Transportation and the Environment — 14 November 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2017-11-14
Quebec — Committees
voudrais prendre quelques instants pour vous saluer, de même que mes collègues
du groupe ministériel qui m'accompagnent
aujourd'hui, donc le député d'Abitibi-Est, le député d'Ungava, le député de
Maskinongé et l'adjoint parlementaire
du ministre des Transports, le député de Mégantic, donc tous des députés qui
représentent des comtés où le VTT et
la motoneige sont très populaires. Je voudrais également saluer mes collègues
de l'opposition officielle, donc le député
de Bonaventure et le député de René-Lévesque, et finalement mes collègues de la
deuxième opposition, donc le député
de Deux-Montagnes. Permettez-moi finalement de saluer mon équipe ainsi que les
gens du ministère des Transports qui m'accompagnent aujourd'hui. Merci
beaucoup d'être là.
La présente
Commission des transports et de l'environnement s'apprête à entreprendre les
consultations particulières portant sur le projet de loi n° 147, intitulé
Loi concernant l'interdiction d'intenter certains recours liés à l'utilisation
des véhicules hors route dans les sentiers faisant
partie du réseau
interrégional.
Bien
qu'il ne contienne que deux articles, ce projet de loi, qui propose de modifier
l'article 87.1 de la
Loi sur les véhicules
hors route pour prolonger jusqu'au 1er janvier 2020 l'immunité à
l'égard d'éventuelles actions en justice fondées sur les inconvénients de voisinage, n'en est pas moins très important.
Nous aurons l'occasion de l'entendre aujourd'hui. Ce projet de loi revêt
une importance stratégique autant pour les personnes qui vivent à proximité des
sentiers interrégionaux de véhicules hors route que pour ceux et celles qui
pratiquent cette activité.
Cette
importante industrie, rappelons-le, repose sur de nombreux bénévoles et sur
plus de 320 clubs utilisateurs. Le
développement et le dynamisme des régions du Québec est d'ailleurs grandement
influencé par cette industrie et par ses
nombreux adeptes. Au fil des ans, cette activité est d'ailleurs devenue un
produit touristique incroyable qui permet au Québec de rayonner sur la
scène nationale et sur la scène internationale.
L'immunité dont il
est question ici constitue une exception en droit. Lors de son instauration en
2004, elle visait essentiellement à protéger
le réseau de sentiers durant les phases de croissance et de structuration. La
nouvelle date d'échéance proposée, soit le 1er janvier 2020, correspond
à l'entrée en vigueur de la disposition prévoyant que des véhicules hors route n'ayant pas un moteur
quatre-temps ou un moteur deux-temps à injection directe ne pourront
circuler dans certains lieux à moins d'y être autorisés par un règlement du
ministre.
Cette mesure imposant
une motorisation moins polluante et moins bruyante pour les véhicules hors
route rendra, nous en sommes convaincus, les conditions de la pratique du VHR
plus respectueuse tant pour les riverains que pour l'environnement.
importe de rappeler que cette proposition de prolongation n'est pas inédite
puisque l'Assemblée nationale a déjà
renouvelé l'immunité à deux reprises depuis 2004. Ce nouveau report a de plus
été dûment recommandé dans le rapport sur
l'immunité de poursuites fondées sur les inconvénients de voisinage et le
processus de traitement des plaintes, de la médiation et de l'arbitrage
en matière de véhicules hors route, que cette commission a examiné le 4 octobre
dernier.
ce, je souhaite la bienvenue à tous les représentants des organisations qui ont
bien voulu venir nous exposer leur point
de vue. Je remercie à l'avance les participants pour les efforts qu'ils ont
consacrés à leur préparation et pour s'être déplacés. Je tiens à les
assurer que nous abordons cet exercice avec une grande ouverture d'esprit à
l'égard de toute proposition constructive et réaliste, donc, qu'ils pourraient
nous faire. Merci beaucoup, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Vous êtes
parfaitement dans les temps. Alors, ça commence
bien. Alors, sur ce pas, je vais inviter le porte-parole de l'opposition
officielle à faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale
d'environ 3 min 30 s.
M. Ouellet :
Merci, M. le Président. Donc, à mon tour de saluer la
partie gouvernementale,
mon collègue de Bonaventure, collègue de la
deuxième opposition ainsi que vous, messieurs mesdames, qui seront avec nous
pour la journée, pour ce projet de loi.
Écoutez,
c'est un projet de loi quand même majeur, même s'il y a deux articles,
puisqu'il a un impact fondamental dans plusieurs régions du Québec,
notamment chez moi, dans la circonscription de René-Lévesque. La neige est déjà
arrivée. Je ne dis pas qu'on est capables de
faire de la motoneige présentement, mais, si on est chanceux, d'ici peut-être deux semaines et demie, trois
semaines, certains sentiers pourraient être praticables.
Cela étant dit, effectivement,
la pratique du VHR est importante dans plusieurs régions du Québec, et cette immunité, qui a été donnée une première fois en
2004, qui a été renouvelée une deuxième fois et pour laquelle nous
sommes assis ici aujourd'hui, revêt toute son importance dans ce fragile équilibre entre développement économique de certaines régions mais aussi la
quiétude et la tranquillité de certains de nos concitoyens sur les différents
territoires du Québec.
Assurément, on aura
des questions très pertinentes sur la durée. Pourquoi, effectivement, on est à
seulement que deux ans? Pourquoi ne pas
offrir une stabilité à notre industrie de VHR? Pourquoi pas trois, peut-être
quatre, peut-être cinq? On aura des
discussions avec vous. Mais surtout, M. le Président, les différents
partenaires qui sont les clubs de motoneigistes,
les clubs quads ont vécu ces derniers temps une certaine incertitude concernant
la pratique de leur sport, de leur
activité économique, notamment, à savoir l'accès à des chemins multiusages.
Donc, on sait que, du côté des clubs de motoneige, on a une période de seulement un an de sursis. Pour la suite,
on verra qu'est-ce qui sera déposé pour assurer cette accessibilité-là. Mais, surtout, les clubs quads n'ont pas encore
cette autorisation de circuler de façon sécuritaire sur les territoires. Donc, on est effectivement dans un
sujet qui touche la population, qui touche l'activité économique, mais
qui touche surtout l'avenir de plusieurs
personnes au Québec et notamment tous ces bénévoles qui font ça de coeur, mais
de passion pour assurer une pratique sécuritaire, mais surtout une découverte
de nos magnifiques territoires splendides au Québec.
Alors,
M. le Président, nous serons tout ouverts à discuter avec les différents
groupes et surtout nous aurons des questions très pertinentes sur ce
projet de loi. Merci.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. le député de René-Lévesque.
Je vais céder maintenant la parole au deuxième
groupe d'opposition pour les remarques préliminaires. M. le député de
Deux-Montagnes, environ 2 min 30 s.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Très apprécié. À Mme la ministre, je souhaite la
bienvenue à cette commission. C'est le premier projet de loi que vous pilotez,
donc ce sera un plaisir de vous accompagner dans cette procédure. Aux collègues gouvernementaux, mes salutations; également mes
collègues de l'opposition officielle; Romain, qui m'accompagne de façon
vaillante sur les différents projets de loi liés aux transports; et, bien sûr,
les personnes qui nous entendront tout au long de la journée.
C'est un projet de
loi qui peut sembler banal, mais qui ne l'est pas, compte tenu de l'importance
que ça représente pour le développement
économique, on dit souvent, des régions. Mais, même en milieu semi-urbain,
c'est une activité qui a de nombreux
adeptes, et dans ma circonscription également. Donc, ce sera un plaisir de vous
entendre, ce sera un plaisir de pouvoir échanger avec vous, et ça nous
permettra, par la suite, de bonifier et d'améliorer le projet de loi.
Donc,
merci également pour votre présence, et une belle journée à vous, M. le
Président, et aux personnes qui vous accompagnent.
Le Président (M.
Iracà) : Excellent. Merci beaucoup, M. le député de Deux-Montagnes.
Alors, sans plus
tarder, je souhaite la bienvenue aux représentants de la Fédération des clubs
de motoneige du Québec. Vous êtes le premier
groupe. Je vous demande de bien vouloir vous présenter ainsi que les personnes
qui vous accompagnent. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, et, par la suite,
nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la
commission. Alors, la parole est à vous, M. Gagnon.
M. Gagnon (Mario) : Merci, M. le Président. Mon nom est Mario Gagnon, président de la
Fédération des clubs de motoneigistes du Québec.
M. Desroches
(Stéphane) : Stéphane Desroches, directeur général de la fédération.
M. Garneau (Michel) : Michel Garneau, gestionnaire, relations externes et développement
stratégique pour la Fédération des clubs de motoneigistes.
Le Président (M.
Iracà) : Bienvenue à l'Assemblée nationale.
M. Gagnon (Mario) : Merci. Mme la ministre déléguée aux Transports, M. le Président et
chers parlementaires de la commission,
je souhaite d'abord vous remercier de nous accorder l'opportunité de nous
exprimer lors de ces consultations particulières à propos du projet de
loi n° 147.
Comme
vous le savez, la reconduction de l'interdiction d'intenter certains recours
liés à l'utilisation des véhicules hors
route dans les sentiers faisant
partie du réseau interrégional est un élément
essentiel à la survie de la pratique de la motoneige au Québec pour les années à venir. La Fédération des clubs de
motoneigistes du Québec accueille donc très favorablement et avec
soulagement la reconduction de l'immunité jusqu'en 2020.
Qu'en
est-il de la pratique de la motoneige? Le Québec est sans conteste reconnu
internationalement comme le paradis
de la motoneige grâce à la qualité de ses sentiers interconnectés, signalisés,
entretenus et sécuritaires. Il est considéré comme la destination
privilégiée des amateurs de motoneige de partout dans le monde. À cet effet,
les retombées économiques sont d'envergure. La pratique de la motoneige, qui se
déroule uniquement en hiver, et là on parle d'une période de 12 à 18 semaines maximum, génère des retombées économiques
directes qui se chiffrent à plus de 3 270 000 000 $
par année, tout en générant 14 000 emplois directs et indirects.
Parlons
aussi des recettes fiscales aux divers paliers de gouvernement, celles-ci se chiffrant dans les centaines de millions de dollars annuellement. Si le niveau
d'activité économique positif se fait ressentir à la grandeur de la
province, son impact positif est davantage
perçu dans les régions les plus éloignées du Québec, l'activité motoneige étant
essentielle à la survie de nombreux commerces.
Au moment où
l'industrie du bois d'oeuvre connaît ses crises récurrentes, notamment
l'imposition récente des droits
compensateurs et antidumping par les États-Unis, la pratique de la motoneige
permet de maintenir en vie des services
et des emplois dans ces régions et villages éloignés qui, sans cet apport, connaîtraient
d'importantes difficultés économiques et sociales.
Sur le plan
touristique, la motoneige est l'un des quatre produits prioritaires retenus
dans la Stratégie de mise en valeur du
tourisme hivernal 2014‑2020 par Tourisme Québec et fait également l'objet d'une
mesure spécifique du plan d'action
qui y est associé. Cette mesure consiste en l'élaboration d'un plan de développement
stratégique dont l'objectif est de renouveler le produit motoneige dans
une perspective touristique. Le produit motoneige au Québec attire plus de
30 000 touristes annuellement provenant de l'Ontario, des États-Unis et
même d'Europe. Cet engouement pour la motoneige est rendu possible uniquement
grâce à la qualité de notre réseau de sentiers de motoneige.
Bien
que la dimension économique de l'activité soit importante et irréfutable, les
bénéfices sociétaux qui découlent de l'activité motoneige ne se limitent
pas là. Parlons aussi des bienfaits sur le plan de la santé publique. Dans une
époque où notre société est impactée de plus en plus par un train de vie
toujours plus sédentaire, une étude effectuée l'année
dernière par des recherchistes de l'Université de Guelph démontre clairement
que l'activité motoneige contribue au bien-être
physique des adeptes de la motoneige, son impact physiologique rivalisant avec
la marche et le vélo de plaisance. En
outre, celle-ci a lieu l'hiver, soit à une période de l'année particulièrement
casanière pour beaucoup de gens. Parlons des bonnes nouvelles dans un
contexte où le coût des soins de santé ne cesse de croître.
M. Desroches
(Stéphane) : L'importance de la protection contre les recours. La
fédération et ses clubs se prononcent en
faveur du prolongement de l'immunité jusqu'en 2020. Cette décision s'avère
cruciale pour nos clubs et leurs bénévoles
puisqu'elle leur permet d'opérer sans devoir être constamment confrontés à la
possibilité d'un litige... de toute certitude que cela puisse apporter.
Pour
bien comprendre l'importance cruciale du prolongement du moratoire, nous devons
retourner en arrière, à une période
où nous n'avions pas ce superbe réseau de sentiers que nous avons aujourd'hui,
soit à la fin des années 60, une époque où l'activité motoneige se
développait de façon incontrôlée, occasionnant de nombreux problèmes liés à la circulation illégale sur les terrains privés et
chemins publics, provoquant ainsi des dommages aux propriétés privées
mais, plus important encore, provoquant de nombreux accidents et décès.
Afin de
remédier à cette situation, le gouvernement travailla en collaboration avec la
communauté motoneigiste, incluant la nouvelle Fédération des clubs de
motoneigistes, qui fut fondée en 1974, pour mettre en place un réseau de sentiers. Il s'agissait
des humbles débuts de ce superbe réseau de plus de 33 000 kilomètres
que nous avons aujourd'hui, ceci
permettant d'encadrer l'activité et de réduire de façon dramatique et
continuelle les nombreux problèmes... et de sécurité.
Le chemin
parcouru depuis est considérable, nos clubs et des milliers de bénévoles ayant
travaillé d'arrache-pied pendant plus de 40 ans pour améliorer la
pratique de la motoneige aussi bien sur le plan sécuritaire que sur la question
de cohabitation et l'acceptabilité sociale. Non seulement les impacts négatifs
ont diminué, mais une vaste industrie
récréotouristique s'est développée, emmenant avec elle une croissance
économique à la grandeur du Québec et permettant à notre province de
rayonner internationalement.
L'industrie motoneige au Québec est basée sur le
principe de l'utilisateur-payeur, dont les pierres angulaires sont la
contribution financière des motoneigistes et le bénévolat. Ils sont plus de
4 500 bénévoles qui consacrent plus de
800 000 heures annuellement pour offrir un service de qualité aux
motoneigistes d'ici et d'ailleurs. Ils gèrent entre autres une flotte de
plus de 500 surfaceuses, qui sillonnent nos 33 000 kilomètres
de sentiers balisés. Il n'existe nulle part dans le monde une activité
ayant des retombées économiques et touristiques d'une telle envergure qui
repose exclusivement sur le travail des bénévoles.
La conséquence immédiate de la fin du moratoire
est sans équivoque. En l'absence de cette prolongation et au regard de l'expérience vécue lors de l'annonce
du jugement Langlois dans la cause du Train-du-Nord, il est certain que
la crainte de faire face à des recours
judiciaires pourrait amener de nombreux propriétaires fonciers à retirer les
droits de passage pour les
motoneigistes, ce qui aurait pour effet immédiat la mise en péril de
l'intégrité du réseau, la pierre d'assise de notre industrie. La perte de l'accessibilité, mais également de
l'interconnexion entre les régions, affecterait irrémédiablement les
industries de la motoneige, menaçant ainsi les retombées économiques et les
emplois qui y sont rattachés. De plus, il est raisonnable de croire que toute
brèche dans le réseau de sentiers créerait une situation non sécuritaire les plus chaotiques et qui pourrait
entraîner une augmentation significative du nombre d'accidents puisque
les utilisateurs seraient appelés à circuler
hors sentier, dans des endroits souvent non sécuritaires et non patrouillés.
