Labour and the Economy — 29 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)

CET 2021-04-29

Quebec — Committees

Labour and the Economy — 29 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)

CET 2021-04-29

Quebec — Committees

Mais

là il y a autre chose qui vient, en plus de la crise

sanitaire, puis on le sait, là, on a fait un tour de calendrier complet,

c'est une année que les entreprises touristiques ont dû subir. Et là on entre

dans une nouvelle crise, qui est celle de la crise du manque de main-d'oeuvre,

et, avec la belle saison qui s'en vient, on s'en va dans le mur. On l'a vu, là,

c'est presque 10 %, 10 % des emplois, parce que le monde touristique,

c'est à peu près 400 000 emplois. Je regarde la ministre, là,

400 000, 402 000 emplois, mais là c'est 40 000 postes

qui sont à combler. Il y avait déjà une pénurie de main-d'oeuvre avant la

pandémie, et là on est en plein dedans. Il y a des hôteliers qui m'ont appelée

en me disant : Je ne sais pas si, cet été, je vais être en mesure d'ouvrir

l'hôtel à sa pleine capacité parce que je manque de monde. J'ai des gens qui

ont des attractions, qui me disent : Je ne sais pas comment on va faire

pour rouler sept jours sur sept avec la belle saison parce que je manque

d'employés. Alors, moi, devant la situation, là... On l'a vu, certaines entreprises,

là, ont dû remercier jusqu'à 70 % de leurs travailleurs. Puis de ce

chiffre-là, ils savent très bien qu'il y a 40 % qui ne reviendront pas.

Alors, moi, ce que

j'aimerais savoir : Est-ce que la ministre reconnaît qu'il y a une pénurie

de main-d'oeuvre dans l'industrie touristique?

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Mme la ministre.

Mme Proulx

(Berthier) : ...de saluer les collègues : la députée de Verdun,

la députée de Gaspé, le député de Bourget. Les équipes du ministère : sous-ministre...

sous-ministre adjoint, P.D.G. du Parc olympique, maintenant, de la Société de

développement et de mise en valeur du Parc olympique. Et évidemment les équipes

par intérim du côté du Palais des congrès. Également heureuse de me retrouver

ici.

Vrai

que la dernière année a été difficile, mais je suis vraiment fière, Mme la

Présidente, de la réponse du gouvernement du Québec, de l'appui, du soutien en temps réel. Et ça va se

poursuivre, là, au cours des prochains mois et des prochaines années, ce soutien-là,

à l'ensemble du tissu touristique, qui est très, très large, on en convient, il

y a plus de 50 secteurs d'activité chez nous en plus de nos

sociétés d'État. Et moi, je suis fière de la réponse de mon gouvernement depuis

le début de cette crise-ci.

Oui,

vrai, à peu près 400 000 travailleurs, travailleuses. Il faut voir, Mme la Présidente, que, malheureusement,

avant mon entrée en poste comme ministre du Tourisme, il y avait déjà un

déficit, il y avait un déficit de près de 22 000 au sein de notre

industrie, là. Et c'est important de souligner que, donc, bien avant mon

arrivée, il y avait déjà un enjeu lié à la main-d'oeuvre dans l'industrie

touristique. Donc, oui, important de le dire, qu'il ne date pas d'hier et que

c'est vrai que ça s'est accentué, évidemment, depuis le début de la pandémie.

Depuis le début de la

crise, on est conscients, là, qu'il y a des enjeux liés à la main-d'oeuvre et

on est en action, depuis le début de cette crise sanitaire là, auprès de nos entreprises

touristiques. 3 millions de dollars de mise en oeuvre d'actions qui

favorisent non seulement l'attraction... parce que l'attraction, c'est

une chose, mais nous devons également, comme ministère responsable,

retenir ces employés-là auprès de nos entreprises touristiques.

Notre gouvernement a d'ailleurs

mis sur pied un groupe d'action main-d'oeuvre en hôtellerie. La députée de Verdun

faisait justement référence aux appels qu'elle avait eus de la part de certains

hôteliers. Donc, je tiens à réitérer ici que

le gouvernement a donc mis sur pied un gouvernement... groupe d'action, pardon, pour la main-d'oeuvre en hôtellerie. On suit de très, très près ces

travaux, Mme la Présidente, qui ont cours présentement.

Et, en plus

d'augmenter l'achalandage dans les entreprises pour maintenir les emplois, j'ai

déployé, depuis juin dernier, 28 millions de dollars de mesures

incitatives : Passeport Attraits, Explore Québec sur la route, l'édition

spéciale de la carte de la SEPAQ. Donc, ces mesures-là, Mme la Présidente, pour

conclure, font en sorte que nous pouvons non seulement attirer des jeunes et

moins jeunes dans notre industrie touristique, mais également de garantir la

pérennité de ces emplois-là et de les garder chez nous.

Melançon : Pourtant, on a l'impression que le gouvernement actuellement

est en train de ramer, mais pas tout le monde du même côté. Il y a un

diagnostic des 500 professions au Québec, là, qui a été fait par le ministère

du Transport, puis aucune des professions du secteur touristique ne se trouve dans

la liste avec un déficit ou une pénurie. Aucun. Comment on explique ça?

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Mme la ministre.

Mme Proulx

(Berthier) : Bien, ça, Mme la Présidente, je ne commenterai pas un

rapport ou une étude que je n'ai pas eu l'occasion de lire. Si la députée de Verdun

peut me l'envoyer, ça me fera plaisir.

Revenons sur les

enjeux liés à la main-d'oeuvre. On a donc annoncé un certain nombre de mesures.

C'est important de...

La Présidente (Mme

IsaBelle) : ...poser d'autres questions, étant donné que vous ne

voulez pas commenter sur sa question du rapport, elle va vous poser d'autres questions.

Veuillez attendre, s'il vous plaît. Merci.

Melançon : Merci, Mme la Présidente. Donc, je vous enverrai avec

plaisir ce rapport-là, je pense que c'est important que vous puissiez en

prendre connaissance puis que vous puissiez en parler aussi avec le ministre du

Travail, parce qu'honnêtement, là, c'est catastrophique. Puis moi, quand je parle avec les hôteliers,

notamment, je me demande qu'est-ce qu'on doit leur

répondre, qu'est-ce qu'on doit leur répondre pour la suite des choses quand eux

se disent : Il n'y aura pas une relance totale, parce que je manque actuellement

cruellement d'employés.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Allez-y, Mme la ministre.

Mme Proulx

(Berthier) : Merci. Pardon, Mme la Présidente, je pensais que vous

deviez me donner la parole. La relance, elle

se fait lentement et sûrement, Mme la

Présidente, au fur et à mesure que nous sortons de cette crise sanitaire. Il y a d'excellentes nouvelles, avec de la vaccination, il y a d'excellentes nouvelles de cette sortie de

tunnel.

Et, dans un récent

sondage, en souhaitant que la députée de Verdun l'ait vu, également, qui était

mené par la firme Léger, on a sondé l'ensemble ou une proportion très élevée

des gens qui travaillent dans l'industrie touristique, et tous ont manifesté leur intérêt à revenir le plus rapidement possible travailler

au sein de secteurs qui les passionnent depuis toujours. Donc, moi, je

suis rassurée de voir ces chiffres-là. Le gouvernement du Québec travaille,

comme je le dis, là... parce qu'on revient

sur les hôteliers, Mme la Présidente,

donc je tiens à réitérer, là, que

notre gouvernement, conjointement

avec le ministre du Travail, puisqu'on y faisait référence, un groupe d'action

qui est spécifique à la main-d'oeuvre en hôtellerie... on a également annoncé

récemment, avec l'ITHQ, des programmes spécifiques qui vont venir soutenir des étudiants, des étudiantes qui travaillent à

l'institut ou, en fait, qui étudient à l'institut de l'hôtellerie du Québec. Donc, le gouvernement est en

action, et on aura l'occasion de partager les conclusions des travaux de ce

groupe d'action pour la main-d'oeuvre en hôtellerie dès que le rapport nous

sera présenté, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Merci.

Mme Melançon : Merci, Mme la

Présidente. Comme on n'a pas beaucoup de temps, hein, je vais demander qu'on

raccourcisse un peu, là. Moi, j'essaie de voir... pour avoir le même temps de

réponse.

On sait que, cette année,

là, les techniques en tourisme ont vu la baisse la plus considérable, 40 %

de moins de candidatures au premier tour, cette année. Il y a Liza Frulla, que

la ministre connaît bien, de l'ITHQ, qui «craint que ce manque de nouveaux

diplômés entraîne de graves conséquences pour l'avenir de l'industrie». Et ça,

c'est tiré de la revue de presse, là, Les

étudiants québécois boudent

les programmes en tourisme et en hôtellerie . Ça, c'est en temps réel, c'est ce qui se passe.

J'entends la ministre dire : Bien, moi, je

suis confiante. Honnêtement, je pense que ça prend un peu plus que ça. Je pense qu'on doit se ressaisir rapidement.

40 000 postes à combler, ça

ne se fera pas du jour au lendemain. C'est inquiétant, bien sûr, avec l'été qui s'en vient, pour offrir aux

Québécois et aux Québécoises le meilleur service possible, là, dans nos

attractions, dans nos hôtels, dans nos festivals.

Moi, ce que

je ne comprends pas à ce moment-ci, c'est comment est-ce que le gouvernement

peut reconnaître la pénurie de main-d'oeuvre en tourisme actuellement, puis, de

l'autre côté, offrir toutes les requalifications vers d'autres domaines

de main-d'oeuvre au Québec.

Mme Proulx

(Berthier) : C'est important de préciser que — je reviens sur le sondage — oui, la requalification, c'est important. Il

y en a qui font de la requalification spécifique à l'industrie hôtelière, soit

dit en passant. Alors, c'est extrêmement important.

Maintenant, revenons sur cette pénurie de

main-d'oeuvre, parce qu'il manquait 20 000 employés au sein de

l'industrie touristique avant mon arrivée, Mme la Présidente. Avant qu'il en

manque 20 000, il en manquait 15 000, puis, avant qu'il en manque

15 000, il en manquait 10 000, et, avant qu'il en manque 10 000,

il en manquait 5 000. Alors, moi, je pose la question bien candidement à

la députée de Verdun : Est-ce que quelqu'un n'avait-il pas, pardonnez-moi

l'anglicisme, flagué, levé le drapeau, rendu à 5 000, 10 000,

15 000, 20 000 emplois qui étaient déficitaires dans l'industrie

touristique? Le gouvernement précédent ne l'avait pas reconnu. Nous, on le reconnaît

et on y travaille, Mme la Présidente.

Mme Melançon : Bon, moi, j'ai le

goût de parler avec du sérieux, parce que, là, j'ai les gens de l'industrie qui

nous écoutent. Puis là, si c'est pour être des lignes de presse des

15 dernières années, là, bien, on va se le dire, on va fermer ça puis...

Moi, je pose des questions en temps de pandémie. C'est là où on en est

actuellement.

Là, en temps de pandémie, là, il y a du monde

qui sont en train de laisser leur gagne-pain. Puis là je parle d'hôteliers qui

ne sont pas riches puis je parle de plein de gens dans l'industrie, là, qui, du

jour au lendemain, là, ont vu fermer leur industrie complètement, puis la

ministre m'arrive avec des phrases en disant : Oui, mais avant il en

manquait. Je m'excuse, Mme la Présidente, là, c'est fâchant, là.

