Transportation and the Environment — 30 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2019-04-30
Quebec — Committees
Présidente (Mme St-Pierre) : Alors, nous allons commencer dans quelques instants. S'il vous plaît, si vous pouviez prendre
place, il est déjà 10 heures. Alors, bonjour à vous tous et à
vous toutes, ce matin. Merci d'être parmi nous. Nous allons commencer
cette séance. Je vais vous demander d'être un peu indulgents à mon endroit
parce que c'est la première fois que je
préside une commission parlementaire. Donc, c'est une première pour moi. Il se peut
qu'il y ait des petits pépins, mais je vais faire en sorte... Je suis très,
très bien accompagnée par Mme Cameron.
Donc,
bonjour, M. le ministre. Je salue les personnes qui vous accompagnent.
Bonjour, MM. et Mmes les députés
du gouvernement, et Mme la députée de l'opposition officielle, et aussi M. le
député de la deuxième opposition.
Alors, nous
avons constaté le quorum. Je déclare la séance de la Commission des transports
et de l'environnement ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre, bien sûr, la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Environnement et Lutte contre les
changements climatiques, un sujet qui est très d'actualité, pour l'exercice
financier 2019‑2020. Une enveloppe de 10 heures a été allouée
pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine) sera remplacé par
M. Gaudreault (Jonquière).
Présidente (Mme St-Pierre) : Nous allons débuter par les
remarques préliminaires puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs
d'environ 20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée en
fin d'après-midi, demain, mercredi, et donc à la fin du temps qui est alloué à
l'étude des crédits.
Puisque nous
avons commencé nos travaux à 10 heures, 10 heures juste, c'est ça, et
qu'une période de deux heures doit
être consacrée à l'étude de ces crédits cet avant-midi, y a-t-il consentement
pour... Non, on n'a pas besoin de consentement pour poursuivre.
Alors, voilà. Donc, M. le ministre, la parole
est à vous pour 17 minutes.
M. Charette : C'est bien
gentil...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Non, excusez-moi. Remarques préliminaires...
17 minutes, c'est ça. 17 minutes.
M. Charette :
C'est bien gentil. Merci, Mme la Présidente. Très heureux de me retrouver avec
vous ce matin. Vous avez demandé de
l'indulgence étant donné que c'est votre première fois. Soyez assurée qu'elle
est accordée. Je me demandais si je
peux faire la même demande de mon côté étant donné que c'est aussi ma première
fois dans le rôle de ministre. Mais, dans tous les cas, ça va être un
plaisir d'échanger avec vous au cours des prochaines heures. Un dossier, vous
l'avez mentionné, qui est de la première
importance et qui l'est encore davantage, là, compte tenu des événements que
l'on vit malheureusement à travers tout le Québec présentement. Donc, je
vous salue. Je salue également les gens qui vous accompagnent, autant au niveau du secrétariat, au niveau de la régie.
C'est un accompagnement qui est incontournable, qui est essentiel pour
le bon déroulement de notre commission.
Vous me
permettrez, naturellement, de saluer mes collègues députés de la
partie
gouvernementale, des collègues, dans
certains cas, que je connais depuis plusieurs années. Dans d'autres cas, c'est
plus récent, mais ce que je décèle chez ces collègues, c'est réellement une volonté d'appuyer ce que fait le
ministère, ce que fait le cabinet, et, au sein du caucus, c'est une voix
qui est tout simplement incontournable.
Je salue également mes collègues de l'opposition
officielle, avec qui de bons échanges ont cours. Et ce que j'ai souvent l'occasion de répéter, l'opposition joue
un rôle fondamental que je ne peux que respecter. Pour avoir occupé cette
fonction pendant une dizaine d'années, je
sais que c'est incontournable, par moments ingrat, par moments frustrant, mais
c'est l'opposition qui nous permet, jour
après jour, d'être meilleurs. Donc, je salue les collègues de l'opposition
officielle, ma collègue de la
deuxième opposition avec qui j'ai de beaux échanges aussi régulièrement, qui me
fait part de préoccupations très,
très légitimes et avec la volonté d'apporter des pistes de solution. Et je
dirais exactement la même chose de mon collègue de la troisième opposition, avec qui j'ai beaucoup de plaisir à
travailler, collègue que je connais depuis un certain nombre d'années
aussi, qui, lui aussi, a cette belle vision pour l'environnement, notamment,
mais aussi qui nous force à être meilleurs par les questions et les sujets qu'il apporte ici, en cette
Chambre, ou sinon à l'Assemblée nationale, ou à travers le gouvernement,
tout simplement.
Et vous l'avez mentionné d'entrée de jeu, Mme la
Présidente, c'est une période, je vous dirais, particulière. Je pourrais vous
en parler en long et en large parce que ma propre région est particulièrement
touchée par les inondations. On a tous vu
avec beaucoup d'effroi ce qui s'est passé samedi soir sur le
côté de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, mais malheureusement, des scénarios de grande désolation comme
celui-là, on en voit un petit peu partout à travers le Québec.
Donc, on ne peut pas faire autrement, même
si on est ici à Québec aujourd'hui, on ne peut pas faire autrement que d'avoir
une pensée sincère pour celles et ceux qui actuellement sont aux prises avec ce phénomène de l'eau qui est plus fort que bien des gens pouvaient le soupçonner. Donc, on
est avec eux de tout coeur. Le gouvernement, d'ailleurs, a mis énormément d'efforts, ces dernières semaines, pour essayer
d'atténuer, dans un premier temps, l'impact d'une crue qui pouvait être
plus importante que prévue, mais aussi pour
venir en aide aux sinistrés qui, malheureusement, n'ont pas pu échapper à cette crue des
eaux.
Et c'est peut-être
une belle occasion... Oui, on va parler largement du budget
au cours des prochaines heures, des actions
qu'on met de l'avant pour bien assumer notre rôle au niveau du ministère, mais c'est peut-être bon, pour le
bénéfice de nous tous, de rappeler le
rôle du ministère de l'Environnement dans un contexte comme celui que nous vivons au niveau des inondations. Ce qu'il faut
savoir, c'est que le ministère gère beaucoup de barrages. Quand je dis beaucoup,
on est au-delà de 700, 750 barrages qui sont sous la responsabilité directe du ministère de
l'Environnement. Et ces barrages-là,
au cours des derniers jours, ont eu un rôle
important à jouer, notamment au
niveau du contrôle, quand c'est
possible, parce que ce
n'est pas possible pour chacun des barrages, mais quand c'est possible de
contrôler l'eau qui passe à travers leurs mailles.
Un service qui est indispensable au niveau du ministère,
qu'on aimerait ne pas avoir à utiliser, mais qui est incontournable, celui d'Urgence-Environnement, un service qui a été
sollicité au cours des derniers jours. Je vous parlais de Sainte-Marthe, tout à l'heure, notamment
à Sainte-Marthe, lorsque l'eau dévale comme ça dans un secteur, dans un
quartier, elle affecte naturellement bien des choses sur son passage. C'est sans compter les systèmes
d'égout des municipalités qui se retrouvent surchargés, qui ne
peuvent plus répondre à la demande, donc, de ces matières qui se retrouvent
dans l'eau ambiante dans les quartiers.
Donc, Urgence-Environnement est là pour appuyer les citoyens,
les municipalités, s'assurer qu'il n'y ait pas de
contaminants qui se propagent également.
Et c'est
aussi une expertise qui repose sur passablement de prévisionnistes et c'est un
rôle essentiel. Naturellement,
le gouvernement a appris de la triste expérience de 2017. Les
maires dans ma région... je suis convaincu que les députés, là, de
toutes les formations politiques ont pu avoir des échos semblables parce que,
depuis 2017, le gouvernement, peu importe sa couleur politique, a mis beaucoup
d'efforts sur le travail d'informations qui sont transmises aux municipalités. Je sais bien que moi, plusieurs
fois par jour, je recevais des rapports que je m'empressais de partager à mes élus municipaux pour qu'eux puissent s'adapter en conséquence. Et ça repose largement
sur le travail des prévisionnistes chevronnés du ministère.
Et naturellement, on va sans doute en discuter dans les prochains instants, la crue,
elle est exceptionnelle, oui, c'est certain,
mais, en même temps, on nous disait la même chose en 2017, donc il y a
deux ans tout juste. Donc, il faut s'attendre malheureusement à ce que
l'intensité et la fréquence de ces événements-là à l'avenir nous rattrapent plus souvent que
par le passé. Donc, il faudra s'adapter à cette manifestation-là des changements
climatiques.
Donc, j'ai
pris plaisir, tout à l'heure, à saluer les collègues, autant du gouvernement que de l'opposition. Vous allez me permettre maintenant de prendre un instant pour saluer les gens qui
m'accompagnent. C'est, pour moi, très,
très, très réconfortant de pouvoir
compter sur cette expertise du cabinet dans un premier temps, mais également
du ministère lui-même. Donc,
à ma gauche, vous avez M. Marc Croteau, comme sous-ministre au ministère; vous avez également Mme Gagné, de
RECYC-QUÉBEC, qui est présente;
M. Bourke, pour le BAPE, qui est présent. Vous avez également,
naturellement, une série de sous-ministres adjoints qui sont tous plus importants les uns que les autres
et qui, au quotidien, apportent une contribution tout simplement
incontournable pour bien nous permettre de nous acquitter de notre mandat. Et
je regarde parmi la liste, j'ai Mme Gagnon
également du Conseil de gestion du Fonds vert,
et malheureusement, je ne peux pas tous vous nommer, voilà, voilà... je ne vous avais pas
vu, donc vous avez mes salutations également. Donc, je ne peux pas tous les nommer, mais sachez que c'est une équipe d'une
qualité remarquable et qui, à mes tout débuts, ont pu m'inspirer, là,
cet élan de confiance, là, pour la suite des choses.
Donc, si vous
me permettez, on va aborder maintenant la notion ou la question du budget
qui sera, je l'espère, au coeur de
nos échanges, là, au cours des prochaines heures aujourd'hui et demain. Ce
qu'il faut mentionner, c'est qu'au niveau des moyens du ministère, le budget 2019‑2020 représente une augmentation de 6,9 %, si on prend en compte les mesures du discours sur le budget qui seront financées à
même le fonds de suppléance au besoin. Donc, ce sont des moyens à notre
disposition qui sont considérables, qui sont appréciés et surtout qui sont
nécessaires pour faire face à la réalité.
Et un des
montants pour lesquels le besoin s'était fait sentir, et on ne parle pas de
milliards, mais de montants qui vont faire réellement la différence dans ce
cas-là, il y a une injection de fonds de nouveaux crédits de 19 millions.
Et ces sommes-là sont importantes,
parce que ce qu'on a constaté relativement rapidement à notre arrivée en
fonction, c'est que malheureusement, au niveau des directions
régionales, au niveau du ministère, il y a eu des coupures qui ont fait mal au cours des dernières années, et on a des
directions régionales qui n'étaient pas suffisamment outillées pour nous
permettre de bien répondre aux demandes qui nous provenaient de toutes
les régions du Québec.
Donc, ce
montant-là vise spécifiquement à renforcer les effectifs, autant au niveau du
ministère que des directions régionales,
pour avoir une meilleure efficacité notamment au niveau des autorisations
environnementales. On l'a répété à plusieurs
reprises, on veut, bien entendu, avoir un système qui soit rigoureux au niveau
des autorisations environnementales. On ne veut surtout
pas diminuer les exigences, mais ce que l'on souhaite vivement, et ça a été
identifié comme une priorité du
premier ministre au moment de ma nomination, ce que l'on veut, par contre,
c'est une certaine efficacité. On se rend compte qu'il y a des disparités d'une
région à l'autre, on se rend compte que les réponses qui sont fournies ne
viennent pas toujours à la même
vitesse d'une région à l'autre, et c'est beaucoup et largement dû à un manque
d'effectifs. Donc, on va souhaiter
que ces effectifs supplémentaires nous donnent cette marge de manoeuvre. Et je
ne le répéterai jamais assez, c'est naturellement avec le plus grand
respect pour ce qui est de la protection de notre environnement.
Une autre
mesure du budget dont je suis particulièrement fier, c'est au niveau de la
gestion des matières résiduelles. J'espère, parce que c'est un sujet qui me
tient à coeur, j'espère qu'on aura l'occasion d'en discuter au cours des
prochaines heures, des prochains
jours. Il y a un 100 millions de dollars de crédits supplémentaires aussi
qui ont été consentis à travers le budget pour nous permettre de se
rapprocher et d'arriver à cette fameuse vision, qui est incontournable en 2019,
du zéro déchet. C'est nécessaire pour la
gestion de l'environnement, c'est bien certain, mais c'est également une
formidable occasion de développer une économie en la matière qui serait
profitable pour toutes les régions du Québec.
Et il y a
urgence d'agir parce que malheureusement, au cours des dernières années, on a
accusé un certain retard à ce
niveau-là. Le gouvernement du Québec précédent avait pris des engagements dès
le début des années 2010 mais sans se donner véritablement les moyens d'atteindre les objectifs en
question. Donc, avec les sommes dont je vous parle, avec la volonté
politique qui a été à maintes reprises réaffirmée, au cours des prochains
jours, nous sommes confiants, là, de pouvoir atteindre, à court et moyen terme,
cet objectif-là.
Et le 100 millions se ventile comme suit,
c'est important de le mentionner. Pour moderniser naturellement les centres de tri, c'est bien certain. On l'a vu au
fil des reportages ces dernières années, qu'on avait un degré de modernisation
qui est très variable d'un secteur ou d'une
région à l'autre. On veut, et c'est aussi très important, développer des
innovations technologiques et créer
de nouveaux débouchés. C'est une
chose de récupérer, c'est une chose de recycler, mais, si on veut parvenir à ce cycle complet de revalorisation,
c'est important de développer de nouveaux marchés. On veut mettre en place
également de nouvelles filières de récupération et enfin aider les communautés
isolées. On a souvent le réflexe ou la vision
du traditionnel bac bleu dans nos municipalités et villages, un système qui est bien implanté,
mais disons-nous, il faut en être
conscient qu'en région nettement plus éloignée c'est un système
qui nécessite un petit coup de pouce supplémentaire,
si l'on souhaite que toutes les régions du Québec puissent faire leur part au
niveau de cette vision zéro déchet.
Sinon, vous
parler de mesures plus globales. Pour les six prochaines années, on parle d'investissements majeurs de 1,6 milliard de dollars, et c'est là où j'invitais, lors des crédits
provisoires, mes collègues de l'opposition à regarder les cahiers de crédits d'un oeil différent. Si on regarde uniquement
les crédits budgétaires ou les crédits de fonctionnement du ministère de l'Environnement, c'est là qu'on voit qu'il y a
une croissance, mais une croissance qui n'est pas hors de l'ordinaire. Ce qui est hors de l'ordinaire dans le budget
qu'on a déposé, ce sont les moyens que nous donnons non seulement au ministère de l'Environnement, mais beaucoup, beaucoup aux
ministères partenaires qui nous aident à atteindre nos objectifs. On parle
naturellement des Transports, on parle des Ressources naturelles. Donc,
lorsqu'on regarde toutes ces mesures-là d'un ministère
à l'autre, on se rend compte qu'on n'a pas vu au Québec depuis longtemps un
budget qui est aussi axé que celui-ci au niveau de l'environnement.
