Labour and the Economy — 1 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)

CET 2025-05-01

Quebec — Committees

Labour and the Economy — 1 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)

CET 2025-05-01

Quebec — Committees

(Douze heures trente minutes)

Président (M. Allaire) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté

le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie et du

travail ouverte.

La commission est réunie afin de procéder à

l'étude du volet Emploi des crédits budgétaires du portefeuille Emploi et Solidarité sociale pour l'exercice

financier 2025‑2026. Une enveloppe de trois heures a été allouée pour

l'étude de ces crédits. Merci de prendre le temps d'éteindre la sonnerie

de vos appareils électroniques, s'il vous plaît.

M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des

remplacements?

Le Secrétaire : Oui, M. le

Président. M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par M. Leduc

(Hochelaga-Maisonneuve).

Le Président (M. Allaire) : Merci,

M. le secrétaire. Vous connaissez la façon de fonctionner habituelle. Nous

allons procéder par blocs. Ce matin, nous avons 30 minutes, donc les blocs vont

être un peu plus petits qu'à l'habitude, mais cet après-midi, nous allons

retrouver des blocs d'à peu près 20 minutes.

Je suis donc prêt à commencer et je reconnais

Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Je vous laisse la parole. Vous avez

14 min 30 s.

Mme Cadet : Oh! c'est très court.

Merci, M. le Président. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour, les membres du

cabinet, chers collègues élus, chers membres du ministère de l'Emploi, ainsi

que chers invités qui sont, donc, des intervenants, donc, du milieu de

l'emploi.

Mme la ministre, donc, c'est notre troisième

échange à l'occasion de l'étude des crédits budgétaires. Je me souviens que,

lors de notre première expérience à toutes deux, il y a deux ans déjà, donc, la

première question que je vous avais posée portait sur vos priorités. Je vous

demandais, donc, quelles étaient, donc, vos priorités, vous, comme nouvelle ministre de l'Emploi, et, dès le départ,

vous nous aviez répondu qu'il s'agissait... que l'une de vos priorités était

les clientèles éloignées du marché du travail, une priorité que nous partageons

d'ailleurs.

Aujourd'hui, en fait, vous êtes très consciente

que cesdites clientèles, donc, cesdites personnes éloignées du marché du travail sont desservies par plusieurs

organismes en employabilité, donc, qui offrent des services spécialisés

en employabilité. Ils sont parfois aussi desservis par d'autres types de... d'autres

types d'instances, donc, partenaires du ministère de l'Emploi, de Services

Québec, comme les entreprises d'insertion. Et, le 3 mars dernier,

plusieurs de ces organismes, plusieurs de

ces entités ont reçu une communication, disons, troublante, selon leurs dires,

de la part de Services Québec, leur

disant que leurs ententes, qui, pour certaines d'entre elles, étaient... donc,

qui étaient en vigueur depuis de très

nombreuses années, n'étaient... se retrouvaient, en fait, donc, devant rien,

donc, que ces ententes-là ne seraient pas renouvelées, pas pour l'année

prochaine.

Mais là on le

sait, les ententes avec Services Québec, ce sont des ententes qui sont du

1er avril... du 1er juillet,

pardon, au 30 juin, donc, qu'à l'échéance du 30 juin, à partir du

3 mars, pas de négociation, pas de temps de transition, pas de relève, rien. Donc, ces ententes-là ne seraient pas

renouvelées. Mme la ministre, plusieurs de ces groupes sont ici

présents, en commission parlementaire. Il y en a d'autres aussi qui nous écoutent.

Ils ont hâte de comprendre pourquoi ces

ententes n'ont pas été renouvelées. Et comment est-ce que vous justifiez que

ces groupes, que ces clientèles qui sont dites éloignées du marché du

travail, qui sont vos priorités, qui font

partie de vos priorités, que vous

avez vous-même nommées, ne se retrouvent pas prioritairement budgétisées par la

ministre de l'Emploi?

Mme Champagne Jourdain : Merci

beaucoup. Merci pour la question. Je veux remercier d'abord toutes les équipes, là, qui nous permettent d'être ici. Je

sais que, de votre côté, c'est exigeant aussi. Vous avez plusieurs études de

crédits à faire. Je veux remercier toutes les équipes du côté du ministère de

l'Emploi, de nos cabinets aussi, qui nous permettent

de pouvoir faire cet exercice-là, qui est exhaustif, d'amener les meilleures

réponses possibles pour pouvoir répondre d'abord à vos questions, mais

aussi aux questions des Québécois et des Québécoises.

Alors, vous commencez avec un sujet,

effectivement, qui est très important, qui est celui des services, là,

d'employabilité aux clientèles les plus éloignées du marché du travail. Il est

vrai que ça fait

partie des trois priorités que

j'ai présentées au premier ministre à mon arrivée. C'est toujours une priorité

que de pouvoir faire en sorte que les clientèles

qui sont éloignées du marché du travail puissent intégrer le marché du travail,

puissent avoir les compétences nécessaires pour le faire,

l'accompagnement aussi requis pour pouvoir le faire.

a eu la chance d'en parler souvent, quand je suis arrivée en poste en 2022, on

était... on discutait, dans le fond, de la reconduction des bonifications de

145 millions de dollars par année, des bonifications qui ont été

mises en place en 2016‑2017, en fait, avant la COVID, et qui se sont

terminées l'année dernière. Donc, à mon arrivée, j'ai eu beaucoup d'échanges. J'ai eu plusieurs échanges avec mon

homologue au fédéral. J'ai eu trois homologues depuis... en fait, total,

depuis le début de mon arrivée. Ça a toujours fait

partie des priorités dans

mes échanges que j'ai eus avec eux.

Ceci étant

dit, est arrivé les coupures fatales, que je dirais, là, du fédéral, coupures

unilatérales du gouvernement fédéral au niveau de l'emploi, entre

autres. On parle de 145 millions de dollars en moins par année, et ce sont

des coupures qui ont un impact dans l'ensemble des provinces et territoires.

Donc, le Québec n'est pas seul à subir cet impact-là, et ce n'est pas faute

d'avoir... d'avoir fait valoir l'importance de l'investissement en services

d'emplois... en services d'emplois, et ces

coupures-là, bien, évidemment, il faut faire avec, et ça va être la trame de

fond de plusieurs de nos échanges aujourd'hui. Malheureusement, je le

dis bien, malheureusement, ça a pour impact de nous obliger à faire des choix qui sont difficiles. Je n'ai pas

de plaisir à être assise ici puis à vous dire que j'ai des choix difficiles à

faire en fonction du budget qui est amoindri de

145 millions de dollars par année.

Ceci étant

dit, je me suis donné comme mission, et c'est l'orientation que j'ai donnée

aussi au ministère, qui a découlé jusque dans les directions régionales aussi,

de faire en sorte que, malgré ces coupures fédérales là de 145 millions

par année, il y ait le moins d'impact

possible, qu'on soit en mode solution, qu'on puisse s'assurer de ne perdre

aucune place, de ne laisser personne derrière nous, qu'on puisse répondre aux

besoins, et surtout, surtout, parce que c'est ma mission à

titre de ministre de l'Emploi, qu'on s'assure, dans les choix

qu'on a à faire en fonction des régions, en fonction des secteurs, que

le bon service soit rendu à la bonne personne au bon moment.

Mme Cadet : Merci, Mme la ministre.

Vous parlez, donc, du moins d'impact possible. Je vous l'ai dit, donc, plusieurs de ces organismes-là, de ces entités,

donc, ont reçu une communication de Services

Québec, le 3 mars dernier,

pour fin... pour non-renouvellement de leurs ententes au 30 juin de la

même année. Donc, on parle, donc, d'une très, très courte échéance. Je vous

entends, là, quand vous dites, donc, le moins d'impact possible, mais, sur le

terrain, ce n'est pas le son de cloche que nous, on reçoit.

Je vous donne

quelques exemples. Donc, vous voyez, donc, présent parmi nous, nous avons

Jean-François Lapointe, qui est

directeur général de Boulot vers. Je vous ai posé une question là-dessus, là.

On a été plusieurs à vous poser des questions là-dessus en période des

questions au cours des deux dernières semaines. Il y a eu des articles de

journaux aussi sur cette situation-là, qui

nous dit... Là, on fait face à une entreprise d'insertion, et là je veux

vraiment... On le sait, donc, on a des modèles distincts, là. On a nos

organismes spécialisés en employabilité puis, ici, on a une entreprise d'insertion où les jeunes sont des salariés, où

les jeunes, donc, reviennent tranquillement, partent de très loin. On a eu des

témoignages extrêmement édifiants. Moi, j'en ai reçus à

titre personnel. C'est

un organisme que j'ai moi-même visité dans

une autre vie, et ce qu'on comprend, là, c'est que ces jeunes-là, donc, qui

sont passés à travers des parcours difficiles, s'accrochent.

Et je vous entends, parce que, là, vous avez

répondu dès le départ : O.K., on va s'assurer, là, que les jeunes soient repris. Puis on aura besoin d'explications

à cet égard parce que, sur le terrain, on ne vous comprend pas, Mme la

ministre, quand vous dites : Ah! bien oui, on va s'assurer que ces... que

les jeunes, donc, reçoivent des services. L'entité dans laquelle ces

services-là sont livrés sont tout aussi... En fait, l'entité est tout aussi

importante que les parcours d'insertion eux-mêmes, qui, eux, doivent être

financés.

Donc, vous, comment est-ce que vous expliquez à

M. Lapointe, comment vous expliquez à Boulot vers puis à l'ensemble des membres du Collectif des entreprises d'insertion du

Québec, dirigé par M. Richard Gravel, que, pour vous, donc, ces

entités-là n'ont pas une aussi grande valeur sur le terrain que ce qui est reçu

par les jeunes?

Le Président (M. Allaire) : Mme la

ministre.

Mme Champagne Jourdain : Merci

beaucoup. Merci. J'ai hâte de répondre, hein?

Tout d'abord,

bien, je veux dire que je n'ai jamais dit que ces entités-là n'avaient pas une

aussi grande valeur. Je n'ai jamais

dit ça, ce n'est pas le cas, mais, vous savez, avec 145 millions de

dollars en moins, on se doit de faire des choix. On le voyait venir. On

n'avait aucun son de cloche du fédéral. On a espéré quand même parce que,

jusqu'à la toute fin, on a lutté, puis on va

continuer de le faire, pour aller chercher la juste part. Vous savez, ce

financement-là en moins ramène le

financement... les transferts fédéraux en emploi à l'état du financement en

1997. Ça n'a pas de bon sens, là. Tu sais, il faut continuer de faire ce

travail-là.

Ceci étant

dit, ça nous a amenés, je l'ai dit tout à l'heure, à faire des choix

difficiles. Et je suis actuellement, quand même, en discussion avec

M. Lapointe parce que je suis... j'ai une ouverture. J'ai une ouverture à

ce qu'on trouve des solutions. Et, quand on voyait ça venir, vous savez,

on s'est dit : Qu'est-ce qu'on peut faire pour mieux soutenir les

organismes spécialisés en employabilité, essayer de conserver le plus grand

nombre de ces organismes-là? J'en ai... Il y

en a 400 au Québec, plus d'une centaine sur l'île, seulement, de Montréal, et

on en avait 400 à la fin des années 90, quand on avait 1 million de

chômeurs au Québec environ, et on a toujours le même nombre d'organismes, 400,

à environ 200 000 chômeurs.

Mais, ceci étant dit, qu'est-ce qu'on peut faire

pour préserver le plus grand nombre de ces organismes-là, qu'on ait le moins

d'impacts possible? Et c'est pour ça que, l'année dernière, j'ai mis à leur

disposition le fonds de 5 millions de dollars pour pouvoir les aider

à mutualiser certains services, à être capables de partager des espaces, être

capables de partager des ressources, être capables de partager des équipements,

tout ça pour les aider à faire des économies aussi de

leur côté, à être plus efficaces dans le contexte financier dans lequel on est

tous, là. Je le partage avec eux, ce contexte financier là, et je n'ai eu

qu'une seule demande.

Ceci étant dit, le fonds de 5 millions que

j'ai mis à leur disposition est toujours disponible, et je suis toujours

ouverte, moi, à regarder des solutions en fonction de celles dont je vous

parle.

Mme Cadet : Bien, si vous n'avez

reçu qu'une seule demande, c'est peut-être parce que ce fonds-là ne répond pas

nécessairement au besoin initial qui est exprimé, Mme la ministre, mais je vous

reviens... parce que, là, vous nous parlez du financement, donc, le

145 millions qui vient du gouvernement fédéral, que nous avons dénoncé,

mais, vous l'avez dit vous-même, là, vous venez de l'indiquer à l'ensemble des

gens qui nous écoutent aujourd'hui, cette somme-là est arrivée en 2016‑2017.

La plupart, donc, de ces organismes-là, la

plupart, donc, de ceux qui offrent des services d'aide à l'emploi, bien, ils recevaient une... en fait, ils avaient

ces ententes-là. Donc, ils avaient, donc, ce soutien financier là qui était

obtenu de la part du ministère de l'Emploi ou de Services Québec, qui

datait... qui prédatait, là, l'enveloppe de 145 millions. Vous l'avez d'ailleurs indiqué par vous-même aussi

que vous vous y attendiez. C'est ce qu'on peut lire dans les plans

d'action des services publics d'emploi des deux, trois dernières années, là. On

voit bien que cette somme-là était relativement, donc, cyclique, là.

Donc, il y avait, donc, ce surplus, donc, qui

nous arrivait, mais ça ne vous empêche pas de continuer de faire des choix pour soutenir la clientèle que,

vous-même, vous désignez comme prioritaire puisque, de toute manière, elle

était soutenue par le ministère de l'Emploi bien avant l'enveloppe de

145 millions. Bien sûr qu'au Québec on a besoin de recevoir notre juste

part, bien sûr que le fédéral doit s'impliquer pour s'assurer que les fonds,

donc, soient transmis, transférés aux

provinces pour pouvoir offrir des services publics d'emploi, mais vous avez une

responsabilité, comme ministre, qui va bien au-delà de cette enveloppe-là.

On va tous se

battre pour s'assurer d'obtenir notre juste part, mais je vous ai parlé, donc,

de Boulot vers, il y a aussi Carrefour Relance, qui est membre du RSSMO,

donc, dont le directeur est présent ici, donc, dont les membres, donc, qui

livrent des services publics d'emploi, risquent de ne plus être en mesure de le

faire, alors qu'ils étaient en mesure de le faire bien avant l'arrivée de

l'enveloppe de 145 millions. Qu'est-ce que vous leur répondez? Qu'est-ce

que vous répondez au RSSMO?

Le Président (M. Allaire) : Mme la

ministre.

Mme Champagne Jourdain : Merci

beaucoup. D'ailleurs, j'aimerais peut-être apporter une précision. Tout à l'heure, j'ai dit : On s'y attendait. En

fait, c'est plus qu'on s'y préparait. Devant le silence, devant le manque de

signaux de la part du fédéral, on

devait préparer cette éventualité-là. On a travaillé jusqu'à la fin et, je le

dis, on va continuer de le faire pour aller chercher ces justes sommes

Moi, je veux

vous expliquer que, via mon ministère, j'achète des services. Je ne

subventionne pas à la mission des organismes spécialisés, il y a

d'autres ministères qui le font... spécialisés en employabilité. Je gère aussi

des finances publiques et je dois répondre

aux besoins du marché du travail en fonction des régions, en fonction des

secteurs en région, du contexte économique aussi qui peut faire en sorte que le

taux de chômage augmente, qui peut faire en sorte qu'on se retrouve assez

rapidement en pénurie de main-d'oeuvre aussi. Tout ça sont des facteurs qui

viennent... qui sont... dont on tient en compte quand on négocie ces places-là,

cet achat de places là, avec les organismes spécialisés en

employabilité.

