CAT — 29 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-05-29
Quebec — Committees
Enfin, une disposition
prévoit que la Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes
de retraite à prestations déterminées du
secteur municipal s'applique au régime de retraite des policiers de Montréal.
Nous répondrons ainsi à l'intention
qu'avait le législateur lors de l'adoption de cette loi, en
décembre 2014. Notre gouvernement souhaite ainsi maintenir l'équité entre les policiers de la ville de Montréal
et les autres participants à des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipalité au Québec. Nous voulons également protéger la capacité de payer des
contribuables de la ville de Montréal.
Maintenant,
pour ce qui est des dispositions du projet
de loi en lien avec la Régie du logement, nous irons de l'avant afin
d'assurer un meilleur accès aux services de la régie, tant pour les locataires
que pour les locateurs. Il est donc prévu que le nom de la Régie du
logement soit remplacé par celui de
Tribunal administratif du logement
pour mieux représenter son véritable
rôle. De plus, les modifications visent principalement à diminuer les délais de
traitement et l'inventaire des demandes,
réduire les remises d'audience, favoriser la conciliation entre les locataires
et les locateurs, optimiser l'utilisation de la visioconférence,
permettre à toute personne d'être assistée lors d'une audience.
Enfin,
je terminerai avec les mesures qui concernent les copropriétés divises, neuves
et existantes. Actuellement, la majorité
des administrateurs s'en tiennent aux dispositions minimales prévues dans le
Code civil, soit une contribution au fonds
de prévoyance égale à 5 % de la contribution aux charges communes. Nous
croyons que ce fonds devrait plutôt être fixé en fonction du coût des réparations et des rénovations majeures des
parties communes d'une copropriété. Comme vous le savez, le projet de loi obligerait donc, entre
autres, les syndicats de copropriété à faire effectuer une étude afin d'évaluer
les sommes à verser dans leur fonds de
prévoyance. De plus, le montant des cotisations des copropriétaires devrait
être fixé sur la base des recommandations de cette étude. Je précise
qu'au Canada dans huit provinces et un territoire la réalisation d'une étude de
fonds de prévoyance est obligatoire.
Toujours
en lien avec les copropriétés, une autre disposition vise à obliger les
syndicats de copropriété à tenir un carnet d'entretien qui soit révisé périodiquement. Le Québec serait précurseur
en la matière au Canada. Aussi, le syndicat se verrait dans l'obligation
de mettre à jour une attestation sur l'état de ses finances et de son immeuble.
dernière
partie concernant les copropriétés divises a trait à la gouvernance.
Il faut d'abord savoir que l'on constate un manque d'intérêt assez généralisé pour les assemblées de
copropriétaires. Par conséquent, cette situation peut paralyser des copropriétaires pour la prise de décisions
importantes. Dans ce contexte, il est proposé de modifier les règles pour
faciliter ce processus et pour offrir une meilleure protection aux
copropriétaires en cas de décisions prises de mauvaise foi ou de façon abusive
par le conseil d'administration.
Vous
savez, en France, le régime de la copropriété existe depuis les années 30.
La détérioration du parc immobilier privé
a obligé l'État à dépenser des sommes importantes afin de soutenir des
copropriétaires en difficultés financières et, dans certains cas, à les acheter pour carrément les démolir. Nous devons
éviter d'en arriver à une telle situation en contribuant à la
préservation des investissements réalisés par les nombreux copropriétaires
québécois.
Voilà,
Mme la Présidente. Je tiens à vous remercier et à vous présenter les principaux
jalons du projet de loi n° 16. Je
suis convaincue que l'application des dispositions proposées permettrait de
mieux répondre aux besoins des collectivités québécoises. Et je suis
confiante que nos travaux contribueront à faire progresser cet important projet
de loi vers son adoption par l'Assemblée
nationale. Je suis tout à fait convaincue que notre consultation ira très
rondement, car ce projet de loi est attendu depuis très, très longtemps
de par les citoyens.
suis maintenant prête à procéder à l'étude détaillée des articles du projet de
loi et échanger dans un esprit de collégialité à ce sujet avec les
membres de la commission. Alors, je vous remercie, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la ministre. J'invite
maintenant la porte-parole de l'opposition officielle en matière
d'habitation et députée d'Anjou—Louis-Riel
à faire ses remarques préliminaires pour une durée de 20 minutes.
Mme Thériault : Merci, Mme la Présidente. D'entrée
de jeu, vous me permettrez de saluer la ministre, les collègues députés gouvernementaux, les gens qui accompagnent
la ministre, évidemment, qui sont issus de la Régie du bâtiment, puisque
c'est la première
section que nous allons étudier, mes collègues
députés de la deuxième et troisième oppositions. La
députée de Vaudreuil se joindra à nous un
peu plus tard, Mme la Présidente, puisqu'elle est présentement en train de
rencontrer des sinistrés de
Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Donc, comme critique des affaires municipales, vous comprendrez qu'elle va se
joindre à nous, et j'espère qu'elle pourra
faire ses remarques. Sauf qu'en attendant, bon, vous avez bien compris que
l'omnibus qui a été présenté par la
ministre reprend en très grande
partie le projet de loi n° 401
qui avait été déposé, à l'époque, par l'ancien gouvernement. À l'intérieur de ce projet de loi là, nous parlons de
l'inspection des bâtiments, nous parlons de la copropriété, nous parlons de la Régie du logement, nous parlons
également, un petit volet, de la Société d'habitation du Québec, qui
était essentiellement dans l'ancien projet de loi n° 401.
La ministre,
puisqu'elle est aussi responsable des Affaires municipales, a, ce que
j'appelle, moi, fait du «tant qu'à». Elle
a ajouté à cet omnibus déjà assez important un volet municipal. Je le
comprends. Le temps de commission est tellement difficile à avoir que c'est normal qu'elle l'ait fait. Par contre, il
est bien évident que ça nous donne encore plus de matière à étudier. Et j'avoue que c'est un défi de
logistique aussi, puisque moi, je suis porte-parole en matière habitation, et
pas porte-parole en matière d'affaires municipales. Donc, ma collègue la
députée de Vaudreuil, qui, elle, s'occupe du volet municipal, ça nous oblige à travailler en collégialité, chose qu'on fait
très bien, Mme la Présidente, ne soyez pas inquiète, mais ça me permet aussi d'apprendre la matière
municipale et, à ma collègue, d'apprendre la matière en habitation, ce
qui est assez intéressant, je dois dire.
D'entrée de
jeu, Mme la Présidente, je vais vous faire part de certaines déceptions qui
m'ont habitée tout au long de ces
consultations, Mme la Présidente. Vous savez, moi, je pense qu'un projet de
loi, lorsqu'il est devant les parlementaires, j'ai eu l'occasion de le dire dans une autre commission, je vais le
répéter ici, et vous m'entendrez probablement le dire pendant les trois années et demie qu'il nous reste encore
à ce mandat-ci, Mme la Présidente, je pense que, lorsqu'il y a un projet
de loi qui est déposé, le projet de loi
n'appartient plus à la ministre, il appartient aux parlementaires, à tous les
parlementaires, peu importe la
formation politique que nous représentons. Et notre devoir, comme législateurs,
c'est d'améliorer le projet de loi. Il n'y a pas un projet de loi qui ne
mérite pas de faire au moins une petite... un amendement, pardon, des
corrections.
Je pense que,
lorsqu'on dépose des projets de loi, nous avons l'humilité de dire que, oui, on
a la paternité, il a été écrit pas des légistes fort compétents qui
accompagnent la ministre. C'est les mêmes légistes qui avaient écrit le projet
de loi n° 401.
Donc, loin de moi de penser que les légistes qui ont écrit ce projet de loi là
ne sont pas compétents. Au contraire, ils
sont compétents. Ceci étant dit, l'étude
article par article, ce qu'elle sert,
c'est d'annoncer publiquement l'intention du législateur, pourquoi nous
faisons tel changement dans la loi, pourquoi nous introduisons tel
article qui
a un but précis, qui fait en sorte que, lorsque des gens vont venir contester
les lois, ils connaissent au moins l'intention du législateur.
Donc, on
parle sur les différents articles, sur les amendements qui sont amendés, pas
pour parler, Mme la Présidente, mais pour que l'esprit du législateur
soit bien compris, de sorte que, si jamais il y avait un litige quelconque ou
une contestation de la loi ou d'un
article
de la loi, bien, tout ce qu'on dit ici est enregistré. C'est en grande
partie
ce à quoi ça sert.
Aussi, Mme la
Présidente, je dois vous dire que, lorsque nous sommes en commission
parlementaire et qu'on entend des
groupes, les groupes viennent nous dire : Voilà, telle chose, c'est bien,
mais vous pouvez aller plus loin, vous pouvez faire ça, vous avez oublié
ça. Quelle était l'intention du législateur? Et c'est pour ça qu'on entend les
groupes qui sont les spécialistes sur le terrain, Mme la Présidente.
Vous avez vu qu'on a rencontré quand même une
vingtaine de groupes, mais, lorsqu'on regarde la quantité de personnes et d'organisations
qui ont envoyé des mémoires à la commission, et c'est disponible sur le site
Greffier, il y a des gens qui auraient dû être entendus en commission et qui ne
l'ont pas été.
Avant de vous mentionner tous ceux qui ont
envoyé des choses, Mme la Présidente, vous savez, c'est un peu particulier qu'on soit ici en train de parler de
la qualité de construction, les normes de construction, les règles de
copropriété, les carnets d'entretien, le
code du bâtiment, les règles de la Régie du logement et qu'on n'ait pas entendu
du tout l'Ordre des ingénieurs du
Québec, l'Ordre des architectes, qui, eux, conçoivent les plans, les
ingénieurs, qui vont s'assurer que ça
a été fait dans les règles de l'art. Ce sont
eux qui, très souvent, vont approuver, évidemment, aussi, ils signent. Les sceaux, c'est eux
qui les déposent sur les plans. On n'a pas
entendu ces gens-là et on a demandé, pourtant, de les entendre. Il y a
des lettres qui ont été échangées avec le bureau de la ministre, je suis
en copie conforme, évidemment.
Donc, vous
comprendrez, Mme la Présidente, que, dans les consultations qu'on a eues
pour un omnibus qui touche des sujets
aussi importants que ce qu'on fait présentement, moi, je trouve
qu'on aurait pu entendre un petit peu plus de groupes. On l'avait demandé, on ne les a pas eus. Je trouve ça dommage, parce que
le but, ce n'est pas de retarder. Puis je le dis, Mme la Présidente, là, d'entrée de jeu, écoutez, tous ceux qui écoutent, là, savent que ce projet de loi là, c'est un bon projet de loi, je suis d'accord avec ça. Oui, on est en arrière du projet de loi, que la ministre soit rassurée, mais on est ici, ça fait
qu'on va faire la loi correctement.
Donc,
évidemment, Mme la
Présidente, vous ne serez pas
surprise de voir que j'aurai des amendements qui seront déposés tout au long du projet
de loi. Pourquoi?
Parce que je
pense que les groupes, quand ils
viennent nous dire que, telle affaire,
voici ce que nous devrions faire, voici ce qu'on n'a pas pensé, c'est normal de
les écouter, c'est normal de bonifier. Et,
vous savez, j'ai dit, à l'étude de projet
de loi n° 1 : Moi, j'ai eu
la chance d'avoir quand même près de cinq, six ministères différents, j'ai été 10 ans ministre
et j'ai fait adopter 13 lois à
l'unanimité. Il n'y a
pas une loi qui n'a pas eu d'amendement, pas une. Beaucoup de lois ont été adoptées avec les amendements
de l'opposition. Je regarde le député de Montmorency, qui doit
certainement connaître l'ancienne députée de
Matapédia, notre collègue ici... savoir de qui je parle, Mme Doyer,
qui, avec elle, j'ai
eu l'occasion de faire adopter la loi qui permettait de
syndicaliser les ressources de type familial et intermédiaire. On était dans le droit nouveau. Il y a
des amendements qui ont été faits par Mme Doyer. Je la
salue, d'ailleurs. Je
pense que, lorsqu'on est ici, on est ici pour bonifier le projet de loi,
on est ici pour apporter des amendements.
Savez-vous
la clé du succès, Mme la Présidente, aussi quand on fait des projets de loi puis qu'on est capables de les faire
adopter à l'unanimité, bien qu'il
y ait des différences fondamentales? Puis c'est sûr qu'on n'a pas nécessairement les mêmes
objectifs, puis on peut ne pas adhérer à certains objectifs, et être contre
certains amendements, puis dire : Non, là-dessus, je n'adhère pas, mais,
sur l'ensemble du projet de loi, j'adhère. Je pense que ce qui peut faire la
très grande différence, c'est dans la
manière de travailler. Et, dans tous les cas, et même à la dernière législation,
Mme la Présidente, en protection du consommateur, à chaque fois,
moi, je faisais des rencontres techniques avant de débuter l'étude
article par article. Et mes collègues, les députés de l'opposition, porte-parole, savaient exactement quels amendements à quel
article j'étais pour faire. Ils n'avaient pas l'amendement en main. Jamais je n'ai donné les amendements, je ne les
déposerai pas non plus, mais ils
savaient que, tel article, j'ai entendu ce que le groupe a dit, tel article, le
groupe a dit ça. J'ai toujours laissé transparaître : Oui, là-dessus, il va y avoir des amendements, oui, là-dessus,
il va y en avoir, oui, c'est ça qu'on
nous a dit, parce que c'est à ça que
ça sert, Mme la Présidente, des consultations particulières ou générales, à
entendre ce que les gens disent. Puis un briefing technique avant
l'étude d'un projet de loi...
peut faire deux types de briefings, Mme la Présidente, un premier avant
d'entendre les groupes pour savoir, de la
bouche des fonctionnaires, ceux qui ont écrit le projet de loi, à quoi sert tel
article, c'était quoi, l'intention du législateur, pour qu'on puisse comprendre puis poser des
questions logiques à nos invités qui viennent en commission
parlementaire nous dire pourquoi c'est bon
puis pourquoi ce n'est pas bon. Ça, c'est avant qu'on commence les
consultations. Avant qu'on commence
l'étude
article par article, bien, si on est capable de s'asseoir avec les
fonctionnaires, le staff de la ministre si la ministre ne peut pas être là, pour être capables de nous dire :
Bien, la ministre, elle va faire ça, ça, ça et ça, parfait, on sait
comment on s'enligne, Mme la Présidente.
ce stade-ci, j'ai bien entendu la ministre, qui a dit qu'elle ferait des
modifications en copropriété et qu'elle en ferait pour la Régie du logement. Parfait. Mme la
Présidente, lorsque j'ai rencontré, la dernière fois, après qu'on ait entendu
tous les groupes, on a eu droit à un
briefing technique sur le projet de loi, j'ai annoncé clairement que tout ce
qui était dans projet de loi n° 401 qui n'a pas été repris, j'étais
pour le redéposer. Pourquoi, Mme la Présidente?
