Institutions — 17 September 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CI 2024-09-17
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission des institutions - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission des institutions
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 17 septembre 2024
Vol. 47 N° 80
Étude détaillée du projet de loi n° 32, Loi instaurant l’approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Intervenants par tranches d'heure
9 h 30
Bachand, André
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
Massé, Manon
10 h
Morin, André Albert
Bachand, André
Lafrenière, Ian
Asselin, Mario
Boivin Roy, Karine
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
Massé, Manon
10 h 30
Bachand, André
Massé, Manon
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
11 h
Bachand, André
Lafrenière, Ian
Massé, Manon
Asselin, Mario
Boivin Roy, Karine
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
Morin, André Albert
11 h 30
Bachand, André
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
Asselin, Mario
Boivin Roy, Karine
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
Massé, Manon
12 h
Massé, Manon
Bachand, André
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
15 h 30
Bachand, André
Massé, Manon
16 h
Bachand, André
Massé, Manon
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
16 h 30
Bachand, André
Massé, Manon
Lafrenière, Ian
Morin, André Albert
Boivin Roy, Karine
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
17 h
Bachand, André
Morin, André Albert
Lafrenière, Ian
Boivin Roy, Karine
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
Massé, Manon
17 h 30
Bachand, André
Morin, André Albert
Lafrenière, Ian
Boivin Roy, Karine
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
Massé, Manon
18 h
Bachand, André
Morin, André Albert
Massé, Manon
Lafrenière, Ian
Boivin Roy, Karine
Lemieux, Louis
Haytayan, Céline
Journal des débats
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-six minutes)
Le Président (M.
Bachand) : Bonjour, tout le monde. J'espère
que vous avez profiter du beau week-end. Alors, ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 32, Loi instaurant l'approche
de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services
sociaux.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Lors de l'ajournement
de nos travaux, la semaine dernière, nous avons suspendu l'étude de l'amendement
et de l'article 2. Alors donc, si je comprends bien, on retournerait à l'amendement
à l'article 2. M. le ministre, s'il vous plaît.
Est-ce qu'il y aurait consentement d'abord
pour réouvrir?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Consentement. Alors, M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Bien, écoutez...
Merci beaucoup. Merci, M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bonjour à tous
ceux qui nous... qui sont avec nous aujourd'hui.
On reprend à l'article 2, M. le
Président. On avait une discussion sur l'amendement avec les collègues. On se
rappellera que c'est un projet de loi qui est extrêmement important. On s'est
donné le temps... on a pris le temps de dialoguer la semaine passée, et je
reprendrais les échanges avec les collègues des oppositions quand on parlait de
l'article 2, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Donc, interventions sur
l'amendement? M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Bonjour, M. le
Président. J'espère que vous allez bien, vous avez passé un bon week-end. On a
un sous-amendement à acheminer, compte tenu de l'amendement qui a été déposé
par M. le ministre. Ça devrait voyager vers le Greffier incessamment, et je
pourrai en faire la lecture quand vous l'aurez reçu.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Alors, on va suspendre
quelques instants, le temps de recevoir le sous-amendement. Merci beaucoup.
Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 47)
(Reprise à 9 h 50)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Alors, M. le député d'Acadie pour le
sous-amendement.
M. Morin : Tout à fait.
Merci, M. le Président. Alors, voilà, le sous-amendement se lit comme suit :
L'amendement remplaçant l'article 2
du projet de loi est modifié par :
1° par l'insertion dans le 2e alinéa,
après «annuellement», de «et publiquement»;
2° par l'ajout à la fin du 3e alinéa de la
phrase suivante : «Une commission désignée par l'Assemblée nationale doit faire
l'étude de ce rapport dans les 60 jours de son dépôt.»;
3° par l'ajout après le 3e alinéa de
l'alinéa suivant : «Le ministre doit, au plus tard le (indiquer ici la
date qui suit de cinq ans celle de la sanction de la présente loi) faire
rapport au gouvernement sur la mise en oeuvre des dispositions concernant les
pratiques culturellement sécurisantes.»
Donc, le but du sous-amendement est de
s'assurer, compte tenu de l'importance de la sécurisation culturelle, qu'au
fond le public ait connaissance, que ce soit bien connu, diffusé et que, par la
suite, l'Assemblée nationale puisse regarder ce qui a été fait.
Parce que, on le sait, le gouvernement a
créé Santé Québec. C'est un organisme, bon, qui va travailler en... évidemment,
le ministre de la Santé reste le ministre responsable, mais c'est un organisme
autre. Et moi, je veux juste m'assurer que ce qu'ils vont faire va être connu
du public pour qu'il y ait une facilité, pour que l'ensemble, d'abord, des Premières
Nations et des Inuits connaissent ce qui a été fait, puissent le... en fait, le
commenter et faire en sorte aussi que les différentes associations — je
pense, entre autres, à Femmes autochtones du Québec — puissent avoir
accès rapidement au bilan des pratiques culturellement sécurisantes. Parce
qu'on sait, on l'a dit, je l'ai dit, c'est souvent, et ça, les statistiques le
démontrent... c'est beaucoup des femmes autochtones qui ont accès ou qui vont
dans le service ou le réseau de la santé.
Donc, c'est important, je pense, pour
l'ensemble de la population de savoir ce qui a été fait, ce qui va être fait,
ce qui est fait, et qu'on soit capables d'évaluer, évidemment, les pratiques
qui sont faites, l'avancement des travaux. Et c'est la raison pour laquelle je
propose ce sous-amendement, pour s'assurer que tout sera bien connu du grand
public. Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions
sur le sous-amendement? M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Bien, merci pour le collègue. Merci pour le collègue,
parce que, quand on parle de «publiquement», effectivement, je pense que le
collègue comprend très bien que c'est notre intention, c'est d'être le plus...
d'être transparents, d'impliquer les Premières Nations de façon différente. Et
c'est pour ça, M. le Président, que le législateur, quand il a écrit cet
article, ce qu'on a mis comme information, on a dit que c'était pour être
déposé ici, à l'Assemblée nationale, que c'était pour être sur le site Web
aussi. Alors, pour nous, la
partie «publiquement», on y répond de cette
façon-là. Puis c'est clair, M. le Président, puis mon collègue va comprendre
qu'on s'est inspirés énormément du projet de loi n° 79 qu'on a
développé ensemble, où on s'est dit qu'on faisait les choses différemment.
Ça fait que je reconnais ce qu'il demande,
quand il dit «publiquement». Je suis totalement d'accord avec lui. C'est pour
ça qu'on le met, un, sur le site Web, deux, on le dépose dans cette Assemblée.
Alors, pour nous, c'est plus que public.
Pour ce qui est de l'autre point, puis je
vais peut-être y aller en rafale, puis on va pouvoir continuer la discussion,
là, quand on parlait de le déposer par la suite dans une commission, M. le
Président, en faisant différent, ce qu'on a décidé de faire dans 79, c'est
justement d'avoir un comité. Puis, encore une fois, on s'est largement inspirés
de 79 en disant : Au lieu que nous, parlementaires, on débatte sur ce
dossier entre nous, on veut le faire différemment avec les Premières Nations.
Dans ce cas-là, c'est avec un comité qui sera constitué, entre autres, de
membres des Premières Nations. Ça fait qu'on trouvait qu'on répondait
différemment. On le faisait avec un comité au lieu de venir en commission,
nous, allochtones.
Et, pour ce qui est du troisième point,
lorsqu'on dit que le ministre devra le déposer au gouvernement, là, je
comprends que c'est une question d'imputabilité ou, au moins, de transparence
avec les collègues du Conseil des ministres. Si je me rappelle bien, M. le
Président, jeudi, quand on a terminé, puis ça remonte à quelques jours, mais,
quand on a terminé <notre...
M. Lafrenière :
...M.
le Président, jeudi, quand on a terminé, puis ça remonte à quelques jours, mais,
quand on a terminé > notre échange, on parlait de l'imputabilité puis de
l'importance, et mon collègue, à juste part, soulignait la question en disant :
Pourquoi c'est le ministre de la Santé au lieu d'être le ministre responsable
des Relations avec les Premières Nations et les Inuits? Puis ce qu'on avait
amené comme contre argument, on disait : Bien, l'importance de travailler
en équipe, c'est clair, puis deuxièmement, le risque de désengagement, en
disant : C'est un dossier de Premières Nations, donc on envoie ça à un
ministre responsable, ce n'est pas tout le gouvernement qui en est saisi.
Alors, je reprendrais le même argument
pour ce point-là, M. le Président, en disant : C'est tout le gouvernement
qui doit en être saisi. On va travailler en équipe. Puis je veux continuer
l'argument, puis j'entends bien le collègue, je veux continuer ce discours-là. Et,
pour moi, le «publiquement», je suis on ne peut plus d'accord. C'est pour ça
qu'on le fait devant cette Assemblée puis sur le site Web, M. le Président, mais
j'entends bien le collègue.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Autres
interventions sur le sous-amendement? M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : ...brièvement.
Alors, je comprends que M. le ministre est d'accord avec mon sous-amendement?
Le Président (M. Bachand) :
Juste peut-être répéter, M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui, M. le... Oui,
M. le Président. Donc, je comprends qu'après l'intervention de M. le ministre,
M. le ministre est d'accord avec mon sous-amendement et d'ajouter le
«publiquement»?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : M. le
Président, ce que je disais, j'étais entièrement d'accord avec le but visé. On
veut le même. C'est sur le chemin qu'on n'est pas à la même place. Puis je suis
entièrement d'accord lorsqu'il dit «publiquement». Et c'est pour ça qu'on le
dépose ici, à l'Assemblée nationale, et c'est pour ça aussi qu'on le met sur le
site Web. Puis je suis désolé si on repartait la discussion, parce que je
regardais les points que vous ameniez puis je voulais avoir des précisions sur
d'autres éléments. Mais je suis d'accord avec le but visé par le collègue. C'est
juste qu'au niveau du chemin, pour nous, c'est le dépôt ici, à l'Assemblée
nationale, et le dépôt sur le site Web. C'est pour ça que j'étais prêt à
continuer cet échange.
Le Président (M. Bachand) :
Autres interventions sur le sous-amendement? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui, merci.
Merci, M. le Président. Bonjour, tout le monde. J'espère que vous allez bien.
On entame cette nouvelle journée avec, dans le cœur, la volonté d'arriver à
quelque chose de satisfaisant et la meilleure loi possible pour les besoins et,
en fait, pour la réalité des Premiers Peuples.
De façon plus spécifique, sur l'amendement
de mon collègue de l'Acadie, en fait, je suis confortable avec, très
majoritairement, ce qui est inscrit dans le sous-amendement. J'ai cependant un
certain inconfort, puis mon collègue de l'Acadie va reconnaître... me
reconnaître là-dedans, j'ai un certain inconfort avec l'idée que le... son
deuxième picot évoque l'idée qu'une commission désignée par l'Assemblée
nationale fasse l'étude des rapports annuellement. C'est sûr que, pour moi,
c'est important, puis on va en prendre, comme parlementaires, la responsabilité
lorsque le rapport sera déposé à l'Assemblée nationale. Ça, ça fait
partie de
notre job.
Ceci étant dit, moi, s'il y a une gang
qu'il faut qui regarde ce rapport-là et qui soit critique, vous comprendrez, M.
le Président, pour moi, ce sont les Premières Nations puis les Inuits. C'est
eux et seulement eux, on se l'est dit à plusieurs reprises depuis le début du
travail, qui peuvent évaluer adéquatement si, oui ou non, le travail qui a été
fait dans les différentes instances, le travail qui a été fait dans... à
travers le réseau santé et services sociaux du Québec, si ça avance
positivement, si ce qui a été mis en œuvre s'en va dans le bon chemin, si,
effectivement, les gens des Premières Nations se sentent de plus en plus
respectés dans leurs droits fondamentaux, dont notamment le droit de recevoir
des soins de santé comme... de recevoir des soins de santé adéquats. Alors,
moi, c'est l'inconfort que j'ai.
Mais, ceci étant dit, ça va de soi, j'ai
entendu le ministre, là, mais, pour moi, ça va de soi qu'on est clairs ici, puis
c'est bien, il l'a dit au micro, il faut le répéter, tout ça ne se fera pas
derrière des portes closes. C'est ça qui est important, à mon sens à moi. Et,
dans ce sens-là, j'aurai aussi, là, un sous-amendement à proposer pour nous
assurer que ça va dans le sens <de...
Mme Massé :
...sous-amendement
à proposer pour nous assurer que ça va dans le sens > de l'intervention
que je viens de faire.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre,
s'il vous plaît.
• (10 heures) •
M. Lafrenière : ...merci.
Merci beaucoup, M. le Président. Puis je souligne l'intervention de ma collègue,
parce qu'effectivement c'est ce qu'on a fait dans 79, quand on s'est dit :
On va le déposer différemment, on va aller en communauté. Puis, en passant, je
veux souligner que mes deux collègues des oppositions sont avec nous, M. le
Président, quand on le dépose en communauté, puis c'est quelque chose qu'on n'avait
jamais fait. Là-dedans, ce qu'on envoie comme message clair, c'est que le
comité va conseiller sur la façon de transmettre le rapport, puis il y a une
intention claire, M. le Président. Il y a une intention claire, puis je veux
dire à mes collègues que ce rapport... et le comité pourra conseiller, pourra
regarder, mais il y a une intention claire d'aller le déposer en communauté, là
où sont les membres des Premières Nations et des Inuits.
