Culture and Education — 17 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2020-08-17
Quebec — Committees
Je vais vous
lire la programmation, qui coûte 1 092 $ par mois. Ça, c'est la
formule de base, parce qu'il y a aussi la
formule à 1 638 $ par mois. Mais ne vous inquiétez pas, ils proposent
même le crédit d'impôt du gouvernement, à 75 %, là. Alors, le programme. Les étudiants devront être
inscrits à l'école habituelle. Donc, avec nos impôts, on s'assure aussi de
payer leur place à l'école. Les étudiants
rentreront et assisteront à des cours en ligne, dans des classes bulles. Ils
devront se connecter via Zoom avec un
instructeur, mais, pour avoir un instructeur qualifié, il faut payer une prime
supplémentaire. Ici, sur les images,
comme vous pouvez voir, la publicité est assez importante : Skytag
directement sur la table, sur le chandail que les enfants portent dans
cette école.
M. le ministre de l'Éducation, je crois que c'est de votre devoir, surtout que
vous avez été identifié dans la publication sur Twitter, de dénoncer ce type d'école illégale puis de nous dire qu'est-ce
que vous comptez faire. Parce que je crois que, si cette école illégale a flairé la bonne affaire, on risque d'avoir pas
mal d'autres personnes qui se disent : Un centre de jeux, là, tant qu'à faire, on va enseigner à nos enfants à
La Ronde, là. Est-ce que, ça, vous avez mis immédiatement un inspecteur pour vous assurer qu'on arrête d'offrir cette
offre de service aux parents et surtout qu'on leur demande de s'inscrire à
l'école? Et d'ailleurs, si un enfant
est inscrit, mais qu'il ne se présente pas, est-ce que l'école fait un
signalement à la DPJ tel que prévu dans la loi?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la Présidente. Donc, comme ma
collègue, je veux prendre juste quelques secondes pour saluer les collègues. Content de vous revoir en
vrai, comme on dit, puis évidemment mon collègue le député de Richelieu et
toute l'équipe ministérielle qui a travaillé et qui travaille toujours très
fort, là, pour soutenir les équipes-écoles et le ministère dans sa
mission, là, d'aider tout le monde.
Sur la question plus précise de l'institution, de
l'école... enfin, de l'entreprise Skytag, je pense que c'est important de rassurer que la fréquentation scolaire, au
Québec, est obligatoire de six ans à 16 ans, bien sûr, et qu'au
gouvernement on a vraiment multiplié
les efforts pour lutter contre les écoles illégales. Depuis l'arrivée du
nouveau gouvernement, il y a eu plus d'inspections que jamais dans
plusieurs établissements. On a envoyé des inspecteurs, on a été obligés même
d'envoyer des huissiers pour obtenir des réponses, on est allés en cour, on a
eu gain de cause.
droit à l'éducation est définitivement protégé. S'il y a des enfants ou s'il y
a des parents qui font le choix de ne pas
renvoyer leurs enfants à l'école, en septembre, ils peuvent le faire, ils ont
le droit de faire l'école à la maison, mais, attention, ça vient avec un
encadrement très important. Ça veut dire que les parents font le choix de
prendre sur eux l'obligation de
fréquentation scolaire, donc on fréquente l'école, mais à la maison. Il faut
voir l'ensemble du programme de formation de l'école québécoise, il faut
soumettre un projet d'apprentissage qui doit être analysé par une équipe du ministère et voir vraiment que le projet vise
l'ensemble du programme et la diplomation à la fin. Et on ne peut pas créer
une école, comme ce que ma collègue, là,
semble montrer avec cette entreprise-là, comme ça, à moins d'avoir un permis
valide.
Donc,
pour l'instant, la rentrée n'est pas faite ni dans nos vraies écoles ni dans
cette entreprise, mais je peux vous dire
qu'un rappel a été envoyé à cette entreprise-là pour bien comprendre les
tenants et aboutissants et quel est le cadre légal au Québec.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Mme Rizqy :
...envoyé quand à cette école?
M. Roberge :
On me dit que ça a été envoyé cette semaine.
Rizqy : Ça, ça date de ce
matin, là. J'ai imprimé ça à 10 heures. Puis, encore aujourd'hui, ils ont une offre de services
qu'ils mettent à jour, là, ce matin, sur Facebook, sur les réseaux sociaux. Est-ce que
vous pouvez déposer le rappel que vous leur avez envoyé? Parce que vous
pouvez aussi condamner ce type d'école illégale.
M. Roberge : Bien, on va... on peut rendre publiques nos
informations, mais attention, je ne peux pas qualifier une entreprise d'école illégale à ce moment-ci. On
va étudier, on va regarder, mais, pour l'instant, ils n'ont pas un permis
d'école. Mais supposons... Un centre de
loisirs qui offre des loisirs, c'est une chose. S'il y a des gens qui envoient
leurs enfants là plutôt qu'à l'école
régulière ou dans une école privée accréditée, à ce moment-là, on enverra les
inspecteurs, on avisera, il peut y
avoir des amendes, il peut y avoir un paquet de mesures pénales. Mais je ne
vais pas... je ne suis pas le juge, là, puis je ne vais pas rendre un jugement aujourd'hui puis envoyer une
amende, là. On va s'assurer que la loi est respectée puis on va faire
notre travail de gouvernement en envoyant des inspecteurs, et des rappels, et
aussi de l'information aux parents sur les obligations qui leur incombent quand
ils font le choix de faire l'école à la maison.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Rizqy : Est-ce que,
oui ou non, l'entreprise Skytag, qui se définit comme une école, est une école
illégale?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je viens de répondre à cette question-là. Je ne peux pas
porter un jugement comme ça en commission parlementaire, en étude de crédits, comme ça, sur le banc, là,
avec une infographie, si belle soit-elle, un tableau. Je ne peux pas
lire les critères ici puis dire : Voici, ça, c'est légal, ça, c'est
illégal. Je ne pense pas qu'on fonctionne
dans ce type de gouvernement. On va s'assurer de faire appliquer la loi, on va
s'assurer que cette entreprise-là, comme
toutes les autres, respecte toutes les normes. Quand on assure un service de formation
continue à plus de cinq élèves, on doit
obtenir un permis d'école. Il faut que les gens qui enseignent aient un brevet
en bonne et due forme ou, à tout le
moins, une tolérance d'enseignement. Il faut valider tout ça. Mais à ce moment-ci, là, ce n'est pas vrai qu'on va porter un jugement comme ça,
comme gouvernement, sur une publicité.
Rizqy : Votre rappel que
vous avez envoyé à l'école, là, vous avez dit quoi dans le rappel? Je ne peux
pas porter un jugement sur Skytag qui offre un service de trampoline et
de laser et que, dans sa formation, c'est basé sur la récompense, donc... Et je cite : « Un élève susceptiblede donner
son effort à 100 %, pendant
30 minutes d'apprentissage, pour
obtenir 69 minutes de temps de jeu, sa trampoline puis on joue au laser.»
Donc, le rappel en question, il disait quoi?
Roberge : Je veux corriger
mes propos, parce qu'on s'en est parlés encore, il n'y a pas longtemps,
c'est un avis de non-conformité qui
sera envoyé. Parce qu'on s'en est parlés dernièrement, je croyais que la lettre
était partie. Mais c'est un avis de
non-conformité qui leur sera envoyé pour les informer du fait qu'ils ne sont
pas constitués comme une école, ils ne sont pas reconnus comme une
école.
Rizqy : Donc, l'avis n'est
pas encore envoyé, il va être envoyé, c'est ce que je comprends bien. Est-ce
que l'avis va aussi parler de la
publicité? Est-ce que vous allez vous assurer qu'il n'y a pas de publicité
qui est faite à des enfants?
M. Roberge : Écoutez, on va faire
appliquer les lois du Québec, on ne rédigera pas la lettre ici ensemble, là, après-midi.
Rizqy : ...c'est que vous
avez été identifié, il y a quelques semaines, avec moi, sur la
problématique, sur les réseaux
sociaux, là. Donc, on nous a signalé cet événement, ça a été porté à
votre attention, ça a été porté à mon attention, j'ai fait des recherches. Et honnêtement, M. le
ministre, je suis un peu surprise que
vous n'êtes quand même pas capable de qualifier cette école d'école illégale, aujourd'hui, alors que c'est manifeste que c'est une école illégale. Puis aujourd'hui, vous dites que vous mettez des efforts supplémentaires.
Dans le document
qui est offert aux parents, ce qui est indiqué, puis leur vente, c'est qu'ils
disent : Si vous n'avez pas assez
confiance à nos écoles, nous, on va vous offrir un environnement plus sécuritaire. C'est ça, l'argument de vente. Mais vous ne croyez pas qu'en ce moment il y en a d'autres,
là, qui peuvent sentir la bonne affaire, puis ils vont essayer d'avoir des parents pour dire : Nous, on va
vous organiser? Puis ils reprennent même le concept de bulles, là, ils disent :
Nous aussi, on va créer des bulles. Eux, ce
n'est pas des bulles de six, c'est des bulles de 10. Et là, avec les trois
inspecteurs qui existent au ministère de l'Éducation, est-ce qu'on en a assez pour s'assurer qu'il n'y en a pas d'autres, là, qui vont essayer de charger aux parents 1 000 $
par mois, avec, en plus de ça, un crédit d'impôt?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Je pense que ce
qui est important, c'est d'informer les Québécois
de ce qui se passe à l'école. On l'a
fait, lundi de la semaine dernière, on l'a fait lundi, aujourd'hui. Et puis aujourd'hui ça
s'accompagne d'une campagne d'information
avec le psychologue bien connu M. Égide Royer, qui explique les bienfaits
d'envoyer son enfant à l'école, sur la nécessité de persévérer tout le
monde ensemble puis d'accompagner nos jeunes, autant les jeunes du préscolaire,
du primaire, du secondaire, mais même peut-être les jeunes adultes ou les
jeunes de 16, 17, 18 ans qui s'apprêtent à décrocher ou même qui, en mai, en juin dernier, ont dit : Bon, je
ne retournerai pas à l'école. Il faut qu'on les encourage, tout ce monde-là, à faire confiance à notre réseau
scolaire, qui est digne de confiance, donc, notre vrai réseau scolaire, avec des écoles dûment reconnues, la plupart dans
le réseau public. Il y en a quand même une portion, dans le réseau privé,
qui s'acquittent très bien de leurs
obligations. Donc, cette campagne de publicité là, je pense... l'offensive du
gouvernement, d'information, vient contrecarrer un peu cette campagne
publicitaire dont parle ma collègue.
Maintenant,
un avis de non-conformité sera envoyé. Et, pour que quelque chose soit qualifié
d'école, bien, il faut qu'il y ait...
il faudrait qu'il y ait des élèves qui y soient physiquement. Pour que ça soit
une école illégale, bien, il faudrait qu'ils
contreviennent à la loi. On va s'assurer d'avoir cette entreprise-là ou toute
autre du même genre à l'oeil. Mais la rentrée scolaire n'est pas arrivée encore. Donc, s'il y a, au moment où on se
parle, aujourd'hui, des jeunes qui sont dans un centre d'escalade ou dans un centre de trampolines, ça ne
fait pas de ces endroits-là des écoles illégales. Quand arrivera la rentrée et
que, là, il y aura peut-être des jeunes qui,
au lieu d'aller à l'école, alors que l'école est ouverte, vont dans un centre
de loisirs à la place d'aller à l'école, bien, on interviendra.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
Mme Rizqy :
Honnêtement, là, j'en perds mon latin, ce que vous venez de dire, M. le
ministre, là. Ce n'est pas compliqué, là, cet enjeu ici. Puis c'est
aussi simple pour vous de dire qu'effectivement ce n'est pas normal qu'on ait une entreprise privée qui se qualifie, puis je
cite : «Montréal's party and event center», donc un endroit de party et
puis d'événementiel, trampoline,
laser, qui dit la chose suivante : Inscrivez votre enfant à l'école, mais
amenez-le pas à l'école, venez nous
le porter pour 1 000 $ par mois puis prenez votre crédit d'impôt pour
les services de garde. Puis, en plus de ça, vous allez pouvoir jouer au
laser, après 30 minutes d'apprentissage, avoir 60 minutes de jeu. Ce
n'est pas compliqué ici, le jugement, là.
Et, moi, ce
qui m'étonne, c'est que je dois le porter à votre attention pour que,
finalement, une lettre soit envoyée pour
dire qu'elle n'est pas conforme, cette école. Vous me dites que la semaine
prochaine, c'est le début des classes, j'en conviens, mais c'est maintenant que les parents prennent des décisions.
Alors, ça prend un ministre qui a assez de leadership pour dire : Non, c'est une école illégale,
non, on envoie un inspecteur immédiatement. C'est vraiment assez simple, comme
enjeu. Puis, là-dessus, vous avez combien fait d'inspections dans les écoles
illégales dans la dernière année?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
on va obtenir l'information chiffrée, on va poser la question, là, si on peut m'envoyer cette information-là. Juste faire
attention, ce n'est pas parce que ma collègue m'interpelle aujourd'hui que l'avis de non-conformité va être envoyé. C'était déjà
décidé que cet avis serait envoyé. On ne peut pas porter un jugement hâtif
sur quelque
chose. C'est comme s'il y avait une
publicité d'un restaurant qui n'est pas encore ouvert puis qu'ils disent :
Nous, on ne lavera pas nos chaudrons. Puis
là vous voudriez déjà qu'on aille le faire fermer pour insalubrité, alors que
ce n'est pas commencé encore.
Là, on a une
publicité qui semble vouloir inciter des jeunes à ne pas fréquenter l'école.
Mais la rentrée n'est pas arrivée, donc on ne peut pas faire fermer quelque
chose qui ne fonctionne pas à ce moment-ci. On peut leur envoyer un avis de
non-conformité, on peut les informer, on peut faire une campagne d'information
à tout le Québec pour bien comprendre
l'importance de la fréquentation scolaire et l'importance, aussi, de bien
accompagner son jeune si on décide de
prendre sur soi l'idée de faire l'école à la maison. Ça vient avec des
obligations très, très importantes, un cadre légal, ça doit être approuvé par la division de
l'enseignement à la maison, au ministère. Mais, à ce moment-ci, je pense, ma collègue va
un peu loin en voulant que le ministre se positionne, puis décrète en commission, comme
ça, là. Ce n'est pas une monarchie, ici, là, on ne décrète pas ça comme
ça. Puis le ministre ne devient pas juge puis n'envoie pas une amende, comme
ça, au milieu d'une commission, là.
Rizqy : M. le ministre,
il y a une différence entre l'école à la maison et ce que je vous parle en ce
moment. Je vous parle de Skytag, qui
se qualifie d'école et qui demande aux parents de s'inscrire à l'école, mais de
ne pas apporter leurs enfants à
l'école et de se présenter dans un centre de jeu pour leur faire bien de la
publicité, énormément, là, comme un
bon huit heures par jour de publicité de Skytag, pour jouer au laser puis faire
de la trampoline. C'est ça dont il est question. L'école à la maison, c'est autre chose, c'est vraiment un parent qui va
se qualifier et qui va faire l'enseignement à la maison. Je vous parle
d'une entreprise privée.