D'ailleurs, c'est ce qui se passe à l'heure

actuelle. Tout à l'heure, je vais revenir à une chose que vous avez dite, vous avez dit qu'ils ont reçu dernièrement

cette nouvelle-là. On est dans la période où on négocie, vous savez, pour

le renouvellement des ententes qui va avoir lieu le 1er juillet. Là, à

chaque année, c'est le 1er juillet. On repart avec les nouvelles ententes. Et nous, cette prévisibilité-là, là, qu'on

voudrait bien... que je voudrais bien, à

titre de ministre, donner aux

organismes spécialisés en employabilité, je ne l'ai pas du fédéral non plus.

Mme Cadet : ...parce qu'il nous

reste peu de temps.

Le Président (M. Allaire) : 30 secondes.

Cadet : Vous dites... Vous vous y prépariez, à cette

baisse de financement du gouvernement fédéral, mais, si vous vous y prépariez, pourquoi est-ce que les

organismes ont reçu cette communication au 3 mars pour le 30 juin

2025?

Champagne Jourdain : Parce qu'on... Nous, ce que je dois vous dire, là,

c'est que c'est cette année... c'est cette année, vraiment, qu'on sent les

effets de ce 145 millions là. On a budgété les autres années en fonction

de...

Président (M. Allaire) : Merci, merci. Ça termine ce premier bloc

d'échange. Je cède la parole au deuxième groupe de l'opposition. M. le

député d'Hochelaga-Maisonneuve, 4 min 50 s. La parole est à vous.

M. Leduc : Merci, M. le Président.

Bonjour, Mme la ministre, et toute l'équipe qui vous accompagne.

Vu que j'ai

juste cinq minutes, je ne plongerai pas dans le vaste débat des fermetures de

groupes. On y reviendra cependant cet après-midi. J'aimerais parler peut-être

de deux sujets pour les cinq minutes que j'ai ce matin. Le premier, c'est le dossier des groupes d'employabilité pour

femmes. On a reçu des communications du CIAFT — je vois Mme Cummings dans la salle ici — un

communiqué qui a été signé, il y a quelques semaines déjà, du CIAFT, là, c'est

le centre... le Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail, qui

se plaint de voir les femmes disparaître des clientèles prioritaires du

ministre en disant que ça aura un impact, là, cette...

Je cite un extrait, là : «Cette décision

non seulement compromet l'accès à des milliers de femmes à des services

essentiels, mais menace également l'existence même des organismes spécialisés

en développement de la main-d'oeuvre

féminine, dont l'expertise inégalée en matière d'employabilité des femmes est

essentielle au développement économique du Québec.» Pourquoi avoir

retiré les femmes des clientèles prioritaires, Mme la ministre?

Mme Champagne Jourdain : Merci

beaucoup. D'abord, d'entrée de jeu, je tiens à dire que les femmes sont une clientèle importante au ministère de l'Emploi.

Les femmes sont éloignées du marché du travail, et, quand on considère qu'elles peuvent être en situation aussi de

vulnérabilité, bien, c'est certain qu'on adresse et qu'on va toujours continuer

d'adresser les besoins des femmes.

Maintenant, on a... Vous savez, quand on dresse

une liste comme on l'a fait, autrefois, ça a été une liste qui dictait nos

interventions, en fait, aujourd'hui, c'est plus une liste qui donne des

exemples. Alors, le mot «femme» ne fait pas

partie de cette liste-là, mais ce n'est pas pour cette raison-là que les

services rendus aux femmes ne sont pas donnés. Vous savez, moi, je...

bien, on considère, en fait, puis c'est la manière de pouvoir aligner les

services, que ce qui est important, c'est que

ce soit la situation de vulnérabilité de la personne qui soit adressée. Alors,

on conjugue ça au fait que ce soit une femme parce que c'est une femme

judiciarisée. Voilà, on adresse la situation en fonction de ça.

On m'a fait signe de raccourcir, mais ça

n'empêche en rien, là, le...

Le Président (M. Allaire) : Merci.

Vous comprenez que j'essaie d'être équitable.

Mme Champagne Jourdain : ...la

priorisation. Oui.

Le Président (M. Allaire) : Allez-y,

M. le député.

M. Leduc : Bien

sûr, bien sûr. Donc, il n'y

aura aucune conséquence financière, sur les groupes en employabilité des

femmes, de ce retrait-là?

Mme Champagne Jourdain : Non. Ce que

je veux... Non. Vous savez, les groupes de... les groupes qui offrent des services aux... spécialisés en

employabilité aux femmes, là, sont là, vont continuer d'exister. Je veux dire,

le fait que le nom ne soit plus sur

la liste d'exemples qui est donnée, le mot «femme» ne soit plus sur la liste

d'exemples qui est donnée, n'a pas

d'impact sur la viabilité, l'existence de ces groupes-là. On va continuer de

soutenir les femmes dans la recherche d'emplois puis dans les services

qu'ils ont besoin de recevoir.

M. Leduc : Merci beaucoup. Prochain

sujet, licenciement collectif à Amazon, gros, gros licenciement collectif, un des plus gros de l'histoire du

Québec. La loi des normes du travail oblige la constitution d'un... sans délai,

d'un comité d'aide au reclassement, un CAR, lorsqu'il y a un licenciement

collectif, mais la ministre de l'Emploi a toujours le pouvoir de soustraire une

entreprise à ces obligations-là si elle démontre qu'elle offrira des services

équivalents ou supérieurs à ceux prévus dans le cadre d'un comité de ce

genre-là. Puis Amazon a demandé et obtenu cette

dispense-là, puis semble-t-il que les services offerts par l'entreprise LHH,

qui n'a même pas de bureau au Québec, sont extrêmement déficients, ça ne

fait pas du tout l'affaire, même que c'est les services ne sont pas toujours

faits en français. Pourquoi vous avez donné une dispense à Amazon pour cette

chose-là?

Le Président (M. Allaire) : Une

minute.

Mme Champagne Jourdain : Bien,

merci. Dans un premier temps... une minute?

Le Président (M. Allaire) : Oui.

Mme Champagne Jourdain : Dans un

premier temps, ce que je veux vous dire, c'est que c'est... la loi prévoit... c'est prévu dans la loi qu'une

entreprise, là, qui décide, lors d'un licenciement collectif, de donner des

services via l'embauche d'une firme...

c'est possible de le faire, et, au ministère de l'Emploi, on s'assure que la

firme... que les standards des services qui vont être offerts par la

firme correspondent aux standards des services qui seraient offerts par le

ministère. C'est ce qui a été fait dans ce cas-ci.

Vous savez,

cette firme-là, elle a 111 employés, je crois, qui travaillent au Québec.

Elle a aussi une place d'affaires au

Québec. C'est important pour pouvoir donner des entrevues. C'est aussi une

firme qui offre des services en 11 langues, si mon souvenir est

bon, parce que, tristement, malheureusement, beaucoup d'employés d'Amazon ne

parlaient ni français ni anglais. Moi, ce

que je peux vous dire, c'est qu'on s'assure de faire un suivi très serré avec

la firme LHH, et, encore la semaine

dernière, je demandais une rencontre, qui s'est tenue la semaine dernière, de

suivi pour s'assurer que...

Président (M. Allaire) : Merci. Ça termine ce deuxième bloc d'échange. On

poursuit avec le troisième groupe de l'opposition. M. le député de Jean-Talon,

4 min 50 s.

Paradis : Bonjour, tout le monde. Je vais continuer sur le même thème,

d'Amazon, parce que c'est quand même un

autre échec de la stratégie de votre gouvernement d'attirer des grandes

multinationales étrangères à qui vous avez

concédé beaucoup de cadeaux. Dans ce cas-ci, 100 millions de contrats

octroyés à Amazon depuis 2018, 2,2 millions de

dollars d'achats, de vos différents ministères, sur les cartes de crédit, des

rabais d'électricité, et Hydro-Québec qui a assuré les 2 millions

de coûts de branchement des usines d'Amazon, dont celle qui a été fermée.

Vous avez indiqué

vous-même, le 31 janvier, Mme la ministre, que ça avait coûté près de

4 700 emplois, comprenant ceux

d'Amazon, mais ceux des cocontractants d'Amazon. Le premier ministre François

Legault a assuré que le gouvernement allait voir, je le cite, «tout

ce qu'on peut faire pour aider les employés à trouver un autre emploi». Il a fait allusion au secteur de la construction

où les besoins de main-d'oeuvre sont importants. C'est lui qui a affirmé ça le

22 janvier. Voulez-vous nous parler de ces programmes de requalification

en construction? Combien de personnes sont allées dans ces programmes-là? Où

sont-ils? Est-ce qu'ils sont en emploi dans la construction actuellement?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Merci. Là, est-ce que vous me parlez des programmes qu'on a

faits pour la construction...

M. Paradis :

Non, je vous parle...

Mme Champagne

Jourdain : ...ou vous voulez savoir si des gens d'Amazon sont allés en

construction?

M. Paradis : Oui,

je vous parle... Le premier ministre du Québec a promis, le 22 janvier,

qu'il allait aider les employés d'Amazon à trouver un nouvel emploi. Je veux

savoir quels programmes vous avez mis en place. Il y a ceux dont a été exempté Amazon, comme mon collègue l'indiquait. Puis je

veux savoir s'il y en a qui ont été requalifiés dans le secteur de la

construction. C'est le premier ministre lui-même qui a dit ça le

22 janvier.

Mme Champagne

Jourdain : Parfait, merci. Tout d'abord, bien, je pense que c'est

important de mettre en contexte le fait que la requalification, la

redirection... le fait qu'on redirige des gens ou qu'on les aide à se replacer

dans un autre emploi est toujours en cours,

vous savez. Puis, dans les services qui sont offerts par la firme LHH, bien,

on s'assure, là, de pouvoir les aider, par

exemple, avec les C.V., pouvoir... bien, en fait, que des services

d'employabilité... qu'ils puissent pouvoir faire leur C.V., qu'ils

puissent être accompagnés en préparation dans la recherche d'emploi, tout ça. C'est ce genre d'affaires là, et je vous

dirais que... Je ne peux pas vous dire, actuellement, si des gens sont dans

un parcours de formation en construction. Je n'ai pas cette donnée-là. On est

en train de replacer... d'aider les gens à se replacer sur le marché du travail

en fonction de leurs qualifications.

Le Président (M.

Allaire) : Merci. M. le député.

M. Paradis : Ma

question est la suivante. En date d'aujourd'hui, y a-t-il des programmes

spécifiques qui ont été mis en place pour

l'employabilité des gens licenciés par Amazon? Un, et deuxièmement, combien de

personnes sont requalifiées actuellement ou sont en cours de

requalification pour travailler dans le secteur de la construction?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne Jourdain : Merci beaucoup. Quand il

y a un licenciement collectif, il y a soit un comité d'aide au

reclassement qui est fait, qui est mis sur place par le ministère, ou, dans ce

cas-ci, soit une firme est embauchée pour

donner ces services-là. Ce qui se passe, c'est qu'on accompagne des gens dans

la rédaction de leur C.V., qu'on les accompagne dans la recherche

d'emploi, qu'on peut même donner du soutien... jusqu'à du soutien

psychologique. Actuellement, il y a... puis ce

que j'ai comme chiffre, c'est qu'il y a environ 80 % des anciens employés

d'Amazon qui ont choisi de s'inscrire à ces services-là, et il y a des

rencontres individuelles avec des coachs qui se sont déroulées avec environ 800 travailleurs. Les gens sont satisfaits

des services. Je ne peux pas vous dire, à l'heure actuelle, s'ils sont en

redirection vers le marché de la construction.

Le Président (M.

Allaire) : Merci. Ça va. M. le député de Jean-Talon, vous pouvez

poursuivre.

M. Paradis : Bon, je pense qu'on a compris qu'il n'y a pas de

données sur ces questions-là. Vous avez refusé, de même que votre collègue

ministre du Travail, de parler de représailles parce qu'il y avait un syndicat

chez Amazon. Est-ce que vous êtes

toujours de l'avis que tout ce qui s'est passé chez Amazon, ça n'a rien à voir

avec le fait qu'il y avait une accréditation syndicale? Est-ce que c'est

toujours votre position?

Mme Champagne Jourdain : C'est votre question? Je

vais revenir sur, peut-être, la question d'avant. Vous savez, quand le premier

ministre a dit ça, ça faisait

partie des options qui s'offraient aux gens. Il a

donné ça comme exemple.

Maintenant,

sur la question de la construction, peut-être que des gens sont allés

là-dedans. En date d'aujourd'hui, je n'ai pas cette donnée-là, mais ça

faisait

partie des exemples qui étaient donnés.

Président (M. Allaire) : Merci. Cinq secondes.

M. Paradis : On va continuer cet

après-midi.

Mme Champagne Jourdain : Avec

plaisir.

Le Président (M. Allaire) : Merci.

On enchaîne avec la

partie gouvernementale. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,

vous avez 4 min 50 s.

Mme Boivin Roy : Merci, M. le

Président. Bonjour, Mme la ministre. Bonne période de crédits à vous.

Alors, vous vous

souviendrez que vous-même, et moi, et le ministre Ian Lafrenière, nous sommes

allés dans le Nord-du-Québec en octobre dernier pour y effectuer une

annonce. Alors, plusieurs rencontres pertinentes ont eu lieu à ce moment-là, notamment la rencontre avec le

comité régional des partenaires du marché du travail de la Jamésie, donc,

à Chibougamau, également avec le Centre d'amitié Eenou à Chibougamau, et

ensuite, du côté de Kuujjuaq, avec la Fédération des coopératives du

Nouveau-Québec et l'administration régionale de Kativik, et on conviendra que

nous avons été bien reçus dans l'ensemble de l'oeuvre, de notre séjour là-bas.

Ça nous a aussi permis de nous... bien, nous intégrer des réalités locales,

auxquelles l'annonce est venue, d'ailleurs, en partie, répondre.

Maintenant, j'aurais une question pour vous

relativement à l'annonce. Je vais quand même mettre quelques éléments de

contexte sur le Nord-du-Québec, en commençant avec le navettage. Donc, il y a

beaucoup de navettage dans le

Nord-du-Québec. Près d'un poste sur quatre est comblé de cette manière dans la

région en raison de manque de main-d'oeuvre sur le terrain. C'est

particulièrement vrai dans les communautés les plus éloignées. Ça augmente les

coûts de production des entreprises et le coût de la vie pour les résidents de

la région. D'ailleurs, le gouvernement du Québec subventionne certaines denrées

de Nunavik pour aider à pallier à ce phénomène.

Maintenant, deuxième mise en contexte, au niveau

de la formation. L'écosystème de la région est complexe par la grandeur du

territoire, mais également par la présence de plusieurs pôles de populations

éloignées les unes des autres et aussi

particulièrement avec des difficultés d'accès. L'offre de programmes

postsecondaires est limitée, et certains jeunes doivent quitter la

région pour aller étudier dans ces programmes plus spécialisés ailleurs, et

aussi l'offre de formation continue est

aussi très complexe. Il y a notamment des enjeux de démarrage de petites

cohortes et de langue d'enseignement. Il y a aussi des enjeux pour la

rétention des étudiants pendant et après les cours.

