Health and Social Services — 7 October 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CSSS 2015-10-07

Quebec — Committees

Health and Social Services — 7 October 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CSSS 2015-10-07

Quebec — Committees

Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Iracà (Papineau) est remplacé par Mme Nichols (Vaudreuil); M. Habel (Sainte-Rose) est remplacé par

M. Auger (Champlain); Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par M. St-Denis (Argenteuil); Mme Hivon (Joliette)

est remplacée par M. Rochon (Richelieu); et M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière)

est remplacé par M. Surprenant (Groulx).

Le Président (M. Tanguay) : Merci

beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux hier, le 6 octobre, une

question de règlement a été soulevée concernant la recevabilité de l'amendement

déposé par la collègue de Taillon à l'article 25.3.

Alors, j'aimerais permettre aux collègues de compléter leurs plaidoiries, et

c'est le collègue de, excusez...

Le Président (M. Tanguay) :

Champlain. Je n'ai aucune raison, aucune excuse...

M. Auger : L'un des plus beaux

comtés du Québec, M. le Président.

Le Président (M. Tanguay) : Puis

c'est en plein ça que je me disais en plus.

M. Auger : Là, j'ai un peu plus de

gêne aujourd'hui, normalement je dis : Le plus beau.

Président (M. Tanguay) : C'est bon. Alors, effectivement, alors, je

vous donnerai l'occasion de compléter parce qu'on a dû écourter le tout.

J'entendrai les collègues et, par la suite, je rendrai ma décision. Alors,

collègue de Champlain, la parole est à vous.

Auger : Oui. Merci, M. le Président. Hier, j'ai bien compris, là, le

ministre, là, qui demandait la recevabilité en fonction de 198 parce que, selon lui, là, l'amendement élargirait la

portée du projet de loi et, en ce sens, j'aimerais porter à votre attention, M. le Président, une décision

faisant

partie de notre jurisprudence, la décision 197/17 de notre

recueil. Donc, je vous soumets cette information.

Le Président (M. Tanguay) : 197...

Le Président (M. Tanguay) :

...17 — parfait — du...

jurisprudence des commissions.

M. Auger : Merci, M. le Président.

Le Président (M. Tanguay) : Merci

beaucoup, collègue de Champlain. Y a-t-il d'autres représentations? Collègue de

Taillon.

Lamarre : Oui, rapidement, M. le Président. Bien, hier, le ministre,

en fin de session, nous disait que ça allait contre le fait que le

ministre devait assurer cette responsabilité-là. Je pense que, si on lit

attentivement mon amendement, il prévoit

bien que le ministre s'assure... Donc, c'est le ministre qui garde quand même

la responsabilité, mais le montant

fixé initialement par l'INESSS... Donc, c'est l'INESSS qui a développé et qui a

à préciser la justesse du prix. Et je vous invite, ainsi que les gens qui se pencheront sur

l'évaluation de la recevabilité, à regarder le site de l'INESSS, dans lequel on prévoit sa mission. Et, dans la

mission de l'INESSS, on peut lire : «L'INESSS a pour mission de

promouvoir l'excellence clinique et

l'utilisation efficace des ressources dans le secteur de la santé et des

services sociaux.» Et ça inclut les avantages cliniques et les coûts des

technologies des médicaments et des interventions en santé et en services sociaux personnels, donc ça entre tout à fait dans

la mission de l'INESSS d'être l'organisme qui détermine le prix juste et

raisonnable, et ensuite ça n'enlève aucune

prérogative au ministre de s'assurer que ce prix-là est bien celui qui est

facturé par les médecins.

D'autre part,

je voudrais attirer l'attention sur le fait que ce n'est pas un

sous-amendement, mais c'est vraiment un amendement. Et donc ça n'a pas à préciser, ça n'élargit pas la portée,

ça fait tout simplement apporter une idée nouvelle, ça ajoute un nouvel

article dans l'ensemble de la

même section, et c'est encore cohérent avec la

section globale dans

laquelle nous l'introduisons, en fait nous demandons son introduction.

Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il d'autres collègues

qui veulent intervenir sur la recevabilité? Je ne crois pas qu'il y ait lieu d'avoir de remarques finales, à moins

que vous ne le demandiez. Je pense que ça fait le tour. Vous allez nous

permettre de suspendre quelques instants, le temps de rendre la décision, mais

ce sera, somme toute, assez court.

Alors, nous suspendons quelques instants.

(Suspension de la séance à 11 h 34)

Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, nous sommes de retour en ondes, chers collègues. Je

tiens à vous dire d'abord que, comme

président, moi, je salue les débats que nous avons, et ce n'est pas

déraisonnable de prendre le temps, évidemment,

pour notre processus parlementaire, que le débat se fasse, autrement dit, est-ce qu'un amendement, un sous-amendement, qu'il vienne d'un

côté ou de l'autre, est recevable ou pas. Alors, comme président, sachez que j'accueillerai toujours avec beaucoup

d'ouverture d'esprit tout rappel au règlement qui viserait à statuer sur la recevabilité

ou pas. C'est mon rôle de président en vertu

de l'article 198, et ça, je vous remercie, je remercie les collègues qui ont

fait valoir leurs différents points.

Alors, sur la

recevabilité de l'amendement de la collègue de Taillon à 25.3, 25.3 fait

référence à 25.2, par lequel le gouvernement prescrit par règlement les

cas et les conditions dans lesquels un paiement est autorisé. Donc, par règlement,

les paiements pourront être autorisés, et le règlement que le gouvernement adoptera en précisera les cas. D'autre part, 25.3 introduit un processus

de reddition de comptes afin que le total des frais ainsi autorisés qui sont

facturés au patient pour des services

assurés ne dépassent pas un montant fixé par l'INESSS. Alors, l'article — puis ça avait bien été soulevé de

part et d'autre — qui

s'applique ici, c'est 197, à l'effet qu'un amendement ne peut introduire un

nouveau principe ni contredire ou dénaturer ceux contenus dans le projet de

loi, et on doit analyser 25.3 à la lumière de 25.2.

J'ai déjà référé à la décision 197/7 de la

jurisprudence des commissions parlementaires où l'on donnait des synonymes du mot «principe», qui est l'objectif,

le but, la finalité, l'intention du législateur. Force est de constater ici

que l'on ne contredit pas, que l'on ne dénature pas et que l'on n'introduit pas

un principe tout à fait nouveau avec l'amendement 25.3, et, à la lumière de

cette analyse, je vais le déclarer recevable. Et, encore une fois, je remercie

les collègues qui, consciencieusement, ont fait leurs devoirs, ont soumis des

autorités. Et voilà.

Alors, le

débat, chers collègues, débute sur 25.3. Y a-t-il des interventions? Collègue

de Taillon, la parole est à vous.

Mme Lamarre : Merci, M. le

Président. J'apprécie également la rigueur et la qualité des interventions et

des commentaires que vous nous apportez avec un éclairage, ainsi que les gens

qui collaborent à cet éclairage-là. Mais vous le traduisez toujours avec

justesse, et c'est facile de le comprendre.

Alors,

simplement présenter cet amendement, son intention. Dans 25.2, le ministre a

demandé d'autoriser que, par voie de règlement, il puisse prescrire des

cas et des conditions dans lesquels un paiement est autorisé. Et, dans ce

règlement-là, on n'a pas précisé de quelle façon le paiement ou sa

justification seraient faits. Par ailleurs, dans des entrevues, il a été clairement exprimé — et même dans certains commentaires que le

ministre a faits verbalement — que, dans le fond, un comité constitué de lui, de la

FMSQ ou la FMOQ et d'experts comptables seraient ceux qui détermineraient

la justesse du prix que les frais

accessoires pourraient comporter par rapport à une coloscopie, par rapport à des gouttes dans les yeux, par rapport à

des poses de cristallin pour les cataractes.

Alors, nous avons déjà à l'intérieur de notre

grande organisation du réseau de la santé un organisme qui est reconnu pour sa capacité de faire une analyse

juste et qui a même dans sa mission... Il s'agit de l'INESSS, l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux. Alors, un peu comme je l'ai fait en préambule,

mais je veux quand même le

redire, la mission de l'INESSS, elle est justement tout à fait en lien avec le

besoin qui découle de l'amendement que le ministre a approuvé hier. Alors : «L'INESSS a

pour mission de promouvoir l'excellence clinique et l'utilisation

efficace des ressources dans le secteur de

la santé et des services sociaux. Au coeur de cette mission, l'institut évalue

notamment les avantages cliniques et les coûts des technologies, des

médicaments et des interventions en santé et en services sociaux personnels.»

Alors, on se

rend compte que ce que le ministre a ouvert, bien, ce n'est plus seulement

qu'un médicament, mais c'est un test.

Donc, c'est un examen, une coloscopie par exemple. Donc, il y a différentes

technologies qui peuvent être utilisées, différents médicaments qui peuvent être

utilisés, et l'ensemble de tout ça va représenter un coût plus ou moins important et un coût peut-être plus ou moins

pertinent pour les patients, pour les citoyens. Mais là on se rend compte

que, maintenant, les patients, les Québécois

deviennent littéralement à la merci de coûts qu'on pourrait juger, et, à

travers ça, il peut y avoir des décisions qui s'expliquent, il peut y

avoir une toute nouvelle technologie de pointe qui fait que la coloscopie, au

lieu de coûter 500 $, en coûte 5 000 $ — je

vous donne un exemple pour que les gens voient un peu la différence — et

peut-être qu'à ce moment-là l'INESS dirait : Bien, écoutez, la technologie

à 500 $ est quelque chose qui est quand

même tout à fait acceptable, et on ne peut pas se payer le 5 000 $

actuellement. L'inverse pourrait être vrai. Dans d'autres circonstances, on pourrait dire : Pour tel type de

mammographie, ça prend absolument tel type d'appareil 3D ou bien on

reste avec une technologie.

Donc, ça

apparaît être directement dans la mission de l'INESS, dont la mission, je le

rappelle, a été fusionnée et n'est plus seulement l'évaluation des

médicaments. Mais il y a eu une fusion avec l'ETMIS, donc avec l'institut des technologies de la santé, et donc la combinaison

médicaments et technologies qui correspond aux frais accessoires est

tout à fait dans leur territoire, dans leur

champ d'expertise et de compétence. Alors, moi, je voudrais un peu voir comment

le ministre réagit à cette proposition d'amendement.

Le Président (M. Tanguay) : M. le

ministre.

M. Barrette : M. le Président,

évidemment, je réagis négativement pour des raisons simples. La mission de l'INESSS, c'est une évaluation que je vais

qualifier de globale pour ce qui est des technologies, pour des

technologies émergentes ou des évaluations

systémiques. L'évaluation de l'impact d'un traitement, d'un médicament par

rapport à la norme, soit en lien avec

la nouveauté de la technique ou du médicament, soit en lien avec de nouvelles

indications, c'est ça que ça fait,

l'INESSS. L'INESSS, ça évalue de façon comparative ce qui émerge, ce qui se

modifie dans la santé. C'est ce que

ça fait. Ce qui est en jeu ici, là, ce n'est pas du tout ça, là, ce n'est

vraiment, vraiment pas ça. Et ça, ce n'est pas la mission de l'INESSS,

d'une part, et, d'autre part, ça aurait un impact négatif pour l'INESSS.

Quand bien

même on donne ça à l'INESSS, M. le Président, l'INESSS ne pourra pas le faire,

et l'INESSS devra demander à une tierce

partie qui n'a que comme

compétence d'évaluer des coûts d'opération, comme la députée de Taillon l'a dit

hier, des pieds carrés, de l'électricité, des assurances, des ceci, des cela.

Ce n'est pas ça que ça fait, l'INESSS.

L'INESSS, ça fait des évaluations globales, est-ce que le fait de faire tel

type d'opération donne des bénéfices sociétaux requis, mais ça n'évalue

pas le prix de l'opération dans le détail. Ce n'est pas ça que ça fait, c'est

macroscopique — je

pense que c'est un peu comme ça qu'il faut le dire — alors que ce qu'on

demande ici, c'est du microscopique. Ce

n'est pas la même chose. Et, pour faire ça, bien, il faut avoir une tierce

partie qui est là, qui, bang! arrive et puis qui fait l'évaluation.

C'est des firmes comptables et de gestion, tout simplement, et ça, c'est plus

rapide.

Maintenant, là, ce

que la députée de Taillon vient de

nous demander, c'est d'alourdir et de perturber le fonctionnement de l'INESSS, qui ne va, de

toute façon, pas pouvoir le faire, ils n'ont pas les ressources, et qui devront

sous-traiter la chose. Alors, c'est un peu

créer de la bureaucratie inutile parce

qu'en bout de ligne, là, les personnes qui vont faire cette évaluation-là, ça ne sera, même si c'était

l'INESSS, jamais l'INESSS. L'INESSS devra faire affaire avec quelqu'un

d'autre, et nous, on veut aller directement

au point, évidemment, et ne pas perdre de temps parce qu'on n'a pas de temps à

perdre. Au moment où on se parle, M. le

Président, j'ai plein, plein de travaux qui sont demandés à l'INESSS, et

aujourd'hui, là, si ça, ça passait, ça me demanderait d'arrêter des travaux en

cours. Parce que rappelons-nous qu'il y a un code de déontologie au Collège des médecins qui attend que l'on agisse, et qu'on

agisse maintenant. La conséquence, c'est qu'il y a des services qui

disparaissent. Je sais que, pour la députée de Taillon, ça n'a pas d'intérêt,

ça, mais, au moment où on se parle, si ces

services-là deviennent éradiqués par une manoeuvre gouvernementale, il y a des

services qui disparaissent qu'on ne peut pas remplacer comme ça.

Alors,

l'enjeu demeure un enjeu global de gestion du système de santé de la façon la

plus efficace possible et en fonction des besoins des patients, et c'est

la raison pour laquelle on ne peut pas aller de l'avant avec la proposition

d'amendement de la députée de Taillon.

Le Président (M. Tanguay) : Merci.

Collègue de Taillon.

Lamarre : Oui. Écoutez, je suis très étonnée parce que j'avais cru

comprendre que, dans l'amendement que

le ministre a déposé, un des objectifs, c'était une standardisation de ces

frais-là, c'est-à-dire que le ministre estimerait qu'une coloscopie,

partout au Québec, ça vaudrait tant. Alors là, ce qu'on entend, c'est que non,

des firmes comptables vont regarder les coûts d'opération. Donc, si on est dans

une région, plus petite clinique, là ça pourrait coûter 422 $. Si on est dans une grosse clinique, ça pourrait

coûter 750 $. Ce n'est pas du tout ça, puis je pense que ce n'est pas rassurant parce que ça veut dire que la

population ne saura pas plus si le prix qui est demandé est juste et

raisonnable.

Donc, s'il y

a une standardisation, la standardisation, elle passe tout à fait dans la

mission de l'INESSS, et c'est notre garantie d'objectivité que des

firmes comptables n'ont pas la compétence et la capacité d'évaluer. Alors,

c'est l'INESSS qui est habituée de faire une évaluation de coûts, et je regarde

vraiment... J'ai la

Loi sur l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux, l'article 5 : «Plus

particulièrement, la mission de l'institut consiste à évaluer les avantages cliniques et les coûts des technologies,

des médicaments et des interventions en santé et en services sociaux personnels.» Je pense qu'on est vraiment dans leur

mandat et je pense qu'on doit prioriser certaines activités. Puis, s'il

faut mettre un petit peu de monde là-dessus, je pense que ça peut être quelque

chose qui est circonstanciel.