Il y a des
mesures que je peux présenter très simplement, très rapidement. Au niveau du
transport collectif, pour cette année
seulement et l'an prochain, on parle de sommes considérables, on parle de plus
de 465 millions. Et, quand je vous
disais tout à l'heure qu'on peut développer une économie sans qu'il y ait de
contradiction avec le développement de l'environnement,
il y a plus de 400 millions de dollars qui sont aussi prévus pour
accompagner les industries à réduire leur empreinte environnementale, ce qui est aussi des sommes jamais égalées
par le passé. Et naturellement, on l'a dit en entrée de matière, en
introduction, il faut s'adapter aux changements climatiques, les municipalités
notamment, et là aussi il y a des sommes importantes qui sont prévues à
ce niveau-là.
Moi, dans la
foulée du dépôt du budget, il y a quelques semaines maintenant, il y a un
commentaire qui m'a fait plaisir et surtout d'un groupe avec lequel le
ministère travaille, soit Vivre en ville, qui a une approche très constructive.
On parle de politiques publiques, et, dans
leur réaction du budget, ils ont parlé de cette pépite d'or dans le budget, ils
faisaient référence à toutes les sommes investies au niveau de la
décontamination des sols. Parce que, oui, c'est des mesures environnementales, et ces sommes-là sont
colossales. On parle de centaines de millions de dollars. Donc, oui, on parle
de décontamination, c'est bien certain, donc on assainit notre
environnement, mais ces sols-là...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Vous avez encore une minute. Vous avez une minute encore.
M. Charette : C'est bien
gentil. Je vais y aller dans le respect de vos consignes, soyez-en assurée.
Mais ces sommes-là, oui, permettent une
décontamination, mais surtout une revalorisation ensuite des sites qui peuvent être utilisés à différentes fins. On vient
densifier notre territoire, on évite du coup l'étalement urbain. Donc, ce
sont des mesures très, très
concrètes avec une portée réelle sur la protection de notre environnement.
Mais, puisque ces centaines
de millions de dollars là ne sont pas dans les crédits du ministère de l'Environnement, certains osent dire que ce ne sont pas des mesures environnementales. Mais, à ces gens, je leur dis : Regardons les livres des
crédits dans leur entièreté, et c'est comme ça qu'on peut se convaincre qu'on
s'est donné franchement de beaux moyens pour réussir à relever le défi qui nous attend au cours de la prochaine année et
des prochaines années. Et on aura l'occasion, là, dans les prochains instants, là, je sais que mon temps est limité, d'aborder la question des changements climatiques
avec plus d'insistance. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme St-Pierre) : Merci. Merci beaucoup, M. le
ministre. Alors, maintenant, je cède la parole à Mme la porte-parole de l'opposition officielle et députée de Maurice-Richard et je l'invite à faire ses remarques pour
11 min 20 s.
Mme Montpetit :
Merci, Mme la Présidente. Je vais être assez brève dans mes remarques
préliminaires pour me laisser le maximum de temps pour cet échange avec le
ministre, m. Mais j'en profiterai pour tout d'abord le saluer ainsi que son
équipe nombreuse qui, je sais, s'attèle depuis des années à faire une
différence pour la protection de l'environnement
et la lutte aux changements climatiques au Québec, saluer également les membres du gouvernement et mes collègues de l'opposition.
Mme la Présidente,
pour avoir déjà fait quelques échanges avec le ministre, vous aurez un beau
défi dans votre première présidence aujourd'hui, qui sera de vous assurer
d'avoir des échanges au niveau des questions et surtout des réponses. Je sais que, dans son enthousiasme, le ministre
parfois fait des réponses un peu longues, et comme on a beaucoup de
questions... on a beaucoup de temps, par contre, aujourd'hui, donc ce sera fort intéressant, mais de s'assurer d'avoir un bon équilibre
entre les questions et la longueur des réponses qui seront données.
voudrais juste profiter de l'occasion, et le ministre l'a souligné, mais je
souhaiterais en faire autant pour transmettre... utiliser mes premiers mots, en
fait, pour transmettre vraiment toute notre compassion, toute notre sympathie aux
gens qui sont affectés par les
inondations. Je sais que vous en avez dans votre circonscription, notamment,
Mme la Présidente, on en a pas très loin de la mienne aussi, dans
le nord et le centre de Montréal, mais il
y a plusieurs Québécois
qui sont affectés par les
inondations. Et c'est tout à propos, dans les circonstances, de leur assurer
qu'on est vraiment derrière eux à cet effet-là et qu'on a beaucoup de compassion pour ce
qui leur arrive, une situation qui est très difficile présentement. Et j'imagine qu'on aura l'occasion d'y revenir également
dans ces crédits, comme il y a un lien, forcément, assez direct avec la question des changements climatiques aussi.
j'aimerais ça souligner aussi, parce
que je sais que le ministre
a déjà évoqué ça dans son introduction aussi sur ce qui a été fait dans les
dernières années... Et je voudrais juste le souligner d'entrée de jeu aussi, on a un premier
ministre... puis j'espère qu'on aura des échanges bien
cordiaux au cours des prochaines heures, mais on a un premier ministre qui a passé près de
20 ans à l'Assemblée nationale sans jamais parler d'environnement et de lutte aux changements climatiques. Il a été quatre ans comme chef de la deuxième opposition sans jamais poser aucune, mais aucune question
sur ce dossier-là. Et subitement, et
on veut y croire, là, subitement il y a eu une certaine épiphanie, le
1er octobre dernier, sous une pression populaire et il a affirmé devant les Québécois, lors de son
discours d'ouverture, qu'il ferait de la protection de l'environnement et de la lutte aux changements
climatiques une grande priorité. Et
j'aimerais y croire, moi, à cette profession de foi, et j'espère que vous aurez l'occasion de nous confirmer ces
intentions au cours des prochaines heures, au cours de nos échanges, parce que, depuis cette grande profession de foi, depuis
cette épiphanie, on attend. En six mois, on en est déjà au
deuxième ministre porteur du dossier. Puis, si je peux le rappeler,
puis c'est vraiment en tout respect, M. le ministre, mais le premier ministre, quand il vous a nommé, a quand
même souligné à la presse qu'il vous
nommait pour vos capacités à parler pour ne pas dire grand-chose.
Donc,
j'espère... comme je le dis, je veux vraiment croire en cette profession de foi et j'espère
que, durant les 10 heures qui nous occupent, vous aurez l'occasion
de nous exprimer votre vision et vos intentions pour les prochains mois. Je comprends
que vous arrivez en poste, mais six mois, c'est quand même très long dans la
vie d'un gouvernement. On a déjà
un huitième du mandat qui est accompli,
hein? Il en reste trois ans et demi avant la fin du mandat. Vous allez vous
rendre compte que ça va très, très
vite, un mandat de quatre ans. Et, si vous n'êtes pas déjà à
pied d'oeuvre pour travailler sur la suite des choses, vous allez vous
retrouver, à la fin d'un mandat, avec assez peu de choses accomplies.
a déjà une occasion importante qui est passée, qui était celle du budget.
Le budget a été qualifié, ce n'est pas moi qui l'ai qualifié ainsi, mais de budget
assez pauvre au niveau des mesures environnementales. C'est un budget qui a reçu la
note de C- en termes d'environnement et de lutte aux changements climatiques.
On y retrouve assez peu de mesures structurantes pour répondre à ces questions-là.
nous, on a eu l'occasion, dans la dernière législature, de mettre quand même
plusieurs lois et éléments de l'avant, hein?
C'est un dossier où la science évolue très rapidement. Je pense qu'il faut
rester actif. Il n'y a rien qui aurait pu se régler au complet ni il y a 20 ans, ni il y a 15 ans, ni il y
a 10 ans. Il faut être très proactif. On l'a vu, on avait mis la
loi sur
les véhicules zéro émission. On est très fiers de voir qu'au Québec
aujourd'hui, en Amérique du Nord, on est l'endroit où il y a le plus de voitures électriques. On peut quand même se targuer
qu'au Canada, pour les décisions qui ont été prises dans les 50 dernières, 60 dernières
années, on est la société où l'émission de GES per capita est la plus faible.
Donc, c'est parce qu'il y a des
décisions qui ont été prises, et des mesures, et des lois, et des règlements
qui ont été mis en place par les gouvernements qui vous ont précédé et,
qui plus est, le nôtre, notamment.
donc j'espère que vous profiterez de l'occasion qui nous est donnée,
aujourd'hui et demain, pour nous expliquer clairement... parce que vous n'en aviez pas lors de la campagne
électorale, vous n'en avez pas vraiment depuis, non plus, de plan. Et j'espère
que vous profiterez de cette occasion-là pour nous exprimer votre... pas
seulement votre volonté et pas seulement
des paroles et des discours, mais bien quelles sont vos intentions, très
concrètement, en termes de gestes et de mesures que vous poserez dans
les mois à venir et dans les années à venir. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme St-Pierre) : Merci, Mme la députée. Alors,
maintenant, je passe la parole à la députée de Mercier et porte-parole
du deuxième groupe d'opposition. Je l'invite à faire ses remarques pour
2 min 50 s.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Bonjour, chers collègues, bonjour, M. le ministre, et
les gens, les représentants du
ministère et des autres organismes. Donc, je vais laisser le temps... Je ne
ferai pas de remarques préliminaires, je vais laisser plus de temps pour
poser des questions. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Merci beaucoup. Donc, maintenant, j'invite le député de Jonquière et
porte-parole du troisième groupe d'opposition à faire ses remarques
préliminaires. Vous avez 2 min 50 s.
M. Gaudreault :
Oui, merci, Mme la Présidente. Simplement, je veux profiter de l'occasion pour
manifester notre solidarité, du Parti québécois, à l'égard des personnes qui
sont victimes présentement des inondations sans précédent dans plusieurs régions du Québec, en souhaitant que ces
inondations et que le niveau d'eau baisse rapidement, mais surtout en souhaitant qu'on puisse trouver des solutions
durables à des situations qui, malheureusement, se répètent d'année en année.
Alors, je pense qu'on aura un beau forum ici pour en discuter.
Pour le reste, je
veux également transférer le temps qu'il me reste pour mes périodes de
questions. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Merci, M. le député. Donc, je vous remercie pour ces remarques.
suis maintenant prête à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle. Pour un premier bloc d'échange, Mme la députée de Maurice-Richard. Vous avez la parole pour 20 minutes.
Mme Montpetit : Je vous remercie, Mme la
Présidente. Je vais commencer par une question, je l'espère, pas trop compliquée. J'aimerais que le
ministre nous explique pourquoi, dans le nom du ministère, le mot
«Développement durable» a été retiré?
M. Charette : Bien, en fait, lorsque l'on
regarde les termes «Environnement et Lutte aux changements climatiques», lorsqu'on regarde la vision
économique qui est celle du gouvernement, on retrouve cette notion-là de
développement durable.
Donc, la question, elle est légitime, oui, mais c'est dans
l'action du gouvernement, tout simplement, que l'on incarne cette volonté de développement
durable. Et ce qu'on a tendance, malheureusement, à oublier trop souvent, c'est
que le développement durable, ses
trois piliers, c'est l'environnement, oui, mais c'est le développement
économique notamment, c'est le développement humain, et tous ces piliers-là
sont largement couverts par l'action du gouvernement. Donc, on ne
s'arrête pas à un nom, mais à une action, dans le cas présent.
Présidente (Mme St-Pierre) : Mme la députée.
Mme Montpetit : Bien, vous ne trouvez pas
que c'est un drôle de signal de... Je vois votre surprise, hein? Je présume que ce n'est pas peut-être une
décision qui a été prise par vous ou une réflexion qui a été... Ça fait quand
même plusieurs années que ça portait ce nom-là. Comme vous le dites,
c'est un tout, la question du développement durable. Vous êtes responsable,
entre autres, de l'application de la stratégie du développement durable au
Québec.
Vous ne trouvez pas que c'est une drôle d'indication, dans
un contexte où vous vous êtes positionné, justement, comme ministère, comme
votre premier ministre dit qu'il veut faire des deals, comme ministre qui veut
faire de l'économie tout
l'enjeu... Et toute la crédibilité de votre action gouvernementale
environnementale va reposer, justement, sur votre capacité à faire aussi
du développement durable et à respecter cette... de ne pas en faire une
dichotomie.
Donc, je comprends, peut-être, ce n'était pas une réflexion
qui vous a habité ou... Est-ce que c'est votre décision...
Je vais le poser comme ça. Est-ce que c'est
votre décision d'avoir retiré le mot «Développement durable» du nom du
ministère ?
M. Charette :
Cet état d'étonnement que vous remarquez à mon endroit, c'est plutôt à l'égard
de la question elle-même, parce que, quand
vous regardez l'action que l'on assure jusqu'à maintenant, lorsque l'on regarde
les mandats qui sont confiés au ministère de l'Environnement, la notion
de développement durable relève toujours du ministère de l'Environnement.
Et, si jamais on avait voulu répondre dans cette logique-là,
on aurait dû s'appeler le ministère de l'Environnement, de la Gestion des
matières résiduelles, de la Gestion des barrages, de la Gestion de la
revalorisation de la matière, ministère de l'Économie
circulaire. Vous comprendrez...
La Présidente (Mme St-Pierre) : M. le
ministre, vous comprendrez, il faut que vous fassiez des réponses un peu plus courtes.
M. Charette :
Voilà. Je pense être dans les proportions de la question posée par ma collègue.
Mme Montpetit :
Je vais juste réitérer ma question clairement. Est-ce que c'est vous qui
avez pris la décision? Est-ce que vous,
comme ministre, vous avez donné une indication sur... Puis je
veux juste une réponse, oui ou non, là. Vous aviez l'habitude de poser ces questions-là quand vous étiez à l'opposition. Oui ou non,
est-ce que la décision a été prise par vous comme ministre ou par votre
cabinet?
M. Charette : En fait, vous connaissez la réponse, mais ça me
fait plaisir de la réitérer. La désignation, le nom du ministère
était connu avant même mon arrivée, donc ce n'est pas moi qui ai demandé de le
retirer ou de l'ajouter. Mais, comme je vous dis, si on devait ajouter
chacune des responsabilités qui relèvent du ministère de l'Environnement...
Mme Montpetit :
Bon, c'est parfait. Je vous remercie, M. le... Je vous remercie.
