Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 30 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2015-04-30
Quebec — Committees
Lessard : Remarques
préliminaires, oui.
La Présidente (Mme Léger) : M. le
ministre.
Lessard : Tu étais
prêt à poser des questions, hein, c'est ça?
Présidente (Mme Léger) :
Alors, M. le ministre, vous avez 12 minutes si vous voulez faire des remarques.
Lessard : Alors, merci,
Mme la Présidente. Oui, je vais en
faire quelques-unes juste pour l'ouverture, parce qu'on va
essayer de laisser le plus de temps possible à nos collègues pour poser des questions.
Premièrement, merci, Mme la Présidente. On a eu nos crédits Forêts... de Faune mardi
soir, donc ils se sont bien déroulés.
Donc, aujourd'hui, nous abordons l'aspect Forêts, donc, de l'ensemble
des opérations, autant la forêt publique que la forêt privée.
M'accompagne aujourd'hui, pour les fins d'enregistrement
puis s'il y a des échanges éventuellement, donc le sous-ministre en
titre à la...
chez nous, donc M. Savard. On a le sous-ministre associé, aussi, à la Forêt, M.
Brizard. Nous accompagnent aussi, derrière, le directeur à l'administration, et
le directeur général à l'attribution des bois et à l'administration des bois, et les équipes de soutien, et ma chef de
cabinet, Mme Lizotte, qui va faire les travaux avec nous.
Je veux
saluer aussi les collègues, parce que, je pense, d'entrée de jeu, il faut
saluer notre monde qui, de part et d'autre,
travaille aux questionnements sur l'aspect de la forêt, le travail qui peut
être fait, les travaux qui sont réalisés, les investissements qui sont faits, parce qu'il y a
des gens qui nous écoutent à la maison ou des organisations. Alors, je
veux saluer, donc, le porte-parole officiel
de l'opposition officielle, le député de Bonaventure, donc, qui travaille ces
dossiers, qui va aux rencontres. Alors,
j'apprécie quand on est ensemble dans différents regroupements. Donc, ça donne
aussi le pouls pour des questions ou des interventions. Alors donc, on
aura des échanges là-dessus. On a aussi la porte-parole officielle du côté de
la CAQ, là, la députée d'Arthabaska...
Mme Roy (Arthabaska) : ...
Lessard :
... — et
Lotbinière, c'est moi maintenant, c'est ça, pour ceux qui ne le savent pas,
c'est qu'avant c'était Lotbinière, maintenant j'ai
Lotbinière-Frontenac — et
le député de Drummond—Bois-Francs
qui nous accompagne aujourd'hui. Du côté gouvernemental, donc, mon collègue de
Beauce-Sud, et voisin, de Chapleau, mon collègue
d'Abitibi-Est, de Montmagny-L'Islet, de Richmond, et adjointe parlementaire, et
mon collègue de Dubuc, qui est un ancien
ministre de la Forêt, Faune et Parcs, donc qui a fait à peu près les mêmes
responsabilités. Tantôt, quand vous avez donné les notes d'ouverture, il
a failli prendre la parole puis donner les remarques préliminaires.
Donc, grosso
modo, donc, on va parler probablement aussi, donc, durant nos travaux, de
l'activité... Le premier ministre nous
a confié la responsabilité de créer un nouveau ministère, le ministère des
Forêts, Faune et Parcs, et honnêtement
je vais toujours lui recommander de maintenir ces trois missions-là ensemble.
Depuis qu'on a passé la
loi sur
l'aménagement durable des forêts, on n'interpelle pas seulement la forêt, on
interpelle la faune, ses utilisateurs, donc que ce soit pour la constitution de parcs, que ce soit pour tous les
éléments fauniques, les fédérations. Parce que, derrière la
planification forestière, il y a aussi avant tout les individus qui y
travaillent, qui y habitent et qui collaborent, donc, à faire en sorte qu'on puisse faire un aménagement durable des forêts,
sans oublier les communautés autochtones, là, qui peuplent l'ensemble des territoires, pour
lesquelles, donc, on a aussi des responsabilités et des devoirs qui sont
partagés. Alors donc, voici le portrait dans lequel on va travailler.
Je veux juste rappeler rapidement que, dans une
année comme l'an passé et les prochaines, on a quand même une amélioration du marché américain sur la mise
en chantier qui sollicite la demande intérieure sur la forêt. C'est un
secteur qui va bien, qui a ses enjeux puis
ses défis. Puis, de l'autre côté, il y a le secteur des pâtes et papiers qui,
lui... Dans le papier journal,
nécessairement, la demande mondiale est à la baisse, ce qui crée des impacts de
fermeture d'entreprises parce qu'on a
quand même, au Québec, les trois plus grands producteurs de papier journal,
probablement, au monde, dont Résolu
qui a une stature internationale. Alors donc, d'un côté, on peut dire que ça va
bien; de l'autre côté, on dit : On a des défis, il faudra
nécessairement transformer nos entreprises ou les rendre très performantes.
Dès le début de l'année, connaissant la demande
sur les produits intérieurs, on a demandé au Forestier en chef, donc, de nous donner la possibilité
forestière. Je tiens à le saluer, il est ici aujourd'hui. Donc, on a la chance
d'avoir un Forestier en chef au Québec, et donc on a fait une demande formelle
dès le début. Quand j'ai commencé, après ma nomination, je l'ai rencontré
personnellement au Lac-Saint-Jean et j'ai demandé, au nom des entreprises qui
nous demandaient de la prévisibilité, de nous donner la possibilité forestière,
ce qu'il a fait, par la suite les volumes non récoltés,
ce qu'il a fait, donnant ainsi la meilleure perspective possible aux
entreprises de déterminer, un, leur garantie d'approvisionnement, des volumes additionnels lorsque disponibles,
dépendamment comment la forêt s'est comportée d'est en ouest, du nord au sud. Ça nous a menés, donc, à être sollicités
par les entreprises. Donc, les premiers volumes non récoltés en Abitibi,
donc à Senneterre, pour autant Tembec que Résolu, les 200 000 premiers
mètres cubes ont été attribués là. Et, tout au long de l'année, nécessairement,
les entreprises nous ont sollicités partout sur le territoire.
Ça nous a
amené aussi trois chantiers principaux qui étaient en branle après le rendez-vous de la forêt qui avait eu lieu
juste avant les élections, trois chantiers, donc, majeurs : le chantier
Beauregard sur la production de bois, dont il vient de faire la présentation récemment
à la Table nationale sur la valeur en
bois, la production de valeur et non
pas la production de volume. Il y a
des défis importants. Il y avait le rapport Têtu aussi sur l'amélioration du régime, parce que j'ai
reçu le mandat de le faire, d'améliorer un
régime qui peut être plus performant, de diminuer le coût des intrants et
d'améliorer la planification forestière principalement. Donc, on a aussi le
rapport sur la forêt privée. Donc, c'est un rapport qui a été déposé à la table nationale forêt où l'ensemble des
intervenants sont conviés. À partir de là, on a déclenché des processus pour être capable d'intégrer l'ensemble de ces
recommandations-là de façon continue à l'intérieur du nouveau régime
forestier. Grosso modo, c'est ce qui s'est passé.
Sur la forêt
privée, il y avait un déficit de représentation. Rappelez-vous
que le Sommet sur la forêt a amené la table nationale. Donc, il y a un forum Québec, gouvernement, donc, entreprises.
Alors donc, je copréside un comité avec l'industrie, donc, de
transformation avec M. Richard Garneau, de Résolu. Donc, la forêt publique a
une tribune directe avec le ministre. C'est ce qui avait été constitué
et ce qu'on a respecté. Il y a eu deux rencontres à date. Il y en a une prochaine, au mois de mai, qui devrait se tenir. Mais
la forêt privée n'avait pas son pendant. Donc, on a créé une table de forêt privée qui regroupe l'ensemble des
intervenants, les agences, les groupements forestiers, les entreprises
de travaux sylvicoles, la Fédération des producteurs forestiers. Donc,
on s'est créé une table où est-ce qu'on peut discuter des enjeux de la forêt privée, qui font moins de
livraisons que prévu. Donc, il faut stimuler ces entreprises-là à aller faire
des livraisons du bois de proximité. On a eu
deux rencontres à date et on a un plan
d'action qu'on pourra peut-être déposer avec des échéanciers, parce
qu'on pense qu'on peut faire plus en forêt privée.
Par la suite, avec
les difficultés qu'ont eues certaines certifications... ou certaines entreprises
pour l'obtention de leur certification, le
maintien, alors, nécessairement, on a créé aussi le réseau de l'information forestière municipale. Donc,
avec la Fédération québécoise des
municipalités, qui participe à la
table de forêt privée, on s'est donné l'objectif qu'à toutes les fois
qu'il y aura une table sur la forêt... sur la Fédération québécoise des
municipalités, on traitera de la question forestière. Donc, ce réseau-là a été développé
avec l'ensemble des municipalités qui vivent à tous les jours de la forêt, ainsi qu'une promotion du régime
forestier autant aux délégations du Québec à l'étranger que les nombreuses missions
que le sous-ministre a pu faire au nom et pour l'entreprise, les entreprises
qui rencontrent des clients à l'international lorsque, parfois, nos marques de
commerce sont attaquées par différents groupes. Alors, on doit faire les représentations à l'international pour s'assurer que l'État est capable de présenter l'état
de la forêt publique. Alors donc, ça a été fait à de nombreuses
reprises, puis on va le faire autant de fois que le requiert...
a lancé aussi, pour la prévisibilité des entreprises, après les
garanties, la possibilité et les volumes non récoltés, nécessairement
des travaux sylvicoles pour 450 millions de dollars. Donc, c'est-à-dire,
les deux prochaines années, on a annoncé que
les budgets étaient fixes, donc les entreprises de travaux sylvicoles pouvaient rapidement,
donc, obtenir, un, la répartition
régionale et les ententes de travaux sylvicoles. Ça permet de maintenir, premièrement, un, ton marché, deuxièmement, la rétention de tes employés et une meilleure planification sur l'ensemble du territoire. Et on a apporté une série de mesures aussi avec les travaux sylvicoles
pour s'assurer que le respect des conditions salariales est fait lorsque
les entreprises vont en appel d'offres pour la portion... les 15 % de
portion de travaux qui sont mis en concurrence.
Donc,
dans l'ensemble, Mme la Présidente, c'est pas mal ce qu'on a fait, là, durant
les derniers mois, en plus de faire
une tournée, après la réévaluation des garanties, dans l'ensemble des régions
du Québec. On l'appelle la tournée «Faire +». C'est assez simple,
«Faire +», c'est : Qu'est-ce qu'on peut faire plus quand on se met
tous ensemble en planification forestière,
en mise en commun des entreprises qui sont intégrées au Québec? Un scie du
feuillu, l'autre scie du résineux, puis,
bon, les essences, parfois, se chevauchent, alors donc, le meilleur bois aux
meilleures entreprises pour être rentables et compétitifs. Donc, la tournée «Faire +», à destination, ça améliore
les pratiques forestières, la planification. On a signé même une entente avec le Conseil de l'industrie
forestière pour s'assurer que le Bureau de mise en marché des bois
travaille bien, donne la prévisibilité sur
les lots qu'il va réserver pour mettre aux enchères, ça nous permet d'avoir une
planification pour plus d'un an, donc aussi
pour dire aux entreprises vers quel espace on va se diriger pour faire la planification. Ça a mis l'industrie assise à côté du ministère
pour s'assurer qu'on fasse comme une coplanification même si on garde la responsabilité de faire les prescriptions sylvicoles. On a fait la tournée des
champions des meilleures cultures à travers le Québec en prenant ce que font
de bien déjà les représentants du ministère
dans certaines régions. Et, avec le Conseil de l'industrie forestière, on s'est assuré de continuer de faire de l'enseignement pour que ces meilleures pratiques là puissent s'appliquer et que les entreprises
puissent, quand ils vont en forêt... Quand on a mieux planifié, quand on a
mieux travaillé, bien, on perd moins
de sous à la récolte et à l'approvisionnement des usines. Alors, c'est de ça qu'on va discuter aujourd'hui, et puis on va donc aller aux
échanges. Merci.
Présidente (Mme Léger) : Merci, M. le ministre. Nous passons aux remarques, maintenant,
préliminaires de l'opposition officielle pour un temps de sept minutes.
M. Roy :
Merci, Mme la Présidente. Mes salutations, Mme la Présidente. Je salue le
ministre ainsi que le sous-ministre, sous-ministre en titre, le Forestier en
chef aussi. Salutations à mes collègues du gouvernement et mes collègues... ou
ma collègue de la deuxième opposition.
En termes de remarques
préliminaires ou d'introduction, j'aimerais un peu placer le contexte de
l'industrie forestière au Québec actuellement. On parle d'environ 130 usines de sciage — plus ou
moins 130, ça se peut qu'il en
ferme une demain ou... en tout cas — et
30 usines de pâtes et papiers, carton, 20 usines de panneaux, plus de 250
municipalités qui ont, comme assises
économiques prédominantes, l'industrie de la transformation du bois et
celle des pâtes et papiers,
dont plus de 100 en dépendent entièrement, 160 000 emplois directs,
indirects ou induits, masse salariale de tout près de 3,1 milliards de dollars, une industrie forestière, donc, de
première transformation qui génère 2,1 % de PIB québécois puis des
exportations de 8 milliards de dollars. Donc, c'est un secteur d'activité
économique qui est extrêmement important
pour le Québec, mais qui vit certains soubresauts et face auxquels on a des
inquiétudes dans certaines dimensions.
J'ai
oublié de vous dire aussi que, dans le privé, on parle aussi de
35 000 producteurs, donc ce qui n'est pas rien. Donc, je ne prendrai pas trop de temps en
remarques préliminaires, je vais me garder du temps pour les
questionnements, mais j'aimerais juste vous dire qu'on va essayer d'éclaircir
certaines inquiétudes qui règnent actuellement dans le domaine forestier.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Léger) : Merci, M. le député de Bonaventure, porte-parole de
l'opposition officielle en matière de
forêts. Maintenant, je cède la parole au deuxième groupe d'opposition
officielle pour un temps de cinq minutes à Mme la députée d'Arthabaska,
porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'énergie et de
ressources naturelles. À vous la parole.
Roy (Arthabaska) : Merci, Mme la Présidente. Je vais être assez
brève, moi aussi, question d'avoir plus de temps pour poser des
questions. Avant que nous commencions nos débats, je tiens simplement à prendre
quelques secondes pour vous saluer, saluer
également tous les collègues du gouvernement, de l'opposition officielle, leur
personnel ainsi que les membres de cette
commission. Je leur assure mon entière collaboration pour le bon déroulement
des études des crédits. Je veux également saluer le ministre, son équipe
qui l'entoure.
L'industrie forestière
peine à se relever, de nombreux Québécois comptent sur nous, parlementaires de
tous les partis, pour développer un plan
immédiat pour sauver cette industrie qui contribue tant au développement
économique du Québec.
La foresterie au Québec, c'est une richesse, et je dirais même que c'est, pour
certains, très émotif, mais de grands
défis l'attendent. Il faut bâtir le patrimoine forestier, favoriser la
pérennité des communautés forestières, offrir une meilleure sécurité
d'approvisionnement aux usines tout en créant un marché concurrentiel du bois.
ce, Mme la Présidente, je n'ai rien d'autre à ajouter pour le moment. Veuillez,
s'il vous plaît, ajouter les minutes qui me restent à mon temps de
parole. Je vous remercie.