Cet état de fait constituerait
également un irritant majeur pour les résidents et une situation les plus
nuisibles de l'environnement. Rappelons aujourd'hui que plus de
180 000 motoneigistes sont immatriculés annuellement au Québec. De croire
que la disparition du réseau n'occasionnerait pas le chaos relève du fantasme.
Retourner en arrière à une période où le
désordre régnait serait regrettable pour tous. Personne n'en sortirait gagnant.
M. Garneau
(Michel) : Les
transformations réalisées depuis 2004. Depuis l'avènement du jugement
Langlois, énormément de chemin a été parcouru autant par les fabricants de
motoneiges que par notre fédération et nos clubs.
Depuis plus
de 10 ans maintenant, l'industrie de la motoneige a beaucoup évolué. Les
motoneiges vendues au Québec
aujourd'hui sont toutes soumises à des normes de gaz d'échappement administrées
par Environnement Canada. Les motoneiges modernes sont nettement plus
propres et moins bruyantes que celles du passé, l'industrie s'étant prise en main pour améliorer la cohabitation de l'activité
et des adeptes avec les riverains et citoyens. Les adeptes aujourd'hui
ont droit à des motoneiges munies de moteurs
à technologie propre, soit à moteurs quatre-temps ou à moteurs deux-temps
à admission par injection directe ou
semi-directe. La fédération a mandaté l'Université McGill à réaliser
une étude comparative entre deux
modèles de motoneige, une de 2003 et une de 2015. Les résultats sont fort
positifs et concluants. Ils démontrent clairement que la motoneige de
2015 est nettement plus silencieuse et écoénergétique, avec moins d'émissions
de gaz et d'odeurs.
De plus, le
renouvellement rapide de la flotte de motoneiges au Québec assure un
rajeunissement continuel des modèles circulant dans les sentiers de la
province. En effet, plus de la moitié des motoneiges qui circulent dans nos sentiers ont été fabriquées depuis moins de sept
ans, et le pourcentage de motoneiges fabriquées depuis 2006, soit
l'année de l'introduction des normes de gaz
d'échappement, s'élève à plus de 84 %. Il est donc clair que les
motoneiges circulant dans nos sentiers aujourd'hui sont plus propres,
plus silencieuses et respectueuses des normes environnementales en matière de
rejet et d'odeur.
En perspective
de la levée éventuelle du moratoire, la FCMQ, consciente de la fragilité de
l'activité motoneige, a mis en place
une planification stratégique pour contrer les problématiques. S'en sont
suivies des démarches proactives incluant la recherche de pistes de
solution afin d'encadrer la pratique de la motoneige, d'informer et de former
les clubs et les motoneigistes en matière de
respect de l'environnement, de sécurité et de résolution de problèmes de
voisinage. De plus, consciente de son rôle
clé dans l'évolution des mentalités en faveur d'une pratique durable de la
motoneige, la FCMQ a décidé d'amorcer son virage vert en respect avec
les orientations édictées par la
Loi sur le développement durable et la stratégie gouvernementale de développement durable. Débutant en 2008, la FCMQ a amorcé une collaboration
avec Nature-Action Québec...
Le Président (M. Iracà) :
...quelques secondes.
M. Garneau (Michel) : Pardon?
Le Président (M. Iracà) : Il vous
reste quelques secondes, malheureusement.
M. Garneau
(Michel) : ...un organisme à but non lucratif reconnu pour son expertise et pour la qualité de
ses services en environnement. On a créé le programme écoSentier en 2015.
Grâce à ses
actions, la FCMQ est reconnue comme un leader au sein de la communauté
motoneigiste canadienne et internationale. De plus, la fédération est
souciée par le bien-être de ses membres et la cohabitation. Nous comptons aujourd'hui plus de
1 200 patrouilleurs de sentiers, dont 115 agents provinciaux. Ceux-ci sont
mandatés à sensibiliser les motoneigistes
quant à la conduite et aux pratiques responsables ainsi qu'au respect des lois
et règlements. Ils travaillent aussi
en concert avec les agents de corps policiers du Québec dans le but de
pourchasser les utilisateurs d'échappements modifiés et bruyants.
Enfin, nous
avons mis en place des agents de liaison dans chacune des régions. Ceux-ci
aident les clubs avec leurs démarches
administratives en plus de les conseiller dans leurs projets d'aménagement de
sentiers, y compris la réalisation de relocalisation des sentiers dans
le but d'améliorer la cohabitation. Il me reste-tu encore du temps ou bien...
Le Président (M. Iracà) : Oui,
alors...
Le Président (M. Iracà) : Alors,
écoutez, il ne vous reste plus de temps, sauf que, là, tout le monde me fait des clins d'oeil, autant la
partie gouvernementale
que l'opposition, à l'effet que vous pouvez continuer sur leur temps. Alors, tout le monde me fait des clins d'oeil. Je
vous laisse continuer. On va réajuster les temps d'échange. Si vous avez
d'autre chose à dire, là, dans votre exposé, je vais vous donner quelques
minutes de plus.
M. Garneau (Michel) : O.K., on va
faire ça vite. Je prends une gorgée d'eau, par exemple.
Le Président (M. Iracà) : Oui, oui,
allez-y.
M. Garneau
(Michel) : On a nos limites.
Bon. Ensuite, de plus, suite à la mise en place, en 2010, d'un processus
de traitement des plaintes, de médiation et
d'arbitrage, soit l'article 45.1 de la
Loi sur les VHR, ils jouent aussi un
rôle de facilitateurs lors des conflits avec les riverains. Nous sommes fiers
et heureux de vous informer que toutes les actions mises en place ont porté fruit. Le bilan portant sur les plaintes
énoncées dans le rapport du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des
transports démontre que seulement 18 plaintes ont été traitées, dont une
seule correspondait aux critères définis par
la
Loi sur les VHR. Les 17 non admissibles ont toutefois été redirigées vers
les agents de liaison des fédérations de VHR ou vers les coordonnateurs
de notre territoire concerné.
En terminant notre rapport sur l'évolution des
plus positives du dossier de la cohabitation, permettez-nous de soulever une
synthèse des conclusions rendues dans le rapport du Projet pilote pour la mise
en place des moyens d'atténuation du bruit causé par des motoneiges, soit le
rapport rendu en novembre 2009 suite à l'étude effectuée par la firme Soft dB. Les principaux moyens
d'atténuation du bruit retenus consistent à modifier les tracés en respectant
des distances minimales avec les sentiers, réduire la vitesse des véhicules en
zone sensible, mettre en place des écrans acoustiques dans des cas particuliers
et encourager la fabrication et l'utilisation des motoneiges plus silencieuses.
Parmi les pistes de solution soulevées, notons
que la modification des tracés de sentiers est en cours, que la vitesse en milieu résidentiel a été réduite et que
les nouvelles motoneiges sont plus silencieuses. Le rapport parle également
du besoin de contrôler les heures
d'utilisation de certains sentiers ainsi que d'informer et former les
motoneigistes quant aux pratiques responsables, deux autres
recommandations qui ont été respectées. Parlons donc d'un bulletin très
positif.
Une voix : Vous voulez qu'on
continue ou...
Le Président (M. Iracà) : Peut-être
quelques minutes.
Le Président (M. Iracà) : Une ou
deux minutes.
Une voix : On va aller à la
conclusion directement.
Le Président (M. Iracà) : Oui, s'il
vous plaît. Merci.
M. Gagnon
(Mario) : En terminant, nous
soutenons cette prolongation de l'immunité ainsi que du processus de
traitement des plaintes, de médiation et d'arbitrage, celle-ci favorisant la
prise d'ententes entre les parties, menant ainsi
à des solutions durables pour régler les problèmes de cohabitation par des
mécanismes non judiciaires de règlement des différends. Nous ne vivons
pas en vase clos, et la réalité est que le monde, plus particulièrement
l'industrie de la motoneige, a beaucoup évolué depuis la période du jugement
Langlois.
Les motoneiges modernes assujetties à une
réglementation visant les gaz d'échappement sont nettement plus propres et silencieuses que celles du passé, comme
l'a démontré l'étude comparative effectuée par l'Université McGill. La
fédération, leader mondial sur le plan du développement durable et de
l'environnement, a instauré de nombreuses mesures
et programmes dans le but unique d'améliorer la cohabitation et le respect des
riverains. Toutefois, le travail se poursuit et nos clubs et les
milliers de bénévoles responsables de la gestion de notre réseau de sentiers
ont besoin de plus de temps et de ressources pour finir leur travail.
attente de l'achèvement des travaux, le retrait immédiat de l'immunité et la
menace omniprésente du litige que cela
apporterait feraient en sorte que l'effondrement de notre réseau est une
possibilité réelle. En plus de pertes économiques importantes
que cela occasionnerait, notamment en région éloignée où les défis économiques
sont déjà presque insurmontables, la
disparition de la motoneige encadrée, tel que nous l'observons actuellement,
nous mènerait inévitablement vers une situation chaotique similaire à
celle des années 60.
nom de la FCMQ, ses 200 clubs et milliers de bénévoles, nous vous remercions de
l'invitation qui nous a été accordée afin de déposer le présent mémoire.
Merci, M. le Président.
Président (M. Iracà) :
Merci, M. Gagnon. Merci, messieurs. Alors, on a ajusté les temps en conséquence
pour les blocs d'échange, étant donné que
c'est un peu petit plus long pour l'exposé. Alors, je vais céder la parole
maintenant à Mme la ministre pour le premier
bloc d'échange avec la
partie gouvernementale, pour un temps d'environ 14
minutes.
Mme Tremblay : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, merci et félicitations pour
votre exposé, M. Gagnon, M.
Desroches, M. Garneau. Dans le mémoire que vous avez déposé, vous mentionnez
que le renouvellement de la flotte de motoneiges va bon train. Vous
dites notamment que plus de la moitié des motoneiges qui circulent dans nos
sentiers ont été fabriquées depuis moins de
sept ans. D'ici 2020, il va y avoir une implantation de nouvelles normes. Selon
vous, quel est le pourcentage de la flotte qui aura été modifié?
Le Président (M.
Iracà) : M. Garneau.
M. Garneau (Michel) : Si on regarde actuellement, la flotte se renouvelle environ à 50 %
à tous les six ans. J'ai regardé, puis
les chiffres qui ont sorti, comme je vous dis, depuis la venue de
l'introduction des normes de gaz d'échappement,
on parle de 84 %. Donc, c'est certain qu'on ne peut pas prédire l'avenir,
mais le marché s'en va vers les motoneiges
de plus en plus propres. D'ailleurs, c'est pas mal exclusivement ce qui est
offert dans le marché actuellement. Donc,
de dire, depuis 2006, quand on sera rendus en 2020... on peut s'attendre à ce
que ce soit au-delà de 90 % facilement de motoneiges qui ont été
construites depuis l'introduction des normes de l'EPA et d'Environnement
Canada.
Tremblay : Vous dites, selon l'étude également qui a été réalisée par l'Université
McGill, bon, que ça démontre clairement
que la motoneige de 2015 est nettement plus silencieuse et écoénergétique avec moins
d'émissions de gaz et d'odeurs. «Nettement»,
pour moi, ça ne me dit rien. Est-ce que vous avez des chiffres qui démontrent, par exemple, le bruit, c'était de tant, et ça a diminué de moitié, ça a diminué de 80 % ou... Qu'est-ce que ça veut dire, le
«nettement»?
M. Garneau (Michel) : C'est certain qu'il y a énormément
de tests qui ont été effectués dans différentes conditions. Si on
regarde, entre autres, sur le plan de la consommation, on parle d'une
consommation qui a été réduite d'environ 50 %. Au niveau des niveaux sonores, c'est
certain qu'on parle d'une échelle de décibels qui est logarithmique, mais
on parle d'une diminution, dans certains
tests, où les émanations sonores de la motoneige 2015 étaient à peine
perceptibles dans les tests. Donc, il y a une énorme différence dans les
niveaux sonores des motoneiges et ainsi que dans les gaz d'échappement.
faut comprendre que, maintenant, toutes les motoneiges sont assujetties à des
normes d'échappement, ce qui n'était
pas le cas en 2003 puis en 2004, dans la période du préjugement Langlois, donc
l'industrie s'est vraiment transformée. Les motoneigistes ont accès à
des technologies moteurs très, très avancées aujourd'hui avec les moteurs quatre-temps, avec les deux-temps à injection
directe et semi-directe. Il y a eu énormément d'améliorations au niveau
des huiles, par exemple, pour les moteurs
deux-temps. Les moteurs consomment beaucoup moins d'huile qu'avant, et les
huiles, maintenant, ils ont mis beaucoup d'efforts sur la propreté de ces
huiles-là. Donc, il y a beaucoup moins d'odeurs, les huiles brûlent plus proprement que dans le passé. Donc, c'est vraiment,
là, un monde complètement changé, là, ce n'est pas la motoneige des
années 70, où est-ce qu'on fumigeait le voisinage en la démarrant, là.
Tremblay : Je comprends que, pour vous, l'immunité, c'est important...
M. Garneau
(Michel) : Absolument.
Mme Tremblay : ...au moins jusqu'en 2020. Avez-vous l'impression qu'en 2020 vous allez
encore avoir besoin de cette
immunité-là ou, selon l'évolution de vos appareils, avec les chiffres que vous
venez de me donner, vous dites : Il n'y aura plus de crainte?
M. Gagnon
(Mario) : Ce que je peux dire présentement, c'est qu'au niveau de la
fédération, je veux dire, il y a déjà des choses qui ont été implantées pour éviter
l'aspect nuisible. Pour ce qui est des motoneiges proprement dites,
comme Michel parlait, je veux dire, dans le sens que là on suit les règles par
rapport aux normes, ce qui fait que le bruit
et les odeurs, c'est diminué... Au
niveau de la fédération,
il y a un mandat qui a été donné puis d'ici possiblement septembre 2019 ou à la fin de... c'est-à-dire
septembre 2019, le mandat qui va être donné aux agents de liaison, c'est
de sécuriser le nombre de sentiers nécessaires qu'il faut être sûr de ne pas avoir de problèmes à plus ou moins long
terme.
Maintenant,
la réponse que je peux vous donner : Est-ce qu'il y aura 15 000,
20 000, 30 000 kilomètres de sentiers à ce moment-là? Je ne
puis y répondre. Ce qu'on va s'assurer de faire, par exemple, c'est de
sécuriser la quantité de kilomètres de sentiers qu'on a besoin pour avoir
toutes les régions interconnectées et continuer à avoir un impact économique
qui est positif pour plusieurs régions en périphérie.
Tremblay : Vous êtes confiants d'y parvenir d'ici 2020?
M. Gagnon
(Mario) : Confiance? On pourrait parler 50-50, possiblement, là, dans
le sens qu'entre-temps il y a un travail
colossal à terminer. Mais, oui, l'objectif qu'on se donne, c'est de faire ça et
d'avoir le maximum possible de sentiers durables pour assurer la
pérennité.
