House Proceedings — 3 February 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
2021-02-03
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante-trois
minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon mercredi. Vous pouvez vous asseoir.
Donc, nous débutons nos travaux aux affaires
courantes, à la rubrique de déclarations de députés, et je cède maintenant la
parole à Mme la députée des Plaines.
Mme Lecours
(Les Plaines) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je tenais, aujourd'hui, à vous partager
l'histoire d'une personne
extraordinaire de ma circonscription, une personne qui déjoue les pronostics et
qui a le souci de répandre le bonheur autour de lui.
M. Jacques Normandeau
est atteint de trisomie 21 et a célébré son 65e anniversaire le
11 janvier dernier, ce qui, en
soi, est une chose plutôt rare puisque la Société canadienne de la trisomie 21
place l'espérance de vie d'une personne vivant avec le syndrome de Down
à 58 ans.
Toutefois, ce qui retient l'attention chez
M. Normandeau, c'est sa personnalité chaleureuse. Décrit comme plusieurs comme étant un «showman», il redonne à
la communauté depuis plusieurs années en faisant du bénévolat pour Les
Amis de Lamater. Il s'agit d'un centre offrant des services de répit aux aînés
et à leurs proches. Et, comme dirait Mme Julie Larivière, adjointe de
l'organisme, tout le monde l'aime.
J'admire le
leadership dont fait preuve M. Normandeau, cette personne extraordinaire
qui, face à l'adversité, choisit de semer le bonheur auprès des gens qui
l'entourent. Merci beaucoup, M. Normandeau.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme
la Présidente. Ils s'appellent Jephté
Alphonse, Jude Fendy Pierre-Lys, Tatiana Lerebours, Christelle Tessono.
Ce sont quatre jeunes résidents de ma circonscription, Mme la Présidente, et,
dans le cadre du Mois de l'histoire des
Noirs, j'ai choisi de souligner leur trajectoire professionnelle, leurs
réalisations, leur parcours académique, leur engagement communautaire et
leur talent exceptionnel à chacun d'eux.
À travers eux, je veux saluer aussi l'ensemble
des jeunes Québécoises et Québécois issus des communautés noires qui s'engagent, qui, malgré les obstacles,
qui continuent à persévérer, qui continuent à tracer leur voie, à tracer leur
route. Et à ces jeunes-là et à l'ensemble des jeunes Québécoises, à l'ensemble
des membres des communautés noires, aujourd'hui, je souhaite un très bon Mois
de l'histoire des Noirs.
Ce mois,
c'est un mois pour souligner l'apport, la contribution, mais aussi pour
reconnaître, pour reconnaître aussi l'excellence et aussi la
persévérance des membres des communautés noires. Merci à ces jeunes. Et bravo!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je
cède la parole à M. le député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Le jeudi 4 février 2021, c'est la Journée
Optimiste.
Cette année,
les optimistes choisissent l'optimisme. Je tiens à souligner le travail exemplaire des clubs Optimiste du comté de
Chauveau, qui se sont donné pour mission de soutenir la jeunesse locale, une
mission pleinement assumée par le Club
Optimiste de Lac-Saint-Charles, présidé par Gilles Baribeau, le Club Optimiste
de Saint-Émile, présidé par Maurice
Cyr, le club Optimiste de Neufchâtel, présidé par M. Pamphile Nadeau, et
enfin le Club Optimiste de Loretteville, présidé par Mme Sylvie
Loubier.
En cette période de pandémie, où la jeunesse est
durement éprouvée dans tous les aspects de la vie quotidienne, il importe plus que jamais de lui accorder toute
l'importance requise. Merci à nos clubs Optimiste d'être là pour la jeunesse
québécoise, et en particulier pour ceux de Chauveau. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je
cède la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Merci, Mme la Présidente. Je souhaite rendre hommage à Me Marie-Livia Beaugé,
avocate spécialisée en droit criminel, fondatrice de la première clinique
juridique de Montréal-Nord, qui a ouvert ses portes en septembre dernier.
Cette jeune femme
d'origine haïtienne a toujours été animée par un profond sentiment de justice
sociale et la volonté de rendre cette justice plus accessible à tous.
Me Beaugé et son
équipe d'étudiants, provenant de toutes les universités du Québec, souhaitent
desservir directement plus de
500 personnes cette année. Alors que les questions de discrimination
systémique sont plus vives que jamais, la jeune avocate désire
s'attaquer aux nombreuses barrières auxquelles doivent faire face bien des
citoyens de Montréal-Nord issus des
minorités visibles. C'est une nécessité à Montréal-Nord. La présence de la
clinique juridique dans mon comté est une initiative magnifique que nous
attendions depuis longtemps.
Bravo, Me Beaugé!
Vous êtes un modèle et une jeune femme d'exception. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la
parole à M. le député de Bourget.
M. Campeau :
Merci, Mme la Présidente. Au cours des 40 dernières années,
M. Sylvain Norbert s'est impliqué dans sa communauté à plusieurs
niveaux : Leucan, Rêves d'enfants, Fondation Charles-Bruneau, etc.
de ses grandes fiertés, c'est notamment d'avoir été pendant 40 ans un
chevalier de Colomb accompli dans son service à la communauté. Il sera
nommé secrétaire financier, syndic, et maintenant grand chevalier.
avril dernier, la vie de M. Norbert a basculé, comme celle de milliers de Québécois.
Trois jours après l'apparition de ses premiers symptômes de la COVID,
il est plongé dans un coma, dont il ne ressortira que 23 jours plus tard.
Malgré les séquelles et les complications,
M. Norbert était présent, en décembre dernier, lors de la distribution des
paniers de Noël par les Chevaliers de Colomb de mon comté.
M. Norbert,
vous êtes quelqu'un d'inspirant, je vous félicite pour votre
implication sociale. Et j'ai simplement hâte de vous retrouver en
personne. Merci pour votre apport. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Mme la députée de Jean-Talon,
la parole est à vous.
Mme Boutin :
Merci, Mme la Présidente. À l'occasion de la Semaine nationale de
sensibilisation aux troubles alimentaires,
j'aimerais souligner l'excellent travail d'un organisme de Jean-Talon,
la Maison L'Éclaircie, qui célèbre cette année ses 25 ans
d'existence.
Depuis 1996, l'organisme
vient en aide aux personnes aux prises avec des troubles alimentaires tels que
la boulimie et l'anorexie en offrant notamment de l'écoute téléphonique ainsi
que des suivis dans un cadre chaleureux et respectueux.
Grâce au dévouement de Nathalie, Charlélie, Marie-Andrée, Laurie, Sarah,
Mélanie, Catherine et Myriame, les
personnes souffrant de ces troubles ont accès à du réconfort, du soutien de
qualité, mais surtout d'une écoute spécialisée et de l'encadrement
respectueux.
Sincèrement,
je tiens à vous remercier du fond du coeur. Votre travail est remarquable. Vous
permettez à de nombreuses personnes de se retrouver et de se réaliser
pleinement à nouveau. Cette maison leur tend une main, sans jugement, et les
accompagne dans leur long combat.
tous ceux et celles qui vivent avec des problématiques alimentaires, sachez que
la Maison L'Éclaircie est là pour vous, vous n'êtes pas seuls.
Bravo pour ces
25 ans de gestes empreints d'humanisme! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. M. le député de Richelieu,
la parole est à vous.
M. Émond :
Merci, Mme la Présidente. La semaine dernière, notre communauté a été ébranlée
par un grave accident sur la route 132,
à la hauteur de la municipalité de Saint-Robert. William, qui aura 14 ans
en mars prochain, a été happé par une voiture alors qu'il se dirigeait à
son aire d'attente pour l'autobus.
Heureusement,
le jeune homme s'en est sorti. Il est présentement à se remettre tranquillement
avec l'aide de sa famille, qui ont eu, on peut le comprendre, la peur de
leur vie.
J'aimerais
donc prendre un moment, Mme la Présidente, pour féliciter et remercier du fond du coeur les
pompiers, policiers, ambulanciers et
le personnel soignant de l'hôpital, ainsi que tous ceux et celles qui ont
littéralement sauvé la vie de
William. Je remercie tout particulièrement les pompiers Maxime Grenier et
Sylvain St‑Onge d'être restés auprès du jeune homme dans l'ambulance
tout au long du parcours vers l'hôpital.
Au nom des citoyens de Richelieu, je souhaite un
prompt rétablissement à celui que sa maman appelle affectueusement son
petit guerrier. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Mme la députée de Gaspé, la
parole est à vous.
Mme Perry
Mélançon : Mme la Présidente, le 2 février, nombreux sont les Québécois à avoir les yeux
tournés vers la Gaspésie, où Fred la marmotte fait sa prédiction quant à
l'arrivée du printemps.
Initiée
par M. Roberto Blondin il y a 12 ans, cette tradition est désormais
bien ancrée en Gaspésie et même au-delà, puisque Fred junior est aujourd'hui
comparé au célèbre Phil de Pennsylvanie, la marmotte la plus populaire au
monde.
Pandémie
oblige, l'édition d'hier a eu lieu de façon virtuelle grâce à la polyvalence
des organisateurs et à l'apport de nombreux collaborateurs et partenaires, que
je salue. Comme des centaines de Québécois qui ont choisi de s'établir en Gaspésie au cours des derniers mois, Fred
junior a opté pour le télétravail, faisant ainsi un clin d'oeil à tous ces
néo-Gaspésiens et à ceux qui songent à en faire autant.
tiens à féliciter M. Roberto Blondin ainsi que tous les bénévoles, qui ont
su s'adapter aux circonstances et assurer le succès de l'événement.
Merci de faire vivre cette tradition année après année.
Hier,
Fred junior n'a pas vu son ombre et nous a annoncé un printemps précoce plutôt
que hâtif. Espérons qu'il soit chaud et ensoleillé afin que nous
puissions en profiter pleinement. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Alors, pour conclure cette rubrique, M. le député de Mégantic.
M. Jacques :
Merci, Mme la Présidente. Je tiens aujourd'hui à souligner la création et les
actions du comité Garderie de la MRC du
Granit, formé notamment pour trouver des solutions en manque de places en
service de garde en milieu familial afin d'appuyer les
entreprises de la région dans leurs efforts de recrutement de main-d'oeuvre.
À la suite
d'un sondage mené auprès de jeunes familles, le comité a eu l'idée de lancer
une campagne visant à recruter de
nouvelles responsables de services de
garde grâce notamment
à des incitatifs financiers, une façon innovante de pallier la problématique,
qui pourrait être déployée dans d'autres régions.
veux souligner l'engagement de tous les intervenants dans ce dossier,
les membres de la Table des partenaires
en développement des communautés de la MRC du Granit et les représentants du
Défi 2025. Ce que vous êtes en train de réaliser démontre la forte mobilisation de notre milieu. Continuons à
collaborer pour développer nos services afin de répondre aux besoins de
l'ensemble des citoyennes et des citoyens de la circonscription de Mégantic.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique de
déclarations de députés.
Et je suspends les travaux
quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 54)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Mmes, MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
Il n'y a pas de dépôt de documents.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Bonaventure.
M. Roy : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 144 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que les citoyens de la MRC d'Avignon ont droit au même niveau de services de
santé que les autres Québécois;
«Considérant que l'Hôpital de Maria a déjà l'un
des plus hauts ratios d'habitants par lit au Québec;
«Considérant
que les services d'urgence offerts à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, ont connu plusieurs ratés au cours des derniers mois et des
dernières années;
«Considérant que le CLSC de Matapédia a une
salle qui pourrait servir pour la radiologie;
«Considérant que la COVID-19 met une pression
importante sur le réseau de la santé;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec de mettre en place, au plus vite, les ressources nécessaires pour offrir
des services de santé adéquats aux citoyens du secteur ouest de la MRC
d'Avignon.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de Bonaventure, pour une
deuxième.
