Health and Social Services — 6 May 2010 (39th Legislature, 1st Session)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
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(13 janvier 2009 au 22 février 2011)
Le jeudi 6 mai 2010 - Vol. 41 N° 43
Étude des crédits budgétaires 2010-2011 du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Protection de la jeunesse
Étude des crédits budgétaires 2010-2011 du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Santé
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Table des matières
Protection de la jeunesse
Discussion générale
Pénurie appréhendée de personnel dans les centres jeunesse
Fugues de jeunes hébergés en centres jeunesse
Violence subie par des intervenants de centres de réadaptation
Fugues de jeunes hébergés en centres jeunesse (suite)
Violence subie par des intervenants de centres de réadaptation (suite)
Délais d'attente pour des services aux jeunes en difficulté
Ventilation des crédits
Programme Qualification des jeunes
Avantages sociaux offerts à des intervenants
de centres jeunesse travaillant au Nunavik
Logements destinés au personnel de la santé au Nunavik
Situation du Nunavik en regard de la Convention relative aux droits de l'enfant
Accréditation syndicale de familles d'accueil
Situation du Nunavik en regard de la Convention
relative aux droits de l'enfant (suite)
Accréditation syndicale de familles d'accueil (suite)
Mise en place du Plan d'action en santé mentale dans les centres jeunesse
Pénurie appréhendée de personnel dans les centres jeunesse (suite)
Application de la
Loi sur la protection de la jeunesse
Santé
Discussion générale
Conditions de travail du personnel du réseau de la santé (suite)
Projet de centre hospitalier dans Vaudreuil-Soulanges
Révision du rôle du pharmacien
Infirmières praticiennes spécialisées (suite)
Intégration des médecins étrangers (suite)
Plan d'action ministériel en développement durable
Intégration des médecins étrangers (suite)
Promotion de saines habitudes de vie et prévention de l'obésité
Plans d'effectifs médicaux (suite)
Partenariat public-privé du réseau de la santé
Infirmières praticiennes spécialisées (suite)
Partenariat public-privé du réseau de la santé (suite)
Infirmières praticiennes spécialisées (suite)
Plans d'effectifs médicaux (suite)
Formation d'étudiants en médecine
Infirmières praticiennes spécialisées (suite)
Délais d'attente dans les salles d'urgence (suite)
Système d'archivage et de transmission d'images en radiologie (suite)
Mise en place d'un registre sur le cancer
Deuxième phase du redéploiement des services du
Centre hospitalier régional de Trois-Rivières
Services en français au Centre hospitalier de Lachine
Contrôle des mesures de contention
Infirmières praticiennes spécialisées (suite)
Promotion de saines habitudes de vie et prévention de l'obésité (suite)
Politique alimentaire dans les établissements de santé
Campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1)
Dépistage de l'anémie falciforme
Lutte contre le tabagisme
Remarques finales
M. Yves Bolduc
M. Bernard Drainville
Adoption des crédits
Documents déposés *
Autres intervenants
M. Geoffrey Kelley, président Mme Lise Thériault M. René Gauvreau M. Germain Chevarie Mme Maryse Gaudreault M. Dave Turcotte Mme Danielle St-Amand Mme Filomena Rotiroti Mme Lucie Charlebois M. Amir Khadir * M. Michel Delamarre, ministère de la Santé et des Services sociaux * M. Denis Lalumière, idem * M. Michel A. Bureau, idem * M. Alain Poirier, idem * M. Luc Boileau, Institut national de santé publique du Québec * Témoins interrogés par les membres de la commission
Journal des débats
(Onze heures vingt-cinq minutes)
Le Président (M. Kelley): À l'ordre, s'il vous plaît! Je constate quorum des membres de la Commission de la santé et des services sociaux.
Donc, je déclare la séance ouverte, en rappelant le mandat de la commission: la commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Protection de la jeunesse des crédits budgétaires relevant du portefeuille Santé et des Services sociaux pour l'année financière 2010-2011.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire: Non, M. le Président.
Le Président (M. Kelley): Alors, on a une heure. Dans l'ordre de la Chambre, on n'est pas obligés de faire le consentement. On va commencer à 11 h 25, alors on va terminer à 12 h 25. Je propose quatre blocs de 15 minutes, deux à ma gauche, deux à ma droite. Est-ce qu'il y a consentement de procéder ainsi?
Des voix: Consentement.
Protection de la jeunesse
Discussion générale
Le Président (M. Kelley): Alors, bienvenue encore une fois, Mme la ministre. On a passé un après-midi ensemble hier sur d'autres sujets de votre responsabilité, mais aujourd'hui on va passer à la question de la protection de la jeunesse. Et je suis prêt à céder la parole au député de Groulx pour un bloc de 15 minutes.
Pénurie appréhendée de personnel
dans les centres jeunesse
M. Gauvreau: ...ce ne sera pas très long. Je vais souhaiter bienvenue à tout le monde et je m'éviterai certains détails.
Ma première question: M. le Président, le 19 mai 2009, je posais une question en Chambre à la ministre déléguée au Services sociaux, lui révélant que 50 % des 13 500 employés des centres jeunesse prendraient leur retraite d'ici cinq ans. Une année plus tard, nous apprenons, à la suite du Conseil des ministres en jeans qui a eu lieu un certain dimanche, que les départs... les remplacements de départs se feraient aussi dans le réseau de la santé et des services sociaux selon la formule deux pour un.
Sachant que le taux de rétention des nouveaux intervenants dans les centres jeunesse est d'environ deux ans et sachant aussi que, selon les documents qui nous ont été remis cette année au niveau des crédits, le nombre de signalements est toujours en hausse dans la majorité des centres jeunesse du Québec, alors je voudrais savoir qu'est-ce que la ministre a fait durant la dernière année pour corriger cette situation qui s'en va périclitant. Et que compte-t-elle faire, puisque, dans les crédits, il ne semble pas y avoir aucun crédit nouveau pour tenter de compenser cette pénurie et ce drame appréhendé?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: Oui. Merci, M. le Président. Vous allez me permettre de donner un peu d'information éclairée au député de Groulx. Sa question est très pertinente concernant le non-remplacement de une personne sur deux qui va prendre sa retraite. Il est important de préciser ici que c'est seulement pour le personnel administratif. Donc, je ne voudrais surtout pas que les gens qui nous écoutent pensent que ça va s'appliquer aux intervenants, aux travailleurs sociaux, aux gens qui travaillent directement auprès des jeunes. Loin de là.
Et on a pris le soin à chaque fois de dire qu'on protégeait les secteurs et les clientèles les plus vulnérables dans le budget responsable qu'on a déposé. Donc, je suis solidaire du budget que mon collègue le ministre des Finances a déposé. Nous avons du travail à faire, évidemment, mais c'est clair aussi qu'on ne remettra pas en question les intervenants qui travaillent dans nos centres jeunesse.
Je pense qu'on doit se rappeler qu'en 2002-2003, avant que nous arrivions, la moyenne d'intervenants... la moyenne de jeunes par intervenant était aux alentours de 29. Elle a considérablement baissé. Nous avons pris l'engagement de baisser le nombre de cas par intervenant. Nous avons réinvesti massivement: 91 millions de dollars. Et ce n'est pas vrai qu'on va démolir ce qu'on a fait. La démolition, ce n'est pas notre parti, ça, M. le Président. Et il est bien évident que tous ceux qui travaillent dans les centres jeunesse n'ont pas à s'inquiéter, et je tiens à les rassurer pour débuter.
Concernant ce qui a été fait au niveau de la pénurie de main-d'oeuvre, je pense que c'est important de rappeler qu'on travaille en étroite collaboration avec l'Association des centres jeunesse, qui est un partenaire privilégié. Vous allez me permettre de saluer autant M. Jean-Pierre Hotte que Mme Lisa Massicotte, qui y travaillent. Donc, ce sont vraiment nos partenaires. Et, vous savez, ce n'est pas qu'à moi comme ministre ou à nous comme gouvernement ou comme ministère de définir ce qui va se faire. Je pense sincèrement que la solution de la pénurie de main-d'oeuvre demande la collaboration des centres jeunesse et de l'Association des centres jeunesse.
Donc, ce qui a été fait, projets réalisés en 2008, il y a eu le salon carrières s'adressant à des jeunes aux niveaux secondaires III, IV, V afin de faire connaître les centres jeunesse, leur mission ainsi que les différents emplois qui sont offerts. Il y a des contacts qui ont été établis auprès de 1 500 jeunes, des outils promotionnels comme Prends ta place... dans la vie d'un jeune!.
Il y a eu également, au niveau des sites Internet, le site Internet de l'Association des centres jeunesse sur le rôle des intervenants en centre jeunesse, le Salon de l'emploi lors du congrès de l'Association des centres jeunesse, qui s'est tenu en novembre 2008. En 2009, un partenariat avec Jobboom afin de valoriser l'image des centres jeunesse.
Le Président (M. Kelley): En conclusion, Mme la ministre.
Mme Thériault: Bien, oui, il peut revenir, j'ai d'autres...
Le Président (M. Kelley): Non, non, je comprends, mais j'essaie juste d'équilibrer le temps.
Mme Thériault: Oui, je vous comprends.
Le Président (M. Kelley): Alors, je sais que le temps réservé est très limité, alors je veux à la fois les réponses et les questions qui sont le plus concises possible. M. le député de Groulx.
M. Gauvreau: Est-ce que la ministre a l'intention de recourir à des agences privées pour faire du travail clinique auprès des jeunes?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: D'aucune façon, M. le Président. Ce n'est pas une orientation qui est retenue ni de la ministre ni du ministère.
M. Gauvreau: Dans ce cas-là, est-ce que la ministre peut nous expliquer pourquoi le Centre jeunesse de la Côte-Nord, dans un centre de réadaptation, a fait un sous-contrat pour la sécurité des jeunes avec la firme Kolossal inc., firme spécialisée dans le contrôle de foule, « Taser gun » , enquêtes spéciales sur les syndicats, etc.?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
** (11 h 30) **
Mme Thériault: Oui. M. le Président, je pense que ce qu'il est important de retenir ici, c'est qu'il faut assurer la sécurité des jeunes d'abord et avant tout. Tout le monde sait qu'au niveau de la Côte-Nord et dans les régions qui sont beaucoup plus éloignées, le recrutement de la main-d'oeuvre est beaucoup plus difficile. C'est une décision qui a été prise par le centre jeunesse, je le rappelle, pour assurer la sécurité des jeunes, d'abord et avant tout, mais aussi des membres du personnel qui y travaillent.
Quant à ce que le député mentionne comme cas, vous comprendrez que, comme ministre responsable de la protection de la jeunesse, j'ai toujours été très, très prudente dans tous les commentaires, peu importe qu'il y ait des enquêtes en cours ou pas. Je pense que c'est des dossiers qui sont délicats. Il faut se garder une petite gêne, des fois, quand on pose ces questions.
Le Président (M. Kelley): M. le député de Groulx.
M. Gauvreau: Je suis toujours un peu inquiet quand on pense qu'on va remplacer certains intervenants sociaux par des gens qui ont une formation policière sans égard au fait que les jeunes qui sont dans les centres sociaux ont besoin d'éducateurs, n'ont pas besoin de policiers.
Fugues de jeunes hébergés
en centres jeunesse
Ma prochaine question, M. le Président. La situation dans les centres de réadaptation ne cesse de s'aggraver. À Montréal, on parle de -- depuis le projet de loi n° 125, en réalité -- 359 fugues en 2007, 470 en 2008. À Québec, 405 fugues en 2006-2007, 584 en 2007-2008, 641 en 2008-2009, et on sait que, cette année encore, avec différents reportages reproduits dans les différents journaux et à la télévision, il y a davantage de fugues.
Est-ce que la ministre reconnaît ces chiffres-là qui viennent de son ministère? Et qu'est-ce qu'elle va faire concrètement pour protéger les enfants qui sont sous sa protection?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: Merci, M. le Président. Je vais d'abord corriger les propos du député. Vous savez, les intervenants, ce sont des intervenants cliniques. Ils possèdent tous la formation qu'ils doivent avoir pour oeuvrer auprès des jeunes, et ce n'est pas des sous-contractants, au contraire. Quand on parle de policiers, c'est pour assurer la sécurité, pas pour faire de l'intervention clinique auprès des jeunes, et je veux que ce soit bien clair. Ce n'est pas une orientation, ce n'est pas ce qui se passe dans notre réseau présentement.
Concernant les fugues, vous savez, M. le Président, évidemment, depuis qu'il y a eu un changement au niveau de la loi, vous savez que les jeunes ne sont plus ce qu'on appellerait en garde fermée, je vais le dire comme ça. Et il est évident que les bâtisses... Pour commencer, les bâtisses des centres jeunesse sont des bâtisses qui existent depuis de nombreuses années, et auparavant il n'y avait pas beaucoup d'argent qui avait été réinvesti pour s'assurer de la sécurité des bâtisses.
Donc, évidemment, il y a beaucoup de centres jeunesse qui maintenant ont l'obligation -- ils ne l'avaient pas auparavant -- à toutes les années, il y a le maintien des actifs, O.K., donc ils ont tous l'obligation de faire des rénovations afin de s'assurer évidemment de la sécurité des centres jeunesse pour s'assurer que les jeunes ne puissent pas passer les portes de n'importe quelle manière.
Une autre chose qu'il est important de savoir, M. le Président, c'est que, du moment qu'un jeune arrive en retard de cinq minutes, c'est considéré comme étant une fugue dans la majeure
partie des centres jeunesse. Un parent décide de garder son enfant qui est sorti pour la fin de semaine et de le ramener le lendemain, c'est considéré comme une fugue également. Ce que je me suis rendu compte, c'est que, dans les centres jeunesse, nous n'avons pas de définition claire de ce qu'est une vraie fugue, peu importe qu'on appelle la police ou pas, que le jeune arrive en retard ou pas, que ses parents l'ont gardé ou pas.
Donc, il y a des travaux qui sont menés présentement avec l'Association des centres jeunesse. Et le comité de travail, il a le mandat d'élaborer un cadre normatif. Le groupe de travail sur l'encadrement intensif de l'Association des centres jeunesse va évaluer les modifications à apporter à la grille d'orientation vers un programme de réadaptation avec hébergement dans l'unité d'encadrement intensif et la pertinence de modifier le Règlement sur les conditions du recours à l'hébergement en unité d'encadrement intensif.
Donc, évidemment, au terme de ces travaux, le groupe de travail va émettre des recommandations pertinentes au ministère ainsi qu'à l'Association des centres jeunesse, et le ministère collabore de manière étroite à ce groupe de travail. Et nous verrons, dans les prochaines semaines, sinon les prochains mois, les recommandations et nous allons les analyser avec toute la rigueur et toute l'attention que le dossier de la jeunesse mérite.
Le Président (M. Kelley): Merci, Mme la ministre. M. le député de Groulx.
M. Gauvreau: M. le Président, dans plusieurs cas, il ne s'agit pas de fuguettes, comme l'a dit la ministre, mais de fugues à répétition. J.E. a fait un reportage fort impressionnant d'une jeune adolescente qui a fugué d'elle-même à quatre reprises, et elle était associée à un réseau de gangs de rue. Et c'était documenté, c'était su, et, malgré ça, elle a pu fuguer à quatre reprises. Et, à la quatrième reprise, elle a été victime d'agression sexuelle. Alors, ce n'étaient pas des fuguettes, là.
Quand on parle des fugues à répétition dans les centres jeunesse, c'est des fugues à répétition et ce n'est pas des gens qui arrivent cinq minutes en retard. Ce n'est pas ça, ce que les statistiques... et ce n'est pas ce que les fonctionnaires de son ministère m'ont affirmé quand je leur ai parlé.
Et, en plus, il y a un autre problème qui est relativement à ça. Et d'ailleurs je suis content de voir qu'il n'y a que la Côte-Nord qui a besoin de policiers pour surveiller des jeunes, parce qu'ailleurs au Québec il n'y a aucune personne qui a une formation policière qui fait de la surveillance. Bien au contraire, c'est complètement contre-indiqué relativement à l'ensemble de la jurisprudence d'intervention qui a été faite, qui se fait dans les centres jeunesse depuis 1978.
Violence subie par des intervenants
de centres de réadaptation
On va regarder un autre problème, M. le Président. Selon l'étude qui a été publiée en septembre 2009, 92 % des éducateurs et éducatrices en centre jeunesse dans les centres de réadaptation sont victimes de violence de type menaces, intimidation 4,1 fois par semaine; 52 % des intervenants, des éducateurs et éducatrices en centre de réadaptation ont été victimes de violence directe: crachats, morsures, coups de poing, cheveux tirés à une fréquence de 1,3 fois par semaine.
Dans mon langage juridique, j'appelle ça des voies de fait, et même, dans certains cas, des voies de fait graves, ce qui fait que 52 % des éducateurs et éducatrices dans les centres de réadaptation du réseau des centres jeunesse sont victimes d'agression ou de voie de fait 65 fois par année.
Est-ce que la ministre est au courant de cette étude-là, qui date de septembre 2009, fort bien documentée et extrêmement importante pour l'avenir des centres jeunesse, la protection des jeunes et la protection des intervenants, ce qui ne semble pas être le cas actuellement?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Fugues de jeunes hébergés en
centres jeunesse (suite)
Mme Thériault: Oui, merci, M. le Président. M. le Président, vous allez me permettre, avant de répondre à la question du député, évidemment, je vais revenir sur l'allusion qu'il fait au niveau de l'émission J.E. . Savez-vous combien de jeunes sont hébergés en 2008-2009 dans nos centres, dans les centres jeunesse? Je ne vous parle pas des ressources intermédiaires, des familles d'accueil ou autres, là, je vous parle de 6 834 jeunes. Je ne voudrais surtout pas laisser l'impression que tous les jeunes qui sont en centre jeunesse font des fugues, font
partie des gangs de rue et sont agressés, là. Je pense qu'on ne peut pas généraliser dans le réseau pour quelques cas malheureux isolés qui se sont produits.
Et évidemment je n'ai pas commenté le cas de J.E. , je ne le commenterai pas encore plus sur la place publique, mais je trouve bien malheureux qu'on se serve d'un exemple et qu'on pense que c'est la généralité, alors que ce n'est pas le cas. Les enfants qui sont placés sous la protection de la jeunesse, peu importe le centre où ils sont, méritent toute notre attention, évidemment. Et c'est des questions sérieuses, et je suis convaincue que les gens qui sont en centre jeunesse, tout ce qu'ils veulent, c'est le bonheur et le bien-être des jeunes.
Ceci étant dit, lorsque le député affirme que mes fonctionnaires lui ont affirmé... je regrette, il n'y a pas personne dans mon équipe ministérielle, dans le ministère, qui a donné ou qui aurait affirmé ou confirmé ce que le député avance. Donc, je pense également que les gens qui travaillent auprès de la protection de la jeunesse chez nous regardent avec beaucoup d'attention tout ce qui se fait au niveau des travaux des fugues et tout ce qui touche la sécurité des jeunes.
Violence subie par des intervenants
de centres de réadaptation (suite)
Concernant la violence par rapport aux employés, évidemment, M. le Président, j'ai également lu l'article -- parce qu'il y a eu un
article dernièrement dans les journaux -- qui faisait état de la violence dont les employés du réseau étaient confrontés. Il ne faut pas se conter de menterie, là, j'ai des jeunes qui sont agressifs dans les centres jeunesse. Il n'y a pas une personne qui travaille dans le réseau des centres jeunesse qui ne sait pas dans quoi elle s'engage.
Est-ce que je cautionne la violence envers les employés qui se dévouent corps et âme pour les jeunes? Non, pas du tout. Il y a des programmes qui existent pour aider les employés, pas juste au niveau syndicat, là, il y a le Programme d'aide aux employés qui est accessible à tous les fonctionnaires, peu importe où ils travaillent dans le réseau. Il y a évidemment des formations continues qui existent aussi avec les intervenants pour mieux les outiller comment faire face. Il y a du support psychologique, advenant le cas où il y a un intervenant qui pourrait faire face à une situation de violence par les jeunes.
Donc, ces services-là sont offerts auprès de tous les intervenants qui travaillent en centre jeunesse. Il y a des protocoles d'intervention également à chaque fois qu'il y a quelque chose ou un incident malheureux qui peut se produire.
Et, je le dis, je pense honnêtement que tous les gens qui travaillent dans le réseau des centres jeunesse savent que c'est un milieu qui n'est pas facile, mais ils le font à cause de leur dévouement, et je veux les assurer de mon support le plus entier, M. le Président.
Le Président (M. Kelley): Dernier court, court commentaire, s'il vous plaît.
M. Gauvreau: Alors, si vous pensez que j'ai pris un exemple sur un seul modèle, M. le Président, je rappelle à la ministre que j'y ai travaillé pendant 20 ans et que j'ai une liste assez importante de jeunes qui ont fugué à plusieurs reprises, qui sont revenus dans un état lamentable. Et, s'il faut aussi, je pourrais lui donner la liste d'un certain nombre de prénoms de jeunes qui n'ont pas atteint l'âge de 19 ans, compte tenu des fugues puis compte tenu du fait que les intervenants ne soient pas suffisamment appuyés, M. le Président. Et il n'y a pas une intervention qui mérite, dans un centre jeunesse, de ne pas être considérée comme une agression armée.
Le Président (M. Kelley): Dernier commentaire, Mme la ministre?
** (11 h 40) **
Mme Thériault: Oui. Je veux juste rappeler au député que, nous, on est arrivés en 2003, il a travaillé 20 ans, il a été élu en 2008. C'est parce qu'il y a beaucoup d'années là-dedans, c'est le Parti québécois qui était au pouvoir, M. le Président, puis, s'ils n'ont pas augmenté le nombre d'intervenants... le nombre d'intervenants justement pour baisser le nombre de cas par intervenant... En grande partie, ils sont partis, les responsables de ça. Ça aurait été intéressant qu'il leur parle avant, M. le Président.
Le Président (M. Kelley): Merci beaucoup. Ça met fin à ce bloc. Je suis prêt maintenant à céder la parole au député des Îles-de-la-Madeleine.
Délais d'attente pour des
services aux jeunes en difficulté
M. Chevarie: Merci, M. le Président. Mes salutations à la ministre, à ses collaborateurs et collaboratrices. Salutations à mes collègues, notre députation ministérielle, salutations à mes collègues de l'opposition.
Permettez-moi, M. le Président, en guise d'introduction, de citer un proverbe africain qui dit à peu près ceci: Ça prend deux personnes pour mettre un enfant au monde, mais tout un village pour en prendre soin et voir à son éducation.
Et, dans ce sens-là, ça m'amène, avec cette introduction, à dire que la réponse aux besoins sociosanitaires, pour l'ensemble de la société québécoise et pour les clientèles, que ce soient des personnes âgées, les adultes ou les jeunes, ça prend toute une organisation de services à la grandeur du Québec, de la promotion de la santé, en agissant sur les déterminants de la santé, en passant par la prévention, les services de première ligne et, bien entendu, les services un peu plus spécialisés tels les centres jeunesse.
Et d'ailleurs ma première expérience de travail a été... dans le temps, ça s'appelait les centres de services sociaux, et j'étais à ce moment-là agent de probation. On travaillait avec le Tribunal de la jeunesse, dans le temps, et je travaillais en Haute-Gaspésie, plus précisément à Sainte-Anne-des-Monts, une très belle expérience, d'ailleurs.
Alors, ce que j'aimerais également, c'est peut-être vous donner quelques chiffres pour bien présenter le contexte de l'arrivée de notre gouvernement, le gouvernement libéral, au pouvoir en 2003. Il y a quatre volets que je voudrais citer pour bien illustrer quelle était la situation à ce moment-là au niveau des centres jeunesse. Alors, sur le plan de l'évaluation des situations de compromission, en 2002-2003, 652 jeunes étaient en liste d'attente. Au niveau de l'application des mesures de protection du jeune, toujours en 2002-2003, 676 jeunes étaient en liste d'attente.
À l'engorgement, 325 jeunes étaient sur la liste d'attente. Et, en ce qui concerne la charge moyenne des cas par intervenant, c'était 22,1. Alors, c'était assez dramatique à ce moment-là.
M. le Président, ma première question à Mme la ministre, c'est... J'aimerais connaître c'est quoi, les améliorations qu'on peut observer concernant les listes d'attente depuis l'arrivée du gouvernement libéral au pouvoir en 2003.
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: Merci, M. le Président. La question du député des Îles-de-la-Madeleine est vraiment très pertinente, M. le Président. Vous savez, tout à l'heure, lorsque j'ai parlé du nombre de cas par intervenant, le nombre de jeunes qu'un intervenant doit s'occuper, les réinvestissements massifs qu'on a faits au niveau des centres jeunesse font vraiment toute la différence. Et je suis très fière des statistiques qu'on a et je peux vous donner des statistiques qui vont parler des délais moyens d'attente évidemment.
En 2003-2004, pour l'ensemble du Québec, les délais d'attente étaient de 25,38 jours. Avec les réinvestissements massifs, en 2009-2010, on parle de 15,68 jours. Donc, c'est une réduction des délais d'attente de 38 %. Ça, c'est seulement à l'évaluation.
Si on regarde à l'application des mesures, donc un coup qu'on a rencontré le jeune, sa famille, évalué la situation, qu'on définit, maintenant il faut... il y a des mesures, des recommandations, il faut les suivre. En 2003-2004, on parlait de 33,57 jours, la moyenne provinciale. M. le Président, je suis très fière de répondre au député des Îles-de-la-Madeleine qu'en 2009-2010 on parle de 12,44 jours. Donc, c'est une amélioration de 63 % des délais d'application des mesures.
Donc, on voit clairement qu'avec les sommes d'argent qui ont été réinvesties et tout le travail qui a été fait par les intervenants, l'Association des centres jeunesse et les gens à la Direction de la jeunesse au ministère les politiques de notre gouvernement ont vraiment porté fruit et que le dossier de la jeunesse est vraiment un dossier qui est prioritaire.
Je dois rappeler... parce que, souvent, on ne fait que parler que des jeunes.
Malgré les statistiques que je viens de vous donner, il y a eu une augmentation des cas de signalement d'environ 15 %. Donc, malgré une hausse... Et tout le monde sait que, lorsqu'il y a une période économique plus difficile, que les deux parents perdent leur emploi en même temps, il y a certaines régions qui ont été plus durement affectées par la crise économique, qu'effectivement il peut y avoir plus de cas de négligence parentale qui peuvent être portés à l'attention des gens qui oeuvrent dans le réseau.
Il peut y avoir plus de détresse psychologique, évidemment, il peut y avoir plus de situations de violence, plus d'intolérance, que ce soient des parents ou du niveau des jeunes, les jeunes ressentent beaucoup les effets qu'a une crise économique sur leurs parents, les effets de stress, d'avoir perdu son emploi, ne pas être sûrs qu'on va garder notre maison, comment on va faire pour nourrir nos enfants, et on sait tous que ça a des conséquences drastiques au niveau des familles.
Donc, souvent, les interventions ne se font également pas seulement que pour les enfants, mais pour les familles de ces enfants-là. Donc, je pense que c'est important de rappeler que l'intervention qu'on fait en protection de la jeunesse inclut, inclut les familles, les parents, ceux qui oeuvrent avec le jeune, évidemment.
Donc, je considère qu'avec tous les moments difficiles que nous avons eus au niveau économique, particulièrement dans certaines régions où il y a eu une augmentation beaucoup plus marquée que 15 %, lorsqu'on regarde ces statistiques-là, on peut se rendre compte que les gens qui travaillent dans le réseau font vraiment tout ce qui est en leur pouvoir pour pouvoir répondre dans les meilleurs délais aux besoins des jeunes ainsi que de leurs familles.
Le Président (M. Kelley): M. le député.
Ventilation des crédits
M. Chevarie: Très petite question supplémentaire, M. le Président. Est-ce que vous pouvez nous donner, Mme la ministre, un survol rapide des investissements budgétaires qui ont été faits dans le secteur jeunesse?
Mme Thériault: Oui, absolument, M. le député. Vous allez trouver qu'on a une belle liste depuis notre arrivée. Donc, en 2003-2004, nous avons investi 10 millions qui ont permis la réduction des listes d'attente en centres jeunesse et de désengorger dans les centres de réadaptation, la mise en place de mesures structurantes pour aider précocement les jeunes en difficulté ainsi que leurs familles.
En 2004-2005, 12 millions déployés en première ligne pour le Programme de soutien aux jeunes parents, c'est 1,1 million. Pour les équipes d'intervention jeunesse, 2,4 millions. Pour la mise en place d'équipes d'intervention de crise et de leur suivi intensif, 8,5 millions de dollars.
En 2005-2006, 15 millions ont été investis pour les jeunes en difficulté, avec comme objectif de rendre les services de santé mentale plus accessibles aux jeunes qui reçoivent des services spécialisés, en ciblant ceux et celles qui sont hébergés dans les unités de réadaptation, évidemment. On a intensifié les services offerts aux jeunes en difficulté, à leurs familles et aux jeunes parents. Rendre disponibles, dans tous les territoires locaux, des services de supervision, des droits d'accès découlant des ordonnances de la Cour. En date de 2009, c'est plus de 50 ententes de service dans 10 régions du Québec, et nous allons continuer le développement, évidemment.
En 2006-2007, c'est 9 millions supplémentaires qui ont été investis pour les jeunes en difficulté: consolider les services de première ligne pour les enfants dont le signalement n'a pas été retenu par le Directeur de la protection de la jeunesse et assurer un suivi de deuxième ligne plus intensif aux jeunes qui sont pris en charge en vertu de la
Loi sur la protection de la jeunesse, ainsi qu'à leurs familles, évidemment.
Investissements 2007-2008: 30 millions pour les jeunes en difficulté et leurs familles viennent appuyer la mise en oeuvre de la nouvelle loi qui avait été adoptée à l'époque. Le montant a été dédié à la consolidation des services de première ligne et aux services offerts en centres jeunesse. Et il y a une
partie de cette somme qui sert également à soutenir les ressources en hébergement communautaire jeunesse dont font
partie les Auberges du coeur.
En 2008-2009, il y a 15 millions qui ont été ajoutés, et ces sommes d'argent là ont servi évidemment à baisser les délais d'attente à l'évaluation et à l'application des mesures, donc supporter les interventions des intervenants en première ligne.
Et évidemment je m'en voudrais de ne pas parler de la Stratégie d'action jeunesse qui a été reconduite. Le député faisait état qu'il ne voyait pas de nouvelles sommes au budget, mais la Stratégie d'action jeunesse a été reconduite et il y a même un volet supplémentaire qui s'ajoute. Donc, j'aurai certainement l'occasion de revenir plus tard sur la Stratégie d'action jeunesse. Je suis convaincue que mes collègues ministériels, qui sont intéressés par les bonnes choses qui se passent dans le réseau, les bonnes réalisations, vont certainement vouloir me parler de ce projet-là.
Le Président (M. Kelley): Mme la députée de Hull.
** (11 h 50) **
Mme Gaudreault: Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je veux souhaiter la bienvenue à tout le monde, Mme la ministre, les membres de votre équipe, Christiane, qui est au ministère maintenant, qui était à l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais auparavant, et mes collègues, le député de Groulx, de Saint-Jean, du côté ministériel, toujours un plaisir.
Programme Qualification des jeunes
Ce sont tellement des sujets fort intéressants. Et, moi, je voudrais parler du fameux programme Qualification des jeunes. C'est un programme qui est méconnu de la population. Parce qu'on sait qu'une personne qui a vécu en centre jeunesse pendant quelques années, qui se prépare à réintégrer la société, qui va avoir 18 ans dans quelque temps, a besoin d'accompagnement, puis il a besoin d'être encouragé s'il veut justement se raccrocher. Il y a des décrocheurs de l'école, mais ces gens-là peuvent facilement être des décrocheurs de la société.
Et, malheureusement, il y a une étude du ministère qui dit que les jeunes, lorsqu'ils sortent des centres jeunesse ou des familles d'accueil, ils vont se réfugier sur l'aide sociale et ils y restent très, très longtemps.
À
titre de députés, c'est certain qu'on travaille avec les équipes des centres jeunesse de notre comté. Moi, j'en ai un, centre jeunesse, dans mon comté, et Luc Cadieux et son équipe font un travail extraordinaire. C'est toujours un plaisir de les rencontrer parce qu'ils sont certainement très positifs, très emballés par toutes les initiatives qui sont mises de l'avant.
Et, eux, ils avaient été... la région de l'Outaouais avait été une des quatre régions qui avaient fait... qui avaient fait le projet pilote pour Qualification des jeunes et, quand ma collègue et moi, députée de Gatineau, qui est aussi responsable de la Stratégie d'action jeunesse, étions allées l'année dernière le visiter, sa première demande avait été: Il faut que vous réussissiez à implanter ce programme-là partout au Québec, il faut le financer, il faut le poursuivre, parce que c'est un succès assuré.
D'ailleurs, j'ai fait une petite recherche sur Internet, et les jeunes... Il y a des témoignages, alors il y a Bianca qui dit: « Moi, avec Qualification des jeunes, j'ai réalisé que je valais quelque chose. Non, mais, écoutez, là, je vais être capable de trouver une job. Je vais sortir d'ici, je vais pouvoir travailler puis subvenir à mes besoins. Alors ça, là, c'est une réussite en soi. » Ensuite, il y a Patrick qui dit que « Louise -- c'était son intervenante -- elle n'arrêtait pas de m'achaler pour m'offrir un coup de main, pour m'expliquer comment prendre l'autobus » .
C'est un détail, mais il faut savoir comment se déplacer, comment... Puis il y a aussi toutes les cuisines collectives. Pour un gars qui sort des centres jeunesse, là, ce n'est pas évident d'aller faire ses courses, puis de se faire à manger, puis de vivre avec d'autres amis en appartement. Alors, ce sont des détails qui font une grande différence dans la vie de ces jeunes-là.
Je vais m'arrêter ici parce que je sais que la ministre, M. le Président, est vraiment emballée. Elle affectionne particulièrement, comme notre premier ministre d'ailleurs, ce programme-là. Et puis on n'a pas beaucoup de temps, alors j'aimerais bien l'entendre nous parler de ce qui est mis de l'avant, puis les formes, là, que prend ce programme-là dans toutes les régions du Québec.
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: M. le président m'informe que je n'ai que deux minutes pour répondre à votre question, donc je vais vous imager. J'ai été dans votre comté, Mme la députée, j'ai été rencontrer les centres jeunesse, j'ai rencontré Marie-Hélène, qui m'a expliqué ce que ce projet-là avait fait comme différence pour elle.
J'ai eu l'occasion aussi d'aller en Montérégie et j'ai rencontré des jeunes qui font
partie du programme Qualification jeunes. Et j'ai eu l'occasion d'aller à Rivière-du-Loup aussi dernièrement faire une annonce d'investissement pour une bâtisse, et les jeunes m'ont également parlé du programme Qualification jeunes, puisqu'il venait d'être implanté.
Le programme Qualification jeunes, ce qu'il fait -- c'est que nos jeunes, lorsqu'ils passent la porte des centres jeunesse... quand tu arrives à 18 ans, ce n'est pas parce que tu as 18 ans et un jour puis 18 ans moins un jour que tu es plus équipé, plus outillé pour faire face à la vie -- il fait en sorte qu'on prépare les jeunes à leur sortie, qui est un moment qui est excessivement stressant parce que, souvent, quand ils passaient la porte, ils avaient le choix de se ramasser dans la rue ou de se ramasser dans leurs familles qui ne sont pas... qui ne se sont pas vraiment occupées des enfants quand ils étaient plus jeunes.
Il n'y avait pas beaucoup d'alternatives. Le programme Qualification jeunes permet d'outiller ces jeunes-là, qu'ils puissent faire un budget, qu'ils commencent à travailler, qu'ils commencent à vivre dans la vraie vie. Parce que, quand on vit en centre d'hébergement, c'est complètement différent, hein? Ce n'est pas la vraie vie, ça. Se faire un budget, se lever, aller travailler, ouvrir un compte de banque, moi, je l'ai montré à mon fils, mon fils est avec moi. Vous l'avez montré à vos enfants, vous aussi. Mais, ces enfants-là, qui les aide?
Donc, le programme Qualification jeunes permet de dédier des intervenants pour accompagner les jeunes. Et, même lorsque les jeunes sont sortis des centres jeunesse, ils peuvent toujours appeler leur intervenant en cas de doute, en cas de pépin, en cas de n'importe quoi. Puis, je peux vous dire bien honnêtement, les jeunes sont emballés par ce projet-là. Et je suis très fière de dire que le réinvestissement de sommes d'argent fait en sorte qu'il y a 13 centres jeunesse sur 16 qui offrent le programme Qualification jeunes. Et, puisque je n'ai plus de temps, on rentrera dans les détails probablement une autre fois.
Le Président (M. Kelley): Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le député de Groulx pour un deuxième bloc de 15 minutes.
M. Gauvreau: Je vais commencer par un petit commentaire. La différence avant 2003 et après 2003, c'est qu'au niveau des statistiques maintenant, depuis 2003-2004, depuis l'implantation du programme PIJ, on demande aux intervenants de fournir un temps d'évaluation par semaine, sinon ils vont avoir des conséquences disciplinaires, ce qui fait que des évaluations qui prenaient peut-être des fois 20, 25 heures à faire se font en quelques heures dans le seul but de répondre aux critères.
Un peu comme des policiers de certaines villes qui ont des quotas, maintenant les intervenants à l'évaluation des centres jeunesse, depuis l'application du programme PIJ, ont aussi des quotas. C'est comme si les chiffres étaient devenus plus importants que les gens.
Avantages sociaux offerts à des
intervenants de centres jeunesse
travaillant au Nunavik
Le 19 mars 2009, je demandais à la ministre, en Chambre, si elle pouvait corriger l'injustice que vivaient les intervenants des centres jeunesse qui vont travailler au Nunavik en pouvant bénéficier de la clause nordique. C'est une clause monétaire supplémentaire d'à peu près 12 000 $ pour compenser, compte tenu du coût de la vie dans le Grand... que le coût de la vie dans le Grand Nord est plus élevé.
J'ai appris, il y a quelques semaines, en rencontrant les gens de la régie régionale, que cette clause nordique, ce montant d'argent supplémentaire versé aux intervenants des centres jeunesse, qui sont tous des intervenants prêtés par d'autres centres jeunesse, en passant, parce que le recrutement est pratiquement impossible, j'ai appris que ce montant-là était payé à même un fonds de réserve de la régie régionale.
Alors, ma question à la ministre, c'est: Quand ce fonds de réserve là sera épuisé, est-ce que la ministre s'engage à faire continuer ce bénéfice de la clause nordique aux intervenantes et intervenants du centre jeunesse... des centres jeunesse du Québec qui vont donner un coup de main à leurs collègues du Nunavik?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: Oui. M. le Président, mon équipe ici a réagi fortement aux propos du député lorsqu'il parlait que c'est parce qu'on a PIJ maintenant que les délais d'intervention et de traitement ont été réduits, là, c'est les propos qu'il a tenus, et ils ont fortement réagi en me disant: Mme la ministre, c'est tout à fait faux, ce que le député vient de dire. Je pense que c'est important de rectifier les faits. Et PIJ, là, ce qu'il fait, c'est qu'il encadre mieux les intervenants pour s'assurer que le travail est fait très correctement, dans les délais dont on doit le faire. Donc, l'affirmation du député, je pense que je ne peux pas la laisser passer.
Concernant la Côte-Nord, M. le Président, s'il y a un dossier où je suis fière, c'est bien celui-là. Vous savez, c'est une question qui était très pertinente. La Côte-Nord est une... Pas la Côte-Nord, pardon, mais le Nunavik, c'est quand même une région qui est éloignée. Je dirais que les défis que nous devons relever au Nunavik sont beaucoup plus grands, et, vous le savez, vous avez été ministre responsable des dossiers des Affaires autochtones, vous savez que les défis qui se posent à nous, c'est des défis de taille.
J'ai eu le plaisir d'aller au Nunavik avec mon collègue le ministre responsable des Affaires autochtones, qui est le député d'Abitibi -- Est ou Ouest, je ne m'en souviens jamais, Est, je suis toujours mélangée -- et évidemment j'ai une préoccupation particulière pour la situation qui est vécue par les familles qui sont au Nunavik. Ce n'est pas évident non plus parce qu'à la base il y a également un problème d'habitation, de logement, et on a à concilier le défi d'avoir des intervenants qui sont formés pour faire face aux différentes situations qui se passent là-bas, il y a un défi de langue également, l'inuktitut, l'anglais, le français.
M. Leblond nous a fait des recommandations, et nous avons mis sur pied une équipe pour aller faire de l'intervention dans le Grand Nord, et il y a une équipe qui est en rotation, une équipe nord-sud qu'on appelle, pour justement s'assurer qu'on puisse aider à former les travailleurs inuits parce qu'ils sont aussi
partie prenante de la solution. Je ne pense pas que ce n'est qu'aux Blancs de régler les problèmes des Inuits. Donc, nous travaillons en étroite collaboration avec M. Leblond. Puis, je le dis, j'ai eu l'occasion d'aller sur le terrain et je vais y retourner, M. le Président, pour voir l'application des mesures et l'excellent travail que M. Leblond et son équipe font dans le Grand Nord.
Le Président (M. Kelley): M. le député de Groulx.
M. Gauvreau: Pour revenir à ma question, elle était toute simple, elle méritait une réponse toute simple. Est-ce qu'elle va continuer ou pas le paiement de la clause nordique dans le fonds de réserve? Tout le reste, là, ne concerne pas la question que j'ai posée. J'aimerais avoir une réponse à cette question qui est très, très, très simple, là.
Le Président (M. Kelley): Alors, en sachant que ce n'est pas à la présidence d'évaluer la qualité des questions ni les réponses, Mme la ministre.
Mme Thériault: M. le Président, ma priorité, c'est vraiment d'aider les enfants qui vivent dans le Nunavik. Et j'ai dit M. Leblond, mais c'est M. Lebon, désolée. Je travaille avec les deux, hein, en étroite collaboration, on comprend, mais je pense que ma priorité, c'est vraiment d'aider les enfants du Nunavik. Et je crois que la solution que nous avons mise sur la table est une bonne solution, on n'a pas encore fini le travail et on va le continuer.
Le Président (M. Kelley): M. le député de Groulx.
** (12 heures) **
M. Gauvreau: Je n'ai pas eu de réponse, je répète la question: Est-ce qu'à l'épuisement du fonds de réserve de la régie régionale du Nunavik les intervenants qui viennent du Sud qui vont travailler au Nunavik généreusement vont pouvoir bénéficier ou non de la clause nordique, payée par le ministère et non pas par la régie régionale du Nunavik? Oui ou non?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: Oui, merci, M. le Président. Le député sait fort bien que présentement il y a des négociations avec tout le réseau de la santé et des services sociaux, et ce n'est pas à moi à régler les conventions collectives, peu importent les clauses qui y sont abordées, peu importe l'état des conditions. Moi, ce que je me suis assurée, c'est d'avoir des intervenants dans le Grand Nord pour pouvoir répondre aux besoins des enfants. C'est ma priorité numéro un.
Le Président (M. Kelley): M. le député.
M. Gauvreau: Alors, je comprends maintenant que les intervenants ne voudront pas aller dans le Grand Nord, aller s'appauvrir davantage, M. le Président, puisqu'ils n'auront pas eu ce support-là qui fait en sorte qu'un pain dans le Grand Nord coûte à peu près trois fois plus cher qu'un pain dans le Sud. Ça, c'est une réalité à laquelle il faut faire face.
Logements destinés au personnel
de la santé au Nunavik
On va parler aussi, encore une fois, du Nunavik. Mme la ministre a annoncé la construction ou le projet de construction de 340 logements au Nunavik. La régie nous a bien indiqué que le besoin réel est de 1 000 logements. C'est un besoin contemporain, ce n'est pas un besoin annoncé pour plus tard. La ministre a raison lorsqu'elle parle de la situation dans le Grand Nord.
Actuellement, là, il y a de 14 à 18 occupants par logement, un taux de suicide chez les jeunes -- et il faut savoir que 50 % de la population est âgée de moins de 18 ans -- 11 fois supérieur à la moyenne canadienne, 50 % de la population âgée de moins de 18 ans. Le quart des signalements faits à la DPJ sont des signalements d'abus sexuels. Un taux de violence familiale 10 fois plus élevé que la moyenne canadienne. Plus de 50 % des enfants sont exposés à la violence, à l'abus de drogues et à l'abus d'alcool.
Alors, quand j'ai entendu qu'il y aurait 340 nouveaux logements, j'aurais aimé ça savoir dans quel délai. Et, si c'est dans un délai de cinq ans, est-ce que je peux comprendre de la ministre qu'elle va faire une annonce aujourd'hui qu'il y aura 65 logements construits cette année au lieu des 50 logements, qui sont toujours insuffisants?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: Oui, merci, M. le président. Je pense que le député mélange les dossiers. Je n'ai jamais annoncé 340 logements. C'est un dossier qui relève de mon collègue le ministre des Affaires municipales et des Régions, qui est responsable du logement. Donc, oui, lui a fait une annonce, j'imagine, avec le ministre responsable des Affaires autochtones ainsi que le ministre fédéral, puisque c'est un dossier qui est dans sa cour.
Pour ma part, j'ai fait une annonce, oui, de logements, oui, mais j'ai annoncé 50 unités de logement destinées au personnel du réseau de la santé et des services sociaux, parce que, pour accueillir les travailleurs là-bas, M. le Président, il faut aussi leur offrir un toit. Il faut aussi que nos gens, lorsqu'ils débarquent dans le Grand Nord, puissent avoir un endroit où vivre. Nos gens doivent avoir des bureaux qui sont fonctionnels. Ça, c'est l'annonce que, moi, j'ai faite.
Donc, je pense qu'il est important de ne pas confondre les deux dossiers. Et évidemment je l'invite à adresser sa question concernant les logements et sur la quantité d'années que ce sera déployé au ministre des Affaires municipales et des Régions, puisque c'est lui qui est responsable du logement et que c'est son dossier. Je ne voudrais surtout pas, M. le Président, répondre pour mon collègue, qui, je suis convaincue, pourra donner une réponse très satisfaisante au député de Groulx.
M. Gauvreau: ...n'est pas au courant de la situation. Et, M. le Président, ce qui m'embête très gros...
Le Président (M. Kelley): Je pense, M. le député, c'est mieux de...
M. Gauvreau: Je suis très serein, là.
Le Président (M. Kelley): On peut continuer nos débats sur les idées et pas les motifs. Et ça, ça n'aide pas. C'est le genre de commentaire qui suscite un débat. Alors, s'il vous plaît, allez à la prochaine question. Le temps est très limité.
Situation du Nunavik en
regard de la Convention relative
aux droits de l'enfant
M. Gauvreau: Alors, je veux savoir si la ministre aura un comité de travail qui va l'éclairer sur les dispositions contenues aux articles 3 et 20 de la déclaration, de la Convention relative aux droits de l'enfant, parce que, dans la situation actuelle au Nunavik, le Québec et le Canada ensemble ne respectent pas cette déclaration de l'ONU, et ce serait bien qu'un comité de travail s'y penche.
Accréditation syndicale
de familles d'accueil
Suite au projet de loi n° 49 qui permettait l'accréditation syndicale de certaines familles d'accueil, est-ce que la ministre est au courant que le nombre de familles d'accueil -- c'est dans les crédits -- a dramatiquement baissé depuis l'adoption du projet de loi n° 49?
Mme Thériault: Oui. Je m'excuse, M. le Président, j'étais sur la première question, je n'ai pas saisi la deuxième question du député, parce qu'il parlait de... Là, je viens de perdre complètement ce que je voulais dire.
Le Président (M. Kelley): Formulez votre deuxième question, M. le député.
Situation du Nunavik en
regard de la Convention relative
aux droits de l'enfant (suite)
Mme Thériault: Non, non, qu'il recommence la première question, je vais lui répondre tout de suite. Juste pour me remettre sur la piste, je m'excuse, parce qu'il parle très rapidement. Je comprends qu'il a beaucoup de questions, pas de problème, sauf qu'évidemment je dois demander aussi à l'équipe qui m'accompagne.
Donc, la première question, c'était sur la convention des droits de l'enfant? Est-ce que c'était ça?
M. Gauvreau: Êtes-vous consciente... Est-ce que la ministre est consciente que la situation au Nunavik actuellement et ce qui ne se fait pas par le gouvernement provincial et par le gouvernement fédéral place le Canada et le Québec en situation de contravention des dispositions contenues aux articles 3 et 20 de la Convention relative aux droits de l'enfant? Si vous ne l'avez pas, je peux vous la fournir, là, je dors toujours avec.
Mme Thériault: M. le Président, je trouve cavalier un peu le député. Je voudrais juste lui rappeler, là, que j'ai déjà fait
partie de l'association des parlementaires de la Francophonie puis je m'occupais de la convention pour l'élimination de la discrimination envers les femmes, la CEDEF, et qu'à toutes les années il y avait un rapport sur la convention des droits de l'enfant. Donc, je sais parfaitement de quoi le député parle. Première des choses.
Deuxième des choses, le député a insinué que je ne connaissais pas les dossiers. Je veux juste rappeler au député que, moi, contrairement à ce qui se fait dans son parti, je laisse mes collègues faire leur travail, parce qu'ils le font très bien. Ça fait que le ministre des Affaires municipales va faire sa job comme il fait toujours, puis les dossiers sont prioritaires au niveau du logement. Maintenant, s'il a des questions qu'il veut lui adresser, il pourra le faire, mais, moi, je considère que ce qui me regarde, c'est les dossiers de la jeunesse.
Je comprends que peut-être il y a un petit peu de frustration parce qu'on s'occupe de nos choses, parce que les statistiques démontrent hors de tout doute que le travail qu'on a fait, que l'argent qu'on a réinvesti dans le réseau donnent vraiment du résultat. Puisqu'il y a travaillé pendant 20 ans, il pourrait aussi, lui, nous parler de tout le mal que ça a fait dans le réseau, les coupures que son gouvernement a faites lorsqu'il était là.
Ça fait qu'on peut parler, on peut dire à peu près n'importe quoi, là, pas de problème. Vous savez que je suis une bonne députée puis je suis une bonne ministre, puis ma job, je la fais comme il faut. Je n'accepterai pas qu'on fasse des insinuations sur à peu près n'importe quoi puis qu'on répande des faussetés ici.
Le Président (M. Kelley): M. le député de Groulx.
Accréditation syndicale de
familles d'accueil (suite)
M. Gauvreau: Alors, je suis content que la ministre, elle se considère bonne, sauf que je constate que les questions que j'ai posées en mars et en avril 2009 n'ont pas encore eu de réponse.
M. le ministre... Est-ce que la ministre est au courant du fait que les familles d'accueil du réseau de la DPJ, qui reçoivent des enfants sept jours sur sept, sept nuits sur sept, 365 jours par année, sont payées moins cher que les familles d'accueil des CPE, cinq jours par semaine, qui ne reçoivent pas les enfants le soir puis qui ont leurs fins de semaine libres?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: Oui. M. le Président, encore une fois, je pense que le député parle à travers de son chapeau. Ça n'a pas de bon sens. La loi n° 49 qui a été étudiée ici, en Commission des affaires sociales, avec sa collègue la députée de Matapédia, vient justement permettre aux familles d'accueil, peu importe qu'elles oeuvrent auprès d'une personne handicapée, qu'elles oeuvrent auprès de la jeunesse, justement de négocier leurs conventions collectives et leurs conditions de travail. Et c'est ce que la loi n° 49 permet de faire.
Vous comprendrez, M. le Président, qu'à ce stade-ci, là, il y a des travaux qui se font, puis il y a des négociations qui se font, puis il y a des tables patronales, puis il y a des tables, puis ce n'est pas à moi de commencer à régler ça sur la place publique. Mais de là à dire que je ne suis pas au courant que peut-être... Je regrette, la loi, je l'ai votée, c'est moi qui l'ai présentée. Puis je veux juste lui rappeler que c'est une voix qui a été... que c'est une loi qui a été votée à l'unanimité. Ça fait qu'il aurait peut-être intérêt à faire ses devoirs avant de dire que je ne sais pas de quoi je parle.
Le Président (M. Kelley): M. le député de Groulx.
M. Gauvreau: M. le Président, ma question était simple: Le 6 mai 2010, est-elle au courant qu'aujourd'hui une famille d'accueil qui travaille sept jours par semaine, 24 heures par jour est moins payée qu'une famille d'accueil d'un réseau de CPE? La question est simple, là, et c'est une question qui lui a été posée dans le passé.
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: M. le Président, on est en négociation présentement. Vous allez me permettre de ne pas m'ingérer dans le processus qui est là. Je vais laisser les représentants syndicaux faire les négociations pour les familles. Ce n'est pas au député non plus de s'ingérer là-dedans. Je pense que les syndicats font très bien leur travail. Les représentants qui sont à la table de négo vont bien faire leur travail.
Puis je l'inviterais peut-être à remonter dans le temps, parce qu'il y a beaucoup de montants d'argent qui n'ont jamais été indexés sous le Parti québécois, qui n'a fait que couper. Donc, je pense qu'on peut être un peu... un petit peu prudent puis se garder vraiment une petite gêne dans les propos qu'on peut tenir ici, en commission parlementaire.
Le Président (M. Kelley): Il reste deux minutes, alors très rapidement.
M. Gauvreau: Bien, je vais informer la ministre que les familles d'accueil des réseaux des centres jeunesses sont historiquement moins payées que les familles d'accueil du réseau des CPE. Ça n'a rien à voir avec les négociations actuelles, c'est un fait. Puis une des raisons pour lesquelles le nombre des familles d'accueil des centres jeunesse diminue... Il y a deux raisons.
Premièrement, le projet de loi n° 49 a eu un effet boeuf. J'ai reçu des dizaines d'appels de familles d'accueil à mon bureau qui m'ont dit qu'elles vont démissionner, parce que la moyenne d'âge des familles d'accueil, contrairement au tableau incomplet de la page 165 du volume 1, la moyenne d'âge des familles d'accueil est de plus de 50 ans, et elles décident d'aller aux CPE pour avoir un peu d'argent, pour avoir leurs fins de semaine, pour être un petit peu considérées. Ça, c'est la réalité.
Mise en place du Plan d'action en
santé mentale dans les centres jeunesse
L'année dernière, on a parlé aux membres du réseau du plan d'action en jeunesse pour la santé mentale à travers le Québec, et j'ai fait des vérifications la semaine dernière, puisqu'aux crédits rien n'apparaissait. J'ai fait la vérification dans tous les centres jeunesse du Québec pour savoir si le plan d'action existait, s'il y avait des centres de crise pour des jeunes, et la réponse a été très claire: la majorité des centres jeunesse ne peuvent pas appliquer, comme ils l'avaient dit, comme le président de l'ACJQ l'avait dit à la ministre l'année dernière par lettre.
Ils ne sont pas en mesure d'avoir un véritable plan d'action en santé mentale, notamment parce que les centres de crise, qui relèvent des CSSS, n'ont aucune place pour des moins de 18 ans.
Alors, je voudrais savoir de la part de la ministre: Qu'est-ce qu'elle a l'intention de faire par rapport à ce à quoi elle s'était engagée clairement lors de l'étude des crédits l'année dernière?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: Combien de temps il reste, M. le Président?
Le Président (M. Kelley): Dans le bloc, 20 secondes.
Mme Thériault: Dans le bloc, 20 secondes, oui.
Le Président (M. Kelley): Mais, j'imagine, vos collègues à ma droite vont vous permettre de compléter votre réponse, et on va passer aux questions des députés à ma droite après.
** (12 h 10) **
Mme Thériault: Oui. Merci, M. le Président. M. le Président, le député vient d'avouer que c'est historique, le sous-financement. Pourquoi le Parti québécois, quand il était au pouvoir, n'a pas corrigé la situation? Puis je veux peut-être juste lui rappeler, là, que le projet de loi n° 49 a été voté à l'unanimité, donc avec la collaboration de son propre parti. On va laisser la négociation se faire.
Il était où quand on l'a étudié, le projet de loi? Il était où? Il ne se souvient pas ce qu'il y a dedans? Tu sais, je comprends son ton, là. Il peut me poser des questions en Chambre à tous les jours, il a la possibilité. Je ne sais pas si c'est parce qu'il ne s'inscrit pas sur le rôle de questions, là, mais ça fait pratiquement un an que je n'ai pas eu de question en Chambre sur les dossiers jeunesse. Ça fait que ça ne me dérange pas, je suis aux crédits, je peux bien répondre, mais il peut me parler correctement, je vais lui répondre correctement.
Concernant ce qu'il vient d'affirmer, qui est encore faux, je le dis: Les équipes multidisciplinaires, O.K., de deuxième niveau soutiennent les intervenants psychosociaux en réadaptation qui travaillent auprès des jeunes. Dans chacun des centres jeunesse, ça a été déployé. Et tous mes gens ici, tous mes gens ici... Et, s'il remet... Il peut remettre en doute ma parole, il n'y a pas de problème, là, c'est correct. Je comprends qu'il aime ça dire que les politiciens, on ne peut pas leur faire confiance, c'est la tactique de son parti. Mais je n'accepterai pas qu'on remette en doute la parole de mon équipe qui travaille au bien-être des jeunes, M. le Président.
Donc, ce qu'il dit, c'est totalement faux. Et mon sous-ministre me dit que les programmes d'adaptation...
Une voix: ...
Le Président (M. Kelley): M. le député de Saint-Jean, question de règlement. M. le député.
M. Turcotte: M. le Président, la ministre, actuellement, impute des motifs à mon collègue député de Groulx, et j'aimerais ça que vous la rappeliez à l'ordre.
Le Président (M. Kelley): S'il vous plaît, Mme la ministre, un petit peu de prudence dans votre propos. On va retourner à l'essentiel de la question qui est faite par le ministre... par le député de Groulx.
Mme Thériault: Je vais retourner, M. le Président, à l'essentiel de la question. Donc, les programmes de réadaptation pour les jeunes qui souffrent de troubles mentaux sont là. Après, ne bougez pas, implantation d'équipes multidisciplinaires, santé mentale: 2 416 664 $. Le programme de qualification, ça, c'est à l'intérieur de la Stratégie d'action jeunesse, le déploiement des réseaux de sentinelles: 2,4 millions de dollars.
Donc, écoutez, là, on le fait, on investit de l'argent, on est le gouvernement le plus responsable pour s'occuper de nos jeunes, et je n'ai surtout pas de leçons à recevoir du Parti québécois sur les actions que mon gouvernement et que les ministres qui m'ont précédée dans mes fonctions... par rapport au travail qu'on a fait. Jamais je ne l'accepterai, M. le Président.
Le Président (M. Kelley): Merci beaucoup, Mme la ministre. Mme la députée de Trois-Rivières.
Mme St-Amand: Merci beaucoup, M. le Président. Alors, d'entrée de jeu, permettez-moi de vous saluer, saluer toutes les personnes qui participent à cette commission.
M. le Président, je l'ai déjà dit et je vais le redire avec fierté, vous savez que j'ai eu le privilège, dans ma première carrière, d'oeuvrer comme éducatrice pendant une quinzaine d'années, notamment pendant près de huit ans dans les centres jeunesse: au Pavillon Bourgeois, à Trois-Rivières, à Ville-Joie Saint-Dominique. Alors, d'entrée de jeu, vous me permettrez de saluer aussi mes anciens collègues, saluer particulièrement le directeur des centres jeunesse, M. Serge Bisaillon, qui fait un travail vraiment exceptionnel, et toute l'équipe des gens qui travaillent là.
Vous savez, les gens des centres jeunesse font un travail colossal. Ce sont des gens qui ont à coeur la rééducation de nos jeunes et ce sont des gens dédiés aussi. Et je peux vous dire que c'est vraiment... ça a été vraiment un beau privilège dans ma carrière de pouvoir travailler dans ce milieu-là.
Pénurie appréhendée de personnel
dans les centres jeunesse (suite)
J'aimerais aborder avec la ministre la main-d'oeuvre au niveau des centres jeunesse. On sait à quel point il est important d'avoir des intervenants qui ont à coeur l'évolution positive de nos jeunes dans leur quotidien. J'ai beaucoup d'admiration, évidemment, pour le travail qui est fait dans nos centres jeunesse.
Maintenant, on a un défi. On a un défi au niveau de la rétention, on a un défi au niveau du recrutement. Nos éducateurs, nos professionnels aussi vivent souvent des moments qui ne sont pas toujours faciles.
Alors, je voudrais savoir de la part de ma collègue: Quelles sont les mesures qui ont été mises en place pour favoriser la rétention et le recrutement de la main-d'oeuvre?
Le Président (M. Kelley): Mme la ministre.
Mme Thériault: Merci. Merci, M. le Président. C'est évident que le défi de la main-d'oeuvre -- on a abordé le sujet tout à l'heure brièvement -- c'est un défi qui se pose à la grandeur de la province, ça se pose particulièrement au niveau de la santé et des services sociaux, et je crois sincèrement que chaque profession doit adopter des moyens pour attirer des jeunes puis choisir une profession.
Vous savez que les centres jeunesse, comme je dis, ils ne font pas exception, malheureusement, et tout à l'heure j'ai énuméré brièvement, et je n'ai pas terminé, les différents outils qui avaient été mis de l'avant pour augmenter la visibilité des emplois qu'offre le réseau des centres jeunesse mais aussi pour augmenter la rétention de la main-d'oeuvre, et ça, je pense que c'est important.
Donc, en 2009, il y a eu un projet qui a été fait en partenariat avec Jobboom. Donc, ce qu'on a visé ici, c'était de valoriser l'image des centres jeunesse, parce que malheureusement, souvent, lorsqu'on dit à peu près n'importe quoi sur le réseau des centres jeunesse, on peut parler à travers son chapeau, ça ne contribue pas à donner une bonne image du travail qu'on fait en centre jeunesse. Puis je peux vous dire que, lorsque je vais sur le terrain et que je rencontre les intervenants, les intervenants sont heureux d'oeuvrer auprès des jeunes.
Et, quand on fait des annonces, que ce soient des annonces de partenariat, que ce soit quand on parle du programme Qualification jeunes, quand on parle des rénovations qui sont faites au niveau des bâtisses, qui contribuent à donner un meilleur environnement de travail aussi, les éducateurs sont particulièrement heureux des montants d'argent qu'on réinvestit dans le réseau des centres jeunesse.
Donc, avec Jobboom, autre que de valoriser l'image des centres jeunesse et de les représenter comme employeur, l'Association des centres jeunesse a fait un partenariat avec Jobboom. Donc, lors d'une première rencontre, l'association a convenu de développer un plan d'action dans le but d'atteindre les objectifs de recrutement et de rétention de main-d'oeuvre. Donc, évidemment, cette portion-là étant dans les mains des centres jeunesse, je suis convaincue que notre association fait un travail du tonnerre.
Il y a eu également Academos. Academos, c'est un site de cybermentorat qui met en relation des bénévoles et des jeunes qui se questionnent sur leurs choix de carrière.
Donc, je pense qu'il est important de pouvoir bénéficier de l'expertise dont nos employés dans le réseau ont su développer au fil des années. Et quoi de mieux pour vendre la profession et vendre le travail en centre jeunesse que quelqu'un qui est heureux?
Puis je suis convaincue que ça doit être pas mal plus facile pour les intervenants de dire aujourd'hui combien ils sont heureux de travailler dans les centres jeunesse, bien que ce ne soit pas toujours facile, là, j'en conviens, sauf que leurs conditions de travail, la diminution du nombre de jeunes sous leur responsabilité, les montants d'argent qu'on réinvestit massivement au niveau des bâtisses pour faire en sorte que les milieux de travail soient beaucoup plus conviviaux...
Écoutez, j'ai vu des bâtisses, là, qui dataient de 50, 60 ans et qui ont grandement besoin de rénovations, et ça fait toute la différence au niveau des espaces de vie pour les jeunes mais aussi pour les personnes qui travaillent dans le réseau.
Il y a eu... En continuité avec les activités qui ont été mises de l'avant par les centres jeunesse, l'Association des centres jeunesse prévoit faire une tournée des maisons d'enseignement. Donc, l'Association des centres jeunesse souhaite faire connaître le réseau des centres jeunesse aux conseillers en orientation.
Évidemment, il faut comprendre qu'on est dans un monde qui est très, très compétitif. Les employés qu'on a présentement dans notre réseau, vous savez, il y a beaucoup de travailleurs sociaux, mais les travailleurs sociaux ont le choix d'aller dans les CSSS, d'aller dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée, d'aller dans les hôpitaux. Le réseau de la santé et des services sociaux est très vaste. Ça peut être dans les centres de réadaptation en déficience physique. Ça peut être dans les centres de réadaptation en dépendance.
Ça peut être dans les centres de réadaptation en déficience intellectuelle, pour les enfants TED aussi. Ça peut être également dans le milieu monde... dans le merveilleux monde des organismes communautaires, beaucoup de travailleurs sociaux qui oeuvrent là.
Donc, évidemment, souvent tu vas y aller par affinité, et c'est là que ça... qu'on comprend toute l'importance de faire valoir le travail auprès de la jeunesse. Et je le dis, là, bien honnêtement, bien sincèrement, bien candidement, là: Les gens qui sont dans le réseau des centres jeunesse, quand les jeunes sortent, quand les jeunes partent, ils peuvent sincèrement dire: Mission accomplie, j'ai accompagné un jeune. Je l'ai aidé dans sa progression, je l'ai aidé à prendre conscience de la réalité. Et ils sont une grande, grande
partie de la clé pour pouvoir faire en sorte qu'on puisse régler les pénuries de main-d'oeuvre qui seront un défi pour les prochaines années.
Le Président (M. Kelley): Ça va?
Mme St-Amand: Bien, vous me permettrez un dernier commentaire, peut-être.
Le Président (M. Kelley): Oui, très rapidement, parce que, je pense, votre collègue à votre gauche aimerait poser une question aussi.
Mme St-Amand: Tout à fait. Alors, juste vous dire, M. le Président, que j'ai eu le privilège d'accueillir la ministre à plusieurs reprises dans le comté de Trois-Rivières et que je suis à même de témoigner que les gens apprécient grandement le travail de la ministre, apprécient grandement son empathie, son écoute et surtout tout l'investissement qu'elle fait auprès des centres jeunesse, parce que c'est une priorité pour elle. Merci.
Le Président (M. Kelley): Mme la députée de Jeanne-Mance -- Viger.
Application de la
Loi sur la
protection de la jeunesse
Mme Rotiroti: Merci, M. le Président. Ma question va porter sur l'application de la nouvelle loi, sur la
Loi sur la protection de la jeunesse. On sait que cette loi, la loi n° 125, a été adoptée le 15 juin dernier... le 15 juin 2006, excusez-moi. Et, dans la loi, on a formé un comité, en août 2006, sous la responsabilité de la Direction générale des services sociaux, un comité qui avait le mandat de s'assurer de la planification, la coordination et le suivi des différentes activités réalisées à l'intention du réseau social dans le cadre du processus de l'implantation de cette loi.
Ma première question, ma question, qui s'adresse à la ministre, est: Suite à la nouvelle
Loi sur la protection de la jeunesse, ça a engendré beaucoup de changements sur la réalité non seulement pour les jeunes, mais aussi pour les intervenants qui travaillent avec ces jeunes-là. Pouvez-vous nous exposer quels que sont les changements et de quelle façon le tout se traduit dans le quotidien afin de bien former et préparer ceux-ci?
** (12 h 20) **
Mme Thériault: Merci, M. le Président. Vous m'indiquez qu'il reste quatre minutes, donc je vais essayer de faire assez rapidement, parce que, quatre minutes pour toutes les actions, vous comprendrez que je pourrais en parler pendant très longtemps.
Mais effectivement il y a eu, pour commencer, des investissements budgétaires pour venir accompagner l'application de la nouvelle loi, comme vous avez si justement mentionné: le comité qui a été formé en 2006 pour la planification, la coordination et le suivi des activités.
Finalement, les activités, ce qu'elles touchaient, je pense que c'est important de le rappeler: il y avait le suivi et l'élaboration des règlements; l'information à la population ainsi qu'aux jeunes et aux familles directement touchés par la loi, qu'est-ce qu'on avait comme modifications et de quelle manière ça aurait un impact; la sensibilisation, la formation et l'instrumentalisation des intervenants sociaux et des gestionnaires du réseau, hein, je pense qu'il fallait aussi investir là-dedans, c'est important; la mise en place des mécanismes de collaboration entre les centres jeunesse et les ressources du milieu afin qu'il y ait la consolidation des services de première ligne, donc je pense que c'est important également; et l'adaptation des systèmes d'information.
Le comité, ce qu'il a fait tout d'abord, c'est qu'il a adopté un plan de travail très détaillé pour chacune des activités que je vous ai mentionnées. Donc, il y a eu... De plus, deux sous-comités qui, eux, travaillaient sur la révision du Manuel de référence sur la protection de la jeunesse ainsi que sur l'évaluation de la nouvelle loi, la LPJ, ont aussi été formés. Donc, évidemment, le Règlement sur la révision de la situation d'un enfant a été édicté et est entré en vigueur depuis le 6 septembre 2007. Le Règlement sur les conditions du recours à l'hébergement en unité de... intensif, ça, c'est rentré le 8 novembre 2007.
On a aussi eu le Règlement instituant le registre sur les enfants ayant fait l'objet d'un signalement. Donc ça, il y a eu la... une prépublication en février 2007 et la mise en vigueur en avril 2009. Et ça, c'est un point qui est très important, parce qu'auparavant, si la famille demeurait, exemple, dans Chaudière-Appalaches et qu'elle déménageait dans la magnifique région des Laurentides, il n'y avait absolument aucun moyen de savoir si l'enfant avait déjà été signalé.
Donc, en instituant ce registre-là, peu importe l'historique d'un enfant ou d'une famille, s'il y a eu un signalement, même s'il y a beaucoup de déménagements à répétition, l'historique suit dorénavant les enfants et les familles, donc ce qui nous permet vraiment d'être beaucoup plus efficaces au niveau des interventions à faire. Et tout de suite les intervenants, lorsqu'ils vont consulter les dossiers, même si c'est une nouvelle famille qui vient d'arriver dans une région, qui est
partie d'une autre, ont accès à l'information si cet enfant-là ou la famille a déjà été signalé dans le passé dans sa région d'origine ou la région qu'elle occupait précédemment.
Le Président (M. Kelley): Dernier court commentaire?
Mme Rotiroti: Oui. Bien, dans le fond, c'est... Oui, effectivement, ça va être un commentaire. Je voulais juste vous dire: Moi, j'ai le privilège de travailler avec la ministre, en étroite collaboration avec elle, et je peux vous dire qu'on est très chanceux de l'avoir en services sociaux, parce que c'est quelqu'un qui met toute son énergie et elle a la cause à coeur. Et je pense qu'on est très chanceux de l'avoir où est-ce qu'elle est. Merci.
Le Président (M. Kelley): Merci beaucoup pour... Ça met fin à notre échange sur le volet Protection de la jeunesse.
Je vais maintenant suspendre nos travaux jusqu'à 15 heures afin de terminer l'étude du volet Santé des crédits budgétaires de portefeuille Santé et Services sociaux. Bon appétit, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 24)
(Reprise à 15 h 3)
Le Président (M. Kelley): À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de la santé et des services sociaux reprend ses travaux. On est dans notre dernier droit de notre saison des crédits 2010-2011.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements pour la séance de cet après-midi?
La Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Drainville (Marie-Victorin) remplace Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve).
Santé
Discussion générale
Le Président (M. Kelley): Merci beaucoup. Je vous rappelle que la commission est réunie afin de terminer l'étude du volet Santé des crédits budgétaires du portefeuille Santé et Services sociaux pour l'année financière 2010-2011. Nous avons commencé à 15 h 2, alors nous allons continuer jusqu'à 18 h 2 pour respecter l'enveloppe.
Deuxièmement, pour cet après-midi, on va faire l'alternance, en commençant avec un bloc réservé aux députés ministériels. Il y aura un bloc de 15 minutes cet après-midi pour le député de Mercier, mais, pour le reste, on va juste faire l'alternance jusqu'à l'épuisement du temps, en rappelant qu'il faut faire un vote sur les programmes liés à la santé à la fin de la séance, vers 18 heures.
Alors, sans plus tarder, je suis prêt à commencer le premier bloc cet après-midi. Et je vais céder la parole à Mme la députée de Hull.
Mme Gaudreault: Merci beaucoup, M. le Président. Alors, bienvenue à tous. Alors, nous poursuivons sur cette belle lancée d'il y a quelques jours. Je voudrais saluer les collègues du premier groupe de l'opposition, mes collègues du côté ministériel, M. le ministre et son équipe d'experts.
Alors, nous nous étions laissés... Bien, je voudrais d'abord faire une petite mention, parce que c'est la Journée nationale du sport et de l'activité physique aujourd'hui. Et on parle beaucoup de santé, de services sociaux, et tout ça, et je crois que c'est une belle initiative du gouvernement du Québec pour rappeler à tout le monde que, pour rester loin de notre réseau de la santé, il faut y aller avec la prévention, il faut avoir de saines habitudes de vie, faire de l'activité physique le plus souvent que possible.
Et je pense que nos agences et les directions de santé publique font du très, très bon travail en ce sens-là. Et je voulais le souligner aujourd'hui parce que c'est très, très important et c'est de ça dont il est question lorsqu'on parle de santé. Alors, voilà.
Conditions de travail du personnel
du réseau de la santé (suite)
Nous nous étions laissés avec... J'avais mentionné, il y a deux jours, qu'on entendait beaucoup parler dans les médias de l'épuisement du personnel médical, de leurs conditions de travail, des taux d'absentéisme. Et puis on entend beaucoup de choses, et je voulais profiter de cette étude de crédits pour entendre les experts.
C'est sûr qu'on peut toujours dire « toujours » et « jamais » , mais je ne crois pas que ce soit le lot de tout le monde, de toutes les régions, de tout le... du réseau, et je voudrais voir si c'est une impression, une idée générale, voire un jugement de valeur par rapport à ce qui se passe au sein de notre réseau de la santé, parce que notre capital humain, nos ressources humaines sont essentiels pour livrer les services à la population.
Alors, je crois qu'il y a quelqu'un de votre équipe... je crois, M. le Président, qu'il y a quelqu'un de l'équipe du ministre qui pourrait peut-être venir nous parler de la réalité au sein du réseau de la santé. Alors, je crois que c'est M. Delamarre, qui est là.
Le Président (M. Kelley): M. le ministre.
M. Bolduc: M. le Président, je demanderais à M. Michel Delamarre de venir parler de la question que la députée de Hull nous a fait mention.
Le Président (M. Kelley): Alors, selon nos habitudes, est-ce qu'il y a consentement pour permettre la participation de M. Delamarre à nos délibérations? Consentement. Alors, la parole est à vous, monsieur... Si vous pouvez bien vous identifier pour les fins de l'enregistrement.
M. Delamarre (Michel): M. le Président. Michel Delamarre, sous-ministre adjoint, Personnel réseau et ministériel.
Donc, je vais vous donner quelques informations concernant l'absentéisme, particulièrement l'assurance salaire et peut-être quelques autres données aussi autour de chiffres que j'ai actuellement. On a mené aussi une étude assez détaillée à partir des banques que, nous, on a au ministère pour tenter d'identifier clairement où sont... c'est quoi, les motifs d'absence qu'on trouve le plus dans notre réseau, l'évolution aussi que ça a eu puis comment on peut se comparer, certaines données, avec d'autres entreprises ou d'autres réseaux.
Alors, on a travaillé en collaboration aussi avec des chercheurs, entre autres de l'Université Laval, et d'autres personnes qui nous ont accompagnés dans une démarche. On est actuellement à finaliser l'analyse au niveau de ces données-là.
Il y a des données, somme toute, je vous dirais, et il y a eu aussi... au fil des années, il y a eu une augmentation de l'assurance salaire, et ce qui a fait en sorte que, dans nos ententes de gestion, on a ciblé particulièrement auprès de nos établissements. Il y avait un consensus pour permettre d'enrayer, si on veut, cette augmentation-là, si bien que, depuis cinq ans, ce qu'on peut constater, de 2005-2006 à aujourd'hui, 2009-2010, avec les tendances qu'on a aux dernières périodes, il n'y a pas eu d'augmentation; au contraire, une légère diminution.
Mais, je pense, c'est encourageant de voir qu'on est passés de 5,74 à 5,55. Donc, on a, si on veut, infléchi la courbe d'augmentation, stabilisé, et on espère que la lancée va se poursuivre dans ce sens-là. Particulièrement pour les infirmières, qui nous préoccupent beaucoup à ce moment-ci, on avait un taux à 5,81, 2005-2006, et aujourd'hui il est à 5,51. Donc, on voit aussi que, pour les infirmières, ça, quand même, suit la courbe actuellement.
Donc, on peut y voir là, je pense, à la limite, un début de bonne nouvelle, je pense... ou, à tout le moins, le taux d'assurance salaire semble stagner et même commencer à infléchir.
Alors, on s'est donné aussi dans notre plan stratégique, avec le réseau, des objectifs de réduction, pour les cinq prochaines années, de l'ordre de 10 % par rapport à notre taux d'absentéisme. Donc, il y a une volonté et mobilisation du réseau justement pour travailler à ce niveau-là.
Un élément qu'on constate, entre autres, c'est qu'on entend beaucoup parler des problématiques reliées aux motifs... aux absences liées à la santé mentale. Effectivement, dans le réseau, le motif d'absence le plus élevé, c'est au niveau de la santé mentale, pour 34 %. Ce taux-là n'a pas augmenté au fil des ans, donc il est resté relativement stable.
Et les données qui ont fait l'objet de l'analyse aussi font en sorte que, bien que c'est le motif le plus important d'absence, quand on se compare avec des données qui viennent des compagnies d'assurance donc dans d'autres réseaux ou d'autres types d'entreprises, on est plus bas en termes de ratio d'absence pour des problèmes de santé mentale. Alors, on peut aller jusqu'à 40 % à 50 % de taux d'absentéisme relié à des motifs au niveau de la santé mentale.
Donc, contrairement, des fois, à ce qu'on pourrait penser dans notre réseau, il n'y a pas plus d'absences pour des motifs de santé mentale, et même les données nous indiquent au contraire qu'on est plus bas en cette matière que d'autres réseaux ou d'autres types d'entreprise. Et les données sont relativement stables. Ça ne vient pas faire en sorte qu'il ne faut pas pour autant être préoccupé par ce type d'absence là et l'absentéisme de façon générale, mais c'est quand même des données qu'on a qui sont objectives aujourd'hui.
** (15 h 10) **
Un constat qu'on fait, c'est que, là où il y a eu une légère augmentation, c'est au niveau des maladies musculosquelettiques, où notre pourcentage pour ce type de motif-là est passé de 4,7 à 7,9. Donc, vous comprendrez que ça va faire l'objet d'attention particulière, au cours des prochaines années, de travailler particulièrement sur ces motifs d'absence reliés aux maladies musculosquelettiques.
Donc, ça nous donne quand même des données par rapport à l'absentéisme. Donc, en résumé, on voit qu'il y a eu... on a infléchi, là, une courbe qui était en progression. On est vraiment à un taux qui est plus stable et même une légère diminution, de façon générale.
Ce qu'on constate aussi dans nos données, c'est que, quand les gens atteignent l'âge de 30 ans, donc dans une strate de 30 à 39 ans, le taux d'absentéisme augmente de façon significative. Donc, il y a une analyse qui n'est pas terminée encore là-dessus, mais on peut penser, entre autres, que les... ces absences-là qui arrivent à cet âge-là peuvent être en lien avec des responsabilités parentales aussi qu'on a. Je pense qu'il peut y avoir...
Je ne suis pas en train de vous dire qu'on a fait un lien scientifique, mais on pourrait quand même penser à ce moment-ci, et ça fait l'objet de l'analyse: Qu'est-ce qui fait qu'on arrive avec cette strate d'âge là et particulièrement une augmentation importante de l'assurance salaire? Donc, ça peut être un motif, il y en a peut-être d'autres, on va continuer, mais il y a quand même des indications qui nous disent qu'il y a une strate d'âge qui est particulièrement ciblée.
Donc, 30-39 ans, on voit qu'au début de la trentaine il y a une augmentation significative, et ça se stabilise, et ça, même, réduit un petit peu dans la strate d'âge 40-50 ans.
Donc, c'est des données comme ça que, nous, on veut regarder puis être capables d'identifier plus clairement comment on peut travailler justement ces groupes cibles. Donc, une attention particulière à porter aux absences liées aux lésions musculosquelettiques. Une attention particulière à porter aussi aux groupes d'âge qui sont spécifiquement 30-39 ans et voir qu'est-ce qui fait que les gens s'absentent particulièrement dans cette période.
Aussi, on a des données plus spécifiques ventilées par type d'emploi et on constate à certains égards que certains types d'emploi sont plus touchés par l'absentéisme que d'autres. Donc, effectivement, ça va faire l'objet aussi d'attention particulière au cours des prochaines années.
Un autre élément aussi, bien qu'ici on ne parle pas d'assurance salaire, mais je veux le porter à votre attention, vous comprendrez qu'il y a eu beaucoup et il y a encore beaucoup de départs à la retraite. On a augmenté nos cohortes d'étudiants, si bien qu'on a une entrée massive aussi de jeunes infirmiers, infirmières et de l'ensemble du personnel dans le réseau qui arrivent, et on a une recrudescence importante des congés parentaux. Donc ça, effectivement, ça a un impact important quand on parle de pénurie de personnel actuellement.
Bien sûr, on veut tenter de réduire l'utilisation de la main-d'oeuvre indépendante et l'utilisation du temps supplémentaire, et en même temps on a une recrudescence importante des heures d'absentéisme.
Je veux vous rassurer toutefois, par exemple: on tend à diminuer l'absentéisme, mais on ne tend pas à diminuer, quand même, les congés parentaux, parce qu'on sait que c'est une bonne cause quand même et on favorise, au contraire, que les gens puissent avoir des bébés. Mais ça a quand même un impact important dans notre réseau où on trouve une clientèle... pas une clientèle, mais on trouve des employés... un nombre important, une majorité féminine. Donc, c'est aussi, là, un élément important pour nous, dans notre réseau particulièrement.
Le Président (M. Kelley): Mme la députée de Hull.
Mme Gaudreault: Merci, M. le Président. J'aurais une petite sous-question. Nous avons tellement de très bonnes politiques familiales, alors je comprends pourquoi le personnel médical fonde des familles et puis a des enfants.
Alors, je veux juste... j'avais... Comme je vous disais, à
titre de députés, on est très sensibles à tous les articles qui paraissent au sujet de la qualité de vie et puis de l'épuisement du personnel, et tout ça. J'avais lu dans un
article que ça touchait surtout les employés à temps partiel. Est-ce que, vous, vous avez des données qui... L'épuisement, je veux dire, est-ce que vous avez des données qui indiquent ça ou si c'était plutôt parcellaire?
M. Delamarre (Michel): Je ne les ai pas avec moi puis je ne voudrais pas m'avancer sur une réponse sans vraiment avoir les données. Je pourrai les ressortir et éventuellement les ramener ici, là.
Mme Gaudreault: D'accord, d'accord. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Kelley): Merci, Mme la députée. Mme la députée de Soulanges.
Projet de centre hospitalier
dans Vaudreuil-Soulanges
Mme Charlebois: Merci, M. le Président. Alors, bonjour, M. le ministre, et bonjour à toute votre équipe et, bien entendu, tous ceux qui vous accompagnent. Mais je suis particulièrement heureuse d'être ici aujourd'hui. Vous savez, il y a beaucoup d'enjeux dans notre coin de la Montérégie, au niveau de la santé, qui nous interpellent, et je suis interpellée personnellement à
titre de députée de Soulanges, mais aussi le député de Vaudreuil l'est également.
Comme vous le savez, vous êtes déjà sensibilisé, M. le ministre, au fait qu'on a une croissance populationnelle très, très, très importante dans Vaudreuil-Soulanges. Et vous savez aussi que notre situation géographique est particulière par rapport à l'ensemble de la Montérégie: on est près de Montréal, on est en bordure de l'Ontario, on est à l'extrême ouest de la Montérégie. Bref, notre situation géographique fait en sorte que nous allons chercher des services partout parce que, chez nous, on n'en a pas.
Vous savez qu'actuellement on a une population... Officiellement, là, c'est 135 000, les statistiques de population, 135 000. On prévoit une croissance très importante et, en ce sens-là, si ma mémoire est bonne, d'ici 2016 nous devrions être à 175 000 de population. Et Vaudreuil-Soulanges est un secteur où j'oserais dire que nous sommes les seuls au Canada qui n'avons pas de centre hospitalier avec cette quantité de population actuellement.
Évidement, ça interpelle beaucoup de gens à partir de la population, évidemment, qui doivent se déplacer pour aller chercher les services ailleurs, que ce soit à Montréal, ailleurs en Montérégie. On pense au Centre hospitalier du Suroît, au Centre hospitalier Anna-Laberge. J'ai même des gens qui m'ont parlé qu'ils allaient à Ormstown et aussi à d'autres centres hospitaliers.
Il y a aussi... En plus de la population qui est interpellée, vous savez, on a plusieurs groupes qui ont fait des revendications. Vous avez été sensibilisés à ça. Il y a notamment les élus de l'ensemble de la MRC. Il y a un comité d'élus, comité ad hoc, si on peut dire, qui a été mis sur pied pour vous faire des représentations évidemment et pour appuyer, faire la demande d'un centre hospitalier, de construction de centre hospitalier. Notre CSSS, évidemment les représentants du CSSS et tout, là, l'appareil sont en demande aussi à ce niveau-là, au niveau de ces infrastructures-là mais des services qui s'y rattachent, évidemment.
Et il y a un comité de citoyens qui s'est mis sur pied, qui s'impose et qui a fait une tournée pour valider les besoins de la population, parce qu'on s'est dit: Ce serait intéressant de savoir ce que l'ensemble de la population pense de ça. Et, suite à ça, il y a eu des représentations de faites auprès du député de Vaudreuil et auprès de moi, mais évidemment à votre endroit, qui... Vous êtes venu dernièrement rencontrer ces gens-là, et ce que, nous, les députés du caucus libéral... On a fait aussi des représentations auprès de vous parce qu'on pense que la construction d'un centre hospitalier dans Vaudreuil-Soulanges permettrait une meilleure coordination des services.
Ceci étant, là, je parle régionalement parlant, pas juste pour Vaudreuil-Soulanges, comme vous le savez, l'agence de santé de la Montérégie a produit une superbelle étude, que j'ai pris le temps de regarder, et on nous parle là-dedans... ça confirme, cette étude... En fait, c'est intitulé Un rapport d'analyse sur la consommation de services hospitaliers par la population de Vaudreuil-Soulanges et une démonstration des besoins . Et, dans ce document, on fait état de la croissance de la population. On a aussi des scénarios de projection de cette croissance-là qui, à mon avis, sont vraiment prudents.
Les scénarios sont faits sur une base vraiment de prudence, parce qu'on sait que toutes les statistiques, jusqu'à ce jour, pour Vaudreuil-Soulanges, de prévoyance, là, de croissance populationnelle ont été dépassées. Là-dedans, on fait aussi état du vieillissement accéléré de la population dans Vaudreuil-Soulanges. Évidemment, on sait que la Montérégie vieillit plus vite qu'ailleurs au Québec, mais, dans la Montérégie, c'est Vaudreuil-Soulanges qui a ce phénomène-là. Mais en même temps on a un phénomène d'explosion de naissances.
Je pense que c'est dans notre coin, je pense, qu'on change la statistique au Québec, en fait. Bref, on a plusieurs enjeux qui nous interpellent.
À la fin du document -- et je vous laisserais en parler, en fait -- il est établi que l'implantation d'un nouvel hôpital dans Vaudreuil-Soulanges devrait pouvoir compter 250 lits, autour de 250 lits -- mais, moi, je ne suis pas une experte là-dedans, M. le ministre -- pour combler le besoin en lits.
Alors, moi, j'aimerais ça si vous pouviez nous donner un peu plus de détails sur le projet qui est sur la table, si vous avez des échéanciers, et comment ça va aller pour la suite des choses, parce que les gens de Vaudreuil-Soulanges sont vraiment impatients de voir la construction de ce centre hospitalier là pour servir la population, permettre un meilleur accès à la population à des services de proximité, parce que, si on dit... dans le contexte où on veut rapprocher les services de la population, je pense que la construction d'un centre hospitalier pour une population bientôt de 175 000 -- c'est demain, 2016, là -- je pense que ce serait un bon indicateur.
** (15 h 20) **
Le Président (M. Kelley): Et le président va suivre la réponse avec intérêt, parce que, comme député de l'Ouest-de-l'Île de Montréal, je pense, ça fait
partie des solutions pour les problèmes à l'Hôpital général du Lakeshore. M. le ministre.
M. Bolduc: Merci, M. le Président. Dans un premier temps, je pense qu'il faut expliquer que Vaudreuil-Soulanges, c'est dans la Montérégie-Ouest. C'est près de la région de Valleyfield, où est-ce qu'il y a le CSSS du Suroît, puis il y a également le CSSS du Haut-Saint-Laurent, où est l'Hôpital Barrie Memorial.
Barrie Memorial, voilà deux semaines, lorsque je suis allé dans la Montérégie-Ouest, on a fait l'inauguration d'un nouveau CT scan et d'une nouvelle salle d'urgence, et on peut dire que Barrie Memorial et le CSSS du Haut-Saint-Laurent, en termes de services, pour la grosseur du CSSS, c'est très bien desservi avec... Il y a eu des investissements majeurs de notre gouvernement récemment.
Du côté de Valleyfield, ils reçoivent une
partie de la clientèle également de Vaudreuil-Soulanges, ce qui fait qu'un hôpital qui est construit pour environ 50 000, 55 000 habitants doit en desservir entre 80 000 et 85 000 en termes d'hospitalisation. 50 % de la population de Vaudreuil-Soulanges consulte au Suroît, et il y a 50 % de la population de Vaudreuil-Soulanges qui consulte également dans le secteur du Lakeshore.
Ce que ça amène comme dynamique: ça met de la pression sur le Suroît et ça met de la pression sur le Lakeshore, ce qui fait que, quand vous regardez le secteur, géographiquement, c'est un assez grand territoire et démographiquement c'est un des territoires avec la plus grande croissance de population au Québec. Et, comme vous le disiez si bien, on est passé de 90 000 à 130 000 et, d'ici environ cinq ans, on devrait passer à autour de 175 000. Et on peut penser que ça va continuer à croître.
Pour régler les problématiques de santé dans ces secteurs-là, l'étude qui a été produite démontre définitivement que ça prendrait un nouvel hôpital. Là, il faut mettre les choses en termes de contexte. Il y a quelques années, on parlait d'un centre ambulatoire, mais un centre ambulatoire continuerait quand même à mettre de la pression sur le Suroît et également sur le Lakeshore.
Ça fait que, plutôt que d'agrandir le Lakeshore de façon incroyable et, le Suroît, pratiquement augmenter la superficie de 50 % à 100 %, le meilleur scénario pour approcher les soins près de la population, c'est tout simplement avoir un nouvel hôpital dans le coin, dans le secteur de Vaudreuil-Soulanges. Et ce que vous avez dit est vrai, c'est le seul secteur au Canada où, quand vous avez une population de plus de 50 000, que vous n'avez pas d'hôpital. Donc, le plan, c'est définitivement d'avoir un hôpital complet, avec des soins ambulatoires, dans le secteur de Vaudreuil-Soulanges.
En même temps, au niveau du Suroît, c'est un hôpital qui a besoin de rénovations, puis eux autres ont déposé un plan pour des rénovations qui, comme je l'ai dit quand... lorsque je suis allé dans votre région, il y a deux semaines, c'est deux projets d'une grande valeur, et les deux projets évoluent séparément. Et puis il n'y a pas d'interaction entre les deux projets. Donc, on peut réaliser l'un ou l'autre des projets, et on a l'intention de les réaliser les deux parce qu'il y a des besoins pour les deux.
C'est quoi, l'installation qu'on a besoin dans le secteur de Vaudreuil-Soulanges? Un hôpital complet, environ 250 lits, ce qui donne comme perspective un hôpital que vous êtes allée visiter avec le député de Vaudreuil, un hôpital de la grosseur approximative de Pierre-Le Gardeur. Je vous dirais que le modèle de Pierre-Le Gardeur, c'est vraiment le modèle qu'on doit implanter à Vaudreuil-Soulanges.
Également, on va se donner une perspective que, quand on va le construire, ne sachant pas la population qu'il va y avoir dans 15, 20 ou 25 ans, on va se garder une possibilité également d'augmenter le nombre de lits, au cas où est-ce qu'un jour ça deviendrait nécessaire. Donc, l'installation qui va être mise en place dans le secteur de Vaudreuil-Soulanges, ça va être un hôpital complet avec tous les services. Et ça va être un hôpital d'environ 200, 250 lits. L'évaluation finale va venir en temps et lieu.
Où nous en sommes rendus dans les travaux? Un, c'était de réaliser le besoin. Ça a été confirmé par une étude, et actuellement nous sommes à l'épisode de planifier avec le CSSS de Vaudreuil-Soulanges, de voir comment on peut faire pour préparer le projet au niveau budgétaire, faire également des préparatifs, là, c'est le type d'établissement en termes de plan, donc ça nous prend des préliminaires, et ça, c'est du travail qu'on va demander à ce qu'il soit fait avec la Corporation d'hébergement du Québec. Donc, au cours des deux prochaines années, c'est le travail de préparation pour ce type de projet.
Le terme de... En termes de délai, tout dépendant de la vitesse des travaux, bien, on va pouvoir agir à ce moment-là pour la question de la... Les gens aiment toujours parler de première pelletée de terre. On ne peut pas le prévoir encore...
Le Président (M. Kelley): En conclusion, M. le ministre. En conclusion.
M. Bolduc: ...on ne peut pas le prévoir encore, parce qu'il faut qu'il y ait... les travaux avancent encore un peu plus, mais je suis quand même très positif que c'est un dossier qu'on peut réaliser, là, avant la croissance importante qu'il va y avoir au cours des prochaines années.
Le Président (M. Kelley): Merci beaucoup, M. le ministre. M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville: Merci, M. le Président. Est-ce que le ministre peut déposer les études qu'il a sur le projet d'hôpital dans Vaudreuil-Soulanges et également les études, documents et autres analyses également concernant les travaux devant être effectués à l'Hôpital du Suroît?
M. Bolduc: Oui. C'est des documents qui vont pouvoir être disponibles, là, sans aucune difficulté.
Le Président (M. Kelley): On va les transmettre à la secrétaire de la commission. Merci, M. le ministre.
M. Drainville: Très bien. Alors, on n'a pas beaucoup de temps cet après-midi, M. le ministre, puis vous savez qu'en notre compagnie respective le temps passe tellement vite, hein, n'est-ce pas? Alors... Et évidemment, avec tous les collègues d'en face, ça passe, c'est comme un charme, un charme. Alors...
Une voix: ...
M. Drainville: Oui. C'est parce que ça achève, faites-vous-en pas.
Le Président (M. Kelley): ...
Révision du rôle du pharmacien
M. Drainville: Sur le rôle... Oui, voilà. Sur le rôle des pharmaciens, M. le ministre, est-ce que... Bon, vous savez qu'il y a un certain nombre de provinces qui ont décidé de donner un rôle aux pharmaciens dans le renouvellement des prescriptions, notamment.
Est-ce que vous envisagez un tel rôle pour les pharmaciens du Québec, de telle façon à ce qu'on puisse, par exemple, leur permettre de renouveler des prescriptions plutôt que d'obliger des patients à aller attendre de longues heures dans un cabinet de médecin pour obtenir le renouvellement de leurs prescriptions ou encore, dans certains cas, ce qui est encore plus ridicule, de se rendre à l'urgence pour obtenir le renouvellement de leurs prescriptions?
Le Président (M. Kelley): M. le ministre.
M. Drainville: ...ridicule, évidemment, dans le sens de l'utilisation des ressources. C'est une très mauvaise utilisation des ressources que d'obliger un patient à aller attendre des heures de temps à l'urgence et de solliciter évidemment des ressources qu'on pourrait utiliser autrement.
Le Président (M. Kelley): M. le ministre.
M. Bolduc: Merci, M. le Président. Bien, je remercie le député de Marie-Victorin pour le ton harmonieux de début de discussion. Oui, c'est dans nos objectifs de revoir les rôles des différents professionnels. On parle des pharmaciens, on parle également des infirmières, les infirmières praticiennes spécialisées qu'on veut former au cours des prochaines années.
Du côté des pharmaciens, vous comprendrez que c'est des discussions également qu'il doit y avoir entre les différents ordres professionnels, parce que la prescription, actuellement, c'est l'apanage des médecins. Mais on sait que, dans d'autres provinces, il y a des represcriptions qui peuvent être faites. Entre autres, un exemple, on peut represcrire une fois pour trois mois pour dépanner un patient qui n'est pas capable de voir son médecin.
J'ai rencontré l'Ordre des pharmaciens il y a deux semaines. Nous en avons fait la discussion puis nous avons fait également la discussion de la révision du rôle du pharmacien pour qu'il puisse occuper une plus grande place au niveau de notre réseau de la santé et des services sociaux. Et c'est des discussions que nous avons actuellement.
Personnellement, moi, j'ai une volonté de pouvoir améliorer justement ce type de pratique où les professionnels sont plus autonomes. Là, il faut faire quand même attention, parce qu'il y a différents types de professionnels impliqués. Il y a également des implications au niveau des soins aux patients. Puis je vous dirais que notre volonté, selon les compétences de chacun des professionnels, c'est de leur faire faire le maximum pour qu'ils puissent aider nos patients.
M. Drainville: Alors, est-ce qu'on peut...
Le Président (M. Kelley): M. le député.
M. Drainville: Merci, M. le Président. Est-ce qu'on peut avoir une idée? D'abord, est-ce que vous avez un plan? Y a-tu un plan que vous pourriez nous déposer? Y a-tu, je ne sais pas, moi, des orientations? Est-ce qu'il y a quelque chose qu'on pourrait... qui pourrait nous donner une indication de ce que vous visez et dans quel échéancier vous le visez?
M. Bolduc: La première étape, c'est d'en faire la discussion avec les ordres des pharmaciens, ce que nous avons fait la semaine dernière. Ils nous ont déposé des orientations de leur part, et c'est des orientations qu'on va prendre connaissance, et par la suite on va discuter également avec les autres professionnels. C'est un dossier, je dois vous avouer, que, si on veut faire dans l'harmonie, avant d'établir des plans puis avant d'établir des documents, c'est important d'en faire la discussion entre les différentes parties intéressées.
M. Drainville: O.K. Mais est-ce que vous acceptez le principe que les pharmaciens, pharmaciennes jouent un rôle dans le renouvellement des prescriptions? Est-ce que ça, pour vous, ce principe-là, il est acquis, maintenant on doit discuter des modalités d'application?
M. Bolduc: C'est un rôle que l'on voit qu'ils vont pouvoir jouer dans le réseau de la santé, mais, comme vous dites, il y a des modalités d'application. Juste vous donner un exemple, puis ça a été discuté avec l'Ordre des pharmaciens: ça ne veut pas dire que le pharmacien va pouvoir prescrire demain matin au patient, mais ça veut peut-être dire que, dans certaines conditions... Puis je vous donne l'exemple, la modalité la plus fréquente: un patient arrive à la fin de sa prescription, il n'est pas capable d'avoir un rendez-vous avec son médecin, il y aurait une prescription qui pourrait être faite par le pharmacien pour un trois mois, selon certaines conditions.
Également, pourquoi on ne peut pas trop aller dans le détail, il y a des discussions par rapport à chacun des médicaments. Il y a une différence entre les médicaments. Mais je vous dirais que nous sommes ouverts à faire la discussion avec les différents ordres professionnels pour avoir un travail qui est plus approprié pour le pharmacien au niveau de la represcription.
Le Président (M. Kelley): M. le député.
** (15 h 30) **
M. Drainville: Est-ce qu'on a une idée des coûts que ça pourrait entraîner? Parce que, bon, il y a le Nouveau-Brunswick notamment qui le fait. J'ai des chiffres ici, là. Les pharmaciens du Nouveau-Brunswick qui effectuent 20 000 prescriptions par mois, on doit avoir une idée de combien ça leur coûte là-bas. Les Ontariens également ont fait des études. Est-ce qu'on a une idée un peu des coûts qui sont... que ça implique, ça, en termes de dépenses publiques, là?
M. Bolduc: On ne peut pas le calculer parce que ça va dépendre des modalités qu'on va prendre en... qu'on va mettre en place. L'autre, juste pour vous donner un exemple, c'est quand on va... Quand le pharmacien va faire la represcription, est-ce que ça fait
partie de la represcription habituelle puis qu'on ne paie pas le pharmacien? Est-ce que ça indique, je veux dire, que nos médecins vont moins voir les patients? C'est des discussions qu'on doit avoir selon les modalités qui vont être mises en place.
Le Président (M. Kelley): M. le député.
Infirmières praticiennes
spécialisées (suite)
M. Drainville: Sur les infirmières praticiennes spécialisées, les superinfirmières comme on les appelle, lors du congrès de l'Ordre des infirmières, vous vous étiez engagé à créer 500 postes d'IPS. Bon, je ne veux pas... Encore une fois, M. le ministre, on s'entend tous les deux sur le principe qu'il faut donner une plus grande place aux infirmières dans notre réseau de la santé, et, nous, on souhaite la création de ces postes de superinfirmières le plus rapidement possible.
Là où on a un désaccord, c'est que, nous, on trouve que vous n'avez pas mis l'accent là-dessus suffisamment depuis que votre parti, depuis que le gouvernement actuel est au pouvoir. On pense que ça aurait dû se faire beaucoup plus rapidement. Mais, cela étant dit, mettons de côté un peu le passé puis essayons de voir comment est-ce que vous allez vous y prendre pour créer ces 500 postes là. D'abord, est-ce que vous réitérez votre objectif?
Deuxièmement, est-ce qu'on parle d'infirmières de première ligne ou on... Parmi les 500, est-ce que c'est 500 infirmières de première ligne ou est-ce que c'est 500 infirmières praticiennes spécialisées dont un certain nombre serait de première ligne -- ce que vous nous préciserez, j'espère -- et le reste en spécialité? Et est-ce que vous pouvez nous donner une idée de l'échéancier en termes de déploiement? Parce que, je rappelle, là, pour les gens qui nous écoutent, en 2003, votre prédécesseur, M. Couillard, avait dit: D'ici 2006, on va former et embaucher 75 superinfirmières en néphro, cardio et néonatalogie.
Six ans plus tard, on a 11 superinfirmières en néonatalogie, 18 en cardio, 10 en néphro. Donc, au total, 39 superinfirmières pour ces trois spécialités, puis on est en 2010, pas en 2006. Et pour ce qui est des infirmières de première ligne, on en a présentement 19. Il y en a 116 qui se préparent, qui sont aux études. En Ontario, ils sont déjà... ils ont dépassé le chiffre de 1 000.
Le Président (M. Kelley): M. le ministre.
M. Bolduc: Bon. Dans un premier temps, pour clarifier, l'Ontario, ils ont dépassé un chiffre de 1 000 parce que ça fait 20 ans qu'ils ont des infirmières praticiennes spécialisées. Donc, ça ne remonte pas à cinq ou six ans qu'ils ont fait la formation. Culturellement, dans les provinces anglaises, les infirmières praticiennes spécialisées ont toujours occupé un certain rôle, puis il y a un déploiement qui s'est fait au cours des 20 dernières années.
Nous sommes allés visiter le système en Ontario, et il semble qu'on ait... on appelle ça des infirmières praticiennes spécialisées. Au Québec, on a quand même nos infirmières cliniciennes, dans les groupes de médecine de famille, qui font, je vous dirais, à peu près 75 %, 80 % de la tâche d'infirmière praticienne spécialisée, sauf qu'elles ne peuvent pas prescrire.
Donc, le Québec n'est pas si en retard que ça. Et je vous ferai remarquer qu'il y a au-dessus de 200 groupes de médecine de famille. Donc, on peut estimer que c'est environ 400, 450 infirmières déjà qui font un travail de collaboration avec les médecins. Et, comme je vous dis, ce n'est pas le travail d'infirmière praticienne spécialisée, mais, pour avoir travaillé avec eux pendant plusieurs années, c'est un travail de collaboration très proche et à un niveau de plus que quand on fait juste prescrire à l'infirmière. Ils font de la prise en charge des patients avec les maladies chroniques.
Dans le budget, on a fait mention qu'il y aurait la création de... que la formation des infirmières praticiennes spécialisées serait disponible. Notre objectif, c'est d'en avoir 100 par année au cours des cinq prochaines années, donc 500. Et puis la majorité vont être des infirmières praticiennes de première ligne, mais, dans ce programme, il va y en avoir quelques-unes qui vont être des infirmières praticiennes, là, pour la néonatalogie, pour la cardiologie, pour la néphrologie, pour atteindre un plus grand nombre. Mais le gros du marché, le gros des disponibilités est au niveau des infirmières praticiennes spécialisées de première ligne.
Donc, la réponse, c'est oui. Et à partir de l'année prochaine, il va y avoir des nouvelles cohortes. Également, quand ces personnes vont sortir, elles vont être incorporées dans le réseau de la santé. Il va y avoir des budgets prévus pour qu'on puisse les utiliser.
M. Drainville: Est-ce que vous avez...
Le Président (M. Kelley): M. le député.
M. Drainville: Merci. Quand vous dites que la majorité seront des infirmières de première ligne, les autres en spécialité, est-ce que vous avez une ventilation par spécialités, les spécialités que vous avez l'intention de prioriser? Si c'est le cas, j'apprécierais que vous nous déposiez, peut-être plus tard, un document qui nous donne un peu le portrait, parce que je ne veux pas perdre le temps, là, d'amener un fonctionnaire à la table, et tout ça. Je pense que ce serait plus simple si vous pouviez nous soumettre un document, parce que je pourrais passer à un autre sujet.
M. Bolduc: Écoutez, c'est surtout les infirmières praticiennes spécialisées de première ligne qu'on va former. Pour les autres, c'est selon les besoins des universités et en fonction de, exemple, l'équipe de cardiologie, ils en veulent combien. Ça, il y a un plan, mais c'est un plan qui est un peu différent de celui des infirmières praticiennes spécialisées. On va vérifier. Si on a un plan, on va vous le déposer.
M. Drainville: Un plan ou un document, je ne veux pas qu'on joue sur les mots, là, ça nous aiderait à voir clair là-dedans. Très bien.
Intégration des médecins étrangers (suite)
Médecins de famille. Évidemment, on est très inquiets, nous, M. le Président, du fait qu'il y a encore autour de 20 % de la population québécoise qui n'a pas de médecin de famille. Et je rappelle, M. le Président, que, le jour où on aura des cliniques médicales, des GMF informatisés, on aura résolu une
partie importante de ce manque d'accès aux médecins de famille, hein? C'est les médecins de famille eux-mêmes qui nous le disent, ils pourraient soigner 20 % plus de gens s'ils avaient accès aux dossiers patients.
Et je retiens, M. le Président, et je pense que c'est important de le dire, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec qui a déclaré ceci, puis, quand j'ai lu ça, ça m'a beaucoup frappé: « Au rythme où ça va, il n'y aura plus de médecin de famille au Québec. » Bon, je comprends que c'est une image, là, on n'en viendra jamais là, mais ça marquait bien son inquiétude. Et, lorsqu'il est allé à Tout le monde en parle , M. Godin, il a parlé beaucoup, beaucoup de la nécessité de