House Proceedings — 20 February 2025 (43rd Legislature, 1st Session)

2025-02-20

Quebec — Debates (Hansard)

House Proceedings — 20 February 2025 (43rd Legislature, 1st Session)

2025-02-20

Quebec — Debates (Hansard)

(Neuf heures quarante minutes)

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon

jeudi. Vous pouvez vous asseoir.

Nous allons débuter nos travaux aux affaires

courantes, à la rubrique de déclarations de députés, et je cède immédiatement

la parole à M. le député de Joliette.

M. St-Louis : Merci, Mme la

Présidente. Cette année marque un anniversaire important dans le monde de la

quincaillerie et de la construction alors que le Groupe Patrick Morin souffle

65 bougies.

En effet, Mme

la Présidente, c'est en 1960 que l'entreprise familiale de Patrick Morin et de

son épouse, Denise Benny, voit le jour. Tout commence avec l'acquisition

de deux moulins à scie et d'une petite quincaillerie dans la municipalité de Sainte-Marcelline-de-Kildare. Cette entreprise

familiale de troisième génération, dont le siège social se situe à Saint-Paul

de Joliette, est aujourd'hui une véritable institution, avec

22 succursales et 1 700 employés. Lauréate au palmarès 2024

des Sociétés les mieux gérées au Canada, cette entreprise lanaudoise propose

des produits provenant à 90 % du Québec et du Canada.

Aujourd'hui, employés, clients et partenaires

font tous

partie de la belle grande famille Patrick Morin.

Félicitations

à toute l'équipe! Bon 65e anniversaire à tous ceux qui, par leur

dévouement, contribuent à faire de Patrick Morin un nom synonyme de

succès partout au Québec. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.

Mme Setlakwe : Mme la Présidente,

j'ai le plaisir de souligner aujourd'hui le 20e anniversaire de

Casteliers, un organisme-phare de mon comté, à Outremont, dédié à la diffusion

et à la reconnaissance des arts de la marionnette. Depuis sa

fondation, en 2005, Casteliers s'est donné pour mission de faire rayonner le

11e art en offrant au grand public, plus jeunes et moins jeunes, des

spectacles riches de savoir-faire et d'imagination. Aujourd'hui, il souffle 20 bougies de créativité, de passion et

d'engagement, s'imposant comme un acteur incontournable de la scène artistique

au Québec et à l'international.

Au fil des ans, la Maison internationale des

arts de la marionnette et le Festival international de Casteliers, rassemblant des artistes d'ici et d'ailleurs, ont

vu le jour à l'initiative de l'organisme et contribuent grandement au succès

de ce dernier.

Je profite de

cette occasion pour saluer le travail exceptionnel de Louise Lapointe,

fondatrice et directrice artistique de Casteliers, et de Geneviève Therrien,

directrice générale.

Joyeux 20e anniversaire et longue vie à

Casteliers!

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme

la députée. Je vous rappelle que vous

avez un temps de parole d'une minute, alors essayez de le

respecter.

Sans plus tarder, je cède la parole à Mme la

députée de Huntingdon.

Mme Mallette : Merci, Mme la

Présidente. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à la municipalité de

Saint-Urbain-Premier pour son initiative d'offrir aux élèves de l'école primaire des

cours de réanimation cardiaque, le RCR.

Ce geste remarquable pourrait un jour sauver des

vies. Cet engagement est un bon pas vers la sécurité et le bien-être de nos

enfants, de leurs familles et de leurs amis. En intégrant ces formations dès

leur plus jeune âge, vous outillez nos enfants avec des compétences

essentielles qui leur serviront tout au long de leur vie. Apprendre à réagir efficacement en situation

d'urgence renforce non seulement leur confiance, mais contribue aussi à bâtir

une communauté plus solidaire et sécuritaire. Votre engagement envers

l'éducation et la prévention démontre une vision éclairée et un souci du

bien-être collectif. Cette initiative est un bel exemple à suivre, et nous

espérons qu'elle inspirera d'autres municipalités à emboîter le pas.

Encore une fois, un

immense bravo à toute l'équipe municipale et aux partenaires impliqués dans ce

projet. Grâce à vous, nos enfants

grandissent avec des outils qui pourraient faire toute la différence dans des

situations critiques. Merci et félicitations!

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

Mme la députée. Nous poursuivons avec M. le député de Taschereau.

M. Grandmont :

Mme la Présidente, je suis

vraiment très heureux de prendre la parole aujourd'hui au salon rouge

pour souligner le retour de CKIA au coeur du quartier Saint-Roch.

CKIA,

c'est une station de radio communautaire qui a fêté ses 40 ans en 2024.

Pendant presque toutes ces années, CKIA,

qui s'appelait à l'époque Radio Basse-Ville, a eu pignon sur rue au coeur de

Saint-Roch et a vu ce quartier évoluer.

Après

avoir occupé les locaux du Vieux-Québec pendant quelques années, CKIA a

récemment fait l'acquisition d'un immeuble au carré Lépine, voisin de

Lauberivière et du YMCA Saint-Roch. Pour l'organisation de CKIA, c'était

important de revenir au coeur de la

Basse-Ville, là où tout a commencé et là où le milieu communautaire est fort et

bien enraciné.

Je suis fier de

constater que des organisations continuent de choisir la Basse-Ville de Québec

pour s'établir et pour rayonner.

Chers artisans de

CKIA, rebienvenue dans Saint-Roch. Je vous souhaite un autre beau 40 ans.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Beauharnois.

M. Reid : Merci,

Mme la Présidente. M. Alfred Cormier, un fier résident de

Salaberry-de-Valleyfield, fêtera son

100e anniversaire de naissance le 25 février prochain. Il est le

dernier vétéran acadien néo-brunswickois du débarquement de 1944 en

Normandie.

À l'âge de

16 ans, il accompagne un de ses amis au centre de recrutement à Newcastle.

Face au militaire responsable du

recrutement, il affirme avoir 19 ans et un poids de 126 livres, alors

qu'il ne pèse que 116 livres. Le poids minimum requis pour

s'enrôler était alors de 125 livres.

Le matin du

6 juin 1944, après trois ans d'entraînement en Écosse, Alfred Cormier, à

19 ans, débarque sur la plage de

Normandie avec trois mitraillettes sur le dos. Impossible pour lui d'oublier

cette journée où il a courageusement participé à l'histoire, mais où il

a aussi connu l'horreur.

M. Cormier a

reçu plusieurs médailles au cours de sa carrière, notamment la Légion

d'honneur, la plus haute distinction de la France. Par son courage, sa

ténacité, son dévouement et sa longévité, Alfred Cormier est un modèle pour notre société. C'est pour moi un honneur de

lui souhaiter un joyeux anniversaire, mais surtout de le remercier pour

ce qu'il a fait pour la démocratie.

Bon 100e anniversaire,

M. Cormier!

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

M. le député. Maintenant, je suis prête à céder la parole à Mme la députée de

D'Arcy-McGee.

Mme Prass : Merci,

Mme la Présidente. Aujourd'hui, dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs,

c'est avec un grand... un immense respect que je rends hommage à un grand

homme, un leader infaillible, un militant passionné, Dan Phillip, qui est

décédé en avril dernier.

Originaire de

Sainte-Lucie, Dan Phillip a dirigé la Ligue des Noirs du Québec, située dans

mon comté de D'Arcy-McGee, pendant plus de 40 ans. Il a lutté contre le

racisme, la brutalité policière et le profilage racial, marquant l'histoire par

son engagement pour l'égalité des droits.

Under

his leadership, the Black Coalition took active legal actions against injustice

to address issues of racial profiling. His work advanced the cause of equality

in Québec and also laid the groundwork for a more equitable future for generations to come. We

witnessed his dedication to the cause of the Black communities and the

promotion of a strong, self-assured local leadership. Dan Phillip was

truly a beacon of justice, dignity, and resilience for all of us.

Phillip était véritablement un phare de justice, de dignité et de résilience

pour nous tous.

Merci, Dan Phillip.

Reposez en paix. Merci.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à

M. le député de René-Lévesque.

M. Montigny :

Mme la Présidente, je tiens aujourd'hui à vous parler d'un organisme

indispensable et reconnu, à Baie-Comeau, dont un papa, en quittant son hébergement

temporaire à leur Maison Oxygène, a mentionné que cet espace de vie lui avait

tout simplement redonné ses lettres de noblesse d'être papa.

Comme son nom

l'indique, Homme Aide Manicouagan vient en aide aux hommes qui vivent des

difficultés en leur offrant divers services, en soutenant leurs proches, tout

en favorisant la préservation et la considération du lien père-enfant. La Maison Oxygène offre aux papas un

toit où poser leurs bagages pour obtenir de l'aide, du soutien pour être en

mesure de reprendre le contrôle de leur vie. L'accueil chaleureux, courtois et

surtout sans préjugé des intervenants chevronnés facilite les

interventions, car ils ont à coeur la santé et le bien-être des hommes en

difficulté.

Donc, bravo à toute

votre équipe, et continuez votre excellent travail, Homme Aide Manicouagan.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, Mme la députée de Brome-Missisquoi,

à vous la parole.

Mme Charest :

Merci, Mme la Présidente. Je

salue la présence, dans les tribunes, de M. Laurent Phoenix, à qui on rend

hommage aujourd'hui pour ses 37 années à la tête de la municipalité de

Sainte-Sabine.

maire en 1987, il a détenu le

titre de doyen des maires de la MRC de

Brome-Missisquoi. L'engagement politique

municipal est une véritable affaire de famille pour les Phoenix. Son grand-père

Adélard, son père Gérard ont aussi marqué l'histoire de la municipalité.

Sous la gouverne du

maire Phoenix, Sainte-Sabine a bien grandi, passant de 750 à plus de

1 100 citoyens. Les infrastructures

ont été améliorées, spécialement le réseau routier, dont il a toujours eu à

coeur l'entretien. Pendant 27 ans, il a présidé le comité de

sécurité publique de la MRC, siégeant aussi sur de nombreux comités régionaux.

Phoenix, votre dévouement a contribué au rayonnement de Brome-Missisquoi, et

vous laissez derrière vous un legs durable. Nous vous remercions pour

votre engagement et nous vous souhaitons une retraite bien méritée. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de

Châteauguay.

Mme Gendron :

Merci, Mme la Présidente. C'est dans les petites heures du matin du

19 septembre 2019 que les pompiers de Mercier reçoivent l'appel. L'église

de Sainte-Philomène, le symbole villageois au coeur de la ville de Mercier, est

la proie des flammes pour la troisième fois depuis sa construction, en 1840.

Après les ravages

qu'ont causés l'incendie, à l'image d'un phénix, la ville a réimaginé le futur

de ce lieu patrimonial important, et naîtra de ses cendres un tout nouveau

projet. En février 2024, la ville a fait l'acquisition de l'église, qui abritera un centre communautaire

multifonctionnel qui accueillera notamment Les Marmitons de Mercier, qui

cuisinent et préparent des repas pour les citoyens dans le besoin.

Cette rénovation est

rendue possible grâce à une aide financière de 1,5 million de dollars de

ma collègue la ministre des Affaires municipales, mais surtout de la vision de

la ville de Mercier et d'un travail collaboratif entre celle-ci et la fabrique

de Sainte-Philomène.

Félicitations

à la ville pour cette très belle initiative qui permet de redonner une deuxième

vie au coeur de la ville de Mercier! Merci.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à

Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.

Mme Boivin

Roy : Merci, Mme la Présidente. Terminant leur année de festivités,

pour l'occasion, je me lève aujourd'hui pour saluer le 150e anniversaire

du parc Jean-Drapeau, joyau du Québec et théâtre des grands événements

marquants de notre histoire.

Ce lieu unique, au

coeur du fleuve, est un symbole de rassemblement et d'émerveillement, offrant

aux visiteurs du monde entier des expériences vibrantes et enrichissantes. Plus

grand parc insulaire au Canada, le parc Jean-Drapeau est un lieu d'exception qui accueille chaque année plus de

10 millions de personnes et près de 300 événements culturels,

sportifs et récréotouristiques. Il a été le berceau d'Expo 67, qui a propulsé

Montréal sur la scène internationale et laissé un héritage durable, qui

continue d'inspirer.

Tourné

vers l'avenir, le parc Jean-Drapeau est aujourd'hui engagé dans une grande

transformation, en poursuivant sa

mission collective, toutes saisons confondues, un parc pour tous où nature,

sport, culture se rencontrent, où chaque génération trouve un espace

pour se rassembler, s'épanouir et vibrer au coeur de notre métropole. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Chapleau.

M. Lévesque

(Chapleau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je prends

la parole pour célébrer le 50e anniversaire du centre d'animation

familiale.

Depuis sa fondation,

le CAF a pour mission d'offrir un lieu accueillant pour les familles où chacun

peut trouver écoute, soutien et entraide

afin d'améliorer sa qualité de vie. L'organisme travaille sans relâche pour

répondre aux besoins des familles de l'Outaouais, en particulier du

secteur Pointe-Gatineau, dans Chapleau, en leur permettant de sortir de

l'isolement et de renforcer leur autonomie.

