Transportation and the Environment — 26 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2016-05-26
Quebec — Committees
Le problème aussi, c'est que les... en tout cas,
je ne veux pas embarquer dans d'autres projets de loi, là, mais le 1,5 mètre, un mètre, il y a sûrement
des gens qui vont me dire : Comment on va faire pour faire appliquer cette
loi-là? C'est quand même une unité de mesure. Je pense qu'il faut aussi
se fier aux autres pays. On n'est pas les plus avant-gardistes dans la suggestion ou l'application prochaine de cette loi-là.
Il y a d'autres pays qui le font, dont... l'Espagne vient de le faire dernièrement. Et c'est le
minimum à respecter, en tout cas, pour un cycliste. Alors, moi, j'ai
beaucoup d'expérience sur les routes, j'ai vu des accidents. Cette loi-là, je
trouve ça, en passant, très bien que vous ayez pris l'initiative de vouloir l'appliquer. Et, comme je disais tantôt, comment
on va faire pour le faire? Bien, c'est sûr que c'est un jugement de
valeur peut-être pour le policier. En même temps, c'est peut-être que, s'il y a
un contact en ville avec un cycliste... Par
exemple, souvent, c'est les miroirs de camions qui vont toucher les cyclistes,
ça arrive. Alors, déjà là, il y a contact. Mais je pense que c'est une
loi qui va sensibiliser les chauffeurs de garder la distance.
Où le Québec
a bien fait, c'est quand on a demandé d'avoir un corridor de sécurité pour, par
exemple, les policiers sur les autoroutes, ce qui a été très bien fait.
Il y a eu une très belle communication, on nous a informés, éduqués, à la télévision, qu'il fallait laisser un espace d'une
voiture. Encore là, il n'y a pas de mesure précise par le policier, de
façon électronique, pour mesurer ça, mais,
en réalité, ce qu'on fait, c'est qu'on se tasse puis on donne un espace de sécurité
au policier qui est en train de travailler sur le bord de l'autoroute.
Alors, ça va
être la même affaire pour les cyclistes. Et je pense que la loi n'a pas besoin
d'être appliquée à la lettre, sauf
qu'éventuellement — parce
que ma réflexion est venue aussi — il pourrait y avoir une espèce de radar,
dans des villes, qui pourrait mesurer
entre le cycliste et entre, par exemple, l'automobiliste. Sur électronique, on
serait capable de faire la lecture.
Je ne pense pas que c'est important d'y aller au début comme ça. Le but, ce
n'est pas de punir. Le but, c'est à
titre préventif et, bien entendu, de
se garder une distance.
Et, pour moi,
bien, ça fait le tour. Ce n'est pas des lois qui sont très compliquées, mais ça
fait toute une différence pour les hommes, et les femmes, et les enfants
qui vont être sur la route dans les prochaines années sur le Québec. Les cyclistes, ce sont des gens vulnérables. Les
routes sont endommagées, on le sait très bien, alors on peut tomber et
se faire frapper ou écraser si les gens ne respectent pas une certaine
distance.
Ce que les gens ne savent pas aussi, c'est
lorsqu'il y a une ligne jaune — et moi, je le vois souvent — par
exemple, une ligne en continu, les gens pensent qu'on ne peut pas passer la
ligne un peu d'un mètre lorsqu'on est en contrôle
et en sécurité. Les gens pensent que, si on dépasse la ligne, il y a peut-être
une police en arrière qui va nous donner une contravention, alors les gens préfèrent nous
frôler que dépasser la ligne. Il y a une éducation à faire aussi là-dessus.
Il y a quand même une loi qui permet un dépassement lorsqu'il y a une ligne
continue.
Vous savez, le nombre de cyclistes, depuis
30 ans ou 40 ans, a quadruplé, quintuplé; la même chose pour les
automobiles. Il y a des gens qui se servent du cyclisme pour le plaisir, la
forme, la compétition, mais aussi pour le transport.
C'est un moyen écologique important, en fin de compte, pour des gens de pouvoir
se déplacer puis de ne pas laisser d'empreinte dans notre société,
d'empreinte environnementale.
L'emportiérage,
c'est juste du gros bon sens. Il faut maintenant faire attention, je pense que
c'est correct. Alors, la punition va
être plus élevée, les points de démérite ou... On a eu des morts ou des gens
qui se sont cassé le cou à cause que les gens n'ont pas fait attention,
ont ouvert la porte dans un secteur urbain. Je trouve que c'est quand même deux
lois très importantes.
Pour le
reste, on peut attendre à l'automne, mais, encore là, merci beaucoup, M. le
ministre des Transports, d'avoir pris
action. Vous savez, si on sauve une vie, cet été, ou deux, c'est quelque chose
de très, très, très important. Le vélo est là pour rester. Donc, on est
dans la bonne voie.
Ça fait le tour un peu de comment je comprends
la loi ou comment je comprends l'application, en passant.
Président (M. Reid) : Merci beaucoup. Alors, nous allons
passer maintenant à une période d'échange. Nous allons commencer par le
côté ministériel. M. le ministre, à vous la parole.
M. Daoust : Alors, bienvenue, M. Garneau. Je vous
connais parce que mes petites-filles ont vos produits.
Alors, vous avez d'excellents produits, mais ils se passent d'une à l'autre,
alors c'est parfait.
Les deux
mesures, vous savez, on les propose et on veut les adopter bien avant l'été pour, justement, la
raison que vous avez mentionnée, c'est qu'on
s'en voudrait tous s'il fallait qu'il y ait un seul décès parce que ces
règles-là n'ont pas été mises en
place. Dans mon esprit, là, un mètre et 1,5 mètre, cette espèce de...
Vous savez, entre automobilistes et cyclistes, il n'y a pas toujours de l'amour. Mais, si on est capables d'avoir cette
distance-là, on va peut-être limiter un petit peu les possibilités de frictions. Parce que les frôlages
dans ça, ils peuvent conduire à des accidents et des décès. Alors, pour
moi, c'est important. Puis l'emportiérage, pour moi, ça ne pardonne pas. Ce
n'est pas compliqué, là, la porte va rester là, c'est le cycliste qui va...
Il y a une
mesure qui est prise, on me dit, aux Pays-Bas à l'effet, je pense, qu'il est
obligatoire de prendre ton bras opposé quand tu ouvres la porte de sorte
que, par défaut, tu te tournes et tu regardes. Je ne sais pas si...
M. Garneau (Louis) :
Intéressant, intéressant.
M. Daoust : Alors, c'est une
mesure qu'il faudrait se poser. Les cyclistes aussi, il y a une espèce de
petite compétition, rivalité avec les
piétons, qui, eux, sont plus vulnérables que les cyclistes. Ça aussi, il va
falloir regarder ça à l'automne parce que ce qu'on veut, c'est que tout
le monde partage la route et le territoire de façon harmonieuse.
Une des choses que je constate, M. Garneau,
puis je voudrais vous entendre sur ça... Moi, j'ai une résidence secondaire à la campagne. Et, pour moi, les
cyclistes, la bicyclette, il y a trois utilisations que vous pouvez
faire : ça peut être un moyen de
transport, ça peut être un loisir puis ça peut être un sport. Et ce que je vois
beaucoup à ma résidence secondaire,
c'est dix cyclistes qui s'en vont, puis c'est un sport, ils roulent. Un des
problèmes qu'on a avec ça, c'est que, pour être capables de faire ce
sport-là bien, bien, ils arrivent avec leurs automobiles puis ils stationnent
des fois sur le côté de la rue. Et là ça cause un problème parce que ça devient
un obstacle pour les autres cyclistes. Et ce que je me demandais, une des questions que je me posais, c'est : Est-ce qu'on
ne devrait pas inciter les municipalités ou les écoles, pour les fins de
semaine, à utiliser ces cours d'école là, ces stationnements municipaux là pour
que les cyclistes aient une place pour laisser leurs bicyclettes puis aller
faire leur sport?
M. Garneau (Louis) : Que les
cyclistes aient une place pour laisser leurs...
M. Daoust : Leurs automobiles, parce qu'ils se rendent en
automobile. Par exemple, moi, je suis à Hemmingford...
M. Garneau (Louis) : Au lieu de
la laisser dans les rues, par exemple.
M. Daoust : Bien oui, au lieu de les laisser, par exemple,
sur le bord des chemins, où il n'y a pas nécessairement de...
M. Garneau
(Louis) : Écoutez, nous autres, on reçoit, je vous dirais, des
centaines de cyclistes toutes les fins de semaine. Les gens viennent
stationner chez nous, on est contents. Il y a des gens qui ne demandent pas la
permission, mais ce n'est pas grave, on les
aime tous, les cyclistes, là. Mais c'est une bonne idée de suggérer ça puis
d'avoir des lieux. Puis les municipalités, ce seraient des endroits
très, très, très appropriés, en passant. C'est une bonne suggestion.
M. Daoust :
O.K. L'autre point aussi, c'est que, pour me promener beaucoup sur des routes
de campagne comme ça, le 1,5 mètre n'est pas véritablement un
problème. Il n'y a pas de trafic, là, qui fait que tu n'es pas...
M. Garneau (Louis) : Non, mais
le problème, c'est vraiment que les gens ont peur, souvent, dans une ligne continue, de se tasser pour faire la place aux
cyclistes. Et ça, en passant, c'est un manque de compréhension beaucoup,
beaucoup, beaucoup.
M. Daoust :
M. Garneau, la Société d'assurance automobile va publiciser les deux
mesures cet été pour être bien sûre
qu'elles sont comprises. Et ce que je vais m'assurer avec mon ministère et la
Société d'assurance automobile, c'est que, justement, le droit
d'empiéter, si vous voulez, sur la voie opposée malgré des lignes continues est
quelque chose qui est mentionné. Je pense que ça vaudrait la peine que...
M. Garneau (Louis) : C'est dans
la loi, c'est permis. Ce n'est pas connu, il faudrait peut-être communiquer. Vous êtes, en passant, très bons pour faire des
annonces à la télévision. Moi, je trouve que c'est toujours très
didactique, très facile à comprendre, et il y a... Si vous me permettez, je
peux intervenir?
M. Daoust : Oui, oui, oui, ça
va, on en discute.
M. Garneau
(Louis) : Le plus gros problème qu'on a, les cyclistes, c'est que les
gens pensent que, parce qu'il y a une
piste cyclable dans une ville, on est obligés d'aller sur la piste cyclable, et
c'est la majeure
partie de l'agressivité qu'on a envers nous autres et
des insultes. Et je regarde sur les médias sociaux, il y a une incompréhension
de cette loi-là. Elle a été changée, alors
on n'est pas obligés, même s'il y a une piste cyclable dans une ville, d'aller
sur la piste cyclable. Et un gars comme moi qui roule à une moyenne de
30, 35 kilomètres-heure, je ne peux pas aller sur la piste cyclable à travers des enfants, mais j'ai le droit
de rester. Puis ça, ça crée beaucoup de frustrations chez les
automobilistes. Encore là, il faudrait
juste, dans un programme de communication, si vous pouviez le faire,
d'enseigner qu'on a le droit de... Parce
que les gens nous disent, avec des gros mots : Débarquez de la route,
allez sur des pistes cyclables. Et ça, ça crée beaucoup de tensions. Je
vous le dis, ça, si je vous mettais, là, le facteur de tension, c'est surtout
ça : Vous n'avez pas d'affaire sur les
routes du Québec, allez-vous-en sur les pistes cyclables. Ça, là, il faut
éduquer les gens qu'on a le droit d'être
sur toutes les routes, excepté, bien
entendu, les autoroutes, là, mais ça serait un bon point, M. le ministre. C'est tout.
M. Daoust : Oui. Et, vous savez, la situation
des cyclistes est fort différente selon qu'on est en région ou dans des
grands centres urbains comme Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke. La
réalité est très, très différente dans ces
villes-là. Quand on est dans le centre-ville de Montréal, c'est difficile de
dire : C'est un sport, puis je roule à 35, vous allez rejoindre les lumières rouges rapidement.
Ça fait que c'est pour ça qu'il faut que le Code de la route, quand on va le
réviser — puis
on va le faire à l'automne, et on voudra vous entendre aussi à l'automne sûrement — il
faudra, à ce moment-là, qu'on soit capables
de donner un code la route qui répond à tous les besoins du Québec, pas
seulement à la campagne, pas seulement aux grandes villes, aux deux.
M. Garneau
(Louis) : Absolument, absolument, puis on n'a pas besoin de tout
révolutionner, je pense qu'on est pas
mal sur les points importants. Il y a beaucoup de manque de communication, et
travailler sur l'attitude, je pense, c'est la chose la plus importante.
Même si on mettait 1 000 policiers de la Sûreté en plus, il faut
plutôt que les gens soient tolérants, un peu comme en Hollande ou en Espagne,
avec les cyclistes, qu'ils aient cette tolérance-là puis cette acceptation-là parce qu'on est là pour longtemps.
Le vélo électrique s'en vient, ça va être des moyens de transport très
importants pour notre société pour les 100 prochaines années.
Donc,
travaillons sur l'attitude aussi en même temps et non l'agressivité dans les
deux côtés. Puis les cyclistes, on en reparlera à l'automne, on doit se
comporter de façon exemplaire, respecter les feux de circulation, rouler à la
file indienne, 15 et moins. Alors, c'est des
choses qu'il faut pratiquer. Puis c'est sûr que quelqu'un qui veut aller à
35 kilomètres-heure, il ne peut pas traverser Montréal, le
centre-ville. Aujourd'hui, il faut choisir les routes, il faut aller dans des places où il n'y a pas beaucoup de lumières ou de
circulation. Alors, il faut aussi que les gens comprennent ça. On ne
peut pas tout donner aux cyclistes, c'est à
nous autres aussi de choisir des routes adéquates pour ceux qui font la
performance.
M. Daoust : Je vais laisser un
peu mes collègues poser des questions, mais je vous remercie, M. Garneau.
Le Président (M. Reid) :
M. le député d'Abitibi-Est.
M. Bourgeois :
Merci, M. le Président. M. Garneau, vous êtes en relation quotidienne avec
les cyclistes, et je pense
qu'effectivement un des enjeux majeurs qu'on a en lien avec ce projet de loi
là, c'est toute la stratégie de communication à la fois au niveau des
autres utilisateurs de la route, mais également des cyclistes.
Vous avez
parlé, bon, le volet médiatique, télévision, mais, dans le quotidien des
cyclistes, est-ce qu'il y a une façon plus appropriée peut-être de véhiculer
ce message-là aussi — parce
que, dans le fond, hein, on partage la route, tout
le monde — donc
que, de part et d'autre, ça soit bien compris, et ultimement que, dans le fond,
effectivement, on évite des malheureux incidents? J'aimerais vous
entendre un peu là-dessus.
M. Garneau
(Louis) : Très bon point. J'avais une réflexion l'autre fois sur
Pierre Lavoie. Vous savez, quand on achète
un équipement de hockey pour un enfant, mes parents l'ont fait, puis on nous
inscrit à des cours de hockey, la même affaire
si on fait du baseball ou on fait, par exemple, de la natation, on nous apprend
comment se comporter. Vous savez, quand on achète un vélo, à travers le
monde, dans le Québec, on donne un vélo à un enfant puis on lui dit :
Essaie de ne pas tomber.
Pierre
Lavoie, en passant, a une tribune très puissante. Il enseigne aux gens à
bouger, aux jeunes, mais il pourrait en même temps enseigner la sécurité. Alors, le gouvernement pourrait, en
même temps de faire l'enseignement... On vous donne un vélo, puis d'enseigner très jeune à un enfant comment se
comporter : Il y a un stop, on roule à droite, on ne peut pas prendre toute la rue, on ne roule pas en sens inverse.
