Health and Social Services — 18 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-05-18
Quebec — Committees
Lamarre : Alors, M. le Président, je veux juste remettre les choses en contexte et permettre donc
qu'on puisse analyser la demande qui est
faite. Il s'agit d'un amendement qui vise, dans le fond, à ce que, lorsque
le ministre décide de modifier le
plan d'organisation proposé par un conseil d'administration du
CISSS ou du CIUSSS, il justifie publiquement
ces modifications. Alors, quand on le reprend, je pense,
à tête reposée, il me semble que ça montre que c'est tout à fait raisonnable comme demande, que ça a même une
vocation, je dirais, éducative par
rapport à la compréhension mutuelle de l'importance d'arrimer les orientations ministérielles avec les plans
d'organisation des différents territoires, et donc des différents CISSS
et CIUSSS, parce que, justement, à partir du fait que le ministre se justifie
publiquement, le CISSS va avoir... et les
autres CISSS vont également comprendre un peu le genre de situation qui n'est
pas appropriée, par exemple, dans leurs demandes au niveau du plan
d'organisation, et je pense que ça va améliorer l'ensemble de la gouvernance.
D'autre part,
comme je disais hier, il peut arriver que, si plusieurs CISSS mettent certains
éléments dans leur plan d'organisation que le ministre ne jugerait pas
appropriés, bien, qu'à un moment donné le ministre puisse dire : Bien, ça
doit être un enjeu qui est significatif pour les citoyens. Parce que les
conseils d'administration, je le répète, c'est le reflet des gens, des citoyens de chaque CISSS et CIUSSS. C'est à ça que
ça sert, ce conseil d'administration là. Il y a des représentants des usagers, il y a des
représentants des différents professionnels, il y a des experts en gouvernance.
Alors, ça fait de ces conseils
d'administration, qui évoluent et qui apprennent, je pense, très bien leurs
responsabilités, ça fait de ces groupes-là des organisations qui sont
capables de vraiment refléter les besoins spécifiques. Et ce qu'on a déploré beaucoup dans les mesures du ministre dans les
deux premières années, c'était leur caractère mur à mur, je dirais, sans
reconnaître certaines spécificités. Et, à quelques occasions, le ministre a
fait marche arrière et est revenu.
Alors,
permettons qu'à travers le plan d'organisation, lorsqu'il y a des modifications
que le ministre impose — c'est quand même lui qui a le dernier mot, on le rappelle,
et donc ça, ce privilège-là, la loi n° 10 le lui octroyait, il l'avait
demandé — qu'il
doive lui aussi rendre des comptes et justifier publiquement ces modifications.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Barrette : Bien, M. le Président,
je pense qu'hier j'ai amplement répondu à tous ces commentaires-là. Je rappellerai à nos auditeurs qu'hier j'ai demandé
quatre fois l'explication de la collègue sur le lien qu'elle faisait entre
la découverture en anesthésie à La Pocatière
et le plan d'organisation de l'établissement, qui est le Centre intégré de
santé et de services sociaux du
Bas-Saint-Laurent. Elle n'a pas été capable de faire le lien d'aucune manière.
Je lui donne la possibilité encore aujourd'hui de nous expliquer, pour
la cinquième tentative, quel est le lien entre le plan d'organisation et la
découverture d'anesthésie à La Pocatière. Je vais lui laisser le temps de
pouvoir nous expliquer ça. Là, je vois aujourd'hui qu'elle n'aborde plus le
sujet. Je peux le comprendre. Comme elle dit, après réflexion, peut-être
qu'elle reconnaît qu'il n'y a pas de lien entre son argumentaire...
Maintenant, je vais
faire un commentaire simple, M. le Président. La fonction d'un conseil
d'administration, bien qu'il doive être le
reflet de la société en termes de distribution territoriale puisqu'on parle de
territoire... Ce n'est pas un
organisme représentatif. Ce n'est pas électif, ce n'est pas représentatif. Son
rôle est un rôle de gouvernance et de s'assurer que les opérations — les
opérations au sens administratif du terme évidemment — soient
menées en conformité avec des principes de
gestion et de gouvernance appropriés. C'est ça, leur rôle, et, évidemment, à
cet égard-là, encore une fois, ils
ont à s'assurer que les services de santé et services sociaux rendus sur le
territoire soient conformes aux orientations qui
sont édictées par le ministère, et c'est là qu'est la souplesse qui leur est
octroyée, pour adapter ces orientations-là aux besoins de leur population.
Alors,
c'est ça qui est l'enjeu. La souplesse est là. Et, oui, nos orientations,
évidemment, elles sont nationales, et ces
orientations-là sont telles qu'il y a des balises à l'intérieur desquelles il y
a une souplesse, mais à propos desquelles il doit y avoir des leviers qui permettent d'éviter de sortir des
paramètres qui sont ceux des orientations. Et ça se résume à ça, M. le Président. Et, comme je l'ai dit hier, les
justifications de refuser un changement à un plan d'organisation sont
basées d'abord et avant tout sur des balises
qui sont connues, et c'est toujours la même raison qui est invoquée, comme tous
les refus que l'on donne, c'est toujours en
vertu de a, b, c, d, et les a, b, c, d sont toujours très connus du réseau.
Alors ça, c'est public. C'est public au conseil d'administration, c'est
public tout court. C'est accessible à tout le monde qui en fait la demande. Et
je ne vois donc pas l'objet de cet amendement-là.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Taillon,
il vous reste 1 min 30 s.
Mme Lamarre : Merci. Alors, moi, ce que je vois, c'est que le ministre
ne veut pas justifier ces changements publiquement. Et, quand on lit le
texte, «le ministre approuve le plan d'organisation de l'établissement avec ou
sans modification», comme il peut le modifier, il a le droit de veto sans
aucune explication sur des pans complets du plan d'organisation qui est déposé
par chacun des CISSS et des CIUSSS. Ça ne me semble pas être une très bonne
façon de gouverner, mais c'est la
façon que le ministre veut, et, clairement, quand on lit la phrase, on
comprend que ça donne le droit de
veto sur vraiment des blocs d'un plan d'organisation qu'un conseil
d'administration déposerait. Je ne
vois pas ce que le ministre
a à craindre de se justifier parce
que je pense qu'il doit, de toute façon... Comme ce n'est pas son
argent, c'est l'argent des contribuables, des
Québécois, il doit être capable de justifier ses décisions, et je pense qu'à
travers ses explications et ses
justifications il y aurait une forme de compréhension mutuelle de l'ensemble
des décisions du gouvernement, et du ministre plus spécifiquement dans
ce cas-là.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la députée de Taillon. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur la proposition d'amendement? M. le ministre.
M. Barrette :
Pour le bénéfice de ceux qui nous suivent, M. le Président, les gens qui
suivent nos travaux doivent se
demander parfois pourquoi un député, un ministre invoque le
règlement 35.6, alors on va leur expliquer l'article qui interdit — interdit, c'est clair, là, il interdit — à un député de prêter des intentions. Alors,
prêter des intentions, ça signifie qu'on
prend et on annonce, on le dit publiquement, un fait avéré que le ministre veut
faire telle chose. Et, par exemple, évidemment,
quand c'est faux, bien, ça peut laisser l'impression à ceux qui nous écoutent
que c'est vrai, et là des gens qui nous
écoutent peuvent être induits en erreur. C'est une tactique, évidemment, puis,
quand cette tactique-là est exercée, on invoque l'article 35.6 pour
que la députée ou le député fautif se rétracte. Et d'ailleurs le président, à
plusieurs reprises depuis le début de l'étude de ce projet de loi, a eu à
intervenir sur la base de cet article.
Alors, dans la
dernière intervention de notre collègue... Et ça arrive souvent, puis moi, je
déplore cette façon-là de faire de la politique. Je pense qu'on est ici pour
améliorer les projets de loi basés sur des arguments fondés. Et, à deux
reprises, la collègue nous a dit ça, à deux reprises, la collègue a dit :
Le ministre ne veut pas se justifier, alors que
c'est très clair, j'ai répondu clairement que toutes ces décisions-là sont
motivées. J'ai même dit que, dans l'immense majorité des cas, bien, c'est toujours la même raison qui est
invoquée : En vertu de telle règle, de tel
article de loi, de telle
orientation, nous ne pouvons donner suite à votre demande. Et j'ai même dit,
dans la journée d'hier, que je passais ma
journée ou presque... là, j'exagère, M. le Président, mais, à tous les jours,
je signe des documents de cette nature-là, M. le Président. Moi, je trouve que c'est une attitude très, très, très
négative, alors, de prêter... le ministre ne veut pas, il ne se justifie
pas, alors que j'ai dit à plusieurs reprises que ça se faisait.
Alors, moi, M. le
Président, je prends de mon temps pour répondre à la collègue, mais j'explique
aussi à la population qu'ils vont encore, malheureusement, m'entendre dire
«article 35.6°» à cause de ça. Prêter des intentions, ça a un but :
laisser à l'auditeur, au spectateur, à celui qui écoute la télévision aujourd'hui,
que, voilà, c'est un fait, le ministre, là, il ne veut pas.
Bien non, ce n'est
pas ça. C'est une tactique politique qui est négative, et on le voit, M. le
Président, là, on l'a vu dans cette session parlementaire ci, au Parti québécois, on veut être négatif. C'est ça, la stratégie,
alors que nous sommes ici pour
débattre de façon constructive d'un projet
de loi pour en faire un projet
meilleur, qui sera au bénéfice de la population.
Président (M. Merlini) :
Vous m'obligez, M. le ministre, à vous invoquer l'article 35.6° parce que
vous aviez dit que le Parti québécois veut être négatif. Alors, c'est vraiment lui donner une
intention que vous interprétez, en effet, mais qu'on ne peut pas faire
ici lors de l'étude de notre projet de loi. Alors, également...
M. Barrette :
Je suis content, M. le Président, que vous me...
Le Président (M. Merlini) :
Mais également il faut... l'article est applicable des deux côtés de la table,
et j'entends l'appliquer de la même manière.
Il faut faire attention, parce que les travaux vont bien. On est rendus à
l'article 6, on avance. Alors, continuons
dans cet esprit de vouloir, comme vous l'avez dit vous-même, améliorer et
bonifier, qui est notre travail de parlementaire, comme les autres l'ont
souligné d'ailleurs dans leurs remarques préliminaires.
D'autres interventions sur l'amendement à
l'article 6? Je n'en vois pas. Alors, je mets donc l'amendement de la députée
de Taillon aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 6 est adopté?
Président (M. Merlini) :
Rejeté. Alors, l'amendement est donc rejeté. Nous revenons à l'étude de
l'article 6. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député des Chutes-de-la-Chaudière,
à vous la parole.
M. Picard : Merci,
M. le Président. J'ai bien entendu
les propos du ministre, que je partage, là, qu'on est ici pour améliorer les projets de loi. Je vous
dirais, lorsque je lis le nouvel article, là, 55.0.1., puis on vient donner...
le ministre vient indiquer qu'il peut
modifier le plan, M. le Président, j'essaie de trouver une voie de passage pour
qu'on s'entende parce que c'est un pouvoir important. Je comprends qu'il
voulait... tantôt, le ministre nous indiquait : On ne veut pas publiciser,
mais moi, j'aurais un amendement à proposer. Je peux le déposer tout de suite
et j'en fais la lecture après?
Le Président (M. Merlini) : Faites
la lecture et on fera le dépôt à la suite.
M. Picard : O.K. C'est
modifier l'article 6. On dit :
À l'article 6 du projet de loi, ajouter, après
le mot «modification», les mots «Dans l'éventualité où le ministre modifie le plan d'organisation, il doit justifier les modifications dans une
annexe au
plan d'organisation final et
adopté.»
Président (M. Merlini) : Très bien.
Alors, on va prendre l'amendement. On reçoit l'amendement et on va
en faire la copie et la distribution.
Je suspends donc quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 33)
Le Président (M. Merlini) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux suite au dépôt de l'amendement du député des
Chutes-de-la-Chaudière, que j'invite maintenant à nous offrir ses
explications. M. le député, à vous la parole.
M. Picard : Merci,
M. le Président. Pour les gens qui
nous écoutent, je vais reprendre l'article tel
qu'amendé. Je vais en faire la lecture pour
que les gens puissent bien saisir une simple modification qui permet une
meilleure transparence, tout simplement.
Donc, ce
serait : «Le plan d'organisation d'un centre
intégré de santé et de services sociaux
ou d'un établissement non fusionné préparé conformément à l'article 183
de cette loi doit être transmis au ministre. Le ministre approuve le plan d'organisation de l'établissement avec ou sans modification.» Et nous ajoutons la phrase : «Dans l'éventualité
où le ministre modifie le plan d'organisation, il doit justifier les
modifications dans une
annexe au plan d'organisation final et adopté.»
M. le Président, tout ça découle, je vous
dirais, du discours d'ouverture du premier ministre lorsqu'il avait indiqué que
son gouvernement serait un gouvernement transparent et collaborateur. Je ne
veux pas indiquer que le gouvernement actuel ne le fait pas, mais c'est un
geste, un geste de plus, et c'est un geste qui pourrait aider, aider les
administrateurs locaux de bien comprendre pourquoi leur plan a été modifié ou
bonifié — prenons
le terme que nous voulons — par le ministre et il pourrait aussi leur
permettre d'avoir les arguments pour expliquer aux gens qui suivent,
O.K., pourquoi le ministre a fait tel, tel, tel changement.
Donc, pour
moi, j'ose espérer que le ministre va profiter de cette occasion pour
dire : Nous, on veut le mettre. C'est un moyen qui ne coûte pas
cher, là. C'est qu'on le justifie et on le met en
annexe du plan
d'organisation. M. le Président, je ne serai
pas plus long, mais c'est très simple comme modification. J'ose espérer que le
ministre va démontrer une bonne collaboration.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député des Chutes-de-la-Chaudière. M. le ministre.
M. Barrette : Bien, M. le Président,
avec tous les égards envers notre collègue de la ou de les...
M. Picard :
...Chutes-de-la-Chaudière.
M. Barrette : ...les
Chutes-de-la-Chaudière, un jour, on... je le sais, que c'est ça, le problème.
M. Picard : Mais vous n'êtes
pas le seul.
M. Barrette : Je le sais. Je sais,
je fais
partie de la communauté mélangée.
Alors, avec
tous les égards, M. le Président, ça demeure quand même la même teneur que
l'amendement qu'on vient de rejeter,
et la seule chose qui change, c'est qu'en plus il y a un niveau de complexité
supplémentaire, qui n'est pas très complexe, on en convient, là, mais le
fond est le même, et là on a une annexe.