Et, de

manière générale, Mme la ministre, pour ce qui est du territoire du Nunavik, le

manque de la main-d'oeuvre est un problème important dans la région,

notamment pour les ouvertures de magasins. Les réalités des communautés diffèrent grandement entre Kuujjuaq, la plaque

tournante de la région, et les autres communautés plus petites. Et enfin, entre

2013 et 2030, vous vous souviendrez qu'on s'est fait dire qu'on attendait une

croissance de 4 000 personnes au Nunavik, soit près de 30 %,

et environ 90 % des personnes résidant sur le territoire parlent

l'inuktitut.

Alors, ma

question pour vous, avec cette table mise, Mme la Présidente... Mme la

ministre, pardon, pouvez-vous nous donner davantage de détails sur

l'annonce que nous avons faite à l'automne dernier et également sa pertinence

dans le contexte?

Le Président (M. Allaire) : Mme la

ministre.

Champagne Jourdain : Merci beaucoup. Tout d'abord, je tiens à dire que

je suis très contente de ce qui se passe... Je suis très contente qu'on

parle de ce qui se passe au Nord. On parle souvent de ce qui se passe au sud du

Québec. Je suis contente qu'on puisse avoir la chance de parler de ce qui se

passe au nord.

Effectivement,

le 24 octobre dernier, on était à Kuujjuaq pour annoncer, dans le fond... pour

annoncer le service Nunavik... pardon, vous l'avez trop dit dans votre

introduction, pour annoncer les services Nunavik, et je suis particulièrement fière de ce pas-là qu'on a

fait, et ça se traduit par le fait que l'administration régionale de Kativik va

déployer prochainement, justement, ce qui sera Services Nunavik. C'est un

guichet multiservices, là, d'accès aux services

gouvernementaux qui est inspiré de Services Québec, de Service Canada aussi,

mais qui est adapté aux réalités du Nunavik puis de sa population.

Vous savez,

si on a été capables de faire cette annonce-là, c'est parce qu'il y a eu une

modification de l'Entente Sivunirmut,

et cette modification-là vient bonifier l'offre de Services Québec au Nunavik

pour s'assurer que ça corresponde plus aux besoins des gens sur le

territoire là-bas. Ça va confier aussi plus de responsabilités à l'ARK en

matière de formation, de développement de

main-d'oeuvre, de services du Régime

québécois d'assurance parentale et de développement

de l'offre de services d'emploi.

Vous savez, il

y a déjà du personnel local de Services Nunavik qui sont présents physiquement

sur le territoire, qui sont installés dans les 14 villages du Nunavik.

Alors, ça va nous permettre d'être partout, de pouvoir mieux soutenir, là, les

gens, là, du Nunavik, et l'objectif avec cette nouvelle façon de faire...

Président (M. Allaire) : Merci, merci. Malheureusement, ça met fin à ce

dernier bloc d'échange pour l'avant-midi.

Alors, compte tenu de l'heure, la commission

suspend ses travaux jusqu'à 14 heures. Bon dîner à tous. On se revoit

tantôt.

(Suspension de la séance à 13 heures)

Le Président (M.

Allaire) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre

les travaux.

La commission est

réunie afin de poursuivre l'étude du volet Emploi des crédits budgétaires du

portefeuille Emploi et Solidarité sociale pour l'exercice financier 2025‑2026.

Encore

une fois, merci de prendre quelques secondes pour éteindre la sonnerie de vos

appareils électroniques.

Alors,

je cède déjà la parole à la députée de Bourassa-Sauvé pour son bloc de 18 min 2 s. La

parole est à vous.

Mme Cadet : Merci, M. le Président. Rebonjour, Mme la

ministre. Donc, je vais repartir sur la même thématique que celle de mes

collègues un peu plus tôt parce qu'on était... je pense qu'on était bien partis

puis je pense que les Québécois veulent obtenir, donc, certaines réponses.

Donc, Mme la

ministre, Amazon. Donc, on le sait, donc, l'article 84.0.9 de la

Loi sur les

normes du travail nous indique : «À la

demande du ministre, l'employeur et les représentants choisis par les personnes

salariées visées par les licenciements collectifs doivent participer sans délai

à la constitution d'un comité d'aide au reclassement et collaborer à la

réalisation de la mission de ce comité.»

Nous en parlions un

peu plus tôt, vous, vous avez choisi de dispenser Amazon de cette obligation en

vertu de l'article 84.0.12, qui fait en sorte que, «sur demande, le ministre

peut exempter de l'application de tout ou

partie des dispositions de ces articles un employeur qui, dans l'établissement visé

par un licenciement collectif, offre aux personnes salariées visées par ce licenciement des mesures

d'aide au reclassement qui sont équivalentes ou supérieures à celles prévues

par la présente section.» Donc, vous avez

choisi, Mme la ministre, d'exempter, sur demande d'Amazon... de l'exempter,

donc, des obligations en vertu de la

Loi sur les normes du travail.

Deux

questions pour vous. Moi, j'ai été un peu surprise d'apprendre ça dans les

nouvelles, parce que, la journée même où cette nouvelle est sortie, en

janvier dernier, vous avez dit que vous demanderez à Amazon, donc, de

constituer un comité d'aide au reclassement, comme le prévoit la loi. Donc,

vous avez annoncé aux Québécois que vous

souhaitiez utiliser, donc, la... vous prévaloir de l'article 84.0.9. Donc,

pourquoi vous avez choisi d'exempter Amazon de cette obligation, alors

que vous aviez donné le ton à la population que vous alliez les assujettir à

cet article-là?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne Jourdain : Merci beaucoup. Merci

beaucoup. Je pense que, quand c'est arrivé... ça venait d'arriver, en fait, hein, vous savez, et ce qui

était important pour moi, à ce moment-là, c'était évidemment que les gens

reçoivent les services qui sont offerts dans un comité d'aide au reclassement

ou dans toute solution équivalente.

Alors,

vous l'avez exprimé, là, et je tiens à le ramener, c'est la loi qui prévoit que

c'est possible pour une entreprise de

mettre en place des services de reclassement, s'il y a une offre qui est

équivalente ou supérieure aux services de base d'un CAR.

Alors, au moment où

on l'a... j'ai eu une entrevue sur le sujet, j'étais dans un autre lieu, dans

une autre rencontre. La nouvelle arrivait.

Ce qui importait pour moi, c'est qu'il y ait au moins un comité d'aide au

reclassement ou une solution qui est équivalente. C'est ce qui est

arrivé. Amazon a déposé une offre au ministère, une offre qui a été analysée.

Il y a des vérifications qui ont été faites par le ministère pour s'assurer de

la conformité de l'offre. Je le répétais tout à l'heure, l'entreprise LHH,

c'est une entreprise qui a 100 employés au Québec, c'est une entreprise

qui a une place d'affaires ici. L'entreprise

offre aussi une plateforme pour que les travailleurs puissent afficher leur

C.V., être recrutés directement par les entreprises. Et surtout, elle

offre des services en 11 langues parce que, malheureusement, je tiens à le

répéter, les employés ne parlaient ni français ni anglais, pour la plupart.

Mme Cadet : ...en fait, je n'ai pas dit que c'était illégal,

là, qu'est-ce qui est arrivé. Je viens de le mentionner, je vous ai lu les articles de la

loi sur les

normes. C'est très clair qu'il y a cette possibilité là de leur octroyer

l'exemption. Mais moi, je nous remets

dans le contexte d'Amazon, une entreprise qui a décidé de quitter le Québec de

façon cavalière, et ça, l'ensemble

des parlementaires, on l'a reconnu. Je pense qu'on a adopté une motion ou deux

à ce sujet. Même le gouvernement fédéral, à l'époque, donc, l'avait reconnu

aussi, en disant : Non, non, ça n'a pas de bon sens, la manière dont cette entreprise-là a décidé de quitter le

Québec. Mais vous, comme ministre, vous dites : Ah! bien, c'est correct,

plutôt que de dire : Moi, je vais vous tenir par la main, là, Amazon, là.

Voici comment, nous, on fait des affaires au Québec. Bien, vous leur

dites : Bien oui, vous pouvez tout à fait bénéficier de cette

exemption-là.

vous entends, là, sur l'analyse que vous avez faite ici, mais moi, ce que je

veux savoir, là, c'est que... comment vous avez décidé de, tu sais, en toute

connaissance de cause, là, sachant ce qui s'était passé, sachant la manière

dont Amazon a traité les travailleurs québécois, a traité le gouvernement du

Québec... parce qu'ils ne vous ont pas avertie avant de quitter. Ils ne vous

ont pas envoyé un avis de licenciement collectif avant. Ils ont le droit de le

faire après, mais on s'entend que ça aurait

été la chose la plus harmonieuse à faire, de vous avertir, vous, comme

ministre, avant de prendre cette décision-là, plutôt que de vous prendre par

surprise. Comme vous l'avez dit, ous étiez dans une rencontre, ça venait d'arriver. Vous n'étiez pas au courant,

puis vous avez lancé un comité d'aide au reclassement, parce qu'ils ne vous

ont pas avertie avant de quitter.

Est-ce que vous

trouvez que c'était... est-ce que c'était comme une espèce de : oui, vous

pouvez faire tout ce que vous voulez, on va

vous exempter de votre obligation, parce que vous êtes Amazon? C'est un peu

comme ça que les Québécois l'ont pris.

Le Président (M. Allaire) : Mme

la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Merci beaucoup.

D'abord, en effet, là, ce qui s'est passé du côté d'Amazon, on l'a tous

dénoncé. Ce n'est pas les manières dont on... ce n'est pas la manière dont on

veut que les employés, les travailleurs du Québec soient traités chez nous.

Ceci étant

dit, il y a une loi qui prévoit que c'est possible, pour une entreprise, de

mettre en place un service de reclassement qui soit équivalent ou

supérieur. Et c'est un droit, c'est la loi qui le prévoit aussi. On fait une

analyse approfondie, et, dans le cas

particulier d'Amazon, on a tenu un suivi serré, et c'est toujours le cas, des

services qui sont offerts par la firme qui a été retenue. Alors, c'est

important pour moi de suivre ce dossier-là de très près. C'est ce qui se passe. Les services qui sont offerts sont...

répondent aux critères équivalents ou supérieurs aux services de base offerts

par un comité d'aide au reclassement.

Mme Cadet : ...que vous leur accordiez cette exemption,

est-ce que vous aviez demandé à Amazon de participer sans délai à la

constitution d'un comité d'aide au reclassement?

Mme Champagne

Jourdain : Bien, vous savez,

il y a eu des échanges avec Amazon, et Amazon a déposé une offre, qu'on

a analysée.

Mme Cadet : Bien, vous n'avez pas répondu à ma question.

L'article initial, ça dit : «À la demande du ministre», donc,

«l'employeur et les représentants choisis doivent participer sans délai à la

constitution d'un comité d'aide au reclassement.» Est-ce que vous leur avez

formulé cette demande-là?

Le Président (M. Allaire) : Mme

la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Merci. Je le

rappelle, la loi prévoit que, si l'offre est équivalente ou supérieure,

on peut procéder de cette manière-là aussi.

Mme Cadet : Donc, vous ne leur

avez...

Mme Champagne Jourdain : C'est ce

qu'on a choisi dans ce cas-ci.

Mme Cadet : Donc, contrairement à ce que vous aviez affirmé

en janvier dernier, vous ne leur avez pas demandé de participer sans

délai à la constitution d'un comité d'aide au reclassement.

Mme Champagne

Jourdain : Écoutez, il y a

deux possibilités quand il y a un licenciement collectif, un comité d'aide au

reclassement, ou c'est possible, pour une entreprise, de mettre en place, et,

c'est important de le dire, à ses frais aussi, un service de reclassement qui offre des services

équivalents ou supérieurs à ce qui serait offert dans un comité d'aide

au reclassement. Moi, ce qui m'importe, ultimement, c'est que les travailleurs

aient l'accompagnement nécessaire dont ils

ont besoin pour se retrouver un emploi, pour pouvoir voir quelles sont leurs

options. Alors, c'est ce qui se passe dans le cas actuel. On suit ça de

très près, et je m'assure que ça va demeurer le cas.

Mme Cadet :

L'article dont vous

vous êtes prévalue dit que le ministre peut, aux conditions qu'il détermine,

exempter de l'application l'employeur. C'est quoi, les conditions que vous avez

déterminées à Amazon?

Mme Champagne Jourdain : Pouvez-vous

répéter? Je m'excuse.

Mme Cadet :

L'article, là, 84.0.12

indique que le ministre peut, aux conditions qu'il détermine, exempter de

l'application des dispositions précédentes un employeur, comme c'est le cas

pour Amazon. Donc, quelles sont les conditions que vous avez imposées à Amazon?

Le Président (M. Allaire) : Mme la

ministre.

Mme Champagne Jourdain : Bien,

écoutez, il y a une offre qui a été présentée au ministère, et nous, on a analysé cette offre de services là. Les

vérifications en bonne et due forme ont été faites par le ministère pour

s'assurer de la conformité de l'offre et des services. Je le rappelle,

c'est une entreprise qui a 100 employés ici. On s'est assurés qu'elle avait un contrat de location pour qu'elle

puisse tenir des rencontres avec... en présentiel, si c'était demandé par

les travailleurs, que l'entreprise puisse offrir les services équivalents ou

supérieurs à ce qui serait fait par un comité d'aide au reclassement. Vous

savez, le comité d'aide au reclassement est aussi... on le fait aussi en

collaboration avec l'employeur, là. Et, je le répète, l'entreprise avait aussi

la possibilité d'offrir des services en 11 langues.

Le Président (M. Allaire) : ...Mme

la députée.

Mme Cadet : Tantôt, il y a une

question qui vous a été posée. Je la... je vous relance : Est-ce que vous

êtes en accord avec l'analyse qui a été faite, dans l'espace public, qu'il

s'agissait d'une mesure... on vous a nommé tantôt, donc... de représailles, mais que la raison pour laquelle Amazon a

décidé de quitter le Québec, c'est parce qu'il y a un syndicat qui

voulait se constituer dans l'une de ses usines à Laval?

Mme Champagne Jourdain : Écoutez,

vous savez, ce qui s'est passé dans le dossier d'Amazon, c'est déplorable.

Je l'ai dit tout à l'heure, ce n'est pas comme ça qu'on veut que nos

travailleurs soient traités dans... sur notre marché du travail ni au Québec,

par aucune entreprise, écoutez. Puis je ne suis pas dans la tête non plus de...

ni dans l'équipe exécutive de M. Bezos pour voir quel était le prétexte de

cette décision-là. Mais moi, ma responsabilité, en ce qui me concerne, à

titre de ministre de l'Emploi, quand

arrive un licenciement collectif, c'est de m'assurer que les travailleurs

aient le bon accompagnement, et qu'on puisse les aider à se trouver un emploi,

un autre emploi, ou à prendre la voie de la formation, si c'est ce qu'ils

désirent.

Mme Cadet : Est-ce que vous avez fait part à Amazon de votre

mécontentement de la manière dont ça s'est fait?

Mme Champagne Jourdain :

Écoutez, moi, je... mes énergies sont concentrées à m'assurer qu'on puisse

accompagner convenablement dans les meilleurs délais et qu'on puisse aider les

travailleurs à se retrouver un emploi ou à choisir d'aller en formation. C'est

ma responsabilité.

Mme Cadet : Donc,

Amazon n'a jamais eu de message qui lui a été transmis que ce n'était pas

correct de la manière dont ils ont décidé de quitter le Québec. Vous n'avez

jamais transmis votre mécontentement à l'entreprise?

