Health and Social Services — 15 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CSSS 2022-03-15
Quebec — Committees
(Neuf heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Bon matin à tous. Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services
sociaux ouverte. Je vais vous demander de garder le silence, s'il vous plaît.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi modifiant la
Loi sur la
protection de la jeunesse et d'autres dispositions législatives.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par
M. Lefebvre (Arthabaska); Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), par
Mme Proulx (Côte-du-Sud); Mme Picard (Soulanges), par
Mme IsaBelle (Huntingdon); M. Ciccone, par Mme St-Pierre (Acadie);
Mme Sauvé (Fabre), par Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé);
M. Marissal (Rosemont), par M. Fontecilla (Laurier-Dorion); et
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine), par M. Ouellet
(René-Lévesque).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la secrétaire.
Lors de l'ajournement de nos travaux, le jeudi 24 février, nous
étions rendus à l'étude de l'amendement présenté par la députée d'Acadie à
l'article 4.4, introduit par l'article 6 du projet de loi. Mme la
députée, la parole est à vous. Alors, c'était l'amendement qui avait été déposé
par votre formation politique.
Mme St-Pierre : Oui, merci, M.
le Président. Alors, je salue tous les collègues ici, dans cette commission
parlementaire. Je suis, ce matin, en remplacement de ma collègue la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, qui possède très, très bien le dossier, beaucoup mieux que
moi. Mais j'ai quand même une bonne équipe pour m'aider dans ces travaux. Alors, je pense qu'à l'article... à cet
amendement-là, ma collègue a dit pas mal... a fait pas mal la présentation
de l'amendement. Je pense qu'elle a donné tout l'argumentaire.
Évidemment, moi, je considère que l'amendement
est pertinent puisqu'il vient ajouter encore plus dans tout ce processus de
protection qui entoure l'enfant. Donc, puisque l'esprit de l'article, c'est que
les établissements, et organisations, et les
personnes à qui la présente loi confie des responsabilités envers l'enfant
ainsi que celles appelées à prendre
des décisions à son sujet en vertu de cette loi doivent... puis on a fait le a,
le b, et je pense qu'ajouter le c vient ajouter peut-être la ceinture et
les bretelles. Donc, moi, je suis prête à entendre le ministre, ma collègue a
peut-être des commentaires à faire aussi, mais je n'aurai pas d'autre
commentaire sur cet amendement, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien, je
remercie la députée de l'Acadie puis je la remercie d'être là aujourd'hui. Ça
fait plaisir. C'est la première fois qu'on a la chance de travailler ensemble
en commission. Donc, bonjour, tout le monde. Bon retour de la relâche
parlementaire. On va y aller du dernier droit, on espère, pour ce projet de loi
tellement important pour nos enfants, qu'on veut avancer.
Pour l'amendement qui a été déposé, M. le
Président, au niveau législatif, il y avait certains enjeux. Premièrement, on
parle de prévention dans une loi d'exception. Deuxièmement, l'article 4.4
s'applique vraiment à un individu précis.
Donc, peut-être je pourrais passer la parole, avec votre permission, à la
juriste pour expliquer les détails.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Alors, consentement pour donner
la...
Une voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, vous allez vous nommer,
votre
titre et vous nous donnez les explications requises. Merci beaucoup.
Mme Mathieu (Jessica) : Jessica
Mathieu, avocate au ministère de la Justice. Donc, comme l'a dit
M. Carmant exactement, si vous regardez bien le début de 4.4, là, on nomme
vraiment, là, les établissements, les organismes, les personnes à qui la
présente loi confie des responsabilités envers l'enfant. Donc, on est en
présence d'un enfant, on a eu un
signalement, et là, maintenant, on doit agir. Donc, on n'est pas dans un
principe général envers tous les
enfants des services qui s'appliquent. Donc, ça, c'est un point pour lequel ça
ne fonctionne pas d'insérer ça ici.
Ensuite, il
faut se rappeler l'objet de la loi. L'objet de la loi, c'est, comme le dit le
ministre, une loi d'exception, là, qui s'applique uniquement dans
certaines situations où la sécurité ou le développement d'un enfant est
compromis. Donc, lorsque ces acteurs-là se mettent
ensemble, c'est qu'il y a une situation problématique envers un enfant et qu'on doit agir. Donc, c'est dans ce sens-là que
les autres paragraphes, c'est-à-dire à 4.4, ont été rédigés, donc favoriser
la participation de l'enfant et de ses parents. Donc, on est dans une
situation, et là on doit favoriser leur participation. La même chose avec le b.
Et bien là, on a un enfant, on doit collaborer entre nous, on doit se concerter
pour faire la meilleure intervention possible. Donc, ça ne rentre pas dans
l'esprit de l'article.
Le Président
(M. Provençal)
: Mme
la députée, est-ce que vous avez...
Mme St-Pierre :
Moi, je n'ai pas d'autre commentaire. Est-ce que ma collègue...
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement déposé? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder par appel nominal à la mise aux
voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour, contre, abstention, Mme St-Pierre (Acadie)?
Mme St-Pierre :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire :
M. Carmant (Taillon)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Secrétaire :
Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : Contre.
La Secrétaire :
Mme Proulx (Côte-du-Sud)?
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Contre.
La Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Contre.
La Secrétaire :
Mme Guillemette (Roberval)?
Mme Guillemette :
Contre.
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Donc,
l'amendement déposé à l'article 6 qui modifiait l'article 4.4 est
rejeté.
Maintenant, est-ce
qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 4.4? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous irions, M. le ministre, à l'article 4.5, en
n'oubliant pas, là, que la
section II, Droits de l'enfant et de ses
parents, je pense que ça doit être inclus, là, le titre.
M. Carmant : Daccord, je vais
bien le nommer, M. le Président. Merci.
Président (M. Provençal)
: Oui, ça
M. Carmant : Donc, à l'article 4.5 : «Les conditions prévues par une loi
devant être remplies pour communiquer [des renseignements confidentiels]
concernant l'enfant ou ses parents doivent être interprétées de manière à
favoriser la communication de ces
renseignements lorsqu'elle est dans l'intérêt de cet enfant ou vise à assurer
la protection d'un autre enfant.»
Ce nouvel
article a
pour objectif de mettre fin aux interprétations restrictives des règles de
confidentialité et favoriser le partage de
renseignements lorsque cette communication est dans l'intérêt d'un enfant. La
commission Laurent a nommé qu'il était primordial que les règles de...
excusez-moi, de confidentialité ne soient pas un frein à une intervention adéquate et à la création d'un cercle
de bienveillance autour de l'enfant, ce qui explique cet amendement.
Puis on termine en disant : «Section II, Droits de l'enfant et de ses
parents».
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
qu'il y a des interventions? Oui, Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre :
Je pense que c'est une bonne chose parce qu'on l'a vu aussi quand nous
avons travaillé dans le dossier de l'exploitation sexuelle des mineurs, qu'on
se retrouvait avec des organismes qui ne se parlaient pas, aucune possibilité
d'échanges d'informations. Mais il peut y avoir des effets, des effets pervers
à ça. Comment vous allez mettre certains
cadenas ou est-ce qu'il va y avoir une certaine vigilance par rapport à ce qui
peut être partagé et ce qui ne l'est
pas? Puis on dit aussi... vous dites : De l'intérêt de l'enfant, donc il
faut déterminer l'intérêt de l'enfant. Ça, c'est subjectif. Alors,
est-ce que vous avez confiance que ces informations-là qui seront partagées et
qui seront dans l'intérêt de l'enfant puissent être... Je fais confiance aux
professionnels, bien sûr, l'idée n'est pas là, mais, des fois, on peut en
échapper dans les mailles du filet. Est-ce qu'il y a une contre-expertise sur
ce qu'on peut partager? Autrement dit, est-ce que quelqu'un qui est au-dessus
va... peut être que la réponse, vous l'avez tout de suite, puis, moi, je ne l'ai pas puisque ce n'est pas un
dossier que je maîtrise à 100 %, mais comment on va s'assurer que c'est
bel et bien ce qui est... ce qu'on veut voir arriver? Puis on a entendu
Mme Laurent à plusieurs occasions parler de ce problème-là. Puis, comme je vous ai dit, je l'ai vu, dans la Commission
sur l'exploitation sexuelle des mineurs, à quel point ça peut nuire à un
enfant, à un mineur. Et donc je pense qu'on a peut-être besoin d'être un petit
peu rassurés puis d'avoir quelques garanties.
M. Carmant : M. le Président. Alors,
je dirais que, premièrement... puis les ordres l'ont également mentionné,
donc ce n'est pas... c'est clairement un bon
point. Un, on parle vraiment de... bon, ce que l'on veut faire, après
l'approbation du projet de loi, c'est vraiment une
partie formation qui
va être très importante pour les intervenants et pour tout le monde. C'est sûr que communiquer entre ordres, il
y a l'aspect déontologique, et ça, on pense que ça va nous permettre le
bon transfert d'information. Mais, clairement, dans la majorité des drames
qu'on a vu ces dernières années, c'était vraiment un problème de communication
entre les différentes instances qui causait un problème. Donc, je pense que cet
amendement est essentiel. Peut-être, M. le Président, que je passerais la
parole à la directrice nationale pour les aspects plus cliniques, mais je pense
que tout le monde... je pense qu'il faut clairement mettre ces balises, mais on
prévoit vraiment une formation prévue post-projet de loi n° 15
pour s'assurer que tout se passe bien, là, j'en suis bien conscient.
Le Président
(M. Provençal)
: Consentement
pour que Mme Lemay puisse nous donner des explications?
Des voix :
Consentement.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
Mme Lemay.
Mme Lemay (Catherine) : Alors,
bonjour. Catherine Lemay, excusez, j'allais dire mon ancien titre,
sous-ministre adjointe et directrice
nationale de la protection de la jeunesse. Alors, effectivement, comme l'a dit
Dr Carmant, conséquemment à l'ajout de cet amendement-là qui vient
préciser, dans le fond, autant aux intervenants, aux avocats qu'aux juges qui
vont interpréter l'information, la centration sur le fait que l'intérêt de
l'enfant doit guider ce qui se transmet ou pas entre intervenants... Et là on
parle autant de ceux qui... communiquer des informations à ceux qui s'occupent des enfants que communiquer des
informations et échanger de l'information avec ceux qui, aussi, soutiennent
les parents. Et l'idée, c'est de se dire, pour la transmission de
l'information, de s'assurer que, d'une part, on a des personnes qui peuvent
communiquer, comme l'a dit Dr Carmant, ou le secret professionnel est levé,
parce qu'il y a un intérêt de l'enfant, mais aussi de la part du DPJ de
s'assurer qu'il peut donner ces informations-là.
Puis je vous donne
l'exemple. Je parlais d'une famille d'accueil tantôt. Un enfant est placé
d'urgence dans une famille d'accueil. Cet enfant-là a été abusé sexuellement.
C'est important que la famille d'accueil soit au courant du contexte qui peut
devenir anxiogène pour l'enfant, s'il est replacé dans le même contexte dans
lequel il s'est fait abuser, donc l'information nécessaire est pertinente pour
bien prendre soin de l'enfant.
D'autres informations
qui peuvent concerner les parents de cet enfant-là, si ce n'est pas directement
dans l'intérêt de l'enfant de communiquer ces informations-là, elles ne seront
pas communiquées. Ça fait que, vous le disiez tantôt, Mme la députée, c'est
important pour les intervenants de porter un jugement sur ce qu'il est
nécessaire et pertinent de communiquer. Et, en sens-là, la formation prend tout
son sens.
Mme St-Pierre :
Qu'est-ce qui était le frein? C'est une phrase qu'on entend souvent :
La main gauche ne sait pas ce que la main droite fait puis vice-versa.
Qu'est-ce qui faisait que ces... puis je ne veux pas refaire la commission
Laurent, mais qu'est-ce qui faisait qu'il y avait... que ces informations-à
n'étaient pas partagées? Parce que les...
c'était une question d'ordre professionnel? C'était secret professionnel?
Pourquoi, en 2022, on vient de découvrir la lumière? Parce que, je
pense, vous avez beaucoup travaillé dans ce domaine-là.
Mme Lemay
(Catherine) : Je peux répondre?
Une voix : Oui,
bien sûr.
Mme Lemay
(Catherine) : C'est bon. O.K. Écoutez, bien honnêtement, il y avait
les dispositions de la loi pour ce partage
d'informations, mais, avec la pratique, les gens ont restreint l'information à
communiquer sous l'angle de garder privé et de ne pas nuire... Vous
savez, une information qui est partagée de façon publique, aujourd'hui, avec
les médias sociaux, avec le partage très large qui se fait, cette
information-là demeure pour toujours dans les systèmes.
Je vous donne l'exemple des jeunes fugueuses pour lesquelles on a vu et de la
médiatisation des informations il y a
quelques années. Bien, les fugueuses pour lesquelles on met dans les médias
sociaux la photo du jeune, som nom, ça reste là pour la vie. Donc, cette
information-là est imprégnée pour le grand public. Donc, tout ce contexte-là
est venu amener la précaution, je dirais, trop de précaution de la part des
intervenants. Alors là, on vient, dans la loi, les légitimer de partager cette information-là quand on se centre sur
l'intérêt de l'enfant, mais il faut toujours garder en tête l'importance
de cette information-là qui va demeurer pour toujours dans l'espace public, et
ça, c'est superimportant de se rappeler de ça.
Le Président
(M. Provençal)
: ...votre
collègue... Voulez-vous compléter ou...
Mme St-Pierre :
Je continuerais, moi.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, je vous laisse la
parole avant de céder la parole à votre collègue. Allez-y, madame.
Mme St-Pierre :
...ma collègue a des questions très pertinentes, elle pourra vous poser des
questions, là, je reviendrai peut-être, mais
je vais... je vais... C'est parce que... Qu'est-ce qui nous garantit,
justement, que, maintenant, il n'y aura pas ce genre de problème là?
Parce que vous donnez l'exemple des médias sociaux, et, oui, ça reste là pour
toujours, puis ça peut briser des vies également. Vous dites : Il va y
avoir de la formation, mais on ne connaît pas les critères de cette
formation-là, quels sont les... qu'est-ce qu'on va dire à ces
professionnels-là, comment on va juger de ce
qu'on peut libérer comme information ou pas. On entre... En fait, on entre dans
une zone... On était peut-être trop strict avant, puis vous dites que ça... on
le permettait, la loi le permettait, mais là vous donnez plus de latitude
et de liberté à ces professionnels-là. Mais, justement, les médias sociaux, une
information coule, puis c'est fini, là.
Mme St-Pierre :
Oui. M. le ministre.