Présidente (Mme Léger) : Alors, avec plaisir, on va ajouter les
minutes. Alors, les blocs vont être... Là, comme vous n'avez pas utilisé... Je vais demander quelques instants au
secrétaire, juste... Les blocs n'ont pas tous été utilisés dans le temps des remarques préliminaires, ça fait qu'on
va vous les ajouter. Ce qu'on sait cet après-midi, c'est que le gouvernement va avoir quatre blocs, 18, 17, 18,
19, là, 30, ils vont me revenir avec ça, là, entre 18 et 20, là;
l'opposition officielle, deux blocs, on peut
commencer tout de suite par un bloc de 22 minutes. Le deuxième groupe
d'opposition, j'avais 13 minutes, mais on va le rajouter parce qu'il y a
du temps... deux blocs; et indépendant, un bloc de neuf minutes à ce moment-ci.
Alors, pour débuter,
le groupe de l'opposition officielle, M. le député de Bonaventure, vous avez un
bloc de 22 minutes.
Roy : Merci, Mme la Présidente. Bon. Écoutez, j'aimerais débuter avec la certification FSC. Je pense
que ça a fait l'actualité dernièrement,
à plusieurs reprises, comme quoi que la certification a été retirée,
bon, à certaines entreprises. Mais là on a réellement une problématique à
ce niveau-là parce qu'on ne parle pas juste de certification, on parle de travailleurs
qui perdent leur emploi, de gens qui se ramassent, bon, sur l'assurance-emploi,
puis on a des entreprises qui ferment.
Écoutez,
moi, j'aimerais voir ou savoir ce que vous avez fait comme démarches jusqu'à maintenant
pour essayer de résoudre la problématique, parce qu'elle ne semble pas se résorber actuellement. Encore ce matin, on avait un article, bon, d'une problématique où les Cris demandent l'arrêt des coupes
forestières. Donc, on sait qu'on est liés à une problématique de certification par rapport aux ententes avec les Premières
Nations. Donc, j'aimerais vous entendre là-dessus.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.
Lessard : Parfait.
Je vais essayer de donner des réponses assez courtes. Premièrement, un, les certifications, pour
ceux qui nous écoutent, c'est l'entreprise qui doit se certifier, donc, à différentes
normes. On a la forêt la plus certifiée du monde. Au Québec, on a la forêt la plus certifiée du monde, et, en général, le Canada a une forêt qui est très certifiée,
différentes certifications : FSC, SFI principalement, donc, qui sont deux
certifications internationales. En général, même
les opérateurs sont certifiés, comme vous le dites, les travailleurs. On a une entreprise... Même le ministère a des normes
ISO, etc.
Récemment,
récemment il y a eu un différend. Rappelez-vous, là, il y a
eu, ça a été plus diffusé, Résolu qui a perdu une certification et pour
lequel une autre a été suspendue. Ça se passe principalement dans le secteur,
là, du Lac-Saint-Jean pour l'instant, et il y avait différents éléments
pour lesquels le certificateur n'a pas reconduit la certification, mais deux mineures sont devenues une majeure, c'est-à-dire le consentement libre et éclairé des communautés autochtones, principalement à cause du conflit Baril-Moses. Baril-Moses, c'est quoi? C'est que,
lors de la «Paix des Braves», à
cette occasion-là, le ministre Baril du temps a signé une lettre pour leur dire
que le territoire à côté allait faire partie, donc, d'un... les coupes forestières là-dessus
allaient s'opérer d'une telle manière qui ne correspond pas au régime forestier
actuellement. Donc, le certificateur a
autorisé, il y a eu un appel de la décision et finalement
la décision a été renversée puis en disant : Le consentement n'est
pas libre et éclairé. Et là il y a un différend qui s'est engagé bon, entre le gouvernement,
nécessairement, et la communauté
autochtone. Alors, ça, c'est une responsabilité d'État. On a demandé donc à Me Lucien Bouchard, ancien premier ministre
du Québec, donc, d'agir comme médiateur sous cet aspect-là; il est entré en
fonction.
Deuxièmement,
on a rencontré aussi FSC Canada. Il y a une division Canada. Je termine
là-dessus parce qu'il me posait la question : Qu'est-ce qu'on a
fait? Mais je peux être plus court, là, puis on reviendra peut-être à... Donc,
on a rencontré FSC Canada pour faire des représentations sur ça et l'aspect du
caribou forestier. On a écrit aussi à Greg Rickford, le ministre des Ressources
naturelles canadien, pour lui dire : Quand, à l'international, on traite
la façon du consentement libre et éclairé
dont ils l'ont fait dans la résolution 65, on pense que c'est une
responsabilité d'État et non pas d'organisme à but non lucratif. Donc,
on fait une série de représentations auprès de ces instances-là et on a même demandé, suite au dernier différend, la
non-certification du bois versus la communauté de... avec Arbec et
Betsiamites. On a donc demandé à rencontrer l'entreprise internationale pour
s'assurer... parce qu'on ne comprend pas ce qui se passe actuellement entre les
certificateurs et ceux qui gèrent les certificateurs.
La Présidente (Mme
Léger) : Merci. M. le député de Bonaventure.
Roy : Mais je vous prends au mot, M. le ministre. Vous
dites : C'est une responsabilité d'État. Et, à quelque part, vous êtes le porte-parole, là, je dirais, du
gouvernement dans ce dossier-là. Nous, on trouve que ça traîne en
longueur, quand même, même si, bon, on a M.
Bouchard qui est dans le dossier, puis qu'il ne semble pas être en mesure
d'essayer de régler ou ne peut pas... À ce
que je peux voir, là, il ne semble pas être capable d'essayer de rapprocher les
parties. Et là on voit une
amplification, on ne voit pas une résorption de la problématique, et là ça a un
effet de cascade aussi, là. Là, écoutez, c'est les moulins, c'est les
pâtes et papiers par la suite parce qu'il n'y a pas de copeaux, etc.
Mais
ce qu'on aimerait entendre, c'est que vous pourriez être en mesure à court
terme... Puis ce n'est pas nous nécessairement
comme les travailleurs qui veulent entendre ça. C'est que vous seriez en mesure
d'amener une réponse ou quelque
chose, un indicateur positif de réouverture
puis de rapprochement des organismes, parce
que, sur le terrain, les gens le vivent très mal, et je pense que c'est de votre
responsabilité, quand
même. Et puis vous nous dites M.
Bouchard, vous nous dites, par contre, aussi que c'est la responsabilité
de l'État. Donc, si c'est ça, c'est vous. Mais, concrètement, là, qu'est-ce que
vous allez faire à court terme?
La Présidente (Mme Léger) : M. le
ministre.
Lessard : Bien, on ne peut pas être plus dans le court
terme que ça parce que la certification, elle est suspendue pour
six mois. On a demandé un prolongement, là. Voyez-vous, là, ça a terminé au
mois de décembre. Avec la série d'interventions
qu'on a faites, on a eu une extension jusqu'au mois de juillet. Après ça... Je
pense qu'on a trouvé quelqu'un de la stature, de la grosseur du problème.
On pourrait dire ça, le premier ministre Bouchard, c'est quelqu'un qui a la réputation internationale d'être un médiateur hors
pair. Maintenant, il ne travaille pas seul, hein? Il doit autant
travailler avec la communauté
autochtone que l'aspect gouvernemental pour trouver la médiation et les
solutions sur l'aménagement. Évidemment, avec les communautés émergent d'autres
problématiques qu'on pourrait nommer, sur les aires protégées, la
protection du caribou forestier. Alors, la problématique, elle est un petit peu
plus large.
Toutefois, les parties sont à la table, il y a
des rencontres fréquentes, et l'entreprise, les entreprises ont été rencontrées, parce que ce qu'il faut aussi
dire, c'est qu'il fallait aussi que Résolu réitère sa volonté de demeurer
certifiée. Si vous vous souvenez, en
décembre, il allait abandonner la certification FSC en disant : Le combat
est quand même dur à relever. Il est
certifié sur d'autres certifications, mais la difficulté, c'est qu'au Québec,
quand on perd une certification, on perd
aussi l'approvisionnement, alors que, du côté, exemple, du Nouveau-Brunswick,
le Nouveau-Brunswick, eux autres, ils
ne l'ont pas, la certification FSC, puis ils vendent du bois pareil. Alors, ce
qu'on trouve difficile, c'est, quand on perd une certification, nous autres, on perd le marché, alors que, normalement,
on devrait pouvoir avoir... aux approvisionnements réguliers, si on n'a
pas la certification FSC.
Et, là-dessus, d'autres actions à court terme.
Donc, on a parlé au ministre fédéral, aux délégations du Québec, on a fait de nombreuses rencontres
d'accompagnement avec Résolu, et les entreprises du Québec, elles nous le
demandent, autant sur le marché local...
parce qu'ils attaquaient les marques de commerce. On est donc allés à New York,
on est allés au Québec, avec le groupe Transcontinental, à Denver, à
Atlanta, à Londres en novembre, pour rencontrer différentes entreprises de
différentes origines, qui sont des acheteurs de nos produits, parce qu'ils
disaient : À l'international, actuellement,
on entend qu'il y a des revendications. Alors, à toutes les fois qu'on est
passés à Minneapolis en février dernier... Et on va continuer notre
série d'actions, là, pour... On ne parle des entreprises, on parle du régime
d'État québécois en disant : Résolu,
comme les autres, ils sont obligés de respecter le régime québécois de
développement durable. Alors, ils
sont conformes aux pratiques. Et, à toutes les fois, ça nous a permis soit de
maintenir un marché, soit d'éviter de le perdre, ou d'en créer des
nouveaux.
Donc, on est
là-dessus à toutes les semaines, et le comité est très actif pour qu'on puisse
donner des résultats, là, le plus rapidement possible. Donc, on a une
fenêtre de six mois de prolongation, qui mène à la mi-juillet.
La Présidente (Mme Léger) : M. le
député de Bonaventure.
M. Roy :
Juste pour se recentrer, il n'en demeure pas moins que la problématique, c'est
une problématique des relations avec
les communautés autochtones et sur le dossier du caribou sur lequel vous avez
quand même une possibilité d'action ou de réaction.
Vous avez parlé d'un conflit Baril-Moses que je
n'ai pas compris vraiment où est l'enjeu, là, et moi, je crois que vous avez le pouvoir de résoudre ça à court
terme via une prise de position claire et définie sur le dossier des
relations autochtones et le dossier du
caribou. Et, par ricochet, où en êtes-vous par rapport au plan, je dirais, de
protection du caribou?
La Présidente (Mme Léger) : M. le
ministre.
Lessard :
Je veux revenir sur le... Ça paraît simple que le ministre peut tout régler. On
aime ça avoir tous les pouvoirs. La lettre Baril-Moses, c'est la lettre
du ministre...
Des voix : Gilles Baril.
Lessard :
...Gilles Baril, du Parti québécois, qui, lors de la signature de l'entente
avec les Cris, va aller donner une façon
de travailler sur un autre territoire qui est revendiqué aussi par les Innus, et ça
va créer un conflit sur
l'usage, sur les droits qu'ils pensent avoir sur cet aspect territorial là.
Donc, deux
communautés prétendent au même territoire, et les deux territoires... Ça a
apporté un conflit. Alors donc, je ne veux
pas... Donc, à ce moment-là, ils auraient pu éviter le problème, là, on ne
serait pas là, mais, pour toutes
sortes de raisons, il l'a fait, puis là aujourd'hui on est obligé d'essayer de
défaire ça... bien, «défaire ça», c'est une façon de l'exprimer. Je ne veux pas dire qu'on veut défaire ça. On veut
se trouver un terrain d'entente pour lequel on veut appliquer, donc, la
loi sur le développement durable de la forêt, qui dit : Normalement, on
devait faire des coupes, hein, forestières qui respectent un environnement. Donc, on ne va pas
aller couper par mosaïque, hein? Tandis que là les peuples autochtones disent : Non, non, il
faut que tu continues de couper en mosaïque parce que c'est bon pour
l'orignal. Mais l'autre, il dit : Non,
non, il faut que tu coupes pour qu'il y ait du caribou. Voyez-vous? Alors donc,
premier différend.
reste, sur le caribou forestier, le rétablissement, c'est une notion de
protéger des territoires. La limite nordique d'attribution de la forêt, ça, on a déjà statué là-dessus. Les aires à
protéger, nécessairement, la Broadback revient dans le décor. Mais,
dépendamment de l'étendue des solutions, bien, on peut affecter aussi la
possibilité forestière et réduire aussi nos possibilités.
Donc,
il faut trouver le juste équilibre dans nos négociations, qui permet de
dire : Voici, on a un consentement libre et éclairé, on est capables de régler des différends, et ça nous permet
aussi d'avoir l'accessibilité à la forêt. Donc, c'est important. Les
entreprises qui travaillent au Nord actuellement, là, se posent aussi la
question. Il y a de l'incertitude actuellement,
et la question est adressée beaucoup sur la planification forestière, les
opérations et le temps qu'on puisse essayer de régler ça.
dois vous dire que, suite à la lettre Baril-Moses, il y a quand même une
procédure devant la justice actuellement. Alors, on essaie de travailler sur un autre aspect qui nous amènerait à
faire la médiation pour voir si on n'est pas capable de s'entendre sur comment on pourrait administrer la
forêt lorsqu'on parle d'approche écosystémique, c'est-à-dire qu'on ne va
pas faire du dépeuplement, on ne va pas
faire de la coupe en mosaïque, justement. Alors donc, je pense qu'on est
capable de trouver des solutions, et ils sont là-dessus de façon assez
sérieuse, là.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député de Bonaventure.
Roy : Merci, Mme la Présidente. Donc, ce n'est pas
insurmontable. Ce que vous nous dites, c'est... Mais le danger que je vois... Vous nous parlez d'une
judiciarisation du processus, là, négociation avec les autochtones. Ça,
ça peut être très long, là, avant d'arriver
à quelque chose. Donc, le but du jeu puis de la discussion, c'est de vous
entendre dire que rapidement vous
allez tout faire pour que la certification soit redonnée aux entreprises qui
l'ont perdue. Donc, c'est ça que les
gens veulent entendre. Moi, je ne parle pas juste pour moi, vous le savez, je
parle pour les centaines de travailleurs qui sont affectés.
Donc, ce n'est pas
insurmontable. Par contre, s'il y a des actions en cours ou, à tout le... bon,
les avocats sont là-dedans, ça peut être
long, là. Donc, j'aimerais vous entendre rassurer la population. Et je sais que
ce n'est pas évident, mais, en même temps, c'est votre rôle de dire
que... puis avoir une date ou, à tout le moins, un moment où vous vous engagez
à permettre aux entreprises d'avoir leur certification à nouveau.
Lessard : Donc, vous avez parlé de judiciarisation. Après
Baril-Moses, quand le ministre Baril va émettre la lettre, il y a eu
judiciarisation du processus. Donc, ils sont devant la cour, là, depuis
plusieurs années.
Maintenant,
indépendamment de ça, quand vous dites : Est-ce que vous allez faire de
quoi?, bien, on est déterminés à trouver un terrain qui trouve son équilibre
entre l'accès à la forêt et la protection de la ressource ou des ressources. Alors donc, cet équilibre-là, on a
nommé quelqu'un de stature — puis, je pense, tout le monde en a
convenu lorsqu'on l'a nommé — on lui a donné les moyens de travailler
avec différents ministères. Donc, tous les ministères sont mis à contribution.
