CRC — 6 February 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
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Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 6 février 2024
Vol. 47 N° 35
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 46,
Loi sur l’amélioration de la protection des enfants dans les services de garde éducatifs
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Intervenants par tranches d'heure
9 h 30
Lecours, Lucie
Roy, Suzanne
Gendron, Marie-Belle
10 h
Gendron, Marie-Belle
Lecours, Lucie
Tardif, Marie-Louise
Roy, Suzanne
Maccarone, Jennifer
McGraw, Désirée
10 h 30
Lecours, Lucie
Roy, Suzanne
Schmaltz, Valérie
Blais, Suzanne
11 h
Lecours, Lucie
Maccarone, Jennifer
11 h 30
Lecours, Lucie
Roy, Suzanne
Gendron, Marie-Belle
Maccarone, Jennifer
12 h
Maccarone, Jennifer
Lecours, Lucie
McGraw, Désirée
15 h
Caron, Linda
Roy, Suzanne
15 h 30
Roy, Suzanne
Caron, Linda
Gendron, Marie-Belle
Maccarone, Jennifer
Lecours, Lucie
16 h
Lecours, Lucie
Roy, Suzanne
Gendron, Marie-Belle
Tardif, Marie-Louise
Maccarone, Jennifer
16 h 30
Maccarone, Jennifer
Lecours, Lucie
Roy, Suzanne
17 h
Roy, Suzanne
Lecours, Lucie
Gendron, Marie-Belle
Schmaltz, Valérie
McGraw, Désirée
Maccarone, Jennifer
17 h 30
Maccarone, Jennifer
Lecours, Lucie
Roy, Suzanne
Tardif, Marie-Louise
18 h
Tardif, Marie-Louise
Lecours, Lucie
Blais, Suzanne
Schmaltz, Valérie
Maccarone, Jennifer
Journal des débats
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-sept minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
Aujourd'hui, la commission est réunie afin
de poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le
projet de loi n° 46, <i>loi sur l'amélioration de la protection des
enfants et des services de garde éducatifs.
Alors, Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée, bienvenue. Alors, nous allons entendre, ce
matin, les représentants des organismes suivants : dans un premier temps
le Rassemblement des garderies privées du Québec; nous allons poursuivre avec
la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du
Québec et du Labrador... ainsi que par l'Association des garderies privées du
Québec.
Je souhaite donc la bienvenue, pour cette
première séance, à M. Mario Ranallo, qui est le président du Rassemblement des
garderies privées du Québec. Bonjour, M. Ranallo. Alors, comme je vous ai...
M. Ranallo (Mario) : Bonjour,
Mme la Présidente. Bonjour à tous.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous allez bien?
M. Ranallo (Mario) : Oui, je
vais bien.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bon...
M. Ranallo (Mario) : J'espère que
c'est la même chose de votre côté aussi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, comme je vous ai expliqué un petit peu précédemment,
lors de notre petit test de son, comme on dit, vous allez bénéficier d'une
période de 10 minutes pour votre exposé, et, par la suite, nous allons <entamer...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
...période de 10 minutes pour votre exposé, et, par
la suite, nous allons > entamer le... la procédure habituelle,
c'est-à-dire les discussions avec les parlementaires. Alors, le temps est à
vous à partir de maintenant.
M. Ranallo (Mario) : Merci,
Mme la Présidente. Donc, bonjour à tous. Je... Comme Mme la Présidente l'a
mentionné, je suis le président du Rassemblement des garderies privées du
Québec. C'est une association qui a plus d'une centaine de membres dans les...
dans 11 régions administratives du Québec.
Le RGPQ est un acteur engagé, déterminé à
contribuer activement à l'amélioration continue des services de garde éducatifs.
Ses membres sont tous des propriétaires et gestionnaires de garderies, autant
subventionnées que non, et ont à coeur la qualité, le bien-être et la santé et
sécurité des enfants qu'ils reçoivent. Le conseil d'administration est
constitué de membres volontaires. Nous sommes donc à même de voir l'impact
direct des lois, règlements et directives émises qui touchent l'ensemble des
services de garde ainsi que leurs effets sur les services qui sont ultimement
offerts aux enfants au quotidien.
Forts de l'expérience... de notre
expérience, nous comprenons les défis spécifiques auxquels fait face le secteur
des services de garde éducatifs à l'enfance. Nous sommes prêts à partager notre
expertise pour contribuer au bien-être des enfants, des familles ainsi que du
personnel des services de garde.
Donc, je... voici notre analyse de la
proposition pour le projet de loi n° 46. Nous mettons en lumière des
problématiques spécifiques que nous avons identifiées ainsi que des
recommandations que nous formulons pour contribuer à son amélioration.
• (9 h 50) •
Pour les vérifications d'empêchement...
d'absence d'empêchement, nous souhaitons conserver la possibilité de facturer
des frais de vérification d'antécédents à un employé qui nous quitte après
trois mois de service. Cette demande est motivée par le besoin de couvrir des
frais élevés des demandes, qui peuvent être substantiels et qui varient
grandement d'un service de police à l'autre — ça va de gratuit à plus
de 90 $ par demande — que doit engager l'employeur lors des embauches,
en particulier dans les contextes de services de garde qui peuvent connaître un
roulement de personnel important, plus spécifiquement pour les services non
subventionnés, où il y a plus de roulement, mais c'est quelque chose qui existe
dans à peu près tous les domaines aussi. Cette mesure contribuerait à réduire
le fardeau financier lié à l'embauche fréquente de nouveaux employés, d'avoir
ainsi la continuité et la qualité de services offerts aux enfants et aux
familles.
Nous apprécions l'inclusion de l'article
qui prolonge la validité d'une entente... d'une attestation si la demande de
renouvellement a été faite plus de trois mois avant son expiration. Il pourrait
être plus facilitant de définir un délai maximal de délivrance, soit dans le
projet de loi ou dans les protocoles avec les instances émettant les... ces
attestations.
Puisque les délais pour les vérifications
peuvent être de jusqu'à six mois dans le cas où il y a une prise d'empreintes
digitales et que ce délai empêche que la personne puisse travailler dans le
service de garde, il faudrait trouver une solution pour que ces délais soient
ramenés aux mêmes standards que pour les attestations sans prise d'empreintes.
Finalement, en ce qui a trait à tout
document de déclaration mentionné dans le projet de loi, qu'il soit assermenté
ou pas, nous pensons qu'il serait opportun que les modèles types de celles-ci
soient fournis par le ministère afin que les services de garde puissent
s'assurer de bien respecter les exigences de ces déclarations.
Pour les suspensions d'un membre du
personnel, nous sommes généralement en accord avec les dispositions qui ont
pour effet de protéger la santé et la sécurité des enfants que nous recevons.
Nous sommes d'avis, par contre, que des clarifications sont essentielles autant
pour les raisons imposant une suspension que dans les délais de traitement
maximaux lors de celle-ci.
Nous comprenons la protection contre les représailles,
mais nous avons aussi une préoccupation pour les dénonciations qui seraient
basées sur une forme de vengeance envers soit le service de garde, un de ses
employés ou gestionnaires. Il faudrait trouver une façon claire et rapide de
traiter les plaintes de dénonciation afin de réduire des effets potentiellement
néfastes de celles qui ne seraient pas fondées, recevables ou même véridiques. Nous
pensons qu'une formation aux gestionnaires des services de garde devrait être
offerte afin de bien remplir les exigences des enquêtes et ainsi d'assurer un
traitement rapide de celles-ci.
Nous avons aussi une préoccupation en ce
qui a trait au salaire de la personne qui subit une suspension, qu'elle soit
demandée par le ministère ou par quiconque. Nous sommes d'avis que des
clarifications doivent être apportées à savoir si la suspension est avec ou
sans solde. Si elle doit être avec solde, il devrait y avoir impérativement une
allocation spécifique pour celle-ci, puisque les dépenses seront engagées sans
avoir de prestation de travail. Cette allocation devra tenir compte d'un
paiement de salaire et des frais à l'employeur. Il devra aussi y avoir des
précisions dans le document sur les règles de reddition de comptes du rapport
financier annuel afin d'inclure... d'exclure ces frais dans un tableau de
rémunération par employé pour les raisons précitées, et ce, pour ne pas impacter
le calcul normal de la subvention de fonctionnement du service de garde.
Dans le contexte actuel de pénurie de
main-d'œuvre dans les services de garde, nous avons aussi une préoccupation
pour le maintien des services de garde aux enfants pendant une suspension. Qui
sera présent pour s'occuper des enfants s'il n'y a pas d'éducatrice pour un
groupe?
Nous exprimons également des inquiétudes
quant à la possible contradiction entre l'article 43 du Code criminel
fédéral, le projet de loi n° 46 et les normes du travail. Nous demandons
une clarification sur la hiérarchie de ces lois et si cela pourrait entraîner
des poursuites.
Protection de l'employeur et modifications
aux normes du travail. Nous appelons à <renforcer...
M. Ranallo (Mario) :
...Protection
de l'employeur et modifications aux normes du travail. Nous appelons à > renforcer
la protection de l'employeur, notamment en permettant des changements de groupes
ou d'éducatrices sans crainte de représailles de celles-ci. Des modifications
aux normes de travail sont sollicitées pour garantir un équilibre équitable
entre les droits de l'employeur et de l'employé.
Nous sommes également d'avis que, suite à
une suspension qui se terminerait par une fin d'emploi, il est nécessaire que
l'employeur soit protégé contre une éventuelle poursuite par les normes du
travail et par l'employé en cause. Il ne serait pas très bon pour le moral des
employés ni celle des parents si la Commission des normes du travail forçait le
retour chez son ancien employeur alors qu'un bris de confiance a eu lieu entre
l'employeur et l'employé, sans compter les frais financiers qui pourraient être
imposés à l'employeur.
La
section II concernant la
suspension, dans le projet de loi... la suspension de l'employé doit être
clarifiée, notamment en précisant la... si la décision finale sur la durée de
la suspension appartient au titulaire de permis lorsque la suspension est
demandée par la DPJ ou par le ministère.
En cas d'infraction grave, on propose une
administration provisoire. Donc, nous proposons un modèle d'administration
provisoire en cas d'infraction grave impliquant un membre de la famille, le
propriétaire ou un administrateur, plutôt que la suspension du permis.
Par définition, la suspension du permis
oblige le service de garde à fermer l'installation, donc prive de service les
enfants qui y sont normalement accueillis. L'option d'administration provisoire
par un administrateur désigné par un ministère permettrait de garantir la
continuité du service aux enfants et aux familles utilisatrices du service de
garde. Également, cette administration provisoire permettrait de conserver le
lien d'attachement des enfants avec les éducatrices ainsi que les emplois des
autres membres du personnel du titulaire de permis, tout en offrant une
solution alternative à sa fermeture. Cette option permettrait le détachement de
la personne visée, qu'elle soit actionnaire, administrateur ou membre de la
famille, tout en préservant les services aux enfants et aux familles
utilisatrices du service de garde.
Pour les évacuations d'urgence, nous
recommandons qu'une définition claire des motifs d'évacuation d'urgence soit
inscrite dans le projet de loi ou dans une directive qui sera transmise à tous
les services de garde pour éviter les abus et assurer une application uniforme.
Cette clarification contribuera à établir des critères objectifs, tels que les
situations mettant en danger la vie des enfants.
Il sera... Il serait également nécessaire
de spécifier clairement les conditions qui permettent de lever une évacuation
d'urgence ainsi que les impacts sur les finances de l'entité, tels que les
subventions, contributions parentales, coût éventuel des travaux, etc., pendant
ladite période.
Il faut également que l'impact sur les
enfants, leurs familles ainsi que le personnel du service de garde soit pris en
considération. Dans le contexte actuel du manque de personnel et du manque de
places subventionnées, il faudra voir à relocaliser, si possible, les enfants
qui seront affectés par cette décision d'évacuation d'urgence. S'il n'y a pas
de service de garde pour les... pour une centaine d'enfants, quel sera l'impact
sur la localité, sur l'emploi des parents et sur le développement global des
enfants qui y sont habituellement accueillis? Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. Ranallo, pour cette présentation. Alors,
nous allons débuter, comme je vous le disais tout à l'heure, la période
d'échange avec les parlementaires. On va commencer avec Mme la ministre. Vous
avez une période de 16 min 30 s pour l'ensemble de votre banquette.
Alors, vous pouvez commencer dès maintenant.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci, M. Ranallo, vraiment, de cette approche
constructive, justement, pour s'assurer la santé, la sécurité de nos enfants.
Heureusement, on parle ici de cas exceptionnels, parce que la très grande
majorité de notre beau réseau, hein, un réseau qui est diversifié, qui est créé...
où on retrouve des CPE, où on retrouve des milieux familiaux, où on retrouve
des garderies subventionnées, des garderies non subventionnées... Et nous avons
tous cette même responsabilité auprès de nos enfants. Et c'est très intéressant.
En tout cas, je trouvais que vous aviez des questionnements extrêmement
intéressants.
Puis d'ailleurs j'aimerais ça vous
entendre plus précisément concernant l'administration provisoire. On ne la
retrouve pas dans le projet de loi n° 46, mais c'est une question sur
laquelle on se penche, parce qu'effectivement, quand certains problèmes peuvent
se produire, le souhait, ce n'est pas de créer des bris de service, c'est de
s'assurer, comme vous l'avez bien mentionné, la santé et la sécurité des
enfants. Alors, j'aimerais ça vous entendre un peu sur votre proposition en
termes d'administration provisoire.
