 15 %, c'est le crédit d'impôt. Moi,
j'aimerais avoir 30 %, par contre, juste pour mettre des chiffres, parce
qu'on a le même objectif.
Bon, pour les turbines, écoutez, après-midi,
vous pourrez poser la question à nos collègues, Dave Rhéaume va pouvoir vous
répondre, mais on parle de plusieurs milliards et on parle... on parlait de
2 000 mégawatts, hein, 2 000 mégawatts, c'est le chiffre
qu'Hydro-Québec a identifié comme étant, je pense, c'est... puis je n'ai pas le
nombre de barrages exact, là, c'est très
cher, mais en même temps on regarde... L'enjeu qui nous gouverne présentement,
c'est de regarder comment le coût moyen va augmenter pour l'énergie
renouvelable et comment les entreprises vont payer
pour. Alors, c'est pour ça que la Régie de l'énergie existe, hein, ils font le,
ce qu'on appelle le «rebasing», le tarif L, qui est le tarif chargé
aux industries.
Alors, on
doit... d'une part, au niveau de l'offre, nous, on veut
10 000 mégawatts de plus d'ici 2032, disons, pour prendre un chiffre.
Hydro-Québec est responsable de nous trouver comment ça va se faire — éolien,
solaire, turbines, barrages — il faut regarder le coût,
puis il y a peut-être des choix qu'on va devoir faire, puis il est possible
qu'on se dise : Ça coûte trop cher, les
industries ne veulent pas payer, bien, il n'y en aura pas. Alors, c'est un
équilibre qui n'est pas facile, mais qu'on... sur lequel on s'attaque,
présentement.
M. Kelley : Merci. Puis, une
autre question, pour les lignes de transmission, on sait que, le réseau, il
faut toujours faire les investissements pour
mieux... pour s'assurer que les lignes sont les plus efficaces que possible,
remplacer les plus vieux, mais est-ce que le ministre a aussi une idée, c'est
où, les zones les plus... les priorités, pour Hydro-Québec et pour le
gouvernement, où on doit remplacer des grandes lignes de transmission? Est-ce
que c'est un gros enjeu, présentement, ou pas vraiment? Je pense, souvent,
quand on parle, on est capables de produire l'énergie, mais est-ce qu'on est
vraiment efficaces dans la façon qu'on transmet l'énergie? C'est un gros
réseau, mais j'imagine qu'il y a des investissements importants qui doivent
être faits dans les prochaines couples d'années.
M. Fitzgibbon : Oui,
effectivement, puis, je pense, encore une fois, c'est une question, je pense,
qui va être mieux répondue par mes collègues d'Hydro-Québec, mais clairement on
sépare le Québec, hein, on a nos deux... nos deux réservoirs puis on a nos
projets structurants, évidemment, il y a le Grand Montréal, il y a la Côte-Nord
aussi, il ne faut pas oublier, où il y a beaucoup de projets miniers puis il y
a beaucoup de projets de conversion, l'Abitibi pour nos mines, on a la
Montérégie. Alors, on a pas mal... bien, Hydro-Québec a pas mal une bonne idée,
parce qu'il y a deux choses : il faut
entretenir les réseaux de transport... puis je rappellerais aux gens que la
dernière crise du verglas, on a eu une bonne nouvelle où le réseau a été
maintenu, les équipements étaient là, le problème a été plus au niveau de la
végétation.
Donc,
Hydro-Québec travaille très, très fort pour s'assurer que le réseau existant
soit résilient, le réseau vieillit. Puis en même temps, avec nos projets
qu'on a identifiés au MEI puis qu'on veut faire, bien là, on a une
localisation, et effectivement il faut s'assurer que le transport soit là,
mais, ultimement, que l'énergie soit suffisante aussi pour pouvoir être
transportée à nos projets.
M. Kelley : Merci, M. le
ministre. Je sais, il n'y a pas beaucoup de temps qui reste. J'ai vu dans le
cahier des crédits, il y a des investissements qui ont été faits dans la
recherche et développement pour la transition énergétique dans certains projets
comme l'hydrogène, mais juste, en général, Québec, avec des investissements
dans la recherche et développement, est-ce qu'il y a certains projets que vous
avez vus, depuis que vous oeuvrez comme ministre, qui a dit : Ça, ça a
bien fonctionné pour le Québec?