M. Roy : Merci encore,
Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 1 027 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le virus de la COVID-19 nous a
permis de réaliser que nous avons intérêt à développer notre autonomie sur l'ensemble
de nos besoins dans la mesure du possible;
«Considérant que le volet de l'alimentation de notre population
se doit d'être une priorité de notre gouvernement
québécois, à la suite du lancement de la publicité du Panier bleu qui nous
encourage à consommer des produits d'ici;
«Considérant qu'un nombre croissant de Québécoises
et de Québécois souhaitent pouvoir s'alimenter de production locale biologique, produits par
nos cultivateurs sur nos terres;
«Considérant que le gouvernement du Québec a
choisi de maintenir la vocation des ex-terres des Soeurs de la Charité de l'arrondissement de Beauport de la
ville de Québec en les conservant dans le giron des terres zonées agricoles;
«Considérant qu'un projet parrainé par le ministère
de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation et en collaboration avec
des intervenants du milieu agricole pourrait y voir le jour;
«Considérant que ce futur organisme y développerait un
centre de production maraîchère avec des serres amovibles pour
les quatre saisons sur des parcelles à dimension humaine;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec de procéder à l'acquisition
de la totalité des anciennes terres
des Soeurs de la Charité de la ville
de Québec, arrondissement Beauport,
pour accentuer l'autonomie alimentaire de la nation québécoise.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, cet extrait de pétition est déposé. Maintenant,
nous poursuivons avec M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci,
Mme la Présidente. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
2 998 pétitionnaires. Et je le fais, je le précise, pour ma collègue
députée de Sherbrooke. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que la pandémie [de] COVID-19
a mis en lumière le fait qu'au Québec deux fois plus de personnes âgées habitent en hébergement collectif — CHSLD,
RI, RPA — qu'ailleurs
au Canada, favorisant ainsi l'éclosion de foyers de
contagion et provoquant une situation humanitaire désastreuse dans les CHSLD;
«Considérant que vieillir chez soi est le choix privilégié par
une large majorité des personnes âgées au Québec quand des
soins et des services répondant à leurs besoins sont facilement accessibles là
où elles résident;
«Considérant que le
Québec ne consacre qu'environ 19 % de ses dépenses en soins de longue
durée au soutien à domicile alors qu'il a
été démontré dans plusieurs pays qu'un soutien à domicile financé adéquatement — c'est-à-dire plus de 50 % du budget des soins de longue durée — s'avère une option moins coûteuse pour l'État que
l'utilisation de ressources collectives d'hébergement;
«Considérant que,
selon le mode de financement actuel par établissement, il n'est pas garanti que
les sommes consenties au soutien à domicile soient effectivement dépensées à
cette fin;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec d'augmenter
substantiellement la part du budget alloué spécifiquement au soutien à domicile dans les budgets des soins de
longue durée et d'instaurer une allocation financière de soutien à l'autonomie basée sur une évaluation
rigoureuse des besoins des personnes âgées, leur permettant ainsi d'avoir
accès à des soins et des services personnalisés et de vivre là où elles
choisissent de demeurer.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Cet extrait de pétition est déposé. Merci, M. le
député. Vous en avez une deuxième? Alors, allez-y.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme
la Présidente. Je dépose maintenant
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 257 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que les perfusionnistes cliniques ont été exclus de [l'arrêt]
ministériel 2020-035 sur les primes de rétention, alors qu'ils sont
des professionnels de la santé au même
titre que les infirmières, les
infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et autres titres professionnels du
domaine de la santé;
«Considérant
que les perfusionnistes cliniques ont été inclus dans les autres arrêts
ministériels, tels que l'arrêté 2020-007 sur leurs conditions de travail permettant des changements à
leur horaire de travail et la suspension des vacances;
«Considérant
que les perfusionnistes cliniques travaillent principalement aux soins
intensifs et en salle d'opération dans les centres hospitaliers désignés
zone rouge, côtoyant ainsi des patients positifs à la COVID-19 ou critiquement
malades en attente d'un diagnostic pour la COVID-19;
«Considérant
qu'aucune explication de la part des instances ministérielles n'a été formulée
pour justifier l'exclusion des perfusionnistes cliniques de
l'arrêté 2020-035 sur les primes de rétention;
«Considérant
que, depuis le début du paiement des primes de rétention, à la mi-août, les
perfusionnistes cliniques sont les seuls professionnels de la santé parmi les
équipes de soins, allant de l'infirmière au préposé à l'entretien
ménager oeuvrant en soins intensifs et en salle d'opération, qui ne reçoivent
pas la prime de rétention;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministre de
la Santé et des Services sociaux
d'inclure les perfusionnistes cliniques du Québec dans
l'arrêté 2020-035, rendu public le 10 mai 2020, et ce, de
manière rétroactive.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le leader. Cet extrait de pétition est
déposé. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme
la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
8 412 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
commerces, les institutions et les industries du Québec gaspillent de grosses
quantités de nourriture viable;
«Considérant
que ces aliments viables sont ensuite dirigés vers des sites d'enfouissement,
générant des émissions de gaz
à effet de serre;
«Considérant
que des milliers de personnes à faibles revenus peinent à se nourrir
convenablement à cause des prix élevés des denrées alimentaires;
«Considérant que les
banques alimentaires ont continuellement besoin de denrées pour aider les plus
démunis;
«Considérant
qu'il existe plusieurs concepts de réduction à la source, dont la
déshydratation et la transformation;
«Considérant
que le Québec n'a actuellement aucune réglementation concernant
la gestion des denrées viables non vendues;
«Considérant
que la problématique du gaspillage alimentaire comprend plusieurs paliers et
enjeux [environnementaux, sociaux], culturels et économiques;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation du Québec :
«D'interdire
aux commerces, institutions et industries du Québec de gaspiller ou
d'éliminer la nourriture viable;
«D'obliger les
commerces, institutions et industries à se doter de plans de réduction du
gaspillage alimentaire, notamment en développant des partenariats avec les
organismes de quartier;
«D'investir
dans l'élaboration des nouvelles infrastructures et dans l'éducation
écoresponsable de tous, pour encourager notre société à de meilleures
pratiques en matière de lutte au gaspillage alimentaire.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Cet extrait de pétition est déposé. Maintenant, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Oui, merci. Merci, Mme la
Présidente. Au nom de mon collègue le
député de Jacques-Cartier, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 1 286 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Whereas
more than 3 million Quebeckers have Irish origins;
«Whereas the 1847 famine brought more
than 70,000 Irish nationals to Québec, who were
added to Montréal's then total
population of 50,000;
«Whereas French Canadians provided
assistance to their new neighbors, through acts of humanitarianism, the clergy,
the Soeurs grises and the Soeurs de la Providence cared for thousands of
survivors who arrived in Québec in a lamentable state after eight to 10 weeks of transatlantic voyage in poorly
outfitted sailing ships;
«Whereas
the Irish found refuge in Québec and worked hard as labourers and longshoremen in the Champlain
neighbourhood of Québec City
and in the Pointe-Saint-Charles and Griffintown neighborhoods of Montréal;
«Whereas the late Mr. Bernard
Landry, Premier of Québec from 2001 to 2003, was of Acadian
origin and had no ties to Griffintown other than the
Cité du multimédia, located near the proposed site of the REM station;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«We,
the undersigned, ask the Government of Québec to ensure that the names for the REM stations located in the Southwest Borough and Nuns' Island take
into consideration the Irish community's preference; that the former be named "Griffintown" and that the latter
"Bernard Landry", to pay tribute to both Mr. Landry and Quebeckers of Irish heritage.»
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Cet extrait de pétition est déposé. Merci, M. le leader de l'opposition officielle.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole à Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci, Mme la Présidente. Alors, ce vendredi, des
milliers de parents comme moi allons recevoir le bulletin de nos enfants. Et
évidemment on est anxieux de voir les résultats, mais on ne sait toujours pas
si ce bulletin-là va valoir 30 %, 40 % ou 50 %.
Ce qu'on sait, par
contre, c'est que les équipes-écoles ont travaillé d'arrache-pied pour
accompagner les jeunes pendant toute la
crise sanitaire. Beaucoup d'incertitudes ont été créées parce que, justement,
il n'y avait pas de plan de match de la part du ministre de l'Éducation.
Concrètement
parlant, nous demandons la chose suivante, trois choses que nous demandons au
gouvernement : un, bonifier le
programme de tutorat; deux, régler rapidement les négociations collectives dans
l'ensemble du personnel scolaire pour éviter des interruptions de cours; et,
troisièmement, tenir un sommet pour définir les actions à prendre pour
récupérer le retard qui a été pris durant la
pandémie mais aussi pour penser l'avenir de la réussite éducative. Il est grand
temps que la réussite éducative, que la persévérance scolaire fassent
partie des priorités.
Est-ce que le premier
ministre va répondre favorablement aux trois recommandations?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je
suis heureuse d'entendre la cheffe... Oh! Pardon. Je suis heureuse
d'entendre la cheffe de l'opposition amener le sujet de l'éducation, ce matin,
parce qu'effectivement, s'il
y a une chose qui est une priorité nationale et une priorité pour notre
gouvernement, et, j'en suis certaine, pour tout le monde ici, c'est bien
l'éducation.
je vais profiter du sujet de sa question pour remercier à nouveau tout le
personnel enseignant, les équipes‑écoles, les directions d'école, l'ensemble du réseau de l'éducation, qui est au
front depuis 11 mois, aussi, qui fait d'énormes efforts qui ont fait en
sorte qu'on a été capables de maintenir nos écoles ouvertes, Mme la Présidente,
et ça, je pense que tout le monde ici
en est heureux, nos écoles primaires, secondaires, et même chose, évidemment,
pour le réseau de l'enseignement supérieur, bien que ce soit à distance.
Mais donc je veux remercier ici tous les membres du réseau de l'éducation.
cheffe de l'opposition officielle le sait, il y a des négociations qui sont en
cours. On espère en arriver bientôt à une entente. Mais ce dont on... ce sur
quoi on a toujours été très clairs, c'est qu'on veut améliorer les conditions
de travail des enseignants pour
qu'ils aient davantage des meilleures conditions mais aussi plus de soutien aux
élèves. On veut augmenter reconnaissance qui devrait être due à la
profession enseignante au Québec, combiné, évidemment, aux investissements
majeurs qu'on fait dans la rénovation de nos écoles, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En première complémentaire.
Mme Anglade :
Mme la Présidente, le premier ministre n'arrête pas de dire que l'éducation est
la priorité, la vice-première ministre vient
de le redire également, mais le dire et le faire, ce sont deux choses. Le
gouvernement caquiste doit maintenant passer de la parole aux actes.
Il y a trois
recommandations sur la table. Est-ce que, oui ou non, ils vont répondre
favorablement à ces trois recommandations?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui, merci, Mme la Présidente. Bien,
effectivement, on le dit, on le redit, et surtout on l'incarne. Je parlais tout à l'heure de notre volonté
affichée depuis maintenant plus de deux ans, puis j'inclus la dernière campagne
électorale là-dedans, là, notre volonté
affichée d'améliorer nettement les conditions de travail de notre personnel
enseignant, entre autres par une
bonification salariale, mais aussi par des conditions d'exercice de leur
travail beaucoup plus alléchantes que ce qu'ils ont connu dans les
précédentes années libérales.
faut quand même se le dire, le parc-école était fortement désuet, à notre arrivée,
beaucoup de manque de ressources spécialisées dans nos écoles. On a investi des
sommes importantes pour rénover notre parc-école, pour les cours d'école,
pour ajouter des orthopédagogues, des éducateurs spécialisés, etc., dans nos
écoles. Donc, on a fait énormément de choses, Mme la Présidente, pour redonner
toute sa noblesse qui devrait accompagner la...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En deuxième complémentaire.
Mme Anglade :
Mme la Présidente, «l'heure du redressement national en éducation a sonné».
C'était le premier ministre en 2018.
Selon le premier ministre, il était temps de donner une nouvelle impulsion. Or,
le gouvernement a fait les manchettes,
en éducation, plutôt pour les mauvaises raisons. N'est-il pas temps pour le
premier ministre de prendre les choses en main au cabinet du ministre de
l'Éducation?
Plutôt
que de chercher à sauver le ministre Roberge, est-ce qu'il n'est pas temps de
sauver plutôt l'année scolaire?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : ...
Mme Guilbault : Oui, merci, Mme la Présidente. Pour le masque,
pardon. Donc, on s'habitue tous avec le masque, aujourd'hui, désolée, je
ne l'ai pas reporté.
Donc, alors, effectivement, donc, oui, oui, oui,
l'éducation. Puis je n'ai pas le choix, Mme la Présidente, de rappeler que,
quand on est arrivés, on héritait, là aussi, comme en santé, d'ailleurs, des
années libérales, où il y a eu énormément de négligence en termes d'infrastructures scolaires et aussi de
soins au personnel de notre réseau enseignant. Mme la Présidente, il manquait de ressources, il manquait d'argent
pour rénover les écoles, pour construire des écoles. On a lancé le projet des
nouvelles écoles signature, qui seront un
legs important, patrimonial et significatif en éducation pour les générations
futures. On a...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : ...
Mme Guilbault : ...implanté les maternelles quatre ans, on a aboli les
élections scolaires. Mon collègue...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En troisième complémentaire.
Mme Anglade : Mme la
Présidente, toujours en novembre 2018, le premier ministre ajoutait :
«L'éducation va être la première priorité de
mon gouvernement.» Le premier ministre dit depuis maintenant 22 ans que
l'éducation est la pierre angulaire
de son projet politique. Peut-il maintenant
passer de la parole aux actes et accepter les propositions que nous
mettons sur la table aujourd'hui?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En réponse.
Mme Guilbault : Oui, Mme
la Présidente. Bien, j'ai déjà été
quand même assez étoffée dans mes propos sur tout ce
qu'on a fait en éducation depuis plus de deux ans.
Mais, quand la cheffe de l'opposition nous dit
comme suggestion : Il faudrait régler les négociations, bien, Mme la Présidente, je lui annonce que, les négociations, il y en a à une certaine
périodicité avec tous les corps d'emploi de la fonction publique et des réseaux, puis on les règle aussi vite que
possible, mais il faut quand
même le faire dans le respect des
parties prenantes, Mme la Présidente. Et ce qui va être différent cette année des précédentes
négociations vécues avec les précédents gouvernements, c'est que nous,
on joint l'action aux intentions en offrant... en s'assurant qu'on va effectivement bonifier les conditions de travail du personnel enseignant. Il faut le faire dans le respect de la
capacité de payer des contribuables. Mais, Mme la Présidente, nous tenons à
notre personnel enseignant...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. En deuxième... Principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bien, écoutez,
c'est... Juste pour que les gens nous suivent, il y a quand même un vox pop des
enseignants, qui sont vraiment outrés parce
que les négociations piétinent depuis maintenant presque un an. Puis hier ce
n'est pas les enseignants qui étaient dehors, c'est le personnel de soutien,
c'est des dizaines de milliers qui ouvrent nos écoles puis qui ferment nos écoles, qui prennent soin de nos enfants
chaque jour. Eux autres aussi, ils sont fâchés. Alors, aujourd'hui, on
vous demande vraiment de nous démontrer, là, que l'éducation est une véritable
priorité.
Alors, de façon encore plus spécifique, prenons
juste le programme de tutorat, êtes-vous prêts, là, aujourd'hui, à élargir la
base de tuteurs pour inclure tous les étudiants? Est-ce que c'est normal qu'au
Québec on va laisser de côté les étudiants
au baccalauréat en littérature alors qu'on sait que, nos enfants, on estime à
environ 30 % le taux d'échec en français?
