CRC — 25 November 2021 (42nd Legislature, 2nd Session)
CRC 2021-11-25
Quebec — Committees
D'autre part, nous sommes heureuses de constater
que plusieurs des modifications proposées dans votre projet de loi vont d'ailleurs dans le sens de recommandations que nous
avions émises lors de la consultation publique, au printemps dernier,
dans le cadre du mémoire génération 2, que nous avions déposé. Toutefois, nous
avons aussi des préoccupations et questionnements relatifs à certains articles
de ce projet de loi, et le dépôt de notre mémoire auprès de la commission est
l'occasion de vous en faire part.
Depuis 2014, date à laquelle a été lancée La
Place 0-5, nous avons acquis une large expertise dans le développement
d'outils technologiques novateurs facilitant l'accès aux places en service de
garde. D'un guichet local, à guichet régional, puis, maintenant, à guichet
provincial, nous sommes le seul outil qui permet de faire le lien entre les
besoins des parents et l'offre de services de garde. C'est notre regard
d'experts que nous souhaitons partager avec vous pour assurer le succès de
votre projet de loi n° 1.
Je cède maintenant la parole à Mme Sévigny,
directrice générale de La Place 0-5. Merci.
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Mme la
Présidente, M. le ministre, Mmes et MM. les députés, je vous remercie vraiment
pour l'invitation. Depuis maintenant sept ans, nous collaborons avec le
ministère presque quotidiennement. Aujourd'hui, il me fait plaisir d'échanger
avec vous d'une autre façon.
Tout d'abord, j'aimerais vous dire que rien ne
me fait plus plaisir que de savoir que vous allez développer des places, car,
pour faciliter l'accès aux places, bien, il faut des places. L'énoncé peut
sembler simpliste, mais toute discussion sur un guichet
unique d'accès aux places à octroyer serait inutile. Fort heureusement, c'est
votre premier engagement, un engagement ambitieux, développer
37 000 places supplémentaires au Québec, dans lequel vous comptez
vous investir à fond au cours des deux prochaines années. Bravo! Vous vous êtes
aussi engagés à faire en sorte que les éducatrices soient au rendez-vous dans
un contexte général de pénurie de main-d'oeuvre. Ce ne sera pas facile, mais il
le faut pour pouvoir avoir les 37 000 places.
Votre courbe idéalisée d'améliorer le réseau des
services de garde est haute, très haute. Qui plus est, vous envisagez que le
ministère de la Famille prenne en charge la refonte et l'opérationnalisation du
guichet unique. Vous savez, parfois, les gens pensent que le guichet d'accès,
c'est seulement une base de données, un simple gros fichier Excel accessible en
ligne. Le guichet d'accès que vous avez présentement, c'est bien plus que ça,
c'est une interface technologique et humaine entre les services de garde, les
parents puis le ministère de la Famille. Il est essentiel de tenir compte de tout ce qui se cache derrière La
Place 0-5 actuellement pour garantir le succès du futur guichet
unique, quelle que soit l'organisation qui le gère, vous, un tiers ou un
mélange des deux.
Le guichet d'accès qu'est La Place 0-5
est un outil performant, qui a évolué depuis 18 ans. Il est adapté aux
attentes du ministère, qui établissait les politiques et les balises de son
développement, phase I, phase II, un projet de lien pour envoyer des
données, phase I, phase II. Donc, il y a eu beaucoup de travail qui a été
fait et qui a été adapté à vos besoins.
Au printemps 2021, nous avons déposé un
projet, génération 2, une projection du guichet unique qui se veut plus
simple, plus transparent, plus complet. Génération 2 s'attaque à la
transparence des informations, autant pour le parent que pour le réseau, à la
complexité des politiques d'admission et leur applicabilité, pour protéger
l'accès aux clientèles vulnérables et les enfants à défis particuliers, aux
processus, pour s'assurer d'éliminer les passe-droits et les listes d'attente
parallèles. Tous ces points sont, selon nous... répondent, en tout cas, à vos
attentes puis ils vont tout à fait dans le sens du projet de loi que vous venez
de déposer. En fait, génération 2 pourrait être, dans sa forme et ses
intentions, le prochain guichet unique.
Que ce soit génération 2 ou non, vous aurez
des défis à relever pour vous assurer que votre vision se réalise.
Premièrement, vous devrez tout faire pour que votre projet de loi soit
applicable. Lors du dépôt du projet de loi n° 143 en
2017, les intentions d'intégrer le guichet unique obligatoire et incontournable
étaient là, mais les moyens n'ont pas suivi. Nous savons tous que le fait que
les services de garde puissent encore ne pas adhérer au guichet ou que les
parents puissent encore obtenir des places sans passer par le guichet ne...
fait en sorte que la loi n'est pas respectée, puis c'est souvent dû au fait que
les règlements et les directives ne sont pas mis en application. C'est dommage.
Ces éléments ont nui à l'image de La Place 0-5. Donc, ma
recommandation : les articles 59.2, 59.5, 59.6 et 59.10 doivent être
regardés dans toute leur profondeur et... leur donner du mordant si vous voulez
mettre en place un guichet unique efficace.
Deuxièmement, vous devrez vous assurer de mettre
en place un guichet pour les parents. C'est trivial, vous me direz, mais il
serait dommage que l'approche plus statisticienne prenne les devants. Les
parents ont besoin d'un outil simple, informatif, communicatif, à la limite,
relationnel.
Troisièmement, vous devrez penser à avoir une
gouvernance du guichet neutre et transparente. Le guichet unique, qui sert à
l'accès aux places de tous les parents du Québec, ne peut être un environnement
politique. Il doit intégrer tous les types de services de garde et viser le
meilleur pour le parent.
Quatrièmement, nous vous recommandons de
regarder l'évolution du guichet avec un regard de bon papa de famille, qui
prend soin de ses amis, de ses collaborateurs, qui voit à ne pas gaspiller des
ressources, mais à bâtir sur des bonnes bases, pour se propulser vers l'avant.
Cinquièmement, et dernier point, un guichet
unique peut être un pont stratégique entre les différents acteurs préoccupés
par l'accès aux places en services de garde. De rendre disponibles vos données,
comme vous le prévoyez, est une excellente nouvelle, puis je vous encourage à
pousser ça encore plus loin pour vraiment fédérer tous les intervenants, tous
les acteurs autour de cet objectif-là, qui est de créer et refondre un réseau
fort et structuré.
Avec ses 18 ans bien comptés, la
coopérative est un partenaire pertinent pour propulser le Québec en avant, avec
un outil encore plus novateur. Nous avons des idées, nous vous en avons exposé
quelques-unes. Nous semblons avoir envie du même succès. À vous de voir comment
vous saurez profiter des apprentissages de votre partenaire. Puis, entre vous
et moi, dans deux ans, avec 37 000 places créées, il n'y en aura
plus, de problème de guichet unique. Merci pour votre attention.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la période
d'échange, et je vais céder la parole au ministre pour
16 min 30 s.
M. Lacombe : Merci beaucoup, Mme la
présidente, bonjour à vous deux. C'est bien intéressant de vous recevoir avis
aujourd'hui pour avoir cet échange-là, parce que, je le dis d'entrée de jeu, je
pense que c'est l'éléphant dans la pièce, là. Je comprends bien que vous êtes
en désaccord avec cette idée qu'on a, l'idée que j'ai mise de l'avant, de
rapatrier, donc, les services que vous offrez actuellement, de les rapatrier à
l'intérieur du gouvernement, pour que ce soit le gouvernement, donc, qui
administre l'outil et qui soit propriétaire des données.
Je veux peut-être juste commencer, donc, en
disant : Le projet que nous proposons, que je propose, et... ce n'est
certainement pas un projet contre la coop Enfance Famille. Moi, je suis très
conscient... Et d'ailleurs vous l'expliquez dans votre mémoire, il y a tout un
chemin, là, qui a été parcouru, et je pense que vous avez fait un travail
exceptionnel, c'est-à-dire de passer d'à peu près rien... Bon, il y avait des
listes qui étaient très locales, il y a eu, ensuite, les
guichets régionaux, et, effectivement, vous avez fédéré tout ça pour en faire
un guichet national. En même temps, c'est assez récent, ça ne fait pas très,
très longtemps.
Donc, je veux souligner le travail que vous avez
fait, parce que ce n'est pas vrai que les gens de la coop sont des incapables
ou des incompétents. Moi, je pense qu'il y a énormément d'expertise à la coop
Enfance Famille. Et c'est un peu ça, le problème. Cette expertise-là, à mon
sens, c'est le gouvernement qui doit l'avoir. On souhaite se doter de cette
expertise-là pour être capables de mieux, d'abord, administrer le réseau, parce
que ce sont des données sur lesquelles on se
base. C'est non seulement, bon, un outil pour que les parents puissent
s'inscrire et obtenir une place, mais
c'est aussi un outil sur lequel se base le gouvernement pour développer le réseau,
et c'est un programme qui, à l'heure où on se parle, coûte... et c'est
un investissement à mon sens, mais c'est un programme qui coûte
2,8 milliards de dollars par année. Donc, cette expertise que vous avez,
je pense qu'elle doit se retrouver au gouvernement.
Il y a eu toute une amélioration à travers les
années, et je pense que, maintenant, l'évolution naturelle, maintenant qu'on
souhaite compléter le réseau et être plus efficaces, c'est de faire un pas de
plus encore vers l'avant et d'amener tout ça vers le gouvernement, et moi, j'ai
envie que vous y participiez. Donc, on ne veut pas le faire sans vous, on veut
le faire avec vous, avec les gens qui sont chez vous, qui pourraient,
effectivement, se joindre au gouvernement pour venir réaliser ce chantier-là.
Donc, la question que je vous poserais, bon, ça peut être très général, mais ne pensez-vous pas que c'est
légitime, pour le gouvernement, de vouloir se doter de cette expertise-là,
alors que c'est un programme qui nous coûte 2,8 milliards de dollars par
année et pour lequel on est imputables du développement?
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Bien,
en fait, le guichet unique ne vous coûte pas 2,8 milliards, ça, c'est sûr
et certain. Le réseau vous coûte ça, oui, puis l'accessibilité aux places vous
coûte peu pour pouvoir être capables de le faire. Ensuite, ce que je vous
dirais, c'est que, oui, on peut vouloir travailler avec le ministère, on peut
vouloir aller de l'avant pour travailler avec le ministère, mais il faut
comprendre que, pour l'organisation, qui est une entreprise totalement privée, c'est difficile de penser qu'on
va laisser aller une entreprise privée, qui a été bâtie avec
l'expérience des services de garde, la confédération, la concertation des gens
du milieu... puis qu'on va tout laisser aller ça à une autre entreprise, tel
que le projet de loi... Vous l'avez inscrit, d'ailleurs, dans 59.1. Ce n'est
pas clair. Vous pourriez rapatrier, mais vous pourriez aussi la donner à un
tiers.
Donc, est-ce
que c'est normal que vous voudriez reprendre une certaine expertise? Oui. Mais, depuis sept ans, vous travaillez avec nous, donc il y a
une certaine expertise, déjà, chez vous. Et vous avez une compréhension de ce
qu'est un guichet unique. Puis l'expert réel du terrain, c'est la coopérative qui vous
l'apporte. De votre côté, vous êtes l'expert du développement des places, du développement des services, puis nous, nous vous apportons l'expertise de l'interface
parents.
M. Lacombe : À mon sens, il est là,
le problème. Et c'est peut-être là qu'on a une divergence d'opinions qui est
importante. Effectivement, vous êtes les experts et vous avez cette
expertise-là parce que c'est chez vous qu'elle s'est développée, parce qu'à
l'époque c'est le mandat qui vous a été donné. Mais maintenant que le
gouvernement souhaite développer davantage le réseau, le compléter, devenir
plus efficace, donc a besoin d'outils plus efficaces, à mon sens, c'est légitime de dire... Parce que vous avez dit : Nous
sommes les experts du développement. Effectivement, mais ça prend des
outils. Et nous, de notre côté, ce qu'on constate, c'est qu'on a besoin de
cette expertise-là au ministère. Puis,
c'est-à-dire, tantôt, vous parliez du ministère de la Famille. Moi-même, je
fais le lapsus. Mais ce qu'on dit, ce n'est pas nécessairement le
ministère de la Famille qui va s'en occuper. On veut que ce soit le
gouvernement, plus largement.
Donc, est-ce que — je répète ma
question — ce
n'est pas légitime que, pour un programme, les services de garde, effectivement, qui nous coûtent
2,8 milliards de dollars par année, est-ce que ce n'est pas légitime qu'on
souhaite, comme État, comme gouvernement, avoir l'outil entre les mains qui
nous sert à développer, se doter de cette expertise-là,
à l'interne du gouvernement, plutôt que de la sous-traiter, comme vous le dites
avec beaucoup de justesse, à une organisation qui est privée?
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Je me
pose la question à savoir si c'est bon ou non de rapatrier à l'intérieur d'un
appareil gouvernemental quelque chose qui est aussi près de la population. Je
me pose la question à savoir... Quand on regarde ce que le ministère de la
Santé fait actuellement, pourtant, lui, il fait le contraire. Il ne rapatrie
pas à l'interne, il travaille avec des partenaires. Le ministère de la Santé
vient de signer un contrat de 12 ans, 36 millions, avec une
entreprise totalement privée, pour développer un site puis offrir un service
qui, pourtant, est pour l'appareil gouvernemental.
Donc, votre approche de rapatrier, moi, je ne la
comprends pas, dans l'univers dans lequel on est aujourd'hui. On travaille de
plus en plus, dans les entreprises, à essayer de laisser l'expertise là où elle
est puis travailler en collaboration, entre experts, pour arriver, ensemble, à
un succès. De rapatrier la base de données elle-même... En soi, vous la recevez à toutes les nuits. À toutes les
nuits, on vous envoie des données concernant les inscriptions, les mises
à jour des enfants. Vos gens, chez vous, prennent ces données-là, les mettent
dans un entrepôt de données, qui vous permet, par la suite, de tirer des
conclusions, de façon régulière, sur les besoins des parents. Rapatrier quoi, exactement,
de plus, quand vous dites «rapatrier»? Parce que, dans le fond, vous avez déjà
les données.
Si vous voulez rapatrier l'informatique, hein,
la mécanique du guichet, c'est quelque chose qui pourrait se faire, parce que, dans
le fond, vous pourriez vouloir garder, dans votre sein, la mécanique informatique.
Mais pour ce qui est de l'interface parents, pour ce qui est du soutien
parents, pour ce qui est de l'accompagnement des services de garde, écoutez, on
répond, par année, entre 70 000 et 40 000 appels de parents, des
parents inquiets, des parents qui se posent des questions. C'est nous qui
sommes cette interface-là aujourd'hui.
M. Lacombe :
...normal que ce soit une entreprise privée qui ait ce mandat-là, et que ce ne
soit pas le ministère de la Famille ou le gouvernement, plus largement, alors
qu'ultimement c'est le gouvernement qui est imputable de tout ça?
