Public Finance — 20 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CFP 2025-05-20
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34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 20 mai 2025
Vol. 47 N° 80
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 92, Loi modifiant diverses dispositions principalement dans le secteur financier
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures cinquante minutes)
Le Président (M. Simard) :
Bien. Chers collègues, je constate que nous avons quorum. Conséquemment, nous
pouvons entreprendre nos travaux.
Comme vous le savez, notre commission, la
Commission des finances publiques, est aujourd'hui réunie afin d'entreprendre
les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi
n° 92, Loi modifiant diverses dispositions principalement dans le secteur
financier.
M. le secrétaire, bonjour. Ce matin, y
a-t-il des remplacements ce matin?
Le Secrétaire
Bonjour. Oui, M. le Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par Mme
Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré).
Le Président (M. Simard) :
Alors, je vous annonce que nous avons l'honneur d'avoir dans la salle l'ancien
député du comté de Montmorency, M. Hubert Benoît Décary, que je salue.
Ceci étant dit, nous allons, comme le veut
la tradition, débuter nos remarques par... en fait, non, nos interventions par
des remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de six minutes pour
ce faire.
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci beaucoup...
M. Girard (Groulx) : …bien.
Merci beaucoup, M. le Président. Merci à tous les gens qui sont avec nous
aujourd'hui. Et merci au personnel de l'Assemblée nationale. La Commission des
finances publiques est une commission extrêmement performante et sérieuse. Les
autres commissions sont sérieuses aussi, mais pas aussi… la nôtre est
extrêmement performante. Merci aux députés du gouvernement, merci aux députés
de l'opposition.
Et peut-être ce qui est très important de
dire, c'est que le… nous… le ministre des Finances et le ministère des Finances
est responsable de plusieurs lois du secteur financier, et un omnibus financier
que nous essayons d'amener au minimum à tous les deux ans, c'est complexe. Et
donc nous avons des… plusieurs juristes, fiscalistes de grande qualité avec
nous, du ministère des Finances, de l'AMF et ces gens-là vont être disponibles
en tout temps pour les oppositions. Parce que c'est très important que tout le
débat se fasse avec ouverture et pleine compréhension. Et, dans un monde idéal,
évidemment, le projet de loi serait adopté avant la fin de la session, mais on
va commencer par le commencement. Mais soyez certains que les ressources seront
disponibles pour faciliter la compréhension de tous les éléments qui seront
étudiés dans cet omnibus.
Ce projet de loi dispose de diverses
mesures, dont voici quelques exemples. Il propose une réforme du modèle des
chambres en distribution de produits et services financiers, qui ouvre la voie
à une plus grande harmonisation pancanadienne et répond à des demandes de
longue date de l'industrie. Il propose un élargissement de la couverture du
Fonds d'indemnisation des services financiers, confirmant l'engagement du
Québec à offrir aux citoyens la meilleure protection qui soit en matière de
fraudes commises par les acteurs des produits et services financiers. Il
propose de donner à l'organisme d'autoréglementation du courtage immobilier la
possibilité de refuser l'octroi et le maintien d'un permis à une personne qui,
à son avis, n'a pas ou n'a plus la probité nécessaire pour œuvrer dans ce
secteur, répliquant un pouvoir similaire dont dispose l'Autorité des marchés
financiers. Ces mesures, une fois cumulées, permettront de garder nos lois à
jour, comme je me suis engagé à le faire.
J'en profite d'ailleurs pour remercier
tous les acteurs qui ont pris le temps de communiquer avec le ministère des
Finances afin de proposer des pistes d'amélioration inspirées par leur
expérience pratique. Leur contribution se reflète dans la qualité de ce projet
de loi. Je reviens maintenant de manière plus spécifique sur le mandat que la
commission entreprend à l'instant. Je remercie à l'avance les intervenants que
la commission entendra ou lira s'ils sont uniquement… s'ils ont uniquement
soumis un mémoire pour le temps qu'ils auront consacré au présent projet de
loi. J'ai lu plusieurs mémoires, en fin de semaine, M. le Président. Je les
invite, comme j'invite mes collègues parlementaires à faire porter l'essentiel
de leurs commentaires et nos échanges sur les mesures qui sont proposées. Cela
dit, je m'engage de mon côté à les écouter avec ouverture afin de faire en
sorte que ce projet de loi important qui est devant nous soit ultimement adopté
dans sa meilleure version possible et dans l'intérêt supérieur du Québec et de
la protection des Québécois. Je rappelle par ailleurs à toutes les personnes
intéressées que le ministère des Finances demeure à leur écoute. N'hésitez pas
à nous interpeler en prévision des projets de loi futurs, car je sais qu'il y a
d'autres ajustements qui auraient pu être ajoutés à ceux que nous proposons
dans ce projet de loi. Ça, c'est une critique que nous avons reçue, M. le
Président, on nous dit : Félicitations! Très bon projet de loi, mais pourriez-vous
en faire plus? Bien, il y aura d'autres omnibus financiers, M. le Président.
Pour le moment, je vous retourne simplement la parole, M. le Président, afin
que nous puissions sans tarder débuter nos travaux. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Simard) :
Merci à vous, M. le ministre. M. le député de Marguerite-Bourgeoy, vous
disposez d'environ quatre minutes 30.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup. M. le Président, merci à tous d'être ici aujourd'hui. J'apprécie
l'ouverture du ministre, là, pour l'ensemble de notre questionnement futur qui
va avoir lieu. Parce qu'évidemment, avec une fusion de la Chambre d'assurances
dommages de la sécurité financière en une seule chambre de l'assurance,
évidemment, il va y avoir des questions là-dessus. C'est certain que, bon, ce
qu'on veut, c'est optimiser...
M. Beauchemin : …l'efficacité
dans l'appareil gouvernemental. Est-ce que le dédoublement des activités…
vraiment avoir été optimisé, ça va être à voir.
Le second point important, je pense, c'est
qu'évidemment il y a un nombre pour le fonds d'indemnisation. Il va y avoir un
nombre additionnel de personnes qui va y cotiser. On va vouloir comprendre les
ramifications et le pourquoi. Évidemment, le rehaussement des peines de fraude,
augmentation des montants de pénalités, tout ça, je veux savoir comment on
encadre ça vraiment, pour être capable de bien être clair, pour que ce soit
transparent pour tous les gens qui vont être impliqués par ça. Plus de
souplesse de la part de l'AMF pour les assureurs de dommages. Bien oui,
évidemment, ça, je pense que c'est normal. On pourra regarder, voir si vraiment
l'objectif est atteint. Et la dernière modification, évidemment, là,
significative c'est l'encadrement du courtage immobilier. On va avoir des questions
sur ça, c'est certain. Surtout en ce qui a trait à la définition même ou à la
clarté, en fait, de la probité. Donc, pour moi, ça va être important qu'on
puisse aller dans ce sens-là. Puis, bien, c'est ça, on va avoir pas mal de
questions. Je suis content d'avoir les gens qui sont devant nous aujourd'hui,
qui vont passer devant nous. On pourra leur poser plusieurs questions et en
espérant qu'on va être capable d'avoir réponse à ceux-là pour que tous ici et
le Québec dans son entier puissent être plus clair par rapport à ça. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Simard) :
Merci à vous, cher collègue. Alors, cet avant-midi, nous aurons la chance de
recevoir quatre groupes dans le cadre de trois interventions et nous débutons
ce matin, ce qui est assez rare, par un duo représenté par la Chambre de
l'assurance de dommages ainsi que la Chambre de la sécurité financière. Alors,
messieurs, soyez les bienvenus. Vous savez que vous disposez d'une période de
10 minutes afin de faire votre présentation. Auriez-vous peut-être d'abord
l'amabilité de vous présenter, s'il vous plaît?
M. Harman (Ted) : Bonjour, je
suis en Ted Harman, courtier en assurance de dommages et je suis le président
de la C.A. de la chambre d'assurance de dommages.
M. Beaudoin (Marc) : Bonjour,
Marc Beaudoin, je suis le P.D.G. de la Chambre d'assurance de dommages.
M. Vézina (Jean-Philippe) :
Bonjour, Jean-Philippe Vézina, président du Conseil d'administration de la
Chambre de la sécurité financière.
M. Leschuitta (Eddie) : Eddie
Leschuitta, président du Comité de gouvernance de la Chambre de sécurité
financière.
Le Président (M. Simard) :
Nous vous écoutons, Messieurs.
M. Harman (Ted) : Merci, M.
le Président. Merci aux membres de la commission de nous recevoir aujourd'hui
dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 92. Mon nom est Ted Harman,
je suis courtier en assurance de dommages et je suis président du C.A. de la
Chambre de l'assurance de dommages. Je suis accompagné de Marc Beaudoin, P.D.G.
de la CHAD. J'oeuvre dans le secteur de l'assurance de dommages depuis plus de
40 ans. J'ai été officier dans les plus importants assureurs québécois,
soit le groupe commerce. Je connais le secteur et je connais bien les enjeux.
M. Girard (Groulx) : …monter
le son ou parler plus proche du micro?
Le Président (M. Simard) :
Oui, la technique s'en occupe. Oui, merci. Veuillez poursuivre, monsieur.
M. Harman (Ted) : Depuis
36 ans, la chambre trouve ses assises juridiques dans une loi. Nos
collègues à la CSF sont issus des mêmes articles de la loi sous les
dispositions des produits et services financiers que la Chambre de l'assurance
de dommages. Au fil des ans, la chambre a accumulé des connaissances, des
compétences et toute une jurisprudence pour soutenir notre seule mission, soit
la protection du public, en matière… en matière d'assurance de dommages.
• (10 heures) •
Je suis très surpris de constater que le
projet de loi n° 92 propose de remplacer un organisme public comme la
chambre par un OBNL privé dépendant de l'AMF. Ce n'est pas simplement une
fusion administrative avec la Chambre de la sécurité financière. D'ailleurs, le
problème n'est pas la fusion. Le problème, c'est qu'on demande aux députés
d'adopter un projet de loi qui réduit la protection du public dans un domaine
qui touche tout le monde, comme l'assurance de dommages, et qui représente
annuellement plus de 17 milliards de dollars en primes d'assurance.
Le consommateur qui verse ces primes, c'est lui le grand perdant dans toute cette
opération, il perd la transparence qui vient avec le comité de discipline et la
Loi sur l'accès à l'information. Il perd l'accès à un syndic en cas de problème
avec un professionnel.
Le projet de loi propose à nos deux
organismes de se fusionner, il nous enlève nos pouvoirs les plus importants
pour encadrer la profession. Et il nous propose de s'entendre plus tard sur la
matière dont on va encadrer les professionnels. En gros, le projet de loi
annonce une réforme, mais il ne propose pas une réforme. Peut-être que
l'intention est bonne, mais c'est une réforme qui n'est pas bien planifiée et
on sait bien ce qui arrive avec les réformes quand elles ne sont pas bien
planifiées. Je pose la question aux parlementaires aujourd'hui…
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Harman (Ted) : ...aujourd'hui.
Pourquoi ne pas s'entendre d'abord sur la manière dont nous allons faire cette
réforme puis adopter le projet de loi pour mettre la... pour la mettre en
œuvre? Pourquoi adopter une loi en espérant que tout se passe bien plutôt que
de s'assurer que tout se passe bien avant d'adopter la loi? Il existe une seule
façon de protéger... de bien protéger le public. Ça prend un organisme public
mandaté par une loi, soit en créant un ordre professionnel ou en créant un
organisme d'autoréglementation, comme nous l'avons déjà.
La mission, les fonctions et les pouvoirs
de la Chambre, du syndic et du comité de discipline doivent demeurer dans la
loi. C'est la seule manière de s'assurer une protection du public équivalente à
ce que nous avons aujourd'hui. Toute autre proposition constitue un recul en
matière de protection du public. L'importante réforme que constitue le projet
de loi n° 92 nous apparaît précipitée. Elle a été mise de l'avant sans
consultation de la Chambre ni de nos collègues de la CSF ainsi que d'autres
parties prenantes touchées.
Pour maximiser les bénéfices de cette
réforme, il faut impliquer les professionnels de l'assurance, les organismes de
réglementation et les représentants du public. Sinon, cela revient à demander
aux parlementaires de voter un chèque en blanc quant à la protection du public.
Et le Québec... le Québec va devenir la seule juridiction canadienne où les
professionnels de l'assurance de dommages ne sont plus encadrés par une loi.
Merci de votre écoute et au plaisir de
poursuivre la discussion avec vous après la présentation de mon collègue de la
Chambre de la sécurité financière.
M. Vézina (Jean-Philippe) : M.
le Président, Jean-Philippe Vézina, président du conseil d'administration de la
Chambre de la sécurité financière. Je suis accompagné de M. Eddie Leschuitta,
président du comité de gouvernance mais aussi administrateur indépendant.
La CSF encadre 34 000 conseillers de cinq
professions. Elle gère un système de formation continue reconnu comme l'un des
meilleurs au Canada. Elle veille à la déontologie et administre tout le
continuum plaintes, enquêtes, discipline.
Ce que je veux d'abord dire à cette
commission, c'est que le sujet dont il est question est déterminant pour des
millions de Québécois qui comptent sur nous pour préparer leur retraite, pour
réaliser des rêves, pour protéger ceux qu'ils aiment. Le gouvernement peut
réformer l'encadrement et la distribution des services financiers, et on lui
offre toute notre collaboration, mais le projet de loi n° 92, dans son
état actuel, ne contient pas les ingrédients d'une réforme réussie.
Actuellement, on a un système qui a fait
ses preuves, qui est crédible et qui est 100 % autofinancé. Si on veut le
réformer, il faut procéder avec soin. Le cœur de la réforme, c'est le
déplacement de près de 22 000 conseillers en épargne collective de la CSF vers
l'OCRI. Tout le reste découle de ce choix.
