Culture and Education — 10 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2020-12-10
Quebec — Committees
(Onze heures quarante minutes)
La Présidente (Mme Guillemette) :
Bienvenue, tout le monde. Merci d'être ici ce matin. Donc, je vous rappelle, en
fonction des mesures de distanciation physique énoncées par la Santé publique,
vous devez conserver votre place assise en commission. Et, si vous souhaitez
vous déplacer ou changer de place, un page devra désinfecter votre place. Il
est aussi obligatoire de porter le masque lors de tous les déplacements.
Donc, je vous inviterais à fermer les sonneries
de vos appareils électroniques.
Et, la commission
ayant le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission est réunie aujourd'hui afin de
procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 69,
Loi sur
le patrimoine culturel et d'autres dispositions législatives.
M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Boutin (Jean-Talon) remplace M. Chassin
(Saint-Jérôme); Mme Picard (Soulanges) remplace M. Émond (Richelieu);
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce) remplace Mme Rizqy (Saint-Laurent); Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé) remplace Mme St-Pierre
(Acadie); Mme Ghazal (Mercier) remplace Mme Labrie
(Sherbrooke); et M. Bérubé (Matane-Matapédia) remplace Mme Hivon
(Joliette).
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Donc, d'abord, je dépose les mémoires reçus depuis la fin des
consultations particulières. Ils seront donc
partie des documents déposés
pendant ce mandat.
Donc, aussi, je vous informe que, conformément à
la motion adoptée par l'Assemblée nationale le 20 octobre 2020, les votes
pour ce mandat devront se tenir par appel nominal, et ce, jusqu'au
11 décembre.
Nous débutons donc avec les remarques
préliminaires. Donc, je céderais maintenant la parole à Mme la ministre de la Culture
et de l'Éducation. Vous disposez de 20 minutes.
Mme Roy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Ministre de la Culture et des Communications, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) : Et
des Communications.
Mme Roy : Oui, oui, je vais
laisser l'Éducation à mes autres collègues.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Vous avez tout à fait raison.
Mme Roy : Bonjour, tout le
monde. Contente de vous retrouver, collègues du gouvernement, collègues de l'opposition
officielle, collègue du Parti québécois, autre collègue de Québec solidaire.
Je serai brève parce que je pense qu'on a beaucoup
de travail, il y a beaucoup de pain sur la planche, mais, tout simplement, pour
le bénéfice des gens qui nous écoutent, je nous souhaite à tous un travail
enrichissant et un travail fait en toute collaboration, puisque, modifier la
Loi sur le patrimoine culturel... Bien, le patrimoine culturel, qu'est-ce que
c'est? C'est vaste, mais c'est notre héritage à tous, c'est notre identité,
c'est qui nous sommes, c'est qui ont été nos bâtisseurs, c'est notre histoire
et c'est ce que nous voulons en faire. Alors, c'est un projet de loi, et, naturellement, comme son mot l'indique, un «projet
de loi», donc, à améliorer, et je suis très ouverte aux commentaires. Et
nous allons travailler, je le souhaite, en toute collégialité et sans
partisanerie aucune. C'est la volonté que je vous exprime ce matin. C'est au
bénéfice des citoyens, c'est pour l'avenir, c'est pour nos enfants, c'est pour
le futur qu'on fait ça, puis aussi pour régler des problèmes urgents,
immédiats, parce qu'il y en a quelques-uns. Et on se plie, également, aux recommandations que la
Vérificatrice générale nous a faites lors de son rapport. Elle nous
disait : Il faut resserrer les choses, il faut améliorer les
choses, puis c'est ce qu'on tente de faire avec ce projet de loi. Alors, voilà.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Parfait. Merci, Mme la ministre. Donc, je céderais maintenant la parole à Mme
la députée de Verdun pour ses remarques préliminaires pour une durée maximale
de 20 minutes. Mme la députée.
