Health and Social Services — 25 September 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CSSS 2020-09-25

Quebec — Committees

Health and Social Services — 25 September 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CSSS 2020-09-25

Quebec — Committees

Et, quand je

parle d'anticipation, on a vu la ministre des Aînés, hier, qui a été incapable

de répondre à la journaliste qui lui

a demandé la raison pour laquelle il n'y avait pas de comité des aînés qui

avait été mis en place dès le départ. On se rappellera qu'il a fallu

attendre plus d'un mois entre la formation des premiers comités et le comité

des aînés. À ce moment-là, il y avait plus de 400 foyers d'éclosion dans des

CHSLD, situation absolument dramatique et irrécupérable. Comme on l'a vu, une fois que le virus entre, il

ne peut pas ressortir, ce n'est pas un robinet que l'on referme. Et elle

a été incapable, comme ministre

des Aînés, hier, de répondre à une simple question, qui était : Pourquoi

avoir attendu un mois avant de former

ce comité? Et il n'y aura jamais une justification acceptable de dire : On ne

savait pas, parce que c'est

faux de dire qu'au mois de mars on ne savait

pas que les gens les plus vulnérables de la société à la COVID-19 étaient

les aînés. On le savait, à ce moment-là, on l'avait vu par ce qui se passait en Asie, par ce qui se passait en Europe.

On le savait très bien, épidémiologiquement, que ces personnes les plus

vulnérables allaient être nos aînés, et les aînés sont concentrés... il y a

une clientèle encore plus vulnérable qui se retrouve en CHSLD, donc il n'y avait

aucune raison de ne pas mettre un comité sur pied à ce niveau-là. Donc,

je pense que ça a été une très... c'est inconcevable pour moi, c'est une très,

très mauvaise lecture du gouvernement qui a été faite à ce moment-là.

Et ce qui me

préoccupe, à l'heure actuelle, c'est de voir qu'il y a encore des éclosions, à

l'heure où on se parle, qui reprennent

dans des CHSLD et dans des résidences pour personnes aînées. En ce moment, on

est à près de... pas à près, mais à

20 CHSLD qui ont des cas, à 40 résidences pour personnes aînées qui

ont des cas, et ces nombres sont en progression depuis quelques jours. Et ça, c'est très préoccupant, parce

qu'effectivement, avec toutes les mesures qui ont été mises en place et qui devraient être mises en place, on

devrait avoir appris de la première vague, et ce genre de situations ne

devraient pas se reproduire. Et le

gouvernement devrait être encore plus préoccupé, s'il ne l'avait pas compris la

première fois, que les plus

vulnérables sont les aînés, notamment ceux qui se retrouvent en résidence et en

CHSLD, parce qu'il y a une concentration, justement, physique, et là

c'est très propice, justement, à la contamination.

Donc, dans ce

contexte-là, moi, ce que je souhaiterais demander au ministre... Il a déposé un

plan, à la fin du mois d'août, avec certains

éléments qu'il souhaite atteindre d'ici... bien, le 30 septembre, c'est

dans cinq jours, donc je présume qu'il

a progressé dans ces objectifs-là et qu'il pourra nous en faire part. Si ce

n'est pas aujourd'hui, ce sera la semaine prochaine, s'il veut attendre vraiment au 1er octobre pour nous

faire un bilan. Mais, deux choses, s'il pouvait déposer la liste des directeurs généraux — il s'était engagé à mettre des directeurs en

place dans tous les CHSLD, c'est une liste de plus de 400 noms — s'il pouvait s'engager à nous la déposer ou

à nous déposer une progression — je présume qu'il sait est-ce qu'il

est rendu à 60 %, 40 %, 80 % — s'il peut nous informer

là-dessus.

L'autre

élément auquel j'aimerais qu'il réponde... On a parlé beaucoup de mobilité de

personnel dans les derniers jours, on

sait à quel point, au printemps, ça a été un problème. Moi, je le répète, je

l'ai vécu, de mes yeux vu, il n'y avait pas de test de dépistage lorsqu'on était un nouveau venu dans un CHSLD,

ce que je trouve absolument scandaleux, je le répète. J'en avais parlé au chef de cabinet du ministre, à l'époque.

Même moi, je l'ai demandé, j'ai dit : Je veux être testée avant de rentrer dans le CHSLD et à la fin du

moment où j'y serai pour s'assurer, justement, de ne pas être un

vecteur. Les employés ne se faisaient pas

tester. Les employés changeaient de CHSLD, les travailleurs changeaient de

CHSLD et donc sont devenus propagateurs malgré eux. À l'heure actuelle, il y a

une interdiction de mobilité des préposés aux bénéficiaires,

on a parlé aussi de la question de la mobilité des infirmières. Mais j'aimerais

que le ministre nous réponde bien

précisément sur une chose : dans son plan, il parle d'interdire la

mobilité, bon, des bénéficiaires puis de maintenir au minimum la mobilité des infirmières, infirmières

auxiliaires et autres professionnels de la santé, il ne fait pas

référence, dans le plan, aux autres

employés. Puis je m'explique, on l'a vu cette semaine, entre autres dans les

médias, des cuisinières qui

disent : Dans la même journée, je peux faire trois, quatre CHSLD. Je

voudrais savoir pourquoi cette mobilité-là n'a pas été interdite. Puis

je vous l'explique bien simplement : un cuisinier va être en contact avec

le nutritionniste, le nutritionniste est la

personne qui va monter les cabarets sur les étages, qui va les donner aux

préposés aux bénéficiaires qui vont

nourrir les résidents, donc la chaîne de la contamination, elle est toujours

présente. Donc là, je parle des cuisiniers, des gens en cuisine, mais il y a les concierges, il y a toutes sortes de

gens. J'aimerais savoir pourquoi le ministre n'a pas... ne s'assure pas qu'il n'y ait pas aucune mobilité.

Je comprends qu'en termes d'infirmières il a fait référence à la pénurie

de personnel, mais je voudrais savoir pourquoi il n'interdit pas toute mobilité

de personnel autre. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. Alors, M. le ministre, je vous cède

la parole.

M. Dubé :

Alors, oui, merci beaucoup, M. le Président. Alors, aujourd'hui, la

députée de la circonscription de Maurice-Richard nous propose

de parler de la préparation de la deuxième vague. Je vais en profiter,

M. le Président, pour parler du contexte de cette nouvelle vague et

de nos actions qui sont soit en préparation, en cours ou qui sont déjà complétées, une deuxième vague, je pense qu'il est

important de mentionner, qui est différente de la première. La première vague que nous avons vécue, elle était forte dans la

Communauté métropolitaine de Montréal, elle était concentrée principalement dans les CHSLD. La nouvelle vague,

celle que l'on commence à vivre présentement, touche beaucoup plus fortement les régions qui ont été notamment épargnées par la première vague. Les jeunes sont beaucoup

plus touchés que ce qu'on a connu au

printemps. Il y a une différence importante, c'est qu'on n'a pas un Québec qui

est en pause, contrairement à la

première vague, puis ça, je pense que c'est la bonne nouvelle. Il y a plus de contacts.

En contrepartie, on a réussi à

convaincre les Québécois de suivre, de façon générale... la grande

majorité, très grande majorité des Québécois suivent les conseils

sanitaires. Alors, je pense que la nouvelle vague, elle est différente, un environnement

différent.

Par contre,

je pense qu'on le réalise tous les jours, qu'on a à

travailler avec un réseau de la santé qui est affaibli. Il était affaibli avant. La première vague, ça a été

des moments très difficiles pour tout notre réseau de la santé. J'en

profite pour les remercier parce que ces

gens-là ont fait un boulot assez incroyable — mais, malheureusement, on est déjà dans la deuxième vague — et je

les en remercie.

Bon, maintenant, il est important de revenir sur

les consignes de santé publique. J'en profite ce matin, M. le Président,

pour faire un peu état des points que j'ai mentionnés hier, au

dernier point de presse, parce que je

pense que le meilleur plan d'action

qu'on peut avoir, c'est d'avoir la collaboration des citoyens. Et, comme je vous l'ai expliqué

hier, M. le Président, on a besoin de faire un effort supplémentaire au

cours des prochaines semaines pour s'assurer qu'on minimise le plus possible la contagion communautaire. Puis souvent, pour

nous, c'est un mot qui ne veut peut-être

pas dire grand-chose, quand on parle de

contagion communautaire, mais la contagion communautaire, c'est ce qui nous arrive lorsqu'on est avec nos amis, avec nos parents et avec les gens pour

qui... et puis c'est peut-être par réflexe, qu'on a le moins de gardes,

mais c'est peut-être là que sont les plus grands dangers parce que c'est là

qu'on se rapproche, puis il peut y avoir quelqu'un qui... un ami ou un parent

qui, lui aussi, a été en contact, et c'est là que le danger et la chaîne de

contamination commencent. Alors, j'aimerais le rappeler, en profiter, de ces

quelques moments, pour rappeler à la population

comment c'est important de suivre les consignes et de faire un effort

supplémentaire pour limiter, comme je l'ai expliqué hier, les contacts

sociaux, parce que, dans les prochains jours, on aimerait bien voir la

différence, parce que, malheureusement, la propagation de la pandémie continue

en ce moment.

J'aimerais

dire, aussi, que nous avons beaucoup appris de la première vague, beaucoup

appris. C'est un examen difficile,

mais c'est un examen qui peut nous donner des grandes leçons. Je peux donner à

penser, par exemple, le rapport

Montréal. J'ai la chance d'avoir une sous-ministre, Mme Dominique Savoie, qui est en place

depuis... un peu comme moi, là, depuis quelques mois avant moi, et qui a

ce qu'on a appelé le rapport de Montréal, qui a été un rapport qui a été préparé pour voir et faire état de tous les enjeux

de gouvernance qu'il y

avait au niveau de la Santé

publique, et ça depuis, malheureusement, la réforme libérale. Avant la réforme libérale,

la Santé publique avait un rôle régional puis avait une gouvernance qui était régionale. Après la réforme, la Santé publique était... le

rôle était difficile à savoir qui faisait quoi. Puis, on l'a vu à Montréal

avec le nombre de centres régionaux, là, qu'on appelle des CISSS et des CIUSSS,

autant universitaires et autres, c'était excessivement difficile de coordonner les activités et de... je ne dirais pas de

faire travailler les gens en silo,

mais c'était un peu ça. Alors, on a appris beaucoup de ça. Et le rapport Montréal...

je vous dirais que l'essentiel des recommandations qui ont été faites

par le groupe de travail ont été appliquées.

Bon, maintenant, j'aimerais aussi rappeler aux gens qui nous écoutent qu'on a pris, et

je l'ai expliqué tout à

l'heure, le réseau de la santé dans un

état pitoyable lorsque nous sommes arrivés au gouvernement. Puis ça, ça

vient des années libérales, qui n'ont peut-être pas eu la priorité autre

que sur celle des médecins, de payer largement les médecins. Mais peut-être qu'en santé publique il y a

eu... et j'aimerais vous présenter un graphique, là, qu'il me fera plaisir de

déposer, mais je voulais le présenter aux

gens qui nous regardent, là, ça, c'est le budget en santé publique en

2016, avant les coupures libérales,

et des coupures... je vais le monter un

petit peu plus haut — merci, merci, M. le Président — parce

que c'est important que les gens le voient, les coupures qui ont été

faites au cours des dernières années, puis regardez ce qu'on a dû

inverser pour revenir à un niveau un peu plus élevé que c'était par le Parti

libéral. Et ça, ce n'est pas des dépenses en... ce n'est pas dans des camps de

chasse, là, c'est en santé publique.

Alors, j'ai

très hâte de continuer à avoir une discussion avec la

députée de Maurice-Richard pour qu'elle nous explique

c'est quoi, notre plan. Parce que nous, on en a un, plan, mais je voudrais

savoir c'était quoi, le plan de couper 40 millions en santé

publique il y a quelques années. Alors, ça sera intéressant qu'elle puisse nous

l'expliquer aussi, M. le Président.

Je vais

continuer. Les ressources humaines... C'est évident que, dans l'état où on a pris

autant la Santé publique, je viens de le mentionner, avec les coupures importantes

qui ont été faites — et

nous, on a fait un investissement d'une cinquantaine

de millions, juste à notre première année — c'est sûr que la pénurie de main-d'oeuvre est un

enjeu majeur pour nous, que ce soit

au niveau des infirmières, que ce soit au niveau des préposés aux bénéficiaires, mais des médecins aussi. Les médecins sont bien payés, mais c'est

difficile, toujours, d'avoir le bon médecin au bon endroit. Et on l'a vu, on a

eu un enjeu majeur avec les médecins,

notamment, de la FMOQ, des médecins qui n'étaient pas dans les CHSLD, et qui a

été... qui a eu un impact assez important

durant la pandémie. Alors, dans le contexte dans lequel nous avons travaillé,

je pense qu'il... étant donné les

coupures qui ont été faites, je viens de l'expliquer, étant donné la réforme

que nous avions à faire sur la

gouvernance, la pénurie de main-d'oeuvre à laquelle le précédent gouvernement

ne s'est pas attaqué avec sérieux, nous avons vécu, je dirais, une

première vague qui a été excessivement difficile.

Maintenant,

qu'est-ce que nous avons fait, nous, depuis ce temps-là? Bien, nous avons fait

une préparation importante depuis la

fin de la première vague, entre autres au niveau des services qu'on appelle

médicaux qui sont spécialisés, puis je pourrais

vous en faire une énumération. Ce qu'on a fait en avril, on a mis en place les

recommandations pour la reprise des activités dans le secteur de

l'imagerie médicale, on a mis en place un plan d'adaptation des niveaux

d'activités en cancérologie, au mois de mai, le ministère a mis à jour les

directives concernant toute la publication de la reprise des activités spécialisées, au mois de mai, le

ministère a mis à jour aussi le guide des activités de reprises spécialisées,

au mois de juin, on a publié un plan

de reprise — dont

j'ai parlé — des

activités de dépistage pour le cancer du sein et au mois de juin, en

fait, on a fait le plan global pour la reprise des chirurgies.