Le ministre semble dire que ça va se déterminer

puis, après ça, ça va être fait. Mais on va le faire une fois correctement, en étant sûr que l'organisme qui le

fait a à la fois la dimension comptable, mais aussi la dimension

clinique, la dimension

patient et la dimension de l'ensemble des technologies qui existent. Une firme

comptable n'est pas capable de

dire : Cette technologie-là vaut... bien, va être capable de dire :

Ça vaut tant, mais elle ne sera pas capable de dire, en termes d'avantages, par exemple, ça coûte un peu

plus cher, mais ça fait sauver du temps — mettons qu'on donne cet exemple-là — ou l'inverse, ça coûte moins cher, mais il y

a des risques de complications. Ça, ça appartient vraiment à un

organisme comme l'INESSS, et je pense qu'il y a vraiment tout dans la mission

de l'INESSS actuellement pour aller dans ce mandat-là et vraiment bien faire le

travail.

Alors,

l'institut peut avoir d'autres mandats également. Je pense que la RAMQ en a,

plusieurs autres mandats. Puis le ministre semble prêt à ajouter à ce

mandat-là le fait d'aller chercher des choses au niveau des frais qui étaient illégaux ou des frais qui étaient abusifs, bien,

moi, je dis : L'INESSS, dans ce contexte-ci, si on parle de quelques...

Parce que, dans le fond, on comprend que le

règlement du ministre, il ne doit pas défaire l'esprit du premier amendement.

Le premier amendement dit qu'il n'y en a aucuns, frais qui devraient être

servis, sauf exceptionnellement, quand le ministre

va juger que c'est nécessaire par règlement. Donc, par définition, il ne devrait pas y avoir des

centaines d'examens et de tests qui vont être autorisés, à moins que le

ministre me dise le contraire. Et, s'il me dit le contraire, j'aimerais bien

l'entendre.

Alors, est-ce

que le ministre a estimé combien d'exceptions il prévoit, à peu près, évaluer avec l'équipe? Parce qu'il

semble être prêt à confier un mandat à une firme comptable, donc il doit avoir

déjà estimé à peu près combien d'actes il prévoit mettre dans son

règlement.

Le Président (M. Tanguay) : M. le

ministre.

Barrette : M. le Président, encore une fois, la

députée de Taillon

interprète ce qu'elle lit. Pourtant, ce qu'elle lit est clair, et je

vais reprendre son exemple.

L'article de la loi qu'elle vient de lire est

clair, ça évalue le coût et ça évalue des

bénéfices. Ce sont des études comparatives. Je vais utiliser un terme qui est

facile à comprendre, macroscopiques. Ça ne fixe pas des coûts, M. le

Président, ça évalue la pertinence, l'utilité, l'avancée, le bénéfice. C'est du

comparatif macroscopique, et ce n'est pas

ça, ce que l'on vise ici, là, M. le

Président. Et la députée

de Taillon, elle dit que j'ai laissé entendre qu'on

aurait des prix différents d'une clinique à l'autre. Bien, voyons donc! Je n'ai

pas dit ça, je n'ai pas insinué ça, et il n'y a

rien dans mes propos qui peut aller dans cette direction-là. Évidemment que ça va

être standardisé. Évidemment que ça va

être un seul coût. Parce qu'à moins

d'aller à Kuujjuaq, là, ou à Puvirnituq, bien, il n'y a pas de coûts

bien, bien différents d'une place à l'autre, là.

Alors, c'est

ça, la réalité, M. le Président. Il y a peut-être une petite différence, là, entre

là où habite la députée de Duplessis,

que je salue pour son arrivée, mais ce n'est pas ça, là, on standardise, on

fixe des prix précisément, et ce n'est pas de la comparaison, là. Contrairement, mais totalement contrairement à ce

que vient dire la députée de Taillon, on n'évalue pas si une telle affaire est meilleure que l'autre

affaire, ce n'est pas ça qu'on fait, mais pas du tout, on évalue le coût

d'une technique, le coût d'opération, et ça, l'INESSS ne fait pas ça, n'a

jamais fait ça. J'ai participé, moi, à des analyses de l'INESSS, c'est macroscopique. C'est quoi, les prix normés? Les prix

normés ne sont jamais les prix réels, ça ne va jamais dans le détail. Et là on est dans le

macroscopique, et on compare macroscopiquement des choses, c'est de l'évaluation

comparative. C'est sûr que ça permet

macroscopiquement de dire : Oui, il y a un avantage. Non, il n'y a pas

d'avantage. Mais ce n'est pas ça qu'on

demande ici, dans notre amendement, on demande de déterminer précisément le

coût, le coûtant d'un service ou d'une technique.

Le coûtant,

M. le Président, ça demande un comptable, un comptable qui débarque dans

quatre, cinq endroits et qui demande aux gens d'ouvrir leurs livres. Et,

en ouvrant les livres, bien là on est capable de dire : Le papier de

toilette coûte tant. Le papier pour faire

les rapports coûte tant. La secrétaire coûte tant. La réceptionniste coûte

tant. La machine coûte tant. C'est

amorti sur le temps de l'année, et ainsi de suite. Ce n'est pas compliqué, ça,

là, pour quelqu'un qui est habitué à

faire ça. Je constate que la députée de Taillon n'a peut-être pas cette

expertise-là. Mais ce n'est pas grave, ce n'est pas une critique, c'est un constat. Mais ce n'est pas ça, le mandat de

l'INESSS. Le mandat de l'INESSS, c'est faire de l'évaluation

macroscopique comparative. Et je reviens à ce que je dis, ce n'est pas son

mandat, elle ne pourra pas le faire, puis actuellement elle est submergée.

Alors, M. le

Président, je pense avoir tout dit ce qu'il y avait à dire sur cet élément-là.

Il est possible et probable qu'il y

ait d'autres interprétations, mais je pense avoir commenté avec suffisamment de

détails sur ce que l'on veut faire, comment on veut le faire, et qui a

la compétence pour le faire, et certainement pourquoi il faut le faire vite.

Le Président (M. Tanguay) : Collègue

de Taillon.

Mme Lamarre : M. le Président,

aujourd'hui, je pense que nous sommes tous estomaqués — de ce

côté-ci, en tout cas — par le commentaire du ministre parce que,

là, on comprend ce qu'il n'a pas voulu nous dire pendant les trois semaines où on a essayé d'avoir plus de

précisions sur les frais accessoires, ça va couvrir... on va faire payer aux Québécois, sous le vocable «frais

accessoires», le papier de toilette, l'imprimante puis les cartouches de

couleur des cliniques médicales des médecins.

C'est

exactement ce que le ministre vient de nous dire,

et il dit : Ça, ça s'additionne par un comptable, on va faire une moyenne de ça. Donc, le déneigement d'hier

était tout à fait réaliste, et là on voit vraiment

où le ministre veut aller. On n'est plus dans l'autorisation de frais accessoires. «Frais

accessoires», je vous le dis à quoi ça correspond, ça correspond à des médicaments et une technologie. Alors, on peut très bien circonscrire ça pour prendre... Pour faire une

colonoscopie, il faut avoir certains

médicaments pour l'anesthésie, du Fentanyl. On peut choisir du Fentanyl,

Midazolam, des combinaisons et on

peut dire : Bon, le coût d'une civière, le coût d'une personne, le coût

d'une chambre pour faire une coloscopie et de l'appareil, c'est ça. Mais là le ministre

nous dit : Non, non, on va aller plus loin que ça, en plus les médecins

vont pouvoir facturer à l'intérieur

de ces frais accessoires là davantage, du papier de toilette, une imprimante, du papier

pour imprimer. Et, en plus du

coûtant, le ministre leur a dit : En plus, vous allez pouvoir

ajouter un 15 % de frais

supplémentaires. C'est ça qu'il nous a dit et c'est ça qu'on comprend,

là, maintenant.

Maintenant,

juste rappeler au ministre, qui dit que je ne connais pas l'INESSS, il lui

manque des petits morceaux de mon

curriculum vitae parce qu'en 1997 j'ai commencé à siéger sur le comité qui a

précédé l'INESSS et j'y ai siégé jusqu'en 2009 comme membre du conseil

d'administration. J'ai participé à plusieurs travaux, j'étais dans

l'appréciation des technologies, et c'est

tout à fait dans le mandat de l'INESSS. C'est un mandat, d'ailleurs, qui est

évolutif parce qu'il a changé entre

ce qu'il avait en 98 et ce qu'il a maintenant en 2009. Il y a eu des fusions,

et on le voit, quand on a fusionné les technologies avec le médicament,

c'était pour, justement, lui donner une mission plus globale, technologie.

Alors, je connais très bien, M. le Président, la mission de l'INESSS, et c'est

tout à fait en conformité avec ça.

ne me rappelle pas, par contre, d'avoir vu le ministre siéger au sein du

conseil d'administration de l'INESSS. Il était sur les tables de concertation probablement, mais jamais à

l'INESSS. Alors, avant de dire que je ne comprends pas ou que je ne sais pas, je pense qu'il doit prendre

ses informations un petit peu plus précisément. Mais, définitivement, ça

entre dans le mandat. Et, si on parle de quelque chose qui dure, si on parle

d'une trentaine d'actes, d'une trentaine d'activités que le ministre veut

autoriser... D'ailleurs, j'aimerais ça qu'il me dise et qu'il réponde à cette

question : Combien, combien de frais accessoires prévoit-il autoriser par

son règlement? Combien?

Barrette : Alors, M. le Président, je vais sereinement répondre à la

sortie de la députée de Taillon et rappeler qu'elle a été plusieurs choses. Elle a été sur un conseil

d'administration à l'INESSS, j'en conviens, et on se rappellera que le

rôle d'un conseil d'administration, c'est de s'assurer que la gestion est

adéquate, ça ne veut pas dire qu'on connaît exactement le détail de ce qui se

fait.

le Président, elle a été aussi dans le passé présidente d'un ordre

professionnel, fonction qui exige de la rigueur dans les propos. Or, M. le Président, dans mon exposé précédent, j'ai

clairement fait référence à un service et j'ai donné un exemple, là. J'ai donné un exemple, j'ai

dit : Par exemple, l'INESSS, pour un nouveau service, une nouvelle

technologie, va évaluer ceci, cela. Et, si

l'INESSS avait à évaluer, par exemple, non pas un frais accessoire, mais un

service dans son environnement, il y a un certain nombre d'éléments à

considérer. Je n'ai jamais dit... Et c'est ça, le Parti québécois, M. le Président, le Parti québécois, constamment,

déforme à sa sauce les propos des gens en face. Alors, je vais répéter

ce que j'ai dit. Si, demain matin, j'ai à

évaluer la desserte d'un service dans son entièreté, je dois regarder, oui, la

photocopieuse parce qu'il y a un

rapport à envoyer, oui, une réceptionniste parce qu'il y a quelqu'un qui doit

dire : Bonjour, monsieur, madame,

la salle de déshabillage est là. Oui, j'ai à évaluer la jaquette et, oui, j'ai

à évaluer le papier de toilette parce que le service, M. le Président, inclut tout ça. Et elle le sait, mais elle

choisit de déformer mes propos parce qu'elle n'est pas capable de

défaire...

Le Président (M.

Tanguay) : Il y a un rappel au règlement. Collègue de Rosemont.

M. Barrette :

Bien, M. le Président...

Le Président (M.

Tanguay) : Rappel au règlement.

M. Lisée :

Elle choisit de déformer les propos...

M. Barrette :

Bien oui, mais là, M. le Président...

Le Président (M.

Tanguay) : Faire attention de ne pas prêter des intentions.

Barrette : Je ne prête pas

des intentions, je constate que je n'ai pas parlé de frais accessoires dans mon

propos à un seul moment, et là je vais en parler.

Président (M. Tanguay) :

Oui. Bien, juste faire attention pour ne pas prêter des intentions. Puis vous

m'avez fait la démonstration qu'il y a

moyen de faire votre point sans prêter d'intentions comme vous venez de le

formuler dans un deuxième temps, alors je fais appel à votre collaboration.

Merci beaucoup.

M. Barrette :

Merci, M. le Président. J'ai fait mon point. Maintenant, on va parler des frais

accessoires spécifiquement pour que la

députée de Taillon le comprenne une fois pour toutes. Alors, une fois pour

toutes, un frais accessoire,

actuellement, est dirigé vers la composante opérationnelle d'un élément

technologique et/ou médicamenteux. En français, M. le Président, pour

opérer un endoscope, bien, il faut l'acheter, il faut considérer sa durée de

vie, il faut le stériliser, il faut le

réemballer, il faut l'entreposer, il faut le remplacer, et ainsi de suite. Et

ça, M. le Président, c'est lié exclusivement à l'endoscope. À

l'endoscopie, il y a tel ou tel médicament, par exemple.

Ceci

dit, M. le Président, il est évident que, dans la tarification actuelle, qui

n'est pas accessoire mais principale, sont

évidemment incluses la photocopieuse, la réceptionniste, elle est déjà là, la

réceptionniste, elle est déjà dans le tarif. Et il est très facile pour

un comptable — peut-être

pas pour la députée de Taillon — il est très facile de séparer les deux.

Président (M. Tanguay) : Oui, rappel au règlement. M. le ministre,

j'ai un rappel un règlement. Collègue de Taillon.

Mme Lamarre :

Article 35. Par sa façon de formuler les phrases, le ministre dénigre. Et

peut-être qu'il utilise des mots dans

un certain ordre, mais l'esprit, la façon dont il parle est toujours en mode de

dénigrement, M. le Président. Je voudrais juste que vous portiez

attention et que le ministre modifie sa façon de présenter les choses.

Le Président (M.

Tanguay) : O.K. Alors...

M. Barrette :

Je modifierai la façon de faire les choses le jour où la députée de Taillon...

Le Président (M.

Tanguay) : M. le ministre...

M. Barrette :

...ne déformera pas mes propos, M. le Président.

Le Président (M.

Tanguay) : M. le ministre, M. le ministre...

Le Président (M.

Tanguay) : ... — non,

non, je vais statuer, là — je

fais appel à votre collaboration, M. le ministre. Vous savez comment on peut

dire les choses, et je fais appel à votre collaboration.

Barrette : Alors, voilà, M. le Président, les frais accessoires, ça

s'évalue précisément. C'est du coûtant, ça se détermine. Les facteurs qui le permettent sont clairs, et ça n'inclut...

En aucune manière, jamais n'ai-je insinué, évoqué que ça devenait un revenu supplémentaire au médecin,

d'aucune manière, c'est du coûtant. La députée de Taillon choisit, elle choisit, M. le Président, d'autres éléments dans

sa perception de la réalité. Et je sais qu'elle va quand même,

probablement, ne pas prendre en considération ce que je viens de dire, mais

c'est ça que je veux dire. Un endoscope, c'est un tube, M. le Président, il s'achète, il s'entretient, il se stérilise, il se

nettoie après la procédure, il s'entrepose, il se réutilise. Ça, ça a un

coût. Ça n'inclut pas, M. le Président, le déneigement du stationnement.

Quand bien même la

députée de Taillon va s'inventer des scénarios, c'est évident à sa face même que,

pour n'importe quel service technologique, on peut déterminer le prix, tout

comme la pharmacienne propriétaire qu'est la députée de Taillon est

parfaitement capable de déterminer le coûtant de son frigidaire à médicaments

ou de son robot distributeur de piluliers.

Parce que tous les pharmaciens propriétaires font ça, ils ont des machines dans

leurs officines, et ils chargeaient aux patients en fonction du coûtant.

La machine coûte tant, elle fait tant de piluliers, elle fait tant d'emballages, d'ensachages, elle sait tout ça, et

c'est comme ça qu'ils font leur plan d'affaires. Elle le sait, mais elle

choisit, dans ses interventions, de prendre des armes qui sont de la pure

fabulation politique.

Le Président (M.

Tanguay) : Collègue de Rosemont.

Lisée : Bon, je vais essayer d'avoir une conversation calme avec le ministre.

