Public Finance — 2 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2019-05-02
Quebec — Committees
(Onze heures trente-deux minutes)
Président (M. Simard) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Nous sommes prêts à reprendre nos travaux. Je
vous souhaite, à toutes et à tous, la bienvenue, après beaucoup
d'émotions en Chambre, au salon bleu.
Il nous fait
plaisir de retrouver le salon rouge pour la commission, réunie afin de
procéder à l'étude du volet Finances,
Société des alcools du Québec, des crédits
budgétaires du portefeuille Finances pour l'exercice financier 2019‑2020. Comme
vous le savez, une enveloppe de deux heures a été allouée à nos travaux.
Alors, Mme la secrétaire, y aurait-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Alors, Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata).
Président (M. Simard) : Merci beaucoup. Alors, vous êtes habitués
à notre manière de fonctionner. Nous avons deux heures. Nous aurons des
blocs de discussion d'environ 15 minutes chacun.
Nous avons légèrement
commencé nos travaux en retard. Conséquemment, puisqu'il y avait consensus
avant le début de nos travaux, nous
allons, comment dire, prendre ce temps, le gruger à la
partie gouvernementale
afin d'arriver dans nos temps et de finir à 13 heures. Je comprends
qu'il y a consentement? Consentement. Très bien.
Alors, M. le
porte-parole de l'opposition officielle, M. le député de Robert-Baldwin, la
parole est à vous pour une période de 19 min 20 s.
M. Leitão :
Très bien. Merci. 20 secondes, c'est très précis comme... mais 18. Maintenant,
c'est 17. Bonjour. Bonjour, chers
collègues, M. le ministre. Mesdames de la Société des alcools du Québec,
bonjour. Bienvenue à la meilleure commission du Parlement, la Commission
des finances publiques.
On va parler
un peu, aujourd'hui, bien sûr, de la Société des alcools du Québec. Alors,
j'aimerais commencer par l'argent,
commencer par le «bottom line». On constate, dans le budget de M. le ministre
des Finances, que la Société des alcools
du Québec va fournir... s'engage à livrer un dividende assez intéressant au
gouvernement, et pas seulement intéressant mais à la hausse. Donc, c'était 1,1 milliard, l'année qui vient de
terminer, 2018‑2019, ce qui était 29 millions de plus que prévu au budget précédent. Et puis, pour les deux
années qui suivent, c'est 1,6 milliard et 1,8 milliard, donc, quand
même, des augmentations assez
importantes dans les dividendes. Donc, ça reflète, bien sûr, une augmentation des revenus. Alors, si vous pouvez juste nous dire un peu
comment vous allez vous y prendre pour livrer cette marchandise au gouvernement.
Le Président (M. Simard) :
Merci. M. le ministre, à vous la parole.
M. Girard (Groulx) : Si vous
permettez, je passerais la parole à Mme Dagenais.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, d'abord, il faut le consentement pour que Mme Dagenais puisse
s'adresser à nous. Je constate qu'il y a
consentement. Merci. Mme Dagenais, pour les fins de la
transcription de nos débats, auriez-vous l'amabilité de vous présenter
et de signifier vos fonctions?
Mme Dagenais (Catherine) : Oui.
Catherine Dagenais, présidente et chef de la direction de la SAQ.
Le Président (M. Simard) :
Merci. Nous vous écoutons, madame.
Mme Dagenais
(Catherine) : Oui. Merci, M. le Président. Alors, effectivement, nous sommes en début d'année financière. Et nous avons présenté au gouvernement un résultat net, pour 2019‑2020, de 1 161 000 000 $. Et on rencontre toutes nos équipes SAQ et on
est...
Dans le fond, comment allons-nous arriver à ce
résultat-là? On a plusieurs actions, en fait, qui touchent les deux axes de
notre plan stratégique. D'une part, l'excellence de l'expérience client, on
poursuit le développement de... l'évolution,
en fait, de l'expérience client qu'on fait vivre en succursale, en magasin et
sur notre site Web. Et, d'autre part, au
niveau de la gestion des coûts, donc, de l'efficience opérationnelle, de
l'excellence opérationnelle, on a prévu de bien gérer nos coûts. Donc, on prévoit, en fait, une augmentation de nos
coûts de 1,4 % cette année, versus l'année dernière, et des ventes de
2,2 % de plus que l'année passée, alors ce qui nous permet une saine
gestion de nos coûts, axée aussi sur une année où... En
fait, l'année financière que nous allons vivre avec l'excellence de
l'expérience client, on est confiants, là, de remettre le dividende de
1 161 000 000 $ au gouvernement.
Le Président
(M. Simard) : ...madame. M. le député.
M. Leitão :
Merci. Et je m'excuse, je me suis trompé, avant. En 2020‑2021, ce n'est pas
1,8 milliard, c'est 1,18. Donc,
je veux juste qu'on s'assure... Mais c'est quand même un montant important, et
donc ça reflète vos actions. Très bien.
Vous
savez, il y a toujours une tension, je pense que c'est une tension
constructive, entre, d'un côté, donc, l'augmentation du volume de
ventes, donc des objectifs de nature commerciale, qui sont très corrects et
très pertinents, et puis en même temps aussi
un côté santé publique où on ne veut pas nécessairement encourager la
consommation d'alcool. On a beaucoup
parlé, récemment, du cannabis, mais on oublie aussi que l'alcool aussi doit
être consommé de façon prudente. Alors, comment, encore une fois, vous
conjuguez ce double objectif de croissance et, en même temps, de retenue?
Le Président
(M. Simard) : Mme la directrice.
Mme Dagenais
(Catherine) : Merci. Alors, oui, c'est une excellente question, et que
nous vivons, en fait, au quotidien.
SAQ a la préoccupation d'avoir une saine responsabilité sociétale, notamment
quand on parle de l'éthique de vente.
Alors, évidemment, je pense ici au cartage des mineurs, que nous faisons jour
après jour dans les succursales pour s'assurer, en fait, que les mineurs
ne rentrent pas dans nos magasins.
après, avec notre programme Inspire, ce que ça nous permet de faire, c'est de
mieux connaître notre client et de lui proposer des offres qui
rejoignent ses goûts, et non pas d'encourager le consommateur à consommer tout
bêtement. Alors, c'est là-dessus que nous
misons année après année. Et on le voit dans la croissance de nos volumes, qui
est autour de... entre 1 % et
2 % année après année. On a ce souci-là d'éduquer le client plutôt que de
le faire consommer à outrance.
M. Leitão :
Très bien. Et, si je ne me trompe pas, la SAQ a décidé de ne pas
commercialiser, de ne pas vendre dans ses
succursales les boissons alcooliques trop sucrées, là, j'oublie le nom,
maintenant... le Fckd Up et des choses comme ça. Donc, ça, vous avez
choisi de ne pas les vendre. C'est ça?
Le Président (M. Simard) :
Mme Dagenais.
Mme Dagenais
(Catherine) : Oui. Alors, effectivement, les boissons sucrées qui ont été... dont le gouvernement a demandé à la SAQ de les commercialiser, dorénavant, lorsqu'elles
avaient un taux d'alcool trop élevé... La SAQ n'est pas dans cette tendance-là. En fait, ce sont des
produits, pour le moment, qui ne rejoignent pas la demande de notre clientèle.
On est très attentifs à ça. Et je dois aussi
me permettre de dire que, lorsque nous avons des propositions de nos
fournisseurs, de nos partenaires, tout est analysé, hein, le jus, le
produit comme tel mais le label, là, l'étiquette, et on a un comité d'éthique qui va s'assurer, en fait, de ne pas
commercialiser des produits qui pourraient inciter notamment
les jeunes à consommer ces produits-là.
Le Président (M. Simard) :
M. le député.
M. Leitão : Très
bien. Alors, un peu dans cette
optique de commercialisation, de nos jours on vend les produits sur
place, dans les succursales. On peut aussi faire la distribution en ligne, et
je pense que la SAQ a un site Web qui est transactionnel qui est quand même
assez bien organisé.
Maintenant,
la question que j'ai, c'est au niveau du commerce
interprovincial. C'est-à-dire que je pense qu'il y a une certaine volonté de
libéraliser un peu les échanges entre les provinces. Avec le commerce
électronique, ça devient possible, que
les Québécois se cherchent des produits des autres provinces, que
les autres Canadiens cherchent des produits québécois. Alors, comment vous, à la SAQ... Comment vous
voyez ça? Est-ce que vous voyez ça comme une menace ou plutôt une opportunité
de distribuer aussi des produits québécois ailleurs au Canada?
Le Président (M. Simard) :
Merci. Mme Dagenais ou M. le ministre. Mme Dagenais.
Mme Dagenais
(Catherine) : Oui. Alors, je voulais m'assurer que je ne commettais
pas d'impair.
En fait, comment on voit ça, c'est sûr
qu'on se conforme à la loi. Actuellement, ce n'est pas possible pour la SAQ d'envoyer des commandes qui sont faites au Québec à
l'extérieur du Québec, et, pour le moment, ce n'est pas le mandat que
nous avons eu de le faire. Alors, on va se conformer à la volonté du gouvernement.
M. Leitão : Mais, si jamais il y avait... Et je comprends
aussi que, s'il y avait une telle ouverture, il faudrait que ça se négocie à l'intérieur de... donc les
différentes provinces se mettent d'accord pour libéraliser davantage
le commerce interprovincial. Mais, si
c'était le cas, comment vous voyez ça, à la SAQ? Est-ce que vous voyez ça comme
une menace, nécessairement, à votre monopole ou est-ce que vous voyez ça
comme une opportunité de vendre vos produits ailleurs, sachant très bien que, par
exemple, dans le cas des spiritueux,
l'offre de produits de la SAQ n'est pas mauvaise du tout comparé à ce
qui se passe en Ontario, par exemple. Donc, comment vous voyez ça, si jamais on
arrivait à une telle libéralisation?
Mme Dagenais
(Catherine) : La SAQ a un très
bon positionnement, présentement, non
seulement géographique, parce que
vous savez que tout ce qui est importé en matière de vins ou de spiritueux de
l'extérieur est acheminé... En fait, de mémoire, c'est autour de 70 % de ce qu'on importe qui provient par
bateau, et on est à côté du port de Montréal, donc on a un
positionnement qui est assez intéressant.
Maintenant,
on a un pouvoir d'achat. On est le plus gros acheteur de vins... un des plus gros
acheteurs de vins au monde et, en
fait, le premier acheteur de vins français au monde et de l'Italie également.
Alors, on a un très bon positionnement stratégique sur notre pouvoir
d'achat, actuellement, qui pourrait être certainement utile dans un cas de
changement.
M. Leitão :
Très bien. Merci. Alors, M. le ministre, maintenant c'est pour vous. Donc,
avez-vous l'intention d'explorer ça
avec vos homologues des autres provinces pour faire quelques pas de plus dans
la direction d'un marché pancanadien, d'un
marché interprovincial qui soit un peu plus ouvert que maintenant? C'est quand même un peu ironique de voir qu'on
a encore des règles qui viennent des années très distinctes en termes de
réglementation du commerce interprovincial de produits d'alcool.
Le Président (M. Simard) :
M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Disons que, le commerce interprovincial, au Canada, c'est
clair qu'il y a des améliorations à apporter. Je pense qu'à chaque
rencontre des ministres des Finances c'est un sujet à l'agenda.
Pour
le cas particulier de l'alcool ou des boissons alcoolisées, le gouvernement
fédéral a, dans son budget de 2019, fait des annonces dont les
précisions viennent d'être déposées, et nous analysons les impacts de tout ça.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. M. le député...
M. Girard
(Groulx) : Alors, le budget, je pourrais commenter que le budget
manquait de précision.
M. Leitão :
O.K. Très bien. Merci. Parlons aussi, donc, de l'offre de produits qui est
offerte dans la SAQ.
Depuis
un peu de temps déjà, les produits québécois ont de plus en plus de place.
Comment ça se passe? Comment vous
voyez l'évolution, donc, de la vente des produits du terroir dans les
succursales de la SAQ pour les vins mais aussi pour les spiritueux? On a quand même de belles histoires de... soit de
la vodka, gin, etc. Comment les choses se passent depuis à peu près un
Le Président (M. Simard) :
Mme Dagenais.
Mme Dagenais
(Catherine) : J'en parlais justement hier à ma grande équipe. Alors,
les produits québécois sont la fierté
des Québécois, et évidemment, là, la SAQ contribue en donnant de l'espace à ces
produits-là dans nos magasins, quand
on parle de vins québécois, de cidres québécois, d'hydromel, de produits
d'érable ou de spiritueux québécois, et on est rendus aujourd'hui à près de 70 millions de dollars de vente de
ces produits-là et on travaille de façon rapprochée avec tous ces joueurs-là. J'étais à leur conférence, il
y a quelques semaines, et c'est dans notre plan d'affaires, c'est dans notre
plan stratégique d'offrir de plus en plus de place.
Nos employés sont
formés sur les produits, et, bon, dernièrement, on a vu beaucoup de place prise
de la part, notamment, des spiritueux
québécois. Je crois qu'il y a eu quelque 40 permis, là, qui viennent
d'être octroyés. Donc, on peut penser
que, dans les prochains mois, il y aura encore plus de produits, de spiritueux
québécois, également, dans nos succursales.
Et, évidemment, notre intention, c'est de les faire connaître. J'invite la
clientèle, d'ailleurs, à déguster ces produits-là et à les découvrir.
M. Leitão :
Très bien. Merci. Bon, ça a pris quelques changements législatifs, qu'on a mis
en place en 2018, 2017, changements,
d'ailleurs, qui avaient été votés par l'Assemblée unanimement. Donc, c'était un
travail collectif pour permettre la vente de ces produits québécois non
seulement dans les succursales de la SAQ, mais aussi sur place.
Maintenant,
est-ce qu'on serait prêts à aller à l'étape suivante, de permettre la vente de
ces produits québécois aussi pas seulement sur place, mais dans
certaines, appelons-les, boutiques ou certains petits magasins qui... ce ne
serait pas nécessairement les succursales de
la SAQ, mais qui seraient d'autres magasins dédiés à la vente de produits
locaux, pas seulement proches de la production, mais en milieu urbain,
par exemple?
Mme Dagenais
(Catherine) : Donc, si on parle notamment de la loi n° 170, qui permet maintenant aux producteurs de spiritueux de vendre sur leur lieu de
production, on est au début de cette nouvelle possibilité là. Et d'ailleurs
cette loi-là, en fait, stipule que
les producteurs, les distillateurs peuvent le faire sur le lieu de production,
en autant que le produit ait été acheté
de la SAQ, pour faciliter, en fait, pour simplifier le processus. Parce qu'en fait ce que... cette loi-là, si on l'interprète
à la lettre, stipule que le produit doit passer par la SAQ pour ensuite être
livré, retourné, en fait, au producteur. Alors, évidemment, ce n'est pas
efficace. C'est des gaz à effet de
serre. Bref, ce n'est pas la façon de faire. Donc, on a voulu faciliter cette
démarche-là et permettre la vente directement, moyennant, évidemment... La SAQ va
percevoir les marges derrière la
vente de ces produits-là mais a exclu, en fait, la portion des frais
d'opération que ça nous aurait coûté si ces produits-là avaient transigé
par chez nous. Alors, c'est ce sur quoi on a travaillé dans les derniers mois.
