Institutions — 9 June 1998 (35th Legislature, 2nd Session)
CI 1998-06-09
Quebec — Committees
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
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35 e législature, 2 e session
(25 mars 1996 au 21 octobre 1998)
Le mardi 9 juin 1998 - Vol. 35 N° 135
Étude détaillée du projet de loi n° 450 - Loi modifiant la Loi électorale, la
Loi sur la consultation populaire et d'autres dispositions législatives
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Table des matières
Remarques préliminaires
M. Guy Chevrette
M. Christos Sirros
M. Jean Filion
M. John Ciaccia
Mme Fatima Houda-Pepin
Mme Lyse Leduc
Amendements déposés
Étude détaillée
Loi électorale
L'électeur
Liste électorale permanente
Autorisation et financement des partis politiques et des candidats indépendants
Autorisation des partis, des instances d'un parti et des candidats indépendants
Autres intervenants
M. Marcel Landry, président
M. Roger Paquin
M. Jean-Claude St-André
M. Robert Kieffer
M. Guy Lelièvre
Mme Lucie Papineau
M. François Ouimet
M. Lawrence S. Bergman
*Mme Francine Barry, bureau du Directeur général des élections
*Témoin interrogé par les membres de la commission
Note de l'éditeur: La commission a aussi siégé en après-midi pour tenir des consultations particulières sur la déclaration de Calgary. Le compte rendu en est publié dans un fascicule distinct.
Journal des débats
(Vingt heures douze minutes)
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Nous allons débuter la séance. Veuillez prendre place, s'il vous plaît. Je rappelle le mandat de la commission de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 450, Loi modifiant la Loi électorale, la
Loi sur la consultation populaire et d'autres dispositions législatives.
M. le secrétaire, pourriez-vous nous annoncer les remplacements, s'il vous plaît.
Le Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Lefebvre (Frontenac) est remplacé par M. Sirros (Laurier-Dorion) et M. Mulcair (Chomedey) par M. Ouimet (Marquette).
Remarques préliminaires
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Très bien, merci. J'inviterais maintenant M. le ministre à nous faire part de ses remarques préliminaires.
M. Guy Chevrette
M. Chevrette: Merci, M. le Président. Je ne serai pas tellement long, puisqu'on a eu la chance de s'expliquer beaucoup au niveau du principe sur les grandes orientations de ce projet de loi qui vise d'abord à corriger la législation ou encore à lui redonner toutes ses lettres de noblesse, puisque, suite au jugement de la Cour suprême, on sait très bien que tout le pan de mur du financement s'est trouvé invalidé suite au jugement Libman.
Donc, il nous faut absolument redonner, si vous voulez, force à ces articles de loi, que ce soit d'abord pour les consultations populaires, mais également on y va pour la consolidation du financement des partis politiques en ce qui regarde la Loi électorale comme telle. Et du même souffle, en corrigeant ce projet de loi là, nous sommes allés dans les orientations prescrites par le jugement pour démontrer toute la bonne foi que peuvent avoir les membres de l'Assemblée nationale, en disant: Oui, on va se soumettre à ce jugement et on verra si, à l'usage, on a bien fait ou on n'a pas bien fait.
Mais, pour nous, on pense que la Cour suprême ne pourrait quand même pas aller dans un sens inverse qu'elle l'a écrit, en disant très clairement dans un jugement que la loi était une des belles lois démocratiques, etc. On a encensé la loi comme ce n'est pas possible. Remarquez bien qu'il y en a qui... Je ne suis pas certain que je ne serais pas proche de ceux-là, pour ne pas dire être avec ceux-là, que la confiance n'est pas totale. Mais, de bonne foi, nous allons présenter des amendements, ici, qui visent précisément à revalider nos clauses, si vous voulez, dans le sens que nous le demandait le jugement.
Également, dans ce projet de loi, donc, nous respecterons les droits individuels, comme on nous le demande de le faire, la liberté d'expression, mais on va essayer aussi de sauvegarder l'équilibre et de faire en sorte que nos mécanismes que nous adopterons, nous le souhaitons, en tout cas, ne viennent pas permettre un déséquilibre en faveur de l'argent au détriment du processus démocratique. C'est un peu l'équilibre que l'on cherche.
On sait qu'on taille dans le neuf, on verra à l'usage, mais je pense que véritablement on a au moins trouvé des mécanismes qui nous permettent un certain équilibre, si imparfait puisse-t-il être. Mais je ne crois pas qu'il y ait des outils, parce qu'on a fait le tour d'à peu près toutes les recettes possibles pour recréer l'équilibre. Je pense qu'on a trouvé un mécanisme, en tout cas, par un genre de banque de compensation qui va permettre au moins un rééquilibrage.
De plus, nous allons consolider dans le projet de loi tous les consensus du comité consultatif. Il y avait plusieurs articles sur lesquels on s'entendait pour bonifier la procédure, etc. Donc, tous ces consensus-là, nous les avons introduits dans le projet de loi. Nous avons également introduit dans le projet de loi l'inscription automatique sur la liste électorale permanente des jeunes de 18 ans, qui, au lieu d'avoir à faire une démarche pour s'inscrire, devront faire une démarche pour se soustraire.
On pense que c'est plus simple pour le jeune qui, par religion ou pour d'autres motifs, voudra se faire exclure de la liste. Au moins, au départ, on ne pourrait pas être taxé démocratiquement de n'avoir pas mis en oeuvre tous les moyens pour que les jeunes qui ont atteint 18 ans soient automatiquement inscrits. Ce sera la même chose pour les néo-Québécois qui obtiennent leur citoyenneté canadienne. Avec une entente comme nous avons avec Immigration Canada, seront dorénavant inscrits automatiquement ceux qui ont le droit de vote.
De plus, nous avons introduit un mécanisme qui, lui, est plus contesté par l'opposition. Je suis même surpris cependant qu'on n'ait pas voté en faveur du principe du projet de loi.
Parce que j'ai lu les discours de l'opposition durant le débat sur l'adoption du principe, et on a affirmé à je ne sais pas combien de reprises, on a répété ad nauseam, du côté de l'opposition, que les personnes âgées seraient discriminées, alors que l'article tel que libellé, au contraire, vient permettre aux personnes âgées de 75 ans et plus, qui ne sont pas tenues d'avoir la photo sur leur carte d'assurance-maladie, même si 50 % de celles-ci ont la photo sur la carte, elles ne seront pas tenues, elles, ces personnes, d'avoir leur photo.
Parce qu'on dit bien que c'est la carte de la RAMQ, avec ses règles, avec ses règlements. Ça peut être une mauvaise interprétation de l'opposition, mais ça vient corriger manifestement, en tout cas, l'ensemble des discours. La fausseté de leurs discours, sur ce point-là en tout cas, était manifeste.
Il y aura également, au cours de cette étude, plusieurs amendements. Il y aura d'abord des amendements techniques. Tantôt, je vais faire distribuer l'ensemble des amendements techniques.
Sur d'autres points majeurs, je peux vous annoncer tout de suite que j'ai des amendements. Exemple: j'apporterai des amendements en cours d'étude concernant l'influence indue. On en a parlé. Il y a deux articles. Je vais clarifier ça par un amendement clair ou bien par l'annonce claire d'une décision, d'un choix.
Deuxièmement, je vous dis tout de suite que c'est avec beaucoup d'ouverture d'esprit mais beaucoup de sérieux que je voudrais que l'on aborde l'étude de ce projet de loi là. Je pense qu'on a avantage à étudier le plus sérieusement possible l'ensemble de ce projet de loi là. Il ne vise qu'une chose: il vise à améliorer notre système démocratique. Je déposerai également en cours de route différentes correspondances que nous avons reçues, dépendant de l'article sur lequel on arrivera afin de bien indiquer le pourquoi de tel
article ou nos volontés d'agir et comme quoi on ne viole pas les droits individuels, loin de là.
Donc, je veux qu'on aborde le plus rapidement possible l'étude de ce projet de loi,
article par article. Je vous dirai qu'on n'hésitera pas au besoin à regarder s'il n'y a pas des compromis possibles. Mais des compromis, ça suppose la bonne volonté des deux côtés. En ce qui me regarde, si on étudie très sérieusement.... Je ne suis pas pressé - je voudrais annoncer ça tout de suite - pour défoncer avec des mesures radicales ou de suspension de règles, non. Si on veut étudier en août, on étudiera en août; si on veut étudier en septembre, on étudiera en septembre. Je ne suis pas pressé.
Je sais que, d'autre part, s'il y a des élections puis on a besoin du projet de loi, pour pas qu'il y ait de contestations, parce que les clauses monétaires... Mais, au besoin, je demanderai au premier ministre, si ça devait aller à l'automne... On prendra les moyens nécessaires de venir adopter la loi. Mais, personnellement, je n'ai pas l'intention de bousculer les règles du Parlement pour l'adoption de ce projet de loi là, à moins que le Conseil des ministres et le caucus le jugent contraire mardi prochain. Parce que c'est mardi prochain qu'il y aura un caucus spécifique là-dessus.
En ce qui me concerne, amusez-vous pas à des filibusters, ça ne m'inquiète pas du tout, on pourrait être prêt en août.
(20 h 20)
Donc, je m'arrête là-dessus et je suis prêt à entreprendre, lorsque les remarques préliminaires seront terminées, le contenu du projet de loi.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Merci, M. le ministre. J'inviterais maintenant le député de Dorion et porte-parole de l'opposition officielle. Alors, M. le député.
M. Christos Sirros
M. Sirros: Merci, M. le Président. Je ne peux que commencer en disant que je suis très content d'entendre le ministre renoncer d'avance à tout recours au bâillon, mauvaise habitude qu'il avait prise depuis quelque temps. C'est heureux de voir qu'effectivement on aborde ce projet de loi avec la volonté d'afficher, à ce moment-ci tout au moins, même si le ministre a su garder des portes ouvertes en disant: Peut-être qu'on va me forcer d'utiliser le bâillon.
Je ne peux qu'être content de voir cette ouverture qui est faite quant à une étude sérieuse, avec un esprit d'ouverture d'un projet de loi qui, on se rappellera, découle principalement des suites qu'il faut donner au jugement de la Cour suprême.
D'entrée de jeu, je pense qu'on pourrait dire, de ce côté-ci, qu'on a... depuis le temps qu'on travaille, entre autres dans le comité consultatif, pour revoir périodiquement les amendements qu'il faut apporter à la Loi électorale, avec la volonté de s'assurer que nous allons continuer à faire évoluer notre Loi électorale, de la faire évoluer dans le respect de la démocratie et dans le respect du processus électoral et avec l'objectif premier de s'assurer que la population maintienne et retrouve, je dirais, à certains égards, toute sa confiance et la crédibilité nécessaire aux lois qui régissent le processus démocratique.
On a répété, et j'ai répété souvent avec des tons à la fois vigoureux, disons, auprès du ministre, la nécessité que le Parlement considère et tous les partis ici considèrent la Loi électorale, la loi référendaire, comme des lois très particulières, parce que ce ne sont effectivement pas des lois qui mettent en oeuvre le programme d'un parti politique ou de l'autre, mais qui mettent sur place les règles pour que les partis politiques puissent arriver au pouvoir pour appliquer leur programme électoral.
Dans ce sens-là, il faut absolument que les partis en cause puissent s'entendre dès le départ sur les règles qui régissent cette confrontation électorale. Et, dans la mesure où tout le monde est d'accord sur les règles, au préalable, il est évident que personne ne peut contester quoi que ce soit par rapport aux résultats par la suite.
Dans ce sens-là, cette tradition avec laquelle je suis content de voir le ministre afficher aujourd'hui la volonté de renouer, qui est de toujours adopter les amendements à la Loi électorale par consensus, par l'acceptation de l'ensemble des partis représentés à l'Assemblée nationale...
Les parties de la loi qui découlent des suites à donner au jugement de la Cour suprême, je n'en parlerai pas très longtemps parce que j'ai déjà eu l'occasion de dire, avec le sourire au coin des lèvres, combien j'étais content de voir le ministre revenir au bon sens et abandonner, abdiquer cette volonté affichée spontanément et, dès le début de la décision de la Cour suprême, d'avoir recours à la clause «nonobstant».
On a pu voir que le temps a permis au ministre et à d'autres dans le gouvernement de trouver le calme et de trouver une façon, comme on croyait que c'était possible dès le début, d'apporter des amendements qui permettraient de donner effet au jugement de la Cour suprême qui, il faut le dire aussi, améliore notre Loi électorale parce que ça élargit la portée de la démocratie, si vous voulez, en s'assurant que la question de la liberté d'expression est respectée plus qu'elle l'a été.
La Cour suprême avait fait de grands éloges, avec raison, de l'essentiel de la Loi électorale, et nous voyons aujourd'hui que la sagesse de cette cour a été reconnue par le gouvernement, même si au départ ça avait suscité des réactions. Et je vois des députés qui respirent fort, en prenant une gorgée d'eau, pour se retenir, parce que je sais qu'il y en a encore qui ont de la misère à avaler non pas leur eau, mais le fait qu'effectivement le gouvernement a vu que l'opposition avait raison, et il s'est conformé au voeu de l'opposition de travailler pour que la Loi électorale soit amendée dans le sens du jugement, sans clause «nonobstant». C'est ce que nous avons.
Donc, d'entrée de jeu, sur ce volet-là, il est évident que nous allons aborder l'étude de ce projet de loi avec une très grande ouverture d'esprit, en étant très contents de voir le ministre adopter ce que nous avons souhaité qu'il adopte. Nous allons faire une étude attentive de chacun des articles afin de s'assurer que le diable ne se trouve pas dans les détails, parce que c'est là où souvent il se loge. Et le rôle que nous avons ici, M. le Président, de part et d'autre, c'est de s'assurer qu'on le pourchasse de ces détails-là, qu'on le sorte, qu'on l'exorcise.