M. Charette : ...le
titre
serait passablement plus long qu'il ne l'est maintenant.
Mme Montpetit :
Je vous remercie, M. le ministre. Donc, je comprends que vous n'avez peut-être
pas demandé un ajustement par la
suite, parce que, quand on a des remaniements, il y a toujours la possibilité
de faire ces ajustements-là.
Parlons de la
question... Parlons du Fonds vert. Comme c'est un dossier qui a occupé beaucoup
l'actualité au cours des derniers
mois... puis je n'ai pas l'impression que vous avez peut-être eu l'occasion de
vous prononcer là-dessus, parce que c'est votre prédécesseure,
effectivement, qui était en place à l'automne, juste avant Noël, en fait.
C'est un
fonds qu'on a mis sur pied il y a quoi, il y a près d'une dizaine d'années, un
petit peu plus qu'une dizaine d'années,
qui est un fonds non seulement très ambitieux, mais qui a fait ses preuves à
plusieurs égards. Je ne dis pas qu'il est parfait, mais qui a quand même fait ses preuves à plusieurs égards au
niveau, justement, de venir financer des projets très importants au niveau de la diminution des
émissions de GES. On a nous-mêmes reconnu qu'il y avait un problème dans sa gestion,
puis c'est pourquoi d'ailleurs, à l'époque, on avait mis sur pied le
comité-conseil pour accompagner l'action gouvernementale
dans la gestion des fonds. On avait également demandé, donc, au comité de
préparer un document, là, pour identifier des pistes de solution,
document dans lequel il y avait plusieurs recommandations.
Et, dans un premier temps, ce que je
souhaiterais vous demander, parce que justement il y a beaucoup de choses qui
ont été dites au niveau de ce Fonds vert... Quelles recommandations vous... de
ce qui vous a été fait par le conseil, quelles recommandations avez-vous
retenues ou avez-vous l'intention de retenir?
M. Charette :
Merci pour la question, parce qu'elle est effectivement importante, et, quand
j'ai été nommé ministre, il y a trois priorités qui m'ont été clairement
identifiées, dont celle de la gestion du Fonds vert.
Ce que le
premier ministre a eu l'occasion de dire, ce que j'ai eu l'occasion de dire à
plusieurs reprises, il s'agit, et je
vous l'accorde, d'une très belle initiative. Cependant, depuis sa création, il
y a eu plusieurs rapports relativement critiques à l'égard de la gestion, à l'égard du Fonds vert, notamment le rapport
de la Vérificatrice générale. Et malheureusement les années ont passé, le gouvernement précédent a
réellement tardé à agir, et la résultante... Oui, il s'agit d'une belle mesure,
le Fonds vert, mais malheureusement on n'a
pas réussi à utiliser son plein potentiel au cours des dernières années. Donc,
notre intention, elle est très
claire, et on n'attendra pas quatre ans avant d'y donner suite et de revoir non
seulement le fonctionnement du Fonds vert lui-même, mais ses
applications.
Vous me posez
une question claire par rapport au rapport du conseil de gestion, notamment au
niveau du nombre de mesures qui
actuellement sont admissibles. On parlait de plus de 185 mesures. Le
rapport du conseil de gestion, il est clair,
et, là-dessus, on est d'accord, il y a de ces mesures qui, au fil du temps, ont
démontré soit leur obsolescence ou, encore une fois, ont démontré
qu'elles ne parvenaient pas à atteindre les objectifs que l'on se donnait.
Donc,
clairement, dans la gestion que nous ferons du Fonds vert, il y aura une
meilleure gestion des sommes pour s'assurer
que chacun des projets admissibles, chacun des projets financés nous permettent
d'atteindre des objectifs bien précis, ce qui n'était malheureusement
pas le cas lorsque le précédent gouvernement avait la possibilité de faire les
changements qui s'imposaient.
Mme Montpetit :
M. le ministre, ça va être long comme échange. Je vous pose des questions
précises, on a 10 heures à faire
ensemble, je pense que mes collègues de l'opposition aussi vont avoir des
questions assez précises. Si vous pouviez répondre précisément aux
questions, ça va tous nous aider à faire notre travail pour la suite des
choses.
Donc, je vous
posais une question qui était bien précise, c'est les recommandations qui ont
été retenues. On a posé la question dans le cadre des demandes qui ont
été faites à votre cabinet. On nous a répondu : Les mesures retenues ont été identifiées dans le cadre du budget, donc
c'est-à-dire pas grand-chose. Est-ce que je dois comprendre que vous n'avez
retenu pratiquement aucune des recommandations qui vous ont été faites par le
conseil du Fonds vert?
M. Charette : En fait, vous me dites que la réponse n'était pas
claire, pourtant j'y suis allé d'une recommandation-phare du conseil de
gestion. C'était de revoir les mesures admissibles, et déjà, on
s'est engagé dans cette voie-là. Donc, comme
réponse, c'était difficile d'y être plus direct. Cependant, je peux aussi vous
référer à des mesures précises qui étaient aussi en bonne position dans le budget, au niveau de Roulez électrique notamment.
Et ça, sans vouloir se lancer dans une chasse aux sorcières, le
précédent régime ou avec le gouvernement précédent, ce que l'on reprochait à la
gestion de Roulez vert, c'était de
reconfirmer l'engagement gouvernemental une année à la fois, ce qui rendait très
difficile pour le consommateur de planifier sa dépense, mais ce qui
rendait aussi très difficile pour le concessionnaire de planifier ses commandes de véhicules électriques. Donc, ça,
c'est clairement dans le budget, et tous l'ont salué. Vous avez dit que les
critiques ont été assez sévères à l'égard du budget. Moi, je pourrais vous
rappeler tous les commentaires excessivement élogieux qui ont été faits à
l'égard de notre engagement pour ce qui est de Roulez vert.
Autre mesure
qui est inscrite dûment dans le budget, c'est l'accompagnement des grandes
entreprises industrielles dans leur transition énergétique. Je le mentionnais
dans mon introduction, on a investi des centaines de millions de dollars
dans le budget...
Mme Montpetit : Je vous
remercie. Je vais reformuler ma question.
M. Charette : Là, si je comprends, quand je suis très précis
dans ma réponse, c'est là où vous ne me laissez pas le temps de
répondre.
Mme Montpetit : Je vais reformuler ma question. Quelles sont,
dans les recommandations qui vous ont été faites par le conseil...
Quelles suites vous allez donner à ce rapport-là, à l'ensemble du rapport?
M. Charette : En fait, vous me donnez une troisième occasion de
répondre dans la même lignée. Roulez électrique, qui est une réponse directe au rapport de gestion... Ce que j'allais
dire, l'accompagnement des entreprises de grande émission, c'est une recommandation aussi directe du conseil
de gestion. J'ai tout le volet adaptation aux changements climatiques qui
est aussi clairement identifié dans le budget.
à chacune des fois, je le disais puis ça me fait plaisir de le répéter sans
ironie, ma prédécesseure au gouvernement
précédent aurait sans doute été jalouse
d'avoir les moyens que j'ai actuellement. Elle aurait aimé avoir cette latitude-là.
C'est parce qu'à travers une occasion très concrète, c'est-à-dire le budget, on
se donne le moyen de notre volonté.
Vous
avez tout à fait raison, le gouvernement précédent a signé de grandes ententes
sans jamais se donner le moyen ensuite
d'atteindre les objectifs. Donc, le budget est une belle illustration que nous
comptons agir différemment de notre côté.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Mme la députée.
Mme Montpetit : Je vous remercie, Mme la Présidente. Je vais
juste souligner au ministre, parce
que je comprends que ça va être ça le type d'échange, qu'ici on est
ici pour faire des crédits, on est ici pour parler de votre action gouvernementale. Je comprends qu'en
Chambre, c'est ce que vous me répétez, puis chaque fois qu'on vous pose une
question, c'est sur l'action gouvernementale des dernières années.
Nous,
ce qu'on veut savoir, puis je pense
que c'est ce qui intéresse le public,
à l'heure actuelle, puis les citoyens, c'est
ce que vous allez faire. Donc, si vous pouviez être un petit peu plus dans une
démarche centrée sur vous-même, et sur votre
action gouvernementale, et votre action comme ministre
dans vos réponses, je pense que ça éclairerait tous les gens.
gens ont pris une décision le 1er octobre dernier. On en prend acte, on
est très conscients de ça. Maintenant, ce qu'ils
veulent savoir, c'est, en octobre 2022, ce qu'ils vont faire. Donc, je pense qu'en octobre 2022, si vous voulez être
au rendez-vous, il faudrait que vous
commenciez à les éclairer sur ce que vous, vous allez faire et pas ce que nous,
on a fait dans le passé.
Pour
continuer sur la question du Fonds vert, parce que j'ai d'autres questions,
mais comme le ministre semble éluder certaines
de mes questions, j'aimerais, avec le consentement, recevoir la présidente du
Conseil de gestion du Fonds vert. Est-ce que Mme Chagnon pourrait
venir répondre à quelques questions?
M. Charette :
...il y a quand même une affirmation qui a été faite, vous allez me permettre
d'y répondre. Vous m'avez posé trois fois la question concernant nos
intentions suite au dépôt du rapport du conseil de gestion. Je vous ai donné
trois réponses très précises...
Présidente (Mme St-Pierre) : Excusez-moi, M. le ministre. Pendant
que vous parlez, est-ce que vous autorisez la présidente du Fonds vert à venir
s'installer? Pendant qu'elle va venir s'installer, bien, vous pouvez continuer.
M. Charette :
En fait, c'est-à-dire, j'y viens, ce qui est important, c'est de convenir de
notre façon de faire. Et les gens qui sont en appui ici volontiers,
volontiers seront disponibles pour répondre aux questions.
Donc,
si c'est le souhait de la collègue, je n'ai aucune, aucune problématique à ce
que madame puisse venir répondre aux questions de la collègue.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Ce que je voulais dire, c'est que pendant que
vous continuiez votre réponse, ça aurait été l'occasion pour elle de venir
s'installer à la table. Comme ça, on ne perd pas le temps...
M. Charette : Sans aucun problème. Mais ça permet, parce qu'effectivement on est au début de la
démarche, bon, de convenir de la
façon de faire. Trois fois une question très, très pertinente, je le reconnais,
mais trois fois une réponse plus que concrète par rapport à nos
intentions qui figurent dans le budget lui-même.
Donc,
je comprends le jeu que vous jouez, mais vous ne pouvez certainement pas me
reprocher de ne pas répondu très précisément aux questions qui ont été
posées, là, dans les précédents échanges.
Présidente (Mme St-Pierre) : M. le ministre, maintenant, ça nous
prend le consentement pour accueillir la présidente du Fonds vert.
Alors, est-ce qu'il y a le consentement?
Des voix :
Consentement.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
O.K. Donc, Mme la députée.
Mme Montpetit :
Bien, M. le ministre, tout est une...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
...la présidente, vous devez vous nommer et aussi dire votre titre.
Mme Chagnon
(Sylvie) :
Sylvie Chagnon, présidente-directrice
générale du Conseil de gestion du Fonds vert.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Il faut parler plus fort, parce qu'on vous entend très... on vous entend...
Mme Chagnon
(Sylvie) : Sylvie Chagnon, présidente du Conseil de gestion du
Fonds vert.
Mme Montpetit :
D'accord. Je vous remercie. Juste avant de vous poser quelques questions, M. le
ministre, des fois, c'est une
question de perception, et je pense que, si on faisait... on pourrait aller
faire un vox pop, si vous le souhaitez, mais, jusqu'à maintenant, je ne pense pas qu'il y ait personne dans la
population qui s'est levé... Et il y a encore des dizaines de milliers de Québécois qui étaient dans la rue,
samedi dernier, pour redemander au gouvernement de faire de la lutte aux
changements climatiques et de l'environnement une priorité. Je pense qu'ils
n'ont pas très bien compris encore ni où vous allez, ni si vous avez un plan, ni si vous avez une vision, ni les
réponses aux questions qu'on pose. Donc, c'est peut-être une question de perception,
mais la... C'est quoi, la pratique rend parfait? Donc, réitérons et reposons
des questions.
Donc, Mme Chagnon,
bonjour. Merci d'être avec nous aujourd'hui. J'ai quelques questions sur le rapport, mais
d'abord, j'aimerais ça que vous... Vous avez pris la parole dernièrement, notamment suite au budget, budget qui laissait entrevoir notamment l'abolition, et le ministre
aura peut-être l'occasion d'y revenir par la suite, l'abolition du conseil de gestion. Nous,
si on l'a mis, comme gouvernement, en place à l'époque, c'est qu'on croyait qu'il
avait un rôle très important et on le croit encore. Et j'aimerais vous entendre
sur l'importance de ce comité, si vous avez eu le temps de mener à terme... si
vous avez eu le temps d'exécuter votre mandat, si vous avez besoin de plus de
temps et sur la pertinence du comité et de son maintien.
Mme Chagnon (Sylvie) : O.K. Alors, Mme la Présidente, écoutez...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Je vous rappelle qu'il reste...
Mme Chagnon
(Sylvie) : Alors, écoutez,
le Conseil de gestion du Fonds vert est un nouvel organisme qui vient d'avoir tout juste deux ans, mais qui a été vraiment
opérationnel en novembre 2017. Alors, c'est
sûr que de mettre sur pied un nouvel organisme, vous comprendrez qu'il y a beaucoup
de travail administratif. En plus, il
y a un conseil d'administration, alors toutes les règles de gouvernance,
c'est très lourd, et nous sommes une très petite équipe.
Maintenant,
ça ne nous a pas empêchés de prendre en main le Fonds vert, de voir l'état du
Fonds vert et aussi de faire suite aux recommandations du Vérificateur général.
Au cours de notre mandat, jusqu'à présent, on a émis deux avis : un en février 2018 et le dernier en décembre, où
est-ce qu'il y avait quand même une certaine continuité dans nos observations.
Alors, on a
fait état, quand même, de plusieurs constats, que ce soit au niveau de
l'efficience, de l'efficacité, de l'atteinte des résultats, et également
nous avons fait des recommandations au ministre, mais je réitère que c'est
quand même la prérogative du ministre de recevoir ces recommandations-là.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Mme la députée.
Mme Montpetit : Bien, plus précisément, moi, ce que je veux
savoir, c'est sur votre rôle comme comité, votre rôle aviseur, votre
rôle décisionnel aussi. Est-ce que vous vous êtes prononcés sur la place
publique sur vos inquiétudes par rapport à des intentions potentielles de sabrer, de faire
disparaître le comité? Est-ce que vous... Vous jugez, je présume que ce
comité a sa raison d'être et qu'il doit être maintenu.
Mme Chagnon
(Sylvie) : Oui, certainement, et je pense que d'avoir un organisme indépendant, d'avoir une vision beaucoup plus claire, oui, c'est
important d'avoir le conseil de gestion du Fonds vert en place.
