Public Finance — 10 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2018-05-10
Quebec — Committees
«Enfin, pour assurer la prépondérance du règlement
intérieur du groupe, le projet de loi prévoit que les caisses et la fédération
qui forment le Groupe coopératif Desjardins ne pourront prendre un règlement
intérieur qui leur
serait propre que dans la mesure permise par le règlement intérieur du groupe;
en cas de conflits, les dispositions de ce dernier l'emporteraient sur celles
d'un autre règlement intérieur.»
Voilà, M. le Président. Donc, ça, c'est la
section A, Règlement intérieur du groupe.
Président (M. Bernier) : ...partie à l'arrière de votre page, Sortie de coopératives de services
financiers formant le groupe. Non, ça, c'est un autre groupe, c'est
beau. C'est bien. On va passer immédiatement du côté de l'opposition officielle
pour savoir s'ils ont des questions d'ordre général sur le sujet. M. le député de Rousseau, la parole est à vous.
M. Marceau : Oui, M.
le Président. Merci. Alors, bonjour, tout le monde. En fait, oui, sur la question du règlement
intérieur, j'ai des questions.
Si ma compréhension... En fait, avant de vous dire ce qu'est ma compréhension,
je vais vous lire un extrait du
mémoire de la Coalition des associations de consommateurs du Québec,
mémoire intitulé Araignée du matin,
chagrin : le projet de loi n° 141 et la protection des consommateurs , donc qui a été présenté ici, M. le Président. Et c'était un très long
mémoire. Et, pages 112 et 113, je vais simplement vous lire un bout du
texte, si vous permettez. Alors, je suis entre guillemets, là, je
lis :
«On assiste,
d'autre part, à une manoeuvre juridique fort insolite qui repose sur
l'article 547.2 ajouté à la
Loi sur les coopératives de services financiers. En vertu de cette disposition, le règlement intérieur du Groupe coopératif, adopté par l'assemblée générale de la Fédération des caisses
Desjardins du Québec, pourrait permettre aux caisses membres de déroger à une cinquantaine d'articles de la Loi
sur les coopératives de services financiers ou pourrait substituer "toute
autre disposition" au texte législatif.
«En d'autres termes et à l'égard de la
quasi-totalité du mouvement coopératif financier québécois, Desjardins pourrait tout bonnement remplacer le législateur.
Sans doute aurait-il été plus simple qu'il tienne tout bonnement la plume
pour rédiger lui-même la
Loi sur les
coopératives de services financiers. Mais on assiste ici à cette chose extraordinaire, qu'un fournisseur pourra à sa guise, en tout temps, sans contrôle démocratique autre que celui de ses membres, modifier l'effet de la loi à l'égard de ses activités. Quant à la capacité de la
consommatrice de connaître l'état du droit, elle sera encore amoindrie,
puisqu'elle pourra peut-être repérer la loi, mais elle ne s'arrêtera sans doute
pas à ce texte un peu incompréhensible que
lui paraîtra être l'article547.2, et rien n'assure, d'autre part, que la modification apportée par le Groupe coopératif à l'état du droit sera facilement
accessible. La norme pourrait ici devenir pratiquement invisible.»
Alors, ça,
c'est le mémoire. Puis, en fait, si je vais voir l'article 547.2, là, qui
est à la page 202, si je vais voir le texte de loi, pardon... et, à l'article 547.2, ce qu'on dit, c'est qu'on
peut effectivement substituer, pour certains articles... on
peut remplacer, d'une certaine façon, la loi par des articles... par des
clauses qui sont prévues dans le règlement intérieur.
Et là la liste, elle est plutôt longue. On parle des matières qui sont visées aux
articles 98, 211 à 214, 216, 216.1, 217, 217.1, 220, 223 et 224, les paragraphes 1° et 6° du
deuxième alinéa de l'article 227, les articles 229, 234 à 236, 237,
239, 244 à 247, 249 à 256, 294.1 à 299, 302,
304, 305, 306, 309 à 312, 317, 318, 320, 323, 329, 334, 337 et 341 à 344.
Donc, une liste qui est plutôt longue, là.
Et, bon, quand j'ai lu le commentaire de l'association, je dois avouer... pardon, de la Coalition des associations de consommateurs,
je dois avouer qu'effectivement il y a quelque
chose d'un peu curieux.
Ça fait que
j'aimerais vous entendre là-dessus, nous expliquer comment vous voyez les choses,
nous expliquer peut-être pourquoi les inquiétudes qui sont soulevées par
la coalition ne sont pas fondées ou pourquoi on ne devrait pas donner
suite à... pourquoi on devrait accepter que ce soit tel que c'est rédigé présentement.
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre, oui.
M. Leitão : M. Boivin, bien sûr, vous pourriez amener
ces précisions-là. Mais je dirais, d'entrée
de jeu, que cette partie-là vise vraiment à assurer la cohésion
du groupe et surtout en ce qui concerne — d'ailleurs l'article 57.9 le dit très
bien — les rapports entre les coopératives et le
fonds de sécurité. Donc, c'est vraiment pour renforcer la cohésion et la
sécurité du Groupe Desjardins. M. Boivin?
Président (M. Bernier) : Donc, consentement pour que
M. Boivin et Me Paquin puissent prendre la parole aujourd'hui,
durant nos travaux?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Bernier) :
Consentement. Oui, M. Boivin, je vous en prie.
M. Boivin
(Richard) : M. le Président,
en fait, il faut dire que la technique juridique n'est pas nouvelle. Dans
notre droit de l'organisation des personnes
morales, vous allez retrouver exactement les mêmes possibilités données à des
sociétés par actions en vertu de la
Loi sur
les sociétés par actions. Donc, une société par actions peut très bien, par son
règlement de régie interne, modifier
un petit peu les dispositions de base, le droit supplétif qui s'appliquerait à
toute société par actions qui ne verrait pas l'opportunité d'adapter les
règles, le fonctionnement, par exemple, de son conseil d'administration, de son assemblée générale différemment de ce qui est
prévu dans la
Loi sur les sociétés par actions. Donc, ça existe déjà. Ça existe aussi, actuellement,
pour le Mouvement Desjardins. Vous avez une loi privée du Mouvement
Desjardins qui fait exactement la même chose actuellement.
Alors, ce qu'on a fait en intégrant, finalement,
la loi privée à l'intérieur de la loi publique, on a reproduit sensiblement les mêmes dispositions, la même
flexibilité organisationnelle qu'on accorde à Desjardins, au niveau de la
mécanique, du déroulement des assemblées,
convocation des membres, question des membres, c'est vraiment de la régie
interne, à l'intérieur
du mouvement, de pouvoir adapter la loi à ses besoins particuliers. Donc, c'est
plus de flexibilité. Si jamais le règlement intérieur ne prévoyait pas
de règles particulières, c'est le droit supplétif, donc, la
Loi sur les
coopératives de services financiers qui va s'appliquer.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député.
M. Marceau :
O.K. Bien, peut-être juste vous dire, il y a certainement... Je regardais la
liste, là, qui est dans le texte,
donc, synthèse que le ministre vient de nous lire, là. Et il y a là-dedans,
moi, j'en conviens aisément, là, des sujets pour lesquels il paraît
opportun de laisser à Desjardins d'avoir une certaine flexibilité. Ça, à moins
qu'on soit extrêmement rigide sur la façon
dont les assemblées doivent être convoquées, mettons, je peux admettre que ce
n'est pas nécessaire.
contre, il y a des éléments qui m'apparaissent moins... enfin, qui m'apparaissent
plus importants. Je prends, par
exemple, le 8°, qui est la formation de comités du conseil
d'administration. Puis là ma difficulté, c'est que je ne sais pas exactement quels sont les éléments, là, pour
lesquels Desjardins a de la flexibilité puis pour lesquels elle n'en a pas, là.
Mais, si on parle, par exemple, de la
formation de comités du conseil d'administration, bon, il y a des choses de
base qu'on veut, hein? On veut un
comité d'éthique et de déontologie, on veut un comité d'audit, on veut s'assurer
que ces comités-là soient constitués
de gens qui sont compétents, bon, des choses de base que tout le monde connaît,
là. Moi, je ne sais pas, à ce
stade-ci, puis peut-être que vous pouvez me rassurer, si la flexibilité qu'on
donne dans l'article 547.2 est tellement grande que Desjardins pourrait
passer outre certaines des exigences normales qu'on a pour les sociétés par
actions ou pour les coopératives de services financiers habituellement,
là, telles qu'on les comprend.
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : M. le Président, la réponse simple est non, parce
que... et on pourra éventuellement aller voir
article par article, mais c'est vraiment des dispositions de nature organisationnelle, qui
touchent l'organisation, la convocation
des assemblées, la tenue des réunions, le vote aux assemblées, tout ce qui est
de nature plus corporative, là, pour
employer un langage plus désuet. Donc, c'est vraiment en termes de l'organisation interne du mouvement des caisses, de la fédération,
les liens entre les deux.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Oui, allez-y.
M. Marceau :
Juste vous arrêter là-dessus. L'organisation interne, c'est fondamental, en
même temps, là. Le pouvoir des membres
d'avoir une influence sur les décisions qui sont prises, ça passe par la façon
dont sont organisés les réunions,
comment ça se déroule, quand est-ce que c'est convoqué. Donc, de me dire, de me
donner comme réponse : C'est de la réglementation interne, je suis
désolé, ce n'est pas une réponse qui me satisfait.
réponse qui me satisfait, c'est : Nous nous assurons que les membres ont
des pouvoirs qui leur permettent de s'exprimer adéquatement dans le
cadre des assemblées, que les membres sont capables d'avoir une influence sur
les décisions qui sont prises, bon. Puis
dites-moi : M. le député de Rousseau, je vous garantis, là, que le
règlement intérieur est suffisamment
encadré pour garantir ces droits-là aux membres, pour garantir... Vous
comprenez ce que je veux dire, là?
Moi,
de me dire que c'est de la réglementation interne, ce n'est pas assez. Je veux
dire, vous savez très bien qu'il y a
des protections pour les actionnaires dans les sociétés par actions. Est-ce que
les mêmes protections pour les membres sont assurées si on adopte 547.2?
C'est ça qui me préoccupe, là.
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : M. le Président, en fait, je référerais le député
à l'article 547.1, qui prévoit que le règlement intérieur doit être
approuvé par l'assemblée générale de la fédération par une résolution spéciale.
Donc, c'est aux deux tiers des voix
exprimées. Donc, c'est ça. Bon, les membres... Ce sont les représentants des
membres, c'est le collège électoral
qui va vraiment adopter le règlement interne. Et c'est sûr que, dans la mesure
où le règlement interne va venir peut-être
modifier les règles de base prévues dans la
Loi sur les coopératives de
services financiers, j'imagine qu'il y aura éventuellement un débat.
C'est des sujets plus particuliers qui interpellent les membres.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
O.K. Bien, regardez, moi, j'ai dit ce que je voulais dire. Peut-être qu'en
faisant l'étude
article par article,
puis peut-être en me donnant plus de détails sur certains des éléments qui sont
compris dans le 1° de... bien, enfin, la liste des articles,
là, qu'il y a dans 547.2, peut-être qu'on pourra progresser.
Le Président
(M. Bernier) : ...
M. Marceau :
Oui, c'est ça.
Le Président
(M. Bernier) : ...davantage les sujets et les impacts.
M. Marceau : Mais, pour
la discussion générale, j'ai dit ce que j'avais à dire, là.
Président (M. Bernier) : O.K. M. le député de Granby.
M. Bonnardel :
Ça va.
Président (M. Bernier) : Ça va? Donc, nous allons débuter l'étude
des articles. Et nous débutons l'étude de nos articles par un amendement
à l'article 547.1 de la
Loi sur les coopératives de services financiers,
que propose l'article 290 du projet de loi. Donc, M. le ministre.
M. Leitão :
C'est une clarification, M. le Président. Donc, ça serait peut-être important
qu'on commence par ça. Alors, à l'article 547.1 de la
Loi sur les
coopératives de services financiers, proposé par l'article 290 du projet
de loi, remplacer, dans le premier alinéa, «doit être soumis à l'approbation de
l'assemblée générale de la Fédération des caisses
Desjardins» par «est pris par le conseil d'administration de la Fédération des
caisses Desjardins du Québec puis doit être soumis à l'approbation de
l'assemblée générale de cette dernière».
Alors,
l'amendement indique que le règlement intérieur du groupe coopératif doit
d'abord être pris par le conseil d'administration
de la fédération avant d'être soumis à l'assemblée générale de cette dernière.
Une telle étape préalable est prévue à l'égard du règlement intérieur
d'une société par actions.
autres modifications que prévoit l'amendement visent uniquement à ce que le nom
de la fédération soit mentionné au complet seulement lorsqu'il est
mentionné pour la première fois.
Alors, le texte de l'article 547.1 de la Loi
sur les coopératives de services financiers,
chapitre C-67.3, tel
qu'amendé, se lirait comme ceci :
«547.1. Le règlement
intérieur du Groupe coopératif Desjardins est pris par le conseil
d'administration de la Fédération des caisses Desjardins du Québec puis doit
être soumis à l'approbation de l'assemblée générale de cette dernière qui peut, par résolution spéciale, le ratifier, le modifier ou
le rejeter, il prend effet lors de son approbation par cette assemblée
ou à toute date d'entrée en vigueur postérieure qu'il peut prévoir.
«Les
règles du présent
article s'appliquent, avec les adaptations nécessaires et
sous réserve du règlement intérieur du Groupe coopératif, à la
modification ou à l'abrogation de ce règlement.»
Voilà, M. le
Président, donc 247.1.
Le Président
(M. Bernier) : O.K., merci. Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui, merci, M. le Président. M. Boivin a évoqué tout à l'heure la règle
des deux tiers.
M. Boivin
(Richard) : C'est la résolution spéciale, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Alors, la notion de résolution spéciale, c'est
une résolution adoptée aux deux tiers exprimés par les membres.
M. Marceau :
O.K. Puis ça, ça apparaît à quel endroit? C'est dans la loi... c'est ça.
M. Boivin
(Richard) : C'est dans les dispositions qu'on a déjà adoptées, là.
M. Marceau :
O.K., 216.2.
M. Boivin (Richard) : C'est dans la
Loi sur les coopératives, des
modifications qu'on a adoptées précédemment. C'est la définition de «résolution
spéciale». Mais, vite comme ça, je ne suis pas capable de vous donner...
M. Marceau :
Bien, je pense qu'on l'a ici, là, c'est 216.2. On l'a adopté quand on a adopté l'article 116
à la page 168. C'est ça, hein, Me Paquin?
Président (M. Bernier) : Me Paquin, est-ce que vous pouvez nous
confirmer la chose?
