Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 8 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2025-05-08
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-six minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Agriculture, Pêcheries et
Alimentation pour l'exercice financier 2025-2026. Une enveloppe de trois heures
a été allouée pour l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacé par Mme Bogemans
(Iberville) et M. Bouazzi (Maurice-Richard), par Mme Zaga Mendez
(Verdun).
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Nous allons donc procéder à une discussion d'ordre général par blocs,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers
15 h 15.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première période d'échange, première intervention de l'opposition officielle,
pour un premier bloc. M. le député de Pontiac, la parole est à vous pour à peu
près 23 minutes.
Fortin : Merci, M. le Président, bonjour à vous. Bonjour,
M. le ministre, à vos équipes également, aux gens du ministère qui sont avec
nous aujourd'hui. Je salue les collègues. On avait hâte d'y arriver, c'est la
dernière journée des crédits, on avait hâte d'arriver aux crédits de
l'agriculture. Puis je pense qu'il y a beaucoup de monde qui vont suivre nos
travaux aujourd'hui qui avaient hâte qu'on discute de tout ça également.
Je vais
commencer, disons, par là où les producteurs ont mis la table dans les
dernières années, là, c'est-à-dire, M.
le ministre, vous vous souvenez des grandes manifestations d'agriculteurs
partout, partout au Québec, parce qu'ils dénonçaient un peu les conditions dans
lesquelles ils travaillent, les difficultés qu'ils ont. Mais il y a des slogans
qui me restent encore en tête aujourd'hui, là, de ces manifestations.
Souvenez-vous... souvenez-vous de la pancarte qui disait : «Jeune, on en
rêve, plus vieux, on en crève.» Je pense que ça dénotait quand même un
sentiment d'abandon de nos agriculteurs de la part... de la part du
gouvernement et une demande très claire, là, que le gouvernement en fasse plus
pour leur donner un petit coup de main, pour des gens qui travaillent dans un
secteur qui est crucial. Suite à ces
manifestations-là, le gouvernement et le premier ministre... le ministre
de l'Agriculture ont dévoilé un plan, un plan de 200... plus de 200 millions en soutien aux agriculteurs. Et
j'aimerais ça qu'on regarde certaines des mesures qui étaient incluses
dans ce plan-là puis qu'on essaie de comprendre ensemble, là, où on en est
rendus.
Dans le... dans le plan qui avait été... qui
avait été déposé, il y avait 22 millions qui devaient être alloués à
Agri-relance, hein? On en a parlé ensemble longuement, vous et moi, là,
d'Agri-relance. On l'a attendu longtemps, le dénouement de cette négociation-là
avec le gouvernement fédéral. Et ça, c'est des sommes qui devaient être versées
au secteur horticole. J'aimerais
savoir : Du 22,2 millions de dollars qui devaient être
alloués, combien ont été dépensés?
M. Lamontagne : Bien, je veux d'abord saluer mon collègue député
de Pontiac, ma collègue députée de Verdun, mes collègues députés de Gaspé, Côte-du-Sud, Saint... non, Iberville et
puis Dubuc, ma région natale. Alors, merci d'être là. Aussi, toute
l'équipe gouvernementale qui est ici, le sous-ministre Verret, ma directrice de
cabinet, Vickie Fortin. Je ne ferai pas la
nomenclature de toutes nos étoiles du ministère qui sont ici aujourd'hui, mais
ils seront d'un bon soutien, là, pour les trois heures qu'on a à passer
ensemble.
Écoutez, sur
le 22 millions, M. le député, c'est un petit peu plus que
10 millions, là, qui ont été... qui ont été utilisés.
M. Fortin :
Oui? Pourquoi?
M. Lamontagne : Bien, en réalité...
M. Fortin : Pourquoi il reste un 12 point quelques millions d'inutilisé à
ce moment-ci? Parce que, vous le savez comme
moi, là, à ce moment-là, l'UPA estimait les pertes subies par le secteur
horticole après l'été de 2023, là, à 150 millions.
M. Lamontagne : Oui. Bien, d'abord, vous vous souvenez, M. le
député, que, de façon générale, là, les déboursés de La Financière
agricole, qui, pour les cinq années précédentes, se chiffraient, en moyenne,
annuellement, là, aux alentours de 500 millions de dollars, là,
bien, pour l'année 2023, le total, là, c'est à peu près
1 050 000 000 $ qui ont été versés dans les différentes productions. Ça fait qu'on voit l'ampleur, si on veut, là, du soutien qui a été apporté. Plus spécifiquement,
pour le secteur maraîcher, on regarde l'Agri-stabilité. Encore là, les cinq
années qui précédaient l'année 2023, c'est
41 millions de dollars qui avaient été versés par année. Et
puis...
M. Fortin :
Oui, mais je ne vous parle pas... on ne parle pas d'Agri-stabilité, là, on
parle du programme Agri-relance...
M. Lamontagne : Oui, bien...
M. Fortin :
...que vous avez annoncé avec une enveloppe de 22,6 millions de dollars...
22,2.
M. Lamontagne : Oui, bien, d'abord
c'est parce que je veux contextualiser, cher collègue, parce que vous le savez
qu'Agri-relance c'est un programme, c'est une intervention qui est déclenchée
par le gouvernement fédéral dans le cas de dépenses exceptionnelles, O.K.
Alors, avant de parler des dépenses exceptionnelles, je veux juste nous ramener
quand même au soutien qu'il y a eu par rapport à Agri-stabilité, qui est passé
de 41 millions à 90 millions. Puis
quand on a... on a travaillé avec le gouvernement fédéral, mais aussi avec l'UPA, pour convenir des
critères, puis convenir du nombre de fermes approximatif, là, qui
auraient subi des pertes exceptionnelles, bien, naturellement, bien, écoutez, l'UPA avait des sondages, avait des
informations à nous partager, puis on a construit un peu nos modèles autour des informations qui nous avaient été
données, M. le député. Puis, naturellement, quand c'est le temps de débourser,
bien, c'est sur la base des états financiers.
Alors, quand les résultats finaux ont été
compilés, si on veut, par toutes les entreprises agricoles... on a eu... mettons, on va prendre à peu près
1 100 entreprises, là, qui ont déposé leurs états financiers à La
Financière agricole, bien, le
portrait qui est ressorti, c'est qu'il y a 65 % des entreprises agricoles
maraîchères qui ont eu des marges supérieures en 2023 que les années
précédentes. Il y a 20 % des entreprises qui ont eu des marges à peu près
neutres par rapport à l'année précédente,
puis on a 15 % des entreprises qui ont subi des coûts entre 30 % et
70 % ou 75 %, si on veut, là, de difficultés.
Alors, en tenant compte de tout ça, bien, ce que
l'intervention fait, c'est chercher à évaluer effectivement, dans ce cadre-là, quelles ont été les dépenses
exceptionnelles puis quelles sont les entreprises qui ont été les plus
frappées, si on veut. Alors, il y a
189 entreprises qui, finalement, bien, je veux dire, ont pu justifier
d'avoir ce soutien-là additionnel. Ça
fait que c'est quand même une bonne nouvelle, cher collègue, ça veut dire que,
dans le fond, on a moins d'entreprises qui ont été frappées d'une façon
aussi importante qui avait été prévue, là.
Fortin : Aïe! Sérieux, là, vous avez fait
52 000 détours pour nous dire, à la fin de la journée, là, et en
disant... Et là moi, j'interprète ce que vous m'avez dit, là. Vous allez
dire que je ne le fais pas comme il faut, là, mais c'est correct, là, qu'on s'est basé sur de l'information
qui nous venait de l'UPA, qui n'était pas tout à fait la réalité. Honnêtement,
M. le ministre, là, moi, j'ai une question pour vous, là. Dans le programme
Agri-relance, combien d'entreprises ont appliqué sur le programme et combien
ont reçu de l'argent, juste Agri-relance, en lien avec 2023?
M. Lamontagne : Reçu de l'argent,
c'est 189. Appliqué...
Une voix : C'est 450, aux alentours
M. Fortin : 450 ont appliqué, 189 ont reçu de l'argent?
M. Lamontagne : C'est ça.
M. Fortin : Moins de la moitié.
M. Lamontagne : Oui. Oui.
Fortin : O.K. Qu'est-ce qui se passe avec tous les autres,
là, tous ceux qui ont été refusés, là, ou qui ont été jugés
inadmissibles, là?
Lamontagne : Bien, c'est parce que ce que je viens de vous
expliquer, M. le député, c'est qu'on a... on a... à la lumière de tous les états financiers qui ont
été présentés, il y a 65 % des entreprises maraîchères, horticoles qui ont
eu une augmentation de marge en 2023, là...
M. Fortin : Oui, O.K., donc vous me dites que...
M. Lamontagne : ...65 %. Il y a
20 %...
M. Fortin : Puis ils sont dans tous ceux qui ont été refusés?
Lamontagne : Bien, c'est-à-dire, il est possible que des gens
aient fait des demandes puis que, finalement, bien, à la lecture des
états financiers, bien, malheureusement, les dommages ou les pertes anticipées
n'étaient pas à la hauteur de ce qui avait été estimé par les gens, là.
Fortin : O.K., donc vous me dites aujourd'hui, là, que,
dans ceux qui ont été refusés, là, ils ont été refusés parce qu'ils ont
fait des marges supérieures à d'habitude.
Président (M. Montigny) : Pendant cet instant, chers collègues, je veux
juste prendre la parole un moment. Simplement vous dire, n'oubliez pas
que, pendant les crédits, même si vous vous interpelez directement, il existe
la présidence. Alors, je vous dis ça,
c'est... même chose aussi, si jamais une personne de la fonction publique veut
prendre la parole, ça prend le
consentement. Ça fait que vous étiez tous prêts tout à l'heure, ça fait que je
veux juste vous aviser, ça, il n'y a pas de problème. Merci, vous pouvez
continuer.
M. Fortin : Merci, M. le Président.
Lamontagne : Alors, la question que vous me demandez, c'est,
parmi toutes ces entreprises-là, là... Juste me répéter votre question,
M. le député.
Fortin : Oui. Dans celles qui ont... dans celles qui n'ont
pas été acceptées, là, je comprends votre explication, c'est qu'il y a beaucoup d'entreprises que leurs
marges étaient soit normales ou étaient supérieures même à ce qu'ils faisaient
les années d'avant. Donc, ce que vous êtes
en train de me dire, c'est : Les entreprises qui ont été refusées, là,
c'est parce qu'elles n'avaient pas besoin d'aide.
M. Lamontagne : Bien, en réalité,
Agri-relance, ce n'est pas un programme, c'est une intervention qui vise à venir absorber des dépenses exceptionnelles qui
auraient engendré des baisses de marge exceptionnelles. Puis dans tous ceux qui ont demandé, il y a 70 % des gens
qui ont fait des demandes, des entreprises, que leurs dépenses étaient
inférieures à l'année précédente.
Fortin : Oui, mais vous le savez pourquoi leurs dépenses
étaient inférieures, parce qu'ils ont arrêté en cours de saison. En plein milieu de la saison, là, ils
se sont dit : Bien, ma récolte est scrap, j'arrête là, je ne fais plus de
dépenses. Mais ils n'ont pas de revenu qui vient avec. Qu'est-ce qu'on
fait pour ces gens-là?
Lamontagne : Bien, M. le député, 65 % des entreprises ont
déclaré une augmentation de leur marge bénéficiaire à la fin de l'année,
leur marge d'opération, leur marge bénéficiaire à la fin de l'année. Il y a
20 % des entreprises qui ont déclaré
des marges équivalentes. C'est-à-dire que ça a été une année très, très
difficile, mais, au point de vue de mes marges, c'est équivalent à ce
que j'avais l'an passé, un petit peu plus, un petit peu moins.
M. Fortin : Mais donc vous me dites qu'ils n'en avaient pas besoin.
Lamontagne : Bien, ce que je vous dis, c'est qu'il peut y avoir
des entreprises qui ont demandé d'avoir accès à l'intervention d'Agri-relance puis qu'après étude des états financiers
puis des résultats financiers, malheureusement, il n'y avait pas... il
n'y avait pas de possibilité d'avoir des déboursés pour eux.
Fortin : Il y a... Moi, j'ai vraiment de la misère avec ce
que le ministre est en train de nous dire, M. le Président, je passe par
vous, là, puis, honnêtement, ça me calme de vous regarder en ce moment.
Le Président (M. Montigny) : Fait
plaisir.
Fortin : Parce que le
ministre de l'Agriculture, il est en train de dire qu'il y a 200 quelques
entreprises qui ont appliqué sur le programme d'Agri-relance, qui ont
été refusées, qui ont été jugées inadmissibles, et que ces gens-là, leur marge
était normale ou supérieure à la moyenne, donc ils n'avaient pas vraiment
besoin d'aide.
M. Lamontagne : Bien, ce que je vous
dis, M. le député, puis ça se trouvait dans mon préambule, c'est que les
programmes de soutien, exemple, pour le secteur maraîcher, entre autres,
Agri-stabilité a déversé des montants, a donné... a répondu d'une façon qui
n'est jamais arrivée à peu près, là. C'est plus que le double qui a été accordé
aux entreprises. Ça fait que, dans un contexte où il y a plus que le double de
dollars qui s'était payé dans les cinq années précédentes, dans les
10 années précédentes, bien, écoutez, il y a un certain nombre
d'entreprises qu'avec 2023, effectivement, ça a été très difficile.
Puis, selon des critères qui étaient avec
Agri-relance, bien, il y a 189 entreprises qui ont, effectivement, avec leurs états financiers... ont pu démontrer que,
malgré tout le soutien qu'ils avaient reçu d'Agri-stabilité, bien, encore là,
ils étaient capables de démontrer qu'ils avaient des dépenses
additionnelles et des difficultés au niveau des marges.
Fortin : Moi, les agriculteurs, là, quand ça va bien, là,
quand leurs marges sont correctes ou sont normales, là, je n'en connais
pas beaucoup qui appliquent pour des programmes d'aide d'urgence. Puis, quand
tout va bien puis les
marges sont correctes, je n'en connais pas beaucoup qui vont manifester.
D'habitude, c'est parce que ça ne va pas, hein, d'habitude, c'est parce que c'est compliqué, parce qu'ils passent
d'une situation financière qui était peut-être plus confortable à une
qui est très très, très inconfortable.
Agri-relance, là, est-ce que vous considérez que la franchise était appropriée
dans le contexte où il y a plus de la moitié des demandes qui ont été
refusées?
M. Lamontagne : Juste un instant.
M. Lamontagne : Ce qui est
important, c'est quand il y a un paiement de la part d'une intervention ou d'un
programme, c'est de s'assurer qu'il n'y a
pas un double paiement. C'est-à-dire que, mettons, Agri-stabilité aurait versé
un montant en fonction d'une réalité d'un
entrepreneur, puis qu'on prenait cette même réalité-là, puis on venait
l'analyser dans le cadre d'Agri-relance, par exemple, puis de venir
compenser à nouveau. Alors, si vous parlez de la franchise, entre guillemets, bien, l'objectif, c'est de faire
en sorte qu'il n'y a pas un paiement qui est fait deux fois pour la même
dépense.
Fortin : Oui. Là, je vous parle des paramètres, là, de
l'initiative, là. Puis je vais faire référence à une lettre qui a été envoyée à l'UPA, entre autres, mais
aussi aux producteurs maraîchers, aux producteurs de fraises et framboises,
le 22 avril, par votre sous-ministre. Je vais vous lire un passage :
«Finalement, notons que l'ensemble des paramètres de l'initiative respectent les exigences du cadre Agri-relance.