Moi, je pose des questions pour : En pleine

pénurie, où est-ce qu'on s'en va? Si on n'a pas de réponse, qu'on le dise,

mais, s'il vous plaît, les lignes de presse, ce n'est pas pour ça qu'on est là,

là, aujourd'hui. Il y a du monde qui nous regarde. Il y a du monde qui ont laissé...

qui ont remis leurs maisons, là, sur des hypothèques. C'est de ça qu'il est

question. Ça fait que j'aimerais ça, s'il vous plaît, qu'on puisse obtenir des

réponses, puis, si on n'en a pas, bien, qu'on le dise, puis, si on n'a pas vu

ce que le ministère du Travail a fait, bien, comme la ministre l'a faite, là,

qu'elle le dise, puis c'est correct. Mais là je m'excuse, Mme la Présidente,

mais c'est un peu fâchant d'avoir ça comme réponse. Je pose des vraies

questions qui me sont données, là, par du monde qui nous écoute actuellement.

Je pense aux associations hôtelières, là, notamment. Je pense aux restaurateurs

qui écoutent. Je pense aux gens des attractions qui ne savent pas comment ça va

se passer cette année. C'est à eux autres que je pense, moi, actuellement.

Ça fait que moi, ce que je voudrais savoir...

Mme la Présidente, hier, là, le premier ministre a fait une déclaration assez

surprenante lors de l'étude des crédits du ministère du Conseil exécutif, et,

lors de l'échange avec la cheffe de l'opposition, il a dit : Il y a

actuellement 140 000 postes au Québec qui ne sont pas comblés, mais

ce que je dis, et qui est très différent de ce quelle dit, en parlant de la

cheffe de l'opposition, c'est que, dans les 140 000 postes non comblés,

il y a 30 000 postes qui sont des emplois bien payés, au-dessus de la

moyenne, 110 000 qui sont en bas de la moyenne. Ce que souhaite la cheffe

de l'opposition, c'est qu'on attire des immigrants pour combler les postes qui

sont moins bien payés. Là-dessus, on est en désaccord. On se concentre, nous,

sur les postes qui sont payants, qui sont bien payés, donc les

30 000 postes, puis ça avance très bien. Les ministres de l'Emploi,

de l'Immigration et de l'Enseignement supérieur, on s'est concentrés sur ces

30 000 postes payants. Elle répond quoi? Comment elle répond aux

gens, là, des hôtels, qui savent très bien qu'ils ne sont pas capables de

donner des salaires de 70 000 $ puis de 80 000 $ comme le

premier ministre veut?

Mme Proulx (Berthier) : Il y a des

emplois très lucratifs, Mme la Présidente, au sein de certains grands hôtels

dans la région de Québec, Sherbrooke, Montréal, Trois-Rivières. Des gens qui

sont des gestionnaires hôteliers de très haut niveau, qui ont des compétences

très élevées. Vrai qu'il y a beaucoup d'étudiants, également, qui aiment

embrasser, durant la période estivale, des emplois qui sont dans l'industrie

touristique. Il y a... Les formations auxquelles fait référence la députée de

Verdun, les travailleurs du secteur touristique peuvent suivre des formations

de rehaussement de compétences dans le cadre du fameux programme qui a été

lancé par mon confrère le ministre du Travail.

Il n'y a pas de solution miracle, Mme la

Présidente, pour régler un enjeu de main-d'oeuvre en tourisme. Clair que les

défis sont nombreux, et ça persiste depuis de nombreuses années, mais on va

continuer de poser des gestes nécessaires pour continuer de recruter des gens

dans notre industrie. Et, au cours des prochaines semaines, on aura de très,

très bonnes annonces à présenter aux collègues des oppositions en ce qui a

trait à la main-d'oeuvre au sein de notre gouvernement.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Merci. Je veux juste souligner qu'il reste

2 min 30 s.

Mme Melançon : Merci, Mme la

Présidente. Je trouve ça surprenant d'entendre la ministre dire : Bien, il

y a des étudiants, puis ça va venir combler. Actuellement, là, les gens du

milieu touristique n'ont aucune prévisibilité. Donc, un étudiant qui vient voir un hôtelier, par exemple, puis il

dit : Bien, moi, je serais prêt à commencer. Puis l'hôtelier, il dit : Bien, moi, je ne peux pas te dire, là,

je ne le sais pas, comment ça va se passer dans les prochaines semaines. Il va

faire, quoi, l'étudiant? Vous avez travaillé

avec des étudiants toute votre vie, Mme la Présidente, bien, il va prendre les

jambes à son cou puis il va aller chercher

un emploi dans un secteur. C'est ça qui arrive actuellement. Les employeurs

dans le monde touristique, actuellement, ne sont pas capables d'avoir de la

prévisibilité, donc ils ne sont pas très, très attrayants. Ça, c'est une

première chose.

L'autre chose, c'est que, justement, le Service

régional d'admission du Montréal métropolitain, là, le SRAM, dit

qu'actuellement il y a des diminutions terribles, puis je ne sais pas si la

ministre sait de combien cette baisse représente en étudiants, là, mais, selon

ce qu'on a vu au ministère de l'Enseignement supérieur, dans les crédits, dans

les livres de crédits, c'est moins 680 inscriptions. Donc, la

spécialisation va être très difficile, le recrutement est difficile. Qu'est-ce

qu'on fait? Il est où, le plan de match?

Mme Proulx (Berthier) : J'ai parlé à

plusieurs, plusieurs, plusieurs étudiants, je l'invite à consulter les publications sur nos médias sociaux. Je les ai

rencontrés, ces étudiants-là. Et, de façon régulière en tourisme, ceux qui

sont, entre autres, au baccalauréat, malgré le contexte... Et, de façon très,

très candide, j'ai demandé à ces gens-là comment

ils se sentaient, dans un contexte pandémique, d'avoir choisi le plus beau

métier du monde, et ces jeunes-là, très passionnés, je les sens motivés,

ils sont là.

Et je ne

partage pas le discours de la députée de Verdun, parce que moi, à la

lumière de nombreuses rencontres avec de nombreux étudiants, qu'ils

soient du collégial ou encore qu'ils soient du niveau universitaire... sont

très emballés à l'arrivée de l'été touristique. Je comprends qu'il y a un

sentiment d'incertitude, là. On est en situation de crise sanitaire et on ne

peut pas dissocier ce que vit l'industrie touristique, puisque nous sommes

encore en crise sanitaire et qu'on est à travailler à cette troisième vague.

D'ailleurs,

en terminant, puisqu'on parlait de Mme Liza Frulla, il y a d'ailleurs, dès

l'automne prochain, un... un baccalauréat,

pardon, à l'ITHQ, en accueil, qui va être offert aux étudiants et aux

étudiantes du Québec et de l'étranger d'ailleurs, qui vont choisir

l'ITHQ.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci, Mme la ministre. Alors, ça met fin au premier bloc d'échange. Nous poursuivons cette fois-ci avec le deuxième groupe

d'opposition, avec la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.

Mme Lessard-Therrien : Merci, Mme la

Présidente.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

...14 minutes.

Mme Lessard-Therrien : 14 minutes. Parfait, merci. J'avais envie de

vous entendre, Mme la ministre, de votre... vos idées sur le tourisme

durable versus les intentions de votre gouvernement au niveau du développement

industriel au Québec.

Vous avez parlé beaucoup, au cours des derniers

mois... vous avez beaucoup encouragé les Québécois, les Québécoises à

redécouvrir leur territoire, qu'on a un territoire magnifique au Québec,

notamment de par ses espaces naturels, ses paysages grandioses, ses lacs, ses

rivières, les fjords, les baies, le fleuve, les montagnes. On a beaucoup encouragé les Québécois à se réapproprier leur

territoire, le redécouvrir, le revisiter. On sait aussi comment le territoire

est une échappatoire, avec la situation pandémique actuelle qui est extrêmement

difficile pour la santé mentale des gens,

puis on a constaté qu'il y a comme eu un mouvement naturel qui s'est orchestré

pour retrouver nos espaces naturels.

Le tourisme intrarégional va vraiment bénéficier

de ce nouvel engouement-là pour nos espaces, pour notre plein air, mais

malheureusement, au gouvernement, on encourage beaucoup des projets industriels

du siècle dernier, hein, on peut penser à Gazoduc, GNL Québec, mais aussi aux

coupes forestières de votre collègue au ministère des Forêts, qui autorise des

coupes forestières dans des secteurs à haute valeur écologique, notamment dans

des projets d'aires protégées qui ont été

refusés, des projets d'aires protégées qui étaient portés par des citoyens, qui

étaient portés par des gens du tourisme

dans certaines régions. Et là, dès cet été, il y a des citoyens qui vont être

privés de magnifiques territoires qui auraient pu être valorisés pour

l'industrie touristique. Je me demande : Est-ce que vous trouvez que c'est

cohérent avec la vision que vous portez, vous, au Tourisme?

Mme Proulx (Berthier) : Merci.

Bonjour, Mme la députée, heureuse de vous voir. Je regarde ma collègue au

ministère du Tourisme, Mme Bouchard, je vais en profiter pour la

remercier, parce que, dès mon entrée en poste, de faire du tourisme responsable

et durable, dans la première semaine, ça a été mentionné, et j'étais extrêmement

fière de travailler avec toute l'équipe du

ministère à produire un premier plan de tourisme responsable et durable, pour

la première fois de l'histoire du ministère, avec une enveloppe de 30 millions

de dollars, qui est un premier pas, là, pour positionner le Québec à

l'international comme étant une destination responsable et durable. Moi, mon

rôle comme ministre du Tourisme, c'est de faciliter l'accès pour les visiteurs,

qu'ils soient... vous le mentionnez avec raison,

là, particulièrement du Québec cette dernière année, mais, à terme, ceux

d'international, à des environnements naturels d'exception — on en

a beaucoup au Québec — de

façon responsable et durable.

Les possibilités sont

vraiment immenses en tourisme nature, aventure, écotourisme. On en a été

témoins cet été, ou l'été dernier, je

devrais dire. Et la priorité demeure, pour moi, de respecter les milieux, de

respecter les collectivités. Je travaille de très, très près avec, entre

autres, le ministre de l'Environnement, des Forêts, des Faunes et des Parcs et

également le ministre des Ressources naturelles. On a tous la même volonté, Mme

la députée, c'est qu'on ait un Québec plus vert, reconnu à l'échelle mondiale

pour ses actions environnementales. Le ministre de l'Environnement a annoncé

l'atteinte de l'engagement des aires protégées à 17 % de notre territoire

en 2020. Mais ce n'est pas une fin en soi. On s'est d'ailleurs engagés à

protéger près de 30 % du territoire d'ici 2021.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Merci, Mme la ministre.

Mme Proulx (Berthier) : Donc, c'est

un travail qui se fait avec le ministre des Forêts, Faune et Parcs, avec le

ministre de l'Environnement, MERN et nous.

Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. On va essayer de respecter le

temps. Ça vous va? Si je vous dis merci, c'est parce que le temps a

comme été un peu écoulé, là, pour répondre. Ça vous va? Merci beaucoup. Alors,

nous continuons.

Mme Lessard-Therrien : Bien, moi, je

vous entends bien quand vous dites «faciliter l'accès». On veut miser sur le

tourisme de nature. Je comprends que la clientèle internationale, elle est

friande de nos grands espaces préservés, sauvages, naturels. En même temps,

vous avez vu comme moi ce qui s'est passé l'été dernier du côté de la Gaspésie, ce qui a été fait sur les plages de la

Gaspésie, l'achalandage surdimensionné de la rivière Bonaventure, qui a même porté atteinte à l'intégrité de cette

rivière-là. Puis, en ce moment, il y a beaucoup de discussions, à savoir

comment on va la gérer, cette rivière-là, pour s'assurer qu'elle reste

le joyau qu'elle est en ce moment.

