Transportation and the Environment — 25 June 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
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20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
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18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
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(27 novembre 2018 au 13 octobre 2021)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 25 juin 2020
Vol. 45 N° 61
Étude détaillée du projet de loi n° 44, Loi visant principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser l’électrification
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Intervenants par tranches d'heure
9 h 30
Boutin, Joëlle
Benjamin, Frantz
Charette, Benoit
Montpetit, Marie
10 h
Montpetit, Marie
Boutin, Joëlle
Hivon, Véronique
Benjamin, Frantz
Charette, Benoit
Bussière, Robert
Asselin, Mario
Guillemette, Nancy
Provençal, Luc
Caron, Vincent
Lévesque, Sylvain
Ghazal, Ruba
10 h 30
Benjamin, Frantz
Charette, Benoit
Boutin, Joëlle
Montpetit, Marie
Hivon, Véronique
11 h
Benjamin, Frantz
Boutin, Joëlle
Montpetit, Marie
Ghazal, Ruba
Hivon, Véronique
Charette, Benoit
Bussière, Robert
Guillemette, Nancy
Provençal, Luc
Carrière, Marc
Lévesque, Sylvain
Allaire, Simon
11 h 30
Charette, Benoit
Boutin, Joëlle
Ghazal, Ruba
Benjamin, Frantz
Bussière, Robert
Provençal, Luc
Caron, Vincent
Lévesque, Sylvain
Allaire, Simon
Montpetit, Marie
Hivon, Véronique
12 h
Charette, Benoit
Ghazal, Ruba
Boutin, Joëlle
Hivon, Véronique
Benjamin, Frantz
Provençal, Luc
Montpetit, Marie
Bussière, Robert
Caron, Vincent
Lévesque, Sylvain
Allaire, Simon
12 h 30
Benjamin, Frantz
Boutin, Joëlle
14 h
Boutin, Joëlle
Benjamin, Frantz
Charette, Benoit
Montpetit, Marie
Bussière, Robert
Guillemette, Nancy
Provençal, Luc
Caron, Vincent
Allaire, Simon
Ghazal, Ruba
14 h 30
Montpetit, Marie
Charette, Benoit
Boutin, Joëlle
Ghazal, Ruba
Bussière, Robert
Guillemette, Nancy
Provençal, Luc
Caron, Vincent
Allaire, Simon
Benjamin, Frantz
Hivon, Véronique
15 h
Boutin, Joëlle
Benjamin, Frantz
Charette, Benoit
Montpetit, Marie
Ghazal, Ruba
15 h 30
Charette, Benoit
Ghazal, Ruba
Boutin, Joëlle
Benjamin, Frantz
Montpetit, Marie
Bussière, Robert
Guillemette, Nancy
Provençal, Luc
Carrière, Marc
Allaire, Simon
Hivon, Véronique
16 h
Boutin, Joëlle
Ghazal, Ruba
Benjamin, Frantz
Charette, Benoit
Bussière, Robert
Guillemette, Nancy
Provençal, Luc
Lévesque, Sylvain
Allaire, Simon
Montpetit, Marie
Hivon, Véronique
16 h 30
Ghazal, Ruba
Charette, Benoit
Boutin, Joëlle
Benjamin, Frantz
Bussière, Robert
Guillemette, Nancy
Provençal, Luc
Lévesque, Sylvain
Allaire, Simon
Montpetit, Marie
Hivon, Véronique
17 h
Hivon, Véronique
Boutin, Joëlle
Charette, Benoit
Ghazal, Ruba
17 h 30
Charette, Benoit
Hivon, Véronique
Boutin, Joëlle
Ghazal, Ruba
18 h
Charette, Benoit
Boutin, Joëlle
Journal des débats
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures trente-cinq minutes)
La Présidente (Mme Boutin) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des transports et de l'environnement ouverte. Je demanderais à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre les sonneries de
leurs appareils électroniques. Et bonjour à tous, bien entendu.
La commission est réunie aujourd'hui afin
de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 44, Loi visant
principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les changements
climatiques et à favoriser l'électrification.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Campeau (Bourget) sera remplacé par M. Provençal
(Beauce-Nord); Mme Grondin (Argenteuil), par Mme Guillemette
(Roberval); M. Lamothe (Ungava), par Mme Boutin (Jean-Talon); M. Reid
(Beauharnois), par M. Asselin (Vanier-Les Rivières); M. Tardif
(Rivière-du-Loup—Témiscouata), par M. Lévesque (Chauveau); et M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), par Mme Hivon (Joliette).
Étude détaillée (suite)
La Présidente (Mme Boutin) :
Merci, Mme la secrétaire. Alors, à la fin de la dernière séance, nous en étions
à l'étude d'un amendement présenté par le député de Robert-Baldwin, visant à
modifier l'article 15.4.1 proposé à l'article 8. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur cet amendement? Oui, M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci et
bonjour, Mme la Présidente. Donc, bonjour collègues. Donc, j'espère qu'au
lendemain de la fête nationale, donc, nous sommes frais et dispos, <donc...
La Présidente (Mme Boutin) :
...par
le député de
Robert-Baldwin visant à modifier
l'article 15.4.1
proposé à
l'article 8.
Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur cet
amendement? Oui,
M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci et
bonjour,
Mme la Présidente. Donc, bonjour
collègues. Donc,
j'espère qu'au lendemain de la fête nationale, donc, nous sommes frais et
dispos, > donc, pour une belle journée à passer ensemble autour de ce projet
de loi important.
Et, parlant du projet de loi, donc, je
tiens encore à remercier mon collègue le député de Robert-Baldwin, qui a déposé
cet amendement. Cet amendement, donc, qu'il a présenté lui-même, Mme la
Présidente, est un amendement important, très important même, je dirais, dans
les circonstances, puisque c'est un amendement... donc, s'il est adopté, donc,
c'est ce que nous souhaitons, ferait en sorte que le gouvernement devrait,
donc, contrairement à ce que... l'actuel projet de loi parle de pouvoir, alors
c'est une obligation.
Parce que, comme l'a rappelé très bien le député
de Robert-Baldwin, et là je le cite : L'enjeu de la lutte contre les changements
climatiques demande qu'on s'engage, qu'on soit audacieux. Et c'est à cela que
nous invitons le gouvernement, à faire preuve d'audace, à faire preuve de
courage dans les circonstances. Et c'est pour cette raison qu'au lieu de
pouvoir on parle de devoir.
Et l'autre aspect de cette
recommandation-là, donc, et qui est, pour nous, aussi important, c'est : «Après
consultation du comité consultatif sur les changements climatiques». Et
là-dessus, Mme la Présidente, ce que je dois rappeler, le député de Robert-Baldwin
a mentionné, dans son argumentaire, les demandes formulées notamment par le
milieu des transports, qui demande que, justement, ce deux tiers, puisque c'est
sur ça... on s'était laissés sur ce débat-là, sur l'enjeu du deux tiers, le
deux tiers, qu'il soit consacré, donc, que cet enjeu-là demeure.
Ce n'est pas seulement pour le milieu des
transports… et j'ai rappelé aussi l'enjeu, la réalité du milieu rural, notamment.
C'est une demande... La même demande a été formulée par l'Association des
transports collectifs ruraux du Québec. Et je rappelais aussi, justement,
puisque quelques collègues de cette commission ont siégé avec moi dans d'autres
projets de loi où le milieu rural en matière de transport, souvent, fait figure
de parent pauvre... Et aujourd'hui, donc, et je le rappelle, Mme la Présidente,
6 % seulement de l'argent en transport collectif va en transport collectif
rural. Nous avons besoin, nous avons besoin de nous engager davantage pour
favoriser le transport régional et rural. Et c'est pour cette raison que l'Association
des transports collectifs ruraux du Québec demande de ne pas faire disparaître...
donc, en rappelant que faire disparaître la contrainte du deux tiers
fragiliserait davantage le maintien et le développement du réseau du transport
régional rural. Donc, voilà encore un autre secteur du transport qui demande au
ministre, qui demande au gouvernement, qui demande à ce gouvernement,
justement, de garder l'exigence du deux tiers.
Mais, Mme la Présidente, vous savez, je
parle bien... et je parle du secteur du transport. <Donc...
M. Benjamin : ...un autre
secteur du transport qui demande au ministre, qui demande au gouvernement, qui
demande à ce gouvernement, justement, de garder l'exigence du deux tiers.
Mais, Mme la Présidente, vous savez, je
parle bien... et je parle du secteur du transport. > Donc, mon collègue
le député de Robert-Baldwin a parlé de l'association des transporteurs urbains,
je viens de parler du milieu du transport rural. Ce n'est pas seulement le
secteur des transports qui demande ce maintien-là, ce n'est pas seulement le
secteur des transports. Une fondation, par exemple, comme la Fondation
David-Suzuki nous rappelle... recommande, recommande au gouvernement de
maintenir la règle des deux tiers des revenus du marché de carbone dédiés aux
transports afin d'établir un financement équivalent, prévisible, pérenne et
garanti, et garanti, de la mobilité durable au Québec.
• (9 h 40) •
Depuis le début, Mme la Présidente, depuis
le début de l'analyse de ce projet de loi, que ce soit en consultation ou ici,
en étude détaillée, le ministre nous a souvent servi l'argumentaire d'efficacité,
d'efficience, de saine gestion. Vous savez, bien gérer, Mme la Présidente, c'est
prévoir. Bien gérer, c'est pouvoir assurer, dans la mesure du possible, la
pérennité. Et aujourd'hui le ministre a l'occasion, a l'opportunité de pouvoir
faire la démonstration, à travers cet amendement, qu'il est ouvert, justement,
à faire siennes, justement, toutes les raisons... les conditions de bonne
gouvernance. Et, là-dessus, les questions de deux tiers, nous rappelle la
Fondation David-Suzuki, c'est un enjeu important.
S'il y a quelque chose auquel, Mme la
Présidente, les Québécoises et les Québécois convient le gouvernement, et pas
seulement le gouvernement, et pas seulement le gouvernement, nous convient tous
ici, à l'Assemblée nationale, lorsque des milliers de Québécoises et Québécois...
Je pense notamment aux jeunes qui sont sortis dans la rue à plusieurs reprises
et qui continuent encore de nous exiger d'être ambitieux en matière de lutte
contre les changements climatiques, d'être ambitieux en matière de la réduction
des GES, c'est ce qu'ils nous demandent. On ne peut plus faire comme avant, on
ne peut plus faire comme avant. Et, pour ne plus faire comme avant, il faut
être ambitieux.
Et, parlant d'ambition, un des groupes qui
a cru bon de déposer un mémoire... Et je vais prendre le temps de vous
présenter ce groupe, Mme la Présidente, ce groupe qu'avant l'étude de ce projet
de loi je ne connaissais pas, mais j'ai pris connaissance de leur travail, et
moi, je vois que c'est quelque chose d'extraordinaire. Et moi qui rêve
d'ambition pour la société québécoise, à tous les niveaux, et notamment au
niveau environnemental, je me dois de vous présenter ce groupe, Mme la
Présidente. Ce groupe s'appelle Propulsion Québec. Qu'est-ce que c'est,
Propulsion Québec? C'est un groupe qui vise à mobiliser tous les <acteurs...
M. Benjamin : ...c'est quelque
chose d'extraordinaire. Et moi qui rêve d'ambition pour la société québécoise à
tous les niveaux, et notamment au niveau environnemental, je me dois de vous
présenter ce groupe, Mme la Présidente. Ce groupe s'appelle
Propulsion Québec. Qu'est-ce que c'est, Propulsion Québec? C'est un
groupe qui vise à mobiliser tous les > acteurs afin de développer des
projets concertés ayant pour objectif de positionner le Québec parmi les
leaders mondiaux du développement et du déploiement des modes de transport
terrestre favorisant le transport intelligent et électrique.
L'ambition... Et, justement, c'est ce qui
est écrit, l'ambition, c'est le fameux mot, c'est le mot que nous allons
retenir aujourd'hui. Et nous allons constamment revenir avec ce mot pour exiger
de ce gouvernement, du ministre qu'il soit plus ambitieux pour le Québec, qu'il
soit plus ambitieux pour les Québécoises et les Québécois en matière de lutte
contre les changements climatiques. Et l'ambition, Mme la Présidente, de
Propulsion Québec, c'est qu'à l'horizon de 2026 le Québec soit reconnu
comme un leader mondial dans les segments d'activité liés au transport
électrique et intelligent, que le Québec puisse miser sur un solide noyau
d'entreprises de calibre mondial dans les différents maillons de la chaîne de
valeur des transports électriques et intelligents, que le Québec devienne un
lieu privilégié pour expérimenter ou utiliser les transports électriques et
intelligents. Ça, j'appelle ça de l'ambition. Ça, c'est de l'ambition. Ça,
voilà, ça, c'est une vision qui vise à nous amener ailleurs, plus loin. Ça,
c'est de l'ambition et c'est ce à quoi aussi, aujourd'hui, nous invitons le
ministre à faire preuve.
Et, parlant de Propulsion Québec, ils
recommandent aussi… et c'est eux qui nous le disent dans leur mémoire :
«L'abandon de la règle du deux tiers serait un recul pour le financement
adéquat et ciblé du transport au Québec.» Donc, ils invitent aussi, ils
invitent là encore le ministre et le gouvernement à maintenir la règle du deux
tiers.
J'aurais pu, Mme la Présidente... Vous
voyez, je viens d'aborder deux secteurs, deux secteurs. J'ai parlé du secteur
du transport à proprement parler, donc le secteur... le premier, il va sans
dire, concerné par cet enjeu-là, par cet enjeu, dans la mesure que le
transport, c'est leur réalité quotidienne. Et je viens de parler aussi de
personnes ambitieuses pour nous. Et j'ai parlé aussi de la Fondation
David-Suzuki. J'aurais pu parler d'autres groupes, Mme la Présidente, qui
portent ce même discours, qui demandent au gouvernement de ne pas être moins
ambitieux en matière de réduction des GES, d'être plus ambitieux. Et la façon
de le faire, et la grande façon de le faire, c'est de maintenir cette règle du
deux tiers.