L'entente de contribution indique clairement que les sommes allouées ne doivent
servir qu'au remboursement des coûts admissibles, comme il a été stipulé à
l'initiative. Dans ce contexte, le ministère ne peut envisager de
bonifier l'aide financière par la diminution de la franchise appliquée ou
d'apporter toute autre modification à l'initiative ou à l'entente.»
Là, vous
préférez répondre aux producteurs : Désolé, c'est ça, le cadre, plutôt que
de dire : Aïe! On va le regarder parce
qu'on le sait qu'il y a des besoins de la part des producteurs. On va aller
voir si on est capable de s'entendre soit avec le fédéral, si on est
capable de faire des modifications à l'entente, parce qu'il y a des producteurs
qui en ont besoin.
M. Lamontagne : Bien, M. le député,
je suis désolé, là, mais les paramètres de cette initiative-là... Encore là,
comme j'ai dit, ce n'est pas un programme, là, ça, c'est une initiative, là,
O.K.? Puis les paramètres...
M. Fortin : D'urgence, une initiative d'urgence.
Lamontagne : Oui, puis les paramètres ont été bien définis avec
le gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec puis, après ça, ça a été
bien défini avec les producteurs et les productrices. Et puis le résultat qu'on
a eu, l'objectif de cette démarche-là, c'était vraiment de venir couvrir des
dépenses exceptionnelles qui n'étaient pas couvertes par les autres programmes
de La Financière agricole, qui ont donné des compensations records pour l'année 2023. Puis à la lumière, là, une fois
que tout le monde a fait ses états financiers, là, puis a comptabilisé... Parce
que, vous vous en souvenez, M. le député, jusqu'au mois d'août, là, ça a été
vraiment l'enfer. Mais, si vous avez souvenir un peu, à partir de la troisième semaine d'août, là, jusqu'au mois de
novembre, là, ça a été exceptionnel. Ça fait qu'il y a des gens...
Fortin : Oui, mais le problème, c'est qu'il y a un paquet
de producteurs qui ne se sont pas rendus au mois d'août.
Lamontagne : Oui, mais ce que je vous dis, M. le député, là,
c'est que cette initiative-là a été mise en place avec l'objectif bien avoué,
là, de venir en soutien à tous ceux qui avaient eu des dépenses
exceptionnelles. Il y a des représentations qui avaient été faites sur
la base de sondages de la part des secteurs impliqués. Et puis, quand les états
financiers ont été présentés, ont pu être analysés, bien, je veux dire, la
réalité qui a pu être observée n'était pas tout à fait en adéquation, si on
veut, avec ce qui aurait pu être anticipé.
Fortin : O.K. Une des... une
des choses... Parce que 2023, là, il y avait de l'eau partout, hein, il y avait
de l'eau partout, là, vous l'avez
dit, là, jusqu'au... jusqu'à la fin du mois d'août, là, presque. Donc, une des
dépenses exceptionnelles en lien avec
ça, ça peut être des travaux de drainage pour faire face à ces excès d'eau là.
Est-ce que les dépenses pour les travaux de drainage ont été acceptées
par le ministère?
M. Lamontagne : Je vais demander à
mon sous-ministre de répondre. M. Verret.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous avons besoin du consentement des membres de la commission. Est-ce que nous avons consentement pour écouter
M. Verret? Nous avons donc consentement. Vous avez donc la parole.
Merci.
M. Verret
(Bernard) : M. Lamontagne, M. Fortin, le concept
d'Agri-relance, c'est le concept catastrophe, c'est-à-dire toutes les dépenses
qui ne sont pas normales dans le... dans l'activité normale des cultures. Des
travaux exceptionnels de drainage, de nivelage, de... ils étaient tous
acceptables. Dans le cas d'Agri-relance de 2023, il y a tous des critères, dans Agri-relance, qu'il faut
respecter dans le cadre fédéral-provincial, et ça prend des dépenses exceptionnelles. Mais c'étaient des excès de pluie
comme il n'avait pas été... ça n'avait jamais été observé, ça fait que les...
Puis les dépenses exceptionnelles étaient
petites, mais il y en avait toutes sortes, de petites. C'étaient toutes...
c'étaient toutes des petites
dépenses, ça fait qu'on est... on s'est entendu avec le fédéral de considérer
l'augmentation des dépenses par
rapport à une année normale. Puis, pour simplifier la façon de faire, au lieu
de demander des factures de drainage, parce que, souvent, ça va être des
factures qui n'existent pas, parce que c'est la famille qui va l'avoir fait, on
a... on s'est entendu avec le fédéral
d'avoir une méthode de calcul exceptionnelle, puis on a remercié le fédéral
d'avoir accepté ça, de comparer les dépenses de l'année 2022 avec
les dépenses de l'année 2023. Puis ceux qui ont eu des dépenses exceptionnelles sont enregistrés dans l'année 2023, et
puis c'est cette différence-là qui a été... qui a été prise en compte.
comme M. Lamontagne a expliqué, les... c'est une suite de programmes.
L'urgence, parce que, dans la situation d'urgence de l'été, il fallait
intervenir avec le... on a mis en place le PICD, un programme de développement
pour les liquidités. On a... je pourrais voir, mais on a une quarantaine de
producteurs en difficulté qui se sont présentés là.
On a aussi des
avances dans Agri-stabilité pour des liquidités. On a eu 15 producteurs,
15, 17 producteurs qui se sont présentés là. Par la suite, ça allait
toujours mal, ça fait qu'on s'est dit : Qu'est-ce qu'on peut faire? Ça
fait qu'on a, avec le fédéral, mis une initiative Agri-relance. Mais
l'initiative Agri-relance, ça ne peut pas compenser les mêmes dépenses que
celles d'Agri-stabilité ou d'Agri-investissement. C'est la...
Agri-investissement, c'est un autre programme qui s'appelle l'autogestion des
risques, qu'on verse de l'argent année après année. Ça fait que, quand le...
quand le fédéral et le provincial regardent une catastrophe, on dit : Oui,
il y a eu des catastrophes, on va accepter plus de dépenses, mais il faut
déduire des dépenses les dépenses déjà compensées. On a fait un modèle qu'on a
présenté au fédéral, puis il fallait que ce soit simple, parce que les
producteurs n'étaient pas positifs pour envoyer facture par facture. On a fait un modèle sur les dépenses
observées dans les rapports d'impôt. Et puis, dans les modèles, il fallait
mettre une franchise qui correspondait aux paiements déjà... déjà faits,
et puis ça a donné le résultat. La grande variance, ce n'est pas sur la
franchise...
Le Président (M.
Montigny) : Très...
M. Verret
(Bernard) : La grande variance entre le 10 millions...
Le Président (M. Montigny) :
Je suis désolé, M. le sous-ministre.
M. Verret
(Bernard) : Oui.
Le Président (M.
Montigny) : Il y a, pendant la période des crédits, deux choses.
D'abord, vous présenter, M. le
sous-ministre, votre
titre et puis votre fonction, mais aussi il y a une
question d'équité de temps entre la réponse et la question. Je suis
vraiment désolé. Je voyais mes collègues, là, qui me faisaient signe,
évidemment. Ça fait que je vous laisse vous présenter avec votre nom et votre
titre puis, par la suite, je vais laisser la parole aux collègues.
M. Verret
(Bernard) : ...
Fortin : Je veux... Non, non, il n'y a pas
de problème. Je veux juste... je veux juste revenir, là...
Le Président (M.
Montigny) : J'ai quand même besoin — je suis désolé, M. le député — ...
Le Président (M. Montigny) : ...d'avoir
la présentation de M. le sous-ministre qui ne s'est pas présenté au début. Je
ne voulais pas le couper. Je suis désolé. Allez-y, M. le sous-ministre.
M. Verret
(Bernard) : Pardon. Bernard Verret, sous-ministre depuis trois
ans et demi maintenant.
Le Président (M.
Montigny) : Sans problème, merci beaucoup. M. le député, je vous
redonne la parole.
M. Fortin : O.K.
Donc là, là, vous me dites, là, des dépenses exceptionnelles, mais les dépenses
exceptionnelles, là, ça peut venir
sur le moment pour essayer de sauver notre saison, hein? Puis ça, il y en a
beaucoup qui ont fait ça, ils ont tout fait, tout ce qui était possible
pour essayer de sauver leur saison. Des fois, ça a marché, des fois, ça n'a pas
marché. Là, il y a des gens qui se sont dit
aussi, là : Ça n'avait... je n'étais juste pas capable, j'ai arrêté. Mais
je l'ai fait plus tard, là, des travaux, par exemple, de drainage, là, je les
ai faits à l'hiver, ou peu importe, là, ou après, là. Puis ça, vous avez
dit : Ça ne compte pas. Mais ça, là, ça demeure des travaux que... s'il
n'y avait pas eu la saison de 2023, là, qu'ils n'auraient probablement pas faits, là. Alors, pourquoi vous avez
refusé ces demandes-là pour le drainage subséquent? Parce qu'il vous
reste 12 millions dans l'enveloppe, là, si je comprends bien.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien. M. Verret.
M. Verret (Bernard) : L'initiative
Agri-relance a été faite pour... On avait un potentiel de 22 millions, on
s'attendait à plus d'entreprises, et puis les dépenses, c'est dans le cadre...
on s'est entendu avec le fédéral que c'est quel type de
dépenses qui seraient comprises, puis c'est des dépenses déclarées dans... dans
l'Agri-stabilité, c'est les dépenses... ou dans les rapports d'impôt, on avait
même ouvert à ceux qui avaient été... pas à Agri-stabilité. Et puis c'est
certain qu'on le sait que c'est un programme avec un modèle, ça fait qu'il y en
a que ça ne fitte pas, le modèle, c'est différent. Mais il y a l'autre,
M. Fortin...
M. Verret
(Bernard) : M. Fortin, il y a aussi un programme qui
s'appelle Agri-investissement et Agri-Québec, qui est l'autogestion des
risques. Ça fait que c'est deux programmes... c'est... Autrement dit, il y a
une attente que les producteurs gèrent aussi une
partie de leurs risques par
leur propre programme d'Agri-Québec...
M. Fortin : Oui. Mais les...
M. Verret (Bernard) : ...qui est
quand même important, qui a payé une vingtaine de millions cette année-là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député.
Fortin : Les producteurs, là, ils... effectivement, ils
sont habitués de gérer une bonne
partie de leurs risques, ça fait
partie
de leur... ça fait
partie de leur quotidien, et ils le savent. Sauf que, quand
le gouvernement fait des annonces, là, va sur la place publique et il
dit : On va être là pour vous, là, on a 200 quelques millions, puis
après ça, dans des parties de ce programme-là, il n'y en a même pas la moitié
qui se rend aux producteurs, c'est là qu'on a un problème.
L'impression que moi, j'ai, ce matin, là, à entendre
M. le ministre, là, à entendre l'orientation qui a été prise, c'est presque de dire aux producteurs qui ont
appliqué sur ce programme-là en toute bonne foi, en sachant eux-mêmes,
là, qu'ils en avaient, des besoins, qu'ils avaient besoin de ces sommes-là
parce qu'ils ont eu des dépenses, ou ils ont eu des immenses pertes, ou ils ont
fait des dépenses par la suite pour ne plus que ça arrive jamais, souvent en
grattant les fonds de tiroirs, c'est
qu'on préfère leur dire : Non, vous n'êtes pas admissibles, il y a
peut-être d'autres programmes, regardez
ailleurs, plutôt que de dire : Aïe! On va travailler avec le fédéral pour
s'arranger que ça marche, ce programme-là, s'arranger que l'argent se rende. Là, vous n'avez même pas la moitié des
entreprises qui ont réussi à avoir l'argent qu'ils pensaient avoir.
Président (M. Montigny) : Très bien. Merci. Il ne reste plus de temps dans
ce bloc d'échange. Ça nous amène maintenant au deuxième bloc d'échange,
pour le deuxième groupe de l'opposition, vous disposez de
10 min 34 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre, M. le sous-ministre, puis les... mes collègues à l'opposition officielle. J'ai juste
deux petites questions de suivi, là, sur Agri-relance. Nous avons les mêmes
préoccupations que le député de Pontiac. Là, je veux bien comprendre qu'est-ce
qui arrive avec l'argent qui n'est pas dépensé.
Parce que vous avez dit que vous avez un potentiel, vous avez utilisé le mot
«potentiel», de 22 millions. Cependant, il y a eu des compensations d'Agri-relance autour de 9 point
quelques millions de dollars, donc il reste encore, là, de l'argent. Est-ce que cet argent-là s'est rendu au MAPAQ ou
est-ce que c'est de l'argent qu'il faut aller chercher au fur et à mesure
au fédéral? Qu'est-ce qui arrive avec cet
argent-là? Est-ce qu'on le perd dans ces contrats qu'on a faits? Parce que
c'est une négociation.
Lamontagne : Bien, un, l'Agri-relance, c'est financé 60 %
fédéral puis 40 % provincial, puis c'est un décret qui stipule que ces montants-là sont appropriés
pour les fins du programme dont on parle aux conditions dont on parle.
Alors, ce n'est pas des sommes que le MAPAQ dispose puis peut utiliser à
n'importe quelle fin, c'est des sommes qui
sont appareillées avec le gouvernement fédéral, il y a une condition
d'appareillage avec le gouvernement fédéral, puis, par décret, qui sont
affectées strictement à l'initiative dont on parle, là.
Mme Zaga Mendez : Donc, c'est-à-dire
que... Le sous-ministre disait : Il n'y a pas eu assez de demandes, mais, de l'autre côté, j'entendais aussi dire que
les informations et l'évaluation qui avait été faite n'étaient pas exactes.
Ceci étant dit, c'est que c'est la question,
encore une fois, de la franchise, là. Si on prend... si on enlève la franchise,
est-ce qu'il y aurait eu plus de demandes qui étaient acceptées?
Lamontagne : Bien, comme le sous-ministre l'expliquait, Mme la
députée, on appelle ça une franchise, mais, en réalité, c'est des
montants qui avaient déjà été payés par d'autres programmes. Alors, l'idée,
c'est qu'en aucun cas le gouvernement ne veut se ramasser à payer deux fois la
même dépense.
Mme Zaga
Mendez : Je comprends. Mais la façon, comment c'est perçu,
puis nous, on a... je pense que le député de Pontiac et moi, on a rencontré les mêmes producteurs, c'est vu comme
une franchise parce qu'il y a un montant qu'on déduit. Quel est ce
montant? Juste pour être...
M. Lamontagne : Bien,
en réalité, c'est le montant qui est équivalent avec les sommes qui ont déjà
été versées par Agri-stabilité, qui ont été couverts par Agri-stabilité.
Zaga Mendez : O.K. Puis il est de combien, ce montant-là? Est-ce que
c'est un montant qui est...
Lamontagne : Bien, ça... bien, ça dépend des producteurs.
Mme Zaga
Mendez : Ça dépend des producteurs. Est-ce qu'il y a un moyen? Est-ce
que...
Lamontagne : Non, ça dépend vraiment des réclamations des producteurs.
Mme Zaga
Mendez : Non, c'est un montant fixe? Non?
Lamontagne : Non. Non, non.
Mme Zaga
Mendez : O.K. C'est vraiment... Ce n'est pas un montant fixe, c'est
par producteur.
Lamontagne : Oui, c'est en fonction des producteurs, c'est ça.
Mme Zaga
Mendez : Puis vous n'avez pas la moyenne de ces montants-là.
Lamontagne : Non. Non. Non.
Mme Zaga
Mendez : Vous ne l'avez pas calculée?
