Public Finance — 27 May 2026 (43rd Legislature, 3rd Session)
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42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
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39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
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34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
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33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
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18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
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12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
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Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
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43 e législature, 3 e session
(début : 5 mai 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 27 mai 2026
Vol. 49 N° 7
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Cybersécurité et du Numérique
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Intervenants par tranches d'heure
14 h 30
Laframboise, Mario
Setlakwe, Michelle
Duranceau, France-Élaine
15 h
Duranceau, France-Élaine
Setlakwe, Michelle
Laframboise, Mario
Bouazzi, Haroun
15 h 30
Setlakwe, Michelle
Duranceau, France-Élaine
Laframboise, Mario
Paradis, Pascal
16 h
Setlakwe, Michelle
Laframboise, Mario
Duranceau, France-Élaine
St-Louis, François
16 h 30
Duranceau, France-Élaine
Setlakwe, Michelle
Laframboise, Mario
Bouazzi, Haroun
17 h
Bouazzi, Haroun
Duranceau, France-Élaine
Laframboise, Mario
Bélanger, Gilles
Setlakwe, Michelle
17 h 30
Bouazzi, Haroun
Duranceau, France-Élaine
Laframboise, Mario
Setlakwe, Michelle
18 h
Duranceau, France-Élaine
Setlakwe, Michelle
Laframboise, Mario
St-Louis, François
Journal des débats
14 h 30 (version révisée)
(Quinze heures)
Le Président (M. Laframboise) :
À l'ordre s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des finances publiques ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Cybersécurité et Numérique pour
l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de 3 h 15 min a
été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Gagnon
(Jonquière); Mme Mallette (Huntingdon), par Mme Picard (Soulanges);
et Mme Zaga Mendez (Verdun), par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
Discussion générale
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
M. le secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par
blocs incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits
sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit vers 18 h 15.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
Mme la députée de Mont-Royal—Outremont, la parole est à
vous pour 19 min 29 s.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Bien, écoutez, salutations d'usage, là. Bonjour à vous tous, vous-même,
le... M. le Président, et toute l'équipe de la commission. Mme la ministre, plaisir
de me retrouver avec vous. C'est la première fois qu'on aura la chance d'échanger
au sujet de la cybersécurité et du numérique. Salutations. Salutations à toutes
les personnes qui vous accompagnent, vous êtes nombreux, nombreuses.
Salutations à mes collègues de la banquette gouvernementale, évidemment.
Salutations... il va sûrement y avoir des membres des autres groupes d'opposition
et le député indépendant.
Donc, allons-y. Écoutez, c'est un... c'est
un sujet, moi, que j'ai le privilège de porter depuis que je suis à l'opposition
officielle, cybersécurité et numérique. C'est un dossier excessivement
important. Et, d'entrée de jeu, je veux réitérer, et je l'ai souvent mentionné
puis je pense que c'est important de le redire encore aujourd'hui, nous, à l'opposition
officielle, on est évidemment pour la modernisation. Il y a des choses
importantes qui se font, des dossiers, des chantiers importants en cours.
Alors, les questions qu'on pose aujourd'hui et que je pose aujourd'hui, c'est
dans un... c'est dans un esprit de transparence, de s'assurer que le public ait
confiance. Parce qu'il faut absolument qu'on avance dans la transformation
numérique, mais il faut que ça se fasse sans dérapage. On s'inquiète évidemment
du dépassement de coûts, des délais qui s'allongent. Il y a eu des dossiers qui
ont été excessivement chaotiques, pour ne pas dire qu'ils n'ont pas... certains
ont entraîné des fiascos, un fiasco, certainement.
Donc, je réalise, Mme la ministre, que
vous êtes nouvelle dans ces fonctions. Malheureusement, là, il y a... il y a un
certain bagage que vous... que vous devez porter. Et certaines des questions
que je vais poser aujourd'hui n'ont pas trait à votre implication personnelle
dans le dossier, mais ces questions sont importantes, doivent être posées pour
comprendre où sont... où en sont ces projets importants et comment on... le
gouvernement s'organise pour la suite des choses, si, dans certains dossiers,
il y a des redressements qui sont... qui sont en cours. C'est important pour le
bénéfice de la population, là, qu'on... que le gouvernement soit transparent.
Donc, c'est un exercice de reddition de comptes, de transparence qui est
excessivement important, mais je voulais... je voulais, d'entrée de jeu,
réitérer à quel point la modernisation de l'État est importante pour nous aussi.
Donc, depuis votre arrivée en poste... En
fait, je vais aller directement. Ce n'est pas une question d'il y a combien de
grands projets numériques majeurs sur lesquels vous vous investissez
personnellement, mais c'est un peu ce vers quoi je m'en vais, mais ma question
précise serait : Combien de projets font actuellement l'objet d'un audit?
Mme Duranceau : OK. Les... la
notion d'audit, évidemment, c'est une des façons pour le MCN d'intervenir, là.
Alors, c'est une des façons d'intervenir. Là, il y a eu un <audit...
Haut de la page
15 h (version révisée)
<19257
Duranceau :
...intervenir, là, alors c'est une des façons d'intervenir.
Là, il y a eu un > audit. On va me dire le chiffre exact, là.
Une voix : ...
Mme Duranceau : En fait, il y
en a que... Ce qui a été... Il y a eu un audit sur le projet informatique SIFA
qui a été fait. Ça, ça a déjà été fait. Ensuite de ça, on discute d'un audit
sur le projet informatique Lexius, OK, parce que c'est un projet... Et ensuite
on a eu un audit sur...
Une voix : ...
Mme Duranceau : ...Votre Santé
et...
Une voix : ...
Mme Duranceau : ...oui, le DSN
aussi. Alors, je n'ai pas les rapports sur tout ça actuellement. Donc, ça en
fait quatre. Alors, ces quatre dossiers-là, on s'y attarde. Puis, quand je dis :
C'est un des pouvoirs qui est donné au MCN, de faire des audits, quand les
délais s'allongent, quand des questions sont posées à travers les discussions,
là, avec les collègues des ministères concernés... Ça fait que, des fois, c'est
de l'accompagnement, d'autres fois, c'est pour constater ce qui se passe, là.
Je pense, c'est une saine... c'est une saine pratique, là.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que vous seriez consentante à les rendre publics, ces audits?
Mme Duranceau : Bien là, j'ai
vu, effectivement, que vous aviez posé cette question-là hier, ou je ne sais
pas trop, aux crédits, là, de Santé. Nous, on n'a rien à cacher, honnêtement,
là. Ça fait que je n'ai pas d'enjeu à rendre public. La seule chose, c'est qu'on
va s'assurer... Il y a quand même de l'information sensible dans ces rapports-là.
Alors, il ne faut pas non plus qu'on se tire collectivement une balle dans le
pied à ce sujet-là. Ça fait que, donc, on va regarder... Les rapports d'audit
qui sont... qui sont finaux, qui a été déposé, on va regarder le contenu, puis,
après ça, on va voir dans quelle forme on peut rendre disponible.
Mme Setlakwe : Merci. Vous
avez parlé... et ça tombe bien, parce que c'était le dossier que je souhaitais
aborder en priorité, le dossier SIFA, qui était SIFARH au départ. La
partie RH,
ma compréhension, c'est qu'elle a été abandonnée, donc on parle aujourd'hui de
SIFA, dossier pour lequel, donc, il y a un audit qui a été rendu en 2025, c'est
ma compréhension, et, de ce que je comprends, mis à
part certaines informations
excessivement sensibles, vous vous engagez à le rendre public.
Donc, SIFA, allons-y. Est-ce que vous avez
lu l'audit interne, là, de SIFA? Personnellement, vous, vous en avez pris
connaissance?
Mme Duranceau : Oui. J'ai
surtout pris connaissance de l'ensemble de l'œuvre, hein, ensemble de l'œuvre
qui débute en février 2015. Ça fait que ça, je pense, c'est important.
Mme Setlakwe : Ah oui? SIFARH
en 2015?
Mme Duranceau : SIFARH, 2015.
En fait, en 2015, on a eu l'abolition des agences régionales de la santé, puis
là ça prenait une solution administrative plus moderne pour... pour consolider
les systèmes. Puis, en juin 2016, c'est le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean
qui a été désigné comme mandataire d'un... du... tu sais, de l'embryon de ce
projet informatique là, du côté financier, alors que c'était le CIUSSS du Centre-Sud
qui, en novembre 2016, chapeautait, je pense, l'aspect RH. Et tout ça s'est...
tu sais, ça a commencé à évoluer à ce moment-là. Les deux DO, donc, sur l'aspect
financier puis sur l'aspect RH, ont été autorisés par le ministère de la Santé
en février 2018.
Ça fait que, tu sais, je... moi, je pense,
ce qui est... ce qui est fascinant, là, dans tous les projets informatiques, en
ce moment, c'est que, bien, tu sais, un, ça fait longtemps que tout ça est en
branle, ça prend beaucoup trop de temps à s'exécuter. Évidemment, les besoins d'affaires
évoluent quand on est sur des périodes aussi longues.
Puis ça me permet de revenir, là... malheureusement,
on n'a pas eu la chance d'en parler, de ça, mais le rapport de l'AMP, là, qu'on
a demandé sur la veille des projets technologiques, honnêtement, c'est une bible,
là, cette affaire-là. Puis le travail de l'AMP... Moi, j'étais très... C'est ma
prédécesseure qui avait demandé ça, là...
Le Président (M. Laframboise) :
Mme Duranceau : Ah! oui, je...
Le Président (M. Laframboise) :
...un petit peu plus vite, là, que...
Mme Duranceau : OK. Bien, ce
rapport-là couvre 15 années de projets informatiques au gouvernement du Québec.
Mme Setlakwe : Oui. On va y
revenir, à ça.
Mme Duranceau : On va y
revenir? OK, parfait.
Mme Setlakwe : Oui, oui, l'AMP.
Là, restons sur SIFA. Puis, en fait, vous me surprenez un peu de revenir aussi
loin en arrière. Là, il y a un contrat qui a été signé. Donc, est-ce qu'on peut
parler du contrat actuellement signé avec LGS? Il y a... Vous <confirmez...
Mme Setlakwe : ...actuellement
signé avec LGS ? Il y a... Vous > confirmez qu'il y a... il y a un
contrat... il y a un contrat?
Mme Duranceau : Il y avait
un... Il y a un contrat avec LGS, oui.
Mme Setlakwe : Est-ce que le
MCN a été consulté avant la signature du contrat?
Mme Duranceau : Là, je vais
poser la question, parce que, là, je n'ai pas tout en mémoire.
Une voix : ...
Mme Duranceau : Non? OK. Non.
Mme Setlakwe : Donc, à quel
moment est-ce que le MCN a été impliqué dans le dossier?
Mme Duranceau : Bien, ça doit
être quand le... puis vous me corrigerez, là, je demanderais à mon
sous-ministre de corriger, mais quand le dossier d'affaires est passé... a été
approuvé initialement, c'est-à-dire en 2022. Ça fait qu'après ça le dossier a
continué de cheminer. En 2022, il y a un dossier d'affaires qui a été approuvé,
qui visait l'ensemble de l'oeuvre. Après ça, le projet a continué de cheminer,
et d'évoluer, et de se redéfinir. Et il y a un contrat qui a été signé avec
LGS, qui visait une portée différente.
• (15 h 10) •
Mme Setlakwe : OK. Et là
l'audit recommande... essentiellement, l'audit recommande quoi, de l'arrêter,
de le suspendre, ce projet-là?
Mme Duranceau : Dans la forme
initialement présentée, c'était ça, la recommandation, oui.
Mme Setlakwe : OK. Et là, dans
la forme... donc, dans la forme actuelle, donc SIFA, qu'est-ce que le
gouvernement compte faire maintenant? Est-ce que vous le poursuivez ou vous
l'arrêtez?
Mme Duranceau : Bien, on est
en discussion actuellement sur ça, parce que, je pense, vous avez dû voir aussi
l'autre... les autres recommandations de l'AMP sur ce dossier-là, qui avait
enquêté, là, sur le sujet. Puis ce que l'AMP note, c'est qu'il y a vraiment un
redressement... bien, il y a des choses qui devaient être redressées mais que, par
ailleurs, il y a vraiment un redressement dans l'approche de gouvernance. Puis,
du fait que l'expertise, maintenant, elle est centralisée à Santé Québec, des
gens qui connaissent ça, qui ont l'expertise de faire des gros... des projets
d'une ampleur comme celle-là, on est beaucoup plus confiants, au niveau de la
gouvernance, que l'équipe en place est capable d'exécuter un tel projet.
Donc, ça, c'est selon le rapport émis par...
je ne sais pas comment on l'appelle, ce rapport-là, le rapport émis par l'AMP
dernièrement, là, pas mon rapport de veille mais les ordonnances que l'AMP a
données. Tu sais, quand ils ont enquêté sur ce projet-là spécifiquement, ils
en... il y a quelques semaines, ils sont...
Mme Setlakwe : Oui, oui, oui,
mais là est-ce que... Là, on a un contrat qui est contraignant, là, qui lie le
gouvernement, et vous dites : On est en discussion pour la suite des
choses. Donc, doit... est-ce qu'on doit comprendre que le gouvernement est en
négociation avec le fournisseur externe LGS?
Mme Duranceau : Non, on n'est
pas là, là. Là, on a des discussions internes sur prendre en compte ce que
l'AMP nous a... a donné comme ordonnances à Santé Québec puis au ministère de
la Santé. Santé Québec considère que c'est un projet qui devrait aller de
l'avant. Alors là, les discussions ont lieu, en ce moment, avec le gouvernement
pour voir si ça doit se poursuivre ou pas.
Mme Setlakwe : OK. Moi, étant
avocate, là, je me pose la question. Dans le contrat... Actuellement, là, c'est
un contrat qui est signé, qui a... qui engage le gouvernement et qui impose des
obligations et des paiements au gouvernement, et donc aux contribuables
québécois. Est-ce vrai de dire qu'actuellement on paie 723 000 $ par
mois pour ce projet, pour lequel il y a des discussions internes?
Mme Duranceau : Combien...
Mme Setlakwe : ...bien, c'est
à vous de me dire, là.
Mme Duranceau : Oui. Non, non,
mais je n'avais pas entendu.
Mme Setlakwe : Est-ce que
c'est... Est-ce qu'on paie mensuellement 723 000 $?
Mme Duranceau : Je pense que
c'est dans ces eaux-là, effectivement. Bien, le but, ce n'est pas que ça
traîne, là, mais le but, c'est de prendre la bonne... la bonne décision. C'est
un dossier de Santé Québec. Il y a des... Il y a une demande qui nous a été
soumise. Alors là, j'ai des discussions avec la ministre de la Santé et la
ministre du MCN.