Et je pense

que vous... Dans le fond, ce qu'on veut faire, c'est... Ce qu'il faut faire,

c'est qu'il faut déconcentrer l'activité touristique. Parce qu'en ce

moment, quand on va dans nos sentiers de la SEPAQ, si on est une autoroute de

monde, ce n'est pas l'expérience à laquelle s'attend la clientèle

internationale, entre autres, puis même la clientèle québécoise. Il n'y a rien de plaisant à être... de se promener à queue

leu leu dans un... au Mont-Sutton, là. On s'entend là-dessus. C'est pour

ça qu'il faut les multiplier, ces endroits-là.

Puis moi, je veux vous parler du cas précis de

la rivière Péribonka. La rivière Péribonka, c'est l'affluent principal du

Lac-Saint-Jean, il y a encore des caribous forestiers, il y a des forêts

vieilles de plus de 300 ans. Vous disiez : On va faire des projets

qui vont être portés par les collectivités. Bien, ça, c'en est un. Depuis

10 ans, il y a des gens qui se mobilisent, partout au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

pour développer ce projet-là. Ils ont reçu l'appui de toute l'industrie

touristique régionale, il y a des milliers de citoyens du Saguenay—Lac-Saint-Jean,

des nombreux groupes environnementaux du Québec... Le ministère de

l'Environnement avait donné son aval pour ce projet d'aire protégée là, puis ça

a été bloqué au ministre des Forêts. Et là, dès cet été, il va y avoir des

coupes. Puis je ne sais pas si vous savez c'est quoi, là, une coupe forestière.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Pardon?

Campeau : Je vais faire un

appel d'ordre au niveau de la pertinence. On est en train de parler du ministère des

Forêts, on ne va pas demander à la ministre du Tourisme de répondre au ministère

de la Forêt, et on parle... on veut parler d'aire protégée puis on a...

Présidente (Mme IsaBelle) :

Elle n'a pas posé sa question encore. Je vais vous inviter, député de Bourget,

d'attendre au moins sa question,

elle fait son préambule, d'accord? Je vous remercie. Nous allons voir, avant, sa question.

Mme Lessard-Therrien : Je parle d'un

territoire qui est extrêmement propice au développement touristique qui, là, va

passer dans le moulin à scie. Puis, une fois que la «skideuse» est passée, là,

ce n'est pas beau, là, c'est un champ de bouette, c'est un tas de branches,

puis il n'y a plus rien à faire là pour les citoyens, là. Alors, moi, ce qui

m'inquiète, c'est que la «skideuse», elle va y aller, dans la forêt, sur le

bord de la rivière Péribonka, dès cet été, et on coupe l'herbe sous le pied à

cette communauté-là, pour protéger leur territoire, mais en faire un joyau

touristique sur leur territoire.

Je me demande comment la ministre peut parler de tourisme écoresponsable quand on

se retrouve avec ce genre de situation là puis qu'est-ce qu'elle a à

dire aux gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean,

en ce moment, qui tiennent à bout de bras ce projet-là et qui, là, pensent

aller s'enchaîner aux arbres cet été pour préserver ce joyau-là.

Mme Proulx (Berthier) : Donc, Mme la

Présidente, vous allez me permettre d'avoir une réponse un peu plus longue,

parce qu'il y a beaucoup d'éléments. On va commencer par les débordements en

Gaspésie. Je suis allée à la rencontre de la députée de Gaspé l'été dernier.

Vrai qu'il y a eu des débordements, et on a rencontré le maire de Gaspé, j'ai rencontré l'ensemble des maires de la

Gaspésie pour s'assurer que des épisodes, qui étaient très rares... sur le nombre de visiteurs qui ont choisi la

destination de la Gaspésie, étaient très rares. Le maire de Gaspé, d'ailleurs,

a mis en place des aires pour s'assurer que les gens qui arrivent en

camping l'été prochain, ça se fasse de façon responsable et durable. Il y a

très peu de Québécois qui ont agi de cette façon-là.

Maintenant, on parle de la

SEPAQ, elle a parlé de la SEPAQ, où tout le monde marchait à la queue leu leu.

C'est un succès sans précédent, l'édition spéciale de Bonjour Québec, des

cartes de la SEPAQ, et des retombées économiques, pour l'ensemble des régions, extrêmement

importantes. Maintenant, on parle de faire en sorte que les Québécois ne se

concentrent pas aux mêmes endroits, ce que soulignait la députée, raison pour

laquelle on a adopté ou adapté, je devrais dire, Explore Québec dans son volet

Explore Québec sur la route pour aller du côté de chez vous, Mme la députée, en Abitibi-Témiscamingue, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, du côté de la Montérégie, chez moi

du côté de Lanaudière. Et pas moins de 1 000 forfaits seront

disponibles pour les Québécois, pour les répartir donc sur l'ensemble du

territoire québécois.

Maintenant, pour ce qui est des parcs, et j'ai

rencontré la société des parcs nature encore très récemment. On a eu, lors du

dernier budget, 5 millions de dollars justement pour s'assurer de la

pérennité de ces parcs régionaux là. Là, on fait exception des parcs de la SEPAQ

qui sont sous la responsabilité du ministre de la Faune et des Parcs.

Sur le moratoire des coupes forestières qui est

réclamé le long de la rivière Péribonka, donc, c'est un dossier, comme le mentionnait le collègue de Bourget, qui

appartient au ministre de la Forêt, des Faunes et des Parcs. Il y a un comité de sauvegarde de la rivière Péribonka puis

pas moins d'une dizaine d'organismes environnementaux et touristiques

qui demandent au premier ministre Legault d'imposer un moratoire sur les coupes

forestières dans le secteur visé par la

création d'une aire protégée. La demande a été faite par le billet cosigné

notamment de Nature Québec, Greenpeace, l'association boréale des

sociétés nature des espaces et des parcs.

Donc, comme

on l'a mentionné à plusieurs reprises depuis décembre, l'atteinte de nos

objectifs cibles en 2020, ce n'est pas une fin en soi, Mme la députée,

avec 45 millions de dollars additionnels prévus au dernier budget, le

projet de loi n° 46, on va continuer de poursuivre notre mission et de

protéger les territoires notamment... partout au Québec, mais notamment au sud

du Québec.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci.

Mme Lessard-Therrien : Merci pour

cette réponse. Donc, je crois déceler que vous seriez favorable à ce moratoire-là,

notamment, le long de la rivière Péribonka pour permettre à ces gens-là de

faire profiter ce territoire-là à leur industrie touristique, je comprends que

vous êtes favorable à ça?

Mme Proulx (Berthier) : Moi, ce à

quoi je suis favorable, c'est un développement touristique responsable et

durable tel qu'on l'a présenté en février dernier avec cinq axes, dont la

protection du territoire, la mise en valeur du territoire. Et il n'y a pas moins d'une vingtaine d'actions ciblées sur

lesquelles on travaille présentement pour augmenter non seulement les

aires protégées, mais ne pas mettre un socle de verre sur ces aires-là, de les

rendre accessibles aux Québécois et à l'international, mais de façon

responsable et en lien avec des communautés.

Lessard-Therrien : Je rappellerais quand même à la ministre que

l'atteinte de la cible de 17 %, elle est bien réelle, mais que la grande

majorité des aires protégées se trouvent dans le nord du Québec, donc je serais

peut-être éventuellement curieuse d'entendre son plan pour les valoriser, ces

aires protégées là dans le nord du Québec.

Mais avant je veux quand même vous questionner

parce que, bon, l'épisode qui a eu lieu en Gaspésie, l'été dernier, je pense

qu'il a marqué l'imaginaire des Québécois, puis on ne veut évidemment pas se

retrouver avec une situation pareille cet été, je me demande c'est quoi le

soutien qui est offert de la part du ministère du Tourisme aux municipalités, aux milieux, pour améliorer leurs

infrastructures d'accueil pour les tourismes sur l'ensemble du territoire.

Mme Proulx (Berthier) : En fait,

c'est un travail qui est fait, entre autres, avec le maire de Gaspé, et la

députée pourra corroborer nos dires, donc on a travaillé tout le monde

ensemble, avec le MERN, avec la Sécurité publique, pour s'assurer, donc, que

les espaces en Gaspésie puissent accueillir les Québécois de façon responsable

au cours de l'été qui vient. La ville de Gaspé et le gouvernement du Québec se

sont entendus, donc, sur des modalités de

gestion des plages en particulier, Mme la députée, et ce pour

l'été 2021. Donc, c'est à la suite de discussions avec divers

ministères, il y avait le nôtre, Ressources naturelles, Environnement, donc

Gaspé aura et pourra faire appliquer ses règlements municipaux sur les plages

qui bordent le territoire de la Gaspésie, et ça, c'est donc un pouvoir qui

revient pleinement au maire de Gaspé, à cet égard-là.

La Présidente (Mme IsaBelle) : Il

reste 1 min 45 s.

Mme Lessard-Therrien : Je vais

essayer d'aller plus précis, tu sais, je pense qu'on a tous l'image, là, des

petits papiers de toilette, là, qui traînent un petit peu partout, installer

des infrastructures sanitaires dans les milieux, ça a des coûts, j'aimerais

savoir est-ce que la ministre... comment vous gérez ça, au gouvernement, de

soutenir les milieux à se doter d'infrastructures de sanitaires qui ont du bon

sens?

Mme Proulx (Berthier) : Depuis le

début de la crise sanitaire, on a plusieurs volets dans nos programmes, entre

autres, des ententes de partenariat régionales en tourisme où, justement,

compte tenu du volet sanitaire, on a ajouté de nouvelles sommes pour soutenir

les municipalités, les entreprises à l'adaptation des mesures sanitaires, par exemple d'avoir davantage de poubelles pour

ramasser des papiers, des papiers de toilette et également des possibilités

pour les municipalités, pour les OBNL de pouvoir avoir le soutien financier du

ministère pour les accompagner à ces mesures sanitaires là.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Merci. Il vous reste 40 secondes.

Mme Lessard-Therrien : Bien, en

fait, je ne pensais pas nécessairement à des poubelles pour les papiers, là,

mais plus à des endroits pour que les gens puissent aller faire leurs besoins,

qu'ils puissent avoir accès à de l'eau potable aussi en quantité, c'est plus à

ce genre d'infrastructures là que je pensais.

Mme Proulx

(Berthier) : Je pense que c'est des responsabilités municipales, alors

ça ne relève pas du ministère du Tourisme, ça relève des municipalités.

Mme Lessard-Therrien : Non, je

comprends, mais la pression, elle est accentuée par le tourisme, je pense que

vous auriez peut-être un rôle à jouer à ce niveau-là.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Alors c'est tout le temps que nous disposons pour ce bloc. Un très bel

échange. Nous revenons avec l'opposition officielle avec la députée de Verdun.

Vous disposez de 19 minutes.

Mme Melançon : Merci, Mme la

Présidente. Mais, tout à l'heure, quand on était en échange, on se parlait

justement de formation. Et dans la formation, je sais qu'il y a le groupe

d'action pour la main-d'oeuvre du secteur hôtelier, là, qui a fait des... qui

est allé auprès des différents ministres pour parler de la non-éligibilité au

programme d'aide en relance par augmentation de formation, là, pour le

personnel d'entretien ménager. Est-ce que la ministre est au courant de la

non-éligibilité due au PARAF de ces gens-là?

