Labour and the Economy — 16 September 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-09-16
Quebec — Committees
La Présidente (Mme IsaBelle) :
M. le ministre.
M. Boulet : Oui, merci. Bon
retour, tout le monde, ce matin, à notre commission parlementaire. Simplement
une petite observation, quand on fait une réforme majeure, on voit que ça
provoque des réactions, et on en a eu encore, puis on n'a pas fini d'en avoir,
là. Il nous reste peut-être une semaine, deux semaines pour compléter cette
réforme majeure là.
J'en profite pour souligner l'excellente
collaboration que nous avons tous ensemble et dire à quel point c'est important
de ne pas attendre 40 ans. C'est important de voir comment une loi
s'applique, comment une réforme s'applique
sur le terrain et procéder aux amendements qui s'imposent, là, indépendamment
de qui sera au gouvernement. C'est important de confirmer aux partenaires
que les adaptations nécessaires seront faites en temps opportun et de ne plus
attendre une période de temps aussi longue. Ceci dit, je demeure tout le temps
convaincu que nous sommes dans la bonne direction puis qu'on a fait des
avancées. Ça, c'est reconnu. En même temps, chacun, bien sûr, a ses intérêts,
qui lui sont particuliers.
Collègue de Jonquière, je suis totalement
d'accord, puis vous l'expliquez même mieux que moi, là, toute votre première
portion, puis, tu sais, c'est... Oui, un immeuble à condos, par exemple, où il
y a un salon de coiffure ou un restaurant, c'est pour confirmer que, dans ce
contexte-là, indépendamment du nombre, les espaces communs sont sous la
responsabilité du propriétaire de l'édifice.
Maintenant, si quelqu'un travaille dans un
restaurant, puis qu'il fait une livraison, puis qu'il sort du restaurant, puis
qu'il se blesse, là, on revient à la notion d'accident de travail, qui est
défini comme un événement imprévu et soudain survenu par le fait ou à
l'occasion de son travail. Donc là, comme c'est survenu par le fait de son
travail, s'il se blesse puis il se fait une entorse lombaire, il va faire une
réclamation, puis son employeur, c'est le restaurant. Puis, pour moi, c'est un
cas assez clair que ce serait le restaurant qui est propriétaire, mais, s'il se
déplace, puis il fait des activités x, y ou z, puis il
est dans un corridor qui est une aire commune, puis que ce n'est pas entretenu,
puis que c'est très glissant, puis qu'il se blesse, là, le propriétaire de
l'édifice pourrait assumer une certaine responsabilité.
Puis, tu sais, ici, collègue, on est dans le
contexte de la santé-sécurité, qui est une... cette loi-là, qui est une loi de
nature préventive, alors que l'autre,
Loi sur les accidents de travail et
maladies professionnelles, est une loi d'indemnisation. Mais le cas que vous
soulevez fait en sorte qu'il y a une interaction. C'est tout à fait pertinent,
oui, absolument.
Gaudreault : Oui, c'est ça. O.K.,
donc la responsabilité... parce qu'on parle quand même :
«Le propriétaire d'un édifice qui est utilisé par au moins un employeur
doit faire en sorte que, dans les parties qui ne sont pas sous l'autorité d'un
employeur, les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la
sécurité des travailleurs soient prises.» On engage quand même sa responsabilité.
Alors, ça va jusqu'où, ça? Le propriétaire,
mettons qu'on reprend notre exemple, là, d'un corridor commun entre un
restaurant et des appartements ou des condos... ça veut dire que le propriétaire
de l'immeuble doit s'assurer que les espaces communs sont exempts d'obstacles,
qu'ils soient bien entretenus. Puis là, s'il arrive un accident de travail dans
cet espace-là, à ce moment-là, comment la responsabilité du propriétaire de
l'immeuble est engagée?
M. Boulet : ...encore une fois, on
revient à la
Loi sur les accidents de travail, mais, là aussi, vous avez
totalement raison, il doit s'assurer que les espaces communs sont respectueux
des normes en matière de santé et sécurité et pour prévenir les accidents ou
les chutes. Et il serait susceptible de faire l'objet d'une enquête par un
inspecteur de la CNESST, d'avoir des avis de correction, des constats
d'infraction puis de poursuites pénales en vertu des articles 236 et 237,
que nous avons étudiés hier.
Maintenant,
à savoir s'il pourrait être responsable lui-même d'un accident de travail, là,
ça dépend véritablement des faits, là, de chaque cas, mais il a encore
sa responsabilité statutaire pénale. Ça, c'est évident.
M. Gaudreault : O.K., donc, s'il y a
une enquête à la suite d'un accident, et l'enquête arrive à la conclusion que
l'espace commun était mal entretenu par le propriétaire, à ce moment-là, il
pourrait y avoir une responsabilité pénale qui s'enclenche sur son dos ou des
mesures de correction : Monsieur ou madame, vous devriez nettoyer votre
corridor, etc., même s'il n'a pas un lien direct avec l'entreprise dont est
employé le salarié affecté par un problème de santé.
M. Boulet : Absolument. Vous avez
raison, j'endosse du premier au dernier mot que vous avez prononcé.
Gaudreault : O.K. Bien, je peux en continuer, des mots. Par exemple,
moi, je crois à l'indépendance du Québec.
M. Boulet : Que vous venez de prononcer.
M. Gaudreault : Vous pouvez
continuer d'endosser, là, moi, je n'ai pas de problème
M. Boulet : Je n'ai pas dit :
que vous allez prononcer.
M. Gaudreault : Ah! chaque mot est
important, Mme la Présidente. Ça va aller pour l'instant. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre... Oui,
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Il y a toute une nouvelle
culture, là, un peu moins avec la pandémie, bien sûr, mais de bureaux partagés,
de bureaux avec des aires ouvertes, où, dans le fond, c'est des travailleurs
autonomes qui se présentent, mais qui ne sont pas des employés. Ils louent un
espace, parfois à la journée, parfois à la semaine, parfois au mois. Comment
cette nouvelle façon là de fonctionner s'insère dans l'article que vous nous
proposez?
M. Boulet : Bien, l'espace est
commun. Tu sais, s'il y a du travail collaboratif, là, ce à quoi référait notre
collègue, dans le bail, l'espace loué est bien décrit, et les espaces communs y
apparaissent. C'est, dans le fond, les espaces qui ne sont pas loués, qui sont
utilisés à des fins communes. Donc, ça ne change pas, cette réalité-là.
M. Leduc : Je ne sais pas si
j'ai manqué l'explication, là, mais, si quelqu'un se blesse dans les aires
communes, est-ce que c'est responsabilité partagée de son... parce que, par
exemple, les toilettes, il faut que ça soit... il faut qu'il y ait... il faut
qu'un employeur fournisse un accès à des toilettes, mais, si c'est les
toilettes de l'édifice, de l'aire commune, la responsabilité en est à son
employeur, ou au propriétaire de l'édifice, ou aux deux?
M. Boulet : Si ça survient en
raison d'une négligence ou d'une violation des normes en matière de prévention
santé-sécurité, dans une aire commune, comme l'expliquait notre collègue de
Jonquière, le propriétaire de l'édifice, comme il assume la responsabilité, il
est sujet à faire l'objet d'une plainte, et éventuellement d'un avis de
correction, et d'un constat d'infraction, et d'une poursuite pénale en vertu de
236 ou 237.
M. Leduc :
Je comprends. Merci.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, y a-t-il d'autres interventions à
l'article 145? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Derraji... Pardon. M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
Le Secrétaire :
Et Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 145 est adopté.
Nous poursuivons, toujours dans le bloc Autres dispositions, cette fois-ci, la
section 6.3, la cotisation relative aux normes du travail, avec
l'article 231. M. le ministre, je vous invite donc à le lire, l'article,
et à l'expliquer, s'il y a lieu.
L'article 231, M. le ministre.
M. Boulet :
...article, puis il y aura un amendement, et je voulais savoir le but de cet amendement.
Merci, Mme la Présidente.
L'article 39.0.1
de la
Loi sur les normes du travail est modifié par la suppression, dans la
définition de «employeur assujetti» du premier alinéa, des paragraphes
1° à 5° et 10° à 16°.
Explication. Ce que
nous devons savoir, c'est que l'employeur public, là, Conseil du trésor, Santé,
et autres, payait la cotisation à la CNESST,
mais simplement pour la portion santé-sécurité, pas pour les normes et pas pour
l'équité. Donc, cette disposition-là,
bien, modifie 39.0.1 de la
Loi sur
les normes pour s'assurer que la cotisation payée, dorénavant,
tienne compte de la norme et de l'équité.
Donc, vous savez qu'il
y a, quoi, quatre ans et demi, à peu près, la Commission des normes, la Commission
de l'équité salariale et la commission santé-sécurité ont fusionné, et donc...
Voilà. Et donc ça vise à assujettir certaines
catégories d'employeurs actuellement exemptés à la cotisation servant à financer
l'application de la
Loi sur les normes du travail, il s'agit, essentiellement, du gouvernement
provincial, des municipalités,
d'entités gouvernementales provinciales,
municipales, supramunicipales et scolaires, que tout le monde paie. Alors,
voilà, c'est tout. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Vous aviez fait allusion, tantôt, qu'il y avait un amendement?
M. Boulet :
Oui, je vais le lire tout de suite, mais...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Attendez. Est-ce que nous l'avons reçu?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Il est déjà sur le Greffier, donc il sera...
M. Boulet : Ah! non, il n'y a pas d'amendement
sur celui-là, excusez.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Il
n'y en a pas?
M. Boulet : Il est à l'autre.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Il
est après. O.K. Alors donc, à celui-ci, donc... Y a-t-il des interventions à l'article 231?
Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je me trompe ou ça n'a
pas vraiment rapport avec l'objet de la loi... du projet de loi? Je veux dire,
le projet de loi, c'est la réforme de la santé-sécurité, puis là on vient jouer
dans les cotisations des normes du travail. Ce n'est pas l'objet de la loi,
vraiment.
M. Boulet : Bien oui, l'objet de la
réforme est quand même assez large pour inclure l'assujettissement à la
cotisation d'entités qui étaient jusqu'ici exemptées. Parce qu'on parle de
prévention puis on parle... on a parlé de financement puis on a parlé
d'indemnisation. Ça fait qu'il faut certainement s'assurer qu'il y ait une
corrélation puis d'éliminer les exemptions qui étaient prévues à la
Loi sur les
normes du travail, là. Puis les consultations ont été faites à ce sujet-là,
puis c'est... les avis ont été donnés.
M. Leduc : ...stagiaires, là, on les
assujettit, dans le projet de loi, à la LATMP puis à la LSST, mais on ne le
fait pas avec les normes du travail.
M. Boulet : Moi, je vois ça comme
une opportunité, pour le gouvernement, de se prendre en main. Ce que le gouvernement
assumait, c'était la portion de la cotisation relative à la santé-sécurité,
mais pas celle relative à l'application des normes et de l'équité, l'application
de la
Loi sur les normes et l'application de la
Loi sur l'équité salariale.
C'est simplement cette occasion-là que nous devions saisir dans le contexte et
en tenant compte de l'objet de la réforme.
M. Leduc : ...ça, mon argument. Si
on rouvre la norme puis qu'en plus on a traité de la question des stagiaires,
pourquoi on n'a pas traité la question... le dernier bout qui reste sur les
stagiaires, en normes du travail, dans ce projet de loi là, pendant qu'on le
traite, là?
M. Boulet : Ah! parce que ce n'est vraiment
pas le même objet. Les stagiaires, on aura l'opportunité d'en parler, puis vous
savez comment ça me tient à coeur.
M. Leduc : Oui, bientôt, j'imagine?
M. Boulet : Là, on a des consultations
à faire avec les ordres professionnels, parce que, les stages, il y a un impact
sur ce que nous allons bientôt... Disons que ça me préoccupe beaucoup puis
disons que vous avez déjà partagé avec moi à l'effet que nous... Bien, c'est
ça, on partage la priorité, Alexandre.
M. Leduc : ...avant la fin de la législature,
ça, c'est sûr.
M. Boulet : Ça sera dans les
meilleurs délais possibles, ça, je vous l'assure.
M. Leduc : Bientôt, avant les fêtes,
peut-être?
Boulet : J'ai assez donné
d'éléments de réponse. Mme la
présidente est sur le point de me
couper la parole.
M. Leduc : Bien non, bien non,
franchement.
M. Boulet : Par respect pour la
présidente, je ne pourrai pas répondre.
Leduc : Bien sûr,
mais vous conviendrez avec moi que, d'un point de vue technique, on
aurait très bien pu combler l'entièreté du sujet des
stagiaires, et donc incluant la question de la LNT, à travers ce projet de loi
M. Boulet : Ah mon Dieu! Comme je
vous dis, c'est totalement différent. La nature du projet de loi visant la protection des stagiaires, par exemple, si c'est
le titre, implique des consultations qui sont complètement différentes, là.
Là, ça implique surtout les ordres
professionnels, parce que... Puis j'ai fait des comités de consultation qui
impliquent les fédérations étudiantes, l'Union étudiante du Québec, puis
ils sont impliqués dans les rencontres qu'on a avec les ordres professionnels. Ça fait qu'ils savent pas mal notre cheminement.
Puis j'aurais anticipé, n'eût été de la pandémie, à aller de façon plus
diligente, mais, bon, on a encore du temps.
M. Leduc :
Mais vous me rassurez que vous ne leur avez pas dévoilé le contenu du projet de
loi, ni le titre, ni le numéro?
M. Boulet : Jamais, jamais, jamais.
M. Leduc : Il faut faire très
attention à ça, M. le ministre.
M. Boulet : Je ne sais pas à quoi
vous faites référence.
