House Proceedings — 18 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-05-18
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, chers collègues, je vous souhaite une très bonne séance. Veuillez vous asseoir.
Nous en
sommes à la rubrique de la déclaration
des députés, et je cède la parole à M. le député de Laval-des-Rapides.
Polo : Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais souligner
aujourd'hui le changement de commandement de l'escadron 687 Richelieu Laval situé dans ma circonscription.
C'est un double plaisir de le faire en présence de capitaine Mouher Terjanian, qui termine son mandat, et de capitaine Mona Kassis,
qui prend la relève.
Capitaine
Terjanian a joint le programme des cadets de l'air à l'escadron 687 en
2002, à l'âge de 12 ans. Au cours des années qui ont
suivi, il gravit différents échelons pour devenir commandant d'escadron à l'âge
de 23 ans. Depuis trois ans, il a su
transmettre avec brio aux jeunes cadets des valeurs de respect et d'engagement
social. Je le félicite donc pour l'excellence de son mandat et lui
souhaite un grand succès pour son prochain mandat à
titre de commandant à
l'escadron 757 Optimiste Mascouche.
J'aimerais
également saluer capitaine Mona Kassis, impliquée au sein du même escadron
depuis 1996, tout d'abord comme cadette et, depuis 2004, à
titre d'officier.
C'est donc après 20 ans de loyaux services et d'engagement indéfectible auprès de ceux qu'elle considère
comme sa seconde famille qu'elle accepte le nouveau défi qui lui est offert
en prenant le commandement de cet escadron.
Capitaine Kassis, je vous souhaite un mandat exceptionnel et beaucoup de
réussite. Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Laval-des-Rapides. M. le député de Verchères.
Bergeron : Merci, M. le Président. Le 10 février
dernier, le monde de la peinture québécoise était plongé dans le deuil. C'est qu'avec 91 ans
d'une vie bien remplie l'un de ses plus remarquables ambassadeurs, M. Jean-René
Ostiguy, s'éteignait.
terme d'études à l'Université de Montréal, à l'École des beaux-arts de Montréal
et à la School of Art & Design, M. Ostiguy a été critique d'art au quotidien Le Devoir
et a enseigné dans différentes institutions avant d'être embauché, en 1955, à la Galerie nationale du Canada, l'actuel
Musée des beaux-arts du Canada, jusqu'à sa retraite, en 1986, où il a occupé
différentes fonctions, dont celle de conservateur. Auteur prolifique, on
doit à ce passionné d'art plusieurs catalogues d'expositions, articles spécialisés et ouvrages de référence.
Conférencier recherché, il a notamment enseigné à l'Université d'Ottawa
et à l'Université Laval, en plus de constituer de prestigieuses collections.
C'est donc un
véritable monument qui a disparu il y a quelques semaines, laissant un vide
immense, inconcevable à combler, mais léguant aussi un gigantesque et
précieux héritage à la postérité. Je vous remercie, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Verchères. M. le député de Portneuf, pour votre déclaration.
M. Matte : Merci, M. le Président.
Je suis fier de souligner le parcours prometteur qui s'ouvre à une jeune Portneuvoise, Katherine Tessier. Originaire de
Saint-Casimir, cette jeune designer n'avait que 19 ans lorsqu'elle a
participé au festival de mode de
Québec. Tout en poursuivant ses études, Katherine a créé une seconde collection
prêt-à-porter avant d'effectuer un
stage à New York, une expérience qui lui donnera les ailes nécessaires pour
poursuivre une carrière dans la cour
des grands. Persévérante, elle est dotée d'une créativité étonnante, elle est
aussi déterminée à s'affirmer comme une couturière de renommée internationale. Tout
récemment, elle présentait sa collection à la Fashion Week de Vancouver, et sa collection faisait l'objet d'une
présentation dans le prestigieux magazine de mode Vogue . Signe d'une
originalité incontestable, la chanteuse Lady Gaga dispose de certaines
de ses créations.
Bien
que la tête remplie de rêves, Katherine Tessier ne manque jamais de rappeler
ses origines portneuvoises. À notre tour de lui dire combien nous sommes
fiers d'elle. Je suis convaincu que sa jeunesse inspirante et son...
Vice-Président (M. Ouimet) : ...dois vous interrompre. Merci à
vous, M. le député de Portneuf, pour votre déclaration. M. le député de
Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je souhaite profiter de cette
tribune afin de souligner le 50e anniversaire
de l'Association féminine d'éducation et d'action sociale, une organisation qui
défend les intérêts des femmes auprès des instances décisionnelles et
qui travaille à la promotion de l'égalité entre les sexes. L'AFEAS, qui compte actuellement plus de
10 000 membres, mise sur une approche positive afin que les femmes
exercent pleinement leur rôle de
citoyennes et qu'elles participent de façon active aux différents débats de
société. Au cours des 50 dernières années, l'AFEAS a également mis sur pied diverses activités telles que
l'opération Tendre la main, une campagne annuelle de sensibilisation contre la violence faite aux
femmes, ainsi que la Journée nationale du travail invisible, qui reconnaît
notamment le travail non rémunéré des parents, des bénévoles et des aidants
naturels.
le Président, j'aimerais aussi profiter de l'occasion pour souligner le travail
effectué par les deux AFEAS locales qui oeuvrent dans ma circonscription, soit
l'AFEAS de Mont-Saint-Hilaire, présidée par Mme Denise Loiselle, ainsi
que l'AFEAS de Saint-Denis-sur-Richelieu, qui est présidée par Mme Monique
St-Michel.
tous les membres de ces deux associations, je vous souhaite un très bon 50e
anniversaire. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Borduas. M. le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Blanchette : Merci, M. le Président. Jeudi le 15 mai dernier, à la finale de la
Ligue de hockey junior majeur du
Québec, Les Huskies de Rouyn-Noranda l'ont emporté sur les Cataractes de Shawinigan,
gagnant ainsi leur première Coupe du président de leur histoire. Quelle
belle façon de célébrer leur 20e anniversaire d'existence!
tiens à transmettre mes meilleures félicitations aux joueurs ainsi qu'aux
membres de toute l'organisation des Huskies.
Vous êtes une source d'inspiration pour les jeunes et un sentiment de grande
fierté pour toute une région. Vous nous avez fait vivre toute une gamme
d'émotions pendant la saison, mais aussi, et surtout, pendant toutes les séries
éliminatoires.
Malgré l'adversité des
séries, nous soulignons également le haut calibre que vos adversaires vous ont
permis d'atteindre tout au long de la saison. Il y a de quoi être fier
du hockey junior majeur au Québec.
Et ce n'est pas
fini : maintenant, vous vous dirigez vers le tournoi de la coupe Memorial.
Je vous souhaite la meilleure des chances.
Vous avez le talent pour gagner et rendre tous les Québécois
fiers de vous. Sachez que toute la population de l'Abitibi-Témiscamingue,
et tout le Québec, sera derrière vous. Alors, go, Huskies, go!
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
à vous la parole.
Massé : Merci, M. le Président. Le 10 mai dernier, le gouvernement libéral fédéral a adhéré formellement à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
En mai 2009, le gouvernement
libéral provincial avait adopté
en Chambre une motion le soumettant aux principes de cette même déclaration.
Sept
ans plus tard, force est de constater que le gouvernement est loin de respecter cette motion. En effet, il s'était engagé à ce que les relations que le gouvernement entretient avec les peuples autochtones ainsi que les lois et réglementations adoptées à l'avenir soient
conformes à cette déclaration. Les scandales des derniers temps, tels que le traitement carcéral dans le Nord-du-Québec, les multiples allégations d'agression sexuelle par des policiers sur
des femmes autochtones ou les vagues
de suicide dans les communautés, nous montrent que chaque jour qui passe
amplifie un drame humain duquel nous sommes responsables.
J'appelle le premier ministre du Québec à suivre
les traces de son homologue fédéral en prenant de front ses responsabilités en
matière des droits et dignités des peuples autochtones.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Mme la députée de Bourassa-Sauvé,
à vous la parole.
Mme de Santis : M. le Président,
c'est avec fierté que je veux souligner la performance des élèves de l'école secondaire Calixa-Lavallée de Montréal-Nord à la
cinquième édition du festival international de robotique, ayant pour thème La
forteresse .
Une trentaine
d'étudiants de secondaire III à V ont atteint la demi-finale de cette
compétition à laquelle ont participé plus
de 5 000 élèves issus de
180 écoles, incluant des délégations de l'Ontario, du Mexique et de la
France. Les participants disposaient
de 45 jours pour construire un
robot puis, lors d'un tournoi entre le 31 mars et le 2 avril dernier,
ils devaient tenter de percer les fortifications des adversaires et
assiéger leur château médiéval.
Félicitations
à tous les élèves, mentors, enseignants ainsi qu'au directeur de l'école
Calixa-Lavallée, M. Dominic Blanchette, qui ont contribué à la réussite
de cet événement. Bravo à ces jeunes! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé. M. le député de Deux-Montagnes, à vous la parole.
Charette : Merci, M. le Président. Dans le cadre des festivités entourant la
Journée nationale des patriotes, la
ville de Saint-Eustache sera l'hôte de la troisième édition du Symposium des
patriotes, donc, les 22 et 23 mai prochains. En plus de faire la lumière sur le talent de plus
de 75 artistes en arts visuels de partout au Québec,
cette exposition mettra de l'avant la
vitalité historique et culturelle du vieux Saint-Eustache, où une importante
page de l'histoire du Québec s'est écrite.
M. le Président, je suis fier de souhaiter... et de soutenir, à
titre de partenaire, le
travail des six bénévoles passionnés et
engagés qui forment le comité organisateur de ce symposium. Ainsi, j'invite
tous mes concitoyens et concitoyennes à venir admirer les artistes à l'oeuvre, échanger avec ces derniers et
surtout témoigner de leur immense talent les 22 et 23 mai, de
10 heures à 17 heures, dans les jardins du Manoir Globensky à
Saint-Eustache. Merci.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Deux-Montagnes. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
à vous la parole.
Thériault : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de
souligner le 40e anniversaire du Cercle d'amitié Anjou. Fondée en 1976, cette organisation planifie des
rencontres et activités pour garder nos aînés actifs. Ayant débuté leurs
activités à l'église Saint-Conrad, la
popularité grandissante de l'organisme l'amena à occuper un local au centre
communautaire Roger-Rousseau, destiné à de différentes activités
culturelles et sociales.
De septembre
à juin, le Cercle Amitié Anjou tient des rencontres et activités diverses en
plus d'organiser plusieurs sorties
pour les gens du troisième âge, le tout dans une ambiance chaleureuse et
empreinte de simplicité. Le travail d'équipe que réalise le comité du
Cercle Amitié Anjou permet la constante amélioration des activités offertes aux
membres.
Je tiens à
féliciter tous les bénévoles ainsi que les quatre présidentes qui ont travaillé
à faire du Cercle de l'amitié Anjou
une association dynamique et importante pour la collectivité angevine. Je salue
particulièrement la présidente en poste, Mme Colette Langlais, qui est impliquée dans l'organisation depuis
20 ans et à qui j'ai récemment remis la Médaille de l'Assemblée
nationale. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, Mme la députée. Enfin, M. le député de Rimouski, pour votre
déclaration.
M. LeBel : Merci, M. le Président.
Je tiens à rendre hommage à deux musiciens remarquables de la région, la
violoniste Élise Lavoie et le violoncelliste James Darling, qui ont eu
l'heureuse idée, il y a maintenant 15 ans, de fonder le festival Concerts
aux îles du Bic afin de partager avec la population Bas-Laurentienne leur
passion pour la musique
de chambre. Chaque année, ce festival accueille des artistes de talent
mondialement reconnus pour former des ensembles
éphémères et nous présenter des interprétations qui transcendent le temps et
traversent les époques, tout en se fondant à la beauté majestueuse du
paysage bicois.
Pour
la période estivale, de grands virtuoses de la musique venus de Rimouski et d'ailleurs
se réuniront pour une 15e édition
sous la direction artistique d'Élise
Lavoie et de James Darling pour nous faire vivre des moments intenses à
travers des pages de Satie, de Schubert, de Turina, de Mendelssohn, de Vaughan
Williams.
Toutes
mes félicitations à Élise et James pour ces 15 ans et merci pour votre
engagement culturel au sein de notre belle région du Bas-Saint-Laurent.
Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Rimouski.
Voilà
qui met un terme à la rubrique Déclarations de députés. Je suspends les travaux
de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Le Président :
Mmes, MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir. Là, c'est vrai.
Président : Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles
ni présentation de projets de loi.
M. le leader du
gouvernement.