Donc, je reviens à ma question : La
nuit portant conseil, Mme la Présidente, et le ministre a eu quelque
48 heures pour y réfléchir, est-ce qu'il est prêt aujourd'hui, donc, en
écho, de répondre favorablement à la demande que nous ont faite plusieurs groupes,
de répondre à leur demande, c'est-à-dire d'appuyer cet amendement?
La Présidente (Mme Boutin) : M.
le ministre, vous souhaitez intervenir?
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Oui, quelques mots. Puis on est sur cet amendement depuis un
certain temps < déjà...
M. Benjamin : ...en écho, de
répondre favorablement à la demande que nous ont faite
plusieurs
groupes, de répondre à leur demande,
c'est-à-dire d'appuyer cet
amendement?
La Présidente (Mme Boutin) :
M. le ministre, vous souhaitez intervenir?
M. Charette : Merci,
la Présidente. Oui, quelques mots. Puis on est sur cet
amendement depuis
un certain temps > déjà. Très rapidement. On a mentionné qu'on ne pouvait
pas l'adopter, qu'on ne pouvait pas l'accepter. Cette opposition est maintenue
malgré les 48 heures qui nous séparent de notre dernière journée
d'échange. Étant donné qu'on a de nouveaux collègues... D'ailleurs, je tiens à
souligner la collègue de Joliette qui se joint à nous aujourd'hui. Je souhaite
un bon retour à notre collègue de Maurice-Richardégalement. Donc, sans reprendre tous les arguments qui avaient
été évoqués, les résumer en quelques points.
C'est vrai que, pendant la consultation,
certains groupes s'étaient dits inquiets de cet élément du projet de loi. Cependant,
ce que je disais à l'époque, c'est qu'il allait y avoir un budget qui allait
être déposé par la suite, ce qui n'était pas fait. On se rappelle que les
consultations ont eu lieu en début d'année, et je leur disais que le budget allait
sans doute les rassurer sur l'importance que l'on entend accorder au transport
collectif. Et ça a été salué, il n'y a pas un budget, par le passé, qui a fait
autant la part belle, autant dans les crédits réguliers qu'à travers le PQI, au
transport collectif.
Donc, notre intention, à travers cet article-là,
n'est pas de minimiser la place du transport collectif, bien au contraire, on
va y ajouter des milliards pour des projets, là, structurants dans l'ensemble
du Québec, mais bien de nous donner une souplesse qui, actuellement, n'est pas
à notre portée.
J'imageais de façon peut-être à l'extrême,
mais, à travers la formule actuelle, au jour 1 d'une année financière, on
transfère les deux tiers d'un fonds à un autre fonds, essentiellement le FORT,
sans qu'il y ait toujours la reddition de comptes qui soit nécessaire. C'est
réellement un transfert qui est automatique, mais ces sommes-là n'ont pas à
être remises en question. C'est juste leur source qui risque de changer avec
les années, comme un peu le dernier budget l'a illustré à travers les crédits
budgétaires, à travers le PQI.
Donc, oui, les transports demeurent notre
principale source d'émissions, c'est notre principal défi, d'où notre volonté
de les financer, ces projets-là, de différentes sources et dans des proportions
que le Fonds vert ne nous permet pas. Si on devait se limiter aux deux tiers,
comme c'est le cas présentement, on n'arriverait pas à financer tous les
projets qui ont été présentés à travers le budget, à travers le PQI, à travers
le projet de loi n° 61. Donc, les deux tiers ne
suffiraient pas, d'où l'importance de pouvoir s'en remettre à d'autres sources
de financement.
Donc, je résume ce qui a été largement
évoqué, là, au cours de notre dernière séance. Bien, pour cette raison-là, et pour
les collègues qui se joignent à nous, c'est la tradition de la commission,
c'est comme ça que j'ai voulu procéder dès le départ pour éviter des trop longs
<débats...
M. Charette : ...de pouvoir
s'en remettre à d'autres sources de
financement.
Donc, je résume ce qui a été largement
évoqué, là, au cours de notre dernière séance. Bien, pour cette raison-là et
pour les collègues qui se joignent à nous, c'est la tradition de la commission,
c'est comme ça que j'ai voulu procéder dès le départ pour éviter des trop longs
> débats, très, très rapidement je mentionne s'il y a une possibilité
d'adopter l'amendement. Si oui, comme on l'a fait à plusieurs reprises, on
s'arrange pour amender le texte rapidement de sorte que ce soit convenable pour
tout le monde, mais, quand ce n'est pas possible, comme c'est le cas
présentement, on le mentionne aussi rapidement pour espérer passer à l'étape
suivante plus rapidement.
La Présidente (Mme Boutin) :
Il vous reste trois minutes, M. le député de Viau. À vous la parole.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Mme la Présidente, je crois qu'il est important, et c'est le rôle
de cette commission, de débattre, de débattre puisque nous ne sommes pas en
train de faire un projet de loi seulement pour l'actuel gouvernement, nous
sommes en train de faire un projet de loi qui, nous l'espérons, sera un bon projet
de loi pour le Québec, pour l'ensemble des Québécoises et des Québécois, qui
n'attendent rien de moins de nous. Et ce n'est pas un projet de loi qu'on est
en train de faire pour le ministre.
Je comprends qu'il veuille garder
certaines prérogatives, mais cependant, Mme la Présidente, sur l'enjeu du deux
tiers, je reviens encore... l'enjeu du tiers, je veux bien croire... Est-ce que
le ministre est le seul à avoir raison? Tous les autres groupes que j'ai
mentionnés tout à l'heure, qui sont intéressés, qui sont engagés depuis de
nombreuses années sur les enjeux de lutte aux changements climatiques, alors,
ils auraient tort de nous assurer que cette garantie-là soit donnée dans cette
loi?
Donc, alors, moi, ce que je demande au ministre :
Pourquoi, pourquoi il ne veut pas donner cette garantie-là? Sachant que ce projet
de loi là, ce projet de loi là, s'il est adopté... Cette loi-là doit lui
survivre, donc, pourquoi il ne veut pas garantir au Québec, aux Québécoises et
aux Québécois qu'au moins les deux tiers seront réservés pour les questions de
réduction des GES via le développement du transport?
La Présidente (Mme Boutin) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, allez-y, Mme
la députée de Maurice-Richard.
• (9 h 50) •
Mme Montpetit : Oui, je vous
remercie, Mme la Présidente. Bonjour, chers collègues.
Donc, je suis contente qu'on puisse
continuer la discussion sur l'amendement de mon collègue le député de Robert-Baldwin,
puis c'est la question de la protection de la proportion qui est dédiée aux
transports. Et un des éléments… il y a en a plusieurs qui sont revenus comme,
je vais dire, un peu des «deal breakers», à défaut d'avoir un meilleur mot en
ce jeudi matin, par les groupes qui sont venus lors des consultations, il y
avait la question d'avoir une cible, d'avoir la cible de réduction des GES dans
la loi. Ça, tous les groupes sont venus nous dire : C'est important, c'est
essentiel, c'est nécessaire que cette cible y soit. Très bien, maintenant elle
y est. Donc, on a fait un pas dans la direction de ce que les groupes nous
demandaient.
Et les consultations, elles servent à ça,
elles servent à recevoir des groupes, elles <servent...
Mme Montpetit : ...dans
la loi. Ça, tous les groupes sont venus nous dire : C'est important, c'est
essentiel, c'est nécessaire que cette cible y soit. Très bien, maintenant elle
y est. Donc, on a fait un pas dans la direction de ce que les groupes nous
demandaient.
Et les consultations, elles servent à
ça, elles servent à recevoir des groupes, elles > servent à les entendre,
elles servent à entendre leur argumentaire. Et un des autres arguments qui est
revenu de façon très, très, très fréquente, pour ne pas dire de façon unanime,
c'est cette question-là de s'assurer qu'il y ait une
partie qui soit dédiée aux
transports. Et la proposition qui est faite par le ministre, avec son projet de
loi, a clairement généré beaucoup d'inquiétudes. Il en conviendra comme nous
que les groupes se sont présentés en disant : Ça soulève beaucoup de
préoccupations.
Et je l'entendais dire... Tout à l'heure,
il parlait de prévisibilité, mais l'enjeu est exactement là. Avec la loi telle
qu'elle est écrite présentement, il n'y a aucune notion de prévisibilité par
rapport aux montants qui vont être dédiés aux transports, et l'enjeu est là. Il
peut nous répéter, et nous répéter, et nous répéter encore que les intentions
sont de, mais ça demeure des intentions. Et la raison pour laquelle on fait un
projet de loi, c'est justement pour s'assurer que des intentions se
transforment en réalités et soient des obligations. Et là, à l'heure actuelle,
il y a une obligation, dans la loi, qui est très claire, c'est d'avoir le deux
tiers qui est dédié aux transports. Et, avec la proposition du ministre, on ne
l'a plus, cette notion-là d'obligation. Donc, ça vient, au niveau de... Ça
vient enlever complètement la question de la prévisibilité. Ça n'assure plus du
tout une portion minimale qui est consacrée au transport en commun. Et ça, c'est
très inquiétant.
Et, dans la proposition qui est faite, le
ministre remarquera quand même qu'il y a une marge de manoeuvre qui est
laissée. Et ce qui est... Dans le fond, l'amendement... Puis on a eu des
discussions à plusieurs reprises sur d'autres amendements ou sous-amendements
au cours des dernières semaines. Souvent, le ministre, d'ailleurs, s'est rallié
aux propositions qu'on lui a faites en lui disant : Est-ce qu'il y a façon
d'atteindre l'objectif? Après ça, c'est : Est-ce que... Moi, je vous l'ai
toujours dit, je ne fais pas de... on ne fait pas de chichi sur la phraséologie
ou sur, nécessairement... on n'est pas à cheval sur le choix du mot mais bien
sur le principe.
Et je trouve ça un peu inquiétant
d'entendre l'argumentaire du ministre, qui est de dire : Bien... puis
déjà, encore là, je trouve que ce n'est pas un argument qui est très solide en
réponse à la proposition que l'on fait, à dire : Bien, on souhaite qu'il y
ait plusieurs sources potentielles de financement pour le transport. Soit, mais
le fait d'assurer une enveloppe dédiée n'empêche pas du tout d'avoir d'autres
sources de financement. Donc, déjà ce n'est pas un argument qui répond... qui
défait, dans le fond, la proposition qui est faite. Et, nous, ce qu'on cherche
à mettre de l'avant par cet amendement-là, comme je vous dis, c'est de refléter
les préoccupations des groupes qui sont venus, qui <souhaitent...
Mme Montpetit : ...sources
financement. Donc, déjà ce n'est pas un argument qui répond... qui défait, dans
le fond, la proposition qui est faite. Et, nous, ce qu'on cherche à mettre de l'avant
par cet amendement-là, comme je vous dis, c'est de refléter les préoccupations
des groupes qui sont venus, qui > souhaitent avoir un financement qui est
stable, qui est garanti, qui est prévisible, qui est pérenne, et cette façon-là
de le faire permet d'y arriver.
Donc, je ne sais pas si le ministre... Déjà,
ce que je comprends... Bon, je comprends que, l'amendement, dans sa
formulation, il va voter contre. Ça, c'est très clair, il l'a exprimé très
clairement. Mais, ce que je comprends, puis c'est là que je veux aller sur ses
intentions, il n'a pas l'intention... Parce que nulle part ailleurs dans le
projet il n'y a une garantie qu'il y ait une
partie de l'enveloppe qui va être
dédiée, comme c'est le cas jusqu'à maintenant, aux transports. Et là il peut me
répéter qu'il y a eu un beau budget, qu'il y a de l'argent qui a été donné,
mais il n'y a rien qui nous garantit, par exemple, que, l'année prochaine, si
on se retrouvait dans une crise des finances publiques, dans une pandémie qui
se prolonge, cette enveloppe-là va être maintenue, parce que, justement, il n'y
a pas d'obligation légale avec le projet de loi qui est déposé par le ministre,
il n'y a pas cette obligation-là. Et là on met le transport à la merci, justement,
de décisions... le transport en commun à la merci de décisions politiques ou de
situations financières, de situations économiques.
Et ce que j'aimerais savoir, c'est :
Comment le ministre peut rassurer, justement, les gens au-delà des paroles,
au-delà des intentions? Comment il peut rassurer les différents groupes qui
sont venus, mon collègue en a nommé plusieurs, mais dont la... En tout cas, il
en a nommé plusieurs, ceux qui sont venus en consultations. Comment il peut
arriver à les rassurer, au-delà de par des bonnes intentions, que cette
enveloppe-là va être protégée, qu'il y a une garantie, pas des intentions, une
garantie que des sommes, dans la même proportion, vont être attribuées aux
transports?
Une voix : …
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Je remercie la collègue aussi pour sa question. En fait, comme je
le mentionnais, les consultations ont eu lieu avant le dépôt du budget, ont eu
lieu avant le dépôt du cahier des crédits, ont eu lieu avant le dépôt du projet
de loi n° 61, donc les garanties ont été nombreuses depuis les
consultations.
Et, sans rien enlever aux propos qui ont
été échangés au moment des consultations, je m'en rappelle très bien, cet
élément-là faisait
partie de peu de mémoires. Ça a été très peu soulevé d'emblée.
Lorsque la question était soulevée, elle l'a été pratiquement systématiquement,
on se souvient, notamment par le collègue Jacques-Cartier. Il faisait bien de
le soulever, d'ailleurs. C'est là où des inquiétudes étaient soulevées. Donc, à
la base, ce n'était pas un enjeu, là, qui était présent dans une majorité de
mémoires, mais je pense que, malgré tout, on a pu réconforter les groupes qui
se sont montrés inquiets, là, par les différentes démonstrations faites depuis.
Sinon, je rappellerai, à la lecture de
l'amendement des collègues, il n'y a rien qui garantit davantage que notre
propre libellé, dans le libellé qu'ils <proposent...
