CRC — 2 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CRC 2017-05-02
Quebec — Committees
(Quinze heures dix-sept minutes)
Le Président (M. Picard) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des relations avec les citoyens ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
téléphones cellulaires.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Condition féminine des crédits budgétaires du portefeuille
Économie, Science et Innovation pour l'exercice financier 2017-2018.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee) est remplacé par Mme Nichols (Vaudreuil);
Mme Melançon (Verdun) est remplacée par Mme Ménard (Laporte); Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger)
est remplacée par M. Drolet (Jean-Lesage);
et Mme D'Amours (Mirabel) est remplacée par Mme Lavallée
(Repentigny).
Président (M. Picard) : Merci. Nous allons débuter par les
remarques préliminaires puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
18 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix des crédits sera effectuée à la fin du temps qui a été alloué à l'étude de
ce volet.
Puisque nous
avons débuté nos travaux à 15 h 17 et qu'une période de trois heures
doit être consacrée à l'étude de ce
programme cet après-midi, y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux
au-delà de l'heure prévue, soit jusqu'à 18 h 17? Consentement?
Merci.
Nous débutons donc les remarques préliminaires.
Mme la ministre, vous disposez de 12 minutes.
Mme Thériault :
Merci, M. le Président. Vous me permettrez de commencer en saluant mes
collègues députés, d'abord ceux de ma
formation politique, donc la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, le député de Jean-Lesage,
qui est mon adjoint parlementaire, la députée de Vaudreuil, qui est avec nous,
ainsi que le député de Portneuf, de saluer évidemment les porte-parole, des
responsables de la condition féminine des deux partis de l'opposition, ainsi
que les députés et les employés qui les accompagnent.
J'aimerais
souligner aussi la présence des représentantes de groupes de femmes dans la
salle avec nous et vous présenter les
personnes qui m'accompagnent. Donc, à ma gauche, vous avez Mme Catherine
Ferembach, qui est sous-ministre
associée au Secrétariat à la condition féminine. Elle est accompagnée de
M. Sébastien Bédard, qui est adjoint exécutif à la sous-ministre, M. Abdou Baalouch, qui est directeur
de la régionalisation et des dossiers de la violence du secrétariat,
ainsi que tous les autres membres de l'équipe qui accompagnent Mme la
sous-ministre.
Vous avez ici, à ma droite, en arrière, la
nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme, Mme Louise Cordeau... Me Louise Cordeau, pardon, qui est
accompagnée de Mme Véronique Morin, qui est adjointe exécutive à la
présidence, ainsi que de Mme Hélène Chagnon, qui est directrice de la
recherche au Conseil du statut de la femme.
Avec moi, ma
directrice de cabinet, à ma droite, Mme Marie-France Daoust. À côté, vous
verrez un peu plus tard mon attachée
de presse, Mme Clémence Beaulieu Gendron, ainsi que deux conseillers
politiques qui m'accompagnent aujourd'hui, Pierre Leclerc et Anne-Marie
Mongrain, qui sont sur ma gauche, à l'arrière... à côté, pardon.
Donc, M. le Président, depuis le 28 janvier 2016, j'ai le privilège d'occuper les
fonctions de ministre
responsable de la Condition féminine au sein du gouvernement du Québec. Cette responsabilité s'accompagne de beaux et de grands défis, notamment
pour atteindre l'égalité de fait entre les femmes et les hommes au Québec.
De plus, la Stratégie gouvernementale
pour prévenir et contrer les violences sexuelles et le plan d'action
gouvernemental en matière de violence conjugale sont également sous ma
responsabilité.
Cette étude de crédits est le moment de faire le
point sur les réalisations de notre gouvernement visant l'amélioration des conditions de vie des femmes et de présenter nos
priorités d'action pour l'année en cours. À ce titre, rappelons, M. le
Président, que, le 28 octobre dernier, nous avons rendu publique la
Stratégie gouvernementale pour prévenir et
contrer les violences sexuelles 2016-2021. Cette stratégie est portée par
12 ministères et organismes et contient 55 actions concrètes
pour prévenir et lutter contre les agressions sexuelles et l'exploitation
sexuelle ainsi que pour soutenir les
victimes. Le soutien aux victimes est au coeur de cette stratégie, et plusieurs
actions visent à améliorer les services ainsi qu'à soutenir les projets
des groupes communautaires qui travaillent auprès des victimes. Il faut le
dire, nous sommes à
l'oeuvre pour concrétiser cette stratégie répartie sur cinq années. Des
partenariats ont été conclus avec plus de 20 organismes pour mener
des projets qui concernent la sortie de la prostitution, préviendront des
violences sexuelles dans les établissements
d'enseignement supérieur ou encore permettront de mieux intervenir auprès des
LGBT victimes de violence sexuelle et de mieux documenter cette problématique.
Notre
gouvernement s'est notamment associé fièrement à la campagne Sans oui, c'est
non!, qui s'est mérité le prix coup de coeur du public lors de la remise
des 10e prix Égalité Thérèse-Casgrain, le 4 avril dernier. Notre premier
ministre a d'ailleurs remis lui-même ce prix aux récipiendaires. Cette
initiative est un bel exemple de projet collectif qui montre que chaque milieu peut contribuer à sa façon à prévenir et à
contrer les violences sexuelles, qui n'ont pas leur place au sein de
notre société.
En matière de
violence conjugale, je souligne que la mise en oeuvre du plan d'action
gouvernemental 2012-2017 est bien avancée et qu'elle se poursuit comme
prévu. À cet effet, les investissements gouvernementaux réalisés de 2012
à 2016 s'élèvent à près de 305 millions
de dollars. La grande majorité des 135 mesures du plan, qui regroupe un
volet général et un volet autochtone, ont été réalisées ou en cours de
réalisation.
Plusieurs projets porteurs ont été menés depuis
le lancement du plan, dont la production de six brochures d'information destinées aux personnes vivant dans
un contexte de vulnérabilité à la violence conjugale. En tout, plus de
350 000 copies ont été distribuées aux organismes concernés, et ce
n'est que quelques exemples. Dans la foulée de l'élaboration de la nouvelle stratégie pour l'égalité, notre
gouvernement a continué à se préoccuper des problématiques relatives à
la situation des femmes et qui divergent d'une région à l'autre.
Nous avons
aussi poursuivi les travaux de consultation d'envergure auprès des organismes
non gouvernementaux, notamment les groupes de femmes et le grand public.
Plusieurs espaces d'expression ont été ici offerts au cours de la dernière année, tels que les assises Ensemble pour
l'égalité entre les femmes et les hommes, organisées le
23 juin 2016 à Montréal et que
j'ai présidées, ainsi que la journée de consultations sur les enjeux
autochtones, ayant eu lieu de 9 septembre
dernier, avec des organisations autochtones, que j'ai coprésidée avec mon
collègue le ministre des Affaires autochtones.
Secrétariat à la condition féminine a poursuivi, en 2016-2017, son soutien aux organismes,
notamment aux groupes de femmes, pour
la réalisation de projets structurants. L'égalité entre les sexes représente
une valeur démocratique fondamentale de la société québécoise. Il faut
le dire, au Québec, l'égalité femmes-hommes a parcouru un chemin qui fait l'envie de nombreux pays occidentaux.
Aujourd'hui, nous sommes un modèle à l'échelle mondiale en matière de droits des femmes à bien des égards. Toutefois,
parce qu'il y a un toutefois, des inégalités entre les sexes persistent
encore, entre autres sur le plan de la
conciliation travail-famille ou bien sur la présence des femmes dans les lieux
de pouvoir.
Malheureusement,
les femmes et les filles sont aussi plus que majoritaires parmi les victimes de
violence sexuelle ou conjugale. C'est pourquoi il importe de continuer
d'agir. Également, certains groupes de femmes sont doublement confrontés aux
inégalités et doivent recevoir une attention particulière. Nous devons
poursuivre notre mobilisation pour changer
les mentalités et continuer de faire du Québec une société encore plus ouverte,
inclusive et respectueuse de chacune
et de chacun, d'autant plus que, selon un sondage sur la perception des
Québécoises et des Québécois sur l'égalité entre les femmes et les hommes, réalisé récemment par CROP à la demande
du Secrétariat à la condition féminine, un peu plus de la moitié des
répondants croient que l'égalité est atteinte. Ce qui est paradoxal, c'est que,
lorsqu'on les questionne plus précisément
sur les écarts salariaux ou la présence des femmes dans les lieux décisionnels,
ces mêmes personnes admettent que
l'égalité n'est pas atteinte. Par ailleurs, d'autres inégalités entre les femmes
et les hommes sont méconnues de la population.
Par exemple, les gens ne savent pas que les femmes n'ayant
pas de diplôme secondaire sont plus à risque de se retrouver en situation
de pauvreté que les hommes n'ayant pas de diplôme.
M. le Président, vous me permettrez de rappeler
que 2017 est une année d'élection municipale générale dans plus de
1 000 municipalités du Québec. Comme vous le savez, les femmes
demeurent sous-représentées en politique municipale. Au lendemain des élections
de 2013, plus de 80 % des maires et près de 70 % des conseillers
étaient des hommes. Nous devons donc redoubler d'efforts afin de renverser
cette tendance et nous mobiliser davantage pour attirer des candidatures
féminines.
C'est dans
cette optique que notre gouvernement a accompli des gestes concrets au cours de
la dernière année pour franchir des nouvelles étapes et qu'il fait
preuve d'innovation en la matière. Rappelons que notre gouvernement a annoncé dernièrement un soutien financier pour 14
projets retenus dans le cadre du volet 2, À égalité pour décider,
de l'appel de projets 2016-2017 du
Secrétariat à la condition féminine. Nous sommes fiers de s'engager avec des
partenaires souhaitant poursuivre avec nous
la lutte contre les inégalités qui persistent en la sphère politique malgré les
nombreuses avancées de notre société.
Je salue d'ailleurs les efforts et l'engagement
de nos partenaires dans l'atteinte de la parité femmes-hommes en politique au Québec, et nous aurons
certainement l'occasion de parler des différents partenariats que nous avons
eus avec l'UMQ, la FQM ainsi que le Groupe
Femmes, Politique et Démocratie, tout comme j'en profite pour lancer un appel
aux Québécoises pour qu'elles soient plus
nombreuses à présenter leurs candidatures lors des prochaines élections
municipales générales.
Pour progresser, il faut que tout le monde
connaisse et reconnaisse les inégalités sur lesquelles nous devons agir. Ainsi, le budget consacré à la condition
féminine en 2017-2018 s'élèvera à plus de 12 365 000 $. De ce
montant, le Secrétariat à la condition
féminine disposera de plus de 9 millions de dollars, un budget supérieur
aux années précédentes. De son côté,
le Conseil du statut de la femme se verra accorder un budget de dépenses
représentant 3,3 millions de dollars. Ces sommes s'ajoutent aux
actions qui sont sous la responsabilité de plusieurs autres ministères pour
faire avancer la cause des femmes et s'occuper des femmes.
Avant de
conclure, M. le Président, je tiens à rappeler que, le 4 avril dernier, notre
gouvernement a dévoilé les cinq
projets lauréats de la 10e présentation des prix Égalité Thérèse-Casgrain.
Ces prix visent à souligner la contribution des organismes communautaires, publics,
parapublics ou privés à l'atteinte de l'égalité entre les femmes et les
hommes partout au Québec. C'est une belle
façon de rappeler l'importance de préserver les acquis découlant des combats
menés par les féministes qui ont marqué
notre histoire, comme Mme Thérèse Casgrain. Comme vous pouvez le voir, M.
le Président, notre gouvernement
dresse un bilan positif des multiples initiatives réalisées au cours de la
dernière année et qui, pour plusieurs, ont un caractère novateur.
En terminant,
je réitère que l'égalité entre les femmes et les hommes est une valeur
fondamentale qui nous est chère mais aussi un enjeu de justice sociale.
Le Québec d'aujourd'hui et de demain a besoin de tous ces talents, d'où la nécessité d'offrir aux femmes des occasions de
réalisation valorisantes afin qu'elles prennent toute leur place dans la
société québécoise. C'est pour cette raison que notre gouvernement continuera
d'être très actif et novateur. Au cours des
prochaines heures, nous aurons l'occasion de discuter de l'une ou l'autre des
stratégies ou plans d'action qui relèvent de la Condition féminine, et j'espère que nos échanges seront constructifs
et cordiaux. Les enjeux liés aux femmes méritent que les parlementaires
travaillent tous ensemble à faire avancer cette cause. Merci, M. le Président.
Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. J'invite
maintenant la porte-parole de l'opposition officielle et députée de
Chicoutimi pour ses remarques préliminaires, maximum de sept minutes.
Jean : Oui, merci. En fait, je vais juste profiter de mon temps pour
saluer la ministre, saluer mes collègues du gouvernement, saluer les
collègues de la deuxième opposition et aussi les personnes qui accompagnent la
ministre aujourd'hui. Et je mentionnerai, M. le Président, que je conserverai
mes minutes des remarques préliminaires pour mes interventions.
Le Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Repentigny,
porte-parole du deuxième groupe
d'opposition, pour vos remarques préliminaires, maximum cinq minutes.
Lavallée : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, moi aussi, je tiens à saluer la ministre.
C'est mes premiers crédits en
Condition féminine, donc c'est un nouveau dossier pour moi depuis la
mi-janvier. Je salue aussi ma collègue de l'opposition officielle et les
collègues du gouvernement. Donc, moi aussi, je vais garder le reste des
minutes pour le reste de mes interventions.
Président (M. Picard) :
Merci. Donc, nous allons débuter nos échanges. Je suis maintenant
prêt à reconnaître une première intervention de Mme la députée de Chicoutimi
pour un premier bloc d'échange d'environ 25 min 30 s.
Mme Jean : Oui. Merci, M. le
Président. Mme la ministre, j'aimerais qu'on parle un petit peu de la Stratégie
gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes. C'est une stratégie
qui est actuellement en élaboration, la stratégie 2016-2021 dont je parle. Le dépôt de cette stratégie-là
était prévu pour le mois de mars, pour le 31 mars, si je me souviens bien, et ça a été reporté au mois de
juin. J'aimerais savoir, effectivement, est-ce
que la stratégie va être
déposée au mois de juin ou, sinon, quand est-ce que la ministre pense déposer
cette fameuse stratégie.
Le Président (M. Picard) : Mme
la ministre.
Thériault : Oui. Merci, M. le Président. La question de la collègue est tout à fait pertinente. Effectivement, nous
avions parlé plus aux alentours du mois de mars au départ, et je vais lui
confirmer que d'ici la fin du mois de juin cette stratégie-là sera
déposée.