M. Carmant :
...pour dire que l'intention du législateur ici, c'est vraiment le message
que la vie d'un... tu sais, la
confidentialité ne peut pas primer sur la vie d'un enfant. Puis, depuis que je
suis là, ça fait trois ans, on a eu plusieurs épisodes où, vraiment,
c'est ce manque d'échange d'informations. Donc, pour moi, c'était très
important. Mais je laisserais quand même, si vous permettez, la directrice
compléter, là, mais, quand même, l'intention du législateur, c'était de briser
ces barrières qui étaient vraiment trop, trop, trop strictes, là.
Le Président
(M. Provençal)
: Mme Lemay.
Mme Lemay
(Catherine) : En fait, on est venus expliciter, dans la loi, le
contexte dans lequel les intervenants et ceux qui appliquent la loi peuvent venir
partager de l'information. Et la formation qui va être donnée, c'est une
formation continue. Oui, d'une part, quand la loi sera adoptée, l'ensemble des
contenus qui font l'objet, là, de la loi vont être partagés, puis pas juste
avec les intervenants de la protection de la jeunesse, mais avec tous ceux qui
travaillent avec les enfants. Et, par la suite, c'est un soutien continu de la
part des experts qui interprètent la loi d'une façon clinique.
Donc, une loi
d'exception comme la protection de la jeunesse, ça demande des gens formés, ça
demande des gens formés en continu, et ça, c'est ce qui va être fait avec les
nouveaux contenus légaux et avec l'ensemble des arguments que... qu'on vous
présente ou les critères qu'on vous présente présentement, c'est ce qui va être
traduit de façon claire aux intervenants, et c'est comme ça qu'ils vont être
accompagnés de façon clinique.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
que ça va, Mme la députée? Je céderais la parole à votre collègue de
Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Ça... Oh wow! Et la
lumière fut. Alors, bien, bonjour à tous. Ça me fait plaisir de vous retrouver
après deux semaines en circonscription.
Oui, en effet, durant
les consultations, c'est un sujet qui a été récurrent, qui est revenu souvent,
ça, toute la question de la confidentialité, jusqu'où on va, l'importance de
dire... de transmettre l'information qui était pertinente pour... pour
l'enfant, dans son intérêt. Et je me souviens, entre autres, là, des directeurs
d'école qui sont venus et qui nous ont parlé un peu du contexte scolaire aussi,
où, à l'école, on veut savoir, on veut en savoir plus. Mais jusqu'où on va?
C'est toujours : Où on trace la ligne?
Vous
disiez, tout à l'heure, qu'avant... bien, en ce moment même, il y a possibilité
de donner de l'information mais qu'on travaille en silo. Moi, j'aimerais
savoir en quoi cet amendement-là change la donne. Parce que le ministre parlait
de formation tout à l'heure. Je comprends qu'il veut mettre l'accent sur la
formation pour, justement, inciter tout le monde à pouvoir mieux communiquer,
mais en quoi ce qui est ajouté là est différent de ce qu'on avait avant, d'un
point de vue, tu sais, libellé, là?
Le Président
(M. Provençal)
: Me
Mathieu.
M. Carmant :
...parce qu'il n'y avait pas vraiment... Vas-y.
Mme Mathieu
(Jessica) : Oui. Donc, cette disposition-là, il faut la voir comme une
règle interprétative. C'est pour dire aux gens : Vous devez interpréter de
cette façon-là les conditions qui sont mises dans les lois pour communiquer des
renseignements, pour justement éviter les interprétations qui sont
restrictives. On a d'autres dispositions qui existent dans la loi, qu'on va
aussi retoucher mais plus tard, c'est les articles 72.6, 72.7, et c'est là
qu'on a vraiment plus les balises, là, comme vous dites, le jusqu'où on
va, là, c'est plus là qu'on les retrouve, parce qu'ici on est plus dans un
principe, alors que, dans ces dispositions-là, on est plus dans le concret de dire : Le DPJ peut communiquer, par
exemple, à une maison d'hébergement, à une école, à une garderie, à une
organisation, là, mettons, scoute ou de loisir, un organisme... un club de
soccer dans telles conditions. Et c'est là qu'on vient comme vraiment baliser les conditions. Mais c'est
certain que, dans le fin détail de jusqu'où on va, bien, c'est la formation, là,
comme qu'il a été nommé, pour donner des cas de figure, pour donner des
exemples. Mais la loi va vraiment tracer les
grandes lignes dans ces articles-là. Donc, il faut les voir tous ensemble, ces
articles-là. Là, on voit la règle interprétative, mais c'est vraiment à 72.6, 72.7 que, là, on
va voir davantage, un peu, le détail de comment ça s'articule dans le concret.
Mme Robitaille : Est-ce que vous comptez
aller plus loin en encadrant avec des règlements ou si 72.6, 72.7 va
finalement tracer les lignes, donner les... donner le cadre?
Mme Mathieu (Jessica) : Il
n'y a pas de... Il n'y a pas de règlement, là. C'est vraiment 72.6, 72.7, là,
qui existent actuellement, là, qu'on va retoucher, mais c'est vraiment
ça, le cadre.
Mme Robitaille :
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Oui, Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre :
Dans les notes, ici, on nous dit que ça pouvait représenter un enjeu, M. le
ministre, pour les communautés autochtones.
«Il s'agit de petites
communautés où la plupart des gens se connaissent et sont souvent rattachés par
des liens familiaux. La crainte que la
situation de l'enfant ou du jeune fasse l'objet d'indiscrétions constitue
souvent un obstacle à la confiance et à l'intervention chez les
personnes concernées. Peu importe comment sont organisés les services de
protection, c'est un enjeu auquel il faut être sensible.»
peut être effectivement un enjeu sensible que... Comme moi, je suis originaire
d'un village, puis les choses circulaient assez rapidement. Ce n'est pas
comme vivre en ville, dans l'anonymat, puis...
Comment vous allez
faire en sorte que ces informations-là, qui seront partagées pour l'intérêt de
l'enfant, ne fassent pas... Bien, en fait, on souligne ici qu'il pourrait y
avoir un enjeu dans les communautés autochtones parce que c'est vraiment... ils
se connaissent, des liens familiaux de rattachés à cela. Comment on va
s'assurer, là, qu'il y a vraiment un suivi de l'intérêt de l'enfant en
partageant ces informations-là? Vous allez me dire qu'on ne peut pas tout régler, là, puis ça ne peut pas être
100 %... 100 %, je veux dire, protégé, mais est-ce que c'est des...
il y a des mesures qui sont prises particulièrement pour les communautés
autochtones dans le partage des informations?
M. Carmant : Non, c'est vraiment pour
l'intérêt de l'enfant. C'est vraiment ce qui est visé. Je pense que la loi
va s'appliquer dans le même contexte pour les... que ce soit un petit village,
une grande ville ou une communauté autochtone. On reste vraiment dans l'intérêt
de l'enfant.
Mme St-Pierre : Puis ces craintes-là
sont... Vous ne voyez pas de problème avec ce qu'on est en train de faire
comme législation, les craintes qui ont été soumises, qui ont été soulevées?
M. Carmant : Bien,
je pense qu'on en... on les a prises en ligne de compte. Mais, vraiment,
l'intention, c'est de protéger les enfants d'abord et avant tout, avant les
réputations.
Président (M. Provençal)
Est-ce qu'il y a d'autres
interventions en lien avec le 4.5? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous en serions rendus à voter l'article 6 tel qu'amendé.
Mme St-Pierre :
...il y a un amendement suspendu, 4.3.
Le Président (M. Provençal)
: Ah! vous voulez dire le 4.3d. C'est
le 4.3d, pour le... la notion de minorité versus communauté qui avait été
amenée par Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, c'est ça? Je ne m'étais pas
mis de note, mais, vu que vous me faites signe...
Mme St-Pierre : ...suspendu,
donc la discussion n'a pas eu lieu, j'imagine... Je pense, vous deviez
réfléchir.
M. Carmant : ...si c'était
juridiquement possible, et ce l'est, et ce l'est. Donc, le ministère de
l'Immigration, et tout ça, là, nous dit que le changement est possible. Donc,
on n'a pas de...
Mme St-Pierre : Donc, vous
acceptez l'amendement?
M. Carmant : Oui. Si vous le
redéposez.
Mme St-Pierre : O.K. Alors...
Président (M. Provençal)
: Alors, on va... je vais avoir besoin de votre
consentement pour réouvrir l'amendement qui avait été déposé par la
députée de Notre-Dame-de-Grâce à l'article 4.3d. Donc,
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Ce qui veut dire que la... À
titre informatif, la
modification, c'est qu'on remplaçait la notion de minorité par communauté.
Le Président (M. Provençal)
: C'est ça?
Président (M. Provençal)
Mme la députée de Bourassa-Sauvé,
vous êtes... vous allez amener un correctif par rapport à ce que je
mentionne?
Mme Robitaille : Non,
non, non. Je voulais juste, justement, renchérir, parce que je sais que Camil
Bouchard, dans son mémoire, en
parlait, justement, puis préférait... tu sais, mettait... tu sais, amenait à
l'attention, justement, là... disait que «minorité», ce n'était peut-être pas
l'idéal, et «communauté», c'était beaucoup mieux. Donc, je voulais juste
renchérir pour dire que la proposition de ma collègue, l'amendement de ma
collègue était... était très, très à propos.
Président (M. Provençal)
Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons...
est-ce que l'amendement de l'article 6 à 4.3 c est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Vous voulez un appel nominal, madame? Oui? Alors, nous
allons le faire. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme St-Pierre (Acadie)?
Mme St-Pierre :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
La Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Secrétaire : Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) :
Pour.
La Secrétaire : Mme Proulx
(Côte-du-Sud)?
Mme Proulx (Côte-du-Sud) :
Pour.
La Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Pour.
La Secrétaire : Mme Guillemette
(Roberval)?
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
La Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. L'amendement à
l'article 6 qui modifie l'article 4.3d est adopté.
Maintenant, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 6? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de l'article 6 tel qu'amendé. Est-ce
que c'est adopté?
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Nous allons, M. le
ministre, maintenant procéder à la lecture de l'article 7, s'il vous
plaît.
M. Carmant : Parfait.
M. le Président, me conseillez-vous d'y aller au complet ou paragraphe par
paragraphe?
Le Président (M. Provençal)
: Bien, l'article 7, il y a
seulement un paragraphe dans le projet de loi.
Le Président (M. Provençal)
: C'est...
M. Carmant : O.K., le texte... O.K.,
parfait. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
M. Carmant : Oui.
L'article 5 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le premier alinéa
et après «l'enfant», de «ainsi que celles appelées à prendre des
décisions à son sujet en vertu de cette loi».
Donc, le texte actuel se lit comme suit :
«Les
personnes à qui la présente loi confie des responsabilités envers l'enfant
doivent l'informer aussi complètement que possible, ainsi que ses parents, des
droits que leur confère la présente loi et notamment du droit de consulter un
avocat et des droits d'appel prévus à la présente loi.
«Lors d'une
intervention en vertu de la présente loi, un enfant ainsi que ses parents
doivent obtenir une description des moyens
de protection et de réadaptation ainsi que des étapes prévues pour mettre fin à
cette intervention.»
Le texte proposé se
lit comme suit :
«Les personnes à qui
la présente loi confie des responsabilités envers l'enfant ainsi que celles
appelées à prendre des décisions à son sujet
en vertu de cette loi doivent l'informer aussi complètement que possible, ainsi
que ses parents, des droits que leur confère la présente loi et
notamment du droit de consulter un avocat et des droits d'appel prévus à la
présente loi.»
Et le deuxième
paragraphe est identique. Donc, il s'agit d'une modification de concordance
avec l'article 6.1 de la
Loi sur la protection de la jeunesse, proposé par
l'article 8 du projet de loi.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci,
M. le ministre. Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Oui. Bien, c'est... pour
notre gouverne, là, je pense que ça serait important de circonscrire un peu ce
qu'on a devant nous. Vous dites : «Les personnes à qui [la loi
présente...] la présente loi confie des responsabilités envers l'enfant...» Donc, de un, j'aimerais que
vous nous remettiez dans le bain un peu, M. le ministre. Ces personnes-là,
c'est qui, exactement? Et puis, quand on ajoute : «ainsi que celles
appelées à prendre des décisions à son sujet», en quoi... en quoi ces
personnes-là sont différentes?
Donc, juste si vous
pouviez mettre la table à savoir de qui on parle exactement quand on parle de
«personnes à qui [la loi...] la présente loi confie des responsabilités». Une
chose. Et, de l'autre, «celles appelées à prendre des décisions à son sujet en
vertu de cette loi», donc qui sont-elles de plus, ces personnes-là?
M. Carmant :
Oui. Bien, merci... merci pour la question. Vous vous souvenez, à
l'article 6.1, on avait défini, de
façon progressive, à qui l'enfant devrait... permettre l'enfant d'être pris en
charge pour qu'on se maintienne le plus possible dans son milieu
familial, puis dans un milieu qui ressemble à une famille, et dans un milieu
qui... approprié pour l'enfant. Donc, c'est cette notion qu'on vient reprendre
ici, à l'article 7 du projet de loi.
Mme Robitaille :
Mais, quand on dit : «celles appelées à prendre des décisions à son sujet»,
en plus de la première catégorie, quelles
sont-elles? Ça peut être un professeur d'école? Ça peut être... Ça peut être
son professeur? Ça peut être sa... C'est... C'est qui, les personnes?
C'est son... C'est...
M. Carmant : Bien, peut-être... Bien,
c'est des personnes qui vont être... être en charge de cet enfant, comme défini
à l'article 6, mais peut-être que la juriste pourrait...
Mme Robitaille :
Mais allez-y. Si on pouvait avoir des exemples...
M. Carmant :
...pourrait donner plus d'exemples.
Mme Robitaille :
...oui, des exemples très clairs.
M. Carmant :
Peut-être, la juriste pourrait vous en donner.
Le Président
(M. Provençal)
: Me Mathieu, s'il
vous plaît.
Mme Mathieu
(Jessica) : Oui. Donc, c'est vrai que c'est des concepts qui se
recoupent, O.K.? On veut s'assurer qu'on couvre tout le monde ici, là, donc
c'est plus par mesure de précaution. Les personnes qui ont des responsabilités,
là, quand on dit, le premier bout, là : «confie des responsabilités envers
l'enfant», lorsqu'on regarde la loi, entre
autres, on pense en premier au directeur de la protection de la jeunesse. Il a
vraiment des responsabilités, c'est clairement défini. Il y a aussi les
tribunaux. Donc, les tribunaux, ils prennent des décisions, donc on veut
s'assurer qu'on les vise. Tous les intervenants judiciaires, là, qui... pas
juste les juges, là, mais aussi, par exemple, les greffiers, donc les gens qui
sont, là, au niveau du palais de justice. Donc, le juge prend des décisions,
mais il y a d'autres personnes aussi qui sont là pour faire la marche à suivre,
là, du...