M. Ranallo (Mario) : Bien, en
fait, ce que... ce que vous décrivez dans le projet de loi, madame... Mme la
ministre, c'est qu'il y aurait suspension de permis dans le cas où on imagine
que ce serait le... les marchés financiers qui interdiraient ou qui
permettraient... qu'il y aurait un empêchement pour un des administrateurs
d'opérer. Donc, si l'administrateur peut être détaché des opérations
quotidiennes et qu'il pourrait être peut-être remplacé par un administrateur
provisoire, bien, ça permettrait de la continuité de service puis de continuer
d'assurer la sécurité, en éliminant le problème... j'ose... j'ose dire le
problème potentiel, mais ce n'est pas <vraiment...
M. Ranallo (Mario) :
...le
problème... j'ose... j'ose dire le problème potentiel, mais ce n'est pas > vraiment
ça, mais où il y aurait peut-être un point de contention.
Mme Roy (Verchères) : J'aimerais
ça...
M. Ranallo (Mario) : Donc,
c'est... c'est l'idée qu'on a.
Mme Roy (Verchères) : Bien,
merci. Non, je trouve que l'idée est intéressante. On pense d'abord et avant
tout aux enfants, puis je pense que vous le démontrez bien dans cette
proposition, que les enfants sont priorisés, pour éviter, justement, les bris
de service, s'assurer que les enfants puissent toujours avoir de bons... de
bons services et qu'on puisse régler le problème autrement, par d'autres
moyens, en attendant. Alors, je trouve ça extrêmement intéressant.
Je ne vous ai pas entendu, je ne sais pas
si vous avez une position concernant... On a un petit débat à savoir est-ce que
les déclarations doivent être assermentées ou non assermentées dans le... dans
le cas où on va avec des déclarations, par exemple, pour des nouveaux
arrivants, donc où il est impossible d'avoir une vérification des empêchements
d'antécédents. Il y a évidemment, au niveau fédéral, déjà une enquête qui est
faite, donc certaines règles qui sont respectées, mais on voulait aller un peu
plus loin, étant donné qu'on parle de jeunes enfants, donc l'obligation de
faire des déclarations ou dans le cas de prolongements. Est-ce que vous vous
êtes positionnés sur le fait qu'on doit aller plus loin? Est-ce que ça doit ou
non être une déclaration assermentée?
M. Ranallo (Mario) : Bien, je
vous dirais, Mme la ministre, que oui, ça devrait être une déclaration
assermentée parce que... surtout dans le cas de nouveaux arrivants, où il est
impossible d'avoir une attestation d'empêchement. C'est clairement écrit, dans
la loi actuelle et dans le futur projet, qu'il doit... on doit s'assurer que la
sécurité des enfants est assurée et qu'il y a vraiment absence d'empêchement.
Une assermentation, c'est beau, mais il faut qu'il y ait un certain mordant qui
vienne en arrière si l'assermentation est fausse. C'est facile de faire une
fausse déclaration. S'il n'y a pas d'action, s'il n'y a qu'un... qu'une tape
sur la main, bien, ça ne l'empêchera pas vraiment, cette chose-là. Ça fait
qu'il faut qu'il y ait... qu'il y ait l'assermentation, oui, mais qu'il y ait...
qu'il y ait une compréhension qu'il pourrait y avoir des pénalités ou quelque
chose s'il y a une fausse déclaration qui est faite, s'il y a une fausse
assermentation qui est faite, minimalement.
• (10 heures) •
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup. Un autre volet, j'oserais dire, duquel... évidemment, on a vu... ce
projet de loi n'arrive pas là, tombé du ciel, comme ça, on a vu,
malheureusement, des incidents, dans les derniers mois, les dernières années,
nous être rapportés, où, justement, on mentionnait la nécessité du ministère
d'intervenir plus rapidement. On s'entend, quand on parle de santé et sécurité,
c'est une... ce sont des responsabilités, oui, du ministère, parce qu'il émet
les permis, oui, des prestataires, parce qu'il est responsable au quotidien de
s'assurer des bonnes pratiques.
Est-ce que vous pensez qu'il serait
intéressant, voire même souhaitable qu'on aille plus loin au niveau de la
responsabilité? C'est-à-dire est-ce qu'on pourrait inclure aussi cette
responsabilité-là au niveau des employés, par exemple d'avoir des conséquences,
outre la suspension ou les interventions qu'on retrouve en droit du travail,
pour justement qu'on comprenne bien que c'est une responsabilité qui incombe à
chacun?
M. Ranallo (Mario) : Si je
comprends bien votre demande, vous voulez savoir si... Vous pensez que c'est le
ministère qui doit avoir ces pouvoirs-là ou si vous voulez déléguer les
pouvoirs aux employeurs?
Mme Roy (Verchères) : Non, en
fait, on a des intervenants qui, lors, justement, des consultations
particulières de la semaine dernière, nous disaient : Il faut aussi que
les employés puissent avoir... qu'on prévoie des conséquences aux employés
au-delà de ça, des... donc des conditions. Est-ce que ça peut être des amendes?
Ça peut-être différents éléments pour s'assurer que la responsabilité est
complète pour chacun en jouant son rôle au niveau de la santé et sécurité des
enfants.
M. Ranallo (Mario) : Je vous
dirais qu'on serait, en principe, en accord avec ça. Parce que, si on prend le
cas d'un exemple... exemple, il y a un policier qui aurait fait une faute
grave, bien, c'est le policier qui est suspendu et c'est lui qui subit les
conséquences, pas l'employeur, pas le corps de police, pas la municipalité.
Donc, si on prend cette approche-là, ça serait logique que, si c'est un employé
qui fait quelque chose de répréhensible... bien, pourquoi punir l'employeur, le
service de garde, alors que c'est l'employé qui est le problème? Je comprends
qu'il y a... il y a une hiérarchie, mais, en même temps, il faut penser que
c'est la personne qui a fait le tort qui devrait plutôt être punie et non pas
ceux qui le subissent.
Mme Roy (Verchères) : Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, je vais reconnaître
la députée de Châteauguay, c'est ça? Il reste encore 9 min 50 s.
La parole est à vous.
Mme Gendron : Bonjour, M.
Ranallo. Ça va bien ce matin? Merci d'être avec nous.
M. Ranallo (Mario) : Oui, ça
va bien.
Mme Gendron : C'est un... C'est
un réel plaisir, toujours renouvelé, de vous voir. Puis, tu sais, je souligne
la grande contribution...
Haut de la page
10 h (version révisé
e) Mme Gendron : ...toujours
renouvelé de vous voir, puis, tu sais, je souligne la grande contribution que
vous avez dans les réflexions du ministère aussi. Donc, ce n'est pas la
dernière fois qu'on va se voir, de toute façon, aujourd'hui.
Donc, dans un premier temps, je voulais
vous remercier d'être avec nous, mais également revenir faire un peu de pouce
sur ce que Mme la ministre a dit un peu plus tôt relativement aux dispositions
du projet de loi portant sur la suspension, mais immédiate, du personnel lorsqu'une
situation met en jeu la santé ou la sécurité de l'enfant. Moi, je voudrais
savoir... Je crois que vous aviez dit, là, d'entrée de jeu, que la suspension
doit être clarifiée. Je pense que vous avez peut-être des suggestions, ou est-ce
que vous trouvez que, dans le projet de loi, tout est mis en œuvre pour la
santé et la sécurité des enfants, ou vous auriez d'autres points à amener afin
vraiment de spécifier votre pensée?
M. Ranallo (Mario) : C'est
certain que la santé et sécurité des enfants est primordiale. Tout ce qu'on
fait, on met l'enfant au cœur de toutes les actions qu'on prend. Donc, s'il y a
une suspension à faire, a priori, il n'y a pas vraiment d'objection à la faire.
Ce qu'il faut être certain de faire, c'est ne pas se mettre en situation où l'employé
pourrait... l'employé suspendu pourrait faire des dénonciations autres qui
seraient fausses et créer toutes sortes d'imbroglios qui, ensuite, feraient un
effet de cascade envers soit l'employeur ou d'autres employés et qui mèneraient
à une suite presque infinie de problèmes qui ne sont peut-être pas réels.
Donc, il faut que les conditions de
suspension soient claires, que ce soit défini par règlement ou dans la loi
directement, et qu'il n'y ait pas de possibilité d'objection, dire : OK,
tu m'as suspendu, non, on considère ça comme un congédiement illégal à la Commission
des normes du travail. Puis là on a toutes les normes du travail qui sont sur
le dos de l'employeur, avec un avocat qui paie déjà l'employé, et l'employeur
est pris pour se défendre tout seul et a des frais qui sont souvent assez
faramineux et qui... En plus, dans le temps, ça s'étire. Ce n'est pas des
choses qui se font dans un court laps de temps. Ça peut s'étirer sur une
période très longue. Donc, on est absolument d'accord de suspendre quelqu'un
qui fait un acte répréhensible... répréhensible, pardon, mais il faut s'assurer
que ce qui est considéré répréhensible est clairement défini et compris de tout
le monde.
Mme Gendron : OK, parfait.
Auriez-vous des situations particulières pour lesquelles le projet de loi
pourrait assurer la protection de l'enfant? Vous nous expliquez des situations,
mais êtes-vous... avez-vous un exemple concret qu'on pourrait s'attacher, là,
qui pourrait justement prouver que les mécanismes mis en place pourraient
justement aider un enfant qui est, malheureusement, victime de... bien, pas
maltraitance, je pourrais dire, mais plutôt de mettre sa santé et sa sécurité
en jeu?
M. Ranallo (Mario) : Bien, il
y a déjà, dans le... la définition des comportements inappropriés, il y a un
guide qui existe là-dessus. Il y a sûrement des ajustements qui pourraient être
faits dans ce guide-là pour venir clarifier une situation ou venir ajouter des
situations... des précisions sur qu'est-ce qui est inapproprié et peut-être
venir faire une corrélation avec le projet de loi, dire : OK, ici, cet
acte-là est fait, vous êtes passible de suspension immédiate. C'est direct, là,
que ce soit clairement défini qu'on n'ait pas à... pas juger, mais à être
laissés à nous-mêmes pour décider si c'est une suspension ou pas, parce que, si
ce n'est pas clair, bien, c'est sujet à interprétation, puis, quand c'est sujet
à interprétation, bien, il n'y a pas une application uniforme, et c'est ça qui devient
dangereux. Comme dans à peu près tout, si ce n'est pas clair, bien, un dit
gris, l'autre dit blanc, et une troisième personne va dire noir, puis, dans le
fond, en réalité, c'est qui qui va... qui va prendre la décision finale?
Mme Gendron : OK, et...
M. Ranallo (Mario) : Donc, ça
prend place des directives claires. Excusez-moi.
Mme Gendron : Non, non,
excusez-moi, c'est moi qui vous a coupé. Donc, vous considérez, par contre, que
les mécanismes qu'on veut mettre en place sont suffisants, mais il faut
simplement les clarifier. C'est ce que je comprends?
M. Ranallo (Mario) : Minimalement,
oui. On verra, selon les clarifications, s'il y a d'autres... d'autres choses à
apporter, mais, oui, ça demande des clarifications et des précisions.
Mme Gendron : Parfait. Est-ce
que j'avais des collègues qui voulaient poser une question? Oui? Merci
beaucoup, M. Ranallo.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, je vais céder la parole à la
collègue de Laviolette—Saint-Maurice. Il reste encore six minutes, et je pense
que la ministre va reprendre vers la fin, là, quelques questions additionnelles.
Allez-y.
Mme Tardif : Bonjour, M.
Ranallo. Merci, là, de représenter ces importants entrepreneurs, je dirais,
parce que ce sont des entrepreneurs. J'en ai dans mon comté, et, depuis déjà
quelques années, ils font appel à nous, et ça nous fait toujours plaisir, là,
de vous <entendre et de travailler avec eux parce que c'est important...
Mme Tardif :
...fait
toujours plaisir, là, de vous > entendre et de travailler avec eux parce
que c'est important.
Selon vous, les articles qui sont proposés...
Parce que, vous l'avez soulevé, il y a une problématique de main-d'œuvre. Vous
abordez ce sujet-là en disant : Oui, si on suspend une éducatrice... un
éducateur, éducatrice, il y a le... prendre soin de l'enfant, mais il y a aussi
toute la question, là, avec l'éducatrice... par rapport à l'éducatrice, par
rapport à la hiérarchie, par rapport à l'employeur, et là je vous amène vers
l'embauche de travailleurs, travailleuses immigrantes. Je ne sais pas si vous
avez, avec vos membres, discuté de ce sujet-là. Est-ce que, dans la loi, dans
ce qu'on propose actuellement avec les VAE... Les personnes qui sont récemment
arrivées au Canada, est-ce qu'ils sont bien adaptées au recrutement de la
main-d'oeuvre étrangère? Est-ce qu'on permet d'assurer la sécurité des enfants?
M. Ranallo (Mario) : Je vous
dirais que c'est un petit peu difficile à évaluer parce que l'immigration... Le
recrutement à l'international pose des sérieux défis. Un, le premier qu'on
voit, c'est le temps, le temps que ça prend avant d'avoir quelqu'un qui va être
ici, sur le plancher, et être capable de travailler. Avec tous les délais qui
sont imposés, autant par le fédéral, que par le provincial, que tout ce qui...
toute la bureaucratie, la machine qui doit avancer, on entend que ça peut
prendre de 12 à 18 mois avant d'avoir quelqu'un sur le plancher. Dans le cas...
Juste un exemple, dans le cas où une éducatrice devrait quitter en retrait
préventif pour maternité, et ensuite en maternité, le départ est à peu près de
17 à 19 mois avant le retour. Si ça prend 18 mois pour avoir quelqu'un de
l'étranger, bien, l'employée va être revenue. Donc, il y a... Ça peut être une
solution qui va fonctionner dans certains... certains milieux, dans certaines
régions, mais, dans d'autres, ça pourrait être problématique.