Mme Setlakwe : Qu'est-ce que
c'est exactement, le 723 000 $? C'est des... C'est des frais de
licence? C'est... Qu'est-ce que c'est exactement?
Une voix : ...
Mme Duranceau : Oui, c'est ça,
c'est qu'il y a... il y a des ressources qui sont en place. Les contrats
informatiques, là, en gros, c'est... ce sont des salaires, hein, c'est des ressources
qui sont en place pour faire le travail. Alors là, on maintient des ressources
en place. Là, de manière spécifique, il faudrait que je réfère à mon
sous-ministre, là, mais...
Mme Setlakwe : Est-ce qu'il se
pourrait que le... que la décision soit prise de mettre fin... de résilier le
contrat? Est-ce que c'est une des options qui est envisagée?
Mme Duranceau : Bien, ça fait
partie des options, mais, encore là, on va regarder l'ensemble de l'oeuvre, les
alternatives, les impacts au niveau contractuel, comme vous avez souligné, puis...
Puis, tu sais, l'enjeu, c'est qu'il faut avancer, là. Il y a quand même des <projets...
Mme Duranceau :
...Puis,
tu sais, l'enjeu, c'est qu'il faut avancer, là. Il y a quand même des > projets
de... il y a quand même un système financier, là, qui doit être mis à jour.
Alors, quelle est la meilleure
alternative? Est-ce que c'est SIFA? Est-ce que c'est une alternative
complètement différente? Si c'est le cas, il y a des impacts contractuels. Combien
ça coûte? Alors, on est là-dedans.
Mme Setlakwe : Non, je
comprends, et je comprends que la modernisation doit se faire, mais
actuellement il y a un cadre légal, il y a un cadre contractuel qui semble
difficile, où on fait des paiements mensuels pour des ressources qui sont...
qui sont mises...
Mme Duranceau : En fait,
j'aimerais préciser. J'ai dit pour des ressources, là, mais c'est pour le
paiement de licences et maintien de la solution en place. Je m'excuse. Je n'ai
pas donné la bonne...
Mme Setlakwe : OK. OK.
On maintient une solution... On maintient une solution en place, qui,
peut-être, ne sera pas retenue. Est-ce qu'on peut élaborer un peu sur la clause
de résiliation dans le contrat? Si le gouvernement décidait de le résilier,
combien ça coûterait pour se sortir de ce contrat-là?
Des voix : ...
Mme Duranceau : ...autour
de 150 millions, tel qu'indiqué dans le contrat. Ceci dit, est-ce que ça
coûterait ça? Là, il y a des choses... Ça aussi, ça fait
partie des discussions.
Mme Setlakwe : Bien,
c'est... c'est dans ce sens-là que je dis : Est-ce qu'il y a des
négociations en cours avec le fournisseur? Donc, actuellement, il y a des... si
je comprends bien vos réponses, il y a des discussions internes pour savoir
comment on va mener ce dossier-là dans le futur ou dans les... là, là, parce que
je pense que la décision est assez urgente à prendre, parce que ça coûte cher à
chaque mois. Et également il y a des... il y a des entretiens avec le... ce
n'est pas clair s'il y a des entretiens ou pas, en ce moment, avec le
fournisseur. Et est-ce que... Il y a même une... Est-ce que vous avez retenu
des avocats pour tenter de voir qu'est-ce que dit la jurisprudence? Est-ce
qu'il y a une analyse contractuelle qui est faite pour, justement, qu'une
recommandation vous soit faite, à savoir est-ce que... quel est l'impact si on
résilie le contrat?
Mme Duranceau : Bien là,
sur cet élément-là, tu sais, c'est vraiment Santé Québec, là, qui a repris le
flambeau. Alors, on me dit qu'ils ont des conversations avec le fournisseur, là.
Puis, s'il y avait décision de ne pas aller de l'avant, bien, il y a des
négociations qui vont avoir lieu au niveau contractuel.
Mme Setlakwe : Oui. Là,
vous parlez de Santé Québec puis que c'est leur dossier, mais je pense que,
dans la ligne du temps... pas «je pense», dans la ligne du temps, dans la
chronologie, c'est un contrat qui a été signé avant la création de Santé Québec.
Vrai ou faux?
Mme Duranceau : Vrai.
Mme Setlakwe : Donc, c'est le
MSSS, ministère de la Santé, qui signe ce contrat-là, mais, de ce que je
comprends, c'est... la négociation, la signature est confiée à un mandataire,
le CIUSSS du Lac-Saint-Jean. Et là le rapport de l'AMP dit... essentiellement
reproche au MSSS d'avoir manqué de surveillance, manqué de rigueur, a levé la
tête, est en train de s'assurer que... ou, en tout cas, de s'occuper de la
création de Santé Québec, et là Santé Québec hérite de ce dossier-là.
Là, il y a quelqu'un qui est responsable à
quelque part, là, de la situation dans laquelle on se trouve, où on est
potentiellement... on, les contribuables québécois, potentiellement exposés à
une pénalité de 150 millions, pour vous citer. Il y a des discussions
internes, discussions internes qu'on espère qui ne se prolongeront pas trop, parce
que ça coûte cher à chaque mois.
Combien d'avertissements ont émané du MCN
vers le MSSS ou Santé Québec dans ce dossier-là? Combien d'avertissements
d'arrêter, de freiner ou de suspendre le projet?
Mme Duranceau : Là, il
faudrait que je pose la question, là.
Une voix : Trois.
Mme Duranceau : Trois?
Mme Setlakwe : Trois
avertissements. Est-ce que ça, ça inclut l'audit?
Une voix : ...
Mme Duranceau : OK.
Mme Setlakwe : Donc,
trois avertissements plus l'audit de...
Mme Duranceau : Non,
incluant l'audit.
Mme Setlakwe : Incluant
l'audit. Donc, ça, on parle de...
Mme Duranceau : Du ministre,
du... Du ministre de l'époque, du sous-ministre puis l'audit qui a été fait.
Une voix : ...
Mme Duranceau : Bon, cinq.
Mme Setlakwe : Oh! c'est
trois, ce n'est pas cinq... ce n'est pas trois, c'est cinq maintenant, cinq
avertissements.
Mme Duranceau : On va me
préciser, là, exactement.
Mme Setlakwe : Mais là
est-ce qu'on peut conclure que le MCN n'est pas entendu, n'a pas été entendu
dans ce dossier-là, oui ou non?
Mme Duranceau : Moi, je
pense que tout ce qui est gouvernance puis façon de fonctionner dans le passé,
ce n'était pas optimal puis que, là, il y a des recommandations formulées et
par Gallant et par l'AMP, sur lesquelles on travaille pour changer les choses.
Je pense, ce qui est surtout important — heureusement,
là, on peut dire — c'est que Santé Québec, ça a structuré comment on
fait les projets en... du moins, du côté de la Santé. Tu sais, mon expertise
n'est pas diffuse partout dans le réseau, avec des gens qui, finalement... Tu
sais, c'était énorme, là, ça, SIFA, là. Alors, je pense que ça prend des gens
qui en ont déjà fait puis qui ont les... de l'expertise en la matière, puis
cette expertise-là maintenant. Alors, c'est une bonne chose que ça ait tardé,
parce que, là, on a les bonnes personnes au sein de <Santé Québec...
Mme Duranceau :
...ça
ait tardé, parce que, là, on a les bonnes personnes au sein de > Santé
Québec pour poursuivre... avec la solution qu'il faudra confirmer, mais pour
poursuivre la transformation.
Mme Setlakwe : OK. Là, vous
dites : On a les bonnes personnes, puis je comprends que vous n'étiez pas...
vous n'occupiez pas la fonction que vous occupez aujourd'hui, mais vous faisiez
quand même
partie de... du Conseil des ministres, du gouvernement...
Mme Duranceau : Bien, je
tiens à mentionner, le projet, il a été suspendu, puis, bon, il y avait des
augmentations de coûts qui étaient prévisibles, parce que la... bien, la portée
a changé, on n'était plus en... on n'était plus en 2022... en 2020 ou 2022 avec
nos DO, on est rendus en 2025, mais ce dossier-là a arrêté de cheminer à un
moment donné parce que, justement, tout le gouvernement a dit : Ayons une
vision claire de ce qui se passe, notamment...
Mme Setlakwe : Oui, je
comprends...
Mme Duranceau : ...sachant
que l'AMP était là-dedans aussi. Donc...
Mme Setlakwe : Oui, oui, je
me souviens, puis on posait des questions en PDQ, puis même que, le même jour,
on s'est fait dire par les deux ministres, MCN et Santé : Il n'y a pas
lieu de s'inquiéter, il n'y a pas lieu de paniquer, et, quelques heures plus
tard, Santé Québec tirait la plug sur le projet et également sur DSN.
Le Président (M. Laframboise) : ...de
Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Laframboise) :
Maintenant, nous passons au député de Maurice-Richard,
pour 13 minutes.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Très heureux d'être ici. Comme vous le savez, Mme la ministre, il y
a beaucoup d'inquiétude dans la population concernant tous les projets
informatiques en cours en ce moment. Je vais peut-être commencer par une
question simple. Ça fait 100 jours exactement aujourd'hui que le rapport
Gallant a été déposé. La recommandation n° 1 du rapport Gallant, c'est de mettre en place un groupe
d'experts dans votre propre ministère pour permettre la réussite des
transformations numériques. Qu'avez-vous fait?
• (15 h 20) •
Mme Duranceau : Bien, je peux
vous dire que je n'étais pas ministre du MCN à l'époque, puis c'est un mandat
qui m'a été confié par l'ancien premier ministre. Et, depuis ce jour-là, mon
équipe au Secrétariat du Conseil du trésor, avec l'équipe du MCN, avec le
ministère des Finances, se penche là-dessus.
Alors, la recommandation n° 1,
ça ne nécessite pas nécessairement un changement législatif, c'est
administratif. Donc, c'est répartition des rôles et responsabilités entre les
entités. Puis on est en train de finaliser ces... ce travail-là, là.
M. Bouazzi : Donc...
Mme Duranceau : Donc, dans les
prochaines semaines, on va être en mesure de donner plus de détails, mais je
peux vous assurer que, chacune des recommandations, on a un plan de match.
M. Bouazzi : Donc, juste pour
être sûr, on demande la création d'un groupe. Il y a combien de personnes dans
le groupe? Est-ce que vous avez créé un groupe qui...
Mme Duranceau : Bien là, j'ai...
comme je vous dis, c'est... je n'ai pas à créer un groupe, là, j'ai déjà un
MCN, j'ai déjà un Secrétariat du Conseil du trésor, on est en train de voir
comment on finalise tout ça puis on structure tout ça.
M. Bouazzi : Je suis d'accord
avec vous qu'on n'a pas besoin de projet de loi. C'est une bonne nouvelle.
L'idée, c'est de créer une équipe dans votre ministère. Combien il y a de
personnes dans l'équipe qu'il fallait créer, au jour d'aujourd'hui,
100 jours après le dépôt du rapport Gallant?
Mme Duranceau : Bien, combien
de personnes vous voulez, là? Moi, ce n'est pas un nombre de personnes, c'est
de bien identifier les tâches qui sont à... sous la... et sous quelle
responsabilité ces tâches-là ou ces suivis-là doivent s'organiser, puis, après
ça, on procède, là. Alors, quand... Comme je vous dis, je ne suis pas prête à
le dire aujourd'hui, mais on est là-dessus. Il y a une... Il y a un comité de
suivi qui s'occupe de ça. Moi, j'ai rapport là-dessus à chaque semaine, et
puis, dans les prochaines semaines, on va être capables de sortir publiquement
sur ça.
M. Bouazzi : Mme la ministre,
vous savez probablement que j'ai été 20 ans dans l'industrie et que j'ai
été vice-président adjoint à la BDC en charge de l'architecture...
Mme Duranceau : Bien, je ne
savais pas ça, non.
M. Bouazzi : ...et donc
j'aurais un avis certain de vous dire combien de personnes mettre dans cette
équipe-là, mais je ne suis pas ministre, c'est à vous d'avoir un avis. Vous
avez combien de personnes aujourd'hui, 100 jours plus tard, alors que...
Mme Duranceau : Bien... Mais
combien de personnes dans quoi, là?
M. Bouazzi : Dans l'équipe.
Mme Duranceau : Dans mon... Dans
ma nouvelle équipe que je veux... qu'il faudrait créer, là, ou dans le MCN, ou
au Secrétariat du Conseil du trésor pour chapeauter... pour chapeauter la
gouvernance? Tu sais, soyons plus précis si on veut être précis, là.
M. Bouazzi : Bien, est-ce que
vous avez lu le rapport Gallant?
Mme Duranceau : Bien oui, je
l'ai lu, j'ai...
M. Bouazzi : La
recommandation n° 1 parle de créer une équipe, dans
votre propre ministère, en charge de faire l'accompagnement de toutes les
transformations numériques à travers les différents ministères. Combien de
personnes... Est-ce que vous avez créé cette équipe? Et, si oui, combien de
personnes?
Moi, je comprends qu'il n'y a pas d'équipe
créée, il n'y a personne à l'intérieur. À moins que vous puissiez me prouver
l'inverse, la réponse me semble assez claire. Mais, si vous voulez, on passe à
une autre question, là, je...
Mme Duranceau : Bien, moi, la
recommandation, là, c'est mettre en place une entité centralisée qui doit faire
telle, telle, telle affaire. Alors là, le nombre de personnes... Bien, moi, je
suis en charge des ETC, là, puis de m'assurer qu'on est le plus efficace
possible avec les ressources qu'on a. Donc, dans les
prochaines semaines, on va être en mesure de <préciser ...
Mme Duranceau :
...Donc,
dans les prochaines semaines, on va être en mesure de > préciser comment
on va y arriver, mais je pense que le nombre de personnes, ce n'est pas une
finalité en soi, là, bien franchement.
M. Bouazzi : Bien, d'accord,
mais, je ne sais pas, y en a-tu deux? Il y en a combien? Je veux bien que...
Vous pouvez faire moins avec plus, là.
Mme Duranceau : Bien, je vous
assure, probablement qu'on a besoin de plus que deux personnes, oui.
M. Bouazzi : Bon. Donc, au
bout de 100 jours, on est d'accord, vous n'êtes pas capables de donner le
nombre de personnes qui sont assignées à cette...
Mme Duranceau : Bien non. Je
pense, c'est accessoire, le nombre de personnes. Je suis plus intéressée à
savoir, moi, qu'est-ce que chacune des personnes va faire, puis j'ai-tu les
bons talents, puis où je vais les prendre.