Là, aujourd'hui, vous lancez une campagne de publicité, mais, si vous n'êtes pas
capable de qualifier les choses qui se
qualifient assez facilement d'illégales, on a un problème ici, là. Et, si vous
me dites : On va finalement peut-être envoyer un
avis de non-conformité, puis que ce n'est pas encore fait, et vous comparez
l'école à un restaurant puis qu'il faut attendre que le restaurant rouvre pour voir s'il est salubre ou pas salubre... Moi,
je vous dis, là, qu'en ce moment, là, ce n'est pas un restaurant, c'est une école, une école illégale
qui fait de la publicité aux parents puis de dire : Aïe! si vous n'avez
pas assez confiance à nos écoles, emmenez-les chez nous, mais restez
inscrits à l'école.
Est-ce que
vous avez aussi pensé, ici, à tout le problème des signalements à la DPJ? Parce
que la direction d'école, quand elle
va se rendre compte, là, qu'il leur manque des enfants, là, ils vont faire
quoi, vous pensez? Ils vont les chercher, les enfants. Ils vont
dire : L'enfant est inscrit chez nous, il n'est pas là. Il est en train de
faire de la trampoline.
Présidente (Mme Thériault) : M. le ministre, j'ai cru comprendre que vous prenez l'engagement de
nous donner les chiffres que la ministre
vous a... que la collègue députée
de Saint-Laurent vous a demandés
concernant les visites des écoles illégales. Est-ce que vous les
transmettez au secrétaire de la commission?
M. Roberge : Je vais répondre
oralement dans quelques minutes.
La Présidente (Mme Thériault) : Vous
allez répondre oralement.
M. Roberge : On me dit qu'il y a...
La Présidente (Mme Thériault) : Vous
avez quatre secondes pour le faire.
M. Roberge : Bien, on me dit qu'il y a huit lieux qui ont été
visités, dans la dernière année, pour faire des visites. Je ne présume pas qu'à chaque fois c'étaient des
écoles illégales, mais des vérifications. Certains peuvent avoir été visités
à plusieurs reprises, mais huit lieux différents ont fait l'objet d'inspection
dans la dernière année.
La Présidente (Mme Thériault) : O.K.
Parfait. On...
Présidente (Mme Thériault) :
Est-ce que vous voulez déposer, M. le
ministre, le document?
La collègue dit que, dans le livre de crédits, c'est
écrit quatre, vous parlez de huit. Est-ce qu'on a un document à déposer?
Roberge : Je donne la
réponse orale. Le document que je vous ai donné, c'est un document
de travail, je ne peux pas déposer cette feuille-là spécifiquement.
Présidente (Mme Thériault) :
D'accord. On n'a plus de temps. Donc, sans plus tarder, nous allons maintenant passer à la députée de l'équipe de Québec solidaire. Mme la députée de Sherbrooke, la parole est à vous, et vous avez
8 min 17 s.
Labrie : Merci, Mme la Présidente. On va changer de thème. J'aimerais ça aborder
avec le ministre la question
du rôle de l'école dans la prévention puis l'offre de services en matière
d'agression sexuelle.
J'imagine que
le ministre a dû suivre la vague de négociations comme tout le monde cet été. On a aussi vu, dans les
derniers mois, à quel point l'école pouvait jouer un rôle social important, notamment,
pour prévenir la maltraitance. Je pense qu'on en convient tous, je pense
que l'école peut et devrait aussi jouer ce rôle-là en matière de prévention et
d'intervention précoce pour les violences sexuelles, et actuellement ce n'est
pas tellement le cas.
Juste pour que...
parce que je ne sais pas si le ministre est familier avec l'enjeu des violences
sexuelles, c'est un problème qui concerne beaucoup
les mineurs. Il y a 16 % des
Québécois qui ont vécu une agression sexuelle avec contact avant 18 ans. Donc, on parle de jeunes qui
sont dans le réseau de l'éducation au moment où ils vivent cette agression-là.
16 %, ça représente, dans une classe de 25, quatre jeunes qui vont vivre,
avant 18 ans, une agression. La moitié des infractions sexuelles enregistrées par les
services policiers, au Québec, la victime était mineure. Et la plupart du
temps, pour les jeunes filles,
l'agression se situe entre 12 et 17 ans, et pour les jeunes garçons, la
plupart du temps, ils avaient moins
de 12 ans au moment de l'agression. Donc, c'est vraiment un problème qui
concerne les mineurs, qui concerne les
jeunes qui sont dans notre réseau. Et ça, c'est des données de l'INSPQ, donc le
gouvernement, techniquement, est bien au courant de ça.
Et pourtant le temps consacré à l'éducation à la
sexualité est quand même assez faible, on parle de cinq à 15 heures,
selon le niveau scolaire. Et disons que ça
laisse beaucoup... ça ne laisse pas beaucoup de temps pour aborder plus en
profondeur des notions comme celles
du consentement, par exemple, et des relations saines. Donc, on se retrouve
avec des jeunes qui vont essentiellement faire leur éducation à la
sexualité sur Internet, avec toute la pornographie qu'on y retrouve.
surtout il y a beaucoup d'enseignants qui ne sont pas à l'aise d'aborder les
contenus, pas nécessairement parce que
le contenu les gêne, mais parce qu'ils savent qu'ils ne sont pas outillés pour
recevoir des dévoilements et ils savent que de parler de ça, ça suscite des dévoilements. J'ai beaucoup
d'enseignants qui m'ont témoigné de ça, et ils ne sont pas outillés pour, eux-mêmes, recevoir un dévoilement. Ils
savent que, dans l'école, il n'y a pas les services pour répondre aux besoins
d'un élève qui serait prêt à dévoiler une
agression parce qu'il réalise, en parlant de ça en classe, que peut-être que ce
qu'il a vécu, ce n'était pas correct.
Donc,
j'aimerais ça savoir si c'est envisageable pour le ministre que le réseau de
l'éducation du Québec joue aussi un rôle en matière de prévention des
agressions sexuelles puis aussi pour offrir des services le plus tôt possible
après une agression, d'augmenter les
ressources spécialisées en agressions sexuelles dans les écoles, parce qu'en ce
moment, le délai avant les
dévoilements d'un enfant, ça dépasse, là, la dizaine d'années pour les jeunes
filles, puis c'est plusieurs décennies pour les jeunes garçons.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Merci, Mme la Présidente. Bon, d'abord, s'il y a un sujet
qu'on doit prendre sérieusement, c'est celui-là.
Premièrement, je pense qu'il faut souligner le courage des personnes qui disent
non, qui dénoncent et qui prennent les
voies nécessaires et juridiques pour le faire. Je pense qu'on ne doit pas
tolérer ça, d'aucune façon, ni dans le milieu scolaire ni ailleurs.
Donc, je pense qu'on a avancé à cet égard-là dans
les dernières années. On n'est pas encore rendus à destination. Donc, on
avance, comme société. Puis je pense que ma collègue a raison de dire qu'on...
il faut que les écoles soient des lieux
protégés, des lieux sains, des lieux où les élèves puis le personnel peuvent se
rendre en étant assurés, là, de ne pas subir
de violences, d'agressions, même d'insinuations, puis on a une confiance puis
on est capable d'aller voir un adulte pour leur dire, évidemment, avant
que ça devienne trop grave, là, puis sans banaliser, quoi qu'il arrive.
Il y a déjà, à cet égard-là, quelques centres de
services scolaires qui ont embauché des sexologues, mais, en ce moment, le corps d'emploi sexologue n'existe pas. Donc,
quand les centres de services scolaires, autrefois commissions scolaires,
voulaient embaucher un sexologue, ils
devaient passer par le terme «agent de développement», qui est un peu plus
large, qui permettait cette
embauche-là, ou alors les embaucher en tant que conseillers pédagogiques, qui
n'est pas une mauvaise chose, là, pour outiller, accompagner les
enseignants dans leurs interventions, soit face à dénonciations ou, dans leur
enseignement, des contenus d'éducation à la sexualité.
a déjà dit, pour notre part, que, dans le cadre des négociations, on voulait
faire rentrer ce corps d'emploi là sur la
liste. Nous, c'est une des offres,
une des propositions qu'on fait. J'espère que ça sera retenu, à la fin. Ça
viendra, je vous dirais, formaliser ce
corps d'emploi là puis, sans doute, susciter davantage d'embauches, donc davantage
de compétences dans le réseau
scolaire pour traiter tous ces cas-là, pour prévenir, évidemment,
la première chose, on est dans un milieu d'éducation, donc,
prévention, information, sensibilisation mais aussi traitement des plaintes.
On ne part pas de
rien, quand même...
La Présidente (Mme
Thériault) : ...
M. Roberge :
Je vais... Oui, je vais m'arrêter, je le sais. Ma collègue va poursuivre.
Merci.
La Présidente (Mme
Thériault) : Pas de problème. Il vous reste trois minutes à votre
bloc.
Labrie : Bien, c'est une
excellente piste de solution. Par
contre, il ne faudrait pas que l'ajout de ce corps de métier là remplace d'autres types de
professionnels, là. Moi, je vous parlais d'ajout de ressources. Donc,
j'accueille votre projet
positivement, mais ça prend un ajout de ressources. Je ne veux pas qu'on
remplace, par exemple, un psychologue ou
un travailleur social par un sexologue, dans une école, ce n'est pas du tout
ça, mon point, là, au contraire, c'est qu'on ait une bonification des
services.
Donc, j'ai
l'intention de poursuivre mes demandes dans ce sens-là. Donc, je vous invite à
le considérer, là. En général, on va parler
encore d'ajout de services ensemble, là, mais, en matière d'intervention en
lien avec les agressions sexuelles,
il y a des besoins importants. Puis d'ailleurs, en lisant les témoignages, on
voyait bien l'impact sur le parcours scolaire
des personnes qui ont subi une agression sexuelle, soit parce ça a un impact ou
on parle de revoir l'agresseur, il y a des
problèmes de sommeil, des fois, il y a des problèmes de consommation, puis tout
ça. J'aimerais ça savoir s'il y a
une étude d'impact qui a été faite par le ministère, des agressions
sexuelles sur le décrochage scolaire.
M. Roberge : À ma connaissance, je n'ai pas reçu cette information-là. On me fait signe que non, on n'a pas d'étude spécifique, là, qui lie, supposons, violence sexuelle
ou agression et décrochage. On peut supposer qu'il y a un lien, là, quand on est victime de
détresse d'une manière ou d'une autre, un peu comme l'intimidation. Je ne dis
pas que c'est pareil, l'intimidation
et violence sexuelle, mais c'est quand même des gestes d'agression, puis
évidemment ça peut mener à une fuite, là, puis à sortir de ce milieu-là.
veux juste quand même souligner un élément qui était positif du précédent gouvernement, c'est quand ils ont réintégré les contenus d'éducation à la sexualité. Ça a été fait vite, les formations n'étaient pas au rendez-vous, encore, pour les enseignants,
on a pallié à ça, mais il fallait le faire. Puis attendre pour que ça soit
parfait, je ne pense pas que ça aurait été
la solution, parce que chaque année où on n'avait pas de contenu ou pas
de cours, c'était une année où il risquait d'y avoir des élèves puis des jeunes qui allaient en
souffrir. Donc, je veux quand même souligner ce bon coup, imparfait, et dire — je termine
en quelques secondes pour laisser ma collègue parler — dire qu'on veut conserver ça et l'intégrer,
le faire intégrer dans un vrai cours
à la fin, là, dans notre réflexion sur la réforme en profondeur du cours
Éthique et culture religieuse.
La Présidente (Mme
Thériault) : ...secondes.
Labrie : Je m'attendais à ce
point-là. Est-ce que ce serait possible que le ministère en commande une, étude, pour
voir quel est l'impact des violences sexuelles sur le décrochage scolaire puis
comment le réseau peut mieux intervenir pour prévenir le décrochage en lien avec cette cause-là? Je vous le
demande vraiment, là, sur le mode de la prévention, là. Je comprends
qu'on n'a pas ces données-là encore, mais je pense qu'on devrait travailler à
les recueillir.
La Présidente (Mme
Thériault) : En cinq secondes, M. le ministre.
M. Roberge : Tout à fait. On pourrait faire ça au ministère ou
en partenariat avec plusieurs fondations, Marie-Vincent, ou Tel-Jeunes, ou avec une université, on peut
trouver la formule, le partenaire adéquat. Mais je pense que c'est une belle
proposition de ma collègue, que j'accueille.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. Merci beaucoup, M. le ministre.
Donc, nous allons maintenant passer au
troisième bloc, la troisième opposition, le Parti québécois. Mme la députée de
Joliette, la parole est à vous pour un temps identique de
8 min 17 s.
Hivon :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je salue à mon tour mes collègues, le
ministre et son équipe. Je voudrais
revenir sur ce qui a été annoncé ce matin. Je voulais savoir : Pour en
arriver à un montant de 20 millions, quelle analyse de besoins et du nombre d'élèves qui auraient des besoins
accentués, ou nouveaux, ou toujours les mêmes, avait été faite? Comment
on est arrivé à ce chiffre de 20 millions?
Roberge : Mme la Présidente, je pense que, si on prend isolément le
8 millions, c'est difficile. On arrive avec un investissement de 8 millions... de 20 millions — j'ai dit 8, excusez-moi — 20 millions supplémentaires avec décentralisation
dans les écoles. C'est une demande qui a été
faite, vraiment, par ceux qui gèrent nos écoles, là, au quotidien, les
associations, les trois associations
de directions d'école du Québec. Mais on ne se fait pas croire que cette
mesure-là, prise isolément, est
suffisante. On arrive avec, en tout, neuf mesures, ce matin, qui arrivent,
d'une façon ou d'une autre, avec des ajouts de ressources, un soutien supplémentaire, de l'argent supplémentaire,
des partenariats avec les organismes communautaires. Donc, c'est assez large pour voir qu'on arrive
avec des milliers et des milliers d'heures de services supplémentaires dans
les écoles.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Hivon : Donc, le ministre ne peut pas nous dire,
aujourd'hui : Ça va répondre à des besoins, mettons, de tant d'élèves qui ont été identifiés à partir de ce
qu'on connaissait des élèves ou ce qui a été manifesté, là, depuis la pandémie.
Est-ce qu'il y a un horizon de combien
d'élèves actuels, qui avaient déjà des besoins particuliers, et nouveaux, qui
en ont à cause des considérations particulières de la pandémie, à
combien ça va répondre ou... les annonces qui sont faites?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Bien, juste le 20 millions, parce qu'il y a vraiment
plusieurs mesures, puis je ne veux pas faire des réponses trop longues pour aller avec ma collègue, mais cette annonce de
20 millions représente environ l'équivalent de 350 personnes en équivalents temps complet.