Mme Proulx (Berthier) : Non, je

l'ignore, Mme la Présidente.

Mme Melançon : D'accord. Donc, ça,

c'est toute l'industrie hôtelière, donc, l'industrie touristique qui a écrit notamment

au ministre du Travail pour dire qu'il y a des gens, qui sont des hommes et des

femmes d'entretien ménager, là, au Québec, puis c'est ce qui manque notamment

dans les hôtels actuellement, qui ont des problèmes de littéracie, de

francisation. Et actuellement, là, cette formation-là n'est pas reconnue. Ce

serait intéressant que la ministre puisse parler avec son collègue au ministère

du Travail. Je pourrai même lui laisser la lettre, si nécessaire, mais je pense

qu'il serait intéressant que la ministre puisse parler avec le ministre du

Travail.

Mme Proulx

(Berthier) : ...de Verdun... la députée de Verdun peut avoir mon

entière collaboration là-dessus, et je suis heureuse qu'elle me le

partage ce matin, et je signifierai, comme je sais le faire, au ministre du

Travail cette incongruité que vous me rapportez ce matin. Merci de le faire.

Mme Melançon : Merci. Merci à vous.

Parce que je pense que c'est important de participer à la relance même pour ces

hommes et ces femmes qui n'ont pas eu la chance que nous, nous avons, ici, à

l'Assemblée nationale, c'est-à-dire d'avoir une facilité en numératie ou en

littéracie, ou même pour des immigrants, là, qui arrivent, là, de pouvoir... de

trouver un emploi, ça passe aussi par là, puis on a 40 000 postes à

combler. Alors, je le dis ainsi.

Mme la Présidente, rapidement, j'aimerais qu'on

puisse parler justement des aides qui ont été annoncées par la ministre du

Tourisme, je pense, notamment en juin dernier, et on avait eu un échange

superintéressant lors de l'étude des crédits en août dernier et... Puis là la

ministre, je suis persuadée, va sourire parce que, moi, j'ai toujours dit que

ça prenait de l'aide directe, puis là elle me disait : Ah bien! On sait

bien, vous autres, les libéraux... Mais c'était bon enfant, là, c'était très

correct, mais force est de constater qu'on a besoin d'aide directe actuellement

dans les industries touristiques, puis actuellement c'est des prêts qui sont

consentis pour l'industrie touristique. Puis là je le sais que la ministre va me dire : Oui, mais il y a des prêts,

mais il y a... Il y a une

partie qui est pardonnable, là, oui, mais, à chaque

fois qu'une entreprise... puis là je veux bien l'expliquer pour les gens qui

nous écoutent, là, à chaque fois qu'une entreprise touristique va voir

le banquier en lui disant «j'ai fait un prêt», savez-vous ce qui arrive à

cette personne-là? Bien, l'institution financière dit : Oh! il y a donc

plus de dangerosité, tu deviens plus fragile parce que ton taux d'endettement augmente et le taux d'emprunt augmente aussi.

Donc, de venir emprunter au gouvernement du Québec les fait avoir des

augmentations dans leurs institutions financières. J'imagine que ça, la

ministre l'a entendu sur le terrain.

Mme Proulx

(Berthier) : Oui, on a parlé, vous et moi, beaucoup d'aide directe. On

a eu quand même — puis

on s'est parlé, là, en privé, Mme la députée de Verdun et moi, là — presque

14 millions de dollars de remboursement de la taxe sur l'hébergement. Ça,

c'est une aide directe, on en convient, Mme la députée de Verdun.

Novembre, il y a eu une mise à jour, là, ça

paraît loin, novembre 2020, mais il y a eu une mise à jour, on est allés

chercher 65,5 millions de dollars additionnels, entre autres pour aider ce

qu'on appelle l'épine dorsale de notre industrie, c'est-à-dire le secteur de

l'hébergement, avec 38 millions de dollars.

On est... Et je comprends, là, la

partie

pardonnable. On a encore fait davantage, Mme la députée de Verdun, alors qu'on a décidé de bonifier le PACTE

Tourisme, là, au mois de février 2021, où la

partie pardonnable, qui devient

une subvention directe, une forme d'aide directe, on a décidé de la majorer de

100 000 $ à 250 000 $.

Et à la suite

de nombreuses rencontres avec de nombreux grands hôteliers partout à travers le

Québec, on s'est bel et bien rendu

compte que le poste de dépenses le plus important pour ces hôteliers-là était

les frais en hydroélectricité. Je vais mettre ça beaucoup plus

largement, là, il y en a qui sont à l'hydro, à l'eau chaude, bref, on ne

passera pas tous les systèmes, là, de chauffage et de

climatisation dans les hôtels. Et donc, à la lumière de ces rencontres-là, on a

décidé de donner l'équivalent d'une aide

directe équivalent à 100 % des dépenses mensuelles en énergie,

1er janvier 2021, 30 juin 2021. On se rappelle que, durant

l'hiver, évidemment, on ne peut pas fermer, pardonnez-moi l'expression, là, la

switch d'un hôtel, là, on doit continuer d'entretenir et les frais d'entretien

sont là.

Donc, entre 1er janvier 2021, 30 juin

2021, important de savoir que c'est un maximum de 35 000 $ par mois

pour un maximum de 210 000 $ où l'hôtelier le recevrait en juin, pas

en juillet, pas en août, pas en septembre, dès juin, les hôteliers qui auront

fait cette demande auprès du PACTE Tourisme, qui a été grandement modifié,

pourront avoir ces remboursements-là.

Donc,

combinant, en terminant, Mme la Présidente, quand même des chiffres, là, à donner ici, là, combinant...

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci.

Mme Proulx (Berthier) : ...donc, le

pardon de 250 000 $ et de 210 000 $, c'est

460 000 $ de frais fixes qu'on vient rembourser chez des hôteliers.

Mme Melançon : Mais je vais quand

même dire, en tout respect, à la ministre, que les gens de l'industrie

touristique, pour essayer de se sortir la tête de l'eau, doivent continuer à

s'endetter pour essayer, justement, de prendre une petite bouffée d'air, là, et

c'est ce qui est triste actuellement parce que ça fait un an, puis c'est

vraiment à l'extérieur, complètement, là, de leurs ressorts à eux, là. Ils se

sont fait fermer à cause de la pandémie, puis je ne dis pas qu'il ne fallait

pas le faire, là, je ne voudrais pas que... mais ils sont en train de subir, ce

sont des victimes collatérales de la pandémie, puis, à chaque fois, l'aide qui

peut leur être accordée, bien, c'est en s'endettant, et c'est ce que moi, je

décris de la situation, actuellement.

Puis, comme je l'expliquais à la ministre, à

chaque fois qu'il y a quelqu'un qui va voir sa banque ou son institution financière puis qui dit : Bien,

moi, là, j'ai fait une demande d'aide au programme PACTE. Bien, l'institution

financière, elle va dire : Oh! bien, attends, tu viens d'augmenter ton

endettement. Donc, il y a des risques. Parce qu'il y a des risques, j'augmente

ton pourcentage en emprunt. Donc, l'augmentation d'endettement, ça devient un

frein complet puis ça leur coûte plus cher, je veux que la ministre puisse bien

comprendre ça.

Puis ce n'est pas vrai qu'avec les

trois mois d'été qui s'en viennent que tout le monde va refaire ses

affaires parce que ça fait un an qu'ils sont à sec. Ils n'ont pas été

capables de se refaire une santé financière, ils n'ont pas eu la chance, puis

on en reparlera peut-être un peu plus tard, là, mais ils n'ont pas eu la chance

d'ouvrir à Noël, ils n'ont pas eu la chance d'ouvrir à Pâques, ils n'ont pas eu

la chance d'ouvrir, vraiment, à la relâche. Ça fait que ça fait un an que

c'est difficile. Puis j'ai entendu la ministre dire : Oui, mais on a eu un

super bel été, l'été passé. Bien je m'excuse, là, mais mars, avril, mai, puis

juin, l'année passée, là, ça a été rock and roll, ça a été hyper difficile pour

eux. Puis après ça il y a eu la période d'été, mais je veux rappeler à la

ministre que ce qui est payant pour l'industrie touristique, c'est le tourisme

d'affaires, c'est le tourisme sportif, c'est les gens qui viennent aussi

d'ailleurs parce que, malheureusement, c'est vrai, c'est comme ça puis c'est

comme ça partout sur la planète, quand on voyage chez nous, on a moins la carte

de crédit facile, je vais dire ça comme ça. Mais on l'a vécu, ça, l'été passé.

Puis c'est super, les Québécois ont pu

redécouvrir leur Québec. Moi, là, je suis toute pour ça, mais ce qui est

problématique actuellement, c'est que

les quelques semaines qu'ils ont eues dans l'été, ce n'est pas suffisant pour

reprendre toutes les pertes qu'ils ont eues. Puis ça a continué de plus

belle tout l'hiver, tout le printemps, puis là ils ne savent pas ce qui va

arriver, il n'y a pas de prévisibilité. Puis je ne dis pas que c'est la faute

de la ministre, là, mais c'est la situation dans laquelle ils sont. Puis j'ai

des appels, là, terribles de gens qui pleurent au téléphone, en me

disant : On ne sait pas, on ne sait pas qu'est-ce qui va advenir. Puis il

y en a, là, c'est... c'était leurs parents qui avaient l'hôtel ou l'auberge, il

y en a, là, qui ont bâti ça toute leur vie,

puis actuellement, là, ils me disent : Je vais être obligé de remettre les

clés. Puis ce n'est pas de gaieté de coeur qu'ils le font puis ce n'est

pas parce qu'ils veulent quémander, ils n'ont jamais quémandé parce que ça

allait bien avant. Ça allait très bien avant, la situation au Québec était

formidable, mais on va devoir se refaire se refaire une santé puis on va devoir

se refaire une réputation sur la scène internationale parce que Montréal, qui a

été durement affectée, durement touchée, bien, on va devoir y aller.

Donc, c'est un long préambule, puis je laisserai

plus de temps à la ministre, mais c'est ça, le cri du coeur que moi, on me fait du côté de l'industrie, puis je

suis persuadée que la ministre l'entend aussi, mais il va falloir qu'il y ait

de l'aide directe, puis je le sais que les programmes n'étaient pas parfaits,

force est de constater, parce que ça a été changé à trois reprises. Donc, on a

essayé de moduler, en se disant : Bien, on n'appellera pas ça de l'aide

directe parce qu'à la CAQ, on n'aime pas ça parler d'aide directe. Mais, quand

même, moi, je pense qu'on doit aller avec de l'aide directe, annoncée, pour

ceux et celles qui subissent les contrecoups actuellement.

Et d'ailleurs,

en ce sens-là, j'aimerais savoir... Explore Québec, j'aimerais savoir, sur le

10 millions, combien, actuellement, ont été versés, combien est

sorti de l'enveloppe Explore Québec?

Mme Proulx (Berthier) : Il y a eu

beaucoup de choses, Mme la députée, qui ont été faites. Je sais que c'est dur

pour l'industrie touristique. Ça a été extrêmement dur, ça l'est encore. Ce

n'est pas le propre du Québec, ce n'est pas le propre du Canada, partout à

travers le monde, cette crise-là frappe particulièrement, et vous l'avez

mentionné d'entrée de jeu, et la culture et le tourisme.