Au cours des cinq...

de ces cinq décennies, le CAF a développé une multitude de services qui

enrichissent notre communauté : des ateliers de cuisine collective, des

groupes de soutien pour la famille, un jardin communautaire, une halte-répit et un soutien alimentaire. Ces actions

témoignent de l'engagement inébranlable du CAF à améliorer la vie des

citoyens, en les accompagnant avec bienveillance. Ce parcours, marqué par

l'engagement sans faille des intervenants et bénévoles, est une véritable

source de fierté pour Gatineau.

terminant, je tiens à offrir mes sincères remerciements à Mme Cindrella

Dumont, directrice générale du CAF, ainsi qu'à toute l'équipe dévouée

qui, au fil des ans, ont supporté cette vision avec passion et générosité.

Félicitations, et bon

50e!

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée d'Argenteuil.

Mme Grondin :

60 secondes, Mme la

Présidente, c'est trop peu pour rendre justice à la mémoire de Cécile-Hélène

Wojas, une grande dame d'Argenteuil qui nous a, malheureusement, quittés samedi

dernier. Je vais donc m'attarder sur ce qui nous liait profondément,

soit l'amour des sciences de la nature.

Pendant plus de

30 ans, Cécile a enseigné la biologie et l'écologie chez nous, marquant le

parcours de milliers d'élèves. Sa salle de

classe était un véritable écosystème où s'éveillaient la curiosité et le goût

d'apprendre. La vie, pourtant, ne l'a pas épargnée, mais, tel un roseau,

elle pliait sans jamais rompre. Comme la nature qu'elle chérissait, elle

trouvait toujours la force de se relever. Une véritable force de la nature,

diront ceux qui l'ont connue.

Au nom d'Argenteuil,

merci, Cécile-Hélène. Ton héritage est un terreau fertile qui va continuer de

faire grandir notre communauté.

Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Merci, Mme la députée. Ceci met fin à la rubrique des

déclarations de députés.

Et je suspends les

travaux quelques instants.

(Suspension de la séance à

9 h 55)

Présidente : Bonjour, tout le monde. Bienvenue au parlement du Québec.

Mmes, MM. les

députés, nous allons nous recueillir quelques instants.

Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous

asseoir.

Nous

poursuivons les affaires courantes.

Aujourd'hui, il n'y a

pas de déclarations ministérielles ni de présentation de projets de loi.

À la rubrique Dépôt

de documents — et

les portes sont bien fermées — Mme la ministre responsable de

l'Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor.

Mme LeBel : Merci,

Mme la Présidente. Alors, permettez-moi de déposer le rapport de la présidente

du Conseil du trésor et de la ministre responsable de l'Administration

gouvernementale concernant l'application de la

Loi sur l'administration

publique, rapport 2023‑2024.

Présidente : Ce document est déposé. M. le ministre de l'Éducation.

M. Drainville :

Oui, madame. Merci, Mme la

Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport annuel d'activité 2023‑2024

du Protecteur national de l'élève. Merci.

Présidente : Ce document est déposé. M. le ministre de la Sécurité

publique.

Bonnardel : Mme la Présidente, permettez-moi de déposer le plan

stratégique 2025‑2029 du Commissaire à la déontologie policière.

Présidente : Ce document est déposé. M. le leader adjoint du

gouvernement.

M. Caire : Mme

la Présidente, je dépose les réponses aux questions inscrites au feuilleton le

4 décembre 2024 par la députée de Jeanne-Mance—Viger,

le 4 février 2025 par le député de Taschereau, le... et, pardon, le

6 février 2025 par le député de Rosemont.

dépose également la réponse du gouvernement aux pétitions déposées le

30 janvier 2025 par la députée de D'Arcy-McGee.

Présidente : Ces documents sont déposés.

Pour

ma part, je dépose le rapport du Vérificateur

général du Québec à l'Assemblée

nationale pour l'année 2024‑2025, tome de février 2025.

Oui. Je reconnais

maintenant le leader de l'opposition officielle.

M. Derraji : Mme

la Présidente, j'ai constaté, après avoir pris connaissance du rapport de la

VGQ que vous venez de déposer, qu'il semble que la Société de l'assurance

automobile du Québec a tenté d'induire en erreur les parlementaires en

transmettant des documents qui contiendraient de fausses informations. Je vous

mentionne donc que j'ai l'intention de transmettre en bonne et due forme un

avis écrit portant sur une question de violation de droit ou de privilège, et

ce, conformément à l'article 69 de notre règlement. Je vous remercie, Mme

la Présidente.

Présidente : Je prends acte. C'est la procédure à suivre en pareille

circonstance.

Maintenant, à la

rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de

l'économie et du travail et député de Maskinongé.

M. Allaire : Merci,

Mme la Présidente. Je dépose le rapport de la Commission de l'économie et du

travail qui, les 4, 5 et 19 février

2025, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 87, Loi concernant principalement le développement

et la mise en valeur de terrains industriels

et la gouvernance de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour. La commission a adopté le texte du projet

de loi avec des amendements. Merci, Mme la Présidente.

Présidente : Ce rapport est déposé.

À la rubrique Dépôt

de pétitions, je reconnais maintenant M. le député de Beauharnois.

Reid : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait

d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par

115 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.

«Les faits invoqués sont les suivants :

«Attendu

que la majorité des suicidés au Québec sont des hommes;

«Attendu

que les hommes québécois sont trois fois plus susceptibles de se suicider

que les femmes de certains groupes d'âge;

«Attendu que les

hommes sont plus susceptibles de réussir leurs tentatives de suicide;

«Attendu

que les hommes sont moins susceptibles de demander de l'aide pour leurs

problèmes de santé mentale;

«Attendu

que le gouvernement du Québec perd des milliards de dollars en traitant des

problèmes de santé mentale graves chez les hommes, autrement évitables, ainsi

qu'en perdant des impôts sur le revenu chez les personnes incapables de

travailler;

«Attendu que les

programmes existants dans le cadre du mandat plus large de Santé Québec sont

trop vastes et manquent de vision spécifique pour répondre adéquatement à la

crise unique de la santé mentale chez les hommes;

«Et l'intervention

réclamée se résume ainsi :

«Nous, signataires,

demandons au gouvernement du Québec :

reconnaître formellement la crise de santé mentale des hommes comme telle et

qu'il est de sa responsabilité d'y faire face;

reconnaître formellement les causes uniques, les défis, les obstacles [...] les

besoins de solutions spécifiques à la crise de santé mentale des hommes;

«D'établir un

département, agence, société ou institution dédié uniquement à la

reconnaissance des problèmes de santé

mentale et de suicide chez les hommes, à l'identification et à la mise en

oeuvre de solutions et à l'apport d'un soutien aux personnes concernées.»

Je certifie que cet

extrait conforme à l'original de la pétition. Merci.

La Présidente :

Cet extrait de pétition est déposé. Je reconnais maintenant M. le député de

Jean-Lesage.

M. Zanetti :

Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à

l'Assemblée nationale, signée par 578 pétitionnaires. Désignation :

citoyens et citoyennes du Québec.

«Les faits invoqués

sont les suivants :

«Considérant que le projet

de loi n° 71 vise à améliorer l'accompagnement des

personnes et à simplifier le régime d'assistance sociale;

«Considérant qu'une

grande proportion de la population autiste et/ou en situation de handicap au

Québec bénéficie du régime d'assistance

sociale, et plus particulièrement des Programmes d'aide sociale et de

solidarité sociale;

«Considérant

qu'une proportion de cette population serait en mesure d'intégrer un emploi si

celui-ci était adapté à ses besoins particuliers;

«Considérant

que seul le Programme de revenu de base permet un gain de travail significatif

de l'ordre de 15 276 $ par année sans que cela n'affecte le

montant de la prestation;

«Considérant que les

capacités et le niveau d'énergie des personnes autistes et/ou en situation de

handicap fluctuent, et [...] donc le degré

d'intensité de l'implication dans un milieu de travail est susceptible de

varier dans le temps;

«Considérant

qu'il est incohérent qu'une personne diagnostiquée avec une contrainte sévère

soit laissée pendant 66 mois (sur 72) sur le Programme de

solidarité sociale avant d'être éligible au Programme de revenu de base, et

donc maintenue dans une précarité institutionnelle;

«Considérant que le

Programme de revenu de base permet justement de répondre aux besoins des

personnes autistes et/ou en situation de handicap en leur donnant la

possibilité de vivre dignement et à leur rythme;

«Et l'intervention

réclamée se résume ainsi :

«Nous, signataires,

demandons au gouvernement du Québec de donner accès aux personnes autistes

et/ou en situation de handicap au Programme de revenu de base, sans délai.»

Je certifie que cet

extrait est conforme à l'original de la pétition.

La Présidente :

Et cet extrait de pétition est déposé.

Il n'y a pas de

réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de

droit ou de privilège.

Je vous avise

qu'après la période de questions et de réponses orales sera tenu le vote

reporté sur la motion de M. le député de Marguerite-Bourgeoys débattue hier aux

affaires inscrites par les députés de l'opposition.

Et nous en sommes

maintenant à la période de questions et de réponses orales. Pour ce faire, je

cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition officielle.

M. Tanguay : Mme la Présidente, ce matin, on va reparler du fiasco caquiste SAAQclic.

Ce matin, la Vérificatrice générale a remis un rapport qui fait l'état

des lieux et qui démontre par a plus b la responsabilité du gouvernement

caquiste dans le contexte du fiasco SAAQclic.

La ministre des Transports, elle est

responsable en vertu de la loi québécoise de l'administration de la Société de l'assurance automobile du Québec. Elle doit répondre à nos questions. Le premier

ministre doit répondre du travail de sa ministre des Transports, qui a échoué,

échoué dans sa responsabilité, Mme la Présidente, de veiller au bon fonctionnement

de la société d'État qui était sous sa responsabilité.

Il est révélateur,

Mme la Présidente, de voir ce mauvais gouvernement là aujourd'hui dans un

fiasco qui fait en sorte que des milliers de Québécoises et Québécois,

début 2023, en plein hiver, faisaient la file, n'avaient pas les services, alors que la ministre avait vu cet

accident routier là arriver au ralenti et avait eu des voyants très, très

clairs s'allumer pour dire que ça

n'allait pas fonctionner. Les coûts allaient en explosant. La Société de

l'assurance automobile du Québec allait être fermée pendant

21 jours, Mme la Présidente. Il était clair qu'ils n'étaient pas prêts. La

ministre n'a pas posé les questions, n'a pas fait son travail.

la Présidente, la question, maintenant, revient au premier ministre. C'est lui

l'ultime responsable, c'est lui le patron, normalement. Que va-t-il

faire avec sa ministre qui a échoué?

La Présidente :

Pas de commentaire après les questions. Et j'aimerais entendre la réponse.

M. Legault :

Oui. Bien, Mme la Présidente, les constats de la Vérificatrice générale sur la

gestion de la SAAQ sont très graves, très

sérieux. Et, Mme la Présidente, ce que le rapport nous apprend, c'est que de la

mauvaise information a été donnée par la SAAQ au gouvernement. C'est

inacceptable.

Qu'est-ce qu'on a

fait? On n'a pas attendu pour agir. On a remplacé le président de la SAAQ puis

on a remplacé le président du conseil d'administration de la SAAQ.

Maintenant, Mme la

Présidente, on va s'assurer que la SAAQ mette en oeuvre toutes les

recommandations de la Véficatrice générale. On sait que le virage numérique de

la SAAQ, ça reste nécessaire.

Maintenant,

on doit être capables, comme gouvernement, de compter sur de l'information

fiable. C'est totalement inacceptable, ce qui est arrivé, que le gouvernement

ait reçu de la mauvaise information de la part de la SAAQ. On va

s'assurer que ce soit corrigé.

Présidente : Première complémentaire.

M. Tanguay : En

tout respect pour le premier ministre, l'information s'est rendue au

gouvernement. La VG nous apprend :

«Tout au long de l'année 2022, des avis écrits indiquant que les retards

dans la réalisation des tests ainsi que

la qualité de ces derniers engendraient des risques importants ont été produits

aux différentes firmes.» Le gouvernement a été informé que le projet était reporté de décembre à janvier. Le

gouvernement a été informé qu'il allait suspendre tous les services

transactionnels pendant 21 jours. La ministre l'a reconnu, qu'elle était

au courant. Ils ont été au courant depuis le début.

Va-t-il prendre ses

responsabilités?

Présidente : Messieurs. J'aimerais entendre la réponse du premier

ministre.

M. Legault : Oui. Mme la Présidente, ce que vient de dire le

chef de l'opposition officielle n'est pas exact, n'est pas exact. Il le

sait, à part de ça, mais, bon, il veut faire sa clip aux nouvelles ce soir.

