CAT — 9 June 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2015-06-09
Quebec — Committees
Le Président (M. Auger) :
Merci, M. le député de Dubuc. Je céderais maintenant la parole au ministre des
Affaires municipales et de l'Occupation du territoire.
M. Moreau : Merci,
M. le Président, tout ça, oui. Alors, M. le maire, M. Potvin, je vous souhaite
la plus cordiale bienvenue à
l'Assemblée nationale, de même qu'à M. Ménard et à Me Boivin. Je sais que c'est
un projet de loi qui vous tient à
coeur, que vous avez travaillé de longue haleine pour arriver à sa
présentation. Enfin, je dirais plutôt, je pense, que, dès le départ, l'idée d'un projet de loi n'était
pas nécessairement sur la table, mais, à tout le moins, l'idée de réaliser la
récupération d'énergie ou d'utiliser la
récupération d'énergie possible pour faire de la culture en serre était un
projet qui a été analysé par la ville depuis fort longtemps.
Et donc le projet de loi n° 208
est celui qui viendrait lever les obstacles d'ordre juridique pour permettre la
réalisation d'un projet qui serait extrêmement structurant au plan
économique pour non seulement la municipalité de Saint-Félicien, mais pour l'ensemble de la région. Ce serait un levier de création d'emplois,
un élément de stimulation économique locale et régionale. Et vous
estimez même qu'il pourrait renverser, ce que j'en comprends, la tendance démographique négative, et donc permettre la
rétention, dans la municipalité ou dans la région, d'une main-d'oeuvre liée au renforcement des pôles agricoles et agro-industriels.
Alors,
le projet de loi est, en cela... et le projet est, en cela, intéressant. Vous savez, M. le maire, qu'il
y a des éléments du projet
de loi qui font l'objet d'oppositions. On a des intervenants qui souhaitent faire valoir certaines oppositions
au projet de loi et nous allons les entendre. Je vous dirai simplement
que, pour ma part, les explications qui ont été données par la ville pour la configuration ou l'organisation des choses... notamment mon collègue le député
de Dubuc, que je remercie au
passage, parlait d'un OSBL, moi je parlerais d'un OBNL...
M. Moreau : Ce n'est pas grave, on parle de la même chose
avec des lettres différentes, alors un organisme
à but non lucratif, c'est, je
pense, d'ailleurs, dans la... j'ai lu
les représentations des intervenants qui souhaitent être entendus, un élément de question. Alors, lorsque
vous aborderez les explications liées au projet de loi, je vous
prierais d'insister là-dessus et sur le fait de nous expliquer en quoi la
création d'un OBNL peut constituer un élément ou constitue un élément important
pour la réalisation du projet.
Alors,
je ne m'étendrai pas plus longuement, M. le
Président, étant donné qu'on aura des
échanges et avec les représentants de la ville et avec les intervenants,
et nous sommes prêts à vous écouter, en
ce qui concerne la
partie gouvernementale.
Le Président (M.
Auger) : Merci, M. le ministre. M. le député de Gaspé, pour vos remarques
préliminaires.
Lelièvre : Merci, M. le Président. Bonsoir, M. le maire. Bonsoir, M. Ménard, Me
Boivin. Écoutez, j'ai lu avec attention l'ensemble des
documents que vous nous avez transmis, en l'occurrence le projet de loi, également
de la correspondance reçue de citoyens
et citoyennes de votre communauté. D'emblée, je peux
vous dire que je comprends la vision du conseil municipal, qui est de
tenter de diversifier une économie basée traditionnellement sur l'industrie forestière. Puis on sait les soubresauts de l'industrie forestière, je connais bien votre région, je suis allé à quelques
reprises. Donc, je salue l'initiative de la ville de vouloir s'impliquer dans le développement économique de son milieu, hein, puis
pour le bien... le mieux-être de ses citoyens
et citoyennes. On parle d'une centaine d'emplois qui pourraient être créés
à l'étape I et une possibilité de 400 emplois à la phase IV du projet, là,
éventuellement.
même temps, un peu comme M. le ministre, je suis sensible aux préoccupations des
citoyens qui nous ont adressé certains
commentaires. Donc, on aura l'occasion d'entendre tous ces gens-là ce soir avec
attention puis on va... soyez assurés que
notre intention, c'est de prendre position de la façon la plus transparente et
la plus, je dirais, avantageuse, hein, pour l'ensemble de la communauté
que vous représentez. Donc, au plaisir de vous entendre sur votre projet, M. le
maire.
Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Gaspé. M. le député de
Blainville, pour vos remarques préliminaires.
M. Laframboise : Oui, merci, M. le Président. M. Potvin... M. le maire, M. Ménard, Me
Boivin, d'abord, c'est avec beaucoup
d'intérêt qu'on va entendre votre présentation. Ce n'est pas rien, la création
d'un parc agrothermique, c'est innovateur,
donc il faut que le Québec ait tendance à innover. Quand on fait ça, bien, il y
a le choix du lieu puis il y a le choix
du véhicule aussi, donc l'OBNL. Évidemment, c'est toute une question de
responsabilité. Je pense qu'on est dans le concept, là. J'ai eu la chance de lire les mémoires qui ont été
déposés, mais il faut comprendre que, si on veut... il faut créer de
plus en plus de place aux villes pour qu'elles s'intéressent au développement
économique, mais aussi il faut s'assurer
d'avoir les véhicules nécessaires pour un petit peu... la responsabilité, et
tout ça. Donc, ce n'est pas facile, c'est quelque chose qui est
complexe, surtout quand on est les premiers. Donc, M. le maire, là, je pense
que vous êtes un précurseur, puis il y en
aura sûrement d'autres qui vont suivre votre exemple, donc c'est important
qu'on voie le fond des choses aujourd'hui. Donc, c'est dans cette
idée-là qu'on va intervenir.
Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Blainville. Nous allons maintenant débuter les auditions. J'invite maintenant
les représentants de la ville de Saint-Félicien à se présenter dans un premier temps et à nous exposer les grandes lignes de ce projet de loi. Vous disposez
de cinq minutes, puis, par la suite, nous procéderons à une période d'échange
de cinq minutes avec les représentants de la commission.
M. Potvin (Gilles) : Merci, M. le Président. M. le
ministre, bonsoir; M. Serge Simard,
merci, les membres de l'Assemblée présents, disponibles pour discuter
avec nous, merci de votre disponibilité. M. Ménard, mon directeur général;
M. Boivin, Me Boivin, mon conseiller juridique, conseiller de la municipalité; moi-même en poste depuis 2005
comme maire, mais auparavant, dans mon autre
vie, 25 ans agent de développement et commissaire industriel, pour les plus vieux qui se rappellent
de ces titres-là.
j'aimerais faire un petit parallèle avec la table de ce soir. J'ai présidé, de
2007 à 2010, une commission itinérante. J'avais été mandaté par la ministre
des Affaires municipales de l'époque
pour identifier des opportunités de développement.
Alors, j'ai produit un rapport qui est disponible, là, dans l'onglet de
Ruralité du ministère, Les milieux ruraux comme producteurs d'énergie .
Pourquoi j'avais été choisi à l'époque? Parce que Saint-Félicien a une
caractéristique unique au Québec, Saint-Félicien est la ville per capita qui a le
plus de centrales thermiques, deux centrales thermiques à base de
biomasse dans ma ville, 73 MW de production électrique, mais autant de
capacités d'énergie et d'opportunités de développement de gaspillées qui ne sont pas récupérées, qui
s'envolent en fumée, qui sont rejetées dans la nature, qui ne servent absolument
à rien.