Lamontagne : Non. Non, je n'ai pas cette information-là aujourd'hui,
là. On peut voir si on l'a pour vous envoyer ça plus tard, là, si c'est
disponible, mais, sinon, ce n'est pas une information que j'ai aujourd'hui, là.
Mme Zaga
Mendez : Mais je pense que c'est important pour bien comprendre la
façon que les coûts sont considérés ou pas,
parce qu'il y a des producteurs qui attendaient d'avoir d'autres types de
compensation, puis de nous dire, ces
montants-là qui sont exclus, qui sont perçus comme une franchise, définis comme
une franchise, entre autres, quelle est la moyenne de ces coûts-là,
c'est une information qui... je pense, ce serait pertinent.
M. Lamontagne :
O.K. On vous enverra ça quand on
aura ça, mademoiselle... Mme la députée. Excusez-moi.
Mme Zaga Mendez :
C'est la deuxième fois, M. le ministre.
Lamontagne : Oui, oui. Vous me tenez serré, c'est bon, je m'excuse.
Mme Zaga
Mendez : C'est...
Le Président (M.
Montigny) : ...vous pouvez continuer.
Mme Zaga Mendez : On va... Donc, est-ce
que... je veux juste bien comprendre, pour ces informations-là, est-ce
qu'il y a un engagement de déposer ça à la commission?
M. Lamontagne :
Oui, oui, oui. Si on a
l'information, là, comme telle, que vous dites, là, de calculer une moyenne,
et tout ça, là, on pourra déposer ça à la commission.
Mme Zaga
Mendez : Parfait.
Le Président (M.
Montigny) : Juste à ce stade-ci, je veux juste valider, là, puis ne
stressez pas, mon temps, il ne sera pas
juste déduit à vous, là, juste m'assurer, vous déposez ou vous allez partager
avec la commission, parce que ce n'est pas pareil. Le dépôt, ça devrait
être fait avant la fin des travaux aujourd'hui.
Lamontagne : Alors, ce ne sera pas fait avant la fin des... On va
partager à la commission.
Mme Zaga
Mendez : On va partager avec la commission.
Le Président (M.
Montigny) : Alors, vous allez le partager avec...
Lamontagne : C'est ça. Oui. Oui.
Le Président (M.
Montigny) : Merci.
Mme Zaga
Mendez : Merci pour l'engagement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien reçu.
Zaga Mendez : Je vais continuer. Quand on était... je pense, tout le
monde, on a fait des tours dans les différentes
mobilisations, une des... une des choses qui vient chercher aussi les
producteurs agricoles, puis j'ai le goût de vous parler du Fonds
d'électrification et de changements climatiques, parce que les producteurs font des efforts en termes
d'écofiscalité, en termes d'environnement... Je veux juste nous rappeler que le
Fonds d'électrification, ça totalise 1,7 milliard
de dollars, ils ont permis de financer différents projets pour un coût de
1,6 milliard, mais, sur cette somme des projets puis des initiatives financés, c'est seulement
4 millions qui ont été versés pour des initiatives en agriculture.
En 2025 et 2026, le fonds prévoit verser 13,7 millions en agriculture,
mais il faut regarder la contribution des producteurs
agricoles, la contribution estimée à l'agriculture au fonds, depuis sa
création, c'est plus de 485 millions de dollars. Comment se fait-il que la part payée par les agriculteurs ne
leur revient pas? En d'autres mots, là, les producteurs veulent voir la
couleur de cet argent-là qu'ils déposent et qu'ils ont le goût encore de
contribuer.
M. Lamontagne :
Oui, bien, depuis la mise en
place du fonds d'électrification des transports, justement, le FECC, je veux dire, il y a des sommes très, très
importantes qui ont été versées aux producteurs par le biais de différents
programmes du ministère de
l'Environnement, qui visent à accompagner les producteurs dans leurs démarches
pour améliorer leur bilan carbone,
pour améliorer leur efficacité énergétique. Juste depuis 2020, là, il y a un
peu plus que 150 millions de dollars, tu sais, qui a été versé à, je veux dire, des dizaines, des centaines de
producteurs agricoles qui ont fait des demandes au ministère pour
différents projets puis pour lesquels ils ont eu des subventions allant de
20 000 $ à presque 1 million de dollars, là.
Mme Zaga
Mendez : J'entends, mais quand je regarde la somme complète de
qu'est-ce qui a été fait, c'est 4 millions,
mais on voit que c'est 485 millions, la contribution. Pourquoi je vous
parle de ça, M. le ministre, là, c'est qu'on sent, là, l'effort
s'essouffler, puis ça nous fait peur, parce qu'il faut croire à l'écofiscalité,
il faut le maintenir.
Lamontagne : Bien oui.
Mme Zaga Mendez : Et, pour le maintenir, il
faut que, de l'autre côté, l'apport et la redistribution soient un peu plus
équitables. C'est ça, l'impression que... les producteurs qui nous en parlent.
Lamontagne : Bien, j'ai... Oui, mais j'ai de la misère un petit peu
avec vos chiffres, Mme la députée, en tout respect, là.
Mme Zaga
Mendez : Allez-y, donnez-moi les vôtres.
Lamontagne : Je viens de vous dire que, depuis 2020, juste au niveau
des mesures d'écoperformance, d'accompagnement, de programmes de bioénergie aux
fermes, il y a plus que 150 millions de dollars qui a été versé aux
producteurs, puis vous, vous me parlez de 4 millions.
Mme Zaga
Mendez : Par année. Moi, je dis 4 millions en un an.
Lamontagne : Ça fait que moi, je vous dis qu'il y a 150 millions
qui ont été versés.
Lamontagne : Parallèlement à ça, en 2022, on a mis en place un
programme qui vient accompagner les agriculteurs dans leur rétribution au point
de vue agroenvironnemental, dont une
partie importante, c'est pour venir réduire les GES, c'est 122 millions de
dollars. Avant, c'était zéro, maintenant, c'est 122 millions. Ça fait que,
tout de suite... je vous parle là, là, on a
275 millions de dollars qui sont là, là, depuis 2020, là.
Mme Zaga Mendez : Sur le programme de
Rétribution agroenvironnementale, les... puis on va aller plus en détail sur
le budget, il ne me reste pas beaucoup de temps, là, les montants n'ont pas
bougé, il n'y a pas eu d'augmentation comme...
est-ce que vous êtes fier? Parce que le budget, là, si on regarde le budget
total de l'agriculture, là, il a... il a même diminué, là, quand on
regarde les crédits, là.
Lamontagne : Bien là, vous n'avez pas regardé les bons crédits, il n'a
pas diminué, il a augmenté. Il n'a pas augmenté de beaucoup cette année, mais
il a augmenté, le budget de l'agriculture. Il est passé de
1 303 000 000 $ à 1 317 000 000 $,
13 millions d'augmentation, 1 %.
Mme Zaga Mendez : Moi, je regarde les
chiffres que j'ai, en consultant L'Union
des producteurs agricoles, on
devrait être en train d'augmenter le budget, mais il a baissé de
22 millions. Est-ce que c'est juste?
Lamontagne : Oui, mais, honnêtement, là, puis je dis ça... je dis ça
en tout respect pour mes... les gens de L'Union
des producteurs agricoles, c'est que
les chiffres qu'ils ont fournis ne tiennent pas compte des annonces du ministère
des Finances cette année, du ministre des Finances lors du budget.
Mme Zaga Mendez : Mais ces
annonces-là ne sont pas dans le budget, dans le budget de l'Agriculture?
M. Lamontagne : Oui.
Oui. Oui. Tout à fait. Non, mais l'UPA, les chiffres qu'ils vous donnent, c'est
les chiffres avant l'annonce du budget le 25 mars, puis là ils vous
disent qu'il y a eu une baisse du budget. Nous, ce que je vous dis, prenez en compte les annonces que le ministre
des Finances a faites le 25 mars, on a une augmentation de 1 % du
budget de l'Agriculture cette année.
Mme Zaga Mendez : O.K. Voilà, vous avez
dit, le 1 % qu'on voyait... Ça, c'est avec les annonces du ministère... du
ministre des Finances. Ceci étant dit, les budgets qui sont là ne sont pas
encore suffisants pour couvrir l'ensemble des programmes. Je vais
revenir dans mes autres blocs.
Je vais vous lire une
citation du Mouvement Desjardins, de M. Guy Cormier, qui en mars, au
mois de mars dernier, nous disait : La
prochaine grosse gestion de crise, là, aura probablement lieu dans le secteur
agricole. Et je vais juste le
citer : «Là, on a les yeux sur le secteur manufacturier, mais le monde
agricole, c'est déjà un monde entrepreneurial qui est fortement sous pression. En plus de subir les conséquences des
changements climatiques, ils doivent composer avec la volatilité des prix des denrées, les marges de profit minimes,
la pénurie de main-d'oeuvre, et les coûts d'assurance, et la difficulté de trouver la relève.» Êtes-vous
d'accord avec le président de Desjardins que la prochaine grande crise au Québec
concerne le secteur agricole?
M. Lamontagne :
Bien, moi, ce que je suis surtout
d'accord, là, c'est que, quand je suis arrivé en poste, là, le dernier budget
pour l'agriculture qui avait été présenté par le gouvernement fédéral, le
gouvernement du député de Pontiac, c'était 942 millions, puis, au
moment où on se parle, c'est 1 313 000 000 $.
Mme Zaga
Mendez : Bien, est-ce que vous sentez...
M. Lamontagne :
C'est 370 millions
d'augmentation, c'est plus de 35 % d'augmentation du budget du ministère
de l'Agriculture. Ça, je suis d'accord avec ça, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Bon, bien, moi, je vous
pose... Vous n'avez pas répondu à ma question : Est-ce que vous
sentez... Parce que, là, on a quand même le président de Desjardins qui nous
dit que la prochaine grande crise, là, en termes
d'ébranlement économique, là, c'est le secteur agricole. Est-ce que vous sentez
qu'avec le budget que vous avez présenté et les mesures qui sont en
place on est prêt à affronter ces crises?
Lamontagne : Bien, ce que je vous dirais... Un, je vous inviterais à
lire l'ensemble de l'allocution que M. Cormier
avait faite, mais il est tout à fait connu qu'on a des défis importants au
niveau de... au niveau des changements climatiques.
On a des défis tout à fait importants au niveau de l'accès à la propriété. Et
puis ce sont tous des défis qui sont tenus en compte puis qui sont dans
les perspectives, là, d'intervention du gouvernement.
Mme Zaga Mendez :
Je garderais mon...
Le Président (M.
Montigny) : 25 secondes, vous allez le garder? Merci.
Mme Zaga
Mendez : ...je vais garder mon... mes secondes. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Très bien. C'est la fin de ce bloc. Maintenant, c'est le moment de donner
la parole à l'opposition officielle. Vous avez la parole, M. le député de
Pontiac.
Fortin : Merci, M. le Président.
J'aimerais... j'aimerais revenir, avec le ministre, sur la... sur l'annonce du 230 millions, là, qu'il avait fait en juin
l'an dernier. Parce qu'encore là ça... on en revient toujours, là, on se remet
dans le contexte où les agriculteurs crient sur la place publique,
s'époumonent sur la place publique pour essayer de faire comprendre au
gouvernement qu'ils ont besoin d'aide. Et là la réponse du gouvernement, c'est
de dire : On met 230 millions sur
la table. Ça, c'était en juin l'année passée, O.K.? Là, le ministre vient de
nous dire : O.K., bien, il y en a une partie, là, il y en a à peu
près la moitié, du 22 millions, qui, lui, n'est plus là donc, on tombe à
220. J'aimerais qu'il nous dise, du 230 millions, combien a été
dépensé à ce jour.
Lamontagne : Il y avait plusieurs composantes, hein, il y avait une
composante pour le foin en Abitibi qui avait été prévue, 1,6 million. Il y
a 2,3 millions qui ont été... qui ont été dépensés. Le programme de
soutien aux taux d'intérêt pour la relève qui, à terme, va se chiffrer à
37 millions de dollars, alors c'est un paiement qui est fait à tous les six mois, si on veut, là, puis ça va se
faire jusqu'au 31 mars 2026. Alors, le premier paiement qui a été
fait, c'était en décembre 2024, puis
c'était un petit peu plus que 12 millions de dollars. Puis il va y
avoir d'autres paiements qui vont se faire six mois plus tard et six
mois plus tard. Puis, au total, là, le budget qui est prévu, c'est
37 millions de dollars, qui faisaient
partie de l'annonce, puis on
s'attend à ce que ça coûte aux alentours de 37 millions de dollars.
Après ça, il y avait
une bonification du fonds du PICD, du Programme Investissement Croissance
Durable, mais le volet soutien, Fonds de
roulement, alors, on avait prévu qu'il était potentiellement... qu'il pourrait
y avoir jusqu'à 3 000 entreprises,
à hauteur de 51 millions, là, qui pourraient être... qui pourraient être
soutenues. Au moment où on se parle, il y a 1 700 entreprises,
à peu près, là, qui...
M. Fortin : Pouvez-vous juste répéter les chiffres, M. le ministre?
Lamontagne : Pardon?
Fortin : Je peux-tu vous arrêter pour que vous répétiez les
chiffres, s'il vous plaît? Juste sur le PICD, là.
Lamontagne : Bien, il me semble que c'est 51 millions. Il me
semble que c'était ça qui était dans... 55, excusez-moi, 55 millions.
Fortin : Et votre prévision, c'était qu'il
y ait combien d'entreprises?
M. Lamontagne :
Le 55 millions, on prévoyait
que ça pouvait aller jusqu'à 3 000 entreprises, dépendamment, là, des situations des entreprises. Au moment où
on se parle, là, il y a 33 millions de dollars qui ont été... qui ont
été engagés, déboursés pour des entreprises. Il y a encore
700 dossiers qui sont à l'étude, qui sont qualifiés, mais qui ne sont pas
terminés d'être traités, là, que ça va venir, pour à peu près un autre
17 millions de dollars. On doit être à peu près à 51 millions de dollars, là, qui sont...
qui sont déboursés ou en voie, là, d'être déboursés, là. Ça, c'est au niveau du
plan d'investissement croissance. Après...
M. Fortin : Mais
vous aviez... vous aviez deux autres choses. Allègements rapides en
environnement, 36,8 millions...
Lamontagne : Oui, ça, il y a 14 mesures qui ont été...
Fortin : ...en économies pour le secteur,
là, ce n'est pas du déboursé direct.
M. Lamontagne :
Oui. Il y a 14 mesures qui
ont été adoptées, appliquées ou qui sont en voie de terminer d'être adoptées.
Puis il y a... c'est 36,8 millions, je pense, là, qui ont été... qui ont
été valorisés, là, par les changements, là, que le gouvernement a faits. Puis
on a fait une annonce il y a quelque temps, là, par voie de communiqué, là, que
ça avait été compliqué. C'est des choses qui ont passé au Conseil des ministres,
M. Fortin : Et
le dernier, mais non le moindre, le Soutien à la lutte et à l'adaptation aux
changements climatiques, vous aviez 106 millions mis de côté.
Lamontagne : Oui, ça, c'est un engagement qui portait sur cinq ans,
qui venait faire en sorte de venir accompagner
les démarches d'adaptation aux changements climatiques des différents... des
différents secteurs, et puis d'autres initiatives qui visent
l'agroenvironnement. Au moment où on se parle, on a 35 millions qui sont
engagés, là, sur un certain nombre
d'années. Il y a eu 8 millions de déboursés, il y a un autre 13 millions
qui est à venir dans les 12 mois qui s'en viennent, puis, après ça,
sur quelques années, c'est à peu près 35 millions.
