Culture and Education — 4 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)

CCE 2019-10-04

Quebec — Committees

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Culture and Education — 4 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)

CCE 2019-10-04

Quebec — Committees

Mais,

en attendant, rappelons ce à quoi visait ou quel est l'objectif

qui était poursuivi par l'adoption de la Charte

de la langue française : c'était pour faire du français la langue normale,

habituelle du travail, de l'enseignement, des communications, du commerce et

des affaires.

Nous sommes actuellement

témoins d'une régression inquiétante du français au Québec. Pour mémoire, voici

quelques faits qui confirment que la tendance lourde est à la régression du

français.

Tout d'abord, dans certaines études qui ont été

révélées au printemps et qui confirmaient certaines intuitions, le poids

démographique des francophones diminue au Québec : le nombre de personnes

ayant le français comme seule langue maternelle est passé

de 78 % à 76 %. Le français comme seule langue parlée le plus souvent

à la maison a également diminué. Le français

dans l'espace public est toujours utilisé à moins de 60 % dans la région

de l'île de Montréal. C'est évidemment un aspect tout à fait

particulier, là, du dossier qui est le nôtre aujourd'hui.

français au travail, c'est un vecteur fondamental d'intégration des immigrants,

mais aussi un élément clé si on veut

réussir à affirmer que notre langue française est la langue d'usage, la langue

de tous les jours. La langue au travail donne de plus en plus l'impression

qu'elle est sur un pied d'égalité avec l'anglais. C'est donc la bilinguisation

des milieux de travail qui est de

plus en plus en croissance, selon les statistiques qui nous sont rapportées. En

2016, 80 % des Québécois utilisaient le plus souvent le français au travail. C'est une baisse de 2 % par

rapport à 2011, mais c'est aussi une baisse qui confirme une tendance lourde encore plus importante. Près

du quart de la population immigrante, 24 %, utilise plus souvent l'anglais

comme langue de travail. Il y a, justement,

des efforts à consentir à cet égard pour améliorer le bilan. L'utilisation à

égalité du français et de l'anglais au travail, un peu comme je le

mentionnais, est en hausse de 4 %.

Dans les commerces,

dans l'accueil chez les commerces, on le sait, on a adopté trois motions en

trois ans sur cet enjeu, les formules

«Bonjour! Hi!», «suivant, next», «merci, thank you» sont devenues de plus en

plus la norme dans nombre de

commerces, particulièrement dans l'île de Montréal. La proportion des commerces

offrant un accueil uniquement en

français a reculé, le recul est important : de 84 %, il est passé à

75 % en quelques années seulement. 17 % des commerces

accueillent leurs clients seulement en anglais au premier contact. Il y a là un

enjeu important.

français dans l'affichage public ne progresse pas, malgré ce qu'on peut voir

comme information. D'une part, la conformité, oui, est passée de 72 % à

78 %, selon les statistiques de l'Office québécois de la langue française.

Mais ce qu'il faut comprendre, c'est

que les règles ont changé. La prédominance du français n'étant plus nécessaire,

mais simplement la présence suffisante, c'est un élément qui contribue à

niveler par le bas la question de l'affichage public. C'est un élément qui est particulièrement visible dans l'ouest de

l'île de Montréal, où un taux de non-conformité malgré l'assouplissement

de la réglementation demeure à 33 %, le

tiers des entreprises qui ont pignon sur rue, un commerce sur cinq échoue au

test.

J'aimerais aussi

aborder la question du rôle de l'État dans la promotion et la valorisation de

la langue française. En novembre dernier, on apprenait qu'Hydro-Québec avait

décidé d'envoyer des factures unilingues en anglais à 400 000 consommateurs qui l'ont demandé, ce qui rompait avec

une tradition de 25 ans d'offrir, minimalement, là, aux clients des

documents bilingues. En septembre dernier, on apprenait également que la

Société des alcools du Québec accueillait et

servait les clients en anglais ou encore n'imposait pas le français d'emblée

comme langue de service. Toujours en

septembre, le français de piètre qualité faisait la une dans un affichage de la

SEPAQ. On a aussi les lettres qui ont été transmises par le ministère de

l'Immigration, truffées d'erreurs de français grossières.