Mme Melançon : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. C'est un plaisir de vous retrouver, nous avons eu le
bonheur de travailler ensemble sur un mandat d'initiative, et très heureuse de
vous retrouver. Très heureuse de retrouver la ministre, aussi, que je salue,
avec son équipe, bien entendu. Les gens du ministère, qui l'accompagnent, mes
salutations. Les collègues de la banquette ministérielle, bonjour, bonjour,
tout le monde. J'en profite pour remercier et saluer ma très chère collègue et
distinguée collègue qui m'accompagnera aujourd'hui, la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, mais qui m'accompagne depuis le début sur ce projet de
loi, qui m'intéresse particulièrement. Elle ne cesse de me dire à quel point
c'est excitant, de pouvoir travailler sur un projet de loi comme celui-là, de
pouvoir parler de patrimoine. Je sais qu'elle adore cela et qu'elle vient d'une
famille qui a déjà sorti dans la rue pour protéger le patrimoine. Je vais en
profiter pour saluer aussi les collègues des autres oppositions.
Je l'ai déjà dit, Mme la Présidente, la
ministre va pouvoir compter sur mon entière collaboration sur ce projet de loi
important. Lorsqu'on parle de protection du patrimoine, bien entendu, ça fait
raisonner en nous une corde très sensible. C'est important, c'est vrai, il en
va de l'avenir, de l'histoire, donc du patrimoine, bien sûr, bâti, mais
beaucoup plus largement, de notre patrimoine. Et on va devoir étudier ce projet
de loi là, on va regarder les articles avec beaucoup de volonté. Puis, comme on
dit, tout est perfectible, donc on est ici, justement, pour améliorer le projet
de loi là où on sent qu'il peut y avoir des améliorations à venir.
On a entendu, quand même, 14 groupes qui
sont venus nous parler, nous demander de regarder, sous un angle parfois
différent, justement, l'avenir du patrimoine. Et j'ai pris beaucoup, beaucoup, beaucoup
de notes lorsque les groupes sont venus nous rencontrer. On a reçu, justement,
d'autres mémoires, hein, qui ont cessé de venir... ajouté à notre réflexion, dans
le fond, là où on doit aller. Et il y a des groupes qui sont plus inquiets que
d'autres, disons-le. Donc, on va tenter de regarder tout ça.
Et je continue à dire, là... Je comprends la ministre
qui veut rapidement bouger, et c'est tout en son honneur, surtout lorsqu'on
voit des maisons détruites puis lorsqu'elle l'apprend dans le journal, parce
que Jean-François Nadeau en fait mention dans ses articles, ou lorsque Bernard
Drainville, dans ses chroniques, nous dit : Au secours! Attention! Bougez!
Je pense qu'on doit prévenir cela. On va devoir parler, bien sûr, des
destructions par abandon. On va faire le tour, de toute façon, dans les
articles. Je pense que tout est pas mal... on retrouvait un peu de tout.
Je vais avoir besoin de certains
éclaircissements. Et, comme je l'ai dit lors de l'étude pour le principe, à
chaque fois qu'on va aller vers un article, je vais toujours avoir en tête le
rapport de la Vérificatrice générale. Je pense qu'on doit répondre, justement,
à ces recommandations-là. Et je vais exactement dans le même sens que la
ministre, on va devoir... Il y avait neuf recommandations, dans le rapport de
la vérificatrice, puis c'est ce que je vais garder, bien sûr, en tête lors de
l'étude
article par
article que nous allons entamer.
Pour moi, ce qui est aussi important, et je l'ai
aussi mentionné lors du principe, au salon bleu, j'avais une douzaine de
questions que j'ai préalablement données, donc ça démontre, en même temps...
moi, il n'y a pas de surprise, là — je vois certains membres de
l'équipe, là — il
n'y en aura pas, de surprise, elles sont là. Je vais vous les redonner au cas
où certains n'avaient pas pris les notes, là.
Les questionnements sur le pouvoir de désaveu
des MRC. Je pense qu'on a entendu l'UMQ, on a entendu d'autres groupes aussi
venir nous dire : Faites attention, on ne règle pas un problème, puis
parfois même on peut créer de nouveaux problèmes. Donc, ça, on va devoir
échanger là-dessus.
Sur le cinq ans, donc la durée pour créer
l'inventaire, pour moi, ça, je vais vouloir qu'on ait certains
éclaircissements, et surtout savoir qu'est-ce qu'on fait pendant ce temps-là,
qu'est-ce qu'on va faire, là, pendant le cinq ans. Pour moi, c'est important.