• (10 h 10) •
C'est certain qu'une des préoccupations
qu'on a levées, c'est justement les vérifications d'absence d'empêchement pour
ces personnes-là, parce que les vérifications sont faites sur les bases de
données canadiennes. À moins qu'on trouve une solution de pouvoir le faire avec
des bases de données dans les pays d'origine de ces personnes-là, ça prendrait
des ententes, j'imagine, avec le fédéral et les polices locales pour voir s'il
y a possibilité de vérifier ces genres de choses là, je pense qu'il faut rester
prudent. Tu sais, les personnes, même pendant une année... c'est certain que,
pendant l'année où elles sont ici, il pourrait y avoir des choses qui vont se
présenter. Est-ce que ces choses-là vont faire qu'on va devoir couper le lien
d'emploi, terminer le lien d'emploi, parce qu'il y a quelque chose qui
empêcherait de travailler? C'est quelque chose qu'il faut effectivement penser,
mais, si on pouvait aller chercher les informations directement à la source,
dans le pays d'origine, ça pourrait peut-être rassurer les parents et les
employeurs.
Mme Tardif : Je vous pose une
question très rapide parce que la ministre veut... et c'est sa priorité, là.
Vous demandez qu'il y ait une formation de gestionnaire qui soit offerte, une
formation plus cadrée, plus ample, de plus grande ampleur, là. À quel niveau
vous voyez ça? Est-ce que... est-ce que vous voulez qu'on vous impose ça dans
la loi?
M. Ranallo (Mario) : Pas
nécessairement, mais ça pourrait venir dans les précisions à faire. Pour
permettre une formation, une application uniforme, je pense que c'est
nécessaire que tout le monde ait la même information et tout le monde lise la
même page avec les mêmes données.
Mme Tardif : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors, Mme la ministre, il reste 1 min 45 s.
Mme Roy (Verchères) : ...poser
ma question rapidement. Vous insistez beaucoup sur l'éclaircissement, justement,
des conditions de suspension, et on le comprend très bien. Est-ce que la
solution ne pourrait pas se retrouver justement dans une nouvelle version du guide
des pratiques inappropriées qu'on pourrait justement travailler, et qu'il y ait
par la suite une formation donnée aux gestionnaires pour s'assurer que tout le
monde comprenne la même chose?
M. Ranallo (Mario) : Si c'est
la solution utilisée, oui, en autant que c'est clarifié, c'est écrit, et que
c'est diffusé à tous, et qu'il y ait une formation qui soit mise à tous, comme
je disais il y a 30 secondes, pour s'assurer que tout le monde est exactement
sur la même page pour qu'on applique les mêmes lois et règlements partout, dans
les mêmes conditions, pour être uniformes.
Mme Roy (Verchères) : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il vous reste encore une minute, là, si vous voulez
conclure.
Mme Roy (Verchères) : Alors,
bien, peut-être, dans ce cas-là, j'aimerais peut-être juste revenir aux
représailles, parce que vous sembliez intervenir au niveau, par exemple, des <plaintes
qui n'étaient pas fondées...
Mme Roy (Verchères) :
...au
niveau, par exemple, des > plaintes qui n'étaient pas fondées. Alors,
est-ce que c'est un cas courant que vous voyez, au niveau du fait qu'on protège
contre les représailles au moment où ils ont des plaintes?
M. Ranallo (Mario) : Il y a
des cas. On en a entendu parler. Il y a des employés qui pourraient avoir une
certaine grogne parce qu'il y a eu quelque chose qui n'a pas fait leur affaire,
et il y a une demande qui a été refusée peut-être par l'employeur, de congés ou
des choses comme ça, et, soudainement, on reçoit un coup de téléphone du
ministère de la Famille... (panne de son) ...reçu une plainte pour telle raison.
Étant donné que la personne serait protégée de représailles, alors que c'est
elle-même qui a fait une déclaration ou une plainte qui peut être non fondée,
bien, il faudrait peut-être s'assurer des traitements rapides parce que ça met
un stress sur l'employeur, ça met un stress sur les autres employés et,
ultimement, bien, ça se ressent sur les enfants. Donc, si on veut que l'enfant
continue de bénéficier d'un bon service, il faut s'assurer que tout est bon.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. Ranallo. Alors, le temps imparti au
gouvernement vient de se terminer. Par contre, je me tourne du côté de
l'opposition, avec la députée de Westmount—Saint-Louis. Vous avez un peu plus
de 17 minutes avec le temps réparti. La parole est à vous.
Mme Maccarone : Merci. Bon
matin, M. Ranallo. Je vous laisse le soin de terminer votre réplique parce que
j'avais à peu près la même question que la ministre. Ça fait qu'est-ce que vous
avez quelque chose que vous souhaitez ajouter?
M. Ranallo (Mario) : Non. Ça
vient rentrer dans le cadre de temps.
Mme Maccarone : Parfait.
C'est bien. Avez-vous l'intention, par hasard, de déposer un mémoire en nom de
votre groupe?
M. Ranallo (Mario) : Oui.
Mme Maccarone : Oui? OK, ça fait
qu'on a un mémoire qui s'en vient, puis est-ce que vous...
M. Ranallo (Mario) : Oui, ce
que je vous ai lu, je vais l'envoyer à la Commission des relations avec les
citoyens après la... après ma présentation.
Mme Maccarone : Excellent. Ce
serait grandement apprécié. Ça nous aide beaucoup dans nos démarches, surtout
en arrivant à l'étape de l'étude détaillée du projet de loi.
Je souhaite vous entendre, parce que c'est
un projet de loi que tout le monde est d'accord... est très technique. C'est un
projet de loi que je pense est aussi nécessaire en ce qui concerne la
protection de nos tout-petits, mais quelles, selon vous, seront les principaux
préoccupations par rapport à l'application? La loi est adoptée. Selon vous,
dans votre réseau, ce serait quoi, les principaux préoccupations?
M. Ranallo (Mario) : La
principale préoccupation qu'on a entendue de nos membres est en rapport avec
les suspensions des éducatrices et les... La protection des représailles des
employés, on le comprend, c'est protégé par la <i>loi des normes du
travail, mais c'est vraiment... On aurait peur qu'il y ait comme une
utilisation abusive de plaintes non fondées qui soit faite, et l'employé serait
protégé. En même temps, dans les conditions actuelles, sans le projet de loi,
si l'employé est mis à la porte pour des raisons... pour quelque raison, là, en
autant que ce soit légal... oui?
Mme Maccarone : On a entendu
un exemple, la semaine passée, d'une éducatrice qui est dans la pouponnière en
train de changer une couche, par exemple, puis on a des amis par terre, puis on
en a un qui se dirige vers l'autre, puis on sait qu'il y a une morsure qui s'en
vient, puis l'éducatrice ou l'éducateur, mais probablement l'éducatrice, elle
va lever le ton, mais ça se peut qu'elle va être assujettie à une sanction de
son employeur, par exemple.
M. Ranallo (Mario) : Effectivement.
Mme Maccarone : Ça fait que
c'est ce type de scénario que vous êtes en train d'expliquer, je présume?
M. Ranallo (Mario) : Bien, ce
type-là, et un autre scénario qui nous fait peur, c'est... Si la personne est
suspendue, elle est ultimement mise à pied, puis il y a un bris de contrat
d'emploi, et qu'il y a une plainte, ensuite, qui est déposée à la CNT, et qu'on
doit réintégrer cet employé-là après, ça, honnêtement, ça fait excessivement
peur parce que, si on s'est... on a procédé à... le bris d'emploi... du lien
d'emploi parce qu'il y avait une raison valable de le faire selon la loi, la
présente loi qu'on étudie, que vous avez étudiée, mais qu'on soit pris pour la
réintégrer après qu'il y a eu un bris de confiance avec l'employé, ce n'est pas
très, très bon pour le moral des troupes, ce n'est pas bon pour les parents, et
on sait qu'on est pris pour réintégrer un employé qui a déjà causé des
problèmes. Donc, on ramène un élément problématique dans le service de garde, et
ça, ça mine les parents, les employés, et ça peut ultimement miner la confiance
entre l'employeur et les employés.
Mme Maccarone : Selon vous,
est-ce qu'actuellement il y a beaucoup de fausses plaintes, entre guillemets,
dans le réseau?
M. Ranallo (Mario) : Il y a
des plaintes qui sont déposées. Maintenant, je ne suis pas à même... Je n'ai
pas accès... Évidemment, comme la plupart des employeurs, on n'a pas accès au
registre des plaintes, mais, oui, il y a des plaintes qui sont déposées. Des
fois, il y a des parents qui font des plaintes parce qu'eux jugent que... comme
vous dites, un enfant s'est fait mordre, bien, un parent n'a pas aimé que son
enfant se fasse mordre deux fois dans une semaine. Ça nous est arrivé à nous, à
la garderie, un enfant s'est... un enfant de 20 mois a été mordu par un
enfant de 19 mois deux fois dans une semaine, et le parent a fait une <plainte
et a résilié son contrat...
M. Ranallo (Mario) :
...19
mois deux fois dans une semaine, et le parent a fait une > plainte et a
résilié son contrat. En même temps, ce même... ce même parent là n'a pas
accepté la plainte d'un autre parent... bien, une complainte d'un autre parent
parce que son enfant avait arraché une couette de cheveux à un autre poupon. Il
y a une certaine intolérance au niveau des parents. Donc, il faut... il faut
aussi baliser ce côté-là.
Mme Maccarone : Sauf que ça,
ce n'est pas des plaintes envers les employés.
M. Ranallo (Mario) : Non,
mais c'est le...
Mme Maccarone : Ça, c'est des
plaintes en ce qui concerne des circonstances entre enfants.
M. Ranallo (Mario) : Je suis
d'accord avec vous, mais, ultimement, ça pourrait aussi... Les plaintes peuvent
venir d'un parent aussi vers la DPJ. Donc, ce genre de chose là peut être aussi...
et ça, la DPJ est couverte par le présent projet de loi.
Mme Maccarone : OK, parce que
c'est ça, comme vous le savez, vous avez lu le projet de loi, il n'y a rien
dans le projet de loi qui va régler ça. Ça fait que je suis d'avis, comme la
ministre, que le guide de pratiques peut être bonifié. J'espère que vous allez
contribuer si ça fait
partie des intentions du gouvernement de faire un
renouvellement parce que je pense que c'est nécessaire. Évidemment, les choses
ont beaucoup changé.
M. Ranallo (Mario) : Effectivement.
Mme Maccarone : Ça m'a
surprise, quand vous avez parlé de vos principales préoccupations, vous n'avez
pas parlé des frais. Je présume que vous engendrez des frais en ce qui concerne
la vérification des antécédents, puis, maintenant, on parle de la vérification
des absences d'empêchement. Est-ce que, dans votre réseau, c'est vos
partenaires qui assument les frais? Parce que, si vous n'êtes pas sur le
territoire de la SQ, bien, dans le fond, vous êtes dans une municipalité avec
leur propre corps de police. Alors, c'est... habituellement, c'est le CPE ou la
garderie qui paie pour ce service. Avez-vous une idée de combien que ça coûte
puis combien que ça peut coûter? Peut-être, vous avez fait des projections de
coût dans le futur?
• (10 h 20) •
M. Ranallo (Mario) : En fait,
j'en ai parlé, ça varie grandement d'un corps de police à l'autre. Ça va de
gratuit à... À Montréal, c'est maintenant rendu 92 $ par demande de
vérification. Donc, ça, c'est des frais qui sont là. Ça semble tourner entre...
Je dirais, entre 50 $ et 90 $, ça semble être les frais courants. Je
sais qu'il y a des demandes qui ont été faites par d'autres associations pour
que ce soit la SQ qui fasse ça gratuitement pour tous. Ça pourrait être une
solution. Maintenant, est-ce que ça va accélérer les traitements? C'est une question
qui... qui demeure, parce qu'à Montréal, actuellement, on parle d'à peu près
trois mois de délai, et ça, c'est...
Mme Maccarone : De trois mois?
On a... Est-ce que ça, c'est considéré minimal?
M. Ranallo (Mario) : Ah! de
minimalement trois mois, oui.
Mme Maccarone : Puis ça peut
aller jusqu'à... jusqu'à un an? Le plus long, c'est quoi?
M. Ranallo (Mario) : J'ai
entendu des cas où, s'il y a une demande de prise d'empreintes digitales qui
doit être faite parce que le nom ou la date de naissance sont les mêmes, ça
peut aller jusqu'à huit... huit mois. Donc, pendant ces huit mois-là, la
personne pour qui on fait la demande, bien, elle ne peut pas travailler. Donc,
on est en bris de service pendant ce temps-là. Donc, ça, c'est problématique.
Une chance que ce n'est pas des choses qui arrivent souvent, mais une demande
régulière de renouvellement d'empêchement prend généralement entre deux et
trois mois à Montréal. Il y a d'autres endroits où ça se fait la même journée,
il y en a d'autres que c'est en dedans d'une semaine, mais, dans les grandes
municipalités, ça semble être plus long.
Mme Maccarone : OK, et puis,
si on avait un programme qui serait harmonisé, par exemple, selon vous, un
délai raisonnable, ce serait quoi?
M. Ranallo (Mario) : Ce
serait bien si ça pouvait être fait en dedans de deux semaines ou même plus
vite, si possible. Ça permettrait au moins de dire : OK, maintenant, on a
eu les absences d'empêchement, on a la preuve de premiers soins, donc vous
pouvez commencer à travailler, parce que plus le délai est long... On est en
pénurie de main-d'œuvre. Bien, on s'expose à un potentiel bris de service.