Donc,
j'annonce que je vais faire des amendements. Vous ne serez pas surpris
personne. Ça fait deux fois que je le dis,
je l'ai dit dans le micro, les gens qui suivent nos travaux vont l'entendre, il
y aura des amendements qui seront déposés, Mme la Présidente. Puis la vraie question sera... Je comprends que la
ministre a certainement fait des choix, mais la vraie question
sera : Pourquoi cet amendement-là, pourquoi cet article-là, que les gens
en arrière, fort compétents, ont déposé dans
le n° 401, ont écrit, pourquoi ces articles-là ne sont
plus dans le projet de loi n° 16 de la ministre, alors que les gens l'attendaient?
vous donne un exemple, Mme la
Présidente. On a entendu tous les groupes
ici venir mentionner et venir dire : En copropriété, les gens gèrent des millions de dollars, des
fois, dans des fonds de prévoyance. Il
n'y a absolument rien pour encadrer la gestion, alors que, dans le n° 401, il y avait tout un volet. C'est un exemple, Mme la
Présidente, parmi tant d'autres.
Vous
savez, je pense qu'honnêtement c'est un projet
de loi qui mérite d'être adopté.
Moi, je ne peux pas me prononcer pour
le domaine municipal, je vais laisser ma collègue
la députée de Vaudreuil faire ses remarques, si elle peut venir
nous rejoindre, Mme la Présidente, éventuellement, après les remarques des autres collègues.
Si jamais on a le temps, elle pourra parler pour le
volet municipal. Mais, lorsque je regarde... vous avez même, vous, en début de
séance, déposé d'autres mémoires, d'autres commentaires. J'ai été sur le site Greffier, Mme la Présidente, aussi puis je suis restée surprise de voir les commentaires de la population. Donc, les
députés de l'autre côté, les députés ici, si vous n'avez pas regardé, ça
vaut vraiment la peine. Moi, je peux vous
dire, là, que je n'ai jamais vu ça, puis ça fait quelques années que ça existe
pourtant, puis, comme ministre, on n'avait
pas à mon attention que les citoyens pouvaient commenter quand il y a des
projets de loi. Les commentaires des
gens qui vivent cette situation-là, ça, ce n'est pas à négliger non plus. Il y
a des gens, là-dedans, qui ont
dit : Pourtant, nous, on a des inspecteurs en bâtiment, on n'a pas été
conviés. Notre place, c'était d'être là puis d'aller faire les commentaires qu'on a à faire, parce
qu'il y a des associations qui peuvent avoir des points de vue divergents
et opposés par rapport au chemin à parcourir, aux différentes actions à poser,
ce qui est légitime.
ne prétends pas qu'on doit prendre tous les amendements qui nous ont été
proposés par les gens qui sont venus pour
dire : Bien, on va faire des modifications, mais il y en a qui sont
drôlement importants. Puis les gens qui nous font des suggestions, qui
ont pris la peine, notamment, comme les notaires, le Barreau, le regroupement
qui fait la gestion des copropriétés, je
vois... je pense que c'est M. Emery, qui... en tout cas, c'était
Me Joli-Coeur qui nous a fait des propositions. C'est écrit dans notre jargon à nous, de
législateurs, l'article actuel, ce que la ministre propose, puis ce qu'eux nous
proposent puis pourquoi ils le font. Ils
nous ont tous mâché le travail, en plus de ça, pour qu'on comprenne pourquoi ce
qu'ils nous suggèrent de faire, c'est la chose à faire.
sait tous, là... On ne se comptera pas de menteries. J'ai été nommée ministre
de l'Habitation en octobre 2017. J'ai
été capable de sortir le projet de loi en six mois. Ça prend un an pour qu'on
soit ici en train d'étudier le projet de loi parce qu'il y a eu un changement de gouvernement. Il y a
déjà six mois de passés. Peut-être qu'on va l'adopter, peut-être qu'on
ne l'adoptera pas dans cette session-ci, on
verra. Puis je n'envoie pas de signal. Je pense qu'il faut faire le travail
correctement, puis on va le faire
correctement. C'est l'engagement que je prends, c'est de faire le travail très
correctement, honnêtement, en plus de
ça, parce que ça me sied. Puis je trouve que c'est correct, puis c'est comme ça
qu'il faut le faire. Puis je pense que la ministre a travaillé vite et bien, mais il en manque. Elle a fait du
«tant qu'à» des Affaires municipales, mais il y a des affaires qui ont
été retirées, puis je ne comprends pas pourquoi ça a été retiré.
Ça fait qu'évidemment
vous allez m'entendre déposer l'amendement, puis j'espère que je vais avoir des
réponses puis je pense que c'est de bon
augure que j'aie des réponses. Je pense que je vais en avoir. La ministre est
collaborative. Je l'apprécie beaucoup puis, j'ai le temps de le dire aussi, je l'apprécie.
Je pense que vous avez une bonne ministre. Je pense que la ministre mérite d'être là, je pense qu'elle
peut faire de belles choses. Il y a des gens qui sont venus lui dire
aussi : Il ne faut pas s'arrêter en si
bon chemin. On fait des choses en copropriété, il y a des choses qui manquent,
il va falloir continuer d'ajouter. Je
pense que la ministre a tout ce qu'il faut pour être capable de continuer cette
réforme-là, qu'on entreprend. Mais, par
contre, ce n'est pas vrai qu'on va faire l'économie de dire : On prend
juste ce qu'on a, puis, «let's go», on va là-dessus.
Bien là, vous
allez m'entendre déposer des amendements. Oui, je vais déposer des amendements,
puis ça va me faire plaisir de le
faire, parce que moi, j'ai entendu ce que les groupes sont venus nous dire.
Puis il y a des suggestions qu'ils nous ont faites qui sont réalistes. On est dedans, là, on est dans la loi, on
l'ouvre, on le fait. Pourquoi ne pas le faire, tant qu'à? Tant qu'à dans les affaires municipales, tant qu'à
dans ce qu'ils nous ont tous dit ici pendant quatre jours. On aurait pu
faire cinq jours, six jours, ça ne m'aurait
pas dérangée. J'étais prête à rentrer les vendredis puis les lundis. On avait
des blocs qui se sont libérés, quatre
espaces qu'on aurait pu remplacer par d'autre monde, on ne l'a pas fait. Je
trouve que c'est dommage. C'est notre
démocratie qui en prend un coup. On a besoin de l'éclairage de ces gens-là qui
ont l'expérience, qui viennent nous voir.
Ce que je
demande à la ministre, évidemment, c'est d'entendre ce que les gens ont dit. Ce
que je demande aux équipes de la
ministre dans les différents volets, que ce soit en bâtiment, que ce soit en
copropriété, que ce soit concernant la Régie du logement ou le futur tribunal du travail... pas du travail mais du
logement, que ce soit en Société d'habitation, je pense qu'il faut
entendre ce que les gens ont dit. Honnêtement, il faut l'entendre, il faut les
faire les changements.
Vous savez,
moi, je ne suis pas avocate. Je ne suis pas avocate, Mme la Présidente, puis je
n'ai rien contre les avocats, pantoute,
mais je trouve que ça en prend, c'est bien correct aussi, mais je suis une
législatrice, parce qu'on va le féminiser, puis je souhaite que mes collègues députés, surtout pour les nouveaux
collègues députés... Et le député de Montmorency a déjà été législateur puisqu'il a eu le plaisir de
siéger dans ce Parlement-ci. Il sait c'est quoi, faire des lois. Il sait qu'on
ne les rouvre pas, les lois, à toutes les
sessions, que, des fois, ça prend deux ans, trois ans, quatre ans, que, même
si, pour la ministre, c'est
prioritaire, ce projet de loi là, savez-vous quoi? La ministre de la Justice va
en avoir un autre, prioritaire, puis la
ministre de la Sécurité publique va en avoir un autre, prioritaire, puis le
ministre responsable de l'Environnement va en avoir un autre, prioritaire, puis la ministre de la Santé, la même
chose, puis tous les autres collègues ministres vont avoir des projets
de loi qui seront tout aussi importants que celui de la ministre.
Nos règles
font qu'il n'y a que quatre commissions qui peuvent siéger en même temps,
quatre, pas cinq, pas 10. Il y a
10 commissions, quatre siègent en même temps. Calculez-le comme vous
voulez, Mme la Présidente, le temps passe vite. C'est une denrée rare. La ministre est privilégiée d'avoir du temps en
commission parlementaire présentement. Remerciez votre leader. Il y a d'autres ministres qui voudraient être assis à
notre place pour faire avancer leurs projets de loi. On a une occasion formidable de faire avancer ce projet de
loi là puis de le faire adopter, mais il faut le faire correctement. Puis
on est là. Ce n'est pas vrai qu'on va
revenir l'année prochaine. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Le temps que
vous fassiez toutes les affaires, là,
oubliez ça, ça ne sera jamais l'année prochaine. L'année prochaine, on y est
déjà à l'année prochaine, là, c'est le
projet de loi qui a été déposé l'année passée. On y est déjà avec un changement
de gouvernement, mais on y est quand même. On est chanceux.
Tu sais, je pense qu'on a de belles possibilités
devant nous, on a du temps devant nous pour faire les choses correctement. Vous avez la collaboration des
oppositions, toutes les oppositions. Ici, il n'y a pas personne qui pense
que ce qu'on fait n'améliorera pas le sort
de nos citoyens, des Québécois, des Québécoises, qu'il n'y aura pas de
meilleure protection dans les règles
de construction, dans les règles de copropriété pour la Société d'habitation du
Québec. Nous sommes tous unis pour
faire en sorte que les gens qui reçoivent des services, ce pour quoi on va
légiférer, qu'on puisse faire la meilleure loi possible pour que ces
gens-là puissent avoir les meilleures protections possible.
Moi, je m'en
fous de savoir que tel ordre ou tel regroupement est content ou il n'est pas
content. Je suis ici, comme la ministre
est supposée d'être ici, comme les collègues sont là, pour le citoyen d'abord.
C'est pour eux qu'on est en train de faire
un projet de loi, pas pour un légiste, pas pour un fonctionnaire, par pour une
ministre, pas pour député, pas pour un groupe ou un organisme. On est
ici pour les citoyens, faire le meilleur projet de loi possible. Ce que je
demande de la part du gouvernement, c'est de
l'ouverture, de regarder avec beaucoup d'attention les amendements qui seront
déposés, parce que je vais plaider ma
cause à chaque fois, Mme la Présidente, puis vous savez que je n'ai pas trop de
misère à occuper tout le temps qu'on me donne, parce que c'est ça, le
rôle d'un parlementaire, c'est ça, le rôle de législateur.
Puis je pense
que je vais laisser une minute, Mme la Présidente, ou à peu près à ce temps-ci
de parole, parce que je pourrais en
rajouter, mais je pense que tout est dit, Mme la Présidente. Et je veux
quand même prendre le temps de rassurer la ministre. Elle a ma
collaboration, et, oui, on peut sortir le projet de loi d'ici la fin de la
session, encore faut-il que le gouvernement et que la ministre veuillent
collaborer et qu'elle entende le message de l'opposition officielle. Merci, Mme
la Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la députée. Et j'invite
maintenant le porte-parole du deuxième groupe
d'opposition en matière de logement et d'habitation, le député de
Laurier-Dorion, à faire ses remarques préliminaires pour une durée
maximale de 20 minutes.
M. Fontecilla :
Je vous remercie, Mme la Présidente. Je ne prendrai peut-être pas tout ce
temps-là, mais, tout d'abord, je
voudrais saluer les collègues ici présents pour ce projet de loi, qui est assez
important, attendu quand même par plusieurs secteurs du monde de
l'habitation assez variés. Et je félicite la ministre également d'avoir
présenté ce projet de loi, qui comporte des avancées et des éléments très intéressants, des pas dans la
bonne direction et des choses qu'on peut améliorer également, je
l'espère.
Et d'emblée
aussi, j'aimerais m'excuser, en tout
cas, pour les jours qui s'en viennent. Malheureusement, je suis critique en matière d'habitation et aussi critique
en matière d'immigration, et, en même temps, il y a une autre commission
qui siège en ce moment, qui étudie le projet de loi n° 9, qui siège en ce
moment, en ce moment même. Donc, c'est une commission qui a commencé quand même il y a quelques semaines. Là, on commence à arriver au coeur
des articles. Donc, il se peut que je
sois absent, là, pendant quelques séances de cette commission-ci. En tout cas,
je vais faire la navette. Je déplore cette
situation. Je voudrais allouer tout mon temps à cette commission-ci, mais, bon,
je suppose que vous connaissez ce que c'est,
la négociation entre le leader du gouvernement... Il n'a pas été possible de
faire en sorte d'éviter ces conflits d'horaire en ce qui me concerne en particulier. Donc, il y a un membre de la
commission qui va être absent le moins de temps possible, je l'espère.
Donc, voilà,
c'est un projet de loi omnibus, on l'a dit. Il comporte énormément d'éléments,
certains très techniques, de
concordance, etc. Certains éléments, plus importants, qui comportent de réelles
avancées dans le domaine de la copropriété, par exemple. Évidemment, en ce qui me concerne, j'aborde ce travail-ci
avec une attitude très positive de coopération avec l'ensemble des collègues. Mon intention, c'est
d'améliorer, d'améliorer ce projet de loi en autant qu'il est possible.
Nous l'abordons donc avec une attitude constructive.
Évidemment,
il comporte une série d'éléments. Nous allons nous intéresser à tout dans la
mesure du possible, mais j'avance
déjà que je vais beaucoup m'intéresser à la question de la Régie du logement.
Je pense que la ministre ne va pas... elle est déjà au courant de cette
intention-là. Il y a là un domaine qui mérite toute notre attention parce que
ça concerne beaucoup de monde. Et, souvent
dans ces domaines-là, bon, dans le domaine de la Régie du logement, la relation
entre les locateurs et les
locataires, elle est souvent conflictuelle. Donc, on avance sur des oeufs, en
quelque sorte. Il faut faire très attention
et, à un moment donné, il faut malheureusement aussi trancher, parce que, dans
des situations conflictuelles, il faut viser
à... on ne peut pas toujours ménager la chèvre et le chou. Donc, voilà, on va
apporter des amendements pour améliorer un certain nombre de choses.
Et moi,
également, je sollicite la ministre si elle peut déjà nous annoncer des
amendements qui pourraient éventuellement être expliqués ici, en commission, suite aux auditions des différents
groupes qui sont arrivés extrêmement bien outillés, avec beaucoup de matières et un contenu très, très
intéressant. Et évidemment il faut être à l'écoute de ces groupes-là, de
ces personnes-là, parce qu'ils vivent
quotidiennement ces réalités-là. Donc, c'est des acteurs, des actrices de
première ligne qu'il faut entendre
parce qu'ils possèdent l'information et ils ont une connaissance très pratique.
Donc, on peut s'en inspirer. On n'a
pas à être tout le temps d'accord, mais j'espère, en tout cas, que l'exercice
de consultations particulières a aussi inspiré la ministre pour effectuer quelques améliorations. Ça
se voit couramment dans les différents projets de loi, qu'on présente un
projet de loi où la ministre, suite aux
auditions particulières, décide, après avoir entendu les commentaires, les
opinions des différents groupes, là,
décide d'amender ses propres articles proposés afin de l'améliorer évidemment.