M. Leduc : Il faut faire très
attention à ça...
La Présidente (Mme IsaBelle) : Y
a-t-il d'autres interventions? Oui, député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Je veux juste être sûr de bien comprendre. Pourquoi
on retire de l'exception, finalement, communautés métropolitaines,
municipalités, les sociétés de transport, les commissions scolaires... bien,
ça n'existe plus, là, mais Comité de gestion de la taxe scolaire? En quoi il
faut agir là pour les... via la
Loi sur les normes du travail? J'ai peut-être
échappé un bout, là, mais je ne suis pas sûr de bien comprendre, Mme la Présidente.
M. Boulet : Parce que c'est là
qu'est prévu le paiement pour les normes du travail et l'équité salariale puis c'est donc cet article-là qui devait être
concerné. Parce que, dans notre régime santé-sécurité, dans nos lois, la
cotisation qui y est prévue, le gouvernement assume ses responsabilités
de payer la cotisation.
Ici, le simple but de l'amendement, collègue,
c'est véritablement de dire au gouvernement : Là, on rouvre en
santé-sécurité, puis vous devez assumer aussi les normes du travail et aussi
l'équité salariale, parce que ça fait
partie du même vase communiquant. Comme
vous savez, les trois ont fusionné maintenant, et donc c'est s'assurer que le
gouvernement et les entités sous son chapeau assument la totalité de la
cotisation. Ça fait que c'est vraiment le seul but visé par cet article.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Attendez. Avez-vous terminé, député de Jonquière?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Non?
D'accord.
Gaudreault : Pourquoi, à ce moment-là... parce que vous en retirez
beaucoup, là, aussi, les établissements d'enseignement, une garderie, comités paritaires, l'Agence du revenu,
mais vous gardez les fabriques, une corporation de syndics pour la construction d'église, une institution religieuse. Le
8°, là, je comprends, une institution ou organisme de bienfaisance, mais les fabriques, les
corporations de syndics pour la construction d'église, une institution
religieuse, pourquoi on les garde, eux autres?
M. Boulet :
Ah! bien, écoutez, puis... Bien, comme vous savez, dans des lois de cette
nature-là, les organismes qu'on appelle caritatifs sont exemptés. Puis
ce ne sont que ces organismes-là qui sont exemptés, donc qui continuent de
bénéficier de l'exemption du paiement de la cotisation.
M. Gaudreault : Ça suit la logique
des exemptions de taxes, par exemple, au niveau municipal.
M. Boulet : Oui, absolument.
Absolument.
M. Gaudreault : En tout cas, il y
a... ce n'est peut-être pas la place, là, mais il y aurait toute une réflexion
à faire, éventuellement, en ce qui concerne les corporations religieuses, là,
puis les institutions religieuses. Je comprends qu'on ne fera pas le débat ici,
là, mais, un jour, si on le fait via les lois fiscales, par exemple, bien, il
faudra l'inclure aussi, en tout cas. Voilà.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
...alors, la parole est au député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Merci, Mme la
Présidente, mais la question que j'avais vient d'être répondue. C'était
justement la même chose, sur les... donc, maintien des organismes de
bienfaisance et les églises. La réponse a été donnée. Voilà. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) : C'est
bien, merci. Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Est-ce que, sur le
fond, d'exempter une institution religieuse, une fabrique, selon le ministre,
respecte le concept de laïcité?
M. Boulet : Respecte le concept
de...
M. Boulet : Oui, tout à fait.
Il n'y a pas d'incompatibilité puis il n'y a pas de violation, à ma
connaissance, de quelque
article que ce soit de la
Loi sur la laïcité.
M. Leduc : Je ne référais pas nécessairement
à la loi... projet de loi n° 21, là. Je pense, c'est ça que vous voulez
dire. Je référais plus au concept de laïcité.
M. Boulet : Ça ne m'apparaît
pas incompatible avec ce principe-là. Puis là on pourrait faire des débats
philosophiques, là, mais, à ce stade-ci, je vais limiter mes commentaires à ce
que je viens de mentionner. Et je comprends l'opinion que vous avez ainsi que
celle du collègue de Jonquière. Ça pourrait faire l'objet d'un autre débat,
mais auquel, évidemment, notre forum ne se prête pas, mais on pourrait en
reparler entre nous.
M. Leduc : Je vais prendre une
légère suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 49)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous avons reçu un amendement de la part du député
d'Hochelaga-Maisonneuve. Je vous invite à le lire et à l'expliquer.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Ça va comme suit :
L'article 231
du projet de loi est modifié par le remplacement de «1° à 5° et 10° à 16°.» par
«1° à 7° et 9° à 16°.»
En d'autres mots, Mme la Présidente, dans la
liste, dans l'énumération existante de l'article 39.0.1 de la loi, de la
LNT, la Loi des normes du travail, dont on soustrait plusieurs éléments, là,
dans l'article 231 du projet de loi, nous,
on rajoute, dans le fond, trois éléments qui devront être également soustraits,
c'est-à-dire le numéro 6°, la fabrique; le numéro 7°, une corporation de
syndics pour la construction d'église; et le numéro 9°, une institution
religieuse. En d'autres mots, on conserve le numéro 8°, là, «une institution ou
organisme de bienfaisance dont l'objet est de venir en aide gratuitement et
directement à des personnes physiques et dans le besoin» et ce que l'article
prévoyait déjà de conserver, le numéro 17°, «un organisme international gouvernemental
dont le siège est au Québec».
Ce qui motive mon intervention ici, Mme la
Présidente... puis je réponds d'emblée à des objections que me soulèvera le
ministre, là. Est-ce que c'est le bon forum? Est-ce qu'on peut faire ça dans
une loi puis pas dans d'autres? Est-ce que ça respecte la cohérence du corpus
législatif? Je suis bien conscient de tout ça. Mais, pour une législature qui a
eu comme projet de loi, en tout début de législature, un projet de loi aussi,
je dirais, controversé, aussi... puis même,
en quelque sorte, aussi important, ce n'est pas un problème de le dire, qu'est
le projet de loi n° 21, il me semble qu'il faudrait être
cohérents.
Et j'ai posé la question tantôt au ministre :
Est-ce qu'il est d'accord avec le fait de maintenir... parce que c'est ça qu'on s'apprête à faire en votant son article,
de maintenir l'exemption de la cotisation de la
Loi sur les normes du travail, les trois éléments que j'ai
mentionnés, soit la fabrique, les syndics, la corporation de syndics pour la
construction d'église et l'institution religieuse. Et c'est vraiment l'angle
mort de tout le débat sur la laïcité que nous avons
au Québec depuis des années, qui a été particulièrement virulent dans le début de cette législature, qui l'est encore
aujourd'hui dans le cadre des échanges au salon bleu. Nous étions, tous et
toutes, présents hier alentour du débat qui était,
je trouvais, intéressant, en
tout cas, à savoir : Qui fait
partie de la nation québécoise? Peut-on être contre la loi n° 21 et être entièrement
partie prenante de la nation québécoise, aux yeux du premier ministre, en tout cas? C'est un débat qui est important. C'est un débat qui parle de cohésion. C'est un débat qui parle
d'inclusion. Qui fait
partie de cette nation? Comment on respecte la
diversité d'opinions? Comment on respecte la pluralité d'opinions?
Et donc, si
on revient sur le fond, l'idée d'exempter ces trois organisations là, ces trois types d'organisation là, me
paraît étrange, me paraît non justifiée. Bien sûr qu'il y a
probablement une explication historique, là, que le ministre,
peut-être, pourra nous dévoiler, qui a mené à cet état de
fait. Mais pourquoi, aujourd'hui, alors qu'on recherche, en effet, une laïcité des institutions, et, à
mon avis, pas tellement
la laïcité des individus, mais la laïcité
des institutions,
pourquoi ces institutions... puis c'est écrit tel quel, une institution
religieuse, par exemple, elle peut être exemptée de payer une cotisation à la Loi des normes du travail.
N'est-elle pas potentiellement un employeur, comme bien d'autres institutions?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. M. le ministre.
M. Boulet : Bien, j'ai bien écouté
puis je comprends, je respecte les propos du collègue, mais je n'ai pas de commentaire
à formuler.
Présidente (Mme IsaBelle) : D'accord. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement déposé par le député
d'Hochelaga-Maisonneuve?
M. Leduc : Peut-être
que je peux virer la question à l'envers, alors. N'aurait-il pas été pertinent,
dans le cadre du projet de loi n° 21 ou d'un éventuel nouveau
projet de loi qu'il faudra peut-être déposer, si le projet de loi n° 21 ne
respecte pas une décision de la cour... On sait que c'est en cour aussi, je
pense qu'on est rendus à la Cour d'appel, si je ne me trompe pas. Il va falloir
peut-être potentiellement répondre à une décision de la cour et revoir le
projet de loi n° 21, le modifier en conséquence du jugement. Est-ce qu'il
n'y a pas là un manquement qu'on a échappé, qu'on a oublié lors des grands débats
que nous avons eus de société, mais qui... le débat alentour du projet de loi
n° 21, en début de législature, à
savoir d'inclure au moins ne serait-ce que la réflexion à l'intérieur de ce
projet de loi là alentour des institutions religieuses et de leur exemption
de taxes, par exemple, mais aussi, donc, de cotisations en matière de normes du
travail et d'autres lois?
M. Boulet :
Je peux certainement rementionner que ce n'est pas le forum adéquat pour faire
une discussion de la nature qui est soumise
par le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Tu sais, c'est une exemption qui est
historique. On le sait. Ils sont exemptés en matière de fiscalité
municipale, comme le mentionnait le collègue de Jonquière.
Le seul but de
l'amendement à l'article 39.0.1 de la
Loi sur les normes du travail, c'est
de s'assurer que le gouvernement provincial et les entités qui relèvent du
gouvernement soient soumis aux mêmes responsabilités en matière de paiement de
cotisation pour les normes et l'équité salariale. Merci.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Y a-t-il d'autres interventions? Oui?
On laisse la parole au député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Merci, Mme la Présidente. Pour vous dire que, moi aussi, je comprends, je
comprends très bien le point de vue du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, mais
je partage le point de vue du ministre. Je ne pense pas que ce soit l'endroit
approprié pour apporter ce changement-là. Merci.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Merci. Député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Le député d'Hochelaga-Maisonneuve a raison sur le fond. C'est troublant de voir
que, dans la grande réforme laïciste du gouvernement à travers la loi
n° 21, il n'y a pas eu une mise à jour totale des autres mesures comme
celle-ci. Moi, j'étais particulièrement au courant des exemptions fiscales
reliées, par exemple, aux corporations religieuses, aux églises dans le domaine
municipal. J'avais moins fait attention, je l'avoue, là, aux cotisations en
vertu de la
Loi sur les normes du travail. Je ne veux pas retomber dans le
débat qu'il y a eu hier, à la période de
questions, mais on est dans un résidu de l'époque de Duplessis, où on donnait
des exemptions aux églises...
et quelles qu'elles soient, là. On sait qu'au Québec, c'est essentiellement catholique,
là, mais ça couvre également les églises protestantes ou les autres
institutions religieuses. Donc, tu sais, on est laïques ou on ne l'est pas.
Bon, moi, je pense qu'il faut effectivement modifier ça.
Mais là où j'ai une
réserve, c'est qu'au-delà des religions, au-delà des appartenances religieuses,
il reste que les bâtiments religieux font
partie du patrimoine immobilier
historique du Québec. Les exemptions fiscales, notamment sur le plan des lois
sur la fiscalité municipale, par exemple, permettent aux fabriques religieuses,
aux corporations religieuses, aux institutions religieuses de pouvoir avoir un
petit peu plus de revenus, permettant ainsi d'entretenir un patrimoine
historique.
Au-delà de
l'appartenance religieuse, même si on ne va plus à la messe, on trouve beau
d'avoir une église à côté de chez soi parce qu'elle fait
partie du paysage,
puis il s'est passé tant d'événements marquants dans une vie, que ça soit des
mariages, des funérailles, etc., dans ce bâtiment. Ça fait
partie de notre patrimoine.
Donc, moi, je plaide
pour une vaste réforme de toute la fiscalité qui concerne ce résidu duplessiste
d'avantages accordés à des corporations religieuses pour trouver une formule
pour garantir que ces exemptions fiscales puissent servir à de la préservation
de patrimoine historique qui appartient à l'ensemble de la collectivité. Moi,
c'est ça, puis je trouve que le gouvernement, que ce soit à travers la loi n° 21,
que ce soit à travers la loi, puis là j'oublie le numéro, de notre collègue à
la culture sur le...
M. Boulet :
...religieux, là, oui.
M. Boulet :
Il me semble que c'est 67.
Gaudreault : Bien, sur le patrimoine, pas juste religieux, là, mais
sur le patrimoine, en tout cas, la loi, la réforme, la vaste réforme sur la
préservation du patrimoine, c'est là qu'on aurait dû faire ça. Puis, dans les
omnibus municipaux qui sont présentés par la ministre des Affaires municipales,
il y en a à chaque année, des omnibus municipaux, c'est là qu'on devrait faire
ça pour revoir comment on peut dépoussiérer ce résidu duplessiste, pour faire en sorte que ça devienne un effet de levier
fiscal pour réinvestir dans la préservation des bâtiments patrimoniaux
historiques. C'est ça, le vrai débat.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : ...avec notre amendement actuel?
M. Gaudreault : Ah! je suis hyper
dedans. Je...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Vous êtes encore hyper dedans, là, hein?
M. Gaudreault : Oui, oui. Je n'ai jamais été aussi pertinent que
ça par rapport à un amendement. Donc, c'est là qu'il est, le débat. Ça
fait que, je veux dire, moi, je salue, là, l'initiative du député
d'Hochelaga-Maisonneuve, puis il a raison, mais je veux exprimer que le débat
est beaucoup plus large.