Et ça serait, avec Pierre Lavoie et peut-être les écoles, d'enseigner... Parce que, c'est ça, écoutez, cette
réflexion-là, je l'ai eue il y a deux semaines, ça ne fait pas
longtemps, je me dis : Tous les petits
enfants qui ont un
article de sport... par exemple, le vélo, on ne leur
enseigne pas comment se comporter, alors
que tous les sports au Québec, on leur enseigne, en réalité, les règles, on
pratique. Au hockey, il y a le MAHG 1, le MAHG 2, le MAHG 3, le MAHG 4, le MAHG 5. Ça fait
qu'il y aurait peut-être à commencer... puis on parle du futur de nos 100 prochaines années et encore plus,
mais d'enseigner très jeune, dans les écoles et avec Pierre Lavoie, la
sécurité à vélo. Ça part de l'enfance. Et,
pour les plus vieux, je pense que la télévision fait encore... et les médias
sociaux font un sacré travail. Moi, je vous le dis, la publicité de la Société
de l'assurance automobile, c'est remarquable, la façon de communiquer et
d'enseigner aux citoyens comment se comporter, et là-dessus vous avez un
pouvoir énorme.
Alors, moi, ça serait : travaillons chez
les jeunes, continuons la télévision, les médias sociaux.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le député de Dubuc.
Le Président (M. Reid) :
Oui? Pardon.
M. Bourgeois : Dans le même ordre d'idées, le réseau routier, il y a
le ministère des Transports, qui, au niveau des routes provinciales, est
celui qui les construit, les entretient, les développe. On a aussi des
partenaires avec les municipalités. Dans ces acteurs-là, il y a eu au fil du
temps une évolution au niveau de la construction des routes, je pense entre
autres au phénomène de l'asphaltage
des accotements. Au départ, la
partie qui était faite était beaucoup plus limitée, ce qui faisait en sorte qu'il y avait encore plus de
danger. On le voit de plus en plus, puis il y a des effets
bénéfiques également au niveau de l'entretien de la route, de la durabilité des
installations.
Est-ce que,
stratégiquement, on devrait peut-être demander à l'ensemble des partenaires
d'identifier les réseaux qui sont
plus adaptés à circuler et aussi voir avec eux si, dans une perspective de
moyen et long terme, on devrait appliquer cette norme-là, de l'asphaltage des accotements? Tu sais, au-delà de... Oui, il y a
la route verte, oui, il y a des initiatives au niveau de certains clubs
qui ont fait en sorte qu'on a développé des circuits qui favorisent la pratique
de façon sécuritaire, mais dans cette perspective-là d'assurer la
sécurité des utilisateurs, comment vous voyez ça?
M. Garneau
(Louis) : L'Europe le fait très bien,
c'est de même qu'ils ont développé un beau réseau. Je pense qu'on devrait le faire, on devrait même obliger de
toujours avoir un mètre pour les cyclistes dans
toutes les routes. Toutes les municipalités devraient avoir un mètre asphalté. Vous
avez dit l'avantage de la protection de la route pour les automobilistes
et d'avoir un mètre peut sauver des
vies et en même temps permettra à des gens... Parce que vous savez que le vélo
va prendre énormément de place. On ne voit pas encore l'ampleur du vélo
électrique, là. Moi, je le vois, là. Même, je n'y
croyais pas, là, et c'est ce qui se vend le plus à l'heure actuelle sur
l'Europe. Et les gens, beaucoup de gens, ça va être leur moyen de
transport. Donc, commencer à investir, de paver l'accotement, moi, je trouve
qu'à long terme c'est un investissement incroyable. Vous savez que quelqu'un
qui se fait frapper, ça coûte très cher à la société en même temps.
Alors, déjà là, de sauver des vies, sauver des blessures, des soins de santé,
de préserver la route principale pour les automobilistes,
moi, si c'était moi, je le rendrais obligatoire pour les municipalités, et de travailler ça pour le futur, en même temps, ceux qui
n'en ont pas.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Écoutez, je vais poser une question sur le temps ministériel.
Vous avez dit
tout à l'heure qu'effectivement une des choses que les gens ne comprennent pas
souvent sur la route, c'est que, quand on roule sur une piste cyclable à
25, 30 kilomètres... n'importe qui l'a fait sait qu'il est obligé de prendre le fossé de temps en temps parce qu'il y a
un enfant qui nous sort juste comme on passe, etc., donc ce n'est pas
possible. Mais est-ce que le problème de fond et qui pose d'autres sortes de
problèmes, c'est que la plupart des gens ne comprennent pas qu'on peut rouler à
vélo à 35 kilomètres sur le plat puis peut-être à 70 kilomètres dans
une côte qui descend — c'est
facile parfois — et
qu'à ce moment-là il y a aussi d'autres problèmes comme, par exemple, le problème de quelqu'un qui nous dépasse et
qui tourne à droite et, comme on va vite, bien, il n'a pas réalisé qu'on
sera obligé de freiner ou de rentrer dedans,
là, ou quelqu'un qui monte la côte et puis qui nous tourne en
plein devant, là, alors qu'il pense qu'on est en vélo, donc on va à
10 kilomètres à l'heure, alors qu'on va à 60, puis des fois 70, des fois
même un petit peu plus?
Mais est-ce
qu'il n'y a pas un problème là, puisqu'on est dans le fait qu'on pourrait
éduquer, entre guillemets, la population, à faire comprendre qu'effectivement quand on fait du vélo de façon sportive un peu on peut rouler assez
vite, et en particulier évidemment dans les descentes de côtes? Je ne sais pas
ce que vous en pensez. Il y a peut-être des côtés négatifs à ce que je viens de
dire, là, mais...
M. Garneau
(Louis) : Moi, écoutez,
encore là, c'est tout dans l'attitude. Moi, quand je vois un cycliste, là, si
vous me voyez en auto, j'exagère, je vais
presque m'en aller l'autre côté, là, mais c'est juste parce que je suis
protecteur de tous les cyclistes.
Mais, déjà là, si on applique le un mètre,
1,5 mètre... Ça ne s'est jamais vu dans l'histoire du Québec,
déjà là, de dire dans notre tête : Il y a
une distance à prendre. Puis la même chose pour les piétons, là. Alors, on
n'est pas très forts, en passant,
pour les piétons, là. On essaie de traverser la rue, puis, si tu ne fais pas
attention, là, il n'y a pas grand monde qui va arrêter comme, par
exemple, aux États-Unis. Donc, on est dans l'attitude. Et le 1,5 mètre,
un mètre, on devrait en parler autant
pour les piétons, quand on parle de cyclistes, on parle des piétons en ville,
de garder une certaine distance.
Alors,
votre point est bon. Si vous voyez, par
exemple, un cycliste qui a l'air à
rouler assez rapidement, bien, déjà là, il y a une réflexion, en disant : La personne est
vulnérable, elle peut tomber, il faut que je me tasse; oui, je peux me tasser, la ligne, je peux la dépasser un peu parce que
je suis en sécurité, il n'y a pas d'auto qui vient de l'autre côté. On
est tous dans l'attitude et dans le
comportement. Et, je pense, on ne pourra pas empêcher les accidents puis quelqu'un qui a mal évalué, puis il dit : Moi, je décide de tourner à droite puis
je n'imaginais pas qu'il roulait à 70 ou à 50, mais on est sur la bonne
voie, en passant. Je trouve que vous apportez un bon point.
Mais tout ça va s'améliorer en faisant la
promotion de la sécurité en général : Il y a un cycliste, tasse-toi donc; il
y a un cycliste, fais attention; il y a
un piéton, on se tasse, on ne peut pas le frôler, hein? On sait qu'à un moment donné... Puis il faut
qu'on redevienne des gens acceptables aussi, parce que le problème
de l'agressivité vient du fait que les gens
pensent qu'on n'a pas d'affaire sur les routes du Québec.
Et ça, je vous le dis, là, c'est une des grandes choses que les gens
sont frustrés. Puis, si on faisait un sondage de la population, je suis
convaincu qu'une personne sur deux ne connaît pas la loi.
Président (M. Reid) : Merci. Il reste une minute pour M. le député de Dubuc,
qui veut absolument vous poser une question. Je m'excuse
d'avoir pris son temps.
M. Simard : Bien, il
n'y a pas de problème
là, M. le Président, c'est juste une question... On a vu, bien, en tout cas, dans les nouvelles,
souvent, on a un grave problème avec les angles morts. Sur les coins de rue, il
y a beaucoup de camions qui ont
malencontreusement passé sur des vélos, passé sur des individus à vélo, même à
pied. Et est-ce que vous avez déjà
pensé ou encore, avec toute votre expérience... il y a des solutions qui
pourraient être apportées par rapport aux angles morts sur les coins de rue ou encore sur les intersections très
achalandées, vélos, et camions, et voitures? Est-ce que vous avez déjà
vu des solutions à ce niveau-là?
M. Garneau (Louis) : À
part
l'aspect préventif, je n'ai pas trouvé quand même grand-chose. C'est sûr qu'on pourrait dire : On peut développer des trucs
électroniques, des sonnettes, des lumières, des ci, mais il y a beaucoup
de camions, il y a beaucoup d'autos. L'angle
mort existe même entre automobilistes, hein? Donc, je pense qu'on doit
être très concentrés. Encore là, on tombe
dans l'attitude, attitude préventive, là, pour un cycliste puis attitude
préventive pour un chauffeur de camion. Je pense que, si on en parle, si
on communique, on va se faire attention. Puis c'est sûr que je n'ai pas pensé... puis je ne suis pas sûr que
d'appliquer des moyens électroniques, des détecteurs de mouvement puis
des sonnettes... je ne penserais pas, mais
moi, je pense beaucoup que de jouer l'extrême prudence sur les routes du
Québec, autant les cyclistes que les automobilistes...
Puis, encore
là, comme on dit, là, on peut-u s'aimer un peu? On peut-u se respecter? Puis,
tu sais, qu'est-ce qu'on a entendu
beaucoup sur les lignes ouvertes à travers le Québec, surtout à Québec, cette
agressivité-là pour dire : On va leur montrer, on va leur faire
peur, on va leur tasser. On a un gros travail de sensibilisation à faire. Il y
a des hommes, et des femmes, et des enfants,
il y a des futurs professionnels, il y a des futurs médecins, il y a toutes
sortes de monde, des travailleurs...
Et je pense qu'on a de l'arriérage à aller chercher. Je ne voudrais pas
dire : On est arriérés, mais on n'est pas loin, en passant, sur
comment on se comporte comme cyclistes et aussi comme automobilistes en même
temps. Mais travaillons l'attitude. Pierre
Lavoie, il le fait bien, hein, il ne donne pas d'amende à personne puis il
montre au monde les bienfaits de
s'entraîner, le côté positif. Puis n'oubliez pas de vous servir de Pierre
Lavoie, là. Mais travaillons sur cette attitude positive là pour la
sécurité. Et je crois beaucoup, en passant... Je suis un rêveur, mais un rêveur
réaliste, je pense qu'on va y arriver.
M. Simard : Merci. Merci, M. le
Président.
Président (M. Reid) : Merci. Merci beaucoup. Alors, nous
allons passer maintenant à l'opposition officielle. Mme la députée de
Vachon.
Mme Ouellet :
Oui. Bien, bienvenue, M. Garneau. C'est vraiment un plaisir de vous
recevoir ici, en commission parlementaire.
Dans le fond,
ce que j'entends que vous nous dites, les deux mesures présentées, soit la
distance et l'emportiérage, c'est un
bon début, mais vous nous suggérez de faire des campagnes de sensibilisation.
Donc, je pense que c'est important d'y
revenir parce que, là, vous avez en face de vous celui qui va pouvoir donner la
commande pour ces campagnes de sensibilisation
là. Et, comme on étudie le projet de loi puis qu'on espère pouvoir adopter ça
avant la fin de la session, je pense
que ce serait important, comme ce sont des nouvelles mesures, que ces campagnes
de sensibilisation là puissent commencer rapidement au début de l'été
pour ne pas que la loi soit changée sans que les gens soient avisés. Donc, je pense que ça vaut peut-être la peine que vous
donniez une espèce de petit préavis aux gens de la SAAQ, qu'ils soient
en préparation pour, lors de l'adoption de la loi, qu'on ne perde pas de temps.
Donc, vous proposez des campagnes de
sensibilisation pour ça, mais plus larges que ça — et ça, je pense que ça vaudrait peut-être la peine de
sensibiliser aussi la SAAQ à ça — vous
proposez aussi des campagnes de sensibilisation sur le fait que, dans le fond, l'ensemble des routes, les automobilistes et les
cyclistes... sauf les autoroutes, là, mais peuvent les utiliser. Et, moi, c'est nouveau d'entendre
ça. Et je suis contente que vous nous disiez que les principales insultes
que vous recevez, c'est le fait d'utiliser des
routes où les gens pensent que les cyclistes n'ont pas d'affaire sur ces
routes-là et qu'effectivement, quand on veut le faire au niveau de performance, on n'a pas le choix
d'aller sur les routes parce
que les pistes cyclables, c'est trop familial et ça devient même quasiment
dangereux de faire du 30, 35 kilomètres-heure. Donc, j'aimerais peut-être vous entendre un peu plus sur ce volet-là, là, sur le partage
des routes et sur la perception qu'ont les
automobilistes que, entre guillemets, les routes leur appartiennent. Donc, je
pense que ça vaudrait la peine de vous entendre, parce que c'est nouveau
pour moi, ce volet-là.
M. Garneau
(Louis) : Je suis content qu'on revienne là-dessus parce que, je vous
le dis, c'est peut-être le point le plus
important. Je vous le dis, c'est le point d'agressivité le plus important des
automobilistes envers les cyclistes, de nous dire qu'on n'a pas d'affaire là et c'est le comportement... On voit des
gens venir se coller sur nous autres, nous faire peur, nous montrer, dire : On va vous donner... Ils
veulent nous donner des leçons. Puis je regarde les médias sociaux,
beaucoup de commentaires, les gens ne
comprennent carrément pas, en passant, cette loi-là. Ils sont convaincus que,
s'il y a une piste cyclable, on est obligés d'y aller. Ça, il faut
corriger ça, il faut en parler.
Puis vous
avez raison, c'est comme lancer un produit. Si on lance un produit sans
campagne de publicité, le produit ne
se vendra pas, alors que je pense qu'il faut que M. le ministre mette un budget
sur la communication pour dire : On applique deux lois, on va le communiquer — ils font bien, je l'ai dit tantôt — puis on va pouvoir l'appliquer, mais
de parler en plus que, lorsqu'il y a une
piste cyclable, ça ne veut pas dire qu'on est obligés d'y aller. Et même si on
y va, on met en danger des enfants
qui roulent à 10 kilomètres-heure. Alors, même rouler, un adulte, à
22 kilomètres-heure... ça a l'air
que la piste cyclable — ce n'est jamais clair puis ce n'est pas écrit, là — c'est 20 kilomètres et moins, mais on
met en danger un enfant, là, d'aller...
Quelqu'un qui veut s'entraîner fort sur une piste cyclable... Ça, c'est un bon
point, et ça, je le communiquerais beaucoup, beaucoup.
