Health and Social Services — 21 August 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-08-21
Quebec — Committees
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Nous avons effectivement distribué votre proposition
de plan de travail juste avant d'entrer en ondes. Est-ce que j'ai consentement
pour travailler avec ce bloc de travail?
Des voix : Consentement.
Président (M. Merlini) : Le consentement est donné. Alors, nous allons procéder, Mme la ministre, avec l'étude
de l'article 71. La parole est à vous.
Charlebois : Tout à
fait. Je vais le relire. Je pense
qu'on en avait fait lecture, mais je vais quand même le relire
pour se remettre dans l'histoire.
Alors, à l'article 71, nous stipulons que
l'article 128 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, après «La Cour d'appel», de
«ou l'un de ses juges»; et
2° par la suppression de «qu'elle juge».
Alors, ici,
cet article-là modifie l'article 128 de la loi afin de prévoir qu'un juge de
la Cour d'appel a, tout comme un...
la Cour d'appel siégeant en formation de trois juges, le pouvoir de rendre une
ordonnance appropriée aux fins d'exercer sa compétence. Bref, c'est pour
stipuler, M. le Président, que nous n'avons pas toujours besoin d'une formation
de trois membres pour prendre une décision, un seul juge suffirait.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce
que j'ai des interventions? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Merci, M.
le Président. On avait eu ce débat-là
pour un autre
article précédemment, donc je comprends
que c'est en concordance. Mais, des fois, le temps nous permet d'avoir des questions.
Je ne me souviens pas, il me semble qu'on n'avait pas abordé cette question-là :
Qu'est-ce qui pourrait justifier
qu'on a juste besoin d'un juge et non pas des trois juges? Est-ce qu'il y a des
règles qui sont déjà prévues, pour telle cause, que ça prend les trois juges
ou, dans certains autres cas, un est suffisant?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Est-ce que je pourrais demander, M. le
Président, pour faciliter les travaux de la commission, à
Me Savoie-Leblanc de pouvoir répondre à notre collègue député?
Le Président (M.
Merlini) : Oui. Est-ce que j'ai consentement pour permettre à Me
Savoie-Leblanc de répondre aux questions
demandées? J'ai consentement. Alors, Me Savoie-Leblanc, s'il vous plaît, vous
identifier pour les bienfaits de l'enregistrement et de répondre à la
question.
Savoie-Leblanc (Emmanuelle) : Oui. Emmanuelle Savoie-Leblanc, avocate
au ministère de la Justice. Donc,
oui, effectivement, c'est que, quand on est sur le fond de l'affaire, c'est la
formation de trois juges qui entendent l'affaire.
Par contre, au stade d'une demande de permission d'en appeler, à ce moment-là,
c'est un seul juge. Puis aussi, en matière de gestion, là, ça, en fait,
c'est une ordonnance provisoire qui peut être rendue pendant l'appel, puis, à
ce moment-là, ça se fait en chambre de
pratique, comme on appelle, à la Cour d'appel, puis, à ce moment-là, il y a un
seul juge sur le banc. Donc, c'est
vraiment plus facilitant de prévoir que ça va être un seul juge qui va se
prononcer sur ces demandes-là plutôt que de prévoir que ça doit être une
formation de trois juges. Il y a un juge, c'est plus facile d'en... il y a plus de séances de cour, pardon, qui sont
prévues, là, avec un seul juge, où on peut aller en chambre de pratique pour
demander une ordonnance applicable pendant l'instance.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Me Savoie-Leblanc. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Actuellement, est-ce qu'en fonction de la loi
actuelle il doit y avoir les trois juges qui sont présents pour un
appel?
Mme Savoie-Leblanc
(Emmanuelle) : Tel que rédigé dans la LPJ, oui.
Turcotte :
O.K. Et, dans la pratique, ça se fait, que les trois juges sont là, ou...
Savoie-Leblanc (Emmanuelle) : Oui, mais c'est plus compliqué. On nous
a laissé comprendre que ce serait plus
facile de faire comme ce qui se fait en matière d'appel de façon générale dans
toutes les matières au Québec, que ce soit un seul juge qui puisse se
prononcer sur ces demandes-là.
Turcotte : Est-ce que, par cet article-là du projet de loi,
lorsqu'il pourra être appliqué, ça va avoir un impact sur les délais
juridiques par rapport à ça et du fait d'avoir juste un juge plutôt que trois?
Savoie-Leblanc (Emmanuelle) : Bien, effectivement, c'est une réduction
des délais, parce que c'est plus facile d'avoir accès à un juge seul. Ça
fait que pour les parties, quand on a besoin de s'adresser à un juge, c'est
plus facile que ce soit prévu ainsi.
Président (M. Merlini) : D'autres interventions sur l'article 71?
Alors, je le mets donc aux voix. Est-ce que l'article 71 est
adopté?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Merci. Mme la ministre, pour lecture de
l'article 72, vous avez...
Charlebois :
Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Oui. Vous avez un amendement, je crois.
Charlebois : Tout à fait. J'ai un amendement. Alors,
d'abord, si vous me le permettez, je vais lire l'article 72, comme on le faisait la semaine dernière, ensuite
l'amendement, puis on discute de l'amendement. C'est ce qu'on faisait.
C'est correct, M. le Président? Ça vous va?
Le Président (M.
Merlini) : Ça va.
Charlebois :
O.K. À l'article 72, nous mentionnons que l'article 129 de cette loi
est modifié :
1° par l'insertion,
après «Les articles», de «82, 84, 85, 92, 94 et 94.1,»;
2° par le
remplacement de «104 à 110» par «105, 107 [et] 109».
Est-ce que je donne les commentaires tout de
suite sur l'article ou juste après?
Président (M. Merlini) : Allez-y.
Charlebois :
Je les donne tout de suite.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, oui, allez-y.
Charlebois : Alors, l'article 129. Cet
article modifie
l'article 129 de la loi pour préciser quelles dispositions de la loi prévues dans la
section portant sur l'intervention
du tribunal et celle portant sur l'appel à la Cour supérieure sont
également applicables, compte tenu des adaptations nécessaires, en matière de
Cour d'appel.
L'amendement :
Remplacer le paragraphe 1° de l'article 72 du projet de loi par ce qui
suit :
1° par l'insertion,
après «Les articles», de «82 à 84, 85, 92, 94, 94.1,».
cet amendement modifie l'article 129 de la loi afin de permettre à une famille
d'accueil ou à une personne de bénéficier des droits que lui confère
l'article 83 de la loi, proposé par l'amendement introduisant l'article 51.0.1
du projet de loi, lors d'un appel, à la Cour
d'appel, d'une décision ou d'une ordonnance concernant l'enfant qui lui est
confié. Ainsi, une famille d'accueil,
et une personne à qui un enfant est confié, aura les mêmes droits lors d'un
appel à la Cour d'appel que ceux
qu'elle a lors de l'audience de toute demande à la Cour du Québec ainsi que
lors d'un appel à la Cour supérieure,
soit le droit de participer à l'audience, dans la mesure prévue par l'article
83 de la loi, ainsi que le droit d'être informé de la tenue de toute audience
concernant l'enfant qui lui est confié... le ou les enfants, là — ça dépend si c'est une famille. Il
s'agit d'une modification de concordance avec l'amendement visant à introduire
l'article 83 de la loi.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
C'est encore des articles intéressants pour les juristes...
Charlebois :
Oui. Vous avez tout à fait raison.
Turcotte : ...mais
qui ont des conséquences. Et je voudrais juste comprendre la modification qui est proposée, au fond. De
ce que je comprends, c'est qu'à l'époque on parlait de 82, 84, mais
là on dit de «82 à 84», donc on ajoute l'article 83. Pour quelle raison?
Charlebois : Bien,
en fait, l'article 83, il était proposé par l'amendement introduisant l'article 51.0.1 du projet de loi, et, vous vous
rappelez, on en a discuté la semaine dernière, c'était pour introduire la
notion de famille d'accueil dans le projet de loi, là, justement parce
qu'on avait convenu que les familles d'accueil pouvaient être non seulement
consultées, mais avisées de la date qu'il y aurait une audience.
Turcotte :
Ça, c'est en concordance avec cet amendement-là?
Charlebois :
Tout à fait.
Turcotte :
Et cet amendement-là aussi modifie l'article... c'est-à-dire, le reste, là,
96...
Charlebois :
...articles qu'on a...
Turcotte :
98, lui, il demeure, mais les 104 à 110 étaient biffés, puis on ajoutait les
105, 107 à 109.
Charlebois : Oui, 105, 107 à 109, parce qu'il y en à
là-dedans, je crois, si ma mémoire est bonne, que nous avons abrogés. Ça
se peut-u? Attendez-moi une seconde.
Charlebois : Les nouveautés, c'est la modification qui rend
applicables d'autres dispositions que celles qui le sont déjà, soit l'article 82 — bien, ça, on l'a dit — 84, 85, 92, 94, 94.1. Et l'autre nouveauté,
c'est que par ailleurs la modification a pour effet d'éliminer le renvoi
qui était à certaines dispositions, donc de préciser qu'elles ne sont plus applicables en matière de Cour d'appel,
soit : l'article 104 de la loi n'est plus nécessaire à la suite de la
modification à l'article 117 de la
loi. Voir l'article 70 du projet de loi. C'est l'article 353 du Code de
procédure civile qui va s'appliquer. Ça fait bien des codes, hein?
Et, à l'article
353 — si
vous voulez que je vous en fasse un rappel, une lecture, oui : «La
déclaration d'appel contient la désignation des parties, l'indication du
tribunal qui a rendu le jugement, la date de celui-ci et la durée de
l'instruction en première instance. Elle est accompagnée d'une copie du
jugement de première instance.
déclaration énonce les moyens de droit ou de fait que l'appelant entend
utiliser pour obtenir que le jugement
de première instance soit réformé ou infirmé
et les conclusions qu'il recherche et, le
cas échéant, la valeur de l'objet du
litige.
partie qui fait appel doit, dans les 45 jours suivant la date du jugement qui
fait l'objet de l'appel, joindre à sa déclaration une attestation
certifiant qu'aucune transcription d'une déposition n'est nécessaire aux fins
du pourvoi ou indiquant qu'elle a donné
instruction à un sténographe officiel de procéder à la transcription des
dépositions qu'elle entend utiliser.»
Ça, c'est pour la
partie qui
concernait l'article 353. De
plus, les articles 26
et 27 du Règlement de procédure civile, bref, la Cour
d'appel —
chapitre C-25.01, r. 10 — prévoient
également certaines exigences concernant le contenu de la
déclaration d'appel. Alors, à l'article 26, outre les déclarations de l'article 353 du Code de procédure
civile, l'appelant inscrit dans sa déclaration d'appel une déclaration relative à la confidentialité — voir le point 8 — et rappelle l'obligation de déposer un acte de représentation. Et 27,
c'est : «L'appelant énonce [les] moyens d'appel de façon succincte (en un
maximum de 10 pages).» À l'article 106, que
nous avons retiré : l'application de l'article 106 de la loi n'est
plus nécessaire à la suite de la
modification faite par l'article 117 de la loi. Voir l'article 70 du
projet de loi. Cet
article 354 du Code de procédure civile —
chapitre C-25.01 — et l'article 29 du règlement du Code de
procédure civile — entre
parenthèses, Cour d'appel — qui
s'appliqueront dorénavant... Et là
c'est l'article 354 du Code de procédure civile. Vous voulez que je vous
en fasse lecture?
Charlebois : «La déclaration d'appel est notifiée au greffe
du tribunal de première instance. Le greffier de première instance informe le
juge qui a rendu le jugement de cet appel et, sur demande du greffier de la
Cour d'appel, il transmet sans délai
le dossier de l'affaire à cette cour. Il y joint un inventaire des pièces qui
composent le dossier et la liste des entrées faites au registre.
le fait dans les deux jours de la notification lorsque l'appel porte sur la
libération d'une personne ou [...] son intégrité.»
à l'article 29 : «L'appelant dépose au greffe la preuve de notification,
dans le délai imparti, d'une copie de la déclaration à l'avocat de l'intimé et aux mis en cause, et de
2 copies au greffier de première instance, et ce, au plus tard dans
les 3 jours ouvrables suivant l'expiration [du] délai.
greffier informe le greffier de [la] première instance du numéro du dossier de
l'appel dès son attribution.»
à l'article 110 — parce
que nous avons aussi l'article 110 — l'application de l'article 110 de la loi
n'est pas nécessaire, puisque
l'article 129 de la loi, tel que proposé par le présent
article du projet
de loi, rend l'article 85 de la loi, tel que proposé par l'article
52 du projet de loi... On suit?
Turcotte :
Oui, mais, M. le Président, j'essaie de comprendre, là, puis...
Charlebois :
Turcotte :
Bien, parce que Mme la ministre...
Charlebois :
Beaucoup de références.
Turcotte : Mme la ministre vient de mentionner pour
l'article 110... elle l'a mentionné aussi pour 104, en disant que ce n'était plus nécessaire, mais, de ce que je
comprends, avec l'amendement, c'est que maintenant on les réintègre dans
la loi.
Charlebois : On remplace les articles. 110 n'est plus là,
voyez-vous.
L'article 129 de cette loi est modifié :
2° par le
remplacement de «104 à 110» par «105, 107 à 109».
Charlebois :
Oh! oui, moi, je suis dans l'article. Vous avez tout à fait raison.
Turcotte :
Parce que l'amendement... je ne veux pas tourner le fer dans la plaie, mais
c'est parce que l'amendement remplace
l'article du projet de loi, là, quand même, et ça fait en sorte... Là, c'est
pour ça que j'essaie de comprendre depuis tantôt. Puis on me dit :
L'article 104 n'est plus nécessaire, puis l'article 110. Mais, moi, de ce que
je comprends, c'est qu'ils seront toujours dans la loi lorsque le projet
de loi sera adopté.
Charlebois : Non. En fait, vous avez raison. Moi, j'étais
dans l'article 72. Mais, quand on parle de l'amendement, vous me ramenez à la raison, et c'est bien, mais,
en même temps, je suis forcée de vous dire qu'on remplace le premier paragraphe par l'insertion, après les articles 82
à 84, 85... En tout cas, on remplace l'article 72 par les articles 82 à 84,
85, 92, 94 et 94.1, mais le paragraphe 2° reste là, lui, intact.
Turcotte : Donc, ça veut dire que le document qu'on nous a
remis, il a peut-être une coquille. Parce que, moi, ce que j'ai devant moi, qui nous a été remis avec l'amendement, lorsqu'on
dit : Aperçu de la modification proposée, donc le projet de loi... la Loi
sur la protection de la jeunesse versus
le deuxième amendement, qui, habituellement... en
tout cas, la dernière séance, c'était la dernière... au
fond, l'amendement, ce qu'il fait comme impact sur la loi actuelle,
donc ce qui sera finalement
la version finale, on nous dit : Les articles 82 à 84, 85, 92, 94,
94.1, 96 à 98, 104 à 110 et 112 à 114 de la présente loi s'appliquent, compte
tenu des adaptations nécessaires,
à la présente section. Donc, si je lis ça, 104 et 110 sont là. Donc, ça
devient un peu mélangeant, là.
Le Président (M.
Merlini) : Voulez-vous une suspension quelques instants?
Charlebois :
Pouvez-vous me donner, oui, une brève suspension, parce qu'il semble...
Le Président (M. Merlini) : Alors,
je suspends donc les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 26)
Président (M. Merlini) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux après cette brève suspension. Mme la ministre, pour des explications
additionnelles à la question du député de Saint-Jean.
Charlebois : Question fort pertinente, M. le Président, parce qu'à l'article 72 tel que lu, quand je vous
parle de l'amendement, c'est vraiment
ce que j'ai lu : Remplacer le paragraphe 1° de l'article 72 du projet de
loi par ce qui suit :
1° par l'insertion, après «Les articles»... «82
à 84, 85, 92, 94, 94.1,». Et le deuxième paragraphe, tel que dans l'article 72, va rester tel quel. Pour ce qui est
de l'aperçu, soit on vous le corrige, parce que c'est vraiment juste à
titre
informatif... mais il y a une erreur dans le
bas, là. Ce qu'on souhaite, c'est introduire les familles d'accueil dans tout
ça, là, dans le processus.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Saint-Jean.
Turcotte : On a
juste rendu ça plus compliqué que c'était, finalement, là. Mais là je comprends
très bien.
Charlebois : Oui,
mais c'est bien de poser la question, là.
Turcotte :
Je comprends très bien. Parce qu'en lisant l'amendement je voyais ça, mais là
je me suis dit : Bon, peut-être
que l'article est remplacé au complet, parce que, l'aperçu, c'est ce qu'il
laissait sous-entendre. Mais il n'y a pas de problème.
Charlebois :
...l'aperçu, vous avez tout à fait raison, mais l'amendement...
Turcotte : De toute
façon, l'aperçu, c'est juste pour nous aider. Cette fois-ci, ça nous a moins
aidés.
Charlebois : Puis
là, cette fois-ci, ça nous a moins aidés.
Turcotte : Mais
c'est correct.
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup. Je vais suspendre quelques instants à nouveau.
Alors, on suspend quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 28)
Président (M. Merlini) :
Alors, nous reprenons donc après cette brève suspension. Est-ce que
j'ai d'autres interventions sur l'amendement à l'article 72? Je n'en ai pas. Je mets donc l'amendement aux voix. Est-ce que l'amendement,
tel que proposé, est adopté?
Le Président (M. Merlini) : Adopté.
Nous revenons donc à l'article 72 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des interventions?
Je n'en vois pas. Est-ce que l'article 72, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté.
Alors, nous allons maintenant à l'item suivant dans notre plan d'étude, plan
de travail. Mme la ministre, vous avez un amendement qui introduit l'article
73.1.
Charlebois : Tout à
fait, M. le Président. Alors, est-ce que
tout le monde en a une copie? Je vais en faire lecture.
C'est une ligne.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, allez-y, faites la lecture.
Charlebois : Si c'était très long, j'aurais dit : On va
attendre que les collègues l'aient. Mais c'est tellement court que je me permets de le
lire. Pendant ce temps-là, la distribution va être faite.
Insérer, après l'article 73 du projet de
loi, l'article suivant :
73.1. Cette
loi est modifiée, dans le texte anglais des articles 93, 114 et 131,
par le remplacement de «executory» par «enforceable», partout
où cela se trouve. Et c'est carrément de la traduction qui est corrigée.
Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. La distribution étant pratiquement terminée, est-ce que
j'ai des interventions sur l'amendement qui introduit l'article 73.1?
Je n'en ai pas. Est-ce que l'amendement qui introduit l'article 73.1 est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté.
Nous allons donc maintenant au prochain point de notre plan de travail,
qui nous amène à un amendement qui introduit l'article 83.10. Mme la ministre.
Charlebois :
Insérer, après l'article 47 du projet de loi, l'article suivant :
47.0.1.
L'article 76.1 de cette loi est modifié
par l'insertion, après le premier alinéa, des suivants :
«Toutefois,
il ne peut ordonner l'exécution de la mesure prévue au paragraphe j
du premier alinéa de l'article 91 que
s'il en vient à la conclusion que le maintien ou le retour de l'enfant chez ses
parents ou à son lieu de résidence risque de lui causer un tort sérieux. Sauf si les parties y consentent ou que
des motifs sérieux le justifient, une telle mesure ne peut excéder
60 jours.
«Le tribunal
avise sans délai les parents de l'enfant qui fait l'objet d'une mesure prise en
vertu du présent article.»
Alors, M. le Président, cet amendement-là, introduit à l'article 47.0.1 de la loi,
est là afin de fusionner les articles 76.1 et 79 de la loi et de prévoir
au nouvel
article 76.1 de la loi l'ensemble des règles concernant les mesures provisoires applicables pendant l'instance. Il
prévoit plus particulièrement qu'une mesure provisoire prévue au paragraphe j
de l'article 91 de la loi, tel que modifié par l'article
54 du projet de loi, ne peut excéder une durée de 60 jours, sauf si
les parties y consentent ou que des motifs sérieux le justifient.
Le Président
(M. Merlini) : Merci. Je
demande le consentement, puisque ce n'est pas dans le plan de travail, le
consentement des membres pour étudier l'article 47...
Turcotte :
...travail.
Le Président (M. Merlini) : Il est
dans le plan de travail?
Charlebois :
Avez-vous un plan à jour, M. le Président?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
secrétaire.
Président (M. Merlini) :
Non, je ne l'ai pas. Donc, je ne dois pas avoir une dernière copie du plan de
travail. Mes excuses. Alors, est-ce que j'ai des interventions sur l'article
47.0.1? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Pardon?
Le Président (M. Merlini) : Une
intervention sur l'article 47.0.1?
Turcotte : Oui, mais je veux juste, peut-être,
mentionner quelque chose. On a beaucoup d'amendements, hein, aujourd'hui — je
vois ça aller, là — puis
on doit se repérer dans les amendements qui ont été remis, à l'époque, au salon bleu, puis tout ça. Là, on vient de recevoir
l'amendement, c'est quelque
chose complètement... Ça fait que je
n'ai pas pu écouter la ministre
le temps que je fouillais l'amendement. Donc, est-ce
que c'est possible, juste suspendre quelques secondes, juste le temps que je le
lise puis qu'on comprenne de quoi il est question?
Charlebois :
M. le Président, il n'a pas été déposé, et je m'en excuse. C'est tout à fait
vrai, on aurait dû attendre que vous
ayez le texte en main. Dans ce temps-là, faites-moi un petit signe, on va
attendre. Si vous voulez, je peux reprendre la lecture pour qu'on prenne
le temps...
Turcotte : ...oui.
Charlebois :
Parce qu'honnêtement le but n'est pas de bousculer ici, mais bien de rendre les
affaires... Parce qu'on étudie quand même un projet de loi majeur puis
je ne voudrais pas, là, que vous vous sentiez bousculés, puis mon collègue là-bas non
plus. Alors, je voudrais m'assurer que tout le monde... Alors, je reprends la
lecture pour le bien de la commission, M. le Président, si vous me le
permettez.
Le Président (M. Merlini) : Allez-y,
Mme la ministre.
Charlebois :
47.0.1. Ça dit donc que l'article 76.1
de cette loi est modifié par l'insertion, après le premier alinéa, des suivants :
«Toutefois,
il ne peut ordonner l'exécution de la mesure prévue au paragraphe j
du premier alinéa de l'article 91
que s'il en vient à la conclusion que le
maintien ou le retour de l'enfant chez ses parents ou à son lieu de résidence
risque de lui causer un tort sérieux.
Sauf si les parties y consentent ou que des motifs sérieux le justifient, une
telle mesure ne peut excéder 60 jours.
«Le tribunal
avise sans délai les parents de l'enfant qui fait l'objet d'une mesure prise en
vertu de ce présent article.»
Et ici ce que
je veux ajouter comme commentaires, M.
le Président, c'est que cet amendement-là,
introduit à 47.0.1 de la loi, fusionne les
articles 76.1 et 79 de la loi... afin
de fusionner les articles 76.1 et 79 et de prévoir au nouvel
article
76.1 de la loi l'ensemble des règles
concernant les mesures provisoires applicables pendant l'instance. Il prévoit
plus particulièrement qu'une mesure provisoire prévue au paragraphe j de l'article 91 de la loi, tel que modifié par l'article 54
du projet
de loi, ne peut excéder
60 jours, sauf si les parties y consentent ou que des motifs sérieux le
justifient. Et là — ici,
je pense, entre autres, aux motifs
sérieux — le
juge pourrait décider de faire en sorte que le délai de 60 jours soit un peu plus grand, et ces délais-là pourront être documentés
dans le temps. La famille d'accueil de proximité pourrait voir ces délais allonger. Et ça, ici, l'exemple que je
pourrais vous donner, pourquoi ça pourrait être justifiable, là, pour un juge :
exemple, une famille qui a besoin d'aller en
thérapie, pour toutes sortes de raisons, ou une maman qui est à l'hôpital
puis qui ne peut pas en sortir avant
telle date, mais qu'on connaît à peu
près la date, bien, le 60 jours... peut-être
que 70, ça irait. Alors, le tribunal pourrait permettre, à ce moment-là,
un délai de plus de 60 jours.
Le Président (M. Merlini) : Merci, Mme
la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Dans l'article 79, actuellement, on parle d'«une
mesure d'hébergement obligatoire provisoire ne peut excéder 30 jours. Cependant, si les faits le justifient, le tribunal peut
ordonner une seule prolongation pour une période d'au plus 30 jours.»
Donc, on passe de 30 à 60.
Charlebois :
Pourquoi?
Charlebois : C'est une très bonne question. Moi aussi, je l'ai
posée. On passe de 30 à 60 parce que, dans les
faits, c'est beaucoup plus 60 qui est dans l'application en ce moment. Et, comme je vous dis, on régularise une situation, mais on fait en sorte que, si jamais on sent qu'il y a,
pour des bonnes raisons, un bon délai, pas parce que des raisons non justifiées, là... Le juge ne donnera pas son
accord pour prolonger des délais, sans des bonnes raisons. Ça va être documenté,
les délais, là. Ça ne va pas se faire si on
va au-delà du 60 jours. Mais le 60 jours est vraiment ce qui est dans la
pratique en ce moment.
Turcotte : M. le
Président...
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
Turcotte : ...on
parle de qui, là, dans cet article-là?
Charlebois : On
parle des enfants.
Turcotte : Ça, je m'en doute, mais c'est dans quel contexte
puis comment que ça s'applique? Juste pour qu'on se situe un peu, là,
pour...
Charlebois : C'est pour les ententes provisoires. Quand la
mesure prend fin, c'est quand les ententes de gré à gré provisoires se
passent, et, quand on veut y mettre fin, bien, quand elles arrivent à échéance
au bout du 60 jours, on parle justement
de ça, là, qu'après 60 jours... En ce moment, la pratique, c'est 60 jours, parce que
vous comprendrez que, 30 jours, là, avant que le signalement soit
retenu, qu'on met les mesures en application, l'enfant n'a pas le temps toujours
de régulariser sa situation. C'est vite passé, 30 jours, dans la vie d'un
enfant ou d'un adolescent. Alors, 60 jours, c'est plus dans la pratique
courante, mais, advenant que le tribunal trouve qu'il y a, pour des bons
délais, des motifs sérieux, bien là le juge pourrait accorder un délai supplémentaire.
Mais ça ne pourrait pas être prolongé d'un an, par exemple, là. Ça va être un
délai supplémentaire raisonnable, et ça, on va le documenter pour
quand il y aura une modification éventuelle
à la loi. Plus tard, on pourra mieux le documenter, ce délai raisonnable là, ce
bon délai là, mais en ce moment ce n'est pas quantifié.
Ça fait que
c'est dur en ce moment de le quantifier dans la loi, mais c'est en prévision de
pouvoir faire l'évaluation et
de le quantifier dans la prochaine loi, mais ce qui est visé, c'est le 60
jours, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député.
Turcotte : Documenter dans l'optique de, bon... La ministre,
qu'est-ce qu'elle dit, là, je comprends, là, que, bon, c'est peut-être difficile d'avoir
cette information-là en ce moment, et, au fond, on y va avec une
règle qui s'apparente plus à la
coutume actuelle et... la pratique, plutôt, actuelle, et on pense qu'on est à peu près
sur la bonne cible, mais ça se peut
que ça ne soit pas tout à fait ça. Et là, en la documentant, lorsqu'il y aura
une révision de la loi, comment on fait pour s'assurer que ça ne se perde pas, ça, dans le temps, puis que, lorsqu'il y aura
une révision de la loi, qu'on ait... Parce
que ce n'est pas un enjeu nouveau, cette question-là.
Charlebois : Non, mais c'est la première fois qu'on l'aborde
de front. Et on n'a pas la quantification du nombre de cas qui pourrait excéder 60 jours, mais ça ne serait certainement pas la majorité des cas. Et je veux aussi vous dire que les familles d'accueil de proximité,
exemple les grands-parents, ne sont pas visées par ça du tout, du tout, du tout.
C'est pour l'ensemble des autres cas dans une entente provisoire.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce
que j'ai d'autres interventions sur l'amendement qui
introduit l'article 47.0.1? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : M. le
Président, moi, je voudrais surtout
m'assurer que, là, les prolongements de délai, ce n'est pas parce
que, là, le système de justice est
ankylosé présentement et que ça prolongerait... parce que,
là, les motifs sont faciles à amener,
là, mais là on prolonge des... parce
qu'on le prolonge déjà à
60 jours. Puis là on pourrait le reprolonger pour un autre 60 jours?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Ce
n'est pas que j'ai dit, M. le Président. Ce que j'ai dit, c'est qu'en ce moment
ce qu'on fait, c'est se régulariser
avec la pratique, parce que, dans les faits, après 30 jours, le juge doit
regarder ça parce qu'on le dépasse toujours en ce moment.
Alors là, on
va être à 60 jours, mais il y aura des cas d'exception. Puis, je le rappelle,
c'est des cas d'exception. La majorité des cas ne dépassent pas 60 jours,
parce que, sans ça, ça ne devient plus des ententes provisoires, là, on commence à être dans d'autre chose que des
ententes provisoires, et c'est dans le cas de motifs sérieux puis c'est des cas
où on va documenter ces délais-là,
là, les bons délais, là, entre guillemets, là. Je ne sais pas comment le dire,
parce que ça a de l'air drôle de dire
«des bons délais», là, mais, dans ces cas-là, on va les documenter pour pouvoir
mettre un maximum à cette autorisation au juge. Mais, règle générale,
les juges ne font pas des autorisations de prolongation pour rien.
Schneeberger :
M. le Président, moi, ce que je voudrais savoir... Ce qu'on nous dit, c'est
que, bon, actuellement, on dépasse très souvent le 30 jours, mais pour
quelle raison qu'on le dépasse très souvent, le 30 jours?
Charlebois : Bien,
parce que, comme je le disais au député de Saint-Jean, entre le signalement
retenu, l'application des mesures que le juge a ordonnées, 30 jours
dans la vie d'un enfant ou d'un adolescent, c'est vite passé. Alors, pour
s'adapter, le jeune, il n'a pas le temps, 30 jours entre ses rencontres. Puis
il a beaucoup de choses à faire, le jeune, pour pouvoir améliorer sa situation,
notamment, dans les centres
jeunesse, et tout, là. Alors, ce 30 jours là n'est pas suffisant. Dans
la pratique, on dépasse toujours le 30 jours. C'est prouvé. Tout le monde le
sait.
Schneeberger :
Vous parlez d'une évaluation. C'est quoi, dans les règlements, le nombre de
fois où est-ce qu'une personne, un
préposé, en tout cas, là, peu importe, là, parce que, des fois, il en...
plusieurs noms, là, au niveau des centres jeunesse... Le nombre de
visites, y a-tu un règlement là-dessus? Parce que, moi, j'ai déjà entendu des
cas où est-ce que finalement il y a eu une
ou deux visites sur le 30 jours, mais une ou deux visites sur le 30 jours, là,
ce n'est pas évident pour évaluer une
personne ou un jeune, ou peu importe. Moi, c'est ça, ma crainte. C'est parce
que, là, à un moment donné, la
machine ne suit pas, puis là on prolonge des délais pour être conforme. Dans le
fond, c'est qu'on prolonge des délais,
c'est qu'on veut juste conformer ce qui n'est pas conforme actuellement selon la
loi, mais pour régulariser une situation qui ne serait pas supposée
être.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Bien, tout d'abord, peut-être que vous avez entendu des cas qui n'ont pas eu de
visite. Je doute de ça, mais mettons que ça existe. On va peut-être les
signaler.
Schneeberger : M.
le Président, j'ai...
Le Président (M. Merlini) : Un
instant, un instant!
Schneeberger :
...je n'ai pas dit qu'ils n'ont pas eu de visite. Qu'il y a eu peu de visites.
C'est différent.
Le Président (M. Merlini) : La
parole est à Mme la ministre.
Charlebois :
Alors, peu ou pas, en tout cas, ça n'a pas l'air à le satisfaire, M. le
Président. Alors, dans ce cas-là, moi, j'incite les gens à dénoncer ça, hein,
parce que moi, je suis confiante dans le réseau, d'une part. D'autre
part, ce que je peux dire au député de
Drummond—Bois-Francs :
quand on a besoin de rapports d'expertise pour un bébé qui est secoué, ça prend du temps, ça prend des bons
éléments, et il faut absolument avoir les bons éléments pour prendre des
décisions pour le juge. Alors, c'est là
qu'il y a une mesure provisoire mais temporaire justement pour nous permettre
d'aller vers, tu sais... Je pense à
des sévices sexuels, notamment. Il faut pouvoir les documenter, il faut pouvoir
le prouver, et chez un bébé ça ne se fait pas facilement. Quand il y a
thérapie d'un parent, c'est un autre élément qui doit être ajusté.
Mais
tout ça pour vous dire que, dans la pratique actuelle... Puis je ne pense pas
que c'est parce que les jeunes manquent
de services. C'est vrai, M. le Président, qu'on peut toujours parfaire tout
dans la vie, hein, je peux parfaire mon comportement, tout le monde peut parfaire tout dans la vie. Et les services de protection de la jeunesse sont perfectibles,
j'en conviens tout à fait, M. le Président,
mais actuellement je ne pense pas que c'est faisable de donner de bons services
à des jeunes avec un délai de 30 jours.
C'est se mettre la tête dans le sable, M. le Président, parce que l'évaluation,
la mise en place de mesures pour que
le jeune s'adapte, si c'est un adolescent... ça dépend de chacune des
situations des enfants. Ce qu'on
souhaite, M. le Président, c'est que ça ne dépasse pas 60 jours. Je le dis
haut et fort dans le micro. Et, dans les cas exceptionnels où ça pourrait arriver parce qu'un parent a besoin de
thérapie, parce qu'on a besoin d'analyses approfondies, etc., là il pourrait y avoir une prolongation de
l'entente de gré à gré, mais ce n'est pas pour faire un autre 60 jours ou
un autre un an, là. C'est une entente provisoire qu'on vise à prolonger
mais de façon provisoire.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Bien, j'écoute les explications de la
ministre, puis, moi, en tout cas, ça ne me satisfait pas, parce que j'ai
un peu l'impression... c'est comme dans les urgences, là, c'est rendu un peu la
normalité, là, d'attendre 10,
12 heures, là, règle générale, là. Des fois, il y en a moins. Et puis,
bon, finalement, on veut un peu normaliser la situation au niveau de la loi, puis c'est rendu la nouvelle
norme, mais ce qu'il ne faut pas oublier là-dedans, c'est que, quand la ministre nous dit : L'enfant, ça lui prend de
l'adaptation, oui, tout à fait d'accord avec ça, mais en même temps, je veux
dire, ce qui est important, c'est que la
machine puisse suivre. Et puis, si, là, on prolonge les délais pour être
conforme, c'est parce que peut-être,
des fois, le nombre de visites qu'on devrait faire pour faire l'évaluation ne
se fait pas dans les délais qui sont au niveau des règlements, et c'est
ce point-là, moi, que... je suis très pointilleux là-dessus.
niveau de la cour, après ça, c'est sûr que c'est facile d'émettre des points
puis d'amener des situations, là, pour dire
que finalement on a prolongé les délais, mais c'est le travail qui se fait en
arrière qui doit être important. Alors, on pourrait en discuter longtemps. Moi, je vous dis que je ne suis pas
satisfait de cette situation-là et puis je pense qu'on essaie un petit
peu de maquiller la situation en faisant ça.
Président (M. Merlini) : Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs. Est-ce que j'ai d'autres
interventions sur l'amendement qui introduit l'article 47.0.1?
Charlebois :
M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois :
Vous allez me permettre de réagir aux propos du député de Drummond—Bois-Francs
et seulement lui signaler que ce qu'on fait là,
c'est une loi qui vise à protéger l'intérêt de l'enfant. Si une mère ou un père
peut recevoir son enfant à 65 jours, je
ne vois pas pourquoi on ne prolongerait pas le délai de cinq jours, puisque
l'intérêt de l'enfant, c'est d'être
avec ses parents quand ils sont en condition pour prendre l'enfant. Et le juge
qui est sur le trône, là... On parle
d'un juge, là. Je ne vous parle pas du premier qui passe dans rue puis qui n'a
pas de qualification en droit, là. Un
juge qui est sur le trône, par l'article 3 de la Loi de la protection de
la jeunesse, est là, son jugement doit servir à protéger l'intérêt de
l'enfant en tout temps. Alors, moi, je ne comprendrais pas pourquoi un juge
n'aurait pas la capacité de jugement — son
titre le dit, c'est un
juge — pour
prendre une décision pour prolonger une entente provisoire.
le répète, là, c'est une entente, M. le Président, provisoire. Si le juge sent
qu'il y a d'autres modifications à faire, il ne prolongera pas l'entente provisoire. Mais là on parle de bons délais
qui seront documentés avec les raisons mais aussi le nombre de temps. Alors, moi, je n'ai pas
d'autre propos à dire. S'il y en a d'autres qui ont d'autres commentaires à
faire, je vais les entendre. Mais voilà, la disposition, ce qu'elle
représente.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? Je n'en
vois pas.
Schneeberger :
M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Drummond—Bois-Francs, oui.
Schneeberger : Oui. C'est juste pour dire que je veux
m'assurer que ce ne soit pas une modification qui soit faite, souvent, suite au manque de dates, au
manque de jours, là, au niveau des tribunaux, alors que, là, on puisse
prolonger les délais, parce que des fois il manque de disponibilités.
Puis
aussi un autre petit point par contre que j'aimerais émettre, c'est que,
l'article 50, là, l'article 76.1, on y fait aussi référence. Est-ce qu'à ce moment-là on
pourrait le regarder en même temps, parce que, là, si on l'adopte, c'est en
lien à l'article?
Le Président (M. Merlini) :
On va avoir un amendement. Selon notre plan de travail, il y aurait un
amendement qui va être proposé pour
l'article 50 et qui s'en vient immédiatement après celui-ci. Alors, je
propose qu'on dispose de l'article 47.0.1 et qu'on suive notre plan de
travail, là, tel qu'on l'a adopté plus tôt, là.
Charlebois :
M. le Président, juste...
Le Président (M.
Merlini) : Oui, Mme la ministre.
Charlebois :
...juste apporter un élément pour éclairer encore le député de
Drummond—Bois-Francs. Si nous ne prolongeons pas
le délai de 60 jours d'une entente provisoire, est-ce qu'il est préférable
pour l'enfant de retourner dans son
milieu sans ressources? Je ne pense pas. Le juge qui est sur le trône est toujours
là pour prendre des décisions dans l'intérêt de l'enfant. Alors,
vraiment, là, je ne sais plus comment lui expliquer, là.
Tout
ce qu'on fait ici, c'est le rendre conforme à la pratique déjà
existante. Si vous ne le savez pas, faites le tour des centres jeunesse. C'est déjà
comme ça. Faites le tour de tout ce qui s'appelle protection de la jeunesse. C'est déjà comme ça.
Le 30 jours qui est inscrit dans la loi actuelle, ça ne fonctionne pas. Ça fait qu'aussi bien régulariser la situation et
donner un encadrement pour dire aux
gens : Là, là, c'est 60 jours, puis il faut que ça rentre là-dedans, sinon
il faut le documenter, puis nous
autres, au ministère, on va documenter ça parce qu'on ne veut pas que ça se
prolonge davantage. Comme c'est là, ça prend du temps à la cour.
Président (M. Merlini) : D'autres interventions? Alors, je mets donc
l'amendement qui introduit l'article 47.0.1 aux voix. Est-ce qu'il est
adopté?
Une voix :
Sur division.
Président (M. Merlini) : Adopté sur division. Merci. Alors, nous
allons au prochain point sur notre plan de travail, qui introduit un
amendement à l'article 50. Mme la ministre.
Charlebois :
Alors, je fais lecture de l'article 50 préalablement, M. le Président?
Le Président (M.
Merlini) : Oui, allez-y, Mme la ministre, s'il vous plaît.
Charlebois :
O.K.
L'article 79 de cette loi est remplacé par le suivant — à l'article
50, bien entendu :
«79. En application
de l'article 76.1, le tribunal ordonne que l'enfant soit confié, dans le
cadre de mesures provisoires d'au plus 30 jours...
Charlebois : ... — oui — à un milieu de vie substitut si, après étude
de la situation, il en vient à la conclusion que le maintien ou le retour de l'enfant chez ses parents ou à son lieu
de résidence risque de lui causer un tort sérieux.
«Le tribunal peut, si
les faits le justifient, prolonger les mesures provisoires visées au premier
alinéa pour une période d'au plus 30 jours.
Il peut également, si des circonstances exceptionnelles le justifient ou si les
parties y consentent, ordonner une seconde prolongation de ces mesures
pour une période d'au plus 30 jours.
outre, lorsque le tribunal en vient à la conclusion que la sécurité ou le
développement de l'enfant est compromis mais qu'il n'est pas encore en mesure de rendre l'ordonnance prévue à
l'article 91, il peut ordonner, dans le cadre de mesures provisoires, que l'enfant soit confié à un milieu
de vie substitut ou prolonger les mesures prises en vertu des premier et
deuxième alinéas.
«Une
ordonnance rendue en vertu du troisième alinéa ne peut excéder six mois en
tenant compte, le cas échéant, de la durée des mesures prises en vertu
[du] premier et [du] deuxième alinéas.
«Le tribunal avise
sans délai les parents de l'enfant qui [a] fait l'objet d'une mesure prise en
vertu du présent article.» Et là, ici, je me demande...
Le Président (M.
Merlini) : Votre amendement.
Charlebois :
...M. le Président, si vous voulez que je commente, parce que l'amendement nous
dit que l'article 79 de la loi n'est plus
nécessaire, en vertu de ce que nous venons d'adopter. C'est en concordance avec
47.0.1. Me permettez-vous de vous faire lecture de l'amendement?
Le Président (M.
Merlini) : Oui, allez-y.
Charlebois :
Alors, à l'amendement, nous remplaçons l'article 50 du projet de loi par
le suivant :
L'article 79 de
cette loi est abrogé.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai des questions ou des
interventions sur l'amendement à l'article 50? Je n'en vois pas. Alors,
je mets donc l'amendement aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 50 est
adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Nous revenons donc à l'article 50 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Merci. Nous allons au prochain item
sur le plan de travail, qui nous amène dans
un prochain bloc : Participation des familles d'accueil et articles
suspendus. Mme la ministre, vous avez un amendement introduisant
l'article 83.10.
Mme Charlebois : O.K. M. le
Président, l'amendement, est-ce que vous l'avez? On va attendre que vous l'ayez,
si ça ne vous dérage pas.
Le Président (M. Merlini) :
Alors, je suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 55)
Président (M. Merlini) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux après cette brève suspension pour avoir
vérifié que nous devons... J'avais
mentionné avant la suspension un amendement qui introduirait l'article 83.10, mais vous
devez, Mme la ministre, nous présenter aussi un amendement qui
introduirait 83.9. Alors, à vous la parole.
Charlebois : Tout à
fait. La raison pour laquelle je ne
l'avais pas présenté, c'est parce que ça touche un autre bloc, M. le
Président. Et ce n'est pas grave, on va en parler, puis on reviendra à 83.10
par après.
Alors,
insérer, après l'article 83.8 du projet de loi, ce qui suit — puis
ça touche le Règlement sur la
révision de la situation d'un enfant,
à 83.9 :
L'article
1 du Règlement sur la révision de la
situation d'un enfant (chapitre P-34.1,
r. 8) est modifié par le
remplacement, dans les paragraphes 2°
et 3° du deuxième alinéa, de «hébergé» par «confié à un milieu de vie
substitut».
Et cet
amendement-là, M. le Président, s'inscrit parmi plusieurs modifications ayant
pour objectif d'harmoniser les dispositions, tout simplement, visant les
enfants confiés à un milieu de vie substitut.
Le Président (M. Merlini) : Merci, Mme
la ministre. Est-ce que j'ai des interventions sur 83.9? Oui.
Turcotte : Bien, je comprends que, Mme la ministre, on voulait le suspendre pour
l'étudier quand on sera rendus dans ce bloc-là.
Le Président (M. Merlini) : Oui, en
effet.
Turcotte : Je donne
mon consentement pour le suspendre.
Le Président (M. Merlini) : Est-ce
que j'ai consentement pour la suspension de l'étude de 83.9?
Charlebois : Tout
à fait.
Président (M. Merlini) : Alors, l'amendement qui introduit 83.9 est
donc suspendu. Vous pouvez maintenant aller à l'amendement qui introduit
83.10, Mme la ministre.
Charlebois :
Tout à fait. Alors, nous insérons, après l'article 83.9 du projet de loi, le
suivant — comme
83.9 existe maintenant, nous pouvons l'insérer :
83.10.
L'article 3 de ce règlement est modifié par l'ajout, à la fin du
paragraphe 4°, du sous-paragraphe suivant :
«
f) de la
perception et de l'évaluation de la situation par la famille d'accueil ou par
la personne à qui l'enfant a été confié;».
Ici, M. le
Président, cet amendement a pour but de prévoir expressément que le rapport
produit par l'intervenant responsable du suivi de l'enfant dans le cadre
de la révision de la situation de ce dernier doit contenir une évaluation succincte de la perception et de l'évaluation de
la situation de l'enfant par la famille d'accueil ou la personne à qui l'enfant
est confié. Actuellement, le règlement
prévoit une telle évaluation lorsque l'enfant est retiré de son milieu familial
et qu'il a été confié à un centre de
réadaptation. Cette modification permet ainsi à la famille d'accueil ou... et,
pas «ou», à la personne significative d'être associées formellement au processus de révision. Et
ça, M. le Président, si une ordonnance ou une entente sur des... ça
convient dans le cas de mesures volontaires, bien là, il y a modification des
mesures de protection.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions à l'article 83.10? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Au fond, de ce que j'ai compris, bon, la ministre
semble dire que, bon, tout dépendant de l'évaluation, il peut y avoir
des conséquences. Donc, par exemple, si on s'aperçoit que la situation de la
famille d'accueil ou de la personne à qui
l'enfant a été confié, ça ne clique pas, ça ne fonctionne pas, il peut y avoir
un changement ou... Comment qu'elle voit ça, là?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, en fait, M. le Président, c'est déjà
prévu au cadre de référence. Puis ce n'est pas juste sur une base de cliquage ou... je ne sais pas
comment le dire, là, de perception, il faut qu'il y ait des raisons qui
justifient ça. Et c'est déjà prévu,
je crois, dans le cadre de référence. Actuellement, le règlement prévoit une
telle évaluation lorsque l'enfant est
retiré de son milieu familial et qu'il a été confié à un centre de
réadaptation. Et cette modification permet à la famille d'accueil et à la personne significative d'être associées
formellement au processus de révision, ce qui n'était pas le cas avant.
Le Président (M.
Merlini) : Merci. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Qui va être associé au processus de révision?
Charlebois : La modification dont on parle maintenant permet
à la famille d'accueil et à la personne significative, dans le cas d'une
personne significative, là, exemple une grand-mère, d'être associées
formellement au processus de révision d'une situation.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
O.K. Ça va.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va. D'autres interventions? Je n'en vois pas. Je mets
donc l'amendement qui introduit l'article 83.10 aux voix. Est-ce qu'il est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Nous allons donc au prochain point
sur notre plan de travail, qui nous ramène, si je comprends bien, à un
article suspendu, qui était l'article 4. Et vous avez un amendement, Mme la
ministre.
Charlebois : M. le Président, je me rends à
l'article 4. Est-ce que je dois relire tout l'article 4? Je pense
que ce serait de bon aloi.
Le Président (M.
Merlini) : L'amendement a déjà été...
Charlebois :
Mon collègue...
Président (M. Merlini) : ...avait déjà été déposé lors de la
suspension de son étude, alors ça prend un consentement pour... Oui, M.
le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Bien, c'est moi qui avais déposé un amendement.
Charlebois :
C'est ça.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, effectivement.
Turcotte :
Donc là, il est suspendu.
Le Président (M.
Merlini) : Là, il est suspendu, donc.
Turcotte :
Mais là il va falloir que vous nous expliquiez un peu comment qu'on va
procéder, là.
Le Président (M.
Merlini) : Bien là, il faut...
Turcotte : Parce
qu'il y a un nouvel amendement, là. Moi, je ne l'ai pas.
Président (M. Merlini) : Alors, ce qu'il faut faire, c'est qu'il faut
réouvrir...
Charlebois : En fait, ce n'est pas un nouvel amendement, M.
le Président, c'est son amendement dont on discute. Excusez-moi.
Président (M. Merlini) : Alors, j'ai besoin du consentement pour
reprendre l'étude de l'amendement et de l'article suspendus. Est-ce que j'ai consentement? Consentement. Alors,
nous reprenons donc l'étude de l'amendement proposé par le député de
Saint-Jean à l'article 4. Première intervention, M. le député de
Saint-Jean.
Turcotte :
Bien, je crois que la ministre avait quelque chose à dire à ce sujet.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois :
Attendez-moi juste une petite seconde, M. le Président.
Charlebois :
Bien, c'est ça. Il faudrait peut-être relire l'article 4...
Le Président (M.
Merlini) : Oui, allez-y, Mme la ministre.
Charlebois : ...pour arriver à l'amendement, si vous le
permettez, puis vous pourriez lire votre amendement, puis on pourrait...
Le Président (M.
Merlini) : Allez-y, Mme la ministre.
Charlebois : Je pense que ce serait plus facile, là, de
retremper dedans comme il faut, d'un bout à l'autre.
Alors,
à l'article 4, nous parlons de l'article 7 de cette loi, qui est
modifié par le remplacement, dans le présent alinéa, de «d'une famille d'accueil ou d'une installation maintenue par
un établissement qui exploite un centre de réadaptation à une [...] famille d'accueil ou à une installation
maintenue par un autre établissement qui exploite un centre de
réadaptation» par «[un] milieu de vie substitut à un autre».
Et ici, M. le Président, ce qu'on vise à faire,
c'est modifier l'article 7 afin de prévoir que les droits de l'enfant et
de ses parents d'être consultés lors du transfert de l'enfant d'un lieu
d'hébergement à un autre ou... et de recevoir — je suis toujours après mettre des «ou» aujourd'hui, je ne sais pas trop,
hein? — l'information
et la préparation nécessaires à ce transfert
s'appliquent à quel que soit le milieu de vie substitut auquel un enfant est
confié. Cette modification s'inscrit donc parmi les modifications
proposées à la loi qui ont pour objectif d'harmoniser les dispositions visant
les enfants confiés à un milieu de vie
substitut. Elle ne modifie pas la portée des droits qui sont actuellement prévus.
Bref, c'était un objectif d'harmonisation ici, tout simplement.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Je vais relire mon amendement.
Charlebois :
Oui.
Le Président (M.
Merlini) : Allez-y.
Turcotte :
Remplacer l'article 4 du projet de loi par le suivant :
L'article 7
de cette loi est remplacé par le suivant :
Avant qu'un enfant ne soit transféré d'un milieu de vie substitut à un autre,
les parents de l'enfant, le milieu de vie substitut duquel l'enfant doit
être transféré et l'enfant s'il est en mesure de comprendre doivent être
consultés. L'enfant et la famille d'accueil doivent recevoir toute
l'information et la préparation nécessaires à son transfert.»
fond, ça va un peu dans le même sens, là, où on avait fait les discussions en
juin sur ce... Ça fait un petit bout, là,
quand même de ça. Au fond, l'objectif... peut-être qu'on peut remodifier le
texte, tout ça, là, on n'est pas à cheval sur l'écriture même, mais le principe, c'est que, oui, les parents de
l'enfant doivent être, bien, informés d'un transfert... d'être consultés, l'enfant aussi, mais aussi le milieu de
vie substitut duquel... donc, principalement, bon, la famille d'accueil.
Donc, avant qu'on vienne chercher l'enfant ou qu'on le transfère, bien, que la
famille d'accueil qui a la garde de cet enfant-là,
bien, soit avisée, consultée. Des fois, ça ne semble pas toujours être le cas,
ce n'est pas facile, donc ça crée des ambiguïtés.
Là, l'enfant ne sait pas trop où est-ce qu'il s'en va, la famille d'accueil ne
le sait pas trop. Donc, au fond, c'est qu'au même
titre que, là, on a avancé
sur la question des familles d'accueil pour la question, là, de... pour
qu'elles soient considérées comme une partie, mais, au fond, ça va un
peu dans le même sens lors d'un transfert de l'enfant.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Mme la ministre.
Charlebois :
Oui. Je m'excuse, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Je vous en prie.
Charlebois :
C'est un
article qui est complexe. Et je comprends la préoccupation du député
de Saint-Jean, cependant je dois lui
dire que les préoccupations qu'il a sont en lien dans le cadre de référence
prévu dans le guide des bonnes pratiques cliniques, ce n'est pas
vraiment dans la loi qu'on applique ça.
Et ici on
parle de la protection des droits de l'enfant et des parents et on parle de déménager d'une famille
d'accueil vers une installation et/ou vers une autre famille d'accueil.
Alors, ici, dans la loi, on a déjà des dispositions qui visent à favoriser
la participation des familles d'accueil, et cette nouvelle disposition fait en
sorte, dans l'article 4... Toute la loi est conçue où on consulte les familles d'accueil, et dans cet
article-là, ici, on vient... dans la grande majorité des situations, ils sont
consultés. Mais vous comprendrez que, dans le cadre de référence, advenant le
cas où... puis dommage de le dire, là,
et je sais qu'il y a des gens ici de la FFARIQ qui m'écoutent et qui ne vont
pas aimer ce que je vais dire, mais ça arrive, pas souvent, mais ça arrive qu'il y a des familles d'accueil qui ne sont
pas adéquates, et ils le savent. Mais ce n'est pas la majorité des cas. Puis, dans ces cas-là, il
faut prévoir la protection des droits du parent et de l'enfant, mais pas pour
l'ensemble des cas, là. C'est pour ça qu'on
consulte dans tous les autres aspects de la loi, mais, quand on fait un
changement de lieu, il y a lieu de laisser les droits aux parents et aux
enfants.
Le Président (M. Merlini) :
Merci. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Je
comprends ce que la ministre a dit. Encore là, comme je lui ai dit, peut-être
que ce n'est peut-être pas la meilleure formule, comment il est écrit
actuellement. Ça, on peut en jaser. Mais c'est sur le principe.
Je pense
qu'on peut faire le débat sur le fond de la question. Moi, je considère que ce
n'est quand même pas normal qu'une famille d'accueil qui s'occupe d'un
enfant pendant une période de temps, elle voie finalement les gens de la protection de la jeunesse arriver, prendre
l'enfant, mais on le transfère soit en centre jeunesse ou dans une autre
famille d'accueil. Quand il y a des problèmes, là, comme la ministre a
mentionné, je peux comprendre cette situation-là, là. Mais en même temps on ne peut pas bâtir une loi ou un cadre de référence
sur des cas problèmes. On peut mettre des balises, on peut trouver des
solutions pour faire en sorte que ça ne se produise pas dans ces situations-là,
mais on ne peut pas pénaliser l'ensemble des
familles d'accueil et l'aide qu'elles peuvent apporter dans ce processus-là,
parce que les familles d'accueil
peuvent aussi être aidantes dans ce genre de processus là. Exemple, si la
famille d'accueil est consultée dans un
transfert pour un centre jeunesse, bien, elle peut préparer l'enfant au même
titre que les intervenants de la protection de la jeunesse peuvent le
faire aussi. Donc, se priver de cette ressource-là, qui doit être quand même
une ressource assez importante, sinon le
principe même des familles d'accueil n'existerait pas au Québec... S'il existe,
le principe des familles d'accueil,
c'est parce qu'on considère qu'elles peuvent amener un plus dans le processus
de l'enfant ou de certains enfants. Donc,
moi, je crois qu'il doit y avoir une façon de trouver, à quelque part dans le
projet de loi... de dire que, dans le cas d'un transfert d'une famille
d'accueil à une autre ou d'une famille d'accueil à une installation, la famille
d'accueil peut être consultée dans ce processus-là. Est-ce que c'est à cet
article-là? Peut-être pas, parce que la ministre mentionne que c'est
plus pour les parents et les enfants dans ce cas-ci, mais on peut rajouter un
autre
article ailleurs.
Il faut se
rappeler, M. le Président, que, quand on est à l'opposition, on a des moyens
limités dans les amendements qu'on
peut faire. On ne peut pas réouvrir des articles, là, de la loi déjà en place.
On doit travailler avec le projet de loi. Donc, c'est pour faire entendre cette question-là et trouver une
solution pour qu'on puisse ajouter cet ajout-là de service ou
d'accompagnement pour les jeunes. Puis je peux comprendre certaines réticences
que la ministre mentionne. Puis elle le
mentionne elle-même, que ce n'est pas la majorité, loin de là, c'est quelques
cas malheureux. Mais, comme je lui dis, je pense qu'on est capables de
trouver une rédaction qui pourrait atteindre l'objectif qu'on souhaite sans
pour autant pénaliser les bonnes familles d'accueil, qui sont la majorité,
d'ailleurs.
Le Président (M. Merlini) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
M. le Président, dans tout le projet de loi, tout au long du projet de loi, les
familles d'accueil sont consultées
sur différents niveaux, notamment l'évaluation des enfants, et tout ça, là,
dans tout ce qui se passe. On l'a déjà mis là. Et ils sont consultés
dans tout.
Ici, on fait
référence à un transfert d'une famille d'accueil ou d'une installation, parce
que ce n'est pas juste les familles
d'accueil, là, qui exploite un centre de réadaptation à une famille d'accueil
ou à une autre installation maintenue. Ça
peut être carrément un déménagement d'endroit, là, parce que la famille suit,
puis, bon, pour toutes sortes de raisons. Mais ce que je veux vous dire,
c'est que, dans l'évaluation globale du dossier de l'enfant, en tout temps les
familles d'accueil peuvent donner leurs points de vue. Ici, on fait juste référence à un transfert, mais, avant d'arriver à
un transfert, là, ils vont avoir eu
le temps de donner leurs points de
vue au juge, parce qu'on leur a donné partout ailleurs dans le
projet de loi la possibilité — vous vous rappelez, on avait des
articles — d'aller
à la cour. On vient de le voir, d'ailleurs. Ils sont avisés quand il y a des séances qui se tiennent. Ils
peuvent aller donner leurs points de vue. Ils n'ont plus besoin de se prendre
un avocat pour faire la réquisition de tout
ça. Alors, le juge, en tout temps, peut tenir compte du point de vue des
familles d'accueil. Mais ici on parle vraiment du cas où ça ne
fonctionne pas dans une famille d'accueil. Et ça n'arrive pas, là, à toutes les
familles d'accueil, ça là, là, on va se dire la vérité, là, mais on travaille
toujours pour protéger le droit de l'enfant
et les parents, mais surtout l'enfant. Et c'est prévu dans le guide des bonnes
pratiques cliniques, c'est dans le cadre de référence, c'est déjà là.
Mais, en tout
temps, quand il y a une séance à la cour, les familles d'accueil vont avoir
déjà donné leurs points de vue. Ça fait que le juge va pouvoir en tenir
compte avant de faire des transferts.
Le Président (M.
Merlini) : Merci. M. le député.
Turcotte :
J'entends ce que la ministre nous dit. Je comprends que ce n'est pas
nécessairement la même situation, mais, les
parents et l'enfant, c'est aussi mentionné ailleurs dans le projet de loi que,
bon, ils vont être devant les tribunaux, ils vont pouvoir se faire
entendre, ils vont pouvoir être consultés aussi.
Charlebois : Et
les familles d'accueil.
Turcotte :
Et les familles d'accueil. Donc là, on rappelle les parents et les enfants.
Donc, on le mentionne aussi ailleurs,
là, dans le projet de loi et dans la loi, qu'elles doivent être consultées,
puis, bon, ils vont être devant les tribunaux, tout ça. Donc, les familles d'accueil n'étant pas, dans la loi actuelle,
considérées comme parties, c'est un ajout maintenant, je crois que ça serait encore plus pertinent
d'être sûr, pour que ça se passe bien puis qu'on n'oublie pas les familles
d'accueil dans le processus, de mettre la ceinture et les bretelles.
Ceci dit, M.
le Président, il y a quand même, dans la réalité, parce qu'on l'a vu dans
certains articles... entre ce qui est
dans la loi puis ce qui se passe dans la réalité, on a vu que... même on
modifie des articles du projet de loi pour s'adapter à la réalité versus ce qui se fait dans la pratique, versus ce
qui est dans la loi, il y a quand même des transferts en ce moment qui se font, là, d'une famille
d'accueil à une autre, puis ce n'est pas nécessairement parce que les familles
d'accueil, c'est des familles d'accueil
problématiques, mais pour plein de raisons. Puis la ministre l'a mentionné,
elle a dit : Ça peut arriver
pour différentes raisons, bon, un déménagement, peu importe. Ça se fait, puis
des fois c'est des transferts rapides,
les familles d'accueil ne sont pas vraiment informées d'avance, on vient
chercher l'enfant, l'enfant est, bon... C'est aussi, puis je l'ai mentionné en juin dernier sur cette
question-là... l'objectif premier est l'enfant. Bien entendu, on
travaille pour la protection des enfants. C'est l'objectif de la protection de
la jeunesse. Je pense qu'aussi on doit avoir aussi
une sensibilité pour les parents biologiques, parce que, bon, la meilleure
chose, c'est de pouvoir être capable d'avoir des familles saines, épanouies, donc de pouvoir travailler à améliorer,
bon, les compétences parentales, ou l'attitude des parents, ou l'habileté des parents mais aussi des
enfants, l'harmonie dans les familles, donc il faut travailler là-dessus.
Mais il ne faut pas aussi oublier que les familles d'accueil, dans tout ce
processus-là, au même
titre que les centres jeunesse,
ou, bon, autres, ont quand même un rôle important. Et, dans ce cas-ci, moi, je
crois que, si les familles d'accueil, au
même
titre qu'on leur a donné... Puis la ministre l'a mentionné bien, puis moi,
je la félicite encore pour l'ouverture d'esprit qu'elle a fait
part la semaine
dernière sur... qu'on reconnaît qu'ils peuvent être considérés comme une
partie devant les tribunaux, parce qu'on considère qu'ils sont importants puis
qu'ils ont un apport.
Dans ce
cas-ci, comme je le disais un peu préalablement, ça se fait, des transferts
rapides. Pourquoi? Pas parce que les familles sont toutes... c'est que
des fois ça va vite, puis, s'il y a une place qui se libère ailleurs, peu
importe la raison, là, ça se fait, ça se
fait. Et je trouve ça dommage que les familles d'accueil concernées, qui sont des bonnes familles d'accueil — les
autres n'ont pas trouvé d'autre chose — mais
ne soient pas là-dedans, ne soient pas impliquées dans ça. Puis ça lance un message, au fond, que : Finalement,
c'est peut-être parce
que vous n'avez pas fait votre job correctement. Puis ce n'est pas ça, le message, mais c'est ça qui est peut-être
perçu par ces familles d'accueil là. Puis je ne suis pas sûr que c'est si facile que ça de recruter des familles d'accueil au Québec, puis que ça pleut, puis qu'on en a de trop, puis
qu'on manque... Puis l'objectif,
ce n'est pas, tu sais, d'augmenter les cas à la protection de la jeunesse, là,
mais, si on veut s'assurer que, nos
bonnes familles d'accueil, on peut les conserver, les motiver, faire en
sorte qu'elles aident nos jeunes les plus vulnérables, je pense qu'on
est capables sûrement de trouver une façon pour qu'elles soient consultées dans
ce processus-là avec les ceintures puis les bretelles pour faire en sorte que, bon, celles
qui posent problème ne soient pas là-dedans. Mais on ne peut pas juste
baser la
loi sur quelques cas problématiques, là.
Le Président (M. Merlini) : Merci.
Charlebois : ...
Le Président (M. Merlini) : On va
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 21)
Le Président (M. Merlini) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons donc nos travaux après cette brève
suspension. Mme la ministre, la parole était à vous pour répondre aux préoccupations
du député de Saint-Jean.
Charlebois : Merci,
M. le Président. Écoutez, je
comprends la préoccupation du député
de Saint-Jean, je l'entends, mais en même temps je dois lui dire
que, là, on est dans un
article qui parle d'une décision du directeur de la protection de la jeunesse et
je vous rappelle qu'à l'article, si ma mémoire est bonne, 83.10, que nous avons
adopté... L'avez-vous proche, l'article 83.10?
Charlebois : Je
vais lui en faire lecture. Dans l'évaluation du dossier de l'enfant, en tout
temps, la famille d'accueil est
consultée. Là, ici, dans cet article-là, on parle de situation d'urgence. Et il y a
des fois où il faut aller vite, malheureusement. Ce n'est pas la
majorité des cas, je le répète, mais, quand un enfant est frappé par quelqu'un
qui est dans une famille d'accueil, et c'est
déjà arrivé, on protège qui? La famille d'accueil ou l'enfant? Moi, je protège
l'enfant. Si les familles d'accueil
n'étaient pas consultées tout au long du projet de loi, je pourrais comprendre
la préoccupation du député de Saint-Jean et j'irais dans le même sens
que lui, mais là je dois vous dire qu'en tout temps, tout au long du processus, avant d'en arriver là... C'est pour un
processus d'urgence, à l'article 4. Autrement, tout le temps, les familles
d'accueil sont consultées. Est-ce que je peux l'avoir, l'article 83.1?
Charlebois :
Oui. Alors, à l'article f, ce qu'on a adopté dans le Règlement sur la
révision de la situation de l'enfant...
vous vous en souvenez certainement, M. le Président, on a ajouté un
article f
qui dit que nous devons, à l'article f... Attendez un peu. Le «rapport
doit contenir les renseignements suivants», et on a ajouté l'article f, qui
dit : «
f) de la perception et de
l'évaluation de la situation [de] la famille d'accueil ou par la personne à qui
l'enfant a été confié». Alors, chemin
faisant, la famille d'accueil va avoir été consultée, et son point de vue va
être pris en compte, sauf dans les cas d'urgence.
Mais j'imagine que, dans les cas d'urgence... puis je suis convaincue que, le
député de Saint-Jean, ce n'est pas ça
qu'il me demande, là. Alors, ici, ce qu'on fait, c'est que c'est vraiment un
objectif d'harmonisation dans l'article 4, là, c'est tout simplement
nous assurer de protéger adéquatement l'enfant.
Et, comme je
vous dis, dans l'article 83.1, il y a obligation de consulter les familles
d'accueil. Et c'est quand les situations
vraiment sont urgentes et
défavorables, et il faut se garder une porte, M. le Président. Parce que,
dans tout le restant du projet de loi, la famille d'accueil est consultée, elle peut donner son opinion, mais
il faut au moins que, s'il y en a
une pas adéquate, on puisse protéger cet
enfant-là. Et ce n'est pas fait pour la majorité, là. On parle, à l'article 7... c'est une décision de DPJ, là. Ce n'est pas la décision
de la ministre, ce n'est pas une décision... La DPJ, là, c'est le directeur
ou la directrice de la protection de la
jeunesse, c'est des gens qui sont là pour le bien-être des enfants. Mais, comme
je vous dis, tout au long du
processus d'évaluation avec les travailleurs sociaux, la famille d'accueil, en
tout temps, peut donner son point de vue.
Alors, la
disposition qu'on a là, c'est vraiment, vraiment pour protéger les enfants dans
des situations exceptionnelles.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Je suis dans la loi actuellement.
L'article 7 de la
loi, donc, qui est modifié par
l'article 4 du projet de loi, fait
partie du
chapitre II sur les principes
généraux et droits des enfants. Et je fais la lecture, là, des différents articles. J'essaie de voir, quand
on parle d'urgence, où on fait référence à l'urgence, parce que ce n'est pas
mentionné, là, dans la loi, là, ni dans
l'article ni dans les articles précédents, par rapport à l'article 7. Et c'est
sur les droits généraux des enfants, donc ça ne doit pas juste être dans
les cas d'urgence que les enfants ont des droits, là.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Ce qu'on dit, c'est qu'on couvre la grande majorité des cas, M. le Président.
Là, ici, on vient toucher des cas
particuliers. Oui, il y a des cas d'urgence. Il y en a qui ne sont peut-être
pas en urgence, mais c'est des cas particuliers. Honnêtement, ce n'est
pas la grande majorité des cas, là, où ça se passe, des situations de même, là.
On le sait très bien. Mais, moi, autant je
veux entendre les familles d'accueil... puis je les ai incorporées ailleurs
dans la loi, je les ai... nous les avons — excusez mon langage,
je me rétracte — parce
qu'on travaille ensemble là-dessus, nous les avons incluses ailleurs, mais il
faut quand même se conserver une porte de sortie pour le cas où on a besoin
d'agir.
Il faut quand
même se garder une porte de sortie pour protéger l'enfant, parce que c'est de
ça dont on parle ici, là. Et, le
député de Saint-Jean l'a même dit d'introduction, on parle des droits de
l'enfant, là, dans cet article-là. Ce n'est pas que j'en veux aux familles d'accueil, pas du tout, pas du tout, pas du
tout, d'ailleurs on les incorpore dans tout le restant du processus, mais il faut quand même se garder,
au même titre... j'ai le goût de vous dire, qu'au même
titre qu'on enlève
des enfants à leurs parents. Puis il n'y a
pas un parent qui veut mal faire, mais il y en a qui ne sont pas adéquats. Dans
le cas des familles d'accueil, il y en a
encore moins parce qu'ils sont évalués puis parce qu'ils veulent le faire de
bon coeur. Mais ça peut arriver, ça peut arriver. Ça fait qu'il faut se
garder une petite porte de sortie.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean, il vous reste...
Turcotte : Bien,
c'est justement...
Le Président (M. Merlini) : Juste
pour vous rappeler qu'il vous reste 4 min 40 s à votre
amendement.
Turcotte : O.K.
Bien, c'est justement parce qu'on est dans le droit des enfants qu'on considère
que c'est important que les familles
d'accueil soient consultées pour être impliquées dans le processus. Parce que,
si on prend un enfant d'une famille
d'accueil, on le transfère dans une autre famille d'accueil, ou on prend un
enfant dans une famille d'accueil puis on le transfère en centre jeunesse, ou on prend un enfant
dans une famille d'accueil, on l'envoie dans la banque mixte, bon, pour
l'adoption, peu importe, ce changement-là, pour l'enfant, c'est un traumatisme,
lorsqu'on le change de milieu de vie. Ça peut être positif si le milieu de vie
n'était pas adéquat, mais je ne pense pas que c'est la majorité des cas. Donc, dans ce cas-ci, si le milieu de vie... Et, dans
le processus, il y a une façon... L'enfant qui était heureux dans ce
milieu de vie là peut être encore plus heureux dans ce transfert-là s'il sent
que tout le monde avec qui il doit interagir
est impliqué dans ce processus-là et que les gens se parlent entre eux plutôt
que ce soit... que la famille d'accueil pogne le message sur le répondeur ou qu'on lui dit : Bien, demain,
prépare les bagages, parce que, l'enfant, on vient le chercher. Ce n'est
pas gagnant pour l'enfant, là.
Donc, moi, ce
que je pense, c'est que, si la ministre dit : Le problème, c'est parce
qu'on doit se garder une porte de
sortie pour certains cas où l'urgence, puis tout ça... mais on peut l'ajouter,
au même
titre que, dans la loi, c'est écrit «les parents de l'enfant et
celui-ci, s'il est en mesure de comprendre». Donc, on a mis une nuance pour...
pas tous les enfants, mais s'il est en
mesure de comprendre, mais on peut mentionner :
À moins que la sécurité de l'enfant soit menacée ou que l'urgence le
nécessite. Donc, il y a quelque chose qu'on peut ajouter pour baliser, pour,
s'il y a vraiment une urgence... qu'on peut
comprendre, puis tout ça, mais au moins ça donne une ligne directrice, qu'en général
les familles d'accueil sont dans le
processus, mais, dans un cas particulier, là, on peut comprendre que ce soient
les parents et l'enfant, mais, au
même
titre que, s'il y a vraiment une urgence puis que les parents sont durs à
rejoindre, puis tout ça, il va y avoir une
façon, un mécanisme, puis on ne mettra pas la sécurité de l'enfant de côté
parce qu'on n'est pas capables de rejoindre l'ensemble des parents, là.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : J'entends le député de Saint-Jean,
je comprends sa préoccupation et sa bonne volonté, mais, en même temps, il faut se garder cette porte de sortie là, parce que, comme je vous
dis, tout au long de l'évaluation, les parties
de la famille d'accueil, exemple, font
partie du processus d'évaluation.
Ça, c'est pour le cas où il y a empressement, dont vous me parlez, mais, s'il n'y a pas empressement, tout au long du
processus, la famille d'accueil, par l'article 83.1, dans la situation de l'enfant, la
famille d'accueil peut donner son point de vue.
Alors, le DPJ
en tient compte, mais la cour aussi va en tenir compte avant de modifier
l'ordonnance, ça, c'est clair, parce
que, tout au long de l'évaluation du dossier, la famille d'accueil va avoir le
droit de donner son point de vue. Dans le cas d'une urgence, parce que, là, c'est ce
que je sens bien qui préoccupe le député
de Saint-Jean, on peut faire en sorte, dans le guide de référence, que la pratique favorise la consultation, mais, dans le cas d'une urgence, je vous ramène toujours au
fait que ça en prend juste une, famille inadéquate. Puis on en a connu au Québec,
je suis obligée de vous dire ça. Moi, je ne peux pas laisser les enfants dans
une famille inadéquate, mais ce n'est pas la majorité. Cet article-là ne va pas
s'appliquer à tout le monde, d'autant plus que, dans toute l'évaluation
du dossier de l'enfant, les familles d'accueil vont avoir été consultées. Avant, elles ne l'étaient pas. C'est
là la grande nuance. Avant, elles n'étaient pas consultées, puis elles
n'avaient pas le droit d'aller à la
séance qui se déroulait à la cour puis même elles n'étaient même pas avisées. Maintenant,
elles vont être avisées, elles vont pouvoir dire comment elles voient
ça, etc. Alors, leur point de vue va être considéré. Veux veux pas, il va avoir été entendu et par la DPJ et par la cour.