Je viens d'en vivre l'expérience,
hier avec le ministre Jolin-Barrette, concernant le p.l. n° 9
sur l'immigration. Donc, c'est chose courante. Donc, si la ministre
pouvait au moins nous dire c'est quoi, ses intentions concernant certains
articles, je pense que ça pourrait faciliter grandement le travail de la
commission et évidemment aller plus rapidement.
Donc, on a un
projet de loi, encore une fois, omnibus, qui touche énormément de sujets. Ça va
faire appel à notre capacité... à
notre flexibilité en tant que députés, parce que, malheureusement, nous ne
sommes pas experts dans tout, hein? Mais
il faut bien comprendre les tenants et aboutissants de chaque article. Donc, il
faut prendre le temps pour faire les choses correctement, comme ça a été dit, et ne pas essayer d'adopter les choses
à la va-vite, parce qu'il faut prendre le temps et faire notre travail
de législateur correctement.
Donc,
j'aborde avec beaucoup de bonheur,
c'est... le travail que nous allons faire ici. Je pense qu'il y a des
avancées certaines pour l'habitation. Oui,
on sait que l'habitation, ça concerne tout le monde au Québec. Il y a des
aspects qui sont plus problématiques.
Nous allons prendre le temps d'en discuter, mais mon attitude est une attitude
constructive pour faire en sorte que ce projet-là avance et qu'il soit
finalement adopté. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, M. le député. J'invite
maintenant le porte-parole du troisième groupe d'opposition en matière d'habitation, le député de Rimouski, à faire ses
remarques préliminaires pour une durée de 20 minutes.
M. LeBel :
O.K. Merci. Je ne casserai pas le
party, tout le monde a l'air d'accord avec le projet de loi, ça fait que
je vais essayer d'aller dans la lignée. Je
comprends que... puis c'est un peu particulier, là. La critique de l'opposition
officielle a été elle-même ministre, ça fait
qu'elle connaît exactement les enjeux du projet de loi. Puis ce que je
comprends, c'est que ce projet de loi
là vient chercher des choses que déjà l'ancien gouvernement puis l'ancienne
ministre avaient faites. Ça fait que
je comprends, je devine que la ministre actuelle et la critique de l'opposition
officielle vont sûrement collaborer à avancer dans un projet qui est plutôt attendu, mais moi, je... c'est sûr que je
vais collaborer, que je vais poser des questions. J'ai des sensibilités, moi, plus par rapport à... quand on
parle de la Régie du logement, aux services donnés en région. Je vais
essayer d'amener plus ce côté-là. Pour moi,
c'est important, là. Puis on a des grandes régions au Québec. C'est important
que les services soient donnés. J'ai
quelques inquiétudes sur des choses, ça fait que je vais pouvoir poser des
questions, m'assurer que ce qu'on va
adopter, là, respecte, là, ce grand territoire puis fait en sorte que les gens
qui habitent les régions puissent avoir accès aux services. C'est sûr
que je vais poser des questions là-dessus.
Bon,
effectivement, comme la ministre disait, pendant la consultation, beaucoup de
monde sont venus dire, bon, qu'ils avaient
hâte que ça arrive, que le projet était attendu sur plein des éléments, mais
elle, comme moi, a sûrement remarqué que des groupes qui sont venus défendre le droit des
locataires étaient plus critiques sur certaines choses. Puis, moi, ça
aussi, ça vient me chercher aussi. Ça vient
me toucher. Je pense qu'il y a des gens au Québec qui ont... puis surtout des
locataires, puis on est, au Québec,
plus de locataires qu'ailleurs au Canada. Je trouve, c'est particulier. Puis il
y a des locataires qui mettent 30 %
de leurs revenus sur leur logement. D'autres, c'est 50 %. Je n'en revenais
pas, là. Il y a des cas assez élevés. C'est sûr que ces gens-là sont dans des situations précaires. Bon, dans l'étude du
projet de loi, notamment par rapport à la Régie du logement, je vais avoir une préoccupation de ce
côté-là. Je n'aurais pas haï qu'on rencontre plus de groupes, là, là-dessus
pour avoir plus de temps à discuter, mais bon.
fait que, moi, cette sensibilité-là aux gens, aux locataires qui vivent des
situations précaires, aux grandes régions, aux services qu'on va donner
en région, pour moi, ça sera des éléments, là, que je vais vérifier, que je vais
poser des questions, puis je vais essayer,
voir... S'il y avait des amendements à amener pour améliorer le projet de loi à
cet égard-là, je le ferai et je pourrai appuyer les amendements de mes
collègues, là, en temps et lieu.
Vous dire aussi,
comme la... c'est un projet de loi omnibus. À toute la
partie sur les affaires
municipales, probablement que mon collègue
de Bonaventure va venir prendre la relève ici, qui est plus critique en
affaires municipales, au moment venu.
Moi, comme mon collègue de Laurier-Dorion, mettons que j'ai d'autres projets de
loi puis j'ai d'autres... Ça fait que
je vais essayer de faire ça le mieux possible, là, être là le plus souvent
possible ici, aux séances, mais ça peut arriver que je sois obligé de m'absenter pour participer à des
rencontres de comité, là, entre autres, toutes liées autour du Bureau de l'Assemblée nationale. Il y a plusieurs
comités. Ça fait que je suis un peu mal pris là-dedans. Il y a beaucoup
de conflits d'horaire, mais je vais essayer de faire le mieux pour pouvoir
participer aux audiences.
fait que merci, et on se souhaite bonne chance pour la suite des choses. Ce
n'est pas la première fois aussi que je participe à une commission parlementaire comme ça, et, la majorité du
temps, on finit toujours par faire avancer les choses. Je dis souvent à la population : Les gens
nous regardent souvent à la période des questions puis ils se disent... ils
regardent ça puis ils se disent :
Regarde, c'est comme ça que ça marche, le Parlement, puis ils sont un peu
déçus, souvent, la période de
questions... Mais, s'ils pouvaient voir un peu plus ce qu'on fait ici, en
commission, ils seraient encouragés par le travail qu'on fait. Ça fait
qu'on va continuer de la même façon. Merci.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci, M. le député. Je donnerais maintenant la
parole à la députée de Vaudreuil, je pense.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Vaudreuil. Merci.
Mme Nichols :
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Juste à temps.
Mme Nichols :
Oui, ce qu'on appelle arriver juste à temps. Tout le monde a l'air surpris, moi
aussi.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Mme Nichols :
Alors, voilà, merci beaucoup. Je comprends qu'on en est aux remarques
préliminaires.
La Présidente
(Mme Dansereau) : ...20 minutes.
Mme Nichols :
Très bien, merci. Alors, un peu comme quand on a pris la parole au salon rouge,
j'aimerais en profiter pour remercier les
groupes qui se sont préalablement présentés en commission parlementaire et,
je le rappelle encore une fois, je remercie les groupes qui n'ont pas été
présents en commission parlementaire mais qui ont tout de même déposé un mémoire. Et je les rassure, je les rassure en
leur disant que le mémoire, nous l'avons lu et nous allons évidemment en tenir compte dans la
prochaine étape, qui est l'étude
article par article, soit l'étude détaillée.
Cependant, et je l'ai
déjà dit, je l'ai dit aussi à la ministre et je l'ai dit à certains collègues,
que je trouvais tout de même déplorable que
certains groupes ont été invités avec un si court laps de temps. Il y a
des groupes qui sont venus en commission
parlementaire et qui disposaient, entre autres, de quatre jours pour préparer leur mémoire et venir le
présenter. Et je fais, entre autres, allusion à la FQM. La FQM, on a eu le préfet qui est venu nous
présenter son mémoire, et, quand je demandais
au préfet : Est-ce que vous avez eu le temps de consulter... il est
préfet, mais il était là à
titre de représentant
de la FQM, la Fédération québécoise des municipalités, et, quand je lui demandais : Avez-vous eu le temps de consulter
vos membres, parce que rappelons qu'il y a
1 131 municipalités au Québec, membres de la FQM, évidemment,
un peu moins, ce qu'il nous disait, c'est que, non, il n'avait pas eu le
temps de consulter les membres. Donc, ils venaient nous présenter un mémoire
qu'ils avaient élaboré, mais sans nécessairement s'assurer de la position ou de
consulter leurs membres.
Alors, je n'ai pas
entendu les remarques préliminaires de ma collègue, mais je suis pas mal
certaine qu'on...
Mme Thériault :
J'ai dit que tu faisais le municipal.
Mme Nichols :
Oui. Mais je suis tout de même pas mal convaincue que, là-dessus, on a le même
point, c'est que ma façon à faire
avancer le dossier. Et, bien sûr, si on peut bonifier, on pourra le bonifier.
Mais c'est un dossier où... C'est un projet
de loi... c'est un omnibus, hein, c'est un projet de loi omnibus. Donc, il y a
beaucoup de choses dans le projet de loi, et je pense qu'il aurait
vraiment été important d'entendre tous les groupes qui avaient quelque chose à
dire.
Beaucoup de groupes ou beaucoup d'organismes
dans notre communauté sont touchés, sont impactés par les changements. Évidemment, c'est des changements...
ce n'est pas des changements négatifs, sinon on ne les ferait pas, c'est
des changements positifs, je sais qu'il y a
une bonne volonté du côté gouvernemental, donc c'est des changements positifs,
mais c'est des changements positifs qu'on
peut adapter tout de suite à la réalité, c'est des changements, des fois, qui
sont nécessaires depuis plusieurs années.
Puis on se le fait souvent dire, ça, en tant qu'élus sur le terrain, Mme la
ministre fait la tournée des régions,
je suis certaine qu'elle l'entend, on se fait souvent dire sur le
terrain : Oui, mais le politique, vous êtes tout le temps en retard, vous réagissez souvent
toujours trop tard. Alors, je pense que c'est justement le temps qu'on prend
à écouter ces groupes-là, je pense que c'est là où on voit toute l'importance
de les écouter et d'adapter tout de suite nos recommandations ou d'apporter
tout de suite les changements pour que ça reflète le plus la réalité au moment
où on les adopte.
Le projet de
loi, évidemment, on le sait, c'est un projet de loi, en gros, qui vise à
encadrer les inspections en bâtiment, c'est
un projet de loi qui contient aussi diverses mesures de la Régie du logement,
de la
Loi sur la Société de l'habitation du Québec et le domaine municipal, qui est la
partie qui m'intéresse
évidemment le plus, parce qu'on a décidé de travailler en équipe. Alors, ma collègue s'occupera de la
partie
habitation, et c'est avec grand plaisir, en tant que porte-parole aux
affaires municipales, que je vais m'adonner un peu plus sur le champ
d'expertise au niveau municipal.
Projet de loi
omnibus qui reprend notamment de nombreuses mesures en habitation qui se
retrouvaient au projet de loi n° 401, déposé lors de la précédente législature par notre collègue députée
d'Anjou—Louis-Riel. Un
projet de loi qui propose notamment
d'accorder des pouvoirs accrus à la Régie du bâtiment en matière d'encadrement
des inspections, de resserrer les
obligations qui incombent aux syndicats de copropriétaires au
chapitre des
fonds de prévoyance et de revoir le fonctionnement
global de la copropriété. Nous voyons évidemment d'un oeil favorable que ces
mesures qui figuraient dans le projet n° 401,
le projet de loi n° 401 soient redéposées, et c'est dans
cette optique que nous essaierons de bonifier, avec votre collaboration,
évidemment, le présent projet de loi.
C'est un projet de loi qui
innove aussi en dotant la Régie du bâtiment de motifs additionnels pour le refus
de tout type d'autorisation qu'elle peut
délivrer en modifiant le nom de la Régie du logement, qui devient désormais
le Tribunal administratif du
logement, et en revoyant sa procédure pour encadrer la conciliation. Et je me
permets de faire un point sur la conciliation.
Ça, c'est probablement le point de vue de l'avocate qui ressort en moi, la
déformation en droit... déformation en droit.
Mme Nichols :
Non, mais c'était une farce, la déformation en droit. Alors, comme quoi la
conciliation et la médiation, en
2019, sont rendues vraiment des points qu'on... c'est une façon, une méthode de
procéder qu'on ne peut pas contourner.
Je pense que dans les années où on
est rendus, souvent, les gens disent : Bien, moi, je ne veux pas dépenser
des sous pour aller à la cour. Alors,
moi, je n'ai pas de sous pour me payer un avocat. Ou même on va devant le
tribunal administratif, on se
représente seul. On ne se représente pas par avocat parce que ça coûte trop
cher, les avocats. Ils sont super bons, là, mais ça coûte trop cher, les avocats. Donc, je pense que la médiation et la
conciliation sont des méthodes à favoriser, sur lesquelles nous devons
mettre l'emphase. Et ça permet, par le fait même, de libérer les tribunaux,
libérer les juges ou les... je vais utiliser le terme «juges», là, mais... ou
les commissaires qui entendent les causes...
Une voix : Les régisseurs.
Mme Nichols :
...les régisseurs qui entendent les causes. Ça permet de les libérer et
peut-être, souvent, d'entendre les
causes plus complexes ou les causes, là, qui nécessitent justement des
présences d'experts ou ces choses-là. Mais je pense vraiment que la méthode de la conciliation et de
la médiation sont à envisager... et à quel point il faut insister en
l'offrant aux propriétaires, aux locataires,
aux locateurs, à l'ensemble des gens qui veulent se présenter devant le
Tribunal administratif du logement.
C'est un projet
de loi qui contient aussi des mesures touchant le monde municipal. Ces mesures
seront évidemment mon point
d'intérêt, compte tenu de mes responsabilités. Je tiens à réitérer que notre
formation politique aborde le projet de
loi n° 16 avec optimisme dans le but avoué de bonifier le projet de loi,
et c'est ce que nous ferons lors de cette étape, soit l'étude détaillée.
Lorsque le
projet de loi... Je me permets une fois de plus de rappeler que, lorsque le
gouvernement dépose un projet de loi,
il devient en quelque sorte le projet de loi de l'ensemble des parlementaires.
Nous devons tous oeuvrer afin que ce projet de loi soit clarifié,
bonifié et amélioré autant que peut se faire. Les consultations particulières
ont été une étape importante afin que chaque
proposition contenue au projet de loi puisse être soupesée par les acteurs
intéressés de notre société civile.
Nous avons dû parfois argumenter de façon serrée pour la présence de quelques
groupes lors de la commission, des groupes qu'il est souhaitable de
consulter largement afin que toutes les facettes du projet de loi fassent
l'objet d'un examen susceptible d'en améliorer la portée et l'effet.