C'est sûr que
certaines recommandations, certaines observations qu'on a pu faire, ce n'est
peut-être pas accueilli à bras
ouverts. Maintenant, si on veut rectifier
le champ de tir au niveau des résultats du Fonds vert, je pense qu'il faut, à un moment
donné, prendre acte sur certaines
choses. Depuis 2006 que le Fonds vert existe. Il y a eu, à travers les années,
plusieurs observations qui ont été apportées par le Vérificateur général ou par
la Commission d'administration publique. Alors, c'est sûr qu'à un moment donné, si on veut changer les façons de faire,
bien, il faut peut-être sortir en dehors de la boîte et regarder comment qu'on peut rectifier le champ de tir. On a
aussi les résultats. Je pense, l'inventaire québécois sur les GES donne
les résultats actuels. Alors, si on veut accélérer l'atteinte des cibles
gouvernementales, il y a peut-être lieu d'apporter des rectifications
sur certaines actions.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Il reste 1 min 8 s.
Mme Montpetit : Je vous remercie, Mme Chagnon. Mais je pense
que c'est important, le rôle que vous avez joué, justement,
et que vous jouez encore comme comité indépendant.
Je laisserais peut-être la dernière minute au ministre pour clarifier ses intentions, parce que ça a laissé beaucoup
de sous-entendus sur la place publique, la sortie du budget, par rapport
à la suite des choses pour le comité-conseil.
Est-ce que
vous avez l'intention de le maintenir? Est-ce que vous avez l'intention de
maintenir ce comité indépendant ou vos intentions sont tout autres?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Vous avez 36 secondes.
M. Charette : Et, si la
collègue souhaite une réponse plus exhaustive, je pourrai y revenir, mais déjà
plusieurs échanges très constructifs avec Mme Chagnon, avec l'engagement
pris de revenir avec une décision complète, là, très prochainement. Mais là, ce
36 secondes, c'est très court...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Là, il en reste 20.
M. Charette : ...mais on pourra
y revenir par la suite, là, volontiers.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Vous avez 14 secondes, Mme la députée.
Mme Montpetit : Bien, je vous
remercie, mais, si on pouvait répondre par oui ou par non, ça nous aiderait. J'imagine qu'à ce stade-ci, quand il y a un budget
avec pas d'argent dedans puis des... Je pense que la direction commence
à être relativement claire, je pense que le ministre... à un moment donné, il
va falloir...
Présidente (Mme St-Pierre) : C'est terminé, voilà. Je passe la
parole maintenant à la
partie gouvernementale. M. le député de Bourget,
vous avez 20 minutes.
M. Campeau :
Merci, Mme la Présidente. Le 1er octobre dernier, on a vu un changement
majeur au Québec, comme tout le monde
le sait. Certains ont dit que c'était la fin d'un règne libéral qui était assez
long, quasi ininterrompu, mais on pourrait
aussi dire d'une autre façon que c'était la fin du bipartisme. C'était en effet
la première fois, depuis 1970, qu'un autre parti que le Parti libéral ou
le Parti québécois prenait le pouvoir.
Alors, ça
fera exactement, demain, le 1er mai, sept mois que le gouvernement actuel
est en place. Ça ne fait même pas un an, juste sept mois. C'est le premier
budget, c'est la première occasion de passer par l'étude des crédits
budgétaires. C'est, pour plusieurs
d'entre nous ici qui sommes nouveaux députés... je devrais dire que, dans mon
cas, j'apprends à tous les jours à
jouer au député et j'en apprends réellement beaucoup à tous les jours. Vous
avez dû passer par là, Mme la Présidente, j'imagine.
Alors, on
voulait prendre le temps de faire un bilan aujourd'hui, parce qu'on a dit qu'on
voulait faire mieux pour le Québec. Et
ça, on a beaucoup insisté là-dessus. Et, quand on parle de bilan, bien,
évidemment, on parle de bilan environnemental,
où on en est rendus. Quand on regarde les gaz à effet de serre, souvent, on en
parle énormément dans les journaux et
avec raison. On a l'impression des fois que c'est la seule chose qui existe au
niveau environnemental, et c'est loin d'être le cas.
On avait des
cibles pour 2020. Pour le moment, j'ai beau être d'un naturel optimiste, j'ai
de la difficulté à croire qu'on va
pouvoir les rencontrer. Est-ce que c'est du fatalisme? Est-ce que je suis
défaitiste? Je ne le sais pas. J'ai de la difficulté à croire qu'on va y
arriver. Mais par contre, on a des cibles pour 2030, une réduction de
37,5 %, tel que c'est connu. Et le
gouvernement actuel, bien sûr, sera extrêmement responsable non seulement de la
cible qui a déjà été donnée, mais des actions qui seront mises en place
pour la rencontrer.
L'environnement, comme je le disais, on parle
des GES, mais on pourrait parler aussi de gestion des matières résiduelles, la
traçabilité des sols. On peut parler des barrages, on peut parler d'efficacité
énergétique. La liste est très longue, et on
voit que le ministère de l'Environnement, bien, c'est un ministère, oui, mais
qui a des tentacules un peu partout, qui
doit interagir surtout avec les autres
ministères. Et ça montre aussi que, dans ce sujet-là ou sujet environnemental,
on a tous individuellement d'ailleurs un rôle à jouer.
Alors, comme l'expression dit, il faut savoir
d'où on vient pour savoir où on va. Est-ce qu'on pourrait avoir, M. le ministre, un compte rendu de c'était quoi,
la situation en arrivant comme ministre de l'Environnement, un peu sur
les sujets principaux que je viens de décrire, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le ministre.
M. Charette :
Merci à mon collègue de Bourget. Je vais prendre une petite seconde pour le
remercier. Le collègue agit également
comme adjoint parlementaire aux dossiers environnementaux, et c'est une très,
très belle collaboration. Du moins, moi, j'avais le plaisir de le connaître
depuis quelques années. Donc, maintenant, avoir la possibilité de travailler
en étroite collaboration, pour moi, le
plaisir est immense. Reste à souhaiter que c'est la même chose pour lui de son
côté, mais la réponse, je la lui laisse, tout simplement.
En fait, vous le dites, hein, six mois depuis
l'élection, trois ou quatre mois, pour ma part, comme ministre de l'Environnement, donc des responsabilités qui sont
relativement nouvelles. Je vous dirais, un des premiers constats, et c'est parce que la question était ainsi posée, c'est
qu'on s'est donné, comme gouvernement ou comme société, beaucoup d'objectifs, et je pense que c'était important de le faire. Au
niveau des changements climatiques, il y a eu différents accords, il y a eu
différentes rencontres internationales, notamment. C'est difficile de ne pas
faire mention de l'Accord de Paris.
Donc, le Québec a eu la possibilité d'assumer un
leadership certain. C'est indéniable, l'expérience québécoise, l'expertise
québécoise, elle est reconnue, elle est appréciée. Donc, ça, je l'ai senti très
rapidement. Là où j'ai été déçu, par contre,
c'est lorsqu'on regardait des engagements précis qui avaient été pris. C'est là
où on constate rapidement qu'on ne
s'est pas donné les moyens d'atteindre les cibles de nos engagements. Au niveau
des gaz à effet de serre, c'est vrai, on est à la fin d'un cycle. Normalement, on devrait atteindre un
pourcentage x de réduction de gaz à effet de serre pour 2020 et, lorsque l'on regarde les dernières données
disponibles, soit celles de 2016, on se rend compte que, malheureusement,
on... sans abdiquer, hein? Ça, on l'a dit
depuis le début, ce n'est pas notre intention d'abdiquer, on va redoubler
d'efforts. Et d'ailleurs dans le
budget on a procédé à des réallocations du Fonds vert justement pour, dans ce
dernier droit, avoir de nouveaux moyens à notre disposition, mais n'empêche
qu'on est encore loin des cibles pour lesquelles le gouvernement précédent s'était engagé. Donc, on n'abdique pas,
mais le bilan ou le bulletin 2020, clairement, ce sera celui, en grande
partie, du gouvernement précédent,
qui était aux contrôles du gouvernement, là, pendant essentiellement les 15 dernières
années.
Moi, je vous disais... et je souhaite
sincèrement qu'on aura beaucoup d'occasions de parler de gestion des matières
résiduelles. Je ne m'en cache pas, c'est un
des dossiers pour lequel je vois un très grand potentiel. Là aussi, on avait
des engagements pris de façon ferme
de la part du gouvernement précédent. Et, très régulièrement, j'ai des
entreprises qui me rappellent qu'au
départ la gestion des matières organiques visait à l'objectif de zéro
enfouissement pour 2020. 2020, c'est pour ainsi dire demain. Et cet
engagement-là a été pris au début des années 2010, et jamais il n'y a eu
de moyens de donnés à la population,
aux entreprises pour atteindre cet objectif-là, ce qui fait qu'à mon entrée en
fonction, sur ce volet-là, on partait
à peu près de zéro. Et il y a d'autres mesures qui avaient été pourtant
réclamées et promises, qui n'ont pas eu d'écho, ou qui n'ont pas eu le
fameux règlement qui permettait l'implantation de la mesure, ou qui n'ont pas
eu droit au budget nécessaire.
Donc,
comme premières observations, une grande déception mais surtout la volonté de
corriger le tir rapidement, ce qui fait que, dès les jours qui ont suivi mon
entrée en fonction, il y a des revendications qui ont été faites auprès
de mon collègue aux Finances pour que le
budget qui allait suivre corrige la situation. On aura peut-être l'occasion
d'en parler, mais effectivement c'est un budget qui nous donne enfin des
moyens pour rencontrer les objectifs qu'on s'est donnés.
M. Campeau :
O.K. J'aimerais poursuivre en parlant vraiment d'économie. J'ai été, j'avoue,
un peu surpris, Mme la Présidente. Ma collègue
de Maurice-Richard mentionne que le premier ministre ne posait pas de
question environnementale. Moi, je dirais, j'ai vraiment deux gros
bémols avec ça. C'est que je vous dirais, d'une façon un peu paraphrasée, que,
pour moi, le mot «environnement» tout seul, ça ne veut pas dire grand-chose,
mais l'environnement, ça veut dire quelque chose en relation avec l'économie, ça veut dire quelque chose en relation avec
les transports, avec notre vie de
tous les jours. Mais la terre, elle, que le niveau soit plus haut ou plus bas,
là, la terre, ça ne la dérange pas beaucoup, c'est
l'être humain que ça dérange sur la terre. Alors, j'ai l'impression que ce
n'est pas de l'environnement qu'on doit parler seulement en vase clos,
mais plutôt des effets environnementaux sur les diverses activités autour.
J'ai
eu l'occasion de démarrer un comité environnement à l'intérieur
de ce qu'allait devenir le gouvernement, et on avait
des interactions avec le bureau de la personne qui allait devenir le premier ministre, et je n'ai jamais senti qu'il
y avait un désintéressement environnemental, mais loin de
là. Alors, oui, on accorde beaucoup d'importance au mot «économie», mais c'est un peu normal parce qu'on veut que le Québec
s'enrichisse. On veut remettre de l'argent dans les poches des citoyens,
mais de façon environnementale.
Alors, un n'exclut
pas l'autre, l'autre n'exclut pas l'un. Je dirais même qu'il y a une étude à
laquelle la deuxième et la troisième
opposition ont eu l'occasion de participer, qui s'appelle Le climat, l'État et
nous. Et malheureusement, la première opposition ne s'est pas présentée à cette
étude-là, et le but, c'était justement de conjuguer les différentes activités, comment le faire dans une gouvernance où on
pourrait intégrer l'environnement avec les différentes activités, économiques,
oui, mais au niveau transport en même temps, un peu de toutes les façons. Alors, j'avoue que je suis un peu surpris
de ce commentaire-là.
premier ministre avait déjà mentionné, ce qu'on vise, c'est de
conjuguer le mieux possible la réduction des GES, la création de richesse et la qualité de vie des Québécois.
Comment voyez-vous, M. le ministre, justement la relation entre l'économie et l'environnement
et quel rôle le ministère peut y jouer?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le ministre.
M. Charette : Merci pour la question. Et je pense que les
derniers jours et les dernières semaines nous ont donné raison de façon formidable. Je me souviens, il y a
quelque deux ou trois années, lorsque le premier ministre actuel, donc
ancien chef de la deuxième opposition, posait des questions sur
l'électrification notamment, il avait une réception très médusée, très sceptique de la part des oppositions
lorsqu'il parlait de vendre de l'électricité, de l'hydroélectricité à nos
voisins, autant américains que
canadiens. Il était reçu avec beaucoup de scepticisme au sein des collègues de
l'opposition. Et je regarde ce qui s'est fait depuis notre entrée en fonction,
depuis six mois, les portes qui s'ouvrent depuis peu au marché américain,
pour développer de nouveaux marchés, on se
dit : Quelle belle façon de concilier, de façon excessivement concrète,
l'environnement et l'économie.
C'est
bien certain, pour le Québec, à partir du moment qu'il y a de nouveaux contrats
de signés... là, on a la ville de New York elle-même, qui, la semaine dernière
ou il y a quelques jours, évoquait ce scénario-là. Ça représente des
contrats formidables pour le gouvernement québécois, donc des moyens en plus
pour toute notre collectivité et surtout soustraire un marché qui,
actuellement, est très émetteur en matière de gaz à effet de serre, toute cette
pollution-là.
Donc,
notre énergie verte à nous va permettre à des voisins de diminuer leurs
émissions de gaz à effet de serre. Et ce que l'on répète souvent, et je prends
beaucoup de plaisir à le dire personnellement, les gaz à effet de serre n'ont
pas de frontière. Je comprends que
chaque État, chaque gouvernement a ses objectifs, mais au final, ce que l'on
souhaite, c'est que la planète elle-même diminue grandement leurs
émissions de gaz à effet de serre.
Donc, savoir que la
ville de New York, une ville excessivement populeuse aurait la possibilité de
s'alimenter à travers l'hydroélectricité
québécoise, on n'aura peut-être pas, à travers cette entente-là, diminué les
émissions de gaz à effet de serre au
Québec, mais très certainement, considérablement, dans notre ensemble nord-américain.
Et cette offre-là s'applique et tient aussi pour nos voisins canadiens,
que ce soit l'Ontario, que ce soit les provinces de l'Atlantique qui, actuellement, ont une source d'énergie qui
est passablement polluante. Donc, c'est sans doute le meilleur exemple
de conciliation économie et
environnement. Et, dans les faits, je le répète souvent, il n'y a pas de
contradiction. C'est possible d'arriver à de telles ententes.
un autre exemple, si vous m'en demandez un second, au niveau des entreprises,
je le mentionnais à ma collègue de Maurice-Richard, le budget prévoit aussi non seulement des
intentions, mais des budgets concrets à ce niveau-là. Les centaines de millions de dollars qui sont disponibles pour
accompagner les entreprises qui sont émettrices de grands pourcentages ou de grandes quantités de gaz à
effet de serre, ma foi, elles ont maintenant un outil à leur disposition. On
parlait de décontamination, d'autres
centaines de millions. Oui, c'est un geste environnemental a priori, mais qui
ouvre la voie à un développement économique tout simplement formidable.
