Institutions — 26 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2018-04-26
Quebec — Committees
La mise en oeuvre de la nouvelle politique internationale se fait dans une perspective
interministérielle. D'ailleurs, le ministère, en tant que coordonnateur
de l'action internationale du Québec, s'est doté de nouveaux mécanismes de concertation avec les autres ministères
et organismes actifs à l'international afin d'améliorer nos
pratiques et d'assurer une meilleure
cohérence de notre action. Dans cet esprit, cinq... priorités, dis-je,
retiennent notre attention : le Plan
Nord, la Stratégie maritime, la promotion de l'offre éducative,
l'électrification des transports, de même que le numérique et l'intelligence
artificielle.
Dans le
contexte international actuel, il est important pour le Québec de mobiliser son
réseau de partenaires au Québec comme
à l'étranger sur la base de priorités clairement définies. En effet, les
pourparlers sur la modernisation de l'ALENA
se déroulent depuis près d'un an sur fond de politiques protectionnistes
américaines et d'échanges... d'échéances, dis-je, électorales à venir chez nos deux voisins du Sud. L'enjeu de
l'intégration nord-américaine est d'importance vitale pour l'économie du Québec et son avenir. Face à
ces défis, le Québec a été constamment présent sur le terrain pour
appuyer des entreprises dans les secteurs de
l'aéronautique, de l'aluminium, du bois, du papier et de l'agroalimentaire,
pour ne nommer que ceux-là.
Depuis
l'arrivée au pouvoir du nouveau président américain en janvier 2017, le premier
ministre et les membres du Conseil
des ministres ont effectué 40 missions aux États-Unis et ont reçu 19
délégations américaines au Québec. Nos équipes
dans les neuf représentations du Québec aux États-Unis et à la Délégation
générale du Québec à Mexico, de même que les principaux ministères et
organismes concernés par la renégociation de l'ALENA, collaborent étroitement à
l'élaboration des éléments de positionnement sur les enjeux nord-américains et
leur mise en oeuvre.
Nous
travaillons aussi de près avec les autorités fédérales canadiennes ainsi
qu'avec les parties prenantes, soit les milieux d'affaires, les syndicats et associations sectorielles de part
et d'autre de la frontière. Cette action s'inscrit dans la mise en place d'un nouveau dispositif de
diplomatie et d'influence axé sur la concertation et la mobilisation des
équipes gouvernementales et du réseau ainsi
que leurs partenaires externes, car, de tout temps et en tout contexte,
l'efficacité de notre action est tributaire de la qualité des
partenariats que nous avons tissés.
Dans ce
contexte nord-américain en mouvance, la diversification de nos relations revêt
un intérêt stratégique pour notre diplomatie. Le premier ministre a
effectué une mission d'envergure en Chine en janvier dernier alors qu'il était accompagné d'une délégation de 116 entreprises, 16
organismes et huit centres de recherche. Le Québec a mis le temps, l'énergie et les moyens à développer des relations
avec la Chine dès le milieu des années 80. La qualité de nos
relations en est le reflet. Dans cette
perspective, nous devons en faire davantage sur l'Asie comme sur l'Afrique et
l'Amérique latine pour développer de
nouvelles collaborations qui ouvriront des portes pour les Québécois qui ont
des projets à l'étranger.
Par ailleurs,
l'accord économique et commercial global Canada-Union européenne, qu'on appelle
AECG ici et qu'on appelle le CETA
là-bas, est entré en vigueur de manière provisoire le 21 septembre 2017. Nos
représentations sur le territoire européen, en particulier à Bruxelles,
mais aussi à Paris, Munich, Rome, Barcelone, et Rome, et Londres, expliquent à leurs interlocuteurs européens les
avantages de cet accord. Elles accompagnent aussi les entreprises québécoises
qui souhaitent utiliser l'AECG comme un levier pour développer des occasions de
marché en Europe.