M. Fitzgibbon : Clairement,
l'IREQ. L'IREQ on peut être fiers, comme Québécois, parce qu'à l'époque il y
avait monsieur... Dr Karim Zaghib, qui était celui qui... je ne sais pas
s'il a parti l'IREQ, là, mais il a quasiment... pour le Québec, il a inventé
les batteries, là, tu sais, la personne... Alors, l'IREQ, c'est un joyau qui
nous a permis, d'ailleurs, de pouvoir
recruter des joueurs internationaux, de venir ici, au Québec s'établir, parce
qu'Hydro-Québec, avec ce centre de recherche là, a fait un travail
extraordinaire. Même chose à Shawinigan, avec la vallée... la transition
énergétique, des centres de recherche là aussi. On a l'Université du Québec à
Trois-Rivières, Bruno Pollet, qui est le chercheur, qui fait de la recherche
sur l'hydrogène, là, on commence, là, mais il a tellement été, selon moi,
performant sur ce qu'il veut faire, que la
compagnie Alstom, qui se lance dans l'hydrogène pour ses transports lourds, a
réalisé : Woups! il y a peut-être quelque chose qui se passe là, à
Trois-Rivières. Alors, moi, je pense qu'on est... C'est une des raisons,
d'ailleurs, pourquoi le Québec se démarque...
Le Président
(M. St-Louis) : En conclusion, M. le ministre.
M. Fitzgibbon : ...on
a les barrages, mais on a aussi les gens dans recherche qui ont fait ça. Alors,
on va continuer à alimenter cette source-là.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
merci, M. le ministre. Merci, M. le député.
Je suis
maintenant prêt à reconnaître une première intervention du porte-parole du
gouvernement. M. le député de Masson, la parole est à vous. Vous
disposez de 9 min 51 s.
M. Lemay : Merci,
M. le Président. Merci, M. le ministre, d'être ici présent ainsi que toute
votre équipe qui vous accompagne aujourd'hui. Vous savez, la question de
l'énergie, c'est devenu quand même un enjeu majeur de notre époque, là, les
ressources énergétiques, elles ne sont pas illimitées puis leurs exploitations
ont des conséquences sur l'environnement. Et
il est donc crucial de mettre en place des stratégies qui sont efficaces pour
garantir une production puis une consommation d'énergie durable, et c'est ce que
vous avez démontré à date en discutant avec mes collègues de
l'opposition. Mais j'aimerais vous entretenir un peu plus sur la transition
énergétique, parce que c'est quand même un impact majeur sur notre société, et
j'aimerais aussi, dans notre discussion, qu'on discute un peu des différents
types d'énergie renouvelable, là, on discutera, tout à l'heure, l'énergie
solaire, éolienne, hydraulique, géothermique, etc. Et, bien entendu, nous avons
une approche globale de cette stratégie-là, mais la consommation d'énergie...
Puis, tu sais, vous l'avez mentionné tout à l'heure, le collègue de
Maurice-Richard faisait état de la situation, là, d'ailleurs, vous en avez fait
l'annonce le 26 avril dernier, là, comme quoi que vous lancez une démarche
de consultation en vue de la préparation
d'un projet de
loi sur l'encadrement et le développement des énergies propres,
dont le dépôt, il est prévu à l'automne prochain. Et ce projet de loi va aussi
viser, entre autres, à modifier la
Loi sur Hydro-Québec ainsi que la
Loi sur la
Régie de l'énergie.
Et là, dans un premier temps, puis vous avez
donné un élément de réponse tout à l'heure, là, vous avez des spécialistes du
secteur de l'énergie qui vont être invités à participer à un forum, une journée
d'atelier, de réflexion, de travail qui va avoir lieu le 15 mai prochain à
Montréal. Vous avez aussi mentionné que des représentants des communautés
autochtones seront présents, ils vont être consultés. Et par après il y aura
aussi... bien, vous vous mettrez en ligne une consultation publique qui va
permettre à la population et la société civile de contribuer à la réflexion. Et
par la suite, avec nous, les parlementaires, on aura des consultations
particulières, là, qui vont être... qui auront lieu à la suite du dépôt du
projet de loi.
J'aimerais,
M. le ministre, vous permettre de nous entretenir un peu plus, parce que la
question que j'ai là-dessus, c'est : Est-ce que cette grande
réflexion là, ça fait suite au plan stratégique qu'Hydro-Québec a déposé?
Est-ce que ça s'arrime au plan stratégique? Les 80 participants que vous avez
mentionnés, peut-être même 100, tu sais, les experts, en fait, de quels
horizons sont-ils? Et puis pouvez-vous nous expliquer davantage, là, ce grand
chantier qui semble important?
M. Fitzgibbon : Oui, bien,
écoutez, pertinent comme question. Je dirais que la grande majorité, en fait,
des demandes ou des changements que nous allons faire dans les deux lois
principales, la Loi d'Hydro-Québec, la Loi de la
Régie de l'énergie, les demandes proviennent d'Hydro-Québec. Hydro-Québec est
consciente que, considérant lutte aux changements climatiques,
considérant les enjeux d'acceptabilité sociale, les enjeux de sources
énergétiques, tu pouvais faire des
amendements parce qu'ils n'ont plus la flexibilité d'être aussi efficaces
qu'ils l'ont été dans le passé. Donc, ça, c'est le premier point.