Moi, les
insultes viennent carrément de là, à travers le comté de Portneuf, où je
m'entraîne. Je ne m'entraîne pas partout
parce que je ne suis pas capable de... il y aurait trop de circulation, trop de
lumières, là, mais ce que j'entends, les pickups, là, les fameux pickups, là, puis les miroirs qui nous frôlent,
c'est cette phrase-là qui revient tout le temps, tout le temps, tout le temps. Et de permettre aux gens
aussi : Madame, monsieur, tassez-vous, il y a un cycliste, prenez là, à
la place. En campagne, des fois, il n'y a
pas d'accotement; dépassez la ligne jaune si vous n'êtes pas en danger. C'est
déjà une loi qui existe — je
ne me rappelle pas le numéro de la loi — on a le droit de se tasser
pour sécuriser le cycliste. Mais c'est un bon point, je suis très content que
vous reveniez, Martine, sur le point de l'agressivité des cyclistes et la
non-compréhension que, lorsqu'il y a une piste cyclable, on n'est pas obligés
d'y aller.
Mme Ouellet : Vous savez, moi, j'ai des grands enfants, mais
mon garçon maintenant voyage Montréal, mais même Laval, Longueuil régulièrement en vélo, et des fois, c'est ça, ce
n'est pas toujours évident. Et je pense qu'il faut sensibiliser les
conducteurs d'automobiles que les cyclistes n'ont pas de protection. Donc, de
commencer à faire de l'intimidation par
frôler... bien, quand on dit «frôler», on s'entend, là, il y a quand même une
certaine distance, mais un rapprochement, les miroirs qui sont trop
près, les cyclistes n'ont pas de protection, et donc à ce moment-là ce genre d'intimidation là peut malheureusement se
transformer assez rapidement en accident grave ou même mortel. Et je
pense qu'il faut vraiment sensibiliser les
gens parce que c'est tout un beau moyen de transport, que ce soit pour le
plaisir, ou pour un moyen de
transport, ou pour le sport, ça tient en forme, ça ne pollue pas, on reste
actif, on sait à quel point c'est important pour notre santé. Donc, moi, je veux inviter, là, le ministre à prendre
bonne note de l'ensemble de ces commentaires-là pour des campagnes de
sensibilisation.
Et je vais
profiter de votre présence, parce que vous nous avez dit : On pourrait en
faire plus, je sais que ça ira peut-être
à l'automne, mais pour notre préparation sur d'autres éléments que vous jugez
importants qui soient touchés par rapport, là, à la sécurité des
cyclistes.
M. Garneau (Louis) : Vous
savez, j'ai vu, dans les tables de travail, des gens avaient des demandes.
C'est sûr que moi aussi, j'aimerais ça de ne pas être obligé de faire un stop
puis... mais c'est... Il y a plusieurs choses qu'on pourrait appliquer, mais à un
moment donné il y a
comment appliquer la loi pour les policiers. Pour avoir parlé avec des policiers, à un moment donné, je pense qu'il faut y aller par étapes. Moi, je
pense que... ce que je viens de parler tantôt, là, je ne le répéterai pas, là, mais c'est pas mal
fort aussi au niveau de la sécurité. Bien entendu, on a commencé à parler
de l'aménagement de pistes cyclables, de mieux travailler les centres-villes,
les villes, je pense qu'on a toute la bonne volonté,
mais de continuer à vouloir investir quand même, parce que... moi, je n'y vais
pas beaucoup en ville, je ne suis pas un cycliste urbain, mais il faut
protéger ces gens-là aussi.
Il y a un
travail qui est commencé. Je pense qu'il va falloir peut-être investir un peu
quand même, parce que, je vous le dis,
le vélo électrique, le vélo va servir de moyen de transport pour plusieurs
personnes. Puis on se rappelle, le 25 décembre, je m'en rappelle encore,
là, le lac Saint-Joseph n'était pas gelé, là, je suis allé faire de la
chaloupe, ça veut dire qu'il y a eu du vélo,
il y a des gens qui roulaient en vélo, dont moi-même, dans le mois de décembre.
Alors, s'il y a un réchauffement
planétaire, ça veut dire qu'il y a plus de monde qui vont rouler en vélo.
Préparons-nous à avoir une infrastructure
qui est prête à recevoir nos enfants et nos petits-enfants du futur. Je pense
qu'on est bien partis. On a pris du retard,
mais je pense que le ministre offre une bonne ouverture d'esprit. Il n'y a
personne qui est contre la vertu, tout le monde est pour la sécurité. Et les autres lois, vous allez voir, c'est
plusieurs petits détails qu'on demande par les comités, par les
fédérations.
Mais
essentiellement on travaille à l'heure actuelle, là, à l'éducation chez les
jeunes aussi. Je pense, c'est un point excessivement
important, d'enseigner à des enfants : Tu as un vélo, tu as un moyen de
transport, bien, on va t'enseigner une base,
à ton école, et peut-être repris par Pierre Lavoie — ça, j'ai improvisé ça depuis quelques
semaines — mais je
trouve qu'on devrait faire cette
éducation-là beaucoup, travailler sur l'éducation et beaucoup... je ramène ça
sur l'attitude, là. Même si on met
1 000 policiers de plus de la Sûreté du Québec, là, ça ne réglera pas
le monde qui est en maudit. Puis, si quelqu'un est en maudit après un cycliste, ça commence mal, puis s'il y a des gens
qui vont vouloir régler leurs comptes eux-mêmes. Alors, on va travailler sur l'attitude, d'être
plus tolérants, tout le monde. Mais on est très bien partis, puis je suis très
content d'avoir cette ouverture-là envers
tout le gouvernement et tous les gens de la politique, l'opposition et les
leaders. Merci.
Mme Ouellet : Et peut-être, en terminant — il me reste peu de temps — une des problématiques, en tout cas,
que moi, je constate quand je fais du vélo,
c'est l'état des routes. Et, lorsqu'il y a les nids-de-poule, lorsqu'il y a des
espèces de craques dans le bitume à la
largeur des pneus, il faut être extrêmement attentif parce qu'en auto, bien, on
passe par-dessus, mais en vélo, ça
peut être une chute assez rapidement. Je ne sais pas si, dans vos réseaux
sociaux, vous entendez aussi des préoccupations quant à l'état des
routes.
M. Garneau
(Louis) : Beaucoup. C'est un très, très bon point. Est-ce qu'on a le
moyen de les réparer? Moi, je pense que oui. Vous savez, si quelqu'un
qui se blesse... plusieurs cyclistes se blessent par année. On a beaucoup de statistiques. Ce n'est pas nécessairement des
morts, mais c'est des gens handicapés pour la vie, qui vont coûter des
centaines et des millions par année. Moi, je
vous le dis encore, dans une vision à long terme, il faut se dire que le vélo
est là pour rester, il sera un grand
moyen de transport. Et mettons de l'énergie à réparer ces trous-là le plus vite
possible aussi en même temps, parce
qu'on n'est pas capables d'arrêter ça. Et, en passant, ça a trop d'implications
pour la société, quelqu'un qui va se
casser le cou, qui va se casser la colonne, qui va se casser des membres dans
des trous, et c'est sûr que... En passant, si on parle du un mètre et on parle du 1,5 mètre, tout ça va nous
aider parce que, si on tombe puis on n'a pas cette distance-là avec une voiture, on risque la mort. Mais, quant à
moi, je les réparerais tous, mais... Je suis en entreprise aussi. Est-ce
qu'on a les moyens de le faire? Est-ce qu'on doit couper à certains endroits
puis investir plus sur les routes? Moi, je pense que oui.
Le Président (M. Reid) :
Merci.
Mme Ouellet : Peut-être, juste
en terminant, si on construisait mieux, peut-être qu'aussi ça durerait plus
longtemps puis qu'on aurait moins de problèmes. Je pense qu'il y a quelque
chose à regarder de ce côté-là.
M. Garneau (Louis) : On a un
vieil héritage, hein, en passant, on prenait celui qui faisait les meilleurs
prix; souvent, bien, il manquait peut-être
l'excavation un peu, puis c'est le résultat de tout ça aujourd'hui. Mais
aujourd'hui on doit bâtir pour le futur. Je pense que c'est comme ça qu'on doit
voir ça. Bon point.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Nous passons maintenant au deuxième groupe d'opposition. M. le député de
Groulx.
M. Surprenant :
Merci, M. le Président. Je vous salue, M. Garneau. Vous savez, ce n'est
pas toujours facile de passer le
dernier, on a des questions que les autres qui nous précèdent posent. Alors,
contrairement à en bicycle, on ne bénéficie pas de l'aspiration des
autres, on doit en sortir puis arriver avec d'autres questions.
Alors, dans
votre mémoire, que j'ai pris le temps rapidement de lire pendant que vous
parliez tantôt, vous faisiez état que
le Code de la sécurité routière date des années 70. Il tient peu compte de
tous les nouveaux usages du vélo et de l'augmentation
de son utilisation, particulièrement en milieu urbain. Alors, en fait, le vélo
est passé d'un jouet à véritable moyen
de transport, dites-vous, et puis donc sa présence est devenue importante sur
les rues. Vous aviez souhaité, dans des rencontres antérieures dans les
groupes de discussion sur la sécurité des cyclistes l'année dernière, et vous
souhaitez toujours que ce nouveau cadre
qu'on doit faire soit inspiré de la démarche code de la rue utilisée en France
et en Belgique. Pouvez-vous me donner un peu d'éléments que vous
aimeriez voir appliqués et qui proviennent de ces régions-là?
M. Garneau
(Louis) : O.K. Ça, ce n'est peut-être pas moi qui l'ai cité tel quel,
en passant, mais je pense qu'on n'a pas
à inventer la roue, on doit regarder, on dit ça en anglais, les «best
practices», là, les meilleures pratiques mondiales du vélo, surtout la Hollande et l'Allemagne. Moi, je
pense qu'avant de finaliser toutes les lois, on doit voir ces meilleures
pratiques là. Écoutez, pour avoir été
cycliste puis m'être entraîné en Hollande puis en Allemagne, les accotements
sont fantastiques, il y a moins de trous.
Oui, il y a moins de gelées que nous autres, mais on vient de fabriquer une
autoroute de 100 kilomètres en
Allemagne pour les cyclistes, juste pour les cyclistes, alors c'est quand même
de la vision. C'est des choses que je
n'ai jamais imaginées, qu'un pays peut investir dans des routes pour le vélo.
Mais, si on se donne une vision d'un
grand moyen de transport pour toute notre société pour les centaines d'années
qui s'en viennent, là, je pense qu'il faut commencer à avoir ces
réflexions-là. Il faut commencer à regarder ce qui se fait chez les voisins
puis de dire : On va essayer de les appliquer.
Il y a
beaucoup... En passant, les Européens sont en avance sur nous autres, surtout
la Hollande, les Allemands, que j'ai
dit tout à l'heure. La Belgique, ce n'est peut-être pas... moi, là, j'ai moins
d'expérience sur le pays de la Belgique, mais allons voir avant ces bonnes pratiques là; allons voir, au ministère du
Transport et avec ces groupes de discussions là, qu'est-ce qu'eux ont à suggérer. Vous savez, moi, j'ai été le conseiller
du ministre. Je n'étais pas sur ces tables-là, je n'étais pas le président non plus. On m'a nommé, des fois,
président de ces regroupements-là, j'étais conseiller. J'ai été très
content. Et je peux continuer à être votre
bon conseiller pour le vélo parce que je vis sur la route, j'entends. Et hier
j'étais en Floride, justement,
j'étais en train de rouler. Eux autres, ils n'en ont pas, de trous, en passant,
ils ont des bons accotements. Ce n'est pas
parfait tout le temps, là, ils n'ont pas beaucoup de routes, mais, encore là,
depuis 20 ans, il y a eu une explosion de cyclistes incroyable, incroyable, incroyable, et ça devient même un
problème, là. Il y en a même trop à certains moments de la journée sur
la... eux autres, c'est la «A1A», là, qui est très utilisée.
Mais,
pour revenir à votre sujet, bien, allons voir les meilleures pratiques
mondiales pour être certains que, dans la prochaine analyse ou
application de nouvelles lois, on n'ait rien oublié, comme vous avez suggéré.
M. Surprenant :
Tantôt, en parlant des distances minimales, 1 et 1,5 mètre, là, je pense
que vous aviez appuyé sur... c'est un
minimum à respecter. Est-ce que vous sous-entendriez que vous verriez que ce
serait plus que ça, la distance ou ça vous satisfait comme distance?
M. Garneau
(Louis) : Je suis un garçon raisonnable. Déjà, je trouve que c'est
très bien. Oui, j'aimerais ça être plus, mais on vit avec voitures et autos. Je vous le dis, si déjà les gens font
attention, s'il y a une bonne campagne de communication, si les gens
respectent le un mètre, 1,5 mètre, c'est une grande victoire pour le
Québec et pour les cyclistes, bien entendu.
M. Surprenant :
Très bien. Au niveau, donc, de la sécurité en général, vous parliez qu'on
enseigne aux jeunes le hockey, les rudiments, le MAHG 1,
MAHG 2, MAHG 3, puis tout ça, on leur donne de la formation, que
M. Lavoie peut-être pourrait faire avec
la tribune qui lui est offerte. En ce qui vous concerne, vous avez un site
Web... bien, peut-être pas en ce qui
vous concerne, mais Vélo Québec a un site Web, et puis il n'y a pas, dans ça,
de formation, ils annoncent des événements,
toutes sortes de choses. Verriez-vous une pertinence qu'ils rajoutent peut-être
un onglet très clair, une espèce d'aide-mémoire
au niveau des règles de sécurité ou peut-être même un petit test que des gens
pourraient faire, plaisant, convivial, pour rappeler ces règles
minimales là?
M. Garneau
(Louis) : Je pense que tout le Québec, on a oublié ça, que les enfants
devaient avoir une éducation de comment
se comporter à vélo. Dans les écoles, des fois, on avait les olympiades quand
j'étais jeune. Bien, ils pourraient avoir
les tests d'habileté avec leurs petits vélos
à la fin de l'année pour... et la fédération le fait, mais c'est seulement pour les cyclistes, hein, de compétition, donc ce n'est pas tout le Québec,
mais d'apprendre à se comporter et de ramasser une bouteille à terre, de contourner un cône pour développer cette habileté-là. Et en même temps, de
passer des lois, ça devient un jeu,
mais en même temps ça devient une façon d'expliquer qu'on ne peut pas rouler à
trois de large, qu'on doit rester à droite,
rouler dans le sens des voitures, qu'on doit être un groupe de moins de 15.
Déjà là, ça ne serait pas pire. Mais je pense que tout le monde l'a
oublié.
Vélo Québec, qui est une sommité, vous dites
que, sur son site, n'a même pas l'éducation pour les vélos, et je ne les blâme pas, on a tous passé à côté, puis ça
arrive, en passant, là, je veux dire, ça arrive dans les meilleures
familles. Même moi, j'ai eu cette
réflexion-là il y a deux semaines quand j'ai vu Pierre Lavoie qui faisait
Montréal-Québec avec tous ces
jeunes-là. J'ai dit : Aïe! Lui, il pourrait enseigner plein de choses, en
passant, il pourrait enseigner cette sécurité-là même pour les piétons. Vous savez, les gens, en passant, ne savent même
pas... on voit des beaux garçons, puis des belles filles, adolescents,
qui courent dans le sens des voitures avec des iPhone, puis moi, j'ai tellement
le goût d'arrêter puis de dire... Bien, j'ai
une fille de cet âge-là, puis on l'a éduquée, puis on lui a montré de courir
dans le sens contraire des voitures.
