CAT — 25 November 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2014-11-25
Quebec — Committees
Nous, ce
qu'on veut faire, c'est, s'il y a arbitrage, étant donné l'article 38,
qui est extrêmement... l'article 38 est extrêmement lourd. Je reviens
sur les sept paramètres qu'on doit évaluer pour prendre une décision éclairée
dans ce cas-là, évidemment. Alors, il
y en a qui ne font pas de doute, mais
il y en a d'autres qui peuvent porter à interprétation. Il y en a quelques-uns, là, qui sont assez larges, et peuvent couvrir
largement, et amener une interprétation qui peut, moi, je vous dirais, à la limite... et je vous dis sans
mesquinerie, là, mais qui peuvent être critiquables, même si je ne doute pas de
la bonne foi des arbitres, au contraire...
on a été convaincus, là, que les arbitres qui feraient le travail étaient des
gens d'une grande compétence, qui
sont issus, là, d'une liste qui aura été choisie par le ministre de l'Emploi et de la Solidarité
sociale. Donc, ça, on en convient, on est d'accord avec ça.
Mais évidemment je pense que, par respect pour
les intervenants qui sont impliqués dans ce dossier-là... Et on parle, c'est vrai, de la décision, des modifications au régime, mais aussi, évidemment, les motifs — et je pense que c'est là qu'est le coeur de
notre ajout, de notre amendement — c'est d'informer à tout le monde qui sont
impliqués pourquoi on a considéré cette décision, comment on l'a considérée,
comment on en venus... quelle réflexion on a poursuivie.
Par exemple, dans l'équité intergénérationnelle, moi, je
pense que ça peut être traité très largement. Alors, ça serait bien que les
arbitres puissent, justement, profiter de l'occasion pour clarifier la
réflexion et, du même coup, éviter la frustration et d'éventuels
affrontements.
J'en ai parlé
plus tôt, qu'il faut essayer le plus
possible de préserver le climat
social, faire en sorte que les gens ne soient pas trop froissés
par les décisions qui sont prises par l'arbitre, et ça passe par l'information
la plus complète possible, et je vous avais
parlé de la productivité, aussi bien pour les employés que pour les villes. Le
climat de travail a une influence extrêmement grande pour ces deux parties-là. Quand je parle de productivité, il y a
même, dans... en tout cas, il y a
des gens qui sont intervenus pour dire : Bien, écoutez,
si on commence à vouloir manifester, à travers notre travail, notre
frustration, bien, en bout de course, c'est la ville, les contribuables et, du
même coup, les gens qui reçoivent les services
des employés des municipalités qui se retrouvent désavantagés par cet
affrontement versus le climat de travail.
Alors, je pense qu'il faut préserver ce climat
de travail là le plus possible et de faire en sorte, justement, que les gens, en étant bien informés... Et moi, je suis confiant que, si...
Malgré que j'ai... Ma confiance a quand même des limites à cause de la nature du projet de loi puis des modalités qu'il
apporte, là. Il est extrêmement sévère. Mais je persiste à croire que ça serait une façon d'adoucir le climat
entre les différents intervenants. Et, quand on parle d'adoucir le
climat, évidemment, je pense que les retraités
qui se voient couper une indexation qu'ils ont considéré méritée et qu'ils ont
depuis longtemps, bien, écoutez, de se faire
couper ça, je ne suis pas sûr que ça va les satisfaire. Et ça va causer,
évidemment, un préjudice par rapport aux contrats qui sont signés par les
individus au sein de la communauté municipale.
Je pense qu'il faut mettre des pare-feu de cette
façon-là pour éviter le pire. Et moi, je vous dirais, même avec ces pare-feu-là, est-ce qu'on va éviter le pire?
Je ne le sais pas. Mais le but de la commission, ici, c'est de faire en
sorte d'amener un projet de loi qui soit bonifié et qui soit le meilleur
possible. Et c'est dans notre intention, à travers cet amendement, de réaliser
cet exploit. Je veux peut-être laisser la place à mes collègues.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions concernant l'amendement? M. le député de Berthier.
Villeneuve : Merci, M. le Président. Bonjour, M. le Président.