Ce que nous disent les directions d'école et ce qu'ils vont faire, là, avec
les équipes-écoles, incluant les
enseignants, incluant les gens sur le conseil d'établissement,
vraisemblablement ça va toucher beaucoup
plus que 350 personnes parce qu'on va compléter beaucoup, beaucoup de
tâches, vraisemblablement des milliers de tâches.
me donnait l'exemple, ce matin, d'une technicienne en éducation spécialisée qui
avait 15 à 20 heures de travail de
confirmées l'an passé, qui s'en allait avoir à peu près ce même contrat pour
suivre les mêmes élèves. Bien, on va être capables de rajouter des heures de travail à cette personne-là. Et c'est
très important parce que c'est une figure connue dans l'école, elle connaît déjà des élèves vulnérables, elle va être
capable de donner plus d'heures à chacun des élèves qu'elle accompagne et qu'elle suit puis elle connaît aussi
les élèves, elle connaît les familles. Bien, si on rajoute cinq heures à
cette dame-là, par exemple, bien, on peut multiplier ça des milliers de fois
dans plusieurs écoles.
C'est
l'équivalent de 350 postes à temps complet, mais c'est beaucoup plus de
personnes que ça qui seront... qui verront
leurs tâches augmenter, donc les services donnés, seulement avec le
20 millions. Mais j'imagine qu'il y a d'autres questions sur les
autres mesures annoncées ce matin.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée.
Hivon :
...sur le nombre d'enfants ou d'adolescents que ça va rejoindre, si jamais vous
avez cet estimé-là, ça m'intéresserait beaucoup.
Je vous amène
sur la question du niveau minimal de services, parce que c'est un engagement
que vous aviez pris, parce qu'il y a
un gros enjeu d'équité. Ce n'est pas toutes les écoles qui sont pourvues de la
même manière, ce n'est pas tous les
centres de services qui sont pourvus de la même manière. Donc là, on vit une
crise sans précédent. Il y avait déjà des besoins énormes. Donc, ma
question a un peu deux volets.
Quel est,
pour vous, le niveau minimal de services par, par exemple, centaine ou millier
d'élèves dans une école donnée?
Est-ce que ça varie selon le milieu? Et, deuxièmement, est-ce que vous pouvez
garantir que tous les élèves qui ont des
plans d'intervention vont avoir des services de spécialistes pour répondre à
leurs besoins tels qu'identifiés dans leurs plans d'intervention? Parce
que j'imagine que vous savez que c'est loin d'être le cas en ce moment.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Oui. D'abord,
l'instauration d'un seuil minimal de services, ça date de l'an passé, c'était
une première. Et, je pense, nos
formations politiques étaient d'accord là-dessus, sur la nécessité d'avoir un
plancher pour ne pas qu'il y ait des
écoles avec un désert de services. Jusqu'à l'an passé, là, avant l'arrivée de
notre gouvernement au pouvoir, il y avait des écoles où il n'y avait juste rien, là, aucun service professionnel,
même pas une demi-journée par semaine, aucun service de soutien avec un technicien, une technicienne en
éducation spécialisée, juste rien du tout, souvent, des plus petites écoles.
Mais l'élève, dans cette école-là, là, qu'il
soit dans une petite école ou une grande école, lui, il peut avoir un grand
besoin.
Et là on est
arrivés avec un seuil minimal qui fait que chaque école a accès à une ressource
professionnelle. Même si c'est une
demi-journée par semaine, cette personne-là passe, voit les élèves, parle avec
les enseignants, et, si on se rend compte
que le besoin est plus grand, bien, le centre de services peut affecter
davantage de ressources, mais encore faut-il que le professionnel mette le pied dans l'école. Donc là, on a cette
garantie depuis un an déjà, et là on ajoute le 20 millions, qui est
des ressources ponctuelles, mais on a aussi une autre mesure qui ajoute
350 professionnels de plus.
Vous savez,
au fil des années, on a eu, là, plusieurs hausses ou baisses de services
professionnels, des ajouts de professionnels.
Donc, on voit la montée, là, 2013‑2014. En 2014‑2015, on en a perdu sept, huit, donc le réseau... On
va dire, huit, ce n'est pas
grand-chose, mais il reste qu'il y en avait moins. Après ça, 2015‑2016,
on en a perdu 200. 2016‑2017, on a augmenté de 184. 2017‑2018, on a
augmenté de 372. 2018‑2019, on a augmenté de 600. L'an passé, 702.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci.
M. Roberge : Cette année encore...
Donc, on est dans une courbe ascendante depuis quelques années.
Présidente (Mme Thériault) :
Comme je l'ai mentionné, je dois m'assurer que le temps est bien équilibré.
Mme la députée, il vous reste 2 min 16 s, questions-réponses.
Hivon :
16 secondes?
La Présidente (Mme Thériault) :
2 min 16 s.
Hivon : O.K. Donc, à chaque fois que le ministre a ajouté
des ressources, je l'ai salué puis je pense que c'est une bonne nouvelle. Ma question, ce n'est pas de
savoir combien il y a de ressources de plus. Là, aujourd'hui, il nous
dit : C'est à peu près 350. On
se comprend qu'il y a 2 300 écoles primaires et secondaires. Ça fait
que, si on divise ça, ça ne fait quand même pas un très gros ajout de
ressources.
Je veux
savoir, quand on parle de seuil... C'est-à-dire qu'on veut de l'équité, on veut qu'un
enfant qui est dans telle région ou
telle autre région, dans telle école ou dans telle autre école, il va avoir
accès aux mêmes services. C'est quoi, le seuil du ministre, en nombre de spécialistes, par exemple, pour
dire : On va être capables de répondre à tous les besoins? Et
est-ce qu'il prend l'engagement que tous les enfants qui ont un plan
d'intervention vont avoir les services qui sont identifiés dans le plan
d'intervention?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Je pense, c'est
certain qu'avec les ajouts qu'on a annoncés ce matin, mais particulièrement
avec l'allègement réglementaire qui
est venu enlever cette obligation sur les professionnels de faire beaucoup de
paperasse — on
a ajouté plus de 560 000 heures de
services directs aux élèves cette année et minimum pour deux ans — c'est
certain que tous les élèves qui ont un plan d'intervention vont avoir
des services professionnels.
La Présidente (Mme Thériault) : Vous
avez encore 50 secondes, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Donc, je relance le ministre. Ils vont avoir tous
les services qui sont identifiés dans leurs plans d'intervention? Premier volet. Deuxième, c'est quoi, son seuil minimal?
Parce que le seuil minimal, ce n'est pas un absolu de dire : J'en ajoute 12 ou j'en ajoute 24,
c'est de savoir : Il nous faut tant de professionnels pour répondre aux
besoins de tant d'enfants. C'est quoi, le seuil du ministre?
La Présidente (Mme Thériault) : Il vous reste 30 secondes pour répondre, M.
le ministre, et la députée de Sherbrooke
me demande si c'est possible que vous déposiez votre tableau, mais vous avez
30 secondes pour répondre...
M. Roberge : Oui,
je peux déposer le tableau.
La Présidente (Mme
Thériault) : Parfait.
Roberge : Très bien. N'ayant pas en main tous les plans d'intervention
du Québec, je ne peux pas garantir combien d'heures auront chaque élève
et donc savoir comment ça va se décliner, là, école par école, élève par élève.
Ce qu'on a instauré l'an passé et qui sera
dépassé dès cette année, c'était, à tout le moins, une demi-journée de services
de soutien et une demi-journée de services professionnels par école, même pour
les plus petites écoles.
La Présidente (Mme Thériault) : Et je vous remercie, puisqu'il ne reste plus de
temps. Je vous demanderais d'envoyer
le dépôt de votre document, M. le
ministre ou les gens qui vous
accompagnent, à l'adresse de la commission : cce@assnat.qc.ca.
Sans
plus tarder, nous allons aller avec la députée indépendante. Mme la députée de Marie-Victorin, vous aussi, vous avez
8 min 17 s. La parole est à vous.
Fournier : Merci, Mme la Présidente. À mon tour de saluer l'ensemble des collègues et également toute
l'équipe du cabinet, l'équipe ministérielle,
parce que, bon, on est tous conscients qu'on est dans une situation inédite, et
donc il a fallu beaucoup
de travail, je pense, pour en arriver au plan que vous avez mis à jour la
semaine dernière, puis je pense que, déjà, vous avez répondu à certaines
interrogations.
Malgré tout, on est tous conscients aussi qu'il y
a beaucoup d'angles morts dans un plan comme ça, nécessairement.
Puis j'ai fait l'exercice en fin de semaine,
j'ai lancé la question sur les réseaux sociaux puis, en seulement quelques
heures, j'ai reçu près de
500 questions. Donc, je suis certaine qu'on aura l'occasion d'en discuter
dans les minutes qui vont suivre.
Par contre, j'aimerais profiter d'abord de la
présence, là, de la SQI avec nous pour quelques questions d'entrée de jeu. D'abord, sur la question des rénovations
d'écoles, on sait qu'il y avait beaucoup de projets en cours, là, avant d'être frappés par la COVID, et, à la lueur des récents
événements, par exemple, à Montréal, cette semaine, on a vu qu'il y avait
certaines écoles pour lesquelles c'était
assez pressant. J'en ai quelques-unes dans ma circonscription aussi. Et,
dans le cahier des renseignements particuliers, en fait, on mentionne
que les annonces qui devaient être faites à la suite du dépôt, là, du PQI 2020‑2030, en fait, les nouvelles sommes... que les projets
qui étaient retenus allaient être connus à l'été 2020. Donc, je voulais savoir si le ministre
pouvait nous confirmer que ces sommes seront bel et bien annoncées avant le
21 septembre de cette année.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Oui, Mme la Présidente. Donc, d'abord, je salue ma collègue. Et, ensuite, oui, bien sûr. Donc, c'est dans les prochains jours, prochaines semaines, là,
que les annonces au PQI, Plan
québécois des infrastructures, pour 2020‑2030... Et donc les projets retenus
seront annoncés, seront rendus publics très bientôt.
Mme Fournier :
Excellent. Donc, nos écoles seront contentes d'entendre ça pour pouvoir débuter
aussi leur planification en cette matière.
Pour revenir avec la
rentrée scolaire puis tout le contexte de la COVID que nous connaissons, il y a
beaucoup d'inquiétudes par rapport à la
ventilation dans les écoles, parce qu'on se rappelle tous qu'avec les éclosions
dans les CHSLD, dans les derniers
mois, il y a certaines enquêtes qui ont, en tout cas, mené à croire que la
ventilation pouvait être responsable dans
certains cas, puis on sait à quel point certaines de nos écoles aussi ont des
problèmes, là, de vétusté. Donc, est-ce qu'il y a un budget spécial qui
sera attribué pour ça?
En fait, je me questionne à savoir pourquoi il n'y
a pas nécessairement eu d'intervention durant l'été à cet effet-là.
Parce que, bon, là, les profs commencent à
retourner à l'école, voient qu'il n'y a pas nécessairement eu de travaux
durant l'été, se font dire qu'ils
n'ont pas le droit d'amener un ventilateur personnel de la maison. On sait
qu'il fait chaud parfois dans les
écoles du Québec au mois de septembre. Ce n'est pas toutes les
écoles qui sont dotées d'air climatisé. Donc, est-ce qu'il y a quelque
chose qui a été prévu à ce niveau-là?
Je sais qu'en Ontario ça a été le cas, mais ici, au Québec,
a-t-on prévu quelque chose?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Oui. Donc, c'est une bonne question parce que beaucoup de
gens se posent cette question. Juste
préciser que la CNESST recommande évidemment d'assurer le bon fonctionnement et l'entretien
des systèmes de ventilation, d'augmenter l'apport d'air frais, quand on
est capables, d'ouvrir les fenêtres, c'est une bonne idée.
Cependant, ce que nous dit l'Institut national de santé publique,
c'est : Ce qu'on doit faire, c'est un entretien régulier, s'assurer, évidemment, que les filtres sont
changés quand c'est le temps de les changer. Mais il n'est pas prescrit de
dire : Bien là, il faut
absolument décontaminer, parce qu'on présumerait que ça serait contaminé. Dans
le cas de la COVID, ce qu'on doit
faire, c'est un bon entretien de nos systèmes de ventilation, comme on doit
toujours le faire. Il n'y a jamais une bonne raison de mal entretenir
nos systèmes de ventilation.
a donné, cette année, dans le PQI de l'an passé, donc les travaux pour cette
année, plus de 2,3 milliards, disponibles sur trois ans, pour faire
l'entretien de nos écoles. L'argent ne manque pas pour que nos écoles soient
bien entretenues, y compris l'entretien
régulier des systèmes de ventilation. Donc, l'argent est là. Et, à cet égard,
on va faire un rappel, très, très bientôt, à nos centres de services de
l'importance, évidemment, d'entretenir toutes les écoles, mais aussi de faire
l'entretien régulier du système de ventilation, y compris le changement des
filtres, et tout ça.
Fournier : C'est ce que j'allais vous demander. En fait, est-ce
qu'il y a un suivi qui a été fait avec les centres de services cet été pour s'assurer, justement, que
les travaux, lorsque nécessaire, là, allaient bon train, surtout dans un
contexte de rentrée en contexte de pandémie, là, carrément?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Bien, nos sous-ministres aux infrastructures font un suivi
de tous les travaux qui se passent dans les écoles. Comme je vous dis, l'argent est là, tout le monde est bien
au courant de ça, et un rappel, pour être bien certain que les travaux
soient faits, sera fait dans les prochains jours.
Mme Fournier :
Très bien. Merci beaucoup. En ce qui concerne l'annonce de ce matin, donc le
20 millions de dollars supplémentaire,
on comprend que ce n'est pas nécessairement des embauches de professionnels,
que c'est surtout, on pense, une
bonification d'heures, là, en raison d'une pénurie de ressources spécialisées.
Mais je me demandais de quelle façon
allaient être ventilées ces nouvelles ressources. En fait, est-ce qu'on peut
penser que c'est de façon proportionnelle à ce qui est fait habituellement? Par
exemple, pour aller plus droit au
but, les milieux défavorisés vont-ils recevoir davantage d'argent de la part de cette enveloppe budgétaire
particulière?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
La répartition va se faire à travers les centres de services. Les centres de
services vont envoyer l'argent aux écoles
via le comité de répartition des ressources. Il appartiendra ensuite à chaque
équipe-école, en tenant compte de ce
qui se passe avec le comité de parents, ce qui se passe au conseil
d'établissement... puis aussi, évidemment, l'évaluation des besoins que les enseignants vont faire dans les
premières semaines. Ils vont peut-être constater que, dans certains groupes ou dans certaines écoles, bien,
mon Dieu, ça va plutôt bien, puis, à d'autres égards, c'est très inquiétant,
le retard est plus grand que ce qu'on
pensait, puis il faut une flexibilité pour être capable d'agir de manière très,
très précise.
Donc, on évite vraiment le mur-à-mur avec cette
mesure-là puis on laisse les gens qui sont sur le terrain regarder à quels postes budgétaires cet argent-là va être
alloué. Je précise quelque chose : C'est dédié à la réussite, à
l'accompagnement, au rattrapage. Ça
ne sera pas de l'argent qu'on va utiliser, supposons, pour acheter des masques,
même si c'est bien pratique et utile, ou du Purell.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée, il vous reste 1 min 30 s à
votre bloc d'échange.