M. Bouazzi : Mme la ministre,
SAAQclic nous a coûté plus que 1 milliard, plus de 600 millions de
dépassement de coûts. La recommandation n° 1, au bout
de 100 jours, on se serait attendus à avoir une réponse plus précise, mais
passons, continuons sur...
Mme Duranceau : Bien, je
comprends que c'est ça, votre clip, là, mais moi, je vous dis que, dans les
prochaines semaines, je vais sortir avec le... comment on applique les
recommandations et de Gallant et de l'AMP, et...
M. Bouazzi : Mme la ministre...
Mme Duranceau : ...ce sera
satisfaisant, je pense.
M. Bouazzi : ...je vais
parler en tant qu'ancien gestionnaire, là. 100 jours, là, tout le monde qui ont
déjà eu des postes de gestion savent que c'est critique et qu'au bout de 100
jours il y a quelque chose qui se met en place.
Aujourd'hui, vous n'êtes pas capable de
donner la moindre information. Donc, ce n'est pas une question de clip, c'est
une question de responsabilité par rapport à des dépenses délirantes qu'il y a
eu aujourd'hui dans tous les ministères, dans toutes les transformations
numériques, mais continuons.
Vous avez parlé du rapport de l'Autorité
des marchés financiers, vous avez décrit comme une bible et vous avez dit :
On se sent mieux actuellement parce que la gouvernance à l'intérieur de Santé
Québec est en train d'être reprise en marche, c'est bien ça?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que, si on veut parler du rapport Gallant, qu'on prend très au sérieux,
comme celui de l'AMP d'ailleurs, on parle d'expertise puis de centraliser
l'expertise. Alors, évidemment, l'expertise, pour l'ensemble du gouvernement,
elle ne sera pas centralisée chez Santé Québec, mais c'est déjà... clairement,
par des actions qu'on a prises en créant Santé Québec, bien avant tout ça, bien,
c'était de mettre à un endroit les différentes expertises. Puis là on en a au
niveau des projets informatiques, bien, je pense, c'est beaucoup plus structuré
que c'était. Alors, des histoires comme on a vécu, là, bien là, on va être pas
mal plus structurés pour le futur que ce que c'était dans le passé, où c'était
très diffus.
M. Bouazzi : Mais... Alors, je
veux juste être sûr, c'était votre réponse à ma collègue ici, du Parti libéral,
vous avez dit : La gouvernance aujourd'hui est en train d'être améliorée à
l'intérieur de Santé Québec. Je vous ai peut-être mal citée, là, mais je
comprenais que c'était ça que vous disiez et que, donc, pour le projet SIFA, ça
allait... ça allait répondre, entre autres, aux questions de gouvernance qui
sont, on l'entend, bien développées à l'intérieur du rapport de l'AMP... de...
Mme Duranceau : AMP.
M. Bouazzi : ...oui, l'AMP.
Mme Duranceau : Mais je... OK.
M. Bouazzi : Bien, j'essaie de
vous suivre, Mme la ministre. C'est ça que vous avez dit.
Mme Duranceau : Bien, moi
aussi, j'essaie de vous suivre.
M. Bouazzi : Donc, c'est ça...
Moi, c'est juste que vous avez donné cette réponse-là par rapport à la
gouvernance qui centralise dans Santé Québec, et moi, je vous avouerais que ça
m'inquiète, parce qu'encore une fois la recommandation n° 1
du rapport que vous avez décrit comme une bible ne dit pas qu'il faut
centraliser la gouvernance chez Santé Québec, elle dit, et je lis :
«Repositionner la gouvernance centrale des projets numériques au sein du Secrétariat
du Conseil du trésor.» Ça, c'est... Et, parce qu'il y en a deux dans la même
recommandation n° 1 :
«Accentuer l'expertise du ministère de la Cybersécurité et du Numérique auprès
des organismes.»
Mme Duranceau : Oui, oui,
mais là il y a une nuance, là, c'est deux choses. C'est parce qu'on parle de
SIFA, qui est un projet numérique de la Santé. Ça fait que, déjà, dans tout le
grand ensemble de gouvernance qu'il faut avoir dans nos projets, bien, la bonne
nouvelle, là, c'est qu'au niveau de la Santé ma gouvernance est maintenant
centralisée à Santé Québec. On n'est pas partout dans le Québec, avec des gens
qui ont fait des projets, pas fait de projets, on a une équipe technique qui
est compétente.
D'ailleurs, on va revenir sur le
déploiement du dossier numérique, là, de... du DSN. Ça a bien été. Vous avez vu
comment c'était structuré. On n'en a plus réentendu parler après le «go live».
Donc, ça, c'est un des éléments, c'est la
moitié de l'État, la Santé. Après ça, oui, une entité centralisée, oui, un
partage de responsabilités entre le MCN, le Secrétariat du Conseil du trésor,
le DPI. On est là-dessus. Je vous invite à rester attentif.
M. Bouazzi : Je comprends, je
suis très attentif et puis j'ai lu le rapport, et la première recommandation,
ce n'est pas exactement ce que vous aviez dit, mais continuons. On reviendra,
hein, sur le DSN après.
Votre ministère a donné cinq avis, des
«warnings», voire demandé d'abandonner le projet. Est-ce que vous êtes prête à
rendre publics ces avis, Mme la ministre?
Mme Duranceau : Non. Là, on a
parlé des rapports d'audit. C'est des... ce sont des <documents...
Mme Duranceau :
...Non.
Là, on a parlé des rapports d'audit. C'est des... Ce sont des > documents,
là, qui sont étoffés. Je veux m'assurer du contenu sensible, être sûre qu'on ne
se tire pas collectivement une balle dans le pied en rendant ça public. Mais
là, après ça, on va... Vous ferez des demandes d'accès à l'information si vous
voulez faire des demandes d'accès à l'information, mais, tu sais, on ne va pas
toutes rendre nos communications publiques, là.
M. Bouazzi : Merci, Mme la
ministre. Est-ce que je pourrais garder le reste de mon temps pour la prochaine
intervention?
Le Président (M. Laframboise) :
M. Bouazzi : Merci beaucoup.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
maintenant, nous retournons avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont,
pour 19 min 29 s.
Mme Setlakwe : Merci. Je
pense, c'est important qu'on comprenne bien, là, il y a des avis du DPI, du
dirigeant principal de l'information. Je pense qu'il est assis à votre gauche.
Ses avis sont prévus dans la loi, dans la LGGRI. Et il y a aussi, sur certains
projets, des audits. Là, on a dit qu'il y avait un certain nombre d'audits, en
début d'études des crédits, puis ceux-là, mis à part des informations
sensibles, seraient rendus publics. Mais là comment ça fonctionne,
expliquez-nous, là, les avis versus les audits?
Mme Duranceau : Est-ce que je
peux demander...
Mme Setlakwe : Oui.
Mme Duranceau : ...comme ça,
on va avoir le...
Mme Setlakwe : Oui.
Le Président (M. Laframboise) : Consentement.
Et puis vous vous nommez et votre titre, s'il vous plaît.
• (15 h 30) •
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Stéphane
Le Bouyonnec, sous-ministre au ministère de la Cybersécurité et du Numérique et
dirigeant principal de l'information du gouvernement du Québec.
Donc, dans la situation de SIFA,
effectivement, il y a eu un audit suite à des problématiques qu'on avait vues
poindre, et on remonte ici en 2024. L'audit a été conduit. Suite à l'audit...
Avant l'audit, une demande de suspension avait été demandée. Après l'audit, la
demande, ça a été d'arrêter le projet dans la facture où il était à ce
moment-là. Depuis lors, Santé Québec a travaillé à redéfinir la portée, à
redéposer un dossier d'affaires pour répondre en
partie aux problématiques qui
avaient été soulevées. Et ce dossier d'affaires est sous analyse en ce moment.
Et donc le DPI devra, une fois l'information colligée et analysée, réémettre un
avis pour permettre ou non à ce dossier-là de cheminer vers le Conseil des
ministres en respect de la LGGRI. Et là le Conseil des ministres pourra prendre
une décision.
Mme Setlakwe : Merci. Il n'en
demeure pas moins qu'il y a un contrat qui lie le gouvernement. Là, je vous
entends, là, il y a eu un certain nombre d'avis, il y a un audit, ça va prendre
une analyse, un nouveau dossier d'affaires, ça va remonter au Conseil des
ministres, je veux bien, là, mais là il y a un contrat qui a été signé, puis il
y a clairement eu une décision au Conseil des ministres, puis il y a eu des
avertissements qui ont émané du MCN. Est-ce que ces avertissements... puis là
je me tourne vers la ministre, est-ce que vous les jugez... vous jugez qu'ils
étaient fondés?
Mme Duranceau : Honnêtement,
je ne veux pas me placer dans... à cette époque-là où... je pense qu'il y a des
avertissements qui ont été faits...
Mme Setlakwe : Mais il faut.
Mme Duranceau : Oui. Non, mais
il... le contexte était différent du contexte d'aujourd'hui. Moi, je pense, c'est
ça qu'il faut... qu'il faut dire.
Mme Setlakwe : En quoi... En
quoi il est différent?
Mme Duranceau : Bien, en
termes de qui porte le projet au... tu sais, Santé Québec versus le CISSS du...
le CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Mme Setlakwe : OK, je
comprends.
Mme Duranceau : On n'a plus
les mêmes personnes au dossier, on n'a plus la même approche pour gouverner,
pour suivre des projets informatiques.
Alors, ils étaient peut-être... ils étaient
sans doute fondés, là, puis je ne peux pas me... tu sais, ce n'est pas moi,
l'experte en TI, là. Ça fait que, si le DPI dit que... à ce moment-là, c'était
sa recommandation, c'était ça. Là, je pense qu'on a un contexte aujourd'hui qui
est différent, là.
Mme Setlakwe : Mais là est-ce
que le gouvernement a écouté? Là, il semblerait que non.
Mme Duranceau : Bien, le
gouvernement a écouté, parce qu'ultimement, là, tout ça se passe en même temps,
OK? Le contrat, il est signé, il est signé par le CIUSSS du
Saguenay—Lac-Saint-Jean, OK? Donc, ça, c'est...
Mme Setlakwe : Oui, mais
vos... Oui, mais c'est votre gouvernement qui en a décidé ainsi, qui a délégué
cette tâche importante pour un contrat significatif à un mandataire, un CIUSSS,
qui, peut-être, n'avait pas l'expertise, la compétence, la rigueur nécessaire
pour engager le gouvernement dans un contrat aussi important. Est-ce que... Vous
semblez confirmer que ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire.
Mme Duranceau : Bien, je
suis... je suis <d'accord...
Haut de la page
15 h 30 (version révisé
e) Mme Setlakwe : ...peut-être
pas la meilleure chose à faire.
Mme Duranceau : Bien, je suis...
je suis d'accord avec vous que, d'un point de vue de la gouvernance... Et il y
a beaucoup de règles en place, qui sont en place, tu sais, au niveau
directives, au niveau seuils d'approbation, ce qui doit aller au Conseil du
trésor, ce qui doit aller au Conseil des ministres. C'était là, là, ça, ça n'a
pas changé, mais...
Mme Setlakwe : Donc, c'était
là, mais... Et là juste pour nous situer, là, là, on est en 2024, n'est-ce pas,
2024‑2025?
Mme Duranceau : Oui, c'est ça.
Mais ce que je veux dire...
Mme Setlakwe : Oui, allez-y,
je vais vous laisser finir.
Mme Duranceau : Ce que je
veux dire, c'est que tout ça continue d'évoluer, mais le dossier, là, il n'a
plus progressé, à un moment donné. Il y avait eu un...
Mme Setlakwe : Non, le mal
était fait.
Mme Duranceau : Il y a un DA...
Je suis d'accord qu'il y a un contrat qui avait été signé, mais après ça, là, à
un moment donné, on a dit : Wo! Il y a des choses qu'il y a... Il y a des
gens qui n'ont pas... Il y a des gens qui étaient là, qui ne sont plus là, qui
n'ont pas respecté la chaîne de commande.
Mme Setlakwe : OK. Je
comprends, je comprends. Oui, mais...
Mme Duranceau : Donc, on a mis
un stop à ça. On a demandé à l'AMP de faire sa vigie pour nous conseiller. Et
après ça Santé Québec a mis un stop au dossier, puis là on est rendus en 2026,
on a toute cette information-là, on a... le contexte est différent, puis on va
prendre une décision avec les faits qu'on a.
Mme Setlakwe : Oui, je
comprends. Là, vous nous amenez en 2026, avec les faits actuels, mais je dois
vous ramener en 2024, lors de la signature du contrat. Je veux dire, la
population compte sur son gouvernement pour agir avec prudence. On parle de
fonds publics, il faut agir avec rigueur. Et rappelons-nous qu'à ce moment-là,
qu'est-ce qui se passe en trame de fond, bien, c'est SAAQclic. SAAQclic, moi,
je me rappelle très bien du déploiement, en 2023. Puis là, en 2024, on est déjà...
ça a déjà été qualifié de fiasco, et si la commission d'enquête n'a pas été
déclenchée, elle est sur le point de l'être. C'est ça qu'il y a en trame de
fond. Puis, pendant ce temps-là, le même gouvernement, je suis désolée, Mme la
ministre, vous n'étiez pas au MCN, mais vous étiez au gouvernement... le même
gouvernement semble répéter les mêmes erreurs, lève la tête et laisse ce genre
de choses passer. Vous dites : Bien là, c'étaient des personnes, ils ne
sont plus là, ils ne savaient pas, ça n'aurait pas dû être eux autres, puis là
aujourd'hui on va gérer ça puis on a demandé à l'AMP... Mais posons-nous la
question : Est-ce qu'on a affaire à un gouvernement qui répète les mêmes
erreurs et n'apprend pas de ses erreurs?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
regardez, si vous faites une comparaison avec SAAQclic, dans le cas de SAAQclic
ça a été : On continue le projet coûte que coûte. Dans le cas du dossier SIFA,
ça a été : Il y a un problème qu'a reconnu Santé Québec quand ils ont
hérité... Il y avait les avis du MCN, et Santé Québec s'est dit : Oh! effectivement,
nous avons un problème, qu'est-ce qu'on peut faire maintenant pour le redresser?
Et, en attendant, nous le suspendons.
Et, la réalité, c'est là où nous en sommes.
Et vous avez raison de dire qu'il y a des sommes, mensuellement, qui sont
déboursées, mais c'est une
partie infinitésimale, comparé à si nous avions
continué le projet sans effectuer le redressement potentiel. La question
résiduelle qui reste : Ce dossier-là peut-il être redressé? Et c'est sur
quoi travaille Santé Québec en ce moment pour nous soumettre un dossier d'affaires
complet pour permettre au DPI de porter un jugement.
Mme Setlakwe : Je comprends,
de porter un deuxième jugement, si on veut, mais...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Sur
la nouvelle portée puis le nouveau dossier d'affaires.