Bien humblement, bien humblement, on a été la

province la plus généreuse, puis je sais que la députée de Verdun est

rigoureuse dans ses travaux puis qu'elle a regardé ce qui se fait à l'extérieur

du Québec, et franchement, je suis fière de l'aide qu'on a accordée à

l'ensemble de nos entreprises touristiques. Et même, Dany Thibault, que la députée de Verdun connaît certainement, le président du

conseil d'administration, évidemment, de l'Association des hôteliers du Québec, qui, à la lumière des

modifications... Parce que, oui, on ajuste au fur et à mesure que nous vivons

cette crise-ci. Ce n'est pas que les mesures étaient imparfaites au début, on y

allait au meilleur de notre connaissance au

fur et à mesure d'une crise que l'on vit tous et toutes, pour chacun de nos

secteurs d'activité, pour la première fois.

Donc,

lorsqu'on a apporté des ajustements, des améliorations, des bonifications, Dany

Thibault a dit : Certaines de nos demandes furent entendues par le

gouvernement du Québec. L'arrivée d'un programme d'aide aux coûts fixes qui

pèsent lourd sur nos entreprises ne peut être que saluée, puisque cela répond à

l'une de nos demandes, ça donne de l'oxygène à notre industrie, AHQ,

Association des hôteliers du Québec. Donc, on a respecté notre parole d'être

agiles, Mme la Présidente.

Melançon : À la question combien... à Explore Québec, combien est

sorti sur l'enveloppe de 10 millions?

Mme Proulx (Berthier) : Laissez-moi

juste une chance de pouvoir le sortir. Me donnez-vous quelques...

Melançon : Bien, regardez, moi, je vais continuer. Vos équipes vont

pouvoir vous l'envoyer, j'imagine.

Mme Proulx (Berthier) : Attends,

non, non, il est juste ici, là. Attendez, attendez, attendez. C'est parce que je ne suis pas habituée avec une souris, aussi

paradoxal que ça puisse paraître, là, je travaille sur un Mac. Bien, voilà.

O.K. Donc, les mesures incitatives pour Explore, hein, que vous voulez?

Mme Melançon : Explore Québec, oui.

Mme Proulx (Berthier) : O.K. Donc,

Explore Québec sur la route, 31 mars 2021, les dernières données qu'on a, transactions effectuées entre

juin 2020 et février 2021, le nombre d'agences qui ont participé, c'est

près de 60. Je suis vraiment

contente. Le nombre total de voyageurs, 9 467; valeur totale des forfaits

vendus, 5,8 millions de dollars; nombre

total de nuitées et de personnes, 32 442, avec des régions plus populaires

que d'autres. Sans grand étonnement, la Gaspésie, évidemment, s'y

retrouvait.

Mme Melançon : Je veux juste

rassurer la ministre, là, j'ai le cahier avec moi puis j'ai ça. Moi, ce que je

veux savoir, sur le 10 millions de dollars, l'enveloppe, combien d'argent

est sorti du 10 millions?

Mme Proulx (Berthier) :

1,4 million de dollars.

Mme Melançon : C'est bien ce que

j'avais.

Mme Proulx (Berthier) : Il faut voir

que, lorsqu'on a lancé... c'est très important de le préciser, lorsqu'on a dû

adapter, là, Explore Québec pour Explore Québec sur la route, on n'a pas eu,

évidemment, la possibilité de le sortir

hyper rapidement, là. Monter un programme, l'adapter pour les Québécois de

façon très, très rapide, ça demandait de l'agilité. D'ailleurs, je

remercie l'ARF d'avoir travaillé, et Marilyn Désy et ses équipes, de façon très

rigoureuse là-dessus.

Ceci dit, pour cet été, ce n'est pas moins de

1 000 forfaits qui vont être offerts à travers Explore Québec sur la

route pour permettre, justement, de déployer davantage de Québécois partout sur

le territoire québécois, sachant maintenant que la forfaitisation existe pour

les Québécois sur l'ensemble du territoire.

Mme Melançon : Mme la Présidente, on comprend qu'Explore Québec

ça n'a pas été un succès. Ça, on le comprend, 1,4 million. Le

10 millions, c'était pour un an, j'imagine que c'était la même chose que

pour l'autre programme, c'était sur un an aussi, le... et là je m'excuse, c'est

attractions Québec, là, ou programme Attractions, ou je ne me rappelle pas

exactement, mais l'autre programme qui avait 5 millions, vous avez même dû

remettre des sous dans l'autre programme, celui-là, c'était un succès. Le

10 millions, là, ça veut dire qu'il me reste 8,6 millions qui n'ont

pas été dépensés, cet argent-là va-t-il être périmé?

Mme Proulx (Berthier) : Non, Mme la

Présidente. Puis il faut voir les Québécois, on s'est adonnés à de la

forfaitisation lorsqu'on allait à l'international, petite semaine, un vol, un

hôtel. Et la forfaitisation, au Québec, pour les Québécois, est vraiment une

nouvelle notion que nous avions initialement introduite avec Explore aérien,

qui desservait huit régions à travers des vols, des nuitées et des rabais,

Mme la députée. Évidemment, compte tenu des circonstances, nous

l'avons adapté pour la route.

Et vrai que les Québécois, en forfaitisation, au

Québec, ce n'était pas dans notre nature. On fait ça lorsqu'on va passer une

petite semaine dans le Sud. Et moi, je suis très fière de la réponse des

Québécois, et qui vont continuer de répondre à l'offre du gouvernement du

Québec, et qu'on va continuer, donc, à développer de la forfaitisation pour les Québécois, au Québec. Et, lorsque

l'international va rouvrir, je tiens à rassurer les Québécois, là, qu'à

l'international on aura encore ce

volet-là d'Explore Québec qui permettra aux touristes internationaux, lorsqu'on

rouvrira les frontières, de pouvoir découvrir toutes les régions du

Québec.

La Présidente (Mme IsaBelle) : Il

reste deux minutes.

Melançon : Oui, donc on va aller rapidement. Je l'ai dit tout à

l'heure, ceux qui essaient de se sortir la tête de l'eau, actuellement, là...

puis là je n'ai pas les chiffres, j'aimerais ça que la ministre puisse nous

déposer, peut-être, à la commission, là, combien d'entreprises ont fait des

demandes au PACTE et au PADAT, j'aimerais ça qu'on puisse déposer ça ici à

la... vos deux programmes que vous avez mis sur pied, le PACTE et le PADAT.

Mme Proulx

(Berthier) : PADAT 2. Oui.

Melançon : Alors, j'aimerais bien qu'on puisse déposer ça, là, parce

que, sinon, on va perdre un temps immense. Mais ce serait important de savoir

combien il y a d'entreprises parce que, ce qu'on réalise, puis c'est là où je m'attriste, c'est qu'actuellement on demande

aux gens... puis je l'ai entendu souvent de la part des différents ministres

du gouvernement, dire : Bien là, tout le monde doit se réinventer. C'est

dur de se réinventer quand on est en train de se

noyer, et c'est ça qui est en train d'arriver avec bon nombre d'entreprises

en tourisme. Puis ce que le gouvernement

du Québec puis le gouvernement de la CAQ leur proposent, c'est de dire :

Bien, venez nous voir, on va vous faire des prêts. C'est sous forme de prêts.

Endettez-vous plus avec la pandémie, c'est ça, le signal qui est envoyé. Et je

ne crois pas, je ne crois pas que la stratégie est la bonne, actuellement, on

va perdre trop d'entreprises. Puis quand on va dire : Bien là, c'est le temps de la relance, tout le monde est vacciné, il fait beau, revenez

chez nous. Bien, on va avoir une méchante mauvaise surprise, c'est que

nos entreprises, nos entrepreneurs en tourisme ne seront plus là, comme bon

nombre de travailleurs ne sont plus là.

Puis j'entends la

ministre dire : Oui, il y a un problème avec la main-d'oeuvre, mais il y a

des jeunes, il y a des étudiants. Je vous le

dis, Mme la ministre, ce n'est pas le cas, actuellement, à cause du manque de

prévisibilité, les étudiants vont se tourner ailleurs. Moi, ce que

j'invite la ministre, là, c'est d'avoir des programmes où il va pouvoir y avoir

de l'aide directe, pas de l'endettement supplémentaire. Ce n'est pas de ça

qu'ils ont besoin actuellement. C'est dur, pour eux, ce qu'ils vivent,

actuellement, puis ils ont besoin d'une main tendue du gouvernement en aide

directe.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Merci. Je veux juste m'assurer, Mme la ministre, est-ce

que vous vous engagez à remettre le rapport

qui va comprendre combien d'entreprises ont fait une demande au PACTE et au...

2, je crois.

Proulx (Berthier) : Je veux

juste apporter une précision. Au PACTE tourisme, qui est le volet touristique

du PACTE, et le PADAT 2, Mme la Présidente, on s'engage évidemment à

verser à la commission les documents relatifs à la demande de la députée de

Verdun, avec beaucoup de plaisir.

Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Alors, nous poursuivons, c'est tout pour ce bloc-ci. Nous poursuivons

cette fois avec la députée de Gaspé. Vous disposez de

14 min 20 s.

Perry Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, Mme la ministre, et à toute l'équipe, également. Heureuse de pouvoir parler de l'industrie

touristique, aujourd'hui, parce qu'on sait qu'on va devoir travailler très fort

pour relancer l'industrie touristique, qui a connu beaucoup de... qui a eu des

gros coups importants, là, face à la crise, mais qui avait déjà besoin, là,

d'amour un peu aussi avant la pandémie. C'est une industrie qui est très

porteuse pour le Québec, et particulièrement, bien, dans les régions comme la

mienne aussi, en Gaspésie.

Puis ça m'amène à

rectifier un petit peu ce que j'ai entendu, là, de la députée, tout à l'heure,

là, parce que, bon, la gestion de la rivière Bonaventure n'est pas du tout

due... la problématique n'est pas... ne vient pas de l'achalandage hors

contrôle qu'on a vécu, là, cet été, il ne faut pas mélanger les dossiers. Mais

moi, ce que je voudrais dire par rapport à ce dossier-là, comme tel, c'est que

l'intérêt, là, des gens de place, ce n'est pas qu'on commence à utiliser, là,

en grande pompe les plages pour faire du camping puis d'installer des blocs

sanitaires, je ne pense pas que c'est comme

ça qu'on va régler les problématiques qu'on a vécues. Les municipalités sont en

train de faire des réglementations

justement, puis je sais qu'elles sont encadrées par le gouvernement pour la

cession des baux, etc.

Ce que je veux plus

qu'on regarde ensemble pour ce dossier-là, c'est comment est-ce qu'on peut

faire la promotion de la région et de s'assurer que l'achalandage respecte le

niveau d'accueil de la région, parce qu'à un certain moment, quand tous les

établissements hôteliers sont pris, et que là des gens arrivent sans avoir

planifié leur voyage, c'est là qu'on a un problème. Il faut que ça se planifie,

un voyage loin comme ça en Gaspésie. Et c'est là où je veux savoir, dans la promotion, j'ai vu qu'il y avait de l'aide pour

les festivals, mais comment est-ce qu'on s'assure de bien promouvoir nos

destinations et comment s'y préparer pour qu'on n'ait pas de problèmes comme ça

qui se passent encore l'été prochain?

Mme Proulx

(Berthier) : Plaisir de vous revoir, Mme la députée de Gaspé. Ce n'est

pas loin la Gaspésie. Le déplacement fait

partie de l'expérience, alors ce

n'est pas loin la Gaspésie, c'est tout proche pour l'ensemble des Québécois.

Vrai que l'année passée...

Mme Perry

Mélançon : ...

Mme Proulx

(Berthier) : C'est un compliment, là, que je vous fais.

Mme Perry

Mélançon : J'espère.

Mme Proulx (Berthier) : Hein?

