House Proceedings — 21 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-04-21
Quebec — Debates (Hansard)
souligne la contribution de Mme Myrtha Laflamme, femme de coeur et de tête
qui prendra bientôt sa retraite après
autant d'années à la barre de cet organisme et qui a su faire rayonner La
Maison d'un nouvel élan à travers tout le Québec par ses nombreuses implications sur les instances locales,
régionales et nationales. Je veux souligner également le travail exceptionnel
des membres du conseil d'administration, le dévouement, le professionnalisme du
personnel, l'implication, la
générosité des bénévoles de La Maison d'un nouvel élan, où je vais dîner
souvent, M. le Président. Si vous venez à Jonquière, je vais vous y
inviter.
25e anniversaire! Bonne continuité à cet organisme qui est un élément de
fierté à Jonquière.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député. Merci
pour l'invitation également. M. le député d'Ungava.
Boucher : Bonjour, M. le Président. J'aimerais vous parler aujourd'hui
et vous raconter l'histoire d'un jeune hockeyeur
cri de mon comté. Niko
Trapper, 14 years old, is dreaming since forever to play in the National
Hockey League. Cependant,
il a dû renoncer au hockey lorsque son père décéda et que sa mère se retrouva
seule avec trois enfants. À l'âge de
neuf ans, il a pu retourner sur la glace et n'a jamais cessé de donner son
maximum et de tout faire pour rattraper le temps perdu, et ce, malgré de
nombreuses épreuves.
Recently, he became rookie of the year in the
hockey league of Québec. Il joue
aujourd'hui avec les Ambassadeurs de Chibougamau, et le hockey est sa
passion. He is a proof that we should never give up our
dreams.
Bonne
continuité, Niko! Et j'espère avoir un jour l'occasion d'aller t'encourager
lors d'une finale de la coupe Stanley.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député. M. le député des
Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, M. le Président. Le 10 avril dernier, la
résidence Le Havre du quartier Saint-Jean-Chrysostome, à Lévis, a célébré son 10e anniversaire.
Depuis 2005, une quarantaine de personnes âgées autonomes et semi-autonomes
peuvent être logées à moindres coûts dans un milieu sécuritaire et convivial.
L'idée de départ de ce projet revient à M. Sylvain Soucy,
un jeune homme préoccupé par l'hébergement des personnes vieillissantes de son
milieu alors que ses deux grands-parents
avaient dû être relogés séparément, faute de résidence pour les accueillir.
Première résidence pour aînés dans le
quartier Saint-Jean-Chrysostome, sa réalisation a été rendue possible grâce au
programme AccèsLogis de la Société d'habitation du Québec et de la
collaboration du groupe GRT Habitation Lévis.
l'occasion de ce 10e anniversaire, je félicite les instigateurs du projet
ainsi que tous ceux et celles qui assurent un service de qualité pour le
mieux-être des résidents. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous. Mme la députée de
Charlevoix—Côte-de-Beaupré,
je vous cède la parole.
Mme Simard :
Merci, M. le Président. Le 12 avril dernier, huit élèves en adaptation
scolaire de l'école secondaire du
Mont-Sainte-Anne ont remporté un prix et la mention du plus beau véhicule pour
la rue au 46e salon de l'Auto-Sport de Québec pour la restauration
complète d'une superbe Camaro 1969. Le projet Tuning — Moteur
de persévérance, qui en était à sa troisième
présentation, permet à des jeunes en difficulté d'apprentissage de combiner
durant 15 semaines travail manuel, développement de compétences et
études afin de revamper une auto de collection.
tant que députée et adjointe parlementaire du premier ministre à la jeunesse,
je suis fière de soutenir et reconnaître
une communauté qui collabore ensemble pour promouvoir la persévérance scolaire.
Le projet Tuning réunit de nombreux
partenaires du milieu. Il s'agit d'un projet positif et coordonné avec succès
par le Carrefour jeunesse-emploi de
Charlevoix—Côte-de-Beaupré
et sa coordonnatrice attitrée au projet, Gabrielle Morin. Félicitations à
Bryan, Cédrick, Éliza, Jérémie,
Laurie, Nicolas, William et Yannick
pour ces honneurs bien mérités ainsi qu'à Christian Fortin et Christian
Lajeunesse, leurs mentors. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée. Mme la députée de Gouin, pour votre déclaration.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. L'année 2015 marque le 25e anniversaire de Main-forte, un organisme
de ma circonscription qui permet à
des personnes avec handicap physique de briser leur isolement et de se réaliser
à travers le travail.
Offrant
différents services tels que l'emballage, l'assemblage et la préparation
d'envois postaux, Main-forte vise l'intégration
de ses membres tant sur le plan social que professionnel. À Main-forte, on
travaille à son rythme, selon ses capacités. J'y ai vu la réalisation
concrète de l'adage qui dit que tout seul, on va plus vite, ensemble, on va
plus loin.
L'an
dernier, j'ai eu le plaisir d'aller rencontrer les travailleurs et travailleuses de l'organisme. J'ai côtoyé une
équipe dynamique et dévouée, dont la bonne humeur est contagieuse.
salue donc toute l'équipe de Main-forte, un organisme inspirant, profondément
humain et dont la mission est essentielle pour une société plus
inclusive et égalitaire. Joyeux 25e anniversaire!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée. M.
le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour : Merci beaucoup, M. le Président. Le 16 avril dernier,
au Palais des congrès de Montréal, se tenait la 35e présentation du Gala des
Mercuriades. C'est un prestigieux concours organisé par la Fédération des
chambres de commerce du Québec. Y participent des entreprises parmi les
plus dynamiques de notre territoire québécois. Et, parmi celles-ci, cette
année, il y avait une entreprise de Rivière-du-Loup, Soucy
industriel, qui est spécialisée dans le domaine de l'industrie minière, l'hydro-électricité, les alumineries, les pâtes et
papiers, les scieries et, qui sait, M. le Président, potentiellement le domaine
maritime.
Soucy
industriel s'est distinguée dans la catégorie Accroissement de la productivité.
Alors, aujourd'hui, moi, je tiens à
saluer le travail de tous ces employés, de toutes ces ressources humaines à
l'intérieur de l'usine à Rivière-du-Loup, mais également du côté nord parce
qu'ils font un travail qui est tout à fait remarquable, qui permet à notre
région de bien se définir sur le plan économique.
C'est
un fleuron de chez nous, et je tiens à leur transmettre nos... tous sincères
remerciements. Vous savez, Soucy industriel, c'est une histoire qui dure
depuis 80 ans à Rivière-du-Loup. Alors, longue vie à cette belle
entreprise!
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous M. le député. M. le député de
Nicolet-Bécancour.
Martel : Merci, M. le Président. Je vais rendre hommage aux
organisateurs du Carnaval de Gentilly ici présents, un événement festif d'envergure, qui, depuis 1969,
permet à toute une population de se divertir, de mieux se connaître et
de tisser des liens encore plus serrés.
Carnaval de Gentilly est le deuxième plus ancien carnaval d'hiver après celui
de Québec. Je crois fermement à l'importance de ce genre d'initiatives,
non seulement parce qu'elles permettent de divertir les gens et de financer des
activités communautaires, mais aussi parce
qu'elles contribuent à créer un véritable sentiment d'appartenance, un élément
essentiel à la survie et à l'essor de nos communautés en région.
Je veux féliciter
chaleureusement les organisateurs de la 46e édition du Carnaval de
Gentilly, son président, M. Steve Brunelle,
et toute l'équipe qui l'a accompagné. Je veux rendre hommage à cette admirable
communauté qu'est Gentilly, une communauté fière, dynamique et désireuse
de faire bouger les choses. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député. Mme la
députée de Mille-Îles, pour votre déclaration.
Charbonneau : Merci, M. le Président. Permettez-moi
aujourd'hui de rendre hommage à M. Umberto Bruni, qui célébrait son 100e anniversaire le 24 novembre
dernier. M. Bruni habite depuis 40 ans dans la merveilleuse circonscription
de Mille-Îles.
Bruni a été non seulement un peintre, mais aussi professeur et fondateur de la
faculté d'arts de l'université de Québec. Il a également publié
récemment un livre sur l'homme et son art. Il a aussi réalisé des portraits des
lieutenants-gouverneurs Paul Sauvé et Alphonse Raymond. On retrouve aussi
plusieurs de ses fresques et vitraux dans de nombreuses églises du Québec.
Enfin,
M. Bruni a reçu de nombreux prix, notamment un remis par Robert Bourassa,
premier ministre du Québec, pour ses 50 ans de vie artistique ainsi
que des hommages.
Aujourd'hui,
je tiens à le féliciter pour l'ensemble de son oeuvre, pour l'ensemble de ses
accomplissements. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée.
Enfin, M. le député de Saint-Jean, pour votre déclaration.
Turcotte :
Merci, M. le Président. C'est le 12 avril dernier que s'est tenu le
Championnat provincial de basketball collégial, durant lequel les Géants
du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu ont remporté les honneurs.
effet, après avoir gagné le calendrier régulier ainsi que les séries
éliminatoires dans la
section sud-ouest de la division 2, l'équipe
féminine a couronné cette saison de rêve en remportant le championnat et, par
le fait même, le premier
titre québécois de leur
histoire. Nos Géants ont remporté la médaille d'or en dominant largement les
Élans du cégep Félix-Garneau et par le score de 79 à 58.
Cette
victoire est une fierté pour toutes les Johannaises et tous les Johannais, et,
à
titre de député de Saint-Jean, je
désire vous féliciter pour ce bel accomplissement. Vous êtes dignes
représentantes de l'équipe des Géants du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu
ainsi qu'une source de fierté et de persévérance pour nos jeunes! Merci
beaucoup à vous.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Saint-Jean.
Voilà
qui met un terme à la rubrique Déclarations de députés. Je suspends les travaux
de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 58)
Le Président :
Merci. Veuillez vous asseoir.
J'ai le plaisir de
souligner la présence dans nos tribunes de la députée de l'Assemblée nationale
française Mme Seybah Dagoma, qui est députée de la cinquième circonscription de
Paris.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Le Président :
Non, il n'y en a pas d'autre. Il y en a qui prennent des habitudes comme ça.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Le Président :
J'en aurai probablement d'autres un autre jour, M. le chef.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, il me fait plaisir de déposer les
réponses du gouvernement aux pétitions présentées par : la députée de Joliette le
26 février 2015; le député de Saint-Jean le 17 mars 2015;
la députée de Repentigny et le député de Marie-Victorin le
19 mars 2015.
Le Président :
Ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
la rubrique Dépôt de pétitions, j'ai reçu une demande de M. le député de
Rousseau pour présenter une pétition qui est non conforme. Est-ce que
j'ai un consentement pour le dépôt?
Le Président :
Vous êtes sûrs?
Le Président :
O.K. Alors, consentement. M. le député de Rousseau, on vous écoute.
M. Marceau : Bien, merci, M. le Président. Et je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 7 134 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant qu'avec le projet de loi 28 le gouvernement du Québec demande aux pharmaciens d'offrir plus de
services aux patients, tout en coupant 177 millions de dollars dans leurs
honoraires;
«Considérant
que les conditions imposées aux pharmaciens auront pour effet de réduire
l'accès aux soins de santé, par la réduction des heures d'ouverture de
la pharmacie et par la réduction de la main-d'oeuvre qualifiée;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, citoyens et citoyennes du Québec, réclamons que le ministre des
Finances modifie le projet de loi 28
afin que les pharmaciens propriétaires puissent conserver les ressources
nécessaires au maintien des services en pharmacie.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
J'ai
reçu une demande d'un dépôt de pétition non conforme de la part de — toujours — M. le député de Rousseau. Est-ce
que j'ai un consentement?
Président : Toujours
non conforme. En tout cas, il y a un consentement. Alors, M.
le député de Rousseau, nous vous écoutons.
Marceau : Merci, M. le Président. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 66 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que nous
disons non aux coupures;
«Considérant
que nous disons non à la diminution des services en pharmacie pour les
personnes démunies, les personnes ayant besoin davantage d'attention,
ainsi que les personnes âgées;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
voulons aider notre pharmacien à garder un service de qualité en pharmacie.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
vous informe cependant que j'entendrai demain, après les affaires...
c'est-à-dire aux renseignements sur les travaux de l'Assemblée,
j'entendrai des plaidoiries relatives à la question de privilège soulevée par
Mme la leader de l'opposition jeudi dernier.
Nous
en sommes donc maintenant à la période de questions et de réponses orales, et
je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard : Merci, M. le Président. Triste journée hier, et
j'ose croire que demain sera aussi une triste journée, mais dans un autre ordre, dans notre beau
Parlement fédéral, M. le Président. On connaît les grandes lignes du
budget : on va offrir des
mesures pour les plus fortunés, on va faire quelques bonbons électoraux, et il
y aura des surplus budgétaires croissants
au fédéral. Pendant ce temps-là, à Québec, on s'apprête à voter un budget qui
sabre dans la santé, dans l'éducation, qui augmente le fardeau fiscal des
familles et attaque de front les régions.
Il est donc
surprenant de voir le premier ministre rester totalement muet face à cette
situation. Il n'a rien demandé sur les
transferts en santé, sur le pont Champlain, rien pour exiger, par exemple, une
compensation pour le registre des
armes à feu, puis pas un mot sur les revendications traditionnelles du Québec
et les revendications financières. Voyant venir l'échec, le premier ministre a décidé de ne pas parler, M. le
Président, et ça, ça va avoir des conséquences sur la dure réalité des
Québécois dans la prochaine année. Sa loyauté aveugle lui a enlevé la parole,
malheureusement.