Mme Robitaille :
Les parents aussi?
Mme Mathieu
(Jessica) : Non. Ici, on n'est pas dans les parents, on est plus dans
les gens... Parce que les parents aussi, là, ont le droit d'être informés de
leur droit de consulter un avocat, là, pas juste l'enfant. Donc ici, on vise
plus les gens, je pourrais dire, en autorité, là. Donc, par exemple, la
commission, là, des droits de la personne et de la jeunesse, dans certains cas,
elle a des responsabilités, là, lorsqu'elle fait des enquêtes, par exemple,
concernant un enfant. Donc, elle aussi, elle est visée, à ce moment-là, dans
cette situation précise là.
Donc ici, c'est vraiment pour clarifier. Puis, comme
on voit, là — on
ne l'a pas vu encore, là — l'article
qui suit, à 6.1, reprend ces concepts-là
aussi. Donc, pour avoir une certaine uniformité, aussi, dans la loi, c'était
important de le reprendre ici, là.
Mme Robitaille :
Donc, c'est circonscrit aux personnes qui ont une responsabilité juridique
envers cet enfant-là. Bien, par exemple,
donc, vous dites, les parents ne sont pas
partie de ça, les parents adoptifs...
pas les parents adoptifs, pardon, mais la famille d'accueil non plus,
j'imagine?
Mme Mathieu (Jessica) : Non.
Ici, on vise vraiment plutôt, là, par exemple, l'intervenant qui serait à
l'application des mesures, par exemple. Bien, lui, il ne prend pas... à
moins que je me trompe, là, Mme Lemay pourra corriger, mais de décision, nécessairement, par rapport à
l'enfant. Mais il y a d'autres intervenants en protection de la jeunesse qui,
eux, prennent des décisions, là, lorsqu'on prend une décision, là, par
rapport... en révision ou par rapport à certains choix qu'on va faire, là, pour
le suivi de l'enfant, tout ça.
Donc, ça, c'est... il
y a des gens qui ont vraiment un chapeau, qui prennent des décisions. Il y en a
d'autres qui sont dans l'application de la loi mais qui ne prennent pas
nécessairement de décision. Donc, il faut les viser aussi. Eux, on dit qu'ils
ont des responsabilités envers l'enfant parce qu'ils s'occupent du suivi, ils
sont là au quotidien. Donc, il faut qu'ils s'assurent que les parents sont...
et l'enfant sont bien informés de leurs droits, là.
Mme Robitaille :
Et quelle personne serait appelée à prendre des décisions à son sujet mais
n'aurait pas des responsabilités envers cet enfant-là?
Mme Mathieu
(Jessica) : C'est pour ça que ça se recoupe, ça se recoupe.
Mme Robitaille :
O.K., mais est-ce qu'il y a des entités qui seraient... qui seraient une
mais qui ne seraient pas l'autre?
Mme Mathieu
(Jessica) : Bien, on pourrait dire que, par exemple... Est-ce que
la... Écoutez, il faudrait qu'on fasse des vérifications, là. La seule chose,
c'est que ces concepts-là ne portaient pas à confusion dans la commission
Laurent. La loi annotée semble claire aussi, il ne semble pas y avoir de débat
des tribunaux à savoir qui qu'on vise.
Par contre, on doit
vivre avec le fait qu'actuellement on a les deux concepts. Donc, il vaut mieux,
par mesure de précaution, mettre les deux pour s'assurer de tout couvrir et pas
que quelqu'un puisse argumenter qu'il n'était pas visé parce que lui prend
juste des décisions mais pas de responsabilité, là. Ça fait que c'est... c'est
vraiment, ici, par mesure de précaution.
Mme Robitaille :
L'accès à un avocat pour l'enfant, dans ce projet de loi là, on lui
donne... on lui donne plus d'accès, le plus de possibilités à avoir accès à un
avocat qui l'accompagne dans le processus?
M. Carmant :
Oui, tout à fait. Ça fait
partie des changements qui sont plus loin dans la
loi.
Mme Robitaille :
Et donc ces individus-là devront aller de l'avant puis les... informer
l'enfant, là, de ses nouveaux droits, d'une certaine façon, en tout cas, de...
M. Carmant :
Être à l'écoute de... des besoins et des demandes de l'enfant, oui.
Mme Robitaille :
O.K. Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant l'article 7? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 7.
Est-ce que l'article 7 est...
Le Président
(M. Provençal)
: Oh! excusez. M. le
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Oui. Merci, M. le Président. Donc, j'aimerais entendre un petit peu plus
sur une problématique qui est revenue souvent, là, entre autres à la commission
Laurent, là, c'est la question de la violence conjugale. Donc, deux éléments,
là. Le premier, là, c'est concernant ce qui semblerait une... le fait qu'on
écarte très souvent la voix de l'enfant au prétexte que celle-ci serait
influencée par un des parents, ce qu'on appelle l'aliénation parentale. Donc, voilà, cet enfant-là, il est
influencé par la mère ou le père, donc son... comment dire, son témoignage
ne peut... n'a pas la même... la même valeur, là.
La question que je
pose au ministre : Est-ce que, dans la rédaction de ce projet de loi...
ces sujets-là ont-ils été tenus en compte?
M. Carmant : Oui, absolument. Puis,
comme j'avais mentionné au départ, tu sais, le projet de loi n° 2 faisant
un point très, très important, là, que la parentalité doit s'exprimer sans
violence. On avait initialement cru que c'était adéquat, mais on a entendu, les gens sont venus nous parler en
commission parlementaire, et on va réouvrir l'article 38, où tout
ce... ces changements-là vont être inscrits. On avait promis de les ramener
pour la... pour le retour à la... au parlement,
là, à la commission, mais on est encore en train de s'ajuster. Mais ce
débat-là... vont se faire dans les amendements de l'article 38.
M. Fontecilla :
...la présente loi.
M. Carmant :
De la présente loi, donc qui va faire que le... la violence conjugale ait
un alinéa séparé et qu'on va prendre en compte toutes ces conditions que vous
mentionnez.
M. Fontecilla :
Donc... Parce que j'ai deux... deux aspects, là, tout d'abord la question
d'entendre la voix de l'enfant, là, même si on pourrait penser... ou certains
pourraient penser qu'il est... qu'il est aliéné, là, en quelque sorte. Et,
deuxièmement, c'est tout le sujet de l'absence... semble-t-il, l'absence
d'expertise ou le peu de... le peu de cas que feraient certains intervenants
aux situations de violence conjugale, en particulier pour les conséquences pour
la mère. Donc, on traite les violences...
des situations où il y a de la violence conjugale, on les traite comme un
conflit...
M. Carmant :
Séparation.
M. Fontecilla : ...un conflit de... aigu
de séparation. Est-ce que vous allez traiter de ces sujets-là à
l'article 38?
M. Carmant :
Absolument, absolument. Ça va être... On travaille là-dessus depuis deux
semaines.
M. Fontecilla :
Parfait. Donc, on peut s'attendre à des amendements à ce sujet-là.
M. Carmant :
Oui. Puis, dès que ça va être prêt, on avait dit qu'on les... qu'on les
mettrait sur la table pour ouverture puis pour ne pas dédoubler le travail, là,
mais c'est... c'est un sujet qui est complexe. On a rencontré le député de...
M. Carmant :
Le député du Parti québécois nous avait suggéré une rencontre avec cinq
groupes. On a fait cette rencontre pendant
la période de relâche, donc ça a été fait, et on continue à travailler pour
améliorer l'amendement à l'article 38.
M. Fontecilla :
Donc, on va laisser nos...
M. Carmant :
Soyez rassuré, ça va être là, là. On ne va pas essayer d'en faire...
M. Fontecilla :
Nos possibilités d'amendement, on va les traiter à ce moment-là.
M. Carmant :
Exactement. S'il vous plaît.
M. Fontecilla :
Parfait.
Le Président
(M. Provençal)
: En
fait, vous avez répondu à une demande du député de René-Lévesque.
M. Carmant :
Désolé. René-Lévesque.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 7? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons...
Le Président
(M. Provençal)
: Appel
nominal, oui. Mme la secrétaire.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Carmant (Taillon)?
Le Président
(M. Provençal)
:
L'article 7.
Secrétaire : Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Secrétaire :
Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Proulx (Côte-du-Sud)?
Mme Proulx (Côte-du-Sud) :
Pour.
La Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Pour.
La Secrétaire : Mme Guillemette
(Roberval)?
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
La Secrétaire : Mme St-Pierre
(Acadie)?
Mme St-Pierre :
Pour.
La Secrétaire : Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Président (M. Provençal)
Abstention. Donc, l'article 7 est adopté. M. le député de Laurier-Dorion,
vous aviez signifié votre intention de déposer un amendement qui introduisait
l'article 7.1. Est-ce que c'est encore le cas?
M. Fontecilla : Non, ce n'est
pas le cas, monsieur.
Le Président (M. Provençal)
: C'était... Ah! excusez. On m'avait... O.K.
M. Fontecilla : ...ça
va être à l'article 38, tel qu'il est spécifié par le ministre. On va
faire la discussion à ce moment-là.
Mme St-Pierre : ...je
m'interroge sur la pertinence de le déposer maintenant. Peut-être que... Est-ce
qu'on peut suspendre un petit peu pour...
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Juste pour clarifier?
Le Président (M. Provençal)
: Oui. On va suspendre, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 26)
Président (M. Provençal)
Nous reprenons nos travaux.
Alors, je vais inviter... S'il vous plaît! Je vais inviter la députée de
l'Acadie à nous déposer son amendement.
Mme St-Pierre : Merci, M. le
Président. Alors, je dépose l'amendement suivant : Insérer, après
l'article 7 du projet de loi, l'article suivant :
7.1.
L'article 6 de la
Loi sur la
protection de la jeunesse est modifié par l'insertion de l'alinéa
suivant :
«Lorsque le motif de compromission est
l'exposition à la violence conjugale ou qu'un parent allègue la présence de violence conjugale, toute évaluation
ou expertise concernant l'enfant ou les parents doit être réalisée par une
personne détenant une expertise en matière de violence conjugale.»
L'idée
derrière cet amendement-là, M. le Président, c'est de faire en sorte qu'on
retrouve, quelque part dans le projet de
loi, le principe... le motif de violence conjugale et que ça soit... ça soit
reconnu noir sur blanc. On a eu quelques discussions lorsqu'on était en mode suspension et on pourrait suspendre
cet amendement et revenir plus tard lorsqu'on va discuter de
l'article 38.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Est-ce que vous avez des
commentaires à formuler, M. le ministre?
M. Carmant :
Oui, je suis tout à fait d'accord, là. La discussion sera à ce point-là,
puis, au besoin, on pourra revenir et en rediscuter. Moi, je suis tout à fait à
l'aise avec le processus. Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
consentement pour suspendre l'amendement qui introduisait le 7.1? Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. M. le ministre, je vous invite à lire l'article 8. Mais
l'article 8, compte tenu qu'il y a... On va commencer par la
section 6.1. Par la suite, on traitera la 6.2. Ça va?
M. Carmant :
Parfait. Merci, M. le Président. À l'article 8 : Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 6, des suivants :
«6.1. Les personnes à
qui la présente loi confie des responsabilités envers l'enfant ainsi que celles
appelées à prendre des décisions à son sujet en vertu de cette loi tiennent
compte, lors de leurs interventions, de la nécessité :
«
a) de s'assurer que
les informations et les explications qui doivent être données à l'enfant dans
le cadre de la présente loi le sont en des termes adaptés à son âge et à sa
compréhension;
«
b) de s'assurer que
les parents ont compris les informations et les explications qui doivent leur
être données dans le cadre de la présente loi;
de permettre à l'enfant et à ses parents de faire entendre leurs points de vue,
d'exprimer leurs préoccupations et d'être écoutés au moment approprié de
l'intervention.»
Donc,
le texte proposé, M. le Président, c'est :
«6. Les personnes et
les tribunaux appelés à prendre des décisions au sujet d'un enfant en vertu de
la présente loi doivent donner à cet enfant, à ses parents et à toute personne
qui veut intervenir dans l'intérêt de l'enfant l'occasion d'être entendus.»
«6.1. Les personnes à
qui la présente loi confie des responsabilités envers l'enfant ainsi que celles
appelées à prendre des décisions à son sujet en vertu de cette loi tiennent compte,
lors de leurs interventions, de la nécessité :
«
a) de s'assurer que
les informations et les explications qui doivent être données à l'enfant dans
le cadre de la présente loi sont en des termes adaptés à son âge et à sa
compréhension;
«
b) de s'assurer que
les parents ont compris les informations et les explications qui doivent leur
être données dans le cadre de la présente loi;
«
c) de permettre à l'enfant et à ses parents de faire
entendre leurs points de vue, d'exprimer leurs préoccupations et d'être
écoutés au moment approprié de l'intervention.»
Ce nouvel
article
reprend les paragraphes 2° à 4° de l'article 2.4 actuel de la
Loi sur
la protection de la jeunesse. Ces éléments étant des droits des enfants et des
parents doivent être rapatriés dans la présente section. Cette modification est l'application d'une
recommandation de la commission Laurent qui a suggéré de conserver les
principes énoncés à
l'article 2.4 actuel de la
Loi sur la protection de la jeunesse, mais en
les formulant dans des articles distincts.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre.
Pour bien traiter l'article, je vais y aller par alinéa pour savoir si vous
avez des interrogations. Alors, est-ce qu'il y a des interventions concernant
uniquement l'alinéa 6.1?
Mme St-Pierre :
...M. le Président, j'aurais un amendement qui va toucher a et b, alors je ne
sais pas si mes collègues ont des commentaires sur a.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
je vais vous inviter à déposer votre amendement.
Mme St-Pierre :
J'ai un amendement, oui, alors, j'aimerais déposer un amendement. Je ne
sais pas s'il est déjà dans le Greffier.
Le Président
(M. Provençal)
: Non.
Mme St-Pierre :
O.K. Donc, on va suspendre.
Le Président
(M. Provençal)
: On
va suspendre quelques minutes, le temps de le recevoir sur Greffier.
(Suspension de la séance à
10 h 34)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. J'invite maintenant la députée
de l'Acadie à nous déposer son amendement. Donc, je vous invite à nous en faire
la lecture, madame.