Mme la Présidente,

c'est très grave, ce qui est arrivé. La SAAQ, c'est un organisme important, qui

a son propre conseil d'administration. Et ce

qu'on se rend compte, c'est que de la mauvaise information, de l'information

fausse a été donnée au gouvernement. On agit. Il faut comprendre, là,

que, quand on a une société comme la SAAQ, c'est comme Hydro-Québec,

Loto-Québec, il y a un conseil d'administration qui aurait dû voir ça, qui ne

l'a pas vu.

Présidente : Deuxième complémentaire.

M. Tanguay : Désolé

de contredire le premier ministre. 6 avril 2023, la ministre des

Transports, je la cite : «On savait longtemps d'avance qu'on allait devoir

fermer les bureaux pendant trois semaines. À la quantité de transactions qui

s'effectuent dans les bureaux, c'est à peu près 2 millions par mois, à

l'évidence il allait y avoir plus de monde.»

Tommy

Chouinard, question : Vous avez été informée que ça allait être fermé

trois semaines? Réponse de la ministre : Moi, je suis arrivée en

octobre, mais, oui, on a tous été... le conseil exécutif, tout le monde était

au courant. Tout le monde était au courant.

Maintenant, c'est l'heure des responsabilités.

Va-t-il les prendre?

La Présidente : La réponse du

premier ministre.

M. Legault : Bien, Mme la

Présidente, le chef de l'opposition officielle, là, bon, je ne veux pas

l'accuser, là, mais mélange deux dossiers. Probablement qu'il ne fait pas

exprès. Il y avait effectivement des longues files d'attente. On a agi pour réduire les files d'attente.

Maintenant, c'est différent, de ne pas avoir les informations sur ce qui se

passait avec ce changement, qui, encore une fois, est nécessaire pour

simplifier la vie des Québécois.

La Présidente : Troisième

complémentaire.

M. Tanguay : Mme la Présidente,

aujourd'hui, la VG nous dit : «La prestation de services au comptoir prend

plus de temps qu'auparavant, et les services

en ligne offerts sur la plateforme SAAQclic sont utilisés par moins d'usagers

de la route que les anciens services en ligne.» Ça, j'espère qu'il est notifié

de ça aujourd'hui. J'espère qu'il est notifié du fait que le projet va coûter

plus de 1,1 milliard, minimum. La VG dit que ça va coûter encore plus que

À partir de maintenant, peut-il prendre ses

responsabilités et dire à la ministre de faire sa job?

La Présidente : La réponse du premier

ministre.

M. Legault : Bien, Mme la

Présidente, c'est évident qu'il reste encore beaucoup de travail à faire à la

SAAQ, et on va s'assurer que le nouveau

président puis la nouvelle présidente du conseil d'administration de la SAAQ...

Ce n'est quand même pas rien, là, l'ancienne secrétaire générale,

Dominique Savoie, est maintenant la présidente du conseil d'administration de

la SAAQ. C'est une des fonctionnaires qui a le plus d'expérience, qui a été

dans les gouvernements libéraux et autres. Donc, Mme la Présidente, on va

s'assurer que la situation soit corrigée.

La Présidente : En question

principale, je reconnais maintenant le député de Nelligan. Et c'est un tableau.

M. Derraji : Excellent. Ça, là,

c'est votre résultat. Le projet a été évalué à 600, après, 900, et aujourd'hui

c'est 1 milliard, 1,1. Et ça, Mme la Présidente, j'y étais, lors de la

rencontre de ce matin, la VGQ disait très clairement : Ça, c'est 2022. 2022, 2022. On est en 2024. Les

Québécois, avec vous, ils ont perdu du temps mais beaucoup d'argent. On ne

parle plus d'un fiasco, on ne parle plus de

CASA, on parle de CATA, comme catastrophe, Mme la Présidente. C'est ça, la

réalité.

Alors, ma question est très simple. Le conseil

d'administration était au courant, il y avait des lumières rouges. La question est très simple. Les Québécois veulent

savoir, aujourd'hui, qui était au courant, au niveau de ce gouvernement,

et qui a donné et qui a ordonné le go au déploiement de CATA.

Présidente : Et je vous rappelle, M. le leader, que vous vous

adressez directement à moi et non au gouvernement. Vous l'avez fait deux

fois.

M. le ministre de la Sécurité publique, nous

vous écoutons.

M. Bonnardel : Mme la Présidente,

d'entrée de jeu, la question du chef de l'opposition et du leader de

l'opposition sont tout simplement malhonnêtes, malhonnêtes dans

l'interprétation que vous faites aujourd'hui.

La Présidente : Oui, je vais vous

reconnaître, par acquit de...

M. Derraji : Mme la Présidente, je

pense qu'il est interpelé, il était ministre. Il doit éviter de pointer le chef

de l'opposition officielle. Et qu'il retire «malhonnêtes», s'il vous plaît.

La Présidente : Et,

oui, monsieur... Je vais vous reconnaître brièvement et trancherai après, mais

je vais vous reconnaître, par souci d'équité. M. le leader adjoint. Quel est

votre rappel au règlement?

M. Caire : Oui. Merci, Mme la

Présidente. Bien, tout simplement pour dire que vous avez déjà statué sur le

fait que la critique était permise, et je trouve que c'est une excellente

critique.

La Présidente : Alors, on revient au

règlement. M. le ministre, vous avez suffisamment d'expérience, ce mot est au

lexique, je vous demande de le retirer, je vous prie. Et nous écoutons vos

explications. Vous retirez?

M. Bonnardel : Je le retire, Mme la

Présidente.

La Présidente : Parfait.

M. Bonnardel : D'entrée de jeu, Mme

la Présidente, ma collègue aux Transports, présentement, préside une rencontre

fédéral-provincial, donc elle aura la chance de réagir plus tard dans

l'après-midi. Quand j'écoute la question du

chef de l'opposition et du leader, aujourd'hui, on devrait parler tous, tous

ensemble. Pourquoi? Parce que moi, comme ex-ministre des Transports, mon

collègue, Cybersécurité, ma collègue au Trésor, les membres de la Commission de

l'administration publique, aujourd'hui, ont été trompés, ont été trompés, dans

ce rapport, vous l'avez dit vous-mêmes quand vous vous êtes levés, tantôt.

La VG dit, à l'article 100 : «La SAAQ

rendait compte de l'avancement du programme, notamment à la Commission de

l'administration publique, au dirigeant principal de l'information et à la

population. Or, l'information contenue dans les documents transmis n'offrait pas

un portrait clair et complet de la situation.» J'ai été trompé. Vous avez été

trompés. On ira au fond des choses pour comprendre ce qui s'est passé.

La Présidente : Pas de bravo.

Première complémentaire.

M. Derraji : Mme la Présidente, je

suis content que l'ancien ministre des Transports se lève. En 2022, parce qu'il y a un autre bout dans le rapport de la VGQ,

la SAAQ a évalué deux options. Une des options, c'est 222 millions de

dollars. Entre parenthèses : risque médiatique et politique élevé. Ça, c'était

sur le conseil d'administration. Il était ministre. C'est sous sa

responsabilité, la SAAQ. Est-ce qu'il était au courant de cette décision ou le

risque politique est ce qu'on lui a dit, et il leur a dit, parce qu'on

est dans une année électorale, non?

La Présidente : La réponse du

ministre.

M. Bonnardel : Mme la Présidente,

j'ai fait un suivi pendant quatre ans avec mon collègue. La VG dit ceci,

encore : «Certaines redditions de comptes transmises à la Commission de

l'administration publique — où

vous siégez, où vous avez une présidente — et

au dirigeant principal de l'information étaient en contradiction avec celles

présentées au comité de direction et au conseil d'administration de la

SAAQ.»

Je le répète, on m'a menti, on vous a menti, on

a menti aux collègues ministres. Puis on ira au fond des choses pour comprendre

ce qui s'est passé à la SAAQ avec ce dossier SAAQclic.

Présidente : Et je vous rappelle, M. le ministre, que vous vous

adressez directement à la présidente. Et, M. le leader, deuxième

complémentaire.

M. Derraji : Mme la Présidente,

c'est deux sujets. Je veux le ramener sur sa responsabilité. Sur la Commission

de l'administration publique, il m'a vu, je me suis levé, je vais faire le

suivi.

Il était ministre, 16 juin 2022, j'ai un

p.-v., j'ai un procès-verbal de la SAAQ, point 7, suivi de CASA, je dirais

plus suivi de CATA, présentation du vice-président, Mme la Présidente, et il y

avait tout à l'intérieur.

Est-ce qu'il était au courant? Est-ce qu'il a

parlé avec le P.D.G.? Et est-ce qu'il est au courant de ce p.-v.?

La Présidente : La réponse du

ministre.

M. Bonnardel : C'est tellement

n'importe quoi, quand j'entends le leader de... C'est tellement n'importe quoi,

Mme la Présidente. Ce dossier-là a commencé avant que j'arrive, en 2015‑2016.

Ce serait facile de mettre ça sur votre faute, mais aujourd'hui on devrait parler tous

d'une seule voix, parce que vous, les parlementaires de l'opposition,

je connais le travail, l'autre côté, j'y ai été pendant presque 11 ans,

mais il y a des limites à dire n'importe quoi. On devrait parler d'une seule

voix, parce que vous avez été trompés, j'ai été trompé.

La Présidente : Je vous rappelle, M.

le ministre, que vous vous adressez à la présidence. M. le leader, quel est

votre rappel au règlement?

M. Derraji : Bien, qu'il retire

«n'importe quoi», Mme la Présidente.

La Présidente : Dans le cas

présent... M. le leader adjoint du gouvernement, je vais trancher. La critique

est bonne d'un côté, la critique est bonne de l'autre. Terminez. Il vous reste

quelques secondes.

M. Bonnardel : Bien, voilà, Mme la

Présidente, il reste 15 secondes pour dire aux oppositions, aujourd'hui,

que, oui, on devrait parler tous d'une seule voix, parce que la Commission de

l'administration publique, les ministres concernés,

moi-même, ma collègue aux Transports, on n'a pas eu la bonne information qui

venait du comité de direction de la SAAQ pour comprendre ce qui s'est

passé avec le dossier SAAQclic.

Présidente : En question principale, maintenant, en principale,

je reconnais à nouveau M. le député de Nelligan.

Derraji : Mme la Présidente, ça, là, c'est l'ensemble des

procès-verbaux de la SAAQ de 2022. Avant que je me lève, on a fait notre

travail.

Donc, oui, le ministre a raison de parler de la Commission

de l'administration publique. Ce n'est pas ça, ma question. J'ai au moins trois

p.-v., trois. Je les dépose, Mme la Présidente. Bien sûr, ils sont caviardés,

mais je présume qu'un ministre responsable

parlait avec son P.D.G. et un ministre responsable savait ce qui se passait à

l'intérieur de la société d'État. C'est ça, pour moi, la responsabilité

ministérielle. Sinon, aujourd'hui, il n'y a personne de responsable, et c'est

les Québécois qui paient les frais, avec des pertes de 1,1 milliard de

dollars, selon les prévisions de 2022.

Mme la

Présidente, je vais déposer en Chambre les trois procès-verbaux. Dans les trois

procès-verbaux, il y a un point à l'ordre du jour : le système CASA...

ou le système CATA.

Est-ce qu'il était au courant?

La Présidente : Consentement pour le

dépôt des documents? Consentement. La réponse du ministre.

M. Bonnardel : Mme la Présidente,

pendant quatre ans, j'ai suivi ce dossier avec mon collègue. Plus d'une fois on

a rencontré la SAAQ. Si on ne me donne pas les bonnes informations...

Puis je répète encore une fois, là, noir sur

blanc, ce qui est écrit par la VG à l'article 100 : «La SAAQ rendait

compte de l'avancement du programme, notamment à la CAP — la Commission de

l'administration publique — au

dirigeant principal de l'information et à la population. Or, l'information

contenue dans les documents n'offrait pas un portrait clair et complet de la

situation.» Ça ne peut pas être plus clair. On m'a menti, on m'a trompé. On

nous a trompés, on vous a trompés. Donc, aujourd'hui, là, au lieu de faire de

la petite partisanerie avec vos questions...

La Présidente : Oui, M. le leader de

l'opposition officielle, je vais vous écouter.

Derraji : Mme la Présidente, je sens que ça l'interpelle, il

était ministre. Je l'invite à un peu plus de prudence, et qu'il retire

ce qu'il vient de dire.

La Présidente : M. le leader

adjoint, par souci d'équité, brièvement. Quel est votre rappel au règlement?

M. Caire : Mme la Présidente, depuis

tout à l'heure, le ministre de la Sécurité publique invoque le fait que les parlementaires

devraient se scandaliser, tout le monde ensemble qu'on est, alors... et

effectivement, Mme la Présidente, ce que le ministre de la Sécurité publique a

dit. Alors, pourraient-ils s'élever au-dessus de la situation, s'il vous plaît?

La Présidente : Alors... On ne fera

pas une période de questions à l'intérieur de la période de questions. Alors,

je vous ai écouté, je tranche. M. le ministre, retirez ces propos. Vous

savez qu'ils sont non parlementaires. Et je vous invite à poursuivre.