Bonjour à tous. Il me semble que le visage... Oui? Vous avez changé un
petit peu, M. le Président.
J'irai dans
le même sens de mon collègue, d'ailleurs, c'est le but de l'amendement qu'on
dépose, hein? On l'a dit à la
dernière séance de travail de la commission, qu'inévitablement ce n'est pas des
gens qui vont être très heureux de ce qu'ils vont apprendre par rapport
aux décisions qui vont être rendues, notamment en arbitrage, lorsque ça se rend
en arbitrage. Et je pense que la moindre des
choses, ce serait, comme on l'a dit, bien sûr, de communiquer à chacun des retraités et des participants, donc,
actifs concernés, leur communiquer, évidemment, les décisions, le rapport, mais
aussi que ce rapport-là, il y ait des... que les motifs qui le justifient, donc... qu'il y a
des justifications, qu'on explique pourquoi on en est arrivés à telle
décision.
Mon collègue
de Sanguinet l'a dit, M.
le Président, mais je pense que ça
mérite d'être répété : J'avais soulevé le fait, entre autres, quand on va à l'article 38, où, justement,
l'arbitre doit statuer selon les règles de droit, il doit notamment prendre en considération les sept picots en
question. J'avais posé la question au ministre la dernière fois... Entre autres, moi, je l'ai mis dans la colonne de la pérennité du régime, là, mais la
pérennité du régime, ça peut aussi... Je m'excuse si je me répète, M.
le Président, mais moi, je trouve ça
très important de le redire. Quand on parle de pérennité du régime, ça peut être de dire : Bien, si on
veut que le régime puisse être pérein, bien, on va allonger la date... le
nombre d'années de travail. Au lieu de
prendre la retraite à 57 ans — je
lance un chiffre comme ça — ça
peut être 60 ans, mais on le
sait, qu'il y a différents postes qui sont occupés par les
travailleurs, ça peut être un travailleur manuel, que c'est très exigeant physiquement. Est-ce que l'arbitre
va prendre en considération que, tout dépendamment du travail qu'on occupe ou qu'on occupait, eh bien, ça a des
répercussions sur le corps? Quelqu'un qui travaille manuellement, très fort
physiquement, va avoir une usure qui va être... une usure du corps, des
muscles, etc., qui va arriver plus rapidement. Je pense qu'il y a de la littérature là-dessus qui est... Les
littératures scientifiques, je n'ai pas besoin d'élaborer davantage,
vous comprenez où je veux en venir, M. le Président. Donc, est-ce qu'on va
prendre ça en considération?
D'où l'idée, justement...
parce que les paramètres qui sont là, les sept paramètres, bien, écoutez,
il y a... ça peut nous amener dans plein de directions, l'arbitre peut
aller dans plein de directions, d'autant plus qu'on sait que ces paramètres-là ne sont pas par ordre hiérarchique,
ils n'ont pas de valeur non plus qui leur sont attribuées, donc l'arbitre devra, à même ces sept paramètres-là,
prendre une décision, arriver à un constat, et évidemment cette
décision-là, elle va être... si elle n'est pas justifiée, si on ne dit pas
pourquoi on est arrivés à cette conclusion-là, je l'ai dit, les gens, ils... c'est clair que ce n'est pas des bonnes
nouvelles qu'ils vont recevoir, là, c'est très clair que ce n'est pas
des bonnes nouvelles, et donc qu'ils puissent comprendre, qu'ils puissent
savoir pourquoi, comment l'arbitre en est arrivé à telle conclusion...
Je ne veux
pas entrer dans ce qu'on vit présentement, là, au niveau d'un dossier
particulier, là, comme société, là, mais on sait qu'il y a un dossier particulièrement
difficile qui se joue présentement au Québec concernant, justement, le fait que les gens veulent comprendre pourquoi
on en arrive à des conclusions, qu'est-ce qui sous-tend les décisions
qui ont été prises. C'est quoi, les raisons,
c'est quoi, les motifs véritables pour lesquels on rend une décision? Et, dans
ce cas-ci, les travailleurs ont tout à fait le droit d'en connaître les
raisons, qu'est-ce qui a justifié la décision de l'arbitre.