Mme Setlakwe : Oui, mais là on...
le contrat est signé, le contrat lie le gouvernement et le MCN a émis des
avertissements sur ce contrat, sur ce dossier. Est-ce que le MCN considérait
que le projet était récupérable dans sa... dans sa forme actuelle, dans la
forme pour laquelle le projet a été suspendu? Est-ce que...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Non.
Mme Setlakwe : Non. La réponse,
c'est non. Donc, avertissements...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
À l'époque.
Mme Setlakwe : ...cinq avertissements,
projet pas récupérable, on s'en va vers un mur. Et moi, ce que je retiens, c'est
que le gouvernement n'a pas écouté les avis, les avertissements.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
en fait, c'est... puisque le projet est suspendu, quelque part, en fait, ce n'est
pas le gouvernement...
Mme Setlakwe : Bien, c'est Santé
Québec.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : ...parce
que ce n'est pas remonté au gouvernement. Ceux qui ont écouté, ça a été Santé
Québec, qui a suspendu le projet pour l'instant.
Mme Setlakwe : Oui, oui, mais
je me rappelle encore me lever en chambre, en PDQ, et parler de ce dossier-là, puis
on dit que tout va bien, et, quelques heures plus tard, c'est Santé Québec.
Alors, la question se pose : Qui chapeaute tout ça? Qui s'assure qu'on ne
l'échappe pas? Qui s'assure... Ultimement, c'est le Conseil des ministres dans
son ensemble, il me semble, c'est le premier ministre et aujourd'hui c'est la
première ministre. Il faut qu'on s'assure que les voix, les bonnes voix soient
entendues à temps. Il faut qu'on s'assure qu'on ne laisse pas passer ce genre
de dossier là, ce genre de contrat là avec lequel on est... on semble être
prisonniers <aujourd'hui.
Mme Duranceau :
Bien,
peut-être... Tu sais, le MCN...
Mme Setlakwe : on semble
être prisonniers > aujourd'hui.
Mme Duranceau : Bien,
peut-être... Tu sais, le MCN, on a créé ça en 2022, OK, ça fait que ça
n'existait pas, le MCN. Là, on crée ça, on lui donne des pouvoirs, en 2022, on
lui donne des pouvoirs, mais on reconnaît quand même l'autonomie ministérielle.
Donc, un projet de santé est porté par Santé, un projet d'éducation est porté
par Éducation, puis le MCN donne son avis. Mais il demeure que c'est au niveau
de chacun des ministères qu'il y a des porteurs de ballon. Alors, vous avez
raison, ultimement, c'est l'ensemble du gouvernement, là, quand ça va bien,
c'est l'ensemble du gouvernement, quand ça va mal aussi. Mais, si on regarde la
gouvernance puis comment les choses sont faites, bien, c'est au niveau de
chacun des ministères. Puis on a accepté ça en 2022, quand on a créé le MCN,
d'avoir une autonomie ministérielle qui demeure.
Mme Setlakwe : Croyez-vous
que... Croyez-vous que le MCN a suffisamment de pouvoirs et a les leviers
suffisants?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que force est d'admettre qu'il y a des situations où on pourrait
souhaiter que le MCN ait plus de pouvoir, tu sais, je pense qu'on en a parlé,
là. Donc, ça fait que ça fait
partie des choses qu'on revoit aussi sur
l'ensemble de la gouvernance.
Mme Setlakwe : Vous avez dit
que pour SIFA, en 2022, il y avait bien un dossier d'affaires, n'est-ce pas?
Mme Duranceau : ...SIFARH.
Mme Setlakwe : SIFARH.
Mme Duranceau : L'ensemble de
l'oeuvre avait son dossier d'affaires.
• (15 h 40) •
Mme Setlakwe : Mais comment
ça se peut qu'on ait... qu'il y ait un contrat qui ait pu être signé avec une
clause... Puis là corrigez-moi, là, c'est une clause de résiliation... bien,
pour mettre fin au contrat, quand on veut se sortir d'un contrat, c'est une clause
de résiliation où, si je comprends bien, vous me corrigerez... Le
150 millions ou le 175 millions, vous semblez dire que c'est 150, la
pénalité, ça représente six ans d'honoraires. Donc, tout le risque repose sur
l'État, dans ce contrat-là? Si on s'en sort, on leur paie, aux fournisseurs
externes, le même, soit dit en passant, que dans le dossier SAAQclic, LGS, le
même... on leur paie six ans d'honoraires à venir. Est-ce que c'est ça?
Mme Duranceau : Deux...
deux... Bien, évidemment, présenté comme ça, ça a l'air vraiment cabochon, là.
Mme Setlakwe : Ah! mais, si
ce n'est pas ça, dites-le-moi.
Mme Duranceau : Non, mais
c'est ça...
Mme Setlakwe : Moi, je ne
l'ai pas sous les yeux, mais si vous voulez bien me le donner, le contrat, je
vais le réviser.
Mme Duranceau : Il y a quand
même un... Il y a quand même un contexte de négociation. Puis je n'étais pas
là, là, mais je vais y aller au mieux de ce que... ce que je connais. Mais il y
a un contexte de négociation où il y a un appel d'offres, il y a, finalement,
un seul soumissionnaire qui répond à l'appel d'offres puis qui est prêt à faire
le projet, c'est LGS. LGS qui, en passant, tu sais, n'a pas... L'AMP n'avait
pas d'enjeu dans SIFA, avec le contrat de LGS, là, au niveau de comment tout ça
a été octroyé. Donc, on a un seul soumissionnaire, on veut aller de l'avant, au
niveau du ministère de la Santé, avec ce projet-là, et là les gens qui sont au
dossier disent : OK, bien, j'ai un seul soumissionnaire, je ne veux pas
qu'il quitte. Puis là, une fois que tu lui dis : Je ne veux pas que tu me
laisses tomber, bien, lui, il dit : Moi, non plus, je ne veux pas que tu
me laisses tomber. Alors, c'est comme ça qu'une clause de non-résiliation s'est
retrouvée dans le... Bon, est-ce que c'était la meilleure négo? Là, on peut
remettre en question.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Si
je peux me permettre, Mme la députée...
Mme Setlakwe : Oui, bien... Oui,
allez-y, rapidement, parce que, là, j'aimerais ça poser des questions à la
ministre, là.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Rapidement.
Le gouvernement, quand même, attend les travaux du DPI pour savoir si le projet
peut se poursuivre dans la forme actuelle. C'est l'étape où le gouvernement est,
à ce moment. Selon moi, le gouvernement a quand même agi... ou Santé Québec, en
ne permettant pas un projet qui était mal barré, à cause, entre autres, de ces
clauses de résiliation, mais d'autres choses, de se poursuivre. Donc, c'est le
premier geste, c'est d'arrêter, d'analyser et puis de prendre une décision.
C'est l'étape à laquelle on est maintenant.
Mme Setlakwe : Quel est le
rôle de LGS, là? Il est un intégrateur? Et est-ce que le rôle qu'on a octroyé à
LGS en vertu du contrat... est-ce que c'est un rôle qui pourrait être assumé au
sein même du MCN?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Un
rôle d'intégrateur à ce niveau-là? Non, pas avec l'état des ressources. Dans ce
genre de contrat, il y a un éditeur. Dans ce cas-là, c'est Oracle, donc, le logiciel.
L'intégrateur se charge de l'intégration. C'est beaucoup de ressources. Le MCN
n'a pas cette capacité-là.
Mme Setlakwe : Donc, il faut
absolument aller à l'externe. Et là actuellement, quand vous dites qu'il y a
des ressources qui sont allouées aux projets pour lesquels le gouvernement...
ou que l'État, donc les contribuables, paie 700 000 $ par mois,
comment ça se passe actuellement, là? Je comprends qu'il y a une décision à
prendre, mais actuellement, dans l'état actuel des choses, étant donné ce
contrat qui a été signé, <quand même, sous le... sous...
Mme Duranceau :
dans l'état actuel des choses, étant donné ce contrat qui a été signé, > quand
même, sous le... sous l'actuel gouvernement, qu'est-ce qui se passe, là, dans
le concret, avec ces personnes à l'externe?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
Compte tenu... Compte tenu qu'il y avait un contrat et puis que, justement, le
gouvernement ne peut pas le résilier, il est obligé, dans l'intérim, de
l'honorer. Donc, l'honorer de manière minimale, c'est les licences, hein, dans
le fond, entre autres, ce qui fait... Et, l'implantation actuelle, ce qui s'est
passé, c'est qu'au niveau de l'ensemble des ressources d'intégration qui
auraient fait que le projet se serait développé à vitesse grand V, bien, tout
ça a été retenu. Donc, il y a une minimisation des dépenses, là, en ce moment. Mais
effectivement ça coûte quand même de l'argent sur une base... sur une base
mensuelle.
Mme Setlakwe : Comment est-ce
que vous évaluez le risque d'échec avec le contrat dans sa forme actuelle?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : C'est
la question clé : Est-ce que, dans sa forme actuelle, le dossier peut être
redressé ou pas?
Mme Setlakwe : Mais quel est
le plan de redressement? Là, vous êtes en train de plancher sur le plan de
redressement?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : C'est
ce qu'on regarde. C'est ce qu'a soumis Santé Québec.
Mme Duranceau : Santé Québec
a soumis sa demande pour pouvoir poursuivre le projet. Santé Québec a soumis sa
demande en s'appuyant sur des recommandations, notamment, de l'AMP. Il y avait
des ordonnances qu'il fallait... Puis l'AMP nous dit : Écoutez, on est
très confiants. Eux sont très confiants que le projet peut... pourrait se
poursuivre, considérant la gouvernance renouvelée par rapport au projet... à la
façon de faire, là, de Santé Québec. Maintenant, ça, c'est un avis. Là, nous,
on est en train, au gouvernement, de regarder quel est notre avis.
Mme Setlakwe : Donc, très
bien. Et vous, à
titre de nouvelle ministre, je comprends, dans ce dossier-là,
nouvelle ministre de la Cybersécurité et du Numérique, quel suivi avez-vous
demandé, là, qu'est-ce... Vous vous attendez à quoi, directement, et de qui,
là? Est-ce que vous vous investissez personnellement dans le dossier?
Mme Duranceau : Bien oui. Oui,
tout à fait. Alors...
Mme Setlakwe : Et quelle
est... quelle est l'échéance?
Mme Duranceau : Ça veut dire lire
ce qui s'est passé dans le passé, puis lire ce qui est déposé pour le futur,
puis... Et tout ça en... parce que la vie continue, là, alors qu'on est quand
même en train d'essayer de tout mettre ensemble, les recommandations de
Gallant, les recommandations de l'AMP, alors, de voir comment tout ça peut
avancer en parallèle, alors... Puis Santé Québec, honnêtement, ils connaissent
leur affaire sur ça, là, donc on... C'est un dossier qui est entre leurs mains,
donc on prend aussi leurs avis puis leurs recommandations là-dedans.
Mme Setlakwe : Bien. OK. Mais
là revenons sur le... sur le fond. Parce que, sur la... sur la forme, sur le
contrat avec lequel on semble être prisonniers, ce n'est pas... ce n'est pas
avantageux, mais sur le fond on a combien de temps, là, pour... avec les
systèmes actuels? Quel genre de marge de manœuvre avons-nous, là? Tu sais, il
faut quand même penser à l'objet de ce contrat-là. Ça fait des années que vous
en parlez, SIFARH, SIFA, c'est des systèmes internes, là, au niveau des
finances, de l'approvisionnement. À quel moment est-ce que ces systèmes-là
doivent être... absolument être changés?
Mme Duranceau : C'est plus
technique. Je référerais à...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Ce
qui avait été prévu, 2030, les contrats, entre autres, avec les entreprises qui
actuellement font le service, nommément LGI et MediSolution, le but était que
ces systèmes-là soient remplacés même avant 2030. Maintenant, avec la nouvelle
mouture du plan, du dossier d'affaires de Santé Québec, ce serait plutôt 2032.
Donc, effectivement, il y a un autre décalage qui va nécessiter, éventuellement,
d'autres ententes de prolongation des contrats actuels.
Mme Setlakwe : Au tout... Au
départ, je vous avais demandé aussi : Est-ce que le MCN a été impliqué
dans l'établissement, là, du dossier d'acquisition? Est-ce que vous voyez une
faille à ce niveau-là? Est-ce que vous... Est-ce que vous revendiquez, Mme la
ministre, là, que votre ministère soit impliqué davantage, au stade du dossier
d'acquisition, dans ces gros projets là puis est-ce que vous pensez que ça
change les choses?
Mme Duranceau : Honnêtement,
tout ça, là, tu sais, c'est à revoir, toute la question de gouvernance, là.
C'est vrai pour l'ensemble des projets, c'est vrai pour l'ensemble des projets.
Il y avait quand même des niveaux d'approbation, des règles qui sont en place,
au Conseil du trésor puis avec la LGGRI, mais après ça, dans l'exécution, là,
ça prend des gens qui sont imputables, ça prend des suivis, c'est assez de
base, mais ça prend de l'expertise, puis, ça, on a vu que c'était aussi
manquant.
Mme Setlakwe : Là, vous
dites... à revoir la gouvernance. En tout cas, votre prédécesseur, le
ministre... le député de La Peltrie, il disait : Non, non, tout est là, la
gouvernance, c'est beau, il n'y a pas d'ajustement à faire dans la loi. Il a
quitté. Après ça, on a continué l'étude du projet de loi n° 82, dans
lequel votre prédécesseur immédiat, le député d'Orford, a fait inscrire dans la
loi une modification pour justement <permettre au DPI...
Mme Setlakwe :
... député d'Orford, a fait inscrire dans la loi une modification pour
justement > permettre au DPI d'intervenir puis donner des avis sur le dossier
d'acquisition. Est-ce qu'actuellement vous êtes en train d'évaluer des dossiers
d'acquisition de certains grands projets?
Le Président
(M. Laframboise) : ...c'est tout le temps qu'on avait. On pourra
répondre à la prochaine intervention. Donc, M. le député de Jean-Talon, pour
12 min 45 s.
M. Paradis : Bonjour,
Mme la ministre, à vous et à toute votre équipe. Vous l'avez évoqué tout à
l'heure, avant 2022, le ministère de la Cybersécurité et du Numérique, c'était
plutôt un secrétariat qui était sous la tutelle du Conseil du trésor. Le
gouvernement, votre gouvernement de la CAQ, a créé le ministère. Puis c'est
d'ailleurs dans la foulée d'un de vos grands engagements électoraux de 2018,
faire le ménage des contrats informatiques, avec le shérif en chef des contrats
informatiques et député de La Peltrie. Ça a été vraiment un de vos gros thèmes
électoraux en 2018. Alors, vous avez créé le ministère de la Cybersécurité et
du Numérique en 2022, et là il y a un virage important, avez-vous dit, votre
gouvernement a dit, qui s'est opéré à ce moment-là. Est-ce que vous pourriez
nous préciser le nombre de fonctionnaires et les coûts liés à la création du
nouveau ministère en 2022?