Le Président (M. Simard) :
Merci. M. le député.
M. Leitão : Très
bien. Merci, M. le Président. Merci. Donc, ce travail-là se poursuit. Mais ma question,
peut-être, allait
un peu plus loin que ça, c'est peut-être pour M.
le ministre à répondre, je ne sais
pas, mais c'est, donc, d'avoir des points de vente de
produits québécois... des points de vente qui ne seraient pas seulement
limités aux sites de production mais qui pourraient se trouver aussi
ailleurs et des points de vente qui ne seraient pas la propriété de la SAQ.
M. Girard
(Groulx) : En fait, je
dirais, l'essence actuelle de notre travail, c'est l'efficience du modèle
actuel. Et nous avons été très clairs
qu'il n'était aucunement question de privatisation, et je comprends que votre question
n'est pas sous cet angle-là, mais je tiens à le dire.
Quant
à l'augmentation de la concurrence sous quelque
forme que ce soit, que ça vienne des producteurs locaux, sous la forme que vous le mentionnez, c'est
certain que ça va être analysé, mais toujours dans le respect de l'ensemble des parties prenantes, les employés, les
consommateurs, l'industrie, les contribuables. Et nous sommes vraiment
au début de ce processus-là, alors il est vraiment prématuré de se
prononcer spécifiquement sur le cas que vous donnez.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. M. le président...
M. Leitão :
Très bien. Merci, M. le Président. Je pense qu'on approche de la fin. On va
revenir à...
Le Président (M. Simard) :
...six minutes, quand même.
M. Leitão :
Six minutes?
Le Président (M. Simard) :
Oui, 6 min 36 s.
M. Leitão :
Ah! Alors, on va continuer, parce que...
Le Président (M. Simard) :
Vous ne pouvez pas dire que je ne suis pas généreux avec vous aujourd'hui.
M. Leitão :
Parce qu'on était rendus à 19 minutes ici, sur le...
Le Président (M. Simard) :
Mais c'est la preuve que je calcule parfois mieux que vous.
M. Leitão : Bien, voilà. Ça, ça suscite des questions.
Ça suscite des questions, M. le
Président, parce qu'en effet...
Donc, ce que je voulais aborder, c'est cette
question, donc, du modèle d'affaires de la SAQ, de son efficacité,
dans le contexte de l'étude qui a été
faite par PricewaterhouseCoopers, et qui a été rendue publique, je pense, en
septembre, et qui présentait plusieurs pistes de solution, plusieurs
pistes de... Et puis évidemment, par la suite, bon, il y a eu l'élection, et
tout ça.
Alors,
ce que je voudrais savoir, c'est, donc, suite au dépôt de ce rapport et à
l'analyse qui a été faite, comme vous venez
de mentionner, votre position, la position du gouvernement, maintenant,
c'est de ne pas s'avancer dans une certaine libéralisation du modèle, et donc de rester avec le modèle actuel de
monopole, et mettre plutôt l'accent sur l'amélioration de son efficacité, mais sans nécessairement ouvrir
le modèle?
Le Président (M. Simard) :
Mme Dagenais... M. le ministre, désolé.
M. Girard
(Groulx) : Je pense que c'était une question pour moi.
M. Leitão :
Mme Dagenais pourrait y répondre aussi, mais je pense que ce serait peut-être...
M. Girard
(Groulx) : ...il y avait un point d'interrogation à la fin de votre
phrase? O.K. Je n'étais pas sûr.
Disons
que, moi, la lecture de cette étude ne m'a pas satisfait. Je l'ai lue de gauche
à droite, et puis, après ça, j'ai essayé
de la lire de droite à gauche, et je ne peux pas dire que cette étude, là,
amène une conclusion dans une direction ou dans une autre. Alors,
l'étude n'est certainement pas une ligne directrice du gouvernement. J'ai
retenu deux points de l'étude : qu'au
niveau de la profitabilité ou des aspects financiers du modèle d'affaires
actuel c'était satisfaisant ou compétitif par rapport à d'autres
provinces et qu'il y avait des opportunités d'amélioration de productivité au
sein de l'organisation.
Alors,
moi, je suis arrivé en poste, et, après six semaines, nous avions une mise à
jour économique. Ensuite, nous avions un budget. Nous sommes un nouveau gouvernement et nous avons plusieurs priorités, notamment l'éducation
et l'amélioration des services en santé.
Alors, lorsque j'ai rencontré cette excellente équipe de direction, j'ai émis
clairement que l'efficience du modèle
actuel était ma première priorité. L'ouverture à plus de concurrence, on va
regarder ça en temps et lieu. Et, encore une fois, je tiens à dire que
tout ça devra être fait dans le respect de l'ensemble des parties prenantes.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. M. le député.
M. Leitão : Très bien. Je viens d'avoir une autre information qu'en effet le calcul du temps n'était pas aussi précis que
vous...
Le Président (M. Simard) :
...trop rapidement. Me voilà bien puni.
M. Leitão : Donc, ça, c'est un sujet... c'est un sujet assez
intéressant, assez important, et je pense que je vais le réserver pour
notre prochain bloc. Et là on va mesurer le temps avec rigueur.
Le Président (M. Simard) :
Très bien, monsieur. Bien sûr, bien sûr.
M. Leitão : Donc, merci. Merci,
M. le ministre. Merci, Mme Dagenais.
Président (M. Simard) :
Merci pour votre collaboration, cher collègue. Alors, je cède maintenant
la parole au député de Saint-Jérôme pour une période de
6 min 30 s.
M. Chassin :
Merci, M. le Président. On verra à la fin si ça aura été
6 min 30 s. Donc, bonjour à tous mes collègues de l'opposition, de la
partie ministérielle. Bonjour, M. le ministre. Bonjour, Mme Dagenais. Alors, je comprends que c'est votre première étude des crédits.
Bienvenue parmi nous. Entre nous, c'est aussi ma première étude des crédits,
donc c'est notre baptême du feu.
J'ai quelques
questions pour essayer de bien comprendre, moi-même étant un peu néophyte et
pas du tout expert, de bien
comprendre certaines conséquences, notamment, du monopole de la SAQ. Et là je comprends qu'on
a parlé notamment des producteurs locaux. Un importateur, par exemple, de vin ou de spiritueux, si je ne m'abuse, par exemple, un restaurant qui souhaite tenir
dans sa carte de vins un certain nombre de vins, qui voudrait en importer, si
je comprends bien, doit passer, en vertu de votre loi constitutive, par
la SAQ et payer une marge à la SAQ. Est-ce que je comprends bien?
Mme Dagenais
(Catherine) : Alors, oui, si
vous référez... On pense ici aux importations privées, notamment.
Les restaurateurs ou les consommateurs qui veulent acheter des produits
qui ne sont pas commercialisés dans les magasins de la SAQ... En passant, en magasin, on commercialise 13 000 produits.
Alors, s'ils ne sont pas satisfaits, pour toutes sortes de raisons, ou qu'ils ont goûté à un produit
spécial lors d'un voyage, ils peuvent effectivement se faire venir, via les importations privées, des produits. Et d'ailleurs
la SAQ importe, fait des importations privées de l'ordre de 13 000 produits
par année. Donc, en fait, c'est très
possible. Et, ces produits-là, le restaurateur qui veut ces produits-là passe
par la SAQ, donc n'a pas à se soucier du dédouanement, du transport de
ces produits-là.
Vous savez qu'en moyenne, les importations
privées, il y a beaucoup de... pas de modèles mais de choix, 13 000 importations privées, mais c'est
peu de caisses. Donc, c'est deux caisses en moyenne par produit, ce qui fait
que, si un particulier, que ce soit
un restaurateur ou un particulier consommateur, se faisait venir deux caisses,
on peut s'imaginer les coûts
astronomiques de transport reliés à cette commande-là. Alors, il y a
un... je pense que c'est favorable pour ces gens-là de passer par la SAQ. Et effectivement la SAQ... ces
gens-là paient le montant de la SAQ plus un frais de 10 % lié aux
coûts de transport, à la manutention de ces produits-là.
M. Chassin :
Et 10 % du prix d'achat ou... Le 10 % s'applique sur quoi?
Mme Dagenais (Catherine) : Oui,
il y a un 10 % de plus que, si ma mémoire est bonne... En fait, c'est sur
la majoration, justement.
M. Chassin : Sur la majoration. D'accord. Et donc, oui, en
quelque sorte ça paie pour un service de transport, entre autres, je
comprends.
Mme Dagenais
(Catherine) : Ça paie pour le transport, les employés qui manipulent
ces commandes-là. Ça paie pour tous les frais de service, là, rattachés
à ça.
M. Chassin : Et, par curiosité, est-ce que vous savez, dans
les dernières années... Par exemple, les cinq dernières années, quels
ont été les revenus de cette majoration exigée pour les importations privées?
Mme Dagenais (Catherine) :
Alors, les revenus, dans l'année qu'on vient de terminer, se situent autour de 70, 75 millions. Si on fait fois cinq... Bien,
évidemment, les importations privées sont en croissance, bon an, mal an, là, de
5 %, à peu près, je fais une moyenne.
Donc, ça pourrait se situer autour de 350 millions, à peu près, là, si je
fais un calcul rapide.
M. Chassin : D'accord. Merci. Évidemment, il y a des raisons
historiques qui expliquent le monopole de la SAQ. D'ailleurs, vous allez bientôt fêter votre 100e anniversaire
dans quelque deux ans, je pense. Parce qu'il y avait un contexte de prohibition, à l'époque, et donc c'est
évidemment un contexte historique différent. Les raisons qui expliquent
aujourd'hui le monopole ne sont donc plus les mêmes, mais il y en a
peut-être. Est-ce que, par exemple, en termes de lutte à la contrebande, de contrôle de la qualité de
l'alcool, de conformité à des normes ou de services à la clientèle... est-ce
qu'il y a encore des raisons, à votre avis, de maintenir un monopole en
termes de services que ça permet d'offrir?
Mme Dagenais
(Catherine) : Je lisais,
cette semaine ou la semaine dernière, qu'effectivement ça va faire
100 ans, là, dans deux ans, là,
oui, puis on va s'y préparer. Ça se souligne, je pense, 100 ans. Puis, en
fait, je crois que, si la SAQ est encore
là aujourd'hui, c'est parce qu'on n'est pas la SAQ d'il y a 100 ans, on ne
serait plus là. Évidemment, on a innové beaucoup, dans toute cette
histoire-là.
Pour aller plus spécifiquement sur... Puis, en
fait, à cette époque-là, il y a 100 ans, le Québec a été la première province, en fait, même État de toute l'Amérique
du Nord qui a voté favorablement contre la prohibition, et c'est comme ça que le modèle de la SAQ est né. Et je pense
qu'aujourd'hui... Puis une de nos valeurs, c'est la responsabilité, parce qu'on
a encore ce rôle-là de responsabilité sociétale qui touche, effectivement, la
vente de façon responsable. Donc, on ne vend pas aux mineurs, on a tout un programme d'éthique
de vente pour s'en assurer, et on a même des visites de clients-mystères
dans nos magasins pour s'assurer qu'on ne
vende pas à ces gens-là. Donc, notre programme, tout le programme d'expérience
client qu'on vise ne s'adresse pas à ces
clients-là. Mais il y a aussi les clients qui sont manifestement... qu'on dit
en état d'ébriété, à qui on ne vend pas non plus en succursale, alors...
M. Chassin :
...la responsabilité dont vous parlez, là.
Mme Dagenais
(Catherine) : C'est la responsabilité sociale dont la SAQ est
responsable. Et je peux l'élargir aussi à notre rôle partout au Québec,
hein? La SAQ est présente partout, comme vous le savez, au Québec, et offre les
mêmes produits aux mêmes prix, et participe
aussi dans la communauté au niveau des dons et commandites partout à travers le
Québec.
M. Chassin :
Est-ce qu'en matière de délai de traitement... Parce que, donc, on doit passer
par des services de livraison. Il y a eu, en
2017, un nouveau programme informatique qui avait causé des maux de tête à
certains importateurs. Est-ce que ces
délais de traitement là sont réglés? Je sais qu'en 2018 aussi, là, Julia Wine
avait eu de la difficulté. On avait comme
perdu ou égaré pendant deux mois une cargaison de 100 000 $ de valeur,
environ. Donc, est-ce que ça s'est amélioré, en termes de satisfaction
de cette clientèle-là qui doit passer par les services de la SAQ?
Mme Dagenais
(Catherine) : Alors, je peux vous en parler parce que j'étais
responsable de la chaîne d'approvisionnement quand ça s'est produit. Et on a
changé effectivement notre système, qu'on appelle WMS, qui est un système
de gestion d'entrepôt. Et on n'est pas les premiers à faire ça et on ne sera
pas les derniers. Et je peux vous dire qu'il
y a une période de rodage quand on change un système informatique comme ça. Et,
en fait, concrètement, la première
semaine, quand on a ouvert la... on a mis la clé dans le système, il
y a eu effectivement des petits
problèmes, mais qu'on a su rapidement
gérer. Et, en fait, concrètement c'est que la première semaine a été
difficile... Et je dois conclure. Alors, c'est réglé.
Président (M. Simard) :
Merci beaucoup, Mme Dagenais. Désolé de vous avoir poussée
un peu dans le dos. Je cède maintenant la parole au député de Rosemont
pour une période de 9 min 40 s.
M. Marissal : Merci,
M. le Président. Bonjour. Bienvenue, M. le ministre, collègues. Hier soir, on était dans le cannabis, et on continue ce matin dans l'alcool. Permettez-moi cette
petite parenthèse de légèreté en une journée qui ne l'est vraiment pas
pour nous ici et pour tout le Québec.
vais commencer sur un aspect sonnant et trébuchant de la SAQ, les salaires des
dirigeants et des dirigeantes. Et je
précise, surtout pour les dirigeantes, que je m'adresse ici, comme on dit en
anglais, à la chaise, pas à la personne, alors ne
prenez rien de personnel dans ce que je vais dire. Mais vous touchez, donc, des
fonds publics pour vos rémunérations, et ça soulève, quant à nous,
quelques questions.
président précédent, M. Brunet, touchait un salaire de 419 000 $ avec prime de 63 000 $, si je ne
m'abuse, et il est parti... — ne vous inquiétez pas, Mme Dagenais, ce
n'est pas pour vous, la question — il est parti avec un an de salaire,
donc 419 000 $.
Moi,
j'ai eu la chance, comme journaliste, et vaguement comme chroniqueur vin, dans
mes temps libres, de connaître M. Brunet.
Je lui reconnais d'immenses qualités. Je sais qu'il avait la SAQ tatouée sur le
coeur. Il a commencé comme commis à la succursale du Faubourg Sainte-Catherine,
puis il est arrivé jusqu'à la présidence. Il mérite tout notre respect pour ça. Mais 419 000 $ plus
63 000 $, pas loin de 500 000 $ pour opérer un monopole, je
trouve ça beaucoup d'argent, cela dit, sans jugement de la personne qui
occupe la chaise.
le ministre, quels sont vos plans pour la rémunération des dirigeants de la
SAQ? On pourra parler de Loto-Québec aussi plus tard aujourd'hui. Est-ce qu'il
y a un plafond, à un moment donné, ou est-ce que c'est, genre, un...