On est déterminés à trouver une solution ensemble. La fenêtre, c'est au 7 de
juillet, sur la suspension des certificats pour un secteur, là, qui touche
principalement, actuellement, l'entreprise Résolu.
qu'on a signé aussi avec le Conseil de l'industrie forestière récemment, c'est
qu'on aide les entreprises pour la préparation
des audits. Donc, on fournit l'aide, l'assistance pour... Quand les entreprises
ont à refaire leur certification, les audits
de ces certifications-là, on les aide à se préparer. Donc, ça, c'est nouveau.
Alors donc, on travaille. Et nécessairement on est déterminés, à tous
les jours, à le faire sur la scène internationale, sur la scène nationale. J'ai
même rencontré le ministre de l'Ontario, M.
Bill Mauro, qui est le ministre des Ressources naturelles, qui concerne la
forêt. Nos entreprises sont autant en
Ontario qu'au Québec, que ce soit
Tembec ou Résolu, avec du caribou forestier, avec la présence
autochtone. Résolu vient de signer
14 ententes, je crois, du côté de l'Ontario sur le mode de
réalisation. Je viens de les saluer. Je leur ai envoyé une lettre. Ça venait de se conclure lorsque
je suis allé, voilà un mois et demi, à Ottawa, rencontrer le ministre
provincial de l'Ontario.
Et ensemble on essaie
de faire aussi, peut-être, un «task force» sur la présentation internationale.
On n'est pas... Plus qu'on va être nombreux,
plus qu'on va dire : La mesure de la résolution 65 adoptée
en Espagne par FSC semble difficilement surmontable sur le consentement
libre et éclairé. Alors, on a des représentations à faire ensemble, puis je pense
que, même l'opposition, tout
le monde va dans le même sens. Il n'y a
pas beaucoup de partisanerie là-dessus, là. On essaie de
travailler. Et, même avec l'alliance boréale qui s'est nouvellement formée, une
nouvelle voix s'est ajoutée, à laquelle
on a adhéré pour faire la promotion des meilleures pratiques et s'assurer que
les communautés autochtones sont mises à contribution dans l'ensemble de
nos consultations et du partage du territoire et des redevances.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Bon, si je traduis ce que vous me dites, vous faites des actions assez musclées
pour protéger les marchés en quelque part
puis dire que la forêt québécoise est bien gérée, etc. Mais, s'ils avaient leur
norme FSC, vous ne seriez pas dans l'obligation d'aller jusque-là. Est-ce
que...
Lessard :
Oui, bien, effectivement. Si on regarde...
La Présidente (Mme Léger) : Vous
avez terminé, M. le député?
La Présidente (Mme
Léger) : O.K. Allez-y, M. le ministre.
Lessard :
Excusez-moi. Je pense que j'avais l'impression qu'on était en échange.
La Présidente (Mme
Léger) : Il vous interpellait.
Lessard : Oui, effectivement. Un des éléments, si on n'avait pas le conflit Baril-Moses, on pourrait
dire : On a à s'occuper, maintenant,
du caribou forestier. Bon, le caribou forestier, nécessairement, son aire de
distribution fait en sorte qu'il y a
eu beaucoup d'opérations forestières, hein, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, ce qui fait que, parfois... Plusieurs études ont démontré que, quand le taux de perturbation est plus élevé,
quand on fait plus de chemin, nécessairement, ça fait
en sorte que les hardes peuvent être plus sollicitées, donc il y a
une diminution, un taux de mortalité puis une baisse.
Alors,
il y a eu un premier plan de rétablissement puis un deuxième, 2013‑2023, dans lequel ils nous ont dit : Bon, vous avez peut-être une série d'actions à poser pour la Côte-Nord,
le Nord-du-Québec, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, sur les chemins, sur la protection... la déprédation. Est-ce que
vous allez intervenir pour, exemple, les ours puis les loups gris, est-ce
qu'on peut travailler sur cet
aspect-là, qui viennent manger les petits?, etc. Donc, il y a
une série de mesures, puis, bon,
l'autre, c'est la possibilité forestière, la caractérisation forestière. Alors
donc, on essaie de garder des grands massifs. Donc, si on travaille sur les vieilles forêts, si on travaille sur la
protection, si on limite l'accès au Nord pour aller chercher de la forêt, là... La limite nordique
d'attribution du bois, on est les seuls, au Canada, à avoir ça, et son
aire de distribution, de protection et de présence est principalement
Donc,
c'en sont, des actions qu'on peut faire pour s'assurer que, sur le caribou, on
a un plan, on a un déploiement puis on peut s'assurer... Mais ça, c'est
une décision du gouvernement du Québec. On n'a pas besoin d'attendre après l'Ontario,
on n'a pas besoin d'attendre après le Nouveau-Brunswick, mais nécessairement il
faut surmonter le premier élément, qui est le consentement libre et éclairé,
dont la résolution 65 fait face et dont un jugement de la communauté Tsilhqot'in en Colombie-Britannique est venu donner un aspect d'un traité. Et les
communautés, à partir de ce jugement-là, dont les balises ne sont pas claires dans le mode de solution, se servent
de ça aussi pour donner un sens à leurs revendications traditionnelles
de chasse, de piégeage et de trappage.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député, il vous reste environ trois minutes.
Roy : Beaucoup
d'explications, M. le ministre. Écoutez... Non, mais est-ce que vous pouvez vous
engager à ce que la certification FSC soit
redonnée à Résolu à moyen terme ou à court terme? Je reviens toujours
à la même question.
Lessard :
Alors, bon, un...
Roy : Je sais, mais
on vire en rond, mais, en même temps, écoutez, c'est parce
que ça va vous forcer aussi à forcer les autres à s'entendre. Puis, si vous
prenez un engagement, c'est sûr qu'il va y avoir une cascade de
responsabilités qui va suivre avec ça. Puis
c'est votre rôle aussi de le faire puis de forcer, excusez l'anglicisme, la
game pour qu'il y ait
réellement, je dirais, un règlement de la problématique. Je mets de la pression
sur vous pour que vous mettiez de la pression sur les autres aussi.
Lessard :
Oui. Non, c'est correct.
Roy : Vous comprenez? Mais pensez aux familles puis aux gens
qui ne travaillent pas, là. C'est surtout ça qu'il faut avoir en tête.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le ministre.
Lessard :
On ne peut pas ne pas y penser, c'est notre monde. Puis on s'est donné un
régime tellement sévère dans la
certification qu'actuellement on trouve difficile, lorsqu'une certification est
perdue, pour les raisons qu'on connaît... On est déterminés à mettre
l'ensemble des moyens nécessaires pour obtenir l'objectif.
Maintenant,
c'est une obligation de moyens, et on les déploie. On a eu à travailler aussi
avec Résolu qui dit que ça va être
difficile de l'obtenir, si on écoute la résolution 65. C'est pour ça qu'on veut
rencontrer le représentant international de FSC en leur disant : Êtes-vous conscients que vous demandez plus
que qu'est-ce que la Cour suprême du Canada a demandé dans tous les jugements qui ont eu lieu sur le consentement
libre et éclairé au Québec, au Canada, et pour lequel le Québec a modulé sa loi là-dessus? Donc, je vous le
dis tout de suite, s'il n'y avait pas eu la lettre de Baril-Moses, on
n'aurait que le volet caribou à traiter.
Mais, comme ça existe, là — puis je ne veux pas revenir dans le passé puis je ne suis
pas un radoteux — nécessairement qu'on déploie l'ensemble des
moyens pour que nos entreprises du Québec puissent obtenir leur
certification.
La Présidente (Mme
Léger) : Le ministre peut laisser terminer pour la... Il vous reste
encore une minute.
M. Roy : Merci. Sur un tout
autre sujet, est-ce que vous pourriez nous déposer l'ensemble du budget ventilé
du 225 millions pour les travaux sylvicoles, par régions puis par travaux?
Lessard : Oui,
bien, on va pouvoir le déposer. Probablement
qu'il y aura des questions, peut-être que vous allez revenir aussi là-dessus parce que je sens qu'on va peut-être
parler un peu de la Gaspésie. Bien, on peut, oui, le déposer. Il était
sur le site du ministère, mais on va vous le déposer pour que vous puissiez
avoir les chiffres exacts.
La Présidente (Mme Léger) : Donc, je
m'attends à un dépôt, là, assez tôt? Avant qu'on termine?
Lessard : On met la
main dessus, là, puis on vous le donne.
La Présidente (Mme Léger) : Parfait.
Alors, 20 secondes, toujours. On va le reprendre après?
M. Roy : C'est correct, on le
reprendra après.
Présidente (Mme Léger) : Alors, je
donne maintenant la parole au deuxième... au gouvernement, pardon, au
gouvernement, pour une période de 20
minutes, mais je ne sais pas à qui je donne la parole. Alors, le député de
Dubuc, allez-vous être dans vos remarques préliminaires?
Simard : Non, pas vraiment, Mme la Présidente. Mais, Mme la
Présidente, si vous me permettez, d'entrée de jeu, Mme la Présidente, je voudrais faire une mise au point. D'entrée de
jeu, je voudrais indiquer en cette Chambre et à tous les collègues que,
contrairement à ce qui a été véhiculé ce matin et indiqué par le député de
Granby au salon bleu pendant la période de
questions, les questions, Mme la Présidente, que je vais poser pour cette étude
de crédits sur la forêt ont été
choisies par moi, et que le ministre est au courant de toutes ces questions, et
que nous en avons discuté, justement, pour
se préparer, et que cet exercice est le même pour l'ensemble de mes collègues.
Je voudrais quand même, Mme la Présidente,
vous dire que j'ai choisi de poser ces questions car elles sont très
importantes pour ma région, étant donné que je vis dans la région la plus forestière du Québec. Donc, Mme la Présidente,
j'espère que les réponses que le ministre va donner vont informer les gens qui nous écoutent et qui, momentanément...
ces derniers vont apprécier les investissements et les décisions qui ont été prises par le gouvernement,
pour le bien des Québécois, dans le domaine forestier. Mme la
Présidente, je voulais faire cette mise au point et maintenant je vais aller,
Mme la Présidente, à ma question.
En juin 2014,
après que le premier ministre ait formé son premier Conseil des ministres, à sa
première rencontre du Conseil des
ministres, comme il l'avait promis pendant la campagne électorale d'avril 2014,
une décision fut prise pour qu'une somme de 225 millions de dollars
soit investie en sylviculture, dans les forêts du Québec, pour 2014. Par la suite, le 9 février 2015, le premier ministre a
annoncé, pour l'année 2015‑2016 et 2016‑2017, une somme de
450 millions de dollars, en présence du
ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs ainsi que du député de Dubuc,
Mme la Présidente, moi-même. Donc, il
y avait également beaucoup de monde de l'industrie, Mme la Présidente, à cette
annonce d'investissements importants.
L'industrie s'est réjouie, tous les entrepreneurs présents se sont réjouis de
cet investissement. Cette annonce, qui se
faisait en début d'année et pour une période de deux ans, permettait aux
entrepreneurs de prévoir et de planifier leurs ressources humaines et de budgéter correctement les besoins financiers.
C'est ce que me demandait l'industrie, Mme la Présidente, depuis
plusieurs années.
C'est bien
beau de faire des belles annonces, Mme la Présidente, mais, en 2012‑2013, le
précédent gouvernement avait annoncé
235 millions et il n'a dépensé que 170 millions. C'est
65 millions de moins qui fut investi et ce qui a créé beaucoup moins d'emplois, créé beaucoup
d'incertitude dans un domaine qui avait besoin de se faire, je vous dirai, dire que, cette année, ils allaient travailler.
Donc, ma question, Mme la Présidente : M.
le ministre, est-ce que l'ensemble de la somme de 225 millions annoncée en
avril 2014 a été dépensée et investie dans la forêt québécoise? Et peut-être
que le député de Gaspé va être bien content de cette question-là...
Une voix : Bonaventure.
M. Simard : Bonaventure, excusez,
Mme la Présidente. Excusez. Bonaventure.
La Présidente (Mme Léger) :
Bonaventure. M. le ministre.
Lessard :
Oui, merci. Donc, mon collègue de Dubuc, qui était présent, effectivement,
lorsqu'on a annoncé les sommes d'investissement... Je peux dire, les
engagements électoraux, quand on fait des engagements... Moi, j'ai été chanceux, comme ministre des Forêts, de la Faune
et des Parcs, parce qu'immédiatement après l'élection, la première annonce qui a été faite, il faut se souvenir, on
est au mois d'avril, ça a été fait dans le comté de Charlevoix, la
première fois qu'on a annoncé le
225 millions, qui est un rehaussement, comme vous le dites si bien, d'un
montant de 42 millions, donc qui venait faire principalement des
travaux sylvicoles.
Puis,
pour ceux qui nous écoutent, là, la sylviculture, c'est quoi? C'est qu'on
prépare des terrains, hein? On prépare les terrains, on les reboise, on
fait des éclaircies, des dégagements, du nettoiement de terrains, des
planifications, des transports de plants,
l'entretien de chemins, et on fait, après ça, des coupes partielles. Ces
entreprises-là sont dans nos territoires. Puis je regardais, pendant que
vous posiez la question, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, Mme la Présidente, ça n'a l'air de rien, mais déjà, avec l'année en
cours, ça va faire 110 millions de dollars qui est donné directement
aux entreprises qui font des travaux
sylvicoles. Donc, il y a des entrepreneurs au Saguenay—Lac-Saint-Jean... Cette année, c'est 55 millions de dollars qui sont donnés
aux entrepreneurs qui embauchent du monde pour retourner sur les
parcours de coupe, hein? L'industrie forestière a coupé
du bois, a laissé des branches, a laissé du terrain avec les machines qui ont
travaillé.
Alors,
ils vont repasser, ils vont retravailler le sol, ils vont rouvrir le sol, ils
vont enlever le branchage puis ils vont replanter des arbres. Il se replantera environ combien d'arbres?
150 millions. 150 millions d'arbres seront plantés cette année. Alors, je pense, c'est au moins
50 millions qui se plantent au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Donc, l'ensemble des sommes, là, dans les travaux, pour les travaux non
commerciaux, là, ont été dépensées à 99 %. Puis en général, dans
les régions du Québec, savez-vous, Mme la
Présidente, ce qui nous retarde à la fin? C'est la neige. Quand on arrive pour
faire des éclaircies, qu'on va avec une
petite débusqueuse... Cette année, quand même, il a neigé, en Gaspésie, assez
rapidement, puis de la neige assez
abondante; au Bas-Saint-Laurent, pareil, donc dans des régions où... En
Abitibi, j'étais présent à l'automne dernier, où est-ce qu'il a commencé
à geler puis à neiger beaucoup.