Mais la
partie la
plus importante qui va se décliner au fil des années, c'est quand chacune des
filières va avoir fini de préparer son plan
climat. Parce que, quand on parle d'adaptation climatique, ce n'est pas un
programme, je veux dire, qui va être comme, tout le monde, on va envoyer
un chèque, puis adaptez-vous aux changements climatiques. On a les petits fruits qui préparent, eux autres,
quelle va être leur stratégie d'adaptation aux changements climatiques. On a le secteur maraîcher, on va avoir le secteur
pomicole, on va avoir le secteur des grains, et puis, en fonction de leurs
plans climatiques, bien, c'est à ce moment-là, là, qu'il va y avoir des
programmes qui vont venir en appui avec les différentes stratégies des
filières, là.
Fortin : Est-ce que vous considériez
vraiment que c'était nécessaire pour... de refaire tout ce travail-là? Parce qu'Agriclimat,
entre autres, là, il y avait déjà une grosse évaluation de l'adaptation
climatique et de ce qui était nécessaire pour les producteurs, là, qui avait
été faite.
Lamontagne : Bien, en réalité, ce qui se passe, c'est que les gens travaillent
étroitement avec les équipes du ministère,
puis, aussitôt qu'il y a quelque chose là, qui est conforme puis, après ça,
qu'on va être capables de traduire dans
une mesure d'accompagnement, qu'on va pouvoir faire, vous savez comment ça
fonctionne, faire approuver par le Conseil du trésor, ça va être fait de
façon diligente, là.
Fortin : Oui. Mais voici ce qu'on entend
des producteurs, là, c'est : L'argent ne se rend pas, là. Nous, on considère qu'il y en a en masse, des programmes en
adaptation ou des... de types de projets en adaptation climatique, là, qui pourraient être acceptés par le gouvernement.
On en a, des producteurs, qui veulent en faire, mais on est incapables de
les faire financer parce que le gouvernement veut refaire le même travail qui
avait déjà été fait, là.
M. Lamontagne :
Bien, en réalité, il y a un
certain nombre de programmes qu'en réalité c'est des programmes... exemple, des programmes du ministère de
l'Environnement auxquels les producteurs ont accès directement, ils peuvent déposer
un projet. J'ai un projet d'adaptation qui touche mon séchoir à grains, que je
dépose dans le cadre des programmes du ministère de l'Environnement, le
ministère de l'Environnement me renvoie 350 000 $ pour m'aider dans
tout ça.
Ce dont on
parle puis ce qu'on va chercher à mettre en place, c'est plus un programme qui
pourrait s'apparenter, si on veut, à ce qu'on a fait en place pour l'agroenvironnement
mais qu'on le ferait pour l'adaptation aux changements climatiques. Bien, dans ce cas-là, ce n'est pas
nécessairement des initiatives que le producteur identifie à gauche et à droite, puis, après ça, pour aller chercher un
remboursement. En réalité, c'est des initiatives qui vont être convenues, qui
vont faire
partie du plan climat de la filière, puis, après ça, qu'il va être
accompagné, là.
M. Fortin : Oui, il y a beaucoup de... beaucoup d'étapes, disons. Et
moi, je me souviens, je me souviens de l'annonce, là, que vous aviez faite avec
le premier ministre, là, et qui parlait d'argent qui va se rendre rapidement
aux producteurs. Tu sais, il y a beaucoup de producteurs qui ont... qui sont
sortis sur la place publique, là, et là je ne parle
pas des gens qui sont nécessairement, là, bien, bien, bien impliqués dans leur
syndicat agricole, là, mais des gens qui me disent : L'argent, elle
ne se rend juste pas à nous en ce moment.
M. Lamontagne : Bien, pour ce qui
touche ce volet-là, bien honnêtement, M. le député, je veux dire, ça va... un, comme je vous dis, c'est quelque chose qui
avait été annoncé puis qui était anticipé... c'était sur cinq ans. Puis, après
ça, bien, ce qui est important, c'est que,
quand les initiatives vont être en place, puis les mesures vont être convenues
de ce qui va être à supporter, bien, je veux dire, il y a des fonds qui
vont venir avec ça pour se rendre jusqu'aux... jusqu'aux producteurs. Mais si... Quand il y a eu cette annonce-là, ce
n'était pas... le narratif n'a jamais été, là, qu'une fois que l'annonce était
faite qu'il y a des chèques qui allaient être envoyés aux producteurs,
productrices partout sur le territoire dans les semaines ou les mois qui
allaient venir, là.
Fortin : Moi, je... O.K., bien, vu qu'on est dans la
situation financière des agriculteurs, parlons de la bourse sur le carbone. Je suis certain que les
agriculteurs vous en parlent, convaincu qu'ils vous en parlent. Pouvez-vous me
dire, l'an dernier, combien a été
payé par les agriculteurs, et combien a été reçu, par les agriculteurs, du
Fonds d'électrification?
Lamontagne : Bien, dans un temps, je vous rappellerais que le
fonds d'électrification puis la bourse du carbone, auxquels participe le
Québec, c'est une initiative qui est avec le gouvernement fédéral... avec le
gouvernement de la Californie, puis
qu'ultimement les échanges puis toute la dynamique qui est générée par tout ça,
bien, les sommes qui sont recueillies
s'en vont dans le fonds de... le fonds pour une économie verte, puis que ce
fonds-là est utilisé par le gouvernement du Québec pour financer toutes sortes d'initiatives qui visent
éventuellement, bien, l'atteinte de la cible de 37,5 %, là, pour
2030. Alors...
M. Fortin : Oui, on n'en est pas... là, on n'est pas en train de
questionner, là, les fondements de la bourse du carbone, là. On est en train
d'essayer de comprendre l'apport et ce qu'en retirent des producteurs
agricoles.
M. Lamontagne : Bien, juste pour
aller dans cette logique-là aussi, c'est qu'il y a... il y a toute une panoplie
d'entreprises qui, par le biais de leurs activités, contribuent au fonds
d'électrification et puis que le gouvernement juge
de la meilleure façon d'utiliser ces fonds-là pour rencontrer les objectifs de
diminution des émissions de gaz à effet de serre. Ceci étant dit, ce que
j'expliquais tantôt à Mme la députée de Verdun, c'est que, depuis 2020, depuis
la mise en place, si on veut, du fonds, bien, directement, là, des sommes qui
ont été transférées du fonds vers des programmes du ministère de
l'Environnement, qui sont allées vers les agriculteurs, on parle d'à peu près
150 millions, là.
Puis, parallèlement à ça, ce dont je parlais,
les fonds qu'on a pu avoir au ministère de l'Agriculture, exemple, pour toute la question de la mesure de
rétribution, bien, c'est dans le grand écosystème de tout ça. Bien, naturellement,
je veux dire, il y a des sommes d'argent qui
viennent du fait qu'on a ces activités-là, ce qui fait en sorte que le ministre
des Finances regarde tout ça puis, à un moment donné, va donner
122 millions au gouvernement... au ministère de l'Agriculture pour pouvoir
offrir des mesures d'accompagnement pour la rétribution.
M. Fortin : 150 millions qui étaient allés aux producteurs pour
les différentes initiatives, là, que ce soit, je ne sais pas, moi, l'équipement
du triphasé, des trucs comme ça. C'est ça? Depuis quelle année?
M. Lamontagne : Oui, puis aussi...
au ministère aussi, on a un programme, là, qui était pour l'adaptation aux changements climatiques du bioalimentaire. Je
pense que c'était 20 millions ou 22 millions de dollars,
là, que ça, ça a été... ça aussi, ça a été engagé, là.
M. Fortin : Depuis quelle année, le 150 millions? Depuis combien
d'années?
M. Lamontagne : 2020. Depuis la
création du fonds, là, 2020.
Fortin : O.K., depuis 2020, donc en... je vais dire cinq
ans, là, pour utiliser des chiffres ronds, là... quatre ans, mais...
M. Lamontagne : Bien, c'est quatre
ans, c'est quatre ans.
M. Fortin : O.K. En quatre ans, là, 150 millions aux producteurs.
M. Lamontagne : C'est ça.
M. Fortin : Combien ils ont payé dans... pendant ces quatre ans-là, ces
quatre années-là?
M. Lamontagne : Je
n'ai pas... je n'ai pas le montant, mais, comme... je vous dirais, là, il y a
150 millions, il y a 122 millions qu'on a affectés à la rétribution,
il y a 20 millions de dollars, là, qu'on a mis dans le programme
d'adaptation aux changements
climatiques pour le bioalimentaire. Ça fait que, là, grosso modo, là, je suis à
290 millions, 292 millions, là. Mais je n'ai pas le montant
que les producteurs ont versé, là. Des fois, il y a des chiffres qu'on voit
qu'on parle de 450 millions de dollars.
Des fois, quand je vois des mémoires déposés au ministère des Finances, on
parle de 140 millions de dollars. Ça fait que je n'ai
pas... on ne comptabilise pas, chez nous, ces montants-là.
Fortin : Mais vous ne l'avez pas vérifié?
Vous avez un chiffre de 450 millions d'un côté, puis vous avez un autre
chiffre de 140, là.
M. Lamontagne :
Bien, c'est des chiffres qui sont
fournis par l'UPA, là. Ça fait qu'honnêtement là, on n'a pas... nous, on
n'a pas ce calcul-là, là.
Fortin : Moi, le chiffre que j'ai entendu
de l'UPA, c'est 480 millions. Alors...
Lamontagne : Ah! depuis quelle année? Depuis la création de la bourse
du carbone?
M. Fortin : Mais
ce que je vous... ce que je vous demande, là, dans le fond, là, c'est :
Est-ce que les agriculteurs, selon vous, reçoivent leur juste part du
fonds d'électrification?
M. Lamontagne :
Moi, ce que je vous dirais, c'est
que moi, je suis engagé à chaque jour à faire en sorte de leur obtenir le meilleur soutien possible en vue
d'avoir à s'adapter aux changements climatiques puis à réduire leurs émissions
de gaz à effet de serre. Puis, jusqu'à
maintenant, comme je vous dis, là, c'est à peu près 290 millions de
dollars qui ont été mis à contribution, là.
Fortin : Je vais vous la reposer
différemment. Vous me dites : Vous êtes engagé à chaque jour.
M. Fortin : Avez-vous
fait des représentations auprès de vos collègues, au Conseil des ministres, ou en privé, ou ailleurs, là, pour que
tout ce que les agriculteurs mettent dans ce fonds-là, ils le reçoivent?
Lamontagne : Les représentations que je fais, M. le député, que je
fais de façon régulière, je ne dirais pas incessante, mais régulière, c'est de
faire en sorte d'obtenir davantage de fonds pour le ministère de l'Agriculture pour venir être en accompagnement de la meilleure
façon possible avec le secteur pour les défis auxquels il a à faire face, là.
Fortin : Oui, mais ça, c'est la job de
base d'un ministre de l'Agriculture, là, c'est de dire : Je vais essayer
d'avoir plus pour les producteurs.
M. Lamontagne :
Oui, mais spécifiquement...
spécifiquement pour ce qui touche... spécifiquement pour ce qui touche,
là, le carbone, là.
Fortin : Est-ce que vous avez fait la
demande pour que tout ce que les producteurs mettent dedans, les producteurs le
reçoivent?
Lamontagne : Ce qu'on a fait, c'est qu'on a financé, il y a quelques
années, une étude principalement du secteur
des grains pour évaluer la compétitivité du secteur des grains. Et puis là on
vient d'investir un autre 112 000 $, avec concertation de
Grains Québec, pour qu'au cours des temps à venir il y ait une mise à jour de
cette étude-là qui serve vraiment à venir
mesurer l'état de la compétitivité entre le secteur des grains au Québec, puis
l'agriculture en général, et puis les autres provinces canadiennes. Et,
sur la base de ce qu'on va trouver suite à cette étude-là, ce que... ce que je dis sur toutes les tribunes, c'est que, s'il
s'avère qu'il y a des écarts de compétitivité qui sont notables, bien, je veux
dire, je vais faire... je vais faire toutes
les représentations possibles pour faire en sorte que nos agriculteurs soient
sur le même terrain de jeu, d'un point de vue compétitivité, que tous
les autres agriculteurs du Canada, là.
Fortin : Ça veut dire quoi, ça? Vous ne
faites pas confiance aux chiffres que l'UPA avance, par exemple, sur le
480 millions?
M. Lamontagne :
Bien, ce que je vous dis, c'est
qu'il va y avoir une étude sur la compétitivité qui va être mise à jour
qui va tenir compte de tous ces facteurs-là, puis on va être en mesure...
M. Fortin : Donc,
vous n'êtes pas convaincu... vous n'êtes pas convaincu, vous... ou, au
ministère, là, on n'est pas convaincus que tout ce que les producteurs
mettent là-dedans devrait leur revenir?
M. Lamontagne : Ce que je vous dis,
c'est que le système de la bourse du carbone qui a été mis en place, là, tous les éléments économiques qu'on retrouve au Québec
sont mis à contribution par le biais de la bourse du carbone pour faire en sorte qu'il y ait des fonds qui sont générés chaque
année pour être mis dans le fonds pour une économie verte, qui vise à financer toutes sortes d'initiatives pour
aider le Québec à rencontrer ses objectifs au point de vue de la réduction des
gaz à effet de serre. Et le secteur agricole fait
partie de ces acteurs
économiques là.
Fortin : Oui, mais, d'un côté, là, des
agriculteurs, il y en a beaucoup, là, qui sont pris à la gorge, là, qui ont de la misère à faire leurs paiements, là. Puis
je n'ai pas besoin de revenir sur le nombre de producteurs, là, qui ont remis les clés à la banque, là, dans les dernières
années, là. Vous le savez à quel point ça peut être difficile financièrement
pour certains agriculteurs. Mais ils paient, là, ils paient là-dedans pour. À
chaque fois qu'ils achètent de l'essence, là, à chaque fois qu'ils achètent du
carburant, à chaque fois qu'ils font des dépenses comme ça, ils paient.
là ce qu'ils vous disent, un autre... en même temps... Et ça aussi, vous le
savez, les agriculteurs sont souvent vilifiés sur la place publique
comme étant des grands émetteurs de carbone. Alors là, ils nous... ils vous
disent puis ils nous disent la même affaire,
là : J'aimerais ça, au minimum, que tout ce que je mets dedans me
revienne. Mais ils sont prêts à faire le travail, là, ils sont prêts à
dire : On va en avoir, des projets pour diminuer notre empreinte, mais on
aimerait ça que le secteur ne soit pas traité comme tous les autres secteurs ou
ne soit pas utilisé comme la vache à lait de
la bourse carbone pour d'autres secteurs d'activité. Ils veulent juste avoir ce
qu'ils mettent dedans. Est-ce que c'est un... est-ce que ça fait du
sens, ça, M. le ministre?
M. Lamontagne : Bien, c'est totalement
légitime, puis d'ailleurs j'échange régulièrement avec les producteurs,
les productrices à ce niveau-là, puis, chaque fois que je me présente dans une
assemblée générale, c'est un sujet qu'on discute. Alors, moi, ce que je vous
dis, c'est que, jusqu'à maintenant, si on regarde depuis 2020, c'est près de
290 millions de dollars qui ont été mis à contribution puis retournés
aux agriculteurs, aux agricultrices. Ce que je vous dis, c'est qu'on a
récemment accordé des sous à un organisme pour faire en sorte de venir faire
une étude pour mettre à jour, là, tout ce
qui est les études de compétitivité, principalement pour le secteur des grains
au Québec, puis, à la lumière de ces... des informations qui vont sortir
de là, je veux dire, si j'ai des représentations additionnelles à faire pour une question d'équité puis de compétitivité de
nos agriculteurs avec l'ensemble des agriculteurs
canadiens, soyez assuré que je vais être le premier sur la ligne pour le
faire, là, M. le député.