Alors, je serais, M. le
Président, incohérent si j'allais dans cette direction-là, puisque c'est la
même finalité. C'est la finalité de la
justification qui, là, est que... à propos de laquelle j'ai bien expliqué
quelle était notre position, et là il y aurait la même justification
qu'on a rejetée dans l'amendement précédent, et là la seule nouveauté, c'est
qu'il serait consigné non pas dans la lettre de refus ou de modification déjà
adressée au conseil d'administration concerné, mais là il y aurait une annexe.
Moi, M. le
Président, par principe de cohérence avec la position que j'ai prise avec
l'amendement précédent, je ne peux pas vraiment aller de l'avant avec
celui-là.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. M. le député des Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : Merci,
M. le Président. J'ai compris tantôt des
propos du ministre que sa justification était accessible via une demande d'accès à l'information, mais pourquoi alourdir le processus tout
simplement en le mettant... C'est
une page qu'on rajoute au plan d'organisation, c'est disponible. Donc, les citoyens n'ont pas besoin de faire une demande, parce
qu'on comprend qu'ils ont accès, sauf que ce n'est pas tous les citoyens
qui vont dire : O.K., là, moi, je fais une demande d'accès à l'information parce
que... En tout cas, moi, je comprends
mal que le ministre refuse cette modification-là qui
permettrait aux gens de mieux comprendre les décisions lorsqu'il va modifier
des plans d'organisation.
On veut tout simplement améliorer la transparence
parce qu'on entend souvent des gens dire que la
loi sur l'accès à l'information, on
pourrait peut-être changer son
titre et ce serait plutôt une loi qui... je ne
veux pas avoir de mots antiparlementaires, là, mais une loi qui ne
rencontre pas les objectifs actuels, parce qu'il y a beaucoup, je vous dirais,
beaucoup d'échappatoires qui permettent de ne pas répondre à certaines choses.
Mais je ne
vise pas le ministre, là, je parle de façon générale sur la loi. Donc, moi, je
pense que c'est un bon moyen pour permettre aux gens d'avoir accès sans
rentrer dans la lourdeur d'une demande d'accès à l'information, puis ce n'est
pas compliqué, là. Merci, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. le député des
Chutes-de-la-Chaudière. D'autres interventions sur l'amendement du
député des Chutes-de-la-Chaudière? Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Oui, M. le Président. Alors, bien, je me réjouis de voir que
le député de Chutes-de-la-Chaudière partage
la même préoccupation que moi. En fait, c'est le même souhait. Ce n'est pas
nécessairement une préoccupation, c'est
un souhait qu'on puisse tous mieux comprendre les orientations dans leur application, parce qu'on comprend que le ministre, la seule chose qu'il est tenu de
présenter, ce sont les grandes orientations ministérielles.
Or, on le dit souvent, le diable est dans les
détails. Et une fois qu'on a les orientations ministérielles, comme membre d'un conseil d'administration, on
peut penser qu'on est bien arrimé avec les orientations ministérielles du ministre, mais finalement on se fait refuser, je ne sais
pas, là, 10 %, 30 % de notre plan d'organisation, peut-être plus.
Bien, je pense qu'il y a matière à avoir un petit peu plus de
précision. Et le ministre nous dit qu'il l'indique en vertu de tel
article ou de telle situation, mais je pense que, pour le
grand public, la population, ça ne dirait pas beaucoup de choses.
Alors, je pense
qu'il y a lieu d'apporter
une justification qui serait disponible en
annexe au plan d'organisation
final et adopté. Donc, je pense que l'amendement
de mon collègue ne remet pas en question, je vous dirais, l'autorité
finale du ministre qui est d'être celui qui a le dernier mot dans l'approbation
des plans d'organisation. Déjà, ça, on pourrait le questionner, mais mettons
que ça fait
partie de ce qui était là.
Mais là on n'avait pas de texte actuel sur cet
amendement-là, là. Je rappelle aux gens qui nous écoutent qu'il n'y avait rien de prévu à 55.0.1, et donc le
ministre décide d'ajouter que «le plan d'organisation d'un centre intégré
de santé et de services sociaux ou d'un
établissement non fusionné préparé conformément à l'article 183 de cette
loi doit être transmis au ministre.
Le ministre approuve le plan d'organisation de l'établissement avec ou sans
modification.» Donc, c'est un ajout
complet que le ministre fait. Ça donne évidemment beaucoup de pouvoir au
ministre. C'est vraiment une possibilité
pour lui de retenir, d'abolir, d'ajouter, de modifier les plans d'organisation.
Donc, on présume que le ministre a de
bonnes raisons de le faire et on lui dit : Bien, partagez ces bonnes
raisons, parce qu'on a besoin tous de les comprendre et de s'en investir. D'autant plus, M. le Président,
qu'on n'a pas, de la part du ministre, un plan d'organisation pour
l'ensemble du Québec.
Nos plans
d'organisation, notre système de santé, c'est la somme des plans d'organisation
de chacun des conseils d'administration des CISSS ou des CIUSSS et des
ententes que le ministre a toute autonomie de négocier, de régler. On l'a vu récemment, il a modifié une entente qui
avait été faite. On a un nouveau cadre de gestion qui a été signé en
avril 2017 entre la Fédération des médecins
omnipraticiens du Québec et le ministre et on n'a toujours pas accès à
l'entente. L'entente, ça va prendre un mois avant qu'on y ait accès.
Alors, je pense que pour toutes ces raisons,
compte tenu qu'on n'a pas de plan d'organisation qui origine du ministre
lui-même, qu'il a énormément de latitude pour prendre des décisions qui parfois
ont un impact sur le plan d'organisation
local, mais moi, je pense qu'on doit avoir cette forme de partage d'information
et d'accès public à cette information-là.
Et je fais
appel à la volonté du ministre. Je pense qu'il est là depuis maintenant assez
longtemps, et il a pu faire part à la
population de différentes priorités qu'il a mises de l'avant. Et à ces
priorités-là, bien, il amène des justifications et il doit rendre ces
justifications-là disponibles pour qu'effectivement ce soit facile pour les
gens d'y avoir accès.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la députée de Taillon. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 6? M. le député des Chutes-de-la-Chaudière, à
vous la parole.
M. Picard :
M. le Président, merci. Je ne suis pas un spécialiste du domaine, mais je
voudrais peut-être que le ministre m'explique comment ça se passe
actuellement lorsqu'il fait une modification à un plan d'organisation. Pour
bien comprendre, ça se fait-u par un appel téléphonique, par une lettre? Puis
qui en est informé?
Le Président (M. Merlini) :
Merci. M. le ministre.
M. Picard : Peut-être
que ça a été dit aussi. Je m'excuse, là, ce n'est pas...
M. Barrette :
Oui, oui, justement, je vais faire ça très court parce qu'hier on a passé de
nombreuses heures... puis ce n'est pas une critique envers mon collègue
qui aujourd'hui remplace le sien. Ce n'est pas une critique, ça non plus,
évidemment, là.
J'ai expliqué hier la situation qui existe au
Québec depuis 1991, selon laquelle les administrations, les établissements, que
ce soit dans la loi actuelle ou avant, ont, depuis 1991, l'obligation de mettre
en place un plan d'organisation. Ce qui
change aujourd'hui, c'est que le plan d'organisation doit être approuvé par le
ministre. C'est ça qui change, et la raison pour laquelle, c'est
ça — j'ai
donné plusieurs exemples hier — c'est pour éviter que telle ou telle institution puisse, pour toutes sortes de raisons,
en général injustifiées, choisir unilatéralement de développer des
services pour lesquels ils n'ont pas la mission de rendre. Alors, c'est une
question de cohérence dans le réseau.
Les plans
d'organisation, ils ont toujours émané, depuis 26 ans, des établissements.
C'est encore le cas aujourd'hui. La
seule chose qui change, c'est l'approbation, et ça, à mon sens, c'est un peu
normal. Si ça, ce n'est pas normal, bien, je vais vous soumettre très amicalement, M. le Président, que les conseils
d'administration doivent nous soumettre un budget à chaque année, là,
et, quand ils dépassent, ils doivent nous soumettre un budget qui doit être
approuvé pour revenir à l'équilibre
budgétaire. C'est comme ça que ça fonctionne dans le réseau, là. On n'a pas des
États dans l'État, puis des États
dans l'État qui est dans l'État. On n'a pas 33 ministères de la Santé et
des services sociaux. Alors, le gouvernement doit... le ministère de la Santé doit jouer son rôle d'orientation et
d'arbitre, et c'est tout à fait normal. C'est dans cet esprit-là que
c'est fait.
Alors, des
plans d'organisation, il s'en fait, au Québec, depuis 26 ans, par la loi. Ce
qui change avec cet article-là, c'est
qu'on doit les approuver, tout simplement. Alors, on peut bien construire des
scénarios sombres, mais ce n'est pas ça qui est l'objet, là, puis ce n'est pas ça qui ne s'est jamais passé, là.
Mais, hier, j'expliquais, dans l'exemple que je donnais pour un hôpital de la région de Montréal, une
situation où une administration avait choisi d'aller dans une direction
qui n'était pas non seulement souhaitable administrativement, mais qui était
tout à fait contraire à toutes les orientations scientifiques qui existaient ou
qui existent encore au Québec. Alors, c'est tout. Alors, comme pour le budget,
bien, le bilan d'organisation, dans les deux cas, ça doit recevoir
l'approbation du gouvernement. C'est comme ça.
Alors là,
ici, on a une espèce de discours très particulier, selon lequel, là, les
conseils d'administration aujourd'hui, au Québec, sont autonomes de a à
z. Bien non. Ils ont une autonomie, mais qui n'est pas absolue. Il n'y a
personne dans rien, il n'y a pas une école,
il n'y a pas une commission scolaire, il n'y a rien, là, qui est totalement
indépendant de l'État, là. Ça tombe sous le sens, ça.
Alors là, on a un débat. Ce n'est pas compliqué
le débat qu'on a. On a un débat sur la pertinence d'alourdir la bureaucratie de notre système. C'est ça qu'on a
comme débat, alors que nous, là, on vient de faire un exercice pour
alléger la bureaucratie. Moi, je suis très,
très surpris de voir qu'on ait ce débat-là avec la CAQ, M. le Président, et là
je m'adresse... je sais qu'on ne peut
pas s'adresser directement à notre collègue, mais je regarde mon collègue du
coin de l'oeil et je lui soumets que
c'est surprenant, venant d'un parti qui est le parti du ménage, le parti de
l'allègement bureaucratique, le parti de l'abolition des commissions scolaires, le parti, dont le chef a déjà
dit, M. le Président, et je ne sais pas si je l'ai pas loin...
M. le Président, je vais citer le chef de
l'actuelle deuxième opposition, qui a dit récemment, en 2016, et je cite, M. le Président... Alors, c'est paru dans un
journal, c'est paru le 12 septembre 2016 dans La Presse , je
crois, non, à Radio-Canada. Alors, je cite, M. le Président, ici :
«En santé — je
cite au texte — François
Legault — le
chef actuel de la deuxième opposition — est contre la mise en place
des CISSS effectuée par les libéraux et le projet Optilab de centralisation de laboratoires. Nous, on aurait
préféré que les hôpitaux se rapportent directement à Québec. C'est la
façon la plus efficace de fonctionner.»
M. le
Président, ce n'est pas banal, là, ça. Alors, c'est ça, la réalité. La réalité,
là, c'est que son chef a déjà dit qu'il y a trop de bureaucratie, il y a trop de conseils d'administration, il y
a trop, trop de... hein? En français, là, la phrase que je viens de lire et qui est une citation de son chef,
c'est un Hydro-Québec, là, un Santé Québec, une organisation, un boss,
le gouvernement, le ministre de la Santé, puis on enlève tout le reste. Bien
là, ce dont on parle actuellement, là, c'est d'alourdir
la bureaucratie. Je sais qu'en politique
on n'est pas à une contradiction près en commission parlementaire.
Ah! une de plus. Ce n'est pas grave.
Alors là,
moi, je pense que, par souci de cohérence, j'invite notre collègue
de Chutes-de-la-Chaudière de s'enquérir de la position du chef pour
qu'il puisse conclure qu'on ne va pas alourdir la bureaucratie aujourd'hui.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions sur l'amendement? M. le
député des Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, M. le Président. Je ne vois pas où on alourdit les structures,
là. Oui, on est pour un ménage, mais
on est aussi pour la transparence, comme un certain chef du Parti libéral a dit à son discours
d'ouverture, plus grande transparence. C'est
le dernier petit bout. Non, mais, sérieusement, là, actuellement, là, avant
l'entrée en vigueur de cette loi, les
plans d'organisation, si j'ai bien compris, chaque établissement décide de son
plan d'organisation. Vous n'avez pas de droit de veto? Vous ne modifiez pas, actuellement,
ou vous modifiez ou... vous pouvez modifier? Je ne dis pas que vous
modifiez, là.
M. Barrette :
Actuellement, M. le Président... La question était terminée?
M. Picard :
Oui, vous avez dit qu'en fin de compte...
M. Barrette :
Oui, oui, j'ai la réponse...
M. Picard :
...c'est pour diriger les... pour les services puis s'assurer qu'il n'y a pas
de duplication.
M. Barrette :
Alors, je vais être succinct, M. le Président. Hier, j'ai donné l'exemple
parfait qui illustrait la nécessité d'avoir ce droit-là, alors qu'auparavant le
plan d'organisation n'était que transmis sur demande. Alors, aujourd'hui, on a
aboli les agences. La transmission sur demande se faisait à l'agence qui, à la
limite, pouvait avoir une intervention mais
pas un droit, et aujourd'hui, compte tenu de l'exemple que j'ai donné, puis je
l'ai même répété il y a quelques instants, bien, on a vu par
l'expérience qu'il était nécessaire d'avoir une provision qui nous
prémunissait, comme gouvernement, contre des
décisions qui étaient mal fondées. Ce n'est pas de la mauvaise foi, juste mal
fondées.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. M. le député des
Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
Oui. Merci, M. le Président. C'est vraiment l'élément... là, moi, je pensais
sérieusement que le ministère avait un
pouvoir, le ministère ou le ministre avait un pouvoir pour éviter, je vais
dire, une duplication de certains services
dans des régions, là. Parce que ce que je décode de vos propos, c'est que
l'établissement A pouvait décider d'avoir tel service, l'autre à côté
pourrait faire : Nous aussi, on s'en va dans la même spécialité. C'est ce
que je voudrais...
Barrette : À l'intérieur de leur budget octroyé. Alors, vous avez
raison, à l'intérieur de leur budget octroyé, quelqu'un pouvait décider de prendre une direction qui n'était pas
opportune. Alors, et j'insiste, M. le Président, sur le mot, si la
décision est inopportune en termes d'organisation globale de soins au Québec,
elle est inopportune.