M. Campeau :
J'aimerais poursuivre avec le côté plus régional. Effectivement, comme le
ministre le mentionne, quand la ville de New York, avec l'équivalent de la
population du Québec dans une ville, nous arrive avec une demande d'électricité, c'est extrêmement intéressant et ça
fait un énorme changement. Par contre, le Québec, quand on regarde où est
concentrée la population... et Montréal et Québec, bien sûr, mais on a
encore beaucoup de régions, beaucoup de petites villes et villages, et ces gens-là ont des responsabilités
environnementales, et ce n'est pas toujours facile pour eux de prendre leurs responsabilités parce qu'ils ont beaucoup à
faire avec, parfois, des populations très petites. Et c'est des gens qui ont
tout à faire et, en même temps, peu de moyens.
prend des exemples de disparité régionale qui se sont passés, je me demande
comment vous avez l'intention de prendre
en compte ces disparités régionales. Parce que, de temps en temps, créer des
emplois dans un endroit, c'est bien, mais
ce n'est pas... Il y a l'aspect économique, l'aspect environnemental. On prend
l'exemple de Port-Daniel, oui, on a créé des emplois dans un endroit qui en avait besoin, bien sûr, mais l'impact
a été pas très intéressant au niveau économique et assez dévastateur au
niveau environnemental.
Comment
voyez-vous qu'on va aller aider l'économie et l'environnement en même temps,
mais plutôt au niveau régional, cette fois-ci?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Il vous reste 4 min 20 s dans cette portion.
M. Charette :
Parfait. Le député mentionnait qu'il était à sa première élection, et c'est le
cas de plusieurs de nos collègues à
la Coalition avenir Québec. En fait, le 1er octobre dernier, on a
réellement reçu un appui massif en région, donc notre caucus est fier de pouvoir représenter, là, l'ensemble des régions
du Québec. C'est dire à quel point on y accorde de l'importance.
effectivement le développement économique, dans certaines régions du Québec,
peut sembler plus difficile. Il y a certaines
régions qui semblent s'essouffler ou qui sont à la recherche de projets
porteurs pour leur développement économique. Encore une fois, c'est de bien accompagner les milieux, c'est de bien
travailler avec eux pour identifier les projets qu'ils souhaitent développer et ensuite voir comment
s'assurer d'une implantation du projet en question avec un impact environnemental
qui soit acceptable. Et, dans certains cas, avec le recours à la bonne
technologie, un projet initialement conçu
peut être largement bonifié et amélioré au moment de sa construction pour
réduire son impact environnemental, et c'est là aussi où on compte être
proactifs dans l'avenir, faire en sorte qu'un projet qui peut avoir ces impacts
ou qui peut avoir son incidence environnementale puisse être accompagné
pour que, dès sa conception, on en diminue les impacts.
Mais, ceci dit, et on
l'a répété depuis le départ, le Québec s'est doté d'un régime d'évaluation,
d'un régime de protection de l'environnement
qui est salué dans bien des endroits à travers le monde. Donc, on ne veut pas
réduire nos exigences environnementales, c'est bien clair, mais il y a
certainement possibilité d'accompagner des milieux pour qu'ils puissent
aussi profiter d'un développement économique. Et, encore là, je ne vois aucune,
aucune contradiction, là, de mon côté.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
2 min 20 s.
M. Campeau : Merci. Quand on parle d'accompagner les projets
dès le début, je pense que c'est comme un mantra qui a été donné à l'intérieur du gouvernement. On veut les accompagner au niveau
économique, mais pas seulement au niveau économique. Souvent, comme on dit, dans un projet, c'est les
premiers dollars qui sont durs à trouver et c'est les premières
autorisations environnementales qui sont dures à obtenir, des fois, au tout
début.
Alors, est-ce qu'on parle d'un accompagnement
local d'un projet? Quand on parle d'accompagner, est-ce que vous voulez
parler d'un accompagnement régional qui serait donné à un projet à ce
moment-là?
M. Charette :
...le ministère peut compter sur des directions régionales dans chacune des
régions du Québec, un appui qui est
indispensable pour nous et pour moi en particulier. Et les moyens que je
mentionnais tout à l'heure au niveau du budget pour renforcer ces
directions régionales là vont nous permettre un meilleur accompagnement des
projets en question. Donc, les directions
régionales ont clairement un rôle à jouer, mais tout ça en appui au milieu.
Souvent, pour un projet x, la chambre
de commerce locale, la mairie vont se manifester pour appuyer le projet, et ce
sont tous des acteurs qui, à travers
leur vision et surtout leurs connaissances très approfondies de leur milieu,
nous aident à l'accompagnement. Et c'est ce qui a fait défaut dans le
passé.
Moi, je dis avec beaucoup
de plaisir, les comités ministériels ont été bâtis de telle sorte qu'on en a
créé un spécifiquement pour l'économie et l'environnement. Donc, moi, je fais
partie du comité ministériel économie et environnement. Donc, dès le départ,
dès qu'on entend parler d'un projet dans une région x, je suis à la table avec
mes collègues des ministères Finances,
Développement régional, Économie, Innovation. Donc, dès le départ, on est
sensibilisés à l'existence d'un
projet, et ça permet de l'accompagner dès le début pour s'assurer qu'à la toute
fin lorsque le projet voit le jour, son empreinte environnementale est
limitée par rapport à ce qui avait été peut-être initialement conçu.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Vous avez terminé. Alors, maintenant, c'est au tour du deuxième groupe
d'opposition. Vous avez 15 minutes, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Très bien. Merci, Mme la Présidente. Donc, à chaque année, lors de l'étude des
crédits, Québec solidaire, on pose des questions sur la gestion des matières
résiduelles, plus particulièrement du verre. Et là cette année, on est content
parce qu'il y a quand même eu une évolution avec le mandat d'initiative sur la
crise du verre. Là, on a entendu aussi récemment qu'il y avait un comité qui a
été mis sur pied pour la modernisation de la gestion des matières résiduelles
de façon générale pour peut-être un jour en finir une fois pour toutes avec
cette crise.
Moi, je
voudrais vous référer aux questions qu'on avait posées dans le document de
RECYC-QUÉBEC. Donc, j'ai plusieurs questions. Notamment, je ne sais pas comment
est-ce que vous voulez procéder, la question particulière n° 104,
à laquelle on a obtenu des réponses,
où on posait des questions sur, justement, le recyclage du verre, s'il y a eu
des études, des analyses qui ont été faites par RECYC-QUÉBEC, quelles
sont-elles. Et on a obtenu des réponses, et j'ai quelques, vraiment, questions
précises.
Donc, si je
regarde à la question particulière n° 104, où on pose la
question des débouchés du verre pour le Québec, et ce que RECYC-QUÉBEC nous dit, c'est qu'en 2015 le bilan nous montrait
que, pour l'ensemble du verre qui a été généré, 14 % seulement ont été réellement recyclés, mais qu'il y a eu une
évolution et qu'en date de début mars 2019 on nous dit que 37 % du verre maintenant est recyclé.
Donc là, on voit une évolution. Mais, de façon... pour n'importe quel lecteur
non attentif ou de façon générale, il
dirait : Wow! On s'améliore. Mais évidemment nous, on a fouillé un petit
peu plus puis ce que ça dit, c'est que c'est 37 % du verre généré
par les résidences qui a été réellement recyclé.
Donc, ma question, c'est pour être capable de
comparer des pommes avec des pommes, le 14 %, c'est tous les secteurs, pour ce qui est... ça serait combien, si
on incluait aussi les... ici, les industries, commerces et institutions. Le
chiffre de recyclage serait de combien en date de mars 2019? Est-ce qu'il
serait toujours de 37 %? Ça m'étonnerait puisque c'est seulement
les résidences selon la réponse.
Présidente (Mme St-Pierre) : Oui, on a besoin d'un consentement.
Oui. Alors, vous devez dire votre nom et votre titre.
Mme Gagné (Sonia) : Bonjour.
Sonia Gagné, présidente-directrice générale de RECYC-QUÉBEC.
Mme la
Présidente, pour répondre à la question, le 13 %, effectivement, le
premier 14 %, pardon, dont vous avez parlé touche, en 2015, le recyclage du verre résidentiel et sur la
totalité de ce qui est généré par les résidences. Ce qui se passe avec les données préliminaires du bilan de
gestion des matières résiduelles, 37 %, c'est sur le total généré par un
citoyen qui se rend au centre de tri à des fins de valorisation.
Mme Ghazal :
Ça fait que, juste pour être sûre, vous dites que le 14 %... parce que
c'est écrit 14 % pour l'ensemble du verre généré dans les
résidences.
Mme Gagné (Sonia) : Dans les
résidences.
Mme Ghazal :
O.K. Ça fait que ça, ça manquait. Donc, on n'a aucun chiffre, ni en 2015, ni
après pour le verre qui provient de l'extérieur des résidences.
Mme Gagné (Sonia) :
Aujourd'hui, le gisement qui provient des ICI, non, n'est pas documenté.
Mme Ghazal :
O.K. Donc, il y a potentiellement encore plus de verre, beaucoup plus qui
provient des institutions, commerces
et industries. Donc, le 14 % et le 37 % en date d'aujourd'hui
seraient encore plus bas si on parle du verre au Québec. C'est ce que je
comprends. Moi, c'est ce que je lis de ce que vous me dites.
Mme Gagné
(Sonia) : Oui. Aujourd'hui, ce que vous avez sous les yeux, ça parle
de la collecte sélective résidentielle.
Mme Ghazal :
O.K. Ça fait que, si on inclut tout le verre au Québec, c'est encore moins. Les
chiffres sont encore... O.K. Ça fait
qu'on est vraiment dans une crise. Oui. Bien, si le ministre veut ajouter
quelque chose, oui, j'apprécierais. Oui, oui, oui, j'aimerais avoir des
éclaircissements, oui.
M. Charette :
Et c'est là où on a une occasion formidable de changer la donne. Quand je dis
depuis tout à l'heure, je l'ai répété à quelques reprises, la gestion
des matières résiduelles, pour moi, est un enjeu ou une occasion formidable
d'améliorer notre bilan, c'en est une belle illustration, et c'est important de
le faire. Je sais qu'on a déjà eu l'échange, même
en privé, à ce sujet-là. On a vécu, il y a quelques années, la crise du papier,
on s'en souvient. On revit de façon périodique dans les médias les
questionnements à l'égard du verre. On est peut-être sur le point de vivre
pareil questionnement à l'égard du papier...
du plastique, c'est-à-dire, et c'est là où le besoin d'agir est incontournable.
Autrement, c'est la confiance du public qui est affectée. Donc, à mon
niveau...
Mme Ghazal :
Oui, qui est déjà très affectée, exactement. Tout à fait, puis là les chiffres
sont encore pires, ça fait qu'on a hâte que ça débouche.
D'ailleurs, dans les autres questions aussi puis
dans les... c'est-à-dire dans les réponses qui ont été données par RECYC-QUÉBEC, on parle, par exemple, qu'est-ce qui
a été fait. Bien là, on parle du programme... le plan Verre l'innovation
d'Éco Entreprises Québec qui a commencé en
2016. Donc, ce n'est pas hier, ça fait très, très longtemps. Et les critiques
de RECYC-QUÉBEC, là, dans les
réponses, sont quand même assez importantes, où on dit que, pour que ça
fonctionne un jour,
parce que ça fait depuis 2016... il y a eu un rapport récemment, cette année,
il faudrait encore un autre 50 millions de dollars. Et ça, c'est
dans les réponses de RECYC-QUÉBEC.
C'est marqué
que... ce qui est beaucoup, considérant que c'est beaucoup d'investissement
supplémentaire pour une matière qui
ne représente que 20 % de ce qui est dans le bac. On dit que, par exemple,
on n'a pas réussi à créer un engouement pour des débouchés. On parle que certains recycleurs ne peuvent pas,
malgré ce projet-là, prendre ce verre-là à cause de questions de qualité, couleur, granulométrie. On
dit aussi que le taux de recyclage pour les cinq centres de tri où un projet
pilote a eu lieu, les 73 % de taux de
recyclage qu'elles ont atteint et que la qualité ne répondrait pas pour le
marché de la refonte, qui est quand même un marché important, bref le
bilan est quand même assez dévastateur.
Puis, à la fin, on dit : Bien, on va tirer
une conclusion. On va dire quelque chose. Puis, à la fin, dans la réponse générale, c'est : Bien, on va continuer les
travaux d'analyse ou de soutien de la filière. Puis ma question, dans le fond,
s'adresse aussi au ministre. Jusqu'à
quand? Puis est-ce que vous le même constat d'échec que RECYC-QUÉBEC fait pour
le projet Verre innovation?
M. Charette :
En fait, tout à l'heure, mon collègue de Bourget me demandait l'état des lieux
lorsqu'on a pris le pouvoir, il y a
quelques mois à peine. Vous le décrivez de belle façon à travers les exemples
que vous citez de RECYC-QUÉBEC.
On est passé,
par le passé, à côté de très belles occasions d'améliorer notre système. On
s'est malheureusement privé de cette
occasion. Mais, dès le premier budget que nous avons déposé, il y a quelques
semaines, il y a ce 100 millions de dollars qui vise à corriger certaines de ces problématiques-là, mais surtout
l'engagement très ferme qui a été pris et par le premier ministre et par moi-même. Tout à l'heure, je
mentionnais que la priorité du Fonds vert m'avait été identifiée. L'autre
priorité qui m'a été identifiée, c'est celle de la gestion des matières
résiduelles et avec un calendrier très précis.
Mme Ghazal :
On me dit qu'il reste 10 minutes. Moi, je ne suis pas familière avec les
crédits, là. Puis... Ça fait que c'est important, là, d'avoir... parce
que j'ai beaucoup de questions. Pour ce qui est... Est-ce que vous faites un
constat d'échec, donc un constat d'échec du
projet Verre innovation pour le moment? C'est un échec, vous êtes d'accord avec
moi?
M. Charette : Non, moi, ce que
je vous dis... moi, ce que je vous dis, c'est que malheureusement on est passé
à côté...
Mme Ghazal : Oui ou non?
M. Charette : ...de belles
occasions à ce niveau-là.
