Health and Social Services — 7 November 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CSSS 2013-11-07
Quebec — Committees
Alors, de la
manière qu'on a structuré notre mémoire, c'est qu'on a ciblé. Est-ce qu'il y a des enjeux qui sont très,
très
importants qu'on voudrait faire part à la commission aujourd'hui? Et effectivement on est revenus à des revendications historiques de l'AQRIPH. Nous, on a fait, en 2006,
un cahier des revendications parce
qu'on s'est aperçus qu'il fallait qu'on
répète souvent nos revendications. C'est des dossiers qui durent plusieurs
années à l'AQRIPH. Donc, en 2006, on a adopté un cahier de
revendications et pour le soutien à domicile nous avions trois grandes
revendications qui étaient d'obtenir des services universels gratuits, de
qualité et équitables dans toutes les régions du Québec; pour l'accès à différentes modalités de prestation de services de
soutien à domicile, telles l'autogestion, la gestion collective et la gestion par les CSSS; et pour le libre choix des personnes concernant la
prestation des services dispensés aux personnes
handicapées. C'est encore très actuel, aujourd'hui, nos revendications de notre cahier. La seule chose, dans le fond, qui touche des enjeux importants pour nous là-dedans, c'est de
vous répéter aujourd'hui que la gratuité — le premier paragraphe de nos revendications — le libre choix pour l'accès aux services et
l'autogestion des personnes, c'est vraiment des enjeux qu'on trouve primordiaux et sur lesquels on voulait vous entretenir en premier
dans notre mémoire. Alors, on a transmis à la commission hier après-midi
notre mémoire.
L'AQRIPH, c'est des régions qui sont
représentées. Donc, depuis que le projet de livre blanc est sorti, on a un comité de travail, à l'AQRIPH, qui s'est
prononcé, qui a analysé, du mieux qu'on pouvait, les tenants et les
aboutissants. Puis aujourd'hui l'objectif, c'est vraiment de vous faire
part de nos angoisses, qu'on a, à l'adoption d'une assurance autonomie au Québec, et les deux
principales sont le respect des principes de la gratuité et du libre choix.
Alors, cet été, M.
le ministre, vous nous aviez offert de
vous faire part de nos commentaires, nos premiers commentaires sur le livre
blanc. On vous l'a fait, mais on
avait suivi la structure de votre livre blanc. Mais, aujourd'hui, on voulait vraiment insister sur ces deux grands principes. Donc, c'est la manière qu'on a construit
notre mémoire : on vous parle en
premier lieu de ces principes
pour ensuite revenir sur les modalités.
Alors, dans le livre
blanc, à la page 24, vous faites référence au principe de la compensation
des limitations fonctionnelles, et, tout de suite dans le même paragraphe — c'est dommage, il y a une petite phrase qui,
nous, nous inquiète beaucoup,
là — c'est
inscrit : «Ces spécifications sont prises en compte dans la réflexion sur
une possible contribution financière.»
Nos inquiétudes sont dans cette phrase-là. Donc, si elle n'avait pas été là,
peut-être qu'on n'aurait pas les mêmes inquiétudes aujourd'hui, mais il
faut vivre avec le texte du livre blanc.
va vous parler, l'AQRIPH, aujourd'hui, du contexte historique de l'adoption du
principe de la compensation. On ne
veut pas juste vous dire : Il y a eu une décision du Conseil des ministres
en 1988, parce qu'il y a plusieurs personnes, plusieurs groupes qui sont
passés aujourd'hui en... qui sont passés depuis les auditions. Vous allez
l'entendre encore. Mais on s'est dit : C'est important que la commission
sache dans quel contexte ce principe-là a été adopté.
Alors,
c'est au tournant des années 70 que les travaux de la Commission d'enquête de
la santé et bien-être social ont
réellement mis en lumière les conditions de vie difficiles des personnes ayant
des incapacités et la nécessité de tenir compte de la philosophie de la normalisation dans l'application de la désinstitutionalisation et de l'intégration
sociale. Alors, ça, c'était la
fameuse commission Castonguay. En 1978, il
y a eu l'adoption de la première Loi
assurant l'exercice des droits des personnes handicapées. C'était en fait la première loi, qui a été
modifiée en 2009 par la loi assurant l'exercice... en 2005, plutôt… 2004, la seconde Loi assurant
l'exercice des droits des personnes
handicapées. Mais a suivi en 1985
la politique d'ensemble À part... égale qui a été adoptée
par l'Assemblée nationale, où l'on reprenait vraiment tout ce qui devait
toucher une réelle politique d'intégration sociale des personnes handicapées.
En 1988, c'est là
qu'a été adopté le fameux principe de la compensation des limitations. C'est
arrivé au Conseil des ministres, cet échange-là, suite à la mise sur pied, par le Conseil des ministres, d'un groupe de
travail qui devait, entre autres,
examiner les possibilités d'appliquer le principe de la prise en compte des
revenus de la famille et le principe de
la compensation des conséquences financières dans l'établissement du montant
d'aide matérielle qui devait être accordé. À l'époque, les programmes
étaient gérés par l'Office des personnes handicapées.
Déjà,
en septembre 1987, ce groupe de travail là a déposé un rapport sur les normes
d'attribution de l'aide matérielle accordée par l'office. Il y a eu
plusieurs échanges. Et eux, dans leur rapport, ils recommandaient qu'on ne tienne pas compte du revenu de la personne
handicapée et de sa famille dans la compensation des limitations. Le
groupe de travail a fait certaines recommandations, mais il s'est quand même
buté à certaines réalités qui étaient amenées par
le Secrétariat du Conseil du trésor. Entre autres, le Conseil du trésor amenait
cinq arguments au Conseil des ministres et deux qui touchaient de considérer le revenu des personnes
handicapées, que c'était que les ressources étaient limitées, et le plafonnement de l'aide constitue une mesure
efficace pour contrôler la hausse des coûts. De leur côté, le groupe de travail, ils ont basé leurs arguments sur
16 principes qu'ils ont présentés au Conseil des ministres. Entre autres,
ça touche beaucoup tout ce qui touche l'intégration sociale des
personnes handicapées, que les programmes visant à pallier les déficiences et les limitations ne sont pas des
mesures d'assistance sociale ni des mesures de redistribution des
revenus, que le rôle de l'État ne se limite
pas à assister les personnes économiquement faibles, que l'aide matérielle et
les dépenses additionnelles que n'ont pas à encourir les personnes
handicapées et les autres familles… les personnes handicapées assument elles-mêmes beaucoup de frais reliés à
leurs déficiences ou limitations fonctionnelles, les familles
contribuent déjà de leur temps et de leurs
ressources financières à l'intégration d'une personne handicapée, il est
important d'accorder aux personnes
handicapées vivant dans la société des soutiens équivalents à ceux offerts aux
personnes vivant en institution. Alors,
il y a eu après un échange au Conseil des ministres. Et, quand on a entendu
tous les arguments, à la fois du Conseil du trésor et du ministre des... le ministre des Finances s'est prononcé
que lui, il ne serait pas d'accord avec la gratuité des services.
Mais
finalement, en 1988, après tous ces échanges-là, il y a eu une décision à
l'effet de référer la décision au Conseil des ministres. Et c'est une bataille qui a été gagnée durement,
difficilement. Même vous, au Conseil des ministres, à l'époque ça n'a pas été facile parce que vous aviez des
visions diamétralement opposées. Mais c'est un principe de compensation qui est lié beaucoup à la participation des
personnes handicapées. Et nous, on ne veut pas du tout que ce soit remis en
cause puis on a quand même certaines
interrogations par rapport à l'affirmation qu'il y a dans le livre blanc. Il
faut regarder le principe de la compensation
dans le cadre d'une solidarité sociale que le Québec a décidé de faire à
l'endroit des personnes handicapées. Et le principe de la compensation
rencontre deux objectifs, c'est de favoriser la participation sociale et d'assurer l'autonomie des personnes handicapées.
Donc, nous, on prétend que ça s'inscrit très bien dans le cadre d'une
création d'une assurance autonomie et qu'il ne faut pas toucher au principe de
la compensation.
avril dernier, lors d'une commission parlementaire sur la sécurité du revenu,
l'Office des personnes handicapées a
déposé un mémoire — et les
statistiques sont encore très désolantes — concernant les revenus des personnes
handicapées. Alors, la moitié des
personnes, qui ont des incapacités, de 15 ans et plus ont déclaré un revenu
personnel inférieur à 15 000 $ pour l'année 2005, 22 % des personnes avec incapacité sont membres
d'un ménage qui vit sous le seuil de faibles revenus, et 42 % des
personnes avec incapacité n'ont pas de diplôme d'études secondaires.
Donc, on a affaire à
une clientèle quand même qui est très pauvre, peu scolarisée.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme Tremblay, je vais vous demander de conclure.
Mme Tremblay
(Isabelle) : Ah, mon Dieu! Ça fait déjà 10 minutes?
La Présidente (Mme Proulx) :
Ça passe vite.
Tremblay (Isabelle) : Oui, ça passe très vite. Alors, pour nous, c'est
un… le principe, en fait, qu'on ne veut vraiment pas qu'il soit touché
avec l'assurance autonomie... de même que celui du libre choix.
Pour ce qui est des autres arguments qu'on a
soulevés dans notre mémoire concernant les modalités, bien on pourra échanger
avec vous aujourd'hui, mais c'est des choses qu'on vous avait déjà dites dans
notre mémoire. Mais on tenait aujourd'hui,
par notre présence, vraiment à vous indiquer que les deux grands principes de
libre choix et de gratuité ne doivent pas être remis en question parce
que c'est une atteinte à l'intégration sociale des personnes handicapées.
La Présidente (Mme Proulx) :
Merci beaucoup, Mme Tremblay, pour votre présentation. Alors, nous allons maintenant débuter la période d'échange avec le
groupe formant le gouvernement. M. le ministre, la parole est à vous.
Hébert :
Merci beaucoup. Merci, Mme Tremblay. M. Gascon, Mme Colin. Bienvenue, c'est toujours un plaisir de
vous revoir. Et je reçois avec beaucoup d'ouverture le mémoire que vous nous présentez.
Et j'aimerais
revenir sur cette notion que vous soulevez et vous demander :
Actuellement, là, est-ce que les services à domicile qui sont donnés par le réseau de la santé et des services
sociaux comblent les besoins des personnes handicapées?
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Tremblay.
Tremblay (Isabelle) : Non, absolument pas, donc d'où l'idée de ne pas
perdre le minimum qu'on a dans la reconnaissance du Conseil des
ministres du principe de la compensation.
Et là-dessus, M. le ministre, vous savez qu'on a
une très, très belle politique au Québec qui est la politique Chez soi : le premier choix, qui avait quand
même des visées semblables à l'assurance autonomie pour maintenir le
plus possible les personnes handicapées à
domicile. Mais, en mars 2012, il y a eu une enquête qui a été faite par le
Protecteur du citoyen sur les services à
domicile au Québec, et, malgré la belle politique de 2003, le rapport du
Protecteur du citoyen est accablant.
Votre ministère a reçu évidemment ce rapport-là avec... Dans ce rapport-là, il
y a beaucoup de recommandations pour améliorer la situation. Mais, dans
le fond, la politique n'est pas respectée.
Dans les régions, il y a plusieurs personnes
handicapées et familles qui n'ont pas réponse à leurs besoins.
Donc, nous,
on a plusieurs inquiétudes parce qu'on se dit : Si, avec la politique de
2003, en mars 2012, le Protecteur du
citoyen en arrive avec un rapport aussi accablant sur les services à domicile
au Québec, qu'est-ce qui fait qu'à l'automne
2013, tout à coup, par la création d'une assurance autonomie, il y aurait comme
une pensée magique à l'effet que, les
services à domicile, tout va se régler au Québec? Le rapport du Protecteur du
citoyen est quand même jeune, là, il date de mars 2012. Donc, pour nous, on a des inquiétudes de se dire : Il ne
faudrait pas transférer comme c'est présentement dans l'assurance
autonomie, parce qu'on va avoir un rapport du Protecteur du citoyen en mars
La Présidente (Mme Proulx) :
M. le ministre.
Hébert :
Donc, vous êtes d'accord qu'une grande
partie des soins à domicile est
actuellement… soit faite en nature ou
en espèces par les proches aidants qui doivent soit fournir le service ou payer
de leurs poches pour avoir des services.
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Tremblay.
Mme Tremblay (Isabelle) :
Exactement. Oui, exactement.
Hébert :
Alors, la gratuité, là, elle n'existe pas actuellement, là. Il y a la gratuité
pour les services qu'on reçoit, mais on sait que ça comble une certaine
partie.
L'objectif de
l'assurance autonomie, c'est de changer la façon de gérer ce financement et, au
lieu de donner les fonds à
l'établissement, de les remettre à la personne sous forme d'une allocation de
façon à ce qu'elle puisse avoir des services.
Et c'est ça, le changement majeur par rapport aux politiques antérieures. C'est
ce changement-là qui va permettre aux
personnes handicapées de pouvoir obtenir plus de services parce qu'il y a une
allocation qui va être attribuée et qui va être la même, peu importent les régions du Québec. Et ce n'est pas la
volonté du CSSS ou ses politiques de gestion qui vont déterminer la hauteur du service qui va être donné aux
personnes handicapées. Et, comme vous le soulignez très bien, s'il y avait une modulation de cette
allocation pour faire en sorte que les moins bien nantis aient plus
d'allocations, bien les personnes
handicapées y gagnent parce que, comme vous le soulignez très bien, leurs
revenus sont très faibles. Alors, ils y gagnent encore plus.
Donc, si je peux me permettre de vous rassurer,
il y a là un changement majeur dans la façon de confier à la personne l'allocation qui lui est attribuée et non
plus à l'établissement. Le libre choix, il répond là, là. Et c'est pour ça
que c'est un changement important qui va non
seulement faire en sorte que les sommes supplémentaires qu'on consacre au soutien à domicile vont venir bonifier l'offre,
mais aussi faire en sorte que la personne retrouve une autonomie, une
autonomie dans la façon de recevoir les services.
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Tremblay.
Tremblay (Isabelle) : Vous avez raison quand vous dites que, malgré le
principe de la compensation, tout ce qui touche la prestation de
services des personnes handicapées n'est pas gratuit actuellement au Québec.
Si l'assurance autonomie,
vous me dites aujourd'hui, va garantir encore plus le respect du principe de la
compensation, bien nous, on ne va pouvoir
qu'être heureux puis saluer la création de l'assurance autonomie. Parce que,
vous savez, depuis 1988, l'adoption du
principe de la compensation, si vous saviez le nombre de travaux qui a été fait
sur le sujet pour régler cette problématique-là puis que les personnes
handicapées puissent avoir une compensation adéquate
des déficiences… Il y a eu un colloque, il y a eu des rapports faits par des
chercheurs, il y a eu beaucoup d'écrits, l'office fait d'importants travaux, c'est inscrit dans la politique À
part entière, mais effectivement la réalité sur le terrain fait en sorte que des personnes handicapées
doivent payer pour recevoir des services. C'est ce qu'on a à partir de la
page 9 de notre mémoire.