Donc, j'ai compris que, lorsqu'il parlait

tout à l'heure de papier de toilette, c'était un exemple qu'il

donnait qui ne s'inclut pas dans les frais accessoires. Donc, les frais accessoires ne calculeront pas la

totalité des frais. Il dit que ça va

être technologique et

médicamenteux, stérilisation, frais afférents à l'élément

technologique et médicamenteux, que papier de toilette, la réceptionniste,

etc., c'est calculé ailleurs dans les autres coûts des services déjà calculés

dans la rémunération pour le travail en cabinet. Est-ce que, là, j'ai bien

compris le ministre?

M. Barrette :

La dénomination «frais afférents à la technologie visée» est la bonne

dénomination.

Lisée : Mais hier, là, la majorité parlementaire a voté pour le

droit au ministre d'autoriser des frais accessoires. Dans ces frais accessoires, est-ce que je

comprends bien... Puis c'est ça, notre volonté, c'est de bien comprendre, on

écoute attentivement, bien comprendre que

les seuls frais seront d'ordre technologique et médicamenteux et des frais

afférents, et, dans ces frais afférents là,

il n'y a pas les exemples théoriques que le ministre donnait tout à l'heure,

c'est-à-dire le papier de toilette, l'imprimante, la réceptionniste.

M. Barrette :

Tout à fait.

M. Lisée :

Il n'y a pas ça?

M. Barrette :

Il n'y a pas ça.

M. Barrette :

On comprendra, évidemment, juste au cas, M. le Président... Parce que ce qui

m'étonne ici, c'est que ce soit le député de

Rosemont qui prenne le relais, j'imagine qu'il y a une raison à ça. Mais je

vais donner un exemple, M. le

Président, pour que ce soit très clair dans le député de Rosemont, qui aime la

précision. Pour, par exemple, faire

une endoscopie, parfois ça saigne. On comprendra que, dans une endoscopie, on

doit avoir des compresses. Ça fait partie, c'est afférent à la

technique. C'est d'ailleurs ça qui était chargé, disons, à cause du flou de la

loi dans l'item médicaments.

le député de Rosemont me permet d'éclairer la population, les frais dits

accessoires, dits abusifs... Quand la députée de Taillon, constamment,

revient avec le même exemple toujours, toujours, toujours, des gouttes à

200 $, l'endoscopie à 500 $ parce

qu'il y a juste un seul médicament... Bien oui, c'est vrai, le médicament ne

coûte pas cher. Mais tout le reste,

là, l'endoscope, la compresse, ceci, cela, bien, c'était, à cause du flou de la

loi, facturé dans l'item permis par

la loi, médicaments. Alors, d'induire que le 500 $ est abusif, c'est faux.

De dire que le 500 $ peut être abusif, c'est vrai. L'intention

qu'on a est que ce qui est afférent... Parce que ça a été dit correctement,

mais il faut comprendre qu'«afférent», ça comprend tout ce qui est afférent.

Bien, ça se détermine.

M. Lisée :

Bon, justement. Donc, nous, vous avez compris, M. le Président, on est contre

cette idée-là, on pense que ça devrait être fait autrement, mais là on

est dans comment ça va être fait. Le ministre nous dit : Moi, j'ai mon

idée, je veux avoir un comité, les médecins

spécialistes vont être là. C'est normal parce que c'est eux qui achètent, puis

c'est eux qui utilisent, puis, bon... donc,

ils vont faire leur présentation. Mais je ne vais pas les laisser décider ça

tout seuls, je vais faire en sorte

qu'il y ait des comptables qui soient là avec eux pour faire cette

détermination. Mais là on vient d'établir — le ministre a été clair — que ce n'est pas le papier de toilette, le

pied carré de la réceptionniste, etc., c'est technologique, et

médicamenteux, et frais afférents à ça. O.K.?

M. Lisée :

Donc là, on sort quand même du cercle des comptables pour arriver dans le

cercle des spécialistes en technologie médicale et médicamenteuse, il me

semble. Il me semble. Et là j'ai bien entendu le ministre tout à l'heure, à notre proposition, de dire que le total

des frais autorisés qui sont facturés aux patients pour des services

assurés ne dépassent pas le montant fixé

initialement pas l'INESSS. Alors, nous, on se dit qu'on aimerait ça, savoir

quels sont les vrais coûts, puis on

ne veut pas se faire avoir, puis je suis sûr que le ministre ne veut pas se

faire avoir non plus. O.K.? On a le même objectif, on ne veut pas se

faire avoir, on veut payer le moins possible pour avoir de la qualité.

Alors, qui

est bon là-dedans, payer le moins possible pour avoir de la qualité? Bien, la

Protectrice du citoyen, elle a dit la

régie, elle a dit spécifiquement la régie. Elle a dit : Pour les frais

assurés, pour les frais non assurés, pour les frais désassurés, on

devrait donner à la Régie de l'assurance maladie le mandat de déterminer le

coût réel. Le ministre a dit : Non, je

ne veux pas ça, c'est de la bureaucratie. Là, je dis : Bon, il faudrait

embaucher du monde. Mais je connais un bon

comptable, je vais l'appeler. Bien là, payer un bon comptable, le comptable, il va charger. Puis ils chargent cher,

ces comptables-là. Alors, ma collègue de Taillon,

qui a une grande expérience de la... de l'INESSS, qui était non seulement

au comité d'administration...

Mme Lamarre : Au comité scientifique

du suivi et de l'usage optimal.

M. Lisée : Au Comité

scientifique du suivi et de l'usage optimal. Elle était au Comité scientifique

du suivi et de l'usage optimal, ça ne s'invente pas. Ça tombe bien qu'on ait

autour de la table quelqu'un qui ait cette expérience pratique non seulement de

gestion... Puis le ministre a dit tout à l'heure : Quand tu es au conseil

d'administration, tu ne sais pas

grand-chose. Il n'a pas dit ça dans ces mots-là, mais je vais les retrouver,

les mots exacts, puis on va les envoyer à tous les membres des conseils d'administration dans le secteur

de la santé. Mais, en tout cas, au Comité scientifique du suivi et de

l'usage optimal, je pense qu'on est proche, là, du graal qu'on essaie d'avoir.

Alors, il

nous dit : Non, pas l'INESSS. Bien, il a dit non à la protectrice sur la

régie, il nous dit non, à nous, sur l'INESSS, mais qu'est-ce que ces

deux choses-là ont de commun que le bureau de comptable n'a pas? C'est, un, de

connaître la médecine, d'être proches du sujet puis, deuxièmement, d'être des

organismes publics qui répondent, qui peuvent

être convoqués en commission

parlementaire, qui peuvent rendre des

comptes, qui font des rapports annuels. Parce que KPMG, là, on ne peut

pas leur demander comment ils ont fait ça, pourquoi ils ont fait ça, jusqu'où

ils ont fait ça.

Alors, ma question

au ministre : Puisque c'est quelque chose qui va être

permanent, c'est quelque chose qui va continuer,

il y aura constamment une nouvelle machine, un nouveau médicament, un nouveau

truc, il faudra constamment évaluer son coût réel et son coût réel

afférent, pourquoi tient-il tellement que ça ne soit pas un organisme public

qui fasse ce travail?

Barrette : M. le Président, je vais faire plaisir au député de Rosemont. Mais, avant de lui

faire plaisir, je vais lui dire une

chose. Je l'invite à me trouver une seule personne sur un conseil d'administration, là, du Québec qui est capable, à pied levé, tout seul,

de déterminer le prix coûtant complet d'une angiographie, ma spécialité. Qu'il

m'en trouve un. Je le défie, il n'en

trouvera pas un parce que ce n'est pas ça, la compétence d'un conseil d'administration, ce n'est pas ça qu'on

demande à un conseil d'administration. On demande à un conseil d'administration de s'assurer que la gestion se fait correctement, selon des

indicateurs, des objectifs. Et le conseil d'administration, M. le Président,

pour faire ce que je viens de dire, va mandater quelqu'un qui est capable

d'aller sur le terrain.

Maintenant,

M. le Président, je vais faire plaisir au député de Rosemont.

Moi, je suis prêt à m'engager, je suis prêt

de le mettre dans un texte de loi que l'évaluation qui est faite sera

transparente, détaillée et rendue publique. Un pied carré, ça coûte tant. Un endoscope, ça coûte tant. On

paie ça tant, total, tant. Aucun problème avec ça, zéro. Je suis même en

faveur de ça, M. le Président, pas de

problème. C'est-u assez transparent à votre goût, ça, M. le Président? C'est très transparent.

Mais ça, pour

faire ça, là, il faut une combinaison pour n'importe quoi de trois choses, à la

limite quatre. Il faut avoir quelqu'un

qui sait c'est quoi, la technique, et il faut avoir quelqu'un

du public qui s'oppose à cette personne-là. Il faut que les deux parties puissent dire : La

partie qui est le

docteur, là, qui veut se faire payer, moi, je dis que ça se fait de même, là. Nous, au gouvernement, on a des gens, là, à notre emploi qui sont dans le réseau et qui sont

capables de dire : Les nerfs,

Lionel, là, ce n'est pas vrai, vous exagérez, on fait ça comme ça en moyenne.

C'est à ça que ça sert. Et là il y a

une firme qui, elle, compte, et elle, elle

prend les états financiers, prend le marché, prend ce qu'on paie. On ouvre,

nous, nos livres publics, et ceux qui voudront être payés dans le privé

devront ouvrir leurs livres s'ils veulent participer à ça, sinon... Et là on détermine le coût basé sur ce

qu'est la réalité. Vous dites ça, les docteurs, là? Vous dites que ça se

fait de même? Parfait. Nous autres, on dit

que ce qui est normal, c'est ça. Vous voulez prendre la machine qui est le nec

plus ultra parce que ceci, cela? Un instant, là, vous vous payez du luxe, ce

luxe-là n'est pas nécessaire. Ça, c'est nous, là, la contrepartie à ça. Ça, c'est transparent. C'est comme ça que ça se fait.

Ça ne se fait pas par un conseil d'administration, ça se fait par les

gens qui ont les deux mains dedans la chose. Et ça se fait, ça peut se faire et

ça se fera d'une façon ultratransparente. J'espère que ça fait plaisir au

député de Rosemont, M. le Président.

Le Président (M. Tanguay) : Collègue

de Rosemont.

M. Lisée : C'est un pas dans

la bonne direction. C'est un pas dans la bonne direction.

M. Barrette : C'est même l'arrivée à

la bonne destination.

M. Lisée :

On n'est pas à la destination, hein? Not close, so no cigar. Mais

un pas dans la bonne direction, une poffe dans la bonne direction.

Écoutez, il y

a plusieurs choses. Bon, sur le conseil d'administration, la remarque

désobligeante qu'avait faite le ministre tout à l'heure, c'était sur le

fait que ma collègue était au conseil d'administration de l'INESSS, donc ça ne

lui donnait pas la compétence de savoir à quoi servait l'INESSS.

M. Barrette : Ce n'est pas ça que

j'ai dit.

M. Lisée : Bien, c'est ça que

ça voulait dire.

M. Barrette :

Article 35, M. le

Président. Je n'ai pas dit ça.

Le Président (M. Tanguay) : Oui,

vous aurez l'occasion de revenir. Collègue de Rosemont.

M. Lisée : L'idée, c'était

que, quand on est...

Le Président (M. Tanguay) : J'ai un

rappel au règlement.

M. Barrette : Je pensais que vous

alliez inviter le député de Rosemont à faire attention à cette étape-ci.

Le Président (M. Tanguay) : À faire

attention?

M. Barrette :

À ses propos. Je n'ai pas dit ça, j'ai reproché à la députée de Taillon de

toujours déformer ce que je dis. Vous m'avez invité à faire attention,

je vous invite à les inviter à faire attention. Ce n'est que ça, l'autre bord.

Président (M. Tanguay) : Oui. Mais, là-dessus, c'est un débat

contradictoire. Évidemment, il y a un côté qui dit blanc, l'autre côté dit noir. Vous aurez l'occasion, en vertu de

212... Mais vous n'aurez pas besoin d'invoquer 212, vous avez 245, vous

avez toujours le droit de répliquer pour repositionner les faits si vous jugez

qu'ils sont inexacts.

Barrette : Mais je dirais, M. le Président, si vous me le permettez,

je dirais que, vous connaissant, vous avez une mémoire des faits récents

telle que vous pouvez certainement être à même de constater que je n'ai pas dit

ce qu'il a dit.

Le Président (M. Tanguay) : Oui,

mais je n'ai pas vu de propos blessants, imputant des motifs en vertu de l'article 35, là. Alors, vous aurez l'occasion, M.

le ministre, de rétablir selon votre vision les faits. Alors, je

m'assurerai de vous en donner l'occasion. Collègue de Rosemont.

M. Lisée :

Ça me fera plaisir de montrer le transcript à notre prochaine rencontre. Mais je

vais dire les choses autrement : Je remercie le ministre d'avoir

indiqué que le fait que ma collègue de Taillon ait été membre du conseil d'administration de l'INESSS l'autorisait à

pouvoir bien décrire les fonctions de l'INESSS et pouvoir bien conclure que,

selon elle... et il peut être en désaccord,

que sa lecture que l'INESSS pouvait très bien faire ce travail est une lecture

tout à fait légitime, compte tenu de sa présence sur ce conseil

d'administration.

Maintenant,

justement, bon, il y a ma question qui est toujours sans réponse. Il dit :

Les médecins vont dire : Ça nous

prend tant. O.K.? Puis ils en ont, des comptables, puis ils savent comment

faire ça, puis ils ont des bons négociateurs, puis, en tout cas, quand

ils arrivent à la table, ils vont dire ça, ils vont dire ça.

Lisée : Non, non, mais je n'en dis que du bien. Je n'en dis que

du bien, les médecins vont dire : Ça prend ça. Ils ont été bien représentés jusqu'à maintenant.

Bon. Et là le ministre dit : Bien, nous, nous, du ministère de la Santé,

on va dire : Non, non, non, là, ce que

tu demandes, c'est trop, ce n'est pas vraiment ce que ça donne, puis là on va

demander à une firme externe de décider,

d'arbitrer, de... C'est bizarre, ça. Qu'est-ce que la firme externe fait

là-dedans? Pourquoi ce ne serait pas

le ministère de la Santé qui dit : Bien, nous, on a demandé à l'INESSS, ou

nous, on a demandé à la régie, ou nous, on a fait le calcul, puis on a

embauché un comptable pour le faire, puis nous, on vous dit que ce n'est pas autant que demandez, puis, de toute façon, c'est

nous qui adoptons le décret? C'est quoi, le rôle de la personne externe,

là? La personne externe, elle ne peut pas trancher? Ça, c'est ma première

question.

Ma deuxième

question, c'est : Est-ce que, puisque ça va être un travail permanent...

Nous, ce qu'on veut, c'est avoir des

comparatifs, puis de voir comment ça évolue, puis vous avez fait telle

détermination en 2016, puis là, en 2018, vous changez, pourquoi par rapport à 2016, etc.? Si c'est la régie ou si

c'est l'INESSS, c'est toujours le même. Si c'est une boîte de consultants comptables spécialisés en médecine, je ne sais

trop, bien là on va retourner en appel d'offres à tous les deux ans, puis ça se peut qu'on change.

Donc, on va avoir une perte de continuité, puis ça, c'est un problème.

Puis ça peut faire faillite, puis ça peut être fusionné, puis il peut se passer

toutes sortes de choses. Mais l'INESSS, ça ne fera

pas faillite, puis la régie, ça ne fera pas faillite, puis c'est ça, le sens de

l'État, puis c'est ça, la qualité qu'on a lorsqu'on a des ressources internes puis des compétences

internes qui travaillent sur des missions centrales de l'État comme la

santé.

