Transportation and the Environment — 10 June 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-06-10
Quebec — Committees
Mme Ghazal :
C'est ça, c'est que j'avais... Merci, Mme la Présidente. Donc, j'avais soumis
un amendement où je mentionnais qu'il ne peut pas y avoir de... Quand le
ministre fait un avis, il le fait si, par exemple, une mesure du gouvernement
ne permet pas de réduire les risques et une adaptation aussi aux changements
climatiques. Donc, je liais les deux ensemble.
Et, par la suite, suite à des échanges qu'on a eus
avec la députée de Maurice-Richard, avec le député
de Jonquière, où ils disaient : Mais les deux éléments,
oui, ils sont liés, mais pas vraiment,
ils peuvent être séparés, et tout ça... Et, par la suite, on a eu un échange
extrêmement fructueux où, vraiment, les quatre partis, on a travaillé ensemble
pour voir quelle formulation pourrait être la meilleure d'un point de vue
juridique, bien sûr, mais aussi d'un point de vue... sur le fondement de ce que
j'amenais comme idée, qui était celle que le ministre, quand il fait son avis,
il doit avoir à l'esprit qu'il y ait une réelle réduction des risques
climatiques. Et on est arrivés avec une formulation nouvelle, à laquelle tout le monde, tous les quatre partis sont
d'accord.
Et donc ce que je propose, Mme la Présidente, avec
votre permission, que je puisse retirer, donc, mon amendement et que je puisse déposer l'amendement sur lequel
tout le monde est conjoint.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Y a-t-il consentement pour
que la députée de Mercier puisse retirer l'amendement? Il y a donc consentement.
Donc, l'amendement est retiré. Donc, nous revenons à l'article 1. Donc, je
comprends que, Mme la députée de Mercier, vous souhaitez déposer un amendement.
Mme Ghazal :
Exactement, Mme la Présidente. Donc, je veux déposer un amendement...
Présidente (Mme Grondin) : Conjointement.
Mme Ghazal :
...conjointement avec M. le ministre de l'Environnement, la députée de Maurice-Richard et le député de Jonquière.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc, vous avez pris...
Mme Ghazal :
Je procède à sa lecture?
Présidente (Mme Grondin) : Oui, s'il vous plaît, je vous invite
à en faire la lecture.
Mme Ghazal :
Très bien. Alors, j'espère que j'ai la bonne version. Oui? Alors, modifier l'article
1 du projet de loi, tel qu'amendé, en remplaçant le quatrième alinéa par le
suivant :
«Le ministre doit être consulté lors de
l'élaboration des mesures qui pourraient avoir un impact significatif en
matière de lutte contre les changements climatiques. Il donne aux autres
ministres et aux organismes publics tout avis qu'il estime opportun pour
favoriser la lutte contre les changements climatiques et diminuer les risques
climatiques, et leur recommande tout ajustement nécessaire à ces fins,
notamment lorsqu'une mesure proposée, à son avis :
«1° n'est pas
conforme aux principes et aux objectifs énoncés dans la politique-cadre sur les
changements climatiques prévue à l'article 46.3 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement (chapitre Q-2);
«2° n'est pas conforme aux cibles de
réduction ou de limitation des émissions de gaz à effet de serre fixées en
application de l'article 46.4 de cette loi;
«3° ne permet pas une adaptation suffisante
aux changements climatiques.»
Donc, rapidement, moi, ce que... Dans mon amendement
précédent, ce qui était important pour moi, c'est de parler... Il faut que les risques climatiques soient réduits.
Et, ici, on trouve, donc, cette notion-là de réduction des risques climatiques
au tout début, donc, de l'alinéa quand on mentionne : «Il donne aux autres ministres et aux organismes
publics tout avis qu'il estime opportun pour — un — favoriser
la lutte contre les changements climatiques [mais] — deux — diminuer
les risques climatiques...» Donc,
cette idée-là de réduire les risques climatiques, elle se trouve là.
Et, pour toute la question de l'adaptation aux changements
climatiques, c'est là qu'elle a été séparée, suite aux échanges et aux
discussions, comme je le disais tantôt, très fructueuses qu'on a fait tout le
monde ensemble, et c'est là qu'on a dit : Bien, «adaptation climatique» va
se retrouver séparément, et c'est à l'alinéa 3°, tout en sachant qu'aussi ça
peut être relié avec les exemples que je donnais hier par rapport à... Quand on
réduit les risques climatiques, bien, c'est moins d'inondations, moins de
risques, par exemple, pour les Premières Nations, moins de toutes sortes de risques en lien avec les
changements climatiques. Donc, voilà le fruit de notre travail de
collaboration.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il d'autres
interventions? M. le ministre.
M. Charette : Brièvement, peut-être
saluer la participation de chacun et de la collègue de — là,
c'est le nom de la circonscription — Mercier, qui a lancé le
sujet, mais ensuite une belle collaboration, là, de l'ensemble des porte-parole des différentes formations politiques. Le projet
de loi parlait déjà d'adaptation aux changements climatiques. Mais la
nuance qui est apportée à ce moment-ci, elle est tout à fait pertinente, avec
la déclinaison qui est faite au niveau des risques climatiques et ensuite la
référence à l'adaptation climatique. Donc, merci à chacun des collègues, là.
C'est réellement une avancée qui permet de bonifier le projet de loi.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions? M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Alors, moi
aussi, je suis heureux du résultat final de ce travail, parce que, tel qu'il
était rédigé, le premier — je
ne me souviens plus si c'était un amendement ou un sous-amendement, là, qui
avait été présenté hier — amendement
qui avait été présenté hier par la députée de Mercier, moi, de mon point de
vue, affaiblissait les outils qu'on doit se donner pour, à la fois, lutter
contre les changements climatiques, mais aussi pour s'adapter aux changements
climatiques. Donc là, on a une formule qui nous permet d'être beaucoup plus
argumentés et outillés pour lutter contre les changements climatiques, mais
aussi on amène la notion de diminuer les risques climatiques. La manière dont c'est formulé, c'est beaucoup plus
clair qu'hier. Bon, ça, ça m'apparaît tout
à fait fondamental.
Également, le troisième paragraphe, on
dit : «...ne permet pas une adaptation suffisante aux changements
climatiques.» Hier soir, le ministre disait : Ah! ça répond à l'esprit de ce qu'on discute quand on parlait de «suffisamment», là, mais c'est parce que, quand on fait de l'étude détaillée, on n'est pas là pour discuter de l'esprit. On est là pour
discuter de la lettre du projet de loi, puis c'est extrêmement important, parce
qu'après ça c'est interprété devant les tribunaux. Donc, il faut que chaque mot
soit bien pesé.
Donc, quand on dit «ne permet pas une adaptation
suffisante aux changements climatiques», pour moi, le mot «suffisante», au lieu
de «suffisamment», vient beaucoup plus baliser ce qu'est le critère. Donc, une adaptation
suffisante... Si, par exemple, on a des risques d'inondation annuelle du lac
des Deux Montagnes, bien, il faut faire une digue suffisante pour empêcher que
l'inondation traverse dans un quartier résidentiel.
Alors, ça,
c'est une adaptation suffisante. Mais, quand on dit «suffisamment adapté», bien
là, pour moi, «suffisamment», ça laissait un peu plus de marge de manoeuvre
parce que ça laisse entendre qu'on pourrait discuter sur ce qui est
suffisamment ou pas. Donc, moi, je pense que «ne permet pas une adaptation
suffisante aux changements climatiques» est beaucoup plus clair.
Maintenant,
je sais que le gouvernement a travaillé... ou a trouvé plutôt des définitions
de risque climatique. Moi, j'aimerais entendre le ministre sur ce qu'est la
définition de risque climatique pour qu'on puisse avoir ça dans le Journal
des débats , pour bien comprendre de quoi on parle quand on parle de risque
climatique. S'il peut, le ministre, énoncer un peu les sources également pour
dire que ça ne vient pas de Wikipédia, là, ou du site d'Alexis Cossette-Trudel,
mais que ça vient vraiment de sources reconnues et scientifiques...
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, il y a consentement pour que le
sous-ministre puisse...
M. Charette : Je pourrais y
aller dans un premier temps, oui, sans problème.
La Présidente
(Mme Grondin) : Parfait.
M. Charette : Pour ce qui est des sources, je vous reviens dans
quelques instants parce que j'ai uniquement le résumé. Effectivement, c'est une
référence au risque climatique qu'on retrouve
dans différentes publications crédibles. Donc, je vous en fais le résumé et
après je pourrai vous parler des sources elles-mêmes.
Donc :
«Le risque climatique est un risque lié à la vulnérabilité accrue aux variations
des indices climatiques, tels que la température, le vent, la neige ou les
précipitations.»
Ou encore : «Le risque climatique est un
risque lié à la vulnérabilité accrue des entreprises par rapport aux variations des indices climatiques — encore une fois — (température, précipitations, vent, neige)...
«Dans de nombreux secteurs économiques — là, il y a une énumération — (agriculture et agroalimentaire, énergie,
textile, tourisme, loisirs, construction...), le risque climatique est beaucoup plus important que le risque de
marché traditionnel (taux d'intérêt, [taux de] change, matières premières...) et peut expliquer à lui seul l'essentiel de la
volatilité du résultat.
«La prise de
conscience par les entreprises du risque climatique explique l'explosion du
marché des produits dérivés climatiques.»
«Aux États-Unis, le risque climatique est pris en
compte par la Coalition for Environmentally Responsible Economies.»
Encore autre citation ou définition, «risque
climat», et ça tourne autour, là, du même concept : «Le risque climat est
caractérisé par l'exposition d'un agent économique aux impacts climatiques et
aux répercussions de ceux-ci sur son activité. Les impacts climatiques
susceptibles de menacer une entreprise peuvent être directs : hausse et
variation de température, hausse du niveau des eaux, ouragans, [...].
«Ils peuvent aussi
être indirects : baisse des rendements agricoles, menace contre la
biodiversité, [...]. Le risque climat est donc une réalité préoccupante, en
particulier pour les secteurs du tourisme ou de l'agroalimentaire.
«La prise en compte
du risque climat est souvent un préalable à l'action concrète.»
Et là j'ai une série
d'exemples, là, que ce soit excès de pluie ou pluie intense, période de
sécheresse, gel hâtif ou tardif, vents violents, érosion, assèchement des sols,
grêle, forte variabilité météorologique, épisodes plus longs de chaleur
excessive. Bref, on parle d'une énumération assez complète.
Et je vous citais différentes définitions qui se
regroupent, qui se retrouvent... mais qui sont citées de différents exemples.
Et c'est là où je pourrais peut-être laisser la parole au sous-ministre
adjoint, s'il le souhaite.
Présidente (Mme Grondin) : Il y a un consentement? Il y a donc consentement. Pouvez-vous vous présenter, s'il vous plaît?
Théroux (Éric) : Éric Théroux, sous-ministre
adjoint, lutte aux changements climatiques, au ministère de l'Environnement et
de la Lutte aux changements climatiques.
Donc, dans les recherches qu'on a effectuées,
essentiellement, la même définition revient de source en source. Je me
limiterais peut-être à, essentiellement, en termes bibliographiques, référer à
Didier Marteau, un bouquin qui
s'appelle La gestion du risque climatique , Economica, en 2004. Mais on
retrouve aussi, sur des sites d'assurance, sur le site aussi de Novethic, qui
traite de l'essentiel de la finance durable, les mêmes définitions, là, donc,
peu importe la source. Et effectivement elle est reprise textuellement dans Wikipédia,
mais au moins, cette fois-là, sur Wiki, c'est conforme à ce qu'on retrouve
ailleurs.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, merci. M. le député de Jonquière,
souhaitiez-vous... Vous avez...
Gaudreault : Ça me va, Mme la Présidente. Moi, je pense que c'est bien
expliqué. Alors, moi, je suis satisfait du travail qu'on a fait pour corriger
la rédaction boiteuse d'hier.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Y a-t-il d'autres interventions?
Parfait. Donc, nous allons procéder à sa mise aux voix... à la mise aux voix de
l'amendement, pardon.
La Présidente (Mme Grondin) : Effectivement, mais on va quand même... Donc, par appel nominal, est-ce que...
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Pour les membres du groupe
parlementaire formant le gouvernement?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Montpetit, Maurice-Richard?
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait.
Donc, l'amendement est adopté, évidemment, puisqu'il a été déposé conjoint.
Nous allons donc revenir à l'article 1. Et la députée de Maurice-Richard
souhaitait déposer un amendement... Pardon,
le député de D'Arcy-McGee, je suis désolée, vous souhaitiez déposer un
amendement. Est-ce que vous l'avez transmis?
M. Birnbaum :
Oui, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Grondin) : Oui, à la secrétaire? Donc, nous allons suspendre
quelques instants les travaux afin qu'on puisse en prendre connaissance.
(Suspension de la séance à
12 h 05)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons les travaux. Le
député de D'Arcy-McGee, vous avez déposé un amendement. Je vous invite à en
faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Birnbaum : Merci,
Mme la Présidente.
L'article 1 :
L'article 10.1 de la
Loi sur le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs, introduit par l'article 1 du projet de loi,
est modifié par l'ajout, à la fin de son troisième alinéa, après les mots «les
résultats», des mots «, en tenant compte des exigences et priorités des
communautés autochtones du Québec et en consultant et impliquant celles qui
manifestent un intérêt ou sont touchées directement par des enjeux environnementaux».
Donc, l'article tel que modifié se lirait ainsi :
«10.1 Le ministre assure la cohérence et la coordination des politiques,
des plans d'action, des programmes, des processus de concertation et des autres
mesures du gouvernement, des ministères et des organismes publics qui
concernent la lutte contre les changements climatiques et est associé à leur
élaboration. Chaque ministre ou organisme public concerné demeure responsable
du choix et de la mise en oeuvre des moyens pour atteindre les résultats, en
tenant compte des exigences et priorités des communautés autochtones du Québec
et en consultant et impliquant celles qui manifestent un intérêt ou sont
touchées directement par des enjeux environnementaux.»
Mme la Présidente, nous sommes toujours dans l'esprit et l'espoir de renforcer la portée
de cette éventuelle voix dans notre vie quotidienne et à la vue de bonifier la
veille aux réductions des effets de gaz
de serre. Et un des outils qui est toujours
pertinent à nos discussions à l'article 1, c'est de l'équiper, le ministre, comme
plusieurs ont dit, comme chef d'orchestre... d'équiper le ministre avec la capacité, l'obligation, la
transparence, l'expertise pour bien veiller à sa mission qui est assez, assez
importante, surtout dans le contexte actuel, et compte tenu de la préoccupation
où le Québec se distingue, la préoccupation quotidienne de faire mieux en
termes du développement durable.