Une façon
agréable de procéder pour tous, c'est évidemment, puis je... Un point,
peut-être, sur le fonctionnement, là, une
façon de procéder qui est agréable, autant la
partie gouvernementale que pour
les oppositions, est de nous transmettre les documents au préalable ou,
en fait, d'avoir des échanges sur qu'est-ce qui s'en vient, parce qu'on aime
bien... tout comme vous, Mme la ministre, on aime que le
projet de loi puisse rouler rondement et on accorde vraiment beaucoup d'importance au présent projet de loi. Je pense
que c'est un projet de loi que la société veut, que la société... On le sait,
là, à chaque fois... On connaît tous du
monde qui ont des... on va utiliser des «blocs‑appartements», et qui doivent,
un jour ou l'autre, là, se présenter
devant le tribunal pour un motif ou pour un autre puis qui nous disent :
Bien, c'est long, ça ne finit plus de
finir. Changez-nous ça, cette loi-là! Faites avancer les choses. Bien là, je
pense qu'on a une opportunité de travailler tout le monde ensemble pour
faire avancer rondement ce projet de loi là.
Donc, s'il y
a des échanges à avoir entre le gouvernement et les partis de l'opposition...
Puis je suis certaine que tous les
partis de l'opposition seront favorables à fonctionner de cette façon, soit à
anticiper et à échanger des documents au préalable. Et, s'il y a des briefings à avoir, je m'excuse du terme
anglophone, là, mais s'il y a des briefings à avoir qui soient plus techniques, bien, je suis d'avis qu'ils
doivent se faire souvent avant la commission ou avant l'étude détaillée d'un
article qui peut être plus complexe, on va
se le dire. C'est un projet de loi omnibus, et il y a des articles qui sont
plus complexes que d'autres. Et
souvent, étant donné que c'est un projet de loi omnibus, ce n'est pas
nécessairement des articles qui coulent ou qui ont un suivi ou une... je ne veux pas dire cohérence, parce que le
projet de loi est très cohérent, mais, je veux dire, la cohérence, peut-être, entre les articles n'est pas
nécessairement fluide, là, disons, ou évidente. Alors, voilà, en gros, pour la
façon de procéder ou, en fait, le fonctionnement.
J'ai compris
aussi qu'il y avait plusieurs articles qui étaient pour corriger des vides
juridiques ou corriger des inégalités d'application sur le terrain et je
pense que c'est bien attendu de nos citoyens, et ce, à travers le Québec. Par
exemple, l'article 122, qui sera élargi
afin que les municipalités puissent subventionner une résidence privée pour
aînés certifiée avec, bien sûr, des
limites, bien, je pense qu'il y a des choses qui sont attendues aussi du monde
municipal. C'est des commentaires qu'on entend un peu partout quand on
se promène.
Le projet de
loi précise aussi le champ d'application de certaines règles gouvernant
l'octroi des contrats et apporte certaines
modifications en matière d'évaluation et de taxe foncière. Super pertinent. On
va... Je regarde l'autre côté parce que je sais qu'au sein du gouvernement il y a aussi beaucoup d'anciens
maires ou d'anciens élus municipaux. Donc, je sais que Mme la ministre
est très bien entourée relativement... entre autres, avec un adjoint
parlementaire qui a été... le député de Rousseau, qui a été bien impliqué.
Monsieur aussi, hein, le maire de Gatineau... pas le maire de Gatineau, M. le
député de Gatineau.
Mme Nichols :
Ah! bon, bien, c'est... voilà, alors, qui a été aussi bien impliqué dans le
monde municipal. Donc, je pense que
ça va être un apport au bon fonctionnement, entre autres relativement aux
articles dans le monde municipal. Donc, ça sera une belle collaboration
pour faire avancer nos divers articles. Et je pense que vous serez d'emblée
contents d'apprendre... ou, en fait, de
travailler afin que les municipalités puissent venir en aide aux résidences
pour personnes âgées, ça, on en
entend souvent parler, soit dans nos rencontres municipales, ou juste sur le
terrain, ou dans nos fameux repas partagés. Alors, voilà.
Il y a aura
aussi... Dans le monde municipal, on a vu qu'il y avait des articles. Il y
avait un
article entre la fraternité des
policiers et policières de la ville de Montréal et de leur régime de rente de
l'association... de leur régime de rente de l'association bienfaisance de retraite de la police de Montréal avec la
ville de Montréal, qui sera un
article intéressant à décortiquer. Et il y a aussi l'article qui permet
à la ville de Laval de remplacer ses règles de zonage et de lotissement
dans les deux ans de la sanction de la loi
qui apporte une précision relativement à la période d'application d'un
règlement de contrôle intérimaire
adopté à la suite de l'adoption d'un plan régional des milieux humides ou
hydriques. Alors, je pense que, là aussi, j'aurai peut-être beaucoup de
questions. Et évidemment il y aura...
Mme Nichols :
Oui, particulièrement avec les inondations ou les situations... lesquelles on
vit présentement, j'aurai peut-être plusieurs questions sur le zonage.
Alors, voilà,
ça fait un tour de mes remarques préliminaires, ce à quoi je crois que nous
devons travailler ensemble pour le bénéfice... Je pense qu'il faut
garder en tête qu'il faut travailler ensemble,
article par article, parfois les
bonifier. Je pense qu'il faut faire preuve
d'écoute, de part et d'autre aussi, parce que, des fois, on peut bonifier, mais
on peut revenir avec un petit quelque chose à corriger. Mais je pense
que, vraiment, ce qu'il faut, c'est garder en tête que nous sommes tous élus
par nos citoyens, par notre population, qu'on est ici pour... dans le meilleur
possible... leur apporter... ou leur simplifier
la vie. Voilà. Alors, oui, apporter le meilleur projet de loi possible à nos
citoyens, je pense que c'est notre rôle en tant qu'élus.
Alors, voilà, Mme la Présidente, pour mes
remarques préliminaires, et je nous souhaite à tous une bonne étude détaillée
article par article.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci, Mme la députée. Y a-t-il d'autres membres qui souhaitent faire des
remarques préliminaires? Est-ce qu'il y a d'autres membres... Ça va? O.K.
Est-ce qu'il y a des motions, aussi, préliminaires?
Mme Thériault : Oui, Mme
la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui.
Mme Thériault : Oui. Je vous avise que je vais
déposer une motion préliminaire. Donc, conformément à l'article 244
du règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que la Commission de l'aménagement du territoire
tienne, avant d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 16, Loi visant
principalement l'encadrement des inspections en bâtiment et de la copropriété
divise, le remplacement de
la dénomination de la Régie du logement et l'amélioration de ses règles de
fonctionnement et modifiant la
Loi sur la Société d'habitation du Québec et diverses dispositions
législatives concernant le domaine municipal, des consultations
particulières et qu'à cette fin, elle
entende les groupes suivants : l'Ordre des comptables professionnels
agréés du Québec; l'Ordre des architectes du Québec; l'Ordre des ingénieurs du Québec;
l'Ordre des [évaluateurs] agréés du Québec; et Prével/Devimco.»
Donc, je vous donne copie de la motion.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci.
Nous devrons suspendre pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 51)
Présidente (Mme Dansereau) : Nous allons reprendre les travaux. Donc, tous les membres ont eu la
copie de cette motion. Donc, je céderais la parole à la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, j'ai eu l'occasion de dire,
pendant mes remarques préliminaires, à quel point je suis contente du travail
de la ministre, mais qu'il y a des groupes... il y a des absents alentour de la table qui n'ont pas pu
venir exposer leur point de vue. Puis je trouve ça vraiment dommage,
parce que la motion que je vous présente,
lorsque vous regardez qui fait
partie des groupes que je nous demande
d'entendre avant d'aller un peu plus
loin, quand on parle de l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec,
Mme la Présidente, vous devez savoir
qu'il y a eu une demande qui a été effectuée à la commission le 5 avril
pour venir parler de ce projet de loi fort important.
Je vous demande d'entendre l'Ordre des architectes
du Québec. L'Ordre des architectes du Québec, Mme la Présidente, il y a une
demande effectuée le 1er mai à la commission pour être entendu.
Je vous
demande d'entendre l'Ordre des ingénieurs du Québec. L'Odre des ingénieurs du
Québec, deux demandes de participation effectuées à la commission, une
le 17 avril et une le 1er mai.
Puis, quand
je parle de l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec, eux, nous avions demandé,
dans nos premières demandes de
groupes, qu'ils soient entendus, et ils ont transmis deux demandes de
participation à la commission, la première, le 1er mai, la
deuxième, le 6 mai.
Quant à Prével et Devimco, Mme la Présidente,
ils ont effectué une demande à la commission le 25 avril.
Il est important de préciser que les travaux de
la commission se sont tenus le mardi 7 mai, mercredi 8 mai, jeudi 9 mai et lundi 13 mai. Donc, même
le dernier groupe qui a demandé à être entendu le 6 mai, qui l'avait fait
avant, qui était dans notre première
liste, l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec, aurait pu... ces groupes-là,
auraient pu... il y a quatre plages horaires qui n'ont pas été remplies
parce qu'il y a des groupes qui se sont désistés.
Mme la
Présidente, il est évident que ces groupes-là... Pourquoi ces groupes-là? Puis,
je vous le dis, là, regardez, si vous
regardez la quantité de mémoires qui ont été déposés par les groupes qui ont
été déposés, ceux-là, honnêtement, l'Ordre des architectes du Québec, je l'ai dit dans mes remarques préliminaires,
ils font les plans, ils font les plans. Ils sont à la conception. C'est eux qui vont vérifier si les
plans qui ont été faits, qu'ils ont donnés aux entrepreneurs, si c'est
conforme aux plans de ce qu'ils ont fait comme travail d'architecture, Mme la
Présidente. C'est normal de les entendre.
On parle d'un carnet d'entretien avec la
copropriété. On parle de ce qu'un inspecteur doit regarder, ne doit pas regarder. Il y a des gens qui sont venus nous
dire : Oui, mais ils ne sont pas tous spécialisés en ça. Une inspection
visuelle, ce n'est pas la même chose. Les ingénieurs, les architectes ont des
rôles précis à jouer dans l'industrie de la construction, Mme la Présidente.
Donc, il est
évident que, si on parle des architectes et des ingénieurs, particulièrement
ces deux groupes-là, je crois que la commission et les députés devraient
entendre les groupes, Mme la Présidente.
Ils nous ont fait parvenir des recommandations,
des amendements. Je sais que des mots, ça peut être écrit, ça peut être dit, mais ça a plus de poids souvent
quand on les entend parce qu'on peut questionner. Puis c'est ça, la beauté
d'une commission, Mme la Présidente, et des
auditions. C'est qu'on peut être en interaction avec les gens qui viennent ici,
poser des questions sur ce qu'ils nous
proposent, puis là questionner, puis ils vont nous dire d'autres choses, puis
on va requestionner.
C'est pour ça
qu'il faut entendre les gens, Mme la Présidente, et, au niveau des ingénieurs,
des architectes, parce que ce sont
des incontournables. On ne peut pas penser avoir des plans puis faire une
construction si on n'a pas d'ingénieurs puis on n'a pas d'architectes.
On est en train de redessiner les plans. On redessine les plans. Nous,
présentement, les législateurs,
là, on est en train de redessiner les plans, notre manière de procéder dans
l'industrie de la construction. On est en train de donner des guides à la Régie du bâtiment pour qu'on puisse
encadrer nos inspecteurs. Encore faut-il savoir si les inspecteurs vont regarder, Mme la Présidente.
Est-ce qu'ils vont surveiller le travail des ingénieurs? Est-ce qu'il y a
des inspecteurs ingénieurs? Est-ce qu'il y a
du travail qui sera réservé aux ingénieurs puis aux architectes? La question
est fort pertinente, Mme la
Présidente. Donc, vous comprenez que, pour ces deux groupes-là, notamment, ils
sont... c'est des piliers.
La Présidente (Mme Dansereau) : Je
dois vous interrompre.
Mme Thériault : C'est
correct. Je reviendrai après.
La Présidente (Mme Dansereau) : On
va reprendre les travaux à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Présidente (Mme Dansereau) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'aménagement du territoire
reprend ses travaux. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
Je vous rappelle que la commission est réunie
pour procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 16.
Lors de la
suspension de nos travaux, la porte-parole de l'opposition
officielle, la députée
d'Anjou—Louis-Riel, avait la parole sur la motion
préliminaire qu'elle a présentée. Mme la députée, désirez-vous poursuivre?
Mme Thériault : Oui, certainement.
Est-ce que vous pouvez me dire combien de temps il me reste, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Dansereau) :
25 minutes.
Mme Thériault : 25 minutes. Parfait. Oui, Mme
la Présidente, pour les gens qui
viennent de se joindre à nous, qui n'étaient
peut-être pas là tout
à l'heure, lorsqu'on a suspendu les
travaux, lors de mes remarques
préliminaires, j'ai mentionné
qu'il aurait été intéressant d'entendre des groupes supplémentaires par rapport
à leur opinion sur le projet de loi et qu'est-ce qu'on faisait avec le projet
de loi n° 16. C'est un projet de loi pour lequel je
félicitais la ministre d'avoir été rapidement, d'avoir repris le projet de loi,
de l'avoir déposé, parce qu'évidemment les gens l'attendent. Il n'y a pas de problème, puis je suis en accord avec le projet de loi. Il ne faut pas penser que je suis en train d'essayer de gagner du
temps, Mme la Présidente, mais j'essaie plutôt de faire comprendre aux membres
du gouvernement qu'il y a des consultations particulières, c'est important
d'entendre ce que les gens ont à dire.
La motion que
je viens de présenter, avant que nous suspendions, Mme la Présidente,
était pour entendre l'Ordre des comptables
professionnels agréés du Québec, l'Ordre des architectes du Québec, l'Ordre des
ingénieurs du Québec, l'Ordre des
évaluateurs agréés du Québec, ainsi que Prével et Devimco, qui sont des
constructeurs immobiliers. Et, avant la suspension, Mme la Présidente, j'étais en train de vous expliquer que
les architectes et les ingénieurs sont, à la base même, des acteurs fort importants dans l'industrie de la
construction. Tout le monde s'entend pour dire que pas d'architecte, pas
de plan, hein? Pas de plan, pas de construction, bon. On est en train de redessiner
les règles au niveau de l'industrie de la construction sans la participation
des architectes. C'est dommage.
Vous savez
comme moi, Mme la Présidente, aussi que les ingénieurs sont fort importants
également. Dans à
peu près n'importe quelle bâtisse, on va retrouver des ingénieurs spécialisés,
que ce soit en mécanique ou autre, là, il y a différents
types de génie, et je connais beaucoup d'ingénieurs aussi qui sont ingénieux, mais il y a beaucoup d'ingénieurs qui sont intimement liés aussi à l'industrie de la
construction, qui sont là ne serait-ce que pour regarder la qualité des
travaux, si ça a été bien exécuté, s'ils étaient conformes. Ils sont
partie
prenante, eux autres aussi, puis c'est normal, d'entendre les ingénieurs.
