CAT — 19 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-11-19
Quebec — Committees
Donc, la MRC adopte
un plan, adopte son règlement de contrôle intérimaire, et ce que la loi
prévoit, c'est qu'elle doit l'adopter
pour la période jusqu'à ce que le schéma soit modifié. Or, ce qui est
opposable aux citoyens dans le cadre de la demande des permis, c'est, oui, le RCI, tant qu'il vit. Mais, lorsqu'il
ne vit plus, c'est donc les règlements d'urbanisme qui sont opposables aux citoyens, et les règlements d'urbanisme, eux,
suivent en concordance, dans la séquence, la modification au schéma d'aménagement.
C'est donc
dire que, si on a un schéma qui est modifié, mais que le règlement
de contrôle intérimaire cesse d'avoir effet au moment de la modification du schéma, ça ne signifie pas, dans les étapes qui suivent, dans le
temps qui suit, dans les mois qui
suivent, que les règlements d'urbanisme ont pour autant été modifiés par la municipalité locale. Donc, pour s'assurer
que l'effet de contrôle intérimaire soit présent jusqu'à ce que les règlements
d'urbanisme aient été modifiés, la modification proposée par le projet de loi n° 16 a pour effet de rendre applicable le RCI non pas jusqu'à
la modification du schéma, mais jusqu'à la modification
des règlements d'urbanisme. C'est ce que prévoit la disposition... la
modification apportée par l'article 107.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, M. Paradis. Ça répond à votre question, M. le député de Viau?
Benjamin : ...question, Mme la Présidente, mais je vais profiter de la
prise de parole d'un avocat, donc, pour essayer de comprendre aussi l'article
précédent. Et je sais bien que ce n'est pas l'article qu'on étudie, mais
pouvez-vous nous rappeler, Me Paradis, l'article 15.4, qu'est-ce qu'il
dit et dans quelle mesure il y a concordance entre ces deux...
La Présidente (Mme Charbonneau) : M.
Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Oui, l'article 15.4, vous me dites? Je peux vous mettre en
contexte.
L'article, dans le fond, c'est la sous-section III, là, de la loi qui
concerne la planification régionale liée aux milieux humides et hydriques. Dans
cette sous-section-là, on retrouve les
articles 15 à 15.7, 15 étant l'obligation conférée à la municipalité régionale
de comté d'élaborer et de mettre en oeuvre un plan régional des milieux
humides et hydriques à l'échelle de son territoire.
S'ensuit après ça... notamment, là, il y a
plusieurs éléments qui sont de l'ordre de l'encadrement de cette obligation-là
qui appartient à la MRC. S'ensuivent les éléments, bien entendu, qui doivent
être compris dans le plan régional à
l'article 15.2, tous les éléments qui sont prévus, et la procédure afférente
au plan, dont, à l'article 15.4, la nécessité de soumettre le projet de plan régional de la MRC
au ministre de l'Environnement pour approbation. Et suit donc, par la suite, l'article 15.5 qui, lui, concerne
précisément l'effet de contrôle intérimaire avec le RCI de la municipalité
régionale de comté.
La Présidente (Mme Charbonneau) : M.
le député de Viau.
M. Benjamin : Et qu'est-ce qu'il y a
comme mesure de contrôle?
La Présidente (Mme Charbonneau) : M.
Paradis.
M. Paradis (Nicolas) : De contrôle
intérimaire?
Présidente (Mme Charbonneau) :
Je vais vous redonner la parole, M.
le député de Viau,
juste pour que vous précisiez votre question.
Benjamin : En fait, à ce stade-ci, donc, dans les articles 15.4, 15.5, qu'est-ce qu'on a, qu'est-ce qui est prévu comme mesure de
contrôle intérimaire?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Me
Paradis.
Paradis (Nicolas) : Les articles comme tels ne prévoient pas la mesure
de contrôle intérimaire, prévoient l'obligation, pour la municipalité
régionale de comté, d'adopter un règlement de contrôle intérimaire, à l'article
15.5.
Dans le fond,
je reprends la séquence. La MRC adopte un plan régional, première chose. C'est
sa première obligation. S'ensuit,
comme obligation parallèle, concomitante, d'adopter un règlement de contrôle
intérimaire. Pourquoi doit-elle adopter un règlement de contrôle
intérimaire? Pour effectuer un gel. On appelle ça un gel, là, dans le jargon,
un gel du territoire, un gel de la délivrance des permis et certificats pour
s'assurer qu'il n'y ait pas de permis qui soit délivré, de modification qui
soit effectuée, qui ne soit pas conforme au plan régional qui aurait été
adopté.
Donc, on
s'assure ainsi que toute la planification d'urbanisme est conforme. Le RCI est
là, le règlement est là. Donc, ce gel-là est effectif, suivant ce que
disait la loi actuelle, pour la période qui mène entre le plan régional et
l'entrée en vigueur du schéma modifié. C'est
ce que dit la loi actuelle. Donc, on veut faire en sorte que ce contrôle intérimaire, le gel en question
du territoire qui ne serait pas conforme au RCI puisse
s'appliquer jusqu'à ce que toute la procédure, la séquence liée à la planification de l'aménagement et de
l'urbanisme, donc, dans les règlements d'urbanisme des municipalités locales,
soit réalisée.
La Présidente (Mme Charbonneau) : M.
le député de Viau.
Benjamin : Merci. Alors, à l'article 15.5,
donc, ce qu'on regarde de manière particulière, c'est de prendre des
mesures de contrôle intérimaire, donc, alors appropriées. Quelles sont ces
mesures appropriées?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Me
Paradis.
M. Paradis (Nicolas) : Bien, les
mesures... On ne peut, bien entendu, pas vous dire quelles sont les mesures aujourd'hui
compte tenu que les mesures seront déterminées par la MRC en fonction du plan
régional que celle-ci adoptera conformément
à la loi. Donc, si la MRC, par son plan régional, vient donc restreindre
l'utilisation de certains de ces secteurs, il s'ensuivra inévitablement
un RCI qui va coller à ce que dit le plan régional en termes de restriction au développement, à
titre d'exemple, si c'est ce que la MRC met en oeuvre pour donner
suite à son plan régional. Alors, dans
le fond, c'est le miroir du plan régional, comment ça doit se réaliser sur le
terrain. Je ne peux pas vous dire quelles sont les mesures parce que ça
collera au plan régional concerné.
La Présidente (Mme Charbonneau) : La
députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : ...sur le
même sujet, parce qu'ici on enlève quelque chose dans la loi et on ajoute... En
fait, ce que le ministre nous demande
d'ajouter, c'est : «Elle doit également prendre les mesures de contrôle
intérimaire appropriées selon les
règles prévues par cette loi.» C'est quoi, les règles prévues par la loi pour
prendre les mesures, si on peut juste avoir des exemples? Ça, c'est la
première question.
Puis j'en ai
une autre, Mme la Présidente, parce que, là, je comprends qu'il y avait un
manque dans la loi en attendant. Quand est-ce qu'elle a été adoptée,
cette loi-là? Est-ce que ça fait longtemps? Puis qu'est-ce qui s'est produit
comme événement déclencheur pour qu'on dise : Bien, on va la modifier, il
y a un vide? C'est-tu parce qu'il y a eu des choses quelque part, des abus? Je ne veux pas savoir nécessairement, tu sais,
s'il y en a eu beaucoup, mais ça a pris combien de temps avant qu'on se
rende compte qu'il y avait une faille dans la loi?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la députée. Me Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Bien, à vrai dire, bon, premièrement, la question d'à
quelle date les dispositions ont été adoptées,
elles ont été adoptées en 2017. C'est le chapitre... Je vais vous le dire,
attendez voir juste un instant, ça ne sera pas long, en 2017... Je vais
vous le trouver pendant que je vais vous dire les autres.
M. Paradis
(Nicolas) : Au
chapitre 14 des lois de 2017. Merci. Et ce que
prévoit la loi, par ailleurs, c'est que les plans régionaux doivent être soumis
au ministre de l'Environnement au plus tard le 16 juin 2022. Donc, il y a
un délai pour permettre aux MRC de s'acquitter de leurs obligations.
Donc, bien
entendu, les MRC sont dans ce processus-là de travail, et c'est dans le cadre
de ce processus de travail là que le ministère, avec les différentes
collaborations qu'on a avec le milieu municipal... ont ressorti cette ambiguïté-là
liée à la portée de la disposition, parce
que, bien entendu, les MRC ont également à coeur que, lorsqu'elles mettent en
oeuvre une mesure, elles pourront se refléter correctement sur le
territoire. Donc, c'est dans ce contexte-là.
Et, à l'égard
de votre autre question qui vise, dans le fond, à expliciter... Selon l'ajout,
là, qui dit : «Elle doit également prendre les mesures de contrôle intérimaire appropriées selon les règles
prévues par cette loi», cette loi, c'est la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme qui prévoit, aux articles 63.2 et suivants, tout l'encadrement lié
au règlement de contrôle intérimaire. Il y a
plusieurs articles à cet égard qui viennent tous décrire la procédure, mais je
vous dirais plus particulièrement les
effets du contrôle intérimaire, tout particulièrement à l'article 68 de la loi
qui dit : Aucun permis de construction, aucun permis de lotissement, certificat d'autorisation
ou certificat d'occupation ne peut être délivré en vertu d'un règlement d'une
municipalité, à moins que ce soit autorisé
dans le cadre de cette période de contrôle intérimaire. Donc, ça vient... C'est
le fameux gel dont je vous parlais un peu plus tôt. Donc, c'est cet
environnement-là.
Donc,
au lieu de reprendre l'ensemble des dispositions qu'il y a dans la LAU pour
décrire quel est... les notions, les règles applicables au contrôle
intérimaire, bien, on fait un renvoi tout simplement aux règles prévues par
cette loi à cet égard.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Oui, merci,
Mme la Présidente. Le sous-ministre nous dit que la loi, elle était... 2017‑2022, qu'en cours de
route on s'est rendu compte qu'il y avait comme un vide au fur et à mesure que
les MRC ont déposé leur plan, j'imagine.
Ma question,
c'est : Puisqu'on s'est rendu compte qu'il y avait un manque, et qu'on était
de 2017 à 2022, et qu'on modifie la loi, est-ce que c'est de 2019 à
2022 ou si on va extensionner un peu
plus loin, parce qu'on
s'est rendu compte qu'il manquait quelque chose, ou si on garde le même
laps de temps?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Me
Paradis.
M. Paradis (Nicolas) : Merci. On n'a
pas besoin de modifier la date de 2022. L'obligation demeure entière. À ce jour, aucune MRC ne s'est encore dotée d'un
plan régional. Donc, le délai demeure entier. Il n'y a pas de problème qui a
été constaté du fait qu'aucun plan
régional n'a encore été adopté et qu'en conséquence aucun schéma n'a pu être
modifié en concordance. Les obligations demeurent entières à cet égard.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Il y en a
combien d'adoptés, à date, en deux ans?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Me
Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : ...parce que
les MRC sont dans le processus, et leur obligation de les soumettre au ministère de l'Environnement est le 16 juin
2022. Donc...
M. Paradis (Nicolas) : 2022.
Mme Thériault : Ils ont comme
trois...
La Présidente (Mme Charbonneau) : Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Excusez. Donc,
elles vont avoir comme trois ans devant elles pour pouvoir se préparer adéquatement à déposer le règlement avec la modification. Puis il
n'y a pas personne
qui vous a dit qu'il a besoin d'un peu plus de temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Mme
la ministre.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Mme
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : O.K. J'ai juste une petite question de plus, parce que je
vois... Dans la page qu'on a devant nous, je comprends qu'on vient
modifier la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau. C'est
cette loi-là qu'on modifie, mais, dans le texte comme tel, on parle :
«Elle doit également prendre les mesures de contrôle intérimaire appropriées selon les règles prévues par cette
loi.» Puis M. le sous-ministre a répondu que c'était en fonction de la Loi de
l'aménagement et de l'urbanisme, alors qu'on est dans l'autre loi. C'est
quoi, la différence entre les deux?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
...entre les deux?
Mme Thériault : Oui, s'il
vous plaît.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Me
Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Merci. Il s'agit uniquement de le remettre dans le
contexte global de l'article 15.5. Je peux vous le lire dans son
entièreté : «Une municipalité régionale de comté veille à assurer la
compatibilité de son schéma d'aménagement et de développement avec le plan
régional. Elle propose toute modification utile au schéma en vue de mieux assurer cette harmonisation, conformément
aux règles prévues à cet effet à la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme
(chapitre A-19.1). Elle doit également prendre les mesures de contrôle
intérimaire appropriées selon les règles prévues [à] cette loi», donc, la LAU.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci. M. le député de Viau.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. On comprend que l'article qui est
devant nous, ça concerne les MRC. Ma question, c'est qu'en est-il des
municipalités... Si, par exemple, une municipalité n'est pas d'accord avec la
proposition de la MRC, qu'est-ce qui est prévu comme mécanisme à ce
niveau-là?
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, M. le député. Me Paradis ou Mme
la ministre? J'attends juste le petit signe...
Mme Laforest : Ah! O.K., aucun
problème.
Présidente (Mme Charbonneau) : ...parce qu'habituellement elle vous
pointe un peu, M. Paradis. Donc, je sais que c'est vous, mais sinon, Mme
la ministre.
Laforest : O.K. Bien, en fait, les deux vont ensemble, et le travail
se fait avec les municipalités et la MRC. Ça fait que les deux travaillent de
pair, justement, pour l'adoption du schéma d'aménagement. Ça fait que les deux
sont consultées, les deux travaillent
ensemble. Ça fait qu'il n'y a pas un qui est mis à l'écart. Ça se fait
vraiment... C'est un travail qui se fait ensemble.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci. Mme la
ministre, ça pourrait arriver qu'une municipalité ne soit pas d'accord avec les
orientations de la MRC. Donc, alors quelles sont les orientations à ce
moment-là? Qu'est-ce qui est prévu?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Mme la ministre.
Laforest : Exactement, oui, ça se peut très bien qu'une municipalité
ne soit pas d'accord du tout, puis c'est pour ça, justement, qu'on demande... Ici, on dépose le règlement de
contrôle intérimaire. C'est pour ça que, justement, cette disposition-là... Par exemple, si une municipalité
n'est pas d'accord puis il y en a 14 qui sont d'accord, évidemment, cet
article-là va nous aider à aller plus loin et déposer, justement, la
réglementation officielle.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Viau.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Alors donc, je comprends que Mme
la ministre nous dit que c'est pour ça que cet
article est là, mais moi, je
veux comprendre, à ce moment-là, quelles sont les actions qui sont posées en
termes de mesures de contrôle intérimaire.