Alors, l'esprit et, comme je dis, l'espoir
derrière notre amendement, c'est de veiller, de façon scientifique, positive et
claire, à un processus qui va lier ce gouvernement à son obligation et son
objectif d'exprimer... de joindre les cibles, comme, maintenant, mentionné dans le projet de loi, de faire mieux et
d'assurer une transversalité dans l'obtention de ces objectifs.
Écoutez, nous allons nous rappeler qu'il y a
quelques journées, dans la même optique, c'était la proposition de l'opposition
officielle, suite à plusieurs propositions de chacune des formations de
l'opposition, de faire en sorte que, dans une première étape, c'est-à-dire
l'adoption de la meilleure loi possible, nous aurions eu l'expertise et les
témoignages de plusieurs intervenants qui avaient, de notre avis, la capacité
de bonifier nos discussions et de bonifier nos propositions d'amendements, de
bonifier le projet de loi devant nous. Et, bon, on insiste et on persiste que
ça aurait rendu nos discussions plus rigoureuses et les résultats plus
probants, de notre lecture.
Alors, c'est toujours notre point de vue compte
tenu du refus du ministre de ces propositions d'inviter à comparaître plusieurs
groupes experts, entre autres des représentants des communautés des Premières
Nations et Inuits. Nous poursuivons cet objectif peut-être de façon même plus
substantielle et avec le potentiel d'un impact plus répandu, si je peux le dire
comme ça, c'est-à-dire d'instaurer l'obligation et l'opportunité d'entendre et
d'écouter de façon régulière les communautés autochtones sur cette question
d'importance capitale.
Je nous rappelle que ce n'est pas du tout sans
précédent ni révolutionnaire, ce que nous proposons. Nous sommes devant une
décision récente de la Cour suprême, qui démontre l'obligation des instances
gouvernementales en ce qui concerne des projets environnementaux qui risquent
de toucher au sort des communautés autochtones... ainsi à nous tous. Cette
décision parle d'une obligation de consultation pas à la pièce, pas gré à gré,
de façon institutionnelle et formelle.
Cette Assemblée, par motion unanime, a indiqué son
intention de donner voix, de donner un sens à la déclaration des Nations unies, Mme la Présidente, sur l'autodétermination et la
place de nos communautés autochtones. Je nous rappelle que c'était une motion
unanime. Je nous rappelle que le Canada est signataire à cette déclaration. Et, sans qu'on passe à la lecture, le temps ne le
permet pas, qu'on se rappelle que c'est dans l'esprit de cette déclaration,
que, je me permets de dire, a l'air d'être lettre morte avec le gouvernement
actuel au Québec, depuis son adoption, la motion... Cette déclaration nous
invite à la suite logique, c'est une implication de ces communautés de façon
régulière et, en quelque part, statutaire.
Donc, dans un
projet de loi qui a toute son importance, l'opportunité est là.
Actuellement, l'intention du législateur ne porte pas
attention à cette obligation, ce que nous
essayons de faire dans notre projet d'amendement. Je tiens, parce qu'on ne
le fait pas assez souvent, à souligner que l'apport, qu'on songe de faciliter,
des communautés autochtones en ce qui a trait à notre traitement de l'énergie
renouvelable, de nos efforts pour réduire les gaz à effet de serre est une
proposition gagnant-gagnant.
Et la raison
pourquoi j'interviens dans ce sens-là, c'est pour éviter que ça soit vu comme
un fardeau : Bon, voilà, une autre fois, une revendication de nos
communautés autochtones, et nous, on a l'obligation morale d'en suivre... Oui,
on a cette obligation, mais comprenez que ce n'est pas le sens unique de notre
proposition. Je dirais même, et je crois que les députés, mes collègues
de Maurice-Richard, de Jacques-Cartier, de Nelligan, et, j'ose croire, les autres députés autour de la
table, seraient d'accord, ce que nous
proposons, dans un premier temps, les obligations, oui, tout entendu, c'est une
valeur ajoutée.
Là, un des
aspects qui ressortait tellement souvent lors des consultations, et, malheureusement, n'a pas, de tout ce que je vois, fait écho comme il faut auprès du ministre
ni son gouvernement : est-ce
qu'on peut, dans un domaine tellement
important, se fier aux données probantes? Est-ce qu'on peut, de façon
statutaire, se prévaloir de l'expertise des gens de science, de la recherche? Est-ce que
ça peut être présent et exigé à chaque instance de nos délibérations et nos
activités, notre implantation d'un éventuel projet de loi n° 61? Voilà ce qui alimente notre proposition, comme je dis, pas juste le fardeau,
l'obligation solennelle et légale, en quelque part, de consulter nos
communautés autochtones, c'est de nous inviter à nous prévaloir d'une
expertise, d'une expérience, d'une vision de cohabitation de cette planète, qui
appartient uniquement aux peuples avec qui nous avons le privilège de partager
le territoire du Québec.
Alors, Mme la
Présidente, que ça soit clair, si on cherche, de façon statutaire, dans cette
instance-ci, comme dans l'autre, qui faisait sujet des autres amendements, de
bonifier le projet de loi, de renforcer la main du ministre pour qu'il puisse
se doter des outils nécessaires pour jouer son rôle qu'il cherche lui-même,
le ministre, et je reçois ce souhait avec bonheur, qu'il soit en mesure de
jouer pleinement son rôle pour veiller... pour assurer que, les
futurs projets de loi, des actes administratifs, des règles soient fidèles à notre objectif partagé de
veiller à notre environnement, et pas, on se rappelle, seulement quand il y a
une question législative ou administrative qui a comme sujet l'environnement.
Comme le ministre l'a dit hier, à juste titre,
plus de dichotomie économie‑environnement, c'est-à-dire, est-ce qu'il va être
outillé, en notre nom collectif, de veiller à l'objectif de ce projet de loi à
chaque instance d'action de ce gouvernement
et des gouvernements futurs? Si c'est un projet qui touche à l'économie, au
transport, oui, à l'environnement, à l'économie, est-ce que le ministre va se
doter des outils nécessaires pour le faire de la bonne façon?
Maintenant,
dans l'optique de voir ce projet d'amendement comme une valeur ajoutée, est-ce
qu'on peut se rappeler, comme j'ai dit, de l'expertise et de l'expérience du
peuple autochtone? On a quelques exemples qui nous montrent la voie. L'entente Malartic avec les
communautés autochtones et l'exploitateur minier qui s'annonce dernièrement et qui parle d'un partenariat intéressant du développement, ce n'est pas le peuple autochtone qui va dire que «développement», ah mon Dieu! voilà un mot qu'on ne
prononce jamais, aucunement, aucunement. On parle de participer comme
partenaire à part entière dans le développement éclairé, constructif et
nécessaire. Et voilà un exemple, Mme la Présidente, le genre d'exemple qui
montrerait la voie de comment faire lors de l'implantation de ce projet de loi
encadré tel que proposé par notre amendement ou animé par l'obligation, de
façon statutaire, à se prévaloir de l'expertise, comme je dis, de la vision et
de l'expérience du peuple autochtone.
Je me permets
de noter, Mme la Présidente, que tout ça a son importance à l'aube des débats
actuels à l'Assemblée nationale. Bon, le ministre a tenté d'interrompre
les interventions qui touchaient au projet de loi n° 61 hier, et sans
effet, parce qu'évidemment, évidemment, ça a toute sa pertinence dans nos
discussions, toute sa pertinence. Donc, je me permets... Et je n'ai pas le
moindre doute que les gens que je vais citer vont dire que ce n'est pas hors
contexte du tout. Leurs interventions, hier, ont été tout à fait en contexte.
Lors de la comparution du grand chef Ghislain
Picard, dans un premier temps, qui avait avec lui une lettre d'appui, plusieurs, dont des communautés membres de
l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador... Vous allez
me permettre, Mme la Présidente, donc, de citer juste quelques constats dans le
mémoire présenté solennellement, et avec toute sa légitimité, par le grand chef
Picard hier. Et, comme je dis, ça se transpose clairement à nos discussions
actuelles sur l'amendement qui est proposé par notre formation.
«L'APNQL ne commentera pas les dispositions d'un
projet de loi qui ne nous considère pas dès le départ. L'APNQL tient à exprimer
fermement que sa participation aux auditions de la Commission des finances
publiques sur le projet de loi n° 61 ne peut être interprétée comme une
forme de consultation ou comme une renonciation par les gouvernements des
Premières Nations à leurs champs de compétence, pour lesquels ils continueront
d'exercer pleinement leur droit [de] l'autodétermination.
«L'établissement et le maintien des relations de
gouvernement à gouvernement entre les Premières Nations au Québec et les
autorités politiques de la province doivent demeurer la base de toute
considération. L'APNQL, comme organisation, est le vecteur d'un collectif
composé de gouvernements souverains et présente une déclaration en vertu d'un
ensemble de principes qui font consensus.
«La présente
déclaration contient une série d'appels au respect que l'APNQL met de l'avant
pour servir de prémisses de base pour assurer une relance économique respectant
les valeurs des Premières Nations, et qui les impliquent réellement sur [les]
territoires non cédés afin d'avoir une relation d'égal à égal avec le
gouvernement du Québec.»
Mme la
Présidente, j'insiste. Je postule que si, avec le plus grand respect, je peux
imaginer le grand chef devant nous actuellement, tout ce qu'il a dit hier a
toute sa pertinence avec l'amendement que nous proposons, parce que, si nous
sommes pour donner vie au moment donné à la déclaration, voilà l'exemple en or,
c'est d'impliquer, de façon formelle, réelle et ponctuelle, les communautés
autochtones, avec leur expertise, avec leur expérience, avec leurs valeurs,
dans nos délibérations ordonnées en pérennité par le projet de loi devant nous.
Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Merci. M. le ministre,
souhaitez-vous intervenir? Il y a d'autres...
Charette : Je vais donner
une explication la plus complète possible dans quelques instants, mais je vais
prendre le temps de consulter nos
gens, là, pour certaines précisions, réitérer que c'est fondamental de consulter
les peuples autochtones.
Ce que j'ai
eu l'occasion de mentionner en début de semaine, je crois, ou sinon la semaine
dernière pour l'élaboration autant de la politique-cadre, autant pour la perspective du projet de loi
n° 44 également, au cours des derniers mois, il y a eu plusieurs
consultations qui se sont faites avec des déplacements, je le mentionnais,
notamment sur le côté de Kuujjuaq. Et on me disait à ce moment-là que c'était
la première fois qu'un ministre de l'Environnement se déplaçait pour les
consulter. Donc, ils ont apprécié.
Mais aussi d'autres rencontres, que ce soit ici, à Québec, que ce soit dans la région de Chibougamau aussi, où j'ai eu le
plaisir de me rendre... Donc, cet esprit... cette volonté de consulter est
présente et fait
partie de nos pratiques.
Cependant, je
ne sais pas, à ce moment-ci, si c'est nécessaire de l'inclure dans le projet de loi. Je m'explique. Je ne souhaite pas, à travers le projet de loi n° 44, inclure des éléments qui sont déjà, de facto,
acquis. Donc, c'est la vérification qu'on est en train de faire. Donc, oui à la
consultation. C'est un concept qui est fondamental à travers le gouvernement, mais surtout par respect pour les peuples autochtones. Mais il faut le
faire de la bonne façon. Il faut l'incarner de la bonne façon.
Donc, ce seront mes premiers mots, dans un
premier temps. Et je vais, naturellement, écouter avec intérêt les autres
collègues. Et, par la suite, je pourrai vous dire, là, où en est l'état de situation
à l'heure où on se parle.
La Présidente (Mme
Grondin) : Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Bien, je trouve très, très intéressant et pertinent l'amendement de
mon collègue de D'Arcy-McGee, de demander que chaque ministre ou organisme, lorsqu'il choisit lui-même... c'est-à-dire, eux-mêmes, les moyens pour
ou toute la question de la lutte aux changements climatiques, bien, qu'ils
prennent au moins... qu'ils tiennent compte des peuples autochtones, des Premières
Nations, mais aussi en consultant ceux sur qui il pourrait avoir des impacts...
les changements climatiques peuvent avoir des impacts.
Donc, je
trouve que c'est très bien. Je trouve que c'est intéressant que le ministre
prenne le temps et fasse l'effort de trouver où, dans le projet de loi, cette notion-là pourrait être mise. Peut-être que, finalement, il va trouver que ce serait... c'est le bon endroit. Peut-être
qu'il va trouver que ça existe ailleurs, quoique je ne suis pas certaine. On ne
nomme pas, dans le projet de loi, là, toute la question des communautés
autochtones et des consultations.
Mais je suis
certaine puis j'ai espoir que, finalement, il va maintenir... parce que, s'il est d'accord
avec cette idée-là, qu'il reconnaît que c'est important de consulter les
peuples autochtones, entre autres, et les autres... et ceux qui manifestent un
intérêt lorsque des organismes mettent en oeuvre ou font des choix pour lutter
contre les changements climatiques, bien, qu'on en tienne compte, de ces Premières Nations... Ce que je comprends, c'est que le ministre
est d'accord avec le principe. Il est juste en train de dire où ça devrait être
mis de façon pertinente. Et j'ai donc beaucoup, beaucoup d'espoir, comme pour, tout à l'heure, la motion que j'ai... pas la motion, mais l'amendement
que j'ai amené... C'est cet
exercice-là que le ministre a fait et ça s'est terminé par modifier l'article,
l'alinéa... et que ça a été adopté.
Moi, ce que
je trouve aussi intéressant, ce qui aurait pu alimenter notre réflexion... Je me rappelle que le député
de D'Arcy-McGee avait une motion préliminaire qu'il
avait déposée où il mentionnait que ça aurait été intéressant, ce serait bien d'entendre l'Institut de développement durable des
premières nations du Québec et du Labrador. Peut-être qu'ils nous auraient
dit que ça manquait, cet aspect-là.
Donc, je
reconnais l'effort que fait le député
de dire : Bien, il faut que ça soit mentionné. Et il le mentionne à cet endroit-là. Et c'est très important
que le ministre le mette... S'il ne veut pas le mettre à cet article-là,
c'est une technicalité. Il faut que, dans le projet de loi n° 44, ça soit mentionné quelque part, parce que, si on regarde les autres projets de loi...
projet de loi n° 61, pour ne pas le nommer, le chef
des Premières Nations, M. Ghislain Picard, est sorti puis il a dit
récemment : Avec le projet de loi n° 61, on n'est pas sur le radar. Le gouvernement, encore une fois, n'a pas
tenu compte de nos intérêts, n'a pas tenu compte de l'impact de... les projets
ou de toute cette relance économique sur les peuples autochtones, alors qu'ils
ont souffert, comme tous les Québécois, de la crise sanitaire, et on ne
tient pas compte de leur avis.