Mme Sévigny (Marie-Claude) : En
fait, c'est une question de point de vue, rendus là. On a été un très bon
partenaire pour vous, à la limite, même, un bouc émissaire, à bien des moments,
parce que c'est nous qui avons été pointés du doigt comme...
M. Lacombe : Bien, écoutez, à chaque
fois que vous avez des enjeux... puis là je ne les pointerai pas parce que
c'est devant les tribunaux, là, mais, à chaque fois que vous avez des enjeux,
j'ai le micro sous le nez. Ça fait que je ne suis pas sûr à quel point,
politiquement, ça me sert d'avoir un bouc émissaire, comme vous le dites, là.
Je pense que ça, on pourrait en parler longtemps, là.
Mais je veux peut-être aussi poser une question,
parce que, tantôt, ça m'a quand même fait réagir. Vous dites : C'est une
entreprise privée, et nous, comme entreprise privée, on a de la difficulté à se
dire : On va laisser partir ce qu'on a bâti pour donner ça au
gouvernement. Est-ce que c'est juste de dire que l'entreprise privée dont vous
parlez, c'est un OBNL qui a été bâti avec des fonds publics, là, indirectement?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : En fait, je ne sais pas comment vous voulez expliquer
ça, mais la Coopérative Enfance Famille est née en 2003. Elle est née
d'un travail d'une table de concertation entre des gens de CLSC, des organismes
famille et des services de garde, qui, à l'époque, étaient des garderies
populaires, ou autres. C'est né de ça. La croissance...
M. Lacombe : D'où vient le
financement, là, qui a permis à la coop de se mettre sur pied puis d'opérer?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : La coopérative a toujours fonctionné seule. Ce sont
les fonds des services de garde qui ont permis la création de cette
entreprise-là. C'est par leur travail, dans certains cas, si on parle de
membres de conseils d'administration, par leur bénévolat, par leur travail de
concertation dans leurs milieux. C'est ça qui a permis à la création de la
Coopérative Enfance Famille, avant même qu'elle soit guichet unique. Et elle a
été approuvée par le ministère comme étant gestionnaire du guichet
régional.
M. Lacombe : Oui, mais je souhaitais
seulement établir le fait qu'effectivement vous vivez, vous vous développez...
Bien, la solution informatique, c'est le gouvernement, là, qui...
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Oui,
ça, c'est clair.
M. Lacombe : ...qui l'a défrayée. Effectivement,
les contributions des services de garde vous permettent d'opérer, contributions
des services de garde, évidemment, qui sont des fonds publics, là, parce
qu'elles proviennent du budget du gouvernement du Québec, là, qu'il leur verse
à chaque année. Donc, je voulais seulement établir le fait que, quand on parle
d'entreprise privée — parce
qu'il y a des gens qui nous regardent — il faut quand même bien
comprendre aussi que c'est un OBNL qui s'est bâti grâce à l'argent des Québécois
et des Québécoises.
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Elle
était créée avant. Le guichet unique a réussi à exister et à être fonctionnel,
tel qu'il est là, grâce aux fonds publics, ça, je ne peux pas dire le
contraire. Et aussi grâce aux garderies non subventionnées, qui ont quand même
amené leurs fonds.
M. Lacombe : Oui, c'est vrai.
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Mais,
avant 2014, c'était une entreprise totalement privée, qui fonctionnait avec les
gens qui voulaient bien participer à cette mission-là.
M. Lacombe : Oui, je comprends bien,
mais, majoritairement, de l'argent qui vient des Québécois et des Québécoises,
parce que c'est de l'argent qui vient des services de garde, là. Donc, si le
gouvernement ne finance pas les services de garde, évidemment, vous ne pouvez
pas être là, là. On ne parle pas d'entreprises privées qui investissent chez
vous, là. C'est ce que je veux dire.
Mme Sévigny (Marie-Claude) : C'est
une façon de dire les choses, mais c'était quand même un choix de l'ensemble de
ces corporations privées là...
M. Lacombe : De vous faire
confiance.
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Oui, exactement, de prendre de leurs fonds puis de
l'investir dans ce service-là. Pourquoi? Parce que ce service-là n'était pas
offert, nulle part ailleurs. Le ministère, à l'époque, n'offrait pas ce type de
service de soutien là, de gestion de l'accès aux places en services de garde.
C'est une entreprise privée qui l'a mis en place, puis qui l'a soutenu, qui a
été... qui l'a fait en déploiement local, régional, multirégional, puis qui, par la suite, a pu profiter, effectivement, de subventions
du ministère de la Famille pour mettre ça encore plus loin. Mais si cette entreprise
privée là n'avait pas créé ce guichet régional là ou ce guichet local là, vous
n'auriez pas eu l'expertise pour pouvoir être capables de bâtir un guichet
provincial.
M. Lacombe :
Je comprends ça et, d'entrée de jeu, je vous ai concédé que vous avez fait, effectivement,
beaucoup de travail. C'est la raison pour laquelle... Tantôt, vous
disiez : On se demande ce que vous voulez rapatrier en tant que tel, est-ce
que c'est les données, est-ce que c'est l'expertise? Je le disais, d'entrée de
jeu, ce qu'on souhaite rapatrier, c'est l'ensemble de tout ça, c'est, effectivement,
oui, la solution informatique mais aussi le personnel qui est là. Est-ce que
vous pensez que les gens de chez vous seraient intéressés de travailler, par
exemple, au gouvernement du Québec, avec nous, être à l'emploi du gouvernement
pour participer à ce pas vers l'avant, à ce nouvel outil qu'on souhaite mettre
sur pied?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Bien, si on avait une proposition, on la regarderait.
À ce jour, on n'a pas de proposition du gouvernement.
M. Lacombe :
Bien, la proposition que, nous, on fait, elle est claire. C'est qu'on souhaite
que cet outil-là soit opéré par le gouvernement, et on dit clairement que vous
avez de l'expertise qui nous intéresse beaucoup. Vous savez, on est en contexte
de pénurie de main-d'oeuvre. Des gens qui connaissent, effectivement, le
travail que vous faites, il n'y en a pas énormément. Ce que je veux aussi
lancer comme message aux gens qui nous écoutent, probablement, qui sont chez
vous, c'est qu'on aura besoin de leur expertise. Donc, il ne faut pas non plus
que ça devienne un enjeu corporatiste, où il y a des gens qui ont peur de
perdre leur emploi et qui, pour cette raison-là, se disent : Bien là,
nous, ça ne nous intéresse pas de faire
partie du projet. Je veux juste être
clair et rassurant, on aura besoin de l'expertise des gens de chez vous pour
être capables de bâtir ce qu'on souhaite bâtir.
Et je rebondis là-dessus,
Mme la Présidente, en vous demandant : Il reste combien de temps à
l'intervention?
La Présidente (Mme
D'Amours) : 2 min 30 s, M. le ministre.
M. Lacombe :
Deux minutes? Est-ce que vous êtes d'accord avec moi pour dire que ce serait quand
même toute une opportunité de faire un bond vers l'avant, avec l'outil que vous
avez, en l'intégrant au gouvernement, en pouvant profiter, par exemple, des
données qui sont présentes dans le cadre du Régime québécois d'assurance parentale
ou des données de l'État civil, donc de s'appuyer sur d'autres organisations à
l'interne, ici, au gouvernement, sur l'expertise, aussi, en matière de développement
du ministère, pour en faire une grande équipe unie, qui serait vraiment experte
en matière de développement puis de services aux parents pour l'inscription des
enfants?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Bien, la vision est magnifique. En soi, on ne peut pas
être contre la vertu. Je suis une femme d'affaires, développement des affaires.
Je viens d'univers qui ont travaillé des grosses bases de données. En soi,
c'est extraordinaire, cette opportunité-là, donc la vision est intéressante.
Mais le fait d'être aujourd'hui dans une entreprise privée qui a développé ce
produit-là, qui dit : Il faut y travailler, il faut absolument qu'on
travaille à une refonte... On a déposé génération 2, en mai, pas pour
rien, parce qu'on y croit, parce qu'on croit,
là, qu'il y a de l'amélioration possible et qu'il y a vraiment un potentiel
derrière tout ça. Mais, aujourd'hui, comme j'ai dit, on n'a rien, de la
part du gouvernement, qui nous assure un suivi. Puis, quand je suis assise dans
mon bateau, comme cheffe de... comme capitaine de mon bateau, avec mes
employés, puis que je rame sur une mer plate, avec une fin éventuelle, c'est
difficile de dire à mes employés : Continuez à ramer.
M. Lacombe :
Je comprends, je comprends. Là, il nous reste peu de temps, mais je vais
conclure en disant : Je pense que c'est clair, là, l'argument, là.
L'argument de fond que vous présentez, il est là. Et moi, je ne pense pas que
c'est un bon argument, je ne pense pas qu'on doit se baser sur cette peur-là
d'employés qui ont peur de perdre leur emploi pour se dire qu'on n'ira pas de
l'avant avec un outil qui est si important. Parce que, bref, ce que vous nous
dites, c'est : Vous devriez gérer... Vous dites : On devrait gérer le
guichet unique, mais le gouvernement devrait payer.
On devrait garder le lien avec les services de garde, mais c'est le gouvernement qui devrait avoir les sanctions. Vous
devriez... la coop devrait plancher sur le 2.0, le gouvernement devrait faire
confiance. Moi, je dis : Faisons-le ensemble,
faisons-le ensemble, à l'interne, au gouvernement.
C'est un outil trop important
pour qu'on le laisse, à mon sens, à
une organisation privée, qui, soit dit en passant, je veux
le souligner, là, est financée par des fonds qui sont publics, parce qu'ils viennent des services de garde, majoritairement. Donc, moi, je vous tends la main pour la suite des choses.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...maintenant, je cède la parole au député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Merci, et, si possible, Mme la Présidente, peut-être d'ajouter le temps de mes
collègues, si...
La Présidente (Mme
D'Amours) : J'ai besoin du consentement. Est-ce qu'il y a consentement
d'ajouter le temps des collègues qui ne seraient pas présents au député de
LaFontaine? Est-ce que j'ai consentement?
M. Lacombe :
Bien, écoutez, en toute bonne foi, je ne sais pas si c'est habituel, mais, moi,
je vais dire oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : J'ai
le consentement. Donc, M. le député, oui...
Tanguay : Vous pourrez me dire avec... me faire signe, je
vais.... Là, c'est commencé, puis... Bien, merci beaucoup, merci au ministre de
permettre ça. Je sais que ça lui fait plaisir de m'entendre, alors il se fait
un petit cadeau à lui-même, je le connais.
Heureux de vous
parler. Mme Sévigny, Mme Huard, merci d'être là, aujourd'hui, avec
nous. On pourra rétropédaler, si vous voulez, pour la portion de la collègue.
Il y a combien
d'enfants sur la liste d'attente à l'heure où on se parle?
Sévigny (Marie-Claude) :
Bien, en fait, je pense que ça, c'est rendu assez public ce printemps. Il y avait un fichier chez nous... En fait, chez nous, dans nos dossiers, il y a
86 787 enfants en attente,
mais qui sont des dossiers d'enfants qui ne sont pas purs, puis je ne dirai
pas... je répète toujours la même chose, parce que l'information sur la mise en
service, donc sur l'occupation, ne réside pas dans la base de données de La
Place 0-5, et elle dépend du bon gré des services de garde, et il n'y a
pas de directive qui les force à le faire, ou de sanctions. Donc, notre liste
ne peut pas être prise en compte, en disant...
M. Tanguay :
Non, non, je comprends, puis dans les questions que je vais poser, vous allez
voir que je comprends. Donc, c'est 86 787 en date d'aujourd'hui?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Du mois de mai.
M. Tanguay :
Du mois de mai. Parfait. Vous avez affirmé tout à l'heure, puis on l'a su, que
cette liste-là, il faut faire du travail là-dessus, là, parce qu'il y a des
doublons, et ainsi de suite, là. Cette liste-là est communiquée, à toutes les
nuits, au ministère de la Famille?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : À toutes les nuits. Les ajouts de nouveaux dossiers,
les modifications aux dossiers des enfants, les changements de choix de service
de garde, les changements de priorités sont envoyés, à chaque nuit, au ministère
de la Famille.
M. Tanguay :
Donc, le ministère de la Famille a le chiffre?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Le ministère de la Famille a la base de données au
complet.
M. Tanguay :
La base de données au grand complet.
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Oui.
M. Tanguay :
Parfait. À qui vous envoyez ça? À quel département? Comment s'appellent les
gens à qui vous envoyez ça?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : C'est le groupe de pilotage. C'est dans ICSGE.
M. Tanguay :
ICSGE, O.K. J'ai déjà vu l'acronyme, là, qui a changé récemment.
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Oui, c'est ça. C'est pour ça que je suis un petit peu
mal prise de vous répondre, là.
Tanguay : D'accord, parfait. Vous avez dû tomber en bas de
votre chaise quand on questionnait... quand je questionnais, le 6 mai dernier, 6 mai 2021, le ministre,
quand je lui disais : Est-ce qu'il est possible, pour le ministère
de la Famille, de connaître plus précisément,
dans un délai plus court, le nombre total d'enfants sur la liste d'attente? Et
là il m'avait répondu, et je le cite : «Bien, ce n'est pas le
ministère de la Famille, d'abord, qui fait cette lecture-là, c'est la
Coopérative Enfance Famille qui est chargée de faire ça.» Vous avez dû tomber
en bas de votre chaise quand vous avez entendu ça?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : On a réagi, d'ailleurs, à ça, effectivement.
M. Tanguay :
Bon. Alors, une fois que l'on a dit ça, vous avez... Parce qu'après ça, il y
avait tout un débat, puis je vais fermer la parenthèse, à savoir qu'il ne
pouvait pas, comme ministère... Parce que vous, vous ne faites pas, justement,
le traitement de la donnée. Vous colligez la donnée, mais le traitement de la
donnée, qui nous fait passer — vous voyez qu'on connaît le dossier,
hein? — qui
nous fait passer de 86 787 à 50 000 plus, environ, ce traitement-là
est fait par le ministère de la Famille, n'est-ce pas?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Exact.
M. Tanguay :
Alors, s'il est capable de le faire le 31 décembre puis le 30 juin,
quand le ministre nous disait : Bien, on peut le faire juste deux fois par
année, à cause de vous, qu'on n'a pas la donnée, bien, il est capable de le
faire avec des approches analytiques, capable de le faire à toutes les
semaines, s'il le veut.
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Nous, la donnée est envoyée à chaque nuit. Comment
elle est traitée, ça ne fait pas
partie de notre mandat. Notre mandat est de
s'assurer de prendre l'information sur les besoins des parents, de s'assurer de
donner tous les outils aux parents pour nous fournir cette information-là,
mettre à jour ces dossiers. Le reste, l'information est envoyée au ministère de
la Famille pour lui permettre, à lui, de prendre ses décisions et de travailler
la donnée.
M. Tanguay : Parfait. Vous...
Il y a combien de personnes qui sont à l'emploi de la coopérative?
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Environ
36, 37, je pense, cette semaine. On a eu deux nouveaux ajouts.