Donc, puisque c'est le cas de l'article 15.5, quelles seraient les actions
précises qui seront posées dans le cas où il y aura une dissension d'une
municipalité par rapport à la MRC?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Laforest : En fait, je ne comprends pas tout à fait la question, parce
que c'est prévu par la loi, à moins que Me Paradis aurait des
explications supplémentaires, peut-être?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Me Paradis.
M. Paradis (Nicolas) : C'est
l'objectif même du règlement de contrôle intérimaire de s'assurer que le schéma
qui est modifié, et en amont, dans ce
cas-ci, le plan régional puisse avoir effet jusqu'à ce qu'il y ait des modifications
à la réglementation d'urbanisme. Dans
le fond, c'est une cascade, hein, tout ça. On a donc une planification
régionale à laquelle la loi a accordé une priorité pour s'assurer qu'elle
puisse se réaliser dans chacun des actes dans les règlements municipaux. Donc, on a ce plan régional là qui doit se
répercuter dans le schéma d'aménagement qui, lui, le schéma d'aménagement, doit
se répercuter dans les règlements d'urbanisme.
Que fait-on?
Que prévoit la loi pour s'assurer qu'il n'y ait pas de trou, pour s'assurer
que, si jamais une municipalité n'est pas d'accord, elle n'apporterait
pas la modification à son règlement? Bien, il y a un RCI, un règlement de
contrôle intérimaire, qui s'applique en lieu
et place, qui prévoit les règles applicables et qui... De ce fait, la
municipalité locale, si elle veut modifier son règlement, elle ne pourra
le modifier que de manière concordante avec le schéma d'aménagement, à défaut de quoi, bien, le RCI continue d'avoir sa
vie et d'avoir effet sur le territoire de la municipalité, entraînant les
potentiels gels d'affectation du territoire, le cas échéant.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci. Puis vous faites bien de
mettre des mots avec les lettres puisque, des fois, les acronymes font
en sorte qu'on perde un peu nos auditeurs. M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Oui, Mme la Présidente. C'est parce qu'à l'article 15.5, moi, ce que je
comprends ici, c'est une prévision
des actions qui seront entreprises dans un premier temps par un premier palier
qu'est la MRC, ensuite le niveau régional,
mais moi, ma question concerne plutôt le... Vraiment, on est plutôt local, la
municipalité. C'est-à-dire, qu'en est-il dans le cas
d'une municipalité qui ne serait pas d'accord avec sa MRC, donc? Et moi, je ne
vois pas, dans l'article 15.5, donc, où est-ce qu'il est question
de ça. Qu'est-ce qui est prévu?
Présidente (Mme Charbonneau) : S'il y a un désaccord, comment on
accompagne la municipalité pour qu'elle s'entende avec les gens de la
MRC? Tout à fait. Mme la ministre.
Mme Laforest :
Bien, il faut comprendre que le règlement de contrôle intérimaire peut
justement porter des normes sur les lots, des normes sur les nouvelles
constructions. Alors, il est quand même important. Puis, quand on lit l'article 15.5, même le
changement d'usage au niveau des lots... Alors, quand on le lit, c'est vraiment
qu'une municipalité régionale de
comté veille à assurer la compatibilité. Alors, la compatibilité, justement,
c'est pour ça qu'il y a un contrôle intérimaire, c'est pour ça qu'au niveau... Dans le schéma d'aménagement et de développement, on commence... il y ait un respect par rapport au plan régional. Comme le
disait tantôt Me Paradis, on commence avec le plan régional.
Alors, la municipalité
propose toute modification utile au schéma en vue de mieux assurer cette
harmonisation conformément aux règles prévues à cet effet à la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme puis elle prend également des mesures de contrôle intérimaire appropriées selon
les règles prévues par cette loi. Alors, c'est vraiment prévu dans la loi,
puis évidemment que, là, il y a toutes
sortes de mesures, comme les normes de construction, les changements de lots,
les changements d'usage, qui sont pris en considération avec le
règlement de contrôle. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Bien, merci à Mme la ministre pour la précision, mais la précision de la ministre
me porte encore à reposer la même
question puisque, lorsqu'il est question ici de compatibilité du schéma, on
parle de compatibilité du schéma avec
le plan régional. Et, moi, ce qui m'intéresse davantage, c'est qu'en est-il,
par exemple, si une, deux, trois, quatre municipalités au niveau local
ne seraient pas d'accord avec la MRC, c'est-à-dire avant même qu'on arrive au
plan régional. Donc, qu'est-ce qui est
prévu, à ce moment-là, comme mécanisme, donc, pour permettre justement qu'on
puisse arriver à cette compatibilité souhaitée au niveau régional? Donc,
voilà.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Merci. Mme la ministre.
Mme Laforest :
En fait, vous avez un très bon exemple, parce que, justement, s'il y a quatre
municipalités qui ne sont pas
d'accord, bien, c'est sûr que le schéma d'aménagement ne sera pas adopté,
évidemment. Si on ne peut pas adopter le
schéma d'aménagement, c'est pour ça qu'intervient le règlement de contrôle
intérimaire. C'est vraiment, ce que vous donnez comme exemple... Vous avez tout compris. Évidemment, quand il y a
des municipalités, comme ça, qui ne sont pas d'accord pour un futur
schéma d'aménagement, mais elles ont quand même le temps... Comme on le dit,
là, on parle de 2022. C'est pour ça
que ça va amener toutes les municipalités à être d'accord pour adopter leurs
schémas d'aménagement. C'est exactement... Vous avez tout compris.
Merci.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : J'ai une demande du député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Je salue les collègues, là, que je n'ai pas vus
depuis quelques semaines. J'étais
pris à la Commission spéciale sur les droits de l'enfant et la protection de la
jeunesse, un dossier important. Mais, bon, j'ai beaucoup de plaisir
d'être ici avec vous.
pour continuer sur la même veine, je crois avoir compris... Juste une question
de clarification à Me Paradis. Tant et aussi longtemps que, par exemple,
une municipalité qui n'est pas d'accord avec le plan d'aménagement n'introduit pas le règlement à son plan d'urbanisme municipal,
je crois avoir compris que c'est le règlement de contrôle intérimaire qui
continue à s'appliquer. Et est-ce que c'est
ad vitam aeternam, c'est-à-dire tant et aussi... Si une municipalité ou
plusieurs municipalités refusent
d'introduire ces modifications-là au plan d'urbanisme de la municipalité, le
règlement continue tant et aussi longtemps qu'il n'y a pas cette
interruption-là de modification, donc ça peut durer ad vitam aeternam?
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, M. le député de Laurier-Dorion. Me Paradis.
Paradis (Nicolas) : Merci.
Oui, vous aviez très bien compris. Le règlement de contrôle intérimaire n'a pas
de durée de vie limitée. Donc, il a
pour but de s'assurer que le schéma d'aménagement modifié, dans ce cas-ci,
parce que, si on va dans la séquence avec les règlements d'urbanisme... prenne
tout son effet. Donc, il vit jusqu'à ce que les règlements, l'ensemble des règlements d'urbanisme des
municipalités locales de la municipalité régionale de comté... aient adopté
toutes les modifications requises
pour donner plein effet au schéma d'aménagement modifié, dans ce cas-ci, de
manière concordante avec le plan régional.
Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci. J'ai le député de Viau... Je vais vous revenir. M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : ...me
clarifier, peut-être les personnes qui nous écoutent. Donc, on a soulevé le cas
d'une municipalité ou un groupe de
municipalités d'une MRC qui n'est pas d'accord avec les plans ou une
partie du
plan d'aménagement. Juste peut-être
nous expliquer : Est-ce que ce plan-là est adopté à la majorité simple des
municipalités? La dissidence, est-ce qu'elle
a un pouvoir de modification, puisqu'on est dans les cas, justement, des
municipalités qui manifestent un désaccord, là?
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, M. le député. M. Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Merci. Je ne peux pas vous dire la règle précise pour
l'ensemble des MRC parce que ça varie d'une municipalité régionale de comté à
l'autre. Mais usuellement il y a ce qu'on appelle de la double majorité, à
l'égard de plusieurs des décisions qui sont prises par les municipalités
régionales de comté, double majorité qui vise une majorité, habituellement,
soit en population et une majorité en nombre de municipalités... par rapport au
nombre de municipalités. On a 10 municipalités locales, dans une municipalité
régionale de comté, donc majorité six, locale, mais il faut également
considérer la majorité de la population. Mais ça fluctue selon les endroits.
Il y a des modalités
qui peuvent être différentes en fonction de l'acte de constitution des MRC.
Mais donc, le résultat ultime, c'est que les municipalités locales participent
à la décision pour l'adoption du plan régional, d'une part, par leur représentation, par leur maire qui est
représenté au conseil des maires de la MRC, et il participe également à
la décision sur la modification du schéma d'aménagement, pour donner
suite au plan régional, et également par leur représentation au conseil des
maires de la MRC.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci. M. le député de Viau.
Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Par expérience, Mme la Présidente, je connais des schémas
d'aménagement qui ont été âprement
contestés, dans une agglomération que je connais assez bien, par des
municipalités associées à cette agglomération.
Alors,
la question que je pose, en lien avec l'article qui est devant nous :
Qu'est-ce qui est prévu comme véhicule de
contestation pour les municipalités qui
ne seraient pas d'accord avec une décision prise à la majorité, par une MRC, à
ce niveau-là? Qu'est-ce qui est prévu? Est-ce que c'est la Commission
municipale? C'est la ministre? Donc, voilà.
Présidente (Mme Charbonneau) : Effectivement, M. le député, vous avez
une belle expérience au niveau des municipalités.
Quelques fois, il faut nous rappeler du lieu de votre provenance pour vraiment
se rappeler du contexte différent entre la grande région de Montréal et
les régions comme telles. M. Paradis? Mme la ministre.
Laforest : Ils ont toujours
la possibilité de contester au conseil de la MRC. Il y a toujours la
possibilité, là, justement, de contester. Il n'y a aucun problème pour
La Présidente (Mme
Charbonneau) : M. le député de Viau.
Benjamin : Je comprends que
c'est le seul levier qui existe. Et là je rappelle... je nous rappelle, en
fait, l'article qu'on a devant nous, donc, où on demande, à ce
moment-là, à la MRC de prendre les mesures de contrôle intérimaires appropriées
selon les règles prévues par la loi.
ce que je vois ici... en fait, moi, j'ai entendu les éléments de réponse, mais
je constate ici par rapport en termes de
contestation, c'est-à-dire, pour des municipalités qui ne seraient pas
d'accord avec une MRC, il n'y a rien dans cet article-là qui prévoit le tout. Donc, ma question encore
demeure. Qu'est-ce qui est... puisque, dans cet article-là, on parle davantage
de compatibilité pour s'assurer que les
décisions de la MRC soient compatibles avec le régional. Et il peut arriver, il
est déjà arrivé que la MRC prenne des décisions, qu'une MRC puisse
prendre une décision que ne partagent pas une ou deux municipalités.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Vous voulez aller plus précisément dans cette
perspective-là?
M. Benjamin :
Absolument.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Il n'y a pas de souci, M. le député. Me Paradis.
Paradis (Nicolas) : Vous
référez probablement, dans le cadre de... à certains types de contestations qui
existent, dans des grandes villes, à l'égard de l'exercice de conformité
des plans d'urbanisme aux schémas d'aménagement. Il y a toute... et là les règles fluctuent selon les municipalités, mais,
dans certains cas, il y a un examen de conformité qui est effectué par, disons, le palier dit «les
responsables du schéma», à l'égard du plan d'urbanisme. Et, dans ces
situations-là, il y a la possibilité,
à l'égard de cet exercice de conformité, de faire une demande auprès de la
Commission municipale, mais c'est uniquement dans une dynamique de
conformité d'un acte qui est précis.
prends l'exemple d'un schéma d'aménagement qui est adopté. Il doit se
répercuter dans le plan d'urbanisme, tout d'abord, et après ça dans les
règlements d'urbanisme de la municipalité locale. S'il s'avérait qu'il y avait
une difficulté, un désaccord de la MRC quant à la conformité, il y a une
désapprobation ou ils considèrent qu'il n'y a pas de conformité entre le plan d'urbanisme et le schéma, dans
certaines municipalités, là, il y a une possibilité, dans certains cas, de
pouvoir se référer à la Commission municipale à cet égard-là. Mais c'est des
situations bien, bien, bien particulières et c'est dans une dynamique de
conformité d'un acte par rapport à l'autre.
Dans ce cas-ci, on ne
joue pas, je vous dirais, dans ces paramètres-là de la même manière parce que
c'est un règlement de contrôle intérimaire qui s'applique. Donc, ce n'est pas
dans une dynamique, dans ce cas-ci, purement de conformité au règlement de contrôle intérimaire. Il y a une modification
qui est effectuée, éventuellement, et si celle-ci, dans le fond,
s'approprie le contenu du règlement de contrôle intérimaire, bien, à ce
moment-là, elle entre en vigueur suivant la procédure et les mécanismes prévus
par la loi.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, Me Paradis. M. le député de Viau.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Merci à Me Paradis pour ses éléments de réponse. Ce qu'on a devant
nous, le libellé nous dit : «Elle doit
également prendre les mesures de contrôle intérimaire appropriées...» Donc, je
comprends que ces mesures de contrôle intérimaire appropriées sont à la
discrétion de la MRC, est-ce que c'est bien ça?
La Présidente (Mme Charbonneau) : Mme
la ministre.
Mme Laforest : Oui, c'est bien ça.
Ils sont obligés. C'est une obligation.
Benjamin : Bon, parfait.
Alors, si ce sont des mesures qui sont à la discrétion de la MRC, on comprend
qu'à ce moment-là, s'il y a un cas de
contestation venant de la part d'une municipalité, donc, la MRC se retrouve roi
et maître, donc, quant aux mesures de contrôle intérimaire appropriées
La question
que je pose :
En cas de différend, est-ce qu'on pourrait penser que...
est-ce que la municipalité pourrait en
appeler de cette décision-là auprès de la commission des affaires municipales,
par exemple... la Commission municipale?
Présidente (Mme Charbonneau) :
Ne bougez pas, je pense qu'on va vérifier un peu, on va vérifier un peu pour
être sûrs. Est-ce que vous préférez une suspension?
La Présidente (Mme Charbonneau) : On
va suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 40)
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Nous reprenons les travaux. Mme la ministre.
Mme Laforest :
Oui. Bien, en fait, c'est moi qui vais poser la question parce que je ne sais
pas vraiment quel cas précis ou quel exemple vous pouvez donner. Parce
qu'en fait c'est certain que, quand le schéma d'aménagement, il est voté et il
est adopté, c'est parce que tout le monde est en accord et c'est évident que,
par exemple, la MRC a consulté toutes les
municipalités. Par contre, il faut comprendre que, s'il y a une municipalité
qui est toujours en désaccord et qu'elle reste en désaccord, mais que le
schéma d'aménagement est conforme aux orientations, alors il est adopté, il est
voté.