Et, finalement,

comble de malheur, on a appris, cette semaine, avec le rapport annuel de

gestion 2018‑2019 de l'Office québécois de la langue française, la

diminution de près de 2 % des entreprises de 50 personnes et plus...

ou 50 employés et plus, qui ont obtenu leur certification de francisation

avec succès. Donc, on enregistre une baisse de la progression, si on veut, ou de la certification de ces entreprises.

L'office tend à vouloir blâmer les entreprises de ne pas avoir respecté

leurs engagements. La question, moi, que je veux poser, c'est : Quel

accompagnement offre-t-on à ces entreprises,

alors qu'on sait que, dans ce même rapport, il y a eu une diminution du nombre

d'employés... d'heures consenties lors de travail rémunéré à l'office,

et donc une réduction de quatre employés à temps complet au sein de l'office?

C'est une baisse de ressources, alors que le

gouvernement s'engageait à faire davantage pour faire mieux appliquer la

loi 101, il a plutôt coupé dans les budgets les ressources et les

effectifs de l'Office québécois de la langue française.

Mon temps

d'introduction est, à toutes fins pratiques, écoulé. Je reviendrai, dans un

deuxième temps, avec des propositions pour le gouvernement.

La Présidente

(Mme Nichols) : Très bien. Merci, M. le député. Je cède maintenant

la parole à M. le ministre responsable de la Langue française pour une période

de 10 minutes.

M. Jolin-Barrette : Bonjour, Mme

la Présidente. C'est un plaisir de

vous retrouver à l'Assemblée

nationale pour présider nos travaux aujourd'hui. Je souhaite saluer également les députés qui m'accompagnent, de la

partie gouvernementale. Mme la députée de Roberval, merci d'être présente. M. le

député de Beauce-Sud, ainsi que M. le député de Saint-Jean, merci de votre présence et de participer à l'interpellation de ce matin. On a la chance de se

voir un vendredi matin grâce à la

volonté du député des Îles-de-la-Madeleine, que je salue lui aussi. Je souhaite

saluer la députée de l'Acadie, ainsi que la députée de Taschereau, et

l'ensemble des personnes qui m'accompagnent aujourd'hui.

Écoutez, je dois vous

dire que c'est avec un sentiment de fierté d'être ici aujourd'hui, parce que,

depuis le 4 septembre dernier, le

premier ministre m'a confié la responsabilité de protéger, de promouvoir et de

faire prospérer la langue française

au Québec, mais surtout aussi de la faire rayonner. J'ai dit que c'est un

honneur, un privilège, parce que la

langue française est, d'abord et avant tout, une histoire d'appartenance. Au

Québec, la langue française est la seule langue officielle. C'est la langue de notre nation, c'est par la langue qu'on

exprime notre culture. La langue française fait de nous une nation

unique en Amérique du Nord, qui affirme sa spécificité sans complexe, mais,

d'abord et avant tout, cette langue est le

reflet de notre culture commune et elle traduit également les spécificités du

Québec et le fait que Québec soit et

est une société distincte. C'est pourquoi nous considérons le dossier de la

langue comme ayant une importance primordiale.

En fait, le

rayonnement et la protection de la langue française doit être l'une des

principales responsabilités de tous les

gouvernements québécois, peu importe sa couleur politique. Ce sera une des

priorités du gouvernement du Québec actuel, formé par la

Coalition avenir Québec, et ça aurait dû être la priorité de tous les

gouvernements qui ont précédé le gouvernement actuel, et ça devrait être

une priorité de tous les gouvernements qui succéderont à celui que nous avons

présentement.