Deuxième point, il n'y a aucun doute que nous
avons... on met de la pression sur Hydro-Québec pour avoir d'autres sources énergétiques, d'autres sources ou
d'autres mécanismes de transport. Donc, on a complexifié aussi les enjeux avec nos demandes, puis les demandes qui
sont, comme j'ai dit tantôt, fonction du fait que le Québec est très attractif.
Alors, présentement, le cadre réglementaire ne
permet pas à Hydro-Québec, ni la Régie de l'énergie, en passant, d'être
efficace. Alors, nous, comme gouvernement, c'est notre devoir de faire des
changements, et on veut les faire dans
l'ordre, pas dans le désordre, et c'est pour ça qu'on fait les consultations
où... auxquelles vont participer des gens qui partagent nos vues, qui ne
partagent pas nos vues, des experts. Puis on va passer l'été à regarder
qu'est-ce qu'on peut faire, avec Hydro-Québec, comment qu'on va amender de
projet de loi, puis on va faire des consultations. Alors, c'est un mix des
deux, mais, je te dirais, la majorité vient d'Hydro-Québec, l'autre vient de la
réalité qui nous gouverne, là, présentement, en termes de besoins énergétiques.
M. Lemay : Puis, en complément,
M. le Président, en fait, vous avez parlé qu'avec Hydro-Québec, en réalité,
lorsqu'on parle de d'autres types d'énergie renouvelable, tu sais, bon, bien
entendu, vous avez lancé un appel à projets
pour 1 500 mégawatts d'éolien par année sur une période de
10 ans, donc 15 000 mégawatts. Ça, c'est très bien, ça
donne la prévisibilité dans le secteur, ça permet aux promoteurs qui veulent
développer de l'énergie éolienne d'avoir cette prévisibilité-là et de pouvoir
dire : Bien, écoutez, même si je n'ai pas... je ne réussis pas, cette
année, à participer, peut-être que, dans une
année ultérieure, mon projet fera du sens et puis je pourrai contribuer, donc,
merci pour ça.
Mais on le voit aussi pour le solaire, en fait,
lorsqu'on parle des véhicules électriques, vous savez, vous l'avez mentionné
tout à l'heure, c'est 2 millions de véhicules électriques qu'on veut pour
2030, la fin de la vente des véhicules thermiques en 2035. Je pense à tous les
grands... les concessionnaires automobiles sur notre territoire, souvent la superficie de leur terrain et même les
toits qu'ils ont, tu sais, je me dis : Si on a tant de véhicules
électriques qu'on va... en fait, on
va avoir une conversion dans notre parc, est-ce qu'on doit... on devrait
réfléchir, au lieu de faire un rehaussement de l'entrée électrique puis
d'avoir encore un impact sur la pointe énergétique, devrait-on plutôt utiliser du solaire puis faire des modules de gestion
intelligents qui fait en sorte qu'on peut utiliser les batteries des véhicules électriques sur le terrain pour,
justement, alimenter, faire de la recharge, puis, justement, avoir pas d'impact
sur la politique énergétique?
Est-ce
qu'on devrait aussi réfléchir à avoir du stockage de batteries dans les
bâtiments, justement, pour faire en sorte qu'on accumule de l'énergie à des
périodes de faible consommation, et puis, en période de pointe, on prend l'énergie des batteries au lieu de prendre
l'énergie d'Hydro? Ça fait que, est-ce que vous avez des stratégies, justement,
qui tiennent compte des contraintes économiques, sociales et environnement pour
ces filières-là?
M. Fitzgibbon :
Clairement, vous maîtrisez bien les enjeux. D'ailleurs, quand notre
collègue ministre de l'Environnement a rehaussé son seuil de 1,6 million à
2 millions de voitures électriques, les gens en arrière de moi ont appelé
puis ils ont dit : Bien là, c'est correct, on va le faire, mais il va
falloir être novateurs dans notre façon de fonctionner,
parce que, si tous ces véhicules-là se chargent à 5 heures le soir, bien,
il va y avoir des problèmes de puissance, puis ça ne marchera pas.
Donc, c'est clair que
notre ambition de lutte aux changements climatiques va requérir de l'innovation
de la part d'Hydro-Québec. Et je pense qu'on est très bien pourvus avec
Hydro-Québec, parce que, dans... le fameux 8,9 térawattheures
à 25 térawattheures d'efficience énergétique va inclure des enjeux de
gestion et puissance d'énergie. Moi,
personnellement, je suis un des... un gros croyant que nos charges de voiture
vont devoir être bidirectionnelles très bientôt pour pouvoir alimenter la nuit, puis le matin, quand on se lève
pour faire notre café, avec une voiture, là j'exagère un peu, là, mais
pas trop.
