House Proceedings — 30 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
2022-03-30
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors,
bon mercredi à vous tous et toutes. Vous pouvez prendre place.
nous allons débuter une autre séance avec la rubrique des déclarations de
députés. Et la première déclaration sera celle de M. le député de
Chauveau.
M. Lévesque (Chauveau) : « Kwe»,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, je désire souligner l'arrivée du chef exécutif
Marc de Passorio au restaurant
La Traite, situé dans l'Hôtel-musée Premières Nations, à Wendake. Et il
est présent parmi nous aujourd'hui.
Sa passion pour la
cuisine est née sous le soleil de la Corse, dans la maison de ses
grands-parents. C'est dans cette île en province que s'est éveillé son amour
pour les produits naturels, les goûts et les odeurs qu'il a soigneusement explorés. Cumulant près de 40 ans
d'expérience. M. de Passorio est étoilé deux fois au guide Michelin
et il s'est vu décerner par le guide gastronomique Gault & Millau
trois toques ainsi qu'une palme d'or.
Pour
ce chef étoilé qui se plaît à dire que les produits parlent d'eux-mêmes, le
restaurant La Traite est l'endroit tout désigné. Entouré de tous
les employés du restaurant et de l'hôtel, il fera rayonner la cuisine du
terroir autochtone.
M. de Passorio,
«yändeia inenh»! Ce qui veut dire : Bravo! J'invite tous les citoyens de
Québec et du Québec à découvrir la merveilleuse table de La Traite,
Mme la Présidente. «Tiawenhk».
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie. Et nous vous souhaitons la bienvenue à l'Assemblée
nationale.
Pour la prochaine
déclaration, je cède la parole à Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, Mme la Présidente. Alors, je veux
souligner l'ouverture de la septième édition du Festi-Cirque, le seul festival scolaire mettant en vedette les
arts circassiens au Québec et qui se tient chez nous, dans le comté de
Vaudreuil. Dès le 31 mars, le
grand public pourra découvrir les prestations de plus de 800 élèves du
primaire et du secondaire provenant de 11 écoles de la région, dont
neuf sont de ma circonscription.
Je tiens à souligner
que les arts du cirque font
partie de l'ADN de nos écoles depuis 23 ans. Bien
plus que des acrobaties ou de la jonglerie,
la pratique du cirque apporte beaucoup aux étudiants. Cet art revêt une
expérience enrichissante pour nos jeunes et surtout contribue à la
persévérance scolaire.
Évidemment,
tout cela ne serait pas possible sans le dévouement des enseignants, des
équipes-écoles et des parents. J'en profite pour les remercier de faire
vivre une telle expérience à nos enfants.
artistes qui monteront sur scène, je vous félicite pour vos performances, qui
seront, comme à chaque année, extraordinaires.
Bon festival de
cirque, bon Festi-Cirque à tous!
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, Mme la députée de Vaudreuil. Et je reconnais maintenant
M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux :
Mme la Présidente, le Service de police de Saint-Jean-sur-Richelieu est à
la recherche d'une ressource supplémentaire spécialisée en travail social pour
aider les policiers à lutter contre la violence conjugale. Non, je ne vous fais
pas la lecture des petites annonces, mais tant mieux si ça peut aider à trouver
la perle rare.
je vous en parle, c'est parce que la vice-première ministre et ministre de la
Sécurité publique était dans mon comté, vendredi, entre autres pour confirmer
le financement d'un quart de million de dollars au Service de police de
Saint-Jean-sur-Richelieu pour l'ajout d'une ressource dédiée aux victimes de
violence conjugale.
C'est d'autant plus
une bonne nouvelle que, le jour même, le ministre de la Justice annonçait le
premier tribunal spécialisé pour les
victimes de violence sexuelle et conjugale dans la région de Valleyfield, qui
finira par s'étendre à tout le
Québec, tout comme le déploiement, bientôt, des bracelets antirapprochement, ce
qui me rend fier et qui me fait penser et dire qu'on va y arriver, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, M. le député de Saint-Jean. Et je cède maintenant la
parole à M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais rendre hommage à deux
citoyens de ma circonscription.
Depuis
plus de 30 ans, Mme Huguette Labelle-Langlois et M. Louis
Langlois offrent bénévolement des soins, du confort et des ressources
aux résidents de Saint-Pierre. À la fin janvier 2022, Huguette et Louis ont
décidé de prendre leur retraite de l'organisme Société de Saint-Vincent-de-Paul
de Montréal pour le quartier Saint-Pierre. Cet organisme favorise l'intégration
à la communauté des personnes par l'aide alimentaire, les programmes de
persévérance scolaire, l'insertion sociale
et l'accès aux biens de première nécessité. Huguette et Louis ont accompagné
plusieurs familles et citoyens dans
leur quotidien. Ils sont qualifiés par les communautés de véritables anges
gardiens. Il n'y aurait jamais assez de mots pour décrire l'engagement
extraordinaire dont fait preuve ce duo formidable.
tiens à vous remercier, encore une fois, pour votre implication, votre bonté et
toutes ces années consacrées aux personnes de la communauté. Huguette et
Louis, bonne retraite à vous! Merci.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, M. le député de Marquette. Et maintenant au tour de Mme
la députée de Huntingdon de nous faire sa déclaration.
IsaBelle : Merci. Et bonjour, Mme la Présidente.
Originaire
des États-Unis, Elizabeth Jock rencontre à 17 ans le Québécois
Gilles Riel. Ensemble, ils vivent le parfait bonheur pendant plus
de 60 ans.
Mais
Elizabeth — que
nous surnommons Betty — en
2005, met sur pied la Fondation Betty Riel avec le soutien du notaire Claude Pilon. Toutes les occasions sont
favorables pour amasser des fonds : des encans, des ventes de tricot, de
pâtisseries. Bref, d'année en année, la
fondation redonne des milliers de dollars permettant de défrayer les frais de
transport des malades afin qu'ils
puissent recevoir leurs traitements médicaux dans les hôpitaux de Montréal.
Pour mieux coordonner les
déplacements, la fondation s'est associée à l'organisme réputé, de chez nous,
le Service d'accompagnement bénévole et communautaire, le SABEC.
Connue dans notre
région pour son insatiable dévouement, nous vous disons merci, Mme Betty!
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, Mme la députée de Huntingdon. Et je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : Mme la Présidente, je
l'ai répété à maintes reprises, les petites et moyennes entreprises sont
le véritable poumon économique des régions, et c'est aussi le cas dans le comté
de Gaspé.
Pour
mettre sur pied et faire croître une entreprise, il faut des gens passionnés,
créatifs et déterminés. C'est, entre autres,
ce qui caractérise Mmes Anna Kim Fournier, Émilie Leblanc Bourque et Sarah
L'Italien, trois jeunes entrepreneures de
ma circonscription qui se sont vu remettre chacune une bourse d'honneur de
25 000 $ par le ministère de l'Économie et de l'Innovation. Leurs projets ont été retenus parmi
les 269 dossiers déposés, ce qui prouve leur qualité mais aussi
l'importance et la place de plus en
plus grande que prennent les femmes dans le monde des affaires. De son côté,
M. Clément Vallée a, quant à
lui, reçu un prix Coup de coeur pour son caractère humain, l'originalité de son
projet et ses retombées dans le milieu.
Je tiens à les féliciter chaleureusement pour
l'obtention de cette bourse, pour leur audace et leur détermination. Notre
région a la chance de pouvoir compter sur une relève entrepreneuriale
inspirante qui contribue au développement de notre
milieu. Je souhaite à ces quatre jeunes entrepreneurs du succès et du plaisir
dans la réalisation de leurs projets respectifs. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, Mme la députée de Gaspé. Et je cède la parole à M. le député de
Maskinongé.
M. Allaire : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, avec fierté, je veux rendre hommage à une entreprise
de Louiseville, Les Jardins André-Carbonneau, qui fête son
50e anniversaire.
L'entreprise fut fondée en 1972 par Alexandre
Carbonneau, un homme passionné d'horticulture. Il a d'ailleurs quitté son emploi dans le secteur du textile pour
se consacrer à sa principale passion. M. Carbonneau père était non
seulement un homme passionné par la
terre, mais également un homme rempli de belles valeurs et des valeurs
familiales. C'est donc accompagné de
sa femme Marie-Jeanne et son frère Bruno qu'il a travaillé sans relâche et a
osé prendre des risques pour fonder son entreprise d'horticulture.
Il a transmis
sa passion à son fils André, qui a poursuivi ses études en horticulture et en
marketing. Il est aujourd'hui propriétaire
de l'entreprise et il continue de la faire si bien rayonner. André Carbonneau
est d'ailleurs décrit comme un homme présent dans son milieu et très
impliqué.
Bon 50e aux
Jardins André-Carbonneau! Bon 50e à toi, André, et surtout bon 50e à ta fidèle
complice, Mireille! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, M. le député de
Maskinongé. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Taschereau.
Mme Dorion : Merci Mme la
Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais remercier tous les citoyens de Taschereau qui, à l'heure de pointe, le matin et
l'après-midi, s'entassent dans des autobus du RTC, qui sont «jam-packed» dans
l'autobus, d'épaule à épaule, de sac
à dos à sac à dos, avec leurs enfants. Je voudrais remercier tous ceux qui
laissent leur place assise à une dame âgée, à un monsieur qui a de la
misère à marcher.
On fait un
grand geste en faisant ça. Même si le gouvernement provincial traîne de la
patte à financer des projets qui vont mieux servir les citoyens qui prennent
les transports en commun, les citoyens qui continuent de les prendre
libèrent les routes, font en sorte que notre ville est plus agréable à vivre. Et
je voudrais les remercier du fond du coeur, aujourd'hui,
et rappeler à tout le monde qu'une voie de tramway transporte autant de
personnes que huit voies d'autoroute. Alors, à tous ceux qui prennent le transport en commun à l'heure de
pointe, matin et soir, merci du fond du coeur de la part de tous les
citoyens du centre-ville.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Taschereau. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Labelle.
Mme Jeannotte : Merci, Mme la
Présidente. Le 20 mars dernier, l'émotion était palpable, à l'église
Saint-Rémi-d'Amherst, lors de la première
projection publique du documentaire L'affaire silicose — L'histoire d'une injustice .
C'est
qu'entre 1935 et 1947 des dizaines de mineurs de Saint-Rémi-d'Amherst sont
décédés des suites de la silicose, une
maladie pulmonaire induite par les poussières de la mine locale. De nombreuses
épouses devenues veuves prématurément et
des familles tout entières se sont retrouvées sans ressources du jour au
lendemain et ont été confrontées à des conditions de vie extrêmement
précaires.
Dans ce
documentaire, le cinéaste Bruno Carrière raconte le drame vécu par cette
communauté et retrace l'histoire de ce drame industriel national.
Je veux donc rendre hommage à la communauté de
Saint-Rémi-d'Amherst, une communauté courageuse et résiliente, qui s'est mobilisée sous le leadership du maire Jean-Guy
Galipeau pour que cette page d'histoire trop peu connue ne soit jamais
oubliée.
Je tiens à féliciter M. Carrière et tous
ceux et celles qui ont participé à ce documentaire. Et j'invite toute la
population à aller le voir. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Labelle. Et maintenant, pour clore cette rubrique de
déclarations de députés, je cède la parole à M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci,
Mme la Présidente. Ils sont quelque 20 000 Sénégalaises et Sénégalais,
au Canada. Ils et elles contribuent à
notre système de santé, au développement économique, au développement social et
communautaire et à la vitalité culturelle de notre société. Ils sont
quelque 20 000, mais, à la vérité, ils sont bien plus, tant que l'apport
et la contribution du Sénégal est immense, à notre patrimoine universel.
Célébré
depuis 2013, le Mois du Sénégal est une occasion de souligner la participation
et la contribution active des membres
de cette communauté à travers des activités mettant en valeur la famille, les
arts, la culture et la Téranga sénégalaise.
Cette année,
du 2 au 29 mai, se tiendra la neuvième édition du Mois du Sénégal, une
invitation à découvrir ce grand pays, son peuple et nos concitoyennes et
concitoyens québécoises et québécois d'origine sénégalaise. (S'exprime dans une langue étrangère). Bon
Mois du Sénégal!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Viau. Alors, ceci met fin à la rubrique des déclarations de
députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Le Président : Mmes et MM. les
députés, bon mercredi. Prenons quelques secondes pour nous recueillir.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Mmes, MM. les
députés, avant de poursuivre les affaires courantes, j'ai le plaisir de
souligner la présence dans nos tribunes de trois collègues, anciens
parlementaires, d'abord Mme France Dionne, qui a été députée de
Kamouraska-Témiscouata,
M. Normand Jutras, député de Drummond, et M. Christian Lévesque, qui
a été député de Lévis. Bienvenue, madame et messieurs.
Et c'est aujourd'hui également que le lieutenant
Luc Martel prendra sa retraite, après 33 ans de loyaux services au sein de la Sûreté du Québec, dont 11 ans
et demi assigné à la sécurité de l'Assemblée nationale, plus particulièrement
aux tribunes du salon bleu. Vous l'avez
probablement vu à plusieurs reprises. Je souhaite le remercier et lui témoigner
notre reconnaissance pour son service
et son engagement. Je souhaite donc offrir au lieutenant Martel, en mon nom et
au nom des parlementaires, mes voeux de bonne retraite, M. Martel.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique
Dépôt de documents, Mme la ministre responsable de l'Administration
gouvernementale et présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Merci, M. le
Président. Je dépose la révision de l'hiver 2022 du plan stratégique 2019‑2023
du Secrétariat du Conseil du trésor. Merci.
Le Président : Merci. Ce document
est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui,
M. le Président. Je dépose la réponse du gouvernement à la question inscrite au
feuilleton le 8 février 2022 par le député de Jean-Lesage. Merci.