Je tiens par contre
à rappeler qu'on n'est pas restés sans stratégie non plus. L'an passé, lorsque
je suis arrivée à la Condition
féminine, j'ai été voir le ministre
des Finances pour qu'il puisse nous
réserver des sommes d'argent pour que nous puissions annoncer des
projets même si la stratégie n'était pas dévoilée, parce qu'en matière
d'égalité femmes-hommes on ne peut pas se
permettre d'attendre un an ou d'attendre six mois sans que rien ne se passe,
d'autant plus que cette année, comme
je l'ai mentionné, on est en année électorale au niveau du municipal. Et vous
comprendrez certainement que c'est un des morceaux, la place des femmes
au niveau des élections municipales, si on veut faire avancer la cause de
l'égalité.
Mme Jean : Donc, je comprends qu'il
y a des projets qui ont déjà été déposés et qui sont actuellement en marche
avec le financement accordé, associé à ces projets-là.
Thériault : Oui, absolument. On a eu un appel de projets à deux
volets qui a été lancé à l'automne 2016 en vue de financer ces
projets. L'enveloppe totale, c'est 1,8 million, et il y a trois ententes
qui ont été signées avec le Nord-du-Québec,
qui ont été reconduites en 2016-2017, pour un investissement total de
176 000 $. C'est 56 % d'augmentation pour les ententes
crie et inuite par rapport à 2015-2016 et la reconduction du montant en
Jamésie. Je peux vous dire qu'il y a des
accords en partenariat qui ont été reconduits en 2016-2017 avec les
17 tables de concertation régionale de groupes de femmes et le
réseau pour un investissement total de 360 000 $...
Mme Jean : Ça va pour l'information.
Le Président (M.
Picard) : C'est beau. Mme la députée.
Mme Thériault : ...et
d'autres projets.
Le Président (M. Picard) :
Oui, Mme la ministre. Mme la députée de Chicoutimi, allez-y.
Jean : Oui. C'est juste pour
vous mentionner que l'énumération, ça me va pour l'instant. C'était juste
pour confirmer qu'il y avait des projets et qu'il y a des
enveloppes budgétaires de reliées avec. Le détail, on pourra peut-être y
revenir plus tard, si c'est pertinent, mais, pour le moment, ça va.
La fameuse stratégie qui va être déposée d'ici
le mois de juin, est-ce qu'on sait quel budget va être associé à cette
stratégie?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Thériault : Oui. Lors du dernier budget qui a été présenté par
le ministre des Finances, M. le Président, donc, dans le budget 2017-2018, on parle des investissements de
montants de 30,1 millions de dollars qui ont été annoncés pour la mise en oeuvre de nouvelles actions dans la future
stratégie ainsi qu'un montant de 2,4 millions de dollars sur cinq
ans, suite au Rendez-vous national de la
main-d'oeuvre, pour favoriser
l'intégration des femmes sur le marché
du travail, et il faut ajouter
le montant de 3 millions qui avait été accordé dans le budget 2016-2017.
Le Président (M. Picard) :
Allez-y, Mme la députée.
Mme Jean : D'accord. Merci.
Historiquement, les budgets qui étaient accordés au... Oui?
Mme Thériault : On m'indique
que le 3 millions est inclus dans le premier chiffre que je vous ai donné,
de 30 millions. Je ne veux pas vous induire en erreur.
Mme Jean : D'accord. Merci pour la
précision. La culture ou la manière de procéder initialement ou qui est annoncée souvent, c'est des... par rapport aux groupes qui font des demandes de projet ou des demandes de support
qui s'inscrit dans la stratégie est souvent
présentée comme étant des projets... doivent être des projets non récurrents et
des projets qui sont souvent... qui
devraient durer moins d'un an. J'aimerais savoir si c'est encore le cas ou on a
considéré que, justement,
le fait que ces projets-là ont souvent avantage à être plus longs qu'une année,
à ce moment-là, devrait être considéré. Est-ce que ça va
être considéré qu'on peut dépasser une année et que certains projets aussi
méritent une récurrence? Parce que
ce n'est pas en un an qu'on solutionne les problèmes, et il y a
des organismes qui proposent des projets et des solutions qui prennent
plus qu'un an.
J'aimerais
savoir s'il va y avoir une certaine flexibilité dans la manière de comment le
budget va être attribué aux demandes de certains organismes qui vont
déposer des projets.
Le Président (M. Picard) : Mme
la ministre.
Mme Thériault : Oui. M. le
Président, avec votre autorisation, avec la permission de la collègue,
j'aimerais peut-être que la sous-ministre explique comment l'appel de projets se fait. Par contre,
avant de lui passer la parole, ce que j'aimerais
préciser, s'il y a consentement évidemment, c'est qu'il
y a des projets qui sont financés une
fois, mais il y a également
des projets qui sont financés sur plusieurs années. Là, c'est une question
de choix par rapport à la stratégie. On pourra vous expliquer.
Mais je peux
vous dire, exemple, comme la Fédération
québécoise des municipalités, l'Union des municipalités du Québec...
Parce que la stratégie pour attirer plus de femmes en politique,
oui, on est en année électorale, là, mais
il y a un an 2, il y a
un an 3, il y a un an 4 pour préparer dans cinq ans, et la
stratégie est sur cinq ans. Donc, ces groupes-là, on a accordé du financement pour plusieurs
années, notamment pour la FQM et l'UMQ, pour pouvoir poursuivre les
actions avec ces partenaires-là de premier
plan, parce que ça nous apparaît un endroit où on peut directement influencer sur les avancées que les femmes doivent faire en politique
municipale, notamment.
Donc, pour la balance des projets, les appels de
projets, la manière de fonctionner, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, la sous-ministre
pourrait vous expliquer comment ça fonctionne.
Le Président (M. Picard) : Mme
la députée.
Jean : En fait, ce n'est pas
que je ne veux pas lui donner la parole, c'est que vous savez que notre
temps est limité pour avoir des
interventions. Sûrement que ce serait très intéressant, mais ce que je
voulais surtout comprendre de la ministre,
c'est la flexibilité qui serait apportée, justement,
à certains programmes qui méritent d'être plus d'un an et qui méritent une flexibilité pour permettre la
récurrence de la réalisation des projets en question. Donc, j'ai ma
réponse, en fait, à ma question là-dessus.
Thériault : Est-ce
que je peux me permettre d'ajouter juste un petit commentaire? Parce qu'à chaque
fois qu'on part en appel de projets c'est bien important de comprendre que
c'est le Secrétariat à la condition féminine qui part un
appel de projets et que les projets sont reçus et sont évalués par l'équipe de
professionnels. Donc, il n'y a pas d'ingérence politique pour dire : On
fait ça, on fait ça, on prend lui, on ne prend pas lui.
Donc, je pense, c'est
important aussi de faire une nuance, sauf qu'il y a des choix qui ont été faits
avec ces partenariats-là, parce que la
stratégie qui a été présentée... où l'action doit être menée sur plusieurs
années, donc ce qui fait qu'il y a
des groupes qui sont pour plusieurs années et d'autres qui seront pour un an,
peut-être pour deux ans, tout dépendant si c'est des nouveaux projets
qu'on essaie ou pas.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean :
Merci. Pour la stratégie... Là, le bilan, là, on parle de... Pour les dépenses
ou la stratégie qui a été appliquée en
2016-2017, il y a eu un bilan qui a été mis en place... attendez... 2012 à
2017. Bon, oui, la fameuse stratégie qui
a été mise en 2012‑2017, le montant global qui a été investi de 2012 à 2017,
j'aimerais qu'on confirme ce montant-là. Est-ce que c'est bien le
300 000 $ que la ministre a mentionné dans ses remarques
préliminaires ou c'est 57 000 $... millions, millions.
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Thériault : Ce que
j'ai ici, c'est le bilan. On parle de 2011-2015, 102 mesures, sept grandes... je
cherche le montant d'argent.
Mme Jean :
En fait, je parle du plan d'action. Je parle du plan d'action 2012-2017.
Mme Thériault :
Le 2012-2017, le prochain?
Mme Jean :
De la violence conjugale, là.
Mme Thériault :
Ah! de violence conjugale. Excusez...
Mme Jean :
Oui, excusez-moi.
Mme Thériault :
Nous étions dans l'égalité entre les femmes et les hommes. Ne bougez pas.
Jean : Absolument.
Je suis dans le bilan, le bilan du plan
d'action 2012-2017. Donc, dans ce bilan, dans la réalisation du plan d'action 2012-2017, du
plan contre la violence conjugale, on parle d'un investissement de... le
budget était de 57 millions, si j'ai bien compris, et, dans les remarques
préliminaires, je comprends que le montant a été de 305 millions. Est-ce
que c'est des montants supplémentaires qui ont été ajoutés? Comment on explique
la différence? D'où vient la différence?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Thériault : La différence, c'est la récurrence des actions.
C'est qu'au départ, dans le 57 millions, c'était 57 millions
supplémentaires à des actions qui existaient déjà. Il faut préciser que la
première... l'autre stratégie précédente,
donc qui est la deuxième, parce que celle dont on parle, c'est la troisième
stratégie, la stratégie dont vous parlez, 2012-2017, a été déposée par le précédent gouvernement du Parti
québécois avec 57 millions de nouvelles mesures qui ont été
ajoutées aux actions déjà existantes. Et, d'année en année, évidemment, chaque
fois qu'on regarde, on essaie d'augmenter les sommes d'argent.
dois vous dire que, dans la stratégie qui était avant 2012-2016, il y avait eu
65 millions d'ajouts de mesures, donc celle qui avait été déposée
par le précédent gouvernement, donc qui appartenait au Parti libéral, si vous
voulez.
Mme Jean :
Donc, le 57 millions qui avait été annoncé a bien été investi dans ce plan
d'action.
Mme Thériault :
Je vous dirais oui, et même... Bien, c'est sûr que, là, il y a des mesures qui
sont encore en déploiement. Donc, est-ce que
toutes les sommes ont été investies comme telles? 2017, on parle de 2017, ça va
jusqu'au mois de décembre, donc il se
pourrait que toutes les sommes n'aient pas été investies, exemple, si on parle
d'une campagne de publicité ou de
promotion qui aurait été planifiée pour aller la dernière année ou le dernier
six mois, bien, il est évident que ça se peut que tous les montants
d'argent, à l'heure actuelle, n'ont pas été tous dépensés, parce qu'il reste
encore neuf mois, à peu près, ou huit mois, si vous voulez, à la stratégie qui
est en cours présentement.
Jean : Merci. En parlant, justement, de la campagne de sensibilisation
qui est prévue dans le plan d'action en question, qui est la mesure 5, en fait, du plan d'action, j'aimerais
savoir quand est-ce que cette campagne de sensibilisation là va être
mise en oeuvre.
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Mme Thériault : M. le
Président, si je ne m'abuse, il y a
ce que j'ai dit dans mes notes d'introduction, oui... où on a publié plus de 350 000 copies.
Donc, il y a différentes manières de déployer le plan de communication, il y a des outils
promotionnels qui ont été imprimés et qui ont été distribués. Ça, c'est pour
les brochures, secrétariat... — c'est ça ici, hein, tout ça? O.K.
Bon,
est-ce que vous voulez la liste des activités, Mme la députée... M. le Président, avec les montants
d'argent, si ça vous intéresse?
Jean : Moi, ce que je voulais savoir justement... La campagne de
sensibilisation à la violence conjugale, je comprends qu'elle est déjà amorcée, c'est ce que je comprends, et
qu'actuellement ce qui est en marche, c'est la réalisation de brochures
qui expliquent ou qui sensibilisent, et que ces brochures-là, à
350 000 exemplaires, ont commencé à être distribuées.
Est-ce
qu'il y a d'autres choses que des brochures de sensibilisation qui ont été
produites? Puis c'est ça, la liste que vous désirez me présenter? Oui,
ça m'intéresse.
Thériault : Absolument. On parle pour un total, à date, de
742 817 $, on parle de la production de six brochures. Après
ça, il y a une campagne de sensibilisation...
Mme Jean :
...dollars pour la production de la brochure?
Mme Thériault :
104 000 $ pour la production.
Thériault : 104 000 $, 350 000 copies ont
été distribuées. C'est six brochures différentes. On a différents exemples ici. Ça, c'est 104 000 $.
50 000 $ pour une campagne de sensibilisation à la non-violence
auprès des hommes autochtones
concernés par la violence familiale, par Femmes autochtones Québec.
161 000 $, là, on parle de différents montants, pour le soutien de projets dans le cadre des journées d'action
pour l'élimination de la violence envers les femmes, donc
38 000 $, 55 000 $, 34 000 $, 34 000 $,
c'est à chacune des années, ces sommes-là.
parle de 16 000 $, donc c'est des petits montants aussi, pour la
distribution annuelle des affiches et des rubans blancs dans le cadre de
l'Opération Tendre la main. On parle de 8 000 $ pour la diffusion de
780 copies de la vidéo de sensibilisation De l'ombre à la lumière ,
qui est destinée aux victimes de violence conjugale, qui a été produite par Le
Bouclier d'Athéna.
mobiliser pour prévenir la violence envers les adolescentes, de l'Université du
Québec à Chicoutimi, donc dans votre
comté, c'est 49 000 $. 48 000 $ pour le projet Promouvoir
des relations amoureuses saines et égalitaires chez les jeunes, à l'Université du Québec à Montréal.
46 000 $ pour le projet VOIR, pour la violence, observation,
information et référence, de l'Alliance
gaspésienne des maisons d'aide et d'hébergement. 49 000 $ pour des
Outils adaptés aux femmes immigrantes en matière de violence conjugale,
du bureau de développement communautaire...
Mme Jean :
Mme la ministre, est-ce que je pourrais savoir, dans votre vision de
campagne... Là, je vois des éléments qui
sont beaucoup des brochures de sensibilisation et de la distribution de
brochures. Est-ce qu'il y a une vision de réelle campagne de
sensibilisation avec des tournées, avec des vraies présentations, justement, de
sensibilisation à la violence conjugale, autre que la distribution de dépliants
et de détails comme ça? Bien, j'aimerais la connaître, cette vision-là, de campagne. Est-ce qu'il y a une
campagne de sensibilisation ou c'est des choses mises à la carte comme
Thériault : Bien, je ne dirais pas que c'est des choses qui
sont mises à la carte, je vous dirais que chacune des actions, c'est des actions qui ont été
vraiment posées en fonction d'une problématique, souvent, dans une région,
par rapport à une clientèle cible.
Mme Jean :
...vision globale, justement, parce que...
Thériault : Bien, c'est ce que je vous dis, c'est que, si on
arrive... Même avec une vision globale, on ne doit pas perdre de vue qu'il y a des problématiques qui
sont propres aux communautés autochtones, qu'il y en a d'autres qui sont propres aux communautés LGBT, qui vivent de la violence d'une manière différente.
Il y a des campagnes de sensibilisation
à plus large échelle. Je pense qu'on a aussi prévu de regarder avec les médias
sociaux, si je ne me trompe pas.