M. Tanguay : O.K. Et vous
avez une répartition régionale. Comment ça se ventile au niveau régional?
J'imagine... ou vous êtes...
Mme Sévigny (Marie-Claude) : On est
tous au même endroit.
M. Tanguay : À Québec?
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Non. En
fait, en ce moment, on est tous chacun dans nos maisons...
M. Tanguay : Oui, oui, tout à
fait.
Mme Sévigny (Marie-Claude) : ...dans
la région de Montréal.
M. Tanguay : Je ne vous
demanderai pas les adresses de résidence. Dans la région de Montréal, O.K. Et
ça prend ça, je veux dire, ça prend... Vous êtes, quoi, 36, 37, vous avez dit?
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
Mettons, 37, puis je vous dirais que, là-dedans, plus de 50 % des employés
sont au service à la clientèle. Donc, ce sont des gens qui servent les parents,
donc, qui accompagnent les parents, ceux qui ont plus de difficulté avec le
site Internet, ceux qui ont plus de difficulté au niveau de la littératie,
difficulté au niveau de langue, qui on besoin d'un meilleur accompagnement.
Donc, c'est à ces gens-là qu'on va parler, pour... du côté parents. Et on a
aussi un service d'accompagnement pour les responsables en milieu familial, au
niveau de leur soutien technique, sur leur outil.
M. Tanguay : Combien de
personnes, à peu près, dédiées à ça?
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
Comme je vous dis, au total, c'est à peu près une vingtaine d'employés.
M. Tanguay : Serait-il
possible... Puis je m'excuse, vous allez dire : Coudon, il est pressant,
lui. Mais c'est parce que je n'ai pas beaucoup de temps. Mais je vous remercie
beaucoup pour l'efficacité de vos réponses.
Pourriez-vous prendre l'engagement de communiquer
au secrétariat de la commission, s'il vous plaît, si vous le désirez — c'est
une demande que je vous fais — une sorte d'organigramme de qui fait
quoi? Donc, pour les services de garde en milieu familial, on a x nombre de
personnes, puis comment vous organisez votre travail. Parce que, si le ministre a le désir, dans le projet de
loi, de tout importer ça au sein du ministère de la Famille, vous pouvez
être assurée qu'on va s'assurer que le minimum de services garantis va être
assuré selon la ventilation. Parce que vous avez... Quand on dit, de façon
désincarnée : Bien, vous avez l'expertise, ce serait peut-être le fun de
ne pas la perdre, moi, je pense qu'il ne faut pas la perdre. Puis, quand vous
dites : Non, non, non, là-dessus, ça m'en prend... je dis un chiffre,
là... ça m'en prend 10, 12 pour faire le suivi des appels aux parents, il ne
faudra pas perdre ça en route, là...
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
Effectivement.
M. Tanguay : ...parce
que c'est une liste, je vous dirais, qui est excessivement émotive. Il y a des
listes moins émotives que ça, là. Ce n'est pas une liste pour savoir si je vais
avoir un billet de spectacle, là. C'est une liste pour : Je vais-tu avoir
une place? Puis vous gérez de l'humain, puis ça, c'est excessivement important.
Je vais passer à une autre question, mais je ne
sais pas si vous vouliez compléter là-dessus?
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
Bien, en fait, je vous rejoins pour ce qui est de tout le côté humain. Ça fait
partie de nos préoccupations au niveau de rapatrier le guichet. Comme je
disais, pour moi, rapatrier une base de données, rapatrier des 1 puis des 0 qui
servent à programmer quoi que ce soit, c'est mécanique, mais quand on pense à
un service qu'on offre à la population, qui est rendu aussi essentiel que l'accès
aux places en services de garde, bien, je pense qu'il faut faire attention,
effectivement, pour être capables d'offrir ce service-là. On répond, comme je
disais tantôt, à plus que 40 000 appels, par année, de parents, on
répond à plus de 8 000 courriels de parents. Donc, il faut être
capables de suivre ce soutien-là, plus ce qu'on fait pour les services de
garde, dans leur accompagnement, pour être capables, justement, d'offrir des
places aux parents.
Tanguay : On a vu qu'il y a eu... Puis je ne veux pas embarquer
dans le litige, s'il y a litige, là. Vous pourrez me répondre quand même. Depuis que l'on a vu qu'il
y a eu un bris de sécurité, est-ce que votre système informatique est à
point?
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
Totalement sécuritaire.
M. Tanguay : Totalement
sécuritaire. Et ça, vous avez été, je crois, certifiés par une entité
gouvernementale, dont j'oublie le nom, qui vise, justement, à s'assurer et à
certifier de garantir la sécurité informatique des données, n'est-ce pas?
Comment s'appelle...
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Le
centre de cyberdéfense du gouvernement a été un de ceux qui a été... qui a mis un sceau, à la fin, avant qu'on ouvre,
effectivement. Mais il y a quand même trois auditeurs en cybersécurité
qui ont passé au travers de tous nos processus, de toutes nos façons de faire,
et actuellement nous sommes accompagnés par
une firme pour nous assurer de toujours maintenir les niveaux. Et je trouve
intéressant qu'hier la Vérificatrice générale a d'ailleurs déposé les
recommandations au niveau de la gestion de l'information dans l'appareil
gouvernemental, et je suis heureuse de vous dire que toutes les recommandations
qui sont faites, nous, on les applique.
M. Tanguay : Pouvez-vous me
confirmer que vous êtes capables d'offrir ce suivi excessivement important pour
les parents en français et en anglais?
Mme Sévigny (Marie-Claude) : En
français, en anglais et même plus, dans certains cas.
M. Tanguay : Avez-vous des
exemples?
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Bien,
au fil du temps, on a eu plus de 11 langues parlées différentes au service
à la clientèle.
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Je ne
peux pas l'assurer...
M. Tanguay : Non, je
comprends.
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
...parce qu'évidemment on ne peut pas embaucher uniquement sur une base de langue. On embauche des gens pour leur
empathie, pour leur capacité à apprendre le service qu'il faut offrir chez
nous. Mais oui, on... dans le passé, on est capables de... on a été capables...
Aujourd'hui, on a quand même l'espagnol qui est toujours parlé, l'arabe qui est
toujours parlé.
M. Tanguay : Puis ça, c'est
important, parce qu'il y a des gens comme, tu sais, des nouveaux arrivants
première génération qui... je veux dire, c'est au coeur de leur vie aussi puis
de leur intégration. Encore une fois, vous ne pouvez pas le garantir, mais
de...
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Non,
mais on travaille avec des interprètes. On a toujours la possibilité d'avoir
quelqu'un au niveau de la famille qui nous aide à être capables de faire le
lien avec la famille qui ne parle pas ni français ni anglais.
M. Tanguay : O.K. Mme la
Présidente, il me reste combien de temps?
Présidente (Mme D'Amours) : Il vous reste, de votre temps de
11 minutes, 1 min 20 s, mais le consentement que
j'ai demandé aux gens... Pouvez-vous arrêter le temps, s'il vous plaît? Oui.
M. Tanguay : Ah! Merci.
Désolé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Le
consentement que j'ai demandé ne tient plus, parce que la députée...
M. Tanguay : Mais pour ma...
l'autre collègue, deux minutes?
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien,
par mesure d'équité, je le partagerais avec la députée.
M. Tanguay : Oui, oui, tout à
fait.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Parfait. Ça fait que, donc, on rajouterait... Le secrétaire va me le dire.
Tanguay : Non, parce qu'à un moment donné il faut décider.
C'est-tu correct?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Elle ne sera pas là, Mme la députée de Joliette, donc le
temps va être réparti. Vous aurez 1 min 20 s, un peu plus, là.
Pardon?
Présidente (Mme D'Amours) : 1 min 50 s de plus.
M. Tanguay :
Parfait. Je vous remercie beaucoup, je veux...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Vous êtes à 2 min 68 s.
Tanguay : Plus 1 min 50 s O.K.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Non, en tout, en tout, en tout.
M. Tanguay :
Merci, Mme la Présidente. Désolé, on s'excuse. Alors, on peut repartir le...
Puis je m'excuse auprès du ministre, là, j'ai dû interrompre l'excellent
échange, là, qu'il suit avec grand intérêt. Il aime toujours ça, nous entendre.
Et ça, c'est important d'avoir ce réflexe-là. Je suis content que vous l'ayez
dit, parce que c'est important, c'est important d'avoir ce réflexe-là.
Avez-vous
eu des discussions, des approches? Le projet de loi a été déposé. Il y aura un
rapatriement, il y aura des changements. Avez-vous eu une quelconque
communication de la part du ministère, vous dire : Bon, bien, on est en
train de... Est-ce qu'il y a une vérification diligente qui a été faite de ce
que vous aviez? Il y a-tu de quoi qui a commencé dans le sens de : On va
vous rapatrier?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Des premières discussions ont eu lieu.
M. Tanguay :
O.K. À partir de quand?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : La veille du dépôt du projet de loi n° 1.
M. Tanguay :
O.K. Avez-vous des indications... Le ministre, vous l'avez souligné, se donne
le droit de le gérer, lui, le ministère, un tiers ou un autre organisme.
Avez-vous des indications sur comment ça va retomber?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : Non, pas pour l'instant.
M. Tanguay :
O.K. Vous dites — puis
ça, j'aimerais vous entendre là-dessus, parce que je ne suis pas expert en
informatique — vous
dites : «Comment le gouvernement compte-t-il attribuer un rang unique aux
enfants, alors que la liste est en constant
mouvement?» C'est comme si vous me disiez, là... Bon, je vais prendre le
chiffre de 51 000, je ne prendrai pas le 86. Il y a un, deux,
trois, woup! jusqu'à 51. C'est comme si vous me disiez que : Moi, l'enfant
qui est le rang 112, si le 1 part pour avoir une place, il ne tombera pas
automatiquement à 111. C'est ce que vous dites?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : En fait, c'est très complexe, la gestion des rangs,
puis c'est pour ça que j'ai fait un petit
dessin d'autobus dans mon mémoire, parce que ça semble trivial, le rang, mais
ce ne l'est pas. On ne peut pas penser que les gens... les enfants qui
sont en attente d'une place sont en attente comme s'ils attendaient d'embarquer
dans l'autobus scolaire, ce n'est pas comme
ça. Premièrement, il y a plusieurs autobus, parce qu'il y a plusieurs
destinations. Donc, nécessairement, ils ne sont pas en attente dans le même
rang, selon l'endroit où ils vont aller, le nombre de personnes qui sont en
attente à ce même endroit-là, l'âge des enfants qui sont en attente en même
temps que le nôtre à cet endroit-là, et par la suite, bien, s'appliquent les
priorités qu'on va vouloir accorder.
Donc, si
effectivement on a un enfant qu'on veut prioriser, par exemple un enfant à
défis particuliers qu'on veut prioriser dans l'autobus pour un tel service de
garde, bien, s'il vient de déménager dans cette région-là puis qu'il est
priorisé, bien, ça se peut qu'il bumpe tout le monde puis qu'il devienne le n° 1 versus les autres. Ça fait que c'est pour ça que c'est
complexe, la gestion du rang.
La Présidente (Mme
D'Amours) : 30 secondes.
M. Tanguay :
30 secondes. Y a-t-il un moyen technique de faire ça? Il y a une
possibilité?
Mme Sévigny
(Marie-Claude) : C'est tout un algorithme qui... Ça permettrait de
suivre non seulement les rangs individuels... Mais un rang unique? Je ne le
vois pas.
M. Tanguay :
O.K. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup, M. le député. Donc, je vais céder
maintenant la parole à la députée de Sherbrooke. Vous avez
3 min 40 s
Mme Labrie : Un cadeau du ciel.
Merci beaucoup. Je vais en profiter pour commencer par m'excuser d'avoir... de
ne pas avoir assisté à votre présentation, on est en train d'adopter le projet
de loi pour les tribunaux spécialisés, puis j'excuse ma collègue, qui était au
même endroit que moi. Donc, c'est pour cette raison-là qu'on n'était pas là.
Mais j'ai quand même votre mémoire sous les
yeux, puis justement je voulais discuter de la question du rang avec vous, parce que ça m'a fait sursauter quand
j'ai vu l'intention du ministre de donner le rang aux parents. Je comprends les enjeux que vous
nous décrivez. Est-ce que vous pensez que ça ne va pas créer des déceptions
supplémentaires de donner aux parents c'est quoi, leur rang, puis que
finalement ils constatent que, ah! ils étaient 38e pour l'installation qu'ils
avaient demandée, mais finalement ils sont rendus 42e ou... Finalement, ils
avancent, ils reculent.
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
Poser la question, c'est y répondre. Autant c'est difficile pour nos gens de
service à la clientèle d'essayer d'expliquer aux parents : Je suis désolé,
je ne peux pas vous donner votre rang, ce qui est notre phrase qu'on répète de
façon quotidienne... que d'aller dire à un parent : Effectivement, vous
êtes le prochain sur ma liste, puis que finalement ce n'est pas vraiment le
prochain sur la liste, parce qu'il y a quelqu'un qui a une priorité
supplémentaire qui vient de s'ajouter dans l'autobus parce qu'il vient de
déménager, parce qu'il vient de... justement, d'embarquer dans cette liste-là,
et il a une priorité supplémentaire, ça vient bumper tout le monde, ça crée de
la déception.
Dans l'approche qu'on a proposée au niveau
génération 2, c'était beaucoup plus d'aller leur donner une indication du
nombre d'enfants de la même catégorie d'âge qui pouvaient être inscrits sur
cette liste-là comme eux. Ça ne donne pas une indication du rang, ça ne me
donne pas une indication de quand est-ce que je vais avoir une place, mais ça me donne une indication de la
difficulté peut-être pour moi d'avoir une place dans ce service de
garde là.
Par la suite, évidemment, au niveau
technologique, dans le temps, on peut accumuler de l'information qui va pouvoir
permettre d'aller faire des modèles prédictifs et, éventuellement, par type de
service de garde et peut-être même par service de garde, finir par donner une
idée de : dans cette région-ci, selon ce type de politique d'admission là,
dans ce genre de région là, ça pourrait prendre entre tant de temps et tant de
temps pour avoir une place. Mais ça ne sera jamais un rang précis, puis ça, je
ne le souhaiterais pas.
Mme Labrie : Donc, vous nous
déconseillez d'inscrire le rang...
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
Tout à fait.
Mme Labrie : ...mais vous
pensez qu'il y a des moyens technologiques de fournir quand même un horizon
d'attente pour les parents. Ça, c'est possible?
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
Qui n'est pas instantané, qui serait à bâtir, parce que, pour pouvoir avoir
cette information-là, il faut avoir bâti du passé pour pouvoir arriver à
dire : Aujourd'hui, selon nous, ça va prendre tant de temps. Il faut que
j'aie de la donnée passée pour pouvoir le dire.
Mme Labrie : Vous dites :
Parce que les politiques d'admission risquent de changer après l'adoption de la
loi, puis qu'on n'aurait pas assez de données pour le faire maintenant?