Et c'est ce que nous allons faire en prenant chaque article. Prenons le temps qu'il faut, sans indûment influencer, pour utiliser ça, le bon déroulement de ces travaux, mais, en même temps, s'assurer qu'on ne regrettera pas par la suite de ne pas avoir fait telle ou telle modification, parce qu'on n'aurait pas vu telle ou telle coquille dans le projet de loi.
Il y a d'autres éléments de ce projet de loi qui découlent non pas d'un jugement de la Cour suprême mais d'un jugement consensuel du comité consultatif qui a travaillé pendant plusieurs réunions et pendant plusieurs heures à regarder les éléments qu'on doit revoir au niveau de notre loi et qu'on a pu identifier ensemble de part et d'autre un certain nombre d'éléments, 15 ou 19, je pense bien, qui ont fait l'objet de consensus qui nous avaient amenés au comité consultatif à être d'accord avec certains principes qu'on aimerait voir dans le projet de loi. Ils se retrouvent ici en termes légaux.
Et ça aussi, il va falloir qu'on examine de près pour voir si l'esprit de ces recommandations se retrouve dans le texte de la loi. Et je suis d'autant heureux de pouvoir faire cet exercice-là que les deux autres fois qu'on a tenté de faire un exercice semblable au niveau d'une étude attentive
article par article, le ministre était beaucoup plus impatient - il semble afficher aujourd'hui une volonté de l'être - et il avait suspendu les travaux de la commission en procédant à l'adoption, comme je le décriais tantôt, par bâillon des autres lois qui ont modifié la Loi électorale.
Donc, nous allons voir aujourd'hui quelle est la correspondance qui est faite entre les principes qu'on a accepté d'introduire dans notre loi lors de nos discussions au comité consultatif et le texte légal qu'on trouve ici. Dans la mesure où les deux concordent, il y aura une acceptation de notre part de ces changements qui visent à faciliter le vote des personnes. On parle de personnes handicapées, entre autres, et d'autres éléments.
Ce qui nous a toujours guidés et ce qui nous guidera aussi ici, c'est toute la question de la facilitation du droit de vote. Il me semble que, ce qu'on doit faire, c'est s'assurer que nos concitoyens qui vont exercer leur droit démocratique vont le faire dans des conditions qui leur facilitent la vie tout en gardant l'équilibre qu'il faut bien garder entre le bon déroulement facile et le sérieux qu'il faut avoir aussi pour un exercice aussi sérieux pour la démocratie.
Et, M. le Président, c'est à ce niveau-là, je pense, qu'il faut être plus attentif vis-à-vis de certains articles que le ministre veut introduire. Le ministre nous a informés tantôt qu'il annonce déjà des amendements à un certain nombre d'articles. Il a nommément parlé d'un qui, on sait pertinemment, pose des problèmes quant à sa façon d'essayer de cerner un problème, qui est ou n'en est pas, dépendant où on se situe... un problème. On serait heureux de les voir, les amendements. Et je pourrais même suggérer au ministre peut-être de les faire cheminer d'ores et déjà pour qu'on puisse les voir.
Le plus rapidement qu'on va se faire une tête sur comment ça s'oriente, le plus facilement on pourra aussi identifier comment nos travaux vont se dérouler.
(20 h 30)
Je ne sais pas si le ministre a déposé des amendements quant à la question de l'identification des électeurs. Si le ministre nous indique qu'il n'y a pas d'amendement dans le cas de l'identification des électeurs, je vous avise...
M. Chevrette: Il y en a un, mais il y sera demain parce que je l'ai commandé ce soir.
M. Sirros: Il y en a un qui est commandé? Alors, si le ministre...
M. Chevrette: Je peux bien vous donner le sens.
M. Sirros: Oui, j'aimerais que M. le ministre puisse nous donner le sens. Ça pourrait peut-être faciliter notre travail. Je pourrais arrêter mes remarques, permettre au ministre d'expliquer le sens de l'amendement qu'il entend apporter sur la question de l'identification, et on pourrait reprendre par la suite.
M. Chevrette: C'est que, suite à des échanges...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): En principe, au moment des remarques préliminaires, il n'y a pas d'échanges comme ça. Mais, puisque je pense que c'est le souhait de tout le monde, M. le ministre, je suis prêt à consentir.
M. Chevrette: Étant donné qu'on a communiqué avec la Commission d'accès à l'information qui nous a répondu, de façon beaucoup plus nuancée, que, dans le mémoire qu'ils avaient présenté ici... il nous apparaît important de présenter un amendement qui ouvrirait la porte à plusieurs autres types d'identification qui pourraient être étudiés entre le DGE et la Commission d'accès. Il y aurait possibilité d'avoir même des suggestions, si j'ai bien compris, de la Commission d'accès à l'information, ce qui rendrait encore plus plausible le nombre de cartes d'identification potentielles.
Je regardais, par exemple, celle de l'Assemblée nationale, une carte, tantôt. C'est très bien identifié. C'est le nom et c'est la photo. Aucun renseignement dessus, si ce n'est qu'il est marqué «Assemblée nationale». Donc, si ça peut valoir ici, ce type de carte, pour d'autres endroits, ça peut être... travaillant pour les villes, je ne sais pas, ou travaillant pour différentes commissions de transport, par exemple. S'il y a possibilité d'ajouter des moyens d'identification, aucun problème. Donc, l'amendement irait dans ce sens-là.
Quant à l'amendement sur l'influence indue, il y a deux articles qui en traitent, si j'ai bien compris. Nous en retirerions un qui fait problème.
M. Sirros: Je suis heureux d'entendre ça. Je suis moins heureux d'entendre le ministre ne pas parler du point qui pose problème au niveau de l'identification, et c'est la question de l'absence de cartes de l'électeur au moment où il se présente pour le vote, et les conséquences de ça, et comment la personne peut exercer son droit de vote.
J'insisterais brièvement sur ça parce que, sûrement, on va avoir l'occasion... On va d'abord permettre au ministre de trouver une façon de régler ce problème qu'on va lui soumettre et l'aviser que, si on ne réussit pas à le régler convenablement, ça risque de poser un problème fondamental. À partir du principe qui veut que, nous, on cherche à s'assurer que le vote soit facilité et que personne ne sera lésé dans son droit de vote...
Et, dans le contexte où le ministre délégué à la Réforme électorale affichait assez franchement l'objectif que vise le gouvernement de - j'avais pris des notes - restaurer la crédibilité de la Loi électorale, soit suite au jugement, soit suite à une série d'événements qu'on a connus, qui sont, d'ailleurs, ébranlés, encore une fois, au moment où on se parle, avec les élections scolaires qui, vous allez me dire, n'ont pas de rapport direct avec la Loi électorale provinciale, mais, dans la tête de plusieurs, le tout est un tout, effectivement.
Il y a une certaine méfiance qui existe au niveau de la population quant à la possibilité d'exercer, dans des conditions correctes, son droit de vote.
Nous, on tient à s'assurer que personne qui aura oublié de se présenter avec une carte ne sera confronté à une situation tellement compliquée pour exercer son droit de vote que, dans les faits, il se verra privé de son droit de vote. On pense à des personnes qui ne pourront pas trouver quelqu'un, tel que la loi le prévoit actuellement, qui va, lui, avoir ses cartes avec photo, qui, lui, va s'assermenter, après que l'autre personne se serait assermentée à l'effet qu'il est ce qu'il dit qu'il est, etc.
Ça nous semble indûment compliqué et on souhaite que le ministre examine cette question avec la même approche qui serait de faciliter le droit de vote tout en gardant le sérieux de la démarche. On est certains qu'on peut le faire. On peut trouver une façon.
D'ailleurs, je pourrais indiquer tout de suite au ministre que la solution se trouve déjà dans la première phrase de l'article qui décrit ce qui peut arriver si la personne n'a pas sa carte avec elle. Je ne pense pas que l'ajout d'autres cartes règle ce problème-là.
Même si le ministre pouvait me dire que ça tendrait à diminuer le nombre de fois où ça peut arriver, je lui ferai remarquer, sans avoir vu l'avis auquel il fait référence, que, si, à un moment donné, il y avait un certain nombre de cartes qui ont été retenues, entre autres, nommément, la carte d'assurance-maladie puis le permis de conduire ainsi que le passeport, c'est parce que ce sont là des cartes qui sont émises par le gouvernement à l'ensemble des citoyens, dans un cas, puis à l'ensemble des citoyens qui le demandent, dans l'autre cas, celle du permis de conduire et le passeport, évidemment, et que ce sont là des documents officiels.
On n'est quand même pas, je ne pense pas, allés au point où on va - à moins que le ministre ne me dise que c'est ça qu'il veut faire - accepter une carte du Club Price, par exemple.
Bon, ça étant dit, M. le Président, je veux juste revenir sur le point que le ministre remarquait quant à, supposément, ce qu'on aurait dit face à l'identification des personnes âgées. Il est vrai que, dans mon discours de deuxième lecture, j'avais fait remarquer que le ministre délégué à la Réforme électorale avait insisté beaucoup sur la volonté du gouvernement, en introduisant la nécessité de présenter une carte, dorénavant, pour voter, qu'il voulait voir la face de la personne.
Bon, à partir du moment où on nous dit officiellement qu'on veut voir la face de la personne, on se posait des questions parce qu'on avait lu l'article qui, lui, ne parlait pas d'une carte avec photo, mais strictement d'une carte. Mais il y avait une certaine dissonance, dirais-je, entre le discours et la réalité.
J'avais soulevé, en Chambre en particulier, cette dissonance, pour, par la suite, être heureux d'entendre que l'objectif était juste d'avoir une carte, même si, au préalable, on n'a jamais fait la preuve - et je le répète ici - qu'il y ait un besoin qui découle d'une situation de fait au niveau d'un problème réel qui existe quant au changement qui est introduit ici avec l'obligation dorénavant de présenter une carte d'identité pour exercer son droit de vote.
On glisse trop facilement, du côté ministériel, sur cette mesure qui nous semble être une mesure qui chambarde pas mal les habitudes des citoyens jusqu'à date. Ça fait des décennies qu'on fait des élections avec la façon habituelle qui est que la personne se présente devant une table de votation, décline ses nom et adresse, est repérée sur la liste et procède au vote.
Dans le cas où il y avait des doutes, il y avait le mécanisme de prévu - puis il y a toujours le mécanisme de prévu, qu'il faudra réexaminer, d'ailleurs, parce que ça n'aura plus sa pertinence si les autres changements vont de l'avant - qui faisait en sorte qu'on pourrait demander à la personne de s'assermenter quant à son identité.
Personne ne nous a indiqué qu'il y avait une raison fondamentale qui découlait d'un problème qu'on aurait identifié, d'un problème qu'on aurait étudié, qu'il faudrait changer cette façon de faire. Je vous rappelle qu'on est à la veille d'une élection et que, dans ce sens-là, tous les changements à la Loi électorale sont d'autant plus examinés avec beaucoup plus de perspicacité, pour ne pas utiliser un autre mot. Parce qu'il est rare qu'on a vu un gouvernement, à la veille d'une élection, changer une loi électorale si c'était pour ne pas avoir un effet bénéfique pour lui.
Alors, on s'est posé cette question-là puis on se la pose toujours: Qu'est-ce qui amène le gouvernement à vouloir introduire ce changement à ce moment-ci?
On soulève que, chaque fois qu'on amène des changements qui changent l'économie générale de la loi telle qu'on la connaît et telle que la population la connaît, on introduit un élément de nouveauté qui risque de créer des problèmes. On le voit encore une fois avec les élections scolaires.
On a introduit, dans un laps de temps presque impossible, des éléments de nouveauté qui font en sorte que la population vit des situations inacceptables sur le terrain au niveau des élections scolaires: la nouveauté d'une liste électorale permanente, avec deux listes de commissions scolaires linguistiques, la nouveauté de l'élection de nouvelles commissions scolaires linguistiques plutôt que confessionnelles. Tout ça résulte en des habitudes qui ne sont pas encore ancrées dans la population.
Si on ajoute à ça le laps de temps qui a été donné au Directeur général des élections, on comprend pourquoi on vit aujourd'hui des situations qui vont même, pour certains, jusqu'à remettre en cause le bon déroulement de ces élections. Il faut voir comment ça va se passer.
(20 h 40)
Il ne faudrait pas qu'on prenne ce genre de risque avec des élections sur le plan provincial, M. le Président. Quant à l'identification, sans prétendre à ce moment-ci que ça va tout bouleverser le processus, il reste qu'on n'a pas encore une certitude quant à la qualité de la liste électorale permanente et qu'on introduit un autre élément nouveau qui risque peut-être de créer des situations qu'on regrettera par la suite.
Donc, c'est dans ce sens-là que nous avons l'intention d'insister beaucoup pour qu'on s'assure que tous les changements nécessaires soient apportés à la loi telle qu'elle est libellée actuellement, afin que le vote soit facilité, afin que personne ne se retrouve dans une situation où il sera exaspéré devant le bureau de votation et retournera chez lui sans avoir voté parce qu'une approche trop compliquée l'aurait empêché de le faire. Je suis certain que ce n'est pas le voeu du gouvernement de priver qui que ce soit de son droit de vote. Il ne restera qu'à le prouver avec des amendements qui vont venir confirmer cette volonté que je prête au gouvernement, M. le Président.