Mme Maccarone : Ça fait que
vous, vous êtes d'avis, d'abord, que l'assermentation serait utile entre-temps
pour pallier à le délai entre la demande puis la résiliation de la demande?
M. Ranallo (Mario) : Effectivement.
Mme Maccarone : Est-ce que
vous avez une idée... Mettons, si je disais que... un exemple, on a une
éducatrice, on fait la demande de vérification d'absence d'empêchement puis...
est-ce que ça peut durer... puis huit mois... Est-ce que cette personne, le
fait qu'elle, elle avait fait une assermentation, il devrait y avoir une durée
dans le temps? Mettons, ça doit durer trois mois puis être renouvelé quatre
mois ou être renouvelé... ou est-ce que le fait que la personne est
assermentée, puis on n'a toujours pas eu une copie de la vérification d'absence
d'empêchement, c'est bon pour 12 mois, par exemple, ou est-ce qu'on devrait
avoir une <limite qui serait imposée...
Mme Maccarone :
...ou
est-ce qu'on devrait avoir une > limite qui serait imposée?
M. Ranallo (Mario) : Ça
pourrait être bon d'avoir une limite. Ce n'est pas... ce n'est pas une mauvaise
idée en soi, peut-être la limiter à six mois renouvelable, faire comprendre
aussi que, si l'assermentation est fausse ou que l'absence d'empêchement
revient avec... l'attestation revient avec un empêchement, qu'il pourrait y
avoir bris de service ou bris de conditions qui permettrait de... l'employabilité,
oui, ça pourrait être une chose, certainement.
Mme Maccarone : OK. Le projet
de loi fait référence aussi à des personnes majeures. Dans votre réseau, avez-vous
des personnes mineures, en bas de 18 ans, qui travaillent dans le réseau?
M. Ranallo (Mario) : Il y en
a sûrement. On voit souvent des questionnements qui se font pour, justement,
des personnes mineures, pour... surtout l'été pour aider les éducatrices, comme
aides-éducatrices dans les... pour les périodes de vacances. C'est des choses
qu'on voit, mais est-ce qu'il y aurait des données suffisantes dans les bases
de données justement pour permettre d'avoir une attestation d'empêchement pour
les personnes mineures? La question demeure. Je pense que ça, c'est plus du côté
de la sécurité publique et des corps de police qu'ils pourraient répondre à
cette question-là, malheureusement.
Mme Maccarone : Puis, s'il y
avait une modification au projet de loi qui disait «toute personne qui œuvre au
sein de les services de garde, que ce soit majeure, mineure ou autre personne
qui offre un service ou un bien, devrait être assujettie à une vérification
d'absence d'empêchement», est-ce que vous seriez d'accord avec ce type de
libellé?
M. Ranallo (Mario) : Je vous
dirais que oui, parce que ce qu'on veut, dans le fond, c'est protéger les
enfants. Donc, tout ce qui... tous les gens qui pourraient ultimement graviter
autour des enfants devraient être assurés qu'il n'y a pas d'empêchement.
Effectivement, je suis d'accord avec cet...
Mme Maccarone : Puis
peut-être une dernière question pour moi, M. Ranallo. Vous avez fait référence,
dans votre allocution, par rapport à l'évacuation des enfants puis peut-être le
manque un peu des balises, quand est-ce que les enfants peuvent revenir. On
voit les références de ceci dans le projet de loi, c'est l'article 12 qui
modifie 81.0.3. Et il y a l'Association des garderies privées du Québec, eux,
dans leur mémoire, ils vont témoigner plus tard cet après-midi, eux, ils font
la recommandation... Parce que l'article se lit : «Lorsqu'un inspecteur ou
un enquêteur a des motifs raisonnables de croire que la santé, la sécurité ou
le bien-être des enfants reçus dans une... compromise, notamment s'il estime
que l'état d'une installation ou d'une partie... de toute autre mesure peut
être prise, etc., pour l'évacuation des enfants.» Ils proposent de supprimer
«ou le bien-être des enfants». Ça fait que ça lira : «Lorsqu'un inspecteur
ou un enquêteur a des motifs raisonnables de croire que la santé et la sécurité
des enfants reçus dans une installation». Est-ce que ceci rejoint un peu ce que
vous avez soulevé comme préoccupation? Est-ce que ça résout le problème pour
vous?
M. Ranallo (Mario) : Oui et
non. Tout... tout va dans la définition de «bien-être». Qu'est-ce qui constitue
le bien-être des enfants? Est-ce que c'est la température? Est-ce que c'est le
fait que la nourriture est adéquate, en quantité suffisante? Il y a tout ce
côté-là.
La définition de «bien-être» n'est pas... n'est pas claire. Donc, il
faudrait dire... il faudrait définir ce qu'on entend par «bien-être» pour
constituer une évacuation.
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. Je vais céder la parole à ma collègue.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, je laisse la parole à la députée de...
Mme McGraw : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Notre-Dame-de-Grâce. Merci beaucoup. Il vous reste encore 4
min 45 s.
Mme McGraw : Merci. Alors,
j'en profite pour vous saluer, Mme la ministre, et la banquette ministérielle...
les collègues. C'est la première fois que je participe à cette commission. Donc,
merci de m'accueillir. Je suis très fière d'être ici en tant que députée, mais
aussi mère de famille de trois garçons, dont les trois ont fréquenté et
fréquentent encore... le dernier, un CPE, et les garderies subventionnées et
non subventionnées. Donc, je suis en contact journalier avec les éducatrices et
les coordonnatrices. J'ai beaucoup de feedback.
J'irais sur les plaintes, j'aimerais
revenir, M. Ranallo, sur les plaintes. Est-ce que vous... selon votre
expérience... et moi, je regarde, justement, pendant l'étude des crédits, une donnée
de... 2 809 plaintes ont été reçues, c'est-à-dire retenues et traitées par le
ministère, totalisant 4 200 objets de plainte. Donc, les statistiques incluent
aussi, si je comprends bien, le nombre de signalements signifiés au ministère,
et il est à noter que la décision de retenir ou non un signalement relève de la
<direction de la DPJ, effectivement, après l'analyse du dossier...
Mme McGraw :
...signalement
relève de la > direction de la DPJ, effectivement, après l'analyse du
dossier. Vous avez parlé de cas où l'enfant va mordre un autre enfant ou tirer
les cheveux. Est-ce que, selon vous, il y a des plaintes... c'est rendu dans
l'abusif? Parce que, si je comprends bien, le projet de loi ne s'adresse pas à
ce... Justement, on ne va pas régler la situation des plaintes, mais je veux
vous entendre là-dessus.
M. Ranallo (Mario) : Effectivement,
le projet de loi ne parle pas des plaintes comme telles, mais, des fois, je
vous dirais que les parents ne comprennent peut-être pas le développement de
leur enfant. C'est clairement documenté qu'un poupon, un enfant qui ne parle
pas va utiliser sa bouche, va mordre. Ça fait
partie de son développement, c'est
décrit, c'est défini, c'est compris. Par contre, il y a des parents qui, eux,
ne le voient pas comme ça et pensent qu'aussitôt qu'il y a une morsure il y a
un problème de sécurité pour son enfant. Maintenant, on a beau essayer de faire
comprendre aux parents que ce n'est pas le cas, que c'est le développement
normal, mais il y a des parents qui ne comprennent pas.
Une autre chose qu'il faut comprendre,
c'est que tous les services de garde doivent avoir un processus, une procédure
de traitement des plaintes, et cette procédure-là est transmise au ministère de
la Famille lors du renouvellement de permis et elle est approuvée par le
ministère de la Famille. Souvent, les plaintes se ramassent directement au bureau
des plaintes du gouvernement, et je ne sais pas s'il y a peut-être... on saute
trop vite sur le bouton, dire : Oui, la plainte est recevable, puis on va
envoyer un inspecteur. Donc, le ministère engage des frais, du temps et
beaucoup de... beaucoup de temps, je dirais, même, pour aller vérifier des
choses qui, dans le fond, en bout de ligne, sont... la plainte est rejetée ou sans
aucune autre action. Donc, il faudrait peut-être référer au processus de
traitement des plaintes des services de garde avant de dire : Bien, on va
accepter la plainte.
• (10 h 30) •
Mme McGraw : Merci. J'ai
d'autres questions, mais je vais me limiter à une dernière question.
M. Ranallo (Mario) : Allez-y.
Mme McGraw : Selon vous,
votre expertise, votre expérience, selon vous, qu'est-ce qui manque dans ce
projet de loi?
M. Ranallo (Mario) : Il
manque de certaines clarifications. Comme je le mentionnais dans le mémoire que
je vais soumettre un peu plus tard, il faut juste s'assurer que tout le monde
est exactement sur la même page pour qu'il y ait une application uniforme, pour
éviter les divergences ou les interprétations.
Mme McGraw : Merci. Est-ce
qu'il y a autre chose que vous voulez ajouter? Je pense que c'est la dernière
question qu'on va pouvoir vous poser. Donc, au nom... au nom de la commission,
est-ce que vous avez des choses à ajouter, quelques éléments? Je pense qu'il
vous reste quelques secondes.
M. Ranallo (Mario) : Non, je
n'ai pas d'élément, mais je tiens à remercier la commission pour nous avoir
invités à proposer nos solutions, nos observations. Merci à tous.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. Ranallo. Merci, mesdames, pour cet
échange... ces échanges fructueux.
Alors, nous allons suspendre quelques
instants, le temps de recevoir le prochain groupe. Merci beaucoup pour votre
présence à la commission, M. Ranallo. Bonne fin de journée.
(Suspension de la séance à 10 h 31)
Haut de la page
10 h 30 (version révisée)
(Reprise à 10 h 35)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux.
Donc, pour le second groupe, nous recevons
la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du
Québec et du Labrador. Alors, bienvenue à M. Patrice Lacasse, qui est
gestionnaire de la petite enfance, ainsi qu'à M. Michel Deschênes,
analyste des politiques. Alors, à nouveau, bienvenue à la commission. Donc,
pour les 10 prochaines minutes, nous allons vous écouter, écouter votre
exposé, et par la suite nous allons entamer la procédure habituelle, c'est-à-dire
les discussions avec les parlementaires. Alors, la parole est à vous.
M. Lacasse (Patrice) : Bonjour
à tous, députés, Mme la ministre. Merci beaucoup pour l'invitation pour qu'on
puisse vous exposer les éléments du mémoire.
Pour le bénéfice des gens qui ne nous
connaissent pas la Commission de la santé et des services sociaux des Premières
Nations du Québec et du Labrador, c'est un regroupement des communautés
Premières Nations, là, à l'exception de la nation crie et naskapie. Ça n'empêche
pas qu'on fait beaucoup de choses ensemble. C'est une organisation à but non
lucratif créée par l'APNQL en 1994. Environ, là, 120 à 130 employés. Il y
a plusieurs secteurs qui la composent, santé, services sociaux, gouvernance,
recherche, ressources informationnelles, développement social et les services à
la petite-enfance. Notre mission est d'accompagner les Premières Nations dans l'atteinte
de leurs objectifs en matière de santé et de mieux-être et aussi en termes de
culture et d'autodétermination. On reçoit nos mandats de la part du conseil d'administration
de l'organisation et aussi de la part de l'Assemblée, de l'APNQL, de <i>l'Assemblée
des Premières Nations Québec, Labrador.
Juste un petit rappel, il y a une entente
qui lie le ministère de la Famille avec la commission, depuis 2015. Certains
pouvoirs sont délégués, là, en matière, là, de la
Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance.
Donc, moi, je vais aborder le sujet de la
maternelle quatre ans, que l'on appelle, et aussi la médecine traditionnelle.
Mon collègue, M. Deschênes, va aborder la question plus sur la sécurité,
donc, traitement de l'absence d'empêchement et les corps policiers autochtones
ou tous corps policiers.
Donc, pour ce qui est de la maternelle
quatre ans, en avril 2021, il y a eu la loi, là, qui a été amendée, le PL n° 1
sur les services de garde éducatifs qui interdisait, en fait, à tout détenteur
de permis de recevoir les enfants d'âge scolaire. Donc, un enfant ne pouvait
pas fréquenter un service de garde tel qu'un CPE et aller à la maternelle
quatre ans. Donc, on a porté à l'attention de la ministre les difficultés qui
étaient... qui nous étaient rapportées et on demandait aussi un certain temps
pour qu'on puisse effectuer un portrait un peu plus... plus profond, un peu
plus en profondeur.
Ça a été intéressant, parce qu'on a eu une
lettre qui faisait état que les communautés n'étaient pas soumises à sa
disposition, le temps qu'on puisse trouver des solutions. Donc, ce qui est
arrivé, <c'est qu'on a pu...
M. Lacasse (Patrice) :
disposition, le temps qu'on puisse trouver des solutions. Donc, ce qui est
arrivé, > c'est qu'on a pu travailler avec nos vis-à-vis, et c'est quand
même intéressant, là, on accueille bien la solution qui est apportée par
l'article 121.2, là, qui prévoit que, dans le cadre d'une entente, là, à
établir, là, que les enfants pourraient fréquenter un service de garde et aller
à la maternelle quatre ans s'il y a l'absence de service de garde scolaire.
Bon, c'est bien, comme solution, c'est
vraiment intéressant. Par contre, ça ne va peut-être pas assez loin. Ça ne va
pas assez loin parce que dans certaines communautés, même s'il y a présence de
services de garde scolaires, il peut y avoir des difficultés pour un enfant à
avoir les services adéquats. Puis ce n'est pas par mauvaise volonté,
évidemment. Souvent, c'est une question de structure, de la disponibilité de
ressources matérielles, infrastructure financière ou même humaine.