Mme St-Pierre : Merci, M. le
Président. Alors, l'article 8 :
Modifier l'article 6.1 de l'article... de
la
Loi sur la protection de la jeunesse proposée par l'article 8 du projet
de loi par :
1° l'ajout, à la fin du premier paragraphe,
après les mots «à sa compréhension», des mots «et que celles-ci soient
disponibles dans sa langue maternelle s'il n'a pas une maîtrise suffisante de
la langue française.»;
2° l'ajout, à la fin du deuxième paragraphe,
après les mots «la présente loi», des mots «et que celles-ci soient accessibles
dans leur langue d'usage s'ils n'ont pas de maîtrise suffisante de la langue
française.»
M. le Président, on retrouve cette notion-là de
pouvoir avoir des services dans sa langue dans d'autres lois, donc, dont la loi
sur les services sociaux, mais ça ne se retrouve pas dans cette loi. Et je
pense que, lorsqu'on parle d'enfants, on a besoin que les enfants soient
vraiment capables de pouvoir communiquer dans leur langue s'ils ne maîtrisent
pas la langue française et, peut-être, même s'ils maîtrisent la langue
française, peut-être aussi que ça pourrait être le choix de l'intervenant de
pouvoir donner le service dans une autre langue. Ça touche, bien sûr... ça peut
toucher... bien sûr, on parle des communautés autochtones, mais ça a été
mentionné pendant les travaux en consultation, mais ça peut toucher aussi
plusieurs communautés.
Et je peux vous dire que j'ai, dans ma
circonscription, plusieurs communautés culturelles qui, parfois, arrivent,
comme assez... avec des problèmes assez importants, post-traumatiques. Et ces
enfants-là, bien, ils ont besoin d'avoir des
services peut-être dans leur langue maternelle. Et c'est pour ça que je pense
que de l'écrire, ça vient comme solidifier le projet de loi, ça vient donner
confiance au processus aussi, ça va donner confiance aux parents ou à
ceux et celles qui prennent soin de ces enfants-là. Donc, c'est la raison pour
laquelle nous déposons cet amendement, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien, M. le
Président, je suis sensible au commentaire de la députée. Je pense que, quand
même, on débat des issues de la langue au niveau du p. l. n° 96,
qui est en train de se débattre. Puis même au niveau juridique, je pense qu'il
y a des enjeux, là, puis peut-être la juriste pourrait nous expliquer quels
sont les enjeux, là.
Le Président (M. Provençal)
: Me Mathieu.
Mme Mathieu (Jessica) : On a
déjà aussi l'article 2, là, de la LSSSS qui prévoit qu'on doit favoriser,
là, compte tenu des ressources qui sont disponibles, des services, là, qui sont
adaptés à la langue, là, de la personne pour, justement, favoriser sa
compréhension puis s'assurer qu'elle comprenne bien. Cette disposition est
applicable en protection de la jeunesse.
Même si elle est dans la LSSSS, il ne faut pas oublier que la protection de la
jeunesse, ça s'inscrit dans les établissements de santé. Donc, cette
disposition-là, elle est actuellement applicable. Donc, compte tenu des
ressources, là, qui sont disponibles, on doit, là, justement, favoriser, là,
pour une famille, là, par exemple, qui aurait une barrière de la langue,
qu'elle soit autochtone ou d'une autre communauté culturelle, là, on doit
favoriser, là, des services dans sa langue. Mais c'est ça, la disposition est
dans une autre loi, qui est le LSSSS.
Mme St-Pierre : Mais, quand
même, M. le Président, ma compréhension du 96, c'est que le ministre a mis
certaines barrières. Après un certain temps, il faut que la personne qui... je
pense aux immigrants, ait une bonne connaissance du français, sinon il n'y a
pas... on ne donnerait pas les services, à moins qu'il y ait des raisons. Donc,
comment on va déterminer si on donne le service ou pas? Comment c'est décidé,
dans la langue de l'enfant?
Mme Mathieu (Jessica) : Bien,
ça, c'est l'application, je dirais, là.
Le Président (M. Provençal)
: ...Mme Lemay à nous donner son
opinion.
Mme Lemay (Catherine) : Alors,
effectivement, pour être en mesure de rejoindre autant les enfants que les
parents, c'est important non seulement de pouvoir... qu'ils comprennent ce
qu'on veut faire, surtout dans des actions aussi restrictives que la Loi de la
protection de la jeunesse, mais aussi de le faire sur l'interprétation non
seulement de la langue, mais de
l'interprétation culturelle aussi. C'est pour ça qu'il existe déjà des
organismes qui sont implantés très bien à Montréal, de même qu'en
Montérégie, puis ailleurs au Québec, pour l'interprétation autant culturelle
que du langage. Et, plus largement, le
ministre Carmant, en collaboration avec son collègue du ministère de
l'Immigration, a permis
l'expérimentation, dans la dernière année, de plus de ressources d'interprétation
comme ça, autant de la langue que de l'interprétation culturelle, qui
vient favoriser, là, de rejoindre l'esprit que vous proposez dans l'amendement.
Donc, il y a des mesures autres que légales qui sont faites pour rejoindre ces
objectifs-là.
Mme St-Pierre : M. le ministre,
votre collègue a parlé de six mois. Six mois, c'est court, et, si on est face à
des gens qui arrivent, qui ont des stress post-traumatiques, il faut vraiment
peut-être avoir une certaine souplesse. Mais cette souplesse-là,
elle peut être interprétée à géométrie variable. Alors, je pense que, quand on
parle d'enfants, il faut vraiment que la souplesse soit vraiment souple. Donc,
je vous inviterais à peut-être consulter votre collègue pour qu'on puisse
l'intégrer dans notre projet de loi. Ce sera un plus, puis ce serait pour le
bienfait de... le bien-être des enfants,
parce que lui, il parle de six mois. Six mois, c'est court. Puis, je peux vous
le dire, là, dans ma circonscription, les
gens, malgré leur bonne volonté, ils sont très studieux, mais, au bout de
6 mois, lorsqu'on arrive dans des dossiers, des sujets très
pointus, ou des sujets très délicats, ou des sujets très intimes, ce n'est pas
nécessairement six mois que ça prend, ça peut prendre plus de mois. Puis les
gens sont très, très, très sincères dans leur apprentissage de la langue française, mais il y a des sujets qui ne peuvent
pas être compris avec toute la subtilité de la langue à l'intérieur de six
mois. Et je pense que ça pourrait être vraiment une disposition qui
démontrerait que le... il y a une... on se soucie de cet aspect-là quand il
s'agit d'enfants. On ne peut pas le faire nécessairement pour tout le monde.
Puis je comprends qu'il faut qu'il y ait une intégration puis on ne peut pas
non plus faire des compromis partout, mais ce n'est pas un compromis. Je pense
que c'est un plus qu'on pourrait ajouter dans votre projet de loi. Je pense que
ma collègue avait un commentaire, M. le ministre...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Oui. Bien,
écoutez, moi, je veux juste renchérir. Je pense que ma collègue a bien
expliqué. Le projet de loi n° 96 parle de six mois à
partir du moment où la personne entre au pays. Donc, j'ai écouté les
discussions. En fait, c'est quatre mois de cours de français. Alors,
imaginez. Donc, imaginez les parents. Donc, il y a beaucoup d'ambiguïtés dans
ce projet de loi n° 96, beaucoup d'inquiétude aussi
relativement à tous ces services-là en santé, services sociaux. Évidemment,
quand on entre dans toutes ces questions de la DPJ, de la protection de la
jeunesse, c'est... ma collègue l'a dit, c'est souvent des enjeux, c'est très
intime, c'est très émotif, c'est des urgences. On veut... on a parlé de
communication tout à l'heure, bien, il faut que la communication soit adéquate.
Et moi, je peux vous le dire, là, dans mon comté, pour tout ce qui est services
sociaux, il y a énormément d'inquiétudes. Chez les parents aussi, il y a
énormément d'inquiétudes juste sur le projet de loi n° 15,
là, on le sait, on a reçu plein de courriels. Et là, si, en plus, les gens ont
l'inquiétude de ne pas pouvoir communiquer dans leur langue quand c'est des
sujets aussi sensibles, bien, vraiment, on a une problématique, là. On a
vraiment des enjeux qu'on ne veut pas avoir. Donc, cet amendement-là... puis
j'entends l'avocate, j'entends madame qui nous explique que, bon, il y a quand
même des ressources, mais ce n'est pas suffisant et je pense qu'il faut que la
loi soit claire, et l'amendement a toute sa pertinence, là. On gagne tous à
ajouter cet amendement, là. Donc, je pense qu'il est extrêmement important
d'ajouter que les services vont être disponibles dans la langue maternelle, en
tout cas, dans mon comté, puis moi, je... puis aussi du côté des communautés
autochtones, c'est fondamental.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président, j'aimerais juste faire un cas d'espèce pour bien
comprendre si les dispositions qui pourraient être adoptées dans le projet loi n° 96 répondraient aux préoccupations des collègues de
l'opposition officielle. Quand je lis 6.1, là, avant qu'il soit amendé, «les
personnes à qui la présente loi confie des responsabilités envers l'enfant
ainsi que celles appelées à prendre des décisions à son sujet en vertu de cette
loi tiennent compte, lors de [l'intervention], de la nécessité :
a) de
s'assurer que les informations et les explications qui doivent être données à
l'enfant dans le cadre de la présente loi le sont en [...] termes adaptés à son
âge et à sa compréhension;», que se passe-t-il si l'enfant parle innu? Quelle
information on va lui donner et dans quelle
langue? Est-ce qu'on va lui donner de l'information en innu? Parce que c'est ce
que l'amendement vient préciser, c'est-à-dire que, si l'enfant n'a pas
une maîtrise suffisante du français, il peut être donné à l'enfant.
M. Carmant : En général, on
s'arrange pour qu'il y ait un service de traduction qui soit disponible, donc,
tant que possible.
M. Ouellet : Tant que possible,
tant que possible, c'est ça. Mais, M. le ministre, ce n'est pas toujours le
cas, la présence d'un traducteur au moment que l'information puisse être
transmise. Donc, tu sais, j'appuie la demande de l'opposition officielle.
Est-ce que... Je ne pense pas qu'on est en train de se lier les mains, on est
en train de se donner l'opportunité si, dans
un cas bien précis... si la présence du traducteur ne peut pas être là, est-ce
qu'effectivement on peut donner ces informations-là dans la langue
maternelle de l'enfant, c'est-à-dire celle qu'il va comprendre à travers le
cheminement qu'il devra passer, là?
M. Carmant : Mais, écoutez, il
y a plusieurs enjeux qui sont soulevés, là, il y a des enjeux de ressources
aussi, là. Il faut quand même le réaliser, là. Puis je pense que ces règles-là
sont déjà dans LSSSS, comme on a déjà mentionné. J'ai travaillé plusieurs
années dans un hôpital où on utilise l'utilisation d'interprètes dès que c'est
possible, mais ce n'est pas toujours le cas, là. Donc, je pense qu'il faut
rester aussi dans le cadre de LSSSS. On ne peut pas venir s'attacher dans cette
loi encore de façon plus restrictive, là. Je pense que c'est important de
maintenir ce qui est actuellement dans la LSSSS. Je ne pense pas... Et je ne
pense pas que c'est le bon endroit pour ajouter un tel amendement.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui,
mais, si on n'a pas d'interprète pour donner de l'information pour que l'enfant
comprenne, il va se passer quoi? On va... Tu sais, j'essaie de... La loi...
pardon, l'amendement nous amène à être proactifs pour éviter des situations que
l'information ne pourra pas être transmise parce qu'on n'a pas les ressources
disponibles. Mais, à vous entendre, M. le
ministre, ça pourrait arriver dans certains cas qu'on n'ait pas l'interprète.
Donc, ma crainte, c'est que l'enfant n'ait pas l'information dont il a
besoin au bon moment. Donc, cette obligation-là, proposée par l'opposition
officielle, nous amène à être un peu plus proactifs. Je comprends qu'elle nous
lie plus les mains, je suis d'accord avec vous, mais elle nous amène à être
plus proactifs pour être certains de couvrir toutes les situations, justement
pour que l'information pertinente puisse être transmise à un enfant qui puisse
la comprendre.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Je n'ai rien à
ajouter, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: O.K. Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre : Bien, je me
réfère aux commentaires qui ont été faits par le conseil des Innus. Et ça dit
ici : «La sécurité culturelle comprend l'usage de la langue maternelle
lors des interventions de ceux appelés à prendre des décisions au sujet d'un
enfant issu d'une Première Nation.
«En effet, il ne faut pas sous-estimer les biais
de compréhension mutuelle qu'entraîne une intervention sociale entre deux
groupes culturels distincts. Bien trop souvent, l'utilisation du français sans
considérer la langue maternelle de l'enfant issu d'une Première Nation entre en
conflit avec son droit de recevoir des informations et des explications
adaptées à sa compréhension. Il en va de même pour les parents.»
Donc, ils disent : «Nous proposons qu'il y
ait un engagement législatif pour développer des services de la langue
maternelle des personnes issues des Premières Nations de concert avec les
prestataires de santé des services sociaux.
«Ceci nous
apparaît comme étant une condition essentielle à une prestation de services
respectueuse de la culture.»
Donc,
on se fait, nous, ici, les porte-parole du conseil des Innus. Et je pense que
l'amendement vient aussi, évidemment, élargir à des cas d'enfants qui auraient
des difficultés dans la langue française et ne seraient pas encore capables de
comprendre toutes les subtilités de la langue française, et qu'on puisse leur
donner un service dans leur langue. Et moi, je ne doute pas du grand coeur du
ministre, là, je pense qu'il a fait la preuve qu'il était un homme généreux et
qu'il avait beaucoup de coeur, et que les enfants, pour lui, c'est
hyperimportant, mais, malheureusement, malheureusement,
on ne retrouve pas cela partout, particulièrement dans le projet de loi n° 96. Alors, je m'arrêterais ici.
Et je suis... je pense que, si on passe... le
cas des Premières Nations, je pense, est très pertinent, puis moi, je l'élargis
parce que, sur le terrain, j'en vois aussi, des cas de gens qui arrivent avec
des bagages... Quand ils arrivent ici, oui, ils épousent le Québec, puis ils
veulent l'épouser, le Québec, puis ils veulent travailler fort pour l'avenir du
Québec. Mais je peux vous dire que moi...
j'aimerais ça en voir, des ministres puis des députés dans ma circonscription
venir faire, des fois, des petites rencontres. Ça peut amener une façon de voir
les choses différemment. Voilà.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui.
Merci, M. le Président. J'aimerais bien comprendre le fonctionnement de la
règle de six mois en train d'être étudiée ou je ne sais pas si ça a été
adopté dans un autre...