Le Président (M. Simard) :
Alors, Mme Dagenais. Non, non, non, je blague. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Merci au député de Rosemont pour sa question. J'ai eu un
peu de pratique sur ce sujet hier soir.
rémunération des dirigeants de sociétés d'État, c'est encadré par les emplois
supérieurs du ministère du Conseil exécutif,
on travaille avec des balises qui sont en place. On parle ici d'une entreprise
qui verse un dividende au gouvernement de
1,1 milliard de dollars, 7 000 employés, 400 succursales,
c'est donc une entreprise complexe. Le fait que ce soit un monopole a
évidemment des avantages, là, mais n'en réduit pas néanmoins la complexité
d'opération.
Et donc moi, je regarde l'ensemble du dividende
qui est remis au gouvernement et je veux m'assurer que les revenus croissent
plus vite que les dépenses, mais dans le respect, bien sûr, de la mission
sociale... de la responsabilité sociale, pardonnez-moi, de la SAQ. Et donc je n'ai pas de... Je peux comprendre
que ce sont des chiffres qui sont importants, par rapport à la moyenne des Québécois, et peut-être
qu'on aura la même question avec notre deuxième période que nous aurons aujourd'hui à la Commission des finances
publiques, parce que les chiffres sont plus élevés dans ce cas, là. Et, pour moi,
étant donné les balises des emplois supérieurs du ministère des... je suis à
l'aise avec ça.
M. Marissal :
Vous êtes à l'aise avec un salaire de près de 500 000 $ par année
pour la haute direction de la SAQ?
M. Girard (Groulx) :
Bien, je dirais, là, si on arrondit au 100 000 $ près, là, ce serait
400 000 $, là, oui.
M. Marissal : Et
est-ce qu'il y aura éventuellement un plafond? Je comprends que ce n'est pas
nécessairement vous qui décidez tout,
là, mais l'exemple vient de haut, au gouvernement, là, puis vous pouvez donner
des directions, des directives notamment
sur les bonis, sur les bonus. Je rappelle qu'il s'agit d'un monopole, et sans
rien enlever aux gestionnaires de la SAQ,
que... Moi, je suis un fan de la SAQ, là. J'ai défendu le monopole de la SAQ,
là, pendant six ans de chroniques à La Presse . Ça m'a valu toutes sortes de
briques et de pots, puis pas nécessairement de fleurs. Cela dit, je pense qu'à
la limite on nuit à l'image de la SAQ
puis on alimente les critiques de la SAQ, en versant des salaires qui sont, à
mon avis et à l'avis du commun des mortels, disproportionnés.
500 000 $ ou 400 000 $, là, on s'entend, c'est comme trois
fois votre salaire, M. le ministre. C'est beaucoup d'argent, là.
M. Girard
(Groulx) : Bon, d'abord, je tiens à dire que, puisqu'on arrondit le
chiffre, là, c'est 419 000 $. Donc, si on arrondit, c'est
400 000 $, et non 500 000 $.
M. Marissal :
Plus 63 000 $ de bonus.
M. Girard
(Groulx) : Ça, vous parlez du bonus de M. Brunet, là.
M. Marissal :
O.K. Il n'y en a plus?
M. Girard
(Groulx) : Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Mais vous mélangez
salaire et rémunération incitative, là. Quand vous parlez du salaire de
500 000 $, c'est...
M. Marissal :
M. le ministre, à la fin, là, ça fait un chèque, là, hein, le bonus plus le
salaire, on s'entend, là.
M. Girard
(Groulx) : O.K. Alors, vous incluez la rémunération incitative.
M. Marissal :
D'accord. Alors, je pose la question autrement. Est-ce qu'on garde le même type
de rémunération pour l'actuelle présidence?
M. Girard
(Groulx) : Écoutez, hier, le député de Pontiac m'a félicité pour mon
pouvoir de négociation avec le président de la SQDC. Alors, oui, je suis
sensible à l'ensemble des coûts de la SAQ, dont la rémunération est une
part importante, dont la rémunération des dirigeants
est une
part importante. Alors, je suis sensible à ça, dans la mesure où nous
avons une femme dynamique, qui dirige une
entreprise importante, une société d'État importante, et que son salaire est
légèrement inférieur à celui de son prédécesseur. Je suis à l'aise avec ça.
M. Marissal :
O.K. Rapidement, vous ne trouvez pas ça étrange, M. le ministre, de hausser
l'âge de 21 pour le cannabis puis de
le garder à 18 pour l'alcool, considérant toutes les études qui démontrent que
l'alcool, en abus, ce n'est pas bien, bien mieux que le cannabis? Est-ce
que vous ne trouvez pas ça un peu étrange?
M. Girard
(Groulx) : Pas du tout, pas du tout. Puis merci de me permettre de
chevaucher l'étude des crédits.
Pour ce qui est du
cannabis, on a... le gouvernement fédéral, la principale justification pour la
libéralisation du cannabis, c'était d'aller
chercher une part du marché noir. Les résultats préliminaires que nous avons
sont positifs, mais le marché noir existe toujours et est majoritaire.
contre, il est très important de ne pas stimuler la consommation du cannabis,
et ce n'est pas clair que la légalisation n'aura pas un effet... En
fait, c'est fort possible que la légalisation, la banalisation va générer un
accroissement de la consommation, et ça, ce n'est pas un effet positif. Et il y
a des données scientifiques importantes qui montrent que le développement du
cerveau des enfants se poursuit jusqu'à 25 ans.
donc, lorsque nous avons décidé de limiter... de proposer à la population de
limiter la consommation de cannabis, l'âge
légal du cannabis à 21 ans, j'étais parfaitement à l'aise avec cette proposition.
Mes enfants ont 18 et 17 ans. D'ailleurs, ma fille étudie avec votre fille, alors vous êtes dans le même créneau
d'âge. Parfaitement à l'aise avec cette position de mon parti.
M. Marissal :
J'ai une question pour Mme Dagenais, une question post-grève. Je vais
résumer ainsi : Je fréquente à l'occasion les SAQ de mon quartier,
je connais bien les gens qui y travaillent. Le moral était vraiment bas dans
vos troupes, notamment parce que... et je
suis content de voir que ce sont des femmes qui sont à la tête de la SAQ,
peut-être vous allez être plus
sensibles à la conciliation famille-travail, mais ces employés-là se
plaignaient, et, je pense, à juste titre... Je ne parle même pas de salaire, là, je parle d'organisation de vie
familiale. C'est quoi, votre plan pour remonter le moral de gens qui, je
pense, nous servent assez bien comme clients de la SAQ?
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Très rapidement, s'il vous plaît.
Mme Dagenais
(Catherine) : On est fiers d'avoir conclu l'entente. Et d'ailleurs,
cette semaine, on a signé la convention
collective avec nos partenaires syndicaux, et justement l'entente
prévoit de meilleures... en fait, une plus grande possibilité de
conciliation travail-famille, et auquel je croyais, nous croyons et tout le
monde croit.
Le Président (M. Simard) :
Merci, madame. M. le député de Saint-Jérôme, pour une période de
4 min 40 s.
M. Chassin : Merci, M. le Président. Alors, on s'était laissés
sur les délais de traitement dus aux problèmes, disons, liés au rodage
du système informatique. Ceci étant dit, au-delà de ça, il y a quand même une
clientèle qui passe par des livraisons qui a aussi des paiements... qui reçoit
des paiements de la SAQ avec des délais.
Est-ce que vous
mesurez la satisfaction de cette clientèle-là, qui n'est pas, donc, la
clientèle en succursale mais des gens d'affaires et des entrepreneurs?
Mme Dagenais
(Catherine) : Alors, la question est : Est-ce qu'on mesure le
taux de satisfaction de la clientèle des restaurateurs? Tout à fait. Au même
titre qu'on le fait auprès de nos clients consommateurs. Et on a fait un
sondage, il y a un an, et j'avoue que je n'ai pas... je ne me rappelle pas du
taux de satisfaction, mais, en fait, le taux de satisfaction mesurait tant
l'aspect de livraison, parce que souvent les restaurateurs sont livrés... En
fait, 60 % des commandes de restauration
sont... autour, sont livrées aux restaurateurs. Alors, l'exercice de livraison
était fort apprécié de nos restaurateurs. Ça, je me rappelle de cette note-là, parce qu'on avait même rencontré
nos camionneurs pour les féliciter, parce qu'ils étaient le lien, le
dernier... le lien final, si je peux dire, entre la SAQ et eux.
pour ce qui est des autres indications, là, je n'ai pas souvenance de ça, je
pourrai vous revenir là-dessus, mais, oui,
c'est quelque chose qu'on mesure et sur lequel on se penche pour améliorer
l'expérience client. Et d'ailleurs il y a des projets qui sont prévus dans les prochaines années pour faciliter la
commande des restaurateurs via, notamment, notre site Web.
aussi, bien, justement, j'oubliais, mais effectivement on est en réflexion,
présentement. C'est la dernière année notre
plan stratégique, et donc on est en consultations auprès de nos employés à
l'interne mais aussi de nos parties prenantes, et ça inclut l'Association des restaurateurs. Nos clients restaurateurs,
bars et hôteliers font
partie de cette consultation-là, justement, pour
qu'ils se retrouvent dans notre plan. Le dialogue est tout à fait ouvert.
M. Chassin : Je vous amène vers un autre taux de satisfaction, un des indicateurs de
performance qui est le taux de
satisfaction lié au prix juste. Dans le rapport annuel de gestion, on
indiquait un taux de 60 %. Est-ce
que... Dans le fond, ce résultat-là, comment vous
vous positionnez par rapport à ce résultat-là? Est-ce qu'on cherche à
l'améliorer?
Mme Dagenais
(Catherine) : Alors, vous
savez, le prix est une composante importante de la satisfaction du client. En fait, il
y a quatre piliers qui importent, le
client, il y a le prix, l'accessibilité, la découverte, évidemment, et
l'écoresponsabilité. Et, dans
notre plan stratégique actuel, on a choisi de mesurer la satisfaction du
client, et c'est comme ça qu'on suit la satisfaction
du client, qui répond aux sondages à chaque fois qu'il achète des produits. Et
je peux vous dire que c'est le pilier de l'expérience client qui a progressé
le plus.
Évidemment,
on partait, vous allez dire, de plus bas. On était un petit peu en deçà de 50 %, là, si ma mémoire est bonne. Mais, avec toutes les actions qu'on a mises
de l'avant, qu'on a entreprises, la baisse de nos produits courants de
1,40 $ en 2017, on est rendus à 60 %... le rapport annuel disait
60 %, on est autour de 62 %, 64 %.
M. Chassin :
J'aimerais vous poser une autre question, avant que mon temps s'écoule, sur les
vins québécois. Alors, ce que je comprends, c'est qu'il y a une vente d'environ 10,7 millions de dollars, pour 2018‑2019, de produits québécois, sur des ventes
totales d'environ 3 milliards.
On est donc à un tiers de 1 %. Si je ne m'abuse, en Ontario, c'est
beaucoup plus proche du 10 %.
Est-ce
qu'on cherche aussi à avoir des améliorations de ce côté-là? Vous en avez parlé
un peu à une autre question.
Mme Dagenais
(Catherine) : Bien, en fait, on travaille main dans la main avec les
producteurs québécois. En fait, on
est dans une bonne position, c'est-à-dire que la demande est plus grande que l'offre, actuellement. Alors, même si je voulais
vendre 100 millions de dollars ou 10 % des ventes de la SAQ, en ce moment, la production n'est pas rendue là. C'est une industrie qui est beaucoup
plus jeune que celle de l'Ontario.
Président (M. Simard) :
Merci, Mme Dagenais. Je constatais qu'un papier s'était glissé devant
vous, que vous avez remis à votre
présidente, Mme Brunet. Je profite de l'occasion pour la saluer. Bienvenue
parmi nous, madame. On n'avait pas encore souligné votre présence parmi
nous. Vous étiez là hier soir...
Mme Brunet
(Johanne) : Oui, oui, tout à fait.
Le Président (M. Simard) :
...vous êtes de retour aujourd'hui. Bienvenue, bienvenue.
Mme Brunet
(Johanne) : ...un abonnement.
Président (M. Simard) :
Alors, je cède maintenant la parole au député de René-Lévesque pour une période de 9 min 40 s.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le
Président. Donc, à mon tour de vous
questionner sur certains dossiers qu'on pense important d'éclaircir. Première question,
assez succincte : Est-ce qu'il y
a encore des clubs sélects de clients
à la SAQ?
Mme Dagenais
(Catherine) : Est-ce qu'il y a
encore des clubs sélects? En fait, nos clients sont... on a des segments
de clients qui sont les découvreurs, les
passionnés, les connaisseurs, les occasionnels. Ce sont nos... En fait, on a
différents types de clients. Et, dans ce sens-là, bien, oui, il y a
encore des passionnés, connaisseurs, qui représentent entre 10 % et
15 % de notre clientèle.
M. Ouellet :
Est-ce que ces clubs sélects là offrent encore 15 % de rabais à leurs
clients?
Mme Dagenais
(Catherine) : Le prix vendu à
nos clients est le même pour tout le
monde. Après, il y a des
promotions, comme vous savez. Si vous
êtes membre, par exemple, du programme Inspire et qu'on vous offre... qu'il y a des
offres particulières, il peut y avoir des rabais, mais le rabais le plus
généreux est en bas de 15 %. Donc, il n'y a pas des rabais
spécifiques pour ces gens-là.
M. Ouellet : Mais, si on se ramène au tournant de l'année 2016,
effectivement, on avait appris qu'il existait des clubs sélects pour les clients, on faisait
découvrir certains cépages et, par la suite, lorsqu'on plaçait une commande, on
avait des gens qui avaient 15 %
de rabais. Alors, je veux savoir est-ce que... Si je vous entends bien, ça,
cette pratique-là n'existe plus, du côté de la SAQ.
Mme Dagenais
(Catherine) : Bien, en fait,
les offres promotionnelles à nos clients, l'offre la plus généreuse que nous avons est de 10 % sur... O.K.,
qui sont obtenus en points. On fait de moins en moins de promotions en dollars.
Et c'est basé sur des promotions
corporatives que nous avons deux à trois fois par année, là, je ne me rappelle
plus du nombre de fois, et ces promotions-là sont accessibles aux
clients qui achètent pour ces dollars, ces montants-là.
M. Ouellet : O.K. Donc, ce qu'on a connu par le passé n'existe
plus. Ce qui avait été décrié, à l'époque, c'est que la clientèle usuelle de la SAQ, qui consommait les
produits de la SAQ, n'avait pas accès à ce rabais-là. Là, je crois comprendre
qu'avec l'instauration de la carte Inspire
et donc la possibilité de tous et chacun... selon les consommations
faites à la SAQ, on a accès à certains niveaux de rabais. C'est ce que
je comprends?
Mme Dagenais
(Catherine) : Tous les
clients ont accès à des rabais et qui sont adaptés en fonction de leur profil d'achat. Donc, votre rabais peut être différent de
votre voisin parce que vous n'aimez pas... vous achetez des produits
différents.
M. Ouellet : Parlant de produits, tout à l'heure vous nous avez dit que la SAQ était très présente pour faire de la
place aux produits du Québec.