Mme Duranceau : On va
vous trouver ça.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
en fait, c'est à peu près 2 000 personnes, le ministère, mais
rappelons que ça comprend plusieurs entités. Puis pour... pour le commun des
mortels, ce n'est peut-être pas évident, mais, entre autres, tous les systèmes
administratifs du gouvernement du Québec, hein, le SAGIR, SAGIP, le réseau...
• (15 h 50) •
M. Paradis : Très bien.
Si je vous dis, Mme la ministre, que, selon le rapport annuel de gestion de
votre ministère 2022-2023, pour cette année-là, c'est 118 300 000 $.
Pour l'année suivante, toujours selon vos rapports, c'est 162 300 000 $.
Toujours selon votre rapport, 2024-2025, 205 600 000 $. Et,
cette année, dans les cahiers de crédits qu'on a eus, à l'annexe 1, page 2
du cahier 1, c'est 566 700 000 $ de coûts pour 2025-2026.
Ça nous fait un total de 1 milliard...
Mme Duranceau : ...annuelle
pour tout ce monde-là, là?
M. Paradis : Des coûts
du ministère, juste du ministère. Je ne parle pas des projets informatiques, je
parle du ministère. Est-ce que vous... c'est les chiffres que vous avez
fournis? 1 milliard?
Mme Duranceau : Bien, si
c'est les... si c'est les chiffres que vous avez, on va travailler avec vos
chiffres.
M. Paradis : Très bien.
Mme Duranceau : Alors, où
vous vous en allez avec ça?
M. Paradis : Donc,
1 milliard pour le ministère. Très bien...
Mme Duranceau : Bien,
des salaires annuels, là. Est-ce qu'on pourrait définir ce que ces gens-là
font? Parce que c'est une chose de dire ça, mais... bien, après ça, est-ce
qu'on peut expliquer à la population les besoins?
M. Paradis : Bien, je
vous suis, mais là on va arriver, donc, à... au mandat du ministère, hein. Parce
que le ministère est créé, «il veille à la protection des données publiques,
assure la cybersécurité et développe des services numériques pour moderniser
l'administration et faciliter l'accès aux services. Il soutient l'innovation et
la transformation numérique dans l'appareil gouvernemental.»
Bon, donc là, les Québécois sont au
courant de plusieurs scandales : SAAQclic, budget estimé initial de
600 millions, c'est devenu 1,1 milliard, dépassement de 500 à
900 millions; le DSN, budget initial de 265 millions, on est rendus
actuellement à 403 millions, un dépassement de 138 millions; SIFA, de
96 millions à 280 millions; le programme de modernisation des
systèmes de justice, dont je parlais avec votre collègue ministre de la
Justice, budget annoncé, 500 millions, on ne sait pas ce que ça va coûter. Sur
180 projets actifs, plusieurs sont en retard et dépassent les coûts.
Est-ce que vous êtes satisfaite de la performance du ministère de la
Cybersécurité et du Numérique depuis sa création?
Mme Duranceau : Bien là,
je pense, c'est un peu vague, là, votre question. Moi, dans votre... dans...
dans les... les projets...
M. Paradis : Non, non,
elle est très simple, ma question. Êtes-vous satisfaite?
Mme Duranceau : Bien, je
suis satisfaite de beaucoup de choses. Puis il faut revenir à c'est quoi, le
rôle du... du MCN aussi, là. Tu sais, il y a deux choses. SAAQclic, c'est une
affaire, là, mais le... la consolidation des centres de traitement de
l'information, le... le nuage gouvernemental, le réseau gouvernemental de
télécommunications, la radiocommunication pour la police, tout ce qui est
bureautique, tout ce qui est cybersécurité, ce qui est le Service
d'authentification gouvernementale, c'est un succès, ça. Personne n'en parle,
parce que les gens voyaient un lien avec SAAQclic, là. Il y a 3,5 millions
d'utilisateurs, il n'y a aucun enjeu. C'est un... c'est un succès. Ministère de
la Famille qui a fait son guichet unique, un succès. Commission de la
construction, un succès.
Ça fait que ma... ma réponse, là, oui, je
suis satisfaite d'un ensemble de réussites et de bons coups du ministère de la
Cybersécurité et du Numérique. Après ça, je ne peux pas leur imputer toutes les
<problématiques...
Mme Duranceau : ...
Cybersécurité et du Numérique. Après ça, je ne peux pas leur imputer toutes les
> problématiques numériques. Puis ce que j'ai dit, puis je l'assume
pleinement : il faut revoir la gouvernance des gros projets informatiques.
Ça nous prend une maturité numérique dans les organisations qui entreprennent
des projets puis ça nous prend...
M. Paradis : Je vais... Je
vais... Vous avez nommé plusieurs projets. Vous dites : Ah! je suis
satisfaite de tel projet. Mais est-ce que vous pouvez identifier un des grands
projets de transformation numérique du Québec, des grands projets, qui a respecté
son budget, son échéancier et ses objectifs depuis la création du ministère?
Mme Duranceau : Bien, on va
vous trouver ça, là, mais je pense que, tu sais, vous prenez un malin...
M. Paradis : Non, mais là
vous êtes la ministre, là...
Mme Duranceau : Oui, non, je
le sais, mais je vous ai nommé, là...
M. Paradis : Il n'y en a
pas... Il n'y en a pas 195, là, des grands projets.
Mme Duranceau : Bien non, le
SAG, ça a été un très bon projet. Le ministère de la Famille...
M. Paradis : Dans les budgets?
Dans les délais? Respectait les objectifs?
Mme Duranceau : Oui. Oui.
M. Paradis : Oui, vraiment?
Mme Duranceau : Bien là, on
confirme, là, je vais vous le dire, mais le SAG, c'en est un bon. Ensuite de
ça, le ministère de la Famille, c'en est un bon. Ensuite, on a parlé de... de
SEAO, qui était en bas du budget, donc tout... de détenir nous-mêmes la
plateforme de SEAO au lieu de payer des licences à CGI.
M. Paradis : Là, vous me
confirmez que ces projets ont été réalisés dans les délais, dans les budgets et
avec les objectifs fixés initialement? C'est dans... C'est ça, là, que vous
êtes en train de me dire, de tous ces projets-là que vous me donnez?
Mme Duranceau : Bien, je
confirme que ça, ça a bien été, là. S'il y a... S'il y a des nuances à
apporter, on va me les apporter.
M. Paradis : Ma question,
c'est : Combien de projets, depuis la création du ministère de la
Cybersécurité et du Numérique, ont été réalisés conformément aux objectifs?
Parce que des fois, c'est bien de dire qu'on n'a pas dépassé le budget, mais on
n'a pas atteint les objectifs du tout. C'est le cas du programme, par exemple,
de modernisation des systèmes de justice. On a abandonné tout un paquet de
modules en cours de route. Donc, aujourd'hui, on dit : Pour l'instant, il
n'y a pas de dépassement, mais en réalité, on n'atteint pas les objectifs.
Donc, ma question : Combien de projets, depuis 2022, ont été réalisés dans
les budgets, dans les délais et en respectant les objectifs?
Mme Duranceau : On va vous
trouver les chiffres exacts, mais... Puis on pourra peut-être faire intervenir
un... Alexandre Mailhot, qui est un des SMA, si vous voulez entrer dans ce
niveau de détail là. Mais quand on regarde...
M. Paradis : Mais ce n'est
pas... ce n'est pas un détail, Mme la ministre, c'est le mandat de votre
ministère.
Mme Duranceau : Non, non, mais
c'est pour ça que je vais vous sortir les chiffres. Mais moi, quand je regarde
le tableau de bord, actuellement, sur les 139 projets actifs, bien, j'en
ai 91 % qui respectent au niveau des coûts, puis, au niveau des
échéanciers, ça, j'en ai 62 % qui sont verts, 28 %... c'est ça,
62 % qui sont dans le vert. Donc, tu sais, là, c'est qu'on focusse sur le
gros qui a mal été, mais il y a un ensemble de projets à tous les jours qui
vont bien, là.
M. Paradis : Mais quel gros,
quel gros, là? Là, les gros, là, c'est SAAQclic, c'est le DSN, c'est SIFA,
c'est le programme de modernisation des systèmes de justice. Cette semaine,
c'était Votre Santé, qui est sorti. Toute l'information qui est sortie...
Mme Duranceau : Bien, le
DSN... le DSN, là, on n'a pas dû regarder les mêmes nouvelles, là, parce que ça
va bien, le DSN.
M. Paradis : Bien, vous avez
dépassé les budgets de 183 millions.
Mme Duranceau : On a changé la
portée aussi, là.
M. Paradis : Je vous demande
combien de projets ont été livrés par votre ministère dans les budgets, dans
les délais et dans les objectifs fixés. Puis il me semble que c'est une
question assez simple et assez importante, ce n'est pas un détail, parce que
c'est le mandat de votre ministère. Il a été créé... Il a été créé pour ça.
1 milliard de dollars pour faire ça.
Mme Duranceau : Non, bien là,
si... si vous me le... je suis d'accord... Oui.
Le Président (M. Laframboise) :
...s'il vous plaît.
Mme Duranceau : Oui, ça fait
que là vous allez me dire sur quelle période vous voulez l'information, puis on
va vous la sortir. Là, en date d'aujourd'hui, quand je regarde sur le tableau
de bord, j'ai seulement 4 % des 139 projets qui dépassent les coûts puis
j'ai 18 % qui excèdent l'échéancier. OK? Après ça, je le sais qu'on
donne... que souvent les oppositions, là, font un «wrap-up» de plein d'affaires
qui ne vont pas nécessairement ensemble. Mais c'est sûr que, quand tu changes
la portée d'un projet, bien, ça ne coûte pas nécessairement ce qui était prévu
au début. Mais l'exemple de cette semaine sur la vitrine santé, ça a été un
succès. On a décidé d'ajouter des fonctions à ce qu'on offrait comme
plateforme. Alors, bien sûr, ça n'a pas coûté ce qui était prévu au début, on
l'a ajouté... des volets.
M. Paradis : Est-ce que vous
êtes satisfaite des résultats du ministère de la Cybersécurité et du Numérique
depuis sa création en 2022? Quand vous regardez ça, là, puis vous vous adressez
aux Québécois, êtes-vous satisfaite? Trouvez-vous que le milliard investi pour
la création du ministère...
Mme Duranceau : Bien, je
pense...
M. Paradis : ...dans le but
de gérer les contrats de transformation informatique... Vous êtes satisfaite,
oui ou non?
Mme Duranceau : Je suis
satisfaite de l'ensemble des projets qui étaient sous la pleine gouvernance du
ministère de la Cybersécurité, du Numérique. OK? Quand... Parce qu'il y a deux
choses. Le ministère de la Cybersécurité et du Numérique est en charge de
livrer un paquet de projets, comme la feuille de temps d'horaire variable,
comme le Projet urbain de <radiocommunication...
Mme Duranceau :
la feuille de temps d'horaire variable, comme le Projet urbain de > radiocommunication,
comme le nuage gouvernemental, comme... Ça a l'air niaiseux, mais le
déploiement de Teams, là, ça s'est fait sans heurt, avec la pandémie. Tout le
monde a Teams. Ça a l'air... Là, aujourd'hui, c'est comme... c'est un acquis,
mais il fallait le faire, à ce moment-là. Cybersécurité, en entendez-vous
parlez souvent? Je suis satisfaite de ça aussi. Là, ce qu'il faut... Ça fait
que quand on n'en entend pas parler, c'est parce que ça va bien. Les éléments
qui n'ont pas bien été, la gouvernance de ça, elle doit être revue. C'est le
passé. On a parlé de SAAQclic, on a parlé de SIFA, on a parlé des projets de
santé. Là, les choses ont évolué.
M. Paradis : Bon, alors parlons
de gouvernance. L'ancien ministre... l'ancien ministre, maintenant député d'Orford,
a affirmé publiquement que le ministère de la Cybersécurité et du Numérique
était un, je le cite, «chien de garde sans pouvoirs» et que... Il a nommé un
certain nombre de projets qui, a-t-il dit, s'en allaient droit dans le mur
malgré les... les avertissements du ministère. C'est cité dans le rapport du
commissaire Gallant, à la suite de la commission d'enquête sur le scandale
SAAQclic. Donc, l'ancien ministre, son prédécesseur, le député de La Peltrie,
s'est décrit comme un triste spectateur, c'est entre guillemets, comme ministre
du... de la Cybersécurité et du Numérique dans ce dossier.
Est-ce que votre gouvernement a créé un
ministère de la Cybersécurité et du Numérique sans donner à ce ministère les
leviers nécessaires pour agir? Est-ce que c'est un chien de garde sans
pouvoirs?
• (16 heures) •
Mme Duranceau : Bon, là, je
pense que c'est facile... tu sais, on dit en anglais, je ne sais pas, «with
insight», là, c'est facile de dire qu'on aurait dû. Je pense que de plus en...
on aura de plus en plus de projets informatiques. Je pense que la preuve a été
faite que la gouvernance n'était pas adéquate à l'intérieur du gouvernement.
Quand on regarde l'échantillon que l'AMP a analysé, 2010 à 2025,
15 années, sur 15 ans de projets informatiques, tous gouvernements
confondus, on a les mêmes enjeux. La Vérificatrice générale, en 2010, elle a
parlé d'enjeux de gouvernance aussi. Alors là, là, la CAQ, là, nous, on se retrouve
avec tous les projets informatiques qui ont commencé, certains sous notre
gouvernement, d'autres sous les précédents gouvernements. Je tiens à rappeler
que, SAAQclic, le PQ, avait enlevé des pouvoirs au Trésor, à l'époque. Donc, on
se retrouve avec plein de projets informatiques. Pourquoi? Parce que ça évolue.
Puis, le numérique, on en a de plus en plus. Alors, on sera le gouvernement qui
aura mis la bonne gouvernance en place pour pouvoir livrer des projets
adéquatement.
M. Paradis : ...parlons-en
parce qu'une autre... il y a une autre... Combien de temps il me reste?
Le Président (M. Laframboise) : 20 secondes.
M. Paradis : Une des grandes
recommandations du... de la... du commissaire Gallant, c'est d'avoir de
l'expertise additionnelle au sein du ministère. Et voyez comme on a tourné en
rond, j'ai un tableau didactique ici, avec le gouvernement de la CAQ : on
est partis du secrétariat, hein, de... Secrétariat sur le Conseil du trésor, on
a créé, pour 1 milliard, un ministère, des dépassements de coûts, et on
revient...