Et il ne faut
pas qu'avec le projet de loi n° 44... Le ministre a l'opportunité ici de
dire : Bien, c'est vrai, on ne l'a pas fait, mais là on va le faire, donc,
de se rattraper et de rattraper l'indifférence peut-être apparente,
probablement pas réelle, mais apparente, du gouvernement dans tout ce qu'il
fait en lien avec les peuples autochtones. Donc, il y a ici une opportunité que
j'invite le ministre à saisir.
Et moi, je
vais... Je l'annonce tout de suite, à cet article-là, l'article 1, j'ai un
amendement qui n'est pas directement en lien avec la question des peuples
autochtones, mais c'est un outil de
plus que j'annonce maintenant et qui va, entre autres, permettre à tous les
ministères ou organismes publics de tenir compte de l'impact des changements
climatiques, entre autres, sur les peuples autochtones. Et donc c'est un outil
dont on pourra discuter lorsque j'aurai l'occasion de soumettre l'amendement.
Donc,
j'invite le ministre... Je suis contente de voir le travail qu'il fait. Et
j'espère qu'on va pouvoir... il va pouvoir faire une différence
peut-être dans la culture ou dans la façon que le gouvernement traite ou tient
compte des Premières Nations lorsqu'il amène un projet de loi, ou un règlement,
ou peu importe. Avec cet amendement-là, il a
cette opportunité-là, et je l'invite à la saisir. Donc, c'est clair que moi, je
vais voter pour cet amendement. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui,
merci, Mme la Présidente. Écoutez, il y a quelques jours, nous avons eu,
presque à la même place, le même
contexte. Mon collègue le
député de D'Arcy-McGee nous a déposé la motion. Je me rappelle que j'ai ramené sur la table plusieurs
arguments, et nous avons vu par la suite la réaction du chef par rapport au projet de loi n° 61.
Mais, avant
d'aller dans le fond de l'amendement proposé par mon collègue, je pense
que notre collègue, aujourd'hui, nous donne une deuxième chance, Mme la Présidente, parce que, malheureusement, je peux dire que le premier refus de la motion a
été un peu amer. Donc, j'invite l'équipe du ministre
et aussi le ministre à vraiment prendre le temps de lire et de comprendre le
message derrière cet amendement de mon collègue,
parce qu'envoyer deux refus aujourd'hui... Je ne pense pas
qu'aujourd'hui nous sommes en train de convaincre ou supplier le ministre. Je
pense, lui-même, il est convaincu de
l'importance de travailler avec les peuples autochtones.
Et je vais
commencer avec la première chose. Malheureusement, le ministre n'était pas à
Katowice. C'est son ancienne collègue qui était là. Les deux autres collègues
de l'opposition, on s'est vus. Et un point qui a été... en fait, encore une
fois, c'est par Environnement et Changement climatique Canada : «Le
gouvernement du Canada crée un nouveau poste afin d'appuyer les connaissances
et la participation des peuples autochtones dans les négociations des Nations
unies relatives aux changements climatiques et pour soutenir la plateforme des
communautés locales et des peuples autochtones.»
Ça, ça a été,
Mme la Présidente, la dernière COP officielle, parce que, l'avant-dernière, ça
aurait dû être en Chili, mais ça a changé. Donc, ça a été en décembre 2018. Et on voit l'importance, de la part, à l'époque,
de la ministre responsable de l'Environnement et du Changement climatique,
Mme Catherine McKenna... sur la façon avec laquelle elle voulait
travailler avec les peuples autochtones.
Donc, moi,
aujourd'hui, le message que je veux envoyer au ministre... que c'est obligatoire. En fait, je dirais que, si
on veut, encore une fois, atteindre les cibles de réduction de GES, ça, c'est
un travail d'équipe et de collaboration. Donc, je ne pense pas, Mme la Présidente, que c'est le travail d'une
seule personne. On veut que le ministre devienne le chef d'orchestre. Ça, c'est
un fait. C'est un fait. On veut que le ministre devienne le chien de garde de
ce ministère. Ça, c'est un fait. Et donc, pour qu'il soit un vrai chef
d'orchestre, Mme la Présidente, et, j'en suis sûr et certain, c'est son
souhait, bien, il faut qu'il s'entoure et qu'il collabore avec d'autres
personnes, et d'autres ministres, et ministères, et organismes, et sociétés
d'État.
Et la
proposition de mon collègue le député de D'Arcy-McGee, elle est extrêmement
importante, parce que, jusqu'à maintenant, on n'a pas vu comment le ministère veut travailler avec
les communautés autochtones du Québec. En fait, je veux bien voir la proposition du ministre par
rapport à ce que mon collègue
vient de proposer, mais je trouve ça quand
même important... Je ne veux pas prêter d'intentions au ministre.
On peut toujours oublier, quand on démarre un projet de loi, qu'on échappe une, on échappe deux, on échappe trois... C'est pour cela
que le rôle de l'opposition, c'est important.
C'est pour cela qu'amender, bonifier, c'est le rôle de l'opposition. Et j'espère et je compte vraiment sur l'ouverture du ministre pour...
Un, au-delà
de l'amendement, on doit s'entendre que l'atteinte de nos objectifs
dépend de la participation de plusieurs personnes, et groupes, et ministères.
Encore une fois, je reviens à la notion du chef d'orchestre. Mais
la question non négociable, parce que, comme je l'ai dit, Mme la Présidente, je peux accepter... Et, je l'ai dit, je l'ai accepté, et, le goût, il
était très amer, le refus de la première motion déposée par mon collègue
la semaine dernière. Mais aujourd'hui je ne veux pas trouver aucune excuse de ne pas
inclure les peuples, les communautés
autochtones du Québec...
en les consultant, en les impliquant pour atteindre nos objectifs.
Donc, Mme la Présidente, je veux juste qu'on soit clairs, parce que mon collègue
a mis la table, et je trouve ça très intéressant, avoir un débat de fond avec M. le ministre
sur comment il compte travailler avec les peuples autochtones. On ne
peut pas les exclure. On doit travailler avec eux. Et je salue... Il nous a
mentionné qu'il les a consultés. Il a eu une conversation avec
eux. Mais j'aimerais bien, Mme la
Présidente, s'il veut même... Si vous
me permettez, parce que je l'interpelle, et je peux revenir à...
continuer par la suite, mais j'aimerais bien savoir le fond de sa
pensée, le fond de la pensée du ministre, s'il a avancé dans sa pensée, parce qu'il a ouvert la porte, et, moi, quand le
ministre m'ouvre la porte, je peux vous assurer que je ne la laisse pas... et
je saisis l'occasion.
Donc, j'ai vu
que le ministre nous ouvre la porte par rapport à l'amendement proposé par mon
collègue, mais j'ai une série de questions, et cette série de questions va nous
donner le ton par rapport à la suite du projet de loi, surtout parce que notre
objectif, c'est l'atteinte... en fait, arriver à respecter les seuils qu'on
s'est donnés dans ce projet de loi.
Donc, un,
comment le ministre compte impliquer les communautés autochtones? Et je tiens
juste à le rappeler, à rappeler au ministre la Déclaration des Nations unies sur les droits
des peuples autochtones. La semaine dernière, je l'ai utilisée. J'ai même utilisé l'UNESCO... la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, une déclaration extrêmement importante. Je sais que, tout à l'heure, on a parlé de Wikipédia, mais il y a des rapports extrêmement... et
j'en suis sûr, que l'équipe du ministre a eu l'occasion de lire... les
femmes autochtones... des documents très bien documentés.
J'ai la
page 19, Mme la Présidente. Et, si vous voulez, encore une fois, comme ce
que j'ai fait la dernière fois, Mme
la Présidente, je peux vous envoyer
ce document et le déposer pour le bénéfice de notre commission. C'est un
document qui... C'est un rapport de 2019. Donc, si vous me le permettez,
on va vous le faire suivre, Mme la
Présidente. C'est le rapport de
2019 portant sur les changements climatiques, et, écoutez, ça a été réalisé par
les Femmes autochtones du Québec. Je ne sais pas si vous avez eu le temps de le
lire. Je vous invite à lire la page 19 où ce même groupe parle de la
Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, en
matière de sécurité et protection, en matière de culture, consultation et santé
et en matière de protection de l'environnement.
Donc, Mme la Présidente, j'ai des organisations
qui font un bon travail de consultation, de protection de l'environnement. Et
on veut tous atteindre cet objectif. Moi, je pense que l'amendement que mon
collègue a présenté vise, au-delà de la notion de les inclure, au-delà de les
consulter... mais aussi en tenant compte de leurs exigences et priorités. Et donc, «en
tenant compte des exigences et priorités des communautés autochtones du Québec
et en consultant et impliquant celles qui manifestent un intérêt ou sont
touchées directement par des enjeux environnementaux», moi, quand je lis
cet amendement, Mme la Présidente...
J'ai devant
moi le rapport des Femmes autochtones du Québec, que j'étais en train
de lire, puis j'ai quand même lu tout un bout, mais la page que je vous ai
dite, Mme la Présidente, 19, qui nous fait rappeler... D'ailleurs, il y a
tout un bout sur l'eau : «Transfert du savoir entre les générations». Et
je me demande, en lisant plusieurs rapports déposés sur le Greffier... Sérieux,
là, Mme la Présidente, ce rapport, c'est une bonne plus-value pour nous, là. Je
l'ai lu et je vois, un, la notion de l'environnement chez les peuples autochtones.
Mais ce qui me touche le plus, parce
que je ne savais pas qu'il y a une organisation qui existe, au nom des Femmes
autochtones du Québec, et qui a fait un document bien détaillé, et on parle de
la relation avec la terre et protection de l'environnement.
«L'article 25
énonce que les peuples autochtones ont le droit de conserver et de renforcer
leurs liens spirituels particuliers avec les terres, les territoires, les eaux
et les ressources. L'approche globale de la spiritualité autochtone met l'accent
sur la façon dont la spiritualité a une incidence sur la santé générale de la
personne. L'aîné cri Eric House affirme ce qui suit : "Les plantes
médicinales et la cérémonie que nous utilisons peuvent guérir les maladies que
la médecine scientifique ne peut pas guérir. Nous connaissons le Créateur; nous
connaissons le monde[...]."»
Un peu plus
loin, on parle de l'article 29 : «...prévoit le droit à la
préservation et à la protection de l'environnement, y compris le
consentement préalable, libre et éclairé, concernant les territoires
traditionnels et les mesures efficaces pour veiller à la surveillance, au
maintien et au rétablissement de la santé des peuples autochtones. Ces droits
ne sont pas respectés tant que se poursuit la conversation concernant les impacts
des changements climatiques sur la santé des peuples autochtones. Il reste
encore beaucoup à faire pour éviter la voie vers la destruction, voie sur
laquelle l'humanité [s'est] actuellement engagée.»
Ça, Mme la Présidente, c'est la page 19 du
rapport... Femmes autochtones du Québec. Donc, mon collègue, en mentionnant
le... en déposant cet amendement... C'est un rapport que j'avais, que je n'ai
pas eu l'occasion de lire. J'étais interpelé par la relation avec la terre et
protection de l'environnement. J'étais interpelé par l'appel des Femmes autochtones, et moi, je pense qu'encore une
fois...
Et je vais
terminer sur ce point, Mme la Présidente, parce que j'ai hâte d'entendre le
ministre. Je pense qu'il a terminé sa réflexion. J'ai hâte d'entendre le ministre.
Comment il voit l'implication du peuple autochtone, les femmes
autochtones dans l'atteinte de son objectif?
Moi, je pense, aujourd'hui... une deuxième fois que mon collègue lui offre une deuxième chance. La première, ça n'a pas été saisi. Il
avait ses arguments. Comme je l'ai bien dit, Mme la Présidente, j'avais
un goût amer en quittant le salon rouge. Aujourd'hui, j'espère que je vais
aller prendre mon lunch avec un bon sourire
de la part du ministre, qu'il va accepter l'amendement de mon collègue parce
que c'est un excellent amendement qui offre une deuxième chance au ministre de
prendre en considération et d'impliquer davantage les communautés autochtones
du Québec.
Donc, je ne
sais pas, Mme la Présidente, si le ministre... Et je vous parle, hein, je vous
demande si le ministre peut réagir. Et,
le temps qu'il me reste, je vais revenir soit saluer et l'applaudir qu'il m'a
laissé la porte ouverte, et je le remercie... Si jamais ce n'est pas le cas, je ne lui prête pas d'intentions, je
vais reprendre mon temps de parole, Mme la Présidente. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions? M. le député de
Jonquière.
Gaudreault : Oui, merci. Alors, c'est évident qu'il faut consulter les
Premières Nations, les nations autochtones. C'est tout... Je veux dire, c'est une évidence, là, c'est même
une obligation. Et c'est pour cette raison, parce que c'est une
obligation, que je ne suis pas certain de la formulation de l'amendement. En
tout respect pour mon collègue de D'Arcy-McGee, que j'apprécie énormément, je
trouve que la formulation actuelle, actuellement proposée par le collègue de
D'Arcy-McGee, est un peu boiteuse de la manière... pour les raisons suivantes.
Quand on dit
«tenir compte», bon, «tenir compte», ce n'est quand même pas une obligation. Ça
veut dire quoi, «tenir compte»? Je peux écouter ce que vous dites, Mme la
Présidente, mais je n'en tiendrai pas compte. Vous me dites de faire un
sous-amendement, puis je vais faire un amendement, je n'en tiendrai pas compte.
Je veux dire, je vais vous écouter. J'en tiens compte, mais je fais autre
chose. Alors, pour moi, «tenir compte», je ne suis pas sûr que c'est la bonne
formulation.
Autre élément, les exigences. Tenir compte des exigences, bon, c'est quoi, une
exigence? C'est fort, une exigence. Je ne suis même pas sûr que les nations
autochtones elles-mêmes s'entendent sur leurs propres exigences entre... dans une nation, à l'interne, même, là. Puis, à
l'intérieur même d'une nation, il y a des groupes traditionalistes, il y
a des groupes pas traditionalistes. Donc, c'est quoi, ça, une exigence? Est-ce
que c'est parce qu'une nation autochtone exprime une exigence qu'il faut
nécessairement l'écouter ou en tenir compte? Vous voyez, déjà là, là, j'ai
juste fait deux minutes, puis on est déjà dans plusieurs interprétations.
Bon,
«priorités», à la limite, ça passe mieux. «Communautés autochtones», je ne
pense pas que ce soit le bon terme. Je pense qu'il faut parler des Premières
Nations ou, à tout le moins, des nations autochtones. En tout cas, j'aimerais
avoir une réponse là-dessus.
«...et en
consultant et impliquant celles qui manifestent un intérêt...» Moi, je pense
qu'au contraire notre devoir, c'est d'aller au-devant des autochtones, des
nations autochtones, donc, de ne pas attendre qu'elles manifestent un intérêt,
mais aller au-devant d'elles, et là intervient le devoir constitutionnel de
consulter les nations autochtones.
Alors,
considérant qu'il y a quand même des règles qui ont été reconnues par la Cour
suprême sur le devoir de consulter les autochtones, les nations autochtones, je
ne sais pas jusqu'à quel point on peut l'indiquer dans un amendement. Et, si oui, comment l'indiquer correctement
quand on parle d'une obligation constitutionnelle de négocier... bien, pas de négocier, mais de consulter, pardon,
les nations autochtones? Alors, l'emmener un peu comme : Tiens, par
hasard, on va faire un amendement pour consulter les Premières Nations, alors
que c'est un devoir constitutionnel, je ne sais pas si c'est la bonne manière
de l'inclure là, alors que c'est un...
Puis je pense
que c'est à ça que faisait référence le ministre, tantôt, dans sa première
réaction à l'amendement. Il voulait savoir comment on pouvait inclure le devoir
constitutionnel de consulter les Premières Nations. Moi,
ça m'interroge beaucoup, là, la formulation. Comme je vous disais tantôt, «qui
manifestent un intérêt»... Il ne faut pas attendre qu'ils lèvent un drapeau. Il
faut aller au-devant d'eux. D'ailleurs,
c'est le message que nous a livré le chef Picard, hier, de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, qu'il faut
absolument aller au-devant et prendre en compte les intérêts des Premières Nations.
Et, «touchées
directement», qu'est-ce qu'on fait des nations qui ne sont pas touchées
directement, mais qui sont touchées indirectement? Il y en a plein, là. C'est quoi, ça, être touché directement? Un
pipeline qui passe sur un territoire ancestral, c'est touché directement, mais, s'il y a une fuite du pipeline à travers un
bassin versant, puis que ça descend dans une autre nation, là, on est dans le
risque, et est-ce que c'est un lien indirect ou un lien direct?
Je trouve que
c'est beaucoup, beaucoup de questions qui se posent. Soyez assurée, Mme la Présidente, que je comprends parfaitement puis je partage parfaitement l'objectif
du député de D'Arcy-McGee.
Je pense, c'est noble. Je pense que c'est tout à fait louable. Mais je ne
voudrais pas que, par une rédaction maladroite d'un amendement, on fasse pire
que bien, qu'il y ait des dommages collatéraux puis qu'on fasse pire que bien.
Alors, moi, en cette matière, en droit autochtone, notamment avec le droit
autochtone, mais dans un volet de législation et un volet parlementaire, là on
est dans l'hyperdélicat, dans l'hyperdélicat. Alors, on ne peut pas rédiger un
amendement comme ça, sur le coin...
Alors, moi,
j'aimerais avoir l'avis... J'imagine qu'il y a des légistes qui connaissent ça
mieux que moi, en droit autochtone. Je ne sais pas s'il y a des... On ne peut
pas avoir un expert qui viendrait ici parler... à côté du ministre, là, issu du Secrétariat aux affaires autochtones, du
gouvernement. Il y a un Secrétariat aux affaires autochtones, profitons-en. Je lance des pistes, là. Je ne dis pas que c'est
nécessairement ça, mais ça pourrait être ça, ou d'avoir un avis, que le
ministre pourrait peut-être déposer, sur la meilleure façon d'inclure la notion
obligatoire de consultation des nations autochtones.
Alors, moi, à
ce moment-ci, là, s'il fallait voter là, je m'abstiendrais, pas parce que je
suis contre la consultation des autochtones, mais parce que je trouve la formulation ambiguë. C'est le moins qu'on
puisse dire, je trouve ça ambigu. Et
je pense qu'on a besoin de bien la resserrer, de bien la travailler, de bien la
rédiger pour qu'on soit sûrs, là, d'être en terrain solide quant à un devoir de
consultation qui est trop important pour le faire incorrectement.
Alors, moi,
j'aimerais avoir des réponses de la part du gouvernement là-dessus pour savoir
c'est quoi, nos obligations comme parlementaires quand on parle de
consultation des autochtones et des
Premières Nations. Moi, je veux avoir l'heure juste pour qu'on sache comment on
doit se gouverner en conséquence.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le ministre, vous souhaitez intervenir?
Charette : Merci, Mme la
Présidente. En fait, on a pu faire différentes vérifications, et ces
vérifications se poursuivent à l'instant où je vous parle, notamment avec le
Secrétariat aux affaires autochtones, au niveau du ministère, les obligations
constitutionnelles de consultation. Et, je vous dirais, les a priori du
collègue de Jonquière s'avèrent à ce moment-ci en ce sens qu'il y a des obligations constitutionnelles qui nous
reviennent de facto. Il y a différentes politiques et guides. J'ai une certaine
énumération, là, qui commence à se dresser, là, sous mes yeux, et une
préoccupation, c'est beaucoup l'égalité ou, à tout le moins, en fait, éviter le déséquilibre dans la
législation québécoise. On ne peut pas, aussi méritoire soit le
sujet, introduire un élément de cette nature-là qui est régi par différentes
conventions, guides, politiques et qui créerait un déséquilibre avec d'autres
lois.
Donc, un peu
comme mon collègue de Jonquière, je vous dirais, la préoccupation, elle est
présente. Je le mentionnais, au cours des derniers mois, il y a eu plusieurs exercices de consultation
avec les communautés autochtones, mais on ne peut pas écrire un amendement... Je ne dis pas qu'il a été écrit sur le coin d'une table, là. Ce n'est pas
ce que je mentionne. Mais un
amendement qui aurait une portée très grande sans que cette portée-là soit bien
prise en compte...
Et je
regarde, là, les premières notions juridiques qui m'ont été partagées. Encore
là, ce n'est pas un avis personnel que je vous présente, là. On l'a sollicité
auprès des bonnes instances. Il y a réellement problématique au niveau de la
formulation, au niveau de la portée et du déséquilibre que ça créerait au sein
d'autres lois, qu'elles soient constitutives ou autres. Mais, déjà, rassurer le
collègue... Il y a de bonnes protections, au niveau de cette obligation de
consulter, qui sont déjà bien en place, et, dans certains cas, dans la
législation officielle.
Et, même
quand on considère la législation du ministère de l'Environnement, avec sa loi
maîtresse qui est la
Loi sur la qualité
de l'environnement, il y a un comité consultatif qui est mis en place pour les
peuples, les communautés autochtones du Nord, ce qui couvre essentiellement les deux tiers du Québec. Il y a aussi, dans la Convention de la Baie James,
des obligations constitutionnelles... bien, quasi constitutionnelles de
consulter. Il y a une politique qui est établie, au niveau des communautés
autochtones, propre au secteur minier, notamment. Il y a un guide en matière de consultation des communautés autochtones du
gouvernement du Québec. Et il y a naturellement les obligations
constitutionnelles qui découlent de la Loi constitutionnelle de 1982.
Donc, c'est
un sujet qui est de la toute première importance. On reconnaît les obligations
de consulter. On les systématise, ces consultations-là. Mais on
ne peut pas l'introduire dans un
article qui aurait une portée sur bien
d'autres lois et qui est de nature à se substituer au travail du Secrétariat aux
affaires autochtones, en quelque sorte, qui est le premier répondant auprès des
différentes communautés.
Donc, libellé comme tel, on ne pourrait pas... Encore une fois, ce n'est
pas qu'il n'y a pas de volonté, mais, au niveau juridique, on nous dit qu'on ne
pourrait pas aller de l'avant avec un amendement de cette nature-là. Mais le Secrétariat aux affaires autochtones, à l'heure où on se parle,
écoute l'échange. C'est pour ça que vous m'avez vu faire quelques va-et-vient, là, pour faire les vérifications nécessaires
auprès d'eux. Donc, c'est un échange qui est entendu. Ce sont des préoccupations qu'ils partagent. Ils verront,
par la suite, comment mieux l'incarner. Mais ça ne doit pas être un ministère
en particulier qui introduit un
article à la première occasion dans un projet
de loi qui vient créer ce déséquilibre-là. Donc, pour le moment,
malheureusement, ce n'est pas un amendement que l'on pourrait supporter.
La Présidente (Mme Grondin) :
Parfait. Merci, M. le ministre.
Compte tenu de l'heure, je suspends les travaux
jusqu'à 15 heures cet après-midi.
(Suspension de la séance à 13 h 01)
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, à
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des transports
et de l'environnement reprend ses travaux. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 44, Loi visant principalement la gouvernance
efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser
l'électrification.
Lors de la suspension de nos travaux cet
avant-midi, nous étions rendus à l'étude de l'article 1. Le député de D'Arcy-McGee
avait déposé un amendement, et la parole était au ministre. M. le ministre, est-ce
que vous souhaitiez terminer votre intervention ou vous préférez...
Charette : À ce moment-ci,
je pense avoir bien exposé le point. Donc, je n'aurais pas d'autre élément à
ajouter.
Présidente (Mme Grondin) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Maurice-Richard.
Montpetit : Je vous
remercie, Mme la Présidente. Je vais... Bien, j'entends que le ministre
dit... Il a bien exposé son point, mais, je pense, je vais lui donner
l'opportunité de peut-être nous présenter de nouveaux arguments. Puis je
vais reprendre sur où on en était quand on s'est laissés à 13 heures.
J'entends
les... Bien, premièrement, je voudrais revenir sur certains commentaires qui
ont été faits par le député de
Jonquière. C'est certainement des commentaires qui sont valables. Je les ai... Ce n'est pas le bon mot, là, j'allais dire... Je
ne les déconstruirai pas un par un, mais je veux quand même lui noter certains
éléments, le fait...
Entre autres,
il soulevait la question de l'utilisation de «communautés autochtones». La
raison pour laquelle on a utilisé «communautés
autochtones», c'est que c'est le terme qui est utilisé dans les différentes
politiques gouvernementales, dans les projets de loi également. Donc, on a été
le plus... Voilà, moi, je pense que
c'est le terme qui doit être utilisé pour être englobant.
Après ça, sur la terminologie, sur la
phraséologie, moi, je l'ai dit, à chaque amendement qu'on dépose, on essaie
d'être le plus précis possible, d'être le
plus rigoureux possible. Je ne sais pas qui a... Non, je ne reviendrai pas là-dessus, j'allais dire... Je ne sais pas qui a
mentionné : Amendement fait sur un coin de table, mais je ne pense pas que ça nous visait dans ce contexte-là, mais il y a beaucoup
de travail derrière la rédaction des amendements, et on les apporte avec le plus de rigueur possible
et le plus de recherche possible.
Après ça,
comme je dis, on n'est pas fermés sur le changement d'un mot pour un autre
quand il y a des raisons, par exemple, juridiques, ou de
concordance, ou de cohérence. Je
pense, c'est pour ça qu'il y a
des juristes, notamment, qui accompagnent le ministre,
pour s'assurer qu'on fasse les choses comme il faut.
Mais, si, sur
la... Comme je l'ai dit, dans les deux autres amendements que j'ai
présentés, pour moi, ce sont des amendements qu'on présente sur une vision et un objectif
que l'on souhaite mettre de l'avant,
sur un élément que l'on souhaite ajouter
au projet de loi du ministre parce qu'on trouve qu'il est essentiel que cet
ajout-là soit fait. Une fois qu'on a
dit ça, on est toujours prêts à entendre le ministre s'il souhaite changer
certains mots ou certains éléments, en autant que l'idée principale demeure.
Donc, le ministre, c'est pour ça que je lui dis...
Je vais lui donner l'occasion de peut-être... parce que je veux juste être bien
certaine de comprendre les raisons pour lesquelles il semblait s'objecter à
recevoir cet amendement. Je veux juste réitérer qu'il y a deux éléments dans
l'amendement qui sont importants, parce qu'il a été fait référence
principalement, ce matin, dans les
échanges... cet après-midi, dans les échanges, à l'aspect consulter les
communautés autochtones, mais il y a
vraiment deux éléments qui sont importants dans l'amendement qui est déposé. Il
y a, oui, l'aspect des consultations, mais il y a l'aspect aussi qui est de
prendre en considération les demandes ou les enjeux, dans le fond, qui
concernent les communautés autochtones. Le ministre répondait, lors de notre
dernière séance, qu'il ne voulait pas créer de précédent juridique. En fait, il
ne voulait pas créer avec sa loi un précédent, parce que ça ne se retrouve pas
dans d'autres lois.
Moi, je veux
quand même porter à son attention que, notamment, la
Loi sur le patrimoine
culturel, puis là je suis un peu bien
placée pour vous le dire comme ancienne ministre de la Culture, il y a une
référence justement à des consultations auprès des communautés autochtones et
que leurs préoccupations... Là, je vous le dis, là, je vous le lis comme il
est : «...afin que les préoccupations de celle-ci soient prises en compte...»
Donc, ça, c'est vraiment libellé dans un projet de loi.
Il y a la
Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier qui est très, très claire aussi, à
l'article 7, qui dit : «Le ministre doit consulter les communautés
autochtones d'une manière distincte pour assurer une prise en compte de leurs
intérêts, de leurs valeurs et de leurs besoins dans l'aménagement durable des
forêts et la gestion du milieu forestier et les accommoder, s'il y a lieu.»
Bon, après
ça, ça continue sur comment le... Par exemple : «Il veille à ce que la
politique de consultation [...] comporte des modalités de consultation propres
aux communautés autochtones définies dans un esprit de collaboration avec ces
communautés.»
Donc, il y a
des articles de loi... et il y en a d'autres, là, que je pourrais vous citer.
Mais donc il y a déjà des articles de
loi qui présentent de telles dispositions non seulement pour prévoir une
obligation que le ministre doit consulter les communautés autochtones, mais
doit également, dans le fond, prendre en considération... On avait mis «exigences», «priorités». On pourrait décider de mettre «leurs valeurs,
leurs intérêts, leurs besoins». Après ça, on peut, juridiquement, faire le
choix d'autres mots.
Mais je pense
que l'intention, le ministre, il la comprend bien, et moi, je veux vraiment
qu'il nous réponde à cet effet-là, parce
que, tout à l'heure, ses objections, ce que je comprends, c'est qu'elles
étaient plus d'ordre juridique, de : On ne peut pas le faire parce que ça ne se fait pas. Je lui fais la
démonstration que c'est fait dans d'autres projets.
Bien, donc,
finalement, j'aimerais comprendre son objection. Si ça se fait... Donc, je
comprends que son objection, elle est peut-être sur le fond de la proposition
qui est faite par mon collègue de D'Arcy-McGee, de prévoir une obligation pour
le ministre de l'Environnement de faire des consultations avec les communautés
autochtones, et, si c'est le cas, ce serait très inquiétant. Si c'est l'endroit
où la disposition se retrouve, bien, qu'il nous présente un autre endroit où ça
pourrait se retrouver dans le projet de loi. Mais là on est dans les pouvoirs
du ministre.
Donc, je
pense que c'est le bon endroit. Je n'ai pas vu... Bien, pas je n'ai pas vu,
mais il n'existe pas, dans son projet de loi, de dispositions comme on peut
retrouver dans d'autres projets de loi. Parfois, il va y avoir une
partie du
projet qui va être : «Dispositions propres aux communautés autochtones».
Donc, ça n'existe pas dans son projet de loi. En fait, pour être très claire,
dans le projet de loi, il n'y a pas les mots «communautés autochtones». Donc,
je pense qu'il a une responsabilité, et nous avons tous une responsabilité,
comme parlementaires, de faire une place dans ledit projet... Et donc je le laisse nous dire à quel endroit il
voudra faire sa place, à moins qu'il ne veuille pas y faire une place.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le ministre.
Charette : Mme la Présidente, bien, en fait, je peux le répéter plusieurs fois, mais ce n'est
pas sur le fond... On l'a mentionné, pour nous, c'est important
de consulter. On est d'ailleurs tenus de le faire déjà à travers plusieurs
engagements qui ont été pris. Je peux y aller du plus
grand... En fait, je vais répéter, je dois avouer, là, que je n'aime pas qu'on
laisse entendre que ce serait sur le fond qu'il y aurait une opposition.
Alors, je pense avoir été clair, mais, si je dois l'être davantage
en répétant notamment tout ce que j'ai dit tout à l'heure, je le ferai
volontiers.
Il y a une obligation constitutionnelle à la
base de consulter en vertu de la Loi constitutionnelle de 1982. Donc, déjà,
c'est mentionné et réitéré. Il y a
un guide, aussi, en matière de consultation des communautés
autochtones qui s'applique à l'ensemble
des ministères, donc du gouvernement du Québec. Il y a
une politique de consultation des communautés autochtones propre au secteur
minier. Du côté de l'Environnement, on est en train de compléter notre propre
guide pour se rapprocher un peu, là, de l'exemple du ministère des Ressources
naturelles.
Il y a
Convention de la Baie James. Je ne rappellerai pas toutes les implications que
cela... qu'elle peut avoir. Je faisais référence au
titre II de la
Loi sur la
qualité de l'environnement, qui est notre loi-phare au niveau de l'environnement,
avec une référence spécifique sur le
comité consultatif de l'environnement de la Baie James, qui couvre deux tiers
du territoire québécois. Il y a aussi, naturellement, ce qui est fait à
travers... À chaque fois qu'il y a un projet, c'est coordonné par le
Secrétariat aux affaires autochtones.
Ce que je
mentionnais tout à l'heure, ce n'est pas sur le fond, mais, à partir du moment
où on inclut un
article de cette nature-là, c'est là où qu'il y a un
déséquilibre avec les autres lois. La collègue mentionnait l'expertise des
juristes. C'est cette expertise-là que je vous transmets à l'instant. Donc, il faut se référer
justement à l'expertise des juristes qui sont avec nous aujourd'hui.
Et les
quelques exemples que la ministre... pas la ministre, mais la collègue a
mentionnés, ils sont exacts. Mais il y a une très, très grande différence entre
l'amendement qui est proposé et les références qu'elle faisait. Ce sont des
lois avec un impact territorial spécifique. À partir du moment où on parle de
culture, ce n'est pas à la grandeur... Ce ne sont pas tous projets culturels au
Québec qui impliquent une consultation avec les autochtones. La même chose au niveau minier, je le faisais,
d'emblée, mention tout à l'heure : Lorsque c'est minier et territorial,
oui, mais une obligation aussi large que celle proposée par l'amendement, c'est
là où il y a un précédent, là, qui n'est pas possible à ce moment-ci.
Cependant,
lorsqu'on parle de lois avec un impact territorial, on aura, comme commission
parlementaire, dans les prochains
mois, je le souhaite, l'occasion d'étudier le projet de loi n° 46, que
j'ai déposé en novembre dernier, si je me souviens bien. Et, dans le projet de loi n° 46, il y
a une référence à la consultation des autochtones parce que c'est une loi ou un projet de loi avec un impact territorial. Donc, il faut vraiment
faire cette distinction-là.
Et, de façon
générale, je le mentionnais, moi, je me retrouvais dans les questions
soulevées par le collègue de Jonquière,
à partir du moment où on a un amendement
qui est relativement général, c'est difficile de le baliser. Qui on
consulte? On parlait tout à l'heure des chefs traditionnels versus les chefs élus.
Donc, c'est très, très difficile de concrétiser un amendement
qui n'est pas justifié. Et ce genre de processus de consultations...
Et c'est peut-être l'étape qui manque à nos collègues
de l'opposition officielle. On ne peut pas, nous seuls, déterminer quelles
seraient les conditions acceptables
de cette négociation-là.
Quand je vous dis qu'au niveau
du ministère de l'Environnement
on prépare un guide, bien, ce guide-là, on le prépare avec les communautés
autochtones pour qu'elles puissent reconnaître ce processus
de consultation. Donc, juste le mentionner de cette façon-là, malheureusement, on oublie une
partie prenante qui est incontournable pour déterminer
les balises, soit les autochtones eux-mêmes. Donc, c'est un guide, je vous le confirme, là,
qui sera prêt dans les meilleurs délais, qui est presque achevé, mais on ne peut pas l'élaborer seul. Il faut le
faire en partenariat et en collaboration avec les autochtones.
Donc,
j'aimerais que la collègue ne répète plus que nous ne sommes pas d'accord
sur le fond, sur l'idée de consulter. Nous consultons. C'est à se demander pourquoi
les gouvernements précédents ne sont pas allés consulter à Kuujjuaq
comme je l'ai fait il y a quelques mois à peine. Bref, ce n'est pas sur le
fond, c'est sur la façon d'y parvenir, et malheureusement celle qui est
proposée n'est pas la bonne.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le ministre.
Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Je vous
remercie, Mme la Présidente. Bien, déjà, en tout respect, M. le ministre, si je peux
m'adresser à vous... Je vais
m'adresser à la présidente, en fait. Mme
la Présidente, en tout respect pour
le ministre, je dois déjà mentionner que l'argument qu'il vient de donner
est erroné en ce sens que, quand il dit que les exemples qui ont été donnés...
Puis là je ne
partirai pas sur un grand débat là-dessus, mais c'est parce que, s'il faut faire
venir les juristes à la table pour nous donner des explications, moi, je vais
être bien ouverte à le faire. Mais je l'invite à la plus grande prudence quand
il dit que les projets de loi qui font mention de l'obligation d'avoir des consultations avec des communautés culturelles sont
des projets de loi qui relèvent simplement de l'aspect territorial. Quand on parle de la
Loi sur le
patrimoine culturel, ce qu'il en train de nous dire, c'est que, culturellement,
les communautés autochtones se retrouvent seulement sur un territoire du
Québec. Moi, je serais un petit peu gênée d'avoir dit ça aujourd'hui si j'étais
à sa place, là, mais la
Loi sur le patrimoine culturel...
Charette : Il y a une
déformation complète des propos que j'ai tenus, et elle le sait fort bien. On a entamé de façon constructive la journée.
Là, il y a un changement de ton radical de la part de la collègue, et ce n'est
pas acceptable.
Mme Montpetit : C'est un appel au
règlement?
M. Charette : Non seulement on me
donnait l'impression de remettre en question la nécessité de consulter, ce qui
est inacceptable, et, deux, on me prête des propos ou une interprétation que je
n'ai jamais tenue.
Montpetit : Donc, le
ministre dit, Mme la Présidente, que les exemples qui ont été... que j'ai
donnés, de lois dans lesquelles on retrouve l'obligation pour un ministre de
consulter des communautés autochtones ont des considérations territoriales.
C'est faux. Factuellement, c'est faux. La
Loi sur le patrimoine culturel, ce
n'est pas une notion de territoire. La
Loi sur le patrimoine culturel prend en
considération et a une obligation de consulter les communautés culturelles
justement parce qu'il y a un aspect culturel, et ce n'est pas un aspect
territorial. Il y a un aspect culturel dont on doit prendre compte.
La
Loi sur les forêts, je l'entends, il y a
cet enjeu-là, mais la
loi sur les changements... La loi n° 44, qui vient
toucher les changements climatiques, c'est... Là, si on veut revenir à la
question des territoires, justement, c'est l'argumentaire qu'on faisait quand
on disait qu'on voulait les entendre en consultations la semaine dernière, et que
ça a été refusé par le ministre, une des raisons pour lesquelles on veut les
entendre, c'est justement parce que leurs territoires vont être spécifiquement
touchés par la question des changements climatiques.
Donc
là, moi, je veux bien être dans son argumentaire. Et là il a fait l'élaboration
d'autres cadres législatifs qui viennent suggérer des consultations, mais le
fait est qu'il y a des lois, la
Loi sur le patrimoine culturel, la
loi sur la
forêt, qui obligent le ministre à
avoir des consultations et qui obligent à tenir compte des valeurs, des besoins
des communautés autochtones. Je pense que, dans le contexte, on devrait ajouter
au projet de loi n° 44 cette même obligation en considérant le fait que
les impacts des changements climatiques vont venir toucher les communautés autochtones directement.
je veux reprendre ce que mentionnait mon collègue de D'Arcy-McGee. Je pense, c'est quand
on parlait des consultations, la semaine dernière, qu'on souhaitait les
entendre, on parlait de la commission Viens, dont le rapport est sorti il y a
quelques mois à peine, qui nous disait justement qu'on avait une responsabilité, comme parlementaires, de s'assurer que nos institutions augmentent leur niveau de sensibilité aux réalités des communautés
autochtones. Bien, une des façons de le faire...
Puis je ne veux pas... Mon objectif n'est pas de
prêter des intentions au ministre, qu'il doit les consulter ou pas, ou qu'il ne
les consulte pas, ou qu'il le fait en amont ou pas dudit projet. On est en
train de travailler sur un projet de loi... Il nous rappelle chaque fois que ce
projet de loi doit être pérenne dans le temps, qu'il doit aller au-delà de sa
propre personne, comme ministre. Et l'objectif d'apporter un amendement, il est
exactement en ce sens, c'est d'apporter un amendement qui va nous assurer qu'un
ministre de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques au
Québec non seulement consulte, mais tienne compte aussi des réalités des
communautés autochtones et tienne compte de leurs besoins.
Ce que je pourrais proposer au ministre à ce
stade-ci... Puis j'entends les commentaires qui ont été faits. Moi, je... On a
retravaillé sur une proposition qui pourrait peut-être... parce qu'il nous dit...
Puis je l'entends, là. Il n'a pas d'objection sur le fond. Parfait. Puis ce
n'est absolument pas ce que je voulais laisser entendre. Donc, à partir du
moment où... Ce que j'ai dit tout à l'heure, s'il avait des objections sur le
fond... Il n'a pas d'objection sur le fond. C'est ce qu'on comprend. On statue
ça. C'est notre prémisse de départ. Donc, à partir du moment où il n'y a pas
d'objection sur le fond et qu'il y a d'autres lois,
territoriales ou pas, qui ont des considérations, des articles qui obligent un
ministre à consulter, peut-on avoir une formulation qui permettrait...
Puis on peut le... Je vous le lis, d'un coup que
ça lui... Donc, d'un coup que ça... J'aurais une formulation à lui
proposer, en fait, puis je ne sais pas si vous voulez qu'on suspende, je
ne sais pas comment vous voulez fonctionner... mais qui répondrait, je pense,
aux considérations du ministre. Dans le fond, l'objectif qu'on veut poursuivre,
là, puis je pense que, ça, on le partage, c'est de s'assurer que l'impact des
changements climatiques soit pris en considération dans une perspective qui est
différente chez les communautés autochtones.
Et les autres lois, c'est ça qu'elles viennent
encadrer, dans le fond. Elles viennent encadrer une dynamique qui est
différente. Et, s'il n'a pas... Comme il n'a pas d'objection sur le fond, mais
je ne vois pas pourquoi on se priverait de l'intégrer. Puis, après ça, s'il y a
vraiment des considérations juridiques, que, jusqu'à maintenant, je n'achète
pas dans ce qui a été mis de l'avant, parce que les autres lois le permettent,
bien, qu'on nous les explique, mais qu'on nous les fasse expliquer peut-être par un des juristes de l'équipe, parce que
ce qui nous a été présenté, à mon
avis, ce ne sont pas des objections
qui tiennent la route, là.
Présidente (Mme Grondin) : Si je comprends bien, Mme la députée,
vous souhaitez modifier votre amendement par un sous-amendement ou... Vers quoi
vous...
Mme Montpetit : Bien, ce que j'aurais envie de vous proposer,
c'est... Comme il n'y a pas d'objection sur le fond, si c'est sur la
terminologie, j'aurais un amendement... Je pourrais retirer mon amendement,
en reproposer un qui aurait une terminologie qui se rapprocherait peut-être
plus des arguments qui ont été présentés par le ministre, là.
M. Charette : Avant de procéder à l'invitation de la collègue,
ce serait peut-être bon de céder la parole justement
aux gens qui nous accompagnent, là,
qui ont toute l'expertise pour compléter mon point à ce niveau-là.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il consentement?
Parfait.
M. Théroux (Éric) : Donc, Éric Théroux. La distinction qu'il nous apparaît nécessaire
de faire en termes techniques et
légistiques, c'est que, dans les dispositions où on réfère à des consultations
générales... à des consultations autochtones, c'est aussi des dispositions
législatives où on fait les distinctions entre des consultations de portée
générale pour l'ensemble de la population, d'une part, et les consultations
autochtones, un. Donc, d'ajouter une disposition dans la
loi sur le
ministère... Puis je reviendrai sur la
loi sur le ministère, mais d'ajouter une
disposition sur des consultations qui ne touchent que le volet autochtone
soulève la question d'équilibre par rapport aux consultations générales.
Deuxième point, il
est vrai que le ministre a référé aux lois à caractère territorial, mais il a
aussi mentionné la culture. Et, je dirais,
en droit autochtone, l'exemple que vous avez... qui a été donné en matière
culturelle, effectivement... mais ce sont des éléments propres à la
quiddité indienne ou la quiddité autochtone, ce qui est logique. Donc, on se
rapproche... alors qu'en changements climatiques ils ont des intérêts
spécifiques liés à leur situation en propre, que ce soit au Nord, ce qui est déjà pris en considération par la Convention
de la Baie-James et la Convention du Nord-Est québécois, ou, autrement,
dans le processus, surtout, d'évaluation d'impact environnemental.
L'aspect, je dirais, plus sensible ou
problématique, vu de notre perspective légistique, c'est d'insérer un tel
principe dans la
Loi sur le ministère de l'Environnement, en ayant pour effet...
Tel que libellé là, c'est que, dans la Loi
sur le ministère de l'Environnement, on viendrait imposer une obligation de
consultation autochtone à l'ensemble
des ministres sectoriels. Donc, c'est
comme si on allait jouer dans les lois et le ministère des autres, ce qui n'est
pas opportun à distinguer d'une
obligation de portée gouvernementale.
Donc, si on veut imputer une responsabilité au
ministre de l'Environnement, cela doit être pour les dossiers qui relèvent de
l'autorité du ministre de l'Environnement. Et là je ne m'aventure pas... Ce sera des choix, là, qui sont propres aux
autorités, mais, si on le faisait, il faudrait regarder ça sous l'angle plus de
la
Loi sur la qualité de l'environnement, qui, elle, relève du ministre de
l'Environnement, ou, au même
titre que le projet de loi n° 46, ne relève que du ministre de l'Environnement et non pas se servir d'une loi de ministère pour
imposer des obligations aux autres ministres quant au processus de consultation
en matière autochtone, sachant que c'est une question aussi complexe, qui met
en jeu aussi un paquet de principes constitutionnels, là.
Présidente (Mme Grondin) : Interventions de compréhension?
Mme la députée de Maurice-Richard, vous souhaitez
intervenir?
Mme Montpetit : Oui. Je ne sais pas si c'est de compréhension,
mais on ajoute un... oui, c'est de compréhension. On ajoute un amendement
aux pouvoirs du ministre de
l'Environnement. Je pense que c'est
ça qu'on fait depuis... Depuis quelques jours, on travaille bien sur les
pouvoirs du ministre de l'Environnement. Est-ce
que vous êtes en train de me dire que tout ce qu'on ajoute dans l'article 10, ça veut
dire que ça devient chapeau à tous les ministres du gouvernement? C'est ce que vous me dites? Non.
M. Théroux (Éric) : Bien,
tel que libellé là, tel que présenté là, on est dans la phrase : «Chaque ministre
ou organisme public concerné demeure responsable du choix et de la
[mesure, des moyens de mise en oeuvre] pour atteindre les résultats, en tenant
compte des exigences...» Donc, autrement dit, dans cette
partie de cet alinéa-là, on
est dans une phrase
qui porte sur les responsabilités des ministres sectoriels. Donc, c'est comme si le ministre de l'Environnement n'est pas là, là. Donc, c'est...
Mme Montpetit : Je comprends que, si on remontait juste cette
petite partie-là... Puis je ne veux pas de réponse. Je ne veux pas vous mettre
en porte-à-faux. Mon objectif n'est pas là. Mais, dans le fond, ce que vous dites, c'est le fait... Puis là je le comprends, là, c'est
le fait que ce soit attaché à cette phrase-là, mais, si on le
remettait juste un petit peu plus haut, entre les deux phrases... Dans le fond, votre objection, c'est le fait que ce soit dans cette
phrase-là, cette objection-là, c'est-u ça, puis ça, je l'entends.
M. Théroux
(Éric) : De un. Et, de deux, dans
la
Loi sur le ministère de l'Environnement versus la LQE.
Mme Montpetit :
Pourquoi?
M. Théroux (Éric) : Parce
que ça, c'est une loi qui relève du ministre de l'Environnement et non pas... Une
loi sur les pouvoirs du ministre de l'Environnement
porte sur ses pouvoirs, qui sont de son ressort, qu'est-ce qu'il peut faire,
lui, et non pas ce que les autres peuvent faire. Donc, et, à nouveau, c'est quand même
singulier, là, les consultations autochtones. Quand on les prévoit, en
général, on a des dispositions qui prévoient des mécanismes généraux de consultations. Donc, on a des spécificités en matière autochtone, ce qui est correct,
là, parce qu'il y a des obligations
constitutionnelles.
Donc, dans la mesure
où on n'a pas prévu, dans le projet de loi n° 44 ou
autrement, une mécanique de consultation... Parce
que la mécanique de consultation sur les projets, c'est le mécanisme
d'évaluation d'impact environnemental, et pour lequel le ministère est à
compléter un guide qui porte aussi spécifiquement sur les consultations
autochtones. Donc, on va traiter cet élément-là à travers le processus
d'évaluation d'impact environnemental, qui comporte aussi la prise en
compte des changements climatiques. Donc, ce volet-là va être traité dans le
guide.
Maintenant, s'il faut
en faire une disposition législative, ça devrait relever du processus d'analyse
d'impact, et lui, il est prévu, ce
processus-là, dans la
Loi sur la qualité de l'environnement et non pas dans la
loi sur le ministère. Mais, après ça, au-delà de ça, c'est un choix qui
revient aux autorités.
Montpetit : C'est ça, au-delà de ça, c'est un choix. Mais est-ce que...
Justement, est-ce qu'il est prévu à l'heure actuelle que... Est-ce qu'il y a une obligation législative que le
ministre consulte les communautés autochtones? Je vais le reformuler de cette
façon-là.
Théroux (Éric) : En spécifique,
non.
Montpetit : Il n'y en a pas.
M. Théroux (Éric) : Mais il n'y a pas non plus de disposition sur une mécanique
de consultation générale en
matière de changements climatiques. La mécanique sur la
gouvernance climatique, c'est la gouvernance de l'État en matière climatique,
Mme Montpetit : Moi, j'aurais toujours une proposition à faire. J'en donne des parties qui a... effectivement, mais je
pense que ça peut toujours faire
partie des... Je comprends votre objection pour l'endroit où les placer, à la fin du...
puis, effectivement, là, j'en prends
acte, mais je pense toujours qu'il y
a lieu de... qu'on gagnerait à
ajouter une disposition à cet
effet-là dans l'amendement. Moi, je ne sais pas si je peux faire une
proposition ou si on peut...
Présidente (Mme Grondin) : Juste avant, je veux juste m'assurer
si...
Montpetit : Ah oui! Absolument.
Présidente (Mme Grondin) : Est-ce qu'il y a d'autres députés
qui souhaiteraient — juste
une question de compréhension — échanger avec le sous-ministre?
Mme Ghazal : Bien oui, je pourrais.
Oui, je peux juste rapidement. Après, je... Peut-être, après, je pourrais faire
une intervention avec le ministre, mais peut-être, avec le sous-ministre,
profiter de ses connaissances.
Moi, au début, quand ça a été soumis par le
député de D'Arcy-McGee, ce que j'avais compris, c'est que le ministre était en
train de chercher où, dans le projet de loi, il pourrait le mettre. Et, dans le
projet de loi n° 44, bien, on modifie aussi la LQE,
la
Loi sur la qualité de l'environnement. Et j'étais certaine, certaine, là, à
voir le travail qui était fait, qu'on allait nous proposer peut-être exactement
comme ce que vient de dire le sous-ministre adjoint... pas dans la
loi sur le ministère, mais plutôt dans la LQE, et c'est
exactement ce que j'entends maintenant, mais je n'ai pas vu... Je suis juste
étonnée que le ministre n'ait pas proposé à la députée de Maurice-Richard de le mettre ailleurs,
de lui dire : Bien, moi, je suis d'accord avec le principe — c'est ce
qu'il dit — de le
mettre ailleurs. Parce qu'on s'entend que c'est juste impossible qu'on fasse un
projet de
loi sur la gouvernance climatique sans qu'on parle de cette question
de consultation des Premières Nations ou des communautés autochtones. Je
comprends qu'il y a d'autres cadres législatifs qui existent, et le ministre ne
veut pas les déséquilibrer, mais on s'entend que ce cadre-là est un cadre qui
n'est pas le plus moderne ou qui pense vraiment à tout le
temps consulter les peuples autochtones. On a plein, plein d'exemples qu'on
peut montrer où toute la question de consulter les Premières Nations n'est pas,
disons, la plus optimale, ça, c'est pour dire le...
Donc, vu que le ministre a cette intention-là,
et qu'on est en train de discuter du projet de loi, est-ce que c'est possible,
au moins, que son intention, dans le projet de loi, quelque part, ne serait-ce
que peut-être... Je lance ça comme ça, puis le sous-ministre pourrait dire si
c'est possible ou pas, de le mettre dans les dispositions préliminaires, parce
que, dans les dispositions préliminaires, il y a déjà même un amendement pour y
mettre l'urgence climatique, par exemple. Ce n'est pas... Ça n'a pas une force
de loi comme un autre
article qui est vraiment... il faut faire telle, telle chose, il faut consulter. Mais, au moins,
l'intention du ministre, qu'il vient de nous exprimer, qu'elle se trouve
quelque
part ici, dans le projet de loi, et ça pourrait peut-être être
une disposition préliminaire...
Donc, moi, je ne suis pas sûre, comment c'est
écrit, est-ce qu'il faut le changer, le modifier, etc. Je n'irais pas
là-dedans. Moi, je fais confiance au travail
qu'on a fait jusqu'à maintenant sur comment l'écrire avec les bons termes, et
tout ça... mais plus de... que ça se
retrouve quelque part puisque c'est une question, comme nous dit le ministre, qui
est importante puis qui lui tient beaucoup à
coeur. Donc, si c'est possible d'avoir un
article plus... qui n'est pas
exécutoire, mais qui montre... qui traduit l'intention du ministre de
les consulter...
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce que vous avez une question pour le
sous-ministre, Mme la députée? C'est un peu ça, la...
Mme Ghazal : Bien, c'est peut-être
long, mais c'est exactement ça que je dis. Est-ce que c'est possible, par
exemple, de le mettre dans une disposition préliminaire de la LQE? Tiens, c'est
ça, ma question.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait, merci.
M. Théroux (Éric) : Techniquement,
si telle est la volonté, c'est possible de le mettre dans la LQE. Toutefois,
avant de déterminer non seulement le
libellé, mais la portée d'une telle disposition, il y a deux éléments
importants à considérer aussi.
D'une part, le fait que, pour les deux tiers du
territoire québécois, il y a déjà un régime prévu, qui est complet et auquel tiennent les autochtones, à raison, c'est
la Convention de la Baie James et du Nord québécois et la Convention du
Nord-Est québécois... Donc, ce volet-là, pour les deux tiers du
territoire, est déjà couvert, puis on ne veut pas sortir du
chapitre 22 et du
chapitre 23 de la convention.
Pour ce qui est des nations non conventionnées, donc, parmi les 11 nations autochtones reconnues au Québec, la
majorité sont non conventionnées, donc, l'autre
partie du tiers québécois,
donc, si on met une disposition, ça viserait cette partie-là.
le deuxième point auquel il faut faire attention, c'est la notion d'équilibre
entre les consultations autochtones qui ont une source constitutionnelle et les
consultations de la population en général. Donc, après ça, c'est possible de libeller une disposition comme on l'a
fait dans d'autres projets de loi qui ont été rappelés ou dans d'autres projets
de loi, mais s'assurer que ça soit libellé de façon à respecter aussi
l'équilibre institutionnel au sein du corpus législatif québécois.
Mme Ghazal : J'aurais
juste une question par rapport au fait qu'il y a des nations qui sont
conventionnées et d'autres non. Ça, c'est
quand c'est en lien avec le territoire. Mais, si c'est en lien, par exemple,
avec ce qu'on est en train de discuter maintenant, sur le climat, les
changements climatiques qui ont un impact sur eux, sur le territoire,
mais toutes sortes d'aspects...
M. Théroux (Éric) : ...parce que toutes les dispositions ont la portée...
Puis ça, c'est vrai, on le reconnaît, dans le processus de consultation sur le
PEQ ou le PEV, là, le plan de l'économie verte, il y a eu des consultations
spécifiques avec les autochtones, et c'est reconnu que... De toute façon, même,
en réponse à l'intervention d'un autre député, je l'ai bien mentionné, on sait que les impacts des changements
climatiques vont être ressentis avec beaucoup plus d'acuité dans le
Nord, donc, mais le premier impact, il est avec la fonte du pergélisol. Donc,
c'est un impact aussi territorial qui a un impact direct sur les pratiques
traditionnelles en matière autochtone, donc, mais tous ces impacts-là doivent
nécessairement être considérés dans l'élaboration de tout projet au regard du
chapitre 22 et 23 de la convention de la Baie James et du Nord-Est québécois.
Ghazal : Très bien. Bien, merci beaucoup. Tout ce que je veux dire,
c'est que j'ai hâte de voir, toutes ces discussions-là, qu'est-ce qu'elles...
Bien, c'est le député de D'Arcy-McGee qui a amené l'amendement... parce qu'avec
qu'est-ce que j'entends, c'est que c'est possible d'ajouter cet aspect-là, mais
il faudrait peut-être le formuler différemment dans la LQE. L'important, c'est
de traduire l'intention du ministre d'une quelconque façon dans ce projet de
loi n° 44, parce qu'honnêtement, le cadre actuel, ne pas le déséquilibrer,
moi, ça ne me dérange pas, parce qu'il est pas mal déséquilibré déjà. Les consultations avec les nations autochtones, ce
n'est pas l'idéal. Sinon, tout serait beaucoup mieux. Donc, il y a moyen de
s'améliorer, et, ici, on a une occasion de le faire. Donc, ça nous permet, les
réponses du sous-ministre, de réfléchir peut-être comment l'amener,
dépendamment de ce que va faire le député de D'Arcy-McGee. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, M. le député de
Jacques-Cartier, souhaitiez-vous échanger avec le sous-ministre ou
c'était par la suite...
Kelley : Je pense que je vais laisser mon collègue de
D'Arcy-McGee déposer... Alors, je vais passer la parole à la députée de...
Présidente (Mme Grondin) : Je veux juste savoir, là, est-ce
qu'il y a d'autres députés qui souhaiteraient échanger avec le sous-ministre.
Non, ça va? Parfait. Donc, nous avons clos ce volet-là. Et donc est-ce que...
Nous en étions, là, à l'amendement. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
...juste pour le ministre. Si je reviens un petit peu sur le point de ma
collègue de Mercier, c'est juste où on peut insérer... pas juste pour insérer
les mots «Premières Nations et autochtones», mais... C'est vrai qu'on regarde
le Grand Nord quand on parle de ça, mais il y a aussi une réalité des Premières
Nations et des autochtones, c'est qu'on... plus en ville. Je pense... les Mohawks autour de Montréal. Alors,
il y a aussi une autre réalité que... Si on parle de coordination des
politiques et des plans d'action du gouvernement, comment on va prendre en
considération tous les besoins de toutes les différentes nations
autochtones autour du Québec? Et c'est juste, je pense, important. C'est
pourquoi on a fait le point aujourd'hui, c'est juste de s'assurer qu'ils ne
sont pas oubliés.
Ça, c'est, je pense,
l'objectif de l'amendement de mon collègue et pourquoi on a quand même déposé
une motion, avant qu'on ait commencé l'étude détaillée, d'entendre le chef, M.
Ghislain Picard, c'est juste savoir leurs préoccupations, parce que je sais... Le gouvernement bouge vite,
puis je sais que tout le monde a des bonnes intentions de faire la
meilleure job possible. Mais, des fois, comme je dis, les choses arrivent
tellement rapidement que certains groupes sont oubliés, et c'est important
qu'on fait le point ici d'ajouter certains éléments dans ce projet de loi,
quand même si ça fait référence ou un lien à un autre projet de loi, juste pour
dire qu'ils ne sont pas oubliés dans un projet de loi qui est tellement
important pour l'avenir, pour les changements climatiques.
Alors, c'est juste de
faire ce point-là... parce que je pense qu'on a fait tout l'historique et
toutes les raisons pourquoi c'est nécessaire. J'imagine que le ministre veut
amender son propre projet de loi pour s'assurer que cet élément est dedans. Je
pense que tout le monde ici est ouvert à discuter, ce point-là, c'est où
exactement. Mais je veux juste dire que je
pense qu'il faut trouver une façon de faire ça au début du projet de loi, parce
que moi, je regarde toujours un projet de loi, puis ce n'est comme une
histoire... dans le sens que tout suit, après le 10.1, pour le reste du projet
de loi. Ça, c'est comme un petit peu le plus important élément. On parle de la
plus grande structure, qu'est-ce qu'on veut faire, comment on va coordonner nos
actions, puis le reste, c'est un petit peu des détails.
Alors, pour moi,
c'est pourquoi je trouve que c'est important de trouver une façon de mettre ça
au début. Puis, peut-être, après ça, on va travailler sur les autres articles
puis ajouter des autres clauses pour assurer qu'il y ait une meilleure
consultation, coordination avec les
Premières Nations et les peuples
autochtones. Mais ça, c'est l'argument que je veux juste faire, puis
entendre le ministre un petit peu, parce que je pense que c'est important. Je
pense que la porte est ouverte de faire les modifications nécessaires. Alors... Et, quand même, je sais que,
j'imagine, le Secrétariat des affaires autochtones va probablement faire des commentaires sur l'heure du
lunch au sous-ministre puis à ses collègues. Mais ça, c'est
juste le point que je veux faire. Je pense, c'est très important. Puis il
y a une ouverture de faire ça. Alors, je pense qu'il faut prendre cette
occasion de le faire. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Souhaitez-vous
intervenir, M. le ministre?
Charette : Bien, en fait,
réitérer que le libellé n'est pas bon, l'intention est là. Si les collègues
veulent le retirer, nous, on pourrait vous proposer un autre emplacement, qui
serait débattu, entre les articles 15 et 20, là où il est question de la LQE, comme
on l'a mentionné tout à l'heure. Mais, tel que libellé, je me répète peut-être,
mais ça a été clairement démontré, là, que ce n'est pas applicable.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc là, sur l'ordre, j'ai le député de
D'Arcy-McGee, le député de Jonquière
et la députée de Maurice-Richard. C'est ça ou vous souhaitiez intervenir aussi par
la...
Montpetit : Bien, on avait une proposition, mais je peux attendre.
Présidente (Mme Grondin) : On va laisser le député de
D'Arcy-McGee...
Birnbaum : Il me reste quoi,
un petit peu de temps, Mme la Présidente, sur l'amendement que j'avais déposé
ce matin. Je veux qu'on se comprenne.
Je crois et j'espère avoir suivi comme il faut les précisions du sous-ministre
adjoint. Notre amendement est proposé
en connaissance de cause. Trois choses que je veux exprimer à ce sujet.
Dans un
premier temps, j'insiste et je répète que, jusqu'à date, je n'ai pas compris,
par les interventions du ministre,
qu'il n'y a pas de problème, de son avis, sur le fond. Moi, je n'entends
toujours aucune assurance que, sur le fond, on va voir une suite à un endroit
important dans le projet de loi. Voilà une première chose.
En ce qui a trait aux explications, comme je
dis, et je ne crois pas que je me trompe, on se base sur la jurisprudence.
Suite aux explications du sous-ministre adjoint, sur deux points... Dans un premier temps, est-ce que nous sommes en
train d'outiller le ministre avec une capacité accrue en ce qui concerne les
communautés autochtones? Oui.
Deuxièmement, est-ce qu'on risque de... pas d'admettre, de nous assumer quand
on dit que... Y a-t-il une qualité de consultation statutaire, dans le projet
de loi devant nous, qui risque de ne pas avoir son équivalent dans les statuts
généraux, en tout ce qui a trait à la consultation? Oui. La réponse à ces deux
questions est oui, et c'est la prérogative de l'exécutif, de l'aile exécutive.
Et je me permets de croire
qu'on se base sur la jurisprudence en faisant une telle proposition. On parle des exigences constitutionnelles. On
parle de la jurisprudence de la Cour
suprême. On parle de l'intention politique, exprimée par cette Assemblée, de façon unanime, sur la déclaration des Nations
unies, en ce qui a trait à l'implication et le respect de l'expertise, du sort et de l'expérience des communautés
autochtones. Alors, est-ce que nous sommes en train de proposer
une qualité de traitement, si on veut
l'exprimer comme ça, unique aux autochtones? La réponse, avec une majuscule,
c'est oui. Dans ce fond,
est-ce que le ministre continue à suggérer qu'il a l'intention de donner suite
en quelque part... On reste toujours sur notre appétit.
Alors, je veux juste préciser... Et j'attends
avec intérêt la suite de nos débats. Bon, nous, on a une proposition modifiée. Ça se peut que les autres formations de
l'opposition vont avoir des formulations aussi. Mais, dans l'optique
d'assurer que ce projet de loi, qui est, en quelque part, unique... On parle d'équiper le ministre avec un rôle
accru, et sérieux, et imputable en ce qui a trait à la réduction des gaz à
l'effet de serre. Pour le faire comme il faut, on insiste que, oui, il y
a un traitement particulier qui est exigé en ce qui a trait à l'implication des
Premières Nations et Inuits dans les délibérations qui découleraient de ce
projet de loi chaque jour et de chaque façon.
La Présidente (Mme Grondin) : Je suis désolée, M. le député, je dois... Votre
enveloppe de temps est terminée. M. le député de Jonquière et, par la
suite, Mme la députée Maurice-Richard.
M. Gaudreault : Oui. Bien, moi, je pense qu'on a quand même
progressé passablement, là, dans la discussion. Moi, je constate que, chacun,
chacune autour de la table, on est favorables à faire une référence à
l'importance de la consultation auprès des
communautés ou des nations autochtones, et que ce libellé n'est peut-être pas ni au bon
endroit ni dans la meilleure formulation. Bon, alors moi, j'ai entendu, là, que, pour le tiers du territoire qui est
plus au Sud, le ministre serait ouvert peut-être à proposer une
rédaction ou un libellé qui pourrait correspondre à cette obligation
que nous donnons d'une consultation plus large des communautés autochtones en
amont et qui irait entre les articles 15 et 17, que j'ai compris, autour...
M. Gaudreault : 15 et 20? Bon, alors, bien, moi, je suis prêt à
regarder ça, là, parce que je suis d'accord avec le principe. Ça fait quelques
fois qu'on suspend pour être capables de travailler ensemble
sur un libellé qui nous rejoint. Alors, si on est prêts à regarder ça ensemble...
Moi, c'est là que j'en suis, là. Alors, je pense qu'on s'entend sur le principe de la consultation. Bien là,
maintenant, regardons le meilleur libellé possible.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, parfait, il va rester Mme la députée de Maurice-Richard. Toutefois, vous comprenez qu'il va falloir faire
un choix. Le député de D'Arcy-McGee va devoir ou retirer ou on va passer au
vote. Donc, juste vous le rappeler. Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Comme je le disais
plus tôt, comme il ne semble pas y avoir d'objection sur le fond, nous, on a
réfléchi à une... On aurait une proposition.
M. Charette : ...semblerait y avoir
une objection sur le fond. J'ai dit que, clairement, il n'y avait pas...
Mme Montpetit : Non, j'ai dit :
Il n'y a pas d'objection.
M. Charette : C'est ce que vous avez
mentionné? Parfait. Bien, je vous inviterais à le...
Mme Montpetit : J'ai dit :
Comme il ne semble pas y avoir d'objection pour personne autour de la table sur
le fond... C'est bien ce que j'ai dit.
M. Charette : Ah! voilà. Je m'excuse
dans ce cas-là. Voilà, voilà, voilà, je vous en remercie.
Montpetit : Mais évidemment
on avait clarifié cet aspect-là. On a bien clarifié cet aspect-là. Il n'y a pas
d'objection sur le fond pour personne. Donc,
une fois qu'on a dit ça, c'est comment on procède... Nous, on aurait une
proposition à la lumière, bon, d'une des parties... des éléments qui ont été
mis de l'avant par le sous-ministre, là. J'entends bien que l'attacher à la fin de l'alinéa, ce n'était
peut-être pas le bon endroit. On aurait une proposition puis on viendrait
intégrer toute la question de l'impact des changements climatiques pour
vraiment le rattacher encore plus... On vient le spécifier, dans le fond.
Donc, je ne sais pas comment vous souhaitez
procéder, Mme la Présidente. Ce qu'on pourrait faire, c'est soit... Évidemment,
je ne veux pas parler pour mon collègue le député de D'Arcy-McGee, mais on a discuté évidemment avant que je fasse
cette proposition. On pourrait soit retirer son amendement
et déposer la nouvelle formulation ou si
vous voulez... Encore là, je ne veux
pas me substituer à vous, mais est-ce
que vous voulez... ou je vous la lis,
ou je vous laisse... Comment vous souhaitez vous gouverner?
Présidente (Mme Grondin) : Ce qu'on va faire, c'est qu'on va d'abord
vérifier si... Le député de D'Arcy-McGee n'a
plus de temps à lui. Donc, moi, je vous invite... S'il n'y a
pas d'autres interventions, et on s'entend sur le fond, on a deux choix, là.
Soit qu'on... Est-ce que c'est l'auteur qui doit retirer?
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, il n'a plus de temps. Vous n'avez plus de
temps pour retirer votre amendement. Donc,
on va passer au vote. Et là je vous invite à déposer un nouvel amendement.
C'est ça?
La Présidente (Mme Grondin) : O.K. Donc, est-ce
qu'il y a consentement pour que cet amendement soit retiré? Il y a consentement?
Mme Ghazal : ...juste pour être certaine de l'intention du ministre,
parce que, tout à
l'heure, quand je posais des questions,
je n'étais pas en conversation avec le ministre. J'étais en conversation avec le sous-ministre pour savoir ce qu'il est possible puis ce qu'il n'est pas possible de
faire. Donc, j'ai eu la réponse, c'est que c'est possible. Maintenant,
ce que je veux savoir avec le ministre pour, dans
le fond, épargner trop de travail de
notre côté... Ce que je comprends, c'est que le ministre va mettre cette idée
de consulter dans le projet de loi
n° 44 quelque part, mais il ne sait pas où encore, et il va arriver avec ça à un moment
donné. C'est ça?
M. Charette : En fait, tout d'abord, vous me permettrez de
m'excuser auprès de ma collègue de Maurice-Richard. Je
suis clairement sourd d'une oreille et j'avais mal compris son propos. Donc,
mes excuses. Bien oui, c'est ce que je mentionnais depuis le début. En fait, il y a un problème avec le libellé actuel. Il
y a un problème compte tenu des précédents qu'il créerait. Il y a un problème sur son emplacement, mais on a
identifié un endroit où on pourrait faire référence à cette consultation
autochtone en respect avec ce qui est déjà conventionné, notamment. Donc, oui,
clairement, les articles 15 et 20, il y a une proposition qui pourrait
être faite en ce sens.
Mme Ghazal :
O.K. Donc, à l'article 15 du projet de loi, pas l'article 15 sur le
comité consultatif?
M. Charette :
Non, non, non, de notre projet de loi à nous, là.
Mme Ghazal : O.K., parce que nous, on est en train de cogiter
où est-ce qu'on peut mettre ça, peut-être le comité consultatif, peut-être les
dispositions particulières, mais, si le ministre nous dit qu'il a déjà trouvé... Puis,
j'imagine, on va l'avoir rapidement ou on attend d'y arriver?
M. Charette :
En fait...
La Présidente (Mme Grondin) : On va... Je m'excuse, M. le ministre, là, parce
qu'on ne va pas rendre les choses plus confuses qu'elles pourraient l'être, là.
On a amendement auquel, là, pour le moment, on a un consentement pour le retirer. On a le ministre qui propose de
dire : On pourrait ajouter un amendement sur cette question-là à
l'article 15, ou 17, ou 20. Et on a ici la première opposition qui dit
depuis quelque temps qu'elle pourrait aussi apporter un amendement sur un
amendement qui... sur une thématique
qu'ils avaient déposée. Donc, ici, on a déjà un des groupes parlementaires qui souhaite déposer un amendement. M. le
ministre.
M. Charette :
Et, sinon, pas du tout opposé à ce qu'il y ait ce dépôt-là, mais peut-être
aussi nous laisser la chance, avec les juristes, de regarder le bon phrasé. Donc, soit vous le déposez maintenant ou soit on
vous propose une alternative. Bref, allons-y à votre convenance, mais il
nous faut avoir justement l'aval des services juridiques, là, sur l'impact que
cet amendement aurait.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, on va juste... Là, on retire
cet amendement-là déposé par le député de D'Arcy-McGee.
Et, pour quelques
minutes, je suspends les travaux pour que vous puissiez vous entendre.
(Suspension de la séance à 15 h 58)
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons les travaux. Et je crois que
le député de D'Arcy-McGee souhaitait déposer un amendement.
Donc, je vous invite à le lire, s'il
vous plaît.
M. Birnbaum : Merci, Mme la
Présidente. À l'article 1, l'amendement qui suit est proposé :
L'article 10.1 de la
Loi sur le ministère du
Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, introduit par l'article 1
du projet de loi, est modifié par l'insertion, après le troisième alinéa, de
l'alinéa suivant :
«Le ministre tient compte des impacts des changements
climatiques sur les intérêts, les valeurs et les besoins des communautés
autochtones et veille à ce que des modalités de consultation propres aux
communautés autochtones soient définies dans un esprit de collaboration avec
celles-ci.»
Donc, l'article tel que
modifié se lirait ainsi :
«10.1 Le
ministre assure la cohérence et la coordination des politiques, des plans
d'action, des programmes, des processus de concertation et des autres mesures
du gouvernement, des ministères et des organismes publics qui concernent la
lutte contre les changements climatiques et est associé à leur élaboration.
Chaque ministre ou organisme public concerné demeure responsable du choix et de
la mise en oeuvre des moyens pour atteindre les résultats.
«Le ministre tient compte des impacts des changements
climatiques sur les intérêts, les valeurs et les besoins des communautés
autochtones et veille à ce que des modalités de consultation propres aux
communautés autochtones soient définies dans un esprit de collaboration avec
celles-ci.»
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, souhaitez-vous rapidement expliquer...
C'est assez clair, dans le fond, et ça poursuit les...
M. Birnbaum : Mais, écoutez, il me
semble que nous avons eu des discussions fructueuses, et on parle d'être, en quelque part, tous sur la même longueur d'onde
sur notre souhait, au fond, de faire avancer cette cause-là. Alors, nous sommes
à la disposition du ministre là-dessus. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. M. le ministre, souhaitez-vous intervenir?
M. Charette : Effectivement, on a eu
des discussions fructueuses, là. Sur le principe, on se rejoint à peu près
tous, et même sur un libellé. On cherche toujours le meilleur emplacement où le
mettre, peut-être là où c'est proposé par le collègue, peut-être un autre
endroit. Ce sont des vérifications que nous sommes à compléter actuellement.
Donc, on suspendrait l'article le temps de faire ces vérifications-là, ce qui
nous permettrait de poursuivre l'étude détaillée. Et, dès qu'on aura les
réponses qui seront jugées satisfaisantes, là, de part et d'autre, on pourra se
pencher de nouveau, là, sur l'article ou l'amendement proposé.
La Présidente
(Mme Grondin) : Parfait. Donc, êtes-vous d'accord? Est-ce
qu'il y a consentement pour qu'on suspende cet amendement-là? Oui. Donc, il y a
consentement. Alors, on revient à l'article. Et donc là je suis prête à
entendre de nouvelles interventions sur l'article 1. Mme la députée de
Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Bon, tout à l'heure,
lors de la discussion de l'amendement de mon collègue, qui a été retiré, sur
les consultations sur les nations autochtones, moi, j'avais déjà annoncé que
j'avais un amendement à proposer. Ce
n'est pas exactement en lien avec ça, mais c'est un outil, aussi, à
l'article 1, plus précisément. Je sais que la première fois que je suis
intervenue, j'avais posé la
question : Est-ce qu'on peut aller... n'importe quel alinéa? La présidente m'avait dit oui. Mais donc,
peut-être pour cet article-là, on y va un petit peu à différents alinéas. Donc, j'en aurais un, là, pour le
troisième alinéa de l'article 1.
La Présidente
(Mme Grondin) : Parfait. Est-ce que vous pouvez... Vous
l'avez transmis à l'adresse de la commission?
La Présidente (Mme Grondin) :
Parfait. Donc, on va suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 16 h 44)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous suspendons quelques minutes.
(Suspension de la séance à 16 h 50)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous reprenons les travaux. Mme la députée de Mercier,
vous avez déposé un amendement à l'article 1. Je vous invite à en faire la
lecture, s'il vous plaît.
Ghazal : Très bien.
Je suis juste en train de l'écrire. Ça va vite, la technologie, mais ça
ne va pas si vite. O.K., très bien.
Alors, le
troisième alinéa de l'article 10.1 de la
Loi sur le ministère du
Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (chapitre
M-30.001), tel qu'introduit à
l'article 1 du projet de loi, est modifié par l'insertion, à la fin de
l'alinéa, des alinéas suivants :
«Chaque ministre ou organisme public doit évaluer
l'impact climatique de toute décision législative, réglementaire, budgétaire et
fiscale, ainsi que de tout investissement environnemental ou programme de
soutien financier en effectuant une analyse climatique de ces décisions.
«Cette
analyse climatique couvre l'atteinte des cibles de réduction de gaz à effet de
serre du Québec 2030 et 2050 et l'adaptation aux changements climatiques. Tout projet doit être accompagné de cette
analyse climatique lorsqu'il est soumis au Conseil exécutif. Elle doit être
rendue accessible sur le site Web du ministère concerné.
«La grille d'analyse
climatique est édictée par règlement du gouvernement.»
Donc, si vous
regardez le tableau, la
partie gauche, ce n'est pas la dernière version telle
qu'amendée par d'autres amendements des membres de la commission. Donc, ce qu'il faut regarder, c'est la
partie
droite. Et, de toute façon, tout ce qu'on fait ici, ce qui est l'important,
c'est l'ajout qui est fait à la fin de l'alinéa. Et cet ajout-là, dans
le fond, pourquoi je l'ai fait et d'où il origine? Toute la question de
l'analyse climatique, c'est quelque chose qui n'existe pas de façon normée, de
dire : Bien, il faut faire une analyse climatique de tout ce que le gouvernement
fait : décisions législatives, réglementaires, budgétaires, etc.
En fait, le
20 février dernier, il y a eu un point de presse où j'avais invité des
jeunes pour venir à l'Assemblée nationale à la suite de l'adoption de la
déclaration de l'ONU pour les droits climatiques des jeunes. Là, je ne sais pas
exactement le libellé exact, mais il y a eu cette déclaration-là, et on l'a
appuyée à l'Assemblée nationale. Et il y a eu, le même jour, un point de presse
conjoint, où il y avait aussi la députée de Maurice-Richard
et le député de Jonquière qui y ont participé, où on avait les jeunes qui
disaient : Bien, il y a cette déclaration que le gouvernement, que tous
les membres de l'Assemblée nationale adoptent.
Maintenant, il faut
que ça veuille dire quelque chose, et ça va être important que toute décision
qui soit prise par le gouvernement, n'importe quelle... pas juste décision, mais projet de loi, n'importe quoi que le gouvernement fait, bien, c'est important qu'il y ait ce
qu'on a appelé à ce moment-là le «réflexe climat et générations futures». Ça
veut dire qu'il faut toujours penser à avoir ce réflexe-là, climat, et on s'est inspirés, avec les jeunes qui sont
venus en parler, et moi-même, où je disais que j'allais apporter cet amendement-là
au projet de loi... Ça
s'inspire de quelque chose qui existe déjà, qui avait été mis en place je ne me
rappelle pas quelle année, mais l'analyse d'impact réglementaire, je pense,
c'était par le gouvernement précédent, et qui a dit : Bien, il y a un fardeau administratif trop grand pour toutes les lois, les
décisions, les règlements. Tout ce que le gouvernement fait, ça occasionne un
trop grand pour les entreprises.
Donc, ça n'a pas été appelé comme ça par le
gouvernement à l'époque ni par le gouvernement actuel ni dans un aucun
document, mais moi, je vais appeler ça... C'est le réflexe entreprises. On veut
s'assurer que ce que le gouvernement, l'appareil
gouvernemental fait n'a pas de... ne porte pas un fardeau trop grand sur les
entreprises. Et donc je me suis inspirée de la même chose. Ça, ça vient... Ça s'appelle plus officiellement la Politique
gouvernementale sur l'allègement réglementaire et administratif. Et je vais
juste expliquer ce que c'est pour ceux qui ne le connaissent pas, parce qu'en
ce moment le gouvernement en produit plein, plein, plein, de ce genre d'analyse
d'impact réglementaire. Ce que ça fait... Son objectif, c'est... La P olitique gouvernementale sur l'allègement
réglementaire et administratif — Pour une réglementation intelligente , adoptée par décret — donc, ça, c'est le décret 1166-2017, donc
c'est en 2017, c'est ça que ça veut dire — s'inscrit dans le
cadre des actions du gouvernement visant à réduire le fardeau réglementaire et
administratif des entreprises. Cette politique s'applique à l'ensemble des
ministères et organismes publics. Ainsi, tous les projets et avant-projets de
loi, les projets de règlement, les projets d'orientation, de politiques ou de
plans d'action qui sont soumis au Conseil exécutif et qui sont susceptibles d'avoir un impact sur les entreprises doivent
faire l'objet d'une analyse d'impact réglementaire. Celle-ci doit être conforme
aux exigences de la politique et rendue accessible sur le site Web des
ministères ou organismes concernés.
Donc, c'est à peu
près, pas tout à fait, mais à peu près, textuellement, ce que j'ai pris d'une
politique gouvernementale qui existe déjà, instaurée en 2017, pour réduire
l'impact sur les entreprises, c'est la même chose, pour dire : Bien, il
faudrait avoir l'équivalent et avoir la même chose pour s'assurer de réduire le
fardeau sur les générations futures. Et l'impact climatique, bien, il faut
faire une analyse climatique. C'est exactement cette notion-là que je viens
introduire au troisième alinéa, à cet endroit-là... et donc d'avoir le même
principe.
Donc, comme on dit,
chaque ministre, organisme public doit faire cette évaluation d'impact. De
toute façon, ils le font déjà. Ce n'est pas quelque chose de nouveau. Ils le
font déjà, et abondamment, pour s'assurer de réduire le fardeau sur les
entreprises. Bien, qu'ils complètent l'exercice pour s'assurer qu'il n'y ait
pas de fardeau, si je peux dire, sur le
climat et les générations futures pour... de faire cette vérification-là, tout
simplement, et de la rendre publique. Et la grille d'analyse, ça veut dire la façon que ça va être fait, bien,
que ça soit édicté par règlement, là, le gouvernement pourrait faire ça un peu
plus tard. Et ça ne devrait pas être
compliqué puisqu'on le fait déjà. Donc, c'est le même exercice, ici, que
j'amène. Et ce que j'apporte aussi avec cet amendement-là, cette analyse
d'impact, couvre l'atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à
effet de serre pour 2030, 2050 et l'adaptation aux changements climatiques.
Donc, je comprends
qu'on a déjà adopté le 37,5 % pour 2030. On ne l'a pas adopté pour 2050.
Le ministre nous dit que ce n'est pas dans ce cadre-là. Moi, je demeure
convaincue... Dans le cadre du projet de loi, je demeure convaincue que ça l'est. On va avoir cette discussion-là plus
tard avec un autre amendement, mais, ici, ça ne fait que dire qu'il faut
s'assurer... Puisque le ministre a déjà déclaré l'intention qu'il y ait
la carboneutralité, et c'est déjà écrit, là, dans
le MOU, sur le site du ministère de
l'Environnement, ce principe, bien, nous, on... qui dit que, d'ici 2050, le
gouvernement est d'accord ou s'engage à respecter cet accord international sans
le marquer dans un projet de loi...
Donc, ça vient juste faire référence à ça et l'adaptation aux changements
climatiques. Donc, il faut s'assurer qu'il y ait une analyse d'impact par
rapport à ces éléments-là, de la rendre publique.
Donc, voici l'esprit et la raison pour laquelle
j'amène cet amendement-là au ministre, parce que c'est... En fait, je pense que
c'est juste le minimum. On ne fait même pas reculer des projets ni rien. Il
faut juste qu'il y ait cette analyse-là pour le bénéfice du climat et des
générations futures.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, Mme la députée. M. le
ministre, souhaitez-vous intervenir?
M. Charette : Oui, sans problème, mais je serai bref. En fait,
je pense que c'est la façon qu'on peut se donner de travailler. Quand il y aura
un espace de collaboration avec des amendements ou des possibilités de
bonification, je le laisserai savoir rapidement, mais c'est un amendement qui
n'a aucune, aucune chance d'être retenu. Malheureusement, c'est un
amendement qui nous fait reculer à bien des égards.
Déjà, je pense qu'on a largement débattu de
l'après-2030. Je pense avoir répété à plus d'une occasion quelle est la
procédure pour convenir de cibles et même référer à l'après-2030 à travers un
texte de loi. Donc, déçu de voir qu'on y
revient, là, à ce moment-ci. Et aussi c'est une très grande incompréhension du
projet de loi lui-même. Et aussi, à travers son emplacement, pour ce qui est de
l'amendement lui-même, on est à l'article 1, là où on doit discuter
des pouvoirs, sinon des mandats conférés au ministre de l'Environnement. Et là
c'est rendu qu'on voudrait confier des mandats ou des obligations à chaque
ministre du gouvernement.
Donc, je le dis poliment, là. Je comprends
peut-être la nature du plaidoyer que souhaite faire la collègue, mais ce n'est
pas la place. Ça ne fait pas de sens. On revient sur des discussions que nous
avons déjà eues. J'ai déjà mentionné aussi à plusieurs reprises et je le
mentionnerai à chacune des fois que c'est nécessaire. C'est un projet de loi
essentiellement sur la gouvernance, qui vient déterminer des rôles pour le
ministre de l'Environnement. C'est un projet de loi qui vient déterminer le
type de gestion que l'on souhaite pour le Fonds vert, que nous appelons ainsi
pour le moment, qui vient préciser des responsabilités au niveau du ministre
des Ressources naturelles. Ce n'est pas une loi climat. Là, on vient y ajouter
des éléments qui se rapprochent d'une loi climat. C'est un amendement qui perd
de vue la politique-cadre qui sera présentée cet automne.
Donc, il y a une confusion de genres. Il y a une
confusion au niveau de la portée même de son amendement. Il y a une confusion entre le projet de loi, entre la
politique-cadre, entre le plan de mise en oeuvre. Bref, j'aime mieux être
transparent dès le départ. Il n'y a aucune, aucune chance qu'un amendement
semblable puisse être adopté.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Je voudrais juste
que le ministre m'écoute, parce que, là, j'avais fait un plaidoyer, puis il n'est pas allé du tout là-dessus. Il est allé uniquement sur
2030, 2050. On oublie cet aspect-là. Moi, l'élément le plus important, ce n'est même pas ça. Je ne suis pas sur les
cibles. Je ne suis pas là-dessus. Est-ce
que le ministre connaît le... sûrement
qu'il connaît ça, là, mais il connaît la Politique gouvernementale sur
l'allègement réglementaire et administratif, ce qu'on appelle... que, pour chaque projet de loi comme
celui-là, je pense qu'il y en a déjà eu une, il y a une analyse d'impact réglementaire qui doit être faite. Est-ce que
le ministre est d'accord avec ça?
M. Charette : Ah! tout à fait.
Ghazal : Donc, moi, mon
sujet ne porte même pas sur les cibles même si c'est mentionné ici. Ça, c'est
juste pour dire c'est dans quel cadre.
M. Charette : C'est dans
l'amendement.
Mme Ghazal : C'est juste pour
dire... Que le ministre oublie 2050. Ce qui est important là-dedans, c'est
l'analyse climatique et l'analyse d'impact de tout ce que le gouvernement fait
sur le climat. Je lui rappelle, peut-être qu'il n'avait pas porté attention,
c'était le 20 février, et ce n'est pas un reproche du tout, c'est tout à
fait normal, parce que je suis totalement dans un esprit de
collaboration... Je suis étonnée de ce que j'entends. Je ne suis pas du tout
dans un esprit de non-collaboration. On a tout à fait le droit de ne pas être d'accord, mais c'est important de s'écouter
puis de s'échanger... Le
20 février, le ministre, ça ne se peut pas qu'il ne s'en rappell