Le Président : Ce document est
également déposé.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. M. le Président, en 2018, le gouvernement de la CAQ
s'engageait à faire en sorte que chaque
Québécois puisse avoir accès à un médecin de famille. Quatre ans plus tard,
tous les voyants sont au rouge, mais particulièrement, particulièrement celui
du médecin de famille. 1 million de personnes sont en attente.
Et hier j'étais
vraiment surprise d'entendre le ministre nous dire, et je vais le citer, que
les Québécois n'ont pas nécessairement besoin d'un médecin. Pourtant, M. le
Président, je parle avec beaucoup de personnes, et je pense particulièrement à Françoise, qui a 68 ans,
qui... après 20 ans d'avoir une relation avec son médecin de famille, il a
pris sa retraite, et elle, elle se demande comment est-ce qu'elle va être
capable d'assurer sa propre santé, parce qu'elle n'a pas accès à un médecin de famille. Je pense à Sylvie,
qui est une personne avec une maladie chronique, qui est obligée de passer
d'un endroit à l'autre pour changer ses
ordonnances, pour réussir à avoir un service digne de ce nom. 1 million de
Québécois qui n'ont pas d'accès à un médecin de famille.
question que j'ai pour le ministre : Qu'est-ce qu'il répond à toutes ces
personnes qui veulent un médecin de famille?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je pense
que le Parti libéral connaît ça, des voyants au rouge. Alors, je dirais, en
réponse, sérieusement, M. le Président, que
je pense que la différence, avec nous, M. le Président, c'est qu'on a écouté
les Québécois, particulièrement durant
la pandémie, et le plan que nous avons déposé hier était en ligne avec ce que
les Québécois veulent.
Je comprends qu'il y
a des changements de principe et d'approche que la pandémie nous a appris. Et
ce que les Québécois nous ont dit, M. le
Président, c'est qu'ils veulent être servis dans un temps rapide. Et les
discussions que nous avons eues avec
les différentes fédérations de médecins, avec les infirmières, M. le Président,
nous disent clairement qu'il faut
changer d'approche, qu'il faut changer d'approche, avoir une approche plus
ciblée avec le bon professionnel de la santé.
Je le répète, toutes
les actions que nous avons en cours, en ce moment, M. le Président, nous
permettent de répondre aux besoins des Québécois. Alors, on va le voir,
j'espère qu'on aura la collaboration de l'opposition dans le p.l. n° 11, qui s'en vient bientôt, j'espère. Alors, à ce
moment-là, on pourra livrer un autre de nos engagements. Merci.
Président : Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition
officielle.
Mme Anglade : M. le Président, on peut
dire ce qu'on veut, mais, entre 2014 et 2018, c'est 1,2 million de
Québécois en plus qui ont eu accès à un médecin de famille. Aujourd'hui,
depuis 2018, il y avait 400 000 personnes qui attendaient sur une
liste d'attente, et, malgré, malgré ce à quoi ils s'étaient engagés, c'est
1 million de Québécois qui attendent.
Est-ce que
j'entends bien le ministre, qui leur dit, présentement : Vous n'aurez pas
de médecin de famille, c'est fini, on renie notre promesse? C'est bien
ça que j'ai entendu?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
M. le Président, vous savez, j'aime ça, des tableaux, et ça fait longtemps
que je n'ai pas montré des tableaux. Alors,
écoutez, dans le plan qu'on a déposé hier, il y a une mesure qui est très claire,
qui est une priorité, qui s'appelle l'accessibilité. Puis il y a un des
quotidiens qu'on lit très souvent qui est allé chercher les principaux
engagements que... pris dans le plan par rapport à
l'accessibilité : le p.l. n° 11 avec le bon
professionnel, le GAP avec un accès à un professionnel
de la santé dans un délai raisonnable, la rémunération mixte des médecins,
25 urgences où on est en train de placer
un centre de commandement, puis une modernisation de ce qu'on appelle le
préhospitalier. M. le Président, on est en action pour livrer un réseau
de santé que les Québécois ont besoin.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition
officielle.
Mme Anglade : M. le Président,
j'aimerais rappeler au ministre qu'un tableau, c'est supposé être didactique, c'est-à-dire qu'on comprenne quelque chose. Je
pense que les Québécois, en lisant le tableau, ils n'ont pas compris grand-chose, M. le
Président. Mais par contre il y en a 1 million d'entre eux, il y en a
1 million d'entre eux qui cherchent à avoir un médecin de famille, 1 million.
Aujourd'hui,
est-ce que le ministre peut reconnaître que le fait de ne pas avoir accès à un
médecin de famille, ça a un impact
négatif sur les hospitalisations et sur la santé globale de l'ensemble de la
population? Est-ce qu'il peut au moins le reconnaître?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
M. le Président, hier matin, au
CHUM, lorsqu'on a fait la présentation du plan de santé, il y avait au moins
80 acteurs qui ont représenté l'essentiel des gens qui oeuvrent dans le
réseau de santé, je pense qu'ils ont très bien compris, M. le Président, les objectifs, la vision qu'on a du plan de
santé. Je pense que tout le monde l'a très bien compris.
Je comprends que, des
fois, on est dans l'opposition puis on peut s'opposer pour s'opposer, mais je
pense...
M. Dubé : ...je pense, M. le Président, je pense, M. le
Président, que l'essentiel des personnes qui étaient là hier sont derrière
nous. Elles savent qu'on doit poser des gestes audacieux au cours des prochains
mois, des prochaines années.
Président : En terminant.
M. Dubé :
Et moi, j'ai senti une mobilisation des acteurs du secteur.
Président : Troisième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition
officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, le taux d'inscription aux médecins de famille, là,
aujourd'hui, au Québec, est à son plus bas
depuis quatre ans, et on a un ministre de la Santé qui dit au million de
Québécois qui n'a pas d'accès à un médecin de famille : Ce n'est
pas grave, on va mobiliser, on va se concerter, on va coordonner.
Mais
j'avais une question pour lui, hier, à laquelle il n'a pas répondu, et je vais
la lui reposer : Quel est le pourcentage de Québécois qui vont
pouvoir avoir accès à un médecin de famille avec son plan?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Bien, écoutez, M. le Président,
je le répète, on est en train de travailler sur p.l. n° 11.
Lorsqu'on pourra le ramener à l'agenda du groupe parlementaire pour la
santé, on va discuter, justement, de la prise en charge par le bon
professionnel. Et, je le rappelle, le député de Nelligan était d'accord avec
cette approche-là.
Alors,
on va prendre des engagements en fonction du projet de loi qui sera déposé,
qui, j'espère, sera voté le plus rapidement possible pour que l'on puisse
donner, M. le Président, aux Québécois accès à un professionnel de la santé
dans un délai raisonnable. C'est ça,
l'engagement, puis c'est ça, être capable de tenir compte des circonstances qui
ont été modifiées par la pandémie...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...et ce que nous allons faire, M. le Président. Merci.
Président : Question principale, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
M. le Président, parlons des partenaires. Le syndicat du réseau de la santé
et des services sociaux affirmait hier craindre que ce plan ne soit qu'un vaste
exercice de relations publiques en vue des prochaines élections. Parlons de la fédération où la candidate caquiste
sur la Rive-Sud de Montréal est membre. Elle affirmait : «Pas de
refondation sans concertation.»
ministre vient de nous dire qu'il a besoin du projet de loi n° 11 pour faire avancer la première ligne. Je tiens à lui rappeler
que le GAP, qui faisait
partie de son annonce hier, n'a pas besoin du projet de
loi n° 11 pour être en application.
tiens aussi à lui rappeler de prendre un café avec son leader pour appeler très
rapidement le projet de loi n° 11 et l'étudier en commission parlementaire. C'est un
choix que vous devez faire, M. le Président. C'est un choix que les caquistes doivent
faire.
vont prioriser quoi? L'aide médicale à mourir? La réforme de la DPJ? L'accès à
la première ligne? L'accès aux données? M.
le Président, c'est la preuve parfaite d'un gouvernement brouillon qui ne sait
pas par où commencer pour régler la première ligne.
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux. Vous êtes le seul à avoir la parole. Votre
attention, à toutes et à tous.
M. Dubé :
On va rester calmes, M. le
Président. Moi, je suis très content pour le député de Nelligan. Il a eu une
belle semaine avec l'obtention de son
doctorat, je suis très content pour lui. Je tiens à le féliciter publiquement.
Bravo! Belle étape, M. le Président.
Maintenant, restons
calmes. La question de l'agenda...
M. Dubé :
Non, mais, M. le Président, M. le Président, ça doit être l'âge, j'entends des
voix, là. Excusez-moi, M. le Président, excusez-moi...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Dubé : M. le Président, M. le Président, je vais laisser
au leader l'agenda législatif. Mais, puisque le député le soulève, j'espère qu'on aura la collaboration des
oppositions, au cours des prochaines semaines, pour passer les projets de loi
qui sont importants pour le plan de la santé. C'est tout ce que j'ai à dire, M.
le Président. Merci.
Président : Première complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : M. le Président,
aujourd'hui, les Québécois qui nous suivent ont la certitude et la confirmation
que ce gouvernement a brisé sa promesse. C'est ça, les faits,
aujourd'hui. Les faits sont clairs. Ils ont eu 400 000, ils l'ont échappé pendant quatre ans, ils sont à
1 million, maintenant, en attente d'un médecin de famille. Ils essaient de
trouver une porte de sortie.
le Président, je veux bien collaborer pour améliorer la première ligne, mais il
faut qu'il nous démontre comment il veut régler l'accès à la première
ligne.
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Mais, écoutez, M. le Président,
je vais le dire autrement, avec les Québécois qui nous suivent, je pense
qu'il y a pas mal de monde qui est d'accord
avec le plan de santé puis qu'ils reconnaissent que ce que les Québécois ont
vu, ont vécu durant la pandémie peut justifier de faire les ajustements
que l'on fait présentement, M. le Président.
écoute les gens qui sont dans le réseau de la santé, et ils nous disent :
Ça nous prend un professionnel de la santé, et pas nécessairement un médecin.
Le premier groupe qui le reconnaît, c'est la Fédération des médecins, ils sont
d'accord avec ça. On est en train de
s'ajuster pour répondre aux besoins non seulement des patients, mais des
professionnels de la santé.
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
Alors, je demanderais au nouveau docteur de s'ajuster aussi à la demande, M. le
Président.
Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : M. le Président, ce qu'il
vient d'annoncer hier, c'est normal que les médecins sont d'accord, ils n'ont
aucune obligation de prendre des nouveaux patients. Au fait, il change les
règles.
le Président, c'est très clair, aujourd'hui... Je pense à Gérard, dans le comté
de Pontiac, avec qui j'ai parlé. Lui, il
veut savoir comment le ministre va régler son accès pour avoir un médecin de
famille, parce qu'il souffre de trois maladies chroniques. La question est très simple : Est-ce que, d'ici la
prochaine élection, le ministre s'engage à régler la liste d'attente de
1 million? Et c'est quoi, son chiffre?
Le Président : M. le ministre de la
Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
M. le Président, j'ai été très
clair, puis je vais continuer de marteler le même message, il y a deux éléments
pour répondre aux besoins des patients. On a
annoncé ce qu'on allait faire avec le guichet d'accès à la première ligne, le
GAP, et ça va nous aider énormément, au cours des prochains mois, à donner à
plusieurs Québécois accès à un service professionnel.
C'est la première chose. La deuxième chose, le projet de loi n° 11 va nous permettre d'avoir accès aux agendas des médecins, au cours des prochains mois, pour être
capables de faciliter l'accès, encore une fois, aux médecins de famille
ou à un GMF durant cette période. M. le Président, c'est un plan qui est très
clair.
Président : En terminant.
M. Dubé :
On est en train de s'entendre
avec les fédérations. On va continuer notre travail. Merci, M. le Président.
Président : Question principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président,
5 060 aînés sont décédés en CHSLD durant les deux premières vagues.
5 060 familles qui sont encore en deuil, qui cherchent
toujours des réponses.
À une question, il y
a eu deux réponses complètement différentes. À la question : Est-ce que la
ministre savait ce qui se passait dans les
CHSLD?, il y a une version pour le livre et une autre pour la coroner. Sous
serment, devant la coroner, les CHSLD
n'étaient pas sous le radar, et, dans le livre, elle hurle pour faire arrêter
les transferts vers les CHSLD. Alors,
ou bien elle savait, hurlait — et, dans le fond, qu'est-ce que ça a donné? — ou bien elle ne savait rien alors qu'elle
venait elle-même tout juste de finir une tournée de 103 CHSLD.
Rappelons-nous,
M. le Président, qu'elle a déjà dit, en entrevue, sur son retour en
politique : «...j'avais demandé [au premier ministre] d'avoir la
responsabilité des CHSLD[...]. Je voulais faire une différence.»
Rappelons-nous
qu'aujourd'hui 5 060 familles cherchent la différence, n'ont toujours
pas droit à toutes les réponses, mais qu'ils ont droit à des
contradictions de plus.
Président : Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches
aidants.
Mme Blais (Prévost) : Alors,
M. le Président, comme je vous le disais hier, le témoignage que j'ai fait
devant la coroner, c'était en mon âme
et conscience. Je suis sortie d'un congé de maladie pour aller témoigner parce
que je le devais aux aînés, aux familles et aussi à la coroner. J'ai
répondu à toutes ses questions. Et, si la coroner me reposait les mêmes
questions, je reposerais la même chose.
Maintenant,
j'ai raconté qu'au début... Je vous ai dit ça, hier, qu'au tout début les yeux
étaient rivés vers l'Europe. Il y avait plusieurs malades atteints du
coronavirus dans les hôpitaux, entre autres en Italie, et les experts nous ont
dit : Vous devez préparer des lits, et
c'est ce que nous avons fait. Bon an, mal an, il y a des aînés qui se
retrouvent dans les hôpitaux, qui ont été soignés, et leur place, c'est dans
les CHSLD, étant donné qu'on ne voulait pas que ces gens attrapent le
virus. Ça a été le choix, c'est correct.