Fournier : M. le Président, je dépose la réponse à la question inscrite au feuilleton par le député de
Nicolet-Bécancour le 27 avril
Le Président :
Ce document est déposé. Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 4 507 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que la loi n° 54 définit les animaux comme des êtres doués de
sensibilité, les animaux ne devraient pas être vendus comme des biens
meubles au moyen des petites annonces;
«Considérant que les
sites d'annonces classées sont incapables de distinguer entre des éleveurs
certifiés et honorables et des éleveurs qui profitent de la vente d'animaux,
sans égard à leur bien-être;
«Considérant que les
sites d'annonces classées Used.ca , BuySellTrade.ca et craigslist
interdisent la vente commerciale d'animaux;
«Considérant
que la France réglemente la vente
commerciale d'animaux sur les sites d'annonces classées, que 10 villes au Canada, dont ville de Mont-Royal et
Hudson au Québec, ont interdit la vente commerciale d'animaux sur leur
territoire, et que plus de 40 animaleries au Québec se sont engagées à ne pas
vendre [des] chiots;
«Considérant
que trop d'utilisateurs sont floués
par des éleveurs peu scrupuleux sur les sites d'annonces classées et que trop d'animaux souffrant de problèmes de
santé, souvent en raison des conditions de reproduction et d'élevage,
sont vendus sur ces sites;
«Considérant que des
milliers d'animaux en santé sont en attente d'adoption dans les refuges et
groupes de sauvetage pour animaux au Québec;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au ministre de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation d'autoriser exclusivement l'adoption d'animaux provenant de
refuges enregistrés et de groupes de sauvetage pour animaux sur les sites d'annonces
classées, d'y interdire la vente commerciale par des éleveurs, et d'aider les
familles à trouver un nouveau foyer pour leurs animaux de façon
responsable afin d'assurer leur bien-être.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu, de la part de Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles, une demande
de dépôt de pétitions qui est non conforme. Est-ce que j'ai le consentement
pour le dépôt? Consentement. Donc, Mme la députée, nous vous écoutons.
Léger : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 3 483
pétitionnaires. Désignation : citoyennes et citoyens du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que la politique actuelle du gouvernement affaiblit la première ligne de soins
que sont les pharmaciens québécois sans égard aux intérêts pour la
population;
«Considérant
que les pharmaciens québécois sont des citoyens à part entière et qu'ils n'ont
enfreint aucune loi;
«Considérant que les
pharmaciens québécois ont toujours négocié de bonne foi;
«Considérant
que les pharmaciens québécois évoluent dans une société de droit et qu'ils
s'attendent à un traitement juste et équitable;
«Considérant que les
pharmaciens québécois subissent des baisses directes et effectives de leurs
honoraires;
«Considérant que,
après plus de sept mois, le gouvernement n'a toujours pas mis en vigueur la
contrepartie à laquelle ont droit les pharmaciens québécois après une juste
négociation;
«Considérant
que plus de 1 000 emplois ont été perdus dans les pharmacies québécoises
en réaction aux coupes imposées par le gouvernement;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
respecter intégralement l'entente de principe, entre le ministre de la Santé et
des Services sociaux et l'Association québécoise
des pharmaciens propriétaires, visant le déplafonnement des allocations
professionnelles afin de compenser les ponctions aux honoraires
consenties par l'ensemble des pharmaciens propriétaires du Québec;
«Que
cette entente ne soit pas neutralisée ou atténuée par aucune mesure, aucun
plafond, aucun délai, aucune loi ni aucun règlement direct ou indirect
avant une période de rattrapage complet accordée de trois ans comme le stipule
l'entente, permettant aux pharmaciens de maintenir les services et soins de
première ligne.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
question de droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. Hier soir,
l'actualité a révélé comment le député de Marguerite-Bourgeoys a été
relevé de ses fonctions alors qu'il tentait de faire la lumière sur des faits
troublants qui concernent le ministère des
Transports : des contrats de gré à gré donnés à des ex-employés du MTQ,
des vérificateurs du ministère placés directement sous l'autorité des
gens qu'ils doivent surveiller, des situations d'intimidation et de menaces,
des employés qui ont dénoncé des pratiques
douteuses à l'UPAC et qui ont été écartés, un rapport demandé par le ministre
qui ne lui a jamais été transmis. Et ça
continue comme ça, M. le Président. C'est profondément, profondément troublant.
Le résultat, c'est la tête du ministre qui a roulé parce qu'il voulait savoir
ce qui se passait dans son ministère.
Après avoir été limogé, le député de
Marguerite-Bourgeoys a transmis une lettre à son successeur pour lui révéler
ses inquiétudes quant aux pratiques du ministère.
Est-ce
que le premier ministre peut déposer les rapports sur l'intimidation des
vérificateurs, les rapports sur l'octroi des contrats demandés par le député de Marguerite-Bourgeoys et la lettre
que ce député a transmise à l'actuel ministre?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président,
bien sûr, je vais déposer tous ces documents, c'est essentiel, parce que je
comprends, bien sûr, qu'on se pose des questions suite aux articles qui
ont été publiés.
Cependant, quelques mises
au point s'imposent, là. Toutes les personnes qui m'ont précédé à ce poste
savent à quel point les exercices de
remaniement ministériel sont difficiles, douloureux, répondent à des impératifs
qui parfois, malheureusement, ont des
conséquences sur certaines personnes, et on le sait très bien. Et c'est la
partie, je vous dirais, du poste que
j'occupe qui est la plus difficile, et je pense que tout le monde, tous ceux et
celles qui m'ont précédé vous diront la même chose. Le message avait été
donné clairement qu'on voulait avoir une meilleure représentation de la jeunesse, des régions et des femmes, ce qui a été
fait, et malheureusement, pour des raisons qui n'ont absolument rien à voir avec la compétence, l'intégrité ou la
performance professionnelle des gens, certaines conséquences se produisent,
on a vu ça dans tous les gouvernements.
Maintenant,
non seulement je vais publier... pardon, déposer les rapports — ce qui est un peu équivalent, vous serez d'accord avec moi — je vais donc déposer, donc, la lettre du
27 avril du député de Marguerite-Bourgeoys au ministre des
Transports, la réponse du 6 mai du ministre des Transports au député de
même que le rapport de vérification de décembre
2014 du ministère des Transports sur cette question des professionnels en
conformité de processus. Il est très important,
M. le Président, qu'il n'y ait aucun doute dans l'esprit de qui que ce soit
qu'on veut agir en toute transparence et faire la lumière sur les
choses.
Je conclurai
en disant deux choses. D'abord, le problème administratif, on le voit, est pris
en charge et sera pris en charge très
sérieusement. S'il y a des problèmes de nature potentiellement criminelle,
j'aime informer cette... je veux informer
cette Chambre que le chef de cabinet du ministre des Transports a rencontré
cette Mme Trudel qui a fait l'enquête dont il est question dans l'article et que toutes les informations
documentaires de Mme Trudel ont été transférées déjà à l'UPAC, M.
le Président.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : Je dépose donc les
documents.
Le Président : Consentement
pour le dépôt? Consentement. Consentement pour le dépôt.
Première complémentaire, M. le chef de
l'opposition.
Gaudreault : Oui, M. le Président, vous savez, on peut faire
deux choses avec une personne qui dénonce des irrégularités : on peut l'écouter et l'appuyer ou on peut le faire
taire. On voit ce que le premier ministre a choisi comme façon de répondre. Les révélations de L'Actualité
démontrent que, sous les libéraux, quand on essaie d'en savoir plus sur les
contrats, on se fait tasser. Je comprends que le premier ministre a déposé des
rapports. Je veux qu'il nous dépose également le rapport sur l'intimidation.
Et peut-il nous dire qui ou quoi il veut...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je déplore le ton et peut-être même les insinuations de mon collègue, et ça n'a
rien à voir, absolument rien à voir,
M. le Président. Et je dois dire que, moi, la première fois dont j'ai entendu
parler de toute cette histoire, c'est
ce matin. Mon chef de cabinet a rencontré l'ancien titulaire du ministère des
Transports le lendemain de l'envoi de
sa lettre, et auparavant il n'y a pas eu de conversation sur ces questions, du
moins entre mon chef de cabinet et l'ex-ministre des Transports, député
de Marguerite-Bourgeoys, ou moi-même.
Ceci dit, ça
n'en est pas moins très important. Ça n'a rien à voir avec la tentation de
dissimuler ou pas certains éléments.
Au contraire, on veut agir en toute transparence. Et j'ajouterais même, M. le
Président, sans avoir à lui donner d'instructions,
parce que l'Assemblée ne peut pas donner d'instructions nécessairement à la
Vérificatrice générale, que sa participation au processus...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...est bienvenue, M.
le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Gaudreault : Oui, M. le
Président, on voit tout de suite la différence, hein? Quand j'étais ministre
des Transports et qu'on a voulu aller au
fond des choses, j'étais appuyé par ma première ministre. Aujourd'hui, quand on
a un député qui veut aller au fond
des choses, et un ministre qui veut aller au fond des choses, il se fait tasser
par le gouvernement libéral.
Le premier ministre n'a
toujours pas répondu. Est-ce qu'il va déposer le rapport également sur les
allégations d'intimidation dans les
directions territoriales? Et va-t-il répondre aussi à la question : Que
veut-on protéger? Que veut-on protéger au point de tasser un ministre?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
non seulement je dépose les rapports, on pourra en déposer d'autres, documents
également, et en fait la sous-ministre sera
à la Commission de l'administration publique cet après-midi, elle aura donc
tout le loisir de répondre aux questions.
Mais je veux réprouver fortement les insinuations que mon collègue répète. Je
regrette, là, ça n'a rien à voir, absolument
rien à voir, et je voudrais qu'on s'assure de rester en contact avec la réalité
ici, un remaniement fait en janvier pour des raisons qui n'ont rien à
voir avec les compétences, l'intégrité, les personnes touchées, et je répète que c'est des événements et des processus qui
sont très douloureux et difficiles. C'est une insulte à mon endroit, M. le Président, de prétendre le
contraire, de même qu'à l'endroit du député de Marguerite-Bourgeoys, qui
lui-même a réitéré sa confiance envers le titulaire actuel du ministère des
Transports, envers le premier ministre et le gouvernement et a fait une claire
distinction entre les changements de...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...ministres et les
événements dont il est question.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui. Le premier ministre fait appel à la réalité,
là. La réalité, c'est que, depuis le retour des libéraux au pouvoir, les extras, les dépassements de coûts
ont augmenté en flèche, alors qu'ils avaient baissé sous notre régime.
Ça, c'est la réalité.
Alors,
aujourd'hui, on a des faits extrêmement troublants devant nous. Ce qu'on veut
savoir, c'est si le premier ministre va déposer ou va demander à la
sous-ministre, à la CAP, cet après-midi, de déposer également le rapport sur
l'intimidation et qu'est-ce qu'il va faire pour changer la culture au ministère
des Transports? C'est ça, la réalité.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je vais répéter encore une fois que non seulement la lumière a été faite, elle
sera faite. Les actions ne commencent
pas aujourd'hui, les actions ont commencé. Le ministère des Transports, sous le
titulaire précédent et sous le titulaire actuel, mène des actions qui
visent précisément à s'occuper de l'aspect administratif des choses. Quant à l'aspect potentiellement criminel,
je répète, l'UPAC a été déjà saisie de tous les documents produits ou
colligés par Mme Trudel, qui effectuait les vérifications à
titre de
contractuelle dans le ministère des Transports.
Alors, il
n'est pas question de protéger qui que ce soit. Il n'est pas question de cacher
qui que ce soit ou quoi que ce soit.
On va être entièrement transparents. La destination ici, elle est quoi? Quelle
est la destination? C'est que, s'il y a des enjeux de nature policiers, ils sont pris en charge déjà, au moment où
je parle, par l'UPAC. S'il y a des enjeux de nature administrative...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...j'invite, entre
autres, la Vérificatrice générale de participer au processus.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
Merci, M. le Président. J'entends le premier ministre dire qu'on va être
entièrement transparents. C'est
drôle, avant que ça sorte dans L'Actualité , ils n'étaient pas
entièrement transparents parce que jamais nous n'avions eu connaissance
de cette lettre-là et de ces rapports-là.
Moi, je demande au ministre actuel des
Transports, comme on a appris hier soir que l'ancien ministre des Transports avait de très grandes inquiétudes — ancien ministre des Transports, mais aussi
ancien policier, ce n'est pas anodin, M. le Président — concernant
la gestion des contrats du ministère des Transports...
Et qu'est-ce qu'a répondu le
ministre actuel des Transports? Il dit qu'il dit avoir pris bonne note — bonne note — des commentaires
de son prédécesseur, mais souhaite faire sa propre analyse pour des aussi
grandes inquiétudes concernant la
gestion de contrats quand même très importants. On parle de plusieurs millions
de dollars, M. le Président, dans le ministère des Transports. Comme le ministre actuel a décidé de mener sa propre
analyse, quels gestes a-t-il posés pour faire suite à la liste
d'inquiétudes de l'ex-ministre des Transports?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Merci, M. le Président. D'abord, je
pense que le premier ministre a bien expliqué que, lorsque nous avons
reçu la lettre de mon collègue, ce que nous avons fait, c'est de rencontrer
aussi la personne qui faisait des enquêtes, et tous les documents qu'elle avait colligés, toute l'information qu'elle avait recueillie a été transmise à l'UPAC. Disons que, quand on transmet à l'UPAC, on essaie de... en tout cas, on s'installe pour être capables de répondre à des malversations
ou des choses comme ça, ce que je ne pense pas être le cas en aucune façon.
Parallèlement
à ça, il y a deux mécanismes qui existent à travers l'appareil
gouvernemental. Il y a le Vérificateur
général, la Vérificatrice générale, et le premier
ministre tantôt a dit : Vérificatrice générale, on ne vous impose rien, mais vous êtes invitée à continuer ce processus
d'enquête là. C'est un outil qui existe à travers l'appareil gouvernemental. Puis il y a la Commission
de l'administration publique, qui se
réunit justement cet après-midi, où la sous-ministre, qui est bien au fait de ce dossier-là, va
être présente, et vous pourrez apporter toutes les questions que vous voulez.
Alors,
une fois qu'on a mis tous ces processus-là ensemble... Et j'ajouterai, M. le Président, que la commission
Charbonneau a fait quatre recommandations, et, ces quatre recommandations-là...