Le gouvernement s'est montré sensible aux
arguments des grandes institutions financières. Pour ces institutions, le
projet loi 92 amène plus de simplicité. Mais, pour permettre plus de simplicité
à un endroit, on ajoute de la confusion pour les consommateurs et beaucoup de complications
pour les conseillers multidisciplinaires.
Sur les 22 000 représentants transférés à
l'OCRI, il y en a 6500 qui sont à la fois conseillers en épargne collective,
planificateurs financiers ou conseillers en assurances collectives. Pour ceux-là,
la vie va devenir plus compliquée parce qu'ils vont devoir évoluer dans un
système avec plusieurs entités, l'OCRI, la CSF, l'AMF. En conséquence,
plusieurs vont se spécialiser, faisant diminuer l'offre de services, surtout en
région.
Les conseillers multidisciplinaires
servent plus de 2 millions de clients. Il y a une autre conséquence.
Actuellement, la CSF a la masse critique pour développer une offre
impressionnante de formations continues sur tous les enjeux éthiques,
économiques, technologiques, sociaux, culturels liés aux services financiers. C'est
un système de formations qui a inspiré plusieurs ordres professionnels et
régulateurs au Canada. En déplaçant 22 000 membres et 40 % des revenus, ce
modèle de formations s'écroule.
La réforme crée un nouvel organisme, la
Chambre de l'assurance issue de la fusion des deux chambres actuelles. Cette
nouvelle chambre sera un OBNL privé extérieur à la
Loi sur la distribution des
produits et services financiers. Ce faisant, on déstructure le système de
plaintes, d'enquête et de discipline. Plusieurs aspects ont été insuffisamment
évalués en matière de protection du public. Il y a une brèche qui nous
inquiète.
Enfin, sur la fusion elle-même entre les
deux chambres, le gouvernement réunit des métiers très différents, l'assurance
de personnes qui répond à une...
M. Vézina (Jean-Philippe) : ...planification
et l'assurance de dommages qui est la protection des biens. Le nouvel organisme
sera forcément complexe, avec potentiellement deux divisions et des économies
limitées.
Le projet de loi prévoit, par ailleurs,
des délais peu réalistes. Neuf mois pour compléter l'intégration, alors
que l'OCRI mettra quatre ans pour compléter la sienne, après plusieurs
consultations.
Le projet de loi n° 92 comporte des
éléments intéressants, nous les mentionnons dans notre mémoire. Le gouvernement
peut amorcer sa réforme, mais nous recommandons fortement de suspendre
l'application des articles touchant la CSF avec la fusion de la CHAD, le temps
de bien préparer la réforme souhaitée et de s'assurer qu'il n'y aura aucune
faille dans la protection du public.
M. le Président, je t'adresse un
commentaire personnel. J'ai 32 ans, je suis un passionné de la
planification financière. J'ai pris la relève de mon père, je dirige aujourd'hui
une équipe multidisciplinaire de 13 personnes. Je crois au développement
des conseillers. J'enseigne, moi-même, à l'université. L'industrie est plus
complexe que jamais à cause des nouveaux produits financiers, de nouveaux
enjeux comme la cybercriminalité, le vieillissement d'une population de plus en
plus diversifiée. Le défi de formation est constant. Le projet de loi vient
désorganiser quelque chose qui marche bien.
Par respect pour les consommateurs, pour
les experts, les professionnels de notre industrie et la relève, avant de
procéder, soyons sûrs de notre coup. Merci. Nous sommes maintenant prêts pour
répondre à vos questions.
Le Président (M. Simard) : Alors,
messieurs, merci pour votre respect du temps. Ceci étant dit, je cède la parole
à M. le ministre des Finances. Votre groupe parlementaire dispose de
16 min 30 s.
M. Girard (Groulx) : C'est...
Pouvez-vous me donner l'information complète sur la répartition du temps?
Le Président (M. Simard) : 16 min 30 s
pour votre groupe de parlementaires et... attendez, je les avais sous les yeux
il y a quelques instants, un peu moins pour l'opposition, donc... bien non...
oui, pour 12 min 23 secondes pour l'opposition.
M. Girard (Groulx) : Et je
sais qu'on ne peut pas souligner l'absence de collègues, mais, supposons que
des collègues étaient absents, qu'en serait-il de leur temps?
Le Président (M. Simard) : Bien,
on verra. On traversera la rivière une fois rendu au pont, puis on est très, très
loin du pont, M. le ministre. Alors, faites vos 16 min 30, puis je
m'occuperai très volontiers du reste.
M. Girard (Groulx) : Non,
non, mais...
Le Président (M. Simard) : Vous
pourrez même partager votre temps avec vos collègues.
M. Girard (Groulx) : Il y a
beaucoup de gens ici, là, qui veulent comprendre le mode d'opération et puis...
Le Président (M. Simard) : Absolument.
Je lis ça dans les yeux des gens qui sont devant moi.
M. Girard (Groulx) : Bon.
Alors, merci énormément pour votre présentation, votre présence et les
mémoires, les mémoires qui ont été soumis, analysés, et je sais qu'il y a eu
plusieurs discussions avec le ministère, alors ce serait peut-être ma première
question générale. Et, je ne sais pas comment vous voulez procéder, est-ce que
vous voulez répondre deux fois ou... mais est-ce que vous êtes... Est-ce que le
ministère a répondu à vos interrogations? Parce que, quand même, il y a
plusieurs affirmations qui sont faites.
• (10 h 10) •
Nous, notre objectif, c'est évidemment un
modèle qui est plus robuste, d'augmenter la protection des Québécois. Les
règles de transition, c'est... on fait un effort pour donner une ligne du temps
qui est claire pour réduire l'incertitude. Puis la mission de la protection du
public, c'est évidemment non négociable. Et puis on a une grande confiance en
la
loi sur... le système financier et l'AMF, et donc... Et puis il faut... il
faut être conscient aussi que ce sujet-là, le sujet des chambres, et,
évidemment, il précède mon arrivée au ministère des Finances, c'est un sujet
qui avait été étudié par mon prédécesseur, qui favorisait une autre solution,
c'est-à-dire l'abolition des chambres. Et nous, on propose une fusion avec une
supervision accrue de l'AMF.
Alors, ma question est générale. Est-ce
que le ministère a bien collaboré avec vous? Avez-vous été entendus, avez-vous
été rassurés? Est-ce que vos interactions vous ont aimé... vous ont amené à
revoir certaines de vos positions?
M. Vézina (Jean-Philippe) : Je
vais commencer, puis je vais laisser par la suite Leschuitta de... pouvoir
répondre à la question.
Juste dire qu'avant le projet de loi la
CSF n'a jamais été consultée en lien avec ce projet de loi là. Depuis le dépôt
du projet, bien, oui, on a eu des échanges...
M. Vézina (Jean-Philippe) : ...loi,
bien, oui, on a eu des échanges avec le ministère, c'est vrai, et l'AMF pour
des questions qu'on avait et qu'on trouvait qu'il y avait des brèches
importantes, mais je dois vous avouer qu'on n'a pas été rassurés, puis on
avait, encore une fois, des réponses qui sont incomplètes en lien avec les
brèches qu'on peut voir dans le projet de loi.
Je ne sais pas si tu voulais...
M. Beaudoin (Marc) : Bien,
pareillement pour la Chambre de l'assurance de dommages, là. Les délais n'ont
pas permis d'aller suffisamment au fond des choses. Puis c'est un peu ce qu'on
demande aujourd'hui, c'est de prendre le temps de bien faire les choses. Oui,
il y a des mesures transitoires qui vont s'appliquer, qui sont les mesures
actuelles, grosso modo. Après les mesures transitoires, quelles seront les
règles qui seront mises en place? Ça, on ne les connaît pas. Elles seront à
être déterminées dans neuf mois, 10 mois, 20 mois, 36 mois, on ne le sait pas
encore. Et c'est ces règles-là qui vont avoir de l'impact sur les citoyens du
Québec et la protection du public. Et c'est ce qu'on demande aujourd'hui,
grosso modo, c'est de dire : On peut-tu attendre, avoir ces réflexions-là
et ces discussions-là?, parce que les trois, quatre semaines entre le dépôt du
projet de loi et la date d'aujourd'hui ne nous a pas permis d'aller au fond des
choses et ne nous a pas permis non plus d'obtenir les fondements, pourquoi
est-ce qu'on cherche à changer un système qui fonctionne depuis 36 ans sur le
modèle actuel, qui est connu des citoyens du Québec, qui est connu des
certifiés de l'industrie, qui est connu des organisations et pour lequel on ne
reçoit pas de demande de modification actuellement.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais l'industrie évolue, là. Vous êtes conscients, là, qu'au niveau canadien la
réglementation évolue, là.
M. Vézina (Jean-Philippe) : On
comprend que ça évolue, mais, justement, si on parle, par exemple, du premier
volet, là, de transférer les conseillers en épargne collective vers l'OCRI,
bien, on ne voit pas en quoi que la formation continue pour la protection du
public, elle évolue dans un sens positif. Nous, on remet des questions sur le
point. La formation continue, on le sait, c'est complètement différent. On s'en
va vers un organisme qui n'est pas habitué à l'épargne collective, qui est
habitué à valeurs mobilières. La CSF, ça fait 25 ans qu'on est... qu'on est
là-dedans. Si on prend le nombre de formation continue, qu'on regarde depuis
les dernières années, on a passé de 2 000 à 44 000 de formation. Ça
fait qu'au Québec, on le sait, on a des enjeux qui sont très spécifiques. Ça
fait que je ne vois pas en quoi qu'harmoniser pour le Canada et peut-être créer
une désharmonisation au Québec, c'est vraiment de quoi d'intéressant, là.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Mais l'OCRI et l'AMF ont des compétences aussi, là, vous reconnaissez ça, là?
M. Vézina (Jean-Philippe) : Oui.
M. Girard
(Groulx) :
O.K.
Vézina (Jean-Philippe) : Mais je dis juste... mon seul point, c'est
qu'on a un système qui fonctionne aujourd'hui, depuis 25 ans, puis là, avec le
projet de loi, actuellement... c'est pour ça qu'on demande d'avoir du temps, de
revoir, justement, d'être sûr que qu'est-ce qu'on va faire va être le meilleur
pour la protection du public, parce que présentement on s'en va vers une page
blanche si on prend le projet de loi actuel.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Bien, moi, pour le temps, là, je rappelle que ce sujet-là est discuté depuis
2018. O.K., qu'il y a une évolution au niveau de l'épargne collective au niveau
pancanadien, et le Québec fait
partie du Canada. L'OCRI est un organisme
d'autoréglementation reconnu par l'AMF. Et donc, nous, on est extrêmement
ouverts à vous écouter.
Puis, quant aux consultations préprojet de
loi, bien, c'est-à-dire qu'il y a un processus, là, c'est-à-dire que nous, on a
des réflexions à l'interne avec l'AMF, on a des... divers acteurs de
l'industrie, puis nos... on a plusieurs lois qui doivent être modernisées, et
après ça, on divulgue ça publiquement. Et, maintenant, bien, c'est le moment,
vous avez déposé un mémoire, il y a des consultations particulières, il y aura
des débats avec mes collègues. Et nous, ultimement, ce qu'on veut, c'est un
modèle plus robuste, une meilleure protection des épargnants. Puis, les règles
de transition, bien, on a... on a clarifié une espèce de ligne du temps pour
réduire l'incertitude, mais c'est... c'est donc maintenant, là. C'est-à-dire
que tout le monde doit être concentré pour faire le meilleur projet de loi
possible maintenant. On ne pourra pas remettre ça dans quatre ans ou... Je
pense que l'exercice de 2018...
M. Girard (Groulx) : ...ne
s'est pas complété au niveau des chambres pour diverses raisons. Je n'étais pas
là, et le contexte a bien évolué maintenant, mais l'objectif, c'est d'adopter
un projet de loi qui va être dans l'intérêt supérieur du Québec.
Donc, c'est maintenant que tous vos points
doivent être considérés, analysés, puis je vous remercie parce que les mémoires
sont clairs. C'est, je dirais, à la lecture de vos mémoires, que, grosso modo,
vous n'êtes pas favorables à la fusion. Et, ça, je dois vous avouer que je suis
très surpris. Je suis très surpris, parce que, l'autre proposition, c'était
l'abolition pure et simple, là. C'est ça, le modèle qui a été proposé, en 2018.
Or, nous, on veut travailler avec les gens
en place. L'expertise en assurance, elle existe, on la reconnaît. On veut la
fusionner et donc on élimine un organisme, on en a deux, on passe à un. Et, en
même temps, on reconnaît l'évolution au niveau des fonds mutuels, l'épargne
collective qui a lieu au niveau canadien.
Alors, il y a le contexte avec l'OCRI, qui
est la fusion de deux organismes d'autoréglementation pancanadiens, et puis il
y a toute la question, les exigences des citoyens qui nous demandent
efficience, productivité, et pourquoi deux chambres, deux directions, deux
conseils d'administration, alors qu'on a... il y a des points communs au niveau
de la gouvernance, l'expertise, la formation. Puis, nous, on pense que le
regroupement avec la supervision de l'AMF, parce que l'expertise va rester au
niveau de la chambre, mais l'AMF va amener une protection supplémentaire qui
est positive.
Alors, moi, mon... ce que je vous
encouragerais, c'est... c'est de collaborer puis d'aller dans les détails du
projet de loi avec nous, pour qu'on fasse un projet de loi de grande qualité
maintenant, d'aller au-delà de la simple opposition.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Vézina (Jean-Philippe) : M.
le... M. le Président, en fait, dans notre mémoire, dans mon allocution, dès le
départ, on est pour, on est en collaboration pour le projet de loi, comme on a
mentionné dans notre mémoire. Il y a certains aspects qui touchent principalement
la CSF, la CHAD, que justement, nous, on remet en question, parce qu'on n'a pas
de consultations puis on trouve que le neuf mois de fusion, c'est beaucoup trop
court, que, justement, il va y avoir un impact pour la protection du public,
pour les conseillers. Puis c'est surtout ça qu'on demande. C'est de prendre le
temps de s'assurer qu'on fasse les bonnes choses pour la protection du public.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre. Il vous reste cinq minutes 30 s.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Puis, M. le Président, comme on va passer plusieurs heures ensemble puis qu'on
a des invités qui sont là, ce serait-tu possible que je sois assis d'une
manière que je les regarde? Parce que là, je regarde vers un mur et j'ai des
gens extrêmement compétents qui sont venus témoigner ici, là. Ça fait que
peut-être j'irai m'asseoir là?