Maintenant,

le ministre nous dit : L'endoscope... On comprend qu'ils nous chargent la

goutte 200 $ pour payer l'endoscope,

O.K., puis qu'on est dans un système où il y avait des... en fait, des fausses

factures. C'étaient des fausses factures,

hein? Ce n'était pas vraiment les gouttes qu'ils chargeaient, c'était

l'endoscope, etc., puis le ministre dit : Je vais faire le ménage là-dedans. Très bien, on va savoir

ce pour quoi on paie. Mais il y a constamment des nouveaux endoscopes

qui sortent, qui sont «much better» puis plus forts, puis plus beaux, puis plus

chromés, etc., puis, il l'a dit, il faut déterminer...

Mais tu n'as pas besoin de ça, tu n'as pas besoin de la Ferrari de l'endoscope

pour faire le travail que tu veux.

Puis ça, il y

a un organisme qui fait ça pour les médicaments, c'est l'INESSS. Il dit :

Oui, oui, c'est vrai qu'on vient

d'avoir un super nouveau médicament, mais, le rapport qualité-prix, le rapport

impact par rapport aux coûts, nous, on dit : On l'intègre ou on ne l'intègre pas. La compétence est là,

ils le font déjà. Pourquoi tient-il tellement à ce que ça soit une firme comptable qui

fasse ça plutôt que de se plier sur tout ça... de faire confiance aux

institutions publiques que nous avons?

Barrette : M. le Président, encore une fois, on débat du sujet. Ce n'est pas ça qu'on fait, on ne

demandera pas à l'INESSS de sélectionner le meilleur endoscope. Ce n'est pas

ça, on ne demandera pas à l'INESS de choisir entre un endoscope puis un autre

endoscope, on va déterminer le coût moyen de l'endoscopie, point à la ligne,

comme on le fait dans le réseau actuellement.

Qu'est-ce c'est que vous pensez qu'on fait, M.

le Président, dans le réseau actuellement? Dans le réseau, actuellement, là, on n'a pas le même endoscope dans tout le réseau, on fait des

achats regroupés d'endoscopes puis on finit,

en général, avec un ou deux endoscopes qui sont à peu près

de même prix puis de même qualité, et ce qui va nous permettre de dire : Bien, c'est ça, la

qualité, là, que vous devez livrer. Puis le coût s'étend parce qu'on a fait des

achats regroupés pour faire baisser les

prix. Puis on les a tellement fait baisser, là, que vous n'aurez pas un cent de

plus parce qu'on sait ce que ça

coûte. C'est comme ça. L'INESSS, là, n'a rien à voir là-dedans,

là, elle n'a jamais participé à ça, l'INESSS. L'INESSS a des évaluations

macroscopiques à faire, des évaluations comparatives, d'émergence de

techniques, peut-être périodiquement faire la validation de ce qui

s'est fait. Mais ça n'a rien à voir avec l'évaluation du coût, ils

n'ont jamais fait ça. Je suis sûr qu'ils

pourraient le faire avec du nouveau personnel, avec des sous-traitants. Parce

qu'il n'y a personne à l'INESSS qui fait ça actuellement, il n'y a

personne, là.

Alors, ici, à la case départ, M. le Président,

c'est clair que la population veut avoir de la transparence et de la confiance. C'est la raison pour laquelle nous

serons transparents. C'est la raison pour laquelle on demande à une

tierce

partie de venir, à la limite, de

venir arbitrer de façon à ce que le gouvernement ne soit pas taxé, ni l'INESSS, d'avoir eu

un parti pris. C'est tout, il n'y a rien de compliqué là-dedans, là, ça se

fait. Et la députée de Taillon, il y a quelques séances de commission parlementaire nous disait que c'était impossible, faire ça. Là,

c'est drôle, on a une discussion sur oui, oui, ça se fait. C'est assez amusant. Moi aussi, je les

sortirai, les verbatims, la députée

de Taillon a dit : Bien,

voyons donc! Ça ne peut pas se faire. Et là, là, soudainement, ça peut

se faire, c'est-u amusant rien qu'un peu?

M. Lisée : Question de règlement.

M. Barrette : Bien, lequel règlement?

Le Président (M. Tanguay) : En vertu

de...

M. Lisée : Bien, parce qu'elle ne dit... Il impute non seulement des motifs, mais des propos à la députée de Taillon, qui n'a pas tenu ces propos.

M. Barrette : Elle a dit que ça ne

pouvait pas se faire, M. le Président.

Président (M. Tanguay) :

Non, je pense que ça s'applique au même rappel au règlement

que le ministre avait fait un

peu plus tôt que j'avais rejeté.

C'est un débat contradictoire, elle aura l'occasion — puis

je m'en assurerai — de

rétablir les faits, le cas échéant, si elle le juge... Alors, M. le ministre,

la parole est à vous.

Barrette : Alors, la députée de

Taillon l'a dit. Elle l'a dit : Voyons donc... Elle m'a dit ça comme ça,

le ministre pense... C'est complexe, on va évaluer... Bien

non, ce n'est pas... Bien oui, là, aujourd'hui, on va l'envoyer à l'INESSS. C'est des dieux, ils marchent sur les eaux. Vous avez parlé du

Graal, monsieur, tantôt. Le député de

Rosemont a parlé du Graal, on marche sur les

eaux, puis on s'en va chercher le Saint-Graal soudainement par l'INESSS. Bien,

voyons donc!

La réalité, M. le Président, là, c'est que

l'opposition n'en a pas, d'argument et que la réalité, c'est que bien oui, ça se fait. Et ça se fait de façon

transparente, objective, transparente, visible, vérifiable, et ça, là, ce n'est

pas assez pour l'opposition officielle. Mais moi, je vais vous dire une chose, M. le Président : Un, c'est faisable. Deux, c'est assez. Et il n'y a certainement pas de justification à créer une bureaucratie

supplémentaire et à surcharger un organisme qui a déjà d'autres fonctions beaucoup plus importantes

qui sont dans leur créneau pour faire plaisir politiquement à

l'opposition, M. le Président. Alors, j'imagine qu'on a terminé?

Président (M. Tanguay) : Oui. Chers collègues, compte tenu de l'heure,

la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.

(Suspension de la séance à 12 h 30)

Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Je vous rappelle que

le mandat de la commission

est de poursuivre l'étude détaillée du projet

de loi n° 20, Loi édictant la Loi favorisant l'accès aux services

de médecine de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses

dispositions législatives en matière de procréation assistée. Je demande à

toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de

leurs téléphones cellulaires.

Avant la

suspension de nos travaux, nous étions rendus à l'amendement de Mme la députée

de Taillon introduisant l'article 25.3 à l'article 1. Est-ce qu'il y a

d'autres interventions? Mme la députée de Taillon, en vous rappelant qu'il vous

reste 4 min 5 s.

Mme Lamarre : Oui. Merci, M. le

Président. Alors, lors de nos échanges, juste avant la période du dîner, le ministre questionnait la pertinence de l'INESSS

pour exercer la mission d'évaluer les coûts des frais accessoires. Je

veux juste rappeler au ministre que la loi

qui concerne l'Institut national

d'excellence en santé et en services sociaux prévoit d'abord

sa capacité à évaluer la justesse du prix, le rapport entre le coût et

l'efficacité, donc des paramètres, je

pense, qui sont pertinents pour la saine gestion de l'argent

qui va être dépensé, qu'on va demander aux patients de payer dorénavant.

Mais je

dirais aussi, à l'article 10, l'institut a le pouvoir... Parce que le ministre

évoquait qu'il y avait probablement

beaucoup de travail déjà à faire, mais il y a le pouvoir de former

des comités permanents pour l'étude de toute question qui relève du domaine scientifique, et ces comités

doivent être composés de scientifiques, de cliniciens, d'éthiciens, de

gestionnaires et de citoyens. Et, quand je vois les commentaires qui ont été

transmis par les différents groupes qui représentaient

des citoyens, qui représentaient des patients, qui représentaient les malades,

quand je vois les lettres et les messages

qui ont été envoyés clairement par Me Ménard, par Mme Saint-Germain, la Protectrice du citoyen, je

pense que ce sont ces dimensions-là sur lesquelles on voulait alerter le ministre.

C'est-à-dire

que les frais accessoires, ce n'est pas seulement une facture, il y a

des endroits et il y a des enjeux autour de ça qui doivent être évalués par des gestionnaires. Donc, il y a déjà la

possibilité pour l'INES de tenir compte non seulement de l'aspect

comptable, mais de l'aspect gestion. Parce qu'on l'a vu, on peut faire des

additions de chiffres, mais. à un moment donné, il faut quelqu'un qui va

être capable d'évaluer la gestion du coût qu'on va générer auprès des patients.

Parce que

c'est ça, là, on transfère des coûts réels à des patients en légalisant... Je

rappelle qu'au lieu d'avoir juste une

centaine de cliniques au Québec on va probablement en avoir... Pourquoi on n'aurait pas l'ensemble

des cliniques qui se prévaudraient de

ce privilège de pouvoir charger des frais particuliers, des frais accessoires à

leurs patients? Alors, tout ça nous amène à avoir besoin de ces

expertises-là, et je pense qu'on est capable de donner des mandats qui vont

être clairs puis qui vont être rapides. Moi,

je suis capable de comprendre ça. Mais, si le ministre refuse, je suis presque

obligée de voir qu'il y a vraiment une

approche qui est très, très... on va régler ça en petits comités, et ça ne se

règle pas en petits comités, c'est une décision...

M. Barrette : ...on me prête des

intentions encore une fois.

Le Président (M. Auger) : Oui, juste

un instant. M. le ministre, question de règlement.

M. Barrette :

Article 35, on me

prête des intentions encore une fois. Très négatives, d'ailleurs.

Président (M. Auger) : Effectivement, je vous demanderais, à tous et

chacun, de bien vouloir collaborer. Donc, Mme la députée de Taillon,

avec une minute à votre disposition.

Lamarre : Oui, mais je voudrais juste préciser, M. le Président, qu'un

comité constitué de la FMSQ, du ministre et d'un comptable, c'est un

petit comité. Le ministre peut bien considérer que ce n'est pas ça, le bon

terme, là, mais c'est

ça. C'est un petit comité, ce n'est pas une commission ou ce n'est pas une

organisation qui a la perspective de

voir tous les enjeux, incluant les enjeux éthiques, les enjeux scientifiques,

les enjeux de gestion et le point de vue des citoyens. Parce que ce sont

eux qui vont payer. Alors, moi, je continue de persister et de dire que c'est

vraiment une approche tout à fait

souhaitable et que, si le ministre élargit... prend vraiment son mandat de

ministre, il ne devrait pas s'opposer à ce que ce soit l'INESSS.

Le Président (M. Auger) : Juste un

instant. Oui, M. le ministre.

Barrette : M. le Président, propos non parlementaires. Alors, c'est

écrit ici, là, «petits amis», «petite politique», «petit gouvernement»,

«petit ministre», ça a toujours un sens péjoratif.

Mme Lamarre : «Petit comité»...

Président (M. Auger) : Effectivement, c'est à l'index. Donc, je vous

invite, là — c'est la

deuxième fois en très peu de temps — s'il vous plaît, de

collaborer de part et d'autre.

Donc, Mme la

députée de Taillon, il vous reste 30 secondes à votre disposition, et, par

la suite, bien, je crois que peut-être M. le ministre voulait réagir à

l'intervention ou je céderais...

M. Barrette : Non, non, j'ai réagi,

M. le Président, pour illustrer au public qui nous écoute la méthode.

Le Président (M. Auger) : Merci.

Donc, je céderais maintenant la parole à Mme la députée de Duplessis.

Richard : Merci, M. le

Président. Cet avant-midi, le ministre de la Santé a dit que, souvent, on

faisait de l'obstruction, on n'était

pas très collaborateurs, c'est un peu l'essence même de ses propos cet

avant-midi. Je vais lui dire que

l'opposition, elle s'inquiète, elle est inquiète, l'opposition officielle, par

rapport à tout ce qui se passe avec les frais accessoires, d'une part.

Je voulais, d'entrée de jeu, faire part au ministre de notre inquiétude.

Par la suite,

il y a eu des échanges avec ma collègue la députée de Taillon. Bon, il a à peu

près dit ceci : Vous ne connaissez

pas ça, puis, l'INESSS, on ne peut pas leur donner cette mission-là, ça va être

des sommes supplémentaires, ils n'ont pas l'expertise.

Bien

humblement, M. le ministre, je ne pense pas que les comptables aient plus

d'expertise, ils ont l'expertise des chiffres.

Ce matin, on a ratissé pas mal large, on va ratisser pas mal large cet

après-midi aussi. Moi, je ne prendrai pas l'exemple du papier de toilette, hein? Je vais prendre l'exemple des gaz

pour une coloscopie, je vais le prendre.

Comment un comptable... On va dire, un trois

gazes, quatre gazes, vous en avez besoin un petit peu plus, un petit peu moins... Puis là, quand on va, hein, mettre des gouttes

ophtalmiques à des patients, bien là on va dire : Il a pris quatre kleenex

ou trois kleenex. Bien là, on tombe dans le ridicule pas à peu près, hein?

De façon plus sérieuse, M. le Président, je

pense sincèrement que le comité que le ministre de la Santé veut mettre en place... Parce qu'il faut savoir une chose, le comité, là, c'est le ministre

lui-même qui décide qui va faire

partie de ce

comité, les médecins spécialistes, là il nous a dit des comptables, puis ultimement

ça va passer dans les mains du ministère. Donc, ultimement, ça va passer dans les mains du ministre,

puis il dit : Là, on sera capables de faire une analyse, qu'est-ce

que ça coûte réellement. Je vais poser cette question-ci, M. le Président, au ministre :

Est-ce que le ministre de la Santé, qui, lui-même, est un médecin spécialiste, c'est un

radiologiste, ne pense pas qu'il pourrait — j'ai

bien dit qu'il pourrait — se placer lui-même dans un conflit

d'intérêts? Parce que, le ministre, ça ne veut pas dire qu'il va rester

en politique cinq ans, 10 ans, 15 ans. On ne le sait pas, peut-être que, dans

un temps assez rapproché, il aura le goût de retourner

à la pratique médicale. En étant radiologiste, peut-être que le ministre de la

Santé, en étant radiologiste, aura une clinique

privée où il procédera à des examens. Il faudra se rappeler que c'est cette

même personne qui a mis le comité en place, c'est cette même personne

qui a décidé que ce seraient des comptables.

Moi, je

voudrais juste qu'il me réponde, oui ou non, ne croit-il pas qu'il se place

lui-même dans une apparence de conflit

d'intérêts? Parce qu'on l'a vu ça ne fait pas si longtemps avec la prime

Bolduc, puis on pourrait revenir sur le premier ministre actuel quand il a négocié pour le privé. Donc, avec tout ce qui

se passe, M. le Président, présentement, vous le savez, les

parlementaires... de la population du Québec, là, ce n'est pas en nous que les

gens ont le plus de confiance. Je lui pose la question.

Le Président (M. Tanguay) : M. le

ministre.

Barrette : M. le Président, le public, pour reprendre l'argument de la

députée de Duplessis, aurait beaucoup plus confiance en nous s'il n'y

avait pas ce genre d'entourloupette dans les propos. La réponse, c'est non, M.

le Président. Puis je vais lui dire

pourquoi, parce que, dans mon champ d'activité, il ne se pratique qu'à

l'hôpital, c'est tout.

Le Président (M.

Tanguay) : Puis je vais profiter, chère collègue de Duplessis... J'ai

déjà eu à m'exprimer là-dessus parce que, de

part et d'autre, il y avait des allégations présentes. Là, on en est rendus

peut-être à des allégations supposées

de conflit d'intérêts, il faut faire attention. On peut attaquer la conduite

d'un membre du Parlement par une motion

en vertu de 315 et suivants. Et, si, d'aventure, je tiens à le porter à votre

attention, l'accusation est non fondée, en vertu de 322 le collègue qui aurait porté des accusations non fondées

pourrait faire face à des sanctions par l'Assemblée nationale. Alors, je ne vous dis pas que vous

avez... mais je porte ça à votre attention parce que, de part et d'autre,

des deux côtés, il y a eu des insinuations qui, si elles

étaient fondées, bien, j'inviterais le collègue en question à déposer une telle

motion puis à aller au bout de cette histoire-là. Sinon, je vous invite à la

plus haute prudence. Merci.