Maintenant,
au mois d'avril, il y a une directive qui stipulait qu'on ne devait plus
déplacer les aînés en CHSLD. Alors, c'est là où je me suis opposée.
Président : En terminant.
Mme Blais
(Prévost) : Je suis responsable des aînés et je les défends, M. le
Président.
Président : Première complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, quand
l'ex-ministre de la Santé lui a dit qu'elle allait arrêter le transfert des
patients des hôpitaux vers les CHSLD, la ministre des Aînés a pris ça
pour acquis. Quand le sous-ministre lui a dit qu'il était habitué de gérer des
éclosions dans les CHSLD, elle l'a cru. Quand le bureau du premier ministre lui
a dit d'arrêter de répéter, elle s'est tue.
M. le Président, si
personne ne l'écoute et qu'elle accepte ce que tout le monde lui dit, à quoi
elle sert?
Président : M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, écoutez, je ne sais pas l'objectif de la question de la
députée de Fabre. Honnêtement, on est dans une situation...
Président : ...la question de règlement, s'il vous plaît, on va
aller... Vous êtes sur le fond. Moi, je vais vous demander d'aller rapidement
sur la question de règlement, histoire de faire en sorte qu'on poursuive.
M. Jolin-Barrette :
...le fond.
Président : Non, bien, ne soyez pas sur le fond. Je veux une question
de règlement.
M. Jolin-Barrette :
Bien, écoutez, M. le Président, on a quelqu'un qui est revenu en politique
pour travailler pour les aînés...
Président : Non, je comprends, on est à l'étape de la question de
règlement.
Président : Pardon? Ah! vous êtes en réponse? Bien, à un moment donné,
tout se confond. M. le leader du gouvernement est sur la réponse.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, la façon dont pose la députée de Fabre ses questions...
Honnêtement, dans cette Chambre, on doit se respecter. Et on est dans une
situation où la ministre est revenue en politique, justement. Est-ce que la
députée de Fabre met en doute la volonté, la légitimité et surtout tout le
travail...
Président : Question de règlement, M. le leader de l'opposition
officielle?
M. Fortin : Non, non, mais, question de règlement, là, lui ne peut pas
remettre en doute la parole, la bonne volonté, la bonne foi de la députée de
Fabre, qui demande simplement à quoi sert la ministre responsable des Aînés.
Président : Et je demande... Et la réponse est donnée par le leader du
gouvernement, à qui... Il vous reste, M. le leader du gouvernement,
10 secondes, si vous voulez poursuivre en réponse.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, les questions ne peuvent être formulées de manière à susciter
un débat.
Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, c'est exactement ce que fait la députée.
Président : Question, Mme la députée de Fabre. Votre complémentaire.
Mme Sauvé :
Le livre 5060 , la préface de Paul Arcand : «Toutefois, le
fait que plus de 5 000 aînés québécois aient été emportés par la
COVID-19, dont plusieurs sont morts affamés, déshydratés, souillés et
abandonnés, c'est une tragédie et nous
devrions avoir honte. Pourtant, le gouvernement du Québec [...] refuse de créer
une commission d'enquête publique pour faire la lumière sur ce drame. Il
l'aurait fait dans n'importe quelles autres circonstances aussi sordides.»
Merci, M. le Président.
Président : Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches
aidants.
Mme Blais (Prévost) : M.
le Président, on a reconnu que ça avait été tragique, dans les CHSLD. Que fait
la ministre des Aînés? Elle développe
des maisons des aînés. Il y en a 34, actuellement, 2 600 places. Elle
a levé le moratoire de 30 ans sur
les CHSLD privés conventionnés. Une
loi sur les proches aidants. Une politique
sur les proches aidants. Une politique d'hébergement,
de soins et de services de longue durée. Une nouvelle mouture pour la loi
contre la maltraitance. Je pense que je fais mon travail.
Le Président :
Non. S'il vous plaît! S'il vous
plaît! Je pense que vous... Comprenez-vous la règle de ne pas réagir aux
réponses? Je pense que vous l'avez demandé, c'est ce qu'on applique, je vous
demande de le faire également, s'il vous plaît.
Question principale,
M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau : M. le Président, hier, la
CAQ a présenté son programme électoral en santé en disant que c'était un grand
virage vers les soins à domicile, un virage massif. C'est, au contraire, une
autre demi-mesure de la CAQ. Quelle est
leur grande initiative? Eh bien, c'est commander un nouveau rapport à la Commissaire à la santé et au bien-être. Pire, quand on regarde le budget de la semaine
dernière, il y a deux fois plus de sommes qui sont allouées aux maisons des
aînés, à 1 million de dollars la porte, plutôt que dans les soins à
domicile.
le Président, à la CAQ, les bottines ne suivent pas les babines. Comment
prétendre à un virage massif quand, les
soins à domicile, on n'y met pas les sommes nécessaires et quand la principale
action, c'est de demander un 18e rapport en 20 ans sur les bienfaits
des soins à domicile? Comment prétendre à un virage massif quand on met le
double du budget dans le béton plutôt
que dans les soins et dans le personnel pour s'occuper des aînés à domicile,
quand on met 785 millions de dollars sur cinq ans, alors qu'il en
faudrait 2,7 milliards de dollars?
le Président, comment la CAQ peut-elle nous dire que les soins à domicile,
c'est une priorité, alors que les faits démontrent le contraire?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, tout de
suite après la session de période de questions, on aura la chance de discuter,
chacun des partis, le budget de mon collègue le ministre des Finances. Je pense
que... Et je demanderais au député des Îles-de-la-Madeleine de prendre un petit
peu de recul par rapport aux sommes qui ont été effectivement investies par notre gouvernement en soins à domicile au cours
des trois dernières années. On est rendus, M. le Président... On a commencé,
on avait... On s'était engagés à mettre
800 millions de plus durant notre période, puis on est rendus à
1,8 milliard. Et ça, c'est sans compter le dernier budget que le
ministre a déposé.
Alors,
je pense que, contrairement à ce qui avait été fait dans les années
antérieures, on a justement... je vais prendre votre expression, nos bottines ont suivi les babines, du côté de la
santé, des soins à domicile, et même on dit qu'on va aller plus loin.
Alors, je pense que je voudrais... Puis on pourra le préciser un petit peu plus
tard.
Maintenant, pour la
question du mandat qui a été donné à Mme Savoie, c'est exactement ce qu'on
a fait lors de la première...
Président : En terminant.
M. Dubé :
Je pourrai y revenir, M. le Président.
Président : Première complémentaire, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : Merci, M. le Président.
M. le Président, si le gouvernement de la CAQ avait voulu vraiment amorcer,
amorcer un véritable virage vers les soins à
domicile, il l'aurait fait depuis longtemps. Dans les faits, ils ont préféré
investir dans le béton. Pourtant, tous les experts, toutes
les études le démontrent : le modèle actuel, il ne fonctionne plus, il
n'est plus viable. Mais la CAQ va faire en sorte qu'on va se diriger
vers un mur.
Pourquoi s'entêter à
ne pas amorcer le véritable virage que nos aînés...
Président : Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches
aidants.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, on fait le virage des soins à domicile,
avec le budget du ministre des Finances. En
quatre ans, jusqu'en 2026, depuis notre arrivée, c'est
3 milliards de dollars d'investis dans les soins à domicile. Ce qu'on a fait, qui n'avait jamais été fait, on a
cadenassé les soins à domicile. On a également un tableau de bord où on
suit à toutes les semaines les sommes qui sont investies.
Maintenant,
on a demandé à la Commissaire à la
santé et au bien-être de faire un
travail pour être en mesure d'améliorer notre performance au niveau de la façon dont on fait les soins à
domicile. On les fait, on va les suivre, mais on veut encore les faire
mieux.
Président : En terminant.
Mme Blais
(Prévost) : Et il ne faut pas opposer...
Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : Merci. M. le Président,
on a appris, durant la pandémie, que les aînés, ce n'était pas la priorité de
la CAQ. Les gens ne sont pas dupes. En demandant un 18e rapport,
tout ce qu'ils veulent, c'est gagner du temps.
Les aînés le disent,
ils ont fait des représentations, ils veulent demeurer à la maison, dans leur
chez-soi, le plus longtemps possible. Pourquoi ne pas les avoir écoutés, une
fois pour toutes? Votre priorité, est-ce que c'est les aînés?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
M. le Président, sur les soins à domicile, je vais donner un exemple très
concret. Dans le plan qu'on a déposé hier,
en sus de ce que ma collègue vient de dire, on est allés voir les meilleures
pratiques qui étaient déjà en place dans notre réseau. Puis je prends à
titre d'exemple... Dans la ville de Verdun, il s'est fait, depuis plusieurs
années, une pratique importante pour nos
personnes âgées qui sont particulièrement en soins de vie, d'être capables de
les accompagner dans la dernière année, dans leurs derniers jours, de façon à
le faire à domicile et non dans un hôpital ou dans un CHSLD. C'est une mesure
très concrète, M. le Président, que l'on veut implanter, et ça, c'est une
priorité pour notre gouvernement.
Président : Question principale, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président.
Après 15 ans de régime libéral et quatre ans de régime caquiste, notre
système de santé, il est brisé. Et le
ministre de la Santé a trouvé une solution, remède miracle : le privé. Il
nous présente ça comme un grand changement, comme une grande innovation,
comme si notre système de santé, au Québec, il était 100 % public.
le Président, ce n'est pas vrai, ça. Le privé, il est déjà partout dans notre
système de santé. Le système qui ne fonctionne pas, là, en ce moment, il est
déjà plus que jamais rongé par le privé. Ça fait 20 ans que les
politiciens, ici, font la même
chose : quand il y a un problème dans le système public, ils nous disent que
la solution, c'est plus de privé. Le résultat est toujours le
même : plus de problèmes.
ce moment, au Québec, on dépense des sommes astronomiques pour des agences
privées de placement qui nous chargent
des prix scandaleux. C'est ça, le privé en santé. En ce moment, au Québec, il y
a des GMF, des groupes de médecine familiale,
il y a des RPA, des résidences privées pour aînés, il y a des CHSLD privés qui
ferment leurs portes, qui laissent le monde sur le trottoir. Pourquoi?
Parce que ce n'est pas rentable. C'est ça, le privé en santé. Ça ne marche pas.
Pourquoi est-ce que
la CAQ s'entête à défendre un modèle qui ne fonctionne tout simplement pas?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
M. le Président, on a toujours dit qu'il fallait éviter d'être dogmatique
et qu'il fallait être pratique. J'aimerais
ça que quelqu'un m'explique les commentaires que je viens d'entendre. De dire
aux pharmaciens qu'ils n'ont pas fait
le travail durant la pandémie — ça, c'est du privé, M. le Président — comment ils ont été là quand on avait besoin
d'eux, autant dans la vaccination, dans la
distribution des tests rapides dans nos régions... Venez me redire que ces
gens-là qui sont dans le privé n'ont
pas fait le travail. Venez me dire, les gens qui sont dans les cliniques
privées qui sont dans les GMF, qui
font
partie du réseau privé, qu'ils n'ont pas fait le travail, durant la
pandémie, qu'ils n'ont pas été là sans compter leurs heures, d'être capables d'être là les soirs, les week-ends, quand
c'était le temps d'aider, au moment où c'était le pire. Venez me dire
que le privé n'a pas été complémentaire à notre réseau public, M. le Président.
Moi, je pense
qu'avant d'être dogmatique il faudrait être pratique puis s'assurer que les
Québécois sont servis. Ça doit être ça, la priorité, M. le Président.
Le Président :
S'il vous plaît! Sans
commentaire, encore une fois, vous connaissez la règle. M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Le ministre de la Santé
parle de dogmatisme. Qu'est-ce que c'est, M. le Président, le dogmatisme? Le dogmatisme, là, c'est défendre une
idée même quand cette idée-là est un échec. Le bilan de 20 ans de
privatisation en santé, c'est un échec. Le dogmatisme, c'est continuer à
défendre ce modèle qui échoue.
Pourquoi la CAQ
s'entête-t-elle à défendre un modèle qui ne fonctionne pas?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Je n'ai pas eu le temps, tout à
l'heure, de finir la première partie, mais j'en profite parce que la question
est posée. Je pense que ce que notre
gouvernement veut faire, ce que les Québécois veulent faire, c'est remercier
ceux qui ont été là. C'est important de le dire parce qu'ils ont été là
pour nous.
Maintenant,
j'apprécie la deuxième
partie de la question du député, parce que, M. le
Président, il y a effectivement des améliorations à faire dans le travail avec
le privé, et je pense notamment aux agences de placement. Alors, justement,
de ne pas être dogmatique, c'est d'être
capable de faire la différence et de ne pas dire que le privé, c'est mal
partout. On l'a déjà dit, et ça fait
partie de notre plan, on va
diminuer rapidement...
Président : En terminant.
M. Dubé :
...l'utilisation des agences privées, et ça, c'est un très bon point, M. le
Président.
Président : Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : M. le Président, on va dissiper un doute tout de
suite, là. Le problème, dans notre système de santé, ce n'est pas les gens, c'est les décisions politiques. Je suis
convaincu que les individus qui travaillent au privé ont fait de leur mieux,
tout comme les individus qui travaillent au public font de leur mieux. Le
problème, c'est les décisions politiques. Et, il y a quelques mois à peine, ce
ministre de la Santé parlait d'abolir les agences de placement. Aujourd'hui,
changement de cap, il veut pérenniser leur
existence dans le réseau de la santé, alors que ça draine nos régions et ça
draine le personnel vers le privé.
M. le Président,
faire toujours la même chose puis espérer un résultat différent, comment ça
s'appelle, déjà?