Nous nous félicitions
que les relations entre le Québec et le nouveau gouvernement de la République
française soient assises sur des bases
solides et renouvelées dans la foulée de la Rencontre alternée des premiers
ministres du Québec et de la France
qui s'est déroulée très récemment à Paris, c'est-à-dire le mois dernier. Que ce
soit en matière d'économie numérique
et d'innovation, de climat, de jeunesse, de promotion de la langue française ou
d'égalité femmes-hommes, nos gouvernements
ont ouvert un nouveau
chapitre de la relation directe et privilégiée entre le
Québec et la France, qui se définit aussi désormais comme stratégique et
structuturelle.
Le gouvernement du Québec est membre à part
entière de l'Organisation internationale de la Francophonie et apporte à ce
titre une contribution constante au développement de l'OIF, de ses instances et
des organismes qui en dépendent. Nous
travaillons à une Francophonie efficace, transparente, dotée de mécanismes de
reddition de comptes. À l'approche du
sommet d'Erevan, en Arménie, nous croyons que la Francophonie peut jouer un rôle constructif sur les
grands enjeux internationaux et contribuer au développement de ses membres, notamment
sur le continent africain.
promotion du français ainsi que la défense des droits et libertés de la
personne sont des valeurs qui se trouvent au coeur de l'engagement du Québec en Francophonie. Le Québec
continuera à s'investir sur les enjeux globaux. Il prendra la parole dans les enceintes internationales, notamment
à l'UNESCO, où il compte une représentante au sein de la Délégation permanente du Canada. Cette influence, nous
entendons également l'exercer en suivi du Colloque international sur
la sécurité alimentaire
et la nutrition à l'heure des changements climatiques que nous avons organisé
avec l'appui de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture,
dont l'acronyme est la FAO, en septembre 2017 à Québec.
Comme
vous le savez, le Canada sera l'hôte du prochain sommet du G7 qui se
tiendra au Québec, plus précisément à La Malbaie, les 8 et 9 juin prochain. Le gouvernement du Québec collabore à l'organisation de cet événement d'envergure avec les autorités fédérales. Les thématiques
rendues publiques par le premier
ministre Justin Trudeau interpellent
le Québec en premier chef. Le gouvernement du Québec compte jouer un
rôle actif à cette occasion. Il participera aux activités auxquelles il sera
convié, de même qu'aux événements en marge du sommet.
Québec est fier de la collaboration qui se poursuit en faveur d'une action
mutuelle dans les pays francophones les
plus vulnérables et les plus exposés aux conséquences des changements
climatiques. À cet égard, le Québec entend continuer de soutenir des
actions concrètes sur les enjeux climatiques, et son leadership est reconnu. La
solidarité internationale continuera
d'occuper une place toujours aussi importante dans le déploiement de notre
action au cours des prochaines années, s'inscrivant en droite ligne avec
le programme de développement durable de l'horizon 2030.
Cher
M. le Président, j'aurais encore bien des choses à vous dire, mais je pense
qu'on aura l'occasion de débattre pendant
ces trois heures. Alors, je veux, encore une fois, remercier mes collègues de
l'Assemblée nationale, aussi ceux et celles
qui nous écoutent par la magie des ondes et les journalistes qui vont suivre de
près nos débats. Merci beaucoup.
Président (M. Auger) : Merci, Mme la ministre. Vous auriez eu
besoin de ma générosité du 24 minutes, je crois, mais le 24 minutes, c'est que je dois le répartir. Donc, les sept
prochaines sont à la disponibilité du porte-parole de l'opposition
officielle. M. le député de Verchères.
M. Bergeron : Je vous
remercie, M. le Président. Je profite de l'occasion pour saluer la ministre, saluer le
personnel du ministère qui l'accompagne, les gens du cabinet qui sont avec
elle. Je veux saluer tout particulièrement M. Robert Keating. Lui et moi, à une époque où nous étions un peu plus jeunes, nous étions rencontrés pour la première fois à Tokyo alors
que vous y défendiez les intérêts du Québec et que je siégeais, à l'époque,
dans un autre Parlement. Alors, personne n'aurait pu présumer à ce moment-là, quand nous nous sommes rencontrés,
que, quelques années plus tard, nous serions assis d'un côté et de l'autre de la table pour l'étude des crédits du
ministère des Relations internationales. Alors, comme quoi le destin nous réserve souvent des surprises.