Et le solaire, est-ce
que le solaire va être assez performant pour que... au niveau des coûts, est-ce
qu'il va être assez performant, au niveau
des coûts, pour qu'on puisse avoir des panneaux solaires qui vont alimenter une
partie de la batterie qui va décharger... ou qui va empêcher qu'on
prenne le réseau? Peut-être. Alors, je pense que les gens en arrière de moi
vont être responsabilisés pour nous donner les solutions.
M. Lemay :
Très bien. Puis, puisqu'on parle de batteries... Puis on sait, on a un
grand chantier aussi sur la filière
batteries au Québec, on a juste à penser à Lithium Nemaska, justement, puis il
y a eu quand même de l'avancement dans la dernière année. Ça fait que
j'aimerais ça si vous nous donnez l'opportunité de nous parler un peu qu'est-ce
qui se passe au niveau des travaux de
préparation à la mine de Whabouchi ainsi qu'à l'usine de transformation de
lithium à Bécancour. Est-ce que vous pouvez me donner un état
d'avancement de la dernière année puis de qu'est-ce qui s'en vient dans les
prochaines années?
M. Fitzgibbon : Bien, Nemaska, comme vous
savez, c'est une opération, maintenant, qui est détenue à 50 % par...
bien, par Investissement Québec et
50 % par Livent — Livent,
c'est un producteur d'hydroxyde américain — la mine devrait être opérationnelle
relativement bientôt. Et on regarde pour approuver formellement le lancement de
l'usine d'hydroxyde de lithium qui va se faire à Bécancour, qui va être,
finalement, l'utilisation du spodumène qui est produit à la mine de Whabouchi, qui va être converti à Bécancour et qui
va servir aussi à alimenter GM, en partie, qui a besoin... GM, pour
construire une usine de cathodes, donc l'intégration circulaire devrait se
compléter.
Alors, on attend
incessamment l'annonce du projet de... le lancement du projet d'hydroxyde de
lithium que tout le monde anticipe ou veut voir le plus rapidement possible.
M. Lemay :
Merci, M. le ministre. Il n'y a pas juste le lithium, on a aussi du
graphite. Donc, on a Nouveau Monde Graphite
ici, au Québec, qui a comme projet de construire, dès cette année, une mine de
graphite à ciel ouvert, là, à
Saint-Michel-des-Saints, qui est dans notre grande région de Lanaudière, qu'on
partage ensemble, avec le ministre. Et,
la mine, on parle ici d'une production de 100 000 tonnes par année de
concentrés de graphite en paillettes de haute pureté. Puis seulement pour ce
projet de mine là, c'est des investissements qui sont prévus, quand même, de
480 millions. Il y a... Nouveau Monde Graphite a aussi comme projet
de développer le site minier de graphite du Lac Guéret, qui... d'ailleurs, ils en ont fait l'annonce, là, en
début d'année, en janvier. Ils ont publié des résultats très positifs à leur
évaluation économique préliminaire,
là, ils pensent avoir un potentiel d'environ 500 000 tonnes par année
de concentrés de graphite.
Moi, j'aimerais
savoir... je sais qu'il reste très peu de temps, mais les investissements du
gouvernement dans le Nouveau Monde Graphite puis les emplois prévus, est-ce
qu'on a un état de la situation? Parce que c'est quand même intéressant.
M. Fitzgibbon : Oui, le graphite, comme
vous savez, ça fait l'anode, hein, la cathode, lithium; l'anode, c'est le
graphite. Deux mines, Lac Guéret, qui est l'ancien Mason Graphite, qui a été
achetée par Nouveau Monde Graphite, la mine
à Saint-Michel-des-Saints. Le vrai projet... bien, le projet structurant, ça va
être à Bécancour pour faire l'anode, c'est-à-dire
qu'on ferait le... on prend le graphite, il faut qu'il soit sphérique, enrobé.
À Granby, on va faire le... ce qu'on appelle le «foil», là, j'oublie le nom en
français, et ça va être assemblé, ça, à Bécancour. Le projet de Bécancour de
Nouveau Monde Graphite va avoir plusieurs centaines d'employés, puis ça va être
pas loin du milliard, en plus de la mine qui va être...
Le Président
(M. St-Louis) : Merci, M. le ministre. Malheureusement, ceci conclut
ce bloc d'échange.
Donc,
compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
14 heures, où elle entreprendra l'étude du volet Énergie—Hydro-Québec
des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie.
Veuillez prendre note que la commission reprendra ses travaux à la salle
Marie-Claire-Kirkland. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 01)
(Reprise à 14
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
nous allons reprendre nos travaux.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du volet Énergie—Hydro-Québec du portefeuille Économie,
Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2023‑2024. Une enveloppe
de deux heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Aucun nouveau
remplacement, M. le Président.
Président (M. St-Louis) : Merci. Nous allons procéder à une discussion
d'ordre général par blocs d'échange, incluant les questions et les réponses. La
mise aux voix des crédits sera effectuée à la fin qui leur est allouée,
soit cet après-midi, vers 16 heures.