Comment
le premier ministre peut expliquer aux Québécois qu'il a gardé le silence,
qu'il n'a fait aucune demande sur
l'utilisation des taxes et des impôts qui sont envoyés au Canada, à Ottawa,
alors que, chez nous, nous vivrons les plus grandes coupures dans des
secteurs névralgiques que sont la santé et l'éducation?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, avec respect, je veux signaler à mon collègue que ces
demandes ont été exprimées à plusieurs
reprises, plus spécifiquement pour le budget qui sera déposé aujourd'hui, et,
on le verra dans quelque temps, on n'a pas de raison de croire que ça
serait différent, on ne veut voir aucune mesure qui mettrait en jeu les
équilibres financiers du Québec et notamment l'équilibre budgétaire pour
l'année à venir.
Nous
avons à de nombreuses reprises, nombreuses reprises, demandé une accentuation
de l'investissement en infrastructures,
notamment pour les régions nordiques et le secteur maritime. Nous avons à de
nombreuses reprises insisté, et je le
répète encore aujourd'hui, insisté pour que les transferts en santé tiennent
compte de la réalité démographique de chaque
région du Canada. Je ne connais pas d'endroit dans le monde où on finance la
santé sur une base purement per capita. On l'a dit à plusieurs reprises. Et on espère également qu'il y aura des
mesures de relance économique compatibles avec celles que nous avons mises de
l'avant, notamment pour les entreprises, et tout allègement fiscal pour les
contribuables sera bien sûr bienvenu.
Maintenant,
M. le Président, ce que je dois dire et répéter, c'est que l'enjeu budgétaire
qui est devant nous, que le collègue connaît très bien, auquel son parti
a déjà fait face dans le passé, ce n'est pas un enjeu qu'il faut renvoyer à d'autres quant à leurs responsabilités. C'est
notre responsabilité, au Québec, de mettre fin aux raisons structurelles pour
lesquelles nous avons eu des déficits, un endettement important, et, comme se
plaît à nous le rappeler fréquemment notre
collègue de la deuxième opposition, une croissance économique moins vigoureuse
qu'ailleurs en Amérique du Nord. Ce sont nos problèmes, on va les régler
au Québec.
Maintenant,
pour ce qui est du budget fédéral, je viens de résumer, je viens de résumer, M. le Président, les attentes qu'on a. On verra ce soir l'annonce du budget.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : M. le Président, dans nos problèmes structurels, il y a, effectivement, de payer des impôts à Ottawa,
alors qu'il ne se soucie pas de nos besoins
et des attentes que nous avons. Il chuchote ses demandes, alors qu'il devrait
parler fort pour les revendications du
Québec. Est-ce que je dois lui rappeler qu'il n'y a pas rien qu'un
budget, il y a une campagne fédérale qui s'en vient où il
y aura des enjeux qui vont être discutés.
une certaine époque, le premier
ministre québécois
avait fait des demandes, les avait envoyées. Est-ce que le premier ministre peut au moins faire la même chose et transmettre les demandes du Québec
officiellement et fortement?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, la réponse à ça est claire : Nous le ferons. Nous le ferons
par des discours au Québec et ailleurs,
nous le ferons également par écrit parce que c'est mon devoir,
c'est le devoir du gouvernement de faire ça, de faire la promotion et la
représentation des intérêts du Québec, et on le fera sans arrêt.
Maintenant,
pour ce qui est des équilibres financiers du pays, je vais répéter mes
questions, qui ne sont toujours... qui
n'ont toujours eu aucune réponse, parce qu'il n'y a pas de réponse à apporter,
du côté de l'opposition officielle. On sait
que leur projet, c'est de faire croire aux Québécois que tout va mieux aller
quand on sera sorti de la fédération canadienne. Alors, je leur pose des
questions : Par quoi on remplace la péréquation? Par quoi on remplace
l'excès de dépenses fédérales par rapport
aux revenus au Québec? Quelle sera la dette? Quel sera le service de la dette
d'un Québec séparé du Canada?
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : C'est des questions très, très simples. Il n'est tout simplement pas
acceptable qu'on n'ait pas de réponses à ces questions.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : J'ai fait une interpellation sur les avantages de
la souveraineté, puis le premier ministre n'a pas daigné se présenter lorsque je l'ai faite, cet automne.
J'aurais aimé l'entendre là-dessus. Mais où il est inaudible, M. le Président,
c'est quand vient le temps de demander notre
dû, les taxes qu'on envoie à Ottawa. Ça, on ne l'entend pas. On l'entend
un peu ici, là, mais pas très fort, puis ça
n'a rien à voir avec la force de sa voix, c'est comment il le fait. On ne
demande rien, et c'est normal qu'on n'obtienne rien.
Moi,
je demande au premier ministre, là — puis je dépose un document qui avait été
transmis, à l'époque, par le premier ministre Charest : Est-ce
qu'il peut faire la même chose que le premier ministre Charest avait faite
avant lui?
Le Président : Consentement
pour le dépôt? Consentement. M. le premier ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, on a déjà commencé à le faire, soit par notre voix à nous, soit en
joignant notre voix — ce
que l'opposition officielle est incapable de faire — avec d'autres régions
du Canada en bâtissant des alliances,
notamment avec le Conseil de la fédération, qui vient récemment de prouver
toute son utilité autour de l'enjeu des changements climatiques.
Alors, oui,
bien sûr, on va faire, M. le Président, ces demandes, ces manifestations de
promotion des intérêts du Québec,
mais je vais lui donner un exemple très récent qui devrait l'amener à réfléchir
davantage : dans le dossier des services
de garde, qu'il a soulevé à plusieurs reprises dans cette Assemblée, qui a
laissé l'argent sur la table à Ottawa? L'opposition officielle. Qui est
allé rechercher de l'argent pour les familles du Québec? Notre gouvernement.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Effectivement, il a un bel appui de ses collègues du reste du Canada. On a fait
des demandes dans les transferts en
santé, je pense que la réunion n'avait pas commencé que, déjà, on disait :
Non, il n'y aura rien. Depuis ce
temps-là, on n'entend plus rien, comme si ce n'était pas légitime. Si on avait
fait la même chose sur le déséquilibre fiscal à une certaine époque, on
n'aurait pas eu un sou.
Ce que je
demande au premier ministre, c'est de bomber le torse un peu. Il le fait à
l'égard des étudiants, il le fait à l'égard
des parents, est-ce qu'il peut le faire à l'égard du fédéral, où on paie nos
impôts et on a le droit d'obtenir notre juste part?
Moi, je
demande au premier ministre au moins de transmettre une lettre qui ressemble à
celle qu'on avait envoyée il y a quelques années, quand on se tenait
encore un peu debout.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Bien, M. le
Président, je trouve que mon collègue manque d'ambition. Il devrait demander davantage. On ne fait pas juste une lettre, on va
faire des déclarations, on va faire des discours au Québec et ailleurs et on
va bâtir ces alliances dont je parlais
tantôt. Et, oui, on transmettra un document à l'approche des élections
fédérales, mais on le fera au moment approprié, pas lorsque le collègue
le demande, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Sanguinet.
Therrien : Merci,
M. le Président. Dur réveil pour de
nombreux travailleurs au Québec. Là, on découvre la teneur des amendements que le gouvernement a fait adopter par bâillon cette nuit. Enfoui dans 148 pages d'amendements, le gouvernement, dans la foulée de l'abolition des CLD, a forcé
l'adoption de l'article 255.12 qui stipule, et je cite : «Aucun
contrat de travail, aucune accréditation ou convention collective au sens du Code du travail liée un CLD ne lie une municipalité
régionale de comté...»
En somme, non
seulement on met à la porte des travailleurs des CLD, mais, pour ceux qui seront réembauchés, on leur enlève
leur accréditation syndicale, leur convention collective, bref, leurs
conditions de travail, et tout ça par amendement
dans un bâillon, donc sans aucune consultation, sans aucun respect pour les
travailleurs qui ont contribué au développement économique du Québec.
J'aimerais
savoir du ministre du Travail : Comment a-t-il pu laisser passer une
entorse aussi flagrante à l'article 45 du Code du travail?
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
M. Moreau :
D'abord, M. le Président, il faut savoir ce que c'est qu'un CLD. Un CLD, c'est
un organisme à but non lucratif qui est complètement indépendant et qui n'a
aucun lien avec une municipalité locale ou régionale. Ce que la loi ou le projet de loi n° 28 est venu faire,
c'est de retirer l'obligation, pour une municipalité régionale de comté, de
transiger avec l'organisme, qui est
un organisme à but non lucratif et qui est en soi un employeur pour lequel la
municipalité régionale de comté n'a aucun élément de redevance ou de lien d'emploi, en
disant : Dorénavant, si vous souhaitez continuer à faire affaire avec un CLD, vous pourrez le faire, mais
vous n'aurez pas l'obligation de le faire, de sorte que le CLD va continuer à
avoir ses relations de travail avec ses employés, comme un tiers par rapport à
la municipalité.
que nous faisons, M. le Président, cependant, contrairement à ce que le
gouvernement du Parti québécois a fait, c'est... On ne va pas imposer un modèle unique pour le développement
local et régional, mais on dit aux gens des régions, aux élus des
régions qui sont imputables : Vous ferez le développement économique à la
couleur de votre région. En accompagnement, le gouvernement du Québec...
Le Président :
En terminant.
M. Moreau :
...sera là comme un partenaire. C'est comme ça qu'on travaille, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien : M. le Président, si c'est le cas, pourquoi on a
déposé un amendement? Les règles qui s'appliquent lors du transfert
d'employés est un sujet litigieux qui a fait l'objet de nombreux débats et
affrontements au Québec. Aujourd'hui, le
Parti libéral vient dire aux employés des CLD :
L'article 45 du Code du
travail ne s'appliquera pas à vous. Vous perdez votre accréditation, vos
conventions collectives et vos conditions de travail.
Comment le ministre
du Travail peut-il vivre avec ça?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
Moreau : M. le Président, le ministre du Travail n'a pas à
vivre avec ça puisqu'il n'y a pas de transfert d'emploi. Le ministre du
Travail n'a pas à vivre avec ça puisqu'il n'y a pas de transfert d'emploi.
Mais ce que je dirais
à mon collègue de Sanguinet, c'est de prendre connaissance du rapport du
Vérificateur général sur la performance des
CLD au Québec, lui qui estime que c'était la plus belle invention depuis le
pain tranché. Et on se rencontrera,
M. le Président... on se rendra compte, M. le Président, en lisant ce rapport,
qu'il y avait un budget de trois fois
le budget du fonds d'investissement qui était utilisé. Et savez-vous quoi? On a
utilisé des fonds du Fonds local d'investissement pour payer encore plus
de frais de gestion. Alors, il n'y a pas de leçons à recevoir des CLD, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
M. le Président, on attaque les CLD. J'aimerais ça qu'il aille dans les régions
parler des CLD. Il verrait que les gens y tiennent. Après le projet de loi
n° 3, qui brisait les contrats de travail dûment négociés, le gouvernement
vient encore une fois s'en prendre aux travailleurs du Québec. Et le gouvernement
n'a même pas eu le courage de les rencontrer.
J'en appelle au ministre
du Travail, c'est lui que je veux entendre. Qu'est-ce qu'il va faire pour
défendre les travailleurs du Québec?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
Moreau : M. le Président, je n'ai pas attendu l'invitation du
député de Sanguinet pour aller dans les régions du Québec. J'ai fait les Îles-de-la-Madeleine, la Gaspésie, l'Abitibi,
l'Outaouais, je pense que j'en oublie, là, j'en ai fait quelques autres, et partout on a parlé justement de
la nouvelle gouvernance régionale, et partout où on a parlé de la gouvernance régionale, les élus, qui sont des gens
imputables, en qui nous, on a confiance — je ne comprends pas pourquoi vous
n'avez pas confiance dans les élus locaux et régionaux — eux
ont dit : On va choisir notre propre modèle de développement. Dans certains cas, on va maintenir le CLD s'il était
performant, mais, s'il ne l'était pas, on ne prendra pas le modèle du
goulag, on va s'en faire un à nous, qui est respectueux de nos régions et pour
lequel nous...
Le Président :
En terminant.
M. Moreau :
...on sera responsables et redevables. C'est ça, la diversité au Québec, M. le
Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
M. le Président, la ministre déléguée à la Réadaptation suggérait hier aux
usagers des CHSLD d'acheter des bains
supplémentaires avec le programme chèque emploi-services au lieu d'acheter des
bains au noir. Or, les personnes qui
demeurent dans un établissement public, dont les CHSLD, ne sont pas admissibles
au programme chèque emploi-services. Pendant que le gouvernement
s'attaque aux employés, envoie des directives aux institutionnaires, personne ne se préoccupe des résidents. Les
scandales se multiplient, et la ministre, elle suggère l'utilisation d'un
programme qui est incompatible pour régler
le problème. Et, en plus de ça, la ministre des Aînés continue, elle, d'être
muette.
Est-ce
que la ministre déléguée à la Réadaptation peut corriger son intervention
d'hier et indiquer qu'il n'est pas possible
d'avoir recours au programme de chèque emploi-services pour les personnes qui
demeurent dans un CHSLD?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je remercie le nouvel élu de Sorel de nous
donner l'occasion de remettre les choses dans leur bonne perspective — Richelieu, je m'excuse. M. le Président,
évidemment, tout le monde ici, on est tous pour, évidemment, qu'on fasse en sorte que nos aînés, dans les CHSLD,
reçoivent les meilleurs soins possible. Il y a des guides de pratique,
il y a des paramètres qui sont suivis sur le terrain, et évidemment on parle
ici d'hygiène personnelle.
qui est en cause ici, M. le Président, c'est, d'abord et avant tout, le fait
que des individus se soient mis en conflit d'intérêts, d'une part, et évidemment aient eu des activités
commerciales au noir dans une situation qui est évidemment très particulière, parce qu'elle met en cause les
gens les plus vulnérables. Et ce que l'on va demander, M. le Président, évidemment,
c'est de cesser cette façon de faire là, ce qui n'empêche pas d'avoir...
M. Barrette :
Bien, j'arrive à ma réponse, là.
Le Président :
Je m'excuse. Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
Article 79. Nous voulons avoir une information
précise. Est-ce qu'elle va revenir sur ses propos sur le chèque
emploi-services?