Je n'ai pas vu les amendements, mais je vais passer sur la question de l'influence indue si le ministre me dit qu'il retire la
partie qui fait problème. On verra par la suite de quoi il s'agit au juste. Je pense que, pour l'essentiel, M. le Président, nous aussi, on a rétréci nos remarques préliminaires.
On pourrait procéder, s'il y a d'autres collègues qui ont des remarques préliminaires, à les entendre, parce qu'il serait important que tout le monde se campe dans ce débat, étant donné que ça va être, j'espère bien, la première fois depuis les quatre ans que ce gouvernement est au pouvoir qu'on va pouvoir procéder à l'adoption d'une réforme électorale - je ne peux pas l'affirmer encore - avec une volonté affichée, de la part du gouvernement, de ne pas procéder au bâillon. Et ça, c'est déjà un pas dans la bonne direction. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Merci. Y a-t-il d'autres remarques préliminaires? M. le député de Montmorency.
M. Jean Filion
M. Filion: Merci, M. le Président. D'abord, j'aimerais remercier les collègues de l'Assemblée nationale d'avoir bien accepté que je siège sur cette commission pour étudier le projet de loi n° 450
article par article, M. le Président, puisqu'il apporte, d'entrée de jeu, une modification importante au financement des députés indépendants, des candidats éventuels indépendants à se présenter à une élection.
M. le Président, c'est majeur comme ouverture et, en même temps, c'est majeur pour qu'on puisse en discuter d'une façon détaillée pour vraiment créer l'égalité des chances. On sait que l'arrêt Libman, qui a été un peu à la source de tout le projet de loi que l'on vit présentement, avait émis des réserves. Le jugement de la Cour suprême émettait des réserves quant à l'égalité des chances d'un citoyen de pouvoir faire un débat politique en temps de référendum lorsqu'il s'agit d'une dépense.
Mais on peut brimer la liberté d'expression, d'association si, également, cet individu-là, il n'a pas le droit de dépenser, il n'a pas le droit d'être financé. Et, s'il n'a pas le droit d'être financé, il ne pourra pas dépenser. Alors, ça va de soi également.
La liberté d'expression peut également être brimée tant au niveau du financement qu'au niveau d'une autorisation à dépenser. Même s'ils ont une autorisation à dépenser, s'ils n'ont pas de financement pour se financer, souvent les individus ne dépenseront pas. Alors, la liberté d'expression et l'égalité des chances sont drôlement brimées si on ne prend pas le temps de regarder toutes les politiques au niveau financement des candidats et des partis politiques.
Un autre élément, M. le Président, je vais certainement participer à la commission d'une façon importante et je suis un petit peu surpris de voir que le projet de loi n'avait pas changé, parce que, lorsqu'on a déposé en commission parlementaire des mémoires, j'avais soulevé un argumentaire au niveau de la connotation du mot «indépendant». La connotation du mot «indépendant», M. le Président, c'est un peu farfelu dans notre législation. Je pense qu'on doit s'arrêter et réfléchir à un autre mot que le mot «indépendant».
Parce que, quand vous regardez la définition du Petit Robert , le mot «indépendant» veut dire libre, autonome, dissident, hétérodoxe, non conformiste, libéral, individualiste, non aligné. Vous comprendrez, M. le Président, que, quand on veut légiférer une loi, bien, il faut s'arrêter sur les mots qu'on utilise.
Quand on regarde le mot «indépendantiste», souvent les gens mélangent, dans le sens commun des choses, le mot «indépendant» puis «indépendantiste». On dit: Tu es indépendant, tu es indépendantiste. Puis, quand vous regardez le mot «indépendantiste» dans le dictionnaire Petit Robert , il nous dit «autonomiste, sécessionniste, séparatiste». Alors, quand vous arrivez sur la place publique et que vous voulez exprimer une politique, exprimer ce que vous êtes, ce que vous voulez faire, puis pourquoi, la population ne comprend pas le mot «indépendant» puis elle ne sait pas du tout ce que ça veut dire par rapport à un candidat. Au contraire, elle est confuse et...
Une voix: ...
M. Filion: On ne parle pas de souveraineté, là, M. le ministre, on parle du mot «indépendant». C'est tout à fait autre chose, et je pense qu'on doit se pencher sur cette expression-là.
D'ailleurs, l'arrêt Libman qui a fait débat jusqu'à la Cour suprême... M. Libman avait présenté un projet de loi à l'Assemblée nationale, un bill privé. Le bill privé 192 avait été déposé à l'Assemblée nationale en 1994 par le député de D'Arcy-McGee. Effectivement, il voulait que l'on remplace l'expression «candidat indépendant».
Une voix: ...
M. Filion: On voulait effectivement remplacer l'expression «candidat indépendant», M. le Président.
Une voix: ...des motifs indignes à un député.
M. Filion: Pourtant, c'est sérieux, M. le Président, ce dont on discute.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Un instant. Mesdames, messieurs, je vous demanderais de respecter le droit de parole de M. le député de Montmorency. M. le député.
M. Filion: Oui. Je continue, M. le Président. C'est 20 minutes qu'on a? Merci.
Une voix: C'est peut-être un député qui est devenu membre du PLQ.
Une voix: Il a dit que «indépendant» voulait dire «libéral»?
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Filion: Bien oui, c'est dans le dictionnaire. Le Petit Robert le dit très bien: «indépendant» veut dire libre, autonome, dissident, hétérodoxe, non conformiste, libéral, individualiste, non aligné.
Une voix: ...notre formation politique, ça.
M. Filion: C'est incroyable, ce qu'on peut faire dire aux mots. Ce qui est clair, on peut toujours, en riant, se rendre compte que le mot n'est vraiment pas adéquat à la situation et il faut penser, je pense, effectivement, à le remplacer. Moi, j'avais suggéré, lors de la présentation en commission parlementaire, de changer la connotation «indépendant» pour la connotation «non affilié» à une formation politique. «Non affilié», c'est clair, c'est précis, c'est simple. Un candidat non affilié à une formation politique.
Est-ce qu'on a besoin d'expliquer à la population nos états d'âme? Pourquoi on n'est pas affilié à une formation politique? Moi, je pense que ce n'est pas nécessaire. Pourtant, le projet de loi qu'on va étudier en commission parlementaire demande à ce que des individus se confessent pour qu'ils soient catégorisés. Absolument! On va s'en rendre compte au fur et à mesure, quand on va étudier
article par article. Il faut que la personne prône l'abstention. Peu importe ce qu'elle prône, la personne, si elle n'est pas affiliée à une formation politique ou à un comité national, peu importe, ça peut être en période référendaire ou pas, elle n'est pas affiliée. Point. Pourquoi il faut dire sur la place publique que... la personne qui n'est pas affiliée à une formation politique, il faut dire pourquoi? Pour qu'elle ait l'air ridicule? Ou qu'on la connote davantage? Je pense qu'on n'a pas à aller jusque-là. Le projet de loi fait ça.
C'est que, effectivement, le projet de loi vient dire: Bien là, il faut que tu sois untel, untel ou une telle personne, pour qu'on te catégorise comme indépendant, etc.
(20 h 50)
On va le voir
article par article, plus loin. Mais, d'entrée de jeu, effectivement, on va chercher à identifier la personne puis la justifier sur la place publique pourquoi elle n'est pas affiliée à une formation politique, quand, en réalité c'est simplement un choix d'individus qui veulent simplement s'afficher comme non affiliés à une formation politique, pour toutes sortes de raisons. Tout simplement pour, d'abord et avant tout, avoir plus de temps pour son comté, c'est une bonne raison aussi. Pourtant, le Directeur général des élections ne mentionne pas ce genre d'argumentaire là.
Pourtant, c'est fondamental, en démocratie, de vouloir desservir d'abord et avant tout ses électeurs. Je pense que, dans ce sens-là, on se doit de s'arrêter, on légifère. On ne légifère pas souvent la Loi électorale, on la légifère occasionnellement. Sur des changements comme ça, je pense qu'il faut s'arrêter. Je pense qu'on aura l'occasion d'en discuter plus en détail, mais c'est un point que je considère majeur.
On a la chance de pouvoir le faire et de changer une fois pour toutes cette connotation-là qui ne veut rien dire et qui rend tout simplement l'individu et ce que l'individu est face à la population dans une confusion totale.
L'autre point que je vais sûrement regarder de très près, c'est toute la question de la carte d'identité. Ça, c'est quelque chose qu'on va devoir regarder de plus près. Je pense que la carte d'identité, c'est quelque chose d'intéressant, mais aussi, en même temps, il ne faudrait pas alourdir et s'assurer qu'on n'alourdisse pas trop le mécanisme de fonctionnement. Quand ça devient trop lourd, ce n'est pas mieux; le déroulement même de l'élection se retrouve, à toutes fins pratiques, dans des situations, souvent, où ce n'est plus efficace, et le vote s'exprime plus ou moins bien.
Il y a des gens qui vont retourner et qui ne voteront tout simplement pas parce que c'est devenu trop lourd au niveau du système. Je pense qu'il faut être prudent à ce niveau-là si on veut toujours...
Parce que vous savez qu'aujourd'hui les gens vont voter, mais il ne faudrait pas trop leur mettre d'embûches, parce qu'ils vont rester chez eux et ils n'iront pas voter. Parce que ça peut devenir trop lourd, souvent: Moi, je n'ai pas ma carte, je ne vote pas. Bah! Après tout, ce n'est pas plus grave que ça! Je pense que, dans ce sens-là, il va falloir s'assurer d'une souplesse d'application et s'assurer également que... Oui, on doit s'identifier. Je suis d'accord qu'on ne fasse pas voter des gens qui n'ont pas le droit, mais il va falloir être très souples à ce niveau-là, parce que je pense que ça peut créer plus de problèmes qu'autre chose.
Et, bien sûr, quand on parle de financement, M. le Président, il y a la question de permettre à un député de pouvoir se financer, ce qui est très bien. Mais pourquoi lui permettre de pouvoir se financer uniquement dans la dernière année, c'est-à-dire la quatrième année d'un mandat? Pourquoi une personne ne peut-elle pas se financer dès le moment où elle est indépendante ou non affiliée à une formation politique? Moi, je ne vois pas pourquoi cette personne-là, on la brime de pouvoir recueillir des fonds - quand on sait que ce n'est pas facile - sur le temps où elle devient indépendante.
Pourquoi attendre trois ans? Je ne m'explique pas ce genre de positionnement là non plus. Là, on veut que la personne puisse se financer uniquement dans la dernière année, l'année électorale.
Pourtant, une formation politique peut se financer en tout temps sans aucune contrainte. Même qu'une formation politique reçoit chaque année une allocation selon le nombre d'électeurs qui ont voté pour la formation politique, une allocation de financement. Il y a beaucoup d'argents qui sont actuellement alloués aux formations politiques via la nomination du personnel électoral, également. Ça, c'est tout du financement. C'est du financement qui débalance l'égalité des chances, parce que, quand vous arrivez en période électorale, c'est les formations politiques qui bénéficient d'abord et avant tout.
Je ne veux pas changer le système pour autant, sauf que je veux simplement qu'on permette un financement juste et équitable pour qu'on puisse faire un débat démocratique correct et qu'on n'étouffe pas le débat avant de partir. Si la personne, au départ, elle n'a aucun moyen de financement, peut-être qu'il n'y en aura jamais, de débat. Pourtant, s'il y avait actuellement une possibilité de permettre à des gens de recueillir des fonds, on assisterait peut-être à de meilleurs débats lors de campagnes électorales et ce serait plus intéressant pour tout le monde, et il y aurait un choix additionnel qu'on pourrait offrir à la population qui pourrait exprimer son intention de vote.
Je pense que, quand on parle de financement, on parle de tous ces éléments-là. Pas uniquement de la question de permettre à quelqu'un d'aller chercher des fonds en remettant les crédits d'impôt, mais aussi comment on nomme le personnel électoral. Parce que vous avez beau limiter les dépenses... C'est bien beau de se gargariser en disant: On limite les dépenses à tant l'électeur, mais, si, en même temps, vous octroyez un montant d'argent pour le personnel électoral à une formation politique plutôt qu'à une autre, la formation politique qui reçoit ces argents-là, elle vient de gonfler son plafond d'autant.
Alors, le plafond électoral qui était prévu pour une formation politique vient d'être augmenté d'une façon importante, et le candidat indépendant, lui, bien sûr, n'a absolument rien de tout cela. Alors, ça crée des déséquilibres majeurs. Je pense qu'on doit s'arrêter et regarder comment on peut permettre simplement un financement qui permettrait un meilleur débat sur la place publique.
Alors, c'est de ces éléments-là que je vais aimer discuter avec la commission, M. le Président, et faire en sorte qu'on trouve des solutions raisonnables pour tout le monde et qu'on puisse avoir un financement équitable. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Merci, M. le député de Montmorency. M. le député de Mont-Royal.
M. John Ciaccia
M. Ciaccia: Merci, M. le Président. Je n'avais pas l'intention de faire des remarques préliminaires, mais je voudrais seulement réagir à l'intention du ministre d'amender certains articles dans le projet de loi. Premièrement, j'accueille l'approche du ministre en disant qu'il ne faudrait pas bâillonner ce projet de loi où, je présume, le consensus aussi serait souhaitable, parce qu'on parle d'un processus démocratique, le droit de vote.
En ce qui concerne la proposition du ministre sur la carte d'identité, les méthodes de s'identifier, je pense que le ministre doit admettre que c'est un changement à la loi actuelle. Présentement, on n'a aucune demande... On ne peut pas demander à une personne de produire une carte ou un document d'identification. Alors, le fait d'introduire cet élément-là, ça change les coutumes électorales. Le monde n'est pas habitué. Là, ils vont se faire demander des cartes d'identité ou... pas une carte d'identité, mais une carte d'identification.