Alors, moi,
j'aimerais ça savoir quel... Donnez-nous un exemple vraiment précis, parce que
c'est certain qu'il va toujours y avoir une municipalité qui ne sera
peut-être pas d'accord, évidemment. Mais, en même temps, si ça répond aux
orientations gouvernementales, puis ça correspond à ce que tout le monde, puis
il est voté au niveau... et si tout le monde
le monde le vote au niveau des MRC, à ce moment-là, je ne comprends pas votre
question. Parce que, si toutes les municipalités
pouvaient dire : Je ne suis pas d'accord, je ne suis pas d'accord, je ne
suis pas d'accord... Il faut qu'il y ait une orientation, il faut vraiment que
le plan d'aménagement soit voté puis, s'il est voté à la majorité, bien, il est
adopté.
Ça fait que
je ne sais pas si vous avez un exemple précis, parce qu'ici on a de la misère à
comprendre. Si vous avez un exemple précis, peut-être nous le mentionner. Mais
c'est évident qu'admettons, sur 17, 18 municipalités dans une MRC, s'il y en a
une qui n'est pas d'accord, évidemment, la majorité va aller de l'avant pour
adopter son schéma d'aménagement. Ça fait que c'est pour ça... Avez-vous
un exemple précis?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je pense que nous partons d'une hypothèse de
travail. Donc, l'hypothèse de travail
avec laquelle cette loi part, c'est que c'est toujours l'unanimité, donc, au
niveau des décisions des MRC, donc. Or, on sait bien que ce n'est pas le cas.
Alors, pour toutes sortes de raisons, une municipalité ou des municipalités
peuvent être, malgré qu'une décision soit
prise à la majorité, donc... Alors, j'ai l'impression que le cas qu'on nous
présente, c'est des cas où les décisions sont prises à la majorité. Mais
une municipalité ou des municipalités peuvent être toujours en désaccord,
malgré que la décision soit prise à la majorité.
Mais cette
municipalité-là, et surtout dans un contexte... et c'est l'orientation de
l'actuelle ministre des Affaires municipales,
c'est la nôtre aussi. Nous souhaitons justement que les municipalités puissent
jouir, effectivement, de leur autonomie, de leur pleine autonomie, mais aussi de
bénéficier de leurs droits aussi. Quand on parle d'autonomie des municipalités,
c'est de leur droit aussi de contester des décisions qui leur
tomberaient dessus aussi, donc, et que cette décision-là vienne de la MRC ou
d'autres instances.
Donc, alors,
dans le cas où une décision comme celle-ci viendrait d'une instance telle que
la MRC, donc, qu'est-ce qui est
prévu... et c'est ça, le coeur de la
question. Qu'est-ce qui est prévu comme mécanisme où cette municipalité-là peut
s'adresser pour contester cette décision-là?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Laforest :
Bien, moi, j'aimerais ça parce que... Juste pour vous donner un exemple, depuis
un an, des schémas d'aménagement, on en a quand même adopté, on en a signé
quand même plusieurs. Il y a toujours eu énormément de consultation. Les municipalités travaillent
ensemble. Les municipalités qui ne sont pas d'accord sur certains aspects,
nous... nous en fait part, en fait part à la MRC.
Alors, c'est vraiment
un travail de concertation, et ce n'est pas arrivé. Je discutais avec Me
Paradis. Est-ce que c'est déjà arrivé qu'un schéma d'aménagement, il y ait
une ou deux municipalités qui ne sont pas d'accord?
Évidemment, c'est un travail de
concertation, alors la municipalité qui n'est pas d'accord, par exemple, va mentionner pourquoi elle est en désaccord, et on va essayer de l'accompagner là-dedans,
on va lui expliquer, évidemment. Alors, il
y des réglementations municipales à suivre, puis c'est essentiel. Alors, ce n'est
jamais arrivé qu'un schéma
d'aménagement n'ait pas été adopté à cause d'une municipalité.
Puis si la municipalité,
ou deux, ou trois ne veulent pas adhérer au schéma d'aménagement, bien, il y a
des rencontres qui se font. On a
rencontré, on rencontre toujours, toujours les MRC, les maires et mairesses puis on fait des
rencontres pour essayer, justement,
d'aller vers l'adoption du schéma
d'aménagement, ce qui est essentiel.
Parce que vous comprendrez que, quand
un schéma d'aménagement n'est pas à jour et n'est pas adopté,
bien, il y a certains projets qui sont en attente. Alors,
c'est dans la mesure et dans... c'est la
volonté de chaque maire, mairesse et préfet, préfète que tout le monde adhère au schéma d'aménagement. Puis ceux qui ne sont pas d'accord,
je peux vous dire une chose, c'est qu'on essaie de les accompagner, on
essaie de répondre à leur volonté, puis, si ça respecte les orientations, il
n'y a aucun problème. Puis ça ne s'est
jamais vu, je vous le dis, puis Me Paradis est là pour l'affirmer. Puis depuis
un an, nous, quand il y a une ou deux
municipalités ou même quatre, cinq qui ne sont pas d'accord,
on les rencontre puis on travaille ensemble. Ça fait que ça se passe très,
très bien.
Ce qu'on fait aujourd'hui avec cet article-là,
on vient juste corriger, justement... on vient juste combler le vide qu'il y avait
dans la loi, mais les procédures se continuent. Puis depuis un an, là, les schémas d'aménagement se sont bien adaptés. Oui, il y avait des municipalités qui n'étaient pas d'accord,
on a travaillé avec elles, puis, voyez-vous, ça s'est signé, puis on les a adoptés. Il y en a que ça
prend beaucoup de temps, puis c'est pour ça d'ailleurs
qu'ils ont le temps... évidemment, ils
ont le temps encore, d'ici 2022. C'est quand
même assez long. Ça fait qu'on
travaille toujours ensemble, puis il n'y a aucun problème.
Ça fait que, si vous avez peut-être un exemple,
on pourrait même travailler ensemble. Si vous voulez venir au ministère,
on pourrait travailler votre schéma
d'aménagement, si ça vous concerne.
Sinon, moi, je suis totalement d'accord
pour qu'on travaille ensemble pour le schéma d'aménagement que vous, peut-être, pensez. Je peux vous aider, vous pouvez venir au ministère, mais c'est vraiment... Ça se
fait en collaboration. Il faut comprendre, là, que, quand un schéma est adopté,
c'est parce que les municipalités sont d'accord. Merci.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci. M. le député de Viau.
Benjamin : Si je peux
rassurer Mme la ministre là-dessus,
les échos que j'entends de mon agglomération, c'est que ça va très bien. Ça va
très bien. Donc, maintenant... et Me Paradis le disait tout à l'heure,
c'est-à-dire, on s'apercevait qu'il y
avait un trou dans la loi et on a profité... On est en train de travailler pour
bonifier la loi pour prévoir ce qui n'était pas prévu auparavant. Mme la
ministre vient de nous dire que, lorsqu'il y a des cas où des municipalités ne
sont pas d'accord... Donc, c'est que Mme la
ministre pourrait très bien nous donner des exemples puisqu'elle nous
dit : Lorsqu'il y a des cas avec
lesquels ils ne sont pas d'accord, on les accompagne. Alors, le «on» qui les
accompagne, est-ce que c'est le cabinet de Mme la ministre? Est-ce qu'il
y a une entité? Quelle structure qui les accompagne?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Laforest : Oui. Alors, bien, c'est certain, oui, vous avez raison, aux
Affaires municipales, on a l'aménagement du territoire. D'ailleurs, le
ministère portait ce nom-là, avait ce nom-là dans son nom. Il y a une équipe
complète pour l'aménagement du territoire.
Puis je vais en profiter pour dire que, si on regarde tout le travail qu'on a
fait depuis un an au niveau de l'aménagement du territoire au Québec,
c'est incroyable ce qui se fait. Puis oui, les municipalités viennent nous rencontrer. Il y en a, à toutes les semaines,
qui viennent nous rencontrer pour le schéma d'aménagement. À toutes les
semaines, on travaille tous les schémas d'aménagement. Il y a une équipe complète
d'urbanistes et d'aménagistes qui sont là, puis ça se passe très, très
bien. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, alors, s'il y a une entité déjà, donc, lorsqu'il y a
désaccord, lorsqu'il y a dissidence, est-ce
qu'on peut le prévoir? Est-ce qu'on peut le prévoir au niveau de la loi, donc,
que dans le cas de différends,
donc... Et je pense même... je serais même prêt à faire un amendement
là-dessus, proposition d'amendement là-dessus,
Mme la Présidente. Puisque la ministre semble nous dire qu'il y a une entité
qui prévoit, qui accompagne les municipalités qui ne sont pas d'accord,
lorsqu'il y a un plan d'aménagement qui est adopté par une MRC, et il y a du
travail qui se fait, à ce moment-là, est-ce
qu'on peut... au lieu que ce soit :
Oui, on le fait, est-ce qu'on peut le prévoir afin que cette municipalité-là sache que, bien, désormais, lorsque vous ne serez pas d'accord,
donc, voilà ce qui est prévu au
niveau de la loi? Donc, moi, je serais prêt à faire un amendement.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Laforest :
C'est déjà prévu. On le fait déjà. Parce que c'est très, très rare qu'on va
recevoir un schéma d'aménagement qu'on va
accepter immédiatement, ça fait que c'est sûr que... Puis les cas, on ne peut
pas les prévoir, mais on est là,
c'est le travail qui se fait actuellement. Ça se fait depuis toujours. Donc, c'est prévu.
Les schémas d'aménagement, c'est impossible qu'on les reçoive, c'est très,
très rare, là, puis qu'ils soient acceptés, adoptés immédiatement. Donc, ce que vous demandez, c'est du travail de tous les
jours, c'est notre travail qu'on fait à tous les jours. Ça fait que porter un
amendement pour dire : Pour des cas qui ont des besoins particuliers, est-ce qu'on pourrait le prévoir dans la loi... Mais on le prévoit tout de suite, on travaille
avec le cabinet et l'équipe des fonctionnaires. C'est ce qu'on fait à tous les
jours pour les schémas d'aménagement. C'est notre travail.
Ça fait qu'on
ne mettra pas dans l'amendement que c'est notre travail de faire, justement...
d'essayer d'accompagner les municipalités en cas de différend, parce
qu'en cas de différend... oui, il y a des cas qui sont plus particuliers. Il y
a des municipalités qui ne sont pas d'accord, et on travaille avec les
municipalités. Ça se fait déjà. Ça fait que, je ne sais pas, on ne pourrait pas mettre dans un amendement le
travail qu'on fait déjà. Moi, c'est comme... C'est notre travail de faire
ça avec les aménagistes, les urbanistes.
C'est notre travail. Alors, pourquoi mettre ça dans un amendement? C'est la
manière dont on travaille. On
accompagne les municipalités, on travaille des schémas d'aménagement, on revoit
les cartographies. C'est le travail
de l'aménagement du territoire au ministère. Ça fait que je ne vois pas
pourquoi... Ce serait vraiment inutile d'ajouter un amendement
aujourd'hui à ça, là. C'est le travail qu'on fait. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Viau.
Benjamin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Je pense que la ministre,
comme moi, donc, connaît la portée, donc,
d'un élément qui est campé dans une loi lorsqu'il y a... Le législateur ne
parlant pas pour ne rien dire, je pense que, de ce point de vue là, donc, lorsqu'une municipalité... lorsque toutes
les municipalités du Québec sauront, donc, que la loi, donc, les couvre à cet effet-là, donc, je pense
que c'est donner un peu plus de pouvoir à cette volonté que nous avons tous
d'accorder plus d'autonomie aux
municipalités. Donc, moi, à ce stade-ci, Mme la Présidente, je pense que moi,
je voudrais bien déposer une proposition d'amendement à cet effet.
Présidente (Mme Charbonneau) : À ce moment-ci, vous êtes en mesure de
demander un temps d'arrêt pour un
dépôt d'un amendement, M. le député de Viau? Je veux juste m'assurer avec vous
visuellement. Ça vous va? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Oui. Je
veux juste être bien sûre qu'on entend tous la même chose. Moi, ce que
j'entends de mon collègue, c'est... La loi prévoit ça. Il y a 100 quelques MRC.
Il y a des MRC que c'est comme, mettons, Laval, votre secteur, Mme la
Présidente, c'est une MRC, une ville. Mais tu as aussi...
Mme Thériault : Une île, une
ville. Mais tu as aussi d'autres MRC, pour avoir été responsable d'une région, où il va y avoir différentes municipalités. On est
d'accord sur ce qu'on a sur la table, il n'y a pas de problème. Je pense, ça
prend des mesures de contrôle intérimaire. C'est correct.
Le point de
mon collègue, moi, ce que j'en comprends, Mme la Présidente, c'est que,
puisque, dans la loi qui a été adoptée
en 2007, on a oublié un bout, qu'on est en train de faire aujourd'hui, deux ans
après... On a oublié un bout. Mon collègue, ce que je comprends de son
intervention, c'est qu'il est en train de nous dire : Oui, mais si une
municipalité n'est pas d'accord,
nonobstant tout le travail qui se fait pour convaincre puis pour comprendre...
ça se peut qu'il y ait une, deux,
trois, quatre, cinq, la moitié des municipalités d'une MRC qui ne soient pas
d'accord avec quelque chose puis qu'on ne
vienne jamais à bout de s'entendre. On va finir par essayer de s'entendre, mais
ça se peut qu'on ne s'entende pas. Puis ce que mon collègue est en train de dire : Parce que les
municipalités ne sont plus des créatures de Québec, mais plutôt des partenaires, puis ils ont une autonomie
municipale, il est normal qu'on puisse prévoir un modèle de règlement de
différends. C'est ce que je comprends de l'intervention de mon collègue.
Puis je
comprends qu'il y a le travail de l'équipe qui est au ministère, au niveau de
l'aménagement, de l'urbanisme, etc. Mais je pense que mon collègue, ce
qu'il essaie de dire, puis il me corrigera si ce n'est pas ça, mais moi, je le
comprends comme ça, c'est juste pour qu'on
puisse s'assurer, dans la loi, si on fait un amendement qui pourrait se lire
qu'une municipalité qui n'est pas
d'accord, en cas de différend, peut en appeler devant la commission des
affaires municipales... Parce que, là, on est en train de décider pour
les municipalités en MRC, alors qu'une municipalité devrait... Parce qu'on va
se le dire, Mme la Présidente, on vit quand
même dans une société de droit. Les maires sont dûment élus par la population,
puis ça se peut qu'une municipalité
ait raison de dire : Non, je ne veux pas aller là. Puis ça se peut qu'elle
soit parfaitement dans son droit.