Aussi, afin d'accueillir le plus d'enfants
possible, dans certaines communautés, les écoles vont, je dirais, moduler ou
permettre des heures atypiques pour la maternelle quatre ans, et ce qui fait
qu'encore une fois, exemple, ça peut être juste le matin, mais durant
l'après-midi, bien, l'enfant pourrait se retrouver sans sans droit, là, parce
qu'il se ferait refuser, comment dire, de retourner au centre de la petite
enfance.
Donc, c'est ce qu'on se demande... Ah!
puis il y a même aussi d'autres situations encore plus, je dirais, tordues,
heureusement qui sont peut-être marginales, mais où est-ce qu'un enfant de
quatre ans ne peut pas, durant l'été, retourner. Bien, c'est-à-dire qu'il y
aurait, là, un service de garde scolaire qui pourrait l'accueillir durant le
temps de l'école, mais durant l'été, bien, il ne pourrait même pas fréquenter
un camp d'été, parce que les camps d'été, c'est pour les cinq ans et plus. Et
ça, encore là, c'est s'il y a présence de camps d'été dans la communauté.
Donc, dans... pour ces raisons-là, on vous
recommande, là... on recommande à ce qu'on puisse permettre l'accès aux
services de garde, malgré la présence de services de garde scolaire. Et, dans
le fond, c'est toujours dans une... aussi dans une optique de laisser la
liberté à la communauté de pouvoir déterminer les meilleures... les meilleures
solutions.
• (10 h 40) •
Pour ce qui est de la médecine
traditionnelle, on a l'article 121 du Règlement sur les services de garde
éducatifs à l'enfance, où est-ce qu'on dit que le personnel peut administrer un
médicament à l'enfant avec l'autorisation des parents, là, puis sans avoir
l'autorisation... ou une prescription ou l'autorisation d'un médecin. Le projet
de loi n° 46 veut étendre cette disposition-là, en fait, aux produits
naturels. Cependant, dans la définition de «produits naturels», à l'article 116
du règlement, on ne vient pas inclure les remèdes traditionnels. Par exemple,
je dirais qu'au fédéral il y a le Règlement sur les produits de santé naturels,
là, qui inclut les remèdes traditionnels. Donc, on se demandait si on ne
pourrait pas faire effectuer un peu le même exercice.
En plus, un petit défi de plus, c'est que
les produits naturels doivent être visés par un protocole établi, là, en vertu
de l'article 108.0.01... 108.0.1, ce qui n'est pas possible avec l'entente
que l'on a, donc... Parce que, dans le fond, ce n'est pas un pouvoir qui est
délégué via cette entente-là. J'imagine que... Je présume qu'à ce moment-là on
ne pensait pas en avoir besoin, donc ça n'a pas été le sujet. Puis aussi,
évidemment, le besoin d'établir des comités mixtes, là, ministère de la Famille,
et commission de la santé, et autres aussi détenteurs qui sont Premières
Nations ou Inuits pourraient participer à l'exercice, là, afin d'élaborer des
protocoles de ce genre. Et ça, je fais... je réfère à la recommandation n° 6. Trois minutes? Désolé, M. Deschênes.
M. Deschênes (Michel) : Si
vous le permettez, je vais enchaîner maintenant. Merci, Mme la Présidente, Mmes,
MM. députés et commissaire. La question que je vais aborder, c'est
principalement celle qui est liée à la protection... les mesures de protection
des enfants, mais surtout la création d'une instance appelée Comité d'examen
des empêchements.
Le Comité d'examen des empêchements, il a
été introduit par l'article 82.2.26 qui se trouve à l'article 13 du projet
de loi. Et, dans cet article-là, il est dit qu'«est institué le Comité d'examen
des empêchements.» Et ce comité des... ce comité d'examen là va traiter toutes
les demandes qui vont avoir été acheminées par les services policiers sur les
déclarations <d'empêchement...
M. Deschênes (Michel) :
vont avoir été acheminées par les services policiers sur les déclarations > d'empêchement
potentiel. Après avoir rendu son avis, le comité d'examen va faire suivre les
demandes au tiers qui est... évidemment, on dit «le tiers», là, dans l'article,
qui doit ensuite apprécier les déclarations en vertu de l'avis qui aura été
donné par le comité.
Les constats qu'on fait, c'est que,
premièrement, il faut se rappeler que, là, nous, nous sommes un organisme
mandataire ou qui a des pouvoirs délégués. C'est que le comité en lui même, il
est créé par la loi elle-même, ce n'est pas un pouvoir qui est attribué au
ministre. Donc, au départ, le Comité d'examen des empêchements, ce n'est pas un
comité que peut créer, par exemple, la commission ou une instance mandataire. Ensuite,
le comité communique au tiers un avis écrit, et, parmi les tiers désignés,
quand on regarde les autres articles de loi, il y a le ministre, lorsqu'il est
question des administrateurs ou des titulaires... des demandeurs ou titulaires
de permis. Et il y a aussi les demandeurs ou titulaires de permis, lorsqu'il
s'agit d'apprécier la candidature d'un dirigeant principal dont la fonction
précédente serait, par exemple... ça pourrait être un stagiaire, un bénévole ou
une autre personne qui est au service, employé par le CPE, alors les demandeurs
de permis.
Alors, ça a pour conséquence que, quand on
regarde cette définition-là, quand on regarde les discussions du projet de loi,
le projet de loi, il n'apporte aucune précision permettant de savoir si cette
obligation s'étend aussi aux organismes ayant signé une entente de délégation
avec le ministre. L'entente de délégation qui lie la commission au ministère ne
comporte pas de disposition permettant d'interpréter clairement de quelle
manière appliquer des modifications de cette nature ou pouvoirs qui nous sont
délégués par le ministre. Comme organisme mandataire, là, on ne peut même pas
appliquer, disons, un effet miroir, parce que ce n'est pas un pouvoir qui est
délégué au ministre. Alors, les effets sont assez sérieux. C'est que, là,
présentement, on a une entente de délégation où les Premières Nations... la
commission joue un rôle en recevant des pouvoirs délégués du ministre et joue
son rôle vis-à-vis des CPE autochtones qui sont adhérents à l'entente. Là, dans
la situation actuelle, la commission, qui présentement a un comité d'analyse
pour les empêchements, les demandes d'empêchement, va traiter elle-même, avec
son comité d'analyse, ces dossiers-là. La même chose pour les titulaires de
permis, dans les communautés, qui peuvent traiter celles des employés et des
autres personnes, là, qui seraient au service du CPE.
Alors, nous, ce qu'on demande, c'est que,
d'abord, il faut que ce soit clarifié dans la loi, il faut faire en sorte...
Nous, ce qu'on recommande, c'est que, dans le projet de loi, on soustraie les
organismes qui sont parties à une entente de délégation avec le ministre, comme
la commission et les CPE autochtones, de l'obligation de soumettre au Comité
d'examen des empêchements les déclarations qu'ils traitent, à moins que ces
organismes ne le demandent. Puis, en remplacement de ce comité, dans une
perspective d'autonomie pour les Premières Nations, on devrait être en mesure
de créer, elles-mêmes, un comité autonome comparable, selon des modalités
adaptées à leur gouvernance et à leur structure administrative. Alors, la
composition, évidemment, de ce comité-là pourrait inclure un avocat, au moins
deux autres membres, tous choisis par les Premières Nations. La commission en
assurerait la gestion, le secrétariat, puis le comité exercerait les mêmes
fonctions que celles prévues dans le projet de loi, tel qu'il est institué par
le projet, alors... avec, évidemment, un financement conséquent, là, parce que
c'est une nouvelle instance qui serait créée. Alors, ça, c'est un premier point
que je voulais aborder.
L'autre, et c'est plus court, c'est
concernant les corps policiers du Québec. C'est dans la désignation qui est
faite dans le projet de loi, à l'article 81.2.2 introduit par l'article 13,
on parle... bien, le projet de loi prévoit que «la vérification d'absence
d'empêchement doit être effectuée par un corps de police du Québec.» Il ne
mentionne pas spécifiquement les corps de police autochtones, qui desservent
plusieurs communautés au Québec. Il faut rappeler que les corps de police
autochtones sont créés sur la base d'une relation de gouvernement à
gouvernement, en vertu d'ententes tripartites conclues entre le gouvernement
fédéral, le gouvernement du Québec et les gouvernements des Premières Nations.
On ne peut les considérer comme des corps de police du Québec au même
titre que
les corps de police municipaux ou la Sûreté du Québec. Alors, le projet de loi
doit refléter cette réalité en modifiant le libellé des <passages
concernés...
M. Deschênes (Michel) :
le projet de loi doit refléter cette réalité en modifiant le libellé des > passages
concernés. Il suffit de faire suivre la désignation de «corps de police du
Québec» par «ou corps de police au Québec». Ou encore, il y a une autre
suggestion qui pourrait... ce serait de parler de corps de police autochtones
de façon distincte, alors, en faisant les adaptations nécessaires, bien sûr,
lorsqu'il y a plusieurs corps de police qui sont concernés. Alors, c'est
l'autre recommandation qu'on fait. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Merci pour cette présentation. Alors, la
ministre a laissé le temps filer pour pouvoir vous laisser terminer. Alors, Mme
la ministre, le temps est à vous, il y a 3 min 30 s qui va être
retranché sur votre temps, mais allez-y, on poursuit.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup. Bien, ça nous a permis d'entendre la présentation au complet puis les
différents points au complet, alors je pense que c'était nécessaire. Alors, on
va faire les vérifications, au niveau du corps de police, mais ce qu'on en
comprend actuellement, c'est que ça incluait effectivement, selon la <i>loi
de police, donc, les corps de police autochtones, mais on va vérifier pour
s'assurer définitivement qu'ils sont couverts. Je pense que c'est important,
votre préoccupation, là, on l'a bien compris, là, que vous souhaitiez avoir une
spécificité là-dessus.
M. Deschênes (Michel) : Il
y aurait une autre précision. C'est une question de démontrer que c'est une
relation de gouvernement à gouvernement. Parce que, dans les... on le sait qu'ils
sont couverts par l'expression «du Québec», mais il y a une spécificité, c'est
que, contrairement aux autres corps de police qui sont créés par des lois
québécoises ou des lois fédérales, parce qu'il y a des organismes fédéraux
aussi là-dedans, les corps de police autochtones, eux, c'est une entente entre
trois paliers de gouvernement, et ça, c'est méconnu. Et ça permettrait aussi...
dans le libellé, ça permettrait aux populations autochtones ou encore aux
institutions québécoises de savoir que les corps de police autochtones font
partie. Ils n'auraient pas le réflexe d'aller vers la Sûreté du Québec
directement ou... Ça fait que l'idée, c'est un peu ça aussi, c'est une question
d'affirmation que c'est une entente de gouvernement à gouvernement.
• (10 h 50) •
Mme Roy (Verchères) : On
comprend bien votre préoccupation puis on va s'assurer de bien la refléter,
l'objectif étant le même là-dessus. J'aimerais ça aussi peut-être vous entendre
sur des éléments dont vous n'avez peut-être pas eu le temps d'aborder non plus
à l'intérieur de votre présentation. Mais on a amené des modifications, entre
autres, au niveau de l'article 6 pour permettre à des nouveaux organismes,
dont les organismes communautaires établis en communautés autochtones, de
pouvoir offrir des services de halte-garderie puis permettre de répondre,
justement, à certains besoins des communautés. Alors, j'aurais aimé ça vous
entendre un peu sur ce volet, là, de modifications à la loi.
M. Deschênes (Michel) : Je
laisserais mon collègue, Patrice, répondre à cette question.
M. Lacasse (Patrice) : En
fait, pour l'instant, c'est beaucoup des centres de petite enfance qui sont en
place. Vous avez vu, en 2020, nous avons déposé un mémoire, lors de la
consultation qui avait été faite, on a fait état de plusieurs difficultés qui,
je dirais... c'est malheureux, mais qui, considérant les réalités ou les
différentes réalités, je dirais, peuvent causer certains défis. Entre autres,
juste un exemple, il y a la question, là, de la composition ou la constitution
des conseils d'administration.
Et donc on regarde avec certaines
communautés qui présentent des poussées démographiques, je dirais, ou des
tendances démographiques qui sont à la hausse. Et donc les besoins commencent à
se faire sentir, et ça va être énorme, tantôt, mais déjà on peut voir qu'ils ne
sont pas à l'aise avec ce modèle. Heureusement, il y a quand même le service de
garde avec subvention puis il y a d'autres, aussi, capacités financières qui
peuvent se développer pour pouvoir en faire un montage financier, donc c'est
bien.
Par le même moment, on regarde aussi à
voir, dans certains cas, avec des organismes qui commencent de plus en plus, là...
il y a une variété, là, qui commence à se faire, entre autres avec des
initiatives de maisons que j'appelle de la famille. On pourrait voir, justement,
à supporter, accompagner les communautés. On a, entre autres, le secteur du...
ce qu'on appelle développement social, qui est beaucoup dans l'accompagnement
sur... avec les communautés pour pouvoir développer différents projets, et nous
sommes en lien. C'est quand même un défi, mais je pense qu'on le relève bien.
Vous savez, l'information, quand on
commence avec différents secteurs, bien, comment est-ce qu'on fait pour
s'assurer qu'il y ait une intégration, puis qu'il y ait un transfert de connaissances,
puis que le tout se fasse dans une efficacité? Et donc, oui, c'est un type de
modèle, mais aussi on est quand même... on a plusieurs ressources qui <sont
sur le terrain...