Mme Fournier : Parfait. Donc, de ce que je comprends, l'argent va
d'abord être attribué aux centres de services, qui ensuite vont décider
à quelles écoles ils envoient l'argent, ou ce sera séparé de manière égale à
toutes les écoles?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : ...et de la taille des écoles, donc grande école, petite
école, milieu qui a de plus grands besoins, milieu qui a des plus petits besoins. On va faire ça
correctement, et non pas simplement diviser l'argent par le nombre d'écoles.
Fournier : Parfait. Merci beaucoup. Peut-être dernière question
pour ce bloc-ci. J'ai parlé tantôt de pénurie de personnel. On sait que, l'année dernière, quand il y a eu la rentrée
scolaire, malheureusement, il y a beaucoup de classes où il n'y avait même pas d'enseignant titulaire,
en fait. Donc, je me demandais quelle était la situation, cette année, pour
la rentrée. Savez-vous précisément combien
de postes d'enseignant sont toujours à combler, là, pour la rentrée scolaire?
La Présidente (Mme
Thériault) : ...M. le ministre.
M. Roberge : Oui. D'abord, un portrait pour l'an passé.
Précédemment, là, jamais les gouvernements ne faisaient ce genre d'étude pour savoir ce qui se passe, mais, bon, on a posé la
question pour la première fois. On a vu que, l'an passé, au début, en fait, au
1er septembre, il nous manquait grosso modo 350 enseignants. C'est
beaucoup quand... Évidemment, 350,
c'est relatif, sur à peu près 110 000 enseignants, il en manque 350
sur 110 000. Mais, quand même, 350 classes, quand on les visualise, c'est beaucoup.
Un mois plus tard, au 30 septembre, on avait réussi à combler... il en
manquait seulement 135.
Présidente (Mme Thériault) : Il ne reste plus de temps à ce bloc
d'échange là, malheureusement. Donc, sans plus tarder, je retourne du côté de l'opposition officielle, le Parti
libéral, avec la députée de Saint-Laurent. Votre temps a été réajusté, il vous reste exactement
16 minutes, et ça mettra fin au bloc Infrastructures. Donc, après, on
repartira avec une nouvelle répartition de temps pour l'autre bloc de
2 h 30 pour l'enseignement régulier. Mme la députée, la parole est à
vous.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Le premier ministre n'arrête pas de nous
dire : Il ne faut pas manquer
d'ambition, puis ça, là-dessus, je suis tellement d'accord avec lui. Puis
souvent il nous compare avec l'Ontario. Il dit : L'Ontario, là, il n'y a aucune raison qu'on soit moins
bons que l'Ontario. Puis souvent il prend l'indice de l'économie. Mais
une économie, pour qu'elle soit forte, ça part d'abord et avant tout par une
éducation qui est forte.
Alors, permettez-moi de comparer le Québec avec
l'Ontario avec les annonces supplémentaires. Tant le gouvernement de l'Ontario que le gouvernement du Québec ont
déposé un budget, mais, suite à la COVID-19, il y a eu des réajustements
majeurs qui ont dû être faits.
M. le ministre, quel est le montant que le Québec
a ajouté, là, après le budget, pour l'achat de masques et matériel de
protection supplémentaires pour le réseau de l'éducation?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Donc, ma collègue ne nous pose pas des questions sur l'ajout de ressources
pédagogiques, mais on est dans mesures sanitaires, masques et... On est
là? Je veux être sûr. O.K.
Bien,
cet été, on a remboursé ou on a acquitté les factures pour environ
60 millions de dollars à nos centres de services scolaires. La façon dont on a procédé, plutôt que de donner
l'argent d'avance, on a dit : Allez-y, achetez le matériel, vous en avez besoin, surtout que nous, on a
réouvert nos écoles primaires, là, à l'extérieur du Grand Montréal, pendant
plusieurs semaines. Donc, ça n'a pas été le
cas en Ontario. Donc, évidemment, ils n'ont pas investi tellement dans les
mesures sanitaires pour le printemps,
leurs écoles étaient fermées. Nous, on l'a fait puis on a acquitté pour environ
60 millions de dollars.
Pour l'automne, on va procéder de la même manière.
On va tout simplement payer ce qui doit être payé, les masques qui seront achetés, les fameuses solutions nettoyantes,
tout va être acheté, et après, eh bien, on paiera la facture conséquente.
Mme Rizqy : Ma question est assez précise. Vous avez un
budget, qui a été déposé au mois de mars, en éducation. Quel est les montants additionnels, là, que vous avez
annoncés pour justement pallier à tout cela? Donc,
est-ce qu'il y a un montant supplémentaire qui est prévu maintenant,
au budget de l'Éducation, pour l'achat de masques et matériel de protection?
Sinon, vous pigez dans l'enveloppe de l'Éducation, là, l'enveloppe régulière,
appelons-la ainsi.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, les coûts COVID de
notre réseau scolaire, avant la rentrée de septembre, en ce moment, c'est autour de 60 millions de dollars.
Pour la suite, on va acquitter les coûts supplémentaires quand ils vont se présenter. Le message qui est envoyé au réseau...
Et, avec les directions de nos centres de services scolaires, il y a une très
bonne entente, tout le monde comprend comment
ça fonctionne. Il n'y a personne qui va se priver d'acheter un Plexiglas
si on a besoin d'un Plexiglas, une petite
fontaine si on a besoin d'une fontaine, un masque si on a besoin d'un masque,
etc. On ne manquera pas de ressources
pour nos mesures de santé ou nos mesures sanitaires dans les écoles. Mais c'est
une autre façon de gérer, et voilà.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Bien, M. le ministre, là, mes questions sont vraiment simples, c'est l'annonce
de sommes supplémentaires pour le réseau de
l'éducation que j'essaie d'avoir avec vous. Puis aujourd'hui, votre annonce,
qui tenait sur deux pages,
essentiellement, il y a un 20 millions supplémentaire. Le reste, c'était
du budget déposé juste avant qu'on ferme les écoles, là, donc un budget qui était déjà périmé, là, celui du 10
mars, là. Alors, là, ici, là... Parce que c'est après que vous avez pris la pleine mesure de la COVID-19, c'est
après qu'on a dû fermer les écoles de façon importante, c'est après qu'on
s'est rendu compte qu'il nous manquait aussi des ressources. Alors, ça prend
des ressources additionnelles.
Alors, si le gouvernement ontarien a ajouté
presque 800 millions de plus pour l'éducation... Puis permettez-moi juste
de vous dire, là, les ajouts, après le
budget, là, Ontario, là : 80 millions pour les ressources
supplémentaires. Au Québec, vous avez
ajouté 20 millions. Écoles à distance, l'Ontario met 18 millions.
Vous, vous ajoutez, puis là j'ai été généreuse, 1,3 million. C'était déjà prévu au budget, là, ce n'est pas des
sommes supplémentaires. Masques et matériel de protection, ils ont ajouté un 60 millions juste pour faire
l'acquisition des masques qu'ils vont fournir aux enfants et ainsi qu'aux
enseignants. Désinfectant, ils
ajoutent un autre 20 millions juste pour ça. Formation en santé et
sécurité, un 10 millions supplémentaire, là. C'est au-dessus du budget, là. Transport... Parce que, vous savez,
les enfants, il y en a qui ne se rendent pas à l'école en marchant, il faut faire du transport. Alors,
même pour le transport, ça prend du matériel sanitaire. Alors, masques,
matériel de protection et
désinfectant : 40 millions de plus pour le transport, parce qu'ils
ont bien compris qu'on ne pourra pas remplir les autobus, comme d'habitude, avec 72 élèves. Alors, ça prend
évidemment plus de transport. Augmentation de la capacité de tester, juste pour l'école, là, augmenter la capacité de
tester, parce qu'eux autres aussi ils ont compris que, si on a un enseignant qui se fait tester mais que ça lui
prend quatre jours pour avoir le résultat de son test, c'est pendant quatre
jours qu'il n'est pas à l'école.
Alors, juste pour augmenter la capacité de tester pour les écoles :
23,7 millions. Équipe de santé dédiée... Ça, c'est ce que je vous
ai demandé, et M. le ministre de la Santé a dit qu'il
ne fermait pas la porte, mais on commence à
être un petit peu tard, là. Équipe de santé dédiée, ça, c'est l'équipe mobile
qui se déplace, donc 500 infirmières, 500 hygiénistes qui sont uniquement réservées pour les écoles pour
être en mesure de contrôler les éclosions. Alors, là-dessus, ça, c'est 40... pardon, 50 millions supplémentaires. Ajouts en ressources pour santé mentale : 10 millions de plus juste pour la santé
mentale après, là, la COVID, là. Support additionnel pour les EHDAA : 10 millions de plus. Ça, c'est après, là, c'est
pour payer la COVID-19. Amélioration de la ventilation... Il y a des
études qui sont sorties au niveau de la ventilation, ce qui nous a permis, vraiment,
de nous rendre compte qu'effectivement ça prend des ressources additionnelles juste, là,
pour vérifier la ventilation dans nos écoles
et faire les changements. Pour la ventilation, là, c'est 50 millions de dollars de plus.
Alors, nous, là, au Québec, là, à date, les
annonces supplémentaires, là, j'ai une colonne de 0 $, 0 $, 0 $.
Alors là, M. le ministre, pour la
ventilation, prenons juste ventilation, quel est le montant additionnel pour la
ventilation? Puis j'imagine que quelqu'un à la SQI pourrait peut-être
nous répondre.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien. Bon, je pense, c'est intéressant, des
comparaisons, effectivement. Il faut faire attention des fois parce qu'on ne dirige pas nos gouvernements,
nos ministères précisément de la même manière. Donc, ça peut être complexe pour faire ces comparaisons. Mais, je
pense, c'est intéressant quand même de regarder ce qui s'est passé d'un côté
ou de l'autre, là, de la rivière des Outaouais. On a plus de...
Roberge : Oui, c'est ça, exactement. En fait, je corrige, là. Si on
parle des dispenses additionnelles de coûts COVID qui ont été remboursées, j'ai dit 60, j'avais arrondi vers le bas,
on est à 66 millions pour ce qui est déjà engagé. Et on est prêts à
éponger, on a cette réserve, là, pour ce qui s'en vient, de plus de
59 millions, mais là on est dans des mesures, là, d'administration mais
aussi de santé et de toutes ces choses-là.
Si on regarde l'annonce qu'a faite l'Ontario, ils
ont tout, tout, tout additionné, ils ont pris des coûts de la Santé aussi.
Nous, on n'additionne pas le coût des tests
qui seront faits par des professeurs ou des élèves qui passeront des tests de
la COVID, ce n'est pas compté dans notre budget à nous. Ça ne veut pas dire que
les élèves n'y auront pas accès.
Et je veux clarifier une chose. Quand on regarde
réellement, dans l'annonce qui a été faite par mon collègue, M. Lecce,
le ministre ontarien de l'Éducation, la
bonification des services, vraiment, de pédagogie, c'est autour de
50 millions qui s'ajoutent à un
investissement supplémentaire au budget dernier, leur budget, ça fait à peu
près 120 millions. Donc, si on compare septembre 2019, septembre
2020, en Ontario, en matière de réinvestissement en services, c'est à peu près 120 millions de plus. Au Québec, si on
regarde septembre 2019, septembre 2020, c'est à peu près 100 millions en
ajout de services de plus. C'est vrai que c'est un petit peu moins, mais il y a presque 80 % plus d'élèves. Donc, notre réinvestissement, en proportion, est tout à fait, tout à fait
justifié. Et moi, je suis confiant. Et d'ailleurs, si on regarde les réactions
de tous les partenaires ce matin,
nous sommes confiants, dans le réseau de l'éducation, que l'annonce de ce
matin, qui a été faite après
consultation de nos partenaires, des professionnels, des ordres professionnels,
des directions, des syndicats, répond aux besoins et va permettre aux
élèves de vivre une belle année.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. Mme la députée.
Rizqy : Bon. M. le ministre, je ne sais pas qui vous donne des
chiffres, là, mais, non, il n'y a pas 80 % plus d'élèves en Ontario qu'au Québec, là. Il y a un
peu plus de 1 million d'élèves au Québec, environ 2 millions en
Ontario. Puis, pendant ce temps-là, moi, ma question sur la
ventilation...
Je vous ai dit : On va prendre un cas précis
sur la ventilation. Ils ont annoncé 50 millions, pas plus tard que la
semaine passée, parce qu'il y a des
études de la Santé publique américaine, canadienne et de l'Organisation
mondiale de la santé qui disaient
qu'effectivement il y a un problème avec la ventilation qui peut faire en sorte
que le risque de propagation est plus important,
et, pour mieux protéger les enseignants et le personnel de l'équipe-école,
bien, effectivement, il faut rehausser la ventilation. Alors, en
urgence, ils ont annoncé 50 millions.
Alors,
même si, admettons, on disait qu'on prend votre chiffre de 80 %, là, ça ne
change rien, là, un zéro, ça reste zéro.
80 % de zéro, ça restera toujours zéro. Alors là, en ce moment,
ventilation, est-ce que la SQI... est-ce que vous avez un plan de match,
là, pour la ventilation dans les écoles, pour répondre aux critères de la Santé
publique?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Mme la Présidente,
j'ai déjà répondu à cette question-là, pertinente, de ma collègue sur la
ventilation. On a annoncé, donc, l'an
passé, un budget PQI maintien d'actifs de 2,3 milliards, qui pouvaient
être utilisés à l'intérieur de trois
ans, qui pouvaient être utilisés très, très, très rapidement, mais, en fait,
c'était trop d'argent pour ce qu'ils étaient capables de dépenser. On manquait d'entrepreneurs pour faire tous les
travaux parce qu'on est en rattrapage, parce que les précédents gouvernements n'ont pas fait la
job. Donc, on est en train de retaper les écoles. C'est un peu comme si les
gens, comme je l'ai déjà dit, mettent
le feu puis critiquent le travail des pompiers. On fait au mieux pour rattraper
en peu de temps des sous-investissements qui ont laissé notre parc-école
en mauvais état.
Ceci dit, le
travail se fait. La bonne nouvelle, c'est que le travail se fait. Nos centres
de services sont à pied d'oeuvre, ce
sont des gens compétents. Nos cadres font le travail, les gens sont embauchés,
et l'entretien se fait. Et, pour être bien certain, bien que je sache que les cadres font leur travail et que les
entrepreneurs font leur travail, mais, pour être bien certain, un rappel
sera envoyé sur l'importance de faire l'entretien d'usage des systèmes de
ventilation.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée.
Rizqy : C'est agréable
d'envoyer des rappels, mais les écoles ont besoin d'argent supplémentaire.
C'est bien correct de faire des rappels, mais, s'ils n'ont pas de sous
supplémentaires, ils n'y arriveront pas.
Et, M. le ministre, là, soyons un peu sérieux, là, vous avez le deuxième plus gros
portefeuille en importance au Québec, l'Éducation.