Alors,
les conclusions de mon rapport nous avaient permis d'identifier des
opportunités de diversifier notre économie puis de récupérer, un concept que vous allez
entendre parler de plus en plus au cours des prochaines années : la
nouvelle écologie
industrielle. C'est que les déchets de l'un, d'une première industrie,
sont récupérés par des initiatives d'un
second, puis ça devient, à ce
moment-là, un intrant. Dans le cas de
la serriculture, c'est qu'on veut, de par la démarche, par les pouvoirs que je requière auprès de vous ce
soir, avoir la latitude pour créer un nouveau type de partenariat à l'intérieur
des opportunités perdues des
papetières, des sidérurgies, des alumineries, créer un parc industriel qui
récupérerait l'énergie perdue, l'eau
de procédé qui est rejetée à la rivière, les immenses espaces de zones tampons
qui entourent ces complexes industriels
là. Puis Dieu sait qu'autour de l'industrie forestière, papetière surtout qui est dans un
cycle absolument infernal, qui est en train de se
reconfigurer, il y a là une opportunité!
C'est
sûr que c'est difficile de convaincre l'industrie parce
que ce n'est pas son «core business»,
ce n'est pas de son domaine. Mais je
pense qu'on a... moi, j'ai l'obligation, comme ex-président, comme maire d'une ville qui
est menacée parce qu'elle est mono-industrielle avec la forêt, de créer des
opportunités, de créer un modèle qui va pouvoir servir à tout le Québec. Le modèle, ce qu'on va faire ce soir, ce qu'on
va accepter, ce qu'on va créer, les pouvoirs qu'on va consentir au milieu municipal vont nous permettre de vivre
puis de survivre à travers la politique d'occupation du territoire, entre autres. Si on ferme nos forêts, puis on ferme nos
industries, puis qu'on n'a pas d'alternative, qu'est-ce qu'on fait? On
ramène tout le monde à Québec puis à Montréal? Non, ce n'est pas la solution. Alors, il faut
être agressif. Il faut profiter de ce type
d'opportunité là pour convaincre la grande, moyenne, même la petite entreprise
qui ne sait plus où aller d'accepter que
le milieu propose des opportunités, qu'on fasse des nouveaux partenariats.
C'est ce que la ville de Saint-Félicien veut faire. C'est un parc industriel conventionnel, mais à l'intérieur des
opportunités de la grande entreprise qui, elle-même, accepte de jouer le jeu. Elle ne veut pas «leader» le dossier, mais elle
accepte d'être partenaire, mettre ses ressources, ses ressources perdues
à la disposition de la communauté, mais accompagner la communauté.
Oui,
M. le Président. Alors, en gros, c'est ça. Je pourrai compléter
par mes réponses, mais gardons en tête, ce soir, que nous créons la nouvelle écologie
industrielle pour le Québec dans un cycle, dans un moment où l'industrie en a
tellement besoin. Puis la justification de l'occupation du territoire
est plus vraie que jamais. J'ai participé à l'élaboration de la Politique de la ruralité à l'époque, j'ai
présidé ma commission, puis aujourd'hui je vous demande de continuer de m'accompagner, de me donner les mandats puis les
pouvoirs nécessaires pour réaliser un premier projet qui va pouvoir être
reproduit à plusieurs exemplaires au Québec. Merci.
Président (M. Auger) : Merci, M. Potvin. Vous avez remis aux membres
de la commission un document. Est-ce que vous voulez le déposer de façon
officielle à la commission, qui deviendrait public?
M. Potvin
(Gilles) : Oui, oui, il me semble que ça va de soi.
Président (M. Auger) : Oui? Donc, je dépose le document. Donc, on
pourrait passer à la période de questions. M. le ministre.
Moreau : Alors, M. le maire, vous avez fait un exposé qui
résume, je pense, l'objectif. Alors, l'objectif, c'est en gros, là, de récupérer la vapeur qui est
produite par une entreprise à proximité, l'acheminer sur la voie publique dans des conduites qui sont construites et financées par la municipalité, en partie, et par l'aide financière du gouvernement du Québec,
et la mettre à la disposition du procédé industriel — je pense qu'on peut dire ça — du procédé industriel pour permettre le maintien en situation liquide des
eaux de récupération qui serviraient au système. Alors, ça, c'est utiliser le
résidu de l'un, inutilisé, pour bénéficier à
l'autre et donc créer une activité économique, qui, au-delà de ça, va permettre
de créer des emplois.
La question que je
vais vous poser est plus liée aux dispositions de l'article 2, là, qui prévoit
que la ville veut constituer un organisme à but non lucratif pour l