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député de Jean-Talon. La parole est à... maintenant à Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont, pour 19 min 29 s.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Je change un peu de sujet temporairement. Ma collègue me disait que,
dans l'étude des crédits en Habitation, elle avait un échange avec les gens du
TAL, le Tribunal administratif du logement, que vous connaissez, et on a appris
qu'il y a une licence pour un logiciel, Foxit Software Inc., qui est utilisé
par le TAL. Puis apparemment que, bon, au fil des questions, ça semblait être
une bonne chose, d'après la personne qui répondait, d'avoir sorti Adobe... oui,
c'est ça, Adobe Acrobat, il me semble, là. Mais comment se fait-il que cet...
ce logiciel soit utilisé dans l'appareil gouvernemental? Ce n'est pas quelque
chose qui est... qui est mal à avisé?
Mme Duranceau : Mais là c'est
quoi, l'enjeu que votre collègue de...
Mme Setlakwe : Mais Foxit, ça
ne vous inquiète pas?
Mme Duranceau : Qu'est-ce
qu'elle a énoncé, comme enjeu?
Mme Setlakwe : Foxit
Software, ça, ça ce n'est pas... Est-ce que c'est un logiciel avec lequel vous
êtes à l'aise?
Mme Duranceau : Bien, moi,
personnellement, là, je ne l'utilise pas, là.
Mme Setlakwe : Est-ce qu'il
est utilisé dans l'appareil gouvernemental?
Mme Duranceau : Bien là,
c'est votre collègue, là, qui m'apprend ça, là. Évidemment, je suis au courant
de la liste des... des logiciels utilisés.
Des voix : ...
Mme Setlakwe : Donc, c'est
permis ici que ce...
Mme Duranceau : Vu que c'est
une question plus technique, là, je vais référer à qui de droit, si on est à
l'aise pour répondre, ou on va valider.
Mme Setlakwe : Donc, vous, on
ne vous a pas... on ne vous a pas parlé de ça? Depuis les crédits en
Habitation, ça n'a pas été porté à votre attention que, potentiellement, il y
avait un enjeu avec Foxit?
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Bon, est-ce que...
Mme Setlakwe : Bien, je pense
que la ministre allait me répondre...
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16 h (version révisée)
<15357
Président (M. Laframboise) :
Est-ce qu'on...
Mme Setlakwe :
Bien,
je pense que la ministre allait me > répondre.
Le Président (M. Laframboise) : Non,
c'est ça, là, c'est... parce que j'ai besoin du consentement.
Mme Duranceau : Non, non,
mais au MCN ce n'est pas un logiciel qu'on utilise, là. Alors, moi, c'est ça
que j'ai comme information. J'avais entendu ce que votre collègue a dit, là, mais,
tu sais, pour ce qui est de la cybersécurité, je ne me fie pas à elle, là.
Mme Setlakwe : Ah! Bien là, non,
ça fait quelques fois vous dites «votre collègue», bien non...
Mme Duranceau : Bien, c'est
votre...
Mme Setlakwe : Là, l'important
ici, ce n'est pas ce que ma collègue a dit. Oui, c'est important qu'elle ait posé
les questions, mais je pense qu'il faut surtout s'attarder sur les réponses qui
ont été fournies...
Mme Duranceau : Bon...
Mme Setlakwe : ...et moi, ma
question, c'est à savoir : Est-ce qu'il y a un enjeu avec Foxit? Là,
les... on a les experts, on a les gens du MCN. Est-ce que c'est un enjeu que
Foxit soit utilisé dans l'appareil gouvernemental?
Le Président (M. Laframboise) :
...pour que les experts...
Mme Setlakwe : Bien sûr.
Le Président (M. Laframboise) : ...bon,
vous présenter et nommer votre titre, s'il vous plaît
M. Goulet (Sylvain) :
Sylvain
Goulet, sous-ministre adjoint aux infrastructures technologiques et à la
bureautique.
Dans le cas du MCN, comme ça a été
mentionné, le logiciel avait été utilisé par un client, deux postes, pour
lequel il y a eu des mesures qui ont été mises en place, des mesures d'isolation,
notamment pour empêcher toute communication avec l'Internet. Donc, c'est des
logiciels qui avaient été expérimentés puis ces logiciels-là vont être retirés,
si ce n'est pas déjà fait au moment où on se parle.
Par ailleurs, ce qui mériterait d'être
mentionné, c'est que le ministère procède quand même à l'analyse des
vulnérabilités. On a la liste de l'inventaire des logiciels qui sont installés
au niveau des équipes de cyberdéfense, puis il y a une veille qui est... qui
est faite au niveau des vulnérabilités en lien avec ces logiciels-là et il y a
des avis qui sont émis en fonction de ce qui peut être découvert.
Donc, pour résumer, dans le cas du MCN et
de ses clients, il y avait uniquement deux postes sur lesquels le logiciel
avait été utilisé, pour lequel il y a des mesures de mitigation qui ont été
déployées.
Mme Setlakwe : Quels sont ces
deux postes? Merci beaucoup pour votre réponse. Quels sont ces deux postes?
M. Goulet (Sylvain) : C'étaient
des postes qui étaient au ministère de l'Emploi et à la Solidarité sociale.
Mme Setlakwe : Donc, pas le TAL?
M. Goulet (Sylvain) :
Non,
le TAL ne fait pas
partie des clients en plan actuellement...
Une voix : ...
M. Goulet (Sylvain) : Bien, les
autres... En fait, on n'a pas l'inventaire précis de ces installations-là sur
les organisations qui ne sont pas clients du MCN. Donc, l'offre de bureautique
actuelle du MCN ne couvre qu'un sous-ensemble de ministères et organismes, ils
sont une quinzaine, grosso modo.
Mme Setlakwe : Je comprends.
Donc, le TAL n'est pas assujetti ou n'est pas... Vous ne donnez pas de conseil
au TAL?
M. Goulet (Sylvain) :
Bien,
on donne des conseils au niveau de la cyber s'il y a des vulnérabilités qui
sont découvertes. Puis là je pourrais passer la parole à M. Fournier, là, qui
est au niveau de la sécurité, mais, s'il y a des vulnérabilités qui sont... qui
sont découvertes ou qu'il y a des avertissements qui doivent être faits par
rapport à l'utilisation de certains logiciels en fonction de ces veilles-là, c'est
sûr qu'il y a des avis qui sont émis.
Mme Setlakwe : Et là je pense
qu'il faut juste revenir. Là, soyons clairs, là, est-ce qu'il y a un problème
avec Foxit, oui ou non? Est-ce que... La question est claire. Est-ce qu'on
cherche à ne plus l'utiliser ou on ne veut pas l'utiliser...
M. Goulet (Sylvain) : Dans le
cas...
Mme Setlakwe : ...ou on le
continue, puis ce n'est pas un enjeu, c'est...
M. Goulet (Sylvain) :
Bien, moi,
je peux parler au niveau du MCN. Là, je vais laisser la parole à Yvan...
Le Président (M. Laframboise) : ...le
consentement pour que l'expert en cybersécurité...
Mme Setlakwe : Oui.
Le Président (M. Laframboise) :
Vous vous présentez, monsieur, avec votre titre.
M. Fournier (Yvan) : Bonjour.
Yvan Fournier, je suis le sous-ministre adjoint, mais je suis aussi le chef gouvernemental
de la sécurité de l'information.
Alors, votre question est très pertinente.
Comment ça se passe? Ce qu'on fait, c'est que, tous les logiciels qu'on a l'inventaire
au niveau du gouvernement, qui sont sous la LGGRI, nous, on fait ce qu'on appelle
un scan, un balayage de vulnérabilités, et on tient à jour tous les... Donc,
chaque organisme gouvernemental ont des titres, des CISO, donc des chefs
responsables de la sécurité de l'information, des COMSI, qui sont des
coordonnateurs opérationnels, qui reçoivent de nous toutes les vulnérabilités.
Et, sur Foxit, bien, il n'y a pas d'enjeu. Il y a des éléments de cybersécurité
qui ont été annoncés. Si tout le monde utilise la version 2025.3, tous les
éléments de cyber sont corrects.
Là, les gens disent : Ah! mais là, il
y a des... il y a des pays, il y a des entités qui l'ont interdit parce qu'il y
avait un soutien chinois. Nous, on a vérifié avec le fédéral. J'ai vérifié moi-même
directement avec le fédéral qu'est-ce qu'il en est, et tout ça. Et, en général,
le Québec est plus rapide que le fédéral pour bloquer ou fermer des entités.
Aujourd'hui, on est encore en analyse. Je pense que mon collègue l'a bien
expliqué. Ce qu'on fait, quand on a une demande de l'installer, parce que, pour
des raisons x, y, z, c'est essentiel, on ferme toute communication de cet outil-là
vers l'Internet. Donc, elle est installée localement et elle ne parle à
personne, elle ne peut pas envoyer d'information ou rien. C'est comme ça qu'on
les gère.
Parce que vous comprenez pourquoi ces
outils-là sont utilisés, c'est que ça coûte vraiment moins cher qu'un produit
comme Adobe, par exemple. Donc, nous, ce qu'on fait, c'est, quand on l'autorise,
on met un mécanisme autour du logiciel pour ne pas qu'il ne communique avec
personne. On en a deux à notre... à notre connaissance, là, dans l'inventaire.
Mais par contre, vous pouvez être certain que le TAL reçoit de nous toutes les
informations relatives aux enjeux de sécurité, des vulnérabilités connues et
quelle est la version que nous, on recommande de mettre en <place...
M. Fournier (Yvan) :
...des
vulnérabilités connues et quelle est la version que nous, on recommande de
mettre en > place.
Mme Setlakwe : Très bien.
Bien, merci. Ça a été... Ça a été très clair. Donc, je comprends que ça peut
être utilisé de façon sécuritaire?
M. Fournier (Yvan) : Absolument.
Mme Setlakwe : Mais est-ce
que vous encouragez ou... Donc, ce n'est pas... ce n'est pas prohibé, ce n'est
pas interdit dans les organismes qui tombent sous votre surveillance?
M. Fournier (Yvan) : Aujourd'hui,
il n'est pas interdit. Est-ce que, demain, il le sera? Si nous, on est en train
de faire des analyses de... puis pas seulement celui-là, mais il y a d'autres
produits. Donc, à l'interne, on a développé des logiciels qui nous permettent
de tout lire le code, même faire du «reverse engineering», excusez
l'anglicisme, des produits pour s'assurer qu'il n'y a pas d'enjeu. Et on est
connectés avec l'Europe et le fédéral pour voir si des gens trouvent des
éléments. Aujourd'hui, il n'y a pas d'alerte ni du fédéral ni de l'Europe à
l'empêcher de fonctionner. Alors, on suit ça de très proche.
Mme Setlakwe : Merci. Donc,
mais, aux États-Unis, c'est... ce serait... ça se trouve sur une liste de
logiciels proscrits.
M. Fournier (Yvan) : Parce
qu'il est chinois. Il y a une tonne de logiciels chinois aux États-Unis, qu'ils
interdisent non pas parce qu'il y a des risques, parce que c'est chinois
seulement.
• (16 h 10) •
Mme Setlakwe : Merci beaucoup.
M. Fournier (Yvan) : Merci.
Mme Setlakwe : Il y a... Lors
du bloc précédent, je posais la question puis je pense qu'elle est vraiment
importante, là, de... Je veux savoir, suite aux modifications qui ont été
faites l'an dernier, une modification, un amendement au projet de loi
n° 82 sur l'identité numérique dans lequel il y a un pouvoir additionnel
qui a été octroyé au MCN pour permettre au DPI d'émettre des avis au stade... à
un stade plus en amont, à un stade du développement du dossier d'acquisition,
combien de... combien d'interventions ont été... ont été faites, là, de votre
part, de la part du MCN, depuis l'adoption de cet amendement?
Mme Duranceau : Bien, il
semble qu'il n'y ait aucun... il n'y a aucune intervention de cette nature-là
qui a été faite, parce qu'il n'y a pas de projets de gros projets qui auraient
nécessité une intervention comme celle-là, là.
Mme Setlakwe : Depuis un an,
il n'y a aucun nouveau projet qui a été amorcé dans lequel le MCN aurait été
impliqué en amont? Aucun?
Mme Duranceau : De... Selon
les seuils, là.
Mme Setlakwe : Il n'y avait
pas de seuils de mentionnés dans le... l'article de loi.
Mme Duranceau : Non, mais qui
doivent venir au MCN selon la taille du projet.
Mme Setlakwe : C'est vrai.
Oui.
Mme Duranceau : Ça fait que,
je pense, c'est ça, la nuance.
Mme Setlakwe : OK. Et est-ce
que les projets qui ont été mentionnés au début, là, ceux qui font l'objet ou
qui ont fait l'objet d'un audit, SIFA, Lexius, Votre Santé, DSN... est-ce que
ça, c'est tous des dossiers où il aurait été avantageux d'impliquer le MCN plus
en amont?
Mme Duranceau : Oui, la
réponse, c'est oui, hein? Je pense, c'était l'objectif des amendements, là,
d'essayer de capturer justement plus en amont.
Mme Setlakwe : Ça a été
difficile d'amener ça. En tout cas, il y avait vraiment, de la part de vos
anciens... bien, c'est toujours vos collègues, là. Le député de La Peltrie ne
voulait pas... ne voyait pas de... ne voyait pas que c'était opportun de
changer les... changer les choses. Finalement, votre prédécesseur immédiat, le
député d'Orford, on a eu tellement de discussions, il y avait une ouverture à
apporter cette modification-là. En tout cas, moi, ce que je retiens, c'est que
le MCN, bon, oui, c'est une bonne chose d'avoir ajouté ça, moi, c'est ce que je
pense, a vraiment un rôle-conseil ou a eu un rôle-conseil et n'est pas toujours
entendu. Alors là, je réalise que ma question n'est pas assez précise. Est-ce
que le MCN a suffisamment de pouvoirs, selon vous?
Mme Duranceau : Bien, comme
je mentionnais tantôt, là, je pense que le passé a révélé beaucoup de choses.
Encore une fois, tu sais, si je m'appuie sur le rapport Gallant puis sur le
rapport de l'AMP, il y a des choses à revoir, c'est sûr. Puis le... dans les
pouvoirs d'intervention du MCN, tu sais, on dit, bon, il y a... il y a la
possibilité d'intervenir ou de signaler une situation par une lettre du
ministre, du sous-ministre, d'avoir un pouvoir d'audit, de créer un comité de
vigie puis de... Pour pouvoir arrêter un projet, bien là, c'est un pouvoir qui
est partagé entre le ministre sectoriel et le ministre du MCN.