Peut-être
que l'exemple que j'ai pris était difficile à saisir. Je vais en prendre un
autre. On a choisi, nous, M. le Président,
de classer les traumatismes, les accidents d'auto. Correct? Les traumatismes de
toutes catégories, mais prenons les
accidents d'auto. Bien, on a choisi de classifier les traumatismes en trois
catégories, niveaux 1, 2, 3, selon la sévérité, et on a choisi de dire au réseau : Bien là, quand
vous êtes du niveau 1, vous allez à tel hôpital; niveau 2, à tel hôpital;
niveau 3, à tel hôpital.
a choisi au Québec d'avoir des centres dédiés aux traumas les plus
sévères : l'Hôpital général de Montréal, l'Hôpital Sacré-Coeur à Montréal, l'Enfant-Jésus à Québec. Les gros
accidents où le monde est extrêmement blessé, là, leur vie est danger, les lésions sont graves,
nécessitent des opérations et ainsi de suite, c'est là qu'on les envoie. Puis
on le voie, là, on n'a qu'à regarder
les nouvelles, on n'a qu'à regarder la... c'est facile à voir, là, quand on
regarde l'état des véhicules, en général, les personnes, selon la
gravité de la destruction du véhicule, sont allées à Sacré-Coeur, à l'hôpital
général ou à l'Enfant-Jésus.
Alors, dans le passé,
il aurait été possible pour une institution de dire : Bien, moi, je suis
un centre de trauma régional. À l'intérieur
de mon budget, j'aurais coupé, par exemple, des services à telle place pour
rentrer dans le budget puis développer
ce service-là. Elle pouvait faire ça. Bien, non, à un moment donné, comme
gouvernement, là, on n'est pas capable
de dire : Bien, non, on est organisé comme ça, là. Parce qu'organisé comme
ça, ça veut dire que les ambulances doivent le savoir, il y a des
ressources matérielles, il y a du personnel. C'est de l'organisation. C'est le
bon sens, là.
Alors
là, moi, je veux bien qu'on ait un débat pendant des heures et ça me fait
plaisir d'avoir un débat pendant des
heures. Là, je ne parle que des choses qui sont du gros bon sens, là. Et
là ce qui m'est opposé, c'est un argumentaire basé sur l'autonomie des
conseils d'administration. Ils ont une autonomie à l'intérieur de leur budget
et des orientations, et ce sont les budgets et les orientations qui, à la fin,
ont préséance, et c'est normal.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. M. le député.
Picard : M. le Président, il me semble aussi que ce serait normal que, pour un nouveau
pouvoir... parce que c'est un
nouveau pouvoir, c'est ce que je comprends. Auparavant, par le budget, on
pouvait peut-être s'assurer des orientations,
mais là il y a un nouveau pouvoir. Il me semble que, par souci
de transparence, qu'il y ait un contre-pouvoir, je vais... juste s'assurer que vos décisions, les
décisions du ministre seront publicisées ou publiques sans passer par
un système d'accès à l'information.
Puis
j'irais peut-être même plus loin. Est-ce que, tel que libellé, est-ce que
le ministre peut faire changer un plan d'organisation par un simple coup de fil? Je ne sais pas. Peut-être
que... je ne sais pas si... c'est tout, parce qu'on n'indique pas que
c'est par transmission de document. Donc, je pense que ce n'est pas un débat stérile
que nous avons ici et qu'il faut...
C'est un nouveau pouvoir, donc il faut s'assurer de bien baliser les décisions
du ministre et des futurs ministres aussi.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Barrette :
J'invite le collègue à aller lire l'article 183, qui est en vigueur depuis
1991, où il constatera que le plan d'organisation de l'hôpital émane du conseil
d'administration. Et ce n'est que
quand le plan d'organisation proposé n'est pas conforme aux orientations, ou
aux options budgétaires, ou les deux en même temps, de l'établissement
qu'on peut le refuser. C'est le gros bon sens. Là, on est ici dans le gros bon
sens, là.
L'article 183 ne
dit pas : Le ministre fait le plan de l'organisation de l'établissement.
L'article 183
dit : L'établissement doit déposer un plan d'organisation. Bon, dans les faits, il doit être conforme aux orientations, et, si
ce qui est proposé n'est pas dans les
orientations, on l'approuve ou on ne l'approuve pas, c'est tout. Et, comme je
l'ai dit, puis là je vais le répéter
pour la énième fois, c'est comme ça qu'on dit non à tout dans notre gouvernement, en vertu de vous ne pouvez pas faire telle chose. Et ça, c'est écrit.
Il n'y a pas de décisions qui sont prises au téléphone. C'est écrit
puisque le plan d'organisation est déposé par écrit. Ce n'est pas un plan qui
est déposé au téléphone.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. M. le député.
Picard : M. le Président, lorsqu'on dit que le conseil
d'administration fait une reddition de comptes, je pense qu'aussi le ministre doit faire une reddition de
comptes, puis je pense que c'est un moyen, ça, de savoir. Ça peut être
pour les gens qui sont intéressés par le domaine, ça peut être les médecins, ça
peut être les employés, ça peut être des citoyens et aussi ça peut être
d'autres établissements qui veulent voir pourquoi le plan a été changé, pour
quelles motivations le plan a été changé.
C'est
un simple exercice de transparence, là, de la plus grande transparence, puis je
ne vois pas où est la lourdeur administrative
de prendre... Je prends pour acquis... Tantôt, le ministre a dit : Ça ne
se fera pas par téléphone. Une lettre, bien,
on prend la lettre, on l'annexe. C'est quoi, la lourdeur, là? J'essaie juste de
comprendre, là, pourquoi le ministre ne veut pas qu'il y ait un accès, un grand accès à sa décision. Je
comprends qu'on peut avoir accès par une demande d'accès à l'information, mais pourquoi... Je ne comprends
pas la justification du ministre à dire : Non, je ne peux pas, je ne
veux pas... en tout cas, peu importe, là, je ne veux pas prêter d'intentions.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Barrette :
Je suis convaincu que notre collègue ne veut pas me prêter d'intentions.
D'ailleurs, il l'a dit lui-même qu'il ne
veut pas le faire, c'est très bien. Mais, à un moment donné, il faut être
cohérent, M. le Président, là. Tout est disponible.
Mais
là où nous amène notre collègue, par principe, parce que, si ce
principe-là vaut là, il doit valoir partout, bien, à ce moment-là,
toutes mes correspondances, sans exception, devraient être publiques. On
devrait les publiciser, les mettre dans un rapport annuel et ainsi de suite. À
un moment donné, il faut prendre des décisions puis il faut avoir un système qui ait une fluidité. Et la
transparence, le principe de la transparence, ce n'est pas le principe, là, qui
veut que toutes les factures, toutes
les décisions, toutes les lettres, tous les courriels, tout ça soit mis sur un
site Web en direct. Le principe de la transparence, c'est : une organisation,
un individu qui s'intéresse à un sujet, qui veut avoir accès à une information doit l'avoir, et c'est ce que l'on
fait. Et c'est pour ça que je dis que, là, parce qu'on est dans un projet de loi qui s'adresse à une problématique qui est d'une simplicité absolue, puis c'est le
gros bon sens, bien là, on veut alourdir, pour cet élément-là — parce qu'on est ici, en commission
parlementaire — la procédure en augmentant les documents, en créant des annexes dans un rapport annuel et ainsi de suite. Écoutez,
M. le Président, là, si on fait ça pour soi, pourquoi je dirais non à la
prochaine demande de transparence?
Alors, la
transparence, elle existe. Elle existe. Quelqu'un qui s'intéresse à ça, bien,
il demande la question puis il va l'avoir,
la réponse. Il n'y a pas de problème, c'est public. Mais de là à mettre en
place une mécanique de ceci, de cela,
j'ai bien expliqué les raisons pour lesquelles on présentait les choses comme
ça, puis il me semble que ma présentation était très claire.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions sur
l'amendement? M. le député.
Picard : Bien, oui. J'entends le ministre, là, puis j'ai
beaucoup, beaucoup de difficultés à... Là, on était rendus avec toutes les lettres qu'il signe dans une
journée, là. On parle de combien d'établissements au Québec, là, qui ont
des plans d'organisation, là, puis on parle
de... Et ils ne seront pas tous modifiés non plus. De rajouter une annexe, je
ne vois pas la lourdeur, là, c'est
vraiment, là... J'ai beaucoup de difficultés à suivre le ministre sur sa
définition de «transparence». Lorsqu'on
dit : Bien là, je ne commencerai pas à envoyer tous mes courriels, toutes
mes lettres sur le réseau public, je le comprends. Je le comprends, sauf
que, là, les gens qui ont monté le plan d'organisation, les gens qui sont
intéressés... Parce que, oui, les membres du
C.A. peuvent être informés, mais, je disais tantôt, les médecins, les citoyens,
les employés, c'est un droit... En
tout cas, pour moi, c'est un droit, la transparence. Pour moi, je vous dirais,
M. le Président, c'est la plus grande
balise de notre démocratie. C'est une des grandes balises. Je ne dirais pas la
plus grande, une des grandes balises. Je vais y aller comme ça pour ne
pas en oublier une qui pourrait peut-être être plus importante.
Donc,
dans ses propos, le ministre, là, il nous dit : Bien là, je ne peux pas
parce que je ne peux pas être transparent dans tout. Je le comprends. Là, on parle d'organisation, de plans
d'organisation. On parle de combien de plans au Québec, de plans
d'organisation, là? Je pense que c'est une question... Pourquoi... J'ai
beaucoup, beaucoup de difficultés à suivre le ministre.
Le Président (M.
Merlini) : Merci. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, quand bien même je reprendrais les mêmes
exemples, ça va être la même réponse tout le temps, là. Je me suis
clairement exprimé, là.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions? M. le
député.
M. Picard : Question très
directe. Combien qu'il y a de plans d'organisation au Québec, pour que les gens
puissent bien comprendre?
Le Président (M. Merlini) : La
réponse est 32.
M. Picard : Donc, je
comprends que, pour 32 possibilités d'annexes, parce qu'on comprend bien
que, s'il n'y a pas de modification, il n'y a pas d'annexes, ça va faire un
cafouillis administratif incroyable au Québec. Wow!
Président (M. Merlini) : D'autres interventions sur l'amendement à
l'article 6? Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Merci, M. le Président. Effectivement, quand on regarde
l'argument du ministre, qui est de dire : Ça alourdirait la bureaucratie, c'est tout ce que ça apporterait...
C'est très modeste, ce que ça représente. Et ce qui est un peu étonnant, c'est que, quand on regarde
plusieurs articles du projet de loi n° 130 qui est à l'étude, eux, ces
articles-là, oui, alourdissent de
façon significative la bureaucratie, entre autres pour tous les professionnels
qui travaillent dans un établissement de santé puisque le renouvellement
des privilèges de façon annuelle... Et ça a été rapporté par plusieurs groupes
qu'on a reçus, annuellement, les gens vont avoir à se rejustifier d'avoir les
privilèges. Donc, les modèles de rémunération et d'attribution de fonctions à
l'intérieur des établissements de santé, ça, c'est alourdir la bureaucratie,
définitivement.
Alors, au
moment de dire que, sur 32 plans... en mettant l'hypothèse que le ministre
en modifierait la moitié, qu'on aurait 16 plans sur lesquels il y
aurait un besoin d'avoir une annexe, je pense que c'est tout à fait
raisonnable. Et la question que je poserais
au ministre, c'est dans un contexte où le plan d'organisation d'un CISSS ou
d'un CIUSSS serait parfaitement
conforme aux orientations ministérielles, qu'il n'y aurait pas d'impact
budgétaire, c'est-à-dire qu'il n'y aurait pas de dépassements, il n'y aura pas d'impact. Est-ce que le ministre
peut dire qu'à ce moment-là le conseil d'administration verrait son plan
d'organisation inchangé?
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, j'ai donné des exemples pour lesquels je pense avoir été très clair.
Puis je vais faire une petite parenthèse, là. Il y en a plus que 32 parce qu'on
m'indique que les établissements privés conventionnés sont aussi
assujettis à ça. Il y en a plus, là. Donc, il n'y en a pas 300, là, mais...
Alors, M. le
Président, ce n'est pas une question simplement de budget, c'est une question
d'orientation. Puis j'ai donné des
exemples patents, clairs, nets et précis qui justifieraient... Pensez-vous
vraiment, là... Est-ce que quelqu'un ici pense qu'à tous les matins les conseils d'administration se
disent : Qu'est-ce que je pourrais faire pour passer à côté des
orientations? C'est exceptionnel, mais c'est déjà arrivé, et il faut avoir la
possibilité de dire non, tout simplement. La fonction
des conseils d'administration est d'appliquer nos directives et nos
orientations, et ils ont la souplesse pour innover. Mais, dans les plans d'organisation, bien, il y a
des orientations qui sont claires. Donc, c'est clair aussi que, pour les
conseils d'administration, les possibilités,
là, pour eux d'aller en dehors des balises, bien, elles sont quasiment
inexistantes. Alors, cette règle-là,
elle est là pour le cas très exceptionnel d'une organisation qui choisirait,
pour toutes sortes de raisons, d'aller en dehors des balises entendues
et convenues. C'est tout.
Alors là,
ici, on construit des scénarios toujours plus négatifs les uns que les autres
pour justifier des amendements qui ne sont pas nécessaires. C'est tout.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, je pense qu'on ne construit pas de scénario
négatif. On essaie au contraire de se dire
comment on peut faire en sorte qu'il y ait un respect mutuel dans ce qu'un
conseil d'administration d'un CISSS ou d'un
CIUSSS détermine comme pertinent pour son environnement, pour la population
qu'il dessert, tout en respectant les orientations ministérielles et en
ne dépassant pas son budget.
Alors, ma
question, et je la reformule parce qu'elle était claire, mais je n'ai pas eu
vraiment la réponse : Dans un cas
où le plan d'organisation d'un conseil d'administration d'un CISSS ou d'un
CIUSSS serait conforme aux orientations, il n'y aurait pas d'écart par
rapport aux orientations, et le conseil d'administration justifierait ses
recommandations en fonction des orientations
ministérielles, et il n'y a pas de dépassement budgétaire, on entre dans le
budget qui a été alloué, est-ce que le conseil d'administration peut
avoir la certitude que son plan d'organisation serait accepté sans modification
du ministre?
Le Président (M. Merlini) : Merci.