Et nous, on
dit que, pour qu'on ait l'égalité sociale, les personnes handicapées ne doivent
pas payer pour recevoir ces services-là pour partir au même niveau que
les autres personnes.
La Présidente (Mme Proulx) :
M. le ministre.
Hébert :
Non seulement il y a un principe, mais il y a un nouveau droit, un droit
d'avoir une allocation, et ça, c'est
un pas très important pour l'autonomie des personnes handicapées et des
personnes âgées, d'avoir un droit à une allocation. Et ce n'est plus juste un privilège de recevoir des services
du CSSS, c'est un droit à recevoir une allocation. Et c'est ça, le changement majeur. Et je pense que, lorsque
vous réalisez l'ampleur de ce changement-là… je pense qu'il va en
droite ligne avec votre principe de la compensation et votre principe du libre
choix aussi.
Vous
soulignez des craintes par rapport au transfert dans les EESAD. Ce qu'on veut
faire, c'est de donner un choix aux
personnes, c'est-à-dire d'utiliser soit des services du CSSS, des services des
entreprises d'économie sociale ou d'utiliser le chèque emploi-services. Et plusieurs groupes de handicapés sont venus
nous dire que le chèque emploi-services, c'est une modalité importante pour des personnes handicapées qui veulent
garder l'autonomie financière. Alors, on veut garder ce choix-là du chèque emploi-services mais
l'encadrer pour que le personnel qui est engagé puisse satisfaire aussi
des normes de qualité en termes de formation puis en termes de suivi de qualité
de leurs actions.
Alors, est-ce que ce libre choix là vous agrée?
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Tremblay.
Tremblay (Isabelle) : Nous, on analysait le livre blanc. Et ce qui
nous dérange dans le texte concernant le
libre choix, c'est que vous avez fait comme pour le texte sur la compensation,
il y a toujours une petite phrase de trop. C'est dommage, là.
Moi, j'enlèverais, là, «ces spécifications sont
prises en compte dans la réflexion d'une possible contribution financière», pour le principe de la compensation.
Puis, dans le libre choix, là, j'enlèverais la petite phrase, là, à la page
25 : «L'assurance autonomie
donne la possibilité du libre choix du prestataire de services.» On ne veut pas
que ça soit une possibilité, parce
que savez-vous ce qui va arriver si on met ça comme une possibilité? Ça aurait
été le fun si vous nous aviez
consultés quand vous l'avez écrit, là, on vous aurait dit : Ne mettez pas
cette petite phrase là parce que c'est des petites phrases comme ça qui viennent mettre un doute important puis qui
nous font dire que des grands principes pour les personnes handicapées, entre autres de libre choix, viennent
atténuer, parce que, là, on se faire dire par les CSSS : Bien, ce
n'est pas possible. Et puis vous avez dit en réponse à une question — et je
suis contente de pouvoir vous entendre là-dessus,
c'est que vous avez dit : Les personnes qui vont avoir les moyens vont
pouvoir se payer des services. Moi, je ne
voudrais pas que ça devienne — le poids des mots est très important — que les personnes qui vont avoir les moyens
vont devoir se payer des services. Alors,
c'est des craintes comme ça, avec le poids des mots et des phrases qui font que
nous, on ne veut pas que... Présentement,
là, il y a des régions, là, où les personnes sont carrément orientées vers le
chèque emploi-services, carrément. Le
CSSS ne donne pas le service, et c'est tout le monde directement au chèque
emploi-services. Alors, quand on lit
ce que vous dites à propos des EESAD dans le livre blanc, on se dit :
Bien, ça va être facile pour les CSSS dans d'autres régions aussi de dire :
Bien là, chez nous, ça va être dans les EESAD. Dans une autre région, ça va
être le chèque emploi-services.
Donc, le
libre choix n'existera plus pour la personne. Il ne faut pas que ça soit une
possibilité, le libre choix, il faut que ça soit une réalité.
La Présidente (Mme Proulx) :
M. le ministre.
Hébert :
Quand on prend pour acquis que les établissements vont être financés sur la
base des usagers qu'ils servent, laissez-moi vous dire que les CSSS seront au
rendez-vous parce qu'ils voudront avoir les budgets nécessaires pour
pouvoir donner les services à domicile. Alors, il y a aussi un pouvoir, un
levier extrêmement importants de cette allocation
dans le financement des établissements publics comme dans le financement des
établissements des entreprises d'économie
sociale ou même des établissements privés dans certains secteurs qui sont moins
touchés par votre action, les résidences privées pour personnes âgées,
par exemple.
Alors, je
vous rassure là-dessus, je pense que ce libre choix là, qui est fondamental
dans l'assurance autonomie, va être garant justement de l'accès à des
services et l'accès à une équité de services également.
Je voudrais,
parce que le temps nous est un peu limité ce matin, vous poser des questions
sur les moins de 18 ans. Dans
votre mémoire, vous suggérez, là, d'inclure également les personnes de moins de
18 ans. Certains groupes nous ont demandé
de la souplesse pour l'âge de 18 ans, là, pour intégrer des gens de 16 ou 17 ans
dans des circonstances particulières. On
ne voulait pas inclure les moins de 18 ans parce que la situation de
l'encadrement familial est tout à fait différente. Par contre, vous soulevez des craintes sur :
Est-ce que les budgets vont être encore là? Oui, les budgets vont être encore
là. Ce n'est pas tout qui va aller
dans l'assurance autonomie, là : soins palliatifs, il va y avoir encore
des budgets réservés; les moins de 18
ans, il va encore y avoir des budgets réservés; les centres de réadaptation vont
encore avoir leurs budgets.
Ce qu'on met
dans l'assurance autonomie, c'est les services en soutien à l'autonomie et non
pas l'ensemble des services de réadaptation ou d'aide aux enfants avec
des troubles d'attention.
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Tremblay? Mme Colin.
Mme Colin
(Thérèse) : C'est moi qui
vais répondre à cette question. En fait, une des choses quand même qui nous inquiète, c'est justement de savoir qu'est-ce
qui va rester comme services pour les enfants, parce que les enfants ont aussi besoin de services à domicile. Et
l'expérience qu'on a actuellement, c'est qu'effectivement, souvent, les enfants
sont desservis au travers des autres services des CSSS pour les enfants, et on
ne répond déjà pas à leurs spécificités. Et
là nous, en fait, on a proposé que les enfants rentrent dans l'assurance
autonomie, tout simplement parce
qu'ils avaient des gros besoins. Et,
en particulier, vous avez, dans ceux qui ont des gros besoins, des enfants
polyhandicapés, qui n'attendent pas d'avoir 18 ans pour avoir des
besoins; les enfants autistes, qui ont souvent des très gros besoins; les enfants qui ont une déficience intellectuelle.
Tout ça, c'est avant que ça se passe. Et c'est important de soutenir les
familles dès le départ et pas juste à
partir de 18 ans. Nous, notre souci, c'est : Qu'est-ce qui va rester,
dans les CSSS, comme services pour
eux quand on aura fait passer la majeure
partie de ce qui est des services à
domicile dans l'assurance autonomie? Eux,
il va rester quoi? Il n'y aura plus d'intervenants, il n'y aura plus de
ressources reliées à ça? Il n'y aura pas d'expertise si toute
l'expertise s'en va dans l'assurance autonomie.
Ça fait que, nous, ça nous inquiétait, parce
que, si on ne démarre pas avec les enfants dès le départ, on perd entièrement le soutien des familles. Puis vous
savez que c'est grave, toutes les études le disent, hein, si on ne soutient pas
les familles dès le départ, on met un poids
énorme sur les familles, mais on vient à quelque part sabrer dans la
participation sociale. C'est au début
qu'il faut faire ça. Ça fait que, nous, c'est plus une inquiétude et puis c'est
de mettre les choses à la bonne place. Laisser les enfants tout seuls
dans les CSSS, ça nous paraît risqué.
Hébert : Je
comprends.
La Présidente (Mme Proulx) :
M. le ministre, il vous reste environ deux minutes.
Hébert :
Je comprends votre inquiétude et je l'accueille. Mais la solution n'est pas
nécessairement de les intégrer dans
l'assurance autonomie, mais plutôt de s'assurer que les services sont là pour
être capables de répondre à leurs besoins dans le réseau. Parce que vous
comprenez que les enfants, c'est une situation un peu particulière, avec
l'encadrement familial, et tout, et il est difficile d'appliquer la même
stratégie que pour le reste de la population adulte.
Alors, il y a
des enjeux là qui sont importants, quoiqu'une souplesse sur l'âge de début est
tout à fait envisageable. Mais je
comprends votre inquiétude, là. Mais la solution que vous nous proposez
d'inclure les enfants dans l'assurance autonomie, elle m'apparaît poser
plus de problèmes que d'apporter des solutions à votre inquiétude.
Mme Tremblay (Isabelle) : Nous, on
ne proposait pas...
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Tremblay, pour une période d'environ une minute.
Tremblay (Isabelle) : Oui. On ne proposait pas d'inclure les jeunes de
moins de 18 ans dans l'assurance autonomie, ce qu'on voulait, c'est
que vous vous assuriez que les services soient rendus aux personnes.
La Présidente (Mme Proulx) :
M. le ministre.
Hébert :
Je retiens, dans les 30 secondes qui restent, vos suggestions sur la
bonification de l'Outil d'évaluation multiclientèle,
pour la participation sociale, pour l'évaluation des proches aidants. D'autres
groupes ont fait ces mêmes demandes avant vous.
Et je vous remercie encore une fois de votre
participation continuelle à ce grand projet de société.
Présidente (Mme Proulx) : Merci, M. le ministre. Alors,
j'invite maintenant le groupe formant l'opposition officielle, pour
débuter la période d'échange. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
la parole est à vous.
Blais : Merci, Mme la
Présidente. Mmes Tremblay, Colin, M. Gaston, merci beaucoup… Gascon. C'est
bien ça. Merci d'être ici.
Tout d'abord,
j'avais une question, mais en préambule le ministre a mentionné qu'il y avait
des budgets qui étaient réservés,
donc protégés, pour les soins palliatifs, pour les enfants. Moi, ça me pose une
question : Pourquoi une caisse autonomie
s'il y a des budgets qui sont protégés? Je suis inquiète, là. Parce que, pour
moi, les budgets devraient être protégés de toute façon pour les soins à domicile, pour les personnes en
situation de handicap, comme pour les personnes aînées, et à ce moment-là on
est aussi bien de faire une caisse aussi qui va comprendre les soins palliatifs
puis les soins pour enfants, puis
tout mettre là-dedans, là. Parce que, si c'est protégé puis que des fois ce
n'est pas protégé, parce que c'est ça qui arrive dans les
établissements, j'ai eu comme une forme d'inquiétude par rapport à ce qu'il
vient de dire.
Est-ce
que vous avez cette inquiétude-là… quand vous avez mentionné que les enfants
devraient être couverts ou certains jeunes devraient être couverts?
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Colin.
Mme Colin
(Thérèse) : Bien, je dois
dire que oui, on a une inquiétude parce qu'en fait, vous savez, la politique
qu'on avait jusqu'à maintenant, elle aurait
très bien pu être appliquée et donner de très bons résultats. Et en général les
problèmes sont dans l'application.
Actuellement, bon, je pense que c'est les CSSS
qui sont la clé de voûte de ça, mais ils sont faits de plusieurs programmes.
Alors, nous, notre problème pour l'instant, dans notre compréhension de
l'assurance autonomie, c'est : Qu'est-ce
qui va rester des programmes des CSSS dans le CSSS versus qu'est-ce qui va être
versé à l'assurance autonomie? Et
comment les services vont être donnés à ce niveau-là? Et je dois dire que c'est
loin d'être évident puis je pense qu'on sait tous qu'à l'intérieur des CSSS, pour l'instant, les financements
des programmes peuvent passer d'un programme à l'autre. En tout cas, on
peut faire toutes sortes d'arrangements financiers.
Donc, c'est
ça, notre problème, c'est de savoir qu'est-ce qui reste d'un bord, qu'est-ce
qui reste de l'autre, où vont aller
les financements. Et, si les services doivent rester, certains, dans les CSSS,
est-ce qu'il y aura le financement, et les ressources pour ça, et l'expertise? Parce que, quand on envoie la moitié d'un problème dans une caisse,
ce n'est pas sûr qu'il reste les gens qui ont l'expertise de l'autre
bord.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Vous avez dit que la politique
Chez soi : le premier choix était une bonne politique, mais j'imagine
que ce qui n'a pas fonctionné, c'est le
manque de ressources et le manque de services pour être en mesure de
faire en sorte que les services soient donnés.
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Tremblay.
Tremblay (Isabelle) : Exactement,
c'est ce que le Protecteur du citoyen disait dans son rapport de 2012, que les
services ne répondaient pas aux besoins des personnes.
Et, pour
compléter peut-être sur votre question, Mme Blais, dans le
livre blanc sur l'assurance
autonomie, quand on a fait les
premières lectures, on trouvait que c'était beaucoup, beaucoup orienté vers les
personnes âgées. Bon. Les personnes
handicapées, nous, qu'on représente… avant d'être une personne âgée, il y a
quand même eu 60 ans de vie de personne handicapée, parce que la plupart
des personnes qu'on représente sont des personnes qui sont handicapées depuis leur naissance ou qui le deviennent dans
des accidents puis qui ne sont pas couvertes par des régimes assurantiels
tels la CSST ou la SAAQ. Donc, il faut quand
même qu'on s'assure qu'il y ait réponse aux besoins de ces personnes-là pour leurs 40 ans de vie active et leurs 20 ans
d'enfance avant d'arriver à être une personne âgée comme les autres personnes.
Donc, c'est
ça qui fait qu'on a beaucoup, beaucoup d'inquiétudes, parce que tout n'est pas
arrêté. Quand on parle du soutien aux
proches aidants, qui tient dans une seule ligne, donc, nous, ça nous inquiète
un peu, puis je pense que ça a besoin
d'énormément de précisions pour ce qui touche les services et les besoins des
personnes handicapées, le livre blanc.
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Je vais vous parler
d'une de mes préoccupations. Quand le ministre mentionne que la personne aura
une allocation puis qu'elle pourra se
prévaloir des services selon son choix, encore faut-il que les services soient
disponibles.
Un jour, nous
étions ensemble, le ministre et moi, aux Îles-de-la-Madeleine, et, à un moment
donné, les gens ont mentionné qu'ils
avaient le chèque emploi-services. Sauf que, quand on arrive durant la période
de l'hiver, il y a beaucoup moins de
personnes pour être en mesure d'offrir la prestation de soins parce que les
Îles-de-la-Madeleine se vident beaucoup. Et ça, c'était la difficulté. Tu peux avoir ton allocation, mais, si tu
n'es pas capable d'avoir les personnes pour être en mesure de te donner
les services, il peut y avoir une difficulté.