Mme Champagne

Jourdain : Moi, je m'assure que, quand il y a un licenciement

collectif, je puisse être là, et que nos services sont d'une qualité

irréprochable pour pouvoir soutenir puis accompagner les travailleurs, là, dans

la recherche d'un nouvel emploi ou dans une solution, là, qui correspond à

leurs besoins.

Mme Cadet : O.K.

Donc, la réponse est non. Autre question là-dessus : Combien le ministère

de l'Emploi achète sur Amazon? Quels sont les achats qui ont été faits dans la

dernière année financière?

Mme Champagne Jourdain : Au niveau des contrats,

je peux peut-être céder la... des achats qui ont été faits sur Amazon,

je vais céder la parole à ma sous-ministre.

Le Président (M. Allaire) : J'ai

besoin du consentement des membres de cette commission. Est-ce que j'ai votre

consentement?

Une voix :

Consentement.

Président (M. Allaire) :

Consentement. Madame, je vous laisse le soin de vous présenter, avec votre

titre, et la parole est à vous.

Laberge (Annick) : Oui. Bonjour, membres de la commission, M.

le Président. Annick Laberge.

Alors,

d'abord, pour dire qu'on a des services avec Amazon, entre autres, pour de

l'hébergement de données, avec Amazon Web Services. Sinon, il y a des

achats qui ont été faits, certains achats qui ont été faits par les employés,

du côté de cartes de crédit, qui ont été

faits, je dirais, avant le dossier chaud dont on parle en ce moment, le dossier

Amazon. Depuis ce temps-là, ce que je confirme, c'est qu'il y a des

mesures qui ont été prises de façon à ce que l'achat local soit priorisé et que les plateformes en ligne

étrangères, en fait, particulièrement les plateformes américaines, ne soient

pas utilisées.

Mme Cadet : Donc,

je reviens à vous, Mme la ministre. Donc, merci beaucoup, Mme Laberge. Amazon

Web Services, donc services infonuagiques, et des achats par carte de crédit de la

part des employés... donc, vous dites, donc,

il n'y a aucun achat qui a été fait par les employés, par carte de crédit, sur

la plateforme d'Amazon depuis janvier 2025.

Le Président (M.

Allaire) : Juste un instant. Mme la ministre, allez-y.

Mme Champagne

Jourdain : Si vous voulez, je vais laisser la parole à ma

sous-ministre.

Le Président (M.

Allaire) : Juste... Oui, j'ai votre...

Le Président (M.

Allaire) : Le consentement n'est pas pour nécessairement toutes les

interventions. Donc, je comprends que, là,

on n'a pas le consentement pour que quelqu'un

d'autre intervienne. Donc, Mme la ministre, à vous de répondre.

Le Président (M.

Allaire) : Merci.

Mme Champagne Jourdain : On

vous a expliqué, là, ce qu'était la situation depuis la crise. En 2023, on parle

de 9 001,49 $ et, en 2024, les achats étaient de

6 727,23 $.

Le Président (M.

Allaire) : Merci. Mme la députée.

Mme Cadet : Et est-ce que vous continuez de bénéficier des

services d'infonuagique d'Amazon Web Services?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne Jourdain : C'est un contrat qui est

avec le MCN, pour ce qui est de l'infonuagique et Amazon.

Mme Cadet : O.K. Donc, le contrat est avec le ministère de la Cybersécurité et du Numérique. Est-ce que ce contrat a toujours cours,

est toujours en vigueur?

Mme Champagne

Jourdain : Vous pourrez le demander au MCN.

Mme Cadet : Donc, vous, vous n'êtes pas au courant, vous

n'avez pas demandé... Est-ce que vous avez fait des représentations pour

qu'ils puissent... vous puissiez y mettre fin?

Mme Champagne

Jourdain : Le contrat est encore en cours avec le MCN.

Mme Cadet : Tantôt,

vous n'aviez pas l'air de connaître la réponse au niveau, donc, des achats sur

Amazon. Est-ce que ça veut dire que vous n'avez pas émis de directive à votre

ministère pour que les achats cessent?

Mme Champagne

Jourdain : Bien, écoutez, vous savez, on a pris des dispositions,

comme gouvernement, pour s'assurer que les achats seraient faits au Québec,

dans nos ministères, tant que faire se peut. Et le Conseil du trésor a

émis des directives à l'effet que les hauts dirigeants pouvaient, dans le fond,

là, donner leur autorisation pour ça.

Mme Cadet : Donner

leur autorisation, qu'est-ce que vous voulez dire?

Mme Champagne

Jourdain : Pour les... En fait, donner leur autorisation pour les

achats.

Mme Champagne Jourdain : Je validais, là, juste ce

que j'allais vous dire. Il y a une directive qui a été donnée, par le MCN, de

favoriser l'achat québécois, dans le fond, puis, quand ce n'était pas possible

de le faire, qu'il fallait aller peut-être

sur des plateformes comme Amazon. Les hauts dirigeants pouvaient donner leur

autorisation. Naturellement, on fait les efforts nécessaires pour

s'assurer d'acheter ici, au Québec. Voilà.

Mme Cadet : Peut-être

que... Je reformule la question que j'ai posée. Est-ce que vous, vous avez,

après, là, janvier 2025, là, après l'épisode

qui s'est passé, qui a été fâcheux, pour lequel l'ensemble des Québécois ont

été choqués, donc, pour lequel

l'ensemble des partis politiques ont été choqués, est-ce que vous, vous avez...

vous vous êtes assurée de réitérer, auprès de votre ministère, qu'une entreprise

qui décide de quitter le Québec de façon cavalière, qui ne vous transmet pas au

préalable, un avis de licenciement, qu'il fallait certainement, donc, cesser de

faire des achats par carte de crédit sur la plateforme? Est-ce que vous,

vous avez transmis cette missive-là à votre ministère?

Mme Champagne

Jourdain : Bien, le Conseil du trésor l'a fait. Naturellement qu'on

est en accord, à

titre de ministre puis de

ministre qui siège au Conseil des

ministres, avec cette directive-là.

Mais la directive a été donnée, et, quand

on devait procéder à des achats, puis si on ne trouvait pas d'autre matériel

ailleurs que là, bien, les hauts dirigeants pouvaient procéder à cet

accord-là.

Moi,

je vous rappelle que, dans toute la saga, je vais le dire comme ça, d'Amazon,

ma responsabilité, mes efforts... mon

focus est mis, c'est sûr, à m'assurer que les travailleurs reçoivent... d'abord

et avant tout, les travailleurs, c'est ma priorité, moi, m'assurer qu'on puisse leur donner les bons services,

m'assurer qu'on puisse les accompagner là-dedans. Alors, c'est ça. Puis j'ai répondu clairement, je

pense, au niveau, là, de la directive qui avait donné... qui avait été donnée

au niveau du Conseil du trésor. Merci.

Le Président (M.

Allaire) : Merci. 1 min 30 s.

Mme Cadet : Merci.

Donc, il reste peu de temps. Je vais revenir sur un sujet que j'avais abordé au

départ. Dans l'une de vos réponses, Mme la ministre, vous m'avez parlé du

nombre de chômeurs, hein, en disant, donc : On a 400 organismes

spécialisés en employabilité, on a le même nombre qu'au moment où est-ce qu'on

avait un taux de chômage qui était plus

élevé. Est-ce que vous reconnaissez le besoin, en fait, des personnes qui

bénéficient aujourd'hui des services spécialisés en employabilité, même

s'ils ne sont pas des chômeurs?

Président (M. Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Bien, absolument. Tout à l'heure, d'entrée de jeu, vous me

parliez des... entre autres, des gens qui sont éloignés du marché du travail. Ça

fait

partie de mes priorités. Alors, c'est certain que c'est important, ces

services-là, et ce qui est offert au niveau des organismes spécialisés en

employabilité, bien, c'est le continuum des services qu'on offre aussi à Services

Québec. Alors, oui, ce sont des services qui sont importants. C'est pour ça aussi que j'ai réclamé, à plusieurs

reprises, et que je vais continuer de le faire, le juste financement, la juste

part du fédéral dans les services publics...

dans les services d'emplois, puisque c'est aussi, rappelons-le, une compétence

provinciale.

Mme Cadet : Merci.

Si chaque personne qui bénéficie, en ce moment, des services, donc, pour vous,

le fait à juste titre, qu'est-ce qui va arriver de ces individus-là, si leur

organisme ferme, selon vous?

Le Président (M.

Allaire) : 10 secondes.

Mme Champagne

Jourdain : Bien, écoutez, j'ai eu la chance de vous le répondre en

période de questions. Moi, je m'assure qu'il n'y a aucune place de perdue, que

les places soient transférées. Merci.

Le Président (M. Allaire) : Parfait,

merci. Ça fait... met fin à ce bloc d'échange. On enchaîne avec le deuxième

groupe de l'opposition. M. le député de Hochelaga-Maisonneuve,

12 min 1 s.

M. Leduc : Merci,

M. le Président. Rebonjour, tout le monde. Rebonjour, Mme la ministre. On parle

d'employabilité depuis plusieurs semaines maintenant, depuis la nouvelle

fatidique de début mars, en pleine semaine de relâche. Je veux saluer...

derrière vous, il y a plein de gens du milieu de l'employabilité, mais deux

personnes en particulier, là, M. François

Dallaire, de Carrefour Relance, puis M. Jean-François Lapointe, de Boulot vers,

deux organismes qui sont susceptibles de disparaître dans les prochains

mois, dans les prochaines semaines. Ça se compte en semaines maintenant, parce

que la fin de la subvention, c'est en juin, puis juin, bien, c'est demain

matin.

veux juste souligner une chose. Tu sais, on avait un échange hier, en fait, à

la période des questions, Mme la ministre et moi, puis l'échange aussi avait

commencé la semaine dernière, avec ma collègue de l'opposition officielle.

On disait : Oui, mais là il y a trop

d'organismes. Il y a trop d'organismes, il y a deux millions de chômeurs.

Vous aviez l'échange, à l'instant,

avec ma collègue. Sauf que tous ces groupes-là ont des listes d'attente, hein?

Je suis allé demander aux groupes qui

sont coupés : Avez-vous des groupes... des listes d'attente en ce moment?

Ils ont dit oui. Carrefour Relance, ils

ont plus de 20 personnes dans leur liste d'attente, ils en ont à peu près,

là, une douzaine de personnes aux six mois. Boulot vers, une dizaine de personnes sur la liste d'attente, ils ont,

grosso modo, 20 réguliers, là, qui rentrent et qui sortent à différents moments de l'année. Ça fait que, même

s'il y a beaucoup d'organismes à Montréal, personne ne se tourne les

pouces. Est-ce que vous reconnaissez cet état de fait là?

Mme Champagne

Jourdain : Bien, écoutez, c'est...

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Oh! pardon.

Le Président (M.

Allaire) : Non, non, allez-y, ça va.

Mme Champagne Jourdain : Merci. Effectivement,

vous savez, on dispense des services, que ce soit à Services Québec ou

que ce soit dans le continuum, à travers les organismes spécialisés en

employabilité, des services qui sont importants, des services qui permettent

d'intégrer ou d'aider des gens à intégrer le marché de l'emploi.

Alors,

moi, ce que je veux vous dire, c'est que... puis je l'ai dit d'entrée de jeu,

tout à l'heure, on est dans un contexte financier qui est difficile pour le

secteur de l'emploi. Moi, je fonctionne avec 145 millions de moins par

année, je fonctionne avec une réalité

qui m'amène à prendre des décisions qui sont difficiles. Je n'ai pas de plaisir

à prendre ces décisions-là.

suis allée les rencontrer, les gens, tout à l'heure. On est en échange pour

trouver une solution dans le contexte. Je ne suis pas fermée aux solutions,

mais, une fois que j'ai dit ça, ça ne me ramène pas le 145 millions que je

n'ai plus. Alors, il faut... je dois prendre des décisions qui ne sont

pas faciles à prendre, mais qui doivent être prises, puis on doit s'assurer,

là-dedans, de faire en sorte que les personnes qui ont besoin des services

soient priorisées selon leur situation de

vulnérabilité, selon les services qu'ils ont. Il faut que... Je dois aussi

m'assurer, à travers toute la reddition de comptes, qu'on n'offre pas

deux, trois fois le même plan, la même solution à la personne qui est en

recherche d'emploi. Merci.

Le Président (M.

Allaire) : M. le député.

M. Leduc : C'est vrai que vous êtes

allée les voir tantôt. C'était hors caméra, bien sûr, mais je l'ai vu, alors je

le confirme, puis c'est tout à votre honneur. J'aimerais vous inviter,

peut-être, à aller retourner les voir et prendre rendez-vous

avec eux pour une rencontre à plus longue échéance que les quelques minutes,

bien sûr, que permettent la présentation avant un tel exercice. Est-ce que

c'est quelque chose qui serait possible, que vous pourriez prendre rendez-vous

avec M. Lapointe, M. Dallaire et d'autres groupes qui seraient intéressés à

vous parler directement?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Absolument. On échange... mon cabinet échange souvent avec

les organismes spécialisés en employabilité ou leurs représentants aussi.

Alors, ce sera possible, certainement.

M. Leduc : Puis on comprend que ce n'est pas un rendez-vous

en juillet, parce que ça se peut qu'ils ne soient plus là en juillet, on

a bien compris ça. Donc, on imagine que ça va être un rendez-vous bientôt?

Mme Champagne

Jourdain : On est en mode solution.

M. Leduc : On

est en mode solution?

Mme Champagne Jourdain : Vous savez, on a proposé

des solutions, on attend un retour. On échange là-dessus.

M. Leduc : Parfait. Parce que là, plus le temps avance, plus

on apprend aussi qu'il y a des nouvelles coupures. Parce que ce n'est pas tout le monde, pas tous les

groupes qui sont réseautés à travers un organisme plus large, tu sais.

Il y en avait 11 au début de l'exercice, on est rendus à 13. Il y en a

peut-être d'autres qu'on va découvrir. Je voudrais quand même qu'on les nomme, parce qu'on parle beaucoup du groupe, mais

il faut qu'on leur donne une visibilité, une existence. Il y a Intégration

Jeunesse du Québec, Emploi Jeunesse, Carrefour Relance, Travail Sans

Frontières, Centre Génération Emploi, YES, Fringues & Cie, Buffets

Insère-Jeunes, Le Boulot vers, Cuisine-Atout, Héberjeune. Puis il en manque

là-dedans, il y en a d'autres qui se sont rajoutés.

Moi, ce que

j'entends, c'est que c'est des groupes qui rencontraient leurs objectifs. Ils

n'étaient pas en train d'être audités, puis que là, il n'y avait plus...

personne qui va chez eux. Ils rencontrent des objectifs. Ils s'attendaient à

des rehaussements, même, de financement de votre part. Est-ce que, si vous

aviez eu plus d'argent, peut-être, vous auriez pu procéder à un rehaussement,

par exemple?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Bien, écoutez... Merci. On est... puis c'est bien que vous

apportiez ça, le rehaussement, vous savez, parce que... J'ai parlé tout à

l'heure du contexte dans lequel on navigue, celui, là, où on a des coupures de 145 millions. On doit faire

avec, dans le budget, de manière annuelle. Et c'était aussi un engagement que j'ai pris auprès des organismes spécialisés en

employabilité, celui de moderniser les services, là... les services d'emploi,

et de procéder à un allègement aussi,

là, administratif pour les organismes spécialisés en employabilité, mais aussi

d'actualiser le coût client. Alors,

ça, ça rentre en ligne de compte aussi, dans le fait que j'ai 145 millions

en moins. On doit prendre des décisions difficiles. J'ai pris des

engagements, aussi, d'actualiser le coût client avec les organismes spécialisés

en employabilité. Alors, ça, ça fait

partie

de la réalité dans laquelle, là, on navigue, actuellement, à l'emploi. Alors,

c'est ça.