Et pourquoi je vous dis ça, M. le
Président? Parce que, quand on avait consulté, dans notre projet de loi 79, ce
qu'on s'était fait dire par les membres des Premières Nations et des Inuits, c'est
que la réalité de l'Assemblée nationale était très loin de leur réalité. En
tout respect avec notre institution puis votre commission, M. le Président, ce
n'était pas souhaitable de leur part de le déposer dans une commission. Ils
voulaient plutôt qu'on se déplace, qu'on soit avec eux. Alors, c'est la même
intention qu'on a dans ce cas.
Puis, encore une fois, on va consulter. On
ne veut pas le faire tout seul. Mais cette intention-là est encore là, M. le
Président, d'aller avec eux, d'aller sur le territoire, de pouvoir entendre les
gens puis, comme ma collègue le mentionnait, d'avoir cette rétroaction-là, d'avoir
l'écho, à savoir est-ce que cela convient ou pas.
Mais je le répète encore une fois que je
comprends très bien l'intention de mon collègue de l'Acadie. On est d'accord
sur la destination, on a juste pris deux chemins différents.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions?
M. Morin : ...M. le Président,
l'objectif que je vise par ce sous-amendement-là, c'est justement de s'assurer
que, dans le cadre de nos débats, il va être très clair, pour l'ensemble de la
population qui nous écoute, que tout cet exercice-là va être fait publiquement,
donc que ça ne sera pas fait derrière des portes closes puis que des gens vont
pouvoir y participer, tout le monde qui ont un intérêt dans le cadre,
évidemment, du travail qui va être fait éventuellement dans le cadre de la
sécurisation culturelle.
Donc, je comprends que le ministre fait
référence à un autre chemin. Le chemin que je propose, évidemment, c'est... pour
que ça soit très, très clair, surtout quand on parle de «publiquement» et qu'on
veut rajouter «et publiquement» dans le sous-amendement, et que ce soit clair
que l'intention du législateur, c'est que ce soit public. J'entends quand M. le
ministre parle du projet de loi 69 et du comité de suivi. Effectivement, comme
parlementaire, j'accompagne les gens, on participe et on participe aussi à la
remise, au dépôt du rapport annuel qui est fait en communauté, mais je crois
que le rapport est aussi déposé à l'Assemblée nationale. Donc, il n'y a pas de...
il n'y a pas de... En fait, mon point, M. le Président, c'est qu'il n'y a pas
de contradiction entre la façon dont on fonctionne avec le PL79
et ce que je propose ici. En fait, c'est cohérent.
Par la suite, il n'y a absolument rien,
puis en fait, même, je pense que c'est une pratique qui doit être encouragée, d'aller
voir, consulter, travailler, échanger avec les Premières Nations et les Inuits
sur le travail qui a été fait, mais je trouvais qu'il était important de le
souligner. Ça permet au gouvernement de préciser sa pensée, et c'est la raison
pour laquelle, moi, j'ai déposé ce sous-amendement, M. le Président. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix du... M. le ministre, oui, allez-y. Pardon.
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. Puis, comme je vous dis, ces échanges-là sont toujours très
importants, puis je vais me permettre de faire deux commentaires importants.
Premièrement, je vais relire la
partie qui touche le dépôt du rapport, parce
que le collègue a amené un questionnement, puis je veux qu'on soit tous la même
longueur d'onde ici : «Le ministre transmet le rapport de Santé Québec au
président de l'Assemblée nationale dans les 30 jours de sa réception.» Alors,
M. le Président, le rapport va être déposé ici, à l'Assemblée nationale,
première chose.
Deuxième chose très importante, M. le
Présidente... M. le Président, pardon, ce rapport est publié dans le site Internet
du ministère, donc, encore une fois, publiquement. Et, pour les besoins de
compréhension, M. le Président, je veux juste nous rappeler, quand il y a un
rapport qui est déposé dans cette Assemblée, il est déposé aussi au Conseil des
ministres. Ça a été mis à l'ordre du jour comme un point d'information. Donc,
tous les collègues ministres en prennent compte aussi, ils vont pouvoir le lire,
puis c'est ce qu'on fait annuellement avec le projet de loi n° 79.
Et, en terminant, comme on disait, avec le
comité national, on veut trouver avec eux la meilleure façon de le déposer en
communauté, en milieu urbain. Ça sera à déterminer avec eux, mais on veut que
les Premières Nations soient au coeur, au centre de cette action. Alors, merci,
M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. D'autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre
intervention...
Haut de la page
10 h (version révisée)
<17859
Le Président (M. Bachand) :
Merci. D'autres interventions? > S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix du sous-amendement du
député d'Acadie...
M. Morin : ... M. le
Président, je vais vous demander un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) : Avec plaisir, vote par appel
nominal. M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire
: M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Abstention.
Le Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, le
sous-amendement est rejeté. Alors, on continue. Je pense que Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques avait peut-être un autre sous-amendement. Mme la
députée, s'il vous plaît.
Mme Massé : Oui, bien,
écoutez, avant d'aller vers le sous-amendement, là, on va... j'aimerais...
parce que je trouve que le député de l'Acadie avait quand même un bon point, et
on veut s'assurer, d'une certaine façon, que tout ça se fasse, bien sûr, en
transparence, de façon publique, en échanges avec les Premiers Peuples. Et c'est
sûr que dans la logique, on vient inscrire, à l'article 2, quelque chose
qu'on va continuer de discuter à l'article 2.1... à l'amendement 2.1,
qui est toute la question du comité national, ou, à tout le moins, c'est comme
ça qu'il s'appelle pour le moment.
En fin de semaine, j'ai continué à faire
mes devoirs et j'ai continué à discuter, j'imagine comme vous, M. le ministre,
avec les gens des Premiers Peuples et tout ça, pour essayer de faire en sorte
qu'on soit le plus possible, en tout cas, c'est ma préoccupation, qu'on soit le
plus possible près de ce qui pourrait être satisfaisant pour eux autres, parce
qu'on le sait, tout le monde, le ministre le sait aussi, c'est difficile d'être
satisfaisant lorsque d'entrée de jeu, le sentiment, c'est que le processus n'a
pas suivi un cours que nos frères et sœurs souhaitent voir suivre, désormais,
par le gouvernement du Québec, je dirais, l'Assemblée nationale du Québec.
Mais, pour le moment, je ne veux pas revenir
là-dessus, je veux rester concentrée sur cette idée de la nécessité de rendre
publics les constats qui sont faits en cours de route dans une année pour voir
si la loi qu'on aura adoptée porte ses fruits. Puis en discutant avec nos
alliés, la première chose que je prenais conscience… Bien, disons, qu'ils me
faisaient remarquer, c'est comment ce langage légal n'est pas toujours facile à
s'enraciner, pour les gens des Premiers Peuples. Bon, c'est nos façons de
faire, c'est nos mots, c'est notre corpus législatif. Puis dans ce sens-là,
bien, j'ai envie de voir, avec le ministre, avant de déposer complètement mon
amendement, j'ai envie de voir est-ce que... Tu sais, des fois, c'est une
structure de pensée, puis c'est ça, une culture.
Une culture, c'est aussi des langues, on
le sait fort pertinemment, puis, après ça, c'est une structure de pensée, puis
on a fait cet effort-là, dans le projet de loi n° 79, lorsqu'à l'époque,
on a essayé d'être collés le plus possible sur les familles qui vivaient avec
un enfant disparu dans le système de santé, parce que ça date de loin, le
racisme systémique à l'intérieur du système de santé. Donc... et on a parfois
été chercher des mots qui n'appartenaient pas au corpus législatif québécois,
mais qui faisaient tellement de sens pour les Premières Nations. Et je pense,
notamment, de mémoire, là, on a intégré la dimension spirituelle, notamment,
dans un des énoncés, là, c'est... ça commence à dater, là, mais bref, c'est-à-dire
qu'on s'était dit, comme législateurs allochtones, bien, on s'était dit : Ça,
il y a quelque chose d'important là-dedans qu'on veut pouvoir reconnaître, même
s'ils ne participent pas du corpus législatif.
Là, je ne suis pas à la même place. Dans
mes discussions, en fin de semaine, ce que je comprenais, c'est que dans l'article
proposé, tel qu'amendé par le gouvernement, il y a quelque chose d'un peu
difficile à suivre, c'est-à-dire qu'on commence par un
article 2 qui vient
instituer un <rapport...
Mme Massé :
...qu'on
commence par un
article 2 qui vient instituer un > rapport dans
lequel, dans l'article... dans l'amendement 2.1, on va venir dire qu'il y
a un comité qui a un rôle important à jouer. Tu sais, ce n'est pas facile, ça.
C'est...
• (10 h 10) •
Ceci étant dit, moi, je suis... Et c'est
peut-être là, avant de présenter mon sous-amendement... j'aimerais savoir,
premièrement, est-ce que ça pourrait tomber sous le sens... puis je pense que
c'est un peu ça qu'en
partie essayait de faire mon collègue de l'Acadie, de
pouvoir mettre une date. Tu sais, par exemple, de se dire : OK, au
31 mars... parce qu'on sait comment ça marche, ces affaires-là, là, au
31 mars de chaque année, c'est ça, la date qui, au plus tard, le rapport devrait
être déposé. Bien, tiens, je vais commencer par ça, cette idée-là d'inscrire
une date. J'aimerais entendre le ministre là-dessus.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Encore une fois, beaucoup de bons points, surtout
quand on fait référence à 79 puis les nouvelles notions qui ont été
introduites, M. le Président. Et j'ai quelques exemples. Entre autres, la
notion spirituelle, le mot «spirituel» a été inclus dans 79, on le retrouve
aujourd'hui dans 32. Alors, on peut... on voit bien l'impact de nos discussions
qu'on avait eues à l'époque. Ça a amené un changement, M. le Président.
On parle aussi de la création d'un comité
largement inspiré du comité de suivi qu'on a fait dans 79. Là, encore là, M. le
Président, je veux rassurer les collègues, on a créé ce changement-là. Et dans
79, un autre élément qu'on avait apporté, M. le Président, pour les besoins de
la cause, pour les gens qui nous écoutent à la maison, c'est la définition de
famille. On avait élargi la définition de famille parce que c'était extrêmement
important dans ce cas-là. Alors, oui, on fait des choses différemment, puis
c'étaient des beaux exemples. Puis j'étais heureux d'entendre ma collègue
lorsqu'elle y faisait référence.
Maintenant, quand elle demandait : Est-ce
que 2, 2.1... qui aurait dû arriver en premier, honnêtement, M. le Président,
on s'est posé la même question. Mais, dans 2, on fait référence à un comité. On
trouvait ça bizarre que le comité... on se demandait de quelle façon on le fait.
Est-ce qu'on le fait avant, après? Honnêtement, quand on a regardé du côté
légal, on avait des pours et des contres dans les deux façons. Et je vous dirais
qu'on vous apporte un amendement qui s'appelle 2.1. Mais honnêtement, là, la
question se pose, la collègue a bien raison. L'important, c'est ce que les gens
vont retenir, ce qu'ils vont lire. Mais le comité, on y faisait référence,
n'existait pas encore. En tout cas, bref, on s'est posé les mêmes questions, M.
le Président.
Pour ce qui est de la date, ça aussi, on
s'est posé la question, le but étant de laisser la latitude aux institutions.
Il faut comprendre que contrairement à ce qu'on a fait ensemble dans 79, où
c'est un rapport, M. le Président, qu'on dépose, là, il y a tous les
établissements de santé qui y sont impliqués, on voulait laisser plus de
latitude... plus de latitude, aussi, du comité national qui va être créé.
Alors, bien que la question soit bonne, M. le Président, c'est la raison pour
laquelle on ne l'a pas... on ne l'a pas mis à ce moment-là.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? Mme la
députée.
Mme Massé : Oui, merci, M. le
Président. En effet, je comprends, puis j'imagine que lorsque les lois sont
interprétées, après ça, elles sont interprétées dans leur ensemble. Ça fait que
ça vienne avant ou après, c'est juste comme une question, il faut... Il faut se
mettre la tête un peu comme ça pour se dire : Bien, tout dépendamment du
rôle qu'on veut y voir jouer, à ce comité-là, c'est... Et dans ce sens-là, vous
avez dit... puis c'est ça, je le sais qu'on va en parler plus tard, mais il est
quand même important, ce comité-là, vous en avez fait état, qui a été largement
inspiré de 79. Dans le cas de 79, ce qui était vraiment particulier, c'est que durant
tous les échanges qu'on a eus au micro, comme on a aujourd'hui, le ministre
était très clair sur le rôle de ce comité-là.