Donc, ce que
mon collègue est en train de dire, du haut de son expérience en affaires
municipales, parce qu'il a quand même
été conseiller municipal assez longtemps... Vous savez qu'il a présidé le conseil de ville de Montréal
de main de maître aussi, Mme la Présidente? Donc, son attachement au
décorum et à la présidence, donc au rôle que vous jouez et de tout le consensus, le dialogue qui doit s'enclencher... Je pense
que c'est probablement ce que mon collègue est en train
de dire, c'est qu'il faut prévoir un
mécanisme de différend... Au même
titre qu'on n'a pas prévu des règlements
intérimaires, voilà deux ans, on
aurait peut-être dû prévoir aussi un mécanisme de règlement
de différend. Puis il est en train
dire : Bien, étant donné qu'on est là puis qu'on corrige déjà une
lacune qu'il y avait dans la loi qui a été adoptée voilà deux ans...
Ça fait que vous voyez, Mme la Présidente, quand on prend notre temps pour poser des questions
puis essayer de bien comprendre,
c'est justement pour essayer de ne pas en échapper, parce que
même, la semaine passée, on a eu droit... Ah! bien, c'est un oubli qu'on a eu avant. Donc, ça, il faut s'habituer.
Les parlementaires, on va voir ça régulièrement, quand on va rouvrir des lois, des «tant qu'à»... On va
faire ce qu'on a oublié de faire l'autre fois. Donc, moi, je pense que c'est
tout à fait légitime de pouvoir prévoir un règlement de différend et je pense que c'est là l'amendement que mon collègue veut faire, ou on pourrait adopter ce que la ministre
a en même temps. Peut-être juste en ajouter un petit alinéa
pour dire qu'une municipalité peut, en cas de différend, faire appel
auprès de la commission des affaires municipales. C'est ça?
M. Benjamin :
Très bien.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Mme la ministre.
Mme Laforest : Bien, en fait, moi, si je comprends bien, c'est
comme deux choses complètement différentes. Parce que ce que vous dites, c'est sûr, on donnait des
exemples, tantôt, il y a plusieurs municipalités parfois qui sont en désaccord avec la MRC. Là, on a cet article-là.
Mais là ce que vous dites, c'est : Qu'est-ce qui arrive, si une municipalité n'est pas d'accord avec la MRC? Ça arrive très, très
régulièrement, là, puis pour plusieurs sujets, vous comprendrez.
Là, peut-être, parfois,
c'est une question de politique, mais, en
même temps, si la municipalité juge qu'elle doit aller vers le côté juridique, si elle se sent
lésée ou mise de côté, elle a toujours le choix. Mais je pense que, là, on est
comme... c'est complètement deux choses qui sont... deux choses opposées. C'est
différent, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui.
Puis
là, ici, on vient créer... un vide qui était dans la loi. On vient juste
préciser la loi. Mais ce que vous dites, c'est... la question, c'est : Qu'est-ce qui arrive avec une municipalité qui n'est pas d'accord avec sa MRC? Je peux vous le dire, ça arrive tout
le temps puis pour plusieurs
sujets. Là, c'est certain qu'on parle des schémas d'aménagement. On les accompagne, on les aide. Ici, on traite vraiment
cette possibilité-là avec les schémas d'aménagement, mais
c'est dans la vie de tous les mois, de tous les jours, de toutes les
années qu'il y a certaines municipalités qui ne sont pas d'accord avec les MRC. Ça
fait que c'est du travail quotidien. Ça fait que, je ne sais pas, mais il faut vraiment comprendre que ce que vous demandez, c'est
complètement autre chose que ce qui est discuté ici, dans l'article de loi.
Ça fait que, même si on précise que certaines municipalités qui ne sont pas d'accord... Bien, c'est à l'année, ça, qu'il
y a des municipalités qui ne sont pas d'accord. C'est sûr que... Dans une MRC, pensez-vous que
les 15 municipalités sont toujours d'accord?
C'est impossible. Ça fait que ça, c'est un travail de tous les jours, puis je
comprends votre préoccupation. En
même temps, c'est certain que, là, on
pourrait aller très, très loin parce
qu'on touche les différends des élus
qui sont en désaccord par rapport à certaines situations. Mais, dans la vie de
tous les jours, les élus sont souvent en désaccord. Mais là ce qui est important, c'est de travailler,
d'accompagner des élus pour cet
article de loi là. Ça fait que c'est vraiment important de comprendre, c'est
complètement deux choses différentes de ce qu'on discute aujourd'hui. Merci,
Mme la Présidente.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci à vous, Mme la ministre.
J'ai une demande de parole du député de Gatineau.
M. Bussière : Écoutez, il y a déjà en place des mesures pour permettre aux
municipalités qui ont un ou deux points sur lequel ils ne sont pas
d'accord... Et ça arrive, comme Mme la ministre le disait, assez régulièrement
où est-ce qu'il y a ces... Ce n'est pas la
majorité des municipalités. Ça peut être une ou deux municipalités sur
lesquelles ils ont un point en particulier sur lesquels elles ne peuvent
pas s'entendre.
Bien, n'oubliez pas,
là, que Québec a son mot à dire là-dedans. Il y a des règles à suivre puis il y
a des choses demandées par les
municipalités, parfois, qui est un petit peu trop poussé, exemple, de dézoner
autour de certaines petites communautés
pour prévoir la croissance. Mais il y en a qui vont aller un peu trop grand, et
donc on nous ramène à l'ordre, et puis c'est correct.
Mais
il y a des façons, il y a des mesures qui nous permettent, pour ne pas retarder
l'adoption d'un schéma d'aménagement d'une MRC... Parce que n'oubliez
pas, là, plus on retarde l'adoption, il y a des... Il y a des projets qui sont en attente dans beaucoup de municipalités.
S'il y a 10, 15 municipalités.
Il y a des projets un peu partout qui vont être gelés jusqu'à ce que ce soit finalisé. Donc, vaut mieux
parfois, sur un point ou deux, dans certaines municipalités, ne pas retarder l'adoption du schéma. Et il y a des
mesures qui leur permettent, par après, de revenir pour tenter de régler cette
situation-là. Donc, c'est déjà en place. Je
ne vois pas pourquoi on voudrait
mettre en place autre chose, là. C'est déjà là.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, M. le député de Gatineau. M. le député de Viau.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Je remercie le collègue de
Gatineau pour son intervention. Le but n'est pas vouloir mettre autre chose, Mme la Présidente. Le but, ici, c'est de
prévoir autre chose. C'est l'objectif, ça doit être l'objectif de toute
loi aussi, de prévoir aussi. Et, ce que nous avons devant nous, c'est un
pouvoir qu'on donne aux MRC de mettre en
place les mesures de contrôle intérimaire. Et tout à l'heure, l'élément de réponse
qu'on a dit, qu'on m'a confirmé, c'est des mesures qui sont
discrétionnaires aux MRC.
Donc, maintenant, les
municipalités qui ne sont pas d'accord, qui ne seraient pas d'accord avec les
orientations d'une MRC... Et on est toujours dans le contexte de cette loi, ce
n'est pas... contrairement à ce que nous a dit Mme la ministre, ce n'est pas deux choses différentes. C'est la même chose,
c'est-à-dire, on est sur le 15.5, dans la mesure où on parle de décisions qui seraient prises par une
MRC, donc, et des mesures de contrôle intérimaire qui doivent être appliquées,
mettre en place... mises en place, pardon, par la MRC en question.
Alors,
il faudrait que la loi prévoie justement que, dans le cas d'une municipalité ou
de toute municipalité qui ne serait
pas d'accord... Il y a des choses... On me dit qu'il y a des choses qui se
font, mais il faut que la loi le prévoie, il faut que la loi puisse le prévoir, c'est-à-dire,
dire : Écoutez, on s'adresse à telle entité. Nous, dans le cas de ma
collègue la députée d'Anjou—Louis-Riel, elle nous indique clairement : la
commission des affaires municipales peut être l'entité à laquelle on
pourrait... et que la municipalité pourrait s'adresser.
Alors, ce que
je demande, c'est qu'ici, dans le contexte de cette loi-là, avec les
responsabilités attribuées aux MRC, qu'est-ce
qui est prévu... Donc, il faut prévoir... et ce n'est pas à chaque semaine, ce
n'est pas à chaque législature qu'on va
ouvrir cette loi. Donc, on est en train de faire un travail, alors faisons ce travail-là
afin de pouvoir planifier, prévoir ce que
nous pouvons prévoir. Et, dans ce cas-ci, nous pouvons le prévoir. Nous pouvons
prévoir ce que... par exemple, une municipalité,
donc, qui ne serait pas d'accord avec une MRC, où est-ce que cette municipalité-là
peut s'adresser dans le cas d'un différend. Donc, c'est tout.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, M. le député. Est-ce que j'ai
d'autres interventions? Ça va? Si je n'ai pas d'autre intervention, je
vais mettre aux voix l'article déposé. M. le député de Viau.
M. Benjamin : Alors, Mme la
Présidente, donc, je me vois... et puisqu'il faut faire notre travail jusqu'au
bout, je me vois dans l'obligation de
déposer, à ce stade-ci, une proposition d'amendement, donc, question de faire entendre
la voix des municipalités qui pourraient ne pas être d'accord avec
certaines orientations de la MRC.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, M. le député de Viau.
Je vais demander une suspension, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à
11 h 04)
Présidente (Mme Charbonneau) :
Alors, nous allons reprendre. M. le
député de Viau,
vous allez nous faire la lecture de
votre amendement, avec une courte explication pour qu'on puisse
remettre en contexte l'amendement que
vous proposez.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Donc, cet amendement qui est
déposé devant vous se lit comme suit... Donc, je donne lecture à
l'amendement, Mme la Présidente, si vous permettez.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
S'il vous plaît.
M. Benjamin : Donc :
L'article
15.5 est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«En cas de différend, les parties peuvent en
appeler devant la Commission municipale du Québec.»
Donc, je pense
qu'il va de soi, Mme la Présidente, que, dans un contexte où nous parlons
d'autonomie des municipalités, bien, l'autonomie d'une municipalité, ce
n'est pas un mot vide. Ça va avec des sous, mais ça va aussi avec des pouvoirs,
avec des mécanismes, avec des leviers qui permettent à ces municipalités-là non
seulement de se prendre en main, mais aussi
de pouvoir contester aussi des décisions, donc, qui ne font pas leur affaire.
Et, à ce stade-ci, donc... et la
Commission municipale me semble l'entité toute désignée. Et je suis prêt
d'ailleurs à discuter avec Mme la ministre, donc, si elle souhaite que
ce soit une autre entité qui puisse entendre...
Mais, s'il y
a quelque chose de très important ici qu'il faut comprendre, c'est
qu'aujourd'hui il y a une responsabilité. Nous sommes en train de
modifier une loi où nous confirmons les responsabilités des MRC par rapport à
des décisions, notamment, nous donnons
également... comptons donner également le pouvoir aux MRC pour prendre les
mesures de contrôle intérimaire sur
une base discrétionnaire. Donc, c'est-à-dire, c'est les MRC qui décideront des
mesures... actes de contrôle intérimaire à prendre aux fins de l'application de
cette loi. Mais ce que nous souhaitons et ce que nous voulons ici, c'est
de permettre justement, donc, aux
municipalités de pouvoir dire... non seulement de pouvoir dire, mais de pouvoir
contester une décision.
Donc, il va
de soi... Donc, Mme la ministre nous a parlé du travail que fait son équipe.
Donc, je suis très content de savoir
qu'il y a une équipe qui travaille pour accompagner les municipalités
contestataires, mais il y a une entité qui est prévue, il y a une commission municipale, et c'est le rôle de la
Commission municipale d'entendre notamment des différends, donc
d'entendre des différends, lorsqu'il y a des différends. Et à ce stade-ci,
donc, nous proposons que ce soit cette Commission municipale, donc, qui puisse
entendre les différends. Voilà.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Laforest : Mais juste une petite précision, la Commission municipale
n'est pas là pour gérer des différends entre
municipalités. La Commission municipale est là pour la conformité et non pour
gérer des différends entre municipalités. Merci.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Viau.
M. Benjamin : Comme je
l'ai rappelé à Mme la ministre, je suis prêt, et je l'ai dit en ouverture
d'échange, donc, par rapport à cet
amendement, je suis prêt à regarder avec Mme la ministre toute autre instance
qu'elle voudrait bien considérer, mais
pourvu que la loi prévoie un mécanisme, donc, qui pourrait entendre les
différends, donc, entre une municipalité et la MRC. Donc, alors, la
balle est dans le camp de Mme la ministre, donc, à nous suggérer toute autre
instance.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, M. le député de Viau. Mme la ministre.
Laforest : Tout a été dit. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Madame, merci. M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. Afin de bien comprendre
l'amendement proposé par mon collègue de Viau, j'aimerais savoir, son objectif, c'est un objectif dans le cas
d'un différend entre une municipalité et sa MRC. C'est un objectif de médiation ou de décision exécutive
par un tribunal? Parce que c'est deux cas de figure différents ou peut-être
les deux... enfin, j'aimerais bien comprendre la pensée de mon collègue.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, M. le député de Laurier-Dorion. M. le député de
Viau.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Donc, merci au collègue de
Laurier-Dorion pour sa question.
L'article que nous avons devant nous nous parle beaucoup de compatibilité, à
s'assurer, donc, que le schéma puisse être compatible en lien avec le développement du plan régional.
Or, l'article est muet, donc, actuellement, sur tout ce qui concerne les
différends qui pourraient avoir lieu
entre une municipalité et une MRC. Donc,
l'objectif, donc, poursuivi par cet amendement, c'est de dire :
En cas de différend entre une municipalité et la MRC, quelle
est l'instance médiatrice, quelle est l'instance qui pourra entendre? Et il faut
prévoir une instance où la municipalité peut se dire : Bien, écoutez,
je vais m'adresser à telle instance
pour pouvoir régler, pour pouvoir travailler sur la médiation et voir à régler éventuellement les différends entre la municipalité et la MRC.
Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, M. le député. M. le
député de Laurier-Dorion, est-ce que ça clarifie les choses?
Fontecilla : Je comprends bien — merci, Mme la Présidente — que
la fonction première, c'est une question
de médiation, de rapprocher les parties,
etc. Ma question s'adresse à la ministre, donc, si j'ai bien compris les propos qui ont été tenus,
il y a quelques minutes. Cette fonction-là est accomplie,
remplie par le ministère des Affaires
municipales, l'accompagnement,
etc. J'aimerais que vous confirmiez cette interprétation-là.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Mme la ministre.
Laforest : Oui. Vous avez
tout compris, ça se fait à toutes les semaines, à tous les jours, pour des
sujets comme on a discuté auparavant.