M. Fontecilla : C'est
ça. Bon, concrètement, comment ça s'applique ici, là? Est-ce que, par exemple,
ou pour utiliser le cas nommé par le collègue de René-Lévesque, là, un
enfant innu, donc, qui ne comprend pas le français, est-ce que ça s'applique ou
ça ne s'applique pas? Je voudrais juste peut-être...
Le Président (M. Provençal)
: En tout respect, M. le député de
Laurier-Dorion, la règle du six mois, selon moi,
elle est énoncée dans le projet de
loi n° 96. Puis vous me
reprenez, là, je ne suis peut-être pas correct en vous disant ça. Là,
cette règle-là n'est pas traduite ici, là. Ce n'est pas de cet élément-là qu'on
leur mentionne. Moi, ce que je comprenais, puis Mme la députée de l'Acadie
pourra me reprendre, c'est que l'amendement qu'ils proposent, il propose de
donner, je dirais, un petit filet de sécurité au niveau de... pour s'assurer
que les gens vont avoir des explications qui vont faire en sorte qu'ils vont
avoir une bonne compréhension. Moi, je le vois comme ça, mais je pense qu'il
faut quand même ne pas chevaucher le tout avec la loi n° 96
présentement, puisque la loi n° 96, elle est en étude présentement. Alors, c'est le point de
vue que je voulais vous donner, M. le député de Laurier-Dorion. Mais j'espère
que j'ai bien traduit l'intention de la députée de l'Acadie aussi avec son
amendement.
Mme St-Pierre : Oui.
M. le Président, loin de nous l'idée de discuter de 96... 96, lorsque la loi va
être adoptée, va s'appliquer à l'ensemble de l'oeuvre du corpus
législatif au Québec.
M. Carmant : Actuellement,
on fonctionne sous la LSSSS, là, puis on fonctionne encore sur la LSSSS qu'on
vous a citée tout à l'heure.
M. Fontecilla : Donc,
les gens pourraient avoir des services dans leur langue maternelle, même après
six mois de leur installation, de leur arrivée ici, au pays?
M. Carmant : Là, je parle de la
situation actuelle. Je parle de la LSSSS. On est régi par la LSSSS.
M. Fontecilla : Oui, qui permet
l'utilisation d'une autre... c'est ça. Voilà. Écoutez, moi, la question que je
me pose, c'est... dans les amendements proposés, en fait, ce qui est proposé,
là, 6.1, là, avec ses alinéas, qu'est-ce qu'il se passe, par exemple, dans le
cas d'un enfant inuit qui ne comprend pas le français ou dans un cas de... peu
importe l'enfant, là, l'origine de l'enfant, là? Donc, on ne peut pas lui
présenter... les explications ne peuvent pas lui être présentées dans des
termes adaptés à son âge et à sa compréhension puisqu'il ne comprend pas. Les
parents ne peuvent pas comprendre non plus parce qu'ils ne parlent pas la
langue. On ne peut pas permettre à l'enfant et à ses parents de faire entendre
leur point de vue puisqu'ils ne parlent pas la langue, là. Qu'est-ce qu'il se
passe dans ce cas de figure là? Est-ce que le juge, par exemple, si on est dans
un tribunal de la jeunesse, le juge va suspendre la séance en attendant d'avoir
un interprète?
M. Carmant : Bien, M. le
Président, je passerais la parole à la directrice nationale, là, puisque
c'est... pour donner un exemple. Comme je vous dis, on cherche des interprètes.
Mme Lemay (Catherine) : En
fait, l'enjeu de se comprendre mutuellement est fondamental. Et, quand il y a
un cas de figure où un enfant ou ses parents ne peut pas s'exprimer dans... en
français, ce qui est recherché, c'est d'avoir accès à un interprète, un
interprète qui connaît la langue, mais qui connaît aussi la culture, je tiens à
l'exprimer, là, les deux sont importants dans ce contexte-là pour avoir, dans
le fond, la perspective de ça. Les mots sont importants, mais le contexte
également.
Donc, dans le cas de figure, par exemple, je
vous donne l'exemple d'un Innu qui a une rencontre qui fait l'objet, là, par
exemple, d'une signature sur les mesures volontaires et dont le parent
s'exprime en innu, bien, ce qui est recherché, c'est d'avoir idéalement un
intervenant qui parle la langue innue puis qui est capable d'interagir non
seulement avec le parent et l'enfant, mais aussi de traduire à l'intervenant
qui a à prendre des décisions, la langue, si ce n'est pas lui-même. Parce que,
dans certains cas, il y a des intervenants innus qui ont la compétence
d'intervenir en protection de la jeunesse et qui sont capables d'interagir non
seulement avec le jeune, sa famille, mais aussi l'avocat, par exemple. Et c'est
recherché et c'est favorisé, là, d'être capable de rejoindre les gens selon
leur langue maternelle quand ils ne maîtrisent pas bien le français ou, par
exemple, l'anglais. C'est vraiment fondamental dans l'intervention, là.
Donc, même si ce n'est pas spécifiquement dans
la Loi de la protection de la jeunesse, c'est interprété en fonction de la
LSSSS et c'est recherché et favorisé, et c'est pour ça qu'il y a tant
d'alliances qui sont faites avec des organismes communautaires. C'est
majoritairement des organismes communautaires qui sont les interprètes et qui
travaillent en collaboration avec les intervenants en protection de la
jeunesse. C'est fondamental.
M. Fontecilla : Mais la
question va plus loin, là... Est-ce qu'une décision... il y a toutes sortes de
procédures, là, mais est-ce qu'une décision peut être prise à la suite d'une
procédure où il y avait... sans interprète? C'est ça que je veux savoir, là. Si on est, par exemple, devant
un juge, là, il y a les parents, les avocats, etc., là, puis, pour x raisons,
il n'y a pas d'interprète, est-ce que la décision peut être prise? Le juge peut
dire : Bien, il comprend, là, je pense qu'il comprend, et puis on va de
l'avant et voilà, ou c'est obligatoire?
Mme Lemay (Catherine) : Écoutez,
je ne veux pas dire n'importe quoi. De mon point de vue puis de ma pratique, c'est
essentiel d'être capable de rejoindre les parents ou les enfants quand ils ne
maîtrisent pas bien l'information ou la
compréhension de l'information. Maintenant, est-ce que c'est déjà arrivé? Je
n'ai pas d'information à ce niveau. Si vous avez besoin d'une réponse,
je peux m'assurer, là, qu'on va aller chercher cette information.
M. Fontecilla : Si je lis les
propositions qui sont sur la table, un intervenant en position d'autorité ou un
juge qui doit apprendre... qui doit... en lisant cela, il se dit : Ce que
je suis en train d'exprimer ne peut pas être compris ni par les parents... ou
par les parents ou par l'enfant, donc je ne peux pas rendre une décision. Je
vais attendre un interprète, là, pour bien... pour qu'il... Donc, l'esprit de
ce qui est là m'indique qu'un intervenant, une personne en position d'autorité,
ne devrait pas prendre de décision en l'absence des conditions qui sont
spécifiées ici. Je pose la question au ministre. Est-ce que je me trompe?
M. Carmant : Bien, écoutez, il
y a un
article dans la loi qui dit également qu'on peut avoir droit à un
interprète, là, l'article 7.7... 77. Je pense que l'important, c'est que
les gens soient compris, là, effectivement.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Mais si c'est
favorisé d'avoir un interprète... et puis, bien, évidemment, on priorise la
communication, c'est essentiel, pourquoi ne pas inclure... bien, pourquoi ne
pas inclure ça dans la loi? Pourquoi ne pas
inclure ça dans la loi qui traite spécifiquement de la protection de la
jeunesse? Je comprends que c'est un principe qui est dans la LSSSS, mais pourquoi ne pas l'inclure, par souci de
clarté, dans ce... dans la Loi de la protection de la jeunesse?
M. Carmant : Bien,
c'est parce qu'on est régi par la LSSSS et on est en train de débattre du
projet de loi n° 96, qui regroupe tous ces enjeux-là.
Mme Robitaille :
Mais on ne perd absolument rien à clarifier et, je veux dire... et puis le
projet de loi n° 96, moi, j'aimerais savoir, on a...
parce que c'est prospectif. Moi, j'aimerais savoir qu'est-ce qui a été adopté
au projet de loi n° 96 relativement aux services de
santé et ce six mois-là, parce qu'à ma compréhension ce n'est vraiment pas
clair, c'est très confus. Et je pense que c'est pertinent ici de savoir comment
ces articles-là de la LSSSS vont changer puis comment ça va être appliqué.
Parce qu'il nous faut ça pour savoir, pour bien comprendre les conséquences,
ici. Parce qu'en tout cas, pour ce qui est d'un immigrant, d'un enfant
immigrant, en plus, réfugié, qui a certains problèmes avec la... avec... qui a
certains problèmes, la moindre des choses, c'est qu'on puisse parler dans sa
langue maternelle pour le rassurer, pour qu'il comprenne, puis les parents
aussi, là.
Alors, est-ce que
c'est possible? Moi, je ne sais pas, mais j'aimerais savoir, à la lumière du
96, parce que je pense que l'article a été adopté, alors comment ça sera,
comment ça sera pour la suite des choses en termes de traduction pour les
familles, parce que ça a une incidence directe sur ce qu'on fait ici en ce
moment.
M. Carmant :
Mme la Présidente, je ne suis pas de près, là, tu sais, les détails du
projet de loi n° 96, mais il n'a pas été approuvé
encore, cautionné, ce projet de loi là. Donc, je n'ai pas de boule de cristal,
Mme Robitaille :
...l'article lui-même, du six mois, a été adopté.
M. Carmant :
Mais ce n'est pas l'adoption de la loi, je veux dire.
Mme Robitaille :
Non, mais ça nous... Mais c'est important de savoir ce qu'il va advenir. En
tout cas, moi, ce que j'en comprends, c'est qu'il y aura des ambiguïtés. Mais
on ne veut pas des ambiguïtés, ici, parce que l'intérêt de l'enfant est
premier, et donc je pense qu'on ne perd rien que de l'inclure, ici,
aujourd'hui, pour rassurer, et pas juste ça, pour s'assurer que l'enfant et ses
parents comprendront la DPJ puis pourront avoir des services dans leur langue
maternelle, dans des situations spécifiques, dans ces situations spécifiques
là, parce qu'il y a... parce que, là, c'est bien particulier. Et, s'il y a
urgence et détresse, c'est bien là. Donc, il faut absolument que l'enfant
puisse avoir des explications de l'intervenant, en tout cas, dans sa langue à
lui. Donc, il faut qu'on soit clair.
Vous me dites :
On va tout faire puis on veut le favoriser, mais je pense qu'il faut l'inclure
dans le projet de loi, par souci, au moins, de clarté et d'assurance, là, pour
tout le monde. Vous comprenez? Parce que le 96, bon, on ne sait pas, il n'est
pas clair, là, ça flotte. Vous avez raison, le projet de loi n'est pas adopté,
on a adopté un article. Moi, ce que je comprends, c'est que ce n'est vraiment
pas clair, là, qu'un enfant dans une situation comme ça pourrait avoir accès à
un service dans sa langue maternelle, dans une situation d'urgence comme
celle-là. Donc, mettons-le dans le projet de loi, au moins, ce sera clair.
M. Carmant :
Je n'ai rien à ajouter, M. le Président, j'ai déjà donné mon point de vue.
Mme Robitaille :
Et puis je dois ajouter que, pour les nations autochtones, c'est aussi
problématique, parce qu'il y a un flou, là, comme mes collègues le disaient.
Le Président
(M. Provençal)
: Députée
de l'Acadie, est-ce que vous avez d'autres points à formuler?
Mme St-Pierre : Bien, je voudrais tout
simplement dire qu'on a fait notre travail, on a déposé l'amendement.
Manifestement, l'amendement, par le gouvernement caquiste, va être refusé, et
on verra comment l'avenir va régler cette situation-là. Nous, ce qu'on
souhaite, c'est que l'enfant soit au coeur de la stratégie qui va être...
d'intervention autour de lui et que... Puis ce qui m'a un peu inquiétée... Le
ministre a dit : Bien, il faut aussi penser aux ressources. Je pense qu'il
faut aussi, c'est une question fondamentale, que les ressources soient
présentes, que les ressources soient là pour que les enfants soient mieux
protégés. C'est une question de protection de l'enfant.
Alors, moi, je n'ai
pas d'autre commentaire à faire, mais on aura fait notre travail, nous, pour
essayer d'éclairer davantage le ministre. Et peut-être qu'il pourra parler à
son collègue pour l'éclairer davantage et lui dire qu'il y a des inquiétudes
qui ont été soulevées puis qu'après... dans le projet de loi n° 96,
après six mois, bien, si tu n'as pas appris le français, débrouille-toi. C'est
ça, le projet n° 96 : après six mois, si tu n'as
pas appris le français, tu ne maîtrises pas toutes les subtilités de la langue,
bien, tu vas être... mon grand, tu vas te débrouiller. C'est tout. C'est
simplement cela. Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement
à l'article 8 déposé par Mme la députée de l'Acadie? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
Une voix :
Appel nominal, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme St-Pierre (Acadie)?
La Secrétaire : Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
La Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Secrétaire : Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) : Contre.
La Secrétaire : Mme Proulx
(Côte-du-Sud)?
Mme Proulx (Côte-du-Sud) :
Contre.
La Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Contre.
La Secrétaire : Mme Guillemette
(Roberval)?
Mme Guillemette : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
La Secrétaire : M. Ouellet
(René-Lévesque)?
La Secrétaire : Et M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. L'amendement à l'article 8 est rejeté.
Maintenant...
Président (M. Provençal)
Oui. Bien, c'est ce que je partais pour dire. M. le député de... par la suite,
s'il vous plaît. Alors, il y a un amendement qui est demandé par la
députée de l'Acadie. Alors, Mme la députée, est-ce que votre... est-ce que
l'amendement est déjà rendu sur Greffier?
Mme St-Pierre : Je ne crois
pas. Est-ce qu'il est sur Greffier?
Une voix : Il est déjà envoyé...
Mme St-Pierre : Il a été
envoyé.
Président (M. Provençal)
Oui. Alors, on va le projeter. Ça va prendre... Il est déjà sur Greffier. On va
vous... on va le projeter à l'écran. Et c'est un amendement qui vise la
section 6.1c.
Mme St-Pierre : Alors, je peux
y aller, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme St-Pierre :
Merci. Donc, modifier...
Article 8 . Modifier l'article 6.1c de
la
Loi sur la protection de la jeunesse, proposé par l'article 8 du projet
de loi par, premier alinéa — je
pense que c'est comme ça qu'il faut que je le dise, là, juridiquement
parlant :
1° le remplacement des mots «au moment approprié
de l'intervention» par les mots «à tout moment».