Alors, je vais mettre ça en... juste en
suspens parce que ce n'est pas le point de l'amendement présent, mais je veux
que le ministre retienne que la particularité... Si on regarde au texte, ça dit
que le ministre compose un comité de différentes personnes ou représentants
autochtones. Ça fait que ce n'est pas... ce n'est pas le formulé de tout ça,
mais c'est l'esprit dans lequel nous avons mis ce comité-là. Et on avait encore
une réunion de ce comité de suivi, là, on se réunit quelques fois par année, et
on est encore en réunion hier matin pour continuer le travail de suivi de
l'application de la loi... bien, du projet de loi n° 119
qui est devenu la loi... j'oublie quel numéro, mais concernant les enfants qui
sont <disparus...
Mme Massé :
...j'oublie
quel numéro, mais concernant les enfants qui sont > disparus dans le
système de santé.
Ce pourquoi je le nomme, c'est parce que
ce comité-là avait officiellement des représentants des Premières Nations. Il y
avait les députés, hein, des oppositions qui faisaient
partie de ce... et il
avait un mandat, c'est-à-dire d'assurer le suivi des... pas des
recommandations, mais de l'application de cette loi-là et de l'évolution, je
dirais, des gains qu'on a fait dans cette loi-là. Alors, je me demandais si le
ministre serait ouvert à cette idée que, puisqu'on s'inspire largement de 79,
qu'à son amendement 2, qu'on puisse voir apparaître le même esprit,
c'est-à-dire que le rapport annuel doit nous faire état de l'avancement du plan
d'action puis des différentes activités, là, tel que ça a été souscrit, mais
que c'est ça qu'on veut retrouver dans le rapport annuel, et que le comité,
même si on en discutera plus tard, sa responsabilité, c'est aussi de contribuer
à ce rapport-là, et pas seulement, tel qu'il est stipulé présentement, et pas
seulement le recevoir, mais qu'il puisse y contribuer. Est-ce qu'il y a...
est-ce qu'il y a une certaine ouverture à ce niveau-là?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis tout à l'heure, la collègue l'a évoqué, ça va être impossible
de ne pas parler de 2.1 dans la réponse, mais c'est correct, ça va nous guider
pour la suite de nos discussions, M. le Président. Puis, juste à la fin de 2.1,
M. le Président, ce qu'on disait, c'est : Le règlement prévoit les règles
de fonctionnement du comité, les modalités d'administration de ses affaires
ainsi que ses autres fonctions de devoirs et pouvoirs.
Ce qu'on a voulu faire, clairement, M. le
Président, c'est donner beaucoup de latitude, au lieu de se restreindre dans la
loi, de se donner beaucoup de latitude pour qu'en consultant des membres des
Premières Nations et des Inuits, on puisse ensemble décider comment ça va se
faire, la forme du rapport. Et c'est ce comité-là qui va guider le ministre de
la Santé, à savoir qu'est-ce qu'on devrait retrouver à l'intérieur. Et là où on
a une proximité avec 79, puis une distance, je vais me permettre de dire ça...
79 était très, très, très ciblé dans ce qu'on regardait, puis le comité de
suivi est très clair, hein? On est avec Awacak, un groupe autochtone, c'est une
première fois, en passant, qu'on faisait ça, on a travaillé ensemble, donc
c'est normal d'avoir un suivi de cette... de l'implantation de la loi, alors
que là, M. le Président, c'est beaucoup plus large, on parle de sécurisation
culturelle dans la santé. On voulait se laisser cette chance-là, M. le
Président, avec le comité consultatif, de venir déterminer qu'est-ce qui est le
plus approprié, qu'est-ce qu'on doit retrouver dans le rapport. Est-ce que ça
peut changer avec les années? La réponse est oui, M. le Président. Alors,
c'était la volonté.
Puis je ne veux pas aller trop loin dans
le 2.1, mais je trouve ça important de confirmer à la collègue notre intention,
cette volonté-là. C'est vraiment que le comité consultatif puisse déterminer
les orientations avec le ministre. Le ministre détermine les orientations, mais
la façon de faire le rapport, on veut se laisser cette flexibilité-là, et de ne
pas revenir par voie de loi, mais plutôt par un règlement pour ça.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Bien, ça
m'éclaire, et, en même temps, on fera la discussion au 2.1. Sincèrement, je
pense que les gens... et vous me comprendrez, les gens des Premiers Peuples
sont aussi un peu, comment dire... c'est quoi le bon mot? Ils ont un peu la
chienne, tiens, je vais le dire dans mes mots à moi.
Une voix : ...
Mme Massé : Craintifs, voilà,
bon, ils sont un peu craintifs lorsqu'il est question de déterminer par
règlement un comité, comment il va fonctionner, blablabla. Mais j'y reviendrai,
mais c'est ça, c'est la schizophrénie du côté difficile de l'analyse d'un
projet de loi, c'est qu'on travaille un peu dans le débat sur les deux
amendements amenés par le ministre, mais là je dois me recentrer sur
l'amendement qui est en cours et... et je pense que, pour rendre ça plus clair,
puis aussi parce que... par <respect...
Mme Massé :
...plus
clair, puis aussi parce que... par > respect pour les gens des Premières
Nations qui m'ont inspirée en fin de semaine, je pense que je vais simplement
déposer un sous-amendement, puis on discutera. Mais j'aurai besoin d'une
suspension de quelques minutes.
Le Président (M.
Bachand) : Aucun problème. Alors, merci
beaucoup. On va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 20
Haut de la page
10 h 30 (version révisée)
(Reprise à 10 h 42)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, s'il
vous plaît.
Mme Massé : M. le
Président, je présente donc le sous-amendement suivant, qui est à l'écran. L'amendement
à l'article 2 est modifié ainsi :
1° par l'ajout, après le premier alinéa,
de l'alinéa suivant :
«Le rapport annuel fait notamment état de
l'avancement de son plan d'action sur la sécurisation culturelle et des
activités mises en place en collaboration avec ses établissements et ceux des
Premières Nations et des Inuit»;
2° par l'ajout, dans... le troisième alinéa — je
n'aime pas beaucoup le mot «alinéa» — après le mot «reprise des
travaux,» des mots «au plus tard le 31 mars» et;
3° par le remplacement, dans le troisième
alinéa, du mot «transmis» par le mot «présenté».
Je lis le reste de la note? Oui. Donc, ça
se lirait ainsi : «Tout établissement du réseau de la santé et des
services sociaux soumet annuellement à Santé Québec, [dans le rapport qu'elle
détermine...] dans la forme —pardon — qu'elle détermine, un
rapport portant sur les pratiques culturellement sécurisantes qu'il a mises en
œuvre. Santé Québec doit faire annuellement un bilan des pratiques
culturellement sécurisantes mises en œuvre par elle et par les établissements
dans un rapport qu'elle transmet au ministre.
«Le rapport annuel fait notamment état de
l'avancement de son plan d'action sur la sécurisation culturelle et des
activités mises en place en collaboration avec ses établissements et ceux des
Premières Nations et des Inuit.
«Santé Québec doit faire annuellement un
bilan des pratiques culturellement sécurisantes mises en œuvre par elle et par
les établissements dans un rapport qu'elle transmet au ministre.» Je pense que
je me suis répétée ici, M. le Président, c'est juste une erreur de répétage.
«Le ministre transmet — ça, c'est
la vraie affaire — le rapport de Santé Québec au président de l'Assemblée
nationale dans les 30 jours de sa réception ou, si elle ne siège pas, dans les
30 jours de la reprise des travaux, au plus tard le 31 mars. Au même
moment, ce rapport est publié dans le site Internet du ministère de la Santé et
des Services sociaux et présenté au comité national sur la sécurisation
culturelle prévu à l'article 2.1 et aux Premières nations et aux Inuit.
Les modalités de transmission aux Premières nations et aux Inuit sont établies
par le comité national sur la sécurisation culturelle.»
Bon, en fait, c'est un peu ce que j'avais
entamé comme échange avec le ministre. J'essayais de <voir...
Mme Massé :
J'essayais
de > voir s'il était possible, dans son sous-amendement... je dirais, de
trois choses, essentiellement.
Une première, c'est qu'on inscrive dans la
loi... J'ai bien entendu son argument autour du fait que, lorsqu'on étudiera
l'article... l'amendement 2.1, on verra apparaître que le comité se
donnera... que, pardon, le ministre donnera éventuellement, par voie de
règlement, cet élément-là d'information. Mais, en discutant avec des gens des Premières
Nations cette fin de semaine, ce qui semblait important, c'était de voir
arriver dans la loi au moins un élément de cadre général qui vient expliquer
qu'est-ce qu'on trouverait dans ce rapport-là. Et c'est pourquoi... puis il me
semble que c'est assez général, là, quand on dit que ce rapport annuel doit
faire état de l'avancement du plan d'action puis de la mise en... des activités
de mise en œuvre. C'est comme un cadre assez général. On ne va pas dans le
grand détail. On dit de façon générale, bien... et on l'inscrit dans la loi
volontairement pour dire : Bien là, il faut que ça contienne au moins ça.
J'ai compris avec Mme la légiste la semaine dernière que, quand on disait
«notamment», ça veut dire «au moins ça», alors au moins l'avancement des
travaux et tout ça.
Puis, M. le Président, je ne pars pas de
nulle part. Lorsqu'on a rédigé la loi... lorsqu'on travaillait le projet de loi 79,
j'entends que c'était quelque chose de spécifique, mais, dans le cadre de la
loi, on mentionnait que le rapport... et là on y est allé assez en détail. Je
ne demande pas ce niveau de détail là. Je comprends qu'il pourrait être
déterminé avec les premiers peuples en temps et lieu, mais dans le... on disait
dans cette loi-là, et là je suis dans la loi 79, que ce rapport fait
notamment état du nombre de plaintes formulées, des améliorations apportées aux
pratiques, du nombre de demandes reçues, du nombre d'enquêtes... Heille! on en
énumère des affaires, là.
Je comprends qu'on ne veut pas aller dans
ce détail-là, mais justement, dans mes discussions avec les premiers peuples en
fin de semaine, ce qu'on se disait, c'est : Ce serait le fun qu'il y ait
au moins un cadre général. Donc, c'est pourquoi je propose dans mon
sous-amendement d'indiquer que le rapport fera notamment état de l'avancement.
La question de la date, ça ne peut pas... on ne peut pas être plus clairs que
ça. Ce que ça dit essentiellement, c'est que, si le rapport est prêt en
décembre, on le prendra à la fin janvier, mais qu'au plus tard le 31 mars
il devra être déposé.
Et l'autre élément, j'en discuterai... Oh!
non, je vais le mettre... Je vais en discuter tout de suite. Comme ça, ça
permettra au ministre de me donner l'ensemble de sa compréhension puis de son
intérêt. L'autre élément que j'amène, c'est... au lieu de dire que le ministère
de la Santé et des Services sociaux transmettra au comité national... bon,
qu'on verra s'il s'appelle plus tard comité national, mais, en tout cas, on
sait de quoi on parle, au lieu de dire juste «transmis»... parce que pour moi,
M. le ministre, je vous envoie une lettre, je vous transmets l'information.
Mais en discutant avec, encore là, les gens des premiers peuples, ce que...
dans leur façon de faire les choses, cette idée de «présenté», c'est-à-dire que
ce n'est pas juste une lettre qu'on envoie à la poste ou un rempart qu'on
envoie par courriel ou quoi que ce soit. C'est qu'il est nommément présenté aux
gens du comité national, parce que ça fait deux choses à mon sens à moi. Ça
fait que, bien, on crée une interaction entre les gens du ministère qui ont
rédigé ce rapport-là, qui nous vient, si on se rappelle bien, du travail
terrain qui a été fait avec les premiers peuples aussi dans les établissements,
avec Santé Québec, mais c'est le ministre qui en a la responsabilité. Donc, le
ministère vient s'asseoir puis vient jaser avec les gens des premiers peuples.
Puis ça, c'est une façon qu'eux autres, ils <opèrent
Mme Massé :
...vient
jaser avec les gens des premiers peuples. Puis ça, c'est une façon qu'eux
autres, ils > opèrent dans la vie. On prend le temps de s'asseoir, de se
parler.
Et donc c'est pour ça qu'en modifiant
«transmis» par «présenté», on vient, dans le cadre de cette loi-là, venir
mettre une obligation, j'en suis consciente, que le monde s'assoit ensemble
puis qu'il se parle. Alors donc, c'est pourquoi j'inclus, à la suggestion des
gens des Premières Nations, le... changer le mot «transmis» par «présenté».
• (10 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions?
M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Et j'apprécie quand ma collègue dit qu'elle
poursuit ses consultations, les travaux avec les membres des Premières Nations
et des Inuits. On est dans l'article par article, mais c'est justement avec...
le travail des oppositions de nous rapporter ce qu'ils entendent, parce que
nous, on ne fait plus de consultation à cette étape-là... cette étape-ci. Puis
ça me permet d'avoir certaines rétroactions, puis ça, ça nous est beaucoup
amené, M. le Président.