Ça fait que, là, on est comme une patte dans les
airs, là, tu sais, ou en équilibre sur un fil. Tout ça pour expliquer que je vais être obligé de m'abstenir
pour les raisons que je viens d'évoquer, parce que je ne pense pas que ce
débat que je soulève doit se faire ici, mais
néanmoins je suis d'accord avec l'objectif du député. Ça fait que, là, c'est
ça, ça va être ça. Fin de l'histoire.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Merci. Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Bien, je remercie le député de Jonquière, là, de me donner une petite passe sur la palette sur le fond. Moi, je
suis en effet bien conscient que ce n'est pas le meilleur forum pour le faire.
Je n'avais d'ailleurs pas préparé un
amendement en ce sens d'avance. C'est comme... en plus, je le disais
précédemment, ce n'était pas vraiment l'objet de la loi, je trouve, de
venir jouer dans les cotisations de la Loi des normes du travail.
Cela étant dit, je ne peux pas me permettre de
voir passer un amendement, là, où on va renouveler, politiquement... on prend
une décision ici, là, aujourd'hui, de renouveler cette exemption, là, de taxes,
là... pardon, cette exemption de cotisations à la LNT. Moi, je ne peux pas me
permettre de la laisser passer sans intervenir, cette décision de renouveler
cette exemption-là, de la refaire nôtre aujourd'hui, en 2021. Ce n'est pas
comme si elle était là puis, bon, on ne sait pas trop quoi en faire. Là, on lui
redonne une légitimité aujourd'hui, et ça, je ne peux pas permettre de laisser
ça passer. Je trouve qu'il y a là une forme d'hypocrisie alentour du concept de
laïcité, où on décide que certains individus, parce qu'ils portent un signe
religieux, n'ont pas le droit d'occuper certains emplois, ce qui, à mon sens et
au sens de beaucoup de personnes, forme en effet une discrimination au sens de
la charte, mais, d'un autre côté, des institutions qui, parfois, nagent dans
beaucoup d'argent, qui ont bénéficié de beaucoup de dons à travers les
décennies pour bâtir des institutions religieuses, bâtir des bâtiments, du
patrimoine religieux, bien, eux, ils ont droit encore, aujourd'hui... on
renouvelle la permission d'être exemptés de la cotisation. Ça m'apparaît d'une
hypocrisie, là, qui mérite d'être soulignée.
Je suis totalement d'accord avec mon collègue de
Jonquière que le patrimoine religieux doit être une préoccupation. Je suis
totalement d'accord qu'il doit y avoir un plan alentour de ce patrimoine, là.
Je sais que, dans plusieurs endroits, c'est le cas dans mon quartier, il y a
des églises à vendre, des églises à vendre qui doivent être le plus possible,
en tout cas, c'est mon souhait, vendues dans le cadre d'une occupation
communautaire, dans le sens d'une utilité communautaire, pas juste pour faire
des condos. Remarque que ce n'est pas une mauvaise chose de faire de l'habitation en soi, mais j'aime bien quand un
bâtiment qui a été construit souvent avec de l'argent de la communauté
serve encore plus à la communauté une fois qu'il soit désacralisé.
Cela étant dit, je pense qu'on peut très bien
avoir ça en tête. On peut très bien espérer qu'un débat plus complet sur la laïcité
soit fait dans les prochaines années et qu'on arrive avec une vraie loi, une
vraie réforme qui traite de la laïcité
dans son ensemble, c'est-à-dire avec la question des institutions religieuses, et non qui se concentre, à
mon avis, de manière discriminatoire sur certains individus. Merci, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement déposé par le député
d'Hochelaga-Maisonneuve? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à mise aux voix.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Mme Dansereau :
Contre.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : M. Leitão
(Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
M. Gaudreault : Abstention.
Le Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'amendement déposé à l'article 231 est rejeté.
Nous poursuivons avec l'article 231. Y
a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Mme Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : M. Leitão
(Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
M. Gaudreault : Abstention.
Le Secrétaire : Et Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'article 231 est adopté.
Nous poursuivons, M. le ministre... Oui?
M. Boulet : Avec votre
permission, une petite suspension, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 20)
La Présidente (Mme IsaBelle) : Alors,
nous venons de recevoir un amendement de la part du ministre pour une
section
qui s'appelle Télétravail. Alors, je vous invite à lire l'amendement, M. le
ministre, à l'article 129.1.
Boulet : Merci. Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 5, du suivant :
«5.1.
Sous réserve de toute disposition inconciliable, notamment eu égard au lieu de
travail, les dispositions de la présente loi s'appliquent au travailleur
qui exécute du télétravail et à son employeur.»
Explication. Bien, ça
vise à indiquer explicitement dans la loi que ça s'applique au télétravailleur,
donc, qui exécute le travail à l'extérieur du lieu habituel, sous réserve, là,
des dispositions qui ne seraient pas conciliables.
J'en profite pour
faire un petit peu d'historique sur le télétravail. Quand, au début de la
pandémie, on voyait qu'il y avait une augmentation considérable du télétravail, puis souvenez-vous, la Santé publique, puis moi,
j'étais dans... les collègues,
avec d'autres collègues, on recommandait le télétravail. J'avais
demandé au Comité consultatif du
travail et de la main-d'oeuvre de faire un comité de vigie, donc à des leaders
syndicaux puis patronaux, voir comment ça allait se faire, le télétravail, et me faire des recommandations sur la suite à
donner au télétravail. Puis ils m'ont recommandé notamment... bon, puis
ça, ça faisait l'objet d'un consensus, puis ils m'ont déposé un rapport qui a
été rendu public, d'ailleurs, où ils me suggéraient notamment d'y aller vers la
formule hybride, où ils me disaient : Il faudrait que les employeurs
adoptent des politiques de télétravail pour expliquer les droits et obligations
des télétravailleurs, puis des employeurs,
puis à la CNESST, puis bon... Puis, quant à l'application des lois du travail,
les syndicats puis les patrons, ils m'avaient
dit : Jean, ce n'est rien que le lieu de travail. Ça s'applique, les lois
du travail, au télétravailleur et à son employeur sans qu'il y ait nécessité de le prévoir dans la
loi. Donc, ils sont soumis aux mêmes obligations puis aux mêmes droits.
Sauf que, durant les consultations
particulières... puis il n'y a pas un groupe qui l'a soulevé, sauf Télétravail Québec.
Puis je ne me souviens plus lequel des collègues des partis d'opposition qui m'a
demandé : Il faut que — c'est le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve — Télétravail Québec vienne aux consultations
particulières. Comme vous savez, moi,
je n'avais aucun problème à ce qu'ils viennent, et c'est eux qui nous ont
demandé simplement au moins de prévoir dans la loi que ça s'applique au
télétravail. Donc, ça a été fait simplement comme ça.
Puis, après ça, je me
suis dit... j'ai demandé qu'on analyse ce qu'il y avait dans d'autres lois.
Puis il y avait en Colombie-Britannique
aussi où on encadrait le travail d'inspection parce que... puis ça, ça va être
l'article suivant, là, mais donc il y
a deux articles, un qui reconnaît qu'en santé et sécurité les télétravailleurs
puis les employeurs sont soumis au
même régime, puis après ça, l'article suivant, on va voir l'inspecteur, là,
pour s'assurer, là, qu'il y ait respect, là, de la vie privée, là, des
personnes.
Ça fait que, voilà,
c'est un article... C'est un court article, mais qui en dit beaucoup puis qui a
réconforté beaucoup, là, quand j'ai annoncé
que, dans nos amendements, on allait couvrir aussi le télétravail. Ça a été
salué, puis, bon, les... bien, au CCTM, tout le monde était bien
confortable avec cette inclusion. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Alors, nous allons débuter par le député de
Robert-Baldwin.
Leitão : Merci, Mme la Présidente. Alors, pour exprimer aussi ma
satisfaction devant cet amendement ici... Je me rappelle les consultations et du groupe Télétravail Québec qui
avait proposé de telles mesures. Donc, je salue cette ouverture et je
vais appuyer cet amendement.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Nous poursuivons avec le député
d'Hochelaga-Maisonneuve et ensuite nous irons avec le député de
Jonquière.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. En effet, c'est une bonne nouvelle. C'était une de
mes priorités, la question du télétravail, dans le cadre de cette loi-là... ce
projet de loi là, et j'étais inquiet qu'on tombe encore dans une tentation de
ne pas vouloir se positionner sur le télétravail et laisser, encore une fois,
là, les tribunaux devoir se dépêtrer avec ça. Parce ce qu'on nous présente,
aujourd'hui, là, qui est un bon article, là, c'est l'état actuel des choses, et
évidemment que la loi s'applique, en ce moment, dans un contexte de
télétravail.
Le fait de le
rajouter est une bonne chose, mais ça ne vient pas modifier fondamentalement la
structure ou le droit en ce sens. Peut-être que ça vient encadrer un éventuel
jugement où il y aurait peut-être un employeur, ou potentiellement un salarié,
qui voudrait que ne s'applique pas le télétravail dans son domaine, dans sa
maison. Je ne pense pas qu'il aurait beaucoup de chances de gagner un jugement
en ce sens, mais il pourrait toujours essayer de le plaider, là. Il ne pourrait
même pas... je veux dire, il pourrait bien le plaider, mais ce serait vraiment
une cause perdue, ce serait un peu bête. Alors, c'est très bien.
Moi, j'ai hâte qu'on
parle du suivant, là, qui donne peut-être un aspect plus nouveau, un aspect plus
contemporain à la question du télétravail, parce qu'il y a plein d'enjeux qui
sont reliés au télétravail, puis on va le traiter tantôt, dans l'autre article,
à savoir qui peut venir normer votre environnement de travail. Vous savez qu'au
bureau, lorsque vous êtes sur les lieux de l'employeur, l'employeur est
responsable de votre santé et sécurité et donc il peut modifier à sa guise
votre environnement de travail, vu qu'il en est le responsable, mais, quand on
est en télétravail... Vous êtes chez vous, dans votre cuisine, dans votre
bureau. Est-ce que je peux aller jouer là-dedans? Ça, c'est moins clair. On va
en parler tantôt. L'autre...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, on...
M. Leduc :
Oui, oui, je suis dessus, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oui, parfait.
Leduc : Je suis dessus, il n'y a pas de souci. L'autre enjeu, qui
n'est pas touché par cet amendement-là et qui concerne pourtant
fondamentalement le télétravail, c'est la question des outils de travail, et
c'est peut-être le grand parent pauvre de ce
bloc-là. Qui est responsable de payer, entretenir les outils de travail en
contexte de télétravail? Parce que, là, on dit : «Sous réserve de
toute disposition inconciliable, notamment eu égard au lieu de travail, la loi s'applique». D'accord, mais la plupart des milieux
de travail doivent fournir les outils de travail. Quand on dit «télétravail»,
on parle essentiellement d'un travail de bureau, là, principalement, avec
Internet, un écran, une chaise, un bureau le plus ergonomique possible. Il peut
être convenu, puis ça a été le cas dans le cadre de la pandémie, où, tout d'un
coup, on s'est mis à du télétravail de masse, que l'employeur dise : Bien,
écoute, passe au bureau, prends ta chaise, prends ton... bien, en tout cas, peut-être
pas ton bureau, mais prends ta chaise, prends ton écran, emmène-les chez vous... qui
est probablement un écran de bonne qualité, une chaise de bonne qualité, bon.
la pandémie se prolonge. Bon, elle n'est certainement pas dans la même
intensité qu'au début, mais est-ce qu'on
va continuer à avoir cette pratique-là? Est-ce que les employeurs vont
continuer à fournir une chaise ergonomique, fournir un écran de qualité,
des outils de travail, de télétravail au salarié à leurs frais?
Qu'arrivera-t-il si l'écran se brise?
Qu'arrivera-t-il si la chaise est défectueuse, il faut la remplacer? Si c'était
dans un milieu de travail traditionnel, ce serait d'une évidence qu'une
chaise défectueuse va être remplacée par une nouvelle chaise de l'employeur. Si
on est dans un contexte de télétravail, est-ce que cette nouvelle chaise là,
prêtée, par exemple, va être remplacée? Et, si l'employeur n'a pas fourni de
chaise et que le télétravailleur se blesse ou développe un problème de tunnel
carpien, qui est assez courant dans un
travail de bureau, est-ce qu'il va être forcé de fournir une nouvelle chaise
ergonomique?
Et, là-dessus, on est
dans le flou total. Pas de jurisprudence, ou à peu près pas, pas d'indication
claire dans la loi. Je pense qu'il y a une occasion manquée. À moins que le
ministre me réponde que son article, là, qui est en traitement, en ce moment,
là, à 5.1, c'est le sens qu'il lui donne, c'est le sens qu'un outil prêté par
un employeur dans un contexte de télétravail doit être remplacé s'il est
défectueux, que l'employeur doit fournir l'entièreté des outils de travail, ou,
s'il y a déjà des outils puis qu'ils appartiennent à l'employé, qu'il en
rémunère une partie, qu'il y ait une négociation alentour de ça. Alors,
j'aimerais vraiment beaucoup entendre le ministre, qui, bravo, là, précise,
puis c'est une bonne chose que ça s'applique, mais qu'en est-il des outils de
télétravail?
M. Boulet :
Bon, écoutez, peut-être qu'on va à l'autre
article en même temps. C'est sûr
que, si vous avez... Puis vous avez des gens autour de vous qui pourraient
faire l'inventaire des obligations d'un employeur en matière de matériel,
d'équipement et autre, mais je vais juste attirer votre attention sur un
article qui répond très, très bien à vos besoins puis qui s'applique en
contexte de télétravail.