Mais ça, là, on devrait enseigner ça au Québec, on devrait enseigner ça dans
nos publicités puis dans les écoles. Les
jeunes, là, on écoute la musique, les gros iPhone, et je me dis : On va en
frapper une ou on va en frapper un à un moment donné. Les gens ne savent pas. Puis moi, j'ai le goût d'arrêter, mais je
n'ai pas le temps, là, je ne peux pas arrêter puis aller faire l'éducation de tout le monde à
Saint-Augustin, là. Mais c'est des petites choses que Pierre Lavoie
pourrait nous aider, en même
temps : Aïe! Tu cours, tu fais du sport, n'oublies pas, ne mets pas tes écouteurs ou encore cours dans le
sens contraire des voitures.
Pierre Lavoie, là, juste avoir le volet sécurité, là, il nous aiderait,
là. Il nous a montré à bouger, qu'il nous montre à nous comporter à
pied, à la course à pied ou à vélo.
Président (M. Reid) : Merci. C'est tout le temps que nous avions. Si je peux ajouter un commentaire, les plus vieux d'entre nous savent que, dans les
années 50, le ministère des Transports passait des films dans les écoles
pour enseigner aux piétons et aux cyclistes,
aux enfants, donc, comment, effectivement, obéir aux règles de sécurité. Alors, merci
beaucoup pour votre contribution à nos travaux.
M. Garneau (Louis) : Merci.
Le Président (M. Reid) :
Je lève la séance quelques instants pour permettre à nos prochains invités de
prendre place.
(Suspension de la séance à 12 h 17)
Le Président (M. Reid) :
Alors, nous reprenons nos travaux et nous allons... Vous connaissez un peu la
routine, vous avez...
Le Président (M. Reid) :
Pardon?
Président (M. Reid) : Alors, vous avez, donc, déjà suivi cette routine. Alors, vous avez
10 minutes pour faire la
présentation. Je vous demanderais de présenter vos collègues en commençant,
pour les fins de l'enregistrement. Par la suite, nous aurons une période
d'échange avec les membres de la commission.
M. Estimable
(Bernard) : Merci, M. le Président. M. le ministre, Mmes et MM. les députés et membres de la commission,
bonjour, et merci de nous accueillir ce matin. Je me présente, mon nom est
Bernard Estimable, président de l'Association
haïtienne des travailleurs du taxi. Nous sommes tous des propriétaires de
taxi et des chauffeurs. À ma gauche, M. Henriot Rosarion,
secrétaire; à ma droite, et en ordre, M. Wilson Jean Paul, conseiller; et
M. Jean Vicot Neptune, vice-président; et M. Carlo Hector,
conseiller.
Brièvement,
pour rappeler qui nous sommes, l'AHTT est un organisme sans but lucratif fondé
en 1982 par des chauffeurs de taxi
revendiquant leurs droits civiques dans l'exercice de leurs fonctions. Présentement, nous regroupons un grand
nombre de titulaires de permis de propriétaire de taxi et de chauffeurs
d'origine haïtienne sur l'île de Montréal. Nous avons pour objectif de faire la promotion des droits de nos membres
et de tous les artisans de l'industrie du taxi.
Nous
souhaitons mentionner d'entrée de jeu que nous adhérons au projet de loi n° 100, que nous tenons
à féliciter le gouvernement du
Québec, le ministre des Transports, M. Jacques Daoust, et son équipe pour
la préparation de ce projet de loi, qui est juste, équitable pour
l'ensemble des citoyens du Québec.
Lors
de notre passage devant la Commission des transports et de l'environnement au
mois de mars dernier, nous avons exprimé notre confiance dans l'État
québécois. Aujourd'hui, sans aucun doute, nous réitérons cette confiance parce
qu'on croit qu'ici, au Québec, on est dans un État de droit et de lois qui
s'appliquent à tous.
À présent, je passe
la parole à M. Wilson Jean Paul.
M. Jean
Paul (Wilson) : Merci, M. Estimable. Bonjour. Nous appuyons le
projet de loi n° 100, qui adopte une seule loi pour l'ensemble de l'industrie et dans la mesure qu'aucune
modification du projet de la loi ne se soit effectuée dans le but de
satisfaire le désir insatiable et cupide de cette multinationale cotée en
bourse et dont les investisseurs n'attendent que le bénéfice de leur
investissement.
réalité est bien différente au Québec que dans les autres grandes villes où
Uber s'est installé de force, car plus des
trois quarts des propriétaires de taxi ne possède qu'un permis de taxi qui lui
sert d'un emploi et, au fil des années, son seul fonds de pension. Contrairement dans certaines grandes villes de
l'Amérique du Nord, ce sont pour la plupart de grandes corporations qui
possèdent des flottes dépassant plus d'une centaine de voitures-taxis.
Cette
multinationale ignore et ne tient pas compte du plan de rachat du gouvernement
où plus de 1 200 permis de précédé le plan de rachat, l'offre
était largement supérieure à la demande. Vers le début des années 80, la
récession économique et l'affaire Murray Hill poussent le gouvernement du Québec à mettre sur pied la commission
Bossé, chargée de faire la lumière sur les différents problèmes que
confronte l'industrie du taxi et de faire les recommandations au gouvernement du Québec. À la suite de cette recommandation en 1983, le gouvernement a jugé nécessaire de procéder au rachat des permis, dont le
coût a été défrayé par les propriétaires de taxi, ce qui a redynamisé l'industrie
du taxi et augmenté la valeur des permis.
projet de loi n° 100, qui tient à maintenir le quota du nombre de
taxis dans les différentes agglomérations, n'est qu'un respect d'engagement du gouvernement
envers ses concitoyens.
Depuis
2009, l'industrie montréalaise a emboîté le pas vers la nouvelle technologie de
la communication où les intermédiaires en services de taxi utilisent les
applications de géolocalisation pour effectuer la répartition des appels. Cette
nouvelle technologie est installée dans les taxis à l'aide des tablettes
placées à l'intérieur des voitures de taxi et sont intimement liées à
l'identification des chauffeurs, soit leur permis de travail.
Ce savoir-faire
constitue un moyen plus sécuritaire pour les clients qui embarquent dans une
voiture où l'identification du chauffeur est
plus facilement retraçable advenant qu'il arrive un incident, ce qui prouve que
le projet de loi ne nous donne pas carte blanche, mais tient compte des
efforts de l'industrie.
seulement la multinationale fonctionne illégalement au Québec, mais aussi
exerce une pratique déloyale. Si on regarde
la tarification de l'industrie pendant les 20 dernières années, on
constate qu'elle ne suit pas l'évolution du coût de la vie. De 1994 à
2016, soit 20 ans plus tard, le prix au compteur pour la tarification dans
l'industrie du taxi est passé de 2,25 $
à 3,45 $ pour le prix du départ, soit une augmentation de 35 %;
0,85 $ à 1,70 $ pour le prix du kilomètre, soit une
augmentation de 55 %; 0,45 $ à 0,63 $ pour le prix par minute
d'attente, soit une augmentation de 29 %; 25 $ à 40 $ pour le
prix fixe du centre-ville à l'aéroport de Pierre-Elliott-Trudeau, soit une
augmentation de 37,5 %.
Pour
la même époque, soit de 1994 à 2016, voici l'évolution du prix de certains
produits de consommation : le prix du panier d'épicerie ne fait que doubler; le prix du lait est passé de
0,75 $ à 2,50 $, soit une augmentation de 268 % le litre.
On comprend pourquoi
on assiste à un appauvrissement sans précédent des artisans de l'industrie, où
le coût de la vie a augmenté de manière
vertigineuse par rapport à leurs revenus. C'est la raison pour laquelle nous
déclarons que l'arrivée de cette
multinationale avec cette méthode de modulation tarifaire qui écrase le prix du
taxi dans les périodes moins achalandées est une concurrence déloyale
pour les chauffeurs de taxi. Et, d'autre part, quand ils augmentent le prix de
la course sans aucun plafond dans les périodes très achalandées... constitue un
vol pour la clientèle.
Vu le caractère de grosses bottines de cette
compagnie à vouloir imposer sa philosophie d'affaires partout où elle est installée, vu le manque de respect des
lois et des règlements du Québec dans son système de fonctionnement, vu son côté de piratage, qui
souvent s'est déguisé en covoiturage, nous avons jugé bon d'appuyer le projet
de loi dans son ensemble, ce qui constitue une carapace pour protéger
les emplois des 22 000 familles de la province du Québec et garantir
les fonds de pension de ces dernières.
Le moment est
venu de penser à la période d'après Uber, comment on pourrait davantage
améliorer nos services à la
clientèle, continuer nos progrès au niveau de cette nouvelle technologie de
communication. Tout ceci a pour but de fournir ce qui est le mieux à la
clientèle. Nous nous engageons à cette fin.
Par conséquent, la mise en place d'une
association professionnelle s'avérerait un outil nécessaire et même indispensable pour le maintien de l'ordre, la
sécurité tant pour la clientèle que pour les chauffeurs et propriétaires de
taxi, et en outre elle pourrait nous doter
d'un code d'éthique pouvant valoriser le travail du chauffeur de taxi. C'est la
raison pour laquelle nous avons appuyé la proposition du regroupement
des travailleurs de taxi métallos, RTAM, demandant au gouvernement de le
reconnaître comme l'association professionnelle du Québec.
Notons
qu'après la dissolution des ligues en l'an 2000, le RTAM est la seule organisation qui possède les
moyens et les expertises pour mieux représenter les propriétaires et les chauffeurs de
taxi. L'arrivée du projet de loi n'est que le reflet d'une justice
sociale pour les 22 000 familles qui vivent directement ou
indirectement de l'industrie du taxi.
conclusion, nous souhaitons ardemment que le projet de loi suive son processus
parlementaire et qu'il puisse être
adopté d'ici la fin de cette session parlementaire prévue pour le 10 juin
2016 afin que tous les acteurs de l'industrie puissent mettre nos
énergies à rehausser nos services à ce qu'ils soient conformes aux exigences de
la clientèle. Merci. Et j'attends les questions de tous les parlementaires,
nous sommes prêts.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Nous allons passer maintenant à la période d'échange. Et, à la demande
de l'opposition officielle et avec le consentement de tous les membres de la
commission, nous allons commencer par l'opposition officielle. Mme la députée
de Vachon.
Mme Ouellet : Merci, M. le Président. Donc, bienvenue, à
M. Estimable, M. Rosarion, M. Jean Paul, M. Neptune
et M. Hector. Bienvenue en commission parlementaire.
Moi, j'aurais des questions sur le volet du
maintien de la gestion de l'offre en deux volets. Premièrement, effectivement, comme vous le dites dans votre
mémoire, avant ça, c'était la Commission des transports du Québec qui
avait la responsabilité de l'émission des permis, donc, suite à des études
d'offre et de demande, et là, à ce moment-là, il y avait des auditions. Et
c'est sûr qu'en changeant ça pour en faire un pouvoir discrétionnaire du
ministre — je
ne parle pas du ministre nécessairement
actuel — mais on
peut beaucoup politiser la chose. Et, dans le fond, vous voulez qu'il y
ait une consultation qui soit préalable à des changements du côté de la gestion
de l'offre.
Et mon deuxième volet, dans votre présentation,
vous avez présenté ce qui s'est fait il y a plus de 30 ans sur la gestion de l'offre. Je pense que ça vaudrait la
peine... Ce n'est pas tout le monde qui connaît qu'est-ce qui s'est
passé à ce moment-là, et parce qu'on a plusieurs personnes qui sont venues en
commission parlementaire et qui ont parlé de monopole — on sait qu'il n'y a pas de monopole, il y a
beaucoup d'entreprises de taxi — mais qui mélangent les concepts de gestion de l'offre et de monopole et qui
remettent ça en question. Et j'aimerais que vous nous expliquiez peut-être
un petit peu ce qui s'est passé à ce
moment-là et pourquoi, dans le fond, la gestion de l'offre avait été maintenue
et comment ça a aidé l'industrie du taxi.
M. Jean
Paul (Wilson) : Bon, effectivement, vers, comme je l'ai noté, 1983,
l'offre était largement supérieure à la demande, donc il y avait eu...
Pour que quelqu'un puisse avoir un salaire, justement, pour payer ses
hypothèques, là, donc, on avait mis en place
cette commission-là de manière à enlever le surplus de taxis qu'il y avait à
l'époque, il y a à peu près
30 ans, justement pour pouvoir donner la chance au chauffeur de taxi d'au
moins payer ses obligations. Donc, c'est pour cela, quand j'assiste à certaines commissions précédentes où l'on
insiste sur les taxes à payer, ça m'a touché au fond parce que je sais que nos pères d'avant ont payé
près de 10 000 $ pour sortir 1 200 taxis de manière que le
chauffeur de taxi pourra se trouver un salaire décent. Et aujourd'hui on
parle d'augmenter. On dirait, si quelqu'un est prêt, il est prêt à payer les
taxes, justement, pour augmenter l'offre. Pour nous, dans les taxis, c'est
inconcevable.
Mme Ouellet : Puis la question de la consultation, si jamais il
y avait des modifications dans l'émission des permis, c'est ce que vous
demandez?
M. Wilson (Jean-Paul) : Bon,
vous savez, il y a plusieurs agglomérations, là. Dans l'île de Montréal, il y a
A-11, A-12 et A-5, il y a d'autres
agglomérations aussi. Donc, supposons que... Moi, j'ai confiance dans l'État
québécois, à savoir que peu importe la compétence de la Commission des
transports, c'est transféré au gouvernement. Et nous avons travaillé ensemble
pendant ces deux dernières années, je peux comprendre que... Je n'ai pas de
doute que, si on établit une commission parlementaire, justement, pour
l'émission des permis, ça va se faire équitablement.
Mme Ouellet : Parfait. Et le deuxième volet, c'est la
flexibilité des tarifs. Donc, vous mettez dans le mémoire qu'effectivement d'avoir une augmentation de
tarifs pour les nuits et les fins de semaine, ça permettrait, justement,
aux gens de faire une meilleure offre, mais
vous n'êtes pas d'accord à ce que les tarifs fluctuent en fonction de l'offre
et la demande. Donc, je veux juste vous entendre sur ça.
M. Jean Paul (Wilson) : Bon,
effectivement, lorsqu'on parle d'un tarif de jour et de nuit... Parce qu'il y a
certains endroits... Moi, j'ai déjà travaillé à Saint-Bruno. Donc, je peux vous
dire, à compter de 8 heures, il n'y a pas vraiment
un appel qui sort. L'appel qui sort, là, il va falloir passer la nuit, veiller
la nuit, justement, pour travailler. Donc, je pense que, pour ceux qui ont laissé leur lit, justement,
pour faire ce travail-là, ça demande un tarif un peu plus élevé, justement, pour encourager les gens qui...
pour donner le service à la clientèle 24 heures sur 24.
Mme Ouellet : Je veux juste le souligner, parce que
des fois il y a eu des mythes qui ont été propagés, donc,
mais vous mettez dans votre mémoire, vraiment, depuis 2009, sur la technologie puis
l'industrie du taxi, vous avez emboîté le pas dans la technologie, où les intermédiaires utilisent des
applications de géolocalisation et les tablettes. Et je sais que vous avez... Parce que vous m'avez déjà conté que vous
avez dû faire des démarches, parce qu'au début vous n'aviez même pas le droit d'avoir les tablettes dans les
automobiles, donc il a fallu faire des démarches pour permettre, au niveau des
lois, que les tablettes soient là. Donc, je
veux juste le dire, il y a eu des démarches proactives pour que les nouvelles
technologies soient à l'intérieur des taxis, malgré des fois ce qu'on entend.