M. Charette : ...de mémoires,
mais je pense que, malgré tout, on a pu réconforter les groupes qui se sont
montrés inquiets, là, par les différentes démonstrations faites depuis.
Sinon, je rappellerai, à la lecture de
l'amendement des collègues, il n'y a rien qui garantit davantage que notre
propre libellé, dans le libellé qu'ils > proposent. La collègue fait
mention d'une marge de manoeuvre. Cette marge de manoeuvre, nous l'avons aussi.
Donc, même si nous devions adopter l'amendement proposé par l'opposition
officielle, il n'y aurait pas davantage de minimum garanti.
Là où on doit tous se faire rassurants par
contre, et je nous amène à l'article 41, avec les changements au 15.4.1 notamment,
ça ne se fera pas du jour au lendemain, il y a une période transitoire qui est
prévue. Et ça ne se fera pas, cette décision-là, de façon aléatoire. On précise
bien que c'est en consultation avec le ministre des Finances pour voir, justement,
est-ce qu'à travers d'autres sources il peut assurer le financement convenable
des transports en commun au niveau des opérations. Parce que c'est beaucoup ça
qui était soulevé par le collègue de Robert-Baldwin la semaine dernière. Donc,
voilà pour l'essentiel, mais la formulation de l'amendement que l'on étudie ne
donne aucune garantie supplémentaire que le texte qui nous occupe ce matin.
La Présidente (Mme Boutin) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet
amendement? Oui, allez-y, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Bien, comme je
vous dis, l'amendement, l'objectif, c'est qu'en ce moment ce qui existe, c'est
qu'il y a une enveloppe qui est dédiée, qui est garantie, qui est prévisible.
Là, ce que vous nous proposez, ce que le ministre nous propose, honnêtement c'est
un chèque en blanc, parce que non seulement cette enveloppe-là, elle n'est plus
protégée puis elle n'est plus garantie, il n'y a pas un... et non seulement… en
plus de ça, c'est une décision qui ne va se prendre que par lui-même.
C'est pour ça que moi, j'ai un petit enjeu
là-dessus, sur... Puis ce n'est rien de personnel contre le ministre, il le
sait. Quand on en parle, c'est un projet de loi... on le répète régulièrement,
c'est un projet de loi qui va lui être... qui va le suivre, mais, suite à son
passage... Il manque l'adjectif que je cherchais, mais ce que je veux dire, c'est
que ce projet de loi là, il va être... Quand il ne sera plus ministre, il y
aura un autre ministre, et il faut qu'il soit pérenne dans le temps. Et c'est
pour ça que je dis : C'est des intentions, ça. Ça reste des intentions, ce
qu'il nous dit.
• (10 heures) •
Et, la formulation de l'amendement, ce
qu'elle permet, c'est de s'assurer que le ministre ne prenne pas la décision
seul. Et je pense que c'est très louable de venir enchâsser le Comité
consultatif sur les changements climatiques, qui existait déjà depuis plus d'une
décennie. Là, on vient l'enchâsser dans la loi, c'est très bien. On vient lui
donner des mandats, on vient lui donner des responsabilités, mais il ne faut
pas gagner quelque chose... Comment je pourrais dire? C'est comme je dis, c'est
un comité qui existait déjà, on le met dans la loi, c'est un bel ajout, mais,
si on vient enlever des éléments qui sont majeurs, au final on n'y <gagne
pas et...
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10 h (version révisée)
<15369
Montpetit : …dans la loi. C'est
très bien. On vient lui donner
des mandats, on vient lui donner des
responsabilités, mais
il ne
faut pas gagner
quelque chose… comment je pourrais dire… Comme je dis,
c'est un comité qui existait
déjà. On le met dans la loi, c'est un bel
ajout, mais si on vient enlever des éléments qui sont majeurs, au final, on n'y
> gagne pas.
Et je ferai remarquer au ministre que,
oui, il y a de nombreux groupes… Je pourrai lui envoyer ma feuille de résumé,
s'il lui plaît, de l'ensemble des groupes qui sont venus et l'ensemble qui ont
fait des commentaires spontanés sur la question du transport. Et ce qui était
demandé par les groupes, c'est de s'assurer de déterminer une part minimale à
consacrer aux mesures de transport, et c'est ça qu'on vient perdre dans le
projet. Je trouve ça dommage que le ministre ne trouve pas une façon de nous
rassurer, ne trouve pas une façon de répondre à la préoccupation des groupes.
C'est faux de dire que les groupes sont
tous rassurés suite au budget. Comme je vous dis, ce budget-là, c'en est un. Celui
de l'année prochaine, c'en sera un autre, puis celui de l'année suivante, c'en
sera un autre. Donc, c'est faux de dire qu'un budget qui vient faire une
certaine proposition vient complètement effacer des préoccupations du fait
qu'on enlève une obligation d'une partie… comment je pourrais dire, d'un seuil
minimal qui doit être donné aux transports.
Donc, je trouve ça malheureux que le ministre
n'arrive pas à répondre à ces préoccupations-là, à nos préoccupations, de toute
évidence, on est plusieurs à partager. Moi, je l'invite quand même à continuer
sa réflexion. On n'est pas arrivés encore à la fin du projet. Il y a peut-être
un autre endroit où ça peut être ajouté. Mais je pense que, dans le contexte,
il faut trouver une façon que le projet ne vienne pas amoindrir des éléments
forts qu'on avait au Québec jusqu'à maintenant, et il faut trouver une façon
justement de rassurer les gens sur le fait qu'il y aura des… qu'il y aura une
obligation d'un seuil minimal d'investissement en transport, ce qui, à l'heure
actuelle, comme je vous dis, avec ce projet de loi, la journée où il est
adopté, n'existe plus au Québec, n'existe plus pour un prochain gouvernement,
pour un gouvernement suivant non plus.
Et ça, je ne pense pas que le ministre
peut, à l'heure actuelle, nous… Comme je vous dis, c'est des intentions, ce
sont ses intentions, mais le projet de loi va bien au-delà de son passage en
politique et du passage de son gouvernement en politique. Il ne peut absolument
pas, d'aucune façon, garantir la suite de l'histoire. Et c'est pour ça qu'on
fait des lois, pour s'assurer qu'au-delà de nos propres intentions il y ait un
cadre législatif qui existe. Merci.
La Présidente (Mme Boutin) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Non? Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement
à l'article 15… Oui, Mme la députée de Joliette.
Hivon
…intervenir sur l'article mais pas nécessairement sur l'amendement.
La Présidente (Mme Boutin) :
Oui, oui, nous allons revenir à l'article tel qu'amendé.
Hivon
: Je
veux juste être sûre qu'on ne ferme pas la discussion.
La Présidente (Mme Boutin) :
Non, non, ne vous inquiétez pas, Mme la députée. Nous allons simplement
procéder à la mise aux voix de l'amendement. Oui, M. le député de Viau, vous <avez…
La Présidente (Mme Boutin) :
…nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 15…
Oui,
Mme la députée de
Joliette.
Hivon
…intervenir sur l'article, mais pas nécessairement sur l'amendement.
La Présidente (Mme Boutin) :
Oui, oui, nous allons revenir à l'article tel qu'amendé.
Hivon
Je veux juste être sûre qu'on ne ferme pas la discussion.
La Présidente (Mme Boutin) :
Non, non, ne vous inquiétez pas, Mme la députée. Nous allons simplement
procéder à la mise aux voix de l'amendement… Oui, M. le député de Viau, vous > avez
45 secondes.
M. Benjamin : Bien, écoutez,
par appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. Alors, à la demande du député de Viau, nous allons, Mme la secrétaire,
procéder à la mise aux voix par appel nominal pour l'amendement à l'article 15.4.1.
La Secrétaire
: Oui, Mme
la Présidente.
Pour, contre ou abstention. Mme Montpetit
(Maurice-Richard)?
Mme Montpetit : Pour.
La Secrétaire
: M. Benjamin
(Viau)?
M. Benjamin : Pour.
La Secrétaire
: M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
La Secrétaire
: Mme
Guillemette (Roberval)?
Mme Guillemette : Contre.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Contre.
La Secrétaire
: M. Lévesque
(Chauveau)?
M. Lévesque (Chauveau) :
Contre.
La Secrétaire
: Mme Ghazal
(Mercier)?
Mme Ghazal : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hivon
(Joliette)?
Hivon
Abstention.
La Secrétaire
: C'est donc
rejeté.
La Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. Alors, l'amendement est rejeté. Nous allons maintenant retourner à l'article 15.4.1
tel qu'amendé. Dans le fond, est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée
de Mercier, allez-y.
Mme Ghazal : Merci beaucoup.
En fait, moi, j'aurais aussi un amendement. Mais, juste avant, je voudrais
avoir une discussion avec le ministre, je sais qu'on l'a eue il y a deux jours,
par rapport au fait qu'avant on trouvait… on demandait la recommandation du ministre
des Transports et maintenant on ne la retrouve plus. Puis c'est un questionnement
que j'ai par rapport à ça. Ce n'était pas clair, pour moi, la réponse pour
laquelle ça a été fait. C'est comme si le ministre disait : Mais on va le
faire quand même, même si ce n'est pas écrit dans le projet de loi. Mais
pourquoi ne pas l'avoir enlevé? Parce que, quand même, le ministre, dans le
fond, il donnait ses recommandations, qu'il transmettait au gouvernement, par
rapport à l'apport minimal des revenus du marché du carbone, pour des mesures
qui seraient applicables aux transports, les sommes qui devraient être
affectées. C'est-à-dire, là, il y a le deux tiers qui est écrit, mais il y avait
quand même… il y a quand même une expertise qui existe, dans le ministère du
Transport, sans oublier que c'est quand même le ministre des Transports qui est
responsable de la politique de mobilité durable. Donc, en tant que responsable
de la politique de mobilité durable, le fait qu'il ne soit plus là, c'est une question
que je me pose et à laquelle j'aimerais que le ministre réponde.
La Présidente (Mme Boutin) : M.
le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. En fait, je vais répéter essentiellement la même chose que j'avais
mentionnée mardi, c'est vrai que ça peut sembler loin. Si on se rappelle les
articles 1, 2, 3, qui ont été largement discutés, on vient confier, dans
le projet de loi, un rôle de coordination au ministre de l'Environnement. Donc,
ce sera dans le mandat du ministre de l'Environnement de consulter, de
travailler en étroite collaboration avec l'ensemble de ses collègues, notamment
pour déterminer les parts qui doivent revenir au transport collectif. Donc, il
n'est pas oublié, le ministre des Transports, mais, compte tenu du nouveau rôle
qui est confié au ministre de l'Environnement, ce sera sa prérogative de <faire…
M. Charette : ...avec
l'ensemble
de ses collègues,
notamment pour déterminer les parts qui doivent
revenir au transport collectif. Donc, il n'est pas oublié, le
ministre
des Transports, mais,
compte tenu du nouveau rôle qui est confié au
ministre
de l'Environnement, ce sera sa prérogative de > faire ces suivis-là. Et naturellement
on implique le ministre des Finances dans cette réflexion, compte tenu de la
vision d'ensemble que le ministre des Finances aura sur un éventuel budget à
déposer, par exemple.
Donc, c'est essentiellement à cause des articles
déjà discutés, là, que cette référence au ministre des Transports n'est plus nécessaire,
comme c'était le cas par le passé, mais ça ne veut nullement dire que les
besoins des transports ne seront pas pris en compte, ça ne veut pas dire que le
ministre des Transports n'aura plus de rôle à jouer au niveau de la PMD, la
politique de développement de... l'acronyme, c'est de mobilité durable, pardon.
Donc, ces responsabilités lui reviennent toujours, mais avec une coordination
qui sera assumée par le ministre de l'Environnement pour tout ce qui est
gestion du nouveau Fonds d'électrification et des changements climatiques.
Mme Ghazal : Donc, même si
son... il n'apparaît plus comme avant, où est-ce qu'on lui demandait ses
recommandations par rapport à ces éléments-là, le ministre, en tant que
coordonnateur de l'action climatique du gouvernement, va quand même lui poser
les questions par rapport à comment est-ce qu'on va affecter ça. C'est ce que
le ministre nous dit.
M. Charette : Tout à fait. Et
n'oublions pas aussi, pour expliquer cette modification-là, l'article qu'on a
adopté un petit peu plus tôt, qui confirme que la gestion du fonds, dorénavant,
ne relèvera plus du Conseil de gestion du Fonds vert mais bien du ministre de
l'Environnement. Donc, je parlais des articles 1, 2, 3, mais il y a aussi
cet article-là, qui était l'article 6, si je me souviens bien, qui précise
que la gestion, dorénavant, relève du ministre de l'Environnement. Donc, ce
n'est plus le conseil de gestion qui aura à discuter avec le ministre des
Transports mais bien le ministre de l'Environnement qui, dans son rôle de
gestionnaire du fonds, dans son rôle de coordonnateur de l'action
gouvernementale en matière de lutte aux changements climatiques, aura
assurément à interagir avec l'ensemble de ses collègues, notamment celui des
Transports.
Mme Ghazal : Très bien. Merci.
Je veux juste rappeler... j'avais lu un extrait de l'analyse d'impact réglementaire
par rapport à ce projet de loi là, et la justification qui avait été donnée
d'enlever les deux tiers était, notamment : «L'objectif des changements
proposés est de favoriser les investissements là où les réductions sont les
plus efficaces, c'est-à-dire là où ils sont les plus rentables», compte tenu du
ratio dollars par tonne d'équivalent de CO 2 réduite.
Mais ça, c'est vraiment un changement très
important par rapport à la vision du ministère qui était exprimée dans le bilan
de mi-parcours, en 2017, où est-ce que... ce qui était mentionné, c'est le
ministère lui-même qui disait que la méthode de calcul du coût par tonne de GES
réduite «ne tient pas compte des autres coûts et bénéfices sociétaux; elle
offre donc une perspective partielle à cet <égard...