Mme Richard : Merci, M. le Président. La réponse du ministre a été très claire, donc

on va tasser ça. Merci de m'avoir

répondu. Par contre, je vais lui poser une autre question. Quand le ministre

nous dit : Des comptables, ça va être capable de savoir combien ça

coûte, je lui donne raison, moi, là-dessus. Un comptable, si vous lui dites que

ça, ça vaut 10 $, bien, il va le mettre

dans une colonne, ça vaut 10 $. Vous allez dire : C'est des médecins

spécialistes qui vont lui dire. Parce que moi, j'aimerais que le

ministre de la Santé me réponde, parce que moi, là, je ne comprends pas comment... Moi, je suis comptable. Vous allez dire

que je ne suis pas médecin puis que je ne suis pas comptable, mais je

vais me projeter comme si j'étais comptable. On va avoir un bon échange avec le

ministre, j'en suis certaine, M. le Président. Et j'arrive avec des médecins spécialistes — c'est

ce que j'ai compris — sur

un comité. Qu'il soit petit ou grand, ça

reste un comité avec des médecins

spécialistes puis des comptables. Jusqu'à

présent, j'ai bien compris? Oui. Comment des comptables, par rapport à

un ministre que ce n'est peut-être pas son mandat, mais pourrait plus

facilement aller chercher cette

expertise, quitte à embaucher du monde, puis ça ne coûterait peut-être pas plus

cher... Ce n'est pas sûr qu'on a fait cet exercice-là, ça ne coûterait

peut-être pas plus cher que de donner ça à une firme de comptables.

Quand

des médecins spécialistes — M. le Président, je suis sûre que vous me suivez puis que les gens

qui nous écoutent nous suivent — ces mêmes médecins

spécialistes qu'on a tous dénoncés à notre façon parce que c'est pour ça qu'on parle beaucoup des frais accessoires

depuis un bout, que c'est qu'il y avait quand même des médecins

spécialistes qui charriaient pas mal, hein,

parce que la facture aux patients, souvent ça n'avait pas de bon sens... Ça

fait que je ne dis pas que tous les

médecins spécialistes ont abusé, mais il y en a certains qui ont dû abuser

parce que le ministre lui-même disait

qu'il y avait des frais qui n'avaient pas de maudite allure. Comment ces mêmes

médecins spécialistes — parce qu'en bout de

ligne c'est eux qui vont empocher — ils vont dire à un comptable : Voici,

nous, ça coûte tant? Le comptable, si ce n'est pas juste une colonne de chiffres, il va dire : Oui, mais

c'est parce que comment vous êtes arrivés, vous autres, à dire que ça vaut tant? Bien, les mêmes médecins

spécialistes qui chargent cher aujourd'hui, ils ne diront pas le même

discours, puis, en bout de piste, c'est quand même eux qui vont en profiter.

Comment, M. le

Président, le ministre peut placer les mêmes personnes... Puis je ne dis pas

que c'est toute la majorité, puis je ne dis

pas que c'est tous les médecins spécialistes, là, faites-moi pas dire ce que je

n'ai pas dit, là, après, là. Mais il

y a quand même des médecins spécialistes qui sont allés trop loin avec les

frais accessoires, et on va encore confier à la Fédération des médecins spécialistes le mandat d'examiner les frais

accessoires sur un comité avec des comptables qui, eux, connaissent très, très bien les colonnes des

chiffres, mais, s'ils ont besoin de cinq, six gazes de plus, puis

d'autres compresses pour éponger tel examen après parce que, bon, il pouvait y

avoir... On le sait, il y a certains examens où il y a des écoulements, etc. Comment le comptable, il va être en mesure

de savoir que ça vaut bien ça? J'aimerais savoir ça, moi, de la part du

ministre. Je demande juste à être convaincue, là, M. le Président, juste ça.

Barrette : M. le Président, j'ai répondu à la même question du député

de Rosemont, c'était la même. Mais je vais

faire plaisir à la députée de Duplessis, je vais lui répondre encore en prenant

un exemple imagé. Admettons, M. le Président, que la députée de

Duplessis voudrait évaluer le coût normal, moyen d'une tourtière et que, là,

qu'il y a un ministre de la tourtière, de la

tourterie, M. le Président, au gouvernement, et là on fait un comité pour

évaluer le coût de la tourtière. Bien

là, on a des experts en tourtières, là, nous autres, au gouvernement, on a des

experts. Et là, là, on fait venir quelqu'un

de la fédération des cuisinières du Lac-Saint-Jean, et là on fait venir aussi

la fédération des cuisinières de la Côte-Nord.

Et là les deux, avec leurs recettes de tourtières, puis le gouvernement est là

à la table, puis là il y a un comptable. Bien, la raison pour laquelle on invite les trois groupes, c'est parce

qu'on sait que la tourtière faite au Lac-Saint-Jean, ce n'est pas le pâté à la viande fait ailleurs. Ce

n'est pas ça, une tourtière, hein? Alors là, on va commencer par définir

c'est quoi, la tourtière, parce qu'ils vont s'obstiner sur c'est quoi, la

tourtière.

après ça, là, le comptable va dire : Bien, O.K., on s'est entendus sur

c'est quoi, une tourtière, là, bien, voici, ça prend tant de farine, ça

prend tant de viande, ça prend tant de patates, ça prend tant de légumes, puis

ça prend tant du four, et ainsi de suite,

puis voici le prix de la tourtière. Ce n'est pas la cuisinière du

Lac-Saint-Jean qui va nécessairement gagner,

elle n'est pas là pour ça. C'est une situation que l'on pourrait qualifier, M.

le Président, d'arbitrage. L'arbitrage de la colonoscopie, l'arbitrage

de la tourtière, c'est la même mécanique.

pourrais prendre un exemple plus simple, puis je pourrais dire à la députée de

Duplessis : Chère collègue, si je vous

demande d'évaluer le coût d'une assiette ou d'un plat en pyrex de pâté à la

viande, êtes-vous capable d'évaluer le coût?

Bien oui, c'est bien simple, la canne de blé d'Inde, les trois, quatre patates,

puis le steak haché dans l'ordre que vous voulez. Ce n'est pas dur,

c'est simple, très simple dans le principe, dans l'exécution.

Le Président (M.

Tanguay) : Collègue de Duplessis.

Mme Richard :

Merci. On va s'amuser, M. le Président, steak, blé d'Inde, patates. On va

s'amuser, steak, blé d'Inde, patates. On peut toujours parler de pâtés

chinois, ça va faire différent de la tourtière, hein? Moi, je peux faire

mon pâté chinois avec du steak haché

mi-maigre. Le ministre, il peut faire son pâté chinois avec du steak haché

maigre. Ce n'est pas le même coût, pas le

même prix, hein, pas du tout. Au-delà de ça, là, M. le Président, ce qu'on

parle ici, là, c'est des frais accessoires où il y a eu de l'abus de la

part de certains médecins spécialistes. On a commencé avec quelques-uns, là, puis là on est rendu où est-ce

qu'on est rendu, où ça n'a pas de bon sens. Puis c'est dénoncé, là, pas

juste par les députés de l'opposition, là, Me Ménard, Protectrice du citoyen.

Je ne cite que ces deux-là, il y en a d'autres.

Moi,

ce que je dis au ministre, puis je vais faire attention... Tantôt, j'avais

juste souligné qu'on s'inquiétait, puis je m'inquiétais pour lui. Je

m'inquiétais pour lui, il faut faire attention pour ne pas que celui-ci soit en

conflit d'intérêts. Avez-vous

pensé que les mêmes personnes, les médecins spécialistes, là, c'est ceux-là

qu'on disait : Ça n'a pas de bon sens,

les frais qu'ils chargent, ils vont négocier tout ça, puis, en bout de piste,

c'est eux autres qui vont bénéficier de tout ça, là? On aura beau parler de pâté chinois puis de tourtière, ça reste

qu'il y a eu des frais abusifs chargés à des patients, sûrement, qui n'en avaient pas les moyens. Et, de

ce côté-ci, notre position, elle était claire, c'est la fin des frais

accessoires, c'est la fin. Avec l'entente

qu'ils nous ont eue, là, les médecins spécialistes, là, je pense qu'ils étaient

assez bien rémunérés.

Pour gagner ça, le

ministre est arrivé avec son amendement, il a gagné ça. Nous, on arrive avec

une nouvelle proposition. Soit, on ne l'a

pas gagnée, cette bataille-là. Soit, ce n'est pas nous autres qui sommes au

gouvernement, c'est vous, le ministre

a décidé qu'il en était autrement. Mais on vous dit : On sait que vous

allez aller vers ça, là, vous voulez arriver

à réglementer les frais accessoires. On vous dit : Sur votre fameux

comité, là, allez-y pas juste avec des comptables puis des médecins

spécialistes. Vous ne voulez pas.

collègue ici, député de la CAQ, député de Lévis, avait proposé qu'on ait une

commission parlementaire pour entendre les gens, n'est-ce pas? Vous ne

voulez pas la faire. Là, c'est un comité restreint. «Restreint», ce n'est pas antiparlementaire, hein? Parce que «petit comité»,

ça ne passe pas. Un comité restreint, c'est le ministre lui-même qui décide. Là, il place les comptables pour savoir

comment les frais accessoires vont coûter, comment la fameuse tourtière qui ne vient pas du Saguenay—Lac-Saint-Jean... Ça, c'est comme, on pourrait

dire, le pâté aux bleuets, hein? Pas sûre si les bleuets sont un petit peu plus gros au Saguenay que sur la Côte-Nord, il

va pouvoir charger un petit peu plus cher pour la tarte aux bleuets, hein? Tant qu'à être ridicule,

on va l'être jusqu'au bout, là. Ça n'a pas de foutu bon sens, de toute

façon, là, de faire cette comparaison-là.

peux vous dire par... Je vais vous regarder, M. le Président. Par vous, je vais

transmettre ceci au ministre. Je ne suis

pas médecin spécialiste. Il peut attaquer la collègue de Taillon sur sa vie

antérieure, il peut m'attaquer, moi, sur ma vie antérieure, j'étais une simple infirmière auxiliaire. Je sais très,

très, très bien la différence entre des frais accessoires qui auraient

pu être dits normaux s'il n'y avait pas eu de dérapage de la part de certains

médecins spécialistes qui s'en mettent plein les poches, on n'en discuterait

pas aujourd'hui, hein... Je sais très bien la différence entre ce qui est

acceptable puis ce qui ne l'est pas.

Puis,

si le ministre, il a voulu proposer un amendement pour mettre le comité

restreint, c'est parce qu'il sait qu'à quelque

part qu'on a raison, ça n'avait plus de bon sens. D'ailleurs, on pourrait

sortir les verbatims, là, à matin on était là-dessus. Je vais sortir ce

que telle personne a dit, puis je vais vous reciter, puis... Bon. Quand il dit

qu'on ne fait pas avancer le débat, je peux vous dire qu'il ne le faisait pas

avancer ce matin non plus.

Je lui dis — puis

je le sais qu'il m'écoute, même si, des fois, je regarde dans sa direction, je

sais qu'il m'écoute — s'il ne veut pas... Nous, on a fait cet

amendement-là, on pensait que l'INESSS pouvait avoir les compétences, une certaine expertise. Peut-être pas toute, il

pouvait embaucher du monde. Bien, qu'il nous trouve autre chose, lui,

qu'il montre un petit peu d'ouverture,

montre un petit peu d'ouverture, là, puis qu'il dise : C'est peut-être

vrai. Puis, s'il veut attendre à

demain, pas de problème avec ça, là. Je n'ai pas l'intention de lui faire

perdre la face aujourd'hui, ce n'est pas ça. Parce que, si, des fois,

vous savez, s'il revient sur sa position, il va avoir l'impression qu'il a

perdu la face vis-à-vis l'opposition s'il accepte quelque chose. Même que je

suis sûre, des fois, il trouve qu'on a parfaitement raison, mais, pour ne pas nous donner raison, il va trouver une façon de s'esquiver. Moi, je lui dis, M. le Président : Trouvez-nous autre chose, M.

le ministre. Revenez-nous demain ou

après-demain, mais trouvez-nous autre chose que des comptables qui vont aller discuter sur un comité restreint avec des

spécialistes qui, eux-mêmes, s'en sont mis plein les poches, puis c'est

pour ça que ça fait des jours et des

semaines qu'on est sur les frais accessoires. Trouvez-moi quelque chose qui peut nous rassurer ici, du côté de l'opposition.

n'y a pas juste nous. Parce que moi, je ne fais pas mon travail, là, juste pour

la députée de Duplessis, puis je ne pense pas que ma collègue de Taillon puis mon collègue député de Richelieu — je vais parler pour ce côté-ci, puis

c'est la même chose du côté de la CAQ,

là — qu'on

est ici pour notre ego personnel, là, on est ici... Puis d'ailleurs la

Protectrice du citoyen, personne de

confiance, hein — moi,

j'ai confiance en elle — puis c'est rare que, quand elle donne un avis ou qu'elle

dépose un rapport, que les gens disent : On n'a pas confiance en elle,

non, non, c'est de la «bullshit». Je n'ai pas entendu ça bien, bien, moi, ça

ait 12 ans que je suis ici.

Me Ménard, c'est un

avocat, je vous dirais, que les gens ont confiance, hein? Il défend les plus

vulnérables. Souvent, ses causes, souvent, touchent les gens. Quelqu'un qui a

bonne crédibilité. Puis ça ne doit pas juste être la députée de Duplessis, là, qui dit au ministre : Vous voulez aller

au bout des frais accessoires? Amenez-moi autre chose qu'un comptable

qui va décider ça coûte tant, puis ils ont besoin de tant. Amenez-moi quelqu'un

d'autre, quelqu'un d'autre, là, qu'un

cabinet comptable. Aïe! avec des médecins spécialistes, ils vont-u pas

s'amuser? Je pourrais vous dire, M. le Président, sans arrière-pensée,

là, j'ai peut-être juste un petit cours d'infirmière auxiliaire, je suis

convaincue qu'il y a des termes que je

comprends beaucoup mieux qu'un cabinet de comptables. Merci. Répondez-moi, M.

le ministre. Trouvez-moi autre chose si vous pouvez.

Le Président (M.

Tanguay) : M. le ministre.

M. Barrette :

Je voudrais tout simplement rappeler à la députée de Duplessis que, même si

elle répète sans arrêt comptables, médecins

spécialistes, il n'en reste pas moins que c'est avec le gouvernement. Ce n'est

pas un comptable et les médecins spécialistes tout seuls dans leur coin,

c'est avec le gouvernement, M. le Président.

Le Président (M.

Tanguay) : Collègue de Duplessis.

Richard : Merci. Question

d'éclaircissement pour mieux comprendre. Quand le ministre dit : C'est

avec le gouvernement, je veux bien croire, c'est quand même — et je

vais faire attention — avec

le ministre de la Santé, qui, lui-même, dans sa vie antérieure, était médecin spécialiste, qui,

lui-même, a négocié une entente. Puis là on s'en va sur des frais accessoires qui touchent vraiment les

médecins spécialistes, et je comprends que lui-même, il me l'a... Ça, je

l'ai bien écouté, moi, il a dit : Moi, là, quand même que je retournerais

à ma pratique, je ne peux pas faire ce genre d'examen

là en cabinet privé. J'ai compris ça. Le gouvernement, c'est qui, M. le

Président, pour le ministre? C'est qui? Le sous-ministre qui va être sur

ce comité-là? Le ministre? Ça va être qui, le gouvernement? Quand on parle de gouvernement, souvent, c'est, hein... Je vais vous

demander d'être précis. Gouvernement, on fait référence quand même à des

personnes qui vont siéger sur un comité. Trois, quatre du gouvernement? Quel

est leur titre?