M. le ministre.
M. Barrette : Bien, posée comme ça,
la réponse est évidente, c'est oui. C'est une évidence.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Est-ce que le ministre pourrait quand même le changer?
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président, ça me fait un peu rire, puis je pense
qu'on voit tous où la question nous amène. Alors, la réponse, c'est oui, mais quel est l'intérêt? Quel serait
l'intérêt ou la justification d'un ministre, moi ou un autre, de refuser
un plan d'organisation qui respecte et le budget et les orientations? Où est-ce
qu'on s'en va, là? Alors, à la première
question, c'est : Est-ce que le ministre va dire oui? Bien oui, il va dire
oui. C'est ça qu'on leur demande. Puis là est-ce que je pourrais... Bien
oui, je pourrais le changer, mais quel serait mon intérêt?
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Bien, c'est sûr que, quand on lit l'article qui est déposé
par le ministre, c'est là que la question se pose parce qu'il se donne le privilège, avec ou sans modification,
inconditionnellement au fait que ça respecte le budget et que ça respecte les orientations ministérielles,
de pouvoir donner préséance à ce qu'il jugera prioritaire par rapport à
ce que le conseil d'administration jugerait
prioritaire. Je vous dirais que c'est dans le libellé même de l'article déposé
par le ministre que se présentent
l'incertitude et le questionnement que nous partageons, les deux oppositions,
actuellement.
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, là, je vois qu'on essaie d'aller
plus loin dans un argument qui, à la case départ, ne tient pas la route, là. Un conseil d'administration,
s'il dépose un plan d'organisation qui respecte les orientations et le budget, quel est l'intérêt du ministre de changer
quoi que ce soit? C'est quoi, l'intérêt, là? Monsieur, vous respectez la
limite de vitesse, alors je vais vous enlever
votre auto. Bien voyons donc, c'est quoi, là, ça, là? Où est-ce qu'on s'en
va, là? Alors, je sais où veut aller la
collègue. La collègue, évidemment, va nous
dire : Le ministre a trop de pouvoirs puis on...
Mme Lamarre : M. le Président, 35.6.
Le Président (M. Merlini) : Oui, Mme
la députée?
Lamarre : Le ministre
me prête des intentions. Il dit qu'il sait où je veux aller, que je prétends
qu'il va avoir trop de pouvoirs. C'est lui qui le dit. Je ne l'ai pas
dit.
Le Président (M. Merlini) : En
effet, vous n'avez pas dit ces paroles-là.
M. Barrette : ...donner la parole
pour qu'elle le dise.
Le Président (M. Merlini) : Votre
réponse est complète, M. le ministre? Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Alors, M. le Président, on a effectivement un gouvernement qui, dans le discours inaugural de son premier ministre et dans des interventions de son leader, a pris des positions très
affirmées sur la reconnaissance
d'une plus grande transparence et de l'accès à des informations. Alors, je vais citer un texte, un discours du
leader actuellement, le leader
actuel du Parti libéral, donc du gouvernement, dans lequel... et ça passe justement
sur les intentions et même, je dirais,
plus que ça, là, les affirmations, les convictions que le gouvernement actuel dit qu'il a en lien
avec la transparence et l'accès à
l'information. Alors : «À l'heure actuelle, le règlement prévoit la
diffusion des documents transmis uniquement lorsqu'il y a un intérêt pour l'information du public. Or, l'application
de ce critère subjectif varie dans le temps et d'un organisme à l'autre.
Il est donc de notre intention de mettre de côté cette discrétion.»
Ça, c'est le
leader qui l'a dit. Et je poursuis, un court paragraphe : «Nous souhaitons
faire de la diffusion proactive des documents transmis la règle, sous
réserve de la protection des renseignements personnels, de ceux des tiers et
des renseignements dont la communication
doit être refusée en vertu de la Loi d'accès, notamment pour des raisons liées
à la sécurité ou la justice. Ce dernier élément du projet de règlement répond à
une demande formulée expressément et à quelques
reprises par votre fédération», parce qu'il s'adressait à la fédération des
journalistes. Mais je relis le premier paragraphe :
«Or, l'application de ce critère subjectif concernant la diffusion des
documents transmis uniquement lorsqu'il y a intérêt pour l'information
du public varie dans le temps et d'un organisme à l'autre. Il est donc de notre
intension de mettre de côté cette discrétion.»
Ici, on parle
de 32 plans d'organisations qui sont déterminants sur le déploiement des soins
et des services qui vont être assurés sur les différents territoires du
Québec. Le ministre demande, parce que c'est vraiment lui qui prend cette
initiative, de pouvoir modifier ces plans d'organisation, et nous, on lui
dit : Il ne peut pas utiliser son devoir de discrétion sur cet élément-là. En conséquence de ce que son leader
affirme, il doit présenter une réciprocité de transparence, et, de la
même façon qu'il demande des comptes à ses conseils d'administration, il doit
se justifier et être capable, conformément à
une annexe, par exemple, d'expliquer pourquoi. Dans le fond, c'est juste ça. On
a assez confiance que ce qu'on a eu à
modifier dans le plan d'organisation d'un conseil d'administration d'un CISSS
ou d'un CIUSSS... on a assez confiance
que c'était pertinent, que c'était le gros bon sens, qu'on va le mettre par
écrit puis tout le monde va se rallier et va comprendre que c'était la
meilleure décision à prendre pour le bien commun.
Alors,
c'est vraiment ça, c'est là qu'on est, et je pense que c'est à ça que le
ministre devrait... Il devrait se rallier finalement à la volonté de son leader, qui a clairement dit, en plus que
son premier ministre l'a également vraiment affirmé en discours inaugural, que c'était vraiment la
marque de commerce qu'on voulait donner au gouvernement actuel. Alors,
c'est une très bonne opportunité.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
Barrette : J'avais prédit que notre collègue allait parler du pouvoir
du ministre. Le seul mot qui n'a pas été utilisé c'est «trop» de
pouvoirs. Mais, à la fin de l'intervention de la collègue, on a parlé du
ministre qui se donne un pouvoir. Alors, je
savais que ça allait venir à ça et c'est venu à ça. Alors, on m'a reproché de
prêter une intention. J'avais simplement prédit que ça allait arriver et
ma prédiction s'est révélée, s'est réalisée encore une fois.
Maintenant,
M. le Président, pour ce qui est de la transparence de notre gouvernement,
bien, j'invite la population, aujourd'hui, à l'instant, à ceux qui nous
écoutent, ceux et celles qui nous écoutent, d'aller sur le site Transparence Québec où il y a des informations qui, dans le
passé, n'étaient jamais disponibles. On a agi sur la base de la
transparence. On a agi. Ici, on est dans le pain quotidien de la vie administrative d'institutions, et, je le répète,
une décision du ministre, c'est une décision qui est écrite, c'est une
décision qui est publique, c'est une décision de laquelle sont informés les
conseils d'administration déjà avec une justification. Je l'ai dit au moins
20 fois depuis le début de l'étude de cet article-là, les réponses se font comme ça. Vous avez demandé a, b, c, d
en vertu de e, f, g, h. La décision que nous prenons est en faveur ou en défaveur, c'est déjà fait, et
ces données-là sont accessibles. Ces données-là sont accessibles. Alors,
je ne vois pas où est le problème.
Je comprends
que, là, on fasse un débat qui consume du temps, mais ce serait le fun que ça
soit quelque chose d'utile. Je n'ai rien de plus à ajouter, M. le
Président, là, si ce n'est que de dire : Bien, si, à chaque fois qu'un
conseil d'administration adopte quelque chose qui est en vertu de nos
orientations gouvernementales ou ministérielles, il faut avoir des justifications écrites, bien, on le fait
déjà. Mais là c'est de l'alourdissement, là. Et ça, c'est accessible. C'est
pour ça qu'on a choisi, dans la loi
n° 10, de faire en sorte qu'il y ait des portions publiques au conseil
d'administration où les gens peuvent
venir poser des questions et avoir des réponses. On a déjà posé des gestes de
transparence. On a fait des règles. Elles
sont claires. Dans la loi n° 10, on a, entre autres, fait ça, des séances
d'information publiques où les gens ont le droit de poser les questions
qu'ils veulent, et les réponses doivent être données. C'est tout là.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Oui, M. le Président. On parle d'un engagement d'un groupe
parlementaire qui est actuellement au pouvoir et dont le leader
écrit : Nous souhaitons faire de la diffusion proactive des documents
transmis la règle. Alors, moi, je pense
qu'il y a un message clair. On va diffuser de façon proactive les documents
transmis. On veut que ce soit la
règle. Alors, ici, on a déjà... Et on n'a pas la possibilité, là, de
requestionner... Le ministre ne veut pas qu'on parle de pouvoirs, mais
je vous dirais que, dans une législation, quand on parle du ministre, on ne
parle pas nécessairement du ministre qui est
en fonction, on parle du ministre en général, de l'état d'un ministre, du
statut d'un ministre. Ça sera lui, ça sera
quelqu'un d'autre. La question qu'on doit se poser, c'est : Est-ce qu'on
veut confier à un ministre, donc au statut du ministre, au poste du ministre, la possibilité de modifier les plans
d'organisation? Je vous dirais, là-dessus, là, on pourrait discuter longtemps, mais ça semble être vraiment
déterminé par le ministre, et il l'ajoute, et le gouvernement
majoritaire a le choix. Mais là on lui
dit : Écoutez, au moins, quand vous exercerez ce privilège — parce que c'est un privilège par
rapport à d'autres organisations, c'est un
immense privilège — on vous
demande de vous justifier. Ça me semble être vraiment raisonnable et
vraiment conforme aux règles de gouvernance.
On l'a vu, le
projet de loi n° 130, il vise à resserrer encore davantage le projet de
loi n° 10. On le voit, là, dans de nombreux articles, les gens qui
vont nous suivre, ils vont voir, plusieurs articles repassent sur le projet de
loi n° 10. On est d'ailleurs en train
de modifier... ces articles-là sont des articles du projet de loi n° 10,
de la loi que le ministre a adoptée
il y a deux ans. Donc, quand le ministre modifie le processus de reddition de
comptes, bien, je pense qu'il doit aussi soumettre le poste de ministre à un mécanisme comparable de reddition de
comptes et qu'une imputabilité réciproque... dans le sens où je dois justifier tout simplement mes décisions quand
elles ne sont pas conformes avec, par ailleurs, une structure qu'il a
mise en place lui-même. Donc, il lui faisait confiance, à cette structure-là,
et là il dit : Bon, peut-être que, de
temps en temps, il va y avoir des petites dérives, alors moi, je veux me donner
le pouvoir de corriger ces dérives-là. Alors
nous, on dit : Si vous le faites, vous devez expliquer aux gens pourquoi
vous avez eu à faire ça, et ça me semble être vraiment le gros bon sens
et la base de la transparence.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la députée. Avant de répondre, M.
le ministre, j'aurais une question pour vous parce que je suis moins familier avec l'organisation du système de
santé. Ces plans d'organisation là, ce sont bel et bien des documents
publics?
Barrette : Ce sont des documents publics et ce sont des documents qui
traitent... Les plans d'organisation sont très généraux. Un plan d'organisation, c'est, grosso modo, là, bien,
dans l'hôpital, il y a un département de pharmacie, il y a un
département de chirurgie en dessous duquel il y a le service de chirurgie
orthopédique, chirurgie générale et ainsi de
suite. C'est une espèce d'organigramme organisationnel et non pas simplement de
direction. C'est un organigramme. Ce n'est
pas quelque chose de bien, bien, bien compliqué, mais on doit l'avoir, ça.
Alors, maintenant, quand on descend dans l'organigramme, si je prends l'exemple que je viens de donner, CMDP,
conseil des médecins, dentistes et pharmaciens, à côté duquel, dans l'organisation, il y a des
départements et services, département de chirurgie, service, à l'intérieur
du département, de chirurgie générale, de neurochirurgie, de chirurgie
pédiatrique et ainsi de suite, prenons par exemple chirurgie générale, en dessous, un sous-service de chirurgie oncologique,
en dessous d'oncologie, bien là, on pourrait mettre un certain nombre de
choses.
Alors, si on
est, par exemple, dans un hôpital qui n'est pas un hôpital de référence, est-ce
qu'il y a lieu d'avoir, dans une
organisation... Mettons, à l'hôpital de Kuujjuaq — comme ça, tout le monde va comprendre que ça
ne se peut pas, là — est-ce qu'on doit avoir un service de
chirurgie oncologique à l'hôpital de Kuujjuaq? La réponse, c'est non.
Alors, quelle serait l'utilité d'avoir ça?
Parce qu'on comprendra la conséquence : à partir du moment où on crée une
structure, bien, il faut la faire vivre, la
structure. Pour la faire vivre, c'est des budgets, du personnel, des
équipements et ainsi de suite. Mais, en premier, il faut pouvoir
dire : Bien, ça n'a pas de sens parce que, cliniquement, la justification
populationnelle n'est pas là.
Alors, je
vais le répéter encore une fois, un plan d'organisation, ce n'est pas très
complexe. C'est nécessaire à cause des conséquences que je viens de
dire. La justification de dire non, elle est écrite, elle existe déjà parce que
c'est le conseil d'administration qui établit le plan de l'organisation.
L'approbation, elle est automatique si on respecte les orientations et le budget, pas «et/ou», mais bien «et» le budget. Et,
lorsqu'il y a un refus, bien, c'est sûr que c'est écrit et c'est sûr que
c'est justifié, mais ce n'est pas une dissertation, là, ce n'est pas un débat,
c'est une décision.
J'avais
prédit que la collègue allait en arriver au pouvoir. Elle l'a dit elle-même il
y a quelques instants : Le fait que le ministre, la personne qui a la fonction de ministre ait ce pouvoir-là...
On pourrait en parler longtemps. Ce qui stimule l'intérêt de notre
collègue, c'est le pouvoir du ministre. Mais le ministre doit avoir ce
pouvoir-là, moi ou un autre. La personne qui
est assise sur le siège du ministre a la responsabilité de la dispensation des
soins ultime et du budget ultime. Alors,
si le ministre ne peut pas avoir ce droit-là, et j'ai démontré par des exemples
clairs qu'il fallait ça, bien, il le faut, c'est tout. Notre collègue,
elle n'aime pas ça quand le ministre a un pouvoir.
Mme Lamarre : Le ministre me prête
des... La collègue n'aime pas...
M. Barrette : Bien, ce n'est pas
prêter d'intention, là.