Et ce qui m'intéresse particulièrement, pas parce que j'en consomme, mais disons que les
nouveaux produits de distillerie québécoise,
ces fameux gins qui semblent pousser un peu partout au Québec,
comme les microbrasseries poussent un peu partout ailleurs au Québec...
Je sais qu'ils ne font pas partie, dans certains cas, de la marque Origine Québec. On sait que l'alcool ne vient pas du Québec,
vient souvent d'ailleurs, mais les essences mêmes viennent du Québec, dans certains cas. Donc, ils ne sont pas caractérisés dans la stratégie de la SAQ pour les
mettre devant la fenêtre Origine Québec, mais ils méritent quand même
une attention particulière, du côté de la SAQ. Donc, je voudrais savoir, Mme la directrice, est-ce qu'au final la SAQ a une
stratégie pour mettre de l'avant ces nouveaux produits là de distillerie qui
poussent un peu partout dans les régions du Québec et qu'elle travaille avec
l'industrie pour faire du marketing pour les faire découvrir de plus en
plus, même s'ils ne font pas
partie de la houlette Origine Québec?
Mme Dagenais
(Catherine) : Alors, la redéfinition de ces produits-là est toujours
en cours. Alors, au moment où on se parle, ce n'est pas arrêté.
Ce que je peux vous dire, c'est que tous les
produits... La SAQ a mis beaucoup de l'avant les produits faits au Québec. Peu importe qu'ils soient artisanaux ou
industriels, peu importe que le jus provienne d'un autre pays ou pas, si c'est distillé ici, on donne l'opportunité à ces gens-là, à ces
produits-là, d'être vendus sur nos tablettes. Je l'expliquais tout à
l'heure, on a... en fait, il y a
une explosion des spiritueux québécois, actuellement, puis on est au coeur de cette explosion-là.
C'est dans nos magasins, c'est... on les
fait déguster et on donne le même traitement, en fait, la même visibilité à ces
produits-là.
M. Ouellet : Donc, ils ne bénéficient pas d'une visibilité
différente ou d'une façon d'être promus ou d'être mis à l'avant-plan, du côté de la SAQ. Ils sont
traités d'égal à égal avec les autres produits qui sont disponibles dans vos
succursales. C'est ce que je comprends?
Mme Dagenais (Catherine) : Si
vous allez en succursale, vous allez voir tous ces produits-là.
M. Ouellet : O.K. D'accord. Une petite question pour vous. Vous avez
parlé, tout à l'heure, du rôle... bien, du rôle... À
titre de distributeur d'alcool, évidemment,
la SAQ, elle a un rôle à jouer en
matière d'éducation pour ce qui est de l'alcool et elle s'assure que les gens âgés de moins de 18 ans n'ont pas
accès à ses produits. Corrigez-moi si j'ai tort, mais je pense que la politique, du côté de la SAQ, c'est de
carter, si on doute que la personne a entre 18 et 25 ans. Est-ce que je me
trompe? C'est ça?
Mme Dagenais
(Catherine) : Le programme de notre... qui s'appelle Vise 25, où
c'est notre éthique de vente, donc, suggère
à nos employés de carter, effectivement, peu importe la personne devant nous
qui a l'air d'avoir 25 ans au moins.
M. Ouellet : O.K. Est-ce que la SAQ s'est déjà posé la
réflexion de rendre obligatoire le cartage comme on peut le voir ailleurs,
exemple, aux États-Unis, qu'on ait 45, 50 ans, ça devient une obligation, et
donc, de ce côté-là, ça devient une
première marque de contrôle qui fait qu'on ne laisse pas une place à
l'interprétation, à vos conseilleurs en succursale, pour dire : Il a-tu 19, 25? C'est clair, net
et précis. On se présente à la SAQ, on veut acheter des spiritueux, des vins,
on présente notre carte. Si on ne l'a pas, pas d'achat. Merci, bonsoir.
Mme Dagenais
(Catherine) : Votre question est très intéressante et pertinente. Et
je peux vous dire qu'en 2008 j'étais
vice-présidente des ventes, et puis on a eu une situation où on croyait que
notre programme d'éthique de vente était bien en place, et on s'est fait prendre les culottes à terre. On a eu un
score de quatre sur 10, donc ça... Et, depuis ce temps-là, c'est pour ça
qu'on a mis des clients-mystères, et tout ça. Et, à l'époque, on avait eu ces
discussions-là.
Moi, je me
suis fait interpeler, un jour, dans un État américain, j'étais avec ma fille,
et de faire... dire à ma fille : «Get out», de façon absolument
intempestive. On a échangé avec nos employés, entre nous, et puis on est venus
à la conclusion que le Québécois... en fait,
c'est une insulte à l'intelligence des Québécois que d'aller vers ça, et on a
opté plutôt pour : On va avoir
un programme puis on va l'appliquer à la lettre. Et c'est ce qu'on fait depuis
plus de 10 ans. Là, ça fait 20 ans,
mais je peux vous dire que, depuis 2008, depuis l'épisode où on a eu un
manquement, c'est dans notre plan d'affaires année après année, puis on
ne lâche pas le morceau, puis on réussit à avoir un très bon taux de cartage.
M. Ouellet : Ce serait un petit peu ma relance, de ce côté-là.
Vous avez parlé des chiffres de 2008, quatre sur 10. 10 ans plus tard,
donc, avec cette nouvelle politique, est-ce que, un, vous avez encore des
clients-mystères? Et, si oui, qu'est-ce que ça donne comme résultats? Est-ce
qu'on peut connaître...
Mme Dagenais (Catherine) : Oui.
Alors, on a la visite de nos clients-mystères. En passant, ce sont des clients-mystères mineurs, accompagnés d'un adulte,
évidemment, à côté, parce que ce sont des mineurs, et on visite l'ensemble de
notre réseau de succursales pour s'assurer que nos gens en magasin soient
bien... continuent à carter. Et notre taux de satisfaction, de réussite est de
95 %. On vise toujours le 100 %.
M. Ouellet : Donc, vous êtes
passés de quatre sur 10 à huit virgule quelque chose sur 10.
Mme Dagenais (Catherine) : À
9,5 sur 10.
M. Ouellet : 9,5 sur 10.
Mme Dagenais
(Catherine) : Et ça, c'est année après année depuis 10 ans. J'en
suis très fière, et les employés aussi, d'ailleurs.
M. Ouellet : Je comprends que vous avez eu la réflexion sur
carter de façon obligatoire. Je comprends peut-être que, dans votre expérience personnelle, ça a
peut-être été un peu cavalier, mais, tu sais, je pose la réflexion comme ça
parce que, je me dis, ça laisse encore
place à interprétation. Là, vos statistiques parlent, effectivement, dans la
qualité, mais la société évolue aussi. La SQDC va offrir du cannabis à
21 ans et non pas 18. Donc, il y aura, dans les habitudes de consommation des jeunes, deux tranches d'âge pour
différents produits qui, dans certains cas, ont un impact sur leurs capacités.
Donc, c'est pour ça que je veux avoir cet échange-là avec vous.
Est-ce que ça
fait encore partie... ou vous avez tout simplement fermé la canne de vers, en
disant : Voici les résultats que nous avons pour notre politique, ça
fonctionne bien, on ne se pose plus la question puis on fonctionne... Parce que,
ce qu'on s'était souvent dit aussi, les gens
se présentent à la SAQ, n'ont pas nécessairement leur permis de conduire, ils se feraient carter
de façon obligatoire, ils ne peuvent pas acheter, part en maudit, et là on
perd... on a un client insatisfait. Mais je
pense que, dans les moeurs, dans les pratiques courantes, ce serait quelque
chose qu'on pourrait effectivement adopter, mais je comprends que vous avez fermé la discussion, votre réflexion est
faite, puis à une prochaine présidence, peut-être...
Mme Dagenais
(Catherine) : Bien, ce n'est
pas une question qu'on a fermé la discussion, parce qu'on s'en préoccupe
année après année, c'est dans notre plan d'affaires. Hier, on en parlait à nos
employés de magasin. C'est une constante vigilance sur laquelle on mise et
qu'on va continuer à faire.
Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. Alors, Mme Dagenais, je me permets une
question. Pouvez-vous me dire à qui je dois m'adresser pour soumettre
mon nom pour devenir client-mystère? Ça m'intéresserait.
Alors, je
cède maintenant la parole au député de Beauharnois pour une période de cinq minutes... Ah non! Député d'Orford,
tiens. Bien, bravo! Bienvenue, M. le député. Mais vous avez le même temps quand
même, hein, 5 min 45 s.
M. Bélanger : Merci, M.
le Président. Je tiens à saluer tout
le monde, mes collègues ainsi que le personnel de la fonction publique, pour tout leur bon travail.
C'est aussi ma première expérience. D'entrée
de jeu, j'aimerais saluer la SAQ,
qui a été un de mes clients dans les
années 80, 90. Ça fait que ça trahit un petit peu mon âge et... Mais malheureusement je n'ai pas participé à l'implantation du WMS. Je crois que
c'est sur SAP, hein, que vous avez implanté, ou Oracle.
Mme Dagenais (Catherine) : JDA.
M. Bélanger : JDA. Ah! O.K. En tout
cas, un des trois ERP. Avec la venue
de l'intelligence artificielle, je peux aussi vous confirmer que probablement
que le cartage ne sera plus nécessaire.
Et j'en viens
à mon sujet, qui est l'Institut de la statistique du gouvernement. Les données, on sait, pour moi, ce sont des éléments extrêmement importants. C'est un peu... Moi, j'appelais ça le
«dashboard», mais le tableau de bord, pour mon collègue ministre des
Finances mais aussi pour mon collègue au niveau de l'Économie, parce
qu'évidemment les données, que ce soit au
niveau du PIB ou que ce soit l'indice du prix à la consommation, qui est
utilisé dans à peu près toutes les transactions, sont des éléments importants.
Puis là on arrive avec les changements climatiques, des statistiques au niveau
que ce soit des inondations... Ça fait que ça touche vraiment tous les secteurs.
j'en reviens à l'intelligence
artificielle. L'intelligence artificielle va utiliser des
algorithmes, mais, pour que ces algorithmes-là
fonctionnent, ça nous prend des données, et l'institut regorge de données
extrêmement pertinentes. Et mon souci
est le suivant : La situation financière actuelle, à l'institut, elle se
positionne comment? Est-ce qu'elle est en santé? J'aimerais avoir votre réponse à ce niveau-là, au niveau de la situation
financière. J'aurai une deuxième question par la suite.
M. Girard
(Groulx) : J'aimerais passer la parole à notre dirigeant de l'Institut
de la statistique du Québec. Et vous vous présentez vous-même, peut-être.
M. Florea
(Daniel) : Absolument. Daniel Florea. Je suis directeur général de
l'Institut de la statistique.
Président (M. Simard) : M. Florea, je vous salue
personnellement comme un grand citoyen du très beau comté de
Montmorency.
M. Florea
(Daniel) : Et de la belle ville de Sainte-Brigitte-de-Laval.
Le Président (M. Simard) :
Bienvenue parmi nous, monsieur.
M. Florea
(Daniel) : Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Écoutez...
Président (M. Simard) : Donc, il y a consentement pour que vous
puissiez prendre la parole, bien entendu, de ce que j'ai compris.
M. Florea
(Daniel) : Concernant la situation financière de l'institut, les
nouvelles sont bonnes. C'est vrai que l'institut est passé par un plan de redressement. Ce plan a été achevé il y a
quelques années. Et à mon entrée en poste, au 31 mars 2018, l'institut affichait un déficit d'environ... un
déficit cumulé, il faut dire — donc, ça, c'est la somme des déficits au cours
des années — d'environ 1,4 million de dollars. Aujourd'hui,
nos états financiers sont en train d'être validés par le Vérificateur général, donc je ne peux pas vous fournir des
chiffres exacts, mais je suis assez confiant qu'on va annoncer la résorption du
déficit cumulé, à l'institut. Donc, les
finances de l'institut sont en équilibre, et même j'ai l'espoir qu'on va
afficher un léger surplus.
M. Bélanger :
Dans l'année en cours...
M. Florea
(Daniel) : Dans l'année financière en cours. Donc, encore une fois,
j'ai vu les chiffres préliminaires, mais je ne peux pas vous donner le
chiffre exact avant que le Vérificateur général mette le sceau là-dessus.
ne sais pas combien de temps je dispose. Je pourrais aussi vous dire quelle est
notre vision en matière de financement.
Écoutez,
ce redressement s'explique de deux façons. Une façon qui est évidente, c'est un
contrôle rigoureux de dépenses, et
ça, avec mes collègues qui sont en arrière de moi, le directeur des finances,
on a instauré des processus très rigoureux
et axés sur les résultats. Moi, je peux vous donner un seul exemple. Cet été,
j'ai reçu deux demandes de déplacement en
congrès en France. C'est peut-être bien, il faut peut-être aller en France,
mais là je me suis dit : Est-ce que
je signe ça, premier arrivé, premier servi? On s'est mis... Avec la
secrétaire de l'institut, on s'est donné des règles rigoureuses pour approuver les déplacements à l'extérieur. C'est
juste un exemple de gestion serrée et responsable des finances de l'institut.
M. Bélanger :
M. le Président, je veux être certain
de pouvoir poser ma deuxième question. Il me reste combien de temps?
Le Président (M. Simard) :
1 min 23 s, cher collègue.
M. Bélanger :
Vous me permettez de poser ma deuxième question?
M. Florea
(Daniel) : S'il vous plaît. Mais laissez-moi une seule phrase.
M. Florea
(Daniel) : Il y a l'autre côté, il y a le côté des revenus. Il faut
que je vous rappelle que l'institut est financé
à moitié par des revenus autonomes qui proviennent des contrats avec différents
ministères et organismes. Donc, l'autre
chose qu'on fait pour garder les finances en bonne santé, on a initié une
démarche structurée de faire connaître les produits de l'institut, aller
chercher des mandats, mieux comprendre les besoins de nos clients.
Le Président (M. Simard) :
M. le député d'Orford.
M. Bélanger :
Ma question, très rapide. Les données, c'est capital, et les citoyens ont une
inquiétude au niveau de l'indépendance. De quelle façon vous assurez que les informations
que vous recueillez peuvent rester indépendantes d'autres sources qui peuvent
venir contaminer ces données-là?
Le Président (M. Simard) :
Merci.
M. Florea (Daniel) : Oui, c'est
à moi?
M. Girard (Groulx) : Bien sûr.
C'est vous, l'expert.
M. Florea
(Daniel) : De plusieurs
façons... Écoutez, les données soulèvent plusieurs
défis. L'indépendance est juste un
aspect. Et je vais répondre à votre question, premièrement, par nos processus
internes. Nous avons des processus rigoureux
qui répondent aux normes statistiques rigoureuses. On me dit souvent : À
l'institut, faire une enquête, ça coûte cher, c'est long. Oui, ça coûte cher, oui, c'est long parce qu'on a des
étapes à parcourir pour assurer la solidité de nos données.
Le Président (M. Simard) :
C'est à la fois long et à la fois court. Il nous faut maintenant nous arrêter.
Merci beaucoup, cher monsieur. Je cède maintenant la parole au porte-parole de l'opposition officielle, M. le
député de Robert-Baldwin...
Le Président (M. Simard) : ...pour
15 min 50 s.
Le Président (M. Simard) :
15 min 50 s.