Vous me dites, là, que vous, là, votre poids au Conseil du trésor, vous êtes
allé chercher 20 millions pour un peu plus de 1 million d'enfants au Québec,
c'est ça que vous me dites. Donc, 20 $ par enfant. C'est ça, votre poids,
là. Alors que, là, de l'autre côté,
en Ontario, ils sont allés chercher 800 millions additionnels. Donc, après
le budget, ils ont ajouté des sommes parce qu'ils se sont dit qu'effectivement on a un
rattrapage à faire, on doit désinfecter davantage, puis un seul concierge par école, ça ne sera pas suffisant.
Le transport, bien, le transport, il va nous manquer de monde parce
qu'il va falloir qu'on réduise le nombre de personnes par banc. Alors, tout ça,
là, c'est...
Et, écoutez,
là, l'équipe de santé dédiée... On va aller juste à l'équipe de santé dédiée,
là, l'unité mobile de dépistage, juste ça, là. Ça, ça coûte environ
50 millions de dollars en Ontario. J'ai demandé ça dans ma lettre à
Dr Arruda. Christian Dubé, le
ministre de la Santé, a dit : Je ne ferme pas la porte. O.K. Je comprends
qu'il ne ferme pas la porte, mais là
ça fait deux semaines, là, ma lettre. Aujourd'hui, vous, est-ce que vous
l'ouvrez, la porte, ou vous la fermez? Est-ce qu'on va avoir, oui ou non, une équipe dédiée de dépistage
mobile? Est-ce que, oui ou non, il va y avoir des sommes pour ça? Parce
qu'on ne pourra pas fermer une école, là, en attendant pendant
quatre jours un test, là.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Oui. Mme la Présidente, le ministre de la Santé, mon
collègue, travaille effectivement, comme il l'a dit la semaine dernière, pour réduire les délais entre le moment où
on passe le test, les moments où on a la réponse. Puis il travaille aussi pour être bien certain
que, quand on est parent d'un enfant qui va à l'école ou qu'on est même membre
du personnel de l'école, si on a besoin d'un
test, ça se fasse encore plus rapidement, ce qu'on appelle un corridor de
services. Et déjà, dans la dernière semaine, beaucoup de travaux ont
avancé en ce sens-là.
Ma collègue
aime bien, là, nous comparer avec l'Ontario. C'est correct. Ça fait
partie des
comparables possibles, il y en a d'autres, mais on peut comparer par
rapport à soi-même dans le temps, puis là on verrait que le budget de dépenses en éducation, là, si on demande... le
précédent gouvernement avant, le gouvernement libéral, là, 2013, 2014, 2015,
2016, c'était presque une ligne droite. Ça,
ça veut dire qu'on ne couvrait pas vraiment les coûts de système. En gros,
c'est des coupures. Les gens
utilisaient le mot «austérité». Il y avait des gens qui faisaient des chaînes
humaines autour des écoles pour
protéger les écoles du précédent gouvernement libéral. Juste avant l'élection,
woups! ils se sont trouvé une petite fibre. Tout à coup, c'était devenu important, ça a monté. Puis nous, bien, on
est en hausse constante, comme on avait dit qu'on le ferait.
Donc, moi, je pense, c'est un comparable très
intéressant de se comparer par rapport à soi-même puis de voir une perspective dans le temps. Le réseau scolaire
est conscient maintenant qu'il fait
partie des priorités du gouvernement,
pas seulement en temps électoral, mais tout le long du mandat.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Il reste 1 min 50 s à l'échange. Mme la
députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : M. le ministre, votre
budget, c'est vrai qu'il a explosé, mais pas avec les bonnes priorités. Votre principale priorité, là, tout le monde sait
c'est quoi. C'étaient vos maternelles quatre ans à environ 1 million de
dollars la classe. Alors, c'est normal que ça ait explosé, mais pas pour
les bonnes raisons.
En attendant, on n'a pas plus d'enseignants, on est
en pénurie d'enseignants, on n'a pas plus... Les orthopédagogues, vous annoncez 20 millions, mais le problème,
c'est que les 350 postes... L'an passé aussi, vous cherchiez
350 postes, puis ils n'ont pas été comblés à 100 %.
Alors, moi,
là, je reviens encore. Puis, quand je vous dis, là... juste, répondez à ma question : Une équipe santé dédiée, là,
pour justement, là, freiner une éclosion, si jamais ça arrive ou
quand ça va arriver, comme l'Ontario l'a fait, là... vous dites toujours que vous parlez avec vos homologues des autres
provinces, mais, est-ce que vous le faites pour de vrai? C'est ça, ma question.
Puis aujourd'hui, M. le ministre, je m'excuse de vous le dire, mais la raison
pourquoi qu'on a des parents qui sont inquiets, c'est parce que vous,
votre rôle, c'est de les rassurer, et, quand vous ne répondez pas aux questions
avec de l'assurance, puis dire : Oui, effectivement, je trouve que c'est une bonne idée, ce que l'Ontario
a fait, de dire : O.K., on va avoir
une équipe mobile qui va dépister directement sur le stationnement de l'école, pour s'assurer
que, si jamais il y a une éclosion, on va la contrôler immédiatement, on
n'attendra pas à une semaine de la rentrée pour encore tergiverser, pour
faire... pour prendre, finalement, une bonne décision.
vous fait des suggestions. À un moment donné, M. le ministre, c'est à vous
de les prendre puis de dire : O.K.
Je comprends pourquoi que les parents ne
sont pas rassurés. C'est votre rôle, c'est votre leadership. Parce que,
sinon, là, il va y en avoir, des gens
qui vont se tourner vers des gens comme ça, des Skytag de ce monde. Puis c'est ça
qui me perturbe avec vous, des fois,
c'est qu'on a bien beau vous donner des suggestions, c'est comme si ça ne veut
pas... vous ne voulez pas les entendre.
Alors, moi,
je vous le demande encore, là : Est-ce
que vous êtes capable d'annoncer aujourd'hui, pour rassurer les parents,
qu'il y aura, oui, une clinique de dépistage mobile qui va être déployée avec
une équipe de santé dédiée que pour les écoles?
Présidente (Mme Thériault) :
Malheureusement, il ne reste plus de temps au bloc. Donc, ceci
met fin à la
section Infrastructures.
Donc, nous continuons. Nous poursuivons l'étude des crédits pour la
section
Enseignement préscolaire, primaire,
secondaire. Donc, ce sera des blocs de 21 minutes. Il y a
quatre blocs à l'opposition
officielle, trois blocs aux autres
oppositions. Donc, ça sera fait en alternance avec Mme la députée de Saint-Laurent,
Mme la députée de Sherbrooke, Mme la députée de Saint-Laurent, Mme la
députée de Joliette,
on revient à la... Saint-Laurent, après ça à l'indépendante et on termine avec la députée de Saint-Laurent. Donc, Mme la députée de Saint-Laurent, la parole est à vous pour 21 minutes.
Mme la députée de Saint-Laurent, on repart sur un autre bloc...
Mme Rizqy : Ah! je pensais que...
Présidente (Mme Thériault) :
...et vous avez la parole pour 21 minutes, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Ah! c'est parce qu'on
nous avait dit qu'on alternait. Désolée.
La Présidente (Mme Thériault) : Non,
on continue.
Mme Rizqy : Ah! Bien, dans ce cas, est-ce
que, oui ou non, le ministre peut répondre à ma question?
Présidente (Mme Thériault) :
Bien, c'est... pourquoi pas? M. le
ministre, pouvez-vous répondre à la question de la députée?
M. Roberge : Bien content de pouvoir
répondre à la question. Comme je l'ai dit tout à l'heure et comme mon collègue le ministre de la Santé l'a dit
la semaine dernière, ils étaient en train de faire trois choses, en réalité,
là : augmenter notre capacité à
faire des tests, bien que ça ait été sérieusement augmenté, là, dans le dernier
mois, augmenter la rapidité pour
transmettre les résultats des tests, parce que, quand on fait un test, on est
inquiet, on veut la réponse tout de
suite, M. le ministre l'a bien dit, et travailler pour que ça soit
très, très clair, quand on est parent d'un enfant qui va dans une école, quand on est membre du personnel d'une
école, où est-ce qu'on va directement, on a utilisé le terme «corridor
de services», pour savoir qu'on ne cherche pas, on ne magasine pas l'endroit où
on doit aller faire un test, il n'y a pas d'incertitude,
on ne se présente pas à l'urgence, on sait très bien où aller, on a un test
rapidement, on a la réponse rapidement. C'est l'engagement du ministre
de la Santé. Puis, moi, je trouve que
c'est extrêmement rassurant. C'est une information qu'on
doit tous diffuser pour ne pas alarmer les gens avec des informations qui
pourraient être erronées.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Tu sais, la raison
pourquoi je vous pose la question, c'est parce qu'il y a de l'inquiétude. Puis l'objectif, c'est que les parents se disent : J'ai
confiance, j'amène mes enfants à l'école. Et ça, c'est votre rôle de rassurer
les parents. Alors, on veut s'assurer que des leçons qu'on a eues en CHSLD,
bien, ça ne se reproduit plus.
Là, je vous
ai fait même un tableau, donc : CHSLD, là, matériel de protection. Votre
annonce, la semaine passée, je n'en
revenais pas que vous avez dit la chose suivante : Les masques ne seront
pas fournis. Vous êtes bien au courant qu'il
y a des enfants vulnérables dans le réseau de l'éducation? Est-ce que, là, vous changez d'idée, là? Parce qu'au départ, au CHSLD, là, puis dans le réseau de la santé, là,
les masques étaient sous clé, là. Là, vous, ce n'est pas sous clé, ils ne sont
pas fournis. Oui ou non, aujourd'hui, est-ce que, finalement, vous changez puis
vous dites que les écoles vont fournir les
masques? Parce que ce n'est pas vrai, là, qu'un enfant va se rendre le matin au
YMCA chercher un masque dans un centre sociocommunautaire
avant d'aller à l'école, là. Ça ne marchera pas. Est-ce que vous pouvez prendre
la bonne décision aujourd'hui puis dire que l'école, là, le matériel de
protection va être fourni?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Mme la Présidente, je pense, je suis assez d'accord que les élèves n'iront pas à tous les
jours chercher un masque s'ils en ont
besoin. Les masques, maintenant, ou les couvre-visages, qu'on les achète ou qu'ils
soient faits de manière artisanale, font
partie maintenant des vêtements
que l'on porte et que l'on portera. Puis ça sera comme ça, vraisemblablement, encore pour un bon bout de
temps. Ça fait déjà un certain temps, là, quelques semaines que ça a fait
son entrée dans notre vie. Il y a six mois,
on n'y aurait pas cru, mais on est là, et ça se passe assez bien, vraiment. Les
gens, les jeunes, les adolescents et
tout le monde se sont habitués à les porter. Ça ne veut pas dire qu'on aime ça toujours,
mais on s'habitue à le porter, à bien le faire.
Je pense que la grande, grande, grande
majorité des gens de 10 ans et plus, maintenant, en ont déjà à la
maison parce qu'ils en ont besoin,
s'ils vont dans des lieux publics ou si, plus jeunes, ils accompagnent leurs
parents ne serait-ce qu'à l'épicerie
ou dans le transport en commun. Ceci dit, il y en aura quand même de
disponibles à l'entrée des autobus pour
les jeunes qui n'en auraient pas ou
qui l'auraient oublié, parce que ça arrive, ça va arriver aux adultes aussi,
mais on comprend qu'avec des enfants
ça peut arriver encore plus vite. Même chose pour les écoles, on en aura, des
masques à usage unique à donner à des élèves qui l'auront oublié, ou qui
l'auront perdu, ou qui ne l'auront pas.
Et aussi, bien sûr, on sait bien qu'il y a des
gens qui peuvent avoir de la difficulté à acheter des choses, comme il y a des gens qui ont de la misère à acheter un
sac d'école, hein, parce qu'ils sont vulnérables, ils ont moins d'argent,
la fin du mois est difficile, ils ont de la
misère à acheter un sac d'école. Et pourtant l'État n'achète pas un sac d'école
à tout le monde, on se tourne vers
les organismes communautaires que l'on finance et qui viennent pallier à ces
manques. On va faire la même chose pour les couvre-visages.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy : Quand on parle de santé publique, on ne parle pas d'un vêtement, là, on
parle de santé publique, et, au mois
de mars et au mois d'avril, Dr Arruda nous expliquait pourquoi il n'était pas
prompt à conseiller le masque. Il disait : Parce que, souvent, les gens ne savent pas comment le mettre, mais aussi
il y avait un problème que, si on disait «un masque à usage unique», il y avait un certain temps
qu'on pouvait le porter parce qu'après ça il n'était plus aussi efficace puis
on devait le jeter. Vous avez
dit : On va s'en remettre... pour le masque, c'est un vêtement, les
organismes sociocommunautaires vont
devoir le fournir. Avez-vous fait une entente avec les organismes sociocommunautaires
pour faire venir les masques? Parce que, moi, je leur ai parlé, puis
personne n'a reçu un sou supplémentaire pour ça.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Nous sommes à faire ces discussions-là, la
rentrée n'est pas arrivée encore. Et il
y a évidemment des gens qui se
retournent vers les organismes
communautaires, qui sont très
dynamiques, qui sont capables de s'adapter, de répondre à un besoin quand le besoin change. On est capable de
changer aussi, et on n'a pas à fournir des dizaines et des dizaines de masques à chaque personne, c'est quelque chose qui va bien aller. Et d'autant plus qu'évidemment, on le voit,
depuis plusieurs semaines, le masque a fait son entrée, déjà, dans la vie des
gens. Les gens ne vont pas acheter un masque
ou aller demander un masque pour la rentrée scolaire, ils en ont déjà
besoin pour circuler dans la société, pour fréquenter les commerces.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. Mme la députée.
Rizqy : Vous vous basez sur
quoi pour faire une telle affirmation, alors que ça fait à peine 10 jours
qu'on a annoncé que c'était un masque
obligatoire pour 10 ans et plus, donc plus de 12 ans et plus? Alors,
votre affirmation est basée sur quoi, à
part votre pif?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Je pense que c'est
assez évident, Mme la Présidente, il suffit de circuler un petit peu, on voit que
le port du masque est adopté
très largement. Il était obligatoire pour les 12 ans et plus, il le sera maintenant
pour les 10 ans et plus. Mais il y a beaucoup,
beaucoup de jeunes qu'on voit, qui sont même
plus jeunes que ça, qui le font. Parce qu'on connaît les enfants, ils font comme papa, ils font comme maman, ils font
comme grand frère, ils font comme grande soeur. Puis, de toute façon, entre un jeune de 10 ans qui n'en portait peut-être
pas encore et qui va bientôt en porter, dans une famille... je ne pense pas que ça va être un enjeu. Et, comme
je l'ai dit, je ne le banalise pas, on va en avoir dans les autobus, on va
en avoir dans les écoles.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Rizqy : ...si je comprends
bien, vous vous en remettez aux organismes sociocommunautaires. Vous espérez
qu'ils vont être capables de faire les
commandes, vous espérez qu'ils vont faire les mêmes commandes, alors qu'on sait
qu'on en a manqué, des masques, un peu partout,
alors que le gouvernement peut procéder par achats regroupés, les avoir à
meilleur prix parce qu'il en achète de façon
importante, donc plus grande quantité, meilleur prix, généralement. Mais vous,
à la place : On va s'en remettre
à différents organismes sociocommunautaires puis on va espérer que le matin,
là, l'enfant va passer par l'organisme sociocommunautaire pour aller
chercher un masque. Donc, c'est ça que je comprends de votre leçon tirée des
CHSLD.