M. Barrette : M. le Président, ce

sera la personne, pour le sujet discuté, qui a l'expertise.

Le Président (M. Tanguay) : Collègue

de Duplessis,

Richard : Merci, M. le

Président. Qui sera la personne qui a l'expertise et qui sera à même de

discuter du sujet dont on traitera sur ce comité, c'est-à-dire les frais

accessoires?

M. Barrette : La personne qui a

l'expertise du sujet qui est étudié.

Mme Richard : M. le Président, la

personne qui a l'expertise du sujet qui va être décidé, qui sont les frais

accessoires, le ministre ne peut pas faire semblant ne pas la connaître

aujourd'hui, là. Est-ce qu'il y en a beaucoup au gouvernement qui ont ce genre

d'expertise? S'il ne veut pas la nommer, est-ce qu'il y a beaucoup de personnes

au gouvernement... Plus particulièrement — on va arrêter de dire

«gouvernement», là — au

ministère de la Santé et des Services

sociaux, est-ce qu'il y a des personnes présentement que le ministre juge

qu'elles ont l'expertise pour faire

partie de ce comité sur le sujet qui

sera traité, qui est les frais accessoires? Est-ce que j'ai été claire?

Barrette : M. le Président, la députée de Duplessis a été claire dans

son incompréhension. Ça, il n'y a pas de doute. Je l'ai dit ce matin à

la question, qui était la même, posée par le député de Rosemont, nous avons

dans notre réseau, si, par exemple, on a à évaluer le coût de l'endoscopie, la

colonoscopie, des gens qui ont une expertise de la colonoscopie, qui sont du réseau et, dans le cas présent, du

gouvernement, qui peuvent faire cette évaluation-là. Ce sont les travaux qui sont faits, et la décision est

prise par ce que la députée de Taillon appelle

le gouvernement. C'est simple, là, cette affaire-là, là.

Le Président (M. Tanguay) : Collègue

de Duplessis.

Richard : Merci, M. le Président. Ça peut paraître très simple

pour le ministre. C'est sûr, lui, il sait où est-ce qu'il s'en va. Moi,

de ce côté-ci, je ne le sais pas, où est-ce qu'il s'en va, le ministre. Ça fait

que ce n'est pas tout le temps simple. Quand

il dit : Ce sera une personne... Il a donné l'exemple d'une endoscopie.

Bon, là, ça sera quelqu'un qui est habitué à faire ce type d'examen.

C'est ce que j'ai compris. J'ai-tu bien compris avant de continuer? Je ne veux

pas trop être dans le champ, là. Je veux juste qu'il me fasse un signe de la

tête qu'il a bien compris. C'est ça.

Ça peut-u

aller jusqu'à dire que... On a parlé aussi de l'injection qu'on donnait pour

des patients qui se présentaient pour

une vasectomie. Est-ce que l'injection qu'on donnait... À combien, 125 $?

Combien? Je ne m'en souviens plus, là, 125 $ l'injection?

Mme Richard : Bon, peut-être

un peu moins, 60 $. Est-ce que c'est-à-dire qu'à ce moment-là on prendra, exemple, un chirurgien qui était habitué de faire

des vasectomies? Ça veut-u dire qu'on va aller... Parce que, là, c'est

lui qui m'emmène sur ce terrain-là, M. le

Président, là, ce n'est pas moi, là, il a donné cet exemple-là. Est-ce que ça

va par champ de compétence qu'on va aller chercher des personnes ou on

prend une personne qui a des compétences dans toutes

les sphères ou les champs d'activité qui sont directement, je vous dirais, le

sujet dont nous discutons, c'est-à-dire les frais accessoires? Exemple... Le ministre de la Santé, il le sait mieux

que moi, là. Il l'a, la liste, là, qu'est-ce qui est bon puis qui n'est pas bon, puis ceux-là que ça ne va

vraiment pas bien puis sur lesquels il voudrait que ça bouge, hein, il le

sait mieux que moi, là. Est-ce qu'il va

prendre une personne dans son ministère avec un champ d'expertise assez large,

ou il va prendre des radiologistes pour les examens qui se font au niveau de la

radiologie, entre autres une endoscopie, ou que

ça va aller sur quelqu'un qui a une expérience dans les petites chirurgies

mineures, il pratique à l'hôpital, puis là, bien, il peut aller vérifier

comment ça se fait dans les cabinets privés?

Parce qu'à

matin, je vous le dis, M. le Président, à matin, ce n'était pas de ce côté-ci,

là. Puis je comprends, puis j'aime

ça, moi, des fois, quand il est clair. Je ne peux pas lui dire que je n'aime

pas ça, là, j'aime ça. Ce matin, on a été jusqu'au papier de toilette. C'était assez clair merci, là, hein? On ne

pouvait être plus clair que ça. Bien, moi, j'ai repris l'exemple des gazes, là, hein, les petits

pansements. J'ai dit : Pour tel type de petites chirurgies mineures qu'on

fait dans un cabinet privé, on a besoin de trois paquets.

Je reviens à

ma question : Une personne qui a un champ d'expertise assez large ou des

personnes qui sont dans un champ d'expertise spécifique?

M. Barrette : M. le Président, j'ai

répondu précisément à la question précédente.

Richard : Bon, bien, s'il trouve qu'il a... il faut croire

que... D'habitude, je me qualifierais de fougueuse, de ci, de ça, mais je ne suis pas une cancre. D'habitude,

je comprends assez vite et je vous avoue que je n'ai pas compris, pas du tout. Je sais que le ministre, souvent il

me dit qu'il l'a dit. Il peut le dire de plusieurs façons. Des fois, il

répète. Cette fois-ci, ça ne lui tente pas

de le répéter, mais moi, j'ai bien compris, M. le Président, qu'il a parlé,

exemple, l'endoscopie... Ce n'est pas moi, là, qui l'ai cité, cet

exemple-là.

Richard : Soit, il a dit qu'il avait déjà répondu. Je vais lui

en reposer une autre, voir s'il va me répondre. On s'entend, comme il n'a pas voulu me répondre, bien, moi, je vais

présumer que la personne au ministère aura l'expertise pour les champs qui seront traités sur ledit

sujet, qui sont les frais accessoires, sur ledit comité avec les comptables

puis avec des médecins spécialistes, puis là

le ministère va désigner peut-être une ou deux personnes, je ne le sais pas.

Quand ils vont avoir fait cet

exercice-là, tu vas avoir fait cet exercice-là... On s'entend, là, comité mis

en place, on prend un examen type, là, on

va laisser même le soin au ministre... Parce que j'aime ça quand il donne des

exemples. Il ne sortira pas la tourtière, mais j'ai bien hâte de voir l'exemple parce que moi, je ne comprends pas le

langage du tout, du tout, du tout médical, hein?

M. Barrette : Peut-être.

Richard : Puis on est pas mal cruches de ce côté-ci, ça fait

qu'on ne comprend pas du tout. Pas grave, on va le laisser aller dans la tourtière puis dans le reste. Nous, après, on

va décortiquer ça puis on va l'ajuster à d'autres choses. On va finir

par se comprendre.

Quand il va avoir mis son comité en place puis

qu'il va avoir commencé ce dit travail sérieux, il doit avoir un échéancier

qu'il se fixe, combien de temps?

M. Barrette : Le temps que ça

prendra, M. le Président, le plus vite possible.

Le Président (M. Tanguay) : Merci

beaucoup. Collègue de Lévis, la parole est à vous.

M. Paradis

(Lévis) : Merci, M. le

Président. Je comprends la demande et je comprends le sens de ce que

propose dans l'amendement la députée de

Taillon : «L'application du règlement pris en vertu de l'article 25.2

doit faire l'objet d'une reddition de

compte annuelle afin que le ministre s'assure que le total des frais autorisés

qui seront facturés aux patients pour

des services assurés ne dépasse pas le montant fixé initialement par l'INESSS.» Et là je comprends par la force des choses que le bât blesse, là, par

l'INESSS. C'est surtout là que le problème se pose. Je comprends la

demande parce qu'au-delà de l'échange qu'on

vient d'avoir il y a cette notion voulant que le ministre, dorénavant, pourra,

parce qu'il a gagné son amendement, décider

par règlement quels seront les frais accessoires qui seront permis après ce

qu'on pourrait considérer être une espèce de négociation. Parce que ce sera

quand même ça.

Dans le comité que nous présente le ministre,

que je comprends aussi, M. le Président, que le ministre n'a peut-être pas l'organigramme du comité auquel il

songe, mais essentiellement, là, prenons-le dans sa plus simple facture,

là, c'est les fédérations, c'est le

comptable puis c'est, disons, le ministre puis quelqu'un du gouvernement.

Prenons ça comme ça parce qu'on a

parlé déjà dans des discussions précédentes d'un petit comité, alors ça ne sera

pas gigantesque. Cependant, les décisions seront importantes, bien sûr.

Je comprends la demande puis, quelque part, je

me dis : Est-ce qu'on ne pourrait pas, de fait, sachant que dorénavant le ministre réglementera ce qui

deviendra des frais accessoires permis avec une marge de manoeuvre dont

on a déjà parlé... est-ce qu'on ne pourrait

pas trouver une méthode faisant en sorte que les citoyens puissent être

rassurés, puis le ministre aussi, qu'on

sache qu'au bout du compte le juste prix aura été trouvé, au-delà de faire une

simple logique comptable en fonction des pieds carrés, du coût de

l'équipement, du coût de la fourniture, du temps qu'on y passera?

Pour deux

raisons. Puis là amusons-nous, je reprends rien que 30 secondes. Je trouve ça

le fun, des fois on parle cuisine,

puis le ministre ne déteste pas ça de temps en temps. La fédération des

cuisinières du Saguenay puis fédération des cuisinières de la Côte-Nord, il y a le ministre puis un comptable pour

juger du coût de la fameuse tourtière. Puis, si on mettait là-dedans à

la même enseigne l'institut d'hôtellerie, ça forme des cuisiniers...

M. Paradis (Lévis) : L'institut

d'hôtellerie.

M. Paradis

(Lévis) : Puis ça forme des

cuisiniers, puis ça... dans l'hôtellerie. Ça sait ce que coûte un four,

puis ça connaît probablement aussi les

composantes de la recette dont on parle. Et, si cet institut-là permettait

d'avoir une espèce de regard en se

disant : Bien, il y a quelqu'un là... Il y a quelqu'un, puisque la

fédération des cuisinières, là, des deux côtés, ils ont un objectif. Les fédérations de médecins, ils

ont des objectifs, ils doivent répondre également à leurs membres. On le sait pertinemment, puis le ministre le sait

plus que personne parce qu'il a été président de la Fédération des

médecins spécialistes, puis il a bien fait

son travail. Je veux dire, manifestement, ça se calcule. Alors, c'est des

groupes qui souhaitent... La

fédération n'arrivera pas là, M. le Président, je pense, en disant : Bien,

M. le ministre, faites-vous en pas, M. le comptable, ne sortez pas des grosses calculatrices parce

qu'on veut vraiment que ça ne coûte pas cher. Ils vont certainement

arriver avec une vision en fonction de leur pratique puis une échelle de coûts,

et là il y aura opposition de points de vue, puis le comptable, bien, il va

calculer. Le comptable, au bout du compte, il va dire : Ça va être ça,

puis on va l'inscrire.

Alors, dans

mon exemple de cuisine, si on a un organisme qui a une certaine connaissance,

mais qui a cette espèce de recul là,

pas pour empêcher les représentants du gouvernement ou les fédérations de faire

leur travail et de proposer quelque chose, mais de nous rassurer

collectivement sur le fait qu'ils auront eu une vision globale de l'affaire...

Et pourquoi pas? Je ne pense pas qu'on ait

là une notion contraignante ni pour le gouvernement ni pour les citoyens

pour arriver à fixer ce qui sera dorénavant

les frais accessoires qu'on déterminera par règlement. Il y a seulement une

notion de transparence, de compréhension, de

faciliter le travail, de recul, sachant pertinemment qu'autour de la table, à

la base, pour décider de ces prix-là,

s'il n'y a pas imposition unilatérale, il y aura manifestement un minimum de

négociation. Alors, cette organisation

neutre, tant dans l'exemple de la cuisine que dans l'exemple qui est le nôtre,

plus réaliste, plus complexe, celui de

la pratique médicale et des frais accessoires, il ne serait peut-être pas

inintéressant qu'on ait une organisation puis un institut comme

celui-là.

On parle de l'INESSS, le ministre, je comprends aussi

son opposition et je vous dirai très honnêtement que ses propos et sa vision des choses, comme les propos

de la députée de Taillon, se confrontent. Ça se pourrait, un peut avoir raison, l'autre, tort, ou vice versa. Mais est-ce

qu'il y a moyen de trouver quelque chose qui peut compenser et rassurer?

Il y a d'autres avenues sans complexifier le

processus. Et la problématique aussi dans notre exemple de cuisine, là...

Parce que, quand on parle cuisine, on parle

gourmandise, prenons-le... Exemple, je pense que les deux cuisiniers ou les

deux cuisinières auraient tendance à être peut-être trop gourmands, il

faudra jouer dans le menu puis, à la limite, manger végétarien. Est-ce qu'il

n'y a pas moyen de faire autrement? La question est lancée au ministre.

Le Président (M. Tanguay) : M. le

ministre.

Barrette : M. le Président, c'est tellement un échange agréable que je

vais répondre. Mais je vais répondre... Il est très intéressant, M. le Président, l'exemple du député de Lévis,

très intéressant, mais il est intéressant pas pour la raison qu'il dit. Alors, si je reprends sa mécanique, qui

est intéressante... Alors, si je prends sa mécanique, avec l'exemple

qu'il a choisi de l'institut d'hôtellerie du Québec, bien, l'institut

d'hôtellerie, il...

M. Barrette : Bien, c'est ça qu'il a

pris comme exemple. Alors, si on prend cet exemple-là, l'industrie de l'hôtellerie a la capacité, justement, de

dire : Voici une tourtière moyenne, c'est comme ça que ça se fait selon

l'histoire du Québec. Il y en a qui

appellent ça des six-pâtes. Moi, je viens d'une région où c'étaient des

six-pâtes. Puis, quand je suis allé

habiter au Lac-Saint-Jean, ce n'était pas la même affaire qu'un six-pâtes, puis

ce n'est pas la même affaire qu'un pâté

à la viande que le monde appelle la tourtière à Montréal. Puis je ne sais pas

comment que c'est sur la Côte-Nord parce que je ne suis pas allé à Noël sur la Côte-Nord. Il faudrait que la

députée de Duplessis nous explique ça, ça m'intéresse, et d'ailleurs

qu'elle pourrait nous apporter la semaine prochaine si elle en a dans son

congélateur.

M. Paradis (Lévis) : Pourquoi pas

déguster en même temps?

M. Barrette : Mais là, ici,

l'institut d'hôtellerie, son rôle serait d'abord d'identifier ce qu'est une

tourtière. Puis oui, je suis d'accord que

l'institut d'hôtellerie est capable de déterminer le coût. Mais, si on avait à

faire ça, là, dans la vraie vie, on dirait à l'institut

d'hôtellerie : O.K. Là, vous, votre rôle, parce que votre expertise, elle

est là, c'est de déterminer c'est quoi, une tourtière, et là peut-être qu'il y

aurait une collaboration avec un comptable. Mais il y a un comptable qui doit faire cette job-là parce que

l'institut d'hôtellerie ne serait pas capable de faire le reste, ça va finir

par un comptable.