Je pourrais peut-être suggérer au ministre que, normalement, on aurait voulu n'avoir aucun élément d'identification parce qu'on croit que, quand il n'y a pas de problème, on n'apporte pas une solution. On ne croit pas que ça crée un problème. Mais, si le ministre a l'intention d'introduire ce nouveau concept qui est un concept différent...
M. Chevrette: Me permettez-vous, une seconde? Juste pour qu'on se comprenne bien. Ce n'est pas un mécanisme nouveau. En révision, vous êtes obligés d'avoir deux preuves, déjà.
M. Ciaccia: Non, mais ça, c'est dans la révision.
M. Chevrette: Non, non, mais ce n'est pas un phénomène nouveau.
M. Ciaccia: Non, non. C'est un phénomène nouveau dans l'élection. Peut-être dans la révision, oui, parce que là il faut que vous le démontriez et... C'est pas mal restreint. Parce que le nombre de personnes qui vont à la révision et la totalité des électeurs, ce n'est pas la même chose.
Alors, les coutumes sont là. Alors, normalement, nous, on pourrait dire: Écoutez, on ne veut pas changer ces coutumes électorales, ça peut affecter le processus lui-même. Mais on est prêts à dire au ministre: Si vous voulez introduire cette nouvelle notion, on est prêts à l'accepter, mais il faudrait avoir comme une période de transition. Autrement dit, une élection va habituer ou va introduire la population à une carte d'identification.
Mais, pour ne pas changer toutes les moeurs et les coutumes tout d'un coup, au lieu de la suggestion du ministre d'ajouter des cartes d'identification, vous pourriez maintenir la carte d'identification, mais, si une personne, pour une raison ou une autre, n'a pas une carte d'identification, elle devrait avoir le droit de prêter serment.
Et c'est très facile de faire ce changement-là. La mécanique peut se faire avec un des articles que vous avez introduits subséquemment. Autrement dit, ce qu'on dit: On ne s'objectera pas à la notion d'une carte d'identification. Alors, ça veut dire que, quand la personne va aller se présenter pour le vote, elle va se faire demander ça. Mais si, pour une raison ou une autre... Et tout nous dit que, si une personne n'a pas une carte d'identification, ce n'est pas parce qu'elle veut frauder ou parce qu'elle veut voter au nom d'un autre. Ça ne se produit pas dans... Et, si ça se produit dans un ou deux cas, ce n'est pas une raison pour chambarder complètement le système.
(21 heures)
Alors, vous auriez introduit votre notion, M. le ministre, mais vous auriez eu une précaution de dire: Écoutez, si la personne ne l'a pas, la carte, qu'elle se déclare qu'elle est sur la liste et est domiciliée à l'adresse... qu'elle prête serment. Parce que prêter serment aussi, c'est assez sérieux. Alors, c'est une suggestion que je donne au ministre pour considérer. Vous auriez votre principe de carte d'identification, mais vous auriez, comme on dirait, comme un «backup».
Parce qu'il faut avoir la présomption, je pense, d'innocence, que les gens qui vont voter, c'est des gens de bonne foi qui veulent voter pour un parti ou un autre. Il ne faut pas présumer qu'ils vont là parce qu'ils veulent voter au nom d'une autre personne. Alors, donnons-leur le bénéfice de cette présomption-là qui est à la base de toutes nos lois. Et on peut introduire la notion ou la réintroduire, la notion de la carte d'identification, mais maintenez le droit de prêter serment, et, subséquemment, dans une prochaine élection, vous pourriez voir comment ça fonctionne et amender ou changer les...
Parce que, de changer les coutumes électorales, je pense que c'est très sérieux, il faut y réfléchir très sérieusement et avoir des bonnes raisons valables.
De toute façon, la raison de mes remarques préliminaires, c'est de faire cette suggestion au ministre pour qu'il considère ça parce qu'on veut coopérer de la même façon, on veut avoir le même esprit que vous avez démontré, annoncé au début, à l'ouverture de cette commission, de dire: Écoutez, on va travailler ensemble, vraiment, pour arriver à une loi électorale qui est conforme, qui est améliorée, qui peut satisfaire, et puis qui peut donner la sécurité nécessaire, et aussi ne pas causer des entraves au libre exercice du droit de vote. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Merci.
M. Paquin: Est-ce que le député accepterait de répondre à une question?
M. Ciaccia: Oui.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): En principe, à l'étape des remarques préliminaires...
M. Paquin: En vertu de 213.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): ...ce n'est pas, dans la tradition parlementaire, prévu comme une période d'échange maintenant.
M. Paquin: Non, mais il y a l'article 213 qui m'autorise à vous demander si le député accepterait de répondre à une question brève d'explicitation.
M. Ciaccia: Sûrement.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Allez-y.
M. Paquin: Est-ce que j'interprète vos propos ou si vous dites que la règle pourrait être établie pour désormais, mais que, pour la prochaine élection, à
titre de mesure transitoire, il y aurait une mesure transitoire particulière à l'effet que, pour le prochain rendez-vous électoral, l'assermentation pourrait suffire?
M. Ciaccia: Je ne disais pas de l'écrire de cette façon-là, mais, effectivement, ça aurait cet effet-là parce que vous introduisez une nouvelle notion, mais vous laissez le droit, pour une personne... Une personne âgée, des fois, elle n'a pas de permis de conduire, elle n'aura pas son acte de naissance puis son passeport, puis sa citoyenneté, puis, peut-être, sa carte d'assurance-maladie va être restée à la résidence parce que c'est là qu'ils s'occupent des aspects médicaux ou pour une autre raison.
Alors, ça serait, un certain temps, une transition, dans le sens que ça serait l'introduction de la notion d'une carte d'identification, mais ça permettrait à ceux qui ne l'ont pas... Ça ne serait pas un changement drastique dans les moeurs et les coutumes de notre processus électoral.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Alors, Mme la députée de La Pinière.
Mme Fatima Houda-Pepin
Mme Houda-Pepin: Oui, merci, M. le Président. Alors, je voudrais aussi joindre ma voix à celle de mes collègues qui m'ont précédée, qui ont exprimé, à juste titre, des réserves et des questionnements par rapport à ce projet de loi n° 450, Loi modifiant la Loi électorale, la
Loi sur la consultation populaire et d'autres dispositions législatives.
Donc, on parle ici d'un projet de loi qui, s'il est adopté, va avoir des incidences majeures sur le droit de vote, et le droit de vote, M. le Président, c'est sacré, et je crois que, comme parlementaires, on devrait tout faire et tout mettre en oeuvre pour faciliter l'exercice de ce droit de vote. Or, s'il est adopté tel que formulé, ce projet de loi va obliger tout électeur à devoir s'identifier au moyen d'une des cartes portant une photo, soit la carte d'assurance-maladie du Québec, le permis de conduire, le passeport canadien ou la carte de citoyenneté.
Vu de même, à première vue, on peut penser que c'est une démarche qui est constructive bien qu'on puisse questionner les motivations qui sont à la base de cette proposition. Mais, quand on regarde les implications concrètes que cette disposition pourrait avoir sur l'exercice du droit de vote, sur des personnes qui, naturellement, ne sont pas portées à toujours avoir avec elles des cartes d'identité...
Qu'on pense aux personnes âgées, oui, c'est une catégorie de personnes, mais aux citoyens en général, les gens ne vivent pas dans une société policière où ils sont obligés, tout le temps, d'avoir sur eux des cartes d'identité. On sait que tous les citoyens n'ont pas nécessairement un passeport, certains n'ont pas de permis de conduire. La carte de citoyenneté, bon, tous ceux qui, nécessairement, ne sont pas passés par là n'ont pas cette carte de citoyenneté.
Toujours est-il que, comme disait mon collègue le député de... dans sa grande sagesse, qui est aussi notre doyen, lui, il cherchait une façon de faciliter l'exercice que nous menons actuellement. Je crois qu'il faudrait que le ministre garde à l'esprit l'importance que revêt le droit de vote et l'importance pour que l'Assemblée nationale, des deux côtés de la Chambre, puisse tout mettre en oeuvre pour que ce projet de loi, avec les bonifications et les modifications qui seront apportées, soit un bon projet de loi et ultimement une très bonne loi.
Alors, je crois, M. le Président, que les commentaires que je pourrais retenir au sujet de cette obligation qui serait faite à l'électeur de s'identifier, c'est que ça pourrait alourdir le processus, le rendre de plus en plus compliqué, surtout pour des personnes qui, le jour du vote, vont se présenter au bureau de votation et qui vont vivre des frustrations parce qu'on les retournerait pour des raisons techniques, parce qu'elles n'ont pas sur elles une carte d'identité en bonne et due forme.
Et, c'est vrai que ça pourrait se vivre, une situation comme ça, ça pourrait créer d'énormes déceptions, d'autant plus que nous sommes tous conscients que, au-delà de l'exercice du droit de vote, la population en général est pas mal désabusée par rapport à la politique, par rapport aux politiciens, et notre rôle, c'est de crédibiliser le système, c'est de crédibiliser davantage la profession, si on peut dire, que nous exerçons, et la meilleure façon de la crédibiliser, c'est de pouvoir rendre le système... l'exercice du droit de vote, de le faciliter, de le rendre accessible et au maximum.
On devrait agir, comme parlementaires, de façon à ce qu'il n'y ait aucun vote qui soit perdu, hein, qui pourrait s'exprimer et qui se perdrait encore pour une raison technique. M. le Président, moi, je serais complètement mal à l'aise dans une situation comme ça.
C'est vrai aussi que les habitudes électorales sont ancrées. C'est des réflexes, les gens se présentent au bureau de votation, ils ont toujours voté d'une certaine manière, et, tout d'un coup, bon, il y a la liste électorale informatisée, permanente, il y a le processus de révision qui a été modifié, et, tout d'un coup, on va leur dire que, même pour exercer leur droit de vote, leur serment ne suffit pas, leur parole ne suffit pas. Parce que, à la base, on prend pour acquis que les gens qui viennent voter dans ces conditions-là sont des fraudeurs potentiels.
Ça aussi, ce n'est pas acceptable comme postulat de base. Il faut partir du principe que la personne qui se donne la peine de se déplacer pour aller voter, quel que soit le choix qu'elle va faire, c'est une personne qui, de bonne foi, vient exercer son droit de vote.
(21 h 10)
Alors donc, il faudrait, à mon avis, faire en sorte qu'on puisse lever toutes les barrières qui empêcheraient les citoyens d'exercer leur droit de vote et non pas ériger des barrières, comme cela semble le cas avec le projet de loi qui est devant nous. Et, pour avoir lu la documentation que j'ai reçue en rapport avec ça, notamment le point de vue du président de la Commission d'accès à l'information, quand je lis, ici, par exemple: Les personnes jouissant d'une exemption qui n'ont donc pas de photo sur leur carte d'assurance-maladie ne possèdent généralement pas non plus de permis de conduire...
Et le président de la Commission d'accès à l'information de poser la question suivante: Devront-elles obtenir et payer un passeport pour exercer leur droit de vote? Ça serait le comble du ridicule, mais toujours est-il que la question est posée. Et, donc, ça va nous amener dans un fouillis parce qu'il y aura des citoyens qui vont se sentir comme des citoyens de deuxième classe parce qu'ils n'auront pas voté parce qu'on aura exigé d'eux des pièces d'identité qu'ils n'auront pas sur eux.
On se rappellera que ce débat sur la carte d'identité a été fait au sein de la commission de la culture, et l'unanimité s'est faite contre la possibilité d'avoir une carte d'identité obligatoire.
Il y a aussi tous les problèmes que pose l'utilisation de la carte d'assurance-maladie qui, comme on le sait, est destinée essentiellement pour les raisons de maladie - c'est pour cela qu'on l'utilise - et qui pourrait se voir jouer aussi d'autres rôles, des rôles multiples, ce qui pourrait éventuellement aller à l'encontre de la loi.
Toujours est-il, M. le Président, que ce sont là quelques commentaires d'ouverture pour, encore une fois, rappeler au ministre l'importance qu'on accorde à ce projet de loi, rappeler au ministre aussi toute la volonté qu'on veut mettre de notre côté pour bonifier le projet de loi et voir, s'il a des ouvertures, à ce qu'il puisse accepter les modifications et les discussions qu'on va avoir pour qu'on puisse l'adopter unanimement au lieu de rester chacun sur ses positions quant à certaines dispositions de ce projet de loi. Alors, j'aurai l'occasion de revenir, M. le Président, à l'étude
article par article, mais c'étaient là quelques-uns de mes commentaires.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Merci, Mme la députée de La Pinière. J'inviterais maintenant Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Lyse Leduc
Mme Leduc: Oui. Bon, moi non plus, je n'avais pas vraiment l'intention de faire des remarques préliminaires, mais c'est un peu en réaction à des choses qui ont été dites. Mais je voudrais dire tout d'abord que, sur la première
partie de la loi qui fait que, par cette loi-là, nous nous conformons au jugement de la Cour suprême dans l'arrêt Libman, nous avons décidé d'ajuster la loi justement parce que la Cour suprême, dans son ensemble, vantait la qualité de la loi. Alors, nous avons décidé de l'ajuster sans nécessairement recourir à la clause «nonobstant» en espérant que l'ensemble des citoyens et des citoyennes québécoises auront la même attitude devant la loi et qu'on ne se verra pas dans l'obligation de revenir sur une décision face à d'autres actions qui seraient prises comme, possiblement, on nous l'a annoncé. Mais on prend comme acquis qu'il va y avoir bonne foi de part et d'autre.