L'uniformité de l'inventaire. Donc, il y a des
villes, actuellement, qui ont déjà des inventaires. Qu'est-ce qu'on va faire,
justement, avec les nouvelles grilles? Est-ce qu'on va devoir revoir
complètement ces inventaires-là? L'obligation des inventaires de s'arrêter à
1940, celui-là... et j'ai bien entendu la ministre qui donnait les explications
là-dessus, mais, quand même, je pense qu'on va devoir être un peu plus
ambitieux. Je vais nous dire ça comme ça, là, entre nous, je pense qu'on va
devoir le regarder, parce que tout ce qui s'appelle le patrimoine d'après‑guerre
est très important. Et vraiment, dans notre quotidien, là, puis j'invite les
gens à ouvrir les yeux, parfois, sur ce que ça veut dire, le patrimoine d'après-guerre, là, mais on est entourés de ce
patrimoine‑là. Alors, je nous invite à ouvrir nos horizons.
Plans de
conservation. Pour moi, les plans de conservation arrivent avec vraiment une
vision. Ils nous donnent une direction qu'on retrouve difficilement,
souvent, dans les règlements. Et j'aurai des questions à ce niveau-là pour la
ministre lorsqu'on sera rendus là dans l'étude, bien entendu.
Les nouvelles responsabilités des villes ou des
MRC. On verra où nous mèneront nos discussions, mais on va devoir savoir aussi...
C'est bien beau faire des lois, c'est bien beau légiférer, mais,
malheureusement, parfois, il faut aussi se donner le pouvoir financier de nos
ambitions. Et, en ce sens‑là, je vais vouloir entendre la ministre, à savoir ça
peut coûter jusqu'à combien puis est-ce qu'on a ça de disponible actuellement,
pour pouvoir, justement, demander aux municipalités d'appliquer les nouvelles
responsabilités.
Plusieurs ont dit que le projet de loi n'était
pas pour régler, justement, les démolitions par abandon. Je pense qu'il faut se
trouver des façons d'y arriver, et on va devoir réfléchir tout le monde
ensemble. Je vous le dis, je vous le dis d'emblée, Mme la Présidente, je
n'ai pas la réponse, je n'ai pas la réponse. Puis je pense qu'on est plusieurs
ici, là, autour de la table, là, puis on va devoir se creuser un peu la tête
pour pouvoir arriver à répondre, vraiment, à ce fléau, je vais appeler ça un
fléau, là, des démolitions par abandon. J'avais déjà fait la demande pour que
nous puissions tenter d'avoir un inventaire, justement, là, des démolitions par
abandon puis ce qui s'en venait, parce que je pense qu'on
a différentes directions régionales, au ministère, qui connaissent très, très,
bien le territoire, que je pense à votre région, Mme la Présidente, ou que
je pense à Laval, à Québec, en Montérégie, qu'on pense à l'Est du Québec, ou
encore à la Beauce, ou encore à Montréal — j'ai fait pas mal le tour d'horizon,
hein, j'essaie de voir les collègues, là. Bref, je pense qu'on doit tenter de
voir qu'est-ce qu'on a actuellement en inventaire de ces lieux dont nous
connaissons l'existence mais qui sont à dépérir de façon tellement grave qu'on
va probablement être obligés de les démolir. Alors, voilà.
Ensuite de ça, j'ai entendu quand même Phyllis Lambert nous parler d'un manque de perspective
globale. Et, venant de la grande Phyllis Lambert, disons-le, moi, ça, ça m'a
inquiétée énormément. Parce qu'il est vrai qu'on doit donner une vision et une orientation, et elle est... c'est difficile, au
moment où on se parle, de se donner cette vision-là. Donc, je voudrais
entendre la ministre sur cette possibilité-là.
Les tables de partenaires. Je pense que tout le
monde disait oui aux tables de partenaires. Mais qui? Où? Quand? Comment?
Pourquoi? Bref, on peut toutes les poser, ces questions-là. Donc, on aura sans
doute des réponses de la part de la ministre. Est-ce qu'on va y aller avec des
tables régionales, une table na