Dépistage
à l'auto. Vous avez remarqué, là, que, plus tard durant la pandémie, on a vu
que le dépistage à l'auto, c'était
pas mal efficace parce que les gens restaient là, dans leur auto, puis on était
capable de les dépister. Est-ce que vous allez donner suite à la
clinique de dépistage mobile? Parce que ça a été efficace finalement.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
D'abord, juste revenir sur le préalable, là, ma collègue dit que, là, il faut
que les jeunes passent le matin chercher le
masque avant de se rendre. Ce n'est pas du tout ça que j'ai dit. J'ai dit que,
s'il y avait un problème, les organismes communautaires qu'on finance et qui, déjà, font des
opérations sac à dos, des opérations coffre à crayons, pourront venir en aide. Je dis que l'État, le gouvernement va en fournir pour les autobus scolaires, puis, quand tu vas dans
l'autobus, tu peux le garder ensuite et dans les écoles aussi.
Ensuite, pour ce qui
est, là, de gérer le système de santé et les cliniques, précisément, bien, je
vais laisser à mes collègues de la Santé et de la Santé publique répondre aux questions.
Rizqy : ...formuler des
demandes. Vous n'en formulez pas, c'est ça, le problème. Vous ne réalisez pas
ce que vous dites. J'ai l'impression, là, que vous, là, dans votre tête,
ça va s'opérer en claquement de doigts parce que vous le souhaitez. Alors que l'histoire des masques, là, vous dites :
Ah! il va prendre le transport. Vous tenez pour acquis que l'ensemble d'un peu plus de 2 millions
d'élèves prennent le transport en commun. Ce n'est pas vrai. Vous avez environ
220 000 familles
au Québec avec des enfants qui sont au seuil de la pauvreté. Est-ce que, ça,
vous réalisez ces chiffres-là? Mais
c'est pour ça qu'il faut les fournir, les masques. C'est pour ça que l'Ontario,
là, c'est environ 100 millions de dollars au total pour l'école et pour le transport, pour le matériel tel que le
masque. C'est pour ça que l'Alberta le fournit, le masque. Pourquoi que vous, vous n'emboîtez pas le pas,
alors que vous savez que c'est important? Pourquoi vous avez tergiversé là-dessus? Ce n'est même pas... je ne devrais même
pas m'obstiner avec vous, c'est quelque chose que... Pour moi, là, ça va
de soi que vous le fournissez. C'est un
matériel de protection, c'est une mesure de santé publique. Ce n'est pas un
chiffon, ce n'est pas un vêtement.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente, je suis d'accord pour ne pas
m'obstiner. Je ne pense pas que c'est une commission d'obstinage. C'est l'étude des crédits. On ne
s'entête pas, on est très clair, on a expliqué notre position, qui est très
rassurante. On sait qu'il y aura des masques à l'école, on sait qu'il y
en aura dans le transport public, on sait qu'il y en aura dans le transport scolaire pour les jeunes qui n'auront
pas pu s'en procurer, ou qui l'auront oublié, ou qui n'auront pas pu s'en
faire de manière artisanale. Il n'y a
personne, là, qui est laissé de côté. Donc, ma collègue peut reposer sa
question, et je pourrai y répondre à nouveau si elle le souhaite.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Ma question, là, pour être claire, c'est celle de plusieurs parents, puis je
suis convaincue que vous recevez les mêmes courriels que moi.
Continuons,
là, pour les leçons tirées des CHSLD. Transfert de personnel. On l'a vu après
que, finalement, là, ça a été, là,
très problématique, le transfert de personnel. Pour les écoles, qu'est-ce que
vous comptez faire pour freiner le transfert de personnel?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : C'est une question qui nous a été posée, quand
même, ou qui a fait l'objet de quelques reportages, parce que c'est vrai que, dans des CHSLD, le fait
qu'une même personne travaille dans plusieurs CHSLD, ça a été pointé comme un enjeu problématique. D'abord, je ne veux
pas le banaliser pour le réseau scolaire. J'ai eu des conversations avec le ministre de la Santé, et puis on est en train
de voir si on peut faciliter l'accès à des tests, si nécessaire. On regarde
cette question-là. Mais il faut faire
attention quand même quand on fait des comparaisons. C'est des choses très,
très différentes.
qui se passe dans un CHSLD, c'est qu'il y avait du contact direct, là, hein? La
personne manipule, touche, puis c'est
très bien, aide le patient qui était contaminé, si j'ose dire, et très, très,
très contagieux. Dans le réseau scolaire, de prime abord, sauf très, très rares exceptions, les
jeunes n'ont pas... ils ne sont pas dans un centre hospitalier, ils ne sont pas
là parce qu'ils sont malades, là,
hein, ou ils sont vulnérables. Ils sont, dans la grande majorité, en pleine
forme. Quand ils l'attrapent, ils ont
très peu de symptômes, ils sont très peu contagieux. Et, au contraire d'un
CHSLD, on n'est pas en train de
manipuler en continu, de toucher en continu les élèves. Au contraire, on a une directive
de la Santé publique qui nous dit, à part pour le préscolaire, de garder
un deux mètres de distance.
Alors, je pense qu'on peut bien faire des
comparaisons, mais, dans ce cas-ci, ça aide surtout à voir les différences
très, très grandes entre les deux milieux
puis à dire, justement, que c'est des comparaisons qui ne s'appliquent pas dans
ce cas-ci.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
M. le ministre, un peu de sérieux, là. En ce moment, là, ça, c'est pour
objectif de tirer des leçons. La
semaine dernière, vous avez vous-même dit, là, que la distance physique dans
les écoles, ça sautait. Dr Arruda nous l'a toujours dit, là, que, oui, c'est important de garder le deux mètres,
mais... Moi, je n'ai pas d'enfants, mais il y en a d'autres qui en ont, là. Les enfants, quand vous dites «ce
n'est pas contagieux», je ne sais pas sur quoi vous vous basez, parce que
ça morve, ça attrape à peu près n'importe quoi puis ça le refile souvent aux
parents après.
Alors, moi, ma question est très sérieuse. On a vu malheureusement que,
dans les CHSLD, le transfert de personnel, ça a été un gros problème. Là, avez-vous un plan, là, pour freiner le
transfert de personnel, notamment s'il y a une éclosion? C'est quoi,
votre plan de match?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Je pense que, Mme la Présidente, il faut faire
attention. Sur quoi on se base? Bien, d'abord, je lis les journaux, je lis les études, comme bien des
personnes, mais je ne suis pas apprenti sorcier, je me base sur les
recommandations de la Santé publique,
qui font une revue scientifique internationale, qui consultent tous les autres,
donc je me fie sur leurs recommandations
plutôt que la dernière étude que j'ai lue ou le dernier
article de journal que
j'ai lu. Et ce que nous disent les
experts de la Santé publique, c'est que, oui, il est possible qu'un jeune
l'attrape, ça se peut, c'est moins fréquent que pour des adultes, oui, il est possible qu'un jeune diffuse cette
maladie, c'est possible, mais c'est beaucoup moins fréquent. Donc, d'utiliser les termes de ma collègue, je ne
pense pas que ça soit pertinent, de dire : Bien, s'ils donnent le rhume,
ils vont donner la COVID. C'est un petit peu
plus fin que ça, comme analyse, là, ce qui se fait avec la Santé publique,
quand même.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Mme Rizqy :
Donc, ma question : Avez-vous un plan de match pour le transfert de
personnel, oui on non?
M. Roberge : Bien, la première question — là, elle
a changé sa question — tout
à l'heure, c'est : Est-ce qu'on a un
plan si jamais il y avait des éclosions? Bien sûr, c'est très, très, très
clair. D'abord, un cas ne veut pas dire nécessairement une éclosion. Bon, il peut y avoir un cas dans la
classe. Aussitôt qu'il y a un cas de déclaré de COVID, la Santé publique
régionale arrive, fait une analyse
épidémiologique, vérifie les contacts, est-ce que c'est contacts modérés,
moyens, sévères, qui doit être retiré de la classe, pour combien de
temps, est-ce qu'on doit fermer la classe pour une période. Ça, c'est une décision de la Santé publique. La question du
fait qu'un même membre du personnel puisse circuler dans plusieurs écoles pourrait être inquiétante, si on compare
puis on dit : Bien, voilà, c'est arrivé dans un CHSLD, ça va arriver dans
les écoles. Ça suscite une réflexion qui est suffisamment sérieuse pour que
j'en aie parlé, bien sûr, avec le ministre de la Santé, mais les mesures de
prévention sont suffisamment grandes, je pense, pour empêcher les propagations.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci, M. le ministre. Il reste environ six minutes. Mme
la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Donc, si je comprends bien, vous, il n'y a pas de leçon à tirer des CHSLD?
M. Roberge :
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Non, ma collègue ne comprend pas bien.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Là-dedans, dans mon
tableau, qu'est-ce qui fait en sorte que vous avez tiré des leçons? Parce que
je vous ai mis ici tout ce qui est arrivé
dans les CHSLD, qu'on peut maintenant apprendre puis dire : O.K.,
maintenant, on le sait. Comment on s'assure de ne pas répéter ces
lacunes dans le réseau de l'éducation?
Alors, je vous ai mis...
Matériel de protection, vous n'avez pas de plan pour distribuer des masques à
l'école. Dépistage à l'auto, vous refusez de
mettre des cliniques de dépistage mobile dans les écoles. Transfert de
personnel, vous n'avez pas de plan pour les remplaçants. Vous n'avez pas
de plan pour dire : Non, on va essayer vraiment d'avoir, notamment, là, à l'épicentre, là, du Québec,
du Canada, le Grand
Montréal... de dire : On va
vraiment avoir des équipes, là, écoles
fermées, où on s'assure que c'est le même personnel qui va là puis on va aussi
avoir déjà du personnel de remplaçants qui vont être attribués dès lors
qu'on a, par exemple, un professeur qui doit faire un test, qui doit se
retirer, le temps d'avoir le résultat, ou si
jamais on a un professeur qui est contaminé à la COVID-19, qui, lui, doit se
retirer pendant 14 jours ou
jusqu'à tant qu'il y ait un autre test... deux tests négatifs. On doit avoir un
plan pour ça, ça, c'est des... Ça, là, on apprend ça de quoi? Bien, du passé. Puis ce n'est pas un
reproche, on ne le savait pas. Là, on l'a appris. Et maintenant c'est de
s'assurer de ne pas répéter les erreurs.
Zones chaudes, zones froides. On a maintenant la
bulle qui est la classe, mais le service
de garde, lui, qu'est-ce qu'on
fait? Ça, est-ce qu'on a quelque chose, là, pour s'assurer de, justement, dire...
Si on a fermé des groupes, qu'on dise : Ça, c'est un groupe-classe qui devient une bulle. Mais, après ça, vous les
envoyez tous ensemble au service de garde, parce que ça n'a pas été ajusté, parce que ça prenait des
sommes additionnelles pour dire : O.K., on va garder des mêmes groupes,
donc ça me prend plus de ressources. Ça, ça n'a pas été prévu.
Alors, pénurie de personnel, on l'a vu dans les
CHSLD. Pénurie, là, de personnel dans le réseau de l'éducation, ça fait des mois, là, qu'on vous le dit. Alors,
là-dessus... Puis l'autre affaire qui est arrivée dans les CHSLD :
nettoyage et désinfection. Ça a aussi
été problématique. Là, les écoles, on le sait, ça ne fonctionnera pas avec un
seul concierge, donc ça prend des équipes additionnelles.
Alors,
maintenant, moi, ça me prend un ministre qui dit : Parfait, c'est vrai,
là, ce qui est marqué ici, on a appris de
ça, voici le plan de match pour ne pas répéter ça. C'est juste ça que j'ai
envie d'entendre : un ministre qui comprend que ce n'est pas un reproche, que c'est vraiment...
c'est factuel puis qui se dit : Je vais aller frapper à la porte de mon
ministre de la Santé puis au Conseil du trésor parce que, finalement, je
me suis rendu compte qu'il me manque des sous pour m'assurer que, justement, je
suis capable de tout, tout livrer.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. M. le ministre, un peu plus de
2 min 30 s.
Roberge : Merci. Bien, je pense que c'est une série de préoccupations...
les thèmes, à tout le moins, on est d'accord,
ce sont des thèmes desquels il faut discuter. Bon, je ne suis pas d'accord avec
les assertions et les déclarations qu'elle
fait, elle nous dit, comme si on n'avait pas de plan de désinfection. Je pense
qu'il y a le matériel nécessaire, puis les centres de services ont eu le
temps en masse de se préparer.
Ma collègue
aime bien comparer ce qu'on a fait ici
avec l'Ontario. En Ontario, le plan ontarien, en juin, c'était :
Attention, écoles de l'Ontario,
ça se peut qu'à l'automne ça soit temps plein, temps partiel ou hybride. Bon
été. Puis là, à la fin du mois de
juillet, ils ont déposé leur plan. Nous, à la mi-juin, on est arrivés avec un
plan qui était très concret, les gens
savaient où ils s'en allaient, ils savaient toutes les mesures de protection,
ils savaient les consignes sanitaires et ils ont eu un mois pour se préparer, de la mi-juin à la mi-juillet,
avant qu'arrivent les fameuses vacances de la construction. Et énormément de travail a été fait en avance. La vérité, c'est
que nous menions la parade. J'ai croisé des directions d'écoles, cet été, qui n'étaient pas des porte-parole d'aucun regroupement, qui venaient me dire : Merci, on est prêts,
je suis parti en vacances la tête tranquille, mon école est prête, donc
c'est prêt pour la désinfection.
Pénurie,
bien, écoutez, on a hérité ça des précédents gouvernements, c'est un enjeu qui est
grave, c'est un enjeu qui demande
vraiment beaucoup de mesures. Une mesure ne réglera pas ça. On a mis plusieurs,
plusieurs mesures pour combattre la pénurie puis on est conscients aussi
que ça va prendre quelques années malgré tout.