C'est une question de... je pense, de
clarification. «Moment approprié», bien, c'est décidé par quelqu'un. D'être
écouté à tout moment... Alors, ça se lirait ainsi... je vais lire c, là :
«de permettre à l'enfant et à ses parents de faire entendre leurs points de
vue, d'exprimer leurs préoccupations et d'être écoutés à tout moment», plutôt
qu'«au moment approprié».
M. Carmant : ...suspendre deux
secondes?
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Suspension.
(Suspension de la séance à 11 h 08)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. Nous
sommes en discussion sur l'amendement déposé par la députée de l'Acadie. Alors,
je vais... C'est Mme Lemay qui va intervenir?
Mme St-Pierre : M. le
Président, on a discuté pendant la pause, mais j'aimerais que, pour le bénéfice
de tous ceux et celles qui nous écoutent, on
puisse entendre un petit peu l'argumentaire, puis, après ça, j'aurai une
décision.
Le Président (M. Provençal)
: Très bien.
M. Carmant : Oui. M. le
Président, alors, comme discuté, j'ai trouvé que, dans le fond, il y avait
quand même du bon à cet amendement, mais il y a quand même quelques enjeux
cliniques que j'aimerais que la directrice nationale puisse préciser à toute
l'Assemblée.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Mme Lemay, s'il vous
plaît.
Mme Lemay
(Catherine) :
Bonjour.
Alors, d'emblée, tout enfant ou parent qui a besoin, en tout temps, de
rejoindre la personne qui est son intervenant, peut le faire sans problème. Si
ce n'est pas son intervenant, c'est quelqu'un
qui prend le relais sur le 24/7. Donc, sur les situations d'urgence ou de
besoin immédiat, il n'y a pas de souci.
Par ailleurs, de venir introduire ça dans la
loi, ça oblige l'intervenant à être disponible en tout temps et à répondre de
façon immédiate à tous les besoins. Or, on sait très bien qu'on est dans une
loi d'exception et, pour certains enfants ou parents, d'avoir un moment de
rencontre régulier, prévisible dans la semaine, ça a un effet rassurant, ça a
un effet structurant et ça permet d'installer une routine, routine qui, pour
certains parents, sont... permet de répliquer ça, après ça, auprès de leurs
enfants.
Donc, pour ces motifs-là, l'idée de garder le
moment approprié est justifiée sur le plan de l'intervention. Ça permet aussi
l'équité en intervention auprès de tous les gens auxquels les intervenants ont
besoin de donner des services, parce qu'on sait que certains sont plus
demandants que d'autres, à cause de leur insécurité, justement. Donc, de... que
ça puisse être structuré et que ce soit approprié au moment où c'est requis,
c'est préférable de laisser ça comme ça.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme St-Pierre : Alors, M. le
Président, je vais prendre la décision... j'ai pris la décision... nous avons
pris la décision de retirer notre amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Donc, consentement pour
retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
Président (M. Provençal)
Merci. Y a-t-il d'autres
interventions concernant la
section 6.1? Oui, M. le député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Je reviens sur la question de... le conflit impliquant de la
violence conjugale, là. Ici, là, j'aimerais
bien... Le ministre m'a rassuré tantôt en me disant que ça allait être étudié à
l'article 38, là, mais, puisqu'on est dans un
article qui spécifie
précisément la question des informations qui sont échangées, là, de part et
d'autre, là, j'aimerais savoir si le ministre entend apporter une proposition,
là, dans le sens que l'opinion et les désirs
de l'enfant en âge de les exprimer ne peuvent être écartés au prétexte que
celui-ci serait influencé par un parent, là. Il me semble que ça va
être... ça pourrait être inclus ici dans cet article-là, donc pourquoi ne pas
en profiter, là?
Donc,
si le ministre me dit que l'opinion d'un enfant en âge de s'exprimer ne peut
être écartée au prétexte que celui-ci serait influencé par un parent, ça va
être traité plus tard, dans un autre... à un autre moment, je suis tout à fait disposé à ne pas présenter un amendement,
mais il me semble que c'est ici... ça pourrait très bien aller ici aussi, là.
Le Président
(M. Provençal)
: M.
le ministre.
M. Carmant :
Bien, écoutez, on veut vraiment débattre de l'enjeu de la violence
conjugale à l'article 38. Si, comme on
a fait précédemment, le député veut déposer un amendement qu'on suspendrait, ce
serait toujours possible, là, je suis
très à l'aise avec cette possibilité-là, mais, vraiment, notre but, c'est de
débattre, dans son entièreté, de l'enjeu de la violence conjugale à
l'article 38.
M. Fontecilla :
Donc, par exemple, est-ce que je pourrais arriver avec un article... un
amendement, là, sur ce que je veux apporter,
là, là... et... ou je pourrais dire... Est-ce que je pourrais revenir à
l'article 8 pour dire : On amende l'article 6?
M. Carmant : En le suspendant. On
pourrait le suspendre, aller jusqu'à 38 puis, éventuellement, revenir, comme
on va faire pour l'amendement déposé tout à l'heure.
M. Fontecilla :
Donc, c'est possible.
M. Carmant :
C'est possible.
M. Fontecilla :
Parfait. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur le 6.1? S'il n'y a pas d'autre
intervention sur le 6.1, je vais demander à M. le ministre de nous faire
lecture du 6.2 et de nous lire aussi les commentaires en lien avec le 6.2.
M. Carmant :
Merci, M. le Président.
«6.2. L'enfant et ses
parents ont le droit d'être accompagnés et assistés par une personne de leur
choix lorsqu'ils désirent obtenir des informations ou lorsqu'ils rencontrent le
directeur ou toute personne qu'il autorise.»
Donc, le texte proposé :
«L'enfant et ses parents ont le droit d'être accompagnés et assistés par une
personne de leur choix lorsqu'ils désirent obtenir des informations [...]
lorsqu'ils rencontrent le directeur ou toute personne qu'il autorise.» Et cet
article reprend le dernier alinéa de l'article 8 actuel de la
Loi sur la
protection de la jeunesse, sous recommandation de la commission Laurent, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a des
interventions concernant le 6.2? Oui, Mme la députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre :
C'est juste une question. «Toute personne qu'il autorise», on parle du
directeur, c'est ça?
M. Carmant :
Je pense que oui. C'est ça.
Mme St-Pierre :
Parfait. O.K., je n'ai pas d'autre commentaire.
Le Président
(M. Provençal)
: Pas
d'autre commentaire? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le 6.2? S'il
n'y a pas d'autre intervention sur l'article 6.2, je... nous procéderions
à la mise aux voix de l'article 8. Est-ce que l'article 8...
Une voix : Appel
nominal, s'il vous plaît.
Le Président
(M. Provençal)
: Oui.
Est-ce que, M. le député de Laurier-Dorion, vous vouliez déposer un amendement
avant que nous procédions à la mise aux voix de cet article?
M. Fontecilla :
Bien, ça va être étudié plus tard, là?
Le Président
(M. Provençal)
: Oui,
bien, comme l'a mentionné M. le ministre...
M. Fontecilla :
C'est ça. Oui, je... oui, je le dépose.
Le Président (M. Provençal)
: ...si vous déposez un
amendement, on pourra le suspendre, et il sera rediscuté lorsque nous
allons traiter l'article 38.
M. Fontecilla :
Tout à fait.
Le Président (M. Provençal)
: Alors là, vous voulez déposer un
amendement?
M. Fontecilla :
Oui, je dépose un amendement. On l'envoie?
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
est-ce que votre amendement est prêt ou vous voulez que je suspende quelques
minutes?
M. Fontecilla :
Il est prêt.
M. Fontecilla :
Ah! on suspend. On suspend deux minutes.
Le Président
(M. Provençal)
: O.K.
Alors, on va suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
11 h 26)
Le Président
(M. Provençal)
: Nous
reprenons nos travaux. M. le député de Laurier-Dorion, je vous invite à lire
votre amendement et à nous donner vos commentaires. Et j'ai compris dans nos
discussions que, une fois que vous allez avoir exprimé votre amendement, on va
le suspendre pour qu'il soit traité éventuellement à l'article 38.
Alors, je vous cède
la parole.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. Donc, j'ai déposé l'amendement suivant :
l'article 6.1 de la
Loi sur la protection de la jeunesse, qui va ajouter
l'alinéa suivant :
«L'opinion et les
désirs d'un enfant en âge de les exprimer ne peuvent être écartés au prétexte
que celui-ci serait influencé par un parent.»
Encore une fois, on a
beaucoup entendu le débat sur la tendance à considérer les cas de violence
conjugale par la direction de la protection de la jeunesse, à tort ou à raison,
là, mais comme des cas d'aliénation parentale. Il nous semblait important, là,
de... d'inclure cet alinéa-là dans cet article-là qui parle de toute la
question de la circulation d'information, si l'on veut, là.
Donc,
d'une part, de la circulation de... du système envers les enfants et les
parents, là, mais, dans ce cas-ci, là, c'est dans le sens contraire.
Mais c'est toujours de la circulation d'information, donc entendre les opinions
et les désirs d'un enfant, là, qui vit dans un contexte de violence conjugale
et dont on pourrait être tenté... ou il pourrait arriver que son opinion soit écartée au prétexte que son opinion est
teintée par un conflit de... par l'aliénation parentale, donc un parent
qui essaie seulement de dénigrer un autre.
Donc, j'accepte
également de faire la discussion approfondie de cet amendement-là en... au
moment venu, donc, l'article 38, si j'ai bien compris.
Donc, voilà, je
propose également le... la suspension pour l'instant.
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
va? Alors, auriez-vous un commentaire à donner, M. le ministre?
M. Carmant :
Non. La procédure est bonne pour moi.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
consentement pour la suspension et de l'amendement et, en même temps, de
l'article 8. Ça va?
Des voix :
Consentement.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
À ce moment-ci, M. le ministre, vous allez nous faire lecture de
l'article 9. Et j'annonce que la députée de l'Acadie aura un amendement à
déposer à l'article 9. Alors, M. le député.
M. Carmant :
L'article... Merci, M. le Président.
L'article 8 de cette loi est
modifié :
1° par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «et de façon personnalisée» par «, de
façon personnalisée et avec l'intensité requise».
2° par la suppression
des deuxième et troisième alinéas.
Le texte proposé se
lit ainsi :
«8. L'enfant et ses
parents ont le droit de recevoir des services de santé et des services sociaux
adéquats sur les plans à la fois scientifique, humain et social, avec
continuité, de façon personnalisée et avec l'intensité requise, en tenant compte des dispositions législatives et
réglementaires relatives à l'organisation et au fonctionnement de l'établissement qui dispense ces services ainsi
que des ressources humaines, matérielles et financières dont il dispose.»
La première
modification à l'article 8 actuel de la
Loi sur la protection de la
jeunesse vise à préciser que les services doivent être offerts avec l'intensité
requise par la situation de l'enfant ou de ses parents.
La suppression des
deuxième et troisième alinéas de l'article 8 actuel de la
Loi sur la
protection de la jeunesse vise à reprendre ces éléments dans des articles
distincts.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci, monsieur...
M. Carmant : Merci, M. le
Président.
Président (M. Provençal)
Merci, M. le ministre. Je vais
inviter immédiatement la députée de l'Acadie...
Mme St-Pierre : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: ...à nous faire lecture de
l'amendement. Et j'aimerais qu'on essaie de projeter l'amendement, s'il vous
plaît, à l'écran. Merci beaucoup.
Mme St-Pierre : Merci, M. le
Président. Donc :
L'article 8 de cette loi, proposé par
l'article 9 du projet de loi, est modifié :
1° par le remplacement, après les mots
«L'enfant», du mot «et» par... avec... puis il y a une virgule;
2° par l'ajout, après les mots «ses parents»,
des mots «et la personne ou la famille d'accueil à qui est confié l'enfant».
Donc, l'article tel que proposé se lirait
ainsi :
«8. L'enfant, ses parents et la personne ou la
famille d'accueil à qui est confié l'enfant ont le droit de recevoir des
services de santé et des services sociaux adéquats sur les plans à la fois
scientifique, humain et social, avec continuité, de façon personnalisée et avec
l'intensité requise, tenant compte des dispositions législatives et
réglementaires relatives à l'organisation et au fonctionnement de
l'établissement qui dispense ces services ainsi que des ressources humaines,
matérielles et financières dont il dispose.»
Voilà. Donc, c'est vraiment pour faire en sorte
qu'on puisse inclure aussi les familles d'accueil dans le... dans la
discussion, dans le processus. On parle des parents... On parle de l'enfant, on
parle des parents, mais on ne parle pas de la personne ou la famille d'accueil
à qui est confié l'enfant.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : ...on pourrait
peut-être en discuter, mais c'est que la famille d'accueil offre des services.
Mme St-Pierre :
Ah, O.K.
M. Carmant : Donc, c'est... c'est... c'est un peu
contradictoire, là, de mettre ça de cette façon-là. Je ne sais pas si je
pourrais passer la parole à la juriste, puis on pourrait peut-être ensuite
discuter de l'intention de l'amendement, si vous voulez.
Mme St-Pierre : Oui, mais c'est
de recevoir des services.
M. Carmant : Oui,
mais, en fait, dans la Loi de la protection de la jeunesse, elle offre des...
Bien, je vais laisser la juriste...
Le Président (M. Provençal)
: Me Mathieu.
Mme Mathieu (Jessica) : Oui.
Donc, la famille d'accueil est là pour prendre soin de l'enfant. Elle
l'héberge, elle en prend soin. C'est ça, son
rôle. Elle n'est pas là pour recevoir elle-même des services de santé et des
services sociaux. Ici, quand on parle de services santé, services
sociaux, c'est, par exemple, d'avoir une évaluation en pédopsychiatrie, ou d'avoir un suivi avec un psychologue, ou...
ou... Non, on n'est pas là avec la famille d'accueil. La famille d'accueil
est là pour prendre soin de l'enfant et non recevoir des services de santé et
des services sociaux directement.
Par ailleurs, elle a le soutien du DPJ.
Là-dessus, je ne sais pas s'il y a lieu de compléter, là, pour donner des
exemples, mais ici on parle vraiment des services de santé et des services
sociaux. Et ça, c'est les parents et c'est l'enfant qui les reçoivent.
Le Président (M. Provençal)
: ...
Mme St-Pierre : Bien, peut-être
que...
Le Président (M. Provençal)
: Mme Lemay.
M. Carmant : Absolument.
Mme St-Pierre : Parce que j'ai
vu Mme la juriste envoyer la balle l'autre côté.
Mme Lemay
(Catherine) : En fait, il y a un intervenant qui s'assure,
auprès de la famille d'accueil, du respect du cadre de référence auquel
il doit... la famille d'accueil doit se soumettre, puisqu'on sait, là, que les
services qui sont
offerts par la... par une famille d'accueil, c'est encadré par la
loi sur la
représentation des ressources, pour lesquelles il y a un cadre de référence spécifique auquel on doit se coller pour
donner le soutien requis pour que la famille d'accueil puisse s'occuper
de donner les services aux enfants.
Mme St-Pierre :
Donc, la famille d'accueil dans une autre loi ou dans une autre... je ne sais
pas si c'est un
article ici ou dans une autre loi, est informée de ses droits
en tant que famille d'accueil, mais aussi des droits de recevoir des
services... parce que ça peut être... ça peut être peut-être traumatisant, être
famille d'accueil, si on a un enfant qui est traumatisé lui-même, ça peut devenir
traumatisant. Je ne sais pas. Il peut s'établir un lien, là, de... un lien
de... ça peut être un lien parental aussi. Peut-être que la famille d'accueil
devient très amoureuse de l'enfant puis pense
que c'est son propre enfant. Je pense que ça arrive. J'ai connu des cas comme
ça, mais cette famille d'accueil là, elle sait exactement quels sont les
services qu'elle peut recevoir.
Mme Lemay (Catherine) : Il y a
un cadre de référence spécifique qui est partagé avec la famille d'accueil. Et l'intervenant de l'enfant, donc qui assure le
suivi de l'enfant, a des contacts réguliers aussi avec la famille d'accueil.
Et c'est cet intervenant-là... Par exemple, quand on parlait de communiquer des
informations, c'est cet intervenant-là qui communique des informations
nécessaires et pertinentes dans l'intérêt de l'enfant pour que la famille
d'accueil puisse bien accompagner l'enfant.
Mme St-Pierre : Et ça, c'est
inscrit dans une autre loi.
Mme Lemay (Catherine) : Ce que
je viens de vous dire là, c'est dans la LPJ. Mais le cadre de référence qui
régit quand est-ce qu'on devient famille d'accueil, c'est quoi, les critères
qui...
Mme St-Pierre : Les services.
Mme Lemay
(Catherine) : ...les services... les services qui peuvent être
offerts, les congés, etc., les modalités, c'est dans la
loi sur la représentation des ressources, qui est animée
par un cadre de référence qui vient décrire spécifiquement l'ensemble des rôles, responsabilités puis du
cadre de gestion.
Mme St-Pierre : O.K. Je pense,
ce serait bien de l'inscrire ici, mais je comprends votre explication. Je n'ai
pas d'autre commentaire.
Le Président (M. Provençal)
: Madame... Oui, M. le député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Bien, merci, M.
le Président. Puisque la députée de l'Acadie soulève le sujet, là, j'ai une interrogation. Dans la commission Laurent, on a
entendu, à plusieurs reprises, des témoignages nous informant du fait qu'au cours des années il y avait eu un changement
par rapport à la relation avec les familles d'accueil, là, un changement
d'une relation de beaucoup de collaboration, accompagnement, ressourcement
entre les actuels CISSS et CIUSSS et les familles d'accueil, là... C'est passé
à une relation beaucoup plus de contrôle, là, à cause de... entre autres, à
cause de la loi qui régit les familles
d'accueil, là. Il y avait eu comme un glissement à travers les années, là, où
les familles se... des fois un peu moins accompagnées et un peu plus
contrôlées et elles appelaient à une... je ne sais pas si on peut appeler ça un
retour, mais, en tout cas, à construire une relation d'accompagnement, de
ressourcement, etc. On est peut-être un peu dans le subjectif, mais ça a été
dit très clairement lors de la commission Laurent.
Donc, ma question au ministre est à savoir s'il
a tenu en compte cette dimension-là. Et peut-être pendant cette loi-ci ou s'il
y a des travaux en cours, qu'en est-il de cette... de ce sujet-là? Parce que...
bien, pour aller dans le sens de l'amendement de la... de la collègue de
l'Acadie, là, ça ouvre la porte à ces questions-là.
M. Carmant : M. le Président, dans
le dernier budget, on avait annoncé un investissement de 10 millions de dollars pour, justement, avoir... revenir à ce
qu'ils appelaient les intervenants qui accompagnaient les familles d'accueil.
Ce qu'ils se plaignent beaucoup, c'est que ce sont... souvent, ils peuvent
avoir comme plusieurs intervenants, un par enfant, et que c'est un petit peu
difficile de suivre, et puis les familles d'accueil ont... doivent discuter
avec beaucoup d'intervenants.
Donc, on essaie maintenant d'avoir un
intervenant pour la famille d'accueil qui s'implique globalement pour accompagner les parents, comme... les familles
d'accueil, comme c'était auparavant. Évidemment, les postes commencent à
être comblés. On va vers les changements. J'en ai discuté d'ailleurs avec la
FFARIQ il n'y a pas très longtemps, et on va continuer à... de revenir à ce
modèle-là où il y a vraiment un accompagnement beaucoup plus global de la
famille d'accueil, et non pas sur une base, là, individuelle enfant par enfant
avec des multiples consignes. Ce qu'on veut, c'est vraiment... avec
l'investissement qu'on a fait, c'est vraiment faciliter la tâche de la famille
d'accueil.
M. Fontecilla : Est-ce qu'il y
a dans les... dans vos projets, M. le ministre, où vous envisagez peut-être
revisiter la loi qui définit la nature de la relation entre les... santé et
services sociaux et les familles d'accueil, là? Une loi qui date depuis quand
même il y a quelques années... qui a été... je ne dirais pas décriée, mais qui
a été signalée à plusieurs reprises comme la
source de plusieurs problèmes, là, concernant les familles d'accueil, là.
Est-ce qu'il y aurait lieu de revisiter cette loi-là pour améliorer cet
aspect-là?
M. Carmant : Alors,
c'est... ça fait
partie de notre napperon des choses à faire, donc dans les
étapes subséquentes de l'application du rapport de la commission
Laurent.
Donc, oui, on... La réponse, c'est oui, au cas
où je ne suis pas clair.
M. Fontecilla : Oui, c'est très
clair.
M. Carmant : Le
député de René-Lévesque me l'avait expliqué l'autre fois. Les réponses simples
sont les plus claires.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a d'autres
interventions concernant l'amendement déposé par la députée de l'Acadie?
M. Carmant : Bien, c'est dans
le napperon aussi.
Le Président (M. Provençal)
: Pas d'autres interventions? S'il n'y
a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de
l'article 9... de l'amendement, excusez, par appel nominal.
Mme St-Pierre : ...je pensais
que c'était automatique, mais il faut le demander aussi l'appel nominal?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme St-Pierre : O.K. Considérez
que c'est un appel nominal.
Le Président (M. Provençal)
: J'avais présumé que.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme St-Pierre (Acadie)?
Mme St-Pierre :
Pour.
La Secrétaire : Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
La Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Secrétaire : Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) :
Contre.
La Secrétaire : Mme Proulx
(Côte-du-Sud)?
Mme Proulx (Côte-du-Sud) :
Contre.
La Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
La Secrétaire : Mme Guillemette
(Roberval)?
Mme Guillemette : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
La Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
M. Fontecilla : Abstention.
Secrétaire : M. Ouellet (René-Lévesque)?
M. Ouellet :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, l'amendement est
rejeté. À ce moment-ci, est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant
l'article 9?
Le Président
(M. Provençal)
: Oui...
Mme St-Pierre :
Oui. Alors, question de compréhension, on biffe... Dans le texte proposé,
on vient biffer «et de façon personnalisée» et avec l'intention requise... de
façon personnalisée, avec l'intention requise, si je lis bien.
Une voix :
...on l'ajoute.
Mme St-Pierre : On l'ajoute. On
l'ajoute... de façon... Donc, le texte proposé, c'est qu'on ne le biffe pas, on
l'ajoute.
Mme Mathieu (Jessica) : En
fait, c'est que vous voyez que le premier est biffé, là, «et de façon
personnalisée». Bien, c'est parce qu'on doit enlever le «et», mettre des
virgules, là.
Mme St-Pierre :
Parce qu'il y en a deux, là.
Mme Mathieu (Jessica) : C'est
juste une commande, là, mais le «de façon personnalisée», n'est pas enlevé, là.
Donc,
ça va vraiment se lire «de façon personnalisée». Mais l'ajout qu'on fait, c'est
«avec l'intensité requise». C'est ça la nouveauté, parce que «de façon
personnalisée», il était déjà là.
Mme St-Pierre :
O.K. Et, dans les autres paragraphes ici, dans le texte proposé, on biffe
le deuxième et on biffe le troisième. Le troisième, je comprends qu'on l'avait
traité antérieurement à l'article 8 de l'article 6 ou...
Mme Mathieu
(Jessica) : C'est ça à...
Mme St-Pierre :
...le 6 de l'article 8.
Mme Mathieu
(Jessica) : ...qui est devenu 6.2, là, dans la LPJ, là.
Mme St-Pierre :
O.K. Donc, ça, c'est pour... Et l'autre, on va le retrouver quelque part
plus tard?
Mme Mathieu
(Jessica) : Juste à 8.1, donc dans le suivant...
Mme St-Pierre :
O.K.
Mme Mathieu
(Jessica) : ...le prochain.
Mme St-Pierre :
Parfait. 8.1 est ici. O.K.
Mme Mathieu
(Jessica) : C'était une recommandation Laurent...
Mme St-Pierre :
C'est beau.
Mme Mathieu
(Jessica) : ...de les séparer.
Mme St-Pierre :
Donc, on avait lu 8, et 8.1, c'est un autre article.
Ici, j'ai quand même
pris connaissance des commentaires du Barreau du Québec par rapport à l'article...
Je suis bien à l'article 9. Je les lis parce que je pense que c'est
important. Ils l'ont mentionné dans les consultations, mais c'est important.
Puisque c'est le Barreau du Québec, ça a quand même un poids assez important,
énorme.
Donc : «À notre
avis, la modification proposée ne permettra pas d'assurer à l'enfant ni aux
parents les ressources et les services
adéquats et soutenus, auxquels l'article 8 LPJ — Loi
sur la protection de la jeunesse — se
réfère.
«Il est vrai
qu'actuellement l'article 8 de la loi n'impose pas une obligation de
résultat de fournir des services, mais bien une obligation de moyens.
Toutefois, la
Loi sur la protection de la jeunesse prévoit également que tout
établissement et tout organisme du milieu scolaire sont tenus de prendre tous
les moyens à leur disposition pour fournir les services requis pour l'exécution
des mesures ordonnées. Il en est de même des personnes et des autres organismes
qui consentent à appliquer de telles mesures.
leur tour, les tribunaux, dans le contexte de demandes en lésion de droit, ont
souvent insisté sur le fait que bien qu'il faille tenir compte "des
ressources humaines, matérielles et financières disponibles" dans
l'appréciation du droit de l'enfant à recevoir des services de santé et des
services sociaux, cette prise en considération des ressources disponibles ne
doit en aucun cas altérer l'obligation d'exécuter une ordonnance à l'égard d'un
enfant.
«Dans ce contexte, le
législateur... — et
là je pense qu'il faut le souligner — le législateur manque une
importante occasion d'affirmer que la disponibilité et l'intensité des
ressources sont des conditions principales permettant à la loi d'atteindre ses
objectifs en matière de protection de la jeunesse.»
Donc, c'est le
Barreau du Québec qui s'exprime, ce n'est pas la députée de l'Acadie. C'est le
Barreau du Québec qui s'exprime, mais je pense que, lorsque le Barreau du
Québec s'exprime, il envoie un message clair aux juristes de l'État. Et
comment... Qu'est-ce que vous répondez à cette... à ces remarques venant du
Barreau du Québec par rapport à... au projet de loi et à cet article-là?
M. Carmant :
Au niveau de l'intention du législateur, c'est clair que, depuis trois ans, on
a augmenté les ressources de façon significative à la protection de la
jeunesse. Je pense qu'il y a encore un grand travail à faire, surtout dans le
contexte de la postpandémie, postpandémie qu'on a vu les signalements
augmenter. Mais on va continuer à ajouter des ressources, puis je pense qu'on
vient se... montrer notre intention en ajoutant le terme «intensité requise».
Donc, on veut que les
services soient fournis de façon adéquate. Je pense que, du côté de
l'intention, c'est tout ce que je peux vous dire. Je ne sais pas si la juriste
aurait d'autres points à ajouter, mais je pense qu'on vient vraiment mettre de
l'avant le besoin de s'assurer que les ressources soient au rendez-vous.
Mme St-Pierre :
Bien, les mots sont quand même... permettez-moi, M. le ministre, en tout
respect, les mots sont quand même forts, puis je pense qu'il faut les
souligner. C'est : «Le législateur manque une importante occasion
d'affirmer que la disponibilité et l'intensité des ressources sont les
conditions principales permettant à la loi d'atteindre ses objectifs en matière
de protection de la jeunesse.» Puis, en haut, ça dit : «À notre avis, la
modification proposée ne permettra pas d'assurer à l'enfant ni aux parents les
ressources et services adéquats et soutenus, auxquels l'article 8 se
réfère.» Je dépose ça ici.
M. Carmant :
Peut-être, M. le Président, je passerais la parole à la juriste, qui
pourrait nous dire, parce que, légalement, je ne vois pas qu'est-ce qu'on
pourrait mettre de plus dans... que ce qui a été fait.
Mme St-Pierre :
Le Barreau n'a pas fait de recommandation particulière...
Mme St-Pierre :
...ne vous a pas suggéré d'amendement possible.
M. Carmant :
Non. C'était vraiment de dire que... qu'il faut ajouter des ressources.
C'était ça, le concept.
Mme Mathieu
(Jessica) : Bien, simplement mentionner que c'est un pas de plus avec
l'intensité requise, et c'est ce qui est voulu. C'est de dire : C'est bien
d'avoir des services, mais il faut aussi les avoir de façon à ce qui est
approprié à la situation d'un enfant. Un enfant peut avoir besoin de plusieurs
rencontres, pas simplement une, par exemple avec un professionnel.
Donc, l'intensité
requise, c'est ce que ça vient nommer, de dire que... il faut avoir ça à
l'esprit. Mais le reste de l'article, il est important parce que c'est vrai
qu'il faut tenir compte des ressources qui sont disponibles.
Mme St-Pierre :
O.K. Et ça ne vous a pas ébranlé, ce commentaire de... du Barreau du
Québec.
M. Carmant : Bien, je trouvais qu'on
faisait un pas dans ce sens-là, en ajoutant «intensité requise» puis on n'a pas
de possibilité de dire plus dans le texte légal, selon moi, là. Il faut
continuer à investir dans les services à la jeunesse.
Mme St-Pierre :
D'accord. Il y a ici le Regroupement des maisons pour victimes... pour
femmes victimes de violence conjugale qui a dit : «Le regroupement considère
que cette prérogative octroyée aux établissements doit être étendue aux
organismes communautaires à qui les services de protection de la jeunesse
pourraient vouloir confier un mandat.»
Est-ce que c'est quelque chose que vous considérez faire, c'est-à-dire qu'on
considère que cette prérogative octroyée aux établissements va être
étendue aux organismes communautaires?
M. Carmant :
Ce que... La démarche qu'on a faite, puis la députée de Notre-Dame-de-Grâce
le connaît bien, ce programme-là, c'est où on a... Dans le programme de
négligence, par exemple, l'intervention en négligence, on a demandé que des
montants soient réservés pour les organismes communautaires pour que
l'intervention ne soit pas seulement faite par le réseau de la santé, mais également
qu'on puisse permettre aux organismes communautaires de pleinement contribuer à la prévention de la négligence et à
l'intervention en négligence, même en amont de la protection de la
jeunesse.
Mme St-Pierre : Bien, on
mentionne «établissements», mais pas «organismes». C'est quand même...
M. Carmant :
Oui. Peut-être, la juriste.
Mme Mathieu
(Jessica) : ...
Le Président
(M. Provençal)
: Me Mathieu.
Mme Mathieu (Jessica) : ...ici,
on a un
article qui est miroir de la LSSSS. Dans la LSSSS, on prévoit aussi,
là, que les établissements, là, doivent des services adéquats, là, sur
les plans scientifiques, humains et sociaux. Ça, c'est déjà prévu dans la
LSSSS, on le réitère ici. On vise les établissements. C'est ce sur quoi on a
une emprise.
Au niveau des
organismes, ils sont autonomes, là. Tandis qu'au niveau des établissements de
santé on est vraiment, là, ici, dans notre giron, là, donc on ne pouvait pas
aller, là, jusqu'à viser les organismes. Encore là, se pose la question :
Ce serait quoi, les organismes? Parce que là on donne une obligation à ces
organismes-là, mais qu'on n'a pas de lien
avec ces organismes-là. Alors que les établissements, bien, il y a le
financement, il y a tout ça, là, donc ça fait
partie de notre réseau,
Mme St-Pierre :
O.K.
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
va, Mme la députée?
Mme St-Pierre : Pour moi, ça va. Je ne
sais pas si mes collègues ont des commentaires, mais, pour moi, ça va.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a d'autres
interventions concernant... Oui, M. le député de Laurier-Dorion...
article 9.
M. Fontecilla : Merci, M. le Président. Très brièvement, écoutez,
je souligne, avec beaucoup d'enthousiasme, l'inclusion de la notion
d'intensité, là. C'est essentiel. C'est essentiel, là. Ça a été dit et redit
lors de la commission Laurent, là. Ce n'est pas juste d'offrir des
services, mais d'offrir des services avec l'intensité requise. Ce n'est pas
juste une série de 10 rencontres. Des fois, c'est une série de 20,
25 rencontres. Ce n'est pas à chaque trois mois, c'est... c'est à toutes les semaines. Enfin, ça varie selon les cas.
Donc, c'est une avancée très importante. Je salue le ministre pour cela.
Toutefois,
je remarque en même temps qu'on relativise tout de suite après «en tenant
compte des ressources». Évidemment, il faut toujours tenir compte des
ressources, là, mais moi, ça me laisse un... C'est... Comment dire? On fait... On dit : Tu vas avoir les bonbons, mais tu
vas l'avoir la semaine prochaine, si tu as un bon comportement, là. C'est
comme... Il est loin, le bonbon, là.
Donc, voilà,
j'aimerais juste signaler que c'est une avancée, mais qu'en même temps, là,
c'est toujours selon les ressources, et on en met, puis on en met, puis on en
met sur les ressources, hein?
Donc, voilà, c'est un
principe qui est très relativisé, là, par cette formulation-là. Voilà.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Il n'y a pas de
commentaire de la part du ministre, mais... Ah! Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Oui. J'ai juste un commentaire comme ça. On est en pleine... On a... On vit
une pénurie de main-d'oeuvre, là, puis les... tout ce qui est santé et services
sociaux ne fait pas exception à la règle.
Donc, qu'on dit avec
l'intensité requise, évidemment, il va falloir mettre l'épaule à la roue, là,
il va... Et souvent, en mettant l'épaule à la roue, on appelle les organismes
communautaires, justement, à compenser pour ce qu'au niveau des CIUSSS et des
services de santé on ne peut pas donner.
Donc, dans ce
sens-là, le rôle des organismes communautaires devient... était superimportant,
mais il le devient encore plus, et je pense que le programme... négligence,
bon, ça illustre tout ça.
Donc, moi, je me
demande si... Considérant l'importance, là, de plus en plus grande de nos
organismes communautaires qui prennent le relais, souvent, de nos services de
santé sur certaines choses, surtout dans... tu sais, dans ce qui est relations
parents-enfants et accompagnement des parents, si l'idée d'inclure
«organismes»... en plus d'ajouter «établissements», ajouter «organismes»...
parce que l'organisme, bon, est subventionné aussi, reçoit des sommes d'argent.
Je comprends qu'il est autonome, et tout ça, mais il fait
partie de tout
l'appareil, finalement, et de tout le bataclan, justement, pour venir soutenir
l'enfant.
Donc, est-ce que,
dans cette optique-là, on ne pourrait pas inclure le terme «organismes» à
«établissements»? Bien, je regarde madame, mais, je veux dire, ça peut être le
ministre aussi.
M. Carmant :
Vous faites bien.
Mme Mathieu
(Jessica) : Les...
Mme Robitaille :
Surtout le ministre, en fait.
Mme Mathieu
(Jessica) : Les difficultés demeurent, parce que même s'il y a
des subventions aux organismes, c'est vraiment avec les... c'est les
établissements qui ont la responsabilité première d'offrir les services de
santé et les services sociaux. Le DPJ fait
partie
lui-même de l'établissement, donc c'est vraiment avec eux qu'il faut asseoir
cette obligation-là d'offrir ces services-là de qualité, et tout ça. Bien,
c'est sûr que les établissements, souvent, ont des ententes avec des organismes
communautaires. Et c'est via ces ententes-là qu'eux ont la responsabilité de
s'assurer que les services sont adéquats, mais c'est... ce n'est pas l'objectif
premier, là, de cette disposition-là, qui est vraiment d'être le miroir de la LSSSS puis de rappeler l'importance des services
de santé, là, qui doivent être offerts de manière adéquate aux enfants
et aux parents.
Le Président (M. Provençal)
: ...interventions?
Mme St-Pierre : Je
soulignerais, les organismes communautaires jouent un rôle fondamental, mais
ils n'ont pas nécessairement toujours les personnes qui sont formées, ou qui
ont la formation académique, ou qui font
partie d'un ordre professionnel. C'est
un commentaire que je fais qui n'est pas nécessairement relié à l'article, mais
les organismes communautaires devraient, à mon avis, être davantage subventionnés,
avoir davantage de ressources. Et peut-être que le prochain budget va nous
annoncer des bonnes nouvelles, alors je mets ça dans l'oreille et le coeur du
ministre. Je n'aurai pas d'autre commentaire.
Président (M. Provençal)
Ça va. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions concernant l'article 9? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 9 est adopté?
Une voix : Appel nominal...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, Mme la députée. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Carmant (Taillon)?
La Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Secrétaire : Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) : Pour.
La Secrétaire : Mme Proulx
(Côte-du-Sud)?
Mme Proulx (Côte-du-Sud) : Pour.
La Secrétaire : M. Girard
(Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.
La Secrétaire : Mme Robitaille
(Roberval)?
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
La Secrétaire : Mme St-Pierre...
Mme Guillemette : Mme Guillemette,
Roberval.
La Secrétaire : Pardon, je me suis trompée.
Pardon.
La Secrétaire : Pardon. Mme St-Pierre
(Acadie)?
La Secrétaire : Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
La Secrétaire : M. Ouellet
(René-Lévesque)?
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Est-ce vous aviez
interpelé le député de Dubuc?
Président (M. Provençal)
Oui. O.K. Alors, l'article 9
est adopté. M. le ministre, l'article 10, s'il vous plaît.
M. Carmant : Oui.
Merci, M. le Président. À l'article 10 : Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 8, du suivant :
«8.1. L'enfant a le droit de recevoir, aux
conditions prévues à l'article 8, des services d'éducation adéquats d'un
organisme du milieu scolaire.
«Pour l'enfant
confié à un milieu de vie substitut, tout organisme du milieu scolaire doit
s'assurer de la continuité de ces services.»
Donc, le texte proposé se lit comme suit :
«L'enfant et ses parents ont le droit de recevoir des services de santé et des services sociaux adéquats sur les
plans à la fois scientifique, humain et social, avec continuité, [et] de façon
personnalisée, en tenant compte des
dispositions législatives et réglementaires relatives à l'organisation et au
fonctionnement de l'établissement qui
dispense ces services ainsi que des ressources humaines, matérielles et
financières dont il dispose.
«8.1. L'enfant a le droit de recevoir, aux
conditions prévues à l'article 8, des services d'éducation adéquats d'un
organisme du milieu scolaire.
«Pour l'enfant confié à un milieu de vie
substitut, tout organisme du milieu scolaire doit s'assurer de la continuité de
ces services».
Donc, ce
nouvel
article reprend le deuxième alinéa de l'article 8 actuel de la
Loi sur la protection de la jeunesse. En outre, le deuxième alinéa est un...
est une nouveauté pour réaffirmer l'importance de la continuité des services
scolaires pour un enfant confié à un milieu de vie substitut.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Est-ce qu'il y a des
commentaires concernant l'article 10?
Mme St-Pierre : ...substitut,
éclairez-moi, qu'est-ce que c'est, un milieu de vie substitut?
M. Carmant : Ça peut être une
ressource d'hébergement, ça peut être une famille d'accueil.
Mme St-Pierre : Qui peut offrir
des services scolaires, des services de...
M. Carmant : Non,
dans le cas où il est dans un... Par exemple, si on le déménage, il faut
s'assurer qu'il y ait une continuité dans les services éducatifs.
Mme St-Pierre : O.K., je vais...
je vais simplement lire ici le commentaire du conseil public de suivi de la
commission Laurent, juste pour éclairer la commission puis peut-être voir s'il
y a moyen de trouver une façon de les satisfaire.
Alors : «Dans les centres de réadaptation,
l'enfant a droit à l'éducation pour éviter tout retard scolaire. Cependant,
beaucoup d'enfants n'ont pas accès à tous les niveaux d'instruction. La grande
majorité des enfants a donc des retards
scolaires. La loi doit préciser les niveaux d'enseignement afin de s'assurer
que l'enfant ait une qualité d'enseignement comparable à celle qu'il aurait
reçue s'il avait été inscrit dans une école régulière. C'est aussi le devoir
de tout organisme du milieu scolaire de s'assurer de la continuité des services
d'éducation en cas de placement.»
question : Pourquoi ne suivez-vous pas la recommandation du conseil public
de suivi de la commission Laurent?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Bien, peut-être
que je passerai la parole à la directrice nationale.
Mme Lemay (Catherine) : ...
M. Carmant : En attendant, M.
le Président, peut-être que la juriste...
Le Président
(M. Provençal)
: Me
Mathieu.
Mme Mathieu (Jessica) : Oui.
Juste pour être certaine, là, vous mentionnez l'aspect, là, par le biais d'un
organisme du milieu scolaire, des services d'éducation préscolaire prévus à la
loi, le régime pédagogique, c'est de cette recommandation-là que vous faites
référence? Juste pour être certaine...
Mme St-Pierre : Bien, ici,
l'enfant a le droit de recevoir des services d'éducation adéquats d'un
organisme du milieu scolaire.
Mme Mathieu (Jessica) : C'est
Mme St-Pierre : Et leur
commentaire à eux, c'est, bien, ce que j'ai dit tout à l'heure : «Beaucoup
d'enfants n'ont pas accès à tous les milieux... tous les niveaux d'instruction.
La grande majorité des enfants...» Moi, là, je suis très inquiète, mais peut-être que vous allez me rassurer. «La grande
majorité des enfants a, donc, des retards scolaires. La loi doit
préciser les niveaux d'enseignement afin de s'assurer que l'enfant ait une
qualité d'enseignement comparable à celle qu'il aurait reçue s'il avait été
inscrit dans une école régulière.»
Mme Mathieu (Jessica) : O.K.
Parfait.
Mme St-Pierre : Ça,
ça veut dire qu'un enfant qui est placé, un enfant de la DPJ qui est placé,
moi, c'est un peu surprenant, là, dans mes oreilles, là, n'aurait pas,
au Québec, les mêmes garanties d'avoir une qualité d'enseignement comparable à
celle qu'il aurait reçue s'il avait été inscrit dans une école régulière.
Mme Mathieu (Jessica) : Parfait.
Donc, je voulais être certaine, là, je vous ai bien comprise. Donc, juste pour
vous expliquer l'article 8.1, là, tel qu'il est proposé. Quand on parle
d'un organisme du milieu scolaire, on n'a pas besoin de mentionner tous les
niveaux, là, que ce soit primaire, secondaire ou collégial, tel qu'il est
indiqué, là, dans la recommandation, parce que c'est déjà défini à l'article 1
de la
Loi sur la protection de la jeunesse, qu'est-ce qu'on entend par
«organisme du milieu scolaire». Donc, ça, c'est le premier point, pour
clarifier où on n'a pas besoin d'aller dans ce détail-là.
L'autre élément, le deuxième alinéa qu'on
ajoute, c'est pour venir, justement, éviter ça, en disant que... surtout dans les milieux de vie substitut, c'est
là que ça a été repéré, là, que c'était, des fois, plus difficile, le suivi
scolaire, donc on doit s'assurer de la continuité des services. Donc, ça
vise à éviter l'écueil dont vous faites mention.
Puis j'attire votre attention aussi sur d'autres
dispositions de la loi qui existent actuellement. 37.8, qui prévoit des
ententes avec les milieux scolaires pour, justement, s'assurer de cette
continuité-là.
Donc, c'est peut-être le portrait que je peux
vous faire, là, de l'explication de la disposition, là, par rapport à la
recommandation du comité de suivi Laurent, là.
Mme St-Pierre : Bien, en termes
de course automobile, je pense qu'il y a un drapeau jaune qui est levé par le
conseil public. Puis ce n'est pas n'importe qui, le conseil public de suivi de
la commission Laurent