M. Bonnardel : Je

les retire, Mme la Présidente. Ça reste, pour moi, indigne. Ça reste, pour moi,

indigne, de voir ce qui se passe

aujourd'hui, quand la VG, qui a préparé ce rapport depuis des mois, confirme...

Ce n'est pas banal, là. Ça fait presque 20 ans que je suis à

l'Assemblée nationale, je n'ai jamais vu un organisme blâmé par la VG, qui dit

aujourd'hui que les informations étaient inadéquates, celles qui étaient

données à la Commission de l'administration publique, qui est le chien de garde

des organismes. La population a été bernée.

La Présidente : Première

complémentaire.

Derraji : O.K. Mme la Présidente, on va aller jusqu'au bout.

J'ai des p.-v. où il était, lui, ministre. Je lui lance un défi,

aujourd'hui. Point 3.1, p.-v. du 14 septembre 2022. Est-ce qu'il va

avoir le courage de décaviarder cette partie? «Le

vice-président à l'expérience numérique parcourt la présentation sur le suivi

du projet CASA. Il débute en informant les membres des indicateurs

globaux.» On parle des indicateurs globaux au conseil d'administration.

La Présidente : La réponse du

ministre.

M. Bonnardel : Mme la Présidente, «certaines

redditions de comptes transmises à la Commission de l'administration publique

et au dirigeant principal de l'information étaient en contradiction avec celles

présentées au comité de direction et au conseil d'administration de la SAAQ».

Vous le savez, vous l'avez lu comme moi, vous avez eu la mauvaise information.

J'ai eu la mauvaise information. Mon collègue à la Cybersécurité a eu la

mauvaise information. Ma collègue au Trésor, la même chose.

Donc,

arrêtez, s'il vous plaît, là, levez-vous un peu et dénoncez la situation.

Parlons d'une seule voie pour dire aujourd'hui que la SAAQ nous a trompés,

comme parlementaires, a trompé la population, et ça, c'est extrêmement grave.

Présidente : Et je vous rappelle, M. le ministre, que vous vous

adressez à la présidence. Deuxième complémentaire.

M. Derraji : Mme la Présidente, s'il

est courageux, qu'il décaviarde ce p.-v., hein? Décaviardez ce p.-v. Je lui dis

que ce qui s'est passé à la CAP est inacceptable. C'est la première chose que

j'ai faite. Et je vais faire une question de privilège. Maintenant, c'est très

simple. J'ai ce p.-v., je lui lance un défi. On parle des indicateurs globaux.

Qu'il décaviarde ce p.-v. à la population québécoise aujourd'hui.

Est-ce qu'il va le faire?

La Présidente : La réponse du

ministre.

M. Bonnardel : Mme la Présidente, à

l'interne, la direction du programme a véhiculé comme information que les coûts

prévus pour réaliser le programme s'élevaient désormais à 682 millions de

dollars sans dépassement de coût additionnel par rapport au contrat. De plus,

des informations incomplètes, incomplètes, ont été véhiculées dans les

communications transmises par la SAAQ aux acteurs impliqués : le Trésor,

Cybersécurité, moi-même, Commission de

l'administration publique. Ça prend

quoi de plus? Ça prend quoi de plus pour vous dire en majuscules, noir sur

blanc : On a été trompés, j'ai été trompé, vous avez été trompés?

La Présidente : En question

principale, à nouveau le député de Nelligan.

Derraji : Mme la Présidente, s'il pense que... s'il pense

qu'on n'est pas d'accord sur ce qui s'est passé au niveau de la Commission de

l'administration publique, il se trompe, on est d'accord. Est-ce qu'on a réglé

ça? Je ne veux pas qu'il revienne sur

la Commission de l'administration publique. Je reviens sur sa responsabilité en

tant que ministre. Je lui lance un défi : Dévoile le p.-v. Il y a

un procès-verbal, Mme la Présidente...

La Présidente : Bon, là, je le répète assez souvent, vous vous

adressez à la présidence. Et c'est bon des deux côtés, je vous le

rappelle. Poursuivez.

Derraji : Mme la Présidente, la question est très simple. Il

est responsable de la SAAQ, il rencontre le P.D.G. de la SAAQ, et il y avait un p.-v. Un député de

l'opposition a réussi à avoir l'ensemble des p.-v. Je ne peux pas tout lire et conclure, mais ça parle de CASA au moins trois fois. Ça

veut dire qu'en termes de responsabilité ministérielle le P.D.G., il était au courant, et le P.D.G.

rencontre le ministre. Je veux savoir qu'est-ce qu'il y avait à l'intérieur de

ce p.-v. Et, Mme la Présidente, en 2022, noir sur blanc, chose qu'il n'a

pas dite : risque médiatique et politique élevé.

Qui n'a pas voulu aller

de l'avant avec cet appel d'offres?

Présidente : La réponse du ministre de la Sécurité publique.

M. Bonnardel :

Mme la Présidente, le leader

tourne en rond, là, il tourne en rond, c'est la troisième question, là.

Il devrait lui-même l'avouer, il l'a fait même en début de période des

questions, là, parce que, lui avec, il doit être offusqué de savoir que son

équipe, les membres de son équipe n'ont pas reçu la bonne information.

Le premier ministre

l'a mentionné, là, on a pris acte de la situation voilà des mois déjà. On a

remplacé le P.D.G. On a remplacé le président du conseil d'administration. On

va aller au fond des choses avec ce qui s'est passé, pour moi un des rapports

les plus troublants que j'ai lus à l'Assemblée nationale dans les

20 dernières années.

Est-ce qu'il faut que

je répète le fait, ce qui est écrit, là, à l'article 24? Est-ce qu'il faut

que je répète encore une fois que «l'information contenue dans les documents

transmis n'offrait pas un portrait clair et complet de la situation»? Poliment, ça veut dire que vous, les

parlementaires, là, comme membres de la CAP, moi, comme ministre, mes collègues, comme ministres, vous n'avez pas la

bonne information pour faire le suivi adéquat d'un projet aussi important

pour la population, pas eu la bonne

information. Élevez-vous un peu, parlez avec nous, levons-nous, travaillons

ensemble.

Présidente : Première complémentaire.

M. Derraji : Bien, on veut travailler

ensemble. Élevez-vous aussi, décaviardez les documents. De quoi avez-vous peur?

Je vous dis, Mme la

Présidente, c'est très simple, ma question. Il y a trois...

M. Derraji : Oui,

c'est l'accès de l'information qui ne fonctionne pas, M. le ministre. Oui,

absolument, c'est une demande d'accès à

l'information qui est caviardée, parce que c'est le gouvernement expert en

caviardage. La question est très simple, la question est très simple...

Présidente :

Article 32. Je vous rappelle l'article 32, on

garde le silence, on écoute les questions. Il vous reste sept secondes. Et vous

vous adressez à moi.

M. Derraji : Mme

la Présidente, on veut toute la lumière. Je lui lance un autre défi. Est-ce

qu'il va décaviarder l'ensemble des p.-v. où il y a mention de CAS?

Présidente : La réponse du ministre responsable de l'Accès à

l'information.

M. Roberge : Mme

la Présidente, je pense, mon collègue l'a dit plusieurs fois, c'est le temps de

s'élever, de travailler ensemble. Mon collègue est en train de commettre une

erreur, je pense, importante lorsqu'il demande à un ministre du gouvernement de

faire fi de nos lois puis de se mettre les deux mains dans l'accès à

l'information. Ce ne sont pas les ministres du gouvernement qui prenons un

crayon noir, là, ou Sharpie puis qui rayons des parties de cette

information-là. Ça ne se rend pas au ministre, on ne fait pas ce rôle-là. Ce

que mon collègue nous demande de faire, c'est

d'enfreindre nos règlements, nos directives, nos lois. Ce qu'on veut, ce n'est

pas enfreindre nos règlements, c'est d'avoir accès à la vérité. Y a-tu

moyen que nos...

Présidente : En question principale...

La Présidente :

Non, troisième...

La Présidente :

Deuxième complémentaire. M. le député de Nelligan.

M. Derraji : Mme la Présidente, je leur offre ma collaboration.

Décaviardez les p.-v. Probablement, probablement, le gouvernement de

caviardage a peur de décaviarder ce qui se passait réellement, Mme la

Présidente. De quoi... De quoi il a peur, le

ministre? De quoi il a peur, le ministre? Pourquoi il ne veut pas décaviarder?

Nous, on veut aller au fond des choses. Est-ce qu'il va avoir le courage

de décaviarder les documents?

La Présidente : C'est très bruyant, je vous entends. J'aimerais entendre la réponse du

ministre.

M. Roberge : Mme

la Présidente, le collègue nous demande d'avoir le courage de faire quelque

chose qu'il nous reprocherait ensuite. D'ailleurs, ils nous l'ont déjà reproché,

à tort, nous disant qu'on se mêlait de l'accès à l'information, qu'on cachait

des choses, ce qui est absolument faux. Là, il nous demande d'enfreindre les

règles, d'enfreindre les règlements parce qu'il a le goût d'utiliser à son

escient une crise qui nous affecte tous, alors qu'on devrait travailler ensemble, dénoncer ce qui s'est passé, faire front

commun puis arrêter d'essayer de nous jouer les uns contre les autres.

Élevez-vous, bon sang!

Présidente : Pas de bravo. En question principale, je reconnais

maintenant la députée de Mercier.

Mme Ghazal : Merci,

Mme la Présidente. La cohabitation, à Montréal, est à un point de rupture. Ce

qu'on lit dans La Presse ce matin, c'est que les drames humains sont

rendus tellement banals qu'ils font

partie du quotidien. On va porter les enfants en contournant les personnes

qui dorment dans le métro pour trouver un peu de chaleur. On détourne le

regard quand une femme en crise se met à parler trop fort. On achète notre café

en entendant, pas loin, un gars qui raconte la surdose de son chum le soir

d'avant.

Moi et mes collègues,

on prend souvent le métro, et on la voit, cette détresse humaine. Ma crainte,

ce matin, c'est qu'on s'habitue, qu'on en

vienne à tolérer que des Québécois et Québécoises vivent dans des conditions

inhumaines et qu'on ne fasse rien, parce

que ne rien faire, c'est exactement ce que la CAQ fait, en ce moment, en

itinérance. Les gens qui travaillent sur le terrain nous le disent, la

crise n'a jamais été aussi forte, la détresse n'a jamais été aussi profonde,

les besoins n'ont jamais été aussi élevés.

est l'argent? Où sont les ressources? Où est la CAQ? Ça va prendre quoi pour

que le premier ministre du Québec et de tous les Québécois, y compris

ceux de Montréal, se soucie un peu de ce qui se passe à Montréal et des

Montréalais?

Présidente : La réponse du premier ministre.

M. Legault : Oui.

Mme la Présidente, l'itinérance, c'est un enjeu qui est complexe. Évidemment,

ça implique des enjeux de santé mentale. Ça implique aussi des enjeux de

logement. Et on a vécu, depuis deux ans, une explosion démographique, en

particulier à Montréal. Ce n'est quand même pas rien, là, on a eu des

augmentations de la population de 2 % en 2023, de 2,4 % en 2024.

C'est énorme. Ça, c'est la moyenne au Québec. Si on prenait les chiffres de Montréal, on verrait que c'est vraiment une

explosion. En gros, c'est dû à l'immigration temporaire. On est passés de 300 000

à 600 000 personnes. Bon. Puis il y a eu la COVID qui a augmenté les

problèmes de santé mentale.

Et, Mme la

Présidente, ce n'est pas juste à Montréal. J'invite la cheffe du deuxième

groupe d'opposition d'aller à Ottawa, ils ont le même problème; à Toronto, ils

ont le même problème; à Vancouver, ils ont le même problème. Mme la Présidente, j'en parle avec mes collègues

des autres provinces, c'est un problème majeur dans toutes les grandes

villes du Québec.

qu'est-ce qu'on a fait? Ce n'est pas exact de dire qu'on n'a rien fait. Mon

collègue le ministre responsable des Services sociaux a augmenté de façon très

importante les budgets, entre autres les places en hébergement. Mais, Mme la Présidente,

les besoins explosent. Donc, on doit continuer de travailler...

La Présidente :

Première complémentaire.

Mme Ghazal : Mme la Présidente,

le premier ministre noie le poisson, il me parle de ce qui se passe ailleurs, des problèmes ailleurs. Ce qu'ils ont fait, ce

n'est pas suffisant. Je lui parle d'une crise humanitaire, une crise de

l'itinérance. Il y a une détresse humaine à tous

les jours. Il y a de moins en moins de sécurité aussi dans le métro. Moi, je le

prends. On est plusieurs à le prendre. Les Montréalais le prennent.

Je l'invite, au lieu

de me faire une analyse de ce que son gouvernement a fait, et il n'y a rien qui

est fait en ce moment, la crise est forte, je l'invite à venir avec moi à

Montréal et à aller voir cette détresse humaine dans le métro. Est-ce qu'il

accepte?