Président (M. Merlini) : Bien, effectivement, vous avez illustré votre
divergence d'opinions sur le pouvoir que devrait ou ne devrait pas avoir le ministre par rapport à l'amendement
qui est proposé, par rapport à l'article 6 lui-même qui ajoute l'article 55.0.1 à la loi n° 10, mais
de qualifier le fait que vous ne l'aimez pas... Comme j'ai dit hier, si on
commence à enfarger sur chaque mot, il faut
faire attention évidemment aux mots qu'on utilise, mais là, à un moment donné,
on va finir avec un lexique qui va
être aussi épais qu'un dictionnaire et on ne pourra plus débattre parce que,
là, chaque mot va prêter à une interprétation, de dire : Bien là,
c'est une intention de... Il y a des mots qui représentent des émotions. Il y a des mots qui représentent des états d'esprit.
Il y a des mots qui reflètent les positions politiques que chacun de nos
partis ont prises. À un moment donné, il faut se donner une certaine marge,
respectueuse, mais qui permet d'illustrer qu'il y a divergence et divergence
respectueuse.
Alors, cette
fois-ci, le ministre a utilisé ce terme-là que vous jugez inopportun, qui vous
prête une intention. C'est le qualificatif de le dire de cette façon-là.
Il aurait peut-être pu prendre un autre mot, soit, mais je ne vois pas là une intention malhonnête, de dire que, par rapport à
ce que vous avez évoqué dans votre intervention, ça soit une intention
qui vous est prêtée, là. Je vous l'ai dit hier, vous illustrez très bien votre
divergence, et vous le faites très, très bien, et je souhaite que ça continue de part et d'autre. Je sais qu'il y a une
divergence là-dessus, là, mais on ne peut pas commencer à limiter les
mots qu'on va utiliser. Soyons juste prudents et respectueux de cette façon-là
pour qu'on puisse continuer les travaux.
Alors, M. le ministre, si vous voulez continuer,
s'il vous plaît.
Barrette : Je vous remercie, M. le Président, d'avoir noté qu'à
un moment donné si le verbe «aimer»
est au lexique, bien là, qu'est-ce qui va rester? Alors, pas au lexique,
mais à l'index. Il n'y aura plus de mots. On ne pourra même plus parler, là.
Alors, il y a
ce débat-là. Maintenant, j'ai clairement répondu à toutes les questions. Et là,
en quelque part, là... Je ne sais pas si ce mot-là est à l'index, le mot
«rond», parce qu'on tourne un peu en rond.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
députée de Taillon.
Lamarre : Merci, M. le Président. En fait, j'essaie de regarder... Là,
je prends un plan d'organisation d'un CISSS
d'il y a quelques années — pas longtemps, là, mais dans les années récentes — puis je vois qu'il y a, par exemple, un projet clinique. C'est-à-dire que le conseil
d'administration dit : Nous, quand on va déployer notre façon de
développer des nouveaux services ou
d'améliorer notre efficience, on va utiliser une approche projet clinique.
C'est une approche de collaboration,
c'est une approche... Il y a déjà eu un autre ministre qui, lui, préconisait
beaucoup l'approche «lean», qui était une
approche qu'on appelait la méthode Toyota, qui était une approche, bon, qui
avait des qualités aussi et qui a ses défauts. Mais, dans un cas comme celui-là, on voit que, dans un plan
d'organisation, un conseil d'administration d'un CISSS ou d'un CIUSSS pourrait dire : Bien, nous, c'est ce
projet-là, c'est cette façon de faire là qu'on veut. Si le ministre actuel
disait : Bien non, moi, je veux que ce soit le «lean», à ce moment-là, ça
n'entre pas spécifiquement dans une orientation ministérielle, c'est un moyen d'arriver à un objectif qu'est
l'orientation ministérielle. Ça peut très bien s'inscrire dans le même
budget. Est-ce que le ministre aurait la possibilité de ne pas permettre ce
choix-là du conseil d'administration?
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
Barrette : Bien, on notera
tous et toutes ici, là, ainsi que pour ceux qui nous écoutent, bien, on aura
noté que notre collègue, qui a sa
tablette devant elle, comme ça, juste comme ça, elle réussit à trouver des
plans d'organisation sur l'Internet. Alors, c'est de la transparence, ça,
vous ne trouvez pas, hein? Mais c'est parce
que je dis depuis le début que
la transparence est là, et là notre collègue
en fait — et
je l'en remercie — une
spectaculaire démonstration, une spectaculaire démonstration. Alors, ils
sont là, les plans d'organisation.
Maintenant,
ce à quoi elle s'adresse, bien, ça, c'est la souplesse que les conseils d'administration ont. Ils ont cette souplesse-là. Alors,
ça, il n'y en a pas, de problème avec ce que j'entends là. Par contre, si on
avait mis dans un plan d'organisation le développement d'un nouveau secteur — et j'ai donné des exemples — et que ça ne correspond pas aux
orientations... Il est clair que le plan d'organisation qui a été lu en
partie
ici est exactement ce que les conseils d'administration font. C'est clair. Il n'y a pas de problème.
Alors, il n'y a pas de problème et c'est transparent, c'est
public, comme les refus éventuels que l'on
donnerait, mais ce serait marginal en nombre, sans aucun doute. Je ne vois pas,
dans l'exemple que notre collègue vient de
nous présenter, l'illustration d'un problème avec l'article
6 de la loi tel que nous le proposons. Il n'y en a pas.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Taillon, je vous
rappelle, il vous reste 3 min 30 s.
Lamarre : Merci. M. le Président, le conseil d'administration... D'abord, c'est clair, là, le ministre utilise les plans d'organisation. Nous, ce qu'on veut savoir... Il ajoute un
nouveau pouvoir au ministre, qui est celui de pouvoir le changer, le
plan. Alors, la démonstration, elle est totalement éloquente. Le plan d'organisation
qui serait là aurait été modifié par le ministre,
et on ne saurait pas qui a fait la modification. Alors, c'est très, très clair. Effectivement, c'est la contre-démonstration.
Mais je vous dirais qu'en plus ces conseils
d'administration, ils sont publics.
Donc, les conseils d'administration sont redevables. Ils doivent se justifier devant
les gens, qui peuvent assister... et ce sont des gens de leur terrain, des gens, là, du territoire qui les
écoutent : Nous, on a ça, est-ce
que tu vas en parler, est-ce que
tu vas mettre ça dans ton plan? C'est ça,
le lien du conseil d'administration avec la population. Or là, le conseil d'administration va
recevoir un plan d'organisation modifié. Il n'aura pas les justifications
potentielles et affirmées par le ministre, et il va devoir se justifier de
quelque chose que ce n'est même pas lui qui l'avait recommandé.
Moi, je pense que le
ministre, il doit assumer les conséquences — et je dis «le ministre», tous
ministres confondus — doit assumer les conséquences, les
responsabilités et la justification de ce qu'il croit nécessaire de
modifier par rapport à un conseil
d'administration qui par ailleurs s'est inspiré des gens du milieu, qui s'est
inspiré des professionnels qui travaillent au sein de cet
établissement-là, des usagers qui y travaillent.
je trouve dommage que le ministre ne conçoive pas ce besoin et cette
réciprocité qui s'inscrit facilement avec l'amendement que mon collègue a déposé, qui s'inscrit dans un document
qui serait très succinct et qui ferait vraiment état de la responsabilité que le conseil
d'administration a prise de défendre correctement ou non adéquatement les
priorités et les besoins, les besoins que la
population a. Parce que la population aussi en a, des besoins. Un gouvernement
a des besoins, mais le gouvernement, il est le reflet des besoins de la
population. Et, quand cette population-là se rend au conseil d'administration d'un CISSS ou d'un CIUSSS, c'est
parce que c'est un besoin très pressant parce qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui ont envie d'aller passer du temps là,
alors il faut que ce soit un besoin qui est vraiment... qui traduit
quelque chose qui est vraiment nécessaire
pour la population. Et moi, je pense qu'il faut avoir cette transparence-là
absolument.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Barrette :
Bien, beaucoup de paroles. Et je remercie la collègue d'avoir bien expliqué en
d'autres mots que ce qu'elle
recherche est totalement contenu dans l'intervention qu'elle vient de faire. Au
complet. Au complet. Elle vient de nous
dire, je pense, sans en saisir la présence, que ce qu'elle recherche, elle
vient d'expliquer que ça existe. Pourquoi? Parce qu'un conseil
d'administration construit le plan d'organisation et le propose au
gouvernement.
conseil d'administration est transparent. Il est public. Il y a un
procès-verbal qui indique obligatoirement le plan d'organisation proposé par le conseil
d'administration. C'est lui qui, en vertu de l'article 183 qui existe
depuis 1991, a l'obligation de
construire un plan d'organisation dans une organisation qui s'appelle
aujourd'hui un CISSS, ou CIUSSS, ou établissement
non fusionné, et qui est légalement transparent. C'est accessible. Ce conseil
d'administration là le proposera au gouvernement qui l'approuvera ou le
modifiera. Conséquemment, l'approbation ou la modification sera l'objet d'une
correspondance au conseil d'administration, et comme je l'ai dit, ce sera en
vertu de a, b, c, d. Donc, il y aura la motivation. La décision qui revient au
conseil d'administration est évidemment prise en considération dans une réunion
au conseil d'administration, qui, là aussi, est publique, avec procès-verbal,
accessible à tout le monde, et une décision est prise.
critique est évidemment sur le pouvoir du ministre et sur la transparence.
Bien, la députée de Taillon vient de nous
expliquer que l'existence actuelle, là, du principe de la transparence, dans
nos conseils d'administration, fait en sorte que tout ce dont on vient
de parler est transparent. Si la décision du ministre, motivée, est envoyée au
conseil d'administration qui doit en prendre
considération, la ramener dans son organisation et l'officialiser parce que le
conseil n'a pas le choix de le faire, la loi l'oblige à faire un plan
d'organisation. Ipso facto, c'est transparent.
Nous
tournons en rond. Je remercie la députée de Taillon de nous avoir expliqué le
cheminement d'une décision dans un
conseil d'administration. Et j'ose espérer qu'elle est d'accord avec moi pour
dire que les conseils d'administration sont transparents. Merci, M. le
Président.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Taillon,
il vous reste une minute.
Mme Lamarre :
M. le Président, c'est clair, le ministre nous a dit à plusieurs occasions que
c'était en vertu d'un article, quand
il faisait une modification, il mettait ça en vertu d'un numéro d'article. Moi,
ce que je pense qu'on veut, c'est que
ce soit une justification. C'est-à-dire, il y a des priorités, il fait des
choix à travers le choix de ces articles-là,
et ce qu'on demande, c'est de les justifier.
Pourquoi il priorise tel
article par rapport à tel autre? Pourquoi il priorise tel argument par rapport à tel
autre?
Et pour le
grand public qui nous écoute, c'est sûr que d'inscrire juste des «en vertu de
tel
article et de tel article», ce n'est pas ça, une justification. Une justification, c'est de dire : Écoutez, il y
a deux, trois systèmes, moi, je privilégie celui-là pour telle, telle,
telle raison, et le conseil d'administration avait choisi celui-là pour telle,
telle raison. Et là la population est vraiment en mode d'ouverture, en mode de
compréhension par rapport à ce qui est nécessaire.
Président (M. Merlini) : Mme la députée de Taillon, votre temps
est écoulé. M. le député des Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Si je comprends bien les propos du ministre, là, il
nous dit que les C.A. sont autonomes. Il a un pouvoir d'aller
modifier...
M. Barrette : ...le son n'était
pas très fort.
M. Picard :
O.K. Je vais parler plus fort, M. le ministre, pas de problème. Bien, je vais
reprendre plutôt qu'est-ce que vous avez dit tout à l'heure sur les
propos de Mme la députée de Taillon, je vais commencer par ça.
Quand vous
dites que notre collègue a fait la démonstration, vous, vous avez fait la
démonstration que, pour le citoyen, il doit s'armer de patience pour
savoir. Parce que, si j'ai bien compris, le plan d'organisation est disponible sur Internet. Ce ne sera pas marqué si c'est la
deuxième, troisième ou quatrième version, s'il a été modifié ou non, je
ne pense pas. Donc, moi, citoyen, je regarde
sur Internet le plan d'organisation de l'établissement : Ah! bien là, je
vais avoir... je devrais avoir le réflexe, je dis : Je vais aller
voir au C.A. de telle date pour voir, là, il s'est-u... ils l'ont adopté. O.K.
Il va falloir que j'aie le réflexe aussi d'aller voir les précédents, pour voir
si c'est un nouveau.
Si c'est
votre définition de transparence, j'ai beaucoup de difficulté avec le discours
inaugural du premier ministre, avec
les propos aussi du leader. Vraiment, là, ce n'est pas mon niveau de
transparence, ce n'est pas la transparence, ce n'est pas ma définition
de transparence. Si j'ai bien compris, là, vous dites : Oui, ils sont
accessibles. C'est vrai, mais de savoir s'il a été modifié, ça, c'est autre
chose, là. Donc, en tout cas, moi, j'aimerais encore vous entendre là-dessus.
Puis ça me
fascine de voir que, pour un sujet aussi simple, on ait de si longues
discussions. Ça, pour moi, là, ça me fascine toujours, là. Mais je
comprends, je comprends la dynamique... Non, même pas, je ne comprends pas la dynamique, justement, parce que c'est... On veut
s'assurer que la personne qui prend connaissance du plan d'organisation,
elle dit : O.K., ça a été... Il y a eu
une modification que le ministre... puis le ministre a décidé de le changer
pour telle, telle raison. Ça se fait
par lettre, vous l'avez dit tout à l'heure, on prend la lettre, on l'annexe au
document. Ce n'est pas lourd comme administration, mais on s'assure que
l'information est la plus transparente possible.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Barrette : M. le Président,
moi aussi, je suis fasciné par l'intervention ou les interventions. J'ai la
même fascination, la même. Il y a quelques
instants, la députée de Taillon nous indiquait que, pour elle, indiquer la
raison légale en vertu de tel article, ce n'était pas assez. Coudon,
c'est parce que c'est assez. C'est assez.
J'écoute
notre collègue de Chutes-de-la-Chaudière... j'ai failli dire chutes de la
rivière, mais Chutes-de-la-Chaudière, ça
va de mieux en mieux. Alors, j'écoute notre collège, et là ce qu'il me laisse
entendre, c'est qu'il faudrait quasiment avoir accès à un compte rendu
de toutes les conversations. Une webcam, tant qu'à faire, dans le bureau?
M. Picard : M. le Président...
Le Président (M. Merlini) :
Allez à la question.
M. Barrette : Non, non, mais...
Alors, quel est le niveau de transparence? Là...
Le Président (M. Merlini) : M.
le député des Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
On ne peut pas... Je n'ai pas parlé de webcam, là, mais sa décision de... Il va
motiver la modification dans l'organisation? La fameuse lettre, là, on
la...