Est-ce qu'on va laisser les étudiants en mathématiques, actuariat de côté alors
que le taux d'échec, au niveau du secondaire, 30 % aussi, qu'il est
évalué?
Est-ce que ça, au moins, vous êtes capables de
vous engager aujourd'hui pour élargir la base de tuteurs?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En réponse, Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Bien, je suis contente que l'opposition
reconnaisse l'importance et la portée
du programme de tutorat, qui est un programme qui, on le rappelle, est unique
au Canada. Nous sommes les premiers à avoir cette mesure.
Bien sûr, on
a réinvesti des gens dans le milieu. On a pu faire en sorte, avec une
plateforme, de récupérer des gens qui sont à la retraite, de récupérer
aussi des étudiants pour pouvoir porter main-forte.
Maintenant,
mon collègue ministre de l'Éducation est toujours en constante conversation
avec le milieu pour améliorer les
choses. Alors, encore une fois, il sera à l'écoute du milieu pour évaluer les
besoins. Et, s'il y a des ajustements à faire, s'il y a des choses à
faire, il sera très certainement à l'écoute.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Première complémentaire.
Mme Rizqy :
Le programme est tellement unique qu'il n'existe pas encore. La réalité, c'est
la suivante : depuis le printemps dernier, nos élèves du
secondaire, partout au Québec, ne sont pas retournés sur les bancs d'école.
Déjà au printemps dernier, des experts disaient :
Il y aura un retard. À l'automne
dernier, la fédération des directions d'établissement le disait
clairement : 30 % à 50 % des élèves au Québec en situation
d'échec en français et en mathématiques.
Donc, est-ce
que vous êtes prêts à aller plus loin cette fois-ci? Par exemple, les
enseignants à la retraite, êtes‑vous prêts à au moins mettre un
incitatif financier pour les appeler en renfort?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En réponse, Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Oui, Mme la Présidente. Encore une fois, il y a énormément de mesures et de
ressources qui ont été données, depuis le début de la pandémie, pour justement
s'assurer que nos élèves réussissent. Évidemment, on est dans une situation qui
est excessivement difficile, de sorte qu'il faut trouver des façons aussi
d'améliorer les choses. Le tutorat est une mesure qui est très porteuse. Ça se
met en branle. Bon, avec Allô prof, entre autres, il y a déjà des choses qui se
font. On continue de voir à l'évolution. Et, encore une fois, mon
collègue ministre de l'Éducation est à l'écoute des besoins du milieu.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Deuxième complémentaire.
Mme Rizqy :
...rapidement, là, on s'entend, là, la pandémie a commencé en mars dernier. On
est le 3 février, le décret a été signé pour aujourd'hui pour Tel-Jeunes
puis Allô prof. Nous, on veut que ce soit plus rapide, oui, mais il faut encore le bonifier. Le ministre a tardé.
Il a reconnu lui-même qu'il a tardé, il aurait dû aller plus vite. Il a attendu
des mois avant d'aller de l'avant. Alors, maintenant, là, il y a des
parents qui, eux, de leur côté, n'ont pas tergiversé, ils ont déjà
engagé des tuteurs privés.
Est-ce qu'au moins
vous êtes capable de vous engager, vous, aujourd'hui, à dire que vous allez
rembourser à la hauteur de 500 $, un crédit d'impôt remboursable pour les
parents?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
Mme Charest :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Encore une fois, je réitère que mon ministre de
l'Éducation est à l'écoute des besoins. Plusieurs mesures ont été mises
en place pour contrer les effets de la pandémie. On va continuer d'écouter nos gens sur le terrain pour peaufiner,
pour améliorer les ressources qu'on va mettre en place. Mais évidemment il
reste encore beaucoup de travail à faire.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Principale, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
Merci, Mme la Présidente. Hier, le premier ministre a annoncé un relâchement de
certaines mesures sanitaires, soit, mais,
comme il l'a dit lui-même, on est encore bien loin d'avoir gagné la bataille.
Avec les vaccins qui arrivent au
compte-goutte, avec la présence des variants qui pourraient être plus
contagieux, plus mortels, il y a encore énormément d'incertitudes sur la
route, et ça, ça devrait nous amener à la plus grande prudence. À partir du
moment où on relâche certaines mesures, bien, on prend le risque qu'il y ait
plus de contacts, donc plus de cas, donc plus de transmission. Le gouvernement a donc toute la responsabilité de
mettre en place tout pour éviter que la situation ne se dégrade à nouveau.
ce sens, Mme la Présidente, est-ce qu'il n'aurait pas été plus prudent que le
gouvernement annonce aussi, hier, une véritable stratégie de pistage et
de traçage et un déploiement massif des tests rapides dès les prochains jours?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse, M. le ministre délégué à la Santé et
Services sociaux.
M. Carmant :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je remercie la députée de Maurice-Richard pour sa question. Et la bonne nouvelle, en fait, puis ça, je tiens à remercier tous les
Québécois, c'est que, grâce au fait qu'on ait suivi les mesures, et principalement le couvre-feu, depuis les
dernières semaines, on a pu faire un certain allègement dans différentes régions.
Comme
on le dit depuis le début, toutes nos initiatives sont suivre les consignes de
la Santé publique. Si on peut faire cet allègement-là, c'est que le RT, le
ratio de transmission, est bien en deçà de un à travers le Québec. Et, dans
certaines régions, le taux de transmission
communautaire est vraiment très, très faible, ce qui explique les deux types de
division. Donc, on peut aller de l'avant avec les allègements, tel que souscrit
par la Santé publique.
Maintenant, quant à
notre technique de traçage et dépistage, elle s'est nettement améliorée. On a
augmenté les ressources de façon
significative. On a plus de 3 000 personnes qui font du traçage. Et,
quant au dépistage avec les tests rapides,
je crois que mon collègue ministre de la Santé en a parlé abondamment hier.
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Première complémentaire.
Mme Montpetit :
Merci, Mme la Présidente. J'ai bien entendu sur la question des tests rapides,
sur le dépistage. Hier, le premier
ministre a annoncé un retour en classe des étudiants des cégeps et des
universités au moins une fois par semaine. On comprend très bien ce qui sous-entend
cette décision, mais on en revient à la même question : augmenter les
contacts, c'est forcément augmenter les
risques de transmission. Alors, avant d'installer des étudiants dans des
auditoriums d'université pendant
trois heures, est-ce qu'il ne serait pas plus prudent de déployer des tests
rapides pour prévenir la présence de cas positifs?
Donc, ma question :
Est-ce qu'ils vont le faire, oui ou non?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse, M. le ministre délégué à la Santé et
Services sociaux.
M. Carmant :
Mme la Présidente, clairement la députée de Maurice-Richard n'est pas d'accord avec la Santé publique sur ce point-là. Le ministre de la Santé a
expliqué hier qu'en janvier un document a été envoyé à tous les P.D.G.,
décrivant la technique de dépistage
et l'utilisation des tests rapides. On a deux types de tests rapides,
ID NOW, Panbio, qui vont être déployés lors des éclosions. Tout est
bien indiqué, dans les milieux où ça peut être utilisé, quand est-ce que ça
peut être utilisé. On l'a expliqué plusieurs
fois, qu'on est hésitants à cause de l'efficacité de ces tests-là. C'est la
décision... c'est ce que la Santé publique nous a dit. Il y a eu déjà deux
breffages qui l'ont expliqué. Un médecin qui n'était même pas à la Santé
publique est venu appuyer cette initiative de la Santé publique.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En terminant.
M. Carmant :
Alors, Mme la Présidente, nous, on suit notre Santé publique.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Deuxième complémentaire.
Montpetit : Mme la Présidente, dire que les tests rapides vont créer
un faux sentiment de sécurité, c'est aussi ridicule que dire : On ne
vaccinera pas parce que ça pourrait créer aussi un faux sentiment de sécurité. C'est la même chose,
on est dans le même débat que les masques.
rapport au plan, là, le plan, là, dont le ministre parle, je vous invite à le
lire, si vous ne l'avez pas lu, parce
que, dans ce plan-là, c'est un
appel à projets. Ça ne mentionne pas du tout dans combien d'écoles ça va être
déployé, dans combien de RPA, dans combien
de cégeps, dans combien de milieux de soins, dans combien de CHSLD. Il n'y a
aucune description de plan précis, dans le plan.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse
M. Carmant :
Bien, Mme la Présidente, depuis le début, on dit que la situation est évolutive
et il faut s'adapter. Alors, si on disait
dans combien d'écoles dans chaque région, comment ça devait se déployer, le
plan serait non valide après quelques semaines d'évolution.
Donc,
ce qu'on fait, c'est des lignes directrices qui sont appliquées partout au Québec
selon la situation épidémiologique, qui évolue partout. Donc,
clairement, on peut utiliser ces tests lors des éclosions pour nous permettre
de retirer rapidement certains individus.
Santé publique ne s'y fie pas assez pour aller au niveau où la députée de Maurice-Richard veut aller. Maintenant, nous, on continue
à suivre notre Santé publique depuis le début de cette pandémie, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Principale, M. le leader du deuxième groupe
d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci,
Mme la Présidente. Hier, le premier ministre a annoncé une bonne nouvelle pour les régions du Québec, mais le
soulagement n'a pas duré longtemps.
Québécois, les Québécoises qui habitent en Abitibi-Témiscamingue, en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent, en Côte-Nord, bien, ils se demandent
aujourd'hui, ce matin, en fait, comment le gouvernement va faire pour que le
virus ne se promène pas sur le territoire
québécois. Hier, ils s'attendaient à une réponse ferme. Imaginez leur surprise
quand ils ont eu l'impression
d'entendre Justin Trudeau leur parler, parce que la position du gouvernement du
Québec sur les déplacements
interrégionaux, c'est celle qu'avait M. Trudeau sur le contrôle des
frontières il y a quelques jours à peine, une position qui insupportait le premier ministre, c'est-à-dire :
Faites-le pas, s'il vous plaît, mais, si vous le faites, il n'y a rien
qui va se passer. Ce n'est pas convaincant, ce n'est pas suffisant.
veux rappeler à la vice-première
ministre que la capacité hospitalière,
dans bien des régions du Québec, elle est extrêmement fragile, et que ça
ne prend pas grand-chose pour que le système craque.
Il est où, le plan pour encadrer les
déplacements interrégionaux au Québec?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En réponse, Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Merci, Mme la Présidente. Bien, le plan qui a été annoncé hier,
effectivement, c'est un plan d'assouplissement modeste et mesuré dans certains
endroits du Québec, en fonction de la situation épidémiologique. La raison pour laquelle il est si modeste, c'est justement
parce qu'on continue de s'inquiéter,
Mme la Présidente, malgré une
amélioration globale de la situation
épidémiologique dans l'ensemble de la province. Puis ça, je pense qu'on peut
prendre le temps de remercier les Québécois. C'est grâce à eux si on est capables de
contrôler et même de voir diminuer le nombre de cas et le nombre
d'hospitalisations, entre autres.
Mais il y a
cette présence des variants et il y a la lenteur de livraison de la vaccination. Donc, tout ça fait en sorte que les
améliorations ou, disons, les assouplissements qu'on a annoncés hier sont somme
toute modestes.
Mais, Mme la Présidente, sur la question des
déplacements interrégionaux, il y a déjà, en ce moment, une forte
non-recommandation de ne pas se déplacer d'une région à l'autre... de se
déplacer d'une région à l'autre, c'est-à-dire. On décourage fortement les
Québécois, actuellement, de ne pas se déplacer d'une région à l'autre, sauf
pour des raisons urgentes ou essentielles,
comme le travail, comme des raisons humanitaires. Donc, cette
non-recommandation-là va se maintenir
au-delà du 8 février. On compte sur la bonne foi des Québécois. Et nos
policiers travaillent jour après jour pour faire respecter l'ensemble
des mesures sanitaires, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois :
Ce que la vice-première ministre nous dit, c'est : En ce moment, c'est non
recommandé, donc les gens ne se
déplacent pas, donc on n'a pas besoin de barrages. Pourquoi est-ce qu'on en
aurait besoin? Bien, la réponse à
cette question-là, c'est parce qu'en ce moment les mesures sont pareilles
partout. À partir de la semaine prochaine, elles ne seront plus pareilles
partout. Alors, des raisons, là, de passer d'une région à l'autre et
potentiellement d'y faire entrer le virus, ces raisons-là, à partir de
lundi, elles vont exister.
C'est quoi, le plan de la vice-première ministre
pour ne pas que ça arrive?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En réponse.
Mme Guilbault : Oui, Mme la Présidente. Donc, la première chose
qu'il est important de mentionner, c'est qu'on suit toujours les recommandations de la Santé publique. Or, la Santé
publique ne recommande pas d'instaurer des barrages routiers à ce
stade-ci. On sait tous que la situation évolue, Mme la Présidente. Si quelqu'un
nous avait dit en février qu'il y aurait des barrages en avril ou en mai, là,
je ne sais plus exactement à quel moment on les a mis... Mais, donc, on ne sait pas l'avenir. Mais, pour le moment, la
Santé publique ne nous recommande pas... Et ça se comprend quand on pense au fait que nos policiers sont déjà très,
très actifs sur le terrain, notamment en surveillant l'application du
couvre-feu et en surveillant la quarantaine des gens qui arrivent de
voyage. Près de 7 000 constats d'infraction ont été remis depuis le 10 janvier, au Québec, Mme la Présidente.
Donc, je pense que ça prouve que nos policiers sont actifs, sont sur le terrain
et s'assurent de l'application des mesures sanitaires.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En terminant.
Mme Guilbault :
Et le fait est que la situation...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois :
La situation, elle s'est certes améliorée, mais, la vice-première ministre le
disait elle‑même, elle est très fragile. Il y a quelques mois, là, le
Saguenay—Lac-Saint-Jean
est passé de zone orange à rouge. Pourquoi? Parce
qu'il y a eu notamment de la location de chalets et des rassemblements
familiaux, et c'est leur directeur de la santé publique régional qui l'a
confirmé. En ce moment, tout est en place pour que la situation, comme celle-là,
se reproduise.