Une voix :
Oui. Allez-y.
M. Desroches (Stéphane) : Je peux complémenter. Quand qu'on dit
«confiants», je crois que ça va prendre la participation de tout le
milieu aussi. Présentement, les agents de liaison, nos clubs, nos bénévoles
travaillent très fort avec le milieu, les
MRC, les municipalités, à pérenniser les sentiers, puis c'est là, le but,
de continuer, c'est là qu'on ne peut pas
vraiment arriver à un chiffre, mais on se donne un
«target» d'arriver à 2019, de voir vraiment...
puis notre plan d'action, plan d'affaires, on est en train de monter, via les régions, via nos agents de liaison. C'est sûr que ça va
prendre de grosses participations du milieu, ça, c'est...
catégoriquement, de tout le milieu.
M. Garneau
(Michel) : Il y a juste un point que j'aimerais énoncer également, c'est
que c'est certain qu'on accueille très, très
favorablement le projet de loi. Il y a tout
de même des mesures qui peuvent être
mises en place ou des démarches qui peuvent être faites pour aider notre
sort. Il faut comprendre que la problématique, c'est vraiment en milieu résidentiel, que nous, on fait d'énormes
efforts pour essayer d'enlever les silencieux modifiés des sentiers. Il y
aurait moyen, tout de même, si on regarde...
On a parlé avec certains de nos agents de surveillance, justement, et puis on nous dit que, comme
c'est là, dans la
Loi sur les véhicules hors route, que c'est l'article
6 qui nous permet d'émettre des constats aux gens qui ont des échappements modifiés, mais que le bureau des
infractions, eux, ce qu'ils font, c'est qu'ils appliquent plutôt une
charge qui relève du Règlement sur la motoneige, qui diminue de beaucoup
l'infraction.
Donc,
nous, on a besoin de tous les outils possibles pour aider à décourager ces
gens-là, les motoneigistes, qui choisissent de circuler avec des
échappements modifiés, parce que vraiment ça se joue beaucoup sur le bruit, et
ces échappements-là sont plus bruyants et, quand ils passent proche de
résidences, c'est là qu'on a des problèmes.
L'autre
chose qui a ressorti, justement, dans l'étude socioacoustique ainsi que dans
l'étude de McGill, c'est qu'on a énormément de différences dans les
niveaux sonores liés à la vitesse de la motoneige. On a fait baisser les
limites de vitesse proches des résidences,
mais on aurait besoin davantage d'outils pour appliquer la loi dans ces
conditions-là. Une motoneige qui
circule à 30 kilomètres à l'heure, comme la loi l'oblige, est à peine
perceptible, alors qu'une motoneige qui circule à 70 kilomètres à
l'heure, on l'entend venir.
Alors,
si on pouvait avoir davantage d'outils pour s'assurer que la loi soit appliquée
dans les lieux résidentiels, ensuite
pouvoir doter nos patrouilleurs des outils nécessaires pour faire coller
les lois contre les échappements modifiés, ça, c'est des choses qu'on peut appliquer sur le terrain aujourd'hui et qui n'exigent pas nécessairement, là, qu'on réouvre la loi; c'est des
outils qu'on peut donner à nos bénévoles, et tout ça, et ça, l'impact de ça
serait très, très, très positif.
Tremblay : Concrètement, quels sont les outils au total que vous
souhaiteriez obtenir justement pour aider de façon concrète?
M. Garneau
(Michel) : Bien, ça serait peut-être plus de collaboration des corps
policiers justement pour appliquer les vitesses en milieu résidentiel, et
également ça serait peut-être de s'assurer que, quand les gens se font accoster avec un échappement modifié, qu'on
applique l'article 6 de la règle. Ça serait peut-être de faire disparaître
cet article-là du Règlement sur la motoneige
qui leur donne une porte de sortie en douceur. On ne veut vraiment plus
avoir ces gens-là dans nos sentiers. Ils nous
causent des ennuis, c'est eux qui sont en
partie responsables des problèmes de
cohabitation qu'on a. On ne veut pas les
avoir dans nos sentiers, donc on a besoin des outils, et puis d'abolir cette
portion-là du règlement sur la motoneige nous aiderait énormément, entre
autres. Je peux vous dire que nos 1 300 patrouilleurs accueilleraient ça à bras ouverts, parce qu'ils
travaillent d'arrache-pied pour faire disparaître ces systèmes
d'échappement là qui nous causent tous des
ennuis, qui nous font perdre... même à l'extérieur de la question
de l'immunité, et tout ça, ça nous fait perdre des droits de passage,
c'est vraiment... il n'y a rien de positif là-dedans. Donc, on a besoin de
toutes les armes nécessaires pour les faire disparaître de nos sentiers.
Mme Tremblay : Est-ce que vous retirez parfois des cartes de membres à certains
membres qui ne respectent pas les règles?
M. Garneau
(Michel) : Ce n'est pas prévu dans nos règlements généraux, mais il y
a des amendes. Mais il faut comprendre qu'il y a,
tout de même, une différence assez importante dans les amendes, entre ceux qui
viendraient de l'article 6 de la loi versus
le Règlement sur la motoneige, on parle de moins de la moitié,
donc ça l'enlève cet incitatif-là, là, de...
Mme Tremblay : Il y a eu combien de plaintes qui ont été formulées
auprès de votre fédération dans l'ensemble des clubs? Évidemment, là, on ne parle pas des... Il y a
l'immunité pour l'interrégional, mais, pour l'ensemble des autres
sentiers, est-ce qu'il y a eu plusieurs plaintes liées au voisinage?
M. Garneau (Michel) : Moi, ça fait
16 ans que je suis à la fédération, je n'ai pas vraiment eu connaissance. On reçoit des appels de temps à autre, mais, généralement, on va les référer aux clubs, parce que c'est vraiment
les clubs qui sont les gestionnaires du sentier
sur le terrain. Ça fait qu'il n'y a rien de documenté officiellement, là. Nous,
les seuls documents qu'on a, c'est vraiment
les 17 plaintes qui ont été soulevées dans le rapport de votre ministère,
mais je ne sais pas si mes collègues
peuvent rajouter. Mais, comme je dis, on reçoit des appels de temps à autre,
mais, généralement, ça se règle vraiment localement.
Mme Tremblay : O.K., il n'y a pas de
suivi, dans le fond, qui est fait de la part de la fédération.
M. Desroches (Stéphane) : Dans un
sens, non.
M. Gagnon
(Mario) : ...ce qu'il faut
comprendre, c'est que les droits de passage sont donnés aux clubs et non
à la fédération, ça fait que, quand il y a quelque chose, oui, on va se documenter de notre côté, mais on va retransmettre
le tout au club en question,
ce qui fait qu'il n'y a pas de suivi. Peut-être qu'on pourrait s'améliorer, nous autres, de ce
côté-là, pour leur dire : On
veut avoir des feed-back, on veut voir comment ça s'est réglé. C'est des choses
qu'on pourrait mettre dans le plan d'action, là.
Puis il y a
une autre possibilité aussi, Michel a donné des points de vue techniques, un dans l'autre, je veux dire, au niveau
du plan de communication de la fédération, par
rapport à ce qui s'appelle l'aspect
sociétal, je pense qu'on a de l'ouvrage
à faire de ce côté-là, et, éventuellement, je veux dire, il faudrait développer un plan de communication strictement voué à ça.
Mme Tremblay : Parfait. J'ai mon collègue
d'Abitibi-Est qui aimerait également vous poser une question.
Le Président (M. Iracà) : Merci.
Alors, M. le député.
Bourgeois : Merci, M. le Président. Messieurs, rapidement, en rafale, parce que j'ai des collègues
aussi qui vont vouloir poser d'autres
questions. Premièrement, dans les ventes de cartes pour l'accès aux
sentiers, il y a une modalité qui prévoit que, pour les motoneiges de plus de 20 ans, il y a
une réduction du tarif. Donc, si on regarde, dans la logique de ce qu'on veut réaliser aujourd'hui, c'est un peu à
l'inverse de ce qu'on souhaite, parce qu'on veut réduire le bruit, on
veut réduire la pollution causée par
l'utilisation d'anciens modèles. J'aimerais connaître votre position face à ça.
Dans le cadre d'un renouvellement de l'entente, est-ce que cette
position-là pourrait être modifiée également?
Deuxièmement, quand vous parlez des équipements modifiés, une réglementation, je comprends que vous avez de besoin
d'avoir un appui au niveau coercitif pour diminuer cette utilisation-là,
mais est-ce que vous avez eu des discussions avec les fabricants pour vous assurer que, par exemple, ce type d'équipement ne soit pas disponible pour les
utilisateurs, ou, si c'est des modifications qui sont faites, comme on dit, là, «job made», là, donc qui ne sont
pas des produits du fabricant?
Et, troisième
point, écoutez, moi, j'ai rencontré l'ensemble des clubs de
motoneige de l'Abitibi-Témiscamingue
il n'y a pas longtemps, et je comprends très bien l'enjeu qui se pose actuellement avec les acteurs du milieu, mais évidemment ça interpelle d'autres joueurs. Et encore pas plus
tard qu'hier on avait une annonce importante dans le domaine touristique, qui est l'importance
de ce que vous représentez comme industrie. Et chez nous, là — je
vais relancer le collègue de René-Lévesque — moi, hier, il y avait des gens qui se
promenaient en motoneige, là, quand je me suis déplacé sur le terrain, donc, déjà, c'est commencé. Chez nous, on parle
plus de 18 semaines que de 12 parce qu'il y a beaucoup de monde des autres régions du Québec qui viennent en
Abitibi-Témiscamingue et continuent après ça vers le comté de mon
collègue d'Ungava, pour profiter de l'hiver
le plus long, qui est dans notre territoire, avec la qualité de pistes qu'on a.
Évidemment, on veut être sûrs qu'on va
trouver les bons paramètres pour faire en sorte de pérenniser votre industrie. Donc, j'aimerais vous entendre
là-dessus.
Le Président (M. Iracà) : Vous
avez 30 secondes pour répondre à cette question.
M. Garneau
(Michel) : Première des
choses, si on regarde... C'est parce que j'ai les statistiques ici des
motoneiges pour les droits d'accès vendus, puis on parle de 2,3 % des
motoneiges qui ont 20 ans ou plus. Donc, c'est vraiment minime. Il faut comprendre qu'à un certain niveau,
pour nous, ça va un petit peu aussi avec l'idée de ramener des anciens
motoneigistes au sein de la communauté. Mais effectivement c'est très minime
comme chiffre.
Pour ce qui est des ventes d'échappements
modifiés, je ne suis pas conscient qu'aucun des fabricants n'offre des systèmes d'échappements modifiés. C'est
vraiment ce qu'on appelle l'«aftermarket», donc c'est des vendeurs du
marché secondaire qui offrent ces produits.
Il n'y a aucun fabricant qui offre ces produits-là. Les fabricants sont très
conscients des enjeux, et c'est pour ça
d'ailleurs qu'ils misent beaucoup sur le développement de motoneiges
tranquilles. On a maintenant le...
Président (M. Iracà) : Merci. Malheureusement, ça met fin au bloc
d'échange avec la
partie gouvernementale. Vous aurez peut-être
l'occasion de poursuivre avec les autres blocs d'échange. Je vais céder la
parole pour le premier groupe... l'opposition officielle, au député de
Bonaventure.
M. Roy : Merci, M. le
Président. J'aimerais, d'entrée de jeu, saluer les collègues. Bonjour,
messieurs.
Écoutez,
l'industrie de la motoneige, comme vous le dites, c'est
3 270 000 000 $ de retombées économiques, des milliers de bénévoles. C'est une industrie qui
pourrait être même vouée à un développement important, étant donné un
certain réchauffement climatique sur la côte Est américaine qui ferait migrer
les motoneigistes au Québec.
Ceci
étant dit, c'est sûr qu'on est d'accord avec le projet de loi. C'est évident,
hein, sauf que nous, on a un questionnement
sur le deux ans. Il me semble que ce n'est pas long, et, si on... puis on voit
aussi que vous avez eu une entente
d'une année pour l'exclusivité de l'accès aux territoires puis aux chemins
multiressources. Il y a un mot qui me vient en tête, c'est «fragilisation»,
O.K.? Ça prend de la prévisibilité pour développer et, je dirais, gérer une
industrie comme la vôtre. Exemple, acheter
une surfaceuse, c'est quoi? 500 000 $, 600 000 $, c'est
six, sept ans de financement.
Est-ce
qu'avec des ententes de cette nature-là — deux ans pour l'immunité dans les
poursuites, un an pour l'accès aux
sentiers — vos
clubs sont en mesure de planifier sur quatre, cinq, six, sept ans le
développement de la filière motoneige au Québec? Moi, je pense que, si
j'étais un gestionnaire de club, là, de motoneige puis que j'avais une
surfaceuse à acheter, j'attendrais un petit
peu, ce qui vient fragiliser, à quelque part, la planification des travaux.
Donc, j'aimerais vous entendre sur la prévisibilité que l'industrie a
actuellement ou n'a pas.
M. Gagnon
(Mario) : Je vais peut-être apporter un commentaire sur la deuxième
portion de votre question. Quand on a
rencontré les gens du MFFP concernant les autorisations pour circuler, ce qu'on
a eu comme commentaires, c'est qu'ils n'ont pas l'intention du tout de
bloquer ce qui s'appelle la circulation de ce côté-là. Ils ont même proposé éventuellement de créer une table où la
fédération, le MFFP, le MRN et le MTQ, ou je me... en tout cas, le MTQ,
c'est plus simple à dire, seront assis à la
même table pour harmoniser le tout. Et le dernier paragraphe de cette lettre-là
ou de cet engagement-là signifiait
que, pour eux autres, il n'était pas question de couper aucun kilomètre de
sentier. Donc, on a tendance à dire,
avec la rencontre qu'on a eue à ce moment-là : Tout le monde va mettre
l'épaule à la roue, et on devrait en arriver à un bon compromis de tous
les côtés.
Maintenant,
l'avenir, je ne peux pas en parler. Je ne peux pas le prédire non plus. Tout ce
que je sais, c'est qu'au niveau de la
fédération je vais dire : Nous sommes très sensibles à la pérennité des
sentiers, nous sommes très sensibles à l'apport
économique que ça a au niveau des régions, et, oui, on va prendre l'engagement
de travailler en conséquence, ce qui
peut arriver dans deux ans. C'est sûr que ça serait plaisant de dire :
Demain matin, on voudrait avoir une immunité de 10 ans, mais, au niveau sociétal, est-ce que ça va être acceptable?
Je ne le sais pas. Mais ce que je sais, à l'heure actuelle, c'est qu'au niveau des partenaires qu'on a au niveau
de la motoneige, que ça soit les commerces, que ça soit les hôtels, que ça soit les pourvoiries, tous ces gens-là vont
être sensibilisés à notre cause. Parce que, finalement, là, au niveau de
la fédération, ce n'est pas la fédération
qui fait de l'argent, ce n'est pas les clubs qui font de l'argent, c'est toute
l'économie locale qui en bénéfice.
je vais prendre un exemple, comme j'ai déjà dit à Mme Tremblay il y a quelque temps : si la Trans-Québec 3
est coupée à Québec, là, bien, demain matin,
on dit bonsoir à Charlevoix, on dit bonsoir à la Côte-Nord puis on dit
bonsoir à ce qui s'appelle... au Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est la porte d'entrée. C'est la
même chose... que ce soit l'Abitibi, si tu coupes en bas, ça ne va pas
bien en haut. Ça fait que je pense que tout le monde, ici, comprend ce côté-là.
fait que, ça, pour ce qui est du
MFFP, MERN, je pense qu'on est confiants avec les discussions qu'on va
avoir pour : Est-ce que deux ans, c'est assez? Se poser la question, c'est
possiblement y répondre. Dans ma tête à moi, j'en voudrais plus. Mais, à un moment donné, de votre côté, je veux dire, au
point de vue de l'immunité, est-ce que ça peut être étendu
éternellement? C'est la question que j'ai pour vous.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. Gagnon. M. le député de Bonaventure.