Donc,
évidemment, il faut s'adapter selon les différents types de clientèle. Est-ce
que, nécessairement, d'investir des
millions juste pour faire des clips à la radio, télévision, c'est la réponse,
alors que ce n'est plus tout le monde qui vont sur la télévision? Il ne
faut pas oublier non plus que les violences conjugales, souvent ça va se
transformer, et ce qu'on vise présentement,
c'est de toucher un public jeunes filles, plus jeunes, dans les relations
amoureuses saines aussi, pour ne pas faire
en sorte que ces jeunes filles là acceptent la violence conjugale qu'elles
pourraient subir de la part de leurs conjoints ou de leurs amoureux.
Le Président (M.
Picard) : Mme la députée.
Jean : Oui. Je reviendrais quand même sur les outils. Deux choses. Les
outils qui sont privilégiés actuellement,
qui sont des brochures papier distribuées, comparativement à faire de la
promotion, par exemple, sur les médias sociaux d'aujourd'hui ou même à la
télévision, entre les deux, il me semble que... et ça a même été démontré
que les campagnes télévisées ont un impact
quand même important par rapport à la distribution de papier. Donc, là-dessus,
c'est une chose. Mais ce que je comprends,
c'est que la ministre ne me présente pas, pour l'instant, une vision d'une
campagne de sensibilisation globale, qui serait justement avec une... où
est-ce qu'on veut arriver, qu'est-ce qu'on veut sensibiliser, quels sont les
éléments qu'on veut atteindre et par quels moyens on va le faire.
je comprends la suite, puis je loue le cahier des choses qui ont été faites, et
je pense qu'il ne faut pas renier ça, mais,
ceci dit, pour l'efficacité, ça prend une vision globale, ça prend une
priorité, ça prend aussi l'utilisation de différents médias pour pouvoir atteindre la clientèle ou les
personnes ciblées. Donc, pour l'instant, je ne vois pas cette vision
globale là où on verrait une campagne
globale orchestrée par le gouvernement, avec un début, avec une fin, avec des
gens ciblés pour arriver à un objectif en bout de ligne. Pour l'instant,
je ne le vois pas.
Est-ce
qu'il y a eu quand même... Parce que vous nommiez des groupes, les autochtones,
et tout. Est-ce qu'il y a eu des
priorisations par rapport à ça? Est-ce que les jeunes sont priorisés à...
préscolaires? Est-ce que c'est les hommes violents qui sont priorisés? Est-ce que c'est les femmes battues
elles-mêmes qui sont priorisées? Il y en a plusieurs, des groupes, qu'on peut cibler. Est-ce qu'on a
priorisé certains groupes? Est-ce que c'est pour ça qu'on se retrouve avec
une énumération où des groupes sont nommés et d'autres ne sont pas nommés?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Thériault : Effectivement, c'est ce que je disais, c'est que,
là, présentement, ce qu'on vise, c'est à sensibiliser plus les jeunes
filles, justement, à être dans des relations amoureuses saines, être capables
de reconnaître comment la violence
conjugale, ça peut commencer. Donc, les jeunes filles, on va principalement
aller les chercher soit sur les médias sociaux,
soit là où elles sont, dans les milieux de travail, ou dans les universités, ou
dans les cégeps. Et c'est pour ça qu'il y a de l'intervention qui est
vraiment faite, ciblée par rapport aux campagnes de sensibilisation.
Moi,
dans mon propre comté, je vous donne un exemple, j'ai une maison de jeunes qui
ont un projet qui s'appelle le projet
PAF, et ce sont les jeunes filles qui produisent elles-mêmes des affiches. Et
les jeunes de la maison des jeunes vont à l'école secondaire pour aller parler de prévention de violence conjugale
à des ados dans les écoles secondaires. Est-ce que ces enfants-là, est-ce que les jeunes adolescentes
regardent la télévision? De moins en moins, M. le Président. Donc, il
est évident que, quand c'est un jeune ou une
jeune qui parle à des jeunes, ça frappe plus, puis je pense que ça a
beaucoup plus d'impact. Moi, je pense qu'il faut...
Le Président (M.
Picard) : En terminant, s'il vous plaît.
Mme Thériault :
...prendre tous les outils. Il faut être capable d'aller là où on a des
problématiques, mieux les cibler.
Le Président (M.
Picard) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Jean : Merci, Mme la ministre, pour les éclaircissements. Concernant,
justement, encore une fois, le plan d'action 2012-2017
contre les violences conjugales, j'aimerais savoir si le Secrétariat à la
condition féminine dépose ou va déposer des fiches de mise en oeuvre
annuelle ou régulière de l'avancement, justement, du plan d'action en question,
qui est une pratique qui est utilisée dans d'autres ministères et qui serait...
et actuellement on ne voit pas la forme.
Est-ce
qu'on va avoir, justement, ces fiches-là de mise en oeuvre annuelle? Puis
est-ce que ces fiches-là vont être rendues publiques par le Secrétariat
à la condition féminine pour que tout le monde puisse y avoir accès?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Mme Thériault :
Oui. M. le Président, ma sous-ministre m'informe que, oui, effectivement, à
chaque année, il y a des fiches qui sont
faites, parce qu'il faut être en mesure de suivre le plan, où est-ce qu'on est
rendus, qu'est-ce qu'il reste à
faire, est-ce que les actions donnent des résultats sur le terrain. Évidemment,
si on veut être en mesure d'adapter la stratégie,
il faut le faire. À la fin complètement de la stratégie, donc après 2017, il y
aura un bilan, et nous sommes tenus de publier le bilan de la stratégie,
avec ce que ça a eu comme répercussions et retombées, évidemment, si on veut
être sûrs que notre plan d'action fonctionne.
Jean : Merci. Je comprends que les fiches de mise en oeuvre existent
et que, pour y avoir accès actuellement, il faut faire des demandes d'accès à l'information. Est-ce que ce serait
possible, et je pense que ce serait très pertinent pour la population et
les gens qui ont besoin de savoir comment va, justement, le développement et la
mise en oeuvre du plan d'action contre les
violences conjugales, d'avoir accès public? Est-ce que, rapidement et
périodiquement, on pourrait avoir...
ou le secrétaire de la condition féminine ou même la ministre va rendre
publiques ces fiches-là sans qu'on ait besoin de faire des demandes à l'accès à l'information, qui sont des pratiques
courantes, et qui formeraient la transparence, et qui permettraient à
toute la population de savoir, justement, l'état d'avancement avec les détails
sur la mise en oeuvre du plan d'action contre la violence conjugale?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Thériault : Oui. M. le Président, ce qu'on me dit ici, c'est
qu'évidemment il n'y a pas que le Secrétariat à la condition féminine qui travaille sur ce plan d'action. Donc,
évidemment, il y a plusieurs organismes qui produisent annuellement... organismes et ministères qui
produisent annuellement pour un suivi interne, à savoir, au niveau des
actions, où est-ce qu'ils sont rendus, si ça
a porté fruit. Et ce qui a toujours été prévu et ce qui est pratique courante,
c'est à la fin complètement dans ces documents, exemple, ça, c'est un
exemple...
Mme Jean : Oui, je rajouterais...
Mme Thériault : Je vais
juste... Regardez, ça, c'est le bilan...
Mme Jean : Juste un éclaircissement.
Je veux juste préciser à la ministre que, dans le Fonds vert, il y a 11 ministères qui sont impliqués et biannuellement
rendent publiques, justement, les fiches de mise en oeuvre du plan.
Donc, considérant l'importance du plan d'action pour, justement, la violence
conjugale, il me semble que ce serait évidemment...
ou naturel qu'elles soient récurrentes, peut-être biannuelles, et que la
population y ait accès, à la limite, sur les sites Web, pour que ce soit accessible facilement et rendu public de
façon la plus transparente possible. Je pense que c'est de l'information qui doit être connue par le
public et non pas seulement qu'à l'interne du gouvernement pour faire un
suivi privé. Ce n'est pas un suivi privé qui doit être fait, c'est un suivi
public de la situation.
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Thériault : Oui. M. le Président, je vais tout simplement
répondre à la députée, et elle sera probablement enchantée de la réponse
que je vais lui donner, c'est que, dans l'ancien plan d'action, il avait été
prévu qu'il y aurait seulement qu'un bilan à
la fin. Par contre, puisqu'on a déjà commencé à recenser les actions qui ont
donné des résultats en vue de
travailler sur le prochain plan d'action 2018, je vais tout simplement
répondre à la députée que nous n'avons aucune objection, suite à la consultation à ma sous-ministre au Secrétariat à
la condition féminine, de produire des bilans annuels, et on pourrait
prendre l'engagement, dans la prochaine stratégie, de faire en sorte qu'on
puisse voir les actions année après année.
Donc, je
pense qu'à ce moment-là ça répond au souhait de ma collègue, mais on comprendra
que, puisqu'il reste huit mois à la stratégie qui est en cours et que
nous sommes dans la dernière année, à ce stade-ci c'est difficile pour moi d'arriver puis de commencer à produire des
bilans, alors qu'on va tomber dans le bilan global. Mais que je pense
qu'on peut prévoir pour la prochaine
stratégie de faire en sorte de rendre annuellement publics des documents, qui
va permettre de voir l'évolution des actions du gouvernement pour
pouvoir lutter contre les violences conjugales.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la députée.
Mme Jean : Bien, merci, c'est une
bonne nouvelle. Bravo! Je suis très heureuse d'entendre ça aujourd'hui. Effectivement, vous faites une
partie de mon
bonheur. Est-ce qu'à ce moment-là... Bien, je préférerais que ce soit
biannuel qu'annuel, mais on pourra voir, à
ce moment-là, si c'est possible, et le plus rapidement possible, de ce qui est
disponible actuellement, si on pouvait y avoir accès, ce serait parfait.
J'aimerais
que la ministre confirme aussi que cette politique-là de rendre publiques les
fiches de mise en oeuvre annuelle des
plans d'action et des stratégies va s'appliquer aussi dans la future stratégie
égalité hommes-femmes, dans la stratégie de... le prochain plan d'action
contre les violences sexuelles et le prochain plan d'action contre les
violences conjugales. Bref, que ce soit une politique qui soit appliquée à
l'ensemble des stratégies et des plans d'action que la Condition féminine
adopte.
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Thériault : Oui. M. le Président, ce que je prends comme
engagement aujourd'hui, c'est de faire en sorte que, les prochains plans d'action, on puisse les regarder. Ce qu'il faut
être conscients par contre, c'est que le Secrétariat à la condition féminine, c'est une très petite équipe
de 24 personnes et qui a quand même la production et la
responsabilité de trois stratégies ou plans
d'action assez importants et costauds. Donc, il est évident que... Je vais
juste être prudente en disant que,
s'il n'en tient qu'à moi, je pense qu'il est important de prendre le temps
d'arrêter et de voir si les actions posées donnent des résultats, plutôt
que d'attendre au bout de cinq ans.
Donc, je suis totalement en accord avec ce que
la députée me fait comme demande aujourd'hui, parce que je pense qu'on peut réajuster le tir aussi dans les
années suivantes. Par contre, là où je mets juste un petit bémol, c'est
que, puisqu'il y a trois stratégies qui sont
dans les mains du secrétariat, il est
évident que, si vous saviez la quantité d'heures qu'ils ont mis juste à préparer les crédits aujourd'hui, on va passer notre temps à faire de la reddition de comptes et à
courir après tout le monde.
Donc, je ne
dis pas non, parce que je pense que, même pour l'égalité femmes-hommes,
il faut prendre le temps de faire des bilans...
Mme Jean : Juste pour être certaine,
parce que le temps file allègrement, il ne me reste plus beaucoup de minutes, concernant le Fonds vert,
par exemple, c'est les ministères qui déposent ou qui font
les fiches d'avancement de la mise en
oeuvre en question. J'imagine que c'est encore les ministères qui vont
travailler avec le Secrétariat de la condition féminine. Donc, ce n'est pas l'équipe de la
Condition féminine qui a à faire ça, mais les ministères, d'où la possibilité
de l'avoir en plus grand nombre et le plus rapidement possible.
Mme Thériault : Je vais tout
simplement vous répondre qu'il va falloir qu'au secrétariat on aille regarder
de quelle manière fonctionne le Fonds vert avant de vous donner une réponse,
positive ou pas, pour voir quel genre de fiches
les ministères font. Est-ce que c'est des fiches très
techniques et est-ce qu'on peut les transposer dans ce qu'on a comme stratégie ou plan d'action? Je pense que, si
c'est faisable, à ce moment-là il y a la possibilité toujours de produire des bilans de mi-mandat ou de peu importe, là. On regardera, là, on va
prendre le temps d'aller regarder. Je ne dis pas non, mais il faut
prendre temps d'analyser, simplement.
Le Président (M. Picard) : Il
vous reste 30 secondes, Mme la députée.
Jean : Je vais le transposer
à mon prochain. C'est ça que je voulais faire, mais 30 secondes, ce n'est
pas beaucoup, hein?
Président (M. Picard) :
Exact, mais je vous le dis. Donc,
nous allons aller du côté de la
partie gouvernementale. M. le député de Jean-Lesage,
pour une période maximale de 19 minutes pour le bloc.
M. Drolet : Merci beaucoup, M.
le Président. Salutations, naturellement, aux collègues, aux collègues de l'opposition et, naturellement, l'équipe de la ministre et, naturellement, du ministère. Je suis très heureux de prendre la parole aujourd'hui dans le cadre de l'étude des crédits budgétaires
alloués à la condition féminine parce
que l'égalité entre les hommes et les femmes a toujours
été, pour moi, un enjeu de premier plan. Ayant perdu mon père beaucoup
trop tôt, mes deux frères et moi
avons été élevés dans une famille monoparentale. Dès mon plus jeune âge,
l'image que j'avais de ma mère, et
que je transportais à toutes les femmes, est celle d'une personne forte,
autonome, aimante, ingénieuse et inspirante, malgré son analphabète.
Jamais l'idée
que les femmes étaient moins compétentes ou travaillantes ne m'a traversé
l'esprit, bien au contraire. Alors,
vous comprendrez, M. le Président, que, de mon point de vue, une différence
de traitement ou de chances entre les femmes et les hommes est une
totale aberration. Tout au long de ma carrière, je me suis fait un point
d'honneur d'encourager les femmes de mon
entourage à prendre une place dans le milieu des affaires. À chaque fois qu'une
amie, une collègue faisait part de ses doutes quant à ses possibilités d'avancement ou de ses perceptions d'obstacles, je mettais
toutes mes énergies à l'accompagner et à frapper à toutes les portes, quitte à
ramener les personnes à l'ordre si j'apercevais une injustice.
D'ailleurs,
j'ai un cas assez précis. Quand j'étais directeur des ventes de la brasserie
O'Keefe, en 1985 à peu près, j'ai engagé la première femme représentante dans
le domaine de la bière à ces moments-là. Souvenez-vous que c'était un
domaine d'hommes. Alors, mon patron même avait les yeux gros de même, et je lui
ai dit... et nous avons confondu, naturellement, tous les préjugés.