Puis ça va me permettre de faire un lien
avec ce qui est demandé de la part de la collègue. On l'a entendu à plusieurs
reprises, les gens nous disent : Écoutez, souvent, on nous demande de
collaborer, mais la
partie rétroaction, même si c'est négatif, même de se faire
dire : Écoutez, ce qu'on a demandé, ça ne fonctionne pas, c'est quelque
chose qui semble être manquant.
Puis ma collègue m'a servi ma propre
médecine, parce que je lui avais déjà fait l'analogie avec la lettre à la poste.
Et je comprends très bien... je comprends très bien ce qu'elle veut dire, puis
on pourrait faire une analogie avec une route à sens unique ou à double sens,
en ce sens que ça permet d'avoir une rétroaction. Ça fait que celle-là, M. le
Président, je vais y réfléchir. Je vais y réfléchir. Je comprends très bien ce
que les collègues nous proposent en face, et, comme je vous ai déjà dit, c'est
la vision, c'est ce qu'on veut faire. Ça fait que le but, c'est d'avoir le
meilleur projet de loi, alors là, ça, je l'ai bien entendu.
Pour ce qui est des deux autres points,
parce qu'il y a souvent un «mais», pour ce qui est des deux autres points, M.
le Président, je pense que c'est important de se rappeler d'où on arrive aussi.
Puis je regardais ce qu'on avait déposé comme texte au début et suite aux
consultations, suite aux travaux qu'on a faits ensemble à cette commission, ce
qu'on propose aujourd'hui, puis c'est beaucoup plus contraignant. Au début, on
disait, hein, de faire un genre de bilan... même pas un bilan, de transmettre
ce qu'il avait été mis en place, et ça manquait de mordant. Puis ça, M. le
Président, pourquoi on vous dépose un amendement aujourd'hui, c'est parce qu'on
a entendu les groupes, les groupes qui sont venus nous voir en commission. 14 points
qui ont été changés, hein, entre la première mouture puis la deuxième. Il y a
plusieurs points qui ont été changés. Alors, pour les deux autres propositions de
ma collègue, je vais y aller dans le désordre, un peu.
Pour la date, la date, M. le Président,
avec la loi 79, on vit un petit peu la même chose, c'est-à-dire qu'il y a
une date qui a été inscrite, qu'on se rend compte que c'est plus notre agenda à
nous que l'agenda des Premières Nations. Ça fait que les arguments qu'elle a
apportés en disant : Bien, au moins, on s'assure qu'il y a une... c'est
valable. Cependant, le côté un petit peu pervers de cette mesure-là, c'est
qu'on impose notre agenda. Après ça, on pourrait dire : Écoutez, est-ce
que ça veut dire que ça va être remis aux oubliettes? Non. On dit annuellement,
ça va être déterminé avec le comité, avec les gens locaux.
Puis je vais faire un lien, M. le
Président, puis ça va être un petit peu plus long, mais je pense que c'est
important de se rappeler comment ça va fonctionner, parce que c'est ce que les
gens veulent savoir, comment ça va fonctionner, tout ça. Puis ça commence par
un travail terrain, M. le Président. Puis ça, en somme, on a eu cette
discussion-là la semaine passée, à l'article 1, où on a dit qu'il fallait
établir, avec des Autochtones, des mesures terrain, donc propres à
l'établissement. On a déjà dit... puis je ne reprendrai plus l'exemple de Sherbrooke,
parce que j'ai compris ce qu'on me disait, qu'il pouvait y avoir quand même une
présence autochtone, et c'est vrai, mais prenez l'établissement où vous voulez
au Québec. Est-ce que les réalités sont les mêmes partout? La réponse, c'est
non.
Alors, ce qu'on veut s'assurer, c'est que
localement, M. le Président, l'établissement puisse, avec les groupes qu'il
aura constitués... Puis ça ne sera pas juste à la constitution, ce n'est pas
une fois dans ta vie, tu t'assois avec les Autochtones, tu mets des mesures en
place puis, après ça, tu fais tes choses tout seul de ton côté. Ce besoin de
rétroaction va demeurer, parce qu'on dit de les bâtir ensemble, donc
l'établissement x, qui aura son... ses mesures, qui ont été établies selon sa
réalité, va avoir ce devoir, M. le Président, de continuer de travailler avec
le groupe. Donc, il va y avoir un effet de rétroaction qui est intéressant.
Deuxièmement, M. le Président, une fois
que ça, c'est fait, là, ça va être compilé dans un rapport, puis on parlait de
la date, là, mais ça va être compliqué dans un rapport parce qu'on veut avoir
un état de situation, on veut avoir un bilan. Ce rapport-là va être transmis au
comité national. Et là j'ai entendu le... la différence de «transmis» et
«présenté», puis je vous le dis, M. le Président, ça fait son chemin. Le
comité national va conseiller le ministre en disant : Voici ce qu'on
entend pour la grandeur du Québec, c'est des grandes orientations, mais le comité
national ne viendra pas dire que, dans l'établissement de Baie-Comeau, les
mesures qui ont été mis en place sont satisfaisantes ou pas. Vous comprenez ce
que je veux dire, M. le Président? Ça va être des grandes recommandations
larges au niveau national... mais qui est le mieux placé pour savoir... puis
excusez si je prends l'exemple de Baie-Comeau < pour...
M. Lafrenière :
...qui
est le mieux placé pour savoir... puis excusez si je prends l'exemple de
Baie-Comeau > pour les gens à la maison, là, je pourrais prendre
n'importe quel... Qui est le mieux placé pour savoir comment les mesures sont
mis en place puis si ça répond réellement à leurs besoins? C'est les
utilisateurs de Baie-Comeau, qui feront
partie de ce comité-là dans
l'établissement.
Ça fait qu'encore une fois, puis je ne leur
dis pas ça pour leur faire plaisir, parce que, quand je ne suis pas d'accord,
je leur dis, je comprends très, très bien, un, ce qui a été présenté puis ce
qui m'est transmis. On veut la même chose. Nous, ce qu'on veut s'assurer, puis
ça, les Mohawks nous l'ont dit à plusieurs reprises, M. le Président, ce n'est
pas de mettre la même solution, la même recette à la grandeur du Québec, c'est
de comprendre les réalités locales. Il faut avoir une vision d'ensemble, puis
j'en suis, M. le Président. Il faut avoir un comité national qui reçoit tout
ça, avoir un bilan pour savoir d'où on arrive, où on s'en va. Ça, je suis
d'accord, mais ce qu'on veut s'assurer, ce n'est pas d'envoyer la même
commande, si vous voulez, à la grandeur du Québec en disant : Voici ce que
ça doit être. Et, encore moins, M. le Président, de venir dire
annuellement : On trouve que la mise en place, elle est correcte. Parce
qu'encore là il y a un établissement qui pourrait nous dire le contraire en
disant : Localement, nous autres, ça ne fonctionne pas.
Ça fait que c'est là le dilemme dans
lequel on était pris quand on a présenté ces... les amendements, M. le
Président. On voulait... On veut de l'imputabilité, vous l'avez compris. On
veut que ce soit le ministre qui soit imputable. Ça, on est totalement d'accord.
D'un autre côté, on veut laisser le plus de marge possible aux établissements
terrain, parce que c'est là que ça se décide. Puis je vous dis, même si moi, je
vous dis d'ici, de mon siège, M. le Président, que ça se passe généralement
bien au Québec... vous avez un cas précis, là, généralement, là, ça ne
s'applique pas à vous, qu'est-ce qu'il se passe dans ma région, dans mon
établissement. Puis c'est là-dessus qu'on était, M. le Président.
Alors, bien que je comprenne les deux
autres points, je suis en réflexion dans «transmis» et «présenté», parce que
c'est même moi qui avais servi l'argument, là, de la lettre à la poste... ou l'analogie,
pardon. Je comprends comment ça peut être reçu, puis ce n'est pas ce qu'on veut.
Ça fait que c'est pour ça que, dans ce temps-là, il faut se dire : OK,
c'est beau, ce qu'on écrit, mais comment c'est reçu? Je le comprends bien.
Pour ce qui est de la date, je vous ai
amené l'effet pervers, M. le Président. On était d'accord, quand on a fait 79,
c'était notre volonté, on trouvait ça important, mais ça amène un petit peu une
obligation de nos... nos enjeux à nous qu'on transmet aux Premières Nations par
la suite. Ce n'est pas ce qu'on veut, puis je sais qu'il n'y a personne dans
cette salle qui veut ça. Et, pour l'état d'avancement, je viens de vous dire
que, nous autres, on veut vraiment qu'au niveau local ces mesures-là soient mis
en place, ce soit décidé ensemble, puis c'est comme ça qu'on va avancer, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : ...je suis
contente, M. le ministre, que vous gardez en réflexion... Puis je comprends,
là, vous n'êtes pas le ministre de la Santé, ça fait que je comprends que vous
avez un collègue à convaincre, parce que je pense que vous avez saisi l'esprit
de cette idée de «présenté» au lieu de «transmettre». Et loin de moi l'idée de
vous servir la médecine... Je trouvais votre image vraiment très parlante, et
ça démontre que vous avez une compréhension de comment opèrent les premiers
peuples et comment ils souhaitent fonctionner aussi avec nous, d'égal à égal, comme
nation.
Ceci étant dit, je comprends, pour la
question de la date... je serai là pour m'assurer que le «annuellement» se
passe dans un bon rythme. Je comprends que c'est un long processus qu'on va
mettre en branle. Je le vis avec le 79, mais ça va être un long processus, mais
absolument nécessaire. Et, dans ce sens-là, je nous rappelle collectivement
que, la semaine dernière, le ministre m'avait aussi laissé entendre qu'il
réfléchissait très, très fort, et, j'imagine, en discussion avec son collègue
de... du ministre de la Santé et des Services sociaux, lorsque, lors de
l'article 1, à son premier point, j'avais suggéré au ministre de changer...
L'article dit : «Ainsi Santé Québec
et tout établissement doivent développer avec les représentants des Premières
Nations.» J'avais... on avait un amendement à l'effet d'élaborer conjointement,
parce que, justement, ces différents comités locaux là, dans chacune des
régions, chacun des établissements ne doivent pas être des faire-valoir, ils
doivent être vraiment porteurs, parce que seuls... on ne le dira jamais assez,
seuls les gens des Premières Nations et les Inuits savent c'est quoi, vraiment,
qui va faire en sorte que notre système va être sécuritaire.
Alors, je vais laisser le ministre...
Peut-être que mon collègue veut aussi <réagir...
Mme Massé :
Peut-être
que mon collègue veut aussi > réagir, mais je vais laisser le ministre
travailler, puis s'il a besoin d'aide pour aller convaincre le ministre de la
Santé sur la nécessité de... que le rapport soit présenté au comité national,
bien, ça va me faire plaisir d'aller jaser avec son collègue de la Santé.
• (11 heures) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions sur
le sous-amendement? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : ...clair,
alors je vous remercie. Moi, je n'ai rien à rajouter.
Le Président (M.
Bachand) : OK. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que le
sous-amendement de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques est adopté?
Mme Massé : Je veux
juste... j'avais cru comprendre que vous alliez suspendre.
M. Lafrenière : ...
Mme Massé : Oui. J'ai
peut-être mal compris, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : On va suspendre la commission
pour savoir si on suspend le sous-amendement. Parfait.
Alors, on va suspendre quelques instants.
Merci.
(Suspension de la séance à 11 heures
Haut de la page
11 h (version révisée)
(Reprise à 11 h 17)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le ministre, s'il vous plaît. M. le ministre,
concernant le sous-amendement.
M. Lafrenière : On s'apprête
à voter, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Appel nominal, si
possible.
Le Président (M. Bachand) :
Appel nominal. Merci. M. le secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre
abstention. Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire : M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Secrétaire : M. Morin (Acadie)?
Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, le
sous-amendement est rejeté. Donc, on continue. M. le député d'Acadie, s'il vous
plaît.
M. Morin : Oui, M. le
Président, il y a un autre sous-amendement, toujours à l'article 2, suite
à l'amendement qui a été déposé par M. le ministre, qui a été envoyé, déposé
chez le Greffier. Je peux, si vous le voulez, procéder à la lecture du
sous-amendement, donc, à l'article 2.
L'amendement remplaçant l'article 2
du projet de loi est modifié par l'ajout, à la fin de l'article 2 du
projet de loi, des alinéas suivants:
«Le ministre doit mettre en oeuvre des
indicateurs de sécurité culturelle développés en corédaction avec les Premières
Nations et des Inuit.»
«Les membres des Premières Nations et des
Inuit doivent faire
partie intégrante du processus d'évaluation des pratiques
culturellement sécurisantes.»
Alors, je propose ce sous-amendement, M.
le Président, afin de préciser, clarifier, à mon avis, l'amendement qui a été
déposé par M. le ministre, en lien, évidemment, avec le fameux rapport. Dans l'amendement
de l'article 2, on dit... on parle d'un rapport dans la forme qu'elle
détermine, et ma compréhension de la lecture de l'article... de l'amendement,
ce serait la forme, en fait, qui est déterminée par Santé Québec.
Donc, moi, ce que je veux m'assurer, M. le
Président, c'est qu'il va falloir que ça ne soit pas uniquement le ministre ou
Santé Québec <qui décide de la forme...