«51. L'employeur doit
prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé-sécurité et l'intégrité
physique du travailleur.»
inclut donc le télétravailleur. Puis, de façon plus précise, puis là vous lirez
les paragraphes 3°, 7° et 9°, à 3°, on
dit que «l'employeur a l'obligation de s'assurer que l'organisation du travail
soit sécuritaire, de fournir un matériel sécuritaire et d'en assurer le
maintien en bon état». Il doit aussi informer adéquatement le travailleur sur
les risques, aussi, ce n'est pas
parce qu'il est à la maison que tu es
déchargé de ton obligation sur les risques reliés à son travail, lui
assurer la formation, la supervision pour qu'il ait l'habileté et les connaissances
pour accomplir son travail de façon sécuritaire. Donc, ça, je pense, répond
bien à votre question.
obligations de l'employeur s'appliquent en télétravail, mais
je vais vous dire, allez voir 49 aussi, là, 49, il y a des obligations du travailleur de prendre les mesures qui s'imposent pour
assurer que son environnement de travail soit sécuritaire, tu sais.
L'employeur n'ira pas dans la maison de chaque télétravailleur, puis, tu sais,
il y a une réciprocité dans les obligations qui permet de répondre
positivement. Et moi, je suis assez fier, parce que, je l'ai dit d'entrée de
jeu, c'est un petit article, mais qui a une valeur importante dans le contexte
pandémique actuel.
Puis
on le sait que le télétravail est appelé à devenir permanent, moi, je dis, beaucoup
en formule hybride, mais, quand tu es
en formule hybride, les deux jours ou trois jours où tu es à la maison, bien,
les mêmes obligations s'appliquent. Ça fait que, si vous faisiez l'inventaire de tout ce qui n'est pas
inconciliable, de toutes les obligations, et de l'employeur, et du travailleur, ça
s'applique en contexte de télétravail. Et ça sera ma déclaration générale, là.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait.
Leduc : Donc, pour reprendre
ma question — j'aime
ce que j'entends, je veux juste vous amener au bout de la logique, avec des exemples concrets — si
je suis dans un contexte de télétravail, en vertu de ce que vous venez de
m'indiquer, là, l'article 51, 7° paragraphe, l'employeur doit me fournir
mes outils de travail, ce qui inclut une chaise ergonomique, un écran de
travail, un ordinateur?
M. Boulet :
Écoutez, s'il l'a déjà, ce qui est important, c'est que l'employeur s'assure
que l'environnement de travail soit sécuritaire, tu sais. C'est sûr qu'il ne
dira pas à chaque télétravailleur : Je vais t'apporter telle chaise ou telle... mais ce qui est important,
c'est qu'il s'assure que l'organisation de travail soit sécuritaire. Puis il a une obligation
de lui fournir du matériel sécuritaire, donc, si c'est une chaise ou le
maintien en bon état... Il l'informe des risques, etc., là, mais ça va vraiment être du cas par cas,
là, mais je ne veux pas non m'immiscer dans chacun des cas, qui peuvent être
vraiment circonstanciels, là. Ça peut varier d'un cas à l'autre, là.
M. Leduc :
...circonstanciels, il y en a eu des tonnes, il y en aura des tonnes. On
s'entend là-dessus.
M. Boulet :
Bien oui. Bien oui.
Leduc : Moi, je cherche quand même une explication générale. Comme
vous l'avez dit tantôt, ce qu'on s'attend,
donc, avec 119.7 qui était déjà l'état actuel des choses... si vous êtes dans
une entreprise, on doit vous fournir vos
outils de travail, ce qui, dans le cas d'un travail de bureau, inclut
évidemment une chaise, un écran, un ordinateur, un bureau.
Je comprends donc, en
effet, que ça se peut qu'il y ait des gens qui possèdent déjà une chaise à la
maison, qui possèdent déjà un ordinateur à la maison, qu'ils puissent continuer
à l'utiliser, ça... Il y a d'autres enjeux, à savoir qui paie pour l'usure de
ces instruments-là, mais c'est un dossier qu'on pourrait aborder après, là,
mais je veux vraiment clarifier, d'abord,
que, si je ne possède pas, à la maison, de chaise ergonomique, par exemple, de
chaise de travail, et que, là, j'obtiens un emploi ou que j'ai déjà un
emploi qui est en télétravail, pour vous, c'est une évidence que, si je ne possède pas cet outil-là, particulier, par
exemple, la chaise ergonomique, qu'elle doit m'être fournie par mon employeur.
M. Boulet :
C'est très, très, très hypothétique, là. Je n'aime... surtout pas en étude
détaillée, embarquer dans des hypothèses, parce que je ne veux pas non plus
imposer des orientations. C'est vraiment des cas spécifiques, mais il doit
s'assurer qu'il y ait une organisation de travail sécuritaire puis il doit lui
fournir du matériel sécuritaire. Ça fait que
je pense que vous avez votre réponse avec la question... avec la réponse que je
donne, même si elle est énoncée dans les
termes généraux. Quand il y a une obligation de fournir du matériel
sécuritaire, je ne sais pas, mais le mot «matériel sécuritaire» est très
large.
M. Leduc :
Moi, ce qui m'inquiète, là, Mme la Présidente, c'est que... ce qu'on a connu
comme vague de télétravail, là, des cas puis
des cas, là, de gens qui n'avaient pas d'installation à la hauteur des
standards de santé et sécurité d'un
travail de bureau, qui ont passé la pandémie à faire du télétravail sur le bout
de la table à dîner, sur une chaise fixe, avec le dos courbé, les
poignets accotés sur la table, les tunnels carpiens dans le tapis.
Est-ce que ça, ça va
pouvoir être considéré par un employeur, qui, craignant une explosion des
coûts, va pouvoir dire : Oui, oui,
c'est sécuritaire? Ce que je crains, c'est que, si on n'est pas explicite par
rapport à la fourniture des
instruments de travail de la même qualité que ceux qui devraient être fournis
dans le cadre de la bâtisse de l'employeur, on risque d'assister à un
nouveau type de pandémie, qui est celle des maladies du télétravail.
M. Boulet :
Mais, encore une fois, ce n'est pas l'employeur qui détermine. Il a
l'obligation d'assurer un environnement et du matériel sécuritaire. À défaut,
l'inspecteur va venir, on va le voir à l'article suivant. Et on ne change rien pour le télétravailleur, on ne lui
donne pas plus de droits, on ne lui impose pas plus d'obligations puis on ne
lui donne pas moins de droits. C'est ça qu'il est important de reconnaître.
C'est un
article qui
dit : Le télétravail... le télétravailleur et l'employeur sont soumis aux
mêmes droits et aux mêmes obligations. C'est
tout. Le reste, c'est tout le régime de santé et sécurité qui s'applique à eux.
Et l'inspecteur... Si je suis un télétravailleur, puis que ça n'a pas de
bon sens, il va faire venir l'inspecteur, puis l'inspecteur, comme on dit souvent, il peut émettre un avis de correction, il peut
émettre un constat d'infraction puis il peut faire un rapport d'intervention.
Il peut absolument le faire. Pour moi, c'était, de toute façon, implicite
avant, puis, vous l'avez bien expliqué tout à l'heure, maintenant, on le rend explicite. Puis oui, effectivement, vous avez contribué à l'intégration de cet article-là puis... la venue, entre
autres, lors des consultations particulières. Moi, je suis assez fier.
Maintenant, on ne
créera pas un régime à deux vitesses, là, tu sais. Le télétravailleur, il a les
mêmes droits que n'importe quel autre travailleur, indépendamment d'où il se
trouve. Puis tout ce que vous pouvez imaginer... Puis je le dis, là, on
pourrait faire l'inventaire de tous les droits d'un travailleur, un droit... tu
sais, tous les droits d'un travailleur peuvent être exercés, toutes les
obligations sont aussi imposées. Même affaire pour l'employeur du
télétravailleur. Il n'y a vraiment pas de changement à cet égard-là.
M. Leduc :
On assiste à un moment historique, M. le ministre, où se crée devant nos yeux
une nouvelle culture de travail, qui est la culture du télétravail. Elle
existait déjà, là, cette culture-là, elle n'était pas... elle n'est pas sortie
des nues, là, en mars 2020, mais le fait qu'elle se soit massifiée à un aussi
court espace de temps marque un tournant sans précédent dans cette catégorie de
travail qu'est le télétravail.
On assiste donc à une
nouvelle culture, à des nouvelles pratiques qui, là, sont un peu tatillonnes.
On se demande un peu comment ça va fonctionner, tout le monde se regarde. Vous,
vous arrivez, vous donnez une certaine orientation, que, grosso modo,
j'apprécie, mais, sur la question des outils de travail, je trouve que vous
maintenez malheureusement encore un certain flou, et pas tant un certain flou
sur la loi. Vous êtes explicite, tout s'applique, ce qui est écrit dans la loi
s'applique dans le télétravail. Moi, je trouve que le flou va être total dans
la pratique.
Et on s'est
colletaillés de nombreuses fois dans ce projet de loi là, M. le ministre, vous
et moi, alentour du concept d'effectivité du droit. Et là je trouve qu'il est particulièrement
important, alors qu'une nouvelle culture est en train de s'établir, alors qu'il
y a plusieurs employeurs, notamment
l'État, à premier chef, l'État, qui réfléchissent à comment ils vont appliquer le télétravail pour la suite
des choses, de préciser, d'être particulièrement clair, plus clair, à la limite, que ce qui
était déjà dans la loi, que les outils de travail doivent être fournis aux
employés en télétravail, de la même qualité que ceux qui seraient obligés
d'être fournis dans le cadre d'un travail régulier dans la bâtisse d'un
employeur. Et c'est ces mots-là ou c'est ce concept-là, «de la même qualité que
ceux qu'on devrait fournir dans le cadre d'un établissement de l'employeur», je
trouve que c'est le bout qui manque pour vraiment combler cette intervention de
télétravail que vous désirez faire dans le projet de loi n° 59, M. le
ministre.
Boulet : Bien, écoutez, permettez-moi de n'être pas nécessairement sur
la même longueur d'onde là-dessus, là. Quand
on dit : «Les dispositions de la loi s'appliquent aux travailleurs qui
exécutent du télétravail et à son employeur», c'est... je pense que le régime est complet, les
obligations sont claires, les droits aussi, puis moi... Ce n'est ni plus ni
moins... c'est le même, même régime, puis comme quand ce n'est pas du
télétravail, pour les outils, c'est la même, même dynamique, là. Ça fait que
moi, je n'ai pas d'autre commentaire, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Député... Oui
M. Leduc : Peut-être un dernier. Un
dernier, Mme la Présidente. Le problème, c'est que cette nouvelle culture là, à
laquelle je fais référence, par exemple, la culture de l'hybride, va nécessiter
du nouveau matériel. C'était une chose de dire, pendant la pandémie, où tout le
monde est expulsé du bureau, tout le monde doit rester à la maison : Prenez votre chaise, prenez votre
écran, puis on se revoit dans quelques mois, quand tout ça va s'être calmé.
C'était une chose à laquelle... tout le monde était capable de
comprendre, puis on adhérait, puis on le faisait. Maintenant qu'on bouge vers
un système hybride, où on aura deux ou trois jours à la maison puis deux ou
trois jours au travail, ça va nécessiter, logiquement, que la chaise qu'on
avait ramenée du bureau à la maison, bien, on va la ramener au bureau. Puis on ne la charriera pas à chaque deux,
trois jours entre la maison puis le bureau. En d'autres mots, il va falloir
deux chaises, il va falloir deux écrans pour qu'on soit bien installé au bureau
et bien installé à la maison.
Et c'est là que je suis inquiet, M. le ministre.
Parce que, si, tout d'un coup, dans la formule hybride que l'on souhaite, tout le monde, on implique d'avoir deux
installations, deux... bien, je vais le dire, deux installations de travail, à
la fois au bureau et à la fois à la maison, ça implique des coûts, ça implique
de racheter de nouvelles chaises, racheter de nouveaux écrans. Et c'est
là que j'ai peur que les employeurs, notamment l'État, décident de... ah!
finalement, là, ta petite table de cuisine,
tu peux-tu t'en... tu sais, ta petite chaise, elle est-tu si néfaste que ça? Et
on va, encore une fois, mettre l'odieux de se plaindre sur les épaules
des salariés. C'est le salarié qui, là... merde! je ne peux plus garder ma chaise de bureau puis mon écran de bureau à la
maison, il faut que je les ramène, mais là il faut-tu que je paie moi-même
une nouvelle chaise, il faut-tu que je paie
moi-même un nouvel écran? Vont-ils avoir la capacité, le pouvoir de réclamer
ces outils-là à leurs patrons? Est-ce que ça
va influencer sur leurs décisions de faire du télétravail? Est-ce que ça va
venir jouer sur la politique du télétravail?
Et c'est là que le flou est encore, à mon avis,
total, et que vous avez l'occasion de le clarifier. Et je vous tends la main,
vraiment, pour que vous compreniez ce petit bout là, qui est, par contre,
vraiment important et qui doit être précisé : dans un télétravail,
l'employeur doit fournir des outils aussi sécuritaires et d'aussi bonne qualité
que lorsque c'est du travail dans un établissement.
M. Boulet : Je suis totalement
d'accord. Les obligations d'un employeur se transposent, s'appliquent, même en
mode hybride. Ils s'appliquent tant dans l'environnement de travail habituel
qu'à la maison. Tu sais, le matériel, l'équipement, le bureau, les chaises,
c'est les mêmes, mêmes, mêmes obligations, puis quelqu'un... parce que vous émettez peut-être la crainte aussi qu'un télétravailleur soit
victime de représailles ou de... mais, tu sais, il y a l'article 32
aussi, là, la plainte, si un employeur
t'impose des mesures de représailles en raison de l'exercice d'un droit, par exemple, tu fais venir un inspecteur parce
que tu considères que tu n'as pas du
matériel sécuritaire. Non, tout s'applique, en fait.