La Présidente :

La réponse du premier ministre.

M. Legault :

Mme la Présidente, on ne nie pas le problème, on est tous les deux d'accord sur

le problème, mais c'est un problème complexe. Il n'y a pas de solution

simpliste. Il n'y a pas de solution simpliste. On doit travailler avec les villes, entre autres avec la ville de

Montréal. Puis c'est exactement ce que fait mon collègue aux Services sociaux. On

a augmenté les budgets de façon importante, puis on va continuer de le faire.

La Présidente :

Deuxième complémentaire.

Mme Ghazal : Les groupes sont là, il y a plein de projets qui

attendent, il n'y en a aucun qui a été mis en place. Il n'y a pas de refuge. Il

n'y a pas plus de lits. L'argent qui a été donné n'est pas suffisant. Ce n'est

pas suffisant face à la crise. C'est une crise humanitaire. Et on ne peut pas

dire que c'est les villes qui doivent s'en occuper ou tel organisme, c'est la

responsabilité du gouvernement, c'est la responsabilité du premier ministre,

qui doit travailler avec les organismes et qui doit débloquer les fonds.

Je l'invite une

deuxième fois. J'aimerais qu'il constate la crise et qu'il vienne avec moi.

Est-ce qu'il accepte?

La Présidente :

La réponse du ministre responsable des Services sociaux.

M. Carmant :

Bien, Mme la Présidente, on a développé des services partout au Québec, incluant

à Montréal. Cette année, Mme la Présidente, c'est 93 millions de dollars

qui va dans les services à Montréal. Doublé, le nombre de refuges,

24 heures par jour, 12 mois par année. Mme la Présidente, on y est. Et

on attend 25 millions de plus, qui vont être débloqués bientôt. Et on a

insisté, insisté pour que les municipalités, les organismes et les CIUSSS

soient assis à la même table pour prendre

les meilleures décisions. On ne peut pas décider de Québec qu'est-ce qui est la

meilleure solution. Nous, on dit aux gens sur le terrain :

Dites-nous quelle va être la meilleure solution pour vous, et nous, on va les

aider à déployer celle-ci, Mme la Présidente, sans oublier les interventions

spécifiques à la santé mentale.

La Présidente :

En question principale, je reconnais maintenant le député d'Hochelaga-Maisonneuve.

M. Leduc :

Merci, Mme la Présidente. Espérance de vie de cinq à sept ans inférieure à

celle de la moyenne de la population. La prévalence de maladies pulmonaires

chroniques y est presque deux fois plus élevée que dans le reste du Québec. On

ne parle pas de Tchernobyl en 1986, ici, on parle de Rouyn-Noranda, ici,

maintenant.

Aujourd'hui

même, les inspirantes femmes du groupe Mères au front sont avec nous dans les

gradins. Je les salue. Elles sont venues nous parler d'un livre qui

s'appelle Zones sacrifiées , dont je vais vous lire quelques extraits. «Tu

vis dans une ville que tu aimes, où tu as passé toute ta vie. Depuis peu, tu

sais avec certitude qu'habiter ici

t'empoisonne depuis le début de ton existence. Ton enfance est une zone

sacrifiée. Le plomb s'introduit dans le sang et les os, conduit à un

dérèglement nerveux ou une intoxication aiguë. Ton corps est une zone

sacrifiée. Pour la santé de ton bébé,

tu te demandes si tu dois poursuivre ta grossesse ailleurs qu'à Rouyn-Noranda.

Ta grossesse est une zone sacrifiée.»

cible de 15 nanogrammes d'arsenic est déjà insuffisante. La CAQ n'est même

pas capable de nous garantir que la compagnie va s'y plier. Devons-nous

comprendre que, pour la CAQ, Rouyn-Noranda est en fait une zone sacrifiée?

Présidente : La

réponse du ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements

climatiques, de la Faune et des Parcs.

M. Charette :

Merci, monsieur... Mme la Présidente. Et je remercie le collègue pour la

question, tout en l'invitant à une certaine prudence. C'est cette attitude qui

a fait perdre à la formation qu'il représente la seule députée qu'il a en

région, avec des propos qui sont, ma foi, démagogiques.

Ce qu'il faut savoir, depuis notre arrivée au

pouvoir...

La Présidente :

Oui, je vais reconnaître le leader du deuxième groupe d'opposition. Je vous

écoute, monsieur.

M. Cliche-Rivard : Mme la Présidente, il y a certaines limites, là,

il y a des propos blessants ici, là. Inciter que mon collègue fait des propos

démagogiques, ça ne respecte pas la bonne entente ici puis le règlement qu'on

s'est donné.

La Présidente :

Et j'ajouterais...

Présidente : Je vais

trancher. On écoute. J'ajouterais à vos propos que c'est également au lexique,

M. le ministre, et que je vous demande de retirer ce mot.

M. Charette :

...retire, Mme la Présidente.

La Présidente :

Poursuivez.

M. Charette :

Une critique qui est démesurée, mais qui reprend, malheureusement, une

vieille méthode de Québec solidaire qui lui a fait perdre la confiance des gens

de Rouyn-Noranda lors de la dernière élection.

Ce qu'il faut savoir,

lorsqu'on parle de la Fonderie Horne, c'est une institution, dans la région,

qui va célébrer ses 100 ans dans les prochaines années. Ce qu'il faut

savoir, c'est que les gouvernements qui se sont succédé au fil des années ont

littéralement mis de côté les avis qui nous provenaient, notamment, de la Santé

publique et ils ont laissé l'industrie se développer sans contrainte

environnementale.

portrait a radicalement changé depuis que nous sommes au pouvoir. Avec la

dernière autorisation, on oblige la compagnie à se conformer aux

différentes règles environnementales qui sont en vigueur, et le tout conseillé par

la Santé publique. La Santé publique a accompagné...

Présidente : Première complémentaire.

M. Leduc : «Depuis des dizaines et des dizaines d'années, la

Fonderie Horne, qui surplombe ta ville, a outrepassé les normes

d'émissions d'arsenic en toute connaissance de cause, avec la bénédiction de

l'État québécois. Ta confiance est une zone sacrifiée.»

Mme la Présidente, il

y a des gens qui perdent près d'une décennie de leur espérance de vie à cause

de l'inaction de leur gouvernement, puis le ministre nous répond : Tout va

bien, Madame la Marquise. Bien, ce n'est pas compliqué, Mme la Présidente. On

ne veut pas savoir ce qu'il fait déjà, on veut savoir ce qu'il va faire de

plus.

Présidente : La réponse du ministre.

M. Charette :

Donc, on reprend le même... le même modus operandi. Lorsqu'on dit que le

gouvernement n'a pas agi, le dernier, bien, dans tous les cas agit. Dans les

attestations précédentes, tous les métaux qui sont normalement assujettis à la Loi

sur la qualité de l'environnement et de l'air n'étaient pas assujettis au

respect de la norme. On a imposé ça. On a aussi imposé une transparence qui

oblige autant la compagnie que le ministère de l'Environnement à révéler les

données à la station légale, et on a justement reçu ces chiffres au cours des

derniers jours. Pour l'arsenic, on est en

plein respect de la norme annuelle. Pour le cadmium, on est tout à fait en

respect de la norme annuelle. Pour le plomb, on est aussi en respect de

la norme annuelle.

Présidente : Deuxième complémentaire.

M. Leduc : « Les

enfants de Rouyn-Noranda ont de l'arsenic dans les cheveux, dans les ongles et

probablement dans les os aussi. Tes enfants sont une zone sacrifiée.» Glencore,

ça fait des économies en sacrifiant la santé et la vie de notre monde, Mme la Présidente. On dit que ça va coûter trop cher de

baisser les émissions plus drastiquement, mais, pourtant, Glencore,

c'est 14 milliards de profit. Ça fait que, du lousse, là, il y en a en

masse là-bas.

Comment

est-ce que le ministre peut expliquer aux gens de Rouyn-Noranda qu'on a une

norme, au Québec, mais que, pour eux, pour les gens de là-bas, bien, ce

n'est pas grave de ne pas la respecter?

Présidente : La réponse du ministre.

M. Charette :

Le collègue peut répéter certains extraits. Moi, je vous dis que les normes

qui ont été imposées sont respectées. Il y a des avancées majeures qui ont été

réalisées au cours des dernières années. Et moi, je me demande comment peut-on

être aussi déconnecté avec la population de Rouyn-Noranda. C'est un travail qui

se fait avec la population, avec le conseil

municipal, avec l'entreprise. Il y a des comités de suivi qui ont été mis en

place. Mais malheureusement Québec

solidaire s'isole dans ce dossier, et ça explique les résultats de la campagne

électorale de 2022 dans le secteur de Rouyn-Noranda. Heureusement que

nous avons dorénavant un excellent député dans le secteur, qui est en mesure

d'assurer les suivis nécessaires et qui peut témoigner des améliorations qui

ont eu cours au cours des dernières années.

Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef

du troisième groupe d'opposition.

M. St-Pierre Plamondon : Mme la Présidente, la CAQ

a fait le pire déficit de l'histoire et elle essaie maintenant de

réparer sa mauvaise gestion en faisant des compressions. On apprend aujourd'hui

dans La Presse que de nouveaux services aux citoyens sont menacés d'être

supprimés. Notamment, la centaine de cliniques de vaccination que le

gouvernement a choisi de pérenniser pour y ajouter des activités de prévention

et de services de première ligne, ce serait coupé. On considère également la

réduction des activités et des heures d'ouverture des petites urgences, c'est

le cas de Fortierville, Trois-Pistoles, Rivière-Rouge, et ce, au même moment où

ce gouvernement se targue d'être le gouvernement des régions. On est en train

de créer un désert médical. Il est question également de la fermeture des

programmes Aire ouverture. Donc, on va supprimer... on se propose de supprimer

des services en santé mentale aux adolescents, alors que c'est un autre

programme qui a été mis en place par la CAQ elle-même. Donc, tous ces projets sont sur pause parce que la CAQ a dépensé sans

compter, alors que sa principale promesse, c'était de bien gérer les finances

publiques.

Je vais poser la même

question qu'au cours des dernières semaines, parce que ça fait des semaines que

le gouvernement nie que ces coupures-là, elles ont lieu, qu'il y a des coupures

importantes en services à la population. Est-ce

que le premier ministre peut reconnaître qu'il a trop dépensé dans des projets

douteux, que, par conséquent, ils coupent dans les services à la

population? Et surtout est-ce qu'il peut nous présenter un plan de compressions

budgétaires transparent pour chacun de ces ministères? Parce que, oui, ça a

lieu.

Présidente : La réponse du premier ministre.

M. Legault : Oui. Mme la Présidente, le chef du troisième

groupe d'opposition est dur à suivre, parce que j'essaie de comprendre, là. Est-ce qu'il pense qu'on dépense

trop ou il pense qu'on ne dépense pas assez? Ce n'est vraiment pas clair,

là. Dans une phrase, il dit une chose. Dans la phrase suivante, il dit le

contraire.

Mme la Présidente, la

réalité, là, c'est que, si on parle de santé, depuis six ans, on a augmenté le

budget de la santé de 50 %. C'est du

jamais-vu, là. Jamais un gouvernement libéral ou un gouvernement péquiste n'en

a fait autant du côté de l'augmentation des dépenses.

Maintenant, Mme la

Présidente, quand on regarde le budget 2024-2025, il est en croissance sur

le budget de l'année précédente, 2023-2024.

Ce qu'on demande au réseau, c'est de respecter le budget, un budget qui est en

croissance. Je pense que ça, c'est de la bonne gestion.

Donc,

peut-être que, dans sa complémentaire, il peut nous éclairer, là. Est-ce qu'il

trouve qu'on dépense trop, en santé, ou on ne dépense pas assez, en

santé?

Présidente : Première complémentaire.

M. St-Pierre Plamondon :

Avec plaisir, Mme la Présidente. Je trouve que ce gouvernement dépense trop

dans des projets comme Northvolt Suède, je trouve que ce gouvernement dépense

trop en bureaucratie et je trouve que ce gouvernement ne dépense pas assez en

services essentiels à la population. Ça peut-tu être plus clair que ça?

Là, il y a une

pétition sur Amos, là, signée par 25 000 personnes. Est-ce que le

premier ministre peut nous répondre, à

savoir si les usagers d'Amos vont obtenir leur nouvelle urgence? Qu'est-ce qu'il

répond à sa propre députée, qui a parrainé une pétition dont on connaît

à peine l'existence, apparemment, du côté du gouvernement?

Présidente : La réponse du premier ministre.

M. Legault : Oui. Mme la Présidente,

je pense que Bernard Landry serait un peu triste d'entendre le chef du troisième groupe d'opposition dire : On met

trop d'argent en... en économie, pardon, mais pas assez en santé. Franchement!

Franchement! De comparer ce qu'on a mis dans les entreprises avec ce

qu'on met en santé!