Morin :
...va falloir que ça ne soit pas uniquement le
ministre ou Santé Québec > qui décide de la forme, mais que ce soit fait
en corédaction avec les Premières Nations et les Inuits. Pourquoi? Bien, parce
que, si on veut avoir des indicateurs de sécurité culturelle... D'abord, à mon
avis, il en faut parce qu'il faut être capable d'évaluer sur des points qui
sont précis, mais ça doit refléter la réalité des Premières Nations et des
Inuits. Eux savent très bien ce qu'ils visent, ce qu'ils vivent, ce qu'il faut
faire pour être en mesure d'avoir éventuellement un rapport qui va être
pertinent et qui va, dans sa forme finale, éventuellement, donner un sens à
l'exercice, aux modifications de la sécurisation culturelle. Et des exercices
de corédaction, ça existe, et là on parle évidemment, bien sûr, du rapport et
des indicateurs de sécurité culturelle, mais il me semble que c'est essentiel puis
que ça doit être fait avec eux.
Et le deuxième élément de mon
sous-amendement, c'est qu'il faut, à mon avis, que les Premières Nations et les
Inuits fassent
partie intégrante du processus d'évaluation des pratiques
culturellement sécurisantes, si on veut que l'exercice ait un sens. Les
services de santé, c'est eux et elles qui vont les recevoir. Si on est en train
de travailler sur de la sécurisation culturelle, c'est parce qu'on veut opérer
un changement important, fondamental dans le réseau de la santé. On nous l'a
dit dans le cadre des consultations particulières. On nous l'a dit même pendant
les travaux de la commission, présentement, lors de l'étude
article par
article, parce qu'évidemment, je consulte des membres des Premières Nations,
des groupes, des associations. Donc, puisqu'ils ou elles vont recevoir les
soins, je pense que, si on veut véritablement tendre la main, rétablir un lien
de confiance qui est très, très affecté, disons-le, bien, il faut qu'on soit
capable... le législateur doit être capable de lancer un message, je pense, qui
va être clair et où les Premières Nations et les Inuits vont être
partie
intégrante non seulement des indicateurs, mais de leur évaluation.
Je le souligne, pour moi, c'est un ajout
important dans la loi, et ça permet de venir préciser quelle sera la forme du
fameux rapport. Donc, je pense que c'est un ajout, ça permet de savoir
exactement où le législateur veut aller, mais ça donne surtout le signal que ça
ne peut pas être fait en silo, ça ne peut pas être fait seul. Et donc
l'exercice de corédaction avec les Premières Nations et les Inuits, quant à
moi, est essentiel. Et c'est la même chose pour, évidemment, l'évaluation des
pratiques culturellement sécurisantes. C'est l'objet visé par mon
sous-amendement. Je vous remercie, M. le Président.
• (11 h 20) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le député de
l'Acadie. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, pour le premier point de mon collègue, quand
on dit que «le ministre doit mettre en œuvre des indicateurs de sécurité
culturelle développés en corédaction avec les Premières Nations et des Inuit»,
si on se rappelle, à l'article 1, M. le Président, et c'était une
suggestion des oppositions aussi... quand on regardait la fin du deuxième
paragraphe, on disait : «Ainsi, Santé Québec et tout établissement doivent
développer, avec des représentants des Premières Nations et des Inuit, des
mesures qui précisent des pratiques culturellement sécurisantes qu'ils
entendent mettre en œuvre, les moyens à prendre pour cette mise en œuvre,
l'échéancier de celle-ci, l'impact souhaité par celle-ci et les mécanismes.»
Puis ce qui était écrit, c'était «les mécanismes de mesure de cet impact», on
disait... plutôt «mécanismes pour mesurer l'impact». Moi, je pense, M. le
Président, que, dans 1, de façon locale, on répond au point du collègue, qui
est à propos.
Pour le deuxième, quand on dit que «les
membres des Premières Nations et des Inuit doivent faire
partie intégrante du
processus d'évaluation», bien, il y a deux points à ça, M. le Président. Je
viens de vous lire l'article 1, on y réfère souvent, puis mes collègues
l'ont dit tantôt, le 2 et 2.1 sont tellement proches, mais, dans le 2.1, on
vient parler du comité. On vient dire ce que le comité va faire puis ce qu'il
ne fera pas. Moi, je pense que c'est assez clair dans 2.1 aussi.
Alors, je comprends très bien le point que
le collègue apporte. Moi, je... respectueusement, <je dis que, dans 1...
M. Lafrenière :
...je
comprends très bien le point que le collègue apporte. Moi, je...
respectueusement, > je dis que, dans 1, avec ce qui a été proposé par les
collègues, quand on dit «des mécanismes pour mesurer l'impact», je crois qu'on
répond à son interrogation, qui est totalement légitime.
Pour le deuxième, quand on vient définir
le comité national sur la sécurisation culturelle, bien, encore là, on a
réponse à ça dans le reste de la partie, mais on va en reparler tantôt, du 2.1,
M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. D'autres interventions
sur le sous-amendement? M. le député de l'Acadie.
Morin : ...
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur le sous-amendement? Mme la députée de Sainte-Marie—Sainte-Anne...
Sainte-Marie—Saint-Jacques?
Mme Massé : En fait, ce que
je comprends par votre réponse, M. le ministre, c'est que vous considérez
vraiment cette idée, parce que la discussion que nous avons eue en 1, puis vous
avez raison de le ramener, là, on... mais la discussion qu'on a eue en 1,
considérant que vous êtes toujours en réflexion, on ne sait toujours pas si ça
va être élaboré conjointement. Ça fait que je comprends mon collègue de l'Acadie
de revenir puis de dire : Bien là, on peut-tu s'assurer que ça va l'être?
On a eu cette discussion-là. Vous avez raison qu'on a eu la discussion sur...
que les mécanismes de mesure deviennent pour mesurer cet impact, d'une certaine
façon, un peu plus sémantique, je l'avoue, mais, sur le fond, le deuxième
alinéa de cet
article 1 là, c'est à la suggestion... et vous avez dit que
vous alliez y penser, c'est que tous les établissements doivent élaborer,
conjointement avec les Premières Nations, avec les représentants des premiers
peuples...
Je veux m'assurer que c'est de ça qu'on
parle parce que, pour moi, j'entends dans votre réponse que vous référez à mon
collègue en disant : Bien, inquiétez-vous pas, député de l'Acadie, à l'article 1,
on retrouve votre préoccupation. À l'article 1, on avait commencé une
discussion qu'on n'a pas terminée, mais qu'on aimerait bien être rassurés, en
tout cas, je suis certaine que mon collègue de l'Acadie aussi voudrait être
rassuré, à l'effet que ce soit conjointement. Puis, si le ministre nous rassure
puis il nous enligne, bien, on ne fera pas 28 000 sous-amendements
pour nous assurer que c'est sûr que c'est sûr, mais voilà.
Ça fait que je veux juste être certaine
que le ministre, lorsqu'il nous ramène à l'article 1 qu'on avait commencé
à discuter, il tienne toujours en compte que c'est conjointement avec...
élaboré conjointement avec les Premières Nations et Inuits.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président, puis merci pour la collègue pour sa question, parce qu'effectivement
il y a deux points importants, hein, qu'on a regardés dans 1. Et, dans
«mécanismes de mesure de cet impact» versus «mécanismes pour mesurer l'impact»,
je pense que c'était une question de sémantique. On en avait parlé, mais,
encore une fois, M. le Président, l'important c'est que les gens le comprennent,
surtout les gens qui nous écoutent, les gens qui sont ici dans la salle
comprennent l'intention du législateur. Puis ça, on a eu cette discussion-là,
puis j'ai dit que j'étais très, très, très ouvert à cette réflexion. Ça fait
que, là, j'ai pensé à grader mon niveau d'ouverture.
Pour ce qui est du deuxième point que la
collègue a apporté, j'avais déjà dit que j'étais en réflexion. C'est vrai. Je
vais me permettre de partager non pas le fruit de la réflexion parce ce n'est
pas terminé, mais un effet pervers qu'on a détecté au niveau législatif. M. le
Président. On peut s'obliger, nous... comme gouvernement, on peut se donner des
obligations, nous, mais je ne peux pas en donner aux groupes autochtones, aux
groupes... des membres des Premières Nations et des Inuits en disant :
Vous avez l'obligation de le développer avec nous. Je vous donne un exemple, M.
le Président, l'année X, puis la collègue... les collègues, pardon, ont souvent
fait référence à ce déficit de confiance, puis j'en suis, M. le Président. C'est
vrai, c'est à géométrie variable. Il y a des endroits que ça se passe bien, d'autres,
c'est plus difficile.
Alors, M. le Président, un groupe pourrait
décider, dans un établissement x, qu'à la première année leur implication
serait un peu là, mais peut-être qu'ils laisseraient ça passer. Puis je vous
donne... M. le Président, je ne veux attribuer aucune, aucune pensée à ces
groupes-là, mais ils pourraient... ou aucune intention, pardon. Ils pourraient
décider de s'impliquer différemment la première année. Quand on regardait au
niveau législatif, quand on parlait de «conjointement», un des enjeux, puis je
vous le dis, la réflexion se poursuit, c'est que, là, on venait obliger des
groupes autres que le gouvernement à faire quelque chose. Moi, je peux m'obliger,
je peux me donner cette obligation-là, je ne peux pas obliger les partenaires,
M. le Président.
Alors, la réflexion se poursuit. Puis à
chaque fois... quand on regarde quelque chose, on trouve ça superintéressant,
puis on regarde les effets pervers. Mais, encore une fois, la raison pour
laquelle j'ai référé à ça, M. le Président, <dans ma réponse au collègue...
M. Lafrenière :
...les
effets pervers. Mais encore une fois la raison pour laquelle j'ai référé à ça,
M. le Président, > dans ma réponse au collègue de l'Acadie, c'est
qu'étant donné que les mesures doivent être faites ensemble... parce qu'on dit
que les mesures... pour voir ce qu'on a mis en place, si ça répond, hein? Parce
que la sécurisation culturelle, encore là, la personne qui peut l'évaluer,
c'est celle qui reçoit le soin ou qui ne l'a pas reçu. Alors, on veut se
rapprocher le plus possible de l'établissement. C'est pour ça qu'on n'y va pas
avec une mesure... qu'on n'y va pas plus largement.
Alors, M. le Président, ce que j'ai amené
tantôt, c'est qu'on met des mesures en place. On veut que, localement, les gens
nous disent si ça répond ou pas à ce qui avait été entendu ou à ce qu'ils
s'attendaient. C'est pour ça qu'on y va de cette façon-là, M. le Président.
• (11 h 30) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de
l'Acadie... Ah! Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, oui. Allez-y,
Mme la députée.
Mme Massé : Bien, bref, dans
ce cas-là, je reviens et je comprends, je comprends ce que vous me dites, M. le
ministre. L'enjeu pour moi, c'est que, de toutes sortes de façons... Puis on va
se le dire, je le sais, vous y référez souvent, les Premières Nations et les
Inuits ne sont pas un groupe homogène, comme nous-mêmes ici, on n'est pas un
groupe homogène. On s'entend là-dessus et loin de moi l'idée d'imposer cette
vision-là.
Cependant, on est en train... on est en
train d'écrire une loi qui a pour objectif de permettre à certains de nos
concitoyens, qui sont victimes de discrimination et de racisme systémique au
quotidien dans notre système de santé, permettre à ces gens-là d'avoir accès de
façon équitable à des soins de santé. Et donc ces gens-là, à travers le Principe
de Joyce, à travers différentes façons, nous ont indiqué qu'en matière de
sécurisation culturelle l'État québécois a des responsabilités, mais qu'il
retourne des Premières Nations et des Inuits d'autant définir, évaluer, etc.,
ce qu'il en est.
Alors, moi, je serais très, très inquiète
qu'on inscrive une
loi sur la sécurisation culturelle dans laquelle on ne donne
pas à nos institutions, dans ce cas-là, Santé Québec, mais aussi les
établissements de santé et de services sociaux, on ne leur donne pas une
obligation de faire la démarche d'aller s'asseoir avec les Premiers Peuples. Bien
sûr, on peut-tu forcer? On ne peut pas forcer. Ils nous le demandent. Ils
veulent être
partie prenante. Ils veulent être ceux et celles qui ont le
leadership par rapport à la question de la sécurisation culturelle, la
définition, l'application, etc. Ils veulent qu'on remplisse notre part de
responsabilité, «of course»... bien sûr, pardon, mais... Je me traduis moi-même.
Pour moi qui ne maîtrise pas l'anglais, c'est une vraie joke. Mais les gens des
Premiers Peuples, il me semble qu'on leur doit absolument ça, de dire :
Dans notre loi, on va prévoir qu'au plus bas niveau, les institutions vont
s'asseoir pour élaborer, conjointement avec les Premières Nations et les Inuits,
ce qui deviendra... Parce que, là, ce n'est pas rien, on précise les pratiques,
la mise en œuvre, l'échéancier, l'impact.