Le Président (M. Simard) : Bien,
vous serez le bienvenu, M. le ministre. On sera un à côté de l'autre. Quel...
Je m'en réjouis!
M. Girard (Groulx) : Parfait.
Parce que là je trouve ça particulier. J'ai des gens qui me parlent là, puis...
Le Président (M. Simard) : Je
m'en réjouis à l'avance, M. le ministre.
• (10 h 20) •
M. Girard (Groulx) : Vous
savez... Bon, j'allais faire un commentaire non pertinent, alors je ne le ferai
pas. Non mais c'est parce que quelqu'un te parle puis tu regardes dans l'autre
sens, ce n'est pas... ce n'est pas favorable à la discussion. Mais, c'est très
important, ce que vous dites. Parce que, bien sûr, c'est un omnibus, ça fait
qu'il y a des... il y a des... il y en a, on veut augmenter la protection au
niveau du courtage immobilier, au niveau de la protection en cas de fraude.
Mais, vous, ce matin, vous êtes ici pour les chambres. Et là, moi, je vous
demande la collaboration au niveau de la fusion des chambres. Je vous demande
des... J'ai posé énormément de questions à l'AMF et au ministère des Finances
sur la transition. Parce qu'on peut avoir la meilleure loi et la meilleure
réforme, si la transition ne se fait pas de manière harmonieuse, où tout le
monde travaille ensemble pour qu'on aille une chambre de l'assurance qui est
performante au bénéfice de la protection des Québécois puis de l'intérêt des
Québécois, c'est-à-dire que si les gens ne collaborent pas dans la transition,
ça va être un accouchement difficile.
Alors, moi, j'ai posé énormément de
questions. Est-ce que tout ça peut être fait en neuf mois?...
M. Girard (Groulx) : ...est-ce
qu'on sait exactement où on veut aller puis comment on veut procéder? Et j'ai
posé des questions là-dessus pas plus tard qu'hier soir, et, pas plus tard que
ce matin, j'ai révisé les règles de transition. Alors, est-ce... qu'est-ce qui
vous agace dans la transition, dans la façon dont elle est proposée, au-delà du
fondamental que vous vous opposez à la fusion?
M. Vézina (Jean-Philippe) : M.
le Président, je serais la parole à M. Eddie Leschuitta, qui a une expérience
en fusion, une grande expérience en fusion, étant associé directeur de
plusieurs cabinets.
M. Leschuitta (Eddie) : Merci.
Alors, justement, sur la fusion, si on regarde simplement cet aspect-là, pour
nommément mentionner que l'OCRI, ça a pris quatre ans. On ne veut pas prendre
quatre ans. Mais, si on veut aller de l'avant avec la fusion, il y a des choses
qu'on peut faire qui sont, je pense, un peu mieux planifiées.
Typiquement, dans la fusion, on annonce la
fusion, et on prend le temps de se préparer, à une date ultérieure, on arrive à
la fusion. Et, entre temps, on peut nommer le nouveau PDG, on peut nommer le
nouveau président du conseil, on peut nommer les comités de transition, mais
donnons-leur le temps de s'asseoir puis planifier, de commencer avec un
organigramme, que les gens sachent où ils s'en vont. Donnez-nous le temps de planifier
sur quel système financier qu'on va choisir, sur quel système des ressources
humaines qu'on va choisir, les règles internes, etc., pour qu'on puisse
planifier sans nuire aux opérations, jour à jour...
La façon que c'est proposé présentement,
quand on va les mettre, les deux chambres, ensemble la même journée, ils vont
travailler, ils vont... et ils vont travailler ensemble, mais, effectivement,
ils vont être... ils vont être en train d'essayer de faire la fusion dans le
même temps. On préfère que les deux chambres continuent à court terme de
fonctionner, et, quand que ce sera planifié, on pourra les fusionner. Ça, c'est
un point.
Deuxième point. Financièrement, on est
autofinancés. Et présentement, la CSF, on a 9-10 millions de surplus. Ce
surplus-là représente l'équivalent de neuf mois d'opération. Ces neuf mois
d'opération là, ça peut passer vite parce qu'on va avoir une réduction de
revenus avec le transfert à l'OCRI d'à peu près 6,4 millions et même, à
moyen terme, avec la réduction des coûts variables, etc., on peut avoir un
2 millions et demi, peut-être même 3 millions de pertes. Quand on
commence avec 9 millions de surplus et on prévoit des pertes, ça va aller
vite. Et nous, on est un OAR. On n'a pas les moyens d'aller dans le négatif, on
ne peut pas aller à la banque pour se faire financer.
Alors, il y a tellement de questions sur
l'opérationnel, de comment que ça va fonctionner. On demande simplement :
Donnez-nous le temps de bien planifier pour qu'on puisse s'en sortir sans que
ça devient... que ça vient déranger les opérations des deux chambres et qu'on
mette à risque le public parce qu'ils sont distraits, en train d'essayer de
faire la fusion.
Le Président (M. Simard) : En
30 secondes, s'il vous plaît. M. le ministre ou... M. Vézina. Oui, M., je
vous en prie.
M. Girard (Groulx) : ...complétez
votre invention, là. Je n'ai pas besoin de mon 30 secondes.
M. Beaudoin (Marc) : Oui.
Bien, peut-être... juste en 30 secondes, un des éléments, ce n'est
peut-être pas nécessairement la transition, c'est ce qui va se passer après la
transition. Comment on harmonise les règles entre les deux organisations alors
que ce n'est pas déterminé à l'avance? Actuellement, la CSF a 30 unités de
formation continue, la chambre a 20 unités de formation continue. Là, on
se dit : On décidera, dans un an et demi, dans deux ans, ce sera quoi, le
modèle? Ça fait que ça, ça crée des incertitudes.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci beaucoup. Alors, on va pouvoir poursuivre ces échanges. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : J'ai combien
de temps?
Le Président (M. Simard) : 14
min 30 s.
M. Beauchemin : 14 min 30 s.
Bon, bien, écoutez, merci, là, à vous d'être ici. Je pense que... En entrée de
jeu, je vous écoutais en tout début puis vous parliez de la réduction de la
protection du consommateur. Comment? Comment est-ce... Comment vous les...
Comment ça se fait que la protection va être réduite si on va de l'avant, selon
vous?
M. Harman (Ted) : Non, non,
mais c'est parce que... Tout d'abord, notre seule mission ici, c'est la
protection du public. C'est reconnu dans la loi, que notre seule mission, c'est
la protection du public. On veut enlever les deux chambres de la loi, on veut
créer un OBNL qui, lui, va avoir ses propres règles, mais ça va être une
entreprise privée qui, lui va, être assujettie à d'autres règles. Donc, tout
d'abord, juste en faisant l'extraction des deux chambres...
M. Harman (Ted) : ...de la
Loi sur la distribution des produits et services financiers, ça enlève les
protections qui sont inhérentes à des articles de loi, soit la création du
comité de discipline et les deux bureaux de syndic qui existent depuis...
depuis 25 ans maintenant. Donc, est-ce qu'il va y avoir un bureau de syndic
après? Ça, là, c'est... ce n'est pas défini nulle part dans le projet de loi.
Ça va être à négocier après. Il y a déjà toute une... toute une jurisprudence
qui a été bâtie et reconnue par les cours du Québec en matière d'assurance de
dommages et dans la sécurité des épargnants, des Québécois et Québécoises,
donc...
M. Beauchemin : Bien, je vous
entends. Ça fait que, si je comprends ce que vous me dites, là, O.K., c'est
que, pour vous, ce qui compte, c'est qu'il y ait un plan de match, à savoir au
niveau de la protection, par exemple, du consommateur et d'autres éléments que
messieurs ici ont amenés, qui n'a pas été encore délibéré. N'est-ce pas ça un
peu le concept en tant que tel de neuf mois de fusion, de... justement, de
passer au travers de ça? Puis je rajoute à ça l'AMF. Je fais juste faire
l'avocat du diable pour avoir une conversation avec vous, pour voir peut-être
s'il y a une faiblesse dans ce raisonnement-là, parce que c'est la position du
gouvernement. Moi, je veux juste comprendre, parce que c'est ça,
l'argumentaire, si, selon vous, c'est faible ou c'est solide comme argument.
M. Harman (Ted) : La
faiblesse de cet argument, c'est de dire : On va prendre ce qui est bien
structuré, qui fonctionne très bien et on va se diriger vers un peut-être,
peut-être que ça va bien fonctionner, peut-être que ça va être bien encadré. On
n'a aucune idée, là. Nous avons... Ça fait seulement que cinq semaines que nous
avons pris connaissance du projet de loi du ministre, et nous sommes, depuis ce
moment-là... Les deux chambres n'ont pas de problème avec la notion de
fusionner les deux chambres, mais il ne reste pas moins qu'il va y avoir deux
publics très divergents à l'intérieur de la chambre. Il va y avoir assurance de
dommages et il va y avoir assurance vie et assurance collective. C'est deux...
C'est deux publics qui sont très divergents. Moi, je dirige un cabinet avec 25
professionnels, j'ai un professionnel dans l'assurance vie et assurance
collective et j'en ai 24 qui oeuvrent dans le secteur d'assurance de dommages.
Donc, moi, je vois ça comme : il va y avoir une division assurance de
dommages à l'intérieur de la chambre et il va y avoir une division assurances
vie à l'intérieur de la chambre. Donc, à toutes fins pratiques, ce qu'on est en
train de dire, on veut changer les structures qui existent aujourd'hui pour
avoir une seule... un seul C.A. et un seul P.D.G. De mon point de vue, c'est...
ce n'est pas trop... ce n'est pas trop gagnant comme stratégie.
M. Beauchemin : ...parce que
l'argumentaire, évidemment, c'est que l'AMF aura un rôle de supervision, grosso
modo, dans ça. Selon vous, cet argument-là, ce n'est pas bon, l'AMF qui...
M. Harman (Ted) : Bien, l'AMF
a déjà un rôle de supervision des chambres. Nous passons des audits aux trois
ans. Par ailleurs, nous avons eu des audits annuels avec l'AMF, pendant trois
ans, où est-ce qu'ils ont fait des secteurs spécifiques chaque année pendant
trois ans. Et là nous sommes sur un régime de des audits aux trois ans. Mais
tout ce processus, on... ils nous inspectent, ils nous donnent leurs
commentaires, nous, on répond à leurs commentaires et on met en place
tangiblement des changements à nos procédures et notre façon de faire pour
cadrer aux problèmes qu'ils ont soulignés. Donc, nous sommes déjà surveillés
par l'AMF, mais on n'est pas sous le contrôle de l'AMF.
• (10 h 30) •
Et ça, c'est un autre point que j'aimerais
juste soulever, là. Ce n'est quand même pas négligeable, là. Les deux... Les
deux conseils d'administration ont chacun bâti une gouvernance qui est quand
même assez robuste. Là, ce qu'on va faire, c'est que toute cette gouvernance
qui a été construite au fil des ans va être mise de côté, et nous allons devoir
créer une nouvelle gouvernance basée sur le... ce qui va être négocié avec
l'AMF dans un OBNL privé, plutôt que d'avoir la gouvernance qui est déjà
reconnue comme une gouvernance exceptionnelle. Je me suis fait dire par les
dirigeants de l'autorité que nous faisons une très bonne job à ce sujet-là.
Donc, je ne comprends pas le fondé de dire : Nous allons tout jeter ça
pour changer vers une autre forme où est-ce qu'il n'y a pas fait aucune preuve,
M. Beauchemin : ...je vais
prendre le rôle de l'avocat du diable, je ne veux pas décrire le ministre
ainsi, là, ce n'est pas mon objectif de faire ça, mais ce que je veux dire par
là, c'est plutôt...
Une voix : ...
M. Beauchemin : ...un
compliment, mais ce que je voulais dire plutôt par ça, c'est : l'industrie
évolue, on le voit dans le reste du Canada, on le voit...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) M. Beauchemin : …à travers le
monde, en fait. L'industrie évolue, donc prendre l'occasion actuelle qui est
offerte par ce projet de loi là pour justement regarder les meilleures
pratiques de gouvernance dans les deux, les associer ensemble, ça, ce n'est pas
quelque chose que vous voyez qui pourrait être constructif pour l'avenir? Parce
que tantôt je vous écoutais, monsieur, vous me parliez du fait que le réflexe
de vos membres va être de laisser faire la vente de deux ou trois autres
produits pour se concentrer sur un. Ça veut dire une réduction de revenus pour
eux, ça, non?
M. Vézina (Jean-Philippe) : Bien,
en fait, le point que je trouve qui est vraiment important quand on parle de
protection du public, je crois fermement à la multidisciplinarité. Je crois que,
quand on fait la planification, quand on rencontre les gens, on le sait,
1 $ peut être investi une seule fois, 1 $ peut être dépensé une seule
fois. Donc, je crois qu'au Québec, une de nos grandes forces, c'est la
multidisciplinarité, que justement on a des gens qui ont plusieurs disciplines.