Mme Ghazal : ...
rapport à la vision du ministère, qui était exprimée dans le bilan de
mi-parcours, en 2017, où est-ce que... ce qui était mentionné, c'est le
ministère lui-même qui disait que la méthode de calcul du coût par tonne de GES
réduite «ne tient pas compte des autres coûts et bénéfices sociétaux; elle
offre donc une perspective partielle à cet > égard. Il est souhaitable
d'examiner les coûts et les bénéfices des interventions en matière de lutte
contre les changements climatiques sous différents angles, lorsque les données
pour ce faire sont disponibles, afin d'évaluer de façon plus complète les coûts
et avantages des différentes mesures mises en oeuvre ou envisagées, et ce, pour
la société dans son ensemble...»
Puis à un autre endroit aussi, dans le
bilan de mi-parcours, où on mentionne que... là, je ne le lirai pas au complet,
mais les investissements en transport collectif génèrent une multitude
d'avantages pour la société : réduction de la congestion routière, qu'on
sait qui coûte énormément cher pour l'économie, réduction des coûts, donc,
associés à ça, la qualité de vie, etc., réduction des pollutions
atmosphériques, la qualité de l'air, tout ça.
• (10 h 10) •
Donc, moi, ce que je comprends, c'est
qu'on enlève une mesure. Parce que je pourrais faire la même chose, lire tous
les mémoires, ce qui a été fait largement par le groupe d'opposition officielle,
qui montrent que, c'est vrai, beaucoup de groupes sont venus puis ils étaient
inquiets : Comment ça se fait qu'on est en train de l'abolir? Là, maintenant,
moi, ce que je montre, c'est qu'est-ce que le ministère disait il n'y a pas si longtemps.
Et, dans l'analyse d'impact réglementaire du gouvernement actuel, on dit :
Non, maintenant, pour le transport, il faut juste regarder cette petite fenêtre
qui est là, où c'est le plus rentable en termes de dollars par CO 2
et non plus tous les autres avantages qui sont importants.
Comme je le mentionnais aussi il y a deux
jours, si on était déjà rendu dans les investissements puis qu'on avait
rattrapé notre retard, là, ça pourrait s'expliquer, mais ce n'est pas le cas, et
le ministre le sait. Il parle beaucoup du budget. Un budget, ça change d'année
en année, alors que, le projet de loi qu'on est en train d'étudier, ce qu'on
est en train de mettre, c'est beaucoup plus difficile de le changer, puis ce
n'est pas à chaque année, dépendamment du gouvernement en place, dépendamment
de la situation, etc. Donc, on ne peut pas dire que, ah! c'est dans le budget, tout
le monde est satisfait, bravo! Même si la proportion investissement routes-transport
en commun n'est pas optimale, elle devrait être inversée, mais, quand même,
chaque année ça peut changer, ce qui n'est pas le cas dans le projet de loi. C'est
ça, la philosophie derrière le deux tiers. Mais je vois qu'il y a un changement
depuis deux ans ou trois ans par rapport à aujourd'hui. Est-ce que le ministre
confirme?
M. Charette : On a eu aussi l'occasion
d'échanger là-dessus la dernière fois. Le budget démontre de façon assez
éloquente que les revenus du Fonds vert, qui est maintenant rebaptisé, ne
suffiront plus et ne suffiront pas à financer adéquatement ce qu'il est nécessaire
de faire en termes de développement du transport collectif. Donc, le ratio
coût-bénéfice, il faut le voir à travers la source de financement qui est
retenue.
L'important, c'est d'investir dans les
transports collectifs. À travers le projet de loi n° 61, ce qui est dans
le PQI également, on est à quelques dizaines de milliards de projets planifiés
et en planification pour le transport collectif, ce qui est du <jamais-vu...
M. Charette : ...source
financement qui est retenue. L'important, c'est d'investir dans les
transports collectifs. À travers le projet de loi n° 61, ce qui est dans
le PQI également, on est à quelques dizaines de milliards de projets planifiés
et en planification pour le transport collectif, ce qui est du > jamais-vu.
Mais la source de financement importe peu. L'important, c'est que ces
projets-là se réalisent. Et c'est là où la formule du transfert systématique
des deux tiers n'apportait pas les résultats ou la souplesse nécessaire. Si
moi, à travers le nouveau fonds, j'ai la possibilité de financer d'autres
mesures alors que j'ai la garantie que le transport collectif sera financé à
une hauteur jamais vue par d'autres sources, on ne s'en privera pas. C'est là
où la portée des actions sera décuplée.
On le sait, le transport collectif, dans
sa planification, dans son développement, ça prend quelques années avant d'en
retirer les bienfaits en termes de diminution de gaz à effet de serre. Mais,
dans l'intervalle, on peut faire des gains importants, et c'est dans cette
perspective-là que l'on travaille. Donc, le transport collectif va être financé
comme il ne l'a jamais été par le passé, mais avec d'autres sources, oui, en
partie le Fonds d'électrification et des changements climatiques, mais aussi à
travers les crédits réguliers, comme on l'a vu au dernier budget, mais
également à travers le PQI aussi.
Donc, l'importance que l'on accorde au
transport collectif, elle est réelle. Et d'ailleurs ça a été souligné, là, par
l'ensemble des groupes intéressés par la question. Mais c'est les sources de
financement qui doivent nous donner toute l'agilité nécessaire. Si, moi, à
travers le FECC, le nouveau nom du fonds, on peut financer, par exemple... en
fait, les exemples sont nombreux, mais un qu'on a retenu, entre autres, durant
la commission : davantage de transformation de matières résiduelles à
travers la biométhanisation, par exemple, tant mieux, parce que ça, c'est plus
difficile à financer par d'autres sources de financement, ce qui n'est pas le
cas pour le transport collectif.
Mme Ghazal : Donc, ce que
je comprends, il n'y a pas eu un changement par rapport à ce qu'il était en
2017 parce que, contrairement à ce qui est écrit dans l'analyse d'impact
réglementaire, l'objectif, ce n'est pas juste d'investir là où c'est rentable.
Mais, dans le fond, oui, ça l'est, c'est d'investir là où c'est rentable. Mais
en plus le budget et le... voyons, le budget pour les infrastructures, là, les
investissements, permet de compenser le fait que, finalement, ça va être moins que
deux tiers qui vont être investis par le FECC.
Moi, j'aurais un amendement de compromis,
mais je ne veux pas non plus... vu que la députée de Joliette a annoncé son... elle
avait des questions à poser, est-ce que je la laisse intervenir ou je dépose tout
de suite mon amendement? Parce que, là, ça va l'empêcher d'intervenir sur
l'article.
La Présidente (Mme Boutin) :
Si vous voulez déposer un amendement, on peut étudier l'amendement et ensuite
revenir, de toute façon, à l'article. Ou on peut suspendre...
Mme Ghazal : O.K. Très
bien. Ça fait que je le dépose, puis, comme je le dis, c'est un amendement de
compromis.
La Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. Juste avant de <suspendre...
Mme Ghazal : ...
je dépose tout de suite mon amendement? Parce que, là, ça va l'empêcher
d'intervenir sur l'article. Je...
La Présidente (Mme Boutin) :
Si vous voulez déposer un amendement, on peut étudier l'amendement et ensuite
revenir, de toute façon, à l'article. Ou on peut suspendre...
Mme Ghazal : O.K. Très
bien. Ça fait que je le dépose, puis, comme je le dis, c'est un amendement de
compromis.
La Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. Juste avant de > suspendre, je veux simplement signifier que
nous avons obtenu le consentement pour que le député de Maskinongé remplace le député
de Vanier-Les Rivières.
Nous allons suspendre quelques instants
pour que la députée de Mercier dépose son amendement.
(Suspension de la séance à 10 h 15)
(Reprise à 10 h 19)
La Présidente (Mme Boutin) :
Vous pouvez maintenant y aller, Mme la députée de Mercier, nous sommes en ondes.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente.
Donc, l'amendement se lit comme suit :
L'article 15.4.1 de la
Loi sur le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs, tel que remplacé à l'article 8 du projet de
loi, est modifié par l'ajout, à la fin du premier alinéa proposé, des mots
suivants : «Cette part minimale ne peut être inférieure à 50 %.»
• (10 h 20) •
Donc, comme je l'expliquais, en fait, c'est
comme ça que je l'ai annoncé, c'est un amendement de compromis, on ne va pas aux
deux tiers. Est-ce que, par exemple, on peut au moins avoir 50 %, ce qui va
permettre quand même de garder cette agilité dont le ministre parlait puis qu'il
disait qu'il faut que... dans le fond, comment est-ce qu'on va l'investir, dans
quel secteur, ça peut être, par exemple, la biométhanisation ou d'autres
secteurs qui nous permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre,
d'avoir cette agilité-là. Peut-être que le deux tiers, c'était beaucoup, juste
un tiers dans d'autres secteurs. Là, au lieu que ce soit un tiers, bien,
j'invite à ce que ce soit 50 %.
Donc, je vais répéter, c'est qu'il y a un
budget où, par exemple, l'investissement dans les infrastructures, c'est quelque
chose aussi qui peut changer d'année en année, on ne sait pas ce qui peut
arriver. Même si le gouvernement, dans son intention d'investir plus en
transport en commun, on le voit... Et, comme le ministre l'a dit, ça a été
salué par des groupes, c'est une bonne chose. Puis, honnêtement, ça a été salué
par des groupes parce qu'il n'y a tellement pas eu d'investissement, on est tellement
en retard, ça fait tellement longtemps qu'on aurait dû investir massivement en
transport en commun, dans les infrastructures. Surtout, comme l'a dit le ministre,
ça prend du temps avant d'avoir des effets, là, de <ces...
Mme Ghazal : ...bonne chose.
Puis,
honnêtement, ça a été salué par des groupes parce qu'il n'y a
tellement
pas eu d'investissements, on est
tellement en retard, ça fait
tellement
longtemps qu'on aurait dû investir massivement en transport en commun, dans les
infrastructures. Surtout, comme l'a dit le
ministre, ça prend du temps
avant d'avoir des effets, là, de > ces investissements-là, donc il faut
le faire avant. Là, on rattrape le retard, et c'est ce qui fait que tout le
monde est excité, puis ils disent : Wow! C'est extraordinaire.
Mais, malgré tout, ce n'est pas clair que
le gouvernement, en enlevant ce deux tiers, et pour aucune limite, va être
capable de rééquilibrer le ratio 50-50 pour les investissements transport
collectif-transport routier. Parce que l'idée, ce n'est pas juste de dire :
On a investi tant d'argent en transport collectif. Ce qui est important aussi,
c'est de dire : O.K., mais on a investi combien en transport routier?
Parce que l'objectif derrière ça, oui, c'est de réduire les émissions de gaz à
effet de serre, mais tous les bénéfices que le transport collectif amène,
qualité de l'air, réduction de la congestion, des bénéfices économiques,
sociaux, santé, tout ce qu'on veut, bien, on ne veut pas qu'ils soient annulés
par encore plus de routes et, bien, plus de voitures, plus de troisièmes liens,
etc. Donc, c'est ça, on ne veut pas annuler ce qu'on fait de bien d'une main
avec une autre. Il ne faut pas regarder juste : Hé! on a vraiment bien
fait, le gouvernement de la CAQ a investi, regardez, tout le monde salue ça, mais,
de l'autre main, on est en train de faire d'autres investissements qui vont
annuler les bienfaits du transport en commun.
Et c'est ça, l'idée derrière cet amendement
que je propose, que j'appelle de compromis. Parce qu'il n'y a aucun groupe... Aucun
groupe, tous ceux qui étaient inquiets et voulaient ramener le deux tiers, n'a
mentionné de la ramener à 50 %. Mais moi, je le fais, je fais ce pas en
disant : Bien, est-ce que le ministre accepte au moins le 50 %? Puis,
dans quelques années, une fois que la proportion investissement routier, investissement
transport en commun est plus rééquilibrée... à Québec solidaire, on veut même
qu'elle soit inversée, 30 % routier, 70 %, et même plus, là,
transport en commun, mais donc, le jour où on va... notre politique de mobilité
durable, on atteint les cibles, et tout ça, là, ça pourrait être changé, puis
on va dire : Bien, on va investir plus dans d'autres secteurs. Mais on est
loin d'être là, ce n'est pas le cas aujourd'hui, là, en 2020, malgré les
investissements qui ont été faits par l'actuel gouvernement.
Donc, j'aimerais savoir comment accueille
le ministre cet amendement de compromis.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Dans les faits, tradition oblige, et elle se poursuit, là,
rapidement, on indique les couleurs, on n'acceptera pas cet amendement-là. Et,
dans les faits, quand un compromis n'est pas nécessaire, ce n'est pas non plus
nécessaire d'en proposer.
Donc, nous, de toutes les façons, selon
dont le... la vision avec laquelle on a travaillé ce projet de loi là, la
vision avec laquelle on travaille pour le bonifier, cet élément-là ne mérite
pas de précision. On ne veut pas y aller avec un minimum, tout comme on ne veut
pas y aller avec un maximum. Il y a des mesures transitoires qui sont prévues,
je le mentionnais. Il y a d'autres façons de financer le transport collectif,
je le mentionnais.
Et la collègue de <Mercier...
M. Charette : ...
pour
le bonifier,
cet élément-là ne mérite pas de précision. On ne veut pas y
aller avec un minimum, tout comme on ne veut pas y aller avec un maximum. Il y
a des mesures transitoires qui sont prévues, je le mentionnais. Il y a d'autres
façons de financer le transport collectif, je le mentionnais.
Et la collègue de > Mercier, à
juste titre, faisait référence aux investissements au niveau du transport
aussi. Il faut faire attention, par contre, pour ne pas confondre les enjeux.