Est-ce que vous voyez ça, vous, sur le terrain,
à la grandeur du Québec, ou…
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Tremblay.
Tremblay (Isabelle) : Non, ce n'est pas du tout un cas isolé. On sait
que le chèque emploi-services a quand même
plusieurs problématiques au niveau de la formation des travailleurs, au niveau
de la disponibilité des personnes. Écoutez,
quand on travaille... L'AQRIPH, c'est des régions, plusieurs régions. J'ai des
personnes, moi, qui m'ont déjà dit : Quand la moitié de la ville a
vu tes fesses, ça commence à être un petit peu ordinaire. Parce qu'il y a un
roulement de personnel. Les gens, les
travailleurs ne sont pas formés ou, des fois, il y a des actes qui sont quand
même très importants, là, et très dangereux, là, qui sont donnés par des
personnes qui ne sont pas formées. Il y a des déplacements dans des régions où il y a des territoires qui sont très
grands à couvrir, où les personnes qui doivent donner les services ne sont pas
payées pour faire ces déplacements-là, alors
ils refusent. Donc, il y a un mouvement de personnel, là, quand même très,
très important.
Tout n'est pas réglé dans le chèque
emploi-services, et ça ne fonctionne pas équitablement dans toutes les régions,
d'où, pour nous, l'importance
vraiment de revoir toutes les modalités de services et en plus de donner le
libre choix. Si, dans une région, il
y a des banques d'auxiliaires, et que ces banques-là sont pleines, et qu'il y a
plein de personnel disponible pour
rendre les services aux personnes handicapées pour les maintenir à domicile,
bien tant mieux, à ce moment-là, on les
utilisera. Mais, dans une autre région, ça peut être uniquement le CSSS qui
soit la solution pour les personnes handicapées.
ne peut pas penser qu'on va tout régler avec une seule mesure, d'où
l'importance du libre choix. Mais le chèque emploi-services a beaucoup
de problématiques partout au Québec. Vous n'avez pas vu un cas isolé, Mme
Blais.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme Colin.
Mme Colin (Thérèse) : Et le problème se trouve aussi pour tout ce qui est les mesures de
soutien des familles, parce que, là,
on passe aussi avec des ressources, et non seulement... Bon, dans l'assurance
autonomie, là, ce n'est pas très,
très clair, ce qui va se passer avec les ressources auprès des aidants, des
proches aidants, des familles. Mais, entre autres, actuellement, déjà,
il y a un manque de ressources.
En fait, l'idée,
aussi, c'est de savoir : Actuellement, les problèmes qu'on a, puis il y en
a de toutes sortes, ne pourront pas nécessairement être réglés aussi facilement
que ça en a l'air avec l'assurance autonomie. Puis je voulais revenir un petit peu aussi sur la question. Une
des façons, pour l'instant, de régler le problème, c'est de, entre
guillemets, truquer un peu l'évaluation. Ça
permet de résoudre les problèmes financiers qu'on a. Là, peut-être qu'avec
l'assurance autonomie vous parlez d'un
droit, vous parlez de l'évaluation qui va donner un droit aux gens. Mais, dans
cette situation-là, il va falloir
faire pleuvoir énormément d'argent pour renflouer la caisse, et de un; et,
deux, il va falloir avoir les ressources. Mais c'est sûr que nous, on aimerait bien que ce soit un droit puis on
aimerait bien que les évaluations soient faites de telle façon
qu'effectivement on réponde aux besoins des gens.
Alors, je peux vous
dire aussi qu'en soutien aux familles on est vraiment loin, loin, loin.
Présidente (Mme Proulx) : Merci, Mme Colin. Alors, je suis désolée, M. Gascon, nous devons suspendre les travaux quelques instants.
Présidente (Mme Proulx) : Non, nous devons suspendre. Nous
allons reprendre nos travaux ultérieurement.
(Suspension de la séance à 12
h 40)
La Présidente (Mme
Proulx) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission va
reprendre ses travaux.
Alors,
la parole était à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne. Il vous reste cinq minutes… ou la parole est au député de
Jean-Talon pour une période de cinq minutes.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente.
Bonjour, bienvenue à notre commission. Vous avez touché deux points, pour vous, qui étaient très, très
importants, j'aimerais y revenir, dont, entre autres, celui de la gratuité.
Mais je pense que le ministre, là, a
émis l'opinion… Puis, la réalité, devant plusieurs groupes avec des handicaps,
les gens nous ont dit clairement
qu'ils voulaient la gratuité. Par contre, le ministre a dit qu'il y aurait
quand même une contribution de l'usager selon les
revenus, mais il faut tenir compte que la majorité des gens ont probablement peu ou pas de revenus. Mais le principe de la contribution, ou
l'allocation en fonction du revenu, va être le même pour tout le monde.
c'est ce qu'on nous a dit, puis je pense que c'est ce qu'il y a également dans
le projet du livre blanc. C'est ce
que vous voyez aussi?
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme Colin.
Mme Colin (Thérèse) : Oui, c'est ce qu'on voit pour l'instant. Puis, pour nous, ce n'est
peut-être pas tout à fait de cette façon-là qu'on l'attend.
s'attend à un principe de compensation, une... Parce qu'en fait les personnes
handicapées vivent une situation qu'aucun
autre citoyen ne vit de cette façon-là. Et, finalement, ce qu'on veut, c'est
qu'ils puissent participer et qu'ils aient une égalité de chances, comme les autres citoyens, et que donc on ne
leur demande pas de payer pour la difficulté qu'ils ont, finalement. Donc, c'est ça, le principe de base.
Alors, nous, on aime mieux que ça se discute de cette façon-là plutôt qu'en
rapport avec leurs revenus, même si on sait
que beaucoup n'ont pas des revenus élevés. Parce que la plupart des personnes
handicapées disent : On ne devrait pas
payer pour ce qui nous différencie des autres. Puis c'est très important d'être
des citoyens à part entière parce que
c'est de cette façon-là que les personnes handicapées ne se sentent pas des
vraies personnes, puis je pense que c'est important de le respecter.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) :
Non.
Présidente (Mme Proulx) : M. Gascon.
M. Gascon (Yves) : Regardez, par exemple, une vignette de stationnement, ça ne coûte pas
cher, mais on est obligé de la payer. Si on a une personne handicapée…
Une personne qui n'est pas handicapée n'a pas à payer ça pour son intégration sociale, là, ce n'est pas une dépense
supplémentaire. Et puis c'est ce principe-là qui est remis en question avec
la contribution pour une personne handicapée, selon le sens de la Loi assurant
l'exercice des droits des personnes.
puis, là, si on ouvre la porte ici à l'assurance autonomie, ça va être quoi,
là, quand on va être rendu dans le programme
d'adaptation de véhicules ou quand on va être rendu dans d'autres programmes
qui s'adressent à tout le monde? Mais,
le principe de compensation lié à une déficience, bien là on l'évince, avec
cette notion-là, dans l'assurance autonomie.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Oui. Merci, M. le Président. Et
vous avez fait une remarque également. Vous savez, il y a toujours cette petite phrase à la fin qui
pose un doute, là. Puis, vous regarderez dans le livre blanc, généralement, le
cadre, il y a toujours «selon les ressources disponibles». C'est-à-dire, on
peut avoir des belles intentions, dire : Oui, ça va venir, il n'y aura pas de problème, mais, si
l'argent n'est pas au rendez-vous, c'est une ressource, ce qui veut dire
que, si la ressource n'est pas là, on ne se donne pas l'obligation non plus de
donner le service.
deuxième item que vous avez mentionné, c'est le libre choix. Le libre choix, on
y croit. Je veux dire, la personne devrait avoir le droit de demeurer où
elle veut, tout en tenant compte de sa condition. C'est-à-dire, si quelqu'un
est quelqu'un avec une classification CHSLD
très, très avancée, il ne pourra pas rester à domicile. Le libre choix
également est de décider c'est qui,
la personne, ou qui, le groupe qui va pouvoir donner le service. Et ça,
là-dessus, on est d'accord avec le
principe de garder les chèques emploi-services, peut-être avoir un meilleur
contrôle puis s'assurer de la qualité. Ça, dans tous les prestataires de services, c'est clair, il va y avoir une
évaluation au niveau de la qualité. Ça, je pense que c'est très bien. Mais on va demeurer avec le choix. Puis
le ministre nous a bien expliqué que le choix pouvait venir, oui, du
public, oui, également des entreprises d'économie sociale, mais ça pouvait
également venir du privé.
Et ça, le chèque qui est disponible pourrait être
utilisé pour avoir des ressources privées, en autant que la qualité soit
là. Ça, si j'ai compris, vous avez comme des doutes par rapport à ça.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme Tremblay.
Mme Tremblay
(Isabelle) : Nous, on a très hâte de lire le projet de loi qui va
sortir pour créer l'assurance autonomie au
Québec puis on espère que les juristes ne mettront pas des petites phrases puis
qu'ils vont continuer à écrire des beaux textes de loi comme on a au
Québec.
on prend le plus bel
article concernant la santé et les services sociaux, c'est
l'article 3 de la
loi sur la santé et les services sociaux, qui nous dit au paragraphe 3° : «L'usager doit,
dans toute intervention, être traité avec courtoisie, équité et compréhension, dans le respect de sa dignité,
de son autonomie, de ses besoins et de sa sécurité.» Une réponse à ses besoins, avec l'article 3, sans qu'il y ait une
petite phrase, «selon les ressources disponibles», sinon on vient tout atténuer
la portée d'un si bel article, qui
est le plus beau, au Québec, qu'on a pu écrire dans l'histoire de la santé et
des services sociaux.
Concernant
le libre choix, l'article 6, «toute personne a le droit de choisir le
professionnel ou l'établissement duquel elle désire recevoir [les] services de santé ou [de] services sociaux»,
et là non plus on n'a pas de petite phrase qui vient comme démolir, dans le fond, l'affirmation qu'on
vient de faire. Donc, nous, on fonde beaucoup d'espoir sur le texte du projet de loi qui va sortir. Puis, s'il y a des juristes qui sont à l'écoute, on espère qu'ils
vont s'inspirer des textes qu'on a dans
la
loi sur la santé et les services
sociaux puis qu'il n'y aura pas des petites phrases comme ça. Parce que, quand on vient ajouter «selon les ressources disponibles»,
ça vient tout démolir les beaux principes qu'on se donne, au Québec. Il y en a
eu, un débat, un débat très, très long, très,
très… quand même avec des positions
diamétralement opposées, qui a eu
lieu en 1988, concernant la compensation des déficiences. Puis ce n'est pas un
privilège qu'on donne aux personnes handicapées, c'est de les mettre au
même niveau que tous les citoyens.
C'est un choix de société
qu'on a fait, d'être équitables pour tous. Donc, en compensant les limitations
des personnes, tout le monde se retrouve au même niveau, puis c'est l'égalité des chances pour tous
les citoyens du Québec.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. Si je comprends bien, également,
vos interventions, on est tous d'accord
pour le principe du maintien à
domicile, le libre choix. Vous avez
la question de la gratuité. Par contre, quand on va arriver dans l'application, on voit qu'il n'y a pas de cadre financier. Et tantôt vous avez fait une mention en disant :
Ça va prendre beaucoup d'argent, parce
que, si on donne un droit, théoriquement, c'est un peu comme si vous alliez vous chercher un médicament, on ne pose pas la question : Il reste
combien d'argent dans la caisse?, on dit : Si vous avez
besoin du médicament, l'assurance ou le régime public va vous le payer
Et, si je comprends
bien, je ne sais pas si vous en avez fait l'évaluation, mais, en termes de
cadre financier, ça va certainement coûter plus cher que maintenant.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme Tremblay, il vous reste une période d'environ une
minute.
Tremblay (Isabelle) : Donc,
ce sont nos craintes face à l'assurance autonomie, parce que,
dans le fond, dans
la politique Chez soi : le premier choix, on était censés
avoir une réponse aux besoins. Et, quand le Protecteur du citoyen a sorti son rapport,
c'est exactement ce qu'il a dit, c'est que, faute de moyen, les
instances locales ont inventé des mesures
pour pouvoir donner le plus de services possible à plus de monde, mais ça a
occasionné énormément de coupures. Donc, il ne faudrait pas qu'avec l'assurance autonomie on se ramasse
avec un rapport du Protecteur du
citoyen, en 2015, qui va dire exactement la même chose. On a juste changé le nom. Ce n'est plus la politique Chez soi : le premier choix,
ça s'appelle l'assurance autonomie, mais on a exactement les mêmes problèmes.
Donc, oui, la
réussite d'une assurance autonomie au Québec doit passer par un financement
adéquat pour répondre aux besoins des personnes.
Et moi, je
voudrais vous dire, en terminant, qu'on a une heure à peu près pour venir en
commission parlementaire, mais j'ai
un 26 minutes supplémentaire qu'on s'est accordé ici, à l'AQRIPH, pour le
témoignage de parents qui viennent expliquer aux professionnels de la
santé qu'est-ce que c'est de vivre avec un enfant handicapé mineur ou majeur à
la maison, et c'est le témoignage d'un
groupe qui fait
partie du milieu associatif du parent, un outil de
sensibilisation, qu'on aimerait que vous écoutiez ce soir ensemble.
Mme Colin
(Thérèse) : Et vous posez la
question : Si l'assurance autonomie est capable de répondre à tout ça?
La Présidente (Mme Proulx) :
Alors, merci beaucoup, pour votre présentation.
Je vais suspendre les travaux quelques instants
et j'invite le prochain groupe à prendre place.
(Suspension de la séance à 13 h 3)
Présidente (Mme Proulx) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Alors, je souhaite la
bienvenue à nos invités.
Pour les fins d'enregistrement, je vous demande
de bien vouloir vous présenter. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Par la
suite, nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
La parole est à vous.
M. Boivin
(Michel) : Merci beaucoup, madame, M. le ministre, Mme Blais. Mon nom est Michel Boivin, je suis
directeur général de L'Appui, ou la Société de gestion pour le soutien aux
proches aidants, et je suis accompagné de Mme
Dominique Masse, qui est directrice
générale d'une
section régionale, et
de Mme Renée Laplace, qui est directrice, aussi, régionale d'un appui
régional. Je n'ai pas à vous convaincre aujourd'hui, j'espère, de la place des
proches aidants dans la société. C'est une entité pour laquelle on désirerait
que la caisse d'autonomie prenne en considération de façon plus
importante.