Et j'ai quasiment envie de dire, M. le
ministre, si, par respect, à Baie-Comeau, puisque vous aimez bien l'exemple de
Baie-Comeau, les gens de... je ne sais pas moi, d'Ekuanitshit, des gens de
Maliotenam disent : Bien... ou même de Matimekush disent : Nous, on
ne veut pas, à cette étape-ci, s'asseoir avec vous, moi, je ne voudrais pas
qu'on commence à définir tout seuls, c'est quoi... parce qu'à cette étape-là ne
veulent pas, ne peuvent pas s'asseoir avec nous, c'est quoi que, culturellement,
il va se passer, au niveau de la sécurisation culturelle, <j'entends. Si,
localement, ce n'est pas possible...
Haut de la page
11 h 30 (version révisée)
<15421
Massé :
...sécurisation culturelle, > j'entends. Si,
localement, ce n'est pas possible, bien, on aura... puis, vous verrez, je vais revenir
sur la question du comité national, on aura tout de même un comité national sur
lequel nos établissements locals pourraient se retourner pour commencer le
travail d'élaborer la mise en œuvre, mais il ne faudrait surtout pas... parce
qu'ici, minimalement, Santé Québec est, tel que formulé dans l'article 1... Je le
sais, on fait du coq-à-l'âne, M. le ministre, mais le... M. le Président, mais
le sous-amendement de mon collègue m'oblige de revenir sur cette idée que tout
établissement doit élaborer avec... on rajouterait «conjointement», avec des
représentants... que, si le «conjointement» n'est pas là au niveau local, bien,
il y a d'autres ressources au niveau national, dont notamment le comité qu'on
parlera en 2.1. J'insiste beaucoup parce que je trouverais ça désastreux, si
nos instances de Santé Québec et des établissements, eux, forcés par la loi, se
mettraient à écrire des plans d'action sans la collaboration des Premiers Peuples.
Ça, je trouverais ça pire.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Pour les gens qui nous suivent à la maison, qui
doivent se dire : Ils sont rendus à 2, ils reculent à 1, c'est comme ça. C'est
comme ça parce que ça nous aide dans la compréhension générale de ce qu'on fait
ici aujourd'hui. Ça fait que juste vous dire, M. le Président, jamais je ne
vais faire de protêt là-dessus parce que je sais qu'au final on veut avancer
puis on veut surtout comprendre où on s'en va.
J'aimerais amener une précision, M. le
Président, parce que ce que ma collègue a amené, il y a plusieurs bons points.
Il y en a un, je pense, important, ce qui est écrit présentement, c'est
«développer avec». Donc, clairement... puis on peut dire que ce n'est pas assez
fort, j'entends tout ça, mais clairement, ce n'est pas vrai que ce n'est rien. Ce
n'est pas développer tout seul de leur côté, absolument pas. M. le Président. On
a des exemples aussi qui ont bien fonctionné, puis je peux vous parler du guide
de sécurisation culturelle qui a été développé avec les membres des Premières
Nations.
Là, puis je vais clore le débat, pas parce
que ce n'est pas intéressant, parce que, comme j'ai dit, j'étais déjà en
réflexion. J'ai amené des effets pervers. Tantôt, ce que je voulais dire, c'est
qu'exemple, dans une communauté x, s'il y a 12 groupes qui sont là, s'il y en a
10 sur 12 qui décident de le faire avec le gouvernement, les deux autres, pour
toutes sortes de raisons... Puis en passant, M. le Président, ça arrive, hein,
que des groupes se désistent. Moi, ce matin, j'avais un exemple où un groupe a
décidé de se désister et je ne peux pas leur en vouloir, M. le Président. Ça
peut être pour plusieurs raisons. Ce même processus... En tout respect avec
votre commission, M. le Président, il y a des groupes qui se sont désistés, qui
ont décidé que, pendant une période de temps, ils ne voulaient pas adhérer à
cette façon de faire là. Ils sont revenus à la fin. On doit comprendre ça
pareil, M. le Président.
Alors, ce qu'on vient dire, puis on va
continuer la réflexion, j'ai bien entendu la collègue, pour nous, «conjointement»
voudrait dire que, si tout le monde n'est pas là, ça ne fonctionne pas. Nous,
on trouve qu'il y a un effet pervers, je le dis encore une fois. Cependant, il
y a une chose qui est claire, M. le Président, si l'installation x
développait ses mécanismes, sa façon de faire toute seule, comme le rapport
sera ultimement déposé à l'Assemblée nationale, je connais assez bien mes
collègues des oppositions pour savoir qu'ils ne se priveront pas du plaisir de
nous ramasser là-dessus, M. le Président.
Alors, quand on parle de mécanismes pour s'assurer
que ça se fait bien, transparence, déposé à l'Assemblée nationale, dans les...
déposé sur Internet aussi, les gens vont pouvoir le voir, puis ça, il ne faut
pas négliger ça, M. le Président, de voir comment les gens vont réagir.
Je vais vous donner le dernier exemple,
Joliette. Il n'y avait aucune loi qui obligeait la sécurisation culturelle, M.
le Président. Pourtant, ils ont décidé d'en faire plus. Ils l'ont fait avec les
Premières Nations, sinon ils n'auraient jamais été capables de présenter ça.
Alors, je comprends le point que la collègue apporte. Moi, je vous dis que, dans
les mécanismes pour s'assurer que ça se fait avec les membres, les groupes,
moi, je pense qu'il y a un effet qui est très solide là-dessus, mais je
continue de réfléchir à ce que ma collègue m'a proposé, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député d'Acadie, s'il
vous plaît.
Morin : ...M. le Président. Alors, je vais juste reprendre, à la
fin... à la fin de votre exposé, M. le ministre, quand vous dites : Bien,
si jamais c'était fait tout seul, le rapport va être déposé à l'Assemblée
nationale, les oppositions vont vous le rappeler, oui, sûrement, c'est notre
devoir, mais moi, ce que je veux comme membre de l'opposition officielle
aujourd'hui, c'est ne pas me rendre là. Alors, moi, je vous tends la main pour
dire : Travaillons, travaillons en amont, pas en aval. C'est sûr que, si c'est
fait tout croche, on va le rappeler au gouvernement. Ça, croyez-moi, ça, ça va
être fait, mais ce n'est pas ça... Ce que je veux éviter, c'est que, justement,
on se rende là.
Et quand... Et je reprends, après ça, l'argument,
parce que vous avez parlé, M. le ministre, de vouloir éviter un effet pervers.
Vous référez à l'article 1, donc c'est vous qui y référez puis vous dites :
Il y a déjà «doivent développer», puis le gouvernement peut s'engager, mais on
ne peut pas engager des <Premières Nations...
Morin :
...mais on ne peut pas engager des > Premières
Nations. Je comprends, mais vous avez déjà un «doivent» à 1. Alors, vous allez
faire quoi si... pour reprendre votre argument, à 1, s'il n'y en a pas, des
représentants des Premières Nations qui veulent travailler puis développer
le... Votre obligation, elle est déjà là.
Alors, moi, ce que je fais avec le
sous-amendement que je vous précise, c'est, au fond, de dire : Puisqu'il y
a 1, mettons en place des éléments, allons plus loin. Allons plus loin et
assurons-nous que... parce que, là, on tombe dans des éléments plus précis. On
parle d'indicateurs parce qu'à un moment donné il faut être capables de voir si
on avance ou pas. Alors, ce que je dis, c'est que, pour ces indicateurs-là,
assurons-nous de le faire en corédaction avec des Premières Nations et des
Inuits. C'est vrai, je n'ai pas consulté, je n'ai pas parlé à toutes les
Premières Nations. J'ai quand même parlé à des groupes puis à du monde. Il n'y
a pas personne à date qui m'a dit... puis je n'engage pas personne, là, mais
ceux à qui j'ai parlé ne m'ont pas dit : Ah! non, non, non, on ne veut
surtout pas ça. Au contraire. Donc, si le sous-amendement est proposé, c'est
qu'il tire sa source de conversations que moi, j'ai eues, excellentes
conversations, de dire : Écoutez, ça pourrait être un élément.
D'ailleurs, on en a parlé dans le cadre
des travaux de la commission, ça s'est déjà fait dans des amendements qui ont
été proposés à différents projets de loi au Québec. Et, par la suite, je pense
que, si on veut véritablement parler de sécurisation culturelle, et de tendre
la main, et de faire en sorte que ça ait un impact positif, bien, il faut que
les membres des Premières Nations et des Inuits fassent
partie du processus
d'évaluation. Je vois mal comment moi, je pourrais être véritablement précis,
concis, pertinent. Je peux bien trouver des éléments, mais ce n'est pas moi que
ça vise, donc d'où l'importance, je pense, de le préciser puis de le préciser
dans la loi. Je pense, M. le ministre, que ce serait lancer un signal clair,
fort au niveau de la sécurisation, et que c'est en lien... parce que vous y
avez fait référence avec l'article 1 où, de toute façon, Santé Québec va
devoir développer. Alors, de deux choses l'une, ou bien il faut travailler 1,
et ça ne fonctionnera pas... Moi, j'y vois une cohérence entre les deux
dispositions.
Je vous remercie, M. le Président.
• (11 h 40) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis, en terminant, parce que l'échange est intéressant, puis j'ai
déjà dit qu'on réfléchissait pour l'article 1, juste terminer ça... puis
clairement, là, quand on dit «doivent développer», on n'a jamais dit que
c'était facultatif. L'obligation, elle est à qui? Aux établissements puis à
Santé Québec. C'est à nous qu'on peut le... se donner une obligation. Ça fait
que je reviens à ce que j'ai dit tantôt. Quand on dit «Santé Québec et tout
établissement doivent», oui, c'est eux autres qui ont le devoir. Quand on
parlait de «conjointement», puis c'est là qu'on a des visions différentes, pour
nous, «conjointement» voudrait dire avec l'ensemble des acteurs, puis on ne
peut pas les forcer. Alors, je comprends très bien ce que le collègue dit, puis
voici mon argumentation, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur le sous-amendement du député d'Acadie? S'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
M. Morin : ...un vote par
appel nominal.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait, c'est bon. M. le
secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire : M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemieux (Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire : Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Pour.
Le Secrétaire : Et M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, le
sous-amendement est rejeté. Donc, on revient à l'amendement à l'article 2.
Interventions? Oui, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. À ce
moment-ci, M. le Président, je vous demanderais de suspendre l'article 2 au
lieu de voter sur l'article 2.
Le Président (M.
Bachand) : On est sur l'amendement, M. le
ministre.
M. Lafrenière : Ah!
l'amendement à l'article 2, je suis désolé, M. le Président. On va y
arriver.
Le Président (M.
Bachand) : OK, on est sur l'amendement.
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix de l'amendement à l'article 2. Est-ce que... M. le ministre, oui?
M. Lafrenière : Je voulais
qu'on suspende le sous-amendement à l'article 2, ce que j'ai présenté.
Des voix : ...
M. Lafrenière : L'amendement,
pardon, l'amendement, on va finir par y arriver, juste qu'on le suspende, M. le
Président, et on va y revenir. Puis c'est comme ça qu'on fonctionne depuis une
semaine. On va y arriver entre amendements, sous-amendements, et tout ça. J'ai
compris les commentaires, mais mettons ça de côté. On le suspendrait pour
passer à 2.1, avec votre permission, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : On va y aller par étapes parce
qu'il faut aussi suspendre l'article 2. Alors donc, est-ce qu'il y a
consentement pour suspendre <l'amendement à l'article 2...
Le Président (M.
Bachand) :
...est-ce qu'il y a
consentement pour suspendre > l'amendement à l'article 2?
Morin : Il y a consentement, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement
pour suspendre l'étude de l'article 2?
Morin : ...
Le Président (M.
Bachand) : Alors, M. le ministre, pour un
amendement, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, pour l'article 2.1 :
«Un comité national sur la sécurisation
culturelle, dont la formation est prévue par règlement du ministre, est chargé
de lui donner son avis sur les matières suivantes :
«1° la prestation des services de santé et
de services sociaux aux membres des Premières Nations et aux Inuit;
«2° l'approche de sécurisation culturelle
envers les membres des Premières Nations et les Inuit, notamment :
«
a) le déploiement des pratiques
culturellement sécurisantes;
«
b) l'impact des pratiques culturellement
sécurisantes dans le réseau de la santé et des services sociaux;
«
c) les programmes de formation continue
élaborés en vertu du paragraphe 4° du troisième alinéa de l'article 1.
«Le règlement prévoit les règles de
fonctionnement du comité, les modalités d'administration de ses affaires ainsi
que ses autres fonctions, devoirs et pouvoirs.»
Comme commentaire, M. le Président, l'amendement
vise à prévoir la création d'un comité national sur la sécurisation culturelle
chargé de conseiller le ministre relativement à l'approche de sécurisation
culturelle et aux pratiques sécurisantes.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Donc, interventions sur
l'amendement? M. le député d'Acadie.