La Santé
publique n'a jamais recommandé la fermeture des restos, le gouvernement l'a
fait. Pourquoi ils ne mettent pas en place des mesures de contrôle entre
les régions?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En réponse.
Mme Guilbault :
Merci, Mme la Présidente. Le leader de la deuxième opposition a bien raison de
pointer les rassemblements privés comme étant un élément très préoccupant et un
élément très problématique dans la situation épidémiologique
qui s'est envenimée, et c'est justement pour ça qu'on maintient le couvre-feu
partout. Oui, il y a un petit amendement
pour l'heure, un peu plus tard, dans les zones orange, les quelques zones
orange, 10 % de la population — il faut quand même rappeler, Mme la
Présidente, 90 % des gens restent en rouge, avec les règles telles qu'on
les connaît à ce jour — mais le couvre-feu demeure partout. Donc,
ça, c'est une mesure qui est efficace, c'est pour ça qu'on la maintient puis c'est pour ça qu'il faut s'assurer que nos
policiers la fassent respecter. Et aussi les restaurants, si on pense aux
restaurants qui vont ouvrir, entre autres, en zone orange, vont devoir
procéder par réservations, avec un registre, avec une preuve d'adresse.
Donc, Mme la
Présidente, je remercie tous...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En principale, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Mme la Présidente, malgré les changements aux mesures sanitaires annoncés hier, c'est
près de 90 % des restaurants qui vont demeurer fermés et 100 % des
bars.
programmes sont défaillants depuis le jour 1. Parmi les problèmes, il y a
les critères trop contraignants et l'aide qui prend trop de temps à se rendre aux restaurateurs. Or, si l'argent
ne se rend pas ou prend des semaines à se rendre, on n'est pas plus
avancés. C'est le processus qui doit changer.
Parti québécois, on a proposé de garantir que l'aide soit versée en sept jours
maximum. On sait que, pour certains de nos restaurateurs, une journée de
plus sans liquidités signifie la faillite.
la Présidente, est-ce que le ministre peut s'engager à ce que toute demande
d'aide soit versée dans un délai maximal de sept jours?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon :
Mme la Présidente, merci. Merci pour la question. C'est très pertinent,
effectivement, aujourd'hui.
matin, nous avons annoncé une amélioration de l'aide, le programme AERAM, où
nous permettons aux commerces qui
vont réouvrir, restaurants ou commerces, d'avoir un montant additionnel de
15 000 $ pour ceux qui ont été fermés pendant 90 jours et
un montant de 30 000 $ pour ceux qui ont été fermés pour plus que
90 jours.
dirais aussi que, depuis quelques mois, la procédure suivie par les MRC sur
remplir les formules, qui sont rendues très simples, on a cinq pages, et non
pas recto verso, on a maintenant un délai d'à peu près une dizaine de jours
entre la demande d'application et le paiement. On aimerait pouvoir
réduire ce délai-là encore plus, je le concède.
bonne nouvelle, c'est que le programme additionnel que nous mettons en place
s'appuie sur les fondements de l'AERAM, qui,
maintenant, est beaucoup mieux et bien rodé par rapport à ce que nous avions au
mois d'octobre dernier.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Première complémentaire.
Mme Perry
Mélançon : Mme la Présidente, le ministre nous répond qu'il aide les
entreprises, mais les montants dont il parle, ce sont, en réalité, des
prêts. Il contribue surtout au surendettement avec ses prêts.
Autre
proposition que je fais au ministre pour simplifier l'aide et pour réduire
l'endettement de nos restaurateurs, c'est de mettre en place un programme
modulé en fonction de l'écart entre les ventes mensuelles et celles du même
mois l'an dernier. C'est cet écart
qui déterminerait l'aide accordée. Est-ce que le ministre va appliquer notre
proposition pour simplifier et réellement bonifier l'aide en place?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
M. Fitzgibbon :
Mme la Présidente, je remémorerais la députée que le programme est
effectivement un prêt pardon, mais on
comprend que le 15 000 $ des frais fixes représente 80 % du
prêt. Le montant additionnel que nous avons accordé, ce matin, de
15 000 $ ou de 30 000 $ va pouvoir repayer la
partie
remboursable du prêt. Donc, je pense que, quand on caractérise l'assistance que nous mettons en place, de
15 000 $, c'est pas mal de l'aide directe. Le processus d'octroi de prêt
est un processus qui, selon nous, est très rigoureux, pour s'assurer que les
établissements aient besoin de liquidités.
Puis
je rappellerais aux gens que nous avons quand même, en l'espace de presque un
an, aidé 7 000 entreprises avec 900 millions de dollars de prêts,
qui est inégalé ailleurs au Canada. Donc, je pense...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En deuxième complémentaire.
Mme Perry
Mélançon : C'est 63 % des restaurants qui nous disent qu'ils ne
seront pas rentables avant un an, Mme la Présidente. Le ministre commence à me
connaître. Moi, j'insiste. Ses programmes ne sont pas adaptés. Les restaurateurs et tenanciers de bars s'enfoncent. J'ai
fait une suggestion récemment pour les aider, c'est de plafonner les frais de livraison par le biais d'un décret. Mais,
au lieu de s'activer sur ce problème urgent, le gouvernement, lui, réfléchit
à un projet de loi. La session est commencée, et on n'a pas vu l'ombre d'un
projet de loi.
Qu'est-ce qui empêche
le ministre de procéder par décret pour contrer les abus des multinationales?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
M. Fitzgibbon :
Mme la Présidente, effectivement, mon collègue ministre de l'Agriculture
travaille sur le dossier. Il y a eu
des communications avec les trois groupes qui font la livraison, soit UberEats,
Skip et DoorDash, et un des trois a baissé
ses frais de livraison, les autres sont en discussion. Il y a deux provinces
qui ont fait un décret ou ont fait un changement de loi. Nous analysons ça. Pour l'instant, avec la réouverture qu'on va
voir dans les zones orange, je pense que la situation est relativement
sous contrôle.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci. Écoutez, à Montréal, en
matière de transport en commun,
collectif, on est bien desservis, le REM n'est pas encore terminé qu'on annonce phase II, phase III.
Alors, c'est sûr qu'il y a des gens qui se posent la question
quand on regarde ici, à Québec, la Capitale-Nationale : Qu'est-ce
qui se passe en matière de transport collectif?
Il y avait un beau
projet sur la table. Donc, le maire est d'accord. Québec, tout semblait être au
beau fixe. Le premier ministre disait qu'il
endossait le projet, qu'il voulait qu'il y ait un tramway à Québec. Évidemment,
le fédéral est là, l'argent est sur
la table encore, parce qu'évidemment le ministre fédéral Duclos a dit : Ne
jouez pas à la roulette russe avec l'argent du fédéral parce qu'il y a d'autres
villes qui seraient intéressées à mettre la main sur 1,2 milliard de
dollars.
Alors,
c'est sûr que, quand on parle de transport en commun et qu'on compare, veux
veux pas, Montréal et Québec, c'est 3-0 pour Montréal. Pourquoi?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse, Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Merci, Mme la Présidente. Je réponds évidemment,
en l'occurrence, de par ma fonction de ministre responsable de la
Capitale-Nationale, et c'est en vertu de cette même fonction que je vais
réitérer ce que j'ai dit en privé à ma
collègue de Saint-Laurent, soit la féliciter pour sa désignation comme
porte-parole dans l'important dossier de la Capitale-Nationale. Et je pense qu'en la désignation d'une collègue
aussi vigoureuse — et c'est
un compliment — que la
députée de Saint-Laurent, bien, ça démontre un certain intérêt, après deux ans,
pour la Capitale‑Nationale. Et j'ai même droit à ma première question,
aujourd'hui, donc, Mme la Présidente, vous m'en voyez ravie.
sur le transport collectif à Québec, bien, Mme la Présidente, je vais remonter
aux origines de ce projet-là, qui est
effectivement un projet très important, pour Québec, de transport structurant.
Il nous faut du transport collectif, structurant et efficace à Québec. Mais, ce
projet-là, nous, on s'est engagés rapidement, dans notre premier budget, à
financer le 1,8 milliard, qu'on avait toujours promis. Et qu'est-ce
qu'on a découvert rapidement? Il y avait un problème avec le financement fédéral à cause d'une entente qu'on appelle l'Entente bilatérale intégrée, négociée par le
précédent gouvernement libéral, qui donnait tout l'argent ailleurs qu'à Québec.
Donc, imaginez-vous donc, Mme la Présidente, que c'est la ville de Montréal
qu'il a fallu qui nous aide à aller chercher la part de financement pour Québec, parce que
le précédent ministre de la Capitale-Nationale, l'ancien député de Jean-Talon,
avait négligé de sécuriser des sommes...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Première complémentaire.
Mme Rizqy : Au contraire, l'argent du fédéral est bien là, le
1,2 milliard est encore là, et c'est sous votre leadership que le
ministre Duclos a dit : Ne jouez pas à la roulette russe, pas sous notre
leadership.
Alors, maintenant, la question est
assez claire : Qu'est-ce qui bloque? Parce que, clairement, ce
n'est pas au niveau de la mairie, et ce n'est visiblement pas avec le ministre
des Transports, parce qu'on n'a que de bons mots pour lui. Et évidemment le ministre Duclos fait
partie aussi
des gens qui veulent voir le tramway finalement sur les rails. Alors, pourquoi
c'est 3-0 Montréal?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
Mme Guilbault : Donc, c'est ça, Mme la Présidente, si je continue
sur le financement, l'entente dure jusqu'en 2023, l'EBI, donc les sommes sont disponibles jusqu'en
2023. Et donc, quand on est arrivés, on s'est aperçus qu'on aurait des
grenailles pour Québec, pour le transport en commun. On a été obligés, mon
collègue qui était, à l'époque, président du Conseil du trésor, d'aller
négocier avec le fédéral, avec la ville de Montréal pour pouvoir aller chercher
des sommes dans cette enveloppe-là qui
autrement aurait été entièrement dédiées ailleurs qu'à Québec. Et ça, ça avait
été fait au vu et au su de l'ancien député de Jean-Talon, qui est un député de
Québec et qui était ministre responsable de la Capitale-Nationale dans l'époque de l'ancien gouvernement libéral.
Donc, Mme la Présidente, si on s'en était tenus à ce qu'avaient négocié les
libéraux à l'époque, on n'aurait même presque pas une cent pour le projet de la
part du fédéral.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En terminant.
Mme Guilbault : Donc, au moins, on a réglé ça. Et, pour le reste,
on discute avec la ville pour s'assurer de la...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Deuxième complémentaire.
Mme Rizqy :
Écoutez, on peut détourner la question, il n'en reste pas moins que l'argent
est sur la table, pour le moment,
jusqu'en 2023. Alors, qu'est-ce qui bloque? L'argent est là, l'enthousiasme du
ministre du Transport est toujours là, même le premier ministre veut
voir le tramway sur les rails, le maire est prêt, le fédéral est prêt. Écoutez,
tout indique que ça bogue quelque part. La
seule personne que j'ai vue, dans les dernières semaines, derniers mois, dire
qu'elle ne voulait pas avoir un tracé
dans sa cour, c'est la ministre elle-même, ne voulait pas avoir de transport
collectif pour ses propres constituants.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
Mme Guilbault : Oui, Mme la Présidente. Alors, une fois le
financement réglé, donc, il y a les conditions d'appui au projet qui ont toujours été très claires :
respect du budget, connexion avec la Rive-Sud et desserte adéquate des
banlieues. Donc, je ne sais pas si la
députée est familière avec les banlieues de Québec, mais, si je prends
l'exemple de Val-Bélair, de Loretteville, à l'est, donc, il y a toutes
sortes d'endroits dont il faut s'assurer que les citoyens de ces banlieues-là sont adéquatement desservis, raison pour laquelle
on travaille de près avec la ville de Québec pour améliorer le projet et
s'assurer qu'il est fait à la satisfaction de tout le monde, et surtout,
aussi, d'avoir cette vision intégrée de nos deux plus grands projets, le transport structurant de la ville et
le tunnel Québec-Lévis, qui, évidemment,
est notre projet. Et Québec ne sera pas en reste en termes
d'investissement en transport collectif et routier.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Principale, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Il y a deux jours, on a appris qu'une compagnie
pétrolière albertaine reluque le potentiel
pétrolier du golfe du Saint-Laurent. Encore, Mme
la Présidente, permettez-moi d'être
la millième personne à parler du jour de la marmotte, parce que c'est exactement
entreprise à numéro détient des permis d'exploration et fonde tous ses espoirs
sur la CAQ pour ouvrir une porte qui n'a jamais été fermée définitivement. Mme la Présidente, la seule réponse à donner à cette compagnie albertaine et
toutes les compagnies albertaines pétrolières qui regardent notre fleuve, c'est :
Ici, au Québec, c'est non.
La semaine dernière,
l'État pétrolier canadien met la table pour un boom pétrolier en milieu marin
au large de Terre-Neuve. Justin Trudeau, lui, a fait son choix, c'est le
pétrole, et au diable la lutte aux changements
climatiques. Le gouvernement
du Québec a ici une opportunité en or pour faire un autre choix et fermer la
porte à double tour pour l'exploration et l'exploitation pétrolières dans notre
fleuve. Est-ce qu'il va le faire?
Vice-Présidente (Mme Soucy) : En réponse, M. le ministre de
l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.
M. Charette : Merci,
Mme la Présidente. Je remercie la
collègue pour la question. Effectivement,
c'est un enjeu qui a refait surface dans l'actualité ces derniers jours.