Si, demain matin, on est rendu dans un…
dans une nouvelle industrie, où est-ce qu'il y a 6 500 conseillers en
épargne collective qui sont rendus rattachés à l'OCRI, bien là, il va y avoir
deux cotisations, la formation différente à suivre, et ça peut être quand même
assez complexe pour M. et Mme Tout-le-Monde de… les consommateurs, de savoir :
Bien là, si je veux faire une plainte, si je m'approche à l'OCRI, à la CSF, à l'AMF,
à la nouvelle Chambre. Ça fait que c'est là qu'on voit qu'il y a un enjeu quand
même assez important. Puis, si on ajoute de la complexité… complexité pour les
conseillers, bien, je pense que, justement, il pourrait peut-être y avoir des
gens qui vont décider d'abandonner certains permis, et donc avoir un impact
surtout pour les gens en région.
M. Beauchemin : Dans le reste
du Canada, il y a un organisme central, là, l'équivalent de l'AMF, qui s'occupe
de faire les vérifications en déontologie, puis les suivis des plaintes. Est-ce
que vous avez vu? Dans le reste du Canada, j'imagine que vous avez fait des
comparaisons, là, pour regarder la situation au Québec puis le reste du Canada.
Est-ce que, par volume d'affaires... Est-ce que ça se trouve à être plus
efficace, moins efficace, plus de plaintes, moins de plaintes, plus facilement
des réglementations ou pas? Est-ce que vous avez fait ces analyses-là?
M. Beaudoin (Marc) : Bien, c'est
une bonne question, parce qu'en fait, tu sais, je pense que, justement, c'est
le point qu'on apporte aujourd'hui, de venir dire : est-ce qu'on peut se
poser toutes les bonnes questions en amont, planifier correctement le projet
pour par la suite réaliser le projet? Tout à l'heure, vous parliez de la
protection du public. Un des éléments qui va changer drastiquement, c'est qu'on
part d'un modèle actuellement… Nous, on reçoit des demandes d'enquêtes des
citoyens du Québec, O.K.? Quand quelqu'un n'est pas satisfait, on reçoit une
demande d'enquête d'un citoyen du Québec sur lequel il y aura des gens qui vont
aller enquêter. Le bureau du syndic, c'est son travail, puis c'est une grande
partie de nos activités. Le projet de loi, ce qu'il propose, c'est de ne plus
avoir la compétence pour les enquêteurs de pouvoir demander les documents
essentiels pour produire l'enquête. On va pouvoir demander à l'individu, mais
aujourd'hui, dans la majorité des organisations, c'est informatisé. Le syndic
ne pourra pas demander à l'organisation. Actuellement, on peut le faire. Dans
le projet de loi tel qu'il est formulé actuellement, on n'a pas cette zone-là.
Donc, ce que ça va… ce que ça va se
traduire, ça va se traduire en délai supplémentaire. La prochaine entité qui
fera office de peut-être un syndic, qu'on ne sait pas encore c'est quoi, devra
passer par le tribunal administratif des marchés financiers pour faire une
demande pour pouvoir obtenir les documents. Donc, ce que ça fait, ça occasionne
des délais. J'aimerais ça qu'on m'explique pourquoi est-ce que ça, ça assure
une meilleure protection pour le citoyen qui a fait une demande d'enquête, qui
va voir cette demande-là être encore plus longue à être enquêtée puis à être
traitée par notre bureau.
M. Beauchemin : O.K., bien, dans
un contexte où est-ce que justement les deux chambres seraient réunies en une, comment
vous le voyez de façon plus optimale, d'abord, ce processus-là?
M. Beaudoin (Marc) : Bien, en
fait, c'est deux questions différentes. Il y a la question de la fusion qui est
de prendre deux organisations puis les mettre ensemble. Moi, ce que j'ai
adresse aujourd'hui, c'est la question de prendre un organisme qui est public,
qui est prévu dans une loi avec une série d'éléments. Puis de dire : bien ça,
on enlève tout ça, puis dans un an ou dans deux ans, on verra qu'est-ce que ça
va être. Puis ça, le citoyen du Québec, il ne le sait pas, c'est quoi, les
certifiés, ils ne le savent pas, c'est quoi, nous, on ne le sait pas, c'est
quoi, parce que ce n'est pas proposé à l'intérieur du projet de loi.
M. Beauchemin : Mais qu'est-ce
que vous, vous proposeriez pour que ce soit plus optimal?
M. Beaudoin (Marc) : Bien,
actuellement, ce qu'on propose, c'est de garder le modèle actuel qui
fonctionne. On peut rester à l'intérieur d'une loi. Et, s'il y a lieu, on opèrera
une fusion à l'intérieur de la
Loi sur la distribution des produits et services
financiers. Ça, ça se fait, ça a été déposé dans le mémoire du gouvernement,
qui est public, donc, au conseil des ministres, quand on regarde la
section
cinq, les options, puis on écrit clairement : on pourrait opérer une
fusion des deux chambres à l'intérieur de la LDPSF. Donc, pourquoi est-ce qu'on
n'opère pas ce modèle-là puis qu'on n'assure pas le même niveau de sécurité au
niveau de la protection du public puis des personnes, soit des épargnants, soit
des personnes en assurance de dommages?
M. Beauchemin : Je vous
entends, je perçois le confort dans la façon de faire actuelle. Ma question, c'est
vraiment par rapport à… au reste…
M. Beauchemin : ...au reste
du Canada. Là, vous avez comparé, donc, ce qui se passe, là, parce que, dans le
reste du Canada, la fusion existe, là, O.K., ça fait qu'est-ce que... qu'est-ce
que vous voyez ou comment pourriez-vous critiquer, ce... En fait, êtes-vous
d'accord avec la question en partant?
M. Harman (Ted) : Mais...
Bien non, je ne suis pas d'accord avec la question, parce que, dans le reste du
Canada... Et je peux témoigner parce que je suis membre de RIBO, qui est le
Registered Insurance Brokers of Ontario, c'est l'organisme déontologique de
l'Ontario pour les courtiers d'assurances. Ils sont... et eux sont conçus à
l'intérieur d'une loi qui est spécifique à eux et les cabinets de courtage en
assurance de dommages, en Ontario, sont régis par RIBO, les... les
représentants en assurance vie, comme moi, j'ai été à une certaine époque,
quand j'avais plus de cheveux bruns, j'étais agent en assurance vie aussi.
Donc, aujourd'hui, en Ontario, si vous êtes courtier en assurance de dommages,
il y a RIBO, si vous êtes courtier en assurance vie, vous faites affaire avec
FSRA. Ce n'est pas... C'est deux organisations distinctes l'une de l'autre.
M. Beauchemin : Il n'y a pas
un organisme central, il me semble, en Ontario justement, qui...
M. Harman (Ted) : Qui fait
les deux? Non. Qui fait assurance de dommages et assurance vie? Non.
M. Beauchemin : Il y en a
plusieurs, évidemment, des assureurs qui ont mentionné, là, que les chambres et
l'AMF, ça crée, là, un dédoublement actuel, dans la situation présente. Est-ce
que vous êtes d'accord avec ça ou vous croyez que ce n'est pas le cas?
M. Harman (Ted) : Au moment
qu'on se parle, l'AMF est responsable de la gestion des relations avec les
cabinets de courtage, la Chambre de l'assurance de dommages et la Chambre de
sécurité financière s'occupent de la déontologie des individus. Donc, une fois
que l'autorité octroie un permis à quelqu'un, le suivi de la déontologie de
cette personne est transmis à la CHAD, et toute la question de leur devoir en
formation continue, on échangeait avec une de vos collègues tout à l'heure, de
la question de l'UFC, ça, c'est notre responsabilité. Nous, on suit les
individus pour s'assurer qu'ils sont conformes, et qu'ils ont suivi l'ensemble
des unités de formation continue nécessaires, et qu'ils sont... qu'ils sont
identifiés dans la loi, ça fait que toute... ou dans le règlement, je m'excuse.
Donc, toute cette question-là, c'est quelque chose qui nous revient en ce
moment, et l'autorité, au moment qu'on se parle, ne touche jamais à ça, là.
M. Beauchemin : Ça fait
qu'est-ce que vous dites, finalement, là, c'est qu'actuellement il n'y a pas de
dédoublement, chacun son carré de sable.
M. Harman (Ted) : Exactement.
M. Beauchemin : O.K.
M. Vézina (Jean-Philippe) : C'est
comme si... C'est comme si on prévoit qu'il y a deux filets. Tu sais, on a la
CSF, on a l'AMF. Ça fait que nous, on trouve que c'est vraiment sécurisant puis
c'est là, la protection du public.
Puis un autre point que je veux peut-être
juste amener, vu que les questions étaient beaucoup adressées à la CHAD. Bien,
en fait, en lien aussi avec le modèle de formation qu'on voit, là, de la CSF
présentement versus l'OCRI, bien, on le voit, là, présentement, là, avec la
CSF, les membres, ils ont une responsabilité individuelle, professionnelle à
avoir, il faut qu'ils fassent leur UFC. C'est à eux de démontrer qu'ils ont
poursuivi la formation. Et on a une plateforme pour ça. Présentement, avec
l'OCRI, c'est plutôt qu'on va regarder les institutions financières. C'est eux
qui ont la responsabilité de s'assurer que leurs conseillers suivent leur
formation.
Donc, les conseillers attachés à l'OCRI,
présentement, ils n'ont pas une plateforme, c'est vraiment leur institution
financière qui doit leur démontrer si, oui ou non, ils ont fait leur formation.
Donc là, je trouve que ça vient un peu toucher la protection dans le sens de la
responsabilisation individuelle du professionnel.
M. Beauchemin : Puis, dans
un... dans un univers, là, où les meilleures pratiques, la bonne gouvernance
des deux... les deux chambres s'unifiaient ensemble, avec la supervision de
l'AMF en plus, qui rajouterait, on pourrait dire, une certaine ampleur ou une
certaine sécurité, voyez-vous là-dedans quelque chose qui pourrait
potentiellement avoir? Comme vous avez dit en début de jeu, là, vous êtes
d'accord avec le principe. Donc, ce qui manque, finalement, c'est juste le chemin
pour se rendre là, c'est ça, si je comprends bien, là, que...
• (10 h 40) •
M. Leschuitta (Eddie) : Si je
peux me permettre, nous, dans notre mémoire, c'est clair que... On dit :
Il y a beaucoup de bonnes choses dans l'omnibus. On pense qu'il y a... on
devrait aller de l'avant, mais beaucoup de questionnements et sur le comment,
plutôt, que rien d'autre. On a des grosses questions sur la fusion. On a des
juristes qui nous disent : Ce n'est pas clair. On a eu des discussions
avec les gens du ministère. Puis ce n'est pas clair sur exactement les règles,
qu'est-ce... comment ça va fonctionner.
Nous, la seule chose qu'on demande,
c'est : Donnez-nous la chance de prendre de l'avant pour qu'on se
positionne pour gagner et pas pour...
M. Leschuitta (Eddie) : ...retrouver
avec un organisme qui a des trous, qui ne sera pas capable de fonctionner.
M. Beauchemin : Bien, je vous
entends, je trouve que c'est... c'est des bons réflexes à avoir, évidemment. Ma
question...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Beauchemin : Combien de
temps que j'ai?
Le Président (M. Simard) : 20.
20 secondes.
M. Beauchemin : 20 secondes.
Qu'est-ce que vous avez appris de la fusion, qui a pris quatre ans, qui ne
devrait pas se répéter?
M. Vézina (Jean-Philippe) : Bien,
en fait, l'OCRI n'est pas encore à 100 %. Les règles, ça va être pour
2027. Donc, moi, j'aime mieux toujours dire : Au lieu de bâtir un avion
qui est en plein air, prenons le temps de s'assurer que tout fonctionne, que
les bases sont solides avant d'aller de l'avant.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, messieurs, un énorme merci pour la qualité de votre présentation
et votre présence parmi nous.
Sur ce, nous allons suspendre
momentanément nos travaux afin de faire place à nos prochains invités.
(Suspension de la séance à 10 h 42)
(Reprise à 10 h 50)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, nous sommes en mesure de pouvoir reprendre nos travaux. Et
nous poursuivons. Nous sommes en présence de l'Association canadienne des
compagnies d'assurances de personnes. Mesdames, soyez les bienvenues.
Auriez-vous d'abord l'amabilité de vous présenter?
Mme Duhaime (Lyne) : Oui.
Bonjour. Lyne Duhaime. Je suis présidente pour le Québec de l'Association
canadienne des assureurs de personnes.
Mme Biron-Bordeleau (Dominique) :
Bonjour. Dominique Biron-Bordeleau, directrice des affaires publiques et
gouvernementales pour les assureurs de personnes.
Le Président (M. Simard) : Soyez
les bienvenues.
Mme Duhaime (Lyne) : Merci.
M. le Président, M. le ministre, Mmes, MM. les députés, merci de nous donner
l'occasion de partager nos commentaires concernant le projet de loi n° 92.
Permettez-moi d'abord de prendre quelques
instants pour vous présenter l'ACCAP et l'impact important de ses membres pour
l'économie québécoise.
Les membres de l'ACCAP emploient plus de
35 000 Québécoises et Québécois et ont versé, en 2023,
2,4 milliards de dollars en contributions fiscales au Québec. La
vaste majorité des assureurs de personnes sur le marché canadien sont habilités
à mener des activités au Québec. Et 12 d'entre eux ont leur siège social au
Québec.
Mme Biron-Bordeleau (Dominique) :
D'emblée, nous tenons à saluer la volonté du gouvernement de moderniser et
de simplifier le cadre réglementaire du secteur financier. Nous avons analysé
ce projet de loi en détail et nous appuyons les principes généraux de
modernisation.
Nous allons aborder trois volets qui
concernent les assureurs de personnes : d'abord, la création d'une
nouvelle chambre de l'assurance, ensuite, les assouplissements entourant la
composition du conseil d'administration des assureurs, et enfin le renforcement
des sanctions et pénalités...
Mme Biron-Bordeleau (Dominique) : ...applicables
aux institutions financières.