Le Président :
En terminant...
M. Daoust :
...j'en parlerai dans la suite de la question.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Ouellet : Oui. M. le Président, est-ce que j'entends que le
ministre des Transports est en train de dire qu'il est attentiste puis qu'il laisse les processus
fonctionner normalement : C'est le Vérificateur général, il peut venir,
mais moi, je n'ai rien demandé,
malgré les grandes inquiétudes de l'ex-ministre des Transports, qu'il est en
train de me dire : Bien, on a
transmis ça à l'UPAC, mais, de l'autre côté, l'UPAC nous dit qu'il ne va pas au
ministère des Transports? On aimerait bien savoir c'est quoi, la vraie
version.
Quels
gestes concrets — il n'a
pas répondu à ma question — le ministre actuel a-t-il posés pour une situation aussi
inquiétante?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Daoust :
Alors, j'étais rendu au rapport de la commission Charbonneau, et la commission
Charbonneau a déposé
60 recommandations, dont quatre qui touchent spécifiquement le ministère
des Transports. Il y en a une qui est très
importante, dans ce dossier-là, qui est celle d'avoir un comité indépendant qui
évalue les soumissions et qui, en bout de
ligne, porte un jugement sur tout ça. Un des premiers gestes que j'ai posés en
arrivant, bien sûr, ça a été de mettre en place ce comité-là, et ce comité-là,
actuellement, existe. On n'est pas attentistes, on a été proactifs. On aurait
pu prendre plus de temps. Non, j'ai
jugé que c'était opportun de le faire rapidement, j'ai jugé que c'était
opportun de le faire maintenant, et c'est ce que j'ai fait, M. le
Président. La recommandation de la commission Charbonneau...
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
...on est allés directement au but et on a réglé le problème, de ce côté-là.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Merci, M. le Président. Il y a des problèmes du
côté des vérificateurs, de l'intimidation du côté de l'inspection des
contrats, il y a du morcellement de contrat, et le ministre nous répond qu'il a
mis en place un comité, qu'il a mis en place un comité.
Est-ce qu'il
y a d'autres gestes que le ministre a faits que de mettre en place un comité
pour s'assurer d'une bonne gestion de
notre argent, M. le Président, de notre argent? Parce que c'est de notre argent
dont il est question, et on le sait. Le rapport de la commission
Charbonneau, on l'a lu, on sait ce qu'il y a dedans.
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Alors, écoutez, il y a une commission, effectivement, la
commission Charbonneau, qui s'est penchée sur ce dossier-là de façon
approfondie pendant des mois. Et ce qu'on a fait au terme de tout ça, je
répète, il y a eu quatre recommandations qui
touchaient directement le ministère des Transports, et ces quatre
recommandations-là sont mises en
place ou sont en voie de l'être. Et la plus importante et celle qu'il fallait...
dans laquelle il fallait agir rapidement, c'était clairement celle où on va s'assurer de la pleine objectivité et
transparence dans l'octroi des contrats. C'est ce que nous avons fait,
M. le Président.
Maintenant, quand je vais au-dessus de ce que
propose la commission Charbonneau, on est dans le quotidien, on est aussi dans ce que le Vérificateur général
peut faire, on est dans ce que la Commission de l'administration publique
peut présenter...
Le Président : En terminant.
M. Daoust : ...et c'est exactement
ce que nous faisons, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le leader de l'opposition.
M. Drainville : M. le
Président, l'ex-ministre des Transports et député de Marguerite-Bourgeoys s'est
aussi inquiété des contrats de gré à gré octroyés à gros prix à d'ex-employés
du ministère des Transports. La sous-ministre Dominique
Savoie aurait scindé les contrats pour rester juste en dessous du seuil de
25 000 $ pour éviter les appels d'offres. Elle aurait ainsi accordé des dizaines d'ententes
de gré à gré. Exemple : deux contrats de 24 500 $ à un retraité
du MTQ vivant à Saguenay pour être
conseiller sur l'échangeur Turcot. Un autre ex-employé du MTQ aurait obtenu
215 000 $, scindés en différents contrats, de 2012 à 2015. Il
trouve ça drôle, M. le Président.
M. le
Président, le député de Marguerite-Bourgeoys voyait le problème. Il a essayé de
s'attaquer au problème, puis ça lui a coûté son poste de ministre, M. le
Président.
Est-ce que le
ministre des Transports peut rendre publique la liste des contrats, de tous les
contrats de gré à gré octroyés à d'anciens employés du ministère des
Transports?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : La Commission de l'administration publique se réunit — là, ça fait quatre fois, je pense, que je le
dis depuis le début de la période des
questions — cet
après-midi. La sous-ministre en
titre va être là, Mme Savoie, et vous aurez tout le loisir à ce moment-là, M. le
député... Je m'excuse, M. le Président, c'est à vous que je parle. Et le député
aura tout le loisir, M. le Président, de
poser des questions à la sous-ministre et d'obtenir des réponses. La Commission
de l'administration publique, pour y avoir passé
à quelques reprises, a un grand pouvoir d'enquête, un grand pouvoir de
poser des questions et d'exiger des réponses.
Alors, ce que
j'ai dit simplement, c'est que, dans cette
partie administrative là, qui relève
de la fonction publique, elle aura tout le... l'opposition aura tout le
loisir de poser des questions, et la sous-ministre sera là pour y répondre et avec beaucoup de transparence. Le premier ministre
a déposé le rapport des gestes proactifs que la sous-ministre a posés tantôt, et vous verrez à la lecture de ces
documents-là qu'il y a beaucoup de gestes qui ont été posés pour justement
faire en sorte qu'il y ait plus de transparence dans l'appareil.
Et je ne peux
que supporter, dans ce dossier-là, la sous-ministre parce que les gestes
qu'elle a posés sont en aval de toutes ces recommandations-là qui
avaient été faites dès le début par mon prédécesseur.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, on est au coeur de l'affaire, hein? C'est la sous-ministre qui va
décider, c'est la sous-ministre qui
va agir. Ce n'est pas la sous-ministre qui est ministre. Le ministre des
Transports, c'est lui, M. le Président.
Je lui repose la question : Est-ce qu'il s'engage à déposer tous les contrats qui
ont été donnés de gré à gré à d'anciens employés du ministère des Transports? Puis, si lui, il ne veut pas le
faire, est-ce qu'il s'engage à ce que la sous-ministre le fasse dès ce
matin en commission parlementaire?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : Je répète ce que je viens d'expliquer, M. le Président :
La Commission de l'administration publique a beaucoup de pouvoirs, et peut poser beaucoup de questions, et peut
exiger beaucoup de réponses. Ce que je dis au député, M. le Président, c'est simplement : Cet
après-midi — et c'est
une coïncidence, mais ça arrive comme ça — la sous-ministre en
titre va être à la Commission de
l'administration publique, et je l'invite à se présenter à la Commission de
l'administration publique, et je
l'invite à poser les questions sur les préoccupations qu'il a, et je l'invite à
demander les documents qui lui semblent pertinents pour avoir une vision
claire de ce dossier-là. Je ne peux pas être plus transparent que de
dire : Écoutez, tout est disponible, parlez-en aux gens qui ont ça au
quotidien.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, là, ce n'est pas compliqué là, ce n'est pas compliqué, il se
lève depuis son siège et il dit : À
titre de ministre des
Transports, je vous dis, je déclare : Tous les contrats qui ont été donnés
de gré à gré à d'anciens ministres... à d'anciens employés du ministère des
Transports, je vais les rendre publics, je vais les rendre publics, et la
sous-ministre va s'engager, aujourd'hui en commission parlementaire, à les
rendre publics rapidement, rapidement. C'est tout ce qu'on veut entendre, M. le
Président.
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Daoust :
M. le Président, je me lève de mon siège pour lui dire que c'est déjà
disponible et d'aller lire les crédits... le
livre des crédits budgétaires. C'est toujours inscrit dans le livre des crédits
budgétaires. Vous avez déjà l'information disponible. Je suis un peu
étonné ce matin...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre, c'est à vous la parole.
Daoust : Je suis un peu étonné ce matin, M. le Président, qu'on me
pose la question avec autant d'insistance quand les documents sont déjà
disponibles. Simplement d'aller lire le livre des crédits budgétaires...
Président : S'il vous plaît! D'abord, la question a été posée,
la réponse... C'est au ministre de donner la réponse. M. le ministre,
c'est à vous. Continuez.
Daoust : Alors, je conclus simplement, M. le Président, en disant et
en répétant ce que je viens de dire : De mon siège, je me lève pour
lui dire de se lever du sien puis d'aller consulter le livre des crédits
budgétaires.
Le Président :
S'il vous plaît! Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le journaliste Louis Lacroix révèle
ce matin des informations qui sont très, très, très préoccupantes
concernant les pratiques au ministère des Transports. On apprend, entre autres,
qu'il existe au ministère des Transports un
système de comptabilité occulte où on dissimule les dépassements de coûts via
cinq bases de données. Donc, on
explique très bien dans l'article. Ce qu'on fait, c'est que, de façon
continuelle, les estimations sont mises
à jour pour réduire l'écart entre les estimés et les coûts réels. C'est grave,
M. le Président. Le ministère des Transports donne à chaque année des milliards de dollars de contrats; c'est
l'argent des Québécois. Donc, j'espère que ça préoccupe le premier ministre.
Et je voudrais
savoir... Et je voudrais qu'il nous dise clairement ce matin : Est-ce
qu'il peut nous garantir que ce système de comptabilité occulte n'est plus en
place au ministère des Transports?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je voudrais indiquer à mon collègue que, comme lui, je
désire que toute la lumière soit
faite, autant sur les aspects administratifs que sur les aspects
potentiellement criminels. Maintenant, les mots qu'il emploie, là, «occulte», ça fait appel, pour moi, à
des notions d'enquête policière puis de tribunaux. Alors, l'UPAC a tous les documents, le rapport de Mme Trudel lui a été
entièrement transmis. S'il existe effectivement des mécaniques comptables...
ou des mécaniques administratives qui sont à
réprouver, elles seront réprouvées, M. le Président, et elles seront
complètement éliminées, clairement.
Mais voyons les faits
d'abord. Est-ce qu'on pourrait s'entendre pour voir les faits? On a un
article
de journal. C'est bien, je ne diminue pas
l'importance des articles dans les médias. Mais on va voir clairement quelles
sont les données, quels sont les
faits disponibles. Et il est clair qu'on va tous agir de concert pour que ça
disparaisse complètement si de telles
mesures ou si de telles méthodes sont effectivement présentes. Il l'a dit de
son siège : Moi, je voudrais voir les faits. Quand on verra les
faits, on agira.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le député de Marguerite-Bourgeoys voulait se débarrasser de ce
système de comptabilité. Il n'a pas eu le
temps de le faire, il a été démis de ses fonctions par le premier ministre.
Est-ce que le premier ministre peut nous garantir, d'abord, qu'il
n'était pas au courant qu'il y avait un système de comptabilité occulte? Puis va-t-il faire les vérifications pour
s'assurer qu'il n'y ait plus de système de comptabilité occulte au ministère
des Transports?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Plusieurs questions, je vais y répondre dans l'ordre. D'abord, il n'y a
aucun lien entre les changements du
Conseil des ministres et ce qui est rapporté ce matin ou ce qui est rapporté au
cours des derniers jours. Ce serait
grave qu'il en soit ainsi; il n'en est, bien sûr, pas ainsi. Et malheureusement
les décisions qu'on prend dans les changements
de composition du Conseil des ministres ont des impacts sur les personnes qui
n'ont rien à voir avec leur intégrité,
leur professionnalisme, leur compétence, ce qui est le cas du député de
Marguerite-Bourgeoys. Je suis heureux de le répéter aujourd'hui.
Maintenant, je vais
répéter encore une fois, M. le Président, que, moi, la première fois que j'ai
entendu littéralement parler de ça, c'est en
prenant mon déjeuner ce matin. Alors, jamais le député de Marguerite-Bourgeoys
ne m'a parlé de ça. Il a parlé à mon
chef de cabinet le lendemain de sa lettre au ministre Jacques Daoust il y a
quelques jours, le 28 avril. Il est clair que, dès qu'on a eu
l'information, on s'en est occupés.
Le Président :
En terminant.
Couillard : Mais là on soulève des hypothèses et on fait des
insinuations qui sont franchement à la...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, on a la preuve ce matin qu'on a un
premier ministre passif, qui a zéro leadership. Ça ne l'intéresse pas,
ce qui se passe au ministère des Transports. Il n'a même pas posé de question.
le Président, pourquoi a-t-il congédié le ministre des Transports? Qui protège,
hein... Le premier ministre, il protège qui? Les citoyens ou le Parti
libéral du Québec?
Le Président : Toujours en faisant attention, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition. M. le premier ministre, c'est à vous la parole.
M. Couillard : M. le Président, je vois que c'est facile de glisser sur la même pente.
C'est toujours le cas, on le voit
encore, on n'est pas surpris. C'est le style de cette formation politique, ils
le démontrent encore une fois aujourd'hui.
vais lui répéter une expérience que peut-être il aura un jour, ou peut-être
non — son
comportement peut-être nous amène sur
la deuxième hypothèse — que, lorsqu'on est premier ministre et qu'on fait des changements
de composition du Conseil des
ministres, on doit tenir compte d'un ensemble de facteurs. J'avais clairement
indiqué publiquement qu'il fallait
renforcer la présence des jeunes, des régions et des femmes. J'espère qu'il n'a
pas d'objection envers ça. M. le Président, qu'est-ce que...