Le Président (M. Merlini) :
Oui, oui. Le ministre est à la réponse.
M. Picard : Je n'ai pas
parlé de webcam.
Le Président (M. Merlini) :
Allez-y à la réponse, M. le ministre.
M. Barrette :
Non, la transparence à laquelle nous nous sommes engagés, c'est la transparence
des décisions qui sont prises, des
documents qui y sont afférents, et ainsi de suite, la transparence de nos
activités, la transparence de nos dépenses,
la transparence de ce qui est normalement dans les échanges que l'on a. Et elle
est là, la transparence. Je n'ai pas entendu notre collègue dire qu'on n'était pas transparents.
Là, si le problème de la transparence maintenant
vient du fait qu'il faudrait expliquer, dans un texte, la signification de l'article 12... C'est un
article fictif, là, ça n'a aucun rapport, n'allez pas chercher ça. Si on doit
maintenant expliquer ce que veut dire tel
article comme, moi, je viens de le faire, là, l'article 183 stipule que et
ainsi de suite, bien... C'était bon,
on en fait déjà une partie, là, dans nos décisions. Mais, si là, en plus, il
faut en faire une dissertation pour que ça soit vraiment, vraiment simplement compréhensible pour tout un chacun
qui n'a pas de notions légales, bien... On les motive, là, on les motive, on explique pourquoi c'est ça qui est dans la
réponse. La réponse est au conseil, c'est transparent.
Alors là,
ici, on est dans l'alourdissement tout simplement. La transparence est là. Mes
réponses sont claires et précises. La
transparence est là. C'est moi qui dois être fasciné du débat qu'on a parce que
le débat qu'on a, à bien des égards, il est sans objet puisque tout est
là déjà, tout est déjà là.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le ministre. M. le député des Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
J'entends le ministre, là, mais la transparence, là... Je vais vous ramener à
un engagement électoral. Non, non,
pas un engagement en santé, faites-vous-en pas, un engagement électoral du
Parti libéral, indiquant qu'on allait avoir l'agenda des ministres sur
Internet. Bien oui, ils sont à la période de questions, c'est indiqué. Wow!
Toute une transparence, là. Mais vous
respectez, vous respectez... En tout cas, allez voir qu'est-ce qu'il y avait.
Mais c'est ça, dans la vraie vie, là,
et quelques autres activités. Ce n'était pas ça le... Ce n'est pas ce que le
citoyen, selon moi, avait compris. Mais ça, lors des prochaines...
M. Barrette : On est loin de
l'article, là.
M. Picard :
Oui, oui. Non, mais on se promène un peu, là, ce n'est pas... Mais quand vous
dites : Transparence des décisions,
pourquoi vous ne voulez pas les rendre publiques? Parce que, si vous décidez...
Puis ce n'est pas des articles de loi,
vous dites : Là, les gens, ça va être lourd, des articles de loi... Je
vais prendre un exemple bien simple — peut-être que je suis à côté de la
plaque totalement : un plan d'organisation que... l'organisation indique
qu'ils veulent, je vais dire, organiser un nouveau service. Le ministre
dit : Non, il n'y a pas de nouveau service parce que, dans un rayon de
tant de kilomètres, il existe déjà. Ce n'est
pas compliqué, pourquoi ne pas rendre publiques les justifications? Parce que
de dire seulement... Puis, comme je disais tout à l'heure, les gens ne le
sauront même pas s'il a été modifié, le plan d'organisation. C'est la moindre
des choses.
Le Président (M. Merlini) : M.
le ministre.
M. Barrette : M. le Président,
je pense avoir vraiment amplement répondu à tout ça, là. C'est public. C'est public. C'est public. Et la motivation,
puisqu'elle passe dans la structure qui est chapeautée par le conseil
d'administration, est publique, est publique, est publique.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Picard : En parlant des conseils d'administration, là,
j'ai pris connaissance d'une lettre ouverte de l'IGOPP, là, les cosignataires, c'est Yvan Dallaire et
Michel Nadeau. Probablement que vous en avez pris connaissance aussi. C'est en avril dernier
qu'ils parlaient des C.A., là, qui ont... Bien, le
titre de la lettre,
c'est : Les C.A. sous tutelle virtuelle et centralisation accrue des pouvoirs du ministère . Je vais vous citer seulement un passage, là, puis vous confirmer un peu, selon
moi, avec les propos de ce matin : Les auteurs nous indiquent que «dans
ces conditions de fonctionnement, les
membres de ces conseils d'administration
rarement consultés, étroitement encadrés par les politiques, règles et
approbations requises du ministère de
la Santé et des Services sociaux, se concentrent alors sur les enjeux mineurs pour lesquels ils exercent encore une certaine
influence. D'ailleurs, une analyse des procès-verbaux d'au moins 10 CISSS
et CIUSSS montre que les conseils d'administration consacrent la
plus grande
partie de leurs réunions à la ratification de nominations,
l'abolition de postes et l'adoption de politiques élaborées ou revues et
approuvées par le ministère.
«À l'heure
d'un premier bilan, il est évident que la réforme de la gouvernance du système de santé n'a pas donné les résultats escomptés et n'a
pas contribué à l'amélioration du système comme le constataient les trois
experts consultés récemment par un quotidien montréalais. Au lieu d'intervenir
directement dans tous les dossiers, le ministre devrait assumer pleinement son
rôle de définition des priorités et d'orientations nationales en demandant des
comptes et des résultats aux CISSS et aux CIUSSS, tellement plus proches des
besoins et de la population du Québec.»
Donc,
minimalement, M. le Président, je comprends que le ministre
a le pouvoir et le devoir d'intervenir, s'il voit qu'il y a
des choses qui ne devraient pas se faire, parce que des... Je reviens toujours
aux services. Et, s'il y a des services qu'il y a une duplication, il
pourrait-u rendre ça public pour que les citoyens soient au fait? Je
comprends la transparence des conseils d'administration. Mais, tantôt, M. le Président, là, six
heures, six heures et quart, vous allez quitter, là, vous arrêterez des gens sur la rue, demandez :
Vas-tu voir ça souvent, toi, les procès-verbaux des conseils
d'administration des CISSS ou des CIUSSS? S'ils savent, c'est quoi, un CIUSSS
puis un CISSS, là.
Donc,
je ne comprends pas, là, vraiment pas, là, pourquoi c'est si long. Tantôt, M. le ministre parlait de rond, peut-être qu'on tourne en rond. Mais moi, je dirais plutôt
le bois, je ne sais pas comment vous allez sortir du bois. Parce que, moi, je ne suis pas ici de façon permanente, là, puis je vous regarde aller actuellement, là, puis on s'enfarge dans les dessins du prélart, comme on
disait dans mon coin. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le député des Chutes-de-la-Chaudière. M.
le ministre.
M. Barrette :
Puisque l'intervention de notre collègue portait essentiellement sur un texte
paru dans les journaux qui n'a pas de lien
avec l'amendement qui est proposé par sa formation, je n'ai donc
pas de commentaire. Je pense
qu'ici nous sommes... Nous sommes là pour débattre des articles
et de leurs amendements, et non de texte d'opinion dans les
journaux.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. M. le député des Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
Je comprends, sauf qu'on... le texte d'opinion, comme le ministre vient
d'indiquer, parle de l'évaluation, je
dirais, des mandats des conseils d'administration par ces gens-là, qui sont
quand même des gens, à ma connaissance...
je crois qu'ils avaient témoigné ici,
c'est des gens qui ont une certaine expertise. Puis je comprends que le ministre
peut être en désaccord, c'est... Puis mon propos, c'était de démontrer que le ministre
a déjà beaucoup de pouvoirs.
moi, c'est sur la transparence toujours. Je ne veux pas enlever des pouvoirs au ministre,
c'est son rôle, mais je veux la plus
grande transparence pour que les citoyens, les décideurs des conseils d'administration... Je comprends, eux, ils vont avoir connaissance,
mais... Je parlais tantôt des médecins, des employés, des citoyens qui veulent
être informés pourquoi telle décision. Bien,
pour la comprendre, ça prend l'argumentaire. L'argumentaire, c'est la décision
du ministre. Puis, tantôt, il nous disait : Bien, ça va être un...
on ne parlera pas d'articles de loi.
reviens à mon exemple très simple, on refuse telle orientation pour telle, telle ou telle raison parce que, dans la région, ça existe ou ça n'existe pas, en tout cas, peu importe, mais par des mots simples, des lettres de ministres
doivent être compréhensibles par tout le monde, je ne pense pas... Puis, je
reviens, tantôt on me disait 32 établissements, on en a rajouté un
certain nombre, puis je ne sais pas,
là, disons qu'il y en a une cinquantaine, là, on s'entend-u que... J'ose
espérer que la très grande majorité des plans d'organisation vont être acceptés
sans modifications.
Donc,
la fameuse
annexe qu'on parle, là, on va la retrouver peut-être
dans 20 % des cas, 30 %, je
ne le sais pas, cinq, six plans
d'organisation. À moins que le ministre intervienne, ou refuse, ou modifie tous
les plans d'organisation. Je ne pense pas parce que les conseils
d'administration ont quand même leur autonomie. Puis je pense que... tantôt on
voyait, dans le texte... puis ils appliquent assez directement les orientations
du ministre.
Donc,
encore une fois, je sollicite la plus grande compréhension du ministre pour...
Mon but, c'est vraiment que les gens
aient accès à... un, soient au courant que le plan d'organisation a été
modifié, parce qu'il y a une
annexe puis elle est vide, c'est parce
qu'il n'y a eu des modifications, et deux, de voir la justification. Merci, M.
le Président.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. le député des
Chutes-de-la-Chaudière. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement proposé par le député? Je n'en vois pas. Je mets donc l'amendement
aux voix. Est-ce que l'amendement proposé à l'article 6 est adopté?
Le Président
(M. Merlini) : Rejeté. Nous revenons donc à l'étude de
l'article 6. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 6?
Je n'en vois pas. Je mets donc l'article 6 aux voix. Est-ce que
l'article 6 du projet de loi est adopté.
Le Président
(M. Merlini) : Adopté sur division. M. le ministre,
article 7,
pour la lecture, s'il vous plaît.
M. Barrette : Alors, M.
le Président... Excusez-moi, juste un
petit instant. Alors, M. le
Président, l'article 7...
Nous demandons à suspendre l'article 7
parce qu'il y aura un amendement que nous allons déposer sur cet article,
et cet amendement-là doit avoir un cheminement administratif qui n'est
pas complété. Alors, je demande à ce qu'il soit...
Le Président
(M. Merlini) : Est-ce que j'ai consentement pour la suspension de
l'étude de l'article 7? M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : ...simplement savoir la volonté du ministre. On
suspend, puis il a la volonté de déposer quand? Plus tard, à la fin
complètement, ou cet après-midi, ou quoi?
M. Barrette :
Non, pas cet après-midi parce qu'il y a des approbations que je dois obtenir
préalablement, et ces approbations-là vont se faire dans les plus brefs délais
que permet notre bureaucratie.
M. Paradis
(Lévis) : Je comprends donc dans un délai raisonnable.
M. Barrette :
Dans un délai raisonnable, mais il n'est pas prêt.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Le Président
(M. Merlini) : Alors, est-ce que j'ai consentement?
M. Barrette :
...que l'on ne peut pas chiffrer, évidemment.
Le Président
(M. Merlini) : Est-ce que j'ai consentement? Oui, Mme la députée
de Taillon.
Mme Lamarre :
Le ministre attend l'approbation de qui? Parce que c'est son projet de loi,
c'est lui qui le dépose, c'est lui qui fait des choix. Alors,
l'approbation de qui attend-il?
Le Président
(M. Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, c'est quelque chose de très simple. Je suis surpris de la
surprise de notre collègue. Il y a des
amendements que l'on dépose qui parfois peuvent nécessiter l'approbation, par
exemple, du Conseil des ministres,
par exemple. Alors, on a, pour l'amendement qu'on a à déposer, à recevoir...
obtenir une approbation, et c'est tout. Ce n'est pas la première fois
qu'on fait ça, là, il n'y a pas de surprise là-dedans, là.
Le Président
(M. Merlini) : Donc, est-ce que j'ai consentement? Mme la
députée.
Mme Lamarre :
Est-ce que le ministre peut nous dire le consentement de qui, l'assentiment de
qui il attend, pour qu'on autorise la suspension?
M. Barrette :
Dans le cas présent, c'est le Conseil des ministres.
Le Président
(M. Merlini) : Donc, est-ce que j'ai consentement pour la
suspension? Oui, pardon, madame...
Mme Lamarre :
...quand c'est le Conseil des ministres, c'est parce qu'il y a des enjeux
économiques. Est-ce qu'il y a des enjeux économiques à la suspension de
l'article 7?
M. Barrette :
M. le Président, là...
Président (M. Merlini) : Bien là, on ne peut pas... l'amendement
n'existe pas, présentement. Alors, on ne peut pas supposer qu'est-ce que contient l'amendement tant qu'il ne sera
pas déposé par le ministre ici. Le ministre nous demande la suspension de l'étude de l'article 7 parce qu'il y a un
processus à suivre qu'il a... Il a répondu à votre question en disant que ça doit passer au Conseil des
ministres. Mais, la teneur de l'amendement, je ne la connais pas, on ne la
connaît pas. Il y a un cheminement à faire. Nous connaîtrons l'amendement
lorsqu'il sera déposé, lorsqu'il aura passé son cheminement au Conseil des
ministres.
M. Barrette :
Je tiens, M. le Président, si vous me le permettez...
Le Président
(M. Merlini) : Oui, M. le ministre.
M. Barrette :
...à rappeler, peut-être qu'elle ne connaît pas ce mode de fonctionnement là,
je tiens à rappeler à notre collègue de
l'opposition officielle que les documents qui sont approuvés au Conseil des
ministres ne sont pas tous de nature
économique. Alors, sa surprise, son commentaire me surprend beaucoup. J'imagine
qu'après le mien, ça éclaire peut-être sa connaissance du fonctionnement
du Conseil des ministres.
Président (M. Merlini) : Donc, je repose ma question. Est-ce que
j'ai consentement pour la suspension de l'étude de l'article 7?
Mme Lamarre :
Est-ce que le ministre peut s'engager à nous expliquer la nature générale de
l'approbation qu'il avait de besoin au Conseil des ministres? Est-ce que
c'était en lien avec des enjeux financiers?
M. Barrette :
C'est ridicule, là.
Le Président
(M. Merlini) : Non...
Mme Lamarre :
M. le Président...
Le Président (M. Merlini) :
L'amendement n'existe pas. On ne peut pas...