Notre réseau,
mis en place depuis presque trois ans, a comme grande philosophie de mettre le
proche aidant au centre de ses
actions. Je n'ai qu'à vous mentionner que, puisque 200 000 proches aidants
au Québec exercent avec bonté, avec
amour plus que cinq à neuf heures de soins à leurs personnes qui désirent
rester à la maison, à leurs personnes aînées, le proche aidant est au centre de nos préoccupations et le proche aidant
est au centre de la dyade. Le proche aidant d'un aîné a besoin… L'aîné a besoin d'avoir un proche aidant à côté de lui
pour l'aider à réaliser son souhait, et son souhait, c'est de rester à
la maison. Et c'est très clairement établi, selon la recherche, que plus un
proche aidant peut offrir des services de
qualité à son aîné, plus l'aîné va rester à la maison. Donc, c'est une
excellente façon de contribuer à la caisse d'économie en disant qu'un proche aidant en bonne santé va pouvoir
offrir un environnement souhaité et souhaitable à l'aîné pour qu'il demeure à la maison. Le réseau
des appuis offre actuellement, dans plus que 160 projets, d'une somme investie actuellement de plus que 15 millions
dans 17 régions du Québec, des services qui sont personnalisés. Et je vais
y revenir, M. le ministre, sur le service
personnalisé, et c'est un enjeu principal de notre représentation aujourd'hui,
des services qui sont personnalisés,
et surtout les services sont de proximité, tout proches de chez eux. Tout ça a
pour grand but d'aider le proche
aidant à réaliser son but. Le proche aidant a besoin de services. Et on a
procédé, à travers le Québec, à une évaluation des besoins de proches
aidants. Les proches aidants nous l'ont dit, qu'est-ce qu'ils voulaient avoir. Plus de 1 000 proches aidants ont répondu.
Ils veulent avoir des services qui sont précoces, personnalisés, accrus et qui
répondent à leurs besoins. Les proches aidants nous ont dit que les services
qu'ils ont besoin... ont besoin d'avoir des services
de répit, d'information, de formation et de support psychologique, et le réseau
des appuis est prêt à offrir l'ensemble de ces services-là.
Le réseau des
appuis a été mis en place depuis environ trois ans grâce à une consultation
publique faite par vous, M. le ministre, et par Mme Blais, en 2007, qui
a mis ensemble le tableau, les éléments nécessaires pour créer cette mobilisation et cette concertation au niveau
régional. La mobilisation et la concertation régionale permettent de regrouper
les acteurs de tous les secteurs de la
santé, du milieu associatif et du milieu communautaire pour travailler
ensemble, pour mobiliser une région, pour offrir des services répondant
à leurs besoins au niveau régional.
Ce réseau-là s'est basé sur une évaluation des
besoins des proches aidants de leurs régions. Ils ont établi leurs priorités et
actuellement ils offrent des services pour répondre aux priorités régionales.
Le point
important aussi, c'est qu'est-ce qu'on peut remarquer, le proche aidant nous le
dit, on a besoin des services qui sont coordonnés, on a besoin de
services qui sont complémentaires, on a besoin de services qui sont efficients
et efficaces, on a
besoin de travailler ensemble. Et, M. le ministre, un des problèmes qu'on a
actuellement pour les proches aidants,
ils nous disent régulièrement que les services sont fragmentés, les services
sont en silo. Nous devons absolument adresser ce phénomène de silo pour
arriver à un phénomène de concertation et de mobilisation régionales.
y a eu des initiatives dans le passé qui ont eu un certain succès, le réseau intégré des soins et des services de santé à domicile, qui a réussi
à donner certaines preuves. Et, lorsqu'on évalue cette façon d'agir et d'être,
on voit l'impact qui est nettement important au niveau de la personne
aidante ou de la personne qui reçoit le service.
On est une petite organisation
qui est déployée à travers le Québec, donc, comme je vous mentionnais tantôt, 17 appuis régionaux qui se sont déployés et qui
sont tous motivés pour offrir les meilleurs services au niveau
des proches aidants. Cette façon
d'agir et d'être nous permet aussi d'être dans l'évaluation. Chacune de nos
actions est évaluée, et l'avantage qu'on a, une évaluation, c'est une évaluation
qui est évolutive. Ça nous permet de s'ajuster rapidement, et simplement, et efficacement aux besoins des
proches aidants, selon leur satisfaction. Le but du réseau des appuis et du
support au niveau des proches aidants,
c'est d'offrir des services de qualité qui vont avoir un impact sur la qualité
de vie. On a mis en place aussi des
actions pour favoriser cette concertation-là. Une table de concertation
nationale des aidants, qui
initialement regroupait différents ministères, a été mise en place. Cette année, on a inclus
d'autres associations, d'autres organismes communautaires, d'autres sociétés qui vont permettre qu'on se
parle, qu'on se comprenne, qu'on agisse en complémentarité, toujours au
bénéfice du proche aidant.
plus, pour établir des mécanismes qui nous permettent d'avoir une formation de
meilleure qualité pour offrir des
services aux proches aidants, nous avons réuni le milieu universitaire, le
milieu associatif, le milieu communautaire, des proches aidants, qui ensemble ont déterminé les meilleures pratiques
qu'on doit adopter pour offrir des services de qualité au niveau des proches aidants, des guides pour la formation et
pour le répit en donnant des critères standardisés qui vont nous
permettre d'offrir des services de grande qualité.
terminant, premier message que j'ai à vous dire, n'oublions pas l'aidant, et
j'espère que l'aidant va être une priorité
et bien identifié au niveau de votre politique. Deuxièmement, l'aidant va
supporter la cause. Le but visé, c'est d'aider
l'aîné de rester à domicile le plus longtemps possible, et l'aidant est au
centre de cette action-là. Le réseau des appuis, qui développe, actuellement, qui offre des services, offre un
mécanisme de concertation et de mobilisation et offre des services de
proximité à travers les acteurs locaux et régionaux.
quatrième point : ensemble, le réseau des appuis est un maillon, est un
maillon important pour s'assurer que l'ensemble des services au niveau
des proches aidants va avoir un impact important. Merci beaucoup.
Présidente (Mme Proulx) : Merci beaucoup pour votre
présentation. Nous allons maintenant débuter la période d'échange avec
le groupe formant le gouvernement. M. le ministre, la parole est à vous.
Hébert : Merci beaucoup, Dr Boivin, Mme Masse, Mme Laplace,
et j'en profite pour souligner également vos collègues de la
Capitale-Nationale qui sont assis avec vous, derrière et que j'ai rencontrés à
quelques reprises.
Vous
n'avez pas à me convaincre de l'importance des proches aidants… des proches
aidantes, devrions-nous dire. Comme
vous le disiez, ils sont au coeur de l'intervention pour les personnes en perte
d'autonomie, et je dirais même qu'ils sont bien souvent trop au coeur, parce
qu'on les considère bien souvent comme des ressources plutôt que comme des partenaires, et vous connaissez tous les
problèmes d'épuisement qui sont vécus par les proches aidants. Je pense qu'on
devrait plutôt les considérer comme des
partenaires et faire en sorte qu'on puisse, et vous le soulevez très bien,
offrir à l'aidé des services
précoces, personnalisés, accrus et adaptés. Et c'est ça, le but fondamental de
l'assurance autonomie et de la priorisation du soutien à domicile.
Mais
vous nous parlez également des services aux proches aidants elles-mêmes… ou
eux-mêmes, et j'aimerais que vous élaboriez sur la nécessité et le type
de services qu'il faudrait apporter aux proches aidants.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. Boivin.
M. Boivin (Michel) : Je vais laisser la parole, je vous dirais, à du monde qui offrent les
services, qui vont pouvoir vous répondre de façon beaucoup plus adéquate
que moi. Mme Laplace.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme Laplace.
Mme Laplace (Renée) : Bonjour. En fait, les proches aidants, ils ont des services très précis
et très particuliers, c'est-à-dire,
oui, ils offrent des services à la maison, de support, etc., mais, quand arrive
le temps de se retrouver, même s'ils reçoivent du répit, ils ont quand
même des besoins en termes de formation. Ils veulent connaître c'est quoi, les maladies. Ils ont des besoins en termes de
formation, d'information, de soutien psychosocial. On parle beaucoup de répit,
mais le répit tout seul, sans soutien psychosocial, souvent ça n'a pas le même
effet que quand on tient compte de tout l'ensemble des services dont le proche
aidant a besoin.
Donc,
il a besoin de services bien adaptés à ses propres besoins, pour le proche
aidant, directement. Alors, c'est dans
ces termes-là. Puis ils l'ont dit aussi lors des différentes consultations,
qu'ils ont des besoins propres. Et on le voit, on offre des services présentement, et ils sont
contents. Ça répond à un certain besoin qu'ils ont puis... Donc, c'est dans ce
sens-là.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
Hébert :
Certains groupes nous ont demandé d'inclure, dans l'évaluation, dans l'Outil
d'évaluation multiclientèle, des outils spécifiques pour les besoins des
proches aidants. Est-ce que vous êtes d'accord avec une telle demande?
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme Laplace.
Mme Laplace
(Renée) : Une étude d'évaluation des services en tant que tels?
Hébert :
Des besoins des proches aidants, oui.
Mme Laplace (Renée) : Ah, des besoins. On n'a pas le choix d'évaluer les besoins si on veut
offrir des services qui sont vraiment ciblés et qui répondent davantage
aux proches aidants.
Alors, même nous,
dans le réseau des appuis, les services qu'on offre, on les évalue après un
certain temps parce qu'on veut s'assurer
qu'ils vont répondre à tous les besoins des proches aidants. Il y en a qui ont
des besoins atypiques de services,
que ce soient les fins de semaine, les soirs, ou il y a différents types de
services. Alors, il ne faut pas rester dans
nos pantoufles et offrir toujours le même type, il faut vraiment répondre à
leurs besoins spécifiques, selon… Ça peut être selon le groupe d'âge, hein? Quand vous êtes un professionnel, vous
avez un certain type de besoins. Quand vous êtes à la maison, vous avez
un autre type de besoins.
Donc, oui, il faut
intégrer l'évaluation des services et des besoins.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. Boivin.
M. Boivin
(Michel) : M. Hébert, c'est essentiel. Il y a des outils qui ont été
faits pour évaluer les besoins des proches aidants, antérieurement, qui ont été
publiés, qui ont été validés.
Actuellement,
nous allons procéder, avec des chercheurs universitaires, à une simplification
pour être adaptés au milieu
communautaire, pour s'assurer que les proches aidants sont évalués de façon
correcte, mais pas d'une façon trop compliquée.
Le proche aidant a des besoins. On peut l'évaluer par un questionnaire qui est
simple, adapté selon des outils bien
validés, et, à ce moment-là, permettre d'offrir au proche aidant, tout le long
de sa trajectoire, des services dont il a besoin. Et les services qu'on a besoin, souvent, doivent être multiples
pour avoir un impact. La littérature nous a très bien dit que, pour avoir un impact sur la qualité de
vie des proches aidants, il faut que les services soient au bon endroit,
au bon moment, et de bonne qualité, et d'un certain nombre, aussi, accru.
Donc,
on a besoin d'avoir un service qui répond bien à la clientèle. Et je vous
dirais, M. le ministre, pour mon expérience
personnelle, c'est que le système de santé, actuellement, et le gouvernement, a
une opportunité unique, je vous dirais,
unique de démontrer que, si on adresse principalement les besoins de la
clientèle, qu'on l'appelle un aîné ou un aidant, on va pouvoir faire la différence, d'aller vers le client, de
centrer nos interventions sur les besoins du monde, du vrai monde, je
vous dirais. Comme professionnel de la santé, je vous dirais que ce n'est pas
toujours le cas.
fait un grand effort, mais je pense qu'actuellement on a une opportunité de
voir que, cette population-là qui est vulnérable, on peut vraiment
répondre à leurs besoins.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre.
Hébert : Merci beaucoup, et on concourt à ce que vous
souhaitez. Une dernière question sur l'intégration des appuis dans l'offre de services. On a eu des
groupes qui nous ont soulevé l'importance d'arrimer les actions et les
services qui sont fournis par les appuis avec l'ensemble des services et de
l'arrimer avec l'assurance autonomie.
Alors, je voudrais
savoir si vous avez fait une réflexion là-dessus et quelle est votre ouverture
à un certain arrimage, voire une intégration de vos services.
M. Boivin (Michel) : Bien, je vais laisser parler Mme Masse, qui vit très bien dans sa
région l'intégration et la concertation.
La Présidente (Mme
Proulx) : Mme Masse.
Mme Masse
(Dominique) : Merci. En fait, je vous dirais que l'intégration des
services qui sont déjà offerts avec ce qui
arrive en complémentarité qui est offert par les appuis, c'est quelque chose
qu'on valorise, c'est quelque chose qu'on
met de l'avant. Je vous dirais même que c'est une des forces de notre réseau
dans le sens où, autour de nos conseils d'administration, c'est l'ensemble de nos partenaires qui siègent et qui
nous guident dans la réalisation de nos mandats.
Donc,
évidemment que les services qu'on déploie, les projets qu'on accepte et qu'on
finance, ils sont intégrés avec ce
qui se réalise actuellement. Ils sont complémentaires. Donc, ce qu'on souhaite,
c'est de travailler ensemble avec ce
qui existe déjà pour donner plus de services aux proches aidants de personnes
aînées sur chacun de nos territoires, là, au Québec.
La Présidente (Mme
Proulx) : M. le ministre, il vous reste une période de 1
min 30 s.
Hébert : Donc, si je comprends bien, si, dans le plan de services
individualisés, il y a des services qui concernent les proches aidants et qui pourraient être donnés
par L'Appui, vous êtes prêts à contribuer à la réalisation de ce plan de
services individualisés.
Mme Masse
(Dominique) : En fait...
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Masse.
Mme Masse
(Dominique) : Oui. Merci. En
fait, le réseau des appuis est prêt à travailler en collaboration pour la réalisation de l'assurance autonomie. Ceci dit, ce sont les organismes avec
lesquels on travaille qui offrent des services. L'Appui finance des
services, mais bien sûr qu'on est ouverts à collaborer.
La Présidente (Mme Proulx) :
M. le ministre, il vous reste une période d'une minute.
Hébert : Bien, non.
Bien, ça va pour moi. Mes collègues, est-ce que vous avez une question
brûlante?
La Présidente (Mme Proulx) : Mme
la députée de Masson.
Gadoury-Hamelin : …brûlante. Écoutez, je sais que les services des appuis sont là depuis un an
environ… un an et demi environ.
Donc, ce que vous nous dites, c'est que
l'intégration se fait bien avec les… Puis, ce qu'on a entendu dans les derniers jours, on a entendu que les services
étaient à géométrie variable d'une région à l'autre, là, par rapport aux
services de soutien à domicile ou ce genre de situation là. Vous, est-ce
que vous pensez que, dans le rôle que vous jouez… Êtes-vous capables de contribuer à ce que ça se fasse de façon... de
favoriser la concertation et l'échange et que tous ces services-là
soient maximisés pour la personne qui est à la maison?
Présidente (Mme Proulx) : Alors, Mme Masse, il vous reste à
peine quelques secondes pour une très courte réponse.