On ne parle pas des mêmes sources de financement, d'une part. Et, lorsqu'il est
question de financer le réseau routier, lorsqu'on regarde le dernier budget, notamment
lorsqu'on regarde le projet de loi n° 61 aussi, ce
qui était envisagé et ce qu'il est envisagé de financer, pour la très, très
grande majorité de cas, c'est des corrections de routes, des routes qui sont
très accidentogènes. Pour ma part, c'est des investissements qui demeurent nécessaires,
c'est de l'entretien de routes pour l'essentiel, on a malheureusement un
déficit d'entretien qui est excessivement important au niveau de notre réseau
routier, et, dans certains cas, quelques développements de tronçons qui sont
prévus, là, depuis quelques décennies dans certains cas.
Mais l'essentiel des investissements en routier :
réfection d'un réseau largement dégradé ou, sinon, correction de routes
accidentogènes. Je dis ça juste pour faire référence aux propos de la collègue
de Mercier. Mais en aucun temps on ne peut penser que le Fonds vert va servir à
ces fins-là. Mais ça illustre encore une fois que le transport peut être
financé de différentes sources de financement : crédits réguliers, PQI. Il
n'y a pas de lien à faire, mais la précision était quand même pertinente.
Mais, pour ce qui est de l'amendement,
malheureusement, là, on n'a pas à le changer, le compromis n'est pas nécessaire
à ce niveau-ci.
Mme Ghazal : Mais moi, je ne
confondais pas. Je sais que... C'est parce que le ministre, il nous dit :
Bien, pas besoin de le prendre du Fonds vert parce qu'il y a le PQI, donc on va
aller chercher d'autres sources de financement. Mais, moi, ce que je réponds,
c'est : Par rapport au PQI, on n'est pas rendu à une proportion 50-50.
Mais j'aimerais, par exemple, savoir... Le PQI pour réfection de routes,
modifications de routes parce qu'il y a des accidents, etc., versus nouveaux...
c'est quoi, le pourcentage de ça par rapport aux investissements routiers
totaux?
M. Charette : C'est davantage
au niveau des Transports, là, que la question pourrait être posée. Mais, pour avoir
passé en revue ces aspects-là des crédits il y a quelques mois maintenant, je
me souviens que la proportion, elle était élevée. Le ministre des Transports
s'est engagé, au fil des ans, à réduire ce déficit d'entretien là. Mais je ne
serais pas en mesure... je ne voudrais pas induire la commission en erreur, là,
je ne serais pas en mesure de parler de pourcentage entretien versus nouveaux
tronçons, versus réparation ou correction de routes accidentogènes. Ça, je ne
voudrais vraiment pas me risquer, là, je n'ai pas ces informations-là sous la
main.
Mme Ghazal : Je pourrais la
trouver parce que moi, je pense, par exemple, à des nouveaux... Par exemple,
dans le PQI, il y a le troisième lien, etc. Est-ce que le gouvernement... C'est
quoi, son objectif d'avoir la <proportion...
M. Charette : ...
versus
réparation ou correction de routes accidentogènes. Ça, je ne voudrais vraiment
pas me risquer, là, je n'ai pas ces informations-là sous la main.
Mme Ghazal : Je pourrais la
trouver parce que, moi, je pense, par exemple, à des nouveaux... par exemple,
dans le PQI, il y a le troisième lien, etc. Est-ce que le gouvernement... C'est
quoi, son objectif d'avoir la > proportion transport routier-transport
collectif? Quel est l'objectif du gouvernement?
M. Charette : Ça, c'était un engagement
électoral de notre formation politique, et on tend vers ça, à terme, on veut
être à 50-50. C'est clairement un objectif. Mais la dégradation du réseau
routier actuelle ralentit cette... pas cette volonté-là, c'est une réalité à
laquelle on est confrontés. Mais, sinon, vous regarderez la proportion qui est
augmentée d'année en année, on est confiants, là. Le président du Conseil du
trésor, à l'époque — maintenant on doit parler de la présidente du
Conseil du trésor — réitérait cet engagement-là, et on veut y
parvenir le plus rapidement possible.
Mme Ghazal : Parfait. Mais,
juste pour finir, dans le fond, le ministre comprend que de... le ministre est
confiant qu'on va parvenir à 50-50. Mais les groupes disent : Ce n'est pas
clair, ce n'est pas sûr qu'on va y arriver à cause, par exemple, de la réalité
des routes qu'il faut réparer, etc., ce qui pourrait menacer le transport en
commun, avec toute notre... provenant du PQI, avec toute la bonne volonté du
monde, ce n'est pas si évident, et avec le retard immense qu'on doit rattraper.
C'est pour ça qu'ils disent : Bien, au moins, ayons ce deux tiers là.
Puis moi, j'amène cette position de
compromis, qui n'a été proposée par aucun groupe, là, j'y vais par moi-même, où
j'amène le 50 %. Donc, c'est ça, la logique derrière cet amendement-là.
La Présidente (Mme Boutin) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions spécifiquement sur l'amendement proposé
par la députée de Mercier? Mme la députée de Joliette, oui.
Hivon
: Moi,
j'aurais une suggestion à faire. Je vous déposerais mon amendement, on pourrait
en débattre aussi puis après disposer des deux — je ne sais pas si ça
vous va — pour faire un débat global. Puis, si on peut suspendre
l'étude, peut-être, de son amendement, amorcer la mienne, puis après on votera
sur...
La Présidente (Mme Boutin) :
On peut suspendre quelques secondes seulement pour voir s'il y a consentement
pour procéder?
On va suspendre quelques secondes.
(Suspension de la séance à 10 h 29)
(Reprise à 10 h 30)
La Présidente (Mme Boutin) :
Merci. M. le député de Viau, vous souhaitiez vous prononcer sur cette
proposition?
M. Benjamin : Oui. C'est parce
que je souhaiterais aussi intervenir sur l'amendement de la collègue de
Mercier. Donc, alors, si ça a pour effet... si on suspend et que ça a pour
effet, à ce moment-là, de ramener un autre amendement, donc, je ne sais pas
comment...
Hivon
Bien, allez-y.
La Présidente (Mme Boutin) :
...de M. le député de Viau, puis ensuite on pourra, s'il y a consentement,
proposer votre amendement, députée de Joliette, et puis on... Pas de problème?
Alors, député de Viau, à vous la parole.
M. Benjamin : Merci. Merci,
Mme la Présidente. En fait, simple question que j'essaie de comprendre, que
j'adresse à M. le ministre. Donc, je comprends que M. le ministre, il fait
objection au fait d'avoir un compromis, mais je n'ai pas entendu l'argumentaire
qui <explique...
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10 h 30 (version révisée)
<17909
M. Benjamin :
...merci.
Merci, Mme la Présidente. En fait, simple
question, que...
j'essaie de comprendre, que j'adresse à
M. le ministre. Donc, je
comprends que
M. le ministre, il fait objection au fait d'avoir un
compromis, mais je n'ai pas entendu l'argumentaire qui > explique cette
objection à ce compromis.
M. Charette : Ça fait
quelques heures que l'argumentaire se développe. Quand ce n'est pas nécessaire
de répéter, on ne répète pas. Mais ça a été largement discuté.
M. Benjamin : Bien, écoutez,
c'est sûr que, Mme la Présidente, vous savez, ce que nous avons défendu depuis
plus de 48 heures ici, que ce soit le collègue de Robert-Baldwin et moi,
donc, et maintenant la députée de Crémazie... de Maurice-Richard,
pardon, de Maurice-Richard, donc, c'est l'idée que c'est...
qu'il faille être ambitieux, qu'il faille... Et, pour ce qui a trait de
l'ambition, donc, le deux tiers, c'est le minimum que les Québécoises et les Québécois
nous ont demandé.
La collègue nous a proposé un compromis.
Je pense que... Moi, je suis ouvert à regarder ce compromis, le compromis de la
collègue, mais l'argument que j'entends le ministre présenter, souvent c'est
l'argument des infrastructures. Et je trouve que… là-dessus, en nous plongeant
dans l'argument des infrastructures, je trouve que c'est nous amener dans un territoire
où c'est presque un faux débat, la question des infrastructures, puisque, lorsqu'on
investit dans les infrastructures, une fois les infrastructures mises en place,
Mme la Présidente, il faut qu'il y ait un coût pour s'assurer des services. Or,
on sait que les municipalités, et j'en sais quelque chose, n'ont pas droit au
déficit. Ce qu'il resterait à ce moment-là, s'il n'y a pas de garantie, c'est
quoi? C'est le consommateur qui va payer.
Or, il y a un gouvernement qui s'est
engagé à ce qu'il n'y ait pas d'augmentation de taxes, de nouvelles taxes.
Alors, ne pas garantir tout de suite les deux tiers, notamment, et regarder l'engagement...
le compromis que propose la collègue de Mercier... Moi, j'essaie de comprendre
qu'est-ce qui explique que le ministre balaie du revers de la main le fait de
pouvoir regarder, analyser un compromis, un compromis, dans les circonstances,
qui n'est... Évidemment, et je comprends, la collègue de Mercier l'a répété, ça
vient de son cru, et je salue le fait qu'elle ait pris cette initiative-là,
toute courageuse qu'elle soit, mais ça aurait pu au moins envoyer un signal,
notamment à différents milieux que j'ai évoqués tout à l'heure, pour
dire : Bien, écoutez, comme… ce <projet de loi là...
M. Benjamin : ...
mais
ça aurait pu au moins envoyer un signal, notamment à différents milieux que j'ai
évoqués tout à l'heure, pour dire : Bien, écoutez, comme ce > projet
de loi là va tenir compte des besoins de réduction en GES, notamment en matière
des transports, en garantissant minimalement que 50 % de ces montants-là
soient consacrés.
Donc, quelle garantie aujourd'hui... Où est-ce
qu'elle est, dans son projet de loi... La question que je pose au ministre :
Où est-ce qu'elle est, la garantie qu'un minimum de deux tiers, et,
aujourd'hui l'amendement, qu'un minimum de 50 % de financement pour la
réduction des GES, sera consacré? Où est-ce qu'il est dans son projet de loi?
C'est la question que je... Parce que, c'est un projet de loi, le législateur
ne parle pas pour ne rien dire, mais le législateur ne peut pas être silencieux
non plus sur un enjeu aussi fondamental, Mme la Présidente. Donc, la question
que je pose au ministre : Où est-ce qu'il est, l'engagement gouvernemental
sur cet enjeu-là par rapport à la réduction des GES? Où est-ce qu'il est,
l'engagement, dans son projet de loi? J'aimerais bien qu'il me parle de
l'article où ça se trouve, cet engagement-là, donc.
La Présidente (Mme Boutin) :
M. le ministre, souhaitez-vous vous exprimer?
M. Charette : Rapidement,
parce que la question a été posée plusieurs fois. La réponse a été donnée aussi
plusieurs fois. Le collègue parle d'ambition. L'ambition se mesure tantôt par
des paroles. Ce que l'on préfère, de notre côté, c'est par des actions. C'est
la raison pour laquelle le budget, le livre des crédits, le projet de loi
n° 61 reposent beaucoup plus sur des actions que sur des paroles. Donc,
l'ambition, elle est généralement mieux appréciée dans la population par des
résultats concrets que des simples propos qui peuvent être tenus ici et là.
Donc, l'ambition, elle est là. Et pourquoi
elle est si importante? C'est que, malheureusement, au cours des dernières
années, le transport collectif n'a pas occupé l'importance qu'il aurait dû
occuper. Les derniers gouvernements n'ont pas vu, n'ont pas perçu cette
importance-là. C'est ce qu'on corrige avec les actions de l'actuel
gouvernement.
La Présidente (Mme Boutin) :
Souhaitez-vous vous exprimer de nouveau, M. le député de Viau? Parce que,
sinon, on va régler la question de... Oui, allez-y, monsieur.
M. Benjamin : En fait, je ne
suis pas là pour faire le procès de quiconque, je suis là pour analyser un
projet de loi. Et le ministre vient de nous dire qu'il corrige quelque chose.
Donc, ma question, elle est entière : Où, dans son projet de loi, qu'il le
corrige? Où est-ce qu'il est, l'engagement? C'est un projet de loi qu'il est en
train de faire, pas pour lui, je le rappelle encore, Mme la Présidente. Où
est-ce qu'il est dans son projet de loi, cet engagement qui nous permettrait de
conclure : Ah! bien oui, il y a un virage, il y a un engagement concret?
Où est-ce qu'il est dans son projet de loi?
M. Charette : Je pense qu'au
cours des... On doit se rapprocher des 90 heures, maintenant, de travaux.
Je pense que le projet de loi <rassure...
M. Benjamin : ...
nous permettrait de conclure : Ah! bien oui, il y a un virage, il y a un
engagement concret? Où est-ce qu'il est dans son projet de loi?
M. Charette : Je pense
qu'au cours des... On doit se rapprocher des 90 heures, maintenant, de travaux.
Je pense que le projet de loi > rassure bien des éléments, fournit bien
des réponses sur l'ambition gouvernementale en matière d'environnement. On
vient préciser le rôle du ministre en
titre au niveau de sa coordination qu'il
aura à assumer de l'entièreté de l'action gouvernementale en matière de lutte
aux changements climatiques. Ça passe par le transport collectif, ça passe par
des mesures costaudes en transport. Donc, déjà dans le projet de loi, on a
suffisamment d'éléments de réponse à ce niveau-là. Je vous parlais aussi des
mesures transitoires qui vont faciliter la planification. Donc, le projet de
loi offre passablement de garanties à ce niveau-là.
La Présidente (Mme Boutin) :
Oui, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Je vous
remercie, Mme la Présidente. Je veux juste en profiter… Parce que j'entends le
ministre dire, effectivement, que ça fait — moi, je ne tiens pas le
compte, hein, mais je vais le croire sur parole — près de
90 heures. Je vais en profiter pour lui poser la question. On a toujours
l'article 1 qui est suspendu, parce qu'on est toujours en attente, depuis
plus de trois semaines, d'un retour de sa part. Est-ce qu'il peut nous dire
s'il a des réponses de ses équipes à ce niveau-là? Parce que ce serait bien de
pouvoir, effectivement, avancer et voter l'article 1, qui est suspendu
depuis plusieurs semaines déjà par attente d'une réponse de la
partie
ministérielle.