Donc, je suis
maintenant prêt à reconnaître le porte-parole de l'opposition officielle. M. le
député de Jacques-Cartier, la
parole est à vous.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Puis rebienvenue à tout le monde. Bienvenue à nos invités d'Hydro-Québec.
C'est sûr que je suis un petit peu déçu que ce n'est pas le PDG par... Est-ce
M. le ministre peut confirmer pourquoi il n'est pas présent aujourd'hui?
M. Fitzgibbon : Bien, M. le
Président, premièrement, M. Despars a été nommé président et CEO par
intérim il y a moins qu'un mois, d'une part.
M. Despars, qui est une personne très importante pour l'exécutif d'Hydro-Québec, s'occupe de stratégies et développement des affaires. Alors, je
pense qu'il a été convenu qu'il y a trois exécutifs, qui sont ici avec moi, qui
vont, en fait, répondre aux questions. Je commence, à ma droite, par
Mme Julie Boucher, qui est responsable de la stratégie, M. Dave
Rhéaume, à l'autre droite, qui s'occupe de tout le côté réseau, et on a
M. Régis Tellier, qui s'occupe de la maintenance du réseau, là, je ne sais
pas son
titre exact, je m'excuse. Mais on a trois exécutifs ici pour répondre à
vos questions, alors je pense que, dans les circonstances, c'est correct.
M. Kelley : C'est sûr, M. le
ministre, je ne m'en doute pas, des compétences. J'ai déjà eu le plaisir
d'échanger avec Mme Boucher puis M. Rhéaume pendant le projet de loi
sur les tarifications. Mais, quand même, je pense,
pour nous, les élus de l'opposition, on n'a pas beaucoup de chances à
questionner le PDG d'Hydro-Québec, ça arrive seulement une fois par chaque
année, alors j'espère que, peut-être, le ministre peut prendre un engagement,
parce que je me souviens que la leader de la troisième opposition officielle,
quand il a rencontré le premier ministre, il a demandé qu'on veut entendre le
PDG en commission, puis le premier ministre dit : Oui, ça va arriver. Je
pense qu'il a pas mal confirmé ça pendant la
période des questions une fois aussi. Alors, je sais qu'ils sont dans un
processus de nommer le prochain PDG. Nous, le Parti libéral, on préfère
entendre cette personne avant qu'ils sont nommés. Alors, si ça, ce n'est
pas possible, on veut entendre cette personne directement après qu'ils sont
nommés pour avoir la chance de questionner
eux autres. En Chambre, encore, c'était l'engagement que le premier ministre a
pris, puis je ne sais pas si le ministre peut prendre cet engagement et veut
rassurer tous mes collègues dans l'opposition qu'on va avoir la chance
d'échanger avec le PDG d'Hydro-Québec avant la fin de cette année-là.
Le Président (M. St-Louis) : M.
le ministre.
M. Fitzgibbon : Alors,
l'engagement que je peux faire, c'est que... Vous savez que le plan stratégique
d'Hydro-Québec a été déposé au printemps dernier, et l'engagement qui y est
toujours pris ou l'obligation, en fait, qui est prise, c'est qu'Hydro-Québec
vienne discuter du plan stratégique en commission parlementaire, chose qu'on va
devoir faire. Alors, je m'engage à ce que, quand le nouveau ou la nouvelle PDG
sera nommé, bien, la personne en question,
après quelque temps, là, la personne pourra venir ici parler du plan
stratégique en commission parlementaire.
M. Kelley : Parfait. Bien, on
va passer les autres choses, pour commencer de... juste de poser nos questions
à M. le ministre, les gens d'Hydro-Québec. On a eu un échange concernant l'énergie qu'on a besoin pour... entre
ici et... oui, on peut aller jusqu'à 2050, mais, quand même, je pense
que la discussion ce matin... je pensais c'était le matin... non, l'après-midi,
mais, bref, les discussions qu'on a eues avant l'heure du lunch, c'était sur
les besoins énergétiques entre ici et 2030. On sait qu'en 2030 on va avoir peu
de surplus, puis il faut ajouter plus d'énergie à notre portfolio, à notre
enveloppe. Alors, je ne sais pas si les gens d'Hydro-Québec peuvent nous
confirmer avec un chiffre exact de combien d'énergie on va ajouter entre ici et
M. Fitzgibbon : J'aimerais
demander, peut-être, une permission. Il y a trois exécutifs d'Hydro-Québec, Régis, Julie et Dave, j'aimerais ça pouvoir permettre qu'ils
répondent directement. Donc, on peut-tu préapprouver le fait qu'un des trois va
pouvoir répondre, comme ça, ça va faciliter la tâche?
Président (M. St-Louis) : ...consentement des membres de la... de cette
commission. Donc, est-ce qu'il y a consentement?
