Culture and Education — 30 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2018-05-30
Quebec — Committees
Mme Poirier :
Merci, Mme la Présidente. Alors, à mon tour de saluer le ministre ainsi que
l'équipe ministérielle qui
l'accompagne, ainsi que mes collègues du gouvernement, vous, Mme la Présidente,
avec toute l'équipe de la commission,
mon collègue de la deuxième opposition, M. le Directeur général des élections
et votre équipe, et aussi tous les membres des diverses instances
scolaires qui sont présents parmi nous aujourd'hui.
Mme la Présidente, d'entrée de jeu, il est
particulier que nous nous retrouvions aujourd'hui, à cette date, pour prendre une décision, en tout cas, entendre le DGE
en vue de prendre une décision pour le report des élections. On le sait,
les élections à date fixe ont été réglées
avant les élections que nous-mêmes avons procédé en 2014. Et on aurait pu,
depuis 2014, commencer à réfléchir, parce
que ce calendrier-là n'est pas un nouveau calendrier. Nous savions, dès
l'adoption de la loi, qu'il faudrait procéder à une modification législative
sur la date des élections scolaires, particulièrement parce qu'effectivement il
arrive un conflit, un conflit de date entre l'élection du Québec et l'élection
scolaire. Et la date de l'élection scolaire
étant connue elle aussi, nous aurions pu statuer bien à l'avance et peut-être,
justement, commencer des travaux avec
le Directeur général des élections bien des années en avance pour pouvoir faire
ce qu'on veut faire maintenant, qui est de proposer éventuellement un
vote électronique.
Alors,
malheureusement, nous sommes là devant un fait à la dernière minute, et nous
devons prendre une décision. Nous
avons eu des discussions préalables avec le ministre, avec les collègues. Et le
but de la décision aujourd'hui, c'est de regarder, en face, une situation qui n'est pas souhaitable, Mme la
Présidente. Tenir deux scrutins au même moment, avoir des pancartes électorales qui vont justement mêler
tout le monde, on a beau dénoncer la faible participation aux élections scolaire, bien, on va seulement qu'accroître le
phénomène en tenant ça à un mois de délai des deux. Alors, aujourd'hui,
on se voit confronté à cette dynamique-là,
et nous devons agir puisqu'il faut agir. La proposition du gouvernement est
là, sur la table. J'ai hâte d'entendre le Directeur général des élections, qui
nous fait une autre proposition que nous avions déjà discutée entre nous.
Alors, Mme la Présidente, ça va être intéressant, nos discussions de ce matin.
Merci.
Présidente (Mme de Santis) : Merci, Mme la députée. J'invite
maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition et député de
Chambly à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de
2 min 30 s.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Je veux saluer le ministre, la collègue, toute
l'équipe, M. Reid et tous ceux qui l'accompagnent. J'ai
2 min 30 s, donc je ne prendrai pas trop de temps. Vous savez
bien, dans la formation politique, on pense
qu'il faut revoir la gouvernance des commissions scolaires et les transformer
en centres de services. On ne pense
pas que ça soit nécessaire d'avoir un palier de gouvernement élu. On a besoin
évidemment d'une administration régionale
pour faire une coordination du soutien et du support. On ne pense pas que ça
doit être un palier de gouvernement élu.
Ceci étant
dit, dans l'état des choses, en ce moment, c'est ce qu'on a. Et, tant qu'à
faire les choses, faisons-les bien. Nous
ne sommes pas partisans de tenir des prochaines élections scolaires, mais, si
elles doivent avoir lieu, il faut les réussir. Tout ce qui est fait
mérite d'être bien fait.
Et, dans les
circonstances actuelles, on travaille et on collabore certainement avec le
ministre et les collègues pour reporter
ces élections-là, parce que, dans la situation actuelle, on voit bien qu'on se
dirige vers un autre échec, les élections scolaires étant prévues beaucoup trop proches des élections
provinciales. Ça voudrait dire deux campagnes pratiquement en même temps. Ça voudrait dire, sur des mêmes poteaux,
des mêmes pancartes qui se chevauchent. Ça voudrait dire encore plus de confusion pour les citoyens. Et c'est une
situation où tout le monde perd, autant ceux qui veulent que les
élections scolaires aient lieu que ceux qui
pensent qu'il faut faire autrement. Et, dans cette situation-là, bien, on
accepte cette main tendue du
ministre. On veut collaborer pour améliorer les choses. Et je vais réserver ma
suite des commentaires par la suite pour les échanges avec les gens qui
sont présents. Merci.
La Présidente (Mme de Santis) :
Merci, M. le député. Alors, nous allons maintenant débuter l'audition. Je souhaite la bienvenue au Directeur général des
élections et à ses accompagnateurs. Je vous rappelle que vous
disposissez de 10 minutes pour votre exposé,
ensuite nous allons procéder à la période d'échange avec les membres de la
commission. D'abord, merci de vous présenter
ainsi que les personnes qui vous accompagnent, et vous pouvez procéder
immédiatement à votre exposé.
M. Reid
(Pierre) : Merci, Mme la
Présidente. Mmes, MM. les membres de la commission, d'abord, je tiens à
vous remercier de m'accueillir aujourd'hui. Je suis accompagné de Mme Dominique
Drouin, directrice du service de recherche, de la
planification et de la coopération internationale, et de M. Sébastien Allard,
directeur des ressources informationnelles.
Au cours des
minutes qui me sont allouées, je me propose d'émettre certaines recommandations
concernant la possibilité, évoquée à
l'article 5 du projet de loi n° 185, de permettre, par règlement,
l'utilisation d'un mode de votation à distance pour les prochaines
élections scolaires.
Je tiens à
rappeler brièvement que le rôle du Directeur général des élections en matière
de scrutin scolaire en est un de
soutien. La
Loi sur les élections scolaires prévoit en effet que chaque
commission scolaire demeure responsable de l'organisation de ses
élections.
À la lecture
du projet de loi, nous comprenons que le délai de report des élections
scolaires a notamment pour objectif
de permettre l'évaluation et, éventuellement, le déploiement d'un mode de
votation à distance en 2020. Ceci laisse entrevoir trois options : le vote par correspondance, le vote par
téléphone et le vote par Internet. Les déclarations publiques du ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport
laissent cependant croire qu'il penche davantage vers une évaluation des
possibilités qu'offre le vote par Internet.
Je constate, comme vous, tout l'intérêt que suscite cette idée. C'est dans cet
esprit que j'ai proposé, lors de mon passage
devant la Commission des institutions, en octobre dernier, de procéder à une
analyse globale du vote par Internet à distance, et ce, pour l'ensemble des
paliers électifs : provincial, municipal et scolaire.
Plusieurs
voient des avantages au vote par Internet. Parmi ceux-ci, mentionnons : la
possibilité d'éliminer la barrière de
la distance pour des électeurs qui sont en déplacement, qui habitent en région
éloignée ou qui vivent en milieu rural; une plus grande accessibilité pour ceux et celles qui souffrent d'un handicap
ou d'une condition de santé qui rend les déplacements difficiles; une
plus grande commodité pour les électeurs qui, pour une raison ou pour une
autre, ont du mal à trouver le temps
nécessaire pour se rendre au bureau de vote; et, enfin, une alternative qui
s'inscrit dans les habitudes d'utilisation des technologies par bon
nombre d'électeurs.
Le vote par
Internet s'accompagne aussi fréquemment de l'espoir de revitaliser la démocratie
en augmentant le taux de
participation et de pouvoir tenir des élections à moindres coûts. Toutefois, si
le législateur souhaite s'engager dans cette voie, nous croyons qu'il doit le faire en sachant qu'il n'existe pas, à
ce jour, de garantie que ces avantages se concrétiseront.
Nous tenons
ainsi à préciser d'ores et déjà ce qui suit. L'augmentation de la participation
électorale est souvent mentionnée
comme un objectif de l'implantation du vote par Internet. Nous avons porté une
attention particulière aux expériences
menées lors d'élections municipales dans les villes canadiennes de Markham, de
Peterborough et de Halifax. Bien que
des enseignements utiles peuvent en être tirés, à notre connaissance, aucune de
ces expériences n'a permis de conclure
que l'adoption du vote par Internet a eu pour effet d'augmenter la
participation électorale de façon soutenue et significative. Les données recueillies à l'occasion de ces expériences
montrent que l'incidence sur les jeunes électrices et électeurs n'est pas nécessairement celle qui était
anticipée. Ailleurs dans le monde, l'expérience de l'Estonie, de la
Suisse et de la province de New South Wales,
en Australie, ne permet pas non plus de conclure que le vote par Internet
augmente la participation électorale.
Les électeurs
se rendent aux urnes pour différentes raisons. Le mode de votation, et donc le
niveau de commodité, n'est que l'un
des facteurs qui peuvent l'expliquer. La connaissance des enjeux ainsi que des
personnes candidates et de leurs
propositions doit aussi être promue et facilitée lorsqu'on désire augmenter la
participation électorale. Au
chapitre des coûts, rien n'indique que l'implantation de cette modalité de vote
mènera à des économies. Un examen rigoureux reste encore à faire pour bien comprendre les effets
financiers des options qui pourraient être retenues. L'expérience montre
cependant que, là où une forme de vote par Internet est offerte, le vote papier
demeure, en général, possible.
Certains
pourraient soutenir qu'il serait simple et peu coûteux de faire appel à des
solutions de vote en ligne déjà existantes.
Nous croyons, en revanche, que le maintien des standards de sécurité, de
confidentialité et d'intégrité habituellement associés au vote papier
requiert une analyse plus poussée si nous souhaitons obtenir une estimation
réaliste des coûts.
Je tiens à
souligner que nous adhérons aux objectifs de modernisation qui sous-tendent la
proposition d'utiliser, lors des
prochaines élections scolaires, un mode de votation à distance. C'est ainsi que, conformément à notre mission,
qui est de veiller à l'intégrité, à la transparence et à l'équité du système
électoral, nous souhaitons proposer au législateur un éclairage complet et objectif sur les avantages et les défis de l'introduction
partielle ou complète du vote par Internet à distance, et quel que soit
le palier électif, bien sûr, sous réserve de l'approbation du projet par l'Assemblée
nationale, conformément aux dispositions de l'article 485 de la Loi électorale.
Cette étude
aborderait les aspects suivants : sur la base des expériences de vote par
Internet, au Canada et ailleurs dans le monde, dégager et préciser les enjeux liés à l'adoption
de cette technologie dans le contexte québécois; évaluer l'effet de l'introduction de cette technologie de vote sur les exigences de notre système électoral en matière
de transparence, d'intégrité et
d'équité; analyser les risques technologiques
liés au vote par Internet à distance et les mesures et mécanismes
disponibles à ce jour pour les encadrer, les limiter ou les éviter; au regard
des changements que pourrait introduire l'adoption
de cette technologie de vote, préciser les attentes des électeurs, évaluer
l'acceptabilité sociale de cette technologie ainsi que le niveau de tolérance au risque des électeurs, des candidats
et des partis politiques; évaluer la possibilité de recourir au vote par Internet à distance dans
différents contextes électoraux, que ce soit lors d'essais aux paliers
provincial, municipal ou scolaire, d'une
consultation, du vote par anticipation ou auprès de certaines catégories
d'électeurs; enfin, évaluer les coûts et les bénéfices du développement,
de la mise en oeuvre et de l'entretien de cette technologie.
Toutefois,
pour être en mesure de faire des propositions éclairées, en pha