Mme Setlakwe : Exact.
Mme Duranceau : Donc, ça,
bien, tu sais, ça peut créer des tensions, je présume, là.
Mme Setlakwe : Bien oui. Puis
là voilà où je veux en venir. Donc là, jusqu'à maintenant, ce n'était pas
optimal, parce que ça... la formule qui a prévalu dans les dernières années a
donné lieu, malheureusement, à des dossiers qui ont dérapé, qui ont... qui ont
donné lieu à des...
Mme Duranceau : Mais, ces
dossiers-là, on était même avant le MCN, là.
Mme Setlakwe : Ma question...
Mme Duranceau : Tu sais,
quand tu penses SIFA, là, SIFARH, c'est bien avant, là.
Mme Setlakwe : Oui. Le
contrat a été <signé en...
Mme Setlakwe :
...question...
Mme Duranceau :
sais, quand tu penses SIFA, là, SIFARH, c'est bien avant, là.
Mme Setlakwe :
Oui.
Le contrat a été > signé en 2024. Mais ma question est la suivante. Là,
on a une nouvelle première ministre...
Mme Duranceau : Oui, mais l'ensemble
de l'oeuvre...
Mme Setlakwe : ...il y a une
nouvelle première ministre qui vous a nommée ministre de la Cybersécurité et du
Numérique. Est-ce que... dans votre mandat, est-ce qu'il y a eu des
discussions? Est-ce que vous avez clairement une... Est-ce que vous avez senti
une intention politique de la part de la première ministre, justement, de faire
les choses différemment pour s'assurer qu'il n'y ait pas ces confrontations,
qu'il n'y ait pas ces tensions entre le ministère qui porte le dossier et le
MCN?
Mme Duranceau : Ah! bien là,
on a plein pouvoir de recommandation sur ça, là. En fait, j'ai plein pouvoir de
recommandation avec mes deux chapeaux, là, de MCN et de présidente du Conseil
du trésor. Je m'appuie sur les recommandations qu'on a eues et de Gallant et de
l'AMP. Puis on va prochainement statuer, là, sur quelle est la meilleure... la
meilleure approche. Mais, on est d'accord, là, des enjeux de gouvernance qu'on
a connus, il ne faut plus en connaître. Il y a des choses à mettre en place
pour pallier à ça. Toute la notion de maturité numérique dans les entités, tu
sais, ce n'est pas normal que le CIUSSS du Lac-Saint-Jean s'occupe d'un projet
aussi massif que ce qui était prévu. Ça prend beaucoup plus d'expertise autour
de la table, là, pour réaliser ces projets-là, là.
Mme Setlakwe : Depuis que
vous êtes en poste, est-ce que... Vous avez sûrement fait une vigie, là. Il y a
combien de projets que vous avez identifiés comme étant potentiellement à
risque? Puis là je ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, mais vous
avez dû. Expliquez-nous le processus par lequel vous êtes passée en arrivant,
là. Vous avez dû demander tout de suite un état de situation, là. Combien de
projets sont actuellement en opération et qui ont une attention plus
particulière de votre part?
Mme Duranceau : ...ceux qui
ont une attention plus particulière de ma part, c'est ceux dont on a parlé au
tout début, là, qui font déjà l'objet d'audit de la part du MCN. Évidemment, il
y a, sur les tableaux de bord, là... il y a des éléments, il y a des projets qui
sont en retard. Puis là on suit ça. Ce n'est pas tous pour des raisons... Il y
a des projets en retard, parce que, bon, il y a des décisions qui ont été
prises de reporter pour x, y raison, budgétaire, priorité, disponibilité de la
main-d'oeuvre ou des équipes.
Mme Setlakwe : Oui, vous
parlez des équipes, il y a combien de... combien de ressources, combien il y a
d'équivalent temps complet au MCN?
Mme Duranceau : On parlait
autour de 2 000.
Mme Setlakwe : Autour de 2000.
Combien de programmeurs?
Une voix : ...
Mme Duranceau : Pas beaucoup?
On va chercher le chiffre. Puis... Mais nos ressources informationnelles ou, tu
sais, dans le numérique, c'est plus que ça. Sur l'ensemble du gouvernement,
c'est combien? C'est 18 000? 18 000 dans l'ensemble du gouvernement.
C'est bien du monde. Alors, ça aussi, on est en train de voir comment on
rapatrie l'expertise. Elle est trop diffuse dans l'ensemble du gouvernement.
Puis chaque ministère a ses... a son champion de quelque chose, mais chaque
ministère protège un petit peu son territoire, et donc, là, on ne mutualise pas
nos ressources comme on le devrait. Puis notre expertise, bien, comme je le
répète depuis tantôt, elle est trop diffuse, puis on ne s'aide pas. Alors là,
il faut que, pour ça, le MCN prenne plus de... prenne plus le «lead», là.
Mme Setlakwe : Mais ça n'a
pas été fait, là, dans les dernières années?
Mme Duranceau : Bien, ça a
été amorcé, ça a été amorcé. C'est beaucoup un changement de culture, hein?
Alors là, la gestion du changement, c'est quelque chose aussi dans des grosses
organisations.
Mme Setlakwe : Dans le DSN,
le MCN, est-ce qu'il a émis un avis favorable avant le lancement du 9 mai?
Mme Duranceau : Dans... Oui,
oui, l'avis était favorable dans ce... dans ce cas. Au début, il y a eu un
comité de vigie, il y a eu des recommandations de faites, j'ai ça quelque part,
notamment en matière de cybersécurité. Et, attendez, en matière de
cybersécurité, il y avait la souveraineté numérique qui avait été soulevée
comme enjeu potentiel. On s'est rassurés sur cet élément-là. Puis il y aura
migration vers le nuage gouvernemental dans un avenir plus ou moins rapproché.
Et c'est ça.
Mme Setlakwe : Bien, mais à
peu près quand? Vous visez quelle... quelle date pour la migration?
Mme Duranceau : Bien, ce qui
est important, là, c'est la protection des données de manière générale. Puis
les données Protégé C, ils sont sur notre nuage gouvernemental déjà. Alors,
dans le... dans le dossier Epic, ce n'est pas des données qui sont... qui sont
Protégé C, pour la... donc, le... ou, en tout cas, pas en totalité, là, si je
ne me trompe pas. Et l'horizon, là, c'est... Je ne peux pas donner un horizon.
C'est-tu 18, c'est-tu <24 mois...
Mme Duranceau :
...pas.
Et l'horizon, là, c'est... Je ne peux pas donner un horizon. C'est-tu 18,
c'est-tu > 24 mois? Par contre, ce qu'on a dit, c'est que c'est sur
des serveurs ici, c'est encrypté. Oui, il y a le CLOUD Act. Il y a, par contre,
contractuellement, une obligation de...
Mme Setlakwe : Merci. Mais
qu'est-ce qui a changé? Donc, l'avis était favorable juste avant le lancement,
mais votre prédécesseur, lui, avait des réserves. Vous venez même d'en
identifier.
Mme Duranceau : Bien là,
peut-être que mon prédécesseur, il avait des réserves.
Mme Setlakwe : Qu'est-ce qui a
changé? Qu'est-ce qui a changé, substantiellement, là, pour que l'avis
change? Parce que ce n'est pas... Tu sais, je veux dire, c'est... lui, son avis
n'était pas isolé, là, c'était l'avis... ça devait être appuyé par le DPI. Ce
n'était... ce n'était pas un...
• (16 h 20) •
Mme Duranceau : Bien, ça a
continué d'évoluer, tout ça, là. Alors là, les propos de mon collègue... je
vais le laisser commenter sur ses propos. Mais, en termes de... en termes de
moment où les choses se sont dites puis au... de moment où les premiers avis
ont été émis... L'exemple de cybersécurité en est un bon. Au début, le MCN
n'était pas confortable. Finalement, Santé Québec a fait tout ce qu'il y avait
à faire, puis là on est très confortables avec ce qui peut rester comme
éléments plus vulnérables. Donc là, il y a un... il y a un échéancier ou il y a
un timing dans les choses qui se sont dites, puis qui ont été analysées
entre-temps, puis la conclusion à laquelle on a pu en venir, là.
Mme Setlakwe : Est-ce que...
Combien ça a coûté, le déploiement de ces deux vitrines?
Mme Duranceau : Là, il y a le...
Ça, c'est... ça, c'est les chiffres de Santé, là. Bien, je ne vais pas donner
de chiffre. Honnêtement, c'est la réponse de Santé, là, ça. Parce qu'il y a le
volet vitrines, qui est le... ce dont on parle cette semaine, là, les
rendez-vous, qui est Votre Santé, puis il y a Epic. Epic, c'est quoi, les...
Mme Setlakwe : Non, les
vitrines, ce n'est pas... ce n'est pas les rendez-vous. Vitrines, ce n'est pas
les rendez-vous.
Mme Duranceau : Hein?
Mme Setlakwe :
Vitrines, ce n'est pas les rendez-vous. Vitrines...
Mme Duranceau : C'est Votre
Santé, là, c'est celui...
Mme Setlakwe : Vitrines, les
deux... les vitrines, il me semble, c'est le nouveau nom de votre projet, le
DSN?
Des voix : ...
Mme Duranceau : Là, on est
mélangés dans les trois. Le DSN, c'est trois... c'est trois projets, celui
Epic, après ça, il y a le dossier Votre Santé, puis il y a un autre dossier, qui
n'est pas déployé.
Une voix : ...
Mme Setlakwe : C'est ça.
Mme Duranceau : Vitrines,
c'est Epic.
Mme Setlakwe : Oui. Alors, ça
a coûté combien, le déploiement des vitrines Epic?
Mme Duranceau : Bien là, je
vais vérifier ce que Santé vous a donné comme chiffre, là, je ne l'ai... On
était en bas du budget qui avait été autorisé, donc...
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup. Donc, c'est tout le temps qu'on avait pour le moment. Donc, on
poursuit avec le député de Joliette, pour 9 min 10 s. M. le
député.
M. St-Louis : Merci beaucoup,
M. le Président. Salutations aux collègues des oppositions, salutations à mes
collègues de la banquette gouvernementale, ainsi qu'à l'équipe ministérielle
et, naturellement, Mme la ministre. Donc, dans un contexte géopolitique et
budgétaire complexe, la cybersécurité ne se gère plus en vase clos. Les
cybermenaces sont sans frontières, et la réponse doit l'être aussi. Le
ministère de la Cybersécurité et du Numérique a compris cela et a... et a posé
des gestes concrets, dis-je bien, pour positionner le Québec comme un acteur
sérieux sur la scène canadienne et internationale.
Le 3 octobre 2025, les
14 gouvernements, provinciaux, territoriaux, et fédéral signaient une
entente intergouvernementale canadienne en matière de cybersécurité, un
engagement collectif pour échanger de l'information sur les cybermenaces,
mettre en commun les expertises et partager les outils.
Quelques mois plus tôt, le CRET-QC
devenait un membre du forum... du Forum of Incident Response and Security
Teams, le FIRST. Le Québec est la première province canadienne à adhérer à
cette organisation internationale dédiée à la gestion des incidents de sécurité
et à la résilience face aux cybermenaces. Les collaborations se poursuivent et
s'élargissent. Une déclaration d'intention sur la souveraineté numérique a été
conclue avec la France en mars 2026 et un accord de coopération opérationnelle
a été signé avec la Belgique en octobre 2025.
Mme la ministre, ma question. Le Québec
multiplie les partenariats en matière de cybersécurité tant au Canada qu'à
l'international; pouvez-vous nous expliquer en quoi ces collaborations
renforcent la capacité du Québec à faire face aux cybermenaces et à protéger
les données des Québécois et des Québécoises?
Mme Duranceau : ...je pense,
l'environnement de cybersécurité, là, on ne peut pas, le Québec, être en vase
clos là-dedans. Alors, tous les partenariats avec les partenaires... les
partenariats avec les partenaires étrangers... avec les juridictions étrangères
sont importants, et puis c'est vrai, bon, avec ce qu'on fait avec la France.
D'ailleurs, en octobre 2025, 14 gouvernements, <fédéraux...
Mme Duranceau :
...bon,
avec ce qu'on fait avec la France. D'ailleurs, en octobre 2025,
14 gouvernements, > fédéraux, provinciaux, territoriaux, ont partagé
de l'information, là, justement, en matière de cybersécurité. Ça fait qu'il y a
la France, avec qui on a des partenariats, il y a... pas l'Islande, mais
l'Estonie, aussi, qu'on suit de très proche. Puis l'importance de partager l'information
puis de s'abreuver de ce que les autres font, c'est que c'est une menace qui
est... qui est mondiale, les cyberattaques. Alors, il faut aller chercher
l'information partout puis la partager. Ensuite de ça, on a l'Alberta qui est
très avancée, aussi, à cet égard-là, avec qui on travaille. Puis, d'ailleurs,
en matière de cybersécurité, je pense que c'est un sujet sur lequel il faut
demeurer très, très humbles, parce que... parce qu'on ne sait jamais quand est-ce
que ça peut arriver, mais qu'on est très... on est très résilients, au Québec, puis
très performants de ce côté-là.
Quand on me demandait : Est-ce que
vous êtes satisfaite du MCN? Bien, moi, ce que j'ai appris, depuis que je suis
en poste, c'est qu'on... on était très solides de ce point de vue là. Peut-être
que je pourrais laisser M. Le Bouyonnec commenter aussi.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Bien,
le Québec a fait preuve de leadership depuis des années, est reconnu comme un
expert canadien de la cybersécurité. C'est pour ça qu'on a eu la première
entente de partage d'information, de partage de systèmes, avec le fédéral, on a
pu faire en sorte que cette entente-là soit augmentée à l'ensemble des
provinces canadiennes et des territoires. La défense canadienne a supporté, par
exemple, la candidature du Québec pour faire
partie du centre de cyberdéfense
de l'OTAN. On est le seul gouvernement non souverain à faire
partie du centre
de cyberdéfense. Donc, il y a une communauté... communauté gouvernementale qui
est très reconnaissante, si on veut, là, des capacités du Québec.
On a une entente gouvernementale aussi
avec la Belgique au niveau de la cybersécurité. Bref, c'est un des axes forts
du MCN. Puis honnêtement, avec toutes les menaces que l'on voit, l'augmentation
des menaces, et c'est connu, vous le voyez dans les journaux, le Québec devra
continuer à avoir les meilleurs, les meilleurs éléments pour pouvoir se
défendre adéquatement contre... contre des menaces, qui ne sont pas simplement
des menaces d'individus, mais des menaces d'États, d'États renégats qui
attaquent, finalement, le Québec, comme le Canada, comme les États-Unis. Donc,
la collaboration pour le partage d'information, le partage de ressources, le
partage de développement pour mettre en place des systèmes automatisés de
défense en relation avec les armées, justement, parce qu'avec la France, aussi,
c'est en relation avec la défense, c'est souvent la cybersécurité liée à la
défense, comme la défense canadienne. Donc, c'est un enjeu qui est... qui est
important, et le ministère de la... de la Sécurité intérieure aussi est bien
conscient de cette dynamique-là, au niveau de la cybersécurité, pour laquelle
on investit puis on devra sûrement, dans le futur, même investir davantage.