C'est notre travail, le travail des urbanistes, des aménagistes. Puis, comme je
le dis, c'est très, très rare que toutes les municipalités vont être
d'accord immédiatement avec un schéma d'aménagement. Ça fait qu'il y a un travail... ça se fait à long terme. C'est pour ça
qu'on en a parlé ici, on a donné la date de 2022. À ce moment-là, c'est certain
que les municipalités ont le temps de se
rencontrer, la MRC a le temps de faire son travail, justement, un travail de
médiation avec les municipalités.
Puis
il faut comprendre aussi qu'il y a des obligations régionales, il y a des
obligations environnementales, quand on parle de schémas d'aménagement. Ça fait
que parfois une municipalité, je vous donne un exemple, si elle n'est pas
d'accord, puis on va à l'encontre des orientations gouvernementales et des
demandes environnementales, par exemple, une municipalité voudrait enlever toutes ses zones inondables, bien, c'est
certain que c'est très, très bien d'avoir une MRC ou encore un vote qui
va être à la majorité pour démontrer à cette municipalité-là que ce n'est pas
possible.
Mais
le travail se fait à tous les jours, on a... tout le monde, aux Affaires
municipales. Mais, comme je le disais tantôt, proposer la CMQ, la Commission municipale... La commission n'est pas là
pour gérer des différends entre municipalités, la Commission municipale est là pour gérer des conformités, de la
réglementation. Alors, on ne touche pas du tout, s'il y a des municipalités qui ne sont pas d'accord pour
proposer un certain schéma d'aménagement... Ce n'est pas ça du tout, du tout. Ça ne changerait absolument rien si on
demandait à la CMQ de le faire. C'est vraiment un travail de longue haleine pour des schémas d'aménagement puis c'est ce qu'on
fait à tous les jours aux Affaires municipales. Il y a une équipe dédiée
pour ça, vraiment.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Si je comprends bien, donc, si malgré tout ce travail-là,
le temps nécessaire pour discuter entre les municipalités, s'il y a un
travail de médiation de la part du ministère des Affaires municipales en cas de
différend entre une municipalité locale...
bien, une municipalité et sa MRC, si les conflits ou les différends d'opinion
persistent, qu'est-ce qui s'applique?
C'est la règle de la majorité double qui nous a été expliquée tantôt, donc,
c'est la majorité qui, selon la loi, règle
les différends, là, sans aller à une autre instance. Donc, discussion entre les
parties... si je reproduis le cheminement, discussion entre les parties, médiation en cas de différend, et, si le
différend persiste, bien, c'est la majorité qui l'emporte, selon la
double majorité qui nous a été expliquée maintenant. Est-ce que c'est la bonne
façon de comprendre les choses?
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Mme la ministre.
Mme Laforest : Vous avez tout
compris. Mme la Présidente, très heureuse, vous avez tout compris.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la ministre. Ça vous va, M. le député de Laurier-Dorion? M. le
député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, vous comprendrez, Mme la Présidente, que, dans un contexte où nous parlons d'autonomie des municipalités...
Et, Mme la Présidente, Mme la ministre vient de donner un exemple. Bien,
cet exemple-là, on peut l'inverser aussi. Il
peut y avoir des orientations prises par une municipalité qui soient des
orientations progressistes aussi,
donc allant dans le sens soit du développement durable ou tout autre aspect par
rapport à son aménagement, et
orientations avec lesquelles... donc,
une décision qui contredirait une décision, une volonté d'une MRC. Et, à ce stade-ci aussi, la municipalité
doit avoir une instance qui est prévue par la loi, où elle peut, où elle doit
s'adresser.
Donc,
maintenant, je comprends qu'il y a une équipe, mais est-ce que cette équipe-là
a un nom au sein du ministère des Affaires municipales? Bon, alors, tout ce que
je demande à travers cet amendement, c'est qu'on puisse le prévoir,
qu'on puisse dire... que la loi puisse être
claire pour dire aux municipalités : Lorsque vous n'êtes pas d'accord,
lorsqu'il y a un différend, donc, voici l'instance à laquelle vous devez
vous adresser. Donc, moi, c'est ce que je demande. Ce que nous demandons, donc, au niveau de cet amendement,
donc, c'est de prévoir... Donc, je veux bien qu'il y ait une équipe, mais
c'est quoi, cette équipe, c'est quelle unité au niveau du ministère des
Affaires municipales?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, M. le député. Mme la ministre, pour une précision.
Mme Laforest : J'ai tout précisé.
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui, merci, Mme la Présidente. Mme
la Présidente, moi, je comprends l'argumentaire de mon collègue le député de Viau qui, je le rappelle, a
quand même déjà été conseiller municipal. Mme la Présidente, il a une expertise
au niveau du domaine municipal que je n'ai pas.
Par contre,
j'ai une expertise au niveau de la législation, qui est assez intéressante
aussi, puis je pense que présentement on
a un beau cas de figure devant nous, d'un
article qui, lorsqu'on a fait la loi
voilà deux ans, Mme la Présidente, on a oublié quelque chose dans la loi. Deux ans après, on
corrige dans la loi pour s'assurer que les mesures de contrôle intérimaire
peuvent être prévues jusqu'à tant que le plan soit adopté.
Mais en fait,
Mme la Présidente, on comprend que depuis deux ans, il n'y a pas eu de
plan d'adopté. On comprend aussi que
les gens, ils ont quand même trois ans encore devant eux pour pouvoir le
faire. C'est un peu normal. Mais à 89 MRC, Mme la Présidente, ça se peut qu'il y en ait qui ne soient pas d'accord.
Puis dans chacune des MRC qu'on a au Québec, si vous prenez des exemples, peu importe la région, la région du
Témiscamingue a peut-être six MRC, mais, dans chacune des MRC, il peut y avoir une municipalité,
mais il peut aussi y avoir cinq, 10 municipalités, Mme la Présidente. Puis
mon collègue a tout à fait raison, il
peut y avoir une municipalité qui peut être en avant de son temps puis décider
d'aller beaucoup plus loin, hein?
Vous savez,
Mme la Présidente, si on fait juste regarder les différentes municipalités,
souvent, avec le recyclage, hein...
moi, chez nous, il y a du compostage, le recyclage puis il y a des déchets
normaux, Mme la Présidente, puis je peux vous dire que le recyclage passe pas mal plus rapidement chez nous qu'il
peut passer dans d'autres régions, mais c'est des mesures progressistes qui ont été prises,
M. le Président, par les municipalités, puis elles ne sont pas toutes au
même niveau.
Moi, je vous
parle de recyclage, mais ici, on est en train de parler de la
loi sur
l'urbanisme. Bien, c'est évident que lorsque les municipalités, elles ne
sont pas tout à fait d'accord, je comprends que de privilégier la voie de la
discussion, c'est parfait, il n'y en a pas
de problème. On peut discuter, on peut s'asseoir, on peut faire valoir des
points, on peut débattre. C'est le
principe même de notre système parlementaire, on vit dans une démocratie. Moi,
je pense que d'une municipalité à
l'autre, des fois, tu peux avoir des divergences d'opinions. Il peut y
arriver... Il ne faut pas oublier qu'il va y avoir une élection
municipale aussi en 2021 puis que ça se peut qu'en 2022 il y ait
d'autres orientations qui se donnent.
Parce que
nous, notre rôle, il ne faut pas l'oublier, c'est de prévoir. C'est de prévoir
l'imprévisible. On est là pour ça. Ça fait que c'est sûr qu'il y a eu
des élections, en 2017, municipales. D'ailleurs, le collègue de Mégantic a
été conseiller municipal
en 2007, si je ne m'abuse... Vous n'étiez pas conseiller municipal?
Mme Thériault : Oui, c'est ça,
en 2007, donc ça veut dire...
Mme Thériault : 2017, pardon.
Il manque un 10, c'est important. Donc, 2017, ce qui veut dire qu'en 2021 il va y avoir une autre élection municipale. Bien,
oui, il peut y avoir un paquet de changements, puis ça se peut que le maire
d'une municipalité avec ses conseillers... ou de deux, ou de trois, ou de
quatre municipalités à l'intérieur d'une MRC n'endossent
pas tout à fait la décision qui a été prise par leurs prédécesseurs, ça se peut. Bien, ça arrive aussi, là. Les maires
se font élire comme
les partis politiques au provincial ou au fédéral se font élire sur des
engagements. Bien, ça se peut que quelqu'un ne soit pas d'accord avec une orientation qui a
été prise. Ce n'est pas parce qu'on veut aller plus loin ou parce qu'on peut aller moins loin. Les élus municipaux, M. le Président, sont quand même représentatifs de la population. Ils sont élus par leurs pairs au même
titre que nous
le sommes, puis que les députés
fédéraux le sont, puis que les commissaires scolaires l'ont été, qui, à mon grand désarroi, ne le seront plus. La
démocratie, c'est ça, la démocratie. Puis le système dans lequel on vit fait qu'on a toujours des instances
sur lesquelles on peut en appeler, s'il y a un différend, pour essayer de le
régler.
Puis mon collègue le député de Viau a quand même
été très sage dans sa manière de rédiger l'amendement parce qu'il a écrit «en cas de différend, les parties peuvent en
appeler». Il n'a pas écrit «une municipalité», il a écrit «les parties». Pourquoi vous pensez? Parce que ça se
peut que ce soit la MRC qui veuille appeler d'une municipalité qui, elle, ne
veut pas embarquer. Puis ça se peut que la MRC soit dans son droit aussi, là.
Ce n'est pas une question de savoir qui est fin, puis qui n'est pas fin,
puis qui veut, puis qui ne veut pas, là, ce n'est pas ça.
C'est une
question de dire : Bien, dans le système dans lequel on vit, c'est normal
que, quand on a des différends, qu'on
puisse prévoir un mode de règlement de différend. On le fait pour un paquet
d'affaires. On le fait en relation de travail, on le fait dans notre vie de tous les jours. C'est normal de pouvoir le
prévoir, là, puis les municipalités sont des partenaires. Bien, à un
moment donné, tu as une date butoir aussi, il faut être capable de le prévoir.
Vous savez, si la Commission municipale du
Québec peut prendre différents mandats, peut accompagner une municipalité quand
ça ne va pas bien... quand on met une municipalité sous tutelle, on peut le
faire, la Commission municipale du Québec
peut l'accompagner. Pourquoi la Commission municipale du Québec ne pourrait pas
accompagner non plus quand il y a un différend avec une MRC, une ou des
municipalités?
Moi, je pense que, dans sa grande sagesse, le
député de Viau... l'amendement, de la manière dont il est déposé, ce n'est pas très contraignant. Ça fait juste
prévoir un cas de figure quand il y a un problème, parce qu'il peut y en avoir
un problème... il peut, dans n'importe quelle MRC, dans n'importe quelle
municipalité. À ce que je sache, on ne vit pas dans une dictature, on vit dans une démocratie. Bien, le principe même,
c'est de dire que, quand il y a quelque chose qui ne va pas, comment on peut
faire pour régler le différend. Et c'est l'esprit de l'amendement qui a été
déposé par mon collègue le député de Viau.
Ce n'est pas
une question de s'embourber devant les tribunaux cette fois-ci, là. Puis je
pense qu'il l'a bien dit aussi, c'est un règlement différent qu'on peut
médier... Ça se dit-tu, «médier»? Non, hein? Ou on peut faire de la médiation, c'est mieux, c'est mieux. Ou on peut faire de la
médiation par rapport à des prises de positions qui sont différentes. Parce
que c'est sûr que, dans les MRC, quand c'est
Laval, comme notre collègue la députée de Mille-Îles, c'est une ville. Une
ville ou une MRC, ce n'est pas compliqué,
là, hein? C'est le même monde qui sont sur une instance puis sur l'autre. Je
pense qu'ils vont s'entendre assez vite. Mais, dans les belles régions du
Québec... c'est grand le Québec, M. le Président. Vous le savez, vous venez d'une région... vous
venez du centre de la Mauricie, vous venez de la Mauricie. Vous savez comme
moi que les intérêts de la municipalité de
La Tuque, ce n'est pas nécessairement les mêmes intérêts qu'à Maskinongé puis
pas nécessairement les mêmes qu'à
Trois-Rivières, là, c'est clair. C'est différent. Dans Lanaudière, c'est la
même chose. Les intérêts de la
municipalité de Saint-Jean-de-Matha, ce n'est pas la même chose que ceux de
Mascouche ou de Repentigny. Donc, il est évident qu'il peut y avoir des
intérêts différents.
Puis je pense
que mon collègue est à la bonne place dans sa sagesse. Il a même écrit,
écoutez, il faut le faire, là : «En
cas de différend, les parties peuvent en appeler». Bon, peut-être, «en appeler»
est peut-être un terme juridique un peu trop fort, tu sais, bon... Là, je vais faire sourire, là, peut-être
qu'en appeler, c'est fort. Bien, on pourra peut-être changer le terme, par exemple. C'est pour ça que quand, de
manière générale, M. le Président... vous avez certainement remarqué, vous
qui êtes un assidu du projet de loi
n° 16, que la plupart du temps, ce qu'on a fait, c'est qu'on a eu des
discussions avec la
partie ministérielle
sur des possibles amendements, pour donner la latitude aux légistes de la
ministre d'écrire, d'écrire les amendements tels quels, pour justement
s'assurer d'avoir le terme juste.
Dans ce
cas-ci, la problématique qui est soulevée par le député
de Viau est une problématique qui est réelle. C'est un cas de figure qui peut se poser. Est-ce que
la terminologie, elle est juste? Bon, on peut peut-être la modifier, «en
appeler», bon, peut-être,
tu sais... mais il y a d'autres termes qui, peut-être,
auraient été mieux écrits si c'étaient les légistes de l'autre côté qui l'auraient écrit. Mais je comprends très bien
l'esprit du collègue qui... en fait, ce qu'il demande, par cet amendement-là,
c'est de faire en sorte qu'en cas de
différend, une MRC ou une municipalité puisse, une comme l'autre, aller quelque part puis dire : Je ne suis pas d'accord, pour telle raison, j'ai mon
autonomie municipale. Parce que sont
des partenaires, ce n'est pas des créatures.
Tout le monde
se souvient, M. le Président... Vous savez, moi, je suis arrivée ici en 2002,
hein? Moi, je me souviens aussi des fusions forcées à Montréal puis je
me souviens d'un temps pas si lointain où les municipalités, c'étaient des créatures de Québec, là, puis que les
municipalités n'avaient pas un mot à dire. On pouvait pelleter ce qu'on voulait
dans leurs cours, on pouvait leur
envoyer ce qu'on voulait comme responsabilités, puis arrange-toi avec ça, c'est
comme ça. Les temps ont bien changé,
les municipalités sont des partenaires. Le ministre a signé un très beau pacte
fiscal, je l'ai félicité, d'ailleurs, M. le Président. Les
municipalités, je pense qu'elles sont heureuses.