Donc, M. le Président, je sais que le ministre n'est pas très... je ne veux pas employer le
mot «collaborateur», ce n'est pas le bon terme, mais... en fait, il ne
répond pas beaucoup à nos questions, M. le Président... Oui?
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Vimont.
M. Rousselle : Je pense que
le député va un peu trop loin, je pense, là...
Therrien : Il s'est repris.
M. Villeneuve :
Oui, je me suis repris. Ça, c'est comme...
M. Rousselle :
Oui, mais le fait... Bien, moi...
M. Villeneuve :
...le bon mot. Le ministre n'est pas très volubile. Bon. Alors...
Therrien :
Non. Bien non, c'est un commentaire.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Berthier.
Villeneuve : Merci, M. le Président. Bien, c'est un commentaire, et je me suis même
repris moi-même. Alors, déjà là, je
pense que c'est pas mal, hein, de se reprendre soi-même. Donc, le ministre
n'est pas très volubile, et je trouve ça malheureux, puis ça, je l'ai
déjà dit, que le ministre ne veuille pas répondre à ces questions-là, M. le
Président, ces questions auxquelles les retraités ont droit d'avoir une réponse...
Alors,
ce que nous, on amène, comme opposition officielle, M. le Président, c'est de
dire que les décisions qui vont être
rendues par les arbitres, les décisions qui vont être rendues par les arbitres
devraient être justifiées. Il faut dire pourquoi on apporte des modifications
à leurs régimes de retraite, et ce n'est pas avec les sept paramètres qu'on a
là, M. le Président, que... puis en plus de
la façon dont je comprends les choses présentement, c'est que, lorsque la
décision par l'arbitre va être rendue, il n'est nullement question
d'élaborer sur aucun motif, de justifier d'aucune façon la décision de
l'arbitre.
j'avais posé la question la semaine dernière, M. le Président : Sur les
sept paramètres qu'il y a là, est-ce qu'on n'oublie pas des choses? Moi, je pense que l'arbitre qui va devoir se
baser sur ces sept paramètres-là, ces sept éléments-là... Je doute, je doute sincèrement, M. le Président,
qu'ils vont pouvoir se limiter à ces sept paramètres-là. À tout le
moins, ils vont sûrement pouvoir... ils vont
sûrement devoir élargir davantage
leur analyse, et, ce faisant, M. le
Président, s'ils prennent le temps d'analyser et d'élaborer davantage sur
chacun des éléments qui sont là, pourquoi que le retraité n'aurait pas le droit de voir cette analyse-là? Pourquoi
le retraité ne pourrait pas... Et ça permettrait, évidemment, de mieux saisir, de mieux comprendre
les nouvelles modifications qui vont les frapper de plein fouet, c'est le
cas de le dire. Alors, M. le
Président, je pense que l'amendement que j'ai déposé... je suis assez convaincu que,
si on faisait un sondage immédiatement, par
rapport aux gens qui vont être touchés, je
suis assez convaincu que les gens seraient assez en faveur que le rapport de
l'arbitre vienne expliquer pourquoi
ils en arrivent à des modifications à leur régime. Je suis assez convaincu de cela, M. le Président.
Je pense que, comme
législateurs, on a un certain devoir de s'assurer que les gens puissent avoir
accès. On parle de transparence, le premier ministre parlait de transparence, à un moment donné il parlait de collaboration...
c'est vrai que c'est le premier ministre qui
l'a dit, mais, en général, ça entraîne l'équipe au complet, là, mais de
transparence, donc, c'est un... on a là une belle occasion de faire preuve de
transparence pour que les retraités puissent... ou les travailleurs actifs puissent... participants actifs puissent avoir des
réponses à leurs questions, qui seront assurément très, très nombreuses.
Alors,
M. le Président, j'en appelle aux collègues, ici, hein, aux députés, à la
partie gouvernementale, à la deuxième opposition, à la CAQ de nous
appuyer dans cette démarche. Comme je le disais tantôt, je suis totalement
convaincu que, si on fait appel aux
gens — on parle
de 172 régimes, on parle de 122 000 person