Président (M. St-Louis) : Il y a consentement, merci. Avant la première
prise de parole, je vous demanderai simplement de vous nommer, suivi de
votre titre, s'il vous plaît.
M. Rhéaume
(Dave) : Bonjour. Mon nom est Dave Rhéaume, vice-président,
Planification intégrée des besoins énergétiques et risques chez Hydro-Québec.
Donc, pour répondre à la question de monsieur...
actuellement, sur l'horizon... donc, ce qu'on a rendu public, c'est 2032 — je
sais que vous avez demandé 2030, mais j'imagine que ça vous convient si je
réponds pour 2032 — c'est
25 térawattheures de croissance
anticipée de demande au Québec au cours, donc, de la décennie par rapport au
niveau de consommation actuel.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Puis, une question, pour un projet éolien, par exemple, ça prend
combien de temps de le lancer de l'appel à le moment que c'est en ligne?
C'est quoi, l'échéancier d'un projet, exactement?
M. Rhéaume (Dave) : ...de se
matérialiser et avec des données connues, là. Donc, en 2021, Hydro-Québec a
lancé deux appels d'offres, un dédié notamment au secteur éolien, et la date de
mise en service la plus tardive qu'il est demandé aux promoteurs de rencontrer,
c'est la fin de l'année 2026. Donc, on parle approximativement, entre le
lancement officiel de l'appel d'offres, le traitement réglementaire,
l'allocation des gagnants et, évidemment, le temps qu'ils ont besoin pour bâtir leurs infrastructures, mais aussi, pour
nous, les raccorder, d'un cycle, là, approximatif, là, de cinq à
six ans.
M. Kelley : Parfait. Alors,
vous avez dit que c'est 25 térawattheures de demande supplémentaires.
Juste, je veux bien s'assurer que c'est
qu'est-ce que vous avez dit. Alors, c'est combien de projets, ce qu'on a besoin
pour remplir les demandes qui s'en vient dans les prochaines des années?
M. Rhéaume
(Dave) : Ça ne se compte pas en nombre de projets. C'est
difficile, voire impossible de nommer un nombre de projets. Aujourd'hui, au
Québec, on a encore des capacités excédentaires non engagées. Donc, pour
les prochaines années, vous voyez, il y a de... votre voisin, il s'achète un
véhicule électrique, il y a une augmentation de la consommation électrique, mais on n'a pas déjà besoin de bâtir une
infrastructure pour y répondre. Éventuellement, au cours des prochaines
années, on va éliminer le reste de nos surplus puis on va devoir ajouter.
Ce qu'on a annoncé, c'est, je dirais, trois
grandes catégories de mesures qui vont rentrer en service sur l'horizon 2032, c'est-à-dire des ambitions
beaucoup plus élevées en matière d'efficacité énergétique. Le chiffre public
qu'on donnait était de l'ordre de huit à
neuf térawattheures sur l'horizon, et là on vise à se rapprocher du
25 térawattheures. C'est 17 térawattheures de plus et c'est
comme trois fois le projet de la rivière Romaine, donc, juste en efficacité
énergétique supplémentaire, qui est visé, au-delà de ce qui était déjà annoncé.
La deuxième mesure, c'est l'éolien. Le chiffre
qu'on a déjà fait... On a déjà matérialisé plus de 1 000... autour de
1 150 mégawatts dans le dernier appel d'offres. On a déjà lancé un
appel d'offres de 1 500 mégawatts qui est en cours, qui vise à être mis en service sur la période 2027 à
2029. Puis on travaille à lancer pour encore quelques milliers de mégawatts supplémentaires sur l'horizon à
partir des années 2030, là, donc on peut imaginer 2030, 2031 et 2032. Donc,
ça, c'est des mesures qui sont des projets qui sont lancés.
Puis la dernière catégorie de projets qui est en
cours sur cet horizon-là, c'est le rehaussement de la puissance dans nos
centrales hydroélectriques existantes. Donc, nos centrales, ils ont, dans
certains cas, des groupes turbine-alternateur, donc des turbines qui viennent
en fin de vie. Lorsqu'on doit aller les remplacer, on en profite pour mettre des équipements encore plus puissants. Dans
certains cas, ça implique de regarder qu'est-ce qui peut être fait aussi au niveau
des infrastructures civiles puis tout le système de transport pour descendre
plus d'énergie puis de puissance à partir de ces centrales-là. Donc, ça, c'est
nos... c'est la somme des projets sur l'horizon que vise votre question.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Alors, juste de bien comprendre, cette date de 2030 pour... mais qu'on va...
plus de surplus d'électricité, ça n'a pas bougé. Vous avez mentionné 2032 comme
une autre date qu'on regarde un petit peu sur horizon et parler un petit peu
plus. Alors, juste, encore, bien comprendre, le surplus pour 2030, ça n'a pas
changé, cette date, ça, c'est toujours, comme, l'échéancier visé par Hydro-Québec.