Ça fait que je veux vous féliciter d'avoir été proactifs. Puis je pense qu'il faut que ça continue parce que
ça va vite, les technologies. Mais je voudrais vous entendre un peu sur
la question de l'abolition de la table de concertation, ce que vous en pensez.
M. Rosarion (Henriot) : Si je
peux répondre à cette question, en fait, présentement, il y avait la table de concertation où il y avait un endroit où les
différents acteurs de l'industrie pouvaient s'échanger, ainsi que le ministre,
pour pouvoir avoir des idées sur l'avenir du taxi. En abolissant cette
table-là, donc, certains acteurs de l'industrie, on ne se retrouve pas dans cette fonction. Alors, nous, ce
qu'on avait proposé, c'est que, comme la ville de Montréal a le
Bureau du taxi... Donc, le Bureau du taxi
est un organisme paramunicipal qui a ces fonctions-là de faire la régulation
entre les usagers et personnes...
transport adapté, ainsi de suite. Tout
le monde est assis sur la même table,
donc ils peuvent travailler. Mais, en
dehors de l'île de Montréal, au niveau de la province, il n'existe pas un
organisme comme ça. Donc, ce serait peut-être un forum, il y en a qui ont proposé un forum, une table où les gens
de Québec, de Laval, d'autres
endroits pourraient s'asseoir et prendre action.
Mme Ouellet : Parfait. Moi, ça
fait le tour des questions. Merci.
Le Président (M. Reid) :
Ça va? Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant au côté ministériel. M. le
ministre, à vous la parole.
M. Daoust : Alors,
M. Estimable, M. Neptune, M. Rosarion, M. Jean Paul et
M. Hector, bienvenue. C'est la deuxième
fois qu'on se rencontre, on s'était rencontrés l'hiver dernier. Une question
que j'ai pour vous, parce que
vous êtes éminemment à Montréal,
il y a trois zones, trois agglomérations dans Montréal, et on veut réduire le nombre d'agglomérations pour diminuer le nombre de
voyages à vide. Par exemple, vous vous rendez dans une autre agglomération, vous ne pouvez pas revenir avec un passager. Alors, pour nous,
ça ne diminue pas le nombre de trajets, mais ça les rend plus, entre guillemets, payants parce que vous pouvez revenir
avec un passager. Est-ce que, si on pensait à avoir une agglomération
au lieu de trois pour Montréal, c'est quelque chose qui est positif ou négatif
dans votre esprit?
M. Jean
Paul (Wilson) : Moi, je
pense que, si c'est pour l'île de
Montréal, les trois agglomérations, A-5, A-12 et A-11, ça va être moins problématique que dans d'autres régions. Pourquoi
je dis ça? Parce que, si on prend le prix de ces trois agglomérations-là, ils ont une variante de 20 000 $ de moins ou de plus, tandis que
la question du prix du taxi, c'est beaucoup
plus palpable dans d'autres régions où l'écart entre la valeur marchande des
permis est supérieur, nettement, par rapport à une zone. Mais, je pense,
pour l'île de Montréal ce ne serait pas une mauvaise décision de vouloir avoir
une agglomération, que quelqu'un, quand il prend un taxi pour aller à
Montréal-Nord — moi, je suis du centre-ville — le fait de retourner à vide, ça peut
nous compenser au point de vue de la consommation et au point de vue des heures
qu'on doit faire dans le taxi.
M. Daoust : Comme je le disais,
ça ne diminue pas le nombre de courses, mais ça les rend plus rentables.
M. Jean Paul (Wilson) :
Effectivement.
M. Daoust : Et, pour vous, je
pense que c'est quelque chose qui est... Parce que, dans la région de Québec, il
y en a six, et les six, déjà, conviennent entre eux que, si tu rends, par exemple, à l'aéroport, bien, tu peux revenir avec un passager. Il y a
une complicité, je dirais, dans la région de Québec, qui n'est pas nécessairement
celle qu'on retrouve dans la région de Montréal.
L'autre chose aussi, c'est au niveau de la formation.
La formation était beaucoup axée historiquement sur connaître la ville, connaître les rues, savoir où ça se trouve. Avec le
GPS, ça devient moins nécessaire. Le GPS va vous donner les sens uniques, va vous parler du trajet le plus court. Vous
pouvez même voir, avec un iPhone, où est le trafic, où
il n'y a pas de trafic, on le voit en rouge, on le voit en vert. Vous le savez,
les technologies pallient ces
compétences-là. Et, dans notre
esprit, la formation, on ne devrait pas en faire moins, mais on devrait la
faire différente. Et ce que j'ai entendu, à ce jour, de l'industrie du
taxi, on devrait transformer la formation pour aller sur la qualité de service,
la connaissance de la ville.
Quand vous
prenez le passager à l'aéroport, là, l'image de Montréal, la première image
d'un citoyen de Montréal, c'est vous,
et c'est quelqu'un qui... Vous êtes enjoué, vous êtes de bonne humeur, vous
expliquez la ville, vous allez dire que les travaux du ministère des
Transports devraient finir à l'aéroport — vous avez raison, alors on
achève, on va le finir — mais, en bout de ligne, la première image de
Montréal, c'est le chauffeur de taxi, c'est le chauffeur de taxi qui la donne. Et, si on dit : Oui, mais,
connaissez-vous un bon restaurant?, voyez-vous, la qualité du service, pour
moi, fait une grosse différence parce
que vous êtes des ambassadeurs de Montréal, à ce moment-là. Une formation,
donc, qui serait plus axée sur la
qualité, sur la connaissance des lieux historiques, par exemple, des
restaurants, vous savez, j'aimerais vous entendre sur cette
transformation-là au niveau de la formation.
M. Neptune (Jean Vicot) :
Excusez-moi, je prends la parole. En ce qui concerne la formation, la
formation, c'est... il n'y a personne qui
peut être contre une formation, ça dépend de quel genre de formation que vous
recevez. Quant à faire venir un
chauffeur ou un propriétaire de taxi, aller dans une place et pour lui
expliquer comment conduire, comment accélérer, je trouve que ce n'est
pas une formation adéquate pour changer la qualité du service.
En ce qui concerne la toponymie — parce
que nous, on en a suivi un cours de toponymie, les différents sites qu'il y a à Montréal — quand un client arrive, un touriste arrive,
nous sommes des ambassadeurs. Ambassadeurs, cela veut dire qu'on représente Montréal dans son ensemble,
c'est-à-dire où est-ce qu'il y a un vrai restaurant, où est-ce qu'il y a
un hôtel moins cher, plus cher, ça dépend,
parce qu'on est les représentants de la ville. Nous sommes les premiers où le
client, il rencontre, alors nous devons donner l'image que reflète la ville.
Par contre,
quand nous, dans la formation... advenant qu'un chauffeur, il suit une
formation adéquate qui prépare... Je
crois, à Londres, un chauffeur de taxi, il doit faire son université avant de
pouvoir conduire, je crois, en Allemagne ou à Londres...
M. Neptune
(Jean Vicot) : ...à Londres, donc cela veut dire, c'est quelqu'un imbu
de son métier. Parce que moi, là, quand
je transporte un ministre, par exemple, un ex-ministre, un député, un clochard,
je dois tout expliquer parce que, là, c'est
mon travail, c'est mon gagne-pain. Si je ne connais pas mon métier, où je vais
connaître ce métier-là? C'est dans la formation
que j'ai reçue. Soit que je l'ai reçue ultérieurement ou je l'ai reçue avant.
Donc, à force de recycler un chauffeur, le chauffeur devient plus
professionnel pour donner un travail adéquat pour servir le client des
meilleurs... C'est ce que je comprends.
M. Daoust : Je vais laisser la
chance à mes collègues de répondre. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Reid) :
M. le député de Maskinongé.
M. Plante : Oui, merci, M. le
Président. Écoutez, messieurs, bonjour, bienvenue. J'ai écouté votre réponse attentivement et je vais vous avouer que c'est en plein la direction, je crois, que
le projet de loi veut donner, un service qui donne accès à
de la qualité. Et, quand vous avez dit «vous êtes les ambassadeurs», effectivement,
vous êtes des ambassadeurs. Et, si vous,
vous ne connaissez pas votre ville ou vous ne connaissez pas où vous nous emmenez,
où vous nous conduisez, je pense
qu'il n'y a personne qui le saura. Donc, j'aime beaucoup
votre définition du métier de chauffeur de taxi et j'aime beaucoup votre présentation, qui démontre très, très
bien que c'est plus qu'un transport de personnes, mais c'est aussi de l'information,
tant touristique, et tout ça, donc j'ai bien aimé.
Je poursuivrai, parce que cette semaine, dans
les jours précédant la commission, les autres représentants des compagnies de
taxi nous ont parlé aussi de qualité, de services de qualité, et tout ça, mais
ils nous ont parlé aussi du renouvellement,
d'une ouverture à un renouvellement électrique des voitures de taxi et ils
disaient même qu'ils seraient intéressés ou même voir
que le gouvernement incite vers un renouvellement d'une flotte électrique.
J'aimerais vous entendre à ce niveau-là.
M. Neptune (Jean Vicot) : En ce
qui concerne les flottes électriques, parce qu'aucun changement ne se fait
drastiquement, automatiquement, c'est graduellement, avec le temps, parce que
le temps dit tout et fait tout. Parce que,
présentement, il y a des chauffeurs qui renouvellent leur voiture vu que les
voitures électriques étaient tellement à un prix qu'on ne pouvait même pas aborder, on était obligés d'acheter des
voitures hybrides, mais il y a des voitures de 2010, 2005, des Camry et
même des Malibu.
Et, entre parenthèses, je vais vous dire quelque
chose concernant les voitures. Il y a des flottes de taxis où les voitures sont
plus négligées que les voitures que les propriétaires qui ont un permis ou deux
permis, parce que nous faisons l'effort
d'avoir une voiture pour donner un service adéquat à la clientèle et tandis que
les flottes qu'il y a 50 voitures ou
30 voitures négligent d'avoir des voitures récentes. Nous achetons des
voitures hybrides. Donc, la durée du permis d'une voiture neuve dans le
taxi, c'est huit ans. Après huit ans, donc, on change et, dans l'éventuel, on
pourrait jumper — excusez-moi
l'anglicisme — on
pourrait se transférer dans l'électrique plus abordable.
M. Plante : Parce que vous
comprenez l'avancement de ma question, parce que je voyais vos collègues à l'arrière, il y en a qui ont fait un sourire,
parce qu'ils étaient là à la commission, ils vont croire que j'ai une passion
indue sur les véhicules électriques, mais
c'est surtout parce que, d'autres côtés, certains arguments disent que le
transport de taxi, ce n'est pas
écologique, que ça multiplie et même que ça aide à la prolifération de gaz à
effet de serre, etc. Donc, d'autres côtés,
c'est pour ça, je fais toujours l'ouverture, je pense que... je n'ai pas fini
la commission et je la poserai à d'autres intervenants, certainement, mais c'est pour ça que j'essaie de faire le
parallèle entre les deux que... D'ailleurs, l'ouverture dans le projet de loi... et c'est là que ça... au niveau du
taxi-partage ou de permettre d'embarquer deux clients vers deux
destinations, ça aussi, c'est un moyen d'être rentable
pour l'environnement, plus rentable pour vous et, je pense, ayant une meilleure
accessibilité pour la population. J'aimerais vous entendre sur cette
proposition dans le projet de loi là.
M. Neptune (Jean Vicot) : En
parlant du taxi-partage.
M. Neptune
(Jean Vicot) : Bon. En ce qui concerne le taxi-partage... Parce que,
vous voyez, nous desservons le public.
Le public est notre patron. Nous tenons à lui donner un service vraiment qu'il
soit satisfait, parce que, n'oublie pas, tout est professionnel. Dans le
professionnalisme, un, deux, trois, quatre clients qu'on veut embarquer, qui
vont faire un trajet bien déterminé, ça ne me dérange pas, c'est les clients
qui vont payer. Si la course, au fur et à mesure, les clients débarquent et ils
paient leur dû... Parce que, comme font les autobus... le vrai partage, c'est
l'autobus. Un autobus que je prends, qui va
d'un point a au point x, bien, pour ne pas dire b, donc, ça veut dire, il a un
circuit à suivre, il fait son circuit
et, au fur et à mesure, il embarque, il débarque du monde. Et le client ne paie
pas plus que ça, il paie 2 $, 3 $ pour son voyage. Donc, nous, on est ouverts au client-partage,
taxi-partage, tout ce qui est technologique, tout ce qui est l'ouverture parce que nous vivons dans un monde,
vraiment, où tout bouge, tout bouge, nous devons bouger aussi avec le
monde pour que... l'un rentre dans l'autre, quoi, on devient vraiment des
partenaires.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le député.
M. Plante : Vous avez fait une
petite ouverture, justement, dans votre réponse, aux nouvelles technologies ou à l'utilisation des nouvelles technologies, à
la modernisation, si on veut, de l'industrie du taxi. On va être francs,
aujourd'hui, c'est les téléphones intelligents, mais je suis sûr que, dans
10 ans, on va être bien dépassés et que ça va être autre chose. J'aimerais savoir votre vision et
surtout si vous avez une recherche constante de vous tenir à la page, si
on veut, vraiment pour offrir un service à
la population. Parce qu'on s'entend que ma génération, on est venus au monde
avec un téléphone intelligent, mais
je suis sûr que nos enfants et nos petits-enfants, ça sera d'autres choses, certainement. J'aimerais avoir votre
vision, tout ce qui est recherche d'adaptation, si on veut, aux nouvelles
technologies puis à la nouvelle industrie.
M. Neptune
(Jean Vicot) : En ce qui concerne la technologie, il y a une
chose qu'on doit mettre clair là-dedans, il n'y a personne qui peut... contre la vertu, il n'y a personne qui peut
se battre contre la vertu, contre la technologie parce que, comme je dis que nous vivons dans un monde en effervescence, qui bouge, donc nous
bougeons avec le monde, mais par le respect
de la loi. Vous parlez de technologies, il y
a aussi la loi qui est à côté de
nous, qui nous sert de guide que, par le fait que, le technologique, c'est du fait que j'ai un téléphone cellulaire, j'ai le droit... en conduisant, que je dois garder mon
cellulaire dans les mains. Alors, c'est juste une parenthèse. Technologie, oui,
on est ouverts à la technologie. Alors, mon partenaire veut répondre.
M. Jean
Paul (Wilson) : Il y a une extension que j'aimerais faire à mon ami,
c'est que le téléphone cellulaire, nous
autres, celui qui reçoit l'appel, l'application, c'est le chauffeur de taxi.
Donc, la différence qu'il y a entre les autres applications, ça se fait avec le téléphone cellulaire et que, nous, ça
se fait avec une tablette. La tablette est reliée avec le taxi. Moi, je ne peux pas emprunter la voiture de
mon beau-père pour faire du taxi parce que je ne recevrai jamais
d'appels. C'est ça, la différence. Parce
qu'il faut qu'il y ait un côté sérieux et même sécuritaire pour les clients
parce que c'est la voiture qui reçoit l'appel. Donc, pour nous, il va
falloir que les intermédiaires en taxi s'adaptent avec les cellulaires des gens qui vont appeler un taxi, voyez-vous? Par
exemple, si vous pesez sur une application, ça donne exactement... on
n'a pas besoin de faire le numéro. C'est tout ce qu'on veut faire pour adapter
la nouvelle technologie à l'industrie du taxi maintenant.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le député d'Abitibi-Est, deux minutes.