M. Paquin
(Mathieu) : Ça serait... C'est la bonne définition. Toutefois, ici, on
est en... En fait, on est dans le règlement intérieur. On parle d'assemblée générale de la
fédération. Alors, il s'agit de la résolution spéciale de la fédération, qui est prévue
à un autre
article du projet de loi. Je vais vous trouver ça, ça ne sera pas
très long.
Alors,
c'est à la page 179 quand le projet de loi va introduire, à son
article 169,
les articles 299.1, 299.2.
Président (M. Bernier) : Que nous allons adopter, que nous
n'avons pas adopté encore.
M. Paquin
(Mathieu) : Ils ont été adoptés, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Ils ont été adoptés. O.K.
M. Paquin
(Mathieu) : Ça a été fait hier, si ma mémoire est bonne.
Président (M. Bernier) : O.K.
M. Marceau : Merci. O.K., puis sur l'amendement, donc, puis sur
la façon dont ça fonctionne, est-ce que ça veut dire qu'un changement au règlement intérieur ne pourrait pas émaner d'un
sous-ensemble des membres de l'assemblée générale sans que ça ait été, au préalable, adopté par le conseil d'administration? Est-ce que c'est ce que ça veut dire?
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, en fait, l'idée d'une modification au règlement intérieur peut très bien émaner des
différentes assemblées ou organes du Mouvement Desjardins, et je dois vous dire
qu'ils sont assez démocratiques dans la façon dont ils font évoluer leurs règlements
intérieurs. Mais, techniquement et juridiquement, il faut que le règlement soit pris par un organe décisionnel à une date
donnée, et, comme le prévoit déjà la
Loi sur les sociétés par actions, alors donc, qui est le modèle
de base, c'est le conseil
d'administration qui prend le règlement,
mais il doit être soumis à l'approbation de l'assemblée des membres et
il n'entre en vigueur que lorsqu'il est approuvé. Donc, le règlement
intérieur et toute modification n'entrent en vigueur que lorsqu'il est approuvé
aux deux tiers par l'assemblée votante.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député.
M. Marceau : Mais, M.
le Président, s'il arrivait que des
membres veuillent faire apporter des modifications aux règlements
intérieurs et que le conseil
d'administration ne soit pas
d'accord, c'est donc dire que cette modification ne pourrait jamais être adoptée par
l'assemblée générale extraordinaire.
M. Boivin
(Richard) : Effectivement, parce que, comme le disait le ministre, le règlement
intérieur doit prévoir, donc, la
cohésion, la cohérence à l'intérieur du mouvement. Et je vous dirais qu'à ce niveau-là le conseil d'administration
de la fédération est effectivement le gardien, donc, de cette cohérence. Et c'est à lui que revient le
choix de décider s'il va ou pas
donner suite à des suggestions qui pourraient venir à l'intérieur du mouvement,
qui pourraient venir des membres.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Juste pour clarifier, lorsqu'il y a
une assemblée générale de la Fédération des caisses Desjardins, les membres de l'assemblée,
qui sont-ils, exactement?
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Actuellement,
dans la structure démocratique de Desjardins, ce conseil électoral ou décisionnel est composé de... puis là je n'oserais
pas dire un nombre de... je pense que c'est 250 ou 350, là, mais prenez ça
sous toute réserve, de représentants qui sont élus par la base. Et ça remonte jusqu'à une assemblée
de représentants qui vont être, donc, des personnes
habilitées à voter.
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin (Richard) : Ils sont
délégués par des... c'est par région, oui.
Le Président (M. Bernier) :
Par région.
M. Marceau : Est-ce que
ce sont des gens qui sont nommés par les assemblées générales de caisses qui
sont désignés pour aller porter la voix de la caisse?
M. Boivin
(Richard) : À l'intérieur du règlement interne actuel du Mouvement Desjardins, c'est des
gens, donc, qui sont désignés par les
différentes caisses puis qui vont, sur un plan régional, être élus de façon démocratique à l'intérieur de ces
organes-là, qui sont un petit peu, je dirais, non prévus par la loi, là, mais
ça fait
partie du système décisionnel démocratique de Desjardins. Et donc les délégués, par la
suite, se réunissent et vont voter les règlements, vont élire les administrateurs, vont
servir d'assemblée générale de l'ensemble des membres du Mouvement Desjardins.
M. Marceau :
O.K. Et donc, pour que... je répète, là, prenons le cas, je ne sais pas, moi,
où un sous-ensemble des caisses pense que, je ne sais pas, moi, que
Desjardins ne devrait pas investir dans Kinder Morgan, mettons. Bon, évidemment, on n'est pas dans le règlement
intérieur, là, j'en suis bien conscient, mais, en tout cas, disons qu'un
sous-ensemble des caisses voudrait apporter une modification puis que le
conseil d'administration, par ailleurs, de la fédération
n'est pas d'accord. Pour que ce sous-ensemble de caisses parvienne à ses fins,
pour parvenir à faire faire un changement, il faudrait que, d'une certaine façon,
ils parviennent à faire changer la composition du conseil d'administration
ou, en tout cas, à convaincre le conseil
d'administration, puis il n'y aura pas moyen, autrement, d'y parvenir, même
s'ils sont un groupe significatif et important... que c'est la majorité,
là, la majorité des caisses.
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : M. le Président,
ce sont des règles de fonctionnement des personnes morales. Les personnes
morales, que ce soit une société par
actions, un OBNL, une coopérative, c'est le conseil d'administration,
ultimement, qui a le pouvoir de gérance, là. Alors, c'est pareil ici,
dans le Mouvement Desjardins.
M. Marceau : C'est juste
que, peut-être que je suis un peu naïf, mais je voyais le Mouvement Desjardins,
mouvement coopératif, ou les coopératives de façon plus générale comme des
entités, des personnes morales un peu différentes
des sociétés par actions. Et je me dis que, si la majorité des membres du
mouvement... enfin, la majorité des membres qui sont présents à
l'assemblée générale veut apporter un changement au règlement, il me semble
qu'ils ne devraient pas être à la merci d'un conseil d'administration qui, lui,
n'est pas d'accord, là. Est-ce que ce genre de...
M. Boivin (Richard) : M. le
Président...
Le Président (M. Bernier) :
Oui, allez-y.
M. Boivin
(Richard) : ...ce que
prévoit 547.1, c'est que le règlement qui a été adopté, qui a été pris par le
conseil d'administration et qui est
soumis à l'approbation des membres, donc, peut, par résolution, le ratifier,
l'assemblée peut le ratifier, le modifier ou le rejeter. Donc, ils pourraient
le modifier, également, à la majorité non pas simple, mais majorité des
deux tiers.
M. Marceau :
O.K., parce que, là, c'est différent, là, de ce... Je vous remercie de ce que
vous apportez comme précision, là.
C'est sûr que c'est... Si je comprends bien, si je comprends bien, donc, au
moment de l'assemblée générale, l'assemblée
générale peut modifier le règlement intérieur, même s'il n'y a pas de
résolution du conseil d'administration, ou ça prend nécessairement une
résolution du conseil d'administration?
M. Boivin
(Richard) : En fait, le règlement
est pris par le conseil
d'administration, il est soumis à
l'approbation de l'assemblée, et on me dit qu'il y a 256 représentants à
l'assemblée.
M. Marceau : O.K.
Excellent.
M. Boivin
(Richard) : Donc, il est
soumis à leur approbation. Ils peuvent l'approuver tel quel, ils peuvent l'approuver avec des modifications. C'est un peu comme un règlement de l'autorité qui est soumis au ministre.
Le ministre approuve. Il
pourrait aussi l'approuver avec des modifications.
M. Marceau : O.K. Mais, dans
le fond, c'est juste... ce que je veux comprendre, c'est pour la suite des
choses. Admettons qu'il a déjà été adopté, le règlement intérieur, là,
de toute façon...
M. Boivin (Richard) : Il est
adopté. Il n'est pas en vigueur.
M. Marceau :
Il n'est pas en vigueur. O.K. Puis là disons qu'il est pris puis ratifié par
l'assemblée générale, là, au moment
qui viendra. Mais mettons que, dans cinq ans, quelqu'un veut le modifier, c'est
plus ça, ma préoccupation. Comment ça fonctionne dans cinq ans?
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin (Richard) :
Actuellement...
M. Marceau : S'il
n'y a pas de résolution
devant l'assemblée générale portant sur ce sujet-là, est-ce que
c'est dire que c'est impossible de le modifier?
M. Boivin
(Richard) : Actuellement, le Mouvement Desjardins, la
façon dont il fonctionne avec ses membres, il y a beaucoup, je dirais, de consultation qui se fait sur la
gouvernance, sur les sujets qui préoccupent les membres, sur l'avenir du Mouvement Desjardins, etc. Donc, le
Mouvement Desjardins, la fédération consulte régulièrement tous ses membres. Il y a des réunions qui se tiennent régulièrement
dans toutes les régions pour aller chercher le pouls des besoins des caisses et de leurs membres. Et donc il y a...
le mouvement, la fédération s'alimente ainsi des besoins, des souhaits,
des désirs de l'organisation à la base. Et, à partir de là, ils travaillent à
élaborer, s'il le faut, les modifications aux règlements de régie interne qui
vont s'appliquer éventuellement.
Mais tout ça
va revenir à l'assemblée, les gens qui ont le pouvoir de voter, les
256 représentants qui sont élus sur une base régionale. Et c'est eux qui vont avoir le mot final,
finalement. Alors, il y a comme... ça forme un cercle. Ça vient de la base. L'information est récoltée par la fédération.
C'est transformé dans un projet de règlement. C'est soumis à l'assemblée des
gens qui ont le pouvoir de voter. Ils sont 256 puis ils doivent approuver ou
modifier, mais avec une résolution aux deux tiers.
Le Président (M. Bernier) :
O.K. Merci.
M. Marceau : C'est bon pour
moi, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
C'est bon. M. le député de Granby.
M. Bonnardel : Ça
Président (M. Bernier) : Ça va? Donc, est-ce que l'amendement à
l'article 547.1 de la
Loi sur les coopératives de services
financiers, que propose l'article 290 du projet de loi... est-il adopté?
Président (M. Bernier) : Adopté. Est-ce que l'article 547.1
de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose l'article 290
du projet de loi tel qu'amendé... est-il adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Adopté. Nous avons un nouvel amendement à l'article 547.2 de la
Loi sur
les coopératives de services financiers, que propose l'article 290 du
projet de loi. M. le ministre.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. C'est encore une clarification, mais on va y aller.
Donc, à l'article 547.2 de la Loi
sur les coopératives de services financiers, proposé par l'article 290 du projet
de loi, insérer, dans le paragraphe 1° du deuxième alinéa et après
«visées aux articles», «94, 95,».
Alors,
l'amendement permet au règlement intérieur de déroger aux règles prévues par
les articles 94 et 95 de la Loi de sur les coopératives de services
financiers relatives à la nomination des gestionnaires de coopératives de
services financiers faisant
partie du Groupe coopératif Desjardins.
Le texte,
donc, de l'article 547.2 de la
Loi sur les coopératives de services
financiers, tel qu'amendé, se lirait ainsi :
«En plus des
dispositions qu'il peut prévoir en vertu des autres dispositions de la présente
loi, le règlement intérieur du groupe coopératif comporte les
dispositions propres à assurer la cohésion de ce groupe et son fonctionnement,
à l'exclusion des règles régissant les
rapports entre les coopératives de services financiers et le fonds de sécurité
qui le forment.
«Le règlement
intérieur du Groupe coopératif peut, concernant les coopératives de services
financiers qui en font
partie :
«1° dans les matières visées aux
articles 94, 95, 98, 211 à 214, 216, 216.1, 217, 217.1, 220, 223 et 224,
aux paragraphes 1° à 6° du deuxième alinéa de l'article 227, aux articles 229,
234 à 236, 237, 239, 244 à 247, 249 à 256, 294.1 à 299, 302, 304, 305, 306, 309
à 312, 317, 318, 320, 323, 329, 334, 337 et 341 à, comporter toute disposition dérogeant à ces articles ou prévoir que l'ensemble ou certains de ceux-ci ne
s'appliquent pas et leur substituer toute autre disposition.»
Voilà l'article 547.2, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Donc, sur l'article et l'amendement.
M. Leitão : Je n'ai pas lu tout le reste, parce que ça
continue. Ça concernait seulement la
partie qui est modifiée par
l'amendement.
Le Président (M. Bernier) :
Oui, oui, j'ai compris. Merci.
M. Marceau :
Bon, peut-être vous demander de manière plus... pour l'instant, très générale,
là : Dans les articles, là, qui...
enfin, qui sont... qui apparaissent, là, donc désormais 94, 95, mais tous les
autres, là, y a-t-il là-dedans des articles qui ont été introduits dans la
Loi sur les coopératives de services
financiers, au départ, pour s'assurer de protéger, disons, les points de vue... je vais appeler ça les points
de vue minoritaires ou les points de vue... dans le contexte de sociétés par
actions, on dirait les actionnaires minoritaires, là, mais, dans le cas
d'une caisse, évidemment, on parle de plusieurs membres, là, je le comprends
bien. Mais y a-t-il des articles, donc, qui, justement, là, sont présents pour
protéger?
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : M. le Président, non, effectivement, dans le cas des
coopératives de services financiers, c'est
un membre, un vote. Donc, la notion de minoritaire, elle ne peut pas vraiment
s'appliquer. Il n'y a personne qui peut avoir le contrôle d'une
coopérative de services financiers. Il n'y a pas de groupe contrôlant versus
des groupes minoritaires. Donc, effectivement, ces dispositions-là ne
s'appliquent pas.
faut comprendre aussi que la
Loi sur les coopératives de services financiers
comporte en grande
partie des dispositions
qui sont plus ou moins théoriques dans la mesure où on prévoit l'encadrement de
nature corporative d'une fédération
qui ne serait pas la fédération Desjardins, de fédérations, entre elles, qui
pourraient fusionner, alors qu'il n'y a qu'une fédération ici, au
Québec, qui est la fédération Desjardins.
Donc,
il faut tenir compte aussi du fait que, quand on arrive au niveau du Groupe
coopératif Desjardins, il faut, par
rapport à cette entité corporative unique au Québec, avoir un ensemble de
règles qui vont correspondre à sa structure puis à ce que le mouvement
est exactement, alors que ce qui a été prévu de façon plus ou moins théorique
pour des fédérations qui pourraient
éventuellement être créées, puis possiblement que ça n'arrivera jamais... Donc,
on a prévu un modèle théorique, mais
ce modèle théorique là ne sied pas toujours à une entité qui, aujourd'hui, est
beaucoup plus grosse, qui est
beaucoup plus complexe, qui a des opérations plus diversifiées qu'un ensemble
de coopératives de services financiers qui seraient chapeautées par une
fédération de services que j'appellerais ordinaires.