Perry Mélançon : J'espère.

Mme Proulx (Berthier) :

Oui, oui. Non, non.

Mme Perry

Mélançon : Parce que je suis la première à le dire, Mme la ministre,

Mme Proulx

(Berthier) : O.K., non, non, mais je veux juste être certaine, c'est

un compliment.

Mme Perry

Mélançon : Pour ne pas me prêter des intentions.

Mme Proulx

(Berthier) : Ce n'est pas loin la Gaspésie.

Mme Perry

Mélançon : Je le sais, je le fais chaque semaine.

Proulx (Berthier) : Ce que

je veux vous dire, c'est vrai que, l'année passée, il y a eu quelques

débordements, hein, on s'est

rencontrés, vous et moi, et c'était un petit nombre de Québécois,

hein, on tient à le dire, là, sur la quantité de Québécois qui ont choisi une des belles destinations du Québec,

c'est un nombre très, très réduit, Mme

la Présidente, et, l'année

passée, on était un peu sous le choc, on ne savait pas trop ce qui arrivait.

Et malgré le fait que

le gouvernement, la députée de Gaspé également joignait sa voix à la mienne,

où, semaine après semaine, on demandait aux Québécois de planifier leurs

déplacements, planifier leurs déplacements, et ça n'a pas été entendu de tous

les Québécois, malheureusement, l'année dernière. Or, je veux vous rassurer, Mme

la députée, on continue de marteler ce message-là, de gérer, de planifier

chacun de vos déplacements.

Puis la raison

d'Explore Québec... la députée de Verdun disait que ce n'était pas un grand

succès, là, ce n'est pas terminé, Explore Québec, on en est au début, Explore Québec vient

répondre également, Mme la députée de Gaspé, parce que c'est minimum

deux nuitées, minimum un attrait. Donc, tout ça est en forfaitisation, donc on

s'assure que les gens qui choisissent une destination, quelle qu'elle soit au

Québec, on est garantie, donc, d'avoir un hébergement touristique. Et cette planification-là est extrêmement importante, et un

des véhicules, c'est évidemment Explore Québec. Mais soyez rassurés que

je vais continuer de marteler le message dans les prochaines semaines avec

votre voix pour s'assurer que la planification continue de se faire.

Mme Perry

Mélançon : Merci. Merci pour cette réponse. Je continuerais peut-être rapidement,

parce que j'ai vu des chiffres qui sont

sortis récemment pour ma région, donc je vais prendre ces chiffres-là que j'ai

sous les yeux.

C'est

quand même 100 000 visiteurs

de moins qu'on a eus en 2020, on s'en parlait, on disait : Oh! Wow! Il y a

l'air d'avoir un gros achalandage dans

certaines régions qui ont été sélectionnées par beaucoup de Québécois, mais ça

demeure que c'est des pertes de 30 millions qui sont à peu près évaluées,

là, par Tourisme Gaspésie, parce qu'elles se fient au nombre de nuitées passées

dans la région versus l'année précédente. Donc, c'est là que je dis que c'est

important de maximiser les retombées, le potentiel de retombées économiques

d'un achalandage qui est contrôlé. Donc, je suis contente de voir qu'il y aura

des efforts de mis, à ce niveau-là, pour s'assurer que les gens qui viennent

puissent vraiment occuper nos hôtels et nos établissements qu'on aime beaucoup.

Bien, je vais

poursuivre, peut-être sur la lancée... J'ai entendu des réponses pour les

autres collègues de l'opposition, mais, pour

ce qui est du tourisme de nature et d'aventure, est-ce que je pourrais avoir

une précision de la vision de la

ministre et de son équipe? Parce que je voyais qu'il y a beaucoup qui est mis

dans les institutions, comme la SEPAQ, il y a à peu près un peu plus de

15 millions d'investis sur six ans, ce que je trouve déjà peu. Mais

est-ce qu'il y a d'autres initiatives qui vont être développées pour le

développement... pour le tourisme écoresponsable?

Mme Proulx

(Berthier) : Nature, aventure ou écoresponsable? O.K. Dans le volet

de...

Mme Perry

Mélançon : Bien, en fait, non... tourisme de nature et d'aventure,

oui.

Mme Proulx

(Berthier) : O.K. Vous avez parlé de 120 000 visiteurs de

moins du côté de la belle Gaspésie l'année passée. Évidemment, vos frontières

sont fermées, on n'a pas de tourismes internationaux, et c'est l'ensemble du

territoire québécois qui écope évidemment d'un achalandage qui est réduit.

Puis, pour occuper vos hôtels, vos beaux hôtels, votre belle région, vos

restaurants, moi, j'invite les gens à faire... à pratiquer de plus en plus, ça

se retrouve dans notre cadre d'action de tourisme responsable et durable, de

faire du tourisme lent. On n'est pas dans la quantité, on est dans la qualité,

et de passer un plus long séjour chez vous, à Montréal, en

Abitibi-Témiscamingue, peu importe la destination choisie par les Québécois,

c'est comme ça qu'on va venir soutenir, malgré le fait que les frontières

soient toujours fermées, soutenir chacune de nos régions.

Tourisme nature et

aventure, effectivement, est en très forte progression. On le voyait, là,

depuis les 15, 18, 20 dernières années,

c'était en nette progression, et on veut s'assurer de pérenniser ces parcs

régionaux là. Clair qu'on a eu un succès avec la SEPAQ, qui, je rappelle,

appartient à mon collègue du côté de Forêts, Faune et Parcs, mais des parcs régionaux,

des parcs régionaux. Donc, on a, au dernier budget du ministre des Finances, un 5 millions de dollars additionnels, justement, pour continuer de

mettre en valeur, de pérenniser et de s'assurer que les parcs régionaux continuent

d'offrir des services aux Québécois.

Perry Mélançon : Oui. Bien, en fait, ce que je veux dire par là, c'est

qu'on a quand même aussi des entreprises privées qui veulent développer des

chaînes de montagnes de ski hors-piste. Quand je dis de voir la vision un petit

peu de la ministre, c'est de voir... parce que, si on veut avoir de

l'achalandage aussi durant l'hiver, il y a plein

de belles activités à faire aussi en tourisme de nature, de plein air, etc.

Donc, je veux savoir s'il y aura de l'investissement, autres que dans la SEPAQ et les parcs régionaux, directement aux promoteurs pour étirer la saison. Moi, c'est vraiment quelque

chose que je pense qu'on doit faire davantage, là.

Mme Proulx

(Berthier) : Vous aurez mon entière collaboration si on peut s'assurer

que les Québécois voyagent sur les quatre saisons, qu'on étire les saisons à

l'automne, à l'hiver. Il y a des objectifs évidemment de mettre en valeur

encore davantage la Gaspésie durant la période hivernale. Eh oui, il y a des

bijoux non seulement chez vous, mais sur

l'ensemble du territoire québécois, où on va continuer d'appuyer des entrepreneurs, particulièrement en hébergement.

On en avait discuté, vous et moi, l'été dernier, parce qu'il y a certaines

régions qui manquent d'hébergement touristique.

Donc,

on va accompagner les promoteurs qui vont souhaiter, là, faire du

développement, par exemple, d'hébergement ou ce à quoi vous faites

référence, là, de ski de peau phoque, par exemple, dans les Chic-Chocs, là.

Mme Perry

Mélançon : Oui, merci. Est-ce que ces objectifs-là sont chiffrés?

Est-ce qu'on sait combien de promoteurs on sera en mesure d'aider, les

enveloppes qui sont destinées à ça? Est-ce qu'on a une idée?

Mme Proulx

(Berthier) : En fait, il y aura des enveloppes à travers le tourisme

responsable et durable, mais également à travers des programmes normés du côté

du ministère du Tourisme, que ce soit, au grand plaisir de la députée de

Verdun, en subvention directe, ou encore avec des prêts, des garanties de prêt,

des prises de participation du côté d'IQ Tourisme.

Mme Perry

Mélançon : O.K. Merci. Je vais aller rapidement aussi sur le volet

tourisme d'affaires parce que je pense qu'on a là un gros potentiel. Il faut

préparer la relance. C'est certain qu'on ne peut pas avoir des gros groupes qui

se déplacent présentement pour le travail, on est tous en télétravail

actuellement le plus possible, mais il faut préparer. Est-ce qu'il y a des

projets sur la table? Est-ce qu'on est en train de développer... Parce que je

voyais 2,5 millions seulement cette année et après rien. Moi, j'ai été pas

mal étonnée de voir ça, il faut qu'on me rassure d'une autre façon.

Mme Proulx

(Berthier) : Et il y aura le P.D.G. par intérim du Palais des congrès

de Montréal qui pourra ajouter des compléments d'information, si Mme la

députée de Verdun...

Mme Perry

Mélançon : Mais comme partout au Québec, là.

Proulx (Berthier) : Oui, alors... Oui, les rassemblements sont encore,

malheureusement, interdits, comme vous le savez.

Mme Perry

Mélançon : C'est le temps de développer des nouvelles offres et se

préparer à la suite, là, parce qu'on arrive, quand même, au bout du chemin.

Proulx (Berthier) : Oui, et

ça, on est prêts, là, pour accompagner les gens en tourisme d'affaires, partout

au Québec, parce que, oui, ça vient répondre au fameux enjeu dont on a discuté,

de l'intersaisonnalité, hein, le tourisme d'affaires, à l'automne et au début du printemps, ou avant le printemps.

Le 2,5 millions de dollars, il est, conjointement avec la Société

du Palais des congrès de Montréal et Tourisme Montréal, pour s'assurer de

garder la Société du Palais très, très active pour continuer la

réouverture des frontières, d'avoir ces congrès-là.

Puis les bonnes

nouvelles, puis si vous souhaitez davantage d'information, les bonnes

nouvelles, c'est qu'on a réussi à repousser,

dans le temps, ces grands événements là, de congressistes, on les a sécurisés.

Donc, le 2,5 millions, là, c'est

particulièrement dans un effort pour accompagner Montréal et son tourisme

d'affaires à travers la Société du Palais des congrès de Montréal.

Mme Perry

Mélançon : Mais donc, Mme la ministre, il n'y a rien de budgété

sur six ans pour autres projets en tourisme d'affaires pour développer ce

volet-là.

Mme Proulx

(Berthier) : En fait, en tourisme d'affaires, on a, dans le plan

d'action qu'on a présenté en juin dernier, eu des mesures pour le tourisme

d'affaires en milieu hôtelier, vous vous rappellerez. Donc, on a lancé le

fameux PADAT qu'on a récemment modifié, en avril 2021, et ça, c'est pour

le tourisme d'affaires en milieu hôtelier. Parce qu'on sait que dans les

régions du Québec, en dehors de Québec et de Montréal, là où ils ont des grands

centres de congrès, ça fait partie, souvent, de l'offre hôtelière, justement,

pour répondre à l'intersaisonnalité.

Donc, ce qu'on a

fait, en avril 2021, projets de construction de nouveaux établissements

hôteliers dans les régions touristiques en

déficit d'unités d'hébergement, qui deviennent admissibles, augmentation des

coûts admissibles aux travaux, passent de 80 % à 90 %. Puis

vous serez heureuse d'apprendre que ça, c'est 225 millions de dollars pour

le PADAT 2. L'autre item très important, c'est que 80 % de ces

sommes-là sont destinées en dehors des grands centres que sont Montréal et

Québec.

Perry Mélançon : Donc... mais c'est pour les hôteliers ou... par exemple,

une ville qui voudrait se doter d'un centre, aussi, de congrès, mais à plus

petite échelle que Montréal, pourrait, pour devenir une destination en tourisme

d'affaires, et non pas seulement des hôteliers... Est-ce qu'il y aurait de

l'argent pour...