Mme Sévigny (Marie-Claude) :
Puis, encore là, moi, je ne les ai pas, ces données-là, je les... Je ne suis
pas... J'ai l'attente, mais je n'ai pas l'occupation. Donc, ça prend quelqu'un
qui va aller faire la jonction entre la date d'inscription du parent, la date à
laquelle il y a eu une occupation et quel était l'environnement dans lequel il
s'est mis en attente et qu'il y a eu l'occupation. Cette donnée-là doit être
prise, accumulée, bâtie dans un modèle prédictif pour pouvoir être capable
éventuellement de faire une projection.
Mme Labrie : Là, on part de zéro
pour ça en ce moment?
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Moi, je
n'ai rien de mon côté.
Mme Labrie : O.K. Puis ça ressemble
à quoi, le délai moyen? Ça, vous dites que vous êtes... vous le savez... Ça,
vous n'avez aucune idée?
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Aucune
idée.
Mme Labrie : Vous n'avez...
Mme Sévigny (Marie-Claude) : Le ministère
de la Famille a probablement plus d'information que nous pour pouvoir être
capable de répondre à ça, vu qu'il a les dates d'inscription au guichet unique
et qu'il a, de l'autre côté, dans ses outils, la date d'occupation.
Mme Labrie :
Mais vous, la date...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, merci. Je suis désolée, le temps étant écoulé. Je vous remercie pour
votre contribution aux travaux de la commission.
Je suspends les travaux quelques instants afin
d'accueillir nos prochains témoins. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 10)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Je souhaite la bienvenue à la Fédération des
intervenantes en petite enfance du Québec-Centrale des syndicats du Québec.
Avant de vous
parler, j'aurais besoin d'un consentement pour ce bloc
d'échange, ce qui veut dire qu'il y
aurait un échange de places, d'intervenants. Donc, j'ai besoin du consentement,
qu'on commence par la députée de Joliette... la députée, c'est-à-dire, de Sherbrooke,
ensuite la députée de Joliette, et on finirait avec le député de la première...
de l'opposition officielle. Alors, j'ai besoin du consentement.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Donc, je vous rappelle, chères invitées...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Pardon, monsieur... Oui, et il est certain qu'on va devoir avoir un peu plus de
temps que prévu. Donc, j'ai besoin de votre consentement pour qu'on termine à
une heure... à quelques minutes plus tard que l'heure prévue.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, je vous rappelle, chères invitées, que vous avez 10 minutes pour
votre exposé, après quoi nous procéderons à la période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à procéder à
votre exposé. La parole est à vous.
Mme Camerlain (Line) : Bonjour.
Alors, je vous remercie, je remercie le ministre et les membres de la commission
d'avoir accepté de nous entendre aujourd'hui. Je suis Line Camerlain, vice-présidente
des la Centrale des syndicats du Québec, et
je suis accompagnée de Valérie Grenon, qui est présidente de notre Fédération d'intervenantes en petite
enfance, ce qu'on appelle la FIPEQ. La CSQ représente 200 000 membres
dont près de 13 000 font
partie de la FIPEQ, travaillant dans les centres
de la petite enfance ou comme responsables en services éducatifs en milieu
familial régis et subventionnés à travers le Québec. Considérant le temps qui
nous est alloué, nous ferons un bref survol des recommandations principales de
notre mémoire.
Je commencerais en disant qu'à la lecture du
projet de loi, nous avons constaté avec satisfaction l'effort du gouvernement
du Québec pour remettre enfin le réseau de la petite enfance sur les rails.
Cependant, il est primordial à nos yeux que
les nouvelles places annoncées soient développées dans le réseau public de CPE
et de milieux familiaux. Un quart de siècle après l'implantation de la
politique familiale qui a fait la fierté et la renommée du Québec, plus rien ne
justifie que nous comptions actuellement plus de places en garderie privée
qu'en CPE. Pour nous, c'est clair, il faut un réseau de la petite enfance
composé à 100 % de places en CPE et en milieu familial régi et
subventionné, soit des places de qualité qui répondent aux besoins des
familles.
Je pourrais résumer le mémoire qu'on vous
présente aujourd'hui en quatre principes. Ces principes reflètent notre mission, nos valeurs et nos orientations.
Tous les enfants du Québec doivent avoir des chances égales d'accéder
à des services de qualité qui entraîneront
des répercussions tout au long de leur vie. Le développement de l'enfant fait
partie des responsabilités de l'État. Les services éducatifs à la petite enfance
ne sont pas des commodités marchandes. Et il faut assurer des conditions de
travail décentes à toutes les intervenantes et intervenants du réseau de la
petite enfance.
Aussi, nous recommandons que les enfants
occupant des places en garderie privée non subventionnée soient intégrés au
réseau public subventionné. De plus, en lien avec la mise à jour économique qui
sera présentée dans les prochaines heures, nous sommes aussi d'avis que le
crédit d'impôt pour frais de garde devrait être aboli. À ce sujet, nous
considérons que, si le crédit d'impôt n'est pas aboli, le ministère de la
Famille doit notamment imposer un moratoire sur la création des garderies non
subventionnées. Il faut également fixer des cibles de conversion de places en
privilégiant la conversion en CPE.
Je conclurais
en rappelant que depuis 1997 le Québec est un exemple pour l'ensemble de la population mondiale en matière de la petite
enfance. La politique familiale étant un de nos joyaux et, avec celle-ci, la
création des services éducatifs subventionnés, le Québec
a un taux de participation des femmes mères d'enfants parmi les plus élevés au monde. Pour la CSQ et la FIPEQ, il faut absolument
que l'esprit qui a mené à son développement... au développement de cette politique
demeure, c'est-à-dire de favoriser le développement des enfants et l'égalité
des chances pour tous. C'est fondamental pour nos tout-petits.
Je cède la parole à ma collègue.
Mme Grenon (Valérie) : Merci
beaucoup. Merci, Line. Et je voudrais quand même prendre le temps de remercier
les membres de la commission, là, de nous entendre aujourd'hui.
Nous croyons qu'il faut avoir le courage d'agir
pour le long terme afin d'avoir un développement cohérent au bénéfice de tous
les parents. Nous déplorons donc que, dans le projet de loi, le gouvernement
maintienne un système à deux vitesses, public et privé, donc, ce qui n'est pas
souhaité par nous ni par les parents. Il est important de rappeler que, parmi les places annoncées par le ministre de la
Famille en août dernier, près de
41 % sont développées en garderie
privée subventionnée, bien loin de la cible traditionnelle de 15 % du
ministère. De plus, dans l'étude d'impact réglementaire, le gouvernement estime que 75 % des personnes non
reconnues qui feront le saut en milieu familial régi ne seront pas
subventionnées. Je vais me permettre de redire ce que Line disait tout à
l'heure, que nous souhaitons un réseau de CPE et de milieux familiaux
entièrement régis et subventionnés.
Comme vous avez pu le constater également dans
notre mémoire, nous abordons notamment la question qui est très importante, c'est les ratios. Il y a deux choses sur les ratios
que je veux vous renommer. Nous recommandons entre autres que le
ministère évalue la possibilité par des projets pilotes que les RSE, donc les
responsables en services éducatifs en milieu familial, puissent accueillir
quatre enfants de moins de 18 mois si elles sont seules et six enfants de moins
de 18 mois si elles sont assistées, et bien sûr nous demandons également que le
ministère établisse des ratios éducatrice-éducateur par enfants par groupes et
non par installation.
Comme il est
présenté actuellement, nous craignons que le projet de loi crée des enjeux de
sécurité pour les enfants, puisqu'il
permet l'augmentation du nombre d'enfants par installation de 80 à 100, mais ne
limite pas le nombre d'enfants par
éducatrice. Il est clair pour nous que, peu importe le nombre de places au
permis, le ratio par éducatrice devrait être respecté en tout temps.
Actuellement, nous vivons déjà des problèmes criants concernant les ratios par
installation.
Nous avons aussi une préoccupation quant à la
disposition des CPE qui permettrait le rehaussement du nombre d'enfants par
installation. La modification des capacités maximales ne devrait pas se
traduire sur une surcharge de travail pour les intervenantes et les
intervenants en poste déjà en CPE. L'embauche du personnel nécessaire pourrait
et devra être envisagée. De plus, il est important pour nous que l'accueil des
nouveaux groupes ne suscite pas de pertes de locaux déjà existants dans les
CPE. Par exemple, plusieurs CPE ont des locaux destinés à la motricité. Donc,
ces locaux-là ne devraient pas être sacrifiés pour l'accueil de nouveaux
groupes.
Vous me permettrez également finalement
d'aborder un sujet qui me tient particulièrement à coeur, soit le service aux
enfants ayant des besoins particuliers. Nous proposons notamment dans notre
mémoire de réviser la politique d'intégration des enfants ayant des besoins
particuliers, bien sûr avec la collaboration des milieux de travail et des
parents, et de faciliter l'accès à différents services professionnels en
collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. Nous
croyons important d'alléger le processus de reconnaissance de l'enfant ayant
des besoins particuliers, et surtout d'assurer la participation des éducatrices
et éducateurs et des RSE en milieu familial à l'ensemble des étapes de la
préparation et de la révision des plans d'intégration des enfants. Finalement,
nous sommes d'avis qu'il faut mettre en place un processus pour s'assurer que
les sommes allouées pour les enfants ayant des besoins particuliers soient
utilisées en conformité avec les besoins véritables des enfants ayant des
besoins particuliers et qu'il faut déplafonner le nombre limité de places EBP
en centre de la petite enfance ou en milieu familial régi et subventionné pour
donner une chance égale à tous les enfants qui en ont besoin. Je vous remercie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la période
d'échange, et, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Lacombe : Merci. Pour
16 minutes...
La Présidente (Mme D'Amours) :
30 secondes.
M. Lacombe : ...30 secondes.
Merci. Bonjour à vous deux. Merci beaucoup de vous prêter à l'exercice ici
pour, évidemment, faire tout le travail qu'on a à faire pour améliorer le projet
de loi que j'ai déposé, qui, je dois le souligner,
est basé sur, notamment, de nombreux échanges qu'on a eus depuis le début
du mandat avec des partenaires, dont vous, qui nous aviez fait des
demandes, des recommandations, basé aussi sur la consultation qu'on a tenue au
printemps, ce qui nous a menés à déposer... bien, en fait, d'abord à présenter le
Grand chantier pour les familles, qui, je pense, est une excellente nouvelle — d'ailleurs,
vous l'avez salué — et
le projet de loi n° 1, qui sert à mettre donc en vigueur certaines des
propositions qu'on a à l'intérieur des 45 qui sont dans le Grand chantier, et,
là encore, bien, on mène d'autres consultations pour s'assurer qu'on a le
meilleur projet de loi possible. Donc, je pense qu'à la fin, bien honnêtement,
on aura quelque chose de pas pire.
Mais, ceci dit, c'est ça, on peut toujours
l'améliorer. Donc, allons-y avec les questions que j'ai pour vous à la suite de
votre présentation, du dépôt de votre mémoire.
Je rebondis tout de suite sur quelque chose que
vous venez de dire. On est tous là pour, en principe, respecter la cible
informelle, parce qu'il faut dire que c'est informel, c'est une convention qui
veut que... bon, on acceptait dans la mesure du possible
85 % des projets en CPE, 15 % en garderie subventionnée. Par contre,
vous avez nommé bien précisément l'exemple de cet été, en donnant les
proportions, qui n'étaient évidemment pas 85-15. La question que je vous pose,
c'est : Qu'est-ce qu'on fait, comme cet été, concrètement, ça nous est
arrivé, lorsqu'on ne reçoit pas assez de projets de CPE pour atteindre cette
proportion-là? Est-ce qu'on attend, on refait un autre appel de projets ou on
va de l'avant, comme on l'a fait avec des garderies subventionnées?
Mme Grenon (Valérie) : Excusez-moi,
je voulais juste être sûre, ne pas l'enlever pour rien. Bien, dans le fond,
nous, ce qu'on souhaite... Puis je pense que dans le projet de loi, M. Lacombe,
vous allez peut-être atteindre un objectif de plus de CPE. Ce n'est pas la
première fois qu'on s'en parle, mais, souvent, quelqu'un qui veut créer un CPE
comme ça avec des parents, bien, c'est très complexe, donc probablement que
c'est là qu'on a moins d'appels d'offres. Un
CPE qui a déjà cinq installations, il y avait un frein, parce qu'il ne pouvait pas
en avoir plus. Puis là, je parle bien
de CPE, donc c'est des conseils
d'administration qui gèrent le CPE.
Bien, ces directions-là et ces conseils
d'administration là, bien souvent, sont plus chevronnés et plus
aptes à ouvrir d'autres installations, puis j'en ai même en tête, moi, que, selon moi, quand le projet de loi va être ouvert... pas être ouvert, mais être adopté, pardon, va
permettre...
M. Lacombe : On le souhaite, on le
souhaite.
Mme Grenon (Valérie) : ... — oui,
bien, nous aussi, on le souhaite, il y a certains aménagements, mais on le
souhaite sincèrement — et
va probablement permettre à l'ouverture de plus que ça. Oui, on est d'accord,
mais je pense qu'il faut se concentrer... Tu sais, les CPE ont démontré la
qualité...
M. Lacombe : Tout à fait, oui.
Mme Grenon (Valérie) : ...du service
qui a été fait, le nombre de plaintes est beaucoup moins... beaucoup moindre.
Donc, si on vise quelque chose, bien, on peut se mettre les moyens en place,
puis je pense que le projet de loi en est un, un moyen qui va permettre
possiblement... avoir peut-être plus d'offres, d'appels d'offres. Mais c'est
sûr qu'on peut être contraint par le tout, mais il faudrait éviter que ça
soit... excusez-moi le terme, mais des entreprises comme McDonald's qui ne
veulent faire juste que des chaînes de services de garde puis que la qualité
soit diminuée.
M. Lacombe : Oui. Je comprends.
Bien, ça, d'ailleurs, et c'est important pour moi, on veut se prémunir contre ça. Donc, dans le projet de loi, par exemple, on va retirer le nombre maximal d'installations pour les CPE, mais on ne le
fera pas, notamment, pour les entreprises, parce que, pour
nous, effectivement, c'est important qu'on ne développe pas des chaînes de
garderies.
Mais je suis certain, puis vous venez de le
confirmer, je pense, là, si je comprends bien, comme ministre de la Famille, je
suis devant un choix où, d'une part, il y a des parents, et vous le mentionnez
souvent, principalement des femmes qui veulent retourner sur le marché du
travail, qui attendent une place pour leur enfant, et, d'autre part, bien, j'ai
les projets qui entrent pour développer ces places-là, et, lorsqu'on n'en a pas
suffisamment, comme ça a été le cas cet été, pour aller de l'avant avec
85 % de places en CPE, 15 % en garderie privée, bien, je pense que le
bon compromis à faire, c'est d'y aller avec
le maximum de places en CPE, d'autoriser tout ce qu'on peut, mais évidemment,
pour la balance, d'autoriser le reste.
Et d'ailleurs, c'est ce qu'on a fait, là. Je
prends quelques secondes pour le dire. Par exemple, cet été, on a reçu moins,
en proportion, de projets de CPE que de projets de garderie privée subventionnée.