Je comprends,
là, mais vous pouvez soulever beaucoup de situations hypothétiques à soumettre éventuellement devant un tribunal, mais moi, à ce jour, le comité
de vigie du CCTM me fait un rapport favorable dans l'opérationnalisation
du télétravail. Étonnamment... puis là je vous vois hocher de la tête, parce
que les employeurs, tu sais... Le changement de culture auquel vous faites
référence... oui, on vit des transformations des façons de travailler, puis la
pandémie les a accélérées. Il y avait à peu près 10, 15 % des gens qui
télétravaillaient avant la pandémie. Durant la pandémie, c'était plus près de 40, 45 %. Je trouve... Tu sais, il y
en a, au départ, surtout des employeurs, qui disaient :
L'efficacité, la productivité... mais, au contraire, vous l'avez vu dans les
sondages, les employeurs ont, à leur grand contentement,
réalisé que le télétravail, ça donnait des bons résultats, autant pour les
travailleurs que pour les employeurs.
Donc, moi, je suis assez confiant. On ne fait
que confirmer, de toute façon, ce que le CCTM m'a dit. Ça s'applique de toute
façon, donc, ici, on le confirme, puis j'en suis bien heureux. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Alors, moi aussi, je salue cet amendement, là, qui est extrêmement
important. Cependant, je constate une faille importante dans le travail qu'on
fait. C'est qu'il n'y a pas de définition, puis je me demande si ce qui nous
aiderait, ça ne serait pas de faire une définition du télétravail. Parce qu'on
est en train de réformer la loi. On est allés... on est retournés, nous autres,
même, voir les amendements ou les modifications
qui ont été faites. À moins que le ministre me démontre le contraire, là, mais nos vérifications démontrent qu'on n'a pas adopté de définition du télétravail. Moi, je pense
que, tant qu'à rouvrir, là, puis c'est tellement un enjeu important,
je pense que... le
député d'Hochelaga-Maisonneuve l'a
bien expliqué, je suis d'accord avec
lui, moi-même, mon petit exemple, là, de député à la maison, à un moment
donné, j'avais mal à la main parce que j'étais mal placé pour travailler avec
mes ordis puis sur une chaise improvisée. Donc, c'est clair qu'il y a beaucoup
de changements du monde du travail, affecté par le télétravail. Alors, moi, je
me demande, là, si le ministre serait ouvert à inclure une définition du
télétravail dans la loi.
M. Boulet : Bon, comme vous
savez... C'est intéressant, comme remarque, mais, en même temps, je ne veux pas
alourdir ce qui n'a pas besoin de l'être. Tu sais, le télétravail, il s'est
bien appliqué au Québec sans qu'on ait eu nécessairement à le définir. Puis,
comme vous savez, ayant la même formation que moi, quand un terme n'est pas défini, on regarde son
sens courant, son sens commun. Et, dans le Robert , on dit simplement
que c'est une activité professionnelle qui est exercée à distance grâce
aux outils de télécommunication, point.
Donc,
je pense que, dans son application, il n'y a
pas eu d'enjeu quant à la définition, puis l'absence de définition, pour moi, n'a aucun impact dans la mesure où on
regarde le sens commun. Puis c'est tellement variable, hein? Puis le collègue sait que,
des fois, le télétravail, ce n'est pas à la maison, ça peut être dans un
endroit autre. Ça peut être dans un hôtel,
ça peut être dans un café, ça peut... tu sais. C'est pour ça qu'on
dit, dans son sens commun, c'est l'activité exercée à distance grâce aux
outils de télécommunication.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Y a-t-il d'autres interventions? Oui, député de
Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Bien, moi, en tout respect pour le ministre, là, je vais le relancer avec
la définition de la CNESST sur son site. Alors, télétravail : «Le
télétravail est une forme d'organisation du travail selon laquelle les
travailleuses et travailleurs effectuent une
partie ou la totalité des tâches
qu'ils réalisent habituellement dans les locaux
de l'employeur dans un lieu de télétravail, notamment en utilisant les
technologies de l'information. Le télétravail peut être occasionnel ou
régulier, à temps partiel ou à temps plein, à la maison ou dans tout autre lieu
de travail désigné. Le contexte du télétravail
ne modifie pas les droits et obligations des employeurs et des travailleuses et
travailleurs. Les lois du travail
s'appliquent en tout temps, de même que les conventions collectives existantes.
Les règles et bonnes pratiques en matière de santé et de sécurité du
travail s'appliquent au télétravail.» C'est sur la page de la CNESST. C'est
quand même assez exceptionnel.
M. Boulet :
Non. Mais non, mais c'est moi qui...
M. Gaudreault :
Ça fait que moi, ce que j'aimerais, Mme la Présidente, puis le temps file...
M. Boulet :
Non, mais c'est exactement ce que le CCTM nous avait demandé, puis moi, suite
au rapport, j'avais demandé à la CNESST de faire un outil d'information
pédagogique pour permettre aux milieux de travail de comprendre c'est quoi, le
télétravail, puis de rassurer les gens que les lois du travail s'appliquaient.
Ça fait que c'est une définition élargie puis c'est une pédagogie qui permet
aux télétravailleurs et aux employeurs des télétravailleurs de comprendre ce que
nous faisons par l'article que nous adoptons.
M. Gaudreault :
Oui, mais je suis entièrement d'accord avec la pédagogie, mais moi, je suis ici
pour faire de la législation puis, je veux dire, je trouve cette définition sur
le site de la CNESST extrêmement pertinente. Mais moi, je suis là pour faire de
la législation, puis on fait de la législation pour le futur.
Ça fait que moi, je
proposerais, puis là le temps file, mais qu'on l'inclue, cette définition du
télétravail, dans la loi. Alors, c'est ma proposition. On aurait un amendement,
éventuellement, à déposer là-dessus, parce que moi, je suis d'accord avec le
ministre, je suis d'accord avec le député, ce n'est pas rien, ce qu'on est en
train de faire. Ce qu'on a vécu puis ce
qu'on est en train de vivre, en termes de télétravail, ça va influencer
longtemps le droit du travail. Le droit du travail sera modifié en
lui-même par le télétravail.
Et je pense que, tant
qu'à rouvrir la loi, comme je l'ai dit à un moment donné, pour tenir compte des
risques climatiques, bien là, le
télétravail, il faut qu'on en tienne compte aussi, parce que ça a pris
40 ans avant qu'on rouvre la loi actuelle. Alors, moi... C'est sûr que,
dans 40 ans, il va y avoir encore du télétravail. J'espère qu'on
n'attendra pas 40 ans pour la rouvrir. Alors, moi, avec votre permission,
Mme la Présidente, avec le temps qu'il nous reste, on pourrait suspendre
quelques minutes, le temps de vous acheminer un amendement qui va
essentiellement reprendre la définition de télétravail.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : ...sous-amendement.
M. Gaudreault :
Oui, un sous-amendement.
Présidente (Mme IsaBelle) : Un sous-amendement. Est-ce que, le
député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous travaillez aussi dans ce sens-là,
pour déposer un sous-amendement, ou pas du tout?
M. Leduc :
J'avais une autre série de questions sur un autre sujet, mais...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, pendant qu'ils travaillent leur
sous-amendement, voulez-vous poser cette question-là?
M. Gaudreault :
On télétravaille notre sous-amendement.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui. Allez-y.
M. Leduc :
M. le ministre nous disait tantôt, puis je pense qu'il avait raison, qu'en
effet, nonobstant ce qui est devant nous,
là, l'article à l'étude, la loi s'applique déjà. C'était le constat que tout le
monde faisait, que la plupart des analyses juridiques que j'avais lues
aussi, à l'époque, faisaient.
Par contre, le libellé
qu'il nous propose, en particulier la première section, semble aller peut-être
dans un autre sens ou, du moins, venir faire autre chose que simplement
l'application de la loi. Il dit : «Sous réserve de toute disposition
inconciliable, notamment eu égard au lieu de travail.» Quand on dit que la loi
s'applique telle quelle, en ce moment, c'est
tout, mais là on dit : La loi s'applique, mais sous réserve de toute
disposition inconciliable, notamment eu égard au lieu de travail. Qu'est-ce
que ça veut dire? Qu'est-ce que ça implique?
M. Boulet : Par exemple, bien, il y
avait 62, où l'employeur, bon, doit informer la commission par... tu sais, puis
là c'est des exemples, hein, parce que, tu sais, quand on dit «sous réserve
d'une disposition inconciliable», ça peut être du cas par cas, mais ici,
l'employeur doit informer la commission par le moyen de communication le
plus rapide, dans les 24 heures, lui faire un rapport sur la forme de tout
événement, entraînement... bon, les lieux doivent demeurer inchangés pour le
temps de l'enquête de l'inspecteur, sauf pour empêcher une aggravation des
effets de l'événement ou si l'inspecteur autorise un changement.
L'incompatibilité, c'est peut-être que ça serait pratiquement impossible pour
l'employeur de s'assurer que les lieux demeurent inchangés, puisqu'il n'a pas
d'autorité sur le domicile du travailleur. Donc, ça, il y aurait une atteinte
potentielle au droit à la vie privée.
Il y a l'article 180, où l'inspecteur peut,
là, en outre des pouvoirs généraux, bon... Je vais vous lire seulement les
incompatibilités, là. L'employeur ne pourra pas fournir à l'inspecteur les
plans du domicile du travailleur, alors qu'il
a à fournir des plans d'environnement de travail. Les plans du domicile du
travailleur, il pourrait avoir des difficultés, eu égard à l'aménagement, tout comme exiger une attestation de solidité
du domicile, alors qu'il pourrait avoir à fournir des attestations de
solidité d'un environnement de travail. Dans certains cas, le travailleur qui
est locataire ne détient pas non plus des plans ou un certificat de
détermination des paramètres de son loyer. Puis, sans le consentement du travailleur, sous réserve de l'article qu'on va
adopter par la suite, il ne serait pas possible pour l'inspecteur de prélever
des échantillons, de prendre des photos, des
enregistrements, d'installer des appareils de mesure, de se faire accompagner
par une personne de son choix dans le domicile du travailleur.
Mais
évidemment, on va le voir à l'autre, sous réserve du consentement, là,
évidemment, là, sous réserve de 179.1, il y a le consentement puis il y
a : sauf si l'inspecteur est muni d'un ordre de la cour, qu'il a
compétence dans la ville pour accorder une ordonnance, là, aux conditions
émises par la cour, là... ou, évidemment, l'autre point, mais là on est
beaucoup dans l'autre article, si on a des motifs raisonnables de croire que le
télétravailleur est sur un lieu ou à proximité d'un lieu qui l'expose à un
danger, qui met en péril sa vie et sa santé. Bon, vous l'avez lu, là, mais il y
a quelques dispositions inconciliables, là... en fait, qui seraient
inconciliables avec la vie privée.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, M. le ministre.
Alors, compte
tenu de l'heure, nous suspendons les travaux jusqu'à 14 heures. Alors, bon
appétit, tout le monde. Bon dîner et à tantôt.
(Suspension de la séance à 13 h 01)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, bonjour. La Commission de l'économie et du travail reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 59, Loi modernisant le régime de santé et de sécurité
du travail.
Lors de notre
suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous en étions à l'étude de l'amendement
introduisant le nouvel
article 129.1, un amendement du ministre. Et je crois que le... nous avons reçu un
sous-amendement de la part du député de Jonquière, mais je veux savoir
si, à cette étape-ci, nous avons le consentement pour accepter la participation
du député de René-Lévesque en remplacement de la députée de Duplessis.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Nous
avons notre consentement. Parfait. Alors, à vous la parole, député de
René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, merci de me permettre de vous... joindre à vous. C'est le
collègue de Jonquière qui a proposé de déposer le sous-amendement, là, et je
pense qu'il avait, dans cette commission, plaidé la pertinence et surtout l'importance
d'y insérer cette définition pour le télétravail. Donc, je ne veux pas
recontinuer à plaider, je pense que je dois lire l'amendement. Et, si vous êtes
d'accord, membres de la commission, j'aimerais peut-être avoir un court
feed-back du ministre du Travail à ce sujet-là, et, par la suite, on
pourrait procéder au vote, si vous êtes d'accord, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Tout
à fait. Alors, à vous la parole.
M. Ouellet : Merci. Donc, il a
été transmis sur le Greffier. Donc, je le lis : Modifier
l'article 5.1, introduit par l'article 129.1, en insérant, après le
premier alinéa, l'alinéa suivant :
«Le télétravail est une forme d'organisation du travail selon laquelle les travailleuses
et travailleurs effectuent une
partie
ou la totalité des tâches, qu'ils réalisent habituellement dans les locaux de
l'employeur, dans un lieu de télétravail, notamment en utilisant des
technologies de l'information.
«Le télétravail peut
être occasionnel ou régulier, à temps partiel ou à temps plein, à la maison ou
dans tout autre lieu de travail désigné.
«Le contexte du
télétravail ne modifie pas les droits et obligations des employeurs et des
travailleuses et travailleurs. Les lois du travail s'appliquent en tout temps,
de même que les conventions collectives existantes. Les règles et bonnes
pratiques en matière de santé et de sécurité du travail s'appliquent en
télétravail.»
Et je crois, si je ne
me trompe pas, que cette définition-là, elle est issue de la définition de la
CSST. Merci... de la CNESS, pardon.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : La CNESST. La parole est donc à M. le ministre.