Mme Proulx

(Berthier) : Bien, en fait, ce n'est pas sur quoi on a travaillé,

parce que la majorité des hôteliers en région ont de petits, moyens, certains,

plus grands, centres de congrès et d'affaires. Et, à travers, donc, la

modification substantielle au volet 2, là, du PADAT, c'est comme ça qu'on

vient aider les hôteliers en région qui ont, attenant ou à l'intérieur de leurs

hôtels, de petits ou moyens centres de congrès. C'est comme ça qu'on vient les

soutenir.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Il vous reste 1 min 20 s.

Perry Mélançon : Ah! quand même, plus... O.K. Merci. Bien, en fait,

j'aimerais peut-être vous entendre sur une industrie qui est complètement

sur le frein, là, présentement, l'industrie des croisières. Quel genre d'aide

qui, présentement, est donné à tous les organismes et les croisiéristes, là,

pour garder quand même, là, jusqu'à ce qu'on puisse redémarrer cette industrie-là,

qu'on s'assure qu'on ait encore des joueurs de taille, là? Parce que c'est quand

même une industrie assez porteuse partout au Québec.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : En 40 secondes.

Mme Proulx

(Berthier) : En 40 secondes? Bien, écoutez, on les soutient. Évidemment,

là, les croisières internationales, il y a

une interdiction jusqu'en 2022. On travaille avec les associations, là, pour continuer de les soutenir. Je sais que c'est un dossier qui vous est très, très cher. Est-ce que

je peux prendre un peu plus de temps dans ma réponse? Je ne peux pas

donner... Est-ce que la députée de Verdun me permet de répondre à la question?

La Présidente (Mme

IsaBelle) : On va voir si elle vous posera cette question-là, mais là

il ne vous en reste plus que 10 s.

Mme Proulx

(Berthier) : Donc, on suit le dossier de près avec le ministre

responsable évidemment de la Stratégie maritime. Il y a une rencontre qui doit

avoir lieu au cours des prochaines semaines pour évaluer...

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Merci. Alors, merci...

Mme Perry

Mélançon : C'est une réponse intéressante.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : C'est vraiment tout le temps que nous avions pour vous.

Alors, merci pour le bel échange. Nous poursuivons avec le dernier bloc, donc

avec l'opposition officielle. Et, pour son dernier bloc, la députée de Verdun.

Melançon : Merci, Mme la Présidente. Alors, ça va aller plus rapidement,

j'imagine, pour le troisième bloc.

J'aimerais revenir sur, bien, les actions ou inactions, là, je ne sais pas

comment les nommer, là, de la ministre à la veille de la relâche scolaire. Moi,

je voudrais qu'on revienne sur les fermetures de piscines, ce qu'on a appelé le

«piscine gate».

Je veux juste vous

lire rapidement, là : Fermeture des piscines durant la relâche :

les hôteliers en furie . «C'est par un

décret du gouvernement nullement discuté auparavant que les hôteliers

ont appris la mauvaise nouvelle.» Les piscines des hôtels en zone

rouge ne rouvriront pas pour la relâche au Québec. Là, je vais

citer : «Ce sont des coûts importants qui devront être assumés, encore une

fois, par les hôteliers dans une situation qui est déjà très difficile.»

Ça, c'est la P.D.G.

de l'Association des hôtels du Grand Montréal. Des hôteliers «abasourdis» par les décisions de

Québec . «Il y a beaucoup de frustration dans l'industrie[...]. On ne

comprend pas la situation, d'autant que les piscines municipales vont rester ouvertes. C'est deux

poids, deux mesures», dit Olivier Gret. Les hôteliers du Québec attendent

des explications. Au Hilton, à Montréal, là, on a dit : «On a eu beaucoup

d'annulations, on a dû revoir toute notre planification.

Ça a été très dur, ça a généré beaucoup

de coûts.» Mauvaise surprise pour les familles. Pas de compensation

pour les hôteliers qui n'ont pas pu ouvrir leur piscine. Ça, c'est dans La Presse

le 1er mars.

Et on apprend dans

cette entrevue... dans cette revue de presse, là, à ce moment-ci, La Presse

canadienne, que la ministre décline toute demande d'entrevue. La fermeture

des piscines fait perdre des milliers de dollars à un hôtel à Shawinigan.

«Cette décision fait perdre des milliers de dollars à l'Auberge Gouverneur de

Shawinigan.» Ça sent de plus en plus l'improvisation. Les piscines publiques

complètes jusqu'à samedi à Québec . Là, vous avez bien entendu. C'est pour

ça que je l'ai gardé à la fin : Les piscines publiques, elles étaient

complètes jusqu'à samedi à Québec, parce qu'on était en pleine relâche

scolaire.

Juste refaire la

chronologie des choses, là, c'est dans la nuit du 25 au 26 février qu'il y

a eu un décret, hein, qui est venu fermer

les piscines, rappelez-vous. Pourtant, le gouvernement, quelques jours avant,

là, c'était le 16 février, avait ordonné l'ouverture des piscines

dans les hôtels. Donc, moi, j'aimerais savoir qu'est-ce qui s'est passé entre

le 16 février et le 25 février.

Proulx (Berthier) : J'ai eu vraiment le coeur brisé cette journée-là,

parce que je savais qu'il y avait beaucoup de familles qui avaient réservé en

hôtel, entre autres, pour pouvoir profiter des piscines. Il y a une chose sur laquelle je veux être extrêmement claire, Mme

la Présidente, extrêmement claire, d'aucune façon cette décision-là n'a été prise par la ministre. C'est une décision

de la Santé publique de fermer les piscines d'hôtel, qui m'a été communiquée le jeudi soir, tard le jeudi soir. Et

moi, le ministère, nos équipes en cabinet, on a été les premiers surpris

de cette décision-là, et j'ai demandé, j'ai

demandé des explications à la Santé publique, et on m'a répondu que ça

s'inscrivait dans une logique de

déconfinement qui devait être prudente et qui devait être séquencée. Il faut se

ramener à l'époque, là, où on tentait, évidemment, d'éviter une

recrudescence de cas.

Ceci dit, et on l'a

expliqué très clairement auprès de nos hôteliers, ceux

qui ont dû rouvrir leur piscine, pour pouvoir

accueillir les familles durant le congé, pouvaient avoir et ont encore... ont

pu avoir accès, donc, au remboursement des frais liés à

l'hydroélectricité pour, évidemment, chauffer des piscines. Mais je veux le

dire haut et clair, je le sais que ça a

occasionné des déceptions pour des familles québécoises, je le comprends très

bien. J'étais extrêmement empathique

face à la situation qui était vécue par les familles, mais, je le répète, c'est

une décision de la Santé publique.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Merci.

Mme Melançon :

Moi, ce que je trouve particulier, Mme la Présidente, c'est qu'on a entendu le

premier ministre, à de nombreux points de

presse, dire : C'est moi qui prends les décisions. Donc, ce que je

comprends, c'est que la ministre n'a

pas été informée de cette décision-là avant que le décret ne soit passé. Je

comprends aussi que la ministre a été informée le jeudi soir, mais,

pourtant, ça a pris des jours avant que les gens des associations aient un

contact avec le cabinet. Moi, je ne comprends pas, là, je ne comprends pas,

puis j'entends la ministre dire : J'avais le coeur brisé. Moi, je veux

juste vous dire, là, les hôteliers, c'est le portefeuille qu'ils ont brisé, ça

a été... c'est terrible. Puis moi, je pensais honnêtement qu'il était pour y

avoir une compensation.

Puis c'est arrivé

encore à Pâques. À Pâques, il y a des gens qui s'attendaient encore à avoir une

semaine pas si mal. Bien, la même chose est

arrivée, puis savez-vous, deux heures après l'annonce de la fermeture pour

Pâques, là, il y avait 95 % d'annulations. Ça fait que les

hôteliers, là, à Noël, ça a été terrible, parce qu'on avait annoncé qu'on était

pour être avec la dinde puis que tout le monde était pour fêter ensemble, les

hôteliers ont eu, hein, vous le savez, puis on en a dans chacun de nos comtés,

là, ils ont eu des annulations. Après ça, il est arrivé la relâche, puis après

ça il est arrivé Pâques. À un moment donné, là, je veux bien comprendre, mais

qui, dans votre cabinet, n'a pas fait le relais avec les associations?

Mme Proulx

(Berthier) : S'il y a une chose que mon cabinet n'est pas, c'est

rigoureux,IIl est extrêmement rigoureux, mon cabinet, et c'est faux de dire

qu'on n'a pas parlé aux assos. C'est faux, je suis désolée, je dois me porter en faux contre ça. On leur a parlé le

matin, dès qu'on a eu l'annonce de l'interdiction de l'utilisation des piscines

en milieu hôtelier, mon équipe, le cabinet, on a parlé, le vendredi matin, à

nos associations. Alors, je suis désolée, Mme la Présidente, je dois apporter

un correctif qui est important ici : Nous avons parlé à nos associations

hôtelières le vendredi matin.

Melançon : Pourtant, la P.D.G., donc, du Grand Montréal, Eve Paré, dit

que c'est par la police qu'ils ont appris le décret, ce n'est pas par le

cabinet de la ministre. Et ça a pris des jours avant qu'on puisse avoir l'heure juste.

Cela étant dit,

j'aimerais amené la ministre sur un autre sujet, Saint-Michel-des-Saints, une

place qu'elle connaît très bien, c'est dans son comté, et il y a un rapport du

BAPE sur un projet minier en Haute-Matawinie, donc à Saint-Michel-des-Saints,

qui fait craindre pour bien des gens localement, là, et surtout pour

l'industrie touristique, parce que

villégiature et mine, ça ne fait pas bon ménage. Et il y a de nombreux citoyens

qui ont demandé des rencontres avec la ministre, et malheureusement ils

n'ont pas eu droit à cette rencontre-là.

J'aimerais

savoir si la ministre peut s'engager à rencontrer ces gens-là. Je pourrais même

déposer l'enfilade de demandes de rencontre.

Proulx (Berthier) : Le

projet auquel fait référence la députée de Verdun, c'est Nouveau Monde

Graphite. Le ministre de

l'Environnement, le ministre des Ressources naturelles, évidemment,

sont... suivent pas à pas le dossier et

l'évolution du côté de Nouveau Monde Graphite à Saint-Michel-des-Saints. Non

seulement, moi, mais également mon bureau de comté, on s'entretient avec le

maire Gouin, Réjean, pour ne pas le nommer, de façon régulière, et il nous

fait part de certaines préoccupations de certains citoyens.

Maintenant, Mme la

députée, je ne rencontrerai pas, l'horaire ne le permet pas, là, chacun des

citoyens de Saint-Michel-des-Saints, mais le

maire, mon équipe et le gouvernement

du Québec suivent de très près, là,

le dossier de Nouveau Monde Graphite du côté de Saint-Michel.

Melançon : J'entends donc que la ministre refuse de rencontrer ses

concitoyens. Je trouve ça un peu dommage à

ce moment-ci, parce que vous savez que, dans le BAPE, là, ce qu'on dit,

c'est : «Étant donné

l'importance que représente le

secteur du récréotourisme dans la région, à l'incertitude au regard de l'effet

potentiel du projet minier, la commission

est d'avis qu'une caractérisation des activités touristiques en

Haute-Matawinie, à Saint-Michel-des-Saints, devrait être réalisée par Nouveau Monde Graphite afin d'obtenir une

étude de référence de la fréquentation touristique et de suivre les

effets du projet.»