Là, je vous parlais

de l'actualisation. Ramenez-moi sur le premier objet de votre...

M. Leduc : Bien, dans le fond, je peux reformuler aussi ma

question, mais vous n'étiez pas à des années-lumière de la question, je vous rassure. Je vais... pour

reformuler ma question, je vais vous donner un extrait d'une lettre que j'ai

reçue de Magdalena Schweiger — j'espère

que je prononce bien — qui

est la directrice de Cuisine-Atout. Elle dit : «Notre impact est indéniable, nos taux de réussite sont

excellents et nous dépassons régulièrement nos objectifs. En 2024‑2025,

30 personnes ont été placées en emploi, sur une cible de 24 — donc

125 % de performance —

et nous avons atteint 105 % de nos objectifs en 2023‑2024.»

Ma question est très

simple : Est-ce que ces groupes-là, vous leur reconnaissez une efficacité?

Est-ce qu'ils sont performants à vos yeux?

Mme Champagne

Jourdain : Bien, écoutez, ils offrent certainement un service qui est

pertinent et un service qui est nécessaire.

Maintenant, certains organismes spécialisés en employabilité ont de meilleurs

résultats que d'autres. Je veux dire,

c'est à géométrie variable, c'est tout à fait normal. Elles ne sont pas toutes

égales, elles n'offrent pas toutes, non plus, nécessairement avec la

même... la même clientèle, les mêmes enjeux, les... aux mêmes endroits.

Tout à l'heure, vous

nous disiez aussi : Si j'avais le... Si on avait le 145 millions,

est-ce qu'on augmenterait? Alors, on va procéder à l'augmentation des coûts...

du coût client, à une majoration à partir du 1er juillet. On aura sûrement la chance d'en parler tout à l'heure, un

peu plus tard. Alors, ça, c'est une chose. Mais les décisions que je prends,

qu'on doit prendre comme ministère, en fonction du contexte économique ou du

contexte budgétaire n'impliquent pas que certains organismes ne soient

pas performants. C'est sûr qu'on évalue quand on prend des décisions, on fait

une évaluation, mais elles rendent un service, c'est sûr, qui est utile à une

clientèle.

M. Leduc : Mais

donc... Je veux juste vraiment bien comprendre, là. On s'entend que, si un

groupe comme Cuisine-Atout rencontre 125 % de ses objectifs, on peut

s'entendre, c'est un groupe performant, qui rencontre ses cibles, en tout cas?

Président (M. Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne Jourdain : Bien,

écoutez, moi, je ne peux pas parler des cas précis, là. Je veux dire, peut-être

qu'on peut rentrer dedans tout à l'heure, là. Mais ce que je veux vous dire,

c'est que je me retrouve quand même, organismes performants,

hyperperformants, moins performants, à devoir faire des choix. Des fois, c'est

une question aussi de présence sur le territoire. Sur l'île de Montréal, ça

arrive, des fois, qu'il y a quatre organismes spécialisés en employabilité,

qu'il y a des services d'employabilité sur le même coin de rue. Alors là, on

essaie aussi d'équilibrer l'offre pour que, présents sur tout le territoire, on

ait des services qui permettent de desservir les citoyens.

M. Leduc : Bien,

vous avez raison de le dire, parce que, par exemple, Carrefour Relance, qui se

concentre dans une clientèle un peu plus âgée, plus... vraiment extérieure au

marché de l'emploi, plus difficile à réintégrer dans le marché de l'emploi,

bien, ce n'est pas la même chose qu'un centre jeunesse... ou qu'un carrefour

jeunesse, pardon, juste à côté. C'est des missions

distinctes. Mais là, de dire : Sur le même coin de rue, dans

Hochelaga-Maisonneuve, par exemple,

il y a les mêmes services d'employabilité, bien, ce n'est pas les mêmes

services d'employabilité, on s'entend là-dessus.

Raccrocher un jeune ou raccrocher une personne de plus de 30 ans qui a

décroché déjà du travail deux fois, ce n'est pas le même travail.

Mme Champagne

Jourdain : Bien, écoutez, je pense qu'avec l'expérience que le

ministère a, que les directions régionales ont, aussi, avec les marchés de

l'emploi, avec les besoins, avec les organismes spécialisés en employabilité, ils sont à même de faire une

évaluation qui est rigide... pas rigide, mais une évaluation qui est, dans le

fond, sérieuse et qu'ils sont

capables, là, de rediriger certaines places dans les organismes dans lesquels

c'est pertinent de le faire.

Moi,

je veux vous rappeler qu'à travers les choix financiers que j'ai à faire ma

responsabilité, c'est de m'assurer que les citoyens et les citoyennes

qui ont besoin de services d'emplois les reçoivent.

Malgré les choix difficiles

que j'ai à faire, il n'y a pas de bris de

services, on va conserver les places. Et ce n'est pas une question... le choix

de mettre fin à une entente avec un organisme, ce n'est pas une question

de performance...

M. Leduc : Bien,

ça, c'est clair.

Mme Champagne Jourdain : ...c'est une question de

choix difficile à faire, des choix financiers. J'ai 145 millions de

moins pour fonctionner, pour offrir des services à la population, et, malgré

tout, malgré ça, il n'y aura pas de bris de services.

M. Leduc : Bien, je suis content de vous l'entendre dire,

puis pas que vous aviez dit l'inverse, mais, quand un organisme ferme,

des fois, on peut se demander... il perd sa subvention... la perception

publique, ça peut être ça, c'est qu'ils auraient eu l'impression que c'étaient

des... ils n'étaient pas bons ou ils ne rencontraient pas leurs objectifs. Mais vous confirmez que ces groupes-là, bien, ils

étaient performants, ils rencontraient leurs objectifs. Ce n'est pas pantoute

ça qui est à l'ordre du jour. Bien, il y a au moins ça qui est clair, c'est

qu'ils faisaient un bon travail, et qu'ils font un bon travail, puis qu'on

souhaite qu'ils vont continuer à faire un bon travail parce que la

partie n'est

pas terminée.

Parlons de la suite,

justement. Vous nous dites : Les places vont être sauvegardées. Mais la

question que je vous posais au salon rouge hier, c'est que vous demandez de

faire ça à coût nul, vous demandez aux autres groupes de ramasser des places,

mais à coût nul. Je me trompe?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne Jourdain : Merci. Vous savez, moi,

j'ai offert la possibilité... parce qu'on devait se préparer. Vous savez, on n'avait pas de signal du fédéral

sur la reconduction de ces sommes-là. Donc, on a pensé à comment on

pouvait soutenir, comment on pouvait maintenir en vie ces organismes

spécialisés en employabilité là. Alors, moi, j'ai

offert... j'ai mis... j'ai libéré un fonds de 5 millions pour qu'on puisse

les soutenir, pour qu'ils puissent mutualiser certains services,

certains postes parfois, certains lieux où on donne des services. Et ce

fonds-là, il est toujours disponible,

toujours là. C'est toujours possible de pouvoir amener une solution qui nous

permettrait de pérenniser une organisation ou ses services. Alors, ça,

c'est pour vous traduire encore, une fois de plus, à quel point on est en mode

solution pour pouvoir les soutenir.

Maintenant, quand on

transfère des places dans d'autres organismes spécialisés, c'est sûr qu'on en

paie le coût mais on fait des économies,

c'est sûr, au niveau de... Il y a déjà là, en place... On transfère dans un

organisme qui est déjà installé, qui est déjà...

Le Président (M.

Allaire) : Merci. Malheureusement, ça met fin à ce bloc d'échange.

J'enchaîne avec la députée de Vaudreuil, qui

a seulement 2 min 15 s. Mme la ministre, je m'attends à des

réponses courtes, s'il vous plaît. Mme la députée, allez-y.

Mme Nichols : Oui, merci, M. le

Président. Salutations rapides à tout le monde. Je continue un peu sur la même voie que le collègue de

Hochelaga-Maisonneuve, là, qui a commencé un peu plus tôt. Moi, j'ai reçu deux

lettres. Le comté de Vaudreuil, c'est

un comté en explosion démographique. Donc, on est souvent sollicités par,

évidemment, nos

citoyens, mais par nos organismes aussi. J'ai Sophie Boucher, du carrefour

jeunesse-emploi, et j'ai Réseaux Employabilité,

aussi, qui nous ont envoyé des lettres. C'est des lettres pas mal similaires.

L'objet de la lettre, c'est : Demande de rencontre urgente.

Ça fait que ma première question, c'est :

Est-ce que vous avez rencontré, de façon urgente, les organismes du comté de

Vaudreuil, soit carrefour jeunesse...

Le Président (M. Allaire) : Mme la

ministre.

Mme Champagne Jourdain : Si j'ai

rencontré les organismes de votre comté?

Mme Nichols : Oui. Ils vous ont

envoyé des lettres, puis c'était écrit : Demande de rencontre urgente.

C'était l'objet de la lettre.

Mme Champagne Jourdain : J'ai

effectivement, vous comprendrez, beaucoup de demandes, puis c'est tout à fait normal, de rencontres dans le

contexte actuel, et mon équipe s'assure de rencontrer et d'avoir des échanges

avec les organismes spécialisés en

employabilité. Je dois vous dire que, dans le contexte de négociation aussi, à

chaque année, on reçoit des demandes de rencontres qui sont urgentes,

là, tu sais...

Nichols : Oui. Non, mais là c'est dans le... c'est deux

lettres, là, où l'objet, c'est : Demande de rencontre urgente.

C'est des regroupements, évidemment, là, carrefour jeunesse-emploi... Est-ce

que...

Mme Champagne Jourdain : Oui, mais

ce n'est pas les deux seules lettres que je reçois.

Nichols : Non, je comprends que les ministres sont

sollicités puis ils doivent recevoir d'autres lettres. Donc, je comprends qu'il n'y a pas eu de rencontre...

Peut-être, quelqu'un de votre équipe a rencontré les carrefours jeunesse, mais

je comprends que vous ne les avez pas rencontrés. Est-ce qu'il y a eu des

accusés de réception?

Champagne Jourdain : Bien, il faudrait que je voie les lettres, là,

auxquelles vous faites référence, là. On peut peut-être le prendre, là,

puis vous revenir avec un suivi.

Champagne Jourdain : Si vous voulez un suivi précis sur ces lettres-là,

vous pouvez me les déposer, puis on vous reviendra là-dessus.

Le Président (M. Allaire) : 30

secondes.

Champagne Jourdain : Moi, je vous assure qu'on fait des accusés de

réception aux demandes qu'on a puis on s'assure de faire un suivi aussi.

Le Président (M. Allaire) : Merci.

Mme la députée, une dernière question, peut-être? 20 secondes.

Nichols : Oui. Bien, en fait... bien, non, je vais donner la

réponse. C'est qu'il n'y a pas eu de rencontre puis il n'y a pas eu

de... ni d'accusé de réception, puis je pense que c'est des organismes importants

dans pas mal tous nos comtés, toutes nos régions.

Mme Champagne Jourdain : ...suis en

lien avec AXTRA, les représentants aussi des carrefours jeunesse-emploi. Vous

pourrez me laisser vos lettres, on va faire les vérifications.

Le Président (M. Allaire) : Merci.

Ça met fin à ce bloc d'échange.

Le Président (M. Allaire) : Pardon?

Mme Nichols : Je vais déposer les

lettres à la commission.

Président (M. Allaire) : Parfait. Il n'y a pas de problème, simplement

l'envoyer à l'adresse du secrétariat, elles seront déposées. Merci.

Mme Nichols : Parfait. Merci, M. le

Président.

Président (M. Allaire) : On

enchaîne avec l'opposition officielle. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à vous. 18 min 1 s.

Mme Cadet : Merci,

M. le Président. Mme la ministre, vous venez de reconnaître que plusieurs des

organismes visés, sinon la totalité,

rencontrent leurs objectifs. On a parlé d'excès... d'organismes, donc, qui les

excèdent de 122 %. Je pense

aussi à Emploi Jeunesse, qui... en fait, et la D.G. d'Emploi Jeunesse était

présente parmi nous, et organisme pour lequel on constitue... on

constate un dépassement notable de ses cibles d'accompagnement de 133 % en

2023‑2024.

Donc,

la question que j'ai pour vous, donc : Si, pour vous, vous êtes d'accord

avec le fait que ces organismes-là sont

performants, rencontrent des objectifs, parfois les excèdent, c'est quoi, les

critères pour décider de ne pas renouveler les ententes avec ces

organismes-là?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Je m'excuse, je n'ai pas compris le dernier bout de

votre...

Mme Cadet : Mais,

si vous reconnaissez que ces organismes-là sont performants, rencontrent leurs

objectifs, parfois excèdent même leurs objectifs, c'est quoi, les critères pour

décider de ne pas renouveler les ententes avec ces organismes?

Mme Champagne

Jourdain : Bien, écoutez, c'est sûr que, quand on a des choix à faire

et que le contexte économique nous impose de

faire ces choix-là, il y a une analyse qui est faite. Il y a une analyse qui

est faite, et, dans le cas actuel,

bien, on s'est assurés de pouvoir transférer les places dans des organismes qui

avaient une meilleure performance, un plus haut taux de réussite.

Et je veux revenir

sur l'offre de services à Montréal. Ça fait un bout de temps qu'on est

là-dessus, là, ça fait une heure qu'on est pratiquement sur ce sujet-là.

L'offre de services à Montréal, il répond à la demande. On parle de quatre organismes d'insertion... quatre

entreprises d'insertion. Il y en a 19 seulement sur l'île de Montréal et plus d'une centaine, au

total, d'organismes spécialisés en employabilité. Alors, l'offre, il répond à

la demande, et je rajouterais aussi que notre gouvernement a investi

comme jamais, là, au niveau des services d'emploi.

Le Président (M.

Allaire) : Merci. Mme la députée.

Mme Cadet : Vous

avez dit tantôt... on a terminé notre échange, puis vous m'avez répondu que

tous les parcours allaient être redirigés, ce que vous avez dit : Oui,

oui, donc, les personnes qui bénéficient de ces services-là, c'est important, on reconnaît, même si le taux de

chômage n'est plus le même, qu'ils ont besoin des services. Quand ils cognent à

la porte des organismes, ce n'est pas pour rien.

Maintenant,

est-ce que... quand vous avez décidé de rediriger ces organismes-là vers

d'autres que vous jugez plus performants, est-ce que vous avez consulté

ces autres organismes là?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Merci. Alors, on est actuellement dans le contexte de

négociation. Donc, vous savez, nous, on est

en train d'échanger avec les entreprises, tout ça est en train de se placer, et

ça va se confirmer dans les prochaines semaines. Et on... moi, je suis

confiante que tout va continuer de bien aller dans ces négociations-là. C'est le cas actuellement. On a trouvé une place

qui peut accueillir les 37 places, entre autres, pour Boulot vers...

Et tout ça va se concrétiser au

renouvellement des ententes, qui va prendre lieu... qui va prendre forme, dans

le fond, le 1er juillet 2025 cette année.

Le Président (M. Allaire) :

Merci.