Mon entrée en politique n'a pas changé mes
convictions. Bien au contraire, depuis que je suis un député de Jean-Lesage, je profite de toutes les occasions pour encourager les femmes à
profiter d'opportunités professionnelles qui s'offrent à elles et à développer de nouvelles. Tenez, il y a
de ça presque un an, j'offrais une médaille de l'Assemblée nationale
à Mme Gisèle Picard, présidente de l'Association des femmes entrepreneures de Québec,
dans le cadre de la soirée Coups de foudre d'affaires, un événement qui
vise à récompenser les femmes qui se démarquent par leur succès et en inspirer
d'autres à faire de même, une soirée à laquelle, justement, j'accompagnais ma ministre.
Et depuis j'ai cru, naturellement, à ses débuts, à cette madame-là, avec Mme Hudon.
Alors, je félicite Mme Picard et Mme Hudon de leur excellent
travail et d'avoir motivé particulièrement aussi, M. le Président, beaucoup de
femmes à avoir une vision entrepreneuriale.
Mon appui aux
femmes en affaires ne date pas d'hier. Lorsque j'ai fait la tournée de toutes
les régions du Québec, tournée qui
nous a permis d'élaborer la Stratégie québécoise de l'entrepreneuriat, rapidement
j'ai été convaincu d'assurer la
continuité d'un réseau de mentorat par et pour l'entrepreneuriat au féminin. Et
aujourd'hui le Réseau Femmessor est déployé dans
toutes les régions du Québec.
Il n'y a
pas qu'en affaires où je profite de toutes les opportunités pour encourager les
femmes à aller au bout de leurs
rêves. Dans le cadre de mes fonctions de vice-président de la commission
politique de l'Assemblée
nationale de la Francophonie, je me fais aussi comme point d'honneur de
promouvoir une grande représentativité d'élues féminines en politique partout dans la Francophonie. Il y a
quelques semaines, j'ai eu l'honneur de recevoir à mon bureau de comté une délégation du Burkina Faso, cinq femmes
extraordinaires. C'est pour moi un privilège de partager mon expérience
d'élu avec elles, car elles ont un avenir... l'avenir du Burkina Faso de
demain.
Permettez-moi aussi, Mme la Présidente, de
saluer — tout
récemment, d'ailleurs, on a fait une belle motion, aujourd'hui — Mme
Sophie D'Amours comme première rectrice de l'Université Laval, ici même, à
Québec. Alors, quel honneur aux femmes de pouvoir avoir ce prestigieux
poste!
Vous voyez, madame... M. le Président, pardon,
je crois sincèrement et je démontre à tous mes jours que mes actions, que
l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est un enjeu qui me tient à coeur
et j'en suis fier que mon gouvernement s'en préoccupe. Permettez-moi d'en
parler un peu.
La politique
gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes, Pour que
l'égalité de droit devienne une
égalité de fait, a été lancée en 2006, élaborée suite à une consultation menée
l'année précédente sur l'avis du Conseil du statut
de la femme, intitulé Vers un nouveau contrat social pour l'égalité entre
les femmes et les hommes . Cette consultation
a constitué un moment unique dans l'histoire du Québec puisque c'était la
première fois que se tenaient des consultations
générales sur cet enjeu. La politique
gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes a fait l'objet jusqu'à maintenant de deux plans d'action.
Le premier, de 2007 à 2010, comprenait six orientations. Le second plan,
initialement prévu de 2011 à 2015, a été
prolongé. Il prévoit 102 actions de 26 ministères et organismes
gouvernementaux visant à faire progresser
l'égalité entre les femmes et les hommes, et s'articule autour de sept
orientations pour la promotion des
modèles et le comportement égalitaire vers l'égalité économique entre les
femmes et les hommes, vers une meilleure conciliation des
responsabilités familiales et professionnelles ou scolaires, pour des approches
en santé adaptées aux spécificités des
femmes, pour le respect de l'intégrité des femmes et leur sécurité dans leur
milieu de vie, vers une plus grande
participation aux femmes aux instances décisionnelles, pour l'égalité entre les
femmes et les hommes dans toutes les régions, en tenant compte de leurs
différences.
Ce Plan d'action gouvernemental pour l'égalité
entre les femmes et les hommes a permis de soutenir de nombreuses initiatives, dont le déploiement dans l'ensemble des régions
administratives du Québec du réseau Femmessor, des organismes de soutien
et de promotion pour l'entrepreneuriat au féminin, l'élaboration et le
lancement par la Commission de la
construction du Québec d'un nouveau programme d'accès à l'égalité des femmes
dans l'industrie de la construction 2015-2024 visant au moins
3 % des travailleuses actives sur les chantiers, la réalisation de
nombreux projets favorisant la promotion de
modèles et de comportements égalitaires, dont la mise en oeuvre d'un plan
d'action de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et
diversifiée.
Permettez-moi de revenir à la politique
gouvernementale. Il est stipulé que certaines de ces mesures qui sont inscrites dans le plan d'action, retranchées à la
politique et qui sont particulièrement signifiantes pour l'atteinte des
objectifs égalité entre les hommes et les
femmes, seront ciblées pour être évaluées. Je présume, Mme la ministre, que ces
mesures à fort potentiel d'impact sur l'égalité femmes-hommes sont au cours
d'analyse et que les conclusions se traduiront en orientations dans la nouvelle stratégie gouvernementale. Êtes-vous en
mesure, Mme la ministre, de parler de ces orientations et de la future
stratégie gouvernementale que ma collègue tantôt a si bien pris le temps de vous
parler?
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la ministre.
Thériault : Merci, M. le Président. Évidemment, je vous dirais
que la réponse est oui. Tout est analysé. Je vais essayer d'être prudente, M. le Président, parce que je ne voudrais
pas lancer la stratégie ici définitivement. Je sais que, oui... Je sais que ma collègue la députée de
Chicoutimi ainsi que, je suis certaine, les collègues de la CAQ aussi
voudraient avoir plus d'information sur ce que contiendra cette stratégie-là.
Mais je peux vous dire d'avance que, comme les questions qu'on a abordées tout
à l'heure par rapport à la place des femmes en politique municipale, il est
évident que le partenariat qu'on a fait avec la Fédération québécoise des
municipalités, celui qu'on a fait avec l'Union des municipalités du Québec et celui qu'on a fait avec Groupe Femmes,
Politique et Démocratie... je peux vous dire d'ores et déjà que ces partenariats-là se retrouveront au
coeur de la prochaine stratégie égalité femmes-hommes. Pourquoi? Parce
que, dans nos instances démocratiques, on a
besoin de plus de femmes. On doit, nous aussi, donner l'exemple. Donc, il
est évident que ça va faire partie.
Il n'y aura
pas que ça non plus. On aura certainement l'occasion d'en reparler. Mais je
vais me permettre de dire, au bénéfice de mon collègue et des gens qui
nous écoutent, M. le Président, qu'on vient de porter à mon attention le bulletin des budgets 2017, qui a été produit
par l'Institut du Nouveau Monde. Et là-dedans, à la page 27, on parle de
la mesure 17, qui est le financement de
28 millions pour la future stratégie gouvernementale pour l'égalité entre
les femmes et les hommes. On comprend
que c'est le 27 millions qui a été annoncé, qui ne tient pas compte du
3 millions qui avait été annoncé
l'année d'avant, O.K.? Donc, le 27 millions dont on parle ici, la
description dit : «Bien que des consultations sur la stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les
femmes et les hommes 2016-2021 ne se soient conclues que récemment,
son financement est déjà prévu avec l'octroi
de 5,4 millions par année. Les détails de la stratégie seront annoncés au
cours des prochains mois, mais le budget spécifie ses objectifs, soit de lutter
contre les stéréotypes sexistes et sexuels, de favoriser la participation à la
vie économique et d'encourager la représentation dans les lieux de pouvoir, et
faciliter la conciliation
famille-travail-étude.» Donc, ça vous donne quand même une bonne idée des axes
sur lesquels nous allons pouvoir travailler dans la prochaine stratégie.
Et je suis
très fière de vous dire, M. le Président, que, dans ce bulletin-là, il y a une
note aussi qui est attribuée, et on nous
donne un B plus sans savoir le
contenu de la stratégie. Donc, moi, je suis très satisfaite de voir cette
note-là dans le bulletin de l'Institut du Nouveau Monde. Ça donne quand
même de très bonnes indications où est-ce que nous allons pouvoir aller aussi. Et il y avait les indications
dans le budget. Donc, évidemment, je ne suis pas en train de vous dévoiler
des grands secrets.
Ce que
j'aurais presque le goût de vous dire, c'est qu'il est évident... Vous avez
parlé de votre mère qui était un exemple pour vous, M. le député. On a eu l'occasion, comme vous l'avez dit aujourd'hui, de
souligner l'arrivée d'une rectrice à
l'Université Laval. Pour la première fois de l'histoire, il y a une femme qui
occupe ce poste, qui a été élue à ce poste.
J'aimerais souligner également qu'on a vu la semaine passée... Je ne sais pas
si c'est passé inaperçu ou pas, mais moi, je l'ai félicitée en tout cas, il y a notre ancienne collègue de
Trois-Rivières, l'ancienne députée Danielle St-Amand, qui a été nommée aussi comme étant présidente du conseil
d'administration du Port de Trois-Rivières, et c'est aussi la première
femme à occuper cette fonction-là.
Donc,
évidemment, pourquoi je vous dis ça, M. le Président, et pourquoi j'en fais
état ici? C'est parce que je pense sincèrement
que ça prend des exemples, ça prend plus d'exemples, outre les exemples
traditionnels de femmes en politique, celles
qui ont passé avant nous, celles qui y sont et les autres qui suivront. Il est
évident qu'il y a encore plein de domaines où les femmes doivent prendre la place qui leur
revient. Donc, il est évident que l'accession à des postes de haut
dirigeant ou à des postes de présidence... Il y a beaucoup d'endroits encore où
les femmes restent à faire leur marque, et je dirais qu'évidemment, lorsqu'on regarde... Exemple, lundi passé, il y avait les
Mercuriades, de la Fédération des chambres de commerce du Québec, où il y a un prix qui a été remis à Mme Caroline
Codsi pour La gouvernance au féminin. Donc, je pense qu'il est important
également de reconnaître de plus en plus dans les galas de chambre de commerce,
dans les associations de gens d'affaires,
les percées qui sont faites par les femmes, les premières, les avancées que les
femmes font, donc évidemment de mettre en valeur les modèles féminins,
les modèles de femmes qui réussissent. Je pense que ça peut aussi faire la
différence et inciter... et inspirer des jeunes femmes.
Vous
savez, moi, M. le Président, je pense qu'il n'y a absolument pas de mal à ce
qu'une jeune fille dise : Bien, moi,
j'aimerais ça être électricienne et pouvoir travailler sur un chantier.
J'aimerais ça que les jeunes filles puissent dire : Bien, moi, je voudrais être présidente de la
bourse. Pourquoi pas? Pourquoi pas? Présidente d'une banque, pourquoi
pas? Il en reste encore à faire. On a encore
à repousser les limites où les femmes doivent prendre leur place. Et je
considère que plus on aura des femmes
qui auront accès à des lieux de pouvoir, peu importe le type de pouvoir, que ce
soit dans le monde des affaires, le
monde de la finance, le monde politique, le monde économique, nommez tous les
secteurs, M. le Président... C'est
évident que plus il y aura de femmes qui feront leur marque, plus on les mettra
en évidence, plus on aura des jeunes filles
qui auront le goût de suivre les traces de ces femmes d'exception qui acceptent
de relever très souvent les défis et de relever la barre. Parce qu'il ne faut jamais oublier que, lorsqu'on est
la première à occuper un poste, on met la barre très haute, et moi, plus il y aura de rectrices dans
nos universités, je pense que plus ça sera bénéfique pour l'ensemble de
la société, mais particulièrement pour les jeunes étudiantes.
Le Président (M.
Picard) : Merci. Je cède la parole à Mme la députée de
Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci, M. le Président. Alors, à mon tour de saluer les
collègues de l'Assemblée nationale, de même
que la ministre et les gens qui l'accompagnent pour cette enquête... «cette
enquête», cette étude de crédits portant sur la condition féminine.
Écoutez, bien que j'aie fait cette blague, je veux m'entretenir d'un sujet
aussi important que préoccupant et qui
demeure définitivement délicat en 2017, soit la stratégie gouvernementale pour
prévenir et contrer les violences sexuelles dont ma collègue députée de
Chicoutimi a parlé un peu tout à l'heure.
Alors,
on sait que le gouvernement du Québec, représenté par le ministre, a annoncé le
28 octobre dernier... donc a fait
le lancement de cette stratégie qui vise à prévenir et, donc, contrer les
violences sexuelles. Cette annonce a été faite au Y des femmes à Montréal, un organisme que je connais bien pour avoir
déjà été fournisseur de services pour la YWCA de Québec de même qu'instructrice à la YWCA de Québec, donc avec cette
clientèle-là, les femmes dans le besoin. Et, de toute évidence, c'était un bon choix que de faire cette annonce à cet
endroit puisque la YWCA, autant que la Y des femmes à Montréal, travaille pour et avec les femmes et
les filles qu'ils accompagnent, et l'objectif est vraiment d'aller
chercher le meilleur d'elles-mêmes. Donc, l'un de ses axes d'intervention
demeure définitivement de contrer la violence et la discrimination faites aux
femmes et aux filles via plusieurs programmes. On en connaît. On sait également
que la Y a de l'hébergement qu'elle offre sur une base, donc, hebdomadaire,
sept jours sur sept, 24 heures sur 24, et qu'elle ne discrimine aucune réalité, donc, et intervient sur le terrain
afin d'aider les femmes de tout horizon et pour les problèmes
de tout genre.
C'est
le cas aussi des CALACS, les Centres d'aide et de lutte contre les agressions à
caractère sexuel, et je veux en profiter
pour saluer la CALACS de Charlevoix, un organisme que je connais bien et que je
soutiens, comme députée, donc qui m'a
déjà interpellée à maintes reprises comme députée, mais également,
dans une circonstance bien précise, comme citoyenne, une simple citoyenne
habitant son territoire. Ce jour-là, je dois vous dire que j'ai été
surprise mais rassurée à la fois de voir la pertinence et l'écoute de
cet organisme-là.
Alors,
force est de constater bien sûr que le portrait a changé, en ce qui concerne les violences sexuelles, au fil des ans et la façon de composer avec celles-ci également.
Aujourd'hui, par
exemple, on a des outils qui
existent, et la réalité virtuelle
sert de support pour faire en sorte d'agir davantage en prévention qu'en réaction, et c'est une excellente
nouvelle. Peu importe la façon de faire, une réalité demeure : de toute
évidence, il y a trop de femmes et de filles qui sont victimes de violences sexuelles, ce qui n'exclut pas le fait qu'évidemment des hommes le sont également — on
en entend moins parler, donc c'est moins présent, quand même.