M. Boulet :
Oui, merci. Bienvenue, collègue de René-Lévesque, content de vous revoir.
Simplement vous mentionner que je comprenais la volonté du collègue de
Jonquière de préciser, mais ça ne m'apparaît pas nécessaire de tout définir.
Puis le télétravail, si on se fie à son sens commun, tel que défini dans les
dictionnaires, c'est une activité professionnelle à distance en utilisant des
moyens de télécommunication. C'est Le petit Robert que j'ai lu ce matin,
alors que la définition qui apparaît dans un guide de la CNESST, qui a été
suggérée à notre demande. C'est un outil
pédagogique pour bien faire comprendre que c'est assez large. Donc, une
définition ne m'apparaît pas nécessaire, pas utile non plus.
Puis, on l'a vu dans
la pandémie, depuis le début de la pandémie, il n'y a eu aucun enjeu quant à ce
qu'est le télétravail. Je pense que les
parties... Puis j'ai expliqué, ce matin, au collègue de Jonquière qu'on avait
formé un comité de vigie au Comité
consultatif du travail et de la main-d'oeuvre, puis ça s'est déroulé de façon efficace et dans
l'harmonie.
Puis on a demandé, évidemment,
aux employeurs, de faire des politiques de télétravail. Puis évidemment, dans
ce que vous soumettez, vous dites : «Le télétravail peut être occasionnel
ou régulier, à temps partiel ou à temps plein.» Ça, évidemment, le travail, en
soi, il peut... il a différentes formes. Il peut être occasionnel ou régulier,
il peut être à temps partiel ou à temps plein. Puis on pourrait dire : Il
pourrait être temporaire, il pourrait être à temps partiel occasionnel, il
pourrait à temps partiel régulier. Il y a de tout, hein, vous le savez, hein?
Donc, le statut d'un employé qui travaille ne doit pas, selon moi, apparaître
dans une définition. Puis, dans tout autre lieu de travail désigné... Bien,
c'est ça, je ne m'attarderai pas à chaque point, là, mais le dernier paragraphe,
dans le fond, reprend substantiellement ce que nous avons à 129.1, c'est que la
présente loi s'applique aux travailleurs qui exécutent du télétravail.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Merci. Y a-t-il d'autres interventions
sur le sous-amendement? Oui, député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Oui. Je vais vous poser une question qu'on va se faire poser, probablement,
lorsqu'on va rencontrer les groupes de travailleurs...
ou des travailleurs, peu importe, qui vont nous poser la question : Mais
comment se fait-il que, dans cette grande modernisation des lois sur la
santé et sécurité au travail, vous avez eu l'opportunité de circonscrire, dans
une définition, quelle est la définition commune que les parlementaires se
donnent du télétravail et vous ne l'avez pas fait?
Quelle sera la
réponse que je devrai leur donner, M. le ministre, à savoir que le télétravail,
tel que défini dans le guide, n'est pas défini dans une loi, alors qu'on vit
une période particulière, la pandémie? Puis je pense que tout le monde en est
conscient, mais ça nous a amenés à faire des transformations plus rapides dans
nos milieux de travail, et cette
transformation-là semble, dans certains cas, vouloir rester, à certains niveaux
d'intensité, dans des organisations.
Donc, aidez-moi, M.
le ministre, lorsque je croiserai un représentant de travailleurs ou un
travailleur, pour que je sois capable de lui
donner la réponse : Bien oui, on l'a déposé, mais non, ce n'est pas
nécessaire, puisque, puisque, puisque... Donnez-moi des arguments, parce
qu'à votre première, première, première réponse, je manque un peu de substance
pour convaincre que c'était la bonne chose à faire comme législateur.
M. Boulet :
O.K. Je dirais à monsieur X ou madame Y : Quand on fait une loi,
on ne définit pas un terme, à moins qu'il
soit différent du sens commun. Et le sens commun, tel que les tribunaux
l'expliquent, il est dans le dictionnaire, puis le télétravail, il est bien défini puis il est défini sur une
ligne, là. C'est quelqu'un... c'est des activités professionnelles
faites à distance. Dans le fond, c'est la distance qui fait le télétravail.
Puis le sens commun est beaucoup plus large que la définition, qui est un guide
de la CNESST pour des fins pédagogiques.
Et on ne l'avait pas
mis dans la loi, collègue, au départ, parce que, comme j'ai expliqué ce matin,
j'avais demandé, au début de la pandémie, au comité consultatif travail et
main-d'oeuvre de faire un comité de vigie pour s'assurer que le télétravail...
qu'il m'identife les enjeux puis qu'il me fasse des recommandations. Puis,
parmi les recommandations, ils disaient exactement ce qu'on a demandé, que la
CNESST a mis dans son guide, que ça ne modifie
pas les droits et obligations, que les lois du travail s'appliquent au
télétravail. C'est pour ça que, même au départ, on ne l'avait pas mis
dans le projet de loi n° 59.
Et, à la demande du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve,
on a reçu, en consultation particulière, un groupe qui s'appelle Télétravail Québec. Il n'y a aucun autre groupe qui nous
avait demandé de l'insérer dans la loi, mais eux nous
ont demandé de l'écrire. Puis, je pense, mon argument central, collègue, c'est
de dire : Quand un mot n'a pas une définition différente du sens commun,
on ne se met pas à définir. Merci.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Oui,
député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Non, ça va.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : C'est tout?
M. Ouellet :
Non, c'est correct.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Alors, y a-t-il d'autres interventions
sur le sous-amendement? Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Bien, je voulais simplement dire que je trouve que c'est une bonne idée de la
part du député de Jonquière, puis là, portée par le député de René-Lévesque,
que je salue, d'ailleurs, d'amener cette définition-là dans la loi. Est-ce que
ça peut aller là? Est-ce qu'on pourrait l'amener plus tôt? On pourrait revenir
dans la
section des définitions de la loi. Moi, rendu là, là, si c'est juste
une question d'endroit, je pense que c'est un... il y a toutes sortes
d'accommodements qui sont possibles, mais j'aime toujours mieux quand les
choses sont claires.
Et souvent, dans son projet
de loi, le ministre a tendance à laisser une certaine zone de flou, parfois à
dessein, parfois de manière non volontaire, j'oserais dire. Là, ce qu'on vient
de nous proposer ici, avec l'amendement du Parti
québécois, c'est vraiment d'utiliser une définition très claire pour donner de
la substance, donner le plus possible des outils d'interprétation, si
d'aventure, un ou des aspects du télétravail se retrouvaient devant les
tribunaux. Alors, moi, c'est avec plaisir que je vais souscrire à cet
amendement... ce sous-amendement.
Présidente (Mme IsaBelle) : Sous-amendement, oui. Alors, y a-t-il d'autres interventions au
sous-amendement déposé par le député de René-Lévesque? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Ouellet (René-Lévesque)?
Le Secrétaire :
M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Contre.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Et Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, le sous-amendement déposé à l'article 129.1 est rejeté. Nous revenons donc
à l'amendement introduisant le nouvel
article 129.1. Y a-t-il des
interventions? Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Merci, Mme la Présidente. Avant la pause du dîner, on en était
à avoir un échange, le ministre et moi,
alentour du début de la phrase qu'il nous soumet, là, à 129.1, qui crée un
nouveau 5.1 : «Sous réserve de toute disposition inconciliable,
notamment eu égard au lieu de travail...» Je lui avais posé des questions. Il
avait commencé à nous faire une bonne présentation, à énumérer plusieurs
situations qui semblaient... je ne me rappelle pas de tout ce qu'il a dit, mais qui semblaient être des situations très
pointues, des situations nommément prévues dans la loi ou, en tout cas,
dans un
article de la loi.
N'aurait-il pas été
plus logique de fonctionner de cette manière, à savoir, «sous réserve de», et
le préciser, le numéro des articles qui sont susceptibles de ne pas être applicables?
Parce qu'autrement on laisse beaucoup de portes à de l'interprétation, là.
M. Boulet :
Bien, une loi ne peut pas aller dans le menu détail tout le temps. C'est pour
ça que, quand on fait des représentations devant un organisme indépendant, ou
autres, il y a les faits puis il y a les règles de droit, puis ce qui est le
plus important, c'est généralement les faits. Ça varie véritablement d'une
situation à l'autre. Puis, quand on dit «sous réserve de toute disposition
inconciliable», ça reste à démontrer. Il faut vraiment y aller par du cas par
cas. On ne peut pas dire : sous réserve des articles x, y et z. Il
faudrait faire tout un inventaire de ce qui est conciliable et inconciliable,
on s'embarquerait dans un exercice périlleux, compliqué.
Puis c'est préférable
d'y aller avec un libellé qui est général, qui est constamment utilisé, là,
dans le corpus législatif, là, «sous réserve de toute disposition
inconciliable». Puis c'est un libellé qu'on retrouve souvent dans les
conventions collectives, et jamais on ne m'a mentionné : Ça va être
difficile à interpréter. C'est vraiment, selon moi, du cas par cas, ceci dit
avec respect. Merci, Mme la Présidente.
M. Leduc :
La crainte que j'ai, M. le ministre, c'est que, bon...
M. Boulet :
Ah! je comprends. La crainte de craindre, hein, collègue?
Leduc : Est-ce que c'est une légère critique que vous me faites, M. le
ministre, sur mes nombreuses craintes?
M. Boulet :
Non, non, non. On se connaît trop pour que ça puisse être le cas.
Leduc : Voilà. Je ne suis
pas ici pour vous dire que tout est beau et tout va bien aller, n'est-ce pas? Mon rôle est de voir les insuffisances ou les... peut-être les
angles morts de vos propositions.
Donc, la façon dont
c'est libellé, on dirait qu'on pourrait laisser toute la latitude à l'employeur
de dire que telle ou telle situation :
Ah! moi, je la trouve inconciliable. Nonobstant ce que, vous, vous avez indiqué comme exemple
de situations, un employeur pourrait dire : Ouf! Cette situation-là, je la
trouve inconciliable, et donc je n'applique pas la loi telle quelle et...
M. Boulet :
...ça, véritablement, à l'appréciation des parties. C'est vraiment du cas par
cas, mais c'est sûr qu'en cas de désaccord entre un travailleur puis un
employeur il y a toujours la possibilité de demander l'intervention d'un
inspecteur. Puis il y a toujours la possibilité de s'assurer que l'employeur
respecte ses obligations puis qu'il n'essaie pas... Puis, encore une fois,
c'est une appréhension, moi, qui ne m'apparaît pas plausible. C'est une
hypothèse, il n'y a rien d'impossible.
L'autre cas peut
arriver, là, quelqu'un, un travailleur qui abuse en s'inspirant d'un droit qui
est prévu dans la loi, mais que l'employeur dit : C'est totalement
inconciliable, ou l'inverse. L'inverse peut arriver. Ça fait que je pense que
c'est un libellé qui permet de s'adapter. Je pense que nos lois doivent être suffisamment
claires, mais qu'elles puissent permettre de s'adapter à la réalité factuelle
et circonstancielle de chaque cas.
M. Leduc :
N'étant pas un avocat ou n'ayant pas une formation en droit, c'est sûr que je
n'ai pas la même tendance que vous, que peut-être d'autres juristes, de se dire
qu'au pire ce sera réglé devant un tribunal. J'ai plutôt la tendance inverse,
j'essaie d'imaginer le pire, en quelque sorte, et de faire en sorte qu'on
évite, le plus possible, la judiciarisation. Puis on a eu des longs échanges,
plus tôt, dans ce projet de loi là, sur les enjeux, je devrais dire
positivement, sur les défis du Tribunal administratif du travail. C'est long,
c'est compliqué, les délais sont lourds.
De dire que, s'il y a
des imperfections, les justiciables pourront aller en justice, mobiliser le
droit, moi, ce n'est pas une réponse qui me réconforte, en ce sens que ça ne va
déjà pas superbien, le processus judiciaire, en ce sens qu'il est long, qu'il
est lourd et qu'il n'est pas adaptable... qu'il n'est pas à la portée des
salariés qui sont non syndiqués, par exemple.
Alors, j'aimerais beaucoup
mieux une formulation qui laisserait moins d'espace d'interprétation et donc
moins d'espace de contestation et de judiciarisation que celle que vous nous
proposez aujourd'hui.
M. Boulet :
Bien, moi, je vais le clarifier. Tout s'applique. Tous les droits, toutes les obligations
s'appliquent au télétravailleur et à son
employeur, sauf si c'est inconciliable. C'est une formule, pour moi, qui est
simple, qui est facile à appliquer. Puis, dépendamment des circonstances de
chaque cas d'espèce, on s'assure que les droits et les obligations
soient mis en application.
M. Leduc : Mais on dirait qu'on n'a
pas la... on a un désaccord sur l'ordre des choses. Que tout s'applique, bien sûr,
qu'il y ait des situations inconciliables, bien sûr, mais évidemment
que, si c'était juste écrit : «Les dispositions de la présente loi s'appliquent au travailleur qui exécute
du télétravail ou à son employeur», bien sûr qu'il y aurait quand même, probablement, des situations inconciliables, mais il pourrait mobiliser le droit,
l'employeur qui dirait qu'il fait face à une situation
inconciliable, qui voudrait refuser un élément ou un autre de la LSST en cas de
télétravail. Ce n'est pas parce que c'est écrit que la loi s'applique
qu'il ne pourrait pas utiliser cette disposition-là. De toute façon, c'est ça,
la situation actuelle, on en a déjà convenu tantôt.