Maintenant, cette bonne foi là aussi... Je crois qu'on a souligné que le fait de demander une identification remettait en cause le fait qu'on doutait de la bonne foi de l'ensemble des citoyens qui venaient voter. Aucunement. Je pense que, si on demande une carte d'identité, on ne prend pas pour acquis que les personnes, l'ensemble des citoyens et des citoyennes qui viennent voter n'y ont pas droit. Seulement, on ne veut pas non plus nier l'existence...
Ce n'est pas les citoyens comme individus qui décideraient de frauder ou de voter à un endroit où ils n'ont pas droit, mais on ne peut nier, je crois, l'existence de fraudes organisées ou partisanes dans certains cas, et je pense qu'il y a des événements récents qui nous le rappellent, que ce soit dans le cas du comté de Bertrand ou dans le cas du comté de Sherbrooke, au référendum, quand on parle des étudiants de Bishop. Alors, dire qu'il n'existe absolument rien, jamais, c'est impossible.
Il y a aussi, je pense, on l'a vu, des citoyens qui, au moment où ils se présentent pour voter, il y a déjà quelqu'un d'autre qui est allé voter. Ça aussi, c'est organisé. Alors, je pense que c'est ça qu'on vise à contrer. Ce n'est pas vraiment qu'on mette en doute la bonne foi de l'ensemble des citoyens, on vise à contrer justement l'usurpation d'un droit de vote.
Parce que les Québécois et les Québécoises y croient, au vote, et, même s'ils sont un peu désillusionnés par la vie politique, ils trouvent ça important, le geste qu'ils posent, et je pense que le fait de demander une carte d'identité ou une identification va venir possiblement encore conforter ou augmenter l'importance qu'ils accordent à ce droit, dans ce sens qu'ils savent qu'il ne pourra être invalidé ou que le geste qu'ils auront fait ou le choix qu'ils auront fait ne sera pas nécessairement annulé par quelqu'un qui viendrait, à ce moment-là, voter illégalement ou voter à leur place.
Alors, dans ce sens-là, je pense que, quel que soit le nombre des votes qui pourraient être exercés illégalement dans cette optique, ce qui est important, c'est la perception que les gens ont que ça existe et qu'ils ne souhaitent pas que leur droit de vote, qu'ils considèrent comme très important, puisse être annulé ou invalidé.
Alors, je pense que c'est dans ce sens-là qu'on demande une identification, mais, moi aussi, ça me permet d'avoir moins de crainte quand on parle de changement. Compte tenu de l'importance que les Québécois et les Québécoises accordent à leur droit de vote, ils vont se procurer, dans la grande majorité, les cartes d'identité... Pas la carte d'identité, comme on disait, mais une identification qui va leur permettre d'exercer ce droit de vote. Moi, dans ce sens-là, j'ai confiance.
C'est évident qu'il pourra y avoir certains individus qui sont placés dans une situation où ils ne l'auront pas, et il y a des mécanismes qui sont prévus à cet effet. Mais on ne peut pas dire, d'une façon générale, en tout cas, face à la proposition: Bien, si vous avez votre carte d'identité, c'est bien. Si vous ne l'avez pas, ça ne causera pas grand problème, vous allez quand même pouvoir voter. Je pense qu'il faut, à un moment donné, faire son lit quand on souhaite amener des changements, mais de prévoir qu'il y ait possibilité, avec des mécanismes, ça, je suis d'accord avec ça.
Mais, de là à dire que ça serait une formalité que vous l'ayez ou que vous ne l'ayez pas, je pense qu'on ne créerait pas la pédagogie nécessaire qu'on veut instaurer. Alors, dans ce sens-là, je serais prête à regarder quand on suggérait des aménagements, mais pas nécessairement de vraiment banaliser le fait de devoir s'identifier au moment du vote. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Merci. Alors, l'étape des remarques préliminaires étant faite, nous en sommes maintenant aux motions préliminaires visant l'organisation des travaux.
M. Chevrette: Bien, moi, je propose qu'on suive les articles du projet de loi...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Un par un?
M. Chevrette: ...puis, au besoin, d'un commun accord, on suspendra un
article si ça demande des... C'est encore la meilleure façon de...
Amendements déposés
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Et je tiens à souligner le dépôt, pour les fins de travail de la commission, des amendements techniques. Alors, vous avez, en principe, reçu copie... Non, ils sont ici.
M. Chevrette: Bien, je les ai déposés pour...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Nous allons vous remettre la copie des amendements qui ont été déposés par M. le ministre.
M. Chevrette: Ce sont tous des amendements techniques, je veux bien le préciser. Il y a des amendements de fond qui viendront en cours de route.
Étude détaillée
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Alors, on va procéder
article par article.
Loi électorale
L'électeur
M. Chevrette:
Article 1.
Le Président (M. Landry, Bonaventure):
Article 1.
M. Chevrette:
L'article 1, bien...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Vous le présentez, M. le ministre?
M. Chevrette: Je ne sais pas si on lit le texte ou si je...
M. Sirros: Ce n'est peut-être pas mauvais qu'on lise le texte.
M. Chevrette: Peut-être.
M. Sirros: Juste le lire, puis...
M. Chevrette: D'accord. Donc, l'article 3 de la Loi électorale est modifié:
1° par l'insertion, après le deuxième alinéa, de l'alinéa suivant:
«Un électeur qui quitte temporairement son domicile pour recevoir des soins de santé, poursuivre un programme de réadaptation ou pour assurer sa sécurité ou celle de ses enfants peut être considéré comme domicilié soit dans la
section de vote où il a son domicile, soit dans celle où il réside à l'une de ces fins.»;
2° par l'insertion, à la première ligne du troisième alinéa et après le mot «électeur», des mots «visé à l'un des alinéas précédents».
En fait, pour une brève explication, c'est que la première modification donne suite à un consensus du comité consultatif qui visait à donner la même opportunité aux électeurs qui sont absents de leur domicile pour des raisons de santé ou de sécurité que celle qui est donnée aux travailleurs, aux étudiants et aux personnes hospitalisées ou en centre d'accueil. C'est tout simplement de donner une possibilité comparable.
Le deuxième alinéa, lui, c'est bien pour enlever toute ambiguïté sur l'interprétation. Il réfère au paragraphe d'avant pour bien préciser que ce n'est pas pour tout le monde, mais c'est pour des fins bien spécifiques.
M. Sirros: Effectivement, M. le Président, je pense que ça reflète assez correctement le consensus. C'est un exemple de ce qu'on disait, on cherche des façons à faciliter le vote des personnes. Il y a des situations... On peut penser à des femmes qui, par exemple, prennent, des fois, refuge dans une maison pour femmes en difficulté. Elles quittent leur domicile, le vote arrive, là, elles vont avoir le droit de vote. Elles ne l'avaient pas avant, à moins qu'elles soient retournées chez elles, d'où elles s'étaient enfuies.
Alors, ce n'était pas très raisonnable de leur demander de retourner là où elles étaient pour voter. Et, c'est ce qu'on veut, c'est un exemple de ce qu'on cherche en termes d'amélioration à la Loi électorale. On pourrait, quant à nous, à moins qu'il n'y ait d'autres collègues qui veulent intervenir...
Mme Houda-Pepin: Une question, M. le Président.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui.
Mme Houda-Pepin: Quand on dit «un électeur qui quitte temporairement», est-ce qu'on peut qualifier le «temporairement»?
M. Chevrette: Quant à l'article, là?
Mme Houda-Pepin: En termes de temps, oui.
(21 h 20)
M. Chevrette: «Pour suivre un programme de réadaptation ou pour assurer sa sécurité ou celle de ses enfants».
Mme Houda-Pepin: Ça, je sais.
M. Chevrette: On l'a mis aussi large que ça sans préciser. On dit «temporaire» parce que ça peut être des périodes de 21 jours. Par exemple, il y a des mères qui s'en vont se réfugier... Une femme violentée, une femme battue est souvent déménagée dans une maison pour femmes avec ses enfants. C'est des périodes de 15 jours ou de 21 jours, dépendant. On n'a pas voulu mettre de délai parce que, des fois, il y a une question de cour, de rôle de cour qui influence le délai en plus, l'expulsion du conjoint, ordonnance d'arrestation. Moi, je ne mettrais pas de délai.
Règle générale, je pense qu'on s'entend pour dire que c'est des gens qui, temporairement, doivent quitter leur domicile, donc on peut leur permettre de faire un choix: aller dans la
section de vote où ils étaient ou encore être considérés comme résidents du secteur où ils sont hébergés.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Est-ce que cet
article 1 est adopté?
M. Sirros: M. le Président, je pense qu'on aimerait déposer un amendement qui ajouterait un troisième alinéa et je vais m'expliquer tout de suite. C'est pour prévoir la situation de certains de nos collègues, afin de permettre à un député de voter soit dans la circonscription où il se présente, soit là où il a son domicile. Il y a certains de nos collègues - et, d'ailleurs, de part et d'autre si je comprends bien - qui sont dans la situation cocasse où ils ont un domicile qui est à l'extérieur de leur comté.
Ce n'est pas votre cas, M. le Président, mais je pense que c'est le cas de votre premier ministre, par exemple, et le cas de certains députés de notre côté, puis on a choisi de proposer l'amendement suivant, M. le Président, qui...
Je vais le lire: D'ajouter, à la fin de l'article 1, le paragraphe suivant:
3° par l'ajout, après le troisième alinéa, du suivant:
«Chaque candidat à une élection générale qui, la veille de la dissolution de l'Assemblée nationale ayant précédé immédiatement l'élection, était un député - quelqu'un qui est déjà un député, autrement dit - ainsi que le conjoint ou toute personne à charge d'un tel candidat demeurant avec lui et ayant qualité d'électeur ont respectivement le droit:
«
a) de faire inscrire leur nom sur la liste électorale établie pour l'un, quelconque des endroits suivants:
«1° le lieu réel de résidence ordinaire de l'ancien député - là où il habite normalement, son domicile;
«2° l'endroit, s'il en est, compris dans la circonscription où l'ancien député se porte candidat et où est situé, à l'élection, son lieu de résidence ordinaire ou temporaire.»
Autrement dit, lors de l'élection, il peut voter dans la circonscription électorale où il se présente.
M. Ciaccia: Il peut voter pour lui-même, tu veux dire.
M. Sirros: Autrement dit, il peut voter pour lui-même, M. le Président, j'imagine.
«3° le lieu, s'il en est, situé à Québec ou dans la région avoisinante et où l'ancien député a sa résidence afin de s'acquitter de ses fonctions parlementaires et de voter à celui de ces endroits qu'il peut choisir.»
Donc, à
part le jargon légal, l'objectif, c'est de permettre au député sortant - non pas un candidat, mais un député sortant - de voter soit au lieu où il a sa résidence, son domicile permanent ou à la circonscription où il se présente, M. le Président.
Vous comprendrez que ça peut créer des situations cocasses, des fois, où un député aimerait bien voter dans la circonscription où il se présente, ne peut pas le faire parce qu'il n'habite pas là, ne veut pas voter là où il a une résidence qui peut être qualifiée de temporaire par certains, et, souvent, ça crée des problèmes, surtout suite à tout ce qu'on a eu comme confusion autour de la notion de domicile, avec les contestations qu'on a vues ces derniers temps. Et je suis convaincu que ça affecte plusieurs de nos collègues de part et d'autre.
Et, d'ailleurs, ça n'affecte que des collègues, dans le sens que ce n'est que des collègues qui peuvent avoir des conséquences politiques, entre guillemets, quant à l'exercice de leur droit de vote à l'extérieur de leur circonscription, par exemple.
M. Chevrette: Si vous me permettez...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui.
M. Chevrette: ...ça a déjà fait l'objet, effectivement, d'une assez longue discussion au comité consultatif. Si ma mémoire est fidèle, il y avait un des trois qui était contre. De mémoire, c'était l'ADQ qui était contre au comité consultatif, mais je le dis de mémoire. Si jamais ce n'était pas le cas, je ne voudrais pas qu'on m'en porte grief, là. Il y avait quelqu'un qui était contre, je me souviens de ça, puis on a laissé tomber après.
M. Sirros: Oui. Juste pour m'expliquer sur ça parce qu'il y a eu, depuis ce temps-là, des discussions avec le représentant de l'ADQ qui avait effectivement soulevé une objection parce que l'amendement est calqué sur quelque chose qui existe déjà au niveau de la loi fédérale. Il avait convenu avec les personnes qui lui avaient parlé que, si on ne reprenait pas le troisième alinéa de ce qui est inclus dans la loi fédérale, il n'aurait pas d'objection.
Or, il est malheureux qu'il ne prendra pas la parole ce soir pour expliquer lui-même ses vues sur ça, mais, le plus fidèlement possible, je vous rapporte, M. le Président, que ça a fait effectivement l'objet d'un consensus avec le représentant de l'ADQ également et...
M. Chevrette: En ce qui nous concerne, on avait laissé tombé, mais on est prêts à le prendre en considération, là, on va le regarder. Moi, je propose qu'on reçoive l'amendement, que vous le jugiez recevable, vous, là, et qu'on suspende l'article. Je vais vous expliquer pourquoi, c'est qu'il y a eu une élection - je ne sais pas si c'est dans l'Outaouais québécois, je le dis sous réserve encore une fois - où la victoire électorale a été par un vote. Si, de plus il y a un vote...
La femme ou l'homme qui a le droit avec un conjoint, dans certains comtés, ça peut être un vote de l'extérieur de la notion de domicile qui en arriverait à déterminer une victoire électorale. En tout cas, je ne vous dis pas que... Mais il faudrait peut-être faire une discussion dans quelques heures. On va prendre le temps de le regarder comme il faut, on n'est pas contre a priori.
M. Sirros: Par contre, je dirais que ça serait le vote de quelqu'un hautement concerné qui aurait fait gagner cette élection-là.
M. Chevrette: Oui, parce qu'il était député, effectivement. Non, mais, si j'ai bien compris, le droit de vote n'est pas au candidat, il est au député en place, en fonction.
M. Sirros: C'est ça.
M. St-André: M. le Président, là-dessus, le ministre vient d'annoncer qu'on va suspendre l'article, mais, à prime abord, moi, en tout cas, je vois un problème. Toute l'économie de la Loi électorale, du droit de vote est basée sur la notion de domicile. Moi, je conçois mal que, parce qu'on est candidat dans une élection, on va avoir le droit de choisir où on va pouvoir voter. C'est un petit peu ça qui est proposé, là.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): M. le...
M. St-André: À prime abord, ça ne me paraît pas acceptable comme principe.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui, mais deux choses que je voulais vous souligner. Là, on n'a pas encore statué sur la recevabilité compte tenu qu'on n'avait pas le texte en main et, d'autre part, on fait un débat. Deuxième élément, je pense qu'il faut regarder le texte, puisqu'on ne parle pas des candidats, mais on parle des députés sortants, puisqu'ils ont une place d'affaires dans le comté, forcément, où ils sont députés, et c'est l'évidence même.
Alors, comme d'autres citoyens peuvent...
M. Sirros: Oui, je faisais remarquer, M. le Président, que c'est le cas, par exemple... Je peux penser tout de suite au premier ministre, je peux penser à des gens de notre côté qui ont un domicile à l'extérieur de la capitale, ont une résidence dans la capitale puis ont peut-être une résidence temporaire dans leur comté. Là, ils se disent: Si je vote dans ma résidence temporaire, dans mon comté où, normalement, le député sortant voudrait voter, je risque d'être traîné en cour pour avoir voté illégalement. Qu'est-ce que je fais?
Alors, là, je pense que ça règle, à visière levée, à la lumière de tout le monde, le problème réel d'un certain nombre de personnes qui, à cause de leur fonction de député, sont obligées de sortir de leur circonscription, surtout celles qui sont dans les régions éloignées, que ce soit Jonquière, que ce soient les Îles-de-la-Madeleine, que ce soient d'autres régions.
M. Chevrette: Non, mais j'ai des exemples, effectivement, concrets, là. Prenons, par exemple, le cas de notre collègue de l'Ungava. Effectivement, ses filles étudient ici, où est-ce qu'elles résident durant toute une année scolaire? C'est ici. Il faudra le regarder froidement, je pense. Moi, je suis d'accord, en tout cas, que ce soit un amendement recevable. En ce qui me concerne, je n'ai pas à contester la recevabilité parce que j'ai déjà fait un débat assez longuement, mais c'est à vous...
Le Président (M. Landry, Bonaventure):
L'article est effectivement recevable à sa lecture.
M. Chevrette: Je propose donc qu'on le suspende, cependant, pour qu'on ait le temps, de part et d'autre, de regarder.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Alors, nous suspendons son article. Il fallait d'abord le recevoir avant de le suspendre. Ha, ha, ha!
M. Chevrette: Merci, M. le Président. Ne vous choquez pas, on n'a pas fait ça pour vous...
M. Sirros: Et, comme l'amendement est suspendu, j'imagine que le reste de l'article est suspendu.
M. Chevrette: Oui, exact.
(21 h 30)
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui, effectivement. Au contraire, M. le ministre, rassurez-vous, je ne suis pas du tout choqué, je suis, là-dessus, très calme. Ha, ha, ha!
Liste électorale permanente
Je vous inviterais maintenant à regarder l'article 2 du projet de loi.
M. Chevrette: À l'article 2, M. le Président, j'aimerais annoncer un amendement. Je pourrais adopter l'article 2 puis le faire après. O.K.
L'article 40.9 de cette loi est remplacé par les suivants:
«40.9. Le Directeur général des élections inscrit sur la liste électorale permanente la personne majeure qui a informé la Régie de l'assurance-maladie du Québec de l'acquisition de sa citoyenneté canadienne, qui s'est nouvellement inscrite auprès de la Régie en indiquant détenir la citoyenneté canadienne ou qui a été identifiée par le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada comme nouveau citoyen canadien. Le Directeur général des élections confirme par écrit à l'électeur qu'il est inscrit et l'invite à corriger ou à compléter, le cas échéant, les renseignements le concernant.
«Si l'avis d'inscription est retourné au Directeur général des élections sans avoir atteint son destinataire ou si ce dernier informe le Directeur général des élections qu'il ne peut ou ne veut pas être inscrit sur la liste électorale permanente, le nom est radié de cette liste.
«40.9.1. Lorsqu'il a reçu de la Régie de l'assurance-maladie du Québec les renseignements concernant une personne qui a atteint ou qui atteindra l'âge de 18 ans, le Directeur général des élections l'avise par écrit qu'elle sera inscrite sur la liste électorale permanente, à moins qu'elle n'informe le Directeur général des élections qu'elle ne peut ou ne veut pas y être inscrite.
«Le Directeur général des élections n'inscrit toutefois pas la personne visée lorsque l'avis d'inscription lui est retourné sans avoir atteint son destinataire.»
En fait, c'est le même traitement pour ceux qui deviennent majeurs que les néo-Québécois qui reçoivent leur certificat de citoyenneté.
Donc, je dirai tout simplement comme commentaire que c'est un des points majeurs qu'on avait... C'est-à-dire de contenu. Au lieu de voir des gens faire des démarches pour se faire inscrire, c'est le DGE qui fait une démarche auprès de lui pour dire: Veux-tu l'être ou si tu ne veux pas l'être? Je pense que c'est différent, mais c'est important auprès de ces deux clientèles. À mon point de vue, c'était partagé par tous les gens.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui, Mme la députée de La Pinière.
Mme Houda-Pepin: Merci. Au deuxième paragraphe: «Si l'avis d'inscription est retourné au Directeur général des élections sans avoir atteint son destinataire [...] le nom est radié de cette liste.»
M. Chevrette: C'est la même chose pour le néo-Québécois comme pour le jeune. C'est parce qu'on n'a pas identifié son adresse, c'est tout.
Mme Houda-Pepin: Non, non. Oui, je sais. La question que je me pose, ce n'est pas pour les catégories, c'est pour le principe de radier quelqu'un parce que la lettre ne s'est pas rendue. Est-ce qu'il y a moyen de vérifier pourquoi la lettre ne s'est pas rendue avant de radier quelqu'un? Ça devient un automatisme?
M. Chevrette: Là, il devient comme un autre citoyen. S'il n'est pas sur la liste, il devra se faire inscrire lors des périodes de révision. Mais, quand on parle d'automaticité, il faut au moins l'identifier. Parce que, si c'est quelqu'un qui a été... Il peut avoir atteint, dans les filières de la Régie de l'assurance-maladie, l'âge de 18 ans, par exemple, automatique, puis il a quitté le Québec, puis il n'est plus là. Il travaille, je ne sais pas, en Colombie-Britannique. Si tu n'atteins pas, tu ne peux pas savoir...
Comme tu ne peux pas savoir s'il ne veut pas l'être, puis il ne peut même pas confirmer rien, lui est assujetti à la démarche de l'inscription en vertu d'une révision. Ça, c'est la procédure normale. Il tombe sous la procédure normale. On lui donne... À 90 % des cas, ils vont avoir la possibilité d'être automatique. L'autre s'inscrira comme n'importe quelle personne s'inscrit, comme quelqu'un qui a quitté le Québec pensant ne jamais plus y revenir, mais il revient.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Je pense qu'il y a un élément d'information là-dessus, Mme la députée de La Pinière. En fait, quelqu'un qui obtient sa citoyenneté, prenons ce cas-là, qui a informé...
Mme Houda-Pepin: Ou 18 ans. Qui atteint l'âge de 18 ans.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): ...ou la personne qui a atteint 18 ans, il y a un contact automatique avec la Régie.
M. Chevrette: C'est-à-dire que c'est la Régie qui fait la démarche...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Et c'est la Régie qui fait le transfert.
M. Chevrette: ...auprès du néo-Québécois ou bien auprès du jeune qui atteint l'âge de 18 ans. S'ils ne sont pas capables d'obtenir une liaison avec lui, y compris par courrier, bien, écoutez, je pense que, moi, il doit suivre la procédure de l'inscription via la révision.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): C'est parce que dans un processus de...
M. Chevrette: On ne le rejoint pas, on ne le rejoint pas.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): ...citoyenneté, normalement, on n'est pas reçu citoyen sans domicile.
M. Chevrette: Non, mais il y a une entente là-dessus. Il y a une entente entre le Canada et le Québec.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Bien, oui, mais on n'est pas sans domicile. Donc, normalement, le contact, c'est pratiquement... Je ne dis pas que c'est impossible, mais ce serait un très rare hasard que la personne ne puisse être d'aucune façon rejointe.
Mme Houda-Pepin: M. le Président, mon questionnement n'était pas par rapport à la citoyenneté, c'est par rapport au processus de radiation suite à une lettre qui ne se serait pas rendue.
M. Chevrette: Ce n'est pas radiation, je m'excuse, ce n'est pas radiation.
Mme Houda-Pepin: Bon, excusez.
M. Chevrette: C'est la non-inscription automatique, ce n'est pas une radiation. Il faut bien se comprendre, là. La terminologie a un sens, là.
Mme Houda-Pepin: Bien, excusez-moi. Très bien. Alors, on va s'entendre, là. Il y a deux façons de s'inscrire: la première, c'est le citoyen lui-même qui s'identifie auprès de la Régie de l'assurance-maladie, et la deuxième façon, c'est la régie régionale qui, ne pouvant pas retracer quelqu'un, lui adresse une lettre pour lui demander, en fait, de s'identifier, n'est-ce pas?
M. Chevrette: Vous venez de parler de la régie régionale, ça n'a...
Mme Houda-Pepin: Pas la régie régionale, la Régie de l'assurance-maladie, on parle...
M. Chevrette: Ah! C'est correct... Mais, même là, la Régie, ce n'est pas la Régie qui va communiquer avec... Je m'excuse.
Mme Houda-Pepin: Le DGE.
M. Chevrette: Les jeunes de 18 ans inscrits à la Régie vont être soumis de la Régie au DGE.
Mme Houda-Pepin: Vous avez raison.
M. Chevrette: Les néo-Québécois qui obtiennent un certificat de citoyenneté sont transférés à la Régie, automatique, et au DGE. Le DGE recevant les inscriptions automatiques, lui, a le devoir de communiquer avec l'électeur, si j'ai bien compris la procédure. Il dit à l'électeur: Vous avez atteint l'âge ou vous avez obtenu le certificat, est-ce que vous désirez...
Mme Houda-Pepin: C'est ça.
M. Chevrette: ...parce qu'il pourrait, par exemple, pour des raisons religieuses ou pour d'autres raisons, ne pas vouloir être sur une liste électorale. On lui envoie la lettre: Voulez-vous être inscrit sur la liste électorale permanente? La personne répond oui, ou elle répond non, ou on ne la trouve pas. Si on ne la trouve pas, on ne peut pas l'inscrire automatiquement, parce qu'on se retrouverait avec une liste électorale qui est recoupée soit par le permis de conduire, soit par la Régie de l'assurance-maladie.
On ne trouve pas un individu: ou bien il a quitté le Québec pour des raisons x, ou bien il est en voyage, ou bien... Mais là cette personne-là, c'est regrettable, mais elle suivra le mécanisme d'inscription via la révision. C'est de même que j'ai compris le système.
M. Sirros: J'ajouterais, si le ministre le permet... Je pense que l'électeur - corrigez-moi si j'ai tort, c'est que je n'ai pas l'entente, ici - peut communiquer en tout temps avec le DGE...
M. Chevrette: En plus avec le DGE, exact.
M. Sirros: ...pour se mettre sur la liste.
M. Chevrette: En plus. Il n'a même pas besoin d'attendre le mécanisme de révision, vous avez raison.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): C'est parce que c'est une liste permanente.
M. Sirros: C'est ça.
M. Chevrette: C'est exact. Et, si mon amendement passe, en plus, tantôt, que je vais déposer, c'est une autre façon pour que les formations politiques puissent s'occuper, avant les élections, de certains de ces individus qui se rapportent soit à un bureau de député, soit à un bureau de parti. Il y a bien des mécanismes qui vont être au soutien de l'individu, à un moment donné, là. Je pense qu'on ne pouvait pas mettre une charge de façon continue à un DGE. Il pose un geste qui lui est dévolu au moment où l'individu apparaît sur la liste. Le rôle du DGE, c'est de faire le lien avec l'individu. On ne le trouve pas?
Bien, lui, il peut, en tout temps, lorsqu'il se retrouve lui-même dans un domicile quelconque, s'inscrire, comme il peut attendre le mécanisme de révision au moment où... Ça va?
Mme Houda-Pepin: C'est correct, compte tenu des explications qui ont été données. Mais mon souci à moi, à
part le fait que, effectivement, il aurait fallu préciser que c'est le DGE qui relance les gens qui ne sont pas inscrits, c'est de dire que ces gens-là seront radiés de la liste. Mais, si, entre-temps...
M. Chevrette: Je m'excuse, M. le Président, ne laissez pas dire n'importe quoi, ça fait trois fois que je vous dis: N'utilisez pas le mot «radier».
Mme Houda-Pepin: «Le nom est radié de cette liste.» Je m'excuse, je lis le texte. J'ai la parole. «Si l'avis d'inscription est retourné...
M. Chevrette: Pas sur la liste, s'il n'y a pas été...
Mme Houda-Pepin: «Si l'avis...» Est-ce qu'on peut le lire ensemble? «Si l'avis d'inscription est retourné au Directeur général des élections sans avoir atteint son destinataire ou si ce dernier informe le Directeur général des élections qu'il ne peut ou ne veut pas être inscrit sur la liste électorale permanente, le nom est radié de cette liste.» Donc, est-ce qu'on se comprend, c'est ça qui est écrit?
M. Chevrette: ...je comprends ce que vous voulez dire.
Mme Houda-Pepin: Ah bon!
M. Chevrette: Mais, comme il n'aura jamais fait l'objet d'une publication, cette personne... Parce que, tant et aussi longtemps qu'il n'a pas répondu, d'après ce que j'ai compris, il ne figure pas sur la liste.
Mme Houda-Pepin: Bien, alors, bien... bien non!
M. Chevrette: Bien, moi, je ne le vois pas de même...
Mme Houda-Pepin: M. le Président, je lis le texte de l'article de loi. Donc, il est textuellement écrit, et je veux juste faire le lien pour que le ministre me comprenne, là.
M. Chevrette: J'ai compris.
Mme Houda-Pepin: Si l'avis d'inscription ne se rend pas...
(21 h 40)
M. Chevrette: Si je peux vous sauver de la salive, là, il est introduit dans une liste. Mais avant qu'elle soit... La première obligation, c'est de demander à l'individu: Veux-tu être inscrit ou pas? Il dit: Je veux être «désinscrit». Bien, tu l'enlèves.
Mme Houda-Pepin: Donc, on le radie.
M. Chevrette: S'il ne répond pas, il est «désinscrit» aussi.
Mme Houda-Pepin: Donc, on le radie.
M. Sirros: Non, non, non. Si la lettre...
M. Chevrette: S'il ne répond pas, si on ne le retrouve pas, il est «désinscrit».
M. Sirros: ...non, M. le ministre.
M. Chevrette: Il est radié.
M. Sirros: Non, M. le ministre.
M. Chevrette: Bien, voyons!
M. Sirros: Il est radié seulement si la lettre retourne sans avoir atteint son objectif. S'il ne répond pas, il est sur la liste.
M. Chevrette: S'il y a un retour de la lettre...
M. Sirros: Si le courrier retourne «Adresse inconnue» ou «Personne non trouvée»...
M. Chevrette: ...il ne figurera pas sur la liste.
M. Sirros: ...il est radié, et c'est ce que la députée soulève. Que peut-être il y a lieu - et on faisait des vérifications, ici - il y a peut-être lieu de faire ceci. Il est évident que, si la personne écrit pour dire: Je leur ai dit: Moi, je ne veux pas être sur la liste, on va la radier de la liste. Je pense que personne ne va garder quelqu'un sur la liste qui ne veut pas l'être.
Dans les cas où l'enveloppe revient au Directeur général, au retour, ici, ce qui est marqué, c'est qu'il est radié de cette liste. On avait prévu antérieurement un mécanisme par lequel on envoyait à un comité de révision pour vérification certaines situations qui survenaient au moment de la révision, si ma mémoire est bonne, parce que les retours d'enveloppes peuvent être pour plusieurs raisons. C'est peut-être parce que la personne a déménagé et, effectivement, n'existe pas, et on devrait normalement la radier.
Mais ça se peut aussi que, je ne sais pas, moi, la lettre ait été donnée par le postier à l'adresse de l'appartement d'à côté, et la personne ne parle pas à l'autre et l'a remise à la poste, en disant «Personne inconnue», et on la retourne.
Est-ce qu'il n'y a pas lieu de prévoir un mécanisme de vérification par le biais du comité de révision qu'on a institué, je pense à l'article 145 de la loi actuelle, où on référait, avant radiation finale, les cas particuliers, et de diviser l'article en deux et de dire: Si la personne répond qu'elle ne peut ou ne veut pas être inscrite sur la liste électorale permanente, le nom est radié de cette liste. Et, dans les cas où l'enveloppe retourne au DGE, c'est référé au comité de révision pour vérification; une tentative ultérieure de le rejoindre est faite. Parce qu'on a vu...
M. Chevrette: Écoutez...
M. Sirros: ...juste pour compléter, là. On a vu, avec les... Le service de postes est un bon service bien géré par la Société des postes canadiennes. Ha, ha, ha!
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Sirros: Mais des fois ils ne sont pas infaillibles, et ça serait dommage de lier le droit de vote de quelqu'un à l'efficacité d'un service de postes.
M. Chevrette: On ne le lie pas.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Si vous dites...
M. Chevrette: M. le député va très bien comprendre.
M. Sirros: O.K.
M. Chevrette: Vous ne liez pas le droit de vote à Postes Canada. Vous simplifiez, pour la très grande majorité des cas, par l'inscription automatique.
M. Sirros: D'accord.
M. Chevrette: Vous réglez le cas de la très grande majorité.
M. Sirros: La grande majorité.
Mme Houda-Pepin: On est d'accord.
M. Chevrette: Il reste une minorité ou bien qui se fait jouer un tour par son postier - la poste de la reine - ou bien qui n'est pas chez eux, et il ne réclame plus son courrier ou il n'est plus là. Lui, il a de multiples chances de se rattraper. D'abord, il peut en tout temps communiquer avec le DGE pour s'inscrire. Et, avant chaque événement, il y a des périodes d'inscription, en plus. Troisièmement, je vais proposer, en plus, que les formations politiques puissent avoir les listes électorales une fois par année, parce qu'il y a eu des oublis. On va tout faire pour améliorer notre liste permanente.
Il y a le recoupage lors des élections scolaires, entre nous autres, qui peut aider à identifier un bon paquet; il y a le recoupage mensuel avec la RAMQ; et il y a le recoupage avec la Société de l'assurance automobile.
Ne demandez pas la perfection totale, parce que le DGE va passer son temps à courir après un individu. Il y en a des moineaux, vous le savez très bien, qui déménagent au mois. J'espère que vous ne placerez pas le DGE en poursuite éternelle et perpétuelle après un individu parce qu'on veut avoir... Je pense qu'on fait des efforts tangibles pour améliorer le système, de la manière dont on le fait, et à l'usage on verra s'il faut resserrer davantage. Mais il n'y en a pas de mécanisme actuel pour ces gens-là. On attendrait une élection, si on n'améliorait pas... Là, on l'améliore de façon très tangible. Je pense qu'il ne faut pas verser dans l'euphorie totale. C'est correct?
Mme Houda-Pepin: Il y a une suggestion qui a été faite par mon collègue de référer...
M. Chevrette: Non. À 146, non.
Mme Houda-Pepin: ...non, non, mais de référer n'est pas bête, parce que, justement, ça permet de perfectionner le système. Sans atteindre la perfection à 100 %, au moins ça nous permet d'aller voir pourquoi il y a eu ce retour de courrier et peut-être repêcher un certain nombre d'électeurs. Mais, si le ministre nous annonce qu'il va déposer des amendements pour permettre aux formations politiques de faire le suivi, bien, on va attendre de voir l'amendement puis on va en disposer en temps et lieu.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui. M. le député de Saint-Jean, vous demandiez d'intervenir?
M. Paquin: Oui, M. le Président. Le ministre dit qu'il y a un amendement à l'article 2.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui.
M. Paquin: Auquel cas, on devrait en débattre en premier, parce que c'est ça qu'on fait d'habitude, débattre de l'amendement en premier.
M. Chevrette: Non, c'est parce que j'ajoute un 2.1.
M. Paquin: Ah! C'est un amendement après...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): C'est un ajout, en fait, un article...
M. Chevrette: Non, ça n'empêche pas d'adopter l'article.
M. Paquin: Pour 2, ça ne va pas.
M. Chevrette: Moi, je pense qu'on devrait adopter comme tel. C'est un pas important.
M. Sirros: M. le Président, je pense que ça facilite la vie pour beaucoup de personnes. On soulève cette question. C'est encore une fois dans l'esprit d'essayer de faire le maximum pour que les personnes ne perdent pas le droit de vote, mais on peut comprendre aussi que ça peut être lourd, des fois, le temps de...
M. Chevrette: Onéreux et coûteux.
M. Sirros: ...le coût, ça m'inquiète moins dans l'exercice du droit de vote. Il ne faut pas être déraisonnable, mais, comme on parle de cas quand même minimes, ça ne serait pas la première considération, mais je peux comprendre que ça peut être lourd. Et, dans ce sens-là, on pourrait, en autant que la personne, comme on venait de dire, comme je venais de dire, peut toujours se faire inscrire de toute façon en appelant le Directeur général des élections... Je pense qu'on peut l'adopter tel quel.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Adopté?
M. Chevrette: C'est parce qu'il y a des abonnés qui ne répondent jamais. À l'article 2.1, je dépose le texte suivant, M. le Président.
Insérer, après l'article 2 du projet, l'article suivant:
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 40.38, de ce qui suit:
«Section III. Transmission de la liste.
«40.38.1. Au plus tard le 1er octobre de chaque année, le Directeur général des élections transmet la liste des électeurs inscrits sur la liste électorale permanente aux fins de la tenue d'un scrutin provincial aux partis autorisés représentés à l'Assemblée nationale, à tout autre parti autorisé qui lui en fait la demande et à tout député.
«Dans le cas d'un député, la liste transmise est celle de la circonscription qu'il représente. Toutefois, cette liste n'est pas transmise si cette date tombe pendant une période électorale ou référendaire ou si une élection générale ou un référendum a été tenu dans les trois mois précédant cette date.
«40.38.2. La liste est transmise sur support informatique et en deux copies. Elle comprend le nom, l'adresse, la date de naissance, le sexe de chaque électeur. Dans le cas des électeurs admis à exercer leur droit de vote à l'extérieur du Québec, elle comprend en outre leur adresse à l'extérieur du Québec.
«40.38.3. La liste transmise contient une mise en garde sur son caractère confidentiel et énonce les sanctions applicables à quiconque communique ou utilise les renseignements contenus à la liste électorale à d'autres fins que celles prévues par la loi. La personne désignée par le parti politique pour recevoir la liste doit s'engager par écrit à prendre les mesures appropriées pour protéger son caractère confidentiel et pour restreindre son utilisation aux seules fins prévues par la loi.»
En fait, ça a été discuté assez longuement, ça, au niveau des deux formations politiques, en particulier dans les comités consultatifs. Je sais que ça chatouille certaines structures, mais il n'en demeure pas moins que, pour faire un travail positif, si on veut améliorer la liste électorale, si on veut contribuer à ce que les électeurs ne soient pas oubliés, ou encore si on veut véritablement voir les mouvements d'électeurs à l'intérieur même d'une structure, je pense que les formations politiques ont besoin d'un instrument.
On prend des mesures, on met des sanctions et on pense que ça n'a jamais prêté flanc, d'ailleurs, à de la grande exagération. Il y a toujours, peut-être, une exception ici et là, mais règle générale, les partis politiques ont été très sérieux avec les listes électorales, et je peux vous dire que je suis fier, moi, en tout cas, de voir que nos présidents, bien souvent, qui ont une liste, avertissent tout leur monde, puis les listes circulent à très petit nombre puis pour des fins bien précises puis ils les font signer. Il y a beaucoup de responsabilisation qui a été faite là-dessus.
(21 h 50)
Le Président (M. Landry, Bonaventure): M. le ministre, j'aurais une courte remarque, moi, dans le dernier paragraphe de 40.38.3. On parle de la personne désignée par le parti politique. Est-ce que ça pourrait être aussi «ou par un député»?
M. Chevrette: Oui, oui.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Parce qu'on parle au préalable du député, de tout député.
M. Chevrette: Mais le député a un droit aussi.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Alors, on ajouterait à l'amendement.
M. Chevrette: On n'a pas besoin de l'ajouter. Le député, il est marqué, là.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Il est marqué en 40.38.1, mais il n'est pas mentionné à 40.38.3. Donc, «la personne désignée par un parti politique ou par un député». Et la personne désignée par le député, effectivement, ça peut être lui-même, en l'occurrence.
(Consultation)
M. Chevrette: De consentement, on peut apporter le correctif suivant, M. le député de Laurier-Dorion. Je dirais: «le député et la personne désignée par le peuple».
Une voix: Adopté.
M. Sirros: Oui, mais, je pense que, effectivement...
M. Chevrette: Parce que dans votre cas, vous n'aurez pas de représentant de la personne désignée d'un parti.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui, M. le député de Saint-Jean.
M. Paquin: Moi, je pense que l'amendement formulé comme ça, il ne couvre pas la remarque que vous faisiez. Ce qu'on dit, c'est que la personne qui reçoit la liste, c'est la personne désignée par le parti. Ça peut être le député, bien sûr...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Et ça peut être le député, oui.
M. Paquin: ...dans le cas des députés, mais ça peut être aussi une personne désignée par le député. Le 1er octobre, là, si on siège ici, à Québec, puis que la liste rentre le lundi 1er octobre, moi, je peux désigner dans ma circonscription la personne qui est autorisée à le signer. C'était dans cet esprit-là que j'avais compris votre remarque qui fait que la personne désignée par le parti politique ou par le député peut recevoir la liste.
M. Chevrette: Là, vous voulez élargir encore plus, là.
M. Paquin: Non, non, j'essaie de comprendre ce que le président a fait dans sa remarque. C'est ça que j'avais compris.
M. Chevrette: Oui, je comprends, mais le président pose une question, ce n'est pas lui qui dicte les amendements.
M. Paquin: Non, non, et je veux comprendre.
M. Chevrette: Le président, il veut comprendre, puis, moi, j'explique ce que je veux mettre. Comme ministre responsable, je suis obligé de vous dire que je n'en mettrai pas plus large, parce que c'est pour couvrir le député, même pas nécessairement le député indépendant. Prenez une chicane entre un député et son parti, par exemple. Qu'est-ce qui arrive si lui n'a pas accès à la liste? Donc, on dit «le député ou encore la personne désignée par un parti». Mais les deux signent et s'engagent. Je pense que c'est assez large. Il ne faut pas élargir plus que ça.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Parce que, en fait, c'est le parti ou le député qui reçoit la liste et non pas... Et en ce sens-là, pour ma part, je pense que la réponse qu'on m'a fournie à la question que je posais m'apparaît bien circonscrire le problème qui se posait.
M. Ciaccia: Autrement dit, le parti politique peut nommer une personne désignée pour recevoir la liste, mais le député, c'est lui-même qui doit faire la demande puis la recevoir lui-même.
Mme Houda-Pepin: Question de clarification. Est-ce que le député doit faire la demande ou est-ce que c'est un automatisme, c'est-à-dire que ça va être déposé à tous les députés dans les 135 circonscriptions?
M. Chevrette: Il va le déposer puis il va signer, il va s'engager en vertu du dernier paragraphe.
Mme Houda-Pepin: D'accord. C'est juste de savoir si...
M. Sirros: Donc, M. le Président, le sous-amendement me semble tout à fait pertinent et acceptable. On vous remercie pour votre oeil attentif.
M. Chevrette: C'est bon.
M. Sirros: Je demanderais peut-être au ministre qu'on suspende l'adoption de cet amendement-là le temps de vérifier un peu avec d'autres instances quant à la pertinence de procéder, étant donné que ça avait fait un peu l'objet de discussion et qu'on avait suspendu au moment du comité consultatif.
M. Chevrette: Je n'ai pas d'objection à ça.
M. Ciaccia: Très bien. Jusqu'à date, on a suspendu tous les articles dont on a discuté.
M. Chevrette: Non, on en a un d'adopté: le 2. Non, mais, effectivement, il n'était pas prévu dans les discussions initiales, donc, je suis entièrement d'accord. On va laisser le temps aux gens de voir clair, d'autant plus que, si la discussion est faite, les gens diront oui ou non, puis on verra.
Autorisation et financement des partis politiques et des candidats indépendants
Autorisation des partis, des instances d'un parti et des candidats indépendants
L'article 3, ce ne sont que les titres:
Les intitulés du
titre III et du
chapitre I du
titre III de cette loi sont remplacés par les suivants:
«Titre III. Autorisation et financement des partis politiques, des députés indépendants et des candidats indépendants.»
Ce n'est pas fini, ce n'est pas fini, prenez votre temps.
«Chapitre I. Autorisation des partis, des instances d'un parti, des députés indépendants et des candidats indépendants.
Intitulés modifiés:
«Titre III. Autorisation et financement des partis politiques, des députés indépendants et des candidats indépendants.
«Chapitre I. Autorisation des partis, des instances du parti, des députés indépendants et des candidats indépendants.»
L'objectif, c'est que ces titres sont modifiés pour inclure les députés indépendants au nombre des entités qui sont autorisées par le Directeur général des élections et qui doivent, de ce fait, respecter les dispositions relatives aux contributions et aux rapports financiers. C'est ça.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui. M. le député de Montmorency.
M. Filion: Oui, M. le Président. Sur l'article 3 du projet de loi, j'aimerais attirer l'attention des parlementaires sur le fait qu'on identifie à nouveau et on connote le député par l'expression «indépendant» et le candidat par l'expression «indépendant».
Comme je l'ai soulevé tout à l'heure lors des préliminaires, je pense qu'on doit sérieusement revoir cette connotation-là, on doit se pencher vraiment sur le sens qu'a l'expression ou le mot «indépendant». Et, comme je le disais, le Petit Robert , édition mars 1994, donne un sens où la population est confuse lorsqu'elle entend le mot «indépendant».
Et ce que ça veut dire, «indépendant», même si ça fait 100 ans, M. le ministre, ce n'est pas une raison pourquoi on ne doit pas s'arrêter sur la confusion que ça projette dans la population, parce qu'il demeure quand même un fait, que les gens, quand on nous dit: Ça veut dire quoi, un indépendant? Ah, ça veut dire que tu es séparatiste, ça veut dire que tu es sécessionniste, ça veut dire que tu es souverainiste.
Une voix: Ça veut dire que tu es libéral.
M. Filion: Ça veut dire que tu es libéral. Alors, ça veut dire que tu es tout et que tu n'es rien, M. le Président.
Une voix: ...et même un libéral.
M. Filion: Et même un libéral. Alors, vous comprendrez, M. le ministre, qu'à quelque part on est capables, comme parlementaires, de s'arrêter sur l'expression et voir comment on peut lui donner un meilleur sens par rapport...
M. Chevrette: ...poser une question?
M. Filion: ...bien sûr, M. le ministre.
M. Chevrette: Dans Sainte-Foy, il y a neuf candidats indépendants qui ont été élus à la mairie; les gens savaient ce qu'ils faisaient.
M. Filion: Oui. Ce n'est pas que les gens ne savaient pas ce qu'ils faisaient, c'est qu'ils auraient pu élire aussi des candidats non affiliés.
M. Chevrette: Non, mais là vous mêleriez beaucoup plus, parce qu'on a toutes sortes d'expressions dans la Loi électorale actuelle. On a parlé de «non-alignés», à un moment donné. Aujourd'hui, c'est quelle expression qu'on retrouve dans les nouveaux articles? Vous allez avoir les non-affiliés dans les articles, pour le financement du droit d'expression pour se conformer au jugement.
M. Filion: Non-alignés ou non-affiliés?
M. Chevrette: Très honnêtement, là, la notion d'«indépendant», M. le député...
M. Filion: Oui.
M. Chevrette: ...j'espère que je ne me trompe pas, je suis convaincu que 95 % des gens au Québec, et plus, connaissent très bien... L'expression la plus connue d'un candidat indépendant, c'est un gars qui n'est pas dans un parti, c'est un gars qui est tout seul - ou c'est une femme qui est seule, ça dépend, je ne veux pas être sexiste dans mes propos - mais je dois vous avouer que c'est une personne qui ne fait
partie d'aucune équipe. Il se présente comme indépendant, ça veut dire non intégré à aucun groupe. Et cette connotation, dans le milieu politique, c'est à la grandeur du pays, c'est à la grandeur nord-américaine, un candidat indépendant, c'est un candidat indépendant. Moi, je ne commencerai pas à changer la nomenclature parce que... Dans la définition d'indépendant, il y a beaucoup de choses que ça veut dire.
M. Filion: Mais c'est parce que la population ne sait pas ce que ça veut dire.
(22 heures)
M. Chevrette: Ah! Bien, je m'excuse. Roch LaSalle, dans mon comté, au fédéral, a été candidat indépendant, puis tout le monde dans Joliette savait que c'était un candidat indépendant.
M. Filion: Oui.
M. Chevrette: Ça, tout le monde le sait.
M. Filion: Oui. Et tout le monde dit, quand tu es indépendant...
M. Chevrette: Puis il a fait comme vous. Il avait quitté les conservateurs, lui, à l'époque. Vous, vous avez quitté le PQ pour aller là. Donc, tout le monde au PQ sait que vous êtes un candidat indépendant.
M. Filion: Bien sûr, sauf que le PQ, ce n'est pas l'électorat, ça, M. le ministre.
M. Chevrette: Je suis convaincu que les libéraux du Québec savent aussi que ce comté-là est occupé présentement par un candidat indépendant.
M. Filion: Je pense que, si vous regardez les gens qui suivent la politique, qui ont une certaine culture politique, bien sûr, pour eux, ça ne représente aucune confusion, mais, pour la population en général, les mots «indépendant» et «indépendantiste», ça a une connotation autre...
Une voix: Négative.
M. Filion: ...très négative également, et qui est péjorative à une personne qui n'est pas affiliée à une formation politique. D'ailleurs, pour vous démontrer à quel point on doit réfléchir à ça, quand vous regardez l'article 4, on dit: Aux fins de la présente loi, est un député indépendant le député qui n'est membre d'aucune formation politique autorisée.
M. Chevrette: O.K.
M. Filion: Alors, on le définit comme étant un non-affilié, mais on lui dit encore qu'il est un indépendant. Pourquoi garder le mot «indépendant» quand, en réalité, on veut dire que c'est un non-affilié à une formation politique? Pourquoi prendre un autre mot qui ne veut pas dire ce qu'on veut? On est obligés de se donner une définition pour vous prouver à quel point le choix est mal fait quelque part. C'est qu'on va chercher une définition dans notre loi pour être certains que les gens, ils vont se tromper dans l'interprétation, mais, au niveau de la définition, ça va être clair.
M. Chevrette: Non, non. Écoutez, M. le Président, là, c'est: «Aux fins de la présente loi, est un député indépendant le député qui n'est membre d'aucun parti politique autorisé.»
M. Filion: Oui.
M. Chevrette: On ne parle pas d'affilié, là.
Une voix: ...
M. Chevrette: Je «peux-tu» continuer à répondre, s'il vous plaît? Deuxièmement, ce que le député fait, là, c'est la première fois qu'on introduit une série d'articles - puis le député de Laurier-Dorion peut en témoigner - pour couvrir... Il n'y avait aucune protection pour les députés indépendants, antérieurement. Donc, pour une fois, on arrive avec plusieurs articles protégeant le député indépendant, parce qu'il y en a eu trop. Il y en a trois dans le Parlement présentement. Il y en a déjà eu six considérés comme indépendants, mais qui étaient quand même un parti politique, Equality à l'époque.
Le Parti Égalité, ils étaient quatre, hein? Donc, c'est différent. Donc, le parti non reconnu, ils sont considérés comme des députés indépendants, effectivement. Mais, moi, je pense qu'il faut garder la notoriété connue de ce que c'est qu'un député indépendant.
Je diverge complètement d'opinions avec le député de Montmorency. C'est connu dans tous les Parlements, non seulement québécois, mais dans les Parlements canadiens, dans les Parlements des provinces canadiennes, puis dans ce qu'on appelle toutes les démocraties en Amérique du Nord: quelqu'un qui ne se présente pas dans un parti qui est autorisé est un député indépendant. C'est la notion connue. Je ne vois pas en quoi... Même, je trouve ça bien drôle d'essayer de faire le lien entre un député indépendant puis «indépendance» ou «indépendantiste». Je dois vous avouer franchement, là, que c'est l'argument le plus faible, à part de ça, pour essayer de me convaincre.
Une voix: ...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Maintenant... Un instant...
M. Chevrette: Parce que, ordinairement, c'est parce que tu n'es pas assez indépendantiste, quand tu quittes le parti souverainiste.
M. Filion: Allez-y.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Une remarque là-dessus. Il y a eu demande, en fait... Si je me rappelle les discussions qu'on a eues à cette commission parlementaire, au moment des auditions publiques, on a eu une demande, entre autres, d'entendre les porte-parole de candidats indépendants. On cherche une façon de définir un député ou un candidat ou une candidate indépendant par une expression négative. Je pense que c'est à peu près... Ou une locution qui serait l'équivalent.
C'est à peu près la façon la plus alambiquée qu'on pourrait avoir de définir quelqu'un qui est indépendant de parti, de tout parti politique essentiellement. Dans le fond, moi, même dans un sens de rectitude politique ou de correctitude politique, on a, je pense, certaines difficultés à comprendre comment on définirait un député indépendant ou une députée indépendante...
M. Filion: Vous le définissez, M. le Président, à l'article 4. Quand vous êtes dans le projet de loi, vous avez un
article où vous le définissez. Et on est en train, justement, de le définir. Je trouve ça malheureux...
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Oui, mais c'est rare...
M. Filion: ...parce que, au fond, on dit: «Est un député indépendant le député qui n'est membre d'aucun parti politique autorisé».
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Voilà. Mais avez-vous pensé, M. le député, que, si on utilise une définition longue comme le bras pour appeler quelqu'un, on a un certain problème?
M. Chevrette: Un député indépendant n'est pas nécessairement un député qui a quitté un parti, en plus. Il pourrait s'être présenté comme indépendant.
M. Filion: Non, non. Le but, c'est simplement d'appeler les choses par leur nom.
M. Chevrette: Oui. C'est de même qu'on les appelle depuis 100 ans, puis l'usage fait en sorte que ça justifie les choses.
Le Président (M. Landry, Bonaventure): Habituellement, on appelle les choses par leur nom et non par une longue définition.
M. Filion: C'est ça. C'est ce que je suis en train de dire, M. le Président. Quand vous regardez, encore une fois, l'article 4 du projet de loi, on définit le député indépendant. On dit: «Est un député indépendant le député qui n'est membre d'aucun parti politique autorisé». Pourquoi ne pas dire «un député non affilié, qui n'est affilié à aucune formation politique autorisée»? Ça, c'est clair.
M. Chevrette: Si le député veut faire un amendement, qu'il le fasse. Parce que là on discute sur quelque chose qui n'est pas déposé. Je vais faire appel au règlement. Pas parce que je n'aime pas ça, discuter, mais il est 22 h 5.
M. Filion: M. le Président, avant de déposer un amendement, on peut exposer ce pourquoi on considère, effectivement...
M. Chevrette: Ça fait deux fois que vous l'exposez. Vous l'avez ex