Donc,
en ce qui concerne les victimes, je voudrais dire que j'ai un énorme
respect pour les personnes en
mesure de dénoncer, qu'elles sont très fortes, et elles doivent dénoncer. C'est
difficile, mais, de toute évidence, elles doivent se faire confiance et faire
confiance également aux ressources qui existent et qui sont disponibles et
efficaces lorsqu'on en a besoin. Alors, ce
n'est pas facile. C'est un sujet très délicat. Mais je voudrais quand même
qu'on en discute aujourd'hui parce que ça vaut la peine.
Et, à
titre d'information,
au
chapitre des agressions sexuelles, je veux rappeler qu'au Québec il y a 97 %
des victimes qui sont des femmes et des
enfants, il y a 83 % des victimes qui sont des filles et des femmes, il y
a 66 % des victimes qui sont âgées de moins de 18 ans,
78 %, des jeunes filles, et 22 %, donc, des jeunes hommes. Ensuite,
la majorité des victimes connaissent l'auteur présumé, soit 85,6 % des
jeunes victimes et 68,3 % des victimes adultes, 97 % des auteurs
présumés sont de sexe masculin, desquels 76 % sont des hommes et 24 %
ont moins de 18 ans.
Alors,
maintenant, l'action du gouvernement du Québec pour contrer les agressions
sexuelles et l'exploitation sexuelle
s'est déclinée depuis 2001 de plusieurs façons. Parmi les actions qui ont été
mises en oeuvre par le gouvernement au
cours des dernières années pour contrer les agressions sexuelles, mentionnons
l'élaboration et l'application de l'Entente multisectorielle relative aux enfants victimes d'abus sexuel, de mauvais
traitements physiques ou d'une absence de soins menaçant leur santé
physique, et le financement et le développement des services d'aide aux
victimes.
Mme la ministre, le temps file très vite dans
cette étude des crédits, et j'aimerais savoir si vous pouvez parler davantage
de cette stratégie importante qui a été lancée le 28 octobre dernier.
Président (M. Picard) : Mme la ministre, il reste deux minutes.
Thériault : Deux minutes? Parfait. Merci, M. le Président.
Bien, je dirais tout simplement que les statistiques que ma collègue a fait état sont quand même des
statistiques qui donnent froid dans le dos. Je pense qu'on ne peut pas nier que les problématiques de violence sexuelle,
d'exploitation sexuelle sont des problématiques qui sont réelles, donc
de là l'ampleur du plan d'action qui a été lancé l'automne dernier.
C'est
important de mentionner que je ne suis pas la seule porte-étendard du dossier
et que les autres collègues, que ce
soit la Justice, la Sécurité publique, les Services sociaux, l'Éducation, mes
collègues étaient avec moi d'ailleurs lorsqu'on
a fait le lancement. Ça démontrait ainsi l'importance du plan d'action et des
différents axes qui sont travaillés. Je me permettrais tout simplement de
peut-être dire, dans le peu de temps qu'il restait, M. le Président, mais je
suis convaincue qu'on aura certainement des
questions de mes autres collègues aussi sur ce plan d'action là, qu'on a fait
en sorte de financer des actions qui existaient déjà, donc, tout à l'heure, les
questions de la députée, de la collègue députée de Chicoutimi par rapport à la
récurrence du financement.
partir du moment où on a des organismes qui travaillent avec nous et qu'on se
rend compte que les actions sont bonnes,
donnent du résultat, ça permet d'avoir de la récurrence au niveau du
financement pour prolonger ces actions-là, et que le plan est quand même assez, je dirais, équilibré parce qu'on a
41 actions sur des mesures qui étaient déjà en place, donc une
certaine récurrence, et qu'il y avait 55 nouvelles actions dans la stratégie
qui venaient bonifier le travail déjà en place.
faut comprendre que, quand on parle d'exploitation sexuelle, très souvent... La
traite des personnes, c'est un phénomène
qui est relativement nouveau, qui n'existait pas ou en tout cas qui est en
train de se changer. Il faut être capable de suivre ces phénomènes-là pour être capable, à l'ère de la
mondialisation, toutes les nouvelles technologies, de faire en sorte qu'on puisse s'attaquer à cette
problématique-là. Donc, de là l'importance des nouvelles actions qui s'ajoutent
à chaque fois pour pouvoir mieux prévenir et contrer les violences.
Le Président (M.
Picard) : Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole
à Mme la députée de Repentigny pour une période de 17 minutes.
Lavallée : 17 minutes. Merci beaucoup. Merci, Mme la ministre.
Dans le budget de 2016-2017, dans le dossier
de la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences
sexuelles 2016‑2017, je pense que les crédits qui avaient été accordés,
c'est 1,9 million. Est-ce que c'est bien ça?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Thériault : C'était le nouvel argent. Parce qu'il ne faut pas
oublier non plus, comme je vous ai mentionné, 55 nouvelles actions, 41 actions qui sont récurrentes. Donc,
les 41 actions sont déjà financées, donc l'argent, il est déjà
dévolu. Le 1,9 million supplémentaire que vous parlez, c'est pour financer
des nouvelles actions, oui.
Mme Lavallée :
Dans le fond, c'est que la stratégie gouvernementale prévoyait
200 millions sur cinq ans. Il y avait
44 millions pour la mise en oeuvre, et la différence est 156 millions
qui étaient pour le... dans le fond, c'était pour les actions récurrentes, O.K.? Donc, le
1,9 million, c'est prévu dans le 44 millions, ce montant-là vient du
44 millions, c'est ça, pour 2016-2017?
Thériault : Oui. Oui, parce que c'est la même chose que pour
l'autre stratégie. Lorsque je suis arrivée à la Condition féminine, ne sachant pas quand cette stratégie-là verrait le
jour, au moment où je suis arrivée, je me suis assurée que le ministre
des Finances puisse nous garder des sommes d'argent pour que nous puissions
continuer l'action sur le terrain.
Mme Lavallée :
...inclus là-dedans?
Lavallée : Dans les crédits, l'orientation 4, on dit : «Soutenir le développement et la
cohérence des actions gouvernementales pour l'égalité entre les [hommes
et les femmes].» Il y a trois actions envisagées, donc c'est pour chacune de vos stratégies : publier la
stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les hommes et les femmes,
effectuer le suivi de la mise en oeuvre de
la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles
et réaliser les travaux visant à élaborer le plan d'action
gouvernemental en matière de violence conjugale. Pour ces trois actions-là,
l'orientation 4, on prévoit 5,2 millions. Est-ce que vous pouvez me
ventiler quel est le montant attribué pour chacune des ces actions?
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Thériault : M. le Président, je voudrais bien répondre à la
question de la députée, mais c'est parce que, là, elle a parlé de la
stratégie pour les violences conjugales, elle a parlé...
Thériault : Oui, c'est ça, je veux juste savoir le bon document
de référence que vous citez.
Lavallée : Plan annuel de gestion de dépenses, à la page 76.
Thériault : O.K., le plan annuel de gestion de dépenses, si
vous me donnez 30 secondes, on va prendre le bon document pour
pouvoir confirmer les montants d'argent, parce que votre 5 point quelques
millions, là... Vous me parliez de trois stratégies, si je ne me trompe pas.
Lavallée : C'est parce que c'est tout dans le même.
Thériault : Oui, je sais. C'est juste pour qu'on puisse être au
même diapason. Vous avez votre papier, nous, on ne l'a pas. Donc, on va
regarder pour trouver le bon papier et vous répondre. C'est dans les crédits
détaillés?
Lavallée : C'est les plans annuels de gestion des dépenses,
orientation 4, à la page 76.
Thériault : ...ce document-là qu'on a ici. Moi, j'ai les
crédits, ministères et organismes. Ce n'est pas ça, hein, ce n'est pas les choses de budget. Est-ce que vous
permettez à Mme la sous-ministre de pouvoir peut-être éclaircir votre
question?
Lavallée : Oui. Vous voulez avoir une photocopie? Dans le fond, c'est
que, dans le document, c'est dans les crédits,
là, on prévoit un investissement de 5,2 millions cette année. Et ce
5,2 millions, c'est pour les trois actions, donc vos trois plans stratégiques. Ma question, c'est
de savoir : Ce 5,2 millions là se répartit comment au niveau de
l'égalité hommes-femmes, au niveau de la
prévention des violences sexuelles et la prévention de la violence conjugale?
Donc, il y a trois volets. C'est dans les
crédits. Donc, j'aurais souhaité avoir la répartition des sommes d'argent pour
savoir quel montant est prévu pour chacune de ces actions-là.
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Mme Thériault :
Je comprends la question de la collègue, sauf que, là, je ne sais pas... je
n'ai pas en main le document sur lequel elle se base. J'ai un autre document.
Donc, si je pourrais voir une copie de la feuille, ce serait peut-être plus facile pour nous de pouvoir
répondre. Parce que je comprends que c'est probablement 5,2 millions de
dollars de nouveaux argents dans un document qu'on vous a remis ou qui a été
publié.
Mme Lavallée :
Le budget.
Mme Thériault :
Oui. C'est juste parce que je ne vois pas ce que vous avez.
Mme Thériault :
C'est juste pour ça, donc ma sous-ministre ne peut pas répondre, parce que je
n'ai aucune idée puis je n'ai pas le
document à la portée de la main. Donc, si vous faites juste nous le
prêter — on vous
le redonnera — à
ce moment-là la sous-ministre pourra
certainement vous donner une réponse un peu plus complète. Donc, est-ce que
vous... on va revenir un peu plus tard, le temps qu'on fasse une photocopie.
Est-ce que ça vous va?
Mme Lavallée :
O.K. Donc, au fond, ce que je comprends, c'est qu'il y a eu un
investissement... un crédit accordé, 1,9 million, pour prévenir et
contrer les violences sexuelles l'année passée. Dans le budget de cette année,
pour ce programme-là précisément, il y a combien d'argent de mis pour le budget 2017-2018?
Le Président
(M. Picard) : Mme la ministre.
Mme Thériault :
Oui, oui. Pour l'ensemble des ministères et non pas seulement que notre portion
à nous...
Mme Lavallée :
Dans le 44 millions, là...
Mme Thériault :
C'est ça.
Mme Lavallée :
...le montant qui est pris de 44 millions.
Mme Thériault :
Dans le 44 millions, on parle de 5,5 millions pour l'année en cours,
2017-2018.
Mme Lavallée :
5,5 millions?
Mme Lavallée :
Mais c'est parce que... Dans le document qu'on a, émis par le ministère, c'est
que le 5,3 millions est réparti sur les trois programmes.
Mme Thériault :
Bien, c'est ça, moi, je vous parle de l'ensemble et après ça de ce qui relève
de nous. Donc, si on parle du
Secrétariat à la condition féminine, pour l'année 2017-2018, on parle de
1 785 000 $ pour notre secrétariat à nous.
Mme Lavallée :
Donc, c'est 1,7 million plus le 1,9 million qui a été mis à date,
c'est ça? Donc, on serait rendu à...
Mme Thériault :
...sur les violences sexuelles.
Mme Lavallée :
Oui, oui, oui.
Mme Thériault :
Donc, c'est ça que je comprends, que, votre 5,2, là, vous voudriez le détailler
mais pour les sommes qui sont dévolues au
Secrétariat à la condition féminine pour chacune des stratégies ou plans
d'action. C'est ça?
Mme Lavallée :
Oui. Donc, cette année, ce que je comprends, c'est 1,7 million qui est
attribué à la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences
sexuelles.
Le Président
(M. Picard) : Mme la ministre?
Le Président
(M. Picard) : Mme la ministre.
Mme Thériault :
Oui. Je m'excuse, c'est parce que ça, c'est Économie, Science, Innovation,
l'orientation 4, «soutenir le
développement et la cohérence de l'action gouvernementale pour l'égalité».
Secrétariat à la condition féminine, les
actions qui sont envisagées, c'est la stratégie, effectuer le suivi de la mise
en oeuvre, réaliser... les violences conjugales. Et, dans les
orientations, on voit ici, la carte... C'est la carte que vous voulez savoir,
Mme Thériault :
«Soutenir le développement et la cohérence des actions gouvernementales pour
l'égalité...»
Mme Lavallée :
Oui. Dans le fond, c'est que c'est vos trois plans stratégiques, puis c'est
5,2 millions qui est pour les
trois, puis il n'y a pas de... ce n'est pas réparti, hein? On ne sait pas quel
montant est attribué à chacun de ces plans.
Mme Thériault :
...pas comme ça qu'il faut le voir. On va laisser Mme la sous-ministre
peut-être vous le détailler. Elle va vous donner un complément
d'information.
Mme Lavallée :
O.K. Mais, tout à l'heure, vous avez dit que, dans le plan, le plan d'action,
ça serait 1,7 million cette année.
Mme Thériault :
Pour la stratégie pour les violences sexuelles.
Mme Lavallée :
C'est ça. C'est toujours de ça que je parle. Donc, ça veut dire qu'on serait
rendu à 3,6 millions sur le 44 millions qui avait déjà été
annoncé.
Mme Thériault :
Non. Bien, c'est ça, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a des actions qui
relèvent du Secrétariat à la condition féminine
et il y a d'autres actions qui sont dans les autres ministères, dans les
nouvelles actions. Donc, on ne peut pas juste dire : Bien, c'est
1,7 million sur 44 millions, parce que les autres ministères ont tous
des sommes d'argent.
Il y a
12 ministères et organismes qui sont impliqués. Donc, je vous donne un
exemple : le ministère de la Justice,
si, dans la Stratégie pour prévenir et contrer les violences sexuelles, il
finance une nouvelle initiative à 1 million ou 800 millions... ou 800 000 $,
pardon, c'est de l'argent qui va s'ajouter cette année. Donc, chacun des
ministères a, à même son argent, soit des nouveaux crédits qui ont été
ajoutés ou de l'argent déjà existant pour financer ces mesures-là. Donc, il y a
12 ministères et organismes.
Mme Lavallée :
Donc, cette année, on n'est pas en mesure de de savoir quel est le montant qui sera dépensé dans
le budget de... Le 44 millions qui a été annoncé cette année, il
y a combien d'argent qui a été
annoncé et qui va être pris pour mettre en oeuvre les
actions? Puis il y a 156 millions aussi qui avaient déjà... qui étaient
inclus dans le programme du 200 millions...
Thériault : Ce qu'on me dit, c'est que c'est bien
5,5 millions pour la stratégie, cette année, qui sera déployée dans
les nouvelles mesures, et non pas des mesures récurrentes, et que, dans le
5,5 millions, il y en a 1,7 million au Secrétariat à la condition féminine. La balance des mesures, c'est au
ministère de la Justice, au DPCP et au secrétariat... au ministère de la
Sécurité publique.
Lavallée : O.K. Donc, en date d'aujourd'hui, le 44 millions, il y
a combien d'argent qui a été investi pour les deux premières années? Le
savez-vous?