Mme Ghazal :
Oui, parfait. Donc, en fait, c'est un constat d'échec. Là, ça fait depuis
2016... J'espère qu'on ne va pas se
retrouver, je ne sais pas, dans quatre ans, à se dire encore que c'est un
constat d'échec. Et, dans toutes les réponses qui ont été données, il y avait une autre aussi sur les dépôts
volontaires. Je vais y revenir, mais on va continuer à développer, on va regarder des débouchés. Mais jamais, à cette
question-là... puis aussi la question 105, où je dis : Quelles sont
les sommes qui ont été dépensées pour
le traitement et le recyclage du verre?, jamais, jamais, jamais à un seul
moment dans les réponses de
RECYC-QUÉBEC le mot «consigne» n'est écrit, alors que ça fait les manchettes
depuis toujours, que peut-être on va regarder la consigne.
Est-ce
que ça dénote un biais de la part de RECYC-QUÉBEC contre la consigne? Est-ce
que M. le ministre partage ça?
M. Charette :
Absolument pas. Absolument pas. Déjà, peut-être une petite précision importante
pour nous tous, les 100 millions qui ont été promis, il y a un plan
d'action, là, de RECYC-QUÉBEC qui est à sa phase finale de préparation. Donc,
c'est important de le mentionner. Pourquoi actuellement il n'y a pas eu
d'engagement pour un système plutôt qu'un autre? Il y a plusieurs instances qui consultent leurs membres
actuellement, sans compter le mandat d'initiative auquel vous avez fait
référence. Donc, pour moi, c'est une question de respect.
Mme Ghazal :
Donc, la consigne n'est pas mise... excusez-moi, je vous... La consigne, elle
fait
partie des différentes solutions, même si ce n'est pas visible dans
les réponses que j'ai eues.
M. Charette : Ça fait
partie des
solutions qui doivent être étudiées, tout à fait, mais avec le souci suivant, par
contre, que j'ai eu l'occasion de réitérer : la politique
que l'on va souhaiter vous présenter dès cet automne, parce qu'on n'attendra pas des années, dès cet automne, vise
une récupération efficace, un recyclage efficace et une revalorisation efficace
pour compléter un cycle pour avoir un meilleur taux de récupération et de revalorisation
que nous avons actuellement.
Mme Ghazal : Dans la réponse aussi on parlait des dépôts
volontaires, les cloches de verre, là. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a,
dans la MRC de Saint-François, où est-ce qu'ils ont un projet, là, d'installer
des dépôts volontaires sur 12 sites
qui vont desservir 18 municipalités, et les citoyens répondent énormément, énormément,
de façon positive à ces dépôts
volontaires où eux sont prêts à se déplacer puis, en fait, à aller déposer leur
verre, là, parce qu'ils sont sûrs, là, que, là, ils vont avoir des
débouchés, parce que c'est de la bonne qualité.
Dans la
réponse, on dit que le coût des dépôts volontaires est inférieur, légèrement
inférieur, 160 $ la tonne, par
rapport à la collecte sélective de
180 $ la tonne. Comment est-ce que vous calculez le 160 $ la tonne?
Parce que c'est beaucoup moins de
manipulation, là, les dépôts volontaires... à part au début, on achète les
équipements, mais, après ça, il y a le transport, juste à la fin, une fois que les dépôts volontaires sont complétés,
mais, après ça, c'est les citoyens qui font le gros de la job.
Donc, comment est-ce que le 160 $
est calculé? Parce qu'il est quand
même proche du 180 $, qui est le
coût de la collecte sélective?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le ministre, est-ce que vous voulez que Mme Chagnon...
M. Charette :
Consentement pour Mme Gagné, oui.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Voilà. Madame.
Mme Gagné
(Sonia) : Mme la Présidente,
pour compléter la réponse, effectivement, quand on compare le 160 $ la tonne
au 180 $ la tonne, il s'agit de l'aspect collecte du terme. Cependant, la
totalité de l'opération, c'est-à-dire aller chercher le verre, le transporter,
faire en sorte qu'il soit remis à un conditionneur, ça représenterait une augmentation
de 5 % des coûts du régime de
compensation. Donc, il y a une
partie collecte, effectivement, où il y a un coût au tonnage qui est un peu plus faible, mais, sur la totalité de l'opération, on
pourrait évaluer 5 % d'augmentation du coût de la collecte sélective.
Mme Ghazal :
O.K. Mais moi, ce que je parle... la question, c'est : Le 160 $ la
tonne inclut quoi? Il inclut les immobilisations?
Il inclut le transport? Est-ce que c'est possible d'avoir le détail de ce
montant-là? Parce que je trouve que la
différence entre la collecte sélective à la tonne... Je parle juste de ça, je
ne parle pas du reste, là, les compensations, 160 $ et 180 $, qui,
pour le bac bleu, est quand même faible, alors que je ne vois pas d'où viennent
les coûts. Est-ce que ce seraient des informations que je pourrais
avoir?
Mme Gagné
(Sonia) : C'est des informations que je pourrais vous préciser. D'ores et déjà, effectivement, il y a des opérations un peu moindres au niveau
de la manutention qu'on pourrait déjà expliquer, et il y a une densification aussi
des points de dépôt. Donc, dans un point de
dépôt, il y a l'équivalent de plusieurs bacs. Ce sont... une
ventilation qu'on pourrait vous transmettre.
Mme Ghazal : C'est ça, exact, d'où mon étonnement, parce que
je j'aurais pensé que l'écart serait beaucoup plus grand. Donc, parfait.
Ça fait que je pourrais avoir ces informations-là.
a aussi appris... c'est-à-dire que, là, on est... Par exemple, dans la MRC de
Saint-François, eux autres, ils ont demandé
une subvention à RECYC-QUÉBEC de 180 000 $,
qui leur aurait permis, s'ils mettaient tous les sites de dépôt, de recueillir 500 tonnes de verre par année,
ce qui est substantiel, sachant que, là, contrairement au bac bleu, où on ne
sait pas si ça va être enfoui, puis là on a vu les chiffres qui ne sont
pas bons... Sachant que 100 % seraient recyclés, pourquoi est-ce que la
subvention a été refusée?
Mme Gagné
(Sonia) : Nous avons, dans
ce projet-là, contribué à l'étude sur l'impact de l'implantation de points de dépôt. Cependant, comme nous sommes en pleine recommandation
pour une approche globale au niveau du Québec, effectivement, nous avons pris
la décision de ne pas subventionner ce projet-là en particulier et de se donner
le temps de voir à une échelle globale...
Mme Ghazal : Parce
que, vous savez, ça fait des années
que ça dure, puis là les gens, ils font des efforts, on fait des pas par
petit pas. Là, il y a un projet qui pourrait être un succès.
Est-ce qu'il faut absolument attendre de faire du
mur-à-mur puis que ça marche partout au Québec, alors que, là, ça ne marche pas
pantoute, le verre? Pourquoi ce projet-là... Il y a des gens qui se sont
mobilisés, des citoyens qui veulent l'avoir,
et ça marche, et on est sûr que ça va avoir des résultats. Pourquoi faut-il
attendre que ça marche partout au Québec, alors que, là, ça marche? Aidez-les, c'est 180 000 $ qu'ils
demandent pour quelque chose qui va fonctionner, alors qu'on dépense des
millions pour des projets qui ne fonctionnent pas.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Il reste une minute à l'échange.
M. Charette :
Très, très rapidement. La question se pose, elle est légitime. Si nous étions
avec la philosophie de l'ancien
gouvernement, où on reporte continuellement la prise de décision... Je
comprends votre impatience, mais, comme je vous dis, elle serait
d'autant plus...
M. Charette :
Tout à fait, et elle est légitime, et c'est mon impatience aussi. Cependant, on
s'est commis avec un échéancier
nettement plus précis. On va prendre des décisions que le gouvernement
précédent a refusé de prendre et, dès l'automne, on aura une vision d'ensemble.
Mme Ghazal :
...quelques secondes qui restent, pouvez-vous dire aux gens de la MRC du
Saint-François et des 18 municipalités,
là, qui composent la MRC, des citoyens, que, oui, vous allez leur donner cette
subvention-là d'un montant de 180 000 $?
M. Charette : En fait, pour les
dernières secondes, je vais leur dire...
Mme Ghazal :
...leurs lobbys ne sont pas ici, parce qu'ils n'en ont pas, eux autres.
M. Charette :
Patientez quelques semaines. Patientez quelques semaines. C'est ce que je dis à
ces citoyens qui ont cette volonté de
s'impliquer. Et la politique qu'on va mettre de l'avant va répondre, j'en suis
convaincu, à cette mobilisation citoyenne là.
Présidente (Mme St-Pierre) : Merci, M. le ministre. Terminé.
Merci beaucoup pour ce bloc. Maintenant, je passe la parole, du côté du
gouvernement, au député de Masson. Vous avez la parole.
M. Lemay :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, très heureux de prendre la parole avec
vous aujourd'hui M. le ministre, chers collègues membres de la
commission. Merci à toutes les personnes présentes dans la salle.
Vous savez,
en tant que législateurs, on a trois rôles à faire en tant que députés :
un rôle de représentant dans nos circonscriptions,
législateur dans notre rôle de voter nos lois et notre rôle de contrôleur de
l'action gouvernementale. Donc, j'ai
eu l'habitude de questionner les anciens ministres de l'Environnement. Je
remarque mon collègue député de Jonquière ici, pour lequel nous posions
des questions ensemble.
Mais cette
fois-ci, je vais poursuivre dans cette même lignée et je vais poursuivre avec
un sujet que j'ai déjà traité par le passé, M. le ministre, et permettez-moi de
vous parler ce matin de traçabilité des sols contaminés. C'est un sujet que j'affectionne particulièrement et c'est... Mme
la Présidente, dans le fond, c'est en lien avec l'action 15 du Plan
d'action 2017‑2021 de la Politique de
protection des sols et réhabilitation des terrains contaminés, qui prévoit
notamment que le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques mette en place des moyens pour permettre davantage
d'options de valorisation des sols traités ou légèrement contaminés.
Et je trouve que c'est un sujet important et
c'est pour ça que je veux en parler aujourd'hui avec le ministre parce que la valorisation des sols permet de
faciliter leur gestion afin d'éviter de sacrifier des terrains. En fait, on
peut éliminer de ces sols-là... d'une
certaine manière, on peut diminuer la pression sur les milieux naturels et
l'environnement et on peut aussi
réduire les coûts de décontamination pour les promoteurs. Donc, on s'entend,
dans plusieurs situations, il est nécessaire de déplacer les sols pour les
traiter. Or, il existe aussi d'autres solutions de traitement de sols sur
place, qu'on appelle les traitements
de sols in situ, et d'ailleurs nous avons une entreprise dans le sud de
Lanaudière, là, paysagiste Dumoulin, qui justement s'adonne depuis
plusieurs années à faire des traitements de sol in situ.
Mais aujourd'hui, vu qu'on parle de la
traçabilité des sols, on va parler plus de qu'est-ce qu'on doit mettre en place
pour avoir cette traçabilité-là. Et le fait d'offrir plusieurs options de
valorisation des sols nécessite un plus grand contrôle
de leur provenance, et de leur mouvement, et de leur destination. C'est ce
qu'on veut savoir, dans le fond, avec la
traçabilité des sols. Entre autres, on veut éviter les situations de
disposition illégale. Donc, c'est un peu pour ça qu'on met la
traçabilité des sols contaminés.
Maintenant, dans une précédente législature,
j'ai déjà eu l'occasion de travailler sur ce sujet-là pour que le système
soit mis de l'avant, le système travaillé avec Réseau Environnement. Il a donc
été annoncé déjà depuis l'été 2017 et ce qui a mené à un développement de ce qu'on appelle Traces Québec, qui est un système informatisé qui permet d'assurer, sur une base volontaire, la traçabilité des mouvements
des sols contaminés au Québec. Le système, il permet notamment aux propriétaires des sols contaminés de suivre en
temps réel leurs déplacements sur le territoire puis d'avoir une trace qui
est cryptée, elle est confidentielle et elle
est aussi archivée, des mouvements de sols. Donc, ça permet aux propriétaires
des sols contaminés de démontrer leur exemplarité en matière de gestion
responsable de leurs sols contaminés.
permettez-moi, Mme la Présidente, de faire un bref rappel aussi des actions qui
ont été posées par le passé par le ministère, parce qu'il y a quand même eu
plusieurs actions qui ont été prises, là. On parle ici de mettre en oeuvre un
plan d'action visant à mieux prévenir et de sanctionner les infractions
environnementales dont les axes visent notamment le développement d'une traçabilité obligatoire et performante, un
programme d'inspection renforcé et une réglementation plus coercitive.
On parle aussi de publication, sur le site
Internet, d'un document présentant les bonnes pratiques en matière de traçabilité des sols contaminés excavés à
l'intention de tout intervenant qui entend utiliser ou développer un système de
traçabilité. On parle aussi d'ajout de clause dans les cadres normatifs du
programme d'aide financière ClimatSol-Plus et de l'entente pour l'octroi d'une subvention de 75 millions de
dollars à la ville de Montréal pour la réhabilitation des terrains
contaminés afin d'exiger que les bénéficiaires utilisent un système de
traçabilité des sols contaminés excavés qui va satisfaire aux exigences du ministère. Et on parle aussi de sensibilisation
des différents ministères et organismes du gouvernement du Québec qui sont
concernés. Enfin, d'intégrer une bonne pratique en matière de traçabilité des
sols contaminés dans le cadre d'appels d'offres qui sont sous leur
responsabilité.
Mais maintenant, si on revient un petit peu plus
à l'actualité récente, Mme la Présidente, on le sait, le ministère, il participe aussi, depuis février 2019, avec
Réseau Environnement et la ville de Montréal, à deux projets pilotes de gestion
des sols contaminés, notamment à Montréal,
comportant... sous l'utilisation de systèmes de traçabilité Traces Québec, qui
a été développé par Réseau Environnement, on le répète, Mme la
Présidente.
Donc, l'objectif de ces projets, c'est
d'identifier les forces et les faiblesses puis de définir les caractéristiques
d'acceptabilité d'un tel système dans l'optique de les intégrer éventuellement
dans un contexte réglementaire. Alors, maintenant,
les résultats de ces projets-là vont permettre également d'ajuster au besoin le
document des bonnes pratiques en
matière de traçabilité et le projet de règlement en cours d'élaboration. Et
d'ailleurs, Mme la Présidente, un projet de règlement sur la traçabilité des sols contaminés a été annoncé le
12 avril dernier par notre ministre, et qui exige le recours à un
système de traçabilité pour tout projet impliquant la gestion des sols
contaminés. Il travaille également sur la modification qui permettra notamment
d'obtenir une réglementation plus coercitive.
Permettez-moi,
Mme la Présidente, de lire simplement le premier paragraphe du communiqué de
presse qui a été émis le 12 avril
dernier concernant... Le nouveau gouvernement du Québec agit pour prévenir
les déversements illégaux de
sols contaminés. Et le premier
paragraphe se lit ainsi : «Afin de prévenir les déversements illégaux de
sols contaminés, le nouveau gouvernement du Québec veut imposer le
recours à la traçabilité à l'égard de tous les mouvements de sols contaminés excavés au Québec, du lieu d'excavation
jusqu'au lieu de réception. Cette nouvelle obligation permettra de mieux connaître les mouvements de sols contaminés
et, le cas échéant, d'identifier les fautifs et d'appliquer les sanctions
prévues.»