Donc,
l'ensemble des montants... Donc, le 225 millions, il est récurrent et non
seulement il est récurrent, mais on a
été capables d'annoncer deux budgets d'avance. Pourquoi, me direz-vous, en
forêt publique, on est capable de faire ça? Parce que c'est basé sur la prévision des ventes et du marché. Quand on
vend un arbre, chaque Québécois retire quelque chose, c'est mis dans un fonds, donc... Et les entreprises, pour accéder
à cette forêt-là, vont contribuer, donc, à une rente, ils vont payer des sous pour accéder à des
garanties d'approvisionnement. Puis, à partir de ce fonds-là, bien, ça va
venir aider aux crédits du ministère pour
annoncer la prévisibilité. Donc, c'est dans cette perspective-là qu'on s'est
présenté, et la dernière fois, donc, pour
l'annonce sur deux ans, ça s'est fait dans le comté de Roberval et en votre
présence, et je pense que l'ensemble des partenaires ont salué la
prévisibilité des investissements, donc ce qui vient, en fait, renchérir
qu'eux-mêmes vont pouvoir engager, retenir des travailleurs et mieux planifier
leurs travaux.
a aussi devancé la planification pour donner les inventaires, pour leur dire
aussi... La répartition des travaux régionale,
ça s'est fait très rapidement. Rappelez-vous, l'année passée, c'est la pire
année pour eux autres. On a fait des élections
au mois d'avril. Là, au moins, il y aurait des élections à date fixe, ça va se
passer à l'automne. Parce qu'après l'élection,
rapidement, avant qu'on vote les crédits... On les a votés au mois de juillet.
Alors donc, on a fait nos annonces, mais
là le temps passe, là. Tous les mois comptent, là, quand tu es dans le bois,
là. Puis du bois d'été, c'est, en général, un peu plus facile à travailler que la machinerie puis c'est moins dur que
quand il fait moins 35 °C puis moins 40 °C, comme on a connu cet
hiver. Donc, il y a moins de bris, s'il y a moins de bris, c'est plus rentable.
Alors donc, ça a pris un certain temps avant qu'on fasse le déploiement.
dès cette année, on a laissé savoir les budgets pour les deux prochaines années
puis dès cette année, rapidement, en
février, on connaissait déjà la répartition régionale qu'on aura tantôt à
discuter. Donc, le monde est au travail, le monde connaît le coût des
travaux quand on fait nos contrats. Donc, je pense, ça va être une meilleure
année, une meilleure perspective, puis ça va aider aussi au ministère d'avoir
une meilleure planification, de ne pas être confronté avec des horaires qui
finissent parce qu'on a perdu des mois pour la planifier.
Présidente (Mme Léger) : Alors, je veux juste confirmer que j'ai reçu
les deux documents, celui de la mission et l'autre sur la question
particulière n° 9, pour chaque région administrative, le montant des
crédits accordés pour la réalisation des
travaux sylvicoles pour l'année financière 2014‑2015 et pour les trois années
précédentes, ainsi que les prévisions pour 2015‑2016, de même que...
Bon. Alors, c'est le nom du document. M. le député de Dubuc.
Simard : Merci, Mme la Présidente. Est-ce que, M. le ministre, vous
pourriez expliquer de quelle façon et pourquoi tel ou tel secteur est
choisi pour faire de la sylviculture et de quelle façon il est choisi?
Lessard : Rapidement, à partir du moment qu'on fait
l'annonce... Puis je me suis assuré moi-même dans ma quête de connaissance, ici, à Québec... Il y a
l'ensemble des directeurs régionaux. Il y a un appel. Donc, les
directeurs régionaux font un appel pour
faire une évaluation des inventaires avec les entreprises dans l'ensemble du
territoire. Donc, on a un territoire
projeté, on sait où est-ce qu'on a fait des travaux. Là, il y a des inventaires
qui sont faits, puis on connaît, donc,
la séquence des travaux qu'on va faire. Donc, régionalement, il y a une
évaluation qui est faite avec les entreprises, puis une fois qu'on a le
montant de l'enveloppe, là on va faire notre répartition régionale pour
savoir... parce qu'il y en a qui plantent,
il y en a qui déboisent, il y en a qui font des éclaircies, il y en a qui font
du transport, etc. Donc, on va connaître mieux, là, les ententes de
travaux à réaliser.
C'est
des ententes contractuelles. C'est un peu particulier, le monde de la forêt.
Les entreprises existaient déjà. Il y avait des historiques de coupes.
Eux autres, ils ont des travailleurs. Donc, à partir de là, ça, c'est tout du
bois, là, qui va prendre 30, 40, 50 ans
avant qu'on le récolte, 60 ans, 70 ans. Donc, pendant ce temps-là, ça ne
rapporte rien. Donc, on recrée le
capital forestier, donc c'est là que l'État investit. Puis, quand le bois est
rendu à maturité, là, les entreprises vont
payer pour l'avoir et ils vont donc donner de l'argent à l'État ou payer leur
droit à l'État pour qu'on puisse réinvestir. Donc, il y a un exercice régional qui est fait, il y a une programmation
annuelle qui est faite, puis les entreprises, il y a des lots qui sont
soumis, travaux d'hiver, travaux d'été, il y a cette particularité-là.
Il y a des zones
sensibles dans nos territoires, puis souvent on va faire en sorte qu'on puisse
libérer, donc, ou maintenir soit le potentiel ou le développer. Donc, les zones
sensibles, bien, c'est des travaux d'hiver. Si tu dois passer à un endroit où c'est marécageux, bien, tu vas attendre que ça
soit gelé. Puis, rassurez-vous, cet hiver, ça a gelé. Donc, ils sont allés chercher le maximum de bois
en forêt qu'ils pouvaient avoir fait en programmation de travaux
d'hiver. Ils n'ont pas laissé beaucoup de ressources
dans le bois pour lequel ils auraient coupé puis ils n'auraient pas été
capables de le sortir. Tout le temps, le
défi du printemps, c'est que tu peux mettre beaucoup de bois à terre, mais, si
tu te fais prendre par un dégel hâtif, ça se peut que tu sois obligé de
laisser ton bois là, donc il va se perdre.
Alors, cette année, ça a été gelé, ils
en ont sorti. Les inventaires sont assez élevés, actuellement. C'est pour
ça qu'on entend, là, puis on voit, là, que,
du côté américain, ça a gelé beaucoup aussi. La Nouvelle-Angleterre a été
débordée de neige, donc les mises en
chantier retardent, puis on voit les inventaires s'accumuler puis on voit le
prix baisser aussi sur le 1 000 pieds planche, parce que
nécessairement on n'a pas encore sollicité ce bois-là. Il est dans la cour, là,
il est plus fatigant.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député de Dubuc.
M. Simard :
Merci, Mme la Présidente. J'ai eu réponse à mes questions.
La Présidente (Mme
Léger) : Alors, je cède la parole au député d'Abitibi-Est.
Bourgeois : Merci, Mme la Présidente. Salutations aux collègues des
deux oppositions et également à mes collègues.
M. le ministre, ça me fait plaisir de vous voir. On se voit fréquemment parce
que je viens d'une région forestière. Puis
un des points que je tiens à souligner devant les gens qui nous écoutent, parce
qu'ils me l'ont demandé, c'est de vous remercier
d'être venu en région, d'être venu, dans le fond, vous approprier la réalité de
la forêt, de la foresterie en Abitibi-Témiscamingue, plus
particulièrement dans mon comté, en Abitibi-Est. On a été rencontrer, entre
autres, les gens de Senneterre qui étaient
très préoccupés de la situation des deux scieries de là-bas, et, par la suite,
vous êtes revenu en région.
est toujours heureux d'accueillir le ministre en région, pour une activité fort
importante, le colloque annuel de l'Association forestière. Ça faisait
huit ans qu'il n'y avait pas de ministre qui était venu au colloque de
l'Association forestière. Ça fait que vous
comprendrez qu'eux étaient très fiers, mais moi aussi, j'étais fier de pouvoir
dire que le ministre avait été à
l'écoute de leur souhait de le voir présent, et on l'a vu par la participation.
On avait, Mme la Présidente, une participation
assez exceptionnelle. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu autant de monde
à cette activité-là, puis c'était fort
intéressant. Ça a permis de rencontrer plusieurs acteurs, dont, entre autres,
dans ces acteurs-là, des représentants des communautés autochtones, Mme la Présidente.
Vous l'avez mentionné
tout à l'heure, M. le ministre, les communautés, actuellement, ça fait
partie
de vos préoccupations comme ministre des Forêts. Leur préoccupation en lien avec la
forêt, elle est manifeste de plus en plus, en lien, entre autres, avec toute la question de la mise en valeur
des ressources forestières. Elles habitent le territoire, elles sont au coeur des travaux forestiers, souvent, ont donc
échangé avec les différents acteurs forestiers, qui souhaitent, eux,
aller chercher cette ressource-là pour la mettre en valeur, pour permettre, dans
le fond, des exploitations qui bénéficient à l'ensemble des acteurs régionaux, que ça soit les individus,
par le travail, mais eux, c'est sûr, c'est normal, c'est légitime, je
crois, veulent être
partie prenante de cette réalité-là.
Vous
avez aussi, comme ministre, la responsabilité, entre
autres, au niveau de certaines lois qui prévoient, dans le fond, tout le volet de consultation
auprès de ces communautés-là. Et, Mme la Présidente, ce qu'on constate, c'est vraiment
une préoccupation des dirigeants, des leaders de ces communautés-là
à vouloir être
partie prenante, dans
le fond, de ce développement-là du monde forestier, compte
tenu que l'activité
économique reprend, la demande, comme
vous l'avez mentionné, elle est là, elle
est... Bon, il y a encore des balbutiements, mais c'est clair que l'industrie
forestière se repositionne de façon avantageuse, et les acteurs que sont
les communautés autochtones disent : Nous, on veut faire
partie de cette dynamique-là. On a cependant des
revendications, des attentes, parce que non seulement on veut participer
à l'exploitation, mais on est aussi en lien
avec ce monde-là, la nature, la faune. On vit, dans le quotidien, en forêt, on
va en forêt pour pratiquer des habitudes
ancestrales. Donc on veut être consultés, on veut être respectés dans cette
démarche-là. Et je sais qu'à l'intérieur des
mécanismes prévus au ministère, M. le ministre, il y a donc des processus
de consultation, il y a donc
vraiment, de façon spécifique, en lien avec les communautés autochtones, des
processus qui sont là au niveau de... qui nous permettent, dans le fond,
de tenir compte de leurs intérêts, de leurs valeurs, de leurs besoins et de
leurs préoccupations dans tout l'aménagement durable des forêts.
Moi,
j'ai plusieurs amis des communautés qui me disent : Tu sais, Guy, on était
là avant et on veut être là après. Donc,
on veut, oui, faire
partie de cette réalité-là, mais avec nos valeurs, avec
notre réalité. On veut pouvoir travailler avec les compagnies forestières qui viennent sur le terrain et leurs
contracteurs. Parce qu'il faut comprendre aussi que, dans le monde forestier, oui, on peut nommer des noms de
compagnie, mais c'est aussi beaucoup de sous-traitance, beaucoup d'acteurs qui sont associés à l'exploitation de la
forêt, et ce qu'on a vu poindre, c'est aussi des compagnies autochtones.
Des communautés ont voulu se doter de capacité d'intervention en forêt en se
disant : Bien, on doit être là aussi.
Vous
parliez tout à l'heure des travaux de sylviculture. On a vu beaucoup, à la
fois, des travailleurs, hein, dire : Moi, je veux avoir un métier, je veux travailler dans la nature, être en
forêt pour faire des travaux forestiers, ça pourrait être quelque chose d'intéressant.
Il y a eu de la formation qui s'est donnée. Il y a eu, donc, une appropriation
de cette opportunité-là et, même, il y en a
d'autres qui ont poussé jusqu'à créer des petites entreprises de sylviculture,
d'exploitation, qui travaillent avec les grands industriels et qui
disent : Bien, nous, là, on veut vraiment être là.
y a aussi une obligation que vous
avez... au niveau de la politique de consultation élaborée en
vertu de l'article 9, qui comporte des modalités de consultation propre
aux communautés autochtones et qui sont définies dans un esprit de collaboration avec ces communautés-là. Dans le quotidien, moi, je suis habitué de travailler avec
eux, mais je pense que, pour le
bénéfice de l'Assemblée, le bénéfice des auditeurs, j'aimerais, M. le ministre,
que vous me fassiez part des moyens que votre ministère met en oeuvre
pour favoriser le maintien de toutes les relations harmonieuses et avec toutes
ces communautés-là.
La Présidente (Mme Léger) : M. le
ministre.
Lessard :
Oui. Merci. Donc, on a affaire à quelqu'un, en d'Abitibi-Est, qui connaît bien
son bois, qui connaît bien son monde,
qui connaît bien ses communautés, je tiens à le mentionner. Quand on rencontre
quelqu'un qui connaît ça, ça va mieux. Alors, oui, ça m'a fait plaisir
d'aller plusieurs fois en Abitibi parler des communautés autochtones, des
Algonquins du Lac-Simon principalement, on en a d'autres de Lac-Barrière, de
Kitcisakik, d'Abitibiwinni. On a un programme
de participation autochtone et, dans l'attribution des contrats, on tient
compte aussi de ceux qui ont créé des entreprises,
comme vous avez pu le mentionner. Puis, Mme la Présidente, je vais le déposer,
j'ai un document qui atteste tous les
travaux qui ont été faits dans les différentes communautés, crie, micmaque,
algonquine. Il y en a pour près de 30 millions de dollars.
Donc,
je vais le déposer parce que, des fois, nous autres même, le bilan n'est pas
tout le temps facile à trouver. Donc,
j'ai pris la peine de le concilier pour démontrer aussi l'importance qu'on
attache à faire de l'enseignement, à la préparation, aux négociations, aux médiations, à l'instrumentation, au
développement des compétences, au développement des connaissances. Alors donc, ça me rappelle récemment, même avec un
plan de formation au Lac-Barrière, une série de jeunes, là, qui ont fini leur formation comme travailleurs, qui ont
obtenu même une certification reconnue, une attestation de formation professionnelle. Donc, ces jeunes-là,
aujourd'hui, adressent la question... amènent leurs valeurs de culture
dans la préservation ou la mise en valeur des ressources. Alors donc, c'est
important, je vais le déposer. Donc, on dit près de 30 millions de dollars
qui, annuellement, est consenti à différents travaux.
La Présidente (Mme
Léger) : Je suis obligée de vous arrêter, parce qu'on est...
Lessard :
Ah oui? On a tout utilisé le temps.
La Présidente (Mme
Léger) : Oui, c'est ça.
Lessard :
Bon, ça va.
La Présidente (Mme
Léger) : Je suis rendue pour un petit peu plus qu'une minute de trop.
Lessard :
Bien, on reviendra.
La Présidente (Mme
Léger) : Alors, je m'excuse. Et je confirme le dépôt du document, là,
de...
Lessard : Donc, on pourrait le faire circuler, parce que
c'est un élément important, là, pour l'ensemble des communautés
autochtones.
Présidente (Mme Léger) : On va les faire imprimer. O.K. Maintenant, je
cède la parole au deuxième groupe d'opposition officielle pour un temps
de...
Mme Roy
(Arthabaska) : 15 minutes que vous avez dit?
La Présidente (Mme
Léger) : 15 minutes.
Roy (Arthabaska) : 15 minutes. Alors, merci, Mme la Présidente.