Tout ça, M. le Président, est sur notre site

Internet du ministère de la Santé, puis je pense que c'est important de le dire

aux gens qui nous regardent, parce qu'on

entend souvent toutes sortes de choses qui nous viennent de l'opposition — «manque de transparence», c'est un

mot que j'entends souvent — puis

je pense que j'aimerais... je le redis, puis j'espère que la députée de Maurice-Richard, un jour,

pourra comprendre que c'est important, c'est très important d'avoir une

approche constructive lorsque nous vivons la

crise que nous vivons présentement, M. le Président. Alors, moi, j'aimerais

dire que nous allons continuer à

faire le maximum. Je pense que les gens doivent être rassurés que, notamment,

nous avons un plan, nous sommes en

train de l'exécuter. Pas plus tard qu'il y a quelques minutes j'étais en

discussion avec les représentants de trois fédérations de médecins

spécialistes — en

oncologie, en imagerie, en chirurgie — pour discuter avec eux comment nous pouvons maintenant travailler au cours des

prochains mois dans cette nouvelle vague. Et je pense que... je ne pense pas qu'il y a beaucoup,

beaucoup de citoyens, ici, ce matin, qui nous écoutent, qui pensent que

nous n'avons pas un plan qui va fonctionner pour passer à travers la deuxième

vague. Merci, M. le Président.

Président (M. Provençal)

: Je

vous remercie. Nous allons initier la période

d'échange. Mme la députée de Maurice-Richard,

vous avez la parole pour un maximum de cinq minutes.

Mme Montpetit : Je vous remercie, M. le Président. C'est

intéressant de voir l'évolution du discours du ministre de la Santé,

qui passe en mode attaque, faute d'avoir des réponses. Parce que

je sais, il me l'a mentionné à quelques reprises dans les dernières semaines, qu'il est un peu las qu'on lui repose les

mêmes questions, mais, quand il ne donne pas de réponse, bien, c'est la

raison pour laquelle on repose des questions.

Donc, ma

question, elle était fort simple : Pourquoi n'interdit-il pas la mobilité

de l'ensemble du personnel non professionnel

dans les CHSLD? Je ne l'ai même pas entendu aborder cette question-là,

donc je vais lui reposer la question. Puis

je vais revenir sur le fait qu'il faut... Je l'entends refaire l'histoire puis

aborder certains éléments, là, mais ce qui...

Le Président (M. Provençal)

: S'il vous plaît!

Mme Montpetit : ...ce qui est

la réalité, là, c'est que le constat qui est fait, les 4 000 décès,

c'est une vaste improvisation du gouvernement à cette époque-là. C'est... On voyait, hier, la ministre

des Aînés qui dit : Je n'ai pas été écoutée, je n'ai rien pu faire, c'est la faute au premier ministre, c'est la faute au directeur de la santé publique. On a le ministre

de la... le premier ministre qui a démotionné l'ex-ministre de la Santé ainsi

que son sous-ministre, ce n'est certainement

pas à cause des années libérales, ça, et ce n'est certainement pas parce qu'il

était satisfait du travail qui a été fait et du bilan, qui, je le

rappelle, est de plus de 4 000 morts dans les CHSLD.

Et j'en

reviens à ma question, puis j'espère que le ministre

y répondra, s'il a la réponse, évidemment, mais ça a été une vaste improvisation qui a été faite dans les CHSLD, et ils ont

échoué à protéger le personnel et les travailleurs de la santé, et c'est la raison pour laquelle on s'est

retrouvés, justement, avec une pénurie encore plus exacerbée dans un

contexte de santé... de pandémie. Je vous le

rappelle, c'est plus de 15 000 travailleurs de la santé qui ont été

infectés par la COVID. Et pourquoi

ces gens-là ont été infectés? Ils ont été infectés par le manque de réactivité

du gouvernement, par le manque de... la pénurie de matériel médical. Ce n'est pas moi

qui l'invente, là, il y a eu pénurie de matériel médical. Quoiqu'en

dise le premier ministre sur la place, plein de travailleurs de la santé

pourront vous le confirmer. Ça a été exacerbé par des directives puis des protocoles qui ont changé de jour en jour puis par

le manque de préparation du gouvernement. C'est ça, la réalité. Ça a été une vaste improvisation qui a fait que les

travailleurs de la santé dans les CHSLD se sont retrouvés contaminés et ils ont propagé le virus d'un CHSLD

à l'autre, d'un résident à l'autre. Il

y a une rupture de confiance,

donc le premier ministre doit... le premier ministre et le ministre de la Santé

doivent regagner cette confiance-là avec les travailleurs de la santé et

doivent être clairs dans les directives qui sont prises.

Donc, ma question

au ministre, elle était fort simple : Pourquoi

est-ce qu'il ne vient pas encadrer la mobilité de personnel qui est non professionnel? Parce qu'en ce moment il l'a simplement limitée au

personnel professionnel. Ça, c'est une question, qu'il la prenne en

note, j'aimerais ça avoir une réponse.

Je voudrais

profiter du temps qu'il me reste pour aborder la question des chirurgies, puis

on pourra y revenir au bloc d'après,

je sais que le temps va toujours un peu vite. On a commencé à l'aborder. Le

ministre, mercredi, nous a bien confirmé

que le réseau, en ce moment, fonctionne seulement à 86 % pour les

chirurgies et qu'il va falloir augmenter à 110 %, 115 % pour être sûrs de rattraper toutes les chirurgies

qui ont été reportées. Là, on est à près de 140 000. Moi, je vais lui poser des questions bien simples là-dessus,

là. À quel moment on va arriver à ce niveau-là? Est-ce que c'est en

2021, 2022, 2023? Comment il va prioriser les différents cas? Est-ce que les

gens qui ont une chirurgie de genou, à l'heure actuelle, là, ils peuvent

s'attendre à avoir une chirurgie dans la prochaine année ou dans deux ans?

Et aussi,

s'il peut nous répondre clairement à ça, parce qu'on a plusieurs questions sur

ces éléments-là, et aussi il nous a

parlé des ententes avec les centres médicaux spécialisés, et j'aimerais, encore

là, par transparence — je le sais que c'est

quelque chose qui est important pour lui — qu'il nous dépose la liste du nombre de

centres médicaux spécialisés avec lesquels il y a eu des ententes, mais

aussi surtout le niveau d'activité, à l'heure actuelle, dans ces différents

centres.

également, ma troisième question, il y a un tableau... il nous réfère souvent à

son plan de juin, il y a un tableau qui

avait été déposé sur les priorités et les livrables, je vais le redéposer en

cette Chambre pour fins de discussion. Au mois de juin, on était dans des indicateurs rouges partout. Je voudrais

savoir, aujourd'hui, à la fin septembre, comment ce tableau a évolué.

Donc, s'il pouvait refaire un dépôt de la progression des activités de

chirurgie, ce serait apprécié. Merci.

Président (M. Provençal)

Merci beaucoup. Alors, M. le ministre, je vais vous céder la parole pour

votre droit de réplique, cinq minutes.

M. Dubé : Très bien. Alors,

j'aimerais, M. le Président, profiter de ces quelques minutes là pour,

justement, redonner un petit peu de détails

à ceux qui nous écoutent sur le plan, effectivement, que nous avons déposé, ce

qu'on a appelé le Plan d'action pour

la deuxième vague. Je pense que les gens... Encore une fois, par souci de

transparence, ce plan-là, qui est en

neuf axes, là... puis là je vais m'assurer que je le mets à la bonne hauteur

pour que les caméras puissent le voir... Il faut que je monte encore un

peu? Oui, bien, voilà. Alors, ça, c'est une représentation du plan que nous

avons préparé, que nous avons déposé au mois

de juin, puis je vais en faire l'énumération, des principales composantes.

J'ai dit qu'il y avait neuf axes parce

que c'était justement

ce que... Je parlais, tout à l'heure, de l'examen qu'il y avait eu dans

la première vague pour s'assurer que nous pouvions avoir un plan d'action très

clair pour la deuxième vague. On était prêts au mois de juin.

Alors, je

vais commencer par les milieux de vie, les milieux de vie pour aînés. Donc,

c'est évident que, lorsqu'on parle de

deuxième vague, étant donné ce qui est arrivé dans les CHSLD, il fallait nous

assurer... puis je pense qu'il y a des recommandations

qui sont très claires qui ont été discutées, et chacun des points que je vais

présenter, M. le Président, a été discuté

amplement avec les P.D.G. de chacun des centres régionaux, qu'on appelle les

CISSS et les CIUSSS. Donc, milieux de

vie, pour maintenir un accès sécuritaire dans les CHSLD et les RPA, qu'on

appelle, les résidences pour aînés, pour les proches aidants, puis non seulement ça, mais d'avoir un gestionnaire

responsable par CHSLD, ça, c'est un engagement ferme que nous avons

pris.

Le deuxième

point, c'est d'offrir des services de soutien à domicile adaptés aux besoins

des usagers. On le sait que, pour les

clientèles vulnérables, dans la mesure du possible, si on est capables de faire

du soutien à domicile, c'est mieux. En termes de main-d'oeuvre, je pense

que les gens ne douteront pas des efforts qu'on a faits, même dans le courant

de la première vague, en engageant près,

maintenant, de 7 000 préposés. Il y a une deuxième cohorte qui est en

formation déjà pour qu'on puisse

monter jusqu'à 10 000, l'engagement qu'on avait pris, et notamment la mobilité de main-d'oeuvre dont j'ai parlé plusieurs fois et

dont les détails sont expliqués dans le plan.

Un plan de

dépistage très clair pour réduire les délais de l'ensemble du processus de

dépistage. Je prenais note, en regardant

mes notes, là, que j'ai de disponibles le matin, qu'hier on a eu

36 000 tests, 36 000 tests, M. le Président.

Alors, je veux remercier, encore une fois,

tout le personnel de la santé qui nous aide à faire de cette stratégie de

dépistage un succès, par les temps difficiles que nous vivons.

Le cinquième

axe, c'est la prévention et la gestion des éclosions. Alors, je pense qu'on a

mis en place ce qu'on appelle un PCI,

là, plan... puis vous allez m'entendre souvent parler de PCI parce que... c'est

ça, c'est la prévention et le contrôle des éclosions, qui a été mis en

place au mois de juin.

Le sixième

axe, c'est l'organisation clinique. Ça, c'est très important, c'est pour

soutenir une offre de services qui est optimale en chirurgie, etc., en

oncologie.

L'approvisionnement. L'approvisionnement, ce

sont — encore,

il y a beaucoup d'acronymes — les EPI, les équipements de protection individuelle. On sait que l'approvisionnement

a été difficile à la première vague parce que tous les pays, tous les États américains voulaient avoir

les mêmes équipements de protection. On a fait un système

d'approvisionnement beaucoup plus centralisé.

gouvernance, hein, la gouvernance, j'en ai glissé un mot tout à l'heure, c'est

le huitième élément du plan, pour s'assurer

qu'on précise des cibles et les tâches de chacun des acteurs du réseau. J'ai

parlé, tout à l'heure, de la gouvernance pour l'île de Montréal, mais il faut aussi s'assurer qu'il y a une

meilleure gouvernance entre notre ministère et le réseau. Maintenant, nous avons des appels à toutes les

semaines avec nos P.D.G. Je participe à ces appels-là pour sentir

vraiment ce qui se passe sur le terrain.

Puis, en

dernier lieu, bien, tout l'aspect des communications, qui est le neuvième axe,

c'est de rejoindre l'ensemble de la

population. Vous avez vu que le gouvernement a mis énormément de transparence.

Je vous l'ai dit, sur notre site Web, on

ajoute de l'information à tous les jours pour que les gens soient informés.

Puis j'en profite aussi pour dire que, ceux qui veulent voir les centres de dépistage, nous avons, sur notre site

Web, maintenant, les temps d'attente pour tous les centres de dépistage.

Merci beaucoup, M. le Président.

Président (M. Provençal)

Merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole au député de Beauce-Sud,

cinq minutes.

M. Poulin :

Merci beaucoup, M. le Président. Content de vous retrouver, collègue,

d'ailleurs, de la circonscription de

Chaudière-Appalaches. Nos comtés sont limitrophes, bien content de vous

retrouver à votre commission parlementaire, parce que je n'ai pas

souvent la chance de pouvoir y être, à la Commission de la santé et des

services sociaux, mais c'est un plaisir.

Je veux saluer, évidemment, M. le ministre, qui

fait un travail exceptionnel ces jours-ci. Je sais qu'il passe de nombreuses

heures au travail et qu'il fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire en

sorte qu'on puisse retrouver une vie normale le plus rapidement possible, alors je veux le saluer, aussi

ses équipes. Mes collègues, M. le député de Chapleau, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, l'une des plus belles régions au

monde, alors, je vous salue. Je veux saluer la députée de Crémazie,

également, porte-parole de l'opposition officielle en matière se santé...

M. Poulin :

...Maurice-Richard, oui,

excusez-moi — je sais

qu'elle s'est battue très fort pour son changement de circonscription,

alors c'est bien de le prononcer — M. le député de Jean-Lesage également,

ainsi que les gens qui les accompagnent.

Je pense que

les 125 députés de l'Assemblée nationale, on n'est pas venus en

politique... et quand on s'est présenté le 1er octobre 2018, on

n'est pas venus en politique en s'attendant à gérer cette pandémie-là et en se

disant qu'il pourrait y avoir une situation aussi exceptionnelle que celle-là.

Évidemment qu'on a été surpris de l'ampleur de cette pandémie, qui est mondiale, faut-il le rappeler, qui touche plusieurs

pays à travers le monde. Évidemment, on a les yeux rivés vers le Québec et on tente de voir de quelle

façon on peut faire pour que ça puisse se passer le mieux possible, mais

évidemment qu'on va se souvenir toute notre

vie de ces moments-là, comme parlementaires, dans le cadre de cette pandémie.

Malgré tout

ça, il y a des aspects positifs, je pense, entre autres le travail exceptionnel qui a été accompli par

le premier ministre à faire en sorte qu'on puisse accélérer la mise

en place de préposés aux

bénéficiaires. M. le Président, je me suis rendu au

CFP Pozer, centre de formation professionnelle Pozer, chez nous, dans mon

comté, où on forme actuellement plus de 60 préposés. Ils ont terminé la

semaine dernière. Je veux saluer le directeur du centre de services,

Normand Lessard, la directrice générale, Lucie, et l'enseignante, Sonia

Rodrigue, que j'ai rencontrés.

Et, avec ce

qu'on est en train de faire là, de former 7 000 préposés qui sont maintenant dans le réseau de la

santé, on change des vies, littéralement. On

ne change pas juste des vies pour, évidemment, les gens qui recevront les

services des préposés aux

bénéficiaires, mais j'ai rencontré des hommes, des femmes qui ne sont pas là

pour le salaire, qui ne sont pas là pour ce qu'on est en train de leur

offrir, qui sont vraiment là pour pouvoir prendre soin de nos aînés en CHSLD.

J'ai rencontré une dame dont sa grand-mère

est décédée de la COVID-19, et elle, elle travaillait pour Postes Canada toute

sa vie, puis elle a mis de côté Postes

Canada, puis elle a dit : Moi, je m'en viens travailler comme préposée aux

bénéficiaires. Alors, je pense qu'on marque l'histoire en formant ces

7 000 préposés là.