Président : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, quand je parle de
pragmatisme, M. le Président, et que je pense aux régions, allez donc dire aux
régions que, demain matin, vous coupez les
agences pour donner des soins. C'est impossible, M. le Président. Il n'y en a
pas, de personnel de santé qui peuvent les aider.
Alors,
être pragmatique, c'est de dire : Voici notre vision, voici où on s'en va.
On veut éliminer l'utilisation des agences,
particulièrement les endroits où on va être capable de remplacer par du
personnel qui va travailler au public, mais il faut être capable de
faire une transition. Je pense que ça, c'est un bel exemple, M. le Président,
de pragmatisme.
Président : Question principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : M. le Président, hier, en
réponse à mes questions, le ministre de la Justice a semblé surpris que je
parle du DPCP et il s'est interrogé sur mes
sources. Bien, moi, j'ai lu le jugement de la Cour d'appel. J'ai ici la page
frontispice où on indique que
l'intimé, c'est Sa Majesté la reine. En plus, dans le jugement, les mots
«crime» et «criminel», comme dans le C de DPCP, ensemble, apparaissent
77 fois.
fait que je ne sais pas si, hier, le ministre avait lu le jugement, mais une
chose est sûre, M. le Président, le secret, c'est pour rendre quelque chose invisible. Or, le ministre nous a dit à
plusieurs reprises, hier, là, que, protéger l'identité d'un document, d'une personne, d'un informateur, on
savait comment faire ça. Alors, si on est capable de le faire, qu'on l'a déjà fait,
c'est peut-être que le secret a été imposé pour d'autres raisons.
Le ministre
s'engage-t-il à faire la lumière sur les raisons qui ont mené à cette décision?
Président : M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, le principe,
dans notre démocratie, c'est que la justice
doit être rendue publiquement, au vu et au su de tous. J'ai été le premier
surpris d'apprendre qu'il y avait eu
ce type de procès là. Et je l'ai dit, M. le Président, très clairement, que je
vais pouvoir donner des explications prochainement en lien avec ce
dossier, mais des vérifications restent à faire.
Pour la
question précise du député de La Pinière, je tiens à l'informer, et je comprends qu'il est
dans ses premiers moments de critique
en matière de justice, qu'il existe, M. le Président, la couronne fédérale et
la couronne québécoise, si je peux dire. Et, M. le Président, j'invite
le député de La Pinière à lire les différents articles des quotidiens qui
ont été divulguer, notamment, et peut-être
trouvera-t-il quelques explications, un début d'explication, dans les
différents médias.
Alors, je
pense, M. le Président, que, dans un dossier comme celui-ci, c'est un dossier
important, qui met en compte les principes fondamentaux de notre
démocratie. Et je suis très ferme là-dessus, M. le Président, les procès
doivent être tenus publiquement. Il peut arriver certaines exceptions où il y a
des ordonnances de non-publication pour...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...préserver la vie, la sécurité de certains
individus, mais le principe de base demeure, et je vais m'assurer que ce
soit le cas.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : Le
ministre a dû se rendre compte que tout ça s'est passé dans les cours du Québec.
Mais peut-être que non.
M. le
Président, hier, le ministre a dit qu'il ne voulait pas s'immiscer dans le processus
judiciaire. C'est ses mots. Mais le
processus judiciaire, M. le Président, là, c'est la cause, le procès, les
négociations entre les parties et le juge. Le problème, ici, il est
administratif. Le respect du code des procédures, minimalement l'inscription au
rôle du procès, la publication du nom des juges, des avocats, c'est dans sa
cour. Va-t-il...
Le Président : M. le ministre de la
Justice.
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, vous pouvez être certain que j'assume pleinement mes
responsabilités. Et, puisque j'assume
pleinement mes responsabilités, je dis au député de La Pinière que nous aurons
des explications prochainement à
formuler. Mais, dans un dossier comme celui-ci, où il est question de
l'intégrité physique d'une personne, les différentes cours, notamment la Cour d'appel, n'ont pas rendu
publique l'identité des parties. Est-ce qu'il y a un enjeu? La réponse à
cette question-là, c'est oui. Les débats, les
décisions, la publicité des procès, ça doit être public, c'est un principe
fondamental.
Cela étant
dit, et, M. le Président, je réfère le député de La Pinière aux différents
articles qui sont sortis publiquement. Il peut y avoir des questionnements...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...sur la
conduite d'une poursuite relativement au poursuivant.
Le Président : Question
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : M.
le Président, là, un procès secret, ça s'appelle un précédent. Et, par
définition, un précédent est appelé à
se reproduire, et dans ce cas-ci ce serait dangereux. Alors, c'est sûr que le
ministre n'a pas à s'immiscer dans le judiciaire, mais, M. le Président, c'est
son rôle, d'intervenir auprès du Conseil de la magistrature pour s'assurer que
les règles qui régissent l'exercice de
la justice soient claires, mises à jour, connues et respectées. Va-t-il le
faire? C'est sa job.
Le Président : M. le ministre de la
Justice.
M. Jolin-Barrette : M.
le Président, comme j'ai dit au député de La Pinière à plusieurs reprises, il y
a des vérifications qui restent à faire. Et, dans ce cas-ci, il est
important de constater, avec les différentes informations qui ont été rendues publiques, que les affirmations du député de La
Pinière d'hier, notamment, peuvent s'avérer non fondées. Alors, je lui disais,
hier, qu'il avait davantage d'information
que toute autre personne ici, en cette Chambre. Alors, je lui demande d'être un
peu patient.
Mais, sur le principe de base, M. le
Président, tous les débats judiciaires doivent être rendus publics. La justice
doit être rendue publiquement, et ce n'est pas acceptable qu'une telle
situation se produise. À partir du moment où j'ai dit ça, il y a certaines
circonstances exceptionnelles, M. le Président...
Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette :
...qui font en sorte que, pour protéger la sécurité de certains individus,
il y a des modalités particulières à appliquer.
Le Président :
Question principale, M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
M. le Président, en 2019,
l'agronome Louis Robert exposait au grand jour l'ingérence de l'industrie des
pesticides dans la recherche en agriculture. À la suite de ces révélations,
nous avons demandé à ce qu'une commission soit
mise en place afin de mieux comprendre la situation. Nous avons appris beaucoup
de choses sur les effets négatifs de l'utilisation intensive des
pesticides, dont le risque de développer la maladie de Parkinson. C'est pour
cette raison que nous avons demandé au
ministre du Travail pour que la maladie de Parkinson soit ajoutée à la liste
des maladies professionnelles, ce qui a été fait dans le cadre du projet
de loi n° 59, l'an dernier.
Aujourd'hui,
six mois plus tard, la loi ne semble pas passer le test de la réalité, car,
selon l'organisme Victimes des pesticides du Québec, la CNESST bloque
les demandes.
Le ministre peut-il
nous dire combien de demandes de réclamation ont été accordées et refusées à ce
jour?
Président : M. le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Solidarité
sociale.
M. Boulet : Merci, M. le Président.
Évidemment, je remercie le collègue de Bonaventure. La maladie de Parkinson,
elle a été intégrée dans le règlement sur
les maladies professionnelles, et c'est entré en vigueur le 6 octobre
2021. Et je rappellerai au collègue que ce règlement-là n'avait pas fait
l'objet d'aucun changement.
Donc, il y a des
nouvelles maladies professionnelles présumées, comme la maladie de Lyme, à une
suggestion, d'ailleurs, du collègue de
Bonaventure, le trouble de stress post-traumatique, des cancers pour les
pompiers puis la maladie de Parkinson sous certaines conditions, il faut
qu'une personne ait été exposée à des pesticides pour une durée minimale de 10 ans et que le diagnostic n'ait pas été
posé plus de sept ans après la fin de cette exposition-là. C'est une grande
avancée. Et les collègues de
Maurice-Richard et Nelligan ont contribué à cet amendement qui fait de notre
projet de modernisation une
amélioration considérable de notre régime en matière de maladies professionnelles
présumées. Merci, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
M. le Président, nous avons
aujourd'hui dans les tribunes M. Serge Boily, 56 ans, qui a développé
la maladie de Parkinson après avoir été exposé à des pesticides pendant plus de
10 ans. Paradoxalement, ce dernier s'est occupé de l'entretien paysager des zones de repas et de
la garderie de la CNESST ici, à Québec. M. Boily a reçu un refus, en
février dernier, pour sa demande de
réclamation. Pourtant, ce dernier devra vivre avec les conséquences de la
maladie pour le reste de sa vie.
Que compte faire le
ministre?
Président : M. le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Solidarité
sociale.
M. Boulet : Merci, M. le Président.
D'abord, exprimer de l'empathie puis du respect pour la maladie dont est
affligé M. Boily. Évidemment, je
ne connais pas les faits et circonstances de ce cas-là en particulier, mais,
comme je l'ai mentionné un peu plus
tôt, quand on présente une réclamation pour une maladie professionnelle
présumée, une présomption ne fait qu'alléger
un fardeau de preuve. M. Boily peut toujours faire la preuve que cette
maladie-là est caractéristique de son travail ou reliée aux risques particuliers de son travail. Or, donc, il faut
s'assurer que M. Boily rencontre bien le fardeau de preuve qui lui
est imposé, respecte les conditions du règlement...
Président : En terminant.
M. Boulet : ...et
la CNESST peut rendre une décision, qui est contestable.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Bien,
autre élément troublant, dans son cas, la lettre de la... de la CNESST — je vais l'avoir — de refus, dit
qu'il ne s'agit pas d'une maladie professionnelle et qu'il n'a pas démontré que
cette maladie est caractéristique du travail qu'il exerçait. Pourtant, l'introduction de la maladie de Parkinson à la
liste sert justement à renverser le fardeau de la preuve et d'avoir la
présomption. La lettre date du 10 février 2022, et le diagnostic, du
19 novembre 2020.
Est-ce que les gens diagnostiqués avant la
sanction de la loi sont éligibles à des réclamations?
Le Président : M. le ministre du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : Merci, M. le
Président. C'est important de rappeler qu'une loi n'a pas d'effet rétroactif, à
moins qu'il y ait une disposition qui
prévoit une telle rétroactivité. Dans le cas de la Loi modernisant le régime de
santé et sécurité et le règlement,
qui est entrée en vigueur le 6 octobre 2021, il n'y a pas d'effet
rétroactif. Donc, si la réclamation concerne une maladie ou un accident de travail qui précède l'entrée en vigueur de
la loi, il faut assumer un fardeau de preuve sans bénéficier de la
présomption dont on faisait référence un peu plus tôt. Merci, M. le Président.
Le Président : Question principale,
M. le député de Vimont.
M. Rousselle : Merci,
M. le Président. L'abolition des unités d'urgence permanente au sein de la Sûreté du Québec en 2019 a fait que ce sont 70 policiers dont l'expertise terrain
réputée s'est perdue. Maintenant, on appelle ces unités les modules d'intervention : plus petites
équipes, moins de formation et de spécialisation terrain. Rien pour rassurer la
population.
Un autre
drame comme les meurtres de Norah et Romy Carpentier peut survenir encore à
tout moment. D'autres situations
peuvent survenir, comme simplement une personne alzheimer ou encore un enfant
perdu en forêt, et, sans équipe spécialisée, il serait plus difficile de
les retrouver. C'est vraiment inquiétant, M. le Président.
Qu'est-ce que la ministre attend pour agir?
Le Président : M. le ministre de la
Justice.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Dans un premier temps, je tiens à souligner le courage dont a fait preuve le
député de Vimont relativement à l'agression qui a été commise à son
endroit.
M. Jolin-Barrette : Je
pense, M. le Président, que la violence n'a pas sa place dans notre société, et
particulièrement, entre autres, à
l'égard de la sécurité des élus. Vous le savez, que c'est un moment, au niveau
du service public... parfois ça peut être dangereux. Donc, on est de
tout coeur avec le député de Vimont.
En réponse à
sa question, M. le Président, notamment la vice-première ministre a répondu à
l'appel de la mère des enfants
Carpentier en ordonnant une enquête publique, la semaine dernière, et le
gouvernement et l'enquête publique iront au fond des choses.
Il faut dire
que la Sûreté du Québec, M. le Président, a tous les outils à sa
disposition pour intervenir lorsqu'il y a des situations dramatiques
comme celle qui s'est produite dans ce dossier-là...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...et la
vice-première ministre est au travail là-dessus, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Vimont.
M. Rousselle : La
décision prise par la Sûreté du
Québec est par manque d'argent, mais
la sécurité de nos enfants, de nos
frères, nos soeurs, de nos parents, ça n'a pas de prix. Il n'y a pas personne
au gouvernement qui a été apte à répondre adéquatement à cette décision. La ministre met
cette décision sur le dos de la Sûreté
du Québec, mais c'est elle, la ministre de la Sécurité publique.
Est-ce que la ministre
de la Sécurité publique s'engage à renverser cette décision et ramener cette
équipe?
Président : M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, les
sommes sont disponibles, notamment pour agir. Mon collègue le ministre des
Finances a, dans son budget de la
semaine dernière, augmenté les efforts en matière de recherche consacrée aux
disparitions, aux enlèvements. Une somme de
10,1 millions de dollars sur cinq ans est consacrée pour augmenter, justement,
les efforts de recherche par rapport aux disparitions, aux enlèvements.
vice-première ministre, également, avec la Sûreté du Québec, est
extrêmement mobilisée pour s'assurer que les services soient rendus. Et,
surtout, ce qui est important, dans ce cas-ci, M. le Président, c'est la
rapidité d'exécution, lorsqu'un tel
événement se produit. Et vous pouvez être certains que tous les policiers à la Sûreté du Québec sont des gens qui travaillent
à pied d'oeuvre et que les réactions sont rapides, dans les différents
dossiers, parce que c'est le temps qui compte, et il faut intervenir
rapidement.
Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : Et ce sont des policiers
qui sont formés et spécialisés dans ce type d'enquête et dans ce type
d'intervention, vous pouvez leur faire...
Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Vimont.