Donc, moi, puisque je constate que le ministère
souhaite la mise en place de systèmes de traçabilité du mouvement des sols
contaminés au Québec, ma question pour le ministre : Afin qu'on puisse
bien promouvoir l'industrie québécoise légale du traitement et ainsi encourager
la valorisation de ces sols, est-ce que le ministre peut nous parler de
l'importance d'implanter un tel système de
traçabilité des sols avec succès, ainsi, de nous dire en quoi consiste son
projet de règlement qu'il a annoncé?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le ministre.
M. Charette :
Merci au collègue pour sa question. Je partage tout à fait son enthousiasme
pour ce dossier-là de la traçabilité des sols. D'ailleurs, avec mon collègue de
Bourget, le 12 avril dernier, on a eu l'occasion de faire cette belle
annonce, et, pour moi c'est un dossier que j'ai priorisé dès le départ, parce
que là aussi j'y voyais le potentiel.
On parle, depuis le
début de l'exercice, de la conciliation économie-environnement. C'est une autre
très belle illustration de ce potentiel-là.
Le laisser-faire des dernières années avait de lourdes conséquences au niveau
environnemental. C'est des terres qui souvent étaient disposées ici et là, et
tout ça en parfaite illégalité, là, c'est-à-dire sans qu'il y ait de
certificat d'autorisation ou sans qu'il y
ait d'autorisation à déverser tous ces sols-là potentiellement contaminés à des
degrés divers.
Donc, le règlement
apporte une solution qui était attendue depuis longtemps, pas uniquement des
groupes environnementalistes, mais du milieu des affaires lui-même.
Moi,
dans les dernières semaines, au gré des rencontres, au gré des échanges, je me
suis aperçu que ce laxisme-là ou ce
flou-là qui prévalait avait une incidence directe sur les entrepreneurs qui
avaient le respect ou qui avaient à coeur le respect de l'environnement. Donc, c'est leurs propres entreprises qui
étaient menacées parce que concurrencées par des gens avec un petit peu moins de scrupule, qui ne se
formalisaient pas de disposer de façon convenable de ces terres-là excavées.
Donc,
non seulement le règlement a été présenté le 12 avril dernier, nous sommes
en période de consultation pour le parfaire, et ma première
préoccupation était une entrée en vigueur extrêmement rapide. Donc, dès cet
été, dès la fin de l'été au plus tard, c'est
un règlement qui sera pleinement en vigueur. Donc, oui, notre environnement
s'en portera mieux, mais l'économie légale aussi s'en portera mieux. Et
vous l'avez bien dit à travers votre introduction, ce règlement-là, ce qu'il vise, c'est une traçabilité, une responsabilisation
complète de l'entièreté de la chaîne, c'est-à-dire le générateur de
terre, on peut penser à un promoteur immobilier, par exemple, jusqu'à la
disposition finale de cette terre-là.
Donc,
avec un système de traçabilité par GPS, on pourra identifier les étapes
parcourues; s'il y a une contamination qui était nécessaire, où elle s'est
faite; si c'est une disposition, parce que le degré de contamination le
permettait, dans un site
d'enfouissement, s'assurer que c'est fait selon les règles de l'art. Et c'est
vraisemblablement... et, en toute confidence, je pense qu'on peut se
permettre des confidences même s'il y a quelques témoins ce matin, en toute
confidence, l'écho médiatique qu'a reçu cette annonce-là m'a personnellement
surpris.
Ça s'est fait un vendredi
matin et, ma foi, ça a été repris par tous les réseaux de médias pour une
raison, essentiellement, c'est que c'était
attendu depuis longtemps. Et d'ailleurs, au moment de la présentation du
règlement, j'ai tenu à saluer
personnellement les médias qui ont joué un rôle fondamental dans ce dossier-là
à travers les différents articles ou
les différents reportages qui se sont faits au cours des dernières années pour
sensibiliser la population. Donc, les médias ont joué un rôle important dans la suite des choses et surtout dans mon
empressement à déposer rapidement un règlement qui permet une opération,
là, d'une grande qualité, et ce, pendant toute la durée du cycle de la matière
en question.
M. Lemay :
Merci beaucoup, M. le ministre. Très heureux d'entendre que l'entrée en vigueur
du règlement est... on vise pour que ce soit en vigueur cet été, donc
très heureux d'entendre cela.
Maintenant,
j'aimerais savoir, peut-être, si le ministre voudrait nous parler ou s'il peut
nous parler des différentes enquêtes qu'on a eues dans la dernière année. On a
entendu certaines enquêtes médiatisées concernant la gestion illégale des sols contaminés, donc qui a eu lieu en 2018.
Je ne sais pas si le ministre veut nous en parler un peu de l'état de la
situation.
M. Charette :
Volontiers. Et ce qui est malheureux, et je le disais au moment de l'annonce du
règlement, on ne saura jamais véritablement l'amplitude exacte du phénomène en
ce sens qu'on parle d'enfouissements illégaux, et, par définition, quand
c'est illégal, ce n'est pas toujours fait aux yeux et au su du milieu concerné.
sait que la problématique, elle était réelle, on sait qu'elle commandait une
action véritable et musclée de la part du
gouvernement, mais, si vous voulez des données plus précises, moi, je peux vous
mentionner qu'il y a un certain nombre de sites qui ont été répertoriés, il y a
plusieurs mesures qui ont été entreprises par le service, notamment, de
contrôle du ministère, et ce qui est
dommage, ça, c'est la
partie que l'on sait, mais il y a trop d'inconnus dans ce
milieu-là. Et je dois vous avouer, là, j'en parlais avec les collègues
encore la semaine dernière, j'ai une municipalité qui m'a interpelé pour m'informer que, selon elle, sur son territoire,
depuis le début du printemps, il y a un va-et-vient important de camions qui
laisse présager à un enfouissement ou à une disposition illégale de la matière.
Donc, ce qui est heureux, le rôle des médias,
naturellement, ça a été un rôle de conscience ou d'éveilleur de consciences, mais, à travers cette sensibilisation
qui s'est faite, le milieu, naturellement, a développé de plus en plus le réflexe de lever le drapeau lorsqu'il voit, dans son
voisinage ou dans son environnement, des mouvements qui semblent suspects. Donc, pour nous, au niveau du ministère,
c'est extrêmement facilitant. Ça nous permet de faire les vérifications
sur place plus rapidement.
Bien, oui, il y a des
sites qui ont été identifiés, il y a des actions qui ont été entreprises pour
s'assurer que ça cesse. Déjà, l'enfouissement illégal nous donne des moyens,
mais le nouveau règlement en question non seulement nous donne des moyens, mais donne des obligations, naturellement, à la
chaîne dont je vous parlais, mais modifie aussi, en quelque sorte, le régime de sanctions. Il y aura des pénalités
nettement significatives, je peux le dire comme ça, pour celles et ceux
qui ne se conformeront pas à ce système de traçabilité.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Vous avez encore 4 min 30 s.
M. Lemay :
Dans le fond, ce que je comprends avec, M. le ministre... ça me fait poser une
nouvelle question. Oui, M. le ministre, allez-y.
M. Charette :
En fait, je voulais vous permettre, si vous le souhaitez, de profiter de
l'expertise fine des gens au ministère,
là, qui travaillent sur ce dossier-là. Je ne sais pas si vous aviez des
compléments d'information que vous auriez aimé avoir, mais sachez qu'ils
sont à votre disposition et que, pour moi, c'est des experts, là, d'une grande
utilité.
M. Lemay : Écoutez, je vais y aller avec une question, puis,
à ce moment-là, si vous voyez qu'on peut transférer la
question, il n'y a pas de problème, M. le ministre.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
...un consentement.
M. Lemay : C'est ça, on demandera le consentement, si la situation se présente, Mme la Présidente. Donc, en
fait, ça m'a fait amener sur une nouvelle question, M. le ministre. C'est surtout ce qui concerne, vous avez dit, les pénalités.
Donc,
moi, j'aimerais savoir un petit peu plus, puis surtout que vous avez parlé qu'il y a
des municipalités qui vous ont...
des gens qui signifient, et d'ailleurs on encourage des citoyens à rapporter s'ils
voient des actions qui ne semblent pas légales sur du mouvement de sols,
parce qu'effectivement, on le voit, lorsque nos sols sont contaminés, ça peut
avoir un impact réel sur notre qualité de
l'eau et la qualité de nos sols aussi. Donc, on sait quand ça descend, ça se
rend dans la rivière, bien, ça a des impacts néfastes pour l'ensemble de
l'environnement.
Donc,
moi, j'aimerais savoir plus particulièrement au niveau des sanctions qui sont
prévues contre les contrevenants et aussi c'est qui qui est responsable de
l'application du règlement sur le terrain. Donc, je ne sais pas si c'est vous
ou votre collègue qui veut répondre, mais au niveau des sanctions qui
sont prévues et l'application du règlement sur le terrain.
M. Charette :
Ça, je pense que, dans l'intérêt de tout le monde, ce serait intéressant
d'entendre nos spécialistes sur ces questions-là. Donc, avec
consentement, naturellement.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Très bien. Est-ce qu'on a un consentement? Oui.
Alors, il reste 2 min 35 s. Donc, vous allez vous nommer,
et votre nom, et votre titre, s'il vous plaît.
M. Rousseau
(Michel) : Michel Rousseau, sous-ministre adjoint au ministère.
deux minutes, je vais essayer d'aller à l'essentiel. D'abord, au niveau des sols contaminés, très clair qu'il y a un nouveau règlement. Il y a aussi deux règlements qui ont été
modifiés, on n'en parle pas beaucoup, mais qui viennent donner des dents et du mordant à notre équipe. C'est très
important. Donc, déjà cette année, on a un bilan d'inspection qui est beaucoup plus élevé que l'année d'avant. Je
n'irai pas dans les chiffres; au besoin, j'irai.
Je ne vous cache pas
qu'on a une approche... puis je n'irai pas dans le détail des commentaires,
mais on a une approche très particulière
cette année dans les sols contaminés. On utilise toutes les sources d'information qu'on peut avoir. Je vous
donne un exemple. Dans le cadre du dossier qui a été fermé en
enquête criminelle puis qu'il y a eu l'arrêt Jordan au niveau de
l'enquête environnementale, on disait qu'il y avait 80 sites contaminés,
là, il y avait un nombre qui circulait. On a
fait le tour de l'ensemble de ces données-là, qui appartenaient aux policiers,
pour sortir de ça 18 sites, vraiment. Le
reste, c'étaient des adresses mais, en bon français, qui n'avaient pas vraiment
rapport. Donc, on se sert de ces données-là.
La façon dont on peut
sanctionner, il y a plusieurs façons. Vous avez parlé des pécuniaires. Il y a
des sanctions administratives pécuniaires, qu'on connaît de plus en plus, qui
sont des sanctions qui peuvent aller jusqu'à 10 000 $, données par un directeur régional qui ne passe pas
par la procédure judiciaire, donc beaucoup plus rapides, plus efficaces,
pour des cas dits gravité modérée. Lorsqu'on
va en enquête, bien là, les amendes peuvent varier, mais je vous dirais que
depuis quelques années, depuis qu'on a révisé la loi, et c'est encore plus vrai
dans le règlement sur les sols où on a mis encore... le ministre a
insisté pour qu'on aille avec des niveaux d'amendes et de sanctions les plus
élevés. Donc, dans certains cas, on peut aller
à dizaines, centaines de milliers de dollars puis théoriquement on pourrait se
rendre dans des millions.
y a aussi les pouvoirs d'ordonnance du ministre qu'on utilise et qu'on a
utilisés dans certains dossiers. Donc, ça aussi, on pourrait aller en détail,
mais on n'hésitera pas, pour certains dossiers... Si on se rend compte que, par
exemple, il faut faire caractériser le
terrain, le ministre peut ordonner de caractériser le terrain, il peut ordonner
de restaurer le terrain. Donc, on a
l'intention d'utiliser la panoplie. On le fait déjà, mais disons que dans les sols on a une approche actuellement... Et je vous dirais, là,
j'aurais le goût de vous en parler, mais je ne le ferai pas, mais c'est certain
qu'on est déjà en train de travailler là-dessus.
règlements ne sont pas encore en vigueur, et, quand ils vont être en vigueur, on
va être encore plus efficaces, on aura plus de mordant. Mais déjà, le ministère
n'est pas passif dans ces dossiers-là, et tous les dossiers que vous
avez vus dans les médias, c'est des dossiers
qu'on connaît bien, pour lesquels on intervient. Je ne sais pas, là, si ça
répond en deux minutes.
Présidente (Mme St-Pierre) : Il reste sept secondes. Alors, merci
beaucoup. C'est ce qui complète ce bloc. Maintenant, nous allons passer au troisième groupe d'opposition, le
député de Jonquière. Vous avez la parole pour 10 minutes.
M. Gaudreault : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Je dois vous dire que, comme parlementaire de l'Assemblée nationale du Québec, j'ai eu un choc vendredi
quand j'ai vu un ministre du gouvernement du Québec légitimement élu,
légitimement représentatif aller quémander des pouvoirs face à une gang de
non-élus qui s'appellent les sénateurs. Je n'ai pas aimé ça pour la
quête du Québec vers plus d'indépendance, évidemment, mais surtout pour le
Québec qui a toujours affirmé ses
compétences, qui a toujours affirmé sa liberté face à Ottawa, d'autant plus
venant d'un ministre qui a fait son entrée en politique en 2008 par le
biais d'un parti indépendantiste qui s'appelle le Parti québécois.
Donc, moi,
j'ai trouvé ça... et ce n'est pas personnel contre le ministre, mais j'ai
trouvé ça pitoyable de la part d'un gouvernement d'aller plaider,
d'aller quémander des pouvoirs face à Ottawa, face à des sénateurs non élus.
Vous savez, Mme la Présidente, quand on
croit fondamentalement que le Québec a une compétence en matière
d'environnement, on ne va pas le
quémander face à des sénateurs non élus qui n'ont jamais eu le courage de
mettre leur face sur une pancarte électorale. Alors, moi, j'ai trouvé ça
vraiment un recul pour le Québec.
Maintenant, j'ai lu avec intérêt la plaidoirie
du ministre, et une de ses revendications, c'est qu'aucun projet de compétence fédérale situé en
partie ou entièrement
sur le territoire d'une province ne peut échapper aux lois environnementales
provinciales. Bon, j'espère. Tu sais, c'est
comme le minimum, là, c'est comme le plancher. Et là il ajoute dans sa
plaidoirie : «Le fait qu'un
projet de compétence fédérale soit assujetti à la loi [sur l'évaluation des
impacts du gouvernement fédéral] ne
peut constituer une raison valable pour ignorer les lois environnementales
provinciales.» Je suis d'accord aussi, même si j'aimerais mieux qu'il ne le dise pas à des sénateurs, parce que je ne
veux pas reconnaître ça. Je suis quand même d'accord avec le fond des
choses.
Mais la vraie
question qui se pose, Mme la Présidente, une fois qu'on dit ça, c'est :
Qui qui décide au final? Si on prend
pour acquise, là, la revendication du ministre, que je partage, c'est qu'aucun
projet de compétence fédérale situé en
partie
ou entièrement sur le territoire d'une province ne peut échapper aux lois
environnementales provinciales, O.K., mais il peut arriver, puis on ne
le souhaite pas mais on pense que ça peut arriver dans un avenir rapproché,
qu'il y aurait des projets qui ne
passeraient pas le test des institutions du Québec, comme le Bureau d'audiences
publiques sur l'environnement, par exemple, qui pourrait avoir des
recommandations négatives, mais qui passeraient le test de la
loi sur les
évaluations d'impact du fédéral.
Alors, au
final, la vraie question, puis ça, le ministre ne l'a jamais abordée devant ses
amis sénateurs, c'est : Qui qui
décide? Moi, je prétends et je pense que les Québécois, c'est ce qu'ils
veulent, c'est que seuls les Québécois, seules les institutions du Québec
doivent prendre la décision finale en ce qui concerne des projets qui ont un
impact environnemental au Québec. J'aimerais ça que le ministre me
confirme que j'ai raison là-dessus.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le ministre.
M. Charette :
En fait, peut-être rassurer le collègue, je n'ai strictement rien quémandé
vendredi dernier. J'ai réitéré la position traditionnelle du Québec, que
son gouvernement a lui-même défendue alors qu'il était au pouvoir et, je l'ai dit en toute transparence et honnêteté, que mes
prédécesseurs libéraux aussi ont pu faire valoir au cours des dernières années.
Et C-69, pour nous, demeure une très belle
occasion de corriger des incohérences qui ont été observées non pas depuis
notre entrée en fonction, il y a quelques mois, mais depuis plusieurs
années.
Le Québec
s'est doté d'un régime d'évaluation particulier. On parle de lois et de
règlements qui ont, dans certains cas, plus de 40 ans. Donc, c'est
ce qu'on est allés protéger. Et pourquoi le Sénat? Je le dis en toute franchise
et j'ai eu l'occasion de le dire à Mme McKenna,
la ministre fédérale, au cours de nos entretiens, c'est que, malheureusement, au cours des derniers mois, on n'a pas senti que la communication
allait dans les deux sens. On a fait auprès du gouvernement libéral fédéral
des revendications précises pour se faire respecter nos compétences et notre
expertise, et malheureusement
on n'avait pas la réponse souhaitée avec des engagements d'amendements
particuliers.
Donc, on a répondu à l'opportunité qui s'offrait
à nous, c'est-à-dire ce comité sénatorial qui parcourt le Canada actuellement à la recherche des avis de chacun et tous. Donc, vous devinerez que
c'était mon rôle et que c'est le rôle du gouvernement québécois de saisir
chaque occasion pour la défense de ses intérêts. Donc, pour ce qui est des
amendements proposés, c'est clair
que, un, c'est le respect de notre expertise mais surtout, lorsqu'il y a cette
ambivalence-là, et je l'ai cité en exemple, là... donc, c'était un
passage qui vous a échappé, mais je donnais, par exemple, l'exemple des ports. L'évaluation environnementale fédérale va davantage
se concentrer sur le volet marin de l'exercice, on le comprend bien,
mais à défaut...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Continuez, mais il faudrait aussi permettre que le député...
M. Charette : Oui, volontiers. À défaut, l'évaluation fédérale
ne prendra pas en compte tout ce qui est périphérique au projet. Et c'est là où on dit : Vous ne
pouvez pas aller de l'avant avec un projet sans que nous ayons donné notre consentement, parce que le fédéral n'aura pas
évalué, par exemple, l'aménagement des routes sur un territoire donné
ou l'impact environnemental du projet non pas dans
l'environnement marin immédiat, mais dans l'environnement terrestre
sous-adjacent.
Donc, c'est
des conditions précises qui ont été relevées avec insistance, mais sans
aucunement quémander. On réitère la position traditionnelle du Québec.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. La position traditionnelle du Québec
mais que... En tout cas, en ce qui concerne le gouvernement du Parti
québécois, on n'a jamais été quémander devant des sénateurs. La relation doit
se faire avec le gouvernement fédéral légitimement élu, avec la ministre. Si elle ne
répond, justement, s'il n'y a pas de communication entre les deux sens, comme le dit le ministre, bien, il
faut insister puis il faut revenir. Il faut que les premiers ministres se parlent, mais, de grâce, pas devant les sénateurs.
Donc, si
effectivement les doléances du ministre ne sont pas entendues par les
sénateurs, c'est quoi, le plan de match pour la suite, là? Parce qu'on peut s'attendre à ce qu'effectivement
C-69 passe dans sa forme actuelle. C'est quoi, le plan B du ministre,
après cette présentation devant le Sénat? Est-ce qu'il a une stratégie? Si
oui... bien, premièrement, j'espère. Si oui,
j'aimerais ça savoir qu'est-ce qu'il entend utiliser comme recours pour
s'assurer que seul et uniquement le Québec
aura les décisions finales en matière
d'environnement. Est-ce qu'il pense aux recours juridiques? Est-ce qu'il pense aux recours politiques? Est-ce qu'il pense à des recours
issus de l'Assemblée nationale, par exemple? Alors, j'aimerais ça l'entendre
là-dessus.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Vous avez 1 min 40 s. Il reste 1 min 40 s à cette
portion.
M. Charette : C'est clair qu'on rompait avec une certaine
tradition en allant témoigner, mais on l'a fait en toute conscience. Pourquoi,
par le passé, on se contentait d'échanges épistolaires? Nous, voyant que cette
avenue-là ne donnait pas ses
résultats, on est allés là où précisément les modifications pouvaient se faire
à cette étape-ci précise. Il faut savoir que la Chambre des communes a eu
l'occasion de voter et que maintenant le dossier C-69 est au niveau du Sénat.
Et c'est le Sénat, à ce moment-ci, qui a la
possibilité d'apporter des amendements, d'où notre présence devant les
sénateurs vendredi dernier.
Mais, encore
là, on ne peut pas présumer de la suite des choses. Le Sénat devrait faire
connaître ses amendements dans les
prochaines semaines; ensuite, un retour à la Chambre des communes. À ce
moment-ci, je ne peux pas présumer...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Il reste 40 secondes.
M. Charette : ...de la réponse
de la Chambre des communes. Mais soyez assurés qu'on sera toujours là où le
changement est possible. Et vendredi dernier...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le ministre, s'il vous plaît...
M. Charette : ...on pouvait
faire valoir le changement au Sénat et non pas à la Chambre des communes.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
30 secondes.
M. Gaudreault : Oui. Bien, vous comprenez, Mme la Présidente, que je suis loin d'être rassuré quant aux stratégies du ministre et je ne pense pas que ses interventions d'aujourd'hui, justement, ici vont être de nature à effrayer le gouvernement fédéral quant à la suite des
choses concernant le projet de loi C-69.
Je remarque également,
on aura peut-être l'occasion d'y revenir plus tard, que le ministre
n'a pas répondu sur le fait que, s'il y a un projet qui ne passe le test
du Québec et qui est autorisé par le fédéral.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
C'est terminé, monsieur.
M. Gaudreault : Woups! C'est le
cas de le dire.
Présidente (Mme St-Pierre) : Vous aviez vous-même votre
chronomètre. Alors, maintenant, on passe à l'opposition officielle avec
la députée de Maurice-Richard. Et vous avez 20 minutes, mais comme il
reste à peu près 10 minutes avant
d'aller à l'heure du lunch, on va reprendre le temps qui reste cet après-midi.
Alors, vous avez la parole.
Mme Montpetit :
Je vous remercie, Mme la Présidente. Vous auriez pu laisser continuer mon
collègue de Jonquière quelques
instants encore sur mon temps parce que je partage pleinement ses propos puis
je les continuerai. Ce que ça nous dit, c'est qu'au bout de deux heures on
n'aura pas beaucoup plus ni d'assurance, ni de réponses à nos préoccupations,
ni de réponses à nos questions.
Ça semble être l'air du temps d'ailleurs de
plusieurs de ses collègues. J'ai fait mes crédits en agriculture pas plus tard
qu'il y a deux semaines et je passais le commentaire, après près de six heures
de crédits en agriculture, au collègue du ministre de l'Environnement, que ce serait intéressant et...
pas juste intéressant mais approprié et responsable de leur part de livrer des réponses claires
lorsque l'on pose des questions. Et je lui souhaite qu'il arrive à nous
rassurer dans cet important dossier.
voudrais aborder la question, revenir à la question de la lutte aux changements
climatiques puis au budget plus précisément. On le sait, là, les données
qui sont sorties dans les dernières années nous indiquent assez clairement que
maintenant, la lutte aux GES, ça doit se faire particulièrement au niveau du transport.
qui a été abordé, au cours des dernières décennies, c'était beaucoup
l'accompagnement auprès des industries, parce que c'était un des endroits, un des pôles, dans le fond, qui
émettait le plus de GES. On l'a abordé de plusieurs façons au cours des dernières décennies, notamment avec
le marché du carbone. On voit maintenant que les derniers chiffres, ce qu'ils nous indiquent, c'est que la priorité doit
être faite vraiment au niveau du transport, et on sait, 43 % des gaz à
effet de serre qui émanent du transport.
la CAQ avait pris un engagement très clair, là, très, très, très clair lors de
la dernière campagne électorale de s'assurer d'avoir 50 % du budget
routier, dans le fond... du budget en transport qui soit donné au niveau du
transport collectif. Donc, de s'assurer
d'avoir 50 % au niveau du transport routier et 50 % au niveau du
transport collectif, justement, pour
répondre non seulement à la grande question de la mobilité des Québécois mais
aussi... je ne sais pas si c'était dans cette intention-là à l'époque comme
ils n'en parlaient pas beaucoup, mais peut-être dans un sous-objectif de lutter contre les gaz à effet de serre aussi.
Et ce qu'on a pu voir
dans le dernier budget, bien, c'est une promesse, une autre promesse qui a été,
encore là, largement brisée, une d'une
longue liste, malheureusement, en moins de six mois de gouvernement. C'est un budget où ils ont
décidé de privilégier l'asphalte et le béton des routes, dans le fond, au détriment du transport collectif. On l'a bien vu dans le budget, dans les crédits aussi, c'est 24,5 milliards, donc, qui est investi au niveau du réseau routier et 9 milliards au niveau du transport collectif. Donc, c'est une diminution, dans
le fond, de la part des investissements.
Donc, non seulement
il promettait de faire 50-50, on se retrouve avec une part des investissements
destinés au transport en commun qui a diminué, qui a chuté, donc, de 31 %
à 27 %, alors qu'il s'était engagé à l'augmenter. Donc, à tout le moins,
si ça avait été maintenu, ce serait déjà un certain signal, mais là, en plus de
ça, cette part-là a diminué.
Avec
les informations qu'on a avec la... puis je pense que c'est un gouvernement qui aurait intérêt à se gouverner, justement, sur la science et
sur les informations factuelles, sur les données probantes qu'on a. On a une
indication toute claire, et je le
répète parce que c'est important, puis j'espère que le ministre
pourra aussi nous répondre là-dessus. L'indication, elle ne peut pas être plus limpide que ça à savoir
que, si on veut clairement s'attaquer à la diminution des GES au Québec,
la priorité doit être mise au niveau du transport collectif. Donc, je veux
quand même souligner que ce n'est pas que mon avis.
Vous l'avez vu, M. le
ministre, votre choix a été qualifié de rétrograde, notamment par l'organisme
Transit qui disait : Les signaux sont
au rouge, ce sont les premières décisions d'un gouvernement qui sont de mauvais
augure. Donc, vous avez été critiqué
beaucoup sur la place publique par les différents organismes environnementaux,
notamment par rapport à cette décision.
J'imagine
que vous pourrez nous indiquer pourquoi vous avez finalement brisé l'engagement
très clair qui avait été pris par votre chef de parti à l'époque et plusieurs
de vos collègues aussi. Et quelles sont vos intentions pour la suite des
choses dans la lutte aux gaz à effet de serre dans une optique d'augmenter le
transport collectif?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le ministre.
M. Charette :
...extrêmement plaisir par sa question. Le domaine des transports me passionne
aussi. Jusqu'à il y a quelques mois, alors
que j'étais dans l'opposition, j'avais le dossier des transports. Et
d'ailleurs, en mai ou en juin dernier,
j'avais présenté le plan de décongestion de la Coalition avenir Québec, qui
avait été salué par plus d'une quarantaine de villes, notamment de la couronne de Montréal et de Montréal, donc de
la CMM, et ce plan reposait largement sur le transport collectif. Donc,
c'est un plan qui a été déposé dans l'opposition.
Ma grande surprise,
et pour ma plus grande joie, on est en train de mettre en place ce plan-là
aujourd'hui. Et malheureusement, la collègue confond peut-être certaines
nuances au niveau des crédits ou du PQI en ce sens qu'elle le sait, j'imagine, j'ose croire qu'elle le sait,
lorsque l'on développe un projet, il y a des phases préalables qui ne sont pas
totalement budgétées dans le PQI.
Naturellement, ça coûte beaucoup moins cher, réaliser une étude, ce qui est
dans le PQI, que réaliser le projet lui-même.
Donc,
dans le plan de décongestion que j'ai présenté et qu'on est en train
d'appliquer, vous avez des projets qui sont à l'étude. On parle de projets
majeurs sur la Rive-Sud de Montréal qui sont attendus depuis des années, pour
ne pas dire des décennies :
prolongement de la ligne jaune, un transport structurant sur Taschereau
notamment. C'est à l'étude dans le PQI parce qu'on s'est engagé à le réaliser.
Vous avez, dans le PQI également, l'étude d'un lien structurant reliant l'est
de la ville de Montréal au centre-ville, ça aussi réclamé depuis des années,
mais qui a fait l'objet d'une sourde oreille de la part du gouvernement précédent. Mais imaginez lorsque
ces projets-là seront pleinement planifiés dans le PQI, la proportion va
changer.
Dans
le plan que j'ai rédigé et publié l'année dernière, on s'est engagé à atteindre
l'objectif de 50 % pour le transport collectif. Moi, ce qui me fait plaisir, ça, c'est les propos tenus dans
l'opposition. Aujourd'hui, le président du Conseil du trésor s'engage à respecter ce 50 % là.
Aujourd'hui, le minis