Thériault : Bien, ce n'est pas les deux premières années parce
qu'on a dévoilé la stratégie au mois d'octobre. Donc, on est encore dans la première année. Ce qu'on a fait, c'est qu'on
avait réservé de l'argent pour l'année de transition entre les deux, O.K., donc 2016, la balance de
2016. Donc là, on est dans le 2016-2017, ou 2017-2018, si vous voulez. Donc, pour le 2017-2018, c'est 5,5 millions
de nouveaux argents, avec des nouvelles initiatives, dont 1,7 million de
projets qui ont été finalisés ou que les ententes ont été faites avec le
Secrétariat à la condition féminine.
Je vous donne
des exemples, O.K.? Ça va peut-être être un petit peu plus facile à suivre.
Exemple, la prévention en milieu
collégial et universitaire pour la campagne de sensibilisation Sans oui, c'est
non! , bien, le secrétariat, on parle d'un total de 99 000 $ qu'on a investis dans cette campagne-là. Ça,
c'est un exemple concret de... une portion des dépenses de
1,7 million, de quelle manière on l'a investie. On parle de la prévention
en milieu collégial. Il y a différents projets. La prévention de l'exploitation sexuelle avec le Y des femmes, que ma
collègue parlait tout à l'heure, il y a un projet qui est à
44 600 $. Ça, c'est un projet d'intervention...
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre, je pense que Mme la députée voulait prendre la parole.
Lavallée : ...poser d'autres questions. C'était un projet total de
200 millions qui avait été annoncé, donc 156 millions qui
étaient prévus pour les actions récurrentes. Cette année, savez-vous combien
d'argent qui va être dépensé pour cette portion-là?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Mme Thériault : Les mesures
récurrentes, on ne les a pas dans le détail. On a plutôt quantifié les
nouvelles mesures parce qu'il fallait les
déployer. Ne bougez pas. Parce que ce que j'ai, moi, ici, dans les actions,
j'ai le coût total, mais je ne l'ai pas déployé par année.
Mme Lavallée : O.K. Le coût total?
Thériault : Dans les sommes de récurrence, dans le
157 millions, c'est à peu près 30 millions de dollars par année qui est récurrent. Et effectivement, si on
fait 157 millions divisés par cinq ans, ça donne 30 millions par
année dans les sommes récurrentes qui sont dans les différents
ministères.
Mme Lavallée : O.K., donc c'est
30 millions qui se donnent à tous les ans.
Mme Thériault : C'est ça.
Mme Lavallée : O.K., merci beaucoup.
Dans le plan stratégique, au niveau des agressions sexuelles, on voit à la page 12 du document qu'on a le volet
Éducation à la sexualité, et là-dedans, on rappelle que le ministère de
l'Éducation et de l'Enseignement supérieur a
lancé un projet pilote d'une durée de deux ans dans ce volet-là. Puis j'aurais
aimé avoir votre opinion en tant que
responsable de la Condition féminine, parce qu'on a vu qu'il y avait un peu
d'irritants dans le milieu scolaire concernant qui devrait donner cette
formation-là.
Moi, je
trouve ça important, la formation au niveau de l'éducation sexuelle, parce
qu'il y a énormément de volets, parce
que les jeunes peuvent avoir des questions particulières, parce que ça peut
avoir... les enfants peuvent avoir des... dévoiler certaines choses, puis il me semble que ça prend des gens qui
sont spécialisés là-dedans. Je sais que l'association des sexologues...
Il y avait un organisme émissaire, c'est une équipe de sexologues qui offrent
des cours d'éducation sexuelle dans les
carrefours jeunesse-emploi, puis eux autres étaient prêts à donner ces
formations-là. Puis, en ce qui me concerne, je trouve ça un petit peu
délicat qu'on demande à des enseignants qui n'ont pas cette formation-là de
faire cette formation-là. Et j'aurais aimé
savoir quelle était votre vision ou votre préoccupation face à ça, l'enseignement
de l'éducation sexuelle auprès de nos jeunes filles, tant au primaire qu'au
secondaire.
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Mme Thériault :
Bien, M. le Président, je vous dirais tout simplement qu'évidemment je pense
que plus on fera de la prévention auprès de
nos enfants, mieux ils seront éduqués sur les questions sexuelles, mieux ce
sera. Je pense que, les temps de la noirceur, ça fait longtemps qu'on a
passé cette époque-là. Je pense que l'éducation sexuelle... Évidemment, il peut y avoir différentes manières
de pouvoir travailler avec les jeunes. Je
pense que ça dépend aussi des milieux. On est encore pas mal à tâtons,
je dirais.
Mais
je vais vous donner un exemple de ce que le secrétariat a financé. En 2016, on
a octroyé une aide financière de 40 000 $ à la commission scolaire de
Montréal pour un projet qui s'appelle des classes sexologiques. Donc, c'est une
série de capsules, de vidéos interactifs qui
s'adressent aux élèves du primaire. C'est un projet qui a été fait, qui
proposait de développer des capsules
pour... et qui sont basées sur le contenu de la progression des apprentissages
en éducation à la sexualité, et
c'était pour les rendre disponibles, évidemment, à l'ensemble des écoles du
Québec. C'est un projet qui est complémentaire
aux interventions qui sont prévues par le ministère pour l'accompagnement du
personnel scolaire dans le cadre de
la mise en oeuvre des apprentissages en éducation à la sexualité. C'est sûr
qu'on comprend qu'il y a peut-être des professeurs qui ne sont pas
nécessairement à l'aise. J'ai pris la peine de le dire tout à l'heure. Parce
que moi, je pense que, oui, il y a
effectivement des sexologues qui pourraient être mis à contribution. Je pense
que mon collègue le ministre de
l'Éducation a certainement eu ce même style de question là. Vous comprendrez
que c'est lui, le ministre de l'Éducation, que les professionnels sont
dans sa cour par rapport à ces questions-là.
y a des projets pilotes aussi qui sont en cours. Je pense que mon collègue a
toujours dit qu'il attendait de voir les résultats des projets pilotes pour pouvoir voir de quelle manière on
allait... Mais je pense que, si on veut vraiment faire de la prévention avec nos jeunes, bien, il faut être
capable d'en parler. En parler, là, évidemment, je vous dirais, on ne
parle pas de la même manière à une classe de primaire qu'à une classe du
secondaire, puis, bon, je pense que les parents, la télévision... On voit tout partout, hein? De toute façon, on entend
parler de plein de choses. Mais l'idéal, c'est qu'on puisse vraiment donner la bonne information. Je pense
que, si on veut prévenir les violences, si on veut faire en sorte que
nos jeunes filles aient des comportements
sains dans leurs relations amoureuses, bien, il faut être capable de leur
expliquer c'est quoi, une relation amoureuse
saine, quand est-ce qu'on dit non, puis qu'un non, c'est non, ce n'est pas un
oui pour que les petits gars lâchent le morceau ou lâchent la petite
fille. Excusez, c'est mieux dit. Tu sais, je pense qu'on doit éduquer nos
enfants, mais les parents ont un rôle à jouer aussi avec l'éducation sexuelle
de leurs enfants.
Donc,
c'est quoi, la meilleure manière? Écoutez, je ne suis pas devin, je ne suis pas
sexologue. Je suis un parent qui a eu
un garçon, qui s'est occupé aussi de cet enfant-là en parlant d'éducation
sexuelle avec lui, comme son père l'a fait. Donc, je pense qu'il faut trouver la meilleure voie possible pour être
capable de donner la bonne matière à nos enfants. Mais on comprend que c'est des questions qui ne sont
pas faciles. Il y aura toujours des questions plus délicates que
d'autres.
Le Président (M.
Picard) : En terminant, s'il vous plaît.
Lavallée : Je pense qu'il ne me reste pas beaucoup de temps, hein?
Le Président (M.
Picard) : Il vous reste trois secondes, ça fait qu'on oublie
Le Président (M.
Picard) : Le deuxième bloc du... Mme la députée de Laporte.
Mme Ménard :
Merci. Tout d'abord, je vous salue, M. le Président, Mme la secrétaire,
collègues du côté ministériel, collègues des oppositions.
Alors,
écoutez, j'aimerais couvrir le volet Analyse différenciée selon les sexes. Alors,
je sais que le gouvernement s'est
doté de différents outils pour favoriser l'implantation de — que je vais appeler l'ADS — l'analyse différenciée selon les sexes. Il y a neuf projets pilotes, dans sept
ministères et organismes de 1997 à 2004, qui ont été mis en place. Il y
a aussi la politique pour l'égalité entre
les femmes et les hommes, dont un des instruments de gouvernance est, bien
sûr, l'ADS. Il y a aussi le développement
d'outils qui a été fait, et de services de sensibilisation, de formation et
d'accompagnement, et ce sont plus de
2 200 personnes qui ont reçu des services. Il y a eu aussi le Plan
d'action en matière d'analyse différenciée selon les sexes, de 2011 à 2015, dont le degré de réalisation de
l'ensemble des actions s'élève à 82 %, et ça comprenait 35 actions relevant de 18 ministères et
organismes. Il y a eu aussi, bien sûr, un rapport et deux évaluations, en 2005,
en 2010 et en 2015. Il y a aussi eu une recherche-action, qui est en cours, au
ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, le MIDI, et bien
sûr l'objectif de cette recherche est de proposer des façons de faire pour
implanter une utilisation plus systématique de l'ADS dans un ministère. Il y a
eu une consultation, Mme la ministre, qui a été lancée en octobre 2015 dans le cadre de l'élaboration de la
stratégie pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Il y a des
groupes de femmes, il y a des ministères, des organismes et le grand public qui
ont été invités à s'exprimer sur la redéfinition de cette approche.
Alors,
ce que j'aimerais savoir : Où en est-on? Je sais qu'il est pertinent que
les ministères et organismes soient interpelés
et conscientisés à l'ADS. Alors, j'aimerais entendre la ministre sur l'ADS,
l'analyse différenciée selon les sexes.
Le Président (M.
Picard) : Mme la ministre.
Thériault : Oui, merci, M. le Président. Évidemment, c'est une question qui est assez complexe. Moi,
la première fois que j'ai entendu ça,
l'analyse différenciée selon les sexes, j'ai dit : Qu'est-ce que ça mange,
cette affaire-là, en hiver? Il faut vraiment
être dans les questions de condition féminine pour être capable de voir c'est
quoi. Je vous dirais que c'est des analyses qui sont assez exhaustives,
où normalement on va avoir un certain nombre de critères, et que, dans chacune des politiques, des plans d'action
ou des décisions, on doit essayer de... on doit regarder ce que cette
analyse-là donne comme impact selon si on est un homme ou on est une femme.
Vous l'avez bien dit, Mme
la députée de Laporte, le dernier plan d'action avait 35 mesures qui
étaient dans 18 ministères,
puis, dans les réalisations des actions qui ont été atteintes, on parle de
82 %. Et le principal commentaire qu'on
avait des différents ministères, c'est que c'est complexe, c'est lourd. On ne
comprend pas toujours. On ne sait pas sur quoi se baser. On part d'où, on la met où, la ligne? Parce que ça prend un point
de départ, après ça, dans les actions, pour arriver à l'autre bout.
Ça fait que
ce qui a été décidé, c'est de prendre les ministères, puis, vraiment, là, de
les suivre, puis de les encadrer, puis de faire ça de manière très bang,
bang! Donc, le Secrétariat à la condition féminine travaille présentement avec trois
ministères, dont le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité
sociale, dans le cadre du plan d'action de lutte de la pauvreté et de l'exclusion sociale, donc, pour 2016-2020. Ça va
nous permettre de voir ici, les différentes mesures de ce ministère-là,
l'impact que ça a sur les femmes, particulièrement au niveau pauvreté.
On a décidé
de faire la même chose avec le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur dans le cadre de
l'élaboration de la première Politique de la réussite éducative, parce que, là,
c'est quelque chose de nouveau, O.K., parce qu'il faut vraiment
commencer au début d'un plan d'action pour avoir la bonne ligne de départ ou le
portrait réel au moment où on commence. On
le fait avec le Secrétariat aux aînés dans le cadre de l'élaboration du Plan
d'action pour contrer la maltraitance
envers les personnes aînées 2017-2022. Donc, encore là, on va pouvoir voir
si les actions posées en fonction d'un plan pour contrer la maltraitance
sur les aînés, femmes, hommes... puisqu'on va pouvoir le calculer par rapport
aux actions.
Et j'ai le
plaisir de vous dire que, dans le Plan d'action gouvernemental en
entrepreneuriat aussi, nous allons avoir une analyse différenciée selon les sexes, parce que, si on veut que les
femmes soient en affaires, dans le plan d'action en entrepreneuriat, encore faut-il mesurer on a
combien de femmes entrepreneures, est-ce qu'il y a assez de financement,
est-ce que les femmes font
partie des missions, est-ce que les femmes sont dans
les comités économiques, etc.
Donc,
évidemment, on a ciblé quatre ministères, que vous voyez. C'est vraiment très
différent un de l'autre. Tu ne peux
pas avoir plus différent, de contrer la maltraitance envers les aînés par
rapport au Plan d'action gouvernemental en entrepreneuriat. Donc, il
faut être capable de le faire avec des plans d'action pour avoir un outil de
mesure en partant, savoir où on arrive. Et,
pour être certaine que tous les collègues puissent participer, je dois dire que
j'ai fait parvenir une lettre à tous
mes collègues ministres et ma sous-ministre a fait parvenir une lettre à tous
les sous-ministres également pour s'assurer que tout le monde soit conscient que l'analyse différenciée selon
les sexes, ce n'est pas une option. Il
faut le faire, sauf qu'il faut être capable de mesurer correctement. Ça
fait qu'on s'est dit : Si on veut vraiment avoir des résultats qui sont
probants, bien, il y a une manière de pouvoir travailler. Donc, il faut être
capable de développer un indice de l'égalité
dans le... C'est un indice. Il faut être capable de développer l'indice de l'égalité
pour être capable de mesurer dans le temps de croissance de l'égalité.
Donc, c'est là-dessus
qu'on travaille présentement, au ministère. Donc, si on regarde les femmes dans les
lieux de pouvoir, si on est capables de voir
d'où on part, à partir du moment où on augmente, combien il y en a
de plus, ça permet de voir vraiment la progression.
Mme Ménard : M. le Président,
juste avant de passer la parole à mon autre collègue, j'aimerais souligner... Mme la ministre, d'ailleurs, je tiens à vous féliciter parce qu'à chaque fois qu'il y a des nominations
vous êtes très vigilante et vous questionnez toujours le nombre de femmes,
etc. Alors, je tiens à vous féliciter là-dessus, ne lâchez pas, on a besoin de
ça. Ma collègue...
Président (M. Picard) : Merci. Avant de passer la parole à Mme
la députée de Vaudreuil, Mme la députée de Chicoutimi, rapidement.
Mme Jean :
Oui, j'aimerais que la ministre dépose la lettre à laquelle elle faisait
référence, de la sous-ministre, pour qu'on puisse la voir, s'il vous
plaît.
Le Président (M. Picard) : Ça
va, Mme la ministre?