M. Rousselle : M. le Président, quand on
se fait opérer, on veut avoir les meilleures formations, les meilleurs
médecins. C'est la même chose. On veut avoir les meilleurs policiers
spécialisés.
ministre a pris cette décision-là en 2019. J'ai interpelé à plusieurs reprises,
et personne au gouvernement ne m'a donné
une seule raison valable pour abolir cette unité. Les experts consultés sont
unanimes, ces unités d'urgence permanentes devaient être ramenées et sont nécessaires. Est-ce que le gouvernement
de la CAQ est prêt à remettre ces ressources sur le terrain?
Président : M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, toutes
les ressources sont sur le terrain. Et je tiens à rassurer la population que
la Sûreté du Québec a tous les moyens nécessaires pour agir. Et, M. le
Président, vous savez, il y a eu d'autres alertes AMBER, et rapidement les gens ont été retrouvés, également, à la suite
de l'événement déplorable qui est arrivé préalablement. Mais je peux rassurer
la population que la Sûreté du Québec a toutes les ressources, tous les moyens.
Et les policiers qui travaillent dans
ces dossiers-là sont formés et agissent extrêmement rapidement, M. le
Président, parce que, lorsqu'un tel événement arrive, c'est la rapidité
d'exécution qui est fondamentale. Et les ressources de l'État sont mobilisées, lorsqu'il y a un événement en matière
d'enlèvement, en matière de disparition ou lorsqu'il y a un conjoint qui quitte
avec les enfants...
Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette :
...je peux vous assurer que toutes les ressources sont mises en place...
Président : Question principale, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : M. le Président,
j'aimerais vous parler d'accès à la propriété, notamment pour les premiers
acheteurs. Vous savez, être
propriétaire de sa propre demeure fait
partie du rêve nord-américain, du rêve
québécois, et ça, depuis plusieurs générations, la génération de nos parents,
notre génération, M. le Président. Mais est-ce que c'est toujours le cas pour
la génération de nos enfants, ce qu'on appelle la génération squeeze?
Le deal, M.
le Président, a toujours été : Faites ce que vous pouvez faire,
c'est-à-dire étudier, travailler, épargner, et vous pourrez vous acheter votre maison. Ça ne marche plus, ce deal,
M. le Président. Depuis deux ans, malheureusement, les
prix sont hors portée, à peu près à 10, 12 fois le salaire pour le prix
d'une maison moyenne. On n'y arrive plus. Les jeunes n'y arrivent plus.
Alors, M. le
Président, pourquoi le gouvernement s'entête à ne pas régler...
Président : M. le ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Bien, en fait, M. le
Président, j'aimerais revenir sur le contexte de la hausse des prix des deux
dernières années, parce que la demande a été extrêmement forte parce que les
gens ne pouvaient pas voyager et les gens
devaient travailler à la maison, alors voulaient des plus grandes propriétés.
Puis, en plus, les taux d'intérêt, en raison de la crise, ont été amenés à
0 %, essentiellement. Alors, ça a stimulé la demande, qui était déjà
fondamentalement solide, parce que le
Québec va bien, l'économie du Québec va bien. Et, le prix des maisons,
notamment à Montréal, lorsqu'on le compare
avec les grandes villes d'Amérique du Nord, Montréal est la ville la plus
abordable. Alors, la demande est extrêmement forte.
Alors, qu'est-ce
qu'on fait, M. le Président? On travaille sur l'offre, logements sociaux,
logements abordables, et on travaille à
protéger les acheteurs en s'assurant que les courtiers travaillent dans
l'intérêt des acheteurs, c'est-à-dire qu'à
partir du 10 juin il y aura obligation d'avoir un contrat avec un courtier
qui va représenter l'acheteur, et un courtier ne pourra travailler des
deux côtés de la même transaction. Alors, on s'assure de protéger les premiers
acheteurs...
Président : En terminant.
M. Girard
(Groulx) : ...et on travaille sur l'offre.
Président : Première complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Merci, M. le Président. Comme le disait cette semaine le président et le
chef de direction du Mouvement Desjardins,
l'accès à la propriété doit devenir un enjeu de société. Est-ce que c'est
normal que l'augmentation des prix de l'immobilier et du résidentiel
soit en train de créer une iniquité entre les générations? Bien sûr que non. Est-ce que c'est normal que le gouvernement de la
CAQ dit puis répète que ça va se régler tout seul? Pourquoi le gouvernement abandonne une génération complète?
Pourquoi le gouvernement refuse d'aider les jeunes ménages à avoir une
maison?
Président : M. le ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Bien, ce qu'on a dit, M.
le Président, c'est que la demande a été extrêmement forte, pour des raisons
qui sont faciles à comprendre, c'est-à-dire que les gens ne pouvaient pas
voyager, devaient travailler de la maison, il y a eu une demande pour de l'espace supplémentaire, et, en plus, les
taux d'intérêt ont été amenés à zéro. Mais là ce qu'on voit, avec le
resserrement des conditions monétaires par les banques centrales, ce qu'on voit
à l'horizon, c'est un marché qui se
calme et qui se régularise lui-même alors qu'on augmente l'offre. Et, puisque
la demande est forte, il faut aider l'offre. Il faut construire, M. le
Président. Et ce n'est pas une taxe ou une autre taxe qui va venir régler le
problème.
Président : Cela met fin à la période de questions et de réponses
orales.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Nous
en sommes maintenant à la rubrique des motions sans préavis, et, selon
l'ordre et nos règles de présentation, je vais céder la parole à Mme la députée
de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : Mme la Présidente, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée de
Vaudreuil, le député d'Hochelaga-Maisonneuve, le député de Bonaventure,
le député de Chomedey et le député de Rimouski, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne l'importance de nos municipalités à
titre de
gouvernement de proximité, et la nécessité de respecter le principe de
subsidiarité;
«Qu'elle
rappelle que leur statut de gouvernement de proximité a été reconnu par
l'adoption de la loi n° 122 en 2017;
«Qu'elle reconnaisse leur expertise et
réitère qu'elles sont autonomes dans les champs de compétence qui sont les
leurs, notamment la culture, les loisirs, les activités communautaires et les
parcs, le développement économique local, l'environnement, la salubrité, les
nuisances, la sécurité et le transport, y compris le transport en commun;
«Que l'Assemblée
nationale réclame du gouvernement du Québec qu'il respecte cette autonomie,
entre autres en soutenant, sans ingérence, les villes dans la planification de
leurs projets.»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
M. Caire :
Consentement, sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, M. le leader du troisième groupe
d'opposition.
M. Ouellet :
Oui, Mme la Présidente. On demanderait un vote par appel nominal, s'il vous
plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est très bien. Alors, si tout le monde est
prêt, nous allons procéder à ce vote par appel nominal.
Et maintenant que les
députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), M. Ouellet (René-Lévesque), Mme Perry
Mélançon (Gaspé), M. Gaudreault (Jonquière), M. Bérubé
(Matane-Matapédia), Mme Richard (Duplessis).
M. Laframboise (Blainville), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
Mme D'Amours (Mirabel), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville),
M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge
(Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Lévesque (Chauveau),
M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais
(Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), M. Dufour
(Abitibi-Est), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Chassé (Châteauguay),
Mme Hébert (Saint-François), Mme Lecours (Les Plaines),
M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier),
Mme Charest (Brome-Missisquoi), Mme Girault (Bertrand),
M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières),
M. Lafrenière (Vachon), Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Émond
(Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon),
M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Picard (Soulanges), Mme Grondin
(Argenteuil), M. Caron (Portneuf), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), Mme Jeannotte
(Labelle), M. Tremblay (Dubuc), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice), M. Thouin (Rousseau), M. Jacques (Mégantic),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), Mme Boutin (Jean-Talon),
M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Guillemette (Roberval), M. Lemieux (Saint-Jean), M. Bussière
(Gatineau), M. Provençal (Beauce-Nord).
M. Leitão
(Robert-Baldwin), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Derraji (Nelligan), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Melançon (Verdun), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
Mme Ménard (Laporte), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), M. Barrette (La Pinière), M. Kelley
(Jacques-Cartier), Mme Sauvé (Fabre), M. Polo (Laval-des-Rapides), M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont),
M. Ciccone (Marquette),
Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Rousselle (Vimont).
M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Labrie (Sherbrooke), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), Mme Ghazal (Mercier),
M. Zanetti (Jean-Lesage), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Dorion (Taschereau), M. Marissal (Rosemont), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
M. LeBel
(Rimouski), M. Roy (Bonaventure), Mme Samson (Iberville).
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Y a-t-il des députés contre cette motion ou
des abstentions? Alors, M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 92
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors,
je vous remercie. Et cette motion est adoptée. M. le leader du troisième
groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui. Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Une copie de cette motion soit envoyée à l'UMQ, à la FQM,
au cabinet de la mairesse de Montréal ainsi qu'au cabinet du maire de Québec.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Et ce sera fait.
Maintenant, pour la
prochaine motion, je vais céder la parole à M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : Mme la Présidente, je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Saint-Laurent, le leader du
deuxième groupe d'opposition, la députée de Joliette, le député de Bonaventure,
le député de Rimouski et la députée de Maurice-Richard :
«Que
l'Assemblée nationale condamne la décision des talibans de ne pas permettre la
réouverture et la fréquentation des écoles secondaires pour les filles
afghanes;
«Qu'elle
réitère que la promotion et la protection des droits de la personne, y compris
l'égalité entre les femmes et les hommes, sont des valeurs fondamentales
du Québec;
«Qu'elle rappelle que l'accès universel à
l'éducation est primordial à l'émancipation des femmes et permet d'assurer
l'égalité;
«Qu'elle affirme sa
solidarité avec les femmes et les filles afghanes.»
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, M. le ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
M. Caire :
Il y a consentement, sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, maintenant, pour la prochaine motion, je vais céder la
parole à M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la Présidente.
Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le député de Chomedey et le chef du troisième
groupe d'opposition :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que depuis l'arrivée au pouvoir du
gouvernement caquiste, soit, depuis près de 4 ans, le réseau de la
santé et des services sociaux se retrouve aujourd'hui dans un état lamentable;
«Qu'elle
déplore qu'à six mois de l'échéance électorale, les patients du réseau de la
santé et des services sociaux fassent les frais des promesses brisées de
la CAQ notamment :
«Voir un médecin de
famille ou une infirmière le jour même ou le lendemain;
«Offrir un médecin de
famille à tous les Québécois;
«Revoir le mode de
rémunération des médecins de famille;
«Améliorer l'accès
aux soins le soir et la fin de semaine dans les CLSC, les GMF et les cliniques
réseau;
«Continuer le
déploiement de Rendez-vous santé Québec;
«Réduire l'attente à
90 minutes en moyenne avant de voir un médecin à l'urgence;
«Abolir les heures
supplémentaires obligatoires;
«Poursuivre les
17 projets pilotes sur les ratios patients-infirmière;
«Propulser le réseau
de la santé du Québec dans l'ère numérique;
«Qu'elle
constate que la CAQ a renié ses engagements et qu'aujourd'hui les listes
d'attente pour avoir accès aux soins de santé ne cessent de s'allonger;
«Qu'enfin,
elle reconnaisse que le plan en santé déposé par le gouvernement caquiste est
l'aveu de son échec et de son incapacité à gérer le réseau de la santé
et des services sociaux.» Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, M. le député de Nelligan. Alors, y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
M. Caire :
Non, Mme la Présidente, il n'y a pas de consentement.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Il
n'y a pas de consentement. Et, pour la prochaine motion, je cède la
parole à Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente.
Je demande le consentement de cette Assemblée pour débattre de la motion suivante conjointement avec la députée de Westmount—Saint-Louis, le député du troisième groupe d'opposition, le député de
Chomedey, le député de Bonaventure et le député de Rimouski :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse que des dizaines de milliers de personnes, notamment
parmi les plus démunies, ne remplissent pas
de déclaration de revenus, ce qui les empêche de recevoir les 500 $
octroyés par le gouvernement dans son dernier budget;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de mettre en place des
déclarations de revenus préremplies pour
les personnes vivant exclusivement de prestations gouvernementales, afin
d'assurer aux personnes les plus vulnérables la possibilité de recevoir
cette aide ponctuelle.» Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Mercier. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Caire :
Non, Mme la Présidente, pas de consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement. Alors, une
motion sans préavis ayant déjà été présentée
par le groupe parlementaire formant le gouvernement, je demande s'il y a
consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans préavis. Nous
avons le consentement. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Merci, Mme la Présidente.
Il s'agit d'une motion de consultations particulières pour le projet de loi n° 29, pour le renseignement de
mes collègues. Donc, je fais motion, conformément à l'article 146 du
règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que
la Commission des institutions, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 29, Loi visant à faciliter le déroulement des prochaines élections générales au
Québec, procède à des consultations
particulières et tienne des auditions publiques le mardi 5 avril
2022, après les affaires courantes jusqu'à 16 h 45;
«Qu'à cette fin, la
commission entende Élections Québec;
«Que
la durée maximale de l'exposé d'Élections Québec soit de 20 minutes et
l'échange avec les membres de la commission
soit d'une durée maximale de 70 minutes partagées ainsi :
32 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
21 minutes 40 secondes pour l'opposition officielle,
5 minutes 25 secondes pour le deuxième groupe d'opposition, 5 minutes 25 secondes pour le troisième
groupe d'opposition et 5 minutes pour le député indépendant;
«Que le témoin
auditionné puisse l'être par visioconférence;
«Que la ministre
responsable des Institutions démocratiques et de la Réforme électorale soit
membre de ladite commission pour la durée du mandat.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie.
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Alors, cette motion
est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Nous
en sommes maintenant à la rubrique des avis touchant les travaux des
commissions, et je vous recède la parole, M. le leader adjoint.