Mme Masse
(Dominique) : Bien, je vous
dirai, assurément, on est capables, on a cette force-là de concertation de nos milieux. Évidemment que les services sont à
géométrie variable, le Québec est constitué de régions toutes différentes,
et je pense que ça fait
partie de la force
du réseau des appuis de pouvoir répondre localement aux besoins qui nous sont
exprimés par nos aidants.
Donc, je vous dirais que, oui, on est capables
de concerter et de faire en sorte qu'il y ait plus de services.
Présidente (Mme Proulx) : Merci beaucoup. Alors, j'invite
maintenant le groupe formant l'opposition officielle, pour une période
d'échange. La parole est à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Merci, Mme la
Présidente. Mme Laplace, Mme Masse, Dr Boivin, merci, merci, merci. Je dis
aussi «les proches aidants», parce que celui
qui a injecté 50 millions de dollars au départ, avec le gouvernement,
150 millions, 200 pour le fonds, c'est un homme, parce qu'il était un
proche aidant, c'est M. André Chagnon, qui s'occupait de sa femme. Et ça, je pense qu'il faut le dire, oui,
c'est majoritairement des femmes, mais il y a aussi des hommes, il ne faut
pas les oublier.
Ce que j'aime
beaucoup de ce que vous êtes en train de réaliser, même si j'ai souvent dit que
j'étais à l'époque une ministre
pressée puis que je voulais voir immédiatement les poires dans l'arbre, c'est
que vous avez pris le temps de cette
concertation régionale. Un peu comme l'ethnologie, il fallait que ça vienne du
sol et il fallait que les gens se concertent partout, et là je vois que les appuis sont en train vraiment de se
déployer partout. Et il n'y a pas de duplicata, et je le sais, entre le financement que vous faites à des groupes
pour les proches aidants et les sommes d'argent qui sont financées par le
ministère de la Santé et des Services
sociaux pour d'autres proches aidants, parce qu'il y a des budgets qui sont
alloués, entre autres, pour Baluchon Alzheimer. Il y a un
10 millions annuellement pour des groupes de proches aidants. Et vous êtes
déjà, là, en concertation avec les différentes agences de santé et services
sociaux. Je ne me trompe pas?
Mme Masse (Dominique) : Non. Est-ce
que…
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Masse.
Masse (Dominique) : Oui, en
fait, je… Non, vous ne vous trompez pas. Non seulement on est en concertation,
mais, dans chacune de nos régions, on a des
comités d'analyse qui se penchent sur les projets qui nous sont déposés. Et,
entre autres, je parlerai pour ma région,
chez nous, et l'agence et les deux CSSS siègent sur ce comité d'analyse là
justement pour s'assurer qu'on est bien complémentaires avec ce qui
existe déjà sur le terrain.
Donc, oui, on est en concertation avec ces
gens-là aussi.
La Présidente (Mme Proulx) :
Alors, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Alors, on le voit
déjà, que ce sera facile de faire en sorte que L'Appui et l'assurance
autonomie, si ça voit le jour… qu'il
y ait un travail complémentaire pour faire en sorte… du moins pour les aînés,
parce qu'il n'y a pas d'appui pour
les personnes en situation de handicap, handicap physique ou intellectuel. Et
moi, je pense qu'il serait temps de compléter ce réseau-là si on veut
être égalitaires pour tous les groupes, puisque l'assurance autonomie va
couvrir à la fois… Je
ne veux pas vous dire que c'est vous qui allez prendre ça, là, mais il faudrait
être égalitaires pour tous les groupes,
que ce soit pour les trois groupes, là, aînés, déficiences physiques,
intellectuelles, pour être en mesure d'offrir un service similaire.
Est-ce que vous pensez que ça pourrait se faire?
Est-ce que vous pensez que vous pourriez transférer votre modèle, vos
connaissances et qu'on puisse mettre des appuis pour ces autres groupes?
La Présidente (Mme Proulx) :
M. Boivin.
M. Boivin (Michel) : Mme Blais, on a
une opportunité de démontrer une efficience, une efficacité.
Je pense
qu'on a démontré actuellement une progression ordonnée du déploiement des
services. Par l'évaluation continue
qu'on fait actuellement, on va pouvoir démontrer, je l'espère, et j'en suis convaincu même, que le modèle mis
en place va pouvoir être un modèle porteur
pour d'autres clientèles. Un modèle initial pour les aînés nous permet d'être
plus focussés, d'avoir un impact mesurable
et de voir aussi à ce moment-là qu'est-ce
que ça va pouvoir donner pour la
qualité de vie des aînés et des aidants.
Donc, une
fois que ce modèle-là est bien rodé, bien évalué, ça va nous donner tous les
outils nécessaires pour assurer une pérennité et d'élargir à
ce moment le mandat.
La Présidente (Mme Proulx) :
M. Boivin (Michel) : Je veux…
La Présidente (Mme Proulx) :
Oui. Pardon.
M. Boivin (Michel) : Je veux juste
mentionner aussi l'importance, que vous mentionniez, Mme Blais, de la complémentarité avec le système
de santé et services sociaux. C'est essentiel. Et je salue actuellement l'implication des agences, des CSSS. Au niveau de cette
concertation régionale là, ce sont des acteurs incontournables.
La Présidente (Mme Proulx) : Mme
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Vous avez parlé de l'importance de la dyade entre
le proche aidant, aidante et la personne aînée et que, s'il y avait cette dyade et qu'elle était
soutenue, la personne pouvait rester à la maison le plus longtemps
possible, et c'est son souhait. 75 % du fonds, c'est pour les personnes
atteintes de maladie d'Alzheimer. Est-ce que vous pouvez déjà voir, juger, analyser que les personnes
atteintes de maladie d'Alzheimer qui sont soutenues par des projets financés
par les appuis peuvent rester à la maison plus longtemps que d'être
institutionnalisées?
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme Laplace.
Laplace (Renée) : En tout
cas, une chose est certaine, c'est que présentement, dans les services qui ont
fait déjà le tour d'une année, si on
peut dire ainsi, on est une région pilote, donc on a pu voir ce qui s'est
donné, on a quand même rejoint 76 % des gens qui étaient atteints
d'une maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée.
Donc, à ce niveau-là, sans avoir forcé ce
choix-là, ça s'est fait naturellement. Et, oui, les services de répit, les services de soutien ont permis certainement de
garder les gens à domicile. Il y a du répit extérieur aussi dans certaines
maisons, où les gens vont reconduire les
aidants. Il y a plusieurs modèles de services présentement, puis c'est sûr que
ça a un impact positif aussi.
La Présidente (Mme Proulx) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Michel) : Et, pour préciser
la réponse, actuellement, Mme Blais, on pourrait vous donner une évaluation,
qui est plus qualitative, d'histoires.
On a des belles histoires à vous raconter, qu'on
retrouve sur le portail Web, d'ailleurs. On vous invite tout le monde à aller au portail Web, lappui.org, et de
nous appeler à la ligne Info-aidant aussi, qui est en marche, qui répond
aux besoins personnalisés des proches
aidants. Dites-vous que, oui, on a des belles histoires qualitatives, mais, Mme
Blais, nous allons avoir une évaluation quantitative dès l'année
prochaine pour mesurer l'impact réel au niveau des proches aidants et, s'il n'y
a peut-être pas un impact optimal, nous allons nous adapter.
Présidente (Mme Proulx) : Merci beaucoup. Alors, le temps pour
ce deuxième bloc d'échange étant écoulé, j'invite maintenant la députée
d'Arthabaska pour le bloc d'échange avec la deuxième opposition.
Mme Roy
(Arthabaska) : Merci d'être venus. Iriez-vous jusqu'à dire
qu'il faudrait… Bon, vous l'avez dit, il faut évaluer aussi la personne qui est l'aidante ou aidant, surtout aidante.
Iriez-vous jusqu'à dire qu'il faudrait lui attribuer après ça des services, la même chose qu'on peut
attribuer à la personne qui est aidée, en termes d'heures ou certains…
après ça, pour qu'elle puisse s'en prévaloir auprès de l'organisme
communautaire, ou autre, de son choix?
La Présidente (Mme Proulx) :
M. Boivin.
Boivin (Michel) : L'aidant,
dans sa dyade aidant-aîné, a des besoins propres, a des besoins propres, pour
l'aidant.
Je pense que c'est important. Il y a des
services qui sont donnés à l'aîné, qui vont l'aider à rendre sa vie plus adéquate et répondre à ses besoins. Souvent, on
mélange les besoins de l'aidant et de l'aîné. Donc, le but, actuellement,
c'est de s'assurer que l'aidant aussi, qui a
des besoins propres, qui peut être juste dire : Donnez-moi quatre, cinq
heures par semaine ou par deux jours
pour que je puisse avoir ma vie aussi et me ressourcer pour revenir en pleine
forme, pour redonner des services…
Donc, le message, c'est : Oui, l'aidant a besoin des services qui sont
propres, et l'aidant doit aussi choisir
ses services, permettre de se dire : C'est les services dont j'ai besoin.
Donc, oui, d'avoir une formule qui va pouvoir permettre d'offrir que ses services soient personnalisés. La façon
financière, je vous dirais, actuellement, par les organismes
communautaires, par le milieu associatif, ça permet d'offrir des services de
qualité.
Donc, on a
actuellement un système en place, et on espère qu'avec la caisse d'économie ça
va nous permettre à ce moment-là de
concrétiser cette dyade-là et de mettre l'importance de l'aidant dans la
réception d'une offre de services de qualité.
La Présidente (Mme Proulx) :
Mme la députée d'Arthabaska, pour une période d'environ une minute.
Mme Roy
(Arthabaska) : Ce que je comprends, c'est qu'il y a des
services d'aide domestique, admettons, qui permettent, lorsqu'ils
restent ensemble, d'alléger la tâche de l'aidant. Mais il y a des services qui
lui appartiennent, comme le répit puis le
soutien psychosocial. Il faut qu'il puisse choisir le thérapeute de son goût,
il me semble, si on veut quelque
chose d'efficace, parce que ça prend une relation de confiance pour le soutien
psychosocial, puis ça prend aussi une relation de confiance pour le répit.
Cette personne-là va nécessairement entrer dans
la bulle de l'aidant et de l'aidé.
La Présidente (Mme Proulx) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Michel) : Et vous avez tout
à fait raison. C'est pour ça qu'actuellement on a mis en place, comme j'en ai parlé tantôt, le Guide des pratiques
prometteuses, pour s'assurer que les personnes qui offrent le service soient
bien formées, bien formées à une
situation particulière qui est la personne atteinte d'une maladie cognitive. Et
c'est essentiel parce que l'aidé et
l'aidant vont se sentir en sécurité s'il y a des services de qualité. Je vous
fais un exemple assez simple : les CPE. Quand ma fille va porter sa
petite fille au CPE le matin, elle se sent en grande sécurité parce qu'il y a
un encadrement… ou dans les garderies familiales, que le service est de
qualité.
J'aimerais,
comme souhait, que, peut-être dans quelques années, on ait le même système de
qualité, une valeur sociale, pour offrir des services de qualité pour
supporter les aidants et les aînés aussi.
Présidente (Mme Proulx) : Merci beaucoup. Le temps étant
maintenant écoulé, je remercie nos invités.
Et, compte tenu de l'heure, je suspends les
travaux de la commission jusqu'à 15 heures. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 13 h 32)
La Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) :
À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs téléphones cellulaires.
Nous allons
poursuivre, sans plus tarder, les consultations
particulières et auditions publiques sur le livre blanc sur la création d'une assurance autonomie intitulé
L'autonomie pour tous. Alors, je souhaite la bienvenue à nos
invités. Pour les fins de l'enregistrement,
je vous demande de bien vouloir vous présenter. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour votre
exposé. Par la suite, nous procéderons à la période d'échange avec les membres
de la commission.
Donc, madame, messieurs, la parole est à vous.
M. Côté (Pierre-Paul) : Alors,
bonjour. Merci à la commission de nous permettre de présenter les positions de
notre association, l'AREQ, concernant le projet de société qui est l'assurance
autonomie. Je suis Pierre-Paul Côté, président
de l'AREQ. Je suis accompagné de Mme Ginette Plamondon, conseillère à
l'AREQ, et de M. Michel Gagnon, deuxième vice-président de l'AREQ.
Alors, vous
présenter un petit peu l'association. L'Association des retraités de
l'éducation et des autres services publics,
ce n'est pas uniquement de l'enseignement ou de l'éducation, on regroupe aussi
des personnes qui proviennent des
milieux de la santé, du loisir, du communautaire et des communications. C'est
une association de 56 000 membres. On ne se qualifie pas nécessairement, on représente nos membres puis on
essaie d'aider pour les personnes aînées de la société également. La moyenne d'âge est de 68 ans. Les deux tiers,
ce sont des femmes. Ça a été fondé en 1961, donc ça fait
50 quelques années. Nous avons une mission qui est à l'effet de promouvoir
et défendre les intérêts, les droits culturels, sociaux et économiques de ses
membres et des personnes aînées puis de contribuer à la réalisation d'une société égalitaire, démocratique, solidaire et pacifiste. De
plus, on intègre à notre mission le principe de l'égalité de droits entre les hommes et les femmes. Nous sommes
répartis dans l'ensemble du Québec. Nous avons 10 régions. Nous avons une structure politique qui est
décentralisée, une structure nationale, régionale et sectorielle. Dans les
10 régions, ça se subdivise en unités
qu'on appelle des secteurs. Il y en a 90 au niveau de l'AREQ. Et nous avons
également plusieurs comités qui
travaillent sur différents dossiers, que ce soient la santé, l'hébergement,
l'âgisme, les régimes de retraite, le pouvoir d'achat, conditions des
hommes, conditions des femmes, etc., et l'environnement.
Comme,
bon, vous avez reçu notre mémoire, ce n'est pas l'idée de le lire, on a
10 minutes, on va essayer de vous présenter les recommandations
avec un petit peu d'éléments autour de ça.
Premièrement,
l'AREQ accueille positivement le livre blanc. On regardera plus tard qu'est-ce
qui peut arriver, mais on va… En
présentant les propositions, les recommandations, ça va vous donner quand même
une idée dans quelle zone nous travaillons.
première recommandation, c'est de combattre le mythe associant la hausse des
coûts de santé au vieillissement de la population. Là-dessus, on a déjà
eu un financement assez important, le programme SIRA, pour travailler sur les mythes et réalités envers les aînés. Et, au niveau
du vieillissement de la population, c'était déterminé que ce n'était pas
le vieillissement qui augmentait les coûts
de santé au Québec, c'était à peu près entre 1 % et 3 %, là… entre
1 % et 1,3 %. Et, pour nous
autres, on voit actuellement qu'il y a des gens qui aiment ça rendre ça
terrible, là, un tsunami gris, que ça va
mettre le système à terre. Et ce qu'on apprécierait aussi, c'est qu'à un moment
donné le gouvernement puisse faire un genre
de campagne d'information pour défaire ces mythes-là que la santé, ça vient… le
vieillissement vient augmenter les coûts de santé de façon éhontée.