Par contre, on en a autorisé plus, en
proportion, évidemment. À la fin, les places qui ont été octroyées l'ont
été majoritairement, même si
on n'était pas à 85 %, en CPE. Mais ce
n'est pas toujours possible, parce que parfois les projets ne sont simplement
pas déposés.
Je rebondis sur autre chose. Vous avez parlé
tantôt de sécurité, d'enjeux de sécurité qui... Évidemment, il faut toujours
que les ratios restent sécuritaires. Vous avez aussi des questions, bon, quand
on augmente les capacités. En même temps, et je vous avoue que je trouve ça un
peu contradictoire, donc je veux peut-être vous permettre de l'expliquer, vous
nous dites que vous souhaitez permettre aux responsables de services de garde
ou de services éducatifs, comme vous
souhaitez qu'on les appelle, d'accueillir quatre poupons. Moi, je vous avoue
que je trouve que c'est beaucoup trop, et qu'à mon sens ça pose un enjeu
de sécurité. Quand on comprend qu'en milieu familial la personne doit aussi préparer le dîner, par exemple, et qu'avec quatre
bébés, sans avoir l'aide de collègues évidemment, comme dans un CPE, ça
peut représenter un défi de sécurité, à mon sens. Vous n'êtes pas d'accord avec
Mme Grenon (Valérie) : Dans les
faits, ce qu'on vous propose, c'est de mettre sur pied un projet pilote.
Essayons-le. On sait qu'il y a des responsables en milieu familial, on sait
qu'il y a un besoin énormément criant des parents, parfois, que, plus jeunes,
ils les envoient en milieu familial puis, parfois, ils les envoient en CPE par
la suite. Donc, nous, ce qu'on veut mettre
en place, c'est un projet pilote. On sait qu'il y a probablement plusieurs
responsables en milieu familial qui refusent des parents, des enfants, parce
qu'ils n'ont plus de places poupons. Donc, il y a peut-être une manière
d'essayer de trouver une solution, pour répondre aux besoins des familles, qui
pourrait être plus facilitante. Et, oui, on le sait qu'ils ont leurs dîners, la
responsabilité, mais c'est un petit cocon familial. Donc, le plus petit,
18 mois, pourrait être plus facilitant pour l'intégration. Beaucoup de familles
choisissent le milieu familial pour leurs jeunes enfants. Donc, nous,
l'important, c'est la sécurité, donc il faut le voir.
Puis,
en CPE, rappelons-nous-le, oui, des fois, on pense que les collègues sont à
côté, mais le CPE, l'éducatrice qui
est toute seule, avec cinq poupons, bien, parfois, elle est toute seule toute
la journée, cinq poupons. Il y a quelqu'un s'il y a une urgence, oui, mais, dans la grande
majorité du temps, un petit CPE n'a qu'une pouponnière de cinq enfants.
Mais je pense qu'en le mettant en projet pilote... Testons la sécurité, la
faisabilité de ça, mais on serait ouverts à être des partenaires pour un projet
pilote, ça, c'est clair.
M. Lacombe :
Mais on comprend que... En tout cas, moi, je pense qu'il y a des enjeux de
sécurité importants, là.
Mme Grenon
(Valérie) : Oui, on est d'accord. C'est pour ça qu'on veut le mettre
en projet pilote pour regarder ce qui peut être fait.
M. Lacombe :
O.K., d'accord. Sur le crédit d'impôt... C'est la bonne journée pour en parler,
donc parlons-en, peut-être,
rapidement. Parce qu'encore là, je vois peut-être une contradiction et je veux
avoir votre avis là-dessus : Est-ce que vous êtes contre la
majoration du crédit d'impôt? Juste pour clarifier ça, en partant.
Mme Camerlain
(Line) : Merci. Bien, nous avons salué la fin de la modulation des
tarifs, là. Ce qu'on souhaite, c'est qu'il n'y en ait plus, de crédit d'impôt.
Puis là on va le savoir dans quelques heures, mais je pense que,
malheureusement, ça n'ira pas dans... mon souhait ne sera pas exaucé, je vais
le dire comme ça. Alors, c'est pour ça qu'on vous a fait une recommandation. À
défaut d'aller de l'avant... Puis vous l'avez dans notre mémoire, le coût, là,
ça a quand même explosé, le coût pour le gouvernement, là.
M. Lacombe :
Oui, ça représente plusieurs centaines de millions, vous avez raison.
Mme Camerlain
(Line) : 748 millions, là, selon nos chiffres, pour 2021, en
crédits d'impôt. Puis ça avait débuté en... Bien, en 2005, 166 millions.
M. Lacombe :
Donc, philosophiquement, vous êtes contre. Je voulais juste établir ça.
Mme Camerlain
(Line) : On veut être contre. Puis on vous propose, à défaut, arrêtez
de... moratoire sur le nombre de garderies...
M. Lacombe :
Je comprends bien. Vous souhaitez qu'on convertisse tout ça en CPE.
Mme Camerlain
(Line) : Oui.
M. Lacombe :
Ça, je le comprends, mais je voulais voir...
Mme Camerlain
(Line) : Dotez-vous d'un plan de match.
M. Lacombe :
...si vous étiez pour ou contre. Mais qu'est-ce qu'on fait, dans l'intervalle,
avec les enfants? Parce que le plan que vous
proposez... Si on disait «parfait, on fait ça», il reste qu'il y a des
familles, aujourd'hui, là, à l'heure
où on se parle, qui n'ont pas de places subventionnées. On parle de jeunes
familles. Le coût de la vie augmente, c'est difficile pour elles, elles
paient cher. Donc, vous vous opposez à ce que l'État vienne les aider
financièrement?
Mme Camerlain
(Line) : Bien, à quelque part, quand tu as une garderie privée non
subventionnée, tu as une business, hein? Tu choisis ta clientèle, tu choisis où
tu la fais puis tu fais un profit. Donc, cette philosophie-là, pour nous, elle
est inacceptable. Ce qu'on souhaite, c'est la conversion.
M. Lacombe :
Je comprends.
Mme Camerlain
(Line) : Puis dotez-vous d'un plan de match. Pendant x années, je vais
en convertir, puis, dans x années, le crédit d'impôt sera aboli.
M. Lacombe :
Mais, en attendant, là, si on pense aux parents, puis on ne pense pas aux
entreprises, aux parents qui...
Mme Camerlain
(Line) : Un échéancier.
M. Lacombe :
...qui veulent plus d'argent dans leurs poches, qui veulent peut-être que les
éducatrices soient mieux rémunérées pour qu'il y ait moins de taux de
roulement, aussi, vous ne pensez pas que c'est une bonne idée de bonifier ce
crédit d'impôt là?
Mme Camerlain
(Line) : Non. Bien, on souhaite...
Lacombe : Donc, ce n'est pas une bonne idée de remettre de l'argent
dans le portefeuille de ces familles-là, là, qui nous disent qu'ils en
ont vraiment besoin?
Mme Camerlain
(Line) : Bien, présentement, vous en avez un, crédit d'impôt. Ce qu'on
souhaite, c'est que vous vous dotiez d'un plan de match pour en venir à
dire : Dans x années, il n'y en aura plus.
M. Lacombe : D'accord. On ne peut
pas faire les deux en même temps, à votre sens?
Mme Camerlain (Line) : Non.
M. Lacombe : O.K., je comprends
bien. Je vais peut-être passer la parole à ma collègue, qui avait aussi des
questions.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à la collègue de
Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, Mme la
Présidente. Merci, mesdames, merci d'être là. Je lisais dans votre mémoire, à
la page 9, la recommandation 9, justement, à laquelle vous
recommandiez de mettre sur pied un comité de travail, en fait, pour formuler
des recommandations quant à l'élargissement des services éducatifs aux parents
en situation de travail atypique. Moi, j'aimerais vous entendre, parce que,
vous savez, on s'en occupe, on y pense. Donc, je veux vous entendre, sur cette
recommandation-là, élaborer davantage, s'il vous plaît.
Mme Grenon (Valérie) : Excusez-moi,
je n'ai pas mis les bonnes boucles d'oreille aujourd'hui.
Mme Lachance : Masque et boucles
d'oreille, ce n'est pas compatible.
Mme Grenon (Valérie) : Excusez-moi.
Ça vous arrive souvent?
M. Lacombe : Pas moi, pas moi. Aïe!
non, non, non.
Mme Grenon (Valérie) : O.K. Oui,
bien, excusez-moi, je ne veux pas gruger votre temps. Bien, nous, ce qu'on
veut, c'est s'asseoir, parce qu'on a déjà réfléchi dans le passé, puis ça date,
là, bien avant COVID. Il y a des besoins, il y a des besoins criants. On le vit
dans des familles, les métiers, des fois, des horaires atypiques, mais, des
fois, des chiffres coupés. Surtout, des fois, en milieux défavorisés, les
parents vont prendre un petit temps, le matin, pour aller travailler puis un
temps le soir. Donc, ce qu'on veut, c'est s'asseoir pour regarder comment qu'on
peut répondre aux besoins des familles, comment on peut attirer des
intervenantes à travailler sur un chiffre de soir ou un chiffre de nuit, parce qu'on s'entend que ce ne sera pas les mêmes, donc, et comment qu'on peut appliquer un
programme éducatif, pour la suite des choses, puis rendre l'enfant bien dans
son milieu, que ce soit en milieu familial ou en CPE.
Donc, on y croit, puis je pense qu'il y a un
besoin là, il y a des familles qui ont besoin de places de garde atypiques. Je
pense que la pandémie nous l'a démontré aussi dans les services de garde
d'urgence. Il y a même eu des approches faites pour voir ce qui pourrait être
fait. Donc, nous, on veut être
partie prenante de ça, parce que je pense que ça
pourrait répondre à un besoin des familles, avec, peut-être, les milieux déjà
existants, ou créer d'autres milieux de vie pour faciliter le tout.
Mme Lachance : Puis vous avez dit
que vous l'aviez déjà étudié il y a quelques années. Donc, dans votre expérience ou dans ce que vous savez, les besoins
sont plus criants à certains niveaux. Comment vous voyez ça? Est-ce que c'est davantage des horaires
atypiques, on parle du temps partiel, ou est-ce que c'est davantage de
l'horaire atypique plus tôt le matin, plus tard le soir, la fin de semaine, la
nuit? Avez-vous des idées sur ça?
Mme Grenon (Valérie) : Bien, c'est
sûr que, si je regarde au niveau des CPE, nous, on ne représente pas de CPE qui font de la garde de soir ou de nuit, ça
fait que je ne peux pas me prononcer là-dessus, mais on a quand même plusieurs responsables en milieu familial qui font
deux chiffres, je vous dirais, donc un chiffre de jour et un chiffre de nuit,
et on sent qu'il y avait quand même un besoin. Donc, je pense qu'il faut le
regarder comme il faut.
Nous, notre inquiétude, ce n'est pas être de la
garde. Donc, bien, c'est sûr que, quand l'enfant dort, l'enfant dort la nuit.
Mais je pense qu'il y a un besoin. On le voyait plus au niveau du besoin
atypique du parent que de la garde atypique, parce que le lien d'attachement
est important pour les enfants. Je ne sais pas si j'avais bien compris votre question, mais, pour nous, là, une
intervenante qui viendrait juste un deux heures, trois heures le matin, qui
repart puis qui revient... Pour nous, là, il faut faire attention, quand même,
aux besoins de l'enfant. Le lien d'attachement est primordial, parce que c'est
les fondations, puis, après ça, il va pouvoir se développer. Nous, on le voyait
plus au niveau des horaires atypiques du parent utilisateur...
Mme Lachance : Je vous avais bien
compris.
Mme Grenon (Valérie) : ...de
regarder... O.K., c'est bon. Je voulais juste être sûre. Parfait.
Mme Lachance : J'avais très bien
compris. Merci beaucoup. J'aurais peut-être une autre question. Est-ce que vous
permettez, oui? Il y avait... Tout à l'heure, vous avez parlé du conseil
d'administration, en fait, vous avez évoqué l'importance
des conseils d'administration. On a eu quelques groupes au fil des derniers
jours, dont certains nous faisaient mention que c'était extrêmement important,
entre autres choses, qu'il y ait des membres du personnel du CPE ou des RSG qui
soient membres du conseil d'administration. J'aimerais vous entendre élaborer
sur le sujet. Est-ce qu'il y a un chiffre magique? Comment ça peut s'articuler,
pourquoi, et tout?
Mme Grenon (Valérie) : Dans le fond,
au niveau des responsables en milieu familial, dans les conseils
d'administration où qu'il y a des bureaux coordonnateurs, il y a, la grande
majorité du temps, une responsable en milieu familial. Ils se mettent leurs
critères, là, si, mettons, elle a besoin de quitter, tout dépendant du sujet.
Nous, au niveau du secteur des CPE, le conseil d'administration peut seulement avoir quelqu'un, et ne doit pas, obligatoirement, l'avoir.
Nous, on pense, sincèrement, que ça pourrait être intéressant d'avoir... que ce
soit une éducatrice ou une responsable en alimentation, mais quelqu'un qui
vient du personnel. Pourquoi? Parce que, des fois, il y a des projets, des idéologies que le conseil d'administration veut mettre, comme un programme en anglais
pendant 10 minutes. Bien, ce serait peut-être le fun que
l'éducatrice puisse amener son point de vue avant qu'il y ait des décisions de
prises, donc. Puis je dis «éducatrice», mais ça peut être tout membre du
personnel.
Donc, nous, on trouve que ça pourrait être même
avantageux parce que, dans le «day-to-day», bien, c'est l'intervenante qui est
là, et non pas, souvent, le conseil d'administration. Tu sais, les parents
peuvent avoir de superbonnes idées, mais, dans le «day-to-day», est-ce qu'on
est capables de l'appliquer? Donc, de là qu'on trouverait avantageux... Puis, on ne le dira jamais assez,
c'est une petite famille, avec les parents, donc il manque comme un
joueur dans le conseil d'administration, vu que ce n'est pas obligatoire,
actuellement, là, dans la loi.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Je cède maintenant la parole au ministre pour 1 min 30 s.
M. Lacombe : Bien, peut-être juste
pour conclure. Bien, je suis content que la députée de Bellechasse vous ait
posé cette question-là, c'est revenu. Je vous dirais que c'est quelque chose
qu'on a entendu, donc, sur quoi on se penchera.
Je l'ai dit tantôt, l'objectif, c'est, bien sûr, d'améliorer le projet de loi.
Et je veux terminer — ça va
peut-être vous surprendre — non pas avec une question, mais avec un
commentaire, pour vous dire que les relations, évidemment, syndicales,
gouvernementales ne sont pas toujours faciles, je pense qu'on en sait tous
quelque chose. Et ça ne date pas d'hier, je pense que ça fait
partie de
l'histoire, là, c'est un peu toujours comme ça.