M. St-Louis : Merci. Je vous
amène sur un autre sujet. La radiocommunication, comme on le sait, Mme la
ministre, les radiocommunications, c'est la colonne vertébrale des
interventions de sécurité publique, au Québec. Que ce soit un policier ou un
pompier, lorsqu'un intervenant d'urgence a besoin de communiquer sur le
terrain, le réseau doit être fiable, sécurisé et présent partout, que ce soit
en forêt ou en plein coeur d'une ville.
Le 2 décembre 2025, le transfert
complet de la desserte policière sur le Réseau national intégré de
radiocommunication, le RENIR, a été complété. Le projet a mené un partenariat
avec la Sûreté du Québec et a permis de migrer la totalité des 114 postes
de police et des 298 unités organisationnelles de la Sûreté du Québec,
ainsi que plus de 4 000 véhicules vers les services de
radiocommunication numérique du RENIR. Le réseau policier provincial est
désormais entièrement intégré à une... une infrastructure, dis-je, bien moderne
et unifiée.
Mme la ministre, ma question, avec le transfert
de la desserte policière sur le RENIR et les avancées du projet urbain de
radiocommunication, pouvez-vous nous expliquer ce que ces réalisations
signifient concrètement pour la sécurité des intervenants sur le terrain pour...
et pour la population du Québec?
Mme Duranceau : ...je vais
laisser M. Le Bouyonnec, là, donner le détail où c'est plus technique, mais,
quand on me demandait : Êtes-vous satisfaite de ce que le MCN a fait?
Bien, tu sais, ça, c'est une belle réussite aussi. Ça fait qu'il ne faut pas
ramener ça à trois projets, là, qui ont été plus compliqués en termes de
gouvernance, là. Je pense qu'il y a plein de choses qui relèvent du MCN puis
qui ont été livrées par le MCN. Et RENIR, qui est le réseau de télécommunication,
là, en cas d'urgence, est un bel exemple.
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Puis,
là aussi, Québec fait figure de leader à travers le Canada. Grâce au
déploiement du RENIR, on a vraiment une infrastructure de base qui devait
évoluer pour, en plus de la radiocommunication, inclure les communications LTE,
donc l'équivalent du téléphone cellulaire, pour permettre à un policier non <seulement...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) :
...donc
l'équivalent du téléphone cellulaire, pour permettre à un policier non > seulement
de pouvoir communiquer en région, mais même à l'intérieur des villes, où la
pénétration des ondes est beaucoup plus compliquée, afin de pouvoir faire en
sorte qu'il puisse y avoir des communications complètement intégrées.
Le Québec a demandé au fédéral de pouvoir
gérer seul la bande 14, dans le spectre du 700 mégahertz, qui
permettrait, à ce moment-là, au Québec d'avoir une communication complètement
sécuritaire, intégrée et réservée. C'est important. Donc, en cas de cataclysme,
en cas de grand concert où les ondes sont saturées, tu ne peux pas avoir de
ligne de communication, les forces de l'ordre, les pompiers sont coupés de
leurs communications. Donc, la gestion de la bande 14 ferait en sorte que
le Québec, encore une fois, serait la province la plus avancée en termes de
radiocommunication et communication de sécurité publique. Donc, ça, c'est un
dossier qui est actif en ce moment, et on attend des réponses du fédéral à cet
effet-là.
• (16 h 30) •
M. St-Louis :
Merci
beaucoup.
Le Président (M. Laframboise) : Ça
va? Donc, nous allons poursuivre avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont,
pour 19 min 29 s.
Mme Setlakwe : Merci. Juste
pour boucler la boucle sur RENIR, ça devait coûter combien, initialement, puis
ça a coûté combien à la fin du projet?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Chose
certaine, la
partie PUR du RENIR, parce que le RENIR a commencé il y a très
longtemps, puis il y a eu... je n'aurai pas la réponse exacte, mais la
partie
du PUR, c'est-à-dire l'amélioration qui permet aux policiers, justement,
d'avoir des communications de mobilité cellulaire normales, était de
80 millions, puis on va le terminer à 50 millions, donc
30 millions, à peu près, grosso modo, sous le budget. C'est un exemple où
non seulement on n'a pas dépassé les budgets, mais, même, on les a... on les a
coupés de manière significative.
Mme Setlakwe : OK. Mais là
vous parlez d'une
partie PUR. Est-ce qu'il y a un autre volet, donc, qu'il
faudrait qu'on...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Non.
Bien, le... c'est... Le RENIR, c'est vraiment l'infrastructure de base
initiale, etc. Puis, après, bien, il y a eu des étapes subséquentes. La
dernière étape importante, c'était le projet PUR qui se réalise, justement, à
l'intérieur des...
Mme Setlakwe : Puis le...
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : Et
éventuellement il y aura d'autres étapes en plus qui vont venir pour continuer
à améliorer ces infrastructures-là avec des couches logicielles. Parce que
c'est des projets sur du très, très long terme, donc c'est davantage un
programme, si vous voulez, qu'un projet en tant que tel, parce qu'il y a des
couches de technologies qui doivent s'ajouter au fil du temps.
Mme Setlakwe : Puis la
Vérificatrice générale s'était penchée sur RENIR. Sur quel volet exactement?
M. Le Bouyonnec (Stéphane) : À
l'époque, sur la première partie, le RENIR que... dans le fond, ça fait quand
même presque 15 ans, là, je dirais, que le projet est commencé. Donc, il y
a eu des difficultés au projet au début et à certaines époques, mais ça, c'est
vraiment loin derrière nous. La démonstration a été, justement, que, maintenant,
la totalité de la Sûreté du Québec est le client du RENIR, et même avec des
acteurs fédéraux, là, comme les agents transfrontaliers, par exemple, la GRC,
qui considèrent de faire
partie du RENIR aussi pour sa radiocommunication en
sol québécois.
Mme Setlakwe : Merci.
Revenons à ma question sur le DSN. Je demandais combien avait coûté les deux
vitrines Epic.
Mme Duranceau : J'ai retrouvé
mon chiffre justement puis là je le recherche. C'était 402 millions qui
étaient approuvés puis on était à 300... Voyons...
Une voix : ...
Mme Duranceau : 353 millions.
Mme Setlakwe : Oui, mais là
est-ce qu'on... est-ce qu'on compare des pommes avec des pommes ou on compare
des pommes avec des oranges? Parce qu'il y a eu un changement de portée dans ce
dossier-là, non?
Mme Duranceau : Il y a eu un
changement de portée, mais, ultimement, le chiffre qui est finalement... En
fait, les augmentations entre le coût initial, puis ça, c'était deux choses. Il
a fallu réaugmenter le budget qui avait été approuvé pour l'élément formation.
Donc, coûts, là, au niveau de la formation, ça fait que ça, c'est des salaires.
Il y avait ce bout-là puis il y avait le volet accompagnement, accompagnement
dans la livraison du dossier, qui n'était pas prévu dans le DA original, là, je
dirais. Ça fait qu'une fois que ça, ça a été ajouté puis qu'on est... on a
augmenté d'à peu près 95 millions, on s'est retrouvé... on s'est retrouvé
à 402 millions. Puis là, en date d'il y a... bien, d'avril 2026, j'étais à
353 millions sur mon 402 approuvé.
Mme Setlakwe : 402 approuvé,
mais là aujourd'hui... Ça, c'est pour deux vitrines, 353, mais le 402, c'était
à l'époque où c'était... c'était pour combien de... tu sais, c'était pour quel
pourcentage du déploiement complet?
Mme Duranceau : Bien là, ça,
je n'ai pas ça, mais mon chiffre, là, c'était pour... bien, pourcentage de
déploiement complet... c'est pour les deux établissements, là, qu'on avait...
pour lesquels on avait choisi de déployer.
Mme Setlakwe : Donc, on est
sous le budget pour les...
Mme Duranceau : Oui.
Mme Setlakwe : Ah oui? OK, ça
fait que, là, ce serait... ça coûterait combien pour le déploiement complet
national du DSN?
Mme Duranceau : Bien, je <pense
qu'il reste...
Haut de la page
16 h 30 (version révisée)
<19285
Setlakwe : ...ça coûterait combien pour le déploiement complet, national
du DSN?
Mme Duranceau : Bien, je > pense,
il reste... il reste des... bien là, le déploiement national, à l'ensemble de l'oeuvre,
là, on n'est pas rendus là parce que... Epic, c'est une excellente solution. On
a décidé de déployer dans deux établissements pour... Si on avait décidé de
déployer à l'ensemble du Québec, je pense qu'on se serait fait critiquer aussi,
hein? Je vous regarde, sans doute qu'on aurait eu des critiques qu'on n'aurait
pas fait preuve de suffisamment de prudence.
Mme Setlakwe : Non, non, mais il
faut y aller en étapes, je suis d'accord, mais là il faut qu'on comprenne les
chiffes parce que c'est difficile de s'y retrouver.
Mme Duranceau : Oui. Non, non,
je comprends, je comprends.
Mme Setlakwe : Ce n'est pas le
tableau de bord qui nous donne les informations sur... pour suivre les coûts.
Mme Duranceau : Celui-là
aussi, il faut qu'il soit mis à jour.
Mme Setlakwe : Mais donc aidez-moi,
là. Le 402 millions, c'était une... c'est une estimation pour... pour quoi?
Mme Duranceau : Bien, c'était...
le 402, c'était pour livrer les deux premières phases d'Epic, c'est-à-dire les
deux premiers... les deux premiers établissements. Le projet pilote, c'était
pour ça. Puis là je réponds pour Santé Québec, là, je vous dis ça, là, mais le
402, c'était le DA pour les deux premières phases, qui sont les deux qu'on a
livrées.
Mme Setlakwe : Oui, oui, je
comprends, mais vous dites... Vous répondez pour Santé Québec, mais, je veux
dire, c'est un projet de votre gouvernement puis...
Mme Duranceau : Oui, mais c'est
un projet qui relève de la Santé. Tu sais, c'est ça, l'histoire du MCN, c'est
qu'on peut tout mettre sur les épaules du MCN. Là, moi, aujourd'hui, je suis
ici pour le MCN, ça fait que...
Mme Setlakwe : Je comprends, bien,
allons-y, là, justement, essayons de décortiquer tout ça. Donc, il y a sûrement
un dossier d'affaires. Là, vous remontez... Remontons en novembre 2025. Votre
gouvernement a injecté 95 millions supplémentaires pour la formation juste
de ces deux vitrines. C'est ce que je comprends?
Mme Duranceau : Oui, oui.
Mme Setlakwe : OK. Est-ce que
les règles applicables, là, notamment ce qui est prévu dans la LGGRI, ont été
suivies à la lettre lors de cette injection de fonds?
Mme Duranceau : Bien là, ça,
ça a été approuvé... C'est passé au Conseil du trésor, là, selon les règles de
l'art, cet élément-là, ce décret-là, et au Conseil des ministres, oui.
Mme Setlakwe : OK, donc, ça
passe au Conseil des ministres, mais, quand je parle des règles applicables, là...
Je relisais la LGGRI ce matin. Donc, ça prend un dossier d'affaires puis ça
prend un avis du DPI. Est-ce que ça a été... ça a été fourni?
Mme Duranceau : Là, dans ce
cas-là, est-ce que vous vous souvenez, M. le sous-ministre... Il n'y avait pas
eu... Pour cette modification de décret là, il n'y avait pas eu un avis
additionnel du DPI. Bon, il y en a eu un sur le projet initial, mais pas sur
cet élément-là, qui est allé directement en approbation au gouvernement.
Mme Setlakwe : Mais est-ce que
le MCN respecte entièrement la LGGRI?
Mme Duranceau : Il y avait un
avis de SDEC sur la question, oui.
Une voix : ...
Mme Duranceau : OK. S'il n'y a
pas de dossier d'affaires, il n'y a pas d'avis de DPI. Ça fait que, là, ça...
Mme Setlakwe : Est-ce que le...
est-ce que... quand il y a eu cette injection de fonds additionnelle de 95 millions,
est-ce qu'un nouveau dossier d'affaires aurait dû être produit?
Mme Duranceau : Oui, quand il
y a des écarts par rapport aux seuils... Puis là on pourra peut-être me donner,
là, les montants, mais, quand un dossier d'affaires est modifié dans ses
délais, dans sa portée ou dans ses chiffres d'une... je pense, c'est 10 %,
là, je ne veux pas me tromper avec les projets de brique, mais, effectivement,
généralement, il est supposé y avoir un nouveau dossier d'affaires qui a été...
qui est soumis. Alors là, est-ce que c'est pour... Est-ce qu'à ce moment-là le
ministère de la Santé a accéléré les choses parce que tout ça était en branle?
Ça explique peut-être la situation. Est-ce que c'était justifiable? Là, ça, c'est
une autre question.
Mme Setlakwe : OK. Donc, je
comprends qu'il n'y a pas eu un nouveau dossier d'affaires. C'est bien ça? Il n'y
en avait pas?
Mme Duranceau : Bien, tu sais,
c'est que...
Mme Setlakwe : Mais c'est oui
ou non. Je veux juste être sûre que j'ai bien compris la réponse. Non, il n'y a
en pas eu, OK.
Mme Duranceau : Il n'y a pas
eu de nouveau dossier. Pour l'augmentation de coûts, sur ça, qui était très
ciblé, là, qui était l'aspect accompagnement puis qui était l'aspect formation,
il n'y a pas eu... Là, on me dit qu'il n'y a pas eu d'autre dossier d'affaires.
C'est ça? C'est ça, mais il y a un avis de SDEC à ce moment... du MCN. Donc...
Mme Setlakwe : OK. Est-ce que votre
gouvernement considère maintenant le DSN comme un nouveau projet, étant donné
que même... Je veux dire, même son nom a été modifié pour Déploiement Vitrine Dossier
santé numérique. C'est considéré comme un nouveau projet?
Mme Duranceau : Bien là, est-ce
qu'on le considère comme un nouveau projet? Il est nouveau ou... il est projet déploiement...
c'est un nouveau projet en date de... du moment où cet avis-là a été... pas avis,
mais...
Mme Setlakwe : Donc,
c'est un nouveau projet. Il a changé de nom.
Mme Duranceau : Bien,
c'est