Roy : Bien, écoutez, je reviens à ma première question :
Est-ce que vous avez des clubs de motoneige qui vont remettre en question l'achat de surfaceuse, étant
donné le manque de prévisibilité? Et je tiens à vous dire aussi que les quads n'ont pas signé encore, ce qui, pour eux,
est une situation très fragilisante. Donc, je comprends que vous voulez
en arriver à une entente, puis nous aussi,
on espère ça, sauf que j'aimerais savoir si, oui ou non, certains clubs vont
remettre en question des investissements dans la prochaine année, étant donné
la fenêtre qui est assez limitée.
Le Président (M.
Iracà) : Il reste trois minutes.
M. Gagnon (Mario) : Un dans l'autre, je veux dire, pour ce que vous parliez ou pour ce qui
est du renouvellement de la flotte de surfaceurs, peut-être que Stéphane
pourrait confirmer, mais on a été supportés à un moment donné par DEC Canada, je ne sais pas combien de millions qui
ont été mis là-dedans, puis avec les subventions qu'on avait via la
fédération et/ou la MTQ, l'argent qui nous revenait, il y a beaucoup de la
flotte qui a été renouvelée.
Maintenant,
je veux dire, c'est facile pour nous, au niveau de la fédération, là, je veux
dire, on va établir un plan éventuellement
pour dire, demain matin : Est-ce que tu as besoin nécessairement de
renouveler tes surfaceurs? Ça sera à nous
autres à mettre les culottes puis à essayer de donner un bon coup de main aux
clubs en question. L'évaluation va être là. Il y a 500 surfaceurs. Et ce que je peux vous dire à l'heure
actuelle, c'est que, si je prends le ratio qu'on utilise : un
surfaceur par 80 kilomètres de sentiers, il y en a à peu près 100 de trop
dans la province. Ça fait qu'il faut qu'ils se disciplinent aussi de l'autre
bord.
Le Président (M.
Iracà) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Vous avez avancé des chiffres tout à l'heure : 84 %
maintenant des motoneiges seraient conformes et, selon vos pronostics 2020, on arriverait à 90 %. Donc, il resterait
encore 10 % de motoneiges non conformes. Donc, à ma prétention,
c'est qu'ils ne devraient plus circuler sur les sentiers.
Si ma
prétention est bonne, est-ce que vous appliqueriez la mesure suivante,
c'est-à-dire de ne pas leur vendre de cartes pour donner accès aux
sentiers? Est-ce que vous iriez jusque-là pour contraindre les gens à respecter
la loi? Parce que
peut-être que deux ans, c'est court, mais, si on se mettait trois ans avec
l'année de transition pour emmener les derniers joueurs à faire le
changement, est-ce que ça serait pensable, possible d'aller jusque-là?
Le Président (M. Iracà) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Mario) : Bon, je vais
passer la parole au directeur général.
M. Desroches (Stéphane) : Dans un
sens, si on regarde présentement, juste antique, 20 ans et plus, on est à 2,3 %, on a... La saison dernière, on a
au-delà de 90 000 membres, on parle peut-être de 200 à 300 motoneiges.
J'ose croire que ça va encore diminuer. J'ose croire la technologie va
avancer de nos manufacturiers. On prétend peut-être se rendre à 90, mais ça peut aller plus haut. Est-ce qu'on va les empêcher
de vendre un droit d'accès? Je ne sais pas, on n'est pas encore rendus
en 2020. Est-ce qu'il peut y avoir quelque chose d'écrit dans la loi, de
déposé? Est-ce qu'on peut avoir une clause qui peut protéger ces vieilles
motoneiges là? Je ne sais pas. On n'est pas encore rendus là.
M. Garneau
(Michel) : Il y a une
réalité aussi qu'il faut ajouter, c'est qu'il faut s'entendre que les
motoneiges, ce n'est pas comme des
automobiles, ça ne dure pas 300 000 kilomètres. Une motoneige qui a 20
ans, là, si elle sort une fois, deux fois par hiver, c'est bien plus
quelqu'un qui veut se payer un trip, si on veut, là, qui va aller faire...
C'est plus une randonnée nostalgique, là. Les motoneiges de ces années-là, là,
elles ne font pas 15 000 kilomètres par hiver, là.
Le Président (M. Iracà) : M. le
député.
Ouellet : Non. Je suis
absolument d'accord, mais il y a effectivement un attachement historique ou
familial à certaines motoneiges de nos grands-pères ou de nos grands-oncles
qu'on veut encore utiliser une couple de fois pour aller au chalet. Cela étant dit, ce que vous demandez : Est-ce
qu'il devrait y avoir une disposition? Je pense que c'est ce que la
ministre faisait mention tout à l'heure d'un règlement possible, où est-ce
qu'on pourrait tolérer, dans un certain moment, les...
M. Desroches (Stéphane) : ...un
encadrement?
M. Ouellet : ...un encadrement pour
dire : Bien, ces motoneiges-là ne sont pas conformes, et voici le délai à
prescrire pour les prochaines années, pour emmener les gens conformes.
Mais ce que
je crois comprendre, vous n'êtes pas tout à fait encore ouverts ou vous n'avez
pas encore discuté de la pertinence
d'imposer le fait aux clubs de ne pas vendre de cartes de membre à ceux et
celles qui ne respecteraient pas la réglementation.
Et, vous le savez comme moi, ça n'en prend rien qu'un qui fout le bordel en
ayant des mauvais comportements, scrape tout le travail que vous avez
fait depuis 2004.
Le Président (M. Iracà) : En 20
secondes, en 20 secondes, si vous voulez commenter.
Desroches (Stéphane) : Vous
avez raison. Si on regarde les dernières années, on fait beaucoup
d'encadrement et on va continuer à faire l'encadrement. Nos bénévoles
travaillent fort dans ce sens-là.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. Desroches. Alors, ceci met
fin au bloc d'échange avec l'opposition officielle. Nous allons procéder
avec le dernier bloc d'échange avec le deuxième groupe d'opposition. M. le
député de Deux-Montagnes.
M. Charette : Merci, M. le Président.
De nouveau, bonjour, merci d'être parmi nous ce matin.
C'est certain
que, pour les juristes, lorsque l'on parle de moratoire sur des recours
potentiels, il y a quelque
chose qui vient heurter certains principes de droit. En même temps, je
comprends fort bien le pourquoi du projet de loi, sa pertinence. Reste à voir le détail, c'est bien certain, mais je comprends la pertinence du projet de
loi. Peut-être éclairer celles et
ceux qui s'y connaissent moins sur le dossier en particulier : le
moratoire s'adresse sur un territoire ou sur des trajets qui sont délimités. Est-ce que cette étendue-là a
changé au cours des années ou le moratoire s'applique sur un territoire qui reste le même depuis x
années?
M. Garneau
(Michel) : Le moratoire
s'applique au réseau des sentiers Trans-Québec. Donc, c'est certain
qu'en principe je vous dirais : Les
numéros des sentiers sont restés pas mal idem, mais c'est certain qu'on a des
déplacements de sentiers à toutes les
années, hein, on perd des droits de passage et on doit déplacer des sentiers.
Et je vais utiliser cette occasion-là pour ouvrir la porte, pour vous
conscientiser du fait que le déplacement d'un sentier coûte au minimum 10 000 $ du kilomètre. Donc là, on
essaie de relocaliser les sentiers en respectant justement les distances
séparatrices, mais c'est certain que, pour nous, ça représente des
investissements majeurs, ça.
Donc, pour répondre à votre question, le réseau
a évolué, puis où est-ce qu'on a le plus de déplacements? C'est dans les quartiers résidentiels, on voit
qu'il y a du développement. Entre autres, avant, les gens pouvaient partir
de Vaudreuil pour aller faire de la
motoneige. Je suis certain que chez vous, à Deux-Montagnes, c'était de même.
Maintenant, il y a des voisinages entiers qui se sont bâtis, les gens ne
peuvent plus partir de chez eux. Donc, on doit s'adapter aux changements de la
géographie démographique.
M. Gagnon (Mario) : Il y a une chose qui a évolué aussi de ce
côté-là, si je peux me permettre, c'est qu'à l'heure actuelle il y a bien des clubs de motoneige qui
vont demander, au niveau des MRC ou des municipalités, de faire inclure
les sentiers de motoneige au niveau du
schéma d'aménagement. Ça, ce n'est pas quelque chose qu'on faisait il y a cinq
ans, il y a six ans, là. À l'heure actuelle,
je veux dire, il y a de plus en plus de gens qui s'adressent aux municipalités
pour que ça soit inclus, ce qui fait
que, quand il y a un plan de développement, à ce moment-là, dans le schéma, les
sentiers sont prévus.
Le Président (M.
Iracà) : M. le député.
M. Charette :
Je comprends que le tracé lui-même peut, dans certains cas, être modifié. Mais,
en termes de kilomètres, est-ce que c'est
essentiellement le même nombre de kilomètres depuis des années qui est visé par
le moratoire ou c'est un kilométrage qui est en expansion, là,
significative?
M. Desroches (Stéphane) : Non, ça n'a pas changé énormément
depuis 2004. Comme Mario expliquait, nos clubs, depuis le jugement Langlois, il
y en a beaucoup... ils n'ont pas pris
ça à la légère, ont fait en sens de voir à modifier leurs tracés, à s'éloigner des résidences. Il y a eu beaucoup
d'énergie de faite depuis ce temps-là puis c'est là que, de plus en
plus, dans un plan qu'on va essayer de
mettre en branle plus direct avec les régions, puis grâce à... nos agents de
liaison vont nous aider dans ce sens-là. Quand je dis : Le milieu, il faut qu'il travaille avec nous,
c'est les MRC, les municipalités. De voir le schéma d'aménagement, c'est
ça qui va protéger notre réseau à long terme, surtout dans le milieu privé. Ça
va être notre réussite à long terme.
Le Président (M.
Iracà) : M. le député.
M. Charette :
Vous avez parlé des municipalités. Quel est leur rôle actuellement? On n'aura
pas le plaisir, aujourd'hui, de les entendre, mais est-ce que c'est une collaboration
qui est bonne, qui est constructive avec vous?
M. Desroches
(Stéphane) : C'est très constructif de plus en plus, depuis plusieurs
années, là, oui.
M. Garneau (Michel) : À
titre d'information, juste pour vous dire que la ville de Laval, qui est
tout de même la troisième plus grande ville au Québec,
a ouvert des sentiers il y a deux années passées pour donner accès aux
services. Donc, même une ville de la taille de Laval reconnaît l'apport économique
qu'amène la motoneige. Donc, c'est très important. On parle de plusieurs milliards
de dollars.
Le Président (M.
Iracà) : M. le député.
Charette : Vous parliez des
distances des résidences. Pour celles et ceux qui s'y connaissent moins,
justement, quelles sont ces spécifications-là? Est-ce qu'on parle de mètres?
Comment la distance d'un sentier est calculée par rapport aux résidences?
M. Gagnon (Mario) : La réglementation d'origine, au départ, était de 30 mètres. Là,
toute ouverture de nouveaux sentiers, éventuellement, ou déplacement, on
parle de 100 mètres par rapport aux résidences. C'est la nouvelle règle.
M. Garneau (Michel) : Et d'ailleurs juste pour vous dire, justement,
dans les tests qui ont été faits dans l'étude de McGill, il y a eu beaucoup d'information, des évaluations des niveaux sonores, et il y a
une différence très importante dans le
fait d'ajouter 30 mètres... excusez-moi, 70 mètres de distance séparatrice. Le problème,
comme on a fait allusion tout à l'heure, c'est que ces déplacements de sentiers là, pour
commencer, ça exige des droits de passage, et, deuxièmement, ça exige
des investissements. Donc, on fait du mieux qu'on peut avec les ressources
qu'on a, mais, encore là, c'est des moyens restreints.
Le Président (M.
Iracà) : Merci. M. le député, en 40 secondes.
Charette : 40 secondes,
c'est trop bref. Merci de votre présence et surtout de votre éclairage. Très
apprécié.
Le Président (M.
Iracà) : Alors, messieurs, je vous remercie pour la contribution que
vous avez faite à cette commission.
Je suspends les
travaux quelques instants pour permettre au prochain groupe de s'installer.
(Suspension de la séance à
10 h 31)
Président (M. Iracà) : À l'ordre,
s'il vous plaît! Nous allons
reprendre nos travaux. Je souhaite la bienvenue aux représentants de la Fédération
québécoise des clubs quads. Je vous demande de bien vouloir vous présenter
ainsi que les personnes
qui vous accompagnent. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour
votre exposé, et, par la suite, nous procéderons à la période d'échange
avec les membres de la commission. La parole est à vous.
M. Decoste
(Alain) : Alors, mon nom est
M. Alain Decoste, président de la Fédération québécoise des clubs quads...
M. Gagnon (Danny) : ...accompagné de
Danny Gagnon, directeur général de la Fédération québécoise des clubs quads.
Le Président (M. Iracà) : Alors,
bienvenue, messieurs. La parole est à vous.
M. Decoste
(Alain) : Merci, M. le Président. Mme la ministre, chers membres
de la commission, tout le monde, merci de votre présence et merci de votre accueil, surtout. La
Fédération québécoise des clubs quads, que nous représentons, est un organisme
sans but lucratif qui structure et
encadre la pratique sécuritaire du véhicule
hors route de type quad, dans
le respect de la faune et de l'environnement. Notre activité se reflète annuellement par 1,5 milliard de dollars de retombées économiques touristiques dans
notre belle province et est génératrice d'emplois dans les régions.
Le fondement
de notre activité se trouve dans le dévouement de 3 000 bénévoles. Ces
mêmes bénévoles gèrent 118 clubs au
Québec. Ils négocient des droits de passage, aménagent des sentiers, y
installent la signalisation et assurent la sécurité sur un réseau de 24 961 kilomètres de sentiers sur quatre
saisons, réseau qui est constitué de 8 551 kilomètres de terrains
Trans‑Québec, 6 335 kilomètres de sentiers interrégionaux et de
10 075 sentiers locaux.
Il est d'autant plus important pour nous de vous
présenter les commentaires de notre organisme sur le projet de loi n° 147, tel que présenté le
31 octobre par Mme la ministre déléguée des Transports, Véronyque
Tremblay, et qui concerne l'interdiction d'intenter certains recours
liés à l'utilisation des véhicules hors route dans les sentiers faisant
partie
du réseau interrégional.
L'interdiction
d'intenter certains recours liés à l'utilisation des véhicules hors route des
sentiers faisant
partie du réseau interrégional. La Fédération québécoise
des clubs quads accueille très favorablement l'interdiction d'intenter certains recours liés à l'utilisation des
véhicules hors route dans les sentiers faisant
partie du réseau interrégional.