Mais là, le fait que vous rajoutiez ça, une
phrase qui est un peu floue, «sous réserve de toute disposition inconciliable, notamment eu égard au lieu de
travail», on dirait que c'est comme si vous donniez... pas une indication, mais,
en tout cas, certainement un feu vert ou une permission à l'idée que : Ah!
mais surtout ne prenez pas ça comme un bloc, vous pouvez jongler un peu avec
ces situations-là, vous pouvez aller fouiner, vous pouvez aller interpréter,
potentiellement, si telle ou telle situation est inconciliable. On dirait que
c'est comme si vous poussiez, en quelque sorte,
les personnes, qu'ils soient les employeurs ou les travailleurs, vers une
situation de refus de différentes dispositions de télétravail.
M. Boulet : Mon Dieu! Comment... Il
faut s'assurer qu'il y ait un arrimage entre le droit dont on demande
l'exécution et les faits qui sont mis en preuve. Donc, on ne peut pas demander
à ce qu'une loi soit appliquée de manière à ce qu'un fait, aussi juste soit-il,
commande l'application d'une règle de droit qui est inconciliable. Je pense que
c'est assez clair, puis la Loi d'interprétation du Québec est dans ce sens-là.
Puis où je partage votre point de vue, c'est qu'indépendamment de l'écriture de
ce texte-là c'eut été la même chose, le même phénomène juridique, le télétravail est couvert. C'est un lieu de travail,
c'est du travail à distance. On prévoit que ça s'applique, que les personnes
qui télétravaillent et les employeurs sont soumis à la loi.
Je pense que tout le monde, d'emblée, a reconnu,
ce matin, qu'on faisait une avancée importante. Qu'on dise «sous réserve
d'une disposition inconciliable», ça facilite l'adoption d'un
article de cette
nature-là, qui a une valeur fondamentale.
M. Leduc : Il y aurait eu
l'opportunité de choisir une autre forme de libellé, parce que, des fois, on
retrouve, dans des projets de loi similaires, le concept d'adaptation
nécessaire. Est-ce que ça, ça n'aurait pas été quelque chose qui rejoindrait,
en partie, votre objectif, sans donner l'impression que c'est le bar ouvert
pour ne pas appliquer la LSST si, d'emblée, on décide qu'on a une application
qui est inconciliable?
M. Boulet : Ce n'est pas de
même nature, là. Tu sais, on dit, dans certains articles : Tu as le droit
de faire telle chose en faisant les adaptations nécessaires. Là, ce n'est pas
le cas du tout. On dit : sauf ce qui est inconciliable, les droits et
obligations prévus dans la loi s'appliquent. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions?
M. Leduc : Peut-être une
dernière, Mme la Présidente. Je vais quand même voter pour l'article, mais j'ai
vraiment un malaise avec le début de la phrase. J'aurais préféré qu'on trouve
une autre façon de l'écrire, mais je ne vois pas nécessairement d'ouverture de
la part du ministre, là. Donc, je ne me partirai pas dans un gros amendement à
l'infini, là. Donc, on peut procéder.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement
introduisant le nouvel
article 129.1.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Mme Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : M. Leitão
(Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'amendement introduisant le
nouvel
article 129.1 est adopté. Nous poursuivons avec un autre
amendement, qui sera affiché très bientôt, que vous avez certainement dans le Greffier déjà, à l'article...
introduisant le nouvel
article 209.1. Est-ce que nous l'avons? Il va être
affiché très bientôt. M. le ministre, est-ce que vous voulez commencer
quand même à le lire?
M. Boulet :
Oui, absolument. Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 179, du suivant :
«179.1.
Un inspecteur ne peut pénétrer dans un lieu où s'exécute du télétravail lorsque
celui-ci est situé dans une maison d'habitation, sans le consentement du
travailleur, sauf si l'inspecteur est muni d'un ordre de la cour lui
autorisant.
«Tout juge de la Cour
du Québec ayant compétence dans la localité où se trouve la maison peut
accorder l'ordonnance, aux conditions qu'il détermine, s'il est convaincu qu'il
existe des motifs raisonnables de croire que le travailleur ou une personne se
trouvant sur un tel lieu ou à proximité est exposé à un danger qui met en péril
sa vie, sa santé, sa sécurité ou son intégrité physique ou psychique.»
Explication. Bon,
évidemment, c'est pour trouver l'équilibre entre le respect du droit à la vie
privée du télétravailleur. Donc, l'inspecteur ne pourra pas, à moins, bien sûr,
qu'il y ait le consentement, sauf si l'inspecteur est muni d'un ordre de la cour... Puis l'ordre de la cour, bien, vous voyez
que ça doit être un juge de la Cour du Québec, là, qui a autorité dans
le lieu du domicile du télétravailleur.
Comme j'ai mentionné
ce matin, on s'est inspiré beaucoup... puis j'en avais déjà parlé au collègue d'Hochelaga-Maisonneuve
qu'on avait un
article fondamental pour le télétravail puis qu'on avait prévu
ça. Parce que vous savez que le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve était un des porteurs, là, de l'insertion, dans
la loi, du télétravail. Alors, voilà, c'est tout, pour prévoir que
l'inspecteur puisse y aller, mais que ce soit bien encadré pour respecter la
vie privée des personnes. Merci.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il donc des interventions? Je pense,
le député d'Hochelaga-Maisonneuve...
M. Leduc :
Oui, merci, Mme la Présidente. Bien, salutations au ministre, parce qu'en
effet, là, c'est quelque chose qu'on avait identifié très, très tôt, puis, je
pense, dans nos premières rencontres suivant le dépôt de votre projet de loi,
j'avais identifié cet enjeu-là.
Puis c'est un ami,
qui est un conseiller syndical, qui avait trouvé une recherche qui faisait
référence qu'en Colombie-Britannique, si je ne me trompe pas, il y avait une
disposition similaire pour, en effet, un peu encadrer la réalité du
télétravail, qui vient entrer en conflit ou, en tout cas, en dialogue avec un
autre droit, qui est celui de la vie privée.
Parce que de vouloir surveiller et adapter votre environnement de travail dans
la bâtisse de votre employeur, c'est une
chose qui va de soi. Dans votre domicile personnel, c'en est une autre. Est-ce
que ça pouvait laisser entendre qu'un employeur puisse aller chez vous à peu
près n'importe quand, dans une heure... un inspecteur, oui, c'est ça. Ce
n'était pas clair. Alors, bien,
voilà. On vient de le préciser un peu. Je trouve, c'est une bonne nouvelle,
puis je remercie le ministre de son ouverture.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement déposé par le ministre introduisant le
nouvel
article 209.1? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : M. Leitão
(Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : M. Ouellet
(René-Lévesque)?
Le Secrétaire : Et Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, le nouvel
article 209.1 est adopté.
Nous allons prendre une légère suspension, s'il
vous plaît.
(Suspension de la séance à 14 h 26)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, attendez, M. le ministre. On doit d'abord demander le consentement. Vous
ne m'aimez pas, là, hein?
M. Boulet : C'est compliqué.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, est-ce que nous avons le consentement pour étudier maintenant la
section 6, Autres propositions... dispositions,
pardon, pour ajouter la concordance psychique? J'ai votre consentement? Parfait. Alors, M. le ministre, vous pouvez y aller avec
l'article 2.
M. Boulet : Oui. Remplacer le paragraphe
3° de l'article 2 du projet de loi par le paragraphe suivant :
3° dans la définition de «emploi
convenable» :
a) par
l'insertion, après «approprié qui», de «, en tenant compte des tâches
essentielles et caractéristiques de ce type d'emploi,»;
b) par l'insertion, après «physique», de «ou
psychique».
Explication. Bon, modification de concordance
avec l'ajout du terme «psychique» à la notion d'intégrité proposé par les amendements,
puis c'est requis afin d'harmoniser l'interprétation puis d'assurer, évidemment,
une application cohérente de ces deux lois d'ordre public. C'est tout.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il
des interventions à l'amendement, tel que proposé, à l'article 2? S'il
n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : M. Leitão
(Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'amendement à l'article 2 est adopté.
Nous poursuivons avec l'amendement à
l'article 18.1. M. le ministre.
M. Boulet : Merci. Insérer, après
l'article 18 du projet de loi, le suivant :
18.1.
L'article 51 de cette loi est modifié par
l'insertion, dans le deuxième alinéa et après «physique», de «ou psychique».
Explication. Bien, ça concorde avec ce que j'ai
dit précédemment. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Merci. Y a-t-il des interventions à l'amendement, tel que lu par le
ministre, à l'article 18.1? Non? Alors, nous allons procéder à la mise aux
voix.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : Et
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'amendement à l'article 18.1 est adopté.
Nous poursuivons, M. le ministre, avec
l'article 42.
M. Boulet : Merci. Insérer, après le
paragraphe 1° de l'article 42 du projet de loi, adopté tel qu'amendé, le
paragraphe suivant :
1.1° par l'insertion, dans le paragraphe 2° du
premier alinéa et après «physique», de «et psychique».
C'est complet, même explication de concordance.
Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Y a-t-il des interventions? Alors, s'il n'y a pas
d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement à l'article 42.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : M. Leitão
(Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : Et Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'amendement à l'article 42 est adopté.
Nous poursuivons. Est-ce que, M. le ministre,
vous me confirmez que nous poursuivons avec le plan initial, c'est-à-dire 6.4,
les corrections, avec, donc, l'article 18?
M. Boulet : Oui, tout à fait. Donc, il
y a peut-être, quoi, une vingtaine d'articles, là. Les 20 prochains, c'est
des corrections. Il y a beaucoup des textes en anglais, là, mais c'est des
corrections, pas des concordances, là. Ça fait que... puis ça nous est
proposé, là, parce que les conseillers à la rédaction législative,
là... pour utiliser les bons termes dans la langue de Shakespeare.
L'article 49 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le texte anglais du troisième alinéa, de «the cessation of
his employment» by «his cessation of employment».
Donc, modification pour améliorer la version
anglaise de la loi. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il des interventions? Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, vous connaissez ma
curiosité sur le processus de rédaction législatif, M. le ministre. Est-ce que ces suggestions-là viennent du fait que ça a
été mal écrit à l'époque ou, suite à une relecture, vu qu'on rouvre la loi, les
légistes de votre ministère vous disent : Ça serait mieux de l'écrire...
maintenant parce que la langue a évolué?
M. Boulet : C'est les légistes de
l'Assemblée nationale qui font ça. C'est des traductions... je ne peux pas les qualifier, là, mais ce n'étaient pas des
traductions correctes, qui sont... C'est pour s'assurer que les traductions
soient plus rigoureuses.
M. Leduc : O.K. Donc, ce n'était pas
quelque chose qui était erroné...
M. Boulet : Non, mais c'était mal
traduit.
M. Leduc : ...mais ce serait mieux
dit d'une autre façon.
M. Leduc : Et ça, c'est vraiment des
suggestions qui vous sont déposées.
M. Boulet :
Ah! totalement. Moi, je n'ai... On n'a aucun rôle à jouer là-dedans. C'est les
conseillers.
Leduc : Mais c'est-à-dire que ce n'est pas quelque
chose qui est sur votre pile puis... Il n'y a
pas une pile de traductions à faire...
M. Leduc : ...sur l'ensemble des
lois qui sont sous votre chapeau?
M. Boulet : Ils le font pour toutes
les lois.
M. Leduc : Ça, je comprends qu'ils
le font pour toutes les lois, mais, je veux dire, elles ne sont pas... Est-ce qu'elles
sont toutes déjà faites, ces suggestions de traduction là,
dans une pile, puis là, vu qu'on fait la LSST, vous allez comme
chercher...
M. Boulet : Quand on ouvre une loi,
ils le font pour toute la loi qui fait l'objet d'amendements.
M. Boulet : C'est une très bonne
question.
M. Leduc : À chaque fois qu'on
rouvre une loi...
M. Boulet : Puis je l'apprends
aussi.
Leduc : ...les juristes
prennent... O.K., la LNT, parfait. On relit la version anglaise,
on changerait ça, ça, ça?
M. Boulet : Exact. Vous voyez, on
évolue...
Leduc : Ça fait que, vu qu'on va reparler des stagiaires puis de la
Loi des normes du travail, il va y avoir une relecture de la Loi des
normes du travail, certainement.
M. Boulet : Trouvez-vous qu'il a de
la suite dans les idées?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Ah!
oui, oui, oui. Quand même, quand même.
M. Leduc : J'ai peut-être bien des
défauts... J'ai peut-être bien des défauts, mais, en tout cas, j'ai de la suite
dans les idées.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Tout
à fait. Alors, y a-t-il...
Boulet : Mais, juste pour
votre bénéfice, en 2018, sous le règne des libéraux, la
Loi sur les normes du
travail a fait l'objet d'une révision quand même assez importante, et la
traduction a été révisée à ce moment-là.
M. Leduc : Ça fait qu'on n'aura pas
besoin de la refaire dans quelques semaines.
M. Boulet : Ça, c'est de la faute à
nos prédécesseurs ou c'est grâce à eux, parce que c'est une belle...
M. Leduc : Grâce à eux, oui.
M. Boulet : ...c'était une belle
révision.
Présidente (Mme IsaBelle) : Y a-t-il des interventions à
l'article 18? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : Et Mme
IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 18 est
adopté. Nous poursuivons, M. le ministre, avec l'article 20.
Boulet : Merci.
L'article 67 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le texte anglais du premier alinéa, de «his
employment with the employer» par «the employment with the employer». Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, on me demande une suspension.
Alors, nous allons prendre une suspension, s'il
vous plaît.
(Suspension de la séance à 14 h 42)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, écoutez, je dois apporter une correction. Lorsque nous
avons adopté les amendements tantôt, à l'article 2
et à l'article 42, nous avons... j'ai oublié de mentionner que l'article 2
avait déjà été adopté et l'article 42.