On a un problème qui arrive dans sept ans puis on va s'assurer qu'on a
l'énergie nécessaire pour faire la transition énergétique pour la société.
M. Rhéaume (Dave) : La
précision que je donnerais... Donc, d'abord, 2032, on réfère à cette date-là
parce que c'est la date officielle du plan d'approvisionnement d'Hydro-Québec
qui est déposé à la Régie de l'énergie.
Et vous avez mentionné le mot «on a un
problème». Nous, on ne qualifie pas ça de problème. C'est notre travail de se donner des options pour que l'offre
soit là pour rencontrer la demande. Donc, c'était quelque chose qui était...
qu'on voyait venir, on s'y prépare.
Donc, vous avez raison, ça, ça n'a pas changé,
mais on est prêts à déployer les infrastructures requises pour rencontrer la
demande d'électricité au Québec.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Et je veux juste citer votre plan d'approvisionnement de 2020 à 2029,
c'est la
section 3.3 dans votre document, je sais que ce n'est pas devant
vous, mais : «Selon les bilans du présent plan, les approvisionnements
disponibles et à venir sont suffisants pour répondre aux besoins en énergie
jusqu'en 2026 et, en puissance, jusqu'en 2025. Ce portrait de la situation tient
compte de plusieurs nouvelles mesures d'efficacité énergétique, particulièrement en gestion de la demande de puissance pour
toutes les catégories de clients.» Je sais que, depuis cinq ans, on n'a pas nécessairement ajouté beaucoup d'énergie à
notre enveloppe. Alors, je veux juste expliquer pourquoi les dates
semblent de changer un petit peu.
M. Rhéaume
(Dave) : C'est une bonne question puis c'est une question
qu'on se fait poser souvent, qu'est-ce qui a changé, puis j'aimerais...
je comprends... ce que j'ai compris d'une des réponses du ministre ce matin,
c'est aligné, la demande, la prévision de demande. Donc, le parc, donc le
système électrique, lui, il est demeuré essentiellement inchangé. Ça ne change
pas si vite que ça, nos infrastructures. Par contre, la prévision de demande
entre ce qui a été déposé, le plan d'approvisionnement auquel vous référez a
été déposé à l'automne 2019, versus le dernier qu'on vient de déposer
cette année, c'est une augmentation de la demande significative par rapport à
ce qui était anticipé, et cette augmentation de demande là, elle est dans tous
les secteurs. Donc, on a posé beaucoup de questions sur la croissance des
projets industriels, mais le Plan pour une économie verte, les mesures qui
visent à décarboner les activités existantes du Québec, on voit une
augmentation de la demande d'électricité importante, notamment les véhicules
électriques, mais aussi l'électrification des bâtiments.
M. Kelley : Merci beaucoup pour
la réponse. Puis, alors, juste de bien comprendre, en 2019, c'est quand Hydro-Québec
a réalisé que, ah!, il faut ajouter plus d'énergie dans notre parc pour
s'assurer qu'on a l'énergie pour les... les années qui s'en viennent, pour
2025? C'est bien ça?
M. Rhéaume (Dave) : Pas tout à
fait. En fait, puis c'est important, le contexte, donc, à la Régie de l'énergie,
on dépose un plan 10 ans. Chez Hydro-Québec, on fait des réflexions puis
des analyses pour des beaucoup plus longues périodes, mais, sur le plan
10 ans qui avait été déposé à cette époque-là, ce qu'on disait, c'est que
les approvisionnements existants du Québec étaient... donc les contrats que la Régie
de l'énergie réglemente étaient suffisants
pour répondre à la demande. Donc, ça visait simplement à dire, à ce moment-là,
cette phrase-là, dans le contexte d'un dépôt à la Régie de l'énergie, il
sert à dire : on n'a pas besoin de lancer des appels d'offres dès 2019‑2020.
M. Kelley : Merci beaucoup. Je
veux juste... reviens sur une discussion qu'on a eue ce matin, parce que vous avez mentionné qu'il y a beaucoup de travaux qui
doivent être faits sur des barrages existants. Est-ce qu'Hydro-Québec a des inquiétudes concernant la main-d'oeuvre disponible pour
faire tout le travail qui est nécessaire dans toutes les régions du Québec?
Est-ce qu'il y a un manque d'expertise? Est-ce que vous pouvez... Donnez-nous,
un petit peu, un portrait de la relève au
sein d'Hydro-Québec, des gens qui doivent avoir une formation très,
très spécifique dans certains domaines pour s'assurer la pérennité de
nos barrages au Québec.