M. Charette : Je peux répondre
sans problème. On avait convenu… et je comprends, là, que la collègue de Maurice-Richard pose la question, elle n'y était pas, là, ces
derniers jours, mais on avait convenu de revenir à l'article 1 par la
suite, suite à un amendement, là, qui a été accepté, là, de la part... en fait,
amendement qui est proposé par la collègue de Mercier mais qui est accepté de
tous, je pense bien. Donc, on va revenir à l'article 1 par la suite.
Pour le dossier des consultations
autochtones, on a eu les réponses au niveau du Secrétariat aux affaires autochtones,
au niveau également, là, du secrétariat des services juridiques. On nous
propose un libellé qui serait davantage en 16, et non pas en 1. Mais,
effectivement, on a les réponses à ce sujet-là.
La Présidente (Mme Boutin) :
Nous pourrons y revenir, à l'article 1, après l'article 8, là. Mais
allez-y.
Mme Montpetit : Bien, tu sais,
ce qui avait été effectivement convenu, c'est : lorsqu'il y aurait des
réponses, elles seraient transmises de façon diligente. Donc là, je comprends
que le ministre a les... a reçu des réponses du Secrétariat aux affaires
autochtones. S'il peut nous les transmettre rapidement ou, en tout cas, s'il
les a, nous les transmettre tout de suite, sa proposition également, comme ça,
on pourra cheminer par la suite au lieu de resuspendre à chaque fois parce
qu'il dépose quelque chose. Ça fait déjà plusieurs semaines qu'on attend une
proposition.
M. Charette : Ce ne sont pas
des éléments à transmettre, ça n'a pas pris la forme de notes à transmettre, mais
on pourra effectivement en discuter aisément lorsque nous reviendrons à
l'article 1.
La Présidente (Mme Boutin) :
Maintenant, j'aimerais qu'on revienne à l'amendement proposé par la députée de
Mercier. <En fait....
Mme Montpetit : ...
chaque fois parce qu'il dépose quelque chose. Ça fait déjà plusieurs semaines
qu'on attend une proposition.
M. Charette : Ce ne sont
pas des éléments à transmettre, ça n'a pas pris la forme de notes à
transmettre, mais on pourra effectivement en discuter aisément lorsque nous
reviendrons à l'article 1.
La Présidente (Mme Boutin) :
Maintenant, j'aimerais qu'on revienne à l'amendement proposé par la députée de
Mercier. > En fait, ça serait plus facile, à moins qu'il y ait beaucoup
d'interventions encore sur cet amendement-là, de peut-être régler cette
question-là pour ensuite permettre à la députée de Joliette de proposer son
amendement.
Hivon
...je suggère de procéder ainsi, c'est qu'en fait mon amendement va venir
rappeler l'importance de la règle du deux tiers consacrée, avec d'autres petits
éléments. Donc, j'ai espoir, quand même, d'avoir un petit moment de réflexion
et d'ouverture de la part du ministre, et je pense qu'on pourrait faire le
débat sur cette base-là, et peut-être aussi retenir certains éléments pour les
intégrer éventuellement dans l'amendement de ma collègue, ou vice versa. Donc,
je pense qu'on peut bénéficier d'un débat plus global puis, après, de les voter
un après l'autre, si ça peut vous convenir.
La Présidente (Mme Boutin) :
...dans ce cas-là, suspendre l'amendement de la députée de Mercier, procéder à
votre amendement, puis ça va bonifier le débat, si tout le monde est d'accord.
Est-ce qu'il y a consentement pour suspendre l'amendement proposé par la
députée de Mercier? Parfait.
Nous allons suspendre la séance quelques
secondes pour que la députée de Joliette puisse...
(Suspension de la séance à 10 h 40)
(Reprise à 10 h 41)
La Présidente (Mme Boutin) :
Nous allons reprendre. Mme la députée de Joliette, vous pouvez procéder à la
lecture.
Hivon
Parfait. Alors, bien, écoutez, je ne m'approprierai pas le crédit de cet amendement,
qui est très intéressant. Il a été, bien sûr, préparé par mon collègue de Jonquière.
Alors, l'amendement, en gros... Je peux vous le lire, là, pour faire les choses
dans l'ordre.
Donc, il propose ceci :
L'article 15.4.1
de la
Loi sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des
Parcs, introduit par l'article 8 du projet de loi, est modifié :
À son premier alinéa :
1° par le remplacement des mots «peut, sur
recommandation du ministre des Finances, du ministre responsable de
l'application de la présente loi, déterminer» par les mots «doit affecter»;
2° par l'ajout des mots «de 2/3» à la
suite des mots «une part minimale»;
3° par la suppression du mot «réservée»
avant les mots «au financement de mesures»; et
4° par le remplacement des mots «aux
transports» par les mots «à la mobilité durable»;
Et à son deuxième alinéa :
1° par la suppression du mot «également» à
la suite des mots «Le gouvernement peut»; et
2° par le remplacement des mots «, sur
recommandation de ces ministres, des» par les mots «toutes autres».
Je vous résumerais ça en disant que, bien
sûr, d'abord, ça ramène la proportion minimale consacrée du deux tiers qui doit
être dédiée aux transports. Donc, ce n'est pas une possibilité… On a déjà fait
le débat, je l'ai entendu tantôt, entre «peut» et «doit». Donc, ça ramène, bien
sûr, le «doit», comme l'amendement du collègue de Robert-Baldwin.
<Ça ramène aussi la part...
Hivon
proportion minimale consacrée du deux tiers qui doit être dédiée aux
transports. Donc, ce n'est pas une possibilité — on a déjà fait le
débat, je l'ai entendu tantôt, entre «peut» et «doit» — donc ça
ramène, bien sûr, le «doit», comme l'amendement du collègue de Robert-Baldwin.
> Ça ramène aussi la part des
deux tiers, et ça propose un autre changement, qui est : plutôt que de
parler de transports, de parler de mobilité durable. Pourquoi? Parce que c'est
un terme qui apparaît plus précis, qui dit vraiment ce qu'on cherche à atteindre
avec cet objectif-là, avec cet article-là. Et, bien sûr, l'amendement qu'on
propose, et qui, à certains égards, peut aussi... il est plus précis, mais il
pourrait aussi être interprété un petit peu plus largement et inclure tout ce
qui est transport actif, donc, ce qui nous apparaît aussi une bonne idée et qui
ne pourrait pas amener de contestation par rapport à ça.
Donc, bref, pourquoi on ramène le deux
tiers? Puis je le sais, que le ministre va dire que ça fait quelque temps que
vous en débattez. J'entends ce que le ministre dit, mais il a déjà été dans
l'opposition aussi, il a déjà eu ce rôle à jouer, et c'est important, quand un
gouvernement prétend avoir des ambitions, oui, qu'il passe par des actions et
pas juste par des belles paroles, on se rejoint là-dessus, mais aussi qu'il se
donne des objectifs et des obligations. Et je m'explique très mal, si ses
ambitions sont si importantes, qu'il refuse ce que nous lui demandons, ce que
toutes les oppositions lui demandent, mais ce qu'à peu près tous les groupes
sont venus lui demander, parce que, bien honnêtement, personne ne comprend
pourquoi un gouvernement qui se prétend vouloir mettre de l'ambition pour la
mobilité durable refuserait de consacrer une part dédiée avec une obligation
dédiée des deux tiers.
Et, quand le ministre nous dit : Oui,
mais il y a un PQI qui est différent, et donc on vient consacrer de l'argent aux
transports, à la mobilité — j'aime mieux dire «à la mobilité durable» — bien,
on lui a répété plusieurs fois, mais je me permets de le faire aussi, il n'y a
aucune obligation qui découle de ça. C'est un PQI qui a été déposé cette année.
On sait déjà que le budget est caduc, le ministre des Finances l'a dit
lui-même, avec la crise de la pandémie qu'on vit. Alors, il n'y en a pas,
d'obligation.
Et, quand on se prétend ambitieux, bien,
il faut mettre des actions, mais il faut aussi être prêt à mettre des
obligations pour soi et aussi pour le message qu'on veut envoyer. Et il n'y a
rien qui ne garantit rien dans ce que le ministre a proposé à ce jour et, dans
ce qu'il a déposé et dans ce qui est inclus dans le PQI, il n'y a aucune
obligation. Le ministre nous dit c'est quoi, leurs intentions, du 50-50,
éventuellement, d'investissement au PQI, mais, même ça, ce n'est pas écrit
nulle part. Il n'y a pas d'obligation nulle part par rapport à ça, sauf des
paroles. Alors, je pense que le ministre va bien comprendre que, pour
l'opposition, pour les groupes aussi, pour les gens qui se préoccupent, et avec
raison, et la société en général, <de ces questions-là...
Hivon
éventuellement,
d'investissements au PQI, mais, même ça, ce n'est pas écrit nulle part, il n'y
a pas d'obligation nulle part par rapport à ça, sauf des paroles. Alors, je
pense que le ministre va bien comprendre que, pour l'opposition, pour les
groupes aussi, pour les gens qui se préoccupent, et avec raison, et la société
en général, > de ces questions-là, c'est essentiel d'avoir, donc, des
obligations et des éléments qui soient inscrits noir sur blanc.
Puis je ne sais pas si, tantôt, j'ai bien
compris, mais le ministre a dit que les deux tiers pourraient ne pas suffire, donc,
les deux tiers pourraient ne pas suffire à remplir les objectifs du
gouvernement. Alors, moi, si le ministre veut qu'on mette 75 %, je suis
ouverte à ça. Je veux juste lui dire, là, si jamais il était inquiet du deux
tiers, parce qu'il dit : Peut-être que ce serait trop restrictif, je suis
ouverte à ce qu'on puisse discuter de l'augmenter davantage. Mais je veux
juste, donc, bien souligner au ministre qu'il a lui-même dit ça tout à l'heure,
à moins que je ne l'aie mal compris. Alors, je vois mal pourquoi cette
objection.
C'est sûr que, quand on est au
gouvernement, on veut la plus grande marge de manoeuvre, puis on veut pouvoir
jouer à gauche, à droite, puis arranger nos affaires, puis se donner de la
flexibilité, mais ce n'est pas ça qui fait les meilleures politiques. Les
meilleures politiques, c'est quelque chose qui est contraignant et auquel le
gouvernement s'astreint, et il est conscient, il fait le geste conscient de
dire : Je m'astreins. Et c'est vrai, les groupes sont venus le dire, là,
je peux en nommer plein, mais l'Association du transport urbain du Québec,
l'Association des transports collectifs ruraux du Québec, la fondation Suzuki, ville
de Montréal, Propulsion Québec, Équiterre, pour en nommer quelques-uns. Ce n'est
pas tous des gens qui sont dans le champ.
Et, quand le ministre nous dit : Oui,
mais ça, c'est venu avant qu'on dépose le PQI et nos engagements, il n'y a pas…
ces groupes-là n'ont pas changé d'idée depuis, là, je veux juste lui dire. Il n'y
a personne, là-dedans, qui a dit : Ah mon Dieu! maintenant que le budget a
été déposé avec le PQI, on est complètement confiants, on n'a plus aucune
demande par rapport aux deux tiers. Au contraire, c'est une demande qui
demeure.
Donc, je ne comprends pas, si le ministre
veut qu'on le prenne au mot de ses ambitions et des actions, pourquoi il n'accepte
pas de se mettre des obligations. Il sait très bien que c'est le rôle des lois,
c'est la fonction des lois de mettre des obligations plutôt que des
discrétions. Ce n'est pas pour rien, c'est pour s'assurer de savoir où on s'en
va, qu'il puisse y avoir une reddition de comptes fiable et qu'on puisse
marquer le coup, vraiment, noir sur blanc.
L'autre élément sur lequel je veux le
sensibiliser, c'est cette idée de mobilité durable plutôt que de transports.
Donc, je veux savoir aussi, au-delà de savoir si je l'ai convaincu enfin sur le
deux tiers, si, sur la mobilité durable, il a une ouverture pour faire en sorte
qu'on sache de manière encore plus précise ce dont on parle.
Donc, voilà, dans un premier temps, là, ce
que je voulais soumettre à la commission et au ministre, évidemment, en
particulier.
La Présidente (Mme Boutin) :
M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Merci à la collègue de Joliette. Encore une fois, étant donné que
c'est semblable en tous points aux échanges des dernières heures, l'amendement
ne pourra pas être retenu. Et, quand je disais : Les deux tiers ne
seraient <sans doute…
Hivon
ce que je voulais soumettre à la commission et au ministre, évidemment, en
particulier.
La Présidente (Mme Boutin) :
M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Merci à la collègue de Joliette. Encore une fois, étant donné que
c'est semblable en tous points aux échanges des dernières heures, l'amendement
ne pourra pas être retenu. Et, quand je disais : Les deux tiers ne
seraient > sans doute pas suffisants, c'est exact, et c'est la raison
pour laquelle on ne peut pas compter uniquement sur le Fonds d'électrification
et des changements climatiques pour mettre en place l'ambition gouvernementale.
Donc, si on fait le calcul simple, les revenus du Fonds vert :
essentiellement 1 milliard par année. Les projets qui ont été présentés au
cours des derniers mois excèdent largement. Donc, 75 % ne seraient pas
suffisants, 100 % ne seraient pas suffisants, d'où le recours à d'autres
sources.
Mais la collègue a bien fait, elle a parlé
de politiques aussi. Là, on étudie un projet de loi. Elle a parlé de politiques
gouvernementales. La politique-cadre en matière de lutte aux changements
climatiques va être déposée cet automne. Ce sont des éléments qui peuvent être
proposés et qui seront évoqués dans la politique-cadre mais pas à travers un
projet de loi comme on étudie aujourd'hui.