Et, pour

protéger cette langue française, qui

est le miroir de notre culture, ainsi que pour assurer sa vitalité et sa

pérennité, nous ne ménagerons aucun effort. Comme je l'ai dit, au mois de

septembre dernier : Tout est sur la table, absolument tout. Nous sommes

tous conscients qu'il reste encore beaucoup de défis à relever afin de renforcer la position

du français à

titre de seule et unique langue officielle et commune sur le

territoire québécois. Et ces défis, je veux les relever de la même façon que

j'ai abordé ceux de l'immigration et de la laïcité au printemps

dernier : avec efficacité, pragmatisme et surtout afin que ce soit

applicable. Et ça, c'est extrêmement important. On est rendu au temps de prendre des réformes, de changer les choses,

d'améliorer les choses, d'amener des bonifications qui sont applicables, et comptez sur moi

pour qu'on aille dans ce sens-là.

Je crois que nous serons tous d'accord que, dans

un passé proche, particulièrement lors du dernier mandat, la langue française n'était pas au coeur des

préoccupations gouvernementales. Depuis le 1er octobre 2018, cela a

changé. Le gouvernement du Québec ne se défilera pas devant ses responsabilités. Le gouvernement accorde la plus

grande attention au portrait de la situation linguistique au Québec. De

nombreux enjeux peuvent être soulevés.

Nous sommes

préoccupés du fait que l'usage du français comme langue d'accueil unique dans

les commerces de l'île de Montréal a diminué

depuis 2010, passant de 84 % à 75 %. De même, l'accueil en anglais

seulement est passé de 12 % à 17 %, une augmentation des

5 %, et l'accueil bilingue, de 4 % à 8 %, il a doublé.

Un autre défi

majeur auquel nous faisons face concerne le français au travail. Depuis les

15 dernières années, l'usage du

français comme langue unique de travail et comme langue la plus utilisée au

travail a diminué au Québec. L'île de Montréal est l'endroit où les

travailleuses et les travailleurs utilisent le moins le français dans le cadre

de leurs fonctions.

Ensuite,

l'usage exclusif du français au travail serait moins fréquent chez les jeunes

francophones de 18 à 34 ans que

ceux âgés de 55 ans et plus. La jeunesse québécoise doit s'approprier

cette langue, une langue universelle, une langue présente sur les cinq

continents, une langue des affaires, une langue de culture.

Soulignons aussi l'importance de l'utilisation

du français au sein de l'administration publique. Il importe, pour celle-ci, d'incarner, dans ses différentes

communications, le fait que le français constitue la langue officielle du

Québec. C'est là l'une de ses

contributions essentielles à la francisation, à l'intégration linguistique de

l'ensemble des Québécoises et des

Québécois. Le français est l'instrument premier de la cohésion sociale au

Québec. Il est attendu que l'État agisse de façon exemplaire à cet

égard.

Chacun de ces

faits provoque une prise de conscience majeure et il nous faut en mesurer

pleinement la portée sur la vitalité de cette langue, qui témoigne de

notre identité et de notre culture.

Déjà, le

gouvernement a fait preuve d'un grand leadership en matière de langue

française. Au cours des derniers mois,

notre gouvernement a réitéré son engagement envers une application rigoureuse de

la Charte de la langue française et

sa volonté de voir les entreprises de compétence fédérale établies au Québec

être assujetties à l'ensemble des dispositions de cette charte. Il

s'agit d'une demande formelle du Québec aux partis fédéraux et au prochain

gouvernement fédéral.

Ensuite, je

ne peux parler de la langue française sans parler de l'importance de faire en

sorte que ceux qui choisissent de

venir vivre au Québec puissent être en mesure d'apprendre sa langue officielle.

C'est pourquoi j'aimerais vous rappeler les nombreuses mesures de francisation récemment mises de l'avant par

ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration. En effet, ces nouvelles mesures

constituent un élargissement des conditions d'admissibilité aux cours de

français et à l'aide financière qui y est

rattachée. Ces mesures vont soutenir la pleine intégration en français des

personnes immigrantes à l

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CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2019-10-04
Typecommittee
Volume / chapteren travaux parlementaires commissions cce 42 1 journal debats CCE 191004.html
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier1c3d9c337cdb61161c451d591d12cf2b9ce417fe

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