Le Président :
M. le ministre de la Santé, veuillez continuer.
Barrette : Et, M. le Président, ce que... Et j'arrive au sujet. Le
sujet est assez vaste, évidemment, parce qu'on parle de la problématique des soins aux personnes âgées. Alors, ce que
l'on a proposé simplement est de faire en sorte que les choses se
fassent dans la plus grande transparence, et il est tout à fait possible pour
ces gens-là...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...de passer par les entreprises d'économie sociale qui,
elles, ont accès à ces chèques, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, monsieur...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Oui. M. le Président, j'ai entre les mains le Cadre normatif du programme de
Soutien à la personne , qui dit en
toutes lettres à la page 9 que les personnes qui demeurent dans un
établissement public, dont les CHLSD, ne sont pas admissibles au
programme de chèque emploi-services, et les organismes ne le sont pas.
Est-ce que la
ministre peut corriger son intervention d'hier, M. le Président? À moins
qu'elle ne préfère, évidemment, modifier le cadre normatif.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, comme je l'ai dit à plusieurs reprises
hier dans de nombreuses entrevues, les gens qui sont en CHSLD sont là, c'est leur résidence. Alors, pour la famille
et pour les personnes... Et évidemment on comprendra que, pour la plupart des personnes qui sont en
CHSLD, elles n'ont pas la capacité de faire cette négociation-là. Et, en
général, ça passe par les familles, et les familles ont le loisir de
s'adresser aux personnes et aux organisations — en général, communautaires — qui peuvent le faire selon des normes qui
sont reconnues dans les différents règlements. Et actuellement, encore une fois, ce que l'on demande, évidemment,
c'est que nos aînés aient les meilleurs soins possible dans un cadre qui
respecte la réglementation.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Le ministre contredit le cadre normatif, M. le Président, mais, chèque
emploi-services ou non, des aînés
sont négligés dans nos CHSLD. Le Journal Les 2 Rives , de ma région, nous
apprend aujourd'hui que les préposés des
CHSLD de Contrecoeur et puis de Varennes n'ont pas donné de bain à des
bénéficiaires à plusieurs reprises depuis le mois d'août parce que le
personnel manquant n'était pas remplacé.
Est-ce que la
ministre des Aînés peut se lever enfin? Est-ce qu'elle peut veiller à cette
clientèle vulnérable, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, évidemment, encore une fois, on revient
sur un angle du sujet, alors que le sujet, M. le Président, est l'hygiène personnelle. Et les préposés qui sont
dans nos institutions, dans leur formation, sont les gens responsables, et ils ont la compétence pour le
faire — et je
vous dirais, M. le Président, qu'ils le font très bien — d'offrir et de procurer aux personnes
âgées les soins d'hygiène personnelle appropriés, M. le Président.
renchéris sur le fait, M. le Président, que, pour cette clientèle-là, il n'est
pas toujours possible, pas toujours possible de donner ce type de service. D'ailleurs, le ministre de la Santé
précédent l'a dit lui-même en entrevue la semaine dernière, une norme
comme celle-ci, nationale, serait médicalement inappropriée.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Oui, M. le Président. Le Mouvement Desjardins a mis à
jour hier les prévisions économiques pour l'Amérique du Nord. Il prévoit une croissance économique de 2,5 %
en Colombie-Britannique, 2,6 % au Manitoba, 2,7 % en Ontario, 3 % aux États-Unis. Et combien
pour le Québec? 1,7 % pour cette année, 1,5 % pour l'année prochaine.
C'est pire que les provinces
atlantiques, M. le Président. Ça veut dire, concrètement, que le Québec risque
de passer du 57e rang au 58e rang sur 61.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Il n'y a qu'un
intervenant ici — M. le
député de Louis-Hébert — qu'un intervenant ici, c'est le chef du deuxième groupe
d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre pourra mettre ça
dans sa liste de réalisations ou dans son CV en 2018.
le Président, le problème, c'est qu'il manque d'investissement des entreprises au Québec, puis il faut changer
les façons de faire chez Investissement Québec. Or, le problème qu'on a, c'est que le ministre de l'Économie, c'est lui qui a été président d'Investissement Québec de 2006
à 2013. Donc, c'est pas mal difficile de demander à celui qui nous a
amenés là de changer...
Donc, ma question au
premier ministre : Est-ce que le premier ministre reconnaît, d'abord, que
les prévisions économiques sont mauvaises
pour le Québec? Est-ce qu'il reconnaît qu'avec une aussi faible croissance ce
ne sera pas possible de réduire les impôts de la classe moyenne?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, non seulement ce sera possible de le faire, mais on va le faire. On
l'a annoncé dans le budget,
2 milliards de baisses d'impôt pour les particuliers, notamment avec
l'abolition de la taxe santé, et ça sera fait.
Maintenant,
on a déjà échangé, lui et moi, sur la question des prévisions de croissance.
Dans notre budget, on prévoit 2 %, ce
qui est conservateur. La CIBC prévoit 2,4 % pour le Québec. Alors, bien
sûr, il est sélectif. Il pourrait me dire :
Moi aussi, je suis sélectif, je parle de 2,4 %. Mais il faut donner un
aperçu plus large de ce que les analystes prévoient, et, bien sûr, on
est très conscients de la nécessité d'attirer l'investissement privé.
attirer l'investissement privé, ça se fait comment? Ça se fait en rétablissant
le climat de confiance, qui a été ébranlé,
au cours des dernières années, entre les investisseurs et le Québec. Ça se fait
en allégeant la fiscalité. Ça se fait en donnant des incitatifs à l'investissement, ce qu'on vient de confirmer
encore une fois dans le dernier budget, notamment pour les investissements en région, et avec des
congés fiscaux pour les investissements de grande importance. Ça se fait en
allant à l'étranger, puis en vantant les
mérites du Québec, puis en faisant la promotion d'investissements avec des bons
résultats, des résultats tangibles et qui
vont se poursuivre. Ça se fait en lançant des grands projets de société comme
le Plan Nord, bientôt la stratégie
maritime. Ça se fait en soutenant nos PME. Plusieurs milliards de dollars
de soutien aux PME d'investis au cours des derniers mois déjà.
Alors,
il y a beaucoup de travail à faire, je suis d'accord avec lui. On devrait faire
mieux au Québec, notre potentiel de
croissance est meilleur que celui qu'on a. Mais il faut aller à la racine des
problèmes et les régler un par un, et surtout ne pas laisser croire à la
population qu'une chose, une chose seulement va permettre d'améliorer la
situation.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre lui-même, dans
ses prévisions, estime qu'il ne va pas faire plus que 2 % d'ici la fin de son mandat par année.
C'est la preuve que son plan économique ne fonctionne pas. M. le Président,
le Québec marche, alors que nos voisins courent.
Quand va-t-on sortir,
M. le Président, de ce déclin tranquille? Quand va-t-on sortir de ce déclin
économique? Quand va-t-on sortir de ce déclin de la classe moyenne au Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, moi, je n'ai pas le même discours sur le
Québec. Ça fait plusieurs années que
notre collègue... Je lui reconnais le mérite d'avoir lancé des idées depuis son
retour en politique, mais ça fait depuis plusieurs années qu'il a un discours de déclin. Idées, d'ailleurs, pour
les meilleures d'entre elles, qu'il nous fait plaisir d'incorporer à nos
actions.
Mais, M. le
Président...
Des voix :
Ha, ha, ha!
Couillard : Et je le remercie pour ça également.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Président : La question a été posée de façon très claire et
très correcte, je voudrais entendre la réponse de la même façon.
M. Couillard : ...pas assez ambitieux, nous, on fait la stratégie maritime. Mais moi,
je n'ai pas, M. le Président, un
discours de déclin quand je parle du Québec. On a énormément d'atouts :
notre population, notre territoire, nos ressources, le talent des
Québécois. Et c'est de ça que je parle, et on le reconnaît partout au monde.
Moi, je suis très confiant. Par opposition à ce qu'il dit, je suis très
confiant...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : ...qu'on va pouvoir faire ces progrès. Quant au plan de relance, on en
fera le bilan dans quelques années, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, selon ses propres prévisions, le Québec, dans les quatre
prochaines années, va faire moins
bien que les voisins. Qu'est-ce qu'il va attendre? Qu'est-ce qu'il attend pour
se réveiller, qu'on soit 61e sur 61? Est-ce qu'il
va falloir mettre des règles comme au hockey, que, quand on finit dernier, on
peut repêcher un nouveau premier ministre?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Certainement pas la recrue de l'année devant nous, M. le
Président. Mais, ceci dit, M. le Président...
M. Couillard : Non. S'il vous plaît! S'il
vous plaît! Ceci dit sans malice
envers mon collègue, pour lequel j'ai de l'estime, là.
Mais
je voudrais juste répéter que les prévisions qui sont dans le cadre budgétaire
pour les prochaines années sont identiques
à ce que d'autres économistes
prévoient. Pourquoi? Parce qu'ils identifient le grand défi qui est devant
nous, c'est la démographie. Et il doit être conscient de ça. Il le sait,
j'en suis certain.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : Le Québec, M. le Président, c'est la seule province où la population
active diminue. Ça commence par mieux accueillir dans les paroles et
dans les...
Le Président :
Principale, M. le député de Blainville.
Laframboise : M. le Président, les besoins en infrastructures
publiques des municipalités québécoises sont majeurs. En février 2014, le gouvernement fédéral a annoncé un programme
de 1,7 milliard sur 10 ans pour permettre aux municipalités de se doter ou de rénover leurs
infrastructures. Or, malgré les besoins des municipalités, le gouvernement
du Québec se traîne les pieds pour signer
l'entente. Résultat, 180 millions dorment sur la table parce que le
gouvernement du Québec refuse de signer.
Plus
d'un an après l'annonce du programme, huit provinces canadiennes sur 10 ont
déjà déposé des demandes de subvention
pour leurs infrastructures, mais, au Québec, la mise en chantier de dizaines
d'initiatives majeures est présentement
retardée. Certaines municipalités ont même déboursé des sommes importantes pour
débuter leurs travaux.
Est-ce
que le ministre des Affaires municipales peut nous dire combien de projets ont
été déposés par les municipalités dans le cadre du programme Fonds
Chantiers Canada-Québec, volets Collectivités et Grandes villes?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui. M. le Président, nous avons bien hâte de
pouvoir procéder aux annonces dans ces dossiers-là et que les projets puissent décoller. Nous sommes
encore en négociation avec le gouvernement fédéral. La personne qui vous parle souhaite que le «encore» passe
rapidement à «nous avons réglé», mais nous souhaitons que cela se fasse selon
les conditions qui nous semblent les meilleures pour le Québec.
ce moment-ci, nous approchons du moment où il y aura une entente finale, mais
elle n'est pas encore atteinte. Et j'ai bon espoir que nous
l'atteignions. Nous allons l'atteindre pour le bénéfice de l'ensemble des
Québécois et des infrastructures du Québec, dans le respect des façons de faire
du Québec, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Blainville.
Laframboise : M. le Président, après avoir saigné les villes de
300 millions dans le cadre de son pacte fiscal transitoire, le gouvernement les prive maintenant
de 180 millions actuellement disponibles à Ottawa pour leurs projets
d'infrastructure. Ces travaux permettraient
de créer des emplois dans toutes les régions de Québec, qui en ont grandement
besoin.
Le ministre peut-il
nous dire pourquoi et où ça bloque?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je veux simplement dire, M. le Président, que, de ce
côté-ci, nous n'entendons pas baisser la voix devant les représentations que nous avons à faire et la façon dont nous
voulons faire les choses et laisser à d'autres le soin de décider pour nous. Oui, il y a des besoins.
Nous croyons que ces besoins doivent être répondus, mais ils doivent l'être
dans le respect de nos façons de faire au Québec.
Et en ce moment nous espérons avoir convaincu
dans les derniers éléments le partenaire fédéral. Ce n'est pas encore le cas.
Cela a, à mon avis, trop tardé, mais j'espère que ça se conclue rapidement.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Blainville.
Laframboise : M. le Président, il y a deux jours à peine, le maire de
Lévis s'est dit inquiet pour le financement d'un complexe aquatique de 28 millions promis dans le cadre de ce
programme. Les municipalités ont des projets, l'argent est sur la table,
mais on ne sait pas pourquoi le gouvernement du Québec se traîne les pieds pour
signer l'entente.
M. le Président, où ça bloque?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Je peux difficilement être plus clair devant le fait
que nous souhaitons et nous exigeons que les façons de faire
québécoises, qui sont bien connues, dans les programmes d'infrastructure soient
respectées.
Ceci étant,
au moment où on se parle, nous sommes dans les derniers détails. Je ne veux pas
diminuer le fait que j'aurais
souhaité que, ces détails-là, nous les ayons réglés il y a bien longtemps. Ceci
étant, je ne veux pas non plus laisser entendre que cela va durer encore
longtemps. Nous sommes sur la fin et nous souhaitons que nous puissions...
Le Président : Je m'excuse.
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
Le leader du gouvernement dit avoir été clair. La première question, on lui a
posé la question à savoir combien de
projets ont été déposés, aucune réponse. Là, on lui demande simplement où ça
bloque. Est-ce qu'on peut avoir une vraie réponse?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Peut-être que je ne parlais pas assez français, là,
ça bloque à Ottawa. Si, M. le Président, je dis que je veux que les façons de faire québécoises soient respectées par
celui avec qui on négocie, à mon avis, ça bloque à Ottawa, ça me semble
assez clair.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Pour couper massivement dans les écoles, le ministre de l'Éducation utilise la
même tactique que son prédécesseur,
il utilise les commissions scolaires comme écran pour se distancer des
compressions dans les écoles. Il fait
faire cette sombre besogne par cette structure qu'il veut abolir, de toute
façon. Tout ça pour ne pas assumer la responsabilité
des coupes draconiennes. À la commission scolaire de Montréal, 30 postes de
conseillers pédagogiques sont sur le point d'être abolis. C'est ça, les
conséquences de ce gouvernement irresponsable.