Et ce que je
faisais valoir, c'est que ces deux groupes-là étaient des groupes qui avaient
aussi demandé à être entendus. Il y a des correspondances qui ont été mises à la disposition des parlementaires, la demande a été faite devant les
membres de la commission. Ces gens-là ont également
demandé au bureau de la ministre. Peut-être la correspondance ne s'est pas rendue au bureau de la ministre, peut-être
que c'est ses gens qui l'entourent qui l'ont reçue, mais, chose certaine, les
gens ont fait la représentation pour être capables de venir expliquer
ici ce que le projet de loi devrait avoir qu'il n'a pas ou ce que le projet de loi a qu'il, peut-être, ne devrait pas
avoir. Parce que ça, c'est une réalité aussi. Peut-être qu'il y a des choses
dans le projet de loi que ce n'est pas fait comme ça devrait être. Bon, c'est
pour ça que je vous expliquais que les architectes et les ingénieurs étaient
fort importants.
Je vous
demandais d'entendre l'Ordre des évaluateurs agréés aussi, parce que l'Ordre
des évaluateurs agréés, bien, ils sont
les premiers à monter au front pour dire aux gens, bien, quand on évalue une maison,
sur le principe de quoi on l'évalue. On
est en train de parler d'inspection en bâtiment ou on pourrait avoir des
inspecteurs qui seraient en cocomité avec des évaluateurs aussi. Il me
semble que c'est une
partie assez importante qui devrait être là.
Et quant à l'Ordre
des comptables professionnels agréés du Québec ainsi que l'Ordre... pardon,
l'Ordre des comptables professionnels agréés
du Québec, bien, c'est bien évident qu'on parle des fonds de prévoyance. Les
gens sont venus nous dire ici, en commission
parlementaire, qu'il y avait plusieurs centaines de milliers de dollars, des
fois des millions de dollars, dans les fonds de prévoyance puis que, bon, ce n'est pas
tout le monde qui fait affaire avec une firme de gestion non plus. Ce n'est pas tout le monde qui a les
compétences pour être capable de gérer l'argent. On a parlé de différents
cas de figure où les administrateurs d'une
copropriété, d'un syndicat de copropriété ont accès aux fonds. On a vu des
histoires totalement abracadabrantes, Mme la Présidente, où les gens sont
partis avec la caisse, avec l'argent des copropriétaires.
Donc,
évidemment, vous comprenez, Mme la Présidente, que ce que tout le monde est
venu nous dire ici, au niveau de la
copropriété, c'est qu'au niveau de la gestion il y avait un grand absent dans
le projet de loi et qu'il fallait y remédier. Et même nos spécialistes en copropriété ont suggéré à la ministre soit de
rappeler ce qu'il y avait dans le 404 où Me Joli-Coeur nous a proposé un
article pour se donner la
latitude de le faire par règlement. Donc, évidemment, je pense que c'est
important d'entendre ce que les gens ont à dire au niveau des fonds, Mme la
Présidente.
J'ai
ajouté Prével et Devimco parce qu'ils ont demandé à venir ici. Je sais qu'ils
ont rencontré l'équipe de la ministre aussi,
comme ils m'ont rencontrée. Ce sont les plus grands constructeurs. Je ne sais
pas s'ils ont rencontré la ministre, mais ils avaient un rendez-vous avec votre équipe. Et ce sont les grands
constructeurs, ce sont eux qui développent les nouvelles formules de
copropriété un peu tout partout.
Tout
le monde s'entend à dire qu'au départ les règles de la copropriété, ne
serait-ce qu'au niveau des garanties, au niveau des manières de construire, du partage de la copropriété, quand
est-ce qu'on cède une copropriété à ses copropriétaires par rapport au développeur, là, maintenant, bien,
des fois, tu vas avoir une phase I, II, III, IV, tu vas les appuyer
jusqu'à la quatrième phase pour
pouvoir prendre des hypothèques légales sur la première phase tant que la
quatrième phase n'est pas définie, il y a des règles qu'on doit changer.
Et, eux, ce sont ces acteurs-là qui développent présentement la copropriété.
C'est les joueurs majeurs.
Puis,
vous savez, les gens sont venus nous dire qu'il y a des formules mixtes qui
existent où ce n'est pas juste de la copropriété avec des propriétaires
résidents pour leur appartement ou dans lequel ils vont vivre. Il y a des
formules de copropriété, maintenant, on va
trouver des hôtels, des complexes hôteliers avec des copropriétés. On va
trouver des épiceries. J'ai en tête,
dans le comté de Jeanne-Mance—Viger, dernièrement, là, il y a une nouvelle tour qui a vu le jour,
c'est un édifice à condos puis, en
bas, bien, c'est une épicerie qui est là, un grand épicier bien connu au Québec
qui est là, puis c'est une formule de
copropriété, ça aussi. Les règles sont différentes. On comprend que,
maintenant, on construit différemment.
on regarde, il y a certains secteurs de Montréal, ce qui est le cas à Anjou, soit
dit en passant, il n'y a plus d'endroit pour pouvoir construire. Les règles de construction au niveau de la
copropriété sont faites en fonction que, exemple, pour les plans de
garantie de maison neuve, est assujetti aux plans de garantie de maison neuve
un quatre unités superposées seulement. Ça
fait que tu peux construire une tour
à condos, quatre, cinq étages, si tu as un penthouse qui est sur deux
étages, mettons, et là tu as la garantie de
maison neuve. Il n'y a plus de terrain pour construire. Pensez-vous vraiment
qu'il y a des tours de quatre unités qui se construisent chez
nous? Pas du tout. Sept, huit, neuf, 10, et plus. Et c'est vrai ailleurs aussi, pas juste à Anjou. Donc, il y a tout un pan de clientèle qui achète des
copropriétés qui n'ont pas les mêmes garanties que lorsque les règles ont été
faites et que c'était du quatre étages, du quatre unités superposées. Les
règles ont beaucoup changé.
Donc, évidemment, ces
gens-là, à mon avis, sont tout à fait bien placés pour venir nous expliquer les
différents changements, que ce qu'on fait,
si c'est correct. Puis savez-vous quoi, Mme la Présidente? Ils sont même
bien placés pour dire : Bien là, on peut en faire un bout, mais on
peut s'engager aussi à continuer, parce qu'on est si bien partis.
Vous
savez, il y a une lettre qui a été adressée à la ministre en date du
28 mai, moi, je suis en copie conforme, puis c'est une lettre qui est cosignée par
M. Cusson, qui est président de l'Ordre des administrateurs agréés du
Québec, Mme Dion, qui est la présidente de l'Ordre des architectes
du Québec, que j'ai mis sur ma liste, Mme Genevière Mottard, qui est
présidente et chef de la direction de l'Ordre des comptables professionnels
agréés du Québec, que j'ai mis sur ma liste, Mme Kathy Baig,
qui est présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec, qui était aussi sur la
liste, ainsi que Laval Tremblay, qui
est président de l'Ordre des technologues professionnels du Québec. Ils ont mis
un communiqué de presse hier sur le fil, je suis en copie conforme,
évidemment, Mme la Présidente, et c'est une correspondance qui se lit comme
suit :
«Les cinq ordres
professionnels signataires de la présente ont pour mission d'assurer la
protection du public et d'encadrer la pratique de plus de
112 000 professionnels au Québec.
nombre important de nos membres exerçant une activité professionnelle dans le
domaine de la construction et de la
gestion de la copropriété, [et] c'est avec grand intérêt que nous avons pris
connaissance du projet de loi n° 16 qui porte sur l'encadrement de
la copropriété divise et l'inspection préachat des bâtiments, entre autres.
«Plusieurs
éléments du projet de loi constituent des avancées significatives, notamment
l'obligation prévue de tenir un
carnet d'entretien de l'immeuble et de faire réaliser tous les cinq ans une
étude de fonds de prévoyance par un membre d'un ordre professionnel
compétent en la matière. Nous saluons également la volonté du gouvernement
d'encadrer par règlement le travail des personnes qui pratiquent l'inspection
préachat des bâtiments.»
Dans
la lettre, ils parlent de leurs propres membres. Ils sont là pour nous aider,
en fait, à réaliser et mettre sur pied le projet de loi qui est devant
nous.
«Cependant, l'importance
des problématiques observées sur le marché de la copropriété et leurs impacts
en termes de protection du public aurait dû
se traduire par l'implication des ordres professionnels en amont du dépôt [de]
projet de loi et par une invitation à venir
présenter leurs observations aux parlementaires dans le cadre des consultations
particulières et des audiences publiques
tenues récemment. En outre, nous considérons que l'ampleur des problèmes liés à
la copropriété commande une intervention énergique dont le gouvernement
doit être le maître d'oeuvre.»
Donc,
ils saluent ce qu'on est en train de faire. Par contre, tout comme moi et comme
ce que je vous ai dit, Mme la Présidente, ils déplorent le fait qu'ils
n'aient pas été invités. Puis je vous ai démontré clairement que les groupes
que je vous demande ici, ils ont demandé de venir à la commission. Donc, je
continue :
«Il est
largement admis que les syndicats de copropriété et les copropriétaires doivent
être mieux encadrés, informés et outillés pour protéger adéquatement
leur actif immobilier. Les acheteurs doivent aussi avoir accès à une
information de qualité, complète et standardisée sur
l'immeuble et le syndicat de copropriété afin de donner un consentement éclairé au moment de l'achat. Par ailleurs, la
qualité de la construction des copropriétés s'est souvent révélée déficiente
dans le passé. Le projet de loi aurait été
l'occasion de s'attaquer à ce problème, comme le proposait le projet de loi
n° 401, mort au feuilleton en août 2018.»
Donc, on
comprend, Mme la Présidente, que, dans le n° 401,
il y a des mesures qui répondaient exactement aux demandes de ces gens-là, et ça aurait été
intéressant qu'ils nous le disent en commission. Et, si on les entend en
audition, parce qu'on prendra un vote un peu
plus tard, Mme la Présidente, je suis sûre que la ministre va entendre ce que
les gens leur disent, parce que le but de la ministre, c'est de protéger
le public, tout comme nous, finalement. Donc, je poursuis :
«Nous estimons donc nécessaire d'approfondir la
démarche amorcée par le gouvernement en s'appuyant sur l'expertise des différentes disciplines interpellées et en faisant de la
protection du public la pierre d'assise de cette entreprise. En d'autres
termes, nous convions le législateur à prendre un virage majeur, tant en termes
de gestion et de qualité du patrimoine bâti que [de l'évolution] des mentalités
face à la copropriété.
«Finalement, il nous apparaît essentiel que les
ordres signataires...» C'est qui, les ordres signataires, Mme la Présidente?
Les ingénieurs, les architectes, les comptables, les technologues et les administrateurs. Donc : «...que les
[...] signataires soient parties prenantes
du processus gouvernemental, tant à l'étape de l'élaboration des règlements
d'application des nouvelles dispositions que
le gouvernement s'apprête à faire adopter qu'à celle de la réflexion préalable
à la réforme en profondeur de la copropriété que nous appelons de nos
voeux. Dans cet esprit, nous serions heureux de participer, collectivement avec
votre ministère, aux travaux d'un groupe de travail afin d'atteindre cet
objectif.»
Donc,
voyez-vous? Ils sont gentils. Ils disent à la ministre qu'on aurait aimé ça,
être entendus, mais, au mieux, là, on
peut-u participer? Je pense que ça peut être intéressant, Mme la ministre, de
considérer le comité-conseil, ou le comité des sages, ou le comité consultatif dont on a parlé quand on était en train
d'écouter ce que les groupes nous disaient, ça peut être intéressant
d'avoir ces ordres professionnels là assis à la même table. Donc, ils disent...
ils terminent en disant :
«D'ici là, nous avons la volonté de nous
concerter pour élaborer des guides visant à bien outiller nos membres concernés
par les changements projetés et nous demeurons bien entendu disponibles pour
vous rencontrer si vous souhaitez échanger davantage sur nos propositions de
bonification et de projet de loi.
«Veuillez recevoir, Mme la ministre, nos
salutations distinguées.»
Vous savez, Mme la Présidente, on a ici les
ordres professionnels qui vont devoir travailler avec leurs propres membres pour faire appliquer la loi qu'on est en
train de faire. Le minimum qu'ils demandent, c'est : Voulez-vous
nous entendre? On peut-u participer? On va
vous aider à l'écrire, puis après ça on va se virer de bord, puis là on va
parler avec nos membres, les ingénieurs, les architectes, les
technologues, les administrateurs, puis on va leur dire : Et voilà, c'est comme ça qu'on le fait. On a participé. On est
partie prenante. On ne fait pas n'importe quoi. Ce n'est pas le
gouvernement qui nous demande de faire
quelque chose, c'est nous autres, pour le bien de la profession, pour la
protection du public, qui est le but pour lequel on fait des lois. C'est
exactement ça. On est au bon endroit au bon moment, Mme la Présidente.
Donc,
évidemment, vous comprenez, Mme la Présidente, j'ai dit que je n'étais pas là
pour retarder les travaux. Donc, je
pense que, suivant le consentement de tous, à part que s'il y a des gens ici
qui voudraient peut-être continuer de parler et d'appuyer la motion que je dépose, je pense que, si le collègue du Parti
québécois veut le faire, libre à lui, mais moi, je pense qu'on pourrait adopter la motion, on
pourrait appeler les groupes pour valider leurs disponibilités, on pourrait
entreprendre l'étude détaillée puis quand
les groupes seront disponibles, la semaine prochaine, bien, on pourrait
suspendre l'étude pour pouvoir les
consulter puis donner un éclairage à la commission, Mme la Présidente, tout
cela, je vais le répéter, dans le but de bonifier le projet de loi puis de faire la meilleure loi possible. C'est
ça, l'objectif de l'opposition officielle. Et c'est l'objectif que les
législateurs doivent avoir, Mme la Présidente. Quand on fait un projet de loi,
c'est de faire le meilleur projet de loi possible, parce qu'il répond à une
problématique. Le projet de loi de la ministre répond à une problématique.
Ce que je
peux reprocher, c'est de ne pas avoir écouté tout le monde puis de ne pas avoir
pris le temps de mettre des choses qui sont fort importantes. Si les
légistes avaient jugé important que ce soit dans le projet de loi l'an passé,
dans le n° 401,
pourquoi ce n'est plus dans le projet de loi n° 16?
La question est fort pertinente. Puis il y a des choses là-dedans, pour avoir eu des discussions avec les gens qui
demandent à être entendus, bien, que la solution était dans le n° 401, puis je vous l'ai lue, là, tu sais.
Donc, voilà,
Mme la Présidente, je pense que je vais arrêter ici les remarques. Vous voyez,
il me reste encore une dizaine de
minutes. Je ne les prends pas, parce que le but, ce n'est pas de retarder. Le
but, c'est de travailler correctement puis de s'assurer qu'on puisse
faire le meilleur travail possible.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a des remarques sur la motion? J'aurais
voulu alterner, mais... Est-ce que, Mme la ministre, vous avez des remarques?
Mme Laforest :
Oui. Bien, merci. Je vous remercie pour vos commentaires. Ceci étant dit, parce
que, là, j'ai dit : Je vais
revérifier si vraiment, honnêtement, j'ai bien fait mon travail, puis je me
rappelle très bien que vous étiez venue me voir puis vous m'aviez
dit : Il y a un groupe essentiel, si c'est possible, que je veux que vous
rencontriez, je vous le demande fermement, c'est essentiel que vous les
rencontriez, je ne nommerai pas le groupe, mais vous preniez ça vraiment,
vraiment à coeur.