M. Fortin : Une tribune pour une représentation, là, il y en a une, là, la petite
lumière rouge, là, qui est allumée, là,
vous donne l'opportunité de le faire. Alors, moi, j'aimerais ça savoir
aujourd'hui : Est-ce que vous êtes prête... est-ce que vous êtes prêt à dire que les agriculteurs, le
secteur agricole, devraient recevoir l'entièreté des montants qu'ils mettent
dans la bourse carbone?
M. Lamontagne : Bien, ce qui est très important, là, je vous
dirais, moi, à
titre de ministre de l'Agriculture, c'est de m'assurer
que nos producteurs, nos productrices, là, opèrent dans un environnement compétitif
qui est équivalent à leurs confrères,
consoeurs, là, qui sont partout sur le territoire canadien, puis je peux vous
dire devant la petite lumière rouge, là, que je suis engagé, s'il y a
des informations qui nous viennent, qui sont confirmées que tel n'est pas le
cas, à faire toutes les représentations possibles pour que ces situations-là
soient corrigées et soient améliorées.
M. Fortin : Eh, boy! Parce qu'on va passer l'après-midi à en parler, de
compétitivité de différents secteurs agricoles envers d'autres provinces, là,
puis je ne pense pas que vous allez être surpris des revendications, entre autres en lien avec certains programmes qui sont
dans d'autres provinces. Alors, on va avoir le temps en masse d'en parler,
de compétitivité. Mais là notre demande en
ce moment, ce n'est pas ça. Et la demande des producteurs, là, celle que vous
dites que vous entendez à chaque fois que
vous allez dans une instance agricole, là, c'est juste de dire... Puis j'ai de
la misère à comprendre pourquoi le
ministre de l'Agriculture refuse de se prononcer en faveur de leur demande, c'est-à-dire que le secteur agricole soit
un net zéro sur ce qu'il met et qu'il sort de la bourse carbone.
M. Lamontagne :
Bien, je vais revenir avec ma réponse, M. le député. Le système qui a été
mis en place par le gouvernement du Québec, c'est au bénéfice de toute la
population du Québec, de toutes les entreprises du Québec. Le secteur de l'agriculture est un secteur
économique, comme plusieurs autres secteurs économiques. C'est un secteur
qui est très important dans l'économie
québécoise. Puis, s'il s'avérait qu'il y a des politiques qui sont mises en
place par le gouvernement, dont... on
parle de cette politique-là... qui fassent en sorte, de façon confirmée,
qu'elles viennent mettre à mal la
compétitivité de notre secteur agricole en fonction de nos voisins, bien, soyez
assuré que tous les efforts vont être mis en place pour venir corriger
cet état de fait là, là.
M. Fortin : O.K. Moi, je... Moi, M. le ministre, là, moi, je
pars de la prémisse où chaque dollar qui vous est offert, octroyé, là, qui est
octroyé à l'agriculture par le ministre des Finances, la présidente du Conseil
du trésor, doit être utilisé de façon
optimale. Les crédits de votre ministère, dans la
section Direction et
administration l'an dernier, crédits dédiés pour Direction et
administration, c'étaient 74 millions; cette année, crédits,
120 millions. Pouvez-vous nous expliquer?
M. Lamontagne :
Je vais prendre une petite pause pour trouver la personne qui va vous donner la
meilleure réponse. Après ça, on va vous revenir. C'est correct? Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Nous avons besoin du consentement de la commission pour faire
intervenir un intervenant. Vous pouvez vous présenter, votre nom, votre titre.
Et est-ce qu'on a consentement?
voix : Consentement.
Le Président
(M. Montigny) : Allez-y, allez-y, monsieur.
M. Castonguay (Luc) : Bonjour. Luc Castonguay,
directeur général au MAPAQ. L'explication, c'est une réorganisation à
l'intérieur du ministère.
M. Fortin :
O.K. Une réorganisation qui augmente de 50 millions un budget de 74...
M. Castonguay
(Luc) : C'est un déplacement.
M. Fortin :
...ça mérite un petit peu plus de justification que de dire que c'est une
réorganisation, là.
M. Castonguay
(Luc) : C'est un déplacement d'une dépense à l'intérieur même du
MAPAQ.
M. Fortin :
C'est quoi la dépense que vous avez déplacée au MAPAQ? Elle était où avant?
M. Castonguay (Luc) : Bien, c'est... c'est la direction de l'innovation
de... je vais juste prendre le nom exact de la direction générale, là,
c'est une direction générale de l'innovation, qui était dans le portefeuille de
l'administration, qui a été déplacée.
M. Fortin :
Qui était dans quel portefeuille avant?
M. Castonguay (Luc) : Elle était dans le portefeuille... Laissez-moi
une seconde. C'était dans... c'était dans... c'était... c'est maintenant
rendu à la direction de la recherche, programmes et partenariats.
Fortin : O.K. Puis c'était où avant?
M. Castonguay (Luc) : C'était... Je vais vous donner les noms exacts, là, des différents secteurs . C'est ça, c'était dans le
sous-ministériat des politiques bioalimentaires, ressources financières et
investissements, qui a été transféré dans le sous-ministériat de la gouvernance,
de la performance ministérielle et à l'innovation.
M. Fortin : Alors,
ça sort de quel... Dans le tableau, là, des crédits, à la page 2.4, là, je
veux savoir c'est parti d'où pour se rendre là.
M. Castonguay (Luc) : O.K. Je peux vous trouver l'information exacte puis
vous revenir dans quelques minutes.
Fortin : C'est beau. On peut...
Le Président (M.
Montigny) : Très bien.
Fortin : Si on peut prendre le
40 secondes qui reste, le mettre dans le prochain bloc...
Le Président (M.
Montigny) : Oui, on peut le déplacer dans l'autre bloc. Alors, ça nous
amène maintenant...
Fortin : ...lorsqu'on aura l'information,
là. Merci.
Le Président (M.
Montigny) : Oui, tout à fait. Ça nous amène maintenant au prochain
bloc, la deuxième opposition. Vous avez la parole, Mme la députée.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. J'aimerais qu'on parle un peu plus
des effets de la guerre commerciale sur l'agriculture. Il y a eu différentes
annonces. Chaque semaine, on avait... Puis j'imagine, vous aussi, vous sautez
sur votre chaise en disant : Qu'est-ce que ça va être d'autre? Qu'est-ce
qui va être touché? Là-dessus, je pense que
tout le Québec a été très, très... on est... nous sommes encore, en fait, dans
l'instabilité. Mais, plus précisément pour
le secteur agroalimentaire, vous... on peut s'obstiner sur les chiffres, mais
le budget 2025-2026 demeure conservateur face à l'instabilité
économique qui nous attend. En plus de ça, les entreprises agricoles seront
quand même... même si elles ne sont pas
toutes touchées, là, j'ai juste le boeuf, le porc, en ce moment, qui sont
soumises à 10 % des tarifs. Vous me
corrigerez, là, si c'est déjà en place ou ce ne l'est pas, c'est ce que j'avais
comme information. Et, par la suite, il y a tout... je vais parler de
l'acériculture tout à l'heure... il y a, en plus, l'imposition, par la Chine,
de droits de douane supplémentaires sur plusieurs produits agricoles canadiens,
et tout ça crée des facteurs de stress.
Donc,
ma première question, j'aimerais ça savoir c'est quoi, en ce moment... où est
rendu le MAPAQ, là, sur les plans
d'action pour l'accompagnement des producteurs qui sont touchés directement et
ceux qui sont touchés indirectement par les tarifs douaniers.
M. Lamontagne : Bien,
il y a deux... il y a deux choses, parce que, là, vous avez parlé de la Chine
puis vous avez parlé des États-Unis. Ça, c'est deux dossiers complètement
différents.
Mme Zaga
Mendez : Je comprends, mais tout ça fait
partie d'un tout.
Lamontagne : Oui, tout ce qui touche l'accord de commerce... tout ce
qui est couvert par l'accord de commerce Canada—États-Unis—Mexique, c'est exclu. Alors,
les productions dont vous nous parlez, au moment où on se parle, là, c'est par rapport au commerce avec les États-Unis, ce
n'est pas les... ce n'est pas des productions qui sont affectées, O.K.?
Ce qu'on a fait, en
réalité, depuis novembre, le premier ministre a créé un comité, là, Québec—États-Unis,
qui implique le ministère de l'Agriculture, les ministères de la Forêt,
Économie, Finances, et tout ça. Puis, bien, vous l'avez dit, là, à chaque jour suffit sa peine, on ne sait jamais ce qui
nous pend au bout du nez en fonction de notre voisin. Mais, depuis novembre, là, au ministère... parce
qu'on parle du ministère, là... les équipes se sont vraiment appliquées
à vraiment cartographier, là, dans chacune des régions, les entreprises, nos
grands exportateurs et puis ceux-là qui seraient susceptibles d'être affectés
par... à l'époque, on parlait de tarifs de 25 %, là. Ça fait que toute
l'information qu'on a... qu'on a pu ramasser, puis, après ça, partager avec le
ministère de l'Économie, bien, ça a été... ça a été mis à profit. Sauf... Comme je vous dis, c'est que, jusqu'à maintenant, en
fonction, là, des accords que, finalement, le président Trump a décidé
de respecter dans ce volet-là, bien, il n'y a pas eu... il n'y a pas eu de
situation problématique, là.
Mme Zaga
Mendez : Dans... Est-ce que vous avez fait des scénarios où... Vous
avez, j'imagine, produit des scénarios d'impacts, là, budgétaires de tarifs
américains sur les exportations agricoles au Québec. Avez-vous fait cet
exercice-là, la part du MAPAQ?
Lamontagne : Bien, l'exercice qu'on a fait, c'est davantage au niveau
de... Parce qu'en réalité, on parle des entreprises qui exportent. Alors, ce
qu'on a fait, c'est qu'on a... on a, si on veut, fait un relevé, là, de nos
plus grands exportateurs, et puis, après ça, bien, le ministère de l'Économie a
mis en place deux programmes importants. Il
y en a un qu'il a appelé le programme FRONTIERE, qui s'applique à toutes nos
entreprises exportatrices puis qui vise à venir appuyer les entreprises
qui seraient prises avec des tarifs...
Mme Zaga
Mendez : Mais ma...
Lamontagne : ...des tarifs au niveau des exportations.
Mme Zaga Mendez : Je comprends, puis ça,
c'est... Je suis aussi sur la commission en économie, on le regarde en
détail. La question, du côté du MAPAQ, c'est de savoir : Est-ce que vous
avez produit, du côté du ministère, des scénarios
d'impacts budgétaires des tarifs américains sur les exportations agricoles, si
vous avez ce qu'on appelle des indices de
vulnérabilité, des études d'impact? Est-ce que cet exercice, en ce moment, se
fait ou est-ce qu'il a déjà été fait, et si ça peut être communiqué?
M. Lamontagne :
Bien, ce qui a été relevé, c'est
l'ensemble des entreprises exportatrices, nos plus grands exportateurs du Québec, puis que, dans une
éventualité où il y aurait des tarifs de 25 %, bien, les principales
entreprises qui seraient... qui seraient touchées. Puis ces
informations-là, là, ont été communiquées au ministère de l'Économie, qui, comme je vous dis, a mis en place le
programme FRONTIERE, qui vise à venir en accompagnement, là, des entreprises
exportatrices, là, qui pourraient avoir des dommages, subir des difficultés en
lien avec les exportations, là.
Mme Zaga Mendez : En ce qui concerne
l'acériculture, nous, ce qu'on a dans les derniers échanges... Est-ce que les
tarifs ont quand même frappé le secteur acéricole ou est-ce qu'il a été
épargné?
Lamontagne : Non, non, non.
Mme Zaga Mendez : Non, du tout? Par rapport
à... Il y avait une nouvelle, en fait, qui m'avait touchée concernant
les cannes de sirop d'érable, là. Je ne sais pas si vous l'avez vue aussi.
Mme Zaga
Mendez : Le fait que les cannes de sirop d'érable, bien, sont surtout
fabriquées en Chine, mais pas nécessairement pour des enjeux de prix, mais pour
des raisons d'incapacité de production au Québec, on a... il semblerait qu'on n'a pas la capacité de
production. Mais pourtant, vous le savez, on est un exportateur d'aluminium,
et, j'imagine, le sirop d'érable et l'aluminium, bien, ça devrait aller
ensemble, faits tous au Québec, autant extraits que produits. Est-ce qu'il y a
un plan de votre côté ou... Qu'est-ce qui est mis de l'avant par le MAPAQ?
Parce qu'on sait qu'il y a l'Association des
manufacturiers de l'industrie de l'érable. Est-ce que vous vous êtes engagé à
avoir une discussion avec eux, d'évaluer les investissements qui
pourraient être faits pour développer ce secteur?
M. Lamontagne : Bien, en réalité, je
vous dirais, là, toute la question du cannage, vous l'amenez, c'est un... c'est
un volet qui est très important, puis qu'aujourd'hui... bien, en réalité,
c'est... au Canada, des entreprises qui font des cannes, si on veut, là, en acier, en fer, là,
je veux dire, c'est inexistant. Nous, on a une entreprise au Québec, là, qui
produit des cannes, puis je vous dirais que, quand des promoteurs sont
intéressés à pouvoir développer cette filière-là, bien, il y a vraiment
une mobilisation, là, du côté d'Investissement Québec, là, pour venir
accompagner des projets possibles, là. Alors, je ne veux pas vous révéler des
projets qui pourraient être présentement à l'étude.
Mais la question de pouvoir, un jour, avoir, sur
le territoire du Québec, qui... probablement, on pourrait desservir le reste du Canada, parce que le reste
du Canada est dans la même situation qu'on est au Québec... bien, d'avoir une
entreprise au Québec qui pourrait, économiquement, être viable puis compétitive
avec ce qui se fait ailleurs dans le monde, bien, c'est certainement quelque
chose qu'on poursuit là, avec Investissement Québec, là.
Mme Zaga Mendez : Mais est-ce qu'il
y a... Ma question était plus précise : Est-ce qu'il y a en ce moment...
Parce que, quand on voit ça, il y a une orientation, je pense, pour relancer
pas seulement la manufacture, mais la valorisation
de nos produits ici, au Québec. Est-ce qu'il y a des discussions avec la RAMIE
pour être capables de faire aboutir...
M. Lamontagne : La RAMIE?
Mme Zaga Mendez : C'est
l'Association des manufacturiers de l'industrie de l'érable, AMIE, voilà.
Est-ce qu'il y a des discussions avec eux pour être capables d'aboutir, pour
que ce projet-là aboutisse?
Lamontagne : Bien, ce que je vous dirais... Si la RAMIE est un
promoteur qui veut mettre en place une usine puis produire des cannes au
Québec, ils sont certainement en discussion avec Investissement Québec. Mais ce
que je peux vous dire, c'est qu'il y
a des projets qui sont contemplés puis qu'il y a des promoteurs qui ont un
intérêt à développer cette activité-là
au Québec, puis ils sont certainement accompagnés pour le faire, là, puis on
espère bien que ça va pouvoir se réaliser, là.
Mme Zaga Mendez : Bien, on va
continuer sur l'acériculture. Dans le budget, il y a le Programme de crédit de taxes foncières agricoles qui est en hausse,
14 millions de dollars. La fédération des producteurs et productrices
de sirop... bien, de... les acériculteurs
nous demandent à ce qu'on retire du calcul les évaluations foncières et les
contingents acéricoles, donc lesdits quotas. Êtes-vous d'accord que,
dans le contexte économique actuel, il serait pertinent de l'évaluer, vu l'instabilité que ça peut créer? Je
sais qu'ils ne sont pas touchés directement, mais, comme je vous dis, là, du
jour au lendemain, il peut y avoir des changements, puis les producteurs
acéricoles ont besoin de stabilité. Allez-vous en discuter avec... aussi avec
vos homologues aux Affaires municipales?