Mme Lamarre :
Le ministre en a parlé quand même.
Le Président
(M. Merlini) : On ne peut pas supposer de quelque façon que ce
soit quelle serait la nature de l'approbation
requise ou la nature de quel que soit le contenu de l'amendement. On ferait un
outrage au Parlement. Il y a un processus
que le ministre a clairement expliqué. Cette proposition d'amendement, qui
viendra dans un délai raisonnable, doit
passer à l'approbation du Conseil des ministres. Après, nous aurons toute la
latitude pour en débattre ici, tel que nos règlements nous le permettent. Mais, en attendant, on ne peut pas
demander au ministre de parler d'un amendement d'ordre général ou d'ordre spécifique qui n'existe pas
encore, en termes législatifs. Alors, la question devant nous, sur
laquelle je vous demande votre consentement : Est-ce que j'ai votre
consentement pour suspendre l'étude de l'article 7?
Des voix :
Consentement.
Le Président
(M. Merlini) : Consentement. Alors, le consentement est donné.
Nous pouvons donc passer à l'article 8. M. le ministre, pour la lecture de
l'article 8.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, je demande le même consentement, pour une raison
différente, dans ce cas-ci.
L'article 8 étant lié à
l'article 7, qui sera amendé, bien, je n'ai pas le choix que de vous
demander sa suspension à ce moment-ci de notre étude détaillée.
Le Président
(M. Merlini) : Est-ce que j'ai consentement pour la suspension de
l'étude de l'article 8?
M. Paradis
(Lévis) : ...M. le Président.
Mme Lamarre :
M. le Président, on a un historique de projets de loi, je pense, le député de
Lévis et moi-même, puis, en cours
d'analyse, le ministre évoque toujours que les partis d'opposition retardent
les travaux, qu'on est responsables de
plein de difficultés dans l'évolution d'un projet de loi. Alors, je voudrais
bien qu'on enregistre que c'est à la demande du ministre, actuellement, qu'on suspend l'étude des articles 7 et 8,
alors qu'il a demandé, il a appelé lui-même ce projet de loi là, et qu'on a commencé à l'étudier avant-hier.
Alors, s'il n'était pas prêt, il pouvait attendre, aller chercher ses
informations supplémentaires et ses autorisations supplémentaires et
appeler le projet de loi n° 130 plus tard. Et après, bien, il faut assumer
les conséquences des délais que lui demande actuellement.
Président (M. Merlini) :
La demande du ministre est bel et bien enregistrée pour la suspension de
l'article. M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Pour information, M. le Président. Ce sont quand même des
articles qui sont majeurs, le 7 et 8. Je
comprends que le ministre a besoin d'aller chercher des approbations, peu
importe, en tout cas, pour pousser plus loin la discussion, mais, je veux dire, avec 72 articles dans
le projet de loi, est-ce que le ministre, M. le Président, en a d'autres, là, qu'on le dise tout
de suite, qui sont suspendus? On
reprend à 9, puis là on continue sans être obligé de s'arrêter ou de
suspendre.
Le Président
(M. Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette : Bien là, M.
le Président, lorsqu'il y aura eu consentement pour suspendre l'article 8, nous allons passer à l'article 9, que nous sommes prêts à étudier immédiatement. Maintenant, il y aura d'autres amendements, là, c'est sûr, c'est normal dans un projet de loi, il y en aura d'autres, comme les oppositions, à date, en
ont proposé, là, c'est notre vie habituelle.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le
Président, la question
était simple, là, je veux dire, le ministre savait, ce matin, le 7, le 8, on le suspendait, alors on n'est pas prêt du côté du gouvernement. Je demande simplement : Est-ce que le ministre peut nous dire combien d'articles doivent être
suspendus parce qu'on n'est pas prêts
ou ce sont les deux seuls qui demandent des autorisations qui obligent
la suspension sur des éléments majeurs du projet de loi?
M. Barrette :
Bien, M. le Président...
Le Président
(M. Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette : ...je vais répondre très précisément pour aujourd'hui. Nous sommes le 18 mai 2017, il est 11 h 58... 12 h 58, je m'excuse, je peux dire très, très, très raisonnablement qu'il n'y aura pas de suspension dans la prochaine
séance d'aujourd'hui, qui sera de 15 heures à 18 heures. Et,
selon ma compréhension, les séances suivantes seront au retour de la
relâche. Alors, je ne prévois pas de suspension aujourd'hui, à cette heure-ci,
ni dans la prochaine séance.
Président (M. Merlini) :
Merci, M. le ministre. Est-ce que j'ai donc votre consentement pour la suspension de l'étude de l'article 8?
voix : Consentement.
Le Président
(M. Merlini) : Consentement. Le consentement est donné. M. le
ministre, pour l'article 9, s'il vous plaît.
M. Barrette : Alors, M.
le Président,
article 9, je vais
en faire la lecture, M. le Président, dans une petite seconde. Alors, M. le
Président, évidemment, c'est très, très simple, là, l'article 9 : Les
articles 93 et 110 sont abrogés.
Le Président
(M. Merlini) : Pour votre explication, M. le ministre.
M. Barrette : Alors, je vais lire 93 et 110 pour en expliquer
la... En fait, bien, je peux le lire, là, ça a peu d'intérêt.
Le Président
(M. Merlini) : Allez.
M. Barrette :
Bon, regardez...
Le Président
(M. Merlini) : Deux minutes.
M. Barrette : ...ces deux articles-là sont abrogés pour une
raison simple.
L'article 93, qui est actuellement en vigueur, on
propose de l'abroger parce que son contenu va être intégré dans un nouvel
article de ce projet de loi ci, qui est l'article 436.0.1 de la
Loi de santé des services sociaux. Et ça, cette introduction-là, ça arrive à 38 — je
m'excuse — dans
ce projet-là. J'ai fait un petit lapsus il y
a un instant. 38 va venir traiter du contenu de 93 qui va être intégré dans
436.0.1 plus tard. Mais, pour ce qui
est de 110, nous avons l'article 44 qui s'en vient, qui va faire en sorte
que le contenu de 110 va se voir intégré dans le texte de 520.3.1 de la
LSSSS.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre. Est-ce que j'ai des
interventions sur l'article 9?
Mme Lamarre :
Est-ce que le ministre peut expliquer pourquoi ça va être intégré? Parce que
c'est quand même il y a deux ans, là,
qu'il avait choisi d'inclure ces articles-là. Donc, qu'est-ce qui l'amène à
modifier? Quelles sont les difficultés avec les articles qui sont
libellés actuellement?
Le Président
(M. Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Je pense que nous allons être... Je serai très heureux d'avoir cette
conversation-là, ce débat-là, avec nos
collègues lorsque nous arriverons aux articles concernés où on traitera de ça.
Alors, la question que la collègue me pose
est pertinente, mais elle aura la réponse lorsqu'on arrivera à ces articles-là.
Et je rappellerai à notre collègue qu'elle a demandé qu'on étudie le
projet de loi
article par article, paragraphe par paragraphe. Alors,
attendons...
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le ministre.
Président (M. Merlini) : Compte tenu de l'heure... donc, compte
tenu de l'heure, je suspends les travaux, et la commission se réunit à
la salle RC.161 pour une séance de travail. Bon appétit à tous.
(Suspension de la séance à
13 h 1)
Président (M. Merlini) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de la santé et des services sociaux reprend donc ses travaux. J'invite donc tous les gens présents dans la salle du Conseil législatif à fermer la sonnerie de tous leurs appareils
électroniques.
vous rappelle que notre mandat est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 130, Loi
modifiant certaines dispositions relatives à l'organisation clinique et
à la gestion des établissements de santé et de services sociaux.
Avant
la suspension de nos travaux, nous étions à l'étude de l'article 9,
et, M. le ministre, vous aviez la parole. Alors, la parole est
à vous.
Barrette : Bien, M. le Président, je pense que j'avais terminé ma présentation, et que nous avions un certain nombre de
questionnements de la part de l'opposition, et je n'avais rien d'autre à dire
puisque j'étais à la demande de suspension de l'article...
Barrette : Non, 9? Je m'excuse. Je m'excuse, M. le Président, c'est
moi qui est mélangé. Bien, voilà.
Président (M. Merlini) : Vous en avez fait la lecture, et on avait
commencé les échanges.
Barrette : J'en ai fait la lecture et j'ai expliqué... j'avais
expliqué effectivement que les articles en question, qui sont abrogés, allaient être traités...
allaient intégrer, par la voie de l'adoption de deux articles subséquents, un
pour chacun des deux articles qui étaient
abrogés... et que j'avais invité tout le monde à ouvrir ce débat-là au moment
où nous allions arriver à l'étude des articles, dans le cas présent, 38
et 44.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Merci beaucoup, M. le Président. Bien, en fait, quand on va
arriver aux articles 93 et 110, on pourra les étudier comme il
faut. Alors, entre temps, moi, je propose qu'on suspende l'article 9, et
on y reviendra s'il y a lieu, parce que...
Mme Lamarre :
En fait, c'est les articles qui sont en référence à 38 et 40 de ce projet de
loi là.
Président (M. Merlini) : Très bien. Alors, j'ai une demande de
suspension de l'étude de l'article 9. Est-ce que j'ai consentement
pour la suspension de l'étude de l'article 9?
M. Barrette :
...pas de problème, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Alors, j'ai le consentement. Donc, l'étude de
l'article 9 est donc suspendue. Nous allons maintenant à
l'article 10, M. le ministre, pour la lecture.
M. Barrette :
Alors, M. le Président,
article
L'article 151 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion,
après le premier alinéa, du suivant :
«À cette même fin, le ministre peut de plus exiger
qu'un ou plusieurs établissements utilisent un actif informationnel
qu'il détermine.»;
2° dans le deuxième
alinéa :
a) par le
remplacement de «n'autorise le projet que» par «autorise un projet ou exige
l'utilisation d'un actif informationnel»;
b) par l'insertion, à la fin, de «ou qu'il
contribue à améliorer la qualité, l'efficience et la performance du
système québécois de santé en permettant une gestion et une utilisation
maîtrisées de l'information sociosanitaire»;
3° dans le troisième
alinéa :
a) par le
remplacement de «Lorsqu'un tel projet» par «Lorsqu'un projet en ressources
informationnelles»;
b) par le
remplacement de «deuxième» par «troisième».
Alors,
M. le Président, sans lire les très longs paragraphes — je
pourrais le faire, mais si vous le voulez — auxquels ça s'adresse, le commentaire, il
est très simple. Nous visons à faire en sorte qu'à l'aube de la transformation
de notre système de santé sur la base des ressources informationnelles et à l'aube de la période où on va uniformiser nos bases
de données et nos systèmes de gestion
financiers... nous voulons que cette normalisation-là, cette uniformisation-là
soit sous... soit d'abord
exercée, et on veut se prémunir de décisions de développement de ressources informationnelles qui ne seraient pas
compatibles ou ne seraient pas cohérentes avec la vision que nous développons,
qui est de faire en sorte que, dans notre système, on ait un système de
gestion d'information qui soit uniforme.
Alors,
comme vous le voyez dans les articles, on traite essentiellement de ressources informationnelles. Alors, ressources informationnelles, ça veut simplement dire qu'il y aura un dossier qui va être uniforme,
il y aura des bases de données
uniformes. Il y aura un certain nombre de choses qui peuvent se développer
localement, mais pour lesquelles on doit
avoir la garantie qu'il y a une intégration complète avec notre système pour
éviter d'avoir ce que l'on a aujourd'hui, c'est-à-dire une
multiplication des systèmes, une multiplication de programmes,
d'applications qui ne se parlent pas, et qui ne permettent pas évidemment d'avoir une
communion de données, et qui, implicitement, dans les faits, entraînent
une incapacité de rétroagir sur la base de
l'analyse systémique. Un système du genre de celui que l'on a doit être
construit d'une manière où on peut analyser et rétroagir sur la base de
l'analyse des bases de données.
vous me permettez un parallèle, prenons le système bancaire, bien, dans le
système bancaire, dans toutes les succursales d'une banque partout sur
le territoire, bien, c'est les mêmes bases de données, c'est les mêmes façons
de colliger des données. Ce sont des
analyses que l'on peut faire à la grandeur du territoire. On doit pouvoir
faire ça dans notre système, ce qu'actuellement on ne peut pas faire aujourd'hui.
Président (M. Merlini) : Merci, M. le ministre, pour ces explications. Est-ce que
j'ai des interventions sur l'article 10? Mme la députée de
Taillon.
Mme Lamarre :
Merci, M. le Président. On est tous d'accord pour améliorer notre système
informatique, les ressources informationnelles du côté du système de santé, et
pour standardiser et essayer de diminuer le nombre de ressources différentes pour s'assurer que ces systèmes-là puissent être
les plus cohérents possible pour améliorer le partage d'informations...
et surtout des soins encore plus sécuritaires à nos patients. Je constate quand
même que sur le projet de loi n° 10, là, qui venait d'être adopté il y a à
peine deux ans, le ministre, là, ajoute : «À cette même fin, le ministre peut de plus exiger qu'un
ou plusieurs établissements utilisent un actif informationnel qu'il détermine». Est-ce
qu'il y a beaucoup d'hôpitaux actuellement qui utilisent des systèmes
informationnels distincts? Comment... où on en est rendus, là, actuellement?
Le Président (M.
Merlini) : Merci. M. le ministre.
M. Barrette :
Il y a une grande variété, M. le Président. Il y en a qui n'en ont pas, il y en
a qui en ont un peu, il y en a qui en ont
beaucoup, et ceux qui en ont beaucoup souvent ne sont pas avec les mêmes
fournisseurs. Sans entrer dans le
détail des compagnies, là, ça va vraiment d'un extrême à l'autre. Il y a des
gens qui sont extrêmement peu et même pas informatisés, dans presque tous les secteurs,
mais il y en a qui le sont plus; aucun ne l'est complètement.
Et, pour ce qui est
des fournisseurs, bien, ce sont des fournisseurs qui, en général, ne se parlent
pas, pour des raisons commerciales, et ne
stockent pas, n'utilisent pas la donnée de la même manière. Ça pose un certain
nombre de problèmes évidents, à court, moyen et long terme.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Lamarre : Merci. Alors, il y
en a combien, de systèmes informationnels, puis on peut-u les nommer?