Mme Duhaime (Lyne) : Tout
d'abord, nous accueillons favorablement la fusion proposée de la Chambre de la
sécurité financière et de la Chambre de l'assurance de dommages au sein d'une
nouvelle entité, la Chambre de l'assurance. Cette fusion est évidemment un
grand chantier, et le gouvernement devra donc prendre le temps nécessaire pour
s'assurer du succès de la démarche. Nous sommes cependant d'avis que cette
fusion représente un pas dans la bonne direction. En effet, le regroupement de
ces deux entités pourrait optimiser les structures réglementaires et
administratives existantes. Cette initiative s'inscrit également dans une
perspective d'harmonisation avec les règles que l'on retrouve ailleurs au
Canada.
Mme Biron-Bordeleau (Dominique) :
Nous saluons également la modernisation des critères qui encadrent le lieu
de résidence des administrateurs des assureurs québécois. La loi actuelle
prévoit que la moitié des membres d'un conseil d'administration d'un assureur à
charte québécoise doit résider au Québec. Le projet de loi propose dorénavant
de fixer la barre à un administrateur sur trois dans le cas d'assureurs qui
sont membres de groupes financiers percevant plus de 40 % de leurs primes
à l'extérieur du Québec, et ce, tout en maintenant une majorité
d'administrateurs résidant au Canada, l'objectif étant de permettre à ces
assureurs d'avoir un conseil d'administration qui reflète mieux la réalité de
leurs affaires. Nous estimons que cette approche est équilibrée et qu'elle
permettra à nos fleurons québécois de faire de nouvelles acquisitions et de
continuer à grandir à l'extérieur du Québec tout en restant enracinés ici chez
nous. Une situation gagnante pour tous.
Mme Duhaime (Lyne) : Dans le
même esprit, nous vous soumettons un léger amendement à cet aspect du projet de
loi. Nous proposons que cette flexibilité s'applique également aux sociétés
d'assurance québécoises qui perçoivent 40 % de leurs primes à l'extérieur
du Québec, et ce, même si elles font
partie d'un groupe financier qui n'atteint
pas ce pourcentage. Cet ajustement mineur permettra aux assureurs québécois qui
ont des modèles d'affaires différents de bénéficier de cette flexibilité et de
continuer à croître à partir du Québec.
Mme Biron-Bordeleau (Dominique) :
Enfin, nous souhaitons vous partager nos préoccupations face aux
modifications proposées au régime de sanctions applicables aux assureurs.
Sur le plan des principes, notre industrie
appuie l'idée de renforcer la protection des consommateurs afin de maintenir la
confiance du public envers nos institutions financières. Nous avons toutefois
des craintes importantes quant à la portée de certaines des modifications
proposées.
Présentement, il existe deux régimes de
sanction dans la
Loi sur les assureurs, un régime de sanctions pécuniaires et
un autre de sanctions pénales. Dans les deux cas, ces régimes sont associés à
des sanctions spécifiques. Le projet de loi vient créer un nouveau régime de
pénalités administratives à l'article 512 de la
Loi sur les assureurs. En
vertu de ce nouveau régime, quiconque contrevient à la
Loi sur les assureurs
est passible d'une sanction pouvant atteindre 2 millions de dollars
par infraction par jour.
Nous sommes préoccupés par la portée très
large du nouveau régime des sanctions potentiellement élevées, en sus d'une
possibilité de cumul quotidien. Cela ouvre, selon nous, la porte à des
sanctions disproportionnées à l'égard d'obligations de nature administrative.
Ces sanctions pourraient également s'appliquer à des obligations avec une part
d'appréciation subjective, comme l'adoption de saines pratiques commerciales.
Mme Duhaime (Lyne) : Pour
prévenir de telles situations, nous vous proposons de modifier l'article 512.1
pour mieux circonscrire sa portée et nous assurer que le régime de sanctions
demeure conséquent et proportionnel à la gravité des infractions. Voici des
propositions de modification.
Premièrement, nous proposons de retirer le
cumul journalier et s'en tenir à un plafond.
Deuxièmement, nous proposons d'ajouter la
mention «sciemment» ou «volontairement» à l'article 512.1 afin de mieux
délimiter les cas visés et d'introduire un critère de proportionnalité quant au
degré d'implication et de connaissance de l'infraction.
Troisièmement, nous proposons que seules
certaines infractions expressément désignées soient passibles des sanctions les
plus sévères.
Finalement, l'ACCAP propose de réserver le
droit à l'Autorité des marchés financiers d'intenter des procédures auprès du
Tribunal administratif des marchés financiers plutôt que de le rendre également
accessible à toute personne intéressée.
Les ajustements proposés permettraient de
maintenir un régime de sanction rigoureux, mais équilibré et prévisible, au
bénéfice à la fois des consommateurs et de l'industrie.
En terminant, nous réitérons notre appui
aux principes généraux portés par le projet de loi...
Mme Duhaime (Lyne) : …la très
forte majorité des changements inclus dans le projet de loi vont dans le bon
sens. Les légers ajustements que nous vous proposons aujourd'hui permettront,
nous en sommes convaincus, d'en arriver à un texte final encore plus en phase
avec les objectifs du gouvernement, les attentes des consommateurs et les
réalités de l'industrie. Il nous fera maintenant plaisir de répondre à vos
questions.
Le Président (M. Simard) :
Merci à vous, M. le ministre. Êtes-vous heureux de votre nouveau siège?
M. Girard (Groulx) : Bien, il
est effectivement mieux aligné que nos objectifs, M. le Président.
Le Président (M. Simard) :
Bon. Alors, vous disposez de 16 minutes 30 pour apprécier davantage.
M. Girard (Groulx) : Merci
beaucoup. D'abord, merci beaucoup pour votre présentation, votre mémoire et
soyez certains que toutes les propositions d'amendements seront analysées si ce
n'est pas déjà fait. C'est certain qu'au niveau des sanctions, il y a un
déséquilibre dans le corpus législatif du Québec. C'est-à-dire que les
sanctions en valeurs mobilières sont beaucoup plus élevées que les sanctions,
par exemple, dans le domaine de l'assurance ou pour les institutions de dépôt.
Et donc on vient ici effectivement rehausser un régime de sanctions qui n'était
pas au niveau de celui des valeurs mobilières. Mais l'objectif des sanctions,
nous, comme les législateurs, ou l'AMF, comme notre régulateur intégré, marchés
financiers, ce n'est pas d'imposer des sanctions, là, ce n'est pas… l'objectif,
ce n'est pas de générer des revenus. L'objectif, c'est que le régulateur et les
sanctions soient suffisamment craints. Puis d'ailleurs, vous avez utilisé le
verbe craindre pour inciter tout le monde à se conformer. Puis ultimement, on
n'en veut pas, de sanction parce que vous travaillez dans l'intérêt de vos
clients et de vos… l'intérêt de vos membres, l'intérêt des consommateurs et ce
n'est pas parce qu'on rehausse les sanctions qu'y aura plus de sanctions.
En fait, le régime de sanctions vise à
être suffisamment craint pour éviter de devoir l'appliquer. C'est que c'est une
espèce de convergence. Et puis d'ailleurs, mon collègue de l'opposition et moi,
on a vu ça dans le domaine bancaire. C'est-à-dire qu'à partir du moment qu'on a
dit aux institutions financières : vous allez rehausser votre capital,
puis vos liquidités, ou il y aura des sanctions, bien, tout le monde s'est mis
à avoir plus de capital et de liquidités, puis il n'y a pas eu plus de
sanctions. Alors, c'est… le régime de sanctions et le régulateur, ils doivent
être craints, c'est comme ça.
Alors, on est conscients que lorsqu'on
arrive avec des pénalités monétaires cumulatives, bien là, on peut… on peut
avoir peur puis additionner le nombre de jours, puis les sanctions, puis
dire : Bien, mon Dieu! ça pourrait faire des gros montants. Mais
effectivement, dans le domaine des valeurs mobilières, il peut y avoir des
grands… des grands montants, puis ce qu'on n'avait pas dans nos autres
domaines. Et donc c'est ça, l'objectif, c'est… et il y a toujours une
gradation, là, il n'y a pas de… il n'y a pas de pénalités qui sont lancées à
l'aveuglette, sans avertissement, possibilité de se corriger et c'est… le… Tout
le monde travaille dans l'intérêt du public. Alors, ma question générale,
c'est : Dans l'ensemble, est-ce que vous êtes satisfaits que la réforme va
augmenter la protection des consommateurs?
• (11 heures) •
Mme Duhaime (Lyne) : En fait,
vous noterez qu'on n'a pas demandé le retrait de l'article, là. Donc, on parle
d'ajustements, parce qu'on partage vos préoccupations et vos objectifs. Et donc
on n'a pas demandé de simplement retirer l'article. Et, oui, en fait, on...
nous sommes d'accord avec vos propos. Par contre, pour ce qui est du régime de
sanctions en valeurs mobilières, à moins que je me trompe, là, présentement, à
l'heure actuelle, il n'y a pas de cumul par jour. Donc, on va plus loin que ce
qui existe présentement en valeurs mobilières. Et vous savez, en assurance,
dans la
loi sur les assureurs, il y a quand même des pénalités, dans la
section
pénale, de 2 millions par jour, qui peuvent être cumulatives, mais pour
des infractions qui sont spécifiques, par exemple, ne pas respecter une
ordonnance. Donc, ça existe déjà, là, ce n'est pas comme si on n'avait pas ce
type de sanctions dans la
loi sur les assureurs, nous les avions. Et là on
vient créer une disposition générale pour toute infraction… pour toute
infraction à la loi…
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11 h (version non révisé
e) Mme Duhaime (Lyne) : ...2 millions,
une... et avec un cumul quotidien potentiel qui va, à notre avis, plus loin que
ce que les valeurs mobilières prévoient actuellement. Donc, on parle d'ajustements,
par exemple : Est-ce que le cumul est nécessaire? Est-ce qu'on ne devrait
pas avoir simplement un montant, que ce soit 2 millions ou 3 millions, mais un
montant maximum, qui vient avec une certaine prévisibilité pour les
institutions financières? Donc, c'est un exemple, là, de changement qu'on
propose, par exemple enlever le cumul et n'avoir qu'un montant global, un
montant maximal de pénalité.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Bien, c'est certain qu'on va étudier les amendements qui sont proposés, mais une
des... un des avantages du cumul, c'est que c'est un incitatif à corriger
rapidement les... je vais utiliser un terme général, là, les manquements. Mais,
parfait, on va étudier ça.
Au niveau... Nos intervenants précédents
nous ont mentionné, là, que l'assurance générale et l'assurance des personnes,
c'est deux domaines très différents. Est-ce que, selon vous, la réforme va
amener des bénéfices? Est-ce que la fusion des chambres, bien, ça va amener des
gains? Au-delà de la... le simple fait qu'il y aura un seul conseil d'administration,
une seule direction, est-ce que vous y voyez, vous, des synergies?
Mme Duhaime (Lyne) : ...tu
sais, ce sujet-là, pour nous, il y a une certaine distance, là. Donc,
évidemment, moi, je parle au nom des assureurs de personnes, et nous,
présentement, nous sommes dans un exercice de simplification. Donc, ça fait...
dans différents domaines, on demande de réduire la charge administrative, la
charge réglementaire, les processus. Donc, on pense qu'il y a des opportunités
présentement. Et c'est dans la même optique pour nous, si on peut fusionner
deux organisations qui ont quand même des objectifs très similaires, dans deux
secteurs différents de l'assurance, mais on parle quand même de l'assurance, surtout
qu'on a une spécificité au Québec où plusieurs assureurs offrent à la fois des
produits d'assurance de dommages et d'assurance de personnes, ce qui est quand
même unique, là, qu'on ne voit pas hors Québec, donc c'est souvent les mêmes
assureurs qui offrent les produits... Donc, pour nous, d'avoir un organisme
plutôt que deux, bien, on souscrit à cette proposition. Donc, pour nous, en
soi, la simplicité et d'avoir justement un conseil d'administration, une équipe
de direction, c'est en soi suffisant pour le faire.
Pour ce qui est des inquiétudes par
rapport à la suite des choses, bien, on fait confiance au nouvel organisme qui
va être créé, on fait confiance à l'Autorité des marchés financiers et au
ministère des Finances pour s'assurer, là, que le public soit protégé
adéquatement.
M. Girard (Groulx) : Moi, ça
fait le tour de mes questions. Je ne sais pas s'il y a de mes collègues du
gouvernement qui auraient des questions.
Le Président (M. Simard) : Pas
de questions? Oui, M. le député de Rousseau.
M. Thouin : ...
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste huit minutes 30 secondes, cher collègue. Allez-y.
M. Thouin : Eh mon Dieu! O.K.
En fait, ma question... j'aurais peut-être seulement une question au niveau de
la protection accordée au consommateur, je sais qu'on en a parlé un petit peu
tantôt, là, mais est-ce que les risques sont accrus, selon vous, ou, au
contraire, en faisant ce changement-là, cette modification-là, les risques vont
être diminués pour le public? Moi, ce qui m'importe, point numéro un, là, c'est
le consommateur. Les compagnies d'assurance, oui, mais... puis après ça, la
complexité de la tâche ou non, bien sûr, ça a des impacts, mais ce qui m'importe
davantage, c'est la protection du consommateur.
Mme Duhaime (Lyne) : On est d'avis
que le consommateur est déjà bien protégé, là, je ne veux pas... on n'est pas
dans une situation critique et on pense qu'il va l'être encore. Donc, si on
peut avoir une structure qui est plus... qui est plus efficace et bénéficier
également de ce qui a été mis en place au niveau canadien, bien, on pense que c'est
une bonne idée, mais on ne va pas jusqu'à dire que le consommateur présentement
est mal protégé, là. Ce n'est pas... Ce n'est pas ce qu'on dit.
M. Thouin : O.K. Puis
la réforme simplifie la gestion de la conformité pour vos membres, à votre
avis, c'est ce que je comprends aussi.