M. Caire :
Merci, Mme la Présidente. Donc, j'avise cette Assemblée que la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles poursuivra l'étude détaillée du projet
de loi n° 21, Loi
visant principalement à mettre fin à
la recherche et à la production d'hydrocarbures ainsi qu'au financement public
de ces activités, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 h 30, à la salle Pauline-Marois;
Commission de la culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 96,
Loi sur la langue officielle
et commune du Québec, le français, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
15 heures à 18 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 12, Loi
visant principalement à promouvoir
l'achat québécois et responsable par les organismes publics, à renforcer le
régime d'intégrité des entreprises et
à accroître les pouvoirs de l'Autorité des marchés publics, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 15, Loi modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres
dispositions législatives,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie. Et, pour ma part, je vous avise que la Commission des relations avec les citoyens se réunira en séance
de travail le jeudi 31 mars 2022, à 8 h 30, pour une durée de
30 minutes, à la salle
Pauline-Marois, afin de statuer sur
la possibilité que la commission se saisisse de la pétition concernant la
subvention de toutes les places en service de garde au Québec.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de
l'Assemblée, et je vais céder la parole à M. le leader adjoint de
l'opposition officielle.
M. Derraji : Oui,
merci, Mme la Présidente. Brièvement, je souhaite revenir sur une intervention
de mon collègue leader de notre formation en date du 17 mars
dernier, portant sur le projet de loi attendu sur l'élargissement de l'aide médicale à mourir. Et, permettez-moi, Mme la
Présidente, je vais rappeler que, le 8 décembre dernier, les membres de la
Commission spéciale sur l'évolution de la
Loi concernant les soins de fin de vie ont déposé un rapport unanime contenant
11 recommandations, et la commission a recommandé que la Loi concernant
les soins de fin de vie soit modifiée pour permettre
à des personnes atteintes de troubles neurocognitifs de pouvoir formuler une
demande anticipée d'aide à mourir en prévision du moment où ils seront
inaptes.
10 décembre, le premier ministre a indiqué... Et je tiens à le préciser,
Mme la Présidente, parce que c'est très important, il ne reste pas beaucoup de temps, et le temps presse, dans
ce Parlement. Le 10 décembre, le premier ministre a indiqué vouloir
élargir l'accès à l'aide médicale à mourir et a même laissé entendre... c'est
le premier ministre qui a laissé entendre
qu'un projet de loi en ce sens sera déposé au cours de la prochaine session
parlementaire. C'est depuis le 10 décembre, Mme la Présidente,
qu'on n'a rien eu. Et il a dit, et je le cite : «Évidemment, je vais avoir
besoin de la collaboration des oppositions.
Mais je souhaite, et les Québécois le souhaitent, qu'on élargisse l'aide
médicale à mourir tout en mettant les
balises pour éviter les dérapages.» Fin de la citation. C'est le premier
ministre. Il a également dit : «...le rapport est entre les mains [du ministre de la Santé]. Il
y a des discussions à avoir avec les médecins, mais je souhaite agir de ce
côté-là.»
Mme la
Présidente, le ministre de la Santé nous a interpelés, tout à l'heure, sur la
collaboration. Mme la Présidente, l'opposition
officielle, aujourd'hui, souhaite collaborer sur ce sujet. Le temps file. Il
reste peu de temps d'ici la fin de la présente
session parlementaire; au bout de la ligne, sept semaines, si on ne calcule pas
l'étude de crédits. Le temps passe. Et,
Mme la Présidente, on parle de la refondation de la santé, il y a le projet de
loi n° 11, l'accès aux médecins de famille, il y a
le projet de loi n° 19, l'accès aux données, et il y
a la consultation sur l'état d'urgence sanitaire qu'on va commencer demain. Et
on n'a aucune idée sur ce projet de
loi sur l'aide médicale à mourir.
Je vous le dis, Mme la Présidente, je tiens à le
rappeler, sept semaines si on ne calcule pas l'étude des crédits. Le ministre de la Santé demande de la
collaboration. Je lui ai dit, on lui a exprimé, dans la plupart des projets de
loi qui touchent la santé et les services sociaux, que nous sommes prêts
à collaborer pour le bien-être des Québécois. Mais, Mme la Présidente, force est de constater que... Silence radio, mais un
silence radio total de la part du gouvernement en ce qui concerne l'aide
médicale à mourir.
Alors, est-ce
que le leader du gouvernement, Mme la Présidente, peut indiquer en cette
Chambre réellement et d'une manière transparente si le gouvernement a une
volonté d'agir? On ne peut pas laisser tomber des gens et un rapport tabletté
sur une table d'un ministre, comme l'a indiqué d'ailleurs dernièrement le
premier ministre, sur les enjeux reliés à l'élargissement de l'aide
médicale à mourir et présenter un projet de loi en ce sens.
Mme la
Présidente, la question est très claire. La population québécoise attend. On
attend ce projet de loi. Il y a déjà beaucoup de projets de loi, sur la table,
en ce qui touche la commission concernée par l'étude de ce projet de loi,
mais le gouvernement, aujourd'hui, doit faire un choix et il doit prioriser. Et
ce qu'on veut, Mme la Présidente : que le leader du gouvernement informe
cette Chambre s'il compte déposer un projet de loi dans les plus brefs délais.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader adjoint de
l'opposition officielle. Et maintenant je cède la parole à M. le leader adjoint
du gouvernement.
M. Caire : Merci,
Mme la Présidente. Est-ce que je dispose du même temps pour répondre que mon
collègue a pris pour poser la question? Alors, d'accord, on va se gâter.
Mme la
Présidente, quand on offre sa collaboration en mots, il faut que ça se traduise
en gestes. Or, mon collègue le leader du gouvernement a fait des propositions à
l'opposition officielle pour diminuer le temps de certains travaux pour permettre d'avoir plus de temps pour faire
d'autres travaux, notamment d'adopter des projets de loi en santé. Devinez
quoi? L'opposition officielle a refusé, notamment sur les études de crédits, où
on aurait pu compresser le temps. Au lieu de prendre
deux semaines, on aurait pu faire ça en une semaine. Pas question. Donc là, on
vient de perdre une semaine. Merci à l'opposition officielle de sa belle
collaboration.
Ensuite, Mme la Présidente, sur plusieurs
projets de loi... Et, tout à l'heure, le leader — c'est le fun parce
qu'il est aussi porte-parole en santé — posait une question pour
expliquer au ministre de la Santé que c'était important, tel et tel projet de
loi, puis que ce serait important qu'on les... mais il y a une commission en
santé et services sociaux qui étudie ces
projets de loi là, donc peut-être que, si les collègues offraient une véritable
collaboration dans l'étude des projets de loi et qu'on pouvait accélérer
le processus, bien, on pourrait passer plus de projets de loi.
Donc, la
collaboration, là, ce n'est pas juste un énoncé qu'on fait au salon bleu, il
faut que ça se traduise dans les discussions
avec les collègues puis il faut que ça se traduise dans les commissions
parlementaires, Mme la Présidente. Là, je sais que mon collègue n'aime
pas ça, mais il a fait des affirmations, puis on va lui répondre à ses
affirmations.
Ensuite, Mme la Présidente, le ministre de la
Santé, qui a quatre projets de
loi sur la table, quatre projets de
loi sur la table, va en déposer un autre, va en
déposer un autre qui va donner suite au rapport. Il a dit qu'il allait le
faire, puis il y a une chose que le
ministre de la Santé fait, c'est ce qu'il dit, ça fait qu'il va le faire.
Maintenant, ce serait le fun que les
gens qui disent qu'ils veulent collaborer le fassent aussi, pas juste dans des
énoncés au salon bleu mais dans les travaux parlementaires, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie.
S'il
n'y a pas d'autre commentaire, la période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
aux affaires du jour, nous sommes aux affaires prioritaires, à l'article 1
du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat
ajourné le 29 mars 2022 sur la motion de M. le ministre des Finances
proposant que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement ainsi que sur les motions formulant un grief
présentées par M. le député de Robert-Baldwin, Mme la députée de Mercier, Mme la cheffe de l'opposition officielle, M.
le député de Rosemont, M. le député de Mont-Royal—Outremont, M. le leader de l'opposition officielle, Mme la
députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, M. le député de
D'Arcy-McGee, Mme la députée de Gaspé, M. le député de Jean-Lesage, Mme la
députée de Taschereau, Mme la députée
de Duplessis, Mme la députée de Verdun, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, Mme la députée de Saint-Laurent et M. le chef du troisième
groupe d'opposition.
Avant
de donner la parole au prochain intervenant, je vous informe qu'il y a
9 h 51 min 2 s d'écoulées à la première étape du
débat, et la répartition du temps de parole restant est la suivante :
1 h 50 min 22 s au groupe parlementaire formant
le gouvernement, 42 min 53 s
au groupe parlementaire formant l'opposition officielle,
28 min 35 s au deuxième groupe d'opposition, 22 min 8 s au troisième groupe
d'opposition, 7 min 3 s à Mme la députée d'Iberville et
7 min 30 s à M. le député de Rimouski.
Lorsque
nous avons ajourné ce débat, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, c'est vous qui aviez la parole. Vous
n'aviez pas terminé votre intervention, alors je vous cède la parole.
Mme Maccarone : Et, parce que j'aimerais
beaucoup rajouter mon nom à cette liste de motions de grief, Mme la
Présidente, je vais lire le mien tout de suite :
«Que
l'Assemblée nationale blâme sévèrement le gouvernement caquiste pour son budget
qui ne tient pas compte de l'insécurité alimentaire des Québécois dans
un contexte de spirale inflationniste.»
Pourquoi que je
dépose cette motion de grief, Mme la Présidente? Ce n'est pas moi,
nécessairement, qui le dis. Écoutez, si on
écoute tous les acteurs sur le terrain, il y a plusieurs gens qui se sont passé
un commentaire sur le budget qui... il y a une absence du financement
spécifique pour lutter contre l'insécurité alimentaire.
Quand
on parle, par exemple, de la réaction des banques alimentaires du Québec,
eux-mêmes, ils ont dit qu'ils sont déçus.
Pourquoi? Parce qu'«outre l'allocation de 500 $ qui pourrait aider à court
terme les ménages à tempérer les effets de l'inflation, le budget ne mentionne aucune mesure spécifique pour
attaquer à la précarité alimentaire». La précarité alimentaire, Mme la Présidente, va avoir un impact sur les enfants,
sur les familles québécoises. Nous avons une responsabilité d'agir pour
aider et accompagner ces familles.
manque criant de subventions puis de support financier aux organismes
communautaires, Mme la Présidente, c'est
hallucinant. Je ne peux même pas croire que je suis ici, en Chambre, pour
parler de ceci. Ça fait des années depuis qu'ils lèvent la main pour dire que
nous avons besoin d'avoir un financement récurrent, plusieurs organismes.
J'aurais pu parler de la Table des regroupements provinciaux
d'organismes communautaires et bénévoles, qui utilise l'acronyme CA$$$H, Mme la
Présidente. J'aurais pu parler de la table à Montréal. J'aurais pu parler de la
table qui est nationale. C'est grave, Mme la
Présidente. Pourquoi? Parce que les organismes communautaires, ils font
beaucoup pour venir aider les
personnes qui se retrouvent en situation de vulnérabilité, les personnes qui se
retrouvent en situation d'itinérance, les personnes handicapées, toutes les personnes qui ont besoin d'avoir ces
acteurs sur le terrain. Ce n'est pas juste du travail qu'ils font. C'est un travail de coeur qu'ils
font. On a besoin d'eux. Je les remercie profondément, du fond de mon coeur,
pour tout le travail qu'ils font.
temps file, Mme la Présidente. Avant que je termine, je veux aussi mentionner
que, dans ce budget, il n'y a pas d'aide
pour plusieurs organismes LGBTQ2, puis ça, c'est un gros problème. Je vais
lever ma voix pour l'organisme TransEstrie,
qui a fermé ses portes dernièrement, Mme la Présidente. Pourquoi? Manque de
financement. Et aujourd'hui nous avons
besoin encore plus des organismes comme eux sur le terrain, qui offrent une
aide spécifique pour une communauté très
fragile. Mais il n'y a rien pour eux, dans ce budget, Mme la Présidente. C'est
un triste constat. Le gouvernement a tout le pouvoir d'agir pour venir aider et accompagner les personnes qui se
retrouvent dans cette situation, surtout dans les régions où ils n'ont pas accès à avoir un accompagnement.
La communauté LGBTQ2, je sais qu'ils sont importants, mais évidemment
ce n'est pas partagé par le gouvernement.
Alors,
Mme la Présidente, je termine ici, puis en espérant qu'on va pouvoir régler le
tout quand nous allons faire le débat dans les crédits budgétaires.
Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis. Et je cède maintenant la parole à M. le ministre de la Santé et
des Services sociaux.
M. Dubé : Bonjour,
Mme la Présidente. Merci beaucoup pour cette opportunité de venir parler du
budget de mon collègue le ministre
des Finances, et qui était, en fait, préliminaire à notre annonce au plan de
santé. En fait, si je résumais, on se
donne maintenant les moyens de nos ambitions. J'aimerais donc profiter de ce
moment pour expliquer les montants qui
sont prévus au budget, qui vont nous permettre de réaliser le plan de santé,
parce que j'ai entendu au cours des derniers jours qu'il n'y avait pas, dans notre budget, les argents nécessaires, ou
dans notre plan, les argents nécessaires pour pouvoir réaliser
notre plan.
Mais
j'aimerais faire peut-être un petit retour en arrière, Mme la Présidente, sur
l'ensemble des budgets qui ont été présentés
par notre gouvernement. Depuis notre élection, tous les budgets que nous avons
déposés ont fait la preuve que la santé
et les services sociaux sont une priorité pour notre formation politique.
D'ailleurs, plusieurs des éléments que je vais mentionner sont
clairement indiqués dans notre plan de santé. Je vais donner quelques exemples.