M. Bourgeois :
Bonjour, messieurs. Je vais profiter de l'occasion, compte tenu que vous êtes
dans les rues de Montréal de façon
très importante, et je fais le parallèle avec l'autre
section du projet de loi,
c'est-à-dire les cyclistes. Vous avez
à partager la route avec les cyclistes. Dans notre projet de loi, on a
également des mesures pour protéger, sécuriser la pratique du cyclisme
dans le secteur urbain. Et, compte tenu que vous êtes des acteurs privilégiés
de l'utilisation des réseaux, j'aimerais vous entendre sur cette notion-là qui
est intégrée maintenant dans ce projet de loi là.
M. Jean
Paul (Wilson) : Moi, personnellement, bien avant ce projet de
loi sur
le cyclisme, j'avais des problèmes concernant
l'installation des pistes cyclables, surtout à l'intérieur des rues de
Montréal. Pourquoi je dis ça? Parce qu'on est en train de surveiller les piétons, les cyclistes et, bon, ceux qui
roulent en patins à roulettes, et tout ça, donc c'est tout un travail,
c'est toute une attention. Parce que moi, je travaille dans le secteur, par
exemple, de Radio-Canada, arrivé jusqu'à
Rachel, là, et il faut être très, très prudent. Moi, je ne sais pas comment,
j'ai 24 ans à faire du taxi, je n'ai jamais eu des accrochages avec
les cyclistes, là, mais plus les années augmentent, plus les choses deviennent
difficiles. Donc, il va falloir qu'on s'adapte avec ça. Mais, pour moi, là,
c'est tout un casse-tête.
Président (M. Reid) : Alors, c'est le seul temps que nous
avions, mais pour le côté gouvernemental. Nous passons maintenant au
deuxième groupe d'opposition. Je donne la parole au député de Groulx.
M. Surprenant :
Merci, M. le Président. Alors, M. Estimable, M. Neptune,
M. Rosarion, M. Jean Paul, M. Hector, bienvenue.
D'abord, je vous félicite pour votre travail en tant que chauffeurs de taxi.
veux revenir au niveau de ce que le ministre mentionnait tantôt, que vous êtes
la première image de Montréal, que vous êtes en quelque sorte des
ambassadeurs. Et puis effectivement, oui, on maintient le même discours, c'est important, les touristes qui vont venir ici, les
gens d'affaires qui viennent ici, au Québec, et puis qu'ils soient bien
accueillis. Et puis, dans notre position,
d'ailleurs, nous sommes ouverts à améliorer, finalement, l'offre de taxi et de
s'adapter aux nouvelles propositions qui arrivent sur le marché, tout en
maintenant quand même certains acquis pour vous, dont justement les aéroports; ça
peut être des zones spécifiques, le hélage, et autres, donc, qui pourraient, en
fait, assurer cette condition-là. Et puis les gens qui arrivent ici puis
qui veulent d'autres solutions avec lesquelles ils peuvent travailler ailleurs
dans le monde, mais qu'elles puissent leur être permises aussi, en toute connaissance
de cause.
Alors, je voudrais
vous amener maintenant au niveau de la valeur des permis et puis votre situation,
disons, financière. Vous dites, dans votre
mémoire, à la page 7, qu'«avec l'arrivée des illégaux, dites-vous, on ne
pouvait pas continuer à travailler
dans des conditions où l'on enregistre un manque à gagner qui équivaut à 50 $ par quart de travail». Alors, j'aimerais que vous mettiez ça en
perspective, dans un contexte où on nous a indiqué, puis en commission,
que la valeur des permis de taxi depuis 2013
n'a pas fluctué et qu'il y a de la demande encore pourtant importante, alors
qu'il semble avoir une dichotomie, là, les revenus diminuent puis les gens
veulent payer autant sinon plus encore pour ces permis-là. Pouvez-vous
m'expliquer ce qui se passe?
M. Jean Paul
(Wilson) : Je m'attendais à cette question. C'est une très bonne
question pour nous, sauf que... J'ai parlé
tout à l'heure, j'ai répondu à la question du ministre, à savoir que les
agglomérations sont très différentes de l'une par rapport à l'autre. Par
exemple, lorsqu'on parle de la valeur du revenu qu'on fait, là, surtout quand
on parle d'A-11... Parce que, vous savez,
dans l'agglomération A-11, A-12 et A-5, qui regroupent à peu près
3 500 permis de taxi, là,
il y a 2 000 et quelques taxis qui sont dans A-11. Donc, si on va, par
exemple, au Bureau du taxi, vous allez avoir le tableau qu'on affiche les permis qui sont à vendre, là, ils sont
nombreux, ils ne trouvent pas de preneurs. Si vraiment le marché était bon, là, il n'y en aurait pas
beaucoup. Moi, quand j'ai acheté mon taxi, là, il va falloir surveiller des
jours pour trouver un permis de taxi. Maintenant, là, si vous allez là, on va
vous offrir dans toutes les compagnies de taxi. C'est sûr qu'il y a certains endroits, ça n'a pas baissé, mais la grande
majorité qui est Montréal, A-11, les trois quarts, là, des permis, là,
on enregistre une baisse de revenus, et surtout ça a un coût sur le prix du
permis.
M. Estimable
(Bernard) : Je vais juste donner un exemple : moi, j'ai acheté
mon permis de taxi ça fait deux ans de cela,
je l'ai acheté à 190 000 $. Maintenant, sur le marché, ça vaut
150 000 $, 160 000 $, à peu près. C'est ça qu'on
négocie maintenant. Maintenant, ce sont les
chauffeurs qui achètent le permis maintenant. Les autres clientèles, là, elles
n'achètent pas parce qu'à cause d'Uber, là,
tout le monde a peur d'acheter le permis de taxi. Uber, ça crée vraiment un
problème dangereux pour l'industrie du taxi.
Alors, on ne peut pas continuer dans cette direction-là, sinon ça va passer à
140 000 $, 130 000 $ très bientôt.
M. Surprenant :
Je vous entends. Maintenant, au niveau de l'ensemble de l'offre de services
pour les gens, on parle donc de cocktail, un
peu, le taxi, bon, transport en commun, mais les plateformes numériques comme
Uber, peut-être, et autres, peut-être
légales. Vous ne croyez pas qu'avec le phénomène actuel où... D'abord les
jeunes, l'automobile, là, la possession d'une automobile, ce n'est pas
ce que c'était dans les années passées, les gens veulent surtout avoir un cellulaire. Donc, les gens sont de plus en plus
ouverts à utiliser du transport rémunéré de personnes. Et, dans ce contexte-là, le fait d'avoir d'autres technologies
pourrait inciter les gens de plus en plus à utiliser le transport
rémunéré, de sorte que nous avons une
demande accrue pour vos services aussi. Donc, l'ajout de plateformes va faire
grossir la tarte et vous allez en être bénéficiaires. Vous ne le voyez
pas comme ça?
M. Neptune
(Jean Vicot) : Alors, pour
répondre, vraiment, c'est beau, la technologie. Parce que,
si vous me parlez de la technologie, moi, en tant que petit artisan qui ne dispose pas des moyens, je ne
peux pas faire face à la technologie actuelle
maintenant. Le taxi a été l'apanage du gouvernement. Tout ce qu'on avait dans le taxi,
tout ce qu'on faisait dans le taxi,
on n'en avait pas le droit, comme... Vous avez vu, dans notre affaire, dans
notre mémoire, que, dans les années 80-90, comme ça, on n'avait même pas l'autorisation d'avoir un écran, même un GPS dans le pare-brise parce qu'on n'était
pas adaptés à la technologie, on ne connaissait pas. Parce que la technologie
s'en vient, comme nous avançons avec la technologie. Par contre, le gouvernement,
qui vient avec des lois, et que je salue avec les deux mains son projet de loi, on
commence à prendre en main l'industrie du taxi. Parce que, quand on parle le
taxi, qu'est-ce qu'on voit? Juste le petit chauffeur qui se fend en 20
pour aller chercher 150 $ pour nourrir sa famille et faire l'éducation de
son enfant, de ses enfants, parce qu'on en a plusieurs. Alors, dans ce cas-là,
pensez-vous que moi, avec le 150 $, je peux m'adapter à la technologie actuelle? Non. Il y a des instances qui sont placées pour gérer le
taxi. On avait la Commission des transports, nous avions le Bureau du
taxi...
Le Président
(M. Reid) : Merci. C'est tout le temps que nous avions, on
a dépassé un petit peu. Alors, merci beaucoup, messieurs, pour la contribution
que vous apportez à nos travaux.
Et je suspends les
travaux de la séance jusqu'à 15 heures.
Le Président (M. Reid) :
Pardon?
Le Président
(M. Reid) : Mais on m'avait demandé tout à l'heure,
j'avais compris que vous ne souhaitiez pas intervenir.
M. Khadir :
Bien, c'est parce que je pensais que, comme j'étais en retard à cause de la commission
santé...
Le Président
(M. Reid) : Prenez quelques minutes, allez-y.
Le Président
(M. Reid) : Oui, allez-y, allez-y.
M. Khadir : Si mes collègues le permettent, oui. En fait, je
voulais... Merci, d'abord, de la suggestion, merci, M. le Président,
d'avoir accepté.
Est-ce
que vous pourriez donner une idée à notre commission, sur le territoire
du A-11, là où une grande partie... en fait, tous les problèmes de
l'industrie, on dirait qu'ils sont concentrés sur ce territoire. D'autres territoires
ont des problèmes, mais tous ces problèmes,
qui peuvent être divers, sont concentrés là. Quel est, actuellement, le revenu moyen par semaine
d'un chauffeur qui n'est pas propriétaire, qui doit louer son permis et son
taxi à la semaine longue? Combien d'heures il travaille pour avoir quel
revenu par semaine en moyenne?
M. Neptune
(Jean Vicot) : C'est
variable parce que le taxi, ce n'est pas un prix fixe, on ne travaille pas à un
taux fixe pour dire qu'on va passer
12 heures, on va gagner 100 $. Moi, actuellement, votre serviteur
qui vous parle, je travaille 18 heures, des fois il y a des
journées que je rentre à la maison avec 150 $, il y a des journées que je
rentre avec 200 $. Donc, ceci...
M. Khadir : Mais c'est pour ça que je vous demande la
moyenne, parce que je connais cette réalité, il y a des jours qui sont différents d'autres. Donc, ça fait
combien au bout de la semaine, en moyenne?
M. Neptune
(Jean Vicot) : Donc, au bout
de la semaine, grosso modo, il faut aller chercher un 600 $, 500 $,
sans les frais, ils ne sont pas là-dedans.
M. Khadir :
600 $ pour combien d'heures travaillées?
M. Neptune
(Jean Vicot) : Oh! 90 et même 100 heures d'ouvrage.
M. Khadir : On est capables de tous faire des calculs. Ce que
je voulais faire... C'est que la réalité, le seul moyen pour les chauffeurs de taxi d'avoir un revenu
minimum décent, c'est de travailler minimum 72 heures. Habituellement,
ils font six chiffres de 12 heures puis
parfois plus quand ils en ont l'opportunité. Ce n'est pas beaucoup.
C'est moins que le salaire minimum, et on tolère ça. C'est tout ce que
je voulais dire.
Président (M. Reid) : Alors, merci beaucoup, M. le
député de Mercier. Alors, encore une
fois, messieurs, merci pour la contribution que vous apportez à nos
travaux.
La commission suspend
ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
13 h 4)
Président (M. Reid) : À l'ordre, s'il vous plaît!
La Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous
poursuivons les auditions publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi n° 100, Loi modifiant diverses
dispositions législatives concernant principalement les services de transport
par taxi.
Cet après-midi, nous
entendrons les organismes suivants : d'abord le Regroupement des
propriétaires de taxi de Montréal, la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain et Vélo Québec.
Alors,
je souhaite la bienvenue aux membres du Regroupement des propriétaires de taxi
de Montréal. Vous avez, comme vous
avez vu — vous
étiez là ce matin — 10
minutes pour faire votre présentation, et auparavant j'aimerais que vous vous présentiez et présentiez les personnes
qui vous accompagnent pour les fins de l'enregistrement. À vous la
parole.
M. Rosalbert
(Max-Louis) : Merci, M. le Président. Donc, je vous salue, M. le
Président, M. le ministre, et Mmes et MM. les commissaires. Permettez-moi d'abord
de vous présenter les personnes membres du C.A. qui m'accompagnent. À ma droite, il y a
M. Edgard El-Kalaani, qui est le secrétaire-trésorier du regroupement; à
sa droite, il y a M. Dani
Atallah, vice-président A-12; et, à ma gauche, il y a
M. Kamal Sabbah, qui est vice-président A-11. Nous tenons à vous remercier de nous avoir invités pour cette commission,
c'est très important pour nous. Quant
à moi, je m'appelle Max-Louis Rosalbert, président du RPTM.
tiens à vous rappeler que le RPTM, c'est le Regroupement des propriétaires de
taxi de Montréal, et nous sommes les
éléments significatifs de l'industrie, en somme, la base de l'industrie des taxis.
Le RPTM a été créé en 2009 pour pallier à la dissolution des ligues de taxi qui représentaient les intérêts des
propriétaires de taxis en général. Je vais vous rappeler aussi que le
RPTM est un organisme à but non lucratif dirigé par des artisans du taxi, donc,
à
titre bénévole.
Donc,
pour continuer, donc, c'est le secrétaire-trésorier, M. Edgard El-Kalaani,
qui va faire la présentation de nos propositions. Merci bien.
M. El-Kalaani (Edgard) : Merci, M. le président. M. le Président, M. le
ministre, MM. les commissaires, je vous remercie, en premier, pour
nous donner votre temps.
Concernant
le projet de loi n° 100, nous, les artisans du taxi, sommes sans contredit
la base de l'industrie, et nous endossons globalement le projet de loi
n° 100, car il répond à la plupart de nos attentes.
point 1 : Maintenir la gestion de l'offre est très important pour
assurer un bon service à la clientèle et permettre une rentabilité aux chauffeurs. Un plan de rachat
était nécessaire dans les années 80 pour garder cet équilibre. Le
surplus de taxis se fait encore sentir dans
l'agglomération de Montréal, car le plan de rachat n'a pas été complété. Par
contre, d'autres permis restreints
ont été émis. La loi n° 100 ouvre la possibilité de location de permis et
d'émettre de nouveaux permis. Le RPTM
propose au gouvernement de nous permettre de louer nos permis par blocs
d'heures et de transférer le surplus de permis à d'autres agglomérations
au besoin en guise d'émission de nouveaux permis.
Point 2 :
La définition plus rigoureuse des termes comme «intermédiaire» et «covoiturage»
améliorera l'application de la loi.
L'application des pénalités sévères sera un facteur important pour diminuer le
transport illégal. Ici, il faut ajouter
qu'il y en a trop, de plaintes au pénal qui ne sont pas traitées encore, et ça
dure, et ça traîne. On aimerait que ça s'ajuste rapidement.
La légalisation du
taxi-partage est très bien accueillie et nous permettra d'élargir nos gammes de
services.
Nous avons quelques réticences face aux articles où le gouvernement s'attribue
la responsabilité d'établir le nombre
d'agglomérations ou le nombre de permis dans chaque agglomération sans critères
et d'une façon unilatérale. Habituellement,
avant de modifier certains paramètres, la commission du transport consultait
les gens de l'industrie, ce que l'on appréciait beaucoup, car ces
modifications ont un effet direct sur la base de l'industrie. Nous souhaitons
que ce procédé soit conservé et même amélioré.