On aura
l'occasion de revenir sur ce projet de loi là, mais chose certaine, il faut se
laisser de la place à la discussion. Il faut se laisser de la place pour pouvoir parler de ça, que s'il y a une
des municipalités... ou la MRC n'est pas d'accord, ce n'est pas une question d'aller devant le tribunal,
c'est une question de pouvoir prévoir le coup. Puis quand on fait de la législation, on essaie de prévoir le coup, on
essaie de prévoir tous les cas de figure. Dans ce cas-ci, lorsque la loi a été adoptée, on a oublié quelque chose. Deux ans
après, on est là, on est en train de l'arranger, pas de problème. Bien là, on
est en train d'oublier qu'on est dans une société de droit, puis que nos
municipalités sont des partenaires, puis que les MRC sont aussi des partenaires. Puis souvent on envoie beaucoup de choses
dans la cour des municipalités, mais on ne leur donne pas tous les outils.
On a beau leur donner de l'argent, il faut leur donner les outils puis il faut
être capable de prévoir.
Bien, je pense que, dans
sa grande sagesse, le collègue le député de Viau a tout à fait raison de
déposer un amendement comme ça pour faire en sorte qu'il y ait un endroit où on
puisse aller discuter sans parti pris. Puis je pense que la Commission municipale, c'est un bon endroit. Auquel cas, si ce
n'est pas l'endroit, mon collègue de Viau l'a dit, la ministre peut indiquer une autre instance comme
telle. Ce n'est pas... puis je pense que c'est important qu'on se le rappelle
collectivement, là, ce n'est pas qui a
raison, qui a tort, on est dans le champ, la ministre a raison, la ministre n'a
pas raison, on est dans le champ,
l'inverse. Ce n'est pas ça. On est en train de faire une loi. On peut-tu la
faire correctement? Est-ce qu'on peut essayer de prévoir tous les cas de
figure? C'est ce qu'on essaie de faire. Puis je pense que mon collègue le
député de Viau l'a bien démontré de par
juste la manière que l'amendement est rédigé en disant :
En cas de
différend, les parties... Parce que
ça peut être une MRC aussi. Tu sais, on regarde souvent que ça peut être une
municipalité qui n'est pas d'accord, mais ça se peut que ça soit plus
qu'une.
On fait quoi,
en 2022, s'ils ne sont pas rendus avec leur schéma, ce n'est pas prêt parce
qu'ils ne s'entendent pas? On va faire quoi? On va extensionner? On va rouvrir
la loi pour leur donner jusqu'à 2024, 2025, 2026? Tu sais, moi, je peux vous dire, parce que j'ai déjà quand même été
ministre de la Sécurité publique, M. le Président... puis il y a des schémas
de couverture de risques aussi que les MRC
doivent adopter, puis je peux vous dire que c'est assez ardu, puis il y a des
MRC... il en reste une, au Québec, quelque
part, d'ailleurs, qui, je crois, n'a toujours pas adopté. Bien, ce n'est pas
normal.
La couverture de risques, c'est important, mais
l'aménagement, c'est la même chose, c'est là qu'on va protéger nos territoires, c'est là qu'on va protéger les
milieux humides. On a prévu... On a d'ailleurs fait une loi pour être sûr que
tout le monde se parle. Quand on regarde les
15.1, 15.2, 15.3, 15.4, 15.5, on voit que le ministre de l'Environnement, le
ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles, la ministre des Affaires municipales, plusieurs ministères sont
interpelés, tous les ministères sont interpelés, ont un mot à dire. Puis
on est en train de nous dire qu'une MRC ou des municipalités qui ne sont pas en accord, elles ne peuvent pas
rien faire. La loi est muette. Ce n'est pas normal que la loi soit muette. Donc,
je pense que mon collègue est dans son plein droit de vouloir bonifier la loi
par le dépôt de son amendement.
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant l'amendement proposé à
l'article 107 par le député de Viau? M. le député de Viau, la parole est à
vous.
Benjamin : Oui. Merci, M. le Président. Donc, je pense que... en fait,
et ça, ce sera peut-être ma dernière
intervention sur cet amendement, je le rappelle encore, l'objectif poursuivi
par cet amendement, M. le Président, n'étant nullement d'alourdir, mais au
contraire, c'est d'alléger, c'est de prévoir, que ce soit clair. Je pense
qu'autour de cette table... membres
de cette commission, il y a plusieurs
élus qui sont d'anciens élus municipaux.
Vous me comprenez, M. le Président.
Et je crois
que l'ensemble des municipalités du Québec, qui n'ont jamais arrêté de réclamer
plus d'autonomie, ne veulent pas non plus se soustraire aux décisions d'une
MRC, quitte à ce que cette décision soit majoritaire. Il y a des décisions qui peuvent être majoritaires, mais
c'est le droit d'une municipalité de pouvoir dire : Écoutez, cette
décision-là, donc, je ne suis pas d'accord avec ça, voilà pourquoi je ne suis
pas d'accord. Et il faut prévoir une instance, il faut... c'est tout ce qu'on demande, c'est de prévoir une
instance où, lorsque cette décision-là pourrait être entendue... médiation,
soit, quitte à ce qu'on... pour qu'on puisse avancer.
Donc, j'ai proposé, dans cet amendement-là, la
Commission municipale, M. le Président, mais je suis, comme je tiens à le rappeler encore... donc, j'aimerais
bien entendre la ministre pour me faire une proposition, puisque notre but
étant, ensemble, d'améliorer cette loi. Et
je ne suis pas là pour m'opposer, je suis là dans un esprit de bonification,
d'aider à améliorer. Je suis très positif et j'ai une personnalité
positive et optimiste. Je considère encore, de par mon optimisme, je persiste à croire encore que Mme la ministre
comprendra que moi, je suis ouvert à regarder avec elle toute autre instance
qu'elle jugera opportune ou bonne pour
pouvoir regarder... cette instance-là sera, la loi le prévoira, cette
instance-là, donc, une instance à
laquelle les municipalités pourront s'adresser lorsqu'il y aura des différends.
Donc, c'est ça, la portée de cet amendement-là.
Nous nous apprêtons...
L'article 15.5, je
le rappelle, et je lis le libellé de l'article 15.5 qui est devant moi :
La municipalité, donc... la MRC, pardon,
elle — donc, on
fait également allusion à la MRC — doit prendre également les mesures de contrôle intérimaire appropriées selon
les règles prévues par cette loi. Donc, ce sont les responsabilités qu'on
donne aux MRC, donc, mais ces
responsabilités-là doivent aller de pair avec les droits que les municipalités
ont. Et les droits que les
municipalités ont, quand elles ne sont pas d'accord avec une orientation prise
par une MRC, c'est de pouvoir se faire
entendre, c'est de pouvoir avoir une place, un lieu précis, une instance où se
référer pour pouvoir se faire entendre, par la médiation, souhaitons-le,
pour pouvoir avancer. C'est ça le coeur et le sens unique de cet amendement.
Donc, je
n'aimerais pas que l'on s'arrête à l'instance que l'on propose, Commission
municipale du Québec, pour ne pas faire avancer, pour ne pas avancer
dans le sens de cet amendement. Donc, moi, je suis dans une ouverture totale à regarder la chose, mais pourvu qu'on puisse la
prévoir. Je présume que ce n'est pas dans la 42e législature qu'on va rouvrir
cette loi, une fois adoptée. Donc, si nous
voulons faire un travail, un travail complet, donc, prenons le temps qu'il faut
pour le regarder pour le faire convenablement. Donc, voilà. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Viau. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant
l'article 107... principalement, l'amendement proposé à
l'article 107, pardon? M. le député de Viau.
M. Benjamin : Je présume que, M. le
Président, vous aurez à décider, donc je vais demander un vote nominal.
Le Président (M. Allaire) : Nous
sommes donc rendus à procéder à la mise aux voix de l'amendement proposé à
l'article 107. Est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M.
Allaire) : Adopté? Vote nominal? Effectivement, vous l'aviez demandé.
Nous allons donc procéder par vote nominal, M. le secrétaire, la parole est à
vous.
Le Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
Le Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
Le Secrétaire :
Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Le Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
Le Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
Le Secrétaire :
M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla :
Abstention.
Le Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
Le Président
(M. Allaire) : Abstention. L'amendement est donc rejeté.
Nous revenons donc à
l'article 107. Je vois que M. le député de Laurier-Dorion souhaite prendre
la parole.
M. Fontecilla :
Continuez, monsieur.
Le Président
(M. Allaire) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant
l'article 107? Pas d'autres interventions?
Nous serions donc prêts à procéder à la mise aux voix de l'article 107.
Est-ce que l'article 107 est adopté?
Le Président
(M. Allaire) : Le 107 est adopté. Mme la ministre, je vous cède maintenant
la parole... Ah oui! M. le député de Laurier-Dorion, vous souhaitez prendre la
parole?
M. Fontecilla : Oui, mais j'aimerais... C'est concernant, bien,
l'article de loi qui vient d'ouvrir... on vient de traiter un
article sur la Loi affirmant le caractère collectif
des ressources en eau et favorisant une meilleure gouvernance de l'eau
et des milieux associés.
Moi,
puisque la ministre a considéré pertinent de réouvrir cette loi-là,
j'aimerais quand même poser une question concernant un sujet qui suscite pas mal de débats
en ce moment, là, c'est le plomb dans l'eau. Et j'aimerais savoir si le ministère
des Affaires municipales a une responsabilité dans cette question-là et...
Le Président
(M. Allaire) : Peut-être
juste ramener le débat, là. M. le
député de Laurier-Dorion. On est vraiment à l'article 107, qu'on vient d'adopter. Donc
là, je vais... Si vous le voulez bien, là, je vais céder la parole à la ministre
pour qu'elle puisse nous parler de l'article suivant, qui est
l'article 108. Parfait. Donc...
Le Président
(M. Allaire) : Si vous voulez intervenir après, concernant l'article 108,
je pourrai vous céder la parole sans problème, mais...
Mme Laforest :
Mais je peux expliquer rapidement, si vous voulez, M. le Président.
Président (M. Allaire) :
C'est libre à vous, Mme la ministre. Vous souhaitez répondre à la question,
malgré que ce n'est pas actuellement dans l'article 108?
Mme Laforest :
Très d'accord avec ça.
Le Président
(M. Allaire) : Je vous cède la parole, M. le ministre. Allez‑y.
Mme Laforest : Je suis totalement d'accord avec vous, mais je vais juste... Oui, au ministère des Affaires municipales, oui,
on l'a annoncé il y a deux semaines, je crois, on a demandé à toutes
les municipalités du Québec d'identifier des secteurs qui pourraient être problématiques, par exemple, des maisons qui ont été construites avant 1980, les gens qui ont des
doutes, si je peux dire, ou qui
voudraient vérifier l'eau de leur robinet, d'aller à la municipalité. La municipalité est responsable de faire un plan d'action, et le plan
d'action, on le demande pour mars
2020 pour la question du plomb dans l'eau. Mais c'était juste
une petite parenthèse pour vous informer.
Le Président
(M. Allaire) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Laurier-Dorion,
allez-y.
M. Fontecilla :
Ces demandes n'exigent pas de changement législatif, si je comprends bien?
Le Président
(M. Allaire) : Mme la ministre.
Mme Laforest : Non. À ce stade-ci, non. Ce qu'on demande, c'est
un plan d'action aux municipalités pour qu'elles fassent des vérifications, identifier des
secteurs, prévoir les réparations, parce
qu'il y a plusieurs
programmes, évidemment, au ministère des Affaires municipales, nous déposer un échéancier, s'il faut faire des
travaux. Alors, c'est ce qu'on a demandé aux municipalités.
Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce
que ça va, M. le député? Je tiens à m'excuser d'ailleurs, M. le
député de Laurier-Dorion. Ma petite expérience comme président fait en sorte que des fois je
n'ai pas de certitude. Le secrétaire
me dit que ça arrive à l'occasion qu'on peut quand même poser des questions
d'ordre général, si la ministre accepte d'y répondre. Donc, je tiens à
m'excuser auprès de vous.
On revient donc maintenant
à l'article 108. Mme la ministre, je vous cède la parole.
Mme Laforest : Oui, alors, l'article 108. J'aimerais juste
préciser qu'on va entrer dans des articles, les articles 108, 113, 115, 120, 130 et 131, qui concernent les
demandes communes de soumissions publiques pour les contrats d'exécution
de travaux. Alors, évidemment, on parle de réalisation de travaux communs.
On va lire l'article 108
comme ceci : Le contenu de ces articles est repris dans l'article 572.1
que propose l'article 112 du présent projet de loi puisqu'il
convient davantage que ces dispositions se retrouvent dans la
section de la loi qui traite de la gestion contractuelle.
articles 29.5 à 29.7 de la
Loi sur les cités et villes se lisaient
ainsi :
«29.5. Toute municipalité
peut conclure une entente avec une autre municipalité, un établissement public
visé à l'article 29, une commission scolaire, un établissement
d'enseignant ou un organisme à but non lucratif, dans le but d'accomplir en
commun l'un ou l'autre des actes suivants :
«1° obtenir des biens
meubles ou des services;
«2° contracter des
assurances;
«3° exécuter des travaux;
«4° demander des
soumissions pour l'adjudication de contrats.
«Malgré
la
Loi sur l'interdiction de subventions municipales (chapitre I-15), une
entente visée au premier alinéa
peut également être conclue avec le propriétaire d'un parc de maisons mobiles.
«L'entente peut ne
porter que sur une
partie du processus menant à l'accomplissement de l'acte
visé.»
L'article 29.6 :
«Toute
partie à une entente prévue à l'article 29.5 peut déléguer à une autre
tout pouvoir nécessaire à l'exécution de l'entente.
le pouvoir de présenter une demande de soumission est ainsi délégué,
l'acceptation d'une soumission par le délégataire lie chaque délégant
envers le soumissionnaire.»
«29.7.
Sous réserve du deuxième alinéa, les règles d'adjudication des contrats par une
municipalité s'appliquent à tout contrat qui doit être accordé à la suite d'une
entente prévue à l'article 29.5. Le montant total des dépenses de toutes
les parties en vertu du contrat doit être pris en considération aux fins de
l'application de ces règles.
«Le ministre des Affaires municipales, des
Régions et de l'Occupation du territoire peut, dans la mesure où est respecté tout accord intergouvernemental de
libéralisation des marchés applicable à toute municipalité intéressée, exercer
le pouvoir que lui accorde l'article 573.3.1 pour tout contrat visé au premier
alinéa.»
Le Président (M. Allaire) : Ça va.
Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant
l'article 108? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : O.K.
Donc, oui, dans la loi municipale, là, je comprends que le 108, ce qu'on ce
qu'on fait, c'est qu'on abroge le 29.5, le 29.6, le 29.7, puis on va les
envoyer ailleurs, dans un autre
article un peu plus loin, qui est l'article
numéro...
Mme Thériault : 112? Vous
allez me donner 30 secondes. Je veux juste voir la différence entre les
deux, parce que, si on abroge pour refaire
d'un autre côté... On retournera après. Mon questionnement était sur le...
parce que, là, on prend 29.5, 29.6,
29.7. Dans la loi, on a du 29.1, 29.2, 29.3, 29.4 puis on a du... après, le
29.1.1 : «Toute municipalité peut conclure — excusez — avec le gouvernement une entente en vertu de
laquelle elle se voit confier la prise en charge de [la] responsabilité que définit l'entente [...] qu'une
loi ou un règlement[...]. La municipalité et tout ministre ou organisme du
gouvernement peuvent conclure [une] entente...» Ça, ça va.
Le 29.1.2 a déjà été abrogé.
Le 29.1.3 :
«Une municipalité peut se [regrouper]
avec [une] autre ou [...] toute autre communauté pour conclure avec le gouvernement une entente prévue à l'article 29.1.1.»
C'est
parce que j'essaie juste, vraiment, de me retrouver, parce que, dans les
articles précédents, il y a des choses qui ont été abrogées, d'autres affaires qui
donnent la possibilité de le faire. Puis là je me dis, O.K., 29.2, là, on parle
des autres... «Le ministère[...], des
Pêcheries et de l'Alimentation peut conclure, avec une ou plus d'une
municipalité que désigne le gouvernement, une entente relative...»
«29.2.1.
Toute municipalité [ayant] une entente prévue au premier alinéa...» Là, on
parle de... «L'amende appartient à [une] municipalité
lorsqu'elle a intenté la poursuite.»
«29.3. Tout règlement [...] qui autorise
une municipalité à conclure un contrat...»
Je me
demande pourquoi on abroge juste ces articles-là, 29.5, 29.6, 29.7, alors qu'il
y en a peut-être d'autres avant et après qui auraient
demandé qu'on les abroge aussi quand on prend l'ensemble de la loi?
Le Président (M.
Allaire) : Mme la ministre.
Laforest : En fait, tout est au début, quand on parle de la gestion
contractuelle. On touche vraiment la dimension de la gestion contractuelle au niveau, par
exemple, des municipalités pour faire un travail intermunicipal pour régler un
contrat. «Le contenu des articles est repris
dans l'article [572] que propose l'article 112 du projet de loi, puisqu'il
convient davantage que ces dispositions se retrouvent dans la
section de
la loi qui traite de la gestion contractuelle.»
Alors,
ce sont tous des articles qui traitent de la gestion contractuelle. On les a
regroupés pour cette future possibilité pour des municipalités. En fait,
l'objectif de cette mesure est
d'élargir le choix de l'organisme avec lequel une municipalité peut
signer une entente pour les contrats d'exécution à tout autre organisme public
ou entreprise de service public. Évidemment
que c'est pour économiser des coûts, économiser du temps, parce qu'on va
permettre aux municipalités de
conclure des ententes avec un plus
grand nombre d'organismes. Elles seront en mesure de mieux planifier les
travaux et d'effectuer des économies en prévoyant des travaux en simultané.
Bref, cette
modification également va aider la ville de Montréal et la Société de transport de Montréal afin de réaliser plusieurs projets, par exemple le prolongement de la ligne bleue du
métro, dont les travaux préparatoires débuteront à l'été 2019. C'est un exemple de possibilité
qu'on vient offrir pour justement que les travaux se fassent en concertation
pour des projets particuliers pour éviter coûts et éviter du temps
d'exécution. Alors, merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Allaire) :
Merci à vous, Mme la ministre. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Oui. M. le
Président, c'est parce que, si je regarde ce qui suit, regardez, là, dedans la
loi présentement, le 29.9.1 : «Une municipalité peut conclure avec l'Union
des municipalités[...], [fédérations] locales et régionales ou avec ces deux organismes une entente ayant pour but
l'achat de biens meubles...» On l'a déjà dans d'autres articles qui
suivent, c'est la même chose.
Ça fait que
je me dis, là, on est en train d'abroger quelque chose puis de le corriger en
le mettant au 112, mais j'ai comme
l'impression qu'on en a laissé sur la table quelques-uns, quand on regarde que
le 29.9.1, c'est : «Une municipalité peut conclure avec l'UMQ, la
FQM ou avec ces deux organismes une entente ayant pour but l'achat de biens
meubles, l'exécution de travaux ou l'octroi
d'un contrat d'assurance ou de fourniture [ou] de services par l'organisme ou
les organismes au nom de la
municipalité.» C'est exactement, là... On est dans le même cas de figure, sauf
que là c'est avec une municipalité, l'UMQ, la FQM. Puis, quand on regarde le 29.9.2,
c'est la même chose aussi, des articles en... au Centre de services partagés
du Québec, c'est des ententes contractuelles aussi.
29.10 : «Une municipalité peut conclure, suivant les règles qui lui sont
applicables, avec un conseil de bande au sens de la Loi [...] une
entente [qui] lui permet de conclure avec une autre municipalité.»
J'ai comme
l'impression qu'on a laissé sur la table quelques articles, dans le 29, qui
s'apparentent sur les ententes contractuelles qu'on pourrait aussi... Tant
qu'à, là... je vais le dire comme ça, M. le Président, tant qu'à être là, on ne
devrait pas prendre les autres articles
aussi? Parce que si on regarde, là, tu as d'autres références, là-dedans, là,
qui disent... Regardez, ici, là, un peu plus loin, si on s'en va sur le
112, on fait référence à 572.1, «une municipalité peut s'unir de gré à gré à
titre gracieux», puis on fait référence nommément à 572.1.
Quand on est
dans le 29.9.1, on fait : «Aux fins d'être désignées responsables de
l'exécution de l'entente, l'union [ou]
fédération doivent avoir adopté un règlement sur la gestion contractuelle
conforme à l'article 573.3.1.2.» Donc, on est là aussi dans la gestion contractuelle, puis je fais juste me demander
pourquoi on n'a pas visé plus large puis qu'on est juste avec ce qu'on a
dans le 108, où c'est «toute municipalité peut conclure une entente avec une [...]
municipalité, un établissement public»?
Le 29.6,
c'est : «Toute
partie [ou] entente prévue [...] peut déléguer [...] tout
pouvoir nécessaire à l'exécution de l'entente.
Si le pouvoir de présenter une demande de soumissions [a été] ainsi délégué,
l'acceptation d'une soumission...»
Puis : «Sous réserve du deuxième alinéa — si on
l'enlève — les
règles d'adjudication des contrats [pour] une municipalité s'appliquent à tout
contrat qui doit être accordé à la suite [des ententes prévues] à l'article
29.5.» Ça, c'est correct, on l'enlève, mais
c'est ça. Même là, on l'a : «Le ministre des Affaires municipales, des
Régions et de l'Occupation [...]
peut, dans la mesure où est respecté tout accord intergouvernemental[...],
exercer le pouvoir que lui accorde le 573.3.1...»
Donc, on est
tous dans les mêmes articles, puis je ne comprends juste pas pourquoi on fait
juste un bout, qu'on ne fait pas le reste, alors que, tant qu'à le faire... On
est là, est-ce qu'on peut peut-être en profiter puis dire : Bien, la
municipalité, avec la FQM puis l'UMQ,
c'est la même chose? Puis je comprends très bien que, exemple, dans le cas des
assurances, la FQM, l'UMQ peuvent
proposer aux municipalités le régime d'assurances... Ça pourrait être les
assurances salaire, ça pourrait être
pour un paquet de choses, c'est de la gestion contractuelle. On le fait juste
d'un bord, on ne le fait pas de l'autre bord. Pourquoi? La question est tout entière, puis je pense qu'on va y
répondre mais qu'on revienne cet après-midi, M. le Président.
Mme Thériault : Bien, c'est
une trop bonne question. Vous avez le temps d'aller chercher une bonne réponse.
Président (M. Allaire) : Effectivement. Au lieu de vous donner la parole tout de suite, là, compte tenu de l'heure, là, je vais suspendre les travaux jusqu'après les
affaires courantes. Bon dîner, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Présidente (Mme Charbonneau) :
À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'aménagement du territoire reprend
ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans cette salle d'éteindre la
sonnerie de leurs téléphones.
Et j'apprécie
le fait que nos hommes ont mis leurs boucles pour rappeler qu'on est en
Noeudvembre. Tout à fait. Bravo, messieurs! Les femmes, on est plus
discrètes.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Bien, c'est vrai que la députée d'Anjou—Louis-Riel est un peu moins
discrète. Moi, je l'ai mis au poignet pour que ça soit un peu plus discret.
Je rappelle que la commission est réunie afin de
procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 16, Loi
visant principalement l'encadrement des
inspections en bâtiment et de la copropriété divise, le remplacement de la
dénomination de la Régie du logement
et l'amélioration de ses règles de fonctionnement et modifiant la
Loi sur la
Société d'habitation du Québec et diverses dispositions législatives
concernant le domaine municipal.
Lors de la
suspension de nos travaux, les échanges portaient sur l'article 108.
Et je crois, Mme la ministre, que
vous voulez nous présenter quelqu'un.
Laforest : Oui. Alors, je vais vous présenter Me Dumas-Legendre. Parce
qu'au départ j'avais dit que cet
article de loi là regroupait les
articles 108, 113, 115, 120, 130 et 131, parce qu'on parlait des demandes
communes de soumissions pour les contrats
d'exécution. Alors, c'est une question, évidemment, de règlement. C'est une
question de légiste. Alors, je vais
laisser Me Dumas-Legendre expliquer pourquoi on a regroupé des articles de loi
pour les travaux d'exécution, parce que,
tout simplement, il y a des travaux qui se faisaient, qui se terminaient, puis,
après ça, on recommençait des travaux.
Par exemple,
on asphaltait, puis il fallait réouvrir, là, les travaux d'asphaltage pour
recommencer à passer des fils électriques. Ça, c'est un exemple. Alors, on a
regroupé des articles pour ne pas, justement, que ça arrive, parce qu'on évite des
coûts et du temps énormément. Alors, je vais laisser Me Hélène Dumas expliquer,
évidemment, le pourquoi de ces articles-là. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, Mme la ministre. J'imagine que,
dans la session, avant qu'elle soit
suspendue, vous avez acquiescé, je n'ai pas besoin de redemander... Tout le
monde est d'accord pour entendre Mme Dumas-Legendre?
Mme Thériault :
C'est le premier consentement pour Me Legendre.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : C'est le premier?
Présidente (Mme Charbonneau) : Alors, j'ai besoin de votre
consentement pour pouvoir entendre la voix de cette dame. Ça vous va?
Mme Thériault :
Consentement.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Mme la ministre.
Laforest : Oui. J'aimerais peut-être que... répéter votre question,
parce que, quand on a terminé, je disais que la question était vraiment pertinente. Alors, ici, pour que Me
Dumas-Legendre l'entende, la question, j'aimerais ça qu'on puisse la
réentendre. Merci.
Présidente (Mme Charbonneau) : Donc, ça ne sera pas tout de suite que
je vais entendre votre voix, mais ça ne tardera pas. Mme la députée
d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, effectivement, je me questionnais,
parce que, vous savez, lorsqu'on
regarde une loi qu'on modifie... On l'a vu tout à l'heure, il y avait eu un
petit oubli voilà deux ans, quand on a fait la loi. Donc, évidemment,
moi, j'aime bien, quand on a une loi devant nous, regarder les articles qui
précèdent et les articles qui suivent. Donc, à ce moment-là, quand on
vient pour faire une modification...
L'explication de la
ministre, Mme la Présidente, c'était à l'effet que c'était pour pouvoir
permettre les questions de gestion
contractuelle entre des municipalités et autres organismes. Je comprends
parfaitement que, lorsqu'on ouvre une rue,
bien, des fois, c'est pertinent de parler à Hydro-Québec puis de parler à
Énergir ou à tout autre organisme pour éviter d'ouvrir la même rue trois fois, puis quatre fois, puis d'être en
éternels travaux. Donc, ça, je n'ai pas de problème avec ça, je
comprends.
Mais lorsqu'on
regarde la loi, moi, j'ai... puis c'est pour ça que j'ai posé la question, les
articles qui précèdent le 29.5... parce que,
là, on s'apprête à abroger 29.5, 29.6, 29.7. Il y a des articles qui précèdent
le 29.5 et il y a des articles qui
vont après le 29.7. Quand on regarde la loi, dans le 29.4, ça dit : «Une
municipalité peut posséder des immeubles à des fins de réserve foncière.» Le 29.5, on dit qu'on «peut conclure une
entente avec une autre municipalité, [...]établissement...» Là, je
comprends qu'on va abroger ça et qu'on va mettre plus loin, à
l'article 112, je pense...
Mme Thériault :
572? Mais dans l'article de notre loi, ici, je pense, c'est au 112 qu'on va
retrouver la référence du 108 qu'on abroge,
la nouvelle réécriture, avec le bon
article à 572, dans la loi dans son entier.
On va le dire comme ça pour ne pas se mélanger dans les numéros. Mais
lorsqu'on regarde après le 29.7, le 29.8 a été remplacé, le 29.9 a été remplacé. 29.9.1, on dit : «Une municipalité
peut conclure avec l'Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise
des municipalités locales et régionales»,
donc ce qui veut dire les deux grands regroupements de municipalités, la FQM,
l'UMQ. On dit qu'on peut conclure, avec ces
deux organismes, une entente ayant pour but l'achat de biens meubles,
l'exécution de travaux ou l'octroi d'un contrat.
Donc,
encore une fois, je comprends fort bien qu'une municipalité pourrait conclure
un contrat. Là, je me dis : Bien, quand
on lit le 29.9.1, on réfère à l'article 573.3.1.2, mais on le lit, là, on
donne la possibilité de le faire. Et mon questionnement est à l'effet... Pourquoi est-ce qu'on n'abroge
seulement que trois articles et qu'on laisse, dans la loi comme telle, à 29.9.1
puis 29.9.2 — 29.9.2, c'est ça — la possibilité de conclure des ententes,
mais qu'on ne les transfère pas avec la nouvelle manière qu'on va
retrouver ici, à l'article 112? Parce qu'on a la possibilité de faire des
ententes. C'est une gestion contractuelle. Donc, c'est dans la même lignée,
sauf que c'est l'intervenant qui change.