Donc, la nuance, elle était effectivement
pertinente, entre un projet de loi et une politique. Donc, autant la
politique-cadre qui sera présentée cet automne, autant le plan de mise en œuvre,
qui sera aussi présenté cet automne, démontrera l'ambition gouvernementale au
niveau du transport collectif. Et j'aime beaucoup la référence à la mobilité
durable, parce que c'est vrai que, pendant un temps... — et c'est le
vocabulaire qui a évolué, c'est la conscience de la société qui a évolué — le
transport collectif, c'est valable à bien, bien des égards, il faut en faire la
promotion, mais il y a de belles alternatives aussi au niveau de toutes les
initiatives de mobilité durable. Je ne dis pas que ça doit être inscrit dans le
projet de loi, mais je salue tout de même, là, cette référence, qui est une
belle évolution, là, de la pensée de la société québécoise en matière de
transports.
La Présidente (Mme Boutin) :
Oui, allez-y, Mme la députée de Joliette.
Hivon
: Je
remercie le ministre de ses bons mots, mais moi aussi, j'aime mieux des actions
que des mots. Donc, je l'invite à changer le terme «mesures applicables aux
transports» pour «mobilité durable», ce qui nous empêcherait de revoir, aussi,
les choses comme on a vues dans le passé — je pense que le ministre
lui-même s'en était montré surpris — de financer des compagnies
aériennes, par exemple, sans cible verte ou de réduction d'émissions. Alors, si
on parlait de mobilité durable, on saurait de quoi on parle.
• (10 h 50) •
Donc, je lui soumets respectueusement que,
s'il veut en faire un sous-amendement et en avoir la paternité, je serais très
ouverte à ce qu'il prenne au moins ce bout-là, pour qu'on puisse le modifier et
qu'on sache clairement ce dont on parle, parce qu'il nous parle même de
transport collectif ou… Je veux dire, on peut parler de plein de choses aussi,
d'électrification des transports, mais, dans le libellé, on parle vraiment :
transports tout court. Alors, je pense que ce serait vraiment un pas en avant
de venir le clarifier en utilisant l'expression de plus en plus consacrée de «mobilité
durable».
M. Charette : Parfait. Très,
très ouvert à échanger de la sorte avec <la collègue. Et…
Hivon
mais, dans le libellé, on Verbparle vraiment : transports tout
court. Alors, je pense que ce serait vraiment un pas en avant de venir le
clarifier en utilisant l'expression de plus en plus consacrée de mobilité
durable.
M. Charette : Parfait.
Très, très ouvert à échanger de la sorte avec > la collègue. Et, elle qui
est nouvelle, peut-être résumer un petit peu nos pratiques. Je ne me suis jamais
battu pour qu'une paternité me soit reconnue. C'est des amendements que je
laisse volontiers à l'opposition. Mais je reconnais, là, que ça pourrait être
un apport, là, proposé par le Parti québécois. Donc, on pourrait, dans un
premier temps, battre les sous-amendements qui sont présentement à l'étude, et
très ouvert à discuter, là, de la question de la mobilité durable par la suite.
Hivon
: Très
bien. Donc, on se comprend que ça, c'est un élément. Il y a l'autre élément, bien
sûr, sur l'obligation. Puis je veux juste rappeler au ministre que, oui, une politique
peut être... cohabiter de manière intéressante — mais il y aurait beaucoup
de débats à faire, comme vous en avez fait ici, sur la politique et ce qu'on en
sait jusqu'à maintenant, je ne ferai pas ça pour l'instant — mais une
loi, ça demeure une loi, et ça demeure contraignant. Et je continue à vraiment
mal m'expliquer pourquoi le gouvernement, avec la voix de son ministre de
l'Environnement, refuse de se lier les mains. C'est ça, l'idée, justement,
d'une loi. Puis d'inscrire une cible dans la loi, c'est d'être lié pas juste maintenant,
mais pour l'avenir, et donc, s'il y a d'autres successeurs, s'il y a d'autres ministres
de l'Environnement, s'il y a d'autres gouvernements — ça pourrait
arriver — donc, qu'on sache qu'il va y avoir une pérennité. Alors,
c'est une manière de s'en assurer.
Parce que le ministre peut bien me
dire : Là, il faut lire ça en conjonction avec une nouvelle politique,
avec aussi le PQI, mais il n'y a rien de pérenne là-dedans, tout ça peut être
tassé. Et, nous, ce qu'on lui dit aujourd'hui, c'est que, quand on fait une
loi, ce n'est pas pour six mois, ce n'est pas pour un an, ce n'est pas de
manière dépendante avec d'autres éléments, c'est quelque chose qui doit avoir
sa vie propre, exister maintenant, exister pour d'autres ministres, d'autres gouvernements,
parce que c'est un objectif que le Québec et que l'Assemblée nationale se donnent.
Alors, de ce point de vue là, je pense vraiment
que le ministre devrait accepter. S'il est sincère quand il nous dit qu'il a
des ambitions réelles qu'il veut accoler à des actions précises, je pense qu'il
devrait vraiment accepter la cible, accepter de se contraindre, accepter de
changer le «peut» par le «doit» et accepter de remettre le deux tiers.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Je ne suis pas intervenu sur le fait, mais une invitation amicale à
la prudence : on ne peut pas juger de la sincérité d'un collègue par
l'acceptation d'une proposition d'un autre collègue, donc un petit peu de
prudence dans le choix des mots. Mais, pour ce qui est du fond, l'explication a
été largement donnée au cours des dernières heures. Donc, on va maintenir <les
dispositions...
M. Charette : ...
la prudence : on ne peut pas juger de la sincérité d'un collègue par l'acceptation
d'une proposition d'un autre collègue, donc un petit peu de prudence dans le
choix des mots. Mais, pour ce qui est du fond, l'explication a été largement
donnée au cours des dernières heures. Donc, on va maintenir > les
dispositions actuelles du projet de loi.
La Présidente (Mme Boutin) :
Ce que nous pourrions faire, Mme la députée de Joliette, c'est : soit nous
procédons au vote pour cet amendement-là, et puis vous en proposez un nouvel...
Est-ce que vous aimeriez qu'on procède de cette manière-là?
Hivon
Oui. Alors, je vais... on peut procéder au vote sur celui-ci.
La Présidente (Mme Boutin) :
Oui.
Hivon
Très bien. Puis je pourrai proposer un autre amendement, si vous voulez.
La Présidente (Mme Boutin) :
Tout à fait. On pourra le faire tout de suite après. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Non. Oui, M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci. Merci,
Mme la Présidente. Bien, écoutez, vous savez, il y a des fois qu'on... il y a
des fois, dans le cadre d'un projet de loi, qu'on voit certains amendements...
Je vais commencer par dire à la députée de Joliette que je suis jaloux, j'aurais
aimé déposer cet amendement aussi. Je trouve, c'est un amendement extraordinaire.
C'est un amendement extraordinaire, Mme la Présidente, et j'y vois plusieurs
qualités à cet amendement. Une des plus grandes qualités que je trouve à cet amendement,
Mme la Présidente, c'est un amendement qui nous dit clairement qu'est-ce que ça
veut dire le mot «courage». C'est un amendement courageux et qui permettrait,
si le ministre s'en vient à le regarder à nouveau et à y voir ce que je vois…
qui nous permettrait... qui permettrait au ministre de lui donner les leviers
pour agir en ministre courageux, en défenseur de l'environnement et en
combattant de la lutte contre les changements climatiques véritablement. Le
«doit affecter», c'est une obligation qu'on fait au ministre de travailler en
ce sens.
Et on lui dit que le deux tiers… on revient
encore aux deux tiers, et je pense que, le deux tiers, c'est un consensus. C'est
un consensus, mais, malheureusement, ce consensus-là exclut, jusqu'à présent...
La seule instance que ce consensus-là exclut, la seule personne que ce consensus-là
exclut, c'est le ministre, c'est le gouvernement, qui ne veut pas, qui
n'accepte pas de reconnaître que ça prend au moins deux tiers, pour la
réduction des GES, qui soient affectés au niveau du financement du transport.
Et l'autre grande qualité que je trouve à
cet amendement, Mme la Présidente, c'est quand... c'est un amendement qui nomme
les choses correctement, quand on parle de lutte contre les changements
climatiques, en parlant de mobilité durable. Ça vient nommer les choses correctement,
puisque j'ai souvent entendu le ministre dire : Il ne faut pas jouer avec
les mots, mais les mots ont une valeur, Mme la Présidente. C'est un projet de
loi qu'on est en train de faire. Remplacer le «peut» par le «doit», ça a une
importance, <ça a une importance...
M. Benjamin : …ça vient
nommer les choses
correctement,
puisque j'ai souvent entendu le
ministre
dire : Il ne faut pas jouer avec les mots, mais les mots ont une valeur,
la Présidente. C'est un
projet de loi qu'on est
en train de
faire. Remplacer le «peut» par le «doit», ça a une importance, > ça a une
importance véritable pour dire : Est-ce qu'on est courageux ou est-ce
qu'on laisse faire?
Et, parlant de laisser faire, Mme la
Présidente, puisque le ministre nous parle souvent du PQI, en 2019, l'ancien président
du Conseil du trésor avait annoncé un investissement massif en asphalte et en
béton. Pendant ce temps, ce gouvernement-là nous disait : Écoutez, la
lutte contre les changements climatiques, c'est important pour nous, l'environnement,
c'est important pour nous, tandis que, beaucoup moins généreux... 24,5 milliards,
sur 10 ans, pour l'asphalte et du béton, tandis que seulement
9 milliards, pour la même période, pour le métro, les autobus, transport
en commun.
Aujourd'hui, la possibilité que nous offre
cet amendement de la collègue de Joliette, c'est de nous dire : Une fois
pour toutes, nous allons avoir une loi qui va nous permettre collectivement, si
adoptée, donc, de nous engager, de nous engager comme gouvernement, mais comme
société, puisque ça devient notre loi, ça devient la loi de toutes les
Québécoises, de tous les Québécois, de dire : Écoutez, il y a des normes,
il y a des engagements concrets que tous ministres, et j'ai bien dit «tout
ministre», pas seulement le ministre qu'on a en face de nous, mais tous les
autres qui viendront, qui suivront, devront s'engager…
Donc, voilà, Mme la Présidente, les
grandes qualités que je trouve à cet amendement. Et j'essaie de comprendre
encore, surtout, par exemple… Et je crois que l'amendement est tellement bien
amené que… Par exemple, vous savez, il y a un deuxième segment, le «toutes
autres», qui laisse… Si le ministre tient à avoir une porte de sortie, il y a
une porte de sortie qui lui est donnée dans le «toutes autres», dans le
deuxième segment de l'amendement, parce que… Mais nous ne pouvons pas, Mme la
Présidente, nous ne pouvons pas ne pas nous engager en nous disant… en nous
donnant comme seul argument que les mots, c'est quelque chose, les actions,
c'est quelque chose d'autre. Or, je viens de parler d'actions, je viens de
parler d'actions en donnant les chiffres des investissements de ce gouvernement,
lorsqu'on compare ce qui est mis en asphalte, en béton et ce qui est mis
véritablement dans les transports durables, mobilité durable.
• (11 heures) •
Donc, voilà de grandes qualités à cet
amendement, auquel j'invite encore le ministre à y réfléchir à deux reprises,
parce que ça lui permet… ça lui donne des leviers pour <pouvoir, lorsqu'il
est assis, lorsqu'il sera assis à la table…
Haut de la page
11 h (version révisée)
<17909
M. Benjamin :
...dans les transports durables…
mobilité durable. Donc, voilà de
grandes qualités à cet amendement auxquelles j'invite encore le ministre à y
réfléchir à deux reprises parce que ça lui permet… ça lui donne des leviers. Ça
lui donne des leviers pour > pouvoir, lorsqu'il est assis… lorsqu'il sera
assis à la table, au Conseil des ministres, pour pouvoir parler, et parler fort
au nom de toutes les Québécoises et de tous les Québécois.
La Présidente (Mme Boutin) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Non? Oui, allez-y, Mme la députée
de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Je vous
remercie, Mme la Présidente. Bien, j'abonderais dans le sens de mon
collègue de Viau sur deux éléments dans la proposition qui est faite par la
députée de Joliette.
Moi, je la rejoins, bon, évidemment, sur
remplacer le «peut» par le «doit». Puis, précédemment dans des échanges, je
pense que c'est bon de rappeler aussi que le ministre a déjà accepté, si ma
mémoire est bonne, c'est à l'article 12.1… a déjà accepté de remplacer un
«peut» par un «doit» et a convenu… c'était un sous-amendement qu'on avait
présenté, et avait convenu, à l'époque, qu'effectivement ça faisait une
différence, avait convenu que «doit» amène une obligation, avait reconnu le
fait qu'effectivement c'était intéressant d'apporter cette nuance-là. Puis ce n'est
pas... Je vais dire «nuance», mais c'est une «nuance» capitale, fondamentale
entre le fait de devoir et le fait de pouvoir. Déjà, le fait qu'il l'ait
convenu à un endroit me démontre qu'il voit une différence entre «peut» et
«doit», et il reconnaît qu'il y a une nuance importante entre les deux, sinon
il m'aurait dit : Bien, écoutez, ça ne fait pas... il m'aurait dit pour
l'autre
article : Ça ne fait pas tant de différence ou, de toute façon, je
peux le faire, en tout cas, il aurait sûrement construit un argumentaire
là-dessus. Et il l'avait reconnu, comme je vous le dis, en acceptant ce
sous-amendement-là, à deux reprises d'ailleurs, de faire le changement entre
«peut» et «doit» était important pour le projet de loi.
Donc là, je comprends que c'est un choix
éclairé de refuser d'inscrire une obligation dans le projet de loi, pour un
gouvernement, d'affecter une somme. Bon, ça, c'est son choix. Et la partie... Et
le fait de mettre, justement… de venir amener l'élément du deux tiers, je ne
ferai pas un long laïus là-dessus, le ministre sait exactement où je loge à ce
niveau-là. Et je pense que ça vient... c'est une proposition qui est dans le
sens de l'amendement que mon collègue de Robert-Baldwin a déposé, ça va un peu
dans le sens aussi de celle de la députée de Mercier. Ce qu'on essaie de faire
ici, c'est de venir, justement, porter ces préoccupations-là, des groupes, y
répondre, venir amener une obligation. On l'a souligné à plusieurs reprises,
des paroles puis des intentions, c'est assez… ce n'est pas très pérenne, je
vais le dire comme ça. Et on parle souvent des intentions du législateur, bien,
les intentions du législateur, elles peuvent être claires. À l'heure actuelle,
ce que ça nous dit, c'est que les intentions du ministre, c'est de pouvoir au <lieu
de...
Mme Montpetit : …
puis
des intentions, c'est assez… ce n'est pas très pérenne, je vais le dire comme
ça. Et on parle souvent des intentions du législateur, bien, les intentions du
législateur, elles peuvent être claires. À l'heure actuelle, ce que ça nous
dit, c'est que les intentions du ministre, c'est de pouvoir au > lieu de
devoir, donc, déjà, ça nous exprime très clairement sa posture, et ça, pour
moi, ce n'est pas quelque chose de rassurant.
Et, sur les montants qui sont consacrés
aux transports ou à la mobilité durable, là, je pense que c'est une nuance intéressante
aussi qui est faite. Encore là, ça demeure de simples paroles, ça demeure de
simples intentions et ça ne vient pas du tout déterminer une part minimale à
consacrer à des mesures.
Il nous parle de sa politique, on a bien
hâte de la lire, comme de nombreux journalistes semblent l'avoir déjà fait,
mais ça reste que ça n'a pas… ce ne sera pas une obligation légale non plus et
ce ne sera pas prévisible, ce ne sera pas pérenne dans le temps. Et ça ne vient
pas d'aucune façon compenser ou remplacer un
article de loi qui vient encadrer,
dans le fond, pas seulement le prochain budget ou la prochaine année, la
deuxième moitié du mandat d'un gouvernement, ça vient mettre un cadre pour tant
et aussi longtemps que le projet de loi n'est pas révisé. Et ça met un fardeau beaucoup
plus lourd à un gouvernement, justement, qui voudrait outrepasser cette règle
du deux tiers et qui devrait venir prendre la chaleur de rouvrir une loi pour, justement,
ne pas respecter ce deux tiers.
Et c'est ça, le contexte. Donc, comme je
vous dis, je trouve ça, oui, peut-être… bien, en fait, oui, pas très ambitieux
puis pas très cohérent. Puis c'est ce qu'on dit depuis le début, sur le gouvernement
qui est en place, c'est qu'il y a beaucoup de paroles, beaucoup d'intentions,
mais, quand on arrive aux actions, bien, elles ne sont pas au rendez-vous. Et
ça, pour moi, c'est en train de mettre… c'est en train de paver la voie à un
autre fossé qui va se creuser entre les promesses qui ont été faites d'avoir 50 %
des investissements en mobilité durable et ce qui va concrètement être proposé
et être réalisé par le gouvernement. Donc, je pense que ça rassurera tout le
monde qu'on aille dans la lignée de ce qui est proposé, de ce qui est sur la
table, là, comme amendement, ce qui a été proposé par la députée de Joliette — barre
oblique — Jonquière, à ce que je comprends. Merci.
La Présidente (Mme Boutin) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions spécifiquement sur cet amendement? Non?
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'amendement proposé...
Une voix : Par appel nominal.
La Présidente (Mme Boutin) :
Ah! parfait.
Mme Ghazal : Oui, le mien est
suspendu.
La Présidente (Mme Boutin) :
Oui, nous allons faire ça et on va revenir. Alors, à la demande du député de
Viau, Mme la secrétaire, nous allons procéder à l'appel <nominal
pour…
La Présidente (Mme Boutin) :
...amendement? Non? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement proposé...
Une voix : Par appel
nominal.
La Présidente (Mme Boutin) :
Ah! parfait.
Mme Ghazal : Oui, le mien
est suspendu.
La Présidente (Mme Boutin) :
Oui, nous allons faire ça et on va revenir. Alors, à la demande du député de
Viau, nous allons, Mme la secrétaire, nous allons procéder à l'appel > nominal
pour l'amendement proposé par la députée de Joliette à l'article 15.4.1.
La Secrétaire
: Oui, Mme la
Présidente. Mme Hivon (Joliette)?
Hivon
Pour.
La Secrétaire
: M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: Mme Guillemette
(Roberval)? M. Provençal (Beauce-Nord)?
Provençal : Contre.
La Secrétaire
: M. Caron
(Portneuf)?
M. Caron : Contre.
La Secrétaire
: M. Lévesque
(Chauveau)?
M. Lévesque (Chauveau) :
Contre.
La Secrétaire
: M.
Allaire (Maskinongé)?
M. Allaire : Contre.
La Secrétaire
: Mme Montpetit
(Maurice-Richard)?
Mme Montpetit : Pour.
La Secrétaire
: M. Benjamin
(Viau)?
M. Benjamin : Pour.
La Secrétaire
: Mme Boutin
(Jean-Talon)?
La Présidente (Mme Boutin) : Abstention.
La Secrétaire
: Oh!
pardon. Mme Ghazal (Mercier)?
Mme Ghazal : Pour.
La Présidente (Mme Boutin) :
Alors, l'amendement est rejeté. Nous pourrions... Mme la députée de Joliette, est-ce
que vous seriez prête à déposer un nouvel amendement tout de suite?
Hivon
: Je
vais le déposer mais, puisqu'on continue le débat plus global et que le mien
est plus sectoriel, on peut peut-être retourner à l'amendement suspendu de ma collègue
de Mercier.
La Présidente (Mme Boutin) : Est-ce
qu'il y a consentement pour réouvrir l'amendement proposé par la députée de
Mercier? Nous allons maintenant revenir à l'amendement proposé par la députée
de Mercier. Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Ghazal : Moi, j'avais
juste une question.
La Présidente (Mme Boutin) :
Oui.
Mme Ghazal : Je comprends que
le compromis de 50 %, qui est un pas que j'ai fait, plus loin, sans
consulter les groupes qui, eux, tenaient à leurs deux tiers, là, c'est
vraiment... je pourrais être critiquée pour ça, mais je l'ai fait quand même,
courageusement.
J'avais une question. Je sais qu'il y a eu
la discussion avec le «doit», le «peut». Est-ce que le ministre peut dire :
Il serait possible que l'argent du Fonds vert qui serait investi dans les
transports et la mobilité durable soit de zéro?
M. Charette : C'est
impossible. Et, comme je le mentionnais...
Mme Ghazal : C'est impossible?
M. Charette : C'est
impossible.
Mme Ghazal : Impossible?
M. Charette : Tout à fait. On
veut miser sur les transports, les transports collectifs, le transport actif
également, la mobilité durable, donc il y aura forcément, forcément, des sommes
qui vont émaner du Fonds d'électrification et des changements climatiques.
Quelle est la proportion? C'est là où, avec le ministre des Finances, on sera toujours
à l'affût de la meilleure façon de financer ces initiatives-là. C'est pour ça
que la référence au ministre des Finances est directe. Lui, avec sa vision
d'ensemble, va dire : Bon, il faut investir tant dans le transport
collectif, oui, mais regardons maintenant quel est le meilleur montage
financier possible, un peu à travers le FECC, un peu à travers les crédits
budgétaires, un peu à travers le PQI. Mais c'est impossible qu'il n'y ait
aucune, aucune somme émanant du FECC qui soit dirigée vers les transports
collectifs.
Mme Ghazal : Parce que, je me
rappelle, il y a deux jours, il y a eu la discussion avec... après le dépôt de <l'amendement...
M. Charette : ...un peu à
travers les
crédits budgétaires, un peu à travers le PQI, mais c'est
impossible
qu'il n'y ait aucune, aucune somme émanant du FECC qui soit
dirigée vers les
transports collectifs.
Mme Ghazal :
Parce
que, je me rappelle,
il y a deux jours,
il y a eu la discussion
avec... après le dépôt de > l'amendement de monsieur… du député de
Robert-Baldwin, sur le «doit» et le «peut», donc peut-être que c'est une
question juridique? Le fait de marquer «peut», moi, ce que je lis, en français,
là, ça veut dire que c'est possible que ce soit zéro dollar. Le ministre me dit :
C'est impossible. Est-ce que c'est une question de langage juridique que je ne
comprends pas? Parce que, moi, quand je le lis, en français, ça veut dire que
c'est possible, à cause du «peut».
• (11 h 10) •
M. Charette : Non, il faut
lire l'article dans son ensemble, il faut lire ce qui précède cet article-là,
également. Donc, non, ce n'est pas une possibilité.
Et la collègue de Jonquière... non pas de
Jonquière mais de Joliette disait que j'ai été dans l'opposition, c'est vrai
que je l'ai été un certain nombre d'années, et je me souviens très bien des
longues heures, tenter de… à vouloir débattre du «peut» versus le «doit». Au
niveau des services juridiques, on a convenu que, légalement parlant, c'est une
signification qui est sensiblement la même, mais, pour éviter qu'à chacune des
fois on reprenne de longues heures, on ne changera plus de «peut» pour «doit»,
sinon on pourrait y consacrer de longues heures. Mais je ne reproche pas la
démarche, j'ai souvenir de l'avoir fait par le passé.
Mme Ghazal : Mais je ne
comprends pas l'inquiétude qu'on ait envie de la changer partout. Là, c'est
différent, c'est à cause du sujet, donc...
M. Charette : Dans les lois,
généralement, on a cette référence à «doit», c'est le langage qui est courant
dans la construction des projets de loi. Dans certains cas, il y a une
obligation. On a ajouté des obligations dans le projet de loi n° 44.
Par exemple, lorsqu'on dit que les ministères sont liés aux directives du
ministre de l'Environnement, là il y a une obligation. Donc, parfois, le choix
des mots peut faire une différence véritable, dans d'autres, non, mais,
lorsqu'il y a obligation bien, bien réelle, la formulation le précise.
Mme Ghazal : Là, je le sais,
je ne suis pas sur mon amendement de 50 %, là, peut-être que je me... on
peut avoir cette discussion-là après. Parce que moi, j'aimerais entendre
peut-être l'avocat du... — je dis «l'avocat du ministre», mais ce
n'est pas du ministre ou du ministère — par rapport à cette
question-là : Si c'est la même chose, pourquoi ne pas avoir choisi de
mettre «doit» tout de suite?
M. Charette : Au départ, je
vous ferai...
Mme Ghazal : Parce que, moi,
ce que je lis, c'est que le législateur ne veut pas que ça devienne une
obligation.
M. Charette : En fait, ce qui
a été mentionné, justement, par les services juridiques du ministère la
dernière fois que la question a été posée, c'est que c'était semblable.
Pourquoi avons-nous accepté ce changement-là la dernière fois? C'était dans une
portée très, très, très restreinte à l'article en question, mais c'était aussi
pour donner un petit signal <d'encouragement...
M. Charette : ...
juridiques
du ministère, la dernière fois que la question a été posée, c'est que c'était
semblable. Pourquoi avons-nous accepté ce changement-là, la dernière fois?,
c'était dans une portée très, très, très restreinte à l'article en question,
mais c'était aussi pour donner un petit signal > d'encouragement après plusieurs
heures passées sans avancées véritables. Mais ça ne peut pas devenir une
habitude, compte tenu de ce qui a été dit par les services juridiques. On ne
changera pas la façon de rédiger nos lois, au Québec c'est le «doit», plus
souvent qu'autrement, qui est retenu.
Et, dans les faits, les mesures de contrôle,
par rapport au financement du transport collectif, ont été nettement, nettement
explicitées, tantôt à travers le projet de loi n° 44,
tantôt à travers la politique de mobilité durable, tantôt à travers les budgets
qui ont été déposés, livres de crédits. Donc, les éléments rassurants, au
niveau du transport collectif, sont très nombreux et, comme je le mentionnais,
à hauteur bien supérieure aux deux tiers ou à l'équivalent du deux tiers du Fonds
vert.
Mme Ghazal : ...avec qu'est-ce
que le ministre me dit, je me pose encore plus de questions puis je suis plutôt
inquiète. Parce que je ne veux pas déposer un amendement juste pour en déposer
un, je veux vraiment comprendre. Ce que le ministre dit, c'est que c'est «doit»
que le législateur utilise habituellement. Mais pourquoi il ne l'a pas fait
cette fois-là, alors que c'est un sujet, malgré tout ce que… Le ministre essaie
de nous rassurer, on a tous compris ça, je ne veux pas qu'il le répète, vraiment
pas, je pense que tout le monde l'a entendu, mais ce n'est pas suffisant pour
nous rassurer à cause de toutes les raisons que, nous aussi… moi, en tout cas,
j'ai amenées puis que je ne veux pas répéter. Donc, pour… étant donné qu'il
refuse le 50 %, le fait que les gens, quand même, la majorité, sont
inquiets par rapport à ça, ils disent que le PQI, ça peut changer, etc., à
cause de tout ça, pourquoi ne pas écrire le «doit» comme il s'écrit
habituellement dans les projets de loi? On se pose encore plus de questions
là-dessus.
Donc, si le ministre accepte de changer
«transport» pour «mobilité durable», moi, je l'invite très, très, très
fortement à réfléchir à l'option de mettre «doit» au lieu de «peut». C'est déjà
un pas de plus qu'il vient faire pour nous rassurer par une action, comme le
disait la députée de Joliette, et non pas juste par des paroles : Je vous
rassure, je vous rassure. Déjà là, ça vient rassurer puis...
M. Charette : En fait, on est
sur le sous-amendement de la collègue de Mercier, et il n'y a pas de référence
au «peut» ou au «doit» dans le sous-amendement que l'on étudie, là…
Une voix : …
M. Charette : Ce serait un
amendement supplémentaire. Mais, comme je vous disais, pour nous, multiplier
les amendements pour changer la formule traditionnelle qui est retenue dans la rédaction
des projets de loi, et pas uniquem