Mme la Présidente, ce qu'il est important de

dire, là, c'est qu'on a réussi, depuis six ans, à réduire l'écart de richesse

du Québec avec le reste du Canada, ce que n'a pas réussi à faire ni le

gouvernement du Parti québécois...

La Présidente : Deuxième

complémentaire.

M. St-Pierre Plamondon : Mme la

Présidente, je reviens au sujet. Des personnes handicapées qui perdent des

heures de soins et de services à domicile. Des préposés aux bénéficiaires

recrutés et formés à grands frais et qui sont remerciés.

330 postes d'infirmières et inhalothérapeutes éliminés en Chaudière-Appalaches. 200 millions de coupures dans les services aux élèves. Arrêt

des mammographies de soir au Bas-Saint-Laurent. J'en ai plein.

Est-ce que le premier ministre peut présenter

son plan de compressions budgétaires de manière transparente pour chacun des

ministères, au lieu de faire semblant que ça n'a pas lieu?

La Présidente : On demeure prudents.

La réponse du premier ministre.

M. Legault : Oui. Mme la Présidente,

on ne sait toujours pas c'est quoi, la position du chef du troisième groupe

d'opposition. On a augmenté le budget de la santé de 50 % depuis six ans,

à chaque année le budget est en croissance, mais on est en train de faire une

réorganisation. Entre autres, il y a des postes de jour qui sont abolis à des

endroits, puis on crée des postes de soir,

de nuit, de fin de semaine. Pourquoi? Parce qu'on a été le premier puis le seul

gouvernement à avoir le courage de négocier avec les syndicats

d'infirmières pour avoir cette flexibilité.

Donc, Mme la Présidente, ce que le ministre de

la Santé est en train de faire, c'est de rendre notre réseau plus efficace.

C'est ça qu'on souhaite. C'est ça que les Québécois souhaitent.

La Présidente : En question

principale, je reconnais maintenant le député de Taschereau.

M. Grandmont : Mme la Présidente, la

vie coûte de plus en plus cher. On peut constater à tous les jours, quand on va payer l'épicerie. Il y a de plus en

plus de Québécois et de Québécoises qui cherchent les aubaines. De plus

en plus de personnes, aussi, se privent d'aliments sains.

Pour plusieurs Québécois et Québécoises, passer

à la caisse est devenu une source de stress, une source d'anxiété. Avec

l'épicerie qui va coûter jusqu'à 2 600 $ de plus en 2025, manger

sainement, c'est devenu un luxe pour plusieurs. Les familles, les personnes

âgées, les étudiants vont se tourner de plus en plus vers les banques

alimentaires. D'ici 2027, c'est plus de 3,2 millions de demandes d'aide

alimentaire mensuelles qu'on s'attend à avoir.

En ce moment même, il y a 100 millions de

dollars de l'argent des Québécois qui dort à Ottawa pour de l'aide alimentaire.

Si la CAQ ne signe pas l'entente d'ici le 31 mars, c'est 11 millions

de dollars, pour l'année en cours, qui va juste disparaître.

Est-ce que la ministre de la Solidarité sociale

peut se lever aujourd'hui pour nous dire comment elle va s'assurer que l'argent

des Québécois va servir à nourrir les Québécois dans les banques alimentaires

ici, à Québec... au Québec?

La Présidente : La réponse de la

ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire.

Mme Rouleau : Merci beaucoup,

Mme la Présidente. Et je remercie le collègue pour sa question.

La sécurité alimentaire, c'est un enjeu qui est

extrêmement important pour nous, vraiment très important, parce que, oui, on a pu constater, évidemment, puis je

l'ai constaté en faisant le tour de toutes les régions du Québec, en préparant

le plan de lutte à la pauvreté, qu'il y a un accroissement des personnes qui

vont vers les comptoirs alimentaires, les banques alimentaires.

C'est pour ça, Mme la Présidente, que, depuis

que nous sommes en poste, c'est plus de 700 millions de dollars que nous avons investis dans la sécurité

alimentaire. C'est pour ça, Mme la Présidente, que, depuis 2022, quand Banques

alimentaires Québec est venu nous voir pour obtenir du financement, aussitôt on

a répondu à la demande et que, depuis, on répond à la demande de Banques

alimentaires Québec, pour que Banques alimentaires Québec, qui subvient aux

besoins de 1 300 comptoirs à travers le Québec, puisse distribuer de

la nourriture, puisse acheter de la nourriture, puisse avoir les infrastructures nécessaires pour

bien distribuer cette nourriture auprès des gens. On veut que

personne...

La Présidente : Première

complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais le député de Maurice-Richard.

M. Bouazzi : Vous remarquerez qu'on ne sait toujours pas

comment on va rapatrier l'argent, Mme la Présidente.

Mais restons sur les banques alimentaires. Dans

ma circonscription, 12 organismes sont en train d'être évincés par le centre de services scolaire de Montréal.

Ils servent 25 000 personnes. La banque alimentaire qui s'y trouve a

servi plus de 4 000 personnes vulnérables en 2024. Tout ce que

ces groupes demandent, c'est un sursis, le temps que les locaux déjà prévus

soient prêts pour les accueillir.

Est-ce que le gouvernement va intervenir pour

sauver la principale banque alimentaire d'Ahuntsic?

La Présidente : La réponse de

la ministre.

Mme Rouleau : Merci beaucoup,

Mme la Présidente. Oui, il y a des organismes communautaires qui doivent trouver de nouveaux locaux, parce qu'il y a

certains enjeux. Et c'est quelque chose qui est très important pour nous, de

s'assurer que les organismes communautaires soient bien logés. C'est pour ça

que, dans le plan d'action gouvernemental en action communautaire, Mme la

Présidente, qu'on a déposé en 2022, 2021‑2022, un plan d'action qui était attendu depuis

15 ans par les organismes communautaires, qui contient une première

enveloppe de 1,1 milliard de dollars pour les organismes communautaires,

on est rendus à 2,2 milliards pour les organismes communautaires, et on a

une mesure, Mme la Présidente...

La Présidente : Voilà. Cela

met fin à la période de questions et de réponses orales.

Demeurez en

place pour la tenue du vote reporté. Et, pour ce faire, je vais céder la place

à la première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Merci beaucoup.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Alors, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M. le

député de Marguerite-Bourgeoys débattue hier aux affaires inscrites par les

députés de l'opposition, qui se lit comme suit :

«Que l'Assemblée nationale déclare que l'imposition

de tarifs à l'exportation sur l'aluminium québécois, tel que proposée par le

premier ministre du Québec, serait néfaste pour l'industrie québécoise de

l'aluminium et tout particulièrement pour l'économie de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.»

Le vote est maintenant ouvert.

Donc, le vote est maintenant fermé. Mme la

secrétaire générale, pour le résultat du vote.

Secrétaire : Pour : 31

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,

la motion est rejetée.

Donc, nous allons poursuivre à la rubrique des

motions sans préavis. Donc, en fonction de nos règles et de l'ordre de

présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du

troisième groupe d'opposition, donc, un membre du troisième groupe

d'opposition. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.

M. Arseneau : Merci, Mme la

Présidente. Merci. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée

afin de présenter, conjointement avec la députée de La Pinière, le leader

du deuxième groupe d'opposition et la députée de Vaudreuil, la motion

suivante :

«Que

l'Assemblée nationale reconnaisse que les ressources intermédiaires sont

incontournables pour l'hébergement des aînés et les personnes les plus

vulnérables;

«Qu'elle reconnaisse que les ressources

intermédiaires sont en difficulté financière;

«Qu'elle constate que 4 937 Québécois

attendent une place dans une ressource intermédiaire;

«Enfin, que

le gouvernement rehausse l'entente nationale le plus rapidement possible dans

la prochaine négociation.»

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a

consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du

gouvernement.

M. Caire : Pas

de consentement, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons

poursuivre. Je suis maintenant prête à entendre un membre du groupe formant le

gouvernement. M. le premier ministre.

M. Legault : Oui, merci, Mme la Présidente. Je sollicite le

consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député d'Acadie,

la députée de Mercier, le chef du troisième groupe d'opposition, la

députée de Vaudreuil et le député d'Arthabaska :

«Que

l'Assemblée nationale du Québec rappelle que, depuis trois ans, l'Ukraine fait

face à une invasion de la part de la

Russie, avec des conséquences humaines considérables, ainsi que des

destructions de villes et d'infrastructures qui sont essentielles;

«Qu'elle

rappelle l'engagement constant du Québec envers l'Ukraine et son peuple par le

biais de gestes concrets posés depuis février 2022;

«Qu'elle réaffirme

son attachement au respect de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et aux

valeurs de démocratie et d'État de droit;

«Qu'elle

soutienne un dénouement diplomatique à cette guerre pour parvenir à une paix

juste, durable et négociée par toutes les parties;

«Qu'elle

soutienne le renforcement des efforts internationaux pour la reconstruction de

l'Ukraine;

«Qu'elle exprime sa

solidarité envers le peuple ukrainien et auprès des Québécois d'origine

ukrainienne;

«Qu'enfin,

l'Assemblée nationale observe une minute de silence pour honorer la mémoire de

tous ceux et celles qui ont perdu la vie ou qui ont été déplacés en

raison de cette invasion.»

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

M. le premier ministre. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de

cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.

M. Caire : Oui, Mme la Présidente, il y a consentement pour

un débat de deux minutes de rigueur par intervenant dans l'ordre

suivant : le premier ministre, le député de l'Acadie, la députée de

Mercier et le chef du troisième groupe d'opposition.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.

Donc, je comprends qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre

interventions et pour que la durée des

interventions soit limitée à un deux minutes de rigueur. Donc, je cède

immédiatement la parole à M. le premier ministre.

M. Legault : Oui, merci, Mme la Présidente. Trois ans après

l'invasion russe, le peuple ukrainien lutte toujours pour son indépendance, pour sa liberté, et les

Québécois sont solidaires de la résistance des Ukrainiens. On salue leur

courage.

Depuis maintenant

trois ans, le Québec dénonce la guerre menée par la Russie pour annexer

l'Ukraine. Notre nation est fière d'être alliée aux Ukrainiens. On partage leur

combat pour continuer d'exister comme nation.

La guerre a causé

trop de morts, a forcé aussi des femmes, des enfants à quitter le pays. On a

accueilli certains d'entre eux au Québec, et j'ai évidemment une pensée pour

tous ceux qui ont perdu la vie, pour tous ceux qui ont perdu un être cher. Au Québec, donc, on a accueilli des

dizaines de milliers de concitoyens d'origine ukrainienne, et nos deux

nations partagent des liens d'amitié depuis longtemps.

Donc, au nom des

Québécois, je réitère notre soutien à l'aide civile, à l'aide humanitaire, à

l'aide militaire que le gouvernement du Canada apporte à l'Ukraine. On soutient

aussi les sanctions contre la Russie de Poutine. Et on va rester aux côtés des

Ukrainiens aussi longtemps qu'il va le falloir pour mettre fin à cette

agression.

tiens à souligner le consul honoraire d'Ukraine qui est avec nous, la

délégation qui l'accompagne dans les tribunes. Et, depuis le début, la

nation québécoise est avec l'Ukraine puis on va l'être jusqu'à la fin de la

guerre. Merci.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Merci, M. le premier ministre. Et maintenant nous allons

poursuivre avec M. le député de l'Acadie.

M. Morin : Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de saluer

le consul honoraire et la délégation ukrainienne dans les tribunes.

J'ai le privilège de

prendre la parole dans le cadre de ce débat qui souligne le troisième

anniversaire de ce conflit, l'invasion par la Russie de l'Ukraine. En effet,

disons-le clairement, la Russie est l'agresseur, et non l'inverse. Une invasion brutale, une agression qui bafoue le

droit international, un conflit qui cible des civils, des femmes, des enfants, des

aînés. Ça sème la peur et la désolation.

Je salue la détermination et le courage du

peuple ukrainien ici et là-bas, la résilience du président Zelensky, qui doit

appuyer son peuple, obtenir l'aide des nations et maintenant convaincre le

président américain de pouvoir s'asseoir à la table pour des négociations de

paix. Les négociations de paix ne peuvent se faire sur le dos de l'Ukraine, en l'absence de la principale intéressée. Le

Québec et le Canada doivent continuer à soutenir l'Ukraine par le biais de gestes

concrets au Québec et en Ukraine.

Je salue ceux et celles qui se battent pour

repousser l'envahisseur russe. Saluons les héros qui tiennent tête à ceux qui attaquent nos démocraties et qui

fragilisent l'ordre mondial, qui ne respectent pas le droit international.

Saluons la mémoire des victimes de ce terrible conflit.

Continuons à appuyer l'Ukraine. Ne les oublions

pas. Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous allons

poursuivre avec Mme la députée de Mercier.