Donc,
c'est dans ce contexte-là que le
chapitre sur le Groupe coopératif Desjardins
est, je dirais, défini. C'est pour trouver
des règles de fonctionnement qui vont bien aller avec la nature de
l'organisation. Mais on ne retrouve pas jamais de préoccupation de
protéger un minoritaire versus un majoritaire parce que ça ne peut pas
s'appliquer.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
J'aurais peut-être dû utiliser «un membre», les droits des membres. Puis je
vous donne un exemple. Le 220, mais
aussi le 302, là, qui peuvent être... dont, disons, le règlement intérieur
pourrait faire fi. Bien, je peux prendre le 220. Il faut que j'y aille
moi-même, là. Le deuxième alinéa dit : «Toutefois, l'élection des membres
du conseil d'administration et du conseil de
surveillance se fait par vote secret.» Bon, ce qui permet d'assurer aux membres... Bien, enfin, moi, je pense que le vote secret a
des avantages, là, importants, là, pour, entre autres, protéger justement
le droit des membres de s'exprimer de façon
égale, là, de donner un droit de vote qui est équivalent à chacun, ce qui n'est
pas nécessairement le cas dans une assemblée où on vote à main levée,
Moi, je comprends de l'article 247.2
que, par exemple, l'élection au scrutin secret des membres du conseil d'administration pourrait... je ne dis pas que c'est l'intention de Desjardins, je veux
dire qu'on est dans la théorie, là. Je suis
bien conscient de ça, là. Mais je comprends de cela que Desjardins pourrait
décider que l'élection des membres au conseil d'administration pourrait
se faire autrement que par scrutin secret.
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : M. le Président...
Marceau : Puis moi,
je réitère que l'idée, c'est : Est-ce
que c'est raisonnable de permettre
ça, sachant que le scrutin secret,
c'est ce qui garantit à chacun des membres un poids égal dans la procédure
d'élection, puisque, donc, il
n'y a pas les influences, là, que tout le monde connaît puis qu'on retrouve dans le cas des élections où c'est fait à
main levée? Puis je prends 220, puis peut-être
qu'on pourrait aller ailleurs, puis je n'ai pas le goût non plus, là... on ne
passera pas des heures, là. Je veux
juste exprimer que j'espère que, dans la longue liste d'articles
qui est là, on ne fait pas sauter des articles qui sont nécessaires à la
protection des droits de chacun des membres de la coopérative.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, en fait, je pense
que la règle des assemblées délibérantes, généralement, c'est que les
gens votent à main levée, donc expriment leurs opinions, et, suite à cette
expression d'opinions ou vote à main
levée, le vote plutôt secret des membres d'un conseil d'administration, c'est
plus une disposition, je dirais, extraordinaire
que normale. L'un n'empêche pas l'autre. Comme vous disiez, M. le député, il y
a du pour et du contre. Je pense que,
nous, ici, ce qu'on voit, c'est qu'il pourrait... on pense qu'il serait tout à
fait loisible à la fédération, dans un
règlement intérieur soumis aux membres qui ont le pouvoir de voter dessus, de
pouvoir se pencher sur ces questions-là et de voir, à l'intérieur du
mouvement, si c'est quelque chose qui doit être privilégié ou pas.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
M. Marceau :
Je veux juste regarder un peu encore les autres articles, M. le Président,
là, pour voir de quoi il s'agit, là, parce
que je reconnais, je le répète, là, je reconnais qu'il y a certains des
articles dans la liste qui sont relativement anodins, là, puis je ne
veux pas... je peux comprendre qu'on ne veuille pas imposer à Desjardins que
les assemblées générales se tiennent à
9 heures le matin, là. Je ne suis pas là-dedans, là. Je reconnais la
nécessité qu'il y ait de la flexibilité.
Mais
il y a certains articles, je vous en ai donné un, là, qui est sur le fait qu'il
y a un scrutin secret, certains pourraient vous dire que c'est bien, bien, bien important que ce soit un scrutin secret.
Bon, moi, je ne suis pas un spécialiste de ces choses-là, mais... Alors,
permettez, M. le Président, je vais continuer à regarder rapidement, O.K.?
Le Président
(M. Bernier) : Allez-y.
Le Président (M. Bernier) :
Oui, M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : Si vous me le
permettez, j'apporterais une précision. Ce qu'on m'informe, c'est que le
conseil des 256 représentants, c'est le
conseil électoral, c'est celui qui élit les membres du conseil
d'administration. Quand on parle du règlement de régie interne, donc,
c'est une assemblée de 3 000 représentants. Oui.
M. Boivin (Richard) : Oui,
3 000.
M. Marceau : O.K. Oh là
là! Puis donc ça prend un vote aux deux tiers?
M. Boivin (Richard) : Aux deux
tiers.
M. Leitão : Donc, 2 000.
Deux sur trois.
M. Marceau : Oui. Les capacités
de calcul de tout le monde autour de la table ont été mises à rude épreuve.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Marceau : M. le
Président.
Le Président (M. Bernier) :
Oui, je vous écoute.
M. Marceau : Bonjour, M.
le Président. Bien, écoutez,
j'ai fait le tour rapidement des articles, là, qui sont dans la liste. Il
y a la question du scrutin secret,
là, qui me préoccupe. Dans le 305 aussi, qui est dans la liste, il y a
la question du nombre de membres qu'il faut recueillir pour
obtenir la tenue d'une assemblée extraordinaire. C'est deux éléments qui...
M. Marceau : Oui. Pour le scrutin secret, je l'ai vu à 220
puis à 302. Pour le nombre de membres nécessaire pour la tenue d'une assemblée extraordinaire,
qui est fixé à 100 dans la loi, là, à 305.
Bon, dans les
deux cas, ce sont des dispositions qui garantissent
une certaine protection des droits des membres, là. Puis là, évidemment, je n'ai pas fait un examen exhaustif, là, mais
je vous dirais que la loi, certainement, est là pour protéger, justement, en partie, en tout cas, les
membres, les droits des membres, là, puis que de pouvoir les modifier sans
autre... tu sais, même par l'approbation
d'une majorité de membres de l'assemblée générale, je ne suis pas certain que
ça protège suffisamment les droits de chacun des membres.
Moi, si vous
voulez, on peut... Je vous en ai donné trois. Si vous voulez, on peut
suspendre, puis réfléchir, puis prendre le temps plus de regarder ou on
peut continuer à regarder au cas par cas, là, mais j'aimerais savoir...
Parce qu'en
fait la question que je me pose, c'est : Qu'est-ce qui fait que l'article,
mettons, je ne sais pas, moi, 303...
Je donne le 303 parce que je vois que, dans la liste, j'ai 302, 304, 305, là.
Alors, pourquoi 303 n'est pas dans la liste, mais 302, pourquoi il y est?
J'aimerais avoir peut-être une discussion plus claire sur les raisons pour
lesquelles 303 n'est pas dans la
liste, mais 302 y est. Puis, dans certains cas, c'est une évidence, c'est que
c'est de la poutine interne puis c'est sans conséquence sur les droits
des membres. Mais, dans d'autres cas, comme le scrutin secret, là, ce qui n'est
pas quelque chose d'anodin d'un... pour
l'élection au conseil d'administration ou bien pour le nombre de personnes
requis pour exiger la tenue d'une
assemblée extraordinaire, je pense que ce n'est pas anodin, là. C'est plus
lourd de conséquences.
Je vais juste
vous rappeler une phrase que vous connaissez certainement sur la protection
des... pas des faibles, mais, en tout
cas, des... C'est la phrase de Lacordaire, là, que tout le monde connaît, mais
c'est : «Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la
liberté qui opprime et la loi qui affranchit.» Donc, le fait d'avoir la loi, ça permet de protéger. C'est une
phrase bien célèbre, puis c'est... Parce que je trouve que ça s'applique bien
ici. C'est : En s'assurant que
la loi ne peut pas être contournée, on protège les droits des... appelons-les
les plus faibles, en tout cas, les membres qui ont des opinions moins
fréquentes à l'intérieur du mouvement, là. Voilà.
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : En fait, quand
on parle de membres, il faut faire attention de distinguer entre les membres
d'une caisse, donc les individus, souvent,
qui sont des déposants, et, au niveau de la fédération, quand on parle de
membres, on parle donc de caisses, de coopératives de services financiers.
Ici,
quand vous nous référez à 302, on est au niveau de la fédération. 303 n'a pas
été exclu parce que c'est l'article qui
prévoit la tenue d'une assemblée annuelle de la fédération. Donc, c'est sûr
que, si on nous avait demandé de pouvoir exclure 303, ce qui n'a pas été
le cas, on l'aurait refusé.
Pour revenir
à l'ensemble de ces dispositions-là, il y a bien des articles, dans la
Loi sur
les coopératives de services financiers,
que nous n'avons pas eu le temps de regarder parce qu'on n'a pas fait une
révision complète, comme pour la Loi
sur les assurances. Alors, c'est une loi, donc... ce qu'on a dans la loi
n° 141, c'est une loi modificatrice, la
Loi sur les coopératives de
services financiers.
Dans la
mesure où on aurait eu le temps de revoir l'ensemble des dispositions, il n'est
pas impossible que plusieurs de ces dispositions-là auraient été modifiées, ce
qui aurait fait en sorte que la liste des dispositions que le règlement
intérieur de la fédération peut exclure
aurait été beaucoup moins longue, oui, parce qu'il ne faut pas oublier que, je
regarde vite, vite, vite, là, mais la
majorité des dispositions dont on parle datent de 2000. Ça fait quand même
18 ans. Donc, la loi aurait eu besoin d'être revue au complet, ce
qu'on n'a pas eu le temps de faire.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
M. Marceau : Regardez, je ne
sais pas trop comment...
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui, merci. Je ne sais pas trop comment procéder, là. Je veux juste être
bien... Je veux dire deux, trois choses. La première c'est : Je
reconnais la nécessité qu'il y ait de la flexibilité, je ne mets pas ça en
cause. Deuxièmement, je pense que, quand on...
comme on a une occasion de se pencher là-dessus, effectivement, il faut
s'assurer qu'on conserve la flexibilité là où c'est nécessaire. Maintenant,
pour certaines dispositions, je ne suis pas parfaitement à l'aise, puis là je trouve que je n'ai pas fait... Parce que,
là, j'ai fait ça en cinq, 10 minutes, puis je ne veux pas ralentir les
travaux de la commission inutilement. Ce qu'on peut faire, si vous le
voulez, si vous le voulez, peut-être qu'une façon de procéder à ce stade-ci, ce serait de suspendre l'article
puis que, de votre côté, pour la liste de chacun des articles,
là, vous me disiez : Bien là, ça
vraiment de la poutine interne. Puis, pour les quelques articles
qui vous apparaissent un peu plus...
Parce que,
bon, en fait, je vais le redire autrement. Vous avez mis le nez à quelque part, là, c'est clair, puis votre ligne
c'est, par exemple, vous venez de le mentionner, vous ne permettriez pas que
Desjardins ne tienne pas une assemblée annuelle. Ça, c'est certain.
Donc, ça, c'est bien.
Alors, moi, peut-être
que vous pourriez nous dire dans un texte, quoi, qui aurait une page ou deux,
là : Bien, voici les articles.
Dans certains cas, c'est trivial, dans d'autres, c'est un petit peu plus
complexe, puis la zone grise est là. Puis là on pourrait avoir une
discussion éclairée là-dessus, là.
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin, avez-vous des éléments...
M. Boivin
(Richard) : M. le Président, je comprends très bien la demande du député et à laquelle on peut
agréer, mais j'aurais tendance, et c'est
ce qu'on a fait après réflexion, ces jugements qu'on a portés, d'entrée de jeu,
de vous dire que, pour nous, tout ce
qui était prévu dans cette liste d'exclus étaient des dispositions qui
n'étaient pas de nature, donc, à venir changer fondamentalement le droit
et qui portaient problème, étaient vraiment question de gouvernance. Par exemple, sur la question du vote secret ou public
à main levée, pour nous, il n'y avait pas d'enjeux. Donc, je veux bien
essayer d'identifier des enjeux, mais...
M. Marceau : Juste vous donner un exemple, là, le scrutin
secret, pour moi, c'est assez évident, là. Si on vote à main levée pour savoir qui va être le grand patron
puis que moi, je vote pour la personne qui perd, bien là, je me retrouve
dans le sous-groupe de ceux qui ont pris le
mauvais cheval, et il pourrait y avoir, pour la suite des choses, des
conséquences. Et, à l'inverse, si je
vote pour celui qui va s'avérer être le bon cheval, celui qui l'emporte, bien
là, je pourrais recevoir des gratifications
de diverses manières, là. Ce n'est pas pour rien justement qu'on a le scrutin
secret aux élections québécoises, puis aux élections municipales, puis en
plein d'autres circonstances... Pardon?
Une voix : Scolaires aussi.
M. Marceau : Des élections scolaires, oui, j'oublie. Mais,
bon, pour un mouvement de l'ampleur et de l'importance de Desjardins, moi, il me semble, en tout cas...
Puis le fait que nous en discutions, d'ailleurs, montre à quel point ce n'est
pas si tranché, là. Je pense que, pour le
scrutin secret, bien, on peut diverger d'opinion sur le fait que ça ne devrait
pas être permis, de mon point de vue,
que l'élection des grands patrons de Desjardins se fasse à main levée, là. Moi,
je pense que
c'est délicat pour certaines personnes de s'opposer à certaines personnes
qui... bon, vous comprenez ça, là. Les jeux de pouvoir, il y en a chez
Desjardins comme il y en a ailleurs, là. Alors, voilà.
Président (M. Bernier) : Est-ce que vous voulez une discussion? Je peux suspendre quelques
instants pour permettre une discussion sur le suivi de nos travaux.
M. Marceau : Oui, O.K., parfait, si vous voulez, parce que
je n'ai pas le goût qu'on passe une heure à passer chacun des articles,
Le Président (M. Bernier) : C'est strictement... Ce que je veux dire aux gens
qui nous écoutent, puis j'imagine qu'il y a beaucoup
de gens de chez Desjardins ou des membres de chez Desjardins qui nous écoutent,
là, tout ce que je veux vous dire,
c'est que je vais simplement suspendre pour être capable de déterminer quelles
sont les suites de nos travaux.
(Suspension de la séance à
12 h 29)
Le Président
(M. Bernier) : Nous reprenons nos travaux.
Donc, de consentement,
M. le ministre, vous voulez retirer l'amendement qui est présenté et suspendre l'article
également?
M. Leitão :
Exactement, M. le Président, vous avez lu dans mes...
Le Président
(M. Bernier) : Dans vos pensées.