Mais je voudrais quand même vous remercier pour
votre travail, parce que je sais que ce n'est pas un travail qui est facile. Vous représentez un groupe,
majoritairement, féminin, qui ne l'a pas eu facile, je dirais, dans les
dernières décennies, puis vous avez mené toute une bataille. Et je le dis parce
que, de l'extérieur, il peut sembler que... et je ne parle pas des négociations
en cours, là, mais il peut sembler qu'on est souvent en opposition. Mais je
veux vous dire que je suis très, très fier, quand même, du travail qu'on a fait
ensemble, vous féliciter pour votre lutte et vous dire que je pense, tout comme
vous, qu'on doit améliorer les conditions de travail. On l'a fait en milieu
familial, et je suis persuadé qu'on pourra, d'ici la fin du mandat, continuer
de collaborer ensemble pour laisser un réseau qui sera en bien meilleur état à
la fin. Merci beaucoup.
Mme Grenon (Valérie) : Merci à vous.
Présidente (Mme D'Amours) :
Maintenant, je cède la parole à la députée de Sherbrooke pour
2 min 45 s.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Quand on regarde le tableau qui est dans votre mémoire, sur le
nombre de RSE, on constate quand même qu'il y a une baisse significative dans
les dernières années, puis, si rien n'est fait, ça donne l'impression que, dans
10 ans, il n'en restera pas beaucoup, là. Pourtant, le ministre espère,
dans son projet de loi, attirer des milliers de PNR à rejoindre les bureaux
coordonnateurs. Vous les connaissez, les irritants envers les bureaux
coordonnateurs. Est-ce que vous pensez que les incitatifs qui ont été mis en
place dans les derniers mois, et ce qui est prévu dans le projet de loi, ça va
être suffisant pour freiner l'exode et recruter aussi des milliers de PNR dans
le réseau?
Mme Grenon (Valérie) : Bien, oui,
nous, l'exode... C'est sûr qu'il est arrivé des moments précis, dans l'histoire
des responsables en milieu familial, qui a fait un déclenchement, là, de
vouloir quitter le réseau et, même, de s'en aller dans de la garde privée. On
voit une volonté du gouvernement d'essayer de faire bouger les choses. Mais de
là que, dans notre mémoire, vous trouvez, dans l'annexe I... on a vraiment
consulté les responsables en milieu familial, actuellement, qui désireraient
quitter, de qu'est-ce qu'il y a, administrativement, pour vous aider à rester.
Donc, on s'entend que toute la charge administrative, au niveau de la place
subventionnée... Nos responsables veulent
maintenir une place subventionnée, mais il y a beaucoup de bureaucratie et
beaucoup de paperasse. Donc, on a quand même... Puis je ne prendrai pas
tout votre temps pour la lire, mais, vraiment, l'annexe I, c'est vraiment, là,
pour réduire le fardeau administratif. Donc, il y a peut-être des choses, là,
qui pourraient alimenter le projet de loi.
Le fameux incitatif que le ministère de la
Famille avait mis en place pour attirer de nouvelles responsables en milieu
familial, pour nous, on a salué que c'était une bonne nouvelle. Pour la
nouvelle personne, on s'entend que, pour qu'elle puisse s'équiper, que ce soit
même juste au niveau de la sécurité de sa maison pour accueillir des jeunes
enfants, on trouve ça bien, parce que c'est un fardeau de moins sur les
épaules. Puis on le sait, en milieu familial, c'est
des places qui peuvent être rapidement disponibles, là, un coup que toute l'installation
est prête. Donc, oui, on le salue.
Bien sûr, la perte
annoncée dans le chantier, là, du fameux 3 000 $ pour la deuxième
année, on est moins d'accord, parce que c'était une entente prévue au niveau
des membres, là, pour la deuxième année, du 3 000 $. Donc, c'est sûr
que, pour les nouvelles places, ça aurait pu être un incitatif, là, pour les
nouvelles, donc, pendant deux ans, un certain montant. Mais il y a encore
beaucoup de choses à faire, sincèrement. Beaucoup de gens ont quitté, parfois
vers le privé...
Mme Labrie : Voyez-vous un
engouement, dans les derniers mois, pour aller chercher un permis...
Mme Grenon (Valérie) : Il n'y a pas
un engouement actuellement. Je pense qu'on va le voir à plus long terme. C'est
sûr que les...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup. Je suis désolée. Le temps étant écoulé, je vais céder maintenant la
parole à la députée de Joliette, toujours pour 2 min 45 s.
Hivon : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci à vous. Et puis, rapidement, juste merci
pour le combat que vous menez présentement. Donc, ça prend beaucoup de force,
et puis j'espère que ça va se résoudre de la meilleure
des manières. Donc, on partage vraiment le même point
de vue sur l'importance
de développer les nouvelles places en CPE, de convertir les places de
garderies privées en places de CPE, de ne pas penser que le crédit d'impôt,
c'est la solution à long terme. On voit déjà des garderies privées qui
augmentent leurs tarifs depuis quelques semaines en prévision de ce nouveau
crédit d'impôt qui est écrit dans le ciel. Alors, on s'entend vraiment
là-dessus.
Moi, deux
questions. Une, très générale : Pour vous, la clé de voûte vers la qualité
des services, quelle est-elle? L'élément central sur lequel on doit focusser
pour la qualité des services? Et le deuxième élément, c'est — je
sais que ça vous tient vraiment à coeur, Mme Grenon — la
question de l'intégration des enfants qui ont des besoins particuliers. Je l'ai
demandé, hier, à Valorisons ma profession : Ce serait quoi, la Cadillac du
modèle pour favoriser un accompagnement autant des éducatrices que des
tout-petits qui ont des besoins particuliers?
Mme Camerlain
(Line) : Je vais y aller,
pour la qualité. Moi, je dirais que, pour s'assurer d'avoir de la
qualité, ça prend des conditions de travail puis du salaire. Puis, pour nous,
c'est une formation, donc on souhaiterait qu'on revienne à un ratio trois sur trois en CPE. Pour nous, c'est évident.
Donc, ça passe par de la formation, mais, pour qu'il y ait des
éducatrices puis des intervenantes formées, bien, ça prend des conditions de
travail puis des salaires qui suivent.
Mme Grenon (Valérie) : Au
niveau de l'accueil et de l'intégration des enfants en besoins particuliers, il
y a une chose qui est claire, il faut donner accès à tous les enfants qui
auraient besoin des sommes supplémentaires, donc un professionnel, que le
médecin déclare avoir des besoins, parce qu'actuellement il y a un plafond,
donc il y a des enfants qui ont une
inéquité. Donc, si le CPE ou le milieu familial a déjà son quota d'enfants qui
reçoivent la subvention, bien, s'il y a un enfant qui arrive... Puis il
y en a plein, en ce moment, de toute manière, d'enfants qui n'ont pas la
subvention, parce qu'il y a un quota, donc de là on n'offre pas la qualité et
les services nécessaires pour les enfants ayant des besoins particuliers. Donc,
on met encore un écart dans les capacités de l'enfant puis une difficulté au
niveau des vulnérabilités. Donc, il y a une affaire qui est claire, il faut donner
accès à la subvention à tous les enfants qui ont un médecin qui a amené, là, un
possible diagnostic ou un envisagement, là, de besoins, parce qu'en ce moment
il y a des enfants qui sont privés de ça.
Mme Hivon : C'est
vraiment lever le quota.
Mme Grenon (Valérie) : Oui, tout à
fait.
Hivon : Donc,
c'est la première chose. C'est
Mme Grenon (Valérie) : Première
chose, c'est clair.
Mme Hivon : Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
cède maintenant la parole au député de LaFontaine pour 11 minutes.
M. Tanguay : Merci
beaucoup. Merci à vous, Mme Camerlain et Mme Grenon. Au début, je
pensais à la fin de l'intervention du
ministre, quand il a dit : Bon, bien, là, dans le contexte actuel des
négociations, j'aimerais affirmer quelque chose. J'étais sûr qu'il
allait dire : Faites-vous-en pas, il n'y aura pas de loi spéciale. Mais,
ah! je suis resté au bout de ma faim. Je referme la parenthèse.
Les rapports RSE-bureau coordonnateur, qu'en
est-il? Parce qu'on a entendu ça hier. Et qu'est-ce qu'il faut changer? Et je
vous dirais même : Quel impact tangible que ça a peut-être pour
démobiliser certaines RSE? Jusqu'à quel point ça a un impact? J'aimerais vous
entendre là-dessus.
Mme Camerlain (Line) : ...juste
commencer, puis Valérie va donner des... répondre plus précisément. Mais, pour
nous, il faudrait harmoniser ou uniformiser davantage le travail qui se fait en
bureau de coordonnateur. Vous retrouvez, dans notre
mémoire, plusieurs éléments à cet égard, là. Que ce soit dans la loi ou dans
les règlements, là, il faut vraiment uniformiser les pratiques, parce qu'on
souhaite une collaboration puis des pratiques plus harmonieuses, je dirais ça
comme ça.
Mme Grenon (Valérie) : Pour compléter,
dans le fond, ce n'est pas normal que, dans tout le Québec au complet, il y a
des bureaux coordonnateurs que c'est des perles, que les responsables en milieu
familial ne quittent pas depuis des années, malgré la modulation, malgré tout
ce qui s'est passé, n'ont pas quitté, parce qu'ils sont des partenaires avec le
bureau coordonnateur, puis il y en a d'autres qui sont... ils se sentent comme
en prison, la police arrive, et c'est très contraignant. Donc, il faut vraiment
améliorer ça.
J'invite fortement... Puis je le répète, dans
notre
annexe I, on a vraiment fait une liste de points importants pour les responsables, puis qui ne diminuera pas
la qualité, qui n'enlèvera pas la sécurité des enfants et qui va peut-être
même permettre à plusieurs PNR et plusieurs personnes, même... oubliez les PNR,
mais de femmes ou d'hommes à vouloir ouvrir
un milieu familial. Parce que je pense que l'important du temps qu'elles
doivent consacrer à leur métier, c'est de s'occuper des enfants, et du
développement des enfants, et de leur santé et sécurité, et non pas à passer
des heures à remplir des papiers, qui ne sont peut-être pas nécessaires, là, à
la structure.
M. Tanguay : Puis, Mme
Grenon, je vous amène sur un aspect, j'imagine, de ça. Vous dites : «Les
RSE demandent que ce soit simplifié le processus d'inscription d'un enfant et,
particulièrement, celui d'un enfant remplaçant, qui ne fréquentera que
temporairement le service éducatif.» J'aimerais vous entendre un peu plus sur
Mme Grenon (Valérie) : Bien, plus
précisément, c'est qu'il y a beaucoup de... c'est beaucoup plus difficile, il y a des enfants, parfois, que leur contrat
part... Je vais donner un exemple, un enfant qui quitterait, quelques
semaines, dans un autre pays, parce qu'on le vivait. Bien, juste trouver un
remplaçant, c'est très complexe. Donc, il y a une perte de subventions. Donc,
essayer de, rapidement, mettre un processus pour que l'enfant puisse prendre la
place en attendant. Bien, comme ça, un, on aide une autre famille de plus, puis
il n'y a pas de perte monétaire, là, parce que les subventions, là, vont
rouler, là, rapidement.
M. Tanguay : Et, en milieu familial, les services non régis,
quelle est votre réception? J'aimerais vous entendre. Il y a le mémoire,
là, mais quelle est votre... comment qualifiez-vous... ou quels sont vos
commentaires par rapport à l'approche qui est faite dans le projet de loi, là?
Mme Grenon (Valérie) : Bien, pour
nous, tout a débuté avec la loi n° 143 qui a été adoptée. On a vu une
avancée là-dessus. C'est sûr que, pour nous, on salue qu'on baisse les ratios
encore plus, mais il faut le faire le plus rapidement possible. Quatre ans est
peut-être trop long. Moi, je pense à santé et sécurité. Actuellement, s'il se
passe quelque chose, c'est les parents qui doivent dénoncer. Donc, il y a
peut-être un processus à mettre en place. Est-ce que c'est mettre un an pour s'assurer qu'ils aillent chercher les formations
pour se préparer à s'en aller... régi, subventionné? Puis, pour nous, ça
ne doit être que régi, subventionné. Les familles du Québec veulent une place à
8,50 $. Tantôt, on parlait de manque de
places. Bien, je pense que, si on s'en va vers seulement le subventionné, au
niveau des places non reconnues en ce moment, vers reconnues et
subventionnées, on va aider à répondre aux besoins des familles, et ça va
permettre à ces femmes-là et ces hommes-là, même, d'accueillir des enfants à
besoins particuliers, qui, en ce moment, ne peuvent pas en accueillir parce
qu'ils ne sont pas subventionnés. Donc, je pense que c'est un beau cercle où
qu'on pourrait embarquer, pour la qualité.
M. Tanguay : Puis, si vous me
permettez l'expression, c'est un «win-win» pour la personne qui offre le service, la RSE, et pour les parents, évidemment,
puis le développement de l'enfant. Donc, si je vous comprends bien, là, dans le projet de loi, il est prévu au plus de
deux enfants. Vous, vous diriez, aussitôt qu'il y a un enfant, vous
l'incluriez, là.
Mme Grenon (Valérie) : Ah! tout à
fait.
M. Tanguay : Il n'y aura pas
de limite, là. Aussitôt que tu en as un, tu pourrais être subventionné.
Pourquoi à partir de... Pourquoi juste un, tu ne serais pas subventionné, puis
il n'y aurait pas de lien, là? Mais vous, vous le feriez dès qu'il y a un
enfant?
Mme Grenon
(Valérie) : Oui. On parle bien de personnes qui offrent un service à
la semaine, tout le temps, là. Je ne
parle pas de personnes qui pourraient garder un enfant pour accommoder
quelqu'un une journée, là. Ça, c'est clair.
M. Tanguay : O.K. Quel impact
vous pensez, sur le terrain, parce que j'imagine que vous en rencontrez, vous
avez des conversations, quel impact que ça, ça risque d'avoir, ça? Est-ce qu'il
y en a qui vont dire : Bien, à ce compte-là, non, parce que moi, je ne
veux pas être régi, pour x, y raisons, bonnes ou moins bonnes? Quel impact vous
pensez que ça va avoir, ça, sur peut-être des fermetures de non régis, je vais
dire ça de même?
Mme Grenon (Valérie) : Bien, c'est
sûr que c'est fragile, il faut faire attention, parce qu'il y en a qui ont
quitté le réseau régi subventionné pour certaines raisons. Ce qui est ressorti
beaucoup sur le terrain, il y en a qui sont revenus beaucoup, il y en a qui
sont... bien, pas beaucoup, mais il y en a qui sont revenus à cause de la
modulation des frais de garde. On se rappellera que, lors
de la modulation des frais de garde, il y a des parents qui mettaient de la
pression auprès des responsables pour qu'ils s'en aillent non régis, non
subventionnés, à cause de la modulation, et l'arrêt de la modulation, qu'on
souligne et qu'on est bien contents que ça n'existe plus, bien, on
a vu l'effet inverse. Le crédit d'impôt, ça va continuer à aider aussi, cette
démarche-là.