M. Lacasse (Patrice) :
modèle, mais aussi on est quand même... on a plusieurs ressources qui > sont
sur le terrain. Je dirais, c'est à chaque... On demande aux gens, là, maximum,
un voyage aux deux semaines, mais l'idée, c'est d'avoir une présence sur le
terrain. On voudrait que ce soit plus, mais on est quand même, évidemment,
comme tout le monde, limités, pour, justement, voir à ce qu'on puisse être le
plus près possible des besoins mais aussi de ramener ces informations-là jusqu'aux
communautés pour leur donner des... participer, je dirais, à l'élaboration de
solutions puis de voir à d'autres choses que les modèles qui sont les plus
courants. Donc, oui, c'est quand même bien accueilli, là, de façon générale.
Mme Roy (Verchères) : Merci.
Je veux revenir au comité de vérification des empêchements, parce que vous avez
amené deux éléments. Vous avez dit qu'on pourrait y référer au besoin et, en
même temps, vous souhaitiez avoir un comité distinct de vérification des
antécédents pour pouvoir répondre aux mêmes préoccupations. Est-ce que j'ai
bien compris? Est-ce qu'à ce moment-là il y aurait une hiérarchisation,
c'est-à-dire que le comité de vérification pourrait, s'il a besoin d'une
expertise supplémentaire... ou carrément avoir un comité de vérification propre
aux Premières Nations?
M. Deschênes (Michel) : Bien,
l'idée, c'est d'avoir un comité d'examen, là, qui soit propre aux Premières
Nations. Et puis ça pourrait être institué par des instances Premières Nations.
L'APNQL, l'Assemblée des Premières Nations pourrait être impliquée là-dedans.
Est-ce que ça... Si... Comment je pourrais dire ça? Si l'intérêt y est, est-ce
qu'on regrouperait plusieurs détenteurs d'ententes autochtones ensemble sur un
même comité? Ça pourrait être une possibilité, ça reste à étudier. Mais l'idée,
c'est d'avoir un comité autonome, parce que l'évaluation des empêchements
potentiels, là, des déclarations d'empêchement potentiel demande une expertise
particulière. Quand on parle des populations autochtones, on sait qu'elles sont
plus judiciarisées que la moyenne de la population, pour différentes raisons,
colonisations, pensionnats, etc., les préjugés aussi qui existent. Et on pense
qu'un comité qui serait créé... une instance qui serait créée en vertu de la
loi, là, auquel on se référait, ajouterait aussi non seulement l'idée que les
gens n'auraient peut-être pas l'expertise pour apprécier un peu différemment,
là, la situation des Premières Nations, mais ce serait aussi une étape
supplémentaire qui nous enlèverait l'autonomie dont on... que l'entente, en
vertu de 121, nous donne. Et puis là, à ce moment-là, bien, c'est certain que
c'est beaucoup moins pratique, ça veut dire des délais supplémentaires.
Probablement que les communautés ne seraient pas satisfaites de cette
exigence-là.
Mme Roy (Verchères) : Comme
vous m'avez amenée sur les délais, alors je vais aller... Est-ce que vous vivez
des problèmes de délais, au niveau de la vérification des empêchements, avec
les corps de police autochtones ou si ça va bien? Puis quels sont les délais
moyens?
M. Deschênes (Michel) : Bien,
ce qu'on entend parler, c'est que ça peut être variable, là. Je veux dire, je
ne peux pas vous donner des données précises, mais ça peut être variable...
Mme Roy (Verchères) : Ça
ne semble pas être un problème majeur.
M. Deschênes (Michel) : Mais
ce n'est pas un problème majeur, là. L'entente se fait, là, ce n'est pas un
problème majeur.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Alors, je cède la parole à la
députée de Vimont. Il reste encore 6 min 20 s pour deux
personnes.
Mme Schmaltz : OK.
Merci. Bonjour, messieurs. Merci d'être présents. C'est toujours agréable de
pouvoir échanger en mode présentiel. En fait, j'aimerais parler avec vous un
peu de médecine traditionnelle, la reconnaissance à la médecine traditionnelle,
vous l'avez mentionné tantôt. J'ai lu un petit peu aussi la définition, comment
vous englobez, disons, la médecine traditionnelle, on parle de vitamines, on
parle d'huiles essentielles, bon, produits homéopathiques ou cosmétiques.
Est-ce que vous croyez qu'il n'y a pas un danger, dans le sens qu'on sait que
les produits naturels, à la base, sont corrects, il n'y a pas de danger, mais
des fois, quand ils sont administrés avec un médicament, il peut y avoir
souvent des effets indésirables. Parfois, le parent n'est pas nécessairement au
courant ou le service de garde non plus n'est pas au courant. Est-ce que, dans
cette demande que vous avez formulée... est-ce qu'il y a quand même... est-ce
que vous envisagez quand même de mettre sur pied, peut-être, je ne sais pas,
moi, un comité qui analyse là aussi puis qui émet des recommandations?
M. Deschênes (Michel) : Oui,
c'est présent dans notre mémoire. Nous, ce qu'on a l'intention, c'est de... En
fait, l'idée, c'est... On reconnaît. D'abord, c'est une médication qui a des
effets actifs, vraiment, donc on ne peut pas avoir une combinaison d'éléments
avec un médicament sous ordonnance ou même d'autres produits naturels, sans
avoir une étude préalable, une évaluation <préalable. Alors, nous...
M. Deschênes (Michel) :
produits naturels, sans avoir une étude préalable, une évaluation > préalable.
Alors, nous, ce qu'on propose, c'est qu'il y ait un comité de créé
conjointement avec médecins et puis les experts autochtones en matière de
remèdes traditionnels. Et à ce moment-là il y aurait... eux, ils
participeraient à l'élaboration de protocoles, puis après ça, bien, je veux
dire, on serait en mesure d'assurer la protection des gens, des enfants, de la
même façon que va le faire le comité institué par le ministre et qui est aussi
supervisé par le MSSS, il y a différentes... pas supervisé, mais avec le
concours du MSSS, là. Et puis évidemment il y a moyen d'arriver avec une
procédure conjointe, là, mais il faudrait impliquer absolument les médecins et
les experts autochtones qui sont en mesure d'évaluer qu'est-ce que fait le
médicament, à partir de quoi il est composé, puis quels pourraient être ses
effets, puis discuter avec le MSSS, évidemment, avec les experts du MSSS, si
nécessaire.
Mme Schmaltz : Est-ce
que ça se fait déjà maintenant?
M. Deschênes (Michel) : Non,
parce qu'on n'a pas à le faire, parce que, jusqu'à maintenant, il n'y a pas de
médecine traditionnelle d'inclus dans les produits santé. On se limitait au
Tylenol ou, en tout cas, aux acétaminophènes, c'était ça qui était le... Alors,
il n'y avait pas nécessité de le faire, ça fait que c'est pour ça qu'on n'avait
jamais parlé de le créer. Mais, à partir du moment où est-ce qu'on crée... on
ajouterait le remède traditionnel de la même façon qu'il est reconnu en vertu
de la loi fédérale, bien, à ce moment-là, bien, on aurait besoin d'une
expertise puis on ne la retrouverait pas, cette expertise-là, dans la
médecine... chez les médecins en général, mais avec des médecins autochtones et
des experts autochtones qui connaissent la composition et la façon de fabriquer
ces médicaments-là.
Mme Schmaltz : D'accord.
Je vais laisser la parole à mes autres collègues.
• (11 heures) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée. Alors, on poursuit avec la députée
d'Abitibi-Ouest. Il reste 2 min 50 s. La parole est à vous.
Mme Blais : Bonjour,
messieurs. «Kwe», «meegwetch». On sait que le territoire, au niveau du
Labrador, au niveau des communautés autochtones, est vaste. Est-ce qu'au niveau
des centres de petite enfance... est-ce que vous avez tous les ressources
nécessaires, que ce soit formation, nouveautés? Parce qu'on sait qu'il y a des
territoires qui sont très isolés, des communautés qui sont très isolées.
J'aimerais vous entendre sur ça. Et par la suite, si vous auriez une recommandation,
quelle serait cette recommandation?
M. Lacasse (Patrice) : Vous
avez parlé du Labrador?
Mme Blais : Pardon?
M. Lacasse (Patrice) : Vous
avez parlé du Labrador?
Mme Blais : Bien, le
territoire cri, parce que c'est Labrador et... part du Labrador jusque... tout
le territoire du Québec.
M. Lacasse (Patrice) : Oui.
OK. OK. En fait, vous voulez peut-être... Bien, ce que je peux comprendre,
c'est tout ce qui est régions éloignées, on peut dire? Oui, oui. OK.
Mme Blais : Régions
éloignées, c'est ça.
M. Lacasse (Patrice) : Non,
c'est que je me demandais si vous posiez la question de façon spécifique à des
communautés qui sont au Labrador. Donc, c'est...
Mme Blais : C'est
général.
M. Lacasse (Patrice) : Oui,
OK. Parfait. Good. Merci. Pour ce qui est des ressources, en fait, est-ce qu'il
manque des ressources, là, je dirais qu'il y a toujours la question, depuis...
et qui touche toutes les sphères des gens en régions éloignées, c'est... c'est
le caractère d'éloignement, justement, qui n'est pas considéré. Tout, tout,
tout matériau, même les ressources humaines, juste au sujet du transport, les
délais puis la qualité aussi de... même des produits alimentaires, c'est quand
même tout un défi qui est existant. Ça a été un cheval de bataille de plusieurs
chefs, je dirais, et aussi, je dirais, même pour nous, là, qui avons fait
des... ou en tout cas, eu des collaborations, exemple, avec M. Gérard
Duhaime de l'Université Laval, qui... qui a pu faire un portrait des différentes,
je dirais, retombées par rapport à cet éloignement-là et des effets sur le prix
à la consommation.
Et donc, non, ce n'est pas... ce n'est pas
répondu en soi, le caractère ou... n'est pas accordé. Pourtant, certains
gouvernements vont pouvoir le reconnaître pour certains employés, mais non pas
pour des opérations, je dirais, qui sont courantes. Et ça crée de la pression
sur des administrations. Donc, ils sont obligés de créer des solutions qui
sont, je dirais, difficilement viables à long terme, tout à fait. Donc, par
exemple, il y a aussi la question de conditions...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Je dois vous arrêter. Le temps file vite, hein...
M. Lacasse (Patrice) : Oh!
OK. Excusez-moi! Mais vous faites bien...
Mme Blais : C'est
intéressant. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mais le temps est terminé pour le gouvernement. Par contre,
on va poursuivre nos discussions avec l'opposition officielle, et je présume
qu'on commence avec la députée de Westmount—Saint-Louis. Allez-y...
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11 h (version révisé
e) La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...nos discussions avec l'opposition officielle et je
présume qu'on commence avec la députée de Westmount—Saint-Louis. Allez-y, 16 min 30 s
au total.
Mme Maccarone : Merci.
Bonjour, messieurs, «kwe». Est-ce que vous avez été consultés avant le dépôt de
ce projet de loi?
M. Lacasse (Patrice) : En
fait, pas vraiment. On nous a informés, mais évidemment, on n'a pas pu aussi
nous donner vraiment de l'information. Parce qu'il y avait un sceau de confidentialité.
Mais non, pas vraiment. Mais, si je peux me permettre, on a quand même des
liens. On a des rencontres statutaires, et c'est aux deux semaines. Ça, je dois
dire, pour cet aspect-là, c'est très intéressant et facilitant d'avoir des vis-à-vis
qui comprennent. Puis... puis je peux comparer à d'autres ministères où est ce
que c'est... ça complique les choses. Donc, non, on n'a pas... on n'a pas été
consultés.
Mme Maccarone : Vous
faites bien de préciser. Merci. Puis en large, quand vous regardez le projet de
loi, est-ce que ça répond à vos principaux préoccupations en ce qui concerne la
sécurité de vos enfants dans votre réseau?
M. Lacasse (Patrice) : Bien,
tout à fait, c'est... Je dirais que, dans les dernières années, quand on a
traité des empêchements, il y a tout un... un processus qui est mis en branle,
parce que c'est... c'est, je dirais, la préoccupation première, la question de
la sécurité et l'intégrité physique, morale, spirituelle de chacun des enfants.
Et par la suite, la question du développement, d'avoir vraiment les bonnes
conditions, c'est... c'est vraiment la base. Donc, on veut s'assurer qu'il n'y
a pas des... que je dirais, les angles morts soient bien vus. Et donc on s'assure
de bien faire les analyses. Donc, on a une procédure qui... en fait, qui... qui
se reflète dans ce qui a été annoncé. Il y a aussi la
partie de maternelle
quatre ans qui est bienvenue, mais encore là, comme je le disais, bien, il faut
aller un petit peu plus loin. Mais je pense que c'est une question de
reformuler la recommandation. Sinon, de façon générale, tout à fait, là, c'est
quand même bien, là.
Mme Maccarone : Je
trouve la recommandation en ce qui concerne la maternelle quatre ans très
intéressante. Il faut être avant-gardiste pour rejoindre les besoins
spécifiques de toutes les communautés. On cherche du sur mesure et non du mur-à-mur.
Alors, je salue la façon aussi que vous avez proposé vos recommandations. Je
suis aussi en accord avec l'ajout de le corps de police autochtone. On vient
d'en débattre, le projet de loi no 14, qui est maintenant la loi, la réforme
pour la loi de la police, puis on fait une référence spécifique aux corps de
police autochtones. Alors, je vois en bien comment nous pourrons les incorporer
à l'intérieur de ce projet de loi. Une question, pour vous, en ce qui concerne
le corps de police autochtone, par contre, est-ce que c'est eux qui sont
responsables uniquement pour les vérifications d'absence d'empêchement
présentement sur votre territoire?
M. Deschênes (Michel) : Là,
où est-ce qu'ils... qu'ils sont présents. Parce que ce n'est pas toutes les
communautés qui sont desservies par les corps de police autochtones. Là où
est-ce qu'ils sont présents, c'est eux qui le font. Et puis, dans les autres, c'est
la Sûreté du Québec, là, qui a un mandat, là, de patrouille et d'exercer la
police.
Mme Maccarone : C'est la
SQ. C'est ça. Parce qu'on a entendu plusieurs groupes... parce qu'on voit, c'est
quand même à coût variable en ce qui concerne les délais, l'application. Puis
ce qu'on cherche... ou la majorité des partenaires, ils expriment un désir d'avoir
une harmonisation dans la façon de faire. Est-ce que vous serez en accord que
ce serait, mettons, la SQ qui ferait toutes les vérifications d'absence d'empêchement
dans le futur?
M. Deschênes (Michel) : Bien
non. Que la SQ fasse toutes les... Non. L'idée, c'est que les corps de police
autochtones aient des droits équivalents à ceux des autres corps policiers. Si,
pour une question administrative, la Sûreté du Québec joue un rôle, ça, on le
comprend, là. Mais je veux dire, c'est quand même le corps de police autochtone
qui est le corps policier sur place. C'est à lui qu'on doit acheminer les
demandes, et puis c'est lui qui doit les traiter. Alors, c'est dans ce sens-là,
là, qu'on fait notre démarche.
Mme Maccarone : Ça fait
que ce que vous souhaitez, c'est le statu quo.
M. Deschênes (Michel) : Pardon?
Mme Maccarone : Ce que
vous le souhaitez, c'est le statu quo, la façon que ça fonctionne actuellement.
M. Deschênes (Michel) : Oui,
que le corps de la police autochtone puisse continuer à faire les déclarations
d'empêchement, là.
Mme Maccarone : Puis au
niveau...
M. Deschênes (Michel) : Et
puis la SQ, elle, elle a... Excusez-moi.
Mme Maccarone : Non,
allez-y.
M. Deschênes (Michel) : C'est
parce que la SQ gère le centre d'information, là qui... Alors, ça, on comprend
ça. Comment se font les procédures d'échange entre les policiers autochtones et
la Sûreté du Québec? Ça, on n'a pas vraiment une connaissance fine là-dessus,
là, on n'a pas pu avoir toute l'information. Mais il reste que... je veux dire,
pour nous, plus le corps de la police autochtone joue un rôle <comparable...
M. Deschênes (Michel) :
...ça
fait que, je veux dire, pour nous, plus le corps de la police autochtone joue
un rôle > comparable à celui de la Sûreté du Québec sur le territoire de
la communauté... c'est vraiment ce qu'on recherche, là.
Mme Maccarone : Allez-y.
M. Lacasse (Patrice) : Peut-être
rapidement vous dire que de... sur le terrain, on n'a... on n'a pas du tout de
trouble, là, je dirais, en termes de délais. Les délais vont être davantage en
amont et... sauf que j'ai eu quand même, en voyant ce projet de loi, bien, des
changements, et souvent des changements vont avoir un écho sur le terrain. Et,
par exemple, on a eu un officier de la SQ qui a refusé de donner de l'information.
Cependant, on n'avait ouvert pas de canal de... ou un canal de communication
avec des agents de liaison autochtones de la SQ, on... puis c'est tout récent,
où est-ce qu'on a pu communiquer avec, et, à, l'intérieur de 24 heures, ça...
ça a changé. Donc, entre guillemets, s'il y a une suggestion à faire, c'est de
bien s'assurer que la SQ comprenne s'il y a des... bien, les changements qui
pourraient provenir, là, de cette... de ce projet de loi là.
Mme Maccarone : Ça fait que
d'actualiser leur formation aussi, pour harmoniser avec les modifications suite
à l'éventuelle adoption de ce projet de loi.
M. Lacasse (Patrice) : C'est
ça. Puis nous-mêmes, on a un travail à formaliser, je dirais, les relations
avec ce corps de police.
Mme Maccarone : En... sur le
lien de formation, ça fait
partie des questions que je voulais aborder avec
vous, là, on parle de formation de... des policiers, mais de formation au sein
de votre réseau. Je présume que vous souhaitez une formation spécifique, parce
qu'on parle de mise à jour du guide, puis, dans votre cas, je présume que c'est
une formation très spécifique puis une mise à jour du guide qui est spécifique
à votre réalité. Puis, j'ajoute à ça, parce que je vous ai entendus parler de
sécurité spirituelle, c'est intéressant, je souhaite peut-être mieux comprendre.
Puis est-ce que ça, c'est des choses qui feront
partie d'un guide? Puis comment
mettre ça en place?
• (11 h 10) •
M. Lacasse (Patrice) : C'est...
OK, vous voulez dire le guide qui suit, en fait, la
partie de la gestion ou le
traitement, là. Bien, tout à fait. La réaction qu'on a pu avoir, c'est que... est-ce
qu'on peut coconstruire le guide? Puis, en fait, après on s'est dit : Bien
non, on est peut-être mieux de construire nous-mêmes notre procédure et aussi
faire un guide qui englobe le tout. Parce que je crois que les indicateurs ou
les points qui pourraient constituer une grille en soi pour tout évaluer,
analyser... bien, va être différente considérant les... comme le disait M.
Deschênes, l'historique puis aussi les réalités, les différentes réalités. Et
je tiens sur ce point, parce que souvent on prend les... je dirais même les
autochtones comme étant un bloc, un seul bloc, mais chacune des communautés est
différente, a ses structures qui sont différentes et des façons de faire qui
sont... qui peuvent être différentes. Donc, il faut avoir un guide qui tient
compte de ces particularités, là, très importantes.
Mme Maccarone : Ça fait que comment
pouvons-nous assurer la sécurité spirituelle des enfants qui sont au sein de
votre réseau?
M. Lacasse (Patrice) : Belle
question, mais je dirais qu'il faut la respecter en tenant compte des valeurs,
de la culture qui est présente, c'est-à-dire la façon de voir la santé et le
mieux-être des individus. Et, comme je le dirais... je le disais, c'est que
chacun a des structures qui peuvent être différentes, et il faut en tenir
compte.
Et comment on le fait? On le fait
peut-être... C'est-à-dire qu'idéalement on aimerait le faire peut-être davantage,
mais il faut trouver l'équilibre entre les... je dirais, le... la gouverne de
la communauté, il... on ne peut pas être partout et on n'a pas à être partout.
Il faut à un moment donné que ce soit la communauté qui prenne en charge cette
sécurité-là. Elle le fait déjà en partie. L'idée de voir, c'est comment est-ce
qu'on peut trouver l'équilibre entre la... les responsabilités qui sont
octroyées à la commission et l'autonomie, là, de la communauté.
Mme Maccarone : OK. Avez-vous
plusieurs mineurs qui oeuvrent au sein de votre réseau? La raison de la
question que je... que je pose, c'est parce que, dans le projet de loi, on fait
référence aux majeurs, personnes majeures, qui devraient être assujetties à des
vérifications d'absence d'empêchement, mais on ne parle pas nécessairement des
personnes mineures. Ça fait qu'on a autres groupes qui ont fait des
recommandations de modifications d'articles pour être plus global. Est-ce que
ça, ce serait quelque chose qui serait souhaité par vous, parce que vous avez
quand même des personnes de 16, 17 ans , ça se peut, qui... qui travaillent
comme éducatrices ou éducateurs dans votre réseau?
M. Lacasse (Patrice) : On n'a
pas ces données-là, à savoir comment est-ce qu'il y en a, mais c'est... nous,
on le verrait... Puis encore là, <justement...
M. Lacasse (Patrice) :
...à
savoir comment est-ce qu'il y en a, mais c'est... nous, on le verrait... Puis
encore là, > justement, il va falloir qu'on vérifie, là, quelles étaient
les préoccupations de ces personnes. Parce qu'on le voyait comme étant des
individus qui ont à... comment dire, à être en présence dans le service de
garde et qui... et, s'ils le sont, de... avec une certaine durée, bon, puissent...
éviter qu'ils puissent être une... un risque à... bien, je dirais, à la
sécurité des enfants. Là, à savoir est-ce qu'on discriminait... discrimine avec
la question de l'âge? Je dirais qu'on ne nous a pas rapporté vraiment de
difficulté à cet égard, là, pas du tout, mais, je veux dire, c'est quelque
chose qu'on pourra regarder, là.
Mme Maccarone : Ce serait
intéressant d'avoir les statistiques. Je dévoile mes cartes pour la ministre,
mais je pense que ce serait une bonne affaire qu'on couvre toutes les bases,
étant donné que... je ne pense pas qu'on veut redéposer ou réouvrir la loi,
mais de s'assurer que toutes les personnes qui oeuvrent au sein du réseau ont
eu cette protection pour eux, ainsi que pour... pour la société.
M. Lacasse (Patrice) : Tout à
fait.
Mme Maccarone : J'aimerais
vous entendre, je sais que vous avez abordé un peu avec ma collègue, en ce qui
concerne «médecine traditionnelle». Puis je vois, où vous faites votre
recommandation, de l'ajouter dans la présente section, «on entend par produit
naturel tout supplément, toute vitamine, toute huile essentielle ou médecine
traditionnelle».
Vous ne seriez pas plutôt d'avis que nous
devons élaborer? Parce que, dans le même article, c'est l'article 41, on
parle de médicament, médicament, puis après, on a la description. Mais c'est
quoi, vraiment, la différence entre médecine traditionnelle, dont vous, vous
êtes en train de parler puis de proposer à nous, puis naturelle, qui est
vastement différent? Bien, est-ce qu'il y a un libellé que nous pourrions mettre
à l'intérieur de la loi pour que ce soit clair de ce que vous souhaitez
aborder, pour que ce soit une pratique?
Je ne peux même pas imaginer. Peut-être
vous pourriez expliquer un peu. Est-ce que c'est quelque chose qui est
actuellement en place puis que ça se fait dans le réseau? Peut-être vous
pourriez élaborer un peu de quoi nous devons s'attendre, puis peut-être on
pourra travailler sur un libellé qui aura de l'allure pour un amendement au
projet de loi.
M. Lacasse (Patrice) : ...
M. Deschênes (Michel) : Bien,
écoutez, c'est quelque chose qu'on pourra envisager. On n'a pas poussé
l'exercice loin, là, dans ce... dans cette.... dans notre analyse. Et puis on
s'est principalement fiés à ce qui existait au fédéral. On voyait que ça avait été
inclus dans la réglementation sur la
Loi sur les aliments et drogues du
gouvernement fédéral, le règlement qui... dans lequel se trouve la définition
de ce qui est une... un produit de santé naturel. On avait inclus cette
définition... c'est-à-dire, cette notion-là, de remède traditionnel.
On n'a pas eu le temps d'aller voir ou...
on n'a pas eu le temps de s'informer pour savoir de quelle façon ils en étaient
arrivés à inclure ce produit-là, sur quelle base et s'il y a des conditions qui
ont été, comment je pourrais dire ça, définies pour les situer. Parce que, là,
c'est une notion pancanadienne, peut-être qu'ils ont consulté d'autres nations
autochtones à travers le pays pour le faire. Alors, ça, ce n'est pas un
exercice qu'on a approfondi, mais ce serait intéressant, oui, effectivement, de
l'approfondir.
M. Lacasse (Patrice) : Bien,
justement, on a eu quand même des délais assez serrés pour faire... monter
l'argumentaire. Je sais que, dans certaines provinces, il y a des
organisations, Premières Nations, qui, je dirais, sont très poussées. De notre
côté, on n'est pas... Je veux dire, moi et M. Deschênes ne sommes pas
nécessairement des spécialistes, là, en termes de santé. Je n'ai pas... on n'a
pas eu le temps d'aller voir nos amis du secteur de la santé, mais n'empêche
qu'on peut le constater, on peut le voir, qu'il y a... qu'il y a des gens
partout, dans toutes les communautés, qui ont quand même des connaissances en
la matière. Mais c'est... justement, il faudrait voir, là, à libeller puis
proposer quelque chose, là. Ce serait bien.
Mme Maccarone : Pouvez-vous
nous donner un exemple de qu'est-ce que ça peut... qu'est-ce que... qu'est-ce
que c'est, un remède traditionnel? Un exemple de qu'est-ce qu'on peut voir,
c'est quoi? Est-ce que c'est... c'est un produit? Est-ce que c'est une
pratique? Moi, par exemple, dans ma circonscription, j'ai plusieurs
communautés, Premières Nations, autochtones, inuites, malheureusement, qui sont
en grave situation de difficulté, c'est un milieu urbain, à Montréal. Puis eux,
ils souhaitent avoir accès à un hôpital qui offre des services spécifiques à
eux comme «a smoke ceremony», par exemple. Est-ce que c'est ce genre de
pratique que vous souhaitez voir implantée, ou est-ce <que...
Mme Maccarone :
...que
c'est ce genre de pratique que vous souhaitez voir implantée, ou est-ce > que
c'est plutôt sur la base des produits?
M. Lacasse (Patrice) : Dans
l'optique de ce projet de loi là, c'est beaucoup par rapport aux produits. Et,
comme vous le dites, c'est que... bon, ce n'est pas des produits qui sont,
comment dire, en production industrielle, on s'entend, là. Par exemple, quand...
Une voix : ...
M. Lacasse (Patrice) : La
sauge, le sapin... il y a... il y a toutes sortes de produits. Je veux dire,
moi-même personnellement, j'ai ma tante qui m'est arrivée à
<i>Mani-Utenam, qui m'a dit : Tiens, prends ça, c'est bon pour ta
peau. On s'entend que ce n'est pas du tout comme des remèdes conventionnels.
Mme Maccarone : OK. Je
comprends.