Mme Ghazal : Merci, Mme la

Présidente. Trois ans de guerre, trois ans d'une guerre illégale et injustifiée

de la Russie contre l'Ukraine, trois ans de jeunes Ukrainiens et de jeunes

Russes aussi qui perdent leur vie sur la boucherie du champ de bataille, trois

ans de Québécoises et Québécois qui se lèvent chaque matin la tête pleine

d'inquiétude pour une tante, des grands-parents, un mari, un fils resté là-bas.

J'ai d'ailleurs dans mon entourage des gens très proches de moi qui sont affectés par cette guerre. Je veux

d'ailleurs saluer Babaïra, l'arrière-grand-mère de Victor, mon beau-fils, qui

est ici, aujourd'hui, et qui a fui la guerre du haut de ses 90 ans.

J'aimerais me lever en cette Chambre aujourd'hui

pour vous dire avec confiance que l'Ukraine sera libre, mais ce serait mentir.

Vous connaissez l'expression : Dites-moi qui sont... dis-moi qui sont tes

amis et je te dirai qui tu es. Dans les

derniers jours, le président américain a dit au monde entier qui est son ami et

qui est son ennemi. Donald Trump est l'ami de Vladimir Poutine.

Donald Trump est l'ami des dictateurs et des criminels de guerre. Donald Trump

est l'ennemi des peuples libres de la planète. Pour fêter le troisième

anniversaire de l'invasion, il fait des cadeaux aux conquérants. Il découpe un pays souverain comme on découpe un gâteau.

Comme toujours, dans le monde de Trump, la seule chose qui importe,

c'est de créer des opportunités d'affaires. Hier, il voyait dans les ruines de

Gaza des futurs tout-inclus. Aujourd'hui, il voit dans les ruines fumantes de

l'Ukraine les minerais stratégiques qu'il rêve de piller.

Si on reste

silencieux, demain ce sera qui? C'est dans ce monde-là, malheureusement, qu'on

est en train de glisser. Si on reste silencieux, si on laisse Trump et

Poutine faire les ordres, demain ce sera qui?

Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu

Le Québec est

l'ami du peuple ukrainien hier et aujourd'hui. Et d'ailleurs, mes collègues,

nous allons être présents auprès de nos amis ukrainiens à Québec et à

Montréal pour souligner les trois ans de cette guerre.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la

parole à M. le chef du troisième groupe d'opposition.

M. St-Pierre Plamondon : Mme la

Présidente, alors que, cette semaine, on tente d'imputer à l'Ukraine la

responsabilité d'un conflit dont elle est victime, il est important de se

souvenir, se souvenir qu'il y a longtemps que la Russie s'attaque à

l'indépendance de l'Ukraine en violation des règles fondamentales du droit

international; se souvenir que, le

24 février 2022, c'est la Russie qui est passée à une autre étape de

violence et d'agression en lançant une offensive militaire sur tous les

fronts contre l'Ukraine, il s'agit d'une invasion; se souvenir que des crimes

de guerre et des crimes contre l'humanité sont commis par les troupes russes,

et ils sont documentés, vastement documentés, notamment par la Cour pénale internationale; se souvenir, donc,

que nos devoirs ici, au Québec, comme partout dans le monde, c'est de nous

tenir debout pour préserver les principes fondamentaux sur lesquels reposent la

paix et la sécurité dans le monde.

Les Ukrainiens sont sur la ligne de front au nom

de ces principes. Le combat qu'ils mènent pour leur liberté, leurs droits et

leur indépendance inspire évidemment pour nous l'admiration. Les Ukrainiennes

et les Ukrainiens, au prix de tous les sacrifices, ont fait le choix du

courage. Sous les bombes, au péril de leur vie, sans céder à la peur, ils

tiennent tête aux forces réunies d'un pays trois fois plus peuplé, et ils

tiennent tête, surtout, à l'une des plus grandes puissances militaires au

monde. Ils ne sont pas seuls.

La résistance de l'Ukraine nous inspire. Nous

avons le devoir de continuer à l'appuyer, parce que soutenir l'Ukraine, c'est

soutenir les valeurs qui nous sont chères, c'est combattre les crimes de

guerre, c'est reconnaître le droit à

l'autodétermination des peuples, c'est réitérer l'objectif fondamental de la

paix dans le monde et la nécessité d'agir de manière cohérente vis-à-vis cet objectif. Et la paix commande donc qu'il

n'y ait pas de décision concernant l'avenir de l'Ukraine sans l'Ukraine

à la table.

Donc, je

joins ma voix à celles de mes collègues. À mon tour de dire : Vive

l'Ukraine libre! Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

M. le chef du troisième groupe d'opposition. Est-ce que cette motion est

adoptée? Motion adoptée.

Donc, veuillez vous

lever pour observer une minute de silence.

• (11 h 14 — 11

h 15) •

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Vous pouvez vous asseoir.

Donc, nous allons

poursuivre. Et je suis maintenant prête à entendre un membre du groupe formant

l'opposition officielle. Mme la députée de Robert-Baldwin, à vous la parole.

Mme Garceau :

Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée

afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de

Matane-Matapedia et la députée de Vaudreuil :

«Que l'Assemblée

nationale reconnaisse que le milieu culturel québécois traverse présentement

une crise;

«Qu'elle constate que

cette crise mène à une diminution de l'offre culturelle dans plusieurs régions

du Québec où la culture est un moteur économique important;

«Qu'elle déclare

qu'il est opportun d'organiser, dès que possible des États généraux sur la

culture afin de mettre de l'avant des solutions à la dégradation des conditions

socio-économiques des artistes et des créateurs;

«Qu'enfin,

elle demande au gouvernement de procéder, dès cette année, à l'indexation des

subventions octroyées par le Conseil des arts et des lettres dans le

cadre du programme Soutien à la mission.»

Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a

consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du

gouvernement.

Caire :

Pas de consentement, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, je suis

maintenant prête à entendre un membre du deuxième groupe d'opposition. Alors,

M. le leader du deuxième groupe d'opposition, à vous la parole.

M. Cliche-Rivard :

Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette

Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec la députée de D'Arcy-McGee,

le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée de Vaudreuil :

«Que l'Assemblée

nationale prenne acte de l'augmentation alarmante du nombre de personnes en

situation d'itinérance cherchant refuge dans le métro de Montréal;

«Qu'elle

remarque que cette affluence est en grande

partie attribuable aux débordements

fréquents des refuges existants et à l'insuffisance des places disponibles pour

offrir un hébergement digne et adéquat aux personnes vulnérables;

«Qu'enfin, elle

demande au gouvernement du Québec de mettre en place de manière urgente des

refuges supplémentaires et des ressources d'urgence, notamment gérées par les

CIUSSS, afin d'offrir des espaces d'accueil dignes et adaptés, tout en

travaillant à des solutions durables pour sortir les personnes de

l'itinérance.»

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de

cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.

Caire :

Pas de consentement, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons

poursuivre.

Alors, nous sommes

rendus à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M. le leader

adjoint du gouvernement, je vous cède à la parole.

M. Lévesque

(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente.

Et donc j'avise cette

Assemblée que la commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'alimentation

et des ressources naturelles va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi

n° 69, la Loi assurant la gouvernance responsable des ressources

énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives, aujourd'hui,

après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures à

16 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau, ainsi que le

mardi 25 février, de 9 h 45 à 12 h 30, à la salle

Marie-Claire-Kirkland;

La Commission des

finances publiques va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 82,

la Loi concernant l'identité numérique nationale et modifiant d'autres

dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures

et de 14 heures à 16 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;

La Commission de l'aménagement du territoire va

poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 86, Loi visant à assurer

la pérennité du territoire agricole et sa vitalité, aujourd'hui, après les

affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures à

16 h 30, à la salle Pauline-Marois;

Commission des transports et de l'environnement va poursuivre l'étude détaillée

du projet de loi n° 81, la Loi modifiant diverses

dispositions en matière d'environnement, aujourd'hui, après les affaires

courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures à 16 h 30, à la

salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que le mardi 25 février,

de 9 h 45 à 12 h 30, à la salle Pauline-Marois;

La Commission de la

culture et de l'éducation va entreprendre l'étude détaillée du projet de loi

n° 90, la Loi reconnaissant le hockey

sur glace comme sport national du Québec et concernant — également — les

référents culturels nationaux, aujourd'hui, après les affaires courantes

jusqu'à 13 heures et de 14 heures à 16 h 30, à la salle du Conseil législatif;

La Commission

de l'aménagement du territoire va

poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 79, la Loi édictant la

Loi sur les contrats des

organismes municipaux et modifiant diverses dispositions principalement aux

fins d'allègement du fardeau administratif des organismes municipaux, le mardi 25 février, de

9 h 45 à 12 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;

La Commission des

relations avec les citoyens va entreprendre les consultations particulières et

les auditions publiques sur le projet de loi n° 84, la Loi

sur l'intégration nationale, le mardi 25 février, de

9 h 45 à 12 h 25, à la salle

Louis-Hippolyte-La Fontaine;

La Commission de

l'économie et du travail va entreprendre l'étude détaillée du projet de loi

n° 85, la Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins

d'allègement du fardeau réglementaire et administratif, le

mardi 25 février, de 9 h 45 à 12 h 25, à la salle

du Conseil législatif.

Vice-Présidente (Mme Soucy) :

Merci. Donc, nous sommes maintenant rendus à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Alors, j'ai été

informée que l'interpellation prévue pour demain, le

vendredi 21 février 2025, entre Mme la députée de Mont-Royal—Outremont et Mme la

ministre de l'Enseignement supérieur et qui porte sur le sujet suivant :

Les coupures drastiques imposées aux cégeps et aux universités par le

gouvernement caquiste, se tiendrait de 8 heures à 10 heures. Est-ce

qu'il y a consentement pour déroger à l'article 298 du règlement

relativement à l'horaire habituel des interpellations? Il y a consentement.

Donc, la période

courante des affaires étant terminée, nous allons maintenant passer aux

affaires du jour. Et je vous cède la parole, M. le leader adjoint.

M. Lévesque

(Chapleau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. À ce stade-ci, je vous

demanderais une courte suspension afin que le délai pour la transmission des

débats de fin de séance s'écoule. Merci.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Donc, je suspends les travaux jusqu'à 11 h 28,

étant le délai pour déposer les débats de fin de séance, pour faire la demande

de débat de fin de séance.

(Suspension de la séance à

11 h 21)

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je

vous informe que le débat de fin de séance annoncé hier entre M. le député

d'Hochelaga-Maisonneuve et M. le ministre du Travail concernant la protection

du droit de grève des travailleuses et travailleurs du Québec est retiré à la

demande du député d'Hochelaga-Maisonneuve.

Par ailleurs, je vous

informe qu'un autre débat de fin de séance se tiendra aujourd'hui, à

13 heures. Ce débat portera sur une question adressée par M. le député de

Taschereau à Mme la ministre responsable de la Solidarité sociale et de

l'Action communautaire concernant le financement des banques alimentaires.

Ceci étant dit, M. le

leader adjoint du gouvernement, pouvez-vous nous indiquer la suite de nos

travaux?

M. Lévesque

(Chapleau) : Oui. Merci, Mme la Présidente. Je vous demanderais de

suspendre nos travaux jusqu'à la tenue de ce débat annoncé, s'il vous plaît.

Merci.

La Vice-Présidente

(Mme Soucy) : Merci. Donc, je suspends les travaux jusqu'à

13 heures.

(Suspension de la séance à

11 h 30)

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme

prévu, nous allons maintenant procéder au débat de fin de séance, qui portera

sur une question adressée par M. le député de Taschereau à Mme la ministre

responsable de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire concernant le

financement des banques alimentaires.

Je vous rappelle que,

conformément à l'article 310 du règlement, le député qui a soulevé le

débat et la ministre qui lui répond ont

chacun un temps de parole de cinq minutes, et par la suite, M. le député, vous

aurez un droit de réplique de deux minutes.

Alors, sans tarder, je vous cède la parole.

M. Grandmont : Merci,

Mme la Présidente. D'abord, j'aimerais saluer la ministre. C'est la première

fois qu'on a des échanges ensemble sur ce dossier, en fait, là, dont j'ai

acquis la responsabilité tout récemment, solidarité sociale et action

communautaire autonome. Donc, ça me fait vraiment plaisir de commencer les

échanges avec Mme la ministre.

C'est un

dossier qui me tient très à coeur, ayant moi-même travaillé pendant plusieurs

années dans des organismes en défense collective des droits ici, à Québec, un

comité de citoyens et citoyennes en Basse-Ville de Québec. On travaillait

beaucoup sur des enjeux de lutte à la pauvreté, d'accès au logement, droit des

locataires, logement social, et aussi, pendant 10 ans, comme directeur

général d'une organisation qui faisait la promotion des transports collectifs

et actifs et qui défend les droits collectifs des personnes qui utilisent ces

mêmes modes de transport. Donc, c'était avant de faire de la politique. En

fait, c'était de la politique, mais de la politique non partisane, parce que

c'est un peu ça, l'action communautaire autonome, aussi la défense collective

des droits. Donc, ça me fait plaisir de commencer à discuter puis de prendre du

temps dans ce dossier-là.