M. Lamontagne : Bien, en réalité, ce
dossier-là, qui est quand même récent... Parce qu'il y a quelques
municipalités, là, au cours des dernières années, qui ont pris... qui ont pris
des décisions de taxer les productions acéricoles sous contingent de façon
différente. Ça fait que ce qu'on a fait c'est qu'on a créé, là... on a des gens
du ministère qui travaillent étroitement
avec les producteurs et productrices acéricoles du Québec, là, pour bien
documenter leur cas, pour bien...
même, en réalité, pour les accompagner dans leurs démarches puis dans leurs
discussions, là, avec le ministère des Affaires municipales, là. Mais c'est quelque chose, là, qui
est en activité, là. Il y a des gens du ministère qui sont mobilisés,
là, auprès des producteurs, là, pour les accompagner là-dedans, là.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Avec les quelque deux minutes qu'il me
reste, j'aimerais ça, vous parler rapidement. Il y a eu les guides de
bonnes pratiques en matière de bien-être animal qui sont rendus... ils sont
rendus maintenant disponibles, mais les
producteurs sont en train de se mettre... suivre les normes. Ils sont très
d'accord. J'en ai rencontré, des producteurs laitiers et de boeuf dans
la Capitale-Nationale, et qui nous disent : Bien, bien sûr, c'est une
attente sociétale, on a le goût de
contribuer. Je pense qu'on a... on est... quand même, on a un consensus autour
de la table pour... pour les appliquer.
Cependant,
c'est assez coûteux, arriver aux normes. Il y a une demande de la part des
producteurs laitiers, entre autres d'avoir 300 millions de
dollars pour les accompagner, pour respecter... Encore une fois, je pense qu'on
n'a pas besoin de vous détailler toutes les
pressions que l'agriculture vit en ce moment. Le délai pour être aux normes,
c'est 2027. Est-ce que, de votre côté, vous penchez sur des programmes
d'accompagnement pour les producteurs?
Lamontagne : Bien, dans un premier temps, ce qu'il faut
comprendre, c'est que toute la question du code, là, c'est au niveau des producteurs laitiers du Canada, là, qui mettent
ça en place. C'est un échéancier que les producteurs eux-mêmes contrôlent. Effectivement, ils nous ont
fait des demandes de plusieurs centaines de millions de dollars, puis on
leur a répondu qu'on n'était pas... on n'est pas... on n'était pas dans une
situation pour les accompagner pour des centaines
de millions de dollars. Par contre, on a un volet du Programme d'investissement
croissance durable qu'on a eu une bonification de 40 millions pour
le porter à 92 millions de dollars. Bien, il y a un volet...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Lamontagne : ...du programme du
PICD, si on veut, là, qui est admissible...
Mme Zaga Mendez : Bien, ce n'est pas
la même...
Le Président (M.
Montigny) : Merci. Merci. Malheureusement, il ne reste plus de temps
au bloc.
Mme Zaga Mendez : Bon, je
reviendrai.
Le Président (M. Montigny) : C'est
maintenant le temps de l'opposition officielle. M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui. Merci. D'abord, est-ce qu'on a trouvé réponse
à la question sur l'augmentation des dépenses, là, à la... dans la
section Direction et Administration du ministère?
M. Castonguay (Luc) : Oui.
M. Fortin : Est-ce qu'on peut l'avoir?
Le Président (M. Montigny) : Oui,
allez-y, allez-y.
M. Castonguay (Luc) : Bien sûr.
Le Président (M. Montigny) : Nous
avons déjà consentement. Allez-y.
Castonguay (Luc) : Parfait. Merci. Comme je disais tout à l'heure, là,
c'est un réaménagement de directions à l'intérieur
du ministère, notamment une direction des ressources matérielles qui était
classée, l'année dernière, dans le programme Éléments, recherches,
programmes et partenariats, qui a été transféré dans Direction et
Administration. C'est ce qui explique l'écart, essentiellement.
Fortin : Éléments, recherches, programmes et partenariats.
Il n'est pas dans ma... il n'est pas dans la liste.
M. Castonguay (Luc) : Il est dans la
page suivante, le n° 7.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. Fortin : O.K. Je veux bien, là, mais ici, dans l'élément 7,
moi, je vois des crédits 2024‑2025 qui étaient de 105 millions, qui sont rendus à 85 millions. Alors, il y a
une diminution de 20 millions, mais il y a une augmentation de...
de pas mal plus que ça de l'autre côté, là.
Castonguay (Luc) : Oui, il y a eu l'autre direction que je
mentionnais tout à l'heure, de recherche et innovation également, là.
M. Fortin : Qui, elle, est incluse?
M. Castonguay (Luc) : Il y a eu
plusieurs transferts de directions... il y a eu plusieurs... tu sais,
quelques... des transferts de quelques
directions puis une hausse des budgets du... La Direction des ressources
matérielles, c'est elle qui s'occupe
notamment des infrastructures. Puis le budget d'immobilisation a augmenté un
peu, de 8 millions, environ. Donc, c'est ce qui explique l'écart.
M. Fortin : Parce qu'il est grand, l'écart, là-dedans, là. Dans
Recherches, programmes et partenariats, il y a 20 millions d'écart, mais,
dans la Direction, Administration, on est partis de 74 pour se rendre à
Castonguay (Luc) : Oui, mais c'est quand même les budgets établis
pour cette direction-là qui expliquent l'écart quand même, là. Je
pourrais regarder pour vous fournir peut-être des chiffres plus détaillés, là,
pour...
Fortin : Mais ma question, c'est la suivante, là : Si
on enlève les transferts de programmes, est-ce qu'il y a une
augmentation du budget Direction et Administration au ministère?
M. Castonguay (Luc) : Non.
Fortin : C'est le même budget? O.K. On va prendre le temps
de l'analyser, là, mais j'apprécie la réponse. O.K.
Juste... Je peux peut-être compléter la question
que la collègue avait, là, sur les producteurs agricoles et la taxation
municipale du contingent, là. Je ne suis pas sûr que j'ai compris la réponse du
ministre. Il y a un groupe qui travaille là-dessus, et c'est... ils travaillent
vers quoi, exactement?
M. Lamontagne : Bien, en réalité,
les producteurs et productrices acéricoles questionnent le fait que les municipalités ont décidé d'apporter un facteur de
taxation sur la valeur des contingents, puis ils font des représentations
dans ce sens-là. Alors, nous, au ministère,
on a des... parmi l'équipe qui suit les producteurs acéricoles, bien, on
travaille avec eux pour les aider à bien... à avoir une très bonne
compréhension, un peu partout sur le territoire, comment tout ça se manifeste pour,
après ça, bien, qu'eux aient... davantage outillés, si on veut, là, dans leurs
discussions qu'ils ont avec le ministère des Affaires municipales, là.
Fortin : O.K. Est-ce que c'est une...
Est-ce que c'est une préoccupation que vous avez également?
Lamontagne : Bien, je vous dirais, tu sais, les bases sur lesquelles
les municipalités taxent les biens, les immobilisations sur leur territoire,
bien, vraiment, ça leur appartient. Quand les municipalités ont... Le lien
qu'ils ont, en fait, c'est que le contingent
est attaché au bien, au bien immobilier, là, qu'il est là, là. Puis, de par
cette situation-là, bien, ils ont
décidé de le taxer. Bien, c'est des discussions qui ont à être... à avoir, là,
justement entre les producteurs et puis les municipalités. Nous, ce qu'on
cherche à faire, c'est les accompagner de la meilleure façon possible dans cette
situation-là, là.
Fortin : Mais ça ne vous inquiète pas?
Lamontagne : Bien, encore là, je n'ai pas à me prononcer sur comment
les municipalités décident de...
M. Fortin : Mais
vous êtes responsable du secteur de l'agriculture. Alors là, il y a un premier
secteur, là, dans... sous le secteur de l'agriculture, qui reçoit une taxation
supplémentaire qu'il n'y avait pas il y a quelques années, là, de
différents appareils municipaux.
Lamontagne : Oui. Moi, je vous dirais...
Fortin : Est-ce que... Est-ce que vous...
Lamontagne : Moi, je vous dirais que ma principale préoccupation, à
titre de ministre de l'Agriculture puis que
c'est sous ma responsabilité, que le premier programme de crédit de taxes...
Programme de crédit de taxes foncières agricoles, bien, c'est que cette
mise en place là, par le ministère des Affaires municipales, bien, si ça devait
s'avérer qu'il y a une... on retrouve ça
partout sur le territoire, bien, tu sais, le ministère de l'Agriculture ramasse
80 % de la facture, 80 %...
81 % de la facture. Ça fait que ça, je vous dirais, c'est certainement une
préoccupation pour moi à ce niveau-là, là.
Fortin : Oui. Mais la viabilité des
producteurs, j'imagine, c'est une préoccupation pour vous aussi?
M. Lamontagne :
Bien, tout à fait. Mais, en même
temps, ce que je veux dire, c'est qu'on ramasse 80 % de la facture.
S'il y a une augmentation, là, c'est 80 % qui est payé par le ministère de
l'Agriculture.
M. Fortin : O.K.
Mais est-ce que vous considérez que c'est une pente glissante? C'est-à-dire,
là, aujourd'hui, on parle des
producteurs acéricoles, on parle de quelques municipalités qui ont choisi
d'aller par là. Il y en a plusieurs autres qui pourraient choisir d'y
aller.
l'argument, c'est : Ah! bien, c'est à... c'est lié à la terre, là, ou
c'est lié à... le contingent est lié à la terre. Mais on pourrait... Quelqu'un pourrait faire
l'argument, là, que le quota laitier est associé au bâtiment, là, pourrait
dire : On ne peut pas le faire ailleurs, le bâtiment est là. Le
jour où...
Lamontagne : Bien non. L'exemple est boiteux un petit peu parce que...
Fortin : Non, mais je... c'est
contestable, là. C'est contestable. On peut trouver un contre-argument, vous et
moi...
M. Lamontagne :
...je veux dire, les vaches,
elles ont des pattes puis elles se déplacent, tu sais. Les arbres, ils ne
se déplacent pas.
Fortin : Mais, vous savez, des fois... des
fois, quand on taxe, on réussit à être créatifs dans la vie, hein?
Donc,
est-ce que vous considérez que de taxer un contingent, c'est quelque chose qui
est une pente glissante pour d'autres types de productions?
Lamontagne : Honnêtement, là, je ne suis pas un spécialiste des
questions fiscales. Puis, même à
titre de ministre
de l'Agriculture, là, qui couvre ces activités-là, là, je n'ai pas la
qualification, là, pour me prononcer, là, sur le bien-fondé de ces
aspects-là, là.
M. Fortin : O.K.
Moi, je vous dirais qu'il y a une préoccupation à avoir chez vous puis qui n'est
pas juste liée, là, à ce que ça va
coûter au ministère, là, mais liée à la viabilité d'entreprises agricoles. Il
est pas mal... Pour nous, là, il est pas
mal là, votre premier... votre premier mandat. Puis, même le 80 % que vous
financez, là, c'est parce que c'est de l'argent que vous n'allez pas
mettre ailleurs, là. Tu sais, si vous financez 80 % du remboursement de
taxes agricoles pour un contingent...
M. Lamontagne : Non,
non... Bien, ça, je vous... ça, je vous ai dit que ça, c'était une
préoccupation pour moi, ça.
M. Fortin : Oui.
O.K. Parlant de la situation financière, là, qui est la pire des... la
situation financière des producteurs.
Là, ce que... si j'ai bien compris, là, l'année passée, c'était la pire année
en 20 ans au niveau du revenu net agricole.
Puis les prévisions ne sont pas très bonnes, en fait, sont négatives pour
l'année qui s'en vient. Dans ce contexte-là, où le revenu net agricole est plus bas qu'il a été, et les prévisions
sont à l'effet que ça va diminuer encore, est-ce que vous pensez que les
augmentations... le 1 % d'augmentation, là, que vous avez mentionné tantôt
est suffisant?
M. Lamontagne :
Bien, ce qui est important,
monsieur... M. le député, c'est qu'au moment où on se parle, O.K., tu sais, au Québec, là, on a... on a... on a
plusieurs types d'agriculture, hein? On a 10 % de nos entreprises qui
génèrent 65 % des revenus totaux agricoles, on a 51 % de nos
entreprises qui génèrent à peu près 3 % des revenus agricoles puis qui ont des fonctions tout à fait différentes
sur le territoire, dont les propriétaires ont des objectifs qui peuvent être tout
à fait différents sur le territoire. Ça fait qu'une préoccupation que j'ai,
c'est de m'assurer que, pour tous les types d'agriculture
qu'on a, bien, qu'on ait les façons de soutenir et d'accompagner la plus
appropriée en fonction des défis qu'ils
ont, là. Puis, au moment où on se parle, là, je vous dirais qu'au ministère,
là, on a un ensemble d'initiatives et de... oui, d'accompagnement qui,
justement, visent ce dessein-là, là, puis, honnêtement, qui font un bon travail
auprès des entreprises.
M. Fortin : Mais,
quand on vous a dit : M. le ministre de l'Agriculture, vous allez obtenir
1 % d'augmentation, est-ce que vous avez été satisfait de ça?
Lamontagne : Bien, je vous dirais qu'il y a trois choses, pour moi,
qui étaient très, très, très importantes. Moi,
quand je suis arrivé en poste, j'ai hérité d'un ministère... ça
faisait 15 ans qu'il y avait un gouvernement qui était là avant nous, puis j'ai hérité d'un
ministère qui, essentiellement, pour sa mission, avait un financement pérein
d'à peu près 20 %, puis il était financé pour des initiatives d'à
peu près 80 %. Puis vous avez été ministre, vous savez ce que ça veut dire : dans deux ans, trois ans, il
n'y a plus d'argent, il faut que tu retournes voir le ministre des Finances,
tout ça.
Alors,
moi, ce que j'ai réussi à avoir... Aujourd'hui, on est rendus... on est à peu
près à 80 % du budget du ministère de fonctionnement, là, au niveau des
programmes de transfert qui sont péreins. Et puis aussi c'est qu'on a mis en place tout un ensemble d'initiatives qui
viennent accompagner ce qu'on appelle la Politique bioalimentaire. Pour moi, il
était très, très important, là, d'avoir un financement pérein de ces
initiatives-là. Alors, ce qu'on a vu dans le dernier budget, là, c'est
1 050 000 000 $, là, au minimum, qui sont garantis pour les
cinq prochaines années, là, pour les initiatives qu'on associe à la Politique
bioalimentaire. Ça, c'est une première chose.
Fortin : Oui, mais ce n'est pas un nouveau...
Lamontagne : ...juste pour terminer...
Fortin : ...ce n'est pas un nouveau
milliard, ça, là.
Lamontagne : Juste pour... Bien, ce qui est important, vous avez été
ministre, M. le député, puis vous saviez quand un programme arrivait à sa fin,
là, puis qu'il en avait pour 50 millions, puis vous alliez voir le ministre
des Finances, là, ce qu'il vous disait, c'est : Qu'est-ce que tu veux
aujourd'hui? Bien, je voulais renouveler mon programme. O.K. Tu veux des
nouveaux millions, là. Vous savez, c'est comme ça que ça fonctionne, là.
M. Fortin : Mais
c'est un renouvellement, là. Il n'y a pas 200 millions additionnels par
année, là. Ce n'est pas ça.