Alors, est-ce que j'ai votre... Enfin, on doit adopter d'abord l'article 2
tel qu'amendé. Alors, est-ce que j'ai votre consentement
ou... On va y aller par la mise aux voix. Est-ce que l'article 2, tel
qu'amendé, est adopté?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Bien, on va y aller par appel nominal, c'est ce qu'on a déterminé depuis le
début, ou on y va tout simplement avec... Êtes-vous... Est-ce que c'est adopté,
l'article 2 tel qu'amendé? Adopté?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait.
Merci.
Même chose pour l'article 42. Comme nous
avons apporté un amendement, nous devons donc le voter, l'article 42 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il est adopté?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Adopté.
Parfait. Alors, je vous remercie beaucoup. Nous avons donc corrigé mon erreur
de tantôt.
Nous pouvons poursuivre, M. le ministre. Nous en
étions à l'article 20.
Boulet : Merci.
L'article 67 de cette loi est modifié par le remplacement... Je ne viens
pas de le lire, celui-là?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, vous l'aviez lu, mais, comme on a corrigé l'autre puis on n'a pas demandé
la suspension, je vous demande de le relire.
M. Boulet : Parfait. Moi, je me
soumets.
L'article 67 de cette loi est modifié par le remplacement, dans
le texte anglais du premier alinéa, de «his
employment with the employer» par «the employment with the employer». Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Avons-nous des interventions à l'article 20? S'il n'y a
pas d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : M. Leitão
(Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 20 est adopté. Nous poursuivons avec
l'article 21.
Boulet : Merci.
L'article 69 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le texte anglais du deuxième alinéa, de «his
employment» par «that employment». Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il des interventions? Non. Alors, nous procédons à la mise aux
voix de l'article 21.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Le Secrétaire : M. Leitão
(Robert-Baldwin)?
Secrétaire : M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Et Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 24 est adopté... 21,
pardon. Nous poursuivons avec l'article 24, s'il vous plaît.
M. Boulet :
Merci.
L'article 128 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le texte
anglais et après «interrupted», de «by the fact that the worker returns to work
following medical advice». Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Y a-t-il des interventions à l'article 24?
Nous allons donc procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Secrétaire : Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Et Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 24 est
adopté. Nous poursuivons, M. le ministre, avec l'article... 32, pardon.
M. Boulet :
Merci.
L'article 159 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
texte anglais du premier alinéa, de «engaging» par «hiring». Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Y a-t-il des interventions? Nous allons donc
procéder à la mise aux voix de l'article 32.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Secrétaire : Mme Boutin (Jean-Talon)?
Secrétaire : Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Et Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 32 est
adopté. Nous poursuivons avec l'article 41.
M. Boulet :
Merci.
L'article 176 de cette loi est modifié par le remplacement, partout
où ceci se trouve dans le texte anglais, de «position» par «work station».
Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Y a-t-il des interventions? Nous allons procéder à
la mise aux voix de l'article 41.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Secrétaire : Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Et Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 41 est adopté. M. le
ministre, l'article 60.
M. Boulet :
Merci.
L'article 212 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
texte anglais du paragraphe 5° du premier alinéa, de «disability» par «limitations».
Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Y a-t-il des interventions à l'article 60?
Nous allons donc procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Secrétaire : Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Et Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 60 est
adopté. Nous poursuivons avec l'article 65.
M. Boulet :
Merci.
L'article 220 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
texte anglais du deuxième alinéa, de «He may also» par «In addition, he shall».
Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Y a-t-il des interventions à l'article 65?
Nous allons donc procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : Et
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 65
est adopté. Nous poursuivons, M. le ministre, avec l'article 70.
M. Boulet : Oui, Puis il y a un
amendement, là, parce qu'il y avait une erreur aussi, là, dans... Merci.
L'article 226 de cette loi est modifié par
le remplacement de «réfère» et «à un comité» par,
respectivement, «dirige» et «vers un comité».
Donc, c'est un changement de terminologie des
termes «réfère» et «à» par «dirige» et «vers».
Amendement :
L'article 226 de cette
loi est modifié par le remplacement de «le réfère» par «soumet le dossier de
celui-ci».
C'est
beaucoup plus juste, là. Donc, ça concorde avec l'article 230, aussi, de
la
Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles.
Voilà. C'est tout. C'est une correction de texte.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Y a-t-il des interventions sur l'amendement? Oui. Député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bon, j'ai-tu bien
compris qu'on a fait trois en même temps? On est à 70, là?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, à 70, l'amendement de 70.
M. Leduc : Ah! l'amendement de
70. Pardon, je ne l'ai pas devant moi.
Présidente (Mme IsaBelle) : Il va être affiché très bientôt, là.
Il devrait être affiché, l'amendement à l'article 70.
M. Leduc : Non, je ne l'ai pas.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Attendez. Ça s'en vient. Ça s'en vient. On donne une chance.
M. Leduc :
Bien, en attendant qu'on le trouve, ma question est assez simple, là. Est-ce
que les légistes ont indiqué un changement de portée, un changement de
sens?
M. Boulet : Non, Absolument
pas. C'est simplement une terminologie en français.
M. Leduc : Donc, ce sont des
synonymes, en quelque sorte?
M. Leduc : Qui ont la même
portée?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors donc...
M. Leduc : Bien, j'aimerais
quand même le lire, là.
Présidente (Mme IsaBelle) : Oui, c'est ça. On a des petits pépins, là, avec le système
informatique, je crois bien, parce qu'il n'apparaît... Il vient
d'apparaître. Parfait.
M. Boulet : Puis l'amendement,
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, c'est une concordance. Donc, on fait le
changement à 70 pour... au lieu de «référer», par «dirige vers», puis après ça,
à l'article 70, l'amendement, c'est juste pour une concordance en rapport
avec un
article déjà adopté. C'est tout.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Il est à l'écran en ce moment.
M. Leduc : Là, si je... de
«réfère» à «dirige», on finit par atterrir à «soumet»? C'est ça?
M. Boulet : Oui, c'est le «soumet le
dossier de celui-ci». On remplace le «réfère» par «soumet le dossier de
celui-ci».
M. Leduc : Je comprends, mais vous
aviez mis «dirige» dans votre projet de loi initial.
M. Boulet : ...concordance,
l'amendement.
Leduc : Non, non, je
comprends, mais c'est parce que j'essaie de comprendre qu'est-ce qui s'est
passé entre ce que vous nous avez déposé dans le projet de loi initial,
où vous vouliez changer «réfère» par «dirige»... puis là, votre
amendement, c'est... on change toujours «réfère», mais, à la place de le
changer pour «dirige», on le change par «soumet».
M. Boulet : Puis, moi aussi, je n'ai
pas la réponse. Ça fait que, si on peut suspendre deux minutes, je vais
demander aux légistes, là, parce que ce n'est pas clair pour moi non plus.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 55)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, M. le ministre, oui.
M. Boulet : Donc, je vais
l'expliquer dans mes mots, là. Au départ, il y avait eu une correction,
«réfère» par «dirige», puis, après ça, on a adopté l'article 226,
là, pour le «sur dossier», et là ça a été changé par «soumet le dossier de
celui-ci». Donc, c'est remplacé, puis, en adoptant l'amendement, bien, ça va être intégré dans l'article 226.
Puis l'article 70, là, bien, il va devenir
comme pas nécessaire, là. Ça va être intégré.
Ça fait que ce qu'il faut comprendre, c'est que
le mot «réfère» est remplacé par «soumet».
M. Leduc : C'est donc une modification
qu'on avait faite plus tôt.
M. Leduc : Dans quoi? Dans une
réécriture qu'on a faite, que j'ai faite, que vous avez faite?
Boulet : Non, qui a été
faite... Est-ce que ça a été fait au début du p.l.? Oui, ça a été
fait au début, au p.l. original.
M. Leduc : Ce que je veux dire,
c'est : Est-ce que c'est un amendement à 226 qui a changé quelque chose
pour qu'on revienne ici avec «soumet» plutôt que «dirige»?
Boulet : Oui, c'est l'article
qu'on avait adopté, là, pour le «sur dossier», là, la possibilité de
rendre un avis sur dossier de la part du comité des maladies professionnelles
pulmonaires.
M. Leduc : Je comprends qu'on l'a
adopté...
Boulet : Puis, suite à l'adoption de cet article-là, on a changé
«dirige» par «soumet». Ça, c'est une correction de texte, simplement, et
ça ne change pas le fond.
M. Leduc : Je comprends tout ça,
puis c'est correct de faire des corrections. Je veux juste comprendre la
séquence. Donc, le 226... pardon, vous avez dit qu'on a adopté un
article plus
tôt, mais est-ce que c'était l'article initial du projet de loi qu'on a adopté plus tôt ou c'est parce qu'on l'a
modifié rendu là, à son adoption, qu'on revient ici?
M. Boulet : Oh mon Dieu! Est-ce
qu'on l'a modifié?
M. Boulet : Donc, c'est un amendement
qui a été fait en mars, d'où la correction qui est postérieure.
M. Leduc : D'accord. C'est bon.
M. Boulet : Je pense que je vous
comprends bien. O.K. Merci.
M. Leduc : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, y a-t-il d'autres interventions à l'amendement déposé par le ministre à
l'article 70? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix de l'amendement.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Dansereau : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Abstention. Donc, l'amendement à l'article 70 est
adopté. Nous allons maintenant procéder à l'article 70 tel qu'amendé. Y
a-t-il des interventions?
M. Boulet :
Merci.
L'article 229 de cette loi est modifié...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Non, non. Attention, là! Nous sommes à l'appel.
M. Boulet :
Ah! je pensais que vous m'aviez demandé... O.K.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Non, non, non, attendez un instant. Alors, nous allons
procéder à la mise aux voix.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
Le Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
Le Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'article 70, tel qu'amendé, est adopté. Nous
poursuivons avec l'article
L'article 229 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans le texte anglais,
de «the institution» et de «to him» par, respectivement, «an institution» et
«to the institution»;
2° par le remplacement de «réfère à» par «dirige
vers».
Explication. Bon, c'est une modification visant
à améliorer la version anglaise, puis il y a un changement de terminologie
aussi pour le mot «réfère».
Puis il y a
un amendement de concordance, là, pour les deux comités, des maladies professionnelles
pulmonaires et oncologiques.
Donc : Remplacer le paragraphe 2° de
l'article 71 du projet de loi par le paragraphe suivant :
2° par le remplacement de «les radiographies des
poumons du travailleur que la commission réfère à ce comité» par «une copie du
dossier ou de la
partie de dossier qui est en rapport avec la lésion professionnelle
du travailleur».
Explication. Bon, c'est en concordance avec...
visant l'article 230 de la
Loi sur les accidents de travail proposé par
l'article 72 qui visait, là, à permettre à un comité des maladies professionnelles
pulmonaires de rendre son avis sur dossier quand il juge que l'examen du
travailleur n'est pas nécessaire. Bon, voilà, c'était déjà adopté, là, c'est
une concordance. Merci... une correction.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il des interventions à l'amendement? Oui, député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui, j'essaie de
comprendre le changement entre «réfère» et «dirige», parce que ce n'est pas la
même chose, à mon avis. Quand on réfère quelque chose ou quelqu'un, c'est comme
la personne qui réfère, qui fait l'action de le référer et quasiment de le
prendre par la main puis de l'amener à la nouvelle instance, tandis que le
diriger, c'est plutôt lui pointer la direction pour qu'il fasse ce chemin-là
tout seul.
J'ai en tête des exemples de... tu sais, quand
on réfère des personnes à des centres, dans nos bureaux de circonscription, on
fait ça, souvent, on réfère des dossiers de citoyens à des groupes
communautaires. Ce n'est pas la même chose que diriger le citoyen vers le groupe
communautaire.
M. Boulet : Juste pour adapter
puis... le texte pour que ça concorde bien avec la possibilité de faire des examens sur dossier de la part des deux comités,
là, maladies professionnelles pulmonaires et maladies professionnelles
oncologiques. C'est pour ça que c'est une concordance, là. On parle d'une copie
du dossier ou de la
partie de dossier qui est en rapport avec la lésion
professionnelle du travailleur. C'est simplement une concordance.
M. Leduc : Mais une concordance par
rapport à un nouveau pouvoir, que vous avez dit, nouvelle possibilité?
M. Boulet : Bien, ce qu'on a adopté,
là, la possibilité de rendre des avis sur dossier.
M. Leduc : Oui, bien, c'est ça, si
vous voulez me rafraîchir la mémoire, là.
M. Boulet : Oui, on avait adopté ça,
oui. On a eu des discussions, quand même, là-dessus, là.
M. Leduc : Bien, c'est ça, juste me
le rappeler un peu, là, donc.
M. Boulet : Bien, la possibilité
pour les... tu sais, on disait que les comités des maladies professionnelles
pulmonaires ou oncologiques pouvaient faire des examens sur dossier quand ils
jugeaient que ce n'était pas nécessaire de rencontrer la personne.
Souvenez-vous, on avait eu cette discussion-là puis on disait : Des fois,
ce n'est pas nécessaire, des fois, le travailleur n'a pas besoin. Ça fait que
le comité va quand même rendre un avis, il va s'inspirer du dossier, et c'est
simplement cette possibilité-là qui avait été adoptée, là, dans l'article
pertinent.
M. Leduc : Puis ce qu'on a adopté là
nécessite un changement de verbe?
M. Boulet : Oui, bien, c'est juste
les conseillers à la législation, là, les... c'est les linguistes qui ont
regardé ça puis qui ont suggéré qu'une correction soit faite. Ce n'est pas...
en fait, ce n'est pas une concordance, là, c'est une correction de texte pour
que ce soit plus clair.
M. Leduc : O.K. Je vais prendre une
légère suspension, Mme la Présidente, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
D'accord. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 06)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, y a-t-il des interventions à l'amendement de l'article 71? Oui, député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc