Transportation and the Environment — 25 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2014-06-25
Quebec — Committees
Pour atteindre
l'équilibre budgétaire selon l'échéancier fixé, nous avons annoncé que la
grande majorité des efforts nécessaires pour redresser les finances publiques
seront effectués par le gouvernement. Les ministères, les organismes et les sociétés d'État devront donc
mieux contrôler leurs dépenses. Pour ce faire, les pouvoirs de
gouvernance seront renforcés, et le gouvernement se dotera de meilleurs
mécanismes de contrôle et de gestion accompagnés d'un processus de reddition de
comptes rigoureux.
C'est donc une réalité
avec laquelle le ministère des Transports et les organismes relevant de ma
juridiction devront composer. Le Fonds des
réseaux de transport terrestre sera également mis à contribution afin de
contribuer à l'effort budgétaire. Dans un premier temps, le FORT devra
réduire ses dépenses d'un montant équivalent à des gains de productivité représentant 2 % de la masse
salariale de même qu'à la réduction de 3 % de ses dépenses de
fonctionnement. Dans un deuxième temps, le gouvernement demandera un effort
additionnel au FORT qui devra se traduire par une diminution de ses dépenses.
Mes collègues le ministre des Finances et le président du Conseil du trésor
définiront les modalités d'application ainsi que le rendement escompté pour le
FORT.
L'effort de
réduction des dépenses interpelle tout particulièrement le ministère des
Transports à
titre de plus grand donneur
d'ouvrage au Québec. Le défi auquel nous devons faire face consiste à continuer
d'investir dans les infrastructures dans
un contexte de contrôle de la dette et en respectant toujours la capacité de
payer des Québécois. Pour relever ce défi, nous allons procéder à une
révision du cadre de gestion des infrastructures en nous appuyant sur deux
principes, soit baser les investissements
sur des critères de priorisation établis par le Conseil des ministres, adopter
un mode de gestion rigoureux et
transparent appliqué spécifiquement aux grands projets. Ces grands projets sont
essentiellement contenus au PQI 2014-2024. L'objectif que nous
poursuivons avec ce plan est de maintenir la sécurité et la qualité du réseau
routier québécois ainsi que des infrastructures tout en contribuant à la
relance économique, à la création d'emplois.
En ce qui me concerne, une économie moderne est
indissociable d'infrastructures de qualité. Cet effort de modernisation prévu
au programme québécois des infrastructures facilitera à la fois les
déplacements des citoyens et des
travailleurs de même que les échanges commerciaux entre les entreprises. Nous
allons assujettir les investissements à un processus décisionnel efficace ainsi qu'à un contrôle des coûts
rigoureux. C'est de cette façon que les Québécois seront assurés qu'ils
paient le juste prix pour les infrastructures. Au total, le Plan québécois des
infrastructures 2014-2024 prévoit des
investissements de quelque 90 milliards au cours de 10 prochaines années.
Le tiers de ce montant, 30 milliards, sera destiné au secteur des transports, 20,4 milliards seront
consacrés plus spécifiquement au secteur routier, 7,6 milliards iront aux transports collectifs et
2 milliards aux autres modes de transport. Le Programme québécois
d'infrastructures couvre un intervalle de
planification qui s'échelonne sur une période de 10 ans. Cet outil nécessite
donc une actualisation périodique pour tenir compte de l'évolution de la
situation et surtout des besoins.
Parmi les
principaux projets à l'étude ou en cours de réalisation, il y a le remplacement
de l'échangeur Turcot dont les étapes
progressent selon le calendrier prévu. Une fois lancé, ce projet sera l'un des
plus grands chantiers routiers de l'histoire
du Québec. Comme vous le savez sans doute, les défis entourant l'échangeur
Turcot sont nombreux et complexes. Il est essentiel de planifier
adéquatement ce projet avec la plus grande rigueur afin qu'il se réalise selon
les budgets et les échéanciers prévus tout en minimisant les entraves à la
circulation pour que les citoyens, par des mesures de mitigation... soient
adéquates.
À plus court terme, cependant, ce sont surtout les
travaux routiers et la programmation des principaux projets 2014-2016 que j'ai annoncés à la mi-juin qui
retiendront notre attention. Ainsi, malgré un contexte financier qui,
comme je le mentionnais, comporte son lot de
défis, ce sont près de 4,9 milliards qui seront investis sur le réseau
routier québécois au cours des deux
prochaines années. Ces investissements significatifs prioriseront, d'abord et
avant tout, le maintien des actifs dans l'ensemble des régions du
Québec. Les investissements seront répartis en fonction des quatre grands axes
d'intervention du ministère des Transports.
Tout d'abord,
plus de 1 milliard seront consacrés à la conservation de quelque
2 360 kilomètres de chaussée. Près de 2,6 milliards sont
destinés à la conservation de 936 structures du réseau supérieur et de 374
structures du réseau municipal. 485 millions seront, par ailleurs,
destinés à l'amélioration du réseau routier. Enfin, quelque 810 millions serviront au développement du réseau. Ce montant
permettra de poursuivre d'autres projets majeurs déjà entrepris ou
prévus au PQI qui cheminent selon le
processus prévu. La programmation 2014-2016 permettra le démarrage ou la
poursuite de plus de 2 000 chantiers ainsi que le maintien ou la création
de plus de 36 000 emplois à l'échelle du Québec.
Pour ce qui est du transport collectif, même si
le transport routier accapare une large part des énergies et des ressources du MTQ, il ne s'agit pas du seul
secteur où nous interviendrons. Au cours des années qui viennent, le
transport collectif va nécessiter des
investissements massifs, surtout en raison du déficit d'entretien, qui est deux
fois plus élevé que pour le réseau
routier. Il est à 33 % dans le routier versus 67 % dans le transport
collectif. On s'y attaque en priorité dans notre budget, car ces investissements sont d'autant plus stratégiques
qu'ils génèrent des retombées économiques considérables pour le Québec, puisqu'une forte proportion des sommes
investies demeure chez nous. Il favorise aussi le maintien et le développement de l'expertise que le
Québec a acquise grâce à des entreprises comme Bombardier Transport, Alstom et Nova Bus, des joueurs clés de notre
secteur manufacturier qui offrent des emplois de qualité aux
travailleurs québécois.
Dans ce contexte de rigueur budgétaire, où le
programme québécois des infrastructures global est stabilisé, il y a une augmentation de 20 % des
investissements en transport collectif cette année. 980 millions en
2014-2015 pour le transport
collectif. Je répète : 980 millions en 2014-2015 pour le transport
collectif. Jamais un gouvernement n'a autant investi auparavant. C'est
29 % du programme québécois d'infrastructures en transport terrestre qui
est consacré au transport collectif cette année. Une année record.
On maintient
cette proportion de 29 % pour les cinq prochaines années avec une
augmentation à 35 % l'année prochaine.
On le fait notamment en maintenant le transfert de 930 millions sur cinq
ans du routier vers le transport collectif prévu dans la politique nationale de mobilité durable. Ces
investissements permettront, en 2020, d'avoir réduit le déficit maintien
d'actif en transport collectif de 67 % à 51 %.
Les plus gros
morceaux dans le maintien d'actif sont reliés au métro de Montréal,
1,5 milliard de dollars du ministère
des Transports du Québec pour les nouvelles voitures du métro Azur;
1,2 milliard sur 10 ans pour Réno-Systèmes, alimentation électrique, ventilation, etc.;
1 milliard sur 10 ans pour Réno-Infrastructures, tunnels, stations Berri-UQAM,
McGill.
Développement de
l'offre en transport collectif. On ne fait pas que du maintien d'actif, on a
des nouveaux projets pour augmenter l'offre
de service également. Le plus important cette année, compléter le Train de
l'Est, que l'on appellera la ligne
Mascouche dès son inauguration en décembre prochain. Il y a également plusieurs
projets majeurs en phase de
préparation par des bureaux de projets : le service SRB Pie-IX, le
transport collectif du pont Champlain, le prolongement du métro.
En passant, je veux
préciser le processus d'approbation des projets parce que des projets à l'étude...
peut et a créé de la confusion pour
certaines personnes. Soyons clairs. Ce que ça veut dire, c'est que les projets
ont été priorisés par notre gouvernement. C'est un processus conforme à
la nouvelle directive de gestion des grands projets adoptée en février 2014 par
nos collègues d'en face. Pour augmenter l'offre de transport collectif, nous
avons besoin de sommes additionnelles.
Comme
ministre, ma définition, «chantier de financement de
transport collectif» est plus large que ce que l'on entend habituellement. Tout
le monde focusse sur le fait de
trouver des sources de revenus additionnelles. Je suis d'accord, mais je
suis aussi préoccupé par comment on utilise l'argent budgété. Plus spécifiquement,
je suis très préoccupé par le faible taux de réalisation en transport
collectif. Il y a un taux de réalisation de 90 % en routier, alors que
seulement 60 % en transport collectif
au cours des dernières années. Ça veut dire que 40 % de l'argent budgété
sert à autre chose et n'est pas
utilisé spécifiquement pour le transport collectif. Cet enjeu sera au cours de
nos réflexions sur le financement et la
gouvernance du transport collectif dans la métropole. Notre objectif sera
d'assurer une plus grande cohérence et une meilleure planification afin
de permettre l'établissement d'un ordre de priorité répondant véritablement aux
besoins des citoyens de la grande région métropolitaine.
En ce qui a trait à
l'électrification des transports, dans cet ordre d'idées, et comme on l'a
annoncé, et comme le premier ministre l'a
annoncé lors du discours inaugural, nous entendons poursuivre les efforts dans
le but d'électrifier les transports.
Nous pouvons compter sur une expertise de pointe mondialement reconnue, et nos
ressources énergétiques renouvelables sont à la fois abondantes et
abordables. De plus, l'électricité produite au Québec provient à 97 % de
sources renouvelables.
Le gouvernement souhaite donc poursuivre les
efforts entrepris par Hydro-Québec, notamment pour le développement d'un
projet de transport collectif propulsé à l'électricité. Ainsi, pour les projets
retenus par le gouvernement, Hydro-Québec
Distribution accordera une aide financière aux organismes publics de transport
en commun. Ce soutien permettra d'assurer
une grande
partie des coûts des infrastructures électriques nécessaires à la
propulsion du matériel roulant des projets. Exemple, câbles caténaires,
transformateurs
Les organismes
publics de transport en commun demeureront néanmoins responsables des
infrastructures.
La société d'État
n'assumera donc pas la propriété, l'exploitation ou l'entretien des
installations. L'aide financière accordée sera amortie sur la durée de vie utile des équipements. Il n'y aura donc
pas d'impact significatif sur les tarifs d'électricité. Des
modifications législatives seront nécessaires pour la mise en place de cette
mesure.
Nous allons donc
mettre à contribution Hydro-Québec pour soutenir le métro de Montréal et
développer la filière de l'autobus
électrique. Il y a déjà des bonnes nouvelles. Plusieurs autobus hybrides
rouleront à Montréal d'ici deux à trois ans. On me dit que le projet
pilote de développer des autobus électriques performants suit son cours et
qu'on pourrait voir des avancées importantes
d'ici quelques années. Je pense vraiment qu'on doit poursuivre les efforts
dans ce sens et miser sur les avancées technologiques.
Comme je le
mentionnais, le programme québécois des infrastructures ouvre la porte
également à des projets liés à d'autres modes de transport que le routier. Je
pense en particulier à ceux liés au secteur maritime, qui relèvent spécifiquement de mon collège le ministre délégué
aux Transports, et à l'Implantation de la stratégie maritime. Parmi ces projets, mentionnons celui de construire trois
traversiers ou celui visant à faciliter l'accès au port de Montréal, particulièrement dans le cadre du pôle logistique
en Montérégie. Ces projets découlent de la mise en oeuvre de la
stratégie maritime, une priorité de notre
gouvernement qui a pour objectif d'exploiter tout le potentiel du fleuve Saint-Laurent.
Tous les projets du
ministère présentent des défis. Toutefois, quelle qu'en soit la nature, la
sécurité de nos concitoyens demeure la priorité absolue. Les travaux, qu'ils
soient à courte, moyenne ou longue durée, peu importe leur degré de complexité
ou leur importance, doivent être minutieusement planifiés et passer à travers
un processus rigoureux avant d'arriver à leur réalisation concrète sur le terrain.
Nous entendons contrôler les dépenses, obtenir des fournisseurs de biens et de
services de qualité dans les délais requis et au juste coût, renforcer la
capacité à préserver l'intégrité des contrats publics et, finalement, assurer
le renforcement du savoir-faire stratégique au sein du ministère des
Transports, notamment dans le domaine du génie.
Le Président (M.
Reid) : Encore quelques secondes, M. le ministre.
M. Poëti :
En terminant, les défis sont de taille, mais ils sont tout à fait réalisables.
C'est la tâche qui m'a été confiée, et que
j'ai acceptée, et que j'entends accomplir avec tous les gens de mon ministère
au cours de mon mandat. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. Exactement sur le temps prévu.
Je passe maintenant la parole à la députée
de Vachon, qui est porte-parole de l'opposition officielle, pour ses remarques
préliminaires pour une période de 10 minutes, maximum.
Ouellet :
Oui. Merci, M. le Président. Permettez-moi, tout d'abord, de saluer le ministre
des Transports ainsi que l'ensemble
de l'équipe qui l'accompagne, les gens de la Société d'assurance automobile du
Québec, de l'Agence métropolitaine de transport, du CGER, de la
Commission des transports, même de la Société des traversiers, et tous les gens du ministère, que ce soit des directions
régionales ou du central. Permettez-moi également de saluer les députés
du gouvernement qui sont présents avec nous et saluer le député de Granby, de
la deuxième opposition, ainsi que sa collègue du côté de la deuxième
opposition.
M. le Président, peut-être, d'entrée de jeu, un
petit peu revenir sur les propos des remarques préliminaires du ministre des Transports. En fait, les dépenses,
sous le gouvernement du Parti québécois, étaient tout à fait sous
contrôle, et c'était d'ailleurs la première
année depuis 10 ans que les dépenses étaient sous contrôle. Je pense que c'est
important de le rappeler parce que, pendant
les autres années, du règne libéral, précédentes, les dépenses n'ont jamais été
sous contrôle.
Il est certain, M. le Président, que le cadre
financier du Parti libéral pendant la campagne électorale était complètement
irréaliste, donc ce qui leur donne quelques maux de tête actuellement. C'est
sûr qu'en ayant présenté un cadre financier
complètement irréaliste, avec des revenus qui, clairement, ne seraient pas au
rendez-vous — et ils
le savaient très bien — ils
ont fait des promesses sans avoir les fonds disponibles, donc aujourd'hui ils
sont obligés de réajuster le tir.
M. le
Président, peut-être à l'intérieur des remarques préliminaires, j'aimerais
revenir — d'ailleurs,
le ministre l'a abordé pendant ses
remarques préliminaires — sur quelques dossiers que nous avons fait avancer pendant les 18
mois du gouvernement du Parti québécois. Donc, très heureuse de constater que
le ministre souhaite continuer la politique de mobilité durable que mon collègue ministre des Transports, député de
Jonquière actuellement, a mise en place parce que, très clairement, il est important de mettre le
transport collectif au centre de nos décisions. Et, de constater que le
ministre a décidé de maintenir le milliard, le 980 millions, là... mais
près de 1 milliard de dollars de transfert du réseau routier au transport collectif, nous saluons cette
décision-là de la part du ministre de maintenir l'orientation que le
gouvernement du Parti québécois avait prise.
Parce que très clairement, du côté des
transports, au Québec, étant donné que notre production d'électricité est faite
à partir de ressources renouvelables, principalement l'eau et le vent, nos
émissions de gaz à effet de serre, contrairement à l'Ontario, contrairement aux
États-Unis, contrairement au Nouveau-Brunswick et à plusieurs pays à travers le monde... notre principale source
d'émission ne vient pas de la production d'électricité, mais plutôt des
transports. Donc, plus de 40 % de nos
émissions de gaz à effet de serre viennent du transport, et une des clés pour
diminuer, c'est le transport
collectif. Et peut-être rappeler, selon la politique de mobilité durable que le
gouvernement du Parti québécois a déposée,
là, avec mon collègue ministre des Transports à l'époque, député de Jonquière,
que la congestion routière est responsable
de 1 milliard de dollars de pertes par année, et c'est une évaluation pour
2013. Donc, avec plus de transport collectif, on va réussir, là, à
diminuer ces pertes-là, à améliorer la fluidité.
Et la politique de mobilité durable permettait
d'intégrer l'aménagement du territoire avec la planification des transports, d'accroître le covoiturage et
l'autopartage, d'accroître l'accessibilité au transport collectif pour le
transport adapté et répondait aussi à une
des préoccupations actuelles du ministre. Un des volets importants, là, à la
page 34 de la politique, était des mesures pour simplifier les règles
actuelles parce qu'effectivement c'est préoccupant, là, 40 % qui n'est pas dépensé du côté du transport collectif.
Ça avait déjà été identifié, et il avait été prévu, là, des règles pour
pouvoir diminuer, je dirais, la bureaucratie et la paperasserie reliées à
certains projets pour permettre une plus grande
partie de réalisation des
projets.
Je voudrais également saluer la volonté du
ministre des Transports de continuer la politique d'électrification des transports que la première ministre a mise en
place, une politique extrêmement importante, créatrice d'emplois. Nous
avons une expertise québécoise extraordinaire en électrification des
transports. L'électrification des transports est le deuxième pilier qui va nous permettre de diminuer nos gaz à effet de
serre avec la stratégie de mobilité durable et notre diminution de
consommation de pétrole parce qu'au Québec l'électrification des transports
permet de partir d'une consommation d'essence à une consommation électrique.
Donc,
j'espère que les projets de l'électrification de l'axe Saint-Michel pourront se
poursuivre. Du SLR sur le pont Champlain, nous aurons l'occasion d'y
revenir au courant de la journée, prolongement du métro. Un autopartage électrique urbain, qui est un projet dans la
politique d'électrification des transports, j'espère que ce projet-là pourra
se poursuivre. Les taxis électriques, je
crois que vous avez déjà annoncé que ça allait se poursuivre. Les
10 000 nouvelles bornes
électriques, donc 5 000 nouvelles bornes résidentielles,
3 500 nouvelles bornes en milieu de travail, 500 du côté du réseau électrique et 1 500 du côté des édifices
gouvernementaux. L'électrification des transports de la flotte
ministérielle ainsi que, peut-être,
du côté du CGER, et ainsi que l'électrification de la flotte gouvernementale. Nous aurons l'occasion de revenir aussi sur l'Institut du
transport électrique et sur le Secrétariat à l'électrification des transports.
Finalement, j'aimerais aussi revenir sur
certains éléments et j'aurai l'occasion de questionner le ministre un petit peu plus tard concernant toute la gestion
des contrats. Le gouvernement du Parti
québécois a réussi à faire
reculer la corruption et la collusion principalement par la loi n° 1 — le
député de Chicoutimi, alors président du Conseil du trésor — sur l'octroi des contrats publics, mais aussi par
un plan d'action que mon collègue député de Jonquière, alors
ministre des Transports, avait mis en place, un plan d'action sur la gestion
contractuelle et le suivi des projets qui permettait
de planifier efficacement une meilleure gestion des projets routiers, un
contrôle des dépenses, une imputation et une responsabilisation, et
favoriser la saine concurrence.
plan d'action là, qui a été mis en place, mais qui doit se poursuivre parce que...
devait se compléter, là, en 2015, a permis, pour 2013, d'économiser 240 millions
de dollars sur les projets du côté du ministère des Transports. Donc, c'est très important, ça
a permis d'augmenter le nombre d'appels
d'offres lancés de 13 % et de
diminuer, là, le prix entre l'estimation et le prix payé pour les
travaux de 3,5 %. Donc, j'espère que le ministre des Transports poursuivra
dans cette lignée la mise en place des différents volets du plan d'action.
Donc,
déjà, il a maintenu l'adoption de la programmation des travaux routiers sur
deux ans. Donc, nous saluons ce maintien-là de ce que nous avions déjà
mis en place, mais qu'il poursuit et qu'il pourra maintenir aussi l'utilisation
de la cote de rendement des firmes de génie
pour l'attribution des contrats et le renforcement de l'expertise interne.
Nous pensons qu'il est très important de continuer à renforcer l'expertise
interne du ministère. Nous avions une volonté de faire en sorte qu'il y ait plus d'ingénieurs du ministère des Transports qui
puissent suivre les projets. Donc, nous espérons que le ministre actuel poursuivra dans cette lignée pour faire reculer
la corruption et la collusion. Parce que nous savons que, du côté du ministère des Transports — et
ça a été mentionné — une
grosse
partie du budget est en travaux, en travaux routiers, on parle de
construction. Donc, il faut être extrêmement vigilant, il faut faire en sorte
que les entrepreneurs honnêtes du Québec
puissent avoir accès aux contrats. Donc, nous comptons sur la collaboration du
ministre dans ce sens-là.
pense que j'aurai le temps de revenir sur un certain nombre de dossiers, là,
durant les travaux de la journée. Nous en
avons pour déjà une bonne
partie de la journée. Peut-être juste annoncer au
ministre que, dans le courant de la journée, j'aurai des collègues qui
se joindront à moi pour venir le questionner sur des questions un peu plus
particulières, là, d'intérêt local,
régional, qui sont très importantes, là, pour, je vous dirais, les citoyens de
leur coin, particulièrement la
région métropolitaine et les régions du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Reid) : Merci, Mme la députée de Vachon. Je passe maintenant la
parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition, le député de Granby,
pour des remarques préliminaires d'une durée maximum de sept minutes.
Bonnardel :
Merci, M. le Président. Alors, je serai assez bref, juste une minute pour faire
les salutations d'usage. M. le ministre, vous êtes salué officiellement, toute l'équipe ministérielle, les gens
du ministère aussi, tous ceux qui l'accompagnent
aussi pour les différents organismes. On aura du plaisir toute la journée
ensemble, je vous le promets. Salutations à ma collègue députée de Vachon,
ma collègue aussi de Saint-Hyacinthe, qui est ici aujourd'hui.
Alors,
comme je le mentionnais, je serai plus payant à poser des questions aujourd'hui que faire des remarques
préliminaires de sept minutes. Donc, M. le Président, on peut procéder pour
commencer nos travaux.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le député de Granby. Il y a eu entente entre
les parties pour modifier la longueur des
blocs d'échange de 20 minutes à 15 minutes. Alors, je vais maintenant
reconnaître une première intervention de
l'opposition officielle pour un bloc de 15 minutes. Mme la députée de Vachon et porte-parole de l'opposition officielle, la parole est
à vous.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, je voudrais savoir du ministre des Transports, M. le
Président... Il nous a dit qu'il appliquait
la directive, là, que nous avions mise en place sur la gestion des projets
majeurs d'infrastructure publique, là, donc, adoptée, je crois, en
février 2014. Donc, est-ce exact?
Le Président (M.
Reid) : M. le ministre.
M. Poëti :
...si vous me permettez, M. le Président...
Le Président (M.
Reid) : Oui, allez-y.
M. Poëti :
...nous appliquons cette directive, évidemment, du leader de l'opposition, qui
l'avait présentée en février 2014. Et nous
n'avons pas l'intention de modifier cette directive, que nous suivons, d'ailleurs,
et qui, dans certains cas, nous est reprochée par certains groupes de
personnes en trouvant peut-être que le temps ou la complexité des différentes
étapes de cette directive... Mais oui, effectivement, nous la suivons.
je sais qu'elle a été faite aussi dans le cadre de votre préoccupation, que vous avez soulevée, sur la collusion et la corruption. Et aussi
pour vous rappeler que le gouvernement libéral a mis plus de 13 lois en place
pour lutter contre la collusion et la
corruption et qu'au-delà de la commission, qui fait son travail et qui, on comprend, arrive
à sa fin, la création de l'Unité permanente anticorruption a été, à
mon avis, le meilleur outil et est toujours
aujourd'hui le meilleur outil pour contrer les tentatives de collusion et de corruption à l'intérieur
du ministère, et cette directive-là qui a été faite,
vous savez, par votre collègue vient en lien
avec la présence de l'Unité
permanente anticorruption pour la
gestion complète de tous les contrats.
j'apprécie que vous avez soulevé qu'il
y a des économies
d'envergure qui se réalisent sur une base régulière avec, justement, la présence de l'UPAC, mais aussi de ces
directives-là qui, par étapes, vous le savez, d'avant-projet... évidemment,
les dossiers d'opportunité, des dossiers d'affaires, les décisions du Conseil des ministres, les modifications significatives... C'est sûr que, pour le commun des mortels, lorsqu'on
regarde l'ensemble de l'oeuvre de cette directive, elle peut
paraître un peu lourde, mais ce n'est pas le cas. Alors, en ce qui nous
concerne, nous suivons cette directive-là, nous l'appliquons sur une base des
différents dossiers que nous avons à l'intérieur du ministère.
Le Président (M. Reid) :
Oui, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Pour le
déroulement de nos travaux — vous
savez à quel point le temps est compté pour les oppositions, et on avait déjà eu cette discussion-là — on
essaie d'avoir un équilibre entre les questions et les réponses. Donc, je compte sur
votre collaboration pour assurer cet équilibre.
Le Président (M. Reid) : Mme
la députée de Vachon, il faut quand même tenir compte du fait qu'il y a des questions
courtes qui demandent des réponses longues et il y a des questions
longues qui demandent des réponses courtes. Donc, je veux bien
intervenir si nécessaire, mais il faut aussi respecter, effectivement, le droit
de parole de chacun. Alors, la parole est à vous.
Ouellet : On
compte sur votre collaboration. Donc, dans la Directive sur la gestion des
projets majeurs d'infrastructure publique, nous voyons que, pour qu'un projet
puisse être inscrit dans le PQI comme étant un projet à l'étude, il doit, donc, avoir une fiche d'avant-projet. Donc, à ce
moment-là, je comprends que, par
exemple, pour le projet de l'élargissement de l'autoroute Henri-IV à Québec, il
y aurait une fiche d'avant-projet qui aurait été produite par le ministère
des Transports pour que vous puissiez l'inscrire à l'intérieur du PQI?
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
M. Poëti : Alors, M. le
Président, je dois quand même demander à la députée de Vachon d'avoir une
certaine tolérance ou patience. Vous étiez à
votre première question, et nous avons près de huit à 10 heures à discuter
ensemble. Alors, c'est évident que je vais
répondre à vos questions — c'est notre intention — avec les gens qui m'accompagnent ici,
qui se sont déplacés pour vous donner une qualité de réponse à la hauteur de
vos questions. Mais je pense qu'on doit absolument
le préciser, et, à partir de là, soyez bien assurée que nous allons le faire
dans la meilleure façon de le faire pour satisfaire tous les gens,
évidemment, qui nous écoutent et vous-même.
Sur le projet
d'Henri-IV, je dois quand même mettre en préambule — et c'est une obligation de ma part
parce que vous soulevez Henri-IV — je reconnais que le gouvernement
précédent... À l'intérieur, évidemment, des besoins spécifiques du maintien de nos infrastructures ou de leur remplacement,
dans ce cas-ci le remplacement de deux structures qui, évidemment, sont sur Henri-IV... parce qu'elles
arrivaient à leur fin de vie, devaient être remplacées. Et vous l'aviez prévu parce qu'il fallait le faire. Au ministère
des Transports, vous avez eu une recommandation de le faire. Dans ce
cas-ci, il ne s'agissait pas d'un élargissement, il s'agissait de remplacement
de deux structures, que j'ai maintenu, Mme la députée, justement parce que
c'était nécessaire de le faire.
Ce que nous, on s'est assurés, cependant, c'est
que la construction des infrastructures là soit assez large pour prévoir un
élargissement d'Henri-IV, ce que vous n'aviez pas prévu. Alors, à partir de là,
notre gouvernement, lorsqu'on a pris le pouvoir, on a regardé le dossier
d'Henri-IV et, effectivement, on a demandé et on s'est assurés qu'au
ministère des Transports la construction de ces deux infrastructures permette
l'élargissement d'Henri-IV. Ensuite, on a
placé l'élargissement d'Henri-IV dans le PQI sur une période de 10 ans,
qui est 2014-2024, pour pouvoir réaliser... Et, à partir de là, les études vont se faire et les
dossiers de fiches d'avant-projet vont se faire parce que c'est notre
intention, du gouvernement, et on l'a annoncé, et on va faire l'élargissement
d'Henri-IV.
Ouellet : ...la fiche d'avant-projet n'est pas réalisée, même si
le dossier est inscrit dans le réseau à l'étude.
M. Poëti : ...la fiche
d'avant-projet est en travail présentement, est en progression. Nous sommes
après rédiger la fiche d'avant-projet. Parce qu'actuellement il y a, je vous rappelle,
deux structures à remplacer. Alors, quand même que je voudrais commencer l'élargissement actuellement, c'est
impossible. Donc, donnez-nous le temps de réaliser cette fiche
d'avant-projet, c'est ce qu'on fait au moment où on se parle.
Ouellet : Selon la
directive, pour que le projet puisse être inscrit au PQI, la fiche
d'avant-projet doit avoir été produite et
doit avoir été soumise au Conseil des ministres. Donc, est-ce que je comprends
que le projet a été inscrit au PQI, même si la fiche d'avant-projet n'a
pas été autorisée par le Conseil des ministres?
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
M. Poëti : C'est le Conseil
du trésor qui, dans un premier temps, nous autorise à avoir l'argent nécessaire
pour le placer à l'intérieur de ça. Je
comprends mal votre question parce que, si la question avait été simple...
Est-ce qu'on veut élargir ou pas
Henri-IV? Est-ce que vous êtes contre l'élargissement d'Henri-IV? Est-ce que
c'est ça que je comprends ici ce
matin? Je suis un peu étonné, honnêtement, pour tout vous dire, parce que nous,
on a l'intention de l'élargir, et je croyais
que c'était aussi votre intention. En fait, c'est ce que vous disiez il y a
quelques mois. Mais maintenant ce que vous
n'avez pas dit, c'est que vous étiez pour l'élargir, mais vous laissez sous-entendre
que, là, on ne veut pas le faire ou qu'on ne le fait pas de la bonne
façon. Je suis désolé, on doit initialement remplacer les deux structures qui
doivent de l'être et s'assurer
l'élargissement. Et c'est ce que je vous disais tantôt, est-ce que je comprends
que vous n'êtes pas pour l'élargissement d'Henri-IV? Vous nous dites que
vous ne voulez pas ça?
Le Président (M. Reid) : Mme
la députée de Vachon.
Ouellet : Merci, M. le Président. Non, nous l'avons déjà
mentionné. Et, d'ailleurs, je vais corriger un petit peu ce que vous avez dit précédemment, mes
questions étaient sur le processus. Et, sur le fond du dossier, nous
avions prévu inscrire au PQI 2014-2015 l'élargissement de l'autoroute Henri-IV.
Donc, ce n'est pas exact, ce que vous avez dit. Et ce projet-là était prévu,
donc, pour le PQI à venir, qui... malheureusement, nous n'avons pas eu le temps
de déposer.
Mais ma
question est plus sur le processus. Donc, j'aimerais savoir, dans l'ensemble
des projets, des 19 projets à l'intérieur
du PQI qui sont à l'étude, combien de ces projets-là ont fait l'objet d'une
fiche d'avant-projet. Est-ce que vous pouvez me donner un nombre? Entre
un et 19, combien de projets ont fait l'objet d'une fiche d'avant-projet?
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
M. Poëti :
...ce que je dois vous dire, collègue de Vachon, c'est que nous, contrairement
peut-être à vos habitudes précédentes, avant de placer un projet ou de
parler d'un projet, on s'assure d'avoir le financement et l'argent pour le faire, ce qui n'est pas tout à fait votre
habitude, pour être honnête, en tout respect. Alors, quand on annonce,
justement, des choses et que... et les projets ne se...
Président (M. Reid) : Oui, je pense qu'il faut être prudent,
mais je ne pense pas, là, qu'il y ait lieu d'intervenir. Par contre, M.
le ministre, j'aimerais que vous vous adressiez à la présidence.
M. Poëti :
Parfait. Alors, écoutez, ce qu'il faut faire, M. le Président, lorsqu'on veut
avoir un projet, on est obligé de s'assurer du financement, on doit
avoir l'argent de ce projet-là. Alors, cette étape-là, nous l'avons faite,
nous. Parce que la députée de Vachon ne peut
pas me dire aujourd'hui... Elle me dit qu'elle avait l'intention, je lui fais
confiance. Est-ce qu'ils avaient demandé l'argent nécessaire au Conseil
du trésor? Ma connaissance de cette information-là, c'est non. Alors, il n'y avait pas eu de budget de prévu et
il n'y a pas eu de budget de demandé au Conseil du trésor, ce que l'on
doit faire avant de présenter la fiche d'avant-projet. C'est ce que nous avons
fait. Nous avons eu, du Conseil du trésor, cette réponse et nous sommes à
élaborer la fiche d'avant-projet.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
Oui. Merci, M. le Président. Le ministre n'a pas répondu à ma question. J'ai
demandé : Pour les projets inscrits au réseau routier à l'étude, il y a
combien de projets sur les 19 pour lesquels la fiche d'avant-projet a
été produite? C'est simple comme question, il n'a pas répondu à ma question. Est-ce
qu'il pourrait nous déposer... Et je demanderais
un dépôt de dossier, qu'il nous dépose l'ensemble des fiches d'avant-projet qui
ont été réalisées pour les projets à
l'étude. Parce que, selon la directive, c'est très clair dans le
processus, pour qu'un projet puisse être inscrit au PQI, la fiche
d'avant-projet doit avoir été produite, et il doit y avoir une décision du Conseil
des ministres. Ensuite, il peut être inscrit au PQI. Donc, est-ce qu'il peut me
donner le nombre et déposer l'ensemble de ces fiches d'avant-projet là ici, à
la commission des crédits sur les Transports?
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
M. Poëti : M. le
Président, de toute évidence, la députée de Vachon ne suit pas tout à fait l'historique du
temps politique qui s'est passé récemment. Elle a probablement oublié une campagne
électorale, elle a probablement oublié un dépôt de budget sans crédits et, probablement, oublié
qu'évidemment il y a quelques mois que nous sommes au gouvernement et que nous
avons identifié ce qu'on a l'intention de faire et de quelle façon on va le
faire.
Dans un premier temps, pour l'ensemble de ces 19 dossiers, on doit
préalablement aller au Conseil du
trésor pour valider les sources de financement. C'est peut-être une
partie qu'ils ont moins faite, mais nous, on le fait pour chacun des projets. Donc, on va devoir avoir un peu de
temps pour déposer à Mme la députée de Vachon l'ensemble du suivi des 19 projets. Je
m'engage à le faire dans les semaines et mois à venir parce que, dans un
premier temps, nous devons, je le répète, obtenir le financement, ce qui
n'était pas fait avant.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. J'aimerais corriger les énoncés du ministre. Il laisse beaucoup
de sous-entendus. Et, quand nous avions
préparé les PQI, contrairement au
gouvernement libéral du règne des neuf ans, nous avions prévu les
argents. Donc, je pense qu'on n'a pas de leçons à recevoir de la part du Parti
libéral.
Je comprends que le
ministre vient de prendre un engagement, qu'il va nous déposer les fiches
d'avant-projet, mais il dit : Sur
plusieurs mois. Est-ce qu'il pourrait, à court terme, nous déposer un tableau
en nous mentionnant, pour les projets de 1 à 19 pour lesquels il y a une
fiche d'avant-projet de prête... et nous fournir cette fiche d'avant-projet là,
et nous mentionner lesquels des projets pour lesquels il n'y a pas de fiche
d'avant-projet de prête? Donc, une espèce de tableau synthèse qui nous indiquerait, en
fonction de la nouvelle directive sur la gestion des projets majeurs,
lesquels projets pour lesquels la fiche
d'avant-projet a été produite et nous la fournir. Est-ce que c'est possible
d'avoir ce tableau-là à court terme?
Le Président (M.
Reid) : M. le ministre.
M. Poëti :
Alors, M. le Président, je réitère ma réponse, que, de toute évidence, toute
cette
partie précédant notre arrivée au gouvernement,
la députée de Vachon semble l'ignorer. Je réitère encore une fois notre
réponse : Lorsqu'on a un
engagement, lorsqu'on veut réaliser quelque chose, il faut prévoir les budgets
au Conseil du trésor. C'est ce qu'on fait, Mme la députée, c'est ce
qu'on va faire, et, à partir de là, la fiche d'avant-projet est créée. Et,
lorsque les fiches d'avant-projet seront créées suite à l'acceptation des coûts
reliés à ça, on va les soumettre. Et, à partir de là, notre gouvernement est transparent, et on ne dit pas des
choses qu'on n'a pas l'intention de faire ou on ne dit pas des choses
qu'on a l'intention de faire qu'on n'a pas budgétées.
Et votre première
question est sur Henri-IV. Voici un bel exemple de ce que vous n'aviez pas
budgété pour réaliser un projet que vous
maintenez être important pour la société et pour la région du Québec.
Alors, M. le Président, en
temps et lieu, quand les fiches d'avant-projet seront prêtes parce qu'on aura
obtenu le financement pour le faire, nous allons les déposer.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui.
Donc, juste réitérer que ce n'est pas exact, que nous avions prévu Henri-IV
pour 2014-2015 et qu'il était prévu à être inscrit au PQI. Donc, les
affirmations du ministre ne sont pas exactes. Donc, je pense qu'il
devrait être un peu prudent et...
M. Poëti :
...question de règlement parce qu'ici on laisse sous-entendre que je ne dis pas
les vraies choses, et là je suis en
désaccord. Ça peut ne pas être à son opinion ou à son goût, mais elle ne peut
pas me prêter des intentions et des propos que je n'ai pas tenus.
Président (M. Reid) : Il ne s'agit pas d'intentions, M. le
ministre, je ne pense pas qu'il faille intervenir ici. Le fait d'avoir
une opinion par rapport à quelque chose est permis, ça fait
partie du
parlementarisme. Alors, je repasse la parole à Mme la députée de Vachon, mais
il vous reste 45 secondes.
Ouellet :
Oui. Merci, M. le Président. Donc, je comprends que le ministre refuse de nous
déposer un tableau concernant...
Poëti : M. le Président, encore question de règlement. Je n'ai
pas refusé, je n'ai... Elle dit que je refuse. Je n'ai pas refusé, je viens
de lui dire que nous allons lui donner. Alors, elle ne peut pas utiliser le
terme «refuser». Ça, ce n'est pas possible.
Ouellet :
À court terme, là, pas dans...
Président (M. Reid) :
M. le ministre, alors, je... laissez la députée de
Vachon terminer sa question. Il ne vous reste pas beaucoup de temps
pour répondre, il reste quelques secondes.
Ouellet : Donc, je
suis contente d'entendre que le ministre accepte, donc, de me déposer à court terme
un tableau indiquant de 1 à 19 les projets pour lesquels une étude d'avant-projet
a été réalisée.
Puis je suis tout à
fait consciente que la
partie des budgets à faire... je suis tout à fait
d'accord avec ça, je pense que ce que vous
faites sur le Conseil du trésor, ça va dans l'ordre des choses. Mais, selon la
directive, c'est la fiche d'avant-projet. Donc, nous serons en attente.
Président (M. Reid) : Le temps est terminé, Mme la députée de
Vachon. Alors, je passe maintenant la parole au député du gouvernement,
le député de Mégantic.
Bolduc
(Mégantic) : Merci, M. le Président.
Permettez-moi, tout d'abord, de vous saluer, M. le Président, M. le ministre, mes collègues du gouvernement et
des oppositions et tous les fonctionnaires qui sont ici aujourd'hui pour
assister le ministre dans ses questions et
dans le travail qui a été préparé pour le budget 2014-2015. Donc, bonne
journée, tout le monde.
Moi,
je voudrais parler au ministre de l'agence des transports. En septembre 2012,
le précédent gouvernement avait annoncé sa volonté de créer une agence
des transports. Cette dernière aurait été responsable de la gestion des infrastructures routières, dont la responsabilité
actuelle relève du ministère des Transports en vertu de la
Loi sur la
voirie. La mission du ministère des Transports a été recentrée sur son rôle
stratégique, soit définir les orientations et les grandes politiques en matière de transport dans une
optique de soutien à la mobilité durable et d'intégration modale.
D'ailleurs, le député de Portneuf est très excité par cette politique.
Le projet de loi n° 68, intitulé
Loi sur
l'Agence des infrastructures de transport du Québec, a été présenté à l'Assemblée nationale le
4 décembre 2013. Suite au déclenchement des élections, le projet de
loi est mort au feuilleton. Donc, M. le ministre, avez-vous l'intention de
présenter un projet de
loi sur la création d'une agence des
infrastructures de transport à court terme à l'Assemblée nationale?
M. Poëti :
Merci, M. le député. Écoutez, effectivement, c'est un dossier qui avait été
soulevé par le précédent gouvernement. En ce qui me concerne, en ce qui
concerne le ministère des Transports, la création d'une agence des transports
du Québec présente de nombreuses implications en termes de ressources humaines
et financières. Dans le contexte actuel, ce
n'est pas dans mes priorités, à court terme, de présenter un projet de loi en
ce sens à l'Assemblée nationale.
Ceci dit,
beaucoup de travail a été fait au ministère des Transports pour améliorer les
façons de faire et rapatrier l'expertise, et nous allons continuer de le
faire, renforcer, consolider l'expertise en matière de gestion des actifs routiers. J'ai l'intention de demander au
gouvernement de soustraire le MTQ de l'application du gel d'embauche
pour certaines catégories d'emploi.
D'ailleurs, à cet effet, le premier ministre, M. Philippe Couillard, a
déjà dit qu'il permettrait que
certaines... pour garder l'expertise — soulevée par la députée de Vachon
tantôt — au
ministère des Transports, donc, entre
autres, les ingénieurs, qu'il pourrait y avoir une dérogation de l'embauche et
de l'emploi pour garder, justement, cette expertise-là. Il faut
contrôler plus efficacement les coûts des projets et poursuivre l'optimisation
des façons de faire. La mise en oeuvre de la
Loi sur les infrastructures
publiques vise notamment à établir des règles de gouvernance en matière de
planification des investissements publics en infrastructures et de gestion des
infrastructures publiques.
Au sein du
ministère, la mise en place de nouvelles unités liées à la gestion des projets
vise notamment le contrôle des coûts
et une meilleure estimation des projets. Deux exemples. À la direction du
projet Turcot, on retrouve notamment la direction adjointe de la
planification et du contrôle des coûts. Et, à la direction du suivi des
projets, on retrouve le service de l'estimation des projets. Par ailleurs,
l'optimisation des façons de faire en matière de gestion de projet et le
maintien d'actif requièrent la recherche des meilleures pratiques utilisées ou
en gestation ailleurs dans le monde. Le ministère est constamment à l'affût de
ce qu'il se fait à cet égard.
S'assurer de séparer les affaires
administratives des interventions politiques et s'inscrire dans la continuité des actions posées jusqu'à présent visant à
renforcer la lutte contre la collusion et la corruption et contribuer à
favoriser la confiance de la population en matière d'intégrité institutionnelle
des organismes publics. Les actions du ministère s'inscriront dans la foulée des mesures touchant notamment la
transparence des actions gouvernementales et l'intégrité dans les
institutions publiques.
Un plan d'action ministériel en matière de
protection de l'intégrité des contrats publics est mis en oeuvre pour, notamment, lutter contre la collusion et la
corruption et comprend quatre axes
d'intervention : mieux contrôler les coûts et la qualité et rendre le secteur privé imputable; affirmer un leadership
en manière d'expertise, déploiement d'un programme d'attraction et de
fidélisation du personnel, ainsi que d'une approche de transfert d'expertise et
d'accompagnement du personnel en début de carrière; prévenir et
détecter la collusion et protéger de l'intégrité des contrats; renforcer le
cadre de gestion contractuelle. À noter que la mise en place des actions pour
lutter contre la collusion et la corruption fait déjà l'objet d'une reddition de comptes dans le rapport annuel de gestion du ministère et à la Commission de l'administration publique.
Il faut également doter l'État d'une organisation
autonome et performante basée sur les meilleures pratiques de gestion en vigueur et dont l'expertise
est au service de la population. De concert avec les autres ministères
et organismes, le ministère continuera d'évaluer et de mettre en oeuvre
les moyens d'améliorer sa performance au sein de l'appareil gouvernemental et
d'offrir aux citoyens des services publics de qualité.
La possibilité d'allégements particuliers tels que le fait de soustraire le ministère
au gel d'embauche pour certaines catégories d'emploi devra être approfondie. Les travaux entrepris dans le cadre de la mise en place d'une
agence permettront d'alimenter la réflexion à cet égard.
Favoriser la concurrence, la transparence et
l'équité dans l'octroi des contrats conformément à la
Loi sur les contrats des organismes publics. Le gouvernement
s'assurera que les fonds publics seront gérés avec rigueur. Il a
d'ailleurs l'intention de divulguer les
renseignements sur les coûts et les échéanciers des projets, ainsi que certaines
informations relatives aux contrats. La mise en oeuvre de la
Loi sur
l'intégrité en matière de contrats publics, ainsi que le plan d'action
ministériel, et les quatre axes nommés précédemment visent à contrer la
collusion et la corruption.
Contribuer, par l'intermédiaire de ses antennes
régionales, au maintien d'emplois de qualité dans toutes les régions du Québec et au développement de leur
économie en leur offrant des infrastructures routières de qualité. Le
maintien et le développement d'infrastructures
routières visant à soutenir le développement de l'ensemble du Québec et à
contribuer au maintien d'emplois est déjà prévu au Plan québécois des
infrastructures.
Le groupe qui travaillait actuellement à
l'analyse pour la création de cette agence a eu un nouveau mandat, c'est-à-dire
de trouver, d'analyser et de me produire un rapport sur les meilleures
pratiques ou sur ce qui aurait pu avantager
le ministère de devenir une agence afin de pouvoir les appliquer à l'intérieur
du ministère des Transports et de se servir du travail qu'ils ont fait
jusqu'à maintenant pour pouvoir améliorer, justement, l'ensemble des processus
au ministère des Transports.
Mais, dans un
contexte économique assez difficile, dans un contexte où les finances
publiques... Et je ne crois pas que la députée de Vachon ou mes
collègues de l'autre côté de la Chambre pourront ne pas accepter le
3,5 milliards de déficit qu'il y a
actuellement au gouvernement du Québec et de la structure théorique,
mathématique d'où on s'en allait avec
ces déficits. À partir de là, je crois qu'il serait utile et nécessaire de
pouvoir profiter de l'expertise des gens qui ont travaillé à la création de cette agence, mais d'être capables, à
l'intérieur du ministère, de pouvoir régler ces difficultés-là ou être capables d'améliorer le ministère sans
engager des fonds additionnels sur la carte de crédit des Québécois pour
la création d'une agence. Nous allons
prendre en considération les recommandations de ce groupe de travail, nous
allons prendre en
considération les suggestions, que ces gens qui travaillaient sur ce dossier
d'agence des transports puissent nous être utiles et que ce temps qu'ils
y ont travaillé sera au profit de l'ensemble des Québécois.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Mégantic.
Bolduc
(Mégantic) : Merci, M. le Président. Écoutez, M. le
ministre, vous avez parlé des quatre axes pour s'assurer de l'intégrité.
Est-ce que vous pourriez nous donner certains éléments de détail de cette
politique-là pour nous assurer ou rassurer la population du Québec qu'on prend
les choses très sérieusement au gouvernement pour s'assurer de cette intégrité-là?
M. Poëti :
Bien sûr, M. le député. Pour être plus précis dans ces axes-là : contrôle
accru des coûts et de la qualité, leadership d'expertise et
développement de l'expertise interne, prévention et détection des situations de
collusion et de corruption, et gestion contractuelle.
Pour être plus précis en ce qui est en matière
de contrôle accru des coûts et de la qualité, renforcement des mesures
d'imputabilité, près de 100 cas documentés en traitement actuellement.
Comité de
haut niveau pour le suivi et
l'approbation des projets de plus de 5 millions,
tous les nouveaux projets sont
suivis par ce comité. 50 projets, actuellement, sont suivis.
Analyse des risques menée aux étapes clés d'un
projet. Étude d'opportunité, conception de l'avant-projet et préparation des
plans et devis. Contrôle des délais, des coûts et de la qualité. Mécanismes de
contrôle additionnels et indépendants pour valider les documents avant les
appels d'offres complets, exacts et conformes. Mécanismes de contrôle et mécanismes
performants pour la gestion des modifications dans les contrats, les avenants
qui amènent des coûts supplémentaires.
En matière de leadership d'expertise et développement de l'expertise interne, 462 ressources additionnelles, dont 176 ingénieurs et 145 techniciens des
travaux publics.
Reprise
d'activités à l'interne : surveillance des travaux de construction, 16 % à 21 %; préparation des
projets, maintien à 41 %; inspection
des structures, de 43 % à 57 %; et monitorage de l'étude du réseau
routier, de 96 % à 99 %.
Vérification des appels, des mandats des
firmes : avant-projet, plans et devis, surveillance appliquée sur plus de
200 mandats de services professionnels. Recrutement d'experts, gestion de
risque, analyse, estimation des coûts, surveillance de travaux. Délivrer une
certification pour les personnes habilitées à la préparation des projets et à
la surveillance des projets. Programme de formation en gestion contractuelle
avec attestation de formation.
En terminant,
M. le Président, prévention et détection des situations de collusion et de
corruption — et je
suis certain que j'aurai l'écoute de la
députée Vachon : renforcement de la fonction analyse de marché, étude des
conditions des marchés, actualisation en
continu, profil d'entreprise et développement en continu d'indicateurs sur
l'état des marchés.
Formation de
près de 3 000 employés à la protection de l'intégrité des contrats
publics. Système de détection de situations
de collusion, six alertes. Processus en déploiement et indicateurs de collusion
développés. Table de concertation UPAC-MTQ sur la protection de
l'intégrité des contrats dans le domaine de la construction et de l'entretien
du réseau routier. Processus d'habilitation sécuritaire pour les membres
externes, les comités de sélection.
En terminant, la gestion contractuelle pour
maintenir des standards élevés et favoriser la concurrence, l'application de la cote de rendement au moyen de
l'attribution des contrats de services professionnels, génie routier et
ingénierie des ponts.
L'intégrité,
l'imputabilité et la reddition de comptes orientent les décisions et les
interventions du ministère. La protection
de l'intégrité des contrats publics est une responsabilité du plus important
donneur d'ouvrage. La transparence est une
des meilleures préventions à l'égard de certains actes répréhensibles. La
diffusion proactive concernant les contrats publics permet de faire la démonstration de l'attribution judicieuse et
équitable des contrats pour la réalisation des projets routiers. La
nouvelle gouvernance doit permettre la relance de l'économie et de l'emploi
ainsi que le rétablissement des finances publiques. Le ministère y contribuera
en réalisant sa mission, en assurant la sécurité des citoyens et en affirmant son expertise, sa compétence et son
efficacité à gérer les infrastructures dont il a la responsabilité. Pour
lutter contre la collusion et la corruption, on va réduire les vulnérabilités
afin de protéger l'intégrité des contrats publics.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Mégantic, il vous reste
1 min 30 s pour votre bloc.
Bolduc
(Mégantic) : Merci, M. le Président. M. le ministre nous a
parlé d'utiliser, en fait, le travail qui a été fait dans l'étude de
l'agence de transport pour s'en servir pour améliorer le ministère un peu plus
loin dans le respect des budgets et des
contraintes financières dans lesquelles on s'est ramassés à notre arrivée au
gouvernement. Est-ce que le ministre pourrait nous dire comment,
concrètement, en actions... quelques éléments, par exemple, pour nous montrer
comment on se sert, finalement, de ce qui est investi pour le rendre encore
plus efficace au ministère?
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre, vous avez un petit peu moins qu'une minute.
M. Poëti :
Parfait. Bien, écoutez, le travail en ce sens-là n'est pas complètement
terminé, mais on a de l'information importante
déjà sur des recommandations de conseillers stratégiques. Donc, documenter les
processus d'estimation et de gestion des risques des projets. Fournir
aux spécialistes des outils et des systèmes informatisés et performants. Cette
recommandation pourrait s'inscrire dans la mise en place de nouvelles unités
liées à la gestion de projet, une façon de mesurer la performance en gestion de projet par
des indicateurs significatifs tels que la valeur acquise, des indices de
performance de l'échéancier et des coûts, etc. Évidemment, mettre en place une
unité spécialisée en méthodes de construction et de travaux qui assurerait la
vigie, la réalisation des travaux et les allègements du côté des ressources matérielles également. Gouvernance des organismes
en transport aussi, également. Donc, un ensemble de suggestions, de recommandations de gens qui y ont travaillé, qui vont
nous être utiles à restructurer cette partie... ou cette inquiétude-là
de la population lorsqu'il y avait eu cette idée de la création de cette
agence.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Nous allons passer
maintenant à un bloc du deuxième groupe d'opposition. M. le député de
Granby, vous avez la parole.
Bonnardel : Merci,
M. le Président. Alors, ma première question juste avant d'entrer dans le vif
du sujet. Parce que je veux vous questionner
sur l'AMT, M. le ministre, ça fait sept ans que je suis à l'Assemblée
nationale, et, à chaque étude de crédits, je me fais un devoir d'aller
voir les dépenses pour les technologies de l'information. Et, à la question 6 qui a été envoyée au ministère...
C'est particulier quand on demande au ministère et à chacun des
organismes qui sont chapeautés par le ministère : Ventilez-nous,
donnez-nous la catégorie de dépenses, donc, de ces technologies de l'information et le montant qui est dépensé mois
après mois sur l'année complète. Et ce qu'il y a de particulier, d'avril
à décembre 2013, il s'est dépensé à peu près
4 millions de dollars pour les technologies de l'information. On débute
l'année 2014, et l'année 2014 a donné des
ailes, selon moi, au ministère des Transports. Woups! On est tombé à 7,5 millions
de dépenses pour les technologies de l'information, même chose en février. Et,
selon moi, il y avait des spéciaux énormes chez Bureau en Gros en mars
2014 ou il y avait des spéciaux avec les sociétés, les entreprises de services
professionnels, il s'est dépensé
15 millions de dollars, 15 millions de dollars seulement pour le mois
de mars 2014, pour une enveloppe globale de 70 millions de dollars.
Pour trois mois de l'année, il s'est dépensé presque la moitié du budget pour
toutes les technologies de l'information.
Alors, est-ce
que cette culture, que, malheureusement, j'ai vue depuis les sept dernières
années où vous étiez au pouvoir... M.
le ministre, vous n'étiez pas là en 2007, mais votre gouvernement était au
pouvoir, et ce que je remarque, c'est qu'à
la fin de chaque année financière il y a une explosion des dépenses pour les
technologies de l'information. Est-ce que vous avez une explication pour les gens qui nous écoutent aujourd'hui à
savoir comment ça se fait que, pour seulement un mois, on a dépensé
quatre fois plus que la moyenne des derniers mois de l'année 2013?
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
M. Poëti :
Bien, je remercie M. le député de Granby de sa question. Effectivement, il faut
se poser ces questions-là, elles sont
importantes. Et, comme vous l'avez souligné, vous avez parlé du précédent
gouvernement... c'est mon parti, mais je
fais
partie de celui-ci. Et le déplacement de l'ensemble des gens qui
travaillent avec nous ici nous permet de pouvoir aller plus micro à
l'intérieur de vos questions. Alors, si vous me permettez, je vais demander à
la sous-ministre de pouvoir répondre précisément à cette
partie de question là
avec, évidemment, votre autorisation.
Président (M. Reid) : Est-ce qu'on a l'autorisation?
Consentement? Oui, consentement. Vous pouvez y aller. Si vous voulez
vous nommer, s'il vous plaît.
Mme Cantin (Danièle) : Oui, bonjour.
Danièle Cantin, sous-ministre adjointe aux services à la gestion et
surveillance des marchés. La question 6 présente les dépenses qui ont été
comptabilisées dans les états financiers du ministère
et du fonds pour les mois d'avril à mars. En mars, qu'est-ce qui arrive, c'est
qu'il y a une fermeture d'année financière,
et, à ce moment-là, on fait une démarcation comptable pour venir
comptabiliser dans la bonne année financière la dépense. Donc, c'est pour ça que vous avez un 15 millions qui se présente, là... Dans le fond, c'est une écriture
comptable. Si on fait une fermeture de mois à chaque mois, c'est les sommes que
vous retrouvez dans les livres comptables.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le député de Granby.
Bonnardel : Merci, M.
le Président. M. le Président, ma première question sur l'Agence métropolitaine des
transports. On a vu un communiqué de presse qui est passé un peu, peut-être,
inaperçu pour la plupart des gens qui utilisent ces stationnements incitatifs — si on
peut les appeler ainsi — qui,
selon moi, deviennent dissuasifs avec la nouvelle politique que l'Agence
métropolitaine veut mettre en place. Dans leur communiqué de presse du
3 juin 2014, on disait que, lors de la
consultation, l'AMT a annoncé la mise en oeuvre du projet pilote de
tarification dans un minimum de cinq
stationnements incitatifs du territoire au cours des prochains mois. On sait
qu'il y a à peu près 63 stationnements, donc, sur les couronnes
nord et sud de Montréal, et ce projet permettra donc de faire l'essai de
différents mécanismes de tarification dans cinq sites de l'AMT pour établir un
modèle d'affaires qui sera ensuite appliqué à plus grande échelle dans les
stationnements incitatifs en 2015.
M. le Président, on veut inciter les gens à prendre le train, hein, à prendre l'autobus
aussi, on a des stationnements incitatifs où on a à peu près 33 000
places qui, aujourd'hui, pour la grande majorité de ces gens qui veulent
utiliser le transport en commun, coûtent
zéro. Et là, dans un supposé plan d'affaires parce qu'il faut... J'irai plus
micro tard dans la journée sur la
gouvernance de l'AMT, qui est déficitaire présentement, vous le savez, M. le
ministre. On a trouvé je ne sais pas
par quel élément de l'esprit du directeur général ou de ceux qui le chapeautent
que peut-être de donner... d'augmenter... donc, d'avoir un stationnement
qui passe d'un stationnement gratuit à un stationnement payant, pour une facture mensuelle qui pourrait varier de 50 $ à
110 $ par mois, que les automobilistes, soudainement, vont se dire :
Bien, tiens, pourquoi pas, on va payer encore plus de nos poches.
Alors,
vous comprendrez, M. le Président, ma première question au ministre va
être : Comment il peut tolérer que l'AMT, soudainement, se dise, dans un contexte déficitaire pour l'AMT,
qu'on pourrait aller chercher près de 30 millions de dollars annuellement dans les poches des
automobilistes pour un stationnement qu'on dit incitatif, qui,
personnellement, pour moi, va devenir dissuasif quand on regarde le plan
d'affaires que l'AMT se donne là-dessus?
Le Président (M.
Reid) : M. le ministre.
Poëti : Bien, je remercie le député de Granby de sa question.
Effectivement, comme je l'ai fait un peu tantôt à la députée de Vachon, lorsqu'on arrive en poste, on
regarde l'ensemble des services, des bureaux, des organismes et des gens
qui dépendent du ministère. Et la députée de
Vachon le sait parce qu'elle l'a vécu quand même un certain temps, vous avez des présentations des fonctionnaires, des
organismes qui viennent vous expliquer où ils sont rendus, où ils
veulent aller et quel chemin ils veulent prendre.
Lorsque j'ai eu cette
présentation concernant la tarification des stationnements incitatifs, j'ai eu
une
partie de votre réaction, collègue,
parce qu'effectivement je me dis que, si ça doit être des stationnements
incitatifs, il faut qu'ils le soient. Et mon questionnement a été aussi
de dire : Est-ce que c'est juste les gens qui auraient les moyens de se
payer cet espace-là qui vont pouvoir le
faire? Alors, j'ai questionné, évidemment, l'AMT sur le sujet. Pour vous
rassurer, il s'agit d'un projet
pilote. Ça m'a rassuré parce qu'un projet pilote n'est pas, si vous me
permettez l'expression, force de loi ou de règlement, et on voulait
évaluer sur une période d'un an ces stationnements incitatifs.
me questionnais aussi, également, sur le fait que, si on veut améliorer
l'utilisation des transports collectifs, dans bien des cas, pour une très courte distance, les gens doivent se rendre
au stationnement incitatif, stationner leur véhicule d'une façon
sécuritaire et être capables d'utiliser le transport collectif. C'est évident
qu'un frais additionnel pour les gens, pour
stationner leur voiture n'est certes pas bienvenu, mais va peut-être plus à
l'encontre, justement, de ce que vous souleviez sur l'incitation aux
gens de l'utiliser. Alors, le projet pilote est sur un an, avec un certain
nombre de places, évidemment, qui a été installé dans six stationnements, je
dois le souligner, seulement, cependant, et ça touche entre 11 % et 20 % des places actuellement.
Ceci, à ce stade-ci, ne me permet pas de croire qu'on va retirer des places à
des gens qui veulent utiliser les stationnements incitatifs.
Mais
j'ai eu une deuxième question, celle de me dire : Pourquoi on ne peut pas
avoir de plus grands stationnements incitatifs?
Et, à partir de là, il y a des règles qui m'ont été expliquées par l'AMT sur le
financement, justement, des espaces de
stationnement incitatif. Et j'ai eu une rencontre, il y a quelques jours, avec
les maires de la couronne nord, justement, sur un autre sujet, mais qui touche aussi, également, le stationnement
incitatif et être capable d'avoir une collaboration des municipalités
sur la création de ces stationnements dans lesquels, évidemment, ça repose
100 % ou à peu près sur le ministère
des Transports, où il y aurait même une collaboration municipale dans certains
projets pilotes où on pourrait peut-être,
si on est capable et qu'on doit faire changer le rapport, les directives sur le
financement, le temps de financement des stationnements, d'avoir des stationnements étagés qui permettraient plus
d'espaces ou des stationnements souterrains, mais de plus grands
stationnements dans ces espaces-là, et j'avais eu certaines réflexions ou certaines
réponses en disant : Mais, si on fait ça, on n'incite pas les gens à
prendre le transport collectif. Je ne suis pas tout à fait de cet avis-là.
c'est pour ça que je n'ai pas suspendu le projet pilote, parce qu'il touche
actuellement une très faible portion des gens. Mais l'intention, à mon
avis, de voir ce projet-là est peut-être de modifier les directives sur le
financement des stationnements incitatifs,
qui permettrait, à plus long terme, parce que ça coûte beaucoup plus cher, de
les faire étagés... nous permettrait d'avoir plus de places. Et, à
partir de là, je vous rassure, c'est strictement un projet pilote. Je ne suis
pas tout à fait de cet avis que les stationnements incitatifs payants, ce soit
la clé pour l'avenir.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, le ministre ne rassure
certainement pas les 33 000
personnes qui utilisent leur véhicule
ce matin pour aller utiliser ces stationnements incitatifs. Je le répète, l'AMT
dit, là : Ah! on est le seul endroit en Amérique du Nord qui ne facture pas, qui n'a pas de tarif pour le
stationnement, puis soudainement l'éclair de génie, c'est de dire aux 33 000 automobilistes : On
va vous facturer. Vous êtes vraiment en train de me faire accroire, vraiment
faire accroire que, sur ces cinq, six
projets pilotes, là... Dans le communiqué de presse de l'AMT, on dit : «Ce
projet permettra donc de faire
l'essai de différents mécanismes de tarification dans cinq sites de l'AMT pour
établir un modèle d'affaires...» Moi,
ce que j'ai vu en politique depuis sept ans, là, c'est que des projets pilotes,
là, qui vont... même si c'est 11 % à 20 % de ces places qui vont être tarifées, que, dans le
plan de match de l'AMT, là, ça va être d'aller chercher 30 millions de
plus dans les poches des automobilistes. Si vous décidez, M. le ministre, de
faire d'autres stationnements, où, là, on va en bâtir puis on va décider
d'amener des stationnements qui vont être payants, c'est une autre chose. Mais
là on en a 33 000, et les Québécois,
les automobilistes sont les plus taxés en Amérique du Nord, les plus taxés,
vous le savez très bien. Vous allez me faire croire aujourd'hui que
l'AMT, là, ne va pas mettre en marche un mécanisme qui va amener tous les
automobilistes, dans un an, à payer de 50 $ à 110 $ pour stationner
leur véhicule, pour payer le train ensuite, payer l'autobus quand, vous le
savez très bien, ça va être une enveloppe d'à peu près 30 millions de
dollars annuellement que l'AMT va aller
chercher dans les poches des automobilistes? M. le ministre, soyons sérieux,
là. Soyons sérieux, ce projet pilote doit être arrêté immédiatement,
immédiatement.
Le Président (M. Reid) : M.
le député de Granby, je vous demanderais de vous adresser à la présidence, s'il
vous plaît. M. le ministre.
Poëti : Bien, écoutez, peut-être que ma première
partie de
réponse n'a pas été assez claire, vous ne semblez pas croire que j'ai un questionnement important
sur l'exercice actuellement. Et la raison pour laquelle il n'est pas arrêté,
c'est parce que c'est un projet pilote, et
que ça touche entre 11 % et 20 % des places, et qu'il n'est pas de
l'intention... il n'est pas de notre
intention et il n'est pas de celle de l'AMT... Et, si vous voulez, je pourrais
vous permettre d'entendre M. Girard sur le sujet, si vous le
désirez, je n'ai pas de problème.
Le Président (M. Reid) :
Est-ce que vous...
Bonnardel : Non,
regardez...
Le Président (M. Reid) : M.
le député de Granby, vous avez la parole.
Bonnardel :
Oui, M. le Président. Vous êtes le ministre, vous avez à répondre sur la
situation. Le communiqué de presse
dit : «...dans cinq sites de l'AMT pour établir un modèle d'affaires qui
sera ensuite appliqué à plus grande échelle dans les stationnements incitatifs en 2015.» Ceux qui nous écoutent, là,
puis qui comprennent légèrement ce que les mots veulent dire, bien, écoutez, je pense que, dans les circonstances, le
ministre doit comprendre que l'AMT, là, ils veulent vraiment amener tous
les automobilistes à payer d'ici 2015. Et d'établir sur les cinq sites qui vont
être utilisés pour amener un tarif x pour
ces automobilistes... même si c'est 20 % du stationnement, je sais très
bien que, quand c'est le temps puis qu'on peut aller chercher de
l'argent de plus dans les poches des automobilistes, vous pouvez me croire,
c'est ce qui va se passer, c'est ce qui va se passer.
Alors, je répète ma question au ministre.
Malgré
le fait, là, que c'est seulement 20 % du stationnement qui va être tarifé, je lui dis aujourd'hui : C'est
une farce, c'est une farce d'aller chercher de l'argent de plus dans les poches
des automobilistes, et il doit arrêter ce cirque aujourd'hui, et ramener à
l'ordre le directeur général, et lui dire : Non, il n'y en aura pas, de projet pilote. Non, vous allez
trouver d'autres moyens pour vous autofinancer, vous allez trouver
d'autres moyens pour réduire vos dépenses,
puis on ne va pas aller chercher une cent de plus dans les poches des
automobilistes.
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre, la parole est à vous.
M. Poëti :
Merci, M. le Président. Écoutez, il semble que le député de Granby ne me croie
pas quand je donne des réponses. Je vous le dis, je le répète, il n'est
pas de l'intention de l'AMT et il n'est pas de la mienne, d'aucune façon, de facturer et de charger un montant à toute
personne qui se stationnerait dans un stationnement incitatif. Je vous le
répète, il n'est pas de l'intention de l'AMT
et il n'est pas, pour vous rassurer doublement... Parce que c'est au ministre
que vous voulez entendre la réponse,
c'est le ministre qui va vous donner la réponse : Ça n'arrivera pas, nous
n'allons pas faire payer tous les gens qui vont venir stationner dans
les stationnements incitatifs. Au contraire, je veux rassurer le collègue de Granby, non seulement ce n'est pas mon intention...
Et, à moins de me tromper, on est sous enregistrement. Gardez-le, et,
peut-être, dans deux ou trois ans, vous diriez que j'avais raison. Je n'ai pas
l'intention de facturer les stationnements incitatifs complètement, ce n'est
pas vrai.
Maintenant,
de fermer la porte à un projet pilote, il me semble que c'est un peu manquer
d'ouverture pour dire qu'est-ce qu'il en est exactement, de quelle façon
ils vont être. Et, je le réitère, ça touche 11 %, maximum 20 % dans six stationnements. On peut dire non tout le
temps, c'est correct, mais je dis juste qu'actuellement je ne crois pas, et
en tout respect au député de Granby, que ce projet pilote là vient nuire à
l'incitation aux gens d'aller... Mais d'emblée je vous assure que, lorsque j'ai pris connaissance de ça, lorsque j'ai
entendu ça, je ne suis pas de l'avis que nous devrions financer
davantage les citoyens qui utilisent leur automobile et les encourager à venir
aux stationnements incitatifs.
À partir de
là, j'évalue déjà... Et vous devriez être heureux de savoir que je regarde
actuellement à modifier la directive
qui permettrait à l'AMT de pouvoir financer des stationnements incitatifs
surélevés. Vous le savez, il manque d'espaces dans ces endroits-là, on a
peu d'espaces pour les véhicules. Alors, la solution, c'est étagé ou
souterrain. Ceci double, triple, quadruple
le coût. Alors, pour le financer, actuellement, selon les règles qu'on a, on ne
peut pas le faire. Je suis après travailler pour modifier ça. Et, deuxièmement,
j'ai eu un maire qui, il y a quelques jours, m'a dit : Normalement, on ne participe pas au financement de
ça, je serais prêt à le faire avec un projet pilote. Je suis convaincu
que c'est un projet pilote que vous n'allez pas vous opposer, celui-là, par
exemple, parce que c'est justement permettre davantage de places aux citoyens.
Et je ne
crois pas que cette philosophie-là de facturer soit la bonne, mais actuellement
elle ne minimise pas, elle ne nuit
pas et elle ne permet pas d'avoir une résultante du projet pilote qui
peut-être, dans un sens ou dans l'autre, pourrait être recommandée. Mais
je veux rassurer d'emblée, et je l'ai fait à trois reprises... Le député de
Granby semble dire que nous avons l'intention de facturer les gens dans les stationnements
incitatifs. La réponse, c'est non.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Granby, il vous reste quatre minutes à votre bloc.
Bonnardel : M. le
Président, la réponse, c'est non? Il va sûrement falloir que le ministre
rappelle à l'ordre le directeur général de l'AMT ou qu'on puisse recevoir un
nouveau communiqué de presse qui va utiliser les mots que vous venez de dire. Je répète ce qui est indiqué dans le
communiqué de presse, là, pour ceux qui nous écoutent, qui n'ont pas entendu : «Ce projet permettra
donc de faire l'essai de différents mécanismes de tarification dans cinq
sites de l'AMT pour établir un modèle
d'affaires — c'est
déjà écrit, un modèle d'affaires — qui sera ensuite appliqué à plus
grande échelle — à
plus grande échelle — dans
les stationnements incitatifs en 2015.»
M. le Président, c'est une taxe déguisée, c'est une taxe déguisée qui va
débuter pour 600 places ou à peu près
sur 33 000 places. On va aller chercher 50 $ à 110 $ dans les poches
des automobilistes, puis vous allez vraiment, encore une fois, me dire que, dans un an, on va regarder ça d'un oeil un
peu... non, finalement, on a 30 millions sur la table, on n'ira pas le chercher, ce
30 millions, pour être capable d'effacer le déficit structurel — je ne dirais même pas
conjoncturel — de
l'AMT, structurel? Puis ça, ça sera un autre bloc de l'AMT présentement. Alors,
M. le ministre, soyons, encore une fois, sérieux. Ce n'est pas dans votre
intérêt de taxer encore plus...
Le Président (M.
Reid) : M. le député de Granby, je vous demande pour une
deuxième fois de parler à la présidence.
Bonnardel : Pardon, M. le Président. M. le Président, ce
n'est pas dans l'intérêt du ministre de taxer davantage les automobilistes, qui voient déjà une facture...
taxe sur l'essence énorme, stationnement incitatif qui devient
dissuasif. Ça va être quoi demain matin? On va taxer quoi, le covoiturage
aussi?
Alors,
là-dessus, M. le Président, je pense que le ministre, là, doit demander soit que
le directeur général nous écrive un
nouveau communiqué de presse qui va rectifier les faits, qui va rectifier les
faits puis qui va utiliser exactement les mots du ministre aujourd'hui en disant : Non, on ne va pas tarifer
puis on ne va pas taxer davantage les automobilistes... Je ne crois pas, je ne crois pas que l'AMT, dans un
an, M. le Président, avec tout le respect que je dois au ministre, ne va
pas utiliser cette forme de tarification additionnelle pour, encore une fois,
taxer davantage les automobilistes.
Le Président (M.
Reid) : M. le ministre, il reste environ deux minutes, presque
deux minutes au bloc.
Poëti : Bien, écoutez, je pourrais répéter pendant deux minutes
non, non, non, pendant deux minutes, mais ça n'a pas l'air que ça va vous convaincre. Ce que je vous dis, collègue de
Granby, c'est clair que je n'ai pas cette intention-là, ce n'est pas
notre intention de le faire. Et vous avez dit — et je vous cite, vous avez lu
le communiqué — deux
mots, «faire l'essai» Est-ce que vous
considérez, quand vous faites l'essai de quelque chose, que vous allez le
faire, que vous allez décider de le faire? Ma réponse à moi, c'est non.
C'est
malheureux, on ne se connaît pas assez, peut-être que mon temps en politique
n'a pas été assez long, mais, quand
je dis non, je n'ai pas cette intention-là ni cette année, ni l'année
prochaine, ni dans celle qui va suivre.
La définition d'un stationnement incitatif, par définition, pour
moi, est claire, il faut que ce le soit. Alors, si on s'en vient le
facturer quand il ne l'était pas, je suis d'accord avec vous, je ne vois pas où
est l'incitation.
Alors,
je ne sais pas comment vous le dire autrement, je pense que j'ai été clair.
Puis c'est étonnant parce qu'on est d'accord sur le même sujet, on est d'accord
sur le fait que ce n'est pas une façon... On fait un test, on fait l'essai,
on le regarde. À partir de là, avant même...
Ça s'est fait avant que j'arrive, mais, quand je l'ai entendu, j'ai offert de
parler au directeur : Vous
voulez me parler? J'ai émis mes inquiétudes sur ça. Et ce que je répète aujourd'hui, c'est ce que je lui ai dit :
J'ai un questionnement. Finissons le projet pilote, qui ne nuit pas à
personne actuellement, et je m'engage... Puis, je vous le répète, il n'est pas de notre intention...
Et, si c'était celle de l'AMT, ce n'est pas la mienne. Et je sais que ce
n'est pas dans leur intention. Nous n'allons pas facturer et faire payer l'ensemble
des gens qui utiliseraient un stationnement incitatif au Québec d'aucune façon,
je vous en assure.
Le Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Je vais maintenant reconnaître un député du groupe gouvernemental pour un bloc de 15 minutes, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Très
bien. Merci, M. le Président. Je souhaiterais questionner... ou aborder avec M. le ministre — via
votre entremise, évidemment, j'ai bien compris — un sujet qui a fait
couler beaucoup d'encre au cours des dernières semaines et des derniers mois, soit le pont Champlain. Bien sûr,
il s'agit d'un axe stratégique
pour le réseau de transport québécois, car il est le lien le plus
important entre la Rive-Sud et l'île de Montréal. Rappelons qu'il est sous la
responsabilité de la société Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain inc.,
laquelle relève du gouvernement fédéral. Le gouvernement du Québec est, quant à
lui, responsable du transport collectif sur la structure.
se souvient, d'ailleurs, que c'est en 1978 qu'une voie réservée aux autobus a
été aménagée à contresens sur le pont.
Au fil des ans, ce service a connu des améliorations notables, dont l'ajout de
voies réservées entre les approches du pont et les terminus Panama et
Chevrier à Brossard, l'aménagement d'un terminus au 1 000, rue
De La Gauchetière offrant une
correspondance avec la station de métro Bonaventure, la mise en place de
diverses mesures préférentielles facilitant l'accès aux autobus depuis
le terminus ainsi que le corridor de transport collectif dans l'axe de l'autoroute 10 au centre-ville de Montréal et
utilisé aujourd'hui par plus de 20 000 personnes en période de
pointe, soit autant de personnes que pour la ligne jaune du métro entre
Longueuil et Montréal.
En avril 2011, le
ministre des Transports du Québec de l'époque avait annoncé la formation du
Bureau des partenaires sur les mesures
préparatoires au remplacement du pont Champlain, relevant du gouvernement du
Québec. Par la suite, le 5 octobre 2011, le ministre des Transports, de
l'Infrastructure et des Collectivités du Canada a annoncé la construction d'un pont qui pourrait être réalisé
en partenariat public-privé, un PPP, et comprendre un péage. Transports
Canada met sur pied sa propre structure de gouvernance et de concertation.
En avril 2013, le
ministre Gaudreault annonce le choix d'un SLR comme mode de transport collectif
sur le futur pont Champlain. Pour
concrétiser sa mise en place, le gouvernement du Québec crée un bureau de
projet dont la direction est confiée
à l'Agence métropolitaine de transport. La mise en oeuvre du projet s'est faite
en septembre 2013.
Dernièrement, soit en décembre 2013, le
gouvernement fédéral annonce que le nouveau pont Champlain sera finalement prêt
trois ans plus tôt que prévu, soit en 2018.
Vous
avez, M. le ministre, annoncé à la fin du mois de mai dernier les spécificités
techniques pour le tablier du nouveau pont pour accueillir le nouveau
mode de transport collectif. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a conduit à
l'annonce d'un tablier hybride, alors que l'ancien gouvernement avait annoncé
le SLR?
M. Poëti : Alors, M.
le Président, un dossier, évidemment, qui a fait couler beaucoup d'encre, qui a eu énormément
d'interprétations et qui a nécessité des éclaircissements importants suite aux
dernières élections et aux promesses du précédent
gouvernement sur leur choix. Parce que le précédent gouvernement a décidé. Pour budgéter l'argent, ça, c'est une autre chose.
Alors, je tiens à vous rappeler que ce gouvernement-là
précédent avait annoncé sa préférence pour le LSR. En fait, il a dit : Nous, on veut un SLR, on va avoir un SLR. À
moins qu'il y avait de l'argent caché quelque part, M. le Président, moi, quand nous sommes arrivés au gouvernement, l'argent pour le SLR, là, il semblerait qu'il y en avait de caché
qu'on n'a pas vu. À ce jour, on cherche encore. Et de mettre sur la carte de
crédit des citoyens du Québec sans avoir fait de fiche d'avant-projet, sans avoir fait de dossier d'opportunité,
sans avoir voulu suivre la directive gouvernementale pourtant mise en place par leur propre parti dans
les mois qui ont suivi leur décision de faire un SLR et de demander...
De s'astreindre à cette directive-là, de
pouvoir la suivre et de devoir la suivre, non. Non, eux, ils ont dit :
Nous, on veut un SLR, c'est comme ça, on va mettre ça, ça va être
parfait. Maintenant, pour la facture, on repassera.
Conformément à la recommandation de l'AMT et de
son P.D.G., nous... M. Nicolas Girard a demandé au gouvernement fédéral de
prévoir une nouvelle structure qui puisse accueillir le système léger sur rail
et des autobus afin de permettre un service de transport collectif amélioré
sur le pont, et ceci dès son ouverture en 2018. Pour certaines personnes, ça semble être une mauvaise nouvelle.
Pourtant, elle est excellente, c'est-à-dire que le gouvernement fédéral va devancer de trois ans la nouvelle structure du
pont Champlain. C'est une bonne nouvelle, ça, M. le Président, c'est important, et là on voudrait nous reprocher de ne
pas avoir déjà décidé quand on aura en 2015 la réponse de l'AMT parce que que nous suivons la directive que ce précédent
gouvernement avait mise en place. Et, parce qu'on suit cette
directive-là, le précédent gouvernement et certaines personnes me demandent de
court-circuiter tout le volet d'analyse du dossier d'opportunité et que l'AMT devra me préciser quel est le meilleur mode
qualité-prix en comparaison avec d'autres. Alors, on va regarder
l'ensemble de ce qui existe, de ce qui pourrait exister comme transport
collectif toutes catégories, et là on sera
en mesure de prendre une meilleure décision. Mais, lorsqu'on fait un choix, on
dit : Nous, on veut le SLR et on fait
fi de toute autre recommandation à l'intérieur, pourtant, d'un processus qui
est clair, qui est une directive du Conseil du trésor... Bien, moi, je
vais suivre les directives, je vais suivre les règles, et on va avoir cette
proposition-là de l'AMT à l'intérieur du bureau de projet.
Alors, le bureau de projet nous a dit en juin
2014 que les données techniques qu'on devait donner au fédéral, et à la suggestion de l'AMT, étaient d'avoir
l'ouverture sur les différents modes. Alors, je ne vois pas pourquoi on se
serait privés d'avoir les types de transport collectif possibles sur le pont
pour ne pas se retrouver en 2018 en arrivant à la conclusion qu'un SLR, qu'un transport collectif électrifié, qu'un autre
type de transport collectif que les bus soit possible. Il me semble que
ça aurait été irresponsable.
Et, si notre
décision, là, à l'effet qu'on ne veut pas de SLR était prise, je le dirais.
Nous attendons les recommandations et
l'étude de l'AMT, ce qui est tout à fait normal et responsable. Alors, les gens
qui interprètent, qui font de la désinformation sur le fait que nous ne
voulons pas ça, c'est faux, c'est inexact. Et, lorsque je vais avoir cette
recommandation-là, on va l'analyser, on va
l'évaluer et on va voir le juste prix. Promettre à des citoyens un transport
collectif de 3 milliards ou plus sans en avoir les moyens, je me
demande de quelle façon on voit l'avenir quand on fait ça.
Le bureau de projet va poursuivre également ses
travaux afin de déposer un dossier d'opportunité au gouvernement du Québec à la
fin de l'été 2015, à la fin de l'été 2015. Conformément à quoi? À la Directive
sur la gestion des projets majeurs
d'infrastructure publique adoptée par le chef de l'opposition officielle dans
le gouvernement précédent en février
2014. Il me semble que le processus pour la décision du transport collectif de
Champlain est suivi, est bien suivi.
Ce dossier va nous permettre de déterminer le meilleur mode de transport
collectif à long terme sur le nouveau pont Champlain, pas celui que
j'aimerais. Ce dossier va nous permettre de déterminer le meilleur mode de
transport collectif à long terme sur le pont Champlain.
Vous savez,
M. le Président, quand on rêve, là, c'est le fun de rêver, mais moi, je rêve
les yeux ouverts, je ne les ferme pas, pour savoir quel va être le coût
relié à ça, qu'est-ce qui va être la meilleure façon pour tous les citoyens, qui en ont bien besoin, du transport collectif. Et
déjà, avec le site propre, c'est-à-dire un site complètement protégé,
unique pour le transport, honnêtement la
simple réalisation de cette nouvelle structure là, avec ce qu'on a aujourd'hui,
va déjà être plus efficace. Mais ce
n'est pas ça que je dis que je veux faire, on veut faire plus pour les citoyens
du Québec, on veut faire plus pour les gens qui veulent rentrer à
Montréal.
Je vais vous expliquer les éléments qui doivent
documenter le bureau de projet pour se conformer à la directive adoptée par le
chef de l'opposition officielle, qui semble être méconnue de l'autre côté de la
Chambre, pour une
partie : l'étude des besoins, diagnostic complet de la
situation actuelle sur les modes de déplacement; étude indépendante sur les
projections d'accroissement de l'achalandage, incluant l'effet des péages;
détermination et évaluation des options
possibles — quand on
décide ce qu'on veut, là, ce bout-là n'est pas bon, là, mais pourtant
c'est dans la directive — détermination et évaluation des options
possibles; analyse détaillée des capacités relatives aux modes de transport comparés — pas juste un, là, comparés; identification
des infrastructures requises pour chaque mode; estimation des coûts d'immobilisation — ce n'est pas rien, ça, M. le Président — sur le cycle de vie, 40 ans; estimation des
coûts d'exploitation sur le cycle de
vie, dollars, passagers-kilomètres; stratégie de financement selon les
modes de transport; comparaison des modes de réalisation; et
consultations publiques afin de définir les éléments d'acceptabilité sociale du projet. Troisièmement,
coût-bénéfice des modes bus et SLR. Je le répète, coût-bénéfice des modes bus,
SLR; choix et justification de la meilleure option à long terme;
répartition annuelle des investissements nécessaires; présentation des principes variables, économiques et financiers;
estimation du coût des éléments nécessaires à l'élaboration du dossier
d'affaires.
C'est
seulement à la fin de ce processus rigoureux que nous pourrons prendre la
meilleure décision. Et ce processus rigoureux,
et je le rappelle à la députée de Vachon... a été prise, cette directive, par
son propre parti. Je comprends mal aujourd'hui la décision, ou le
questionnement, ou... sur le fait qu'on n'a pas choisi son mode de transport,
que la députée de Vachon, elle, pouvait, en
fait, définir sans suivre une politique gouvernementale, qui plus est, prise
par son propre parti.
Pour les
péages, on n'en a pas parlé, mais ça touche le pont Champlain également. La
position du gouvernement est bien
connue. Je l'ai dit, redit à plusieurs reprises, rappelons-nous toujours que
c'est une structure fédérale. Nous sommes contre le péage sur le pont
Champlain, car il ne s'agit pas d'un nouveau lien routier. Elle rejoint celle
du maire de Montréal, des décideurs
politiques de l'agglomération de Longueuil et des autres. Ceci dit, nos
relations avec le gouvernement fédéral
sont bonnes. On peut être en désaccord sur certaines choses si on regarde le
transfert, si on regarde l'argent des infrastructures, si on regarde la
collaboration. Mais, sur ce point, effectivement, aujourd'hui, on ne s'entend
pas.
Ce pont-là va
être terminé en 2018. Est-ce que nous avons encore un peu de temps pour en
discuter? La réponse, c'est oui. M.
Lebel nous a d'ailleurs confirmé qu'il y aurait un nouveau pont dès 2018 dans
le respect des échéanciers qui sont devancés. Et je ne comprends pas
qu'on ne soit pas plus content parce que ça, c'est une excellente nouvelle. Je suis confiant d'arriver à une entente avec le
gouvernement fédéral, et ça ne va pas être, certainement pas, par la voie
de confrontations qu'on va y arriver.
Le plan de
continuité de la mission du transport en cours d'élaboration vise à assurer un
maximum de mobilité des personnes et des marchandises en cas de
fermeture partielle ou complète du pont Champlain. Donc, pour les gens qui se questionnaient sur la réflexion s'il arrivait
une difficulté sur le pont Champlain et la capacité de pouvoir continuer
à fonctionner sur l'île de Montréal, c'est
notre préoccupation et c'est ce qu'on fait pour s'assurer de situations
d'urgence. J'ai une déformation dans ce domaine-là, vous le savez, et je pense
que c'est pour le bien de tout le monde. Donc, on a identifié une série de
mesures.
À partir de là, l'information globale de
Champlain... Dans quelques semaines, on va présenter — M.
Lebel m'a confirmé ça — la
nouvelle image, quel sera le type de pont qui va être utilisé, à la grande
fierté, je l'espère, de l'ensemble des
Québécois, et que cette nouvelle structure là, qui est un poumon économique,
parce que rentrer à Montréal... Je le
rappelle à tout le monde, quand Montréal va bien, Québec se porte mieux. Et la
réalité de Montréal, c'est qu'on doit utiliser
des ponts, des tunnels, les entretenir et, dans certains cas, les changer. Et
c'est ce que le gouvernement fédéral va faire, qu'il va faire dans un temps beaucoup plus court. À partir de là,
le mode de transport collectif qui va être choisi... Je le rappelle — et c'était écrit — nous suivons la directive, et, à la fin de
l'été 2015, je serai en mesure de mieux évaluer les propositions de
l'AMT sur les études qui sont faites. Et, d'ici là, je vous dis déjà que je
regarde, j'analyse et compare les différents
moyens de transport collectif dans un seul objectif, l'améliorer, qu'il soit
plus efficace, fiable, confortable et qu'il soit utilisé et incitatif
pour l'ensemble des citoyens qui doivent entrer et sortir de l'île de Montréal.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Vaudreuil, vouliez-vous compléter
votre question?
Mme Nichols : Oui. Deux minutes.
Le Président (M. Reid) : Une.
Nichols : Une minute? Merci, M. le Président. Peut-être juste vérifier avec M. le ministre pour certaines informations complémentaires, entre autres relativement
au système de péage fédéral, quel sera, là, le partenariat, justement, avec le
fédéral à ce sujet-là.
Le Président (M. Reid) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre, en quelques secondes.
M. Poëti : Bien, écoutez, le
système de péage fédéral sera construit et géré par son partenaire privé. Mais
les revenus de péage, actuellement ce n'est
pas défini, et c'est pour ça que je dis que nous avons du temps pour négocier
avec le fédéral pour voir de quelle façon...
Nous ne voulons pas de péage sur le pont Champlain, c'est clair. Et c'est
certain qu'il y a un contexte à tout ça, et qu'il y a deux autres ponts
aussi qui vont devoir être touchés par ça, et qu'il y a un tunnel également, qu'il y a d'autres entrées à Montréal.
Donc, c'est pour ça que, pour nous, c'est important de regarder et de s'assurer de ne pas avoir de péage sur Champlain.
Tant et aussi longtemps que ce pont-là n'est pas construit et tant et
aussi longtemps qu'il n'y a pas une seule
voiture qui a passé dessus, je considère toujours qu'on a le temps de négocier
une meilleure entente sur ce sujet-là avec le gouvernement fédéral.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Je passe
maintenant la parole à la députée de Vachon pour un bloc de l'opposition
officielle.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, justement, concernant la directive sur la gestion
des projets majeurs d'infrastructure
publique que le ministre dit respecter à la lettre, s'il lit, là, à la page 8,
dans les avant-projets, il est très clair qu'au point 8 le ministre responsable doit... oui, il
valide avec le Conseil du trésor, mais doit également présenter au
Conseil des ministres, avec une fiche d'avant-projet concernant l'ensemble des
éléments, l'estimation des coûts... préliminaire des coûts.
Donc,
j'aimerais savoir de la part du ministre, pour le projet 1 — puis on peut les passer un après l'autre,
là — dans
le réseau routier à l'étude, est-ce que la fiche d'avant-projet a été produite?
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
M. Poëti : M. le Président,
je vais répondre à la députée de Vachon exactement ce que je lui ai dit tantôt.
Je comprends mal sa question dans le fait
que... Est-ce qu'il s'agit d'une opposition à la création de ce qu'on fait
actuellement? Est-ce qu'il s'agit d'une
question sur le fait qu'on doive fournir la fiche d'avant-projet avant d'avoir
budgété les coûts? C'est ça qui est
la question? Donc, vous faites fi de la présence au Conseil du trésor pour
obtenir les fonds — peut-être
que ce n'était pas une pratique chez vous, mais ce l'est chez nous — avant
un projet, et là vous voulez que je vous donne la fiche d'avant-projet avant qu'on soit passés au Conseil du trésor et
qu'à quelques semaines vous voulez la fiche d'avant-projet des 19 projets? Bien, posez-moi la
question pour les 19, je vais vous donner les 19 fois la même réponse : On
fait les fiches d'avant-projet une fois
qu'on va au Conseil du trésor et qu'on obtient l'argent et le financement pour
le faire.
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre, je vous demanderais de vous
adresser à la présidence, s'il vous plaît. Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Merci,
M. le Président. Oui, il faut aller au Conseil du trésor, mais, selon la
directive, il faut également aller au Conseil des ministres avec une fiche
d'avant-projet. Est-ce que le ministre peut m'expliquer son interprétation de
la directive à ce moment-là?
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre.
M. Poëti :
Bon, écoutez, moi, je ne fais pas d'interprétation, je suis les directives.
C'est peut-être une nuance entre vous
puis moi. Moi, je n'interprète pas les choses, je ne les interprète pas, je les
suis. Et le règlement, la façon de les suivre, c'est d'aller au Conseil du trésor, ensuite faire les fiches
d'avant-projet. Alors, je rappelle à la députée de Vachon que nous
sommes au gouvernement depuis un certain temps et que nous sommes à élaborer...
Et je me suis engagé aussi à la députée de
Vachon à lui transmettre, lorsque les fiches d'avant-projet seront terminées,
de lui déposer... C'était ma réponse de
ce matin. On revient sur la même question, on peut le faire toute la journée,
je veux juste dire, M. le Président, que j'ai répondu à cette question-là, c'est clair. Ça, ça s'appelle de la
transparence, et on va le faire. Vous ne l'aurez pas après-midi parce
qu'ils ne sont pas tous réalisés. J'espère que vous n'êtes pas surprise de ça.
Alors, c'est ça, la réponse.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui.
Merci. M. le Président. En fait, j'inviterais peut-être le ministre du
Transport à lire la directive. Je pense que c'est assez clair comment c'est
écrit dans la directive. C'est assez court, je pense que ça ne lui demandera pas trop de temps. Et très clairement,
au point 7, il doit passer au Conseil du trésor. Et, au point 9, à la
suite de l'autorisation du Conseil des ministres, le projet sera inscrit au
prochain PQI dans la catégorie projets à l'étude. Donc, c'est très clair, au point 8, c'est la fiche d'avant-projet. Donc,
je pense que le ministre nous confirme aujourd'hui qu'effectivement la
directive n'est pas appliquée pour les projets à l'étude.
M. Poëti : M. le Président...
Le Président (M. Reid) : M.
le ministre, vous n'avez pas la parole.
M. Poëti : ...une question de
règlement. Elle dit que je confirme quelque chose que je n'ai pas fait. C'est
son interprétation, elle ne peut pas mettre dans ma bouche des mots que je n'ai
pas dits.
Président (M. Reid) : M. le ministre, la députée a droit à ses
opinions, ça fait partie... Vous aurez le loisir de la contredire quand
ça sera votre tour.
M. Poëti :
Mais, M. le Président, j'insiste parce que, lorsqu'on dit : Le ministre
nous confirme, elle admet, elle dit clairement
une chose que je n'ai pas dite. Je ne confirme pas ça, ce n'est pas ce que j'ai
dit. Ce que vous faites n'est pas correct. Moi, je veux juste être
clair.
Président (M. Reid) : M. le ministre, vous aurez l'occasion,
tout à l'heure, de répondre à ça. Pour l'instant, le règlement permet à la députée de donner son
opinion sur... ou d'interpréter ce que vous avez dit. Vous aurez libre
cours de pouvoir contredire si vous n'êtes pas d'accord. Mme la députée de
Vachon, c'est à vous, la parole.
Ouellet :
Oui. Merci, M. le Président. Je comprends que M. le ministre est choqué de voir
qu'effectivement lui-même n'applique pas la directive qu'il dit suivre à la
lettre.
Donc, je vais changer de sujet, M. le
Président. Et la députée a ouvert une porte sur la question du pont
Champlain, j'aimerais, si le ministre le
permet, poser des questions et à lui-même et à l'AMT, étant donné que c'est
l'AMT qui a donné les études. Quels
sont les résultats des études de l'AMT concernant l'offre de transport en
termes de débit, de comparaison entre le SRB et le SLR?
Le Président (M.
Reid) : M. le ministre, la parole est à vous.
Poëti : Alors, M. le Président, je dois réitérer encore une
fois que je ne suis pas choqué; deuxièmement, que, lorsque la députée de
Vachon dit des choses dans les termes que j'affirme, c'est inexact, et je le
démens, et ce n'est pas ce que j'ai dit. Et,
contrairement, peut-être, à certaines habitudes, moi, c'est de la transparence,
et je vais dire la vérité, et on va
dire les vraies choses. Alors, à partir de là, je n'accepte pas les propos de
la députée de Vachon à ce stade-ci, et il était pas mal temps qu'elle revienne aux préoccupations des Québécois. Voici
une question qui est un peu plus pertinente en ce qui me concerne. Et on ne fait pas
d'interprétation sur les réponses, ce sont les réponses. Elles peuvent ne pas
lui plaire, M. le Président, c'est
possible. Elle peut être en désaccord, c'est possible. Mais je travaille pour
les Québécois et je dis les vraies
choses aux Québécois. On est le gouvernement de la vérité et de la réalité
aussi, par exemple. Alors, je ne vais pas juste vous envoyer des
réponses pour faire passer du temps, mais, lorsqu'on n'aime pas les réponses,
on ne peut pas faire des affirmations sur ce que je n'ai pas dit.
Alors,
si elle veut entendre le président de l'AMT, je l'avais offert aux collègues de
la deuxième opposition, ça va me faire plaisir que le président de l'AMT
puisse répondre à ses questions. Ça s'appelle de la collaboration.
Le Président (M.
Reid) : Est-ce que j'ai le consentement de tous les partis?
Oui, j'ai le consentement. Vous pouvez y
aller, M. le ministre. Alors, pour ceux qui ne vous connaissent pas, M. le
président, vous allez vous nommer, donner votre titre, et ensuite vous
pourrez parler.
M. Girard
(Nicolas) : Alors, Nicolas Girard, P.D.G. de l'AMT.
Le Président (M.
Reid) : Merci.
Ouellet : Quels sont les résultats des études de l'AMT
concernant l'offre de transport en termes de débit et de comparaison
entre le SRB et le SLR?
M. Girard
(Nicolas) : Donc, il y a eu une étude qui a été confiée à la firme,
là, AECOM en mars 2012 pour des... la
réalisation d'études, là, préparatoires sur le choix du mode de transport
collectif qui devait être retenu avec l'arrivée du nouveau pont sur le Saint-Laurent. Et donc cette étude-là a étudié
différents modes de transport, alors, par exemple, le système actuel que vous connaissez, l'autobus où
on installe, là, soir et matin des cônes orange en plein milieu du pont Champlain,
également le système d'autobus amélioré et également le système léger sur rail,
et l'AMT a remis au gouvernement du Québec les conclusions de ces études-là.
Au niveau du système
léger sur rail, les estimations étaient qu'en pointe du matin il pouvait y
avoir environ entre 30 000 à
32 000 usagers qui pouvaient utiliser le système léger sur rail. Sur une
période de 24 heures, ça donnait environ
90 000 usagers. C'était une des conclusions de l'étude d'AECOM. Ce que je
dois vous mentionner, c'est que, dans le
cadre de la préparation du dossier d'opportunité, nous allons faire d'autres
études également sur l'achalandage potentiel avec différents modes de
transport collectif qui pourraient être évalués sur le pont Champlain.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. Girard. Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
Oui. Donc, le SLR, comparativement au SRB... Le SRB permettait quel débit?
M. Girard (Nicolas) : Les différents modèles qu'on a analysés, alors j'ai les chiffres. La
capacité horaire maximale pour
l'autobus statu quo, c'est-à-dire le système actuel, on parle de 10 000
personnes par heure. On parle, par période de pointe du matin, de 15 000 pour autobus améliorés avec 100 sites
propres au centre-ville de Montréal. Et, pour le SLR, on parle de
32 000. Au niveau des temps de parcours, le système actuel, on parle
d'environ 20 à 24 minutes. Autobus améliorés,
on parle de 18 à 22 minutes. Et SLR, c'était de 17 à 19 minutes selon l'étude, là, qui a été réalisée par AECOM.
C'est les trois modèles qui ont été étudiés.
Le Président (M.
Reid) : Merci. Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
Oui. Et, en termes de coûts, les coûts d'investissement du côté des SRB — on va
l'appeler SRB plus — et
SLR, donc, quels sont les résultats des études?
M. Poëti :
M. le Président, si vous me permettez...
Le Président (M.
Reid) : Oui, M. le ministre.
M. Poëti : Je voudrais
souligner quand même à la députée de Vachon que la remise de ce rapport-là
complet va se faire en 2015. On est bien
disposés à vous donner une
partie de l'étude, mais l'étude est en 2015. Je fais
juste vous mettre
en garde sur l'interprétation que vous pouvez faire des chiffres qui vous sont
donnés actuellement, au moment où cette étude-là n'est pas
terminée. Alors, je vous réitère encore mon conseil, soyons prudents sur
l'information qui est diffusée à ce
stade-ci. Compte tenu que l'étude se termine en 2015, on ne peut pas vous
donner aujourd'hui l'ensemble
des résultats parce que ce n'est pas terminé.
Le Président (M. Reid) :
Est-ce que, M. le ministre, vous autorisez M. Girard à continuer?
Le Président (M. Reid) :
M. Girard.
M. Girard
(Nicolas) : ...de compléter
la réponse du ministre, dans le cadre du dossier d'opportunité qui doit
être déposé pour l'été 2015, on doit préparer ce qu'on appelle... un des sept
éléments qu'on doit analyser, c'est l'étude des
besoins, et on va faire un diagnostic complet au niveau de la situation
actuelle sur les modes de déplacement et on va aussi préparer une étude indépendante sur les projections
d'accroissement d'achalandage. Alors, par
exemple, l'effet ou non d'un péage sur le pont, c'est des éléments
dont on doit tenir compte. On doit déterminer aussi, évaluer différentes
options possibles, alors les coûts
d'immobilisations, les coûts d'exploitation, les stratégies de financement, les
modes de réalisation. On doit
également faire une analyse des coûts-bénéfices des modes bus et SLR. On doit
également faire un choix, une justification de la meilleure option à
long terme, une répartition annuelle des investissements qui sont nécessaires, et une présentation des principales
variables économiques et financières, et également une estimation des coûts des éléments nécessaires à l'élaboration
d'un dossier d'affaires. C'est les sept éléments qu'on doit préparer
dans le cadre du dossier d'opportunité qu'on doit présenter au gouvernement du
Québec pour l'été 2015.
Le Président (M. Reid) : Merci,
M. le président. Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Merci,
M. le Président. Je reviens à ma
question. Donc, en termes de coûts d'investissement, parce qu'il
y a déjà des investissements qui ont
été analysés en fonction des informations actuelles, donc coûts
d'investissement du SRB, SRB plus et du SLR?
M. Girard
(Nicolas) : ...les coûts, à
ce stade-ci, nous ne donnons pas de chiffre pour une raison fort simple,
parce que nous sommes à un stade trop préliminaire pour donner un coût global
pour chacun des projets. Il y a certaines analyses
qui ont été faites dans l'étude d'AECOM. Nous ne rendons pas publique cette
étude-là pour une raison fort simple, c'est
qu'il y a à l'intérieur de l'étude certains choix
technologiques sur le mode retenu, et c'est des informations qu'on veut
garder confidentielles, et également sur la localisation de stations. Et, si on
rendait publiques ces informations-là, ça pourrait favoriser la spéculation
foncière, ce qui s'est produit dans le passé dans d'autres projets, et on veut
suivre à la lettre les recommandations du Vérificateur général du Québec, qui nous invite
également — la
Politique-cadre sur la gouvernance des grands projets — à ne
pas dévoiler à un stade préliminaire le coût global d'un projet ni le lieu et l'emplacement de certains sites ou stations pour
éviter qu'il y ait de la spéculation foncière et que ça fasse gonfler la
facture.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. Je déplore la décision dans... malgré toutes les belles
paroles de transparence, de ne pas rendre
publique l'étude d'AECOM. Et je crois qu'il aurait pu y avoir des caviardages
de certains passages. Nous sommes
d'accord que les éléments concernant la localisation des stations peuvent faire
l'objet de spéculation, et donc il
peut y avoir caviardage de ces éléments-là, mais l'ensemble de l'étude devrait
être rendu public. Elle est payée par des
deniers publics, l'étude a été réalisée. Je comprends qu'elle ne fait pas
l'affaire du ministre des Transports et qu'il souhaite avoir des ajouts
à cette étude-là, mais je trouve ça vraiment dommage qu'en termes de
transparence, lui qui se dit toujours de la transparence, qu'il ne rende pas
publique et qu'il refuse de rendre publique cette étude-là.
Et j'aimerais
revenir sur certains éléments des affirmations du ministre des Transports parce
que, selon les données publiées dans les journaux, on parle, là, d'un
coût de 1,45 milliard pour un SLR aérien, 2,1 milliards pour un SLR
en tunnel, et les coûts pour un SRB amélioré
seraient de 1 260 000 000 $. Donc, c'est dommage que nous
ne puissions pas avoir accès à l'ensemble de l'étude. Et les dossiers
d'opportunité, malgré ce qu'en dit le ministre, on le voit très bien avec l'étude
d'AECOM, avec l'ensemble des informations qui ont été publiées dans les journaux, que ça
répond à l'ensemble des préoccupations du ministre. Ce n'est pas les réponses qu'il souhaitait
avoir, je le constate. Et nous l'entendons depuis sa nomination, il ne
fait que reculer, là, stratégiquement sur ce dossier-là d'une fois à l'autre.
Mais AECOM avait fait l'ensemble de ces rapports-là avec ce que nous
connaissons nous provenant des journaux.
Et j'aimerais
aussi clarifier certaines affirmations. Il est exact que le pont Champlain sera
construit plus tôt, a été rapproché en 2018, et ce, à la demande du gouvernement
du Parti québécois. Et donc nous avons eu une bonne collaboration du gouvernement fédéral dans ce dossier-là, et je pense que le ministre devrait arrêter de
faire des interventions qui ne sont
pas tout à fait exactes en prétendant qu'eux... en disant que
nous, nous ne pouvions pas nous entendre avec le gouvernement fédéral. Nous
avons réussi à avoir une collaboration du gouvernement
fédéral, ce n'est pas le
monopole du Parti libéral. Et d'ailleurs, pour pouvoir avoir une collaboration puis avoir des résultats, il faut demander. Donc, nous avons réussi à avoir un rapprochement en 2018, et c'est
ce qui a amené la décision du gouvernement
fédéral à avoir un tablier hybride, et décision qui avait été prise avant
même que le ministre décide... Et c'est le gouvernement fédéral lui-même qui
l'a dit, qu'il était déjà dans cet engagement-là, d'aller sur un tablier hybride, étant donné
le rapprochement en 2018 qui a été négocié sous le gouvernement du Parti
québécois.
Président (M. Reid) :
Donc, je vais maintenant reconnaître un député ou une députée du groupe
gouvernemental pour un bloc gouvernemental. Mme la députée de Vaudreuil.
Nichols : Merci, M. le Président. Alors, bien que le sujet de transport collectif,
particulièrement le SLR, ait été abordé passionnément par
la députée de Vachon, je souhaiterais revenir sur le sujet du transport
collectif de façon différente. C'est-à-dire qu'on se souvient qu'en 2006 il y a
eu l'adoption sur la politique québécoise du transport collectif de 2007 à 2011 où les objectifs
étaient une hausse de 8 % de
l'achalandage du transport en commun et une hausse de 16 % de l'offre de service. Les résultats sont que
l'achalandage a connu une augmentation de 11,5 %, et l'offre de service,
de 24 %.
Malgré cela, la congestion n'a
pas reculé, les GES n'ont pas diminué et la motorisation s'accroît. En 2010, il
y a eu le début des travaux sur une nouvelle politique puis, en 2014, il
y a eu une annonce par l'ancien gouvernement de la Stratégie nationale de mobilité durable. Ainsi, il y avait quatre
volets, dont la planification de l'aménagement du territoire et du transport, la mobilité des personnes en
milieu urbain, en milieu rural et l'accessibilité pour les personnes à
mobilité réduite. En 2014, qui est aussi une
année de transition prévue à la stratégie et la reconduction des programmes jusqu'au 31 décembre, de nombreux projets sont sur la
table, soit le Train de l'Est, le Train de l'Ouest, qui m'intéresse particulièrement, le prolongement du métro,
le transport collectif sur le pont Champlain, le SRB sur Pie-IX, le SLR, etc.
Dans le discours inaugural, le premier ministre a parlé de revoir la gouvernance du transport
collectif pour la région métropolitaine.
Dans le budget, nous avons pu constater des investissements importants en
transport collectif. Vous en avez, M.
le ministre, d'ailleurs
brièvement parlé dans votre discours d'ouverture. J'aimerais, M. le Président, entendre davantage M. le ministre sur la vision du transport collectif, sur les grands projets sur
lesquels le ministère, l'AMT et les sociétés de transport
travailleront dans les années à venir.
Le Président (M. Reid) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Poëti : Merci, M. le
Président. Alors, d'emblée, pour répondre à votre question, c'est assez
important de souligner que, concernant le pont Champlain, dont vous avez fait
partie de votre question, nous, on n'a jamais reculé. Nous, on n'a pas dit aux citoyens du Québec qu'est-ce qu'ils aimeraient, qu'est-ce qui
est mieux pour eux. Et nous, on n'a pas
décidé du montant qu'on va mettre sur la carte de crédit des citoyens sans les
consulter. Et je suis heureux d'entendre la nouvelle orientation fédéraliste de la collègue de Vachon, qui me dit
très bien s'entendre avec le gouvernement fédéral. Alors, je suis désolé qu'au cours des 19 derniers
mois on n'ait pas réussi à faire retirer le péage. Alors, nous allons,
nous, continuer à travailler avec eux dans ce sens-là.
Et je suis aussi assez étonné des propos de la députée
de Vachon à notre égard comme gouvernement. Et elle peut en penser autre chose, mais elle ne peut pas dire que nous
reculons, elle ne peut pas dire que nous mentons et elle ne peut pas
dire que nous faisons des promesses que nous ne tiendrons pas.
Pour le pont Champlain, c'est assez étonnant
d'entendre de la bouche de la députée de Vachon qu'il y a un nouveau pont en 2018, puis c'était déjà réglé, il
n'y a pas de problème
parce que le SLR était pour aller sur le pont en 2018. Ce que la députée de Vachon
aurait convenu, c'est qu'à la fin du pont le SLR se serait arrêté parce qu'entre la fin du pont et Montréal
il y a pas mal de kilomètres qu'elle n'a pas calculés, et elle n'a pas non plus
fait le coût relié à ça. Nous allons le
faire d'une façon responsable et organisée. Et je la félicite encore une fois
pour son ouverture avec le travail avec le gouvernement fédéral. Je l'en
remercie, d'ailleurs.
La question
est assez claire sur le transport collectif, puis elle me permet de vous dire
que jamais un gouvernement n'a fait
autant en transport collectif. Des chiffres pour le prouver, pas des rêves, pas
des propositions, pas des discussions de
corridor ou d'études trouvées dans les journaux : 983 millions cette
année, un record. Le PQI stabilisé, mais augmentation annuelle de
20 % pour le transport collectif. 29 % du PQI transport terrestre
consacré au transport collectif. Ceci est un
record. On maintient ce pourcentage-là pendant les cinq prochaines années. On
le fait, entre autres, en transférant
930 millions du réseau routier vers le transport collectif pour diminuer
le déficit d'entretien du transport collectif. À cet égard, j'ai eu
droit aux félicitations de la députée de Vachon, cependant, qu'ils n'avaient
pas fait au cours des 19 derniers mois.
Actuellement,
le déficit de maintien d'actif est de 33 % dans le routier et 67 % en
transport collectif. Grâce à nos efforts, il sera de 51 % dans cinq
ans. C'est 7,6 milliards qu'on a prévus pour le transport collectif dans
notre PQI 2014-2024, 7,6 milliards,
sans oublier l'engagement du gouvernement de mettre Hydro-Québec à profit pour
investir dans des projets d'électrification des transports.
Le gouvernement
précédent promettait toutes sortes de projets. Le seul petit détail, on
oubliait de réserver l'argent pour les
faire. On mettait ça sur la carte de crédit, puis après ça, bien, on
disait : On paiera, nos enfants paieront, puis, dans un certain temps, on verra. D'ailleurs, on cherche encore les
innombrables milliards qui nous avaient été laissés pour réaliser des projets de cette nature-là.
Nous, on réserve les sommes au PQI pour pouvoir livrer les projets que
les Québécois attendent. Notre gouvernement réserve donc des sommes record pour
le transport collectif dans le PQI, mais il
faut que l'argent serve. Le taux de réalisation, pourcentage budgété aux fins
prévues, est de 90 % dans le réseau routier, mais seulement 60 % en transport collectif au cours des
dernières années. Le gouvernement précédent, au cours des 19 derniers mois, ne s'en était pas aperçu, M. le
Président, parce qu'ils n'ont absolument rien changé, et 40 % de
l'argent qu'ils prévoyaient au transport collectif n'était pas utilisé. Je n'ai
pas l'intention de faire la même chose. La grande différence entre les deux, le
MTQ fait ses travaux routiers lui-même, alors que nous passons par des
organismes de transport,
AMT, STM, RTC, etc., pour le transport collectif. Il n'est, évidemment, pas question
que le MTQ se mette à s'occuper
directement du transport collectif, mais on doit faire beaucoup mieux que
60 %. On doit s'en préoccuper, et il me semble que 19 mois pour le réaliser aurait été suffisant. Il y a deux
mois que j'occupe cette fonction, et je trouve inacceptable ce
pourcentage de réalisation en transport collectif pour le bien des Québécois.
C'est
pour ça qu'une révision de la gouvernance s'impose. Trois raisons principales
qui peuvent expliquer le faible taux de réalisation — parce
que nous, on s'est questionné sur la chose : trop de joueurs qui doivent
intervenir et se coordonner; incapacité des organismes de transport à financer
leur 25 % quand le MTQ, pourtant, en met 75 %; impossibilité de transférer des budgets d'un
projet à un autre dans le transport collectif lorsqu'un projet prend du
retard.
Si jamais on ne fait
pas mieux, cette année c'est 390 millions, 40 % des 983 millions
budgétés qui serviraient à autre chose que
le transport collectif. Après deux mois dans cette fonction, j'ai ce
questionnement-là qui est passé sous le radar pendant 19 mois. C'est plus d'argent qu'une augmentation de
0,03 $ le litre d'essence qui rapporterait 120 millions par 0,01 $ additionnel. Dans le contexte
budgétaire actuel, il est impératif
que l'argent budgété
serve aux projets de transport collectif. Ça va être au coeur de nos
préoccupations quand on va revoir la gouvernance du transport collectif et de
la région métropolitaine.
Pour ce qui est du
Train de l'Est, parmi les différents projets de transport collectif, le Train
de l'Est sera mis en opération dès le début
du mois décembre cette année. Il viendra combler le manque d'infrastructures
permanentes de transport collectif dans l'est de Montréal et la couronne
nord de la région métropolitaine. Le Train de l'Est, c'est la construction de 10 nouvelles gares, différents
ponts routiers et ferroviaires, de tunnels et de passerelles. Cette ligne
pourra accueillir 5 500 passagers par période de pointe, près de 30 %
qui doivent actuellement utiliser leur véhicule.
a entendu parler, par le passé, qu'il y avait un enjeu de sécurité à faire
passer des trains bimodes, électricité et essence, dans le tunnel Mont-Royal. Je tiens à rassurer l'ensemble des
citoyens que l'AMT a complété les travaux requis par le service des
incendies de Montréal pour que le tunnel puisse recevoir des trains bimodes dès
décembre : système de radiocommunication
d'urgence dans le tunnel, nouvelle signalétique d'urgence, installation de
trottoirs d'évacuation, achat d'un véhicule d'intervention d'urgence,
construction d'un poste de ventilation temporaire.
Pour
ce qui est des nouvelles voitures du métro, j'ai également participé à
l'arrivée des nouvelles voitures du métro quelques jours seulement après mon arrivée au MTQ. À terme, elles
permettront de répondre adéquatement à la hausse significative de
fréquentation du métro ainsi qu'aux atte