Ici, ce qu'on vient... c'est protéger l'enfant contre une famille qui serait inadéquate. Je vous le dis
comme je le pense. Mais ça ne sera pas des millions de familles qui vont être
inadéquates.
Alors, ce
qu'on va faire, c'est dans le guide de référence. Je m'engage à ce que les
familles, même s'il y a urgence, soient
entendues, mais je ne peux pas faire
en sorte que je ne me garde pas une
porte de sortie au cas où une famille serait inadéquate. Et je suis certaine que les familles d'accueil vont
comprendre ça, parce qu'elles ont le droit de commenter partout dans l'évaluation
du dossier de l'enfant, ce qui n'était pas le cas avant.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Donc, je
comprends que la ministre
vient de mentionner que cet article-là ne s'applique que dans un
transfert, dans un cas où la famille d'accueil n'est pas adéquate.
Charlebois : Bien,
ça peut être d'autres cas, mais la majorité des cas, ça va être ça.
Turcotte : O.K. Bon. On va travailler sur les autres cas.
Moi, ce que j'ai ouvert la porte à... peut-être que la ministre
n'a pas porté tout à fait attention, là, quand je l'ai mentionné, on peut
ajouter, au même
titre que, dans la loi, c'est
écrit : Pour l'enfant ou celui-ci, «s'il est en mesure de comprendre»...
donc, on ajoute une précision : ce n'est pas pour tous les enfants. On n'est pas obligé de
consulter tous les enfants. C'est les enfants qui sont à même de comprendre
ce qui se passe, parce que, un enfant de six
mois, sept mois, même si on lui explique, ça ne fonctionne pas. Donc, on peut
mentionner pour les familles
d'accueil : À moins que la sécurité de l'enfant en dépende. Donc, ça fait en sorte que, dans le cas des familles d'accueil
problématiques, elles, on n'a pas besoin de les consulter. C'est la sécurité de
l'enfant qui est problématique à cause de cette famille-là. Mais, pour
les autres, ça ne pose pas problème.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Je vous propose, M. le Président... Parce que,
là, sans ça, si on ne se sort pas de cet article-là, on ne pourra pas
voter tout le restant qui concerne les familles d'accueil, je crois. Est-ce que
je me trompe?
Le Président
(M. Merlini) : ...Mme la ministre, pour l'information aussi des collègues, à l'étude de l'amendement. Il reste un peu moins de deux minutes au député de Saint-Jean
à l'étude de son amendement... de son temps
de parole.
Charlebois : Bien, j'ai le goût de lui dire de continuer à me
parler. Pendant ce temps-là, moi, je vais faire une couple de vérifications.
Le Président (M. Merlini) : Alors, M.
le député de Saint-Jean, avez-vous d'autres interventions sur votre proposition
d'amendement?
Turcotte : Bien,
moi, je peux déposer un sous-amendement. Je pense qu'il y a une discussion...
Le Président (M. Merlini) : Alors,
on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 41)
Président (M. Merlini) :
Alors, voilà, la suspension est maintenant levée, et nous reprenons donc nos travaux.
Mme la ministre, la parole était à vous.
Charlebois : M. le
Président, j'ai une question
pour les députés de l'opposition : Un enfant qui est dans une situation qui est à risque dans une famille d'accueil, est-ce qu'on va aller consulter la famille d'accueil pour lui demander ce qu'elle
pense de la situation ou si on protège l'enfant et on le retire? Il y a
des choses, il y a des décisions qui doivent être prises. Moi, je n'ai pas d'autre commentaire. Je le dis, à 83.1, dans l'évaluation de l'enfant, l'enfant peut toujours...
pas l'enfant, mais les familles d'accueil peuvent toujours être consultées. Ils ont le droit. Ils ont beaucoup
plus de droits qu'ils en ont jamais eu.
Là, ce qu'on
vise à faire avec cet article-là, c'est de protéger l'enfant contre une famille
inadéquate. Je ne peux pas croire, M. le Président, qu'on ne va pas entendre mes propos, là. C'est le seul
article
qui protège l'enfant d'une famille qui
pourrait être inadéquate. Tout au long du processus, les familles d'accueil peuvent se prononcer dans l'évaluation de l'enfant.
Ça, c'est dans une situation d'urgence. Moi, mettons que je suis une DPJ,
j'apprends qu'un enfant a été frappé dans
la famille d'accueil et qu'il
y a plusieurs enfants de frappés
dans cette famille d'accueil là, je vais demander l'avis à la famille d'accueil qui frappe l'enfant? Ça n'a pas de bon sens. Ça n'a pas de bon sens, M. le Président. Alors, moi, à ce
moment-ci, je n'ai plus d'autre commentaire. Si vous voulez appeler au vote,
c'est le temps.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Drummond—Bois-Francs, vous
me faites signe que vous voulez intervenir sur l'amendement, alors à
vous la parole.
Schneeberger : Oui. Merci,
M. le Président. Bien, premièrement, l'amendement qui est proposé. J'ai écouté attentivement
les discussions entre le député de Saint-Jean et la ministre. Il y a des points
des deux côtés.
C'est bien entendu qu'une famille d'accueil qui serait totalement inadéquate, où est-ce que
la sécurité de l'enfant peut être
mise en jeu... c'est tout à fait normal que la DPJ n'a pas à aller dialoguer pour
savoir si ça va ou ça ne va pas. Maintenant, ce qu'il faudrait
voir, c'est que, si une telle situation se produit, pour quelle raison que cette famille d'accueil est famille d'accueil, parce
que, là... et puis après ça, aussi, est-ce que la famille d'accueil où est-ce
que l'enfant a été placé était une famille d'accueil qui était apte, dès le départ, à recevoir un enfant, parce que
des fois on a des causes plus lourdes, là, où il y a des enfants qui
sont plus problématiques. Ça aussi, c'est des questions qu'il faut se poser.
Et, malheureusement, des fois, j'ai aussi déjà
entendu des familles d'accueil qui ont demandé de l'aide et, parce que
x raison, parce qu'il n'y avait pas de personnel, là, adéquat pour
aider la famille d'accueil, que ce
soient des travailleurs sociaux, ou
peu importe, là, les x, nommez-les tous... on a préféré transférer l'enfant à
une famille d'accueil qui, selon le centre, était plus apte à venir à
son aide. Alors, c'est sûr qu'à ce moment-là les familles, des fois, elles
peuvent aussi hésiter à demander de l'aide
parce qu'elles ont peur qu'on leur retire l'enfant. Ça, c'est tous des cas qui
se produisent. Est-ce que c'est des
cas qui se produisent souvent? Je ne l'espère pas, mais ça se produit. Puis en
même temps, bien, si on prend... apte
à l'enfant, bien, quand ça se produit, l'enfant qui, lui, vit ça, bien, c'est
lui qui vit avec ça. Et puis, s'il y a des enfants qu'on voit souvent qui ont été transférés, à de
multiples fois, de familles d'accueil à d'autres... Je peux comprendre que
peut-être l'enfant n'est pas un cas facile,
mais, à chaque fois qu'il y a un transfert de famille d'accueil, souvent, son
cas peut être alourdi, parce qu'on sait les problématiques que ça crée
au niveau de l'attachement, et autres.
Alors, moi,
je pense que l'amendement, dans l'ensemble, est noble. Peut-être qu'on pourrait
y amener, parce que j'ai entendu
aussi la ministre... peut-être qu'on pourrait amener peut-être un sous-amendement
que je vais proposer, O.K., et ce sous-amendement, ce serait :
Ajouter, après «doit être transféré», «à moins d'une situation mettant en
danger la sécurité et le développement d'un
enfant par la famille d'accueil et à moins d'une situation d'urgence», ce qui
ferait en sorte qu'à ce moment-là la
DPJ aurait quand même les coudées franches à enlever un enfant assez rapidement
dans une situation d'urgence, et ça
ferait en sorte que la famille d'accueil, en tout temps, dans les cas
réguliers, sera quand même consultée, souvent pour préparer l'enfant. Parce que ce que j'ai déjà
aussi entendu, c'est que l'enfant
part le matin à l'école, il ne revient pas à la famille d'accueil. Si, dans
ce cas-là, c'est vraiment parce qu'il y a une situation qui peut compromettre
sa sécurité, je pense que tout le monde ici, autour de cette table, convient
que c'est normal qu'on fasse les moyens plus drastiques,
mais ce n'est pas, heureusement, toujours des cas comme ça. Alors, à ce
moment-là, quand l'enfant peut être, au
moins... tu sais, ce serait quand même bien pour l'enfant qu'il puisse au moins
retourner à la maison avec la personne du
centre jeunesse pour aller chercher ses affaires personnelles, et autres, et
puis que ça se fasse quand même avec sérénité, si on peut le dire comme
Alors, je propose mon
amendement.
Le Président (M.
Merlini) : Alors, votre sous-amendement...
Schneeberger :
Sous-amendement. Excusez.
Le Président (M.
Merlini) : ...est proposé.
vais suspendre quelques instants pour en permettre des copies et la
distribution aux membres de la commission.
(Suspension de la séance à
15 h 48)
Président (M. Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, nous allons
donc reprendre nos travaux, pour expliquer à ceux qui nous écoutent et ceux qui nous regardent aujourd'hui que,
lorsqu'il y a suspension des travaux, ce n'est pas pour arrêter et prendre une tasse de thé ou quoi
que ce soit, il y a des travaux et des discussions qui se font hors micro
pour tenter de bonifier et d'améliorer
l'écriture des amendements et des sous-amendements qui sont proposés, pour
arriver à un plus large consensus
possible pour l'étude détaillée des projets de loi et arriver avec des projets
de loi qui sont bonifiés et meilleurs pour la population du Québec.
Alors,
il y a eu des discussions hors micro entre les parlementaires. Nous avions,
avant la suspension, un dépôt d'un sous-amendement du député de Drummond—Bois-Francs.
Je crois que vous voulez le retirer à ce moment-ci.
Schneeberger : Oui. Alors, suite aux discussions, M. le
Président, je retire l'amendement que j'ai proposé, étant donné que la ministre nous amène une amélioration
de l'article.
Président (M. Merlini) :
Alors, est-ce que j'ai consentement pour le retrait du sous-amendement du député de Drummond—Bois-Francs?
Des voix :
Consentement.
Président (M. Merlini) : Le consentement est donné, le sous-amendement
est donc retiré. Nous revenons donc à l'amendement du député de
Saint-Jean à l'article 4. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Donc, je vais retirer mon amendement.
Président (M. Merlini) : Alors, est-ce que j'ai consentement pour le
retrait de l'amendement du député de Saint-Jean
à l'article 4? Le consentement est donné. Nous revenons donc à l'article 4. M.
le député de Saint-Jean, la parole est à vous.
Turcotte : Bien, je pourrais présenter un amendement que je
pourrais même dire tripartite, parce qu'on s'est entendus tous ensemble
sur un libellé. Donc, remplacer l'article 4 du projet de loi par le
suivant :
L'article 7
de cette loi est modifié :
par le remplacement, dans le premier alinéa, de «d'une famille d'accueil ou
d'une installation maintenue par un établissement
qui exploite un centre de réadaptation à une autre famille d'accueil ou à une
installation maintenue par un autre établissement qui exploite un centre
de réadaptation» par «[du] milieu de vie substitut à un autre»;
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
milieu de vie substitut à qui l'enfant est confié est également consulté à
moins que cela ne soit contraire à l'intérêt de l'enfant.»
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai des commentaires ou des
observations sur l'amendement à l'article 4? Je n'en vois pas. Je
pense que les discussions ont été assez fructueuses à cet effet. Alors, est-ce
que l'amendement à l'article 4 est adopté?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Nous revenons donc à l'article 4 tel
qu'amendé. Est-ce que j'ai des interventions? Je n'en vois pas. Est-ce que
l'article 4, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Merci beaucoup. Nous passons donc à
l'article 7. Mme la ministre.
Charlebois :
J'y arrive, M. le Président.
Alors,
L'article 11.3 de cette loi est modifié par le remplacement, à la fin, de «qui
a commis une infraction à une loi ou à un règlement en vigueur au Québec» et... Excusez-moi, je vais
reprendre ça, là, ça a été mal formulé.
L'article 11.3 de cette loi est modifié par le remplacement, à la fin, de «qui
a commis une infraction à une loi ou à
un règlement en vigueur au Québec» par «et,
compte tenu des adaptations nécessaires, à une personne âgée de 18 ans et
plus qui ont commis une infraction à une loi
ou à un règlement en vigueur au Québec et qui sont hébergés dans un centre
de réadaptation». Est-ce que je fais le commentaire tout de suite, M. le
Président?
Le Président (M.
Merlini) : Oui, s'il vous plaît, Mme la ministre.
Charlebois : D'accord. Cet
article modifie
l'article 11.3 de la loi afin de prévoir expressément l'application
des articles 7 à 10 de la loi à un
jeune adulte ayant commis une infraction à une loi ou à un règlement qui est
hébergé dans un centre de
réadaptation, et cette modification permet ainsi d'assurer les mêmes droits à
un jeune adulte qu'à un jeune hébergé de moins 18 ans en centre de
réadaptation.
C'est
une question d'uniformiser les droits, M. le Président. Les infractions visées
ici sont celles prévues au Code de
procédure pénale —
chapitre C-25.1 — et à la
Loi sur le système de justice pénale
pour les adolescents — Lois du Canada 2002,
chapitre 1. Ici, c'est dans le cas de gestes qui ont été posés alors qu'un
jeune était mineur, puis qu'il devient... vous savez, il est toujours sous la Loi de la protection de la jeunesse,
mais la loi de la justice pénale... C'est comme ça qu'on appelle ça? Alors, la loi de... attendez un
peu, sur le système de justice pénale. Et nous voulons nous assurer que
les droits sont uniformisés.
Mais j'ai un
amendement tout de suite, M. le Président. Me le permettez-vous?
Le Président (M.
Merlini) : Allez-y, Mme la ministre.
Charlebois :
Est-ce que les collègues l'ont?
Charlebois :
Ah! ça va prendre une copie avant d'aller...
Le Président (M.
Merlini) : Oui.
Charlebois :
...parce que je ne veux pas le lire sans que mes collègues aient eu une copie.
Le Président (M.
Merlini) : ...la distribution à l'instant, Mme la ministre.
Charlebois : Alors, nous parlons de remplacer
l'article 7, dont je viens de vous faire mention, du projet de loi
par le suivant :
L'article 11.3 de cette loi est modifié par le remplacement de «qui a
commis une infraction à une loi ou à un règlement en vigueur au Québec»
par «et, compte tenu des adaptations nécessaires, à une personne âgée de
18 ans et plus qui sont hébergés dans
un établissement qui exploite un centre de réadaptation et qui ont commis une
infraction à une loi ou à un
règlement en vigueur au Québec ou sont en attente d'une décision du tribunal
relativement à la commission d'une telle infraction».
Ici, on apporte cette
correction à l'article 7 parce que, si vous avez vu dans l'article 7
tel qu'il était proposé, il manquait une
précision pour les cas où on est en attente d'une décision du tribunal. Il
arrive que parfois le jeune est en centre
de réadaptation et que la décision ne soit pas rendue, mais on doit tenir
compte de faire en sorte d'uniformiser les droits dans tous les cas. Alors, c'est dans cette veine-là qu'on apporte
la précision. Alors, cet amendement a pour objet de prévoir que les articles 7 à 10 de la loi
s'appliquent également à un enfant et à un jeune adulte hébergé dans un centre
de réadaptation qui a commis une infraction à une loi ou à un règlement
en vigueur au Québec ou est en attente de la décision
du tribunal en lien avec la commission d'une telle infraction, telle une
décision portant sur la remise en liberté ou une déclaration de culpabilité.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Des interventions sur
l'amendement à l'article 7? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Donc, ça s'applique à un jeune qui est hébergé ou
qui pourrait être hébergé si le tribunal en décide ainsi?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : En fait, le jeune est hébergé. Mais, en ce
moment, les jeunes de moins de 18 ans et de 18 ans et plus n'avaient pas nécessairement les mêmes
droits, dans le sens où la décision peut avoir été rendue avant les 18 ans
puis, pendant qu'il est en centre de
réadaptation, en centre jeunesse, le jeune obtient son statut de personne majeure,
de 18 ans. Mais on uniformise
les droits tant pour le mineur comme pour le majeur qui est en centre de
réadaptation et on vient aussi préciser, avec l'amendement, nous assurer
que, même ceux qui sont en attente d'une décision finale par le tribunal, au cas où il y aurait un délai, leurs
droits soient uniformisés aussi, tant pour un mineur que pour un jeune qui
devient majeur pendant son hébergement en centre de réadaptation.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Est-ce que la ministre peut nous nommer un certain
nombre d'aspects qui diffèrent entre les jeunes de 18 ans et de
moins de 18 ans?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Ce que j'allais dire, c'est que la
loi sur la justice pénale prévoit qu'une
personne accusée d'avoir commis une
infraction ou déclarée coupable d'une infraction durant son adolescence peut
être assimilée à un adolescent, soit à une personne d'au moins
12 ans et qui n'a pas atteint l'âge de 18 ans. C'est là où on était
pris. Et le CPP...
Charlebois : ...le
Code de procédure pénale — excusez-moi,
il y a tellement d'acronymes dans mes textes — prévoit une disposition semblable.
Or, comme la
loi définit un enfant comme une personne âgée de moins de 18 ans, pour
éviter toute ambiguïté quant à
l'application des droits, prévue aux articles 7 et 10, de cette personne
âgée de 18 ans et plus, il y a lieu de préciser la loi. Les
articles 7, 8, 9 de la loi portent respectivement sur le droit d'être
consulté avant le transfert d'une personne d'un hébergement à un autre, le
droit de recevoir les services de santé et de services sociaux, des services
d'éducation adéquats — ça a amené des situations où... — de même que le droit d'être accompagné et
assisté ainsi que le droit aux communications confidentielles, même si
on a 18 ans. Alors, l'article 10 de la loi encadre le recours aux
mesures disciplinaires qui peuvent être
prises par un centre de réadaptation, notamment, l'obligation faite à
l'établissement de ne pas utiliser les mesures d'isolement et
d'hébergement en unité d'encadrement intensif à
titre de mesure disciplinaire.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre.
Charlebois :
Est-ce que ça répond à votre question?
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Saint-Jean.
Turcotte :
Oui. J'essaie de voir, dans ce que la ministre vient d'expliquer, en fonction
de l'amendement, où elle est, la nuance, entre le texte du projet de loi
et l'amendement, là, qu'est-ce que ça... Peut-être que mon collègue a une
question, là. Je pourrai y revenir.
Charlebois :
Est-ce qu'on traite juste de l'amendement, M. le Président, puis on va revenir
à l'article après? C'est-u correct?
Le Président (M. Merlini) : On est
sur l'amendement à l'article 7. Oui.
Charlebois :
O.K. Sur l'amendement. Tout ce qu'on vient ajouter à l'article 7, dont on
pourra reparler après, parce que je sens
que c'est là qu'est le noeud de votre question, tout ce qu'on vient ajouter
comme amendement, c'est «ou sont en
attente d'une décision du tribunal», pour évacuer toute imprécision, parce
qu'il arrive que des jeunes sont en attente de puis ils atteignent
18 ans... ou même avant, là.
Turcotte :
Donc, au fond, ce que je comprends, M. le Président, c'est que les droits par
rapport à un jeune de moins de 18 ans et... de 18 ans, ce
n'est pas les mêmes.
Charlebois :
C'est parce que c'est considéré comme le milieu carcéral après 18 ans,
alors qu'en centre de réadaptation ce n'est pas la même pratique.
Turcotte :
Puis le fait qu'il est en instance, bon, d'une décision, en processus, ça fait
en sorte qu'il peut être à cheval,
là... donc, au début, être... de moins de 18 ans et après avoir 18 ans. Mais
c'est uniquement pour ça que ça a été ajouté, c'est pour éviter ce genre
d'ambiguïté là.
Charlebois :
...même ceux qui n'atteignent pas 18 ans... Excusez, je vous coupe, je ne suis
pas polie.
Turcotte : Non, non, allez-y.
Charlebois : Même ceux qui n'ont pas 18 ans doivent quand
même être sous la Loi de la
protection de la jeunesse et non sur le système de justice pénale.
Charlebois : Est-ce que
vous me permettez de laisser Me Destrempe... Est-ce que
vous me permettez de lui...
Le Président (M.
Merlini) : Est-ce que j'ai le consentement pour permettre à Me
Destrempe d'adresser la commission, de
parler à la commission? Le consentement est donné. Alors, Me Destrempe,
veuillez vous identifier pour les bienfaits de l'enregistrement.
Destrempe (Johanne) : Oui.
Alors, Johanne Destrempe. Je suis de la Direction des affaires juridiques au
ministère Santé et Services sociaux.
Alors,
en fait, l'article 11.3, comme Mme la ministre vous
l'expliquait, il existe, évidemment, actuellement, et tout ce
qu'il vient prévoir, c'est que, pour les adolescents qui ont commis une
infraction aux lois du Québec, en fait, on veut s'assurer, comme, en fait, ces jeunes-là sont hébergés en centre de
réadaptation... Pour certains, lorsqu'ils ont, j'allais dire, une ordonnance qui
est rendue et qui prévoit que le jeune doit être gardé dans un milieu fermé, ce
sont les centres de réadaptation qui les
reçoivent. Donc, on souhaite venir ici préciser que, pour ce qui est des jeunes qui ont commis de telles infractions, lorsqu'ils atteignent l'âge de 18 ans... Comme Mme la ministre vous l'expliquait, par
ailleurs, compte tenu du fait que, dans la
Loi sur le système de justice pénale pour adolescents, il est prévu
que, lorsqu'un jeune adulte, par exemple, est reconnu coupable ou a commis une infraction
alors qu'il était adolescent, il doit être traité de cette façon-là, comme un adolescent, donc, il y a
certains jeunes adultes qui peuvent se retrouver en centre de réadaptation afin
d'attendre... soit d'être en attente,
comme on le disait, d'une décision du tribunal à l'égard d'une infraction
qu'ils auraient commise ou encore parce qu'ils ont commis une
infraction. Alors là, ce qu'on vient prévoir ou préciser, c'est justement que,
pour ces jeunes-là qui ont atteint l'âge de
18 ans et plus et qui se qualifient, en fait, pour être en centre de
réadaptation, bien, ils puissent
l'être et qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, parce que,
comme Mme la ministre vous l'expliquait aussi d'ailleurs tout à l'heure, c'est que la loi
prévoit s'appliquer pour une personne qui est âgée de moins de 18 ans. Et,
comme, bon, je veux dire, on comprend
que, dans la pratique, ces jeunes-là bénéficiaient fort probablement des droits qui sont déjà prévus, bien, on a profité des modifications pour venir préciser ça pour ces jeunes-là, donc
ceux qui ont commis une infraction et
ceux qui sont en attente d'une décision quant à leur culpabilité, par exemple, qui sont en détention provisoire. C'est ce qui est prévu.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Me Destrempe. M. le député de Saint-Jean, ça va?
Turcotte :
Ça va.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Drummond—Bois-Francs, ça va? Vous avez une
question?
Schneeberger :
...si j'ai bien compris, c'est qu'étant donné ça... parce que,
si on l'appliquait actuellement,
si on ne vient pas faire cette nuance, si la
loi était appliquée à la lettre, c'est-à-dire qu'à 18 ans la personne serait transférée
dans un centre carcéral...
Le Président (M.
Merlini) : Me Destrempe.
Schneeberger :
...si, admettons, elle a eu une peine.
Destrempe (Johanne) :
Excusez-moi. Pouvez-vous juste reprendre votre question? Je pense que je n'ai
pas tellement bien saisi.
Schneeberger : O.K. Si j'ai bien compris, si on n'apporte pas cette nuance au niveau de la loi et qu'on applique
la loi à la lettre, c'est-à-dire, à l'âge de 18 ans, si le jeune a reçu une peine, ça veut dire qu'à l'âge de 18 ans il serait
transféré dans un milieu carcéral pour adultes et on ne veut pas ça.
Destrempe (Johanne) : Comme je vous disais tout à l'heure, la pratique
qui a été portée à notre connaissance, c'est qu'actuellement ces
jeunes-là sont, même si la loi n'est pas aussi précise comme on souhaite
apporter avec les précisions, ils sont quand
même hébergés en centre de réadaptation. Maintenant, comme je le disais aussi,
sans avoir toutes les précisions
quant aux cas, il y a certains cas de jeunes qui ont commis des infractions
alors qu'ils étaient adolescents, qui
sont rendus à l'âge adulte et qui ne se qualifieraient pas nécessairement pour
aller en centre de réadaptation. Alors là, je ne veux pas rentrer dans
ces détails-là, mais disons que, dans le cas présent, c'est pour venir clarifier
la situation et l'application des règles
afin que tout jeune hébergé en centre de réadaptation pour les motifs qui sont
là, en fait, bénéficie des mêmes droits.
Schneeberger : O.K.
Parfait. Moi, ça va.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va, M. le député?
Schneeberger : Oui.
Président (M. Merlini) : Ça va. Est-ce que j'ai d'autres interventions
à l'amendement à l'article 7? Je n'en vois pas. Je mets donc
l'amendement aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 7 est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Merci. Nous revenons donc à l'article
7 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des interventions? Je n'en vois pas.
Est-ce que l'article 7, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Alors, nous allons au prochain point
de notre plan de travail. Il s'agit de l'article 9, qui était suspendu
le 15 juin dernier. Alors, j'ai besoin du consensus pour reprendre l'étude de
l'article 9. Est-ce que j'ai le consensus des membres?
Le Président (M. Merlini) : Le
consensus est donné. Alors, nous revenons donc à l'étude de l'article 9. Mme la
ministre.
Charlebois :
Alors, l'article 9. M. le Président, nous parlons de l'article 37.4 de cette
loi, qui est remplacé par les suivants :
«37.4.
Lorsque le directeur ou le tribunal décide que la sécurité ou le développement
d'un enfant est compromis, le directeur doit conserver l'information
contenue au dossier de cet enfant durant toute la durée de l'intervention.
«Dans le cas où le directeur ou le tribunal
décide que la sécurité ou le développement de l'enfant n'est plus compromis, l'information contenue au dossier de
cet enfant doit être conservée par le directeur pour une période de cinq ans
à compter de cette décision ou jusqu'à ce que l'enfant ait atteint l'âge de 18
ans, selon la période la plus courte.
«37.4.1.
Lorsque le tribunal nomme un tuteur à un enfant et que le directeur met fin à
son intervention auprès de cet enfant
conformément à l'article 70.2, le directeur doit conserver l'information
contenue au dossier de l'enfant jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de 18
ans.
«Toutefois,
si un parent est rétabli dans sa charge de tuteur, le directeur doit conserver
l'information pour une période de
cinq ans à compter de cette décision ou jusqu'à ce que l'enfant ait atteint
l'âge de 18 ans, selon la période la plus courte.
«37.4.2. Le
tribunal peut prolonger, pour la période et aux conditions qu'il détermine, la
période de conservation de l'information contenue au dossier d'un enfant
pour des motifs exceptionnels.
«Il peut également prolonger, pour la période et
aux conditions qu'il détermine, la période de conservation de l'information contenue au dossier d'un enfant visé
à l'article 37.4 pour permettre exclusivement — M. le Président — à cet
enfant d'avoir accès à l'information contenue à son dossier conformément à la
Loi sur les services de santé et les services sociaux (chapitre S-4.2).»
Ici, M. le
Président, ce qu'on vise à faire... Et j'ai le goût, avant de parler des
commentaires... Parce que j'ai des petits
amendements qui s'appliquent aux articles que je viens de lire qui ne sont
pas... Comment je vous dirais? Ça va dans le même esprit, mais on change l'âge. Et peut-être que ce serait plus
facilitant de poursuivre avec l'amendement, si mes collègues sont
d'accord.
Le Président (M. Merlini) : Est-ce
que j'ai le consentement pour procéder à la lecture de l'amendement? Le
consentement est donné. Alors, Mme la ministre, pour votre proposition
d'amendement à l'article 9.
Charlebois : Oui.
Alors, ce que je propose, c'est : Modifier l'article 9 du projet de
loi :
1° par
l'ajout, à la fin du premier alinéa de l'article 37.4 qu'il remplace, de
«et jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de 19 ans»;
2° par le remplacement de «18 ans» par «19 ans»,
partout où cela se trouve;
3° par l'insertion, après l'article 37.4.1
qu'il propose, du suivant :
«37.4.1.2. À
compter du moment où l'enfant [a] atteint l'âge de 18 ans et sous réserve de
l'application du premier alinéa de
l'article 37.4.2, lui seul peut avoir accès à l'information contenue à son
dossier conformément à la
Loi sur les services de santé et les services
sociaux (chapitre S-4.2).»
Et sur
l'amendement... puis après ça je pourrais aller tout de suite dans
l'article — et, si
ce n'est pas correct, vous me le
direz, M. le Président — l'amendement vient allonger le délai de conservation des documents
d'une période d'un an, lorsque
l'enfant atteint l'âge de la majorité, pour lui permettre d'avoir accès aux
renseignements le concernant à la suite de la fin de l'intervention ou lorsque le délai de cinq ans de
conservation expire après l'atteinte de la majorité. Et le dernier article, comme je vous l'ai dit, concerne
justement... l'information va être disponible exclusivement au jeune.
Maintenant, je peux commenter l'ensemble de l'article.
Président (M. Merlini) : Allez-y, Mme la ministre.
Charlebois :
Alors, sur 37.4, afin de préciser les règles applicables à la conservation de
l'information contenue au dossier de
l'enfant lorsque la sécurité ou le développement de celui-ci est compromis de
même que lorsque la sécurité ou le
développement de l'enfant n'est plus compromis... Cette modification permet
d'écarter toute ambiguïté reliée à la prolongation de la période de
conservation de l'information contenue au dossier d'un enfant dont la sécurité
ou le développement est compromis, tel que
le prévoit le nouvel
article 37.4.2, introduit au présent
article du projet de
loi, ce qui n'est pas expressément prévu dans la loi actuelle. Les
règles actuelles relatives au délai de conservation de l'information
demeurent les mêmes.
37.4.1. Cet
article introduit dans la loi l'article
37.4.1 afin de prévoir les règles applicables à la conservation de l'information contenue au dossier d'un enfant. Les
motifs favorisant l'introduction de ces règles dans les cas de tutelle sont les suivants : la nomination d'un tuteur
à l'enfant n'est pas toujours reconnue comme un motif exceptionnel visé par
l'article 37.4 actuel de la loi, en vertu duquel le
tribunal peut prolonger la période de conservation de l'information, et,
comme le tribunal peut être de nouveau saisi de la situation de l'enfant après
la nomination d'un tuteur en vertu des articles 70.4 et 70.5 de la loi, il est
souhaitable que, dans un tel cas, la conservation de l'information contenue au dossier de l'enfant jusqu'à ce qu'il ait atteint
l'âge de 19 ans — parce que je vous aurais dit, normalement,
«18 ans», mais, avec l'amendement, je
vous propose 19 — constitue
une obligation. La conservation de l'information contenue au dossier de
tutelle est tenue par le directeur de la protection de la jeunesse jusqu'à ce
que l'enfant ait atteint l'âge de 19 ans, permettrait
de procéder à une meilleure évaluation de la situation de l'enfant par le
directeur et par le tribunal dans le cas où le tuteur doit être remplacé ou encore parce que les parents désirent
être rétablis dans leur charge en vertu de 70.4 et 70.5.
concernant 37.4.2, cet
article de la loi est introduit afin de préciser les
règles relatives à la période de conservation de l'information contenue au dossier de l'enfant pour des motifs
exceptionnels, et ce, quelle que soit la décision du directeur de la protection de la jeunesse ou du tribunal, le
cas échéant, statuant la rétention d'un signalement sur la compromission
d'un enfant. Il s'agit des situations visées
à 37.1 et 37.4. Cet
article prévoit également la possibilité pour le tribunal
de prolonger la période de
conservation de l'information contenue au dossier d'un enfant dont la sécurité
et le développement ont été déclarés
compromis par le directeur de la protection de la jeunesse ou le tribunal afin
de permettre exclusivement à cet
enfant d'avoir accès à cette information. L'enfant pourra en faire la demande
conformément aux règles prévues à la
Loi sur les services de santé et les
services sociaux (chapitre S-4.2). Et un exemple de motifs qui ont été
considérés par la jurisprudence comme
des motifs exceptionnels, bien, c'est des services requis par l'état de santé
d'un enfant au-delà de la majorité.
Alors, c'est pour ça qu'on met 19 ans aussi. Il y a aussi conservation de la
preuve dans le cas d'une enquête ou d'une poursuite judiciaire, désir du jeune
de conserver les traces de son histoire personnelle, ouverture d'une
tutelle aux mineurs ou encore un régime de
protection aux majeurs. Le désir d'un enfant de conserver les traces de son
histoire n'étant pas toujours
considéré par les tribunaux comme un motif exceptionnel, il est opportun de
prévoir spécifiquement dans la loi
que le tribunal peut prolonger la période de conservation de l'information
contenue au dossier de tout enfant dont la sécurité ou le développement
a été déclaré compromis.
L'accès à
l'information étant réservé exclusivement à l'enfant selon les modalités
prévues dans la
Loi sur les services de
santé et les services sociaux, le droit au respect de la vie privée de l'enfant
se trouve respecté. Il est à noter qu'il
n'est pas nécessaire que la demande de prolongation soit adressée par l'enfant
lui-même. À
titre d'exemple, la demande peut être soumise au tribunal par le directeur de la protection de la
jeunesse dans l'intérêt de l'enfant. Mais, comme je vous dis, on a
augmenté tout ce qu'il y a dans l'article par l'amendement à «19 ans».
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. J'apporte à votre
attention une petite coquille, là, au niveau de la numérotation de l'article qui est proposé : après «par
l'insertion, après l'article 37.4.1 qu'il propose, du suivant», le
chiffre devrait être «37.4.1.1».
Charlebois :
37.4.1.1.
Le Président (M.
Merlini) : 37.4.1.1 et non 37.4.1.2, parce qu'il est inséré après
l'article 37...
Charlebois :
Oui, il y a un «.2» à la fin, hein? Vous avez raison, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Le dernier «.2» devrait être un «.1»,
effectivement. Alors, c'est la seule petite coquille que j'apporte à
votre attention pour l'amendement qui est déposé. Est-ce que j'ai des
interventions? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Je trouve que, bon, on avance. Je pourrais, bon,
dire qu'on n'avance peut-être pas assez à mon goût, mais on va en jaser.
juin, lors de la fin de la session, M. le Président, on avait apporté quelques
arguments, entre autres, qui viennent d'être, selon moi, réglés en
partie avec l'amendement qui est présenté, c'est-à-dire, quand un jeune est,
bon, sous la protection de la jeunesse,
arrive, bon, à 18 ans, il peut s'émanciper, il peut vivre sa vie, aller en
appartement, bon, peu importe, il ne veut plus avoir l'étiquette d'être
un enfant de la DPJ. Puis il s'en va, il ne veut rien savoir d'avoir son dossier. Mais, un peu de temps plus tard, il
s'aperçoit que peut-être qu'il aimerait ça quand même garder des traces
de son passé, de son histoire. La ministre l'a un peu mentionné dans ses
explications.
Le fait
d'ajouter l'année supplémentaire, donc de se rendre à 19 ans, je pense que c'est
bien, dans la mesure où, à 18 ans, il
y a beaucoup de choses qui changent dans la vie d'un jeune. Tu
sais, il peut commencer à prendre de l'alcool légalement. Bon, la voiture, ça arrive un peu
avant, mais quand même, souvent, c'est à
peu près à ce moment-là. Le droit de vote, c'est quand même
important, même si nos jeunes ne votent pas assez, mais
c'est quand même une responsabilité
importante. Mais le principe même de la majorité est un moment tournant dans la
vie d'une personne. Donc, d'avoir un an supplémentaire, selon moi,
c'est bon parce que ça permet justement à cette personne-là de pouvoir décanter son gâteau de fête puis d'arriver à 18 ans et demi... bon,
quelques mois puis dire : Bien, finalement, j'y ai repensé puis j'aimerais
ça y avoir accès. Cependant,
ça ne règle pas tout. Je pense que c'est quand même court, un an
supplémentaire, d'autant plus que,
quand on voit — puis
peut-être qu'on a eu cette discussion-là, mais il faudrait peut-être l'avoir,
l'explication — le
cinq ans versus 18 ans ou le premier atteint entre les deux, pour un jeune qui
a sept ans, on garde son dossier pendant cinq
ans, donc, à 12 ans, son dossier n'existe plus. Ça fait que l'argument
de : Est-ce qu'à 12 ans on est capable de prendre une décision pour notre avenir, que l'importance
d'avoir ces informations-là pour être capable même de répondre à nos enfants : Toi, papa, maman, où est-ce que tu
étais quand tu étais jeune ou qu'est-ce que tu as fait, puis tout ça... Je
comprends que peut-être le parent ne
veut pas... le futur parent, dans ce cas-ci, là, ne voudra pas, mais ça se peut
que, rendu à un certain âge, un certain moment de sa vie, il veut avoir
des réponses à ses questions.
Cette
semaine, j'ai eu des discussions, M. le Président, avec un certain nombre
d'intervenants dans le milieu des centres
jeunesse, à la protection de la jeunesse, puis on m'expliquait que des fois on
s'occupe d'enfants qui... bien, on s'occupe d'enfants que leurs parents
ont été à la protection de la jeunesse, ont été soit en centre jeunesse, en
famille d'accueil, et, malheureusement, ces
parents-là reproduisent des modèles ou des actions qui peut-être ont été conditionnés
par le passé, non résolus et ne s'en
souviennent pas, ne le savent pas, mais, dans leurs dossiers, c'était indiqué,
tout ça, mais les dossiers n'existent
plus. Soit qu'ils ont demandé le dossier mais qu'ils l'ont perdu, soit qu'ils
ne le voulaient pas, le dossier, donc
ils ne l'ont pas, et que peut-être que ça pourrait aider ces actuels parents
d'enfants à pouvoir avoir une famille plus harmonieuse, puis tout ça,
parce qu'on pourrait savoir... la personne, mais aussi elle pourrait savoir
d'où est-ce qu'elle vient ou, avec
l'intervenante ou l'intervenant de la DPJ, pourrait avoir un dialogue basé
sur : Bien, regarde, là, tu
sais, dans ton dossier, ça dit que telle et telle chose, bien, tu sais, ça, à
l'époque, ça voulait dire ça. Peut-être qu'on pourrait travailler sur telle et telle chose, puis tout ça, parce qu'à
un moment donné, bien, tu sais, on est ce qu'on est, on évolue. En
général, on tente d'évoluer dans le bon sens, mais des fois ce n'est pas
toujours facile.
Puis c'est toujours délicat, ces discussions-là,
parce qu'effectivement... Je peux comprendre l'argument de la ministre, à la session passée, qui disait :
Ces personnes-là ne veulent pas garder leurs étiquettes, toute leur vie,
d'enfants de la protection de la
jeunesse ou d'anciens enfants de la protection de la jeunesse. Moi, ce que je
dis, c'est... Je ne parle pas que les
intervenants aient accès aux dossiers d'anciens jeunes — ce n'est pas de ça que je parle — ni la protection de la jeunesse, ni les policiers, ni les gens du
système de la santé, de l'éducation, que ça va empêcher qu'on vienne chercher ton enfant, parce que, là, tu as un
enfant, puis qu'on va fouiller dans les dossiers puis on va s'apercevoir... Ce
n'est pas de ça que je parle, c'est
que la personne elle-même puisse y avoir accès. Puis là il n'y a
pas de solution miracle. Parce que
mon argumentaire pourrait prétendre qu'on
pourrait garder ces dossiers-là pour toute la vie. Ce n'est pas ça que je dis.
Je pense qu'on est capables de réfléchir. Le
cinq ans a été réfléchi. Il doit y avoir une base pour quoi qu'on accepte de
garder les dossiers pendant cinq ans ou
jusqu'à l'atteinte de 18 ans puis là, avec l'amendement, 19 ans. Donc, je
serais curieux de savoir, le cinq
ans... Peut-être que, si on disait qu'on garde les dossiers pour
tous les jeunes jusqu'à l'atteinte de
19 ans et/ou au moins une période de cinq ans, donc ça pourrait peut-être
prolonger après le 19 ans si le jeune, finalement,
il est sorti à 16, 17 ans de la famille
d'accueil, finalement, il a été correct puis que, là, il est réglé,
mais, au moins, il y aurait la période
tampon de cinq ans. Peut-être que c'est ça, la solution. Peut-être
que ce n'en est pas une. Mais, moi, ce que je pense, c'est que le 19 ans, c'est déjà mieux. Mais le cinq ans,
premièrement, moi, me pose... puis peut-être
qu'il y a des explications. Il y a
sûrement des explications. Mais, un
jeune de sept ans, un jeune de 10 ans, bien, à 12 ans, à 15 ans, son dossier est disparu. Puis, sérieusement, je ne pense pas qu'à 12 ans ou à 15 ans on a en tête toutes les
répercussions que ça peut nous amener d'avoir ces informations-là pour
le reste de notre vie, je ne le pense pas.
Donc, ça, ce
bout-là, il y a ça, mais, dans l'amendement, ce n'est pas là.
Puis c'est dans l'article du projet
de loi, ça fait qu'on pourra y
revenir peut-être. Mais ça va bien en ce moment, on discute, ça fait
que je veux mettre sur la table mes
questionnements ou mes réflexions pour qu'on puisse y aller dans l'ensemble,
là. Donc, il y a cette question-là qui m'inquiète. Donc, quand le cinq ans n'atteint pas
le 19 ans, je ne suis pas sûr que le jeune, à ce moment-là, est prêt à
prendre une décision aussi importante
pour sa vie que ça. Et l'autre bout, c'est : quand, au fond, le jeune sort
de la protection de la jeunesse à 17
ans, bien, au fond, on garde seulement le dossier pendant deux ans, c'est quand même
assez frais. Parce que mon
premier argument, c'était ça aussi, c'est donner le temps au jeune de prendre
un certain recul sur un passé qu'il n'est
peut-être pas fier, parce qu'en général c'est rare qu'on est fier de dire : Moi, j'ai
été dans une famille d'accueil, la protection
de la jeunesse puis, tu sais, j'ai eu une enfance plus difficile, tout ça. Ce
n'est pas la première chose qu'on dit quand on rencontre des gens. Donc,
je comprends que la personne veut complètement mettre ça de côté, puis ça, je
le comprends, mais peut-être que les
quelques années du cinq ans, bien, permettraient à avoir un certain recul, de
s'apercevoir que finalement ce n'est
peut-être pas si mauvais que ça, et puis la personne, elle décidera après ça si
elle le veut ou pas, son dossier, puis il sera détruit, là.
Puis moi, je
reviens à la charge. Que ça soit après le cinq ans, si c'est moins de 18 ans,
ou 19 ans, ou après 19 ans, là, selon
l'amendement, je crois que c'est vraiment uniquement la personne elle-même qui
peut avoir accès à son dossier, qui peut
en faire la demande, pas tout un chacun des acteurs. Puis je peux comprendre
que certaines personnes ont peur que
les policiers puissent avoir accès à ça... le système de santé, l'éducation. Ce
n'est pas de ça que je parle. La personne elle-même. Donc, c'est ces
deux points-là que j'aimerais amener, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député de Saint-Jean. Mme la ministre.
Charlebois :
Oui. Écoutez, j'entends la préoccupation du député de Saint-Jean puis je suis
obligée de dire que moi aussi, je me
suis questionnée quand je l'entendais. Puis j'ai questionné les gens qui
m'accompagnent. On a fait une vérification
quant aux dossiers médicaux, par exemple. Il est prévu dans les règlements que
le dossier médical ne peut être conservé plus de cinq ans... d'une
personne. Ça, c'est une chose.
Puis je vous entends,
là, dire : Quand le cinq ans en question ne fait pas en sorte qu'on
atteint l'âge de 19 ans, exemple, le jeune
de cinq à 12 ans... mais il y a beaucoup de cas qui sont juste temporairement
des enfants placés en famille de
proximité, ou en famille d'accueil, ou dans les services de protection de la
jeunesse. Et je ne vous cacherai pas qu'on n'a pas eu de demande de
groupes qui sont venus nous dire : Bien, on voudrait garder les dossiers
des enfants, parce qu'il y a des enfants que c'est temporaire dans leur vie
puis ce n'est pas significatif. Pour ceux qui sont significatifs, normalement,