Le deuxième, c'est de
poser des gestes nécessaires pour s'attaquer aux causes reliées à la hausse des
coûts de santé, et ce, dans les meilleurs
délais. Je pense que plusieurs le disent, le coût des médicaments… On espère
aussi qu'avec l'accord du libre-échange
avec l'Europe concernant les brevets, là, que ça n'aille pas augmenter le temps
pour ne pas avoir de médicaments
génériques. Et il y a toute l'autre dimension, d'avoir des médecins de famille.
Là, je pense que, pour les personnes
aînées, c'est très important parce qu'actuellement — puis je pourrais vous en parler en
connaissance de cause — quand on n'a pas de médecin de famille,
celui qui a pris sa retraite, là, on se promène d'une clinique à l'autre,
puis là il n'y a pas personne qui veut prendre
trop ton dossier, puis : C'est quand, le prochain rendez-vous? Ça, non, tu
reviendras quand tu seras plus malade. Et
ça, moi, je pense que ça coûte plus cher au système actuellement que s'il y
avait des médecins de famille, parce qu'ils n'ont jamais ton historique
puis ils ne veulent pas trop prendre de temps pour l'écouter non plus.
le personnel qui dispense des services de soutien aux activités de la vie
quotidienne, quand on parle de laver, habiller
et manger… Alors, ça, c'est des éléments qui rejoignent beaucoup l'intimité des
personnes. On demande que ces personnes-là
soient qualifiées, formées, stables, intégrées dans une équipe
multidisciplinaire et qu'aucune contribution ne soit exigée des usagers.
La quatrième :
Que la contribution financière de la personne en perte d'autonomie devra… que
devra verser pour obtenir des services de soutien aux activités de la vie
domestique... Alors, la vie domestique, on le sait, là, c'est l'entretien ménager, la préparation de repas, les
courses et certaines aides techniques. Alors, pour nous, ce qui est
important là-dedans, c'est que ce soit modulé en fonction du revenu, qu'aucune contribution ne soit requise pour les personnes
qui reçoivent, en
partie ou en totalité, du
supplément de revenu garanti. Toujours être en mesure de protéger ceux à faibles revenus. Ce qu'on se dit là-dessus : C'était peut-être
un peu normal, parce que ceux qui ont des faibles revenus, ils ont probablement un petit appartement trois et demie. Ça coûte pas mal moins cher,
faire le ménage dans un trois et demie, que quelqu'un qui a une grande
maison avec 10 pièces, puis 12 pièces, puis deux, trois salles de
bains. Alors, c'est pour ça qu'on peut dire qu'il devrait y avoir une certaine
aide modulée en termes monétaires là-dessus.
revoir les critères d'admissibilité à l'assurance autonomie pour y inclure
explicitement les personnes proches aidantes
et assurer l'élaboration d'un plan de soutien spécifique aux personnes proches
aidantes afin qu'elles puissent avoir
accès à toute la panoplie des services requis. Ce qu'on connaît là-dessus,
selon aussi nos sondages dernièrement puis
qu'on a faits voilà quelques années, on a quand même un grand nombre de
personnes qui agissent en termes de proches aidantes. Ce qu'il faut faire, il faut les protéger, ces gens-là, leur
donner du répit, etc., des possibilités qu'ils se reposent, parce que les statistiques sont là aussi, là, que
souventefois les gens qui n'ont rien de ces éléments-là tombent malades,
puis des fois ils décèdent avant la personne
qu'ils veulent protéger. Alors, je pense que c'est important. Puis là, s'ils
tombent malades, bien ça en fait deux à couvrir au lieu d'un. Donc, on est
peut-être mieux de les protéger un petit peu mieux.
les places actuellement disponibles dans les CHSLD soient maintenues et qu'au
besoin de nouvelles places à coût
abordable soient développées afin d'offrir
un réel choix de milieu de vie aux personnes en perte d'autonomie. Ici, on a quand
même deux éléments, là. Il va toujours
y avoir des personnes qui auront des conditions que c'est impossible de garder à la maison, ça demanderait trop de
services et trop de personnes, des cas très lourds. Et, encore là, il faut
protéger nos gens à faibles revenus aussi, là, qui ont beaucoup de difficultés,
et on pense beaucoup,
par exemple, à toute la catégorie de… certaines catégories de femmes qui n'avaient
pas de salaire. Souventefois, ils sont demeurés à la maison, ces
gens-là. Alors, il faut être quand même capable de les protéger, là, quand
arrive ce parcours de vie qui est en difficulté.
D'identifier
et de mettre en place les mécanismes requis pour assurer que les sommes
destinées aux soins et aux services à
domicile seront protégées et réellement utilisées à cette fin. Nous autres, là, ce qui
est important, c'est de dire : Quand il y a des sommes qui sont
réservées pour l'assurance autonomie, qu'au bout de la ligne c'est l'usager,
c'est la personne aînée, il faut qu'il reste
de l'argent, il ne faut pas que l'argent
se perde dans les structures puis qu'il ne reste plus rien à la fin. Et il ne faudrait peut-être
pas avoir peur — parce qu'on le sait, que ça a existé,
là — de
dénoncer dans les endroits où ils n'utilisent pas l'argent à bon escient
à ce niveau-là.
De financer la hausse des crédits requis pour
les soins et les services à domicile par le biais de la fiscalité, à l'instar des autres soins de santé. Alors, pour
nous autres, la société… c'est l'impôt, autrement dit, là, il n'y a pas de taxe
supplémentaire.
Pour nous autres, la société, ça se
compose de jeunes, des gens de mitan de la vie, comme il y en a
ici dans la salle, puis des gens qui
sont plus vers la fin, les aînés. Alors, pour nous autres, l'intergénérationnalité, là, ça concerne tout ça. Et d'ailleurs, comme aînés — puis ça, les gens, souventefois, là, il y a
de la mauvaise information là-dessus — on continue
à payer des impôts puis des taxes puis on consomme, donc on continue. Par
exemple, même si le Régime québécois d'assurance
parentale, il est financé par une taxe, on sait qu'il est déficitaire, c'est
par les impôts qu'on renfloue le budget. Les garderies à 7 $ aussi,
il y a un financement qui est là. Alors, moi, je pense qu'il ne faut pas mettre
en opposition les jeunes puis les vieux
là-dedans, puis on sait que dans certains médias ils se font un plaisir
pour faire ça.
termes de conclusion, l'AREQ reçoit avec ouverture le livre blanc sur la
création d'une assurance autonomie. Nous
y voyons la décision du gouvernement de donner un vigoureux coup de barre afin
d'assurer un réel accès aux soins et
aux services à domicile pour toutes les personnes en perte d'autonomie. Bien
que nous ne partagions pas la vision trop souvent véhiculée relativement à l'impact du vieillissement de la
population sur les soins de santé, nous croyons qu'un réinvestissement
majeur dans les soins à domicile s'impose pour redresser une situation qui a
été trop longtemps négligée. Nous
accueillons positivement certains nouveaux mécanismes d'organisation des soins
à domicile tels que la désignation
d'un intervenant pivot pour chaque personne qui reçoit des soins. Toutefois,
plusieurs questions demeurent sans
réponse. Nous souhaitons que davantage de détails soient divulgués lors de la
future politique de soutien à l'autonomie et le projet de loi de l'assurance autonomie notamment en ce qui
concerne les services qui seront offerts aux personnes proches aidantes
et la contribution attendue pour accéder aux soins d'hébergement.
Enfin,
nous interpellons le législateur afin qu'il adopte des moyens pertinents pour
assurer que les fonds dédiés aux soins à domicile…
Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) : En terminant, M. Côté.
Je vous invite à terminer, votre temps est…
M. Côté
(Pierre-Paul) : 30 secondes?
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : 30 secondes.
M. Côté
(Pierre-Paul) : C'est beau… soient effectivement utilisés à cette fin.
Nous
avons également des inquiétudes quant au calendrier de mise en oeuvre envisagé par
le gouvernement. Il nous apparaît
prématuré d'amorcer l'implantation de l'assurance autonomie dès le début de
l'année 2014. Considérant la pénurie
actuelle de médecins et de professionnels à domicile, il nous semble précipité
d'aller de l'avant rapidement. Il importe de s'assurer que toutes les
ressources humaines et matérielles requises seront disponibles et
fonctionnelles avant d'annoncer la mise en
application de l'assurance autonomie. Nous croyons qu'une mise en oeuvre précipitée…
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : Merci, M. Côté.
M. Côté
(Pierre-Paul) : …ne compromette les chances d'un succès prometteur.
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : Merci, M. Côté.
M. Côté
(Pierre-Paul) : Merci de m'avoir écouté.
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : Merci. Vous aurez l'occasion sûrement de
compléter lors de nos échanges.
Alors,
je vous remercie de votre présentation. Nous allons maintenant débuter la
période d'échange avec le groupe formant le gouvernement. M. le
ministre, la parole est à vous.
Hébert : Merci beaucoup, messieurs, madame, de votre mémoire
et de votre présence ici. C'est très apprécié.
J'apprécie
beaucoup votre vision sur la perception, en tout cas qu'on laisse croire, que
les personnes âgées sont responsables de l'augmentation des coûts de
santé. Effectivement, comme vous le dites, ce n'est pas un tsunami gris.
D'abord, un tsunami, on ne peut pas prédire ça. C'est plus un iceberg, là.
sait qu'il y a un vieillissement de la population. Les impacts sur les coûts de
santé sont estimés à autour de 1 %
à 1,3 %, comme vous le soulevez de façon tout à fait juste. Par contre,
sur les soins à long terme, c'est là où il y aura ce 1 % à 1,3 %. C'est surtout sur les
soins à long terme que ça aura un impact, et nous avons, et vous l'avez vu dans
le livre blanc… le député de Jean-Talon, il ne l'a pas vu, lui, mais il
y a un cadre financier extrêmement précis qui a été présenté dans le livre blanc, et les deux annexes, IV-A et IV-B,
montrent tous les chiffres qui sont dans cet impact financier. Et ça nous montre que, si on fait le statu quo, on
a une augmentation des coûts qui est quand même significative et que l'implantation d'une assurance autonomie pourrait
réduire ces coûts-là de façon importante et permettre justement, en plus de donner le libre choix aux personnes, qu'on
puisse mieux contrôler les coûts.
Alors, c'est ça,
l'objectif de l'assurance autonomie. C'est, en plus de donner un libre choix,
d'être capable de contrôler les coûts. Alors, vous l'avez vu et vous nous
dites, en plus : Il faut sécuriser ces sommes-là.
Que pensez-vous de la
création d'une caisse spécifique, étanche, pour être capables de financer
l'assurance autonomie?
M. Côté (Pierre-Paul) : Disons qu'au niveau de la caisse on ne s'est pas
fait une tête précise sur cet ensemble-là.
Disons
qu'on a un certain vécu dans le passé. Moi, je proviens du milieu de
l'éducation et je me souviens que, dans
les années 90, même s'il y avait des règles budgétaires, le ministre de
l'Éducation du temps, qui est décédé dernièrement, au mois de mai il cherchait 900 millions
qu'il avait envoyés dans les commissions scolaires pour l'enfance inadaptée
puis il ne les a pas trouvés, mais il avait des règles budgétaires. Ce
qu'on voit actuellement, c'est qu'aussi on s'est aperçu qu'au niveau des soins à domicile il y a certains CSSS qui n'ont pas
utilisé l'argent pour cette partie-là. Et, moi, ce que je ne comprends pas, là, c'est que, même s'il y a
des règles budgétaires, ces gens-là ont pu dévier, ils les ont mis ailleurs.
Ce que je ne comprends pas, en plus, c'est
qu'à chaque fois qu'il arrive des choses comme ça dans le domaine de la santé,
dans soit les agences, ou les CSSS, ou…
c'est toujours le ministre de la Santé, quel que soit le parti au pouvoir,
c'est toujours lui qui a à défendre ces choses-là. Ces gens-là, ils
restent cachés. Moi, si on les mettait un petit peu plus sur le spot, là — excusez
l'expression — bien
peut-être qu'ils seraient plus prudents.
Puis
on se posait la question : Est-ce que, le fait d'avoir tout mis ça
ensemble, les hôpitaux, les CHSLD, les CLSC, est-ce qu'il n'y a pas un
intérêt au CSSS d'aller mettre l'argent où que ça crie le plus fort quand ça
déborde dans les urgences? C'est peut-être
un élément qui n'avait pas été pensé au moment de cette fusion-là, mais c'est
peut-être une des conséquences. Et on
espère, nous autres, qu'il y a assez de spécialistes au niveau du ministère
puis des gens beaucoup plus aptes que
nous autres à regarder les moyens pour protéger cet argent-là. Là, je ne vous
dirais pas : La caisse, c'est la meilleure,
ou le fonds dédié, c'est la meilleure, mais il faut trouver une espace, un truc
pour qu'au moins l'argent qui est là, qui est destiné, ça descend
jusqu'en bas puis ça ne s'arrête pas en milieu.
Hébert : Effectivement, la fusion des missions des CSSS a
été un facteur supplémentaire, et vous le soulevez avec beaucoup de
justesse.
Nous, ce que nous
voulons faire, c'est que, plutôt que l'argent transite du gouvernement aux
établissements, il y ait un transit par les usagers, par les personnes âgées en
perte d'autonomie, grâce à l'allocation de soutien à l'autonomie et que c'est ce transit-là qui assure qu'on n'aura pas les
dérives qu'on a identifiées au cours des dernières années. Donc, la caisse d'assurance autonomie
permettrait de gérer cette allocation-là et de s'assurer que les sommes sont bel
et bien utilisées pour des services de soutien à l'autonomie.
Je voudrais aussi
revenir sur une de vos préoccupations, là, concernant la gratuité des services.
Vous savez qu'actuellement l'État finance à
peu près 15 % des services à domicile. Nous voulons augmenter à 30 %,
et voire à 40 % ce financement-là. Alors, il y a 85 % des
services qui sont fournis en nature ou en espèces par les personnes, par les proches aidants ou encore… La Sun Life estimait,
là, qu'entre 2 000 $ et 5 000 $ par mois sont dépensés par
les personnes en perte d'autonomie pour des soins à domicile. Alors, ce
que nous souhaitons, c'est que cette allocation de soutien à l'autonomie puisse augmenter la part de
financement public et qu'elle soit modulée suivant le revenu, c'est-à-dire que
les personnes qui vivent avec le
supplément de revenu garanti reçoivent plus d'allocations que les personnes qui
ont plus les moyens.
Qu'est-ce
que vous pensez de cette façon de pouvoir assurer une équité dans l'allocation
de soutien à l'autonomie?
M. Côté (Pierre-Paul) : Concernant l'allocation de soutien à
l'économie... à l'économie; à l'autonomie — ça peut être des économies des
fois — sur
M. Côté (Pierre-Paul) : Les activités. Bon, les activités de vie
domestique, pour nous autres, là, ça, ça devrait être financé comme dans
le système de santé, ça devrait être au complet. Vie domestique, c'est
différent.