Cette protection est essentielle pour nos
bénévoles, qui travaillent avec coeur à améliorer et harmoniser un réseau. Ces
dévoués bénévoles sont inquiets de voir
leurs efforts anéantis avant même d'avoir terminé leurs travaux en cours si la
possibilité de certains recours était de nouveau possible dès le début de 2018.
J'aimerais
rappeler qu'au cours de ces dernières années notre organisme a pris ses
responsabilités en réglant des conflits
de voisinage. Les voies législatives sont parfois très complexes et, bien que
nous détenions des droits de circulation en bonne et due forme, exposent
dangereusement notre réseau s'il n'est pas protégé.
Malgré cette reconduction
de l'interdiction de certains recours, nos
clubs restent exposés à des plaintes déposées à la commission pour la
protection du territoire agricole, la CPTAQ, plaintes pour lesquelles nous
devons aller contester, à grands frais, dans leur tribunal administratif. Mme
la ministre, merci de prendre en considération le fait que toutes les régions
administratives du Québec étaient menacées sans la reconduction de cette
interdiction de poursuite.
La fédération
salue les actions déjà prises pour atténuer les inconvénients du voisinage, les
distances séparatrices augmentées
pour les nouveaux sentiers, les heures de circulation restreinte entre minuit
et 6 h le matin, qui ont contribué à harmoniser notre activité avec la réalité des citoyens. Nous sommes
convaincus que cette protection doit demeurer en place au-delà de 2020, telle qu'elle est actuellement. Ce problème
de plaintes des citoyens n'est pas uniquement lié aux VHR. C'est manifestement devenu un problème de
société, qui, on ne veut pas se le cacher, ne fera que s'accentuer dans l'avenir. Il est impératif pour le mieux-vivre en
collectivité que le gouvernement trouve une solution durable à ce genre
de problématique.
En conclusion, la Fédération québécoise des
clubs quads est heureuse de la décision prise de prolonger l'interdiction de poursuite liée à la pratique du
véhicule hors route. Cette action contribuera à assurer la pérennité des
liens interrégionaux et maintenir un apport économique et touristique
conséquent dans toutes les régions.
M. le Président, merci. Et, pour la période de
questions, mon directeur général pourra répondre et moi de même, monsieur.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. le président, M. Decoste.
Alors, nous allons débuter le premier bloc d'échange avec la
partie
gouvernementale, avec son beau sourire. Je cède la parole à la ministre.
Tremblay : Merci beaucoup,
M. Decoste, pour votre présentation. Merci à vous deux d'être présents.
Vous dites qu'au cours des dernières années
votre organisme a pris ses responsabilités en réglant des conflits de voisinage.
On comprend que, souvent, ça a été les voies
législatives. J'aimerais que vous nous parliez comment. Qu'est-ce que
vous faites? Est-ce que vous faites des
règlements? Combien de plaintes que vous avez pu recevoir? Et comment vous
gérez le type de plaintes pour éviter parfois la voie des tribunaux?
M. Gagnon (Danny) : Bien, c'est sûr qu'au niveau des plaintes on n'a pas beaucoup de
plaintes, là, concernant le réseau,
mais on a une à deux plaintes annuellement faites à la CPTAQ, O.K. Ces plaintes-là,
malgré la protection, ça ne protège
pas les clubs. Ça, c'est un voisin qui reste à côté d'un agriculteur, qui fait
une plainte que l'agriculteur en question laisse circuler des véhicules
hors route sur sa terre. Et la Commission de protection du territoire agricole
intervient en demandant de cesser toute utilisation puis
de remettre le terrain en état, et tout. Et on doit aller le défendre devant le
Tribunal administratif, et tout ça. Puis la
Commission de protection du territoire agricole, là, ils ne semblent pas
avoir une grande connaissance des activités VHR ou des droits de passage sur
des propriétaires terriens.
agriculteur qui nous donne un droit de passage, à un club de quad, on ne passe
pas dans le milieu du champ, là. On
passe dans un chemin de tracteur existant. On n'enlève pas de culture. Mais, à
cause que le tribunal administratif de la CPTAQ ne fait pas de
différence, on a été obligés de prendre un avocat, aller en commission, monter
un dossier de géographie, prouver qu'on
n'enlève pas de culture. Puis, à chaque fois, ça coûte 10 000 $,
15 000 $ avant que le dossier se règle, là. Puis là, tu sais,
actuellement, j'en ai un, présentement, qui est en cour en Montérégie, des...
Puis c'est vraiment
très, très vivant, l'activité. Tu sais, présentement, si on prend en Estrie,
Sherbrooke, municipalité de Sherbrooke, la
ville change le zonage agricole, il y a un agriculteur qui n'est pas content,
ferme la trail de quad, ferme la trail de motoneige.
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. Gagnon. Mme la ministre.
Mme Tremblay : En dehors du circuit interrégional, parce que l'interrégional, là, il y
a l'immunité qui s'applique, est-ce que vous avez aussi des plaintes
liées au bruit, à la pollution, par exemple, de vos véhicules?
M. Gagnon (Danny) : Non, parce que, concernant les véhicules hors route, c'est très
différent. Chez nous, là, c'est 99,9 % des moteurs quatre temps. Il
n'y a peut-être même pas 1 % de véhicules deux temps en circulation. C'est
tous des moteurs quatre temps, qui sont non
polluants, qui sont sous les normes de l'EPA, donc on n'a pas vraiment de
problème de bruit, tout ça. Des fois, on peut avoir des... C'est sûr qu'il y
a... Des fois, on a eu, dans le passé, des problèmes de circulation dans des rangs, quand on passe devant des résidences, tout
ça, mais la loi ne s'applique pas. Mais, de toute façon, on tente de
relocaliser ou de trouver une mesure d'harmonisation avec le citoyen en
question.
Mme Tremblay : Alors, pourquoi, dans ce cas-ci, vous suggérez que l'immunité
s'applique au-delà de 2020?
M. Gagnon (Danny) : Parce que c'est fragile, c'est superfragile. Puis on n'est pas dans
un... On est, oui, là, ici, on est
dans une commission pour parler de véhicules hors route, là, mais on n'est pas
dans un contexte de juste des véhicules hors route, tu sais. Il y a des
plaintes parce qu'il y a des autoroutes, puis les autoroutes, elles font du
bruit, puis il y a des plaintes... Je
regarde, quand ils ont construit le port... ils voulaient construire le port
méthanier à Cacouna. Moi, j'ai entendu,
sur une ligne de radio, des gens se plaindre qu'ils étaient pognés avec le
bruit des baleines, parce que ça passe...
Puis,
quand on fait le tour des tables de concertation aussi, durant le temps qu'il y
avait les tables de concertation en fonction,
c'est : Pas dans ma cour. Ça fait que, peu importe l'activité, on n'en
veut pas. On en veut, de l'activité, mais on ne veut pas l'avoir chez
nous ou près de chez nous. Ça fait que la protection, elle va demeurer nécessaire,
parce qu'il y a beaucoup... Il n'y a pas
seulement un problème de véhicules hors route, là : au niveau de
l'immunité puis de la protection.
Tremblay : ...vous vouliez ajouter quelque chose?
M. Decoste (Alain) : Oui. J'aimerais rajouter, Mme la ministre... On va revenir un petit peu
dans votre préambule. Les plaintes, nous, depuis la loi qui a changé,
100 mètres de la maison et tout ça... a réglé bien des choses pour les plaintes de ça. Évidemment que nous, la
problématique du tuyau d'échappement que la motoneige vit, on l'a
beaucoup moins. Ceux qui l'ont, c'est des...
on appelle ça — excusez
l'expression — des
zézettes qui ne sont pas membres chez nous, alors nos agents opèrent
quand ils sont dans les sentiers. Et le sentier qu'on a demandé, entre
parenthèses, le droit de passage, nous, avec
le propriétaire, s'il nous le demande, nos agents peuvent opérer sur son
terrain à lui, légalement, je parle...
légal, parce que, sinon, il n'est pas légal. Ça, ça a aidé beaucoup dans le
système, pour reprendre la problématique de plainte, évidemment que...
le son étant associé.
Mais ce que
j'apprécie de ce que mon directeur vient de vous dire aussi... Quand on vous
parle de la société, autrefois, on appelait
ça des rangs. Dans des paroisses, il y avait des rangs, le monde allait là,
puis c'est le monde qui avait chacun... on va parler pour nous, les VTT,
mais il y avait la motoneige aussi, puis tout allait bien dans la société. Maintenant, tu as du monde de public — je parle de villes — qui s'en va s'installer dans des rangs,
puis, en arrivant dans le rang, eux
autres, le bruit, ça ne marche pas. Il va passer un véhicule dans la rue, bien,
dans le chemin, on s'entend bien, il va
faire un «exhaust» qui fait du bruit, mais ça passe pareil. Mais il va passer
un VTT ou une motoneige, là, ça fait un petit peu de poussière ou quoi
que ce soit... c'est ces plaintes-là que Danny voulait dire aussi, du sens
qu'on n'est pas à l'abri de ça.
La société est rendue beaucoup plus en dedans
d'eux, on va dire ça ainsi, et moins... accepte moins... la société... Les gens
sont plus en dedans d'eux autres même puis ils se sacrent bien de ce qui se
passe à côté. Si ça peut résumer... Excusez les expressions.
M. Gagnon
(Danny) : Comme, dans un mémoire précédent, dans le passé, ils
appelaient ça des «rurbains». C'est des gens
de la ville qui vont s'acheter une propriété en campagne, puis là, tout d'un
coup, ils s'aperçoivent qu'il y a des VTT puis des motoneiges qui
circulent chez leur voisin, puis ça ne fait pas leur affaire. Ils s'aperçoivent
que l'agriculteur épand du fumier dans les champs. Ça ne fait pas leur affaire.
Ça fait qu'il y a des plaintes d'odeurs, des plaintes
de... C'est global, là, ce n'est pas juste un... On est dans un problème de VHR
ici, là, mais ce n'est pas juste un problème de VHR. C'est pour ça que
c'est important que la protection, éventuellement, soit reconduite.
Mme Tremblay : C'est sûr que l'objectif, c'est de
cohabiter. Est-ce que vous organisez parfois des activités
de sensibilisation? Ou qu'est-ce
que vous faites, justement,
peut-être, comme fédération, pour aider à mieux cohabiter, à
ce que les quads, les VTT puissent mieux cohabiter avec les citoyens?
M. Gagnon (Danny) : On est très proactifs. On a les agents de liaison sur le terrain dès
qu'on a une plainte, tout ça, donc.
Puis même, avec votre ministère, on a développé
un processus de droit de passage qui explique les règles, comment, où que
le propriétaire terrien peut se plaindre, tout ça. Donc, on est très, très
sensibles, et chaque propriétaire terrien qui a obtenu... qui cède un droit de passage à nos clubs a reçu la trousse du
propriétaire, donc l'ensemble de l'information. On est assez
proactifs. On n'essaie pas de les enterrer, on essaie de les régler pour que ce
soit dans... Puis il y a des places qu'on est obligés de changer le
sentier de place, là.
Mme Tremblay : En 2020, donc, si le projet
de loi est adopté, ça va
faire 20 ans que l'immunité est appliquée. Avez-vous l'impression quand
même... Parce que
je sais que vous souhaiteriez que l'immunité s'applique au-delà de 2020,
mais ce n'est pas rien, quand même, l'immunité, là. On suspend des droits, donc
il ne faut pas prendre ça à la légère. Avez-vous
l'impression que vous allez avoir fait beaucoup de chemin, que vous allez avoir un réseau de
sentiers de VTT dont la survie sera, en tout cas, peut-être beaucoup
moins menacée?
M. Gagnon
(Danny) : Oui, c'est sûr que oui, parce que le réseau, d'année en
année, même si c'est vivant à certains
endroits, il est tout de même assez stable. La problématique actuelle, ça fait
drôle à dire, là, puis on... C'est que la problématique actuelle du
réseau, là, elle est bien plus sur les terres publiques que sur les terres
privées, là. Les terres privées, là, on les
règle, là. Les problèmes qu'on a, là, c'est avec le ministère des Ressources naturelles, le MFFP. C'est avec les ministères. Les
organismes gouvernementaux, on a plus de problèmes de droits de passage avec
les organismes gouvernementaux qu'avec le
propriétaire de terrain qui nous cède un droit de passage, puis qu'on crée des
aménagements, puis qu'on arrange pour ne pas avoir de problèmes avec le
voisinage. Ça fait qu'il y a deux niveaux.
Puis,
tu sais, nous, il y a le côté du... il y a le fleuve qui est...
tout Chaudière-Appalaches, Estrie,
tout ça, bon, où qu'il y a certaines
problématiques. Mais c'est des terres privées, donc ça se règle, puis on vient
à bout de relocaliser des sentiers,
tout ça. Puis, des fois, avec des municipalités comme Sherbrooke, on a quelques
petits problèmes de zonage où on va
trouver des solutions. Mais, quand on tombe sur les terres du domaine de
l'État, là, sur les terres publiques,
obtenir des droits de passage, obtenir les
autorisations, c'est très, très, très difficile. Puis c'est là que la survie des
clubs en est, parce que c'est des clubs qui, économiquement, sont moins
bien nantis, parce qu'il y a moins de population, il y a moins de véhicules
hors route, il y a moins de tout. Et le droit de tarifer sur les terres du
domaine de l'État, là, c'est une grosse, grosse clé de non-recevoir au niveau
des différents ministères.
Tremblay : Il y a un comité, d'ailleurs, qui a été mis sur pied par le
MFFP, les Transports, le MERN également, le
ministère des Ressources naturelles, parce qu'évidemment l'objectif du
gouvernement, c'est de trouver des solutions durables, de pérenniser nos
sentiers.
Advenant
justement la fin du principe de l'immunité en 2020, selon vous, quelles
seraient les actions à prendre par le gouvernement pour préserver la
pérennité de nos sentiers?
M. Gagnon
(Danny) : C'est sûr que c'est le financement, puis c'est le support à
l'aménagement. Mais les mesures à prendre
au-delà de 2020... Le réseau, il va déjà avoir été relativement stabilisé, là,
avec des choses. Mais, aussi, tu sais,
il y a un paquet d'éléments. C'est sûr qu'il faut regarder... limiter un peu
plus les propriétés privées, puis tout ça, pour essayer de rendre le réseau
plus opérationnel annuellement, là. Parce
que des sentiers en terres privées,
là, ça va toujours être
vivant. La terre va se vendre, on va perdre le droit de passage. Ça va toujours,
toujours être vivant. Donc, la stabilité, éventuellement, là, ça
va venir surtout sur les terres du
domaine de l'État, si on est capables de régler les
problématiques avec les terres du domaine de l'État, pour permettre à des
gens...
Puis
les grands tronçons. Présentement, il y a des grands tronçons ferroviaires désaffectés où
on pourrait y mettre des véhicules hors route, qui auraient moins
d'impact sur la société, moins d'impact sur les droits de passage, qui stabiliseraient le réseau. On préfère encore
construire des pistes cyclables sur ces réseaux-là parce que
le financement, il est facile. Tu
sais, si, voilà 20 ans, on aurait mis l'argent qu'on a mis dans le vélo pour faire des sentiers
de véhicules hors route, de motoneige
ou de quad, il n'y aurait
probablement pas autant de vélos sur des emprises ferroviaires. Mais
c'était bien plus facile financièrement pour les municipalités de créer un
réseau de sentiers parce qu'il y avait une politique transport puis il y
avait... Peut-être que le futur, là, pour au-delà de 2020, ce serait une
politique transport sur les véhicules hors route.