Maintenant, l'autre raison pour laquelle je dis

ça, M. le Président, c'est évidemment parce que, contrairement à la députée de Taillon, moi, j'ai déjà fait ça,

j'en ai déjà fait ça, ces affaires-là, les établissements de coût d'un

événement, puis je l'ai déjà fait avec le

gouvernement du Québec. À un moment donné, lorsque j'étais dans une vie antérieure,

que vous devinez, j'ai eu une association devant moi et qui voulait déterminer

un coût. Et, dans la fonction que j'avais, je participais à ça, et le

gouvernement en face voulait avoir la même chose, voulait avoir une

détermination de coût, on a fait exactement la même chose. Un, la

partie

médicale est arrivée avec des chiffres, la

partie gouvernementale est arrivée avec des chiffres. Ma

partie à moi est

arrivée avec des chiffres, mais il a fallu établir ce à quoi on s'adressait,

c'est quoi, le service, là, c'est quoi qu'on paie. Et là, un coup qu'on a

déterminé ce pour quoi on payait, là, le service, c'est telle affaire...

là je vais prendre un exemple, là, qui ne correspond pas à ce que j'ai fait.

Admettons qu'on dit, là : On doit mettre un plâtre, une botte

plâtrée — une

botte plâtrée, là, c'est comme une botte, mais ça arrête en bas du genou — bien

là on a déterminé quelle sorte de plâtre qu'on voulait avoir, tatata, fait avec

un mécanicien au plâtre ou non, tatata, bon. Un

coup qu'on a fait ça, là, savez-vous qu'est-ce qu'on a fait? Et le

gouvernement, et la

partie professionnelle, et la mienne, on a dit... On l'a établi, là, allez maintenant

faire votre job. Et là ils sont partis tout seuls, plus d'influence. Ils sont

partis tout seuls, ils sont partis dans le

réseau. Ils sont partis dans les cabinets qui avaient accepté d'ouvrir leurs

livres. Ils sont allés faire les

études temps-mouvement, ils sont allés voir des factures, ils sont allés voir

tout ce qu'il y a à voir pour déterminer un coût, et ils ont sorti le

coût. Savez-vous quoi? À la fin, il n'y a personne qui a contesté, il était bas

parce que le mandat était : Tu trouves

le prix le plus bas. Qui correspond à une réalité, là, ne pas faire de l'abus

dans l'autre sens. On ne va pas remplacer un abus dans un sens par un abus dans l'autre sens.

C'est tout. C'est comme ça que ça marche, ce n'est pas plus compliqué

que ça.

clé ici — puis là

je reviens à l'institut d'hôtellerie — la clé, là, c'est de déterminer ce qu'est la

tourtière. Il y a des variations dans

le Québec, là, puis on dit : C'est ça, une tourtière. Tout le monde

s'entend que c'est ça, une tourtière, et

là le comptable va compter. C'est ça, sa job, le comptable. Ce n'est pas la job

de l'INESSS. Il n'y a aucun lien possible entre l'INESSS et l'institut

d'hôtellerie parce que l'INESSS ne fait pas ça, tout simplement, et là on vient

alourdir inutilement. En plus de l'alourdir,

on vient dire à l'INESSS : Comme vous n'avez pas la compétence, bien,

sous-traitez donc, là. Ça n'a pas d'allure, alors que ce que je vous

dis, là, c'est simple.

la raison du comptable, c'est uniquement... bien, peut-être pas uniquement,

mais c'est particulièrement pour avoir

une apparence d'impartialité, pour qu'aucune

partie ne puisse contester. Parce

que, si c'est moi qui le fais — puis il y a des comptables au gouvernement, là, on

pourrait le faire, là — là, l'autre

partie va dire : Oui, mais vous êtes ci,

vous êtes ça, ce n'est pas juste, blablabla,

comme la députée de Duplessis a dit dans l'autre sens : Les docteurs,

blablabla. Bien, quand on fait ça, là, comme je viens de décrire, il n'y

en a pas, de contestation possible. La clé, c'est de déterminer ce qu'on

analyse.

ce qu'on analyse, bien, c'est plate, mais ce n'est pas l'INESSS qui va décider ça,

là, puis ce n'est pas un conseil d'administration

de l'INESSS qui va décider ça non plus, là, c'est ceux qui le font avec des

gens qui le font aussi du bord du gouvernement.

Et là on s'entend sur ce qu'on analyse, puis on demande à l'analyste d'analyser,

puis on le laisse aller tout seul,

tranquille, sans intervenir. Et, à la fin, on montre le résultat public à tout

le monde, visible. Venez contester ça, pour voir. Et, s'il y a quelqu'un qui conteste, bien, on sort les factures.

Bien, en fait, on devrait les mettre dans le rapport. Pas de problème

avec ça, moi. Terminé, merci, bonsoir. À la fin, là, si la Xylocaïne, ça coûte

0,75 $ l'injection parce que la seringue

coûte 0,03 $, puis l'aiguille coûte 0,02 $, ça sera 0,05 $ pour

cette partie-là plus 0,75 $ pour la Xylocaïne, point, that's it. Ce

n'est pas compliqué à faire, ça, il n'y a rien de compliqué là-dedans.

peut compliquer les affaires, par exemple, quand on fait des amendements pour

essayer de complexifier le chemin. On peut aller à Québec de Montréal ou

de Québec à Montréal en prenant le chemin du Roy, il n'y a pas de problème, on va se rendre à destination. Ou on

peut y aller par l'autoroute, on peut prendre le 40 ou la 20. Ce n'est

pas le même genre de chemin, puis ce n'est

pas les mêmes arrêts. Il y a des dinosaures d'un bord, puis il n'y en a pas de

l'autre, mais on arrive à la même

destination. On peut choisir le simple comme on peut choisir le compliqué. On

propose ici le compliqué, c'est la

raison pour laquelle je m'oppose. Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est

n'est pas faisable, comme ça a déjà été dit. C'est faisable, et ça, ça

va dans le sens du commentaire du député de Lévis, M. le Président.

Le Président (M.

Tanguay) : Collègue de Lévis.

M. Paradis (Lévis) : M. le Président, je me rappelle qu'on a eu une discussion à un moment

donné, le ministre et moi, puis je pense qu'on questionnait un chemin,

un endroit pour se rendre et, si ma mémoire est bonne, de Sorel à Saint-Hyacinthe. Et le ministre, après qu'on lui

ait montré un Google Maps — tous travaillent avec ça, on

déterminait le temps pour s'y rendre — le ministre m'a dit qu'il

prenait deux fois moins de temps, plus vite, en ne passant pas...

M. Paradis (Lévis) : Pas mal moins en passant par... Ce n'était pas la 20. Oui, bien, c'est

sûr qu'on peut arriver au même

endroit par des chemins différents. Un peu être un peu plus long, mais la vue

tellement agréable. L'autre est un peu plus

rapide, mais on perdra d'un côté. L'exercice puis le but, c'est de se rendre au

bout, puis de faire en sorte que ceux qui sont dans la voiture également

apprécient le voyage.

M. Paradis

(Lévis) : Une notion de sécurité, une notion d'appréciation.

L'élément, M. le Président... Et je comprends

ce que le ministre me dit, mais je continue à penser que,

fondamentalement — puis il

le sait, il l'a vécu — il y a deux

groupes qui arrivent avec une vision. Et il l'a dit, il a donné son propre

exemple en disant : Ça coûte ça, ça coûte ça. Écoutez, les frais, là, dont on parle... Puis le

ministre le sait, il a dit : Il y a quelque chose qui est inacceptable, ce

sont les abus. Il y a quand bien même

des professionnels de la santé qui pensaient qu'il fallait rembourser quelques

centaines de dollars pour des gouttes, alors que d'autres le faisaient à

50 $. Il devait y avoir des raisons à quelque part, ce n'était pas rien

que pour... Bon, ça leur appartient.

M. Paradis (Lévis) : Le problème, c'est que, si on ne veut pas qu'il y ait de l'abus puis si

on veut faire en sorte qu'on

détermine le bon montant — parce qu'on est rendus là — est-ce qu'on ne doit pas se donner un outil

supplémentaire sans complexifier la tâche,

sachant pertinemment que le comptable devra aller, pour la tourtière, se

promener idéalement dans les

restaurants, puis la plupart des restaurants du coin, pour voir si

l'électricité, quelque part, coûte plus cher, puis si un four à gaz, ça coûte plus cher qu'un four

électrique? Puis, bon, je comprends tout ça, puis il arrivera avec un montant, est-ce qu'il pourrait y avoir... Et c'est comme ça que je

vois l'amendement, puis c'est comme ça que je vois la proposition de la députée de Taillon

d'avoir une organisation.

Est-ce

l'INESSS? L'INESSS ne prendra pas... Je le comprends bien, le ministre

dit : Ce n'est pas faisable. Est-ce que ce n'est pas faisable? Ça

se peut. Ça se peut que l'INESSS n'ait pas cette expertise-là. Puis la députée

de Taillon dit autre

chose, ça se peut aussi. Mais est-ce qu'il y a une autre organisation qui empêcherait d'avoir quelqu'un dans la cuisine qui pourrait être en mesure de juger de ce

que ça aura donné, le fin, là, quand la tourtière sort, c'est-u ça qu'on

voulait, ça a-tu donné ça, quelqu'un, une

entité qui dise : Oui, ça a donné ça, c'est un processus

de négociation, ce qu'on a sorti là, c'est ce qu'il y a de fondamentalement correct, on ne pouvait

pas changer, ni aller plus haut, ni aller plus bas, c'est le juste prix?

Et c'est en ce sens-là où je comprends cette demande-là, puis je me dis :

Est-ce qu'il faut, à ce moment-là, modifier,

je ne sais pas, l'amendement, pour faire en sorte qu'on puisse inclure cette

notion-là qui est importante? Bon, bien, c'est le principe de la

discussion. Je pense qu'il y a moyen de faire sans trop complexifier. Merci.

Le Président (M. Tanguay) : M. le

ministre.

Barrette : M. le Président, pour arriver à la validité... Parce que ce

que le député de Lévis nous demande, c'est d'avoir une mécanique de validation du prix. Il y a deux manières de

valider : il y a la manière par les pairs et il y a la manière par un organisme officiel. À partir du

moment où je le fais ouvert, c'est ouvert, c'est transparent, les

résultats sont transparents, l'univers peut

contester la chose. C'est aussi bon qu'un organisme officiel. L'organisme

officiel, c'est parce qu'on met sa

confiance dans l'organisme officiel. Mais, si l'organisme officiel qui fait ça

n'a pas la capacité de le faire, on met la confiance dans rien, là,

c'est un mauvais investissement, là. L'INESSS, ce n'est pas sa fonction.

Je vais

prendre l'exemple, M. le Président, avec lequel le député de Lévis a commencé

son intervention, qui était très intéressant puis révélateur. Le député

de Lévis, M. le Président, nous a dit que lui et moi, on avait eu un échange amical où on s'était obstinés sur le temps du

trajet Saint-Hyacinthe—Sorel. C'est

vrai, tout à fait vrai, et on ne s'entendait pas, puis j'ai eu tort, à

part de ça, c'est lui qui a eu raison. Mais c'est amusant hein?

M. Paradis (Lévis) : Comme, M. le

Président, dans les chiffres hermétiques de ce matin au salon bleu. Je

m'excuse, c'est sorti comme ça.

Barrette : Mais ce qui est

amusant, M. le Président, c'est que la résolution du débat en question

s'est faite par un organisme

comptable en qui on a fait confiance qui s'appelle Google . C'est une

machine qui compte qui a donné le résultat.

C'est drôle, hein? Quand c'est une machine qui compte, on la croit. Puis, quand

c'est un comptable, on ne le croit pas

dans le débat actuel. Puis, en plus, on le fait de façon transparente. Alors, si on avait su comment la

machine Google fonctionne,

bien, on aurait dit : Bien, aïe! oui, c'est bien sûr. Bien, c'est ça que je

fais, tout simplement, là. Alors, je fais exactement ce qu'il dit, là. Dans le cas de l'obstinage qu'on a eu,

amical, on s'est fiés à une machine qui comptait, on a dit : C'est

bon. O.K. On a concédé l'un à l'autre, puis là, là, ça ne serait pas bon par un

mystère mystérieux.

M. Paradis

(Lévis) : Vous savez, M. le

Président, c'est intéressant, cet échange-là, puis c'est agréable, mais

reste qu'effectivement Google , une machine, aura réglé le différend, qui

n'était pas un différend majeur. Mais, si on avait eu quelqu'un, je ne sais

pas, moi, une organisation ou un comité de routiers qui font la route

fréquemment, peut-être aurait-on pu régler

cet amical différend sans prendre autant de temps. Est-ce qu'on peut permettre

à une organisation de faire

partie de

la décision, à la limite, pour... Qu'elle ne soit pas décisionnelle n'empêche

pas qu'elle soit dans la cuisine ou dans le véhicule automobile. C'est

seulement un souci de faire en sorte qu'on puisse, globalement et

collectivement, avoir confiance aux résultats qui émaneront de ces

décisions-là.

Barrette : Bien, à cette étape-ci, M. le Président, je pense qu'on a

vidé le débat, je dirais, vidé le sujet, là, mais, tu sais, avec plaisir

en plus.

Le Président (M. Tanguay) : Parfait.

M. Barrette : Je ne sais pas

pourquoi je m'entends plus avec la CAQ qu'avec...

Le Président (M. Tanguay) : Certains

pourraient... Collègue de Richelieu, la parole est à vous.

M. Rochon : Merci, M. le Président.

J'aurais pu être utile au collègue de Lévis et à celui de La Pinière pour

déterminer le chemin le plus court entre Sorel-Tracy et Saint-Hyacinthe parce

que c'est mon coin.

M. Barrette : La question n'était

pas le chemin le plus court, c'était le temps.

M. Rochon : Le temps. O.K. J'étais,

hier soir, au forum sur la nécessité d'adopter une stratégie nationale sur les aînés — d'ailleurs, le collègue de Lévis y était

aussi, ça expliquait mon absence de

la commission — et

puis j'y ai entendu des gens

atterrés, atterrés, là, de constater la voie empruntée par le ministre

sur les frais accessoires et frustrés, frustrés

de n'être pas consultés. Je pense ici notamment à la FADOQ et à l'association médicale québécoise, ils auraient bien voulu

prendre part à une consultation ici sur le règlement pouvant prescrire des cas

puis des conditions dans lesquelles un paiement est autorisé. Mais ce ne

sera, malheureusement, pas le cas, c'est très, très, très malheureux.

Brigitte

Breton aujourd'hui en éditorial dans Le Soleil : «Selon le ministre Gaétan Barrette, l'interdiction des frais accessoires dans les cliniques médicales comme le

réclame la Protectrice du citoyen entraînerait une augmentation de l'impôt. Vraiment?», écrit Brigitte Breton. «Au lieu d'agiter cet

épouvantail, le gouvernement et son ministre de la Santé devraient

accepter de mener un véritable débat sur la question et poser d'autres actions

avant d'imposer une facture ou des délais d'attente aux malades moins bien nantis. Fait inusité — écrit toujours Brigitte Breton — la

Protectrice du citoyen,

Raymonde Saint-Germain, a cru nécessaire lundi de revenir à la charge et de

transmettre une lettre au ministre et aux

membres de la Commission de la santé et des services sociaux pour préciser que

son avis sur les frais accessoires, transmis la semaine dernière, ne

devait pas être examiné sous le seul angle d'une hausse d'impôt des

contribuables.»

Et puis sa

conclusion : «Québec a trouvé 297 millions

de dollars pour bonifier la

rémunération des médecins et se dit incapable de dénicher 50 millions

de dollars pour éviter de piger dans la poche des malades. Le choix de Gaétan Barrette n'est pas celui attendu d'un ministre de

la Santé», conclut — pas

nous — l'éditorialiste

du Soleil, Brigitte Breton.

