CAT — 5 December 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 5 décembre 2024
Vol. 47 N° 85
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 79, Loi édictant la
Loi sur les contrats des organismes municipaux et modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau administratif des organismes municipaux
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Douze heures trois minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Il y a le quorum. Je déclare la Commission de l'aménagement
du territoire ouverte.
Je rappelle que la commission est réunie
afin de poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur
le projet de loi n° 79, Loi édictant la
Loi sur les contrats... les
contrats, pardon, des organismes municipaux et modifiant diverses dispositions
principalement aux fins d'allègement du fardeau administratif des organismes
municipaux.
Alors, ce matin, nous recevons deux
groupes, la Société de transport de Montréal, qui est avec nous directement en
visioconférence et par la suite, nous aurons l'Association des vérificateurs
généraux municipaux du Québec. Alors, je vous salue. Étant donné que le temps
est plus court, je vous avais prévenus. Alors, j'ai besoin premièrement, avant
de commencer, du consentement pour finir à 13 h. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) : Et
est-ce qu'il y a des remplacements, Mme la secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); M. Kelley (Jacques-Cartier) par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous entamons les poursuites. Alors, je vous laisse la parole
avec un 10 minutes, vous présenter et par la suite, on va enchaîner avec
la période d'échange avec les députés.
(Visioconférence)
M. Lyrette (Étienne) : Merci
beaucoup, M. le Président, Mme la ministre des Affaires...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Lyrette (Étienne) : ...Affaires
municipales, chers députés, membres de la commission, je me présente, je m'appelle
Étienne Lyrette. Je suis directeur général adjoint, Stratégie, relations
partenaires et communications à la Société de transport de Montréal. Je suis
aujourd'hui accompagné par le Me Mohammed Chkikar, chef de division
Affaires juridiques, projets majeurs et construction, également à la STM. Je
propose de vous faire un bref survol de notre positionnement par rapport au
projet de loi. Ensuite, moi et Me Chkikar, on pourra répondre évidemment à
vos questions et engager la discussion.
Brève présentation de la STM. Évidemment,
la société de transport est un leader en mobilité durable. Bon mal ans, c'est
plus de 1 million de déplacements chaque jour. Mais, facette moins connue
de la STM également, on est un joueur économique d'importance pour le Québec.
Chaque année, c'est environ 15 000 contrats de toutes sortes qui sont
émis par la société et des retombées dans 14 régions administratives au
Québec sur les 17. Donc, l'impact économique de la STM va bien au-delà des
limites administratives de la ville de Montréal ou encore de sa grande région.
La STM, c'est également un des plus grands
donneurs d'ouvrage au Québec en matière de construction. Annuellement environ 2 milliards
en contrat qui sont octroyés, puis dans les cartons, pour les 10 prochaines
années, en projets de développement et de modernisation de nos actifs, on a un
portefeuille à venir d'une valeur de 25 milliards de dollars.
La STM, c'est évidemment 150 ans d'histoire
et une expertise unique au Québec en matière de grands projets. Donc, dans un
contexte comme celui-ci, il est clair pour nous qu'on accueille très
favorablement le projet de loi no 79, qui offre une modernisation d'un
cadre qui en avait bien besoin, à notre avis. La STM souligne aussi au passage
les efforts du gouvernement pour donner plus d'agilité et plus de flexibilité à
notre industrie. Le gouvernement a été très actif au niveau de son agenda
législatif au cours des derniers mois, et on s'est fait un devoir de contribuer
à cette réflexion.
Le projet de loi no 79, pour nous, bien
clairement, simplifier puis offrir beaucoup plus d'agilité et de flexibilité
dans le code actuel d'approvisionnement. Concrètement, pour nous, ce que ça
veut dire, c'est des projets moins coûteux, menés à terme plus rapidement.
Donc, c'est très gagnant, évidemment, pour les finances publiques, mais aussi
pour nos clients qu'on doit desservir chaque jour.
Il y a plusieurs leviers dans la pièce
législative qui nous intéressent aujourd'hui et qui vont permettre ces
améliorations-là. Au premier chef, je me dois de souligner l'accès aux contrats
en partenariat qui va permettre des modes... des projets en mode collaboratif
extrêmement utiles dans le cadre de projets présentant un niveau de complexité
élevé. Et ça, à la STM, il y en a beaucoup. Bien, c'est une... c'est une
demande de longue date de la STM qui a été clairement exprimée aussi lors des
consultations sur le p.l. no 61, p.l. no 62. On a été entendus. Donc,
on vous en remercie.
Il y a aussi d'autres mesures clés fort
utiles pour adresser l'accélération des processus d'approvisionnement. On peut
nommer comme exemple la capacité à demander des prix pour des services
professionnels à des... à des entreprises qui auraient été, au préalable,
préqualifiées. Je souligne également la volonté, là, de s'adapter à la réalité
des sociétés publiques, et notamment une réalité comme celle de la STM qui
opère 24 heures par jour, sept jours sur sept, un service qui est
essentiel pour la population, donc la possibilité d'y aller plus facilement en
gré à gré dans une situation d'urgence. C'est clé pour une entreprise comme la
nôtre. On le vu, on a eu plusieurs défis, plusieurs situations d'urgence.
Évidemment, on peut penser à la COVID, mais aussi à ce qui s'est passé à la
station Saint-Michel, vu que ça a fait un peu les manchettes récemment. Donc
ça, c'est une flexibilité qui est franchement appréciée pour la réalité d'une
entreprise comme la STM.
Ce sont donc des mesures qui auront un
impact positif certain, étant donné évidemment le nombre de projets que la STM
a à déployer dans les prochaines années, leur envergure et surtout leur
complexité. Je peux peut-être vous mentionner quelques exemples concrets, là,
de projets ou d'initiatives qui pourraient en bénéficier. Évidemment, le métro
de Montréal est un réseau original de 60 ans. C'est clair qu'il faut s'en
occuper. C'est clair qu'il faut le moderniser. Comme beaucoup d'infrastructures
au Québec, ce sont pour la plupart des projets extrêmement complexes. Remplacer
des infrastructures du réseau d'origine, des nouveaux postes de ventilation
mécanique, remplacer la membrane d'étanchéité d'une station, ça, c'est, grosso
modo, refaire le toit de la station, dans des milieux fortement urbanisés,
fortement très denses aussi, ça relève d'une complexité considérable. Et ce
genre de projet là va s'accélérer dans...
M. Lyrette (Étienne) : ...les
années à venir. On peut aussi penser à la rétroinstallation d'ascenseurs dans
des stations qui n'ont pas été conçues pour cela à l'époque, complexité très
élevée, ou encore toute l'infrastructure qui va être nécessaire de déployer
pour accueillir les nouvelles voitures de métro, là, qui remplaceront, dans une
douzaine d'années, 10, 12 ans, les voitures qu'on a achetées en 1973 et qui
sont toujours en service. Donc, à l'échelle de la STM, c'est 25 milliards
d'argent public en valeur de projets qui vont pouvoir bénéficier de ces nouveaux
leviers.
• (12 h 10) •
Évidemment, on a quelques propositions à
vous soumettre pour compléter et bonifier le projet de loi dans sa forme
actuelle. D'abord, il y a certains leviers existants à la
Loi sur les sociétés
de transport qu'on juge particulièrement utiles et qui devraient suivre dans la
nouvelle pièce législative, à notre sens. Je vais vous mentionner, à
titre
d'exemple, la possibilité pour une société comme la STM de transiger
directement avec le Centre d'acquisition gouvernemental ou le ministère de la
Cybersécurité, par exemple, pour des acquisitions de biens et de services.
Dans le même esprit, il y a certains
leviers qui sont accessibles aux organismes gouvernementaux qu'on aimerait
retrouver également dans le p.l. 79. On a là une belle opportunité, là, de
tendre vers une meilleure uniformisation des leviers disponibles pour les
entités publiques, on peut penser, par exemple, à la capacité à rejeter des
soumissions d'entreprises qui ont manqué à leurs obligations contractuelles ou
encore la capacité de prendre en compte le coût... les coûts totaux
d'acquisition d'un bien ou d'un service.
L'essentiel... C'est pas mal l'essentiel
de ce que j'avais à vous mentionner. Ce que je peux vous dire, c'est que pour
nous, le projet de loi actuel est très porteur, utile, en phase avec les
besoins d'une entreprise comme la nôtre. Évidemment, il y a beaucoup plus de
détails dans notre mémoire que vous avez tous eu copie et il nous fera plaisir
d'en discuter avec vous. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Nous débutons une période d'échange
avec la ministre. Vous avez sept minutes 45 s.
Mme Laforest : Oui, merci, M.
le Président. Bonjour, M. Lyrette et Maître Chkikar. J'ai... je ne sais pas si
c'était ici, dans la salle, mais le son n'était pas excellent. Donc, c'est sûr
que je vais essayer... Peut-être, je vais poser des questions, mais je ne sais
pas si vous avez déjà répondu. Parce que, dans le projet de loi, en fait, on va
permettre aux sociétés de transport en commun de détenir des immeubles en
copropriété. Puis je voulais savoir : Est-ce que vous avez tout de suite
des projets en attente? Avez-vous des exemples de projets que vous pourriez
nous donner ou nous expliquer, dont la mesure du projet de loi n° 79
serait... serait intéressante à utiliser pour vous?
M. Chkikar (Mohammed) : Oui.
Bonjour, Mme la ministre. C'est clair que présentement, la STM n'a pas
d'intérêts dans des fractions d'immeubles détenus en copropriété divise. Mais
c'est sûr, avec les pouvoirs que les sociétés de transport viennent d'avoir
grâce au p.l. 61 qui a été justement adopté hier et qui permettrait du
développement immobilier, c'est une possibilité qui est là. Puis on salue les
mesures qui ont été incluses dans l'article 205 du projet de loi.
Mme Laforest : D'accord. Je
voulais savoir aussi... J'aimerais ça savoir comment ça se passe avec votre
société de transport concernant l'utilisation du mode de négociation avec des
modes qui impliquent les critères de qualité et les critères de prix. Comment
ça se passe? Avez-vous remarqué qu'il y a de moins en moins d'entreprises qui
répondent aux appels d'offres publics?
M. Chkikar (Mohammed) : Bien,
c'est clair que... puis, je pense, c'est un constat pas mal, je dirais,
généralisé, il y a une surchauffe de marchés. Et, c'est sûr, c'est pour ça, on
salue l'ouverture du gouvernement à d'autres modes d'octroi du contrat. M.
Lyrette a parlé de mode collaboratif, tout à l'heure, mais il y a aussi la
possibilité présentement de qualifier, pour des services professionnels, des
entreprises et, par la suite, aller directement sur le prix. On salue aussi
l'extension de la possibilité d'octroyer des contrats à commande aux services
et à construction pour des... lorsqu'on a des besoins qui sont approximatifs,
qu'on... qu'on n'est pas capables de déterminer avec précision. Donc, ça vient
peut varier le coffre à outils qu'on a. Comme ça, on va utiliser des modes
d'octroi qui sont adaptés aux besoins, mais aussi adaptés à la réalité des
marchés, au lieu d'avoir juste ce qu'on a présentement, c'est deux trois,
modes, donc, qui ne sont pas toujours bien...
M. Chkikar (Mohammed) : ...applicables
dépendamment des besoins et de la complexité aussi de certains projets.
Mme Laforest : D'accord. Il y
a aussi un élément qui est nouveau, là, dans le projet de loi. J'aimerais
savoir... Parce que, oui, il va... vous allez pouvoir conclure des contrats de
partenariat avec... la même chose qu'on a instaurée avec le projet de loi n°
62. Et j'aimerais savoir, au niveau des négociations, encore une fois, comment
vous pouvez ou comment vous pensez utiliser ces leviers-là, comme les leviers
qu'on a donnés dans le p.l. 62 pour votre société de transport. Puis, en fait,
concrètement, comment votre société de transport va bénéficier de ces
leviers-là qu'on accorderait maintenant?
M. Lyrette (Étienne) : C'est
clair qu'avec un portefeuille de 25 milliards sur les 10 prochaines années, il
y a beaucoup de projets qui pourront bénéficier de l'ensemble des mesures.
Évidemment, l'accès aux contrats en partenariat, c'est... c'est franchement
utile. C'est démontré dans le cas de projets plus complexes. Et la phase de
modernisation du métro de Montréal qui est lancée regorge de projets de cette
nature-là.
C'est aussi une formule qui est utilisée
ailleurs au Canada. Nos collègues à Toronto, qui vivent des enjeux relativement
similaires en matière de modernisation, des actifs à peu près du même âge, ont
accès à ce type... ce type de fonctionnement. Et c'est fait, c'est réalisé
actuellement, il y a des projets en cours actuellement qui sont faits dans le
cadre de projets d'agrandissement, de modernisation d'infrastructures
existantes. Donc, on sait que c'est une recette qui fonctionne, on sait que ça
aura des impacts.
Maintenant, pour les projets qui
présentent un niveau de complexité peut-être un peu moindre, évidemment,
l'ensemble du portefeuille... du coffre à outils, là, qui s'élargit aura un
impact franchement bénéfique. J'ai donné quelques exemples de projets, je vous
en ai donné des très gros, là, mais il y a plein de projets de moindre
envergure, la réfection d'escaliers mécaniques, la sonorisation dans le métro,
un paquet d'éléments qui ont un impact direct sur la pérennité de
l'infrastructure et sur l'expérience de nos clients. Donc, je vous dirais, dans
le portefeuille qu'on a, la majorité des projets pourront bénéficier d'une
façon ou d'une autre des nouveaux leviers.
Mme Laforest : D'accord. Mon
collègue député de Lac-Saint-Jean a aussi des questions. Alors, moi, pour moi,
c'est complet. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui,
bonjour à vous deux. Vous avez vu dans le projet de loi qu'on va... on va... on
va ajouter les contrats à commande en service et en construction. Mais, avant,
je voudrais savoir... comme, un peu que vous m'expliquez comment ça s'est
déroulé pour votre organisation, parce que... au niveau des contrats à commande
en approvisionnement.
M. Chkikar (Mohammed) : Oui.
Bien, ça se passe... ça se passe très bien parce que ça rajoute une flexibilité,
parce que sinon ça s'adresse plus à des cas où on a des besoins récurrents
qu'on n'est pas capables de déterminer. Et, sans cette possibilité-là, ce qui
arrive, c'est qu'à chaque fois on est... on est obligés d'aller à la pièce, au
lieu d'aller faire jouer la concurrence au sein du marché, avec une
approximation, bien sûr, et, dans ce cas-là, on achète au fur et à mesure. Et
ce qui est aussi bénéfique, c'est la possibilité d'avoir plus qu'un
adjudicataire. Comme ça, on n'est jamais mal pris. On a fait jouer la
concurrence, mais, si le premier, il ne peut pas, pour toutes sortes de
raisons, le plus bas, on peut passer au deuxième, on peut passer au troisième.
Et là on se réjouit que c'est étalé présentement... dans le projet de loi aussi
aux services et aux travaux de construction, parce que parfois on a de menus
travaux, on doit intervenir au niveau de nos infrastructures et, à chaque fois,
on va les donner... c'est en bas du seuil, on va aller de gré à gré. Donc là,
c'est possible de regrouper le tout dans un appel d'offres, d'aller chercher
deux, trois adjudicataires. Donc, ça donne plus d'agilité. C'est un... C'est un
outil de plus qu'on... qui va être à la disposition des sociétés de transport.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : O.K.
Est-ce que vous pensez que votre organisation serait... serait des
bénéficiaires, en fait, des contrats à commande, là, au niveau... on parle de
construction, ce que le projet de loi vient rajouter?
M. Chkikar (Mohammed) : Bien,
comme je viens de vous le mentionner, définitivement, oui.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bon.
C'est tout... C'est tout pour moi.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon? Parfait. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle
avec la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Merci de votre participation aujourd'hui. Merci de votre mémoire.
On a vu les enjeux de maintien d'actif à
la STM avec la fermeture de la station Saint-Michel, et moi, je voudrais savoir
est-ce que vous pensez que le projet de loi qui est devant nous, projet de loi
n° 79, vous offrirait des moyens de faire face à des défis comme celle-ci.
M. Lyrette (Étienne) : Bien,
c'est un défi... Merci pour votre question. C'est vraiment... Tu sais, la
modernisation du réseau de métro...
M. Lyrette (Étienne) : ...qui
va au-delà même la STM, là. Les infrastructures qui ont été construites dans
les années 60 ont besoin de modernisation. C'est clair qu'en élargissant
le coffre à outils dont on dispose pour s'approvisionner, donner des contrats,
faire des contrats en mode collaboratif, c'est certain que ça va avoir une
incidence sur notre capacité, notre rapidité puis notre agilité à faire des
travaux de cette... de cette nature-là. C'est officiel. On peut penser aussi à
d'autres leviers, là. Je parlais de réagir en cas d'urgence, à se donner un peu
plus de latitude, de fluidité, bien, c'est clair que dans des cas comme
Saint-Michel, on n'en veut pas d'autres. Est-ce que c'est possible que ça
arrive? Bien, je vais... je vais être transparent avec vous, là, il est
possible que ça arrive encore, même si on travaille fort à rattraper le retard
qui a été cumulé dans les dernières décennies. Donc, cette latitude-là aussi
nous permettrait d'agir de façon plus proactive dans l'intérêt public. Ça fait
que, oui, il y a des modes collaboratifs, il y a des économies, mais il y a
aussi cette agilité, cette flexibilité-là qui va avoir un impact sur nos
projets de modernisation, tout comme nos projets de développement, dans les
deux cas, oui.
• (12 h 20) •
Mme Prass : Merci. Là, je
veux venir à votre deuxième recommandation, qui est de modifier
l'article 20 de la LCOM pour que l'obligation de réaliser une estimation
pour tout contrat comporte une dépense de plus de 100 000 $ doit être
complétée avant l'ouverture des soumissions. Pourquoi est-ce que c'est
important pour vous que ce soit avant plutôt que de ce qui est proposé dans le
projet de loi?
M. Chkikar (Mohammed) : Merci
pour votre question, Mme la députée. Effectivement, parce que, présentement,
dans la
loi sur ces transports en commun, l'estimation doit se faire au plus
tard avant l'ouverture des soumissions, alors que, le projet de loi,
l'article 20, ce qu'il prévoit, c'est de le faire avant le lancement d'appels
d'offres. Ce qu'il faut comprendre... puis c'est... notre demande, c'est...
c'est de maintenir le statut actuel, c'est que parfois on va faire une
estimation avant le lancement d'appels d'offres, mais pendant la période
d'appel d'offres, il va arriver des ajustements, des demandes parfois des
marchés, certaines conditions qui peuvent changer, qui viendraient impacter
l'estimation du prix du contrat. Donc là, on va avoir une estimation qui est
faite avant le lancement, mais qui ne tient pas compte des addendas, des
ajustements qui vont avoir lieu pendant la période d'appel d'offres, donc
l'estimation ne refléterait pas nécessairement l'objet précis du contrat qui
intégrerait les addendas qui ont été publiés.
Mme Prass : D'accord. Et,
dans votre mémoire, vous demandez de maintenir une capacité de gré à gré pour
certains contrats. Est-ce que le projet de loi vous permet... ne permet pas
déjà une capacité accrue à octroyer des contrats gré à gré pour certaines
exceptions?
M. Chkikar (Mohammed) : C'est
sûr qu'on se réjouit de certains ajouts.
L'article 33, il permet... il y
a... il y a une adaptation qui a été faite par rapport à la LCOP, mais les
sociétés de transport puis, je pense, les autres organismes municipaux avec
d'autres exceptions. Je donne juste un exemple, la possibilité de donner des
services nécessaires dans le cadre d'un litige. Vous comprendrez qu'aller en
appel d'offres pour exposer toute la stratégie pour défendre les intérêts d'un
organisme public, ce n'est pas adapté, la possibilité d'avoir des contrats de
gré à gré avec des organismes qui sont assujettis à la
Loi sur l'accès à
l'information. Bref, il y avait déjà des exceptions qui étaient prévues, et
notre demande, c'est de le réintégrer dans le texte du projet de loi. On a entendu,
lors des échanges avec les groupes précédents, qu'il y aurait une volonté du
ministère de les intégrer dans un règlement. Nous, notre souhait, c'est de les
intégrer directement dans la loi, mais c'est la volonté d'aller avec un
règlement. Bien sûr, la STM est disposée à contribuer puis à commenter, le cas
échéant.
Mme Prass : Il me reste
combien de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : 1
min 14 s.
Mme Prass : Parfait. Là, en
référence à votre recommandation numéro sept, pouvez-vous nous en dire plus sur
la prise en compte des coûts totaux d'acquisition?
M. Chkikar (Mohammed) : Bien,
en fait, ce qu'on veut, c'est une clarification qu'on tend à tenir compte.
Parce que, parfois, je donne des exemples... un exemple où on va intégrer un
nouveau logiciel, un nouvel équipement, mais que ça vient avec de la formation,
avec de l'entretien, avec des coûts d'installation. Donc, si on va uniquement
avec le prix dans des circonstances comme ça, c'est sûr que ça va coûter
beaucoup plus cher à l'entreprise, si elle doit faire de l'adaptation, de la
formation, etc. Donc, en quelque sorte, c'est un faux «plus bas conforme»,
parce que le prix, il n'intègre pas les autres coûts qui sont... qui vont être
assumés par la société. C'est pour ça, on...
M. Chkikar (Mohammed) : ...on
veut avoir comme une indication, une clarification de l'article 40 pour
indiquer clairement que les sociétés peuvent tenir compte du coût total pour
l'attribution d'un contrat de services ou de biens.
Mme Prass : Et dernière
question avec le temps, bien, avec le temps qu'il reste. Vous demandez, là,
vous parlez de cohérence et votre première recommandation, c'est de maintenir
la capacité des sociétés de transport... Ah! désolée.
Le Président (M. Schneeberger) :
C'est parce que vous n'avez plus de temps. Excusez-moi.
Mme Prass : Merci,
messieurs.
Le Président
(M. Schneeberger) : Nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition. Et j'entends le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui.
Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs. Merci beaucoup pour votre mémoire
et votre présentation. Bon, c'est... Évidemment, dans les sociétés de
transport, particulièrement la STM, les volumes puis les projets sont
importants, peuvent être importants, peuvent être complexes. Notamment, là,
vous êtes beaucoup, évidemment, dans le maintien des actifs, vous êtes dans
l'approvisionnement de matériel roulant. Ce n'est quand même pas rien non plus
comme type d'approvisionnement. Vous êtes dans la construction de garages et
autres bâtiments d'utilité. Est-ce que, selon vous, le p.l. no 79, tel
qu'il est écrit, vous aide sur chacun de ces types d'approvisionnement sur
lesquels vous avez à opérer à chaque année?
M. Lyrette (Étienne) : En
fait, la réponse est très simple, c'est... C'est oui. Je veux dire, l'impact
concret du p.l. no 79, c'est d'élargir notre coffre à outils, grosso modo,
le moderniser et l'adapter à une nouvelle réalité. Je pense que c'est... Quand
je parlais de modernisation du cadre, je veux dire, ce qui fonctionne déjà, ça
va, on peut suivre, on peut l'adapter. Mais cette ouverture-là prend en
considération l'évolution des besoins, l'évolution du marché et en toute
transparence avec le virage modernisation de métro qu'on doit... qu'on doit
prendre dans les prochaines années, c'est des projets d'envergure en milieux
fortement urbanisés, extrêmement complexes, bon, évidemment, bénéficier au
premier chef, ça, c'est certain. Bien, à 15 000 contrats par année,
c'est officiel, là, qu'on va pouvoir bénéficier de l'élargissement du coffre à
outils.
M. Grandmont : Merci.
Oui, 15 000, c'est quand même un chiffre assez impressionnant, c'est
parlant. Après ça, bien, il y a toute la question du financement. Ce n'est
peut-être pas le bon projet de loi pour en parler, mais on y reviendra. On va
continuer à travailler à l'Assemblée nationale là-dessus. Par rapport à votre
recommandation 7, là, pouvez-vous peut-être... Puis je fais du pouce un
peu sur ce que ma collègue avait commencé avec vous, là. Qu'est-ce que ça...
Qu'est-ce que ça implique, en fait, là, comme... En fait, expliquez un peu le
sens de votre recommandation 7, ça serait plus simple de le formuler comme
Le Président
(M. Schneeberger) : Rapidement, s'il vous plaît.
Une voix : ...la question.
M. Chkikar (Mohammed) : Oui,
le coût, c'est le coût total d'acquisition. Bien, en fait, c'est ça, comme
comme déjà expliqué, c'est ça permet vraiment d'intégrer des coûts d'impact qui
ne sont pas... qui sont réellement assumés par les sociétés, lorsqu'ils font
certaines acquisitions qui vont nécessiter des adaptations soit au niveau de
l'entretien, de la formation puis de l'installation. Donc, ça permet de payer
en quelque sorte le prix juste. Si on se limite juste au prix coûtant, le prix
unitaire, façon de parler, c'est sûr qu'on n'utilise pas de façon efficace,
selon nous, les fonds publics, à cet égard.
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci. Merci beaucoup. Alors, je vous
remercie pour votre apport à la commission.
Nous suspendons quelques instants afin
d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 12 h 28)
(Reprise à 12 h 29)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Nous recevons le deuxième groupe de ce matin qui
est l'Association des vérificateurs généraux municipaux du Québec. Alors,
bonjour à vous deux. Dans un premier temps, vous vous présentez à tour de rôle
et enchaînez avec votre présentation.
Mme Lessard (France) : Parfait.
Merci. M. le Président, Mme la ministre des Affaires municipales, mesdames
messieurs les membres de cette commission, mon nom est France Lessard, je suis
vérificatrice générale de la ville de Laval et présidente de l'Association des
vérificateurs généraux municipaux du Québec. Je suis accompagnée aujourd'hui de
M. Daniel Rancourt, vérificateur général de la ville de Québec et
secrétaire-trésorier de l'association.
• (12 h 30) •
Notre association réunit les vérificateurs
généraux des 11 municipalités du Québec de 100 000 habitants et
plus. L'association a notamment pour but de mettre en commun les expertises
particulières des vérificateurs généraux et de relayer les préoccupations de
ceux-ci auprès du ministre des Affaires municipales et de l'Habitation ainsi
que du législateur. C'est avec intérêt que les vérificateurs généraux
municipaux du Québec participent aux auditions publiques du projet de loi
n° 79. À
titre de présidente de l'association, je vous remercie de cette
invitation.
Quant au rôle du vérificateur général
municipal, permettez-moi de rappeler que la fonction du vérificateur général
revêt une importance cruciale au sein des grandes municipalités du Québec.
Celui-ci doit informer objectivement le conseil municipal et les contribuables
de la rigueur de la gestion des activités de la municipalité. Le maintien de
son indépendance et de son autonomie financière sont essentiels afin de lui
permettre d'exercer pleinement son rôle. C'est dans ce contexte que l'AVGMQ
fait état de ses observations au regard au projet de loi n° 79 et qu'elle
propose divers changements législatifs relatifs à la fonction du vérificateur
général.
Dans un premier temps, l'AVGMQ expose les
observations suivantes relativement à l'article 55 du projet de loi
n° 79. Relativement à la modification proposée au paragraphe 1, soit
le remplacement du seuil visé dans le premier alinéa de l'article 107.9 de
100 000 par 250 000, l'AVGMQ salue cette modification proposée pour
les raisons invoquées dans notre mémoire, dont voici les grandes lignes. Que le
seuil a été fixé en 2001, obligeant ainsi les organismes recevant des
subventions de plus de 100 000 $ à transmettre au vérificateur
général des états financiers audités. Ce montant n'a pas été indexé depuis. Que
les frais d'audit ont augmenté pour les organismes visés depuis l'entrée en
vigueur de ces dispositions, que le nombre d'organismes a doublés ou triplés
dans certaines municipalités. Des exemples concrets sont indiqués dans notre
mémoire.
Cependant, l'AVGMQ est d'avis que ce
montant ne devrait pas être rehaussé au-dessus de 250 000 $,
considérant que cette hausse réduit le bassin des organismes visés d'environ
60 % pour les trois plus grandes municipalités.
L'AVGMQ profite également de l'opportunité
afin de proposer un second amendement à l'article 107.9, soit de
transférer la responsabilité à la personne morale au lieu de son vérificateur
l'obligation de transmettre au vérificateur général les documents requis par le
deuxième alinéa. En vertu des règles d'indépendance auxquelles sont assujettis
les comptables professionnels agréés, les CPA, les documents préparés par le
vérificateur de la personne morale appartiennent à cette dernière et sont
sujets au secret professionnel, selon l'article 39 du code de déontologie
des CPA. Il doit donc octroyer son consentement si ce dernier doit transmettre
à une tierce personne les documents visés. Ce qui nous amène à proposer la
troisième... la modification au troisième alinéa.
Dans un deuxième temps, l'AVGMQ profite de
l'opportunité afin de proposer certains amendements à la
Loi sur les cités et
villes. Dans le cadre du projet de loi n° 39, sanctionné le 8 décembre
2023, l'article 107.2 a été modifié, permettant ainsi au conseil municipal
de prolonger de trois ans le mandat du vérificateur général sans que ce dernier
excède 10 ans. La discussion laissée au conseil municipal de prolonger le
mandat du vérificateur général, bien que reposant sur des motifs légitimes,
entrave la norme d'indépendance à laquelle sont soumis les CPA. Ce dernier doit
se conformer au code de déontologie. Nous sommes donc d'avis qu'il est
essentiel que son indépendance ne soit pas entachée d'aucune menace ou
d'apparence de menace, qu'elle soit fondée ou non. Par conséquent, l'AVGMQ
recommande cette modification afin de préserver l'indépendance de la fonction
du vérificateur général. L'AVGMQ propose...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) Mme Lessard (France) : ...donc
de remplacer l'article 107.2 afin qu'il soit nommé pour un mandat unique
de 10 ans. Cette modification est importante pour l'AVGMQ afin d'accorder dès
maintenant toute la latitude requise à la fonction du vérificateur général,
puisque deux municipalités se sont déjà prévalues de cette option de
prolongation.
L'AVGMQ propose également des
modifications à l'article 107.7, soit de remplacer le montantM de 500 000 $
au paragraphe un du deuxième alinéa de l'article 107.5 de la LCV par un
montant de 650 000 $ pour les raisons suivantes. Le seuil a été fixé
en 2018 dans le cadre du p.l. 155 afin d'établir un seuil minimal de 500 000 $,
proposition qui avait été accueillie favorablement par l'AVGMQ. Depuis cette
date, ce seuil n'a pas été revu ou indexé. Dans l'objectif de conserver son
pouvoir d'achat et considérant l'inflation des dernières années et plus
particulièrement des honoraires professionnels, nous recommandons de rehausser
ce seuil à 650 000 $.
Finalement, l'AVGMQ propose l'ajout d'un
nouvel article. Dans le cadre de l'adoption du projet de loi n° 155, les
articles 107.14 et 107.15 ont été abrogés. En abrogeant ces deux
dispositions, un flou législatif a été créé en... concernant la transmission du
rapport du vérificateur général lorsque celui-ci décide d'exécuter des travaux
pour la vérification des états financiers de leurs municipalités et des
personnes morales concernées en vertu de 107.7. Rappelons que certains
vérificateurs choisissent de procéder à cette vérification notamment en raison
de l'apport du vérificateur général lors de ces vérifications considérant son
expertise pointue et sa connaissance avancée de la municipalité ainsi que des
économies lorsque celui-ci réalise une
partie des travaux, ce qui peut
représenter environ 50 % des frais dans certaines municipalités. Nous
proposons donc d'ajouter un
article précisant à qui le vérificateur général
doit transmettre son rapport dans le cas où il effectue la vérification des
états financiers de la municipalité ou d'une personne morale.
Les vérificateurs généraux ont à cœur de
poursuivre leur mission et ont confiance que les modifications législatives
auront pour effet de protéger davantage leur autonomie, leur indépendance et
leur pérennité. Voilà les éléments sur lesquels nous voulions insister aujourd'hui.
Je vous remercie de votre attention, et nous sommes disponibles à répondre à
vos questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Nous allons procéder à une période d'échange
en débutant avec Mme la ministre. Vous avez un neuf minutes pile.
Mme Laforest : C'est le
député de Lac-Saint-Jean.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
excusez-moi. Je pensais que c'était vous. Alors, député de Lac-Saint-Jean.
Excusez-moi.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bien,
bonjour à vous deux. Je voudrais que vous me décriviez un peu plus concrètement
les effets dans vos organisations, là, de passer de 100 000 $ à 250 000 $,
là. J'aimerais ça le savoir vraiment, là, concrètement. C'est quoi, l'effet
dans vos pratiques? Qu'est-ce que ça va apporter?
Mme Lessard (France) : Dans
la pratique, bien, c'est que ça va réduire beaucoup le bassin. Présentement,
là... Bien, je vais prendre mon exemple, moi, je vais parler pour Laval.
Présentement... Daniel, tu pourras renchérir pour Québec. J'ai déjà été aussi à
Montréal, je pourrais vous parler de Montréal. Mais essentiellement c'est que
ça a augmenté beaucoup dans les années. Il y a beaucoup de programmes qui se
sont mis en place, surtout depuis la COVID. Donc, entre autres à Laval, dans le
passé, vers les années 2015, on était à peu près à 20 organismes qui
dépassaient le 100 000 $. Aujourd'hui, on parle plutôt de 65
organismes.
Ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que,
quand on exige un état financier audité, bien, il y a des frais quand même qui
sont considérables pour ces organismes-là. Donc, comme le seuil n'a pas suivi l'augmentation
des frais d'audit, bien, ça vient créer un impact sur... En fait, on vient
réduire un peu la subvention, là, qu'on donne aux organismes. Et donc ça fait
en sorte que, de plus en plus, on a de la difficulté à recevoir les états
financiers audités. Les gens nous envoient peut-être un autre type d'états
financiers, et ça fait en sorte que ces organismes-là ne sont pas conformes à
la loi puisqu'elle exige d'avoir des états financiers audités pour 100 000 $
et plus.
Donc, grosso modo, il y a deux... il y a
deux éléments, là, que je pourrais dire, c'est que, de un, le nombre a
augmenté, les frais d'audit pour ces organismes-là ont augmenté, et, je vous
dirais, c'est sensiblement ça, l'impact, là, qu'on revoit, là, dans nos
travaux.
Daniel, tu peux peut-être bonifier, là,
pour Québec.
M. Rancourt (Daniel) : Bien,
peut-être, pour vous donner un exemple, pour la ville de Québec, on est passés
de... en 2015, de 62 organismes à près de 120 organismes en 2023. Donc, ça a
augmenté de 100 %.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Puis
donc c'est un... Bien, en tout cas, je considère que c'est un juste équilibre.
Vous trouvez que c'est quand même un juste équilibre?
M. Rancourt (Daniel) : Oui.
Tout à fait...
Mme Lessard (France) : C'est-à-dire
d'augmenter le...
M. Rancourt (Daniel) : ...oui.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui.
C'est ça. Mais...
M. Rancourt (Daniel) : D'augmenter
à 250 000 $, oui, c'est un juste équilibre pour nous.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : O.K.
Puis, dans le cas qu'on se retrouve en bas du seuil, en bas de
250 000 $, là, j'aimerais ça un peu que... vous entendre, tu sais, au
niveau de peut-être vos observations ou vos recommandations. Parce qu'on dit
que ça reviendrait aux municipalités concernées d'exiger ou non un examen des
états financiers des organismes, tu sais, quand on est en bas du seuil. Ça
serait quoi vos observations ou vos recommandations face à ça?
Mme Lessard (France) : Là,
est-ce que vous faites référence à notre mémoire? Parce que, nous, on ne
parlait pas d'examen dans notre mémoire. On parlait vraiment d'états financiers
audités si le seuil est supérieur à 250 000 $.
• (12 h 40) •
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Non.
Mais c'est parce qu'en fait, c'est ça, c'est de... vous laissez aux villes de
le gérer et non de l'imposer. C'est ça que je veux... que je veux vous
entendre. C'est ce qu'on veut dire.
Mme Lessard (France) : Bien,
en fait, les villes ont, dans leur entente avec les organismes, différents
mécanismes de reddition de comptes, tout dépendant des programmes. Parfois, ils
vont demander des pièces justificatives pour justifier la dépense ou
l'admissibilité à la dépense, ils vont demander des programmes, des redditions
de comptes annuels. Donc, il y a différents modes que la municipalité peut
utiliser pour faire, en fait, un suivi des sommes qu'elle a octroyées.
Le législateur, à l'époque, en 2021...
2001, pardon, avait donné cette opportunité-là au vérificateur de recevoir les
états financiers pour les organismes de 100 000 $ et plus. Mais ceci
dit, ça n'empêche pas... malgré ces articles, ça n'empêche pas les exigences
que la ville peut demander aux organismes auxquels elle octroie des
subventions. Ça fait que pour moi, c'est comme deux choses différentes. La ville,
elle maintient son suivi, mais par contre, à 250 000 $, on ajoute
quelque chose, un élément particulier où on dit : Là, tu as reçu quand
même un montant plus important, tu dois transmettre au vérificateur général tes
états financiers audités. Donc, c'est la différence, à ce moment-là. Elle
pourrait, si elle choisit cette option-là, de demander effectivement un état
financier avec une mission d'examen qui est peut-être moins en profondeur qu'un
audit financier, mais somme toute, ça pourrait être quand même une pratique qui
serait jugée adéquate. Mais cependant, pour moi, ce volet-là devrait être au
sein de la municipalité et non pas dans la série des articles 107, par
exemple.
Et ceci dit, je pourrais peut-être juste
ajouter le pourquoi qu'on est en accord avec... bien, on le mentionne dans
notre mémoire, là, si on manque de temps, on peut peut-être passer outre, mais
on a quand même l'opportunité, en vertu de 107.10, dans le cas où on a des
doutes sur l'utilisation d'une subvention, de demander à l'organisme qui a reçu
de nous ouvrir ses livres et d'aller voir, dans le fond, qu'est-ce qu'ils ont
fait avec la subvention de la municipalité. Donc, c'est pour ça qu'on est à
l'aise avec le 250 000 $, puisque celui-ci, je pense qu'il va quand
même pallier à des lacunes, là, présentement, le fait que les frais d'audit
sont quand même importants, et que ça vient retrancher une
partie de la
subvention dans le cas où un organisme a reçu 100 000 $, par exemple.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bien.
Parfait. C'est clair pour nous. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça. Parfait. Alors, pas d'autres questions du côté ministériel? Alors,
nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et j'entends la
députée de Mont-Royal-Outrement.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Merci à vous deux pour votre présentation, pour votre mémoire.
On comprend que votre mémoire traite de...
ou vous donnez des commentaires sur les modifications qui sont intégrées dans le
projet de loi n° 79. Vous en proposez... Vous proposez d'autres
modifications. J'imagine que ce que vous voulez dire, c'est : Profitons de
cet omnibus municipal pour venir faire d'autres modifications qui ont été
suggérées dans le passé. C'est ce qu'on comprend.
Et donc vous visez entre autres
l'article 107.2, qui traite de la durée du mandat du vérificateur général.
Vous en avez parlé brièvement. Puis c'est important, là, c'est une question de
préserver l'indépendance. Vous référez, dans votre mémoire, à une lettre de
l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec qui avait été adressée à
la ministre plus tôt cette année, à laquelle vous adhérez entièrement.
Pouvez-vous juste nous élaborer un peu plus sur ce... sur l'importance, selon
vous, de venir modifier le texte de loi pour que ce... Puis moi, ce que je
comprends, c'est que vous souhaitez que le terme de 10 ans ne puisse pas être
prolongé.
Mme Lessard (France) : En
fait, ce qu'on dit, c'est que présentement les termes sont sept ans. La plupart
des vérificateurs généraux ont été renouvelés en 2024. Donc, dans le fond, au
23... au 8 décembre, pardon, 2023 a été ajouté la possibilité que le
mandat soit sept ans, mais que la municipalité pourrait extensionner de trois
ans. Donc, si je prends pour mon cas, par exemple, ou un cas d'un vérificateur
général qui aurait été nommé cette année, ça veut dire qu'en 2031 la
municipalité va avoir l'option de...
Mme Lessard (France) : ...de
dire : Je te prolonge de trois ans, pour ne pas... en fait, pour se rendre
à 10 ans. Ça serait le maximum qui serait permis, 10 ans.
Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on ne devrait
pas... il ne devrait pas y avoir cette possibilité-là. Ça devrait être 10 ans
d'emblée. On est tout à fait à l'aise avec le 10 ans, mais, par contre, il ne
devrait pas y avoir la possibilité de prolonger ou que le conseil municipal ait
cette option-là, pour ne pas laisser aucune menace d'apparence. C'est sûr qu'on
a des règles d'indépendance à suivre. Je ne suis pas en train de dire que les
vérificateurs généraux manqueraient d'indépendance, mais, des fois, la menace
d'indépendance, qu'elle soit fondée ou non, est parfois plus forte qu'une
menace comme telle. Donc, on veut éviter toute cette situation-là, qu'il y ait
un doute qui s'installe, qu'au moment où le vérificateur général aurait été
prolongé, par exemple... bien, qu'il n'aurait pas été indépendant par rapport à
ça. Donc, je ne sais pas si je vous explique bien.
Daniel, tu peux peut-être renchérir si tu
souhaites, là.
M. Rancourt (Daniel) : Bien,
dans le fond, je pense que c'est assez clair, qu'est-ce que tu as dit, c'est...
Puis je pense que c'est... Comme vous le savez, le... l'apparence est aussi
importante, je dirais, que la réalité, hein, on le sait, même en politique, je
pense que, pour vous, c'est très clair. Ça fait que, dans le fond, c'est ce
qu'on veut éviter, c'est qu'on veut éviter d'avoir l'air, en apparence, en
conflit, ce qui remettrait... on pourrait remettre en doute l'indépendance du
vérificateur général, alors que c'est... c'est... On comprend que l'objectif
qui était prévu avec ce prolongement-là, c'était de... c'était d'essayer
d'éviter d'avoir des problématiques pour combler les postes de vérificateurs
généraux. Donc, c'est ça, le... c'est ça, l'objectif. Nous autres, on
dit : Bien, tant qu'à ça, nommons tout le monde pour 10 ans.
Mme Setlakwe : Merci. Puis
vous faites un parallèle avec le mandat de... mais c'est une dame
actuellement... du Vérificateur général du Québec, qui est la Vérificatrice
générale en l'occurrence. Son mandat n'est pas renouvelable, son mandat de 10
ans.
Mme Lessard (France) : Exactement.
Dans le fond, c'est des termes uniques de 10 ans, comme c'était le cas pour
nous, à l'époque, mais de sept ans.
Puis aussi ce qui est important pour
l'AVGMQ, c'est que, vraiment, il y a deux municipalités qui se sont prévalues
présentement de ces prolongations-là. Donc, on ne veut pas non plus... En fait,
on voudrait que l'indépendance du vérificateur soit vraiment protégée, là,
qu'il n'y ait pas aucune perception qu'on est en manque d'indépendance.
Mme Setlakwe : Merci.
Votre... Oui, puis vous jouez un rôle important, là, dans les grandes... les
grandes villes du Québec. Vous proposez aussi d'autres modifications, encore
une fois, en lien avec votre autonomie... votre indépendance, votre pérennité.
Est-ce que vous souhaitez élaborer sur ce qui est mentionné dans votre mémoire?
Mme Lessard (France) : Oui,
tout à fait. En fait, les plus petits bureaux législatifs... En fait, en 2018,
il y a un montant qui avait octroyé, un seuil minimal de 500 000 $
pour s'assurer que ces bureaux-là aient toute l'autonomie de pouvoir exercer
leur rôle. Évidemment, ce montant-là, depuis 2018, n'a pas été indexé, et on
sait très bien que les salaires sont en hausse. Mais surtout ces bureaux-là ont
peu de ressources, donc va... vont devoir aller se procurer des ressources
auprès de différentes firmes ou consultants à
titre d'honoraires
professionnels. Et on sait que les honoraires professionnels ont
considérablement augmenté dans les dernières années, donc, ce qui fait qu'on
est un petit peu disproportionné avec 2018, parce qu'évidemment ces bureaux-là
qui sont plus petits ont perdu quand même un pouvoir d'achat important. Donc,
ça fait en sorte que, bon, ils sont quand même un peu plus limités, là, dans
leur rôle, le fait qu'ils sont limités à 500 000 $. Donc, on parlait
d'indexer ce montant-là à 650 000 $, qui aurait été sensiblement
l'indexation, là, qui aurait suivi au fil des années si on avait eu un... une
méthode d'indexation, là, du montant.
Mme Setlakwe : Merci. Je
pense qu'il me reste un petit peu de temps. Je poserais une question d'ordre
général. Étant donné votre rôle auprès des grandes villes, vous avez vu au fil
des ans à quel point les villes ont des responsabilités grandissantes, vous
avez été témoin de ça, comment... est-ce que vous croyez que le projet de loi
n° 79 règle une bonne
partie des défis? Qu'est-ce que vous constatez, là, qui
sont les défis les plus importants auxquels font face les villes dans le cadre
de votre travail? Et est-ce qu'on pourrait aller plus loin avec le projet de
loi n° 79?
Mme Lessard (France) : Bien,
je pense que le projet de loi est louable. C'est vrai que... Puis j'ai écouté,
là, les... les séances précédentes. Je pense qu'il y a eu beaucoup de projets
de loi qui ont amené des responsabilités auprès des municipalités. Je pense que
ce qui est important, c'est qu'ils aient les outils et quelque chose de très
clair aussi pour la mise en application, parce qu'il n'y a rien de pire qu'un
flou. Et, à ce moment-là, bien, ça crée des situations d'ambiguïté.
Moi, je vous dirais que ce qui est
important, c'est de garder un bon équilibre entre les allègements et aussi le
maintien des contrôles, là, pour s'éviter des situations comme on l'a vécu dans
le passé. Donc, c'est d'avoir un bon équilibre, d'avoir les bons outils clairs,
définis, qui permettent aux municipalités, là, de bien appliquer les nouvelles
règles...
Mme Setlakwe : ...Merci.
Est-ce que vous croyez que la loi pourrait être plus précise? Parce qu'on sait
qu'il y a des... il y a des éléments qui vont être traités dans des règlements.
Est-ce que vous pensez qu'il y a une trop large part de modalités à venir dans
des règlements et puis que ça pourrait venir complexifier le travail des
villes?
Mme Lessard (France) : Bien,
ce que je pourrais vous dire, là, parce que là c'est quand même abstrait, on
parle des règlements à venir, puis effectivement, là, c'était mentionné dans
certaines présentations, on ne sait pas qu'est-ce que va comporter le
règlement, je vous dirais que le danger, quand on a une loi puis un règlement à
part, c'est être capable de faire des liens puis d'être sûr, là, de ne pas rien
échapper. Donc, c'est sûr que oui, l'idéal, c'est d'avoir tout au même endroit,
mais je pense que, si les règlements sont bien définis, que les liens sont bien
attachés, à mon avis, je vois moins de risques. Daniel, je ne sais pas si tu
veux bonifier sur quelque chose ou une situation quelconque.
• (12 h 50) •
Le Président (M. Schneeberger) : On
a plus vraiment le temps, malheureusement.
Mme Lessard (France) : Ah,
parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
parfait.
Mme Setlakwe : Merci.
Mme Lessard (France) : Je
vous remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Nous
allons maintenant du côté de la deuxième opposition avec le député de
Taschereau pour un 2 min 30 s.
M. Grandmont : Merci, M. le Président.
Mme Lessard, M. Rancourt, merci pour votre mémoire. Merci pour votre
travail aussi que vous faites dans l'ombre, mais qui est fort utile. Merci pour
votre exposé et vos recommandations aussi. J'aimerais... En fait, j'ai
essentiellement une question, là, ça touche la limite fixée que vous
recommandez de faire passer de 100 000 à 250 000 pour des organismes
qui ont des contrats avec le... des pouvoirs municipaux. J'aimerais savoir
quels types d'organismes sont généralement visés. Vous ne les nommez pas, vous
dites... vous donner des statistiques sur ces organismes-là, mais quels types
d'organismes ça touche principalement?
Mme Lessard (France) : Beaucoup.
En fait, beaucoup proviennent de programmes du Fonds des régions et des
ruralités. Donc, dans ces programmes-là, il y a beaucoup de contributions qui
sont octroyées. Beaucoup d'organismes sociaux, communautaires, culturels. Donc,
essentiellement, ce sont beaucoup de ces organismes qui sont visés. Mais on
voit de plus en plus, quand même, des organismes qui s'attachent à des
programmes comme soit, bon, des incubateurs ou des choses au niveau des
entreprises, là, il y a des programmes qui sont vraiment définis, là, par le
Fonds des régions, des ruralités. Donc, on en voit de plus en plus, là, ces exemples-là.
M. Grandmont : Donc, on
comprend qu'il y a une... une variété assez grande de type d'organismes qui
sont touchés par ça, mais, en même temps, qui ont des budgets qui peuvent être
très variables aussi, d'autres avec des plus grands budgets, d'autres avec des
plus petits budgets. Entre des états financiers vérifiés puis des audits, parce
que c'est un peu ça l'enjeu, là, c'est quoi la différence de montants à
dépenser pour un organisme?
Mme Lessard (France) : En
fait, un audit puis un vérifié, c'est la même chose. Vérification, c'est
l'ancienne terminologie. Audit, c'est la nouvelle terminologie. Probablement
que vous voulez faire allusion entre une mission d'audit et une mission
d'examen, j'imagine.
M. Grandmont : Exact. Merci de
me corriger. Oui, c'est ça.
Mme Lessard (France) : O.K.
Parfait. Donc, dans une mission d'audit, l'auditeur va aller beaucoup plus en
profondeur, va regarder l'ensemble des contrôles internes, des processus, va
faire des tests de détail beaucoup plus approfondis, dont les normes vont
beaucoup plus loin. Évidemment, les frais sont beaucoup plus importants. Dans
le cas d'une mission d'examen, ce que l'auditeur va faire, on va avoir quand
même une connaissance générale de l'entité, mais on n'ira pas aussi en détail
dans certains processus.
M. Grandmont : Quel impact ça
a sur le prix à débourser par l'organisme?
Mme Lessard (France) : Ah
bien, le prix, ça dépend beaucoup, là, des organismes, mais je vous dirais que
c'est quand même... c'est quand même important, là, entre les deux types
d'audit, là, mais ça dépend de la grosseur de l'entreprise, ça dépend d'un
paquet de facteurs, là, je ne pourrais pas vous donner d'ordres de grandeur,
parce que c'est vraiment tout dépendant, là, des... de la grosseur de
l'organisation, là.
M. Grandmont : Je vous
remercie.
Mme Lessard (France) : Merci
à vous.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, merci beaucoup. Merci pour l'apport à la commission.
Alors, compte tenu de l'heure, nous
suspendons jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 53)
Haut de la page
14 h (version non révisée)
(Reprise à 14 h 06)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. La Commission de l'aménagement du territoire reprend ses
travaux.
Je souligne que nous poursuivons les
consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 79,
Loi édictant la
Loi sur les contrats des organismes municipaux et modifiant
diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
administratif et des organismes municipaux.
Alors, cet après-midi, nous recevons cinq
groupes. Alors, nous commençons par la Corporation des officiers municipaux
agréés du Québec. Alors, bonjour à vous quatre. Vous avez un 10 minutes
pour faire votre présentation et aussi vous présenter en même temps. Alors, je
vous laisse la parole.
M. Quirion (Patrick) : Merci,
M. le Président. Mme la ministre, membres de la commission, je me présente,
Patrick Quirion, directeur général adjoint à la ville de Sainte-Julie et
président de la COMAQ. Je suis accompagné aujourd'hui de Me Pier-Olivier
Fradette, conseiller juridique, de Mme Mélanie Normandin, directrice à la
Direction de l'approvisionnement de la ville de Longueuil, et de Mme Julie
Faucher, directrice générale de la COMAQ.
La Corporation des officiers municipaux
agréés du Québec représente près de 800 membres gestionnaires municipaux
occupant des fonctions reliées... générale des municipalités, dont le secteur
de la gestion contractuelle. La COMAQ est privilégiée de pouvoir participer aux
consultations particulières sur le projet loi 79 et nous remercions la
Commission de l'aménagement du territoire de nous permettre d'exprimer notre
point de vue.
Le rapatriement des dispositions de la
gestion contractuelle des organismes municipaux dans la
Loi sur les contrats
des organismes municipaux ainsi que l'introduction de nouvelles procédures d'attribution
de contrats est un élément central de l'administration et de la gestion des
municipalités pour les décennies à venir. Nous appuyons le contenu du projet de
loi n° 79 et y voyons plusieurs avancées majeures pour accorder aux
organismes municipaux des moyens adéquats pour atteindre des objectifs
contractuels variés dans leur nature, leur complexité et leur envergure
monétaire.
Quant aux allègements administratifs, il s'agit
certainement d'un pas dans la bonne direction à la suite de la signature de la
Déclaration de réciprocité concernant le nouveau partenariat entre le
gouvernement du Québec et les gouvernements de proximité.
Ayant pu bénéficier des commentaires
avisés de plusieurs spécialistes de la gestion contractuelle, nous soumettons
respectueusement des observations qui porteront sur la substance des
dispositions et les impacts de celles-ci sur la pratique quotidienne de la
gestion contractuelle dans les organismes municipaux.
Nous avons priorisé nos observations en
fonction de leur importance. Et, par souci d'économie de temps, nous nous en
tiendrons aujourd'hui à nos huit principales recommandations, la version
intégrale de notre mémoire vous ayant déjà été partagée précédemment. Dans la
partie du projet loi, que nous appellerons la LCOM, voici donc nos principaux
commentaires.
D'abord, l'article 11 ne prévoit pas
de définition pour les contrats relatifs aux technologies de l'information. Ces
contrats sont pourtant de plus en plus fréquents et onéreux dans le monde
municipal. Ils sont à la frontière entre les contrats de service et d'approvisionnement,
ce qui pose des problèmes quant aux règles qui leur sont applicables, notamment
celles d'intégrité dans les marchés publics.
Nous proposons donc comme première
recommandation d'ajouter une définition pour les contrats dans le domaine des
technologies de l'information qui tient compte de la réalité moderne de ce
domaine, c'est-à-dire les services infonuagiques, les services d'entretien de
plateformes numériques, les mises à jour de logiciels et les renouvellements
des droits d'utilisation...
M. Quirion (Patrick) : ...à
l'article 18 concernant l'évaluation des besoins objets du contrat tel que
rédigé, l'article 18 inclut les contrats de gré à gré, ceux attribués à la
suite d'une invitation écrite et ceux ayant suivi une procédure ouverte. Ainsi,
la disposition ne fait pas de distinction dans le niveau d'effort à investir ni
dans l'évaluation... dans l'évaluation préalable des besoins et le montant de
dépense qui sera engagé par l'organisme municipal. Nous suggérons donc de
modifier l'article 18 pour que l'alinéa un ne s'applique qu'aux contrats
dont le montant de la dépense excède le seuil monétaire décrété par le ministre
requérant une procédure ouverte. Le gouvernement pourrait permettre que, pour
les contrats dont les dépenses étaient inférieures à ce seuil, les mesures
d'évaluation préalables des besoins doivent être déterminées par l'organisme
municipal dans son règlement de gestion contractuelle.
• (14 h 10) •
La COMAQ constate une réduction importante
du nombre d'exceptions prévues à l'article 5... à l'article 33 de la
LCOM comparativement à l'actuel
article 573.3 de la LCV au bénéfice de
nouvelles exceptions déjà prévues à la LCOP. Le retrait de ces exceptions
occasionne une perte de latitude qui bénéficie actuellement aux villes. Par
ailleurs, le dernier alinéa de l'article 33 de la LCOM apporte une
limitation majeure aux pouvoirs contractuels délégués légalement par un conseil
municipal en faveur du comité exécutif ou de certains fonctionnaires
municipaux. Notre troisième recommandation est à l'effet que les exceptions aux
obligations des articles 29 et 30 de la LCOM, nous recommandons l'ajout à
l'article 33 des exceptions déjà prévues à l'article 573.3 de la LCV
et la bonification des exceptions prévues à 573.3, alinéa un,
paragraphe 6° relativement aux progiciels et logiciels pour y inclure la
migration des licences perpétuelles vers le mode de souscription, autrement dit
à l'abonnement, et à leur renouvellement.
Quant au dernier alinéa de
l'article 33, considérant que cette information est publique sur SEAO,
nous suggérons de retirer cette obligation.
Le libellé de l'article 41
complexifie la rédaction des spécifications techniques pour deux raisons.
D'abord parce qu'il cumule les critères de rédaction de spécifications
techniques en obligeant leur description en termes de performances et
d'exigences fonctionnelles plutôt que selon l'un ou l'autre de ces critères. Et
ensuite parce qu'il interdit la description d'une spécification technique en
termes de conception, ce qui pourrait empêcher l'utilisation de places déjà
préparées par des professionnels. Notre quatrième recommandation est à l'effet
de maintenir l'exigence telle qu'on la retrouve dans la LCV, c'est-à-dire de
décrire ces spécifications en termes de performances ou d'exigences
fonctionnelles plutôt qu'en termes de caractéristiques descriptives. Nous
proposons en outre de retirer l'interdiction de rédiger une spécification
technique en termes de conception.
La COMAQ remarque que le libellé des
articles 50, 52, 53 et 65, qui utilise le terme «le contrat est attribué»,
semble plutôt attribuer le contrat plutôt que d'indiquer la règle à respecter
par le conseil lors de l'attribution ou le rejet des soumissions. Nous
proposons de modifier le libellé de ces articles pour essayer plutôt d'une
manière telle qu'ils soient attributifs de discrétion quant à l'attribution des
contrats, soit que le contrat ne peut être attribué qu'aux soumissionnaires en
fonction des critères.
L'effet combiné des articles 62 et 63
de la LCOM est de rendre publics les rapports qui seront ainsi déposés au
conseil en vertu de l'article 63. Ainsi, en exigeant que le secrétaire du
comité de sélection rédige un rapport aussi détaillé que le prévoit
l'article 62, notamment quant au nombre de points qui ont été attribués
pour chacun des critères d'évaluation et en prévoyant que ce rapport soit
déposé au conseil avant que ne soit attribué le contrat, notamment, voilà une
atteinte aux dispositions de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels. Nous suggérons
plutôt de modifier l'article 63 afin qu'il ne soit pas exigé que le
rapport mentionné au troisième alinéa de l'article 62 soit déposé au
conseil.
La disposition de l'article 66
retarde, à la suite de l'ouverture des soumissions, la divulgation pour les
soumissionnaires du facteur variant entre 0 et 50 points. Ce faisant, les
soumissionnaires n'apprennent alors qu'après avoir établi leurs prix et élaboré
leur stratégie d'affaires, quelle est l'intention de l'organisme municipal dans
la pondération de la qualité et du prix dans la note finale. Cela limite
considérablement l'impact de ce facteur sur l'atteinte de l'objectif visé par
l'organisme municipal, soit de prioriser la qualité ou le prix. Nous
recommandons de retirer la dernière phrase du premier alinéa de
l'article 66 afin que les fournisseurs soient en mesure de mesurer d'abord
l'objectif de la ville.
Enfin, les dispositions de
l'article 94 sont substantiellement modifiées par rapport à son
équivalent, soit l'actuel
article 573.3.0.4 de la LCV. En effet, la LCV
prévoit qu'uniquement...
M. Quirion (Patrick) : ...contrat
accordé à la suite d'une demande de soumission qui ne peut être modifiée que si
cette modification est accessoire et ne modifie pas la notion du contrat
original.» En retirant l'expression «accordé à la suite d'une demande de
soumission», l'article 94 avait comme assujetti tous les contrats accordés
par l'organisme municipal, peu importe leur valeur et leur mode d'attribution,
la seule condition préalable de modification contractuelle. Nous recommandons
donc de réintroduire l'expression «accordé à la suite d'une demande de
soumission» dans la rédaction de l'article 94.
Je vous invite enfin à consulter les pages
de nos commentaires importants et de nos commentaires à considérer, qui, nous
le croyons, pourraient bonifier encore la version finale de la
Loi sur les
contrats des organismes municipaux. Ces commentaires sauront également vous
inspirer dans les analyses futures de cette loi.
Quant au
chapitre deux sur les mesures
d'allègement, sachant que la priorité, à court terme, est la
Loi sur les
contrats des organismes municipaux, nous... que nous convenons qu'il s'agit là
d'un début de discussion avec le milieu municipal. Nous souhaitons que le
gouvernement rende permanent ce chantier sur la charge administrative des
municipalités et nous vous assurons de notre collaboration dans cet important
dossier.
Alors, je remercie grandement les membres
de la commission de votre accueil.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup. Nous procédons à une période d'échange. Alors, je pense, c'est
le député de Lac-Saint-Jean qui pose la première question. Oui.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui,
bien, merci. Merci de participer justement au chantier de travail, là,
concernant l'allègement, là, au niveau municipal, mais aussi en matière de...
en matière de gouvernance versus tout le pacte de réciprocité.
Puis ma question va être très
simple : Est-ce que... Est-ce qu'il y a vraiment une avancée majeure, là,
au niveau, là, justement de l'allègement réglementaire pour les municipalités
dans ce projet de loi là?
M. Quirion (Patrick) : En
fait d'allègements réglementaires, il y a plusieurs éléments intéressants qui,
additionnés, font... font quelque chose de majeur, effectivement. Mais il y a
encore, je pense, aussi beaucoup de travail à continuer dans le dossier. Puis
je pense qu'il y a déjà un autre projet de loi qui s'en vient.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui.
Puis, dans le projet de loi aussi, on propose... Bien, vous vous rappelez, dans
le projet de loi n° 62, on avait aussi permis aux organismes publics de
faire affaire aussi, des contrats, puis on parlait public, tout ça. Puis je
veux savoir un peu, là, le lien avec les deux. Tu sais, est-ce que c'est... ça
va être utile? Parce qu'on en parle encore dans ça. Puis avez-vous une idée des
projets, là, justement, qui pourraient être faits, là, en partenariat, là,
public-municipal?
Mme Normandin (Mélanie) : Oui.
Bien, dans le fond, l'intérêt des contrats de partenariat, c'est vraiment le
partage de risques avec l'entrepreneur. Donc, la plupart de nos contrats, que
ce soit des contrats dans des bâtiments existants, par exemple, où on ne
connaît pas nécessairement toutes les conditions, si vous voulez, à l'intérieur
des murs, bien là, à ce moment-là, je pense que, tu sais, c'est... ce type de
contrat là pourrait être intéressant. On a des investissements majeurs au
niveau des usines d'eau potable, au niveau des... du traitement des eaux usées,
tous les bâtiments aussi au niveau culturel puis au niveau des sportifs, c'est
des projets qui pourraient être faits par... avec ce nouveau type de processus
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : C'est
intéressant quand vous parlez des projets sportifs aussi. On sait que ça coûte
assez cher, là, maintenant, là. On parle de toute la... des centres sportifs,
multisportifs aussi, des arénas, donc c'est quelque chose d'intéressant. Puis
justement, en lien avec la construction, parce qu'on mentionne aussi que, lors
des consultations, l'industrie de la construction avait exprimé le souhait que
le milieu municipal améliore, en tout cas de manière générale, les délais de
paiement, ça, c'est... c'est quelque chose qui est... qui était ressorti, là,
au niveau des consultations, dans le mémoire. Puis, tu sais, peut-être nous
expliquer un peu, de façon opérationnelle, justement, tu sais, comment qu'on
pourrait aller plus rapidement dans les délais de paiement des fournisseurs.
C'est... Ça serait quoi, les pistes, exemple, pour accélérer ces délais de
paiement là?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
dans le fond, ce n'est pas nécessairement au niveau de... ni de la LCOM ni de
la
Loi sur les cités et villes qu'on retrouve les mesures qui font que les
délais de paiement sont longs. C'est vraiment dans les pratiques du domaine de
la construction. Donc, c'est avec les devis normalisés, exemple, au niveau du
BNQ qu'on vient déterminer c'est quoi les règles. C'est certain qu'une des
problématiques, là, qui est rencontrée, c'est que, exemple, si on a des
certificats de paiement, donc on a des contrats de plusieurs millions, on a un
certificat de paiement de 500 000 $, puis il y a un litige sur une
partie du certificat de paiement ou il manque une quittance pour un des
sous-traitants, bien, l'ensemble du certificat de paiement est mis en attente
de paiement jusqu'à tant qu'on ait l'entièreté des documents. Alors que sur un
paiement, exemple, de 500 000 $, c'est possible qu'il y ait des
litiges seulement sur 25 000 $. Donc, ça, ça pourrait peut-être être
une piste ou une avenue où est-ce qu'on pourrait libérer une
partie des
paiements à ce niveau-là. Mais je pense que c'est plus au niveau de l'industrie
de la construction, au niveau des devis normalisés, au niveau... Parce que
souvent on travaille avec le BNQ ou avec le CCDG du ministère des... du
ministère des... pas «des Transports» mais du MTQ, donc, à ce moment-là, tu
sais, c'est comme c'est la pratique générale...
Mme Normandin (Mélanie) : ...et
non la
Loi sur les cités et villes qui provoque ces délais au niveau des
retards de paiement.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bien,
merci beaucoup.
Mme Laforest : Merci. Je vais
continuer, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre. Allez-y.
Mme Laforest : Vous... On
propose d'ajouter la définition des contrats dans le domaine de la technologie
de l'information. Vous avez vu? J'aimerais vous entendre à ce sujet-là, parce
que c'était quand même demandé, en général, là. Comment vous voyez ça, vous?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
c'est certain qu'on a comme beaucoup de difficulté à l'appliquer, là, c'est
comme... La seule définition qu'on avait dans la
Loi sur les cités et villes,
on utilisait, dans le fond, la notion de logiciel et progiciel. Donc, à
l'époque, quand que la mesure avait été introduite, on parlait plus, là, tu
sais, d'une application, là, qu'on installait sur les serveurs, puis ensuite on
payait pour une licence perpétuelle pour ce type de logiciel là, puis on avait
des contrats de service. Maintenant, on parle beaucoup d'abonnement, on parle
de... d'infonuagique. Donc, c'est des... On doit payer annuellement pour un
service. Et là c'est comme... la loi n'est pas claire à savoir est-ce que c'est
de l'approvisionnement. Quand on parlait de logiciel, à l'époque, puis de
licence, c'étaient systématiquement des contrats de bien puis, quand on parlait
au niveau des contrats de service, bien là, à ce moment-là, tu sais, c'était
clair est-ce que c'est un contrat de service ou un contrat de bien.
• (14 h 20) •
Solution infonuagique, c'est un... on est
comme dans le néant, on ne sait pas si c'est des contrats de bien ou des
contrats de service. Puis l'impact que ça a, c'est qu'on ne sait pas si...
voyons, l'attestation de l'Autorité des marchés publics est requise ou non.
Donc, c'est là que ça vient comme créer une ambiguïté puis qui fait qu'on a de
la difficulté au niveau de cette interprétation-là. Puis, souvent, c'est
comme... on peut avoir des contrats où est-ce que mon soumissionnaire va être,
exemple, un intégrateur, où ça pourrait être considéré comme un contrat de
service, puis lui, il va comme nous revendre des licences d'une entreprise,
mais son sous-contrat serait un contrat de bien. Donc, si on était capable de
pouvoir le définir clairement, c'est certain qu'au niveau de l'applicabilité
pour l'Autorité des marchés publics, ça nous faciliterait grandement la tâche.
Mme Laforest : C'est bon.
Merci. L'évaluation sérieuse des besoins, parce que c'était quand même demandé,
puis on sait que, pour aller en appels d'offres, ça prend quand même une bonne
évaluation des besoins, ce qui est plus ou moins pratiqué généralement
aujourd'hui partout. Donc, c'est sûr que, nous, ce qu'on disait : C'est
important d'avoir une étude sérieuse des besoins, mais vous avez des
commentaires à ce sujet-là. Pourquoi à ce moment-ci?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
la problématique avec l'évaluation des besoins, c'est qu'on ne précise pas,
dans le fond, le type de contrats et on l'applique à l'ensemble des contrats.
Donc, elle est plus là, la problématique. C'est... C'est autant pour un achat
de 5 $ que pour un appel d'offres de 25 millions. Donc, nous, ce qu'on
recommande, c'est que l'évaluation sérieuse des besoins soit requise pour les
appels d'offres, là, qui requièrent une procédure ouverte. Mais c'est certain
qu'on s'entend qu'en bas de ce montant-là, il y a quand même une évaluation qui
est faite mais selon l'importance, là, des besoins, là.
Mme Laforest : O.K. C'est
bon. Je comprends très bien. Maintenant, on propose de retirer l'interdiction
de rédiger une spécification technique en termes de conception.
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
dans le fond, j'ai regardé qu'est-ce qui était écrit, parce qu'on a repris le
libellé qui est au niveau de l'AECG, donc dans l'accord avec l'Union
européenne, pour ce qui est du devis de performance. Par contre, au niveau de
l'AECG, de la façon que c'est libellé, c'est qu'à l'intérieur du devis
technique, lorsqu'on parle de matériel ou de service, on doit en faire la
description en termes de performance ou de description fonctionnelle et on ne
doit pas, à ce moment-là, faire une description de conception. Mais, quand on
parle de description de conception, c'est vraiment pour les biens matériels
qu'on retrouve à l'intérieur de l'appel d'offres. Mais, si on n'y va pas avec
cette précision-là, bien là, ça nous empêche d'avoir comme un appel d'offres de
construction basé sur de la conception, chose qui... qu'on fait
continuellement, là, lorsqu'on fait des appels d'offres de construction en mode
traditionnel.
Mme Laforest : Je comprends. Vous
êtes assez... C'est très clair. C'est bien expliqué. La divulgation du facteur
variant entre zéro et 50, vous êtes... vous recommandez de retirer cette
phrase-là dans un des premiers alinéas de l'article 66. Le
facteur zéro et 50, pourquoi le retirer à ce moment-ci?
Mme Normandin (Mélanie) : Le
facteur 0-50 nous permet de déterminer, dans le fond, l'importance qu'on
veut donner à la qualité versus le prix. Donc, si... Normalement, on donne la
formule qui va être applicable aux soumissionnaires pour que, lorsqu'ils vont
préparer leur soumission, les soumissionnaires soient en mesure de savoir
est-ce qu'on recherche plus de la qualité ou est-ce qu'on recherche un prix
plus bas. Donc, ça peut avoir un impact sur les choix, exemple, des ingénieurs
qui vont nous proposer. Ça fait que, si on met plus de... plus d'importance au
niveau de la qualité, ils vont nous proposer des gens avec plus d'expérience,
tandis que, si c'est...
Mme Normandin (Mélanie) : ...c'est
un prix qu'on recherche parce qu'exemple on fait juste refaire un resurfaçage
de rue puis on n'a pas besoin d'avoir beaucoup d'expérience. Bien là, à ce
moment-là, ils vont mettre des gens qui ont moins d'expérience puis ils vont
nous soumettre des prix qui vont être plus intéressants. Mais pour pouvoir
déterminer ce niveau-là, ils doivent connaître le facteur en question.
M. Quirion (Patrick) : Et
la proposition est vraiment à l'effet de divulguer le facteur aux différents
soumissionnaires lorsqu'ils feront le travail et non pas après coup, là.
Mme Laforest : O.K. Dans
l'article 4, vous dites d'ajouter l'expression «avec les adaptations
nécessaires» après la phrase «qui remplit l'une des conditions suivantes».
Pourquoi ajouter «les adaptations nécessaires»?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
dans le fond, c'est au niveau de la définition des organismes municipaux, là.
Donc, c'était pour reprendre le libellé qui était présentement au niveau des
lois sur les cités et villes. Si je peux vous donner un exemple, peut-être, le
conseil municipal, mais c'est sûr qu'un organisme municipal qui serait un OBNL,
donc, n'aura pas de conseil. Donc, c'est pour ça que, normalement, pour pouvoir
l'assujettir avec l'ensemble des exigences, normalement, ça serait comme «avec
les adaptations nécessaires» comme on a présentement, là.
Mme Laforest : Merci. Il
y avait l'autre question. Mon collègue a posé la question, mais en même temps,
j'aimerais peut-être qu'on aille plus loin parce que, dans tous les mémoires
qu'on a reçus, l'industrie de la construction dit vraiment qu'on souhaite que
le milieu municipal améliore les délais de paiement. Mais, vous, vous dites à
ce moment-ci, ça va plus au domaine... à l'industrie de la construction, mais
eux disent que ce serait plus pour les municipalités dans l'octroi des
contrats. Donc, pourquoi, vous, vous dites que c'est beaucoup plus la
responsabilité de l'industrie de la construction d'être plus précise? Ou j'ai
mal entendu peut-être.
Mme Normandin (Mélanie) : Dans
le fond, ce n'est pas directement l'industrie de la construction, mais il y a
des devis qui sont normalisés. Donc, dans le fond, c'est comme les règles de
base qui sont utilisées dans la plupart des contrats, on a comme le BNQ pour
tout ce qui est génie civil, puis on a comme le CCDC pour tout ce qui est
bâtiment. C'est à l'intérieur de ces... de ces clauses-là qui sont
standardisées, qu'on vient établir les règles au niveau du paiement. Donc, les
gens réutilisent cette fonction-là puis, dans le fond, tant et aussi longtemps
que tous les documents n'ont pas été fournis par l'entrepreneur, les gens
peuvent faire des dénonciations de contrat. Donc, si quelqu'un dénonce son
contrat, bien, à ce moment-là, je n'ai pas le droit de payer l'entrepreneur
tant et aussi longtemps que le sous-traitant ne me confirme pas par écrit qu'il
a reçu le paiement de ces honoraires-là. Donc, l'entrepreneur a l'obligation de
financer tous les sous-traitants et, tant et aussi longtemps qu'il n'a pas reçu
tous les documents, bien, lui, il ne peut pas être payé de son côté. Ça fait
que c'est certain que ça prend, excusez l'expression anglaise, là, un
«cashflow» important au niveau des entrepreneurs pour être capable de pouvoir
assumer ce type de contrat là.
M. Quirion (Patrick) : C'est
sûr, il y a beaucoup de... dont les traitements des quittances des
sous-traitants, mais également les preuves de règles... comme quoi ils sont en
règle avec la CNESST et avec Revenu Québec. Donc, il y a un paquet d'éléments à
fournir que les entrepreneurs doivent faire pour pouvoir être payés. Et ça,
c'est basé sur toutes les protections juridiques qu'on se met en place pour,
un, protéger la municipalité qui ne veut pas être obligée de payer, par
exemple, la CNESST à la place de l'entrepreneur payer le sous-traitant à la
place de l'entrepreneur. Donc, c'est un peu toutes ces protections-là qu'il y
a, mais qui font un cadre qui vienne étirer le temps, là.
Mme Laforest : Merci.
Juste une question en terminant, parce qu'en fait, la Corporation des officiers
municipaux agréés du Québec, est-ce qu'on avait déjà eu une demande dans les
années précédentes, là, je vais en dehors du projet de loi, pour un changement
de nom? Est-ce que ça avait... Non? O.K. O.K. Parce qu'il me semble qu'on avait
dit, les officiers municipaux, qu'on pourrait...
Mme Faucher (Julie) : Je
suis là depuis 24 ans.
Mme Laforest : O.K.
Mme Faucher (Julie) : Bien,
si vous nous dites qu'on peut garder notre projet de loi privé, celui dont on
bénéficie depuis 57 ans. Mais on est nés à la suite de l'adoption d'un
projet de loi privé de l'Assemblée nationale, et l'appellation, dans ce
temps-là, c'était officiers municipaux agréés.
Mme Laforest : C'est ça.
C'est ça, mais, moi, on m'avait dit que ça se peut qu'il y ait une demande pour
un changement de nom, mais bien... C'est bien, vous me le précisez, c'est
clair, là. Moi, je n'aurais pas d'autre question, M. le Président. Merci. Merci
à vous quatre, M. Quirion, Mme Normandin, Mme Faucher et
Me Fradette. Merci beaucoup.
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci. Nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle avec la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M.
le Président. Merci à vous quatre pour votre présentation et pour votre
mémoire. Vous avez des recommandations très précises, puis dans le cadre de vos
échanges avec mon collègue le député de Lac-Saint-Jean et la...
Mme Setlakwe : ...vous êtes
allés en détail. Puis on pourra y revenir, mais je pense qu'on a couvert quand
même plusieurs de vos recommandations. Mais j'aurais des questions plus d'ordre
général pour que vous puissiez illustrer, là, vos propos par des exemples, tu
sais, pour les... le bénéfice de la commission et des gens qui nous écoutent.
Puis moi, j'ai oeuvré dans le domaine
municipal aussi comme conseillère. Je sais qu'au fil des ans la réalité a
changé, il y a beaucoup de responsabilités sur la charge des municipalités, il
y a... les dossiers se complexifient. Il faut qu'on ait des processus aussi
d'attribution de contrats qui se modernisent, qui se simplifient. Quels sont...
donc, ma question générale, c'est : Quels sont les plus grands irritants
qui sont... auxquels vous êtes confrontés? Puis, tu sais, pour démontrer que
c'est au bénéfice de la population aussi, de venir alléger ces processus. Sans parler
techniquement, là, des recommandations, quels sont les irritants qui sont
rencontrés? Puis en quoi donc ce qu'on propose dans le projet de loi va venir
bénéficier la population?
• (14 h 30) •
Mme Normandin (Mélanie) : C'est
certain que... Je vous dirais, là, moi, ça fait une quinzaine d'années à peu
près que je suis dans le monde municipal, il y a eu énormément de changements
qui ont eu lieu. Dans les irritants, c'est sûr qu'on peut retrouver toutes les
obligations qui sont applicables sur des contrats inférieurs au seuil d'appels
d'offres publics. C'est difficile à mettre en application parce que, je vais
vous donner un exemple, là, tu sais, à la ville de Longueuil, on est
3 000 employés, c'est sûr que ce qui passe, tout ce qui est à partir
de 25 000 $, puis c'est comme ça dans plusieurs municipalités, va
passer par le service de l'approvisionnement, ça fait que, pour nous, tu sais,
c'est normal puis c'est facile de faire des validations, mais, par contre, là,
c'est comme à chaque fois qu'on fait des achats, que ce soit aux travaux
publics, aux loisirs, aux... pour des bâtiments, d'avoir à faire les
validations sur... sur l'ensemble des contrats, ça vient alourdir énormément,
là. Donc là, ici, on parle, là, exemple, de l'OQLF, là, la validation, là,
c'est normalement, là, c'est comme à chaque fois qu'on fait un achat, on
devrait demander : Vous avez combien employé au Québec? Une fois qu'on
sait combien que la personne a d'employés, dépendamment si c'est plus ou moins
que 50, il faut aller faire une validation pour savoir s'il a son certificat,
s'il n'a pas son certificat de francisation, bien là, à ce moment-là, il faut
faire d'autres validations, ça fait que c'est une lourdeur. L'attestation de
l'AMP qui est requise aussi, qui a été rajoutée, il y aurait des moyens de
simplifier ce type d'attestation là. Si les gens peuvent aller s'enregistrer
directement sur le site de l'Autorité des marchés publics pour aller confirmer
qu'ils respectent, dans le fond, les articles, là, de la LCOP, là, parce que c'est
un petit peu ça, l'attestation d'intégrité qui est demandée, mais là, à ce
moment-là, ils pourraient comme juste simplement nous donner la confirmation
comme quoi qu'ils se sont inscrits, et l'AMP aurait la possibilité, à ce
moment-là, de pouvoir voir qui sont les contractants avec les municipalités. Ça
fait que, ça, ça pourrait peut-être être un allègement, là, qui pourrait être
intéressant, là, puis ça viendrait faciliter le travail de notre côté, parce
que je dois vous avouer que c'est extrêmement difficile, à chaque fois qu'on
fait un bon de commande, de demander aux gens de nous fournir une attestation
d'intégrité, là. Donc, en théorie, on parle avec une commis qui passe une... tu
sais, on appelle pour faire un bon de commande, cette personne-là, elle n'a pas
l'autorité de signer cette attestation là, donc, dans le fond, elle n'a aucune
valeur puis elle ne peut pas confirmer, là, la personne qui est au bureau de
commande, si oui ou non ils respectent. Donc, c'est vraiment... Ça, ça fait
partie des lourdeurs. Tout le processus de plainte, aussi, si on le met en bas
du seuil d'appels d'offres publics. Les contraintes au niveau des
modifications, ça aussi, ça a des impacts.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que vous avez des exemples de dossiers ou de... qui n'ont pas été menés à terme
ou, tu sais, dans le cadre d'un processus de soumission? Parce que, justement,
et vous manquez d'outils, on essaie d'illustrer, là, que ce soit des... par le
biais des contrats de partenariat. Vous avez donné des exemples. Ça peut être
les contrats de gré à gré qui vont vous permettre d'aller plus rapidement
déployer des projets ou faire des acquisitions pour le bénéfice de la
population.
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
on a des problématiques, exemple, là, c'est... si on veut faire l'acquisition
d'une dizaine de véhicules électriques, on tombe au-dessus des seuils d'appels
d'offres publics. Et honnêtement, les concessionnaires automobiles, ils n'ont
pas de difficulté à vendre les... l'inventaire de véhicules électriques qu'ils
ont, donc ils ne sont pas intéressés à remplir l'ensemble de la documentation
qui vient avec. Donc, on n'a pas de soumissionnaire quand on va en appels
d'offres et on a l'obligation d'aller en appel d'offres pour ce genre de projet
là. Donc, ça, ça peut être une problématique.
Une autre problématique qu'on a eu
dernièrement, systèmes informatiques, où est-ce qu'on vient changer les
exigences au niveau des appels pour le 9-1-1, l'ensemble des municipalités qui
ont un service de 9-1-1 sont parties en appels d'offres en même temps, il y en
a deux joueurs sur le marché, donc ils n'étaient pas en mesure de répondre aux
soumissions, ils ne sont pas capables d'être capables de faire l'implantation
dans les délais qui sont impartis. Ça, c'est une des problématiques qu'on vit.
Là, on parlait de contrat de partenariat,
c'est sûr que c'est important de bien l'attacher également avec les programmes
de subvention...
Haut de la page
14 h 30 (version non révisé
e) Mme Normandin (Mélanie) : ...parce
que, des fois, on a comme des exigences dans les programmes de subvention qui
fait qu'on ne peut pas utiliser n'importe quel type de processus d'acquisition.
Donc, ça aussi, c'est important, là, de faire un lien à ce niveau-là. Ça fait
que, par exemple, s'il faut faire un concours d'architecture puis qu'on est
obligé de respecter les règles de la LCOP, donc, tu sais, c'est... Ou des fois
on est obligé d'y aller en mode traditionnel, on nous impose le mode
traditionnel alors qu'on pourrait faire un contrat de partenariat. Ça fait que
ça, c'est sûr que c'est important de bien l'attacher à ce niveau-là aussi.
Mme Setlakwe : Merci.
Est-ce que... Est-ce que, parfois, vous avez des... vous avez l'impression qu'on
allège à un endroit, peut-être, puis on... On salue, là, les efforts, là, de la
ministre et de son ministère, mais est-ce que, parfois, c'est dans le cadre...
c'est d'autres ministères qui viennent alourdir la tâche des municipalités de
façon peut-être exagérée, selon vous?
Mme Normandin (Mélanie) : Est-ce
que c'est exagéré? Je ne suis pas en mesure de pouvoir...
Mme Setlakwe : Non, ce n'est
pas... Je n'ai peut-être pas le bon... Non, ce n'est peut-être pas le bon
terme, mais est-ce que parfois vous avez l'impression qu'il y a des... il y a
des exigences qui peuvent venir, peut-être, d'un autre ministère, qui vous
semble superflues ou qui peuvent... qui retardent les projets?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
je vous dirais, des fois, que c'est plus sur... sur le type de contrat sur
lequel ça s'applique que ça devient comme complexe, là, tu sais. C'est quand on
dit qu'on doit faire la validation sur chacun des contrats, tu sais, il faut
comprendre qu'un contrat, là, dans le fond, là, c'est comme, c'est n'importe
quel achat, là. Donc, c'est... c'est quand on prend cette terminologie-là, ça a
un impact majeur sur nos opérations. Quand c'est juste de rajouter un
formulaire à l'intérieur de nos formulaires pour les appels d'offres,
normalement, tu sais, c'est... Bon, ça vient alourdir le processus, mais c'est
quand même facile à gérer, contrairement aux autres processus.
M. Fradette (Pier-Olivier) :
Bien, je trouve que... Pour répondre à votre question, Mme, pour vous
donner un exemple, là, l'avènement de l'exigence de l'OQLF en 2022, je pense,
ou 2023, vient d'un autre ministère et est venu vraiment jouer contre les
mesures d'allègement dans le domaine municipal. Et ça, ça s'applique à l'ensemble
des contrats, peu importe leur valeur. Et dans les municipalités où on a peu de
personnel pour vérifier ces choses-là, c'est vraiment un coup dans les jambes,
là, qui ralentit beaucoup le processus et qui alourdit considérablement le
fardeau.
Mme Setlakwe : Et on
peut penser que le fardeau est d'autant plus lourd dans des petites
municipalités. Là, vous venez devant vous... Mme Normandin, vous êtes à
Longueuil avec des milliers d'employés, mais les plus petites municipalités
sont d'autant plus alourdies, là, et voient leur fardeau alourdi. Puis parlez-nous
donc un peu de cette... ce manque de personnel. Qu'est-ce que vous entendez sur
le terrain? Est-ce qu'il y a des... Il y a donc des employés municipaux qui...
dont les tâches sont multipliées et qui, finalement, peut-être, doivent
délaisser les services aux citoyens?
Mme Normandin (Mélanie) : C'est
certain que... Tu sais, on a... On a souligné, là, l'élimination du rapport,
là, le 477.3 de la
Loi sur les cités et villes. C'est les contrats... C'est une
reddition de compte mensuelle qui est à faire pour tous les contrats de plus
que 2 000 $, qui totalisent plus que 25 000 $.
Personnellement, à la ville de Longueuil, j'avais une ressource qui devait
travailler trois semaines par mois à réussir à aller chercher les transactions,
parce que c'est un rapport qui est extrêmement complexe puis qu'on n'a pas
réussi à automatiser dans nos systèmes financiers. Donc, tu sais, c'est... Ça,
c'est un genre de reddition de comptes, là, qui est extrêmement lourde de notre
côté. Mais, dans les petites municipalités...
M. Quirion (Patrick) : ...c'est
juste qu'on a retrouvé le greffier trésorier, qui joue également, qui fait les
finances, qui fait le greffe juridique, qui fait un peu d'urbanisme, qui donne
des permis. Donc, cette même personne-là, c'est cette même personne-là qui fait
les validations à l'OQLF, les validations avec les différents fournisseurs, les
validations de la RBQ, pour les chiens dans le... c'est ça. Donc, c'est la même
personne, ils sont trois dans l'hôtel de ville, dans la municipalité. Donc, c'est
certain que c'est une réalité qui est très difficile pour ces gens-là.
Mme Setlakwe : ...c'est
exactement ce genre d'exemple que vous... On est... On apprécie beaucoup que
vous puissiez mettre de l'avant, là, ces problématiques, ces réalités. Est-ce
qu'il y a d'autres éléments? Votre mémoire est vraiment bien structurée et puis
Mme la ministre vous a questionné sur, je pense, presque toutes les
recommandations. Est-ce qu'il y en a... il y en a quelques-unes sur lesquelles
vous aimeriez élaborer, qui n'ont pas déjà été couvertes par des questions? On
vous laisse le plancher. Il me reste un peu de temps. M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Il reste du temps.
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
c'est certain qu'on n'a pas parlé beaucoup de l'article 33. Je pense que,
dans le fond, toutes les personnes qui sont venues à la commission en parlent,
là, au niveau des exceptions. Il y a une avancée intéressante, là, tu sais, au
niveau des exceptions pour l'octroi des contrats de gré à gré avec les,
premièrement l'exception au niveau de la confidentialité. Donc, on avait
effectivement des problématiques à ce niveau-là. Des fois, ça devient... Tu
sais, on a des...
Mme Normandin (Mélanie) : ...des
données qui sont confidentielles. Je peux vous donner un exemple. Quand on fait
la construction d'un poste de police, on n'a pas nécessairement de... envie de
mettre les plans détaillés du poste de police en ligne, publics, disponibles à
tous. Donc, ça, ça peut être un exemple, là. Donc, oui, on va faire un appel
d'offres public pour aller chercher des entrepreneurs, mais on ne veut pas
nécessairement donner les plans détaillés.
Au niveau des exceptions, là, c'est
comme... dans le fond, je ne sais pas si on l'a bien compris, il y a une exception
qui dit : ne dessert pas l'intérêt public. Est-ce que ça veut dire que les
anciennes exceptions vont être transigées via cette exception-là? Si c'est le
cas, on se posait la question, parce qu'on apprécie cet ajout-là au niveau
de... des exceptions pour le gré à gré, mais on doit faire un avis d'intention,
puis on se posait la question : Si ça ne dessert pas l'intérêt public de
faire un appel d'offres public, en quoi l'avis d'intention où on demande aux
gens de se manifester devient comme pertinent à ce moment-là? Donc... Ça fait
que ça, on se posait la question à ce niveau-là.
• (14 h 40) •
C'est certain qu'on avait une exception au
niveau des compagnies d'utilité publique. On fait des travaux, on doit déplacer
des poteaux d'Hydro-Québec, bien, le contrat va être octroyé directement à
Hydro-Québec pour le déplacement des poteaux, directement à Bell, Vidéotron,
Gaz Métropolitain. Ça, cette exception-là, elle n'est plus là.
Au niveau des logiciels, c'est sûr que ça
va avoir des impacts importants si l'exception n'est pas là. Donc, quand on
fait l'implantation d'un logiciel, c'est coûteux, ça prend des années. Puis
normalement, tant et aussi longtemps que nos besoins ne changent pas puis que
le logiciel continue à répondre à nos besoins, l'objectif n'est pas de refaire
une implantation. Ça fait que ça, c'est une exception importante aussi.
On a retiré les biens culturels. Ça fait
que normalement, là, il y avait comme tous les achats de livres à la
bibliothèque, là, qu'on utilisait cette exception-là. Donc, maintenant, on
parle juste d'artistique. Peut-être que ça va venir couvrir aussi, là, mais on
était comme... ce n'était peut-être juste pas clair pour nous.
Le transport de la neige avec le poste de
camionnage en vrac aussi, c'est une exception qui est importante pour nous, là,
qui n'a pas été reprise au niveau des exceptions.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres
questions? Non? Ça va? Parfait. Alors, c'est ce qui met fin à notre échange.
Alors, je vous remercie pour votre apport à la commission.
Nous suspendons quelques instants afin
d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 14 h 42)
(Reprise à 14 h 47)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, j'accueille l'Association de la construction
du Québec. Bonjour à vous quatre... ou cinq, là, je vois une autre personne
derrière, alors on n'est pas certain mais bonjour à vous cinq. Vous avez
10 minutes pour faire votre présentation et puis aussi vous présenter
aussi vous-même à tour de rôle. Alors, je vous laisse la parole.
M. Laurendeau (Martin) : Merci.
Merci, M. le Président. Mme la ministre, Mesdames et Messieurs les députés,
membres de la commission, je me présente, Martin Laurendeau, je suis membre du
conseil d'administration de l'Association de la construction du Québec, mais je
suis d'abord et avant tout un entrepreneur général copropriétaire de Comco
Construction, une entreprise établie à Sherbrooke depuis plus de 25 ans.
Je fais affaire avec plusieurs municipalités, petites et grandes au quotidien.
Je suis accompagné aujourd'hui de Félix Rhéaume, directeur des Affaires
publiques et gouvernementales, de Me Christina Argento, avocate à la direction
des affaires juridiques de l'ACQ, de même que Steve Boulanger, directeur
général de la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec.
Steve est ici à
titre de porte-parole de la Coalition contre les retards de
paiement dans l'industrie de la construction.
J'aimerais débuter en vous remerciant de
l'opportunité qui nous est offerte de partager notre point de vue de l'ACQ et
du milieu de la construction concernant le projet de loi n° 79. Pour ceux
qui sont moins familiers avec notre association, l'ACQ est un réseau de
10 associations régionales implantées dans 17 villes au Québec. Nous
sommes l'agent patronal négociateur pour les secteurs institutionnel,
commercial et industriel et, à ce titre, nous représentons plus de
20 000 entrepreneurs qui oeuvrent dans toutes les régions du Québec.
Selon les chiffres du ministère, il s'est
octroyé 21 000 contrats de plus de 25 000 $ l'année
dernière dans le monde municipal, totalisant 17,6 milliards de
dollars. De ce nombre, près du tiers représentent des contrats de construction.
On parle notamment des travaux pour les usines de traitement des eaux, les
hôtels de ville, les casernes de pompiers ainsi que toutes les institutions
publiques municipales. C'est pour vous dire à quel point nous accordons de
l'importance au projet de loi n° 79, qui vise notamment à simplifier le
régime contractuel. Pour le vivre quotidiennement, je peux témoigner...
M. Laurendeau (Martin) : ...que
les conditions générales d'un document d'appel d'offres pour un contrat
municipal va fréquemment dépassé la centaine de pages et va varier
considérablement d'un appel d'offres à un autre.
Les recommandations que nous vous
soumettrons visent notamment à simplifier et à uniformiser le processus de
soumissions et la gestion contractuelle. Le but est certes de faciliter le
travail des entrepreneurs, mais également de faire croître l'attractivité des
projets municipaux. L'harmonisation des documents d'appel d'offres et des
clauses contractuelles aurait plusieurs bénéfices. Premièrement, elle
permettrait aux soumissionnaires de préparer des soumissions plus précises.
Deuxièmement, elle permettrait d'élargir le bassin de soumissionnaires. Donc,
ultimement, cela ferait bénéficier aux organismes municipaux de meilleurs prix
et permettrait à tous les contribuables de réaliser des économies.
Je vais maintenant céder la parole à Félix
Rhéaume, directeur des affaires publiques et gouvernementales de l'ACQ.
• (14 h 50) •
M. Rhéaume (Félix) : Merci,
Martin. Donc, à mon tour de vous saluer, M. le Président, Mme la ministre ainsi
que tous les membres de la commission. D'emblée, l'Association de la
construction du Québec souhaite souligner qu'elle adhère aux objectifs et aux
principes du projet de loi n° 79, qui vont dans le même sens que les
revendications de l'industrie de la construction qui souhaitent voir des
processus plus efficaces et mieux adaptés aux réalités des entrepreneurs.
Rappelons que l'ACQ avait également soutenu les principes du projet de loi
n° 62 qui visaient à offrir davantage d'agilité dans la réalisation des
projets d'infrastructure. Le projet de loi n° 79 s'inscrit dans cette même
lignée en introduisant de nouveaux modes d'octroi de contrats. L'ACQ appuie
également sans réserve les mesures du projet de loi qui visent à accélérer la
construction de logements en donnant davantage de pouvoirs aux municipalités.
Je vais maintenant faire un bref survol de
nos recommandations qui visent à bonifier le projet de loi, avec toujours en
tête l'objectif de favoriser l'efficacité, l'uniformité et l'équité.
L'industrie de la construction joue un
rôle déterminant dans le développement de nos collectivités. Pour que ce rôle
s'exerce pleinement, il est crucial que les règles encadrant les appels
d'offres et l'exécution des contrats reflètent des standards élevés de transparence.
Le projet de loi pourrait être amélioré par des ajustements visant à harmoniser
les pratiques et instaurer des mécanismes de contrôle plus rigoureux. Il est
essentiel d'assurer une plus grande uniformité dans la gestion des contrats
municipaux. Comme l'a mentionné Martin, les disparités actuelles entre les
différents organismes municipaux entraînent une complexité inutile. Le manque
de cohérence fait en sorte qu'il est difficile pour un entrepreneur de naviguer
entre les exigences applicables d'une municipalité à l'autre, ce qui peut même
aller jusqu'à les dissuader de soumissionner. À cet égard, l'ACQ préconise
l'adoption de règlements-cadres unifiés et élaborés en collaboration avec les
parties prenantes, y compris, bien évidemment, les villes et les municipalités.
Ces règlements standardisés permettraient de clarifier et rendre prévisibles
les exigences et d'éviter les malentendus.
La transparence et l'équité dans les
processus d'appel d'offres doivent également être renforcées. Il est impératif que
tous les soumissionnaires aient accès aux mêmes informations de façon uniforme,
notamment lorsque des précisions techniques ou financières sont apportées en
cours de processus. Cette approche garantirait une concurrence juste et
empêcherait tout avantage indu. De plus, nous croyons qu'un mécanisme
indépendant d'analyse des soumissions, notamment pour les prix anormalement
bas, offrirait une protection additionnelle contre des pratiques déloyales,
tout en augmentant la traçabilité des décisions.
Un autre aspect fondamental selon nous est
l'évaluation de la performance des entreprises. Ce processus, bien que
nécessaire pour garantir la qualité des services, doit être basé sur des
critères objectifs et transparents. L'association insiste sur l'importance de
confier cette évaluation à un tiers neutre, avec la possibilité pour les
entreprises de contester ces évaluations de rendement. Ce mécanisme assurerait
non seulement l'équité, mais aussi la confiance des entrepreneurs envers le
système.
Enfin, nous voulons souligner l'importance
d'un dialogue constructif entre toutes les parties prenantes. Les défis
opérationnels et administratifs propres aux contrats de partenariat, par
exemple, nécessitent une collaboration étroite pour identifier et mettre en
œuvre des solutions adaptées. La mise sur pied d'un groupe de travail
regroupant les organismes municipaux, les entrepreneurs et les représentants
gouvernementaux pourrait offrir une plateforme pour surmonter ces défis de
manière concertée. Une approche graduelle et un accompagnement,
particulièrement pour les plus petites municipalités, nous apparaissent comme
la façon la plus efficace de garantir le succès de ces contrats de partenariat.
L'ensemble de ces propositions s'inscrit
dans une vision claire, celle d'une industrie de la construction qui évolue
dans un cadre réglementaire équitable et prévisible. Nous croyons fermement que
des pratiques standardisées, des mécanismes de contrôle renforcé et une
collaboration accrue entre les parties prenantes sont la clé pour atteindre cet
objectif. Je l'ai mentionné d'entrée de jeu, nous saluons le projet de loi
no 79. Nos recommandations visent à bonifier un texte législatif qui va
déjà dans la bonne direction. La prévisibilité est un élément essentiel,
tant...
M. Rhéaume (Félix) : ...pour
les organismes municipaux que pour les entrepreneurs au moment de soumissionner
ainsi que dans l'exécution des travaux. C'est pourquoi nous soulignons qu'il
manque un élément majeur au texte du projet de loi n° 79 et qu'il s'agit d'une
occasion incontournable d'introduire des dispositions pour encadrer les délais
de paiement des organismes municipaux envers les entreprises de construction.
Depuis de nombreuses années, l'ACQ est
membre de la Coalition contre les retards de paiement pour s'attaquer à cet
enjeu. Pour vous en dire plus sur cette question cruciale pour l'attractivité
des contrats des organismes municipaux, je cède maintenant la parole à Steve
Boulanger, porte-parole de la coalition.
M. Boulanger (Steve) : Merci.
Il est important pour la coalition de pouvoir participer aujourd'hui aux
consultations particulières entourant le projet de loi dans le but de faire une
seule recommandation, mais ô combien importante pour les entrepreneurs et le
monde municipal, celle d'introduire dans le projet de loi des mesures qui
encadrent le paiement aux entrepreneurs et le règlement rapide des différends
pour les contrats municipaux. C'est une proposition qui est fondamentale pour
la survie de plusieurs petites entreprises qui constituent le tissu de la
construction, qui est également au... et leur permettre d'accéder aux marchés
publics municipaux, à l'avantage des organismes municipaux et, ultimement, du
public.
Vous avez plusieurs données dans le
mémoire, mais, en 2021, une étude qui a été conduite par Raymond Chabot Grant
Thornton pour mesurer le niveau d'intérêt des entrepreneurs envers les marchés
publics révélait que les municipalités figuraient au premier rang des donneurs
d'ouvrage pour qui l'intérêt des entrepreneurs à soumissionner a le plus
diminué. La raison première? Les délais de paiement. En 2023, l'Union des
municipalités du Québec conduisait elle aussi une étude pour mesurer l'impact
des prix de la construction dans le milieu municipal, et, parmi les pistes de
solution de cette étude de l'UMQ, on retrouve : raccourcir les délais de
paiement.
Donc, force est de constater qu'il faut
agir, et on a l'occasion en or de le faire par le projet de loi n° 79, que vous
êtes à étudier présentement. Donc, on recommande d'introduire dans le projet de
loi des dispositions qui vont encadrer un calendrier de paiement aux
entrepreneurs et un mécanisme de règlement des différends qui est efficace et
rapide, comme le gouvernement l'a fait dans la
Loi sur les contrats des
organismes publics avec l'introduction du
chapitre 5.2 par le projet de loi n°
12 en 2022. Donc, la loi met le cadre de certaines dispositions qui pourront
être détaillées, dont les modalités pourront être détaillées par la suite dans
un projet de règlement. Et ce règlement-là devrait être, à notre avis,
provincial, unique, d'ordre public, applicable à l'ensemble des organismes
municipaux pour fins de cohérence, d'uniformité et de facilité d'utilisation.
Donc, la coalition a une expertise dans le
domaine des délais de paiement. On offre toute notre collaboration pour
bonifier le projet de loi et l'éventuel règlement en ce sens. Et on pense qu'il
faut vraiment saisir l'occasion qui nous est offerte pour permettre aux
municipalités, elles aussi, d'avoir l'opportunité de posséder un outil concret
pour améliorer la gestion contractuelle. Et ça passe par l'introduction de
mesures de paiement rapide dans la LCOM. Merci beaucoup pour votre attention.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, vous êtes pile-poil dans le temps. Alors, nous allons procéder
à une période d'échange avec la ministre ou député de... Non, la ministre?
Parfait.
Mme Laforest : Bien, je peux
commencer. Ensuite...
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
avez la parole.
Mme Laforest : O.K. Bien, je
vais vous... je vais prendre tout de suite la balle au bond, parce que vous
parlez des délais de paiement. Vous n'êtes pas les seuls à en avoir parlé. Sauf
que, vous le savez, là, dans les municipalités, le conseil municipal est... en
général, est, oui, obligatoirement une fois par mois. Mais, à ce moment-ci,
vous dites : soit former un comité, soit former... faire un nouveau
règlement. Mais, à ce moment-ci, est-ce que vous n'auriez pas un montant
minimum? Parce que, exemple, des projets de trois, quatre, cinq, 10 millions,
ça passe une fois par mois au conseil municipal. Je donne ça comme exemple.
Mais, pour des montants, auriez-vous une échelle ou encore un montant maximum
pour dire : À partir de ce montant-là, on comprend que ça peut prendre un
peu plus de temps? Avez-vous évalué certains contrats que vous avez dans les
municipalités puis qu'il y a un montant qui pourrait dire : O.K. En bas de
ce montant-là, ça devrait être plus rapide?
M. Boulanger (Steve) : Ça
devrait... On... C'est quelque chose qu'on voudrait regarder, effectivement. On
est plus au niveau de loi-cadre, d'introduction de mécanismes dans la loi pour
nous permettre ensuite de détailler par règlement. Mais je vous donne un
exemple. On est en train de travailler présentement avec le secrétariat du
Conseil du trésor pour les contrats publics, puis il y a deux éléments qui sont
venus en jeu de part et d'autre pour satisfaire la volonté du gouvernement puis
les réalités des donneurs d'ouvrage et des entrepreneurs. Donc, il va y
avoir... ce qu'on prévoit, c'est une entrée en vigueur progressive avec des
plafonds contractuels au niveau des montants puis également des contrats de
plus courte durée auxquels le règlement ne pourrait... pourrait ne pas
s'appliquer, par exemple un court contrat qui pourrait s'effectuer à
l'intérieur de quelques semaines uniquement. Donc, je pense que c'est à
travailler avec les municipalités. Et, oui, il va falloir...
M. Boulanger (Steve) : ...tenir
compte de la particularité des mécanismes municipaux pour débourser. Mais je
pense qu'il y a vraiment un travail à faire là. Et le chemin est déjà tracé, je
pense, avec ce que le gouvernement veut faire au niveau des organismes publics.
Mme Laforest : D'accord. Mais
vous n'avez pas, par exemple, un secteur d'activités que vous pourriez
dire : Ça, c'est, exemple, des montants, que ça devrait passer beaucoup
plus rapidement, parce que c'est des... je ne sais pas, là, on pense à
l'entretien ou encore quelque chose comme ça. Mais je pensais que vous aviez
peut-être un maximum de montant pour dire ou un minimum. O.K..
• (15 heures) •
Bon. Dans votre mémoire... j'aimerais vous
entendre parce qu'on parle énormément de conclure des contrats de partenariat
avec... comme avec le p.l. 62. Puis est ce que vous pensez que les
contrats de partenariat avec les entreprises, parce que moi, je me dis :
Ça vient vraiment favoriser des beaux projets avec les entreprises, avec les
municipalités. J'imagine, c'est bien accueilli?
M. Rhéaume (Félix) : Oui,
tout à fait. Alors, un petit peu comme on l'avait fait dans le cadre du projet
loi 62, on accueille ça très favorablement. On pense effectivement que
c'est... ça apporte quelque chose de supplémentaire au niveau de la flexibilité
dans le cadre de la réalisation des différents... différents projets. Donc, ça
ouvre différentes possibilités. Évidemment, on croit qu'il faut y aller de
façon graduelle, c'est-à-dire que les contrats de partenariat, ce n'est pas
nécessairement pour tous les types de projets, p