M. Leitão : 15. Un vrai
15 minutes. O.K.
Le Président (M. Simard) : Un
vrai de vrai.
M. Leitão : Très bien. Alors, j'aimerais revenir, Mme Dagenais
et M. le ministre... M. Florea, écoutez, ce n'est rien de personnel, je... on se connaît bien, et je
pense qu'à l'institut vous faites un très bon travail. J'aimerais souligner ça
ici aussi. Et donc je vous souhaite
une bonne continuation de la réforme que vous êtes en train de mettre à l'ISQ. On
revient maintenant, donc, à la SAQ. Juste une question rapide,
Mme Dagenais ou M. le ministre. Je pense que le programme, je ne me rappelle pas du nom... le PAPAQ, le
programme de soutien au... est toujours en vigueur, non? Le programme de soutien
aux producteurs québécois, du ministère des Finances, ce programme est toujours
en vigueur?
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Leitão : Oui. Très bien. Et c'est toujours
un programme au ministère des
Finances, pas au ministère de l'Agriculture? Très bien. C'est une bonne chose. Merci. O.K.
Dans cet ordre d'idées là, et puisqu'il y a eu
certains enjeux avec nos voisins, donc, en termes de commerce international,
des plaintes qui avaient été formulées envers non seulement le Québec, la SAQ,
mais le système canadien de mise en marché
des produits d'alcool, pouvez-vous nous dire où on est un peu dans ce
dossier-là? Est-ce qu'on a dû faire des changements à notre modèle?
Où on est dans ce domaine-là, qui, potentiellement, peut être assez dangereux?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vais passer la parole à Mme Dagenais, mais effectivement, lorsqu'on parle
de concurrence, il y a
les... il faut définir la concurrence, il y a la dimension internationale
reliée à cet enjeu-là, il y a la dimension commerce interprovincial qui est
reliée à l'initiative du fédéral, et, bien
sûr, il y a tout l'aspect
domestique avec les produits locaux.
Alors, je
passe la parole à Mme Dagenais pour parler particulièrement de cette...
Et je tiens à remercier M. Florea. Nous avons donné des fonds à l'Institut de la statistique du Québec, dans le budget, puis l'Institut
de la statistique du Québec, c'est extrêmement important pour le Québec.
Je ne veux pas prendre trop de temps. Allez-y.
Mme Dagenais
(Catherine) : Alors, bien, effectivement, la plainte que l'Australie a logée auprès de l'OMC est préoccupante, évidemment. Vous savez que l'Australie
est un pays qui... on vend beaucoup de vins australiens au Québec. En fait, 40 % de ce qui est importé au Canada,
importé de l'Australie, est importé au Québec. Alors, le Québec est un joueur important de vins australiens. C'est 250 millions de dollars de business. C'est le troisième pays en volume à
la SAQ. Donc, d'un point de vue business, là, et non pas légal, je pense qu'on tire très bien
notre épingle du jeu. Et on suit ça de près avec notamment le ministère
de l'Économie mais aussi avec le gouvernement du Canada, et je sais qu'il y a des comités qui ont
été mis en place où on pourra, donc, faire valoir notre position.
M. Leitão : Très
bien, parce qu'il me semble que l'enjeu était que l'Australie, et un peu aussi
les États-Unis, les Européens aussi, donc, ils se plaignaient qu'au
Québec et au Canada on donnait un accès privilégié aux produits locaux, dans le
monopole de l'État.
Ce qui
m'amène à revenir à la question du monopole, bien sûr. C'est là où je voulais
arriver, parce que, donc, ça pourrait
même être un moyen de faire diminuer la pression de nos partenaires commerciaux,
si, en effet, on trouvait des moyens d'ouvrir un peu le monopole. J'aimerais
dire aussi en partant que ni moi, ni notre formation politique, ni la vôtre, on
ne parle pas ici de privatisation. Ce n'est pas ça, on ne parle pas de ça.
Donc, que ce soit clair pour tout le monde, ce n'est pas de ça qu'on parle. On parle d'une possible ouverture du
monopole de la SAQ dans un esprit de fournir un service et une offre de
produits à la population qui soit un peu plus vaste.
Vous avez
parlé tantôt, M. le ministre, donc, de mettre l'accent sur l'efficacité du
modèle d'affaire de la SAQ et... Très
bien. Mais la question que moi, je me pose, c'est : Au profit de qui? Je
sais que c'est très important de protéger et d'améliorer le dividende
que la société remet au gouvernement, et c'est très bien, mais je pense aussi
que ça ne devrait pas être le seul objectif.
Donc, de pouvoir offrir une plus vaste gamme de produits dans des centres de
vente, que ce soit le réseau des
épiceries ou d'autres réseaux privés, pourquoi vous ne pensez pas, M. le
ministre, que ce soit une bonne idée? Mme Dagenais,
je sais quelle est votre opinion, mais c'est plutôt une question un peu plus
politique. Pourquoi, M. le ministre, vous pensez que, pour l'instant, ce
n'est pas une avenue que vous souhaitez explorer?
M. Girard
(Groulx) : Bien, moi, je ne me suis jamais prononcé là-dessus, là. Puis
je sais qu'il y a beaucoup de gens qui voudraient que je prenne une
position d'un côté ou d'un autre, là. Moi, mon rôle, ma responsabilité première
envers les Québécois, c'est les finances
publiques du Québec. C'est un rôle qui m'a été confié par le premier ministre.
Et nos sociétés d'État contribuent significativement, comme vous le savez, là.
Pour 2019‑2020, on parle de plus de... je vais arrondir à 5 milliards de dollars, et, bien sûr, cet argent est
extrêmement utile pour financer les principales missions de l'État, santé,
éducation, justice, transports et...
Pour ce qui
est de... Lorsque vous dites : Amener de la concurrence, amener de la
diversité, oui, mais tout ça doit être
fait dans le contexte de l'ensemble des parties prenantes, dont les
contribuables sont une des parties prenantes. Vous faites référence au consommateur, c'est une
partie
prenante. Les employés de la SAQ sont une
partie prenante. Les producteurs
et... les producteurs étrangers et les
autres provinces aimeraient être une
partie prenante. Tout ça, donc, m'amène à
regarder ce dossier avec une extrême
prudence. Et j'en suis toujours dans un mode écoute, à cadrer la réflexion. Et
ceci doit vraiment être fait avec
professionnalisme. Et la première
partie de ça, c'était l'étude PWC, et ma
conclusion à cette étude, c'est que c'est non concluant.
M. Leitão :
Très bien. Mais, vous savez, M. le ministre, nous sommes aussi dans ce que les Allemands appelaient à l'époque, là,
la réalpolitique. Votre formation
politique, justement,
s'était engagée, juste à la veille de l'élection, comme le député
de Granby le disait à l'époque, à
mettre fin au monopole de la SAQ. Le député
de Granby le disait très clairement, que, si elle forme le prochain gouvernement, en octobre prochain, la Coalition avenir Québec a l'intention de mettre fin au monopole de
la SAQ, donc on va libéraliser le marché de l'alcool, au Québec, les Québécois
sont prêts à cela, on doit augmenter l'offre
et avoir une concurrence nouvelle. Donc, ça, c'est ce que votre formation politique s'engageait juste à la veille
des élections. Et d'ailleurs je peux vous dire aussi que je me rappelle très bien
que votre collègue le député de Granby me posait plusieurs questions en 2015,
2016, 2017 à cet enjeu-là. Et, son point
de vue, je pense qu'il est
partagé par un grand nombre de
députés de la CAQ, son point de
vue était que les intérêts des consommateurs devaient être primordiaux dans
cet ordre de groupes ou de personnes intéressées.
Alors, ma
question, elle est très simple : Pourquoi vous ne voulez pas prendre un
pas de plus et aller dans la direction où votre formation politique
s'était engagée juste avant la campagne électorale?
M. Girard
(Groulx) : Je n'ai ni dit... Vous tentez de me prêter des intentions.
Je regrette, mais je n'ai pas refusé une direction ou l'autre. Lorsque j'ai
rencontré le premier ministre pour joindre sa formation politique, la première
chose que nous avons parlé, c'est l'éducation, et c'est vraiment la priorité de
notre gouvernement. Et le Québec a un retard extrêmement important dans
l'investissement des entreprises. C'est la priorité aussi du gouvernement.
Oui, ma
formation politique a parlé du désir des consommateurs d'avoir plus de
diversité dans l'offre. Nous en sommes
conscients, c'est une
partie prenante intéressante, importante, et nous allons
en tenir compte. Mais nous sommes vraiment...
ou je suis en train de réfléchir sur comment cadrer cette réflexion. L'approche
que vous aviez prise, d'utiliser un consultant externe pour réfléchir
sur ce sujet, est non concluante.
Alors, moi,
c'est, comme je l'ai mentionné, mise à jour économique, budget, éducation,
investissement privé. Oui, plus de
concurrence au bénéfice des consommateurs, c'est intéressant, mais il y a
d'autres parties prenantes. Et donc je vais prendre mon temps pour traiter ce dossier, avec tout le doigté qu'il
nécessite, parce que la SAQ, évidemment, a un rôle de générer un
dividende au gouvernement mais aussi une très importante responsabilité
sociale.
Président (M. Simard) : Très bien. Merci, M. le ministre. Alors,
je nous invite tous, bien entendu, à poursuivre nos bonnes habitudes en
vous adressant à la présidence. M. le président.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Alors, M. le ministre... M. le Président, je vous
suggère, dans ce cas-là, probablement
de contacter vos employés de votre formation politique, de revoir un peu le
contenu du site Web de la CAQ, parce
qu'encore aujourd'hui, dans le site Web de votre formation politique,
M. le Président, il y a une manchette qui dit : «Vivement une
libéralisation de la vente d'alcool au Québec!»
Donc, je
présume que c'est toujours le point de vue de votre formation politique. Moi,
je pense que le rapport... Vous dites
qu'il n'est pas concluant. Moi, je le trouve intéressant et... mais ça veut
dire qu'il faut une autre discussion, bien sûr.
Alors, ce serait peut-être intéressant que nous,
les parlementaires, puissions participer à cette discussion dans un forum qu'on pourrait choisir. Je ne suis pas
non plus en train de dire que c'est quelque chose qu'on doit tout de suite,
demain matin, régler, la question de la SAQ. Et, Mme Dagenais, ne prenez
pas ça comme étant un commentaire négatif quant à la gestion de la société, que je trouve
qu'elle est entre très bonnes mains, mais c'est plutôt une discussion de nature
politique, et je pense que nous, les
parlementaires, nous tous pourrions participer à cette discussion-là. Nous
avons des priorités, santé,
éducation, finances publiques, bien sûr, mais ça ne nous empêche pas non plus
de réfléchir à d'autres enjeux, et, celui-là, il me semble qu'il est
particulièrement important.
Alors,
M. le ministre... M. le Président, est-ce que, peut-être, M. le ministre
pourrait nous dire si, en effet, vous êtes prêts à ce qu'on regarde
collectivement, les formations politiques à l'Assemblée nationale, qu'on
regarde cet enjeu?
M. Girard
(Groulx) : En fait, là où j'en suis, c'est que je discute avec
l'excellente équipe du ministère des Finances sur la façon de cadrer cette
réflexion. Et je vous reconfirme que la façon précédente, d'utiliser un
consultant externe, n'est pas celle que je
favorise, parce que je ne suis pas satisfait de ce que j'ai lu dans ce qui a
été produit. Et d'aucune façon je n'implique
que ce n'est pas une bonne firme, c'est une excellente firme. Mais, ce rapport
en particulier, sa lecture ne m'inspire aucune direction, et donc je
suis toujours à l'étape de cadrer le processus de réflexion.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup, M. le ministre. M. le député.
M. Leitão :
M. le Président, peut-être que je suggérerais à M. le ministre de voir un peu
avec son propre caucus, parce qu'il
me semble qu'il y aurait certaines voix, probablement, discordantes quant à la
nécessité de revoir un peu le monopole de la SAQ.
Alors,
écoutez, je pense qu'on arrive à la fin. Alors, tout simplement, et
contrairement au collègue de Rosemont, en ce qui concerne le salaire de la
dirigeante de la SAQ, je pense, M. le ministre, que vous avez quand même fait
une bonne affaire. Et le salaire de Mme Dagenais
n'est pas, à mon avis, tellement différent de son prédécesseur. Donc, vous
n'avez pas eu besoin de le doubler, comme c'est le cas pour le nouveau P.D.G.
d'Investissement Québec.
Alors,
M. le ministre de l'Économie pourrait... peut-être que vous pourriez lui
expliquer un peu comment vous avez réussi à aller trouver quelqu'un qui
fait un excellent travail à la même rémunération, à peu près, que son
prédécesseur, pendant qu'à Investissement
Québec on a dû le doubler, le salaire, pour trouver la perle rare. On
s'interroge toujours sur cet enjeu-là.
Et là je pense que
mon temps est écoulé. Merci.
Président (M. Simard) : Merci beaucoup, M. le député. Merci
beaucoup. Je cède maintenant la parole, pour un dernier tour, un dernier
bloc d'échange, au député de Beauharnois, pour une période de six minutes.
M. Reid :
Alors, je vais faire rapidement pour céder la parole à mon collègue par la
suite. Moi, je voulais vous entendre, en
fait, sur... On a parlé des spiritueux en introduction, tout à l'heure, on a
parlé de la fameuse majoration, la loi
n° 170. Puis, donc, pour un producteur de spiritueux,
selon le type de permis, pour être capable de vendre sur les lieux de
fabrication, il faut passer par la SAQ.
Il y a un mémoire qui
a été déposé en février dernier par l'association des microdistillateurs du
Québec puis l'association des distillateurs
artisanaux. Ils remettaient en cause la pertinence de la majoration sur les
produits qui sont vendus à la SAQ. Ici, dans le mémoire, on dit :
«Chaque bouteille vendue en succursale de la SAQ et produite par nos membres subit une augmentation en taxes et
majoration de plus de 350 %, ce qui laisse aux distillateurs moins de
30 % du prix de vente final pour couvrir les frais», ainsi de
suite.
J'aimerais
savoir comment ça fonctionne. Est-ce que vous pouvez m'expliquer le pourquoi de
cette majoration-là — on
en a parlé tout à l'heure pour les vins
d'importation privée — expliquer le fonctionnement de cette majoration-là puis ça
représente quoi en termes de... comment c'est calculé?
Mme Dagenais
(Catherine) : Alors, la majoration des spiritueux, en moyenne, là, si
je fais une moyenne, est autour de
58 %. Et, lorsque le gouvernement a modifié la loi permettant aux
producteurs de spiritueux au Québec de vendre sur leurs lieux de production, c'était entendu que ça devait passer par
la SAQ. Donc, les marges de 58 %, si le producteur... si on livrait le produit au producteur, ce serait
cette marge. Pour faciliter, je l'expliquais tout à l'heure, le... pour
éliminer, en fait, une étape de
prendre et, tu sais, de renvoyer ces stocks-là, on a revu la marge à 52 %.