Peut-être rappeler, par contre, qu'au niveau exploration pétrolière en territoire marin, il y a un moratoire, au
Québec, qui s'applique depuis de nombreuses années. Ce n'est pas un moratoire
qui est sur le point d'être levé, donc
l'exploration, l'exploitation pétrolière en territoire marin est tout
simplement impossible au niveau québécois.
Donc,
il y a encore une possibilité théorique, mais, tant que ce moratoire-là n'est
pas levé, cette théorie-là ne risque pas
de s'avérer. Le gouvernement n'a pas l'intention de lever le moratoire dans un
avenir prévisible. Et, si ça peut rassurer la collègue, un peu avant les fêtes, on a confirmé plusieurs aires
protégées en territoire marin, dont des aires protégées qui se retrouvent dans
des secteurs convoités par certaines pétrolières, et ces territoires-là
maintenant sont protégés de façon permanente.
Donc,
je peux rassurer la collègue, nous ne sommes pas à la veille de voir quelque
exploration pétrolière que ce soit dans le fleuve Saint-Laurent.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Première complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, je suis loin d'être
rassurée. Je parle de fermer la porte à double tour une fois pour
toutes, final... et le ministre me parle de moratoire. Mais un moratoire, par
définition, c'est temporaire.
Est-ce
que le ministre peut, aujourd'hui, profiter de l'occasion pour s'engager
fermement, officiellement, solennellement à ce qu'il n'y ait aucun développement pétrolier dans notre fleuve Saint-Laurent sous un gouvernement caquiste? Est-ce qu'il est capable de le
faire aujourd'hui?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
M. Charette : Je tentais de rassurer la collègue avec les aires protégées qui ont été
confirmées dans ce territoire-là. Je tentais de la rassurer également en
disant qu'il n'y a pas de projet ou intention de lever le moratoire.
Ceci
dit, c'est peut-être important de rappeler à la collègue que nous vivons dans
une société de droit. Il y a des claims
qui sont convoités ou qui sont détenus par certaines entreprises, et la
meilleure façon de régler cette problématique-là ou cette situation-là, c'est de négocier avec ces compagnies pour
qu'elles cèdent leurs droits, comme ça a été fait sur d'autres territoires. Autrement, il y a des enjeux
juridiques qui s'appliquent, et, oui, nous sommes dans une société de droit et
on ne peut pas y faire fi.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal :
J'entends des tergiversations, des portes ouvertes. Le ministre... Ce qu'on
veut, c'est une promesse que ce
moratoire-là va tenir, et là il est plus inquiétant que rassurant, Mme la
Présidente. Selon le ministre fédéral de l'Environnement, on peut permettre à
Chevron et compagnie de forer au large du fleuve Saint-Laurent, et je cite,
«tout en soutenant le développement durable et en protégeant
l'environnement». Fin de la citation.
Est-ce
que le ministre pense la même chose que le ministre fédéral, à Ottawa? Est-ce
que ce gouvernement, qui se dit nationaliste, est d'accord avec Ottawa,
oui au pétrole et non à la lutte aux changements climatiques?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
M. Charette :
C'est le propre, malheureusement, de Québec solidaire de prendre des théories
aussi farfelues que ce soit et les
transposer en réalités. Je pense que c'est difficile d'être plus clair, en
réitérant qu'il n'y a aucune intention de lever quelque moratoire que ce soit au niveau de l'estuaire, au niveau
du fleuve, au niveau du golfe Saint‑Laurent. Donc, c'est difficile
d'être plus clair que ça au niveau de la réponse.
Mais
en même temps je réitérais que nous vivons dans une société de droit. Mais,
pour ajouter au degré de protection supplémentaire, on a confirmé des
aires protégées permanentes au niveau marin dans ces mêmes secteurs‑là.
Donc, je pense qu'au
lieu de soulever des théories...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En terminant.
M. Charette :
...qui demeurent bien peu probables, il y a d'autres possibilités de questions
de la part de...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En principale, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon :
Merci, Mme la Présidente. Alors, la pandémie a bouleversé notre quotidien, mais,
comme le démontrent les études, elle
a fait mal particulièrement aux femmes — précarité financière, anxiété, stress,
augmentation de la violence conjugale — sans oublier que les professionnels au front
pendant la COVID sont majoritairement des femmes. Je pense notamment,
bien sûr, aux infirmières, aux préposées aux bénéficiaires, aux éducatrices,
aux enseignantes.
Devant ces
constats, on pourrait penser que le gouvernement fait preuve d'une plus grande
sensibilité envers les femmes, mais
les décisions gouvernementales de la CAQ démontrent le contraire. Le projet de
loi n° 59 vient moderniser le régime de santé et de sécurité au
travail, protégera moins, moins les femmes. Il considère que les emplois
occupés majoritairement par les femmes sont à faible risque et il ne reconnaît
même pas leur spécificité.
La ministre de la Condition féminine a-t-elle
demandé à son collègue ministre du Travail de faire des analyses différenciées
selon les sexes avant le dépôt de ce projet de loi, oui ou non?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En réponse, Mme la ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Charest : Oui, merci, Mme la Présidente. Effectivement, un projet de loi qui est très important, projet de loi qui... en fait, une loi qui n'a pas été révisée
depuis plus de 40 ans. L'objectif de mon collègue ministre au Travail, c'est vraiment de faire en
sorte de protéger davantage les travailleurs, une chose qui va très certainement
aider les femmes, puisqu'avec ce projet de loi là on va pouvoir aider, maintenant, 94 % des travailleurs, principalement dans le domaine de la santé
et de l'éducation, qui, évidemment, touche davantage les femmes. Il y a eu des consultations qui ont eu lieu dans les dernières
semaines, évidemment des discussions avec le ministre, et, encore une fois, il tiendra en compte de ces
consultations-là pour faire en sorte de faire des amendements
pour mieux répondre aux besoins des femmes.
Mais une
chose qui est très importante et un dossier sur lequel nous travaillons
ensemble, la collègue de Verdun et moi, c'est le dossier de la violence
conjugale. Pour une fois, enfin, on reconnaît la violence conjugale.
De grandes,
grandes avancées sont faites pour mieux protéger nos femmes dans leurs milieux
de travail. Alors, je pense qu'on peut se réjouir de ce projet de loi
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En terminant.
Mme Charest : Puis, encore une
fois, il y a de l'ouverture pour des amendements.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Première complémentaire.
Mme Melançon : Le ministre de la Justice a aussi oublié les femmes. On est
tous d'accord pour réformer le programme d'indemnisation d'actes criminels, mais
pas au détriment des femmes, pas sur le dos des femmes. On doit les aider, pas
les laisser de côté. Tel que rédigé, là, certaines femmes n'auront plus d'aide.
Comment la ministre de la Condition féminine
a-t-elle pu accepter cela? Je pense aux victimes d'actes criminels qui sont des
étudiantes ou des femmes à la maison et qui ne seront plus indemnisées.
Mme la ministre, oui ou non, vous allez prendre
leur...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
En réponse.
Mme Charest :
...merci pour la question. Puis ça va me permettre de préciser qu'elles seront
indemnisées parce qu'il y aura un
montant forfaitaire pour les personnes qui n'ont pas de revenu. Alors, encore
une fois, la réalité des femmes a été tenue en compte.
Et je
pourrais vous rappeler qu'on a fait un grand, grand bout de chemin. Je vous
rappelle le plan pour contrer la violence
faite aux femmes, de 180 millions, qu'on a déposé juste avant Noël. Alors,
je pense que le gouvernement est à l'écoute des femmes.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Deuxième complémentaire.
Mme Melançon : Je vous l'ai
dit, Mme la Présidente, la COVID a un impact plus important sur les femmes.
Malheureusement, le gouvernement caquiste en ajoute une couche en déposant des
projets de loi qui auront un impact négatif sur les femmes. Le projet de loi
n° 59, je le répète, protégera moins les femmes dans sa réforme, et le projet n° 84 va enlever le droit d'indemnisation à des femmes
victimes d'actes criminels.
demande à la ministre de la Condition féminine de faire son travail et de faire
entendre raison enfin à ses collègues.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
Mme Charest :
Oui, bien, en fait, je pourrais répondre les deux réponses que j'ai faites
précédemment. Je répète qu'avec le
projet de loi n° 84 les femmes qui n'ont pas de revenu ou les étudiantes
auront un montant forfaitaire, donc une indemnisation. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En principale, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, Mme la Présidente. À chaque fois qu'on interroge le ministre délégué, il
insiste que les listes d'attente en
santé mentale diminuent, même si la Vérificatrice générale a multiplié les
critiques sur la façon bancale dont ces chiffres sont comptabilisés.
Exemple, en 10 ou 12 minutes d'un appel de courtoisie, il est possible de
sortir des listes d'attente des personnes
qui réclament de l'aide ou sont vulnérables. Vous êtes en détresse, est-ce que
vous allez avouer la profondeur de
votre mal à un inconnu au téléphone? Les travailleurs sur le terrain qui
répondent, déjà surchargés et sous
pression, nous confirment qu'on leur demande de tout faire pour éviter de
placer les gens sur la liste d'attente pour une psychothérapie. Et,
aussitôt que la personne accepte le guide autosoins, elle est considérée
traitée et guérie.
Qu'est-ce
que le ministre va faire pour mettre fin à ce camouflage? Quand va-t-il assurer
la vraie transparence sur l'accès aux soins?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse, M. le ministre délégué Santé et
Services sociaux.
M. Carmant : Merci,
Mme la Présidente. Bon, première
chose, là, il y a toute une histoire sur les appels qui ont été
faits avant Noël.
Premièrement, nous avons demandé aux gens de faire ces appels-là, et le but, c'était
de s'assurer que ceux qui étaient sur la liste d'attente aient un contact, pour
s'assurer que leur condition psychologique ne s'était pas détériorée, surtout
dans une période où on était particulièrement inquiets, celle du temps des
fêtes.
Deuxièmement, pour
enlever quelqu'un de la liste d'attente à partir des services sociaux généraux,
on m'a confirmé qu'il faut
avoir au moins deux services. Donc, un appel et on l'enlève de la liste
d'attente, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas les consignes que l'on fait,
il faut appeler au moins deux personnes.
Maintenant,
le problème le plus global de la santé mentale, et c'est ce
que je répète depuis plusieurs mois, c'est que ça prend un changement de culture
ici pour améliorer la situation de la santé mentale. Les gens, ils sont tannés de
frapper à des portes closes. Il faut
changer la façon dont on dessert les soins, il faut travailler tous ensemble
pour l'améliorer. Et la seule façon
de le faire, c'est de changer l'aspect d'un programme que l'on veut améliorer à
long terme, qui est le Programme
québécois pour les troubles mentaux. Oui, la psychothérapie aura sa place, je comprends cette nécessité-là, mais il y
a d'autres façons d'avoir des
soins.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En terminant.
M. Carmant :
La détresse, c'est plusieurs choses, ce n'est pas toujours de la dépression.
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Première complémentaire.
M. Birnbaum : Mme la
Présidente, il y a
des changements qui s'imposent, et vite. Les gens sur le terrain nous le
confirment : dès qu'une personne en
détresse qui attend des mois accepte une option moins dispendieuse, moins
adaptée, comme une thérapie de groupe
ou un guide d'autosoins, le compteur repart à zéro. Bon, il sort d'une liste
pour en rejoindre une autre, où il risque d'attendre, toujours dans la
souffrance.
Quand est-ce que le ministre
mettra fin à ce petit jeu?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
M. Carmant : Madame, le député de D'Arcy-McGee est-il en train de dire que la thérapie de groupe ne fonctionne pas? Je
veux dire, il y a des gens pour qui ça peut fonctionner, et il faut se servir
de ces gens-là. Quand on appelle le 8-1-1, Info-Social, on parle à des travailleuses sociales, des ergothérapeutes,
des psychoéducateurs, des gens qui sont formés, qui ont un code d'éthique pour travailler sur notre
santé mentale. Il faut respecter leurs capacités, il faut respecter leur
intégrité, il faut respecter leur
code d'éthique. Ces gens-là, on a besoin de leur aide. Ça suffit, de mettre les
gens en attente soit pour un psychologue soit pour un psychiatre et se
plaindre que les listes d'attente sont interminables.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En terminant.
M. Carmant :
On veut modifier le modèle. Travaillons ensemble pour le faire.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Deuxième complémentaire.
M. Birnbaum : Mme la
Présidente, la bonne thérapie à la
bonne place. Des personnes qui ont besoin d'une vraie thérapie se font
offrir une thérapie de groupe en présentiel, même s'ils habitent en zone rouge,
où elle ne serait même pas possible. D'autres
se font offrir en ligne alors qu'ils vivent dans un quatre et demie avec huit
personnes, donc aucune confidentialité,
aucun lien de confiance. La misère humaine s'accumule en cachette, mais les
chiffres officiels indiquent le contraire.
Est-ce que le ministre
va finalement intervenir et tout de suite?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En réponse.
M. Carmant :
Mme la Présidente, on intervient sans arrêt. Et c'est l'Association des
médecins psychiatres eux-mêmes qui m'ont
demandé de maintenir les thérapies de groupe parce que, dans le virtuel,
certaines personnes avec des
problématiques de troubles mentaux avaient de la difficulté à fonctionner avec
l'écran. Donc, on a permis, dans des circonstances sanitaires,
d'approuver les évaluations en groupe, dans des conditions particulières.