Parlons maintenant plus spécifiquement de
l'industrie québécoise des pâtes et papiers, qui connaît des moments
difficiles, comme vous le disiez d'entrée de jeu : décroissance de la production traditionnelle,
licenciements, fermeture d'usines. Cette industrie a considérablement rétréci,
perd du galon. C'est simple, nos entreprises
sont en mode survie. Par exemple, la fermeture de deux des trois machines à papier chez Résolu à Alma, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, à Amos, Abitibi-Témiscamingue. La
machine n° 9, d'une capacité de
75 000 tonnes, assurait de l'emploi quand même à 85 travailleurs et
produisait du papier à usages spéciaux. On attribue, entre autres, une
partie de la fermeture à la baisse de la
demande du papier, comme vous le dites, et ça ne risque pas de s'arranger. L'usine d'Alma, qui produisait
350 000 tonnes de papier sur trois machines... et la fermeture
annoncée réduira sa capacité de
production d'un peu plus de 20 %. Pensons également à plusieurs
entreprises des États-Unis qui demandent à leurs imprimeurs de ne plus
s'alimenter de papier provenant des usines de Québec, de Résolu, suite aux
pressions exercées par Greenpeace.
L'industrie
des pâtes et papiers doit se renouveler, trouver un nouveau souffle. Avec la
baisse de consommation du papier, il faut négocier un important virage
qui permettra à l'industrie forestière de faire la transition entre le monde du papier journal... vers de nouveaux produits.
Les experts le disent, le Québec peut continuer de fabriquer de la pâte,
du papier et du bois d'oeuvre à la seule
condition de se réinventer, d'y ajouter du savoir-faire. Là est le défi pour
les usines de papier toujours en
exploitation. Leur disparition serait catastrophique pour l'industrie
forestière, pour l'industrie du sciage et pour les régions. Alors, ils devraient se tourner vers des produits
sophistiqués, des filières de niche qui pourront s'adresser à une foule
de clients différents dans toutes sortes d'activités. Comment le ministre
compte-t-il encadrer ce virage vers des filières de niche?
Lessard :
Oui. Bien, je pense que vous avez fait une bonne analyse. Puis je tiens à
mentionner à ceux qui nous écoutent, le
papier journal, là, on le sait bien, qu'il y a un déclin. Les utilisateurs des technologies de l'information,
donc, annoncent... on
voit maintenant les journaux qui sont publiés seulement
sur le site virtuel d'une entreprise et non pas en version papier.
a Résolu, au Québec, White Birch et Kruger qui produisent encore du
papier journal. Donc, ces entreprises-là...
Résolu a dit publiquement : S'il y a encore une place sur la planète...
C'est notre plus grand producteur mondial de papier. Il a différents sites d'exploitation à travers les différents
pays. Il dit : S'il reste une place sur la terre à en produire,
c'est encore nous autres qui allons le produire. Alors, fort de cet engagement-là,
malgré que c'est un marché baissier, ils se disent qu'un jour... il y en aura toujours.
Maintenant, on ne
peut pas fermer les yeux en se disant : Ça doit être le seul secteur. On
demande aussi de convertir et d'adresser
d'autres marchés. Donc, il y a une stratégie de la chimie verte qui a été
développée dans le temps dans un
budget de Raymond Bachand qui a dit : Bien, devant cette problématique-là,
on devrait trouver d'autres alternatives à la pâte, donc à la fibre cellulose. On peut faire, bon, des papiers tissus
comme Cascades a pu le faire. Bon, ils font du recyclé à partir du carton, etc., mais ils ont besoin de
nouvelle pâte, donc le filament cellulosique chez Kruger, qui vient
donner un avantage très concurrentiel à ses
propres produits. Ils investissent dans les couches, les cartons, les papiers
couchés, etc. L'emballage, lui,
connaît de meilleurs jours. Alors, Kruger a investi, donc, je pense que c'est
70 millions de dollars, dans le filament cellulosique.
Domtar,
il y a quelques années, a investi plusieurs centaines de millions de dollars — je
l'ai visitée, l'usine, avec mon collègue et ma collègue de Richmond — dans
la nanocellulose cristalline dont un associé très important vient actuellement de faire un joint venture avec eux autres; ils sont dans le secteur
pétrolier. Donc, ils cherchent des nouveaux marchés, et là ils viennent de s'adjoindre un joueur de calibre mondial.
Voilà deux semaines, j'étais à Cabano avec Cascades qui vient d'investir dans l'hémicellulose, donc
les sucres, la chimie des sucres, qui va donner un produit à valeur
ajoutée pour ses cartons ondulés, mais qui va développer aussi, peut-être, la
chimie des sucres pour d'autres alternatives, même alimentaires.
Chez Fortress, donc
Fortress qu'a dit mon collègue, qui a relancé l'industrie avec Fortress...
donc, pour faire de la rayonne à partir de
la même pâte. Donc, vous voyez que ça a redonné du travail un peu partout. Mais
il en reste à faire, parce qu'on a quand même les trois principaux
producteurs de papier journal au Québec qui sont dans des séquences. Kruger a pris vraiment une stratégie de s'en aller vers ses cartons, mais, au niveau de
Résolu, évidemment, quand on
perd une machine à papier au Québec, on va perdre des usines de sciage, parce
qu'il faut scier le bois avant de l'amener, là,
le résidu vers la machine à papier. Donc, c'est difficile. C'est pour ça que,
dans le dernier budget, on a adressé... donc, ils ont accès, maintenant,
les papetières, à un fonds de capitalisation de 170 millions pour engager
cette conversion-là.
La Présidente (Mme
Léger) : Alors, merci, M. le ministre. On va essayer de...
Mme Roy
(Arthabaska) : Monsieur... Bien, c'est ça.
La Présidente (Mme
Léger) : ...d'être plus court pour qu'il puisse répondre à sa
question, parce que c'est peut-être, des fois, le double que vous prenez, là.
Allez-y.
Mme Roy
(Arthabaska) : Mme la ministre, oui, j'aimerais une réponse
courte.
Une voix :
Mme la ministre?
Roy (Arthabaska) :
Madame... Excusez. Ah! bien, c'est peut-être une prémonition. Mme la Présidente, vous avez
ouvert une parenthèse, là... Je vais ouvrir une parenthèse, vous m'avez parlé
de Cascades, et puis je sais que Cascades a fait des représentations,
m'a fait des représentations, Mme la Présidente, à l'effet que, comme vous
étiez ministre de l'Agriculture...
comme il était ministre de l'Agriculture, je me souviens qu'il avait fait une
campagne Achetez chez nous dans l'agroalimentaire, mais, à l'heure actuelle, il n'y a pas
d'incitatif à Services Québec, qui achète le papier pour l'ensemble du gouvernement, d'acheter le papier que seul
Cascades fait, le papier de toilette ici. Je pense que vous pourriez peut-être
parler à votre collègue du Conseil du trésor
puis les inciter à acheter chez nous, comme vous le faisiez quand vous étiez
ministre de l'Agriculture.
Lessard : Oui, il y avait des... Donc, il y a des
représentations qui ont été faites, déjà, au Conseil du trésor, bien
avant moi d'ailleurs, là, en dedans d'un an, ces représentations-là sur la
notion du papier recyclé ou le papier FSC, donc
les certifications. Donc, on a dit qu'on allait porter ces représentations-là
pour être capables aussi de donner l'exemple sans donner un avantage
concurrentiel dont il serait le seul fournisseur. Donc, on est sensibles à
cette demande-là qui a été faite, là, puis la représentation a été faite en ce
sens-là.
Roy (Arthabaska) : Monsieur... Bien, Mme la Présidente, M. le
ministre est aussi voisin de mon comté. Vous savez qu'on a appelé... Il s'appelait auparavant les Bois-Francs,
la région des Bois-Francs, parce que, dans ce comté-là, on construisait
des meubles en grande quantité. Le marché a été compétitionné par l'Asie, et
puis, si vous êtes... Vous êtes venu, je pense. Le ministre est venu à plusieurs occasions, puis on a
vu que, chez nous, avec l'intelligence, avec du dynamisme, avec aussi de l'entreprise, un esprit entrepreneurial, on a modifié tout le
travail du bois pour avoir des produits
de niche. Ça s'est bien réussi. On a l'école du meuble, on a
du placage de qualité, on a des réparations d'avions de l'extérieur qui viennent à cause de notre connaissance, plusieurs... des fabricants en ébénisterie très, très
pointus, comme pour des meubles
d'hôtels. Je pense qu'il faudrait qu'on accompagne de la même
façon l'industrie des pâtes et papiers. Est-ce que vous les...
Où en sont exactement les gestes que vous voulez faire ou avez-vous des pistes
de solution?
Présidente (Mme Léger) : M. le ministre.
Lessard :
Les produits dont on vise à faire la promotion, du bois, des produits issus de
l'innovation, on a nécessairement... on finance des activités, bon, FPInnovations,
mais on finance aussi Cecobois, donc, qui fait la promotion... Puis on a la Charte du bois pour l'exemplarité du
bois, pas tellement dans... peut-être le bois pour faire des meubles, là, mais pour faire des bâtiments structuraux, dont le
premier bâtiment à étages, à six étages, a été construit ici, à Québec,
par la CSN. On est à modifier... mon collègue
du Travail modifie le règlement à la Régie
du bâtiment pour qu'on puisse bâtir l'immeuble le plus haut en Amérique,
donc, en structure de bois. Alors donc, Cecobois, qui fait la promotion des meilleures pratiques, fait l'enseignement, dans
les universités, aux nouveaux ingénieurs qui vont sortir. Et encore il y
a un groupe qui est parti récemment, qu'on a financé pour aller en Europe pour
faire l'acquisition de connaissances pour qu'on puisse le traduire.
Chez
Les Chantiers Chibougamau, j'ai fait une visite, il y a moins de deux semaines,
avec mon collègue d'Ungava, et donc
il y a un immense chantier qui est là, sur la lamellée-collée. C'est du bois
qui est sélectionné pour sa flexibilité. Et donc on peut retrouver ici,
à Boischatel, un IGA qui est construit... ils en bâtissent un petit peu
partout : le centre Chauveau...
Complexe Chauveau, l'Université du Québec qui en a utilisé beaucoup, le centre
de foresterie à l'université.
Donc, on essaie de
trouver des applications pour qu'on puisse mettre en valeur la fibre
forestière. Et vous aviez avant le comté de
Lotbinière. On fabrique à peu près de tout dans Lotbinière, des maisons, des
portes, des comptoirs, des armoires,
etc., et vous êtes traversée du côté des Bois-Francs dans lequel on importe du
bois des États-Unis, même, pour lui donner de la valeur ajoutée.
La Présidente (Mme
Léger) : Merci, M. le ministre.
Lessard :
Alors donc...
Mme Roy
(Arthabaska) : Je voudrais, Mme la Présidente, aborder...
Présidente (Mme Léger) : Mais, je vais... faites 1 min 15 s, vous avez
1 min 45 s, j'essaie d'équilibrer, là.
Mme Roy
(Arthabaska) : Oui, puis je n'ai pas beaucoup de temps, c'est
ça, hein? Je voudrais aborder un autre sujet, c'est l'épidémie de la tordeuse
des bourgeons de l'épinette. Ça ravage certaines régions du Québec, et ce, depuis plusieurs années. Rien n'indique que le
secteur forestier arrive à s'en débarrasser. Il s'agit de la deuxième
grande épinette... épidémie, pas épinette,
de la tordeuse des bourgeons — ça paraît que c'est la dernière séance de la
semaine — en
40 ans dans les forêts du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.
Rappelons
qu'au tout début des années 80 la tordeuse de bourgeons de l'épinette a détruit
35 millions d'hectares, l'équivalent de 10 ans de récoltes,
selon les experts.
Quel est votre plan
d'action et quel est votre budget pour contrer ce fléau?
La Présidente (Mme
Léger) : M. le ministre.
Lessard :
Alors, bon, actuellement, il y a de la présence de la tordeuse des bourgeons
d'épinette au Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord. C'est 10 millions qu'on
met pour combattre la tordeuse, l'arrosage principalement, l'arrosage préventif. S'ajoute à ça une stratégie
ou une initiative qu'on appelle nord-côtière, puisque la présence, elle
est là. Le taux de mortalité est encore
faible — c'est
encore trop, là — il y a
1 %, 1 % à 2 % de taux de mortalité, mais, si on regarde dans l'avenir, donc, la présence de la
tordeuse, c'est à peu près sur 12 ans qu'elle se présente.
Donc,
on a fait un plan avec les industriels, les trois industriels de la Côte-Nord,
Boisaco, Résolu et Arbec, donc, pour faire en sorte qu'on puisse
devancer des coupes qui vont être affectées, qui amènerait donc la dégradation
de la qualité du bois, avec, un, des
nouvelles façons de faire, la mise en copeaux en forêt, des plans accélérés de
récoltes, puis s'assurer que la
qualité des copeaux aussi, quant à l'usine... donc une nouvelle facturation par
essence, une série de mesures qui va venir réduire le coût aussi, parce
qu'on devance, nécessairement que ça amène des coûts à l'entreprise, tout en
respectant l'accord de bois d'oeuvre.
Alors, on a eu une
dernière rencontre avec les trois industriels le 5 mars dernier. On s'est
entendus sur des principes, puis c'est
ceux-là qu'on déploie actuellement pour faire en sorte qu'on récupère la forêt
au service des travailleurs et non pas au service d'engraisser la
tordeuse des bourgeons.
La Présidente (Mme
Léger) : Mme la députée d'Arthabaska, il vous reste environ
2 min 30 s.
Roy (Arthabaska) : Bon, je vais vous poser une question simple,
là, parce qu'il ne nous reste pas beaucoup de temps. J'aimerais savoir si le ministre peut me dire combien
d'hectares ont été pulvérisés en 2014 comparativement à en 2013.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le ministre.
Lessard :
Oui, combien d'hectares? Je vais...
Mme Roy (Arthabaska) : Une
réponse courte.
Lessard : Oui, mais je n'ai pas tout ça, ces hectares-là,
dans la tête, là. Vous allez me permettre une seconde avec les...
La Présidente (Mme
Léger) : Vous en avez pas mal.
Lessard :
On va le trouver, on pourra le déposer. Ça va?
Mme Roy
(Arthabaska) : Bon, dans ce cas-là, je vais vous en poser une
autre. Est-ce que vous... Mme la Présidente, est-ce que le gouvernement serait
prêt à diminuer ses redevances dans certains secteurs frappés par cette
épidémie? Un bois contaminé ne donne pas de produits de qualité.
Lessard : Oui, bien, j'ai manqué le début de votre question,
là, parce qu'on fouillait pour trouver la réponse dans nos affaires,
mais, bon, nécessairement...
Mme Roy
(Arthabaska) : Vous le déposerez, vous le déposerez.
Lessard : Oui, d'accord, d'accord. Sur le panier de
produits, honnêtement, ce qu'on évite, c'est la dégradation, puis le bois qui est fini, hein, qui est trop
fortement affecté... Le bois a un client. Sur la Côte-Nord, on fait du papier
journal. Si le bois est trop sec, le copeau
ne sera pas bon pour faire un papier dont l'élasticité est nécessaire. C'est
pour ça qu'ils vont choisir les
essences, les espèces. Ils ne veulent pas trop de sapin, en passant, donc...
parce qu'il est dur à sécher, parce que,
souvent, il équarrit, etc. Donc, la composition est importante dans la récolte,
c'est pour ça qu'il faut s'adapter sur les approvisionnements pour avoir
une formule en continu qui répond aux besoins de l'industrie, de Résolu à cette
étape-là, puis, pour Arbec, au Nord, le taux
de mortalité n'a pas encore atteint... Mais on sait que FerroAtlantica va
être là, donc éventuellement va solliciter beaucoup de bois. Alors, on
travaille nos stratégies en fonction de la qualité des produits qu'on veut
faire.
La Présidente (Mme
Léger) : Mme la députée.
Roy (Arthabaska) : Mais est-ce que vous voulez diminuer les
redevances lorsque le bois, c'est du sapin ou du bois affecté? C'est la
question.
Lessard : Bien, la question... O.K., c'est ça. Donc, en
vertu de la loi, le ministre peut, en vertu des dispositions de la loi, déclencher un programme particulier
d'aide et financière et opérationnelle, donc, parce qu'il y a de la maladie.
Je ne peux pas donner une subvention à
l'entreprise, parce qu'on serait en contradiction avec l'accord de bois
d'oeuvre. Donc, première balise. Mais, parce
que le bois va se dégrader, parce qu'on devra récolter de façon anticipée, on
peut mettre en place, c'est ce qu'on
a fait... Donc, il y a une série de mesures, exemple, le Bureau de mise en
marché met maintenant du bois en marché à une valeur moindre parce que
c'est un bois qui va se dégrader. Donc, ils peuvent d'avance miser là-dessus.
Résolu a acheté pour 100 000 mètres cubes dans un bois, donc, de
diminution de valeur.
La Présidente (Mme
Léger) : Merci...
Lessard : Les superficies, si vous le permettez, puis on le
prendra sur notre temps, mais je viens de le déposer...
La Présidente (Mme
Léger) : Ah! ce n'est pas le vôtre, c'est le leur.
Lessard :
Ah oui! Excusez. Mais, si elle voulait avoir la réponse, on pourra toujours la
déposer.
La Présidente (Mme
Léger) : Est-ce que vous acceptez? D'accord. Mais allez-y, M. le
ministre.
Lessard :
4 millions en...
La Présidente (Mme
Léger) : Allez-y, M. le ministre.
Lessard :
Donc, en 2014‑2015, il y a eu 4 275 000 hectares d'affectés.
Présidente (Mme Léger) : Et il y a un autre document que vous
deviez... vous aviez convenu, là. Mme la députée d'Arthabaska, vous avez
dit oui sur une question.
Lessard :
Il va l'extraire du document.
Une voix :
On va l'extraire.
Lessard :
On va l'extraire du document puis on va vous le faire parvenir.
Mme Roy (Arthabaska) : Mais
ce que j'ai demandé, c'est 2014‑2015.
Lessard : On va vous le donner, oui, pour les deux... Je
l'avais sur les deux années.
La Présidente (Mme
Léger) : Est-ce que vous allez nous le donner aujourd'hui ou vous
allez le donner au secrétariat?
Une voix :
Au secrétariat.
La Présidente (Mme
Léger) : Vous allez l'envoyer...
Lessard : D'après moi, si je le pose avec mon appareil
technologique, je peux vous l'envoyer tout de suite, mais on va essayer
d'avoir un papier plus propre.
Présidente (Mme Léger) : Ça fait que je l'attends au secrétariat.
D'accord, merci. Alors, il reste... Vous aviez 18 minutes, il en reste
17 minutes et quelque chose, là. Alors, je donne la parole au député de
Chapleau.
Carrière : Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de saluer...
de vous saluer, grande experte de la forêt que vous me disiez il n'y a pas longtemps, de saluer le ministre avec
son équipe, le sous-ministre, le sous-ministre adjoint ainsi que toute l'équipe, Mme Lizotte, avec qui je
discute de nos dossiers forêt Outaouais de façon quotidienne, et les
gens de l'opposition que... Je connais bien
la forêt gaspésienne pour y pratiquer la chasse à tous les ans dans Dunière,
Matane, Chic-Chocs, etc.
Carrière : Non, non, ce n'est pas chez vous, mais ce n'est pas
loin. Oui, je sais qu'en Gaspésie on protège nos terrains de chasse de façon très particulière. Et je veux saluer les
gens de la deuxième opposition et mes collègues aussi.
Moi,
je veux vous parler de la réalité de la forêt outaouaise, qui est une forêt
mixte, forêt feuillue, qui amène une complexité
additionnelle dans la gestion de la forêt. Quand on pense, chez nous, que, des
fois dans une même UAF, une unité d'aménagement forestier, il peut y
avoir 24, 28, 30 essences différentes, là, d'arbres et que, des fois, là-dessus,
il y a 20, 22 essences où il n'y a pas de preneur, ça, que, quand les gens vont
faire de l'opération, ça complexifie, ça ajoute aux coûts de récolte, là, pour les industriels, et on en parle beaucoup, là, ces derniers temps, comment on peut faire pour réduire les coûts, là, au niveau des entreprises forestières, là, pour s'assurer d'une certaine rentabilité et garder, là, nos employés, nos travailleurs en Outaouais au
travail.
Il y a
un comité particulier également, là, c'est avec Produits forestiers Résolu,
Louisiana-Pacific, qui sont situés... Résolu,
à la fois la scierie dans le coin de Maniwaki, il y a l'usine de pâtes et papiers qui est dans mon comté, qui a fermé en 2010. Et c'est là que j'ai connu M. Savard puisque
j'ai été, pendant un peu plus de trois ans, président du comité de
relance de l'usine d'AbitibiBowater à
l'époque, maintenant l'usine, là, de Produits forestiers Résolu. Puis
on a travaillé d'arrache-pied avec le ministère
pour trouver une solution pour aider cette usine-là à rouvrir, ce qu'on a
réussi. Il y a eu une réouverture qui a été faite. Ça a
permis de consolider les opérations à la scierie de Maniwaki, parce que la
scierie à Maniwaki ne serait pas rentable si
elle n'avait pas un endroit où écouler ou envoyer les copeaux et les sciures de
son usine. Et l'usine de Gatineau. la papetière de Gatineau, bien, elle peut prendre tous les volumes qui
sont de la scierie de Maniwaki. Donc,
il y a eu beaucoup de travail qui a été fait, il y a des gens, là, que je veux
saluer, là, le président du syndicat, avec qui on a eu le plaisir de... Il a le même nom que moi, là, M. Carrière,
Gaston Carrière, aucun lien de parenté, mais une personne extraordinaire
qui a travaillé d'arrache-pied avec ses travailleurs, avec la direction de
Produits forestiers Résolu pour arriver à un dénouement heureux.
y a également Lauzon et Fortress qui sont dans la même cour pratiquement et qui
travaillent beaucoup ensemble. Fortress
prend toute la pâte de Lauzon et Lauzon prend tout le sciage de Fortress. Moi,
j'ai visité à plusieurs reprises ces usines-là,
je faisais même des farces auprès de M. Lauzon, le propriétaire, que je
pourrais maintenant opérer son usine pour
y être allé tellement souvent. Et il y a également Fortress, tu sais, l'usine
qui a... vous en avez parlé tantôt, qui était fermée. C'était Fraser à
l'époque. Et il y a eu beaucoup de travail qui été fait par l'ancien député de
Papineau, Norm MacMillan, que je salue, qui
a travaillé très fort à l'époque. Il y a eu des investissements majeurs par
Investissement Québec. C'est plusieurs
centaines d'emplois, si on calcule, à l'usine même, dans la forêt puis les
emplois indirects dans une région, dans
Papineau, la Petite-Nation, qui a quand même des indices de dévitalisation
assez élevés. Et, si on parle d'indices de dévitalisation, la MRC Vallée-de-la-Gatineau et la MRC de Pontiac se
comparent malheureusement aux mêmes indices de dévitalisation que la Gaspésie, et les indices de pauvreté... le taux
de chômage qu'il y a dans le Pontiac est de 17 %, 18 %, je
pense. Donc, il y a beaucoup de travail. Et la forêt... L'Outaouais est né de
la forêt, et la forêt reste et restera toujours,
là, un élément, un moteur économique important pour notre région. C'est sûr,
comme je le disais tantôt, la forêt mixte,
feuillue, c'est un enjeu additionnel. Et il y a également la situation avec les
communautés autochtones, là, dans le nord de la réserve faunique La
Vérendrye, qui amène une autre réalité.
Donc,
j'aimerais ça vous entendre. Qu'est-ce qui est fait, là, plus particulièrement
pour la situation forestière en Outaouais?
En 2012, avec l'ancienne présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne,
qui était ministre responsable des
Laurentides, et moi, on a travaillé sur un projet de chantier sur la forêt
feuillue, qui bat son plein depuis ce temps-là, pour les Laurentides principalement et l'Outaouais qui sont les plus
gros producteurs de bois noble, si je peux utiliser ce terme-là, ou de
bois feuillu. Donc, qu'est-ce qui est fait particulièrement par le ministère
pour toute la question de la réalité de la forêt mixte et peut-être plus
particulièrement toute la région, là, de Maniwaki, de Pontiac, là, la
situation, là, qui est vraiment particulière à cet endroit-là?
Présidente (Mme Léger) : M. le ministre.
Lessard : Alors, merci, Mme la présidente. Tout à l'heure,
j'ai donné une information à ma collègue d'Arthabaska en parlant de Kruger à 70 millions, c'est
42 millions, juste pour ne pas introduire ma collègue en erreur,
là. Après vérification, là, sur la grosseur du projet, c'est 42 millions
pour le filament cellulosique.
Quant
à la question de Maniwaki, nécessairement, à travers le ministère, j'ai reçu le
mandat du premier ministre d'adapter le régime forestier et de trouver
des modulations et de l'adaptation en tenant compte des territoires et des utilisateurs du territoire. Donc, on ne va pas
changer le territoire parce que... les entreprises ne devraient pas se
changer parce qu'on ne peut pas le livrer,
c'est nous autres qui doit s'adapter à qui est là. Vous avez mentionné, puis...
Donc, à Gatineau, il y a une
papetière, hein, fort importante dont ses approvisionnements viennent
nécessairement des opérations de Maniwaki. Donc, en général, au Québec,
nos entreprises sont intégrées, ce qui se passe à Maniwaki, à la scierie de Maniwaki, nécessairement, avec
Louisiana-Pacific... Louisiana-Pacific et Résolu à Maniwaki vont adresser la
question... Donc, aller dans le bois en
disant : Moi, je vais prendre, exemple, le feuillu pour moi puis je vais
te donner le résineux pour que tes sciures, planures puissent retourner à
Gatineau puis alimenter l'usine en bonne partie.
Donc,
l'an passé, les approvisionnements là-bas viennent, un, normalement... Puis le régime est
bâti comme ça : ça devrait être
la forêt de proximité, donc la forêt privée qui livre son premier bois. Donc,
il devrait y avoir des approvisionnements réguliers,
des arbres les plus proches de là où sont les usines, après ça, principe de
résidualité, nécessairement, la forêt publique. Je dois vous dire que, l'an dernier, pendant tout l'été, on a
travaillé — il y avait un différend entre la forêt privée, puis il y a quand
même un volume d'approvisionnement très important — donc
à régler le différend avec les offices de commercialisation, parce que
c'est à travers les offices de commercialisation que ça peut se régler.
Mais,
pendant tout l'an dernier puis encore cette année, il n'y a
pas une bille de bois de la forêt privée qui a été livrée à l'entreprise.
Donc, j'ai rencontré la Fédération des producteurs de bois en leur disant dans
notre chantier de forêt privée : Nous
devons regarder ensemble quelles sont les meilleures pratiques des offices
pour s'assurer des approvisionnements parce
qu'actuellement le marché est haussier, puis, honnêtement, sur 16 millions
de possibilités forestières, on livre
4,3 millions seulement. Il y a des années où on était à 6, 6, 7. Il
faudrait retourner dans ces années-là. Actuellement,
il n'y a pas une bille de bois de la forêt privée. Donc, ça met beaucoup de
pression sur la forêt publique.
Dans
la forêt publique, nécessairement, elle ne se présente pas comme on le
voudrait. Il y a le chantier feuillu dont vous avez parlé, donc on rencontre beaucoup de feuillus, mais ce n'est
pas de ça qu'ils ont besoin, ils ont besoin du résineux, sapin,
épinette, pin, mélèze. Donc, ce qu'on a fait, on a fait une cellule de travail
intense pour s'assurer qu'on puisse améliorer
l'harmonisation. Donc, harmoniser, ça veut dire quoi? Je planifie aller dans ce
territoire-là. Il y a des chasseurs, trappeurs,
pêcheurs, des utilisateurs de la forêt pour de l'hébertisme, du scoutisme, en
fait, tout le monde qui sont dans la forêt pour toutes sortes de
raisons. Alors, on doit s'asseoir à la table et planifier pour dire :
Voici la séquence, si tu commences à pêcher la semaine prochaine, je ne vais
pas aller couper tout le long du chemin, c'est ça, harmoniser. Et il y a les communautés autochtones,
nécessairement, qu'on a dû faire des cellules de travail intense. Tous les
jours étaient des lundis, parce que,
quand tu n'as pas d'approvisionnement à l'usine de sciage, bien, c'est la
papetière à l'autre bout qui va
fermer. Donc, on a fait une cellule intense de travail, et, à force de
travailler ensemble, on a ramené l'industrie à côté du ministère en
disant : Ensemble puis avec les communautés autochtones, si on coplanifie...
C'est là qu'est arrivée la coplanification
qu'on a signée avec le Conseil de l'industrie forestière. Dans la misère, on
s'est dit qu'on est mieux de travailler tous ensemble, incluant les
communautés autochtones. Le conseil de bande qui était favorable, il y a eu des
élections au conseil de bande. Après ça, il
y a des familles de cette communauté-là qui étaient dissidentes. On a eu
presque de l'affrontement, ce n'est pas la
meilleure solution, mais on a dû aller confronter même juridiquement certains
aspects.
C'est
pour ça qu'on a ouvert une cellule de dialogue permanente avec mon collègue du
Secrétariat aux affaires autochtones. On pense qu'un discours... un
dialogue permanent sur une base régulière, même quand on ne fait pas
d'opération forestière, ça nous permet d'avoir un meilleur échange. C'est pour
ça que le Programme de participation autochtone,
ça leur donne des ressources, ça paie des gens pour qu'ils aillent faire la
démarche sur le territoire, partout, pour expliquer pourquoi on va dans la forêt, pourquoi on va les couper,
pourquoi on ne coupera pas telle année, telle place. Toutefois, nécessairement qu'on a été confrontés à
des secteurs qui n'étaient pas encore planifiés puis des secteurs dont
il n'y avait pas de collaboration. Alors, on a ouvert une cellule de travail
avec mon collègue. Il y a eu des médiateurs toute
l'année. On relance les activités. On pense aussi que la forêt puis le résultat
des opérations de la forêt, ça doit être un effet de levier pour les
communautés autochtones. Donc, il y a des permis de récolte aux fins
d'alimenter une usine. Lorsqu'ils récolteront
la forêt, bien, il y aura un retour immédiatement, donc des ventes, donc des sommes
qui proviendraient à la communauté
pour faire des investissements, pour faire des centres communautaires, pour,
donc, donner une meilleure vie à ceux qui vivent vraiment dans la forêt,
là, des fois assez profonde, là. Ils sont loin d'installations publiques et
puis ils ont de la difficulté sur l'habitat. Alors donc, premier volet.