Donc,
c'est pour ça que je me demandais pourquoi ne pas profiter de l'occasion qu'on
est dans la loi... dire : Bien, on va abroger ces trois
articles-là, de 29.5 à 29.7, puis on l'envoie ailleurs dans la loi. Donc, mon
questionnement était pourquoi on ne fait pas
29.9.1, 29.9.2, qui, à mon sens, sont dans la même lignée... 29.10 : «Une
municipalité peut conclure, suivant
les règles qui lui sont applicables, avec un conseil de bande...» La même
chose, donc, encore là, c'est une gestion contractuelle qu'on peut faire
Donc,
c'est pour ça que le questionnement était tout à fait légitime, puis il faut
juste le comprendre. Je ne suis pas contre,
là, je pense. Il faut juste comprendre pourquoi on en fait juste une partie.
Est-ce qu'il ne serait pas à-propos de prendre les autres articles qui sont similaires puis de les transférer eux
aussi, avec la nouvelle formulation qu'on verra plus tard, à
l'article 112, je crois?
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre,
je peux aller directement à Mme Dumas-Legendre. Mme Dumas-Legendre, bonjour.
Mme Dumas-Legendre (Hélène) : Bonjour. Alors, essentiellement, ce qu'il faut
savoir, c'est que, dans cette
partie de
loi là, qui s'intitule, si vous remontez un petit peu plus haut, avant
l'article 27, «De l'organisation de la municipalité», il y a une
panoplie de pouvoirs un peu variés. Notamment, il y a des pouvoirs en matière
contractuelle.
pouvoirs dont vous avez parlé, comme notamment à 29.10, la possibilité de
s'entendre avec un conseil de bande, ce
sont des pouvoirs qui visent des ententes différentes de la
section de la loi
sur la gestion contractuelle, qui se retrouvent plus loin, dans les articles 573 et suivants. C'est souvent, ici,
des ententes de services entre la municipalité et un conseil de bande. Ce n'est pas limité à des contrats comme de l'approvisionnement, ou des contrats de construction, ou des contrats de service.
La raison pour
laquelle on a retravaillé les articles 29.5 à 29.7, c'est parce que
l'intervention législative qu'on faisait, l'ouverture pour permettre de
s'associer avec d'autres organismes que ceux qui étaient visés, ne ciblait que
ces dispositions-là. On ne donnait pas de pouvoirs différents. Il n'y avait
pas d'intervention législative par
rapport à l'UMQ, l'Union des municipalités du Québec, ou par
rapport à la Fédération québécoise
des municipalités locales. C'est la raison pour laquelle
on n'a pas eu à ouvrir les articles 29.9.1 et 29.9.2.
Mme Thériault :
O.K. Mme la Présidente, le...
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Merci, Mme la députée de — allez-y — Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Merci, Mme
la Présidente. C'est parce que le
29.9.2, lui, il me semble qu'on est directement, là... c'est le Centre
de services partagés du Québec.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Oui, tout à fait.
Mme Thériault : C'est : «La
partie responsable de
l'exécution d'une entente mentionnée au premier alinéa peut[...], par
entente, [déléguer] cette exécution...»
Dumas-Legendre (Hélène) : Oui, c'est quand...
Mme Thériault : C'est ça que je
me dis. Pourquoi on peut de l'autre côté, puis le Centre
de services partagés, lui, on
ne l'inclut pas là-dedans?
La Présidente (Mme
Charbonneau) : On a compris que j'existais encore, hein?
Mme Thériault :
Oui, oui, vous existez.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : O.K. Je pensais que j'étais partie.
Mme Thériault :
Non, non, vous existez, Mme la Présidente. Je voulais juste ne pas perdre le
fil.
Présidente (Mme Charbonneau) :
Oui, bien, je suis sûre que Mme Dumas-Legendre est capable de suivre aussi.
Mme Dumas-Legendre.
Dumas-Legendre (Hélène) : En fait, 29.9.2 est directement
associé à 29.9.1, et ça ne concerne que... comme
contrat, qu'une entente avec une municipalité et l'union ou la fédération. Étant donné que,
pour donner les pouvoirs supplémentaires qu'on voulait donner aux municipalités
dans ce projet de loi là, on devait ou bien intervenir dans les articles 29.5 et suivants en les laissant là ou
bien en profiter pour déplacer ces articles-là dans la
section qui convient le
mieux à leur thème, puisqu'on a une
section qui traite précisément des contrats
d'approvisionnement, d'assurance, des contrats qui entraînent une dépense pour
la municipalité, c'est l'exercice qu'on a fait, l'exercice législatif.
La Présidente (Mme
Charbonneau) : Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Et dans la nouvelle section, dans laquelle on va
retrouver les nouveaux articles, c'est quoi, la section, qu'on puisse
aller voir où on les déplace?
Dumas-Legendre (Hélène) : Oui, c'est à partir de 573...
Mme Thériault :
573, ne bougez pas, qu'on puisse se rendre.
Mme Dumas-Legendre (Hélène) : ...qui s'intitule «De l'adjudication des contrats»,
et cette section-là traite... Oui?
Présidente (Mme Charbonneau) :
Mme Legendre, quelquefois, mon intervention semble un peu disciplinaire,
mais il y a des techniciens qui
ouvrent nos micros, il y a des gens qui ouvrent la caméra puis qui la visent
bien comme il faut, et, de ce fait, c'est pour ça que je donne les droits de parole, et
quelquefois ça nous permet d'avoir ce petit temps d'attente entre la
personne qui cherche l'article que vous avez dit et l'explication que vous avez
donnée. M. le député de Viau.
M. Benjamin : Ah! bien oui, on va la
laisser terminer, si vous permettez, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Donc, vous avez levé la main, M. le député, je vous donnais la parole.
M. Benjamin : Non, mais en fait, tout
de suite après...
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Mme Anjou—Louis-Riel,
vous avez trouvé votre
article de loi?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Mme Dumas-Legendre peut poursuivre?
Mme Thériault : Oui,
j'attends l'explication.
Dumas-Legendre (Hélène) : En
fait, ce que je voulais expliquer, c'est que cette section-là prévoit les
contrats qui, pour les municipalités,
entraînent une dépense. Tout le régime de gestion contractuelle de ces
contrats-là est situé dans cette
section-là. C'est la raison pour laquelle on propose de déplacer les articles
29.5 à 29.7 dans cette section-là puisqu'on intervient dans ces
articles-là.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Parfait. Merci beaucoup. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Thériault : Oui. Mme
la Présidente, simplement parce que,
lorsqu'on regarde... Avec l'Union des
municipalités du Québec, la FQM, ça peut être un contrat d'assurance
aussi, puis là, dans 573, on spécifie «un contrat d'assurance; un contrat pour l'exécution [des] travaux; un contrat
d'approvisionnement; un contrat pour la fourniture de services autres
que des services professionnels». Donc, avec l'UMQ, la FQM, on pourrait
fournir d'autres choses aussi.
Donc, c'est pour ça que... Je comprends ce que
vous me dites, mais je me dis : Bien, c'est pertinent aussi, parce qu'il y a
des types de contrats ou d'ententes qui peuvent être faits avec la FQM ou
l'UMQ, nommément les assurances, qui pourraient
être là, mais je comprends que c'est «autres que des services professionnels».
Mais, tu sais, ça peut être ça, quand
même, quand je le vois là. Donc, c'est pour ça que je trouvais que c'était peut-être
pertinent de le mettre ensemble.
La Présidente (Mme Charbonneau) : Ça
va, Mme la députée? M. le député de Viau, vous avez une question.
M. Benjamin : Oui, merci, Mme la
Présidente. Donc, sur l'article 108, donc, qu'on a ici devant nous, j'écoutais Mme
la ministre intervenir tout à l'heure et parler des... nous disant que c'est un
article qui permettrait, par exemple, lorsqu'on a des demandes communes de soumissions, lorsqu'on
a des travaux communs à réaliser... Et, lors de la présentation, il me semblait qu'on faisait allusion notamment à
des travaux communs que peuvent avoir, des fois, certaines municipalités,
et je pense, entre autres... où, sur une rue, plusieurs... la ville ou, du
moins, d'autres entreprises, comme Énergir, Bell, peuvent intervenir, et je ne pense pas... En fait, corrigez-moi, est-ce
que l'article en question qu'on a devant nous touche ces entreprises-là?
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest :
En fait, on va le revoir à l'article 112. Mais tantôt, quand je parlais
justement, au niveau de la gestion
des contrats d'exécution de travaux, c'était pour les articles 108, 113,
115, 120, 130 et 131, parce qu'on va le revoir, qu'est-ce que
j'expliquais pour les municipalités, à l'article, oui, 112.
M. Benjamin : ...ce n'est pas
pour l'article 108, parce qu'il me semble que je n'ai pas vu de...
Mme Laforest :
Mais c'est parce que — si je peux vous répondre... je vais répondre au député de Viau — tout est relié avec l'article 112. C'est pour ça, tout est relié avec la
gestion contractuelle qu'on explique ici, à l'article 112. C'était une demande, en fait, des municipalités et une
demande des sociétés de transport, parce que vous comprendrez... Je vais
y aller plus clairement.
Par exemple,
des sociétés de transport, quand il y a des travaux à faire, étant donné qu'il
n'y avait pas de concertation, si je
peux dire, on faisait des travaux, après ça on terminait les travaux, on
recommençait les travaux puis on recommençait... ainsi de suite, parce
qu'on n'avait pas fait les trottoirs en même temps que l'asphalte, on n'avait
pas passé les fils en même temps que les
trottoirs, les feux de circulation. Ça fait que c'est vraiment pour une logique
de travaux, pour une meilleure rapidité,
une meilleure efficacité, puis c'était... C'est vraiment une demande importante
des sociétés de transport, évidemment, parce
qu'eux, vous comprendrez qu'à chaque fois qu'on recommence les travaux on
recommence à faire des détours, si je peux dire. Alors, c'est une
demande vraiment importante.
La Présidente
(Mme Charbonneau) : Merci, Mme le ministre.
M. Benjamin :
Je suis d'accord avec et je comprends, d'ailleurs, cette demande-là, Mme la
Présidente, donc, mais la question
que je me pose quant à... Dans l'article 29.5, on dit «toute municipalité
peut conclure une entente avec une autre municipalité», et là on parle
d'«un établissement public visé à l'article 29».
Est-ce que les entreprises privées, ce sont des
établissements publics? Et là on donne une liste, commission scolaire, etc. Il n'y a pas d'entreprise privée.
Or, il me semble que, par exemple, si on parle de Bell, Bell est une entreprise
privée, c'est une corporation privée.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, M. le député de Viau. Mme
la ministre ou Mme Dumas-Legendre?
Mme Laforest : Oui, bien, moi,
je peux répondre comme tantôt.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Allez-y, madame.
Mme Laforest : On parle
vraiment de l'article 112. On se réfère vraiment à l'article 112, mais, au
niveau des règlements, je vais laisser Me Dumas-Legendre bien expliquer...
Mais c'est vraiment... tout est relié avec l'article 112.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Me Dumas-Legendre.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : À
l'article 29.5, qu'on abroge, il n'y avait pas, effectivement, la
possibilité de s'entendre avec une
entreprise privée. À l'article 112, qu'on va vous proposer plus tard,
il va y avoir cette possibilité-là pour l'exécution de travaux de
construction.
M. Benjamin : À ce moment-là,
on prévoira, donc, des ententes avec les entreprises privées.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Oui, exactement,
certaines entreprises privées. Vous allez voir que ce ne sont pas toutes
les entreprises privées, mais certaines, oui, qui offrent des services publics
aussi.
M. Benjamin : Qui offrent des
services, évidemment.
Mme Laforest : Qui offrent des
services publics à la population, bien important de spécifier.
La Présidente (Mme Charbonneau) :
Merci, Mme la ministre, de spécifier.
M. Benjamin :
Merci pour la précision. Merci, Mme la Présidente. On est donc toujours dans
l'article 108, 29.6, le deuxième alinéa, je pense, c'est comme ça,
deuxième paragraphe ou deuxième alinéa, qui se lit : «Si le pouvoir de
présenter une demande de soumission
est ainsi délégué, l'acceptation d'une soumission par le délégataire lie chaque
délégant envers le soumissionnaire.» Je pense que ça tombe bien, donc,
on a une avocate avec nous. Donc, pouvez-vous m'expliquer qu'est-ce que c'est,
qu'est-ce qu'on entend par ça?
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : En fait, c'est...
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci de cette discipline,
j'apprécie. J'ai bien de la misère avec ce côté-là cet après-midi. Donc,
si j'en ai un peu de ce côté-là, de la discipline, ça va me faire tellement
plaisir. Merci. Allez-y, Mme Dumas-Legendre.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Donc, l'idée,
c'était que, par exemple, si deux... Bon, une municipalité et une société de transport s'unissent. La municipalité
délègue à la société de transport la charge, la tâche d'aller en appel
d'offres. Le deuxième alinéa nous dit
que, quand la société de transport accepte la soumission, elle l'accepte aussi pour la municipalité.
Donc, l'acceptation de la société de transport lie la municipalité au
soumissionnaire.
M. Benjamin : Est-ce que ce sont les
mêmes règles, à ce moment-là, de délégation qui s'appliquent?
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Dans ce qu'on va vous proposer?
Dumas-Legendre (Hélène) :
Oui. On va vous proposer, en fait, plus de latitude à l'article 112,
c'est-à-dire que ce ne sera pas la
loi qui va prévoir cette acceptation-là, mais ce seront les municipalités ou la
municipalité et la société de transport, quand elles vont s'entendre, qui
vont pouvoir déterminer comment est-ce que... en fait, quel est l'effet de l'acceptation de la soumission par une
seule des personnes parties à l'entente.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci, Mme Dumas-Legendre. M. le
député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. En fait, sur le deuxième segment, je suis toujours
dans le deuxième alinéa, quand on dit «l'acceptation d'une soumission par le
délégataire lie chaque délégant envers le soumissionnaire», pouvez-vous
m'illustrer le tout par un exemple ici?
Dumas-Legendre (Hélène) : Oui.
La société de transport et la
municipalité s'entendent pour des travaux de
construction d'une rue. Elles décident entre elles que ce sera la société de
transport qui va lancer l'appel d'offres. Donc, la municipalité délègue à la société de transport la tâche de lancer
l'appel d'offres.
La société de transport lance l'appel d'offres et, au terme de l'ouverture des soumissions, elle
accepte la soumission de tel fournisseur. L'acceptation par la société de
transport de la soumission de ce fournisseur
lie la municipalité à ce fournisseur aussi. C'est ce que le deuxième alinéa
signifie.
Présidente (Mme Charbonneau) : Merci. Puis l'accompagnement de vos
mains fait en sorte qu'on peut suivre extrêmement bien votre... non, je
vous taquine un peu. M. le député de Viau.
M. Benjamin :
En fait,