Actuellement, le BAPE est inquiet aussi de la

situation pour la villégiature à Saint-Michel-des-Saints. Les citoyens, dont je

vous parle, qui sont des citoyens de la circonscription de Berthier, donc votre

circonscription à

titre de députée, sont... Actuellement,

là, ce qu'on leur demande par les gens de votre bureau, on les réfère au

ministre de l'Économie. Moi, je trouve ça quand même particulier. J'entends ce

que la ministre dit, mais quand même on ne peut pas laisser tomber Saint-Michel-des-Saints. Je comprends que le maire

est d'accord, mais il y a le maire,

puis il y a aussi des concitoyens, il y a aussi des gens qui habitent

sur le bord des lacs, qui sont inquiets, et je pense que ça prend la peine...

on devrait prendre la peine de les écouter.

Mme Proulx

(Berthier) : C'est faux de dire, Mme la députée, que je refuse de

rencontrer mes concitoyens de Berthier, première précision. L'ensemble du

gouvernement suit ce dossier-là. Et évidemment, comme ministre responsable de

Lanaudière, députée de Berthier, d'abord et avant tout, avec le ministre de

l'Environnement, avec le ministre de

l'Économie et de l'Innovation, avec le ministre des Ressources naturelles et

moi-même, on suit de très près le dossier du côté de

Saint-Michel-des-Saints et de Nouveau Monde Graphite.

Melançon : J'entends quand même qu'elle n'accepte pas l'offre que je

lui ai faite.

Cela

étant dit, on va aller du côté des discrétionnaires, Mme la ministre. Il y a eu

le député de Rousseau qui a reçu des

sommes importantes de votre discrétionnaire pour un de ses amis. Ça a fait la

manchette, là, chèque de 15 500 $ pour son ami, le député — je vais taire son nom — donc de Rousseau, intervenu auprès de deux

ministres. Bon, il y a différents montants,

là, qui sont donnés, puis j'ai sorti les montants discrétionnaires que la

ministre a octroyés. C'est des demandes assez importantes, là, quand

même. Ce que j'aimerais surtout savoir, c'est : Est-ce que la ministre

peut nous dire c'était quoi, le projet qu'elle a voulu soutenir en donnant

cette somme, ce montant-là au député de Rousseau?

Mme Proulx

(Berthier) : C'était un festival automnal, qui, dans les

circonstances, ne pouvait pas se tenir. Et les demandes, en lien avec les

budgets discrétionnaires, sont analysées de façon rigoureuse par mon cabinet,

comme tous les cabinets, d'ailleurs. On a des demandes fréquentes de

discrétionnaires, qui sont traitées, vous le savez très bien, peu importe la

couleur politique, qui sont traitées de la même façon, sans égard à la

formation politique. Pour ce qui est du député de Rousseau, il n'a eu

absolument aucun rôle à jouer dans l'analyse ou le traitement du dossier de

discrétionnaire pour l'entreprise à laquelle vous faites référence. Il n'y a

pas eu eu aucun traitement de faveur. Il n'y a pas eu aucun conflit d'intérêts

de la part du député de Rousseau. On a analysé la demande de discrétionnaire,

de la même façon qu'on analyse chacune des demandes.

Et c'est important

ici de préciser que, lorsqu'il y a des demandes de discrétionnaire qui sont

faites à mon bureau, et qu'il n'y a pas de

programme qui existe pour soutenir des activités, des festivals et des

événements qui sont en lien avec

l'industrie touristique, on analyse rigoureusement et on tente de soutenir,

donc un maximum d'entreprises au Québec, qui souhaitent avoir des

activités touristiques et qui, malheureusement, ne peuvent pas avoir de soutien

à travers d'autres programmes dits normés.

Melançon : Je remercie la ministre pour sa réponse. Elle dit qu'il y a

un travail rigoureux qui est fait à l'intérieur de son cabinet. J'aimerais

savoir quels sont les critères pour l'obtention, ou non, d'un discrétionnaire

dans le cabinet.

Mme Proulx

(Berthier) : Bien, en fait, il faut qu'il soit en lien avec le

tourisme d'abord et avant tout. J'ai l'exigence également qu'il n'ait pas été

soutenu par un autre programme normé au sein du ministère du Tourisme.

Melançon : Est-ce que que c'est... Est-ce qu'on demande que ce soit en

lien absolument avec le tourisme?

Mme Proulx

(Berthier) : Bien, en fait, notre objectif, nous, c'est d'encourager

des organismes à vocation touristique

événementielle, donc qui vont stimuler non seulement la fréquentation dans

toutes les régions du Québec... C'est ce avec quoi, moi, en tant que

ministre du Tourisme, je travaille pour des discrétionnaires.

Melançon : Mais est-ce que la ministre peut nous assurer que ce n'est

que pour des entreprises touristiques qu'elle donne du discrétionnaire,

dans le discrétionnaire, à

titre de ministre du Tourisme?

Proulx (Berthier) : En fait, ce que je dis, c'est que, comme ministre,

j'appuie, moi, je continue d'encourager et d'aider au développement des organismes à vocation, soit

événementielle. C'est le cas auquel on fait référence ici, là, c'était

l'événementiel, ou à vocation touristique, qui vont stimuler une région du

Québec, quelle qu'elle soit, là.

Melançon : Donc, moi, je prends ça pour un oui, là. Vous me

dites : Il faut que ce soit en lien avec du tourisme.

Mme Proulx

(Berthier) : Bien, idéalement, oui, mais... Oui, c'est la façon dont

on fonctionne, mais ça pourrait, par exemple, Mme la députée, pour avoir accès

à un bord de lac, il y a une municipalité qui me demande :

Mme Proulx, pouvez-vous m'aider à avoir un petit banc de parc pour que les

gens puissent s'asseoir là-bas? Bien, c'est

plus largement que tourisme, là, ou événementiel, mais je pourrais accompagner

une demande pour avoir un banc de

parc, pour que les gens puissent s'y installer et admirer le fleuve sur le bord

du fleuve, du côté de Berthier, par exemple, ou de Lavaltrie ou de

Lanoraie.

Mme Melançon : D'accord. Donc...

Mais comme la ministre parle beaucoup des critères, là, est-ce qu'elle est

prête à déposer les critères avec lesquels sont analysées les demandes?

Mme Proulx

(Berthier) : Pardon?

Melançon : Comme vous parlez des critères de votre cabinet,

est-ce que vous avez une liste des critères déjà élaborés dans le

cabinet?

Mme Proulx (Berthier) : Non. Mais,

en fait, je vous ai énuméré quels critères on avait : développement des organisations à vocation touristique

événementielle. On parle également de communautaire, d'organismes

communautaires, d'organismes sociaux.

Donc, ce sont les critères avec lesquels, Mme la députée, on travaille. C'est

nos lignes directrices, moi, comme ministre, et avec l'ensemble...

Mme Melançon : Mais il n'y a pas de

critère, il n'y a pas de grille de critères, là?

Mme Proulx (Berthier) : Non, ce n'est

pas un programme normé...

Mme Melançon : O.K. Parfait.

Mme Proulx (Berthier) : ...ça

appartient à la discrétion de la ministre de soutenir ou non une demande de

discrétionnaire qui est acheminée à mon cabinet.

La Présidente (Mme IsaBelle) : Il ne

reste qu'une minute.

Mme Melançon : Alors, Le Phare des

affranchiEs, je pense que vous avez entendu parler de ça. C'est notamment

Xavier Gret qui travaille avec Le Phare des affranchiEs, un projet pour contrer

l'exploitation sexuelle des mineurs en collaboration avec l'industrie

touristique. Moi, ce que j'aimerais savoir, Mme la Présidente, c'est : Est-ce

que la ministre accepterait de reconnaître cette formation et d'en faire la

promotion auprès du ministre du Travail? C'est important dans l'exploitation

sexuelle, là. Le monde de l'hôtellerie est d'accord, mais ils ont besoin de

votre soutien, Mme la ministre.

Mme Proulx (Berthier) : Bien, vous

savez que c'est un dossier qui est piloté de main de maître par ma collègue, la

vice-première ministre, ministre de la Sécurité, qui est en charge de ce

dossier-là. Et on collabore très, très bien

d'ailleurs avec la ministre de la Sécurité publique, responsable de la mise en

oeuvre du plan qui a été déposé.

Mme Melançon : Il me reste quelques

secondes, je crois. Juste pour dire, il faut revoir la stratégie en aide

directe puis en main-d'oeuvre rapidement du côté du tourisme, parce que la

relance, ça va être très important. Merci.

La Présidente (Mme IsaBelle) : Merci.

Alors, merci pour les échanges très instructifs, d'ailleurs.

Alors, le

temps alloué à l'étude des crédits du portefeuille Tourisme est presque écoulé.

Il nous reste maintenant quatre mises

aux voix. Alors, nous allons procéder pour la première mise aux voix du

programme 1, intitulé Direction, administration et gestion des

programmes.

Secrétaire : Merci. Veuillez répondre pour, contre ou

abstention. Pour les membres du groupe parlementaire formant le

gouvernement, M. Campeau (Bourget)?

La Secrétaire : Pour les

membres de l'opposition officielle, Mme Melançon (Verdun)?

La Secrétaire :

Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?

Mme Lessard-Therrien : Pour.

La Secrétaire : Et Mme Perry

Mélançon (Gaspé)?

Mme Perry Mélançon : Contre.

Présidente (Mme IsaBelle) : Donc, le programme 1 est adopté. Nous

poursuivons, cette fois, pour la mise aux voix du programme 2,

intitulé Développement du tourisme. Mme la secrétaire.

Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant

le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?

La Secrétaire :

Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Melançon (Verdun)?

La Secrétaire :

Pour Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?

Lessard-Therrien : Contre.

La Secrétaire :

Mme Perry Mélançon (Gaspé)?

Mme Perry Mélançon :

Contre.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Alors, le programme 2 est adopté. Nous poursuivons

avec le programme 3, intitulé Organismes relevant du ministre.

Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant

le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?

La Secrétaire :

Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Melançon (Verdun)?

La Secrétaire :

Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?

Mme Lessard-Therrien :

Contre.

La Secrétaire :

Mme Perry Mélançon (Gaspé)?

Mme Perry

Mélançon : Contre.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Alors, le programme 3 est adopté.

Nous poursuivons cette

fois pour l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille Tourisme.

Secrétaire : Pour les

membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?

La Secrétaire :

Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Melançon (Verdun)?

La Secrétaire :

Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?

Lessard-Therrien : Contre.

La Secrétaire :

Mme Perry Mélançon (Gaspé)?

Mme Perry

Mélançon : Contre.

Présidente (Mme IsaBelle) :

Alors, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille Tourisme est adopté.

terminant, nous déposons les documents qui contiennent toutes les réponses aux

demandes de renseignements de l'opposition. C'est déposé.

Écoutez,

merci. Merci pour les échanges très instructifs, hein, je pense, autant pour

nous que pour la population. Alors, je vous remercie également de la

collaboration.

La commission ajourne ses

travaux au mercredi 5 mai 2021, après les affaires courantes, soit

vers 11 h 30, où elle entreprendra l'étude du volet Économie des

crédits budgétaires du portefeuille Économie et Innovation. Merci beaucoup.

Bonne fin de journée à toutes et à tous.

(Fin de la séance à 13 h 01)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2021-04-29
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-42-1 journal-debats CET-210429
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier2065e2e525bca43c6daf668bbbb19edd95c2ffb1

Source file is stored in the law ingest library (html).