Mme Duhaime (Lyne) : En fait,
nos membres... pour les assureurs, ça a peu d'impact. L'impact est plus pour
les intermédiaires, les conseillers financiers. Donc, pour nous, l'impact, il n'est
pas... il n'est pas très grand. Mais, dans un souci de simplification, de
bénéficier de ce qui se fait à l'extérieur du Québec, de l'organisme canadien
qui a été mis sur place... alors, on pense qu'on pourrait bénéficier des
structures... de cette structure existante, donc on supporte la proposition du...
Mme Duhaime (Lyne) : ...gouvernement.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, on
a de nombreux juristes grandement qualifiés avec nous, dont je ne fais pas
partie
puisque je suis économiste, mais on m'indique que la jurisprudence est telle
que, dans le secteur des valeurs mobilières, il y a cumul des sanctions de
facto, là.
Mme Duhaime (Lyne) : Dans la
jurisprudence.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mme Duhaime (Lyne) : Pas dans
la loi. Effectivement.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Peut-être êtes-vous avocate. Pas moi.
Mme Duhaime (Lyne) : Effectivement.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Parfait. Je n'ai pas d'autres questions, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Merci pour votre présence ici aujourd'hui.
La révision des règles pour la composition
du C.A. des compagnies d'assurances, là, c'est une nécessité, donc, pour votre
organisation?
Mme Duhaime (Lyne) : Oui,
très, très important. En fait, les assureurs québécois, bien, on l'oublie ou
on... ou c'est méconnu, mais il y a... on a, au Québec, là, comme un secteur de
l'assurance qui est extrêmement fort, si on compare avec les autres provinces
canadiennes. Donc, on a des fleurons québécois, des compagnies installées au
Québec, et souvent à Québec, qui sont dans les grands joueurs canadiens. Ce qui
signifie qu'ils ont pris de l'expansion hors Québec, dans le Canada et, dans
certains cas, aux États-Unis aussi. Et il y a une exigence d'avoir au moins
50 % des membres du conseil d'administration qui réside au Québec, ce qui
cause problème lorsqu'une
partie importante des activités ne sont plus au
Québec. Évidemment, le siège social est au Québec, les emplois, une grande
partie des emplois sont au Québec, vous les connaissez, ces entreprises, elles
sont ici, autour, mais les revenus et les activités sont de façon importante
hors Québec. Et ça prend l'expertise de membres du conseil d'administration qui
connaissent le marché ontarien, qui connaissent le marché américain ou de
l'Ouest canadien.
Et donc, ce qu'on demande, c'est que dans
l'éventualité où un certain pourcentage des affaires sont issues de l'extérieur
du Québec, le 40 %, à ce moment-là, on puisse réduire le nombre
d'administrateurs résidents du Québec. Et ce qu'on m'explique, c'est que, dans
certains cas même, ces administrateurs sont des Québécois qui maintenant vivent
à Toronto ou à New York, donc, et qui ont l'expertise.
M. Beauchemin : ...des cibles
précises, vous?
Mme Duhaime (Lyne) : Oui. En
fait, il y a des cibles précises, bien, celles qui sont prévues finalement dans
le projet de loi, là, lorsque 40 % des des revenus... ou des primes,
pardon, sont issues de l'extérieur du Québec, à ce moment-là, l'assureur... le
groupe financier ou l'assureur, selon l'amendement qu'on demande, est autorisé
à avoir seulement un tiers de son conseil d'administration composé de résidents
du Québec, tout en s'assurant qu'une... qu'au moins 50 % sont des
résidents canadiens.
M. Beauchemin : J'ai des
réflexes à penser dans mon ancienne vie, qu'on peut penser à des institutions
en ingénierie, par exemple, qui, sur le conseil d'administration, vont avoir
des gens qui vont être, en fait, peut-être un peu de tout partout à travers le
monde, où est-ce qu'il y a des contrats. Ça, on est plus propices à survenir.
C'est un petit peu la raison, donc, la logique pour laquelle vous faites ça. Je
la comprends. Est-ce que, selon vous, la situation actuelle... pas la
modification, mais la situation actuelle est un frein à la croissance?
• (11 h 10) •
Mme Duhaime (Lyne) : Tout à
fait. C'est ce que mes membres me disent. Il y a... J'ai des membres qui voient
un frein à leur croissance en raison du fait qu'ils ne peuvent pas avoir des
administrateurs qualifiés de la juridiction où ils veulent développer leurs
affaires, par exemple. Donc, oui, c'est un frein. D'exiger que 50 % des
administrateurs soient des résidents du Québec, c'est un frein à l'expertise
nécessaire d'un un conseil d'administration pour faire des affaires hors
Québec. Et ça va permettre à ces fleurons québécois d'être compétitifs puis de
pouvoir croître, comme je le disais, hors Québec et aussi hors Canada.
M. Beauchemin : Je ne suis
pas contre le principe, là, en tant que tel. Je trouve que c'est... c'est dans
une certaine logique probablement, là, essentielle. Mais, pour ceux qui
justement ont été capables de croître déjà à l'extérieur du Québec, comment eux
ont-ils été capables de le faire sans justement cette proportion plus
significative de gens venant de l'extérieur du Québec, selon vous?
Mme Duhaime (Lyne) : En fait,
c'est ceux qui ont pu croître hors Québec qui présentement font la demande.
Donc, nous, nos membres qui ont des affaires hors Québec nous disent : La
composition de mon conseil d'administration, présentement, c'est un frein au
développement de mes affaires. Donc, c'est vraiment ces assureurs qui disent :
Je suis rendu ailleurs. Puis on pourrait regarder, là, l'évolution de certains
assureurs québécois au cours des 10 dernières années, il y a eu une
croissance qui est vraiment très, très importante...
Mme Duhaime (Lyne) : ...donc...
et cette croissance, bien entendu, elle doit se faire hors Québec, parce qu'il
arrive à un moment donné où le marché québécois est saturé, là.
M. Beauchemin : Nonobstant ce
qu'on vient de discuter, quel autre frein existe-t-il dans la réglementation
actuelle, selon vous, pour la croissance de votre industrie?
Mme Duhaime (Lyne) : Bien, en
fait, on pense que... Oui, ça, c'est une grande question, hein? Bien, la charge
réglementaire, de façon générale, la charge administrative... Puis, tu sais,
vous savez, on en parle beaucoup, on en parle au Québec, on en parle ailleurs
au Canada, mais il y aurait peut-être lieu de regarder les structures que nous
avons et de s'assurer que nous sommes une industrie qui est quand même agile
tout en assurant la protection du consommateur, donc je vous dirais que... la
charge réglementaire dans son... ou administrative, parce que ce n'est pas la
même chose, dans son ensemble.
M. Beauchemin : Donc, ça
explique un peu pourquoi vous êtes favorable à l'idée de la fusion entre les
chambres ou...
Mme Duhaime (Lyne) : Simplifier.
M. Beauchemin : Puis en quoi,
spécifiquement, pour vous, cette fusion-là pourrait être bénéfique pour vos
membres?
Mme Duhaime (Lyne) : En fait,
c'est... Tu sais, je veux le réitérer. Nous, la question de la fusion des
chambres, on a une certaine distance par rapport à cet enjeu-là. Ce n'est
pas... ce n'est pas... On supporte la proposition du gouvernement. Donc, voilà,
on pense que, si c'est pour simplifier, bien, c'est une bonne chose, puis, si
c'est pour bénéficier de ce qui se fait hors Québec au niveau canadien avec
l'OCRI, on est pour ça. Parce qu'il faut aussi parler de... Tu sais, c'est
beau, la spécificité du Québec, mais on peut aussi profiter de ce qui se fait
au niveau canadien. Donc, c'est vraiment notre optique. Donc, pour nos membres,
si c'est plus simple, si c'est... bien, et voilà, on pense que c'est une bonne
proposition du gouvernement. Mais, encore une fois, la question de la fusion
des chambres, c'est... tu sais, on a une certaine... Nous, on représente les
institutions financières.
M. Beauchemin : Puis, à
l'extérieur du Québec, quand vous regardez un peu... c'est un petit peu la
question que j'ai souvent tendance, là, à poser peut importe la situation, là,
pour comparer, disons, avec ce qui se fait ailleurs, des autres méthodes, des
autres processus, des meilleures politiques qui viennent d'ailleurs, et tout,
là, est-ce que... Au niveau des sanctions, est-ce que vous avez regardé ce qui
s'est fait à l'extérieur du Québec dans votre domaine?
Mme Duhaime (Lyne) : Bien, en
fait, dans... À notre avis, si l'article 512.1 était adopté tel quel, ça
va probablement être le régime de sanctions le plus élevé au Canada dans le
secteur de l'assurance.
M. Beauchemin : De loin, de?
Mme Duhaime (Lyne) : Oui,
oui, oui. Les régimes de sanction sont complètement différents hors Québec. Là,
regardez la loi fédérale, là, parce qu'il y a plusieurs assureurs qui sont de
compétence fédérale. Donc, oui, c'est un régime de sanctions proposé qui est
très... très élevé.
M. Beauchemin : Par rapport
à... Bien, pour les gens qui nous écoutent, là, pouvez-vous peut-être nous dire
un petit peu la moyenne canadienne ou fédérale que vous entendez, qui pourrait
être comparée, là, au projet de loi?
Mme Duhaime (Lyne) : Je vais
demander à...
Mme Biron-Bordeleau (Dominique) :
Oui...
M. Beauchemin : ...
Mme Biron-Bordeleau (Dominique) :
Oui. Donc, si on regarde au régime fédéral, il y a un cumul d'infractions
également par jour, mais... puis là sous toute réserve, là, mais qui est
applicable que pour les violations mineures ayant un plafond de 25 000 $.
Ça, ça se trouve dans la
Loi sur le Bureau du surintendant des institutions
financières, donc du BSIF. Donc, 25 000 $.
M. Beauchemin : O.K. Puis
donc, selon vous, le projet de loi ici, au Québec, là, qu'on a devant nous, 92,
c'est de loin beaucoup trop... trop élevé puis trop...
Mme Biron-Bordeleau (Dominique) :
En fait, on pense qu'il faut faire des ajustements. C'est comme... On est
allés pour la totale, c'est-à-dire, 2 millions, cumul, toute infraction,
quiconque peut prendre un recours. Donc, ce qu'on dit, c'est : Faisons des
ajustements pour avoir un régime de sanctions qui est proportionnel aux
infractions, avec une certaine prévisibilité pour les assureurs. Donc, c'est le
message, c'est : Faisons des ajustements à l'article 512.1, malgré
qu'on comprenne l'objectif du gouvernement.
M. Beauchemin : O.K.,
d'accord. M. le Président, pour moi, ça fait tout.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, mesdames, merci beaucoup pour votre présence parmi nous
aujourd'hui.
Sur ce, nous allons suspendre nos travaux
momentanément, le temps de faire place à nos prochains invités.
(Suspension de la séance à 11 h 16)
(Reprise à 11 h 24)
Le Président (M. Simard) : Bien.
Alors, chers amis, nous sommes maintenant en présence de représentants du
Bureau d'assurance du Canada. Mme, Messieurs, soyez les bienvenus. Auriez-vous
d'abord l'amabilité de vous présenter s'il vous plaît?
M. Fafard (Laurent) : Oui.
Merci. Laurent Fafard, vice-président au Bureau d'assurance du Canada pour la
région du Québec.
Mme Grignon (Marie-Pierre) : Bonjour.
Marie-Pierre Grignon. Je suis directrice des affaires techniques et juridiques
pour le Bureau d'assurance Canada.
M. Babinsky (Pierre) : Bonjour.
Pierre Babinsky, directeur des communications et affaires publiques au BAC.
Le Président (M. Simard) : Nous
vous écoutons.
M. Fafard (Laurent) : Merci,
M. le Président. M. le ministre, Mmes et MM. les députés, membres de la
commission, permettez-moi tout d'abord de vous remercier pour l'invitation
faite au BAC nous permettant aujourd'hui de vous faire part des commentaires de
nos membres en participant aux consultations particulières relatives à ce
projet de loi.
Laissez-moi débuter avec quelques mots à
propos du Bureau d'assurance du Canada et de notre industrie.
Le BAC est l'association qui représente la
majorité des sociétés privées d'assurance de dommages, soient les compagnies
qui assurent les automobiles, les habitations et les entreprises. Il est le
porte-parole de plus de 100 assureurs représentant plus de 90 % des
parts du marché au Québec et au Canada. Il joue également un rôle important de
sensibilisation, d'information et de prévention auprès des consommateurs.
Le BAC s'intéresse aux enjeux qui
affectent l'environnement d'affaires de ses membres. Et, à l'heure actuelle,
plusieurs de ces enjeux affectent également notre société et l'ensemble des
citoyens, par exemple le contexte économique et l'impact grandissant des
changements climatiques sur nos communautés. Les assureurs de dommages sont des
acteurs clés tant en matière d'activités commerciales qu'en matière d'emploi et
de contribution fiscale auprès des différents paliers de gouvernement.
D'abord, nous saluons la réflexion qui a
mené au dépôt du projet de loi n° 92. En ce qui a trait à l'assurance de
dommages, il est clair pour nous que l'intention du législateur est d'optimiser
certains processus et d'en préciser d'autres. Notre étude des dispositions
proposées nous amène toutefois à conclure que certaines d'entre elles ne vont
pas assez loin et que d'autres soulèvent un questionnement chez nos membres.
En premier lieu, nous accueillons
favorablement la disposition donnant à l'Autorité des marchés financiers le
pouvoir d'augmenter le montant des réclamations qui peuvent être traitées au
téléphone par les employés des assureurs lorsqu'elles le jugent nécessaire.
Cette disposition manquait au projet...
M. Fafard (Laurent) : ...de
loi 30 alors que ce pouvoir existait auparavant. C'est par ce pouvoir qu'à la
suite du passage de la tempête post-tropicale Debby... que les employés non
certifiés des assureurs ont pu traiter au téléphone des réclamations allant
jusqu'à 30 000 $ au grand bénéfice des citoyens sinistrés à l'époque.
Ce fut également le cas pendant les huit derniers mois de l'année 2023, pendant
lesquelles ces mêmes employés ont pu traiter des réclamations allant jusqu'à
7 500 $. En tout, depuis 2017, l'autorité a autorisé l'utilisation
des employés au téléphone à sept reprises, pour un total de 660 jours. Comme
mentionné dans... Comme mentionné dans notre mémoire, toutes ces périodes
d'exception ont permis de régler rapidement des dizaines de milliers de
réclamations à l'intérieur des délais auxquels sont en droit de s'attendre les
assurés. Et, comme nous l'avons également mentionné, aucune plainte liée au
travail de ces employés n'a pu être identifiée pour ces mêmes périodes.
Rappelons que ces mêmes employés sont
supervisés par un expert en sinistre certifié et qu'un cadre réglementaire
robuste est entré en vigueur le 9 mai dernier afin de s'assurer de la
protection des consommateurs.
Par exemple, le règlement sur l'exercice
des représentants prévoit que le superviseur d'une personne non certifiée
révise systématiquement les tâches accomplies et les étapes suivies par cette
personne avant le règlement du sinistre si le client est en désaccord avec le
règlement proposé.
Quant au règlement sur le cabinet, le
représentant autonome et la société autonome, il prévoit que le cabinet
détermine les tâches que cette personne peut effectuer, lui présente par écrit
les étapes à suivre pour le traitement d'une réclamation et s'assure que le
superviseur est disponible en temps utile. Notons aussi que les cabinets
doivent tenir à jour un registre des personnes agissant sous la supervision
d'un expert en sinistre afin notamment de permettre à l'autorité de traiter une
réclamation au fonds d'indemnisation des services financiers qui s'appliquera
désormais à eux s'ils commettaient une fraude.
Finalement, la
loi sur la distribution
prévoit qu'une personne visée doit informer le sinistré du fait qu'elle agit
sous la supervision d'un expert en sinistre, de l'identité de cet expert et, à
la demande du sinistré, référer son dossier à cet expert. À cela s'ajoute un
solide encadrement réglementaire du secteur financier qui est déjà en place
pour le traitement équitable du consommateur.
C'est pour toutes ces raisons que nous
sommes confiants que la protection des consommateurs ne sera nullement...
(Interruption)
M. Fafard (Laurent) : C'est
pour toutes ces raisons que nous sommes confiants que la protection des
consommateurs ne sera nullement affaiblie si vous acceptez notre proposition
que le projet de loi modifie la
Loi sur la distribution des produits et
services financiers en augmentant de 5 000 $ à 10 000 $ le
montant des réclamations pouvant être traitées au téléphone par des employés
non certifiés. Au contraire, ceci permettra d'appuyer encore mieux les citoyens
sinistrés dans un moment où ils ont besoin d'une aide et d'un soutien financier
rapides. Des événements comme Debby vont sans aucun doute se reproduire à
l'avenir et exiger qu'on augmente à nouveau cette limite temporairement, mais
entre-temps d'autres événements climatiques vont se produire, pour lesquels une
limite de 10 000 $ au téléphone pourra faire une grande différence
dans la vie d'un grand nombre de familles sinistrées.
• (11 h 30) •
Le BAC accueille favorablement la fusion
des chambres de l'assurance de dommages et de la sécurité financière dans la
perspective de rendre le processus d'autoréglementation plus efficace.
Cependant, comme exprimé dans notre mémoire et lors des consultations sur le
projet de loi n° 141, qui proposait que les fonctions de la Chambre de
l'assurance de dommages soient transférées au sein de l'Autorité des marchés
financiers, un enjeu important persisterait malgré cette fusion, soit celui
d'un double encadrement. En effet, tout manquement à la
loi sur la distribution
des produits et services financiers serait pris en charge par le Tribunal
administratif des marchés financiers et ceux en lien avec le code de
déontologie seraient entendus par la nouvelle chambre de l'assurance de
dommages. Cette incohérence ne serait donc pas corrigée.
Notre mémoire donne comme exemple un
dossier de plainte impliquant un représentant en assurance pour ses manquements
à son code de déontologie...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Fafard (Laurent) : ...et
son employeur qui seraient entendus par deux autres organismes de contrôle
différents, c'est-à-dire par la Chambre de l'assurance pour le représentant et
l'autorité pour l'assureur. Ce double encadrement ne peut que rendre la tâche
de se plaindre plus complexe pour le consommateur. Ce dernier ne sera pas
toujours vers quel organisme de contrôle diriger sa plainte ou ses demandes de
suivi de dossier. Aussi, la communication nécessaire entre les deux organismes
pour le traitement des dossiers risque d'être tout aussi complexe et d'entraîner
des délais indus.
Le rehaussement des sanctions pour le
secteur financier proposé par le projet de loi n° 92 nous apparaît
disproportionné par rapport aux risques que représentent les activités des
assureurs de dommages. Nous vous présentons dans notre mémoire les éléments qui
suscitent une plus grande préoccupation chez nos membres.
Il est difficile de comprendre ce qui
justifie une augmentation de pénalités allant jusqu'à 1 400 % des pénalités
cumulatives et une nouvelle peine d'emprisonnement maximale de cinq ans moins
un jour. Nous soumettons que le simple désir d'harmonisation ne justifie pas à
lui seul l'établissement de sanctions qui ne correspondent pas au niveau de
risque réel présent. Notre industrie aimerait connaître les autres raisons qui
motivent de telles augmentations.
Comme nous l'avions mentionné dans nos
commentaires au moment de l'étude du projet de loi n° 141, en 2021, le BAC
estime que les règles de gouvernance ne devraient pas restreindre les pratiques
de régie interne des différents groupes financiers ou des compagnies d'assurance
ayant des activités importantes à l'extérieur du Québec. Nous sommes toujours d'avis
que le critère relatif au lieu de résidence devrait permettre que la majorité
des administrateurs d'une société d'assurance puissent être résidents du Canada
plutôt que du Québec seulement, et que cette option demeure la plus efficace
pour résoudre... pour répondre, pardon, aux différents modèles d'affaires.
Le BAC accueille cependant favorablement
la proposition du gouvernement, mais croit qu'il y a lieu de préciser que ce pourcentage
s'applique également aux sociétés qui perçoivent plus de 40 % de leurs
primes à l'extérieur du Québec afin qu'ils bénéficient eux aussi de l'allègement
concernant la résidence de leurs administrateurs, et ce, même si le groupe
financier duquel ils font
partie n'atteint pas ce pourcentage. On...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Fafard (Laurent) : J'aimerais
terminer en réitérant que les assureurs de dommages doivent avoir la
flexibilité nécessaire pour régler rapidement et efficacement les sinistres au
quotidien à la suite des événements catastrophiques.
Nous sommes maintenant disponibles, moi et
mon équipe, pour répondre à vos questions, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci
pour votre précieuse collaboration. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Merci
beaucoup pour le dépôt de votre mémoire et votre présentation. Et je veux être
clair avec tous les gens qui nous écoutent, là, il n'est pas question d'augmenter
les délais, réduire la conformité, diminuer les pouvoirs d'enquête. La fusion
des chambres vise à avoir un organisme qui est plus agile, d'avoir des
économies pour l'industrie. Et l'AMF, avec son rôle, avec la
Loi sur l'encadrement
du secteur financier, va venir compléter le travail de la Chambre de l'assurance.
Donc, on aura un... Ce qui est visé... puis je peux comprendre que là, lorsqu'il
y a une initiative législative, il peut y avoir des interrogations, mais il n'est
pas... il n'est pas question de viser un organisme qui augmente les délais, là.
Ce n'est pas... Ce n'est pas... croyez-moi, là, ce n'est vraiment pas ça, l'objectif.
Alors, on veut rehausser la protection des individus et simplifier les
opérations au bénéfice de tous.
Vous avez mentionné que vous croyez que le
projet de loi ne va pas assez loin sur certains aspects. Peut-être vous
pourriez me réitérer précisément, là, outre le montant du 5 000 $, là,
quels autres aspects du projet de loi vous aimeriez que nous allions plus loin?
Et j'ai compris que ce n'est pas les sanctions.
M. Babinsky (Pierre) : Je
vous dirais, bien, oui, vous avez... vous l'avez dit en partie, là, le
5 000 $ augmenté à 10 000 $. C'est certain aussi, lorsqu'on parlait de la
fusion...
M. Babinsky (Pierre) : ...des
chambres, comme le mémoire que M. Fafard a mentionné, on est... on est en
faveur puis on l'accueil favorablement. On aurait aimé qu'à partir de
maintenant... soit dans le projet de loi ou à partir de son adoption, qu'on
adresse aussi la question qu'on avait soulevée en 2018, c'est-à-dire le double
encadrement qui existe et qui va... et qui va persister après la fusion. C'est
un peu là où on voit des délais indus, et non pas nécessairement par le
résultat de la fusion.
Puis, bon, naturellement, au niveau de la
résidence des administrateurs, c'est pourquoi on vous suggérait aussi la même
modification que l'ACCAP, là, qui nous a présidés... qui nous a précédés, proposait
également, c'est-à-dire d'inclure les sociétés du Québec qui font des affaires
au-delà de 40 % à l'extérieur du Canada, là, pour bénéficier des mêmes
allègements que vous proposez dans le projet de loi.
M. Girard (Groulx) : O.K.,
mais, dans les deux cas, on cherche le compromis précis qui va optimiser
l'intérêt supérieur du Québec, puis là il y a plusieurs parties prenantes. Mais
je ne vois pas d'autres façons d'atteindre ce que vous vous dites avec la
compagnie qui est visée par une plainte via l'AMF et puis la Chambre de
l'assurance pour le représentant. Dans le fond, ce que vous dites, c'est que
vous auriez préféré l'abolition des chambres?
M. Babinsky (Pierre) : Bien,
en fait, pour nous, les propositions contenues dans le projet de loi n° 141,
pour nous, adressaient ce problème-là puis le réglait en bonne partie,
effectivement, pour que... Si on a un employé qui suit les directives de son
patron et qui, après ça, est entendu par un organisme de réglementation, alors
que son patron serait entendu par un autre organisme, pour nous, c'est cette
incohérence-là du double encadrement dont on parle.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais c'est parce que... Il faut juste faire attention. Peut-être que
l'abolition des chambres, sur cet aspect-là, vous la percevez comme plus
optimale, mais il y a d'autres conséquences à l'abolition des chambres. Alors,
nous, on doit pondérer les plus et les moins, là. Je ne peux pas prendre un
seul élément puis dire : Puisque celui-ci serait préférable avec
l'abolition des chambres, bien, abolissons les chambres, là, parce que, là, il
y a... il y a d'autres considérations où, peut-être, vous diriez : Bien,
le modèle que vous proposez est supérieur sur ces aspects-là. Et donc nous, on
doit prendre nos décisions sur un ensemble de facteurs, là.
• (11 h 40) •
M. Babinsky (Pierre) : ...M.
le ministre, puis on entend par ça, bien entendu, que les fonctions, les
fonctions de la Chambre seraient intégrées à l'Autorité des marchés financiers,
et non pas juste délaisser cet aspect-là.
M. Girard (Groulx) : O.K.,
très bien. Les... Attendez-moi, un instant, je reviens sur les... les
sinistres, là. Ça a pris combien de temps à l'AMF et au gouvernement
d'augmenter les limites lorsqu'il y a eu débris?
M. Babinsky (Pierre) : Vite
arrivé un vendredi, le 9 août, on a fait notre demande à l'AMF dans les
jours qui ont suivi. Parce qu'on doit collecter des données auprès de nos
membres pour s'assurer qu'il y a effectivement un achalandage supplémentaire.
Le lundi, on avait reçu l'autorisation d'aller jusqu'à 7 500 $ au
téléphone. C'est devenu clair très, très rapidement, que ce n'était pas
suffisant. On avait demandé un plus gros montant. Dès le mardi, après
discussion avec nos membres, on vous a adressé d'ailleurs une note à cet
effet-là, et c'est le lendemain, le mercredi, je crois... le mercredi ou le
jeudi. Donc, cinq jours, cinq jours après, alors que les assureurs avaient déjà
reçu des dizaines de milliers d'appels de consommateurs et qui devaient
enclencher la machine, là, dès les minutes qui ont suivi l'événement.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Parce que nous, évidemment...
M. Girard (Groulx) : ...une
évaluation des sinistres, ça demande une expertise, et puis on veut traiter les
exceptions qui sont exceptionnelles. Après ça, si la question... Ça fait que
c'est là où il faut trouver le seuil idéal. Et puis, après ça, si...Parce que,
grosso modo, dans votre processus, je pense qu'on pourrait dire que ça a pris
cinq jours à trouver le juste montant avec le gouvernement, plan MF, mais,
nous, je veux dire, on vous entend puis on pourrait aller plus vite la
prochaine fois, puis faire preuve de plus d'agilité, puis réagir en
48 heures plutôt que cinq jours. Puis peut-être que la prochaine catastrophe
ne sera pas un vendredi, on n'aura pas le délai de la fin de semaine. Les
catastrophes sont réparties également sur les jours de la semaine
statistiquement, et non... Vous êtes actuaire?
M. Babinsky (Pierre) : Non,
mais ce que je veux dire, c'est qu'on se souvient des dates de tous nos
événements, puis le commentaire, c'est toujours : Bon, c'est vendredi, ce
n'est pas surprenant que ça arrive... ou un samedi, mais...
M. Girard (Groulx) : Voilà.
O.K. Alors, voici un argument pour le télétravail le vendredi, ceux qui en
cherchent, éviter les catastrophes. O.K. Très bien. Mais on doit trouver le
montant juste, si ce n'est pas 5 000, bien peut-être que c'est 7 500.
Mais, de notre côté, on s'engage à faire preuve de plus d'agilité puis, si cinq
jours, c'est trop, la prochaine fois, l'exception exceptionnelle, mais ce sera
48 heures.