Services de garde, bien là, je ne suis pas
d'accord avec ma collègue qui dit : Rien n'a été fait, tout le monde ensemble au service de garde. C'est clair, ce
qu'on a dit la semaine dernière, là, les groupes classes doivent rester, à
moins d'exception, ensemble, même au
service de garde. J'étais ce matin dans une école primaire, l'école Du Boisé,
je parlais avec la direction d'école,
la direction adjointe, le préposé à l'entretien — on est concrets, là, on est sur le terrain,
là — puis
la direction me disait : Service de
garde, on est correct, pour les plus petits, grosso modo, on va rester en
groupes classes, pour les plus
grands, il se peut qu'on mélange deux groupes, mais toujours, toujours les
mêmes, les mêmes élèves vont être ensemble,
exceptionnellement, puis ça ne changera pas, puis ils seront toujours avec la
même éducatrice, conformément à vos directives de la semaine dernière,
M. le ministre.
Donc, ils l'ont entendu, ils l'ont intégré, et
elles sont prêtes. Les profs ne sont pas arrivés. Les profs, dans cette école-là, vont arriver vendredi, mais les
questions du service de garde, ça a été fait. Donc, je pense qu'il faut faire
attention aux informations que ma collègue colporte.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci,
M. le ministre. Je vous mentionne que j'ai reçu copie du tableau des professionnels dans le réseau de l'éducation et qu'il est conforme. Donc, il sera acheminé sur le site Greffier, pour
votre information. Et le bloc est terminé, Mme la députée, donc nous allons maintenant
passer à Mme la députée de Sherbrooke pour votre bloc à vous, 21 minutes. La
parole est à vous.
Labrie : Merci, Mme la Présidente. Je veux revenir sur la question
des services aux élèves, qui avait été abordée
par ma collègue de Joliette
tout à l'heure. Je pense que le
ministre a appris de ses erreurs, dans le dernier mois, par rapport aux seuils minimaux de services,
notamment en formation à distance. On a vu que... on lui a fourni plusieurs
exemples de services qui nous apparaissaient
bien en dessous de ce qu'on pouvait attendre en éducation à distance le printemps dernier. Il s'est ajusté, il a mis
des seuils, puis là il nous annonce qu'il y aura des seuils cet automne aussi.
C'est très bien, parce que
ça ne doit pas varier d'une école à l'autre ou d'un centre de services à
l'autre. Moi, ce que je ne comprends
pas, c'est pourquoi on n'applique pas la même logique d'équité dans les services
pour les services professionnels qu'on donne aux élèves.
Tout à l'heure, il nous a parlé de son seuil minimal par école. On comprend que c'est important
pour les très petites écoles, mais ce
seuil-là est tellement bas que ça fait en sorte que, finalement,
il devient ridicule puis inopérant, là, pour la plupart des écoles du Québec. C'est un demi-professionnel par école dans une
école régulière, c'est quand même assez... Tu
sais, c'est bien en dessous de ce qui
est offert actuellement. Donc, un seuil qui est bien en dessous de ce qu'on
offre en ce moment, c'est... Disons qu'on ne met pas la barre trop haut,
là, pour essayer d'atteindre l'objectif qu'on se fixe.
Puis, en ce
moment, il y en a une très grande, disparité entre les centres de services
scolaires. Les chiffres que j'ai, moi,
ils datent de 2017, là, puis ça varie entre 1,45 puis 7,03 professionnels
pour 1 000 élèves, selon le centre de services scolaire — c'étaient des commissions scolaires, à
l'époque. Puis la moyenne, c'était un peu plus que trois, puis la fédération
des professionnels nous dit que ça devrait
être au moins cinq professionnels pour 1 000 élèves. Puis ça, c'est
ce qu'eux nous disent, là. On est
autour d'un peu plus que trois. Puis il y en a où c'est moins de deux, là. Il y
a des commissions scolaires, je peux
vous en nommer, sur la liste, là, ça date de 2017, ça peut avoir changé,
mais Portages-de-l'Outaouais, 2,07, des Draveurs, 1,51, plusieurs
commissions scolaires anglophones aussi, où il y a moins de trois
professionnels pour 1 000 élèves, alors qu'on en a d'autres où on a
au-dessus de cinq, là, déjà.
Donc, moi, je
ne comprends pas pourquoi on n'a pas une équité de services professionnels
d'une région à l'autre. Je comprends
que le chiffre ne sera pas le même partout parce qu'en fonction des
territoires, puis tout ça, ça va devoir varier, mais, pour garantir une équité minimale entre les élèves, est-ce qu'on
ne devrait pas avoir deux seuils minimaux de services, celui par établissement, qui tient à coeur au
ministre, qui est important aussi, je pense, mais aussi un autre qui serait un
ratio par rapport au nombre d'élèves,
pour ne pas que les parents aient à vérifier, dans la commission scolaire où
ils habitent, est-ce que le seuil de
services est plus bas, est-ce que je suis mieux de déménager si je pense que
mon enfant va avoir besoin de services?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Oui. Bien, d'abord, c'est certain que les professionnels
dans le réseau, là, c'est essentiel. Puis des fois on dit le terme «professionnel», les gens ne
savent pas à quoi on réfère, là, mais on parle des orthophonistes, des
psychologues, des psychoéducateurs,
donc les gens qui viennent offrir des services professionnels autour de
l'enseignant. On a aussi les
techniciens, techniciennes en éducation spécialisée, qui n'ont pas le statut de
professionnel mais qui sont extrêmement importants, importantes dans le
réseau.
On vient en
ajouter. L'année... la semaine... oui, l'année passée, on voulait en ajouter
650. On en a ajouté un peu plus
de 700, on a réussi ça, même si
le monde disait que c'était impossible. Là, on dit qu'on va en ajouter 350. Les
gens nous disent qu'il y a
une pénurie de personnel. Moi, j'ai confiance qu'on va réussir à en ajouter
350. Est-ce qu'on pourrait en ajouter
encore plus? Bien, vraisemblablement, il faut être capable de les embaucher, puis on
verra, l'an prochain, si on peut en
ajouter encore davantage, mais, en ce moment, le ratio, dans le service
direct aux élèves, là, je ne compte pas les professionnels, supposons, un ingénieur qui est compté, des
fois, comme un professionnel, un ingénieur qui travaille dans un centre de services, ce n'est pas de ça que
je parle, là, les professionnels en service direct aux élèves, en ce moment,
on a un ratio de 1 pour 194 élèves.
Donc, c'est un petit peu mieux qu'un ratio de 5 pour 1 000 dont ma collègue parlait.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée.
Mme Labrie : Est-ce que le ministre
peut nous rendre disponible ce chiffre-là? Je comprends qu'il est pour la province au complet. Est-ce qu'il a à sa
disposition le chiffre par centre de services scolaires? Puis est-ce qu'il peut
nous les rendre disponibles aussi,
ces données-là? Parce que ce qu'on a, ce n'est à jour, puis, effectivement,
j'aimerais qu'on ait les données à jour à notre disposition.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Bien, on va pouvoir donner cette information-là. On va le
donner, mais on dit, en ce moment, qu'on a 4 841,07 équivalents temps plein professionnels en service
direct aux élèves pour 936 998 élèves en formation générale
des jeunes, donc un ratio de 1 professionnel pour 193,55 élèves. Mais
on va rendre publique cette information-là.
La Présidente (Mme Thériault) : Oui,
Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Parfait. Bien, comme le ministre a déjà sous la main les
données, j'aimerais qu'il les dépose. Parce que, par le passé, il s'est déjà engagé à nous transmettre des données
qu'on n'a toujours pas, un an plus tard, donc j'aimerais qu'il les dépose aujourd'hui, celles-là. Puis, en
fait, c'est intéressant ce qu'il dit, je suis contente que ça se soit amélioré
depuis les données que j'avais, en 2017.
Mais, en même temps, ce que ça ne nous dit pas, c'est où sont ces services-là.
Puis, l'équité entre les élèves,
est-ce qu'on l'atteint en ce moment? Parce qu'on était assez loin, merci, de
l'atteindre il y a quelques années.
Et moi, j'aimerais vérifier si on s'approche d'une équité entre les élèves et
pourquoi on ne met pas un ratio de professionnel
par élève qui devrait être respecté à l'intérieur de chaque centre de services
scolaires pour s'assurer qu'il y en a une,
équité. Parce que cette moyenne-là, elle a beau s'être améliorée, dans
l'ensemble du Québec, mais il y en a peut-être, des centres de services
où ça s'est dégradé. Je n'ai pas encore les données sous les yeux, j'aimerais
le savoir.
Présidente (Mme Thériault) :
Merci, Mme la députée. J'ai vu votre équipe, M. le ministre, s'activer.
J'imagine qu'on va transmettre à la commission le document en question?
On m'a fait signe que oui. D'accord.
M. Roberge : Oui, tout à fait, on
s'est engagés à rendre le document.
La Présidente (Mme Thériault) :
Parfait. Donc, on reviendra sur la recevabilité au moment où on le versera à
Greffier. La parole est à vous, M. le ministre.
Roberge : Merci. Si vous
permettez, je vais lire un extrait ici, là. On me dit : «Les trois
premiers éléments garantissent un niveau minimal de ressources
équivalant à un minimum de 10,5 professionnels pour la plus petite commission scolaire», et puis ça peut atteindre 66 professionnels pour la plus
grosse commission scolaire. «Les deux autres éléments sont proportionnels au nombre d'élèves et permettent d'offrir
des services, peu importe la taille de la commission scolaire. Les ressources financées par l'ensemble
des allocations — donc,
ici c'est un règlement, des règles budgétaires — peuvent
être affectées à la fois aux commissions scolaires et aux établissements.»
Il y a quand même
un danger à mettre un plancher mur à mur. Déjà, on en a mis un pour être
sûr d'avoir un seuil minimal, même
dans une petite école qui serait cotée 1, milieu aisé, on pourrait dire :
Bien, il y a juste 50 élèves, puis c'est un quartier favorisé, il n'y a
pas besoin de services là. Mais ça se peut, un élève qui a une difficulté,
même si ses parents sont très, très riches. Puis ça se peut, même s'il y
a 50 élèves, qu'il y ait des besoins. C'est pour ça qu'on a mis ce
seuil-là.
Là, on arrive avec une moyenne nationale. Ma collègue
veut une ventilation par régions. On va voir si on l'a. Je pense qu'on est capables de
l'avoir par centres de service. On va rendre cette information publique sans problème. Il
faut quand même faire attention parce qu'il y a quand même des milieux
qui ont des besoins différents. Puis je pense que ma collègue est d'accord avec ça, qu'on ne veut pas tout mettre égal
partout. On veut répartir davantage de services dans des milieux qui sont plus défavorisés. Alors, si on arrive avec un seuil...
une moyenne tout le temps, on a le risque de tomber, disons, dans le mur-à-mur puis d'affecter des
ressources dans des endroits où peut-être on en a moins besoin, alors qu'il y a peut-être des endroits où c'est
plus criant.
Ceci dit, c'est quelque
chose qu'on peut quand même
étudier pour voir si on peut avoir quand
même un plancher, supposons, par centres de service ou un ratio par
1 000 élèves. Mais il faut
quand même prendre garde à avoir tout le temps des ratios, des balises nationales, du mur-à-mur, parce que ça empêche
d'avoir une réponse réelle aux besoins spécifiques puis de tenir compte
autant des handicaps ou des troubles puis aussi des besoins liés à l'indice de
défavorisation.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Labrie :
Oui. Bien, c'est quand même particulier, comme réponse, parce que cette
préoccupation-là, elle n'a pas arrêté
le ministre dans sa volonté qu'il y ait un seuil minimal par établissements. On
ne s'est pas dit : On ne mettra pas un seuil minimal par établissements. Je veux dire, ce seuil-là, il est
important, par établissements, mais ça en prend aussi un autre par
nombre d'élèves. Ça, c'est sûr. Puis ça ne nous empêche pas, dans les milieux
où on sait qu'il y a plus de précarité, dans
les milieux... dans les communautés autochtones, par exemple, dans les milieux
plus défavorisés, quand il y a un
événement plus traumatique dans une communauté, je pense à Lac‑Mégantic, par
exemple, ça ne nous empêche pas de
bonifier puis d'augmenter le seuil dans ces régions-là au moment où on en a
besoin. Le fait qu'il y a un plancher, ça ne nous limite pas du tout, là. On ne parle pas d'un seuil maximum, là, on
parle d'un seuil minimal de service. Ça fait que ça ne devrait pas nous
limiter, là, après, tu sais?
Cette
préoccupation-là, c'est sûr que le ministre sait que je la partage. C'est
exactement les propos qu'on tenait quand
on débattait de la question des maternelles quatre ans, là. On le sait qu'il y
a des endroits où on a besoin de plus de
services, puis ça devrait être là qu'on priorise une augmentation de l'offre de services. Mais ça ne devrait pas
nous empêcher d'offrir un service
minimum un peu partout, puis là, moi, c'est ça que je ne vois pas en ce moment.
Mais j'ai cru entendre que le ministre
avait de l'ouverture quand même, parce que... J'ai perçu ça. Est-ce que je me
trompe? J'ai entendu que le ministre
avait de l'ouverture à envisager aussi qu'il y ait aussi un deuxième seuil qui
fonctionnerait soit par centres de services ou par un nombre d'élèves.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien oui, je pense que c'est une réflexion qui
peut être intéressante. Il faut voir si le remède n'est pas pire que la maladie dans ce cas-ci. Donc, j'ai
cette crainte du mur-à-mur, mais je pense que c'est une piste qui peut être
intéressante. Je ne peux pas l'écarter
d'emblée. Je pense qu'on peut se pencher là-dessus puis voir ça serait quoi, ce
seuil-là qui serait adéquat dans une
région ou dans un centre de services, avec une proportion, évidemment,
en fonction du nombre d'élèves,
sachant que, là où les besoins sont plus grands, on est capables d'aller en
donner plus. On sait bien qu'un seuil c'est un plancher puis qu'on peut
aller au-dessus, donc je pense que la réflexion est ouverte là-dessus.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Mme Labrie : Donc, est-ce que c'est un engagement
du ministre de lancer cette réflexion-là au sein du ministère pour établir un seuil minimal de
services qui irait compléter le seuil existant, là, par établissements?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Ce n'est pas un engagement à créer ce seuil de services, là, dans les deux
années qui suivent. Simplement, je dis que j'ai une ouverture à cet égard-là,
puis la réflexion va se poursuivre.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Labrie : Parfait. J'avais compris que ce n'était pas un engagement, à
ce que le seuil soit établi très, très à court terme, mais est-ce que c'est un engagement à démarrer le chantier
au sein du ministère? Est-ce qu'on va pouvoir avoir, par exemple, d'ici un an, un rapport du ministère qui nous
indique : Voici notre recommandation pour établir un seuil minimal
de services?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Je ne m'engage pas avec un calendrier, comme ça, à ce
moment-ci, là, je pense que... On vient de lancer l'idée, on est comme en séance de tempête d'idées. Avant de dire
que ça devienne une politique, etc., ou même de m'engager sur un
calendrier, je pense, je veux prendre ça en délibéré.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée.
Labrie : O.K. Je vais aborder un autre enjeu, c'est celui des coupures
de services. Ça avait été très clair, dans
le début du mandat, le ministre l'a dit à plusieurs reprises : Sous notre
gouvernement de la CAQ, il n'y en aura pas, de coupures en éducation. Il
l'a dit de plusieurs manières sur plusieurs tribunes, qu'il n'y en aurait pas,
des coupures en éducation avec eux autres.
Là, moi, les informations que j'ai à ma disposition, on s'enligne pour avoir
quand même quelques coupures pour la prochaine année.
pense à mon collègue qui a l'école Père-Marquette sur son territoire, à
Montréal, il y a un service de psychologue, un poste qui s'apprête à être coupé. J'ai des informations comme quoi
l'école Saint-Nom-de-Jésus, qui est à Montréal également, il n'y aurait pas de mesures
alimentaires l'année prochaine. Les parents ont été informés à la fin de la
semaine dernière. Je vais vous citer
ce qui a été envoyé aux parents, là : «Aucune mesure alimentaire n'est
prévue pour l'école Saint-Nom-de-Jésus
pour l'année scolaire 2020‑2021. Des démarches ont été entreprises par le conseil
d'établissement de l'école et par la table de quartier pour reconduire
la mesure, mais aucune décision gouvernementale n'a permis de reconduire la
mesure alimentaire pour le moment.»
Donc, moi, je
vois ça comme des coupures de services, là, c'est des coupures en services aux
élèves, là, un poste de psychologue
qui ne reviendra pas, une mesure d'aide alimentaire qui ne reviendra pas. Puis
il n'y a, à mon avis, aucun bon
moment pour couper des services, mais, s'il y avait un mauvais moment, là,
c'est probablement en ce moment. Ça fait que j'aimerais ça que le ministre
nous dise ce qu'il pense de ce qui est en train de se produire en ce moment
dans certaines de ces écoles-là.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. M. le ministre.
Roberge : Bien, ce que ma collègue
nous amène comme réflexion, ou comme perception, ou comme inquiétude, en tout cas, l'écho du terrain, je vous dirais que c'est inquiétant. Je ne
cautionne pas des coupures de services dans les centres de services scolaires, d'autant plus que les budgets augmentent, que les
budgets dévoués à de l'embauche sont présents. Donc, il va y avoir plus de personnes embauchées, plus de techniciens en
éducation spécialisée, plus de psychologues, plus d'orthophonistes. C'est un contexte particulier pour couper des
services, alors qu'il y en a plus, et pour tout le monde, et mieux répartis.
Ceci dit, ça
se peut que l'information sur les ajouts de services, parce qu'on ne parle même
pas d'indexation, là, on est
au-dessus de ça, là, ne se soit pas rendue dans certaines écoles. Je ne veux
pas présumer de ce qui va se présumer dans une école, mais il est possible que la situation décrite par ma collègue
ne s'avère pas, dans les prochaines semaines, je le souhaite. Dans
l'intervalle, ça peut être inquiétant pour la personne qui est touchée.
Il faut quand même
tenir compte du fait que, même s'il y a des services qui sont ajoutés puis
qu'il y a de l'argent qui est
ajouté, la répartition des services entre les écoles, ça se fait à l'intérieur
du centre de services scolaires. Ce n'est pas au ministre à affecter les personnes école par école. Une
chance, parce que je ne suis pas au fait de ce qui se passe dans toutes les écoles, les indices de défavorisation,
la taille des écoles, les mouvements migratoires. Je pense
qu'il faut laisser, là, les gens qui sont le plus près du terrain pour
essayer de prendre les décisions.
Ça se peut
que, dans un centre de services, le comité de répartition des ressources
dise : Bon, bien, l'an passé, on
avait beaucoup, beaucoup de ressources, dans cette école-là, nos
connaissances sur les difficultés, les indices de milieux socioéconomiques ou l'ouverture d'une classe
spéciale dans l'autre école à côté nous amènent à dire : Bien, les
services devraient plutôt aller suivre les élèves et aller dans cette
école-là. Est-ce une coupure de services?
Dans ce
cas-là, théorique, que j'expose, je ne pense pas que c'est une coupure de
services. Je pense, c'est une affectation des services là où les élèves ont le plus de besoins. Donc ça, ça serait
un cas théorique où on verrait, entre l'année 1 et l'année 2, dans une école, dire : Ah!
Bien, il y a moins de services dans cette école-là l'année 2 que
l'année 1, mais en réalité il y
a probablement plus de services à l'échelle de la ville ou du quartier, puis
ils sont probablement mieux répartis en fonction du besoin des élèves.
Puis moi, je
pense que les gens qui prennent ces décisions-là sont tous éclairés par une
connaissance du terrain que je n'ai pas sur... quartier par quartier,
puis ils sont bienveillants. Donc, je fais confiance au terrain pour affecter ces ressources-là comme il faut, surtout qu'on en
rajoute davantage. Il n'y a pas personne qui se demande : Est-ce que je coupe mon bras gauche ou mon bras droit? Ils étaient dans ce film-là,
dans le précédent gouvernement, mais là on n'est pas là, là.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Labrie : Donc, de ce que je
comprends des propos du ministre, de son point de vue, quand on modifie l'affectation des ressources, c'est qu'on enlève
un service dans un endroit pour l'affecter ailleurs. De son point de vue,
ce n'est pas une coupure de services. Par
contre, du point de vue des familles qui fréquentaient cette école-là, qui
recevaient de l'aide alimentaire, je
pense que c'est difficile de concevoir ça autrement que comme une rupture de
services, là. Donc, moi, ce que
j'entends, là, du ministre, c'est que pour lui, bon, bien, ça, c'est normal, ce
n'est pas une coupure, et donc il respecte
son engagement qu'il n'y ait pas de coupures parce que ce n'en est pas une.
Mais les familles qui n'ont pas le service, cette année, qu'est-ce qu'il leur dit à ces familles-là? Déménagez puis
allez vous installer près d'une école où il y a de l'aide alimentaire?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Ma réponse de
tantôt était plus globale puis... parce
que ma collègue a parlé de deux sujets,
là, aide alimentaire puis un poste de
psychologue, d'un professionnel. Si on revient plus sur l'aide alimentaire,
cette année, on arrive, pour une
deuxième année encore, avec un réinvestissement important en aide alimentaire
et puis on est de 11 millions de
dollars de plus cette année que l'an passé. L'an passé, on avait ajouté
12 millions $. Cette année, on rajoute encore 11 millions $ de plus que l'an passé. Et
pour être sûrs, là, de protéger les milieux les plus vulnérables, on dit :
Bien, dans les cas où il peut y avoir
des petits changements de clientèle, bien, on protège le financement des écoles
les plus vulnérables, les 30 %
plus vulnérables, les écoles cotées 8, 9, 10. Dans ces cas-là, c'est juste
interdit d'en donner moins cette année que l'an passé.
Donc, je pense qu'avec une
protection importante pour le 30 % des écoles les plus vulnérables, 8, 9,
10, plus une bonification de 11 millions $ qui... C'est presque
10 % de plus en une année, c'est 20 % de plus en deux ans. L'an passé, on donnait 10 %, là, on a comme
10 % de plus que 10 %. Je pense sincèrement qu'il n'y en a jamais eu
autant, de l'aide alimentaire. Et, en
plus, avec la protection qu'on a, je m'avance, là, en disant qu'on fait
vraiment le nécessaire pour que tous les jeunes qui en aient besoin en
reçoivent plus que jamais.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Avant de vous
redonner la parole, on a reçu l'Ajout de ressources, Crédits provisoires 2020‑2021, premier document.
Il y a un deuxième document qui s'appelle : Le nombre d'individus d'ETP pour le personnel professionnel
dans le réseau des centres de services, et c'est fait par... il y a six pages,
donc c'est tous les centres de services qui
sont énumérés. Donc, c'est versé au site Greffier sous peu puisque j'autorise
le dépôt. La parole est à vous. Deux minutes.
Mme Labrie : Parfait. Donc,
j'entends du ministre que tout ce qu'il y avait à être annoncé en mesures
d'aide alimentaire a déjà été annoncé, que,
sur le terrain, ils sont déjà au courant de ça. Donc, si, dans cette école-là,
vendredi dernier, ils se sont fait
dire qu'il n'y en aurait pas, d'aide alimentaire dans leur école, bien, c'est
fini, là, il n'y en aura pas, d'aide
alimentaire dans cette école-là l'année prochaine, parce que tout ce que le ministère de l'Éducation avait à annoncer en matière d'aide alimentaire, ça a été fait, puis ils sont satisfaits
de ce travail-là. Puis, même si, à certains endroits, ça veut dire qu'il
n'y en aura plus, bien, c'est terminé. Est-ce que c'est ça?
Roberge : Non, je n'irais
pas jusque là, parce que, vous savez, des fois, en éducation, il faut
expliquer, puis, comme enseignant, on
dit : répéter, répéter, répéter. Est-ce
que ça a été bien compris partout,
cet ajout de ressources? Et est-ce
que cette mesure qui précise vraiment
que les milieux 8, 9, 10 ne peuvent pas perdre du tout par rapport à l'année passée, est-ce que
ça a bien été compris partout? Validons encore, assurons-nous-en. Moi, je ne
veux pas confirmer séance tenante
que, oui, effectivement, l'information dont vous faites part, c'est
valide, puis qu'effectivement il y aura une coupure. Mon avis, c'est qu'il n'y en aura pas, de coupure
en aide alimentaire, là. Puis, voyons voir comment ça se passe école par
école, puis si tout le monde a la bonne information, avant de confirmer ça,
parce que ça m'étonnerait énormément.
Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. 30 secondes ou... Ça va? Vous pouvez le
garder pour l'autre bloc.
Labrie : Bien, écoutez,
on vous invite à vérifier que l'information s'est bien rendue dans toutes les
écoles et puis qu'il n'y a pas de
coupure. Puis évidemment, moi, je vais inviter mes collègues
députés qui vivent des coupures sur
le terrain, si elles ont lieu, finalement, à vous contacter directement, parce
qu'il semble que ça ne devrait pas se produire, d'après ce que vous
dites. J'espère que sur le terrain votre directive avait été mal comprise et
puis qu'il y aura de l'aide alimentaire.
Présidente (Mme Thériault) :
Et merci. C'est beau? Donc, nous allons procéder à l'autre intervention avec
Mme la députée de Saint-Laurent. La parole est à vous pour 21 minutes.
La Présidente (Mme Thériault) : 21.
Rizqy : Ah! D'accord. Merci.
M. le ministre, qu'est-ce
qui est prioritaire, la maternelle 4 ans ou la pénurie
d'enseignants?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Vous avez dit la
maternelle 4 ans ou...
Mme Rizqy : La pénurie
d'enseignants.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Eh là là!
Ce qui est prioritaire, c'est de donner des services à tous les élèves et des
services de prévention et de
stimulation précoce. Ce matin, comme j'ai dit, j'étais à l'école du Boisé, je
parlais avec la direction et la direction adjointe, qui étaient très, très contentes d'annoncer qu'ils ouvraient
cette année, dans les prochaines semaines, quatre classes de maternelle quatre ans et que, dans chaque cas,
il y avait 15 élèves inscrits. Ça veut dire 60 familles. Puis elles
nous disaient : Heureusement
qu'on a ouvert ces places-là parce qu'il y avait une pénurie de places, ces
enfants-là n'auraient pas eu de place. Donc, on répond aux besoins des
élèves. C'est ça, la priorité, répondre aux besoins des élèves.
Rizqy : M. le ministre,
qu'est-ce qui est obligatoire, au Québec, le préscolaire ou le primaire et le
secondaire?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : La fréquentation
scolaire au Québec est obligatoire de six ans à 16 ans, mais je serais
bien curieux de voir ma collègue prétendre que la maternelle, ce n'est
pas important puis on peut couper là-dedans. Ce n'est pas un service qui est si utile, le préscolaire, au
fond, c'est facultatif parce que ça ne fait pas
partie de ce qui est
obligatoire. Si c'est sa position, je l'invite à l'élaborer ici,
publiquement, qu'on en prenne tous connaissance.
Rizqy : ...questions de
façon succincte, en respectant le temps que moi, je prends pour poser des
questions. Par contre, M. le
ministre, je vous pose une question, parce que tout le monde sait que, par
définition, les besoins sont illimités,
mais les ressources, elles, elles sont... Donc, pour vous, qu'est-ce qui est
prioritaire, la maternelle quatre ans ou la pénurie d'enseignants?
Qu'est-ce que vous devez prioriser?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Bien, je pense que
ce qu'on doit se dire, c'est que la priorité, c'est les services aux élèves
selon les besoins du milieu. Et il
faut affecter à l'ensemble du réseau, c'est-à-dire à l'école, je dirais,
obligatoire, au moins, quoi, 99 % des ressources. Bien, c'est ce
qu'on fait. Le budget de dépenses du ministère de l'Éducation, c'est 14 614 000 000 $ puis le
budget pour les services éducatifs maternelle quatre ans, c'est
128 millions. On est en bas de 1 %, on est en bas de 1 %, on est à 0,88 %. Donc, en bas de
1 %, là, ça, c'est le budget du ministère de l'Éducation consacré à la maternelle quatre ans. Ça nous laisse plus de
99 % pour le reste. Alors, de penser que l'on sacrifie quelque chose,
quand 99 % des ressources y sont allouées, c'est quand même un tour de
force, ça.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre. Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Je vais répéter ce que j'ai dit tantôt, là. Je ne sais pas qui
vous donne des chiffres, mais ce n'est pas du tout les chiffres qui apparaissent au PQI ni dans le budget. Alors,
c'est beaucoup plus cher que ce que vous prétendez, les maternelles quatre ans, et vous n'êtes pas en
mesure aujourd'hui de dire clairement c'est laquelle, la priorité, la
maternelle quatre ans préscolaire non obligatoire versus trouver
des profs.
En janvier,
là, 24 janvier 2020, là, ce n'est pas trop loin,
Daphnée Dion-Viens, du Journal de Québec : Classe
d'une école primaire du Québec :
neuf enseignants différents depuis la rentrée . Donc, en même pas six mois, là, un enfant de l'école primaire, donc, scolaire obligatoire, voit
neuf différents enseignants. Les parents sont inquiets parce qu'ils se disent : Ce n'est pas très bon, ça, pour la stabilité. Donc
ça, c'était en janvier 2020. La réaction de votre ministère, c'est la
chose suivante — inquiétez-vous
pas, des tableaux, j'en ai plein, hein : Maternelles quatre ans,
entre janvier et mars 2020, 700 000 $ de publicité.
Enseignants : 4 200 $, devenir enseignant.
Honnêtement,
M. le ministre, est-ce que vous convenez, là, que c'est dérisoire, comme somme
pour essayer de trouver des nouveaux
enseignants en matière de publicité? 700 000 $. Puis ça a tellement
été efficace, là, 700 000 $, qu'il a fallu rajouter au mois d'août, là, un autre 75 000 $ de
publicité pour augmenter les inscriptions en maternelle quatre ans.
Pendant ce temps-là, ça fait encore des mois
qu'on parle de pénurie d'enseignants. Est-ce que vous convenez aujourd'hui,
là, qu'il y a un problème au niveau de l'allocation des ressources, par manque
de priorités adéquates?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Bien, je considère
que ma c