Deuxièmement,
chantier de feuillus, c'était une belle initiative que vous avez faite dans le
temps. On n'a pas le choix d'adresser
la question. Les entreprises sont intégrées. Je pensais à Fortress, Lauzon,
qui ont de la difficulté à récolter leurs
forêts de façon rentable. Ils pensent qu'ils peuvent en faire plus, puis on va
les accompagner là-dedans. Parfois, c'est des sous pour... Donc, on va donner plus de sous pour aider à récolter
la forêt de feuillus parce qu'il y a de l'escarpement, parce qu'elle est éloignée, parce que c'est des
concentrations que, si on ne les libère pas puis on ne les récupère pas,
on n'est pas capables d'accéder à l'autre ressource. Alors donc, ensemble, ils
ont développé... et sous votre leadership puis vos représentations... Puis vous
êtes allés à l'usine, je le sais, une, deux, trois, quatre fois. Vous avez
parlé 10 fois à... 10, 10, c'est dans la même semaine.
M. Carrière : Par semaine.
Lessard :
Par semaine. Des fois, c'est dans la même journée. Alors, Lauzon et Fortress
présentent une façon nouvelle, avec d'autres utilisateurs, puis de la
connaissance, puis de la science. On analyse ça, au ministère, puis il faudra faire quelque chose de plus qu'on n'a pas
fait avant parce que ça fait en sorte que leur entreprise est moins
rentable parce qu'ils sont confrontés à la forêt. On ne la fait pas comme on
veut, la forêt, on la prend comme elle est. On peut l'améliorer quand on fait la plantation, on peut augmenter le rendement
à l'hectare, mais, nécessairement, des fois, les essences, on plante 20 %, la forêt se régénère à 80 %, et
parfois, quand on coupe, bien, il repousse des essences qui, à l'origine, ce n'est pas des essences à valeur.
Surtout dans le feuillu, donc, on est confronté avec cette difficulté-là.
Mais, oui, on va aller plus loin puis, oui,
on va faire quelque chose de plus pour s'assurer que ces entreprises-là soient
approvisionnées correctement et à un coût acceptable.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député de Chapleau, il vous reste environ
quatre minutes.
Carrière : Quatre minutes? Le ministre est gentil de me laisser
du temps. Premièrement, c'est de la musique à mes oreilles d'entendre qu'effectivement — et on s'en parle depuis tellement
longtemps — la
forêt, chez nous, elle n'est pas comme
ailleurs, elle n'est pas... Tu sais, ce n'est pas une forêt boréale où tu
rentres là puis tu coupes l'épinette noire qu'il y a là puis un petit peu de bouleau. Puis, chez nous, il y a des
essences qui n'ont pas de preneur, si on parle de pruche, si on parle de
cèdre. À l'époque, dans le Pontiac, il y avait une usine au niveau de... qui
sciait le cèdre, il y avait... la pruche,
mais on ne s'en sert quasiment plus, et il y a d'autres essences également,
aussi, là. Il y a le hêtre qui est un enjeu majeur aussi, chez nous, en Outaouais. Il n'y a pas tant de preneurs que
ça, puis la plupart du temps, ça finit en bois de chauffage, donc, puis il y a des belles billes,
là, qui pourraient peut-être servir à d'autre chose. Donc, au niveau du
Chantier de la forêt feuillue, comment... Je ne sais pas qui pourrait me
répondre, là, mais toutes ces particularités-là de la forêt feuillue, est-ce qu'il y a un avancement ou
comment on peut penser qu'il y aura de... soit de nouveaux... un peu
comme on a fait à Thurso, là, de nouveaux marchés ou de nouvelles façons de
traiter certaines essences qui n'ont pas de preneur?
Lessard :
Bien, premièrement, un, il y a des sous...
La Présidente (Mme
Léger) : Il reste trois minutes du côté ministériel.
Lessard : Oui, d'accord. Donc, des fois, on n'est pas... un
peu chanceux dans le sens que la dépréciation rapide du dollar canadien, bon, on dit : C'est bon
pour les exportations, mais, pour ceux qui s'approvisionnaient aux États-Unis
en essence de feuillus, ça les a ramenés sur
le marché québécois. Donc, on peut dire, des joueurs comme Domtar,
exemple, actuellement, nous aident dans ces
essences-là, parce qu'il y avait, je pense, le tiers des approvisionnements qui
venaient des États-Unis. Alors, maintenant,
ils viennent, exemple, à Maniwaki, dans la cour, il y a des ententes pour faire
en sorte que le feuillu, il est
stocké là le temps que le séchage se fasse, l'évaporation, et pour transporter
du bois qui est plus concentré en fibres
qu'en eau, alors diminuer ses coûts de transport, etc. Donc, il y a des
ententes comme ça qui se prennent. Ils le font dans les Laurentides, dans Lanaudière, à... l'amélioration des cours de
triage. On se sert des cours de triage pour amener les essences sans preneur, pour les stocker, puis eux
montent des inventaires. Et, comme ils en prennent moins aux États-Unis,
bien, ils en prennent plus au Québec. Alors,
c'est ce qui est intéressant. Nécessairement, on donne aussi de l'argent
pour l'aide de l'accès aux marchés.
Donc,
il y a différentes mesures, avec le 9 millions, qui leur permet de, un,
diminuer les coûts. Parce qu'avec le feuillu,
on n'est pas sujets à l'Accord de bois d'oeuvre, donc la marge de manoeuvre,
pour nous autres, est plus importante pour
libérer certains massifs forestiers puis donner une certaine valeur à ce
bois-là pour atteindre les autres essences. C'est pour ça que le groupe, actuellement, de Fortress
et de Lauzon liés avec Résolu, l'ensemble des entreprises, et Louisiana-Pacific
donc, nous poussent, lorsqu'ils s'associent tous ensemble, à regarder quelque
chose de différent et à prendre l'ensemble
des ressources pour les aider. Parce que le régime forestier, actuellement, répond très
bien quand la forêt est homogène — comme
le Lac-Saint-Jean, c'est de l'épinette noire, ça, ça va bien — mais,
quand les essences sont plus mélangées,
le Forestier en chef est obligé de geler des strates en disant : Ce n'est
pas vrai, tu vas tout couper le bois. Tu ne vas pas raser une
partie de la forêt parce que c'est au bout que tu veux
aller le chercher. Puis, pour dégeler le territoire, bien, nécessairement,
quand tous les acteurs sont ensemble pour faire une maximisation de
l'utilisation des essences, bien, on va donner des paniers de produits plus intéressants, on va diminuer
les coûts puis on va augmenter le
rendement à l'hectare.
Donc,
on travaille sur cet aspect-là, donc, autant que le projet d'innovation qui a
été déposé dans une nouvelle façon d'adresser
la forêt, de couper plus, mais dans des superficies moindres, donc ça évite de
faire beaucoup d'étalement, de faire des
ravages, etc. Donc, on est respectueux de notre forêt, puis c'est ce qu'on est
en train de faire. On travaille avec la science innovation, puis avec
ça, on va être capables d'atteindre les objectifs, là, que les entreprises nous
ont déposés.
Présidente (Mme Léger) : Merci. Maintenant, on passe au bloc de
l'opposition officielle pour 22 min 45 s. Alors, M. le
député de Bonaventure, porte-parole en matière de forêts, de l'opposition
officielle.
M. Roy :
Merci, Mme la Présidente. M. le ministre, j'aimerais vous entretenir du dossier
des forêts privées. Il y a beaucoup
d'inquiétudes, actuellement, par rapport au programme de financement des
travaux sylvicoles en forêt privée.
Je crois que vous le savez, on a vu un communiqué, émis aujourd'hui, qui est un
cri d'alarme. J'aimerais vous entendre
sur les différents programmes pour que vous me confirmiez vos intentions par
rapport au financement de la forêt privée, actuellement, au Québec.
Lessard :
Donc, la forêt privée, le principal programme, donc... La forêt publique est
financée en grande
partie par les
redevances. On récolte les arbres, on met ça dans les fonds de redevances au
ministère de la Forêt, puis, eux, il faut voter les crédits. Donc, si on vote ensemble aujourd'hui pour les
crédits, on pourrait annoncer, pour la forêt privée, donc, le même
montant que l'an dernier, soit 28,5 millions de dollars. Donc, le
28,5 millions de dollars, il est réparti selon un historique, là, aux différentes agences, sur l'ensemble du territoire.
Donc, on donne 28,5 millions de dollars, comme l'année passée, aux
différentes agences selon les mêmes historiques.
Deuxièmement,
on a ouvert une cellule de travail avec la forêt privée pour documenter
l'ensemble des investissements qui
sont faits en forêt privée, pour et par la forêt privée. Donc, il y a le
28,5 millions. À ça s'ajoute l'octroi des plants. Donc, quand on plante des arbres dans des propriétés
privées, on donne l'arbre, mais il y a quelqu'un qui paye, à quelque
part, pour le produire. Ça, c'est près de 10 millions de dollars que
l'État assume. Donc, ça, c'est encore là.
Troisièmement, il
faut la protéger, la forêt. Donc, la forêt publique, les utilisateurs paient la
forêt, hein, pour protéger, dont la SOPFEU,
la SOPFIM. Ils paient un certain montant pour que, s'il y a des incendies, on
puisse intervenir ou, s'il y a de l'épandage à faire, on va intervenir.
Ça, c'est 11,4 millions de dollars pour protéger les forêts. L'État le
paie pour les propriétaires privés, donc, pour la protection.
plus, il y a un programme de remboursement de taxes, qui a été modulé, je dois
le dire. L'ancien ministre avant nous
a fait une modulation pour s'adapter. Lorsque tu fais des travaux d'un certain
montant, bien, tu peux récupérer tes taxes,
mais, si ça dépasse le montant de tes taxes, tu peux faire un étalement sur
quelques années. Si ça dépasse, je pense... si c'est 3 000 $ ou 5 000 $ — 5 000 $, le compte de taxes, c'est
ça — bien, tu
dois faire des travaux à un certain niveau pour y accéder. Donc, ça, c'est 11,9 millions de dollars que ça a
donnés l'année passée, plus la confection des inventaires,
2 millions, plus le financement forestier.
Si tu veux acheter
une terre à bois, il existe un programme à La Financière agricole pour donner
des garanties d'approvisionnement. Donc, ça touche 1,4 million. Je voulais
vous donner l'esprit parce qu'on entend tout le temps «le 28,5, le 28,5, le 28,5», mais on n'entend jamais parler des autres
mesures. Et tantôt on pourra parler des autres aspects, mais il y a un
volet que vous allez me poser dans pas longtemps puis auquel je vais vous
donner une réponse directe.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Je dirais même trois volets, probablement, M. le ministre. Écoutez, Programme
d'investissements sylvicoles provincial, on en est où?
Lessard : O.K. Le programme, là, ce que tout le monde
appelle le PIS, là, le Programme d'investissements sylvicoles, c'est le fédéral qui avait mis
5 millions de dollars dans ce volet-là dans l'année 2013‑2014, d'accord? Le Québec mettait 28,5 millions de dollars, le
fédéral avait rajouté 5 millions
de dollars puis, lors de l'élection de 2014, l'an passé, ils ont dit : Nous ne renouvelons pas ce montant
de 5 millions de dollars. Au Rendez-vous national de la forêt,
l'engagement qui avait été pris par le
gouvernement, dont on faisait part, vous avez dit : On va combler l'apport
du fédéral. L'année passée, j'ai dû
leur dire... Bon il n'y avait pas de livre des crédits, là, je ne reviendrai
pas là-dessus, les finances, les mesures du budget, l'ensemble des mesures provisionnées, même pour le
Rendez-vous national, du 33 millions, n'étaient pas dans les
crédits. Il n'y a pas eu de livre des crédits puis il n'y a pas eu de budget.
Donc, je suis allé rencontrer la Fédération des
producteurs forestiers pour leur dire : On va reconduire le
28,5 millions, je n'ai pas les
crédits pour faire les 5 millions additionnels pour prendre la place du
fédéral. On a fait des représentations à notre collègue Denis Lebel pour différents chemins... pour les travaux
multiusages, pour l'intervention pour la forêt privée. J'ai rencontré les représentants de la forêt
privée récemment. Ils sont tous en demande auprès du ministre fédéral
pour reconduire le programme PIS, que vous
appelez, donc programme d'interventions en travaux sylvicoles. Alors donc,
à moins que le fédéral le confirme bientôt,
donc on ne prendra pas leur place, on ne va rien que prendre notre place
puis on va ouvrir de nouvelles cellules en fiscalité principalement.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
M. le ministre, la forêt privée, c'est près du tiers de la forêt au Québec, si
je ne me trompe, c'est 35 000 producteurs.
Ces programmes-là étaient très importants pour l'aménagement, entre autres,
puis permettre d'avoir un prélèvement forestier, dans les années à
venir, qui soit digne de ce nom, et ce, dans un contexte où les entreprises demandent du bois. La fenêtre au niveau, je
dirais, des opportunités d'affaires est là pour les moulins à scie puis une
partie de l'industrie. Les pâtes et papiers, c'est d'autre chose.
Là, on parle d'un
manque à gagner provincial-fédéral de 10 millions. C'est de ça qu'on
parle, là. 5 millions provincial, 5 millions fédéral, dans
l'historique, c'était ça et c'était 50-50. Non?
Lessard :
Bien, je vais repréciser, oui.
La Présidente (Mme
Léger) : Complétez, M. le député de Bonaventure.
Roy : Bien, écoutez, c'est une somme très importante pour ces
gens-là. Et, dans un contexte où il y a une fenêtre d'opportunité pour
livrer du bois, pour améliorer la forêt, pourquoi on atrophie les budgets de la
forêt privée dans un contexte où on
stabilise quand même les forêts publiques? Donc, c'est comme s'il existait deux
régimes, là, de travailleurs ou
d'individus qui contribuent à l'économie forestière du Québec. Donc, c'est
important de lancer un message comme quoi on apprécie ces gens-là aussi
comme des acteurs et des contributeurs à la dynamique économie forestière.
Là, le signal qui est envoyé,
c'est : Il y a une atrophie du budget... et là on n'a pas encore parlé de
PCEF, là, mais, au niveau du PIS, là
il y a une atrophie significative. Il y avait des attentes, et là on les amène
tranquillement vers une diminution significative de leurs budgets. On va
où avec la forêt privée, actuellement, au Québec?
Lessard : C'est intéressant, ce que vous dites. Juste pour
rétablir, peut-être, quelques faits, là, le 28,5 millions du gouvernement qui était engagé a été donné l'an
dernier au Rendez-vous de la forêt. Lorsque vous étiez au gouvernement, vous avez dit : On va prendre la place du
fédéral, qui avait dit : Je ne reconduis pas ma mesure du programme d'investissements
des travaux sylvicoles en forêt privée. Donc, dans les crédits, l'histoire, on
l'a racontée. L'an passé, on a maintenu le 28,5 millions malgré le
contexte budgétaire difficile.
Maintenant,
vous dites : Quelle est la part du... Moi, je me la pose aussi, la
question suivante. Il y a 16 millions de possibilités forestières.
C'est du bois qui est à côté des usines puis actuellement on n'en livre que
4 millions, à peine 4 millions. Le
bois est gros de même, O.K.? Il va tomber parce que, si vous prenez en Gaspésie
puis au Bas-Saint-Laurent, il y a un
mur de bois dans la forêt privée, un mur de bois. Pourquoi? Parce qu'il y a eu
la tordeuse des bourgeons d'épinette en 1980. Ils l'ont replanté avec un
rendement à l'hectare exceptionnel. Maintenant, le bois, il est à maturité, et
les livraisons tardent.