Je suis
arrivée tout de suite au cabinet. J'ai demandé à mon équipe : Est-ce qu'il
y aurait de la place? Il n'y avait pas
de place. On s'est arrangé et on a reçu le groupe que vous vouliez absolument
écouter en commission parlementaire. Alors, quand vous dites : Je suis déçue, je
suis déçue, vous devriez être contente, parce que la priorité que vous aviez,
c'était avec ce groupe-là, et on les a invités.
Alors, pour
ce qui est des autres, quand vous
parlez de l'Ordre des comptables professionnels agréés, l'Ordre des architectes du Québec, l'Ordre des
ingénieurs, après ça Prével, Devimco, puis il
y a aussi l'Ordre des évaluateurs
agréés du Québec, bien, si je regarde ça, c'est certain... si vous m'aviez dit,
puis si on avait eu de la place : Est-ce qu'on peut les rencontrer? Mais vous teniez tellement
à avoir le groupe qu'on a reçu, on les a reçus, moi, je croyais que c'était
vraiment... non, mais, sérieux, je pensais vraiment que c'était ça qui était
essentiel pour vous.
Par contre,
l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec sont venus. Ils sont venus ici, d'ailleurs, le 13 mai, à 14 h 48, ils étaient ici, dans la salle, puis d'ailleurs on m'a remis des
questions que vous leur avez posées, O.K.? Vous leur avez posé : C'est quoi que ça
va changer, pour l'évaluateur, les fonds de prévoyance et le carnet
d'entretien? Puis vous leur avec demandé
aussi : Est-ce qu'ils pourraient avoir un impact important
sur la valeur de la propriété? Alors, vous leur avez même parlé, là, à ce groupe-là. Vous leur avec posé
comme question : Que faire pour encadrer les gestionnaires? Comment
confier justement à des ordres? Vous leur avez même parlé du code unique.
Alors, concernant l'Ordre des évaluateurs agréés, vous leur avez même posé des
questions. Je vous le jure, là, je les ai, les questions, avec moi.
Alors, on
va... je regrette vraiment, mais j'essaie vraiment d'entendre vos
demandes puis je vous écoute très
bien. Puis, si vous avez d'autres choses à
demander, je vais être très ouverte, parce que ça m'a fait plaisir de répondre
à la demande que vous m'avez faite pour le groupe en particulier.
Alors, j'ai également
les mémoires des groupes que vous vouliez entendre, on a leurs mémoires. Puis
moi, je pense que, considérant qu'on a reçu leurs mémoires, que
le groupe que vous dites que vous n'avez pas entendu, vous leur avez
même posé des questions, moi, je pense
qu'on devrait commencer immédiatement, si tout
le monde est d'accord,
parce qu'on a les mémoires, puis vous
avez même posé des questions à l'Ordre des évaluateurs. Qu'est-ce que vous en
pensez? Moi, je pense qu'on
rejetterait la motion. Qu'est-ce que vous en pensez? C'est sûr qu'on aurait pu
inviter d'autres groupes aussi, mais il faut se limiter.
La Présidente (Mme Dansereau) :
O.K. Ça va? Ça va pour vous, Mme la ministre?
Mme Laforest : Moi, ça va.
Présidente (Mme Dansereau) : Je donnerais la parole au député de
Rimouski. Non? Parce que, tantôt, vous aviez... La députée de Vaudreuil,
vous voulez prendre la parole?
Mme Nichols :
Oui, s'il vous plaît. Juste 30 secondes. Juste pour apporter une
correction. Peut-être, Mme la ministre, dans la motion qui vous a été... la motion préliminaire, là, il y a une
erreur. Ce n'est pas l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec, c'est l'Ordre des administrateurs agréés
du Québec. C'est une erreur, ce serait une erreur. Donc, votre plaidoirie
était...
Mme Nichols : ...non, mais
votre plaidoirie était très bonne, c'est notre erreur dans la...
Mme Laforest :
Alors, moi, je pense qu'on va rejeter la demande, puis on serait prêt à
commencer. J'avais une question à poser. Est-ce qu'on peut y aller en
bloc? Qu'est-ce que vous en pensez? Si on y allait en bloc?
Présidente (Mme Dansereau) : D'abord, il faudrait procéder au
vote. C'est-u sur... c'est-u sur la... voyons donc! la motion préliminaire?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Non, mais que Mme la ministre voulait intervenir. Oui? Sinon, on procède au
vote.
La Présidente (Mme Dansereau) :
On va procéder au vote.
Le Secrétaire : Donc, pour,
contre, abstention.
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel) ?
Le Secrétaire : Mme Nichols
(Vaudreuil)?
Le Secrétaire : Mme Laforest
(Chicoutimi)?
Le Secrétaire :
M. Thouin (Rousseau)?
Le Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
Le Secrétaire :
M. Simard (Montmorency)?
Le Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
Le Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : M. LeBel
(Rimouski)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je m'abstiens. Donc, la motion est rejetée.
S'il n'y a pas d'autre motion, ça n'a pas l'air,
je prends en considération l'article 1 du projet de loi. Mme la
ministre, la parole est à vous pour mettre à l'étude chaque
article du projet
de loi et diriger le débat.
Mme Thériault : Mme la
Présidente, à moins d'indications contraires, conformément à l'article 245 de
notre règlement, nous demandons à ce que le projet de loi soit étudié
article
par article, alinéa par alinéa, paragraphe par paragraphe.
Présidente (Mme Dansereau) : O.K. Puis ça, je dois-tu demander le consentement?
Non, ça va? C'est bien. Donc, Mme la ministre, la parole est à vous.
20 minutes par intervenant.
Mme Laforest : Bien, moi, j'irais... Est-ce que c'est possible
d'y aller par thème pour simplifier, pour que ça aille un petit peu plus
rondement? Non? Par blocs, non?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui, c'est ça. Elle vient de demander, oui.
Mme Thériault : ...avec les leaders, il n'y a pas personne qui s'est entendu à
ce qu'on fasse bloc par bloc, pas du tout.
On a dit qu'on irait
article par
article, et c'est ce que j'avais
signifié lors du briefing technique aussi la semaine passée.
Présidente (Mme Dansereau) : Donc, il n'y a pas consentement, ça fait qu'on devra y aller
article par article.
Mme Laforest :
Article par... O.K. Il n'y a pas de problème,
mais on va essayer d'y aller quand
même dans la... J'aimerais peut-être
mentionner quelque chose. On parle de la copropriété, on parle des Affaires municipales,
on parle de la Régie
du logement, la Régie du bâtiment, mais moi, j'ai une petite demande à faire,
si c'est possible, dans la mesure où
il faut vraiment être conscient que la Régie du logement, c'est une demande de
la Vérificatrice générale, on a des urgences, on a des problèmes avec les locataires, et, si c'est possible... On va y
aller
article par article, mais il faut voir qu'il y a des gens qui ont
hâte que ce projet de loi passe, là. Puis, comme vous le dites si bien, et si
souvent, et si régulièrement, si vous connaissez
le projet de loi autant que ça puis que vous avez travaillé tellement sur le
projet de loi, normalement, on devrait y
aller rondement. Puis, pour le député de Laurier-Dorion, moi, je pense, c'est
tellement une urgence, hein? Vous aussi, député de Rimouski, vous prenez ça à coeur, la Régie du logement. Alors, j'ai
juste une petite demande à faire. Si c'est possible, on va essayer d'y aller pour que tous les citoyens
qui en ont vraiment de besoin, de ce projet de loi là, ce projet de loi...
C'est pour eux qu'on travaille, alors on
devrait y aller quand même
article par article, mais assez rapidement, même si
tous les articles sont essentiels, mais je pense que vous les connaisses
assez, hein, pour ne pas le répéter.
Alors, on commence par l'article 1, c'est
bon? Tout le monde est là? La
Loi sur le bâtiment :
L'article 1 de la
Loi sur le bâtiment
(chapitre B-1.1) est modifié, dans le
1° par l'insertion, dans le paragraphe 2° et
après «d'assurer», de «la qualité d'un bâtiment ainsi que»;
2° par le
remplacement, dans le paragraphe 3°, de «et des constructeurs-propriétaires»
par «, des constructeurs-propriétaires et des inspecteurs en bâtiment».»
Alors, l'article 1 de la
Loi sur le
bâtiment.
L'article 1 de la
Loi sur le bâtiment prévoit que cette loi a
pour objet notamment d'assurer la qualité
des travaux de construction et de la sécurité du public qui accède à un
bâtiment. De plus, le paragraphe 3°
de l'article 1 mentionne que la RBQ s'assure de la qualification
professionnelle, de la probité et de la solvabilité des entrepreneurs et
constructeurs-propriétaires seulement.
La première
modification proposée par le projet de loi vise à introduire la notion de
qualité d'un bâtiment parmi ces objets.
En effet, les objets de la
Loi sur le bâtiment ne sont pas assez larges pour
permettre à la Régie du bâtiment d'encadrer l'inspection d'un bâtiment,
puisque celle-ci ne concerne pas que la qualité des travaux de construction,
mais également la pérennité des bâtiments existants.
La deuxième
modification proposée par le projet de loi vise à ajouter l'inspecteur en
bâtiment parmi les personnes visées
au paragraphe 3°, et ce, afin de prévoir que la RBQ assure également de la
qualification professionnelle des inspecteurs en bâtiment.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Avez-vous d'autres remarques, Mme la ministre?
Mme Thériault : Oui, Mme la Présidente, évidemment,
je pense que je vais répondre un petit peu aux remarques de la ministre,
qu'elle a faites, avant de revenir à l'article 1. Je veux tout simplement
lui rappeler que tous les articles sont importants
puis que le projet de loi ne peut pas être adopté... il n'y a pas une
section
qui sera adoptée si le projet de loi n'est pas adopté dans son
entièreté.
J'avais déjà
aussi pris soin de mentionner qu'à partir du moment où on s'assoit avec la
ministre, où on s'assoit avec l'équipe de la ministre pour savoir quels
sont ses amendements, à quoi elle va apporter des amendements, une rencontre technique d'une heure, Mme la Présidente, peut
nous faire sauver six heures de travail. J'ai pris la peine de dire à
votre équipe que ce qui était dans le
projet de loi n° 401 que vous n'avez pas rappelé, attendez-vous à
ce que je dépose des amendements.
Vous allez le
voir, mon but, ce n'est pas de retarder, mon but, c'est d'avoir le meilleur
projet de loi possible. On peut
suspendre, on peut regarder vos amendements, on peut regarder mes amendements.
Je ne les déposerai pas pour rien. Vous
savez que, sur chaque amendement, il y a des temps de parole bien définis,
qu'on peut faire des sous-amendements. Je ne suis pas ici pour m'enfarger dans les fleurs du tapis, là, mais pas
du tout, Mme la Présidente, mais moi, j'avais demandé à l'attachée politique qui était là, devant tous
les collègues et devant les différents fonctionnaires : Est-ce que vous
allez me donner un briefing technique avec la ministre
pour savoir où elle entend faire des amendements par
rapport à les commentaires qu'on a entendus des gens qui sont venus nous
parler, Mme la Présidente? Mais, à
partir du moment où la ministre
ou que son personnel politique
ne donne pas d'ouverture puis ne donne pas d'indication, bien, moi, vous
comprenez que je suis obligée de fonctionner un par un,
article par article. Parce
que moi, je vous ai ouvert mon jeu, je vous ai dit exactement où j'étais
pour aller, mais j'ai entendu que la ministre aurait certains petits
amendements, mais je ne sais pas où.
Ça fait qu'honnêtement, regardez, moi, je peux
vous dire, là, en partant, l'article 1 qu'on a devant nous, c'est conforme à ce qu'il y avait dans le n° 401,
puis vous avez ajouté un paragraphe. On peut passer au vote, pas de
problème, c'est conforme, c'est exactement
ce qu'il y avait dans le n° 401, Mme la Présidente. Mais je peux vous dire
qu'il y a des choses qui ne sont plus
là. Ça fait qu'après ça je vais vous donner des amendements. Bien, on va en
avoir, des amendements, Mme la Présidente.
Ça fait que
je veux juste être capable de procéder. Je sais que la ministre, elle est de
bonne volonté. Je veux que la ministre
entende que je suis aussi de bonne volonté. Puis des fois, de ce temps-là, en
dehors des micros... Puis elle m'a dit quand
je lui ai demandé le groupe, tout à l'heure, c'est le bon exemple, quand je lui
ai demandé le groupe de Garantie de construction résidentielle, oui,
c'est important, parce que, Mme la Présidente, c'est eux autres qui s'assurent
que la construction est faite correctement. Les
autres groupes, je ne lui ai pas demandés, savez-vous pourquoi? Parce que nos
leaders négocient tous les deux ensemble, à
savoir : Oui, non, oui, non, oui, non. Je n'ai pas à demander à la
ministre. Mais j'entends la ministre
que, si je lui parle, elle est disposée à me parler, ça va aller pas mal plus
vite, je n'ai aucun problème avec ça. Puis on peut suspendre, puis on
peut savoir où est-ce qu'on va faire des amendements. Parfait. Mais il y a
147 articles. Pensez-vous vraiment
qu'on va adopter 147 articles comme ça? Non, pas du tout. Il y a des
questions à poser qui sont fort pertinentes. Je ne tourne pas les coins ronds.
J'ai une réputation, je travaille bien. Quand je prends la parole en
Chambre, mais c'est toujours étayé, c'est
recherché. Je suis une femme de bonne volonté. Je veux bien travailler. Je n'ai
pas de problème. On se donne les
moyens de le faire correctement. La ministre va ouvrir son jeu ou on va les
faire
article par article, on va arriver au même résultat, ça va juste
prendre plus de temps. C'est tout.
La Présidente (Mme Dansereau) :
D'autres commentaires? Mme la ministre.
Mme Laforest :
Oui. Bien, moi, je suis tout à fait d'accord avec vous. C'est certain que je
veux travailler en équipe, si je peux
dire. Je n'en ai pas, d'amendement. Mais, vous, si vous en avez, est-ce que
vous voulez les déposer? Est-ce que... Parce que je n'en ai pas, moi,
pour la
Loi sur le bâtiment.
Mme Thériault : Bien,
j'en ai, c'est exactement tout ce qui était dans le n° 401 qui n'est pas
Mme Laforest : Ah! Mais là
c'est...
Mme Thériault : Ça fait
que vous pouvez prendre le n° 401 puis vous allez voir exactement...
Mme Laforest : C'est dommage,
mais là on est rendus dans projet de loi n° 16.
Mme Thériault : Oui, mais ce n'est pas grave, ça
touche exactement le même sujet, les mêmes matières. Puis vous allez
voir, au fur et à mesure, dans les amendements, vous allez comprendre.
Mme Laforest : Pas de problème,
on va les prendre, déposez-les.
Mme Thériault : Bien, au
fur et à mesure, j'en ai un tout de suite après. On va adopter votre
article 1.
Mme Laforest :
Est-ce que c'est possible de les déposer en début de séance? Parce qu'on va y
aller comme ça ou... Est-ce que ça peut être déposé en début de séance?