Le client est le centre de notre industrie, et à première vue il semble que la
loi n° 100 permettra aux conducteurs de véhicules-taxis de donner un meilleur service en diminuant ses
préoccupations existentielles et en se concentrant sur le service, que le client pourra évaluer dans toutes
ses facettes. Le RPTM propose que cette évaluation soit basée sur quatre points.
Donc, la première, évaluation de l'accueil de l'intermédiaire; b, l'évaluation
du temps d'attente; c, l'évaluation de l'état de la voiture; et d, l'évaluation
du professionnalisme du chauffeur.
7 : Pendant
longtemps, le RPTM a toujours voulu faire
partie de la table de concertation
provinciale, mais les décideurs d'alors ont
toujours trouvé un moyen de bloquer. Le RPTM propose au ministre un forum
trimestriel où tous les concernés pourront discuter de l'avenir de
l'industrie et de l'amélioration du service au client.
Pour les indépendants, ils n'ont pas à choisir de l'être, mais plutôt la charge
de s'affilier à un intermédiaire est tellement
énorme et sans garantie de revenus. Le Bureau du taxi de Montréal est conscient
du problème et s'est déjà mis au travail par la création de comités et
la mise en place de moyens de contrôle, et le RPTM collabore sur ces comités.
M. le Président, le RPTM se questionne sur l'absence de sa proposition
concernant la formation d'un ordre professionnel provincial des artisans
du taxi.
Enfin, M. le
Président, M. le ministre, Mmes et MM. les commissaires, permettez-moi, au nom
de tous nos membres et au nom des
22 000 familles du Québec, de vous remercier pour votre écoute et
votre compréhension et que la justice soit faite. Merci.
Le Président
(M. Reid) : Merci. Vous avez terminé votre présentation?
Alors, merci. Nous allons procéder maintenant à la période d'échange. Alors,
nous allons commencer par le côté gouvernemental. M. le ministre, à vous la
parole.
M. Daoust :
Alors, M. Rosalbert, M. Atallah, M. Sabbah et M. El-Kalaani,
bienvenue. Bienvenue à cette commission. Écoutez,
le projet de loi n° 100... Vous avez parlé des agglomérations tantôt. Et,
dans le changement de
titre du ministère des Transports, il est devenu aussi Électrification du transport, mais
Mobilité durable. Mobilité durable, ça veut dire, dans mon esprit, dans votre industrie, c'est de réduire
le nombre de transports à vide. Montréal, il y a trois agglomérations,
et, bon, on dit : Est-ce que ce serait
pertinent d'en avoir une seule? À Québec, il y en a six, ils ont réussi à
s'entendre entre eux pour ne pas
qu'il y ait autant de transports à vide. J'aimerais vous entendre sur... Parce
qu'il y a 323 agglomérations au Québec. Bien sûr, quand on est dans
de petites municipalités ou des municipalités éloignées, la situation est très,
très différente de Montréal. Mais j'aimerais
vous entendre sur la réduction du nombre d'agglomérations, qui ne diminue
pas le nombre de trajets, mais qui peut rentabiliser le propriétaire d'un
permis, qui ferait un aller-retour avec des passagers. J'aimerais vous entendre
sur ça.
M. El-Kalaani (Edgard) : O.K. En premier, dans le temps, la création des agglomérations à Montréal spécialement, elle a été faite pour des raisons de
service à la clientèle. Ça veut dire les deux extrémités de l'île, il n'y
avait pas de service si on était une seule agglomération parce que samedi soir, vendredi soir, tout le monde va se ramasser dans le centre-ville.
Et pour servir les extrémités des agglomérations, c'était difficile parce que
c'est toujours par la radio, dans le temps, et c'était la radio, et c'étaient des
compagnies qui dispatchaient différemment. Présentement, avec la technologie,
possiblement qu'on pourra faire ça, mais, à
notre opinion, il faut aller pas à pas. Il faut possiblement essayer de voir
est-ce que la technologie peut le permettre à servir ces clients-là tout en
éliminant une certaine... ou regroupement des agglomérations ou même... Si c'est le cas, c'est bon; si ce
n'est pas le cas, bien là, il faut garder les agglomérations. Donc,
il faut vraiment faire possiblement un
projet pilote, à notre opinion. Et je vais laisser aussi la parole à mon vice-président sur ce point.
M. Atallah (Dani) : Bonjour, M. le ministre. C'est que c'est depuis très longtemps
qu'on dit que l'on a trop de taxis à Montréal. Si aujourd'hui on décide
d'abolir les deux extrémités de la ville, c'est-à-dire on est en train de virer
le problème de Montréal vers les deux
agglomérations, et je ne pense pas que c'est la bonne idée de le faire. Comme
Edgar, il a mentionné, si on peut faire par
des étapes, si on donne la chance à la technologie qu'elle prend la place, si
on ouvre tout le marché à tous les
chauffeurs au début... car, tu sais, à Montréal, pas mal des revenus qui sont
bloqués, comme l'aéroport, comme pas
mal des hôtels, pas mal des affaires que c'est bloqué pour le chauffeur. On
ouvre le marché pour lui au début, et après même des idées comme le
taxi-partage, et après on peut voir si c'est bien d'ouvrir pour l'agglomération
tout au complet. Merci.
M. Daoust : Vous savez, je pense qu'à Québec,
ce qu'ils font, c'est que, quand on parle d'une agglomération puis on a à se
rendre dans une autre, au retour vers l'agglomération d'origine, si
vous voulez, vous pouvez prendre un passager. Alors, la technologie,
comme vous dites, fait en sorte que c'est possible.
M. El-Kalaani (Edgard) : Présentement, ça existe. Dans la loi présente, ça
existe. J'ai le droit de retourner
avec un client, sauf que si le client m'a
appelé. Donc, avec 16 compagnies à Montréal, là, ça se peut que
moi, je suis là, mais il a appelé une
autre compagnie. Ça fait que c'est
pour cela, dès le début, ce qu'on
cherchait, et on travaille sur ça avec le Bureau du taxi, c'est d'avoir
une centrale unique. Ça veut dire que le client ait accès à tous les chauffeurs
sur l'île de Montréal. S'il veut choisir une compagnie, ce qu'il a
fait, mais s'il veut choisir la voiture la plus proche, bien, pourquoi
pas? Et c'est là où est-ce qu'on peut commencer, pas à pas, à s'améliorer, à voir est-ce qu'on a ce besoin, est-ce qu'il y a
une demande spéciale pour les extrémités de
l'île. Et c'est pour cela ce qu'on vous conseille, c'est d'aller
tranquillement, pas à pas. En
premier, ouvrir le marché. Comme il l'a expliqué, le marché à Montréal, il est
fermé aux chauffeurs. Moi, si je veux travailler
à l'hôtel, je suis obligé à travailler avec une compagnie; si je veux offrir le
transport adapté, je suis obligé à aller à une autre compagnie; si je veux travailler à la gare Centrale, c'est
une autre compagnie. Donc, je fais du millage gratuit et vide. J'en fais
même dans l'A-11. Donc, ça prend, en premier lieu, une ouverture du marché.
là, après cette ouverture dans l'A-11, on va commencer à travailler avec les
autres, on va voir comment on va collaborer.
Avec la technologie, c'est plus facile maintenant. Donc, on pourra voir comment
collaborer entre les autres puis
améliorer le service pour maximiser les permis, si on veut dire. Et d'ailleurs
on vous a proposé la location des permis et les transferts des permis au
besoin dans les agglomérations avant d'émettre des nouveaux permis, parce qu'on
a vu l'exemple des permis restreints qui est
arrivé à Montréal. C'est l'exemple parfait que l'émission des permis n'a pas
été bien étudiée, on va dire ça.
M. Daoust :
D'accord. En fait, je suis très sensible au point que vous soulevez de ne pas
vider les extrémités, qu'on continue
à avoir un service, mais en même temps on comprend que, pour un chauffeur de
taxi, pour un propriétaire de permis,
pour un chauffeur de taxi, faire un aller-retour avec un passager à l'aller et
au retour, bien, il y a une rentabilité dans ça, et en bout de ligne, là, l'ensemble des chauffeurs en
bénéficient parce qu'il n'y a pas moins de trajets à cause de ça, mais
il y a une opération qui est plus payante. Alors, dans mon esprit, c'est...
Bon,
maintenant, je veux revenir à la question... un sujet que j'affectionne. On a
vu, encore cette semaine, des critiques importantes dans les journaux
sur le taxi traditionnel, et, bon, c'est un sujet qui est bouillant. La
formation, pour moi, c'est une des clés dans
ça. La formation, comme je l'ai expliqué ce matin, puis je pense que vous avez
assisté... Vous savez, quand vous prenez
quelqu'un à l'aéroport, quand vous avez un touriste, vous êtes Montréal, vous
êtes les ambassadeurs de Montréal, vous êtes les ambassadeurs du Québec.
Et j'entendais, au moment du lunch, et je ne sais pas si c'est vrai, mais que l'institut de l'hôtellerie, par exemple,
donne un cours aux gens qui sont propriétaires de calèches, imaginez-vous. Je pense qu'ils donnent une
formation de 30 heures. Alors, de connaître les bons restaurants, de
connaître, comme le disaient ce matin des
collègues chauffeurs de taxi de la communauté haïtienne, un hôtel moins cher,
de trouver un restaurant de ce type-là, ça, ça fait
partie de la
qualité.
Alors,
la formation, la technologie... Vous l'avez soulevé, la technologie nous aide à
nous débarrasser de formations d'apprendre les rues parce que le GPS
peut nous aider beaucoup. Remarquez bien qu'un chauffeur d'expérience les connaît de toute façon, il n'a pas besoin de GPS,
mais le chauffeur d'expérience va savoir que le GPS ne lui dit pas qu'il
y a du trafic puis de ne pas passer par là à cette heure-là parce qu'il va
avoir un problème. Mais d'être des ambassadeurs qualitatifs, si la formation,
et c'est ce que veut le projet de loi n° 100, était portée beaucoup plus
sur la qualité, sur le rôle d'ambassadeur,
sur le rôle d'accueil que vous avez, qui devient votre responsabilité, vous
vous situez où, dans ça?
M. El-Kalaani (Edgard) : Je vais
même ajouter sur ça, M. le ministre, c'est vrai que je suis un ambassadeur. Je
ramasse un client, un touriste qui veut connaître Montréal. À Montréal, il
existe deux cours... il existait deux cours d'ambassadeur,
ambassadeur 1 et ambassadeur 2, et ces deux cours-là, ils
apprenaient... dans le temps, c'était donné par
le ministère du Tourisme, bien, c'est des personnes du ministère du Tourisme,
et ils nous donnaient le tour de ville. Mais ce que j'ai mis sur la table au Bureau de taxi, dans le temps,
c'est que le tour des musées... le tour touristique, là, c'est le tour des musées, le Vieux-Montréal, mais, si ce touriste-là, là, il n'aime pas les
musées, je lui offre quoi? C'était ma question au Bureau de taxi. C'est
pour cela qu'on a demandé les ajustements des cours. Et il y en a plein, de
cours qu'on peut créer au chauffeur pour l'aider dans sa profession.
Et là je vais laisser encore Kamal expliquer
plus le point, parce qu'il est sur le comité aussi.
M. Sabbah
(Kamal) : M. le ministre, M. le commissaire, Mme la commissaire, on croit, dans le regroupement,
beaucoup à la technologie. On collabore beaucoup avec le Bureau du taxi et on
croit qu'une certaine base de données qui
est centrale, où est-ce que toutes les informations sont là,
disponibles au chauffeur ou au propriétaire, que lui, quand il a besoin
d'une information spécifique, que ça sera disponible de... Premièrement, pour
le client, on pourrait très bien afficher ça
dans une petite tablette en arrière de l'auto. Deuxièmement, le chauffeur, il
pourrait, à un moment donné, arrêter puis chercher l'information.
Mais avant
tout, si on parle de la formation, ça devrait être consommé sur deux volets. Le
volet qui est général, il faut connaître sa ville, l'histoire de sa
ville, il faut connaître avant tout comment présenter la ville, une sorte... un
cours de formation pour la présentation,
comme si on fait n'importe quelle présentation. On est aujourd'hui ici pour faire une petite
présentation, donc on peut se préparer à l'avance. On peut préparer le
chauffeur d'être un bon ambassadeur avec les informations que nous et la
ville, en collaboration, on veut transmettre aux clients, aux touristes qui
arrivent chez nous. Premier volet.
Deuxième
volet, c'est le volet technologique,
qui est plus spécifique. Mettons, je veux un restaurant sushis, il n'a
pas besoin, le chauffeur, d'aller chercher... On peut mettre ça disponible au
client en arrière, où est-ce qu'il est assis, écrire «sushi, Montréal», puis ça
va sortir toutes les... et le chauffeur, à ce moment-là, il peut recommander
selon son expérience et selon ses connaissances de la ville. Donc, on peut
toujours s'entendre sur un certain standard qu'on peut garantir pour la ville.
M. Rosalbert (Max-Louis) : Je
vais compléter.
M. Sabbah (Kamal) : Oui, je vous
laisse... je laisse M. Rosalbert...
M. Rosalbert
(Max-Louis) : Pour compléter, actuellement, comme c'est apparu dans
notre mémoire, à la ville de
Montréal, il y a des comités qui sont formés. Moi, personnellement, je suis sur
le comité de formation. Donc, ça veut dire, c'est pour avoir des cours précis adaptés aux besoins de la clientèle.
Donc, ça, c'est là parce qu'avant, donc, c'est les écoles qui préparaient les modules de cours, mais
maintenant la ville de Montréal a un comité qui s'occupe de ça, de
préparer les cours et d'évaluer les cours,
les besoins de la clientèle, et le ministère du Tourisme fait
partie de ce
comité. Donc, c'est dire, sur ce point, donc, je dois vous dire, donc,
que Montréal est en avance et puis on est conscients de ce problème.
Le Président (M. Reid) :
M. le député de Mégantic.
M. Bolduc : Merci, M. le
Président. Bonjour, messieurs. Il me fait plaisir de vous revoir ici. On
s'était vus l'hiver dernier. Il fait plus beau dehors à ce temps-ci, c'est plus
agréable de voyager à Québec.
Je voudrais juste bien comprendre le
Regroupement des propriétaires de taxi. Vous représentez combien de personnes,
actuellement, à peu près, là?
M. El-Kalaani (Edgard) : Plus que
2 500 membres à Montréal, mais on représente tous les propriétaires à
Montréal. Notre travail, c'est pour représenter les intérêts des
4 445 propriétaires à Montréal.
M. Bolduc : O.K. Puis les
2 500, c'est des...
M. El-Kalaani (Edgard) : C'est des
membres actifs.
M. Bolduc : Les membres actifs,
O.K. Puis ça existe depuis 2009?
M. El-Kalaani (Edgard) : Oui.
M. Bolduc : Puis est-ce qu'il y
a une progression croissante dans votre membership?
M. El-Kalaani
(Edgard) : Dans les
années 2015, fin 2014, début 2015, on a essayé de créer une
section chauffeurs, et il n'y en a pas eu, d'intérêt, réellement, des
chauffeurs.
M. Bolduc :
Est-ce que vous savez, parmi ces membres-là, combien sont propriétaires ou
chauffeurs directement? Parce qu'il doit y en avoir là-dedans qui sont
chauffeurs.
M. El-Kalaani (Edgard) : Dans les
2 500, on a environ 92 % des propriétaires artisans.