Puis faut-il le rappeler, que, quand on est

arrivés en fonction, il en manquait? Il en manquait depuis plusieurs années, du

personnel dans le milieu hospitalier. Puis on ne peut pas les inventer, il faut

les former, il faut mettre les ressources en place. Et, avec la formation

accélérée de trois mois, je pense qu'on fait littéralement la différence.

Puis je veux

saluer les préposés qui s'y engagent ces jours-ci, qui sont à leurs premiers

jours. Puis, vous savez, quand on

débute un emploi, les premiers jours, comment ça peut être stressant, énervant,

alors il faut avoir des pensées pour eux.

Puis je sais que les enseignants font un travail formidable dans la préparation

de ces préposés aux bénéficiaires là. Puis ça, ça ne portera pas la signature du Parti libéral du Québec, ça va

porter la signature de la Coalition avenir Québec, sous l'impulsion de François Legault. Et le premier

ministre a déjà dit : Si j'ai juste fait ça, là, bien, j'aurai réussi

quelque chose de grand, et je suis entièrement d'accord avec lui. Puis

j'invite les collègues à aller rencontrer ces nouveaux préposés là et à

discuter avec eux.

On a parlé,

tout à l'heure, de la santé publique, qui était un mot qu'on prononçait moins

au Québec depuis plusieurs années. La

santé publique, là, on le prononce plusieurs fois par jour. On fait des

enquêtes épidémiologiques, ces jours-ci. On recherche des gens,

d'ailleurs, pour mener ces enquêtes épidémiologiques là, mais il n'y a rien de

mieux que d'être bien préparé à une crise.

Il faut savoir que la santé publique, bien, il y a eu des coupures dans les

dernières années. Ça, c'est l'histoire,

là, qui nous le dit. Le ministre y a fait allusion : 2015‑2016, des

coupures de 44 millions de dollars. On ne savait plus, là, qui s'occupait de la santé publique. Ça

relève-tu de la Santé publique nationale? Ça relève-tu des CISSS? Et on

est en train... et le gouvernement est en

train de faire en sorte que la santé publique puisse retrouver ses lettres de

noblesse qui ont été enlevées. On a investi près de 50 millions de dollars

auprès de la santé publique, et, à terme, bien, ça va nous permettre de mieux sensibiliser, de mieux faire

comprendre les mesures, de mieux faire en sorte qu'on puisse faire les enquêtes épidémiologiques. Puis, encore une fois,

ce sont des hommes et des femmes qui se dédient, présentement, au Québec, à faire en sorte qu'on puisse combattre le

virus. Alors, je veux les saluer pour le travail qu'ils font, et ça va

se poursuivre dans les prochains jours, dans

les prochaines semaines, puis on sera aux côtés de la Santé publique,

évidemment. Alors, je pense qu'on fait notre possible dans les circonstances,

et on en est très heureux. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Provençal)

: Merci, M. le député. Nous en revenons à la députée de Maurice-Richard.

Mme Montpetit :

Je vous remercie, M. le Président. Puis, à défaut de me répéter, ça aiderait

beaucoup la collaboration, les échanges si le ministre pouvait répondre

aux questions qu'on lui pose, parce que ça fait plusieurs interventions qu'on fait au cours du dernier mois

et dans lequel on n'a pas de réponse. Donc, je lui réitère ma question.

S'il n'a pas de réponse, il aura été

informé. Je lui redemande la raison pour laquelle, dans son plan d'action, il

n'a pas interdit la mobilité du

personnel non professionnel. Ça va être un problème. Je l'invite fortement à se

pencher sur cette question et à nous revenir avec un élément de réponse

aussi.

Même chose,

il n'a pas répondu à la question à quel moment il pense que le réseau va

rattraper tous les délais de chirurgie,

et non plus... Je sais que c'est un homme d'indicateurs, c'est un homme de

chiffres, c'est des données qu'il devrait avoir, à l'heure actuelle, avec lui et qu'il devrait nous déposer :

le nombre de centres médicaux spécialisés avec lesquels des ententes ont été signées, le niveau d'activité

quotidien dans ces CMS, combien il y a de chirurgies qui sont faites par

jour, combien il y en a qui ont été faites

depuis que les ententes ont été signées. Parce que, si on veut être capables

d'avoir un tableau

indicateur et de savoir comment les choses progressent et comment on peut

rassurer les 140 000 personnes qui sont en attente d'une chirurgie, encore faut-il avoir ces informations.

Donc, de deux choses l'une, soit le ministre ne les a pas, soit il ne les partage pas. Donc, je

l'invite... je présume qu'il doit avoir ces chiffres, je l'invite à nous en

informer.

Je voudrais revenir sur la question de

l'oncologie, on y a fait référence cette semaine. De mars à juin dernier, il y a 26... il y a 74 % des tests de... il y

a une diminution de 74 % des tests de dépistage du cancer colorectal, il y

a une diminution de 66 % des

coloscopies. Il y a eu énormément de... il y a eu une mise sur pause, dans le

fond, de tout ce qui était dépistage.

On le sait, au Québec, c'est plus de 50 000 personnes, chaque année,

qui vont recevoir un diagnostic de cancer,

et c'est près de... un peu moins de la moitié qui vont, tristement, en décéder.

Et l'inquiétude, à l'heure actuelle, c'est

qu'en ayant mis sur pause le dépistage... l'inquiétude des hémato-oncologues,

elle est la suivante, c'est à savoir que les gens vont être dépistés de plus en plus tardivement, et les gens,

donc, vont avoir leurs chances de

guérison compromises parce que leur cancer va être pris à un stade beaucoup

plus avancé, hein, on le sait, le cancer, c'est une course contre la montre.

Et j'entendais, mercredi, en période de

questions, le ministre délégué à la Santé me répondre, grosso modo : Quand on aura géré la deuxième vague, on pourra

être plus précis sur le plan en oncologie. Ça, je pense que c'est venu augmenter encore davantage le niveau

d'inquiétude de la population. On ne peut pas mettre sur pause le dépistage en

oncologie parce qu'on est en train de faire face à une pandémie, l'un

n'exclut pas l'autre. Et j'ai eu plusieurs réactions de citoyens qui sont extrêmement

inquiets, à l'heure actuelle, mais aussi des organisations de défense des

patients avec le cancer qui militent et qui demandent un plan national de

rattrapage du dépistage et qui veulent vraiment avoir des précisions sur ces

éléments-là.

Le ministre

doit nous... doit être très, très clair aussi sur comment il entend reprendre,

rattraper le dépistage. À l'heure

actuelle, il n'y a pas de plan précis à ce niveau-là. On a entendu à plusieurs

reprises le Dr Champagne, le président des hémato-oncologues, dans les derniers jours, qui est venu sonner la

sonnette d'alarme... tirer la sonnette d'alarme en rappelant à quel

point ça allait être dramatique, les conséquences. On parle de vies humaines, à

l'heure actuelle, donc j'aimerais que le ministre soit très clair à ce

niveau-là. Je sais qu'il y a des documents, il peut me référer à tous les documents du printemps; moi, je lui parle

d'aujourd'hui, à la lumière de la situation où on sait qu'il y a

probablement plus de 5 000 Québécois dont le diagnostic n'aura pas été fait de...

auraient un cancer non diagnostiqué — ce

sera plus parce que c'est des données qui datent déjà du mois de juin — il y

a deux enjeux qui sont très clairs : il y a le dépistage des nouveaux cas

et il y a le suivi des patients qui ont déjà un cancer.

Donc,

j'aimerais qu'il puisse répondre à ces organismes-là

qui demandent un plan national très, très clair et qu'il vienne rassurer, aussi, les patients. Je veux

vraiment qu'il nous explique clairement ses intentions et qu'il nous

dépose des documents à cet effet-là, qu'on puisse savoir où il s'en va comme

ministre, parce qu'à l'heure actuelle on ne le sait toujours pas, malgré les

nombreuses questions qui ont été posées.

Le Président (M. Provençal)

: Merci, madame. Alors, M. le ministre, c'est à vous.

M. Dubé :

Merci beaucoup, M. le Président. Alors, j'aimerais peut-être revenir sur toute

la question des aînés, parce que,

comme je l'ai expliqué tout à l'heure, dans notre plan qui est en cours en ce

moment, j'ai bien expliqué que, dans la deuxième vague, on allait mettre

vraiment la priorité sur les aînés. Et je voudrais peut-être qu'on revoie

quelques mesures qui sont importantes, je vais en présenter quelques-unes, M.

le Président.

Bon, j'ai expliqué, premièrement, que l'accès

sécuritaire aux milieux de vie pour les proches aidants est très important. On l'a vu dans la première vague, pour

des bonnes raisons à ce moment-là et du niveau de connaissances qu'on avait du

virus, il y avait une décision qui avait été prise de retirer

les proches aidants, et ça a été une décision non seulement très difficile à ce moment-là, mais qui a eu un impact sur les résidents. Et, à ce moment-là, on a... suite à, peut-être,

un meilleur contrôle de prévention et le

contrôle des infections... être capable de ramener nos proches aidants, et on a

appris énormément de cet épisode-là, puis maintenant

on est capables d'avoir... de permettre aux proches aidants de venir

visiter leurs proches, parce que, on le sait, tout le monde a vécu des situations excessivement

difficiles. Donc, je reviens souvent avec

le système de PCI, là, de protection et de contrôle des

infections, je reviens souvent à ça, mais de l'avoir mis en place nous

permet de ramener les proches aidants pour rencontrer les leurs.

Deuxièmement, s'assurer d'une imputabilité qui est accrue. Qu'est-ce que ça veut dire, ça, imputabilité? Le mot simple, c'est d'avoir un gestionnaire responsable

localement. Ça, pour moi, c'est majeur. Ces personnes-là, j'en ai

reparlé hier lors de mon appel hebdomadaire

avec les P.D.G., les choses sont en place, et je suis très, très content de

pouvoir avoir cet engagement-là au

niveau des CHSLD. Mais il y a aussi d'avoir un responsable de toute la question

des PCI, j'y reviens, parce que c'est

beau, avoir un gestionnaire responsable, mais ce gestionnaire-là, il s'occupe

des horaires, il s'occupe de plusieurs

choses, mais nous avons demandé à avoir, par établissement, un responsable du

PCI pour s'assurer que l'équipement de protection, il est là mais qu'il

est porté par le personnel, etc. Donc, pour moi, ça, c'est un point très

important.

Bon,

maintenant, sur la question de la mobilité, je l'ai bien expliqué dans le plan

lorsque nous l'avons déposé, qu'il y

avait un enjeu de personnel. Bon, on en a réglé un important, c'étaient les

préposés aux bénéficiaires. J'ai expliqué, et on le sait, je pense que

les gens en sont conscients, que nous avons un enjeu avec les infirmières et

les infirmières auxiliaires. Et, comme

l'enjeu de main-d'oeuvre demeure toujours, présentement, nous avons demandé aux

P.D.G. de limiter au minimum la mobilité du personnel mais, je le

répète, tout en s'assurant que les normes de prévention et de contrôle des infections sont respectées. Et ça, ce

que ça veut dire, M. le Président, et ça s'applique, en fait, pour tout

le personnel des établissements, il faut

s'assurer... et on a demandé que,

lorsque le... si, dans le cas où il y

avait un CHSLD qui avait une zone chaude, c'est-à-dire où il y a eu des cas, où il y a eu une éclosion puis

qu'on a isolé un certain groupe, bien, que...

Le personnel peut passer d'une zone froide à une zone froide, ça, il n'y a pas

de danger, mais, lorsqu'on devrait passer... s'il y avait une obligation

de prendre ce choix-là et que le personnel puisse passer de la zone chaude à

une zone froide, bien, il va devoir y

avoir une signature, un engagement du P.D.G. qui nous confirme que ça a été fait et que

c'était la solution extrême. Et ça, pour

moi, c'est un engagement des P.D.G. qu'ils ont pris, et c'est très, très, très différent de ce que nous avons connu dans la première vague.

Parce que... Pourquoi, M. le Président, que nous

devons faire cette organisation-là? Parce qu'on manque de personnel. On manque de personnel, M. le Président, puis, je le répète à chaque jour, si on a à faire un choix entre

laisser des gens seuls, d'avoir un bris de

service, j'aime mieux avoir de la mobilité de personnel, parce que ce qu'on

veut, c'est servir nos gens. Puis des

histoires d'horreur comme il est arrivé à Herron, comme il est arrivé à

Sainte-Dorothée, bien... Moi, je pense

qu'on fait le bon choix, de permettre une mobilité du personnel, mais en autant

qu'elle se fasse dans les règles de la prévention et contrôle des

infections. Merci beaucoup, M. le Président.

Le Président (M. Provençal)

: Merci, M. le ministre. Alors, je vais maintenant donner la

parole au député de Chapleau.

M. Lévesque

(Chapleau) : Merci, M. le Président. J'en profite pour vous saluer également, M. le

ministre, les collègues

de la banquette gouvernementale, Mme

la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, également M. le

député de Beauce-Sud, également

collègues de l'opposition, la

députée de Maurice-Richard, le député de Jean-Lesage, plaisir d'être ici avec vous ce matin.

Justement,

si on est ici ce matin, c'est parce que la population québécoise

de même que le gouvernement du

Québec font face, tout comme plusieurs

autres États dans le monde, à une résurgence des cas de COVID-19. Déjà,

comme on le sait, hein, la première

vague a été vraiment une épreuve difficile pour tous les citoyens.

La perturbation de la vie quotidienne a été très, très importante, mais aussi difficiles qu'aient été les mesures

de confinement, ceux qui ont été en première ligne ont été témoins de

toute la virulence de cette maladie.

Je tiens d'ailleurs

à prendre l'occasion qui se présente ici pour saluer le travail de l'ensemble

du personnel du réseau de la santé, et je le fais particulièrement pour

les gens de Chapleau, de Gatineau et de l'Outaouais. Les préposés aux bénéficiaires, les médecins, les infirmières, tout comme l'ensemble des techniciens

ou le personnel de soutien, le travail de chacun de vous est un rouage essentiel du système de santé. Et, bien

entendu, je crois qu'il est important de souligner que votre engagement est non seulement

exemplaire, mais qu'il est indispensable. Ce sont des métiers aussi nobles que difficiles que vous pratiquez, et c'est la moindre

des choses de prendre un petit peu de temps qui m'est imparti ce matin pour vous en faire part, en mon nom, au nom du gouvernement et surtout au nom des citoyens de la circonscription de Chapleau, de tout mon respect et de

toute ma gratitude.

Ceci étant dit, le travail et le dévouement du personnel de la santé doivent être

encadrés par une politique

rigoureuse et un plan d'action adapté à la

réalité particulière de la deuxième vague, comme en faisait

part le ministre, à

laquelle nous faisons officiellement

face depuis quelques jours. Si nous

connaissons un peu mieux le virus qu'au printemps dernier, ce n'est pas une raison pour prendre la pandémie à la

légère. C'est pourquoi nous avons redoublé d'efforts pour mettre en

place les meilleures conditions pour limiter

autant que possible la propagation du virus, la multiplication des hospitalisations et, bien sûr, très

tristement, les décès.

Pour ceux qui

seront malheureusement atteints des symptômes aigus de la COVID-19, sachez que

le ministère a travaillé sans relâche

dans les derniers mois et les dernières semaines afin d'être prêt à faire face

à une forte hausse des besoins d'hospitalisation. Cela s'est fait, entre

autres, en optimisant la capacité hospitalière et en réorganisant les activités

de laboratoire, de pharmacologie et les services de première ligne. Le comité

directeur clinique a, en étroite collaboration avec les acteurs du réseau de la santé, élaboré

un ensemble de directives cliniques basées sur les évidences disponibles, notamment par des mandats

urgents donnés à l'Institut national

d'excellence en santé et en services sociaux.

Mais, bien en

amont des hospitalisations, outre les mesures de prévention sanitaire

habituelles, comme le port du masque,

le lavage de mains et la distanciation physique, le véritable nerf de la guerre

reste le dépistage. Actuellement, les autorités gouvernementales

émettent des balises et établissent des priorités pour l'ensemble du territoire

permettant l'identification rapide des cas afin de prévenir la transmission

dans les milieux et les communautés touchées par des éclosions. Ces mesures permettent à la fois l'utilisation judicieuse de

la capacité du réseau ainsi que l'optimisation des efforts de

coordination, bien entendu.

Par contre,

pour garder une essentielle flexibilité dans l'action sur le terrain, chaque direction

régionale de santé publique peut

ajouter à ces balises des critères qui lui sont spécifiques au contexte de son territoire, toujours pour cibler

les situations à risque. C'est d'ailleurs ce

sur quoi travaillent l'équipe et les gens dévoués du Centre intégré de santé et

de services sociaux de l'Outaouais. L'ensemble des intervenants s'affairent à

élaborer et à mettre en place des solutions répondant

aux besoins spécifiques pour les gens de Chapleau, de Gatineau et de

l'Outaouais pour endiguer cette pandémie. C'est l'objectif, je le répète.

Je les félicite et je les remercie de cet excellent travail.

Encore une

fois, cette stratégie a été élaborée sur la base des connaissances et des

pratiques épidémiologiques les plus à

jour, mais il faut garder en tête que la véritable clé résidera dans la

capacité d'adaptation du modèle en fonction de l'évolution de la

situation pandémique dans chacune des régions du Québec.

Plusieurs facteurs sont évolués... évalués,

pardon, pour déterminer les priorités des activités de dépistage, notamment. Bien entendu, la présence ou non de

symptômes subjectifs de la COVID-19 est un critère. Il y a également la question de la vulnérabilité de la personne, son

âge, l'immunodépression, etc. Les

contacts avec un cas confirmé ou suspecté est un autre critère, les milieux et les risques associés, donc tout ce

qui est question d'hébergement, d'industrie, de refuge, des milieux carcéraux, également sont pris en

considération, la nécessité de recevoir des soins médicaux, soit qu'il

s'agisse de chirurgie, d'obstétrique ou d'autres, la présence d'une éclosion

dans un milieu ou dans une communauté.

De plus, le ministère

identifie pour chaque région, selon la situation épidémiologique, des cibles de tests à

effectuer. Des mécanismes

de reddition de comptes ont ainsi été implantés pour permettre de mieux

connaître l'état de la situation sur l'ensemble du territoire et à une

fréquence déterminée, bien entendu.

suis conscient que cette dynamique est fort complexe et que la structure

organisationnelle du réseau est appelée à s'adapter à des situations très volatiles. Par contre, je suis absolument

convaincu que, grâce à ses qualités de gestionnaire et son leadership

affirmé, le ministre de la Santé de même que le premier ministre ont toute la

confiance du peuple québécois et surtout du réseau de la santé. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci. Je cède, à cette étape, la parole au député de la deuxième opposition, le député de

Jean-Lesage. À vous.

M. Zanetti :

Merci beaucoup, M. le Président. M. le ministre de la Santé, je suis très

inquiet de l'émergence des théories du complot liées à la pandémie, à la

fois mondialement et au Québec. C'est quelque chose qui apparaît sans précédent, une espèce de méfiance qui n'est pas

généralisée mais qui prend trop d'ampleur et qui, vous serez d'accord

avec moi, risque énormément de nuire au

respect des mesures sanitaires essentielles pour contenir la pandémie et sauver

des vies. C'est inquiétant. Ce n'est

évidemment pas le gouvernement qui en est la source, là. Et il y a beaucoup de

désinformations qui circulent sur les

réseaux sociaux que certaines gens méprennent pour des réalités puis qui les

font embarquer dans des théories, et après ça, bon, ça entraîne des

choses dramatiques.

n'y a pas... C'est difficile de savoir qu'est-ce qu'un gouvernement peut faire

pour contenir ça, pour lutter contre cette

désinformation et cette méfiance, mais il y a une chose qui est claire, c'est

que la transparence est importante. Et la transparence pas dans n'importe quel domaine, la transparence et,

disons, la... disons... je dirais, l'indépendance marquée, là, face aux compagnies pharmaceutiques. En ce moment,

il y a un projet sur la table que je crains qui nourrisse la méfiance,

et c'est le projet de loi de partage des

données médicales des Québécoises et des Québécois à des compagnies

pharmaceutiques. On a déjà eu

l'occasion d'en parler, mais là il y a des éléments nouveaux, et je veux avoir

une garantie et une assurance de votre part par rapport à ça.

ce moment, il y a un projet, qui a été initié sous le gouvernement libéral, qui

est mis sur pied pour orchestrer le partage

des données médicales des Québécoises et des Québécois à des grosses compagnies

pharmaceutiques pour faire de la recherche. Il n'y a aucune preuve qu'on

est capables de faire ça en respectant l'anonymat des données. Beaucoup d'experts disent que ce n'est pas possible, qu'on

peut revenir en arrière sur l'anonymisation et avoir des gros problèmes avec la vie privée des gens. Le conseil d'éthique

de l'organisation, là, qui mène ça, sur ce conseil-là, bien, il y a Pierre Anctil,

qui est un ingénieur, ancien militant libéral aussi, qui a avoué aux policiers

avoir fait du financement illégal auprès du Parti libéral en leur donnant de l'argent de SNC-Lavalin, là,

une compagnie d'infrastructure qui espérait, évidemment, avoir des retours d'ascenseur et des contrats publics

avec ça. Puis c'est une personne comme ça qui est le gardien de

l'éthique de cette patente-là.

nous a dit... On a réclamé une

commission parlementaire, on nous a dit : Ah! avant d'établir... de

partager des données publiques à des compagnies pharmaceutiques privées,

il faudra qu'il y ait un changement législatif, ne vous inquiétez pas, il y

aura une commission parlementaire. On a dit : Bon, super, est-ce qu'on

peut avoir l'assurance qu'il n'y aura pas de partage avant ça? Et là c'est le

leader du gouvernement, hier, qui disait, en Chambre : Bien, il y a une commission parlementaire là-dessus, dans le fond,

on ne vous l'avait pas dit, mais il y a ça, il y a le projet de loi

n° 64, et c'est le lieu parfait pour

discuter de ces enjeux-là. Mais le projet de loi n° 64, la commission

parlementaire, elle est déjà commencée. Il est trop tard pour y inviter

les groupes pertinents à la question du partage des données médicales de la RAMQ à des compagnies privées. Et le projet de loi

n° 64, quand il a été mis de l'avant, il n'a pas été présenté comme

étant le projet qui allait permettre le

partage des données médicales des Québécoises et Québécois à des compagnies

pharmaceutiques. Là, les audiences sont commencées, trop tard pour inviter des

groupes pertinents. Dans les groupes pertinents,

il manque beaucoup d'experts en cybersécurité qui ont émis des inquiétudes

publiquement par rapport au projet de

Precinomics en particulier. Il manque l'AGISQ, qui est l'Association des

gestionnaires de l'information en santé du Québec, ceux qui gèrent les données médicales, ils ne sont même pas

invités aux audiences publiques du projet de loi n° 64. Puis c'est

supposé être ça, le changement législatif qui va permettre le partage de nos

données.

y a un problème très grave. Il y a un problème grave de transparence, et je

pense que ce n'est rien pour rassurer les

gens. Il faut que vous fassiez les actions nécessaires. Il faut qu'il y ait une

commission parlementaire précisément sur le partage des données médicales des Québécoises et Québécois à des

compagnies privées pharmaceutiques et qu'on puisse faire venir les experts pertinents, parce qu'en ce

moment cette consultation publique là, elle n'a pas lieu, et on doit la

mettre de l'avant. Alors, j'aimerais savoir si le ministre va pouvoir s'engager

à ce qu'on ait une commission parlementaire précisément

sur ce sujet-là, qu'elle soit présentée comme telle et qu'on l'ait dans les

plus brefs délais. Parce qu'entre-temps, là, on a un ministre de

l'Économie qui nous a dit : Ça pourrait se faire dans trois jours, trois

semaines, trois mois.

Le Président

(M. Provençal)

: Merci. M. le

ministre.

M. Dubé :

Alors, merci, M. le Président. Je comprends très bien les interrogations du

député de Jean-Lesage, mais je vais

quand même dire qu'en ce moment il y a une commission parlementaire qui est

menée par le ministre de la

Justice, qui a aussi la responsabilité de la protection des données. Alors donc, j'aimerais lui dire que je

suis très, très sensible à cette cause-là, surtout que la Régie

de l'assurance maladie relève de la Santé. Donc, moi, je vous suggérerais de

continuer à suivre cette commission-là de très proche, parce que c'est

le projet de loi n° 64 qui en traite, mais je vous

dirais aussi que je crois qu'il y a

plusieurs autres projets de loi qui pourront être apportés si celui-là ne vous

permet pas d'accomplir vos objectifs.

Parce

qu'on a besoin, en santé, d'être beaucoup plus efficaces au niveau de la

gestion de nos données. Alors, je pense

qu'on aura l'occasion, M. le député... Puis je vois beaucoup votre intérêt par

rapport à la protection des données personnelles, que je respecte

beaucoup, je dois vous dire. Alors, au cours des prochains mois, là, dépendant

comment l'agenda législatif sera... ou

évoluera, je pense qu'il y aura probablement d'autres projets de loi qui viendront

adresser peut-être certains enjeux ou préoccupations que vous avez et que l'on

a tous.

Je pense

qu'on l'a vu, je vous donne juste, à

titre d'exemple, la commission qui a été

faite pour discuter, entre autres, de

l'application COVID Shield, vous savez, vous avez vu comment ce n'est pas

facile d'obtenir un consensus de tout

le monde, pas juste de l'opposition, là, mais du gouvernement, sur... la minute

qu'on met... je ne dirais pas «en doute», mais qu'on met en jeu des informations personnelles. Puis, moi, ça me

préoccupe un petit peu, en ce moment, M. le député, parce qu'on a besoin, en ce moment, d'à peu près

tous les outils qu'on pourrait avoir besoin pour faire du traçage, puis

il y a encore une réaction, je dirais, négative à utiliser ce genre d'outil là,

malgré le besoin que nous avons.

Alors, je

partage votre préoccupation, mais je vous donne juste que... À l'extrême, ce

qu'on vit, en ce moment, dans le cas

de la COVID-19, la deuxième vague, est-ce qu'un outil comme cette application-là,

là, qui a été faite par le... qui a été appuyée par le gouvernement fédéral... Je sais que vous n'aimez pas ça

quand je réfère au gouvernement fédéral, mais je vous dis, au moins, cette application-là, elle est disponible, nous

pouvons la considérer, mais ce serait important qu'on ait une discussion avec l'opposition, dans les

prochains jours, pour voir, si jamais on décidait d'y aller avec ça, si on

pouvait avoir leur support, parce que je

pense qu'on peut trouver une façon, selon moi, de bien expliquer que cette

application-là ne met pas en danger des informations personnelles. Mais je vous

dis juste que j'ai la même préoccupation que vous de comment trouver cet équilibre-là entre être moderne puis utiliser nos

données. Puis c'est pour ça que je vous fais le parallèle, peut-être

un peu simpliste, avec une application, parce que je comprends bien

que cette application-là n'a pas du tout le même impact sur les données personnelles. On parle de technologie

Bluetooth, etc., on n'est pas dans des renseignements personnels qui

transigeraient sur une ligne d'information. Alors, je suis très sensible à

votre point de vue puis je vous inviterais à

continuer à faire vos commentaires avec le ministre de la Justice, parce que

je pense qu'il est très sensible à ça.

J'aurais aimé

vous mentionner, en termes de transparence... Je fais peut-être

un aparté avec le plan que nous avons, je vois qu'il ne me reste pas beaucoup

de temps, puis peut-être que je pourrai revenir sur ce point-là un peu

plus tard, mais je pense qu'en matière de transparence on a été excessivement transparents dans les dernières semaines, derniers mois sur l'état de la situation de la crise. Et, je

vous dirais... puis j'ai beaucoup apprécié le ton de vos interventions. C'est ce

que je m'attends, qu'on puisse avoir ces

discussions-là lorsqu'on est ici, au Parlement. Puis je voulais vous remercier

de la teneur ou du fond de vos questions

lorsqu'on a la chance d'avoir des interventions ensemble. Alors, je vous

résumerais que je vais avoir besoin

d'avoir ces discussions-là encore avec vous. Puis, l'application en question

dont je parlais tout à l'heure, c'est un sujet que je voudrais qu'on

puisse trouver... ou avoir le temps d'en parler dans les prochaines semaines.

Merci.

Président (M. Provençal)

Merci, M. le ministre. Alors, maintenant, c'est au tour de la députée de

Charlevoix—Côte-de-Beaupré

à prendre la parole.

Mme Foster : Merci

beaucoup, M. le Président. Ce matin, je voudrais d'abord prendre quelques instants pour saluer les

députés de l'opposition, Mme la députée de Maurice-Richard,

M. le député de Jean-Lesage, également mes députés

de la banquette ministérielle ici présents, M. le député de Beauce-Sud,

M. le député de Chapleau. Alors, un beau bonjour. Et surtout je voudrais prendre quelques minutes pour saluer

notre ministre de la Santé, vraiment, qui fait un

travail exceptionnel avec toute son équipe, que je salue, ici, ce matin. À

l'heure où on entre dans une deuxième vague, c'est tout un rôle que celui de ministre

de la Santé, et je sais que le ministre

est totalement dévoué, ainsi que son équipe, fait un

excellent travail, un excellent boulot pour nous permettre d'être très solides

dans cette deuxième vague, dans notre mesure, comme gouvernement, à la CAQ.

Également,

bien, je dis un merci à la députée de Maurice-Richard pour nous permettre, ce matin, de pouvoir

parler santé, de pouvoir parler de cette deuxième vague. Bien sûr, ça nous permet d'exposer et d'expliquer un peu plus nos mesures.

Quand on

parle de deuxième vague, on parle, bien sûr, du traitement des

patients de la COVID-19, mais on parle également

de prendre soin des autres patients du réseau, parce qu'on sait que, pendant ce

temps-là, les gens n'arrêtent pas d'être

malades parce que la COVID existe, donc il faut prendre soin des autres

patients dans le réseau. On est prêts, on a un plan provincial de reprise des activités cliniques qui a été déposé le

4 juin dernier, le ministre en a brièvement parlé tantôt dans ses échanges. On l'a fait parce que, dans la

première vague, les activités spécialisées, bien sûr, ont pris du

retard. Ce n'était pas évident. On gérait ce

qu'on peut appeler, je crois, raisonnablement, la crise sanitaire du siècle, ce

n'était pas évident. En juin, on

était à 28,3 % de la production annuelle des chirurgies. Donc, le

4 juin, ce plan-là a été mis en place, et maintenant, aujourd'hui,

on est à 83 % de la production annuelle de chirurgies. Donc, on voit que,

définitivement, il y a eu une grosse amélioration.

D'ailleurs, j'en profite pour saluer, remercier

le personnel médical, parce que ce n'est pas une époque facile pour le

personnel médical. Ce sont nos héros, qui, chaque jour, oeuvrent auprès des

malades. Je salue, bien sûr, plus particulièrement

ceux de ma circonscription, Charlevoix—Côte-de-Beaupré, mais tout le monde au Québec qui

sont à pied d'oeuvre dans le système

pour prendre soin de nos gens, prendre soin de notre population. Je salue leur

dévouement, mais leur adaptabilité

également, parce que ça a pris beaucoup d'adaptation dans les derniers mois,

pour eux, pour s'adapter et pour continuer de développer des moyens de

bien traiter nos malades.

J'y vais maintenant sur notre plan. Je vous

disais qu'on avait déposé le plan le 4 juin. Il y a quelques mesures

là-dedans qui sont très, très intéressantes, qui nous permettent de maintenir,

vraiment, une offre de services optimale. Première mesure qui a été mise de

l'avant : on a autorisé les établissements à faire appel aux cliniques

médicales spécialisées

qui ont un bloc opératoire. Il y a 14 ententes qui ont été signées et il y

en a plusieurs qui sont en pourparlers encore aujourd'hui. À date, ça

nous a permis de réaliser, ces ententes-là, 5 500 chirurgies.

Autre action

qui a été mise de l'avant : prolongement des heures aux blocs opératoires.

Donc, on fait des chirurgies plus tôt le matin, plus tard en après-midi,

en fin de journée, également on ouvre les blocs opératoires durant la fin de

semaine. Donc, ça aussi, ça nous permet de rattraper des retards.

Dernière

action, c'est la mise en place de l'utilisation des plateaux techniques du

réseau. Et ça, c'est important parce qu'on offre aux patients

l'opportunité d'être opérés selon d'autres modalités qui étaient... que celles

qui étaient préalablement prévues pour passer plus rapidement. Donc, ça veut

dire quoi? Ça veut dire qu'on leur propose des alternatives comme changer de chirurgien, être opéré dans un autre

hôpital que celui de sa région ou encore, bon, se faire opérer ailleurs. Bref, on en convient, ce ne sont

pas les façons de faire habituelles, mais ça nous permet, dans le

contexte actuel, d'avoir une agilité supplémentaire pour opérer davantage de

patients.

Donc, c'est

un plan, certainement, qui nous permet de maintenir une offre de services,

comme je le disais un peu plus tôt, qui est optimale et sécuritaire dans

une situation qui, certainement, n'est pas parfaite parce qu'on est dans un contexte de COVID-19. Ce plan-là, vous pouvez le

retrouver à la page 83, là. Les actions que j'ai dites un peu plus

tôt, c'est à la page 83 pour être plus précis. Donc, ça montre qu'on est

quand même prêts.

Bien sûr, la

situation n'est pas idéale, mais c'est clair, net et précis que notre ministre

de la Santé est à pied d'oeuvre pour

réaliser ce plan de seconde vague, même si ce n'est pas évident. Mais c'est

clair que, comme gouvernement, nous sommes prêts et les chirurgies à

d'autres patients que ceux de la COVID vont être réalisées au Québec. Je pense

que les patients n'ont pas à avoir peur, nous continuerons de prendre soin d'eux.

Merci, M. le Président.

Président (M. Provençal)

Merci. Nous poursuivons cette interpellation avec la députée de Maurice-Richard.

Mme Montpetit :

Oui, je vous remercie, M. le Président. J'entendais le ministre faire référence

à la question de la transparence.

C'est un mot, effectivement, qu'on a utilisé beaucoup dans les dernières

semaines, parce que, quand on voit, justement,

que l'adhésion des Québécois aux messages du gouvernement est en train de

s'effriter, c'est une des raisons, ça et

la grande confusion des messages du gouvernement qui peuvent se multiplier dans

une journée par le même intervenant ou

par un ministre et son collègue... Et, s'il y a une chose qui est importante

dans une pandémie, puis on l'a répété souvent, c'est, oui, la question

de la transparence, mais de la cohérence et de la rigueur aussi.

On a demandé

à plusieurs reprises au ministre, dans les dernières semaines... Puis des fois

je ne sais pas s'il ne comprend pas ce qu'on lui demande. J'ai pourtant

l'impression d'être bien claire...

Mme Montpetit :

...j'ai l'impression d'être bien claire, mais on n'a pas le retour espéré entre

ce qui est demandé et ce qui revient.

On a demandé à plusieurs reprises, dans les dernières semaines, que le ministre

dépose des projections des scénarios

épidémiques. Je pense que vous m'avez bien entendue le demander à quelques

reprises, que ce soit publiquement, que

ce soit au salon bleu, que ce soit dans la période des crédits qu'on a faite il

y a deux semaines. Et la raison, elle est fort simple, il y a des projections qui étaient fournies jusqu'au mois de

juin, qui étaient rendues publiques jusqu'au mois de juin et qui permettaient au gouvernement, déjà, dans un

premier temps, de voir comment la situation pouvait évoluer et aux Québécois aussi de prendre la mesure de ce qui nous attend. On le voit aujourd'hui, 737 cas encore aujourd'hui.

Donc, la tendance continue d'augmenter, c'est préoccupant.

Et de deux

choses l'une... J'en reviens à la question des projections. Il y a

deux semaines, on s'est retrouvés au salon rouge, juste à côté, un mercredi, le ministre m'a dit : Ça va

être publié sur le site de l'INESSS d'ici la fin de la journée. Ce n'est jamais arrivé. On lui a reposé la question ici, en cette

Chambre, la cheffe du Parti libéral du Québec lui a demandé : Est-ce que

vous allez publier des projections? Il a dit : Oui, il va y avoir un

briefing technique, auquel, d'ailleurs, on n'a pas été invités, je le rappelle,

hein? Quand il est question de transparence, entendre le ministre de la Santé

dire : Vous l'apprendrez via les médias qui assisteront au briefing

technique, ce n'est pas particulièrement ce que j'appelle de la projection... de la transparence. Et, pendant ce

temps-là, on a aussi un premier ministre qui, lui, a dit : Non, il n'y a

eu aucune nouvelle projection de scénarios

épidémiques qui a été publiée depuis le mois de juin, nous n'en avons pas

demandé.

Donc là, je

pense que c'est assez clair qu'il y a un enjeu important de confusion entre les

différents scénarios, les différentes

réponses que le ministre nous fait dans les différentes interventions. Le premier ministre dit : Il n'y en a

pas, de projection. Le ministre

dit : Je vais en déposer, il ne les dépose pas. Après ça, il dit que ça va

être rendu public dans un briefing

technique. Je veux juste vous mentionner, M. le Président, que ce qui a

été présenté dans ledit briefing, c'est des analyses prévisionnelles et des projections des besoins hospitaliers. Ça n'a

rien à voir, mais rien à voir avec les projections de scénarios

épidémiques dont il est question.

Donc, moi, je

suis très inconfortable d'avoir des réponses un peu de coin de table où on me

dit : Oui, oui, je vais vous les

déposer, et non seulement ce n'est pas déposé quand on me le dit, après ça

on me dit qu'on va avoir des scénarios, ce n'est pas du tout les

scénarios auxquels on fait référence. Et là je continue d'attendre d'avoir une

réponse de est-ce qu'il y a des scénarios qui ont été élaborés depuis le

mois de juin ou est-ce que le gouvernement pilote complètement

à l'aveugle parce qu'il n'y a pas de

scénario. Puis on ne leur demande pas d'être des devins, on ne leur demande pas

d'avoir de boule de cristal, mais il y a

des épidémiologistes, il y a des experts en santé publique qui ont toujours

fait ce genre de scénario là, qu'ils ont fait au printemps et qui

devraient continuer de les faire.

Donc, s'ils veulent souhaiter d'arrêter d'être constamment

en réaction, comme ils le font maintenant, et qu'ils

veulent être un petit peu plus en prévision, il faudrait qu'ils aient ces

scénarios-là. Et les scénarios qui devaient être déposés, présentés en briefing technique ne sont

pas du tout les scénarios auxquels le ministre s'était engagé de les

déposer. Donc, je lui redemande, soit il n'a pas de scénario ou soit il nous

les dépose. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci. Je veux rappeler, quand même, que le ministre est

le gestionnaire des informations qu'il possède, et c'est lui qui décide de ce

qu'il en fait. Maintenant, M. le ministre.

M. Dubé :

Oui, merci beaucoup, M. le Président. Alors, je vais continuer dans le thème de

la transparence pour bien expliquer aux Québécois où nous en sommes dans

la crise.

Le Président (M. Provençal)

: ...

M. Dubé :

C'est parce que c'est rendu que je ne m'en rends même plus compte, que j'ai le

masque, M. le Président, alors je m'en excuse. C'est peut-être un

réflexe, là, des dernières semaines. Merci de l'avoir noté.

Alors, en

termes de transparence — puis je reviens sur ce thème-là parce que c'est souvent

évoqué — j'aimerais en profiter, ce matin, pour parler avec la population puis revenir sur

notre système d'alerte régional que nous avons déposé il y a quelques semaines. Et, une des raisons pour

laquelle nous avons préparé ce plan-là et déposé ce système d'alerte

régional là, notre gouvernement, M. le Président, avait deux objectifs :

tout d'abord, d'expliquer à la population... d'avoir une meilleure prévisibilité de ce qui pouvait arriver,

mais aussi d'avoir une responsabilisation ou d'aider la population dans

une plus grande responsabilisation, donc un outil pour la prévisibilité et pour

la responsabilisation.

En fait, je

remercie beaucoup les gens de la Santé publique, une très, très belle équipe

avec le Dr Arruda, mais particulièrement

le médecin spécialiste qui a développé ce système-là, le Dr Éric Litvak a

fait un travail incroyable. Puis d'ailleurs,

en parlant aux gens de la Santé... du ministère de la Santé en Ontario, ils

sont en train de reprendre la même formule

d'un système d'alerte à paliers avec les codes de couleur. Donc, je pense que

notre collègue de Santé publique a fait un excellent travail.

Maintenant,

je pense que le système, puis je veux l'expliquer rapidement, que les paliers

verts, les paliers jaunes, les paliers

orange, les paliers rouges... on l'a vu, on l'a expliqué, on a encore

aujourd'hui, malgré l'augmentation du nombre de cas que nous avons eus, M. le Président, dans les dernières semaines, au

moins huit régions qui sont dans le palier vert. Ça, c'est la bonne nouvelle, parce que c'était là où on était il n'y a

pas si longtemps, il y a quelques semaines, ce qu'on appelle la nouvelle normalité. Mais

malheureusement, au cours des dernières semaines, plusieurs régions ont dû

passer au code jaune, et la principale raison d'être passés au code jaune, puis

là les gens le comprennent bien, c'est que c'est la transmission communautaire qui

commence. Et, je le répète souvent mais je vais le redire, la transmission

communautaire, ce n'est pas un terme

complexe, c'est lorsqu'on prend le contact avec des gens qui sont proches.

Alors donc, il faut le dire, c'est ce qui a fait passer plusieurs de ces

régions-là au code jaune.

Malheureusement,

malheureusement, lorsqu'on commence à restreindre la socialisation, c'est parce

que, là, la contamination communautaire est beaucoup plus forte. Et, on

l'a vu dans la dernière semaine, nous avons dû mettre plusieurs régions, dont la Capitale-Nationale, dont Montréal, dont

l'Outaouais et Chaudière-Appalaches, par exemple, que vous connaissez bien, malheureusement, dans le

code orange parce que, là, les éclosions étaient beaucoup plus

importantes. Et c'est pour ça que — là, je parle en termes de transparence — nous avons décidé, au cours de la dernière

semaine... pas pour épeurer les gens, mais

pour bien leur expliquer que ce n'est pas uniquement le nombre de cas que l'on

donne chaque jour, mais quelle est la

tendance qui s'en vient. Quand je parlais de prévisibilité, tout à l'heure,

alors, nous commençons maintenant,

depuis une semaine, à donner le nombre d'éclosions qui se passent dans... au

total au Québec. Et malheureusement, au

cours des dernières semaines, derniers jours, le nombre d'éclosions est passé,

en quelques jours, de 175, à 250, à 300. Puis, tout à l'heure, dans le

point de presse, je pourrai refaire le point sur où nous en sommes

présentement.

Donc, je

pense qu'on a bien expliqué, grâce au Dr Litvak, qu'il y avait un système

où les critères étaient très, très bien

compris maintenant, je pense, par la population. Je pense aussi que la

situation va continuer d'évoluer très rapidement parce que les conditions changent. On a publié, il y a quelques minutes,

que nous avions 637 cas aujourd'hui, qui est quand même une

augmentation appréciable avec la journée d'hier. Alors, je pense que les gens

vont continuer à suivre le système. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci, M. le ministre. Nous allons poursuivre maintenant

avec le député de Chapleau.

M. Lévesque

(Chapleau) : Merci, M. le Président. J'ai eu l'occasion, justement,

tout à l'heure, de parler, là, des défis

auxquels on va être confrontés durant la deuxième vague, puis, comme vous le

savez, ils vont être nombreux, M. le Président. Mais force est d'admettre que,

justement, au mois de mars dernier, le réseau de la santé commençait à peine à

se remettre, hein, des décennies de réformes

structurelles bâclées. On se souviendra, bien entendu, de

l'ultracentralisation en santé du député de

La Pinière et l'abolition de nombreux postes de gestionnaires et de cadres

en région. La population du Québec de

même que les gens de Chapleau, de Gatineau et de l'Outaouais se souviennent

encore des réformes libérales sous

l'ancien ministre de la Santé, qui ont mis à mal notre réseau de la santé, en

particulier en Outaouais, toujours une région qui a été négligée et prise pour acquise par les libéraux pendant des

décennies. Puis les gens de l'Outaouais nous en parlent encore,

d'ailleurs, sur le terrain, de toute cette situation-là déplorable.

Malgré cela,

le réseau a démontré une résilience hors du commun. S'il faut prendre

conscience du chemin parcouru et en

tirer les constats nécessaires, il est à présent impératif de regarder vers

notre avenir à court et moyen terme et de se montrer à la hauteur de la

tâche. Et, même si elle s'avère colossale, elle n'est pas impossible.

Par exemple, nous savons que tout le

dossier de l'approvisionnement en matériel médical a été un enjeu majeur

dans les derniers mois, on en a fait mention à plusieurs reprises. Avec

beaucoup de travail et de débrouillardise, les différents problèmes rencontrés

lors du début de la pandémie ont pu être graduellement réglés. Par contre, tous

les indicateurs nous montrent que la demande mondiale pour certains produits se

maintient à des niveaux inégalés. La compétitivité

du marché force les États à innover afin de sécuriser l'approvisionnement

stratégique de certains produits et répondre,

bien entendu, aux besoins de leur population. Le Québec n'y fait pas exception

et y travaille. Afin d'éviter cet écueil

important, nous nous sommes affairés à mettre sur pied un inventaire équivalent

à une période de quatre à six mois en équipements de protection

individuelle à partir des chiffres de consommation estimée en temps de

pandémie. Cette démarche est déjà complétée

pour plusieurs catégories d'équipements et elle est en voie d'être finalisée

pour ce qui est des gants et des masques N95, les fameux

masques N95.

Nous

avons priorisé, bien entendu, une approche basée sur l'audace, la

responsabilité et l'esprit d'entreprise qui nous caractérise ,au gouvernement. En collaboration avec le ministère de

l'Économie et de l'Innovation, nous avons su accompagner le milieu des affaires du Québec pour l'aider à se démarquer

dans le contexte économique particulier. Nous avons offert notre soutien au développement d'entreprises québécoises

pour nous assurer un meilleur approvisionnement en matériel médical. Ça

fait aussi

partie de l'esprit d'achat local.

crois que cette pandémie nous aura enseigné d'importantes leçons, notamment

qu'il est impératif que soient fabriqués

localement certains produits stratégiques. On pense, bien entendu, aux masques

N95, les blouses lavables et les visières.

Nous avons d'ailleurs pour objectif d'atteindre une autosuffisance québécoise

d'ici la fin de l'année dans plusieurs de ces catégories-là. Je faisais

mention des visières, donc, celle-ci est déjà atteinte. Pour les blouses,

l'objectif est pratiquement atteint, à près

de 80 % de nos besoins. Pour les masques de procédure, le pourcentage est

difficile à prévoir, mais la

stabilité de l'approvisionnement est assurée par nos liens d'affaires avec

trois fournisseurs indépendants. Pour les masques N95, l'objectif d'autosuffisance est sur la bonne voie

d'être assuré. Les contrats d'approvisionnement débutent sous peu.

le Président, il est vrai que, par les temps qui courent, les bonnes nouvelles

se font plus rares, mais je crois que cette

atteinte imminente de l'autosuffisance dans l'approvisionnement de matériel,

d'équipement médical, en ces temps d'incertitude,

s'inscrit dans cette catégorie, une très bonne nouvelle, une bonne réussite.

D'ailleurs, les Québécoises et les Québécois

savent qu'ils sont appuyés, dans cette bataille, par une équipe dévouée. Ils

savent aussi qu'ils peuvent compter sur un gouvernement ouvert et

transparent, un gouvernement qui sait travailler en collégialité avec ses

partenaires et surtout un gouvernement qui a su rester à l'écoute afin de

s'adapter rapidement à l'évolution des connaissances épidémiologiques de la

maladie.

D'ailleurs,

à propos de dévouement et d'engagement, je tiens à souligner le travail exceptionnel

de nos travailleurs de première ligne

dans Chapleau, à Gatineau et en Outaouais ainsi que tous les intervenants du

milieu et du CISSSO. Ces derniers appuient la population dans cette

lutte contre le virus. Bravo à vous! Je souligne et je lève mon chapeau.

tiens à remercier particulièrement les gens de mon comté de Chapleau pour leur

discipline et, bien entendu, leur collaboration.

D'ailleurs, leurs efforts ont permis et permettent de freiner la propagation de

la pandémie et de sauver des vies. Ils continuent à le faire, et ça,

c'est très louable.

J'ai aussi constaté

des beaux gestes de solidarité, de générosité et d'entraide qui ont eu lieu

dans le comté. Certains se sont impliqués

comme bénévoles auprès d'organismes, d'autres ont fait des dons de sang ou des

dons à des banques alimentaires pour aider les plus démunis. Je les

félicite et je les remercie. Et je suis certain que, lors de la deuxième vague,

ils vont continuer à être engagés et à être présents pour les gens de Chapleau.

moi, je m'engage à être là pour la population, bien entendu, comme toujours,

être à l'écoute, autant au bureau de comté que sur le terrain,

évidemment en respectant les consignes sanitaires.

félicite aussi le travail acharné, hein, du CISSSO — on parlait hier, 700 dépistages qui ont

été faits — donc, un engagement constant sur le

terrain, et tous nos intervenants en santé. Donc, merci et félicitations à

vous!

Le Président (M. Provençal)

: Merci. Je cède la parole au député du troisième groupe d'opposition. M.

le député des Îles-de-la-Madeleine.

M. Arseneau :

Merci beaucoup, M. le Président. Merci de l'opportunité de discuter de la

gestion de la deuxième vague de la pandémie. J'ai cinq petites minutes

pour tracer un portrait de la situation de notre point de vue.

Premièrement,

qui dit gérer la pandémie dit se préparer, dit anticiper. Alors, je vais

présenter mon point de vue en quelques

points. Tout d'abord, un bilan de la première vague s'impose si on veut se

préparer pour la deuxième vague, et, de là, il est absolument nécessaire d'avoir des projections, des chiffres,

une idée de ce qui peut se passer. Je voudrais parler également de la question du personnel, du

personnel dont on vante les mérites sur le terrain, mais de quelle façon on

gère le personnel et on le déploie; toute la

question du dépistage est fondamentale pour ce qui est de la gestion d'une

deuxième vague, comme elle l'était aussi

dans la première vague, et, à plusieurs égards, on l'a échappé dans la première

vague; toute la question de la

communication avec les citoyens, avec le public, la conscientisation, les

directives, les consignes qu'on donne,

également, à la population parce qu'on mise effectivement sur elle pour

amenuiser les effets de la deuxième vague.

Alors,

tout d'abord, la question du bilan de la première vague. Malheureusement, on le

sait, on a le pire bilan, au Québec,

à travers l'ensemble du pays.

80 % des 5 800 morts, vous le savez, se sont

produits dans les CHSLD, dans les RPA.

Quelles sont les leçons qu'on a tirées de cette réalité, des conditions de

vie — on l'a

vu encore dans les reportages hier,

là — absolument

désastreuses pour la fin de vie de nos personnes aînées : malnutrition,

déshydratation, peur, solitude, anxiété,

des gens laissés à eux-mêmes, qui ont été littéralement abandonnés dans

plusieurs milieux, des milieux qu'on appelait des milieux de vie, alors

que, comme l'ont dit certains parents, c'était plutôt l'antichambre de la mort?

Alors, alors qu'on entreprend la

deuxième vague, la question s'impose encore une fois : Qu'est-ce qu'on a

appris de cette situation et quels sont les moyens qu'on met en place pour

éviter la répétition d'une telle hécatombe? Et moi, je pense que le fait de lancer une enquête est absolument

essentiel, une enquête indépendante, et avoir les résultats rapidement

aurait été dans l'ordre des choses. D'imiter, pour une fois, l'Ontario dans une

pratique, qui a été encensée et qui est courageuse,

d'aller jusqu'au fond des choses pour pouvoir corriger le tir dans la deuxième

vague était absolument

essentiel, nécessaire, et l'est toujours.

Pour

planifier, donc, il faut également pouvoir avoir une idée de ce qui s'en vient. Et,

ce qui renverse les gens en général, c'est de savoir qu'on se lance dans une deuxième

vague absolument sans savoir ce qui nous pend au bout du nez, sans qu'on ait demandé, semble-t-il, des

projections. On avait déposé des projections en avril, on a déposé des

projections en mai. Dès ce moment-là, on a

dit : Bien, on voudrait avoir des projections à chaque mois. Comment se

fait-il que, pendant l'été, on ait

baissé les bras à ce point, sans exercer une veille stratégique, sans vouloir

voir venir la deuxième vague? Comment peut-on se préparer si on ne peut

pas anticiper ce qui s'en vient?

déplacements de personnel — je

vais y aller rapidement — sont encore courants aujourd'hui, alors que

la façon d'endiguer la propagation de la COVID-19, on le sait depuis janvier

dernier, elle a été appliquée avec succès en Colombie-Britannique, ça a été

d'empêcher les mouvements de personnel. Les résultats parlent d'eux-mêmes pour

la Colombie-Britannique. Pourquoi n'a-t-on

pas adopté, en première vague, cette mesure? Pourquoi, dans la deuxième

vague qui est en cours présentement, n'applique-t-on pas cette mesure?

dépistage, enquête épidémiologique, c'est essentiel. Les délais d'attente, les

délais d'analyse, les délais et la difficulté de mener des enquêtes, jusqu'à

la région de Montréal, encore hier, qui annonçait avoir mis de côté les

enquêtes par manque de personnel, c'est absolument incroyable.

Maintenant,

pour ce qui est du personnel, plutôt que d'avoir mobilisé le

personnel de la santé, les infirmières en particulier, on voit encore aujourd'hui

ces gens qui quittent le milieu, alors ce n'est pas de bon augure.

Le Président (M. Provençal)

: Merci. Merci beaucoup, M. le

député. Alors, M. le ministre, vous avez la suite.

M. Dubé : Très

bien. Alors, justement,

M. le Président, j'apprécie l'intervention du député, ça va me

permettre de parler un peu de la stratégie

de dépistage, qui est, comme on le sait, vraiment le nerf de la guerre,

et de parler aussi des enquêtes, parce que je voudrais parler de ces

deux composantes-là, importantes dans notre stratégie de dépistage.

Pour ce qui est du dépistage, je pense que les gens réalisent les efforts qui ont été

faits depuis le début de l'été. Je rappelle

aux gens qui nous écoutent qu'on était... au mois de juillet, on avait des journées

où on était à 5 000,

6 000 tests par jour. On a monté

tranquillement en capacité avec la formation du personnel dans nos différents

laboratoires mais aussi dans les

équipes des différents centres régionaux de nos CISSS et de nos CIUSSS, à

10 000, 12 000, 15 000 tests. Et je pense qu'on a réussi quand même un tour de force d'être

capables d'augmenter nos tests sur une base journalière pour atteindre,

dans les moyennes hebdomadaires des deux dernières semaines, 20 000 à

25 000 tests.

rappelle que — cette

donnée-là, là, m'est rentrée tôt ce matin — nous avons accompli, dans tout le réseau,

hier, 36 000 tests, alors... et

ça, je vous dirais que c'est sans les bénéfices d'augmentation de capacité,

parce qu'on est en train d'acheter de

l'équipement qui rentre tranquillement, mais c'est vraiment parce qu'on étire

le système. Ce qui explique aussi qu'étant

donné qu'il y a beaucoup de personnes qui veulent se faire tester, on a subi,

je dirais, les mauvaises nouvelles des bonnes

nouvelles. Plus il y a de personnes qui veulent se faire tester, on le sait, on

l'a dit, qu'il y avait un enjeu du côté des laboratoires, qui constituent la pièce centrale du processus. Mais on

avait, au début, rappelez-vous, des enjeux de gestion de la file d'attente. Bon, la file d'attente, on se

disait : Bon, bien, ça, on peut l'améliorer assez rapidement, puis on a demandé à tous nos présidents et directeurs généraux de nos centres régionaux de

trouver les meilleures pratiques, puis une de ces pratiques-là a été de

faire une gestion de file beaucoup plus active.

Puis

ce qu'on a lancé cette semaine, je pense que les gens l'ont beaucoup apprécié,

c'est le délai d'attente sur notre site

Web. Alors, maintenant les gens peuvent aller sur notre site Web, quebec.ca, et

consulter les centres de dépistage, et de voir les délais d'attente, qui sont en moyenne, maintenant, entre 30 et

90 minutes, parce que ça permet à quelqu'un de prendre la décision

d'aller dans un centre de dépistage qui est moins occupé, donc ça permet de

donner un meilleur service aux patients.

Bon,

maintenant, pour ce qui en est de ce qu'on appelle le traçage, on est très

conscients que, lorsqu'on faisait 5 000, 7 000 tests par

jour puis que, maintenant, on en fait 25 000, 30 000,

35 000, tests par jour, qu'on a besoin maintenant... surtout avec le nombre d'éclosions que nous avons connu au

cours des deux dernières semaines, puis là je parle, ici, M. le Président, de, je l'ai mentionné tout à l'heure, plus

de 300 éclosions par jour, bien, chaque éclosion peut impliquer une analyse de cas, de cinq cas,

10 cas, puis on l'a vu, même, dans certains... malheureusement, dans

certains événements qui sont arrivés

notamment dans la région de Québec, où un cas peut amener à faire

300 personnes. Alors donc, imaginez-vous la pression que ça donne

sur nos équipes de traçage, de suivre ces éclosions-là.

Alors,

c'est pour ça que, cette semaine, encore une fois, on a fait appel à la

population pour que les gens... des spécialistes,

là, puis je pense à des audiologistes, des dentistes, des diététistes, des

hygiénistes, des ophtalmologistes, des psychothérapeutes,

des infirmières auxiliaires, c'est évident, mais des technologies... et même

des sages-femmes pour venir nous

aider dans la

partie où on pourrait nous aider à dépister mais aussi avec

d'autres personnes qui peuvent nous aider à venir faire des enquêtes

pour nous, justement pour compléter le traçage.

Donc,

ce que j'aimerais vous dire, premièrement, M. le Président, je profite de cette

tribune-là pour demander à la population

s'il y a d'autres personnes qui sont intéressées. On a plus de

4 000 personnes qui se sont inscrites. S'il y en a d'autres qui veulent venir nous aider, de ne pas

s'inquiéter, il reste de la place, on peut encore utiliser vos bons

services. Je pense entre autres à ces

experts-là qui sont peut-être à la retraite aujourd'hui et qui voudraient venir

nous donner un coup de main, ce serait très apprécié. Merci beaucoup, M.

le Président.

Le Président

(M. Provençal)

: Merci, M. le

ministre. On poursuit avec le député de Beauce-Sud.

M. Poulin : Merci beaucoup, M.

le Président. Très intéressant comme échange qu'on a depuis ce matin. Et j'entendais mes collègues revenir beaucoup sur le

travail de la Santé publique, qui est essentiel dans cette sortie de

crise là, évidemment, et, tout à l'heure, on parlait des coupures qui ont été faites par le

précédent gouvernement, parce qu'il

faut se rappeler d'où on partait, là, 2015‑2016,

une coupure de 44 millions de dollars, on a baissé le budget à

418 millions. On l'a remis à 467

avec des investissements supplémentaires de 49 millions. Et ça, bien, les

chiffres sont têtus, ça fait

partie de l'histoire du Québec, ces

coupures en santé publique.

Il n'en demeure pas moins que le réseau de la

santé, qui, on le dit, est grand, est impressionnant, concerne évidemment la santé publique mais l'ensemble du

réseau pour lequel il y a eu des modifications importantes au cours des dernières années. En fait, dans les dernières

années, chaque gouvernement arrivait avec une réforme, une nouvelle

façon de voir, une nouvelle façon

d'accélérer les choses. Et nous, de notre côté, bien, on l'avait dit en

campagne électorale, on ne rejouera

pas nécessairement dans les structures, mais on va trouver façon de pouvoir

être plus efficace comme gouvernement.

Et je me

souviens, à un moment donné, d'une image que le ministre de la Santé avait dite

lors de l'étude des crédits, parce

que, souvent, pendant la pandémie, on a dit : Les consignes partent d'en

haut puis elles ne descendent pas en bas, et le ministre de la Santé

avait dit : Bien, c'est parce qu'il n'y a personne en bas, comment

voulez-vous qu'on reçoive les consignes? Et

j'avais trouvé cette image-là probante, qui rappelait l'importance qu'on puisse

être plus efficace dans notre réseau et dans nos structures, d'où

l'importance de mettre des patrons à l'intérieur des CHSLD et, évidemment, à

l'intérieur de nos hôpitaux.

Il n'en demeure pas moins que, quand on parle du

réseau de la santé, c'est important de le rappeler... je cite La Presse

en septembre 2019, où on disait : «Le réseau de la santé publique du

Québec, [qui est] l'un des plus performants au Canada, a été frappé de plein fouet par la réforme de la santé

pilotée par l'ex-ministre [le député de La Pinière]», et c'est la conclusion d'une étude qui avait été menée dans

tout le Québec par quatre chercheurs de l'Institut national de la santé

publique. Et j'invite les gens qui nous écoutent à aller relire ce rapport-là.

Et je cite Louis-Philippe Viens, qui est un conseiller

scientifique, qui dit : «Ça a été une réforme assez complexe. [...]Il y

avait une perte de repères incroyable, une coupe de budget, et un rythme de travail qui ne changeait pas. [Et] tout

ça a amené énormément de confusion.» Et ça, c'est le bilan du précédent

gouvernement lorsqu'on parle de la santé.

Alors, il y a

un mois, le ministre de la Santé a annoncé, donc, 106 millions

supplémentaires pour la Santé publique, pour se donner des outils pour

être efficace, pour retracer rapidement tous les cas de la COVID-19. Et je

pense que le ministre l'a répété depuis déjà

plus d'une semaine, il est important, lorsqu'on est appelé par la Santé

publique, de répondre, de collaborer

aux enquêtes épidémiologiques, même si on pense avoir vu une personne de la

COVID-19 pendant seulement quelques

minutes. Et je pense que la publicité gouvernementale qui a été lancée par

notre gouvernement cette semaine, qui est

assez émotive et qui est assez probante, démontre que ça ne prend pas

beaucoup de temps pour faire en sorte qu'une personne puisse avoir un

diagnostic positif de la COVID-19. Alors, collaborons à ces enquêtes

épidémiologiques, qui sont si importantes.

Évidemment,

quand on investit des sommes comme celles-là, bien, on veut prévenir et mieux

gérer les éclosions dans les

différents lieux. On parle des

écoles, dont on ne souhaite pas la fermeture, on le rappelle, et, à chaque

jour, on se lève en se disant :

Il ne faut pas fermer les écoles. On est conscients également

des bars, qui font

partie de l'économie du Québec, et évidemment,

on en a parlé abondamment, les CHSLD

et les résidences pour personnes âgées, qui... jusqu'à présent, et je touche du bois, je suis chanceux,

il y en a beaucoup ici, somme toute, le diagnostic n'est pas si élevé

que lors de la première vague en termes de

personnes atteintes dans les CHSLD et dans les RPA, mais on ne prend rien pour

acquis, M. le Président, on reste vigilants.

On permet

malgré tout aux aidants naturels qui aident nos aînés — je devrais dire «proches aidants», comme

me le rappellerait notre excellente ministre

des Aînés et des Proches aidants, de qualifier les proches aidants comme

n'étant pas des aidants naturels parce

qu'ils font un travail assez exceptionnel — de pouvoir avoir accès, malgré tout, aux

RPA. Donc, on maintien des mesures qui, oui, sont strictes, sont sévères

mais qui vont permettre de pouvoir protéger nos aînés à travers le Québec.

Et en même

temps, bien, je dirais, M. le Président, que l'ensemble des professionnels du

réseau de la santé ont compris mieux

aussi le travail de la Santé publique, ont compris mieux le travail des

préposés aux bénéficiaires, qui sont si importants puis qui font la différence au quotidien. Et, dans toute la

reconnaissance qu'on a mise en place pour les préposés aux

bénéficiaires, je pense qu'on a réussi également à assurer une meilleure cohésion

entre les infirmières, entre les médecins, entre les préposés et, évidemment,

avec les consignes de la Santé publique, qui sont si importantes.

Puis je vous

rappellerais, M. le Président, et je salue le travail de la ministre

responsable des Aînés, regardez le projet de loi n° 66, c'est plus

d'une quarantaine de maisons des aînés qu'on va construire dans les prochaines

années, on peut en être fiers.

Président (M. Provençal)

Merci. Alors, la parole appartient maintenant à la députée de Maurice-Richard

pour deux minutes.

Mme Montpetit : Je vous

remercie, M. le Président. Bon, bien, je vais être brève, compte tenu du temps

qui m'est imparti pour cet échange. On le voit, je le mentionnais tout à

l'heure, le nombre de cas est en hausse encore aujourd'hui. Décidément, l'évolution n'a rien de rassurant. Le ministre

parlait, tout à l'heure, des régions qui sont en zone jaune. Ils ont

évoqué, au début de la semaine, la possibilité que certaines régions soient en

zone rouge, notamment, peut-être, Montréal.

y a eu beaucoup, beaucoup de confusion, dans les deux dernières semaines,

sur... puis je ne veux pas refaire l'histoire,

là, sur la question des niveaux d'alerte, ce que ça voulait dire vert, jaune,

orange, rouge. Encore aujourd'hui, je pense

qu'il n'y a personne qui le comprend, malheureusement. Je pense, ça partait

d'une bonne intention, d'indiquer aux gens le niveau de leur région,

mais, je l'ai déjà dit, si ça ne se traduit pas avec des mesures qui sont

précises, les gens ne peuvent pas savoir ce qui s'en vient.

Donc, ma

question, elle est vraiment très simple : S'il y a des régions qui

basculent vers le rouge, qu'est-ce que ça veut dire, exactement, pour ces gens-là? Qu'est-ce que le ministre

va faire pour protéger l'habitant des régions dont le niveau d'alerte va augmenter encore davantage,

va aller en rouge? Quelles mesures vont être mises en place? Qu'est-ce que ça veut dire dans le

quotidien des gens? Est-ce que c'est des bars qui vont être fermés? Est-ce que

c'est des restaurants qui vont être fermés? Qu'est-ce qui va arriver avec les

écoles? Qu'est-ce qui va arriver avec les rassemblements?

Je comprends

que ce n'est pas une recette parfaite, mais, à quelques jours d'une

possibilité... peut-être à quelques heures, je ne le sais pas, c'est le

ministre qui pourra nous le dire, mais certainement à quelques jours que des

régions basculent dans le rouge, malgré le

fait que ce ne soit pas une recette parfaite, j'imagine qu'il sait ce qu'il va

annoncer et quelles mesures il va mettre en place pour ces régions-là,

et les gens ont besoin d'anticiper, les gens ont besoin de prévisibilité, les

gens ont besoin de réponses par rapport à ça. Merci.

Président (M. Provençal)

Merci. Alors, M. le ministre, vous avez une dernière intervention, pour

10 minutes.

M. Dubé :

Oui, très bien, M. le Président, merci beaucoup. Et j'aimerais remercier la

députée de Maurice-Richard, là, de nous avoir

permis de montrer que nous avons préparé... que nous avons bien préparé cette

deuxième vague, puis j'aimerais aussi

remercier les autres collègues de l'opposition dans le même temps. J'aimerais

aussi remercier mes collègues qui ont

participé, notamment la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, mon excellent collègue député de

Beauce-Sud — je le dis aussi pour la députée de

Charlevoix — et mon

collègue le député de Chapleau, avec qui j'ai eu la chance de prendre un petit-déjeuner. Est-ce que c'est notre

dernier petit-déjeuner que nous avons pris ensemble, étant donné les restrictions que nous avons imposées? Alors, ça a

été probablement un très bon déjeuner cette semaine. Puis merci à vous

trois de m'avoir accompagné dans cette interpellation.

J'aimerais faire peut-être aussi, M. le

Président, quelques rappels. Et j'insiste, là, parce que mon collègue de Beauce-Sud a bien parlé des coupures en santé

publique du gouvernement libéral précédent, puis ça, je pense qu'à

chaque fois que nous allons entendre de leur

part... je pense que je vais garder le tableau dans mon bureau, je vais le

garder dans mon bureau juste pour être

certain que les gens comprennent qu'est-ce qui est arrivé dans les dernières

années du gouvernement libéral et

dans quel état nous avons pris le groupe de Santé publique pour faire face à la

pandémie dans les derniers mois. Je

pense que c'est important, à la population, de rappeler ce qui s'est vraiment

passé dans l'ère libérale de la santé.

C'est une réforme qui a fait excessivement mal, on a sabré dans le personnel.

Il y a eu des commentaires, il y a eu énormément

de personnes qui ont commenté. Ce n'est pas un commentaire partisan, mais je

pense que les gens de l'ancien gouvernement

doivent prendre leurs responsabilités de la situation qu'ils nous ont laissée

et que nous essayons de corriger, comme mon collègue l'a si bien dit.

Maintenant,

pour la préparation à la deuxième vague, j'ai discuté, je pense, amplement de

notre plan. Puis je le rappelle à

ceux qui nous regardent ce matin puis qui veulent être réassurés, qui veulent

être réassurés et non apeurés, et qui veulent

être réassurés, que nous avons déposé un plan complet — je remonte encore — au cours des derniers mois, pour

s'assurer notamment que nous avions plusieurs axes d'intervention pour prendre

acte de ce qui était arrivé dans la première

vague. Puis je pense entre autres aux équipements de protection, de s'assurer

que non seulement maintenant nous avons

un inventaire suffisant... J'ai expliqué, dans plusieurs points, qu'il y en

avait, des enjeux, toujours. C'est toujours aussi difficile de se

procurer des gants parce que, les gants, il y a une source d'approvisionnement

à un seul endroit dans le monde, mais il faut

faire des efforts. Nous avons fait des efforts, depuis plusieurs mois, pour

nous assurer d'un approvisionnement suffisant.

approvisionnement en médicaments aussi, il est important de... on pense souvent

aux protections individuelles, mais

il faut penser aux médicaments. Et nous avons justement, cette semaine,

autorisé un nouveau médicament qui... En fait, c'est l'INESSS, l'institut national, qui a autorisé le médicament, donc,

qui peut être payé ou remboursé aux patients qui souffrent, en ce moment, de la COVID pour, justement, réduire le temps

qu'ils sont en hospitalisation. Ce médicament-là s'appelle le résemvidir, un nom très facile à prononcer, et... mais je

pense que c'est un élément, aussi, que l'on suit très proche pour rendre disponible la médication, pour

rendre le séjour à l'hôpital moins douloureux. Parce qu'on sait que... comment ça peut être difficile, on a vu beaucoup

d'exemples, dans les dernières semaines, dans les différents médias, de

ce que peut représenter une hospitalisation pour cause de COVID.

Maintenant, un autre élément sur lequel je veux

revenir, c'est le fameux plan pour... le plan des contrôles des infections. J'aime mieux, moi, être excessivement

transparent avec la population. Le virus, c'est vraiment un virus qui

est très sournois, et on a beau prendre

toutes les mesures nécessaires, toutes les mesures appropriées, il y aura

toujours une certaine infiltration du

virus, soit dans nos résidences mais particulièrement dans des milieux de soins

ou des milieux de vie. Puis je pense

que ce qu'on a mis en place avec le système de protection, avec la formation

que nous avons donnée à nos gens...

oui, il y aura encore des infections dans certains de nos établissements, mais

le deuxième élément, une fois qu'on a mis

un bon plan en place, c'est de s'assurer

que nous avons une équipe dans des... puis je vais le dire, des équipes

d'action, on peut

penser à des «SWAT teams», qui ont été mises en place par les différents

centres régionaux, là, qu'on appelle les CISSS et les CIUSSS, d'être capables d'intervenir lorsqu'un CHSLD ou

lorsqu'une RPA qui est dans le système privé... puisse être capable de

venir compléter les équipes. Parce que ce n'est pas tous les jours que ces

infections-là arrivent, il n'y a pas tout le

personnel sur place pour pouvoir lutter contre le virus, donc il y a des

expertises qui ont été rassemblées ensemble par ces équipes-là pour

pouvoir le faire.

Maintenant,

on le sait, que la solution, c'est d'avoir plus de personnel. Alors, on a mis

en place... grâce à un sous-ministre, maintenant, au niveau de la Santé,

un sous-ministre associé, qui est venu se joindre à notre équipe, qui est

maintenant responsable, justement, du PCI à l'intérieur du réseau.... sa

responsabilité première, c'est de s'assurer de l'implantation du système de protection et de contrôle des infections.

Et ça, c'est une grande différence avec ce qu'on avait dans la première

vague, parce que ce n'était pas en place. Et, grâce à ça, c'est lui, qui fait

le lien... donc, ce sous-ministre-là, qui

fait le lien du ministère avec tout le réseau. Donc, à chaque semaine, il

s'assure, avec les différents présidents

ou présidentes des CISSS et des CIUSSS, de s'assurer que le plan de PCI qui a

été mis en place est suivi pour s'assurer, justement, qu'on ne rejoue

pas dans le même film.

Puis je

terminerais sur ce point-là, en termes de formation. Nous avons identifié à peu

près 15 000 champions, dans le

système, qui sont en formation, justement, pour s'assurer que non seulement le

programme de PCI a été expliqué, mais qu'il

est mis en application. Parce qu'on l'a vu souvent, M. le Président... Puis je

pense que les gens doivent comprendre comment

c'est facile de baisser la garde. Moi, je me suis promené pas mal sur le

terrain, au cours des trois derniers mois, pour aller dans des CHSLD ou aller dans des centres hospitaliers, puis,

malheureusement, souvent je vois un infirmier, ou un aide, ou un préposé qui parle à un collègue à

l'heure du midi, et c'est là, des fois, que la garde baisse, et c'est ça

qu'il faut faire attention. Donc, le

personnel, ces champions-là dont je parle, vont s'assurer que, le plus

possible, ces règles-là soient respectées par tout le monde, et ça, je

pense que c'est important.

Maintenant, j'ai parlé aussi de gouvernance,

puis, pour moi, la gouvernance est importante. On l'a vu, je l'ai expliqué un peu plus tôt ce matin, la

gouvernance... on a eu des enjeux de gouvernance pour l'ensemble de la région

de Montréal, parce que ce n'est pas facile. Puis, peut-être, est-ce qu'on

améliorera cette gouvernance-là dans la vague actuelle?

La réponse, c'est oui. Mme Bélanger, qui est une de nos excellentes P.D.G., prend un

peu ce rôle-là de coordination,

maintenant, depuis plusieurs semaines, puis je pense qu'elle fait un excellent

travail pour, justement, permettre, lorsqu'il y a un besoin spécifique dans une

installation, ou dans un hôpital, ou un CHSLD qui n'ont pas l'expertise, d'envoyer les bonnes ressources. On a

des... pensez au CHUM, pensez au CUSM, des grands hôpitaux qui ont des... qui font de la protection des infections

depuis de nombreuses années, ce qu'on n'avait pas en milieu de vie.

Donc, le transfert de cette... et la

coordination de cette expertise-là se fait par... entre autres par la

connaissance de cette dame-là, Mme Bélanger, qui fait un excellent

travail.

Bon, j'ai

parlé du plan de deuxième vague. Je crois que le plan d'action, il est clair.

Est-ce qu'il sera mis à jour? La

réponse, c'est oui. Il va être mis à jour à chaque fois qu'on va avoir besoin

de le faire, je le répète aux gens qui nous écoutent, avec l'excellente

collaboration de Mme Dominique Savoie, qui est la sous-ministre, là, qui

s'est jointe au ministère, là, il y a

plusieurs mois. On a une communication régulière avec les P.D.G. des CISSS et

des CIUSSS. Tout le monde comprend leur responsabilité et l'imputabilité

qu'ils ont de livrer la marchandise dans un environnement, je le répète, qui va

être difficile dans les prochains mois.

On a vu

l'augmentation des cas. Cette augmentation-là des cas va se répercuter en

augmentation d'hospitalisations. On a

15 hospitalisations de plus ce matin en raison de l'augmentation des cas

des dernières semaines. Ça s'en vient, on le sait, il faut être prêts. Et je pense que la collaboration que l'on a de

tous les... de l'ensemble du réseau, elle est importante, mais la

population doit être rassurée. Merci beaucoup, M. le Président.

Président (M. Provençal)

Merci, M. le ministre. Avant de céder la parole à la députée de Maurice-Richard,

je veux faire un rappel que, pour autoriser

le dépôt d'un document, il faut qu'il soit transmis avant la fin de la séance

à la boîte publique de la commission.

Maintenant, la conclusion appartient à la

députée de Maurice-Richard pour les 10 prochaines

minutes.

Mme Montpetit :

Je vous remercie, M. le Président. Je vais me permettre de vous lire quelque

chose, un

article qui a été publié

dans La Presse samedi dernier, qui faisait état de ce qui

s'est passé au printemps dans différents CHSLD, donc un

article qui faisait mention du CHSLD où je suis

allée travailler pendant quelques jours. Je ne sais pas si le ministre a

eu l'occasion de prendre connaissance de cet

article, mais, quand je lui dis que je suis inquiète, je l'étais à l'époque,

j'avais tiré la sonnette d'alarme, je le suis encore pour nos résidences de

personnes âgées.

Alors, ça

dit : «Il fait noir lorsque la gestionnaire Geneviève Angers quitte le

CHSLD Berthiaume-Du Tremblay à Montréal pour rentrer chez elle.

«Comme chaque

soir depuis quelques semaines, elle ressent un immense décalage entre sa

réalité dans le réseau de la santé et le reste de la

société.

«Alors

qu'elle peine à trouver le sommeil, hantée par le nombre de résidents qui sont

morts, tous les employés malades,

le manque d'équipements de protection, sans aucun signe d'embellie à l'horizon,

elle voit sur les réseaux sociaux les gens fabriquer leur pain et

cuisiner des tartelettes portugaises.

«"J'ai l'impression qu'on vit

sur deux planètes", observe-t-elle[...].

«Les employés tombent comme des

mouches. Et il manque d'équipements pour protéger ceux qui restent. "On

était en pénurie. On n'arrivait pas à se faire approvisionner par nos

fournisseurs. Il a fallu étirer le stock"[...].

«[...]Les morts qui s'accumulent plombent le moral des troupes.

«[...]Le

personnel vit deuil après deuil après deuil. "Un résident pouvait nous

sourire le matin et mourir dans nos bras l'après-midi"...»

On parle, ici, de ce qui s'est passé au printemps. On parle

de disponibilité du matériel. Moi... Le ministre pourra revenir

avec son tableau tant et aussi longtemps qu'il le

voudra, la réserve de matériel n'a pas été renflouée parce

qu'il y a eu une décision de son gouvernement de ne pas renflouer cette réserve. On a déjà eu des échanges sur cette situation-là, et c'est ce que ça a donné dans les CHSLD et dans notre réseau.

Moi, je l'ai vécu, M. le Président,

rentrer le matin dans un CHSLD et, effectivement, nourrir

un patient, un résident, puis

revenir le lendemain, puis qu'il soit décédé. Les travailleurs de la santé ont

été extrêmement ébranlés, on l'a vu

dans les reportages qui ont été diffusés

hier. Ils le sont encore, ils sont inquiets. Et l'obligation morale du gouvernement, c'est de répondre à ces

inquiétudes et de rassurer, et, à l'heure actuelle, ce n'est pas le cas. Je ne

doute pas de la bonne foi du gouvernement, je vais le répéter. Je ne leur demande pas, dès demain, d'avoir une

boule de cristal, mais ils ont une responsabilité d'être clairs, d'être rigoureux, d'être transparents, et, à l'heure

actuelle, ce n'est pas ce que l'on vit.

Quand on voit le ministre qui est

incapable d'expliquer quelque

chose d'aussi simple que

qu'est-ce que ça veut dire, être six personnes dans un rassemblement privé, je suis certaine que ce n'est pas la consigne la plus difficile qu'il va avoir à expliquer aux Québécois au cours des prochaines semaines.

Quand, comme ministre responsable de la Santé, alors que c'est

lui qui prend cette décision-là et qui a la responsabilité de l'expliquer, il induit... il crée de la

confusion parce qu'il vient dire une chose en

disant : Vous ne pouvez pas inviter cinq personnes chez vous, alors que la

consigne, ce n'est pas celle-là, c'est :

Oui, vous pouvez être six personnes... Donc, on est passés de 250, à six, à 50,

à 25 dans certains endroits. Hier, finalement, le ministre nous disait : Oubliez le six, oubliez le six, alors que c'est quand même ça, la mesure, oubliez le six, finalement, évitez les

contacts, évitez les contacts sociaux.

Puis je

ne remets pas en question la dernière

version qu'il donne, c'est la chose à dire, mais il faut qu'il comprenne qu'à chaque fois qu'il va faire un point de presse il

ajoute de la confusion parce que les différentes directives qui sont données, non seulement elles ne sont pas

cohérentes avec celles qui sont en application,

en plus de ça elles sont mal expliquées,

en plus de ça elles sont contredites par la même personne ou par des membres du

gouvernement. Et ça, ça suffit. Ça, il faut que ça arrête.

responsabilité, comme ministre, puis la responsabilité des membres du

gouvernement, le minimum, à l'heure actuelle,

c'est d'être capable de venir donner des explications qui sont claires, parce

que le risque, il est celui auquel on assiste

à l'heure actuelle, c'est que les gens sont en train de décrocher, faute d'être

capables de comprendre ce qui s'applique.

Donc, je le redis au ministre, il a une responsabilité ministérielle, il a une

responsabilité morale, il a l'obligation d'être clair lorsqu'il donne des indications. Il y a des zones qui

passeront certainement en zone orange dans les prochains jours, d'autres qui vont passer en zone rouge, il

doit expliquer clairement et réitérer son message pour qu'il soit entendu

et compris de tous, et, à l'heure actuelle, ce n'est pas le cas.

quand on lui pose des questions, on lui demande, nous aussi, comme la

population, comme les journalistes,

d'avoir des réponses qui sont claires. Quand on lui demande des projections

épidémiques, des scénarios et qu'il nous dit : Oui, oui, l'INESSS a émis des scénarios de

projection, on parle de projection hospitalière qui a été fournie par

l'INESSS, je lui parle de scénarios de

projection épidémiologique, ça n'a rien à voir. Donc, s'il veut arrêter de

semer la confusion, il faut que ses réponses soient précises, et

qu'elles soient claires, et qu'elles soient aussi disponibles.

Donc,

s'il a effectivement les scénarios auxquels il fait référence, et j'imagine

que, si c'était le cas, ils seraient publiés,

bien, qu'il les dépose, mais moi, je vais me fier à la parole du premier

ministre, qui a dit publiquement que ces scénarios-là n'avaient pas été

demandés depuis le mois de juin. Et donc, je le répète, ce que ça me dit, c'est

que le gouvernement, en ce moment, navigue à

l'aveugle et n'a pas l'information sur ce qui s'en vient. Et je comprends

qu'on ne peut pas savoir exactement avec certitude comment ça va évoluer, mais

ça s'appelle de l'épidémiologie, ça s'appelle faire

des scénarios. Donc, j'espère que cette demande-là, elle a été faite de façon

urgente depuis qu'on en a parlé il y a deux semaines.

c'est la même chose sur l'ensemble des éléments qu'on lui a posés aujourd'hui.

Qu'il ne se surprenne pas si, dans les

prochains jours, je lui refais ce genre de demande à savoir pourquoi la

mobilité du personnel non professionnel n'a pas été interdite dans les CHSLD. Il doit absolument se pencher sur cet

élément-là. La même chose pour tout ce qui est chirurgie en attente. C'est quoi, le niveau d'activité, à

l'heure actuelle, dans les ententes qui ont été signées avec les centres

médicaux spécialisés? À quelle vitesse il va

rattraper aussi les 140 000 chirurgies? Et ça, c'est sans compter les chirurgies qui, fort probablement, vont s'ajouter dans les prochaines semaines, et elles vont être

retardées parce qu'il y a déjà des

CIUSSS qui parlent de faire du délestage.

Comment il va s'assurer de faire un rattrapage dans le dépistage du cancer? Ce

sont tous des éléments que l'on veut savoir.

pour le... Je le répète, là, il a un point de presse cet après-midi, il va en

avoir d'autres dans les prochains jours, il a une responsabilité de venir... d'assurer une certaine prévisibilité

pour les Québécois. Il n'y a personne qui veut revivre un confinement comme il a été fait au printemps, où

le premier ministre, du jour au lendemain, a confiné tout le Québec

parce qu'il a réagi... il a été un des

derniers à réagir à la situation. Je le répète, pas de comité des aînés, les

CHSLD ont été fermés beaucoup plus tard que dans d'autres provinces du

Québec... du Canada, alors qu'on savait très bien ce qui se passait en Europe.

a une certaine visibilité sur le fait que la situation évolue ailleurs dans le

monde, donc il faut être capables de faire

cette prévision-là, mais il a une responsabilité, pour aider la population à

s'organiser et à prévoir, de nous dire ce qu'il va faire en sachant

comment ça évolue et de le dire un peu à l'avance. On ne parle pas de quatre

semaines à l'avance, parce que ce n'est pas réaliste comme demande, mais je

pense que, quelques jours à l'avance, il doit être capable de dire : Quand certaines régions passeront en

rouge, voici ce qui arrivera. Il doit être transparent, au niveau de la

population, sur la situation, sur où on en est.

dans les messages, je le répète, non seulement dans les réponses, mais dans la

lecture de la situation, on passe d'une situation, mardi dernier, où la

situation était critique, dramatique, deux jours après on se fait dire, en

pleine période de questions : Non, on

n'est pas en deuxième vague, l'opposition erre. On fait de la dérision avec des

vidéos en faisant un montage, et

24 heures plus tard, bien là, finalement, changement, directeur de la

Santé publique... parce que le Scientifique

en chef du Québec a dit : On est bien dans la deuxième vague, là il y a un

changement du ton, un changement des messages. Donc, ça, ça ne marche

pas.

Moi, je

demande au ministre de la Santé de se ressaisir, au gouvernement de se

ressaisir. Il est question de vies humaines,

ici. C'est leur responsabilité de s'assurer de bien gérer la deuxième vague et

surtout de la gérer mieux qu'elle n'a été gérée durant la première.

Merci.

Président (M. Provençal)

Merci, Mme la députée. Je veux signaler que nous avons reçu trois

documents du ministre. Alors, j'autorise le

dépôt de ces documents, qui seront éventuellement disponibles sur Greffier.

Merci à tous de votre collaboration, de votre contribution.

Compte tenu

de l'heure, je lève la séance. Et la commission, ayant accompli son mandat,

ajourne ses travaux au mardi 29 septembre,

où elle se réunira en séance de travail. Je vous souhaite un agréable week-end à tous, et merci beaucoup.

(Fin de la séance à 12 heures)

Document details

CollectionQuebec — Committees
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Typecommittee
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