Est-ce que le
ministre de l'Éducation va faire comme son prédécesseur et faire croire que les
coupes libérales en éducation n'auront pas d'effet sur les élèves?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Alors, je remercie ma collègue pour la question, là, qui est
très claire, je crois. Écoutez, nous sommes tous ici conscients qu'il y a des enjeux importants à la commission
scolaire de Montréal. Il y a un enjeu administratif. Depuis plusieurs années, la commission scolaire de
Montréal ne réussit pas à rétablir l'équilibre budgétaire. Mais il y a aussi un enjeu, disons,
politique, la commission scolaire ne désire pas rétablir l'équilibre budgétaire
et elle nous dit qu'elle n'est pas en
mesure de le faire. Mon prédécesseur a demandé à un organisme, la firme Raymond
Chabot Grant Thornton, de faire
l'évaluation de la situation financière et budgétaire, des pratiques à
l'intérieur de la commission scolaire de Montréal pour trouver des voies
de passage. Ma conclusion — et
j'en ai déjà parlé avec la présidente de la commission scolaire — c'est
que ces voies de passage là existent. La commission scolaire de Montréal est en
mesure de faire les compressions qui sont attendues d'elle sans toucher aux
services, et j'espère qu'elle va le réaliser, M. le Président
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
M. le Président, la stratégie du gouvernement est aussi simple et cynique, il
sous-traite les coupes sauvages dans
l'éducation aux commissions scolaires pour ensuite s'en laver les mains comme
si ce n'était pas de sa faute. Ce
sont les décisions de ce gouvernement et du ministre de l'Éducation qui
affectent directement la qualité de l'enseignement dans nos écoles.
Est-ce qu'il va avouer qu'il a décrété des
coupes massives dans l'éducation tout en sachant parfaitement que celles-ci ne
peuvent se faire sans s'attaquer directement aux services aux élèves?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Je vais demander à ma collègue d'être très prudente sur
l'expression «coupes sauvages», hein, parce que les coupes les plus importantes dans l'histoire récente du Québec aux
commissions scolaires et dans les écoles, ça a été fait sous son gouvernement dans les années 1996, 1997 et peut-être
1998 si je me souviens bien. On est loin, au Québec en ce moment, de ce type de coupes, hein? Hein, on
sait, tout le monde sait, les commissions scolaires sont bien au courant
qu'il y a un effort à faire sur deux ans,
7 274 000 000 $, hein, à résorber. Ça ne pouvait pas se
faire en une seule année, ça se fait sur deux ans. Il n'y a pas de
surprise dans les efforts qui sont demandés en ce moment aux commissions scolaires. La commission scolaire de Montréal a un
effort supplémentaire et un effort administratif, mais elle a aussi un
effort politique de vouloir arriver à l'équilibre budgétaire.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
M. le président, que ce gouvernement assume ses décisions. À Laval, entre
autres, le gouvernement libéral coupe
16 millions dans les écoles cette année. Ça va faire mal, on va couper
dans les services directs et dans les services spécialisés comme l'aide
aux enfants en difficulté.
Est-ce que le
ministre de l'Éducation va finalement avouer que ses décisions vont affecter directement
le service aux élèves? C'est ça, les décisions que vous êtes en train de
prendre.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Alors, je pense que l'année en cours, c'est une année pour un
test de solidarité pour tous les Québécois, hein? Donc, ce test de solidarité, quand il s'agit des commissions
scolaires, c'est de faire en sorte de protéger les services aux élèves et faire des compressions là où c'est
encore possible de le faire au niveau, hein, des frais administratifs et de la
gestion. C'est pour ça, encore une fois, que
je me lève aujourd'hui pour répéter que la commission scolaire de
Montréal — et
j'en suis convaincu, M. le Président — est en mesure d'arriver à ces équilibres
budgétaires en faisant des choix qui ne touchent pas les services aux
élèves.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : M. le Président, pour
payer ses collègues médecins spécialistes, le ministre démantèle la première ligne. Après le milieu des soins
palliatifs et celui de l'avortement,
c'est au tour des acteurs de la lutte au VIH de dénoncer les quotas
imposés par le ministre de la Santé avec son projet de loi n° 20.
Dans ses
calculs improvisés, le ministre décrète qu'un patient séropositif en vaut deux.
S'il est aussi toxicomane ou qu'il a
un problème de santé mentale, il n'en vaut toujours que deux. Impossible
de concilier quotas et soins aux patients. Résultat? Le projet de loi n° 20 met
en péril l'existence de nombreuses cliniques, dont la clinique L'Actuel à Montréal,
qui avait pourtant été soutenue par le premier ministre lui-même. À Québec, le MIELS, organisme qui lutte contre le sida,
vient de perdre son médecin de famille à
cause du projet de loi n° 20. Encore une fois, le ministre coupe dans la
première ligne et privilégie ses collègues spécialistes.
Est-ce qu'il va reconnaître l'absurdité de ses
calculs improvisés?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, j'ai quasiment l'impression de constater que la députée de Taillon
est en faveur des quotas, puisqu'elle
considère que les quotas ne sont pas les bons chiffres, mais elle ne nous a pas
dit que les quotas n'étaient pas bons.
Ceci dit, M. le Président, je vais quand même rappeler à la députée de Taillon
que, pour ce qui est des avortements, il
maintenant trois semaines, c'eût été le premier anniversaire
de l'abolition de l'accès en clinique pour les avortements, et ça aurait été le premier anniversaire de cette
abolition-là parce que ça avait été commencé par le Parti québécois en octobre 2014. Ça avait été commencé, M. le Président.
Alors, je suis très surpris de voir que la députée de Taillon me reproche une chose qui n'existera pas dans ce
qu'on propose, alors qu'elle allait exister, M. le Président, parce qu'elle
était commencée par le Parti québécois.
Ceci dit, M. le Président, actuellement, pour ce qui est des quotas et pour ce qui est de
la réglementation qui vient avec le projet de loi n° 20, il est clairement dit — et
je l'ai dit à plusieurs reprises — qu'il
y aurait des clauses, des cas particuliers,
comme, par exemple, la clinique L'Actuel, qui n'en a pas besoin, M. le Président, parce qu'on a vérifié leur pratique, et notre système fait en
sorte qu'ils ne sont pas touchés, pas plus que les autres cliniques...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...qu'elle a nommées.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : Alors, le médecin du MIELS a pourtant déjà quitté
son emploi parce qu'il ne peut pas concilier les quotas avec sa pratique.
Avec le projet de loi n° 20, chaque patient aura une valeur entre 4/5 de
patient et 25 patients. 4/5 de patient et 25 patients.
Est-ce que
les patients devront se promener avec ce nombre imprimé sur leur front? Le
médecin devra évaluer son inventaire
de patients pour être certain d'atteindre son quota? À part des conversations
personnelles, sur la base de quelle référence scientifique le ministre
s'est-il appuyé pour...
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, c'est quand même étonnant de voir qu'un médecin décide de quitter sa
pratique avant même d'avoir vu le
règlement et que la loi soit passée. C'est un peu étonnant. Alors, peut-être
avait-il d'autres visées pour, peut-être, la fin de sa carrière.
Ceci dit, M. le Président, je rappellerai à la députée de Taillon, M. le Président, parce que, de l'autre côté, on fait souvent référence aux experts, qu'un expert lui-même reconnu par
l'opposition, M. Contandriopoulos, est venu nous dire que oui, les quotas,
ça fonctionnait dans la mesure où les pondérations étaient adéquates. Je cite à
la virgule près ce qu'il a dit, M. le Président. Alors, si les experts
disent que c'est faisable...
Le Président : En terminant.
Barrette : ...et que c'est, à la limite, souhaitable, où est le
problème dans l'esprit de la députée de Taillon?
Le Président : Mme la députée
de Taillon, en deuxième complémentaire.
Lamarre : Le projet de loi n° 20 menace de fermeture la clinique
L'Actuel, et le MIELS-Québec ne peut déjà plus prendre soin des patients
séropositifs. Or, c'est justement l'accès ambulatoire qui fait défaut, et le
ministre rempire la situation en mettant tout l'argent sur les soins à
l'hôpital et la rémunération de ses collègues spécialistes.
Le ministre va-t-il reconnaître qu'il improvise
et, loin d'améliorer l'accès, il détériore l'accès à des services essentiels?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je vais admettre une chose, je vais
admettre que j'ai fait un constant qui est incontesté : il n'y a personne qui trouve, au Québec, qu'il n'y a
pas de problème d'accès et il n'y a personne qui conteste les faits statistiques qui montrent qu'il y a plus
de médecins au Québec et moins de services. Et tout le monde s'attend à ce
que quelque chose soit fait, et, je l'ai dit, je le répète, je l'ai dit il y a
quelques instants, des experts sont venus nous citer des exemples où ça
existait. Alors, je n'improvise pas, M. le Président. Ce que je propose existe
ailleurs. M. Contandriopoulos lui-même est venu nous dire que ça se
faisait ailleurs. Les grandes organisations internationales font ça ailleurs.
L'Angleterre, M. le Président, le fait. Mais l'Angleterre, on le sait...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...qu'on les visite
juste pour des référendums.
Le Président : Principale, M.
le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : M. le Président, en 2012, le nombre de fausses déclarations à l'aide sociale s'élevait à près de 17 000, soit 5 % de
l'ensemble des prestataires. Deux ans plus tard, il y en a presque 20 000,
une hausse de 15 %. Le solde total de cette mauvaise gestion a, quant à lui, grimpé de 546 à
589 millions. Depuis deux ans, on assiste donc à une explosion du
nombre de fausses déclarations et de fraudes.
Dans le
contexte budgétaire actuel, c'est inacceptable. Le gouvernement taxe davantage
les contribuables, nous l'avons encore vu hier, mais les fraudeurs ont
l'esprit bien tranquille. On connaît tous le plan du gouvernement pour
s'attaquer aux contribuables. Maintenant, quel est son plan pour s'attaquer aux
fraudeurs de l'aide sociale?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Hamad : M. le Président,
d'abord, je comprends, c'est les années où le PQ, il était au pouvoir. Mais je
suis d'accord avec lui, par contre,
M. le Président, il n'y a pas de place pour les fraudeurs nulle part, M. le
Président, ni à l'aide sociale ni
ailleurs. Et d'ailleurs je pense que le collègue, il a manqué qu'on avait
adopté un projet de règlement, il n'y a pas longtemps, justement pour avoir une équité entre les prestataires et
aussi entre les prestataires et ceux qui travaillent à faibles revenus, M. le Président. Notre
objectif, c'est avoir l'équité, et, bien sûr, nous travaillons très fort pour
contrer les fraudeurs et contrer la fraude, pas juste à l'aide sociale,
mais partout au Québec, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel :
M. le Président, les objectifs du centre de recouvrement, pour la première
année du mandat libéral, ne
prévoyaient même pas une diminution de ce 589 millions, ils prévoyaient
plutôt une hausse de 5,5 %. Quelle mauvaise gestion! Pendant que ce gouvernement taxe davantage les honnêtes
citoyens, il laisse les fraudeurs s'en sortir, M. le Président.
Quel est l'objectif de recouvrement pour cette
année? Veut-il et va-t-il réduire le montant des fraudes à l'aide sociale?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Hamad : M. le
Président, il peut demander à Christian Dubé comment ça marche, M. le
Président. Quand quelqu'un n'a pas d'argent,
même si vous lui demandez de rembourser, il n'en a pas, d'argent. C'est simple,
M. le Président. Donc là, le
principe, c'est quand, lorsque la société trouve quelqu'un qui est fraudeur, M.
le Président, on lui demande de
rembourser sur une période pour qu'il puisse être capable, faire le
remboursement, M. le Président, ce que nous faisons. Pour ça, le
montant, il ne baisse pas rapidement, mais, au moins, les agents au ministère
travaillent pour trouver les fraudeurs et,
bien sûr, trouver une formule qui maintient quand même un remboursement
équitable pour les personnes et pour que le gouvernement puisse recevoir
ce montant d'argent là.
Le Président : En terminant.
Hamad : Mais, lorsqu'on demande à quelqu'un qui n'a pas d'argent,
M. le Président, même si on veut être remboursés, il n'a pas d'argent.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel :
M. le Président, de 2012 à aujourd'hui, on passe de 17 000 déclarations
problématiques à 20 000. En même temps, on passe de
546 millions à 589 millions de comptes de recouvrement.
gouvernement est pressé de piger dans les poches du monde, mais moins pressé à
recouvrer l'argent des fraudeurs. Est-ce que le président du Conseil du
trésor va exiger que le ministre mette de l'ordre dans ce fouillis?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Hamad : M. le
Président, si on a passé de 17 000 à 20 000 déclarations reconnues,
parce qu'il y a un travail sur le
terrain qui nous permet de constater qu'il y a eu 3 000 fraudeurs de plus
que les autres années, premièrement. Ça, ça veut dire qu'il y a du
travail fait sur le terrain.
Maintenant,
M. le Président, lorsqu'on constate ces situations-là, bien, on demande de
rembourser — aux
gens, aux fraudeurs — rembourser
les montants, mais il faut tenir compte de leur situation financière. Qu'il
demande à Christian Dubé. Si quelqu'un n'a
pas d'argent à rembourser, il ne peut pas rembourser, M. le Président. Il faut
travailler avec ces gens-là pour trouver la meilleure formule pour avoir
le remboursement, ce que nous faisons.
Le Président : Principale, M.
le député de Berthier.
Villeneuve : M. le Président, on apprend cette semaine que le
nombre d'inspecteurs du gouvernement fédéral dans les abattoirs est nettement insuffisant. Pire encore, le
gouvernement Harper modifie la réglementation. Sa solution : l'autosurveillance par les entreprises
elles-mêmes. Pendant ce temps-là, ici, au Québec, le budget de l'inspection a
été coupé de 2,5 millions au ministère de l'Agriculture.
Résultat : le Conseil du trésor a émis la consigne d'interdire aux inspecteurs de se déplacer sur le terrain pour
faire leur travail, et on découvre, dans le journal, que les Québécois mangent
du porc, alors qu'on leur vend du veau.
M. le
Président, nous avons tous en mémoire la contamination à l'usine torontoise de
Maple Leaf, qui avait fait plusieurs victimes. On ne peut se permettre
de mettre à risque la santé et la sécurité des Québécois.
Avec les
coupures au Québec comme au fédéral, je demande au ministre : Qui va
garantir la salubrité des aliments consommés par les Québécois?
Le Président : M. le ministre
de l'Agriculture.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : M. le
Président, je remercie le député de Berthier de sa question. Effectivement,
les médias sont tapissés d'articles, ces
jours-ci, à l'effet que le gouvernement fédéral n'a pas réembauché le nombre...
ou remplacé le nombre d'inspecteurs qu'il
avait en salubrité alimentaire. Il a toutefois mis un programme de surveillance
volontaire. Et là-dessus nous, on ne l'a pas fait au Québec, parce qu'on pense
que ça prend des inspecteurs dans nos différents paliers d'alimentation pour
s'assurer que les aliments sont sains.
En ce qui
concerne le budget du ministère de l'Agriculture du Québec comme tel, j'ai fait
les vérifications suite aux
allégations que j'ai lues dans les journaux, qu'il y avait eu moins
d'inspections ou que les inspecteurs se soient déplacés moins en région. Je tiens à rassurer le député de
Berthier : Le nombre de kilométrages parcouru par nos inspecteurs d'année
en année est comparable à ce qui se faisait sous le PQ.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Berthier.
Villeneuve : M. le Président, la triste vérité, c'est que le
ministre n'est qu'un simple exécutant de l'austérité libérale. Le ministre sait que le degré de
surveillance de salubrité des aliments est abaissé, tant au fédéral qu'au Québec.
M. le Président, j'essaie d'éviter au ministre d'avoir à dire : Si j'avais
Alors, est-ce
que le ministre s'engage à rétablir un seuil de surveillance minimalement égal
à ce qu'il était, et ce, dès aujourd'hui?
Président : M. le ministre de l'Agriculture.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : J'ignore, M. le Président, ce que le député de
Berthier n'a pas compris dans la
réponse, parce que j'indique que le même kilométrage, le même nombre de visites...
Je peux le traduire en milles, s'il veut, là, ça va le retourner dans un
ancien temps.
raison pour laquelle, quand nous sommes arrivés, nous avons changé la Politique
de souveraineté alimentaire en politique de sécurité alimentaire, c'est parce
que la saine alimentation nous préoccupait davantage que la souveraineté
du Québec.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis, et, en
fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, M. le député de Saint-Jean,
je vous cède la parole.
Turcotte : Merci, M. le Président. Je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale confirme l'importance des forums jeunesse, véritables
institutions d'apprentissage de la citoyenneté, oeuvrant, depuis leur
création, à procurer un lieu d'engagement aux jeunes du Québec;
«Qu'elle
affirme leur caractère essentiel pour le développement régional, permettant à
tous les jeunes du Québec de contribuer à l'épanouissement de leur
société;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de s'engager à maintenir les
forums jeunesse ainsi que leur financement.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Saint-Jean. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de consentement. Je reconnais maintenant
M. le député de Lévis pour une autre motion sans préavis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion
suivante conjointement avec le député de Richelieu et la députée de
Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement du Québec qu'il revoit et bonifie
l'offre des soins d'hygiène pour nos aînés dans les CHSLD et qu'il
émette une directive officielle en ce sens.» Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Lévis. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de consentement. Je reconnais maintenant
Mme la ministre des Relations internationales pour une autre motion sans
préavis.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député de Rosemont, la députée d'Arthabaska et le député
de Mercier :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec souligne le cinquantième anniversaire de la
doctrine Gérin-Lajoie et réitère son rôle fondamental dans les relations
internationales du Québec.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, M. le Président, il y a consentement pour
le débat, des interventions de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : notre ministre des Relations
internationales, suivie du député de
Rosemont, la
députée d'Arthabaska et finalement le député de Mercier.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, je comprends qu'il y a consentement
pour permettre à quatre intervenants de
prendre la parole pour une durée d'environ deux minutes. Mme la ministre des Relations internationales, à
vous la parole.
St-Pierre : Merci,
M. le Président. J'invite l'Assemblée nationale du Québec à souligner le 50e anniversaire de la doctrine Gérin-Lajoie et à souligner la contribution qu'a apportée M. Paul Gérin-Lajoie à définir la place du Québec dans le monde.
12 avril 1965, celui qui est alors vice-premier ministre et ministre de l'Éducation prononce un discours devant le corps consulaire de Montréal. Il formule pour la première fois les fondements de l'action internationale du Québec. Cette doctrine, formulée il y a
50 ans, je la décris au présent et la réaffirme avec force aujourd'hui car
elle demeure intemporelle, tout en gagnant
en pertinence. Elle gagne en pertinence un peu plus chaque jour, à mesure que
les limites entre politiques
intérieures et extérieures s'estompent, à mesure que les problèmes
et solutions, dis-je, se mondialisent.
Même si aujourd'hui nous parlons de continents numériques et de diplomatie numérique, l'effet
de la doctrine amène le Québec à disposer des outils essentiels à sa
projection internationale, soit la faculté de conclure ses propres ententes. C'est l'accès au monde. Récemment,
M. Gérin-Lajoie réaffirmait que, pour prospérer et se développer dans un
monde compétitif et globalisé, le Québec
se doit plus que jamais de tisser des relations avec le reste de la
planète dans tous les domaines d'activité. En s'appuyant sur les
principes énoncés dans la doctrine, le ministère des Relations internationales du
Québec a ainsi conclu un nombre d'ententes internationales, dont 374 sont
toujours en vigueur. Je pense également à la
récente entente, conclue en 2008, entre le Québec et la France en matière de
reconnaissance mutuelle des
qualifications professionnelles, en vertu de laquelle plus de
1 700 professionnels se sont prévalus des arrangements mutuels
de reconnaissance qui en découlent, dis-je, dont 800 infirmières.
Le Québec a
ainsi joué un rôle clé dans l'élaboration et l'entrée en vigueur de la
Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité
des expressions culturelles.
francophonie multilatérale est un terreau fertile également pour le Québec.
Nous avons obtenu des résultats probants,
dont la désignation de notre candidate, Mme Michaëlle Jean, au poste de
secrétaire générale de l'Organisation internationale
de la Francophonie. Je tiens aussi à souligner l'apport du Québec menant à
l'affermissement de la notion de francophonie économique.
Je conclurais
en vous parlant d'espoir, celui que nous, les Québécois, puissions tirer encore
un plus grand avantage de nos
talents, de notre persévérance, afin d'aller au bout de nos capacités. Pour ce
faire, le Québec doit être plus que jamais aux bons endroits aux bons moments. Ensemble, croyez-moi, nous ferons
avancer le Québec sur la voie de la prospérité. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la ministre des
Relations internationales. Allons du côté de M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
M. le Président, je pense qu'il faut féliciter M. Gérin-Lajoie d'avoir, de
façon infatigable, et lui qui a maintenant
95 ans, fait en sorte que le Québec ait sa barque dans le monde et qu'il
continue encore aujourd'hui à oeuvrer, ici et à l'étranger, pour la
place du Québec.
Il faut se
souvenir que, lorsque M. Gérin-Lajoie a eu l'audace d'affirmer que le Québec
était souverain dans les matières internationales sur lesquelles il
avait une compétence ici, la réaction fut très dure à Ottawa. Et le ministre de
l'époque, M. Paul Martin, le père du futur
premier ministre, avait écrit, dans une lettre ouverte aux médias : «Le
Canada ne possède qu'une seule
personnalité internationale au sein de la communauté des nations. [...]Le
gouvernement fédéral est le seul responsable de la direction des affaires
extérieures...» Le Québec doit demander la permission pour signer des ententes.
Ce qui est extraordinaire, M. le Président,
c'est que nous célébrons ici les 50 ans d'une doctrine qui fait consensus dans cette Assemblée mais qui est
toujours rejetée par le pays qui s'appelle le Canada. Le Canada ne reconnaît
pas cette doctrine et, pied à pied, au cours
des 50 dernières années, a tenté d'en empêcher la réalisation. Et, le fait
que M. Gérin-Lajoie parle de l'État
national, bien, je peux vous dire que le gouvernement fédéral, de temps à
autre, refuse que le Québec utilise
le mot «État» dans des ententes internationales pour parler de l'État du
Québec. De la même façon, il est arrivé pour des ministres ou premiers
ministres, libéraux comme péquistes, de devoir constamment demander la permission pour rencontrer un chef d'État
étranger, et ce n'est qu'au bon vouloir du prince à Ottawa que parfois c'est
oui ou parfois c'est non.
Aujourd'hui, malheureusement... Ce qu'on a fait pendant 50 ans, c'est de
répondre à ce refus fédéral par une présence plus forte du Québec. Malheureusement,
aujourd'hui, on voit, avec ce gouvernement, un ratatinement constant de la présence du Québec. Toutes les représentations du Québec à l'étranger, sans
exception, verront leurs effectifs réduits par le gouvernement du PLQ d'aujourd'hui. Après avoir
fermé Moscou, Taipei, Santiago, il y aura des réductions de places. La
représentation à Los Angeles passera de délégation à bureau, le bureau de Milan
va être fermé. Les résidences à l'étranger sont vendues pour faire plaisir au
Conseil du trésor, l'argent ne sera pas réinvesti dans le Québec.
Et, en terminant, je vous dirai, M. le
Président, que le gouvernement libéral ratatine tellement le rayonnement international du Québec depuis qu'il est en poste
que je crains qu'il ne nous reste que des célébrations d'anniversaire comme
celui du 50e anniversaire de la
doctrine Gérin-Lajoie pour parler de l'importance des relations internationales
du Québec.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Rosemont. Mme la députée d'Arthabaska, pour votre intervention.
Mme Roy
(Arthabaska) : Le nom de Paul Gérin-Lajoie est assez connu par
nos enfants comme étant celui d'une dictée,
et qui les fait peut-être un peu souffrir. Ils connaissent un peu moins
l'allocution qu'il a donnée le 12 avril, à 12 h 30, à l'Hôtel Windsor devant le corps consulaire de
Montréal. C'est important parce que c'était la première fois qu'un membre
du gouvernement du
Québec était l'hôte officiel de cette importante délégation. C'était à une
époque où il y avait beaucoup d'ébullition.
C'était l'époque de la Révolution tranquille. C'était l'époque où le Québec
prenait conscience qu'il avait un destin particulier, et, pour mener à
terme ce destin particulier, il devait se doter d'outils particuliers.
J'ai
relu l'allocution faite à l'époque par l'ancien ministre de l'Éducation. C'est
quand même une pièce, je dirais... C'est
bien écrit, c'est une pièce importante de notre position au niveau
international. Ce que j'ai bien aimé, c'est qu'il disait que ce n'est pas parce que, pendant
200 ans, on n'a pas occupé nos champs de juridiction qu'on ne pouvait pas
le faire maintenant, c'est-à-dire
qu'il était capable, à cette époque-là, de vaincre les forces de l'immobilisme.
Des fois, je suis un peu découragée
quand je nous regarde ici dans nos débats. On revient toujours aux mêmes choses
puis on n'a pas le courage de faire
ce qu'ils ont fait, avancer comme ça. Je vais vous le relire :
«L'économie, les ressources naturelles, l'éducation, l'organisation communautaire et sociale ont été les
principaux champs d'action du nouveau citoyen québécois.» J'aimerais qu'on puisse dire ça, nous aussi, le
nouveau citoyen québécois. «Je rappellerai simplement, à
titre de points
de repère, la création des ministères de
l'Éducation, des Richesses naturelles et des Affaires culturelles, la mise sur
pied de la Société générale de financement — dont on est toujours fiers — la nationalisation de l'électricité, la
création prochaine d'une sidérurgie,
celle d'un régime universel de retraite et d'une caisse de dépôts, qui seront
bientôt une réalité, et l'instauration de l'assurance hospitalisation,
en attendant un régime complet d'assurance maladie.»
C'était
une époque où on avançait, où il y avait des résolutions, il y avait des
réalisations, il y avait de l'espoir. J'espère
que ce bouillonnement qu'on a vécu à cette époque-là va revenir et j'espère que
le Québec va se doter, dans un monde compétitif, des outils qu'il a
besoin, autant au niveau des relations internationales qu'à tous ces niveaux.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée d'Arthabaska. M. le
député de Mercier.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. L'anthologie de la contribution de Paul Gérin-Lajoie au
développement économique mais surtout social
et politique du Québec est très vaste. Ma collègue de la CAQ a fait
mention de sa contribution en matière
d'éducation. Mon collègue du PQ a mentionné l'importance de ne pas déconstruire
ce qui a été construit de dure peine
avec les années, avec l'effort de plusieurs générations successives
d'administrateurs de la politique en matière de relations extérieures, en matière de relations internationales du
Québec, et j'implore la ministre qui faisait la recension... enfin, l'historique de cette doctrine de Paul
Gérin-Lajoie d'en tenir compte. Mais je pense que le meilleur hommage qu'on
puisse rendre à cette doctrine qui a
50 ans, c'est d'essayer de comprendre quelle signification elle pourrait
avoir aujourd'hui.
voudrais mentionner qu'en fait, selon cette doctrine, on doit miser, au Québec,
sur la responsabilité de l'État québécois
de prendre en compte les rapports avec l'étranger dans la formulation et la
conduite des politiques du Québec. Le
Québec, donc, non seulement établit des rapports avec les gouvernements
étrangers, mais s'engage, prend des engagements auprès d'organisations
internationales en mettant en place une série de mesures ou en encourageant ses
partenaires à prendre des orientations
spécifiques pour aider dans les rapports internationaux, et aussi pour faire la
place particulière du Québec, qui traduisent les sensibilités et la
solidarité du Québec avec les peuples du monde entier.
Donc,
j'attire l'attention de mes collègues sur, par exemple, une motion qui va être
déposée dans quelques instants par ma
collègue sur le sort de ces gens qui perdent la vie actuellement en mer, en
Méditerranée, tous ces réfugiés qu'on a créés au nord de l'Afrique par l'instabilité politique, dont on est en
grande
partie responsables. Et nous avons un rôle à jouer en appelant
les États étrangers et les organismes internationaux d'apporter leur secours
immédiat à divers titres, à
titre
humanitaire mais également en changeant nos rapports économiques pour établir
des rapports de développement plus
harmonieux et de développement économique dans ces pays, des rapports plus
harmonieux qui exigeraient que nos rapports
soient plus équitables, moins axés sur l'exploitation de leurs ressources et
plus axés sur le développement social et économique des pays qui
actuellement génèrent tant de réfugiés à cause des situations de pauvreté et de
retard économique prises en raison de nos interventions, et de notre présence,
et de nos rapports inégalitaires. Donc, si on veut illustrer, aujourd'hui, et
rendre hommage à Paul Gérin-Lajoie, il faut vraiment que notre politique
étrangère soit axée dans le même esprit, dans des rapports égalitaires et
équitables avec les pays en développement. Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Mercier, pour cette
intervention.
Alors, est-ce que la
motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté. Et je cède la parole maintenant à Mme la
députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Il y a une sorte de continuité. Je
demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le député de Bourget :
«Que l'Assemblée nationale offre ses
sincères condoléances aux familles et aux proches des 700 migrants qui
ont péri dans le naufrage d'un chalutier au large de la Libye;
«Qu'elle
demande au gouvernement canadien de mettre en place des mécanismes efficaces
afin de recevoir, traiter et analyser
les demandes des migrants fuyant la guerre, la misère et la famine puisque
c'est la seule manière de combattre le trafic illégal des êtres humains;
«Que
l'Assemblée nationale demande à la communauté internationale d'appuyer le
développement des pays pauvres en
établissant des règles économiques équitables et en soutenant des initiatives
structurantes aux plans économique et politique qui favorisent la
jeunesse.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de
Gouin. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader
adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, nous allons proposer d'adopter sans débat.
J'aimerais ajouter que notre ministre des Relations internationales est
également conjointe sur cette motion, ça n'a pas été mentionné plus tôt.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Est-ce le cas, M. le député de Mercier?
M. Khadir :
Ça me fait extrêmement plaisir d'accueillir cette demande, M. le Président. Je
voudrais demander que cette motion qui vient d'être, donc, adoptée à
l'unanimité soit transmise au Parlement canadien ainsi qu'au gouvernement italien.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, nous allons
d'abord l'adopter, la motion, puis par la suite nous la transmettrons.
Est-ce que cette
motion est adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Alors, selon vos volontés,
M. le député de Mercier, ce sera fait. Y a-t-il d'autres motions sans
préavis? M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui. M. le Président, je sollicite le consentement pour une motion qui touche
la tenue des consultations particulières à l'égard du projet de
loi n° 38, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Y a-t-il consentement pour déroger à
l'article 84.1?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : C'est pour une deuxième motion, oui.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, consentement. Veuillez poursuivre, M. le
leader adjoint.
Sklavounos : Merci, M. le Président. Je fais motion,
conformément à l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale,
afin :
«Que
la Commission des finances publiques, dans le cadre de l'étude du projet de
loi n° 38, Loi visant à permettre la réalisation d'infrastructures par la Caisse de dépôt et placement du
Québec, procède à des consultations particulières et tienne des
auditions publiques les 6, 12, 13, 14 et 19 mai 2015, à la salle du
Conseil législatif et, qu'à cette fin, elle entende
les organismes suivants : la Caisse de dépôt et de placement du Québec,
M. Steven Guilbault, membre de Transit, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la Fédération des
chambres de commerce du Québec, l'association des Manufacturiers et exportateurs du Québec, la ville de Montréal, la ville de Québec, l'Union des municipalités du Québec, la
ville de Longueuil, la ville de
Brossard, l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques,
l'Association des constructeurs de
routes et de grands travaux du Québec, la coalition du Train de l'Ouest, M.
Vincent Joli-Coeur de la Banque Nationale du Canada, M. Yvan Allaire, le
Fonds-FTQ, le Fondaction, le Barreau du Québec, l'Association des retraitées et retraités de l'éducation et des
autres services publics du Québec, Me Richard Laflamme du cabinet Stein Monast, [l'organisme]
Héritage Montréal, la Société de transport de Montréal, l'Agence métropolitaine
de transports, l'Aéroport de Montréal, [l'entreprise] Canadien National,
[l'entreprise] Via Rail, La Société des ponts fédéraux;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires,
répartie de la manière suivante : 6 minutes
au groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 30 secondes au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle et 2 minutes 30 secondes au deuxième
groupe d'opposition;
«Que
la durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et
l'échange avec les membres de la commission
soit d'une durée maximale de 50 minutes partagées ainsi : 25 minutes
pour le groupe parlementaire formant le gouvernement, 15 minutes
pour l'opposition officielle et 10 minutes pour le deuxième groupe
d'opposition; et
«Que le ministre des Finances soit membre de ladite commission
pour la durée du mandat.» Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
La motion est adoptée.
Nous en sommes maintenant à la rubrique des avis
touchant les travaux des commissions.
Je vous avise
que la Commission de la culture et de
l'éducation se réunira en séance de
travail aujourd'hui, après les
affaires courantes, pour une durée d'une heure, à la salle RC.171 de l'hôtel du
Parlement. L'objet de cette séance est de déterminer les observations, conclusions ou recommandations de la commission à la suite de l'audition de la Société
de développement des entreprises culturelles dans le cadre de
l'examen de ses orientations, de ses activités et de sa gestion
administrative.
À la rubrique, maintenant, des renseignements
sur les travaux de l'Assemblée...
Alors, la
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant
passer aux affaires du jour. M. le
leader adjoint du gouvernement, pour la suite des choses... Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Mme Vallée : Je vous
demanderais d'appeler l'article 1, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) :
L'article 1... Je ne suis pas sûr d'avoir l'article 1 du feuilleton.
Ah! aux affaires prioritaires... J'avais l'article 1 du feuilleton.
Désolé, Mme la greffière.
Aux affaires prioritaires, à l'article 1 du
feuilleton, l'Assemblée reprend le débat suspendu à l'Assemblée le 14 avril 2015 sur la motion de M. le ministre des Finances proposant que
l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement ainsi que sur les motions formulant un grief présentées
par les députés suivants : Rousseau, Granby, La Peltrie, Gouin, Marie-Victorin,
Terrebonne, Lévis, Jonquière, Vachon, Sainte-Marie—Saint-Jacques, Groulx, Saint-Jean, Masson,
Pointe-aux-Trembles, Taillon, Rimouski, Berthier, Hochelaga-Maisonneuve,
Sanguinet et Mercier.
Conformément
aux dispositions de l'article 276 du règlement, je vous rappelle qu'une
intervention de 30 minutes est
réservée aux représentants de l'opposition officielle et que ce débat se
terminera par la réplique d'une heure accordée au ministre des Finances. Je comprends qu'il y aurait toutefois
consentement pour permettre au porte-parole du deuxième groupe
d'opposition de faire une intervention d'une durée maximale de 10 minutes.
C'est bien ça?
Alors, je cède donc, maintenant, la parole à M.
le député de Granby pour son intervention d'une durée de 10 minutes. M. le
député.
Bonnardel :
Merci, M. le Président. Très heureux d'avoir eu le consentement des collègues
ou des partis pour être capable de faire ma déclaration, mon discours,
déclaration finale sur le discours du budget.
Vous savez,
M. le Président, tous les députés de l'Assemblée nationale, une grande majorité
de mes collègues ont parlé sur ce discours qui ne passera pas à l'histoire.
Pourquoi? Parce qu'une grande majorité, M. le Président, de ces mesures
qui ont été annoncées dans le budget 2015-2016, comme on le sait très
bien, seront applicables seulement qu'en 2017.
Et, quand je dis «applicables», M. le Président, il faut regarder le portrait
bien sereinement, qu'on parle du bouclier
fiscal, qui aidera supposément la classe moyenne, qu'on parle de la taxe santé.
On en a parlé maintes et maintes fois,
mais il faut continuer de faire de la pédagogie, parce que c'est un bobard
important, majeur, de la part du Parti libéral du Québec de prendre acte d'une situation où il réparait une erreur du
passé. Je l'ai mentionné maintes et maintes fois que cette taxe santé qu'on a
imposée aux Québécois à partir de 2010, cette taxe santé de 200 $ qui apportait dans les coffres de l'État près de 700 à
900 millions de dollars, malgré le fait, malgré le fait que la moitié des
impôts des Québécois vont directement
au système de santé... qui a amené quoi, M. le Président, encore aujourd'hui?
Le fait que des promesses brisées, de
2003, de M. Jean Charest, où on promettait 1 milliard de baisses d'impôt,
où on promettait un médecin de famille aux Québécois, où on promettait de réduire à zéro les délais d'attente dans
les urgences... Qui était ministre de la Santé de 2003 à 2008? Le premier ministre d'aujourd'hui. Le
premier ministre d'aujourd'hui et son parti ont échoué, ont échoué, dans les 13, 14 dernières années, à rendre
notre système de santé plus performant, à changer les paradigmes du système
de santé, que ce soit par son administration qui ne cessait de grossir.
Je pense que
plusieurs se souviennent de mon organigramme de la santé qui était... qui est
toujours énorme, qui est toujours énorme. Parce que le ministre de la
Santé a voulu, par son projet de loi n° 10, nous dire : Il y aura
moins d'établissements, il n'y aura plus
d'agence; non, il y aura des CISSS et des CIUSSS. On est passés de
18 agences à plus de CISSS. On
nous dit : Il n'y a plus de CSSS — il y en a 95 avant — mais ces établissements de santé n'ont pas
disparu, ils sont toujours bien
implantés dans chacune de nos villes au Québec et ils doivent être gérés comme
avant. Alors, on a mis à la porte
tous les anciens directeurs de ces hôpitaux et on a réengagé de nouvelles
personnes quelques semaines ou quelques mois plus tard.
On revient à
quoi, M. le Président? On revient au même ou presque. On pourrait évaluer les
économies que le ministre nous a
annoncées face à ce projet de loi n° 10, on pourra l'évaluer dans les
prochaines années. Au prochain mandat, on
sera certainement capables de dire : Vous avez échoué, ou vous avez
réussi — je serai
capable de le dire. Je pense qu'il faut être assez franc et redonner à
César quand ça lui revient.
De l'autre
côté, M. le Président, au-delà de ces structures, je reviens à ce que je
disais, cette fameuse taxe santé qu'on
est allés chercher dans les poches des gens. Vous savez, 700, 800 millions
de dollars, c'est majeur. Et, je le répète, là, la moitié des impôts des Québécois, à chaque paie... Hein, on gagne
500 $, il nous en reste 300 $. On a envoyé 200 $ à Québec et à Ottawa. Bien, sur, exemple, la moitié
qu'on envoie à Québec, il y a la moitié, là, qui va au système de santé québécois. Et, avec la situation démographique que
nous vivons... Je l'ai répété souvent, je continue cette pédagogie :
Nous sommes la deuxième nation au monde la plus vieillissante après le Japon,
la plus vieillissante.
Ce matin,
j'ai applaudi l'annonce de Denis Coderre — je fais une petite parenthèse — Denis Coderre, Pierre Lavoie qui étaient présents pour annoncer encore d'autres
mesures pour soutenir les saines habitudes de vie. Parce que ça va prendre
une population en santé, dans les prochaines
années, pour être capables de combattre ce fléau — malheureusement, ce fléau qui nous amène à avoir des gens qui
arrivent, en vieillissant, en mauvaise santé — de faire bouger ces personnes,
surtout, vous savez quoi, de faire bouger très tôt nos plus jeunes, et ça, c'est
l'énorme défi.
Je le dis au
ministre de la Santé et au ministre de l'Éducation : Nos jeunes, je crois
bien sincèrement, ne bougent pas
assez, ne bougent pas assez dans nos écoles. Nos jeunes devraient bouger
minimalement une heure par jour, parce que
cette prévention va nous amener à réduire le coût de certains cancers, il le
sait très bien, à l'âge de 40, 50, 60 ans. Une population en santé va nécessairement coûter moins
cher à l'État. Je suis rendu loin, là, entre ma taxe santé et la prévention
et les saines habitudes de vie, mais je crois que ça vaut la peine de faire ce
petit détour.
Et, si on
revient, M. le Président, au discours du budget, à cette fameuse taxe santé où
le gouvernement a rompu une promesse
importante... Parce qu'ils avaient dit aux Québécois : Nous allons
abolir la taxe santé avant la fin du prochain mandat. Tout le monde comprend aujourd'hui que cette promesse rompue va
débuter progressivement. Donc, les gens vont commencer à avoir une
baisse sur leurs rapports d'impôt à partir de 2017.
Je disais
tantôt que c'était la deuxième mesure. Rien d'effectif, là, on l'a dit bien
ironiquement, mais ce n'est pas le budget 2015-2016 qu'on aurait dû appeler,
c'est le budget 2017-2018. Parce qu'il y a le bouclier fiscal, il n'y a rien
qui va apparaître avant 2017. La taxe santé,
rien ne va apparaître avant 2017, là. Progressivement, on va abolir cette taxe
sur une période de quatre ans, donc
les Québécois ne verront pas une ligne zéro avant 2019. Ça, c'est bien après la
prochaine élection en 2018.
L'impôt des
sociétés, donner un peu d'oxygène aux PME, qui en redemandent et qui ont bien
besoin d'être supportées pour créer de la richesse, créer de l'emploi.