Donc, on a tenu compte des frais
d'opération qu'on n'aurait pas à faire si les produits ne passaient pas par la
SAQ. Après, c'est que cette loi-là ne fait pas de distinction entre les produits... les spiritueux industriels ou
artisanaux. Alors, évidemment, si demain matin... En fait, les
producteurs artisanaux, là, les agriculteurs qui produisent la pomme et qui
vendent un calvados n'ont pas de marge octroyée, là, sur leurs produits. Mais,
quand on parle d'un producteur industriel, si je donne l'exemple de Diageo, qui
produit Smirnoff, qui est notre cinquième
plus gros vendeur à la SAQ, bien, évidemment, si on se privait de ces marges-là,
bien, je ne pourrais pas remettre le
dividende de 1 161 000 000 $ qui était entendu au départ.
Alors, c'est dans ce contexte-là qu'on évolue.
M. Reid :
O.K. Parfait. Je vais céder la parole à mon collègue.
Le Président (M. Simard) :
M. le député de Saint-Jérôme, il vous reste 2 min 40 s.
M. Chassin : Voilà. Je veux peut-être juste revenir sur un petit, petit détail qui
m'a marqué dans une des premières réponses
que vous avez données, Mme Dagenais... M. le Président, pour Mme Dagenais,
que, les vins québécois, donc, vous leur
donnez de l'espace en succursale. Je pense que ce n'est pas innocent, parce
que, si je ne m'abuse, les grands joueurs paient en
partie pour leur
espace, alors que les vins québécois ne paient pas, vous leur offrez cet
espace.
Mme Dagenais
(Catherine) : Alors, en fait, au niveau de l'espace en succursale,
tous nos produits, pour des fins de
faciliter l'accès aux... la vente aux consommateurs, sont disposés... On
appelle ça de la planographie. Il n'y a pas de frais pour aucun producteur du monde entier d'être dans nos
succursales. Effectivement, d'un point de vue promotionnel, en fait, on a des promotions axées sur les
produits québécois et on a un espace alloué aux produits québécois pour leur
permettre de se faire connaître, et tout ça.
M. Chassin : Dans le fond, c'est un peu ça aussi, la ligne de questions que j'avais,
c'est d'essayer de voir à quel point le modèle actuel monopolistique de
la SAQ, qui a aussi l'habitude de jouer avec des gros joueurs, peut nuire à l'émergence d'un marché qui est plus jeune au
Québec, par exemple, pour les producteurs de vin, mais pour les producteurs
de spiritueux aussi. Et j'entends la prudence tout à fait bienveillante, là, du
ministère des Finances puis du ministre particulièrement
quant à l'ouverture éventuelle de certains entrepreneuriats, par exemple, qui
pourraient émerger dans ce domaine-là.
c'est pour ça que je posais certaines questions notamment sur la qualité du
service, la satisfaction des clientèles, par exemple, qui font affaire avec la
SAQ, ce qui fait que les revenus qui pourraient être considérés comme des
revenus de monopole sont en fait des
revenus qui pourraient, dans le fond, se justifier en fonction des services qui
sont offerts. Autrement dit, dans un
cas où il n'y aurait pas nécessairement de monopole, la SAQ serait tout à fait
capable de tirer son épingle du jeu. Les revenus, par exemple, d'importations
privées de 70 millions à 75 millions ne seraient pas directement
menacés, peut-être baisseraient-ils
un peu, mais, dans la perspective... pour le ministre des Finances
spécifiquement, ça ne ferait pas une très grande différence en termes,
par exemple, de redevances que la SAQ verserait.
Alors,
ça me rassure quant à la capacité de la SAQ à maintenir, par exemple, des
versements à son actionnaire, dans une
situation où on allégerait, on assouplirait le monopole pour permettre à
l'entrepreneuriat d'émerger. Donc, je trouve ça très intéressant comme
exercice. Merci, Mme Dagenais.
Président (M. Simard) : Merci beaucoup à vous, M. le député de
Saint-Jérôme. Alors, chers amis, cela conclut nos débats sur, donc, la
Société des alcools du Québec.
Nous allons nous
retrouver à 15 heures, cette fois-ci à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Alors, bon repas à tous.
Et, avant de quitter,
je dépose les réponses aux demandes de renseignements de l'opposition. Au
revoir.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Le Président (M. Simard) :
Alors, chers collègues, à l'ordre, s'il vous plaît!
Alors,
la commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Finances, Caisse de dépôt et de
placement, des crédits budgétaires du
portefeuille Finances pour l'exercice financier 2019‑2020. Une enveloppe
de trois heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
aurait-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. Alors, Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est
remplacée par M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata).
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Comme nous disposons d'un bloc de trois heures, cette fois-ci, nous allons débuter par des remarques préliminaires, et
par la suite nous ferons nos échanges, comme la tradition le veut, par
blocs de 15 minutes.
Je cède d'entrée de
jeu la parole à M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Simard) :
12 minutes, cher collègue.
M. Girard
(Groulx) : 12 minutes. D'accord. Est-ce que nos... M. le Président,
à quel moment nos invités se présentent?
Le Président (M. Simard) :
...s'il vous plaît?
M. Girard
(Groulx) : À quel moment nos invités se présentent?
Le Président (M. Simard) :
Vous pourriez le faire immédiatement.
M. Sabia (Michael) : Je suis
Michael Sabia, le P.D.G. de la Caisse de dépôt.
Le Président (M. Simard) :
Bienvenue, monsieur.
M. Sabia (Michael) : Merci
bien.
M. Tessier (Robert) : Robert
Tessier, président du conseil de la Caisse de dépôt.
Le Président (M. Simard) :
Bienvenue, M. Tessier.
M. Tessier (Robert) : Merci.
M. Girard
(Groulx) : M. Tessier, vous êtes un habitué, vous n'avez pas
besoin de peser sur le bouton, on a un...
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre, vous êtes accompagné, à votre gauche, par...
M. Girard
(Groulx) : Philippe Gougeon, chef de cabinet adjoint. Et toute
l'équipe du ministère des Finances est avec moi.
Le Président (M. Simard) :
Avant que vous ne preniez la parole, comme nous avons un léger retard, j'ai cru
comprendre qu'il y avait consentement pour
que nous puissions grever ce temps à la
partie ministérielle. Il y a
consentement?
Alors, nous procédons. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : O.K. Merci. Alors,
je croyais approprié, dans le cadre de ces crédits, de revenir sur le budget
une dernière fois et sur le plan du
gouvernement. Et, bien sûr, nous aurons amplement de temps pour discuter de
cette excellente société d'État
qu'est la... en fait, ce n'est pas une société d'État... oui, au sens légal,
oui, qu'est la Caisse de dépôt. Mais permettez-moi de revenir sur le
budget brièvement en expliquant bien le plan du gouvernement, qui se résume en
une équation très simple : le Québec,
23 % de la population canadienne, mais seulement 19 % à 20 % de
son économie. Et nous voulons, grâce à ce plan budgétaire, aider le
Québec à rattraper le PIB par habitant, la moyenne canadienne du Canada, bien
sûr, et de l'Ontario. Alors, nous avons un retard de 17 % avec l'Ontario
et 20 % avec la moyenne canadienne. Et permettez-moi
de vous expliquer comment nous allons nous y prendre. Et, bien sûr, cette
création de richesse permet d'assurer à
long terme le financement des importantes missions de l'État, santé, éducation.
Et nous nous sommes engagés à 5,4 % de croissance de dépenses en santé pour l'an prochain, plus de 4,1 %
pour les années qui suivent, 5,1 % pour l'éducation, plus de
3,5 % pour les années qui suivent. Et, bien sûr, l'État a d'autres
missions importantes.
Alors, le
premier élément pour créer de la richesse au Québec, c'est l'éducation. Encore
une fois, je tiens à mentionner : le
Québec, 23 % de la population canadienne, seulement 19 % des diplômes
universitaires. Et les données statistiques sont précises, par langues officielles, les Québécois qui parlent l'anglais à
la maison ont un taux de diplomation supérieur à leur poids
démographique. Les Québécois qui ne parlent ni l'anglais ni le français à la
maison ont un taux de diplomation supérieur
à leur poids démographique, alors que ceux qui parlent le français à la maison
ont un poids inférieur. Et donc les investissements
massifs dans l'éducation publique visent à stimuler les taux de diplomation et
à créer une société en santé, prospère,
et c'est extrêmement important. Alors, le plan économique du gouvernement
commence d'abord par des investissements en éducation.
L'autre
facteur qui est très important, c'est les investissements des entreprises... ou
d'autres disent les investissements privés.
L'investissement des entreprises inclut les sociétés d'État. Alors, encore une
fois, 23 % de la population, seulement 13 % à 15 % des investissements privés. Et nous voulons
stimuler ces investissements privés avec comme vecteur principal le prix des investissements, c'est-à-dire que,
suite à l'initiative du gouvernement fédéral, nous avons bonifié
l'amortissement accéléré pour les
nouveaux investissements, mais il y a une prime Québec de 30 %, donc
130 % d'amortissement accéléré pour les investissements en
propriété intellectuelle, logiciels et équipement, énergies propres — il
m'en manque un — équipement, matériel informatique, propriété
intellectuelle, énergies propres... 130 % d'amortissement, ce qui fait que,
le taux effectif d'imposition sur ces nouveaux investissements, seulement
8,5 %, au Québec, le taux le plus compétitif au Canada. Donc, en
baissant le prix des investissements, nous stimulons la demande. Et le Québec a
besoin de plus d'investissement privé. Alors, plus d'éducation, plus
d'investissement.
Nous avons également besoin de plus de
travailleurs, et le Québec a un taux de participation supérieur à la moyenne canadienne pour toutes les cohortes
d'âges, à l'exception de 60 ans et plus, et c'est pourquoi nous avons
bonifié le crédit d'impôt à la prolongation de la carrière, première
mesure qui permet d'inciter les gens à demeurer au travail. C'est particulièrement important dans le secteur
public, où nous manquons de travailleurs dans le réseau de la santé et de
l'éducation. Et c'était une mesure qui était déjà en place, que nous avons
bonifiée.
Nous voulions
travailler sur un autre vecteur, qui est les charges sur les masses salariales,
car le Québec est numéro un au Canada
au niveau de la pression fiscale qui est exercée sur les contribuables, et les
taxes sur les masses salariales sont très
élevées, au Québec. Alors, pour les PME qui embauchent des travailleurs de plus
de 60 ans, réduction des taxes sur les masses salariales de 50 %, si le travailleur ou la travailleuse
a plus de 65 %... réduction de 75 % des marges salariales. Et l'idée ici, c'est de
permettre aux entreprises de faire un changement de culture, parce que les gens
veulent travailler plus longtemps, mais pas nécessairement au même
rythme, et donc permettre à une entreprise, par exemple, d'embaucher deux
travailleurs expérimentés pour combler un poste permanent.
ça s'ajoutent nos investissements importants en immigration visant à fournir un
accompagnement personnalisé à chaque
immigrant pour la reconnaissance de sa formation, l'aider dans son intégration,
son apprentissage du français et aider
à l'immigration. Et, bien sûr, nous sommes ouverts, très ouverts aux
investissements mais également extrêmement ouverts à l'immigration et
nous reconnaissons la contribution positive de l'immigration au Québec.
Alors,
plus d'éducation, plus d'investissement, plus de travailleurs, moins de dette,
M. le Président. Nous sommes sur une
trajectoire de réduction de la dette. Le Québec est la deuxième province la
plus endettée du Canada et... Par contre, nous sommes sur une trajectoire descendante. Nous devrions atteindre nos
cibles de la
Loi sur l'équilibre budgétaire et le Fonds des générations, la
loi sur la gestion de la
dette et l'institution du Fonds des générations au 31 mars 2024, et ce
sera un grand jour pour le Québec,
parce que nous pouvons entrevoir le jour où notre niveau d'endettement,
lorsqu'on prend la dette nette par
rapport au PIB, serait comparable au gouvernement fédéral. Et ceci permettra au
Québec d'être fièrement à la table avec les autres provinces mais sans
se faire continuellement rappeler que nous sommes dépendants de la péréquation. Nous serons dans une position de
force, et ce sera au bénéfice de tous les Québécois. Et, bien sûr, la réduction
des paiements d'intérêt sur la dette permettent de diriger des ressources vers
des missions plus productives.
Alors,
si je résume, nous voulons augmenter le PIB par habitant des Québécois,
rejoindre la moyenne canadienne. Et
le PIB potentiel du Québec est estimé à 1,3 %. C'est insuffisant, M. le Président. Nous voulons tout mettre en
oeuvre pour l'augmenter à 1,8 %.
Et, si vous prenez votre téléphone et vous faites 1,013 ou 1,018 exposant 25,
vous verrez que, sur 25 ans, la
différence de 0,5 % de PIB par habitant, c'est plus de 14 % de
richesse qui serait créée au Québec. Et c'est donc très important de réussir à augmenter le potentiel
économique du Québec, au bénéfice de tous. Je vous remercie, M. le Président.
Président (M. Simard) : Merci à vous, M. le ministre. Je cède
maintenant la parole au porte-parole de l'opposition officielle, le
député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Alors, non, je n'ai pas de remarques préliminaires. Je
préfère préserver ce temps-là pour nos échanges.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Je n'aurai pas de... Bonjour, M. le Président.
Le Président (M. Simard) :
Bonjour.
M. Marissal :
Je n'aurai pas non plus de remarques préliminaires. Merci.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Merci. M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Même chose pour moi, M. le Président.
Président (M. Simard) :
Très bien. Alors, bien, M. le député de Robert-Baldwin, vous disposez de 18 min 30 s.
M. Leitão :
30 secondes. Merci, M. le Président. Très précis comme...
Alors,
messieurs et mesdames, merci beaucoup d'être là. Donc, nous amorçons notre période
d'échange, comme M. le ministre l'a mentionné, avec un organisme comme la caisse,
qui, à notre avis, joue un rôle extrêmement important dans
le développement économique et financier du Québec, à court et à long terme.
Donc,
j'aimerais commencer, M. Sabia, ça ne vous surprendra pas, en parlant du
REM, et, à cet égard-là, j'aimerais... qui,
d'ailleurs... c'est un projet emballant, un projet que nous trouvons... nous
avons tous très hâte que le train commence à rouler. Et le projet avance
bien, et donc, vraiment, bravo! Ce n'était pas simple de faire démarrer ce
projet-là. Il y a eu beaucoup de doutes, au tout début, on se rappellera, mais
je pense que maintenant on est vraiment bien... le train est parti, si on pourrait
ainsi le dire.
Mais,
ma question, M. Sabia, j'aimerais avoir un peu plus de précisions, parce qu'hier
on était en crédits, aussi, une période
de crédits avec la ministre de la Métropole, je lui ai posé une question sur le
REM, mais, en ce qui concerne la suite des
choses... Alors, j'aimerais savoir de votre part, s'il vous plaît, est-ce que
le gouvernement a déposé une demande formelle d'un REM 2 ou un REM 3, donc d'un futur prolongement du REM.
Est-ce que vous avez reçu une demande formelle d'analyse d'une deuxième
ou troisième phase du REM?
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Donc, il y a consentement pour que M. Sabia puisse prendre la
parole? Consentement. M. Sabia.
M. Sabia
(Michael) : Merci bien. Et
tout d'abord je voudrais vous dire que, pour... en mon nom personnel, également
pour mes collègues à la caisse, je voudrais
vous dire que c'est toujours un plaisir d'avoir une occasion d'échanger avec
vous. Donc,
merci de votre invitation. Nous avons une phrase, à la caisse, pour les crédits
qui... ça, c'est le barbecue du printemps. Donc, merci de votre
invitation au premier barbecue du printemps.
Donc, pour
répondre, M. Leitão, à votre question, nous collaborons et depuis pas mal
du temps avec le gouvernement sur la question et la possibilité de prolonger,
extensionner le REM. Comme nous avons dit souvent publiquement, pour la caisse, à la caisse, nous sommes très ouverts à
cette possibilité. Je pense, les choses avancent bien avec la construction
du... première phase du REM, mais également nous nous intéressons à
l'option d'extensionner le REM pour augmenter l'utilité et l'utilisation de ce
projet structurant pour l'avenir du Québec.
Donc, je vais
m'attendre à ce qu'il y ait des progrès dans le proche avenir sur la question
que vous avez posée, et donc il faut attendre un peu, mais je pense
qu'il y aura des choses dans le proche avenir.
M. Leitão :
Très bien. Merci. Merci, M. le Président. Donc, en date d'aujourd'hui, le
2 mai, vous n'avez pas de demande
formelle de la part du gouvernement d'analyser un parcours sur la Rive-Sud ou
sur la Rive-Nord ou quoi que ce soit.
M. Sabia
(Michael) : ...pense que
j'ai déjà répondu à votre question. Nous sommes en train de travailler, et vous
connaissez très bien les éléments et la
structure de notre entente avec le gouvernement du Québec. Évidemment, vous
êtes un des architectes de cette
entente. Et donc, évidemment, ça, c'est une structure assez formelle, et nous sommes
en train de suivre toutes les étapes présentées dans cette entente. Et
donc, comme je disais, je pense qu'il... moi, je m'attends à ce qu'il y ait des
progrès dans le proche avenir.
M. Leitão : Dans les
prochains... Pardon? Prochains...
M. Sabia (Michael) : Dans le
proche avenir.
M. Leitão :
Proche avenir. Très bien. Parce que, bon, vous savez très bien que ça requiert
une demande formelle du Conseil des ministres, pour que la caisse
commence son analyse formelle. Et donc, jusqu'à aujourd'hui, au 2 mai, il n'y a pas encore eu de demande formelle de la
part du Conseil des ministres pour commencer à regarder un prolongement.
M. Girard
(Groulx) : Écoutez, M. le député de Robert-Baldwin, nous sommes en
communication constante avec la Caisse
de dépôt. Le document, le dépôt auquel vous faites référence viendra. Ce
document ne nous empêche pas d'avoir des
communications constantes. Et, moi, le... Dans le dossier du REM, nous avions
une priorité qui était de faire face aux mesures de mitigation qui n'étaient pas incluses dans le projet initial,
et donc le budget a répondu à cela. Et bien sûr que les études et toutes
les formalités associées aux phases futures viendront.
Le Président (M. Simard) :
Merci. M. le député.
M. Leitão :
Très bien. M. le Président, je m'excuse, mon téléphone refuse de collaborer. Je
l'avais éteint, et pourtant...
Le Président (M. Simard) : Ce
sont les caprices de la technologie.
M. Leitão : Je pense que je
vais enlever la batterie, puis c'est fini, là.
Le Président (M. Simard) :
C'est la preuve que vous avez le sens du timing, hein?
M. Leitão :
Absolument. Mais la raison pour laquelle je pose la question et je l'avais
posée hier à la ministre de la
Métropole, c'est qu'il y a donc plusieurs alternatives, plusieurs possibilités
que M. le ministre des Transports lui-même a fait allusion, que ce soit
sur la Rive-Sud, le long du lac Taschereau, boulevard Taschereau, la Rive-Nord
vers l'ouest, vers l'est.
Moi, ce qui
me préoccupe, c'est qui fait la coordination de tout ça? C'est-à-dire, on ne peut pas avoir des REM qui vont dans toutes les directions, il doit y avoir une certaine
priorisation. On sait très bien que ces projets-là sont structurants, ils sont très importants, mais vous ne pouvez pas
tout construire en même temps non plus. Donc, moi, ce que j'aimerais savoir,
c'était un peu quel est le travail qui se
fait, en termes de planification à
moyen et à long terme, pour décider si on s'en va vers la Rive-Sud, si on s'en va vers l'ouest, vers
l'est, vers le nord, parce que tout ne pourra pas être fait en même temps.
Donc, c'est quoi, les priorités? Est-ce que
c'est à vous, à la Caisse de dépôt, d'établir ces priorités-là? Est-ce que
c'est à l'ARTM? Est-ce que c'est au gouvernement? C'est ça que
j'essaie... Depuis le début de la période de crédits, avec les différents intervenants, différents ministères,
j'essaie d'avoir un peu le portrait de cette planification-là, et, jusqu'à
maintenant, je n'ai pas de réponse claire à cette question.
M. Girard
(Groulx) : Bien, ultimement,
c'est au gouvernement, avec le... conseillé par l'ARTM, bien sûr. Et la
contribution de la caisse sera d'étudier les
scénarios qui lui sont demandés formellement, et tout ça amènera à des
décisions. Mais je tiens à dire qu'on
est en train de réaliser la phase I et que... je regarde mes deux
collègues à ma droite, et c'est la priorité. Et une des priorités, c'est
les usagers existants du service de train à Montréal qui demandaient des
mesures de mitigation, et nous y avons répondu.
M. Leitão :
Et ça, ce n'est pas mon téléphone qui sonne. Je ne sais plus qui sonne,
maintenant. Bon.
M. Sabia
(Michael) : ...caisse qui vous appelle. Ça fait
partie du plan.
M. Leitão : Bon, il y a quelqu'un qui nous surveille. Mais
c'est ce travail-là de planification que je me pose la question.
Donc,
jusqu'à maintenant, il n'y a pas eu de dépôt formel de la part du gouvernement. C'est là où je veux en arriver. Quand cette demande formelle va venir,
est-ce qu'elle va s'inspirer de l'analyse faite au ministère
des Transports? Est-ce que c'est l'ARTM qui va déposer son plan de planification
à... Qui décide, là, là?
M. Girard
(Groulx) : Le Conseil des ministres.
M. Leitão :
Le Conseil des ministres. Et, jusqu'au 2 mai, le Conseil des ministres n'a
pas encore soumis une proposition concrète à la Caisse de dépôt.
M. Girard
(Groulx) : Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit : C'est le
Conseil des ministres qui décide, et l'implication
que... ces gens n'ont pas reçu la lettre formelle parce qu'il y a des
discussions informelles, n'implique pas que le Conseil des ministres n'a
pas déjà pris cette décision. Il y a des étapes dans le processus...
M. Leitão : Très
bien. Est-ce qu'on pourrait avoir un
peu un aperçu de ces discussions informelles? Encore une fois, le seul
souci que j'ai, c'est...
M. Girard
(Groulx) : Des discussions
informelles... M. le député de Robert-Baldwin, il y a eu une lettre, au mois de décembre, exprimant l'intérêt, et nous avons
obtenu une réponse de la caisse, et la prochaine étape du processus, c'est
une lettre formelle.
M. Leitão :
Est-ce qu'on pourrait avoir un dépôt de cette lettre du mois de décembre?
M. Girard (Groulx) :
Bien, elle sera déposée à tout le monde en même temps, là. Elle sera publique.
M. Leitão : Oui. Donc, la commission parlementaire est
un endroit privilégié pour rendre publics des documents.
M. Girard
(Groulx) : Mais pas ici, non.
M. Girard
(Groulx) : Bien, on va d'abord la remettre au destinataire.
M. Leitão :
Bien, est-ce qu'elle a été envoyée ou elle n'a pas été... elle a été envoyée en
décembre?
M. Girard
(Groulx) : Bien, je ne comprends pas c'est quoi, cette obsession avec
envoyer... La lettre préliminaire a été envoyée en décembre, oui. O.K.
Je pensais que vous parliez de la lettre formelle.
M. Leitão :
Non, non, parce que... La lettre formelle n'a pas encore été préparée.
D'accord.
M. Girard
(Groulx) : ...mais je ne
comprends pas pourquoi qu'on... Mais je peux vous rassurer, là, la
lettre va arriver, là, si c'est ça qui vous...
M. Leitão : Non, d'accord. Et, quand elle arrivera, il y a
aura dépôt. Mais, la lettre de décembre, est-ce qu'elle peut être déposée à la commission parlementaire?
M. Girard
(Groulx) : Bien, écoutez, ça
fait un... je ne l'ai pas regardée depuis décembre, là. Je veux bien la
consulter, puis je verrai si c'est possible.
M. Leitão : Bon, très bien. Et à ce moment-là, aussi, vous
pourrez aussi regarder la réponse de la caisse, et on pourrait peut-être
déposer les deux, la lettre de décembre et la réponse de la caisse qui a été...
M. Girard
(Groulx) : Parfait. Je vérifie le contenu.
M. Sabia
(Michael) : Moi, je n'ai aucun problème.
M. Girard (Groulx) : Bon.
Alors, j'en vérifie le contenu, puis on vous déposera ça.
M. Leitão :
Bon. Je pense que le contenu... Nous sommes une commission parlementaire. Les parlementaires,
je pense qu'on a le droit de consulter ces
choses-là, bon, O.K., c'est un peu là où je voulais arriver, et tout ça,
dans un souci, vraiment, de voir quelles sont les priorités, là. Est-ce
qu'on s'en va vers le nord, vers le sud, vers l'est, vers l'ouest?
M. Girard (Groulx) : Bien, vous
êtes résident de Montréal. Il y a plusieurs priorités, effectivement.
M. Leitão : Non, mais on ne
peut pas... Mais justement, par définition, on a une priorité. Mais en tout cas.
M. Girard (Groulx) : Mais Montréal
est une île, et la congestion est au nord et au sud.
M. Leitão : Très
bien. Restons avec le REM. Vous avez d'ailleurs
mentionné, M. le ministre, et bien
sûr tout le monde est au courant... la construction même du projet
produit certains désagréments avec les utilisateurs actuels, surtout du train de Deux-Montagnes. Il y a plusieurs
mesures d'atténuation qui ont déjà été mises en place. Je pense qu'il y a
un dialogue constant entre la Caisse de dépôt, l'ARTM et la population
pour améliorer ces mesures d'atténuation.
Pouvez-vous nous dire où est-ce qu'on est, M. Tall
ou M. Sabia, à cet égard-là? Je sais qu'il y a des sommes additionnelles, qui ont été mentionnées dans le
budget, qui vont être, je pense, dirigées à l'ARTM. C'est l'ARTM qui doit
planifier, donc, des mesures alternatives.
Pouvez-vous peut-être nous faire une petite mise à jour d'où on est avec les mesures d'atténuation?
M. Sabia
(Michael) : Oui, bien sûr. Donc, je vais faire quelques
commentaires et ensuite je vais passer la parole, si vous êtes d'accord,
à mon collègue Macky Tall, qui est à ma droite.
Donc,
évidemment, vous soulevez une question importante, et nous sommes très
conscients de l'importance de continuer
de trouver des moyens d'améliorer et de renforcer les mesures d'atténuation ou
de mitigation. Nous sommes très conscients
de l'impact du processus de construction sur les usagers de transport en commun
à Montréal actuellement et surtout,
comme vous disiez, de Deux-Montagnes. Donc, ça, c'est une priorité extrêmement
importante, et nous sommes en train de travailler fortement là-dessus.
Je dirais
que, pour l'instant, les mesures, donc, c'est plus ou moins dans trois ou
quatre volets. Numéro un, c'est la question
du développement des voies réservées pour faciliter le fonctionnement du
système d'autobus. Donc, ça, c'est un élément important. Deuxième et
troisième éléments importants, c'est toutes sortes de mesures, de renforcer la
qualité de service du système d'autobus
également, qui comprennent l'ajout de plusieurs navettes pour continuer à
renforcer la qualité de service. Et, finalement, un autre élément qui,
selon nous, sera important, et ça, c'est l'accompagnement des usagers pour
simplifier le transfert entre certains systèmes, pour faciliter leurs transports
quotidiens. Donc, on travaille dans un tel
encadrement, dans une telle structure de mesures d'atténuation. Et également
nous sommes constamment... on cherche constamment d'autres façons,
d'autres moyens de réduire, de mitiger l'impact de ce processus de
construction.
Mais, Macky, voulez-vous ajouter des choses? Si
vous êtes d'accord.
Président (M. Simard) : Oui. Il y a consentement pour que M. Tall
puisse prendre la parole? Consentement. Monsieur, pourriez-vous d'abord
vous présenter, s'il vous plaît, et mentionner vos fonctions?
M. Tall
(Macky) : Oui. Macky Tall, chef des marchés liquides de la Caisse de
dépôt et placement du Québec et président et chef de la direction de
CDPQ Infra. Donc, M. le...
Le Président (M. Simard) :
Bienvenue parmi nous.
M. Tall
(Macky) : Merci. Merci bien.
M. le Président, donc, pour ajouter aux commentaires de M. Sabia, de Michael,
nous ne négligeons aucun effort, actuellement, avec nos partenaires dans la
définition, dans l'identification de toutes les opportunités pour
mitiger ces impacts dont nous sommes... sur lesquels nous sommes très
sensibles, et c'est un travail minutieux qui
se fait pour identifier les impacts selon les phases de construction. Tout
n'arrivera pas tout d'un coup. On va vraiment avoir des zones
spécifiques qui vont avoir un impact plus important. Et ce que nous faisons,
c'est que nous développons, avec nos
partenaires de l'ARTM, les sociétés de transport, Trajectoire Québec,
qui représentent les utilisateurs, des solutions vraiment spécifiques à
chacun des emplacements en fonction de la nature des impacts qui affectent ces emplacements-là. Michael a fait référence à ces
mesures particulières, alors... Et nous sommes en train, avec nos partenaires,
de travailler pour que ces mesures soient en place au moment où ces impacts
vont commencer, l'an prochain. Et donc ces travaux avancent bien.
M. Leitão : Très
bien. Merci. Ça a été mentionné par plusieurs
commentateurs, qu'un des risques du projet, c'est que, surtout en ce qui concerne la ligne de train
actuelle, la ligne de Deux-Montagnes, où il y aura une interruption du
service actuel, les utilisateurs du
service actuel se démobilisent, si on peut utiliser un tel terme, et donc
trouvent d'autres alternatives, pendant
la période de construction, et, quand le REM entrera en vigueur, bon, ils
auraient trouvé d'autres moyens de se rendre au centre-ville ou
ailleurs. Comment vous voyez ces risques-là?
M. Tall
(Macky) : C'est au coeur de
nos préoccupations de nous assurer d'améliorer, autant que possible,
la période difficile que ces
utilisateurs vont avoir, parce que nous souhaitons qu'ils soient des clients du
REM par la suite. Et ça me permet de rappeler, M. le Président, en fait,
l'amélioration significative de la qualité du service qu'il y aura pour les utilisateurs de cette
ligne de Deux-Montagnes. On parle de passer de 50 départs par jour à 250. Aujourd'hui, la ligne est pleine à plus de 98 %, donc une bonification importante...
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. Tall. Merci beaucoup, M. Tall. Je m'excuse de vous pousser
un peu dans le dos, mais nous sommes contraints par des blocs quand même assez
rigides dans le temps, et vous pourrez vous reprendre un peu plus tard, éventuellement.