M. Leitão : ...dans mon esprit. Alors, on suspend l'amendement, on suspend l'article 147.2 aussi et on continue avec le projet
de loi.
Le Président
(M. Bernier) : Consentement? Consentement, M. le député de
Granby? Consentement. Donc, nous poursuivons avec l'étude des
articles 547.3 à 547.4 de la
Loi sur les coopératives de services
financiers, que propose l'article 290. M. Boivin, avez-vous des
choses à nous dire?
M. Boivin (Richard) : M. le Président, c'est des articles qui
reprennent essentiellement le résumé que le ministre a lu. Ça décrit de façon législative, donc,
comment le règlement intérieur du Groupe coopératif Desjardins va s'appliquer
à l'intérieur du mouvement et auprès des coopératives.
Président (M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Ça me va, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Ça va? M. le député de Granby?
M. Bonnardel :
Ça va.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? Est-ce que les articles 547.3 à 547.4
de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose
l'article 290... sont-ils adoptés?
Le Président (M. Bernier) : Adopté. Donc, nous avons un nouveau
chapitre qui
concerne... sortie des coopératives de services financiers formant le
groupe. Donc, vous avez un texte, un court texte à nous présenter.
M. Leitão : Un court
texte, M. le Président, une courte
partie aussi. Donc, la
partie B du groupe...
de la
section Groupe coopératif Desjardins. Alors, Sortie des
coopératives de services financiers formant le groupe.
«Afin d'assurer l'indivisibilité du
Groupe coopératif Desjardins, le projet de loi prévoit que les coopératives qui
le forment ne peuvent en sortir que par leur dissolution.
«Rappelons que, dans la
Loi sur les
coopératives de services financiers, le mot "liquidation" et le
processus qui le désigne, tel que le
prévoient les dispositions de la
Section I du
Chapitre VII de cette loi,
correspond à une liquidation et une dissolution volontaire. En effet,
l'article 169 prévoit que c'est l'assemblée d'une coopérative qui décide
de la liquidation de celle-ci.
«Inversement,
le mot "dissolution" et le processus qui le désigne, tel que le
prévoient les dispositions de la
Section II
du
Chapitre VII de cette loi, correspond à une liquidation et dissolution
forcée. En effet, les articles 180 et 181 prévoient que la
dissolution résulte de la décision du ministre.»
Président (M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau, sur
l'ensemble de l'oeuvre.
M. Marceau :
Je veux juste... Alors, quand on parle de «volontaire» puis «forcée», on parle
ici de l'absence de difficulté financière ou avec difficulté financière.
C'est ça qu'il faut comprendre?
Président (M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Bien, en fait, la dissolution d'une caisse qui
est membre du Groupe coopératif Desjardins ne peut être décidée que par le fonds de sécurité. Donc, c'est une
caisse qui serait en difficulté, effectivement. Elles ne peuvent, par ailleurs, les caisses membres du
groupe, se liquider sur une base volontaire. C'est la dissolution du groupe en totalité ou rien.
Alors, c'est ce que prévoit la loi.
Et donc, en raison du phénomène de solidarité
qu'on introduit, que tout le groupe ensemble, les différentes composantes du
groupe sont un petit peu responsables les unes envers les autres des dettes
qu'elles ont encourues, la conséquence de
ça, c'est qu'une caisse ne peut pas décider, une bonne journée... une caisse en
santé, par exemple, qui verrait que
ses voisines ont de la difficulté, ne pourrait pas décider de... je quitte le
mouvement. Tu es membre un jour, tu es membre toujours.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. Boivin. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Ça a bien
de l'allure, M. le Président, je trouve.
Le Président (M. Bernier) :
Tant mieux. M. le député de Granby.
M. Bonnardel : Ça
Président (M. Bernier) : Ça va? Donc, nous allons passer à l'étude des articles, plus
précisément à l'étude d'un amendement à l'article 547.5 de la Loi
sur les coopératives de services financiers, que propose l'article 290 du projet
de loi. M. le ministre.
M. Leitão : Ça, c'est essentiellement
de la forme, M. le Président, c'était pour assurer une concordance.
Le Président (M. Bernier) :
M. le député de Rousseau.
M. Marceau : O.K. Je
veux juste très bien comprendre. 547.5, ça fait ce qui est décrit dans la page
que le ministre vient de lire?
M. Marceau : O.K. On ne
s'en douterait pas à le regarder, mais je vais vous croire.
M. Boivin (Richard) : Je vous
dirais même, M. le député, que le résumé qu'a lu le ministre est plus long que l'article
lui-même.
M. Marceau : Bien, il est plus long que l'article
puis surtout il dit quelque chose, alors que l'article lui-même...
Bon, c'est bon, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Granby.
M. Bonnardel : Ça
Président (M. Bernier) : Ça va? Est-ce que l'amendement à l'article 547.5 de la
Loi sur les coopératives de
services financiers, que propose l'article 290 du projet de loi... est-il adopté?
Président (M. Bernier) : Est-ce que l'article 547.5 de la
Loi sur les coopératives de
services financiers, que propose l'article 290 du projet de loi,
tel qu'amendé... est-il adopté?
Le Président (M. Bernier) :
Adopté. La
partie C.
M. Leitão : On est rendus à la
partie C, l'émission des
parts, et qui, elle aussi, ne contient pas beaucoup d'articles, M.
le Président. C'est les articles 547.6 à 547.8. Alors, Émission de parts.
«Le projet de
loi confère aux coopératives de services financiers qui forment le Groupe coopératif Desjardins, lorsque
le règlement intérieur du Groupe coopératif le prévoit, la
capacité d'émettre des parts à tout acquéreur, au-delà des limites qui, autrement, seraient applicables à
de telles coopératives. Il prévoit, conséquemment, les adaptations devant
être apportées aux dispositions de la
Loi sur les coopératives de services
financiers.
«Le projet de loi prévoit de plus que lorsque le règlement intérieur du Groupe coopératif prévoit l'émission
de parts de capital ou de parts de
placement à des tiers, il doit prévoir les droits, privilèges, conditions et
restrictions qui sont afférents.
Aussi, afin de protéger les droits des tiers titulaires de parts, le projet de loi prévoit que les modifications à ce règlement
qui touchent défavorablement à ces droits doivent être [apportées] par
l'assemblée des titulaires de ces parts. Le projet de loi précise ensuite que l'approbation nécessite une
résolution adoptée aux deux tiers des voix exprimées de même
qu'il renvoie aux dispositions
applicables aux assemblées extraordinaires des membres d'une coopérative pour
déterminer comment [l'ensemble] des titulaires des parts sera convoquée et se
déroulera.» Voilà.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau, des choses
à dire?
M. Marceau :
Non, moi, ça me va très bien.
Président (M. Bernier) : M. le député de Granby, non plus?
Donc, nous allons passer aux articles de cette section. Les articles 547.6 à 547.8 de la
Loi sur les coopératives
de services financiers, que propose l'article 290 du projet de loi.
M. Boivin, des choses à dire?
M. Boivin
(Richard) : Non, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Peut-être juste une question de langage, parce que
je suis curieux. Des parts de placement à des tiers, qu'est-ce que ça
désigne?
M. Boivin
(Richard) : En fait, ici, c'est une nouvelle disposition qu'on
introduit. On permet au Mouvement Desjardins,
aux coopératives de services financiers qui en sont membres, de pouvoir émettre
des parts de placement, donc un
véhicule financier d'investissement, qui pourraient être vendues à des gens qui sont
nos membres de la coopérative des services financiers.
Alors,
ça, cette part de placement, elle a un intérêt garanti qui est prévu dans le document
émis, alors que la part de capital, elle, elle a un intérêt qui est
discrétionnaire.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Moi, ça me va, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Ça vous va? M. le député de Granby, ça vous va? Est-ce que les
articles 547.6 à 547.8 de la
Loi sur les coopératives de services
financiers, que propose l'article 290 du projet de loi... sont-ils
adoptés?
Président (M. Bernier) : Adopté. Nous avons un amendement à l'article 547.9 de la
Loi sur les
coopératives de services financiers, que propose l'article 290. M.
le ministre.
M. Leitão :
...de la forme, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : De la forme. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Excusez-moi, mes feuilles étaient mélangées.
Le Président
(M. Bernier) : Oui, bien, j'ai eu le même problème que
vous.
M. Marceau :
Bien, l'amendement me va, M. le Président, il n'y a pas de problème.
Le Président
(M. Bernier) : Mais j'avais Mme la secrétaire qui m'a aidé
à les démêler, merci.
M. Marceau :
Ça me va, donc, excusez-moi.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? O.K. M. le député de Granby, ça va?
Alors, est-ce que l'amendement à l'article 547.9 de la
Loi sur les
coopératives de services financiers, que propose l'article 290... est-il
adopté?
Président (M. Bernier) : Est-ce que l'article 547.9 de la
Loi sur les coopératives de
services financiers, que propose l'article 290 du projet de loi,
tel qu'amendé... est-il adopté?
M. Leitão :
Vous avez bien dit l'article 547?
Le Président (M. Bernier) :
547.9 de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose
l'article 290 du projet de loi, tel qu'amendé.
Président (M. Bernier) : Adopté. L'amendement introduisant l'article 547.9.1 de la
Loi sur
les coopératives de services financiers dans l'article 290 du projet
de loi. M. le ministre, fond? Forme?
M. Leitão : On va prendre un peu de temps, M. le Président, c'est un amendement de fond qui se lit comme ceci :
l'article 290 du projet de loi, insérer, après l'article 547.9 de la Loi
sur les coopératives de services financiers qu'il propose, ce qui suit.
Donc :
«547.9.1. La
fédération et, lorsque le règlement intérieur du Groupe coopératif le prévoit,
une caisse qui en est membre, peut
émettre tout titre, qui n'est pas une part de son capital social, dont les
caractéristiques visent le maintien de capitaux permettant d'assurer la
pérennité du Groupe coopératif.
«Pourvu que les
termes d'un tel
titre le prévoient, un intérêt sera payable sur celui-ci à la
seule discrétion de la fédération,
malgré l'article 1500 du Code civil. Les règles relatives à l'intérêt
payable sur les parts de capital prévues aux articles 62, 62.1, 63, 63.1, 84, 85, 90 et 325 s'appliquent, avec
les adaptations nécessaires, à l'intérêt payable sur ce titre.»
Alors, cet
amendement vise à permettre aux coopératives de services financiers faisant
partie du Groupe coopératif Desjardins
d'émettre certains titres dits hybrides. De tels titres présentent à la fois
des caractéristiques de parts de capital social et de titres de créance.
Ici, la caractéristique particulière habilitée
par l'article 547.9.1 est le versement discrétionnaire d'un intérêt
similaire à celui, tout aussi discrétionnaire, payable sur les parts de capital
émises par une coopérative de services financiers,
l'équivalent approximatif, pour une coopérative, du dividende payable sur une
action ordinaire émise par une société par actions.
Puisque les titres visés à
l'article 547.9.1 ne sont pas des parts du capital social de la
coopérative de services financiers, ils seront établis contractuellement, comme
le sont les titres de créance. Or, une obligation purement discrétionnaire est nulle, ainsi que le prévoit
l'article 1500 du Code civil. Il convient donc de prévoir une dérogation à
cette disposition pour permettre l'émission de ces titres dits hybrides.
Vu les
caractéristiques de ces titres, dont le versement discrétionnaire d'un intérêt,
celui-ci sera payable sur les trop-perçus
ou excédents de la coopérative plutôt que d'être considéré comme une charge,
comme le sont normalement les dettes.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Juste pour être bien certain de comprendre, quand on dit que les intérêts sont discrétionnaires, ça, ça veut
dire que le contrat... enfin, le produit financier en question, il n'y a pas de
taux d'intérêt fixé à l'avance qui s'applique, c'est décidé de manière discrétionnaire
par le Groupe coopératif Desjardins. Chaque année, mettons, ils choisissent un
taux d'intérêt. C'est ça?
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, oui.
Le Président (M. Bernier) :
Oui, M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : En fait, un
intérêt discrétionnaire, ça va dépendre comment le libellé du
titre va être
prévu, mais, vous avez raison, ça peut être purement discrétionnaire. Je
voterai un dividende ou un intérêt la journée où j'en aurai envie ou je serai capable de le faire. Et un intérêt
peut être prévu, mais il sera versé éventuellement. Donc, si je décide d'en verser, le montant est déjà connu. Il y a
différentes formules qui peuvent s'appliquer. Ça va dépendre du
titre tel que
libellé et émis par la fédération. Et 547.9.1 est une nouvelle disposition.
Tout ça est fait pour permettre à Desjardins
d'avoir toute la flexibilité nécessaire pour aller sur les marchés financiers, être capable d'avoir des titres qui se
comparent à ceux des banques, qui sont des sociétés à capital-actions, et
du même coup, donc, au niveau du
financement, mais aussi pour être capable de se capitaliser selon les règles
applicables au niveau de la
solvabilité, donc les règles de capital, quels sont les titres qui vont être de
première, deuxième, troisième catégories et qui vont rencontrer les
exigences déterminées par Bâle III.
Le Président (M. Bernier) :
Comme Capital Desjardins, ça? C'est ça?
M. Boivin
(Richard) : Bien, en fait,
c'est tous les titres émis, et qu'à l'intérieur du mouvement ils vont être
capables de décrire comme étant du capital permanent, et qui va servir,
donc, à la capitalisation du mouvement.
Le Président (M. Bernier) : O.K.
M. le député de Rousseau.
M. Marceau : O.K. Donc,
c'est... Moi, écoutez, moi, ça me va.
Le Président (M. Bernier) : Ça
va? M. le député de Granby, ça va aussi? Donc, est-ce que l'amendement introduisant l'article 547.9.1 de la
Loi sur les coopératives sur les services financiers dans l'article 290
du projet de loi... est-il adopté?
Président (M. Bernier) :
Adopté. Bon, écoutez, il est 12 h 57. Considérant que nous allons
débuter un nouveau
chapitre et que nous allons devoir en faire une
lecture, je vous propose de suspendre nos travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
12 h 58)
Président (M. Bernier) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
des finances publiques reprend ses
travaux.
est toujours à l'étude du projet de loi n° 141, Loi visant principalement à améliorer
l'encadrement du secteur financier, la protection des dépôts d'argent et
le régime de fonctionnement des institutions financières.
Lors
de la suspension de nos travaux, nous en étions à l'étude d'un amendement
à l'article 547.2 de la
Loi sur les coopératives
de services financiers, que propose l'article 290 du projet de loi. Consentement
pour qu'on revienne à l'étude de cet amendement? Oui? Oui. M. le ministre,
avez-vous de quoi à nous dire là-dessus?