Mme Boucher (Julie) : Bonne
question. On parle beaucoup de pénurie de main-d'oeuvre dans l'espace public. Hydro-Québec suit la situation de près également. Vous avez
raison, c'est des professions spécialisées, souvent. Puis, quand on
regarde devant, bien, non seulement on a un parc de production, un parc de
transport, de distribution dont certains
équipements sont vieillissants, mais on a aussi beaucoup de croissance qui nous
attend dans les prochaines années puis
on a aussi une adaptation aux changements climatiques qui nous attend dans les
prochaines années. Donc, c'est un grand défi de comment on va partager
les ressources, j'ai envie de dire, les ressources financières, mais aussi les
ressources humaines, les ressources matérielles à travers tout ce qu'on a à
faire dans les prochaines années.
Donc, votre
question, je pense, nous permet de mettre la table sur plein de sujets qui nous
attendent cet après-midi sur comment
on va partager puis qu'on va consacrer ces différentes ressources-là — humaines,
physiques, matérielles, financières — à
l'ensemble de ce qu'on a à faire pour les prochaines années, et il y a une
grande expertise à Hydro-Québec
maintenant, comment on l'utilise puis au meilleur... à meilleur escient.
Le Président (M. St-Louis) : Juste
vous assurer de vous nommer et suivi de votre titre, s'il vous plaît, pour le
bénéfice des gens qui nous écoutent. Merci.
Mme Boucher (Julie) : Bien sûr.
Alors, je m'appelle Julie Boucher, je suis vice-présidente responsable du
développement durable, des communications et des relations avec les communautés
à Hydro-Québec.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme Boucher.
M. Kelley : Merci
pour la réponse, Mme Boucher. Puis j'ai trouvé ça très, très intéressant.
Est-ce qu'Hydro-Québec est obligée de recruter de l'expertise à
l'extérieur du Québec de temps en temps, ou est-ce qu'on est pas mal capables,
avec des écoles, et universités, puis des programmes ici, au Québec, de pas mal
avoir une relève qui vient d'ici? C'est juste de... je suis curieux parce que,
j'imagine, des ingénieurs, et tout ça, comme je dis, c'est une formation très,
très technique, les gens sont un talent très spécifique. Mais alors, c'est
encore juste une question si c'est un... quelque chose, un enjeu pour Hydro-Québec,
c'est... de trouver le talent qui vient de l'extérieur du Québec, de temps en
temps.
Mme Boucher
(Julie) : Jusqu'à maintenant la grande majorité de nos bassins de
recrutement sont encore au Québec. Il y a
des domaines plus particuliers d'expertise, je pense notamment à la recherche
dans les matériaux de batterie, où effectivement on va recruter des
talents très particuliers à l'international. Mais, jusqu'à maintenant, la
grande majorité de notre main-d'oeuvre provient de bassins du Québec.
M. Kelley :
Parfait. Merci beaucoup. Et, sur l'adaptation des changements climatiques,
j'ai lu votre plan, c'est très intéressant. Je suis très content que c'est à
jour maintenant.
Dans mon comté, il y
a toujours des gens qui posent des questions. Chaque saison, il y a les
inondations, puis on... il y a des rivières où, des fois, Hydro-Québec doit
ouvrir un barrage, et ça peut aider à la pression qui existe sur les lacs proches de chez nous, et c'est le même
cas partout au Québec. Mais est-ce que vous êtes... Est-ce que vous avez
tout le budget nécessaire pour faire l'adaptation de le réseau et d'Hydro-Québec
pour, oui, arriver à la défi de le... des événements climatiques qui va arriver
de plus en plus souvent?
Mme Boucher
(Julie) : C'est une excellente question, et je pense que, dans les
prochaines années, on va faire face à de nombreux défis qui vont en ce sens-là,
mais j'ai aussi envie de vous dire que, l'adaptation aux changements climatiques, il y a différentes façons
de le faire, et, dans notre plan d'adaptation aux changements climatiques
qu'on a dévoilé l'automne dernier... Ça fait trois ans que nos experts
travaillent sur ce plan-là puis auparavant ça fait plus de 20 ans qu'on travaille avec Ouranos sur l'adaptation aux
changements climatiques. Mais, dès la conception, on peut réfléchir
autrement, quand il est temps de parler d'adaptation aux changements
climatiques.
D'ailleurs, notre
réseau de distribution d'électricité — les poteaux de bois — on
l'a adapté dans les dernières années. On l'a adapté notamment parce que la
charge augmente chez nos clients, mais aussi pour faire face aux aléas
climatiques. Nos poteaux, vous ne l'avez sans doute pas nécessairement
remarqué, mais ils sont un petit peu plus gros
qu'ils l'étaient dans les dernières années, on a protégé nos équipements
différemment. Donc, ça, c'est une autre façon, dès la conception des
équipements du réseau des infrastructures, de s'adapter au climat.
L'autre
façon, c'est aussi de choisir la localisation des équipements en fonction des
aléas climatiques qu'on anticipe ou encore d'entretenir ou d'exploiter
autrement. Je vous donne un