M. le député d'Orford, vous avez 14 min 30 s.
M. Bélanger : Merci, M.
le Président. Je tiens à saluer M. le ministre, mes collègues députés ainsi que les gens de la Caisse de dépôt. Quand je suis rentré dans la
salle aujourd'hui, j'ai eu ce qu'on dit un «reality check». Ça faisait
25 ans que je n'avais pas croisé Michael Sabia. Dans le temps,
j'avais eu un mandat «as acting vice-president supply chain» pour Isabelle Courville, qui travaillait pour vous. Je
peux vous dire que vous vous gardez très, très jeune, parce que vous n'avez
pas changé beaucoup. Ce fut une belle expérience.
Le sujet que je tiens
à couvrir, c'est relié aux changements climatiques. Je pense que le timing est
très bon. Les changements climatiques, si on
regarde ce qui s'est passé dernièrement, ces dernières semaines, avec les
inondations, on prend, par exemple,
une famille... Pour une famille, le meilleur investissement, pour une famille,
était... souvent, on se disait c'était la maison, et puis là je pense
qu'on doit redéfinir un peu ces normes-là.
puis, si on pense à la caisse, bien, je crois qu'il peut y avoir de belles
opportunités. Si on regarde ce qui s'est fait en Hollande au niveau des
infrastructures, les canaux, si on pense au niveau du transport, au niveau de
la santé, les changements climatiques vont
avoir un impact sérieux au niveau de l'industrie. Ça peut avoir des impacts
importants au niveau du produit
intérieur brut. Je crois qu'il faut garder des provisions, en termes... au
niveau du gouvernement, mais c'est aussi une business risquée.
J'ai
réalisé que la caisse avait développé une stratégie, une stratégie
d'investissement au niveau des changements climatiques, puis je voulais savoir, un, pourquoi. Moi, je pense que
c'est une très bonne idée, mais m'expliquer un peu plus en détail cette
stratégie-là en termes d'investissements qui considèrent l'impact des
changements climatiques.
M. Sabia (Michael) : Donc, merci bien de cette question importante.
Oui, en automne 2017, nous avons annoncé une nouvelle politique en matière de changements climatiques. Pourquoi?
Vous avez dit : Pourquoi? Honnêtement, parce que, selon nous, les
changements climatiques, ça, c'est une question, un défi, dans le vrai sens du
mot, existentiel.
Donc,
nous avons regardé dans les journaux, à la télévision, aujourd'hui, avec les
inondations au Québec, en Ontario. Donc,
ça, c'est juste un exemple d'un impact
de plus en plus évident à travers le monde. Donc, selon nous, en tant qu'investisseurs publics, nous avons
la responsabilité de nous adresser à cet enjeu, comme je disais, existentiel.
Dans
les métiers d'investissement, les investisseurs, nous ne sommes pas d'accord
avec cette perspective, mais, selon plusieurs
investisseurs, ils considèrent la lutte contre les changements climatiques
comme une contrainte, quelque chose qui
limite notre capacité d'investir et quelque chose qui n'est pas cohérent avec
nos responsabilités fiduciaires. Nous, à la caisse, nous sommes en
désaccord total avec cette perspective. Selon nous... Et vous avez utilisé le
mot «une stratégie d'investissement», et
donc vous avez évidemment bien compris l'essentiel de notre stratégie, parce
que, dans le fond, c'est une
stratégie d'investissement. Et pourquoi je dis ça? Parce que, selon nous, les
changements climatiques et la lutte contre les changements climatiques représentent une occasion pour un
investisseur comme la caisse de faire deux choses en même temps, de contribuer de façon positive à la
transition vers une économie plus sobre en carbone — ça, c'est numéro un — mais, en même temps, de générer les
rendements intéressants pour, dans notre cas, nos clients ici, au Québec, les
déposants. Et donc les deux vont de
pair. Nous avons une occasion de faire avancer la transition et également de
respecter, évidemment, nos obligations, nos responsabilités fiduciaires
parce que nous sommes en mesure de générer des rendements intéressants avec des
investissements plus sobres en carbone. Et je pourrais vous donner toutes
sortes d'exemples.
Donc,
nous avons annoncé une stratégie basée sur trois ou quatre piliers. D'abord et
avant tout, et c'est fondamentalement important,
maintenant, à la caisse, le changement climatique est un élément toujours dans
toute la prise de décision. Toute la prise de décision dans chacun de nos
dossiers d'investissement, il faut analyser l'impact d'un tel investissement
sur le changement climatique. Donc,
autrement dit, nous sommes en train de changer la culture de notre organisation
pour traiter le changement
climatique, de créer un triangle entre rendement, risque et carbone ou
changement climatique, et donc ça représente
un gros changement de notre façon de prendre des décisions d'investissement.
Donc, ça, c'est le premier pilier.
deuxième pilier, nous allons... En automne 2017, nous avons dit : On
va augmenter le niveau de nos investissements dans les actifs sobres en carbone de 50 % de 2017 à 2020. L'année
dernière, nous avons augmenté nos investissements dans ces actifs, les actifs sobres en carbone, de
10 milliards déjà. Donc, nous avons surperformé, nous avons déjà réalisé
cet objectif, et donc, en hiver, nous
avons créé une nouvelle cible. Et donc ce n'est pas une augmentation de juste
50 %, mais maintenant 75 %, qui représente à peu près 32,
33 milliards de dollars, en 2020. Donc, on va faire des investissements
pour faire avancer la transition vers les technologies plus propres. Ça, c'est
le deuxième pilier.
Troisième
pilier, nous avons dit que nous allons réduire l'intensité de notre empreinte
carbone de 25 % de 2007 à 2025.
Donc, ça représente un engagement substantiel de notre part, mais, encore une
fois, je pense, bien aligné avec nos responsabilités sociales, mais également
nos responsabilités en tant qu'investisseur.
finalement, pour continuer et pour renforcer le changement culturel dans notre
organisation, pour la première fois
nous avons identifié la lutte contre les changements climatiques comme un
élément qui détermine le rendement... la rémunération incitative de nos
équipes d'investissement. Donc, ça fait partie, maintenant, indispensable de
toutes les activités de la caisse.
M. Bélanger :
Je comprends que vous le faites comme une mission, vous définissez des
pourcentages par type de... pas d'industrie
mais par type de fonction, mais moi, je prendrais l'exemple de... Dans les
années... fin des années 90, je suis parti vivre aux États-Unis, puis j'avais
vendu ma business, puis j'avais quand même un petit peu d'argent, puis j'ai
décidé d'être soucieux au niveau de
l'environnement, donc j'ai investi dans ce qu'on appelait, dans ce temps-là,
des «ethical funds» et puis qui
étaient plus «green», et les rendements n'étaient pas très, très bons. Moi, je
suis quand même un peu inquiet par
rapport à l'historique. Si on regarde l'historique de... Bon, les changements
climatiques, on commence à le réaliser... Votre stratégie, ça fait deux ans qu'elle est en place. Qu'est-ce qui va
pouvoir nous garantir de rencontrer les rendements que la caisse est habituée
de faire? Est-ce que les... Je suis d'accord avec votre mission, je pense que
c'est louable, et l'acceptabilité sociale, elle est là, mais je vois quand
même un certain niveau de risque puis je voudrais comprendre comment la caisse va pouvoir atteindre ses
objectifs avec cette business-là que... «risky business», que je peux
considérer.
M. Sabia (Michael) : Donc, vous avez utilisé un mot qui,
malheureusement, n'existe pas notre métier, et ça, c'est une garantie,
malheureusement. Je suis à l'église, dimanche, et chaque fois je prie :
Donnez-moi une garantie, mais le bon Dieu, malheureusement, il n'est pas là ou
elle n'est pas là, je ne sais pas.
Mais
je pourrais vous donner plusieurs exemples. Nous sommes en train, par exemple,
de développer à Houston, à Paris, à
Toronto, et on vient de terminer un processus de développement à Chicago pour
les tours, les bureaux qui sont à la
fine pointe de la technologie. Pourquoi c'est important? Parce que les villes
représentent une source très importante de GES. Et donc, avec une nouvelle
génération de bureaux, de tours, nous pouvons continuer à contribuer à cette
réduction, qui est un élément
essentiel. Mais le niveau du rendement que nous gagnons de ces investissements,
c'est hautement intéressant, hautement, dans les deux chiffres. Donc,
ça, c'est juste un exemple.
Nous
sommes un investisseur... Grâce aux activités de Macky, quand Macky était
responsable de notre portefeuille en
infrastructures, en Amérique du Nord, nous sommes l'investisseur le plus
important dans les éoliennes. Et donc, encore une fois, le niveau du
rendement est fortement intéressant. Nous sommes un investisseur dans une
société indienne qui s'appelle Azur, une compagnie de solaire. Encore une fois,
le niveau du rendement, très intéressant.
Donc,
je peux continuer de vous donner des exemples. Mon point, c'est simple :
Nous sommes convaincus que ce n'est
pas nécessaire qu'on fasse un choix entre la lutte contre les changements
climatiques et le rendement, parce que les rendements qui viennent de
ces nouvelles technologies et de ces nouvelles entreprises est fort
intéressant.
Pour
revenir au questionnement, aux questions de M. Leitão, le REM est sobre en
carbone, début à la fin. Également, ce
projet va nous payer entre 8 % et 9 % du rendement par année pour les
prochains 30 ans. Donnez-moi une autre douzaine de ces
investissements.
Donc,
mon point, en résumé, c'est juste : Ce n'est pas nécessaire de sacrifier
la performance financière pour nous adresser à ce défi existentiel.
M. Bélanger :
C'est vraiment, vraiment intéressant. Là, j'aurais une autre question pour
vous. C'est que je réalise qu'avec
tous les fonds que la caisse dispose, et cette stratégie-là en termes de
changements climatiques, la caisse peut avoir un impact sur les
prochaines années, le futur économique du Québec.
caisse, lorsqu'elle définit sa stratégie d'investissement, est-ce qu'elle se
base... est-ce qu'elle collabore avec le gouvernement, exemple le
ministère de l'Économie, sur quels sont les volets stratégiques de
développement? Est-ce qu'il y a une
opportunité à ce niveau-là que, justement, la caisse... Bon, le REM est un
exemple. Le REM va générer beaucoup d'emplois, va créer une économie en
soi. Si la caisse décide d'investir au niveau du réseau routier parce que les
façons, comment on doit construire les routes, c'est différent, si la caisse
décide d'investir dans des entreprises d'ingénierie, parce que ça prend des ingénieurs qui vont penser à comment on va
construire les maisons, comment on va bâtir les digues, tout ça a un impact dans l'économie du Québec,
dans la création de nouvelles entreprises. Je reviens à ma question :
Est-ce que la caisse, lorsqu'elle
réfléchit à ces stratégies-là d'investissement... est-ce qu'elle partage ces
stratégies-là avec le ministère de l'Économie et de l'Innovation, entre
autres?
M. Sabia
(Michael) : J'ai deux commentaires. Nous sommes toujours, toujours
ouverts de collaborer avec le gouvernement.
On collabore avec le gouvernement, par exemple, sur le REM. Également, on
collabore avec le ministre des Finances,
on collabore avec le ministre de l'Économie, M. Fitzgibbon, et je pense
que ça fait
partie essentielle de la vie quotidienne de notre institution. Et également nous sommes très à l'aise
de collaborer de cette façon, parce que, selon moi, selon nous, ce n'est pas une question de sacrifier
du tout, du tout, du tout le principe de notre indépendance, parce que la
caisse, nous allons prendre nos décisions
d'investissement de façon indépendante. Ça, c'est clair. Et, quand je suis à la
caisse, ce n'est pas un principe que
je vais sacrifier, mais ce n'est pas quelque chose qui empêche une
collaboration presque constante et très ouverte.
la question de nos investissements au Québec, donc, j'espère que nous aurons
une occasion, cet après-midi, de discuter
pleinement de cette question, parce que c'est tellement important et ça fait
partie essentielle de notre mandat. Mais, juste pour traverser le pont entre les nouvelles technologies en
changements climatiques et également nos investissements au Québec, un élément qui est de plus en plus
important dans nos évaluations, nos activités d'investissement au Québec,
ça, c'est toute la question du développement
de la nouvelle économie québécoise. Et, quand je parle d'une nouvelle économie,
je parle des secteurs comme technologies
d'information et de communication, y compris intelligence artificielle, je
parle des sciences de la vie, je parle des nouveaux médias, je parle,
évidemment, des technologies propres.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup.
M. Sabia
(Michael) : ...juste au début.
Le Président (M. Simard) :
Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole au député de Rosemont pour une
période de 14 min 30 s.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs dames, chers collègues. J'ai peu de
temps, 14 minutes, pour faire le tour...
M. Marissal :
Oui. Il m'en reste 13 min 30 s. Pour faire le tour de la caisse,
ça risque d'être un peu compliqué, alors je vais devoir y aller au pas
de course.
Vous
avez dit tout à l'heure que, votre présence ici au printemps, vous appeliez ça
le barbecue du printemps. Ça m'a un
peu inquiété, parce que je ne sais pas trop qui doit se faire griller, ici, là,
je ne sais pas si c'est nous ou vous. C'est vous? Bon, ça...
M. Sabia
(Michael) : ...
M. Marissal :
C'est vous, le «hot seat»? Alors, ça me rassure un peu. Je pensais que c'était
nous.
M. Sabia
(Michael) : Vous êtes le charbon.
M. Marissal :
Parlons de charbon, justement, vous lisez dans mes pensées, charbon et d'autres
énergies fossiles. On a été assez
surpris, pour ne pas dire plus, récemment, dans ma formation politique, de voir
que la caisse, au-delà des discours, réinvestissait massivement dans une
entreprise de transport de gaz au Brésil. Je comprends la logique, là, qu'il y a peut-être encore de l'argent à faire
là-dedans, mais moi, je dis souvent... Il y a une expression que j'aime
beaucoup, c'est : On ne peut pas
être à moitié enceinte, hein? Si on décide de sortir du carbone, de se
décarboniser, on ne peut pas rester à
moitié. Je comprends que ça ne se fait pas du jour au lendemain, là, puis on
n'est pas des fous furieux, on ne va pas mettre le feu à la Caisse de dépôt puis scraper tous les investissements.
Mais, tant qu'on continue à investir massivement, est-ce que vous ne faites pas juste perpétuer une
présence beaucoup plus longue de ce... d'où vous voulez sortir? Vous l'avez
dit vous-même, M. Sabia.
M. Sabia (Michael) : Donc, ça, c'est une bonne question. Donc, ma réponse... Je peux répondre à votre question
de plusieurs façons, mais, selon nous, le monde, notre monde,
fait face à une transition très importante et pas facile vers une économie plus sobre en carbone. Dans le contexte de cette
transition, selon nous, le gaz représente une source d'énergie de transition qui n'est pas parfaite, tout à fait d'accord, mais qui est beaucoup mieux, dans le vrai
monde, qui est beaucoup mieux
que le charbon et le pétrole. Pas parfait, mais beaucoup mieux.
Donc,
parce que nous ne pouvons pas créer un monde qui
instantanément est propulsé par des éoliennes, le solaire ou d'autres sources d'énergie, donc, selon nous,
le gaz fait
partie essentielle de cette transition. Et, comme je disais, c'est
beaucoup mieux que, disons, les alterna