Parce que, quand on regarde les conditions économiques du Québec... et on peut bien rigoler des questions de
mon chef, M. le Président, mais je ne me réjouis pas, moi, je ne me réjouis
pas de voir le Québec au 57e rang sur
60, en termes de PIB par habitant. Je ne me réjouis pas de voir les
investissements privés qui sont à la
baisse ou presque, année après année, quand nous sommes 24 % de la
population au Québec et que les
investissements équivalent à peu près à 14 % de l'ensemble canadien. Je ne
me réjouis pas de voir les Québécois les plus taxés en Amérique du Nord,
les plus imposés. Je ne me réjouis pas de voir les Québécois les plus endettés
en Amérique du Nord. Et je ne veux surtout
pas voir les Québécois, l'an prochain, au 58e rang sur 61. Je ne veux surtout
pas voir ça. Et je disais donc,
après, cotisation du fonds de santé, relève entrepreneuriale, pas grand-chose
qui est effectif immédiatement.
Et qu'est-ce
qu'on a voulu faire miroiter aux Québécois? C'est la prétention de l'effet
libéral. L'effet libéral, c'était supposé
amener 250 000 emplois sur une période de cinq ans. La vérité, c'est
que, sur l'année 2014, les trois premiers mois du Parti québécois, les neufs mois suivants du Parti libéral ont
amené moins 1 000 en termes de création d'emplois. Il n'y a en pas eu, de création d'emplois, en 2014.
On pourrait dire zéro. Et, par la suite, on prévoit, cette année, 37 500 emplois; 36 700 emplois, l'an
prochain. Le gouvernement nous dit : Nous avons déjà créé amplement
d'emplois à temps partiel. L'objectif
sera extrêmement difficile. Pour atteindre l'objectif, et le rêve du ministre
des Finances, d'avoir 250 000 emplois d'ici cinq ans, il faudrait
en créer à peu près 70 000 dans les deux dernières années du mandat.
L'autre
prétention, c'est qu'avec la stratégie maritime ça sera le wow des cinq
prochaines années au Québec. Un impact
financier réel, pour cette année, de 13,8 millions de dollars, 170 millions
de dollars sur cinq ans, où on est supposés créer un effet de levier d'à
peu près 1,5 milliard de dollars. Initialement, dans le cadre financier du
gouvernement, on prévoyait
3 milliards d'investissements et 30 000 emplois; on a revu ça à
la baisse. Donc, une stratégie maritime, je le répète, M. le Président, après avoir demandé une demande d'accès à
l'information, le ministre des Finances m'a répondu que, suite aux congés fiscaux qu'on avait donnés
l'an passé, quelles étaient peut-être les entreprises, le nombre d'emplois
qu'on avait créés, c'était un gros zéro.
Et finalement le fameux Plan Nord : le
fameux Plan Nord où, encore une fois, on a fait un show de boucane incroyable, voilà deux semaines déjà, pour nous dire : On
revoit encore à la baisse les investissements du gouvernement dans les
prochaines années. On voit que le Fonds du Plan Nord, par sa société qui a été
créée, va dépenser à peu près 50 millions
par année. On est loin, loin, loin des milliards annoncés, encore une fois.
Donc, on essaie de faire miroiter aux
Québécois que cette prétention de l'effet libéral va nous amener un plan de
relance économique concret dans la prochaine année.
Alors, vous
comprendrez pourquoi, M. le Président, dans ces conditions, avec tout ce que
vous avez entendu, de la part de mes
collègues, dans les derniers jours, dernières semaines, face au discours du
budget, nous voterons contre le budget du gouvernement libéral 2015‑2016.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Granby.
J'aimerais informer les parlementaires que deux
débats de fin de séance se tiendront aujourd'hui. Le premier débat, sur une question adressée par M. le député
de Richelieu à la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et de la Santé publique, concerne
la déclaration de la ministre sur l'admissibilité des résidents en CHSLD
au programme chèque emploi-services.
Le deuxième
débat, sur une question adressée par M. le député de Blainville au ministre
responsable des Affaires intergouvernementales
canadiennes et de la Francophonie canadienne, concerne les fonds et les projets
de Fonds Chantiers Canada pour le Québec.
M. le député
de Rousseau, vous êtes le porte-parole de votre formation politique en matière
de finances, et je vous cède la parole.
M. Marceau :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, aujourd'hui se conclut le débat sur le
budget 2015‑2016 qui a été présenté
par notre collègue de Robert-Baldwin. Nous avons eu l'occasion de débattre en
commission parlementaire une dizaine
d'heures, et, aujourd'hui, si la tendance se maintient, et je crois qu'elle se
maintiendra, bien, le budget sera adopté.
M. le
Président, je suis obligé de commencer mon intervention en vous rappelant ce
qui s'est produit ces dernières 24 heures et ce qui se produit
aujourd'hui. Il y a plusieurs événements qui retiennent mon attention. Le
premier, c'est qu'il y a un budget fédéral
qui sera rendu public dans une trentaine de minutes, 25 minutes, M. le
Président, budget fédéral qui a des
impacts bien réels sur le Québec et les Québécois, budget fédéral au sujet
duquel le gouvernement de notre premier ministre et au sujet duquel le ministre des Finances ont été tous deux
silencieux, ils n'ont exprimé absolument aucune demande.
malheureusement, M. le Président, il y aura des impacts réels, encore une fois,
à la suite des choix qui ont été faits par le gouvernement fédéral, et
j'en prends pour preuve, par exemple, le fait que les transferts en santé vont
être limités, le taux de croissance des
transferts en santé va être limité à partir de dans deux ans, 2017. Et par
ailleurs la formule de répartition du
transfert sur une base purement par habitant pénalise grandement le Québec. On
parle d'impacts en termes de
milliards de dollars, alors que le Québec a commencé à vieillir, la population
a commencé à vieillir, les besoins ont commencé à grandir, et la
croissance économique est anémique. J'y reviendrai tout à l'heure, M. le
Président.
Je me
surprends de devoir rappeler, à l'occasion d'une réplique sur le budget du
Québec, que nous envoyons tout près de 50 milliards de dollars de nos
impôts et taxes à Ottawa et que ça implique qu'il doit y avoir une contrepartie
pour les Québécois. Et j'invite le
ministre des Finances à être plus vigoureux dans son approche vis-à-vis du
gouvernement fédéral, j'invite évidemment le premier ministre à être plus
vigoureux. On se rappellera qu'à l'occasion d'une rencontre des premiers
ministres provinciaux, en août 2014, notre premier ministre avait tout
simplement laissé tomber toute revendication quant aux transferts en santé.
Le ministre
des Finances et le premier ministre cherchaient tous les moyens de dire qu'il
n'y avait pas de déséquilibre fiscal
au Canada, et, M. le Président, la vérité, c'est qu'aujourd'hui le budget
fédéral contiendra un certain nombre
de cadeaux électoraux, un certain nombre de cadeaux électoraux, évidemment,
parce que la campagne électorale est désormais bien engagée au niveau
fédéral, donc un certain nombre de cadeaux électoraux à la base électorale conservatrice. Tout cela dans un contexte où — je n'apprendrai rien à personne — le prix du pétrole a baissé, et les
perspectives sont légèrement moins
roses pour le gouvernement fédéral. Mais, même dans un contexte où les
perspectives sont moins intéressantes,
le gouvernement fédéral est capable, est capable de faire des cadeaux aux
contribuables de sa base électorale, et
ça, c'est pendant qu'ici, ici, au Québec, on s'apprête à vivre une des années
les plus difficiles de notre histoire récente avec des coupes fort
importantes en santé et en éducation; j'y reviendrai, M. le Président.
Je voulais quand même le dire, là, je m'attends...
l'occasion va se prêter très bientôt pour le ministre des Finances de dire quelque chose sur ce qui s'est
passé aujourd'hui, il va devoir, j'imagine, réagir au budget fédéral. Je l'invite à un peu de vigueur puis à se rappeler
que ce qu'il obtient du fédéral, c'est ce qu'il a à demander de moins aux
Québécois. Je l'invite à y réfléchir puis à agir en conséquence tout à l'heure,
lorsqu'il réagira au budget fédéral.
Par ailleurs, dans l'actualité récente,
évidemment, il y a cette adoption hier soir, en fin de soirée, du projet de loi n° 28 qui mettait en oeuvre le budget de
juin dernier, qui contenait un certain nombre de mauvaises surprises qui
avaient été ajoutées : services de garde,
tarification des services de garde, abolition des CLD et des CRE, loi spéciale
sur les pharmaciens, entente secrète sur les médicaments, transparence minière
sur laquelle on recule. Ça, ce sont toutes des dispositions qui n'étaient pas dans le budget de juin dernier et qui ont
été introduites dans l'omnibus budgétaire par le gouvernement, contrairement, contrairement à la pratique qui était bien
établie ici, au Parlement, et l'adoption sous le bâillon d'un tel projet de loi mammouth a constitué, vous le savez, un
recul, au plan démocratique, dans ce Parlement.
Alors,
M. le Président, je parle de ça parce que, dans le budget sur lequel nous
allons voter dans les prochaines minutes,
à la suite de mon intervention et de celle du ministre des Finances, on nous
dit, à la page A.75, qu'il y aura un autre
projet de loi omnibus dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, un
autre projet de loi omnibus. On nous dit que, dans ce projet de loi omnibus, il
y aura un certain nombre de sections qui seront abordées. Je vais les lire
pour que tout le monde soit au courant de ce
qu'il devrait y avoir —parce que ce sont les matières qui ont effectivement été
couvertes par le budget.
Alors :
efforts aux organismes publics; abolition du FINESSS; contrer le jeu illégal en
ligne; permis unique pour la vente d'alcool pour consommation sur place;
simplifier l'administration des contraventions en matière de boissons alcooliques; recentrer les contributions versées
par Loto-Québec sur sa mission; et Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la
main-d'oeuvre, en plus, j'imagine, d'une mesure annoncée au point de décembre
2014, soit : modifications
relatives au droit d'immatriculation additionnel sur les véhicules munis de
moteurs de forte cylindrée.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Je m'excuse de vous interrompre, M. le ministre
des Finances.
Une question de
règlement?
Mme Vallée :
...M. le Président, j'appellerais l'article 32, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Ah oui! Effectivement, à l'article
32, les députés doivent occuper les fauteuils qui ont été désignés par leur formation politique respective en début de
mandat. Donc, voilà. Alors, un appel au règlement. Voilà.
Veuillez poursuivre,
M. le ministre... M. le député de Rousseau.
Marceau : Bon! O.K. Alors, j'ai fait la liste, j'ai dit les
matières qui sont annoncées dans le budget. Je veux simplement dire au
ministre des Finances que j'ose croire qu'il résistera à la tentation d'ajouter
de nouveaux sujets dans l'omnibus qui
viendra. J'ose croire que ce qu'on a vécu hier, c'était l'exception;
l'exception à la règle. J'espère que ça
ne deviendra pas une mauvaise façon de faire, parce que je dois avouer que j'ai
été assez ébranlé par ce que j'ai vu hier. Alors, j'arrête là-dessus. Je veux simplement qu'il sache que, le jour
du dépôt de son omnibus, nous serons vigilants, très vigilants.
Alors,
je vais revenir à ce débat que nous avons eu sur le budget et je vais repasser
un certain nombre de choses que j'ai à dire sur ce budget. Je dois dire
que le débat sur le budget ne nous a pas permis d'apprendre énormément de nouvelles choses; un certain nombre quand même
mais pas énormément. Alors, je vais me permettre de redire un certain
nombre de choses qui étaient, d'après moi, importantes.
vais commencer par vous rappeler, M. le Président, que, malgré toute la
rhétorique libérale qu'on entend, on n'est
pas encore à l'équilibre budgétaire. Ce qui a été déposé, c'est un budget, et
le fait que le solde budgétaire soit à zéro le 31 mars prochain, ce sera le résultat de choses qui se feront en
cours d'année. Et donc ce que nous avons ici et sur lequel nous allons voter, ce ne sont pas des états
financiers, ce n'est pas le résultat d'une année, c'est un plan. C'est un plan,
j'en conviens, dans lequel on prévoit
parvenir à un solde budgétaire nul, mais ce n'est quand même pas des états
financiers. Et ce n'est pas encore
gagné, loin de là, M. le Président! Parce que, que voulez-vous, quand je
regarde le plan qui nous a été présenté
par le gouvernement libéral, je suis forcé de dire que, ce plan, les
probabilités qu'il se matérialise, qu'il se réalise, ces probabilités
sont très faibles.
Pourquoi?
Parce que, d'une part, du côté des revenus, hein, vous savez, pour que le solde
budgétaire soit nul, il faut que les
revenus et les dépenses soient au même niveau. Or, il y a des hypothèses
extrêmement optimistes, du côté de la croissance
des revenus, dans ce budget. En fait, on prévoit des taux de croissance des
revenus qui sont bien au-delà de ceux
qui sont prévus par les gens qui examinent cette question dans le secteur
privé, dans les banques, dans les institutions financières. Donc, budget très optimiste du côté des revenus, et, quant
aux cibles de croissance des dépenses, elles sont tout simplement ou bien irréalistes ou bien
irresponsables. Et, dans un cas comme dans l'autre, évidemment, je ne crois
pas qu'elles vont se matérialiser. Des taux
de croissance comme ceux qui sont prévus en santé de 1,4 % ou bien de 0,2 % en éducation, les
probabilités que le gouvernement garde le cap, d'après moi, sont quasi nulles.
Et donc, quand on est, d'un côté,
optimistes aux revenus et absolument irréalistes du côté des dépenses, les
probabilités que, dans un an, là, on soit
parvenus, de l'autre côté, à tenir le cap, moi, en tout cas, j'ai de très
sérieuses réserves et je serais bien surpris. Enfin, on verra, hein? Peut-être me donnera-t-on tort et
peut-être me serais-je trompé, mais, dans un an, on sera en mesure de vérifier ce qu'il en est. Cela étant, je pense
que, sur la question des finances publiques, on peut dire que l'approche qui
est utilisée est très périlleuse, là. Si j'avais à résumer, je dirais que c'est
très périlleux.
Maintenant,
quant à l'action du gouvernement au plan économique, je pense que c'est
important de rappeler les grandes difficultés auxquelles le Québec est
confronté puis le fait qu'aujourd'hui le Québec navigue sans carte, sans plan, avec absolument aucune vision. Le bateau
vogue à la dérive et on n'a pas raison de croire qu'on va arriver à destination
avec un document comme celui qui nous a été
présenté, il y a quelques semaines maintenant, par le ministre des Finances.
Je vais
simplement rappeler quelques faits très simples. Je vais me baser sur ce qu'on
sait qui s'est produit. Je n'irai pas sur les prévisions. On pourrait débattre
des prévisions, j'en débattrai un peu, mais je vais aller sur ce qui est
connu, c'est-à-dire
les résultats pour l'année 2014. Les résultats pour l'année 2014 sont
maintenant à peu près confirmés. Il y a des résultats qu'on peut dire
préliminaires, mais qui commencent à être assez solides.
Alors, pour 2014 — on va faire
l'histoire. Au début, il y a eu la campagne électorale et, lors de la campagne électorale, notre ministre des Finances actuel
nous disait, à l'époque candidat dans Robert-Baldwin, que la croissance économique pour 2014 au Québec, de par l'unique
présence du Parti libéral au pouvoir, serait de 2,1 %. Donc, le PIB réel
état appelé à croître de 2,1 %, grâce a l'arrivée du Parti libéral au
pouvoir.
Lorsqu'il est
arrivé au ministère des Finances, quelque part au mois d'avril, on lui a
dit : M. le ministre, vous étiez peut-être
un peu trop enthousiaste, un peu trop porté par les excès d'une campagne
électorale. Et le cadre financier que vous
aviez présenté en campagne électorale, il ne tient pas. Et les prévisions de
croissance économique sont, pour l'année en cours, non pas de 2,1 % mais bel et bien de 1,8 %. Mais, M.
le Président, la réalité a vite rattrapé ce gouvernement, qui était encore très optimiste en juin dernier. Et, à
la mise à jour de décembre, on était rendus, pour 2014, avec une prévision
de 1,6 %. Donc, on était passés de 2,1 % en campagne, à 1,8 % au
budget de juin, à 1,6 % en décembre.
Au budget de
cette année, le ministère des Finances nous a rappelé les chiffres pour 2014,
et les résultats préliminaires,
je le disais tout à l'heure, ils ne sont pas entièrement confirmés, mais les
chiffres préliminaires, c'était 1,5 %.
On était rendus à 1,5 % dans le budget qui nous a été présenté le
26 mars. Et, le lendemain, le 27 mars, l'Institut de la statistique du Québec corrigeait le gouvernement en lui
disant : Ce n'est non pas 1,5 % mais bel et bien 1,3 %. Alors,
ça, c'est du connu, c'est du passé, là. C'est 2014, et donc la succession de
chiffres, c'est : 2,1 % en mars, pendant la campagne électorale, à 1,8 % au budget de juin, à
1,6 % au budget de décembre, à 1,5 % au budget du 26 mars, à
1,3 % dans les comptes économiques de l'Institut de la statistique du
Québec.
Alors, je
vous laisse juger, M. le Président, de l'effet libéral. Je vous laisse en
juger. Je crois que cette succession de
baisses de chiffres illustre parfaitement que cet effet libéral, il est non pas
favorable au Québec, mais nuisible au Québec, néfaste au Québec.
Pour 2015, je
veux simplement dire que le gouvernement, dans le budget... Là, on est dans le
monde des prévisions, j'en conviendrai avec vous, M. le Président, et je
sais que c'est toujours téméraire. Mais simplement, parlant d'être téméraire, le gouvernement prévoit, pour
2015 — et on
verra, dans un an, de quoi il en retourne — mais il prévoit, pour 2015, une croissance économique de 2 %. Et, le 13 avril, donc deux semaines à peine après le dépôt du
budget, Desjardins nous disaient : 2 %, ils n'y croient pas,
ils n'y croient pas du tout. Ils nous disaient, en fait, je vais vous lire le
dernier paragraphe de leurs notes du 13
avril, parce que c'est quand même assez explicite, alors : «La faible
hausse du PIB réel de 0,4 % au
dernier trimestre de 2014 rappelle que l'économie du Québec repose sur des
bases fragiles. Avec un résultat aussi
amorphe, l'acquis de croissance pour 2015 est limité. Voilà qui appuie notre
prévision de 1,7 % cette année.» Or, ça, c'est Desjardins, ce n'est pas le député de Rousseau, pas le Parti
québécois, c'est Desjardins qui dit ça. Alors, la succession de révision à la baisse des perspectives de
croissance économique se poursuit et malheureusement n'est probablement pas
complétée, et donc c'est inquiétant pour la suite des choses. Ça, c'est au
chapitre de la croissance économique.
Au
chapitre
de la création d'emplois, on pourrait regarder le passé puis les prévisions, je
vais me contenter du passé, parce que,
les prévisions, on peut dire bien des choses, là, mais on verra, on verra, dans
le concret, comment ça s'est matérialisé.
Mais je reviens : pour la création d'emplois, je dirai simplement que le
document budgétaire confirme qu'en 2014, au Québec, il s'est perdu 1 100 emplois, et c'est à mettre en
relation avec le fait qu'en 2013, l'année précédente, il s'était créé
48 000 emplois. Or, ça, c'est la réalité.
Pour la suite
des choses, même le gouvernement désormais ne promet plus les 50 000 emplois qu'il nous avait promis en campagne électorale. Déjà, ils ont
baissé les bras, et je les comprends : avec le plan économique qu'ils ont
sous la main, évidemment il n'y a pas grand espoir qu'on ait mieux que
l'investissement des entreprises, je veux simplement rappeler encore une fois
que, pour 2014, les résultats n'ont
pas été au rendez-vous. Au budget de juin dernier, le budget de juin 2014, le
ministre des Finances avait prévu une croissance
de 4 % des investissements. Bien, le résultat, tel qu'énoncé dans le
document budgétaire, c'est que les investissements
n'ont pas augmenté, il y a eu essentiellement une stagnation des investissements
en 2014. Ça, c'est le résultat pour 2014. Évidemment, pour 2015, on nous
fait miroiter de très belles hausses de l'investissement; M. le Président, je le souhaite. Je le souhaite
profondément, mais je suis désolé de vous dire que je ne vois pas, dans le
budget, de raison de croire que ces
belles perspectives d'investissement vont se matérialiser, je ne les vois tout
simplement pas.
En fait, le gouvernement s'appuie sur deux
éléments de politique économique pour stimuler la croissance économique du Québec. Malheureusement, ces deux
éléments sont complètement insuffisants et ils auront un impact, s'ils en ont un, puis je veux croire... je crois
qu'ils en ont un, mais dans le moyen et long terme, dans trois ans, dans cinq
ans, dans 10 ans. Et je parle évidemment de deux choses : je parle
du Plan Nord puis je parle de la stratégie maritime.
Notez bien
que, dans le cas de la stratégie maritime, on n'a aucun détail, et je ne sais
pas de quoi il s'agit précisément,
mais j'ai cru comprendre qu'il y aurait là-dedans des pôles logistiques, ce qui
n'est certainement pas une mauvaise chose, là, que d'avoir des pôles
logistiques. Moi, je suis plutôt d'accord avec cette idée de développer des infrastructures où on permet l'interconnexion de
différents moyens de transport, c'est clair que ce n'est pas une mauvaise idée.
Maintenant,
ce n'est pas demain la veille qu'on va avoir un pôle logistique bien structuré
au Québec, et peut-être que, dans
trois ans ou dans cinq ans, on en aura un, mais je dois dire que, pour les Québécois
qui espèrent plus de croissance
économique et plus d'emplois cette année, l'année prochaine et dans deux ans,
ce n'est pas particulièrement attrayant de savoir que le gouvernement
repose sur une stratégie maritime qui n'est encore même pas sur papier.
Puis, pour ce qui est du Plan Nord, bon,
évidemment, moi, je suis favorable à l'exploitation minière puis à l'exploitation de nos ressources naturelles, dans
la mesure où c'est fait intelligemment, en respect de l'environnement
puis avec l'acceptabilité sociale. Je suis pour ça, nous sommes pour ça ici, au
Parti québécois, il n'y a aucun doute là-dessus. Mais
est-ce que, dans le contexte de prix très, très faibles auxquels on a droit
malheureusement pour les ressources
naturelles présentement, est-ce qu'on peut compter qu'en 2015, en 2016, en 2017
les Québécois vont avoir plus
d'emplois puis qu'on va avoir plus de croissance économique grâce au Plan Nord?
Je suis désolé, M. le Président, de vous dire que ce n'est pas réaliste
comme perspective.
Je dois d'ailleurs
rappeler, pour ceux qui sont amateurs de chiffres de l'autre côté, que le PIB
du secteur minier au Québec, c'est
1,2 % de notre PIB, hein? Le secteur minier, là, c'est 1,2 % de notre
PIB. Bien sûr, ça ne veut pas dire qu'on ne voudrait pas que ça augmente puis que ça devienne quelque chose qui
est encore plus important dans notre portefeuille de secteur économique vigoureux, c'est bien sûr
qu'on pourrait vouloir que ça augmente. Mais, même si ça augmentait de
1,2 %, à 1,3 %, à 1,4 % ou à 1,5 %, ce qui serait quand
même quelque chose d'important, M. le Président, vous en conviendrez, je suis certain, il n'en demeure pas
moins que ce ne serait pas l'espèce de mesure-phare qui est à même de
changer les perspectives de l'économie du Québec. Je pense que tout le monde en
conviendra également.
Quand je
compare Plan Nord et puis stratégie maritime avec les choix que nous avions
faits, de notre côté, je dois avouer
que je trouve ça assez désolant. Je vous rappellerai simplement qu'on avait une
politique économique qui était cohérente,
structurée, visionnaire, qui s'appuyait sur des piliers très clairs, à la fois
une politique de recherche et d'innovation,
une politique manufacturière pour automatiser et moderniser notre secteur
manufacturier, qui en a un énorme besoin.
On avait une politique du commerce extérieur qui avait pour objet de permettre
à nos entreprises de conquérir des marchés étrangers puis évidemment une
stratégie d'électrification des transports, qui, je dois le dire, là, est un secteur d'avenir évident. Je pense qu'il faut se
fermer les yeux pour ne pas se rendre compte que les moyens de transport
propres sont la voie de l'avenir, je pense que c'est une évidence.
Et, pour le
secteur des ressources, je me rappelle que, dans les derniers mois de notre
gouvernement, on avait tenu un sommet sur la forêt qui avait permis de dégager
des perspectives extrêmement prometteuses pour le secteur de la forêt, qui pourrait être un fer de lance de l'économie
québécoise. C'est un secteur dans lequel la ressource est renouvelable, et, dans plusieurs pays, en particulier dans les
pays scandinaves, la forêt est un atout majeur, et ça permet d'accélérer la
croissance économique. Ce qui nous manque
ici, ce sont de nouveaux procédés, de nouveaux produits faits à partir de la
fibre de bois. On avait entrepris de dégager
des budgets pour la forêt, et je pense qu'il faut poursuivre dans cette
direction-là, M. le Président. Et
j'ose croire que le gouvernement va peser, appuyer sur l'accélérateur. Je pense
que c'est fondamental.
Je vois le temps qui file. Il y a au moins deux
choses que je veux dire avant de conclure, M. le Président. La première, c'est... Je vous ai dit que l'équilibre
budgétaire était précaire, les probabilités qu'on y parvienne étaient faibles,
d'après moi, et ça reposait sur des hypothèses périlleuses, je vous ai dit
toute mon insatisfaction quant à la politique économique
du gouvernement. Je veux également ajouter que le gouvernement a alourdi de
façon importante le fardeau fiscal
des Québécois. Et, je pense que c'est important de le rappeler, le budget
contient la preuve que le fardeau fiscal des Québécois cette année, en 2015‑2016, augmente de 700 millions de
dollars. Et ça, ce sont strictement les gestes posés par le gouvernement du Québec. Ça ne tient pas compte
des autres gestes qui sont posés à la fois par Hydro-Québec, par les commissions scolaires, par les municipalités. Il y
a véritablement un alourdissement du fardeau fiscal pour les Québécois.
Et, pour les
entreprises, parce que j'étais en train de faire le lien avec la politique
économique, je veux simplement rappeler
que, dans le budget, on fait le résumé des gestes qui ont été posés quant aux
entreprises et quant au fardeau fiscal des
entreprises. Et, M. le Président, vous irez voir à la page B.41 du plan
budgétaire. Vous y constaterez que le fardeau fiscal des entreprises,
depuis l'arrivée du nouveau gouvernement, a augmenté — puis
là je fais le total pour cinq ans, là — de 2,5 milliards de dollars,
2,5 milliards de dollars. Est-ce que c'est à même de favoriser la
croissance économique, de favoriser
la création d'emplois, de favoriser l'investissement de nos entreprises que
d'augmenter le fardeau fiscal des entreprises
de 2,5 milliards? Alors, évidemment, poser la question, c'est y répondre.
Je pense qu'ils savent très, très bien la
réponse, sauf que le réflexe, de l'autre côté, c'est que, quand ça va mal, on
taxe plus. Plutôt que d'avoir une politique de stimulation des revenus par un appui à nos entreprises, on a choisi,
à l'inverse, de leur nuire, de les empêcher de se développer. Et, écoutez, M. le Président, c'est
évident, c'est évident que, quand on alourdit votre fardeau fiscal, ça
n'encourage pas la création d'emplois puis l'innovation dans les
entreprises. Ça nuit. C'est tout simplement ça.
Je vais
devoir terminer, parce que le temps va me manquer, par simplement quelques mots
sur les services à la population — oui, c'est ça, j'ai cinq minutes — quelques mots