Mais il y a une chose qui est claire, il y a
beaucoup de paperasse. Il ne faut pas oublier que ces personnes-là, ce qu'elles
veulent, c'est travailler avec les enfants, donc toute la paperasse
administrative, ça, c'est une chose à régler, et l'harmonie au niveau des
bureaux coordonnateurs. Je vous le dis, il y en a que c'est des polices, puis
il y en a que c'est des amours, puis qui accompagnent et qui soutiennent les
responsables. Donc, l'harmonisation des BC. Puis il ne faut juste pas se... pas
se souvenir... il faut se souvenir, pardon, que ça reste des responsables en
milieu familial, qui sont des travailleuses autonomes, donc qui suivent les
règlements, mais qui n'ont pas besoin d'un employeur, qui seraient les bureaux
coordonnateurs.
M. Tanguay : Et ça,
pensez-vous que, ça, on peut mettre ça dans la loi, un peu, la philosophie qui
devrait animer les bureaux coordonnateurs? Est-ce que vous pensez qu'on devrait
le mettre dans la loi?
Mme Grenon (Valérie) : Bien, je
pense que oui, parce que, si on veut utiliser le système employeur, c'est le
gouvernement qui est l'employeur, entre guillemets, des responsables en milieu
familial, à cause des subventions, et vous nommez les bureaux coordonnateurs
pour tout gérer les choses, pour distribuer les subventions, s'assurer des
fiches d'assiduité. Donc, je pense que, oui, c'est à vous de voir, avec la
personne que vous donnez le mandat, de s'assurer que c'est égal pour tous.
Puis, oui, je pense que, si on l'encadre dans la loi, ça va permettre... je
cherche mon mot... les écarts de conduite de certains bureaux coordonnateurs.
M. Tanguay : Vous cherchez
votre mot, mais moi, tantôt... ça fait trois fois que j'essaie de me
rappeler de la question, puis là je l'ai...
Mme Grenon (Valérie) : C'est bon,
allez-y.
M. Tanguay : ...puis je vais
vous la dire avant que je la perde, parce que vous m'avez inspiré une question.
Vous dites que la paperasse, vous voulez que ça diminue, diminue, puis vous
êtes encore sous la paperasse, là. Depuis trois ans, avez-vous vu une modification
substantielle de ça? Est-ce qu'il y a un chemin qui a été fait ou... Quelle est
l'ampleur de la tâche devant nous, là, par rapport à la paperasse?
Mme Grenon (Valérie) : Il n'y a pas
eu de diminution. Je vous dirais même que le dossier de l'enfant, pour les
responsables en milieu familial, ça a été un supplément de dossiers de
l'enfant. Puis loin de moi de dire qu'on est contre, mais ça reste quand même
qu'il y a eu des tâches supplémentaires faites dans l'administration de tout
ça. Mais, non, il n'y a pas eu de diminution faite actuellement.
M. Tanguay : Diriez-vous que
la réalité sur le terrain, qui plus est, c'est que, pour l'éducatrice qui doit
remplir les rapports, bien, il faut qu'elle le fasse sur un temps qui n'est pas
dédié, puis que, ça, ça ajoute une cinquième balle avec les quatre premières avec
lesquelles ils ont à jouer, en termes de tâches, de responsabilités, de ci, de
ça, ils doivent trouver du temps? Puis, dans bien des cas, pour en avoir
rencontré puis — mais
c'est vous qui vivez davantage avec
elles — ça se
fait sur du temps, des fois, personnel, là. Puis croyez-vous que, si c'est
important, puis vous le dites que c'est important, on le sait que c'est
important, il faudrait prévoir aussi du temps pour bien le faire? On parle de
développement de l'enfant.
Mme Grenon (Valérie) : Bien, on est
tout à fait d'accord. Quand on... Si on fait le comparatif avec la négociation
des responsables en milieu familial, on a obtenu des gains pour permettre de le
faire. Au niveau de la négociation des CPE, c'est en cours, c'est une de nos
revendications. On avait déjà du temps. Ça fait que, oui, on essaie de faire
les ajustements, pour ne pas... comme vous venez de le dire, pour que ça se
fasse bien assis, pas fatigué le soir puis pas le matin, un samedi. C'est un
travail de qualité que nos intervenantes veulent faire. On est d'accord pour le
faire, mais il faut prendre bien le temps de le faire, pour ne pas le remplir à
la va-vite, et que ça n'ait pas l'objectif de soutenir le parent, et aller
jusqu'à, même, la transition, là, à cinq ans.
M. Tanguay : Vous avez dit un
peu plus tôt, à... je pense que c'était ma collègue de Sherbrooke, vous n'avez
pas vu, je ne sais pas, là, d'engouement, je pense que c'était ça, là, par
rapport aux nouvelles personnes, qui viendraient dire, bien, lever la main,
dire : Bien, O.K., bien, à ce compte-là, moi, je vais être RSE, ça me
tente. Vous n'avez pas vu un engouement. Pensez-vous que tout a été dit
là-dessus? Pensez-vous qu'il y a d'autres choses à faire ou l'entente est si
extraordinaire qu'on a juste à s'asseoir puis à regarder les effets, qui vont
découler de source, d'eux-mêmes?
Mme Camerlain (Line) :
...réglementaire, c'est une piste. La valorisation de la profession. Nous, on
réclame qu'on les appelle des RSE, mais il y a une valorisation. Siéger sur des
conseils d'administration, c'est une façon de valoriser puis de faire la
promotion de ces belles professions-là. Ça en est, d'autres pistes
intéressantes à poursuivre, pour les RSE.
Tanguay : Puis vous dites là-dedans, justement, pour continuer
avec vous, vous avez une recommandation disant qu'il devrait y avoir, je
dis ça de même, là, une campagne publicitaire, ou... je ne sais pas.
Pouvez-vous m'en parler? Qu'est-ce qui... Parce que, bien souvent, on se
dit : On fait une campagne publicitaire. Vous, vous y croyez que ça
pourrait avoir un impact tangible, puis j'aimerais savoir, pour que ça ait un
impact tangible... Parce que faire une campagne... pour une campagne
publicitaire qui dure trois mois, à un moment donné, on ne veut pas que ce soit
un coup d'épée dans l'eau. Ça
prendrait quoi, comme campagne publicitaire, pour dire : O.K., ça, ça parle à notre
monde, puis ça, oui? Qu'est-ce que vous imaginez?
Camerlain (Line) : Bien,
nous avons une recommandation à l'effet de hausser les budgets
promotionnels qui sont par région, parce que là c'est... veux veux pas, pour
attirer, recruter, il faut que tu valorises aussi. Donc, conditions de travail,
salaires, puis tu fais la valorisation de la profession, puis tu en fais la
promotion. Alors, si, dans une région, on
est en déficit de places, bien, quelle belle occasion d'investir plus de
budgets dans ces régions-là pour... Alors,
on a une recommandation pour hausser les budgets, parce qu'ils sont assez
minimes, là, par bureau de
coordonnateur.
M. Tanguay : Puis dans votre
mémoire... vous m'excuserez si ça m'a échappé, là, auquel cas, ce sera de ma
faute, là... À l'article 52 du projet de loi, il est dit que... vous le
savez, le ministre va se donner un plus large pouvoir réglementaire, puis à l'article 52,
il est inscrit d'ajouter, à 8.1, 8.2, 8.3, d'établir... le ministre pourra
«établir le délai de délivrance, la teneur [...] la forme [et] l'attestation,
faisant état de l'expérience cumulée aux fins de qualification», puis les deux
autres articles sont...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suis désolée...
M. Tanguay : Ah! déjà?
La Présidente (Mme D'Amours) :
...c'est tout le temps que nous avions. Donc...
M. Tanguay : Ah! j'ai
10 min 20 s. Non? C'est correct? O.K.
La Présidente (Mme D'Amours) : Non,
je n'ai plus de temps, mon cher monsieur. Donc, je vous remercie pour votre contribution
à nos travaux, mesdames.
La commission suspend ses travaux jusqu'à
14 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
La Présidente (Mme D'Amours) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations avec les citoyens reprend
ses travaux.
Nous
poursuivons les auditions publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi
n° 1, Loi modifiant la
Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance afin d'améliorer l'accessibilité au réseau de services de
garde éducatifs à l'enfance et de compléter son développement.
après-midi, nous entendrons les groupes suivants : la Coalition des parents d'enfants à besoins
particuliers du Québec, la Fédération des
travailleurs et travailleuses du Québec et la Société québécoise de la
déficience intellectuelle.
Donc, je souhaite la bienvenue à la Coalition
des parents d'enfants à besoins particuliers. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi nous procéderons à la
période d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter et à procéder à votre exposé. La parole est à vous.
Mme Nugent (Bianca) : Merci,
Mme la Présidente. Merci à tous les parlementaires et les personnes qui les soutiennent de m'accueillir aujourd'hui au nom des
milliers de parents d'enfants à besoins particuliers du Québec, qui sont
réunis sous la forme d'une voix d'expert par expérience. L'expérience d'être un
parent d'enfant à besoins particuliers est
une expérience qui revêt d'exceptions, qui revêt aussi nécessairement une
importance qui nous apparaît capitale dans notamment le continuum d'apprentissages qui touchent nos enfants. Je
suis Bianca Nugent, présidente et porte-parole depuis 2017 de la Coalition des parents d'enfants à besoins particuliers
du Québec, qui est un organisme incorporé à titre... à but non lucratif. La coalition se veut la voix des
experts, comme on dit, de... par expérience. Elle est composée de centaines
de membres individuels et associatifs dont
81 % des parents s'identifient comme parents, mais également comme
membres des enseignants, des éducatrices à
la petite enfance, des éducatrices spécialisées, des professionnels et des
alliés, comme leurs grands-parents ou
les autres membres ou proches de leur famille. La mission de la CPEBPQ vise à
défendre et à promouvoir les intérêts des enfants à besoins
particuliers, à accroître leur bien-être et leur participation sociale et à sensibiliser et soutenir les membres quant au
parcours d'apprentissage de leur enfant et évidemment aussi sensibiliser
les différents acteurs oeuvrant en éducation et, dans un sens plus large, ceux
oeuvrant en santé et en services sociaux.
Alors, la modification
du... En fait, le projet de loi n° 1 nous interpelle tout
particulièrement, en ce sens que pour nous les besoins particuliers sont ceux
reliés à l'intensité de soutiens et ressources nécessaires à apporter aux enfants ayant une condition neurodéveloppementale,
ou une variation neurologique, ou un handicap visible ou invisible, une déficience physique ou intellectuelle, une
psychopathologie reconnue dans la définition
d'enfant handicapé par l'Office des personnes handicapées du Québec.
Pour la CPEBPQ, ces besoins sont concomitants à leur situation de vie, à leur
réalité familiale, sans se limiter évidemment aux conditions ou situations de
leurs limitations ou incapacités.
Nous sommes
d'avis que, si ces conditions et cette situation de vie ne sont pas prises en
compte dans l'évaluation des besoins
et s'il n'y a pas une évaluation d'intensité de soutiens ainsi que les
ressources et les adaptations requises pour permettre l'intégration de
nos enfants dans les services de garde éducatifs à la petite enfance, ça peut constituer
un enjeu complexe, et même voire créer un
désavantage à un accès juste et équitable aux apprentissages nécessaires à
leur développement. Cette défavorisation à
l'apprentissage, comme on l'aime l'appeler à la coalition, est susceptible de suivre nos
enfants tout au long de leur continuum d'apprentissage, qui débute bien avant
l'enfance... bien avant, pardonnez-moi, l'entrée à l'école. Cette situation aussi peut constituer une
discrimination systémique qui enfreint leurs droits fondamentaux. Alors,
en regard du principe d'égalité des chances, la CPEBPQ est d'avis que le gouvernement
québécois devrait se doter de nouveaux indicateurs permettant de mesurer les
facteurs qui mènent à cette défavorisation, en prendre en compte aussi quant à
l'accessibilité, notamment ici, en ce qu'il est question, aux services de
garde.
Au Québec, l'Office des personnes handicapées
estime environ à 7 % la proportion des enfants 0-4 ans en situation
de handicap. En 2017, Retraite-Québec a évalué, quant à eux, la proportion à
environ 12, 5 enfants reconnus handicapés pour 1 000 de zéro à cinq
ans. Alors, on le voit bien, Mme la Présidente, que, bien que ces données sont
non exhaustives et non représentatives de la diversité de tous les enfants à
besoins particuliers du Québec, ces données convergent vers une même
réalité : les incapacités et les limitations des enfants du Québec sont en
forte croissance. À cet effet, la CPEBPQ se réjouit que le gouvernement du
Québec tient à améliorer la
Loi sur les services
de garde, et notamment l'accessibilité à tous les enfants, mais nous sommes
cependant préoccupés de lire combien le
terme «besoins» est davantage associé à ceux des services de garde qu'à ceux
des enfants dans le projet de loi. Ce manque de référence aux besoins
particuliers des enfants, et surtout comment y répondre à l'aide — qui,
pour nous, nous sommes d'avis... — d'une évaluation de l'intensité de soutiens
et de ressources requises pour favoriser leur intégration, nous interpelle fortement. Alors, notre intention
dans ce mémoire et notre présence aujourd'hui n'est pas de réclamer une
obligation de résultat, Mme la Présidente, mais certainement de réitérer
l'importance d'une obligation de moyens. Cette obligation de moyens
incomberait, par la voie d'une politique-cadre, oui, notamment, aux services
éducatifs à l'enfance pour soutenir le plein développement de tous les enfants
du Québec, précisément les enfants à besoins particuliers qui ont un fond de
vulnérabilité délimitant le développement de
leur plein potentiel, d'où l'importance d'évaluer le soutien nécessaire à leur
intégration et ainsi qu'au développement de leurs acquis et leur
apprentissage.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
nous allons maintenant commencer la période d'échange, et je vais céder la
parole à l'adjointe parlementaire, la députée de Bellechasse. Le gouvernement
dispose de 16 min 30 s
Mme Lachance : Merci, Mme la
Présidente. D'abord, je tiens à vous remercier, Mme Nugent, d'être ici avec nous aujourd'hui. Je vous ai bien entendue,
puis je voudrais qu'on revienne sur certains points dont vous avez
discuté. Vous nous avez parlé de
l'importance de l'évaluation de l'intensité de soutien et de l'évaluation des
besoins pour agir en toute équité
avec les enfants à besoins particuliers ou en situation de handicap. Dans cette
optique-là, ce que j'aimerais savoir,
j'aimerais savoir : Comment pensez-vous qu'on peut bien identifier, bien
repérer et bien évaluer ces besoins-là?
Mme Nugent (Bianca) : Merci
pour votre question. En fait, Mme la Présidente, il existe en ce moment un
outil qui est utilisé par plusieurs juridictions à travers le monde, cet outil
s'appelle l'échelle d'intensité de soutien. Elle a été promue en fait par
l'association américaine de la déficience intellectuelle, et elle est
présentement utilisée aussi notamment par le gouvernement ontarien dans
l'évaluation du soutien, justement, qui permet à l'aide d'un questionnaire, par
exemple sur l'ensemble des activités reliées à la vie quotidienne — et ce
questionnaire-là est aussi adapté pour les enfants — permet d'évaluer
finalement l'intensité du soutien en fréquence, en durée et quel type de
soutien un enfant a besoin pour finalement vivre une journée normale typique.