Et, si j'ai demandé un débat de fin séance,

Mme la Présidence, c'est parce que j'ai posé une question à Mme la

ministre pour laquelle j'ai eu une réponse qui m'est apparue décevante. Et je

voulais donner la chance à Mme la ministre d'étoffer, d'étayer sa réponse parce

que j'avais eu l'impression qu'elle n'y avait pas répondue.

Vous savez,

puis je vais le rappeler parce que c'est quand même assez important puis c'est

quand même assez frappant, c'est de

voir combien le nombre de Québécoises et de Québécois qui ont recours à une

aide alimentaire est incroyablement élevé et combien cette aide-là est

appelée à croître dans les prochaines années. On a un contexte économique

difficile, qui risque de s'amplifier avec la

guerre commerciale dans laquelle on est aux prises avec le président Trump au

sud de la frontière. Il y a eu une étude, il n'y a pas longtemps, qui a été

rendue publique, de la part... par Banques alimentaires Québec, par le réseau des Banques alimentaires du Québec,

qui disait que, pour le Québec, en 2027, ça serait 3,2 millions de

demandes d'aide alimentaire mensuelles qu'on aurait au Québec. C'est une

augmentation assez importante. On est à 2,90 millions actuellement. Donc,

c'est important.

On sait aussi

qu'une épicerie saine va coûter 2 600 $ de plus cette année, en 2025,

à cause de l'inflation, à cause d'un paquet d'éléments, en fait, un

contexte qu'on ne contrôle pas tout, évidemment. Je ne demanderai pas à la

ministre de faire baisser le prix du coût de

l'épicerie. Par contre, si les revenus ne suivent pas, puis si en plus le prix

du loyer coûte toujours plus cher, puis si en plus on a des

augmentations de tarifs un peu partout dans la société, bien, ça fait que les

gens ont de la misère et ont besoin de cette aide de dernier recours, qui est

très importante.

Je rappellerais aussi que, selon Banques

alimentaires Québec, 35 % des bénéficiaires des banques alimentaires au

Québec sont des enfants. C'est extrêmement important, et on le sait, et on

avait fait des propositions en ce sens-là aussi,

rappelez-vous mon collègue chef parlementaire, député de Gouin, qui parlait

d'un programme d'alimentation scolaire, qui disait qu'un enfant...

c'était le centre de notre proposition, mais qu'un enfant qui arrive à l'école

avec le ventre plein a plus de chances de

réussir et va mieux écouter à l'école. Alors, évidemment, ça, c'est des choses

qui nous préoccupent évidemment beaucoup, beaucoup, chez Québec

solidaire.

Il y a toutes sortes d'organismes aussi qui

travaillent à la sécurité alimentaire dans nos différentes villes du Québec. Je prends exemple... Parce que Mme la

ministre a beaucoup parlé, ce matin... a nommé le fait qu'elle faisait des

tournées. Et je salue ce geste-là,

évidemment, il faut se promener sur le terrain. Moi aussi, je fais des

tournées. Récemment, je suis allé rencontrer les gens du Pignon Bleu,

les gens du Pignon Bleu qui servent actuellement 10 000 repas par

jour à des gens, à des jeunes de Québec.

C'est un organisme incroyable. Ils font des miracles avec, malheureusement,

trop peu d'argent, mais ils arrivent à servir des repas à

10 000 jeunes par jour. Grâce à des investissements gouvernementaux, ils ont pu construire une nouvelle cuisine. Il y a

eu 6,8 millions, du gouvernement du Québec, qui a été investi dans une

nouvelle cuisine. Le Pignon Bleu pourrait servir des repas à

25 000 personnes... jeunes, en fait, à 25 000 jeunes dès

demain matin, dès l'ouverture de leur cuisine. Imaginez combien les besoins

sont immenses.

Donc, ça va

prendre... Évidemment, sur les 100 millions de dollars, parce que j'y arrive,

les 100 millions de dollars qui devraient être dans l'entente que Mme la

ministre, j'espère, signera d'ici le 31 mars avec le gouvernement fédéral,

cet argent-là devra faire l'objet d'une répartition équitable entre les

différents organismes, notamment le Pignon Bleu, à Québec. Et c'est une

responsabilité de la ministre de s'assurer que les besoins de la population

sont répondus. Et ça, évidemment, ça passe par aller chercher l'argent du

fédéral, c'est notre argent, et évidemment une saine gestion de la répartition.

Donc, je reviens sur le 100 millions de

dollars que j'ai évoqué ce matin. Il y a 100 millions de dollars de notre argent, actuellement, en sécurité alimentaire, qui

dort à Ottawa. On attend une signature d'ici le 31 mars, sans quoi on perd

11 millions de dollars pour l'année en cours. Est-ce que la ministre est

d'accord avec ces chiffres-là? Et qu'est-ce qu'elle va faire pour aller

chercher l'argent qui finance nos banques alimentaires?

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,

M. le député. Je vais maintenant céder la parole à Mme la ministre. Et je vous

rappelle que vous avez un temps de parole maximum de cinq minutes.

Mme Rouleau : Merci beaucoup, Mme la

Présidente. Et je remercie le député pour ce moment privilégié que nous avons à

passer ensemble pour parler de sécurité alimentaire, qui est un... qui est

quelque chose qui me tient vraiment à coeur. Parce que, comme il le dit, j'ai

fait le tour du Québec et j'ai pu constater qu'il y a des besoins énormes

partout, dans toutes les régions du Québec. Et j'ai été en milieu urbain, en

milieu rural, j'ai fait les 100 kilomètres de plus pour aller voir ce qui

se passait derrière. J'ai rencontré plus de 500 organismes, et différentes

personnalités, et des gens qui travaillent sur le terrain pour, en fait,

m'inspirer pour bâtir le nouveau plan de lutte à la pauvreté, que j'ai déposé

récemment, plan de lutte qui contient des mesures fort importantes en sécurité

alimentaire, parce que j'ai fait inscrire dans le plan de lutte la sécurité

alimentaire. C'est 141 millions, c'est 13 mesures qui permettent...

qui vont permettre d'augmenter de 30 % les projets en sécurité alimentaire.

Alors, on veut investir, évidemment, pour s'assurer que les gens puissent

manger à leur faim.

Et c'est un plan gouvernemental, c'est un plan

gouvernemental qui contient aussi des mesures importantes en habitation et en

itinérance. Globalement, c'est un plan de 4,3 milliards de dollars, plus

de 3 milliards qui sont liés à l'habitation, pour permettre aux gens

d'avoir des logements à bon prix, parce que c'est ça qui vient impacter la

capacité de payer des gens, c'est le logement, évidemment, puis toutes les

mesures en itinérance, pour prévenir l'itinérance évidemment. Un plan

gouvernemental...

Et le député

souligne l'ajout, là, du... l'argent du gouvernement fédéral qui doit venir.

Les négociations sont en cours, c'est mon collègue le ministre de l'Éducation

qui est en train de finaliser ces discussions, donc on aura les résultats

très prochainement, puis je travaille avec lui, je suis ça, de très, très près.

Mais on aura notre part, c'est certain, parce qu'on a besoin évidemment de cet

argent-là.

Mais je veux souligner aussi tout ce qu'on fait

en matière de sécurité alimentaire. Depuis qu'on est en poste, j'ai mentionné

déjà que c'est plus de 700 millions de dollars, par les différents

ministères, qui sont dédiés à la sécurité alimentaire.

Et je vous donne en exemple... moi, lorsque je suis arrivée dans ce dossier, en

2022, déjà, bon, on a répondu à la demande de Banques alimentaires

Québec, qui était de 6 millions. Alors, on a démarré, là, en décembre

2023, à l'été, c'est 34 millions qu'on a

investis, comme gouvernement, 20 millions pour des infrastructures

permettant de mieux conserver la nourriture, la proportionner, mieux la

distribuer, alors des équipements qui sont fort importants, qui viennent du ministère de l'Agriculture, donc mon

collègue qui est très investi dans cette mission-là aussi, et

14 millions qui servait pour l'achat de denrées, notamment, et quelques

autres initiatives d'aide alimentaire.

Mon collègue des Services sociaux, via le

programme du PSOC, a investi 83 millions auprès des organismes en aide alimentaire, toujours en 2023. On a... là,

je ne veux pas me tromper. Ah! en 2023, donc, à l'été, c'était 34 millions.

On a rajouté, à l'automne, un autre 21 millions auprès de différents

réseaux : on parle des banques alimentaires, on parle du Club des petits déjeuners, on parle de La Tablée des chefs, on

parle de la Fondation OLO, on parle de La Cantine pour tous, qui

permettent, ces organisations, de nourrir des enfants, évidemment, et contrer

le gaspillage alimentaire.

Dans le

dernier budget, le tout dernier budget, c'est 80 millions de dollars que

nous avons ajoutés pour... 40 millions pour Banques alimentaires

Québec, toujours pour acheter de la nourriture, et pour La Tablée des chefs, le

Club des petits déjeuners, Cantine pour tous, continuer et augmenter l'offre

auprès des jeunes, notamment.

Alors, on fait différents gestes, et, dans le

plan de lutte à la pauvreté, 141 millions de 13... avec 13 mesures. Par exemple, la semaine dernière, j'étais à

Gatineau avec les alliances, où on investit 145 millions pour contrer la

pauvreté dans les différentes régions. Et j'annonçais 1,4 million

pour l'organisme AU/LAB, qui est une organisation spécialisée dans

l'agriculture urbaine, pour permettre d'accompagner des gens qui veulent faire

de l'agriculture urbaine.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la ministre. Maintenant, je cède la

parole à M. le député pour son droit de réplique.

M. Grandmont : Merci, Mme la

Présidente. Bien, écoutez, je remercie la ministre pour sa réponse, mais, en

même temps, ça m'a permis de comprendre un petit peu mieux pourquoi elle n'a

pas pu me répondre ce matin. En fait, c'est que ce n'est pas elle qui négocie

avec le fédéral. Ce n'est pas elle qui négocie actuellement, c'est son collègue

à l'Éducation. Donc, j'espère

qu'effectivement elle garde un oeil attentif aux négociations, parce qu'il y a

beaucoup de gens qui comptent sur elle pour être capables de finir la

fin de mois. Il y a beaucoup d'organismes, comme Le Pignon bleu, par exemple, à

Québec, et toutes les autres banques alimentaires de ce monde du Québec qui la

regardent, elle, et qui s'attendent à des résultats, qui s'attendent à des

résultats parce que l'argent qui est à Ottawa, évidemment, on va se le

rappeler, hein, c'est notre argent qui nous revient. On l'a payé en impôts puis

en taxes, puis ça nous revient. Ça serait peut-être une chose différente si on

était un pays, hein? On éviterait bien des étapes puis bien de la bureaucratie,

mais ça nous permettrait d'après ça choisir nous-mêmes comment notre argent est

dépensé. Mais, pour l'instant, le système est tel qu'on doit aller chercher cet

argent-là puis le négocier avec le gouvernement fédéral.

Donc, j'espère que la négociation se passe bien.

J'espère qu'elle garde un oeil attentif à comment ça se passe, parce que je

n'aurais pas envie qu'on fasse, tous, le constat qu'après le 31 mars,

cette entente-là, on ne soit pas arrivés à la signer puis qu'on ait perdu 11 millions

de dollars. On n'a pas les moyens actuellement, si je peux me permettre, Mme la Présidente, de se passer de

11 millions de dollars qui vont servir aux banques alimentaires pour

nourrir les gens qui, actuellement,

sont dans des états de vulnérabilité très, très grands. Pourquoi? Parce qu'on a

une inaction, actuellement, du côté de la CAQ. On s'est creusé un déficit, on

s'est... on est en train de couper partout dans les services, on n'augmente

pas le salaire minimum, on n'a pas augmenté les salaires à l'aide sociale non

plus. Donc, évidemment, les gens sont plus mal pris qu'avant. Donc, j'espère

qu'effectivement Mme la ministre... Puis je vais continuer à suivre le dossier

avec elle, évidemment, parce que ça me tient très à coeur, pour les organismes,

pour les gens qu'on représente, s'assurer que cette signature d'entente là se

fasse avant le 31 mars. Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cela met fin au débat de fin

de séance. Mme la ministre, je crois que vous avez une petite motion à

nous faire.

Mme Rouleau : ...je vous demande

d'ajourner nos travaux au mardi 25 février 2025, à 13 h 40.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Cette

motion est-elle adoptée? Motion adoptée.

En conséquence, nous ajournons nos travaux au

mardi 25 février 2025, à 13 h 40.

(Fin de la séance à 13 h 14)

Document details

CollectionQuebec — Debates (Hansard)
Citation2025-02-20
Typehansard
Volume / chapterfr travaux-parlementaires assemblee-nationale 43-1 journal-debats 20250220 400845
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier16772348d77e0f1681d9a86b568ecbeaad4d589a

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