Maintenant, nous
avons contacté les psychologues et les autres pouvant donner de la
psychothérapie. C'est 1 000 personnes
qui nous ont répondu et qui sont prêtes à recommencer le travail de
psychothérapie pour diminuer les listes d'attente. Le projet commence tel que prévu cette semaine. On attend les
résultats le plus rapidement possible. Et, en diminuant la lourdeur pour
d'autres tâches, on va libérer la psychothérapie pour ceux qui en ont vraiment
besoin.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : En principale, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Mme la Présidente, on a appris cette semaine que des intérêts albertains
convoitent toujours le potentiel
pétrolier du fleuve. L'entreprise en question détient huit permis d'exploration
pétrolière et gazière dans le golfe du
Saint-Laurent, totalisant 1 500 kilomètres carrés. La zone couverte par ces permis d'exploration
chevauche une zone marine qui a été désignée réserve de territoire aux
fins d'aire protégée par le gouvernement en 2020.
Pour nous, il faut
s'assurer de protéger les richesses naturelles uniques de notre territoire,
notamment les zones biologiques du
Saint-Laurent. L'avenir est à la transition énergétique et à la lutte contre
les changements climatiques, et pas à
l'exploration et à l'exploitation des hydrocarbures. Le ministre des Ressources
naturelles a dit que c'était prématuré de prendre une décision. C'est
incroyable.
sais que le ministre de l'Environnement aime bien parler de théorie, mais là
c'est bien pratique, c'est bien concret. Est-ce qu'il va défendre
l'environnement et interdire toute exploration et forage dans le fleuve?
Vice-Présidente (Mme Soucy) : En réponse, M. le ministre de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. La question est semblable à celle posée plus tôt par
la députée de Mercier, donc il ne
faut pas s'étonner que la réponse va y ressembler aussi. Mais peut-être
insister sur l'importance que le gouvernement accorde à la lutte aux
changements climatiques avec le plan qui a été mis de l'avant, accompagné de
plusieurs milliards de dollars, des
sommes jamais vues. Donc, oui, il y a une importance inégalée accordée à cet
enjeu qui devient l'enjeu de la planète entière, un petit peu comme la
pandémie.
Cependant,
au niveau de droits, ce sont des droits qui sont juridiquement légitimes. Donc,
il faut négocier avec ces entreprises-là pour qu'elles puissent éventuellement
les céder, comme ça s'est fait dans d'autres secteurs.
Donc, la possibilité, elle est réelle, mais, dans
l'intervalle, le moratoire est en selle. Il est en place depuis quelques années
maintenant, et il n'y a aucune intention de modifier ce moratoire-là, donc on
peut penser que la question demeure effectivement bien théorique.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci. Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Nous
allons maintenant passer à la rubrique Motions sans préavis. À la rubrique Motions
sans préavis, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des
motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du groupe
formant l'opposition officielle. M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député des
Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey et la députée de Marie‑Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale dénonce l'intention du gouvernement caquiste d'abolir le
Centre national d'excellence en santé
mentale, dont la mission est de soutenir le développement des meilleures
pratiques en la matière, alors que le contexte pandémique a démontré les
besoins criants et accrus en santé mentale;
«Qu'elle exige du
gouvernement caquiste qu'il renonce immédiatement à cette décision et qu'il
garantisse le maintien du Centre national d'excellence en santé mentale.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y
a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du
gouvernement.
Caire : Pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Comme il n'y a pas de consentement, nous allons maintenant passer à l'autre
motion sans préavis. Alors, je reconnais un
membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la cheffe du deuxième groupe
d'opposition.
Mme Massé : Merci,
Mme la Présidente. Je demande le consentement de l'Assemblée pour débattre de
la motion suivante conjointement avec le député de René-Lévesque et la
députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale souligne
que les événements survenus à la grande mosquée de Québec le 29 janvier
2017 représentent un geste de haine et d'intolérance inacceptable;
«Qu'elle rappelle qu'un devoir de
mémoire est nécessaire afin que de tels événements ne se reproduisent plus et
que l'intolérance n'a pas sa place au Québec;
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement du Québec de faire du 29 janvier la Journée québécoise
de lutte contre l'islamophobie.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la cheffe. M. le... Est-ce qu'il y a un consentement pour débattre
de cette motion? M. le leader du gouvernement.
Caire : Pas de consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme il n'y a pas... Oui,
M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Juste
souligner que nous... Il y a eu une erreur dans la lecture de la motion, le
député de René-Lévesque n'était pas conjoint à cette motion. Donc, juste
rectifier, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le leader, nous allons rectifier. Alors, nous en prenons bonne note.
Alors,
comme il n'y a pas consentement pour en débattre, nous allons poursuivre sur
notre troisième motion. Et je reconnais un
membre du troisième groupe d'opposition. M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
la parole est à vous.
M. Arseneau :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée de Maurice-Richard,
le leader du deuxième groupe d'opposition, le député de Chomedey et le député
de Rimouski, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale constate
que lors de son annonce, le 2 février dernier, le gouvernement n'a pas
respecté le système d'alertes régionales déposé l'automne dernier;
«Qu'elle
demande au gouvernement de faire preuve de transparence et de cohérence en
rendant public les nouveaux critères de
santé publique et les mesures sanitaires associées, si tel est le cas, à
chacune des zones de couleur du système d'alertes régionales, soit pour
les zones verte, jaune, orange et rouge, respectivement.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader du gouvernement.
Caire : Pas de
consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement,
nous allons passer à la suivante. Alors, je
reconnais un membre du groupe formant le gouvernement. M. le ministre
responsable des Affaires autochtones.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la cheffe de
l'opposition officielle, la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le
député de René-Lévesque, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le 19e anniversaire de la signature de la "Paix
des Braves";
«Qu'elle
salue cette entente historique qui marque une nouvelle ère dans les relations
entre le Québec et la nation crie;
«Qu'elle reconnaisse
que la Paix des Braves est mutuellement bénéfique;
«Qu'elle affirme que
cette entente a contribué à procurer une autonomie toujours grandissante à la
nation crie;
«Qu'elle
souligne qu'elle demeure à ce jour une source d'inspiration dans les relations
de nation à nation entre le Québec et les peuples autochtones;
«Finalement, qu'elle
souligne que de cette entente historique a mené à la signature, l'an dernier, de
la Grande Alliance.»
Merci. «Meegwetch.» «Thank
you.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le ministre. Est-ce
qu'il y a consentement pour débattre de cette motion, M. le leader du
gouvernement?
Caire :
Il y a consentement, sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Alors, je comprends qu'il y a consentement, sans
débat.
Alors,
je vais passer au vote. En application de l'ordre spécial, j'inviterais
maintenant les leaders parlementaires à m'indiquer le vote pour leurs
groupes sur cette motion. M. le leader adjoint du gouvernement?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le leader de l'opposition officielle?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le leader du troisième groupe d'opposition?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Mme la députée de Marie-Victorin?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie. En conséquence, la motion est
adoptée.
Alors, nous allons
maintenant procéder à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M.
le leader du gouvernement.
Caire :
Merci, Mme la Présidente. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission de la
culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 69, Loi modifiant la
Loi sur le patrimoine culturel et
d'autres dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 14 h 30 à 18 h 30, à la salle
du Conseil législatif;
Commission de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 67, Loi instaurant un nouveau régime d'aménagement dans les zones inondables des lacs et
des cours d'eau, octroyant temporairement aux municipalités des pouvoirs visant à répondre à certains besoins et
modifiant diverses dispositions, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 14 h 30 à 18 h 30, à
la salle Pauline-Marois;
Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 65, Loi modifiant principalement la
Loi sur la qualité de
l'environnement en matière de consigne et de collecte sélective, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 14 h 30 à
18 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission
des institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 64, Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels,
aujourd'hui, de 14 h 30 à 18 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau et Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le leader. Aujourd'hui, il n'y a pas d'avis de la présidence.
Alors, nous sommes rendus à la rubrique Renseignements
sur les travaux de l'Assemblée.
Alors, la période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 9)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux. Et nous en sommes aux affaires du
jour, et je vais céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Bonjour, Mme
la Présidente. Alors, je vous
demanderais d'appeler l'article 11 du feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je
vous remercie. À l'article 11
du feuilleton, M. le ministre de la
Justice propose l'adoption du principe du projet de loi n° 84, Loi visant à aider les personnes victimes d'infractions criminelles et à favoriser leur rétablissement.
Alors, je suis prête à reconnaître la première intervenante, et ce sera Mme la
députée de Les Plaines.
Mme Lecours (Les Plaines) : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, je suis très heureuse de procéder avec vous aujourd'hui, et ce, au nom du
ministre de la Justice et Procureur général du Québec, à l'adoption du principe
du projet de loi n° 84.
Cet important projet de loi propose une réforme majeure et
très attendue des régimes d'aide et d'indemnisation des personnes victimes
d'infractions criminelle. La
Loi sur
l'indemnisation des victimes d'actes criminels, qui est entrée en vigueur en 1972, n'a connu aucune réforme
majeure depuis sa création. Pourtant le besoin s'en fait sentir depuis
longtemps. D'importantes lacunes ont été soulignées à grand trait au fil
des années. Quelques modifications législatives à la pièce ont été faites par le passé, mais le tout était
nettement insuffisant. Le ministre est donc emballé, tout comme nous, les
membres du gouvernement, de pouvoir
enfin travailler sur cette réforme avec vous. Ensemble, nous pourrons bonifier
ce projet de loi et faire une réelle différence dans la vie des
Québécoises et des Québécois affectés par une infraction criminelle.
Je vais faire un
bref retour sur les consultations particulières. L'étape des consultations
particulières a permis de mettre en évidence
la nécessité d'une telle réforme. Nous avons entendu des témoignages qui nous
ont bouleversés. Depuis des années,
des personnes se sont vu refuser une aide essentielle en raison des limites de
la loi actuelle, notamment le fait que
l'infraction dont elles ont été victimes ne figure pas dans la liste des crimes
indemnisables. C'est le cas notamment des personnes victimes de certaines infractions, dont la traite des
personnes, le harcèlement et l'exploitation sexuelle. D'autres n'ont eu
droit à aucune aide, parce que l'infraction qu'elles avaient subie s'est
produite hors Québec.
Des groupes
d'aide aux personnes victimes et plusieurs experts sont venus aussi témoigner
de la difficulté à obtenir des services auprès de l'IVAC. Leur expérience doit
nous guider dans la suite des travaux. Je tiens aussi à souligner,
toujours au nom du ministre, l'immense
contribution de celles et ceux qui, avec courage et générosité, nous ont livré
leurs expériences. Ces témoignages nous rappellent l'urgence d'agir pour offrir
aux personnes victimes l'accompagnement et l'aide dont elles ont besoin
pour retrouver le chemin de la guérison.
intervenants ont salué le dépôt d'une réforme qui, de l'avis très général,
répond à des revendications ignorées pendant des années par les gouvernements
précédents. Cette réforme en profondeur, et je répète, en profondeur, de
la
Loi sur l'indemnisation des victimes
d'actes criminels favorisera une conception plus humaine de l'indemnisation, et
ça, c'est important, plus humaine de l'indemnisation, orientée vers
l'accompagnement et le rétablissement des victimes. Elle prévoit notamment revoir la notion de personne
victime, justement, et lui accorder une plus grande reconnaissance. De plus,
comme vous le savez, la liste des infractions donnant ouverture à la loi sera
abolie.
Toutes
les infractions contre la personne seront désormais admissibles sans exception,
même celles perpétrées hors Québec. Les
demandes d'indemnisation concernant les infractions commises en contexte de
violence sexuelle, conjugale ou subie pendant l'enfance seront désormais
imprescriptibles. En outre, la prise en charge des personnes victimes sera immédiate et systématique, avant même que leur
demande d'indemnisation ne soit acceptée. Une avancée majeure. Elles pourront aussi bénéficier d'une aide financière
d'urgence pour couvrir leurs besoins de base et leur permettre de quitter une
situation où leur vie et leur intégrité est menacée.
L'une
des faiblesses du régime actuel est le manque de soutien psychosocial offert
aux proches, on l'a souvent entendu en
commission, il y a quelques jours, notamment les parents
d'enfants assassinés et les proches de personnes blessées. Le projet de loi prévoit
accroître cette offre en plus d'élargir à une plus vaste gamme de
professionnels, comme les travailleurs
sociaux ou les sexologues. Ces services sont essentiels au rétablissement des personnes
ayant subi une infraction criminelle ainsi qu'à leurs proches. Elles
doivent impérativement y avoir accès plus facilement et plus rapidement.
En terminant, chers collègues
des oppositions, et dans l'espoir que nous travaillions tous dans le même sens,
je considère fondamental de rappeler, au nom du ministre de la Justice, les
principaux objectifs de cette réforme : un, d'assurer une plus grande reconnaissance
des personnes victimes; deux, de remettre la personne victime au coeur du processus — j'aurais dû dire celle-là en
premier, mais elle vient en deuxième; d'offrir un meilleur accès à de l'aide psychosociale adaptée; et, quatre, d'assurer
un soutien plus équitable en vue d'aider les personnes victimes à reprendre
le cours de leur vie. Encore une fois, au nom du ministre, mais également
au nom de tous les collègues parlementaires, j'espère qu'avec ces
objectifs en tête nous travaillerons d'un effort commun sur ce projet de loi si
important pour la population québécoise.
Vous
savez, Mme la Présidente, je suis convaincue que nous parviendrons à
offrir à toutes les victimes d'infractions criminelles la meilleure réforme possible.
