Institutions — 14 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2016-04-14
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-neuf minutes)
Le Président (M. Ouellette) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude du volet Conseil exécutif des crédits
budgétaires du portefeuille Conseil exécutif pour l'exercice financier
2016‑2017.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Boucher (Ungava) est
remplacé par Mme Vallières (Richmond); M. Merlini (La Prairie) est remplacé par M. Simard
(Dubuc); M. St-Denis (Argenteuil) est remplacé par Mme Nichols
(Vaudreuil); Mme Hivon (Joliette) est
remplacée par M. Péladeau (Saint-Jérôme); M. Leclair (Beauharnois)
est remplacé par M. Drainville
(Marie-Victorin); M. Jolin-Barrette (Borduas) est remplacé par M. Bonnardel (Granby); et Mme Roy
(Montarville) est remplacée par M. Legault (L'Assomption).
Le Président (M. Ouellette) : Nous
allons débuter par des remarques préliminaires. Par la suite, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par
blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions et les réponses. Je
compte sur votre collaboration pour que les questions puissent... Il va y avoir sensiblement le même
temps pour les réponses pour que ce soit équitable.
Comme nous
avons débuté nos travaux à 11 h 30 et qu'il y a une entente entre
les leaders de chacun des groupes pour
qu'on puisse se rendre jusqu'à 13 h 15, je comprends aussi que le
temps qui est imparti pour cette étude de crédits, qui doit être deux
heures, va être comptabilisé comme étant fait, suite à l'entente qu'il y a
entre les leaders.
L'autre
chose, chacun des chefs de parti a droit à des remarques préliminaires. Vous
comprenez que le temps que vous ne prendrez pas dans les remarques
préliminaires sera comptabilisé sur votre temps de question.
Nous débutons donc par M. le premier ministre.
Couillard : Merci, M. le Président. Je voudrais d'abord vous saluer, vous-même, M. le Président, de même que le
personnel de la commission et les personnes de la fonction publique qui sont avec nous. Je vais également présenter les personnes qui m'accompagnent : à ma gauche, M. Juan
Roberto Iglesias, secrétaire général du gouvernement; à ma droite,
M. Jean-Louis Dufresne, directeur de mon cabinet; et, derrière moi, des
membres du ministère du Conseil
exécutif et également
du cabinet. Bonjour également aux collègues parlementaires de notre groupe ministériel mais également des partis d'opposition.
L'étude des
crédits constitue un exercice démocratique central de la vie parlementaire, un acte de
transparence. Pour chacun des
responsables d'un portefeuille ministériel, c'est le moment de rendre compte de l'utilisation qui a été faite des deniers publics. Les citoyens s'attendent,
avec raison, à une gestion exemplaire de ceux-ci.
Depuis notre élection il y a deux ans, on a fait
avancer le Québec. Déjà, nous avons réalisé de nombreux engagements. Nous avons mis de
l'ordre dans les finances publiques, nous avons ainsi déposé des budgets
équilibrés. Nous nous sommes donc
donné la marge de manoeuvre nécessaire pour réinvestir dans les secteurs qui nous
tiennent à coeur : l'éducation, la santé, la réduction du fardeau fiscal des entreprises et des particuliers. On a conclu des ententes
avec la très grande majorité
des employés de la fonction publique, soit près de 500 000 personnes, dans le respect de la capacité de payer des Québécois et de même une entente de
partenariat historique avec les municipalités, tout ça en assurant la
croissance économique et une croissance de l'emploi.
Les finances
publiques en ordre sont, bien sûr, le premier volet de notre plan d'action. Les
résultats obtenus ne laissent aucune
place à l'interprétation. On a réussi à passer d'un manque à gagner, dans les
finances publiques, de 7 milliards de dollars il y a deux ans à un second budget équilibré consécutif.
C'est une première depuis 2008 qui est attribuée à la bonne tenue de nos revenus et à un contrôle des dépenses
exemplaire. En fait, le Québec est la seule juridiction au Canada, avec la
Colombie-Britannique, à avoir présenté un
budget équilibré en 2015‑2016. Cette performance est d'ailleurs saluée par les
marchés financiers.
gouvernement avait annoncé une réduction de la taille de l'État. Nous avions
des cibles ambitieuses et nous les
avons dépassées, M. le Président. Pour la fonction publique, il s'agit d'une
réduction de 3 700 équivalents temps complet, ou 5,3 %, par
rapport à l'exercice 2013‑2014. Rappelons que ces résultats ont été obtenus
alors qu'au cours des années précédentes
les actifs totaux ont connu une hausse moyenne de plus de 5 000
équivalents temps complet annuellement. Il s'agit donc d'un renversement de la tendance et la preuve d'un effort
important de la part de l'appareil gouvernemental. En parallèle, nous poursuivons la réduction du
poids de la dette par nos versements au Fonds des générations, dont on souligne cette année, M. le Président, les
10 années d'existence. Il s'agit d'une mesure d'équité entre les
générations par excellence. Chaque versement
y est effectué en pensant d'abord aux jeunes. Cette année, 2 milliards y
sont versés. On a mis de l'ordre dans la maison des finances publiques.
2015, malgré l'incertitude mondiale, qui a retardé la reprise des
investissements, l'environnement économique reste favorable pour le Québec. La baisse du dollar canadien, la
croissance de l'économie américaine ont eu un effet positif sur notre
économie. Le marché du travail a poursuivi sa croissance, soutenu par le
secteur privé. En 2015, le Québec a
enregistré un gain de 48 600 emplois. Ces emplois sont
essentiellement à temps plein et proviennent, en majorité, du secteur privé, de sorte que le Québec a ainsi
contribué à la création de la moitié des emplois créés dans le secteur privé
au Canada au cours de la même période.
2016‑2017, d'autres signaux positifs nous permettent d'être optimistes. Il est
prévu que la consommation des ménages
va s'accélérer, les exportations internationales de biens poursuivront leur
progression. Grâce à sa gestion rigoureuse des finances publiques, le gouvernement dispose maintenant de la marge
de manoeuvre nécessaire pour stimuler davantage notre économie et la
création d'emplois.
La situation actuelle
est favorable à l'investissement privé. Les finances publiques sont solides, la
stabilité économique et politique est
assurée, les occasions d'investir sont nombreuses. Pour relever les défis de
demain, notre plan est clair : mieux former, innover, tirer profit de la
transition vers une économie plus sobre en carbone, attirer, développer et retenir les meilleurs talents. Avec ce plan,
nous offrons un soutien additionnel de plus de 3,6 milliards pour les
prochaines années. Avec ce plan, nous
redonnons au Québec la liberté de faire ses propres choix et de miser sur le
talent des Québécoises et des Québécois. Avec ce plan, nous
maintiendrons l'équilibre budgétaire recouvré en 2015‑2016.
plus, par son programme d'investissement en infrastructures de
88,7 milliards de dollars sur 10 ans, en hausse de 300 millions de dollars par rapport à
celui portant sur la période 2015‑2025, le gouvernement du Québec poursuit les
actions prioritaires mises en oeuvre pour
appuyer de façon substantielle la croissance et assurer le maintien des
services à la population.
va mieux, donc, mais on peut faire encore beaucoup mieux, on doit faire
beaucoup mieux. Faire mieux, ça doit donc commencer par l'éducation et
l'enseignement supérieur, les pierres angulaires de notre développement social
et économique. On veut offrir aux jeunes de
toutes les régions du Québec des milieux d'apprentissage plus stimulants qui favoriseront la réussite et le dépassement. Pour
ça, on a le Plan pour la réussite en éducation et en enseignement supérieur.
500 millions de dollars supplémentaires
seront consacrés à accroître la réussite des jeunes, 300 millions pour
leur offrir un environnement
innovant, afin de prévenir le décrochage scolaire, par le déploiement de
personnel spécialisé, 120 millions pour donner aux élèves le goût de réussir et de se dépasser notamment
par la pratique d'activité physique et culturelle. On continuera d'innover en éducation en allouant
80 millions au renforcement des liens entre le système d'éducation et le
marché du travail. Une enveloppe de 165 millions ira aux établissements
d'enseignement supérieur. On va renforcer les
maillages entre les collèges, universités et entreprises, surtout en région.
Notre plan prévoit un soutien additionnel de 16 millions aux centres collégiaux de transfert de technologie pour
favoriser l'innovation dans les entreprises. 700 millions de dollars sont déployés dans les infrastructures
en éducation afin de rénover et d'améliorer les établissements, offrir des
milieux plus sains et stimulants, accroître
l'accès à des installations sportives, rendre les établissements plus
écoresponsables.
jeunes d'aujourd'hui seront les leaders de demain, ceux qui amèneront le Québec
vers de nouveaux sommets. Nous devons
les appuyer pour qu'ils atteignent leur plein potentiel. Avec la nouvelle
Politique québécoise de la jeunesse, nous
avons défini une vision rassembleuse dans leur intérêt, parce qu'une société
qui mise sur ses jeunes est une société tournée vers l'avenir qui se donne toutes les chances de réussir. Nous
aurons l'occasion d'en discuter ce soir dans le cadre de l'étude des
crédits jeunesse.
plan économique 2016‑2017 envoie un signal clair aux entrepreneurs :
investissez davantage dans l'économie québécoise
et dans le talent des Québécois, prenez le virage vers une économie plus
innovante, plus ouverte aux nouvelles technologies
et plus sobre en carbone, et on va vous accompagner dans cette transition. Ce
virage, plusieurs entreprises l'ont
pris récemment. Pensons à Bridgestone, qui, par son investissement de
312 millions pour moderniser son usine de Joliette, a choisi le Québec et ses 1 300 travailleurs; Exagon
Motors, qui mènera en partenariat avec Hydro-Québec et Peugeot Citroën une étude de préfaisabilité qui
pourrait mener au développement, au Québec, de composants pour des véhicules électriques à haute performance; Pages
jaunes, qui réalisera un projet de transformation numérique de plus de 160 millions en créant 300 nouveaux
emplois; Kruger, en Mauricie, un investissement de 190 millions pour un
projet de conversion d'une machine à
papier dans la production de carton et regroupement des activités de cette
usine avec celles de l'entreprise Emballages Kruger, c'est 600 emplois
consolidés, un projet de 250 millions.
Nous
voulons que le plan économique 2016‑2017 soit le déclencheur qui confirmera la
confiance des entreprises. Nous prévoyons des initiatives frôlant les
850 millions aux entreprises du secteur manufacturier pour y accélérer l'innovation et susciter l'investissement. Pour y
arriver, nous utiliserons d'abord notre électricité propre produite chez nous.
Ainsi, un nouveau crédit tarifaire d'électricité sera accordé aux entreprises
détentrices du tarif L, tarif de grande puissance, qui
investissent. Cet allègement de 539 millions d'ici cinq ans sera offert à
des entreprises de 15 secteurs d'activité,
dont la première transformation des métaux, la fabrication d'aliments, la
fabrication du papier et la fabrication de produits chimiques. Grâce à cette nouvelle mesure, le gouvernement
prévoit déclencher près de 2,6 milliards d'investissement privé au
cours de la période 2016‑2020.
La réduction
d'impôt découlant de la commercialisation d'une propriété intellectuelle
représentera un allègement de
135 millions pour les sociétés innovantes. Le taux d'imposition des
revenus attribuables à un brevet sera ré