House Proceedings — 1 May 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-05-01
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, bonjour à toutes, bonjour à tous. Je vous
invite à prendre place. Nous allons débuter nos travaux.
Nous sommes
bien à la rubrique Déclarations de députés, et, sans plus tarder, je reconnais
M. le député de Masson.
Lemay : M. le Président, j'aimerais vous parler de
Mme Johanne Lecavalier, présidente du Club de patinage artistique L'Oiseau
bleu de Mascouche. Mme Lecavalier a commencé son implication il y a
maintenant 36 ans au sein de l'organisation, touchant à tous les rôles.
Elle a su redresser la situation du club pour en faire ce qu'il est
aujourd'hui, une grande fierté pour nous, Mascouchois.
Alors, vous savez, M. le Président, c'est plus
de 200 jeunes qui sont inscrits au club, qui se dépassent et qui
s'épanouissent dans leur passion au niveau compétitif et récréatif. Et
d'ailleurs, cette année, c'est environ 70 patineurs qui en ont profité
pour nous en mettre plein la vue avec leurs apprentissages lors de la
45e édition de la revue sur glace. On
est toujours plus impressionnés d'une année à l'autre. Et les jeunes et les
bénévoles investissent plus de 250 heures sur cinq semaines pour
réaliser cet exploit.
Alors, tout cela ne serait pas possible, M. le
Président, sans des bénévoles exceptionnels tels que l'entraîneur bénévole de
l'année, Mme Ariane Daigle, et des parents bénévoles comme Patrice Masse
ou Yona Jomphe Poirier.
Alors, bravo à Johanne et à toute l'équipe du
CPA L'Oiseau bleu de Mascouche pour votre dévouement! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Masson. La parole revient
maintenant à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Cadet : Merci, M. le Président. Le 1er mai de chaque
année, nous soulignons la Journée internationale des travailleuses et
des travailleurs.
C'est un moment important, qui mérite que l'on
s'y attarde, compte tenu de l'importance que représentent les travailleurs dans
notre société.
C'est aussi l'occasion de réfléchir sur le fait
que le travail représente une portion importante de nos vies et qu'il faut donc
toujours garder à l'esprit les conditions dans lesquelles il s'effectue. Dans
une société où tout va toujours plus vite,
les pressions sur les travailleurs s'accentuent sans cesse, et la conciliation
travail-famille est un enjeu qui se présente chaque année avec plus d'acuité. Nous vivons, au Québec, une grave
pénurie de main-d'oeuvre. Cette pénurie met une pression importante sur les travailleurs, qui sont appelés
à réaliser des heures grandissantes et à pallier le manque de main-d'oeuvre
dans les entreprises. On brûle littéralement la chandelle par les deux bouts.
Il faut aussi
oeuvrer afin d'assurer une sécurité au travail toujours plus grande, car la
protection des travailleurs doit être la première considération.
En terminant,
je tiens à remercier l'ensemble des travailleurs du Québec, qui sont tous
essentiels dans l'édification d'un Québec prospère et qui sont au coeur
de chaque succès du Québec. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Au tour,
maintenant, de Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Merci, M. le Président.
J'aimerais souligner la tenue d'une première édition d'un forum sur l'immigration aujourd'hui, à
Thetford, organisé par la MRC des Appalaches, afin de mobiliser et concerter
les partenaires du territoire. Plus de
125 personnes provenant d'entreprises, d'organismes, du Carrefour
jeunesse-emploi de
Frontenac, du cégep de Thetford, du centre de services scolaire des Appalaches,
du CISSS de Chaudière-Appalaches,
de la corporation de la communauté d'expression anglaise de Mégantic, de la
ville de Thetford, ainsi que des citoyens de la MRC, sont réunis en ce moment
pour assister aux conférences et panels de discussion.
Je suis très fière qu'un forum comme celui-ci
voie le jour chez nous. Il faut créer des occasions de réunir les intervenants et de discuter ensemble des enjeux en
immigration pour trouver des solutions qui sont adaptées à la réalité des
immigrants.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Lotbinière-Frontenac. Et
je cède maintenant la parole à Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. J'ai demandé aux jeunes de
l'organisme communautaire Toujours ensemble, à Verdun : Quel
message souhaitez-vous transmettre aux élus, au salon bleu? Voici ce qu'ils
m'ont dit.
L'environnement ne peut plus être mis de côté.
Nous voyons déjà le changement qui se produit sous nos yeux. Il y a de moins en moins de neige pendant l'hiver.
On voit de moins en moins les étoiles la nuit. On sent la menace grandissante
du réchauffement climatique.
Nous sommes
en colère parce que nous, les jeunes, ne sommes pas les plus polluants, et
pourtant c'est nous qui portons les
conséquences des décisions passées en matière d'environnement. On est inquiets.
Est-ce que nos enfants connaîtront le même monde que nous? Auront-ils
les mêmes saisons que nous?
Nous
demandons plus d'actions en matière d'environnement. Notre voix compte. Agissez
maintenant pour sauver notre planète.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Verdun. Et je reconnais
maintenant Mme la députée de Saint-François.
Hébert : M. le Président, je félicite M. Hicham Nor
Barouti, lauréat du prix Hommage bénévolat-Québec dans la catégorie
Jeune bénévole, prix Claude-Masson.
Cet élève du Séminaire
de Sherbrooke a consacré 52 heures, d'avril à juin 2023, à
l'organisation de la fête nationale dans le district sherbrookois de
Brompton. Il s'est impliqué dans la planification de plusieurs activités
d'animation. Le jour de la Saint-Jean, il a
travaillé au montage des tentes, des tables, décorations et jeux. Pendant la
fête, il a animé un kiosque de jeux.
Puis, il a participé au démontage et il est resté jusqu'au lendemain matin avec
son père afin de surveiller la roulotte prêtée pour l'événement.
M. le
Président, M. Barouti n'a pas manqué une rencontre. Il s'est préoccupé de
respecter le budget de la fête et a même apporté des solutions pour en
diminuer les coûts. Il s'est démarqué par sa fiabilité et son leadership.
Vous avez
démontré, M. Barouti, que le bénévolat ne dépend pas de l'âge, mais bien
de la noblesse de l'âme. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Saint-François. Bravo à M. Barouti!
Et je reconnais maintenant Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Prass : Merci, M. le Président. Du 6 au 12 mai, nous célébrerons
la Semaine de la santé mentale sous le thème Un appel à la
gentillesse . Nous sommes tous invités à explorer le pouvoir apaisant de la
compassion. Être gentil envers nous-mêmes et
envers les autres est une force importante qui peut soutenir ceux qui luttent
avec des enjeux de santé mentale.
Au Québec,
nous reconnaissons l'importance de promouvoir une culture de bienveillance et
de soutien envers une saine santé mentale. Nous devons toutefois briser les
stigmates associés aux troubles de santé mentale. Trop souvent, la peur du jugement empêche les gens de chercher
l'aide dont ils ont besoin. En travaillant ensemble pour éliminer ces préjugés,
nous pouvons créer un environnement où chacun se sent libre de parler
ouvertement de ses défis et de chercher du soutien sans crainte de
discrimination. Que tous qui en ont besoin aient accès aux ressources en santé
mentale.
En cette
semaine de sensibilisation, engageons-nous à prendre soin de notre santé
mentale et à soutenir ceux qui en ont besoin. Engageons-nous à écouter
attentivement, à être empathiques et à offrir notre soutien à ceux qui
traversent des moments
difficiles. Ensemble, nous pouvons faire une réelle différence dans la vie de
nombreuses personnes. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée. Au tour, maintenant, de M. le
député de Joliette.
M. St-Louis :
Merci, M. le Président.
Construite à Saint-Charles-Borromée il y a maintenant 177 ans, la Maison
Antoine-Lacombe compte parmi les plus vieilles maisons du Québec.
D'abord
propriété de la famille Lacombe, cette maison a traversé le temps sous
différentes vocations. De résidence familiale à poste de traite et
comptoir d'échange pour la fourrure, cette résidence sera officiellement
déclarée immeuble patrimonial en mars 1968.
Près
de 21 ans plus tard, le conseil municipal de la ville de
Saint-Charles-Borromée fait un choix des plus importants pour ce joyau historique lanaudois. On décide
alors de former une corporation à but non lucratif et de procéder à
l'acquisition de la maison des
Lacombe. Cette décision fait en sorte, M. le Président, que, depuis maintenant
35 ans, la Maison Antoine-Lacombe accueille,
année après année, de nombreux artistes et offre à ses visiteurs une des plus
belles variétés d'expositions. Des jardins aux arrangements floraux époustouflants font de la maison Lacombe un
incontournable pour les amateurs d'horticulture.
J'invite donc la
population québécoise à venir visiter et à venir faire le plein de cette beauté
et de cette quiétude qui caractérisent la maison Lacombe. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Joliette. La parole revient maintenant à M. le député de
Saint-Jean.
M. Lemieux : M.
le Président, grande vente de vélos samedi matin au Carrefour jeunesse-emploi
Iberville—Saint-Jean! Oui, c'est une publicité, M. le
Président, parce que les vélos à vendre sont en fait remis à neuf et à très bon
prix, mais c'est tellement plus que
ça. C'est Réso-Vélos, un projet du carrefour jeunesse-emploi pour un programme
d'insertion au travail que j'avais eu le plaisir d'annoncer en pleine
pandémie avec le ministre responsable de l'Emploi de l'époque, qui m'avait
impressionné en nous parlant des NEEF : ni en emploi, ni en éducation, ni
en formation. Eh bien, depuis, 63 jeunes
NEEF ont bénéficié de ce programme, qui les a formés et initiés au travail dans
trois secteurs : le service à la clientèle, la mécanique et
l'entrepreneuriat. Et le plus beau, c'est que c'est aussi simple que ça en a
l'air. Les vélos sont récupérés, réparés et vendus.
Après
la cohorte de sept jeunes qui terminent avec la vente de samedi matin, deux
autres attendent. Et c'est tout à l'honneur de notre carrefour jeunesse-emploi
et gagnant-gagnant pour tout le monde, à commencer par ceux qui vont
aller acheter un vélo samedi matin. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Saint-Jean. Et la parole revient maintenant à M. le
député de Vachon.
M. Lafrenière :
Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je rends hommage à un homme de ma circonscription qui nous a
quittés le 18 avril dernier, M. Donald Scott, mieux connu sous le nom
de «M. Bonbon», qui est décédé entouré de sa famille et de ses
proches, tel qu'il le souhaitait.
Il fut une personne
marquante pour la communauté de Saint-Hubert, et ce, tout au long de sa vie. «M. Bonbon»
était propriétaire d'un dépanneur de la rue
Paré, jusqu'au jour où, en 2005, il fut victime d'un AVC. Voulant bien faire
autour de lui, vivant avec les
séquelles de sa nouvelle réalité, il a pris l'initiative de vendre des bonbons,
des chocolats dans le but d'améliorer
la qualité de vie des résidents du CHSLD avec les sommes qu'il avait amassées.
Pour toutes ces raisons, je lui ai remis la Médaille de l'Assemblée en
plus, «M. Bonbon» s'installait souvent devant sa résidence du chemin
Chambly pour saluer les passants, pour vendre
des bonbons. Et je suis passé ce week-end, M. le Président, et, là où il
s'installait, les gens avaient déposé des fleurs, et les passants et les
automobilistes klaxonnaient pour le saluer.
Alors,
en mon nom, au nom de tous les citoyens de Saint-Hubert, je dis au revoir,
«M. Bonbon». Merci pour tout, Donald, on ne t'oubliera jamais.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Vachon. Et la parole revient maintenant à Mme la députée
de Hull.
Mme Tremblay :
Merci, M. le Président.
J'aimerais aujourd'hui souligner le 50e anniversaire de la Philarmonique
Notre-Dame-de-Fatima de Gatineau.
Depuis ses débuts, en
1974, cet organisme a su transposer les frontières musicales pour devenir un
pilier de la communauté portugaise en
Outaouais. C'est en participant activement aux activités culturelles lors de
parades, processions, concerts et
autres prestations diverses que cet organisme bien ancré dans notre région
maintient ses valeurs traditionnelles et continue à s'engager dans
divers événements, au grand plaisir de la population.
C'est
avec beaucoup d'émotion que j'aimerais remercier José Pimentel da Silva, le
grand maestro fondateur, pour sa vision et son audace. C'est grâce à lui que le
Philharmonique Notre-Dame-de-Fatima est l'écho du Portugal en Outaouais depuis 50 ans. J'aimerais féliciter Karyne
St-Pierre, la directrice musicale qui lui succède, et qui, j'en suis certaine,
suivra les traces de son prédécesseur.
50e anniversaire à tous les musiciens du philharmonique, et que votre
belle musique continue de nous émerveiller et de nous faire voyager
encore de nombreuses années! Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Hull. Et je reconnais Mme la députée de Verchères.
Mme Roy
(Verchères) : Merci, M. le Président. C'est avec enthousiasme que je
souligne le 30e anniversaire de la
Société de généalogie de La Jemmerais, fondée par M. Jean-Jacques Fournel
et Mme Lucy Murphy. Je félicite tous ceux qui, par leur dévouement
et leur passion, ont contribué au dynamisme de cet organisme. En particulier,
je souhaite adresser mes remerciements les
plus chaleureux à la présidente actuelle, Mme Lyne Boily, à tous les
anciens présidents et présidentes,
ainsi qu'aux nombreux bénévoles. En tant que gardiens de notre passé, vous avez
ouvert la voie à une meilleure compréhension de nos origines,
nourrissant ainsi notre fierté et notre attachement à nos ancêtres.
ce 30e anniversaire, qu'elle soit prémisse des décennies à venir, remplies
d'exploration, de réalisations remarquables dans le domaine fascinant de
la généalogie. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme
la députée de Verchères.
Alors, voilà qui met fin à la rubrique Déclarations de députés. Je
remercie chacun de vous pour vos déclarations, donc.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 53)
La Présidente : Mesdames messieurs, vous
êtes nombreux. Bienvenue. Le parlement du Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : ...demanderais
d'appeler l'article b de notre feuilleton.
La Présidente :
À l'article b du feuilleton, M.
le député de Nelligan présente le projet de loi n° 791, Loi permettant à des organismes publics de transport en commun de développer des
projets immobiliers aux abords ou au-dessus de leurs infrastructures de
transport en commun. M. le député.
M. Derraji : Merci,
Mme la Présidente.
Ce projet de loi
modifie la
Loi sur les sociétés de transport en commun et la
Loi sur le Réseau
de transport métropolitain afin de préciser
qu'une société de transport en commun ainsi que le Réseau de transport
métropolitain disposent de tous les
pouvoirs nécessaires pour réaliser des projets immobiliers aux abords ou
au-dessus de leurs infrastructures ainsi que les activités de gestion et
d'exploitation de leur parc immobilier.
Le projet de loi
prévoit également qu'une société de transport en commun ainsi que le Réseau de
transport métropolitain peuvent s'unir à une
entreprise du secteur privé pour la conception, la réalisation et
l'exploitation d'un projet de
développement immobilier aux abords ou au-dessus de leurs infrastructures de
transport en commun ainsi que pour la conception et la réalisation d'un
projet d'intégration d'un développement immobilier à leurs infrastructures. Le
projet de loi prévoit qu'à cette fin une
société et le réseau adoptent des règles relatives à la sélection des
partenaires et des projets pour assurer l'équité entre les entreprises
intéressées, la transparence et la saine concurrence.
projet de loi prévoit qu'une société et le Réseau de transport métropolitain
produisent de manière concomitante à
leur plan stratégique un plan de développement immobilier. Il précise que leur
programme des immobilisations est produit en conformité avec ce plan de
développement immobilier.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente :
Est-ce que l'Assemblée accepte
d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader de l'opposition, oui.
M. Derraji : Si
c'est possible, je vous demanderais un vote électronique, Mme la Présidente.
Présidente : C'est possible, c'est votre droit. Vous êtes tous là?
Alors, le vote est maintenant ouvert.
Le vote est
maintenant fermé. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 113
La Présidente :
La motion est adoptée. M. le leader de l'opposition officielle, oui.
M. Derraji : Mme la Présidente, considérant le contexte actuel
et surtout l'actualité de la dernière semaine, je ne sais pas si le leader du
gouvernement et la ministre responsable du Transport... s'ils ont de
l'ouverture à étudier le projet de loi très rapidement. Nous sommes prêts à
l'étudier, à aider les sociétés de transport et à vous sauver de l'argent.
Présidente : M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, on va étudier le projet de loi du
collègue, puis on le traitera au mérite, Mme la Présidente.
Présidente : À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, je
dépose les réponses aux questions inscrites au feuilleton le 22 février
2024 par le député de Jean-Lesage, le 28 mars 2024 par le député de
Matane-Matapédia et le 11 avril 2024 par le député de Pontiac. Merci.
Présidente : Ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions ni de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous
en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et,
pour ce faire, je cède la parole, en question principale, au chef de
l'opposition officielle.
Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Les exemples
sont multiples, d'un gouvernement déconnecté, incapable de livrer les services. Déconnecté parce qu'on n'a toujours
pas de plan, au Québec, pour savoir comment on va résorber
le déficit caquiste record de 11 milliards de dollars. Déconnecté, ce
gouvernement-là, parce qu'en santé c'est pire qu'il y a six ans.
Déconnecté, Mme la Présidente, également, fait en sorte qu'ils sont incapables
de livrer les services.
En protection
de la jeunesse, hier, nous avons souligné le cinq ans du décès de la fillette
de Granby. Ça fait maintenant trois ans que le rapport de la commission
Laurent a été déposé. Déconnecté parce que le ministre délégué aux Services sociaux dit, et je le cite : «70 % des
recommandations de la commission Laurent sont en action.» Fin de la citation.
Allons-y, voir.
Ce matin, le
comité de suivi de la commission Laurent exprime, je cite, «son
inquiétude relativement à l'état d'avancement
de la mise en oeuvre des recommandations». Martine Desjardins, présidente du
comité de suivi, dit : «Nous avons analysé finement ce qui se
trouve dans le peu de matériel accessible[...]. [...]une seule nouvelle
recommandation semble avoir fait l'objet de
travaux dans les deux dernières années. La cadence actuelle est trop lente. À
ce rythme, près de 20 ans seront encore nécessaires pour mettre en
oeuvre l'ensemble des recommandations.»
Mme la
Présidente, le premier ministre reconnaît-il qu'en protection de la jeunesse
aussi il est incapable de livrer les services essentiels?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Oui, Mme la Présidente. D'abord, dans
l'introduction du chef de l'opposition officielle, il y avait beaucoup de
choses. Entre autres, il nous dit : On n'a pas de plan pour résorber le
déficit. D'abord, je l'invite à relire le budget. Il voit ou il verrait, s'il le lisait, que cette année on prévoit un
déficit de 1,5 % du PIB et que dans deux ans, donc avant l'élection, donc,
en 2026, on prévoit déjà que ce déficit va être réduit à 0,3 %. Donc, ça
veut dire, 80 % de la résorption est déjà dans le budget en
seulement deux ans.
Maintenant, Mme la Présidente, concernant la
DPJ, j'invite le chef de l'opposition officielle à lire la lettre de Régine Laurent, la semaine... hier, qui a été
publiée dans les journaux, qui nous dit qu'effectivement on est dans la bonne
direction. Maintenant, quand le chef de
l'opposition officielle parle d'un comité de suivi, ce n'est pas le... ce n'est
pas un comité de suivi du
gouvernement, c'est un comité de suivi qui a été mis en place par Martine
Desjardins, qu'on connaît, avec d'autres personnes. Mais moi, je fais confiance
à Régine Laurent, qui était présidente de la commission, qui nous dit que ça
va dans la bonne direction.
La Présidente : Première
complémentaire.
Tanguay : Content d'avoir trois complémentaires, on va
revenir avec les commissaires puis Mme Laurent, ce qu'elle a dit réellement. Là, il est en train,
encore une fois, Mme la Présidente, puis c'est un mot qui s'utilise dans ce
Parlement, tentative de discréditer le comité de suivi...
La Présidente : Je vais reconnaître
le leader du gouvernement. Brièvement. Votre rappel au règlement.
M. Jolin-Barrette : On prête des
intentions. Ce sont des propos blessants. Ce sont des intentions malicieuses et
de mauvaise foi qui sortent de la bouche du chef de l'opposition...
La Présidente : M. le leader, je
suis debout, vous pouvez vous rasseoir, M. le leader de l'opposition également.
Je suis debout. Alors, pour les gens qui
nous écoutent ici, il y en a plusieurs, pour ceux qui sont à la maison, quand je suis
debout, le micro de tous les autres intervenants est fermé, et ces gens parlent
dans le vide et perdent leur propre temps.
Sur ce, il ne s'agit pas d'une question de
règlement, ici, c'est la critique du comportement de l'adversaire, qui peut ne
pas être agréable mais qui est permis. Alors, je vais maintenant permettre à M.
le chef de poursuivre sa question. Restez prudents et respectueux.
Tanguay : Bien, merci de ne pas avoir sanctionné cela. On ne
peut pas tenter de discréditer le comité de suivi lorsqu'il, entre autres, rassemble l'ENAP,
Fondation Marie-Vincent, Observatoire des tout-petits, Collectif petite
enfance, et j'en passe. C'est eux qui lui disent que ça ne marche pas, son
affaire.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
d'abord, il faut rappeler que, suite à la commission Laurent, on a nommé un directeur national de la DPJ, Mme Lemay.
On a adopté aussi la loi n° 15, qui est une loi très importante parce que ça
met l'enfant en priorité quand il y a des décisions qui sont prises.
Donc, on ne parle pas de la famille biologique, on parle de l'intérêt de l'enfant. Ça a été salué par
tout le monde. Il y a aussi, depuis 2020, 1 500 travailleurs à temps
plein qui ont été ajoutés.
Donc,
Mme la Présidente, on est en mouvement. Mais on ne peut pas s'autoproclamer
comité de suivi. Moi, je pourrais dire...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Il n'est pas en mouvement, il est dans les sables
mouvants, Mme la Présidente. Mme Laurent et les commissaires, il l'a citée tantôt, qu'est-ce qu'ils disent? Martine Desjardins
l'a dit, et je la cite : «...la majorité des recommandations
étiquetées comme urgentes par les commissaires n'ont toujours pas été abordées,
trois ans plus tard. D'ailleurs, des chapitres importants sont délaissés...»
Fin de la citation. Ça, c'est le comité de suivi, des gens, plus de
25 organismes crédibles, qui dit que ça ne marche pas, Mme la Présidente.
Le premier ministre
peut-il faire son travail puis protéger nos enfants?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, moi, j'ai totalement confiance à Régine Laurent. Elle a fait
un travail extraordinaire, elle a toute la crédibilité pour porter le jugement
qu'elle a porté dans sa lettre qu'on a vue hier.
Maintenant,
Mme la Présidente, je veux vous sortir quelques chiffres. Quand on est arrivés,
les libéraux investissaient 1,3 milliard par année en protection de la
jeunesse, on est rendus à 1,9 milliard par année. Donc, contrairement au
Parti libéral, nous, on agit. Et c'est certain qu'il reste du travail à faire,
mais on avance, contrairement au Parti libéral.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Alors, Mme la Présidente, il dit qu'il met plus
d'argent, puis ça ne marche pas. Le sondage, à matin, trois quarts des
Québécois disent qu'ils n'en ont pas pour leur argent.
Quand
on dit qu'il gaspille l'argent, c'est, entre autres, en matière d'emploi. 300 millions,
on ne sait pas les résultats. Il dit qu'il met de l'argent en protection de la
jeunesse, le comité de suivi lui dit : Ça ne marche pas, à ce rythme-là
on en échappe à toutes les semaines, puis, à ce rythme-là, ça va prendre
20 ans.
Alors, il vient de
faire la démonstration qu'il garroche de l'argent, puis ça ne marche pas. Les
Québécoises et Québécois n'en ont pas pour leur argent.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, je trouve que le commentaire du chef du Parti libéral est un
peu insultant pour les employés de la DPJ.
On a ajouté 1 500 employés compétents à la DPJ. Mais, on le sait,
actuellement, comme un peu partout dans le monde, il y a eu une
explosion des cas de santé mentale.
Donc,
Mme la Présidente, je pense que mon collègue fait un travail extraordinaire. On
avance, puis on va continuer d'avancer.
La Présidente :
En question principale, je reconnais
maintenant la députée de Robert-Baldwin. La parole est à vous, madame.
Mme Garceau :
Merci, Mme la Présidente. Lenteur, incohérence, manque de transparence. Le
comité de suivi de la commission Laurent est inquiet des actions du
gouvernement pour mieux protéger les enfants du Québec.
Ce matin, on nous
révèle que Québec tarde à suivre les recommandations du rapport Laurent.
Pourtant, quand j'ai questionné le ministre,
aux crédits, il nous a dit que 30 des 65 recommandations étaient
complétées. Et, à ma grande surprise,
ce matin, j'apprends que le ministre a complété une seule recommandation de
manière cohérente sur les 65 du rapport Laurent. Mme la Présidente, le
comité de suivi nous dit : À ce rythme-là, ça risque de prendre encore
20 ans.
Qui croire,
aujourd'hui? La version du ministre aux crédits ou le comité indépendant ce
matin?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des services sociaux.
M. Carmant : Oui,
merci, Mme la Présidente. Ça va me permettre de clarifier bien des choses.
Premièrement,
le comité lui-même dit que les documents sur lesquels ils se sont basés pour
faire leurs évaluations sont le rapport 2021‑2023, et ça fait quand
même un an que... c'est ça, que c'est... qu'on a avancé, dans la dernière
année.
Mme la Présidente,
Mme Laurent, elle l'a dit elle-même, les choses avancent de façon
significative. Même, dans l'article de ce
matin, je pense qu'il y a certaines incompréhensions. Ils nous disent qu'on ne
met pas la priorité pour garder l'enfant dans son milieu, mais on parle du
programme Ma famille, ma communauté, qui fait exactement ça, qui, au lieu de placer les enfants à l'extérieur, les
gardent dans leurs familles. Si ce n'est pas dans leurs familles, c'est la
famille élargie. Si ce n'est pas dans la famille élargie, ça reste dans
la communauté.
Donc, moi, ce que j'ai
dit, ce matin, c'est qu'on va inviter Mme Desjardins et ses équipes à
s'asseoir avec nous puis à regarder les
éléments un par un, puis on va leur expliquer tout ce qui a avancé depuis le
début... depuis le dépôt du rapport, Mme la Présidente, parce que les
choses ont changé sur le terrain. Merci.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Garceau :
Le comité de suivi révèle
également, Mme la Présidente, que la majorité des recommandations ciblées comme urgentes par les commissaires n'ont
toujours pas été abordées, depuis maintenant trois ans. Ça fait trois ans.
De plus, on nous révèle que des chapitres
importants ont été complètement délaissés, tels que les Premières Nations, les conflits familiaux et de violence conjugale, et les
communautés d'expression anglaise.
Pourquoi ce qui était
urgent pour les commissaires ne l'est pas pour le ministre?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Carmant : Mme
la Présidente, j'ai expliqué plusieurs fois en cette Chambre qu'on a pris le
rapport, 250 points d'action, on les a
divisés en trois phases. La première phase, c'était ce qui était en amont de la
DPJ, Mme la Présidente, la
prévention. Mme Laurent, elle insiste tout le temps là-dessus, là. Même,
en fait, les recommandations qui ont précédé le dépôt du rapport étaient
toutes sur la prévention, Mme la Présidente. Donc, tu sais, on se dit
toujours : Il faut faire plus de prévention, moins de curatif, mais on a
commencé par ça.
Ensuite,
dans la phase II, on est en train de changer la façon de fonctionner de la
protection de la jeunesse, premièrement la façon de... changer au niveau
des intervenants avec la première ligne. Ensuite, on va le faire à l'interne.
prochaine phase, si on lit le rapport, c'est justement les centres jeunesse. Ça
s'en vient, là. On fait les choses dans l'ordre.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Garceau : ...Mme la Présidente, ça fait maintenant six ans que le ministre
devrait être imputable des dossiers de la protection de la jeunesse, étant
donné les critiques sévères formulées par le comité de suivi de la commission
Laurent, mais aussi de plusieurs autres organisations, avocats et experts
envers le gouvernement.
Comment
compte-t-il restaurer la confiance du public? Est-ce que le ministre protège
nos enfants ou les institutions?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Carmant : Mme la Présidente, tout ce qu'on fait, c'est dans
l'intérêt de l'enfant, Mme la Présidente. C'est ce qu'on est venus inscrire
dans la loi, l'intérêt de l'enfant d'abord et avant tout. Et tous les gestes
qu'on fait, la prévention, c'est pour les enfants. Soutenir les parents,
c'est pour les enfants.
fait, je vais vous donner un exemple, Mme la Présidente, que la députée de
Robert-Baldwin... un rare où elle m'a
appuyé, c'est quand on a décidé d'enlever les «alertes bébés». C'est parce
qu'on a mis tout ce qui était en place autour pour protéger les parents, pour protéger les familles, pour accompagner
les familles avant de faire ça, parce que... On l'a fait parce que tout ce qui était préventif et de
première ligne était en place, on a pu faire ce point-là, et c'est ce qu'on va
faire avec le reste. Mme la Présidente, la négligence, c'est l'affaire de toute
la...
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de l'Acadie.
M. Morin : Mme la Présidente, l'accès à la justice est un
droit, et l'aide juridique en est une composante essentielle. Malheureusement,
l'accès à l'aide juridique est très difficile présentement pour plusieurs
citoyens, qui se retrouvent démunis devant le système de justice.
Le problème est
criant en région, où les demandes d'aide sont de plus en plus nombreuses. En
raison du manque d'avocats pour prendre les mandats, des dizaines de personnes,
pourtant admissibles, ne réussissent pas à avoir des services. Selon la
bâtonnière du Barreau, Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, dans
plusieurs secteurs il n'y a même plus aucune couverture d'aide juridique,
actuellement. Les Québécois paient pour des services qu'ils n'ont pas.
Je sais que, pour le
ministre, l'accès à la justice est fondamental. Quel est son échéancier pour
nous assurer qu'il y aura une couverture d'aide juridique au Bas-Saint-Laurent,
Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine?
Présidente : La réponse du ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Je tiens à remercier le collègue pour sa question, parce
qu'effectivement, dans certaines régions du Québec, ça peut paraître
surprenant, mais on a des pénuries d'avocats, dans certaines régions du Québec, et c'est un enjeu
important, parce qu'il faut faire en sorte que sur l'ensemble du territoire
québécois il y
ait des professionnels
du droit, à la fois des notaires, à la fois des avocats, qui
travaillent dans nos régions.
Le cas qui est
soulevé par le député de l'Acadie, il est exact, il y a moins d'avocats en
pratique privée dans cette région-là. Et c'est le cas dans certaines autres
régions aussi.
Lorsque les gens
veulent se faire représenter par un avocat et qu'ils sont admissibles à l'aide
juridique, ils peuvent se présenter au
bureau d'aide juridique, donc, pour avoir un avocat permanent ou, dans
certaines situations, demander qu'ils soient couverts par un mandat d'aide
juridique avec un avocat en pratique privée. Lorsqu'il arrive certaines situations de conflit d'intérêts où le bureau
d'aide juridique ne peut pas prendre la personne qui requiert les services
juridiques qui lui est admissible, à ce moment-là on la réfère vers un avocat
de pratique privée ou pour l'avocat de son choix. S'il ne réussit pas à en trouver un, le citoyen peut
revenir au bureau d'aide juridique, et on va s'assurer de lui trouver un
avocat, peut-être d'une autre région, qui va pouvoir prendre son dossier.
Présidente : Première complémentaire.
M. Morin : Oui.
Mme la Présidente, l'ennui, c'est que le nombre d'avocats en cabinet privé qui
acceptent des mandats d'aide juridique
diminue, 20 % depuis cinq ans. C'est une très grosse baisse. Il s'agit
d'une situation dramatique, puisque
les avocats en cabinet privé qui acceptent des mandats d'aide juridique, c'est
52 % des mandats d'aide juridique. Cette situation s'explique parce que les tarifs de l'aide juridique sont
trop bas. Pour 45 heures de travail dans un dossier de garde
d'enfants, un avocat gagne moins que le salaire minimum.
Est-ce que le
ministre trouve ça...
Présidente : ...réponse du ministre.
Jolin-Barrette : Bien, Mme la Présidente, en tout respect, là,
j'invite le collègue à réviser ses chiffres et notamment l'échange qu'on a eu
lors de l'étude des crédits. Écoutez, on a eu une augmentation de plus de
10 % des mandats d'aide juridique, par
rapport à l'an passé, qui ont été octroyés. On a mis en place les
recommandations urgentes du groupe de travail indépendant sur les tarifs d'aide
juridique, qui était présidé par l'ancienne juge en chef de la Cour du Québec, Mme
Elizabeth Corte. On a investi des
milliers de dollars... des millions de dollars supplémentaires, grâce à mon
collègue le ministre des Finances, qui a été accordé. Et on est présentement en
train de négocier une entente, qui, je crois, on est dans la bonne direction, avec les membres du comité indépendant
sur la tarification des mandats d'aide juridique. Alors, on s'en va dans
la...
Présidente : Deuxième complémentaire.
Morin : Parlons-en, de la négociation de l'entente. Me
Bouchard a été nommé pour participer à la négociation des tarifs d'aide
juridique. Il soulignait que l'aide juridique doit être valorisée. Selon lui,
c'est un des trois grands services publics de notre société, avec la santé et
l'éducation. Encore ce matin, après vérification, j'apprenais que les
négociations sont au point mort.
Est-ce que le
ministre va s'impliquer personnellement pour dénouer la crise?
Présidente : La réponse du ministre de la Justice.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, notre gouvernement a investi des
millions de dollars en bonification des
tarifs d'aide juridique pour les avocats de la pratique privée, en matière
criminelle. Puis, je peux vous dire, là, quand je regarde les chiffres,
en matière criminelle, les mandats, ça rentre à pleine porte, en matière
criminelle.
On est présentement
en train de négocier sur d'autres secteurs, notamment les tarifs en matière
d'immigration, notamment, qui doivent être
rehaussés. Il y a des offres qui sont sur la table. Le travail va se faire, en
termes de négociation. Mais vous comprenez aussi que les avocats veulent
les tarifs les plus élevés. Les Québécois ont une capacité de payer. L'offre
qui est sur la table, c'est une très bonne offre, qui permet aux justiciables
québécois d'être bien représentés par l'ensemble des membres du Barreau.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef
du deuxième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente. Tout coûte trop cher, au Québec.
Les loyers coûtent trop cher. L'épicerie coûte trop cher. Juste se rendre au
travail, ça coûte trop cher. Puis, en ce moment, il y a bien du monde qui travaille même à temps plein et qui restent
pauvres, au Québec, parce que les salaires sont trop bas. Selon le dernier
chiffre, il y a un quart, un quart des Québécois et des Québécoises qui
ne sont pas capables de vivre dignement.
revenu viable pour une personne seule, c'est rendu au-delà de 20 $ de
l'heure, et ça, ce n'est pas juste à Montréal, c'est dans toutes les régions.
Mais le salaire minimum, aujourd'hui, va juste augmenter de 0,50 $, à
15,75 $. Entre les deux, entre
15,75 $ et 20 $ de l'heure, il y a des centaines de milliers de
travailleurs et de travailleuses. Ça, c'est des Québécois, des
Québécoises qui travaillent, mais qui restent pauvres. Ils travaillent, mais
ils ne peuvent pas se payer les loyers, en pleine
crise du logement. Ils travaillent, mais ils sont obligés d'acheter juste du
surgelé à l'épicerie. Ils travaillent, puis, après le travail, ils font
la file par milliers devant les banques alimentaires.
Aujourd'hui,
c'est le 1er mai, la journée des travailleurs, des travailleuses. Il y a
800 000 Québécois, Québécoises qui font moins de 20 $ de
l'heure, 15,75 $.
Est-ce
que le premier ministre peut reconnaître qu'en 2024 ce n'est pas possible de
vivre dignement avec 15,75 $ de l'heure?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui,
Mme la Présidente, je voudrais profiter de l'occasion pour saluer le retour de
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. On est contents de la voir avec nous autres. On lui souhaite un bon
retour, hein, avec son grand coeur.
Le chef du deuxième
groupe d'opposition touche à un sujet qui me tient beaucoup à coeur,
l'augmentation du salaire moyen au Québec.
On le sait, c'est une de mes obsessions. Puis, avec le ministre de l'Économie,
on a travaillé très fort, depuis cinq ans, pour créer des emplois mieux payés,
et ça a donné des résultats, Mme la Présidente. Depuis qu'on est au pouvoir, les salaires, au Québec, ont augmenté
en moyenne de 24 %, alors que l'inflation a été de 19 % puis alors
que les salaires dans le reste du
Canada ont augmenté de 19 %. On ne voyait pas ça avec les gouvernements du
Parti libéral ou du Parti québécois. C'est une de mes grandes fiertés.
Maintenant,
Mme la Présidente, parlons du salaire minimum. Il faut un équilibre. Il faut
faire attention, si on augmente trop
rapidement le salaire minimum, de voir des emplois disparaître, entre autres
des emplois qui peuvent être importants pour des étudiants dans
certaines régions. Donc, il faut un équilibre.
Présidente : Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Le contrat social, dans
notre société, là, ça devrait être que, si tu travailles à temps plein, tu es
capable de te loger, tu es capable de manger, tu es capable de vivre dans la
dignité. 15,75 $ de l'heure, ça ne permet pas, en 2024, aux gens de
vivre dans la dignité.
premier ministre prétend toujours être bien proche du vrai monde. Est-ce qu'il
peut au moins reconnaître qu'à 15,75 $, en 2024, ce n'est pas
possible d'arriver?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, je
l'ai déjà dit, effectivement c'est pratiquement impossible d'arriver, avec 15,75 $ de l'heure, surtout dans le contexte
de coût de la vie qu'on connaît, les loyers, le logement. Donc, il faut être
d'accord avec ça. On est tous d'accord avec ça, je pense.
Par contre,
si la personne qui avait un salaire de 15,75 $ de l'heure voit son emploi
aboli, est-ce qu'on est avancés? Est-ce qu'on est avancés? C'est ça, le
défi.
Donc, Mme la
Présidente, je pense que, je reviens à l'augmentation du salaire moyen, ce qui
est important, puis je travaille là-dessus à chaque jour avec le
ministre de l'Économie, c'est d'augmenter le salaire moyen, au Québec.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : C'est
intéressant. Le premier ministre vient de le reconnaître, tout le monde a
entendu, pratiquement impossible d'arriver avec 15,75 $ de l'heure. Donc,
si je le comprends bien, il décide volontairement de maintenir des milliers de Québécois et de Québécoises dans la pauvreté
en maintenant un salaire minimum qui est inférieur...
La Présidente : Attention à vos
commentaires. M. le leader, brièvement, votre rappel au règlement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, le chef du deuxième groupe
d'opposition prête des intentions. Il n'y a aucun gouvernement qui en a
fait plus, Mme la Présidente...
La Présidente : Alors, je suis
debout. Messieurs, je suis...
La Présidente : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition, je vous reconnais. Brièvement.
M. Leduc : Mon collègue fait des
critiques. C'est ce qu'on fait ici.
Présidente : Et vous avez raison, on peut critiquer.
Maintenant, il restait quelques secondes, six secondes, et on écoutera
la question et également la réponse.
M. Nadeau-Dubois : Pourquoi le
premier ministre maintient-il un salaire minimum dont il reconnaît qu'il est
insuffisant pour sortir les gens de la pauvreté?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Est-ce que le chef
du deuxième groupe d'opposition va convenir avec moi... Prenons un exemple
concret, un étudiant qui travaille dans un dépanneur, O.K., un étudiant qui
travaille dans un dépanneur, dans une certaine région. Est-ce qu'il va convenir
avec moi que, si, demain matin, cet emploi-là est aboli, parce que le dépanneur
décide de fermer plus tôt, parce qu'il n'est pas capable de payer les employés
au salaire minimum... est-ce qu'il va convenir avec moi qu'on n'est pas
avancés? Est-ce qu'il peut comprendre ça?
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Rosemont. La parole est à
vous, monsieur. On l'écoute.
M. Marissal : Oui. Merci, Mme la
Présidente. La CAQ et moi, le ministre et moi, et nous, on ne s'entend pas sur la place du privé. C'est bon, j'ai compris ça.
On s'entend pour ne pas s'entendre. Mais là où on devrait s'entendre, c'est
qu'il y a des gens qui paient en double. Ils paient des impôts, ils ne sont pas
capables se faire soigner au public, ils vont au privé puis ils
repaient.
Quelques exemples. Véronique : «Pour une banale prise de sang pour ma fille, impossible d'avoir un rendez-vous au CLSC,
aucune plage horaire disponible. On a dû payer 90 $ au privé.»
Isabelle : «Hier, 600 $ pour un Holter, pour trouver les probables causes de mes palpitations cardiaques.
Je me suis fait virer de bord deux fois de l'hôpital dans les deux dernières
semaines, à Drummondville, ce n'est pas
normal.» Je suis d'accord. Éric : «J'ai un oncle, 81 ans, qui doit
voir ma dermatologue.
Lorsqu'il prend rendez-vous, c'est neuf à 12 mois. S'il paie 800 $,
c'est dans deux semaines, avec le même spécialiste.»
est d'accord, le ministre et moi, il me l'a dit en interpellation ici, qu'il
trouve que ça n'a pas de bon sens. Quand est-ce qu'il va agir pour
mettre fin au bar ouvert du privé?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : ...Mme la Présidente, c'est exactement la même
question que le député m'a posée en Chambre il y a quelques semaines, là, on
l'a débattu cet élément-là en motion du vendredi, je crois, et je lui ai
répondu ce que je vais répondre
aujourd'hui. J'ai la même préoccupation que, le principal enjeu, et d'ailleurs
la nouvelle présidente et cheffe de la
direction de Santé Québec l'a dit, c'était une question d'accès à notre réseau.
C'est notre première priorité, c'est d'améliorer l'accès, mais dans un contexte
d'universalité. Qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que les Québécois
doivent avoir accès au réseau et sans payer les frais qui sont chargés
par le privé.
Maintenant,
comment on va faire cette transition-là? Parce qu'en ce moment il y a des
médecins qui ont quitté pour le privé, il y a des médecins qui chargent des
tarifs qui sont jugés, selon moi, selon nous, non raisonnables. On va mettre
en place toutes les mesures nécessaires pour
revenir à nos deux grands principes : améliorer l'accès dans le réseau et
s'assurer qu'il y a un accès universel. C'est ce que j'ai demandé à la
nouvelle présidente et cheffe de la direction.
Présidente : En terminant.
M. Dubé : Avec toute l'expertise qu'elle a et l'équipe
qu'elle est en train de mettre en place, nous allons être capables de
répondre à ces deux objectifs-là.
Présidente : Première complémentaire.
M. Marissal :
Bien, c'est vrai que
Mme Biron a une expertise certaine dans le privé puis ce que ça coûte aux
patients, son entreprise familiale participe à la surenchère, justement,
avec des tarifs qui n'ont pas de bon sens. Des exemples : un examen du col de l'utérus, 250 $;
15 minutes de téléconsultation, 50 $ — ça, c'est toujours chez Biron; dépistage d'ITSS,
entre 75 $ et 372 $. Ça participe au problème, ça, pas à la solution.
Est-ce que le
ministre va arrêter de dire qu'il y a un problème, puis ne pas le régler, puis
il va juste le régler?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Dubé : Bien, écoutez, moi, je dis toujours que, si
c'était si simple, ce serait réglé depuis très longtemps, hein? Alors,
on a plusieurs partenaires, on a plusieurs personnes qui sont impliquées.
Moi,
je trouve ça intéressant, parce que j'entends le député de Rosemont, mais
j'entends aussi bien des commentateurs, depuis l'annonce qu'on a faite, il y a
deux jours, en fait, de dire : Bien, écoutez, venir du privé, ce n'est
pas un défaut, si c'est les meilleures pratiques qui sont là, en autant qu'on
puisse mettre ces meilleures pratiques là dans notre réseau public. Ce qu'on a demandé à Mme Biron, c'est
d'amener ces meilleures pratiques là chez nous pour qu'on soit capables de
répondre à nos objectifs. Il faut faire une différence entre le
dogmatisme du privé et les meilleures pratiques du privé. Merci, Mme la
Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Marissal :
Le problème avec cette
réponse-là, là, c'est que Mme Biron, là, toute compétente soit-elle, là, tout
ce qu'elle a fait dans le réseau privé, dans
le réseau de la santé, au Québec, c'est du développement du privé. Et elle
disait encore récemment qu'elle
voulait en faire encore plus. C'est correct, c'est correct, c'est son choix,
c'est son créneau, mais le créneau du ministre, c'est de défendre la
population du Québec.
là je lui demande, et je n'ai toujours pas de réponse : Est-ce qu'il va
agir pour mettre fin au bar ouvert du privé, qui ambitionne et qui
arnaque les patients du Québec?
Présidente : La réponse du ministre.
Dubé : Bon, écoutez, Mme la Présidente, là, le député de
Rosemont peut prendre toute la terminologie qu'il veut, ce qu'on sait, aujourd'hui, c'est qu'on
comprend très bien notre problématique, on comprend très bien le nombre de
partenaires avec qui
on doit travailler, nos différentes fédérations médicales, les différents
partenaires privés. On a réussi à
trouver des solutions, par exemple, pour accélérer nos chirurgies dans des
cliniques privées. Par chance qu'on a fait ça, madame... parce qu'on
aurait été mal pris.
Moi, je
ferais... si j'étais à la place du député de Rosemont, je ferais attention aux
termes qu'il utilise. On est là dans un objectif d'arranger les choses.
On va le faire dans l'ordre, avec les bons partenaires.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Pontiac.
M. Fortin : Mme la Présidente, la semaine dernière, à l'étude des crédits, on a levé
un immense drapeau rouge pour nos
travailleurs et pour nos régions. Juste au cours de la dernière année, il y a
2 000 travailleurs de l'industrie forestière qui ont perdu leur emploi. Réponse de la ministre de
la Forêt : Bien, vous savez, il faut de la perspective, il y a quand même
47 000 emplois dans l'industrie
forestière. Je vais vous dire, Mme la Présidente, de la perspective comme ça,
c'est dur d'en avoir quand on vient de perdre notre job puis qu'on ne
sait pas si on va être capable de payer l'hypothèque ou pas.
Et, vu que le
gouvernement refuse d'agir, Mme la Présidente, ce qui devait arriver arriva,
l'hécatombe se poursuit. Hier, c'est
Rayonier, à Témiscaming, qui a annoncé une mise à pied de 275 de ses
travailleurs. 275 travailleurs dans une municipalité qui compte 2 300 âmes, c'est immense, c'est de la
détresse, c'est une perte de revenus immense, c'est une perte de valeur
des maisons, c'est un impact sur toute l'économie forestière.
Mme la ministre,
là, elle était la première à devoir protéger cette usine-là. Qu'est-ce qu'elle
a fait pour protéger les travailleurs de Rayonier?
La Présidente : La réponse de la
ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
Mme Blanchette
Vézina : Merci, Mme la Présidente. Je suis contente de
pouvoir me lever pour transmettre, en premier lieu, mes paroles aux
travailleurs qui sont affectés par la fermeture de l'usine. Ce n'est jamais des
bonnes nouvelles, Mme la Présidente, puis on est... on est bien désolés de la
situation, et plus que désolés.
On savait,
pour différentes raisons, qu'il y aurait, avec les baisses de possibilité
forestière qu'on a annoncées suite aux
feux de forêt, des impacts dans certaines régions du Québec, notamment en
Abitibi-Témiscamingue. On a mis... Et on a agi rapidement, on a mis en
place un comité interministériel, justement, en sachant qu'il allait y avoir
des impacts économiques à cette baisse de
possibilité. C'est important d'ajuster cette possibilité forestière, parce que,
bien sûr, on doit continuer
d'aménager de manière durable nos forêts, mais on veut soutenir la filière
forestière. C'est ce qu'on fait. On a... J'ai mené, dans les derniers mois, des vastes réflexions sur l'avenir de
la forêt partout au Québec pour, justement, arrimer nos façons de faire. J'ai eu l'occasion d'échanger
sur cette question-là avec le collègue de Pontiac, le député de Pontiac, la
semaine dernière, mais on veut ajuster nos façons de faire. On a tenu des
consultations régionales pour entendre et s'assurer qu'on a un régime forestier qui soutient
l'économie régionale, et qui est agile, et qui... aussi de manière à protéger
la ressource sur le long terme.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Fortin : Si la ministre pense que c'est juste la possibilité forestière, l'enjeu,
pour cette usine-là puis pour les autres,
là, elle n'est pas juste dans le champ, elle est rendue dans le territoire des
fausses balles, Mme la Présidente. Je ne sais pas si elle est déjà allée à Témiscaming, mais c'est une ville
mono-industrielle. Ça, c'est le maire qui le dit, là. Il n'y en a pas,
puis ça ne court pas les rues, des jobs comme ceux-là.
Mme la
Présidente, ce que les travailleurs veulent savoir, ce que les élus locaux
veulent savoir, c'est que la ministre travaille
à protéger leurs emplois, pas juste qu'on va travailler sur la requalification
après. Ça, c'est réparer des pots cassés. Qu'est-ce qu'elle fait pour
protéger les emplois forestiers au Québec?
La Présidente : La réponse de la
ministre des Forêts.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
en fait, je vous l'ai mentionné, on a créé un comité interministériel. On a mis
en place... On s'est assurés, autant avec
Emploi qu'avec mon collègue de l'Économie, qu'on allait soutenir les impacts
puis on allait voir à mettre en place
du soutien à ces travailleurs qui sont impactés. Le Témiscamingue,
effectivement, a une filière forestière dynamique qu'on souhaite continuer de
voir fleurir. Il y a un contexte économique qui est difficile pour les entreprises forestières. Je vous parlais de baisse
de possibilité, mais il y a un contexte économique, également, de
ralentissement dans les demandes de produits. Pour cette usine-là, il y
a également une décision d'affaires. Chaque dossier, on
le prend vraiment de manière distincte, mais on veut accompagner et soutenir la
filière forestière. C'est une économie...
C'est important pour le développement de nos régions. Puis je suis contente de
voir que le Parti libéral se lève enfin pour parler de la forêt.
La Présidente : Deuxième...
La Présidente : Silence! Deuxième
complémentaire. On écoute le député de Pontiac.
M. Fortin : C'est vrai qu'on pourrait interpeler la ministre plus souvent, Mme la
Présidente, mais elle ne nous l'a pas donnée facile. Nous, on est des
contrôleurs de l'action gouvernementale, pas de l'inaction gouvernementale.
Juste dans les dernières semaines, juste dans les dernières semaines, là, c'est
la Scierie Béarn, c'est 120 familles, la scierie Comtois, c'est
50 familles, Résolu, à Maniwaki, c'est 110 familles, puis Rayonier,
c'en est 275.
Dans ces
régions-là, les élus, ils disent qu'ils se tournent vers la ministre, vers le
gouvernement, puis qu'ils n'ont aucune
proposition, aucun retour, que la ministre fait la sourde oreille. Un
gouvernement qui regarde les usines fermer une après l'autre, ce n'est
pas un gouvernement des régions.
La Présidente : La réponse de la
ministre des Ressources naturelles et des Forêts. On l'écoute.
Mme Blanchette
Vézina : Bien, parlons d'actions, Mme la Présidente. Puis
je suis contente que ce soit le député de Pontiac qui se lève pour
parler de foresterie, parce que, justement, dans l'Outaouais, on a mis en place
un programme exceptionnel d'écoulement des bois qui touche, justement, les
industries et également le secteur du Témiscamingue. Pour soutenir l'industrie, on a renouvelé ce programme d'écoulement
spécial des bois pour soutenir la filière, justement, de ce secteur-là. On est là, en place. On a lancé
des tables de réflexion sur l'avenir de la forêt parce qu'on souhaite améliorer
l'environnement d'affaires, continuer d'avoir une filière forestière qui est
productive pour l'économie de nos régions. Puis
ça, c'est le gouvernement, notre gouvernement, Mme la Présidente, qui a mis en
place ces changements et qui vise à mettre un meilleur environnement d'affaires.
On est en action.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Verdun. On vous écoute, madame.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Des vêtements, des
cahiers, des chargeurs, mais surtout de la nourriture, de la nourriture encore bonne, nécessaire pour nos familles,
qui sont jetés à la poubelle, détruits par Dollarama partout au Québec. Nous sommes en pleine crise du
coût de la vie. Puis moi, je comprends les travailleurs et travailleuses
au salaire minimum qui sont forcés de jeter
des biens, des denrées qui sont encore bonnes. Je les comprends parce que moi
aussi, j'ai vécu ça quand je travaillais dans
une épicerie. Je devais jeter de la nourriture encore bonne, sachant que, le
lendemain, ma mère devait se rendre à
la banque alimentaire pour nourrir ma famille. Ça, c'est inacceptable. Ça ne
devrait pas arriver.
J'ai déposé, l'année passée, un projet de loi,
un projet de loi pour contrer le gaspillage alimentaire. Est-ce que le ministre de l'Alimentation est ouvert à appeler
le projet de loi, l'étudier ensemble et encadrer des géants du gaspillage
comme Dollarama?
Présidente : La réponse du ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques et de la Faune et des Parcs.
Charette : Merci, Mme la Présidente. Et merci à la collègue
pour la question. C'est le mot que j'ai employé aussi, «inacceptable», lorsque
j'ai pris connaissance de ce reportage-là. D'ailleurs, il y a quelques mois,
des reportages semblables avaient
illustré une situation semblable dans une autre chaîne. J'ai eu l'occasion de
rencontrer ces dirigeants, à l'époque, et j'ai constaté des changements au
niveau de leur gestion et de leur façon d'anticiper la gestion de ces
invendus-là.
Ceci dit, il
y a quelques jours tout juste, on a déposé la feuille pour une économie
circulaire, qui nous donne des moyens et des outils pour, justement, enrayer
cette problématique. Donc, je demande à la collègue de nous appuyer dans ces
démarches-là. Il y aura vraisemblablement des changements réglementaires qui
vont accompagner la feuille pour s'assurer que les invendus soient valorisés et
non pas bêtement jetés alors qu'ils pourraient servir à bien des gens.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la
Présidente. Il existe une solution, c'est encadrer le gaspillage alimentaire. En ce moment, on n'a plus le temps d'attendre.
C'est une personne sur 10, au Québec, qui doit se rendre à la banque
alimentaire pour arriver à la fin du
mois, puis, pendant ce temps-là, là, Couche-Tard, Dollarama jettent de la
nourriture. C'est ça qui arrive.
Il faut
arrêter le fléau du gaspillage alimentaire. Est-ce que le ministre de
l'Alimentation va agir et encadrer ces pratiques?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
Lamontagne : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci à ma
collègue. Naturellement, ce qui a été observé chez Dollarama, c'est des pratiques qui sont tout à fait injustifiables
en 2024. Puis, à juste titre, mon collègue ministre de l'Environnement a contacté l'entreprise pour
qu'ils rendent des comptes puis expliquent leur vision quant à leurs actions
futures.
Parallèlement
à ça, je veux rappeler à ma collègue de Québec solidaire que, chaque matin,
partout, si on parle du secteur alimentaire, que ce soit la
transformation, la production, la distribution, les institutions, il y a des
gens qui sont mobilisés justement pour faire
en sorte qu'il n'y ait pas de pertes alimentaires, qu'il y ait une réduction
des pertes alimentaires. Puis
j'invite ma collègue à consulter en ligne toutes les initiatives qui sont mises
de l'avant par le secteur alimentaire pour contrer le gaspillage
alimentaire.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Là, le problème, ce
n'est pas juste une entreprise. L'année passée, c'était Couche-Tard;
cette année, c'est Dollarama. Puis on le sait, que c'est une pratique qui
continue. On ne peut pas juste le prendre du
cas par cas, il faut encadrer. Ce n'est pas normal qu'une entreprise oblige...
parce que c'est une obligation qu'on
donne aux travailleurs au salaire minimum, de jeter des denrées qui sont encore
bonnes à la poubelle. C'est à ça qu'il faut s'attaquer.
Il y a un projet de loi qui est sur la table.
Est-ce que le ministre va vouloir l'étudier?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Lamontagne : Mme la Présidente,
j'avais pris soin de consulter le projet de loi déposé par ma collègue, et, au coeur du projet de loi, la recette,
naturellement, de Québec solidaire, c'est de trouver des coupables, puis de
démoniser des coupables. Puis après ça c'est de faire un registre. Ça fait que,
dans chaque commerce, on va avoir quelqu'un qui va avoir des feuilles, qui va noter les invendus ou
les produits qui vont être tout près de passer date. Puis, après ça, qu'est-ce qu'on fait avec ce registre-là? Bien là, probablement qu'on va créer
une société pour s'occuper des registres d'invendus qu'on va avoir trouvés partout sur le territoire.
Puis qu'est-ce qu'on va faire après ça? Bien, le temps qu'on essaie de mettre
ça à jour, bien, on va renvoyer
l'information à la source pour qu'on prenne des nouvelles informations, plutôt
que compter sur les gens qui ont les mains dedans puis qui à tous les
jours s'investissent pour réduire le gaspillage alimentaire.
La Présidente : En question
principale. Je reconnais...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe d'opposition.
St-Pierre Plamondon : Mme la Présidente, il y a deux semaines, les
citoyens ont eu à nouveau une mauvaise surprise en allant faire le plein :
comme trop souvent dans les dernières années, des hausses soudaines du prix de
l'essence, pouvant atteindre 0,20 $.
Deux semaines plus tard, les prix sont toujours très élevés. L'explication
farfelue des pétrolières, c'est qu'on est passé au prix d'essence de
l'été. La vérité, c'est que les pétrolières forment un cartel qui fixe les
prix.
On sait que
le gouvernement a un rapport concernant les abus et la fixation de prix de
l'essence qui dort sur le bureau du ministre de l'Économie depuis la fin février. Il y a deux semaines, j'ai
posé la question au premier ministre, et ni lui ni le ministre n'avaient
lu le rapport. Ce n'est visiblement pas une priorité.
premier ministre m'avait répondu ceci : Est-ce que le chef du Parti
québécois est capable de nous démontrer que
la hausse de ce matin, à la pompe, vient de l'augmentation des marges de
profit? Où a-t-il pris cette constatation que le problème vient des
marges?
Bien,
la réponse, c'est, oui, selon la Régie
de l'énergie du Québec, ce qui a
monté, du mercredi au jeudi, la hausse soudaine, là, c'est
l'augmentation de la marge de profit, qui est passée de 0,098 $ à
0,225 $ à Montréal.
Ma question au
premier ministre : Est-ce qu'il peut reconnaître que la plus récente
hausse du prix de l'essence est surtout due
à l'augmentation des marges de profit? Est-ce qu'il peut nous dire s'il a lu le
fameux rapport qui dort sur le bureau du ministre depuis février?
Présidente : Et la réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie.
M. Fitzgibbon :
Mme la Présidente, j'ai mentionné
à la commission parlementaire, l'étude de crédits plus tôt la semaine dernière, que le rapport avait été reçu il
y a quelques semaines, non pas en février, c'est faux comme affirmation,
et que, deuxièmement, comme il se doit, les
fonctionnaires ont pris le rapport, ont pris état du rapport, ont discuté
avec le consultant que nous avions
engagé, qui connaît très bien l'industrie, et le rapport m'a été présenté la
semaine dernière, le rapport qui,
présentement, fait état de plusieurs recommandations que nous voulons analyser
avec les différents intervenants. Donc,
très prochainement, un, le rapport va être mis public. Et, deuxièmement, au
même moment, le ministère de l'Économie va faire des recommandations sur une application qui pourrait
éventuellement se refléter dans le projet de loi qu'on va déposer
bientôt sur la Régie de l'énergie.
Deuxièmement,
c'est important de noter aussi que la plus importante information, c'est la
transparence de l'information. Et la Régie
de l'énergie, au moment où on se
parle, travaille sur améliorer l'information qui va être disponible sur une base hebdomadaire, à tous les
lundis matins, pour que les gens puissent déterminer où sont les créneaux,
où sont les endroits où l'essence est la moins dispendieuse.
Donc, on travaille
sur le rapport, et bientôt on va faire état de nos recommandations.
Présidente : Première complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Je vais citer Gérald
Fillion sur la plus récente hausse à la pompe : «Il n'y a que l'arrogance
d'une industrie aussi dominante que celle du pétrole pour expliquer
l'imposition, d'un coup sec, d'une hausse brutale de 10 % à ses clients, soit 0,15 $ à 0,20 $,
en quelques heures. Il n'y a pas de raison logique pour expliquer cette
hausse.»
Est-ce
que le premier ministre peut reconnaître qu'on a ici un problème d'abus
relativement aux marges de profit?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Fitzgibbon :
Il y a plusieurs éléments dans la
question. La première, c'est qu'on doit regarder, au Bureau de la concurrence, s'il y a lieu d'avoir des poursuites
pour collusion. Et ça, le rapport qui a été reçu a été envoyé à Ottawa, parce
que c'est Ottawa, le Bureau de la concurrence, qui prend ces mesures-là, si
mesure est appropriée.
Au niveau de notre
gouvernement, ce qu'on va faire, et ce qu'on va faire bientôt, c'est de pouvoir
remettre l'information sur une base
transparente en termes des profits qui sont pris, en termes de comparer les
différentes essenceries dans une même
région pour que le consommateur puisse voir les marges implicites, et on va
laisser aux autorités fédérales le
soin de déterminer s'il faut avoir des poursuites ou non. On va quand même
prendre des mesures aussi pour pouvoir être transparents et peut-être
avoir des réglementations.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre
Plamondon : Lors des crédits, le ministre de l'Économie avait refusé
de me dire s'il allait rendre le rapport public au complet. Il avait évoqué la
possibilité de rendre certaines parties du rapport publiques.
Donc,
ma question au ministre de l'Économie : Est-ce que le rapport va être rendu public
dans son intégralité? Et est-ce que
le gouvernement du Québec va s'en remettre au gouvernement du Canada pour faire
quelque chose? Dans quel cas, ça semble être très problématique.
Présidente : La réponse du ministre.
Fitzgibbon : Alors, quand j'ai répondu que je voulais voir le
rapport avant, je l'ai vu. À la lecture du rapport, nous avons conclu
que le rapport, de façon intégrale, va être présenté aux Québécois.
Deuxièmement,
il est faux de dire qu'on reporte le problème au fédéral, au contraire. Ce
qu'on peut faire à l'intérieur de notre
gouvernement, c'est une transparence d'information. On peut indiquer qu'est-ce
qu'on aimerait voir comme marge de profit. Il y a plusieurs opportunités,
plusieurs recommandations qu'on analyse présentement, et je pense
arriver avec deux, trois recommandations qui, je pense, vont démontrer que le
gouvernement est très sensible au prix de
l'essence à la pompe, dans le contexte, et ce que nous pouvons faire. Et, au
même moment, le gouvernement fédéral pourra décider s'il y a des mesures
légales qui devraient être prises.
Présidente : En question principale, je reconnais la députée de D'Arcy-McGee.
On vous écoute, madame.
Mme McGraw : Merci, Mme la Présidente. Tout comme les recours
aux banques alimentaires, l'anxiété financière est en croissance, au Québec. Selon un sondage pour Centraide réalisé
par Léger, 86 % de la population québécoise ressent un stress
financier, et ce sont les plus démunis qui en souffrent davantage, dont les
personnes assistées sociales. Les dépenses essentielles comme le logement et la
nourriture dépassent carrément leurs moyens.
ministre responsable a dit vouloir moderniser la
Loi sur l'aide sociale pour
aller moins dans le punitif et plus dans
l'accompagnement. En effet, il y a un an, la ministre s'est engagée
publiquement à déposer une grande réforme de l'aide sociale d'ici la
fin 2023. Nous sommes rendus maintenant en mai 2024.
premier ministre nous dit de juger son gouvernement sur les résultats. Mme la
Présidente, où sont les résultats de ce gouvernement en matière de
réforme de l'aide sociale?
La Présidente :
Merci pour votre question, Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce. Et la réponse de la ministre de la
Solidarité sociale et de l'Action communautaire.
Mme Rouleau :
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Lorsque le premier ministre m'a donné ce mandat de solidarité
sociale et d'action communautaire, tout de
suite j'ai entrepris des démarches, on a établi des priorités. C'est donc dans
ces priorités, évidemment, de mettre... de déposer rapidement, le plus
rapidement possible, le plan de lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale. C'est de procéder à une modernisation du régime
d'assistance sociale, ce qui n'a pas été fait depuis 20 ans, et puis de continuer, évidemment, à
travailler avec le milieu communautaire en déployant le plan d'action gouvernemental en action communautaire, où on a
déjà un plan d'action, qui n'avait... qui était attendu par le milieu depuis 15 ans, avec une enveloppe de 1,1 milliard de
dollars pour le milieu communautaire, qui travaille beaucoup avec les
personnes les plus démunies.
Ce qu'on a fait, Mme
la Présidente, depuis que nous sommes en poste, bien, évidemment, c'est de...
En fait, j'ai fait le tour de l'ensemble de toutes les régions du Québec, aller
voir comment ça se passait, et nous travaillons, Mme la Présidente, à ce que
les personnes plus démunies soient bien...
Présidente : Voilà. Cela met fin à la période des questions et de
réponses orales.
Demeurez
en place. Tel qu'annoncé, il y aura un vote reporté. Et, pour ce faire, je cède
la place au troisième vice-président de l'Assemblée nationale. Merci beaucoup
pour votre attention. Bonne fin de journée à toutes et à tous.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
comme annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur
la motion de Mme la ministre des Transports et de la Mobilité durable proposant
que le projet de loi n° 48, Loi
modifiant principalement le Code de la sécurité routière afin d'introduire des
dispositions relatives aux systèmes de détection et d'autres
dispositions en matière de sécurité routière, soit adopté.
Le vote est
maintenant ouvert.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 106
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : En conséquence, le projet de loi n° 48, Loi
modifiant principalement le Code de la
sécurité routière afin d'introduire les dispositions relatives aux systèmes de
détection et d'autres dispositions en matière de sécurité routière, est
adopté.
Nous sommes maintenant rendus à la rubrique des
motions sans préavis. En fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je
reconnais maintenant un membre du troisième groupe d'opposition. M. le chef
du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : M. le
Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le ministre
responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne et
la députée de Mercier, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale dénonce les récents
empiétements du gouvernement fédéral dans les champs de compétence du Québec;
«Qu'elle
dénonce le refus du Nouveau Parti démocratique, du Parti conservateur du Canada
et du Parti libéral du Canada de
reconnaître le principe du respect des champs de compétence du Québec et
d'accorder un droit de retrait avec pleine compensation au Québec lors
d'un récent vote à la Chambre des communes du Canada;
«Qu'elle
affirme que le pouvoir de dépenser du fédéral contrevient à l'esprit de la
Constitution canadienne et limite le Québec dans sa capacité à faire ses
propres choix.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Il y a
consentement, sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
y a consentement, sans débat. M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : M. le Président, si un
groupe parlementaire y consent, nous aimerions un vote sur cette motion.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
la période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 105
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est donc adoptée. M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : M. le Président, nous
aimerions expédier cette motion à la Chambre des communes.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Ce
sera fait, M. le député.
Pour la
prochaine motion, j'invite maintenant les membres du groupe formant le
gouvernement, et j'invite M. le ministre responsable de la Laïcité.
Roberge : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte du
jugement de la Cour d'appel du Québec rendu le 29 février 2024 confirmant
sa capacité [à] garantir à toutes les Québécoises et tous les Québécois le
droit à des services publics laïques;
«Qu'elle rappelle que la
Loi sur la laïcité de
l'État a été adoptée de façon démocratique;
«Qu'elle réitère la légitimité de l'utilisation
de la clause de souveraineté parlementaire;
«Qu'enfin
elle déplore que des cotisations de travailleurs, lesquelles bénéficient d'une
exemption fiscale représentant une
dépense importante pour l'État québécois, servent à une contestation judiciaire
de la
Loi sur la laïcité de l'État.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
cela nous amène...
Vice-Président (M. Benjamin) : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Alors, cela nous
amène à la prochaine motion. Et c'est un membre du groupe formant
l'opposition officielle. M. le leader de l'opposition officielle.
Derraji : M. le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec
le député de Taschereau, le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée de
Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale déclare que le
transport collectif fait
partie des missions de l'État.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : M.
le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Je demande un vote
électronique, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Un
vote électronique a été demandé...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : S'il
vous plaît! La période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. M. le
secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 106
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
la motion est adoptée. M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Avec votre permission,
M. le Président, j'aimerais qu'une copie de cette motion soit envoyée aux neuf sociétés de transport en commun, en
Outaouais, Laval, Lévis, Montréal, Sherbrooke, Saguenay, Trois-Rivières,
Québec, Longueuil, à l'organisme Exo, à l'Union des municipalités du
Québec, à la Fédération des municipalités du Québec, à Vivre en ville, à
Trajectoire Québec et à Propulsion Québec. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Ce sera fait, M. le leader de l'opposition
officielle. Nous allons poursuivre.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Collègues,
s'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît! Merci.
Pour la
prochaine motion, motion revenant à un membre du deuxième groupe d'opposition,
je cède la parole à M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Merci, M. le Président. On va voir si j'ai autant
de chance que mes collègues de l'opposition officielle avec ma motion
aujourd'hui. À suivre.
Je demande le consentement de cette Assemblée
pour présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée internationale des travailleuses et
des travailleurs qui a lieu le 1er mai;
«Qu'elle rende hommage aux luttes historiques et
actuelles du mouvement ouvrier à l'échelle mondiale pour l'obtention de
conditions de vie et de travail plus justes;
«Qu'elle reconnaisse que l'État québécois a le
pouvoir d'agir pour améliorer les conditions de travail;
«Qu'ainsi,
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de modifier la
Loi sur les normes
du travail afin que les travailleuses et les travailleurs obtiennent quatre
semaines de vacances après avoir accumulé une année de service continu.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
n'y a malheureusement pas de consentement.
Nous allons poursuivre aux... avec M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président.
Donc,
j'avise cette Assemblée que la Commission des institutions va poursuivre les
consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 56, la Loi portant sur la réforme du droit de la famille et instituant le
régime d'union parentale, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux
des commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures à
18 h 15, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de l'économie et du travail va poursuivre l'étude détaillée du
projet de loi n° 51, la Loi
modernisant l'industrie de la construction, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Pauline-Marois;
Commission de l'aménagement du territoire va poursuivre les consultations
particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 57, la Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice
sans entraves de leurs fonctions et
modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux
des commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures à
18 h 15, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
finances publiques va entreprendre l'étude détaillée du projet de loi
n° 30, la Loi modifiant diverses
dispositions principalement dans le secteur financier, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le leader adjoint du gouvernement. J'invite celles et ceux qui doivent
quitter de le faire, s'il vous plaît, en toute discrétion, question de nous
permettre de poursuivre.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. M. le Président, nous sommes donc aux affaires
prioritaires. Et, évidemment, à
l'article 1 de notre feuilleton, l'Assemblée devrait entreprendre le débat
restreint sur les rapports des commissions qui ont étudié les crédits
budgétaires pour l'exercice financier se terminant le 31 mars 2025.
j'inviterais notre collègue de Maskinongé, si vous voulez bien le reconnaître,
ce sera notre premier intervenant.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
à l'article 1 du feuilleton, aux affaires prioritaires, l'Assemblée
entreprend le débat restreint sur les rapports des commissions qui ont étudié
les crédits budgétaires pour l'exercice financier se terminant le
31 mars 2025.
vous informe que la répartition du temps de parole pour ce débat restreint
s'effectuera comme suit : 58 min 30 s sont allouées
au groupe parlementaire formant le gouvernement, 31 min 4 s
allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle,
20 min 34 s allouées au deuxième groupe d'opposition,
6 min 51 s allouées au troisième groupe d'opposition, 1 min 30 s allouée pour chacun des députés
indépendants. Dans le cadre de ce débat, le temps non utilisé pour les
députés... par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires
sera redistribué entre les groupes parlementaires
selon les proportions établies précédemment. Mis à
part ces consignes, les
interventions ne seront soumises à
aucune limite de temps. Enfin, je rappelle aux députés indépendants que, s'ils
souhaitent intervenir au cours du débat, ils ont 10 minutes à
partir de maintenant pour en aviser la présidence.
Je cède donc
maintenant la parole à M. le député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci. Merci, M. le Président. C'est très
apprécié. C'est une belle opportunité que j'ai aujourd'hui de m'adresser
à vous tous. Vous allez me permettre de saluer l'ensemble des collègues.
C'est
quand même, on peut le dire comme ça, là, un marathon qui achève, le marathon
des crédits budgétaires. On est un peu dans le dernier droit, là, dans les deux
derniers kilomètres restants, le 41e et le 42e kilomètre, qui est l'étape
un peu finale, là, de prise en considération, là, du rapport des commissions.
Donc, tout ce qui s'est déroulé, si on veut, en commission, en lien avec les
crédits budgétaires, bien, on a l'opportunité ici de venir un peu boucler la
boucle.
de mon côté, je trouve important de le faire et je trouve que c'est un exercice
qui est... pas sous-estimé, mais qui, on ne le dira jamais assez, est
extrêmement important. C'est une reddition de comptes, c'est la reddition de
comptes du gouvernement. Et je pense qu'on l'a tous fait de façon très,
très, très rigoureuse.
Puis vous allez me
permettre de saluer l'ensemble des équipes de travail qui ont travaillé à
l'élaboration des crédits budgétaires.
Chacun des ministères dans... ont des équipes de travail qui ont permis de
travailler des réponses aux différentes questions qui sont posées par les
différents groupes de l'opposition. Et, juste à voir les équipes de travail
qui se déplacent dans chacune des
commissions, on voit tout le travail que ça peut représenter. Et vous allez me
permettre de remercier ces gens-là,
qui font un travail, là, vraiment, là, exceptionnel. Je suis convaincu que
l'ensemble de mes collègues, là, se joignent à moi pour les remercier.
Honnêtement, ils ont fait un très, très bon travail.
Et, quand je dis : Il ne faut pas
sous-estimer l'impact, on le voit, ça rayonne aussi beaucoup dans chacune de nos régions, là. Les médias reprennent ce qui se
dit ici pendant les crédits budgétaires, et on en parle, on en parle beaucoup.
Ça permet souvent de
démystifier aussi le budget qui est déposé par le ministre des Finances. Donc,
c'est un travail qui est extrêmement important.
Vous allez me
permettre, M. le Président, de mentionner ma surprise un peu quand même ce
matin. J'entendais le troisième chef de l'opposition mentionner que, bien, il
était un peu déçu des réponses de différentes questions qu'il avait, là, de la
partie gouvernementale. Mais j'ai
envie de répondre à cette affirmation-là que c'est sûr que quand on pose
des questions comme, bien : C'est quoi,
le principal défaut du premier ministre, bien, c'est sûr que le premier
ministre, bien, il n'est pas trop
tenté de répondre à la question quand ça n'a aucun lien aux crédits budgétaires.
Quand on demande au premier ministre
s'il va voter oui ou non au prochain référendum, encore une fois, ça n'a
vraiment aucun rapport avec les crédits budgétaires. Ça fait que je ne
comprends pas sa surprise.
me permets de le mentionner, M. le Président, parce qu'assurément toutes les
équipes qui travaillent à trouver des réponses adéquates aux différentes
questions des oppositions, bien, naturellement, ça a un lien avec les crédits
budgétaires. Donc, on doit s'attendre à poser des questions qui, naturellement,
touchent directement le sujet des crédits.
le Président, je suis adjoint parlementaire à la présidente du Conseil du trésor.
Entre parenthèses, dans mon titre, pour
accompagner la ministre, je m'occupe des marchés publics et je m'occupe aussi
du volet des ordres professionnels, le volet professionnel. Ça fait que
vous allez me permettre, dans le cadre de mon intervention, de vous adresser
davantage différentes informations en lien avec les marchés publics.
Et je fais le lien un
peu avec ce que j'ai dit il y a quelques secondes et la pertinence de faire des
liens, naturellement, avec les crédits
budgétaires, ce projet de loi là touche directement les finances, les finances
publiques, touche directement le dernier budget. Pourquoi? Parce que
cette stratégie-là vient créer de la richesse, vient créer de la richesse dans notre belle nation québécoise, vient aider
nos entreprises à se développer, d'une certaine façon, à avoir davantage de
contrats avec le secteur public. Ça fait que je pense que ce n'est vraiment pas
à négliger.
J'entendais
entre autres le premier ministre tantôt, dans les réponses... dans ses
réponses, à la période de questions, mentionner les gains qu'on a faits au
niveau de l'augmentation des salaires, du salaire moyen partout au Québec. Bien,
c'est à ne pas négliger, les salaires
augmentent, c'est sûr que les gens paient aussi des impôts en fonction
des salaires qui augmentent, puis,
naturellement, c'est ce qui nous permet, notamment, de financer les services
publics, et ça transparaît dans le dernier budget.
Donc, M. le
Président, il faut se souvenir qu'une importante stratégie a été déposée par la
présidente du Conseil du trésor et par le premier ministre. Ça a été lancé, là, de
mémoire, là, si je me rappelle bien, en... février 2022, vous allez me faire... vous allez m'excuser ce petit trou de
mémoire, mais février 2022. Donc, sa stratégie était très claire, donc, on
voulait favoriser nos belles entreprises dans les marchés publics. Et, de façon
plus macroéconomique, on avait deux objectifs qui étaient très clairs, on voulait rehausser l'acquisition des biens
québécois de 530 millions de dollars par année, on voulait
aussi augmenter le PIB réel du Québec de 420 milliards de dollars par
année.
est rendu où? Un peu plus d'un an après le lancement de cette stratégie-là,
pratiquement deux ans, là, on peut maintenant mesurer l'impact réel de
la stratégie. Alors, M. le Président, je peux vous dire que, de façon, encore
une fois, plus macro, on est rendu actuellement
à une hausse de 330 millions d'acquisition de biens québécois. Je vous
rappelle que l'objectif était de 530.
Donc, on est sur la bonne voie, M. le Président. Et, en lien avec le PIB, on
voit une augmentation de
100 millions. Donc là, on a encore du travail à faire, mais on y
travaille. Puis vous allez comprendre qu'encore une fois les actions qu'on a posées rapportent des
résultats quand même très concrets, et on tend vers atteindre, là, ces deux
objectifs-là plus macroéconomiques.
On a décidé de
travailler en lançant la stratégie sur quatre axes bien définis. On a décidé
d'augmenter l'achat d'aliments du Québec et
favoriser le développement durable au niveau de la commercialisation et de
l'innovation. On veut expérimenter également le deuxième axe, là, on
veut également expérimenter pour stimuler l'innovation québécoise. C'est un
élément qui est ressorti beaucoup, comment qu'on peut accompagner nos
entreprises à bien innover, comment, nous, comme gouvernement, lorsqu'on donne
des contrats à nos différentes entreprises, là, qui l'ont eu via des appels... différents appels d'offres, comment qu'on peut
prendre peut-être une part de risque pour bien accompagner, justement, ce
niveau d'innovation là. Troisième axe,
augmenter l'accessibilité aux entreprises québécoises en région, et le
quatrième, rendre les processus d'acquisition performants. Vous allez me
permettre de prendre une petite gorgée d'eau, M. le Président.
(Interruption) Merci. Et, comme je l'ai fait tantôt de façon plus macroéconomique, là,
je vais le faire de façon plus microéconomique, je vais vous donner les
résultats où on en est rendus, jusqu'ici, selon les différents axes de
développement qu'on s'est donnés. Alors, pour le premier axe, là, augmenter
l'achat d'aliments du Québec, je pense que
c'est important de le dire, on voit ici que 85 % des établissements du
réseau, donc c'est très large, mais quand même 85 % des... désolé, je
mange mes mots, mes lettres. Donc, 85 % des établissements des réseaux se
sont dotés d'une cible d'achat d'aliments québécois. On vise, à la fin de cette
stratégie-là, d'atteindre 100 %. Donc, on voit, encore une fois, qu'on
est sur une bonne lancée. Et c'est une
hausse de 39 %, quand même, là, si on regarde, là, au début, quand on a
lancé cette stratégie-là.
Également,
accroître, au niveau de l'accroissement, là, des acquisitions responsables, on
voit ici une augmentation de
8 %. Et, encore une fois, on voit que... dans les différents appels
d'offres qui sont lancés, on voit l'augmentation de différents critères
au niveau du développement durable, ce qui est extrêmement important dans la
stratégie. C'est des éléments qui ont été
ancrés, même, dans le projet de loi qui a été déposé. Je me souviens que ça a
été ajouté à la demande des oppositions, puis on a été favorables à ça. Ça fait qu'on voit que, dans
l'élaboration des différents appels d'offres, maintenant, il y a des critères
de développement durable qui favorisent nos entreprises québécoises, entre
autres, je vous donne un exemple, au niveau
de la distance. Donc, c'est sûr que, si on va chercher des aliments qui sont
dans le sud des États-Unis, bien, peut-être qu'on a avantage, au niveau
du développement durable, de les prendre ici, au Québec, parce que c'est moins
loin, puis, naturellement, il y a moins de pétrole, là, et de GES qui vont dans
l'air.
Le deuxième axe, expérimenter pour
stimuler l'innovation québécoise, on voit que, jusqu'ici, il y a
13 organismes qui ont décidé
d'expérimenter cette nouvelle façon de travailler, cette nouvelle façon de faire.
À terme, on en prévoit 52. Encore une fois, c'est en évolution, mais on
est sur la bonne voie. Un autre élément important de cet... de nos différents objectifs, pardon, c'est la... augmenter
l'accessibilité des entreprises québécoises en région. Ça, c'est un élément
très, très, très important, un
élément qui me tenait à coeur, M. le Président. Vous savez, j'ai travaillé en
développement économique toute ma vie, et on l'a vu, quand on a consulté
l'ensemble des groupes, à quel point il y avait peut-être un élément de faiblesse, là, qu'il fallait travailler,
c'est-à-dire que, probablement, les entreprises avaient une certaine
méconnaissance des marchés publics et y avaient difficilement accès.
Donc, il fallait trouver une façon de faire un lien entre nos entreprises qu'on a partout en région et les gens qui
bâtissent les appels d'offres. Donc, il y a des personnes maintenant qui sont
des... des ressources antennes, je
vais le dire comme ça, de cette façon-là, donc, qui sont là pour démarcher, à
travers les différentes régions du Québec, les entreprises parce qu'ils ont des
produits innovants, par exemple, ou qu'ils ont des biens qui peuvent répondre à un besoin selon les différents appels
d'offres, là, des marchés publics. Ça fait que c'est une belle façon de
stimuler un peu l'économie de nos belles régions.
ça fonctionne, ça fonctionne. Puis j'invite d'ailleurs l'ensemble des collègues
qui ont des belles entreprises dans leur région de les mettre en contact avec
ces personnes-là, qui travaillent dans le ministère de l'Économie. C'est
important. Moi, je l'ai vu dans ma
circonscription de Maskinongé, des entreprises qui avaient des projets
innovants, mais ils ne savaient pas trop comment manoeuvrer pour avoir des
contrats avec l'État. C'est important. Ils sont là pour les accompagner,
ces belles entreprises là. Et, je le répète,
ça fonctionne, puis on le voit dans les résultats, d'ailleurs, que ça
fonctionne, que ça fonctionne très bien.
Alors,
M. le Président, vous voyez que cette stratégie, avec les différents axes...
Là, je vois le temps filer, je ne serai pas capable de tous les nommer,
mais vous voyez que ça marche. Ça marche. On a mis des actions en place pour
être capables, là, de favoriser nos belles
entreprises. Et ultimement, ce que ça fait, c'est que ça crée de la richesse
dans notre si beau Québec, et c'est ce qu'on souhaite, c'est ce qu'on
souhaite. On souhaite que nos entreprises puissent davantage développer des
biens et des services au bénéfice de tous. Et au final, bien, c'est notre
richesse qui augmente, c'est notre richesse
qui augmente. C'est les impôts qui reviennent à l'État qui permettent notamment
de financer les services publics et qui se doivent, naturellement, de
progresser pour qu'on puisse continuer à offrir des services adéquats à
l'ensemble de la population québécoise.
Alors, M. le
Président, je vous remercie. Je vous remercie beaucoup d'avoir pris le temps de
me permettre de démontrer à quel point, pour
nous, en tout cas, ce dernier budget répond à un besoin, répond à plusieurs
besoins. Et c'est l'ensemble de nos stratégies, souvent, en amont qui
permettent de développer notre belle richesse au Québec. Alors, merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Maskinongé. Et je reconnais, comme prochain intervenant,
M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le Président. C'est un plaisir
de prendre la parole aujourd'hui. Comme vous le savez, M. le président, j'étais
un attaché politique avant que j'aie été élu, alors j'ai eu le plaisir de faire
plusieurs études de crédits dans mon ancienne vie un comme attaché
politique et maintenant comme député, et c'est toujours un exercice qui est fondamental pour notre démocratie, pour
poser des questions sur comment le gouvernement a dépensé l'argent. On a vu
dans un sondage aujourd'hui que les Québécois trouvent qu'ils paient de plus en
plus des impôts et il y a de moins en moins
des services ou des services de qualité. Alors, ça, c'est pourquoi une
opportunité de questionner le gouvernement sur comment il a dépensé
leurs impôts est hyperimportant.
Puis
il y a certains constats qu'on peut faire, M. le Président. Bien, il y a une
chose : c'est un gouvernement qui dépense beaucoup. Et puis nous avons
maintenant... maintenant rendus dans une situation déficitaire qui est
inquiétante. On sait qu'à Wall Street
nous sommes sur haute surveillance des grosses agences comme Moody's, et Standard & Poor's, et les autres.
Ça, c'est un gros défi pour le ministre
des Finances, dans les années qui
s'en viennent, de s'assurer que notre cote de crédit ne baisse pas, parce que ça, ça va juste coûter, tous, nous, les
Québécois, plus, plus d'argent dans une situation où c'est déjà
difficile.
Mais
quelques constats, M. le Président. Une chose, après ces études de crédits, on
voit que c'est un gouvernement qui est complètement déconnecté de la
réalité des Québécois. On peut voir ça juste dans les questions... l'échange
entre le leader de l'opposition officielle
et le premier ministre encore sur le prix des logements à Montréal. Le premier
ministre n'était pas capable de
répondre exactement combien ça coûte pour louer un logement. Puis, juste en
général, sur les questions de logement, je pense que ce gouvernement n'a pas
compris le message, comment c'est difficile pour tous les Québécois. On est rendus, M. le Président,
à une situation où presque 50 % du budget d'une famille ou, quand même,
d'une personne qui habite toute seule est
dédié à payer la facture pour le logement chaque mois. Ça ne laisse pas
beaucoup d'argent pour le reste des choses, M. le Président. Ça, c'est une
réalité. Puis ce gouvernement, sur la question du logement, c'est un
échec total, un gouvernement qui a refusé de
reconnaître qu'il y a une crise du logement au Québec. Ça, c'est une
partie de
leur legs.
Et quelque chose qui
est ressorti de cette étude des crédits, aussi : une perte de contrôle
totale des finances, ça, c'est une autre
chose qu'on voit un petit peu partout, le fait que ma collègue de
Bourassa-Sauvé, quand elle a posé des questions envers la ministre responsable
pour la main-d'oeuvre sur un programme qui est de 300 millions de dollars,
le PARAF, sur le PRATIC, la ministre
n'est pas capable de dire, bien, ils ont dépensé ça sur quoi exactement, le
programme sert à quoi. On sait l'argent qui est dépensé, mais on n'a
aucun résultat. Encore, on peut multiplier cet exemple-là, mais il y a plein de
programmes, le gouvernement dit : On dépense l'argent, mais c'est quoi,
les réalisations?
Dernière chose, comme j'ai
mentionné au début de mon discours, on paie de plus en plus des impôts, tout
coûte plus cher. Mais les citoyens, quand
ils se rendent dans nos hôpitaux, quand ils prennent leur auto pour aller au
travail, ils regardent la condition des routes, les services, non, ils
ne sont pas là. Il y a des gros enjeux. Les gens disent : Je paie de plus en plus puis j'ai de moins en moins de
services de ce gouvernement. Ça, c'est la réalité. Et c'est quelque chose que nous, sur notre côté de la Chambre, on va
continuer de poser des questions pour s'assurer que des services de qualité
sont là pour les citoyens du Québec, mais c'est un échec total de la
part de la CAQ.
Moi, j'ai eu
la chance, M. le Président, d'échanger avec le ministre de l'Énergie sur le
dossier de l'énergie, et aussi avec
le ministre responsable pour la Transition énergétique, un constat qui est
évident sur le côté de l'efficacité énergétique, un élément qui est crucial pour le succès du plan d'action d'Hydro-Québec,
les Québécois doivent être mieux... il faut avoir plus des bâtons pour eux...
excusez-moi, des carottes pour eux autres de se lancer dans des projets pour
rendre leurs maisons, leurs
entreprises plus efficaces. Il n'y a pas vraiment un programme bien structuré
pour aider vous, M. le Président, de faire un changement de fenêtres à
votre maison, pour les entreprises d'avoir un bâtiment qui est mieux isolé, qui
consomme moins d'énergie. Les «incentives» ne sont pas là.
Et je vais
toujours... reviens sur quelque chose que j'ai une passion pour, et c'est des
panneaux solaires sur les toits des maisons des Québécois, sur les toits des
écoles, sur les toits des hôtels de ville, sur les arénas, dans les
stationnements au centre-ville,
partout, comme il est fait partout dans le reste de la planète, des panneaux
solaires partout pour aider nous à être prêts pour tous les besoins
énergétiques qui s'en viennent. Mais il y a une façon de rendre ça plus
abordable pour tous les citoyens du Québec. On peut donner une vraie mission à
notre Fonds vert. Je sais que, maintenant, c'est le Fonds de l'électrification et de changements
climatiques, mais une
partie de ce fonds-là, le Fonds vert, peut avoir la
mission spécifique d'aider des gens de faire des rénovations, d'aider des
gens d'acheter des batteries pour la maison, pour avoir le stockage nécessaire
pour aider Hydro-Québec à gérer les pointes.
On sait aussi
que des gens peuvent être autosuffisants, et pas nécessaire de toujours être connecté
avec Hydro-Québec. Ça, c'est l'avenir, c'est l'avenir. Et ça commence
partout dans la planète. Dans les autres juridictions, ils ont lancé des
microréseaux, ils sont là. C'est le temps, ici, au Québec, pour faire la même
chose.
Alors, j'ai
eu le plaisir de poser toutes ces questions-là à mes collègues, et je sais
qu'au minimum j'entends un petit peu plus... le ministre de l'Énergie parle des
options solaires. Quand même, hier, avec le D.G., on a eu une discussion
avec Hydro-Québec, la commission, avec le
D.G. d'Hydro-Québec, puis les études de la CAQ commencent à parler de plus en
plus des microréseaux. Alors, on avance, M. le Président. C'est une bonne
chose.
J'ai aussi eu
la chance d'échanger, avec la ministre responsable pour les Ressources
naturelles, grosso modo, des mines, puis, une chose, dans la lutte pour les
minéraux stratégiques, Québec est gâtée, avec beaucoup de réserves de lithium,
mais le lithium, comme minéral, n'est pas
superintéressant pour les fabricants de batteries, c'est le produit chimique
qu'on crée avec le lithium qui est intéressant. Alors, la transformation, M. le
Président, du lithium, ça, c'est où le prix est hyperintéressant. Ça, c'est où les Chinois ont réalisé qu'il y a une
façon de dominer le marché, c'est si on contrôle le produit chimique qui va
dans les batteries. Et c'est là qu'on peut avoir un avantage sur les autres
pays, parce que le lithium, c'est partout sur la planète. Presque
partout, dans tous les continents, on peut trouver du lithium. Exporter le
lithium de terre, ce n'est pas un enjeu, on
a trouvé des réserves partout. C'est le produit chimique. Et, oui, on a Nemaska
qui a lancé dans cette filière de faire le produit chimique, là, hydroxyde
lithium, M. le Président, pour avoir un produit qui peut aller dans les batteries, mais on ne peut pas juste laisser
tout le lithium... sort des régions comme l'Abitibi puis être transformé aux
États-Unis, ou en Europe, ou ailleurs sur la
planète. C'est nous, ici, au Québec, qui doit avoir cette capacité de produire
ce produit chimique qui est hyperimportant pour les batteries, pour les autos,
et quand même pour les batteries de stockage à la taille industrielle, et quand
même pour la maison. Alors, j'ai eu une discussion avec la ministre là-dessus,
que, quand même, si les choses sont
stables dans notre dossier des mines, on peut réfléchir plus sur la question de
la transformation, qui est hyperimportante.
And I would just like to finish
that I had my session for the English-speaking community. We had the chance to speak with the Minister specifically about two
issues that... extremely important. One, of course, is employability for
the English-speaking community. When we look at the statistics, particularly
outside of the region of Montréal, there is a large
gap in between the unemployment numbers between francophones and anglophones.
That is something that has existed for
many years, but it's something that, with the collaboration of Emploi-Québec,
community organizations... it's a gap that we can try to address, like,
closing.
Et un des éléments qui revient toujours, c'est que,
souvent, pour les anglophones en région, l'accès à des cours de français
gratuits, quand même, le guichet unique qui a été créé par le gouvernement
n'est pas disponible, il n'y a pas des cours
disponibles parce qu'il manque des enseignants. Je sais que c'est quelque chose
que le gouvernement travaille sur, mais
des communautés d'expression anglaise partout sur le territoire du Québec
savent que, on travaille en français, puis avoir une meilleure maîtrise
de la langue française, c'est important et lien direct à l'employabilité.
So, that was something that was
brought up and the English-speaking community is very cognisant about.
then, finally, of course, mental health services, the English-speaking
community, again, I will say, in the regions, where they are far from the
institutions that we have in Montréal, having access to mental health services
is not always easy, in the English language, when you are in the Gaspésie,
Îles-de-la-Madeleine, out in the Abitibi, out on the Côte-Nord. It's a challenge and something that the
Government needs to have specific tailored plans to address to make sure that there are no gaps in mental health
services for an English-speaking Quebecker, they have the access there like
everyone else does across this territory.
Alors, c'est tout le
temps pour moi aujourd'hui, M. le Président. Je veux dire un grand merci pour
votre écoute, comme toujours.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Jacques-Cartier. Et, comme
prochain intervenant, je cède maintenant la parole à M. le député de
Maurice-Richard.
Bouazzi : Merci, M. le Président. Très heureux d'être là
pour conclure ces études de crédits. Les études de crédits sont un moment
démocratique vraiment important. C'est peut-être un des moments où on peut
sortir le maximum de jus des
questions de politique publique, M. le Président, et puis c'est un moment
privilégié pour que les citoyennes et citoyens puissent voir les
différentes visions de société.
Nous, à
Québec solidaire, il y a trois axes qui sous-tendent notre réflexion sur les
politiques publiques, sur les services de
l'État, le premier — et
dans le désordre — étant
les questions d'inégalités sociales, les questions de classe, qui évidemment
ne font qu'augmenter au Québec,
malheureusement. Le deuxième est la question... après la question sociale,
donc, la question qu'on appelle sociétale, donc les égalités de genre, les
égalités de race et les égalités pour les personnes, quelle que soit
leur orientation sexuelle. Et puis enfin, il y a la question climatique, la
question, je dirai, absolument terrible que nous
avons à résoudre, à affronter en tant que législateurs. Et c'est avec ces
lentilles-là que les... mes collègues de Québec solidaire sont entrés
dans ces crédits.
Il faut
comprendre, M. le Président, que les services de l'État participent à lutter
contre les inégalités. Quand on parle
de transport, quand on parle d'accès à la santé, quand on parle d'accès au
logement, quand on parle d'accès à l'éducation,
à chaque fois que nous allons investir dans cette richesse commune que nous
avons au Québec, qui sont les services qu'on offre à la population, à chaque
fois, nous allons diminuer les inégalités au Québec, que ce soit sur la
question de classe, mais aussi, et très souvent, sur la question de
genre et la question de race aussi. Et, à chaque fois que nous allons couper dans ces services-là ou que nous allons privatiser
et rendre ces services plus dispendieux pour la population, nous allons
augmenter les inégalités. Ça fait que je vais revenir sur quelques éléments
micro et puis conclure, à la fin, M. le Président, sur des questions
macro.
Sur la
question des transports, par exemple, mon collègue de Taschereau a talonné la
ministre, qui a finalement avoué que les transports collectifs ne sont pas,
selon elle, une mission de l'État, ce qui donne une idée évidemment assez
claire du biais idéologique,
malheureusement, du gouvernement qui est devant nous. Et on pense que c'est un
devoir de transparence envers les citoyennes et citoyens du Québec.
En matière de travail, le ministre s'est engagé
à étudier un rehaussement des amendes pour ingérence patronale dans les processus de syndicalisation, notamment
dans le dossier d'Amazon, qui, vous le savez, M. le ministre, est cher à
notre coeur. On sait que ces compagnies
internationales, multinationales sont véritablement des voyous quant... dans ce
qui a trait à la question de syndicalisation. On a vu tout ce qui s'est passé
au sud de nos frontières avec Amazon, sans compter évidemment leur capacité
vraiment hors du commun de ne pas payer leur juste part en matière de
fiscalité, de fiscalité, évidemment, pour la participation à la richesse
commune.
En matière d'environnement, le ministre de
l'Environnement a avoué à ma collègue de Verdun que le prochain plan de lutte aux GES sera moins ambitieux,
malheureusement. Elle lui a également fait admettre qu'en agriculture il n'y a
malheureusement aucun plan pour aider dans l'immédiat les agriculteurs, et nous
savons à quel point ce sujet est chaud. C'est des personnes qui travaillent
très, très fort pour nous permettre tout simplement de nous nourrir. On n'en
fait pas assez. Ils sont aux prises avec... aux premières loges dans ce qui a
trait aux crises climatiques, et évidemment il faut absolument en faire plus.
En matière d'environnement, aussi, M. le
Président, nous avons eu, moi-même, des échanges avec le ministre de l'Économie, et ma collègue de Verdun, avec le
ministre de l'Environnement, et malheureusement les contradictions ont fusé.
D'un côté, le ministre de l'Économie nous a expliqué que ni lui ni personne de
son ministère n'ont été impliqués dans la
définition des critères du BAPE pour Northvolt, et, de l'autre côté, le
ministre de l'Environnement a dit qu'évidemment les fonctionnaires du ministère de l'Économie avaient été impliqués au
maximum, M. le ministre, il y en a un des deux qui dit vrai, au maximum.
L'autre
contradiction, c'était sur les questions des GES. Et vous comprenez qu'on met
7 milliards d'argent public, entre le fédéral et le provincial, pour une
multinationale étrangère. On enlève les critères qui font le BAPE. On pourrait
se dire qu'au minimum il y ait des retombées
de diminution de gaz à effet de serre pour autant d'investissement. Le ministre
de l'Économie lui-même nous a dit qu'il n'y
aurait pas de retombées de baisse de GES de l'implantation de Northvolt.
Plutôt, au contraire, d'ailleurs, il
y aurait probablement une augmentation sur le bilan du Québec, étant donné que
c'est une usine qui n'existait pas et
qui, par sa présence, va augmenter les GES au Québec, M. le ministre. Et, de
l'autre côté, le ministre de l'Environnement nous a juré qu'il y avait
évidemment des baisses de gaz à effet de serre associées à l'implantation de Northvolt ici, au Québec. Qui dit vrai, M. le
Président? Au maximum, au maximum, seulement l'un des deux dit vrai, M. le... et c'est très désolant, étant donné, d'un
côté, la quantité d'argent public qui est mis en jeu et, de l'autre côté,
évidemment, l'enjeu climatique qui est absolument central.
Du côté de ma collègue de Sherbrooke, elle a,
elle, de son côté, talonné la ministre de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire sur la modernisation de
la
Loi sur l'aide sociale, notamment pour régler l'enjeu de la vie maritale,
mais aussi sur la question des gains de
travail. La ministre a dit qu'elle retournerait toutes les pierres, notamment
celles-là, pour le projet de loi. Nous avons hâte de collaborer avec la
ministre pour faire avancer ces causes, évidemment, qui touchent des
personnes spécialement vulnérables dans notre société.
Ma collègue
de Sherbrooke, encore, a tenté de convaincre d'utiliser l'indice d'indexation
développé par le milieu communautaire pour tenir compte de leur réalité. Le
milieu communautaire est en crise. Les augmentations des coûts, les
augmentations aussi des salaires que nous avons observées fait en sorte qu'ils
ont énormément de mal à pouvoir garder ces services-là, des services essentiels surtout,
étant donné la démission, depuis maintenant un quart de siècle, face aux
services qui doivent être rendus à la population.
C'est le communautaire qui pallie quand on voit
des gens dans la rue parce que nous n'avons pas construit assez de logements sociaux, l'augmentation de
l'itinérance. C'est le communautaire qui pallie quand on voit l'état dans
lequel sont nos CLSC et qu'il faut, effectivement, offrir des services aux
familles. Et le communautaire a besoin de beaucoup
plus d'amour pour pouvoir répondre à ces missions, entre autres un certain
nombre de missions qui sont dues à une démission de l'État face aux
services qu'il faut rendre aux citoyens.
Enfin, sur la question des aînés, la ministre a
dit qu'elle allait étudier la possibilité de couvrir les deux prothèses
auditives après 65 ans. Imaginez-vous donc, M. le Président, que, pour les
personnes de 65 ans et plus et qui ont besoin de prothèses auditives, le
gouvernement, enfin, les assurances, la RAMQ ne paie qu'une des deux oreilles,
qu'une des deux oreilles. Il est évident que
ça a toutes sortes de conséquences sur ces personnes malentendantes, et Dieu
sait qu'il y en a beaucoup. Je fais
partie de la génération qui a grandi avec les walkmans. Il va y en avoir de
plus en plus, malheureusement, M. le
Président, des personnes avec des problèmes auditifs, et de plus en plus
jeunes, et on pense qu'évidemment la RAMQ devrait couvrir les deux prothèses auditives parce que, la nature étant
ainsi faite, nous avons deux oreilles, M. le Président.
Du côté de
mon collègue de Jean-Lesage, il a pris la défense des étudiants et étudiantes
du cycle supérieur, qui voient des centaines de millions de dollars de
l'AFE retourner dans les fonds consolidés du gouvernement, alors qu'ils en ont
énormément besoin. Sur la question des étudiants, j'ai moi-même aussi
questionné le Scientifique en chef pour obtenir l'indexation des bourses du FRQ, du Fonds de recherche du Québec, parce
que, nous le savons, c'est les étudiants qui sont parmi les plus touchés
par le coût de la vie et surtout par l'augmentation des loyers, étant donné
qu'eux ne gardent pas le loyer, ils se
déplacent souvent pour étudier dans une ville et se retrouvent aux prises avec
les nouveaux prix des loyers, qui sont absolument exorbitants et qui ne
leur permettent pas de vivre dans la dignité.
Dans ma
circonscription, personnellement, les personnes dans la banque alimentaire de
ma circonscription sont passées...
qui ont accès, qui font appel aux services de la banque alimentaire sont passées
de 2 000 à 4 000. Les prestataires
d'aide sociale représentaient
90 % des 2 000 il y a donc, maintenant, cinq ans. Ils sont
aujourd'hui 65 %, et ça, en chiffres
bruts, c'est une augmentation. C'est juste qu'on a vu arriver des nouveaux
profils de personnes pauvres au Québec, de personnes qui font appel aux banques alimentaires, dont des aînés,
dont des travailleurs au salaire minimum et dont des étudiants, M. le Président, ceux-là mêmes qui vont
construire le Québec de demain et qui, aujourd'hui, se retrouvent criblés
de dettes à la sortie de leurs études. Ça
fait qu'il faut, évidemment, avoir une pensée particulière pour elles et eux,
surtout qu'il y a un certain nombre
de promesses brisées, dont celle de payer les stages aussi, évidemment, dont on
a beaucoup parlé.
Sur la petite
enfance, mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne a questionné sur la question des places en garderie. Vous savez comme moi, M. le Président, que le
gouvernement en avait promis 50 000, et malheureusement il n'y en a eu que 1 000 qui seront des conversions de... qui seront
financées cette année.
Et enfin, sur
l'éducation, qui est un sujet qui me tient énormément à coeur, nous avons... ma collègue de Mercier a questionné le ministre de l'Éducation, et on
doit admettre notre étonnement quand on a vu qu'il n'y avait pas de données
sur les taux de décrochage des élèves au
régulier par rapport à ceux des projets pédagogiques particuliers. Le ministre
s'est engagé à retrouver les données. On a hâte de les voir. Quant au taux de
décrochage entre le privé et le public, il est plus grand qu'entre les garçons et les filles, et
évidemment la question du système scolaire à trois vitesses est une question
centrale pour l'égalité des chances dans l'avenir et qui devra être
adressée. Et ma collègue de Mercier, évidemment, en est une porte-parole
continue, et pour des très bonnes raisons.
Enfin, on ne
peut pas passer sous silence la question palestinienne, M. le Président. Vous
savez comme moi qu'il y a des dizaines de milliers de morts actuellement à
Gaza, avec les bombardements continus. Des porte-parole de l'ONU nous ont dit qu'il y a eu, en quatre mois, plus
d'enfants morts à Gaza qu'en quatre ans sur la somme de tous les conflits qui
existent actuellement sur la planète.
Il y a des gens qui meurent de faim, et on ne peut qu'être déçu de la ministre
qui s'entête à ouvrir un bureau à Gaza et qui nous a dit que, basée sur
une accalmie, elle pensait que c'était une bonne idée d'aller de l'avant. Une
accalmie.
Du côté de la
SAQ, j'ai moi-même questionné le P.D.G. de la SAQ, parce que la société d'État,
figurez-vous donc, M. le Président,
continue à vendre des veaux... des vins étiquetés «fait en Israël», alors
qu'ils sont faits dans des territoires occupés, dans des territoires
occupés, dans les espaces où le sang des Palestiniens coule, M. le Président.
J'ai aussi
questionné le P.D.G. de la Caisse de dépôt, d'ailleurs, sur les questions
climatiques, parce que, d'un côté, la Caisse de dépôt a décidé de sortir des
gaz fossiles, mais, de l'autre côté, elle investit dans des institutions
financières qui, elles, ont augmenté
leurs investissements dans des... dans le pétrole, dans les énergies fossiles.
Et c'est évidemment contradictoire et ça ne nous aide pas à atteindre
les objectifs planétaires de baisse de GES. Mais, de l'autre côté, elle
continue à investir dans des industries qui participent, activement pour
certaines, si je ne nomme que Lockheed Martin, par exemple, dans les crimes de guerre en Israël. Et d'ailleurs c'est
sur la base de ce que fait cette compagnie-là et ce qu'elle livre à l'armée israélienne que la justice des
Pays-Bas a décidé d'interdire au gouvernement d'exporter des armes à Israël,
à cause de ce que fait cette compagnie-là.
Plus largement, M. le Président, ce qu'il faut
comprendre, c'est qu'on vit des moments plutôt difficiles pour un certain nombre de nos concitoyens et... pas
pour tous, pour un certain nombre de nos concitoyens et concitoyennes. Vous
savez comme moi qu'il y a eu
900 000 Québécoises et Québécois, l'année dernière, qui ont fait
appel aux banques alimentaires. Vous savez comme moi que le salaire minimum ne
permet pas de vivre dans la dignité. Vous savez comme moi que les gens... il y a des concitoyens qui sont décédés
dans les urgences à attendre de voir un médecin. Vous savez que le système de
justice a du mal à livrer, que l'école à trois vitesses fait en sorte que les
moins privilégiés seront assurés de rester dans leur classe sociale,
pour beaucoup, et qu'en plus de tout ça on se retrouve avec un budget qui est
déficitaire, de manière structurelle, de
4 milliards. Et ça, ça veut dire que, dans les prochaines années, nous
avons deux options devant nous, M. le Président :
ou bien on augmente la colonne des revenus, ou bien on coupe dans les
différents services de l'État, et Dieu
sait que les services ont besoin d'amour en ce moment et non pas de coupures.
Nous avons vu, par exemple, une motion qui
demandait au gouvernement d'avoir l'équilibre budgétaire sans aucune
augmentation d'impôt, et puis là on ne parle pas seulement de la classe moyenne, on parle de tout le monde, y compris
les plus fortunés au Québec, qui a été conjointe des trois autres partis,
évidemment, incluant la
partie gouvernementale. Ça, le truc de ces motions-là,
c'est : Nous allons avoir de l'austérité.
Nous avons
eu... vu les deux autres partis d'opposition s'insurger sur les questions de
taxe sur le gain sur le capital et,
d'ailleurs, le malaise du gouvernement à défendre cette décision. Mais ça, ça
veut dire qu'encore une fois c'est l'austérité qui se profile, si nous
n'avons pas le courage d'augmenter la colonne des revenus.
Nous avons essayé d'obtenir des avancées sur la
lutte à l'évasion fiscale. Il y a eu des rapports dernièrement, et, grâce au fait que le Luxembourg est un des
rares espaces défiscalisés, un des rares paradis fiscaux qui apportent un
certain nombre de transparences, nous
avons vu des augmentations substantielles de 20 % par an, tous les ans,
depuis 2011, de l'argent qui est envoyé dans un paradis fiscal comme le
Luxembourg. Pour ne citer que, je ne sais pas, moi, la Power Corporation, par exemple, qui a son siège social
chez nous, ils ont plus de 1 milliard d'actif au Luxembourg. Le
Luxembourg, là, c'est
550 000 habitants, c'est une surface grande comme le Grand Montréal.
Pourquoi cette compagnie-là a 1 milliard d'actif au Luxembourg, mis à part, évidemment, la seule raison qui est
de ne pas payer sa juste
part ici, au Québec, et de faire en sorte que nous n'avons pas les services, que
les citoyens n'ont pas les services auxquels ils ont droit et auxquels ils
espèrent, évidemment?
Et ça, ce
sera un de nos chevaux de bataille, M. le Président, pour la prochaine année,
c'est de s'assurer que les plus
fortunés, que ceux qui jouent avec les règles, que ceux qui sont capables
d'envoyer ces milliards-là et pas payer leur juste
part vont la payer. Parce que c'est ou ça ou l'austérité. Et nous,
l'austérité, on n'en veut pas. Merci, M. le Préside