Les victimes ont assez attendu, il est temps pour nous de remédier à la situation.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Les Plaines. Et maintenant je vais céder la parole à M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Dans le respect de notre règlement,
vous allez me permettre d'exprimer ma
surprise que ce ne soit pas le ministre
de la Justice lui-même qui est
intervenu le premier. Et un projet de loi excessivement important, qui
lui donne l'opportunité de prendre la parole pour une heure s'il le désire... Un choix a été fait, du côté du gouvernement, que ce ne soit pas le ministre qui intervienne le premier. Va-t-il désirer se
lever en cette Chambre pour venir défendre
les tenants et aboutissants de son projet
de loi? Nous aurons l'occasion de le
constater dans les prochaines heures, Mme la Présidente. Mais j'ose espérer
qu'il aura l'occasion, qu'il se donnera l'obligation d'intervenir dans le
débat, de se lever en cette Chambre, parce que son intervention est
excessivement importante. C'est lui qui
propose le projet de loi, c'est lui qui doit le défendre. C'est lui qui devra répondre, Mme la Présidente,
éventuellement à des questions en cette Chambre. Puis ça a déjà commencé, pas
plus tard que ce matin, et j'aurai l'occasion d'y revenir avec ma collègue de
Verdun, porte-parole de l'opposition officielle en matière de condition féminine. C'est une de ses collègues, au ministre,
qui a eu l'occasion de se lever, mais ce n'est pas le ministre qui a eu
l'occasion de se lever ce matin.
Alors, projet de loi excessivement important, le ministre doit pouvoir, un, se
donner la capacité d'entendre ce qui se dit ici, de comprendre les
griefs qui sont soulevés, et ils sont très nombreux, Mme la Présidente.
Puis
vous allez voir, j'ai une heure, là, j'ai une heure, je vais prendre mon heure,
puis vous allez voir que je ne ferai pas
de temps, là. Je ne ferai pas du temps pour parler, pour parler, je vais manque
de temps pour soulever tous les
griefs qui ont été notés dans la consultation, dans les consultations,
je reviendrai là-dessus, qui se sont faites à la vitesse grand V, Mme la
Présidente. 20 groupes sont venus nous voir en deux jours et demi. Une
journée, on a passé huit groupes à cinq
minutes d'intervalle. C'est le genre de consultation où on disait :
Bon, quels sont les prochains sur la liste? Avez-vous eu leur mémoire? Tant bien que mal, ils avaient été capables
d'envoyer le mémoire à la commission. On allait imprimer le mémoire parce qu'on
était en virtuel. Financement, ils avaient commencé à parler, puis on avait le
mémoire entre les mains, puis on n'avait pas eu le temps de faire toute l'analyse.
reviendrai également sur l'Association des juristes progressistes, qui a été,
je crois... oui, qui ont été les premiers à être entendus lors des auditions,
le 19 janvier, qui ont commencé le 19 janvier dernier, et qui sont
venus dire, Mme la Présidente, et vous allez me permettre de les citer...
D'abord,
qui sont les juristes progressistes, qu'est-ce que l'Association des juristes
progressistes? Cette association, Mme la Présidente, regroupe des avocats et
des avocates, des étudiantes et des étudiantes en droit, des travailleuses,
travailleurs du domaine juridique et des
juristes de divers horizons. L'Association des juristes progressistes regroupe
ces femmes et ces hommes qui ont un
intérêt tout particulier dans le contexte de l'indemnisation des victimes
d'actes criminels, et ils sont, et je les cite, conscientes et
conscients et croient fermement que «si le droit peut s'avérer un outil
efficace [la] lutte contre les inégalités
sociales, il peut également produire et reproduire de telles inégalités». Et
c'est comme ça qu'ils se définissent.
Bien,
eux, Mme la Présidente, ils ont dit, à la page 4 de leur mémoire, et je
les cite : «Nous considérons que
les enjeux sont nombreux. Nous
regrettons ainsi le court délai accordé pour soumettre ce mémoire, car nous n'avons
pu y aborder tous les points
problématiques du projet de loi n° 84 et nous doutons fortement que toutes
les voix pertinentes aient pu
se faire entendre. Nous considérons qu'avant de procéder à son adoption davantage
de consultations avec les acteurs, actrices du terrain seront nécessaires.»
Mme la Présidente, c'est l'Association des juristes progressistes. On pourrait, de mauvaise foi, me dire : Ah! bien, le député de LaFontaine, lui, il participe
du problème puis il ne veut pas que ça se règle, il ne veut pas que ça avance.
Oui, nous avons voté pour le principe du projet de loi n° 84.
Nous sommes en faveur d'une réforme du régime de l'indemnisation des victimes d'actes criminels. Nous sommes en faveur, on
a voté pour le principe. Par contre, comme les juristes progressistes et leur association, nous considérons que ça va
beaucoup trop vite. Dépôt du projet de loi... Mme la Présidente, le dépôt du projet de loi s'est
effectué le 10 décembre dernier, le jeudi 10 décembre dernier, la
veille de la dernière journée, de
notre départ pour du travail en circonscription. On a cessé de siéger le
vendredi 11 décembre. Alors, le 10 décembre, dépôt du projet de loi n° 84, le projet de loi n° 84... Puis il y a tellement de choses à dire,
Mme la Présidente, là, qui... Et dans le
titre même on peut voir
l'approche, et je vais revenir sur le titre.
Je veux juste
fermer la parenthèse. Je veux juste marquer le point, marquer le coup, qui
n'est pas anodin. Nous aurons l'occasion,
Mme la Présidente, de vérifier si la collègue qui vient de se lever, qui
représente le ministre, tel qu'elle l'a dit... Je ne considère pas qu'elle remplace le ministre. Elle dit qu'elle le
représentait puis qu'elle parlait, évidemment, pour la banquette
ministérielle et pour le gouvernement et en faveur de ce que le ministre
propose dans le projet de loi n° 84, qui
nous est présenté comme étant la panacée à tout, mais on verra les détails un
peu plus loin dans mon intervention. Nous aurons l'occasion de vérifier, dans les prochaines heures, prochains
jours, qui sait, si elle aura été la seule intervenante et si le gouvernement
n'aura pris que six minutes pour défendre une réforme majeure,
190 articles nouveaux, de rédaction nouvelle, qui viennent abroger les lois du régime actuel, qui est, en
soi, oui, une réforme excessivement lourde, excessivement complexe. Et je pense qu'il est important que le
ministre puisse se lever en Chambre, puisse entendre également ce qu'on a à dire, parce que c'est lui qui va être là en
article par
article puis qui va vous dire : Bien, je vous ai entendus, je
vous ai compris, puis voici comment on va modifier le projet de loi.
S'il ne nous entend pas, il ne pourra pas nous comprendre puis il ne pourra pas modifier le projet de loi,
mais ça ne l'empêchera pas de l'adopter, puis, qui sait, on touche du bois,
espérons-le pas, ça ne l'empêcherait pas, le
cas échéant, de l'adopter avec des écueils majeurs à l'intérieur. Et il y en a
plusieurs, des écueils.
Alors, je referme la parenthèse là-dessus. J'ai
hâte d'entendre le ministre sur le débat du principe, mais, jusqu'à maintenant,
force est de constater que ce n'est pas lui qui s'est levé en premier en cette
Chambre.
Alors, dépôt du projet
de loi le 10 décembre 2020, la
veille du départ. Tout le monde... Moi le premier, j'ai salué le dépôt du projet de loi en disant :
Bien, écoutez, une réforme, c'était attendu, c'était dans les engagements
également des partis
politiques, de réformer le régime d'indemnisation des victimes d'actes criminels.
Et là la première approche... Évidemment,
les gens l'ont lu en diagonale. Des experts et des expertes, Mme la Présidente,
ont rapidement, avec le micro des journalistes, puis c'est bien
correct, sous le nez dit : Bien, on salue ce dépôt de projet de loi,
on va prendre le temps de l'analyser et de
le lire, parce qu'il contient énormément de dispositions, et il y a des
dispositions particulièrement complexes.
Et là, Mme la Présidente, il y a eu la pause des
fêtes. Il y a eu rapidement... Évidemment, on voulait entendre plus de groupes, on voulait avoir plus de temps.
On aura entendu moins de groupes, on n'a pas eu beaucoup de temps. Je vous
dirais même qu'on n'a pas assez entendu de groupes puis on n'a pas eu assez de
temps. Rapidement, les auditions ont été
fixées les 19, 20, 21 janvier. On a entendu 20 groupes en deux
journées et demie, et, les groupes, Mme la Présidente, certains n'avaient pas eu le temps de déposer un
mémoire. Certains déposaient les mémoires l'avant-veille, la veille ou
une heure avant leur audition.
Et l'Association des juristes progressistes est
venue nous dire : Écoutez, c'est complexe. L'Association des juristes progressistes, Mme la Présidente, ce sont
des avocats, avocates, j'ai nommé qui participe de cette association-là,
qui sont particulièrement... qui sont spécialisés en matière d'indemnisation
des victimes d'actes criminels, avaient des choses
excessivement pertinentes à venir nous dire sur des concepts... puis, encore
une fois, il y a tellement d'éléments, sur des concepts... Par exemple, l'impact de la notion de faute lourde.
Quand vous êtes une victime, vous levez la main pour être indemnisée, si on peut démontrer que vous
avez fait, commis une faute lourde, bien, ça se peut que vous vous fassiez
fermer la porte puis que vous n'ayez pas d'indemnisation. On reviendra sur ce
concept-là. Il y avait des éléments sur lesquels on a pu discuter. Il y
avait des éléments également sur l'article 7, le devoir de coopération.
O.K., vous êtes une victime, vous voulez
être indemnisée, bien, vous devrez coopérer. Qu'est-ce que ça veut dire, ça,
Mme la Présidente? Le ministre nous a
dit : Ah! bien, vous savez, c'est ne pas porter plainte à la police, on ne
va pas exiger qu'il porte plainte à la police. Mais arrêtez de parler,
rendu là. Arrêtez, rendu là.
Alors, est-ce
que ça veut dire qu'on va obliger une personne, le cas échéant, à conter,
raconter et reraconter son histoire
alors que ça, c'est antinomique, c'est contradictoire puis c'est néfaste, dans
un processus réparateur, notamment pour des victimes d'agression
sexuelle, de un?
De deux, est-ce qu'on va obliger une victime à
venir témoigner? Bien là, n'oublie pas, là, n'oublie pas, on t'a indemnisée, puis tu as le devoir de coopérer.
Alors, c'est bien de valeur pour toi, tu trouves ça difficile, d'accord, tu vas
témoigner pareil. Le ministre n'a pas dit
qu'il n'y aura pas exclusion du devoir de témoigner, de l'obligation de
témoigner. C'est un autre élément.
Deuxième élément, puis ça, les gens vont
comprendre, à la maison, il y a un terme en droit qui s'appelle la subrogation. Subrogation, Mme la Présidente, si je suis victime et que l'indemnisation...
le régime m'octroie une somme
de 10 000 $ pour les dommages que j'ai subis, l'État est subrogé en
droit pour poursuivre le fautif, celui qui m'a causé le tort, jusqu'à concurrence de l'indemnisation qu'il m'a donnée. Tout
le monde a compris. L'État me donne 10 000 $, l'État se revire de
bord puis dit : Bon, bien, le 10 000 $ que j'ai donné au député
de LaFontaine, c'est toi qui l'as agressé, je te poursuis jusqu'à concurrence de 10 000 $. Il est
subrogé. Il prend le 10 000 $ qu'il m'a donné puis il peut poursuivre
pour d'autant.
Bien,
l'article 27, j'y vais de mémoire, l'article 27 oblige également la
victime à coopérer. Alors, vous voyez, ça, c'est une autre étape. On
m'indemnise, puis là je ne referai pas l'exemple que je vous ai donné, puis on
me demande de raconter mon histoire, de faire ci, de
faire ça. Aïe, tu dois coopérer, là. Présente-toi lundi. Ah! tu ne peux pas
lundi? Présente-toi jeudi. Bien là, si tu ne peux pas jeudi, regarde, il faut
que tu coopères, là. Tu te présentes jeudi puis tu vas reraconter ça au nouveau procureur au dossier. Tu vas témoigner. Ça,
c'est l'exemple lorsqu'il y a une poursuite criminelle. Le ministre n'a
pas dit que c'était exclu. Dans le contexte de la subrogation... Ça, c'est
à l'article
Article 27, dans le contexte de la subrogation, bien, le ministre, il veut ravoir son
10 000 $... pas le ministre, l'État, le régime d'indemnisation
veut ravoir son 10 000 $ qu'il m'a
donné, va poursuivre mon agresseur, puis moi, j'aurais un devoir aussi de
coopérer comme victime. Ça veut dire,
encore une fois, de revenir conter mon histoire au procureur ou à l'avocate au
dossier, de raconter mon agression,
et c'est ça... puis, dans un contexte d'agression sexuelle, notamment,
d'agression sexuelle aussi, dans certains contextes, de mineurs, Mme la
Présidente, il y a eu d'énormes drapeaux rouges qui ont été soulevés.
Pourquoi je vous conte tout ça? Ce sont des
éléments excessivement tangibles, excessivement tangibles, dont notamment l'Association des juristes
progressistes... dont sont venus nous parler les juristes progressistes. Et les
juristes progressistes nous ont dit,
Mme la Présidente... je vous ai lu l'extrait où ils disaient qu'ils
regrettaient le court délai et qu'ils auraient aimé apporter leur
éclairage sur d'autres dispositions. On avait d'autres questions, dans le temps
qui nous était imparti, puis ils nous ont dit : Bien, écoutez, tel autre
chapitre, là, tout l'autre pan de la loi, là... Ces dizaines et dizaines d'articles, ils n'ont même pas eu le temps de les
lire, ils n'ont même pas eu le temps de les analyser. Puis ils ont levé la
main : On va être présents, on va le
faire, le travail. Pouvez-vous juste nous donner un délai supplémentaire? Ne
partez pas tout de suite en peur, ils
n'ont pas dit ça de même, c'est moi qui les... Ne partez pas tout de suite en
peur en
article par article. On aimerait ça, parce que c'est important puis
c'est notre devoir, des femmes et des hommes avocates, avocats, notamment,
dédiés, c'est notre devoir de vous
donner notre éclairage. Parce qu'eux, ils le vivent sur le terrain, avec les victimes, ce qui se passe, la vraie vie. Pas le ministre,
pas moi, pas les collègues; eux sur le terrain, avec les victimes. Oui,
comme député, on rencontre des
victimes, on rencontre des avocats, mais nous ne vivons pas le système,
ses écueils, la loi, ses limites, ce projet de loi, sa complexité, ce
pavé dans la mare.