Santé
publique, après les coupures libérales, depuis notre élection, nous avons
augmenté les budgets de près de 38 %, soit plus de 150 millions. Les
aînés, le budget pour les soins et services aux aînés, on en a parlé au salon
bleu ce matin. Notamment,
l'hébergement et les soins à domicile ont augmenté de plus de 50 %. Ils
atteignent maintenant 2,2 milliards. Les sommes dévolues en santé mentale et dépendance ont augmenté, Mme la
Présidente, de plus de 20 %. Et, les jeunes en difficulté, c'est
une augmentation de près de 30 %, 385 millions, Mme la Présidente,
depuis notre élection.
Par contre, en même temps, la rémunération des
médecins et des autres professionnels payés par la RAMQ a augmenté de 1 %. C'est assez différent de ce
qu'on a connu dans le gouvernement précédent. Contrairement à l'époque du
gouvernement précédent, la plus grande part
de notre budget a été investie dans les services directs à la population et non
dans la rémunération médicale.
Maintenant,
comme nous l'avons démontré dans la dernière convention collective, nous avons
pu faire des offres différenciées
pour plusieurs catégories de personnel qui étaient importantes pour nous, pas
que les autres catégories ne sont pas
importantes, mais on voulait faire un effort particulier, et je pense, entre
autres, aux infirmières et aux préposés aux bénéficiaires.
Maintenant, dans le budget 2022‑2023, qui
est notre sujet aujourd'hui, présenté la semaine dernière, c'est près de 9 milliards de dollars qui ont été
additionnés à l'énoncé économique de la semaine dernière... de l'automne passé
pour les cinq prochaines années. Je
veux souligner aussi, Mme la Présidente, que ces sommes sont en ajout à tout ce
qui a été fait jusqu'à maintenant,
incluant les chirurgies, parce que j'entendais un des députés de l'opposition
qui disait qu'il n'y avait pas d'argent dans le budget pour les
chirurgies, mais il était complémentaire avec ce qui avait été annoncé à
l'automne.
Maintenant,
Mme la Présidente, j'aimerais... Vous savez, vous connaissez mon passé
comptable, et j'entendais un commentaire
ce matin d'un analyste que bien des gens connaissent, que moi, j'ai beaucoup de
respect... M. McSween, qui était
interrogé ce matin par un annonceur connu, Paul Arcand, qui disait la chose
suivante : «M. McSween, qu'est-ce que vous pensez du plan santé?» Ça, c'était ce matin. Et McSween, avec son
humour habituel, a répondu : «Je n'ai rien compris au niveau de la santé, mais j'ai compris qu'au
niveau de la gestion j'ai aimé ça, parce que le ministre a parlé d'un principe
de base sans le nommer, il a parlé de PODC.
Qu'est-ce que ça veut dire, PODC? PODC, ça veut dire : planifier,
organiser, diriger et contrôler. Tous
ces mots sont dans le plan. Le ministre dit qu'on va avoir des tableaux de bord
pour mesurer la communication de
l'information. Il a dit : Ce qui se mesure s'améliore. Il a dit qu'on va
décentraliser. Il veut mettre des objectifs à des gens qui seront
imputables. Pour le faire, il faut que ton objectif soit spécifique et, pour
ça, il faut que tu donnes la responsabilité à la personne. Et c'est comme s'il avait appliqué, dans son plan,
toutes les notions de base du management.
Il y a un petit comptable en moi.» Ce n'est pas moi qui parle, Mme la
Présidente, c'est M. McSween, parce qu'il est beaucoup plus petit que moi,
on parle de la taille ici. «Si le système est prêt à suivre le plan de
M. Dubé, ça veut dire que des
gens, pour une fois, vont devoir répondre des résultats. Si tu mets en place un
PODC et que tu n'atteins pas les objectifs,
il faut que tu expliques pourquoi et comment tu vas redresser. S'il réussit à
implanter de l'imputabilité, ça va être spécial. Ils ont mis plein de statistiques d'autres pays dans la
présentation, dans les journaux, pour démontrer qu'on est moins bons que
les autres. Donc, on met des cibles réalistes et ambitieuses parce qu'elles
existent ailleurs.»
Et ça, je
pense, Mme la Présidente, que c'est important de faire référence à un
commentateur financier, reconnu depuis plusieurs années, qui dit :
Non seulement les argents sont là, on vient de le prouver, mais on a fait un
budget qui va pouvoir être mesuré.
J'entendais les reproches de l'opposition, qui disait qu'il n'y avait pas
d'indicateurs. On a été très clairs qu'on va prendre des indicateurs qui
sont reconnus, Mme la Présidente, au niveau mondial, et c'est exactement ce que
M. McSween a dit ce matin.
Maintenant,
dans notre plan, les gens comprennent bien maintenant que notre plan est
composé de quatre fondations, Mme la
Présidente, et de neuf priorités. Je répète que nous avons... Grâce non
seulement au ministre des Finances, mais aussi à la présidente du
Conseil du trésor, nous avons les moyens de faire nos avancées.
Maintenant,
j'ai entendu que les argents n'étaient pas dans le plan de santé. Mon collègue
le ministre des Finances, dans son
budget qu'il a déposé la semaine dernière, il a dit... Écoutez, je vais vous
citer le numéro de la page, Mme la Présidente, pour être sûr, là, qu'il n'y a pas de confusion. Puis je rappelle que le
budget a été déposé une semaine avant notre plan de santé. Et je prends exemple au ministre des
Finances, qui cite souvent les numéros de page, pour être sûr que tout le monde
comprend bien que c'est vrai. Alors là, je fais référence, là, le budget, la
semaine dernière, mars 2022, Plan budgétaire, page A.11. Le budget dit :
«Les investissements visant à rétablir le système de santé atteignent près de
8,9 milliards d'ici
2026‑2027...» Et ça, c'est à la page A.11. Et, à
l'intérieur de ce 8,9 milliards, Mme la Présidente, il y a deux montants :
5,2 milliards de dollars pour rétablir
le système de santé et des services sociaux, et 3,7 milliards de dollars
pour rehausser les soins et les services à la population.
Maintenant,
pour être certain que nous nous sommes bien compris, le détail, Mme la
Présidente, du 5,2 milliards, je
passe à la page C.5 — c'est
mes yeux qui me laissent un peu — à la
page C.5, le détail du 5,2 milliards, il est très clair :
effectuer les changements importants au sein des établissements de santé,
1 milliard sur les cinq prochaines années; améliorer la gestion et la
prestation de travail, 3,3 milliards; moderniser le système de santé — ici,
on parle des services informatiques — 800 millions. Alors, Mme
la Présidente, c'est la première composante du 8,9 milliards.
Mais ça va
plus loin. J'ai dit 8,9, je viens d'en montrer 5,2. À la page C.13 du
document du ministre des Finances, on dit : «Poursuivre le renforcement
des soins et des services aux aînés et aux proches aidants.» On en parlait ce matin,
on disait qu'il n'y avait pas de sous pour ça. C'est combien?
2,6 milliards pour les cinq prochaines années. «Améliorer l'accessibilité
et la qualité des services de santé et des...» Ça me prend vraiment des
lunettes, Mme la Présidente.
M. Dubé : Je pourrais peut-être
essayer. C'est des doubles foyers? Oh mon Dieu! Oh mon Dieu! Bon, je pense qu'il y a une révélation, ce matin, Mme la
Présidente, que je suis dû pour des lunettes. Alors, je m'excuse d'avoir
retardé la session ici.
Alors, c'est
bien ce qui est écrit : «Améliorer l'accessibilité et la qualité des
services de santé et des services sociaux», mais c'est le bon chiffre, 545 millions, et : «Améliorer les
services aux personnes vulnérables», 508 millions, ce qui complète
le montant de 8,9 milliards, avec 3,7 milliards sur les cinq
prochaines années. Oh là là!
Donc, Mme la
Présidente, sérieusement, ce que je voulais montrer... Parce que j'ai entendu
souvent le commentaire que non seulement il n'y avait pas les mesures, mais
qu'il n'y avait pas les budgets dans le document de santé que nous avons déposé hier. Ce budget-là a été déposé
exactement au bon moment pour montrer que nous avons les fonds nécessaires. Et
je remercie encore une fois le ministre des Finances pour le travail qui a été
fait pour qu'on soit capables de livrer la marchandise et, je le répète,
Mme la Présidente, pour qu'on ait les moyens de nos ambitions.
Maintenant,
il y a une autre personne qui nous a beaucoup aidés, Mme la Présidente, c'est
la présidente du Conseil du trésor, parce que, dans le plan que nous avons
déposé hier, madame, on a dit qu'il fallait investir dans nos infrastructures
parce que... Lorsqu'on a fait la
présentation au CHUM, hier, dans un hôpital qui est magnifique, c'était
impressionnant de voir tout le monde
qui était là, mais il y avait une chose que je me souviens, M. Fabrice
Brunet, qui est le P.D.G., disait : Je dois avouer, depuis que nous sommes dans le nouvel environnement du CHUM, de
retenir ou d'attirer du personnel... Il m'a dit : M. le ministre, c'est tellement facile, dites-le
pas aux autres, mais c'est tellement facile d'attirer du personnel quand l'environnement est extraordinaire. Et ça, hier,
dans la salle de présentation, c'était évident. C'était un immeuble non
seulement de qualité, mais où on
voyait, là, les patients qui arrivaient à l'entrée. Je suis passé par
l'urgence, là, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller voir, c'est
extraordinaire.
Mais,
savez-vous, il ne faut pas que ce soit juste au CHUM, il ne faut pas que ce
soit juste à Sainte-Justine, il ne faut pas que ce soit juste au CSUM, Mme la
Présidente, on doit avoir des installations de qualité partout. Notre
gouvernement a beaucoup investi dans
les maisons des aînés. On investit présentement dans la rénovation des CHSLD,
qui étaient, malheureusement, il faut
le dire, dans un état pitoyable. Ce que la présidente du Conseil du trésor
vient de faire, en collaboration avec
le ministre des Finances, en collaboration avec des décisions qui ont été
prises au conseil des ministres, Mme la Présidente, c'est... le
gouvernement vient de faire encore une indication très claire de son intention
d'améliorer nos infrastructures.
Le PQI est
passé de 135 milliards, sur 10 ans, à 142 milliards. Le groupe
de... Notre ministère de la Santé a pu bénéficier d'une augmentation,
grâce à cet élargissement-là du PQI, de 2,8 milliards. Et ça, bien,
qu'est-ce que ça va nous aider à faire, Mme
la Présidente, c'est de rénover l'hôpital... bien, rénover, l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, c'est presque
de le changer complètement, c'est de faire des rénovations à Saint-Jérôme, à
Saint-Eustache, livrer la marchandise à l'hôpital d'Arthabaska. Je
regarde mon collègue qui est très heureux de pouvoir annoncer des
investissements qui seront faits... de l'hôpital... je pense à votre collègue,
l'Hôpital de Lachine, qu'on a confirmé pas plus tard qu'il y a deux semaines, l'investissement... de rénovations
qui étaient dues depuis de nombreuses années. Et je peux regarder les nombreux
éléments qu'on n'aurait pas pu faire s'il n'y avait pas eu un rehaussement du
PQI.
Alors, Mme la
Présidente, j'aimerais le rappeler, que, lorsqu'on regarde le budget qui a été
déposé et par le ministre des Finances et par la présidente du Conseil
du trésor, je pense qu'on peut dire aujourd'hui que nous avons les moyens de livrer un plan de santé qui est ambitieux. Et,
encore une fois, je le dis, ce n'est pas uniquement de l'argent que ça prend.
Ça nous prend un questionnement de la façon de faire. Puis je pense que je l'ai
expliqué beaucoup au cours des derniers jours, mais, dans certains cas, ça nous
prend de l'argent, et là il est très ciblé vers des mesures.
J'aimerais aussi en profiter, Mme la Présidente,
et je le dis en conclusion, pour remercier toutes les équipes qui ont travaillé
pour cette mobilisation du plan. Je l'ai dit ce matin en Chambre, hier on
sentait la fébrilité dans cette chambre-là, dans cette salle-là. Tout le monde
était là : le réseau, le personnel, les professionnels. Il manquait
quelques syndicats, je l'accepte, mais ce sera à nous de continuer à travailler
à les mobiliser avec nous.
Mais je
continue avec les corporations professionnelles, les comités d'usagers qui
n'avaient jamais été invités à ce genre
de présentation là. Alors, quand on dit qu'on est axés vers le patient, la
première chose que je voulais m'assurer, c'est qu'il y ait des représentants des comités d'usagers. Et certains étaient
là, je pense que c'est important. Alors, pour réaliser les changements que l'on veut faire, il faut avoir
cette mobilisation-là. Et les Québécois, je l'ai dit, méritent un réseau de
santé à la hauteur de leurs attentes.
la Présidente, je viens de démontrer hors de tout doute que nous avons les
moyens de nos ambitions. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
Et maintenant je vais céder la parole
à M. le député de Rimouski. Et je vous indique que vous disposez d'un temps de
parole de 7 min 30 s
M. LeBel : Merci pour les 30 secondes. Merci, Mme la
Présidente. Les journalistes Gabrielle Duchaine, Katia Gagnon et Ariane Lacoursière publient, ces jours-ci, un livre
intitulé 5060, à la mémoire des 5 060 personnes qui sont mortes dans les CHSLD lors des deux premières
vagues de la COVID.
Malgré les enquêtes du coroner ou du Protecteur du citoyen, aucune réponse
crédible n'a été donnée pour nous aider à comprendre comment l'État a pu
décider de transférer des centaines
d'aînés des hôpitaux vers les CHSLD lorsque la pandémie a frappé. Plus de
50 % des 10 000 décès au Québec sont survenus dans les CHSLD. À cela j'ajoute 20 % des décès dans
des résidences pour aînés. Quel triste bilan! À
titre comparatif, les
centres de soins de longue durée comptaient pour 43 % des décès en France,
34 % au Royaume-Uni et 28 % en Allemagne.