Mais,
pour nous autres, là, il y a déjà des gens qui sont couverts par des services
de CLSC, hein, puis peut-être parce
que dans ce coin-là le CSSS, il a été plus favorable à cette dimension-là puis
il a aidé. Ailleurs, ce n'est pas ça. On n'a rien contre les gens, là, qui le font ailleurs. D'ailleurs, je tiendrais
à souligner, là, le travail exceptionnel qui est fait par les différents intervenants au niveau des aînés, là,
que ce soit dans les CLSC ou dans les EESAD, etc., je pense qu'il y a de la
bonne foi qui se fait là, sauf qu'au niveau des activités de la vie
quotidienne, là, hein, se faire laver, se faire habiller, manger… en tout cas, au moins les deux premiers,
là, ça, ça prend des professionnels, des gens qui ont de la formation. Et, pour
nous autres, ça devrait passer pas le système de santé. Quand il s'en va dans
un CHSLD, c'est déjà couvert, ça. Alors,
c'est pour ça que… Et ce n'est pas… Parce que je l'ai entendu dans quelques
autres commissions, là. Je vous dirais que les services en nature, là,
ce n'est pas compris.
Bien,
c'est parce qu'il y a des gens que la référence «en nature», ça ne veut pas
dire nécessairement ce que vous dites,
là. Eux autres, ils ont d'autres… ils ont une autre vision de ça. Et on ne
voudrait pas avoir d'ambiguïté là-dessus, là. C'est juste...
Hébert :
«En nature», ce sont les services bénévoles des proches aidants, là, c'est ça
qu'on veut dire.
M. Côté (Pierre-Paul) : Oui. Bien, tu sais, des fois, «services en
nature», on a une culture différente un peu aussi, là.
Hébert :
Je n'avais pas cette notion en tête lorsque j'utilisais cette expression.
que je voudrais dire, c'est que dans les EESAD actuellement il y a plus de
50 % — et on a
eu l'association des EESAD qui est
venue nous le confirmer — qui offrent déjà des services d'aide aux activités de la vie
quotidienne.
Ce que je
retiens de ce que vous me dites, c'est qu'il faut s'assurer que la formation de
ce personnel-là, tant dans les EESAD
que dans les établissements publics ou même dans les établissements
privés — vous
savez que des résidences privées offrent également ce
genre de services — donc,
que la formation soit certifiée, soit accréditée. Dans le livre blanc, on confie d'ailleurs au réseau public cette
gestion de la qualité, c'est-à-dire de s'assurer, par des mécanismes
d'accréditation, que les fournisseurs de services répondent à des
standards de qualité en termes de formation.
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Michel
A.) : Oui. Concernant la formation, je pense que, dans une commission
parlementaire antérieure, en 2011, sur la
certification, on avait beaucoup insisté sur cette question de formation là.
Et, avec les gens en perte
d'autonomie, je pense que c'est plus que souhaitable, c'est même nécessaire. Et
là on va couvrir une clientèle qui est beaucoup
plus large que ce qu'on croit. Mais le problème, c'est qu'il faut que ces
gens-là puissent s'adapter aux différents besoins des gens, et pour ça ça ne vient pas intuitivement, là, ça prend
une excellente formation, et il y a des lieux qui la donnent, cette
formation-là. Alors, je pense qu'on doit tout faire pour rassurer les personnes
aînées qui vont recevoir ces
besoins-là. Et en plus il faudrait éviter que trop de personnes entrent dans la
maison et s'assurer également que les gens
qui donnent les services soient les mêmes le plus souvent possible, sinon tout
le temps, parce que ces gens-là sont insécures, dans bien des cas, et,
de voir arriver des étrangers dans leurs maisons, ils n'ont jamais aimé ça.
Alors, je pense qu'il
faut s'assurer de ça, et ça, on va, disons, surveiller attentivement cette
formation-là.
M. Côté
(Pierre-Paul) : En ajoutant…
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : M. Côté.
M. Côté (Pierre-Paul) : Au niveau des personnes, oui, il y a des
personnes actuellement d'économie sociale qui le font…
Hébert :
Combien de minutes j'ai?
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : Il vous reste encore 14 minutes.
M. Côté (Pierre-Paul) : Au niveau des conditions de travail, on voit que,
les gens des EESAD, il y a un roulement de personnel assez important
là-dedans.
ce qu'on voudrait aussi, c'est que les gens qui font… comme, donnent le bain,
habillement, ils soient intégrés dans
l'équipe multidisciplinaire. Il faut être en mesure de voir… parce que c'est
des gens importants, avec la formation que
mon collègue disait, que des fois, en donnant le bain à une personne, on
s'aperçoit des éléments. Il faut que les gens soient bien formés, ce n'est pas juste quelques heures qui peuvent
amener ça. Et, quand il parlait tout à l'heure aussi de beaucoup de personnes qui peuvent entrer dans la
maison, bien il faudrait faire attention que, si… beaucoup de personnes comme ça, là… c'est peut-être une boutade, mais…
ne pas aller éliminer de l'argent dans l'adaptation du domicile, parce
que, s'il rentre trop de personnes, là il y a des compagnies de portes
tournantes qui vont faire de l'argent, là.
Hébert :
Vous avez un certain sens de l'humour.
M. Gagnon (Michel
A.) : Si vous permettez.
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Michel A.) : Il y a un autre élément aussi sur la question des
soins à domicile, c'est une vérification des casiers judiciaires. On a vu un cas, à un moment donné, où le type
avait un long casier judiciaire puis il était dans une maison de
retraités. Je veux bien laisser une chance à quelqu'un, mais, quand ça revient
trop souvent, ce n'est pas nécessairement bon pour nos gens.
Hébert :
Je suis tout à fait d'accord avec la limitation du nombre d'intervenants.
D'ailleurs,
les EESAD qui donnent à la fois des services d'aide personnelle et d'aide
domestique, c'est la seule… c'est la
même personne qui donne ces deux services, et ça permet, tout en diminuant le
nombre d'intervenants, de diminuer les
déplacements, parce qu'à domicile c'est un enjeu important, et de permettre de
prioriser les services aux personnes.
Vous
avez des préoccupations sur l'Outil d'évaluation multiclientèle et l'évaluation
des besoins des personnes. Je vous
rassure sur, d'abord, la présence de gestionnaires de cas, on a mis
8 millions cette année pour que les gestionnaires de cas soient en place pour être en mesure de
faire l'évaluation et surtout de faire les réévaluations qui sont nécessaires
pour les personnes, de façon à ce qu'on
puisse avoir, au moins annuellement, une évaluation des besoins et une
évaluation également de la condition
des personnes. Alors, ça, ce sera déjà en place, là, pour la mise en place de
l'assurance autonomie.
J'aimerais
que vous me parliez de ce que vous voyez qui devrait être ajouté à
l'évaluation, parce que vous soulevez, là,
les proches aidants, entre autres. Qu'est-ce que vous voudriez qu'on ajoute
dans l'évaluation pour être capables
de capter le rôle et les besoins surtout du proche aidant ou de la
proche aidante?
M. Côté
(Pierre-Paul) : Je vais laisser Mme Plamondon répondre là-dessus.
Mais, juste concernant, là, les termes utilisés,
vous allez me trouver peut-être achalant là-dessus, là, mais «gestionnaire de cas»… Moi, j'aime beaucoup
mieux l'expression «intervenant pivot». Il me semble, c'est plus
humain. Parce que, quand on va à la banque, on nous parle des
gestionnaires, ce n'est pas toujours pour notre bien qu'ils sont là, tandis que le gestionnaire... En tout cas, je ne veux pas minimiser puis je ne veux pas non plus déprécier le
travail de… parce que je sais qu'il
y en a actuellement, là, mais, si on
changeait de termes, il me semble, pour les personnes, ça... ce serait plus
humain pour nos aînés.
Mme Plamondon (Ginette) : Oui. Bien,
en fait...
La Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) :
Mme Plamondon.
Plamondon (Ginette) :
Excusez-moi. Quand on regarde les proches aidants, nous, on considère que finalement
les proches aidants ont un rôle extrêmement important à jouer dans toute la question
de l'assurance autonomie et du maintien à domicile.
Ce qu'on
entend parmi nos membres, c'est, bon, comme M. Côté l'a
expliqué en ouverture, des gens qui s'épuisent, des gens qui s'investissent, des gens qui parfois deviennent des proches
aidants pour leurs parents mais aussi pour leurs enfants. Donc, à un moment
donné, ça devient une charge extrêmement lourde. Et on pense qu'en inscrivant dans les critères d'admissibilité à l'assurance autonomie le fait
que d'être un proche aidant, ça ouvre l'accès aux soins, bien ça pourrait
être une espèce de garantie que pour les
proches aidants il y aura aussi des services qui seront là. Parce que,
bon, à l'AREQ, on a de la mémoire et
on se souvient du virage ambulatoire. On se souvient que parfois ça a été très
difficile pour les proches aidants
avec le virage ambulatoire, qui avait des objectifs tout à fait nobles et auxquels on a adhéré. Mais, dans l'application, ça a parfois été difficile
pour les proches aidants.
Donc, on
souhaiterait que l'assurance autonomie préserve, aide, supporte nos proches
aidants qui en ont tellement
besoin.
Hébert : Et que ce soit inclus dans l'évaluation. Vous soulevez que l'évaluation devrait être assortie d'un certain
mécanisme d'appel en cas du désaccord de la personne. Qu'est-ce que vous
suggérez comme mécanisme d'appel?
M. Côté
(Pierre-Paul) : On n'a pas
pensé exactement à un mécanisme. Il faudrait que ce soit prévu parce que ça pourrait arriver que... On sait aussi, là, c'est la personne qui doit
le dire, mais il peut y avoir de la pression de la famille aussi ou de l'entourage. Alors, je pense que c'est
important qu'on puisse dire : Bien, ce n'est pas ex cathedra, ce que le
gestionnaire vient de décider, là. On peut-u
demander une révision? Il ne faudrait pas que ça se fasse à grande échelle
parce que ce ne serait plus vivable, là, mais, au moins, qu'il y ait une
possibilité de. M. Gagnon va ajouter.
La Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) :
M. Gagnon.
M. Gagnon
(Michel A.) : En complément,
seulement pour vous donner un exemple, une personne est dans une région, elle est évaluée, il n'y a pas de
possibilité d'appel. La personne change de région, elle passe le même examen,
et c'est deux éléments totalement
différents, deux diagnostics totalement différents. Alors, ça, s'il y avait des
possibilités d'appel, elle n'aurait pas besoin de déménager pour savoir.
Alors, c'est
un peu dans... C'est un exemple, mais c'est là. Alors, ça appuie notre demande,
là, au niveau de l'appel.
Hébert :
En général, ce n'est pas tant l'évaluation qui est différente, c'est le plan de
services qui est fait à partir de
l'évaluation, parce que l'évaluation est habituellement la même, mais,
dépendamment des ressources du CSSS et des façons de gérer, des fois ils ont des gammes de services qui sont
complètement différentes. Je me souviens, en Montérégie, où on avait comparé les différents CLSC les uns
par rapport aux autres, certains répondaient à 6 % des besoins seulement,
d'autres à 33 % des besoins des personnes.
Alors, il y a des CSSS qui donnent beaucoup de
services à peu de monde puis il y a des CSSS qui donnent un petit peu de services à tout le monde, et ça,
c'est un travers que nous voulons régler avec l'assurance autonomie, de sorte
que l'allocation, elle, soit la même peu importe où on se trouve et que la
personne ait droit aux mêmes services.
M. Gagnon (Michel A.) : Et que le
panier de services soit le même en...
Hébert :
Le panier de services peut varier, parce que vous savez que, d'une région à
l'autre, il y a des différences, les entreprises d'économie sociale sont
différentes, les organismes communautaires sont différents, les résidences privées sur une région comme l'île de
Montréal ou à Laval, où il y a plein de résidences pour personnes âgées,
la situation est différente qu'à Gaspé, par exemple. Alors, l'offre de
services, elle peut varier, mais l'allocation, elle, il faut qu'elle soit la
même, c'est-à-dire qu'elle soit équitable d'une personne à l'autre, peu importe
la région.
Je voudrais
aussi vous rassurer sur le fait que le gestionnaire de cas ou l'intervenant
pivot, appelons-le comme on voudra...
Moi aussi, je ne trouve pas ça très élégant, mais c'est le terme consacré, même
au niveau international. C'est un
«case manager». Alors, c'est le terme qui est consacré. Et, même s'il n'est pas
très élégant, il commence à être très bien connu de la part des personnes âgées, soit dit en passant. Alors, on
verra si des distinctions sémantiques sont nécessaires. Mais cet
intervenant-là doit rester un professionnel du CSSS. Alors, la gestion publique de l'évaluation est importante, parce que,
vous le savez, dans les résidences privées, notamment il n'y a pas d'évaluation standardisée, et le gestionnaire de cas n'est pas là.
Alors,
on veut, nous, qu'il y ait un gestionnaire de cas qui puisse faire l'évaluation, peu importe où la personne se trouve. Alors, j'imagine que vous
êtes encore avec cette orientation-là.
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : M. Côté.
M. Côté (Pierre-Paul) : Oui. En
tout cas, ce que je connais, entre autres, des gestionnaires… en tout cas, intervenants
pivots, essayons d'être originaux, et avançons, comme société distincte,
francophone dans l'Amérique, ici, là-dessus, sur la question de gestionnaires, oui. Parce que,
quand vous dites : Dans les résidences privées, il n'y a pas de gestionnaire de cas comme tel, mais il y a
des gestionnaires qui, tout de suite… le crédit
d'impôt, ça, ils le voient tout de suite, là, pour pouvoir avoir de la
clientèle dans leur maison.
fait que, voyez-vous, quand on parle de gestionnaires, ça dépend, là, de quel
côté on regarde ça, là, mais, quand tu
as deux gestionnaires, puis il y en a un qui travaille plus pour l'humain, puis l'autre
travaille plus pour avoir du monde dans sa bâtisse...
Hébert : Tout à fait
d'accord avec vous. Et je pense que, le gestionnaire de cas, il faut que ça reste
un professionnel, mais un professionnel, une infirmière, un travailleur social ou d'autres professionnels de la santé formés, et ça, je pense
que c'est extrêmement important pour faire l'évaluation clinique des personnes.
Dernier
point, avant de passer la parole à mes collègues, je veux vous rassurer sur la question
des CHSLD. Il est clair que, pour
nous, il y aura toujours besoin de la solution CHSLD et qu'on devra
maintenir le parc de lits en CHSLD que
nous avons. Et, si on réussit par
contre à prioriser les soins à
domicile, on va diminuer de façon importante la pression sur les CHSLD et on va permettre à des gens d'utiliser d'autres types de
ressources d'hébergement. Alors, il n'est pas question de sortir des
gens de CHSLD avec l'assurance autonomie, là, je vous rassure là-dessus. Nous
voulons, nous, qu'il y ait d'autres options avant que les gens décident
d'aller en CHSLD, des options de ressources intermédiaires ou de soins à
domicile.
Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) : Merci, M. le ministre. Mme la
députée des Îles-de-la-Madeleine, vous disposez d'un peu plus de 3 min 30 s,
environ.
Richard
(Îles-de-la-Madeleine) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Alors, bonjour, M. Côté, M. Gagnon et Mme Plamondon. Bonjour.
Je veux revenir peut-être sur des questions,
là, qui ont déjà été abordées. D'une part, je voyais, à la recommandation 5, que vous parlez des
personnes proches aidantes. J'aime beaucoup ce terme-là, je voulais vous le signifier. Ça
sera peut-être un terme qu'on aura avantage à utiliser parce que,
là, ça inclut le féminin et le masculin. Alors, on dit, des fois, seulement «proches
aidantes» tellement qu'il y
a de femmes qui sont les proches
aidantes, mais les personnes proches aidantes, ça règle la sémantique, justement,
et ça règle la situation, qu'on déplore souvent, de ne pas assez mettre
l'accent sur les femmes qui ont un rôle important.
Alors,
face à ces personnes proches aidantes, j'aimerais qu'on spécifie un peu plus, justement, les besoins pour ces personnes-là qui pourraient être inclus dans
les services, dans le panier de services, suite à une évaluation. Peut-être
plus en détail, quels services on devrait donner, d'après vous?
M. Côté
(Pierre-Paul) : Je vais en faire un petit bout puis je vais laisser
Mme Plamondon continuer.
vous dirais, là, que «personnes proches aidantes», là… notre membership a
68 % de femmes. Donc, si on ne fait
pas des choses… écriture épicène, là, surtout quand c'est un homme qui parle,
il se le fait dire. Alors, c'est pour ça qu'on est prudents dans notre
langage. Et là je vais laisser Mme Plamondon répondre sur ce niveau-là.
La Présidente (Mme
Gadoury-Hamelin) : Mme Plamondon.
Mme Plamondon (Ginette) : Oui. Alors, écoutez, nous, ce qu'on entend
justement, parce que, comme dit M. Côté, notre membership est beaucoup féminin... On sait que l'assurance
autonomie interpelle beaucoup les femmes, hein, à la fois comme… bien, parce que les femmes ont une
espérance de vie plus élevée. Elles sont parfois, malheureusement, plus
pauvres que les hommes, les femmes aînées.
femmes sont interpellées comme travailleuses et aussi comme usagères. Bon. Au
niveau du répit, ce qui est demandé
beaucoup comme soins, c'est du répit, ce qu'on entend parmi nos membres. Nous,
on a fait un sondage, peut-être que
vous avez eu le temps de le voir. On a fait un sondage auprès de nos membres.
Et, parmi les difficultés qu'ils nous soulèvent
au regard de leur rôle de proches aidants, bien c'est beaucoup du stress, ils
vivent beaucoup de stress lié à cette situation-là,
ils parlent beaucoup de difficultés financières. Le fait d'être proches
aidants, pour eux, ça leur occasionne des…
bon, parfois un retrait du marché du travail, mais ça, moins pour nos membres,
mais il y a des déplacements, il y a beaucoup de besoins financiers
supplémentaires qui sont exprimés. Ils demandent évidemment beaucoup de répit,
dépannage : pouvoir prendre l'air, pouvoir avoir du soutien.
Donc, c'est
essentiellement, là, les principaux services qui sont réclamés et les
principales difficultés qui sont exprimées par nos membres.
Richard (Îles-de-la-Madeleine) : Oui. J'imagine, soutien psychosocial,
psychologique et de la formation, je pense, qu'on a entendu aussi, là,
pour...
Mme Plamondon (Ginette) : Bien, là-dessus,
je vous...
Richard
(Îles-de-la-Madeleine) : …comment prendre soin d'une personne malade, là, si une personne…
Mme Plamondon (Ginette) : Oui,
certainement. Pardon.
La Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) :
Écoutez, vous avez encore une minute, à peine, pour terminer.
Plamondon (Ginette) : Alors,
oui, certainement, la formation, ça peut être intéressant, mais on a aussi
de nos membres qui nous ont
dit : Arrivez-nous pas avec de la formation, ce qu'on veut, c'est du
répit, c'est du soutien, c'est de l'aide concrète.
Donc, formation, certainement, mais certainement
pas à défaut d'autres mesures.
Richard
(Îles-de-la-Madeleine) : Peut-être, en terminant, je voulais ajouter, face à la
féminisation des termes, «gestionnaire» aussi règle le problème féminin,
masculin. Alors...
Richard
(Îles-de-la-Madeleine) : Mais quelqu'un... un groupe
nous a spécifié que c'est le mot «cas» qu'il n'aimait pas. Alors, «gestionnaire de cas». Nous ne sommes pas des cas.
Mais, «intervenant, intervenante pivot», sûrement que ça règle. Merci
infiniment.
Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) : Merci. Alors, ce qui termine
nos échanges. Maintenant, j'invite le groupe formant l'opposition
officielle, pour une période d'échange. Alors, j'invite Mme la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne
à prendre la parole. Alors, madame.
Blais : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Mme Plamondon, M. Gagnon, M. Côté — M. Côté, je suis très contente de vous revoir, vous êtes une
personne franche, directe, colorée, vous nous faites du bien aujourd'hui, pour
notre santé, par le rire, ça détend
l'atmosphère, je peux vous le dire, c'est formidable — écoutez, vous avez mentionné des
choses qui m'apparaissent assez importantes.
C'est la première fois qu'on parle, entre
autres, d'imputabilité. Et je crois qu'on a aussi ce devoir de regarder l'imputabilité des gens qui ont à gérer les
budgets que le gouvernement confie évidemment aux agences de santé et aux
CSSS. Et je pense que vous avez mis le doigt
sur quelque chose de très important, et vous avez dit : Quel que soit le
parti, c'est toujours le ministre de
la Santé qui a à défendre après ça ce qui passe dans le réseau. Et le ministre
ne peut pas veiller au grain de tout, il faut qu'il y ait cette
confiance-là.
Donc, si on
fait une caisse étanche, comment on va continuer de s'assurer de l'imputabilité
des gens qui sont dans le réseau pour
tout le reste des services qu'ils vont offrir? Si on fait une caisse autonomie,
justement pour protéger l'argent, ça
ne veut pas dire que l'imputabilité pour tous les autres services sera là.
Donc, il va falloir aussi voir à l'imputabilité des gens qui ont la responsabilité de faire en sorte que les enveloppes
dédiées pour tels soins, qu'ils soient en soins palliatifs, qu'ils soient pour les enfants en déficience
physique ou des adultes en déficience... Quel que soit, là, le type, qu'ils
aient cette imputabilité-là.
Vous avez mis le doigt sur quelque chose. Je
veux vous entendre là-dessus.
La Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) :
M. Côté.
M. Côté
(Pierre-Paul) : Vous allez
comprendre que moi, je n'ai pas une formation de «gestionnaire», mais on
devrait être capables de trouver un moyen
pour que tout le monde soit... tous ceux qui sont en responsabilité, qui ont
une enveloppe budgétaire, qu'il y ait
une imputabilité, qu'ils soient obligés de rendre des comptes. C'est ça,
«imputabilité» : rendre des comptes.
Moi, dans mon autre vie, j'ai rendu des comptes
à certains niveaux parce que j'avais un budget. Mais je me faisais questionner
puis j'étais obligé de me défendre, puis pourquoi?, puis etc., mais j'imagine
qu'il doit y avoir une structure, parce que
c'est quand même plusieurs milliards, là, qu'on a, au niveau de la santé.
En tout cas, il doit y avoir un genre
de... je pourrais appeler ça un parapluie, là, où ça descend ou ça monte. Je ne
sais pas comment l'exprimer, mais qu'il
n'y ait pas juste une personne qui vérifie, il y en a une autre qui
contre-vérifie aussi, là. Mais il y a certainement moyen d'exiger des gens : Oui, tu as l'argent, tu
as le salaire pour la job que tu as, bien tu dois rendre des comptes.
Maintenant, l'argent que tu as mis
là, explique-toi. Bon. Là, il doit y avoir des moyens, là, que les... Peut-être
que c'est plus difficile à l'intérieur des CSSS comme tels, mais le
ministère versus le CSSS… ou, en tout cas, le CSSS, où est-ce qu'il y a le
CLSC, etc., il devrait être possible...
Et je pense
que vous êtes assez imaginatifs, quand vous le voulez, que vous êtes capables
de trouver un bon truc pour leur donner des réponses.
Blais : Vous avez dit quelque
chose. J'étais très contente également de vous l'entendre... parce que trop
souvent on fait porter le fardeau aux aînés,
des coûts du système de santé, puis c'est faux. Alors, il faut cesser, parce
que c'est très difficile pour les aînés de sentir qu'ils sont un
fardeau pour la société. Donc, il faut absolument continuer de
démystifier cette situation parce que vieillir, ce n'est pas une maladie. Puis
on veut garder les aînés en santé le plus longtemps possible puis à la maison le
plus longtemps possible.
Vous avez
parlé de liens intergénérationnels. Je veux vous entendre là-dessus,
parce qu'il me semble que c'est fondamental dans une société,
quand on veut vivre chez soi le plus longtemps possible, de pouvoir tisser ces
liens intergénérationnels, que ce soit avec des plus jeunes ou avec des jeunes
retraités. Mais je pense que c'est important qu'il
y ait cette dynamique-là pour faire en sorte que le maintien dans la société, dans nos villes, dans nos villages, un peu
partout, soit prégnant.
La Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) :
M. Côté
M. Côté (Pierre-Paul) : Bon. On
disait au début, là : Peut-être faire un genre de campagne d'information.
Je regarde ce
qui s'est fait au niveau de la maltraitance, avec M. Deschamps, ça avait…
disons que les gens avaient beaucoup apprécié, parce que c'était quelqu'un
qui était crédible, qui était… Je pense qu'à ce niveau-là on serait capables,
parce
qu'il faut contrecarrer un discours
de certains médias, de certains journalistes qui en ont toujours
à faire contre… entre les vieux puis
les jeunes, hein? Même, il y en a qui écrivent des livres, là : Ils peuvent-u
mourir, les baby-boomers, etc., là.
Donc, ça, ça n'aide pas, là. Puis il
y a une culture qui se fait, hein,
que les gens : Ah, quand ils arrivent à la retraite, bien on les fait vivre. Mais je pense que, rendu à la
retraite, aussi on… en tout cas, moi, je sens que j'en fais vivre quelques-uns, là, puis je ne suis pas tout seul. Mais, le lien intergénérationnel, je pense que ça ne part pas juste des gens dans le milieu, je pense qu'il
y a des organismes puis il y a
des médias qui ont un travail à faire là-dessus aussi, là. C'est sûr que c'est plus vendeur de dire qu'il s'est passé telle affaire,
telle affaire. Puis, les bons coups, on n'en parle pas, hein? Ça, c'est
malheureux. On le voit, là, des fois.
Dans certaines résidences, ça va bien, dans la plupart, mais il y a
d'autres endroits que ça va mal, mais
c'est juste de ça qu'on parle. Les gens qui sont dans les milieux, bien ils
sont comme démotivés à un moment
donné. En tout cas, moi, j'ai travaillé dans un milieu, il fallait
me motiver tout le temps à chaque jour. Ça fait qu'à ce moment-là je pense qu'on devrait être en mesure
d'apporter des pistes de solution puis de… En tout cas, il y a certainement des
compagnies de communication qui sont
capables de bâtir des éléments. Parce que nous autres, on a fait un travail
avec SIRA, autrement dit, qu'on a eu
une bonne subvention. Mais on a travaillé. Et, à partir de ça, c'était pour
combattre les mythes et réalités
envers les aînés. Et, ce qu'on a fait, on a rencontré une centaine de personnes
au niveau national, on les a fait
venir partout de la région, on leur a présenté ça, on a fait des vidéos, etc.
Les gens sont repartis dans leur milieu et là ils ont présenté ces vidéos-là avec les informations.
Puis ils ont même... pas juste les membres de l'AREQ, ils ont invité d'autres
membres de leur communauté à expliquer.
Alors, déjà
là, c'était pour donner un peu l'argumentaire. Parce que, c'est vrai, ce que
vous dites, il y a des gens qui sont
gênés d'être vieux, puis ils sont gênés d'être malades. Puis des fois ils
disent : Bien là, je n'irai pas, hein, l'urgence est pleine de vieux. Mais je suis allé la semaine
passée, moi, puis j'étais le premier vieux à arriver, puis il n'y en a pas
d'autres qui sont arrivés après moi, là. Ça
fait que, tu sais, là, il y en a qui sortent des choses, puis ça reste dans la
tête des gens, puis ils se font plaisir, puis ils nous détruisent.
La Présidente (Mme Gadoury-Hamelin) :
Mme la députée.
Blais : Alors, je pense que ce
n'est pas juste avec les entreprises de communication. Les organismes comme
vous, les organismes majeurs, vous faites un
travail extraordinaire sur le terrain, là. En mettant en place, en faisant des études sur le sujet puis en étant capables, avec
vos membres puis avec d'autres, de pouvoir communiquer, ça fait en sorte
que ça change les mentalités. Puis ça ne se change pas si vite que ça, les
mentalités. Ça prend du temps.
Avant de
passer la parole à mon collègue le député de Jean-Talon… Pourquoi vous avez dit
que ce serait prématuré de mettre en place, de prendre le virage,
immédiatement, en 2014, de l'assurance autonomie?
M. Côté
(Pierre-Paul) : Bon, là, actuellement, j'en ai parlé un petit peu tout à l'heure, là, on n'a pas de médecins de famille,
ce qu'on devrait avoir. Puis là on a toutes
sortes de chiffres qu'ils nous
sortent, hein? Ils disent : Il y
a amplement de médecins, mais c'est parce qu'il manque d'heures qu'ils donnent. En tout cas, ça, là, je ne
veux pas embarquer là-dedans, sauf
qu'on se dit : Peut-être qu'il manque des professionnels. Tu sais, ce
serait de partir partout dans la province, avec tous les éléments qu'on prévoit, mais que, là, il nous manque de
personnel professionnel, puis qu'on ait des ratés, puis après ça, bien, qu'on dise : Bien là, ça ne
marche pas, l'assurance d'autonomie. Moi, je pense que… J'ai entendu quelqu'un dire à un moment donné : On
peut-u aller… On peut-u y aller vite, lentement, hein?
Une voix : …dépêcher
lentement.
M. Côté
(Pierre-Paul) : «Se dépêcher lentement», une affaire comme ça. C'est
pour dire : Bien, le faire, mais être sûr d'avancer, parce que je
pense qu'il manque du personnel formé actuellement.
Blais : Moi, je pense qu'il manque de médecins aussi à