Thériault : Oui. M. le Président, je pourrais vous déposer
séance tenante la lettre que j'ai adressée au premier ministre du
Québec. Est-ce que ça vous va?
Mme Jean : C'est la lettre que la
sous-ministre a adressée.
Mme Thériault : À ses
sous-ministres, on va déposer. Il y a les deux qui ont été faites, celles qui
ont été déposées aux ministres...
Mme Jean : Ah! parfait, les deux.
Thériault : Donc, tous les ministres ont reçu une lettre. Donc,
je pourrais vous déposer celle du premier ministre. Donc, vous comprenez que vous avez juste à mettre les autres
noms de ministres, ils ont reçu la même lettre. Et, celles de la
sous-ministre, on va prendre un exemple puis on va vous transmettre aussi pour
aller avec...
Le Président (M. Picard) :
O.K. Mme la députée de Vaudreuil, c'est à vous.
Mme Nichols : Oui, merci,
M. le Président. Je vais introduire lentement mon sujet pendant qu'il est...
Est-ce que ça allait, Mme la ministre?
Nichols : Très bien.
Donc, voilà, bien, pour toujours rester un petit peu dans la thématique, on parle
beaucoup de femmes et de politique,
et d'ailleurs vous nous en avez beaucoup parlé dans vos remarques préliminaires, et je sais que femmes et politique, ça intéresse beaucoup mes collègues autour
de la table puisqu'on siège ensemble, entre
autres au Cercle des femmes parlementaires. Donc, on a un objectif en
commun, c'est d'amener des femmes en politique, les intéresser à la vie politique.
D'ailleurs,
je vous félicite. Vous êtes nouvellement élue, donc c'est le fun de voir qu'il y a
des nouvelles élues. Je pense, vous avez une jeune collègue aussi. Donc, c'est toujours
intéressant de voir qu'il
y a encore des femmes qui
veulent s'impliquer en politique,
mais ce n'est pas facile, on ne se le cachera pas. Je pense
qu'on a un devoir, en tant qu'élus, de les intéresser au monde politique. Il
faut trouver des façons, il faut
trouver des incitatifs. On va se dire les vraies choses. C'est vrai que c'est quand même... on dit «un monde
d'hommes», peut-être moins qu'avant parce que je pense qu'on y apporte notre touche puis on apporte un petit peu de changement. Il reste qu'il
y a encore beaucoup d'améliorations à apporter.
voulais peut-être vous donner des statistiques, entre autres de la
sous-représentation systémique des femmes en politique, par exemple au
niveau municipal. Moi, je viens du monde municipal, j'ai une collègue aussi qui
vient du monde municipal. Donc, moi, j'ai
été mairesse en 2009, et par la suite préfet, puis maintenant au niveau
provincial. Mais, au niveau municipal, 80 % sont des maires et près
de 70 % des conseillers municipaux sont des hommes. Donc, on voit qu'il y
a vraiment un manque de candidates ou d'élues féminines, la même chose au
palier provincial. Ça, on ne se le cachera
pas, on s'en parle presque quotidiennement ou semaine après semaine, puis je
pense que, comme je disais un petit peu
plus tôt, il faut trouver des façons ou des incitatifs pour amener des femmes.
On sait que c'est souvent la vie familiale qui est une contrainte, surtout au niveau provincial, puisqu'on vient
travailler à Québec puis on est un petit peu plus éloignés de nos
familles. Donc, il faut trouver des choses, il faut trouver des éléments pour
les inciter.
J'aimerais, entre
autres, souligner l'apport de certaines femmes, entre autres, au municipal.
Permettez-moi de souligner l'apport de Mme
Danie Deschênes, qui est mairesse à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, qui a pris
vraiment des belles initiatives pour amener les femmes en politique
municipale. Entre autres, le 8 mars dernier, lors de la journée de la femme, elle a lancé un groupe, qui s'appelle
Femmes d'ici Vaudreuil-Soulanges, pour amener les femmes... en fait,
c'est pour favoriser un réseautage entre les
femmes puis encourager l'implication d'un plus grand nombre de femmes en
politique dans Vaudreuil-Soulanges. Ça a été
lancé comme ça par Mme Deschênes, qui est mairesse à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, est une femme d'affaires, et qui a eu cette
idée-là, dans la grande région, autant Vaudreuil, Soulanges, de les
solliciter, de les réunir puis de pouvoir partager avec elles.
d'ailleurs, le 10 juin prochain, la ville de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot
sera l'hôte de la formation qu'on appelle SimulACTIONS, qui va être une journée dédiée... bien, ça, entre autres, c'est le groupe Femmes et gouvernance... qui est offerte par le groupe de femmes politiques
et démocratiques, qui font une journée SimulACTIONS. Donc, les femmes qui ont un intérêt pour la politique ou qui ont des
questions, bien, il y aura un panel de femmes élues, dont je vais
participer... J'en profite pour dire que je
vais participer, je vais être là le 10 juin prochain justement pour parler
un peu de c'est quoi, le quotidien de la vie politique.
Cette formation-là, SimulACTIONS,
bien, c'est un projet innovateur, c'est concret, ça vise à démystifier le
fonctionnement, les procédures — là, ça sera peut-être un petit peu plus
au niveau municipal puisqu'on est en année électorale dans le monde municipal — démystifier
le rôle d'un conseil municipal, démystifier le rôle des élus, puis il y aura une simulation de séance du conseil
municipal, il y aura une simulation des plénières. Donc, les femmes qui
sont intéressées à s'impliquer, elles
peuvent s'inscrire. Ça peut venir de partout au Québec. Ça va être un bel
événement, entre autres, pour inciter les femmes...
y a d'autres organisations. Je pense récemment à L'Effet A. Moi, j'ai participé
à L'Effet A. La cofondatrice de
L'Effet A, qui est Isabelle Hudon, je pense que la majorité de nous la connaît,
elle est présidente depuis 2010 de la Financière Sun Life au Québec.
Donc, L'Effet A, entre autres, a comme mission... bien, c'est une initiative
qui vise à propulser l'engagement
professionnel des femmes, leur donner le courage de se dépasser et de poser des
actions concrètes pour elles. Alors,
encore là, c'est d'aider les femmes... c'est peut-être un petit peu plus dans
les entreprises privées, moins en politique,
mais de leur donner le courage justement d'avoir des objectifs autant ambitieux
que les hommes, de se faire une place particulière où on a notre place,
nous aussi.
Alors,
vous, Mme la ministre, je sais que vous appuyez très fortement ces
initiatives-là, puis je sais que vous avez une grande ouverture d'esprit quand on va vous voir avec des projets
justement comme celui-ci, et je me demandais, vu qu'on est, dans le monde municipal, là, à l'approche des élections
municipales, est-ce qu'il y a certaines actions que vous posez justement
pour encourager les femmes en politique ou les inciter à...
Le Président (M.
Picard) : Merci. Mme la ministre, dans un premier temps, je
vais confirmer le dépôt des deux lettres qui ont été déposées par vous et Mme
la sous-ministre. La parole est à vous, Mme la ministre.
Mme Thériault :
Combien de temps il reste, M. le Président?
Le Président (M. Picard) :
Quatre minutes.
Mme Thériault :
Quatre minutes? Bon, je vais essayer de faire ça rapidement.
Il y a
beaucoup d'initiatives, mais je vais me permettre de vous montrer Les
élections municipales 2017 — Ça
prend des femmes comme vous! Ça, c'est la revue de l'Union des municipalités
du Québec. Donc, c'est un des partenaires avec lesquels on a fait affaire. Et il y a eu, entre autres, une tournée
qui a été orchestrée du 23 mars... la dernière avait lieu le 27 avril ici, dans la région de
Chaudière-Appalaches, à Montmagny, où il y a eu des ambassadrices qui ont fait
le tour du Québec pour dire aux femmes de se présenter aux élections...
de pouvoir répondre à leurs questions. Il y a toute une campagne qu'on voit
également avec le «hashtag» sur les médias sociaux. Moi, je les suis aussi
régulièrement avec Twitter. Ça, c'est un exemple.
Il y a d'autres exemples, ici, que j'aimerais
peut-être vous donner aussi, où, avec l'Union des municipalités, on a six femmes qui ont endossé le rôle
d'ambassadrices pour partager la passion politique. Parce qu'encore faut-il
être en mesure d'en parler avec passion.
Quoi de mieux que d'ex-mairesses qui savent exactement de quoi elles parlent?
Donc, on a Mme Suzanne Roy... Mairesses et
ex-mairesses. Donc, on a Mme Suzanne Roy, qui est la mairesse de
Sainte-Julie — je
ne voudrais pas la démettre de ses
fonctions, c'est une excellente mairesse — on a Nicole Appleby, qui est l'ex-mairesse
de New Richmond, Colette Roy Laroche, que
tout le monde connaît, qui est l'ex-mairesse de Lac-Mégantic, Danielle
Roy Marinelli, l'ex-mairesse de Lévis,
également Francine Ruest-Jutras, qui est une ex-mairesse à Drummondville — il y a un prix d'ailleurs qui porte
son nom — ainsi
qu'Esther Salomon, qui est ex-conseillère municipale de Châteauguay.
Il y a
15 conférences réalisées ou prévues entre le 11 février et la fin mai,
ainsi que d'autres dates, des villes qui pourraient s'ajouter. Je vous
dirais qu'ils ont fait en sorte aussi de recruter trois alliés masculins qui
encouragent la participation des femmes dans
leurs réseaux, donc il y a l'ex-maire de Rimouski, M. Éric Forest, qui est
rendu sénateur, il y a l'ex-maire de
Sherbrooke, Jean Perrault, et le maire sortant de Mont-Laurier, Michel Adrien.
Il y a des vidéos qui sont disponibles
aussi pour pouvoir faire la promotion. Avec la Fédération québécoise des
municipalités, il y a une mise à jour du guide de la candidate par le
Réseau des Tables régionales de groupes de femmes, qui est un outil de
sensibilisation et d'information qui est mis
à la disposition des ambassadeurs et des aspirantes candidates. Je pense que
c'est important aussi.
Je vous
dirais que l'exemple que vous avez cité dans votre région est un exemple pour
pouvoir mieux travailler avec les
femmes. Je suis très fière aussi de vous dire que, dans la région dont je porte
la responsabilité, la belle région de
Lanaudière, nous avons, nous, ce qu'on appelle le Réseau des femmes élues de
Lanaudière. Donc, toute femme élue, même
à la tête d'un syndicat ou d'une
section locale d'un syndicat, peut faire
partie de ce réseau-là, et, dans la catégorie Pouvoir et régions, lors du prix Thérèse-Casgrain, c'est le Réseau des femmes élues de Lanaudière
qui a remporté le prix.
Donc, on voit
qu'à partir du moment où les femmes se mettent ensemble et participent à
travailler ensemble, à serrer les
coudes, à faire en sorte qu'on développe les réseaux, qu'on parle de politique,
on fait parler de nous, évidemment quand on va chercher des prix comme
ça, ça facilite de beaucoup la démystification, je dirais, du rôle de
politicien et de politicienne. Vous savez,
souvent, les femmes vont dire : Ah non! ce n'est pas pour moi, j'ai des
enfants, il est trop tôt; ah non! il me semble que c'est trop prenant;
ah non! tu sais, c'est... alors que les femmes, finalement, sont tout partout, font du bénévolat, font beaucoup
de bénévolat. Donc, on va les retrouver souvent dans des organismes bénévoles
où elles vont donner du temps. Très souvent, ça commence avec
l'implication des enfants, puis il y a une pépinière là de candidates
potentielles.
Président (M. Picard) :
Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Chicoutimi
pour une période de 26 min 24 s.
Jean : 26 minutes?
Merci. Alors, Mme la ministre, concernant la stratégie gouvernementale 2016-2021 pour
prévenir et contrer les violences sexuelles,
on a, dans les réponses ou les informations qu'on nous a transmises, un
tableau qui nous donne l'information liée...
Vous parliez de 96 actions, les fameuses 96 actions du plan pour
contrer la violence sexuelle. Ça va? Donc, on a un tableau, à la
page 35, qui ventile, justement, ou qui tente de ventiler...
Mme Thériault : À quel
document vous faites référence, dans quel livre?
Mme Jean : Dans le livre...
Mme Thériault : C'est les
questions particulières que vous avez demandées?
Mme Jean : Les demandes de
renseignements particulières de l'opposition officielle.
Mme Thériault : Les demandes
particulières de l'opposition officielle.
Mme Thériault : La
question 35 ou page 35?
Mme Jean : C'est P.35, donc
question 35.
Mme Thériault :
Question 35.
Mme Jean : Je ne sais pas pourquoi
c'est un P, mais c'est...
Jean : Ah! «particulière». Donc, là où je veux en venir avec le
tableau en question... On regarde le tableau, intéressant d'avoir de
l'information, mais vous admettrez qu'on n'a pas beaucoup d'information sur la
ventilation des budgets ou de comment justement le budget est intégré dans les
fameuses actions en question. Et j'aurais voulu peut-être faire une référence à
un tableau, qui est fourni par le ministère de la Santé, sur le plan d'action
contre les violences conjugales, le fameux
plan d'action 2016-2017 dans lequel on retrouve les axes, les mesures, la
description, dans lequel on décrit les montants, s'ils sont récurrents, s'ils
sont non récurrents, puis il y a un total, ce qui nous donne beaucoup plus
d'information. Là, on a comme un global des 55 actions puis un global des
41 actions reconduites ou récurrentes, qui est comme consolidé.
Donc, question
de transparence puis question aussi d'être capable d'analyser où est-ce que
l'effort est mis, est-ce que ce
serait possible d'avoir ce type d'information là, donc d'avoir ventilées les
actions en question, de mentionner laquelle est récurrente et laquelle
ne l'est pas?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Thériault : Oui. Est-ce que c'est possible d'avoir une copie du
tableau de la collègue? À ce moment-là, on...
Mme Thériault : Bien, celui
que vous me parlez, que vous aimeriez...
Mme Jean : Celui du ministère de la
Santé?
Mme Thériault : Oui, le
modèle que vous aimeriez, qu'on puisse voir si c'est possible. On va analyser,
au secrétariat... Je pense que...
Mme Jean : En fait, on me dit que
c'est la question 375 de l'étude de crédits du ministère de la Santé.
Mme Thériault : Bon, O.K.,
l'étude... Vous voulez répéter, s'il vous plaît?
Mme Jean : Vous ne l'avez pas?
Mme Thériault : Non, mais
juste répéter c'est laquelle.
Jean : Mais je vous le dis tout simplement, c'est que chacune des mesures sont décrites selon les axes, et
on a le montant qui est récurrent ou non récurrent, et le total. C'est surtout
de les avoir selon chacune des mesures.
Mme Thériault : Mais vous
avez dit que c'était la question...