Morin : Bien, sur l'amendement, moi, j'aurai un sous-amendement
à présenter, M. le Président, sur... Il y a... Écoutez, je comprends, je
comprends l'amendement que présente M. le ministre, et on va probablement nous
dire que la façon, règle générale, de rédiger de la législation, c'est... Bon,
on crée l'organisme, et puis, après ça, bien, la formation est prévue par
règlement, mais moi, je trouve que cette formulation-là, compte tenu de l'objectif
de la loi, n'est pas suffisante. Alors, ça serait mon premier commentaire, et,
par la suite, je reviendrai avec un sous-amendement, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Est-ce qu'il y aurait
d'autres commentaires sur l'amendement avant de procéder à l'étude du
sous-amendement? Ça va? Mme la députée de Sainte-Marie...
Mme Massé : ...sous-amendement,
mais commençons par... commençons le travail par le sous-amendement du député
de l'Acadie.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Alors, M. le député,
on va suspendre quelques instants, le temps de le recevoir?
Morin : Il a été envoyé.
Le Président (M.
Bachand) : Mais on va suspendre quelques
instants parce que le temps que la machine se mette en branle, là...
Alors, on suspend quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 47
(Reprise à 11 h 48
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le député d'Acadie, s'il vous plaît.
Morin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Alors, voilà, l'intention
du gouvernement, c'est de créer un comité national sur la sécurisation
culturelle. On y indique que la formation va être prévue par règlement du
ministre. Compte tenu de ce qu'on sait du projet de loi, ce sera le ministre de
la Santé. Ce comité national sur la sécurisation culturelle va être chargé de
lui donner son avis sur une liste de matières, et moi, ce que je vous propose,
au gouvernement, M. le Président, c'est qu'il soit indiqué clairement que le
comité national va être composé de membres des Premières Nations et des Inuits.
Ça laisse une marge de manœuvre au gouvernement. On ne dit pas combien, on ne
dit pas qui, mais... parce que ça doit être fait, évidemment, en consultation
avec les Premières Nations et les Inuits, mais je pense que, parce qu'on parle
de sécurisation culturelle...
Le Président (M.
Bachand) : ...
Morin :
Vous le lire avant?
Le Président (M.
Bachand) : Oui, s'il vous plaît. Merci
beaucoup, M. le député d'Acadie.
Morin : Parfait, parfait, parfait. Je vais vous le lire. Merci, M.
le Président.
Donc, l'amendement introduisant l'article 2.1
du projet de loi est modifié par l'insertion, dans le premier <alinéa,
des mots...
Morin :
...par l'insertion, dans le premier > alinéa,
des mots «dont la formation est prévue par règlement du ministre» par «composé
de membres des Premières Nations et des Inuit».
Alors, il s'agit d'inviter le
gouvernement, dans son projet de loi, à faire en sorte qu'il soit indiqué
clairement... parce qu'on parle de sécurisation culturelle des Premières
Nations, puis je reprends le
titre du projet de loi. Je pense que c'est
important. Il faut se le rappeler, là, c'est une loi qui va instaurer
l'approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des
services sociaux, et, dans ce projet de loi, on veut créer un comité national.
Bien, moi, je pense que, si on veut créer
un comité national qui va traiter de la sécurisation culturelle, il faut être
capable de dire clairement de qui il va être composé, entre autres, et le fait
de l'indiquer dans la loi, ça n'empêchera pas, par la suite, le gouvernement
d'adopter des règlements pour son fonctionnement, mais au moins ça va envoyer
un message très clair, M. le Président, à l'effet que ce comité national là,
là, il va y avoir des membres des Premières Nations et des Inuits. Ils vont
travailler et ils sont les mieux placés pour donner des conseils au ministre,
parce que ma compréhension, c'est que ce comité-là est chargé de donner des
avis sur les matières suivantes...
Alors, pourquoi ne pas l'indiquer
clairement, spécifiquement, qu'il faut qu'il soit composé des membres des
Premières Nations et des Inuits? Moi, c'est la main que je tends au
gouvernement. Ça n'alourdit pas énormément, bien sûr, la rédaction du texte,
mais ça permet d'être beaucoup plus clair, puis je pense que ça envoie un
message très positif à l'ensemble des Premières Nations et des Inuits. Je vous
remercie, M. le Président.
• (11 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Je trouve ça intéressant. Je dois le dire, d'emblée de jeu, je
trouve ça intéressant, parce que mon collègue le sait, c'est l'intention, puis
la réflexion que je vais amener, M. le Président... puis je sais que je lui ai
déjà servi le terme «effet pervers», ça fait que je vais faire attention, mais
je trouve ça intéressant, puis je l'écoutais tout à l'heure, puis je me disais...
Le mot «notamment» me revenait en tête. Je vais vous dire pourquoi, M. le
Président. C'est qu'il y a plusieurs organismes, on peut penser à <i>Makivik,
FAQ, qui sont représentés par des allochtones qui vont venir dans les comités,
et ce sont des allochtones qui les représentent, qui font un superbon travail.
Alors, je me dis... Je comprends très bien
où le collègue veut aller. Si on dit «composé de membres», c'est-à-dire que
c'est exclusivement, puis, encore une fois, j'ai dit au collègue que j'avais
cette réflexion. Je l'entends bien. Moi, je pense intéressant d'avoir cette
possibilité d'avoir des gens qui ne sont pas nécessairement des membres des
Premières Nations et des Inuits, mais qui peuvent être désignés par eux. Bref,
vous comprenez où je m'en vais. Je trouve ça fort intéressant. Ma seule crainte
serait justement d'exclure des gens qui seraient des allochtones, qui pourraient
travailler pour un groupe comme Makivik, comme l'ARK, comme FAQ.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de l'Acadie.
Morin : Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions sur le
sous-amendement? Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : C'est
intéressant, les arguments du ministre. J'ai un sous-amendement qui va
peut-être venir suppléer à cet enjeu-là. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que le
sous-amendement est adopté?
Morin : Je vais vous demander un vote par appel nominal.
Le Président (M.
Bachand) : Un appel nominal? Parfait. M.
le secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Morin (Acadie)?
Morin : Pour.
Le Secrétaire : M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Contre.
Le Secrétaire : M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
Le Secrétaire : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Mme Massé : Abstention.
Le Secrétaire : Et M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement...
le sous-amendement est rejeté. Alors, on continue. Une intervention, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques? Vous avez peut-être annoncé un
sous-amendement?
Mme Massé : Oui, oui. Bien,
avant de vous déposer mon sous-amendement, je veux simplement faire un rappel
collectif. On arrive, là, dans le fond, dans un des éléments...
L'article 2.1
est un
article fondamental puisqu'avec l'amendement qui est proposé par le
ministre on vient... C'est-tu un amendement? Non, ce n'est pas un amendement
dans ce cas-là?
Le Président (M.
Bachand) : ...
Mme Massé : Oui, c'est ça,
hein? Ah! oui, oui, oui, c'est ça, c'est ça, l'affaire. Merci. Donc, avec
l'amendement... On se mélange. On se mélange, amendement... Attendez, j'ai
préparé un sous-sous-sous-amendement juste pour vous perdre, M. le ministre.
Non, ce n'est pas vrai, c'est une blague.
Cet article-là, en fait, il est
superimportant parce qu'il vient placer un comité qui va <avoir un rôle
fondamental dans la suite...
Mme Massé :
...parce
qu'il vient placer un comité qui va > avoir un rôle fondamental dans la
suite des choses pour toutes sortes de raisons.
Premièrement, on va travailler, avec cette
loi-là, avec une nouvelle instance qui s'appelle Santé Québec, qu'on n'a aucune
idée comment ça va marcher. Oui, on le sait sur papier, mais concrètement, là,
ouh, c'est «big», là. C'est une grosse, grosse affaire, le plus grand... le
plus grand employeur au Québec, peut-être même au Canada, c'est quelque chose,
là. On va travailler avec un outil qui est à côté du... de notre structure
qu'on a depuis des décennies avec le ministère de la Santé et des Services
sociaux. Quoique je reconnais bien que c'est le ministre de la Santé et des
Services sociaux qui est imputable, je ne dis pas que c'est Santé Québec, mais
voyez-vous qu'on rajoute un certain nombre de couches, qui me fait croire que
nous avons vraiment avantage à nous assurer, nous, comme législateurs, que,
dans la nouvelle
loi sur la sécurisation culturelle... qu'on va donner une
place centrale aux Premières Nations et aux Inuits, à leurs représentants, parce
que, même si le ministre en est imputable, sur le terrain, le monde qui vont
faire la job, c'est une nouvelle bébelle qu'on ne sait pas qu'est-ce que ça
donne.
Alors, vous comprendrez que, puisque
l'article 2.1... l'amendement de l'article 2.1 proposé par le
ministre joue un rôle fondamental, bien, vous me permettrez, sur l'amendement
du ministre, de faire quelques considérants, et ensuite je vous déposerai
volontiers mon sous-amendement longuement discuté avec des représentants des Premiers
Peuples durant la fin de semaine.
Vous allez m'excuser, M. le Président, je
n'ai pas le choix de faire un petit retour en arrière. Je pense que, depuis le
début de ce projet de loi là, j'ai essayé de toutes sortes de façons d'exprimer
que le projet de
loi sur la sécurisation culturelle qui nous est présenté est, bien
sûr, un incontournable, considérant des tragiques événements, du décès de Joyce
Echaquan, mais, je vous dirais, de tragiques événements qui arrivent
constamment dans le système de santé et des services sociaux et dans d'autres,
d'ailleurs, systèmes de l'État québécois.
D'ailleurs, le rapport Viens le dresse de a
à z que, dans nos institutions québécoises, nos relations, comme allochtones,
avec les Premiers Peuples... il ne va pas bien. Il ne va pas bien parce qu'il y
a de la discrimination au quotidien. Il y a du racisme systémique dans nos
institutions. Il y a des gens qui, en fait, n'ont pas fait le travail de se
dire... de comprendre les impacts du colonialisme sur les gens des Premiers Peuples,
mais aussi sur notre vision de... notre compréhension, comme allochtones, de
notre rapport aux Premiers Peuples. Et, si je passe encore parce que je l'ai
fait... Je pense, j'ai très bien placé ça au début. Je ne veux pas refaire...
je ne veux pas faire du temps pour faire du temps, mais, parce qu'on va, là,
placer un des morceaux fondamentaux de cette loi-là, je me dois de revenir sur
quelques éléments.
Un des premiers éléments, c'est que, comme
tout peuple de la Terre, comme toute nation de la Terre, les gens des Premières
Nations et des Inuits ont un droit inhérent à leur autodétermination. Qu'on
soit d'accord ou non avec ça, ça ne nous regarde pas. C'est un droit inhérent à
leur autodétermination. Pourquoi je fais ce rappel-là? Je ne suis même pas
originale. La Constitution canadienne, on est <encore dedans...
Mme Massé :
...je ne
suis même pas originale. La Constitution canadienne, on est > encore
dedans, ça fait qu'on n'a pas le choix. La Constitution canadienne, dans l'article 35,
le dit clairement. La Cour suprême, d'ailleurs, s'est encore prononcée il y a
quelques mois sur l'autonomie gouvernementale des Premiers Peuples ici même, au
Québec, et je pense que les Premiers Peuples sont un petit peu tannés de nous
attendre sur celle-là. Quand je dis «nous attendent», c'est comme s'il y a une
résistance à reconnaître leur droit inhérent à l'autodétermination. Chez nous,
à Québec solidaire, on n'a aucun problème à reconnaître le droit inhérent à
leur autodétermination. Dès la publication de la <i>déclaration des
Nations unies pour les droits des peuples autochtones... sur les droits des
peuples autochtones, Québec solidaire a rapidement inscrit, même dans nos
propres déclarations, la reconnaissance de cette déclaration-là.
• (12 heures) •
La raison pour laquelle je retourne là, M.
le Président, et, vous allez voir, je vais atterrir sur mon sous-amendement, mais
là je suis sur l'amendement du ministre, c'est que la... cette déclaration-là
des Nations unies, là, ça ne concerne pas juste les peuples autochtones du
territoire que... sur lequel nous cohabitons avec les Premiers Peuples. Ça
concerne toutes les Premières Nations, tous les autochtones de l'ensemble de la
planète, puis c'est une discussion qui a duré 20 ans. Alors, moi, je
trouve que ce n'est pas pour rien que j'y reviens tout le temps puis que je m'y
appuie, parce que je n'ai pas le temps de recommencer ces discussions-là, même
si ici, au Québec, ça fait depuis 1985, sous M. René Lévesque, où on a ces
discussions-là. Donc, ça fait plus que 20 ans, mais je m'y arrête encore une
fois pour marquer l'importance de l'article... de l'amendement 2.1 qu'on
est en train de discuter.
Je veux vous lire l'article 3, M. le
Président, de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones, et d'ailleurs, avant de vous lire le 3, je veux juste vous lire le
2, parce que je ne comprends pas qu'on soit obligés d'écrire ça, mais, quand je
vois le racisme systémique qui perdure dans nos institutions, je comprends
pourquoi les Nations unies ont, pour tous les autochtones, c'est juste pour
vous dire que ce n'est pas rien qu'au Québec, là, tous les autochtones de toute
la planète...