M. Lacasse (Patrice) : Donc,
c'est... je dirais que c'est très vivant, mais il ne faut pas sous-estimer la
connaissance qu'ils peuvent avoir et aussi la précaution qu'ils peuvent amener.
Et même, des fois, ça va être des remèdes qui vont être plus courants, mais
encore là, on vient tout le temps nous dire : Fais attention, prends en
pas une grosse quantité, parce que, bon, ça a été vraiment cueilli, ça a été
choisi, ça a des effets bénéfiques, mais il faut encore y aller avec le dosage,
tout comme... je termine, tout comme il y a quand même plusieurs pharmaciens
qui sont bien au courant qu'il y a une utilisation, quand ils sont près, là,
des communautés, et ils peuvent s'assurer de... bon, faites attention, parce
que ça peut avoir des effets sur votre corps et devenir en... comment dire, en
contradiction avec des remèdes qui sont occidentals.
Mme Maccarone :
«Meegwetch».
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. La cloche a sonné. Merci beaucoup pour
cette présentation. Merci, Mesdames et Messieurs pour cette période d'échange.
Alors, je vous souhaite une bonne fin de journée, et je vais suspendre le temps
d'installer le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 20)
(Reprise à 11 h 26)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux. Alors, pour notre dernier groupe, cet
avant-midi, nous recevons l'Association des garderies privées du Québec, qui
sont représentées par M. Samir Alahmad, qui... qui en est le président,
ainsi que Mme Mona Lisa Borrega, qui en est la vice-présidente.
Madame, monsieur, bienvenue à la
Commission des relations avec les citoyens. Alors, vous allez avoir une période
de 10 minutes pour votre exposé, et, par la suite, nous allons procéder
avec l'échange... à l'échange avec les parlementaires. Alors, votre
10 minutes commence maintenant.
Mme Borrega (Mona Lisa) : OK.
Alors, merci de nous accueillir. Juste une petite parenthèse l'AGPQ, on
représente majoritairement des garderies privées subventionnées, et notre
association a eu 50 ans, alors ça fait longtemps qu'on est là. Et puis
l'AGPQ, comme toujours, accueille favorablement un processus qui vise à
améliorer l'offre de services dans les garderies, et surtout quand ça a un lien
avec la santé, la sécurité et le bien-être des enfants.
Mais l'AGPQ croit que les pouvoirs actuels
de la ministre de la Famille et des fonctionnaires du ministère de la Famille
sont suffisants pour assurer la santé, la sécurité et le bien-être des enfants.
Les pouvoirs additionnels introduits par le projet de loi risquent de créer des
préjudices sérieux aux administrateurs et titulaires de permis, surtout parce
que la perception d'un manquement est variable d'un inspecteur ou d'un
enquêteur à l'autre. Notre expérience sur le terrain nous confirme l'existence
de cas d'exagérations sérieuses de manquements qui ont été formulés par des
inspecteurs et des enquêteurs. L'AGPQ est tout à fait <d'accord...
Mme Borrega (Mona Lisa) :
...qui
ont été formulés par des inspecteurs et des enquêteurs. L'AGPQ est tout à fait > d'accord
de procéder à la fermeture immédiate d'un service de garde... de garde lorsque
ça... lorsqu'il s'agit d'un cas clair et réel où vraiment la santé et la
sécurité des enfants sont compromises.
Quant aux vérifications d'absence
d'empêchement qui font l'objet de plusieurs nouveaux articles, on souligne à la
commission que la vérification d'absence d'empêchement est déjà très
compliquée, est la source principale d'avis de non-conformité, d'amende et de
pénalité dans le réseau. En même temps, par l'entremise du PL 46, le ministère
ajoute et augmente les pénalités dans ce dossier, sans aucune considération que
l'erreur peut être de bonne foi et que l'erreur est humaine.
L'AGPQ demande que le service de garde
soit accompagné dans leur vérification d'absence d'empêchement, mais est
d'accord que dans des cas de non-suivi ou de manque de collaboration... que des
sanctions soient appliquées. L'AGPQ est rendue au point qu'elle se questionne
sur le but des amendes administratives, à savoir est-ce que ces amendes sont
réellement... est-ce qu'elles sont devenues des sources de revenus pour le
ministère de la Famille ou... et/ou une manière détournée de couper le
financement déjà inadéquat du réseau? L'AGPQ se questionne aussi à savoir quel
autre organisme de la province se voit imposer de telles amendes
administratives, comme celles qui sont déjà imposées aux services de garde. Nos
écoles? Nos CHSLD? Plus précisément, l'AGPQ a des inquiétudes et des... des
questionnements concernant plusieurs articles du projet de loi n° 46.
• (11 h 30) •
En conclusion, l'AGPQ est favorable au
projet de loi n° 46, mais souhaite que les suggestions et recommandations
qu'elle présente dans son mémoire soient incluses, car elles contribueront à
l'application de la loi, au bon fonctionnement des opérations, à l'optimisation
de l'occupation et à la bonne gestion de l'argent des contribuables. Également,
l'AGPQ prend l'occasion lors de cette consultation pour faire état de la
situation dans son réseau. Depuis un certain temps, une ambiance de stress et
de mécontentement s'est installée dans les garderies à cause de mauvaises relations
avec des inspecteurs et des enquêteurs et surtout dans l'application des
interprétations de leur part des lois et règlements.
L'AGPQ est d'accord à ce que les garderies
réellement problématiques soient surveillées et que le ministère utilise tous
les moyens à sa disposition pour le bien-être de l'enfant. Malheureusement,
nous constatons que ce n'est pas ce qui se passe sur le terrain et que le
ministère met toutes les garderies dans le même panier et ainsi se trompe de
cible. Malheureusement, en agissant ainsi, des gens honnêtes, dévoués, de bonne
foi, qui oeuvrent dans le domaine des services de garde depuis plusieurs
années, se font humilier, malmener par le ministère de la Famille. Ils se
voient imposer toutes sortes de sanctions, et ce, d'une manière très abusive.
Incroyablement, on voit de plus en plus
des permis renouvelés pour un an au lieu de cinq ans, on voit des impositions
de pénalités et d'amendes administratives non justifiées pour des manquements
qui, selon nous, ne nécessitent pas de telles actions. Quand un inspecteur se
déplace pour aller dans un service de garde, il vérifie plusieurs éléments.
Pour un renouvellement de permis, il s'agit de 284 éléments. C'est sûr
qu'il va y avoir des manquements, que... des éléments qui ne passeront pas cet
examen, mais ils vont être interprétés différemment selon l'inspecteur. Refuser
de renouveler un permis pour une période de moins de cinq ans pour quelques
manquements est très abusif. Les conséquences d'un renouvellement de permis de
moins de cinq ans pour les garderies sont sérieuses. Certaines banques
n'accordent pas des prêts dans de telles... circonstances, et où la relation
d'affaires entre l'institution financière et la garderie est compromise.
Renouveler un permis pour moins de cinq ans
devrait être uniquement pour des manquements sérieux et non corrigés par le
titulaire de permis après l'expiration d'un délai raisonnable pour la
correction, comme c'était le cas avant au moment du renouvellement de permis.
Il faut rétablir la confiance qui existait entre les garderies et le ministère,
et ce, pour le bien-être de tous...
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11 h 30 (version révisé
e) Mme Borrega (Mona Lisa) : ...la
confiance qui existait entre les garderies et le ministère, et ce, pour le
bien-être de tous. S'il n'y a pas de changement dans l'attitude du ministère
avec les nouveaux pouvoirs qu'il vient chercher avec le projet de loi 46,
la relation sera encore plus tendue et plus toxique.
L'AGPQ demande aussi d'amender l'article 5.2
qui n'est pas clair et qui stipule : «Le prestataire de services de garde
doit assurer la santé, la sécurité et le bien-être des enfants à qui il fournit
des services de garde. Il ne peut, notamment, appliquer des mesures dégradantes,
abusives, faire l'usage de punitions exagérées, de dénigrement ou de menaces,
d'utiliser un langage abusif ou désobligeant susceptible d'humilier un enfant,
de lui faire peur, de porter atteinte à sa dignité ou à son estime de soi. Il
ne peut également tolérer des personnes à son emploi de tels comportements.»
Actuellement, cet
article est responsable de la majorité des cas de
non-conformité et amendes, des pénalités. Le problème majeur est que l'article
n'est pas clair, et son interprétation et sa portée sont très larges et
diffèrent d'un inspecteur à un autre.
En effet, chaque mot de l'article 5.2
peut avoir plusieurs interprétations. Les grandes lignes de cet
article doivent
être plus claires et bien définies, et ce n'est vraiment pas le cas
actuellement. En effet, actuellement, cet
article laisse place à une multitude
d'interprétations. Lorsque cet
article est interprété avec exagération, qu'il
dépasse le bien-être des enfants, il crée énormément aux titulaires de permis
et... des problèmes aux titulaires de permis et aux éducatrices, qui sont très
vulnérables dans leur travail.
Finalement, le but recherché par le projet
de loi 46 est la santé, la sécurité et le bien-être des enfants. Nous
croyons, tel que déjà mentionné, que le ministère a tous les... et la ministre
ont tous les pouvoirs actuellement pour le faire. Il ne faut pas oublier qu'il
y a d'autres facteurs qui affectent la santé, la sécurité et le bien-être des
enfants, lesquels ne sont pas du tout adressés dans le projet de loi. Le
sous-financement des frais d'occupation de locaux est un élément très important
qui affecte négativement la qualité des services de garde, l'entretien, la
réparation, l'état des lieux, des aires de jeux sont des facteurs importants
qui affectent directement le bien-être des enfants.
Le financement pour les enfants en
difficulté, les enfants handicapés ou ayant des besoins particuliers est loin d'être
à la hauteur des besoins de ces enfants. Depuis des années, l'AGPQ demande des
changements pour améliorer l'offre de services pour ces enfants, dont les
besoins et les comportements ont un effet direct sur les autres enfants du
groupe. L'AGPQ espère que la commission accueillera favorablement ces
commentaires et recommandations qui tiennent à cœur la santé, la sécurité et le
bien-être des enfants ainsi que le service rendu aux familles du Québec. Merci
de nous avoir entendus.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, merci beaucoup pour ce mémoire, la... la lecture de
votre... votre présentation ainsi que les recommandations. On va donc commencer
la période d'échange avec les parlementaires. Mme la ministre, la parole est à
vous, 16 min 30 s, pour votre banquette.
Mme Roy (Verchères) : Bien,
merci beaucoup. Merci de nous avoir présenté votre mémoire et votre opinion.
Vous allez quand même me permettre de faire certaines petites rectifications
qui, à mon sens, sont essentielles, ne serait-ce qu'au niveau de l'émission des
infractions. En 2020, il y en avait 226, on est allés à 257 en 2021, 2022, 181,
donc on ne va pas vers une hausse, mais vers une baisse, et 2023-2024, 110,
donc il y a une diminution. Ne vous inquiétez pas, nous ne financerons pas le
réseau avec ces amendes qui totalisent, si je prends l'année 2022-2023,
193 000 $ sur un budget de 3,2 milliards. Alors, non, ce n'est pas l'objectif.
Notre objectif est vraiment la santé, la sécurité des enfants. C'est, à notre
sens, ce qui est essentiel.
Vous nous avez mentionné à quelques
reprises dans votre présentation que les pouvoirs actuels suffisent à... les
pouvoirs actuels que... que le ministère a suffisent à pouvoir, justement, s'assurer...
assurer la santé et sécurité. Là-dessus, j'aimerais vous dire que, bien, il a
été démontré, dans les derniers mois, par les cas qui nous ont été présentés,
donc des cas qui... dont plusieurs ont été <médiatisés...
Mme Roy (Verchères) :
...les
derniers mois par les cas qui nous ont été présentés, donc des cas qui... dont
plusieurs ont été > médiatisés, et... Et je me rappelle même certaines
sorties publiques de l'association qui disait : Bien là, il faut que le
ministère agisse plus rapidement. Alors, il faut que les lois prévoient que le
ministère agisse plus rapidement et qu'on diminue les délais. Et c'est comme ça
qu'on veut justement pouvoir s'assurer... s'assurer de la sécurité, du
bien-être de nos enfants, qui est la priorité numéro un de nos services de
garde très diversifiés, que ce soient les CPE, les milieux familiaux, les
garderies subventionnées, les garderies non subventionnées. Ce sont... Nous
avons un très bon réseau et, évidemment, le projet de loi traite souvent de ce
que je pourrais dire est l'exception à la règle. Parce que la règle, nous avons
des bons services et nous avons... nos enfants sont en sécurité dans le réseau.
Vous nous avez beaucoup parlé du rôle des
enquêteurs, que vous semblez trouver un peu omniprésent, ou inégal, ou...
Est-ce que... Parce qu'on veut toujours se mettre en mode solution,
effectivement, notre objectif c'est de travailler ensemble dans ce même réseau-là,
pour assurer la... la santé, la sécurité et le bien-être de nos enfants. Est-ce
que vous pensez qu'une révision du guide, par exemple, des pratiques
inappropriées, nous permettrait justement de s'assurer, en travaillant
ensemble, en collaboration... nous assurerait qu'on ait tous la même définition
des choses, donc de s'assurer que l'on puisse avoir exactement la même
définition de ce que sont les pratiques inappropriées? Et... Ça, ça va être ma
première question. Donc, on va aller sur la révision du guide pour s'assurer
qu'on ait le même langage, même vocabulaire, même interprétation des choses,
puis je reviendrai après sur un autre sujet.
• (11 h 40) •
M. Alahmad (Samir) : C'est
sûr... Bonjour. Bonjour à vous tous. Bonjour, madame, bonjo