Alors, très heureux de vous retrouver, M. Keating. Et puis, bien,
comme je le disais à vos gens tout à l'heure, on va essayer de passer un trois
heures des plus agréable.
Pour moi, l'exercice
de l'étude des crédits est un exercice qui est inscrit au coeur même de notre système
parlementaire, notre système démocratique. Il est le résultat,
en grande partie, de la lutte qu'ont menée les Patriotes qui visait à ce qu'on obtienne un gouvernement véritablement démocratique et responsable et un gouvernement qui réponde de ses actes aux
élus du peuple, un gouvernement qui se verrait attribuer ses crédits par les élus
du peuple. Et, dans la foulée de ce
mouvement populaire formidable qui a eu cours au XIXe siècle, en 1840, on
a obtenu ce gouvernement véritablement
démocratique et responsable qui, malgré ses
travers, constitue, pour paraphraser incorrectement Winston Churchill,
encore le moins mauvais système
qu'on puisse connaître. Alors, le système idéal, s'il existait, on l'aurait déjà mis en
place, puis il serait probablement répandu sur toute la surface de la terre. Ce n'est pas le cas, et je
pense qu'à cet égard nous avons un rôle à jouer pour entretenir la démocratie au Québec
et peut-être rayonner, justement, à travers le monde,
et c'est un peu ce dont il est question ici aujourd'hui.
J'ai
eu l'occasion, comme député fédéral, d'agir comme porte-parole en matière d'affaires
étrangères, institutions financières
internationales, commerce international Asie-Pacifique, et ce que j'ai toujours
dit aux ministres auxquels j'ai fait face, et c'est ce que j'ai dit à la
ministre lorsque je suis arrivé en poste, je lui ai dit : Je ne suis pas
le critique de l'opposition officielle, je
suis le porte-parole de l'opposition officielle. Pour moi, c'est très
important. Et c'est particulièrement important
dans le dossier des relations internationales parce que le dossier des
relations internationales est l'un des rares où il y a à peu près unanimité de l'ensemble des formations politiques
quant à l'importance de la présence internationale du Québec, d'une part, quant à l'importance pour le
Québec de parler d'une seule voix à l'étranger, et conséquemment ça implique que nous devions travailler de la façon
la plus collégiale possible. J'ai offert à maintes reprises à la ministre
ma collaboration. À mon grand désarroi, elle n'a pas eu recours à cette
collaboration très souvent, mais je la lui réitère aujourd'hui. Je lui réitère cette offre de collaboration visant à faire
rayonner le Québec et faire rayonner le Québec d'une seule voix.
Donc,
c'est dans cet esprit de collaboration que j'entreprends cette étude des
crédits. Bien sûr, on va poser des questions,
bien sûr, on va chercher à obtenir des réponses, mais à aucun moment on ne va
chercher à mettre qui que ce soit en
boîte parce qu'il n'y a pas d'intérêt pour personne, au niveau de l'image du
Québec à l'étranger, que ce genre de manoeuvre
soit effectuée du côté des relations internationales. Alors, je nous souhaite
un bon trois heures d'étude de crédits.
Président (M. Auger) : Merci, M. le député de Verchères.
J'imagine que les trois dernières minutes restantes, vous voulez les
reporter sur vos blocs d'échange.
M. Bergeron :
Vous êtes un homme perspicace, M. le Président.
Président (M. Auger) : Toujours, toujours. Donc, pour la suite
des choses, M. le porte-parole du deuxième groupe d'opposition, M. le
député de Deux-Montagnes, pour cinq minutes, pour vos remarques préliminaires.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Et aussi vous confi