Le Président (M. Tanguay) : ...

M. Rochon : Oui, j'arrive à l'amendement.

Le Président (M. Tanguay) : Non,

non, ce n'est pas ça.

M. Rochon : Ah! ce n'est pas ça?

Le Président (M. Tanguay) : En vertu

du règlement 35.1, on ne peut désigner...

M. Rochon : Ah! excusez-moi, «le

choix du ministre».

Président (M. Tanguay) :

...un collègue que par son titre. Donc, quand vous faites des

références, peut-être utiliser

tantôt «l'actuel ministre» ou «le ministre de la Santé».

M. Rochon : Oui. Je m'excuse, M. le

Président.

Le Président (M. Tanguay) : Pas de

problème. La parole est à vous.

M. Rochon : Vous avez tout à fait

raison, j'aurais dû dire : «Québec a trouvé 297 millions pour bonifier la rémunération des médecins et se dit incapable de

dénicher 50 millions pour éviter de piger dans la poche des malades. Le

choix [du ministre] n'est pas celui attendu d'un ministre de la Santé.» Je

m'excuse.

Le Président (M. Tanguay) : Merci.

Rochon : Nous sommes donc

saisis d'un amendement de la députée de Taillon à l'effet que «l'application du règlement

pris en vertu de l'article 25.2 doit faire l'objet d'une reddition de compte

annuelle afin que le ministre

s'assure que le total des frais autorisés

qui sont facturés aux patients pour des services assurés ne dépassent pas le

montant fixé initialement par l'INESSS».

Je veux ardemment — j'ai de l'appétit pour

ça, il faut rester dans les termes culinaires — que le ministre m'explique ses réserves. Je ne les saisis pas. Je

ne saisis pas que le ministre ne veuille pas que le règlement

fasse l'objet d'une reddition de comptes annuelle. Je ne suis pas dans

l'INESSS, là, mais la reddition de comptes annuelle.

M. Barrette : M. le Président, je ne

me suis jamais prononcé là-dessus, là.

Rochon : Alors, je voudrais

entendre le ministre sur la question de la reddition de comptes annuelle, la

première

partie de l'amendement proposé par la députée de Taillon.

Barrette : M. le Président, ça, c'est très facile, c'est

automatique, c'est déjà prévu, c'est implicite. Là, je vois dans le

regard et le froncement des sourcils prononcé du député de Richelieu...

M. Rochon : Mon Dieu! C'est toute

une...

Barrette : ...son incompréhension que je comprends parce qu'il n'est

pas au courant. Alors, je vais le mettre au courant de comment ça

marche, la vraie vie dans le système de santé.

S'il y a un

frais accessoire qui est déterminé par le gouvernement, il est accessoire à un

tarif qui, lui, est visible dans les

statistiques de la RAMQ. Le frais accessoire devient un élément multiplié par

une fréquence, elle, identifiée par le

tarif facturé par le médecin. Tadam! Alors, 500 000 fois 1 $, ça

fait 500 000 $, et c'est visible et transparent dans toutes les statistiques de la RAMQ. Alors, je n'ai pas

besoin d'être d'accord, pas d'accord,

M. le Président, c'est, comme on dirait en anglais,

«built-in»...

Rochon : Oui. La physionomie

que vous avez décrite chez moi, là, le froncement de sourcils, ce n'est pas

une incompréhension de ma part, c'est que

j'étais à nouveau placé devant une réponse, très, très, très courte, puis

j'aime ça quand vous me parlez davantage. C'était juste...

Prenons maintenant la

deuxième

partie de la proposition d'amendement de la députée de Taillon, où il

est question de l'INESSS. Moi, j'aimais bien

tantôt la comparaison, puis je la trouvais pertinente, là, de mon collègue de

Lévis, l'INESSS qui

serait à la santé ce que l'institut d'hôtellerie serait à la tourtière. Alors,

si l'INESSS n'est pas à la santé ce que l'institut d'hôtellerie est à la

gastronomie, là, quelle organisation le serait, M. le ministre? Quelle

organisation ne représentant pas un groupe d'intérêts serait à la santé ce que

l'institut d'hôtellerie est à la gastronomie?

Barrette : Je pense, M. le Président, que je me suis clairement

exprimé sur la pertinence d'avoir une organisation, je ne me réétendrai

pas sur le sujet.

Le Président (M.

Tanguay) : Collègue de Richelieu.

M. Rochon :

Le règlement prévu à l'article 25.2 aura donc pour effet de prescrire des cas

et des conditions dans lesquelles un paiement sera autorisé. J'aimerais

comprendre ce qui sera inclus, donc autorisé, cas et conditions, et ce qui sera

exclu, cas et conditions.

Le Président (M.

Tanguay) : M. le ministre.

Barrette : M. le Président, j'ai clairement répondu à ça, mais

vraiment clairement, là. Si on me demande de faire le tour virgule par virgule de tous les frais accessoires, là, on

est là pour trois ans, là. Alors, que dire de plus, M. le Président? On

est ici pour adopter une loi et un règlement éventuellement... qui prévoit un

règlement qui a une portée d'abord

conceptuelle. Le reste, ça... On n'est pas ici pour débattre de la virgule, de

la couleur de l'endoscope, la marque de l'endoscope, la chaleur de

l'endoscope la... Bien, voyons! Alors, je n'ai rien à ajouter, M. le Président.

Le Président (M.

Tanguay) : Collègue de Richelieu.

M. Rochon :

Non, ça va pour moi, M. le Président.

Le Président (M.

Tanguay) : Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement de la

collègue de Taillon? S'il n'y a pas d'autre... Collègue de Taillon.

Lamarre : Juste quelques secondes, M. le Président. Simplement dire

que ce que j'entends de l'ensemble de l'opposition,

c'est qu'il y a quand même une valeur ajoutée d'avoir un organisme public qui

se joigne à l'analyse qui est prévue

pour la détermination des frais accessoires. Si le ministre considère que c'est

quelque chose qui peut être également positif, moi, je pense qu'on peut

moduler l'amendement pour faire en sorte que la détermination du comité qui va

se pencher là-dessus inclue l'INESSS. Et je pense qu'à ce moment-là on aurait

satisfaction tout le monde.

Le Président (M.

Tanguay) : M. le ministre.

Barrette : Bien là, je comprends mal l'intervention de la députée de

Taillon. Est-ce qu'elle m'annonce un sous-amendement déjà?

Président (M. Tanguay) :

Puis il n'y a plus de temps, malheureusement, pour la collègue

de Taillon. Y a-t-il...

Barrette : Bien, c'est parce

que, là, si j'ai bien compris son commentaire, c'est une modification à... Si

j'ai bien compris, là, si je cite correctement, elle serait satisfaite qu'il y

ait une consultation de l'INESSS. Là, peut-être qu'elle proposerait un sous-amendement,

Président (M. Tanguay) :

O.K. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement de la collègue

de Taillon? Collègue de Richelieu.

M. Rochon :

Le chiffre qu'on voit partout, là, associé aux frais accessoires, c'est 50 millions de dollars. Pourquoi arrive-t-on avec ce concept de

reddition de comptes? C'est qu'on juge que le public, les Québécois voudront

suivre l'évolution de ces frais accessoires. Est-ce que ce seront bien 50 millions

de dollars? Comment le sauront-ils, le saurons-nous? Est-ce que ça sera rendu

public? Est-ce qu'il faudra faire des demandes d'accès à l'information?

Le Président (M.

Tanguay) : M. le ministre.

Barrette : M. le Président, là, ça ne fait pas plus qu'une minute et demie que j'ai répondu à

cette question-là, là. Je n'avais pas

eu cette question-là, mais, dans ma réponse, il y avait exactement

sa réponse. J'invite le député de

Richelieu à porter attention à ce que je dis, là. Ah! bien, je le vois encore

s'interroger, M. le Président, du sourcil, c'est public. La donnée, elle est

publique, il peut la regarder à tous les jours et à tous les soirs s'il veut,

M. Barrette :

Mais pas aujourd'hui, la loi n'est pas passée, à la vitesse que ça va.

Le Président (M.

Tanguay) : Collègue de Lévis.

M. Paradis

(Lévis) : Oui, M. le Président. Bien, je comprends de l'intervention

de la députée de Taillon, en tout cas si je saisis bien... Puis c'est un petit peu ce que je disais tout à

l'heure, je disais : Est-ce que, pour faire en sorte qu'on puisse atteindre l'objectif commun, est-ce

qu'on peut modifier... Et là, ça se fera, M. le Président, puis la

députée de Taillon pourra procéder, retirer

pour redéposer, ou je ne sais pas quoi, pour qu'on puisse avoir ce que l'on souhaite, pour rassurer tout

le monde, par souci d'efficacité, en consultation ou autrement, un organisme

public, qu'il puisse faire

partie du processus. Ça peut être

l'INESSS, mais ça peut être un autre. Mais, je veux dire... Alors, je fais

seulement recentrer le questionnement,

mais c'est ce que j'ai compris de la dernière intervention, là, puis c'est

qu'on ne semble pas avoir compris de façon égale, là.

Le Président (M.

Tanguay) : M. le ministre.

M. Barrette :

Bien, M. le Président, là, il faudrait que quelqu'un s'exprime clairement, là.

Si je comprends bien — peut-être que je comprends mal — on propose, pour des raisons de validité,

qu'un représentant de l'INESSS ou l'INESSS ait la possibilité de

regarder le processus pour mettre son sceau d'approbation.

M. Paradis

(Lévis) : ...sur le comité, tout simplement. On en parle depuis tout à

l'heure, puis personne n'est véritablement contre, là.

M. Barrette :

Mais ce n'est pas la même affaire, là.

M. Paradis

(Lévis) : Non, non, je comprends. Mais, au-delà de ça, là, compte tenu

du fait de ce qu'on dit, là, l'expertise

comptable puis la façon de faire, là, puis, bon... ça me semble assez logique.

Mais, pour satisfaire à... puis faire en sorte qu'on avance sur quelque

chose, est-ce qu'on peut penser modifier pour arriver à un résultat comme

celui-là?

Barrette : Encore une fois, M. le Président, là... Bien là, on fait un

autre débat, là. Ça fait que, là, on fait le débat sur un autre

amendement, là.

M. Auger :

Oui. M. le Président, il faudrait disposer de l'amendement actuel.

M. Paradis

(Lévis) : Bien, c'est ça.

M. Auger :

Puis, par la suite, s'il y a autre chose, on reviendra avec autre chose, M. le

Président.

Président (M. Tanguay) : Alors, sur l'amendement qui est devant nous,

le 25.3, y a-t-il d'autres interventions?

M. Rochon :

M. le Président, après consultation ici, là, on serait prêts à retirer

l'amendement en question pour en rédiger un autre qui fera état, là, des

échanges des derniers instants.

Le Président (M.

Tanguay) : O.K. Pour retirer, j'ai besoin du consentement. Y a-t-il

consentement, plutôt que de voter, pour retirer l'amendement de la collègue de

Taillon?

M. Barrette :

Une directive. Est-ce que ça veut dire que le même amendement peut revenir?

Non?

Le Président (M.

Tanguay) : Je ne peux pas répondre à des questions hypothétiques, là.

M. Barrette :

Non, non. Mais, sur le plan technique, là, est-ce que, s'il revenait, le même amendement,

le temps qu'il... S'il s'avérait... Et je ne

voudrais certainement pas prêter des intentions aux oppositions,

là, mais est-ce que, si c'est

le même amendement qui revient, est-ce que le compteur dans le temps retombe à

zéro?

Président (M. Tanguay) : J'ai une opinion, je vais la garder pour moi.

Barrette : Ah! bien, là.

Le Président (M. Tanguay) :

Si vous voulez une... Bien, sur la procédure, je ne peux pas répondre à une

question hypothétique, je peux vous répondre sur le cas. C'est ça, le point de

l'article 34, je ne peux pas... si d'aventure, M. le Président, quelle sera votre décision là... La décision serait basée sur

la jurisprudence, jurisprudence que j'ai déjà citée, j'allais dire, en

classe. Alors, la décision vous appartient. Y a-t-il consentement?

Barrette : Bien, à ce moment-là...

Président (M. Tanguay) : Voulez-vous suspendre pour...

M. Barrette : Non, non. Bien non...

Auger : Juste un instant, là, on va laisser M. le ministre s'exprimer,

s'il vous plaît.

M. Barrette : Moi, je propose, à ce moment-là,

de disposer de l'amendement. Je pense qu'il ne reste plus de temps à

personne, là?

Le Président (M.

Tanguay) : Non. Au-delà de ça, il reste du temps, il reste du temps.

Barrette : Alors, disposons de l'amendement, et puis peut-être que,

même nous autres, on vous déposera quelque chose, là, qui irait dans votre

direction. Mais on va vous écouter, là.

Le Président (M. Tanguay) : Alors, y a-t-il

d'autres interventions? Collègues, moi, comme président, je constate

qu'il y a comme objet du débat l'amendement de la collègue de Taillon à 25.3. Y

a-t-il d'autres interventions?

M. Rochon :

M. le Président, si vous acquiesciez à une suspension, nous rédigerions un

sous-amendement, un sous-amendement.

Barrette : M. le Président, il n'y a pas de consentement à la

suspension.

M. Auger :

Non, M. le Président, nous voulons continuer le débat sur...

Le Président (M.

Tanguay) : Non, mais, je veux dire...

Barrette : On est dans le débat, là.

Le Président (M. Tanguay) : ... l'objectif,

chers collègues... Parce que vous me dites : Une suspension pour

rédiger un autre amendement, il faudrait savoir, là.

M. Rochon :

...j'en suis au sous-amendement, là. Puisqu'il y a eu objection au retrait de

notre amendement, j'en suis à un sous-amendement que nous sommes à

rédiger et dont nous pourrons vous distribuer des copies.

M. Auger :

Ça, ce n'est pas pareil.

M. Auger :

Ce n'est pas pareil.

Le Président (M. Tanguay) : Collègue

de Lévis.

M. Paradis

(Lévis) : C'est parce que

ça prend toutes sortes de tournures, là, c'est comme un labyrinthe. Comment

se retrouver, là? Peut-être prendre Google

pour trouver notre chemin. Mais reste que ce que j'ai compris, il y a

deux instants, par la voix du ministre, qu'il avait peut-être aussi... Puis je le

dis comme ça, j'ai compris qu'il aurait peut-être aussi quelque chose à proposer allant dans le sens de ce dont on parle depuis un bout de

temps, là. Je veux dire, est-ce que ça...

M. Paradis

(Lévis) : Bien, est-ce que

ça ne vaut pas la peine, à ce

moment-là, qu'on suspende quelques

secondes avant de revalser avec les sous-amendements, puis les amendements,

puis les sous-amendements, là? Je veux dire, je ne le sais pas, je le propose,

M. Barrette : M. le Président, moi,

je propose de disposer de l'amendement en place, compte tenu de notre

historique parlementaire. Après, je suis disposé à faire une pause pour rapidement

échanger sur nos intentions. Et, après ça, comme qui dirait, on verra.

Le Président (M. Tanguay) : Collègue

de Richelieu.

M. Rochon : Je réitère, M. le

Président, que nous avons un sous-amendement à soumettre.

Président (M. Tanguay) :

Alors, s'il y a un sous-amendement à soumettre, je vais suspendre, le temps

que vous le rédigiez, que vous le soumettiez, comme on a toujours fait. S'il y

a un sous-amendement, on ne peut pas...

Alors, je suspends quelques instants.

(Suspension de la séance à 16 h 31)

Président (M. Tanguay) :

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCSSS 2015-10-07
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions csss-41-1 journal-debats CSSS-151007
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier209bf1e04c9211cfce368eee059e4eb79d65e10a

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