M. Bolduc : O.K.,
92 %. Maintenant, vous nous avez parlé de solutions technologiques. Donc,
est-ce que vous avez en main,
actuellement, les technologies que vous avez besoin pour moderniser puis
obtenir toutes les données et le contrôle de qualité dont vous nous
parliez il y a quelques instants?
M. El-Kalaani
(Edgard) : Nous, présentement, on a supporté... Depuis 2011, on
prévoyait la technologie. Les compagnies de
taxi qui sont des compagnies de taxi intermédiaires, on n'a pas de relations
avec eux, mais on a supporté une
création, une compagnie technologique à Montréal, même deux, pas une. Depuis
2011, on a supporté la plateforme de Hypra.
Et cette plateforme, elle a été créée par des propriétaires et des gens de la
technologie. Et, je pense, vous avez eu des résultats, elle a présenté
un mémoire dans la dernière commission. Maintenant, la nouvelle technologie de
Téo, on l'a supportée aussi, parce que c'est
deux modèles différents, deux plateformes différentes, et c'est des modèles
d'affaires qui peuvent fonctionner, qui sont avantageux pour le chauffeur et
pour les artisans. Ça élimine une grande charge sur le dos des chauffeurs et
des propriétaires.
C'est
pour cela, ces nouveaux modèles d'affaires, on les supporte. Et ça ne veut pas
dire qu'on ne supporte pas aussi les anciens modèles d'affaires. Mais
les anciens modèles d'affaires, ils doivent s'ajuster. Technologiquement
parlant, il y a toutes les compagnies,
présentement, qui ont toutes des GPS, des systèmes technologiques de
répartition. Mais là c'est sûr et
certain qu'on n'arrête pas ici. Ce qu'on voit dans la mondialisation, dans le
modèle d'Uber, la mondialisation, c'est que, oui, il y en a, des clients
qui utilisent d'autres applications à l'extérieur. Puis, s'ils veulent venir à
Montréal, ils aimeraient utiliser les mêmes
technologies. Bien, c'est vrai que ça existe, cette technologie à Montréal.
Tout ce que ça prend maintenant, c'est plus de publicité, un peu de
temps pour qu'ils puissent l'utiliser.
M. Bolduc :
Et vous croyez que vous allez être capables de...
Le Président
(M. Reid) : Je m'excuse, mais le temps était terminé, j'ai
laissé quelques secondes pour terminer la phrase. Alors, nous allons passer
maintenant à l'opposition officielle, et je donne la parole à M. le député de
Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
Merci, M. le Président. C'est un plaisir de vous accueillir à l'Assemblée
nationale, vous réitérer que le Parti québécois, la formation que je
représente, reconnaît que c'est un travail important, un travail exigeant,
celui de conducteur de taxi, que ça prend de
nombreuses heures, que c'est un gagne-pain important pour des familles et
notamment pour des Québécois issus de
l'immigration. Et on reconnaît ce travail-là, ce travail dur, ce travail
essentiel, notamment pour l'industrie
touristique — je suis
un ancien ministre du Tourisme — lorsque vous l'avez évoqué, je peux vous
dire que c'est vrai. Et on est
engagés pour s'assurer qu'on respecte les lois au Québec, pour qu'on respecte
les ouvriers, les artisans du taxi, mais aussi vous accompagner dans
cette volonté d'améliorer les services. Et ça, je pense que c'est un engagement
que vous avez pris.
Vous
avez regardé le projet de loi. Vous avez un certain nombre d'observations. Je
veux vous donner l'occasion de parler, dans le temps qui nous est
imparti, des réserves que vous avez quant à, je dirais, un pouvoir
discrétionnaire du ministre quant à la responsabilité d'établir le nombre
d'agglomérations, le nombre de permis. Alors ça, c'est un peu technique, pour moi, en tout cas. J'aimerais ça
que vous puissiez prendre un moment pour nous expliquer à quoi ça peut
ressembler puis pourquoi vous avez ces réticences, pourquoi vous privilégiez,
par exemple, que la Commission des transports,
qui existe déjà — moi, j'y
ai participé récemment dans le cas d'Autobus Orléans Express — ne pourrait pas être cette instance qui existe déjà, habilitée à
trancher des questions comme celle-là, où vous avez l'occasion — c'est presque un tribunal — de faire
des présentations. Alors, est-ce que vous pouvez nous expliquer davantage vos
réticences quant au projet de loi actuel?
M. El-Kalaani
(Edgard) : O.K. C'est sûr et certain qu'on est dans un changement de
chemin. Il faut le dire, l'industrie
doit changer, et on a pris cet engagement-là. Elle doit changer
technologiquement parlant, elle doit changer à des voitures électriques,
elle doit changer dans la formation. Maintenant, ces changements doivent être
supportés par le gouvernement.
Je vous donne un
exemple aujourd'hui, notre proposition sur l'allocation des permis. Aujourd'hui,
si j'ai une voiture électrique, la plupart
des artisans à Montréal, ils achètent des voitures hybrides présentement, et la plupart du temps ce sont des voitures neuves. Le maximum
qu'ils peuvent travailler, c'est combien de temps? Ils peuvent travailler 12, 14, 16 heures par jour, mais, c'est sûr et
certain, pas sept jours par semaine. Ça
fait que pourquoi
on ne lui donne pas la chance pour
louer le permis? Ça veut dire donner plus de services à la clientèle, offrir le
service à la clientèle 24 heures. Mais,
s'il offre la location de son permis, lui, il peut acheter une voiture
électrique, travailler 12 heures, la stationner et la charger chez lui, à la maison. Maintenant,
l'autre chauffeur qui va venir, il peut acheter une voiture électrique,
respecter les règlements d'une voiture de taxi et louer le permis à bas
prix. Et on pourra attacher le permis à une licence, à la plaque, comme une plaque x. Puis facilement, avec
Internet maintenant, on peut enregistrer les contrats de location par
Internet à la Commission des transports, à la CTQ, au Bureau de taxi. Ça, c'est
facile, mais ça, c'est une idée que ça prend une collaboration entre le gouvernement et l'industrie pour améliorer le service à la clientèle et pour
électrifier l'industrie.
Maintenant, si le ministre
va décider seul, il pourra être obligé ou il pourra être mal conseillé.
Pourquoi ne pas faire un forum, ce qu'on propose, dont tous les artisans de
l'industrie, où tous les concernés de l'industrie vont mettre leurs propositions
sur la table? Et comme ça le ministre va avoir des meilleurs outils pour sortir
des bonnes réglementations.
M. Bérubé : Oui. M.
le président, donc, la crainte que
vous évoquez ici, c'est celle que les conseils qui pourraient être reçus par le ministre ne tiennent pas
compte de la réalité de l'industrie. Alors, si ce n'est pas les artisans du
taxi, comme vous êtes, qui conseillent le ministre, qui ça pourrait
être?
M. El-Kalaani
(Edgard) : Et c'est justement
celle-là qui était... L'élimination de la table de concertation
provinciale, je pense que c'était la raison, parce que les gens de l'industrie
n'étaient pas présentés sur cette table.
M. Bérubé : Donc,
M. le président, cette table-là, elle vous apparaissait essentielle. Il y avait
une expertise, il y avait des échanges qui se faisaient. Donc, je
comprends qu'elle n'est plus en place, c'est ça? Depuis combien de
temps? Je suis nouveau dans le dossier, là, je vais vous poser des questions de
cette nature-là.
M. El-Kalaani (Edgard) : Je vais
laisser la réponse à mon collègue.
M. Rosalbert
(Max-Louis) : Pour répondre exactement
à votre question, ce n'est pas une peur, c'est une crainte
ou du moins c'est... Parce que, vous savez,
tout changement amène toujours une crainte, une certaine crainte. Parce que
la Commission des transports a une certaine expertise dans ces changements d'agglomération
ou d'émission de permis. Donc, c'est là,
notre inquiétude. Donc, O.K., ça peut être bon, mais il faut réellement
utiliser l'expertise qu'il y a
dans l'industrie du taxi pour tous ces changements. Donc, c'est ça. Donc, O.K.,
ça peut être bien, mais la Commission des transports a déjà une certaine
expertise de ces changements.
Et puis,
comme pour parler de la table de concertation... et il paraît que, d'après la loi n° 100, donc, la table de concerteurs,
ça va être disparu. Mais c'est pour ça qu'on a proposé des forums trimestriels où
tous les concernés, où tous les membres
de l'industrie pourront venir faire leurs suggestions et pour avoir des
discussions, des discussions franches qui pourraient réellement faire les changements nécessaires.
Parce que nous tenons beaucoup... Parce que la clientèle doit être satisfaite parce que, vraiment,
c'est la base de notre industrie. On peut avoir tous les beaux services, mais,
si on n'a pas la clientèle, donc, on
est foutus. Donc, c'est pour ça qu'on veut réellement que notre clientèle
soit attirée et que les artisans qui sont...
Parce que nous sommes la racine de l'industrie. Toutes les... de l'industrie
tombent sur le dos des propriétaires. Donc,
c'est dire que nous devons conserver... Il y a des chauffeurs, là, qui
viennent chercher quelque chose dans l'industrie du taxi, mais qui n'ont pas réellement leur âme dans l'industrie du taxi. Il y a
des compagnies de taxi qui viennent, mais elles viennent chercher quelque
chose. Mais nous, les artisans du
taxi, c'est notre gagne-pain. Nous ne pouvons pas nous permettre... parce que, si l'industrie tombe, nous
tombons aussi. C'est-à-dire que nous n'avons pas d'alternative de
revenus. Donc, ça, c'est très important pour nous.
M. Bérubé : Je
comprends très bien. Et vous êtes de fins observateurs de votre industrie, vous
y passez de nombreuses heures, dans vos
taxis, sur la route. Ça, on ne l'a pas assez évoqué, là. Un 12 heures,
c'est la norme, quand ce n'est pas plus. Alors que ça existe à Montréal,
ça existe également à Matane, hein, dans ma circonscription. Alors, respect
pour les artisans du taxi.
Donc, cette
table-là n'existe plus. À votre connaissance, lorsqu'on regarde l'industrie du transport, est-ce
que, par exemple, le camionnage est mieux organisé? Est-ce que
les autres industries dans le transport ont davantage
de concertation et que vous seriez peut-être
une des seules industries à avoir, disons, perdu un peu ce pouvoir
d'influence au profit, disons, d'un...
puis je ne le dis pas négativement pour le ministre, mais, disons, un
pouvoir discrétionnaire plus grand du ministre?
M. Rosalbert (Max-Louis) :
Avant de passer la parole...
M. Bérubé : On a à
peu près deux minutes.
M. Rosalbert
(Max-Louis) : ...oui, avant
de passer... Bon, je vais vous... Juste un petit mot à ce sujet. Le problème
de l'industrie du taxi, c'est que nous avons beaucoup
de gens qui viennent chercher dans l'industrie du taxi. Pas assez de gens, ils ne sont pas... Ils viennent chercher quelque chose dans l'industrie du taxi, et tous ces gens-là, c'est toujours au détriment des artisans. Tous
les gens qui vivent autour de l'industrie du taxi vivent bien. Ils font leur
huit heures dans leurs bureaux, d'accord,
mais c'est les artisans qui courent partout pour leur payer. Donc, je vais
laisser mon vice-président de
compléter.
M. Sabbah
(Kamal) : Je pense
que j'ai bien compris la question, mais, si vous permettez, M. le Président, ce qu'on veut dire dans tout
ça, c'est que nous, on aime les institutions, on aime que les choses soient structurées.
Donc, le ministre peut avoir le dernier mot à dire, mais il faut
que tout ça soit structuré d'une façon que, si on change de gouvernement, on change de ministre, on n'est pas, dans l'industrie, obligés de recommencer tout à zéro. Donc, ça, c'est la première
raison.
L'autre
raison qu'on voudrait... C'est que l'industrie du taxi, souvent, elle a subi des décisions qui
étaient prises dans des bureaux, mais
la vraie réalité des artisans, qui sont la colonne vertébrale, je l'appelle, de
l'industrie n'était pas consultée. Donc, cette façon-là, ça nous fait un peu peur de
faire. La raison, c'est qu'à chaque fois qu'il y a une grande décision
ça nous conforte comme industrie d'être consultée parce qu'on connaît vraiment
le terrain.
Le Président
(M. Reid) :
Merci. On va s'arrêter là parce que le temps réservé à l'opposition officielle est
terminé depuis quelques secondes. Je vais
passer maintenant la parole à M. le député de Groulx
pour le temps réservé au deuxième groupe d'opposition.
M. Surprenant : Mais je
vous remercie, M. le Président. Alors, M. Rosalbert, M. Atallah, M. Sabbah,
M. El-Kalaani, bonjour. Merci de votre présence.
Vous disiez tantôt, M. El-Kalaani, que l'industrie,
actuellement, est à la croisée des chemins et qu'elle doit changer. Alors, effectivement, c'est ce qu'on
en comprend. C'est pour ça que... En fait, l'ensemble du secteur du
transport rémunéré de passagers, à notre avis, est en train, effectivement, de
changer. Et il y a des plateformes technologiques, dont Uber, qu'on a souvent mentionné, et d'autres également, qui sont là
et qui se préparent à arriver aussi. Alors, il faut faire face à ça, et puis s'adapter, et soit
modifier les lois ou garder le statu quo, puis peut-être avoir un impact plus
sévère plus tard, finalement. Alors, on
serait plus du côté de dire : Bien, il faut rapidement s'adapter et créer
un système qui va nous permettre de fonctionner, de préserver les
emplois qui sont de votre secteur plus traditionnel, quoique, j'en conviens, vous évoluez beaucoup, vous avez des plateformes,
et tout. Et puis, donc, il faut, à notre avis, s'adapter. Comme on a vu dans l'histoire de l'humanité, il y a des
révolutions technologiques, industrielles passées, et autres, puis on doit
s'adapter puis devenir plus compétitif. Et on parle donc maintenant de
l'arrivée d'Uber, qui fait qu'on a cette commission-là. Alors, on sent qu'ils vous ont forcé à améliorer certaines choses au
niveau technologique, et puis je pense que c'est très louable, mais il
faut continuer dans ce sens-là.
Ma question, finalement, c'est qu'au niveau de
la vente des permis — c'est
là que je pense que le bât blesse — vous craignez une perte de valeur. Mais,
nous, ce qu'on pense, c'est que le cocktail qui est en train de se
mettre en place va vous permettre de générer
plus d'achalandage ou plus de revenus éventuels. Alors, les gens, de plus en
plus, les jeunes, en fait, sont moins
intéressés par la possession d'une auto, ils veulent le service de transport,
donc c'est une clientèle qui est appelée
à grossir pour vous. Alors, pourquoi ne verriez-vous pas de façon positive
l'arrivée de nouveaux joueurs avec
d'autres modèles qui vont vous permettre de maintenir les valeurs dans la
mesure où, d'autre part, on vous protégerait dans certains secteurs, qu'on parle du hélage, qu'on parle de zones, et
autres? Alors, quelle est votre position là-dessus?
M. Rosalbert
(Max-Louis) : Je vais...
C'est dire que notre peur, à ce sujet... parce que nous avons une
industrie à protéger. Donc, c'est pour ça
qu'on a parlé toujours, même dans nos mémoires, du quota. Si on veut
sauver une industrie, il faut qu'il y ait des limites, parce que, quand
on ouvre... ça veut dire que tout le monde va pouvoir venir chercher de l'argent, mais personne ne pourra vivre de cette industrie.
Donc, c'est dire que moi qui suis professionnel de telle ou telle industrie,
O.K., je l'ouvre et que laisse entrer des amateurs et puis tout le monde... Ça,
c'e