Nous vivons
actuellement une prise de conscience nationale sur l'importance d'obtenir toute
la vérité sur la façon dont ont été traités des aînés durant cette
pandémie. Je réitère que, par respect pour les familles endeuillées, que le gouvernement doit impérativement mettre en oeuvre
une commission d'enquête publique indépendante et itinérante sur les
circonstances qui ont mené à cette catastrophe. L'objectif, c'est d'avoir
l'heure juste.
Mais, au-delà
de cette tragédie, la pandémie nous a rappelé qu'une société vieillissante
comme la nôtre aurait intérêt à
s'adapter à cette réalité où, très bientôt, une personne sur quatre aura
65 ans et plus. Dans ma région, c'est déjà le cas. Les aînés sont un actif pour notre société. Un
gouvernement responsable devra, dès la première année du prochain mandat,
tenir des états généraux ou un sommet sur
l'adaptabilité de notre société à la présence de plus en plus nombreuse d'aînés.
Convoqués à ce sommet, institutions, patrons,
syndicats, gouvernements, municipalités et aînés devront prendre des
engagements pour faciliter le bien-vieillir au Québec.
Dans le réseau de la santé, on a fait preuve de
paternalisme et d'âgisme sous le couvert de la bienveillance au cours des dernières années. Il y a un réel danger
que la discrimination fondée sur l'âge devienne systémique. Il ne faut pas
qu'il s'étende à d'autres secteurs de notre
vie sociale. Je pense, par exemple, au milieu du travail, dans le transport,
dans le logement ou le choix de leur milieu de vie.
Commissaire à la santé, Joanne Castonguay, a déploré, et je cite : «Les
politiques et orientations destinées aux aînés sont mal intégrées à celles visant l'ensemble de la population.
L'adaptation de l'offre de services aux besoins croissants de la
population vieillissante reste très limitée.»
Il nous faut une véritable stratégie pour que
notre société puisse faire face au vieillissement de façon adéquate. Le récent budget ne semble pas répondre à cette
urgence d'agir. À
titre d'exemple, les aînés du Québec veulent rester le
plus longtemps possible dans leurs maisons.
Mais, pour que cela puisse se faire, ils ont besoin de soutien à domicile.
Pourtant, le budget privilégie encore les logements regroupés.
Pour le
réseau des entreprises d'économie sociale, il est important de nuancer le
discours du ministre des Finances, qui
évoque près de 3 milliards de dollars dans les soins à domicile, annoncés
depuis 2018. Année après année, la grande majorité du budget de soutien à domicile est consacrée aux seuls
5 % d'aînés qui vivent en résidences privées pour aînés.
Je cite le
directeur général du réseau des EESAD : «Tant que l'on se ferme les yeux
sur l'existence des 90 % d'aînés à la maison, majoritairement des femmes
vivant seules et disposant de faibles revenus, on ne parle pas sérieusement
d'un virage. Il faut absolument adopter des mesures structurantes pour leur
permettre de vivre chez elles, dans la dignité.»
Un fardeau
financier tombe trop souvent sur les frêles épaules des personnes âgées, et
plusieurs aînés vivent la dure réalité de la pauvreté. On évalue à 60 %
des aînés qui doivent budgéter avec le revenu de Sécurité de vieillesse et se
démener chaque année pour obtenir le
supplément de revenu garanti, ce qui peut totaliser environ 18 746 $
pour l'année. «Pour sortir les aînés
les plus vulnérables de la pauvreté, il faudrait un nouveau seuil de revenu
viable de 28 000 $, plaide l'Association québécoise de défense
des droits des personnes retraitées et préretraitées.
«L'organisme
a réitéré cette revendication [...] dans un mémoire dans le cadre [de la consultation prébudgétaire du gouvernement]»,
un rendez-vous raté. Obnubilé par l'envie de couper des rubans, avec les
maisons des aînés au coût de 1 million
de dollars la porte, le gouvernement a oublié la réalité vécue par plusieurs
petites RPA et par les aînés aux revenus plus que modestes qui y
habitent.
On pouvait
lire, dans La Presse , qu'«au moins 150 résidences privées pour aînés, dont la très
grande majorité a moins de
50 places, ont fermé leurs portes depuis janvier 2021», une saignée
exacerbée par la fin de l'essentiel des primes COVID versées au
personnel et à la fin du plafonnement des tarifs des agences privées de
placement.
fermetures, qui risquent d'accélérer, forcent le déplacement des personnes
âgées souvent hors de leur communauté d'appartenance
et provoquent chez elles un stress financier et de l'anxiété. Pour sauver les
petites RPA de la fermeture, il faut des mesures d'aide directe et
modulée selon la taille du milieu d'hébergement. Les petites RPA n'ont pas les
économies d'échelle des plus grandes. Les grandes n'ont pas besoin d'aide pour
assurer leur pérennité, mais les petites, oui.
Maintenant,
quelques mots concernant les travailleurs âgés. Le Québec aurait besoin
d'augmenter le taux d'emploi des
travailleurs plus âgés pour répondre à son problème de rareté de main-d'oeuvre.
Mais, pensées en fonction d'une autre époque,
la plupart des conventions collectives ne font malheureusement rien pour aider
les choses, constate une étude du Centre de la
productivité et de la prospérité des HEC de Montréal : «...le cadre
institutionnel qui régit le marché du travail ne s'est apparemment pas suffisamment ajusté à la réalité du
vieillissement de la population.
Malgré la rareté grandissante de la
main-d'oeuvre, bon nombre de contre-incitatifs à l'emploi limitent encore
aujourd'hui l'activité des travailleurs âgés», conclut l'étude. Le taux d'emploi des travailleurs aînés québécois est
de 36 % chez les 60 à 69 ans, comparativement à 48 % en Suède, 58 % au Japon ou encore 63 %
en Islande. Voilà une réalité qui plaide pour une stratégie concertée des
patrons, syndicats et gouvernement lors d'états généraux.
Des états généraux où il faudra aussi parler de
transport. Plusieurs personnes âgées limitent leurs besoins de déplacements aux
strictes nécessités, parfois parce que le fait de demander de l'aide confirme
leur état de dépendance, d'autres fois par
crainte de déranger. Plusieurs personnes âgées évitent aussi d'utiliser le
transport en commun et la marche à
cause de leur condition physique. Il y a, de façon significative, un risque
pour plusieurs aînés de vivre une problématique d'exclusion sociale reliée au transport. La mise en place de pistes de
solution respectant les besoins et la réalité des populations aînées de
toutes les régions milite aussi pour la tenue d'états généraux convoqués par le
gouvernement.
À plusieurs
reprises, j'ai fait cette demande à la ministre responsable des Aînés. La
réponse de la ministre démontre qu'elle
n'est pas restée les bras croisés, je le constate et je l'affirme. Cependant,
quand je lis sa réponse, j'ai l'impression de prendre connaissance d'une
liste d'interventions en silo, avec chacun son propre plan de match. La
ministre a lancé différents chantiers à
propos du logement, de la maltraitance, des proches aidants, entre autres, dont
certains doivent mener à une loi,
ensuite, à une politique et, finalement, à un plan d'action qui ne verra
probablement pas le jour avant les élections. Nous sommes loin d'une
véritable stratégie globale et concertée.
Un certain
ministre d'État à l'Éducation et à la Jeunesse, devenu premier ministre du
Québec, a piloté, en février 2000, le
Sommet du Québec et de la jeunesse. Dans un document de présentation de
l'événement, on pouvait lire, je cite : «La société québécoise a depuis longtemps démontré qu'elle pouvait miser sur
le levier exceptionnel que représente sa longue tradition de concertation pour faire face à des enjeux complexes et
mettre en place des solutions pertinentes et durables. Les récents
exercices que furent les États généraux sur l'éducation et le Sommet sur
l'économie et l'emploi en témoignent. Il
importe maintenant de mettre au profit de la jeunesse la force de ce levier.»
Remplacez, dans ce texte, les mots «jeunesse» par «aînés», et vous avez là tout l'argumentaire pour la tenue d'états
généraux sur l'adaptation du Québec au vieillissement de sa population.
Les aînés le méritent. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie de votre
intervention, M. le député de Rimouski. Et, pour la prochaine
intervention, je vais céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Merci, Mme la
Présidente. Par contre, vous me permettrez de faire cette intervention-là à
titre de ministre de la Cybersécurité et du
Numérique. Non, c'est correct, Mme la
Présidente. En fait, c'est la première fois, en fait, qu'on va défendre un budget pour le tout nouveau ministère de la Cybersécurité et du Numérique. Donc, vous me permettrez ce petit moment
de fierté. Et il y en aura d'autres au cours de mon intervention.
Mme la
Présidente, quand on est arrivés au gouvernement, en 2018, il y a un état des
lieux qui était nécessaire, il fallait faire les constats, quel était
l'état des lieux, quelle était la situation du gouvernement en matière de
transformation numérique et en matière de
cybersécurité. Et quelle ne fut pas ma surprise, Mme la Présidente, d'une part,
de voir que le mot «cybersécurité»
n'existait même pas dans le vocabulaire gouvernemental. C'était une notion
totalement inexistante. On parlait de sécurité de l'information.
J'expliquerai la subtile nuance, avec votre permission, Mme la Présidente.
Au niveau de
la transformation numérique, bien, on le sait, on a un gouvernement qui se
distingue par l'utilisation des fax.
J'ai même lu un reportage récemment sur le fait qu'on utilisait encore le
pagette dans le réseau de la santé. Vous dire l'état d'esprit dans
lequel je me trouvais à ce moment-là, ce ne serait pas parlementaire, donc je
vais m'abstenir.
Pour moi, Mme la Présidente, il était
fondamental qu'on puisse déterminer : Mais qu'est-ce qui empêche une organisation comme la nôtre... Et là je vais vous
donner des chiffres qui sont quand même assez, assez faramineux. Une organisation comme le gouvernement du Québec, qui,
bon an, mal an, dépense 4,2 milliards, et ça, c'est les salaires et toutes
les dépenses, qui a un budget
d'infrastructures... qui avait, avant le budget... et là je reviendrai à ce que
nous avons fait au budget, mais qui
avait un budget d'infrastructures en ressources informationnelles de
6,7 milliards, 6,7 milliards, 4,2 milliards en dépenses, et qui emploie
20 000 personnes, je vous mets au défi, Mme la Présidente, de
regarder les entreprises, là, qui oeuvrent
dans le domaine, qui ont ces budgets-là, qui ont ces ressources-là et qui
utilisent encore des fax, vous allez en trouver une, la nôtre. Or, Mme la Présidente, il était urgent de faire
quelque chose. Il était urgent de changer un certain nombre...
Puis, tout à
l'heure, j'ai bien aimé le commentaire du ministre de la Santé, qui a
dit : Ce n'est pas juste une question d'argent. Et, c'est vrai, il
y a une question d'argent. Il y a évidemment une question d'argent. Et,
malheureusement, le domaine des TI, au
gouvernement du Québec, a été trop longtemps considéré comme une dépense et non
pas comme un investissement, alors
que c'est un investissement. Et donc il fallait faire un état des lieux, il
fallait voir : Mais qu'est-ce qui
empêche cette organisation-là, avec autant de ressources, d'être un leader,
d'être à l'avant-garde, d'être dans l'innovation, d'être dans le service
numérique aux citoyens, mais avancé? Plusieurs choses.
D'abord, une
culture du silo tellement ancrée dans nos façons de faire. Juste le
gouvernement du Québec, ce qu'on appelle
l'administration publique, on parle de 304 organismes publics, Mme la
Présidente, et là je ne fais pas l'inventaire du réseau de l'éducation et je ne
fais pas l'inventaire du réseau de la santé, autant d'organisations qui
géraient l'information en silo, qui
géraient leur transformation numérique en silo, une fantastique incapacité pour
la main droite de parler avec la main
gauche, ce qui fait qu'on se lançait dans des projets pour notre organisation
sans savoir quel voisin faisait exactement la même chose. Puis, quand je
disais «le voisin», mettez-le avec un s, parce qu'il y avait plusieurs voisins
qui faisaient plusieurs
fois la même affaire. Il fallait changer ça, Mme la Présidente. Il fallait
changer cette culture-là de l'individualité de nos organismes, commencer
à penser en fonction du gouvernement.
Toutes ces
organisations-là ont ceci en commun qu'elles forment le gouvernement du Québec.
Juste cette prise de conscience là,
Mme la Présidente, ça a l'air facile dit ici, au salon bleu, mais, croyez-moi,
c'est un changement de paradigme. Et
j'ai appris à utiliser ce mot-là à satiété, c'est un changement de paradigme
fondamental. On l'a fait. On l'a fait à travers plusieurs législations. Ça a
commencé notamment avec la loi n° 14, la loi n° 37, la loi n° 95 et, finalement, le ministère de
la Cybersécurité... parce que le premier ministre du Québec, d'abord,
souhaitait que cette transformation numérique là, avec la cybersécurité
qui vient avec, soit une haute priorité.
Pourquoi? Pourquoi, Mme la Présidente? Bien,
s'il y a une chose que la pandémie nous a apprise, s'il y a une chose que la pandémie nous a apprise, c'est que
nos services numériques ont permis au gouvernement du Québec de continuer
ses opérations à travers une tempête sans
précédent, ont continué à donner des services à la population, ont continué à
répondre présent aux besoins de la population, parce qu'on a été capable
de mettre en place ces services numériques là et parce qu'autrement, ces services-là, on n'aurait pas pu les donner à notre
population. On aurait laissé notre population à l'abandon, ce qui n'a
pas été le cas.
Et, là-dessus, Mme la Présidente, et on ne le
fait pas souvent, mais je veux saluer, je veux saluer un exploit qui est passé totalement dans l'ombre. On a parlé des infirmières
et on avait raison. C'est extraordinaire, ce qu'elles ont