M. Leitão :
Alors, M. le Président, suite à des discussions que nous avons eues au
préalable, donc, ce que je vais faire, ce que je propose, c'est de retirer l'amendement
qu'on avait proposé à l'article 547.2. Donc, je retire cet amendement. Et
je pense que le collègue de Rousseau a...
Le Président
(M. Bernier) : Vous avez un amendement à nos proposer?
M. Leitão :
...un amendement à proposer.
Le Président
(M. Bernier) : M. le député de Rousseau, vous avez un amendement
à nous proposer à l'article 547.2?
M. Marceau : Oui, M.
le Président. Alors, l'amendement à l'article 290 à l'article 547.2 de la Loi
sur les coopératives de services
financiers. Alors, à l'article 547.2 de la
Loi sur les coopératives de
services financiers, proposé par l'article 290 du projet de loi,
insérer dans le paragraphe 1° du deuxième alinéa :
1° après «visées aux
articles», «94, 95,»;
2° après «217.1», «au
premier alinéa de l'article»
3° après «299,», «au
premier alinéa de l'article».
Alors,
cet amendement permet au règlement intérieur de déroger aux règles relatives...
aux règles prévues, pardon, pour les
articles 94 et 94 de la
Loi sur
les coopératives de services financiers relatives à la nomination
des gestionnaires des coopératives de services financiers faisant
partie
du Groupe coopératif Desjardins.
D'ailleurs, les articles 94,
95, on les a adoptés lorsque, plus tôt dans nos travaux, on a adopté l'article 72,
M. le Président. Donc, ils ont été modifiés. Et là, donc, ce qu'on dit,
c'est que le règlement intérieur peut prévoir des dispositions légèrement
différentes ou différentes, là, de ce qui est prévu à 94, 95, si bien qu'on
introduit aussi des dérogations aux articles 220 de 302. Essentiellement,
on va permettre au règlement intérieur de déroger au premier alinéa de 220 et de 302, mais on ne permettra pas
au règlement intérieur de déroger à la règle du scrutin secret pour l'élection
des membres au conseil d'administration, au
conseil de surveillance et au conseil d'éthique et de déontologie. Et, au
final, le texte de l'article 547.2, tel qu'amendé, va lire de la
manière suivante :
«547.2.
En plus des dispositions qu'il peut prévoir en vertu des autres dispositions de
la présente loi, le règlement intérieur
du Groupe coopératif comporte les dispositions propres à assurer la cohésion de
ce groupe et son fonctionnement, à l'exclusion
des règles régissant les rapports entre les coopératives de services financiers
et le fonds de sécurité qui le forment.
règlement intérieur du Groupe coopératif peut, concernant les coopératives de
services financiers qui en font
partie :
«1° dans les matières
visées aux articles 94, 95, 98, 211 à 214, 216, 216.1, 217, 217.1, au
premier alinéa de l'article 220, 223 et 224, aux paragraphes 1° à 6° du
deuxième alinéa de l'article 227, aux articles 229, 234 à 236, 237, 239, 244 à 247, 249 à 256, 294.1 à 299, au
premier alinéa de l'article 302, 304, 305, 306, 309 à 312, 317, 318, 320,
323, 329, 334, 337 et 341 à 344, comporter
toute disposition dérogeant à ces articles ou prévoir que l'ensemble ou
certains de ceux-ci ne s'appliquent pas et leur substituer toute autre
disposition.»
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le ministre.
M. Leitão :
Ça va, M. le Président. Donc, ce sont les modifications apportées au 547.2, et
nous sommes d'accord.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? M. le député de Granby, ça va? Donc,
est-ce que l'amendement à l'article 547.2
de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose
l'article 290 du projet de loi... est-il adopté?
Le Président
(M. Bernier) : L'amendement est donc adopté. Est-ce que
l'article 547.2 de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que
propose l'article 290 du projet de loi, tel qu'amendé... est-il adopté?
Président (M. Bernier) : Adopté. Merci beaucoup. Donc,
nous revenons à la suite de nos travaux et nous en étions à la
partie D, élément D, Dirigeants,
gestionnaires et organes, pour lequel, M. le ministre, vous avez une
présentation.
M. Leitão : On a une petite
lecture à faire. Il n'y en a pas beaucoup, d'articles dans cet élément.
Alors :
«Le projet de
loi prévoit que les dirigeants et les gestionnaires d'une coopérative de
services financiers qui fait
partie
du Groupe coopératif doivent agir dans l'intérêt de celui-ci, et, en cas de
conflit entre l'intérêt de la coopérative et celui du Groupe coopératif,
c'est ce dernier qui a prépondérance.
«Le projet de
loi complète cette mesure en prévoyant que la détermination de ce qui constitue
l'intérêt du Groupe coopératif se
fait en supposant qu'il est une personne morale et en précisant certaines
adaptations devant être apportées aux dispositions de la
Loi sur les
coopératives de services financiers.
«Le projet de
loi permet que le règlement intérieur du Groupe coopératif puisse déroger aux
dispositions concernant la composition du conseil de surveillance d'une
caisse ou du conseil d'éthique et de déontologie de la fédération, l'élection et la destitution des personnes qui en
sont membres ainsi que le déroulement de leurs réunions. Ce règlement pourra également prévoir la dissolution de ces
conseils. En ce cas, à moins qu'il n'en dispose autrement, leurs fonctions
et pouvoirs seront assumés par le conseil d'administration de la caisse ou de
la fédération, selon le cas.»
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Juste une
question sur le premier paragraphe. On dit : «...en cas de conflit entre l'intérêt
de la coopérative et celui du Groupe
coopératif, c'est ce dernier qui a prépondérance», n'est-ce pas? De quelle
manière est-ce que c'est rendu
opérationnel, cet élément-là?
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : M. le Président, une très bonne question, et la réponse va être assez difficile à donner parce que ça va être une question personnelle de chacun
des administrateurs. C'est que le devoir, normalement, d'un administrateur est de prendre des décisions pour
la société pour laquelle il siège, donc dans l'intérêt
de la société et non pas nécessairement dans l'intérêt
des actionnaires dans le cas d'une société par actions.
Ici, normalement, le dirigeant d'une caisse va avoir un devoir envers la caisse de
prendre les décisions qui vont être tout
à fait correctes et opportunes pour
la caisse, mais, si jamais il fait
partie aussi du conseil d'administration, par
exemple, de la fédération, donc, à
l'intérieur du groupe puis même sans
faire
partie d'un autre conseil, à
l'intérieur du groupe, il doit toujours se positionner par rapport à l'intérêt supérieur du groupe que sur l'intérêt
personnel de la coopérative pour laquelle normalement il siège.
Donc, c'est un double devoir. C'est un devoir
d'allégeance plus grand au groupe qu'uniquement le devoir d'allégeance à la
caisse pour laquelle il siège.
M. Marceau : Puis est-ce
que ça a été introduit? Bon, premièrement, est-ce que c'était là ou pas? J'imagine que non. J'imagine
que ça a été introduit pour s'assurer que le mécanisme de solidarité puisse
faire effet puis qu'on puisse expliquer
à quelqu'un que c'est le grand groupe qui doit primer dans le
cas de difficultés financières dans certaines caisses. Est-ce
que je me trompe?
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, je pense que le député a très bien compris la portée des dispositions.
Effectivement, ce sont des dispositions nouvelles, qui ont été introduites de façon
corollaire à la solidarité qui est créée, là, dans le Mouvement
Desjardins.
M. Marceau : Moi, M. le
Président, ça me va.
Président (M. Bernier) :
Ça va? M. le député de Granby, ça va? Ça va. Donc, nous allons passer à l'étude
des articles de cette section. Les articles 547.10 à 547.14 de la
Loi sur
les coopératives de services financiers, que propose l'article 290 du projet
de loi. M. Boivin, avez-vous des choses à dire?
M. Boivin
(Richard) : M. le Président, ces articles reprennent essentiellement, là... ou le résumé qui en a été fait est absolument
identique, là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le Président,
ça me semble bien raisonnable.
Président (M. Bernier) : C'est bien raisonnable? Ça vous va?
Président (M. Bernier) :
M. le député de Granby, ça va? Ça va. Donc, est-ce que les articles 547.10
à 547.14 de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que
propose l'article 290 du projet de loi... sont-ils adoptés?
Président (M. Bernier) :
Adopté. Nous avons un amendement introduisant l'article 547.14.1 de la
Loi sur les coopératives de services financiers dans l'article 290
du projet de loi.
M. Leitão :
M. le Président...
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Merci. C'est entièrement de la forme. Du fond, du fond, excusez-moi.
Le Président
(M. Bernier) : Non, de fond. Bien, allez-y, monsieur...
M. Leitão :
De fond. Le fond de forme, la forme du fond.
Président (M. Bernier) :
La forme du fond, le fond. C'est le jeudi après-midi, après plusieurs
études de projets de loi.
M. Leitão : C'est ça. Non, non, ici, c'est important quand même.
On va y aller. Alors, à l'article 290 du projet de loi, insérer,
après l'article 547.14 de la
Loi sur les coopératives de services
financiers qu'il propose, ce qui suit:
«547.14.1.
Pour l'application des dispositions des articles 61.1 et 63.1 et de la
section I du
chapitre X aux personnes morales faisant
partie du Groupe
coopératif, le "Groupe coopératif Desjardins" doit être substitué au
réseau.»
Alors, l'amendement
précise l'interprétation qui doit être faite des dispositions des articles 61.1,
63.1 et la
section I du
chapitre X de la Loi
sur les coopératives de services financiers, C-73.2, relative à la suffisance
des capitaux.
Lorsqu'il
faut les appliquer aux groupes coopératifs, il en résulte que les sommes formant le fonds de
sécurité seront prises en compte dans l'évaluation des capitaux.
En effet, c'est
important. Ce n'est pas de la forme du tout.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Monsieur...
M. Marceau :
...61.1, 63.1, on les a introduits dans le cadre de ce projet de loi, n'est-ce
pas?
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président, ça a été présenté par amendement
hier, je crois.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Bien, je m'excuse, là, mais pouvez-vous nous rappeler ce que c'était? C'est
simplement parce que je n'en ai aucune idée, là. Je ne les vois pas.
Le Président
(M. Bernier) : Me Paquin, si vous voulez nous renouveler la
mémoire.
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. Alors, à l'article 61.1,
c'était l'article qui disait en substance qu'une coopérative de services financiers faisant
partie d'un réseau ne peut
acheter, racheter ou rembourser des parts qu'elle a émises s'il y a des motifs raisonnables de croire
que, de ce fait, soit ce réseau, donc le réseau dont elle fait partie, ne peut
maintenir des capitaux permettant d'assurer
sa pérennité. Là, bon, l'article ensuite va prévoir une série de tests à
rencontre.
Alors,
évidemment, quand on lit «réseau» là, avec la disposition qu'on introduit par
amendement, il faut plutôt voir groupe coopératif.
Et 63.1, c'est le
même genre de test, mais au niveau du versement de l'intérêt sur les parts qui
ont été émises.
M. Marceau :
O.K. C'est beau.
Le Président
(M. Bernier) : C'est beau? M. le député de Granby, c'est beau?
M. Bonnardel :
C'est beau.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, est-ce que l'amendement introduisant l'article 547.14.1 de la Loi
sur les coopératives de services financiers, dans l'article 290 du projet
de loi... est-il adopté?
Président (M. Bernier) : Adopté. Donc, les articles 547.15 à
547.28 de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que
propose l'article 290 du projet de loi. M. Boivin.
M. Leitão :
Je veux, M. le Président...
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre, oui.
M. Leitão :
...si vous me permettez, parce que, là, on passe à un autre élément, l'élément
E, fédération...
Le Président
(M. Bernier) : Oui, c'est vrai, la fédération des caisses du
Québec.
M. Leitão :
...Fédération des caisses Desjardins du Québec, et c'est un élément qui est
assez important. Donc, on va prendre le temps de le...
Le Président
(M. Bernier) : D'en faire la lecture, merci, M. le ministre.
M. Leitão :
...d'en faire la lecture.
Le Président
(M. Bernier) : Vous avez une bonne lecture.
M. Leitão :
Et, vous avez raison, après, c'est seulement quelques articles, là, mais ça
vaut la peine de parler un peu de cela.
Le Président
(M. Bernier) : Allez-y.
M. Leitão :
Alors, élément E, Fédération des caisses Desjardins du Québec.
projet de loi étend la mission de la Fédération des caisses Desjardins du
Québec. En tant que fédération d'un groupe
coopératif, elle devra veiller à la santé financière et à la pérennité de
celui-ci. Elle devra de plus s'assurer de la gestion des risques de tout le mouvement, c'est-à-dire du Groupe
coopératif et du groupe financier plus étendu qui relèvent tous deux de
la fédération.
«Le projet de loi
confère le pouvoir à la fédération de procéder à des échanges de parts émises
par elle ou par toute autre coopérative de
services financiers faisant
partie du Groupe coopératif. Il permet notamment
l'échange de parts émises par une
coopérative de services financiers pour des parts émises par une autre telle
coopérative pourvu que les deux fassent
partie du Groupe coopératif.
«Outre
que ces échanges puissent avoir lieu de manière consensuelle, la fédération
peut les forcer pourvu qu'ils soient
approuvés par une résolution spéciale de l'assemblée des titulaires des parts.
Les titulaires de parts qui auront voté contre la résolution devront, si la résolution est malgré tout adoptée,
céder leurs parts à la fédération. Il s'agit ici d'une situation comparable au droit au rachat que la Loi
sur les sociétés par actions confère aux actionnaires qui votent contre
certaines résolutions spéciales.
projet de loi prévoit également que le pouvoir que la loi confère à une
fédération de donner une instruction écrite
à une caisse dont la gestion est inadéquate peut être exercé par la Fédération
des caisses Desjardins du Québec, à l'égard
de toute caisse et en l'absence de faits indiquant une gestion inadéquate, lorsque la fédération
estime que la situation financière du Groupe coopératif le justifie. De même, le projet de loi permet à la fédération
de faire intervenir le fonds de
sécurité, qui est habilité à ordonner la fusion ou la dissolution d'une caisse,
dans les cas où la loi permet à la fédération d'exercer une tutelle à
l'égard d'une caisse.
projet de loi impose à la fédération la responsabilité d'établir puis de réviser un plan de redressement indiquant les opérations auxquelles elle procéderait, en cas
de détérioration de la situation financière du groupe coopératif, afin de permettre la continuité des activités des
coopératives qui en font partie. Ce plan, de même que les modifications qui y
sont apportées, est transmis à
l'autorité qui, si elle estime que le plan ne permet pas la continuité des
activités des coopératives de
services financiers ou qu'il existe des obstacles à la mise en oeuvre du plan,
peut donner des instructions écrites à la fédération.
mise en oeuvre des opérations de redressement sera ordonnée par l'autorité, si elle est d'avis qu'il est dans l'intérêt public de le faire. L'ordre est définitif et n'est pas
susceptible de recours judiciaire; il a pour effet d'investir la fédération
de l'ensemble des pouvoirs qui sont conférés au fonds de sécurité. Elle pourra
alors les exercer sans le consentement, l'autorisation ou l'approbation de quelque
organe, membre ou dirigeant des personnes morales faisant
partie du Groupe coopérative ou de leurs gestionnaires et
autres employés. De plus, la fédération pourra, aux fins des opérations de redressement, disposer des sommes et autres
actifs du fonds.
«Enfin,
le projet de loi prévoit que les opérations de redressement du
groupe se terminent soit par un ordre de clôture que prononce
l'autorité, si elles ont atteint leur objectif, soit, dans le cas contraire,
par la mise en oeuvre des opérations de résolution.» Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Oui. Merci,
M. le Président. Quelques questions,
quelques points. Tout d'abord, dans le troisième paragraphe, au milieu du paragraphe,
il est écrit : «Les titulaires de parts qui auront voté contre la
résolution devront, si la résolution
est malgré tout adoptée, céder leurs parts à la fédération.» C'est bien «devront» ou «pourront»?
M. Boivin
(Richard) : C'est «devront».
Le Président
(M. Bernier) : M. Paquin.
M. Marceau :
C'est «devront»?
M. Boivin
(Richard) : «Devront», M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Devront.
M. Boivin (Richard) : En fait, encore là, c'est des dispositions qui sont inspirées de la
Loi sur les sociétés par actions pour le rachat d'actions, rachat forcé
d'actions. À partir du moment où il y a eu un vote aux deux
tiers des titulaires de parts qui
acceptaient le rachat ou l'échange, donc, ceux qui ont voté contre vont devoir,
malheureusement, procéder à l'opération.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
M. Marceau : En fait, c'est... O.K. Je viens de comprendre le
libellé, là. Donc, c'est... Même ceux qui ont voté contre sont obligés
de le faire, là. Je comprends. O.K.
Dans
le paragraphe suivant, «la loi confère à une fédération
de donner une instruction écrite à une caisse dont la gestion est
inadéquate peut être exercée par la fédération des caisses[...], à l'égard de
toute caisse et en l'absence de faits
indiquant une gestion inadéquate». Je vais vous dire, ça ne m'a pas fait
sursauter. Donc, vous dites : Même s'il n'y a pas de fait donnant
à croire qu'il y a une gestion inadéquate, si on estime que la situation
du groupe coopératif le justifie, on peut...
M. Boivin
(Richard) : C'est que 402.1, normalement qui prévoit les pouvoirs de
la fédération de donner des instructions écrites à une caisse, le liminaire
prévoit que c'est lorsqu'une caisse, selon la fédération, ne suit pas des
pratiques de gestion saine et prudente.
dans un cas plus large où la fédération devrait intervenir, elle pourrait
devoir donner des instructions, même à
une caisse qui suivrait de saines pratiques de gestion. Mais, à cause de
l'implication de solidarité parmi le groupe, tout le monde devrait suivre les
instructions de la fédération.
M. Marceau :
O.K. En tout cas, mettons que ça, j'en suis. C'est juste que la façon dont
c'est rédigé donne... Mettons que...
en tout cas, m'a induit en erreur, là. Donc, essentiellement, si ça ne va pas
bien, on peut donner des ordres à tout le monde, même ceux qui font bien les choses, parce que la situation le
justifie et qu'il faut qu'on s'assure de la pérennité.
M. Boivin (Richard) : C'est ultimement, comme vous dites, la pérennité
du groupe. Et donc ces interventions-là sont faites pour sauver le groupe dans son ensemble. Il pourrait très
bien arriver que la majorité des caisses aillent bien, mais que l'ensemble du groupe, sur une base consolidée, fasse en sorte que la fédération doive intervenir au complet... auprès de tout
le monde.
M. Marceau : O.K., je
comprends. Finalement,
le paragraphe suivant... Oui, c'est ça, le plan de
redressement qui est mis en place...
Enfin : «Le projet de loi impose à la fédération la responsabilité
d'établir puis de réviser un plan de redressement[...],
en cas de détérioration de la situation financière du Groupe coopératif, afin
de permettre la continuité des activités...» On ne voulait pas ici
qualifier l'importance de la détérioration de la situation financière?
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, le plan va être basé sur
différents scénarios d'événements, de
catastrophes financières,
économiques. Et donc, en fonction des scénarios, la fédération va déterminer
des solutions, va soumettre le plan à
l'autorité, qui va trouver si c'est correct ou pas, donc va l'approuver ou va
demander à la fédération de refaire ses devoirs. Mais l'idée est d'essayer
d'imaginer des situations catastrophiques et comment on fait pour s'en sortir,
sortir d'une crise.
M. Marceau :
Donc, il va y avoir plusieurs scénarios, du plus épouvantable à d'autres un peu
moins terribles, et puis, pour chacun d'entre eux, on va dire :
Voici l'ordre de marche puis voici ce qu'on va faire. Je comprends.
M. Leitão :
Ce que d'ailleurs la BSIF...
M. Marceau :
Oui, oui, recommande.
M. Leitão : ...fait pour les
banques.
M. Marceau :
Oui, bien, moi, ça me va. Je suis prêt à regarder les articles, M. le
Président.
Le Président (M. Bernier) : M.
le député de Granby.
M. Bonnardel :
Rien de spécial.
Le Président (M. Bernier) :
Rien de spécial, c'est beau. Donc, nous allons étudier les articles. Donc, les articles 547.15 à 547.28 de la
Loi sur les
coopératives de services financiers, que propose l'article 290 du projet
de loi. M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, je dois reconnaître que Me Paquin fait d'excellents résumés.
Le Président (M. Bernier) :
Donc, voulez-vous que Me Paquin puisse prendre la parole pour expliquer...
M. Boivin
(Richard) : En fait, M. le
Président, les articles reprennent ce que le ministre vient de lire, tout
simplement.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. Boivin. C'est ce que je croyais aussi. M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Bien, deux choses. La première, c'est... Donc, l'ensemble des dispositions qui
sont introduites ici sont des nouvelles dispositions, ça n'existait pas.
M. Boivin (Richard) :
Absolument.
M. Marceau :
O.K. Donc, c'est important de le savoir. Et moi, j'aime beaucoup, beaucoup les
explications puis les résumés de Me Paquin aussi. Ça fait que
peut-être...
Le Président (M. Bernier) : Les
entendre?
M. Marceau : Oui, s'il vous
plaît.
Le Président (M. Bernier) :
Vous voulez l'entendre? Me Paquin, vous avez un...
M. Marceau :
Tu sais, brièvement, là. Juste un survol des articles et puis ses explications,
ça serait vraiment très bien.
Le Président (M. Bernier) :
Votre public veut vous écouter, Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : Bien, M. le Président. Alors, si on y va assez rapidement,
essentiellement, alors, si on commence...
Alors, 547.15
va venir ajuster la mission de la fédération en fonction du fait qu'elle est
dans un groupe coopératif. Comme vous
en avez discuté avec... ou, en fait, plutôt, comme il en a été discuté avec
M. Boivin, ensuite on a la question de l'échange et de la cession forcée de parts. Alors, ce qui se compare
ici au droit au rachat, c'est le fait qu'un titulaire de parts qui n'est pas intéressé à participer à
l'échange vote contre, il ne peut pas garder ses parts, alors il va se les
faire racheter. Alors, c'est ce que la loi vient prévoir ici.
Évidemment, c'est nouveau.
On en a
discuté aussi tout à l'heure. Il y a les pouvoirs spéciaux de la fédération, donc,
qui vont permettre de donner des instructions à l'encontre de toutes les
coopératives qui font
partie du Groupe coopératif dès lors que la situation financière du Groupe coopératif le justifie plutôt
que les cas spécifiquement prévus à 402.1. Et ensuite on entre dans toute
la série des articles jusqu'à 547.28, qui
vont prévoir les opérations et le plan de redressement du Groupe coopératif qui
ont pour objectif d'assurer la continuité
des activités des coopératives qui font
partie du groupe en cas de détérioration
de la situation financière du groupe.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Oui. Bien, en fait, je vais vouloir les lire,
surtout les articles concernant les opérations et le plan de redressement du groupe coopératif. Mais, avant
ça, j'ai une question. Dans 547.15, là, donc, l'idée d'assurer la
gestion des risques du Mouvement Desjardins, ça n'y était pas ou c'était plus implicite, tout simplement, auparavant?
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : De mémoire, je
crois que c'est un ajout, ce qui ne veut pas dire que la fédération
ne le fait pas actuellement, là, mais on vient le camper et le préciser
dans la loi.
M. Marceau : O.K.
Parfait. Si vous permettez, je vais juste lire les articles, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Oui, oui, allez-y, vous avez...
temps que vous avez besoin pour faire la lecture.
M. Marceau :
C'est quand même une grande
partie de la raison pour laquelle on est ici, là.
Ces articles-là, ils sont très importants. Ça fait que je...
Le Président
(M. Bernier) : Oui, Me Paquin.
M. Paquin
(Mathieu) : ...M. le Président, peut-être, j'ajouterais une petite précision qu'on a oublié
de faire. Les opérations et le plan
de redressement, c'est quelque chose qui se fait au niveau de la fédération
elle-même, à l'intérieur de son groupe, mais c'est une étape qui... bien,
en fait, pas obligatoirement, mais,
en cas de détérioration, elle interviendrait avant qu'on tombe en matière de résolution. Alors, il faut être bien
clair, il y a ça sur le redressement, mais la résolution va venir par
après.
M. Marceau :
...suivant, hein, c'est ça? Bien, en tout cas, la
section suivante. O.K.
Le Président
(M. Bernier) : Merci, Me Paquin.
Le Président
(M. Bernier) : ...M. le ministre.
M. Leitão : J'aurais une information complémentaire
concernant la question, tantôt, du collègue de Rousseau pour la gestion du risque. Avant, il n'y avait pas de gestion du risque
global. Ce qu'on vient faire ici maintenant, c'est donc
d'assurer la gestion du risque du groupe coopératif et aussi du groupe
financier, donc le total du groupe Desjardins.
M. Marceau :
O.K. Donc, ça se faisait de façon non intégrée, si on peut dire.
M. Marceau : On ne tenait pas compte du risque pour l'ensemble
du groupe. Enfin, «on ne tenait pas compte»... en tout cas, ce n'était
pas explicitement inscrit.
M. Boivin
(Richard) : En fait, comme je le disais, la loi ne le prévoyait pas.
M. Marceau :
Il y a des gens qui y réfléchissaient, j'imagine. Voilà.
J'ai
juste deux questions, bien, une ou deux, là, rapides, sur 547.24 puis
547.25. Si je comprends bien, là, pour que ça déclenche, là, pour que le plan soit mis en opération, il faut que
l'autorité ordonne, il faut qu'il y ait un ordre qui vienne de l'autorité, le
mouvement lui-même ne peut pas... le groupe coopératif ne peut pas déclencher
lui-même.
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Absolument, M. le
Président, c'est le cas. Donc, la fédération
doit aviser l'autorité de la situation
de détérioration, et, à ce moment-là, c'est l'autorité qui ordonne la mise en
place du plan de redressement.
M. Marceau : O.K. Puis la dernière phrase de 547.25, ça, ça veut
dire que le délai qui peut être donné peut être, par exemple, d'une heure ou de deux heures. C'est ça que ça veut
dire?
M. Boivin (Richard) : Ça peut être très court, effectivement, M. le Président. Si jamais ça arrive, et on souhaite que ça n'arrive jamais,
on va être dans l'urgence, effectivement.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
M. Marceau : Puis dernière chose, là. Tout ça, ça correspond évidemment
avec tout le reste qui a été incorporé aux exigences, là, qu'on doit
respecter pour Bâle III.
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Effectivement, M. le
Président. C'est toutes des dispositions que nous devons mettre en place
pour rencontrer les règles internationales pour faire en sorte que, notamment
le FMI, lorsqu'il fera l'appréciation de la réglementation québécoise
qui s'applique à Desjardins, va pouvoir être satisfait que nous avons un cadre
réglementaire qui est à haut niveau, certainement égal à celui qui est appliqué
aux banques ici, au Canada.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
M. Marceau :
On me signale que, dans le 547... Est-ce qu'on adopte 547.28, là?
Le Président
(M. Bernier) : On adopte...
M. Marceau :
Oui, dedans, il y a...
Le Président
(M. Bernier) : ...547.15 à 547.28 inclusivement.
M. Marceau :
Oui. Dans le point 28, il y a la question du collège de résolution dont,
j'imagine, on va parler maintenant.
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Le collège de résolution, effectivement, c'est
l'organe qui va chapeauter les opérations de résolution et qu'on va voir un peu plus tard, là, dans l'étude du
projet. Ces dispositions-là se retrouvent dans la
Loi sur
l'assurance-dépôts, dont on va changer le titre.
M. Marceau :
On fait ça maintenant, non? Tout de suite après, là?
Le Président
(M. Bernier) : Oui.
M. Marceau :
Si je ne me trompe pas. Alors, pour les gens qui nous écoutent, là, pouvez-vous
juste rappeler ce que c'est que le collège de résolution,
M. Boivin?
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : On va le voir dans le bloc 2, G.
Le Président
(M. Bernier) : O.K.
M. Leitão : On va parler un peu du fonds de sécurité, et puis
après, tout de suite après, on vient à la résolution.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va?
M. Marceau :
Oui, oui. C'est beau.
Président (M. Bernier) :
M. le député de Granby, c'est beau? Donc, est-ce que
les articles 547.15 à 547.28 de la
Loi sur les
coopératives de services financiers, que propose l'article 290 du projet
de loi... sont-ils adoptés?
Président (M. Bernier) :
Merci. Nous revenons à un nouveau chapitre, Fonds de sécurité. M. le ministre, vous avez une présentation à nous faire.
M. Leitão :
Oui, en effet. Fonds de sécurité. Ici, il y en a plusieurs, articles, dans cet
élément-là. Alors :
projet de loi confie au fonds de sécurité faisant
partie du
Groupe coopératif Desjardins, en sus de la mission qui lui incombe comme à tout autre fonds de
sécurité, l'obligation de s'assurer que la répartition des capitaux et
des autres actifs entre les personnes morales faisant
partie du Groupe
coopératif permet à chacune de ces personnes morales d'exécuter entièrement, correctement
et sans retard ses obligations envers ses déposants et ses autres créanciers.
fonds de sécurité est celui qui, dans le cours normal de l'existence du Groupe
coopératif, est habilité à prendre des
décisions portant sur la pérennité des caisses qui en font partie.
Conséquemment, le projet de loi lui confère le pouvoir d'intervenir auprès
d'une coopérative de services financiers lorsque cela apparaît nécessaire à la protection
des déposants et des autres créanciers de
celle-ci. En plus des pouvoirs qui lui sont actuellement conférés, le projet de loi confère au fonds, lorsqu'il
intervient, le pouvoir d'ordonner la cession ou le transfert d'une
partie de
l'entreprise ou d'une caisse, sa
fusion avec une autre caisse aussi bien que sa dissolution. Il peut également
constituer une personne morale afin de faciliter la liquidation de mauvais
actifs. Le projet de loi prévoit également que le fonds peut intervenir à l'égard de
la fédération, il dispose alors de certains des pouvoirs dont tout fonds de sécurité
dispose à l'égard d'une caisse, mais il est néanmoins tenu d'aviser
l'autorité de toute intervention qu'il fait à l'égard de la fédération.
projet de loi accompagne ces pouvoirs de l'obligation
de prendre des mesures compensatoires à l'égard de la caisse tenue de fusionner avec une caisse en
difficulté ou de recevoir une
partie déficitaire de son entreprise. De même,
le fonds doit se charger du transfert des
dépôts. Enfin, le projet de loi de loi prévoit que le conseil d'administration du fonds ne peut déléguer l'exercice de
ces pouvoirs.
«Afin
que le fonds soit en mesure d'accomplir sa mission, le projet de loi lui
confère les pouvoirs nécessaires pour que ses
ressources financières soient au moins suffisantes pour l'accomplissement de sa
mission, sans être disproportionnées. Il lui incombe aussi de mutualiser
le coût de ses interventions entre les coopératives de services financiers
faisant
partie du Groupe coopératif.
projet de loi précise ensuite les modalités selon lesquelles se fait une fusion
ordonnée par le fonds. Puisqu'il s'agit
d'une fusion ordonnée, l'ensemble des membres ou le conseil d'administration de
chacune des caisses fusionnantes n'a
pas à prendre de résolution. De plus, les statuts de fusion et des autres
documents nécessaires à la fusion sont préparés puis transmis à l'autorité par la fédération. Enfin, il peut s'agir d'une fusion par absorption
sans égard à l'importance du passif
de la caisse absorbée. Pour le reste, une telle fusion est gouvernée par les
règles applicables à toute fusion de caisses.
même qu'il le fait pour la fusion ordonnée par le fonds, le projet de loi précise des adaptations qui doivent être faites aux dispositions
concernant la dissolution d'une caisse lorsqu'elle est ordonnée par le fonds.
«Ensuite,
le projet de loi prévoit un régime de liquidation du Groupe
coopératif. Il s'agit d'une liquidation volontaire nécessitant
une résolution adoptée aux trois quarts des caisses faisant
partie du Groupe
coopératif dont les membres comprennent au moins les trois quarts de l'ensemble
des membres de ces caisses. Cette liquidation se distingue de la liquidation volontaire des autres institutions financières en ce qu'elle permet, en une seule étape, la fusion en une
même personne morale à être liquidée de toutes les coopératives de services
financiers faisant
partie du Groupe coopératif ainsi que de son fonds de sécurité et la dissolution, immédiatement après la fusion, de cette nouvelle personne morale dont la
personnalité juridique subsistera aux seules fins de sa liquidation tel que le
prévoit l'article 357 du Code civil.
projet de loi précise enfin les règles relatives à l'exercice
de la charge de liquidateur, les formalités devant être complétées pour la fusion-liquidation ou par
le liquidateur et permet de demander que la liquidation se déroule sous
la surveillance du tribunal qui disposera
alors du pouvoir de rendre toute ordonnance propre à assurer la liquidation de
la personne morale. Bref, hormis les dispositions permettant la fusion-liquidation, les dispositions relatives au
déroulement de la liquidation sont
très similaires à celles, présentées précédemment, applicables à la liquidation
des autres institutions financières.»
Voilà, M. le
Président, c'est tout.
Le Président
(M. Bernier) : Merci, M. le ministre. Donc, M. le député
de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. Bon, quelques questions. Dans le troisième paragraphe : «Le projet de
loi accompagne ces pouvoirs de
l'obligation de prendre des mesures compensatoires à l'égard de la caisse tenue
de fusionner avec une caisse en difficulté ou de recevoir une
partie
déficitaire de son entreprise.» Alors, est-ce que c'est bien ce que
l'institution suggérerait, c'est-à-dire que
le fonds va verser à la caisse qui doit prendre des mauvaises... enfin, qui
doit accepter des passifs, ou qui doit recevoir des mauvaises créances,
ou je ne sais pas trop, là, on va la compenser par un versement carrément de
fonds, c'est ce que je dois comprendre?
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Effectivement, M. le Président. Et je référerais
le député à l'article 547.32, qui prévoit que le transfert d'une
partie de l'entreprise d'une caisse à une autre
caisse... dans ce cas-ci, le fonds doit résorber le déficit qui, le cas échéant, s'y rattache. Et il en est de
même lorsqu'il ordonne une fusion, ce dont on parlait hier, dans le cadre
d'une fusion absorbante, d'une caisse absorbante. Si jamais, donc, elle le fait
à déficit, le fonds doit combler ou doit subventionner la fusion.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
M. Marceau :
O.K. Parfait. Ensuite de ça, dans le paragraphe suivant, on dit «sans être
disproportionnées». Donc, on dit que fonds ne doit pas être... pour que le
fonds soit en mesure d'accomplir sa mission, il doit avoir assez de ressources,
mais elles ne peuvent pas être disproportionnées. Qu'est-ce qu'on entend par
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : Bien, en fait, l'idée, puis c'est difficile à quantifier
dans une loi, donc c'est un peu le message
que le législateur passe aux membres du conseil d'administration du fonds de
sécurité, c'est que vous devez calculer les ressources suffisantes et nécessaires pour assumer vos
responsabilités, mais vous ne devez pas nécessairement engranger au-delà
de ce qui apparaît correct, et donc il ne faut pas que ça devienne
disproportionné.
M. Marceau :
O.K. Puis peut-être juste nous expliquer quel serait le problème si c'était
trop important, si c'était disproportionné.
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Ça ne serait pas un problème en termes de de
solvabilité, certainement pas. Ça, c'est évident. Mais les capitaux doivent aussi travailler. Et
donc, si on met une
partie importante des capitaux du mouvement dans des
obligations qui rapportent peu, peut-être
que ça va empêcher le mouvement de se développer et éventuellement d'acheter des
filières en assurance ou quoi que ce soit.
Donc, c'est une question d'équilibre
entre le besoin d'avoir suffisamment d'argent pour être capable d'aider les
caisses en difficulté et laisser par la suite le mouvement être capable de
gérer ces sommes-là au maximum de leur rendement possible.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
M. Marceau :
O.K. Est-ce que ce genre de libellé apparaît dans les règles internationales ou
c'est un libellé qu'on a trouvé important, ici, d'ajouter?
M. Boivin (Richard) : Le fonds de sécurité est un organe spécial,
spécifique au Mouvement Desjardins. Je connais très peu
l'organisation...
M. Marceau :
Oui, je sais, mais je recommence. Mettons qu'on dit, pour les grandes... pour
les banques, là, les règles internationales prévoient qu'elles doivent
être capables de résister à des chocs de telle ampleur, avec des capitaux qui sont très liquides, bon, et ainsi de
suite, là. Mais évidemment les règles internationales, je ne pense pas qu'elles
suggèrent que les banques devraient avoir
des quantités inutilisées de capitaux. Donc, est-ce que ce genre d'affaire là
existe aussi dans les règles internationales?
M. Boivin (Richard) : M. le Président, dans le détail, je ne pourrais
pas vous dire. Et, quant au libellé, en fait, ce qu'on a fait, c'est de s'assurer, avec le Mouvement Desjardins et
avec l'Autorité des marchés financiers, que ce qu'on reproduisait dans
notre loi, avec un langage civiliste adapté à une loi qu'on a modifiée et qu'on
ne reprenait pas au complet... que, donc, il
y avait à la fois concordance avec la loi actuelle, dans son libellé, avec
l'ensemble du corpus législatif, là,
du secteur financier et le respect des règles internationales. Est-ce que le
libellé est le même? Probablement pas, mais c'est l'équivalent.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
C'est parce que... surtout équivalent dans le... Les banques ont... Bon, c'est
ça. Le fonds de sécurité est très unique à Desjardins. Dans le cas des
banques, c'est tous les ratios de capital...
M. Marceau :
Les réserves.
M. Leitão :
...tiers un, tiers deux, tiers trois, qui forcent les banques à avoir du
capital. Ici, en partie, c'est le fonds de sécurité.
Le Président
(M. Bernier) : Merci.
M. Marceau :
Dernière question pour moi. Oui, c'est ça, c'est quatre... l'avant-dernier
paragraphe, qui parle de la liquidation du groupe coopératif. Je n'étais
pas certain de bien le comprendre. Quand on dit... Donc, on prévoit un régime de liquidation volontaire, une liquidation
volontaire qui nécessite une résolution adoptée aux trois quarts des caisses,
comprenant au moins les trois quarts des
membres. Cette liquidation-là, est-ce une liquidation par laquelle disparaîtraient
à la fois le Groupe coopératif et chacune des caisses qui constituent le Groupe
coopératif?
M. Boivin
(Richard) : Oui, absolument, M. le Président. Donc, ce serait la
liquidation complète du Groupe coopératif avec le fonds de sécurité. Donc, on
parle de la fédération...
M. Marceau :
Tout disparaît, là.
M. Boivin (Richard) : ...des caisses et du fonds de sécurité. C'est la
disparition, à toutes fins utiles, du mouvement.
M. Marceau :
O.K. En tout cas, évidemment, il faut...
M. Leitão :
On est dans un cas très extrême.
M. Boivin
(Richard) : Très théorique.
M. Marceau :
Non, non, non, je comprends, il faut prévoir, mais... Il faut tout prévoir. Je
comprends.
M. Leitão :
Bien, c'est ça.
M. Marceau :
O.K. C'est beau.
Le Président
(M. Bernier) : C'est beau? M. le député de Granby?
M. Bonnardel : Ça
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? Donc, nous allons passer à l'étude des...
correspondants à ce chapitre. Les articles 547.29
à 547.40 de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose
l'article 290 du projet de loi. M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Encore là, M. le Président, le résumé, je pense,
reflétait très bien les dispositions de cette section. 547.29 donne la mission du fonds. 547.30 prévoit que le fonds
mutualise le coût de ses interventions. Donc, on est vraiment dans la solidarité. Le fonds de sécurité est le gardien de
la solidarité du groupe. 547.32 lui
donne ces pouvoirs d'intervention. Nous en avons vu une partie, donc, qui doit
compenser lorsqu'il y a transfert d'actifs et occasionne un déficit
pour une caisse qui prendrait la relève.
cas de fusion également, le fonds peut, à 547.33, faire des prêts à la fédération
ou prendre des engagements pour
la fédération. Le fonds doit, à 547.36, avant d'intervenir à l'égard
de la fédération, en donner un avis d'au moins
24 heures à l'autorité. 547.37, on a vu, c'est les ressources financières
du fonds qui doivent être adéquates.
la suite, la sous-section 2, 547.39 et suivants, c'est les cas de fusions
ordonnées par le fonds, donc quand le fonds considère qu'une caisse doit
être absorbée par une autre ou liquidée, tout simplement. Donc, vous avez,
à 3, la dissolution ordonnée, la fusion
à 2, la dissolution à 3 et, à 4,
la sous-section 4, la
liquidation totale du Groupe coopératif avec toute la mécanique, là, qui s'ensuivrait et qui est conforme à tout
ce qu'on a déjà adopté dans les autres lois du secteur financier.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Rousseau.
Marceau : En 547.38...
puis, en fait, il y a un lien avec 547.30, là, qu'on dit : «Le
fonds mutualise le coût de ses interventions», puis, en 547.38 : «Le montant d'une cotisation fixée par le
fonds peut varier et être perçue...» Donc, comment ça fonctionne présentement?
Le Président (M. Bernier) :
M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : Actuellement, le fonds de sécurité fait des cotisations
aux membres du Mouvement Desjardins, aux caisses qui paient. Le libellé de
547.30 doit être lu avec 547.29. C'est une façon pour le législateur d'exprimer
la solidarité entre les membres du Mouvement Desjardins.
M. Marceau :
Le conseil d'administration du Fonds de sécurité, disons qu'il considère qu'il
a besoin de cotiser les membres pour
sauver quelqu'un qui est en difficulté, il passe une simple résolution au
conseil d'administration, et puis ça devient effectif, tout simplement?
M. Boivin
(Richard) : Oui.
M. Marceau :
Donc, c'est des pouvoirs très importants.
M. Boivin (Richard) : Très grands pouvoirs d'intervention et d'aller
chercher la capacité financière de faire ses interventions.
M. Marceau :
J'étais rendu bien trop loin, M. le Président. J'ai juste une question. J'étais
rendu à 56.
Le Président
(M. Bernier) : Non, on a tous cette mauvaise habitude de
devancer.
M. Marceau : O.K. Juste dernier petit point. À 37, je reviens à
«sans être disproportionnées», bon, on prévoit ce qui se passe dans l'alinéa suivant lorsque les ressources
financières sont insuffisantes, en fait. Puis, à l'article 38, on dit, dans
le fond : Si c'est insuffisant,
on peut aller chercher plus. Mais, s'il s'avère que c'est disproportionné,
est-ce que le fonds peut... Mettons
qu'il y a des gens qui disent : Hé! ça n'a pas de bon
sens, justement l'argument que vous disiez, tout à l'heure : On a trop d'argent dans le fonds de la sécurité, ça n'a pas d'allure,
notre rendement en pâti, il faut mettre ça au travail, est-ce qu'il y a
un mécanisme de retour ou le conseil d'administration du fonds de sécurité peut
tout simplement redonner à chacun des membres?
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : En fait, si jamais, M. le Président, exemple, au Mouvement
Desjardins, les instances trouvaient que le
fonds de sécurité... le conseil
d'administration du fonds de sécurité
demande des cotisations qui sont disproportionnées, il y aurait certainement
des discussions, au départ, entre les organes du mouvement. Il est difficile d'être contre la vertu. Plus on va avoir de
capital réservé pour sauver des caisses en difficulté, mieux ça va être.
Donc, toute une question, je pense, de discussion, d'appréciation et de
jugement. J'ose croire que c'est des questions qui se régleraient à l'intérieur
du mouvement, tout simplement, là.
Président (M. Bernier) : Merci.
M. Marceau : On peut imaginer un remboursement, tout simplement. Disons, si, a posteriori, on se rend compte
qu'il y a un...
M. Boivin
(Richard) : Un remboursement ou un congé de cotisation pendant un
certain temps.
M. Marceau : C'est
ça, parce qu'on peut imaginer que des
risques qu'on croyait imminents puissent, tout d'un coup, se dissiper
puis qu'en conséquence il soit moins utile de conserver des sommes importantes.
J'imagine, là. Ça me va, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va? M. le député de Granby, ça va, vous
aussi? Donc, est-ce que les articles 547.29
à 547.40 de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose
l'article 290 du projet de loi... sont-ils adoptés?
Le Président
(M. Bernier) : Nous avons un amendement à
l'article 547.41 de la
Loi sur les coopératives de services financiers,
que propose l'article 290 du projet de loi. M. le ministre.
M. Leitão :
En effet, M. le Président, c'est entièrement de la forme.
Le Président
(M. Bernier) : Entièrement de la forme. Merci. M. le
député de Rousseau.
M. Leitão :
Et là on est sûrs, cette fois-ci.
Président (M. Bernier) : C'est bon? M. le député de
Granby, c'est bon? Donc, est-ce que l'amendement à l'article 547.41 de la
Loi sur les
coopératives de services financiers, que propose l'article 290 du projet
de loi... est-il adopté?
Président (M. Bernier) : Est-ce que l'article 547.41
de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose
l'article 290, tel qu'amendé... est-il adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Adopté.
L'article 547.42 de la
Loi sur
les coopératives de services financiers que propose l'article 290 du
projet de loi. M. Boivin.
M. Boivin
(Richard) : Je n'ai pas de commentaire particulier, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Rien de particulier, c'est bien. M. le
député de Rousseau.
M. Marceau :
...le deuxième alinéa, qui dit que l'autorité est tenue, est obligée
d'autoriser une fusion qui a été ordonnée par le fonds de sécurité.
C'est bien comme ça qu'il faut lire le deuxième alinéa?
M. Boivin
(Richard) : Où?
M. Marceau :
Dans le 42, le deuxième alinéa dit : «Malgré le premier alinéa[...],
l'autorité est tenue d'autoriser la
fusion.»
Le Président
(M. Bernier) : M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : Si l'autorité le juge opportun. Bien, essentiellement, ce que ça veut dire... Parce
que 280...
M. Leitão :
Même si c'est...
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Marceau : Dans le premier alinéa, dans le fond, elle peut, elle n'est pas obligée. Dans le deuxième, elle est
obligée.
M. Leitão : Je pense que je... Vous me corrigerez, Me Paquin,
mais je pense que, donc, le fonds peut procéder avec une fusion, il peut ordonner une fusion. Mais, même si c'est le
fonds qui ordonne, l'autorité est quand
même tenue d'autoriser cette
fusion-là.
Donc,
le fonds a détecté quelque chose et force une fusion, mais l'autorité doit quand
même...
M. Boivin
(Richard) : Ça fait
que l'article 280 donne un pouvoir discrétionnaire à
l'autorité lorsqu'elle reçoit des demandes de fusion. En même
temps, ici, elle est tenue de donner suite.
M. Marceau : C'est parce qu'il y a deux manières de lire
ça, là, on s'entend. Il y a une première manière qui est de dire : L'autorité est obligée, il y a
une obligation pour l'autorité d'autoriser, puis la deuxième,
c'est : Pour que ça soit effectif, il faut que l'autorité ait
autorisé. Alors, je ne sais pas laquelle des deux est la bonne, là.
Le Président (M. Bernier) : Me
Paquin, je pense qu'on va avoir besoin de votre aide.
M. Paquin
(Mathieu) : En fait, si
l'intention ici est de dire que l'autorité est tenue d'exercer la discrétion
que lui confère l'article 280
d'autoriser la fusion, il faudrait préciser
vraisemblablement le deuxième alinéa de l'article 547.42 parce que, tel que rédigé là, si on le... bien, en
fait, si on le prend à la lettre comme il est là, en fait, ce qu'il dit, c'est
que l'autorité... en fait, une fois
que le fonds de sécurité s'est prononcé en vertu de ces dispositions-là, il
faut que la fusion ait lieu. Donc, l'autorité ne pourrait pas se revirer
de bord et dire non.
M. Boivin
(Richard) : C'est ça,
parce que le premier alinéa de 280, ce qu'il prévoit, c'est
que l'autorité peut, si elle l'estime opportun, autoriser la fusion.
Ici, on lui enlève cette discrétion-là.
M. Paquin (Mathieu) : Donc,
elle va l'autoriser.
M. Marceau : Peut-être que c'est clair à la lumière de l'autre article,
là, mais, tel que rédigé, ça pourrait être... Mais enfin moi, je...
M. Boivin
(Richard) : Bien, c'est sûr
qu'on aurait pu écrire différemment, que l'autorité, dans ce cas-là, n'a pas
discrétion, tout simplement.
M. Marceau : Non, mais c'est bien. Moi, je veux juste
vous demander qu'est-ce que ça veut dire. Dans le fond, ultimement,
là, est-ce que l'autorité... est-ce que c'est obligatoire
que l'autorité autorise, qu'elle examine et puis qu'elle donne son autorisation
ou pas? Ou bien est-ce que l'autorité perd sa discrétion et doit nécessairement
autoriser?
M. Boivin (Richard) : Elle perd
sa discrétion et elle doit nécessairement autoriser.
M. Marceau : Ah bon!
C'est ça, la bonne interprétation?
M. Boivin (Richard) : Oui.
M. Marceau : O.K. Bon,
je n'avais pas compris ça.
Le fonds,
dans le fond, a préséance sur l'autorité dans ce cas-ci, dans sa... Le fonds
est capable de dire à l'autorité : Chère autorité, quand même que
tu n'es pas d'accord, fusionne.
M. Boivin
(Richard) : Ici, ce qu'on
donne au fonds de sécurité, c'est un pouvoir extraordinaire de forcer la fusion
de caisses en difficulté, et on verrait mal comment l'autorité pourrait venir
exercer une discrétion pour dire : Bien non, vous ne devriez pas fusionner. Il faut régler le
problème, et la solution, c'est la fusion. Donc, il n'y a pas lieu de se
pencher sur l'opportunité à ce moment-là, là, tout simplement.
l'autorité, c'est elle qui remplace le registraire dans la mécanique, là, de...
si vous voulez. On a vu plus avant
dans le projet de loi que, dans les
cas de fusion, puis tout ça, c'est elle qui reçoit les documents
puis c'est elle qui procède à
l'émission des lettres patentes ou des statuts, des statuts de fusion, pardon.
Et donc elle va recevoir les documents puis elle va y donner suite. Mais elle
n'a pas à porter un jugement de valeur si c'est opportun ou pas.
M. Leitão : ...une fusion ordonnée. Donc, si c'est une fusion
ordonnée, donc, c'est parce que le fonds a dû détecter quelque chose qui
justifiait une fusion ordonnée. Et, dans ce cas-là, l'autorité n'a pas le...
Le Président (M. Bernier) : N'a
pas le choix. Elle doit suivre.
M. Leitão : ...n'a pas le choix
que de...
Le Président (M. Bernier) :
Elle est obligée de suivre l'obligation.
M. Marceau :
Moi, je... Regardez, je ne veux pas faire un long débat là-dessus, mais je
trouve ça curieux.
M. Boivin
(Richard) : Qu'est-ce que vous trouvez curieux, M. le député? Le
libellé ou le fait...
M. Marceau :
L'intention.
M. Boivin
(Richard) : ...qu'on enlève la discrétion à l'autorité?
M. Marceau :
L'intention. Oui, c'est ça, qu'on enlève à l'autorité la possibilité de dire...
M. Marceau :
C'est ça. Je ne suis pas certain que c'est une bonne idée puis j'ai de la
misère à voir...
M. Boivin
(Richard) : C'est parce que la philosophie du projet de loi est de faire
en sorte que l'Autorité des marchés
financiers est l'organisme de
supervision suprême, mais, à l'égard du Mouvement Desjardins, à l'intérieur du mouvement, il y a quand même des responsabilités données à la
fédération et d'autres au fonds de sécurité. Et ces responsabilités-là viennent
avec des moyens d'action. Un des moyens d'action pour le fonds de sécurité,
c'est d'ordonner la fusion entre deux caisses.
Alors,
une fois que le moyen, la solution, qui est la fusion qui a été ordonnée par le
fonds, satisfait aux besoins de solidarité
et de solvabilité du mouvement, on ne voyait pas la nécessité de remettre en question
cette décision-là qui réglait une situation déficitaire ou difficile.
M. Marceau : O.K. Ça va. Puis, dans les cas où il n'y a
pas de situation déficitaire ou difficile, puis c'est pour
des raisons d'affaires qu'il y a une fusion...
M. Boivin
(Richard) : L'autorité a toute la discrétion.
M. Marceau : L'autorité a... O.K. Bien, regardez, de toute façon, moi, je ne veux pas... Au départ, il y avait plus de la confusion sur la façon de le lire que
d'autre chose. Enfin, je ne comprenais pas que c'était ça, votre intention.
Alors, voilà. J'arrête là, M. le Président.
Président (M. Bernier) :
Ça va? M. le député de Granby, ça va? Donc, est-ce
que l'article 547.42 de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose l'article 290
du projet de loi... est-il adopté?
Président (M. Bernier) :
Adopté. Nous avons un amendement à l'article 547.43 de la
Loi sur les coopératives
de services financiers, que propose l'article 290 du projet de loi. M. le
ministre.
M. Leitão :
C'est de la forme entièrement, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : De la forme entièrement. Merci. M. le député, ça
M. Marceau :
Oui, ça va.
Président (M. Bernier) : Ça va. M. le député de Granby, ça va?
Donc, est-ce que l'amendement à l'article 547.43
de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose l'article 290
du projet de loi... est-il adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Adopté. Est-ce que l'article 547.43 de la Loi
sur les coopératives de services financiers, que propose l'article 290 du projet
de loi, tel qu'amendé... est-il adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Adopté. Les articles 547.44 à 547.46 de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose l'article 290
du projet de loi. M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : M. le Président, non. C'est des dispositions dont
on a parlé tout à l'heure sur la liquidation du groupe coopératif.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Rousseau, 547.44 à 547.46. Deux articles. Trois
articles.
M. Marceau :
Non, ça va, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Ça va?
M. Marceau :
Bien, peut-être une question, en fait, très simple. Y avait-il présentement des
dispositions pour la liquidation ou ce n'était pas prévu?
M. Boivin (Richard) : Selon la loi, oui, il y a des dispositions sur la
liquidation. Maintenant, ce qu'on prévoit, c'est qu'une caisse ne peut pas se liquider elle-même, par elle-même. La
liquidation se fait pour le groupe au complet ou il n'y en a pas, de
liquidation, du tout, à moins que ce soit une décision du fonds de sécurité.
M. Marceau :
Donc, avant l'adoption de ce projet de loi, les caisses pouvaient se liquider individuellement, c'est ça que je comprends? Je vois. Parfait.
Président (M. Bernier) : Ça va, M. le député de Granby? Donc les
articles 547.44 à 547.46 de la
Loi sur les coopératives de services
financiers, que propose l'article 290 du projet de loi, sont-ils adoptés?
Président (M. Bernier) : Adopté. Nous avons un amendement à
l'article 547.47 de la
Loi sur les coopératives de services
financiers, que propose l'article 220 du projet de loi. Fond? Forme?
M. Leitão :
De la forme.
Président (M. Bernier) : De la forme, merci. M. le député de
Rousseau, ça va? M. le député de Granby, ça va? Donc, est-ce que
l'amendement à l'article 547.47 de la
Loi sur les coopératives de services
financiers, que propose l'article 290 du projet de loi... est-il adopté?
Président (M. Bernier) : Adopté. Est-ce que l'article 547.47
de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose
l'article 290 du projet de loi tel qu'amendé... est-il adopté?
Le Président
(M. Bernier) : Adopté. Les articles 547.48 à 547.69 de la
Loi sur les coopératives de services financiers, que propose l'article 290
du projet de loi. M. Boivin.
M. Boivin (Richard) : M. le Président, donc, c'est la procédure que
devra suivre le liquidateur, entre autres, pour liquider les entités du mouvement. Une disposition peut-être
intéressante à souligner, c'est 547.55, qui prévoit qu'à la fin de la liquidation, si jamais il y avait un
reliquat, il ne sera pas remis aux membres individuels des caisses, mais devra être remis à une autre personne morale désignée
par le gouvernement. Alors, c'est le principe, dans les coopératives de
services financiers, que les surplus, les actifs ne peuvent être redistribués
aux membres en cas de liquidation.
Président (M. Bernier) : Merci. Donc, M. le député de Rousseau,
je vous laisse le temps. Oui, M. le député de Rousseau.
Président (M. Bernier) : Oui, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Quelques questions.
Le Président
(M. Bernier) : Allez-y, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Qui nomme le liquidateur?
Le Président
(M. Bernier) : Qui nomme le liquidateur, M. Boivin?
M. Boivin (Richard) : Bon, en fait, le liquidateur va être désigné par le mouvement. C'est le mouvement.
C'est ceux qui prennent la décision de liquider.
Le Président
(M. Bernier) : Me Paquin, avez-vous un éclaircissement?
M. Paquin
(Mathieu) : Oui, M. le Président. Essentiellement, le nom du
liquidateur va se retrouver dans la déclaration de fusion-liquidation. La déclaration de fusion-liquidation, elle est conjointe avec la fédération
et le fonds et soumise à
l'approbation du trois quarts et du trois quarts de leur... en fait, qui
représente les trois quarts des membres des caisses.
Alors,
bref, c'est la fédération et le fonds qui vont s'entendre sur les
liquidateurs, puis ça va être vu par les caisses au moment d'approuver
le tout. C'est 547.45 et 547.46 qui permettent de déterminer ça.
Le Président
(M. Bernier) : Merci, Me Paquin.
M. Marceau : O.K. Et puis l'idée... juste le concept de tout
fusionner avant de liquider, ça, c'est... C'est quoi? C'est l'idée de
simplifier ou l'idée de se faire une bonne idée de la valeur nette du reliquat?
M. Boivin (Richard) : M. le
Président, c'était une excellente
idée de notre légiste pour simplifier la procédure, mais je le
laisserais répondre complètement à la question.
M. Paquin
(Mathieu) : Vous savez,
surtout un objectif de simplification
parce qu'on a à peu près 270 caisses. Alors, bon, d'une part, comme on disait, pour des raisons d'assurer la
solidarité, on ne veut pas que chacune des caisses puisse
individuellement se liquider. Alors, ça, c'est une échappatoire qu'on a fermée.
On avait besoin d'un régime de liquidation
pour l'ensemble du grou