Président : S'il vous plaît! Veuillez cesser de vous
interpeler. M. le premier ministre, veuillez continuer.
M. Couillard : Alors, M. le Président, quel comportement déplorable! Quel manque de
professionnalisme politique! Quel manque de vision!
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : Quel manque de respect envers les personnes! On gouverne dans l'intérêt
de tous les Québécois, avec toute notre équipe, puis on...
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, comptabilité occulte, contrats fractionnés pour être donnés de
gré à gré, des vérificateurs qui sont
subordonnés à ceux qui sont supposés enquêter, qui sont intimidés, qui sont
menacés. Le résultat, depuis les
dernières années, c'est des centaines de millions d'extras qui ont été donnés
par le MTQ — on se
demandait pourquoi — 15 millions dans les trois premiers
mois de 2016. On se dirige vers une année record, un millésime des extras,
M. le Président.
Il y avait un
policier intègre comme ministre des Transports, qui a voulu faire la lumière,
qui a demandé des enquêtes, qui n'a pas eu le temps de voir les rapports.
question que je me pose, c'est : Est-ce que le premier ministre, lui, a eu
le temps de voir les rapports avant de le
démettre de ses fonctions? Est-ce qu'il avait en main les rapports demandés par
son ministre des Transports avant de lui retirer son ministère?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Alors, encore une fois, M. le Président, il y a des points
qui ont été soulevés et il y a des mesures qui sont prises aussi au
quotidien, et je peux vous assurer que la sous-ministre qui est actuellement au
ministère des Transports avait déjà
entrepris des mesures pour que ces situations-là, qui avaient été soulevées par
mon prédécesseur — puis
je m'inscris dans cette continuité-là — soient corrigées.
Maintenant,
on est là puis on pense à des exagérations, au fait qu'on a des dépassements de
coûts, et tout ça. Moi, M. le
Président... Il y a, sur le site Internet du ministère, un rapport qui est
intéressant, qui s'appelle le Bilan des coûts des contrats terminés . Et ce qu'on voit, c'est que... parce que, la
vérité, vous savez, on la voit quand le contrat est terminé, est-ce qu'on a dépassé les coûts ou on n'a pas
dépassé les coûts. Et, quand on regarde les milliers de contrats qu'il y a eu
depuis 2009 à 2016 — et
c'est disponible, et, au besoin je le déposerai — on regarde, il y a
8 700 contrats qui ont été entrepris et
terminés pendant cette période-là. Il y en avait pour... il y en avait pour...
je m'excuse, il y en avait 21 000, il y en a pour 8,7 milliards de dollars. C'est beaucoup d'argent,
hein? Vous aviez mentionné tantôt des... il y a 8,7 milliards de
dollars, et ce qu'on s'aperçoit, c'est qu'il y a eu des économies brutes, à ce
niveau-là, de 519 millions de dollars.
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
Ce n'est quand même pas petit, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, il y en a d'autres, rapports qui
sont très intéressants, c'est ceux qui ont été demandés par le député de
Marguerite-Bourgeoys quand il occupait la fonction de ministre des Transports.
question, elle est très, très simple, là, est-ce que le premier ministre les a
eus en main avant de démettre le député de Marguerite-Bourgeoys de son
titre de ministre des Transports? Est-ce
qu'il a pris connaissance de ces rapports-là avant de prendre sa
décision de démettre le ministre des Transports de ses fonctions, oui ou non?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Il veut jouer au
justicier masqué, M. le Président, ou à peine masqué, M. le Président, mais je
vais répéter ce que j'ai dit
tantôt : La première fois où j'ai entendu parler de toute cette histoire,
c'est ce matin en prenant mon petit déjeuner.
Le Président :
Principale, M. le député de Groulx.
M. Surprenant : Non, c'est deuxième
complémentaire.
Le Président : Oh!
excusez-moi. Deuxième complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : Très bien, M. le Président. Alors, le ministère des
Transports n'a jamais accordé autant d'extras qu'au cours des deux
dernières années. Pendant ce temps, les vérificateurs se font censurer,
intimider et menacer.
Et le
ministre dit qu'il a mis en place un comité. M. le ministre, ça ne prend pas un
comité, ça prend des gestes concrets
pour faire cesser ces gestes d'intimidation. Alors, qu'a fait le ministre pour
s'assurer que les contrats soient vérifiés correctement? Rien du tout.
Il se cache derrière sa sous-ministre. Que va-t-il faire?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : Alors, M. le Président, je l'ai dit tantôt, la commission
Charbonneau a été précise sur ça, et, pour s'assurer de l'objectivité
dans les contrats, ce que nous avons fait a été de mettre en place une des
quatre grandes recommandations — enfin, les deux sur les quatre sont déjà
mises en place, puis deux sont en voie de l'être — pour s'assurer de l'objectivité dans les contrats avec
un comité indépendant. On peut rire du comité indépendant. Ce n'est pas quelqu'un qui est en mode suggestion, c'est
quelqu'un qui est de façon opérationnelle. Mais la réalité, la vraie vie, la
vérité dans ça, M. le Président — et j'avais commencé à le dire — c'est que, sur 8,7 milliards de dollars
de contrats qui ont été terminés, on a 512 millions d'économies brutes,
309 millions de dépassements, ce qui nous donne un net de
210 millions positif.
Le Président : En terminant.
M. Daoust : On a économisé sur les
contrats, on n'a pas dépassé, monsieur.
Le Président : Principale, M.
le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, dans la lettre qu'il a signée, la lettre du 27 avril 2016
qu'il fait parvenir à l'actuel ministre
des Transports, le député de Marguerite-Bourgeoys dit ceci : «Il y aura bientôt trois mois que le dernier remaniement
a pris effet», etc. Et là il dit ceci :
«Ce qui m'avait retenu à ce jour, c'était de permettre au ministre
de prendre connaissance de son ministère et de ses dossiers, afin qu'il puisse consulter
une ressource externe qui avait un mandat spécifique relié à l'intégrité des processus, et [à] la
conformité des attributions de contrats[...]. Cette ressource a été engagée à
ma demande par le ministère.
À mon départ, [j'ai] bien avisé Mme Trudel d'informer le chef de cabinet
du nouveau ministre des dossiers sur lesquels nous avions des
inquiétudes et sur des événements qui démontraient des irrégularités.
«J'ai appris avec surprise qu'elle aurait donné
sa démission la semaine dernière.»
Pourquoi Mme Trudel a-t-elle donné sa
démission?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : Alors, effectivement, M. le Président, quand j'ai reçu la lettre de mon collègue, dans
la continuité de la direction du ministère,
j'ai donné suite immédiatement à ces recommandations. J'ai accusé réception quelques jours plus tard, mais, dès le jour 1, nous avons
rencontré la sous-ministre en
titre avec mon chef de cabinet pour faire une mise au
point, une mise à jour, comprendre exactement
de quoi il s'agissait. Vous comprendrez que, pour moi, c'était nouveau,
je venais d'arriver au ministère, j'arrive au ministère.
Ce que nous
avons fait, par ailleurs, c'est que mon chef de cabinet a rencontré
Mme Trudel, a eu une discussion avec
elle, et elle lui a remis une information relative à ses recherches, des documents en vrac
puis certaines conclusions, certaines hypothèses qu'elle émettait. Cette
clé USB là a été transmise immédiatement à l'UPAC.
Alors, on ne
peut pas aller de façon plus transparente que de remettre aux autorités
compétentes, celles qui sont en mesure
d'enquêter au cas où il y aurait eu — et
j'en doute — des
malversations ou des choses criminelles... Mais ça a été entièrement
remis à l'UPAC, et on l'a fait dans les jours qui ont suivi.
En ce qui concerne le départ de Mme Trudel,
si vous persistez dans votre foulée...
Président : En terminant.
M. Daoust :
...ça me fera plaisir d'y répondre en première complémentaire.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville : Toujours dans cette lettre signée par le député de
Marguerite-Bourgeoys, on lit ceci : «...j'aimerais bien m'assurer que mes préoccupations autant sur le plan éthique, administratif ou criminel soient [...]
transmises et vérifiées.
«[...]avant le
remaniement, [j'ai] demandé plusieurs réponses à des questions précises à la sous-ministre,
[...]Dominique Savoie, [elle] ne m'est jamais revenue[...]. [...]le temps lui a
donné raison...» J'ai été tassé.
question, M. le
Président, est la suivante : Qui
le premier ministre voulait-il protéger en limogeant l'ancien ministre
des Transports et actuel député de Marguerite-Bourgeoys?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Quel comportement déplorable de la part de ce député! J'ai répondu
plusieurs fois à cette question et je
répète : Personne, il n'y a personne à protéger ici. Il faut que la
lumière soit faite, et les décisions de mise en place du Conseil des ministres — il a la tête basse, il regrette ses
propos — les
décisions de composition du Conseil des ministres, M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard : ...sont prises sur des bases
qui, malheureusement, ont des impacts négatifs sur certaines personnes.
Il le sait bien, il a fait
partie
d'un gouvernement, il a été en contact avec une première ministre, il n'y a rien de plus difficile, de plus douloureux
également à faire, croyez-moi. Ça n'a absolument rien à faire avec quoi que ce
soit d'autre.
a entendu parler de ces affaires, littéralement, dans les dernières heures en ce qui me concerne, dans les derniers jours en ce qui
concerne mes collaborateurs. On va de l'avant, autant sur le plan criminel avec
l'UPAC...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...que sur le plan administratif.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, c'est grave, quand un ministre est empêché de faire la lumière
sur les irrégularités qu'il observe
dans son propre ministère. Ce qu'il aurait dû obtenir, M. le Président, c'est
l'appui de son premier ministre. C'est
ça qu'il aurait dû obtenir, l'appui de son premier ministre. Et le premier
ministre, il a fait quoi? Quand il a su que le ministre des Transports voulait faire le ménage, il l'a tassé du chemin.
C'est ça qu'il a fait, M. le Président. Il aurait dû prendre ses
responsabilités. Est-ce qu'il a perdu...
Président : M. le leader de l'opposition, deux choses. D'abord,
M. le leader de l'opposition, vous connaissez très bien notre règlement. Première chose, d'abord, vous devez croire la
parole de la personne à qui vous avez posé la question. Tous les membres
de cette Chambre, ici, on doit prendre leur parole, premièrement.
Deuxièmement,
on peut difficilement faire la démonstration que vous faites en accusant, en
fait, quelqu'un. Si vous voulez accuser quelqu'un, on peut le faire,
notre règlement le prévoit, mais il faudra suivre notre règlement.
M. Couillard : M. le Président, je trouve ce genre d'insinuation odieuse,
personnellement, et je pense qu'on ne devrait jamais entendre ce genre
de chose là dans une Assemblée nationale.
est conscients des difficultés des arbitrages qu'il y a à faire dans la composition
d'un conseil des ministres. Et, je
répète encore une fois, M. le Président, ça n'a absolument rien à voir. Ce qui
est devant nous actuellement va être traité
avec beaucoup de sérieux, autant sur le plan administratif — et je désire, si possible et si elle le
déclare souhaitable, que la
Vérificatrice générale s'implique dans le processus — que sur le plan criminel. On vient de dire,
on vient d'entendre ici que toute
l'information a été déjà envoyée à l'UPAC au moment où on se parle. Alors, je
ne sais pas ce que veut l'opposition officielle. Comme d'habitude, c'est
le salissage, M. le Président.
Président : Attention! M. le député de Mercier, en principale.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Ma question s'adresse principalement au ministre du
Transport. Je veux simplement porter à l'attention du public qui nous écoute
que, selon le plan d'investissements routiers 2016-2018 du ministère des Transports, on va injecter dans le
réseau 4,7 milliards de dollars en deux ans. Chaque pourcentage de dépassement de coûts représente donc à peu près
50 millions de dollars. Et on sait que, quand les processus sont truqués,
quand il y a de la corruption, quand il y a
de la collusion, suivant les données probantes de toutes les enquêtes dans
différents pays, c'est de 10 % à
35 % de surfacturation en général. Donc, vous imaginez, ça passe d'un
demi-milliard à 1,5 milliard, d'où l'importance de la chose. Je
rappelle au ministre que c'est le ministère qui a été le plus écorché par le
rapport Charbonneau, donc il ne peut pas prendre ces choses-là à la légère.
François Beaudry, depuis 2003, donc ça fait déjà 13 ans que des alertes
ont été sonnées... J'espère, de sa part, qu'il peut me dire une
initiative sérieuse...
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Daoust : Oui. D'abord, M. le Président, on doit appliquer beaucoup de rigueur
dans les contrats, et je veux rassurer
le collègue député à l'effet que — et comme je l'ai dit tantôt — de façon générale, en moyenne, on économise
plus qu'on dépense. Il y a des dépassements,
on regarde toujours les dépassements, mais on ne regarde jamais l'économie
dans un dossier.
répète encore une fois que, sur 21 553 — et c'est disponible sur le site Internet du
ministère — contrats
qui, entre 2009 et 2016, se sont terminés pour un coût de
8 694 000 000 $, 8,7 milliards, il y a eu une économie
brute de 519 millions, mais il y a eu
un dépassement net de 309. Le résultat net de tout ça, c'est qu'en moyenne,
dans les contrats, quand ils sont complétés au ministère des Transports, on ne
dépasse pas, on sous-dépense. Et il y a 200 millions qui sont
encore dans les poches des Québécois parce que, justement, on fait une gestion
rigoureuse des contrats.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
On pourrait se fier sur ces chiffres s'il n'y avait pas les informations très
compromettantes sur les pratiques qui
existent encore et qui sont de nature proprement scandaleuse après cinq ans
d'enquêtes publiques sur ces phénomènes.
Et je rappelle au ministre et au gouvernement qu'on est toujours en attente de
voir l'examen rapide du projet de
loi sur les lanceurs d'alerte. Je rappelle
que tout ça ne se serait pas produit, on n'en serait pas là si on avait une loi
qui protégerait de manière appropriée les lanceurs d'alerte.
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Bien, encore une fois, vous savez, aujourd'hui, les lanceurs
d'alerte peuvent... et ça se fait. Ce qu'on voit actuellement, là, au
niveau des questions qui sont posées principalement ce matin au niveau du
ministère des Transports, ce qu'on voit, c'est que ce sont des gens qui ont
soulevé ces points-là. Et ce que nous répondons comme gouvernement, c'est que nous sommes ouverts, transparents. Nous voulons
régler ces problèmes-là s'ils existent. S'ils sont criminels, on a déjà transféré toute l'information à l'UPAC et,
s'ils sont de nature administrative, on a, encore une fois — et je
le répète — on
a la Vérificatrice générale, qui a un grand pouvoir d'enquête, et on a la
Commission de l'administration publique. Et, encore une fois... et je vous
invite à la rencontrer cet après-midi...
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
...la sous-ministre sera présente, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
...la réserve et la prudence du ministre. C'est très compromettant pour son
gouvernement, mais il s'agit de
milliards de dollars de contrats publics. Je voudrais voir, de sa part, une
attitude un peu plus engageante, qu'il prenne la chose plus au sérieux.
Donc, je lui demande : Est-ce
qu'il est possible que le gouvernement soit d'accord avec nous pour une motion
pour que la commission des transports
entende la sous-ministre, l'ancien titulaire, et lui-même, et également le
responsable du comité qu'il a nommé pour que les parlementaires puissent
savoir si des actions énergiques seront entreprises?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Juste pour permettre à notre collègue, d'une part,
de bénéficier de la rencontre cet après-midi avec la sous-ministre où quelques questions pourront
venir, mais je fais aussi référence à sa question précédente qu'il a posée
concernant les gestes qui avaient déjà été
posés, mon collègue a déjà eu l'occasion de parler du comité indépendant qui
supervise les appels d'offres et les vérifie, M. le Président, geste qui était
appelé par la commission Charbonneau.
Et je sais qu'il
vient d'aborder la question des lanceurs d'alerte, et je tiens à lui dire qu'il
est de l'intention du gouvernement de
déposer, probablement demain, des amendements au projet de loi, justement, pour
mettre en vigueur... ou, en tout cas, présenter à l'Assemblée la possibilité de
débattre pour mettre en vigueur la recommandation Charbonneau au sujet
des lanceurs d'alerte.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre ne semble pas
prendre au sérieux les allégations de l'ancien ministre des Transports. C'est très grave, M. le Président, là. Ce que
l'ancien ministre des Transports nous dit, c'est : Un, il y a des problèmes d'organisation, où les gens
qui font la vérification de contrats, là, se font intimider par leurs patrons.
Deux, on nous dit que le ministère des
Transports donne des contrats à des anciens du ministère des Transports. Puis,
trois, il y a un système de comptabilité où les dépassements de coûts
sont dissimulés.
le Président, dans sa lettre, l'ancien ministre des Transports dit :
«...avant le remaniement, j'avais demandé plusieurs réponses à des questions précises à la sous-ministre,
Mme Dominique Savoie, mais je suis obligé d'admettre qu'elle ne
m'est jamais revenue avec des réponses et a étiré le temps à outrance.»
Est-ce que le premier
ministre a toujours confiance à Mme Dominique Savoie?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, d'abord, oui, je prends les choses très au sérieux,
autant sur le plan administratif que
sur le plan criminel. C'est pour ça que toute l'information est déjà dans les
mains de l'UPAC, c'est pour ça que j'espère qu'en plus de la vérification au ministère des Transports on aura
également, M. le Président, si elle le désire, la participation de la
Vérificatrice générale afin de faire la lumière sur toutes ces questions, et
toutes les informations requises seront transmises, c'est clair, M. le
Président.
Maintenant, je vais
réitérer mon entière confiance dans le titulaire actuel du ministère des
Transports, dont la sous-ministre est sous la responsabilité. Et peut-être
qu'avant de tirer à des conclusions, M. le Président...
M. Couillard : Oui, le sous-ministre, il est nommé par le premier ministre, oui, je
sais ça, mais le ministre des Transports
est en contact quotidien avec la sous-ministre et il m'assure de sa plus grande
confiance à son endroit. Je sais qu'on
n'aime pas le mot «confiance» de l'autre côté de la Chambre. Moi, j'aime
également le mot «justice». On va entendre la personne en commission parlementaire. Pourquoi ne va-t-il pas
lui-même en commission parlementaire questionner la sous-ministre?
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, je sais qu'on a un premier ministre, là, qui aime
jouer à Ponce Pilate, mais c'est lui qui nomme les sous-ministres.
Président :
Attention, attention, attention! Non. Je vais vous demander de retirer vos
derniers propos, votre commentaire, monsieur... Vous retirez vos... O.K.
Legault : M. le Président, on a un ancien ministre des
Transports qui nous dit qu'il y a
des affaires croches au ministère des Transports, puis que c'est caché, d'une certaine façon. On ne
répond pas aux réponses... Mme Savoie ne répond pas aux questions.
M. le Président, est-ce que le premier ministre
va démettre Mme Savoie, oui ou non?
Président : D'abord,
encore une fois, il faut faire attention à la façon dont on formule sa question.
M. le premier ministre.
M. Couillard : La population a bien
compris que les questions n'ont rien à voir avec la saine administration publique, c'est une question de salissage puis de
vendetta personnelle qui est en train
de se produire actuellement. Ce n'est pas, M. le Président...
Le Président : Faites
attention, M. le premier ministre, faites attention.
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe.
Bonnardel :
Ce n'est pas nous qui avons écrit ce rapport, c'est l'ancien ministre des
Transports. Le premier ministre...
Le Président : Le premier
ministre va répondre à la question du chef du deuxième groupe d'opposition...
Président : S'il vous plaît! Le premier ministre va répondre à
la question du deuxième groupe d'opposition. En lui demandant de faire
attention aussi au vocabulaire qu'il utilise.
Président : S'il vous plaît! Non, non, non, arrêtez de vous
interpeler, d'un côté comme de l'autre. M. le premier ministre comprend
très bien ce que je veux dire.
Couillard : ...pourquoi ne
pas s'en tenir aux faits? La sous-ministre sera présente en commission
parlementaire. Allez la questionner vous-même, le chef de la deuxième
opposition, s'il désire obtenir la lumière là-dessus.
Je tiens à dire cependant que la titulaire actuelle
du poste de sous-ministre aux Transports est une des hauts fonctionnaires les plus respectés de
l'administration publique du Québec. Mais je tiens à le répéter ici de mon
siège, s'il y a d'autres informations
qui nous disent autre chose, on en prendra acte, M. le Président. Mais ce n'est
pas le cas actuellement.
Le Président : En
complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, ce n'est pas nous qui avons écrit cette lettre-là, c'est le
député de Marguerite-Bourgeoys, puis
ce qu'il dit, là, c'est qu'il y a des allégations très graves de ce qui se
passe au ministère des Transports. Ce qu'il dit, c'est qu'il a posé des questions, puis ce qu'il dit, c'est que
Mme Savoie s'est traîné les pieds pour ne pas lui répondre. Puis, ah! bizarrement, il a été changé de fonction
avant d'avoir les réponses. Mon Dieu, quel hasard! Puis nous, on va aller
questionner la reine de la non-réponse? Elle ne répond pas à un ministre, ça
fait qu'elle va venir nous répondre en commission parlementaire?
Est-ce que le premier ministre a confiance en
Mme Savoie, oui ou non?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : On fait
dire bien des choses à notre collègue de Marguerite-Bourgeoys, M. le Président.
D'abord, pas plus tard que ce matin,
il réitérait sa confiance dans le ministre actuel, il réitérait sa confiance dans
le premier ministre, dans l'UPAC, le
ministre actuel, qui donne suite... qui s'inscrit dans la même mouvance que le
collègue qui l'a précédé et qui fait
en sorte que les bonnes pratiques peuvent s'appliquer. Il a même, d'ailleurs,
dit tantôt que certaines des pratiques recommandées par Charbonneau ont
été faites depuis qu'il est en poste.
Pour
le reste, pour ce qui est des documents, ils ont été déposés. Je me permets
même, parce qu'on vient de recevoir un
autre rapport qui pourrait peut-être intéresser... Avec votre consentement, je
vais le déposer aussi, et ils auront l'occasion de demander des
questions s'ils veulent. S'ils ne veulent pas, ils peuvent ne pas le faire...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : ...à la
sous-ministre directement. On ne peut pas être plus transparents M. le
Président.
Le Président : Est-ce qu'il y
a consentement pour le dépôt du document du leader du gouvernement?
Des voix : Consentement.
Le Président : Consentement.
Est-ce que j'ai une question? Principale, Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
M. le Président, nous venons de prendre connaissance très, très rapidement du
rapport qui vient d'être déposé, rapport d'audit, Audit des
professionnels en conformité des processus, PCP, daté de décembre 2014, M. le Président. Décembre, donc assez surprenant
que l'ancien ministre et ancien policier n'ait pas reçu ce rapport, puisqu'il
était en place. Donc, il y a eu probablement...
j'imagine que ce rapport-là a été retenu. Mais on se rend compte, M. le Président, malgré les grandes envolées de
transparence des gens d'en face, on se rend compte, M. le Président, qu'il
nous manque des pages. Il nous manque des pages, on a une version censurée du
rapport.
Donc, il nous
manque les pages 5, 6, 7, 8 d'un rapport, M. le Président, de 14 pages,
excluant les annexes. Le rapport a 14 pages, il nous manque les pages 5,
6, 7, 8.
Que contiennent ces pages, M. le Président?
Pourquoi ces pages ont-elles été retirées?
Président : S'il vous plaît! La question a été posée en
fonction de notre règlement et correctement. M. le ministre des
Transports.
Daoust : Oui. M. le Président, dans le rapport qui a été déposé, les
informations nominales ont été retirées, ce qui est normal dans un
dossier comme celui-là.
Ce que vous
avez besoin, c'est le résultat de l'enquête, le résultat des mesures qui ont
été prises parce que, justement, il y
a eu des questions qui ont été posées, il y a eu des réponses qui ont été
apportées, il y a eu des gestes qui ont été posés. Alors, on parle, justement, de la sous-ministre.
La sous-ministre a posé des gestes qui étaient importants, et ces gestes
qui étaient importants, là, ils venaient,
entre autres choses, probablement du temps où vous étiez au gouvernement parce
qu'on se souviendra que M. Denis Lessard a déjà écrit, le 11 février
2014 — je
pense que vous étiez au pouvoir à ce moment-là :
UPAC — Nouvelle
visite des enquêteurs chez Transports Québec . Je pense que le nouveau chef de l'opposition officielle était le ministre en
titre à ce
moment-là. «Au cabinet du ministre des Transports Sylvain Gaudreault, on
confirme le passage des enquêteurs de l'UPAC.»
Alors, ce
n'est pas d'aujourd'hui qu'ils se posent des questions. Et qu'est-ce que vous
avez fait? Vous avez fait essentiellement
la même chose que nous autres. Vous avez fait enquête, puis vous vous êtes posé
des questions, puis vous avez demandé
à votre fonction publique de poser des gestes. Alors, ce n'est pas différent de
ce que nous faisons. Ce que nous faisons dans le moment...
Le Président : En terminant.
Daoust : ...c'est agir de façon
transparente, de façon à être en
mesure d'éclaircir une situation. Et, s'il y a lieu de la corriger, on
le fera.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
Oui, M. le Président. Écoutez, ce n'est pas des petits noms qui ont été noircis
comme dans d'autres pages, c'est des
pages complètes qui ont été enlevées, M. le Président, les pages 5, 6, 7, 8, M.
le Président. Que contiennent ces
pages? Pourquoi ont été enlevés... Ce n'est pas du caviardage, c'est de la
censure, M. le Président. Est-ce que le ministre s'engage à déposer les pages,
M. le Président, en pleine transparence, comme son premier ministre l'a exigé
et l'a demandé?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre des Transports.
Daoust : Alors, M. le Président, simplement, c'est que ces pages-là...
Parce que, quand on a colligé le rapport ce matin, il a été caviardé pour des raisons d'informations nominales.
Maintenant, s'il y a lieu de déposer de façon plus large le rapport, soyez assurés qu'on va le faire,
je le répète, M. le Président, par souci de transparence. On n'a rien à cacher
dans ce dossier-là.
Le Président :
Alors, ceci met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Et nous en sommes à la rubrique
des motions sans préavis, et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, je cède la parole à Mme la
députée de Taschereau pour une motion sans préavis.
Maltais : Excusez-moi, M. le Président, j'ai un brin de
déférence pour le président, qui est en train de sortir.
Alors,
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec la députée de Montarville, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale réitère que la liberté d'expression est fondamentale pour
le bon fonctionnement d'une société libre et démocratique;
«Qu'elle constate que
le projet de loi 59 fait peser un risque démesuré sur la liberté d'expression
par la judiciarisation des débats publics, et qu'il ne prévoit rien de concret
pour lutter contre la radicalisation de nos jeunes;
«Que l'Assemblée
nationale constate que les dispositions civiles encadrant la diffamation et les
dispositions criminelles interdisant le
discours incitant à la haine sont suffisantes pour protéger les minorités
québécoises contre la haine et la violence;
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement d'abandonner le projet de loi 59.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée
de Taschereau. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Je n'ai pas compris, monsieur...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Pas de consentement?
Sklavounos :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien, pas de consentement. Je cède
maintenant la parole...
Vice-Président (M. Ouimet) : M. le député de Groulx? M. le
député de Groulx, pour une autre motion sans préavis?
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y en a pas? Très bien. Alors,
un membre du côté de l'équipe ministérielle, motion sans préavis? Il n'y en a pas non plus. Alors, Mme la députée de
Gouin, à vous la parole pour une motion sans préavis.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. C'est rare que mon tour vienne
si vite. Je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de l'explosion de la rémunération des hauts
dirigeants des plus grandes entreprises québécoises;
«Qu'elle
constate que la rémunération des patrons de certaines de ces entreprises
québécoises représente plusieurs centaines de fois le revenu moyen de
leurs employé-es, notamment le P.D.G. de Couche-Tard, dont la rémunération
représente 852 fois le revenu moyen de ses employé-es;
«Que l'Assemblée nationale presse le ministre
des Finances de mettre fin aux privilèges fiscaux de ces hauts dirigeants, notamment le traitement fiscal
privilégié de leurs gains en dividendes, de leurs gains en capital et de leurs
options d'achat d'actions.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, merci à vous, Mme la députée de Gouin. Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion, M. le leader adjoint du gouvernement?
Sklavounos :
...consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Y
a-t-il d'autres motions sans préavis? S'il n'y a pas d'autre... M. le
whip en chef de l'opposition officielle.
M. Bergeron :
M. le Président, conformément à l'article 129 de notre règlement, je fais
motion afin :
«Que la députée de
Chicoutimi soit nommée membre de la Commission de l'administration publique;
«Que le député de Rimouski soit nommé membre de
la Commission de l'aménagement du
territoire en remplacement du député de Jonquière;
«Que
le député de Richelieu soit nommé membre de la Commission de l'économie et du
travail en remplacement du député de Verchères;
«Que la députée de
Pointe-aux-Trembles soit nommée membre de la Commission des finances publiques
en remplacement du député de Gaspé;
«Que
le député de Rimouski soit nommé membre de la Commission des relations avec les
citoyens en remplacement du député de Richelieu;
«Que ces changements
prennent effet immédiatement.»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté.
S'il
n'y a pas d'autre motion sans préavis, pour les avis touchant les travaux des
commissions, M. le leader adjoint du gouvernement, pour les avis des
commissions.
Sklavounos : Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée
que la Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 64,
Loi sur
l'immatriculation des armes à feu, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 12 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Cette
même commission poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 59, Loi édictant la Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours
incitant à la violence et apportant diverses modifications législatives
pour renforcer la protection des personnes, aujourd'hui, de 15 heures à
18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi n° 70, Loi visant à permettre une meilleure
adéquation entre la formation et l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en
emploi, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission de l'aménagement du territoire, quant à elle, poursuivra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi
n° 83, Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière
municipale concernant notamment le financement politique, aujourd'hui,
de 15 heures à 18 heures, à la salle du Conseil législatif;
finalement la Commission
de la santé et des services sociaux
entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 81, Loi
visant à réduire le coût de certains médicaments couverts par le régime général
d'assurance médicaments en
permettant le recours à une procédure d'appel d'offres, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, à la salle du Conseil législatif. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le leader adjoint du
gouvernement. Pour ma part, je vous avise que la Commission de l'administration
publique se réunira aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May, en séance
de travail, après les affaires courantes, et ce, jusqu'à 13 heures, afin de
préparer l'audition du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de
l'Électrification des transports; en audition
publique, de 15 heures à 18 heures, afin d'entendre ce dernier sur la
gestion administrative et les engagements financiers du ministère des
Transports et en suivi du
chapitre 5 du rapport du Vérificateur général de
l'automne 2015 intitulé Réseau routier : inspection et planification de
l'entretien des structures ; enfin, en séance de travail, de 18 heures à 18 h 30, afin de statuer sur les
observations, les conclusions et les recommandations à la suite de cette audition.
À la rubrique, maintenant,
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant
passer aux affaires du jour. Pour la suite des choses, M. le leader
adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui. Merci, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article 12 de
notre feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) :
Article 12 du feuilleton. M. le ministre
responsable de l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes et
président du Conseil du trésor propose l'adoption du principe du projet de loi n° 97, Loi modifiant certaines lois instituant des
régimes de retraite applicables aux employés du secteur public.
Or, je vois que le ministre
des Finances est debout. Je vous cède la parole, M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Alors, messieurs, mesdames, bonjour. Le projet de loi n° 97,
que je vous présente aujourd'hui, revêt un caractère particulier. Il vise à donner suite aux ententes
conclues en matière de retraite entre le gouvernement du Québec et les principaux syndicats représentant des
centaines de milliers d'employés des secteurs public et parapublic.
En effet,
dans le cadre des récentes négociations collectives, le gouvernement et les syndicats
se sont entendus sur des modifications à apporter au Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics, mieux connu sous le nom de RREGOP. Ce régime existe depuis 1973 et vise plus de
90 % des employés de l'État. Son financement est assuré à parts égales
par le gouvernement et les employés.
Comme
tous les autres régimes de retraite,
le RREGOP fait face à différents enjeux liés, entre autres, à la démographie, à l'économie et aux marchés
financiers. Sa santé financière actuelle peut paraître bonne à court terme.
Cela dit, l'augmentation de l'espérance de vie est plus marquée que prévu, la diminution des
taux d'intérêt ainsi que l'incertitude quant aux rendements susceptibles d'être réalisés
sur les marchés financiers augmentent la pression sur le financement du RREGOP.
gestion responsable d'un régime de retraite exige une vigilance constante face
à ces risques et invite à agir sans
attendre une dégradation trop avancée de sa situation financière. Les modifications proposées... pardon, les modifications
négociées permettront d'ajuster certains
bénéfices importants au RREGOP pour tenir compte du contexte
démographique et financier contemporain. Cela s'inscrit dans une volonté
de mieux gérer les risques et devrait contribuer à assurer la pérennité de ce
régime à long terme.
Alors,
premièrement, le projet
de loi vise à faire passer le critère
d'âge de la retraite sans réduction de 60 à 61 ans au 1er juillet 2019. De plus, le projet de loi vise à introduire un nouveau critère d'admissibilité à la retraite sans
réduction. Ainsi, les participants
dont la somme de l'âge et des années de service aux fins d'admissibilité totalisera
au moins 90 pourront se prévaloir d'une retraite sans réduction, à
condition d'avoir minimalement 60 ans d'âge.
Deuxièmement, il est proposé de majorer de 4 % à 6 % la réduction
applicable lors de la prise de retraite anticipée. Il s'agit d'une réduction qui s'applique pour chaque
année précédant l'attente d'un critère de retraite sans réduction. Cette
réduction se rapprocherait davantage
du coût réel de l'anticipation de la rente de retraite pour les participants
qui désirent quitter plus tôt.
Troisièmement, le
nombre maximal d'années de service créditées aux fins du calcul de la retraite
passerait graduellement de 38 à 40. Cette
mesure de rétention permettait aux employés d'expérience... voulant, pardon,
prolonger leur carrière d'y retrouver un avantage financier additionnel.
Quatrièmement,
certaines des modifications proposées visent à ajouter l'utilisation de la
banque de congés de maladie parmi les modes
de paiement autorisés pour tous les types de rachat, et ce, dans la mesure où
les conditions de travail le permettent.
Ce projet de loi
contient également des modifications transitoires et de concordance nécessaires
à sa mise en oeuvre et assurant l'administration cohérente des
régimes de retraite. Ainsi, des ajustements de concordance sont proposés à la
Loi sur le régime de retraite du personnel
d'encadrement — le
RRPE; à la
Loi sur le régime de retraite des fonctionnaires — le
RRF; à la
Loi sur le régime de retraite des enseignants — le
RRE; et à la
Loi sur le régime de retraite de certains enseignants — le
RRCE. À l'égard du RRPE, certains participants à ce régime peuvent, dans
certaines circonstances, demeurer visés par
les dispositions équivalentes à celles du RREGOP. Il s'agit des dispositions régissant l'admissibilité à la retraite et à la prise d'une
retraite anticipée. Comme le projet de loi propose de modifier ces dispositions
pour les participants du RREGOP, des
modifications de concordance doivent être apportées à la
Loi sur le RRPE. Pour
les trois autres régimes, le RRF, le
RRE et le RRCE, il s'agit de trois régimes fermés n'accueillant pas de nouveau
participant mais pour lesquels certaines dispositions doivent évoluer en
concordance avec celles du RREGOP.
Le projet de loi prévoit également des
dispositions transitoires pour les participants ayant débuté ou désirant débuter des ententes de la mise à la retraite de
façon progressive. Ces dispositions feront en sorte que, sous réserve de
certaines conditions,
des participants ayant déjà entamé une réduction de leur temps de travail en
prévision de la retraite ne seraient pas touchés par les modifications
proposées.
Enfin, le
projet de loi contient une modification qui ne découle pas des négociations
collectives mais qui est apparue nécessaire
dans les circonstances. Pour certains participants du Régime de retraite de
l'administration supérieure — le RRAS — provenant des secteurs de l'éducation ou de
la santé et services sociaux, le calcul de la rente de retraite devrait tenir compte de leur participation au RREGOP avant
leur adhésion au RRAS. Or, il existe présentement un décalage entre le texte
légal et ce principe reconnu par les parties qui est mis en pratique par l'administrateur du régime. Ainsi, le projet
de loi propose de valider l'utilisation des
dispositions du RREGOP pour le calcul de la rente liée aux années de service
accomplies dans ce régime.
Alors, en terminant, M. le Président, je réitère
que l'objectif premier de ce projet de loi est de traduire au plan législatif
le résultat des ententes intervenues entre le gouvernement et les principaux
syndicats des secteurs public et parapublic.
Avec ces ententes, les deux parties ont fait des compromis pour finalement
s'entendre sur l'importance de travailler
ensemble de façon proactive pour assurer la pérennité du RREGOP. Il revient
maintenant à nous, aux parlementaires,
d'examiner la mise en oeuvre de ces ententes et il me fera plaisir de
collaborer avec mes collègues de l'Assemblée nationale dans cet
exercice.
Merci de votre attention.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
ministre des Finances, pour cette intervention. Je vois que le député de
Beauharnois est debout, porte-parole de l'opposition officielle pour ces
matières. Alors, je lui cède la parole. M. le député.
Leclair : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, bien entendu, M. le Président, le projet de loi
n° 97, le
titre le dit bien, la
loi modifiant certaines lois. Donc, on sait qu'en matière de retraite, dans le
projet de loi n° 97, on touche les
retraités de plusieurs régimes, de tout ce qui est appareil gouvernemental,
donc, bien entendu, il y aura un travail de concordance avec les avocats et
aussi les représentants syndicaux parce qu'on va devoir modifier un paquet de
règles.
Tel que
spécifiait le ministre, le projet de loi n° 97, de ce qu'on entend en ce
moment de la part des deux parties, semble
être un... excusez l'anglicisme, mais un genre de «win-win deal». Les gens ont
cédé certaines choses, le gouvernement donne
d'un autre côté, mais, bien entendu, je crois qu'à la fin de la journée le
projet de loi... n° 97, pardonnez-moi, va quand même atteindre les
buts visés autant de la part du patronal que des représentants des
travailleurs.
Alors, tel
que spécifiait le ministre, sans vouloir répéter toute la nomenclature qu'il y
a dans le projet de loi n° 97, M.
le Président, si on y va avec les grands thèmes de ce projet de loi là, on sait
que souvent, lorsqu'on négocie des conventions collectives, il y a
certains endroits qui bénéficient de ce qu'on appelle le chiffre magique, qui
est une accumulation de la séniorité plus l'âge qui donne un certain chiffre
magique pour avoir le droit à quitter à sa retraite sans pénalité. Alors, dans le projet de loi n° 97, on apporte ça au
gouvernement, puis je pense que tout le monde est satisfait de ce bout-là. C'est sûr que le chiffre magique
sera de 90, à d'autres endroits c'est 85. On parle, à Hydro-Québec, que le
chiffre magique est 85. Bien entendu, c'est
un premier pas, mais moi, je pense que le chiffre magique donne la chance
à des gens qui peuvent avoir entré un peu
plus tard dans un emploi, même s'ils n'ont pas entré à l'âge de 20 ans... mais
ça donne une possibilité parfois,
avec le chiffre magique, d'atteindre une retraite à un moment donné sans avoir
de pénalité.
Alors, le
principe premier de ça est, bien entendu, le chiffre magique. Encore là, le
ministre nous expliquait dans ses
mots la retraite anticipée. Bien là, on passe d'une pénalité qui était, dans le
passé, à 6 %, on avait... une pénalité à 4 %, on revient à 6 %. Lorsque je parle, M. le
Président, d'un «win-win deal», bien, ici, on va être pénalisé un petit peu
plus : tel que c'était
auparavant, on remonte à 6 %, mais les deux parties semblent s'avoir
entendues. Bien entendu, M. le Président, lors de l'article par article, on posera plusieurs questions au ministre
pour s'assurer que les gens... parce qu'on parle ici de concordance avec les autres lois des régimes de
retraite, mais je ne suis pas convaincu, moi, que toutes les conventions
collectives qui ont été négociées
dernièrement prévoyaient toutes ces modifications-là. Alors, j'ose espérer
qu'autant la
partie de l'employeur
que les représentants des travailleurs auront une ouverture pour apporter des
lettres d'entente pour s'assurer que
c'est concordant avec les conventions collectives existantes dans tous les
régimes, parce qu'on parle ici de plusieurs régimes qui y seront
affectés.
Alors, pour
la retraite anticipée, on remonte à une pénalité de 6 %. Bien entendu, il
y aura une possibilité de cumuler. En
ce moment, le maximum est à 38 ans de service, on remonte la barre jusqu'à 40
ans de service. Alors, le projet de loi prévoit ça puis le rachat de service, qui est une ouverture de la part
du ministre, puis je pense qu'il peut être un certain avantage pour les employés. Donc, les journées de
maladie qui auront été cumulées... on sait que, dans l'appareil gouvernemental, on peut cumuler nos congés de
maladie, donc ces congés de maladie là qui n'ont pas été utilisés pourront
être rachetés sous forme d'années de service, alors c'est un autre gain
possible.
Alors, M. le
Président, pour conclure, nous sommes en faveur du principe du projet de loi
n° 97. On s'était entendus qu'il
n'y aurait pas de groupes qui viendraient déposer des mémoires ou on
n'entendrait pas des groupes spécifiques. Alors, on aura plusieurs questions à demander au ministre pour vraiment
comprendre le point de vue du projet de loi puis s'assurer aussi qu'on ait cette ouverture-là pour donner la
possibilité aux représentants des travailleurs de modifier, soit par lettre
d'entente, leurs conventions collectives
pour s'assurer que les lois applicables seront possibles dans leurs dites
conventions collectives. Puis un
autre fait à remarquer de la part du ministre, de dire : Dans plusieurs
des contextes que nous modifions, l'entrée
en vigueur n'est pas à la date que le projet de loi sera adopté. On a prévu
plusieurs dates justement pour donner la possibilité aux gens de s'ajuster lors du
départ à la retraite. Alors, ça part de certaines lois où certains articles
vont être applicables à partir de
2019, 2018, 2020, et donc ça n'est pas à la date d'entrée en vigueur du projet
de loi. Alors, j'imagine que ces bouts-là
ont été de connivence avec l'employeur et la portion patronale pour s'assurer
justement que ça soit efficace et que personne n'en soit pénalisé.
Alors,
il me fera plaisir de questionner le ministre à l'article par article, mais,
bien entendu, M. le Président, comme vous pouvez suivre les travaux de
ce projet de loi là, il y aura peut-être 75 % du projet de loi qui ne sera
que de la concordance vu qu'on touche à plusieurs régimes de retraite. Je vous
remercie, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Beauharnois, pour cette intervention. Je cède la parole maintenant à M.
le député des Chutes-de-la-Chaudière, porte-parole en pareilles matières pour
la deuxième opposition. M. le député.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Je prends tout d'abord un moment pour saluer le
ministre des Finances, responsable du projet
de loi n° 97, et également je salue le porte-parole de l'opposition
officielle, le député de Beauharnois, ainsi
que tout le personnel politique, administratif ou membre de la fonction
publique ayant participé à sa rédaction. Je veux également prendre un moment pour saluer les syndicats qui, à
travers les négociations et leur adoption de mesures, ont contribué à façonner ce projet de loi. En
effet, le projet de loi n° 97 est le fruit des ententes signées entre les
membres des différents pans de la
fonction publique et parapublique et le gouvernement à l'issue des dernières
négociations sur les conventions collectives.
projet de loi, en principe, fait donc pleinement consensus. Le gouvernement et
les gens de Retraite Québec ont traduit ces ententes dans un projet de
loi afin de les mettre en oeuvre, soit le projet de loi n° 97.
Le projet de loi fait
un certain nombre de choses conformément aux souhaits des travailleurs qui ont
participé aux négociations. Les mesures
visent à mettre en oeuvre des éléments d'assouplissement qui ouvriront de
nouveaux horizons aux travailleurs en matière de retraite. Il vise
également à assurer la pérennité des régimes face à l'augmentation de l'espérance de vie. Comme on le sait, il s'agit
d'une variable importante dans l'évaluation actuarielle de la santé financière
des régimes et, au-delà de même, dans la
réalité concrète des moyens des régimes d'assurer des retraites dignes de ce
nom au plus grand nombre de travailleurs.
premier lieu, le projet de loi permet aux participants d'accumuler deux années
de service de plus, portant ainsi ce
plafond à 40 années. Ce faisant, le gouvernement, en collaboration avec les
unités syndicales, contribue à allonger la durée du service du
personnel, le tout en phase avec l'allongement de l'espérance de vie.
En second lieu, et
suite aux négociations avec les unités syndicales, le gouvernement permet aux
travailleurs d'acheter des années de service
à partir des congés de maladie cumulés. Ces rachats sont essentiellement à coût
nul pour le gouvernement et pourront
contribuer, même marginalement, à ce que le lien d'emploi corresponde davantage
à la réelle présence au travail en
fin de carrière, rendant ainsi un peu
plus facile la gestion des ressources
humaines à travers cette
période de transition.
troisième élément, M. le Président, de ce projet
de loi fait passer l'âge de retraite
de 60 à 61 ans. En échange de ce
changement, on instaure un nouveau critère de retraite. Grâce à ce changement,
un travailleur d'au moins 60 ans qui cumule 90 ans d'âge et d'années de service cumulés
pourra partir à la retraite sans être inquiété par des pénalités. À ce propos, on fait d'ailleurs passer les pénalités de 4 % à 6 % par année de
retraite la pénalité pour une retraite avant l'âge de retraite prévu.
Cela ramène la pénalité au niveau qui prévalait, M. le Président, en 1996. Il
s'agit également d'une convention à laquelle
autant le gouvernement que la
partie syndicale ont acquiescé. Cette façon de
faire aura pour effet de contribuer à
assurer la pérennité des régimes de retraite, puisque ce taux tient davantage
compte de l'augmentation de l'espérance de vie des participants, ainsi
que le coût réel de cette mesure pour les régimes.
projet de loi vient aussi harmoniser le texte de
loi sur les régimes de
retraite des employés du gouvernement et
des organismes publics, ce qu'on appelle habituellement le RREGOP, avec les
pratiques déjà en cours lors du passage d'un employé cotisant au régime vers un régime de l'administration
supérieure sans passer par les employés-cadres. Ce genre de passage,
bien que déjà bien normé dans la pratique, était légiféré d'une manière erronée
et doit être ajusté, M. le Président.
le Président, en terminant, ce n'est pas le premier projet de loi que nous
avons à étudier à l'Assemblée nationale concernant les régimes de
retraite. Ces projets de loi hautement techniques sont généralement adoptés avec
célérité, puisqu'ils reflètent la volonté de
tous les intervenants impliqués dans le dossier. J'espère, M. le Président, que
ce projet de loi ne fera pas exception. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député des
Chutes-de-la-Chaudière.
a-t-il d'autres intervenants sur le principe du projet de loi n° 97?
Sinon, le principe du projet de loi n° 97, Loi modifiant certaines
lois instituant des régimes de retraite applicables aux employés du secteur
public, est-il adopté?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, M. le Président. Conformément à l'article
243 de notre règlement, je fais motion afin que ce projet de loi soit
déféré à la Commission des finances publiques pour étude détaillée.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté. Pour la suite des choses, M. le leader
adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui. Je vous demande d'appeler l'article 23 de notre feuilleton, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, à l'article 23 du
feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport de la Commission des finances publiques sur le
projet de loi n° 88,
Loi sur le développement de l'industrie des boissons
alcooliques artisanales.
M. le ministre des
Finances, vous êtes debout, je vous cède la parole à nouveau.
Leitão : À nouveau. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, la
Commission des finances publiques ayant déposé son rapport sur l'étude détaillée du projet de loi n° 88, Loi
sur le développement de l'industrie des boissons alcooliques
artisanales, nous amorçons aujourd'hui le dernier droit de notre travail
législatif. Nos échanges ont été constructifs et nous ont permis de clarifier
et de bonifier certains aspects du projet de loi. Je suis convaincu que nous
partageons le même objectif, celui d'aider au développement des producteurs
artisanaux en leur fournissant un cadre législatif adapté aux réalités
d'aujourd'hui.
C'est un secteur qui a beaucoup évolué au cours
des dernières années, et ce projet de loi constitue une première étape dans la
modernisation de l'encadrement législatif et réglementaire de cette industrie.
L'industrie québécoise des boissons alcooliques artisanales est en
croissance et contribue, par le fait même, au développement économique de plusieurs régions du Québec. Le Québec produit
annuellement environ 750 000 litres de vin, ce qui reste bien modeste
par rapport aux 160 millions de litres
de vin vendus au Québec et illustre bien la compétition à laquelle nos
producteurs doivent faire face.
En adoptant ce projet
de loi, le gouvernement permettra donc aux producteurs de vins artisanaux
québécois d'avoir accès aux épiceries et
dépanneurs du Québec. Je tiens à souligner que nous avons d'ailleurs adopté un
amendement au projet de loi n° 88 qui permettra aux producteurs
québécois d'afficher les cépages et appellations d'origine sur les bouteilles vendues en épicerie. Parallèlement, une
nouvelle classe de permis et de production artisanale de spiritueux sera
établie afin de permettre aux titulaires d'opérer leurs propres installations
de distillation.
projet de loi n° 88 crée également un permis de coopérative de producteurs
artisanaux... artisans, pardon, qui permettra
aux producteurs de valoriser leurs résidus de production. Ils pourront donc partager les coûts de distillation tout
en diversifiant leur production et en
améliorant leur compétitivité. Bien
entendu, le gouvernement s'assurera de la protection des
consommateurs en exigeant que toutes les boissons alcooliques soient d'abord
analysées par la Société des alcools
du Québec ou un laboratoire reconnu par celle-ci. La Régie des alcools, des courses et des jeux s'assurera du respect des normes visant à
garantir aux consommateurs la qualité de ces produits.
Nous
avons également adopté un amendement qui permettra de préciser par règlement
les exigences des matières premières qui entrent dans la composition du
vin artisanal, soit exiger une composition d'au moins 85 % de matières premières québécoises, dont 50 % provenant du
producteur lui-même, tel que le prévoit la directive actuelle de la RACJ.
À partir du millésime 2022, exiger une composition faite de 100 % de
matières premières québécoises.
Enfin,
le projet de loi n° 88 habilite les titulaires de permis de producteur
artisanal de bière à vendre leur production sur les... pardon, sur les lieux de fabrication pour consommation dans
un autre endroit. Ainsi, les consommateurs pourront déguster ces bières
artisanales à la maison.
Alors,
en conclusion, M. le Président, le projet de loi n° 88 répond aux attentes
exprimées depuis plusieurs années déjà
par les producteurs et modernise notre législation. Notre gouvernement veut
soutenir ces artisans, qui offrent des produits distinctifs de très
grande qualité, et nous sommes déterminés à les appuyer dans leur
développement.
Alors, voilà, je vous
demande donc de prendre en considération le projet de loi n° 88 afin que
nous puissions proposer son adoption dans les meilleurs délais. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
ministre des Finances, pour cette intervention. Je cède la parole
maintenant à M. le député de Rousseau, porte-parole en matière de finances pour
l'opposition officielle.
M. Marceau :
Merci, M. le Président. Il me fait plaisir d'intervenir pour la prise en
considération du rapport de notre commission sur le projet de loi
n° 88.
M. le
Président, les travaux qui ont été menés dans le cadre de la Commission des
finances publiques l'ont été dans une
atmosphère tout à fait constructive. Il est arrivé, comme il n'arrive pas tout
le temps, que le ministre était ouvert aux
suggestions, et je pense que ça a donné un excellent résultat. Je suis heureux,
je dois le dire, du résultat, heureux, bien sûr, pour les producteurs artisanaux du Québec, qui vont avoir droit à
un accès plus grand au marché, qui vont être capables, dans le cas des producteurs de vins, de vendre à
l'épicerie sans passer par la SAQ, pour les producteurs de bière, qui vont
être capables de vendre pour emporter sur
les lieux de fabrication, et puis pour les producteurs d'alcool et de
spiritueux, qui vont être capables de vendre pour consommation sur
place.
Alors, c'est
un élargissement par rapport à l'état actuel, par rapport au statu quo. Cet
élargissement, je crois qu'il est
bienvenu, il correspond à la demande des consommateurs québécois. Les
consommateurs québécois veulent consommer des produits du Québec, et je crois qu'il est tout à fait opportun de
répondre à cette demande, à ce besoin. On comprend qu'il y a présentement un engouement des Québécois
pour les produits du terroir, les produits de chez nous, et il est très
bien qu'on fasse en sorte que cet accès soit facilité.
Deux points
que j'aimerais soulever qui m'ont particulièrement fait plaisir. Le premier,
c'est la possibilité de mettre sur
les étiquettes les indications de cépage et de millésime. Je crois que ça va
dans le sens, justement, de ce désir des Québécois d'en savoir plus sur ce qu'ils consomment. Et on
était, M. le Président, dans un monde assez curieux où absolument tout le
monde a été d'accord avec la proposition de
permettre l'étiquetage. En fait, il ne s'est pas trouvé une personne pour dire
qu'il n'était pas d'accord. Et pourtant ça
durait comme ça probablement depuis de très, très... enfin, depuis de très,
très nombreuses années, mais, encore
une fois, il ne s'est trouvé personne pour nous dire que ce n'était pas une
bonne idée. Alors, très heureuse initiative, je pense, qui va, encore
une fois, répondre à la demande des Québécois d'avoir plus d'informations sur
ce qu'ils consomment.
Il y a aussi
la question de la définition de ce qu'est un produit québécois, en particulier
dans le secteur du vin. Le ministre a
évoqué, là, l'amendement qui a été introduit dans le projet de loi qui
correspond précisément à ce que j'avais demandé, c'est-à-dire à ce qu'il y ait une espèce de période de quelques
années pendant laquelle on permettrait aux producteurs de continuer à produire selon les règles
actuelles, là, les règles du 85 %-15 %, qui ont été précisées par le
ministre, mais qu'en 2022 ou, en tout
cas, à une date ultérieure — dans ce cas-ci, la date qui a été choisie,
c'est 2022 — bien on
passe véritablement à des produits
100 % québécois de façon à répondre, encore une fois, à cette demande des
consommateurs du Québec de pouvoir
consommer des biens dont ils ont l'assurance qu'ils sont bel et bien des
produits québécois. Donc, on passe au
100 % québécois en 2022. Je crois qu'il s'agit d'une période qui va
permettre à nos producteurs de s'ajuster, et de s'adapter, et de planter, même, dans certains cas, des vignes pour
pouvoir, en 2022, être prêts pour cette exigence du 100 %. Alors, moi, ça me semble bien raisonnable. Je suis
très content que ça apparaisse dans le projet de loi et je félicite encore
une fois le ministre pour son ouverture là-dessus. Je pense que c'était le
choix le plus judicieux.
Ça me permet
de terminer sur une note légèrement moins positive, et, en fait, ce n'est pas
concernant le projet de loi
n° 88, c'est plus pour la suite des choses. Le ministre, en commission
parlementaire, a évoqué des travaux qui sont menés quant à une révision du modèle d'affaires de la SAQ. C'est très
large comme affirmation. Moi, je le mets en garde quant à la possibilité
d'augmenter la part du secteur privé dans la distribution d'alcool au Québec,
donc, pour dire les choses simplement, je le mets en garde de vouloir
privatiser encore un peu plus ce que la SAQ fait, pour plein de raisons — et je ne veux pas faire le débat avec vous
aujourd'hui, M. le Président — pour plein de raisons. Moi, je pense qu'on a élargi un peu dans le projet de loi
n° 88, c'était bien, c'était correct, c'était judicieux puis ça
correspondait à la demande des Québécois. Moi, je ne voudrais pas qu'on
aille plus loin.
Puis je vais
simplement nommer un problème auquel pourrait mener un élargissement plus grand
de la privatisation, et c'est la question de la santé publique, la
question de la santé publique, qui est importante. La raison pour laquelle, M. le Président, traditionnellement, les États
sont engagés dans la distribution d'alcool, ce sont des raisons de santé
publique, parce que la démonstration a été faite que les distributeurs
étatiques assurent un meilleur contrôle de la distribution d'alcool, s'assurent qu'effectivement l'alcool ne
tombe pas entre de mauvaises mains et, plus généralement, s'assurent aussi que les prix correspondent... les prix
soient tels qu'on ne favorise pas la surconsommation d'alcool. Ces arguments-là
sont démontrés à la fois dans la littérature
actuelle en santé publique et, quand on y regarde de plus près, dans l'histoire
de la distribution d'alcool, en particulier en Amérique du Nord. C'est plutôt
bien démontré.
De notre
côté, encore une fois, on accueillait positivement le projet de loi n° 88,
mais je vous dis clairement que, pour
des raisons de santé publique et d'autres raisons de nature plus économique, on
n'est pas très ouverts à ce que la suite des choses comporte un autre
élargissement de la vente d'alcool au secteur privé.
Alors, c'est
ce que je voulais vous dire, M. le Président. Je vous annonce d'ores et déjà
que nous allons appuyer la prise en considération du rapport. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le
député de Rousseau. Y a-t-il d'autres intervenants sur la prise en considération du rapport de la
Commission des finances publiques? Sinon, le rapport de la Commission des finances publiques
portant sur le projet de loi n° 88,
Loi sur le développement de
l'industrie des boissons alcooliques artisanales, est-il adopté?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Adopté. Pour la suite des choses, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, M. le Président. Auriez-vous l'amabilité
d'appeler l'article 25 de notre feuilleton, s'il vous plaît?
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le
leader adjoint du gouvernement. À l'article 25 du feuilleton, M. le ministre des Transports, de la
Mobilité durable et de l'Électrification des transports propose l'adoption
du projet de loi n° 76, Loi modifiant
principalement l'organisation et la gouvernance du transport collectif dans la
région métropolitaine de Montréal. Alors, M. le ministre des Transports,
je vous cède la parole.
Daoust : Merci, M. le Président. Je soumets à cette Assemblée le
projet de loi n° 76, intitulé Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du transport collectif dans la région
métropolitaine de Montréal, en vue de son adoption.
À cette étape
ultime, je désire remercier à nouveau l'ensemble de mes collègues députés, qui
ont formulé plusieurs propositions
pertinentes au cours de ce long processus qui nous a menés à la présentation du
projet de loi le 12 novembre 2015
jusqu'à aujourd'hui. De même, j'aimerais également exprimer ma gratitude à
l'endroit des organisations qui ont participé
aux consultations particulières. Je crois que nous pouvons tous, à juste titre,
nous réjouir de la qualité du travail accompli.
Ce projet de loi propose des changements majeurs
par rapport aux structures et aux modes de fonctionnement actuels, car, de l'avis de notre gouvernement de même que la grande majorité des intervenants de la région
métropolitaine, le modèle que nous avons connu jusqu'à présent ne répond
plus aux besoins.
Pour s'en
convaincre, il suffit de songer qu'au
moment où je vous parle il existe
16 autorités organisatrices de transport collectif qui desservent
le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, elle-même composée
de 83 municipalités.
Chacune a son plan de transport collectif et ses priorités d'interventions, pas
nécessairement convergentes, et qui entrent parfois même en
contradiction. Enfin, une dernière donnée ahurissante : on dénombre, dans
la grande région de Montréal, pas moins de 535 titres de transport
différents. Vous conviendrez donc avec moi qu'une nouvelle vision s'impose.
Voilà pourquoi
le gouvernement a proposé de ramener le nombre d'organismes en
transport collectif de 16 à cinq. Les
cinq organismes seraient la société de transport de Laval, Longueuil et Montréal, qui conservaient leurs responsabilités en
matière d'exploitation des services sur leurs territoires respectifs, ainsi que
de deux nouvelles entités, soit l'Autorité régionale de transport métropolitain, l'ART, qui serait notamment
responsable de la planification, du financement et du cadre tarifaire, ainsi que le Réseau de transport
métropolitain, le RTM, qui serait, pour sa part, chargé de l'exploitation
des trains de banlieue et des services d'autobus sur le territoire des
couronnes nord et sud.
Les nouvelles
structures permettraient de dépolitiser la planification des services de
transport collectif, notamment en
confiant un rôle accru aux experts. L'Autorité régionale de transport
métropolitain et le Réseau de transport métropolitain mettraient par ailleurs en oeuvre les principes de
bonne gouvernance inspirés de la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État.
Selon ce qui
est proposé, l'autorité devrait se doter d'une politique de financement
équitable et rigoureuse. Elle aurait aussi pleine autonomie pour établir
le cadre tarifaire ainsi que pour décloisonner et mieux intégrer ses services. Ainsi, les bus ne seraient plus contraints de
circuler à portes fermées lorsqu'ils passent d'un territoire à un autre puisque
désormais il n'y aura qu'un territoire, celui de la région métropolitaine de
Montréal.
L'autorité
établirait des normes et conclurait des ententes avec les trois grandes
sociétés de transport, la STM, RTL et
STL, ainsi que le Réseau de transport de Montréal pour assurer des prestations
de service. Cette entente contiendrait des
clauses de performance et de qualité de services. D'autre part, en ce qui a
trait au transport adapté, la réforme mettrait fin au cloisonnement
entre les territoires, qui limite la mobilité des personnes handicapées. Là
encore, la définition restreinte de
territoire ferait place à la notion de la grande région de Montréal. L'autorité
aurait donc des compétences élargies
par rapport à l'Agence métropolitaine de transport, elle serait par exemple
chargée de développer le covoiturage, le
transport actif, et de proposer des normes de gestion pour le réseau artériel
métropolitain, un plan d'immobilisation devrait par ailleurs découler du plan stratégique et prévoir un plan de
maintien des actifs. Comme vous pouvez le constater, le projet de loi que je soumets aujourd'hui
propose des améliorations notables fondées sur une nouvelle façon de planifier
sur une vision à long terme du développement
du transport collectif, une façon de faire reposant plus que jamais sur des
objectifs clairs et sur des attentes précises plutôt que sur une simple liste
de projets à réaliser.
Si, comme je le souhaite ardemment, le projet de
loi est adopté aujourd'hui ou demain, notre gouvernement compte mettre en oeuvre les réformes au début de
2017. Un comité de transition serait créé très rapidement, celui-ci serait
un mandataire du gouvernement et il aurait
d'importantes responsabilités. Il serait notamment chargé d'établir le profil
de compétences des membres du conseil d'administration des deux nouveaux
organismes, de veiller au transfert des ressources humaines, matérielles et
informationnelles entre les organisations, de dresser la première politique de
financement ainsi que les prévisions
budgétaires des deux nouveaux organismes pour 2017. Les personnes qui
composeront le comité de transition
devront, bien évidemment, lier compétence, objectivité, neutralité et
crédibilité. Les membres du comité seront choisis en concertation avec
la Communauté métropolitaine de Montréal, qui doit nommer deux des cinq
membres.
La tâche à
accomplir est considérable et le temps, pour assurer la mise en oeuvre de cette
réforme majeure est, somme toute,
limité. Il est donc important de se mettre en travail le plus rapidement
possible. Je suis donc convaincu que ce
nouveau modèle de gouvernance plus souple puis mieux adapté aux réalités
d'aujourd'hui permettra de doter la grande région métropolitaine de Montréal de services de transport collectif
répondant véritablement aux besoins des usagers. Pour moi, le projet de
loi n° 76 contient tous les éléments pour que nous y parvenions.
Notre
proposition de réforme s'inscrit dans le cadre de ce nécessaire changement de
culture, un changement de culture qui propose de placer l'usager au
coeur des préoccupations notamment par une meilleure planification et un meilleur arrimage des services. Voilà pourquoi
j'invite les membres de cette Assemblée
à voter en faveur de l'adoption du projet de loi n° 76. Je vous
remercie, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le ministre des
Transports, pour cette intervention. Mme
la députée de Vachon, porte-parole en matière de Transports pour l'opposition
officielle, je vous cède la parole.
Mme Ouellet : Merci, M. le Président. M. le Président, dans un
premier temps, je voudrais saluer le ministre des Transports. Permettez-moi aussi de saluer les
collègues de la deuxième opposition qui ont participé aux travaux et les
collègues du gouvernement qui ont participé
aux travaux de la commission du projet de loi n° 76, projet de loi
n° 76 qui vise essentiellement à abolir l'Agence métropolitaine de
transport, l'AMT et abolir l'ensemble des CIT de la région métropolitaine pour les remplacer par deux nouvelles
structures, donc une structure, l'autorité, qui s'occupe principalement de
planification et une autre structure, le réseau, qui s'occupe d'opération,
particulièrement l'opération de train de banlieue, mais également, M. le Président, l'opération des autobus
concernant la couronne nord et la couronne sud. Et ces deux nouvelles structures là s'ajoutent aux trois
sociétés de transport, de Longueuil, de Montréal et de Laval déjà existantes.
Donc, c'est sûr qu'il va y avoir de
rebrassage, là, en termes d'activités puisque toutes les activités de
planification des trois sociétés existantes devront être transférées à
l'autorité.
Donc, un
projet de loi... nous avons reçu, et je l'ai mentionné hier, mais je tiens à le
rementionner, 13 groupes qui sont
venus nous rencontrer en commission parlementaire, nous faire part de leurs
commentaires — un
projet de loi qui était quand même
assez technique, un projet de loi qui était beaucoup dans de la structure, de
la structurite même — donc,
qui sont venus nous faire part de leurs préoccupations, et six autres groupes
qui nous ont déposé un mémoire.
Nous avons adopté une centaine d'amendements en
commission parlementaire et, M. le Président, je tiens encore à le souligner pour les gens qui nous écoutent, souvent qui ne voient
que la période des questions où, des fois, les échanges sont peut-être
un petit peu plus vifs, mais il y a du travail qui se fait en commission
parlementaire où il peut y avoir une très
grande collaboration et l'ensemble des partis à l'Assemblée nationale
travaillent pour améliorer un projet de loi et je crois que c'est le cas
de ce projet de loi ci, donc, avec tous les amendements qui ont été adoptés.
Dans les
amendements, du côté du Parti québécois, nous sommes très fiers d'avoir réussi
l'amendement pour les tarifs
étudiants, donc, à la demande de la coalition des étudiants de Montréal pour
que le tarif étudiant pour les étudiants de 18 ans et plus soit le même tarif pour tous les étudiants. Donc, ça,
je pense que c'est un gain important à l'intérieur du projet de loi
n° 76.
Et également
nous avi