Parce que, Mme la Présidente, c'est bien beau,
une réforme, mais je vais résumer ça comme ça, puis, comme législateur,
c'est une chose que je réalise de plus en plus... Vous savez, être député, on
peut dire que c'est une passion, c'est d'être près de sa population.
Il faut être dédié, il ne faut pas compter les heures, on sait tout ça. Mais
aussi, à quelque part, c'est
un métier qui s'apprend, être député. On est meilleur député après un certain
temps que le jour 1, c'est clair, ça s'apprend. Puis là on se rend
compte de certaines choses.
On se rend
compte, notamment, puis j'ouvre une parenthèse, que, tu sais, une politique
gouvernementale qui fait en sorte que tous les ministères
et organismes impliqués, par exemple, dans la lutte aux
violences conjugales... Bien, on va
faire une politique gouvernementale puis on va faire un plan d'action. Et là, Justice,
tu as des devoirs, tu as des délais, tu as une imputabilité, Santé, DPCP, et
ainsi de suite. Donc, j'ouvre la parenthèse pour pouvoir la refermer immédiatement, on se rend compte, comme législateurs, comme députés, parce que c'est un métier qui
s'apprend puis on développe : Ça, ça tient la route. Ça, c'est bon. Ça, c'est réellement tangible, c'est
précis, qui doit réaliser ça, selon quels délais, puis il y a
un rapport de mise en application par la suite, alors là vous êtes
imputable. Je referme la parenthèse.
Autre élément
qu'on apprend, dans notre métier de députés, on peut se donner, Mme la Présidente, bonne conscience puis dire : Aïe! l'indemnisation des victimes d'actes criminels, c'est vrai, c'est un régime qui a été
mis en place... la loi est de 1971,
il a été mis en place en 1972, ça va faire bientôt 50 ans... L'indemnisation des victimes d'actes criminels, ça a pris une vingtaine d'années pour que, déjà,
les gens lèvent la main puis disent : O.K., ça ferait 20 ans,
là, 1992, début des années 90, là, il faudrait réellement faire une
réforme de ça. Ça fait 20 ans, puis, sur le terrain, on a vu, il y avait
des écueils, et tout ça. Donc, ça fait une
trentaine d'années, début des années 90, qu'on dit : Ça prend une
réforme, ça prend une réforme, ça prend une réforme, tout le monde
s'entend là-dessus. Des groupes représentant des victimes — juste
pour faire mon point — sont
venus nous voir pour nous dire notamment, Mme la
Présidente : Bien, savez-vous,
on aimerait mieux garder le régime
actuel que de vivre demain matin avec la mouture du projet de loi n° 84. Ils sont venus nous dire ça, Mme la Présidente, des femmes et des hommes qui sont experts en la
matière. Je pense, entre autres, au Regroupement québécois des CALACS.
Regroupement québécois des CALACS, c'est un regroupement d'organismes,
les CALACS, qui accompagnent les
victimes, les premiers répondants, qui s'assurent d'identifier le besoin, d'épauler, d'accompagner,
d'offrir des ressources, de faire le suivi. Réellement, travail
extraordinaire. Eux sont plus spécialistes que n'importe qui en cette Chambre,
Mme la Présidente, quant à l'application de la loi, du régime actuel. Et, quant
aux besoins, ce sont les plus convaincus du
besoin, oui, de certaines modifications. Bien, dans le projet de loi
n° 84, ils sont venus nous dire, Mme la Présidente, qu'il fallait
ralentir le rythme. Il faut ralentir le rythme. S'il y a des gens qui sont
convaincus que ça prend une réforme, c'est
bien eux autres, c'est bien les juristes progressistes, c'est bien les autres
personnes qui sont venues nous voir mais ont dit : Ralentissez, vous allez
trop vite. Parce que ce n'est pas mieux, se donner, comme législateurs, bonne
conscience et dire : Aïe! «check
the box», si vous me permettez l'expression, livré. On a fait une réforme
complète, de fond en comble, du régime d'indemnisation des victimes
d'actes criminels.
Les CALACS
sont venus nous dire qu'à la lecture de certains articles ils avaient mal à la
tête, c'était complexe. Ils ne comprenaient pas. S'ils ne comprennent pas, eux
autres, Mme la Présidente, pensez-vous que moi, je vais comprendre le ministre puis que les collègues autour de la
table, on va comprendre? En tout cas, on va s'enligner en
article par
article
pour avoir énormément de questions. On va poser des questions, on va faire ce
qu'on peut, mais, Mme la Présidente, nous
n'aurons eu éclairage que, ce n'est pas réducteur, de la part qu'ils ont eue à
notre réflexion, mais nous aurions pu avoir plus que 20 groupes en
deux jours et demi, vitesse grand V, du 19 au 21 janvier dernier. Il y a
des groupes qui ont dit : Ralentissez.
Des groupes parmi les premiers convaincus que ça prend une réforme qui ont dit :
Ça va trop vite, c'est complexe.
Ils nous ont
parlé, entre autres... Puis, les collègues, je vous réfère à l'article 16
du projet de loi n° 84. Il y a même une spécialiste en la matière
qui nous a dit : Écoutez, je l'ai lu une fois, je l'ai lu deux fois, je
l'ai lu trois fois. J'ai eu des débats avec mes collègues avocates et avocats pour essayer de
comprendre l'article 16, qui fait plus qu'une page, et là-dedans il y a le concept de faute lourde, entre
autres, auquel on fait écho, puis qu'en fin de compte ils se rendaient compte
qu'ils ne le comprenaient pas, qu'ils avaient des interprétations différentes,
et qu'il ne faut pas manquer la cible.
Je reviens à
mon histoire et mon analogie de député législateur. C'est un métier qui
s'apprend. Un métier qui s'apprend, ce n'est pas réducteur, ça ne se veut pas
réducteur, c'est comment bien faire les choses. Boileau disait, l'écrivain
Boileau : «Hâtez-vous lentement.» Les
organismes, les premiers convaincus que ça prend une réforme disent : Ça
va trop vite, manque de consultation, manque de réflexion. On va prendre
le régime actuel, on va faire table rase. Parce que le projet de loi n° 84, Mme la Présidente, vient abroger notamment
deux lois. Il en abroge trois, mais
une qui n'était pas en vigueur. Il abroge notamment la
Loi sur l'aide
aux victimes d'actes criminels — ça, c'est à peu près 23 articles — et la
Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes
criminels, 29 articles, vient abroger complètement le régime et
vient déposer, là, des lois
de 23, 29 articles, 190 articles nouveaux. On va me dire :
Oui, mais les concepts ne sont pas nouveaux, les bases ne sont pas
nouvelles. La rédaction est nouvelle, Mme la Présidente, et le ministre a la
prétention, bien évidemment, que sa
rédaction nouvelle va changer les choses. Alors, qu'on ne vienne pas me dire :
Oui, bien, c'est toutes des choses entendues puis connues. Non. Je veux dire, il ne fait pas une réforme pour faire
une réforme, il veut changer des choses. Et il prétend, puis je pense qu'il a
raison, puis là-dessus je le suis à 100 %,
qu'il va réformer ça de façon majeure. Oui, mais est-ce qu'il va faire
le bien? Pas convaincu. Puis, dans certains cas, convaincu que non, Mme la
Présidente.
Alors,
190 articles. Dans la vraie vie — je finis mon analogie du métier qui
s'apprend — on se
rend compte qu'on pourrait se donner bonne conscience. On adopte une réforme
table rase de tout ce qui se fait, 190 nouveaux articles. Aïe! allez lire ça, c'est fantastique, on a fait
avancer le Québec! Nos avocates, nos avocats, au premier
titre les victimes,
leur entourage, les CALACS, les organismes, l'IVAC qui décide de poser
la demande, acceptée, refusée, tout ce monde-là devront comprendre ce que des
spécialistes sont venus nous dire : On ne comprend pas.
Alors, Mme la
Présidente, une nouvelle loi, une refonte, lorsqu'elle dit : Bien, c'est
ça, le nouveau régime, et que ce
n'est pas clair, il y a des écueils, et que, contrairement à ce qui devrait
être l'intention, qu'il y ait une interprétation large et libérale, ce
n'est pas le cas...
Je veux dire,
nos gens sont bien intentionnés au régime d'indemnisation, les femmes et les
hommes qui travaillent là, bien, dans le doute, je veux dire, ils ne vont pas
en accorder. Ce n'est pas : Dans le doute, on l'accorde. C'est : Dans
le doute, on le refuse. Bien, ça, Mme la
Présidente, le risque est énorme, et c'est écrit dans le ciel qu'il y aura des
victimes qui vont dire : Aïe! en vertu de la nouvelle loi, ils
n'auront pas... que j'ai là. Ils vont dire : En vertu de la nouvelle loi,
moi, j'y ai droit puis voici ma demande,
tout ça. L'IVAC va regarder ça, l'IVAC va essayer de comprendre ce que veut
dire la loi puis, dans bien des cas, va dire : Non, refusé, refusé,
refusé. Là, on va dire : Ah! ça va suivre son cours.
La victime va
devoir, si elle a un refus — puis il va y en avoir, des refus, parce que
ce n'est pas clair puis, quand ce n'est pas clair, dans le doute, ils vont
refuser — devra
déposer une contestation. Il y aura révision. Puis, si la révision, à ce
moment-là, est toujours refusée, ce qui
arrive, dans bien, bien, bien des cas, dans trop de cas, probablement, devant
le tribunal il y aura contestation judiciaire. La victime devra, encore
une fois, raconter son histoire, recontextualiser, s'engager une avocate, un avocat, avec les délais que ça
importe, puis, en bout de piste, ne pas être sûre de l'interprétation que ça va
être donné. Autrement dit, une
réforme nouvelle qui n'est pas bonne, qui n'est pas claire et qui met plus de questions
qu'autre chose que des réponses, ça
se fait dans la vraie vie, c'est vécu sur le dos des victimes qui devront
déposer les demandes, se faire refuser, contester et développer ce qu'on
peut appeler un corpus jurisprudentiel.
Ça, ça ne se
fait pas en termes de semaines, de mois, ça se fait en termes d'années, Mme la
Présidente. Ça va prendre des années pour que cette loi-là ait l'avis,
l'interprétation de tout un chacun et ultimement du tribunal et que l'on puisse
se guider. Ça, pendant les prochaines
années, si d'aventure c'était adopté aujourd'hui, Mme la Présidente... Puis je
n'entends pas que le ministre a dit,
jusqu'à maintenant : Inquiétez-vous pas, nous allons avoir des amendements
nombreux et majeurs, ça va prendre des amendements nombreux et majeurs, très
clairement. Le ministre ne l'a pas encore dit clairement, et on aura
l'occasion, mais on n'est pas rendus là.
Nous devons
avoir, dans tous les sens du terme, l'éclairage additionnel des
groupes. Les groupes, les femmes et les hommes qui vivent le
système d'indemnisation sur le terrain doivent venir nous dire...
Puis certains
sont même venus nous dire... Un spécialiste, Mme la Présidente, Marc
Bellemare... Marc Bellemare, tout le monde le connaît, avocat dans la région de
Québec, spécialiste depuis des années, des années et des années notamment
des régimes d'indemnisation, régime
d'indemnisation des victimes d'actes criminels, est venu nous dire... Écoutez,
à ma première lecture, il était content, il était enchanté, même discours, même
approche, même affaire. Et là, durant le temps des fêtes, parce que ça a été déposé, le pavé, hein, dans la mare,
le jeudi 10 décembre, donc mi‑décembre, temps des fêtes, à un moment donné
on décroche un peu. Deux semaines, trois semaines après, il y avait les
auditions en... et puis Marc Bellemare est venu nous dire... Écoutez, il est spécialiste, il a lu une fois, deux fois,
trois fois la loi, et là il s'est rendu compte des écueils énormes qui
étaient inclus dans la loi, des écueils énormes dans la loi.
Et il y a eu
un témoignage, lors des auditions, Mme la Présidente, excessivement, je vous
dirais, percutant. Et, quand on entend ça d'un spécialiste qui plaide
pour une réforme, qui plaide pour une réforme... Qui, soit dit en passant, a
souligné le fait — j'ouvre
la parenthèse pour la fermer, mais c'est quand même révélateur — que,
quand le ministre de la Justice était dans l'opposition,
ils se parlaient sur une base régulière, mais, depuis qu'il est ministre, ils
ne se parlent plus. Donc, ça, il l'a
déploré, il aurait aimé ça être consulté, mais, comme le projet de loi est
déposé, est venu déplorer de façon très tangible des éléments contenus
dans le projet de loi.
Alors, il y a énormément de travail qui nous
attend, Mme la Présidente. Et, en ce sens-là, vous me permettrez donc de souligner... Parce que vous allez dire :
Bien, pourquoi vous avez voté pour le
principe, si c'est si mauvais que ça? On est pour le principe d'une
réforme. On est prêts, on veut puis on va faire le travail
article par article.
Nous allons être excessivement proactifs. Nous déposerons de nombreux amendements puis pas pour le
plaisir de faire du temps, mais, si on n'a pas fait les consultations suffisamment
largement, Mme la Présidente, nous, dans notre métier de législateurs, bien, on va parler aux groupes au fur et à mesure de l'article 1, de l'article 2, de l'article 3,
et nous allons comprendre leurs récriminations,
leurs griefs, leurs préoccupations, et nous allons traduire ce qu'ils auraient
pu nous dire dans les consultations. Si
on les