Thériault : ...375
des crédits du ministère de la Santé
et des Services sociaux. On va aller
regarder le bon tableau. À ce moment-là, on va voir ce qu'on peut faire. Mais je veux juste rappeler, M. le Président, qu'évidemment, lorsqu'on regarde le plan d'action, qui dit Les
violences sexuelles, c'est non , clairement, là-dedans, vous avez toutes
les actions, tous les axes qui y sont. Ce
que vous n'avez pas, c'est le déploiement et l'application par année, dans le
tableau que vous avez, sauf que, si on regarde ici, on a les 96 mesures.
Mme Jean : M. le Président, on a
regardé le tableau en question, on a regardé aussi ces informations-là, et les 55 actions ne sont pas ventilées. Donc,
est-ce que la ministre pourrait s'engager de nous fournir les 96 actions
ventilées au niveau des montants impliqués dans chacune de ces actions-là par
année, annuellement?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Mme Thériault : Je pense que
ça, ça risque d'être un petit peu plus difficile à faire dans le degré de...
dans le niveau de détail que vous demandez.
Je pense qu'on peut certainement prendre chacune des actions, dans les
96 actions, avec les axes, parce qu'on les a ici, on a les axes, on a les
actions, autant dans le récurrent...
Mme Jean : Il reste juste à mettre
les montants d'argent annuels.
Thériault : Bien oui, sauf qu'évidemment les montants d'argent
proviennent de tous les ministères, et non pas que de mon ministère. Vous savez, moi, je suis en mesure de ventiler
ce que nous, on fait au Secrétariat de la condition féminine, ce qui est normal parce que c'est les
chiffres qui nous appartiennent, entre guillemets — je vais le dire comme ça — ce sont nos sous. Par contre, ce qui se fait
dans les autres ministères, il est évident que les ministères ont
l'engagement de le
faire. Mais je vous dis qu'on va regarder si c'est possible. Je peux prendre
l'engagement pour les sommes qui sont sous la responsabilité du
Secrétariat à la condition féminine parce que, ça, on peut le ventiler beaucoup
plus facilement, puisqu'on accorde nous-mêmes l'argent et qu'on sait chacun des
projets qu'on finance par rapport à tel axe d'intervention qu'on a.
Jean : Donc, je comprends et j'apprécie que la ministre nous mentionne
qu'elle prend l'engagement de le faire si c'est possible. Nous, on
pourra vous donner de l'information, si vous voulez. Ça a déjà été fait, donc,
d'avoir justement les informations par
ministère. Donc, sûrement que ça va être possible. Ça veut dire... Je comprends
qu'on pourra avoir la ventilation par mesures, les budgets par mesures
et par axes de...
Thériault : On va essayer de répondre à votre questionnement,
mais il faut juste être conscient que, dans le précédent plan qui avait été déposé par votre gouvernement, il n'y avait
pas de ventilation. Donc là, vous me demandez quelque chose de nouveau. Donc, moi, je veux bien essayer de vous donner
satisfaction pour qu'on puisse ventiler les montants d'argent par année, sauf que... Évidemment, si c'est disponible
chez les ministères, bien là, c'est une question de compilation. Je
m'engage formellement, les sommes d'argent qui sont sous la responsabilité du
Secrétariat à la condition féminine, à
pouvoir vous les déployer. Je comprends que vous avez probablement le tableau
du ministère de la Santé et des
Services sociaux. Là, il y a certainement d'autres ministères aussi, mais on va
regarder... Si c'est faisable, M. le Président, je n'ai aucune objection
à ce qu'on puisse les rendre publics. C'est plus facile pour tout le monde de
pouvoir comprendre.
Président (M. Picard) : Mme la ministre, un instant, vous me
confirmez que vous allez faire un travail pour une compilation?
Mme Thériault : Je vous dis
que, si c'est possible de le faire...
Le Président (M. Picard) : Je
vous demanderais de la transmettre au secrétariat, qui va la faire parvenir à
tout le monde. Merci.
Mme Thériault : Oui,
évidemment. Bien, on va commencer par vous ventiler les sommes du Secrétariat à
la condition féminine. C'est possible, ça, on peut le faire. Puis, pour le
reste, on fera un tour de roue auprès des autres collègues, à savoir si eux,
ils l'ont, si l'information est disponible, et, l'information qui est
disponible, si on l'a, bien, on s'engage à la transmettre au secrétariat, il
n'y a pas de problème.
Le Président (M. Picard) :
Merci. Mme la députée.
Mme Jean : Parfait, merci. Donc, je
comprends que ça va pouvoir être fait. Parce que, dès 2012, ce genre de
ventilation là existait au niveau du plan, justement, contre la violence
conjugale. Donc, je ne suis pas inquiète que la ministre va être capable d'aller trouver de l'information et de nous
mettre cette information-là à même un même tableau pour qu'on soit capables d'avoir les chiffres bien
liés à chacun des axes et à chacune des années. Donc, j'ai confiance que
ça va être déposé.
Dans les
fameuses actions qui sont mentionnées, parmi les 55 actions qui sont dites
nouvelles de la stratégie, on a regardé,
nous, puis on en a trouvé une, l'action 46, sur le soutien à la
réalisation d'une recherche visant à documenter les conséquences sociales, physiques, psychologiques,
relationnelles et sociales de la prostitution sur les filles et les
femmes au Québec. Donc, je vous parle de l'action 46 dans les
55 nouvelles actions. On a trouvé l'information. C'est une action qui est déjà en marche, qui est déjà réalisée et
que le rapport va être déposé bientôt. Donc, ce n'est pas une nouvelle. Est-ce
qu'il serait possible à la ministre de nous déposer la liste des actions qui avaient
déjà été entamées avant le dépôt de la stratégie
en question? Combien il y en a, de ces actions-là, qui ont déjà été faites
avant, donc qui ne sont pas nouvelles? Est-ce qu'on pourrait avoir cette
liste-là?
Le Président (M. Picard) :
Mme la ministre.
Mme Thériault : O.K. Quand on dit «actions nouvelles», ça peut être
des actions bonifiées aussi, M. le
Président, parce qu'il faut comprendre qu'il faut s'ajuster en fonction des résultats qu'on a eus dans les précédents plans d'action et que, puisqu'il y a eu un certain délai de temps avant que la
nouvelle stratégie soit dévoilée, il est évident que, comme je l'ai mentionné un peu plus tôt, on a continué
à faire de l'action sur le terrain. Donc, c'est une action qui était
amorcée, mais c'était quand même
quelque chose de nouveau, qui n'était pas dans le plan
précédent. Donc, c'est ça aussi qu'il faut regarder.
Puis évidemment, avec le temps, il peut y avoir
aussi des actions qu'on va venir bonifier ou qu'on va venir compléter. Donc, il est évident que, pour nous,
c'est considéré comme étant des nouvelles actions, puisque
c'est aussi des nouveaux argents qui vont avec ces actions-là.
Mme Jean : Donc, je comprends qu'il y a une distinction
entre nouvelles actions et actions bonifiées, parce que celles que vous
bonifiez, c'est celles qui n'étaient pas prévues dans le plan de 2012, mais qui
a été mis en oeuvre pendant le processus,
et qui étaient déjà en cours lors du dépôt de la stratégie en question. Est-ce
qu'il serait possible d'avoir la liste des actions qui sont réellement
nouvelles et celles qui sont considérées comme bonifiées?
Président (M. Picard) : Mme la ministre.
Mme Thériault :
O.K. Ce qu'on m'a dit, c'est qu'il y a trois autres actions qui étaient
débutées et que c'est des nouveaux argents.
Mme Jean :
...c'en fait quatre.
Mme Thériault :
Outre la 46, il y a un partenariat avec Marie-Vincent, le centre Marie-Vincent,
qui...
Mme Jean :
Avez-vous le numéro?
Mme Thériault : Ne bougez pas, on va chercher, le temps que je
vous parle des actions, si ça ne vous dérange pas.
Mme Jean :
D'accord. On voudrait avoir les titres.
Mme Thériault : O.K. Donc, il
y a les actions avec Marie-Vincent, il y a
la campagne Sans oui, c'est non! qui était débutée, mais c'est une nouvelle action qui
n'apparaissait pas dans l'ancien plan
d'action non plus, ça fait
partie de la période de transition, c'est ce qu'il faut
comprendre, et il y a un intervenant CAVAC au SPVM. Donc, il y a ces trois
actions...
Mme Jean :
Mme la ministre, je suis d'accord. Vous me dites qu'il y en a trois
supplémentaires, on va avoir les numéros subséquemment.
Mme Thériault :
On les a.
Mme Jean :
Donc, si vous permettez, je garderais les minutes pour d'autres questions.
Puis, de toute façon, l'information, vous allez nous la produire, au niveau des
numéros. Ça va être parfait pour nous.
Donc, j'aurais une
autre question. La question s'adresserait à la présidente du Conseil du statut
de la femme, si c'était possible.
Mme Jean : Bonjour. Donc, j'aimerais savoir,
Mme Cordeau — bonjour,
d'ailleurs — combien de recommandations de l'avis sur la prostitution qui a été déposé en
2012 ont été retenues et mises en oeuvre par le Secrétariat de la
condition féminine dans la stratégie dont on
parle actuellement. Par exemple, il y avait la suppression de la promotion des
services sexuels dans les petites annonces, les médias électroniques, les
panneaux publicitaires, ou autres, les campagnes de sensibilisation auprès de
la population en général. Donc, combien ont été retenues dans la nouvelle
stratégie?
Président (M. Picard) : O.K. Un instant. Dans un premier
temps, j'ai besoin du consentement pour entendre Me Cordeau. Ça va? Me Cordeau, je vais vous demander de vous
présenter, avec votre titre, et après ça répondre à la question.
Mme Cordeau (Louise) : Bonjour, tout
le monde. Me Louise Cordeau, je
suis présidente du Conseil du
statut de la femme.
c'est, pour moi aussi, ma première présence à des crédits, et j'en suis fort
honorée. Et j'ai vraiment beaucoup
de plaisir à travailler dans ce dossier-là,
où il y a beaucoup de travail, puis c'est en équipe qu'on va
réaliser de grandes choses.
Malheureusement, Mme
la députée, je ne suis pas en mesure de répondre à cette question précise. Vous
comprendrez qu'une grande
partie de la
réponse s'adresse directement, je pense, au Secrétariat à la condition
féminine.
Mme Jean :
Si vous n'avez pas la réponse, est-ce que vous pensez que vous pourriez nous la
transmettre subséquemment?
Mme Cordeau (Louise) : Je ne pense pas qu'on ait travaillé là-dessus.
Moi, je vous dirais très humblement que ça fait quelques semaines que je suis arrivée en direction au Conseil du statut de la femme, je n'ai pas ces informations-là. Nous
n'avons pas déposé de document relatif à cette nouvelle politique.
Mme Jean : En fait, est-ce
que le service de recherche... Parce que
ce n'est presque pas possible que le
Secrétariat de la condition féminine n'ait
pas retenu... ou ne soit pas au courant de l'avis sur la prostitution qui a été
déposé en 2012.
Le Président
(M. Picard) : Mme la ministre a peut-être une réponse.
Allez-y.
Mme Thériault :
Oui, M. le Président, peut-être juste une question d'éclaircissement. Le
Conseil du statut de la femme produit des
avis et fait certaines recommandations. Par contre, les stratégies sont
élaborées par le Secrétariat à la
condition féminine selon toutes les consultations qui ont été menées. Donc,
évidemment, la présidente du Conseil du statut de la femme ne peut pas
vous répondre sur le nombre...
Mme Jean : La
question est relativement simple, c'est : Combien de recommandations du
Conseil du statut de la femme ont été retenues pour la stratégie?
Mme Thériault :
Bien, la vraie réponse, c'est parce que c'est la sous-ministre au Secrétariat à
la condition féminine qui pourrait vous répondre, et non pas la présidente du
Conseil du statut de la femme. C'est juste pour ça. Évidemment, eux produisent des avis, ils font des recommandations. Là,
après ça, il faut comprendre que, quand on est dans l'élaboration d'une
stratégie, il y a des consultations plus larges, il y a des groupes ciblés qui
sont consultés.
Mme Jean :
Rapidement, est-ce qu'on peut avoir le chiffre et la liste des recommandations
qui ont été retenues? Rapidement.
Mme Thériault :
Est-ce qu'on permet à la sous-ministre de pouvoir répondre, M. le Président?
Le Président
(M. Picard) : Je vous demanderais de vous présenter et de
répondre par la suite.
Mme Ferembach
(Catherine) : Catherine Ferembach, sous-ministre associée au
Secrétariat à la condition féminine.
Alors,
je vais vous répondre de mémoire, parce qu'il y avait plusieurs recommandations
dans l'avis du Conseil du statut de
la femme. Je dois vous dire qu'au niveau du Secrétariat à la condition
féminine, là, peut-être, d'emblée, quand il y a un avis du Conseil du
statut de la femme, naturellement on en prend connaissance, je vous rassure
tout de suite, et on regarde les différentes
recommandations. Alors, il faut s'entendre que, quand il y a des
recommandations du Conseil du statut de la femme, ça peut s'appliquer
dans différents plans d'action, par exemple celui en matière d'égalité, celui
en matière de violence conjugale ou celui en
matière de violence sexuelle. Et je pense que c'est celui de violence
sexuelle qui vous intéresse dans ce cas-ci.
De mémoire, entre autres, on parlait de sortie de la prostitution dans cet
avis-là, et c'est d'ailleurs une des
choses qui est — et je
vous rassure tout de suite — tout à fait nouvelle dans le plan, parce
qu'on a un projet pilote qu'on est en
train de développer avec la CLES et La Maison de Marthe. L'idée de la sortie de
la prostitution, bien, on le sait,
là, les enjeux pour les personnes prostituées, c'est que, quand elles veulent sortir,
elles rencontrent une multitude de problématiques. Elles peuvent avoir
des problématiques...
Mme Jean :
Vous avez actuellement une recommandation qui a été appliquée, c'est ça que je
comprends?
Mme Ferembach
(Catherine) : Pardon?
Mme Jean :
Donc, la recommandation à laquelle vous référez, elle, elle a été retenue pour
la stratégie.
Mme Ferembach
(Catherine) : Oui, pour la sortie de la prostitution, oui, tout à
fait.
Mme Jean :
Est-ce que vous connaissez le budget attribué à cette recommandation-là et
l'échéancier en question qui est...
Mme Ferembach
(Catherine) : Bien, l'échéancier, ce que je peux vous dire, c'est que
la mesure est déjà en oeuvre, parce que le
financement... En fait, on a travaillé avec deux organismes qui sont reconnus
dans le milieu, comme je vous disais, la CLES et La Maison de Marthe.
Alors, il y a déjà deux organismes qui sont partis en 2016-2017 pour travailler
à la sortie de la prostitution. Ce que j'allais expliquer, c'était comment ça
fonctionnait, ces projets-là.
Mme Jean :
Je m'excuse, je ne veux pas avoir l'air cavalière si je vous coupe, ce n'est
pas mon habitude de couper, mais vous
savez que, l'étude des crédits, on est vraiment timés, là, il me reste quelques
minutes. Et ce n'est vraiment pas parce