Mme Tremblay :
J'ai mon collègue de Mégantic qui aimerait également vous poser une question.
Le Président
(M. Iracà) : M. le député de Mégantic.
M. Bolduc :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. Decoste, M. Gagnon. Ça fait un
bon bout de temps que vous êtes là, M. Gagnon.
M. Gagnon
(Danny) : Ça fait 25 ans.
M. Bolduc :
Parce que moi, j'ai été président de club, dans le temps, et vous étiez déjà
là, puis j'étais sur la commission VHR, donc
j'ai eu la chance d'entendre parler de vous souvent. Combien de membres vous
avez maintenant dans les...
M. Gagnon (Danny) : Ça tourne
dans les 60 000 membres, entre 55 000 et
60 000 membres, bon an, mal an.
M. Bolduc : Mais vous aviez des
objectifs, dans le passé...
M. Gagnon (Danny) : On est
encore dans des objectifs de 100 000 membres.
M. Bolduc : O.K. Puis un des
problèmes que vous aviez, c'est la question des réseaux routiers.
M. Gagnon (Danny) : Oui.
M. Bolduc : Puis on parle des
rangs, mais on parle aussi des traverses puis de l'accès à des ponts pour les
rivières, appelons-les majeures.
M. Gagnon (Danny) : Les grosses
infrastructures.
M. Bolduc : C'est ça. Où vous
en êtes dans cette situation-là, puis comment ça va?
M. Gagnon
(Danny) : Ça va relativement
bien. Il y a certaines régions qu'il y a des problématiques encore, là. Tu sais, Chaudière-Appalaches, près de chez vous,
là, bon, on a acheté le tronçon ferroviaire Tring—Lac-Mégantic, ça fait qu'on a réglé une bonne
partie de la problématique dans votre
secteur. Puis, dans le passé, dans les problématiques, on a eu un
problème à Nantes avec une citoyenne, là, qu'on a réglé.
M. Bolduc : Oui, je me
souviens.
M. Gagnon (Danny) : Mais c'est
vraiment travailler dans ce sens-là, là, d'améliorer. Puis les infrastructures,
bien là il y a des infrastructures
importantes. Abitibi, le réseau de quad, il va rester ce qu'il est présentement
si on ne règle pas les problèmes
d'infrastructures, parce qu'il y a des infrastructures importantes, à 2,
3 millions, à construire, là, parce que c'est des ponts importants.
Quand on est dans l'Est-du-Québec puis on a... dans le sud du Québec, et on
semble avoir réglé ça, mais il reste encore
des problématiques d'infrastructures importantes pour le Nord-du-Québec et le
côté nord du Québec à régler.
M. Bolduc :
Dans les commissions véhicules hors route, on avait parlé énormément de dire
qu'à la fin... Est-ce qu'on va
arriver avec une solution unique, qui est une pérennisation permanente des
sentiers? Vous avez la chance de vous exprimer à la ministre aujourd'hui.
Là, je pense que c'est un moment important de...
M. Gagnon (Danny) : Oui, puis,
bien...
M. Decoste (Alain) : Écoutez, bien,
j'allais répondre à Mme la ministre tantôt. Vous avez eu, ici, à cette Chambre, il y a quelques années,
M. MacMillan, qui, lui, a prôné avec la motoneige, et, nous, l'autoroute.
La journée où est-ce que le
gouvernement, peu importe... moi, je ne regarde pas les allégeances politiques,
moi, là. La journée où est-ce que
tous les délégués, ici, ensemble, travailleront pour faire cette autoroute-là
qu'on parle... Quand on parle d'autoroute, c'est la pérennité totale sur les terres de... avec les permissions et
l'aide des ministères, de chaque ministère. Il est là, notre problème. Notre problème, il est là, là. On parle
avec les Transports, qui est vous aujourd'hui. Hier, c'était
M. Lessard, qui avait la même mentalité
d'aller de l'avant que M. MacMillan. Mais on s'en va vers ça. Puis on se
vire de bord à un autre ministère,
là, il a changé de ministre, puis on se ramasse avec des dossiers qui
n'existent plus. Il faut recommencer les dossiers. C'est toute cette
peine et misère là qui fait en sorte qu'on n'avance pas, malheureusement.
C'est sûr
qu'on est loin de la poursuite, mais, si on veut la régler, la poursuite, il va
falloir que les ministères commencent,
entre eux, à se parler. Quand un ministère prend une décision, qu'il dit :
On va fonctionner comme ça au Québec,
et que tu arrives dans chaque région, qui demeurent, eux, encore à leurs
mentalités, on commence à avoir des problèmes.
Parce que ce n'est pas le même discours qu'on vient chercher la poignée de main
en haut puis, quand on arrive en bas, on mange un coup de Jarnac,
excusez l'expression, ce que je vous explique, mais c'est ça.
Puis là je ne suis pas ici pour faire la morale
à qui que ce soit, mais la journée... Si on veut régler... Le jour où est-ce que, du ministre en descendant, peu
importent les partis, là... du ministre en descendant... se parlent,
disent : Regarde, écoute, on a un apport économique important à la
motoneige et au quad, on ne veut pas perdre ça... C'est fait par des bénévoles, il faut se rentrer ça dans la tête, là.
Ce n'est pas du monde payé. Je suis bénévole ici à matin, moi, là, là,
puis on fait ça par des bénévoles. La journée qu'on va ouvrir les yeux grands
pour se parler ensemble puis de faire... Comme vous dites tantôt, il y a une
table de faite, j'espère qu'on va être invités. Mais j'espère que la journée
que le monde va s'ouvrir les yeux dans ce sens-là, et le coeur, et l'esprit, je
pense qu'on va avancer.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. Decoste.
M. Gagnon (Danny) : Puis, déjà, on salue l'initiative du ministère
des Transports puis de l'équipe, là, que vous avez. On va être invités à une rencontre avec les districts
territoriaux, avec les DT, sur les problématiques de traverses de routes, puis de façon à ce qu'on entende le
message que le ministère veut donner à
ses directions territoriales. Parce que, bien des fois, on a l'impression que, sur le terrain, ils n'entendent
pas le message. Tu sais, on dirait que chez vous, vous nous donnez un
message, mais, quand on arrive sur le terrain, dans les régions, il y a
16 messages différents. Là, on a un meeting, le 30 novembre, où qu'on
va être accordés avec tout le monde.
Le Président (M.
Iracà) : Merci. Mme la ministre.
M. Decoste
(Alain) : Qu'on espère.
Mme Tremblay : Je peux vous dire que la volonté de pérenniser les sentiers, elle ne
vient pas uniquement des Transports.
Elle est là au gouvernement, et c'est pour ça d'ailleurs qu'on a mis sur pied
ce comité avec les autres partenaires, là,
au niveau des autres ministères, pour qu'on puisse régler le problème ou trouver
une solution, là, à long terme. Ça,
on en est très conscients. Alors, je tiens à vous rassurer là-dessus.
On comprend ces inquiétudes. On comprend que c'est une industrie importante,
là. On parle de plus de 3 milliards de dollars, donc. Et pour le tourisme
et pour l'économie également. Alors, la volonté, elle est réelle. Je tiens à
vous rassurer là-dessus.
M. Gagnon
(Danny) : ...entende, madame. On vous remercie.
Tremblay : Je vous remercie beaucoup de votre participation.
Président (M. Iracà) :
Alors, merci beaucoup. Ceci met fin au bloc d'échange avec la
partie
gouvernementale. Nous allons procéder au deuxième bloc d'échange avec l'opposition
officielle et le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, à mon tour de vous saluer,
messieurs. Je vais commencer avec
votre terminaison. Parce que, là, vous venez de nous lancer un véritable cri du
coeur. Et ce que je crois comprendre, vous
ne voulez pas qu'on règle les problèmes de quads ou de motoneiges. Vous voulez
que le gouvernement transporte une vision
pour l'aménagement des sentiers, la pérennité des activités, et que le tout
soit un tout commun, que le ministère des Transports, le MRN, le MFFP,
bref, tous les acteurs qui ont à intervenir avec votre industrie comprennent
vers où l'industrie veut aller. Et vous allez avoir les moyens pour vous y
rendre. C'est ça que j'ai compris, là.
M. Ouellet : Donc, votre cri du coeur, ce matin, au-delà du projet de
loi sur l'immunité possible, ce que vous êtes venus nous dire... Parce que ça ne vous touche pas
beaucoup, hein? On va se dire les vraies affaires, là. Le
bruit, c'est déjà réglé du côté des quads. Bon, il reste encore peut-être
une couple de vieux trois roues, là, mais on s'entend que c'est plus dans
les...
M. Gagnon
(Danny) : ...nous, on a un problème de poussière.
M. Ouellet :
De poussière, c'est ça.
M. Gagnon
(Danny) : On a un problème de poussière puis...
M. Ouellet :
...de vitesse.
M. Gagnon (Danny) : ...on a épandu, cette année, 100 tonnes de sel dans des routes,
dans des rangs qu'on utilise pour empêcher la poussière, pour être en
harmonie avec les citoyens, là. Dans votre comté, dans la Gaspésie, tout ce
secteur-là, là, les clubs travaillent fort à harmoniser le... annuellement.
M. Ouellet :
Parce que...
M. Gagnon (Danny) : Mais il faut que ce soit attaché, là. Tu sais, je veux dire, ce n'est
pas... Transports Québec, il y a une volonté, puis on a comme, au fil des
dernières années, là... Là, je salue la ministre, qui dit qu'on va avoir un
comité, tout ça, mais, quand on allait sur
les tables de concertation provinciales... puis ces éléments-là, là, on sentait
très clairement que ce n'était pas
attaché avec les autres ministères, ce n'était vraiment pas attaché avec les
autres ministères. Puis il faut que ce
soit attaché. Parce que, récemment, on a rencontré le ministère des Ressources
naturelles, que le dossier a été transféré au MFFP, puis ils sont venus nous dire : Là, les chemins que vous avez
réaménagés, que vous avez rouverts, des chemins de catégorie 3, 4 et
5...
M. Gagnon
(Danny) : ...que vous avez refait les ponts, que vous avez coupé les
branches, que vous avez mis des ponceaux,
ça, c'est des chemins publics. Vous n'aurez pas le droit de tarifer parce que
c'est de notoriété publique. Ils ont le droit de
passer dedans. Aïe! On a coupé les branches, on a refait les ponts, on a fait
les ponceaux. On a investi des centaines de
milliers de dollars dans ces sentiers-là, puis là vous venez nous dire :
Parce qu'on l'a rouvert, c'est devenu un
chemin public, puis là on ne pourra pas tarifer dessus, que, si on veut
tarifer, il faut qu'on refasse un autre sentier à côté du chemin. Ça n'a
pas de bon sens, là.
M. Ouellet :
Vous voulez rajouter...
M. Decoste (Alain) : Écoutez, votre prédécesseur du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, qui a déjà été ministre des Transports, est conscient
aussi du problème. C'est un gars de chez nous, un gars... Moi, je viens de Saguenay. Il vient de Jonquière. Je suis de Jonquière. La journée que... Je l'ai dit
tantôt. Moi, c'est un cri du coeur que je fais. Saviez-vous qu'on vous donne 136 millions en taxes
annuelles, puis on n'a pas une tôlasse qui vient de ça? Excusez mon
expression, là, peut-être un peu «rough»,
là, mais on n'a pas d'argent qui revient de ça. C'est des bénévoles qui font ça
à bout de bras, à bout d'huile de
bras. Comme la motoneige, la même affaire. Puis se faire dire par un
ministère : Tu ne peux pas passer... Danny a très bien... mon
directeur général a très bien expliqué. Comment voulez-vous que le bénévole...
On était à 3 500, on est rendus à
3 000. Les bénévoles, là, c'est des gars comme moi, là, les cheveux gris,
là, parce que les jeunes d'aujourd'hui, le bénévolat, ils ne sont pas
trop, trop forts là-dessus.
On s'entend bien? Je
paie mon droit de passage, mon droit d'accès. Merci, bonsoir, tu me dois un
service. Malheureusement, comparativement... Puis, ça, je ne dénigre pas qui
que ce soit, mais, nous, là, le VTT, au Québec, on est le ministère du Transport hors route. On s'entend? Parce que,
nous, un sentier, ce n'est pas juste : on coupe des arbres, puis on
passe, puis de la neige tombe, puis c'est correct. Nous autres, dans notre
coin, ce n'est pas ça. Il faut faire des ponceaux,
il faut faire quasiment une route. Ça
coûte des sous. Puis je donne 136 millions... excusez si je donne
l'expression à moi... la fédération donne
136 millions en taxes au gouvernement, puis on a de la misère à avoir des
sous. Puis vous n'êtes pas... Le
fédéral, la même affaire. 108 millions, puis on n'a pas une cent non plus.
Mais, lui, je l'ai interpelé. Il va régler mon cas, là.
Mais, ici, à matin,
on va en parler. Si on aurait vraiment l'aide monétaire qu'on est capables
d'avoir, si on est capables d'avoir les
aides de nos ministères, qu'ils se parlent ensemble... Comme Danny vient très
bien d'expliquer, une grosse
problématique, tantôt, c'est la sécurité qui va vous revenir aussi, avec
l'affaire, là, qui s'est passée, la poursuite à Trois-Rivières, là. Là, la SQ pourra... En tout cas, je ne veux pas trop
rentrer dans les détails, mais, au point de vue de la sécurité, ça ne
nous aide pas non plus.
Ça fait que, quand on
veut régler des cas de bruit, ou quoi que ce soit, si la sûreté ne peut pas le
faire, encore bien moins des bénévoles vont pouvoir le faire. On se suit-u, là?
Ça fait que vous avez des choses qui se passent, gouvernementales, qu'on a des
problèmes qui retombent sur eux autres. Puis c'est des bénévoles. On a de la
misère à avancer avec ça. Ça fait que c'est ça, le cri du coeur. Si on veut
régler le problème, il faut le régler, puis ensemble.
M. Gagnon (Danny) : Le quad puis la motoneige au Québec, là, on est
des fleurons mondiaux, tu sais. Nous, là, on est le numéro un mondial en motoneige. On a fait des conférences avec
des délégations russes. Je suis actuellement en attente de finaliser un dossier d'invitation pour le Brésil puis pour le
Mexique pour aller expliquer aux gens dans d'autres pays comment faire pour faire comme au Québec pour
attirer des touristes chez eux. On est un fleuron. Puis je pense qu'il
faut travailler pour garder notre fleuron puis rester en avant.
M. Ouellet :
Si je comprends bien, là, parce que, là, vous nous expliquez en quoi plus de
moyens rendraient le sport pas juste plus
sécuritaire, mais plus adapté, puis qu'il serait même en augmentation du nombre
de participants, puis, quand je vous
entends, peut-être, dans certains cas, plus de touristes internationaux. Juste
pour que je comprenne bien, là, quand
une compagnie forestière ouvre un chemin, il y a des crédits d'impôt pour ce
qu'on appelle les chemins multiressources, multiusages. Donc, j'ouvre un
nouveau territoire de coupe. Je lui donne accès, je fais des chemins de classe 1, classe 2, classe 3,
classe 4. Et, quand j'ai terminé, bon, les opérations forestières se
retirent. Là, on vient d'ouvrir des nouveaux sentiers pour la population
par la suite. Ce que vous me dites : Pourquoi est-ce qu'on subventionne
les chemins de pénétration, donc la création
de ces chemins-là et, quand vient le temps, après ça, de faire l'entretien...