D'ailleurs, j'étais
au Bas-Saint-Laurent en consultation sur la forêt «Faire +» avec mon
collègue de Montmagny-L'Islet,
puis on lance le message : Faire plus, ça veut dire que la forêt de
proximité dont le bois est mature, dont le
bois tombe... J'entends le bois tomber de la forêt privée. J'entends le bois...
Mais c'est vrai. Il est à maturité, et
les propriétaires privés disent : Il n'est pas assez cher. Puis le monde
de la forêt publique, il dit : Le bois est trop cher. Là, j'ai essayé de savoir qui a raison. Mais,
pendant ce temps-là, il n'est pas normal que, dans un effet où est-ce qu'il
y a une reprise américaine, où est-ce que
les Deniso Lebel du Bas-Saint-Laurent puis de la Gaspésie, qui veulent relancer
des usines, ils font un appel à : Donne-moi le bois mature... Mais
le bois mature, ils le vendent.
Nous,
on fait des travaux sylvicoles sur du bois à planter, des petites affaires, des
petits arbres qu'on va prendre 35 ans
à récolter un jour, mais actuellement, la forêt, il y a un... M.
le Président, je vais le dire... Mme la Présidente, il y a, en Gaspésie, dans la
forêt privée, et dans le Bas-Saint-Laurent, un mur de bois planté en 1980 qui ne demande
qu'à être récolté. Mais là il faut que les vendeurs vendent puis les
acheteurs achètent. Et c'est là que la négociation trouve difficilement preneur actuellement. Donc, on l'immobilise, parce
qu'honnêtement, dans les travaux sylvicoles... Puis j'ai rencontré des
travailleurs sylvicoles...
La Présidente (Mme
Léger) : M. le ministre.
Lessard : ...il dit : Moi, là, quand je suis avec ma petite
débusqueuse puis je suis rendu... l'arbre à peu près 3,5 pouces,
quatre pouces sur la souche, c'est les poignets qui lâchent. C'est des
arbres qui sont prêts à être sciés...
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député.
Lessard :
...dans les scieries parce qu'on est capables de scier du petit bois. Là, vous
m'avez animé, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Léger) : Bien oui, c'est ça.
M. Roy :
J'ai quand même d'autres questions, M. le ministre. Écoutez...
La Présidente (Mme
Léger) : Allez-y, M. le député de Bonaventure, c'est à vous.
Roy : Bon, autre programme,
PCEF, on en est où? Il y a énormément d'inquiétudes dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, et
j'aimerais savoir où on en est avec ça.
Lessard :
Ça, c'est un programme qui a été mis en place il y a plusieurs années pour des
bonnes raisons d'investir en forêt privée.
Donc, il a été mis en place pour donner de l'ouvrage. Là, le bois, pendant
15 ans, bien, il a poussé, tu sais, il a tellement poussé qu'il est
rendu à récolter. Il n'est pas... On ne paie pas le monde pour aller dans le
bois pour travailler pour planter un arbre.
Là, on est rendus à ce que le propriétaire qui a l'arbre vende l'arbre, qu'on
scie le bois. Donc, ce programme
a été dégressif au fil des années et, cette année, il est terminé. Donc, le programme
de création en forêt, qui existait... Vous pouvez arrêter d'écouter, de
ce bord-là de la table, O.K., parce qu'il existait juste au Bas-Saint-Laurent puis en Gaspésie. D'ailleurs, les deux seules régions dans lesquelles... Vous
pouvez arrêter d'écouter, je vous le
dis, il n'existait que là, d'accord, pour... historiquement, à cause de la tordeuse,
etc. Le bois, il est rendu à maturité, donc, cette année, le Programme
de création d'emplois en forêt arrête, O.K.? Mais en même temps on a augmenté l'ensemble
des investissements en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent sur des horizons qui
permettent aux gens de travailler. Puis l'année passée vous m'en avez parlé,
que, exemple, la coopérative de Restigouche, qui est une petite coop forestière, n'allait pas faire travailler son
monde toute l'année. Là, c'est moi qui vous la pose, la question : Est-ce que le monde
de la coop forestière ont travaillé toute l'année l'an passé?
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député de Bonaventure.
Roy : Écoutez, là
vous êtes dans l'analyse micro. Je ne
sais pas s'ils ont travaillé toute
l'année. C'est sûr que non parce que,
quand les 14 pieds de neige sont arrivés, ils ont arrêté ça, O.K.? Le
son de cloche, c'est que les gens sont extrêmement inquiets, et il y a des gens qui n'ont pas
retrouvé d'emploi et il y a eu une fragilisation du tissu économique
du village où ce groupement-là existe. Le PCEF, selon les chiffres, là... on
peut s'obstiner là-dessus, mais c'est tout près de 250 emplois, quand
même. Et j'aimerais vous rappeler une
chose, c'est que le secteur forestier, c'est à peu près le seul
secteur où plus les gens prennent de l'expérience, moins ils gagnent bien leur
vie, parce qu'ils usent leur corps de manière prématurée, les tendinites, puis
etc.
Bon, ceci étant dit, quand tu arrives en fin de carrière à 57 ans, 58 ans et que
ton corps ne suit plus, tu as besoin d'avoir
accès à des programmes qui te permettent de travailler à l'heure pour gagner
dignement ta vie et ne pas tomber sur l'aide
sociale. Puis ça, ces gars-là, ils ne veulent pas ça. C'est des gens qui sont
fiers, c'est des forestiers de coeur. Ça fait qu'un programme de cette nature-là vient donner des conditions
facilitantes pour ne pas permettre une productivité, être payé à la job, mais être payé à l'heure, être
capable de te lever le matin dignement pour t'en aller dans le bois. Parce que, si on transfère ces gens-là à l'aide sociale, on n'est pas mieux amanchés en termes de gouvernance ou de coûts pour l'État.
Donc, écoutez,
c'est un plaidoyer que je fais pour ce programme-là. Vous me parlez du bois
mature. En général, écoutez... Puis je ne remets pas en doute les
informations que vous avez, mais des murs de bois, quand ils deviennent
matures, les gens sont assez intelligents pour aller le couper, et le prix est
bon, si je ne me trompe, actuellement, la corde. Ça fait qu'il y a des gars,
dans le bois, qui vont chercher, là, le bois. Mais je fais encore un plaidoyer
pour le Programme de création d'emplois forêt, c'est extrêmement important. Ce
n'est pas juste pour faire du précom, c'est vraiment... on peut faire de
l'éclaircie commerciale aussi, ce qui n'est pas banal puis qui est important.
Puis la
prévisibilité dans... les travaux qui se font là, là, pour... si ça rapporte
dans 15 ans, mais c'est bien. Il
ne faut pas avoir une vision à court terme de la forêt, il faut
avoir une vision à long terme. Et, écoutez, si on accumule tout ça, bon, la diminution des budgets par rapport
au Programme d'investissements sylvicoles fédéral, provincial plus le Programme
de création d'emplois en forêt, ça fait beaucoup d'argent,
là. Et, écoutez, je réitère la demande de voir si vous
n'avez pas des fonds à quelque part, là, qui pourraient permettre à ces gens-là
de finir leur carrière dignement.
La Présidente (Mme Léger) : M. le
ministre.
Lessard :
Oui, on avait eu cet échange-là l'an passé, là, parce que le... il y avait la
diminution en forêt privée, augmentation
des volumes, nécessairement, pour la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent. Quand on
prenait les deux programmes mis
ensemble avant notre élection, avant la bonification du 42 millions, en
fait il y a plus d'argent qui rentre en Gaspésie puis au Bas-Saint-Laurent qu'il en rentrait dans le temps. Je ne sais
pas, dans le temps, qu'est-ce que vous leur expliquiez, dans le sens... ou leur dire que moins d'argent,
ça donne plus d'ouvrage. Là, je veux dire, il rentre plus d'argent, ça
doit donner de l'ouvrage à quelque part, honnêtement.
Maintenant, entre les travaux de forêts privées,
les travaux publics, je comprends qu'il y a une différence. Maintenant, ces programmes-là qu'il y avait dans
le temps, le PCEF, c'était à forfait, ce n'était pas à l'heure. Puis ce
qu'ils se plaignaient, c'est que, comme tu
es à forfait, puis tu as vieilli, puis tu as mal un peu partout parce que ça
fait 30 ans que tu fais du bois,
puis que le bois est rendu plus gros, puis que, là, la machine, quand tu coupes
un arbre de trois pouces à la souche
puis que tu coupes des petites brindilles à part, bien, ton rendement n'est pas
pareil dans la forêt. C'est là qu'ils se plaignaient, de dire : Moi, quand tu m'envoies dans la forêt trop
mature qui ressemble à des éclaircies commerciales, écoute, je me fais mourir à aller dans le bois, donc,
parce que la forêt que je rencontre, elle est d'une maturité... d'une
récolte... de l'objet d'une récolte ou... un
premier traitement. On est les champions de sciage du petit bois, puis le
Bas-Saint-Laurent n'en fait pas
exception puis la Gaspésie, alors il dit : Cette valeur commerciale là,
là, ce n'est plus des travaux sylvicoles, là, on est rendus à vendre des
arbres.
Globalement,
dans le Bas-Saint-Laurent puis la Gaspésie, il y a plus d'argent qu'il n'y en
avait dans le temps, O.K.? Maintenant, on est sensibles à ça.
D'ailleurs, c'est pour ça qu'il y a eu de la formation. Mon collègue qui est le
ministre de l'Éducation a un programme de formation, on est intervenu auprès de
nombreuses personnes pour les former à faire pas seulement des travaux de
sylviculture, mais des travaux de récolte.
Tantôt, vous
avez fait une affirmation que, quand le bois est à maturité, le monde le vend.
La réponse, c'est non. Ce n'est pas
la... 4,3 millions de mètres cubes, c'est une augmentation de
300 000 mètres cubes juste cette année. On était à 4 millions de mètres cubes,
4,1 millions, je pense. Alors, on dit : Ce n'est pas normal que, un,
j'entends la forêt tomber, qu'il y a
des livraisons qui ne se font pas, qu'il y ait des approvisionnements aux
usines qui ne se font pas ou difficilement, qu'il y ait des appels
d'offres...
Moi, au Bas-Saint-Laurent, quand j'ai fait ma
consultation, savez-vous ce que la conférence régionale des élus m'a proposé? Ils m'ont demandé de leur donner
de l'argent pour faire un plan accéléré de récolte du bois mature, qu'ils allaient mobiliser les acteurs qui
possèdent les forêts privées pour envoyer du bois mature. Mais on ne paie pas
pour le bois à maturité, lui, il est rendu à
se payer tout seul, il est rendu à être livré aux usines, puis le propriétaire
va en tirer un revenu. Tandis que
l'ensemble des travaux sylvicoles, c'est quand il n'y a pas de valeur, c'est
quand il faut que je travaille le terrain, je replante un petit arbre
qui, lui, dans 70 ans, va donner un rendement. C'est le manque à gagner,
donc la forêt privée... Puis on l'a dit à tout le monde, là, on doit faire
plus.
Moi, ils me demandent
des programmes additionnels pour replanter des arbres dans la forêt privée,
puis, de l'autre côté, la forêt privée ne
livre pas d'arbres aux usines qui manquent d'approvisionnement. Donc, cette
année, ce qu'on regarde, deux volets avec
la table forêt privée : un, la fiscalité qui peut être pénalisante, à
savoir que, passé 10 000 $, tu as une taxe, hein, sur tes livraisons. Ça, c'est une valeur de 1962;
peut-être aujourd'hui, c'est 75 000 $. Deuxièmement, puis je
termine là-dessus parce qu'on ouvre une cellule sur la fiscalité, est-ce qu'on
pourrait travailler un aspect sur : Ton bois a poussé pendant 60 ans, il faut que tu
le récoltes parce qu'il perd de la valeur à toutes les années
dépendamment des essences? Si je le coupe,
je pourrais-tu le verser au lieu de le rajouter à mes revenus de la même année
dans une espèce de compte, un CELI-bois qui nous permettrait de différer
dans le temps un réinvestissement dans la forêt privée?
La Présidente (Mme
Léger) : M. le député de Bonaventure.
Roy : Si je résume votre réflexion, M. le ministre, vous leur
demandez de faire plus avec moins de budget?
Lessard : Si j'additionne les budgets que vous avez chez
vous, globalement il y a plus d'argent qu'avant. Quand vous essayez de
faire la répartition entre la forêt privée, forêt publique, d'accord, le volet
Forêt privée, on est rendus à vendre du
bois. Quand ils auront travaillé leurs forêts puis vendu une
partie de leurs
forêts, on viendra refaire des travaux sylvicoles
dans leurs... Donc, on sera dans une nouvelle démarche, dans une nouvelle ère.
Donc, pendant ce temps-là, le programme
comme tel, il est à maturité, il n'est pas reconduit cette année. Ça, on peut
dire ça au monde qui nous écoute, là, en Gaspésie puis au
Bas-Saint-Laurent, c'est clair.
Présidente (Mme Léger) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Bonaventure, c'est juste qu'il vous reste à peu près
quatre minutes, là.
Roy : Petit questionnement très régional. On a regardé, bon,
les budgets pour les travaux sylvicoles par région et, pour la Gaspésie,
on voit une diminution très significative. Et là il y a des gens qui posent des
questions, à savoir pourquoi. L'an passé, on
parlait de 17 864 500 $ pour les travaux sylvicoles sur forêts
publiques et maintenant on est à 16,3 millions.
Donc, il y a des gens qui ne comprennent pas. Théoriquement, le
225 millions est demeuré, et là il y a une diminution de presque 1,5 million... un peu plus de
1,5 million pour les travaux sylvicoles en Gaspésie. C'est beaucoup
d'emplois chez nous, ça, un budget de cette
nature-là, une diminution de cette nature-là, et ça s'accompagne des
autres coupures. Donc, écoutez, on aimerait savoir le pourquoi ou la raison de
cette diminution.
La Présidente (Mme
Léger) : M. le ministre.
Lessard : Oui, Mme la Présidente, le budget, là, on le sait,
l'année passée, était 17 865 000 $, le réalisé a été de 16 539 000 $, c'est ce qu'on a
réussi à investir, et cette année il est à 16 millions. Donc, on a pris le
montant réalisé l'année passée puis
on a ajusté. Il était à 16 295 000 $, donc il y a une différence
de 243 000 $ seulement. Alors donc... donc, l'écart n'est... il faut comparer entre l'investi et le réalisé,
puis l'écart par rapport au réalisé l'année passée est semblable.
Je me suis informé.
Dans votre secteur d'activité, en général les gens ont travaillé assez pour
faire une année de travail raisonnable qui leur a permis aussi de faire leurs crédits
pour le chômage. Donc, on est à 243 000 $ de différence. Différentes
régions, il y a eu des variations.
La Présidente (Mme
Léger) : Merci.
M. Roy :
Dans les crédits, c'est le... Dans les crédits, ce n'est pas ce montant-là
qu'on a, ce n'est pas 16 millions.
Lessard :
Oui. Le montant annoncé... le budget réalisé... Tu sais, il a tombé
20 pieds de neige aussi, puis ailleurs...
puis des fois il y a des intempéries qui sont arrivées, mais on a réalisé
16 539 000 $ de travaux payés l'année passée, puis cette
année, c'est sensiblement le même montan