Mme Thériault : Bien,
Mme la Présidente, moi...
La Présidente (Mme Dansereau) :
Non.
Mme Thériault :
Habituellement, on ne dépose pas en liasse. Je ne demandais pas à la
ministre...
La Présidente (Mme Dansereau) :
À chaque article...
Mme Thériault : Oui. Et je ne demandais pas à la
ministre de les déposer en liasse, je lui demandais d'avoir une rencontre avec elle pour savoir dans quels
articles elle était pour avoir des amendements. Je ne demande jamais tous
les amendements. Ce n'est pas le but. Ce
n'est pas ça que je veux avoir. Je veux savoir où elle en a. Moi, je peux juste
vous dire : Si vous prenez le n° 16 puis le
n° 401, vous allez savoir exactement où est-ce que je vais déposer des amendements.
Mme Laforest : O.K. Mais on va
juste éclaircir quelque chose, parce que, ce matin, votre bureau a demandé
qu'on les dépose.
Mme Laforest :
Oui, ce matin, votre bureau, et a demandé qu'on les dépose. Mais, moi, il n'y a
pas de problème, on va y aller
article par article, mais vous l'avez
demandé. En tout cas, votre bureau, ce matin, a demandé ça.
La Présidente (Mme Dansereau) :
O.K. Est-ce qu'il y a d'autres remarques?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ça va?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Député de Rimouski.
M. LeBel :
Oui. Moi, je suis d'accord avec la proposition. Juste... c'est un élément
d'information. Quand on parle d'assurer
la qualification professionnelle, la probité, la solvabilité des entrepreneurs,
on parle des constructeurs-propriétaires et des inspecteurs en bâtiment. Juste pour ma culture personnelle,
comment ça se fait, ça? Comment vous faites pour assurer la
qualification de ces... surtout dans les inspecteurs en bâtiment, que vous
rajoutez?
Mme Laforest :
Oui, pas de problème, je vais laisser la parole...
M. LeBel :
Je ne veux pas prendre trop de temps, là, juste...
Mme Laforest :
O.K. Je vais laisser... c'est le président de la Régie du bâtiment.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a consentement? Oui.
M. LeBel :
Oui, allez-y.
M. Beaudoin (Michel) : Alors, je me présente, Michel Beaudoin,
président-directeur général de la Régie du bâtiment du Québec. Alors, pour l'ensemble des activités
des vice-présidences, quand on a une demande qui est faite chez nous au
niveau de la probité, pour avoir une licence d'entrepreneur, il y a toujours
des analyses qui sont faites, il y a une vice-présidence Enquêtes, il y a une
qualification, ça rentre par chez nous, on analyse les antécédents de
l'ensemble des entrepreneurs sur ce même principe-là où on veut éventuellement
intégrer l'ensemble des inspecteurs en bâtiment.
Aujourd'hui,
on travaille plus pour faire en sorte de se donner un pouvoir législatif qui va
nous permettre éventuellement d'encadrer la
partie inspection en
bâtiment, et c'est dans cette optique-là qu'on vient intégrer la dimension
qualité et la dimension inspecteur en bâtiment.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Il y a d'autres personnes qui veulent
s'exprimer pour l'article 1?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui.
Mme Thériault : Dans le texte,
on dit : «D'assurer la qualification professionnelle, la probité [et] la
solvabilité des entrepreneurs...» C'est écrit ici, on dit : «des
constructeurs-propriétaires» par «des constructeurs-propriétaires et des
inspecteurs en bâtiment». Pourquoi on a gardé juste
constructeurs-propriétaires, alors qu'il y a des promoteurs?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Mme la ministre.
Mme Laforest :
Je vais laisser la parole à monsieur...
M. Beaudoin
(Michel) : C'est déjà ce qui est dans la loi actuellement.
Mme Thériault :
Les promoteurs...
M. Beaudoin
(Michel) : On a gardé la même chose et on a juste ajouté la dimension
inspection en bâtiment.
Mme Thériault : O.K.
Mais pour les gens qui nous entendent, ça comprend les entrepreneurs, les
promoteurs qui sont entrepreneurs en construction?
M. Beaudoin
(Michel) : Tout à fait.
Mme Thériault :
Parfait.
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires? Sinon, on va passer au vote. M. le secrétaire?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bien, c'est ça, ça fait qu'on passe au vote.
C'est adopté?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Adopté.
Mme Thériault : Adopté, Mme la Présidente. Mais j'avais une question.
C'est que, là, on est à l'article 1, qui vient changer dans la loi... ne bougez pas,
l'article 1. Je veux juste être bien sûre qu'on suit tout le monde. Après
ça, l'article 2 va venir changer
l'article 9. Si je veux insérer quelque chose entre le 1 et le 9, est-ce
que je dois le faire avant que l'article 1 soit adopté ou après?
C'est pour ça que je pose la question.
La Présidente
(Mme Dansereau) : On va suspendre les travaux quelques minutes.
Mme Thériault : On
suspend les travaux? Parfait, merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 43)
La Présidente
(Mme Dansereau) : On va
reprendre les travaux. S'il vous
plaît! Vous irez à la pêche, à la
chasse ensemble, parce qu'on reprend les travaux. Donc, quand on a
laissé, le point 1 a été adopté. Je céderais maintenant la parole à
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Merci,
Mme la Présidente, parce que j'ai un amendement à déposer.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Le projet 1 est...
Mme Thériault :
L'article 1 est adopté.
La Présidente (Mme Dansereau) :
...je veux dire l'article 1 est adopté.
Mme Laforest :
O.K. Mais moi, j'ai juste peut-être un commentaire, parce qu'on disait...
remarquez, c'est mon premier dépôt de
projet de loi, puis tantôt tout le monde a dit qu'on voulait y aller rondement,
qu'on voulait y aller quand même
assez rapidement, puis c'est pour ça qu'on avait proposé d'y aller en blocs,
hein, par thèmes. Je sais que ça n'a pas été accepté, vous ne voulez pas. Mais là est-ce qu'on pourrait y
aller... admettons qu'on dépose les amendements par thèmes. Est-ce qu'on
peut fonctionner d'une manière que ce serait plus logique?
Moi, j'ai
toujours en tête que ce projet de loi là est pour les citoyens. Vous avez
raison, là, il faut que ce soit bien fait.
Mais vous le dites tellement, que vous avez travaillé là-dessus, je ne sais pas
pourquoi on prendrait énormément de temps
pour des points comme ça, vous les connaissez par coeur aussi. Moi, je veux
juste savoir : Est-ce que ça va être comme ça ou on peut-u y aller par thèmes? Est-ce qu'on peut passer la Régie du
bâtiment, puis les autres, les passer par thèmes?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Bien là, ça prend le consentement.
Mme Thériault : Bien, c'est ça, Mme la Présidente.
De manière générale, le projet de loi, de la manière dont il est monté, au début, c'est la Régie du bâtiment. Ça
fait que jusqu'à 23, l'article 23, ici, c'est la Régie du bâtiment. Ça
fait qu'on va parler de la Régie du
bâtiment pendant les 22 prochains articles, plus les amendements que je
vais faire. Ça fait qu'on est déjà
dans le thème par thème, mais on fait
article par article. Ça fait que c'est la
manière de fonctionner. C'est comme ça qu'on a décidé qu'on
fonctionnait. Quand bien même qu'on passait avec la Régie du logement ou qu'on
passait la Société d'habitation du Québec, tant que le projet de loi, il n'est
pas adopté au final avec les autres étapes en Chambre, il n'a pas de force de
loi.
Donc, honnêtement, là, moi, je pense qu'on fait
les choses dans l'ordre. Et c'est ce que j'ai dit à votre attachée politique,
qui est à vos côtés, lors de la rencontre de la semaine passée, qu'on
étudierait
article par article, dans l'ordre numérique.
Il n'y a pas d'entente ni avec votre bureau de leader ni avec le mien. Je sais
que, des fois, nos leaders font des ententes
sur les groupes. Ça négocie au-dessus
de votre tête puis au-dessus de ma tête, mais il n'y a pas d'entente puis
il n'a jamais été convenu qu'il y avait un article... qu'il
y avait une étude par blocs. Ça,
c'est la première des choses. Donc, ça, c'est la première des choses.
La deuxième
des choses, j'ai demandé à avoir un briefing technique pour savoir où vous
étiez pour déposer des amendements. Je n'en ai pas, de briefing technique.
Ça fait que vous comprenez bien, Mme
la Présidente, que je vais
jouer selon les règles du jeu, donc selon le règlement, en vous disant :
Je vais déposer les amendements au fur et à mesure.
J'ai pris la
peine de dire, lors de cette rencontre-là, Mme la Présidente, que tout ce
qui était dans le n° 401, que vous n'avez pas repris, que je l'amènerais en amendements. Ça,
c'est la semaine passée, Mme la
Présidente. Ça fait
qu'honnêtement son attachée
politique aurait pu prendre le projet de loi n° 401, aurait pu prendre le
projet de loi n° 16, aurait pu les superposer
puis voir exactement ce qui n'est pas là, elle aurait vu tous mes amendements,
Mme la Présidente. Ça fait que c'est pour ça, je vous dis qu'habituellement on ne les dépose pas en liasse.
Je ne demande pas un dépôt en liasse non plus. Ça fait que moi, je vous dis : Bien, on peut faire
article par article, puis je vais vous les déposer au fur et à mesure où est-ce
qu'on est rendus, c'est tout.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest :
Bien, moi, je vais prendre la parole, parce que, là, on va se répéter
longtemps, là. C'est certain que le
projet de loi n° 16 est à 50 % les Affaires municipales et à
50 % l'Habitation. Malheureusement pour vous, c'est nous, maintenant, qui... on est au gouvernement. Alors,
le projet n° 401, qui a une certaine
partie dans le projet de
loi n° 16, n'est plus le n° 401, et vous n'êtes plus au gouvernement. Alors, si on
le répète à toutes les heures comme ça, que vous avez travaillé sur le n° 401, il y en a plusieurs, là, des
députés qui ont travaillé sur des projets. Alors là, on va y aller rondement,
parce qu'on se répète depuis tantôt, puis,
désolée, mais là c'est nous qui... on est au gouvernement. Puis ce serait
plaisant de voir que...
on dit tout le temps : Cet article-là était dans le n° 401, dans le
n° 401... Il y a plusieurs qui n'étaient pas dans le n° 401, malheureusement. Mais là,
aujourd'hui, heureusement, je suis là avec votre projet. Et, ceci étant dit, je
me suis dépêchée parce que c'est un projet
de loi très intéressant, très logique, beaucoup pour la Régie du logement.
C'est pour ça que c'est important pour les locataires. Alors, si on
répète toujours ça, on n'avancera pas. Il faut penser aux citoyens. On avance
et on continue. C'est bon?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a consentement pour la
proposition de la ministre?
Mme Thériault :
Non, pas de consentement, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Il n'y a pas de consentement. Donc, on devra
procéder
article par article.
Mme Thériault :
Article par article, et voilà. Donc, avant l'article n° 2, Mme la Présidente, j'ai un amendement à déposer.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui.
Mme Thériault : Je vous le lis, on suspend, on vous le donne après. Donc,
l'article 1.1,
article 7 de la
Loi sur le bâtiment. Ajouter,
après l'article 1 du projet de loi, le suivant :
1.1.
L'article 7 de cette loi est modifié par l'ajout, après la définition de
«installation sous pression», de la définition suivante :
«"ouvrage
de génie civil" : bien immeuble d'utilité générale construit pour le
compte d'une personne morale de droit public ou d'une société privée de
grande envergure, tel une route, un aqueduc, un égout, un pont ou un barrage.»
Donc, c'est
l'amendement, je transmets copie, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : On va suspendre les travaux jusqu'à
tant que les gens aient leur copie et que... c'est ça.
(Suspension de la séance à
15 h 53)
La Présidente
(Mme Dansereau) : On reprend. Tout le monde a eu la copie de l'article 1.1?
L'amendement?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bon! Un instant, on va resuspendre...
suspendre.
(Suspension de la séance à
15 h 59)
La Présidente
(Mme Dansereau) : Je demanderais...
La Présidente
(Mme Dansereau) : À l'ordre, s'il vous plaît! À l'ordre! On
reprend.
La Présidente
(Mme Dansereau) : S'il vous plaît!
La Présidente
(Mme Dansereau) : S'il vous plaît! Nous allons reprendre les
travaux.
Donc,
nous étions sur l'amendement 1.1. Vous avez reçu les copies de cet amendement-là.
Je donnerais la parole à la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Merci,
Mme la Présidente. Mme la Présidente, à l'article 7 de la loi actuelle,
pour que les gens puissent savoir ce que je
m'apprête... ce que j'ai déposé comme amendement et ce qu'on vise, O.K., il faut être
capable de voir la loi actuelle. Et, à l'article 7, ce qu'on lit dans la loi, c'est :
«Dans la présente loi, à moins que le contexte n'indique un sens
différent, on entend par — et
là on définit :
«"constructeur-propriétaire" :
une personne qui, pour son propre compte, exécute ou fait exécuter des travaux
de construction.»
Donc,
honnêtement, Mme la Présidente, à ma question à l'article n° 1,
pourquoi le promoteur... s'il était inclus à l'intérieur de ça?, la réponse du président de la Régie du bâtiment m'a
dit : Oui, c'est dans la définition. Donc, quand on regarde la définition, ça dit clairement :
«Une personne qui, pour son propre compte, exécute ou fait exécuter des
travaux de construction.» Donc, le promoteur est là-dedans. Je donne 100 %
pour la note, c'est bon, Mme la Présidente.
Mais, dans ce
même
article là, on a «dirigeant», O.K., comme définition. On a la définition
de «dirigeant» : «Le membre
d'une société ou, dans le cas d'une personne morale, l'administrateur, le
dirigeant au le sens la
Loi sur les sociétés par actions ou
l'actionnaire détenant 10 % ou plus des droits de vote rattachés aux
actions de cette personne morale.»
On a la
définition de l'entrepreneur, Mme la Présidente : «Une personne qui, pour
autrui, exécute ou fait exécuter des
travaux de construction ou fait ou présente des soumissions, personnellement ou
par personne interposée, dans le but d'exécuter ou de faire exécuter, à
son profit de tels travaux.»
La définition
de «gaz», Mme la Présidente : «"Gaz" : le gaz naturel, le
gaz manufacturier combustible, une variété ou un mélange de ces gaz, le gaz de pétrole liquéfié ou un mélange de ce
gaz [ou] d'air ou tout autre gaz désigné par règlement de la régie et,
dans le cas d'une installation sous pression, tout gaz combustible ou
incombustible.»
Définition d'«installation d'équipements
pétroliers» : «Une installation destinée à utiliser, [ou] entreposer ou
[...] distribuer un produit pétrolier.»
«Installation sous pression», une
autre définition : «Selon le contexte, l'un ou plusieurs
des équipements sous pression suivants assemblés pour former un tout
intégré et fonctionnel : un appareil ou une chaudière destinés à contenir
un gaz combustible ou non ou un liquide sous pression de même que la tuyauterie
et tout accessoire qui est relié.»