Parce qu'une fois que la compagnie forestière est sortie, elle a sorti le bois,
elle n'a plus d'affaire là. On s'entend qu'elle n'y retournera plus tant et aussi longtemps que la régénération ne sera
pas là. Bon, il y aura des travaux sylvicoles entre-temps, les travailleurs sylvicoles vont venir
faire de la plantation. Il y aura du reboisement juste avant. Mais, après
ça, il n'y a plus personne qui s'en va sur
les chemins. Ce que vous me dites, c'est que c'est vos bénévoles, avec vos
débroussailleuses, vous refaites l'entretien, donc vous enlevez les aulnes sur
le bord du chemin, vous le rendez d'une meilleure visibilité. Dans certains
cas, il y a des calvettes qui ont sauté avec des coups d'eau. Vous les
remplacez.
M. Gagnon
(Danny) : Des fois, ça fait 10 ans qu'il n'y a pas personne qui
est passé dedans, là. Mais, quand on le
réouvre, là, pour le MRN puis le MFFP, ça redevient un chemin public. Puis là
ils disent : Non, on ne doit pas tarifer.
M. Ouellet :
Grâce à vous, vous redonnez accès au territoire, sans moyens et, parce que vous
faites ça, vous redonnez l'accès au territoire, ce chemin redevient public,
donc réaccessible avec les camionnettes, ceux et celles qui n'ont pas de VTT.
M. Gagnon
(Danny) : Oui.
M. Ouellet : Donc, je peux aller à la pêche, je peux aller à
la chasse sur des nouveaux territoires, pour lesquels les gens vont avoir payé leur permis de pêche ou leur
permis de droit. Eux autres, ils sont en droit de dire : Le chemin
est accessible, j'ai le droit d'aller pêcher ou à la chasse.
M. Gagnon
(Danny) : Bien oui. Oui, c'est un chemin public.
M. Ouellet :
Donc, c'est ça que vous nous dites ce matin, là?
M. Gagnon (Danny) : Oui, puis le gars qui est en VTT, je n'aurai pas
le droit de lui tarifer. Tu sais, je comprends la non-exclusivité, de dire : C'est un chemin public. Le gars qui
est en pickup, il peut passer dedans avec son pickup. Mais, si le gars,
il est en VTT, là, on veut qu'il paie son droit de circuler. Puis c'est la même
affaire pour la motoneige, là. Quand, la
motoneige, on a refait des ponceaux, puis tout ça, si le gars passe en
motoneige, il faut que, la motoneige, on soit capables de tarifer. C'est la survie des clubs du Saguenay—Lac-Saint-Jean, de l'Abitibi, de la Côte-Nord, de
la Gaspésie. Si ces dossiers-là ne
sont pas réglés, là, d'ici un an, deux ans, là, ces clubs-là, ils seront
fermés, parce que c'est le financement de ces clubs-là qui est la
survie, là, de ça. Il y a le droit de tarifer puis le droit d'accès.
M. Ouellet :
Mais je vous ai parlé d'un cri du coeur tout à l'heure. Qu'est-ce qui fait que
ça a l'air plus criant aujourd'hui? Parce que, je veux dire, moi, mes clubs, je
les rencontrais avant. Bon, ils avaient des enjeux. Mais là, aujourd'hui, vous
semblez avoir un mégaphone plus élevé.
M. Gagnon
(Danny) : Je vais vous dire de quoi de bien drôle, là. Moi, chez nous,
là, ça fait depuis 2003, 2004 qu'on
crie pour ça, là, qu'on est dans les problématiques de ce genre-là, là. Les
articles 8.1, 46.2, ça fait depuis 2003, 2004 qu'on... Puis,
quand on allait dans les tables de concertation, mon confrère de la motoneige,
il sortait puis il me disait : Je ne
comprends pas pourquoi tu t'énerves avec ça, les 8.1 puis les 46.2. Je ne
comprends pas. Sauf qu'eux autres, là, voilà
deux ans, là, il y a un citoyen qui a écrit au ministère des Ressources
naturelles puis il a demandé : Moi, je suis-tu obligé de prendre mon droit d'accès dans...
c'était un gars de la Côte-Nord qui a écrit ça... je suis-tu obligé de
prendre mon droit d'accès? Le ministère des
Ressources naturelles, il dit : Vous n'avez pas besoin de prendre le droit
d'accès, monsieur. Ils n'ont aucun permis. C'est des terres publiques.
Vous avez le droit de circuler partout. C'est des terres publiques. Vous n'avez
plus besoin de prendre de droit d'accès.
Aujourd'hui,
avec les médias sociaux, ces gens-là, là, ils ont pris ça puis ils l'ont mis
sur les médias sociaux tout partout. Puis là, la motoneige, elle s'est
mise à crier, pareil comme nous autres, là. Ils avaient compris, mais ils ont
compris cinq ans en retard, parce que ça fait déjà cinq ans, cinq, six ans
qu'on en parlait, de ça.
M. Ouellet :
O.K. O.K. Donc, il n'y a pas un état de fait depuis ces dernières années, mais
on est à une accumulation de plusieurs
événements, qui font que, là, l'industrie, celle de la motoneige, mais notamment
la vôtre, a un cri d'alarme, un cri du coeur.
M. Gagnon (Danny) : Tu sais, demain matin, là, on règle ça demain
matin, là. Mme la ministre, elle peut annoncer 8 000 kilomètres
de sentiers durables au Québec de réglés sur les 10 000 promis. Et on a un
méchant bout de fait, là.
M. Ouellet :
Juste en terminant, vous avez ouvert un peu à l'international pour les clubs
quads. C'est quoi, le pourcentage de touristes internationaux qu'on accueille
au Québec?
M. Gagnon (Danny) : Au Québec, là, on commence à ramasser de la donnée
là-dessus, puis tout ça, là. Présentement, ça tourne autour de
3 500 touristes hors Québec. Puis là on a mis en place, l'an passé,
des vignettes de location pour savoir la location. Parce que c'est un peu un
marché... Tu sais, on a un peu de problématique avec Tourisme Québec, parce que, le produit quad, ce n'est pas reconnu comme
étant un produit d'appel, malgré que c'est une activité quatre saisons qui laisse 1,5 milliard de retombées
économiques au Québec. Puis toutes les entreprises qui font de la location de motoneige, elles font toutes de la
location de quad, mais elles ne le disent pas, O.K., mais elles reçoivent
des Russes, elles reçoivent des choses. Puis, ça, on ne les a pas, ces
chiffres-là.
M. Ouellet :
...en train de les colliger.
Le Président
(M. Iracà) : Merci beaucoup.
M. Gagnon
(Danny) : On est en train de les ramasser.
Président (M. Iracà) : Merci, M. Gagnon. Ceci met fin au
bloc d'échange avec l'opposition officielle. Nous allons débuter le
dernier bloc d'échange avec le deuxième groupe d'opposition, M. le député de
Deux-Montagnes.
M. Charette :
Merci, M. le Président. D'abord, merci pour votre présence. Je vais être très
franc avec vous, je connais beaucoup moins le milieu du quad que le
milieu de la motoneige, et mes questions vont sans doute trahir ma
méconnaissance du dossier.
Une voix : Il n'est jamais
trop tard pour apprendre.
M. Charette :
Bien voilà, c'est ce que je me dis. Merci de votre compréhension. Mme la
ministre, tout à l'heure, parlait de
la cohabitation entre vos membres, le voisinage, en quelque sorte, envers les
citoyens. Quelle est la relation, justement,
avec la fédération des motoneiges? Vous partagez une même passion pour le plein
air, mais est-ce qu'il y a des enjeux? Est-ce qu'il y a une
collaboration entre les deux?
M. Gagnon (Danny) : On
travaille très bien ensemble, les deux fédérations. Puis, quand on arrive dans
les infrastructures majeures, on est
toujours des partenaires financiers. Donc, on n'a pas le choix. Par contre, sur
l'ensemble du réseau, autant
23 000 kilomètres que 33 000 kilomètres, il y a, en
moyenne, 2 000 kilomètres qui sont partagés. Le reste, c'est deux types de sentiers distincts, à
l'exception des infrastructures majeures puis, des fois, les traverses de
routes parce que, tu sais, on ne commencera pas à mettre une traverse de
route à 50 pieds puis mettre une autre traverse de route à 50 pieds
pour la motoneige. Ça fait qu'on unifie les traverses de route en collaboration
avec les gens de Transports Québec. Mais ça va très, très bien.
M. Charette :
Et toujours pour parler de cohabitation, il y a des ententes qui sont prises
avec des propriétaires terriens.
Est-ce que ce sont uniquement les individus eux-mêmes qui sont vos
interlocuteurs ou vous composez avec l'UPA aussi? Quelle est la nature
des relations avec l'UPA?
M. Gagnon
(Danny) : Bon, on a des
relations avec l'UPA qui sont bonnes, mais c'est uniquement propriétaire par propriétaire.
Tu sais, les clubs... Au Québec, moi, je dois avoir 20 000 droits de passage de signés. La
motoneige, ils en ont peut-être bien
25 000. C'est vraiment propriétaire par propriétaire. Ça fait que, des
fois, sur une propriété, on perd un droit de passage de 100 pieds,
mais on peut être obligés de faire deux kilomètres de contournement pour la
perte de 100 pieds, des fois, là.
M. Charette : Je comprends. Et
c'est une industrie, vous l'avez bien mentionné, qui opère sur quatre saisons distinctes, avec une saison qui est plus populaire
ou qui est plus propice à la pratique de votre sport ou c'est équitable?
M. Gagnon
(Danny) : C'est très, très
propice en période hivernale. Sur 60 000 membres,
il y en a 40 000 qui achètent le
droit d'accès en période hivernale. Puis eux autres, ils roulent à l'année, là,
les gars qui ont acheté des droits d'accès hivernaux, tout ça. La
période estivale, bien, elle est plus difficile à cause des territoires publics
puis de ces éléments-là, là.
M. Charette :
Et vous parlez des droits d'accès. Donc, l'individu qui est membre chez vous,
c'est à la saison, en quelque sorte?
M. Gagnon
(Danny) : C'est à la saison.
C'est annuel. C'est un droit d'accès annuel qui est d'octobre à octobre,
qui est au coût de 300 $.
M. Charette :
O.K. O.K. Mais la personne ne peut pas s'inscrire uniquement, par exemple, pour
la période estivale ou uniquement...
M. Gagnon (Danny) : La période
estivale, on a un droit d'accès estival qui commence en mai, qui finit au
31 octobre.
M. Charette :
O.K. Parfait. Et pourquoi davantage l'hiver? Parce que l'été, justement, les
sentiers sont davantage occupés?
M. Gagnon
(Danny) : Bien, l'été, tu te
retrouves beaucoup avec un réseau en terres publiques. Donc, les clubs
ont beaucoup de difficultés à tarifer.
Tandis qu'en période hivernale, le gars, là, il est dans le sentier. À côté, ça
ne marche pas, là, tu sais. Tandis qu'en période estivale, ça marche
partout, tu sais. Puis c'est plus difficile à encadrer l'été. L'été, la
clé du succès, c'est énormément de signalisation. Tu sais, j'ai un club en
Gaspésie, là, dans la vallée de la Matapédia, il a 600 kilomètres de sentiers. Il a 3 000 panneaux de
signalisation, tu sais. Tu peux envoyer un aveugle, il ne se perdra pas. Puis il a accès à tous les attraits
touristiques dans ce secteur-là. La clé de l'été, c'est la qualité de surface
de roulement puis la signalisation. C'est les éléments majeurs.
M. Charette : On a bien compris
les préoccupations que vous aviez par rapport aux réponses d'un ministère ou d'un autre, également par rapport à
l'échéancier du projet de loi lui-même. Par rapport au projet de loi, votre
principale revendication ou préoccupation, c'est sa durée, c'est-à-dire sa fin
en 2020?
M. Gagnon (Danny) : C'est sa
fin en 2020. On aimerait que ça serait prolongé, parce que, oui, il y a eu énormément de travail de fait sur les sentiers
durables. Nous, on a continué à travailler sur les sentiers durables.
Mais, depuis 2013, c'est la dernière réunion
qu'on a eue avec nos copains du gouvernement pour poursuivre le travail des
projets des sentiers durables. On n'a pas eu de continu là-dessus au
niveau gouvernemental avec le MTMDET depuis 2013.
M. Charette : Et, vous, ce
serait idéalement un échéancier de...
M. Gagnon
(Danny) : Bien, on voudrait au moins que la table provinciale continue
à travailler parce que ça contribue aussi à
supporter le travail de Mme la ministre afin d'attacher tous les bouts avec les
autres ministères puis de faire un
portrait d'où est-ce qu'on est rendus actuellement avec le réseau des sentiers
durables. Parce que je pense que les deux fédérations, depuis ce
temps-là, on n'a pas arrêté, nous, de travailler sur les sentiers durables,
puis à pérenniser, puis à structurer.
M. Charette :
D'accord. C'est bien gentil. Merci pour votre présence.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. le député. Alors,
M. Gagnon, M. Decoste, merci beaucoup pour votre présence ici,
à l'Assemblée nationale, et vos échanges.
Alors, je vais
suspendre les travaux jusqu'après les affaires courantes cet après-midi. Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 12)
Président (M. Iracà) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, nous allons reprendre nos consultations que nous avions débutées ce matin. Je demande à toutes les
personnes d'éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de poursuivre les auditions publiques dans le
cadre des consultations particulières sur le projet de loi n° 147, Loi
concernant l'interdiction d'intenter certains recours liés à l'utilisation des
véhicules hors route dans les sentiers faisant
partie du réseau interrégional.
Alors,
cet après-midi, nous entendrons deux groupes : le Centre québécois du droit de l'environnement et le Club de motoneiges Diable et rouge.
souhaite la bienvenue aux représentants du Centre
québécois du droit de l'environnement.
Je vous demande de bien vouloir vous présenter. Je vous rappelle que
vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Par la suite, nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Sans plus tarder, monsieur, la parole est à
vous.
M. Bélanger
(Michel) : Bonjour. Bonjour, M. le Président. Bonjour, MM. et Mme les
députés. Mon nom est Michel Bélanger. Je représente le Centre québécois du
droit de l'environnement aujourd'hui dans le cadre de ma présentation sur le
projet de loi n° 147.
Alors,
je n'ai pas rédigé, en deux semaines, un mémoire de 35 pages. Je me suis
inspiré de votre approche, alors je n'ai
fait que changer la date du mémoire qu'on a déposé en 2010 — alors, c'est dans le même esprit que le
projet de loi d'aujourd'hui — parce qu'effectivement on est à peu près à
la même place qu'on était en 2010, selon nous. Et on avait, en
commission parlementaire, la dernière fois, lancé en boutade qu'on allait — parce
qu'on parle d'un projet de loi, d'une mesure
qui est temporaire depuis 2004 — se revoir probablement en 2017 parce que peu
de choses auraient changé. Eh bien, effectivement, je dois constater que
c'est à peu près la même chose, et je m'explique. Ce n'est pas pour être
condescendant que je dis ça, du tout. C'est que je voudrais qu'on se rappelle
un peu la raison d'être de la mesure en 2004, et surtout du caractère
temporaire que devait avoir cette mesure-là, et qui, finalement, est réitérée
et réitérée.
Pourquoi
une mesure temporaire en 2004? Quel avait été l'ensemble... bien, d'une
partie
des représentations? On se souviendra
une poursuite, ça suivait une poursuite en recours collectif dans le cas du
dossier de P'tit-Train-du-Nord, et c'est
une poursuite qui n'avait pas échoué, mais, au contraire, qui avait donné gain
de cause aux citoyens. Et il faut bien comprendre
que, quand vous adoptez simplement un changement de date aujourd'hui, ce que
vous venez modifier, c'est l'application intégrale d'une mesure qui
existe dans le Code civil qui s'appelle l'article 976, et c'est une mesure qui
contrôle l'anormalité — anormalité — d'un
inconvénient imposé à un voisin.
Donc,
c'est une lourde responsabilité quand le législateur se permet d'amender à
l'égard d'un secteur économique en particulier. Les motifs le justifiant
doivent être extrêmement importants. Parce qu'il faut savoir, 976, qui est une disposition qui a été reconnue applicable par la
Cour suprême au Québec à toutes les entreprises, ça vise effectivement toutes les nuisances qui peuvent être générées par
toutes sortes d'activités polluantes. Ça a été appliqué dans le cas de
piscicultures, de trains, d'avions, de cimenteries, de mines. Malartic, c'est
une des dispositions pour lesquelles...
Alors,
si on cherche une justification et si le législateur doit se permettre de
légiférer pour écarter l'application de cette disposition-là pour les motoneiges, bien, vous devriez le faire
pour toute entreprise polluante parce qu'à ce compte-là ce sont des
entreprises qui rapportent pas mal plus de taxes que les motoneiges.
C'est
parce que... et je dis ça toujours sans être condescendant, parce que c'est les
motifs pour lesquels le rapport qui a
été... à l'appui de la reconduction de la mesure, c'est essentiellement les
motifs qui sont invoqués ici : c'est payant, ça rapporte, c'est
important pour le tourisme, et je n'en doute pas, mais la mesure dont on écarte
l'application, c'est une mesure qui s'applique à l'égard de toute autre
entreprise au Québec, et de loin beaucoup plus rentable.
Puis je finirais sur
un exemple des entreprises de hors-bord, qui rapportent beaucoup de taxes à
l'État, mais des entreprises dans lesquelles
souvent le gouvernement lui-même investit des centaines de millions, pour ne
pas nommer des cimenteries comme McInnis. L'affaire Ciment Saint-Laurent,
qui est allée en Cour suprême, qui a consacré l'application
de cette disposition-là, était une cimenterie à l'époque, en 2004. Alors, pour
des raisons qui appartiennent... qui,
bon, qui sont légitimes et pour lesquelles je pense que c'est important qu'on
revienne, le législateur, en 2004, a décidé d'adopter temporairement une
mesure écartant cette disposition-là.
Alors,
un, je vous ai expliqué quelle était l'importance
de la disposition qui a été écartée, mais j'aimerais qu'on revienne sur le pourquoi on avait mis une immunité
temporaire en 2004. Et je veux le rappeler parce qu'à nulle part on ne
retrouve, dans le rapport, ce qui m'aurait apparu, moi, comme étant la vraie
justification pour remettre l'immunité. C'est :
Pourquoi on a été incapables, depuis 2004, de prévoir des voies alternatives
pour éviter ces inconvénients-là? Parce que, pour ceux qui étaient là — moi, j'y étais — pour ceux qui étaient là en 2004, c'était
vraiment... L'objet de l'immunité, c'est :
Bon, d'accord, la cour vient de nous rappeler la limite de l'intolérable par
rapport à cette activité-là en particulier. On ne veut pas fermer ce secteur industriel. Il y avait une justification,
c'était légitime. Le législateur, très prudent, avait dit : Par
contre, on n'écartera pas un droit fondamental comme celui-là, applicable à
tous les autres contribuables. Donc, il y a
une question d'équité par rapport aux autres entreprises polluantes au Québec
aussi, je le souligne. Donc, ce n'est pas anodin quand on écarte 976. Et
on l'avait fait temporairement pour nous permettre de... permettre,
particulièrement aux fédérations de motoneiges, d'arriver à négocier des
parcours alternatifs.
Or, on est ici en 2017, et on le reconduit
jusqu'en 2020, et je n'ai vu aucune mention de cette préoccupation. Même là, même, c'est même plus inquiétant que
ça : la façon que c'est présenté, je pense que vous devriez même
enlever la date 2020 parce qu'on revient consacrer ici probablement l'immunité
qui va durer de façon perpétuelle parce que les motifs qui sont invoqués ici
vont être les mêmes en 2020 pour reconduire l'immunité de façon perpétuelle.
D'ailleurs, à preuve, j'ouvre une petite
parenthèse, on ne fait pas... vous n'amendez pas, par le projet de loi,
l'article 87.2, qui dit que, dans trois, quatre ans, cinq ans, on va refaire un
rapport sur la pertinence de poursuivre l'immunité,
comme on l'avait fait pour celle-ci, qui a conduit au rapport de 2015. Donc,
autrement dit, les solutions ou les alternatives et ce qui est proposé
ici, bon, vont perdurer.
Par contre,
il y a quand même des choses qui ont été faites. Il faut les regarder, mais se questionner
en quoi ça n'a pas été suffisant pour
justifier, aujourd'hui, le législateur de remettre ça encore jusqu'en 2020. Il
y a des choses qui ont été faites. Il
y a, par exemple... bon, je l'ai mentionné, bon, d'abord, on a adopté, la
dernière fois, en disant : Bien là, il ne faudrait quand même pas qu'on adopte ça les yeux fermés. Il va falloir
qu'il y ait un rapport qui nous explique pourquoi, en 2017, il faudrait recommencer ou, en tout cas,
quel est l'état de situation en 2017. C'est le rapport qui a été mis
ici.
On a ajouté la médiation et l'arbitrage. Oui,
c'est effectivement un mécanisme alternatif, on parle de... C'est comme ça en droit : les mécanismes de
médiation et d'arbitrage, c'est des mécanismes alternatifs d'accès à la
justice, mais encore faut-il qu'il y
ait des droits en dessous des mécanismes. Donc, de dire : On a solutionné,
on a retiré des droits à des gens
puis on les a remplacés par un mécanisme... mais, si on ne remet pas les droits
à des gens, ça ne donne pas grand-chose de changer simplement par un
mécanisme la négation de certains droits à certains citoyens.
Troisième
élément. On retrouve, dans le rapport, et ça a été adopté déjà... on a prévu
des distances séparatives entre les véhicules hors route et les
habitations résidentielles, c'est l'article 8 de la
Loi sur les véhicules hors
route. Je vous rappelle cet article-là, qui
est quand même très fondamental maintenant, la distance est de 100 mètres pour
tout nouveau sentier et de 30 mètres pour les anciens sentiers. 100
mètres pour les nouveaux sentiers, c'est la norme que la juge avait retenue
dans P'tit-Train-du-Nord.
Donc, quand
on parle de l'abus et quand on parle que le législateur se doit d'intervenir
parce qu'on veut corriger une
situation, si on laissait aller le Code civil dans sa disposition, ça créerait
une injustice flagrante, ça briserait un secteur économique. Je mets des gros bémols parce que la loi est venue
appliquer, à l'égard des nouveaux sentiers, la distance de 100 mètres. Pourquoi? Parce que c'est probablement
la distance raisonnable que les motoneiges doivent passer d'habitation. La raison pour laquelle on a toléré
30 mètres pour les anciens, c'est qu'on s'est probablement dit qu'on est
sur une mesure temporaire qui va permettre
éventuellement de contourner tous les anciens sentiers. Donc, on l'étire, le
temporaire. On permet à des sentiers
qui causent des inconvénients en deçà de 100 mètres... Parce que c'est une
reconnaissance. Si le législateur dit que les nouveaux sentiers doivent
avoir 100 mètres, c'est qu'à quelque
part vous avez reconnu qu'en deçà de 100
mètres, c'est inacceptable.
Donc, on perpétue une mesure ici qui est
reconnue comme étant nuisible en bas... et pour permettre des sentiers, des
sentiers dinosaures qui passent encore à 30 mètres des maisons, j'imagine — et
c'était l'objectif de la mesure
temporaire — pour
amener progressivement les fédérations à trouver des chemins alternatifs — ce n'est pas du tout abordé, je n'ai pas vu ça nulle part qu'on avait
échoué — et la
raison pour laquelle on est encore là en 2017 sans l'avoir fait.
Moi, j'avais
esquissé une raison à l'époque qui faisait en sorte qu'on allait se revoir et
que l'objet premier de la mesure temporaire ne serait pas remédié, c'est
justement parce que vous enlevez le droit de poursuite. À partir du moment où
les motoneigistes n'ont pas de raison, il n'y a pas de motivation, il n'y a pas
de raison pour laquelle on se forcerait à trouver un chemin alternatif parce
que, de toute façon, personne ne peut nous poursuivre dans le futur, c'est
clair que vous venez de consacrer le fait qu'il n'y a pas d'urgence à changer
la situation.
Alors, on a
également réduit la vitesse à 70 kilomètres à 100 mètres des maisons et
30 kilomètres-heure à 30 kilomètres, et, dans le rapport d'étape,
on mentionne que ces mesures, que je viens juste de mentionner, ont pour
objectif d'assurer la cohabitation harmonieuse et sécuritaire entre les usagers
et les riverains.
Le Président (M. Iracà) : 30
secondes, M. Bélanger.
Bélanger (Michel) : Alors,
si effectivement la mesure avait cet objectif-là, pourquoi maintenir une
immunité de poursuite? Ça veut donc dire qu'il n'y a probablement plus de
nuisance.
Donc, je
termine en soulignant qu'on vous demande d'adopter une mesure dont la justification
n'a pas été faite.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup, M. Bélanger. Nous allons
procéder à un bloc d'échange avec la
partie gouvernementale pour un
temps approximatif de 16 minutes. Mme la ministre, la parole est à vous.
Tremblay : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, Me Bélanger, merci
beaucoup pour votre exposé. Effectivement, on voit beaucoup de similitudes avec
l'autre rapport que vous aviez déposé il y a quelques années.
Vous
parliez, tout à l'heure, d'immunité : il faut bien préciser que c'est
uniquement sur les sentiers interrégionaux; les sentiers locaux, ce
n'est pas le cas, ça ne s'applique pas, l'immunité.
Lorsque vous dites
que peu de choses ont changé, il y a quand même beaucoup de choses qui ont
changé depuis 17 ans, dans le fond, depuis
l'application de la première immunité, qui remonte à 2001. De un, la fédération
des clubs de motoneiges du Québec a pris la
parole ce matin, et on nous disait à quel point on s'était améliorés, que
l'industrie avait beaucoup évolué. On mentionnait l'Université McGill,
qui avait réalisé une étude et qui démontrait clairement que la motoneige de 2015 était nettement plus silencieuse
et écoénergétique, avec moins d'émissions de gaz, moins d'odeurs. On disait que plus de la moitié des motoneiges qui
circulent dans nos sentiers ont été fabriquées depuis moins de sept ans.
Donc, l'industrie notamment de la motoneige s'est ajustée, évolue.
fédération des motoneigistes, elle est au courant que cette immunité-là, elle
n'est pas là pour tout le temps, elle a
une durée limitée dans le temps. Et, d'ailleurs, ce qui est proposé, c'est
jusqu'à 2020. Alors, pourquoi 2020? Parce qu'à partir de 2020 il y a de nouvelles normes qui vont être en vigueur, et
l'industrie, les fédérations, les motoneigistes, les clubs travaillent très fort en ce moment pour
s'améliorer pour justement répondre aux nouvelles normes à compter de
2020. Et on travaille également sur la pérennité des sentiers, on travaille
très fort là-dessus. Donc, oui, il y a du chemin qui se fait en ce moment.
Alors, j'avoue que
vous me surprenez un petit peu quand vous dites : Bien, de toute façon,
eux, ils n'ont pas l'intention de... il n'y
a rien qui les pousse à agir puis à améliorer leurs résultats ou... Mais ce
n'est pas tout à fait le cas, là. Je ne sais pas si vous les avez
entendus également ce matin ou si vous aviez pris connaissance de tout le
chemin qui a été fait par l'industrie.
M. Bélanger (Michel) : Bien, j'ai deux éléments de réponse. Si ça ne
s'applique qu'à... pas aux sentiers locaux, aux sentiers interrégionaux — je pense que c'est ça, l'expression — la première question, c'est : À combien
d'endroits les sentiers interrégionaux n'ont pas été capables de
contourner des habitations à moins de 100 mètres? Ce serait une question qu'on devrait se poser parce qu'on se...
À ce moment-là, il faudrait répondre : Cette immunité de poursuite
là vise à protéger quel risque, en fait, de poursuite réelle?
J'en
suis avec vous quand vous me dites : Il y a du chemin qui a été fait. J'ai
terminé, d'ailleurs, en parlant de toutes les mesures. Et c'est là que je comprends... Si c'est vrai que ces
mesures-là ont été prises — et on parle d'un inconvénient qui est anormal — les
tribunaux... 976, ce n'est pas un article, là, qui est... Là, je vous avouerais
que la
Loi sur la qualité de l'environnement
est beaucoup plus sensible dans son application que va l'être 976 parce qu'on
ne parle pas d'un... C'est un droit
de polluer, 976. C'est écrit comme ça : Tu dois accepter les inconvénients
normaux de voisinage. Ça veut dire que tu dois, toi, chez toi, dans ta
quiétude, accepter de te faire polluer, dans la mesure où ça reste dans la
normalité des choses. Donc, c'est vraiment une consécration du droit de
polluer. Et ce que je disais tout à l'heure, c'est que, si effectivement toutes
ces mesures-là ont été prises, donc, il n'y a pas de raison d'être de maintenir
cette immunité.
Alors,
de deux choses l'une : ou il reste encore des endroits où l'inconvénient
est encore anormal, où les efforts sont insuffisants pour assurer la
quiétude des gens...
Parce
qu'on parle, ici, d'un équilibre d'usagers. Et, moi, ce que je veux savoir, ce
que j'aurais aimé lire dans le seul document qui justifie la mesure
aujourd'hui : Pourquoi on la maintient encore et à l'égard de combien de propriétaires, de quels risques? Et, quand vous me
dites : En 2020, on s'en vient avec des mesures, moi, j'aimerais
aussi, à ce moment-là, qu'on me réponde — c'est
pour qu'on s'en va en 2020 : En 2020, est-ce que les raisons pour
lesquelles on la maintient en 2017 vont être
écartées totalement pour enfin lever l'immunité? Si la réponse, c'est non, on
va devoir la garder, il y a une
question de principe fondamentale. Et, à ce moment-là, enlevez-le. C'est
beaucoup plus simple, vous êtes les législateurs,
d'enlever 976 du Code civil parce qu'il n'y a pas une entreprise polluante qui
devrait payer plus cher pour les retombées économiques, les emplois
qu'elle crée que l'industrie des motoneiges. L'idée, c'est