L'article 2 dit : «Les autochtones, peuples et individus,
sont libres et égaux à tous les autres et ont le droit de ne faire l'objet,
dans l'exercice de leurs droits, d'aucune forme de discrimination fondée en
particulier sur leur origine, leur identité autochtone.»
Moi, c'est sûr, quand je lis ça, je me dis :
Heille! C'est terrible. On a la déclaration... on a... bon, que ça fait la <i>déclaration
des droits de l'homme, là, qui a été votée dans les années 40, où on se
dit : Bien là, tout être humain naît égaux en droit et en dignité, mais là
ce n'est tellement pas vrai pour une
partie de la population humaine de la
planète, les peuples autochtones, qu'il y a une déclaration que l'ONU a été
obligée, en 2007, de revenir puis de dire : Heille! Là, on vous le dit, là,
les autochtones, comme peuples ou individus, ils sont égaux aux autres. On est
obligés de l'écrire. Je n'en reviens pas. Puis là on rajoute, bien, que... puis
là, ça, ça nous concerne, là, dans cette loi-là qu'on est en train de discuter,
qu'ils ne doivent pas faire, dans l'exercice... le droit à la santé en est un...
aucune forme de discrimination fondée en particulier sur leur origine ou leur
identité.
Ça fait qu'on reconnaît ça. On va y
revenir, au préambule, parce qu'on l'a suspendu il y a quelques jours, puis on
va y revenir parce que ce droit-là est reconnu dans la déclaration que,
malheureusement, le Québec ne signe pas parce qu'on n'est pas encore un pays,
mais, et j'y reviendrai plus tard, que l'Assemblée nationale du Québec a déjà
reconnu dans ses principes.
Je veux vous lire l'article 3 parce que,
là, il est sur la coche, il est clair, net, et précis, et court.
L'article 3 de
la déclaration dit ceci : «Les peuples autochtones ont le <droit à
l'autodétermination...
Haut de la page
12 h (version révisée)
<15421
Massé :
...l'article 3 de la déclaration dit ceci :
«Les peuples autochtones ont le > droit à l'autodétermination. En vertu
de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent
librement leur développement économique, social et culturel.»
Alors là, on est dans une situation
particulière, M. le Président, parce que c'est aux Premières Nations de
déterminer librement, ce n'est pas tout à fait encore le cas au Québec ni au
Canada, leur statut politique et ainsi d'assurer leur développement. Je ne le
relirai pas, mais je pense que vous comprenez l'importance de cet article-là.
Puis, parce que c'est un travail de 20 ans,
les gens qui travaillaient là-dessus, dont, je vais le nommer, Romeo Saganash,
qui a été un battant de première et dernière heure pour faire adopter aux Nations
unies cette déclaration-là, on a rajouté l'article 18 qui dit ceci :
«Les peuples autochtones ont le droit de participer à la prise de décision sur
des questions qui peuvent concerner leurs droits, par l'intermédiaire des
représentants qu'ils ont eux-mêmes choisis conformément à leurs propres
procédures, ainsi que le droit de conserver et de développer leurs propres
institutions décisionnelles.»
Là, vous me voyez me rapprocher, M. le
Président, du sous-amendement que je vais vouloir déposer. Parce qu'en plus, en
plus — oui, on dit ça, «en plus» — en plus de reconnaître
leur droit à l'autodétermination, la déclaration des Nations unies vient dire
que c'est eux-mêmes qui doivent choisir leurs représentants, selon leurs
propres procédures.
Puis je pourrais parler de l'article 19
aussi qui vient rajouter encore une petite couche. Je te dis, c'est cohérent,
ce document-là, là, ça n'a pas de bon sens.
L'article 19, il nous
interpelle, il dit : «Les États se concertent et coopèrent de bonne foi
avec les peuples autochtones intéressés, par l'intermédiaire de leurs propres
institutions représentatives, afin d'adopter et d'appliquer des mesures
législatives et administratives susceptibles de concerner les peuples
autochtones — ce qui est le cas de la loi qu'on est en train d'étudier — afin
d'obtenir leur consentement préalable, donné librement et en toute connaissance
de cause.»
Alors, ça, là, devrait être notre bible, ici
même... «notre bible», que dis-je — où c'est que je m'en vais avec
mes skis? — notre document référence — je suis vieille,
moi, M. le Président — notre document référence lorsqu'on rédige des
lois ici même, à l'Assemblée nationale du Québec, puisque la déclaration s'adresse
aux dirigeants des différents États à travers le monde. Donc, il ne s'adresse
pas seulement au gouvernement, il... à tous les dirigeants.
Et moi, c'est sûr que ce n'est pas moi qui
ai l'exécutif entre les mains, en tant que parti d'opposition, mais j'ai quand
même une responsabilité, là. D'ailleurs, je ne suis pas la seule. À travers les
années, le gouvernement du Québec, tantôt en assemblée nationale ou tantôt
comme gouvernement, a lui-même inscrit dans des motions, dans différents documents
qui font
partie du corpus documentaire, si je peux dire, de l'Assemblée
nationale du Québec, a inscrit un certain nombre de documents.
Et donc...
Une voix : ...
Mme Massé : Oui, mais je suis
sur le sous-amendement de M. le ministre, de façon générale... l'amendement et
non pas mon sous-amendement. Excusez-moi, on se répond <comme ça...
Mme Massé :
l'amendement et non pas mon sous-amendement. Excusez-moi, on se répond > comme
ça. M. René Lévesque, dans les années 80, qui a clairement dit que le
droit... attendez que je le retrouve, que le Québec reconnaît que les peuples
aborigènes, qu'on disait à l'époque — il faut croire qu'on a cheminé,
avec le temps — du Québec sont des nations distinctes qui ont le
droit à leurs cultures, leurs langues, leurs coutumes et traditions ainsi que
le droit d'orienter elles-mêmes le développement de ces différents éléments là.
Ce pour quoi je le nomme, c'est qu'on est
en train d'écrire une
loi sur la sécurisation culturelle qui fait en sorte que
ça les concerne pas mal directement. Et ça, c'est en 1985, oui... Non, les 15 principes,
c'est en 1983. En 1985, le gouvernement aussi... pas juste le gouvernement,
l'Assemblée nationale du Québec, tout nous autres ensembles, on a adopté une
motion, hormis qu'on considère que les motions, ce n'est pas important...
adopté une motion pour faire en sorte que le Parlement convienne avec, bien
sûr, le gouvernement en poste, convienne de la nécessité d'établir un forum
parlementaire pour permettre aux Premières Nations, aux autochtones, de faire
connaître leurs droits, leurs aspirations et leurs besoins.
Alors, c'est une longue pratique, une
longue pratique qui s'est aussi concrétisée en 2019. Voyez-vous comment je nous
rapproche de nous? Plusieurs des gens étaient ici, une motion que j'avais
présentée, après consultation des Premiers Peuples, après le rapport Viens, qui
dit : «Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec...»
• (12 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) : ...qu'il vous reste deux minutes, et, à l'intérieur
de ce deux minutes-là, vous devez déposer votre sous-amendement, sinon vous
allez manquer de temps.
Mme Massé : D'accord. À
laquelle on disait qu'on reconnaissait le... qu'on reconnaissait — je
l'ai fait disparaître, mais ça reviendra... pas disparu, c'est dans le corpus
de l'État — reconnaissait les principes et devait voir à la mise en
œuvre de la <i>Déclaration des Nations unies. Bien, si on veut mettre en
œuvre les Nations unies, M. le Président, je vais vous déposer un
sous-amendement à l'instant même, que vous avez reçu. Mais on va suspendre ne
serait-ce que pour l'afficher.
Le Président (M.
Bachand) : On va l'afficher immédiatement. Oui, vous pouvez
faire la lecture, s'il vous plaît.
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : On va suspendre quelques
instants, oui, désolé.
(Suspension de la séance à 12 h 12)
(Reprise à 12 h 14)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend
ses travaux. Donc, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, pour votre
sous-amendement.
Mme Massé : Bien sûr. Alors,
l'amendement à l'article 2.1 est modifié ainsi :
Par le remplacement de «Un comité national
sur la sécurisation culturelle, dont la formation est prévue par règlement du
ministre,» par les mots «Le ministre crée un comité en collaboration avec les
représentants des Premières Nations et des Inuit, ainsi que des partis d'opposition,
qui est», et le reste se poursuit.
Donc, on va lire comme suit : «Le
ministre crée un comité en collaboration avec les représentants des Premières
Nations et des Inuit, ainsi que des partis d'opposition, qui est chargé de lui
donner son avis sur les matières suivantes :».
Alors, M. le ministre, je vous l'ai dit,
on a fait déjà une discussion, la semaine dernière, sur toute la question de la
désignation. Et, si j'ai pris la peine de remonter à la Déclaration des <Nations
unies...
Mme Massé :
... de
la désignation. Et, si j'ai pris la peine de remonter à la Déclaration des > Nations
unies, à remonter à la motion dont... nous avons adoptée unanimement ici, à
l'Assemblée nationale, le texte d'une motion qui reconnaissait que le
gouvernement devait s'attarder à reconnaître les principes... Là, je vais vous
la lire, le dernier paragraphe seulement :
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement du Québec de reconnaître les principes et de s'engager à négocier
la mise en oeuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des
peuples autochtones avec les Premières Nations et les Inuits.»
Ça, c'est nous autres qui l'a adopté, ça
fait que... Puis il faut se rappeler, là, on sortait de la commission Viens, on
avait envie, tout le monde, de... Le premier ministre a fait des excuses en
notre nom. On a ensuite enclenché, je dirais, le processus pour faire en sorte
que cette déclaration des Nations unies devienne, pour les législateurs
québécois, devienne un cadre général. On parle des gens qui nous ont accueillis
ici il y a 400 ans, là. Il me semble que c'est la moindre des choses de
reconnaître ce que les Nations unies leur a reconnu.
Et c'est pourquoi je pense qu'au mois
d'octobre 2019 cette Assemblée nationale avait reconnu ensemble... Donc, le
gouvernement était d'accord, ça a été un vote unanime, tout le monde était
conjoint sur cette motion-là. Le gouvernement était aussi... puis c'était le
même gouvernement qui est là, en face, aujourd'hui, était d'accord pour
dire : Bien, on reconnaît les principes, mais on va travailler à la mise
en œuvre.
Et pour moi, ici, dans le sous-amendement
que je propose, j'ai indiqué au ministre de la Santé, parce que c'est de lui
qu'on parle... on ne parle pas du ministre des Relations avec les Premières
Nations et des Inuits, on parle du ministre de la Santé, qui n'a pas
nécessairement une habitude de travailler avec les représentants des Premières Nations
et des Inuits. On dit : Ce comité-là, il ne sera pas créé par règlement,
éventuellement, on le veut... on veut qu'il soit créé effectivement ici,
maintenant, avec les représentants légitimes des Premières Nations et des Inuits.
Puis ce pourquoi je vous ai lu
l'article 18 et 19, c'est parce que ce n'est pas à nous de choisir qui ou
non on veut avoir dans ce comité-là. Ils ont des représentants et
représentantes déterminés, légitimes. On peut en ajouter d'autres, oh, sans
aucun problème...
Une voix : ...
Mme Massé : ... — c'est
ça, mon problème — on peut en ajouter d'autres. Mais l'enjeu, c'est
qu'à la base il faut être capables de reconnaître que, comme le dit
l'article 18... que, ce qui concerne leurs droits, on s'assoit, nous,
comme État, avec comme intermédiaires les représentants qu'ils ont eux-mêmes
choisis, conformément à leurs procédures.
Alors, c'est ça, M. le ministre, que je
viens faire ici. On avait fait un début de discussion, la dernière fois, en
parlant de désignation, et là, bien, j'opte pour un pas de plus qui est celui
de clairement l'inscrire dans la loi que, minimalement, il y aura les
représentants des Premières Nations et des Inuits qui seront assis autour de la
table de ce comité.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Lafrenière : Oui, merci.
Merci, M. le Président puis merci à la collègue pour les notions qu'elle nous a
rappelées ici. Écoutez, c'était riche, alors ma réponse va l'être un peu plus
longue aussi, M. le Président. Déclaration des Nations unies, DNUDPA, comme on
dit dans ce beau jargon, j'en suis. Nous en sommes, comme gouvernement. Dans
cette Assemblée, on a déjà voté à trois reprises. Ce qu'on a dit, M. le
Président, c'est : Au-delà de cette volonté, comment on y donne vie?
Comment ça s'applique au quotidien? M. le Président, la décision qu'on a prise,
de notre côté, c'est de le mettre dans des ententes, ententes de nation à
nation. Et de l'aveu même de plusieurs groupes autochtones au Québec, nos
ententes, comme l'entente avec les Cris, dépassent de beaucoup la déclaration
des Nations unies. Ceci étant dit, la collègue a bien fait de le souligner, ça
demeure un enjeu, comment on y donne vie, comment on le fait.
Deuxième point, M. le Président, quand on
parlait de représentants des Premières Nations et des Inuits, on a eu cette
discussion-là l'autre jour, M. le <Président, puis ça...
M. Lafrenière :
représentants des Premières Nations et d