M. Babinsky (Pierre) : Ce
qu'il faut... Le sinistre moyen en assurance habitation, c'est d'environ
18 000 $. Donc, on ne demande pas que les employés au téléphone
règlent tous les sinistres qui se passent, mais en ayant une plus grande
flexibilité à l'année longue, bien, ça fait que le jour où un débit arrive ou
le jour où un événement climatique arrive, les assureurs ne sont déjà pas pris
à la gorge avec des... avec un nombre difficile à gérer de réclamations. Ça
permettrait de répartir tout ça à travers les différentes compétences qui se
retrouvent chez les assureurs et faire qu'à l'année longue ça améliore aussi le
service à la clientèle. Si vous avez un incendie, puis l'expert en sinistre ne
peut pas aller visiter le lendemain, parce qu'il y a trois, il y a trois
sinistres de cinq ou 6 000 $ à régler qui sont arrivés avant, bien,
on ne sert pas tout le monde. Comme victime d'un incendie, mais on est content
si l'expert en sinistre peut venir dès le lendemain parce que notre maison est
plus habitable.
Donc, c'est souvent... en bas de
10 000, c'est souvent des sinistres qui sont moins compliqués, moins
complexes et qui peuvent, sous la supervision d'un expert en sinistre certifié,
être géré par des employés au téléphone qui ont été formés, qui sont supervisés
par des experts en sinistre certifiés. Puis on se rappelle qu'au-delà de tout
ça, bien, peu importe ce qui arrive, l'expert en sinistre certifié et
l'assureur sont imputables des agissements de leurs employés. Pour nous, ça ne
vient pas miner la protection du consommateur, ça ne fait... En bâtissant sur
cette protection qui est déjà bien établie, de voir maintenant comment on peut
mieux les servir.
M. Girard (Groulx) : O.K.
Donc, vous, votre proposition formelle, c'est quel montant?
M. Babinsky (Pierre) : Ce
serait de l'augmenter à 10 000 $.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Vous savez qu'il y en a un qui étaient opposés à ce qu'on l'augmente, hein?
Mme Grignon (Marie-Pierre) : Oui,
mais effectivement, peut-être si je peux rajouter là-dessus. Ça fait que vous
me posez la question: Quel est le montant? Comme on le dit dans notre mémoire,
ce n'est pas si facile de déterminer le montant juste. Nous, de notre côté, on
se demande pourquoi ça serait 5 000 $, effectivement, on trouve que
ça ne serait pas suffisant pour rencontrer l'objectif de cette modification-là,
en fait, à la loi. Parce que, comme on l'a indiqué dans le mémoire aussi, on
travaille avec l'autorité depuis de nombreuses années pour trouver la solution.
L'objectif, c'était de donner plus de flexibilité aux assureurs de manière à ce
qu'ils puissent donner, en tout temps, tout au long de l'année, un meilleur
service à... aux consommateurs, à leurs clients.
Et ça, c'est dans un contexte où les
catastrophes naturelles augmentent d'année en année, leur fréquence augmente,
elles sont imprévisibles. Et les assureurs, comme on l'a dit, doivent agir...
pas dans les heures, pas dans les jours ou dans les minutes qui suivent un
événement...
Mme Grignon (Marie-Pierre) :
…donc c'est là où on pense que ce 10 000 là est raisonnable. D'une part
parce qu'on a l'expérience des dernières années. Depuis 2017, à
6 reprises, l'autorité a augmenté le montant à 7 500$... à
7 500$, sans que ça ait causé d'enjeu, une fois à 30 000, comme mon
collègue vient de le dire. Puis de l'autre côté, on prend aussi en
considération le fait que depuis le 9 mai dernier, il y a un encadrement
très robuste qui a été mis en place par l'Autorité des marchés financiers pour
encadrer ces gens-là. Donc, on pense que tout est en place pour offrir la
flexibilité nécessaire pour donner le service aux consommateurs, peu importent
les circonstances et tout au long de l'année. Donc, c'est un peu la raison pour
laquelle on pense que le 10 000 $ est en somme toute très raisonnable.
M. Girard (Groulx) : Merci
beaucoup. Ça complète mes questions, M. le Président. Je ne sais pas s'il y a
des membres de mon équipe qui auraient une question. Chers collègues? Oui, Mme
la députée de Charlevoix.
Mme Bourassa : Il me reste
combien de temps?
Le Président (M. Simard) :
Trois minutes 20 secondes.
Mme Bourassa : Parfait,
messieurs, madame. Vous le savez, on n'est pas tous issus du domaine des
assurances, ni même financier. Vous vous adressez à des parlementaires qui ont
différents antécédents, les gens à la maison aussi. Alors, je ne veux pas faire
de la redondance, mais j'aimerais juste revenir sur quelques aspects. Comme plusieurs
de mes citoyens, moi, j'ai été sinistrée lors des inondations de
Baie-Saint-Paul en 2023. Alors, je veux juste comprendre comment est-ce que
l'utilisation des personnes non certifiées pour régler des sinistres, ça va
vraiment aider le citoyen. Ça va vraiment faire avancer son dossier plus
rapidement ou l'aider, lui, dans sa gestion de crise.
M. Babinsky (Pierre) : Bien,
en fait c'est qu'en ayant les employés au téléphone qui viennent appuyer le
travail des experts en sinistre, on peut leur confier des dossiers qui ne
demandent pas toute l'attention de l'expert en cynisme. Donc, si vous appelez,
vous envoyez quelques photos, c'est clair que dans votre sous-sol, il y a eu un
quelques milliers de dollars de dommages. Bien, une fois que ça, c'est constaté,
le chèque pour… on va dire, maintenant, le transfert pourrait se faire dès le
lendemain avec les fonds pour que vous puissiez procéder ou bien amorcer le
travail, là, de nettoyage, et tout ça, donc. Et ça permet à l'expert en
sinistres lui de se concentrer sur des cas où il y aurait une maison qui est
devenue inhabitable, par exemple, où la famille est en attente. Ils ne savent
pas quoi faire : Où est-ce que je vais pendant ce temps-là? Donc, c'est…
c'est vraiment pour répartir selon le sérieux puis le coût de chaque sinistre
en fonction, là, des ressources disponibles. Ça fait que certains… surtout avec
Debby à 30 000 au téléphone, il y a des gens qui ont reçu très, très rapidement
leur règlement. Ceux qui avaient des plus gros sinistres avaient toute
l'attention des experts en sinistres certifiés.
Mme Bourassa : Donc, dans le
cas de Debby, vous avez vraiment pu voir ce changement-là. Ça a réellement fait
une différence, notamment sur la longueur du processus, sur la longueur
d'ouverture des dossiers?
M. Babinsky (Pierre) : Tout à
fait, parce que… je vous donne un exemple, si vous avez un avenant sur… pour
les refoulements d'égout puis votre couverture est 20 000 $, bien, si
après quelques échanges de photos puis de discussions, on voit clairement que
les dommages dépassent cette limite-là, bien, vous allez recevoir le… votre
montant de 20 000 $ rapidement plutôt que d'attendre la visite d'un expert
qui a peut-être 20 visites à faire cet… dans les… dans les quelques jours.
Donc, 85 000 réclamations à la suite de Debby, puis il y en a beaucoup,
après trois mois, à peu près 85 % de ces réclamations étaient réglées,
notamment dû à cette disposition-là ou cette exception-là qui nous avait été
accordée.
• (11 h 50) •
Mme Bourassa : Puis est-ce que
ça a un lien aussi avec la problématique de main-d'œuvre? Si on prend cette
main-d'œuvre-là, elle est peut-être plus facile aussi à trouver.
M. Babinsky (Pierre) : Bien,
c'est que c'est généralement des gens qui travaillent déjà chez l'assureur, ils
règlent peut-être des sinistres autos, on les met sur les sinistres habitations
dans un cas comme Debby…
Une voix : …
M. Babinsky (Pierre) : Bien
sûr. Et naturellement, bien, ça permet cette flexibilité-là. On ne peut pas
avoir tous les experts en sinistre qui peuvent répondre à des événements
exceptionnels. On doit répartir à travers l'expertise qui est présente chez
l'assureur.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Merci beaucoup. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Combien de temps ça prend pour former un expert en
sinistres certifié?
M. Babinsky (Pierre) : Je n'ai
pas cette information-là. C'est une…
Mme Grignon (Marie-Pierre) :
C'est une bonne question. C'est quand même… En fait, je n'ai pas la réponse
exacte non plus, là, ça fait que je pense qu'au total, ça peut prendre plus
d'un an, là. Ça dépend… ça doit dépendre… oui, c'est une attestation d'études
collégiales, c'est une attestation… en fait, c'est une attestation d'études
collégiales, donc il peut y avoir... Puis il y a différentes façons d'obtenir,
je pense, son diplôme, mais ce n'est quand même pas sur…
Mme Grignon (Marie-Pierre) : ...quelques
semaines.
M. Beauchemin : Puis les gens
qui sont non certifiés, eux autres, ça prend combien de temps à les former?
M. Babinsky (Pierre) : C'est
généralement une formation qui est donnée par l'assureur. Généralement, ils
vont... bien, ils vont le faire... si c'est en fonction d'aider en cas
d'événement catastrophique, bien, ils vont soit donner la formation avant de
mettre ces gens-là au téléphone, ou ça se fait... ça peut être de la formation
continue au sein de l'assureur. Mais ils vont apprendre les politiques, les
processus qui sont liés au règlement de sinistres et naturellement aussi leurs
obligations, qu'est-ce qui est attendu d'eux et à qui se référer, là, comme
superviseur, s'il y a des enjeux, s'ils ont des questions, ou pour vérifier
leur travail, au besoin.
M. Beauchemin : O.K. Donc, au
niveau des obligations, au niveau de la chaîne de commande, ça, je comprends
ça. Mais combien de temps ça prend pour les équiper, là, grosso modo? On parle
d'un an pour les certifiés, les non certifiés, c'est compagnie d'assurance par
compagnie d'assurance, grosso modo, ce que vous me dites?
M. Babinsky (Pierre) : Ça va
varier. Puis, si c'est des employés qui font déjà... parce qu'il faut... il ne
faut pas oublier qu'en ce moment, donc, depuis... depuis le 9 mai, ces
employés-là gèrent déjà, traitent déjà des réclamations jusqu'à 5 000 $.
Ça fait que la question, c'est simplement d'augmenter la limite pour pouvoir
leur donner quelques dossiers qui dépasseraient le montant de 5000 $ pour
vraiment activer. Donc, la plupart sont déjà formés. Et, s'ils en ont besoin de
plus, bien, ils ont forcément des processus internes qui leur permettent de
rapidement équiper ces gens-là pour traiter avec les consommateurs.
M. Beauchemin : Mais ma
question n'était pas combien de plus les gens déjà formés auront à avoir de
formations. C'est les gens qui ne sont comme pas certifiés qui arrivent, là,
frette, là, à matin, comme ça, combien de temps ça va prendre pour qu'ils le
soient, entrainés, pas «certifiés» mais entraînés?
M. Babinsky (Pierre) : Bien,
ça va dépendre d'un assureur à l'autre. Ça dépend des tâches qu'ils vont avoir,
donc ça va varier. Puisque c'est une formation interne. L'assureur va vouloir
s'assurer qu'il maintienne les normes d'excellence que l'assureur veut avoir
auprès de ses consommateurs, puis il va mettre le temps nécessaire, qui peut
peut-être varier d'une personne à l'autre. Mais certainement il y a des
formations qui sont... Mais, la longueur exacte, on n'a pas... ça varie d'un
assureur à l'autre, donc on n'a pas cette information.
M. Beauchemin : Je comprends
la motivation de vouloir passer de 5 000 à 10 000 $, je vous entends, c'est
certain que ça libère les chevaux-vapeur comme on pourrait dire. Mais de votre...
du point de vue du client, lorsque vous avez, depuis un bout de temps déjà, là,
été capable d'avoir ces gens là non certifiés être en charge de dossier en deçà
de 5 000 $, j'imagine, satisfaction au niveau de la rapidité pour
l'émission du chèque est au rendez -vous, parce que ça semble, bon, donc, être
plus rapide que ça l'aurait été de par le passé. Mais y a-tu des situations...
Est-ce qu'il y eu plusieurs cas où est-ce, finalement, on s'obstine sur :
Bien, moi, je ne le vois pas comme ça, ce n'est pas 4 700, ça aurait dû être 8
000. Il y a-tu des débats, là, au niveau de, finalement, le résultat pour le
client?
Mme Grignon (Marie-Pierre) : Bien,
en fait, on pense qu'avec surtout l'encadrement qui a été mis en place, comme
je disais tantôt au niveau de la nouvelle réglementation, il y a des choses
déjà qui sont prévues là-dedans. Donc, si on pense... C'est à l'article 28.4 du
règlement sur l'exercice des représentants, c'est déjà prévu que les personnes
qui sont visées à l'article 10, paragraphe 3°, par rapport à ces personnes-là,
l'assureur va... a l'obligation de lui indiquer clairement ses tâches, de
prévoir les différentes étapes dans le processus de réclamation, de s'assurer
qu'il y aura toujours un superviseur qui sera là pour pour répondre à ses
questions.
Quand vous dites... L'exemple que vous
donnez par rapport au fait, est-ce qu'il y a eu des enjeux puis est-ce qu'il
pourrait avoir des arguments, bon, ce n'est pas le bon montant. La nouvelle
réglementation prévoit également également ça, c'est-à-dire qu'à chaque fois où
le client ne sera pas en accord avec l'offre qu'on va lui faire, le dossier va
être automatiquement, systématiquement révisé par l'expert en sinistre en
charge du dossier. Donc, pour toutes les personnes qui seraient visées, qui
régleraient des sinistres en bas de 10 000 $, il y a... il y aurait tout
ce cadre-là, et ça donnerait aussi l'occasion justement aux assur