Mme Cadet : Je

vous nommais Emploi Jeunesse plus tôt. Donc, je vous l'ai dit, donc, Justine

Damord est présente avec nous dans la salle. Il y a YES Employment and

Entrepreneurship aussi, qui est un organisme qui touche la... bien, en fait, les jeunes issus des communautés

anglophones, les jeunes anglo-québécois. Donc, ces jeunes-là, donc, ils vont être redirigés où, Mme la ministre,

ceux qui bénéficient, donc, de ces... des services de ces organismes-là qui

rencontrent leurs objectifs? Je l'ai dit, Emploi Jeunesse, c'est 133 % de

surpassement des cibles. YES, il y a une augmentation de 12 % des demandes

de services d'emploi en ce moment. Leurs jeunes, ils vont aller où?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne Jourdain : Merci. Merci beaucoup.

Bien, écoutez, je vous ai dit que l'offre, dans le fond, à Montréal, là, répondait à la demande, et

nous, on est confiants qu'au total — pour

les quatre organismes, c'est 137 places — les

11 autres organismes vont pouvoir accueillir ces places-là. Je vous l'ai dit,

actuellement, on est en processus... Je vous l'ai dit, actuellement, on

est en processus de négociation. Tout va se confirmer, puis on va pouvoir vous en faire part quand ce sera le cas.

Mme Cadet : Bien, par exemple, ici, on parle de services

jeunesse. Ce qu'on comprend, c'est que c'est... et vous l'avez mentionné un peu en filigrane, c'est que

ces jeunes-là pourraient être redirigés vers les carrefours jeunesse-emploi. Est-ce que vous avez consulté le Réseau des

carrefours jeunesse-emploi avant de leur dire : O.K., vous allez

accueillir une clientèle supplémentaire, alors que leur liste d'attente

déborde déjà?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne Jourdain : Moi, je

vous l'ai dit, on va être capables... Là, on parle au niveau, là, des... Moi, je fais référence aux organismes... aux

entreprises, pardon, d'insertion. On va être capables d'absorber, à travers

les 11 autres organismes, les places. Et

ultimement, ma responsabilité, c'est de m'assurer que les personnes reçoivent

le bon service.

Et, dans le contexte actuel, je le répète, de

coupures de 145 millions, on est en mode solution, et c'est ce qui... Moi, je veux m'assurer qu'il n'y ait pas de

rupture de service, qu'on ne laisse personne derrière, et c'est à ça qu'on est affairés

actuellement. Et on est dans la période de négociation. Les choses vont se

confirmer dans les prochaines semaines, prochains mois. Dans certains endroits,

c'est le cas, c'est confirmé, mais on travaille à pouvoir conserver... bien, à

faire en sorte qu'il n'y ait pas de bris de service.

Mme Cadet : Est-ce que, pour vous,

il n'y aura pas de bris de service, si les jeunes anglo-québécois qui

bénéficient des services de YES Employment... dont la directrice générale est

Mme Marina Boulos-Winton. Donc, si ces jeunes-là, qui sont dans un organisme

qui comprend... dont les intervenants comprennent leur réalité, dont les interventions, donc, sont spécifiques à leurs

besoins, sont redirigés ailleurs, est-ce que, pour vous, ça signifie de rendre

le bon service à la bonne personne et au bon moment?

Le Président (M. Allaire) : Mme la

ministre.

Mme Champagne Jourdain : Merci

beaucoup. Écoutez, je pense que les CJE ont une excellente expertise dans les services qui peuvent être dispensés aux

jeunes. Moi, je suis convaincue qu'ils vont recevoir d'excellents services,

comme c'est le cas avec... dans les CJE.

Puis je veux vous rappeler que, si on se

retrouve à parler de ça, ce n'est pas parce que moi, à

titre de ministre, j'en ai envie, c'est parce qu'on a des coupures de

145 millions, et qu'on doit faire avec, et qu'on doit prendre des décisions

qui sont difficiles. Je n'ai aucun plaisir à faire ça, je l'ai dit plusieurs fois,

ça n'a pas changé aujourd'hui. Merci.

Le Président (M. Allaire) : Mme la

députée.

Cadet : Je comprends que ça ne vous fait pas plaisir, Mme

la ministre, mais ce sont quand même vos choix, à ce stade-ci.

Mais bon, je reviens sur mes questions sur les

bris de service. Et oui, tout à fait, le Réseau des carrefours jeunesse-emploi

offre des services extraordinaires. Encore faut-il qu'ils soient financés pour

pouvoir les offrir et surtout si vous leur

demandez de les offrir à une population excédentaire. Donc, je salue Rudy

Humbert, qui nous écoute, D.G. du Réseau des carrefours jeunesse-emploi.

Mais je reviens, donc, sur cette redirection de

services. Donc, vous nous dites... Essentiellement, ce que j'ai compris, c'est que vous n'avez pas consulté avant

de vous dire : O.K. Bien, ils vont être capables de recevoir de la

clientèle excédentaire. Mais je

reviens, donc, sur la question, donc, du coût : Est-ce que ces

organismes-là, qui vont recevoir une clientèle additionnelle, est-ce

qu'ils vont être financés pour pouvoir le faire?

Champagne Jourdain : Je vous le dis, là, je vous le répète,

actuellement, on est en période de négociation avec les organismes spécialisés

en employabilité. Alors, tout ça est en train de se discuter avec les

organismes. Pour certains cas, c'est réglé, c'est défini. Il y a des

organismes spécialisés en employabilité ou d'autres entreprises, si on parle des entreprises d'insertion, qui vont

pouvoir recevoir les places, là, des organismes qui... avec qui on ne

reconduirait pas nos ententes. La demande en termes de places jeunes sur

l'île de Montréal, on y répond avec les organismes qui... avec qui on échange actuellement. Je veux dire, on va être

capables de couvrir la demande à ce niveau-là. Et ce que je veux... ce que je peux vous dire, c'est

qu'actuellement on est en négociation avec les organismes qui vont recevoir ces

places-là, qui vont accueillir ces places-là.

Mme Cadet : Vous dites que vous êtes

en négociation avec ces organismes-là. Ce qu'on... J'aimerais savoir : Est-ce que c'est aussi... vous êtes aussi en négociation avec ces

organismes-là en ce qui a trait aux ententes du programme préparatoire à l'emploi?

Le Président (M. Allaire) : Mme la

ministre.

Mme Champagne Jourdain : Bien, en

fait, oui. Oui, la réponse, c'est oui. Actuellement, on renégocie les ententes pour le... qui vont... les ententes

d'achats de places, dans le fond, disons-le comme ça, et, oui, ça concerne

aussi, là, tout ce qui est préparation à l'emploi.

Cadet : Alors, si vous appelez ça une négociation, Mme la

ministre, donc, pourquoi est-ce que la demande, donc, qui a été faite aux autres organismes était de connaître leur

capacité à ajouter, au sein de leurs organisations, des places sans

augmentation du financement de leur entente? C'est ça qui a été transmis par Services

Québec aux organismes, au réseau des

organismes, en disant : Bien, écoutez, on veut que vous preniez... On

reconnaît le besoin... parce que c'est ce que vous nous avez dit,

vous reconnaissez le besoin, que vous ne voulez pas de bris de service. On veut

que les jeunes

continuent à être accompagnés, mais ce que vous dites aux organismes

excédentaires, c'est : Bien, on va l'ajouter, on va vous... on va s'assurer que vous puissiez prendre ces

places-là, mais on vous... on ne vous accordera pas de financement

supplémentaire durant l'entente. Est-ce que c'est ça que vous appelez une

négociation?

Mme Champagne

Jourdain : Je vais faire une vérification, si vous me permettez.

Le Président

(M. Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Bien, écoutez... Merci. Écoutez, quand on lance la

négociation, on établit certaines attentes que nous avons, puis, au fil du

temps, les organismes spécialisés en employabilité reviennent. C'est une

négociation. Alors, c'est des critères qui avaient été lancés. La négociation

suit son cours.

Mme Cadet :

Donc, vous êtes en train de dire que ça, ce n'est pas final, là, qu'à ce

stade-ci, alors que vous demandez la

capacité des organismes d'ajouter au sein de leur organisation des places sans

augmentation du financement de leur entente, que ça, c'est appelé à

bouger.

Mme Champagne

Jourdain : Ça pourrait être appelé à bouger, effectivement. Ce n'est

pas final.

Mme Cadet : O.K. Un peu plus tôt, donc, on regardait, donc, on se

disait... En fait, je vous ai demandé, donc, si vous aviez, donc, consulté,

donc, le réseau. Plusieurs des organismes, donc, en ce moment même, nous disent

qu'ils n'ont pas tout à fait été

consultés. Qu'est-ce que vous leur répondez? Parce que tantôt vous nous

dites : On les a consultés. Et

même à ma collègue, vous disiez : Bien, s'il y a des demandes de

rencontre, on les prend. Mais ce qu'on comprend, là, de certains groupes

qui nous écrivent en ce moment même, c'est qu'il y a des rencontres qui ont été

refusées et qu'il y a des groupes qui ont

reçu plusieurs... qui reçoivent, en fait, ce que vous nous dites, là, avec cet

air... surprise, là, quand vous dites qu'ils ont été consultés.

Qu'est-ce que vous leur répondez?

Mme Champagne

Jourdain : Mais ce qu'on demande actuellement aux organismes, là, aux

OSE, là, c'est de poursuivre le processus de négociation. On est dans le

processus de négociation, et, chaque année, c'est la même chose, là. C'est sûr qu'au départ, une fois que

les... Au départ, quand les, je dirais, les attentes ou les critères de base

sont mis en place pour la négociation, c'est rarement là que ça se

signe. C'est une négociation. Il y a des échanges avec... Il y a des échanges d'allers et de retours entre

les directions régionales et les organismes spécialisés en employabilité. Et, à

travers de ça, ça se peut qu'il arrive des demandes de rencontre qui sont

refusées, parce que ce qu'on demande aux organismes spécialisés, c'est

de poursuivre la négociation.

Mme Cadet :

Je vous dirais qu'il y a plusieurs qui n'ont pas l'impression que c'est une

négociation, que c'est plutôt une fin en soi, parce qu'on parlait de la

transmission d'une lettre au 3 mars pour fin des ententes au 30 juin,

mais, dans les faits, il y a comme une espèce de deux mois de préparation.

Donc, c'est presque aux trois... un moment où est-ce que les gens, donc,

doivent livrer un peu, donc, la

partie paperasse. Donc, il y en a plusieurs qui

le reçoivent... Bien, en fait, on a à peu

près 30 jours pour nous revirer de bord, mais bon, votre interprétation,

c'est qu'il s'agit d'une négociation.

Avec

le temps qu'il me reste aussi, tantôt, je vous posais la question sur les

critères. Vous voulez... Vous pouvez répondre. Il me reste encore assez

de temps. Vous pouvez répondre.

Le Président

(M. Allaire) : Allez-y.

Mme Champagne

Jourdain : Bien, on prend des décisions. Il y a des décisions

difficiles qui ont été prises, effectivement,

de ne pas reconduire certaines ententes. Maintenant, les négociations se

poursuivent avec celles avec qui on

continue les ententes. Mais, malgré tout, moi, je suis une personne qui est

très ouverte, en mode solution, malgré tout. Même s'il y a une décision

qui a été rendue, par exemple, dans le dossier Boulot vers..., bien, on est en

échange pour trouver une solution puisque,

là, il y a peut-être une piste de solution qui est identifiée. On est

là-dessus. On est là-dessus.

Mme Cadet :

Est-ce que la solution, ça pourrait être un moratoire d'un an, le temps,

justement, de négocier, de s'asseoir, de faire en sorte que les organismes

n'aient pas l'impression d'être en situation de crise avant de rendre une

décision? Parce que vous comprenez bien que l'échéance qui est offerte aux

organismes était très courte, là. Ça fait que est-ce qu'être en mode solution,

ça veut aussi dire continuer le financement pour une année supplémentaire?

Est-ce que ça, c'est une voie de passage, Mme la ministre?

Mme Champagne

Jourdain : Bien, écoutez, moi, je n'ai pas de moratoire du fédéral.

C'est ce qu'on a demandé. Alors, moi, je me

retrouve quand même avec 145 millions de dollars en moins dans mon budget.

Je n'ai pas la capacité de donner un moratoire d'un an supplémentaire.

Vous reviendriez ici me dire que je ne fais pas une bonne gestion des fonds à

l'emploi, l'année prochaine, si je faisais ça. C'est ce qui arriverait.

Mme Cadet : Donc, vous êtes en

train de fermer la porte.

Mme Champagne Jourdain : Alors, moi, je n'en ai pas, de moratoire. Et,

malgré les coupures auxquelles on fait

face, à chaque année, on continue d'investir 250 millions au niveau des

organismes spécialisés pour le continuum de services.

Mme Cadet :

Donc, vous avez fermé la porte complètement à l'idée d'un moratoire comme voie

de passage d'un an pour permettre de

négocier, de vous asseoir avec les organismes spécialisés en employabilité et

les entreprises d'insertion. C'est ce que vous êtes en train de nous

dire?

Mme Champagne

Jourdain : Écoutez, je

fonctionne avec 145 millions en moins. C'est une réalité. Actuellement, on est en négociation avec les organismes

spécialisés en employabilité. Les directions régionales sont en constant

contact avec ces organismes-là dans

les régions. Alors, moi, ce que je vous dis, c'est qu'il faut laisser le

processus de négociation suivre son

cours. À chaque année, on arrive à régler 95 % des situations. Si jamais

un organisme spécialisé en employabilité n'est pas satisfait de

l'entente au 1er juillet, il y a un processus de rappel de la décision qui

est en place. Merci.

Mme Cadet : Bien,

je comprends que, chaque année, il y a des négociations, mais on en est rendus

au 1er mai, et là on ne parle pas des

organismes qui seraient insatisfaits de l'entente, on parle d'organismes pour

lesquels il y a un non-renouvellement d'entente. Donc, on ne peut pas...

Il n'y en a aucun qui va être satisfait de l'absence d'une entente pour la

prochaine année à partir du 1er juillet, là, on s'entend.

Je reviens sur ma

question sur les critères. Je reviens à ma question sur les critères, parce que

tantôt vous avez dit : Ceux qui

atteignent leur cible, ça, ce n'est pas vraiment un critère, ils peuvent les

atteindre, mais, selon vous, il y en a d'autres qui les atteignent

encore plus que 122 %, que 133 %, comme Emploi Jeunesse. Est-ce que

l'aspect historique d'un organisme, ça, ça fait

partie des critères?

Boulot vers...,

par exemple, comme entreprise d'insertion, c'est un peu le berceau, hein, des

entreprises d'insertion. Ça a été le modèle sur lequel les

gouvernements, donc, se sont basés pour être capables de bâtir ce que ça

signifie, être une entreprise d'insertion qui réussit... qui offre des services

à la population. Ça, c'est un aspect historique.

Centre N A Rive, comme organisme spécialisé en employabilité,

dont l'entente aussi a été non renouvelée, donc le

Centre N A Rive, à Montréal, dirigé par Mme Ninette Piou, bien,

cette entente-là aussi a été non renouvelée. On parle d'un organisme qui est

présent depuis plus de 50 ans. L'année passée, il célébrait son

50e anniversaire.

Donc, est-ce que

l'aspect historique d'un organisme, de la confiance qui a été établie avec les

personnes qui bénéficient des services, l'unicité de l'organisme, est-ce que,

pour vous, ça, ça fait

partie des critères pour ne pas renouveler leur entente?

Le Président (M.

Allaire) : 1 min 15 s.

Mme Champagne

Jourdain : Parfait. Merci. Bien, écoutez, je tiens à vous rappeler que

moi, je ne finance pas des organismes, je

finance des services. Le marché du travail, le marché de l'emploi évolue au fil

des ans, change. On s'adapte à ça. On adapte aussi notre achat de

services en fonction de ça, et, je le répète, si on doit faire ces choix difficiles là, c'est le contexte financier, c'est

les coupures unilatérales fédérales qui nous y obligent, malheureusement.

Merci.

Mme Cadet : Quand

vous dites : Un organisme comme le Centre N A Rive, qui

existe depuis plus de 50 ans, qui offre

des services, notamment d'alphabétisation, qui a des ententes avec Services Québec, donc l'achat de services, personne

n'a dit que c'était du financement à la mission, donc vous leur dites :

Même si vous êtes là depuis très longtemps et qu'on risque de vous

déstabiliser au point que vous fermiez complètement, que, pour nous, votre

aspect historique, la confiance qui a été établie avec les usagers, pour nous,

ça, ce n'est pas un critère. C'est ce que vous leur dites?

Le Président (M.

Allaire) : 20 secondes.

Mme Champagne Jourdain : Moi, ce que je vous dis,

c'est qu'on achète des services. On achète des services en fonction des besoins des régions, en fonction

des réalités du marché de l'emploi d'une région, en fonction du contexte

dans lequel on est, que ce soit le contexte économique, que ce soit...

Mme Cadet : Est-ce

que vous allez les rencontrer, le Centre N A Rive?

Le Président (M. Allaire) : Merci.

Malheureusement, ça met fin à ce bloc d'échange. M. le député de Jean-Talon,

on enchaîne avec vous. 12 min 1 s.

M. Paradis : Merci.

Je sais que, tout à l'heure, ma collègue de Bourassa-Sauvé est revenue aussi

sur l'affaire Amazon. J'aimerais continuer

l'échange qu'on avait commencé, vous et moi, là-dessus, parce que, ce matin, il

y avait des travailleurs licenciés par Amazon qui étaient ici, à

l'Assemblée nationale, devant la porte 6. Est-ce que vous êtes allée les

rencontrer?

Mme Champagne

Jourdain : Oui, je les ai salués. J'ai passé. Oui, je les ai vus.

Paradis : Nous aussi, on est allés les voir et on leur a dit qu'on

ferait un exercice de reddition de comptes avec vous. Alors, c'est ce que je

voudrais faire avec vous aujourd'hui en continuant notre échange là-dessus.

Donc,

le gouvernement a dit : Le premier ministre du Québec a promis aux

travailleurs licenciés, aux travailleurs affectés qu'il allait créer un programme spécial. J'ai bien réécouté vos

réponses de tout à l'heure et j'ai... puis je ne suis pas sûr que j'ai

encore une réponse. Est-ce que vous avez créé un programme? Est-ce que vous

avez des mesures spécifiques pour les travailleurs licenciés d'Amazon? Parce

que c'est ce que votre premier ministre, notre premier ministre leur a promis.

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne

Jourdain : Merci beaucoup. Merci.

M. Paradis : Puis

la réponse, c'est oui ou non, en premier. Est-ce qu'il y a un programme

spécial? Est-ce qu'il y a des mesures spécifiques pour les employés d'Amazon

qui ont été licenciés?

Mme Champagne

Jourdain : Bien, la réponse, c'est oui, c'est qu'il y a un service de

reclassement qui a été mis en place pour les

travailleurs d'Amazon. Et vous n'étiez pas là tout à l'heure, mais je tiens à

le dire que ce qui s'est passé avec le licenciement, là, des gens, là, des

employés d'Amazon, on l'a tous dénoncé. Ce n'est pas comme ça qu'on veut

que nos travailleurs soient traités au Québec. Ce n'est pas comme ça qu'on veut

que les choses se passent.

Alors, la loi prévoit

que c'est possible pour une entreprise de mettre en place des services de

reclassement. Ça peut être aussi le

gouvernement qui le fait via Services

Québec au niveau d'un comité d'aide

au reclassement. Alors, c'est ce qui

s'est passé dans ce cas-ci. Et Amazon a choisi... a pu se prévaloir, là, de

cette possibilité-là de mettre en place des services de reclassement. Et

nous, on encadre, on...

Le Président (M. Allaire) : Merci.

Merci, Mme la députée. J'essaie de rendre ça équivalent, le temps de parole.

Mme Champagne

Jourdain : Parfait.

Le Président (M.

Allaire) : Donc, M. le député de Jean-Talon, allez-y.

M. Paradis : J'aimerais une réponse spécifique à une question

spécifique, parce que, là, vous me parlez encore : On peut faire ceci, la loi prévoit ceci. Le

collègue d'Hochelaga-Maisonneuve l'a allégué tout à l'heure, vous avez exempté

l'entreprise de certaines de ses obligations.

Je veux savoir :

Est-ce que vous avez créé un programme spécifique ou est-ce que vous avez mis

en oeuvre des mesures spécifiques pour les

employés d'Amazon qui ont été licenciés? Parce que c'est ce que le premier

ministre du Québec lui-même leur a

promis. Oui ou non? Un programme spécifique pour les employés ou des mesures

spécifiques pour les employés d'Amazon, oui ou non?

Mme Champagne

Jourdain : Merci. J'étais en train de vous expliquer que la loi

prévoit que c'est possible de mettre en place des services de reclassement.

C'est ce qui s'est fait. Les vérifications ont été faites en bonne et due forme pour s'assurer que ces services-là sont

soit équivalents ou supérieurs à ce qui serait offert par le ministère. Et, vous

savez, parmi ces services-là, là, il y a de l'orientation qui est faite aussi.

On accompagne les gens pour se trouver un emploi ou pour intégrer une des

mesures ou un des programmes de formation qui sont offerts, que ce soit via

notre ministère ou... pour les orienter vers

le marché du travail. On les accompagne dans ce qui est rédaction du C.V. Et

c'est ce que la firme qui a été embauchée a fait.

Maintenant,

si vous me parlez des possibilités qui s'offrent à ces gens-là, elles sont

multiples. Puis, tu sais, faire un

seul programme, je veux dire, on travaille avec des humains qui ont des

aptitudes, qui ont des intérêts différents, là.

Le Président (M.

Allaire) : Merci. M. le député de Jean-Talon.

M. Paradis : Je

pense que tout le monde va comprendre que la réponse facile qu'on devrait

entendre aujourd'hui, le premier ministre

l'a promis. Si on est un gouvernement qui satisfait à nos promesses, on fait ce

qu'on a dit, on dit : Oui, on a mis en place un programme

spécifique pour les employés d'Amazon, voici ce que nous avons fait. Vous

référez à la loi, puis aux possibilités, puis à l'aide pour le C.V., donc je

pense que les Québécois sont à même de tirer des conclusions.

Je vais revenir

maintenant sur vos déclarations puis je sais que vous avez continué aussi la

discussion avec la collègue de Bourassa-Sauvé. Vous avez dit... vous avez refusé de dire que c'étaient des actions

antisyndicales, que ce qui s'est

passé, c'est en raison du fait qu'il y avait une accréditation syndicale.

Est-ce que vous refusez toujours de le dire? Est-ce que vous admettez

que ce qui s'est passé, c'est en raison du fait qu'Amazon ne tolérait pas qu'il

y ait une accréditation syndicale dans une de ces usines? Êtes-vous capable de

nous dire ça aujourd'hui?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Mme Champagne Jourdain : Merci. Je

vais vous répéter ma réponse. Vous savez, moi, une fois qu'on se retrouve

devant une situation comme ça, ma responsabilité à

titre de ministre de

l'Emploi, c'est de m'assurer qu'on aide les travailleurs

le plus rapidement possible et qu'on les aide à intégrer le marché du travail,

qu'on les aide à se réorienter et qu'on leur donne les bons services.

Moi, je ne

suis pas dans la tête de Jeff Bezos pour voir ce qui a... pour connaître ce qui

a mené à sa décision. Je vous le dis : Est-ce que je trouve que c'est

acceptable, la manière dont ça s'est passé? Non. Mais une fois ce constat-là

fait, l'urgence, mon urgence à moi, c'est de m'assurer qu'on accompagne les

travailleurs, et c'est ce que je fais.

Le Président (M. Allaire) : M. le

député.

M. Paradis : Bon, c'est quand même

paradoxal parce que je vous pose des questions sur l'accompagnement

spécifique... Je vous donne l'occasion, là. Ça fait deux, trois fois que je

vous repose la question.

Mme Champagne Jourdain : ...je vous

ai répondu.

Paradis : Vous me répondez

sur des généralités, puis on n'est pas capables de mettre le doigt sur les

mesures spécifiques que vous avez adoptées puis sur les résultats.

Le premier

ministre a dit : On va les envoyer à un secteur de la construction. Je

vous ai aussi posé cette question-là : Il y en a combien?

Mme Champagne Jourdain : Vous faites

des raccourcis.

M. Paradis : Mais, cela étant dit,

sur l'aide...

Président (M. Allaire) : Juste un instant. Juste un instant. Faites

attention. Mme la ministre, la parole est au député de Jean-Talon.

Laissez-le terminer.

Paradis : Bon, alors, sur la question de l'aide, je pense

que les gens sont capables de tirer des conclusions sur la nature de vos

réponses.

Maintenant,

sur les commentaires, sur l'évaluation, vous avez donné des millions de dollars

de contrats à Amazon. Ils ont eu un

branchement gratuit d'Hydro-Québec. Ils ont eu des réductions de tarif d'Hydro-Québec. Le rôle de votre gouvernement, aussi, c'est d'être capable de

se tenir debout devant les partenaires. On est en pleine guerre tarifaire avec les États-Unis.

Donald Trump mène une guerre

tarifaire contre le Québec. Votre premier ministre, notre premier

ministre a promis qu'il allait se tenir debout.

Pourquoi vous protégez Amazon? Pourquoi vous

n'êtes pas capable de dire dans le blanc des yeux à ces grandes entreprises étrangères, quand ils font des choses comme ça, de

venir bénéficier des cadeaux que vous leur avez donnés, les dizaines de

millions en contrats puis en cadeaux que vous leur avez donnés... puis après

ça, quand ils licencient sauvagement

des personnes, quand ils ferment une usine parce qu'il y a eu une accréditation

syndicale, on n'est pas capables de se tenir debout puis de leur dire les

vraies choses?

Le Président (M. Allaire) : M. le

député, faire attention pour ne pas prêter des intentions, s'il vous plaît. Je

m'excuse. Je suis en train de perdre la voix. Mme la ministre, la parole est à

vous.

Mme Champagne Jourdain : Bien, il

n'y avait pas de question, là, dans ce qu'il m'a... un plaidoyer, là. Il

m'exprime sa vision, mais je n'ai pas saisi de question, là.

Paradis : Je vous demande... bien, il y a une question,

c'est : Est-ce que ce n'est pas votre rôle? Puis pourquoi vous

n'êtes pas capable de dire les choses telles qu'elles sont?

Champagne Jourdain : Bien, je vous l'ai expliqué, mon rôle, moi, c'est

de m'assurer, dans un licenciement collectif comme ça, qu'on s'occupe

des travailleurs, que les solutions qui sont mises en place soient les bonnes.

Et je le répète, là, la loi prévoit que

l'organisation peut mettre en place un service de reclassement ou que ce soit

un comité d'aide au reclassement qui est pris en charge par le

ministère.

Dans le cas actuel, Amazon a proposé des

services. On a fait les vérifications diligentes pour s'assurer que ces

services-là, d'aide, d'accompagnement aux travailleurs qui étaient licenciés,

soient soit équivalents ou supérieurs à ce qu'on offrirait, à nos critères,

dans le fond, et c'est ce qui a été fait.

Et moi, ce

que je peux vous dire jusqu'à maintenant, c'est qu'il y a environ 80 % des

anciens employés d'Amazon qui ont choisi de s'inscrire à ces services-là. Il y

a eu des rencontres individuelles avec des coachs, et c'est

800 personnes qui ont reçu des

services. Et le taux de satisfaction des travailleurs jusqu'à maintenant sur la

solution qu'on a proposée, là... mais l'accompagnement qui leur est

donné et qu'on encadre au ministère de l'Emploi, le taux de satisfaction, là,

de ceux qui ont terminé leur participation est de plus de 85 %.

Je pense

qu'on s'en occupe, des gens, puis on va continuer parce que les parcours ne

sont pas terminés au complet. On va continuer de s'assurer que ce soit

le cas puis que les... ils reçoivent des services de qualité.

Le Président (M. Allaire) : Merci.

M. le député.

M. Paradis : Les

trois partis d'opposition ont eu la même réaction quand il y a eu la fermeture

vraiment sauvage de l'usine d'Amazon. Puis

on a tous des... bon, on a des orientations politiques qui parfois convergent,

parfois divergent, mais on a tous conclu la même chose : Ils ont

fait ça parce qu'il y a eu une accréditation syndicale. J'ai une revue de presse longue de même de

commentateurs, d'experts de tous les horizons qui disent la même chose. Il y a

juste notre gouvernement qui n'est pas capable d'admettre ça.

Pourquoi vous

n'êtes pas capable de dire ça? Qu'est-ce qui vous empêche de dire les choses

telles qu'elles sont? Amazon, là, ils l'ont déjà, leur... ils l'ont déjà

fait, leur mauvais coup, là, ils ont déjà fermé sauvagement l'usine. C'est

quoi... Pourquoi vous les protégez? Est-ce que notre gouvernement a peur de

dire les choses telles qu'elles sont à Amazon?

Président (M. Allaire) : Je répète, M. le député de Jean-Talon,

faites attention de ne pas prêter des intentions. Mme la ministre.

M. Paradis : Je ne prête pas des

intentions. Je pose la question, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Faites

attention de ne pas prêter des intentions. Allez-y.

Champagne Jourdain : Merci beaucoup. Vous savez, ma responsabilité à

titre de ministre de l'Emploi, c'est

de m'assurer que, quand il y a des licenciements collectifs — il

n'y a pas juste Amazon, là, ça n'arrive pas juste chez Amazon, ça, là, là — quand il y a des licenciements collectifs, qu'on

s'occupe des travailleurs qui perdent leur emploi. C'est ma

responsabilité à

titre de ministre de l'Emploi.

Maintenant, si vous voulez avoir des échanges

sur le droit du travail, vous le savez, c'est avec mon collègue Jean Boulet que vous allez avoir ces échanges-là.

Et je vous invite à le questionner, si vous avez... si vous voulez poursuivre

votre échange au niveau des syndicats avec lui. Moi, ma responsabilité, c'est

de m'occuper des travailleurs. On s'est...

L'organisme a déposé une offre. On suit ça de très près. 800 travailleurs qui

ont complété un parcours, et taux de satisfaction de 85 % sur les

services qu'ils ont reçus. Merci.

Président (M. Allaire) : Merci. N'oubliez pas, Mme la ministre, on doit

appeler nos collègues par leur titre. M. le député de Jean-Talon.

M. Paradis : On ne parle pas de

parler de droit du travail ou syndical, on parle de se tenir debout face à une

entreprise à qui vous avez donné 100 millions de contrats, un branchement

au réseau électrique de 2 millions gratuit, 2,2 millions d'achats sur

carte de crédit, des rabais sur les tarifs électriques. C'est ça dont on parle.

C'est de faire une évaluation franche des résultats des investissements que

moi, j'appelle des cadeaux que vous avez décidé de faire à une grande multinationale étrangère. Il faut être

capable de faire un bilan franc. C'est ça dont on parle, puis je ne comprends

pas pourquoi vous n'êtes pas capable de dire les choses telles qu'elles sont.

C'est tout, là. On ne parle pas de droit du travail,

on parle de dire c'est quoi, le bilan de ce qu'on a fait avec cette

entreprise-là. C'est ça, le bilan. C'était supposé pour être des emplois

payants. C'est le premier ministre du Québec qui dit ça. Puis là les emplois,

ils sont disparus.

Alors, moi,

j'espère... Vous dites qu'il y a le taux de satisfaction. Est-ce que vous avez des

chiffres sur ceux qui se sont

requalifiés actuellement, sur ceux qui sont replacés? Est-ce qu'on sait combien

ont retrouvé un emploi ailleurs et combien sont dans le domaine de la

construction?

Le Président (M. Allaire) : Malheureusement,

on n'aura pas le temps d'y répondre dans ce bloc. Je cède maintenant la parole

à la

partie gouvernementale. Mme la députée de Hull, la parole est à vous pour

12 min 15 s.

Tremblay : Alors, bonjour. Merci, M. le Président. Alors,

moi, je vais parler d'un... de quelque chose qui... je sais, qui vous

préoccupe, Mme la ministre, en tout cas, dans lequel on a posé des actions,

mais malheureusement on a dû poser ces

actions-là alors qu'avant on avait été dans l'inaction, avant l'entrée de notre

gouvernement, puis là je vous parle

de la pénurie de main-d'oeuvre. Parce que, je veux dire, ce n'est pas d'hier

qu'on sait qu'au Québec on va connaître une pénurie de main-d'oeuvre.

Moi, vous savez, je viens du milieu de

l'éducation puis je ne suis pas une spécialiste, là, mais, dans le milieu de l'éducation, on anticipait déjà cette pénurie

de main-d'oeuvre là. On était inquiets parce qu'on savait qu'il allait y avoir

des départs à la retraite de façon massive

puis, au même moment aussi, parce que les gens ont été beaucoup embauchés dans

la même période dans le milieu de l'éducation. Donc, on avait, dans le milieu

de l'éducation, vraiment une préoccupation

importante, puis, tu vois, on va l'avoir encore dans plusieurs années parce

qu'on va presque tous sortir au même moment aussi.

Donc, c'est

une situation qui nous a... qui est préoccupante puis, bon, évidemment, causée

par le vieillissement de la population. Et vous dire qu'évidemment ça

met une pression, ça met une grande pression sur notre système, évidemment, sur

les services en santé. Je viens de parler d'éducation parce que je viens du

milieu de l'éducation. On le voit en santé.

On connaît une pénurie importante au niveau du personnel, notamment dans ma

région à moi, la région de l'Outaouais, où elle se fait bel et bien

sentir, cette pénurie-là, dans... bon, sur le marché du travail, bref, dans

tous les domaines. Les personnes qui sont en

âge de travailler, bref, bien, ils ne peuvent pas remplacer tous les départs à

la retraite que l'on connaît puis tous les nouveaux emplois qui sont

créés. Donc, c'est sûr que ça a un impact direct dans notre économie.

Cette crise démographique là, elle

était connue depuis longtemps, puis c'est ce que je veux vous parler

aujourd'hui, démontrer à quel point

on était au courant de ça. Depuis le début des années 2000, l'entrée en

poste des... du Parti libéral, ils ont eu des avertissements. Les cloches

étaient là, les alarmes étaient là, tout était là, mais on a attendu puis

aujourd'hui on a les effets que l'on connaît de ce résultat-là, de ce

résultat d'inaction, évidemment.

Juste vous dire, là,

puis je vais vous parler de quelques faits, là, en lien avec ça, en 2003,

O.K., on a les économistes d'Emploi-Québec qui écrivaient : «Le marché du

travail s'apprête à éclore un

chapitre pour en écrire un nouveau.» Ça veut dire

quoi concrètement? Qu'est-ce qu'ils sont venus nous dire ici? Bien, ils sont

venus... C'est un rapport qui soulignait que bien que le marché du travail ait

connu une croissance continue, des facteurs tels que le vieillissement de la population et l'évolution des compétences requises

allaient transformer la dynamique de l'emploi. Ils mettaient en évidence la nécessité d'adapter les

politiques d'emploi et de formation pour répondre aux défis émergents.

ici, là, on est en 2003 quand ce rapport-là entre, puis il sonne les

premières cloches, puis déjà, auparavant, il y en avait qui avaient été

sonnées, mais là c'est l'entrée aussi au même moment, hein, au pouvoir des

libéraux. Donc, il est déjà clair que

certaines régions, dans ce rapport-là, vont vivre des problématiques puis que

les secteurs... plusieurs secteurs économiques en subiront les impacts.

Là, on continue puis,

après ça, on est un petit peu plus loin dans le temps avec M. Jacques Légaré,

qui est un démographe. Puis je l'ai dit

tantôt, hein, moi, je ne suis pas démographe, je ne suis pas une spécialiste,

mais déjà j'étais préoccupée par ce fait-là dans le monde de l'éducation,

parce qu'on commençait à voir tranquillement, pas vite que... Il est venu un

moment où, dans le monde de l'éducation, là, il y avait tellement de monde sur

les listes d'attente qu'il n'y avait pas de

préoccupation. Tu sais, il y avait des remplaçants, des remplaçants, puis il y

a des gens qui ne travaillaient pratiquement

pas. Mais là, rapidement... Puis moi, je suis d'une région où il y avait

beaucoup d'emplois, en région de l'Outaouais,

et là on a vu que les listes se sont vidées. Puis ça a été les premières, pour

moi... les premiers symptômes de cette crise-là qu'on allait connaître

puis qui s'est toujours amplifiée.

Et là ce monsieur-là,

là, M. Légaré — je

reviens, là, je me... j'ai beaucoup de choses à dire — démographe

à l'Université de Montréal, lui aussi nous donnait un avertissement important.

Alors, ce monsieur-là allait venir nous dire

ici, dans un

article intitulé Les fondements démocratiques de la main-d'oeuvre

québécoise de demain qui a été

publié... soulignait l'urgence

d'établir des mécanismes de planification des ressources humaines pour gérer la

main-d'oeuvre québécoise de

manière équitable pour les générations futures. Il est venu dire : Il

faut... Il nous mettait en garde contre le

vieillissement de la population active et la croissance de la population des

retraités, donc, et il... c'est une tendance qui allait entraîner un déficit de main-d'oeuvre important, si on

n'allait pas mettre des actions concrètes. Là, on est en 2004.

Puis là on continue

dans le temps, évidemment, M. le Président, et on arrive maintenant, là, un

petit peu plus loin, 2007. Un économiste

démographe, c'est un M. Sylvain Dufresne, il a soulevé, lui aussi, des

préoccupations. Ça fait que, là, on est toujours, là, dans le règne du

Parti libéral. Les effets du vieillissement de la population se feront sentir

rapidement et de façon sensible sur le marché du travail. Les bassins de

chercheurs d'emploi seront loin d'être suffisants.

On va manquer de gens pour combler les postes sur le marché du travail. Donc,

encore une fois, on sonne l'alarme.

Puis

ça se poursuit dans le temps. Il y a maintenant une autre... une géographe

cette fois-ci, Mme Cynthia Bond, d'ailleurs géographe et artiste aussi, je

tiens à le souligner, incroyable, elle fait des tableaux aussi... fait

le portrait aussi de la main-d'oeuvre

de l'ensemble des régions du Québec et, elle aussi, elle vient dire : On

s'en va dans un mur. Donc, on est en 2010. Puis elle a travaillé,

là, sur cela, là, à de nombreuses reprises. Donc, il faut s'en occuper, il faut

mettre en place des stratégies. C'est très important, et, malheureusement, on

n'est pas dans cette situation-là.

Puis

là on continue, tout le monde se préoccupe de... tu sais, on voit, hein, que la

population vieillit, puis là il y a les

baby-boomers puis... bon. 2014, on a un journaliste économique, Rudy Le Cours,

puis là... Je vais reprendre ici, là, ce

qu'il vient dire en ligne : Le vieillissement des baby-boomers... hein, on

est... on est bien au fait, là, les... C'est connu, hein, les baby-boomers sont rentrés pratiquement

tous en même temps sur le marché du travail puis évidemment, après avoir

contribué à la société québécoise, bien, un jour, eux autres aussi, ont

tranquillement pensé à leur retraite.

Donc, ici, on est

en 2014 : Le vieillissement des baby-boomers commence à se faire

sentir sur le marché du travail, d'un océan

à l'autre, donc... mais ce qu'il vient ajouter : en particulier au Québec.

Et là, un petit peu plus loin dans l'article, il dit : «Lentement,

mais sûrement, le taux d'activité des Québécois de 15 ans et plus diminue,

reflétant une croissance plus rapide de la

population qui quitte le marché du travail que celle qui y entre.» Et, à ce

moment-là, il est préoccupé plus

particulièrement au Québec que partout ailleurs. Une autre sonnette d'alarme

qui nous est amenée ici, là, dans ces... toujours dans ces mêmes années

Donc,

l'inquiétude est bien présente par rapport aux démographes, à tous ceux qui

touchent, de près ou de loin, le marché de l'emploi. Alors, le

vieillissement de la population, bien, je pense qu'on a fermé les yeux.

Et quand nous, on

arrive au pouvoir en 2018, on est... puis, tu sais, là, on va connaître ce

qu'on va connaître aussi, hein, la pandémie qui va un peu accentuer tous ces

effets-là. Et moi, Mme la ministre, j'aimerais ça... parce qu'il y a tellement d'actions que notre

gouvernement... nous, on s'est ramassé avec cette situation-là, puis il y a

tellement de choses qu'on est venus

mettre en place parce qu'on savait qu'il fallait se préoccuper de ça. On a même

fait des annonces ensemble, vous puis moi, là, le... faire de la

formation professionnelle, mais il y en a d'autres aussi, parce qu'il fallait trouver des moyens d'amener des gens sur le marché

de l'emploi, de requalifier, de former, d'automatiser nos processus.

Alors, je vous lance la question : Qu'est-ce qu'on a fait?

Le Président (M.

Allaire) : Mme la ministre.

Champagne Jourdain : Merci beaucoup. Je vous remercie pour votre

question. Moi, je me rappelle de mes

années de cégep. Au début 2000, j'étais sur les bancs dans les cours

d'économie, dans les... bref, j'étais en sciences humaines, et on parlait beaucoup de la pyramide

inversée, du défi démographique qu'on aurait dans les années futures,

effectivement, et que ce serait un enjeu au

niveau de l'emploi. Donc, les démographes le savaient, nos professeurs aussi

au cégep le savaient. Il y a d'autres gens qui le savaient aussi parce que...

J'aimerais

vous lire une citation, là, une citation qui va comme suit, c'est quelqu'un qui

a dit ça, je vais vous dire qui a dit ça tout à l'heure : «Cette

crise n'est pas sortie comme un lapin d'un chapeau. Je me souviens, moi, dans

les années 2000, lorsque j'étais au gouvernement, on parlait déjà de cette

pénurie de main-d'oeuvre qui allait frapper notre

société parce que notre société était plus vieillissante ici qu'ailleurs.

Alors, on aurait dû prévoir cette réalité dans laquelle on se trouve.»

Et qui a dit ça? C'est M. Karl Blackburn, qui est actuellement, là, à la course

à la chefferie du Parti libéral du Québec. Il le savait à ce moment-là.

Je le répète, on aurait dû prévoir cette réalité

dans laquelle on se trouve.

Maintenant, une fois que je dis ça, on est

dedans et on a tout déployé, nous, de notre côté, pour pouvoir répondre à cet

enjeu-là de pénurie de main-d'oeuvre. À l'automne 2021, notre gouvernement

a lancé l'Opération main-d'oeuvre qu'on a

commencé à déployer au début 2022. On s'est dotés d'une enveloppe de

3,9 milliards pour le faire, dont

2,9 milliards de crédits additionnels sur cinq ans. Et cette

Opération main-d'oeuvre là, elle s'attaque à l'ensemble des initiatives ciblées, là, au manque de

main-d'oeuvre dans les services publics essentiels, dans les domaines

stratégiques pour l'économie aussi,

alors, j'ai eu la chance d'en parler à plusieurs reprises, là, technologies de

l'information, génie, construction, santé, éducation. Bref, on couvre

six secteurs, là, stratégiques pour notre économie et nos services

publics.

En octobre 2023, précisément le

30 octobre, notre gouvernement a aussi lancé... en plus de ce qui était

fait dans l'Opération main-d'oeuvre, a lancé l'offensive de formation en

construction qui visait à former entre 4 000 et 5 000 personnes

additionnelles pour qu'elles occupent des métiers, là, en forte demande sur les

chantiers. C'est une initiative, comme je le

disais, complémentaire à l'Opération main-d'oeuvre, dont le but était d'amener

des gens formés, avec une bonne base de formation autonome, sur les

marchés... sur nos chantiers de construction, rapidement, pour pouvoir, là, augmenter entre autres la

productivité, répondre aux besoins de main-d'oeuvre mais augmenter la

productivité sur nos chantiers de construction.

On a tous... les derniers budgets, que ce soit

2023, 2024... 2022‑2023, 2023‑2024, 2024‑2025, notre gouvernement a poursuivi

sa lutte contre la pénurie de main-d'oeuvre en déployant différentes

initiatives, là, qui s'ajoutent aux actions

de l'Opération main-d'oeuvre. Si je reviens au budget de mars 2022, on a

prévu, à ce moment-là, 78 millions pour des programmes... pour les

programmes du MESS ou de la CPMT. Et on avait, à ce moment-là, 65 millions pour l'intégration

socioprofessionnelle des jeunes de 16 à 35 ans, en bonifiant le

financement des carrefours jeunesse-emploi,

13,2 millions pour favoriser la formation de la relève dans les métiers de

la gestion de l'eau. Et ça va comme ça d'année en année.

Le Président (M. Allaire) :

Merci. Ça met fin à ce bloc d'échange. On enchaîne avec l'opposition

officielle. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous avez 18 minutes. La

parole est à vous.

Mme Cadet : Oui. Merci, M. le

Président. Avant de revenir, là, je ne peux pas m'empêcher de commenter l'échange

entre la ministre et la députée de Hull. Dans notre demande de renseignements

particuliers, dans le cadre de cette étude

de crédits, nous avions demandé la liste, donc, des programmes visant à pallier

la pénurie de main-d'oeuvre, par

secteurs, pour 2024‑2025, et on nous a répondu en 2024‑2025,

donc, le ministère de l'Emploi nous a répondu sur papier : «Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité

sociale, en 2024‑2025, n'a pas mis en place de nouveaux programmes visant

à pallier la pénurie de main-d'oeuvre.»

Je reviens au

sujet que je souhaitais aborder avec vous avant cet échange. Vous avez

mentionné, Mme la ministre, la

question du coût client. Vous sembliez fière, donc, d'établir, donc, un nouveau

coût client. Donc, j'aimerais, donc, vous amener là-dessus. Ce que je comprends, c'est que ce qui a été proposé et

négocié, hein, avec les organismes spécialisés en employabilité, c'est

un tarif unique de 76,90 $. C'est

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CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2025-05-01
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-43-1 journal-debats CET-250501
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier1f5a4a0703ec9e5db11c9499603064c022567bad

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