La définition de «produit
pétrolier» : «L'essence, le carburant diesel ou biodiesel,
l'éthanol-carburant, le mazout, ainsi que tout autre mélange liquide
d'hydrocarbures déterminé par règlement de la régie.»
L'article 7, Mme la Présidente,
essentiellement pour ceux qui se demandent ce que je fais, je suis en train de
vous dire qu'à l'article 7 on définit exactement,
«constructeur-propriétaire», «dirigeant», «entrepreneur», «gaz», «installation d'équipements pétroliers», «installation sous
pression», «produit pétrolier». Pourquoi? Parce que la régie s'occupe de
tous ces secteurs-là, et c'est la régie qui
dit qui va prendre les décisions. Donc, c'est important de bien définir
qu'est-ce qui est sous la responsabilité de la régie. C'est
essentiellement ce que l'article 7 fait, O.K.? Bon.
Mme la Présidente, vous savez,
l'article 1, on l'a adopté, j'ai posé une petite question. Parfait.
L'article 1 était dans le projet
de loi n° 401. Bon, ça fait qu'on peut dire le n° 16
ou le n° 401, la maternité, ce n'est pas grave, Mme la
Présidente, au final, là, c'est le projet de loi n° 16 qu'on va adopter. Puis que la ministre
soit rassurée, là, je ne tiens pas mordicus au n° 401,
là. J'ai des questionnements. Et l'objet des
rencontres qu'on a faites, c'était mes questionnements, et je n'ai pas eu de
réponse à mes questions.
Donc, pour
avoir des réponses à mes questions, bien, je suis obligée de déposer des amendements
parce que je veux avoir des réponses
à mes questions. Et ma question était : Dans l'ancien projet de loi n° 401, à l'article 7, donc l'article que je viens de vous
lire, on ajoutait «ouvrage de génie civil» et on le définissait : «Bien
immeuble d'utilité générale construit pour le compte d'une personne morale de droit public ou d'une société privée
de grande envergure, tel une route, un aqueduc, un égout, ou un pont ou
un barrage.» On a ajouté ça dans le n° 401.
Honnêtement,
là, la Régie du bâtiment, elle est là pour protéger le public. On
s'entend, là? Elle est là pour s'assurer que les entrepreneurs, les constructeurs, les ouvrages, ceux qui
oeuvrent dans le gaz, les produits pétroliers, puis tout ça, là, tout ce que je vous ai défini, là, la régie, elle
est là pour s'assurer que tout le
monde n'ait pas de coche mal taillée,
puis que tout est fait correctement,
puis qu'ils sont sous sa responsabilité pour qu'elle puisse lui dire : Tu n'as pas
fait les choses comme il faut. C'est ce que vise le projet de loi.
Bien, moi, je
dis : O.K. Parfait. Le projet de loi n° 16, ce qu'on fait, c'est qu'on veut protéger le monde avec les articles
qu'on fait. Quand on rouvre la
Loi sur le bâtiment, la loi de la Régie du
bâtiment, c'est pour être capable d'aller protéger, notamment au niveau du
volet des inspections en bâtiment, Mme la Présidente.
Ça fait que l'amendement qu'on a ici, ce n'est pas compliqué, c'est qu'on ramène «ouvrage de
génie civil», qui était dans le n° 401, puis, honnêtement, ça n'enlève rien, ça n'ajoute rien, mais je ne
comprends pas pourquoi il n'est plus là. Si, voilà un an, c'était important qu'«ouvrage de génie civil» soit dans l'ancien projet de loi n° 401, pourquoi aujourd'hui le même directeur
général, les mêmes légistes qui sont
assis en arrière, qui ont fait le projet
de loi n° 401
et qui font aujourd'hui le projet
de loi n° 16, pourquoi «ouvrage de génie civil»,
«ouvrage de génie civil» ainsi que la définition ne se retrouvent pas à l'article 7?
Questionnement tout à fait légitime, Mme la Présidente, là, O.K.? On est dans
la loi.
Tant qu'à...
La ministre ajoute des «tant qu'à» au niveau
municipal. Bien, je vais vous dire du même souffle : On peut faire des «tant qu'à» au niveau
municipal, mais on peut en faire aussi à la Régie du bâtiment pour s'assurer que les gens soient bien en sécurité puis que la
régie puisse quand même protéger les gens. Donc, c'est le pourquoi de... c'est
les explications qui vont avec la proposition d'amendement que je vous ai
faite, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce qu'il y a des commentaires? Oui, Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui, j'ai sûrement des commentaires, parce qu'en
fait on a eu justement une réflexion ici, à l'interne, puis, nous, ce qu'on voulait, c'était que...
plutôt de cristalliser ça dans la loi, on voulait faire un petit peu évoluer le
lexique, si je peux dire, puis la régie agit déjà avec le génie civil. Mais,
ceci étant dit, si, pour vous, «ouvrage de génie civil»... Qu'est-ce que tu en
penses? Est-ce que je peux demander le commentaire à M. Michel? Oui? Moi,
pour moi...
La Présidente
(Mme Dansereau) : La parole est à vous.
Mme Laforest : On va essayer
d'accélérer aussi, là, ça fait que si c'est...
M. Beaudoin
(Michel) : Alors, je dirais... je voulais simplement rassurer
tout le monde que, dans le contexte actuel, plutôt que
de cristalliser la définition de «génie civil», qui avait été déterminée au
préalable, pour nous, ce qui était important, c'est qu'aujourd'hui on s'aperçoit
qu'on peut le faire évoluer au niveau du lexique et non uniquement dans la loi. En le cristallisant dans la loi, éventuellement, ça pourrait nous permettre de ne pas le voir évoluer adéquatement pour prendre des décisions.
Et je veux
juste rassurer tout le monde, on agit
déjà dans le domaine du génie civil, que ce soit dans les ponts ou dans
n'importe quoi d'autre. Alors, sur ce principe-là, pour nous, il n'était plus
essentiel de le cristalliser dans la loi.
Mme Thériault : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce que... Oui, madame...
Mme Thériault : Bien, j'entends ce que le président
de la régie dit, mais, honnêtement, ce qui est intéressant, c'est la force de loi. Si on prend la peine de définir
dans les lois, et, si vous avez pris la peine l'année passée, à cette date-ci,
de faire en sorte qu'«ouvrage de génie civil» soit là, même si vous vous en
occupez, il faut le formaliser, O.K.?
Là, moi, si
vous me dites que vous le mettez dans un lexique ailleurs, il est où, le
lexique? On va-tu le voir? Qu'est-ce qui
me dit... Puis ce n'est pas... ce n'est pas... Tu sais, là, on l'avait, on ne
l'a plus. Honnêtement, moi personnellement, j'aime autant mieux le mettre dans la loi.
Éventuellement, vous les ferez évoluer sur un lexique ailleurs, là, dans vos
affaires, mais là c'est clair pour tout le monde.
Quand j'ai
dit, au début dans mes remarques, là : Le législateur ne parle pas pour ne
rien dire, on fait des lois, le mot
juste, les gens, un jour, ils vont venir entendre ce qu'on a dit. Ils vont
demander à voir les galées ou les transcriptions de ce qu'on a dit puis ils vont comprendre pourquoi
on a fait ça. Bien, s'il y a quelqu'un qui conteste, mettons qu'il y a
quelqu'un qui pourrait contester un ouvrage
de génie civil, Mme la Présidente, puis dire : Bien, le président a
prétendu que c'était déjà sous la
responsabilité, mon affirmation, c'est que, si on me demandait de le mettre dans la loi l'année passée,
c'est parce qu'on a besoin de le formaliser. Ce n'est pas là.
Ça fait que
le point, il est aussi simple que ça. Je ne tourne pas les coins ronds, je veux
juste avoir les réponses. Puis, moi,
il me semble que, tant qu'à faire une loi, un «peut», un «doit», ce n'est pas
pareil, puis, l'année passée, c'était bon puis, cette année, ce n'est
plus bon. Bien là, je me demande : O.K., il y a combien de mots dans le
lexique, outre que dans l'article 7, qui sont ailleurs? Avez-vous des responsabilités
supplémentaires qui ne sont pas définies dans la loi? Bien, peut-être qu'on
devrait le savoir. Ce n'est pas...
Tu sais, moi,
ça rouvre des questionnements, Mme
la Présidente. Puis, honnêtement, c'est sûr que, si on avait eu un briefing technique avant, j'aurais posé ces questions-là.
Peut-être que je n'aurais pas déposé l'amendement,
peut-être que les réponses m'auraient suffi, Mme la Présidente. Mais ce n'est pas une question de savoir si 401 est mort, ce n'est plus
vous, ce n'est plus votre projet de loi, ce n'est plus vous, la ministre. Pas du tout. Pas du tout, pas du tout, pas du
tout. C'est une question de voir,
bien, pourquoi l'année passée vous le mettiez, c'est les mêmes personnes,
pourquoi aujourd'hui vous ne le mettez pas. O.K., il est où, le
lexique, puis c'est quoi, la différence?
Mme Laforest : ...dans le
lexique, on n'a pas besoin de l'incorporer, il est déjà dans le lexique.
Mme Thériault : Il est
où, le lexique?
Mme Laforest : La notion de
génie civil est déjà dans le lexique.
Mme Thériault : Parfait.
Il est où, le lexique?
Mme Laforest : Alors, moi, je
pense qu'on devrait avancer. Est-ce qu'on peut voter ou comment...
Mme Thériault : Bien, ce
n'est pas de même que ça marche.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Bien là, tant que les... Pardon?
Mme Thériault : Ce n'est
pas de même que ça marche.
Présidente (Mme Dansereau) : Oui. Tant qu'il y a des interventions, je ne peux pas demander le vote. Ça fait
que, s'il y a d'autres personnes,
comme la députée d'Anjou—Louis-Riel
est intervenue, vous pouvez intervenir. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Monsieur.
M. Beaudoin (Michel) : Alors, Michel Beaudoin. Mme la Présidente, dans la loi actuelle, la société privée de grande envergure était... ça inclut le génie civil. Dans cette définition-là,
dans le lexique qui existe pour définir la société privée de grande
envergure, on parle de génie civil, et ce lexique-là est disponible dans nos systèmes
à nous, dans notre règlement. Et on va vous le sortir, ça va nous faire super
plaisir. Et ça nous permet d'agir adéquatement et efficacement. C'est juste que ça portait à confusion, et c'est simplement
pour ça qu'on voulait venir le spécifier.
Mme Thériault : Et là vous
considérez que ça ne porte plus à confusion si vous ne le précisez pas? Ça
portait à confusion l'année passée,
puis pas cette année. Excusez, ce n'est pas méchant. Je m'excuse, là, ça a
sorti tout seul. L'année passée, ça
portait à confusion, cette année, ça ne le porte pas. Vous allez me trouver
fatigante puis pointilleuse, puis je vous jure que ce n'est pas ça que
je veux faire, je veux comprendre ce qu'on fait puis je veux que ceux qui nous
écoutent comprennent ce qu'on fait puis que
les nouveaux législateurs qu'on a alentour de la table comprennent
aussi ce qu'on fait, parce que le législateur
ne parle pas pour ne rien dire, puis les lois, vous le savez, on ne les rouvre
pas n'importe quand. Puis j'ai pris la peine d'expliquer qu'on ne les rouvre
pas n'importe quand, les lois.
Moi,
je me dis : Bien, l'année passée, ça portait à confusion, cette année, ça
ne portait pas à confusion. Honnêtement, là, je ne veux pas faire une guerre de principe, là, combien d'amendements de la députée d'Anjou—Louis-Riel on va adopter, là, pas pantoute, mais j'ai besoin d'avoir des
réponses. Ça fait que pourquoi que, l'année passée, ça portait à confusion
puis, aujourd'hui, ça ne porte plus à
confusion? Avez-vous fait une grande messe? Avez-vous envoyé une copie du
lexique à toutes les grandes
organisations? Je charrie, je m'amuse un peu, là. Tu sais, ça doit détendre
l'atmosphère aussi un petit peu, j'avoue.
Mais, honnêtement, tu sais, la question se pose, tu sais, la question, elle est
légitime. Je veux savoir ce que je fais avant de voter sur un
amendement. Puis c'est pour ça que les briefings techniques, c'est si important
que ça, pour être capable de comprendre ce qu'on fait. Donc, voilà.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a... commentaires?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Ça va? Madame.
Mme Nichols :
En fait, bien, dans le même sens que ma collègue d'Anjou—Louis-Riel, M. Beaudoin nous disait que le mot «ouvrage de génie civil» n'était pas là
pour ne pas cristalliser le terme dans la loi. Je comprends qu'on ne
veut pas le cristalliser, qu'il fait
partie
d'un lexique, mais, pour un citoyen, là, qui le regarde, puis moi, je vais être
franche, là, moi, je suis ici plus pour le monde municipal, je regarde
le côté de l'habitation, je comprends, de part et d'autre, mais je pense que,
justement, pour le citoyen, qui le regarde, quand on voit «ouvrage de génie
civil»...
Mme Thériault :
C'est clair.
Mme Nichols : ...c'est clair, ça apporte une spécification supplémentaire, supplémentaire.
Donc, vous comprendrez qu'évidemment je vais dans le sens de la loi.
Plus on le spécifie...
comprends qu'on ne veut pas le cristalliser, mais je ne pense pas que le terme
d'«ouvrage de génie civil» est vraiment
à interprétation large. Un ouvrage de génie civil, on s'entend que ça ne peut
pas être un bateau ou ça ne peut pas être un... Ça fait que le cristalliser, moi, j'ai un malaise avec ça. Je
m'excuse, hein, c'est vraiment en tout respect, mais, oui, j'ai un malaise à ne pas le mettre ou j'ai un malaise à
l'interpréter de cette façon-là, à dire : En fait, on ne veut pas
cristalliser le terme dans la loi. Au contraire, je pense que c'est un
bonus pour le citoyen qui veut le... qu'il voit qu'il... c'est mon...
La Présidente
(Mme Dansereau) : Commentaires? Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault :
En fait, Mme la Présidente, c'est sûr que, si on... Bon, là, M. Beaudoin
dit : On ne veut pas cristalliser.
Bien, honnêtement, je n'avais pas pensé au côté du citoyen
qui peut lire, là, définitivement la loi, mais c'est sûr qu'à ce moment-là ça rattache à la définition.
Regardez ce qu'on dépose, nous, c'était la définition proposée par les
légistes l'année passée, c'est : «bien
immeuble d'utilité générale construit pour le compte d'une personne morale de
droit public ou d'une société privée
de grande envergure, tel une route, un aqueduc, un égout, un pont ou un
barrage.» C'est clair, ça ne laisse pas
place à interprétation. Si vous n'aimez pas la définition, bien, peut-être
qu'on peut en mettre plus puis peut-être qu'on peut changer la définition. La ministre ou n'importe
quel député peut déposer un sous-amendement si l'amendement que j'ai
déposé... Mais, honnêtement, moi, je pense que, tu sais, ça a le mérite d'être
clair. Puis, si