À l'aide de cette évaluation, nous sommes d'avis
que, si le gouvernement est intéressé, il pourrait sensiblement s'en inspirer
pour développer une évaluation individualisée, comme le projet de loi semble
sous-tendre, afin qu'on puisse déterminer à ce moment-là quels seraient les
soutiens à mettre, en quelle fréquence et à quelle durée. Ceci permettrait
évidemment de répondre non seulement adéquatement, mais de manière
individualisée aux besoins particuliers des enfants.
Comme vous le savez, en ce moment, les enfants à
besoins particuliers sont en forte croissance, on le voit dans le réseau de la
petite enfance mais aussi à l'école, et, malheureusement, mis à part, bon,
certains outils qui ne font pas
partie du même continuum... comme on le sait,
la petite enfance est sous l'égide du ministère de la petite enfance et... le ministère
de la Famille, pardon, et, évidemment, l'éducation au ministère de l'Éducation — alors,
souvent, les plans d'intervention, les évaluations multiples qui sont faits ne sont pas
standardisés et ne suivent pas l'enfant.
Mme Lachance : D'accord. Écoutez,
vous parlez du continuum, vous exprimez très bien l'idée, et d'ailleurs dans
votre mémoire vous nous citez l'exemple de l'Ontario. Vous savez, ici, on a
Agir tôt, vous avez entendu parler. La volonté, évidemment,
du gouvernement est justement de pouvoir établir ce continuum entre les services
de garde et l'école.
Mais j'aimerais vous entendre, parce que vous
citez l'exemple de l'Ontario, qui depuis 2012 intègre ces services. Est-ce que
vous pouvez nous en parler puis m'expliquer un peu, nous expliquer comment ça
fonctionne?
Mme Nugent (Bianca) : Oui, tout
à fait. En fait, j'ai participé, à
titre de travailleuse sociale membre de
l'Ordre des techniciens et travailleurs sociaux de l'Ontario, à la modernisation
de la
loi sur les services de garde de l'Ontario à l'époque pour le compte
d'une association en éducation des services à l'enfance francophones. Et dans
cette optique, la volonté du gouvernement ontarien était de s'assurer que le
profil et, évidemment, les besoins de tous les enfants fréquentant un service à
l'enfance de l'Ontario suivent tout au long d'un continuum. Alors, à cet effet,
ils ont développé... dans un premier temps, ils ont rapatrié finalement les
services à l'enfance sous l'égide du ministère de l'Éducation, ils ont
développé un programme d'apprentissage pour les jeunes enfants qui commence à
quatre ans, évidemment dans une optique d'intervenir tôt, sachant très bien que
le réseau scolaire et évidemment les professionnels qui y oeuvrent... à tenir
compte justement aussi que les éducatrices à la petite enfance en Ontario sont
membres de leur ordre professionnel ainsi que tous les enseignants. Alors, dans
cette perspective-là, ce continuum est assuré par le fait que, dès l'âge de
quatre ans, les services de la petite enfance sont intégrés à même les installations
scolaires, permettant non seulement, bon, de maintenir la vitalité des communautés,
mais surtout de s'assurer que tous les intervenants ou les principaux acteurs
amenés à soutenir le développement des apprentissages dans une perspective
globale de développement voient l'enfant évoluer de près.
Alors, est-ce que le Québec est prêt pour
ramifier ce réseau-là? Pas nécessairement. Je pense qu'on a quand même plusieurs
gains avec, là, notre réseau de CPE actuel. Mais, en soi, il y aurait évidemment
des modalités qui seraient intéressantes à considérer, notamment par exemple le
développement d'un code permanent dès l'entrée de l'enfant au sein d'un service
de garde. Ce code permanent serait finalement le début de son continuum
d'apprentissage et demeurerait pareil tout au long de son parcours éducatif. Ça
permettrait aussi aux fournisseurs prestataires des services à l'enfance
d'avoir accès aux mêmes outils que le réseau scolaire a, notamment... que ça
soit les guides d'intervention, que ça soit d'autres outils ou ressources qui
sont partagés. Alors, dans une perspective de concertation de tous les acteurs,
au début... je pense que nous sommes d'avis qu'il faut intervenir au début du
continuum et de ramifier pour éviter des ellipses entre les deux systèmes.
Mme Lachance : Merci. Mme la
Présidente, je vais laisser ma collègue prendre la parole.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Je cède maintenant la parole à la collègue de Soulanges.
Mme Picard : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour. Merci beaucoup pour votre apport à nos travaux. J'aimerais vous entendre par rapport... Je ne sais pas si vous avez vu... Dans le projet de loi, on suggère que, lorsqu'il y a un refus du service éducatif... de
le mentionner par écrit aux parents. Donc, si on va en ce sens, est-ce que vous
pensez que c'est une bonne idée? Est-ce que
vous pensez que ça a assez de mordant pour éviter surtout la discrimination
que les enfants peuvent subir?
Mme Nugent (Bianca) : En
fait... Merci pour la question. J'aimerais réitérer que, malheureusement, on
n'a pas eu la chance, là, dans notre mémoire, en raison, là, de la... du peu de
temps auquel on a été avisés de notre participation, à toucher à tous les
points. Mais, sur ce point-là, nous sommes d'avis qu'il serait important,
considérant justement du fond de vulnérabilité des enfants à besoins
particuliers du Québec, de se doter d'un registre de toute forme de refus, de
toute forme d'expulsion, de bris de service auquel un enfant en situation de
handicap, tel que reconnu par l'Office des personnes handicapées du Québec,
serait amené à vivre. À ce moment-là, selon nous, ça serait la seule manière de
s'inscrire dans un processus d'amélioration continue, en ayant évidemment un
seuil de référence sur le nombre d'enfants qui sont malheureusement amenés à
subir ce genre de situations.
Mme Picard :
Merci beaucoup. J'aimerais aussi savoir comment la formation initiale et
continue du personnel pourrait être bonifiée, selon vous, pour avoir un
soutien maximal, optimal pour les enfants à besoins particuliers.
Mme Nugent (Bianca) : Merci.
Nous nous sommes déjà prononcés sur cette question-là pour le réseau scolaire dans notre mémoire présenté lors de la...
en fait, la Politique de réussite éducative. Je pourrais... Je peux vous dire
que, même si on ne s'est pas prononcés dans
ce mémoire-ci, on maintient toujours l'importance de s'assurer, dans une
perspective justement du maintien de la
qualité des services, de l'offre de services, de s'assurer que le personnel éducateur, notamment les éducatrices à la
petite enfance, soit visé par un suivi serré de son portfolio de formations
continues, et à cet effet je rappelle
aussi que le gouvernement ontarien va aussi dans ce sens. Bon. Comme je
l'ai mentionné précédemment, les
éducatrices à la petite enfance en Ontario sont membres d'un ordre professionnel
évidemment visé par des normes de pratique et des standards élevés. Alors, dans une
perspective non seulement de valorisation de leur profession...
la CPEBPQ est d'avis que les
éducatrices devraient d'emblée s'engager dans une perspective, là, de
rehaussement de leurs pratiques.
Mme Picard : Merci.
Concernant... Dans votre mémoire, vous avez parlé de la préparation au
continuum d'apprentissage vers l'école... en
fait, du service éducatif vers l'école. J'aimerais vous entendre de vive voix
sur votre vision, sur comment vous voyez la chose, qui pourrait être
bonifiée, améliorée.
Mme Nugent
(Bianca) : Cette recommandation-là s'inscrit vraiment dans une
perspective de ne pas laisser tomber nos enfants entre les craques, si je peux
m'exprimer ainsi, qui peuvent arriver à tout moment dans un processus
d'apprentissage, que ce soit un enfant par exemple qui est amené à rester à la
maison pour cause de maladie, que ce soit un enfant qui fréquente un service de
garde à temps partiel, que ce soit un enfant qui, en raison de ses conditions, est amené à avoir davantage
de soutien. À défaut d'avoir un continuum clair au niveau de l'apprentissage auquel... où est-ce que tous les documents
relatifs au profil, à l'évolution de la situation et de la réalité familiale de
cet enfant-là ne sont pas consignés dans un... comment je pourrais dire, dans
un registre qui serait accessible tout au long de son parcours, et même à son
entrée à l'école, bien, ça lui crée une défavorisation à l'apprentissage, comme on l'a libellée ainsi, là,
dans notre introduction. Cette défavorisation à l'apprentissage, en
fait, est une idée suite au constat que le seul indice, en ce moment, qui est
utilisé semble être l'indice relatif à la situation socioéconomique. Évidemment,
on sait très bien que la diversité des enfants d'aujourd'hui dépasse finalement
le salaire et l'éducation, là, de la mère, il y a d'autres facteurs qui nous
apparaissent extrêmement importants pour veiller à ce que ce continuum-là ne
soit pas discontinué et puis veiller à ce que nos enfants puissent se
développer à leur plein potentiel.
Mme Picard : Merci beaucoup.
Merci, Mme la Présidente.
Mme Nugent (Bianca) : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Je cède maintenant la parole à la députée de Bellechasse.
Mme Lachance : Mme la
Présidente, vous m'accordez combien de temps?
La Présidente (Mme D'Amours) :
5 min 20 s
Mme Lachance : Merci. Je veux
revenir sur le continuum, si vous permettez, parce que je trouve ça très intéressant
puis particulièrement important, parce que c'est justement la volonté que nous
avons, entre autres avec Agir tôt. Vous mentionnez tout à l'heure que, dans les
faits, il serait intéressant que même les enfants qui sont à la maison ou qui
sont... pour cause de maladie puissent avoir accès. J'aimerais que vous
m'expliquiez un peu comment vous voyez ça. Un enfant qui est à la maison,
comment on peut faire le continuum?
Mme Nugent (Bianca) : Bien, en
fait, évidemment, dans une perspective que l'accès à un service à l'enfance,
c'est quand même une prérogative finalement parentale, ce n'est pas tous les
parents qui vont nécessairement décider d'y inscrire leur enfant. Par contre, évidemment,
on le sait qu'il vaut mieux intervenir tôt. En lien avec le programme Agir tôt, si je peux me permettre, il y a
aussi évidemment des obstacles à l'accès. Évidemment, vous
comprendrez que dans cette perspective-là on n'est pas en mesure de s'assurer
finalement des prémisses de la loi que tous les enfants aient accès aux
services, au soutien, aux ressources dont ils ont besoin.
Alors, dans cette optique-là, c'est une des
raisons pourquoi le gouvernement ontarien a décidé de reprendre sous son égide,
sous l'égide du ministère de l'Éducation la petite enfance, parce que vous
savez très bien que dans cette perspective-là, ça devient obligatoire, au
niveau de la fréquentation, à partir de l'âge de quatre ans, un peu comme
d'autres pays européens le font à partir de l'âge de trois ans. Est-ce que le Québec
est mûr, est prêt, est disposé à aller dans ce sens? Je crois qu'on devrait évidemment
tendre dans cette visée-là. Mais une des manières d'y aller de manière
harmonieuse, ça serait d'abord et avant tout de s'assurer qu'à partir du moment
où est-ce qu'un parent décide d'inscrire son enfant, je pense que là il y a une
fenêtre d'opportunité à ce moment-là pour automatiquement donner un code
permanent à l'enfant pour s'assurer que son profil et son développement sont
suivis de manière standardisée et coordonnée par tous les professionnels qui
vont l'entourer tout au long de son cheminement d'apprentissage.
Mme Lachance : Merci. Donc, si je comprends bien, c'est extrêmement important aussi d'évaluer les enfants et de justement
avoir une image, une photographie pour savoir exactement comment on peut, pour
chaque enfant, les amener à être outillés pour justement avancer et évoluer
d'une bonne manière. C'est bien ça?
Mme Nugent (Bianca) : Oui, tout
à fait, et, honnêtement, cette évaluation d'intensité de soutien développe un
index, et elle est révisée à tous les trois ans. Alors, l'idée, ce n'est pas de
prendre une photo et s'attendre que la photo ne change pas tout au long, là, du
développement de l'enfant. Alors, il est important, évidemment, qu'une fois
qu'on se dote d'un outil d'évaluation, qu'il y ait, évidemment, des mises à
jour continuelles. Pour la petite enfance, il est recommandé d'y aller à tous
les ans. Alors, à ce moment-là, ça permet d'avoir un portrait clair, sensé,
sans biais. Évidemment, quand l'évaluation est faite par la personne même qui
reçoit une subvention, on peut s'attendre à ce qu'à ce moment-là il y ait un
conflit d'intérêts.
Mme Lachance : Merci. Évidemment,
Mme Nugent, ça a été un plaisir de vous lire. D'entendre que vous vous
réjouissez de l'amélioration de la loi, évidemment, c'est un plaisir pour nous,
parce qu'on voit qu'on travaille, qu'on travaille ensemble. Vous savez, c'est
par la participation des groupes qu'on peut y arriver. Et, quand je vous ai
lue, aussi, vous aviez émis des réserves en ce qui a trait à l'allocation à
l'intégration d'un enfant handicapé en service de garde et aussi à la mesure exceptionnelle, et,
je tiens à vous assurer, bien que ça ne soit pas dans la loi, dans le cadre
de la loi, c'est notre volonté, et ce sera aussi... ça fait
partie du travail.
Mme Nugent (Bianca) : Bien,
merci. Mais, si je peux me permettre un dernier commentaire, grâce à une
évaluation d'intensité de soutien, ayant un index clair, ça vous permettrait
finalement d'allouer le bon montant au bon moment, en temps opportun et de
manière adéquate pour chaque enfant, et ça ne serait pas nécessairement une
subvention qui serait générale et globale, mais plutôt basée sur l'index.
Mme Lachance : Donc, on est beaucoup
plus spécifique aux besoins d'un enfant à un moment de sa vie en le suivant
tout au long de son continuum?
Mme Nugent (Bianca) : Oui. Un
enfant, par exemple, autiste peut avoir besoin de plus gros montants dans les deux, trois premières années d'intégration,
mais, finalement, si tout est mis en place en termes de soutien,
ressources et outils, peut avoir besoin de
moins d'argent rendu à l'âge de quatre ans, ou cinq ans, ou vers l'âge de
rentrer à l'école.
Alors, intervenir et agir tôt, pour nous, c'est
s'assurer de se donner les moyens pour le faire.
Mme Lachance : Donc, écoutez, on vous a bien entendue. Agir tôt, vous le
savez, c'est extrêmement
important pour le gouvernement, et c'est dans cette optique-là que le travail
se fait actuellement.
Mme Nugent (Bianca) : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
cède maintenant la parole au député de LaFontaine pour une période de
11 minutes.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bon après-midi, Mme Nugent, très heureux de
pouvoir discuter avec vous.
J'aimerais reprendre la balle au bond. Vous
dites qu'il faut être capable d'identifier justement les besoins spécifiques
pour pouvoir adapter les ressources financières nécessaires po