M. Lamontagne : ...le 1 050 000 000 $, c'est un montant, là, qui a été sécurisé puis
qui est pérein, là, pour des années, et des années, et des années à
venir pour le ministère.
L'autre chose qu'on a
faite, on a lancé, à l'automne 2020, le Plan d'agriculture durable, qui
était financé à hauteur de
125 millions, dont la... avec la mesure de rétribution dont on a parlé.
Puis la première tranche de financement, c'était de 2020 à 2025. Alors,
pour moi, il était très, très, très important de pouvoir continuer toutes les
initiatives associées au Plan d'agriculture durable. On est allé chercher
100 millions.
autre volet, tantôt j'ai parlé, le plan d'investissement... le Programme
d'Investissement Croissance Durable, là, qui a cinq volets, c'est un outil
qu'on a qui est très, très flexible, malléable, pour qu'on puisse se revirer de
bord, puis, comme on l'a fait, exemple, pour le fonds de roulement pour
accompagner les entreprises, j'avais besoin de financement additionnel, je suis
allé chercher 40 millions de dollars additionnels pour monter à
92 millions.
Fortin : Oui, mais ça, ça rentre tout dans
le 1 %.
Lamontagne : Pardon?
Fortin : Tout ce que vous nous décrivez
là, là, ça rentre dans le 1 %.
M. Lamontagne : Bien, ça vient
sécuriser les montants que j'avais besoin au ministère, là.
Fortin : Je répète ma question, là :
Est-ce que vous êtes satisfait du 1 % d'augmentation de votre budget?
Lamontagne : Bien, bien honnêtement, moi, ce que j'ai dit à mon
ministre des Finances : que j'aurais aimé en avoir davantage. Mais,
dans le contexte qu'on connaît aujourd'hui, pour lequel vous vous levez à tous
les jours à l'Assemblée nationale pour
dénoncer, bien, je vous dirais que d'avoir réussi à sécuriser, là, ces grands
volets là pour le ministère, là, pour moi, c'est des belles avancées,
là. Je suis très heureux de tout ça, là.
Fortin : Oui, dans le contexte où le gouvernement de la CAQ
est passé d'un surplus à un déficit historique. D'accord.
Je veux parler des producteurs en régions
éloignées. On en a parlé, je pense, dans les premiers crédits qu'on a passés ensemble. On en a parlé dans les deuxièmes
crédits qu'on a passés ensemble. On va en parler encore aujourd'hui. Les
producteurs en régions éloignées, là, vous le savez, là, c'est... ce n'est pas
simple pour eux. Ce n'est pas toujours simple
pour eux. Ils ont des coûts... ils ont des coûts qui sont, disons,
supplémentaires, à plusieurs égards, à des producteurs qui sont plus
près des grands centres.
Entre autres, les coûts de transport, coûts de
transport pour des régions éloignées, là, puis là je parle des producteurs, disons,
pour les céréales, céréales à paille, le soya, entre autres, 31 $ la tonne
métrique pour des régions éloignées, 22 $ la tonne métrique pour des
régions mitoyennes, puis, quand on regarde dans l'ensemble du Québec, c'est à peu près 20 $ en moyenne, là. Cette
demande-là, qui vient de L'Union des
producteurs agricoles, mais qui vient
des syndicats locaux dans plusieurs régions,
là, ça fait longtemps qu'ils vous demandent de vous pencher là-dessus puis
d'arriver avec une solution pour eux parce
qu'il y a une valeur immense à l'agriculture en régions éloignées. Pourquoi vous
continuez de refuser cette demande?
M. Lamontagne : Bien, juste avant de
répondre à la question, je voudrais revenir... tantôt, sur votre question du
budget, là, tu sais, ne perdez jamais de vue, là, que l'outil principal de
soutien de nos producteurs et productrices agricoles,
là, c'est La Financière agricole
du Québec, là. Puis le levier que La
Financière a pour venir en soutien, là, d'une année à l'autre, là, il
est exceptionnel. On l'a vu, là, en 2023 : les années avant, c'était
500 millions d'interventions, ça a été 1 milliard d'interventions.
Alors, la capacité d'intervention de La Financière n'est pas liée avec le budget
du ministère de l'Agriculture, est lié en fonction de ses habilités de
décaisser puis des réserves qu'elle a en fonction des différents programmes de soutien, que ce soit l'assurance stabilisation,
que ce soient les programmes AGRI, tout ça, là.
Pour répondre
à votre question pour les régions éloignées, c'est un petit peu moins simple
que ça en a l'air de loin, si on veut, là, parce que, quand on... quand on fait
faire des études par le centre d'études des coûts de production agricoles
du Québec, quand on regarde différentes
statistiques qu'on peut avoir au ministère puis qu'on regarde toutes les
composantes qu'on retrouve un petit
peu dans les régions, les particularités aussi en fonction des différents types
de production, bien, ce qu'on s'aperçoit, c'est qu'il y a... ce n'est
pas aussi évident que ça, qu'il peut y avoir des écarts ou, vraiment, des
pénalités, si on veut, là, pour la question des régions.
Je fais juste, mettons, prendre, exemple, la
propriété des terres, tu sais. Si je regarde, mettons, en Abitibi, en moyenne, c'est 1 700 $ de l'acre, à peu
près. Puis, si je m'en viens en Montérégie, bien, c'est à peu près
22 800 $. Ça fait que juste la question de la propriété de la
terre, juste la question de l'accessibilité à la terre, juste la question des
coûts qui sont associés à la propriété de la terre, au financement d'associé à
la terre, on voit déjà un écart très, très important.
Mais, quand même, ce qu'on a fait dans la
dernière année, on a mis de l'avant le programme d'initiative Productivité
végétale avec un financement renouvelé. Puis ce qu'on a fait, c'est qu'on...
c'est la première fois qu'on faisait ça,
puis c'était pour être à l'écoute, si on veut, des gens, quand même, parce que
j'entends qu'est-ce qu'ils nous disent, c'est qu'on a mis des conditions
particulières bonifiées pour les entreprises qui étaient dans les régions dites
éloignées. Puis aussi, pour s'assurer qu'ils
auraient accès à ces fonds-là, puis pas que les fonds soient, si on veut,
consommés par toutes les entreprises un peu partout sur le territoire,
on leur a donné six semaines de préavis de dépôt pour qu'ils puissent déposer leur projet, pour avoir accès à
l'initiative Productivité végétale, bonifiée d'un montant appréciable, là.
M. Fortin : Oui, mais là, moi, j'entends de votre propos, M. le
ministre, là, que vous remettez en question un peu le fondement même, c'est-à-dire que les producteurs en région ont
besoin d'un programme d'aide bien à eux, là. Tu sais, quand vous me
dites : Ah oui, mais, O.K., mais la valeur des terres est différente
ailleurs, il y a bien des producteurs qui
ont leurs terres depuis longtemps et longtemps, là. Il y en a pour qui elle est
déjà payée, il y en a pour qui elle est déjà... c'est déjà une... pas la
même considération.
Donc, je me
demande... je me demande juste si vous êtes en train de dire à ces
producteurs-là, si vous êtes en train de dire à l'UPA : Non, ce n'est pas
quelque chose qu'on va... on n'ira pas de l'avant avec ça parce que le coût des
terres est plus grand à Saint-Hyacinthe ou ailleurs, et donc ça vient
compenser.
Lamontagne : Bien, les terres, c'est un exemple que je vous
donnais. Ce que je vous dis, c'est qu'à la lumière des études qu'on a,
qui sont principalement... qui nous viennent du centre d'étude des coûts de
production agricoles, qui n'est pas un organisme, là, qui dépend du ministère,
ce n'est pas un organisme qui dépend du gouvernement du Québec, bien, je veux
dire, la démonstration à l'effet, là, de façon systématique, dans les régions
dites éloignées, qu'il y a vraiment un désavantage, là, puis que les gens
paient un prix d'être en région, bien, cette démonstration-là, malheureusement — puis
c'est ça que je dis quand je suis à l'UPA, c'est ce que je dis devant tout le
monde — cette
démonstration-là, elle n'est pas faite. O.K.?
Fortin : Donc, vous n'en ferez pas, de
programme spécifique aux régions?
M. Lamontagne : Ce qu'on... Ce qu'on
fait, par contre, c'est, quand on identifie des secteurs, comme on a fait — exemple,
on a identifié, là, il y a quelques années, que le secteur bovin, le secteur
ovin, le secteur caprin, qu'on voulait
vraiment leur donner un coup de main — bien,
à ce moment-là, bien, on a fait des applications particulières, dont les régions ont pu profiter parce que, dans
ces régions-là, on a, de façon quand même importante, là, ces types de
production là. Si on juge qu'il y a besoin d'intervenir, pour quelque raison
que ce soit, de façon ciblée, c'est toutes des choses qu'on est toujours
disponibles à faire, là.
Fortin : Il y a beaucoup de... Il y a beaucoup de
producteurs qui sont sortis sur la place publique, là, puis qui vous demandent
des programmes... des programmes d'aide aux producteurs, là. Est-ce qu'ils
peuvent être régionalisés? C'est-à-dire :
Est-ce qu'on peut mettre des fonds par région? Parce qu'ils nous disent :
Bien, des fois, dans notre région, il
y a moins d'agronomes, puis, des fois, ça peut être plus long d'avoir accès à
un agronome. Donc, par le temps qu'on fait
notre demande au programme du ministère, bien, il n'y a plus de sommes de
disponibles. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez considéré, ça?
Lamontagne : Bien, je vous dirais, on a... on a les directions
régionales du ministère qui sont... D'ailleurs, les équipes, au cours des dernières années, là, toute la question du
service à la clientèle, il y a tout un travail qui a été fait en ce sens-là sous la direction de la
sous-ministre, là, Geneviève Masse. Mais je peux vous dire que, les producteurs,
moi, quand je me promène sur le
terrain, là, puis les gens, ils me parlent du soutien qu'ils ont, de
l'accompagnement qu'ils ont de la
part des employés du ministère sur le territoire, là, je vous dirais que, de
façon générale, là, j'ai des très bons commentaires, là.
Fortin : Oui. Bien, moi, je suis en train de lire un
article de Radio-Canada, là, qui dit essentiellement : «C'est l'aberration
du gouvernement caquiste. Depuis qu'il est au pouvoir, on voit les régions
perdre leur autonomie et leurs possibilités
de développement.» Mais ce qu'il vient vraiment dire, le producteur agricole,
c'est : «Quand un programme sort, on n'a pas le temps de faire la
demande parce qu'on a juste deux ou trois agronomes au groupe-conseil dans
notre coin. Quand on dépose notre demande, le reste du Québec l'a déjà fait,
puis on passe à côté des enveloppes.» Est-ce que vous l'entendez, ce propos-là?
M. Lamontagne : Bien, je l'entends.
M. Fortin : Moi, je viens d'une région où il n'y en a pas beaucoup,
d'agronomes.
M. Lamontagne : Bien oui, mais il y
a un petit bout de tout ça que j'ai dû entendre, là, parce que, quand j'ai annoncé le dernier volet, le dernier appel
d'offres pour Initiative Productivité végétale, en plus de donner une
bonification, on leur a donné six
semaines avant. N'importe qui d'autre au Québec pouvait être en mesure de
déposer leur... leur demande, là.
M. Fortin : Mais ma question, c'est : Allez-vous le faire dans
l'ensemble de vos programmes? Est-ce qu'il va y avoir une régionalisation de
vos programmes?
Lamontagne : Bien, je vous dirais, là, on l'a fait pour là, là.
Restez syntonisé au même poste, là, puis, au fur et à mesure qu'on va
faire des annonces, vous allez voir un peu la direction qu'on va prendre, là.
M. Fortin : Mais c'est-tu un oui ou un non, ça?
M. Lamontagne : Bien, regardez le
même poste, checkez ça.
M. Fortin : C'est dur... Pourquoi c'est si dur d'être direct et clair?
M. Lamontagne : Bien, ce que je vous
dis, là, c'est que...
M. Fortin : Si c'est ça que vous voulez faire, dites-le, le monde va
être content.
Lamontagne : ...c'est qu'on a annoncé une initiative
Productivité végétale. Allez voir les spécifications, puis, vous allez
voir, ce dont vous me parlez, c'est pas mal là que ça se retrouve. Ça fait
que...
M. Fortin : Oui, mais, si ça s'arrête là, on n'est pas bien, bien plus
avancés.
Lamontagne : Bien, il doit y avoir des raisons pour quoi on est
allés dans cette direction-là, O.K.? Puis on a annoncé aussi récemment
toute la nouvelle version, là, du Programme intégré pour la santé animale du
Québec, là, qu'on a financé à hauteur de 51 millions pour les trois
prochaines années. Puis vous retrouvez, dans cette nouvelle version là de... ce
nouveau programme là, vous retrouvez, là, énormément de dispositions qui
viennent justement tenir compte des régions, qui vient tenir compte des
distances additionnelles à être parcourues par les dispensateurs de services, là. Ça fait qu'encore là, l'esprit de ce dont
vous me parlez, vous le retrouvez dans le programme PISAQ aussi, là.
M. Fortin : O.K. Mais là c'est un ou c'est l'autre, là. Soit ça coûte
plus cher en région à cause des frais de transport, puis on est prêts à aider,
ou encore vous me dites : Oui, mais il n'y a pas de démonstration que les
régions sont vraiment défavorisées, là. C'est un ou c'est l'autre, là. Lequel
dans votre esprit?
Lamontagne : Bien, ce que... Dans le cas qui nous concerne, au
niveau du... Si vous allez voir les dispositions, comment le programme
est construit pour toute la question des soins des vétérinaires, comment les
vétérinaires exercent leur travail sur le territoire,
bien, on s'est assuré que toutes les provisions soient en place pour que ces
soins-là, spécifiques, là, soient desservis puis que les... les régions,
là, soient vraiment bien... bien, bien accompagnées dans ce sens-là, là.
Fortin : Est-ce que vous considérez que la couverture
vétérinaire, dans l'ensemble du Québec, elle est adéquate?
Lamontagne : Bien, je vous dirais que c'est un défi. La
question des vétérinaires, que ce soient les vétérinaires dans les
abattoirs, que ce soient les vétérinaires sur le territoire, une chose
exceptionnelle qu'on a réussi à faire, bien, depuis
qu'on est en poste, c'est les... On le sait, il y a 96 étudiants chaque
année qui sortent de l'école vétérinaire puis il y a 96 nouveaux
qui est admis à la faculté vétérinaire. On a amené en place, un, des stages
pour les grands animaux dès les premières
années. On a obtenu de l'Université
de Montréal qu'il y ait un quota d'au
moins 15 étudiants qui soit spécifiquement
pour les grands animaux. On a... Si vous avez suivi les annonces, là, il y a un
programme de délocalisation de la formation universitaire qui est en... à
Rimouski, qui va amener 25 nouveaux... 25 nouveaux vétérinaires par
année. La formation commence cette année. Alors, on a bon espoir qu'au cours
des prochaines années, là, qu'on va être... on va avoir une amélioration de la
situation au niveau de la disponibilité des vétérinaires au Québec, mais je ne
vous cacherai pas que c'est un défi, là.
Fortin : Oui, c'est... c'est, je vous dirais, plus qu'un
défi dans... dans certains secteurs, là. Il y a des gens qui, même après
tout ce que vous venez de nous dire, là, nous disent : Moi, je ne suis pas
capable d'avoir un vétérinaire chez nous. Je
ne suis pas capable. Puis le bien-être... C'est quoi qui y passe? C'est le
bien-être animal qui y passe, là, dans ces cas-là.
M. Lamontagne : Bien, honnêtement,
M. le député, là, un, c'est un défi, mais je regarde, là, les initiatives qu'on
a vues, pilotées par les équipes du Centre-du-Québec, le travail qui a été fait
pour l'Abitibi. On a une nouvelle organisation,
là, qui s'est mise en place, là, qui regroupe un certain nombre de
vétérinaires, dont le service, justement, est d'aller un peu partout sur le
territoire. Les gens font vraiment preuve de créativité, d'innovation, dans un
contexte où on forme, comme je vous dis, chaque année, 96 nouveaux
vétérinaires au Québec. Puis, là-dessus, bien, il y en a peut-être 80 qui s'en
vont avec les petits animaux puis 16 qui s'en vont avec les grands animaux.
Après ça, bien, on a des vétérinaires qui sont vieillissants, on a nos
abattoirs qui ont besoin de vétérinaires, alors c'est un enjeu.
Une chose qu'on a faite qui va venir nous aider,
c'est qu'on a fait un projet pilote à Louiseville avec de la télémédecine,
puis, avec la collaboration de l'ordre des vétérinaires du Québec, bien, c'est
un principe qu'on va être capables de commencer à étendre un peu partout sur le
territoire, dans d'autres installations, qui va faire en sorte que ça va
libérer un peu du temps des vétérinaires qui sont déjà en place pour qu'ils
puissent aussi faire du travail pour d'autres installations de façon
concurrente, là.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Alors, très bien.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux jusqu'à 14 heures. À noter que nous reprendrons nos travaux
dans la salle Pauline-Marois.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons reprendre nos travaux.
Je vous
rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude des crédits
budgétaires du portefeuille Agriculture, Pêcheries et Alimentation pour
l'exercice financier 2025‑2026.
Nous en sommes maintenant à un bloc
d'intervention de l'opposition officielle. M. le député de Pontiac, la parole
est à vous.
M. Fortin :
Merci, M. le Président. Bon après-midi, tout le monde. Oui, la séance de
torture ne dure pas bien long. Elle est plus
courte cet après-midi, faites-vous-en pas. Aïe! Les compotes chinoises
au CHU de Québec, là, ça vous a-tu fait capoter rien qu'un peu quand
vous avez entendu ça?
M. Lamontagne : Bien, ça dépend
de quel bord on regarde ça.
M. Fortin :
Ah! vous étiez heureux?
M. Lamontagne : Bien, moi, ce que je suis heureux surtout, là,
c'est que, quand on est arrivés en poste, il y avait zéro stratégie
d'achat des aliments du Québec par les institutions, zéro.
M. Fortin :
Sauf que, là, elle ne marche pas, votre stratégie. Ils nous disent...
M. Lamontagne : Puis, à
l'automne 2020, on a annoncé une stratégie. Puis, aujourd'hui, on a
identifié 1 702 institutions, là,
du réseau de la santé, l'enseignement supérieur, l'éducation, qui comptent pour
75 % des agents institutionnels,
bon, puis c'est 1 764 écoles primaires, secondaires, enseignement
supérieur, 460 établissements de santé...
M. Fortin :
Bien, c'est pour ça que je vous en parle. Je le sais, que ça vous tient à
coeur.
M. Lamontagne : ...78, enseignement universitaire supérieur, puis
il y en a 92 % aujourd'hui qui ont des cibles d'achat d'éléments du
Québec.
M. Fortin :
Mais regardez ce qu'ils disent ici, là. Le CHU de Québec, là, qui avait dit
initialement, là : Non, non, nos desserts
sont québécois, faites-vous-en pas. Après ça, ils se sont rendu compte :
Aïe! Ça ne marche pas. Ils nous disent
maintenant... Bon, ils ont reconnu... ils ont reconnu leur erreur, mais ils
disent : «Dans le cas des denrées alimentaires, en accord avec la
loi sur les contrats publics, le
CAG adjuge le contrat au plus bas soumissionnaire conforme.» Donc, ce
qu'ils nous disent, c'est : On n'a pas eu le choix d'acheter des pêches
chinoises.
M. Lamontagne : Oui, mais il y
a tout un travail...
M. Fortin : Qu'est ce qu'on fait pour s'assurer qu'ils
peuvent acheter, au lieu des pêches chinoises, je ne sais pas, moi, des
pommes québécoises?
M. Lamontagne : Bien, je te dirais, il y a tout un travail qui se
fait, parce que, contrairement aussi à la croyance populaire, ce n'est
pas comme... l'achat institutionnel, ce n'est pas comme un gros bouton, là, qu'à
un moment donné on presse là-dessus, puis
tout le monde achète la même chose partout au Québec. Tu sais, quand je parle,
mettons... il y a 1 702 organismes,
maintenant, qu'on suit, bien, c'est 1 702 organismes qui prennent des
décisions. Puis, après ça, il y a les chaînes d'approvisionnement qui
sont déjà en place, il y a... les fournisseurs, est-ce qu'ils sont habilités à
fournir le milieu institutionnel? Ça fait qu'à chaque jour on a une institution, un, qui prend compte
combien qu'elle a de... combien qu'elle
achète d'aliments du Québec, puis, chaque jour qu'elle en achète plus que la
veille, bien, je veux dire, c'est une victoire exceptionnelle.
M. Fortin : O.K., mais là le CHU de Québec nous dit : Je
n'ai pas le choix, il faut que j'aille au plus bas soumissionnaire.
M. Lamontagne : Oui, mais ce qu'on
a...
M. Fortin : Donc, c'est quoi, la solution pour eux?
Lamontagne : Bien, en réalité, ce qu'on a fait là, c'est la
première fois aussi que ça arrive, depuis l'an passé, le Conseil du trésor, là, et à même... à même la
stratégie d'achat des aliments du Québec... puis ils sont venus apporter
des dispositions, quand ils font
soumissionner, là, des gros blocs, là, que ce soit pour l'Ouest du Québec, le
centre, l'Est du Québec, dans lesquelles maintenant les fournisseurs
alimentaires sont tenus de spécifier comment ils contribuent à la stratégie
nationale d'achat des aliments du Québec, puis c'est certain, là, qu'il y a
entre 0 %... puis il y a 100 %. Bien, quand on a commencé, là, on
n'avait aucun data puis on ne savait pas comment il y en avait. Puis
aujourd'hui on a 92 %, des organismes
qui sont accompagnés puis qui ont des cibles. Ce qui est arrivé, je veux dire,
on souhaite que ça n'arrive pas. En même temps, je veux dire, il y a
encore du chemin à parcourir pour qu'ultimement... que toutes nos institutions,
dans le monde idéal, achèteraient la très, très, très grande majorité de leurs
aliments...
M. Fortin : Bien, vous me dites : Ça fait cinq ans qu'on a un plan
en place.
M. Lamontagne : Quatre ans, oui.
Fortin : Quatre ans, O.K., mais là on nous dit, là, au CHU
de Québec : Ça va continuer de même, là, parce qu'on n'a pas le
choix.
M. Lamontagne : Bien, en réalité...
Fortin : Alors, comment ils font, eux... Aujourd'hui, comme
gestionnaire, là, comment il fait pour s'assurer qu'on n'a plus des
mandarines chinoises?
M. Lamontagne : Bien,
des mandarines québécoises, il n'y en a pas beaucoup, là.
M. Fortin : C'est un choix qu'ils font, quand même.
Lamontagne : Non, je comprends, mais il n'y en a pas beaucoup,
mais il peut arriver des produits, effectivement, qui ne viendraient pas
du Québec. Bien, je vous dirais qu'à chaque jour c'est certain que les gens...
Un, je veux le souligner, là, l'équipe du
ministère qui s'occupe de la stratégie nationale, c'est l'équipe de développement de marchés, là. France St-Onge, qui
est responsable de cette équipe-là — ils
font un travail exceptionnel — je veux la saluer, si elle
écoute, bravo! Félicitations! Bien, chaque fois qu'il y a un élément comme ça qui est apporté à la connaissance des gens qui
pilotent ce dossier-là, bien, il y a tout un travail qui se met à se faire.
Comme ça, quand c'est sorti, c'est sûr que,
là, après ça, on s'assoit avec le Conseil du trésor, on s'assoit avec... comment
c'est fait, comment c'est écrit, pour chercher à faire en sorte, tu sais, que
ces choses-là, bien, soient limitées ou ne se reproduisent
pas, mais ce qu'on peut vous dire, là, M. le député, tu sais, pour ce qui s'en
vient, pour le futur, là, les assises sur lesquelles, maintenant, se
fait l'achat institutionnel, là...
C'est un système qui est vraiment, je dirais,
exceptionnel, puis il y a un engagement... Le dernier forum qu'il y a eu sur l'achat institutionnel, qu'on a mis en
place, il y avait 600 participants, des gens qui, ce matin... chaque
matin, se lèvent... puis comment on peut améliorer l'approvisionnement
de nos institutions en produits québécois, mais il peut y arriver des
situations comme on a là. Quand ça arrive, bien, les gens qui sont en charge de
ce programme-là, de ce système-là, bien, je
veux dire, s'assoient avec les gens du ministère, avec le Conseil du trésor...
comment qu'on peut éliminer ces situations-là.
M. Fortin : Je vous demande, M. le ministre, d'en faire une obsession.
C'est ma demande pour aujourd'hui.
Lamontagne : Ah! bien, écoute, bien, votre demande est
accueillie parce que j'en fais une obsession. Ça fait que votre demande
est accueillie.
Fortin : O.K. Et, parlant d'une autre obsession, ça, c'est
la mienne, là, pas la vôtre, moi, j'étais particulièrement fier des
Québécois, là, au cours des derniers mois, et je pense que c'était le cas
partout au Canada aussi, là, mais les gens...
Quand on se promenait dans l'épicerie, là, on voyait que les poires
américaines, là, elles restaient dans les... restaient sur les tablettes, puis les pommes québécoises,
elles étaient prisées, à tel point que les épiciers, ils essayaient de passer
les pommes américaines puis les poires américaines à rabais parce que
les Québécois en voulaient moins, mais nos producteurs de pommes...
C'est une fierté québécoise, les pommes. On a
une tradition de faire ça en famille à l'automne, d'aller à la cueillette aux
pommes. Moi, je faisais ça avec mes parents quand j'étais tout petit puis je
suis certain qu'il y a plein de monde qui
faisait ça ici aussi, là, mais nos producteurs de pommes, année après année,
puis on en a déjà parlé, vous et moi, ils se posent la question, à savoir
pourquoi le gouvernement de l'Ontario, le gouvernement du Nouveau-Brunswick,
le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement de la
Colombie-Britannique offrent des programmes pour leur permettre de mieux
s'adapter aux nouveaux choix des consommateurs, qui sont de loin meilleurs que
ceux du gouvernement du Québec? C'est eux qui le disent, là, et, en fait, les
chiffres le disent, là, c'est indiscutable. Alors, pourquoi on n'offre pas des
programmes pour que nos producteurs de pommes puissent changer le type de
pommes qu'ils cultivent à la hauteur de ce qui est offert ailleurs?
M. Lamontagne : Bien, je ne ferai
pas de comparaison avec ce qui est fait ailleurs, mais par contre tout votre
préambule à savoir que les goûts des consommateurs ont évolué et ont changé
puis qu'il y a une
partie appréciable de nos vergers, au Québec, qui sont
représentatifs de goûts qui sont moins à la mode aujourd'hui, si on veut, là...
Ça fait qu'il y a deux choses qui se passent. On a, encore là, par le biais du
Programme d'investissement croissance durable, des possibilités, pour les
producteurs, d'avoir accès à du soutien pour être capables de replanter,
d'utiliser des nouvelles variétés, et tout ça, mais une chose très importante,
c'est qu'encore là les spécialistes du ministère travaillent en étroite
collaboration avec les pomiculteurs pour convenir d'un plan pour, justement,
pouvoir ajuster leur production pour les années futures, là, avec ces nouvelles
variétés là.
M. Fortin :
Bien, ça, je n'ai pas de doute que les gens du ministère travaillent avec eux
autres, mais ils ne sont pas satisfaits. Ils sont... En fait, ils sont
réellement insatisfaits. Ils regardent ce qui se fait en Ontario, là, puis ils
disent qu'il y a 75 % des dépenses qui sont admissibles en Ontario quand
on change notre variété d'une à l'autre parce
qu'ils savent que les goûts des consommateurs changent avec le temps. Alors là,
on se retrouve, au Québec, avec plus de producteurs qui font de la
production, appelons ça, là, des vieilles variétés, là, et on se trouve à les
passer en compote, en produits, en produits
transformés, à moindre profit également pour nos producteurs, qui voient les
producteurs ontariens puis les
producteurs de la Nouvelle-Écosse qui, eux, se disent : Ah! bien, moi, le
gouvernement, chez nous, là, il me
donne un sapré coup de main, puis je suis capable de faire une transformation
pas mal plus rapide qu'au Québec de mes
arbres. Alors, pourquoi on n'a pas cette aide-là spécifiquement, là, pour les
aider à passer de la vieille production, là, passer à de la Cortland à
du Honeycrisp, là, par exemple?
M. Lamontagne : Bien,
honnêtement, je vous le répète encore, il y a vraiment... C'est une réalité qui
existe, cette nécessité-là de faire évoluer
les plantations. Ce que je vous dis, c'est que les gens au ministère
travaillent étroitement avec les pomiculteurs pour
convenir d'un scénario pour les années qui s'en viennent, puis notre volonté,
c'est qu'à la lumière des ressources que l'on va avoir, dont on va disposer,
bien, c'est de pouvoir être en accompagnement. On a été... De tout temps, on a été en accompagnement auprès des
pomiculteurs, là, pendant des années, pour les accompagner dans leurs
défis puis on encore ce désir-là, là.
M. Fortin :
Vous savez ce que j'entends, moi, entre autres, là, de l'industrie, là, c'est
qu'ils se disent : Le gouvernement est bien heureux, là, d'aller faire une
annonce pour des carottes parce que c'est le fun, hein, c'est le fun, s'installer avec une compagnie, un
producteur, puis dire : Aïe! Voici, là, on va faire ça, mais, quand vient
le temps de faire des programmes, ça,
ce n'est pas... c'est peut-être moins vendeur politiquement, là, faire des
programmes, bien là c'est plus compliqué. C'est ça que les producteurs
se disent entre eux aujourd'hui.
M. Lamontagne : Oui, mais, en réalité, pour aller un petit peu
plus loin dans l'histoire des carottes parce que vous en parlez, là,
bien, les carottes, c'est un bel exemple, c'était...
M. Fortin :
Non, mais je ne vous dis pas que ce n'est pas une bonne chose, je ne dis pas
que ce n'est pas une bonne affaire.
M. Lamontagne : Non, non, non,
mais ce que je dis, ce que j'allais vous dire, excusez-moi, M. le député, c'est que ce n'est pas juste quelqu'un qui s'est
levé un matin puis qui a décidé qu'il faisait des minicarottes, c'est qu'on
a 10, 12 producteurs, on a une douzaine de producteurs qui se sont assis
ensemble, qui ont regardé les volumes qu'ils produisaient,
ils ont regardé qu'est-ce qui entrait des États-Unis et d'ailleurs,
ils ont regardé qu'est-ce qui pouvait être fait, ils se sont mis ensemble, ils se sont trouvé un fer de lance, ils
ont trouvé de l'investissement, ils sont venus chercher du soutien, puis
ce qu'ils ont mis en place, c'est assez exceptionnel comme initiative.
M. Fortin : Bien, moi, je pense qu'il y a du monde en
Ontario, en Nouvelle-Écosse, en Colombie-Britan