Je sais que... j'en connais quelques-uns,
mais juste pour qu'on puisse faire le bilan. Est-ce qu'il y en a qui ont déjà été
éliminés depuis le projet de loi n° 10?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : C'est parce que, M. le Président, je n'ai pas le registre
complet ici avec moi, là, je peux toujours l'avoir. Mais des systèmes informationnels... Il y a plein de choses,
là, ce n'est pas simplement le dossier clinique. Alors, des systèmes informationnels, on parle de systèmes qui
traitent de la donnée. Alors, il y en a en imagerie médicale, il y en a
dans les laboratoires, il y en a dans les
laboratoires par laboratoire, il y a des dossiers patients, il y a des
applications maison, il y a des
applications qui sont des applications qui ne font que de la circulation de
données, il y a des applications qui font de l'analyse : combien de personnes demandent, par année, des gaz
artériels, par exemple — c'est un exemple que je donne. Il y en a dans le système financier, il y en a dans l'approvisionnement, il
y en a dans tous les secteurs, et tous les systèmes, actuellement, dont
je parle, peuvent parfois provenir du même fournisseur d'un hôpital à l'autre,
mais souvent sont différents dans le même
hôpital. Alors là, il y a lieu de s'assurer qu'on ait une uniformisation de ce
côté-là, et c'est ce à quoi on travaille, actuellement.
Le Président (M.
Merlini) : Merci. Mme la députée.
Lamarre : Mais, si on se concentre sur les dossiers cliniques, il y en
a combien, actuellement, de dossiers cliniques différents, dans les
32 CISSS et CIUSSS?
Barrette : Il y en a un certain nombre, je n'ai pas le détail avec
moi, il y en a au moins trois... il y a trois DCI, actuellement, qu'on
m'indique... alors il y a trois DCI. Alors, il faut absolument avoir les
marques, là?
Mme Lamarre :
Si c'était possible, oui.
M. Barrette :
Alors, il y a Cristal-Net, il y a Ariane... combien qu'il y en a, là?
Barrette : Oui, je le sais,
ça. Il y a OACIS, il
y a Cristal-Net, il y a Ariane, puis je suis convaincu qu'il doit y en avoir d'autres.
Mme Lamarre :
Médisolution?
M. Barrette :
Médisolution est dans certains endroits, oui, effectivement, si on peut appeler
ça un dossier patient électronique.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la députée.
Lamarre : O.K. Et
donc est-ce que dans la perspective, là, dans la finalité que le ministre
vise en ajoutant ce paragraphe à l'article 10, est-ce qu'il vise à
ce qu'on finisse par avoir un seul dossier médical?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : Ça, c'est une
position que j'ai déjà prise publiquement. Alors, elle a été prise,
cette décision-là, et elle est en
déploiement. Alors, il y aura un dossier, et la base du dossier, c'est le
logiciel public dont on est... bien, pas public, dont on est
propriétaires, qui est Cristal-Net.
Président (M. Merlini) : Mme la députée.
Lamarre : Je pense que celui
que le ministre avait retenu, c'était le Cristal, c'est bien ça,
hein, il me semble?
Mme Lamarre :
Cristal-Net. Donc, est-ce qu'actuellement... pour que le ministre inscrive ça,
est-ce qu'il y a certains CISSS ou CIUSSS qui résistent ou qui ne sont pas
intéressés ou qui ne sont pas motivés?
Mme Lamarre :
C'est pour ça que vous avez besoin d'ajouter?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : Non, non, ce
n'est pas pour ça. Cet article-là, c'est pour le futur. Au moment où on se parle, on a toute
l'autorité nécessaire, sur le plan légal, pour déployer Cristal-Net
partout sur le territoire à cause de la loi n° 10, mais c'est pour le futur, parce que l'expérience
montre que, périodiquement, il y a toujours quelqu'un qui arrive avec une nouvelle application, et c'est tout à fait normal.
Alors, nous, on veut avoir la garantie d'avoir un levier qui nous
permette de dire : Oui, dans tel
hôpital, vous avez pensé développer telle application, parfait, alors
développez-la, mais vous allez la développer à la condition qu'elle soit
intégrée à notre logiciel, et même plus; si c'est bon, votre application, on va
la diffuser dans le réseau. Alors, c'est la
beauté d'avoir un système propriétaire, dont on est le propriétaire. Un hôpital
qui a un groupe en TI qui a beaucoup
d'initiative, qui pense à un développement, parfait, allez-y, mais vous allez
le faire à la condition qu'il soit
intégré au système, et on va le diffuser. Et d'ailleurs j'ai déjà des
approches, dans certains milieux, où il y a ça, il y a des gens qui pensent faire ça et qui font des
propositions, et elles sont très bien reçues. C'est de mettre à profit
l'initiative des gens, mais l'initiative dans la mesure où on crée quelque
chose qui est intégré de façon à générer une base de données qui est
analysable.
vais donner un exemple, M. le Président. Actuellement, on est en train
d'écrire, quelqu'un, là, dans le réseau, est en train d'écrire la
partie logicielle d'un programme de dépistage.
Alors, un programme de dépistage, à un moment donné, dans la Direction québécoise du cancer, on veut que
ce soit structuré, qu'on ait des
bases analysables, qu'on puisse comparer les milieux l'un par rapport à l'autre. Bon, bien, quelqu'un
l'écrit, c'est quelque chose qu'on va intégrer à Cristal-Net, qui va être diffusé gratuitement dans le réseau, pour
lesquels on n'aura pas de licence à payer. C'est la beauté de l'affaire.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Oui. Au niveau du DSQ, est-ce que le système
Cristal-Net est arrimé avec le DSQ? Parce que le dossier clinique est
plus médical, mais le DSQ est...
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
M. Barrette :
Un des problèmes que l'on vit actuellement, évidemment, vient du fait qu'il y a
autant de dénominations que de morceaux de
robots, là, il y a autant de dénominations que de parties de dossiers. Et
l'objectif est de faire en sorte que tout soit intégré. Et, oui, le DSQ,
au moment où on se parle, est en train d'être intégré à Cristal-Net et
inversement.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la députée.
Lamarre : Parce que je pense que c'est un point sur lequel on se
rejoint, le ministre et moi, notre déception du DSQ, de la structure du système, qui n'est vraiment pas conviviale,
dirons-nous comme ça, mais qui n'est pas optimale non plus puisqu'on utilise, entre autres, pour les
médicaments, des données de facturation qui sont parfois inexactes par rapport à ce que le patient utilise, entre autres,
mais aussi toute la fluidité de l'information, la rapidité de
l'information. Est-ce qu'on peut penser que
vous auriez, avec cet amendement, des leviers pour faire en sorte que les
responsables du DSQ s'arriment bien avec la nouvelle ressource
informationnelle?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : Alors, là-dessus, M. le Président, notre collègue a raison
là-dessus, on s'entend parfaitement bien. Oui. La réponse c'est oui à
ça, et c'est une des finalités de ça, tout à fait.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Lamarre : Si je vais maintenant au paragraphe suivant, vous allez...
le paragraphe qui suit : «Le ministre autorise un projet ou exige
l'utilisation d'un actif informationnel...» À la fin de ce paragraphe — je
peux le relire au complet pour qu'il fasse du sens, là,
pour les gens qui écoutent — donc
«le ministre», avant c'était «n'autorise que le projet», mais là on comprend que c'est «autorise un projet ou exige
l'utilisation d'un actif informationnel s'il estime qu'il favorise l'interopérabilité des ressources informationnelles
du réseau ainsi que l'uniformité des standards et la similarité des actifs en matière de ressources informationnelles
ou qu'il contribue à améliorer la qualité, l'efficience et la
performance du système québécois de santé en
permettant une gestion et une utilisation maîtrisées de l'information
sociosanitaire». Est-ce que là-dessus le ministre peut nous donner quelques
exemples de ce à quoi ça correspond?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : On travaille actuellement avec des équipes externes sur le
déploiement... pas le déploiement, mais l'écriture et le déploiement d'un logiciel qui nous permettrait de bien
intégrer toutes les données en cancer. Et, quand on dit toutes les données en cancer, là, c'est le continuum
au complet, incluant le décours du patient. Alors, en cancer, si on veut
comparer un hôpital avec un autre, un groupe
avec un autre, on a intérêt à avoir justement une donnée la plus
exhaustive possible liée à l'épisode de
soins. Alors, ça, c'est un exemple qui ne vient pas du ministère, ce sont des
gens du terrain qui sont venus nous
voir pour nous dire : Ça serait bien si on avait ça. Oui, c'est une
maudite bonne idée. Alors là, on travaille à développer ça et à l'intégrer dans notre réseau. Alors, c'est un
exemple, ça, qui montre que le terrain, lorsqu'il arrive avec une bonne
idée clinique et organisationnelle, bien, oui, si on est propriétaire du code,
c'est faisable. C'est toujours faisable,
d'intégrer ça, mais là il y a toujours les questions de coûts et de
développement, et d'intégration et de licence par après. Avec notre structure actuelle, bien, tout
s'ouvre à nous à un coût beaucoup plus modique que si on avait à
développer quelque chose commercialement.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Lamarre : Lors de sa présentation, le Collège des médecins, en
préambule, durant sa présentation, nous avait demandé et l'a répété à plusieurs occasions, puis d'autres ordres aussi,
que le projet de loi intègre une disposition pour lui permettre d'avoir accès aux données
sociosanitaires pour surveiller les pratiques médicales et puis mieux assurer
le mandat de protection du public. Est-ce que parce que là,
l'information sociosanitaire s'inscrit là, mais elle s'inscrit dans un
préambule qui dit qu'il contribue à améliorer la qualité, l'efficience ou la
performance du système québécois, donc, est-ce
qu'on comprend que cette phrase répondrait à la préoccupation du collège? Parce
que concrètement, ce que le collège veut,
c'est être capable d'avoir accès, mais je le dis pour que... avoir accès, par
exemple, à des profils de médecins pour voir leur utilisation
d'opioïdes, par exemple, puis identifier s'il y a un profil déviant; même chose
pour les pharmaciens, s'il y a un nombre d'exécutions déviant d'ordonnances de
tel type de médicament. Ça pourrait contribuer beaucoup à protéger le public. Est-ce que ça répond à ça?
Est-ce que c'est à court terme? Parce que ce qu'on comprenait du Collège
des médecins, c'est que ces données-là
existaient déjà. Il fallait juste qu'on précise qu'on permettait l'accès du
Collège des médecins à ces données.
M. Barrette :
Alors, ça...
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Mme Lamarre :
Ce que je lis, c'est un ajout.
M. Barrette :
...ça, ça pourrait, mais ce n'est pas ça qui est la finalité de cette ligne-là,
évidemment, et pour répondre à la demande du
collège, ça demande de, je dirais, porter certains aménagements à notre loi
d'accès à l'information. En fait, l'accès à ces informations-là est
assujetti à certaines contraintes légales d'accès. Actuellement, on travaille étroitement avec le collège, à qui on donne pas
mal raison, et, chez moi, ma collègue la ministre qui est responsable des
Institutions, là, et qui a sous sa
responsabilité l'accès à l'information pour simplifier et faciliter cet
accès-là... on va donner suite à la
demande des ordres, mais on va donner suite dans la mesure de ce que les lois
actuelles nous permettent. On comprend
leur demande. On comprend leur difficulté. Je vais aller aussi loin que la loi
me le permet et la loi qui sous-tend tout
ça ou régit tout ça, elle n'est pas sous ma responsabilité, mais actuellement
on travaille sur des aménagements, pas simplement
pour le collège, mais aussi pour les chercheurs et ainsi de suite. C'est un
problème, là, qui est réel, actuellement, mais on y travaille.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Lamarre :
Est-ce qu'on peut s'attendre à ce que pendant l'étude du projet de loi
n° 130 on ait les modifications
législatives qui permettraient d'avoir accès à ces données? Parce que c'est une
demande qui nous est faite depuis un certain temps et puis qui répond vraiment
à des besoins urgents. On essaie de trouver toutes sortes d'autres méthodes. Est-ce que les discussions sont actives
actuellement, puis qu'on pourrait, avant la fin du projet de loi
n° 130, apporter des amendements qui permettraient de donner accès?
Le Président (M.
Merlini) : M. le ministre.
Barrette : Non seulement, M. le Président, on travaille activement,
mais on est même rendu à l'étape d'écriture d'amendements qui ne peuvent pas être mis dans ce projet de loi là parce
que ça ne s'y prête pas, en termes de portée, mais
qui seront certainement déposés dans un autre projet de loi. Mais on travaille
activement. On est rendu à l'étape d'apporter des changements législatifs, pas
dans cinq ans, là, bientôt.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Lamarre : Bien, en tout cas,
moi, je pense qu'avec l'accord de tous les membres d'une commission
parlementaire, on peut introduire des amendements. Donc, si le ministre peut
demander à la Commission d'accès à l'information
d'accélérer ses travaux, je pense que ce serait vraiment pertinent qu'on puisse
procéder à l'adoption de ces amendements-là immédiatement.
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
Barrette : Alors, tout ce que je peux dire, tout ce que je peux dire à
cette étape-ci, M. le Président, c'est que nous-mêmes on a considéré amener des amendements dans ce projet de loi
là, mais les autorités légales nous ont dit que ce n'était pas aujourd'hui le bon véhicule, parce que ce n'est pas la
portée de ce projet de loi là, mais, oui, nous sommes quasiment à
l'étape de déposer des amendements, mais qui vont être dans un autre projet de
loi. Je ne veux pas aller plus loin, là.
Alors, on travaille activement, on est presque prêts. Ça sera déposé dans un
autre projet de loi puis je ne sais pas
lequel, là, parce que ce n'est pas moi qui... ce n'est pas de ma prérogative,
mais on travaille activement et on va arriver à quelque chose là, là.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Lamarre : En tout cas... Bien, c'est parce qu'on a vu, dans le projet
de loi n° 92, le ministre a quand même donné suite à une proposition de ma collègue la députée d'Hochelaga pour
les cliniques d'avortement. C'était quelque chose qui n'était pas vraiment dans le thème principal du projet de loi,
mais, avec consentement, ça avait été accepté. En tout cas, moi, je signale au ministre que si... De
notre côté, il y a consentement pour que, si jamais ça pouvait être
prêt, on puisse l'introduire. On a un
titre
de projet de loi qui est assez général, qui est la Loi modifiant certaines
dispositions relatives à
l'organisation clinique. Moi, je pense que ça, c'est une forme de contribution
à l'organisation clinique et à la gestion des établissements de santé et
des services sociaux.
Le Président (M. Merlini) : M. le
ministre.
M. Barrette : Ce que je propose aux
collègues, c'est de retourner vers les personnes en autorité pour ces décisions-là, leur resoumettre cette demande-là.
Comme j'ai dit, on avait prévu nous-mêmes le mettre, puis on nous a
dit : Ce n'est pas le bon projet de loi. Je peux m'engager à retourner
auprès des autorités et y revenir.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée